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DROIT BANCAIRE

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Introduction.

1- Notion de droit bancaire.

Le commerce de l’argent est au cœur du droit bancaire. Ce dernier a pour objet de


régir les activités exercées à titre de profession habituelle par les établissements de crédit.
De cette définition il résulte que le droit bancaire est simultanément un droit des acteurs et un
droit des activités.
C’est* un droit des acteurs parce que des textes règlementent les conditions d’accès
et d’exercice des activités dévolues aux établissements de crédit parmi lesquelles figurent les
banques. La condition essentielle pour exercer une activité bancaire réside dans l’agrément
obtenu au près des autorités de contrôle. Des établissements de crédit sont donc étroitement
surveillés afin de protéger la clientèle et de garantir la stabilité du système bancaire.
C’est également* un droit des activités parce que les textes précisent celles que
peuvent exercer les établissements de crédits. Ce sont principalement les opérations de banque
parmi lesquelles on peut citer la réception des fonds du public, les opérations de crédit etc.
Le droit bancaire est à la fois une branche du droit commercial et du droit
économique.
Il est* une branche du droit commercial car il s’applique à des commerçants
lesquels ont pour professions habituelles de faire des actes de commerce.
En effet selon l’article 2 de l’AUD CG du 16 mai 2011 est commerçant celui qui fait de
l’accomplissement d’actes de commerce par nature sa profession. Et l’article 3 du même
AUDCG cite parmi les opérations de commerce par nature les opérations de banque.
Le droit bancaire est également* une branche du droit économique dans la mesure
ou il réglemente la distribution du crédit. Mais le droit économique met en lumière les
activités de l’Etat et dans la mesure ou l’Etat intervient dans le secteur bancaire cette dernière
relève du droit économique. Cette intervention étatique n’est pas toujours directe il peut passé
par l’intermédiaire d’organisme chargés de contrôler les établissements de crédit ou par le
biais d’institution supra national, il en est ainsi de L’UMOA dont le traité a été signé le 4
novembre 1973 qui exerce la souveraineté monétaire en lieu et place des Etats signataires. Le
traité de lUMOA a été complété le 10-01-1994 par celui de L’UEMOA.

2- La notion de banque.
Au terme de l’article 3 de la loi n° 90-589 du 25-07-90 portant réglementation
bancaire en cote d’ivoire, modifié par la loi 95- 495 du 26 06 95 « sont considérés comme
banque les entreprises qui font profession habituelle de recevoir des fonds dont il peut être
disposé par chèque ou virement et qu’elles emploient pour leur propre compte ou pour le
compte d’autrui en opération de crédit ou de placement ».
Les banques sont donc des entreprises qui font du commerce de l’argent dans la mesure ou
elles reçoivent les fonds déposés par les clients sous forme d’épargne et les redistribuent sous
forme de crédit.

3- La notion d’opération de banque.


L’opération de banques est l’activité principale des établissements de crédit en ce
qu’elles permettent de les identifier. En effet au terme de l’article 2 alinéas 1er de la loi portant
réglementation bancaire de l’UEMOA « sont considérés comme établissement de crédit les
personnes morales qui effectuent à titre de profession habituelle les opérations de banque ».
Les établissements de crédit comprenant les banques et les établissements financiers, il en
résulte que les opérations de banque sont également l’activité principale des banques.

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Mais qu’est ce qu’une opération de banque ? La réponse à cette question est fournie par
l’article 2 alinéas 2 de la loi bancaire de l’UMOA qui dispose que « constituent des opérations
de banque la réception de fond du public, les opérations de crédits ainsi la mise à disposition
de la clientèle et la gestion des moyens de paiement ».
A la vérité ces trois opérations sont les opérations principales des banques auxquelles on peut
adjoindre des opérations connexes telles que les opérations d’échange, le conseil et
l’assistance en matière de gestion du patrimoine, le placement, la souscription, l’achat, la
gestion, la garde et la vente des valeurs mobilière etc.

4-Petite histoire de la banque en cote d’ivoire.


L’histoire des banques ivoiriennes est liée à celle de la zone franche dont la naissance
date de 1939. Mais on peut trouver les racines du système bancaire déjà en 1853 avec la
création de la banque du SENEGAL. Celle-ci deviendra en 1901 la banque d’Afrique de
l’Ouest BOA premier institut d’émission mise en place par la France dans ses territoires. Des
cendres de la banque du Sénégal naîtra la banque internationale de l’Afrique occidental
BIAO. Jusqu’en 1976 l’organisation du système bancaire ivoirien reposait sur la loi n°65-252
du 04 / 08 / 1965 portant réglementation du crédit et organisation de la profession bancaire et
des professions qui s’y rattachent. L’article 7 de cette loi classait les banques en banque
commerciale, banque de dépôt, banque d’affaire, et de développement.
La loi bancaire de 1990 a supprimée cette distinction fondée sur le principe de spécialisation
et affirmée dans le même temps la vocation universelle des banques.
Aujourd’hui on parle des établissements de crédit composés des banques et des
établissements financiers. Au contraire des banques qui ont une vocation universelle les
établissements financiers sont obligés de se spécialiser dans des domaines bien précis. De
même alors que les ressources des banques proviennent en principe des fonds reçus du public
celle des établissements financiers proviennent de dotation spécifique et non des dépôts de la
clientèle.
5-Les sources du droit bancaire.
On peut distinguer les sources nationales, communautaires et internationales.
Au plan national la réglementation dérive d’abord de la loi bancaire de1990
précisément modifiée par la loi de 1995 également précitée. Il y a ensuite la loi n° 93-661 du
09 / 08 / 1993 relative au secret bancaire. Et enfin la loi n° 97-307 du 11-07-1997 relative aux
contentieux des infractions aux contrôles d’échange.
Il faut tout de même noter que le ministre de l’économie et des finances joue un rôle
prépondérant en ce qu’il prend des arrêtés en vue de préciser l’application des textes
nationaux et communautaire de l’UMOA.
Au plan communautaire outre la loi cadre de l’UMOA portant réglementation bancaire
on peut signaler le règlement 15-2002-CM-UMOA du 19 09 2002 relatif aux systèmes de
paiement dans les états membre de l’Umoa. On peut enfin mentionner les directives du
conseil des ministres et des avis gouverneur de la banque centrale en matière bancaire et
financière.
Au plan international on peut citer les principes fondamentaux pour un contrôle
bancaire efficace élaborés par le comité de BALE (Suisse) on peut aussi citer les conventions
internationales dont certaines ont une portée qui dépassent l’activité bancaire (convention de
Rome du 19 juin 1980 sur la loi applicable aux obligations contractuelles). A coté des
conventions existent des pratiques internationales unifiées dont les plus connues sont l’œuvre
de la chambre de commerce internationale en particulier les règles et usages relatives aux
crédits documentaire -crédoc-.
6- Le plan du cour.

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Le cours a pour objet de préciser d’une part les règles applicables aux institutions
bancaires et d’autre part la réglementation ayant trait aux opérations bancaires.

PARTIE-I- :
LES REGLES APPLICABLES AUX INSTITUTIONS BANCAIRES.

Il faut distinguer les règles d’encadrement des institutions bancaires de celles de


fonctionnement des entreprises bancaires.

CHAPITRE-I- :
LES REGLES D’ENCADREMENT DES INSTITUTION BANCAIRE.

En principe l’édiction de règle encadrant les institutions bancaire est un privilège


revenant à chaque ETAT et reposant sur le principe de la souveraineté. Cependant le 04
novembre 1973 sept ETATS d’Afrique subsaharienne ont délaissés leur souveraineté
monétaire au profit de l’Umoa qui sera signé le 10 janvier 1994 par le traité de l’Umoa qui
comprend huit pays qui sont LE BENIN, LE BURKINA FASO, LA COTE DIVOIRE, LA
GUINEE BISSAU, LE MALI, LE NIGER, LE SENEGAL, ET LE TOGO. Les institutions
encadrant l’activité bancaire relèvent à la fois du domaine communautaire et national.

SECTION-I- : LES REGLES APPLICABLES AUX INSTITUTIONS


COMMUNAUTAIRES DE LA ZONE UMOA.
Ces institutions sont au nombre de trois, la BECEAO, LE CONSEIL DES
MINISTRES DE L’UMOE et le la commission bancaire de l’Umoa.

P.1- La bceao.
Il s’agit de la banque des état de l’Afrique de l’ouest crée en 1962 et son siège est a
dakar. Elle est un établissement public international dont le statut relève du droit international
public. Elle jouit du privilège exclusif d’émettre des signes monétaires sur le territoire des
états membres. La bceao est investit des missions fondamentales suivantes :
-définir et mettre en œuvre la politique monétaire au sein de l’Umoa.
-veiller a la stabilité du système bancaire et financier de l’Umoa.
-promouvoir le bon fonctionnement et assurer la supervision de la sécurité des systèmes de
paiement dans l’Umoa.
-mettre en œuvre la politique d’échange de l’Umoa dans les conditions arrêtées par le conseil
des ministres.
-gérer les réserves officielles des états membres de l’Umoa. (www.bceao.int).
Le gouverneur de la BCEAO est Mr KONE TIEMOKO MEYLIET. Il succède à Mr
PHILIPPE HENRY DACOURY DABLEY.
La bceao dispose dans chaque état membre d’une direction nationale auprès de la quelle siège
un comité national du crédit. Ce dernier sou le contrôle du conseil d’administration de la
bceao règle la distribution et le volume de l’émission de la monnaie dans chaque état.

P.2- Le conseil des ministres de l’uemoa.


Il a pour mission de définir la politique monétaire et de crédit de l’union afin
d’assurer la sauvegardée la monnaie commune et de pourvoir au financement de l’activité
économique ainsi qu’a son développement à l’intérieur des états membres.
De plus il est chargé de modifier la définition de l’unité monétaire (c'est-à-dire la monnaie
commune aux huit états) et de déterminer la « déclaration de parité de la monnaie » de l’union

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à effectuer au FMI, c'est-à-dire déclarer au FMI à quelle monnaie la monnaie communautaire
s’arrime.
Le conseil des ministres fixe également les principes en matière d’exercice de l’activité
bancaire et les règles applicables en métier d’instrument de paiement.

P.3- la commission bancaire de l’Uemoa.


C’est un organe de l’uemoa présidé par le gouverneur de la banque centrale. Elle est
chargée de la surveillance des banques et établissements financiers sur le territoire des huit
états membres de l’union afin de présenter un fonctionnement harmonieux de système
bancaire. Ces pouvoirs lui ont été conférés par la convention du 24 avril 1990 qui l’a crée et
par la loi cadre portant réglementation bancaire adoptée dans chaque états membre. La
commission bancaire contrôle le respect de la réglementation bancaire et financière par les
banques et établissements financiers. Pour se faire elle peut procéder à toute investigation
qu’elle juge utile et le secret bancaire ne lui est pas opposable.
De même elle a un pouvoir de sanction notamment administrative ou disciplinaire.
Enfin la commission bancaire entérine l’avis des ministres des finances des huit états
membres en vu de l’octroie de l’agrément aux banques et établissement financiers.

SECTION-II- :
LES REGLES APPLICABLES AUX INSTITUTIONS NATIONALES.

La loi bancaire de 1990 et son décret d’application de 1992 distinguent d’une part les
règles d’organisation des entreprises bancaire et d’autre part les règles de classification des
états de crédit.

