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Guide pratique

de microbiologie
alimentaire

à l'usage des producteurs

Par :
M. Abdelmassih,
J. Mahillon,
M-J. Goffaux,
F. Ferber,
V. Planchon

Avec la collaboration
des laboratoires
de la chaine
Microbiologie
et de la Cellule de
coordination de
l’ASBL REQUASUD
1. Microbes et alimentation

L es aliments que nous consommons ne sont pas stériles : ils


contiennent de nombreux micro-organismes tels que des
bactéries, virus, parasites, levures et moisissures.

Ces « microbes » sont omniprésents Il existe quatre catégories de micro- • les micro-organismes « indicateurs
dans l’environnement, sur l’homme, les organismes importants dans les aliments : d’hygiène », dont le faible niveau de
animaux, dans l’air et donc, inévitablement, • les micro-organismes « utiles », qui vont concentration indique l’acceptabilité du
sur ou dans les aliments. Sur un morceau de apporter à la denrée des propriétés orga- procédé de production ;
viande hachée crue par exemple, les micro- noleptiques (arômes, acidité, texture) ou • les micro-organismes « pathogènes »,
organismes se comptent par millions ! une meilleure conservation ; susceptibles de provoquer une maladie
Rassurons-nous, ils sont majoritairement • les micro-organismes « d'altération » qui chez le consommateur (par l’invasion des
inoffensifs. dégradent les propriétés organoleptiques cellules et/ou la production de toxines).
de l'aliment ;

Micro-organismes Exemples Effets

Table des matières


Utiles Levure Saccharomyces cerevisiae Fermentation
Bactéries lactiques (pain, bière, choucroute)
Acidification (yaourt, charcuteries)
1/ Microbes et alimentation 3

2/ REQUASUD, un réseau de laboratoires 4

2.1/ La chaine Microbiologie de REQUASUD 5

2.2/ La base de données de REQUASUD


Coordonnées des auteurs 5

2.3/ Services proposés 6

M. Abdelmassih, J. Mahillon 3/ Pourquoi faire analyser ses produits ? 6


Germes Anaérobies
UCL – Laboratoire de Microbiologie Alimentaire et Envi- Moisissures Gonflement, texture visqueuse,
3.1/ Autocontrôle obligatoire 7
D’altération dégradation de l’aspect, goût
ronnementale (ELIM) Pseudomonas rance, odeur désagréable
3.2/ Les critères microbiologiques 7

M-J. Goffaux, F. Ferber De quoi s’agit-il ? 7

Cellule de coordination de l’ASBL REQUASUD D’où viennent ces critères ? 8

V. Planchon En bref 8

CRA-W - Département Agriculture et Milieu naturel 4/ Comment se déroule une analyse ? 8

4.1 / Contact avec le laboratoire 10

4.2/ Envoi des échantillons 10

4.3/ Analyses 10 Indicateurs Flore totale Témoins d’un défaut de production


4.4/ Rapport 10
d’hygiène Entérobactéries ou de conservation
4.5/ Aide à l’interprétation 11

5/ Types d’analyses microbiologiques 12

5.1/ Analyses « classiques » 13

5.2/ Analyses « sur-mesure » 20

Tests de croissance 20

Validation de la durée de vie microbiologique 21

Analyses de l’environnement de travail 21


Salmonella spp Maladies : salmonellose, listériose,
Identifications moléculaires 21 Pathogènes Listeria monocytogenes vomissements, fièvre, diarrhée
6/ Contacts 22
Staphylococcus aureus sanglante
Escherichia coli O157:H7

3
En tant que réseau d’analyses et de
conseils pour les petites entreprises du
Ham Sausage - Total flora
2. REQUASUD, un réseau de laboratoires monde agricole et les artisans du secteur
agroalimentaire, REQUASUD est un
6

L
partenaire, permettant aux acteurs de la 5
chaine alimentaire de surmonter d’éventuels
’ ASBL REQUASUD (REseauQUAlité SUD) est un réseau de problèmes d’hygiène ou de contamination. 4

Iog CFU/g
15 laboratoires d’analyses situés en région wallonne, qui moyens d’analyses et de conseils efficaces, Le rôle de REQUASUD est donc de venir 3
a pour mission l’amélioration et la garantie de la qualité des neutres et indépendants, sur l’ensemble du en aide aux producteurs, en leur four-
nissant un service d’analyse et d’inter- 2
territoire wallon.
produits agro-alimentaires wallons (Fig. 1). Depuis 1989, l’ASBL
prétation des résultats, et non pas de
1
REQUASUD a développé et gère une infrastructure de mesure de Le réseau a également pour but l’amé-
réaliser des contrôles de la qualité des
lioration de la qualité des produits et des
la qualité des produits agricoles et agro-alimentaires d’une part, denrées alimentaires. L’analyse vient en 0
analyses grâce au contrôle régulier des
effet en renfort de mesures préventives
et de la qualité du milieu d’autre part, dotant ainsi le Service

Lab 01
Lab 02
Lab 03
Lab 04
Lab 05
Lab 06
Lab 07
Lab 08
Lab 09
Lab 10
Lab 11
Lab 12
Lab 13
Lab 14
Lab 15
Lab 16
Lab 17
appareils et des méthodes d’analyses uti-
telles que l’établissement de plans de ges-
Public de Wallonie d’un outil performant devant lui permettre lisés par les laboratoires, à l’aide d’essais
tion de la qualité HACCP (Hazard analysis
d’occuper une place de choix dans un contexte socio-économique interlaboratoires impliquant tous ses parte-
and critical control points, voir 3.1 p.7). Figure 2 : Exemple de résultats d'un essai interlaboratoire de REQUASUD.
naires. La mise en application de procédures
où tout concourt à reconnaître l’importance de la qualité. Elle permet au producteur de réaliser un
communes tant pour les aspects organisa-
contrôle de sa fabrication et donc de garan-
tionnels que pour les aspects techniques,
tir à ses acheteurs la sécurité et la salubrité
tion pour l’organisation des essais interla- 2.2 La base de
permet le développement de synergies
des denrées qu’il produit. Dans le cadre
boratoires (ISO 17043). Ces actions visent à données de
Cette structure rassemble des labora- fonctionnement est assuré par une cellule
entre les partenaires.
du projet Réseau Qualité II (INTERREG II),
garantir la justesse et la qualité des résultats REQUASUD
d’analyses rendus aux clients.
toires d’analyses de proximité, provinciaux de coordination et de promotion. Pour garantir la qualité et la REQUASUD a soutenu les artisans dans la L’ensemble des résultats d’analyse
ou privés, associés à des groupements inter- sécurité des aliments, les mise en place des systèmes de gestion de la Les laboratoires d’autocontrôle des obtenus par les laboratoires du réseau est
La structure en réseau a pour premier exigences légales ont fortement industries agro-alimentaires sont tenus
professionnels, ainsi que des laboratoires qualité (HACCP), notamment en fournissant
objectif de mettre à la disposition des évolué et sont basées sur collecté dans une base de données centra-
de recherche assurant leur encadrement l’engagement de la responsabilité des systèmes d’analyses microbiologiques de participer régulièrement à des essais lisée gérée par REQUASUD. Entre 1994 et
praticiens (agriculteurs ou artisans) des
référentiel (ULg, UCL et CRA-W). Son de tous les acteurs de la filière et de conseils. interaboratoires, afin de former et valider 2011, les résultats d’analyses microbiolo-
agroalimentaire. leur personnel technique et d’avoir pleine
Dans le réseau REQUASUD, les ana- giques de plus de 85.000 échantillons y ont
confiance en leurs résultats d’analyses. été compilés et validés, ce qui représente
lyses microbiologiques sont réalisées dans
L’ASBL REQUASUD organise des essais environ 600.000 données (signalétiques
cinq laboratoires de proximité qui sont
Assemblée générale interlaboratoires de microbiologie alimen-
encadrés par un laboratoire de recherche et analytiques). Les extractions de données
 

