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UNIVERSITE DE SFAX

Ecole Nationale d’Ingénieurs de Sfax


(ENIS)

Réseaux Electriques

Généralités, Modélisation, Répartition des


charges et Dispatching

Élaboré par

Hsan HADJ ABDALLAH


Maître Assistant à l’ENIS
Table des matières
I. Généralités sur les réseaux électriques................................................................................1
I.1. Objectif d’un réseau électrique......................................................................................1
I.2. Eléments constituants un réseau électrique..................................................................1
II. Les centres de production de l’énergie électrique.............................................................1
II.2. Les centrales thermiques..............................................................................................3
II.3. Les centrales nucléaires.................................................................................................4
II.3.1. Principe....................................................................................................................4
II.3.2. La fission nucléaire.................................................................................................5
II.3.3. La réaction en chaîne..............................................................................................6
III. Les lignes de transmission et de transport de l’énergie :................................................8
III.1. Paramètres d’une ligne de transmission et de transport de l’énergie :...................8
III.2. Modélisation d’une ligne de transmission et de transport de l’énergie :................8
III.2.1. Cas d’une ligne courte...........................................................................................9
III.2.2. Cas d’une ligne de longueur moyenne.................................................................9
III.2.2.1. Circuit en ......................................................................................................9
III.2.2.2. Circuit en T......................................................................................................9
III.2.3. Cas d’une ligne longue..........................................................................................9
IV. Systèmes de distribution :.................................................................................................11
V. Différents types de réseau..................................................................................................11
V.1. Réseaux radiaux...........................................................................................................11
V.2. Réseaux bouclés............................................................................................................12
V.3. Réseaux maillés.............................................................................................................13
VI. Modélisation du réseau et résolution du problème de répartition des charges..........14
VI.1. Introduction................................................................................................................14
VI.2. Modélisation du réseau électrique............................................................................15
VI.2.1. Cas des lignes........................................................................................................15
VI.2.2. Cas des transformateurs.....................................................................................16
VI.3. Mise en équation.........................................................................................................17
VI.3.1. Matrice des admittances nodales........................................................................17
VI.3.2. Equations relatives aux grandeurs mesurées....................................................18
VI.4. Définition du problème de la répartition des charges.............................................19
VI.4.1. Mise en forme du problème................................................................................20
VI.4.2. Résolution du problème de la répartition des charges.....................................20
VI.4.3. Principe de la méthode du Jacobien...................................................................21
VI.4.4. Adaptation de la méthode au problème de la répartition des charges............22
VI.4.5. Algorithme............................................................................................................24
VII. Répartition optimale des puissances.............................................................................25
VII.1. Variables de contrôle du système............................................................................26
VII.2. Problème en actif seul...............................................................................................27
VII.2.1. Modèle DC-FLOW pour le système de transmission.......................................29
VII.2.2. Application de la méthode du courant continu................................................29
VII.3. Problème en réactif seul...........................................................................................32
VII.3.1. Principe de la méthode du Jacobien en réactif................................................33
VII.3.2. Utilisation de la méthode du Jacobien en réactif.............................................33
VII.4. méthodes de résolution.............................................................................................37
VII.5. Conclusion.................................................................................................................38
Les réseaux d’énergie électrique
LES RESEAUX D’ENERGIE ELECTRIQUE

I. Généralités sur les réseaux électriques

I.1. Objectif d’un réseau électrique

Un réseau d’énergie électrique doit assurer la fourniture de l’énergie électrique pour différents
types de charges en respectant un certain nombre de critères. En général, un réseau électrique
doit :
 Générer l’énergie électrique en quantité suffisante pour répondre aux besoins des
abonnés.
 Transmettre cette énergie aux différents points de consommation.
 Distribuer cette énergie aux abonnés en respectant les normes de la qualité de service.
Trois facteurs déterminent cette qualité :
- fréquence constante
- tension constante
- continuité de service
 Produire cette énergie avec le coût minimum en respectant la sécurité des composants
du réseau électrique et l’environnement.

I.2. Eléments constituants un réseau électrique

Un réseau d’énergie électrique est constitué principalement de trois éléments :


 Les centres de production
 Les lignes de transmission
 Les systèmes de distribution

II. Les centres de production de l’énergie électrique

L’énergie électrique est produite dans des centrales que l’on peut classer en trois catégories :
 Les centrales hydrauliques : elles utilisent l’énergie causé par la chute d’eau.
 Les centrales thermiques : elles utilisent comme combustible le charbon, le fuel ou le
gaz.
 Les centrales nucléaires : elles utilisent comme combustible l’uranium.
 Les centrales éoliennes : elles utilisent l’énergie causé par la vitesse de vent.
 Les centrales photovoltaïques : elles utilisent l’énergie causé par le rayonnement
solaire.

II.1. les centrales hydrauliques

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Les réseaux d’énergie électrique
L’énergie électrique est particulièrement précieuse car elle est gratuite, elle est renouvelable et
elle fait fonctionner les turbines avec un rendement voisin de l’unité.
Dans une centrale hydrauliques, c’est la pression de l’eau qui fait tourner une turbine
entraînant un alternateur. La puissance disponible dépend de deux facteurs :
1) La hauteur de chute « H » : différence d’altitude entre le point où l’eau est capté et le point
où l’eau est restitué. H est exprimé en m,
2) Le débit « Q » de la chute en m3/s
P=H*Q

Figure 1: Principe de fonctionnement d'une centrale hydraulique

Une centrale hydraulique comporte les éléments suivants :

a) Un barrage qui peut être soit du type poids, soit du type voûte. Dans le cas du barrage
poids c’est sa masse importante qui empêche les pressions de l’eau de le renverser alors
que c’est la forme en arc de cercle du barrage voûte qui assure la transmission, sur les
rives, des efforts de pression de l’eau. Certains barrages à voûtes multiples, ils comportent
plusieurs voûtes successives qui prennent appui sur les contes forts massifs.
b) Des ouvrages d’amenée et de fuite. Ils comportent une prise d’eau reliée à un canal
d’amenée qui a pour but de conduire l’eau en un lieu favorable à l’établissement de la
chute. Ensuite, une conduite forcée fait parcourir à l’eau la totalité de la chute tandis
qu’une cheminée d’équilibre, placée à la jonction de la galerie et de la conduite forcée est
destinée à atténuer les coups de bélier, c’est à dire les variations de pression qui se
produisent quand on ferme l’arrivée d’eau à la turbine.

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Les réseaux d’énergie électrique
c) Le groupe turbine alternateur. La turbine transforme l’énergie de l’eau en énergie
mécanique qui assure l’entraînement d’un alternateur à vitesse sensiblement constante. La
variation de la puissance est obtenue par variation du débit de l’eau.