P.1- Les règles d’organisation des entreprises bancaires.


Il existe deux organes d’encadrement des entreprises de banque : un organe
décisionnel et un organe professionnel.
A- l’organe décisionnel.
L’organe de décision au niveau national est le ministre des finances. Il joue un rôle
essentiel dans l’application des décisions prises dans le secteur bancaire. De plus il est
l’autorité qui octroie l’agrément bancaire.
En effet aux termes de l’article 16 alinéas 1er de la loi bancaire de l’uemoa dispose que
l’agrément est prononcé par l’arrêté du ministre chargé des finances après avis conforme de la
commission bancaire.
Le ministre chargé des finances a aussi le pouvoir de suspendre les activités des banques, de
nommer administrateurs provisoires ou liquidateurs des banques.

B- L’organe professionnel.
Il s’agit de l’association professionnelle des banques et des établissements financiers
de cote d’ivoire (apbefci) dont le siège est à Abidjan plateau.
L’association a pour mission de défendre les intérêts du personnel des entreprises de banque.
Elle a également un rôle important d’étude et de réflexion, et d’activité dans le domaine de la
formation professionnelle.
Enfin l’apbefci sert d’intermédiaire entre les banques et les organes chargés de leur contrôle.

P.2- Les règles de classification des établissements de crédit.


Sous le vocable établissement de crédit l’on rassemble à la fois les banques et les
établissements financiers. Il importe de faire une distinction entre ceux-ci de même qu’entre
les opérations de crédit et celles de placement.

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A- La distinction banques et établissements financiers.
Trois critères permettent de les distinguer. D’abord l’origine des fonds, ensuite la nature des
opérations, enfin la forme juridique.
1-L’origine des fonds.
Les banques sont autorisées à recevoir des fonds du public. Par public, il faut entendre
une personne physique ; une personne morale de droit privé ou de droit public ; les ménages ;
les foyers ; etc.
Quant aux établissements financiers, ils ne sont pas en principe autorisés à recevoir
des fonds du public et doivent donc se financer à partir de leurs fonds propres et aussi avec
des capitaux empruntés auprès de banques.
Si exceptionnellement les établissements financiers peuvent recevoir des fonds du public, ils
doivent justifier d’autorisations spéciales dans des conditions strictement définies. Ce critère
tiré de l’origine des fonds, explique pourquoi les établissements financiers ne peuvent pas
faire d’appel public à l’épargne.

2-La nature des opérations.


L’activité des banques est régie par le principe de généralité qui signifie que cette activité
peut porter sur toutes les opérations prévues ou non par la loi. Ainsi, en dehors des opérations
dites orthodoxes des banques, ces dernières peuvent faire notamment :
- Les opérations d’assurance : c’est la banque assurance.
- Les opérations de coffre-fort ;
- Les activités de conseil dans la gestion des risques, la fusion des sociétés, etc.
- La gestion de patrimoines immobiliers
A l’inverse des banques, les établissements financiers sont soumis au principe de la spécialité
qui les oblige à n’effectuer que les opérations pour lesquelles ils ont reçu un agrément.

3-Le critère de la forme juridique.


La forme juridique des banques est prévue par l’article 20 de la loi bancaire ivoirienne.
Selon cet article, les banques qui ont leur siège en C.I. doivent être constituées sous forme de
société anonyme à capital fixe ou par autorisation spéciale du ministre des finances donnée
après avis conforme de la commission bancaire sous forme de société coopérative ou
mutualiste à capital variable.
L’article 21 de la même loi présente la forme juridique des établissements financiers. Selon
cet article, ceux qui ont leur siège social en C.I, doivent être constitués sous forme de S.A à
capital fixe ; de SARL ou de société coopérative ou mutualiste à capital variable.

B- distinction entre les opérations de crédit et les opérations de placement


La distinction est logée dans l’article 5 de la loi bancaire ivoirienne. Cet article dispose
que : « sont considérées comme opérations de crédit ; les opérations de prêt, d’escompte, de
prise en pension, d’acquisition de créances, de garantie, de financement, de vente à crédit et
de crédit bail.
Sont considérées comme opérations de placement, les prises de participation dans les
entreprises existantes ou en formation et toute acquisition de valeur mobilière émise par les
personnes publiques ou privées. »

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CHAPITRE-II- :
LES REGLES DE FONCTIONNEMENT DES ENTREPRISES BANCAIRES.

Les banques sont soumises à deux types de réglementation.


-La 1ère résulte de la législation bancaire spéciale ;
-la 2nde, du droit commun.

SECTION-I- :
LES REGLES RESULTANTS DE LA LEGISLATION BANCAIRE SPECIALE.

La législation bancaire vise d’une part à déterminer les conditions d’accès à la


profession bancaire et d’autre part à énoncer les règles relatives à la gestion des entreprises
bancaires.

P.1-: Les règles relatives aux conditions d’accès à la profession bancaire.

Ces règles régissent l’accès à la profession bancaire ; les dirigeants des entreprises de
banque et le personnel desdites entreprises.

A- L’accès à la profession bancaire.


L’accès à la profession bancaire est subordonné à un agrément préalable. En effet, aux
termes de l’article 7 alinéa 1er de la loi bancaire ivoirienne : « nul ne peut sans avoir été
préalablement agréé et inscrit sur la liste des banques, exercer l’activité définie à l’article 3 ni
se prévaloir de la qualité de banque ou de banquier ; ni créer l’apparence de cette qualité … »
Les articles 8 à 13 de la loi bancaire ivoirienne précisent les modalités de la demande
d’agrément, du prononcé et du retrait d’agrément ainsi que de la cessation de l’activité
bancaire.
Il faut rappeler que l’agrément est donné par le ministre chargé des finances après avis
conforme de la commission bancaire (article 16 alinéas 1 de la loi bancaire de l’UEMOA).
En résumé on peut retenir que tout entreprise désirant exercer une activité bancaire doit
adresser une demande d’aigrement au ministre des finances du pays de l’union qui doit abriter
la banque. Cette demande est déposée au près de la bceao pour instruction. La demande
d’agrément est accompagnée d’un certains nombre de pièces obligatoires. La banque centrale
procède a des vérifications (exemple : si l’entreprise a respecter les droits obligations de la loi
bancaire ou si elle a respecter la forme juridique requise etc.) la banque centrale obtient
également des renseignements sur la qualité des personnes ayant assurée l’apport des capitaux
ainsi que sur l’honorabilité et l’expérience des personnes appelle administrer ou gérer
l’établissement bancaire et ces agence. A la fin de cette procédure d’instruction la banque
centrale donne un avis conforme sur le fondement du quel l’agrément est prononcé par arrête
du ministre des finances du lieu du siège social de la banque. L’agrément est constaté par
l’instruction de la banque sur la liste des établissements bancaire avec un numéro qui lui est
attribué. L’agrément est réputé avoir été refuser s’il n’est pas prononcé dans un délai de six
mois a compter de la réception de la demande par la banque centrale sauf avis contraire donné
au demandeur. (Article 16 alinéas 2 de la loi bancaire de l’uemoa.)
L’agrément accorder signifie que la banque peut exercer ses activités. Cependant cet agrément
peut lui être retiré en cour de fonctionnement notamment a la demande des autorités
monétaire pour cause d’inactivité é prolongé ou pour cause d’infraction à la réglementation
bancaire.

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Par ailleurs si l’etablissemnet ayant obtenu l’agrément dans un état membre désire ouvrir une
succursale et ou une filiale dans un autre état membre de l’union il doit suivre une procédure
prévu par l’art 18 de la loi bancaire uemoa. D’après cet art cet établissement doit notifier son
intention sous forme de déclaration adressé à la commission bancaire et pose auprès de la
banque centrale. Cette dernière adresse copie de la déclaration au ministre chargée des
finances au pays d’accueil et a celui du pays d’origine pour information. Cet dernier le
ministre des finance du pays d’accueil autorise la banque a s’installer dans un délai de trois
mois a compter de la date de dépôt de la déclaration d’intention.

B- Les règles relatives aux dirigeants des entreprises bancaires.

Sont prévues par l’art 14 à 19 de la loi bancaire ivoirien. Ces articles sont logés dans
le titre 3 relatif aux dirigent et personnel des banques et des établissements financiers. Les
dirigent est toute personne physique qui occupe une place d’administrateur de directeur ou de
gérant d’une banque. Aux dirigeants il faut adjoindre les directeurs d’agence ou responsable
des guichets au niveau des banques. Ces personnes doivent avoir la nationalité ivoirienne ou
celle d’un pays membre de l’union conformément à l’article 14 de la loi bancaire ivoirienne
qui dispose que : « nul ne peut diriger administrer ou gérer une banque ou un établissement
financier ou une de leur agence s’il n’a pas la nationalité ivoirienne ou celle d’un pays
membre de l’union monétaire ouest africaine a moins qu’il n jouisse en vertu d’une
convention d’une assimilation aux ressortissants ivoirien. Le ministre des finances peut
accorder sur avis conforme de la commission bancaire des dérogations individuelles au
présent article. »
Ensuite ces personnes doivent avoir une autorisation spéciale donnée par le ministre des
finances avant qu’elles ne prennent fonction.
Par ailleurs elles doivent satisfaire à des conditions de moralités et n’avoir jamais été
condamnées pour un certains nombres d’infractions pénale : crime de droit commun, faux et
usage de faux en écriture publique, ou privée, vol, escroquerie etc. article 15 de la loi bancaire
ivoirienne.
De même toute condamnation pour tentative ou complicité dans la commission des ces
infraction emportent interdiction de gérer une banque. Mêmes les condamnations pénales
prononcées à l’étranger sont pri en compte. Car le ministre des finances a le pouvoir de
demander l’exequatur de ces décisions pénales étrangères en cote d’ivoire.
Par ailleurs toute banque doit déposer et tenir à jour au près de la commission bancaire la liste
des personnes exerçant des fonctions de direction, d’administration, ou de gestion de la
banque ou de ces agences art 18 alinéas 1 de la loi bancaire.
Enfin au terme de l’art 19 al 1 de la loi bancaire ivoirienne les personnes qui concourent à la
direction a l’administration à la gérance , au contrôle ou au fonctionnement des banque ou
établissements financiers sont tenues aux secret professionnel.

C- Les règles relatives aux personnels des banques.


En principes toutes personnes peuvent être employé à quel titre que ce soit dans une
banque ou un établissement financier. La seule restriction concerne les personnes condamnées
d’une infraction à la legislation economique ou bancaires.

P-2- : LES REGLES RELATIVES A LA GESTION DES ENTREPRISES


BANCAIRES.

Il faut distinguer les règles relatives à la gestion des fonds et celles ayant trait à la
comptabilité des fonds.