taire depuis 1991, incluant actuellement (par catégorie d’aliment, ou encore par type
spécialisé, le Laboratoire de Microbiologie
18 laboratoires. L’objectif de ces essais est de micro-organisme) permettent d’évaluer
Alimentaire et Environnementale (ELI-M) de
Conseil d'administration d’évaluer et de démontrer la performance
l’Université Catholique de Louvain (UCL). les niveaux de contamination des denrées
des laboratoires participants (comme alimentaires en région wallonne. A ce titre,
Le volume annuel des analyses réalisées
l'illustre la figure 2) et de permettre leur tous les graphiques illustrant la présente
par cette chaine de laboratoires représente
amélioration continue. brochure sont des extractions de la base de
Cellule de coordination environ 10.000 échantillons.
générale Ces essais interlaboratoires proposent, données microbiologique de REQUASUD.
dans des matrices alimentaires homogénéi-
Essais InterLaboratoires Base de données
2.1 La chaine

sées (jambon, lait, saumon, cake), l’analyse Il est à noter que ces analyses
Microbiologie

de la plupart des paramètres analysés en ont été réalisées dans le cadre


de REQUASUD routine : germes totaux, B. cereus, spores
de programmes d’autocontrôle,
ou sur des produits sensibles
Laboratoires d’encadrement référentiel - LER La chaine Microbiologie est supervisée aérobies, bactéries lactiques, staphylo- ou suspects – et non sur base
issus d’institutions scientifiques (qualité du milieu et qualité des produits)
par le laboratoire ELI-M qui assure le sup- coques, entérobactéries, C. perfingens, d’un échantillonnage aléatoire.
port technique et la formation continue levures et moisissures, L. monocytogenes, Les niveaux de contamination
 

pour les laboratoires d’analyses.


enregistrés peuvent donc être
Campylobacter, Salmonella et E. coli
supérieurs à ceux réellement
Laboratoires de proximité (associés aux ASBL interprofessionnelles) O157:H7. rencontrés dans les produits
Quatre des six laboratoires de la chaine
wallons.
Microbiologie sont accrédités (ISO 17025) Les essais interlaboratoires de REQUA-
pour les analyses microbiologiques, ce qui SUD répondent aux prescriptions de la
Bénéficiaires : agriculteurs, producteurs, artisans et citoyens apporte des garanties sur la qualité de leur norme ISO 17043. Pour toute information
travail. L’ASBL REQUASUD est, elle-même, complémentaire, il suffit de contacter la cel-
Figure 1 : Organigramme de la structure générale de l’ASBL REQUASUD. engagée dans une démarche d’accrédita- lule de coordination de REQUASUD.

4 5
La base de données REQUASUD est Cette base de données permet éga- • la conception de plans d’analyses d’au- des contrôles microbiologiques, afin d’avoir Cet autocontrôle inclut la mise en place production mis en place (choix des
un outil d’aide aux producteurs wallons lement de sensibiliser les producteurs à tocontrôle (choix des analyses à réaliser pleine confiance en la qualité de leurs pro- de bonnes pratiques d’hygiène et d’un matières premières, manipulations ou
et aux laboratoires qui les conseillent. l’importance d’un système HACCP adapté et fréquence, échantillonnages) ; duits finis. Ceci peut se faire dans le cadre système HACCP (Hazard Analysis and Cri- techniques de conservation) ;
Elle apporte une meilleure connaissance et à l’utilité d’analyser ses produits. d’un plan d’autocontrôle. tical Control Points), système intégré qui
• l’interprétation des résultats d’ana- • de garantir aux consommateurs (et aux
des dangers associés à chaque type de consiste à identifier et à contrôler toutes
lyses ; organismes de contrôle) la sécurité et la
production, car elle permet d’identifier
les contaminants les plus fréquents dans
2.3 Services proposés • l’amélioration de la qualité des proces-
3.1 Autocontrôle les étapes « à risque » dans le processus
de production.
salubrité des denrées commercialisées.

chaque type de produit et de mettre en Les laboratoires de la chaine Microbiolo- sus de production ;
obligatoire En Belgique, l’AFSCA (www.afsca.be)
Une fois le système HACCP mis en
évidence les produits ou les étapes de gie de REQUASUD disposent d’une exper- Depuis l’Arrêté Royal du 14/11/2003, est l’autorité chargée d’assurer la sécurité
• la résolution de problèmes (par exemple place, son efficacité doit être évaluée,
fabrication les plus sensibles. tise dans l’analyse de denrées alimentaires tout producteur est responsable de s’assurer alimentaire. Elle veille au bon respect de la
contaminants récurrents ou altération par exemple grâce à des analyses sur le
et peuvent conseiller le producteur dans : que les denrées qu’il produit respectent les législation par les producteurs et distribu-
de produits). produit fini.
critères légaux et ne présentent pas de dan- teurs, et réalise des contrôles. La législation
ger pour la sécurité des consommateurs. On Ces analyses permettent : définit également des critères microbiolo-
appelle cela « l’autocontrôle obligatoire ». • de valider l’efficacité du système de giques à respecter dans les denrées.