Suivant la hauteur de la chute, différents types de turbines sont utilisées :


 Turbines Pelton (pour les hautes chutes) : hauteur de chute > 200 m, débit de l’ordre
de 50 m3/s.
 Turbines Francis (pour les chutes moyennes) : hauteur de chute comprise entre 30 et
200 m ; débit de l’ordre de 300 m3/s.
 Turbines à hélices (pour les basses chutes) : hauteur de la chute < 30 m ; débit de
l’ordre de 2000 m3/s.

II.2. Les centrales thermiques

Les centrales thermiques sont constituées de plusieurs « tranches » :


a) Générateur de vapeur : Le combustible (du charbon pulvérisé mélangé à de l’air réchauffé
ou du fuel réchauffé pour accroître sa fluidité) est injecté dans les brûleurs (figure 2). La
chaleur dégagée par la combustion vaporise l’eau qui circule dans les tubes tapissant les
parois de la chambre de combustion.
L’eau, chimiquement pure, qui circule sous haute pression (160 bars environ) dans les
tubes se transforme, sous l’effet de la chaleur, en vapeur qui atteint une haute température
(560° environ).
b) Turbine et condenseur : Cette va peur se détend progressivement dans les trois corps
(haute, moyenne et basse pression) de la turbine pour aller se liquéfier dans le condenseur
où la pression est très faible (0.02 bar environ). L’eau est alors reprise par des pompes
avant d’être réinjectée dans le dans le réservoir du générateur de vapeur. Dans ces
conditions, le circuit eau-vapeur est un circuit fermé car il utilise toujours la même eau,
aux pertes près, pertes qui sont compensées par des apports extérieurs.
Par ailleurs, pour améliorer le rendement en récupérant le maximum de calories, la chaleur
de combustion est également utilisée pour surchauffer la vapeur à la sortie du générateur
de vapeur.
Enfin, le refroidissement du condenseur est assuré par l’un des procédés suivants :
 Soit par un cycle ouvert constitué par de l’eau qui est prélevée, puis restituée (à une
température supérieure de quelques degré) à une rivière ou à la mer. Pour ne pas trop
élever la température de l’eau restituée, on fait appel à des débits très importants (soit
23 m3/s pour un groupe de 600 MW).

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Les réseaux d’énergie électrique
 Soit par un cycle fermé d’eau refroidi à l’aide d’un réfrigérant atmosphérique par
convection et par évaporation au contact de l’air ambiant. Ce procédé nécessite un
faible apport d’eau pour compenser les pertes dues à l’évaporation.
c) Alternateur et transformateur : L’énergie mécanique, produite par la turbine, est transmise
à l’arbre de l’alternateur. L’alternateur est relié à un groupe de transformateurs
monophasés (ou triphasés) chargés de porter la tension aux bornes de l’alternateur à la
tension de la ligne de transport.

Figure 2: Principe de fonctionnement d'une centrale thermique

II.3. Les centrales nucléaires

II.3.1. Principe

Une centrale nucléaire est une centrale thermique dans laquelle l’énergie calorifique n’est pas
obtenue par combustion mais par « fission » d’un combustible nucléaire, uranium ou
plutonium. La production de vapeur nécessaire à l’alimentation de la turbine est assurée par
un ensemble d’appareils appelé « chaudière nucléaire » et qui comporte :

 Le cœur constitué par :


- Le combustible : uranium naturel, uranium enrichi ou plutonium,
- Le modérateur qui en ralentissant la vitesse des neutrons facilite la réaction
en chaîne,
- Le fluide caloporteur qui recueillie la chaleur émise par la chaudière ;

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Les réseaux d’énergie électrique
 Le dispositif de réglage et de sécurité : dont le rôle est de maintenir la réaction à un
niveau déterminé ou de l’arrêter en cas de situation anormale ;

 La cuve qui isole l’ensemble des éléments radioactifs de l’extérieur ;

 Le circuit de transmission de chaleur qui prélève la chaleur contenue dans le fluide


caloporteur et la transmet à la turbine.

Figure 3: Principe de fonctionnement d'une centrale nucléaire

II.3.2. La fission nucléaire

On appelle fission nucléaire la rupture d’un noyau lourd, c’est à dire un noyau comportant un
grand nombre de protons et de neutrons, provoquée par sa rencontre sous certaines conditions
avec un neutron.
Cette rupture provoque trois effets :
 Le noyau se sépare en plusieurs morceaux qui à leur tour constituent des nouveaux
atomes dites de fission,
 Ejection de 2 à 3 neutrons animés d’une vitesse de l’ordre de 20 000 km/s,
 Libération sous forme de chaleur d’une certaine quantité de chaleur (dégagement
d’énergie à l’augmentation de perte de masse).

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Les réseaux d’énergie électrique

Neutron
Noyau lourd

Figure 4: Fusion nucléaire

II.3.3. La réaction en chaîne

Une partie seulement des neutrons expulsés du noyau brisé participe à la fission de nouveaux
atomes. Si les conditions sont telles que le nombre de fissions croit très rapidement, l’énergie
est libérée massivement et instantanément : c’est la bombe atomique.
Au contraire, si le nombre de neutrons est maintenu à une valeur stable, la réaction en chaîne
s’entretient et l’énergie est libéré de façon progressive : c’est le cas du réacteur nucléaire.

II.4. Les centrales éoliennes


Reprenant le principe de fonctionnement des moulins à vent, les éoliennes constituent
actuellement un mode de production d'énergie électrique en plein développement. L'avantage
le plus évident de ce type de centrale électrique est évidemment le caractère inépuisable de
l'énergie qu'elle utilise. On parle alors de ressource renouvelable. Plusieurs types d'éoliennes
existent, cependant, la tendance actuelle est à la construction d'éoliennes de taille moyenne
regroupées en un même lieu.
Une éolienne de taille moyenne comporte en général une hélice à trois pales reliée à un rotor.
L'ensemble atteint généralement 30 mètres de diamètre. Les pales peuvent être orientées en
direction du vent. Le rotor est relié à un multiplicateur (un système d'engrenages) destiné à
augmenter la vitesse de rotation. L'alternateur demande en effet une vitesse de rotation élevée
pour fonctionner. Le multiplicateur entraîne un alternateur qui génère une tension alternative
sinusoïdale.
Une éolienne standard fournit une puissance électrique de l'ordre de la dizaine de kilowatts (1
kilowatt = 1 000 watts). Pour obtenir une puissance satisfaisante et réellement utilisable, un
très grand nombre d'éoliennes sont regroupées sur le même site.
Si les éoliennes constituent évidemment un moyen de production d'électricité très
"écologique" puisque non polluant et renouvelable, il reste que ces installations sont très
imposantes, bruyantes et très coûteuses à la construction.