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A- Les règles relatives à la gestion des fonds.
Les fonds des banques et établissement financiers sont constitués par le capital et les
réserves. En ce qui concerne le capital la loi fixe deux principes :
- selon le premier principe la banque doit avoir un capital minimum. En effet selon
l’article 23 « le capital social des banque ayant leur siège social en cote d’ivoire ne
peut être inférieur au montant minimum fixé par le conseil des ministres de
l’union… »
si l’établissement a son siège social à l’étranger la succursale ou la représentation située en
cote d’ivoire doit justifier à tout moment d’une dotation au moins égale au capital minimum
imposé aux banques ivoirienne. Article 24 lbi.
L’alinéa 3 de l’article 23 fait une précision de taille : « toutefois pour une banque ou un
établissement financier donné la décision d’agrément peut fixer un montant à celui visé au p.
du présent article ».
- selon le second principe le capital social doit être intégralement libéré au jour de la
constitution de l’entreprise par l’application des règles prévue par la forme juridique
que prend l’entreprise. En ce qui concerne les réserves la loi bancaire impose aux
établissements bancaire la constitution d’une réserves spéciale c'est-à-dire la réserve
« incluant toue réserve légale éventuellement exigée par les lois et règlement en
vigueur alimenter par un prélèvement annuel sur les bénéfices net réalisés après
imputation d’un éventuel report a nouveau déficitaire » article 27 lbi. Le montant de ce
prélèvement est fixé pour les banques et établissement financiers par une instruction
de la banque centrale. Ces prélèvements annuels sont en principe de 15 pourcent sur
les bénéfices nets réalisés.

B- Les règles relatives à la comptabilité des fonds.


Les banques et établissement financiers sont soumis à des règles de comptabilités. En
effet au terme de l’article 30 de lbi : « les banques et établissements financiers doivent tenir à
leur siège social principal établissement ou agence principale en ci une comptabilité
particulière des opérations qu’il traite sur le territoire de la cote d’ivoire. Ils sont tenu d’établir
leur compte sous une forme consolidé conformément aux dispositions comptables et autres
règles arrêtées par la banque centrale ». Les comptes sont arrêtes au 31 décembre de chaque
année et doivent être communiqués à la banque centrale et à la commission bancaire de
l’uemoa avant le 30 juin de l’année suivante.

Doivent être communiqué d’abord le bilan et les engagements hors bilan ensuite les
comptes d’exploitation enfin les comptes de pertes et profits. Les comptes annuel des banques
et établissement financiers doivent être approuvé conformément à leur statut juridique et
doivent être certifié régulier et sincère par un commissaire aux compte choisi sur la liste des
commissaires agrée par la Cour d’Appel et préalablement approuvé par la commission
bancaire. Par ailleurs le bilan annuel de chaque banque est publié au journal officiel à la
diligence de la banque centrale et aux frais de la banque intéressée. Article 40 alinéas 4 de
lbi. De plus deux contrôles sont imposés aux banques et établissement financiers pour être
certifié conforme aux normes internationales : ce sont les contrôles internes aux banques et le
contrôle externe exercé par les cabinets d’audits et de comptabilité.

Par ailleurs les institutions de brettons woods et l’association internationale de comptabilité


ont arrêté les normes comptable internationale qui sont fortement recommandées aux
institutions bancaires et financière dans la consolidation de leur compte. La banque centrale
élabore des formules types auxquelles les etablissemnet de banques doivent se référer pour
établir leur comptabilité. Les établissements bancaires peuvent être obligés de fournir à toute

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réquisition de la commission bancaire des documents comptables spéciaux que celles-ci
jugent utiles à l’établissement de leur situation financière. Le but de cette réglementation
spécifique est de vérifier que les capitaux propres des etablissemnet de banque ne sont pas
entamés par la gestion de l’entreprise.

SECTION-II- :
LES REGLES DE DROIT COMMUN APPLICABLE AUX ENTREPRISE
BANCAIRE.

Le statut juridique des banques et établissements financiers les rend redevables du


droit commun c'est-à-dire des règles de droit civil ; du droit commercial. Lorsqu ‘elles
manquent à leurs obligations les banques peuvent être soumis aux sanctions pénale civile
disciplinaire et professionnel. Nous étudierons la responsabilité civile et disciplinaire des
établissements bancaires.

P.1- La responsabilité professionnelle des entreprises de banque.


Des principes généraux gouvernent cette responsabilité. Par ailleurs la mise en œuvre
de la dite responsabilité est soumise à des conditions spéciales.
A-les principes généraux en matière de responsabilité professionnelle.
La responsabilité professionnelle des banques est fondées sue deux principes :
- la non ingérence
-la vigilance.

1- Le principe de non ingérence.


Encore appelé le principe de non immixtion impose aux établissements bancaire de ne
pas intervenir dans les affaires de leur client. Ce principe protège à la fois le client et le
banquier. Il protège le client qui désire que son banquier ne se mêle pas de ses affaires. En
conséquences ce dernier ne peut intervenir ni pour empêcher son client d’accomplir un acte
irrégulier ni pour refuser d’exécuter les instructions données par son client aux motifs que
celles-ci lui paraissent inopportunes. Le principe de non ingérence est également protecteur
des intérêts du banquier à un double point de vue :
* A l’égard des clients eux même et à l’égard des tiers.
* A l’égard des clients ; ce principe permet d’écarter la responsabilité de la banque lorsqu’elle
est recherchée par ceux-ci en raison d’opération qu’ils ont eux même accompli et qui se sont
révélé préjudiciable. Ainsi dans une espèce un crédit avait été consenti à un client pour le
rachat d’une société. Le client estimait que le banquier aurait du le dissuader d’effectuer cette
opération et qu’ainsi il avait engagé sa responsabilité. Cette prétention est écartée parce que le
banquier qui n’a pas à s’immixer dans les affaires de son client n’a pas non plus à apprécier
l’opportunité du crédit qu’il consent et de ce fait ne peut être tenu pour responsable du
mauvais usage du crédit. Cour d’appel de Toulouse 16 février 1984.

Le principe de non ingérence permet encore d’écarter la responsabilité des banques


pour les opérations indélicates effectuées par leur client au préjudice de tiers. Ainsi dans une
espèce soumise à la cour de cassation française le 30 janvier 1990 un comptable avait
frauduleusement obtenu de son employeur des cheques qu’il a remit à l’encaissement au près
de sa banque. L’employé indélicat s’étant montré insolvable l’employeur a agit en
responsabilité contre la banque. La cour de cassation approuva le rejet de cette action au motif
que « les cheques litigieux ne présentaient aucun indice de falsification pouvant être décelées
par un employé de banque normalement avisé ».

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Le principe de non ingérence concerne d’abord le service de caisse c'est-à-dire le dépôt, les
retraits ainsi que les encaissements. Il dispense ainsi la banque de rechercher l’origine et la
destination des fonds. Il concerne également les opérations de crédit en ce sens que le
banquier n’a pas à apprécier l’opportunité de l’affectation du crédit.

2-Le principe de vigilance.


Selon la jurisprudence le principe de non ingérence trouve une limite dans le devoir de
vigilance encore appelé obligation générale de prudence.
Il constitue une norme qui permet d’apprécier si le banquier a agit en professionnel
normalement diligent, en d’autre terme si le banquier ne doit pas s’immixer dans les affaires
de ses clients il doit en bon professionnel s’informer sur les opérations que ses client veulent
faire et au besoin avoir suffisamment de discernement pour refuser de prêter son concours à
de telle opérations.

Le devoir de vigilance présente trois aspect à savoir la surveillance, l’information,et le


discernement.

La vigilance –surveillance oblige le banquier à surveiller ses clients afin de pouvoir déceler
les anomales évidentes ; apparentes c'est-à-dire celles qui ne peuvent pas échapper à un
banquier normalement diligent.

La normalité dépens des circonstances de l’espèce, mais on peut la classer en deux catégorie :
les anomalies matérielle et celles intellectuelles.

Les premières (les anomalies matérielles) correspondent essentiellement à des falsifications


de titre comme des endossements irréguliers.

Les secondes (anomalies intellectuelles) sont révélées lorsqu’une opération apparemment


licite ne l’est pas en réalité. Il en est ainsi en cas de mouvement bancaire anormaux laissant
soupçonner les détournements de fond sociaux de la part d’un administrateur.

La vigilance-information oblige le banquier à s’informer au près de son client. Ainsi le


banquier manquerait à son devoir de vigilance s’il octroyait un crédit sans s’informer de la
situation financière de l’emprunteur.

Enfin la vigilance –discernement oblige le banquier à alerter son client de l’importance du


risque qu’il encourt en cas de crédit excédent ses capacités financières.

B- La mise en oeuvre des principes : le secret bancaire.


Pendant assez longtemps aucun texte ne prévoyait expressément le secret bancaire. Si
on reconnaissait que le banquier était tenu d’une obligation de discrétion sanctionnée
civilement on discutait le point de savoir si ce secret devait été sanctionné pénalement.
L’article 383 du code pénal répond affirmativement à cette question. Selon ce texte : « tout
dépositaire par état ou profession ou par fonction permanente temporaire d’un secret qu’on lui
confie qui hors le cas ou la loi oblige ou autorise a se porter dénonciateur révèle ce secret est
puni d’un emprisonnement d’un à six mois et d’une amende de 50000 à 500000 f. » de plus
l’article 21 de la loi n 93 -661 du 09 août 1993 relative au secret bancaire prévoit des peine
plus forte en cas de violation du secret bancaire. Ainsi ce délit est d’une peine
d’emprisonnement de un mois à un an et d’une amende de 200000 à 2000000. En cas de
récidive la peine est portée au double.

11
Le secret bancaire est réglementé par l’article 19 de lbi mais plus particulièrement par la loi
sur le secret bancaire.

Il importe de définir le secret bancaire d’en déterminer le domaine et d’en préciser les
caractères.

1- La définition du secret bancaire.


Le secret bancaire est un aspect du secret professionnel qui consiste dans l’obligation
pour les personnes qui ayant eu connaissance de faits confidentielle dans l’exo ou à l’occasion
de leur fonction de ne pas les divulguer hors les cas ou la loi autorise ou impose la révélation
du secret. De manière plus précise et au terme de l’alinéa 1er de l’article 1er de la loi sur le
secret bancaire « le secret bancaire consiste dans la discrétion que les banques et
établissement financier leurs organes et employés observent sur les opérations qui leurs sont
confiée dans l’exo de leur fonction ».

2- Le domaine du secret bancaire.


Deux critères permettent d’identifier le domaine du secret bancaire : le critère lie au
fait et celui lié aux personnes.

a- Le critère lié au fait.


Les banques et établissement financiers sont tenus de garder le secret sur tous les faits
qui entrent dans le domaine de l’activité bancaire et dont ils ont eu connaissance à l’occasion
de l’exercice de leur profession. Article 1er de la loi sur le secret bancaire.

Le domaine du secret bancaire apparaît donc large dans la mesure où il couvre a la fois les
faits commis pour les besoins de l’activité bancaire et ceux commis dans l’exercice de
l’activité bancaire. Toutefois le secret bancaire couvre uniquement les informations
confidentielles. Il s’agit d’info précise comme par exemple les informations chiffrées, il est
ainsi interdit au banquier de révéler au tiers le montant du solde d’un compte ou le montant
d’un crédit consentit à un client. De même les opérations d’escompte de fourniture de service
le résultat des inspections et des contrôles périodique effectuée par la banque centrale sont
couvertes par le secret bancaire.

En revanches ne sont pas couverts par le secret les informations d’ordre général notamment
les renseignements commerciaux qu’il est d’usage de fournir à des tiers clients ou non de la
banque. Il en est ainsi des renseignements donnés par un banquier à un tiers sur la solvabilité
de son client. Il n’y a pas violation de secret bancaire si le banquier se borne a indiquer que
les échéances sont difficile ou que les paiements sont réguliers. Il faut toutefois relever que la
loi sur le secret bancaire institue une présomption de secret qui s’applique à tout fait confié
connu ou surpris dans l’exercice de la profession bancaire. On en conclu que le secret
bancaire est la règle et qu’il appartient au défendeur de montrer le contraire.

b- le critère lié aux personnes.


