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12/08/2016

PASSER SES CONCOURS

OKLM !

Mehdi Amghar Othman Zoufi Ismaël Moussa


ESCP EUROPE ESCP EUROPE NEOMA BS
Salut à tous ! Ce livret a vocation à donner un petit coup de pouce aux
préparationnaires en ECT qui veulent tout faire péter !!
Ces deux années ont été difficiles pour chacun de nous, et on s’est dit
que ça serait intéressant de partager notre expérience et les fruits de
notre effort avec ceux qui ont encore du chemin à parcourir en
prépa :D
Sur les 8 matières que compte le programme, on s’est focalisé sur 5
essentiellement, afin de fournir un travail de qualité, et surtout
structuré. Aussi chaque section se compose-t-elle d’une introduction
censée présenter la matière, suivie d’un résumé des cours, et enfin
d’un volet méthodologie pour que tout soit aussi clair que possible !
« Il n’y a de bon vent pour celui qui ne sait où aller » disait HORMER,
c’est pourquoi l’objectif de ce livret est de fournir un maximum de
visibilité à ceux que le brouillard guette.
On vous souhaite à tous bon courage, et bonne chance pour ce qui va
suivre ! Surtout ne vous découragez pas !

1
Sommaire

Droit…………………………………………………………………………………… 3

Economie…………………………………………………………………………... 26

Gestion……….…………………………………………………………………….. 72

Management……………………………………….…………………………… 92

Culture Générale……………………………………………………………….. 137

2
DROIT

3
Le droit est, pour la majorité des candidats en ECT, LA matière à
exploiter. Son avantage, c’est sa simplicité. Bien moins subjective que
l’économie ou encore la culture générale, c’est ce qui va vous
permettre de constituer un capital solide en points. A condition
toutefois de savoir s’y prendre…

L’épreuve d’éco droit ESSEC est marathon, car trop longue pour être
terminée en seulement 4 heures. Ceux qui y arrivent se sont entrainés
à gérer celui-ci au mieux, et c’est pourquoi je vous conseille de
consacrer au droit pas plus d’1h30 ; 1h00/1h10 pour les cas, et 20/30
min pour la veille juridique.

Ne vous inquiétez pas si vous ne trouvez pas la solution exacte à un


problème juridique du cas pratique. On appréciera plus votre analyse
que la solution proposée. Argumentez aussi soigneusement que
possible, sans trop de blablas, émettez des hypothèses si cela peut
vous aider, mais surtout, tranchez à la fin et n’y perdez pas trop de
temps.
Vous devez apprendre les codes des articles les plus importants (3 ou
4 par cours en moyenne). Mais si vous ne vous en souvenez pas, ce
n’est pas dramatique. Commencez votre analyse par ; « Selon la
juridiction française en matière de droit du travail… ». Vous ne serez
pas pénalisés, mais surtout n’inventez pas des articles !

Souvenez-vous qu’apprendre vos cours et vos fiches, c’est important.


Mais plus important encore, c’est de mettre en application vos
connaissances en vous entraînant sur des cas pratiques, car la
rédaction compte pour beaucoup ; c’est un facteur déterminant
pour départager les candidats.
Une tête bien faite vaut mieux qu’une tête bien pleine !
4
DROIT CIVIL

Le programme de première année consiste en une introduction à la


notion de droit. Je ne vais pas y aller par quatre chemins ; on ne vous
demandera jamais quelles sont les sources du droit, ou de réciter la
constitution…

Là où ça devient intéressant, c’est quand on entre dans le droit civil.


Les professeurs aiment s’y étaler, alors permettez-moi de vous
recommander le nécessaire que voici. Toute autre connaissance est
utile, mais je ne donne que ce qui est fréquemment requis pour les
concours.

Civile contractuelle
La Responsabilité
Civile délictuelle

Cette notion juridique est utilisée pour condamner l’homme lorsqu’il


commet des actes prohibés par le droit et interdits par la morale, en
matière de contrats ou d’agissements fautifs.