3. Pourquoi faire analyser ses produits ? Exemple

Quelques points critiques de la production de hamburgers

L e producteur qui met un


aliment sur le marché
doit s’assurer que l’aliment
Etapes Matières premières Découpe Cuisson Assemblage Distribution à 60°C
ne contient pas de germes
susceptibles de rendre le
consommateur malade. En Points
critiques
Présence de
pathogènes
Echauffement,
contamination
Température
insuffisante Re-contamination Rupture de la
chaine du chaud
Belgique, le producteur est
responsable de la qualité
Contrôle Qualité ou analyse Refroidissement, Contrôle temps - Hygiène des mains Conservation
du produit qu’il met sur des ingrédients désinfection température et des surfaces appropriée

le marché, et cela même si


ce producteur fait appel aux
services de sous-traitants.
De nombreux cas de « toxi- bactérie Pseudomonas spp ; cette bactérie,
3.2 Les critères ou unités formant des colonies) par gramme microbiologiques « de sécurité » (critères
A côté de l’aspect « sécurité des capable de pousser à 4°C, produit des
microbiologiques d’aliment. impératifs définissant l’acceptabilité d’un
infections alimentaires » sont aliments », les analyses micro- lot de denrée).
arômes rances et putrides et des pigments 3.2.1. De quoi s’agit-il ?
biologiques peuvent apporter au Les denrées alimentaires en cours
notifiés chaque année ; ces producteur de denrées une infor- verts en surface de l’aliment. Il arrive aussi Les critères microbiologiques défi- de production doivent satisfaire aux cri- Chaque critère définit plusieurs para-
incidents, en plus du risque mation précieuse sur la stabilité fréquemment que des denrées alimentaires nissent les niveaux maximums de conta- tères microbiologiques « d’hygiène du mètres : la catégorie de produit, le micro-
et la qualité technologique de son
qu’ils représentent pour la produit et le respect des bonnes soient acidifiées, gonflées et dégradées mination que l’on peut observer dans un procédé » (critères indicatifs à différentes organisme, la méthode analytique à utiliser
santé publique, font souvent pratiques d’hygiène tout au long par des bactéries lactiques, des levures ou produit donné pour pouvoir le considérer étapes-clés de la production, indiquant la (méthode de référence), le stade d’applica-
de la production. des moisissures. Les micro-organismes comme de qualité microbiologique accep- bonne maitrise du procédé de production). tion, le nombre d’échantillons à analyser par
mauvaise publicité pour d’altération ne rendent pas automa- table. Ces limites sont le plus souvent Pour pouvoir être mis sur le marché, les lot de produit (n), l’éventuelle « tolérance »
l’entreprise. En effet, la présence d’un taux impor- tiquement le produit dangereux ou exprimées en CFU (Colony Forming Units aliments doivent satisfaire aux critères (c) et, enfin, les limites de contamination
tant de micro-organismes d’altération peut impropre à la consommation, mais, en (m et M).
modifier rapidement les propriétés organo- le dégradant, ils le rendent bien sou-
Voici, par exemple, un critère issu du Règlement CE 2073/2005
leptiques d’un produit (goût, couleur, odeur vent invendable avant même la fin de
ou texture), et ce même si la chaine du froid la DLC (Date Limite de Consommation).
Matrice Paramètre n c m M Stade Méthode
est scrupuleusement respectée.
Les producteurs de denrées, même à
Fromage frais à base Staphylococcus Fin de
Il n’est pas rare de voir des produits de l’échelle artisanale, ont donc tout intérêt de lait pasteurisé (…) aureus 5 2 10 CFU/g 100 CFU/g ISO 6888
fabrication
viande ou des produits laitiers altérés par la à suivre les règles d’hygiène et à effectuer

6 7
Cela signifie qu’il faut analyser 5 échan- applicables aux denrées alimentaires ». les produits finis. Ces analyses doivent Il est, en effet, plus utile d’analyser
tillons par lot et que ces échantillons doivent Il faut toutefois garder à l’esprit que les être décrites, par exemple en termes de un seul échantillon mais sur
contenir moins de 10 Staphylococcus critères issus des règlements européens fréquence, de nombre d’échantillons à d i ff é re n t s p a r a m è t re s ( p a r
exemple les germes totaux,
aureus par gramme (zone verte sur l’illus- priment sur les critères nationaux, ces der- analyser et de limites d’acceptation. les entérobactéries, S. aureus,
tration), avec toutefois une tolérance de 2 niers sont donc abrogés lorsqu’un critère Clostridium perfringens et les
Nous avons vu que la plupart des cri-
échantillons pouvant se trouver entre 10 et correspondant est fixé au niveau européen. salmonelles) que d’analyser
tères microbiologiques préconisent l’analyse cinq échantillons sur un seul
100 S. aureus par gramme (zone orange).
Pour les producteurs de denrées alimen- de cinq échantillons par lot (« n » = 5). En paramètre.
• Si 1 résultat est supérieur à 100 CFU/g taires, trouver les critères microbiologiques routine, cela s’avère souvent coûteux et peu
Pour des raisons économiques, le plan-
(zone rouge) le lot est rejeté (qualité à respecter était donc une démarche assez justifié, surtout si la taille des lots est limitée.
ning d’analyses peut également être allégé,
microbiologique inacceptable). complexe. C’est pourquoi l’AFSCA a com- C’est pourquoi, lors des analyses de routine,
sur les conseils du laboratoire, afin de se
pilé, en un document unique, l’ensemble de nombreux laboratoires proposent aux
• Si plus de 2 résultats se situent entre 10 concentrer sur les meilleurs indicateurs de
des critères (indicatifs et impératifs, belges entreprises de réaliser les analyses sur un
et 100 le lot est rejeté. la qualité pour l’entreprise.
et européens) à respecter en Belgique, ce seul échantillon par lot et, en cas de résultat
• Si 0, 1 ou 2 résultats se situent entre sont les « Limites d'action pour les conta- douteux (compris entre « m » et « M »),
10 et 100 et les autres résultats sont minants microbiologiques dans les denrées d’analyser plusieurs échantillons.
inférieurs à 10, (cas de l’illustration) le alimentaires ». Le fichier Excel est disponible
lot est considéré de qualité microbiolo- sur le site internet de l’AFSCA et constitue
gique acceptable. une base complète de critères applicables.
3.3 Plan
CFU/g
d’autocontrôle 4. Comment se déroule une analyse ?
3.3.1. De quoi s’agit-il ?