Au terme de l’art 19 alinéa 1er de la loi bancaire « les personnes qui concourent à la
direction, à l’administration, à la gérance, au contrôle ou au fonctionnement des banques ou
établissement financiers sont tenu au secret professionnel sous réserve des dispositions de
l’article 42 dernier paragraphe » cette disposition révèle les personnes débitrice de
l’obligation de secret bancaire. Il s’agit de toue celle qui à un titre quelconque participe à la
gestion ou à la direction d’un établissement financier de même que celle qui participe aux
missions de contrôle confiées a la commission bancaire. Il faut y adjoindre également le

12
personnel des banques. L’obligation au secret bancaire s’étend même à toute personne qui,
sans faire partir du personnel de la banque a eu connaissance d’info couverte par la
présomption du secret bancaire à moins que ces informations aient été révélées au public.
Le secret bancaire vise protéger le client contre la divulgation d’info confidentielle. Il est en
principe opposable au tiers. Mais que faut-il entendre par tiers ?

S’agissant des personnes physiques il est certain qu’un conjoint ainsi que les membres de la
famille d’un client sont des tiers auxquels l’établissement de crédit peut opposer le secret
bancaire. Cette solution valable lorsque le client est vivant ne l’est plus à son décès. En effet
le principe d continuation de la personne du défunt impose au banquier de répondre
favorablement à la demande des héritiers. S’agissant des personne morale si les représentant
légaux ne peuvent se voire opposer le secret professionnel pour des info relatives a la société
qu’ils dirigent, cette solution n’est certaine que pour le gérant, le président du conseil
d’administration et incertaines pour les membre du conseil d’administration. Quant aux
associe le secret bancaire leur est généralement opposable et il n’ont donc pas accès aux
informations confidentielles concernant la société.

3-Les caractères du secret bancaire.


Deux éléments caractérisent le secret bancaire :il est limité et non absolu.

a- Le caractère limité du secret bancaire.


Le secret bancaire ne s’impose pas à certaine personne. Ainsi selon l’article 42 in fine
de la loi bancaire ivoiriennes « le secret professionnel n’est opposable ni à la commission
bancaire ni à la banque centrale ni à l’autorité judiciaire agissant dans le cadre d’une
procédure pénale ». De même les article 4 et suivant de la loi sur le secret bancaire énumère
les autorités pour les quelles le banquier est tenu de lever le secret bancaire « ce sont outre
l’autorité judiciaire, les syndic et liquidateurs judiciaire, l’administration fiscale article 6 ,
l’administration douanière 7, la cnps 8 les autorités monétaires économique et financière 9,
enfin l’inspection général de l’état bénéficient

b- Le caractère non absolu du secret bancaire.


Le secret bancaire à un caractère relatif en ce sens que le client de la banque peut
autoriser voir imposer le banquier a le lever. Ainsi si le client a confié ses activités à une
personne il peut obliger le banquier à lui donner des informations concernant ses obligations
bancaires, il en est ainsi du mandataire du client. De même dans les rapports de famille le
secret bancaire est inopposable au représentant légal de l’incapable ou à la personne chargée
de l’assister 11 de la loi sur le secret bancaire.

Le secret bancaire n’est pas opposable aux successeurs universel des clients des banques
article 12 de la loi sur le secret bancaire, ni aux héritiers exécuteur testamentaire délégataire
du client article13 sur le secret bancaire. En cas de compte joint le secret n’est opposable au
co-titulaire du compte 14. Dans les rapports entre banque à l’échange d’information à
caractère confidentiel ne constitue pas de violation de secret bancaire 15 de la loi sur le secret
bancaire.

Il n’y a pas de secret professionnel lorsque la banque ou l’établissement financier qui a


consenti un crédit à un de ses clients renseigne la caution sur le compte courant et les avoirs
personnels du débiteur ainsi que sur les opérations bancaires effectuées par ce dernier (article
16)

13
Enfin, le secret bancaire est inopposable aux usufruitiers, nu-propriétaires et créanciers
gagistes (article 17) ainsi qu’au bénéficiaire d’une stipulation pour autrui faite par la banque
ou l’établissement financier (article 18).

La violation du secret bancaire dommage intérêts à la fois une sanction pénale et civile. Dans
ce dernier cas, « la victime peut non seulement engager la responsabilité de l’agent ayant
commis l’infraction mais également celle de la banque ou de l’établissement financier, du fait
de son préposé et obtenir ainsi leur condamnation solidaire au paiement de dommages
intérêts. » (Article 22)

P.2- La responsabilité civile des banques.


La faute professionnelle du banquier est l’élément spécifique de cette responsabilité.
Elle consiste en un manquement au comportement d’un bon banquier placé dans la même
situation. La personne qui peut invoquer la responsabilité civile du banquier est le client lui-
même ou la tierce victime de la faute du banquier. Il faut pour cela que soient remplies les
conditions de la responsabilité civile à savoir une faute, un préjudice et un lien de causalité.
On peut distinguer la responsabilité civile de la banque en tant que personne morale et celle
de la banque du fait de son préposé.

A- La responsabilité civile de la banque en tant que personne morale.


Deux responsabilités se dégagent :
-la responsabilité contractuelle de la banque,
-la responsabilité délictuelle ou quasi délictuelle.

1-La responsabilité civile de la banque en tant que personne morale.


Elle est fondée sur « le contrat bancaire » unissant la banque à son client. Deux
questions se posent : la détermination de la nature du contrat bancaire et la valeur des clauses
limitatives de responsabilité contractuelle.

a- La détermination de la nature du contrat bancaire.


La nature du contrat existant entre la banque et son client détermine l’étendue de
l’obligation pesant sur le banquier : obligation de moyen ou obligation de résultat.
Au regard de cette nature, deux qualifications sont possibles : on voit dans le droit bancaire
soit un contrat de dépôt soit un contrat de mandat.

*Le contrat bancaire comme contrat de dépôt.

Aux termes de l’article 1915 du code civil, « le dépôt en général est un acte par lequel on
reçoit la chose d’autrui à charge de la garder et de la restituer en nature »

Dans le contrat l’unissant à son client, la banque peut être qualifiée de dépositaire des sommes
d’argent dont le client est le propriétaire et servant à réaliser les opérations de ce dernier. Dans
ce cas, le banquier a l’obligation de restituer à son client les sommes dont il est dépositaire en
obéissant aux ordres de paiement donnés par son client qui est le déposant.

Lorsque le contrat bancaire est analysé comme un contrat de dépôt, il pèse sur le banquier,
une obligation de résultat. Comme tout dépositaire, le banquier est le gardien des fonds mis à
sa disposition et il a l’obligation d’en surveiller la destination. En conséquence, il est obligé
chaque fois qu’il reçoit un ordre de paiement de son client, de vérifier avec soin, la régularité
de l’ordre reçu et la validité de l’opération qu’il lui est demandé d’exécuter. Débiteur d’une

14
obligation de résultat, la faute du banquier est présumée chaque fois que l’opération n’a pas
été exécutée. Toutefois, il peut s’exonérer de sa responsabilité en faisant la preuve d’une faute
commise par le client.

*La qualification du contrat bancaire de contrat de mandat.

Selon l’article 1984 du code civil, ‘’le mandat ou procuration est un acte par lequel une
personne donne, à une autre, le pouvoir de faire quelque chose pour le mandant et en son
nom. Le contrat ne se forme que par l’acceptation du mandataire’’.

Lorsque le contrat bancaire est analysé comme un mandat, le banquier est le mandataire et le
client, le mandant. Le banquier est alors l’intermédiaire entre son client et les tiers partenaires
du client. Il suffit alors au banquier d’exécuter l’ordre de paiement ou d’encaisser dans les
limites de son mandat pour que sa responsabilité ne soit pas engagée. Pour ce faire, il est tenu
de vérifier l’authenticité de l’ordre reçu, de contrôler l’identité de la personne bénéficiaire de
l’opération et de vérifier s’il y a opposition ou non de la part de son client.

Lorsque ces conditions sont réunies, il est demandé au client de prouver que le banquier a
commis une faute dans l’exécution de ses obligations de vérification. On en déduit donc que
la responsabilité du banquier dans ces cas, dérive d’une obligation de moyen puisque sa faute
doit être prouvée par le client.

b-La validité des clauses limitatives des banques.


En prétextant de la standardisation de leur opération les banques ont prit l’habitude
d’insérer dans les contrats des closes limitant leur responsabilité. La question se pose de la
portée des dites clause. C'est-à-dire de leur caractère obligatoire dans les relations entre la
banque et le client. Pour les banquiers ces clauses st valables des lors qu’elles obéissent à la
pratique et aux usages bancaire. Généralement ces clauses figurent sur les documents remit
aux clients. Elles peuvent stipuler par exemple que le client assumera la garde de tous les
moyens de paiement mi à sa disposition en conséquence en cas de vol d’abus de confiance ou
d’escroquerie la banque décline toute responsabilité pour le préjudice que pourrait subir le
client ou la tierce victime de l’emploi frauduleux de ce moyen de paiement si elle n’a pas été
prévenu à temps utile pour refuser le paiement.

La jurisprudence considère que ces clauses sont valables en cas de faute légère et inefficace
en cas de faute lourde ou dolosive des banques. Ainsi le faite pour le banquier de ne pas avoir
relever ou rechercher la conformité de la signature du client avec le spécimen déposé suffit à
caractériser une faute lourde imputable à la banque et rendant inefficace les clauses limitatives
de responsabilité.

2-La responsabilité civile délictuelle ou quasi délictuelle de la banque.


La responsabilité civile délictuelle de la banque peut être engagée dans l’hypothèse
d’un dommage subit par une personne dans les locaux de la banque. Dans ce cas elle repose
sur l’obligation de sécurité à la charge de la banque. Dans ce cas on a recours à l’article 1384
du code civil sur la responsabilité du fait des choses dont on a la garde pour engager la
responsabilité de la banque. Il se peut aussi que le préjudice subit par un tiers trouve sa cause
directement l’activité de la banque, c’est le cas du tiers, victime d’une opération bancaire
réalise entre la banque entre la banque et son client. Dans ce cas le banquier engage sa
responsabilité sur le fondement de l’art 1382. C’est l’hypothèse du banquier qui a contribué

15
par ses concours intempestif à l’aggravation du passif de son client qui fait plu tard l’objet
d’une pcap.

B- La responsabilité civile des banques du fait de leurs préposés.


Pour établir cette responsabilité il faut faire la preuve du lien de préposition et du lien
de causalité.

1- La preuve du lien de préposition.


La preuve de ce lien est facile à faire lorsque l’opération ayant entraîné le dommage a
lieu dans les locaux de la banque. En effet les personnes qui reçoivent les clients sont
présumées être les employés de la banque. Mais lorsque l’opération s’est déroulée à
l’extérieur de la banque la victime devra démontrer que le démarcheur a agit en qualité de
préposé de la banque. Article 1384 du code civil.

2-La preuve du lien de causalité.


Il faut démontrer que l’acte de la personne physique a été fait dans le cadre des
fonctions qui sont les siennes à l’intérieur de la banque. Pour connaître l’étendue des pouvoirs
conférés dans ce cas la jurisprudence a recourt à la théorie de l’apparence. En conséquence la
banque assumera la responsabilité civile de ses préposés.