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Les réseaux d’énergie électrique

Figure 5: Centrale éolienne


II.5. Les centrales photovoltaïques
Le rayonnement solaire peut être converti directement en électricité sous forme de courant
continu au moyen des photopiles. Le principe est le suivant : On a constaté que les électrons
d’un matériau qui reçoit de la lumière (dont les éléments constitutifs sont appelés des
photons) peuvent, grâce à l’énergie ainsi reçue, devenir « libres » et se déplacer dans
l’intégralité de ce matériau (pour être physiquement plus précis, si les électrons reçoivent une
énergie supérieure à une énergie minimale qu’on nomme le « gap », ils peuvent passer de la «
bande de valence » à la « bande de conduction » où leur liaison avec l’atome est « rompue »).
Pour amplifier ce phénomène, on va utiliser des matériaux semi-conducteurs qu’on va « doper
» de sorte à créer des surplus d’électrons (appelés « N ») et des déficits d’électrons (appelés «
P »). Les semi-conducteurs appartiennent à la quatrième colonne du tableau périodique des
éléments. Le dopage « P » se fait avec un atome de la troisième colonne du tableau périodique
des éléments, par exemple le bore qui possède 3 électrons de valence sans modifier la
structure tétravalente du cristal. Le dopage « N » est obtenu à l’inverse en introduisant au sein
du cristal un atome de la cinquième colonne du tableau périodique des éléments, par exemple
le phosphore, qui possède 5 électrons de valence sans encore modifier la structure initiale.
En « collant » ces deux couches P et N l’une sur l’autre, couches dont le dopage a amplifié la
réaction photovoltaïque, et en appliquant une source lumineuse, on obtient un courant continu
aux bornes du matériau ainsi constitué. C’est l’effet photovoltaïque appelé aussi photopile.
Les systèmes photovoltaïques sont particulièrement simples et fiables puisqu’ils ne
comportent aucune pièce mécanique susceptible de s’user. La durée de vie des panneaux

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Les réseaux d’énergie électrique
solaires dépasse les 20 années d’exploitation, avant de connaître une éventuelle perte de
rendement.

Figure 6: Centrale photovoltaïques


III. Les lignes de transmission et de transport de l’énergie :

III.1. Paramètres d’une ligne de transmission et de transport de l’énergie :

Chaque ligne de transmission et de transport de l’énergie est caractérisé par quatre paramètres
qu’on peut les classer par ordre d’importance comme suit :
 Inductance L (H/m)
 Capacité C (F/m)
 Résistance R (/m)
 Conductance G (-1/m).
Le classement de R et G est peut important parce que ces paramètres affectent peu
l’impédance équivalente de la ligne. Les pertes actives dans la ligne dépendent de ces deux
termes et surtout de R dans les études technico-économique.
Généralement, on néglige G qui a une contribution très limitée. En effet G tient compte des
courants de fuites entre phases et terre, principalement localisés au niveau des isolateurs. Ces
courants de fuites varient beaucoup avec les conditions atmosphériques et la nature de la
poussière qui se dépose sur les isolateurs et il n’existe pas de méthode analytique qui permet
de tenir compte de ce phénomène. Fort heureusement que G représente une composante
négligeable de l’admittance shunt de la ligne qui est pratiquement constituée par la capacité.
Nous allons retenir tout simplement les trois paramètres R, L et C.

III.2. Modélisation d’une ligne de transmission et de transport de l’énergie :

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Les réseaux d’énergie électrique
La complexité du schéma électrique représentant une ligne de transmission et de transport de
l’énergie dépend de la longueur de la ligne. On peut alors classer les lignes en trois
catégories :

III.2.1. Cas d’une ligne courte

La longueur de la ligne est généralement inférieure ou égale à 100 km ( l  100 km ). L’effet


capacitive est négligé, la résistance et l’inductance sont supposées localisées. Le schéma
monophasé équivalent de la ligne est alors constituée par une impédance série Z  R  j L .

I1 Z En appelant :
: impédance série par unité de
longueur
V1 V2 l : longueur de la ligne
On a alors :

III.2.2. Cas d’une ligne de longueur moyenne

La longueur de la ligne est généralement compris entre 100 et 200 km


100 km  l  200 km  . Les paramètres de la ligne peuvent être supposées localisées mais la
capacité doit être prise en compte. Deux circuits de quadripôle peuvent être utilisés pour
schématiser la ligne. Le circuit en  et le circuit en T.

III.2.2.1. Circuit en 

I1 Z

Y Y
V1 2 2 V2

III.2.2.2. Circuit en T

I1 Z/2 Z/2

V1 Y V2

III.2.3. Cas d’une ligne longue

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Les réseaux d’énergie électrique
Dans ce cas la longueur de la ligne est généralement supérieure à 200 km  l  200 km  . La
recherche des résultats précis nous oblige à considérer la ligne comme un circuit à constantes
réparties.

A1 Ix dz x A2

V1 V  x  dx  dY x V x V2

°
dx M x

En utilisant la théorie de propagation des ondes, on arrive à démontrer que :


 Z c sh nl
V 1   ch nl  V 2 
    sh nl  
 I1   ch nl   I2 
 Zc 
avec :
n : constante de propagation
n  Y Z

Z et Y : impédance et admittance par unité de longueur


Z Z
Zc   : impédance caractéristique
n Y

Comme le cas d’une ligne de longueur moyenne, on peut schématiser la ligne par un
quadripôle en  ou un quadripôle en T.

1 1
Zf Zf
Za 2 2

V1 V2 V1 V2
1 1
Yb Yb Yg
2 2

Schéma en Schéma en

On peut montrer facilement les relations suivantes :

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Les réseaux d’énergie électrique
l
sh ( Y Z l) th ( Y Z )
2
a) schéma en  : Z a  Z ; Yb  Y
YZ YZ
2
l
th ( Y Z ) sh ( Y Z l)
2
b) schéma en T : Z f  Z ; Yg  Y
YZ YZ
2

IV. Systèmes de distribution :

Le système de distribution est celui qui alimente un réseau d’utilisation, (alimente les
différentes charges dans une localité définie).
Le réseau de distribution comporte en général plusieurs niveaux de tension :

 niveau basse tension (220/380 V) : alimente les appareils domestiques, les unités
industrielles de petite taille et les appareils de commerce,

 niveau moyenne tension (15 à 90 kV) : Ce niveau de tension est utilisé pour la distribution
géographique locale. Il peut recevoir l’énergie directement des centrales voisines ou bien
par l’intermédiaire des lignes de transmission à travers les postes de transformation. Les
grands consommateurs (industrie de grande taille) sont alimentés directement par ce
niveau de tension.

 niveau haute et très haute tension (> 90 kV) : ce niveau de tension est utilisé pour le
transport de l’énergie et l’interconnexion entre les pays.

V. Différents types de réseau

V.1. Réseaux radiaux

Sont, à partir d’un poste d’alimentation, constitués de plusieurs artères (ou feeders), dont
chacune va en se ramifiant, mais sans jamais retrouver le point commun. C’est la structure
d’un arbre (figure 7).

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Les réseaux d’énergie électrique

: Source
: Artères
: Autres départs d’artères
: Ramification
: Postes alimenté par le réseau (utilisateur ou abaisseur)

Figure 7: Schéma d’un réseau radial

Les réseaux radiaux sont de structure simple et peuvent être contrôlés et protégés par un
appareillage simple. Ce sont les réseaux les moins onéreux.