5
La Responsabilité Contractuelle :
Avant de juger une affaire portant sur un contrat, il faut veiller à
qualifier celui-ci. Ces types de contrat suffiront :
- Synallagmatique (ou bilatéral) : porte sur une obligation
réciproque (A doit payer B et B doit céder son objet à A).
- Unilatéral : engagement d’une seule partie. (A doit payer B).
- Commutatif : Les deux parties s’engagent à donner ou à faire
qqc perçue comme ayant une valeur équivalente.
- A titre gratuit : procurer à l’autre partie un avantage
permanant et gratuit.
- A titre onéreux : assujettit chacune des parties faire ou à
donner qqc.
- Aléatoire : L’obligation des parties est soumise au hasard.
- D’adhésion : clauses imposées à la partie faible.
Un contrat (d’abonnement téléphonique par ex.) peut donc être
bilatéral, d’adhésion et à titre onéreux.

Une fois le contrat qualifié, il faut vérifier sa validité, à savoir qu’il


répond à 4 conditions de validité :
- Le consentement : les parties (ou la partie si contrat unilatéral)
ont (a) donné leur (son) accord.
- La capacité : les parties sont raisonnables
- Préciser l’objet du contrat : sur quoi porte le contrat ? Vente ?
location ? etc.
- Préciser la cause du contrat : Pourquoi les parties veulent-elles
s’engager ?

6
Si l’une des conditions est absente ou n’est pas respectée, on dit
alors que le contrat est vicié. La loi distingue 5 pratiques qui peuvent
vicier le contrat :
- L’erreur : représentation fausse de la réalité concernant l’objet
du contrat.
- La violence : l’accord (ou consentement) est livré sous la
menace. on dit alors qu’il n’est pas libre et éclairé (pour faire
joli ^^)
- La lésion : une partie a plus d’avantages que l’autre, et abuse
de sa faiblesse.
- Le dol : manœuvres malhonnêtes destinées à induire l’une des
parties en erreur. Si l’une des parties garde volontairement le
silence concernant une l’objet du contrat et laisse le
cocontractant dans sa confusion, il s’agit alors de réticence
dolosive punie par la loi.

La plus part du temps, on vous demandera de juger de la validité d’un


contrat, et de donner votre avis sur les recours possibles.
Sachez alors que si un contrat n’est pas valide, la victime peut
demander :
- La nullité absolue du contrat : si celui-ci menace l’intérêt
général et l’ordre public, ou si les conditions de validité sont
absentes. CELA IMPLIQUE UNE ANNULATION RETROACTIVE DU
CONTRAT, c’est-à-dire y compris tout ce qui a été exécuté dans
le cadre du contrat (ex. vente) avant son annulation
(restitution des prestations).

- La nullité relative du contrat : protéger un intérêt privé si le


contrat est vicié, ou si le cocontractant prouve son incapacité à
l’exécuter.
7
Autre possibilité, si une partie n’exécute pas ses obligations, alors
l’autre partie peut demander :
- L’exécution forcée.
- L’exécution par équivalent (dommages et intérêts).

Enfin, le fautif peut s’innocenter s’il démontre qu’un certain


événement l’a empêché de mener à bien l’exécution du contrat. On
parle alors de cas de force majeure. Cet évènement doit être :
- Extérieur** : ne relève pas de la volonté de la partie en cause.
- Imprévisible.
- Irrésistible : celui n’a pas pu y faire face.

LES ARTICLES A RETENIR : (Code Civil)

 1102 à 1106 + 1108 : types de contrats dans l’ordre que


je vous ai donné.

 1108 : Conditions de validité du contrat.

 1109 : Les vices du contrat. (1110 pour l’erreur, 1113


pour la violence)

 1148 : Force majeure.


** Un arrêt de a Cour de Cassation a tranché dans un cas où
la mort du patron avait causé une livraison (contrat de
vente). Les juges ont considéré que la mort n’est pas un cas
de force majeure, et que le critère d’extériorité ne devait pas
être obligatoirement prouvé.

8
Passons désormais à La Responsabilité Délictuelle :
Plus concise, on ne se penchera que sur 3 cas au programme ;
- La responsabilité du fait personnel : Tout fait quelconque de
l’homme qui cause dommage à autrui oblige celui par lequel la
faute est arrivée à la réparer, ouvrant la voie à des dommages
et intérêts.
Si Mr. blesse Mr. Y, alors Mr. est responsable du préjudice
causé, et Mr. Y peut évoquer sa responsabilité civile délictuelle
pour bénéficier de dommages et intérêts.