Un plan d’autocontrôle est l’ensemble


M=100
+ des mesures prises par l’entreprise pour
1
pouvoir garantir la qualité et la conformité • Conseil : quelles analyses effectuer ? Exigences légales ?
m=10
+ Contact avec • Détails pratiques : échantillonnage et transport ? Laboratoire accrédité ? Délais ?
+
des denrées qu’elle produit (par rapport
+
le laboratoire
+ aux exigences relatives tant à la sécurité • Offre de prix
alimentaire qu’à la traçabilité). Ce plan
1 2 3 4 5 Echantillon décrit, par exemple, les mesures de tem-
pératures, la traçabilité des matières pre-
mières, la désinfection des équipements
2
Certains critères sont obligatoires 3.2.3. En bref • L'échantillonnage et le transport réfrigéré peuvent être réalisés par le laboratoire
Envoi des
(critères « légaux »), d’autres sont donnés ou encore les analyses microbiologiques échantillons • Quantité minimale d'échantillon à fournir : généralement 50 à 100 g
Quels critères faut-il respecter réalisées sur le produit final. La mise en
à titre indicatif, pour permettre au pro-
lorsque l’on est un producteur de place d’un système d’autocontrôle est
ducteur d’apprécier la qualité sanitaire et
denrées alimentaires ? Ce sont, du plus obligatoire pour les entreprises agroalimen-
technologique de son produit (hygiène,
important au moins important : taires. Les producteurs qui font, en plus,
3

}
conservabilité).
1/ Critères Européens valider leur système d’autocontrôle par un • Durée des analyses : généralement entre 1 et 5 jours, en fonction du paramètre
(CE 2073/2005 + organisme reconnu, peuvent bénéficier Analyses • Méthodes d'analyse utilisées : méthodes "de référence" ou méthodes "alternatives"
3.2.2. D’où viennent ces critères ? d’avantages financiers ou « bonus ». Afin
Amendements)
de tenir compte des limitations des petites
Certains critères microbiologiques 2/ Critères additionnels « Limites
entreprises, certains assouplissements
sont harmonisés au niveau européen, afin Belges (A.R., A.G.W.) d’action »
de permettre le commerce de denrées ali- de l’AFSCA
permettent à ce type d’entreprise de trans- 4
mentaires entre pays membres et d’assurer 3/ Critères indicatifs poser de façon simplifiée les obligations en • Résultats des dénombrements ou recherches
matière d'autocontrôle et de traçabilité (les Rapport • Eventuellement : interprétation des résultats ; comparaison aux critères en vigueur
la sécurité de tous les consommateurs de l’AFSCA
modalités pratiques sont reprises sur le site
de l’Union Européenne. Ces critères sont 4/ Critères internes (guides d’autocontrôle
de l’AFSCA).
décrits dans le Règlement CE 2073/2005 et sectoriels, critères basés sur l’analyse de
ils sont « impératifs ». Tous les producteurs risques ou des études scientifiques sur
de l’UE doivent les respecter pour pouvoir produits similaires) 3.3.2. Analyses microbiologiques
5 • Evaluation de la qualité microbiologique globale du produit
• En cas de résultat non-conforme, aide à l'identification des causes
commercialiser leurs produits. au sein d’un plan d’autocontrôle Aide à
l'interprétation et à l’amélioration du procédé de production
Le Règlement CE 2073/2005 est com- Le plan d’autocontrôle de l’entreprise • Orientation du client vers un organisme de support (ex : REQUASUD)
plété par la législation belge, comme par décrit, entre autres, le planning des ana-
exemple : « Arrêté Royal du 26/04/2009 lyses microbiologiques à réaliser sur les
concernant des critères microbiologiques matières premières, les surfaces ou encore

8 9
Le processus analytique : les recherches

4.1 Contact avec scrupuleusement ces consignes d’échan- protocoles validés AFNOR). Ces dernières

le laboratoire tillonnage afin de ne pas invalider le résultat sont des méthodes plus rapides et/ou moins

  
d’analyse. coûteuses, qui sont validées et reconnues
Le producteur qui souhaite faire ana- officiellement comme équivalentes aux
Lors de l’échantillonnage, le préleveur
lyser un produit prend contact avec un méthodes de référence.
veillera à obtenir un échantillon représen-
laboratoire d’analyses. Pour des analyses
tatif du lot et à ne pas contaminer l’échan- Les analyses se déroulent généralement
d’autocontrôle, il est préférable de choisir
tillon en le prélevant. Pour réaliser toutes les suivant le même processus, en conditions Enrichissement de Ensemencement sur Confirmation des Rapport.
un laboratoire accrédité (suivant la norme l'échantillon dilué milieu spécifique et éventuelles colonies
analyses microbiologiques, un minimum de stériles. En cas de présence
ISO 17025). • Généralement incubation caractéristiques de pathogènes :
50g de produit est généralement prélevé. (tests biochimiques
• Pour les dénombrements, l’échan- 24h à 37°C. • Généralement information au client.
Le laboratoire conseillera le client dans 24h à 48h et sérologiques).
tillon est dilué par dilutions décimales
le choix des analyses à réaliser. Il est inutile
(et très coûteux) de réaliser une analyse
4.3 Analyses (10 X, 100 X, 1.000 X, etc.) et chaque
dilution est mise en culture sur un
complète d’un produit, c’est-à-dire de tous A son arrivée au laboratoire, l’échan-
milieu gélosé spécifique, dans des
les paramètres microbiens. En fonction du tillon se voit attribuer un code d’identifica-
boîtes de Petri. Ces boîtes sont ensuite
produit et des objectifs visés, le laboratoire tion. Il sera ensuite conservé au froid avant
conseillera donc à l’entreprise l’analyse des d’être analysé le plus rapidement possible.
incubées (à la température optimale
4.4 Rapport 4.5 Aide à
meilleurs indicateurs de qualité technolo-
de croissance du micro-organisme à
Le rapport d’analyse, envoyé dans les
l’interprétation
Pour le producteur, les analyses micro- dénombrer) de manière à permettre
gique, d’hygiène ou de sécurité. Il favorisera
biologiques devraient être rapides et peu à chaque bactérie présente de se plus brefs délais au client, contient les élé- En cas de besoin, les laboratoires du
également les paramètres analytiques pour
coûteuses. Ces exigences se heurtent mal- multiplier jusqu’à former une colonie ments suivants : réseau REQUASUD peuvent aider le
lesquels des critères existent, cela afin de
heureusement aux réalités des laboratoires visible à l’œil nu. On dénombre ensuite client à interpréter les résultats d’analyses
permettre une interprétation ultérieure des • Le nom du laboratoire, logo BELAC
d’analyses, car la plupart des résultats les colonies présentes sur les boîtes et à évaluer la qualité microbiologique de
résultats d’analyses. avec le numéro d’accréditation du
d’analyse sont obtenus en 1 à 5 jours, cer- correspondant à chaque dilution et on leur produit.
laboratoire.
taines analyses peuvent même prendre plus considère que chaque colonie provient En cas de dépassement des critères de
Chaque analyse apporte une d’une semaine avant d’avoir les résultats d’une seule bactérie au départ. Cette • L’identification de l’échantillon et les
information particulière. Les sécurité (par exemple présence de patho-
définitifs. L’incubation (mise en culture des hypothèse n’est pas toujours exacte, conditions de sa réception.
laboratoires du réseau REQUASUD gènes), les denrées doivent être exclues de
sont aptes à conseiller le client sur boîtes de Petri pendant 20 à 120 heures à car deux bactéries situées côte à côte • Les résultats de dénombrements, expri- la consommation humaine et retirées du
les paramètres à analyser dans une température précise, afin de permettre peuvent ne former, en apparence, més en CFU par gramme d’aliment. marché et une notification doit être réalisée
son produit. la croissance du micro-organisme recher- qu’une seule colonie. C’est pourquoi les auprès de l’AFSCA.
ché) est souvent l’étape limitante car il faut • Les résultats de recherches, exprimés en
microbiologistes expriment les concen-
4.2 Envoi des généralement cultiver les micro-organismes trations microbiennes en « CFU par
termes de « présence » ou « absence » En cas de dépassement des critères