V.2. Réseaux bouclés

Sont alimentés à la fois par plusieurs sources (en général 2 à 3). Les lignes les reliant appelés
« boucles » n’ont pas de discontinuité, de sorte que ces sources débitent en parallèle. Le
nombre de boucles est toujours réduit, et chacune comporte des dérivations plus ou moins
importantes et plus ou moins ramifiées. L’existence de plusieurs sources en parallèles
augmente la sécurité d’alimentation. En effet pour les usagers alimentés sur une telle boucle,
l’énergie peut arriver par deux trajets différentes et la mise hors tension d’un tronçon de ligne
sur l’un de ces trajets n’interrompt pas leur alimentation ( sauf évidemment s’ils sont
directement raccordés sur le tronçon siège de l’avarie).

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Les réseaux d’énergie électrique

Sectionneur ouvert

: Source
: Artères
: Ramification

Figure 8: Schéma d’un réseau bouclé


V.3. Réseaux maillés

Un réseau maillé est un réseau ou tous les tronçons de lignes font partie d’une boucle, le
graphe d’un tel réseau a l’aspect d’une toile d’araignée ou d’un filet en général très irrégulier.
Les réseaux maillés sont de deux types :
 les réseaux maillés à charges nodales : où toutes les charges sont connectées aux
nœuds du réseau. Ils sont utilisés dans les réseaux de transport d’énergie à haute
tension,

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Les réseaux d’énergie électrique

: Source : Charge : Disjoncteur

Figure 9: Exemple d’une fraction d’un réseau maillé à charges nodales

 les réseaux maillés à charges réparties : où les charges sont branchées le long des
lignes. Ils sont utilisés dans les réseaux de distribution.

Transformateur (MT/BT)

Charges (usagers BT)

Figure 10: Exemple de réseau maillé à charges réparties

Le maillage du réseau assure une grande sécurité de fonctionnement.

VI. Modélisation du réseau et résolution du problème de répartition des charges

VI.1. Introduction

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Les réseaux d’énergie électrique
Le problème de répartition des charges consiste à déterminer l’état du réseau en régime
permanent. Cela veut dire déterminer les tensions des différents nœuds en module et phase.
Pour résoudre ce problème nous devons tout d’abord commencer par décrire une procédure
qui permet de passer du composant physique à l’élément mathématique, c’est à dire du
dispositif matériel à son modèle.

VI.2. Modélisation du réseau électrique

Une branche du réseau de transport de l’énergie électrique (une ligne, un transformateur,


etc…) est usuellement modélisée par un quadripôle en π. Entre deux nœuds voisins (i et j) on
a alors le schéma ci-dessous :

Figure 11: Modèle d’un composant de transport de l’énergie électrique

Avec :
L
Y ij  G ij  j Bij 1
S
Y  G ii  j Bii
ii 2
S
Y jj  G jj  j B jj 3

Les différentes admittances de ce schéma se déterminent comme suit :

VI.2.1. Cas des lignes

Le schéma classique d’une ligne est donnée par la figure 12 où :

 Rij et Xij représentent respectivement la résistance et la réactance de la branche


délimitée par les deux nœuds i et j.

 riim et x iim représentent respectivement la résistance et la réactance des éléments

branchés entre le nœud i et la masse (transformateurs de mesure, bancs de self ou de


capacités, câbles, etc...).

 Xcij / 2 est la réactance de la demi capacité de la ligne (i , j) concentrée aux nœuds i et


j.

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Les réseaux d’énergie électrique

Figure 12: Modèle d’une ligne d’un réseau électrique THT

Les paramètres de la figure 11 se déterminent par identification, soient :

R ij
G ij  4
R  X ij2
2
ij

X ij
Bij  - 5
R ij2  X ij2
1
G ii  6
riim
1 2
Bii  - m  7
x ii X cij

VI.2.2. Cas des transformateurs

Dans ce cas, on suppose généralement que la réactance magnétisante est infinie. Ainsi, un
transformateur peut être considéré comme une admittance égale à son admittance en court-
circuit Y cc placée derrière un transformateur idéal de rapport de transformation n.

Le modèle est le suivant :

Figure 13: Modèle d’un transformateur d’un réseau électrique THT

Les courants I i et I j sont donnés par les expressions :

 Vj 
I i  Y cc  V i -  8
 n 
 V 
 Vi - j 
 n  9
 
I j  - Y cc
n

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Les réseaux d’énergie électrique

En tenant compte de la figure 11, on peut écrire aussi :

L
 
I i  Y ij V i - V j  Y ii V i
s
10
Ij  Y
L
ij V j -V Y
i
s
jj Vj 11

Par identification des équations (8 et 9) et (10 et 11), on déduit :

L Y cc
Y ij  12
n
S  1
Y ii  Y cc 1 -  13
 n
S 1
Y jj  Y cc 14
n (n - 1)
L
Que l’on calcule Y cc du côté primaire ou secondaire, Y ij gardera la même expression (12),
s s
par contre les expressions de Y ii et Y jj doivent être permutées.

VI.3. Mise en équation

VI.3.1. Matrice des admittances nodales

Un nœud i du réseau peut être relié à plusieurs branches. Le courant I i équilibre d’une part le
courant véhiculant entre le nœud i et la masse et d’autre part les courants de liaison (i , j).

Ainsi, par simple application de la loi d’Ohm à des mailles du type indiqué par la figure (11)
ce courant s’exprime par :

 m N s
 
N
I i   Y ii   Y ij  V i   Y ij V i - V j
L
15
 j i  j i

Soit encore :

 m N s

Ii   Y ii   Y ij  Y ij
L
 V   Y
i
N
L
ij Vj 16
 j i  j i

Avec :

s 2
Y ij   2 j C ij ω 17
X cij

N : nombre de nœuds du réseau.

En notation vectorielle, l’expression (16) de I i peut se mettre sous la forme :

IYV 18

Les éléments de Y , dite matrice des admittances nodales, sont définis par :

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Les réseaux d’énergie électrique
L
Y ij  - Y ij 19
m
N
Y ii  Y ii   Y ij  Y ij
j i
 s L
 20

VI.3.2. Equations relatives aux grandeurs mesurées

Après avoir noté par :

Yij et θ ij : Module et argument d’un élément (i , j) de la matrice nodale.

Vi et  i : Module et argument de la tension au nœud i.

Et effectué la relation (18) nous déduisons les expressions des puissances injectées en tout
nœud :

Si  Pi  j Q i 21
Pi   Yij Vi Vj cos α i - α j - θ ij 
N

22
j 1

Q i   Yij Vi Vj sin  α i - α j - θ ij 
N

23
j 1

Avec :

Pi Qi décrivent respectivement le net en puissance active et réactive, Donc :


et

Pi  Pgi - Pci 24
Q i  Q gi - Q ci 25

Avec :

Pgi et Qgi représentent respectivement les productions active et réactive au nœud i.