- La responsabilité du fait d’autrui : On est responsable non


seulement du dommage que l’on cause de son propre fait, mais
aussi de celui causé par le fait des personnes qu’on a dont on
doit répondre.
Si Mr.X, salarié de Mr.K, blesse Mr. Y (encore ?!), alors Mr. Y
peut évoquer la responsabilité civile délictuelle de Mr.K, qui
est responsable des faits de Mr.X.
On est responsable du fait des enfants mineurs, des salariés et
des instituteurs (l’Etat s’en charge).

- La responsabilité du fait des choses : on est responsable des


choses dont on a la garde, y compris les objets et les animaux.

LES ARTICLES A RETENIR : (Code Civil)

 1382 : responsabilité civile délictuelle.

 1384 : responsabilité civile du fait d’autrui


+ responsabilité civile du fait des choses.

9
DROIT DU TRAVAIL
Un chapitre très important, assez complexe, mais qui revient souvent
dans les cas pratiques. J’ai essayé de le structurer au mieux pour le
rendre plus accessible. Le fait est que la juridiction française en
matière de droit du travail est assez belliqueuse, mais quand on
arrive à les démêler, ça devient accessible. Vivement la prochaine
réforme en 2018 !
Le programme insiste sur le CDD et CDI, notamment à la rupture de
ceux-ci.

Le CDD
Pour qu’un CDD soit valide, celui-ci doit mentionner explicitement les
éléments suivants :
- La fonction du salarié, son rôle au sein de l’entreprise.
- La rémunération qui ne doit pas être inférieure au SMIC.
- Le délai de préavis* ; le temps dont dispose le salarié pour se
préparer à la rupture de son contrat.
- La période d’essai ; durée où l’employé met le salarié à épreuve.
- La durée et le motif de recours.

Voici quelques tableaux pour vous aider à retenir ces petits détails si
importants :
Délai de préavis 1jour/semaine travaillée (max14j)
Période d’essai - 1j/semaine si CDD inférieur à 6 mois
- 1 mois si CDD supérieur à 6 mois
La durée de carence Durée à respecter entre deux CDD.
- 1/2 si CDD inférieur à 14j
- 1/3 si CDD supérieur à 14j

10
Pour la durée maximale de validité et le motif de recours au CDD :

De date à date Sans termes certains


Remplacer un salarié 18 mois Fin d’absence
absent
Attente de l’entrée 9 mois 9 mois
en service d’un CDI
Remplacer un salarié 24 mois Impossible
dont le poste sera d’embaucher
supprimé en CDD
Hausse de l’activité 18 mois Impossible
de l’entreprise
Grosse commande à Entre 6 et 24 mois Impossible
l’export
On parle de contrat de date à date si l’employé a une idée précise de
la durée de la mission accordée au salarié, et de contrat sans termes
certains dans le cas inverse.

* délai de prévenance si rupture pendant période d’essai.


LES ARTICLES A RETENIR : (Code du Travail)

 1242 : Motif de recours + durée de carence + mentions


obligatoires d’un CDD.

 1243 : Délai de préavis.

 1244 : durée de carence.

11
Le CDI
Il existe 4 modes de rupture du CDI ; licenciement, démission,
rupture conventionnelle et prise d’acte.

Commençons par Le Licenciement. On parle de licenciement


lorsque le contrat est rompu à l’initiative de l’employeur.
(Attention ! on ne parle pas de licenciement dans le cadre du CDD,
mais de rupture.)

 Si le licenciement est motivé par des raisons économiques, on


parle alors de licenciement économique.
Celui-ci doit être justifié par le fait ;
- Que l’entreprise fait face à des difficultés économiques.
- Que l’entreprise fait face à des mutations technologiques.
- Que l’entreprise doit préserver sa compétitivité future.
Tout employeur souhaitant licencier un salarié pour motif
économique doit passer par les 6 étapes que voici :

Etablir l'ordre Notification


Reclassement Entretien de
des du
du salarié licenciement
licencments licenciement

Informer les
autorités Préavis
compétentes

Le préavis débute dès la notification du licenciement.