échantillons pour pouvoir les dénombrer. gramme » (unités formant une colonie)
du pathogène dans une quantité don-
née d’échantillon (souvent 25 g).
d’hygiène du procédé, le producteur doit
prévoir des modifications adéquates de ses
et non en « bactéries par gramme ».
L’échantillonnage et le transport Pour effectuer les analyses, les labo- pratiques d’hygiène ou de son procédé de
ratoires utilisent des méthodes validées • Eventuellement, le laboratoire peut
peuvent être réalisés par le client ou par le • Pour les recherches, il faut ajouter une fabrication.
et reconnues officiellement. Il s’agit de joindre une interprétation des résultats
laboratoire. Les consignes détaillées pour étape d’enrichissement (permettant de
méthodes « de référence » (telles que d’analyses, par exemple en les comparant Ces résultats non-conformes doivent
le prélèvement de chaque type de produit multiplier le pathogène recherché et
décrites dans les normes ISO) ou bien de aux critères microbiologiques existants. inciter le producteur à revoir les étapes
(lait, viandes ou eaux) sont décrites dans donc d’abaisser son seuil de détection)
méthodes « alternatives » (par exemple les critiques de son processus de fabrication
des normes. Il est important de respecter et des tests de confirmation spécifiques.
pour identifier l’origine de la contamination
Le processus analytique : les dénombrements du produit ou l’étape entrainant la multi-
plication des contaminants. Le producteur
n’est pas seul dans cette démarche, le

    
laboratoire peut lui apporter des pistes
d'amélioration ou le réorienter vers un
organisme spécialisé.

Echantillonnage et Dilution de Dilutions décimales et Incubation Comptage Calcul du niveau de


Les laboratoires du réseau
transport jusqu'au l'échantillon ensencement des colonies contamination et REQUASUD ont pour mission
• A la température d’apporter conseil et support
laboratoire. • 25g + 225 ml de • Milieu gélosé optimale du micro- caractéristiques. rapport.
diluant spécifique au organisme analysé Eventuellement :
t e c h n i q u e a u x P M E a g ro -
micro-organisme à confirmation par des alimentaires, par exemple pour
• Homogénéisation. • 20h à 120h, l’identification de la source
dénombrer. en fonction du tests biochimiques.
paramètre. d’une contamination ou pour
l’amélioration de leur système
HACCP.

10 11
5. Types d’analyses microbiologiques

I l existe de nombreux types d’analyses de microbiologie


alimentaire dites « classiques », comme les dénombrements de
micro-organismes d’altération ou indicateurs d’hygiène, ou encore
l’identification d’un contaminant inconnu,
qui sont réalisés par plusieurs laboratoires
du réseau REQUASUD. Afin de trouver le
5.1 Analyses
« classiques »
les recherches de pathogènes.
laboratoire le plus approprié pour répondre Il ressort de la base de données Le tableau suivant décrit les principales
à sa demande d’analyses, le producteur REQUASUD que les analyses les plus analyses réalisées en routine par les labora-
peut s’adresser à la cellule de coordina- souvent demandées aux laboratoires sont toires de microbiologie alimentaire.
Par ailleurs, des analyses dites « sur- tion de REQUASUD, qui l’orientera en le dénombrement de la flore totale, des
mesure » apportent des informations fonction, entre autres, de la localisation entérobactéries, d’E. coli, de S. aureus et la
spécifiques. C’est le cas, par exemple, des géographique et du scope d’accréditation recherche des pathogènes Salmonella spp.
tests de détermination de la DLC, ou de des laboratoires. et Listeria monocytogenes.

Nom Description Origine Intérêt de l’analyse Exemples de limites Illustrations : cas des denrées en Région wallonne (1994-2011) (2)
maximales autorisées (M) (1)

Germes totaux aérobies Ensemble des L’environnement, La charge bactérienne Crème glacée : Germes totaux dans
mésophiles micro-organismes se les matières premières, présente dans le produit 500.000 CFU/g. 960 échantillons
ou développant à 30°C les manipulations. est un indicateur de d'américain.
Flore totale aérobie en présence d’air, l’hygiène globale du Plats froids préparés :
sur un milieu nutritif. La teneur en germes process et de l’efficacité 3.000.000 CFU/g.
totaux est plus élevée des techniques de
Ce comptage inclut en cas de mauvaises conservation. Filet américain :
les bactéries, les levures pratiques de production 5.000.000 CFU/g.
et les moisissures. (matières premières Une charge supérieure
de mauvaise qualité, à 106 CFU/g peut
chaine du froid non indiquer la présence
respectée, nettoyage d’une flore d’altération
inefficace ou défaut de importante, et donc
pasteurisation). le risque de voir la
denrée se dégrader
rapidement.

Bactéries lactiques Bactéries Gram + Environnement Indicateur de la Pas de critères. Bactéries lactiques
mésophiles qui produisent de (végétaux, sols, fraicheur du produit dans 161 échantillons
l’acide lactique par animaux, eaux, …). (surtout pour les de boudin.
fermentation. produits laitiers sous
Présents en très grand vide).
Les bactéries lactiques nombre dans les
sont non-pathogènes, produits fermentés Evaluation de
mais peuvent provoquer (yaourt, choucroute, la conservabilité.
l’altération des denrées charcuteries).
(fermentation et Remarque : En cas de
acidification). flore totale élevée dans
un produit, si >90% de
la flore totale est
lactique, la sécurité du
produit n’est pas remise
en cause.