Pci et Q ci représentent respectivement les consommations active et réactive au nœud i.

La puissance transitée d’un nœud i vers un nœud k s’exprime par :

  
* s L *
Sik  V i Iik  V i Y ik V i - Y ik V i - V k 26

Soit encore, après avoir posé Yiks  B sik  2 C ik ω

Sik  Pik  j Q ik 27
Pik  G ik V - Vi Vk  G ik cos α i - α k  - Bik sin α i - α k  
2
28
 
i

Q ik  Bik - Bik Vi2 - Vi Vk  G ik sin  α i - α k   Bik cos α i - α k  


s
29

Les pertes actives et réactives dans une même ligne s’obtiennent par :

-18-
Les réseaux d’énergie électrique
p ik  Pik - Pki 30
q ik  Q ik - Q ki 31

Soit encore :


p ik  G ik Vi2  Vk2 - 2 Vi Vk cos α i - α k   32
q ik   Bik - Bsik   Vi2  Vk2  - 2 Vi Vk Bik cos α i - α k  33

De la sommation de ces puissances sur toutes les N L lignes du réseau découlent les relations
des pertes actives et réactives totales :
NL NL
p p ik 34
i 1 k  i 1
NL NL
q q ik 35
i 1 k  i 1

VI.4. Définition du problème de la répartition des charges

Le problème de la répartition des charges dans un réseau électrique consiste à déterminer son
état de fonctionnement en régime permanent. Par ceci on sous-entend la valeur de la tension
en module et en phase en chaque nœud. Toute autre grandeur (courant, puissance transportée
par une ligne, puissance injectée, pertes, …) s’en déduit. La résolution de ce problème
suppose la spécification des données et des inconnues. Ces dernières dépendent du type de
nœud. En effet, on distingue :

 Les nœuds producteurs : Ceux qui sont connectés, en plus des charges locales, à des
sources de production d’énergie. Ils sont généralement appelés nœuds du type 3.

 Les nœuds purement consommateurs : Ils sont connectés seulement à des charges. Ils
sont généralement appelés nœuds du type 2.

 Le nœud bilan : Ce nœud sert de référence pour les déphasages et assume les pertes du
réseau. Il est appelé nœud du type 1 et il est choisi parmi les nœuds producteurs.

Le tableau ci-dessous spécifie, pour chaque type de nœud, les données et les inconnues.

Type de nœud Nombre Données Inconnues Déductions


3 Ng – 1 Pg , Pc , Qc , V α Qg
2 Nc Pc , Qc V,α -
1 1 V, α , Pc , Qc - P,Q
Tableau 1: Les données et les inconnus pour chaque type de nœud

L’indice c désigne la consommation et l’indice g désigne la production.

-19-
Les réseaux d’énergie électrique
VI.4.1. Mise en forme du problème

Le nombre d’inconnues est (2 Nc + Ng -1). On doit alors écrire le même nombre d’équations.
En effet (Nc + Ng -1) équations en P (pour les nœuds du type 3 et 2) et Nc équations en Q
(pour les nœud du type 2) suffisent pour résoudre le problème, c'est-à-dire chercher
(Nc + Ng -1) inconnues en α et Nc inconnues en V. ceci revient à résoudre le problème :

F p (α , V )  0 36
F q (α , V )  0 37

Avec :

Fpi  - Pgi  Pci   Yik Vi Vk cos α i - α k - θ ij 


N

k 1 38
i  1 , ............., N  N -1
c g

Fqi  Q ci   Yik Vi Vk sin  α i - α k - θ ij 


N

k 1 39
i  1 , .......... ..., N
c

VI.4.2. Résolution du problème de la répartition des charges

Le problème de répartition des charges consiste à déterminer l’état du réseau en régime


permanent c’est à dire les tensions des différents nœuds en module et en phase.

La résolution de ce problème utilise des méthodes itératives puisqu’il s’agit d’un problème
non linéaire. Beaucoup de méthodes sont utilisées pour la résolution du problème de
répartition des charges, parmi ces méthodes on citera :

- La méthode du Jacobien.

- La méthode de Gauss-Seidel.

- La méthode du courant-continu.

Avec l’évolution des outils informatiques, l’utilisation des méthodes intelligentes pour la
résolution de ce problème devient possible. On cite parmi ces techniques :

- Les algorithmes génétiques.

- Les réseaux de neurones.

La méthode de Newton-Raphson constitue la méthode universelle pour la résolution de ce


problème. Cette méthode est basée sur l’évaluation successive du Jacobien.

VI.4.3. Principe de la méthode du Jacobien

Il s’agit de résoudre un système de n équations non linéaires à n inconnus, donné par :

-20-
Les réseaux d’énergie électrique
 f1 ( x1 , x 2 ,.........., x n )  0
 f ( x , x ,.........., x )  0
 2 1 2 n

 f 3 ( x1 , x 2 ,.........., x n )  0
 40
.
.

 f n ( x1 , x 2 ,.........., x n )  0

Ce système s’écrit sous sa forme vectorielle suivante :


F(X )  0 41

Avec :
X   x1 x2 . . xn  T 42

Le principe de cette méthode consiste à faire un développement en série de Taylor au premier


ordre des fonctions f i autour d’une condition initiale X 0 . Les variations des fonctions f i
entre deux points X 0 et X 1 se traduisent par:
T
f i ( X 1 )  f i ( X 0 )  i ( X 0 )( X 1  X 0 ) (i = 1,…n) 43

Où  i désigne le vecteur gradient de la fonction f i . Il est donné par :

f i f i f i f
i  ( , , ,......,.......,.......,......., i ) T 44
x1 x 2 x 3 x n
L’expression (43) s’écrit en notation vectorielle comme suit :

F ( X 1 )  F ( X 0 )  J ( X 0 )( X 1  X 0 ) 45

Où la matrice jacobienne J ( X ) est donnée par l’expression suivante :

-21-
Les réseaux d’énergie électrique
 f1 f1 f1 
 x . . . .
x2 xn 
 1 
 f 2 f 2
. . . .
f 2 
 x1 x2 xn 
 . . . . . . . 
J (X )   . 46
 . . . . . . . 
 . . . . . . . 