PARTIE-II- :
LES REGLES APPLICABLES AUX OPERATIONS BANCAIRE.

Une banque peut effectuer une multitude d’opération. Les plus classiques sont la
réception de fond du public, les opérations de crédit et la mise à disposition et la gestion des
instruments des moyens de paiement.
Avant d’effectuer ces opérations le banquier prend le soin un compte à son client. Il importe
de présenter d’une part les règles communes à tous les comptes bancaires et d’autre part celle
particulière à certain compte.

CHAPITRE-I- :
LES REGLES COMMUNE A TOUS LES COMPTES BANCAIRE.

SECTION-I-:
NOTIONS PRELIMINAIRE.
Il faut examiner d’abord la notion de compte bancaire et ensuite le droit aux comptes
bancaire.

P.1- La notion de compte bancaire.


Le compte bancaire peut être appréhendé de deux manières : juridiquement et
matériellement.
Juridiquement le compte bancaire est une convention entre le banquier et son client. Cette
convention a un double objet :
-elle fixe le cadre des relations liant les parties
-elle est un instrument de règlement des opérations multiple effectuées entre banquiers et
clients.
Ainsi selon Mr GRUA : « les comptes en banque sont d’abord des conventions tendant à
simplifier le règlement des créances qui naissent entre les correspondants. Au lieu que ces
créances soient réglées une par une au fur et à mesure de leur apparition les comptes en font

16
masse pour dégager leur somme algébrique qui seules sera exigible à la clôture ». In « qu’est
un compte en banque D. 1999 chronique p 255 ».

Matériellement le compte est document comptable retraçant des opérations chaque opération
étant considérées compte un article du compte, plus précisément c’est le tableau récapitulatif
des créances et des dettes réciproque entre deux personnes.
Ainsi le compta bancaire constate les opérations réalisées par un banquier pour son client
pendant une période déterminée et les exprime par des valeurs inscrites soit au crédit soit eu
débit du compte. Au crédit à droite on inscrit toutes les sommes dont le client est propriétaire
il s’agit des créance du client sur le banquier.

Au débit à gauche on inscrit les sommes dont le banquier et propriétaire : il des dettes du
client à l’égard de la banque. Généralement une troisième colonne est dédiée au solde.
Exemple est porté au crédit du compte un dépôt et au débit le montant du cheque émit par le
titulaire du compte au profit d’un tiers.

Le compte est identifié en pratique sous le nom du client ainsi que par une série de chiffre
désignant l’établissement de crédit, le guichet teneur de compte et le client.

P.2- Le droit au compte bancaire.


Depuis quelques années les autorités de l’uemoa font la promotion de la bancarisation.
Selon Mr OUSSEINOU SOW : « la bancarisation stricto sensu consiste dans la promotion de
la titularisé du compte bancaire. La bancarisation stricto sensu apparaît comme une sorte de
DEMOCRATISATION voire de POPULARISATION du compte qui permet aux système
bancaire de promouvoir et par suite de mobiliser l’épargne par l’office de produits appropriée
et aux public de sécuriser ses avoirs ». in siga édition p.4

La volonté de promouvoir la bancarisation se matérialise par l’édiction de mesure pouvant la


rendre effective, ce sont principalement la directive n° 08- 2002-CM-UEMOA portant sur les
mesures de promotion de la bancarisation et de l’utilisation des moyens de paiement
scripturaux dans les états membres de l’UEMOA et le règlement n° 15-2002-CM-UEMOA
relatif aux systèmes de paiement dans les états membres de l’UEMOA.

Le droit aux compte mesure liée à la bancarisation est porté par l’article 8 du règlement n°
15.au terme de ce article : « toute personne physique ou morale établi dans l’un des états
membre possédant un revenu régulier dont la notion est définit par une instruction de la
banque centrale a droit à l’ouverture d’un compte auprès d’une banque telle que définit par
l’article de la loi portant réglementation bancaire ou auprès des service financier de la poste.
En cas de refus d’ouverture de compte opposées par trois établissements successivement la
banque centrale peut designer d’office une banque qui sera tenue d’ouvrir un compte donnant
droit à un service bancaire minimum ».

Le revenu régulier a été fixé par l’instruction banque centrale 01-2003-SP- du 08 MAI 2003 à
50000 f CFA.

Les règles communes aux comptes bancaires concerne l’ouverture du compte, son
fonctionnement, et sa clôture.

17
SECTION-II- :
L’OUVERTURE DU COMPTE BANCAIRE.

L’ouverture d’un compte correspond à la conclusion d’une convention entre le


banquier et son client. C’est pourquoi elle doit respecter les conditions de l’article 1108 du
code civil. Mais trois de ces conditions seront spécialement étudié en raison de leurs aspects
particuliers : le consentement, la capacité et l’objet.

P.1- Le consentement.

A- L’expression du consentement des parties.


L’ouverture d’un compte suppose le consentement du client. Ce consentement est en
général exprès, mais il peut également être tacite. Sans tous les cas il doit être libre et exempte
de vice. La liberté du consentement s’exprime aussi bien dans le choix de la banque que dans
la nature du compte que le client veut ouvrir. Mais cette liberté peut être quelque fois limitée.
En effet le client est parfois obligé d’ouvrir un compte, c’est le cas pour certain paiement
notamment pour les salaires qui nécessairement par virement bancaire ou postal. C’est le cas
également des commerçants qui ont l’obligation légale d’ouvrir un compte bancaire au lieu ou
sont domiciliés leurs revenus.
L’ouverture du compte suppose également le consentement de la banque ou du banquier. Le
banquier peut cependant accepter ou refuser d’ouvrir un compte à une personne. Cette liberté
est toutefois limitée par le droit au compte reconnu à toute personne justifiant d’un revenu
régulier.

B- Les formalités préalables à l’ouverture du compte.


Avant l’ouverture d’un compte le banquier doit vérifier notamment l’adresse, le
domicile, l’identité du postulant à partir des documents officiels que ce dernier doit lui
présenter. Il s’agit d’une vérification minimale que le banquier peut compléter en se fondant
sur la moralité, la profession ;la situation matrimoniale du client. Etc.
Lorsqu’il s’agit des personnes morales les banques s’informent sur la nature juridique de celle
ci en exigent des pièces justificatives.

P.2- La capacité et le pouvoir.

A- Les personnes physiques.


Tout personnes physique peut se faire ouvrir un compte bancaire par ce qu’elle a la
personnalité juridique mais des précisions s’imposent notamment en ce qui concerne les
incapables.

1- Les mineurs non émancipés.


Le mineur non émancipé peut se faire ouvrir un compte bancaire. Mais ce compte sera
ouvert par son tuteur ou administrateur et fonctionnera sous l’administration de ce dernier. Le
mineur peut toutefois effectuer des dépôts sur son compte, en revanche ce mineur ne pourra
pas de sa propre initiative retirer des fonds sur son compte. Mais il peut arriver qu’un compte
fonctionne sous l’administration d’un mineur, non émancipé. C’est le cas notamment lorsque
l’administration ouvre un compte et donne une procuration au mineur considéré comme ayant
une maturité et un discernement suffisant pour effectuer des dépôts et des retraits sans trop de
risque. Juridiquement cette procuration est valable car il admit que l’incapable ayant un
discernement suffisant peut être mandataire dans les affaires dans lesquelles il a un intérêt.

18
2-Les mineurs émancipés.
Le mineur émancipé peut quant à lui se faire ouvrir un compte fonctionnant sous sa
seule signature.

3-Les majeurs incapables et la femme mariée.


En se qui concerne les majeurs incapables il est admis que le majeur en tutelle est
soumis pour l’ouverture d’un compte bancaire aux mêmes règles que celles s’appliquant aux
mineurs non émancipé.
Quant aux majeurs en curatelle il a la capacité d’ouvrir un compte bancaire mais avec
l’assistance de son curateur aussi bien pour l’ouverture que pour le fonctionnement du compte
bancaire.
La femme mariée possède désormais la pleine capacité bancaire. Elle peut donc ouvrir un
compte en banque en son nom et le faire fonctionner sous sa seule signature.

B- Les personnes morales.


Tout groupement doté de la personnalité morale peut ouvrir un compte bancaire, à
contrario le groupement qui n’a pas la personnalité juridique ne peut ouvrir un compte
bancaire. Dans ce cas en général le compte est ouvert au nom de l’un des membres du groupe
ou de l’ensembles des membres du groupe. Cependant il arrive que la banque ouvre un
compte à une société en cours de formation c'est-à-dire qui n’a pas encore la personnalité
juridique.

P.3- L’objet.
Il s’agit des opérations susceptibles d’être enregistre dans les comptes. Ces opérations
sont deux ordres :
-celles qui servent à alimenter le compte par le dépôt de fond.
-celles qui consistent dans le retrait de fond.

A- Le dépôt de fond.
Les dépôts sont de divers ordres. Il peut s’agir de dépôt direct et dans ce cas le client
remet le spécimen au banquier ou ce dernier crédite le compte du client à la suite d’une
ouverture de crédit. Il peut s’agir aussi de dépôt indirecte quant le client remet des titres de
créance que le banquier est chargé d’encaisser. En général les dépôts effectués par les clients
sont enregistrés au crédit du compte.
Le dépôt bancaire a deux particularités :
-le banquier a le droit de disposer de la somme à lui confiée.
-il a une obligation de restitution de ces fonds.
Par ailleurs le banquier peut se prévaloir d’une créance dont il est titulaire contre le client
pour opérer une compensation.

B- Le retrait de fond.
Le retrait opéré par le client prend diverses formes, ce peut être une restitution directe
sous forme de virement d’espèce sous la forme par exemple d’un cheque. Ce peut également
être une restitution indirecte au moyen par exemple d’une carte de paiement. En tout état de
cause les retraits sont inscrits au débit du compte.

19
SECTION-III- :
LE FONCTIONNEMENT DU COMPTE.

P.1- Le rôle des parties.

A- Le rôle du titulaire du compte.


En principe seul le titulaire du compte a le pouvoir d’effectuer des opérations sur ledit
compte, mais ce principe mérite d’être nuancer. Ainsi en ce qui concerne les dépôts on estime
que toute personne peut les faire sans avoir à justifier sa qualité. Dans ce cas le banquier est
tenu de communiquer au titulaire du compte l’identité de celui qui a versé les fonds.
Quant aux opérations de retrait seul le titulaire du compte peut les effectuer afin de permettre
au banquier de vérifier la signature.

La signature du client peut être manuscrite ou imprimée.


Le banquier doit s’assurer de la conformité apparente au spécimen de la signature figurant sur
l’écrit qui lui est présentée. C’est seulement lorsque la non-conformité est grossière et
manifeste que la banque peut voir sa responsabilité engagée si elle a effectué le virement.
Le principe qui veut que le client effectue lui-même ses retrais connaît deux limites :

-*c’est l’hypothèse où le titulaire du compte est incapable ou est une personne morale.
Dans ce cas les représentants sont admis a faire des retraits en respectant les pouvoirs qui leur
sont octroyés
- *c’est la situation où le titulaire du compte donne une procuration à un tiers afin de
faire fonctionner le compte ou pour effectuer une opération précise en son nom. Dans ce cas
le mandataire doit lui aussi déposer un spécimen de sa signature. Ainsi en cas de retrait
effectué par le mandataire le banquier doit non seulement la conformité de la signature mais
aussi contrôler l’étendu des pouvoirs qui lui sont octroyée.