Sources : (1) AFSCA « Limites d’action 2010-04 ». (2) Extractions de la base de données microbiologiques de REQUASUD. Rappel : Les denrées analysées ne provenant pas d’un échantillonnage aléatoire, les résultats d’analyses ne sont pas forcément représentatifs de la situation générale en Région wallonne.

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Nom Description Origine Intérêt de l’analyse Exemples de limites Illustrations : cas des denrées en Région wallonne (1994-2011) (2)
maximales autorisées (M) (1)

Entérobactéries Bactéries du tube digestif Denrées souillées Indicateur de Desserts à base de lait : Entérobactéries dans
de l’homme et par des fèces : viande contamination fécale 100 CFU/g. 97 échantillons
des mammifères. contaminée lors de (humaine ou animale). de crème glacée.
l’éviscération ; légumes Charcuteries :
Certaines espèces en contact avec du La présence 5.000 CFU/g.
inclues dans la famille fumier, eaux souillées ou d’entérobactéries laisse
des entérobactéries produits laitiers crus. suspecter la présence
sont des pathogènes possible de pathogènes
alimentaires notoires Les entérobactéries alimentaires.
(par exemple Salmonella). proviennent souvent
des matières premières
ou d’une contamination
croisée durant la
production.

Coliformes totaux Sous-famille des Mauvaise hygiène du Indicateur de Eau de table : Coliformes dans
entérobactéries, matériel : problème de contamination fécale absence dans 250 ml. 315 échantillons
caractérisées par leur nettoyage et désinfection (hygiène lors du process). de sorbet aux fruits.
capacité à fermenter le des surfaces, mains, Crème : 100 CFU/g.
lactose. contaminations croisées.

Ce groupe n’est constitué Ou


que de quelques espèces
(dont E. coli). Traitement thermique
inefficace (par exemple :
lait mal pasteurisé).

Escherichia coli Espèce bactérienne Tube digestif de l’homme E. coli est le meilleur Fruits secs, plats préparés, E. coli dans
appartenant aux et des animaux, le sol, indicateur de produits laitiers: 730 échantillons
entérobactéries et, l’eau, les fèces, le lait cru, contamination fécale. 100 CFU/g. d'américain.
plus spécifiquement, ou la viande crue.
aux coliformes. Sa présence est Jus de fruits et légumes
généralement associée non-pasteurisés, fruits et
Certaines souches à un manque d’hygiène légumes IVème gamme:
d’E. coli sont pathogènes du personnel, ou à une 1.000 CFU/g.
(la plus connue étant contamination croisée
E. coli O157:H7). (par exemple : salade Préparations de viandes :
souillée par des matières 500-5.000 CFU/g.
fécales).
Fromages au lait cru :
100.000 CFU/g.

Sources : (1) AFSCA « Limites d’action 2010-04 ». (2) Extractions de la base de données microbiologiques de REQUASUD. Rappel : Les denrées analysées ne provenant pas d’un échantillonnage aléatoire, les résultats d’analyses ne sont pas forcément représentatifs de la situation générale en Région wallonne.

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Staphylococcus aureus Bactérie capable Présente sur la peau Indicateur d’hygiène : Fruits secs, glace, lait S. aureus dans
ou de produire une et les muqueuses de trahit une contamination pasteurisé, pâtisseries, 399 échantillons
Staphylocoques à entérotoxine provoquant l’homme et des animaux. humaine (mains, aliments pour de fromage au lait cru.
coagulase positive des vomissements fosses nasales) ou une nourrissons : 100 CFU/g.
violents et un malaise de Contamination fréquente contamination par des
courte durée (moins de par l’homme lors de la animaux à sang chaud. Plats préparés,
24h). fabrication d’aliments charcuteries, poissons
(par manipulation Si S. aureus se multiplie et fruits de mer :
Souvent appelée ou par aérosol). dans l’aliment (à 1.000 CFU/g.
«Maladie des banquets». >7°C), et atteint une
Parfois transmise concentration de 105 Fromage au lait cru :
par un animal infecté CFU/g, la bactérie peut 100.000 CFU/g.
(par exemple : mammite produire sa toxine.
des vaches).

Bacillus cereus Bactérie sporulée, qui Les spores de B. cereus Si B. cereus se Epices, lait pasteurisé, B. cereus dans
résiste à la cuisson et à la proviennent de multiplie dans l’aliment plats préparés : 158 échantillons
pasteurisation. l’environnement (par exemple à 10.000 CFU/g. de plats préparés.
(sol, eau, air). température ambiante),
Certaines souches sont et atteint une Aliments pour
pathogènes (production Les denrées céréalières concentration de nourrissons : 500 CFU/g.
de toxines). Elles (riz, pâtes), les épices et 106 CFU/g, la bactérie
provoquent un syndrome les produits laitiers sont peut produire ses
émétique (vomissements) souvent contaminés. toxines et provoquer
ou diarrhéique. des vomissements
ou de la diarrhée.

Clostridium perfringens Bactérie anaérobie, Environnement et tube Le dénombrement Epices, champignons C. perfringens dans
sporulée (résiste à la digestif des mammifères. de ce pathogène dans séchés : 100 CFU/g. 14 échantillons
cuisson !). Présente dans les plats préparés vise de lasagne.
les carcasses (30%), les Aliments à risque : à s’assurer que la denrée Viandes, plats préparés :
épices, l’environnement. viandes préparées, ne contient pas un 1.000 CFU/g.
Elle produit des toxines sauces, épices. niveau de C. perfringens
diarrhéiques induisant susceptible de provoquer
des symptômes de une gastro-entérite chez
gastro-entérite. le consommateur.

Sources : (1) AFSCA « Limites d’action 2010-04 ». (2) Extractions de la base de données microbiologiques de REQUASUD. Rappel : Les denrées analysées ne provenant pas d’un échantillonnage aléatoire, les résultats d’analyses ne sont pas forcément représentatifs de la situation générale en Région wallonne.