 . .. . . . . . 
 f n f n f n 
 . . . . 
 x1 x2 xn 

L’objectif du passage d’un point X 0 à un autre point X 1 étant de faire tendre le vecteur
F ( X ) vers l’origine 0 , le passage doit être conditionné par :

X 1  X 0  J 1 ( X 0 ) F ( X 0 ) 47

VI.4.4. Adaptation de la méthode au problème de la répartition des charges

D’après les équations (38 et 39), une variation  et V respectivement pour les phases et
les modules des tensions entraîne une variation des fonctions Fp et Fq telles que :

ΔFp  J pα Δα  J pv ΔV 48
ΔFq  J qα Δα  J qv ΔV 49

Avec :

 Fp  Fp
J pα  ; J pv 
α V
50
 Fq  Fq
J qα  ; J qv 
α V
Et puisque les fonctions F p et F q sont relatives respectivement aux puissances actives et réactives, donc

le système devient :

ΔP  J pα Δα  J pv ΔV 51
ΔQ  J qα Δα  J qv ΔV 52

Avec :

P P
J pα  ; J pv 
α V
Q Q
53
J qα  ; J qv 
α V

On peut vérifier généralement, pour un réseau électrique, que la puissance active est très
sensible à l’angle alors que la puissance réactive est très sensible à la tension.

-22-
Les réseaux d’énergie électrique
Dans ce cas, le système devient :

ΔP  J pα Δα 54
ΔQ  J qv ΔV 55

Où :


 i  j : V V Y sin  α - α - θ 
 i j ij i j ij

J pα   56

 i  j : -  Vi Vj Yij sin  α i - α j - θ ij 
N

 i j



 i  j : Vi Yij sin α i - α j - θ ij


J qv   57

 
Q
 i  j : - Vi Yii sin θ ij  i
 Vi

On parlera alors de la répartition des charges découplée.

 P  J p 0    
Q   0 
J qv  V 
   

Les dimensions des différentes matrices :


   
J p :  N c  N g  1, N c  N g  1
  ; J qv :  N c , N c 
 

   
P :  N c  N g  1 ;  :  N c  N g  1 ; Q :  N c  ; V :  N c 
    
 
 
 

-23-
Les réseaux d’énergie électrique
VI.4.5. Algorithme

Début

Fixer une précision de calcul


Initialiser le vecteur

Calculer les fonctions fi en


i = 1, ……………, N

Tester la
convergence
Oui
i = 1, …, N

Calculer le Jacobien en

Inverser le Jacobien et incrémenter le vecteur

est une solution


Imprimer les résultats

Fin

Figure 14: Algorithme du problème de répartition des charges

-24-
Les réseaux d’énergie électrique

VII. Répartition optimale des puissances

Le problème de répartition optimale des puissances (dispatcing économique), consiste à


minimiser une fonction critère, qui peut être liée à un aspect économique, à la minimisation
des pertes ou à l’amélioration du plan de tension, comme elle peut rassembler tout ces aspects,
sous certaines contraintes ,qui sont nécessaires pour le fonctionnement du matériel dans des
conditions techniques satisfaisantes, elles sont appelées « contraintes de sécurité », on peut
citer :

 Les contraintes de charge : c’est à dire égalité production-consommation.

 Les contraintes de fonctionnement : elles sont relatives aux valeurs limites imposées aux
composants (puissances transmissibles par une ligne, etc.) et grandeur de base du
régime(tension, fréquence, etc.).

Donc le problème est formulé mathématiquement comme suit :


 Min C(X,U)
 X

sous les contrainte s:

 F(X,U)0

G(X,U)0

Avec :

X : Vecteur des variables indépendantes, généralement formé par les modules des tensions
des nœuds consommateurs et les phases de toutes les tensions des nœuds du réseau.

U : Vecteur des variables de commande (ou encore de contrôle), généralement formé par les
puissances actives produites par les centrales thermiques, les modules de tensions de toutes
les centrales, etc.

F( X, U ) : Sont les contraintes d’égalité déduites de l’application de la loi de Kirchoff au

circuit (les équations de répartition des puissances).

G ( X, U ) : Est l’ensemble des contraintes de sécurité, on distingue :

X min  X  X max
 Les contraintes sur les variables : 
U min  U  U max

-25-
Les réseaux d’énergie électrique
 Les contraintes sur les courants ( I ), les puissances actives transitées ( P t ), les puissances
réactives des groupes ( Q g ), etc.

I  I ( X , U )  I
 min max
P t min  P t ( X , U )  P t max
Q  Q ( X , U )  Q
 g min g g max

VII.1. Variables de contrôle du système

On appellera « variables de contrôle » du système les variables physiques sur les quelles on
peut agir. Ce sont :

1) Les productions actives Pg des groupes thermiques.

2) Les modules de tension V G des groupes thermiques et hydrauliques, ainsi que des
compensateurs synchrones éventuels.

3) Les rapports de transformation variables s’il en existe (rapports des tensions  et


éventuellement déphasage ).

4) Les capacités et réactances variables éventuelles.

5) Seulement dans des conditions spéciales dites surcontraintes , les productions


hydrauliques, les productions thermiques à démarrage rapide, les délestages et même les
changement de structure du réseau.

En général, seules les variables de types 1,2 et 3 qui sont considérées.

Vu la complexité du problème, des définitions et des procédés partiels sont établis. On


distingue :

Le modèle en actif seul : il est relatif au cas où :

Le vecteur de commande est composé par les puissances actives générées par les centrales
thermiques et le vecteur des variables d’état limité aux phases des tensions, les modules des
tensions étant supposés voisins de leurs valeurs normales (généralement un per-unit).

La fonction objective à minimiser est liée généralement au coût de production.

Les contraintes considérées sont relatives aux limites des puissances actives transmissibles par
les lignes et celles produites par les centrales.

-26-
Les réseaux d’énergie électrique
Les hypothèses simplificatrices utilisées dans la méthode du courant continu étant largement
validées pour l’actif seul, un grand intérêt est attribué à ce modèle surtout pour l’exploitation
en temps réel, par ailleurs, on sous entend actuellement par « dispatching économique en
sécurité » le problème de la répartition optimale des puissances résolu dans ce contexte.

Le modèle en réactif seul : il est relatif au cas où :

Le vecteur de commande est composé par les tensions des générateurs, les rapports de
transformation des régleurs en charge, les bancs de selfs et de capacités et l’équation du nœud
bilan pour assurer l’équilibre entre la production et la consommation. Le vecteur des variables
d’état est restreint aux modules des tensions des nœuds consommateurs.

La fonction objective à minimiser est donc exprimée par un critère sur les tensions.

Les contraintes sont relatives aux limites des modules des tensions et des productions
réactives des différents nœuds.

Ce modèle intéresse essentiellement la recherche d’un plan optimal de tension. L’action sur
les tensions des générateurs et les rapports de transformation étant généralement limitée et
complexe, le modèle se réduit à l’étude de l’influence des bancs de selfs et de condensateurs.

Le modèle complet : il constitue le cas général où on tient compte à la fois de l’actif et du


réactif.

VII.2. Problème en actif seul

Le problème en actif seul est formulé mathématiquement en termes d’un problème


d’optimisation avec contraintes faisant intervenir :

La fonction coût à minimiser :

 C i ( Pgi ) 58
i

Il s’agit de minimiser la somme des coûts individuels relatifs à chaque centrale. Le coût
individuel C i ( Pgi ) peut être une fonction escalier, linéaire par morceau, quadratique par
morceau ou globalement quadratique. Ce dernier cas étant plus général, il sera utilisé dans
cette étude. On écrira alors :

1 2
C i (Pgi )   i   i Pgi   i Pgi et
2

CC0 βT Pg 0.5 PT


g γ Pg 59

-27-
Les réseaux d’énergie électrique
C0 : la somme des constantes  i des coûts individuels.