La procuration prend fin à l’expiration du délai fixé ou dans tous les cas au décès du titulaire
du compte.

B- Le rôle de la banque.
Les attributions les plus importantes de la banque portent sur la passation en compte
des opérations et les relevés de compte.

1- La passation en compte.
Il s’agit d’une opération comptable qui consiste pour le banquier à inscrire au crédit ou
débit du compte le nombre de chaque opération que le client va effectuer.

Si l’inscription est faite à tort le banquier ne va ni effacer ni retirer celle-ci, il va seulement


une inscription en sens contraire : cette nouvelle inscription est appelée contre-passation.
Exemple si le banquier a passé au crédit de son client un cheque qui lui a été remit et ce
cheque n’est pas payé par le tiré, il portera au débit la même somme. Ce qui annulera
juridiquement la première inscription. Il engagerait néanmoins sa responsabilité s’il
n’avertissait pas son client (cassation commercial 13 03 2001). Pour éviter ces contre
passations les banques ne portent pas généralement au crédit les montants des effets remis
avant d’en avoir encaissé ledit montant.

La passation et la contre passation sont donc des procédés d’inscription en compte. Mais
juridiquement la passation est aussi un procédé de règlement des créances et des dettes entre

20
le client et son banquier. Seules les créances liquides et exigibles libellées dans la monnaie du
compte peuvent bénéficier de la passation.

Si la créance est libellée dans une autre monnaie elle doit être convertie en monnaie du
compte avant d’être inscrite.

Le principe de l’inscription des créances liquides et exigibles connaît des tempéraments. Ainsi
les créances assorties d’une condition résolutoire peuvent être inscrites dans le compte, c’est
le cas de l’escompte des effets de commerce.

Si la condition résolutoire ne se réalise pas le banquier procédera a une contre passation.


Au moment de la passation en compte le banquier doit respecter les instructions et les ordres
licites de son client.

2- Les relevés de comptes.


A des périodes fixées par la convention d’ouverture de compte ou par les usages
bancaire le banquier doit adresser un relevé des opérations effectuées sur le compte à son
client .ces relevés ont une double mission :
-* informer le client sur les écritures enregistrées, les charges qu’il a du supporter, la
position et le solde du compte.
- *établir la preuve des opérations passées sur le compte.
Une fois les relevés du compte fourni le client a le droit de faire ses observations et de poser
des réclamations éventuelles. Mais la pratique montre qu’il est rare que le client réagisse dès
réception du relevé. Dans ce cas le silence vaut il acceptation des écritures passées sur le
compte ?

Selon la jurisprudence s’il gardait le silence le client est sensé avoir donné son accords sur
toutes les écritures y compris les rémunérations du banquier à l’exception des opérations
facturées à un taux usuraire (cassation commerciale 19 06 2001 jcp E P .464).

Toutefois l’acceptation n’a pas un effet absolu. D’abord parce que le relevé du compte n’est
pas un arrêté définitif de celui-ci. Ensuite l’approbation ne concerne pas l’erreur, commision
fraudes inexactes faite par le banquier.

P.2- Les rémunérations liées au fonctionnement du compte.

A- Les intérêts.
Le fonctionnement du compte peut donner lieu à des intérêts tantôt créditeur tantôt
debiteur.

Les intérêts debiteur sont ceux que le client paie au banquier à l’ occasion du crédit que celui-
ci lui consent : ce sont donc des intérêts au profit du banquier.

Le taux peut être librement déterminé a condition qu’il n’excède pas le plafond légal. S’il
excède le plafond légal le banquier est passible des peines encourues pour l’usure.

Les intérêts créditeur sont ceux que la banque verse au client pour les dépôts que ceux-ci lui
confie selon le taux relevé de la convention des parties : ce sont des intérêts au profit du client
et il s’applique en principe au compte de dépôt à l’exclusion des comptes courant.

21
Enfin debiteur ou créditeur les intérêts ne peuvent pas en principe rentrer dans le compte et
produire d’eux même d’autres intérêts.

B-Les commissions.
Il s’agit des rémunérations que le client paie à la banque pour les services que celle-ci
peut effectuer pour son compte. Exemple encaissement d’un effet de commerce, un cheque au
porteur. (Frais mensuel que la banque prélève pour l’entretien du compte : AGIO).

P.3- La détermination de la date des prestations.


La logique voudrait que la date de chaque opération corresponde au jour où elle a été
passée. Mais la pratique bancaire a adopté un système différent appelé LA DATE DE
VALEUR. La pratique dénomme date de valeur ou jour de valeur la date à partir de la quelle
une opération enregistrée dans un compte est prise en considération pour le calcul des intérêts
éventuels. La date de l’inscription en compte est différente de la date réelle de l’opération en
générale ANTERIEUR pour les opérations de débit et POSTERIEUR pour les opérations de
crédit. Ainsi lorsqu’il s’agit d’une opération de débit du compte la date est celle du premier
jour ouvrable postérieur à l’opération. Lorsqu’il s’agit d’une opération de crédit la date est
celle du premier jour ouvrable antérieur à l’opération. Mais ces pratiques peuvent donner
lieux à des abus et la jurisprudence a réagit. Pour la cours de cassation française les dates de
valeur doivent être justifiées. Ainsi dans un arrêt du 06 04 1993 et en s’appuyant sur l’article
1131 du code civil la cour a opéré une distinction entre les remises de cheques à
l’encaissement et les opérations de dépôt et de retrait d’espèce :

*par ce que les premières nécessite un délai alors que aucun délai n’est nécessaire pour les
seconde la cour a considéré que seules les relises de cheques à l’encaissement peuvent être
affectés par des dates de valeurs a l’exclusion des dépôts et des retraits d’espèce.
La solution de cet arrêt a été réaffirmée par des arrêts postérieur notamment cassation
commerciale 27 03 2001. Jcpe 2001 n°5 p.1329.

En définitive les dates de valeurs rémunèrent les services rendus par les banques à leur client.
Ce type de rémunération présente cependant l’inconvénient d’être obscure pour ces derniers
qui ne sont généralement pas en mesure de contrôler sa mise en œuvre.

P.4- La saisie du compte.


La saisie du compte est l’incident majeur pouvant survenir dans le fonctionnement de
celui-ci. A la vérité ce n’est le compte lui-même qui est saisi mais plutôt le solde créditeur du
compte. Les créanciers du client peuvent faire saisir le compte soit par la voie de la saisie
attribution soit par celle de la saisie conservatoire.
En cas de saisie et nonobstant le secret bancaire en tant que tiers saisi doit consigner à
l’huissier les avoir détenus par le client et le banquier ne peut passer outre tant qu’il n’y a pas
de mains levées régulière. La saisie du compte entraîne un blocage du solde à partir du jour de
la saisie.
Les opérations antérieures à la saisie sont affectées au montant de celle-ci. Cela signifie que
les cheques emi avant la saisie pourront être payés sur le montant saisi. De même le banquier
qui aura accepté ou créditer un compte des effets de commerce pourra se faire payer sur le
compte saisi si lesdits effets reviennent impayés.

22
SECTION-III- :
LA CLOTURE DU COMPTE.

P.1- Les causes de la clôture du compte.


Les causes sont multiples.
S’il s’agit d’un compte à durée déterminée le compte prend fin à l’arrivée du terme.
Cependant la jurisprudence estime que : « si le terme dans un compte à durée déterminée et
qu’il est maintenu même tacitement au delà du terme le compte suit le régime des
engagements à durée indéterminée ». Cassation civile 28 10 1997 D.98 p.552.
Pour un compte à durée indéterminée chaque partie a un droit de résiliation unilatérale qu’il
peut exercer à tout moment moyen un préavis fixé par la convention ou à défaut en respectant
un préavis raisonnable.

Dans tous les cas la clôture du compte intervient s’il survient une modification dans la
situation juridique du client (décès incapacité dissolution de la personne morale etc.)

P.2- Les effets de la clôture.

La clôture du compte met fin à la possibilité d’effectuer des opérations sur le compte.
Ainsi le client ne peut plus émettre de cheque. Mes cheques emi avant la clôture doivent être
payés si le compte est créditeur.

Par ailleurs la clôture conduit à l’établissement d’un arrêté définitif de celui-ci. Si cet arrêté
fait ressortir un solde créditeur, ce solde sera remit au client ou à ses ayants droit. Ce solde
créditeur produit des intérêts.

la prescription de ce solde est une prescription de droit commun c'est-à-dire 30 ans


conforment à l’article 2262 du code civil.

En cas de negligence du client qui laisse expirer le delai de prescription on estime que ce
solde créditeur ne revient pas au banquier mais au trésor public.
En revanche si l’arrêté définitif du compte conduit à un solde debiteur le client ou ses ayants
droit payer ce solde au banquier. Le régime de la prescription est le même à la différence que
c’et le client qui va beneficier de l’accomplissement de cette prescription.

P.3- Le redressement et la révision du compte arrêté.

L’arrêté établi à la clôture du compte doit être soumit à l’acceptation du client laquelle
acceptation peur entre expresse ou tacite.

En principe le compte clôturé et accepté ne donne pas lieu à révision c’es à dire qu’on ne peut
pas en principe demander l’établissement d’un nouvel arrêté.

Toutefois il est possible de demander la révision de certaines écritures si elles résultent d’une
erreur ou d’une fraude manifeste.

23
CHAPITRES-II- :
LES REGLES SPECIFIQUES A CERTAINS COMPTE BANCAIRE.

SECTION-I- :
LES DIFFERENT TYPES DE COMPTES.

P.1-Les catégories de compte.

A- Distinction entre le compte de dépôt et le compte courant.


Généralement on distingue le compte de dépôt et le compte courant en fonction de la
qualité du client : si celui-ci est un commerçant c’est un compte courant. Dans le cas contraire
c’est un compte de dépôt.
Mais la doctrine s’accorde à reconnaître que ce critère est insuffisant et qu’un non
commerçant peut être titulaire d’un compte courant et inversement un commerçant titulaire
d’un compte de dépôt.
En définitive la nature du compte dépend de la volonté é des parties.

1- Le compte de dépôt ou compte cheque.


Le compte de dépôt est généralement présenté comme un compte qui a pour objet
l’enregistrement des opérations de caisse qui augmente ou diminue un dépôt initial.

2- Le compte courant.
Est un contrat par lequel les parties décident de faire entrer en compte toue leur
créance et dettes réciproque de manière à ce que celle-ci soir régler immédiatement par leur
fusion dans un solde disponible soumis à un régime unitaire.

B- Les autres types de comptes.

1- Les comptes de passage.


Ils sont ouverts à l’occasion d’une opération isolée qui concerne des clients
occasionnels pour des opérations nécessitant une inscription comptable. Un exemple courant
est l’émission d’un accréditif en faveur d’un tiers appelé à opérer une série de retrait.

2-Le compte à terme.


C’est celui dont le titulaire ne peut disposer des fonds avant l’expiration d’un délai
déterminé à partir de la date de dépôt. Cette formule est utilisable quant le déposant peut
connaître à l’avance l’époque à la quelle il aura besoin de retirer ses fonds. Les sommes ainsi
mises à la disposition du banquier permet des emplois plus longs.
En contre partie un intérêt est versé au déposant. Exemple de compte à terme le compte
d’épargne.

P.2-Le compte courant.