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Nom Description Origine Intérêt de l’analyse Exemples de limites Illustrations : cas des denrées en Région wallonne (1994-2011) (2)
maximales autorisées (M) (1)

Levures et moisissures Micro-organismes Les levures et moisissures Les levures et moisissures Fruits secs, salades, Levures et moisissures
capables de croître sont presque impossibles sont des agents produits à base de dans 155 échantillons
en conditions adverses à éviter ! importants d’altération. viande : 10.000 CFU/g. de saucisson.
(basse température,
acidité, faible humidité). Les spores de moisissures Elles dégradent les Aliments pour bébés :
sont présentes partout denrées fraiches (fruits 100 CFU/g.
Certaines moisissures dans l’air. On en retrouve et légumes), réfrigérées
peuvent produire davantage dans (produits
des mycotoxines les endroits humides de viande, fromages),
cancérigènes. (locaux avec eau sèches (charcuteries)
stagnante ou infiltration et acides (jus de fruits).
La «levure de bière» d’eau).
(Saccharomyces Les moisissures
cerevisiae) est très Les levures sont présentes produisant des
utilisée en brasserie et en dans l’environnement et mycotoxines représentent
panification. sur les végétaux. un danger pour la santé
du consommateur.

Salmonelles Entérobactérie Présente dans l’intestin Les denrées à risque Produits laitiers, légumes Salmonelles dans
ou pathogène provoquant de l’homme et des (ex : filet américain, coupés, poissons, ou 1491 échantillons
Salmonella spp la salmonellose : animaux (mammifères, oeufs) doivent être préparations de viande : de beurre de ferme.
diarrhée, douleurs oiseaux, reptiles,…). systématiquement absence de salmonelles
abdominales, fièvre. contrôlées pour dans 25g d’aliment.
L’environnement (eaux, s’assurer de l’absence
Les salmonelles sont cultures) peut être de salmonelles. Notification obligatoire
responsables de la contaminé par voie en cas de résultat positif.
moitié des toxi-infections fécale. C’est au producteur de
alimentaires déclarées ! déterminer la fréquence
Aliments à risque : des analyses (par exemple
œufs insuffisamment 1 échantillon par lot) à
cuits (mayonnaise, réaliser pour s’assurer de
mousse au chocolat), la sureté de son produit.
volaille, viande, produits
laitiers.

Listeria monocytogenes Bactérie pathogène Bactérie présente Analyses pour Denrées de type Listeria monocytogenes
capable de croître à 4°C dans l’environnement assurer l’absence de « Ready-To-Eat » : dans 208 échantillons
(donc dans les denrées et l’eau, chez les L. monocytogenes dans <100 L. monocytogenes de beurre de ferme.
réfrigérées). animaux (provoque tous les aliments de type /g au moment de
des avortements et « Ready-To-Eat » où la consommation.
La dose minimale septicémies dans le pathogène pourrait
infectieuse est faible : les élevages). se multiplier. Si ce niveau (100 CFU/g)
100 Listeria / g d’aliment. ne peut être garanti,
L. monocytogenes est On la retrouve dans les Pour les « Ready-To-Eat » car le pathogène est
surtout dangereuse pour torchons et la plupart des dans lesquels Listeria ne capable de pousser dans
les sujets fragiles (enfants, réfrigérateurs ménagers ! sait pas pousser (trop l’aliment, le critère est :
personnes âgées, femmes Les principaux aliments secs ou trop acides) : absence dans 25g.
enceintes). à risque sont les « Ready- dénombrer le pathogène
To-Eat » (denrées prêtes pour assurer que l’on Notification obligatoire
Provoque la listériose à être consommées sans ne dépasse pas la dose en cas de résultat positif.
(méningites, septicémies, être recuites), telles que minimale infectieuse
avortements) avec un taux le saumon fumé, (100 CFU/g).
élevé de mortalité (30%). les charcuteries ou
le fromage au lait cru.

Sources : (1) AFSCA « Limites d’action 2010-04 ». (2) Extractions de la base de données microbiologiques de REQUASUD. Rappel : Les denrées analysées ne provenant pas d’un échantillonnage aléatoire, les résultats d’analyses ne sont pas forcément représentatifs de la situation générale en Région wallonne.

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Nom Description Origine Intérêt de l’analyse Exemples de limites Illustrations : cas des denrées en Région wallonne (1994-2011) (2)
maximales autorisées (M) (1)

Escherichia coli Entérobactérie Les aliments peuvent Assurer l’absence Viande de bœuf, produits
O157:H7 pathogène, responsable être contaminés par des de ce pathogène dans laitiers à base de lait cru,
ou de diarrhées sanglantes, fèces : lait cru contaminé les denrées à risque : légumes crus coupés :
STEC O157 avec risque par les pis souillés, viande viande bovine mal cuite, Absence de E. coli O157
de complications graves contaminée en abattoir, lait cru, cidre, légumes dans 25g.
et souvent mortelles. fruits et légumes souillés souillés, ...
par du fumier. Notification obligatoire
Présente principalement en cas de résultat positif.
dans le tube digestif
des bovins.

Autres Germes pathogènes ou Sources de L’analyse n’est demandée Exemple :


micro-organismes : d’altération, spécifiques contaminations diverses : que dans certaines Campylobacter dans les
Campylobacter, à certaines denrées. matières premières, denrées « sensibles » ou viandes de volaille :
Pseudomonas, Yersinia, eaux, environnement, « à risque », pour 100 CFU / g.
Clostridium botulinum, opérateurs. lesquelles l’AFSCA a
virus entériques, … fixé des limites d’action.

Sources : (1) AFSCA « Limites d’action 2010-04 ». (2) Extractions de la base de données microbiologiques de REQUASUD. Rappel : Les denrées analysées ne provenant pas d’un échantillonnage aléatoire, les résultats d’analyses ne sont pas forcément représentatifs de la situation générale en Région wallonne.