 : vecteurs à coefficients constants et positifs.

 : matrice diagonale à coefficients constants et positifs.

La contrainte d’égalité décrivant le bilan des puissances :

 Pgi  PD en négligeant les pertes dans les lignes.


i

Les contraintes imposées aux puissances actives générées par les machines :

Pgmin  Pg  Pgmax 60

Les contraintes imposées aux transits en actifs sur les lignes de transport et de distribution de l’énergie :

Pt min Pt Pt max 61

Ainsi, le problème en actif seul avec contraintes des lignes peut être formulé comme suit :

 T T T
Min (C  C 0   P g  0.5P g  P g )

Sous :

P g min  P g  P g max 62

P t min  P t  P t max
 P  P  p
 i gi D

Avec :

PD : niveau de charge totale du réseau de consommation.

p : pertes actives du réseau de transport.

Pour rendre le modèle compact, il est nécessaire d’exprimer le modèle de transmission


(puissances transitées dans les lignes de transport) en fonction des variables principales Pgi .

Les hypothèses simplificatrices utilisées dans la méthode du courant continu étant largement
validées pour ce cas.

VII.2.1. Modèle DC-FLOW pour le système de transmission

Le modèle DC-FLOW au sens duquel les résistances des lignes sont négligées devant les
réactances, et les écarts angulaires ( i  j ) des tensions sont supposés faibles, permet de
déterminer deux systèmes linéaires, entre les puissances injectées et les phases d’une part et
entre puissances transitées et les phases d’autre part. De ces deux systèmes découle un modèle

-28-
Les réseaux d’énergie électrique
linéaire entre les puissances transitées sur les lignes et celles injectées dans les nœuds du
type :

P t  G (P g  P c )

G : matrice qui ne dépend que de la topologie passive.

P c : vecteur des puissances demandées.

VII.2.2. Application de la méthode du courant continu


l l
Soit la ligne entre les deux nœuds (i,j) d’impédance Z ij , c’est à dire d’admittance Y ij .

l
Y ij
i j

La puissance transitée du nœud i vers le nœud j s’exprime par :


*
Sij  V i I ij 63
Or

I ij 
Vi - V j
l
l

 Y ij V i - V j  64
Z ij

 l*
Sij  V i  Y
 ij
*
 *  l*
 *
V i - V j   Y ij Vi2 - V i V i

  65

En écrivant l’admittance de la ligne sous la forme :


l
Y ij  G ij  jBij 66

Alors :

j α i - α j  j α i - α j 
Sij  G ijVi2 - G ijVi Vj e  
- jBij Vi2  jBijVi Vj e   67

D’où

Sij  Pij  jQ ij

Pij  G ijVi - G ijVi Vj cos αi - α j  - BijVi Vj sin  α i - α j 
2
68

Qij  - BijVi - G ijVi Vj sin  α i - α j   BijVi Vj cos α i - α j 
2

Et en écrivant l’impédance de la ligne sous la forme :

Z ij  R ij  jX ij 69

On a alors :

-29-
Les réseaux d’énergie électrique
R ij
G ij  70
R ij  X ij2
2

X ij
Bij   71
R ij  X ij2
2

Dans le modèle du courant continu on suppose que :

R ij  0

cos α ij  1
 72
sin α ij  α i - α j
p  0; p : pertes actives

Avec : α ij  α i - α j 73

On obtient,

Pij  - B ij Vi Vj  α i - α j  74

De plus, les expressions des puissances injectées en tout nœud sont :


Si  Pi  jQ i

 N
Pi  Pgi - Pci   Pij 75
 j i

 N

Q i  Q gi - Q ci   Q ij
j i

Où :

 Pgi et Q gi représentent respectivement les productions active et réactive au nœud i.

 Pci et Q ci représentent respectivement les consommations active et réactive au nœud


i.

On a alors :

Pgi - Pci   - Vi Vj B ij  α i - α j 
N
76
j i

En Supposons que les tensions des noeuds sont connues, et en posant :

H ij  - Vi Vj B ij 77

-30-
Les réseaux d’énergie électrique
On aura alors :

Pgi - Pci   H ij  α i - α j     H α i -  H ij α j
N N  N
78
j i  ji ij  j i

L’équation précédente peut être écrite sous une forme matricielle :

P g - P c  Kα 79

Avec :

K   N
 ii j i H ij
 80
K ij  - H ij

 Pg1 - Pc1   α1 
   
 Pg2 - Pc2  α2 
P g - P c   ...  ; α   .. 
   
 ...   .. 
P - P  α 
 gn cn   n

α  K -1  P g - P c  81

Supposons que α n = 0 phase de la tension du nœud n, alors le modèle se réduit d’une ligne et
d’une colonne.

Et en désignant par M l’inverse de la matrice K :

On aura alors :

Pij  H ij   M ik  Pgk - Pck  -  M jk  Pgk - Pck  


n -1 n -1
82
 k 1 k 1 

En posant :

Pci  Fdi PD 83

Avec :
F d : le vecteur des facteurs de participation des charges.

Ainsi, on peut écrire sous une forme matricielle :


Pt  G Pg - Pc  84

Soit encore :
P t  G gg P g - G dd PD 85

-31-
Les réseaux d’énergie électrique
Avec :
Ggg : matrice réduite aux nœuds producteurs de G
G dd  G F d 86

Donc on peut écrire :


P t  G gg P g  G dd PD 87

Avec :

 Pg1 
G . ............ . G N 1 
 
 11
G . ............. .
g
G2N 1

  Pg2 
 21 g 
 

Ggg. . . . . 
 ; Pg  . 
. . . . 

G . .............

G(n1)N 1
. 
 n1
 g 
 
 PgN g 1 
 

Et par suite le problème d’optimisation devient :


 T T T
Min P g (C  C0   P g  0.5P g  P g )

Sous :
P
 g min  P g  Pg max 88
P  G dd Pd  G gg P g  P t max  G dd Pd
 t min
 Pgi  PD  p
i

VII.3. Problème en réactif seul

Le modèle en réactif seul est relatif au cas où :

- Le vecteur de commande est composé par :les tensions des générateurs, les rapports de
transformation des régleurs en charge, les bancs de selfs et de capacités et l’équation du nœud
bilan pour assurer l’équilibre entre la production et la consommation. Le vecteur des variables
d’état est restreint aux modules des tensions des nœuds consommateurs.

- La fonction objective à minimiser est donc exprimée par un critère sur les tensions.

- Les contraintes sont relatives aux limites des modules des tensions et des productions
réactives des différents nœuds.