12
Plusieurs plans d’action prévus par l’Etat doivent être mis en place au
cours du licenciement économique.

- Le congé de reclassement pour les entreprises de + de 1000


salariés : formation de 4 à 9 mois assurée par l’employeur.
- La convention de reclassement personnalisée pour les
entreprises de - de 1000 salariés : formation de 12 mois
assurée par l’Etat.
- Le plan de sauvegarde de l’emploi pour les entreprises de + de
50 personnes qui licencient 10 salariés en 30 jours
(licenciement collectif) : faciliter le reclassement interne ou
externe du personnel licencié, ainsi qu’une réduction ou un
réaménagement du temps de travail.

LES ARTICLES A RETENIR : (Code du Travail)

 1233 + 321 + Arrêt « Pages Jaunes » : Conditions de


recours au licenciement économique (dans l’ordre).

 1233 : Plans d’actions.

13
 Si le licenciement n’est pas motivé par un motif économique,
on parle alors de licenciement pour motif personnel.
Ce type de licenciement doit se justifier :
- Soit par l’inaptitude physique du salarié
- Soit par son incompétence
- Soit par son manque de discipline.
La preuve apportée doit être, au regard de la loi, sérieuse
(suffisamment grave pour rendre le licenciement inévitable) et
réelle (reposant sur des faits objectifs et vérifiables).
Le salarié peut ainsi être licencié pour faute légère, grave, ou lourde
si volonté de nuire.
Là encore, l’employeur doit passer par 3 étapes :

Entretien de Lettre de
licenciement Préavis *
licenciement

* Pas de préavis si faute grave.


L’ARTICLE A RETENIR : (Code du Travail)

 1232 : critères de validation d’un licenciement pour


motif personnel.

Lorsque le contrat et rompu à l’initiative du salarié, on parle de


Démission.
Il n’y a pas de procédure spécifique, et le salarié est libre de refuser le
préavis.

14
Afin de faciliter les procédures de rupture du CDI, la loi a instauré la
pratique de Rupture Conventionnelle.
Le salarié et l’employeur peuvent se mettre d’accord pour rompre le
contrat. Le salarié dispose, à compter de la signature de la RC, de 15
jours pour se rétracter. Aussi, le montant de l’indemnité ne peut
être inférieur à celui d’un licenciement collectif.
L’ARTICLE A RETENIR : (Code du Travail)

 Loi juin 2008 pour la modernisation du marché du


travail.

Enfin, il la juridiction française a mis en place une procédure de


rupture du contrat dite Prise d’Acte.
Le salarié, lorsqu’il rompt son contrat, peut porter l’affaire devant le
conseil des prud’hommes, qui dispose de 30 jours pour requalifier la
rupture :
- Soit en licenciement abusif, et dans ce cas l’employeur doit
verser une indemnité de licenciement.
- Soit en démission, et dans ce cas le salarié doit verser un
dédommagement à l’employeur.
A noter que le salarié n’est pas tenu d’effectuer un préavis.

L’ARTICLE A RETENIR : (Code du Travail)

 1451 : procédure de prise d’acte

15
En gros :
Economique
1233+321+Pj
Licenciement
Rupture CDI
Personnel
Démission 1132
1237

Rupture conventionnelle
L j2008

Prise d'acte
1451

Une dernière chose avant de clore ce chapitre ; la différence entre


modification du contrat de travail et du changement des conditions
de travail.

16
LA PROPRIETE INDUSTRIELLE
Ce chapitre englobe trois éléments ; les marques, les brevets et les
actions en justice. Un cours assez cool :D !

Les Marques
Il vous sera demandé, dans certains cas pratiques, de qualifier la
marque selon ces 4 types :
- Nominale : slogan
- Figurative : dessin
- Sonore : musique
- Tridimensionnelle : forme.

L’on rencontre également une question fréquente qu’est celle de la


validité de la marque. Pour qu’une marque soit protégée, elle doit
répondre à 3 conditions ;
- Disponible : n’est pas utilisée par autrui
- Distinctive : n’induit pas le consommateur en erreur
- Licite : conforme aux bonnes mœurs
Lorsqu’une marque répond à ces trois conditions, alors l’on peut, en
contrepartie d’une taxe, déposer sa marque auprès de l’INPI pour
une durée de 10 ans (renouvelable en France).
A noter que la marque, même déposée, n’est pas utilisée pendant 5
ans, il est possible de porter plainte pour déchéance de marque. Le
plaignant a alors le droit de s’en servir.