5.2 Analyses
« sur-mesure »
A côté des analyses dites « classiques » 5.2.1. Tests de croissance à mettre en œuvre, car ils nécessitent une est nulle pendant toute la durée de vie du alimentaires. La validation de la DLC (date permettent d’évaluer l’hygiène générale
ou « de routine », les laboratoires du inoculation précise de plusieurs lots par produit. limite de consommation) d’un aliment des installations, d’identifier les sources de
Les tests de croissance, également
réseau REQUASUD sont également aptes ce pathogène, leur conservation maîtrisée consiste à placer plusieurs lots de cet contamination éventuelles et d’améliorer le
appelés « challenge tests », consistent  Pour tous les futurs lots de « pâté
à répondre aux demandes d’analyses plus jusqu’à la fin de la durée de vie du produit, aliment en conditions normales de conser- système HACCP.
à étudier le potentiel de croissance d’un de campagne » produits (recette et condi-
spécifiques, tests de croissance, validation et de nombreux dénombrements du micro- vation (généralement 7°C pour les denrées
micro-organisme dans un aliment donné. tionnement identiques au produit testé),
de la date limite de consommation (DLC) organisme. Il peut toutefois être avantageux réfrigérées) et à dénombrer les principales
L’objectif de cette analyse est de détermi- ce producteur bénéficiera d’un critère 5.2.4. Identifications moléculaires
ou encore identification de contaminants. de réaliser ces tests de croissance sur des flores pathogènes et d’altération en début
ner si le pathogène sera ou non capable beaucoup plus souple. Les lots seront
produits de type « Ready-To-Eat », car si et en fin de conservation afin d’évaluer leur La chaine microbiologie de REQUASUD
Sur base des exigences légales, le de croître dans la denrée, en fonction des acceptés s’ils contiennent moins de 100 L.
les tests démontrent que la bactérie a une croissance dans l’aliment. réalise en routine l’identification de micro-
laboratoire pourra conseiller le client quant paramètres intrinsèques (par exemple le pH, monocytogenes par gramme d’aliment, ce
croissance nulle ou ralentie dans l’aliment organismes (bactéries, levures ou moi-
à l’utilité de réaliser ces analyses et au l’humidité et la composition) et extrinsèques qui est nettement plus souple que le critère
considéré, le producteur bénéficiera d’un sissures) par des méthodes moléculaires
protocole à mettre en œuvre (par exemple (par exemple la température de conser- « absence dans 25 g » en vigueur si aucun 5.2.3. Analyses de
critère plus tolérant pour ce type de denrée. de pointe. Cette identification consiste à
le nombre de lots à analyser, les micro- vation et le type d’emballage) de celle-ci. test de croissance n’avait été réalisé. l’environnement de travail
analyser l’ADN du germe inconnu, afin d’en
organismes à suivre et les températures de A l’heure actuelle, les tests de croissance Exemple : Un industriel demande
Les laboratoires du réseau REQUASUD déterminer l’espèce. Cette technique est
conservation). portent principalement sur la bactérie à un laboratoire d’effectuer des tests de
5.2.2. Validation de la durée peuvent réaliser des prélèvements en zones utile lorsqu’un producteur est confronté à
pathogène L. monocytogenes. croissance sur un produit de type « pâté de
de vie microbiologique de production, afin d’analyser la propreté un contaminant inconnu et souhaite savoir
campagne » contenant des conservateurs.
Les tests de croissance pour L. monocy- des surfaces (plans de travail, mains, équipe- très rapidement s’il est pathogène, de quelle
Dans cet aliment, les analyses démontrent Il s’agit d’une analyse de plus en plus
togenes sont relativement longs et coûteux ments entrant en contact avec les denrées) source il provient, ou encore quels produits
que la croissance de L. monocytogenes demandée par les producteurs de denrées
et la contamination de l’air. Ces analyses utiliser pour l’éliminer.

20 21
6. CONTACTS
asbl REQUASUD Cellule de Coordination
Rue de Liroux 9, 5030 Gembloux
Marie-Julie GOFFAUX
goffaux@cra.wallonie.be
+32(0)81 62 65 90

Laboratoire d’encadrement Services Accréditation Site internet


référentiel

UCL – Laboratoire de Guidance pour Non-accrédité www.uclouvain.be/elim.html


Microbiologie Alimentaire et les laboratoires de
Environnementale (ELIM) service direct.
Place Croix du Sud, 2 L7.05.12
1348 Louvain-la-Neuve
Tél : +32(0)10/47 85 98
marleen.abdelmassih@
uclouvain.be

Laboratoires de service direct Services Accréditation Site internet


aux producteurs

CARAH Echantillonnage ISO 17025 www.carah.be


Rue Paul Pastur, 11 et analyses d’eaux (Certificat
B-7800 ATH et de denrées d’accréditation
Tél : +32(0)68/26 46 90 alimentaires. BELAC n°088-Test)
l.micro@carah.be

Laboratoire d’Etude Echantillonnage ISO 17025 www.centredemichamps.be


de la Qualité et analyse d’eaux (Certificat
Horritine, 1 et de denrées d’accréditation
B-6600 BASTOGNE alimentaires. BELAC n°138-Test)
(MICHAMPS)
Tél : +32(0)61/21 08 35
cemi-qualite@uclouvain.be

Agrolab Analyse de denrées ISO 17025 www.comitedulait.be/agrolab.htm


Route de Herve, 104 alimentaires et (Certificat
B-4651 BATTICE produits laitiers. d’accréditation
Tél : +32(0)87/69 26 05 Analyses d’aliments BELAC n°280-Test)
mps@agrolab.be pour bétail.

Institut Provincial Echantillonnage et ISO 17025 www.provincedeliege.be/laboratoire


Ernest Malvoz (IPEM) analyses d’eaux, (Certificat
Laboratoire Santé de denrées, d’accréditation
et Qualité de vie d’échantillons BELAC n°112-Test)
environnementaux,
Quai du Barbou, 4 d'air, des milieux
B-4020 LIEGE intérieurs
Tél. : +32(0)4/344 79 66 (identification de
laboratoire@provincedeliege.be moisissures).

Objectif Qualité Analyses Non-accrédité www.gembloux.ulg.ac.be/ta


Passage des Déportés, 2 de denrées
B-5030 GEMBLOUX alimentaires
Tél : +32(0)81/62 22 61
atisa.gembloux@ulg.ac.be

22
www.requasud.be

UCL – Laboratoire de Microbiologie Alimentaire et Environnementale (ELIM) / Louvain-La-Neuve


ASBL CARAH / Ath
Laboratoire Santé et Qualité de vie / Liège
Agrolab / Battice
ASBL Objectif Qualité / Gembloux

Laboratoire d’Etude de la Qualité / Bastogne

Coordination générale
de l’ASBL REQUASUD
Cellule de coordination de
REQUASUD (CRA-W)
Rue de Liroux, 9
5030 Gembloux
responsable Marie-Julie Goffaux
tél. 081 62 65 90
fax 081 62 65 59
requasud@cra.wallonie.be
Base de données centralisée (CRA-W)
responsable Viviane Planchon
rue de Liroux, 9
5030 Gembloux
tél. 081 62 65 71
fax 081 62 65 59
v.planchon@cra.wallonie.be

Laboratoire d'encadrement référentiel


Dépôt légal : D/2013/8689/1

UCL – Laboratoire de Microbiologie


Alimentaire et Environnementale (ELIM)
Place Croix du Sud, 2 L7.05.12
1348 Louvain-la-Neuve
tél. +32(0)10/47 85 98
marleen.abdelmassih@uclouvain.be