Le modèle dans notre cas sera réduit à l’étude de l’influence des bancs de selfs et de
condensateurs.

-32-
Les réseaux d’énergie électrique
Parmi les méthodes qui permettent de fixer les valeurs des tensions dans une marge
d’exploitation désirée suite à l’implantation des éléments réactifs dans quelques nœuds
consommateurs du réseau, on peut citer :

 La méthode des impédances.

 La méthode des coefficients de distribution.

 La méthode du jacobien en réactif.

Le modèle qu’on va exposer est basé sur l’utilisation du jacobien en réactif.

VII.3.1. Principe de la méthode du Jacobien en réactif.

L’amélioration du plan de tension peut être obtenue en minimisant les pertes actives du
réseau. Une autre possibilité consiste à considérer l’expression de la puissance active du
générateur bilan (liée aux pertes actives), à la linéariser par rapport aux tensions des nœuds
internes autour d’un point de fonctionnement initial et à lui appliquer une procédure de
minimisation. Les variables du problème seront les incréments de tension ( V ) qui seront
déterminés dans le programme de répartition de charge par la méthode du jacobien en réactif.

Cette méthode suppose que :

- Les tensions des nœuds producteurs sont constantes puisqu’ils sont généralement équipés
des régleurs de tension dont la consigne est imposée par l’opérateur.

- Les courants de charge sont constants.

VII.3.2. Utilisation de la méthode du Jacobien en réactif.

Selon la méthode du Jacobien découplé, l’incrément du vecteur tension des nœuds


consommateurs se détermine par la relation suivante :

1 Q
V  J qv 89
Avec :

Q : Vecteur des puissances réactives injectées de dimension ( N c  1 ).

V : Vecteur des incréments de tensions des nœuds consommateurs de dimension ( N c  1 ).

J qv : Matrice jacobienne donnant les sensibilités des puissances réactives par rapport aux
tensions, de dimension ( N c  N c ).

N c : Nombre des nœuds consommateurs.

La puissance active injectée au nœud bilan (nœud n) s’écrit comme suit :

-33-
Les réseaux d’énergie électrique
n 1
Pn  Pgn  Pcn   YnjVn V j cos( nj   nj ) 90
j 1
Ou encore :

n 1
Pn  PD  p  Pcn   Pgi 91
i 1
Avec :

Pcn : Consommation partielle du nœud bilan.

N
PD : Consommation totale du réseau ; PD   Pci
i 1

p : Les pertes actives.

Y,  : Module et argument d’un élément de la matrice des admittances nodales.

 nj   n   j où j :l’argument de la tension Vj .

Pgi : Puissance active générée par la centrale i.

Puisque la tension du nœud bilan (nœud producteur) est constante, on peut déduire
l’expression des pertes actives à partir des équations (90) et (91) :

n 1 n 1
p / Vn  ( PD  Pcn   Pgi ) / Vn   YnjV j cos( nj   nj ) 92
i 1 j 1
Donc toute variation du vecteur V entraîne une variation des pertes actives telle que :

n 1
p  Vn  Ynj cos( nj  nj )Vj 93
j1
Ou encore :

n 1
p / Vn    njVj
j1 94
Avec :

nj  Ynj cos( nj  nj ) 95

Or les tensions des nœuds producteurs sont considérées constantes, donc les variations seront
seulement au niveau des tensions des nœuds consommateurs.

Ainsi, l’équation (94) devient :

N
c
p   nj V j 96
j 1
Avec :

-34-
Les réseaux d’énergie électrique
nj   nj Vn 97

Les relations (89) et (96) donnent :

Nc Nc
Δp  (  Γ J 1 )ΔQ 98
k 1 j1 nj qvjk k

On pose :

N
c
R    J 1 99
k j1 nj qvjk

Donc l’équation (98) s’écrit sous la forme compacte :

p  R T Q
100

Ou encore :

Nc
pp R Q
0 j
1 j j 101

Donc le problème est formulé mathématiquement sous la forme suivante :

 Nc
Min(p p  R Q )
 0  j j
 j1

Sous : 102

V min  V0  V V max

Q  QQcl max
 cl min

Vmin et Vmax : limites minimales et maximales désirées pour le vecteur tension.


Q Q
clmin et cl max : limites minimales et maximales du domaine admissible de production de
l’énergie réactive des condensateurs et des selfs implantés dans quelques nœuds
consommateurs en vue d’améliorer le plan de tension.
Or on a :
1 Q
V  J qv

Donc le modèle précédent devient :

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Les réseaux d’énergie électrique
 N
Min (p  p  c R Q )
 0  j j
 j1
Sous :
 103
 1
V min  V 0  J qv Q  V max

Q cl min  Q  Q cl max

C’est à dire :

 N
Min (p  p  c R Q )
 0  j j
 j1

Sous : 104
J (V  V )  Q  J (V
 qv min 0 qv max  V 0 )
Q  Q  Q
 cl min cl max

Le problème s’écrit alors :


 Nc
Min(pp 
0  j
R Q j)

 j1

Sous : 105

(Q)AQ B0


Avec A et B représentent respectivement la matrice et le vecteur définissant les contraintes, et


qui sont fixés par l’ensemble des équations du problème initial.

 1 
Jqv  V  V 
   min 0 
 J 1  V0  Vmax 
qv
A  et B 
I   Q 
 Nc  min
 I   
 Q 
 Nc 
   max 

-36-
Les réseaux d’énergie électrique

1 0 0.. .0 
 
 0 1 0.. .0 
IN  
c ........ 
 
0 0 0.. .1 
VII.4. méthodes de résolution

Le problème en actif seul est un problème non linéaire. Les méthodes classiques utilisées pour
sa résolution utilisent les programmations non linéaires. Parmi ces méthodes on cite :

- La méthode du gradient.

- La méthode de Lagrange.

- La méthode de Khun-Tucker.

- La méthode de continuation paramétrique.

Par contre, le problème en réactif seul est un problème linéaire. Les méthodes classiques
nécessaires pour sa résolution utilisent les programmations linéaires. Parmi ces méthodes on
cite :

- La méthode simplexe.

- La méthode de pénalité linéaire.

La résolution de ces problèmes d’optimisations (linéaires ou non linéaires) peut être aussi par
application des algorithmes génétiques, car l’avantage de ces algorithmes réside dans le fait
que, contrairement à d’autres méthodes, ils ne nécessitent pas une phase préliminaire pour la
recherche d’une condition initiale appartenant au domaine admissible. Les algorithmes
génétiques permettent aussi de donner l’optimum absolu. On doit signaler que ces méthodes
demandent un temps de calcul important.

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Les réseaux d’énergie électrique

VII.5. Conclusion

Le problème du dispatching économique sous ces deux aspects permet au exploitant du réseau
de prendre des décisions précises et valables. Pour une situation donnée, il peut manipuler les
productions des centrales et les productions des bancs de compensation réactives des nœuds
consommateurs pour avoir un coût minimal et un plan de tension valable.

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