A- La définition et caractéristique du compte courant.

1-Definition
La convention de compte courant est celle par laquelle deux personnes décident
réciproquement de porter en compte toutes les opérations juridiques qu’elles feront entre elles
de manière à ce qu’il y est de compensation successive et de ne procéder en principe au
règlement qu’à la clôture du compte par le paiement du solde. Le compte est dit courant parce

24
qu’il enregistre successivement d’une série d’opération. Les deux parties au compte courant
portent des noms traditionnels. Celui qui est créancier et inscrit le montant de la créance à son
crédit est appelé envoyeur ou remettant. Celui qui fait la même inscription à son débit est le
récepteur.

Le compte courant joue un rôle très important dans le commerce. C’est un compte
fréquemment utilisé par les personnes qui sont en relation continue d’affaire et qui décident
que les différentes opérations effectuées entre elles feront l’objet d’un règlement d’ensemble.
Par ce compte les correspondants désirent simplifier et faciliter leur relation.

2-Les caractéristiques du compte courant.


Dans un arrêt du 17 12 1991 la cour de cassation française a précisée que « le contrat
de compte courant est caractérisé par la possibilité de remise réciproque s’incorporant dans un
solde pouvant dans la commune intention des parties varié alternativement au profit de l’une
ou de l’autre des parties ».

Cette formule met en lumière les caractéristiques du compte courant qui tiennent au
mécanisme du compte et à ces éléments.

a- Le mécanisme du compte courant.


Il s’agit de donner les traits distinctifs du compte courant. Ils sont au nombre de deux :
-la généralité du compte
-l’alternance ou la réciprocité des remises.
*En ce qui concerne la généralité du compte, il faut noter que toues les opérations
juridique existent entre les parties doivent figure dans le compte. Il est en effet entré dans la
convention des parties que les différentes opérations se serviront de garantir les une s aux
autres. Il y a donc pour chacun des contractants une obligation de porter aux comptes toues les
remises.
*En ce qui concerne la réciprocité des remises elle est un trait indispensable qui doit
figurer dans la définition du compte courant. En effet les remises ne peuvent se compenser
que si elles sont réciproques et il est dans l’intention des parties que cette réciprocité soit
observée pendant la durée du compte.
Si on retrouve dans un compte ces deux traits de généralité et réciprocité il s’agit d’un compte
courant.

b-les éléments du compte courant.


Le compte courant suppose la réunion de deux éléments :
-Un élément intentionnel.
-Un élément matériel.

*l’élément intentionnel résident dans la commune intention des parties à travailler


ensemble. Il ne doit pas être négligé parce que c’est lui qui permet de qualifier le compte de
compte courant. On ne doit cependant pas en déduire que ces volontés doivent être expresse
au moment de l’ouverture du compte. La participation des parties à un compte courant peut
être tacite et résulté du fonctionnement du compte.
* l’élément matériel consiste dans les remises c’est à dire une créance du remettant
contre le récepteur qui est destiné à être réglé en compte. Il s’agit généralement d’une créance
de somme d’argent.

25
B-Les effets du compte courant.
Le compte courant produit divers effets dégagés par la doctrine.

1- La transformation de la créance en article de compte.


Par suite de la remise la créance de l’employeur contre le récepteur devient un article
du compte passé au crédit de l’un au débit de l’autre. La créance s’est donc transformée quant
il a été entre les parties qu’elle figurerait dans le compte. Cette transformation entraîne la
novation des remises c'est-à-dire que dans le compte courant chaque remise vient remplacer
une autre et la remise antérieure se fond en une écriture autonome.

2-La disparition des sûretés attachées à la créance.


L’effet le plus important de la transformation de la créance passé en compte est la
disparition des sûretés qui en garantissait le paiement qu’elles soient conventionnelles ou
légale. Cependant les parties peuvent limiter cet effet de deux manières :
-la sûreté peut être reportée sur le solde qui apparaîtra lors de la clôture du compte.
-la créance garantie peut faire l’objet d’une affectation spéciale qui l’a maintient du compte.

3- L’indivisibilité du compte courant.


Les différents articles du compte sont les parties d’un tout, ils se tiennent les uns aux
autres. Ainsi le remettant n’a le droit de se déclarer créancier du récepteur pour la remise qui
lui a été faite. Ce n’est qu’à la clôture du compte que l’on saura qui est créancier ou debiteur.
Il en résulte que la banque n’est pas autorisée avant la clôture du compte à recouvrer un solde
provisoire en sa faveur. Quant au titulaire du compte il peut à tout moment utiliser tout ou
partie du solde du compte. L’indivisibilité exprime donc l’unité du compte et le lien qu’il
établit entre les divers articles. Cependant cette indivisibilité n’est pas absolue et non
reconnaît que le solde provisoire du compte courant est saisissable.

B- Le fonctionnement du compte courant.


Il repose sur les remises et peut connaître des incidents avant la clôture du compte.

1-Les remises.
Les remises sont la traduction comptable de la créance de l’une des parties sur l’autre.
Elles obéissent à un certain nombre de caractère. D’abord elles doivent être certaines et
liquide, ensuite elles doivent être réciproque c’est à dire émané de chacune des parties.
Enfin elles doivent être enchevêtrées c'est-à-dire que chacune des parties doit pouvoir être
alternativement créditeur et débiteur à l’égard de l’autre.

2-Les incidents.
On peut citer la saisie attribution et la contre passation.
La saisie est une voie d’exécution forcée par laquelle un créancier bloque entre les
mains d’un tiers les avoirs de son débiteur. On considère que le solde provisoire du
compte courant peut être saisi parce qu’il constitue l’actif disponible pour le client.
La contre passation constitue l’incident majeur dans les relations entre le banquier et
son client. Sur les remises le banquier peut être amené à escompter des effets de
commerce dont le client est bénéficiaire et l’escompte permet au banquier d’avancer des
fonds au client correspondant à la valeur de l’effet de commerce avant l’échéance et
moyennant rémunération.
Si l’effet revient impayé, le banquier va contre passer.

26
P.3-Le compte de dépôt.

A-Les éléments du compte de dépôt.

1-Le disponible.
Le compte de dépôt ne comporte pas de diffère mais seulement de disponible c'est-à-
dire que le compte doit être créditeur pour le client. Il en découle que pour rentrée dans le
comptes les créances doivent être certaines liquide et exigibles sous peine de rester en dehors
du compte.
2-La généralité conventionnelle.
En principe les créances entrant dans le compte courant sont soumises
automatiquement au principe de la généralité sans que soit nécessaire un accord des parties.
En revanche un tel accord est nécessaire pour qu’une créance entre en compte de dépôt et le
créancier peut laisser à son gré la créance hors du compte.

3- La non réciprocité des remises.


La réciprocité des remises est une caractéristique du compte courant, mais pas du
compte de dépôt. Ce n’est pas un élément objectif de ce compte. Cette affirmation repose sur
le fait qu’il parait difficile de caractériser les remises du banquier d’autant plus que le compte
de dépôt ne peut pas être en principe débiteur.

B-Le mécanisme du compte de dépôt.

1-Position générale.
La doctrine s’accorde à reconnaître que le compte de dépôt est un instrument de
règlement et non de crédit. Par conséquent une créance qui entre en compte perd son
individualité pour fusionner dans le solde du compte.

2-Le solde du compte.


Le solde du compte de dépôt est soumis à un régime très similaire à celui du compte
courant. Il est saisissable, il est à la disposition du client qui peut émettre des chèques sur le
compte dont le solde est crediteur.etc…

P.4-Les comptes spéciaux.


Une personne peut être titulaire de plusieurs comptes, comme plusieurs personnes peuvent
être titulaires d’un compte.

A-Les comptes multiples à titulaire unique.


Il est fréquent qu’une personne soit titulaire de plusieurs compte notamment un compte
courant, un compte de dépôt quelque fois un compte spéciale comme un compte d’épargne.
L’ouverture de ces divers comptes s’explique par la volonté du client de ne pas mélanger les
différentes operations qu’il effectue et de bien distinguer son patrimoine prive de son
patrimoine professionnel. Le fonctionnement de ces divers comptes repose sur le principe
d’indépendance. Cependant des stipulations contractuelles peuvent écarter ce principe.

1-L e principe d’indépendance.


La multiplicité des comptes ne doit pas altérer leur fonctionnement : chaque compte
est indépendant. C'est-à-dire qu’il a un fonctionnement autonome par rapport aux autres
comptes.

27
Ce principe qui repose sur l’idée que chaque compte a pour assise juridique un contrat distinct
devant recevoir une exécution autonome a des conséquences tres importantes : ainsi la
compensation entre les comptes n’est pas possible en cas de redressement judicaire du
compte. Ensuite la provision d’un cheque doit être apprécié au regard du seul compte sur
lequel le cheque est tiré. Enfin chaque compte est productif d’intérêt.

2-Les stipulations contractuelles limitatives de l’indépendance.


Deux techniques peuvent être utilisées :
-l’accord de compensation des soldes.
-l’accord de fusion des comptes.

*l’accord de compensation des soldes concerne des comptes juridiquement distincts.


Par cet accords il est convenu que l’une des parties en général le banquier peut décider que le
solde débiteur d’un compte fusionne avec le solde créditeur d’un autre compte.
Cet accord constitue une garantie pour le banquier que ce dernier peut mettre en œuvre à tout
moment. Tant que cette faculté de compensation n’est pas exercée les comptes fonctionnent
de façon indépendante.

Cet accord est opposable au tiers. Cependant son efficacité est paralysée notamment par la
mise en œuvre d’une saisie. En effet l’accord ne peut être mi en œuvre que si les soldes des
comptes sont disponibles. Or ils deviennent indisponible des la date de signification de l’acte
de saisie. L’accord de compensation des soldes ne peut donc être appliqué à compté de cette
date.

*l’accord de fusion des comptes encore appelé lettre d’unité de compte est l’accord au
terme du quel les divers compte ouvert et tenu au nom d’un même titulaire sont considérés
comme de simple rubrique d’un unique compte. Dès lors tout se passe comme si un seul
compte avait été ouvert. Ainsi c’est le solde global résultant de ces divers comptes qui sera la
référence pour savoir si le client doit des intérêts débiteur ou si un cheque émis a une
provision suffisante. C’est encore le solde global qui sera prit en compte en cas de saisie de
sorte que les soldes débiteurs vont fusionner avec les solde créditeurs ce qui diminue d’autant
le montant du solde que le saisissant peut appréhender.

On remarque ainsi que les divers comptes fonctionnement d’une manière inter dépendante. Il
en résulte que l’accord de fusion de compte est différent de l’accord de compensation des
soldes qui concernent des comptes fonctionnant de façon indépendant jusqu’à la décision du
banquier de compenser les soldes des comptes.

B-Le compte unique à titulaire multiple.


Lorsque le compte a plusieurs titulaires il s’agit d’un compte collectif. Cette notion qui
peut concerner aussi bien un compte de dépôt, que un compte courant vise principalement
deux situations distinctes à savoir le compte indivis et le compte joint.

1-Le compte indivis.


Un compte peut être indivis dès son ouverture. Il en est ainsi par exemple de ceux qui sont
ouverts pour enregistrer les opérations d’une société crée de fait dépourvu d’une personnalité
juridique. Le compte a pour titulaire les associés de fait. Il peut arriver qu’un comte
initialement individuel devienne collectif. Ainsi le compte du de cujus devient à son décès
indivis entre les héritiers. Le compte indivis est suomi à deux règles essentielles :
- * Il ne peut fonctionner qu’avec l’accord de tous les titulaires.

28
Il en résulte que les opérations sur le compte exigent en principe la signature de tous les
indivisaires. En pratique cependant un mandataire commun est désigné pour représenter tous
les titulaires.
- * Les indivisaires sont tenus conjointement du paiement du solde débiteur du compte
débiteur envers la banque. Cela signifie que le banquier doit diviser son action en
paiement entre les Co-titulaires sauf si une solidarité a été stipulée.

2- Le compte joint.
On dénomme compte joint le compte collectif assorti d’une solidarité. On doit
cependant distinguer les rapports des Co titulaires du compte avec la banque de leur rapport
avec les tiers et de leur rapport personnel.
La solidarité ne concerne que le premier rapport et est à fois active et passive.
Elle est active parce que chacun des titulaires est créancier de l’intégralité du solde du compte
et peut faire fonctionner seul le compte.
Elle est passive parce que chacun de ces titulaires est débiteur de l’intégralité du solde
débiteur du compte.
En revêche à l’égard des tiers la solidarité ne se présume pas sauf exception : les Co-titulaires
d’un compte joint ne sont solidaire que en vertu d’une convention expresse. De même la
solidarité n’affecte les rapports personnels des titulaire du compte : les droits de chacun
d’entre eux sont défini par la convention qui les unie.
La solidarité liant les cotitulaires du compte à la banque cesse en cas de dénonciation. En effet
le compte joint est toujours révocable et perd ce caractère par la seule manifestation de
volonté de l’un de ses titulaires indépendamment des dispositions prises par la banque pour
informer les autres titulaires du compte.
Les créanciers personnels des Co-titulaires d’un compte indivis ne peuvent que provoquer le
partage de l’indivision sans pouvoir saisir le solde créditeur du compte. En revanche une telle
saisie est possible s’il s’agit d’un compte joint.
Par ailleurs lorsque l’un des Co-titulaires d’un compte collectif émet un cheque sans provision
tous les autres Co-titulaires sont frappés par l’interdiction bancaire.

SECTION-II- :
LES SERVICES LIES AU COMPTE BANCAIRE.
On peut distinguer les services de caisse et les concours divers.

P.1- Les services de caisse.


Ils ont un impact direct et immédiat sur la situation des avoirs du client.

A-Le versement d’espèce.


Il s’agit d’une opération par laquelle le titulaire d’un compte remet entre les mains du
banquier des fonds à déposer sur son compte. Ce dépôt s’opère par l’inscription de la somme
reçue au crédit du compte du client. Dans la pratique le dépôt est effectué à partir d’un
bordereau que remplit le client et qui reprend les caractéristiques de l’opération notamment la
date, le nom du déposant, sa signature, le montant déposé, le n° de la cni, etc.
Le bordereau est conçu en deux exemplaire, l’un servira de reçu remit au client et l’autre sera
conservé à la banque comme pièce comptable.

B-Le retrait d’espèce.


Il s’agit d’une opération qui permet de prélever des fonds sur les avoirs du client chez
le banquier. Ce retrait s’effectue contre présentation d’un écrit qui est généralement un cheque
ou un bordereau de retrait.

29
Le retrait d‘espèce est subordonné a un certains nombre de vérification qui porte notamment
sur l’identité du bénéficiaire du retrait et s’il s’agit d’un cheque sur les éléments de validité de
celui-ci et la provision qui constitue la garantie d’un bon déroulement de l’opération de retrait.
De plus en plus les opérations de retrait s’effectuent avec des cartes magnétiques. Dans ce cas
la verification s’effectue de manière électronique.

C-La remise de cheque et l’effet de commerce.


Il s’agit d’une opération qui consiste pour le client à confier l’encaissement d’un
cheque ou d’un effet de commerce dont il est titulaire à son banquier. La remise du cheque
s’effectue à partir d’un bordereau à deux volets dont l’un sert de pièce justificative et l’autre
signé et cacheté par le guichetier à remettre au client à titre de reçu. Le cheque remit à
l’encaissement doit être endossé : au dos écriture du nom et prénom du titulaire du compte du
n° du compte et de sa signature.
La remise de cheque présente des avantages et des inconvénients.
Elle présente des avantages car elle évite la détention par le bénéficiaire de fond ou d’espèce
de monnaie d’une certaine importance. Elle permet ainsi de sécuriser les ressources
financières du client.
Cependant elle présente des inconvénients car la disposition des fonds encaissé par le
banquier n’est pas immédiate pour le bénéficiaire. Selon le lieu du paiement ou la valeur du
montant du cheque, le délai de disposition peut aller de un à trente jours.

D-L’avis de prélèvement.
C’est une demande de paiement établit par un créancier et adressé par le banquier de
celui-ci au banquier d’un débiteur pour obtenir le paiement de sa créance.
Cette demande ne peut être faite qu’avec l’accord du débiteur. On distingue deux
conventions :
-*la convention par laquelle le débiteur autorise le créancier à émettrai l’avis de
prélèvement
-*la convention au terme de laquelle le débiteur autorise son banquier à honorer l’avis
reçu.
Ces deux conventions s’analysent en des mandats qui sont toujours révocable.
Si le compte n’est pas approvisionné l’avis de prélèvement reste impayé et est retourné au
créancier.

E-Le virement bancaire.


Le virement est l’opération qui consiste à débiter un compte d’une certaine somme
pour créditer de celle-ci un autre compte. Ce transfert de fond intervient à l’initiative du
débiteur de qui émane l’ordre de virement. Cet ordre est révocable jusqu’au moment ou le
bénéficiaire a acquit un droit sur les fonds par l’inscription du montant du transfert au débit du
compte du donneur d’ordre.
Le banquier du donneur d’ordre n’exécute l’ordre de virement que si le compte du donneur
d’ordre dispose d’un solde suffisant pour effectuer le paiement.

P.2- : Les concours divers notamment les crédits.

A-Notion étymologique de crédit bancaire.

1-Notion.

30
L’opération de crédit peut être définit en général comme tout acte par lequel une
personne met ou promet de mettre des fonds à la disposition d’une autre ou prend dans
l’intérêt de celle-ci un engagement par signature.
Le coup du crédit dépend à la fois des prêts et commissions d’une part et du taux de
l’intérêt conventionnel fixe ou variable d’autre part. Les risques encourus par le client et la
banque en raison des opérations de crédit conclue peut être regroupées en trois catégorie :
-le risque de taux
-le risque de non mobilisation des crédits accordés
-le risque d’insolvabilité.

Le risque de taux est lié à la variation des taux d’intérêt qui peut entrainer la variation de
l’encours c’est le montant de celui-ci.
Les banques encourent également un risque de non mobilisation des crédits octroyé. Ce risque
se réalise lorsque la banque qui a accordé un crédit ne peut pas se refinancer au près d’un
autre établissement en particulier la banque centrale.
Le risque d’insolvabilité est lié à la situation du débiteur : la restitution des fonds prêtés est
menacée lorsque celui-ci connaît des difficultés financière.
Ces divers risques évalués lors de l’octroie du crédit font l’objet de couverture. On essai de se
prémunir contre la réalisation de ces risques ou si le risque est réalisé on tente d’éviter d’en
supporter la charge financière qui en résulte.
La couverture des risques peut être réalisée par divers moyens, le choix du moyen dépendant
du risque que l’on veut couvrir.ces moyens se ramène à la conclusion de contrat qui peut
intervenir soit concomitamment (technique de l’assurance et des garanties) soit à posteriori
(technique des prêts substitutifs). Ces derniers sont des prêts destinés à rembourser des prêts
antérieur et consenti à des conditions plus onéreuse et pour une durée plus courte.

2-Typologie des crédits.


Les crédits bancaires peuvent être classés selon plusieurs critères :
-selon la durée on distingue des crédits à court terme (de quelques jours à deux ans), des
crédits à moyen terme généralement entre deux à sept ans et les crédits à long terme
Selon les garanties dont s’entour le banquier on distingue le crédit personnel lié à la
personnalité de l’emprunteur et le crédit réel à sorti de garantie réelle.
Selon le nombre de banque accordant le crédit on distingue le crédit accordé par une seule
banque, du crédit accordé par un groupe de banque ou pool bancaire dirigé par un banquier
chef de file, il s’agit alors de crédit dit consortio.
Sur le plan technique on distingue les crédits comportant une avance de fond et les crédits par
signature (la banque se porte caution ou aval).
Dans les catégories des crédits aux entreprises il faut signaler l’opposition entre le crédit
fournisseur et le crédit acheteur.
Le crédit fournisseur permet à l’exportateur de financer son activité en attendant de recouvrer
les sommes que lui doivent ses clients. Quant au crédit acheteur il fournit au client les fonds
nécessaire aux fournisseurs.

B-Caractéristique du crédit bancaire.


L’ouverture du crédit bancaire constitue une promesse de crédit (COUR DE
CASSATION FRANCAISE arrêt du 21 jan 2004). Par cette promesse le banquier s’engage à
consentir une opération de crédit déterminée reconnaissant ainsi à son client une option dont
la levée lui permettra d’obtenir le crédit promit. Avant la levée de l’option le client ne
bénéficie pas des fonds promis. Apres la mise à disposition du client il y a désormais crédit et
non plus promesse d’opération de crédit. L’ouverture de crédit en raison de son objet présente

31
un double caractère : il est en principe un contrat unilatéral et un contrat conclu intuitu
personae.

C’est un contrat unilatéral parce que seul le banquier est débiteur d’une obligation qui est
irrévocable. Au contraire le client n’a aucune obligation. Cependant le contrat devient
synallagmatique lorsque l’ouverture du crédit donne lieu à la perception d’une commission au
profit du banquier.

Ce contrat est conclu intuitu personae parce que le banquier ne contracte que cet engagement
que s’il a confiance dans son client.

L’ouverture du crédit peut être à durée déterminée ou à durée indéterminée. Si l’ouverture du


crédit est à durée déterminée, le banquier doit accorder le crédit promit jusqu’à l’échéance du
terme. En conséquence il ne peut pas révoquer unilatéralement ladite ouverture sauf s’il peut
se prévaloir du droit commun des obligations.

Si l’ouverture du crédit est à durée indéterminée chaque partie a le droit de la révoquer


unilatéralement sans en indiquer le motif. Ce droit sera surtout exercé par le banquier qui ne
doit cependant pas commettre un abus de droit.

Le contenu de l’ouverture de crédit ne suscite pas de difficulté lorsque son montant appelé en
cours maximum ou ligne de crédit est déterminé par écrit. Sur ce point la convention des
parties peut préciser que l’ouverture de crédit est automatiquement renouvelable. C’est-à-dire
sans accord du banquier : il s’agit du crédit dit le revolving. C'est-à-dire si après épuisement
de l’ouverture cette dernière est couverte par le client, celui-ci peut à nouveau à concurrence
utiliser l’ouverture de crédit : en d’autre terme un découvert de deux millions remboursé par
le client ouvre droit à un nouveau découvert de deux millions.

SECTION- III- :
LES INSTRUMENTS BANCAIRES.

Ils sont régis principalement par le règlement n°15/CM/UEMOA/DU 19 SEPTEMBRE 2002.


On étudiera le cheque les effets de commerces et les cartes bancaires plus tard.

FIN.

32