LES ARTICLES A RETENIR : (Code de la Propriété Industrielle)

 711 : Conditions + délai de protection.


 712 : Taxe INPI
 714 : Déchéance de marque
17
Les Brevets
Une invention l’est effectivement lorsqu’elle répond là encore à 3
conditions :
- L’invention doit être nouvelle et secrète
- Elle est le fruit d’une activité inventive
- Elle peut être utilisée dans le domaine productif.

Suite au paiement d’une taxe auprès de l’INPI, une invention


brevetée est protégée pour 20 ans non renouvelables.
Le brevet doit être vendu s’il est inutilisé après 3 ans.

Voici une situation assez fréquente. Lorsqu’un employé crée une


invention :
- Si son contrat mentionne une clause d’invention : l’invention
est alors propriété de l’entreprise.
- Si son contrat ne mentionne pas de clause d’invention : alors il
faut vérifier si elle a été réalisée dans les locaux de l’entreprise.
Si c’est le cas, elle est alors propriété de l’entreprise.
A noter que l’entreprise peut constituer une commission de
conciliation, où le salarié accepte une prime en échange de son
invention.

LES ARTICLES A RETENIR : (Code de la Propriété Industrielle)

 611 : Conditions + clause d’invention + commission de


conciliation
 613 : Durée de la protection

18
Les Actions Possibles

Il existe deux types de délits : la contrefaçon et la concurrence


déloyale.
 La contrefaçon désigne la violation de la propriété
intellectuelle, qui peut être soit une reproduction à
l’identique d’un produit protégé, soit une imitation
approximative qui crée la confusion.

Pour porter plainte en contrefaçon, il faut


- Etre titulaire d’un droit privatif : marque ou brevet déposé
- Apporter la preuve parfaite : la saisie en contrefaçon constatée
par l’huissier de justice.
A noter qu’une personne complice de contrefaçon est autant
coupable que le contrefacteur.

 La concurrence déloyale désigne une manœuvre


frauduleuse visant explicitement à nuire à l’entreprise.
Pour porter plainte en concurrence déloyale, il faut prouver :
- La faute : intention de nuire de la part d’un concurrent
- Le préjudice : perte financière
- Le lien de causalité.

On ne peut pas porter plainte à la fois en concurrence déloyale et


en contrefaçon pour un même préjudice.
Toute action qui invoque la responsabilité civile du fauteur ouvre
la voie à des dommages et intérêts.

19
DROIT DE LA CONCURRENCE
A mon sens le cours le plus sympa du programme de droit ! Très
facile, et très concis. On s’intéressera aux pratiques
anticoncurrentielles, aux pratiques restrictives ainsi qu’aux
exemptions.
Anticoncurrentielles

Abus de position dominante : Une


entreprise qui influence
négativement sur ses concurrents et
Les Pratiques

fausse le jeu de la concurrence. (*)

Abus de position économique : Une


entreprise qui influe négativement
sur les entreprises de sa filière. (**)

L'entente : Des entreprises qui


choisissent, par un accord tacite, de
se répartir un marché pour ne pas
se faire concurrence.

Exemple :
B (Frs taille
moyenne)

**

1 (Concurrent de A (Ese de 2 (Concurrent


de petite
taille moyenne) grande taille)
taille) 20

* *
Les Exemptions
Un abus de position dominante ou économique ainsi qu’une
entente ne sont pas soumises à ces sanctions si :
- Ces abus assurent un progrès technique
- Gêne la concurrence sans l’éliminer
- Une partie du profit est reversé équitablement aux parties en
cause (dédommagement).

L’ARTICLE A RETENIR : (Code du Commerce)

 420 : pratiques anticoncurrentielles + exemptions

Les Pratiques Restrictives


Il s’agit d’agissements abusifs qui engagent la responsabilité civile ou
pénale de leur auteur. A apprendre ! On distingue :
- Imposer un prix de vente
- Conditions abusives sous menace de rupture
- Rupture brutale sans préavis
- Obtenir des avantages commerciaux de manière
disproportionnée (fausse coopération commerciale).

L’ARTICLE A RETENIR : (Code du Commerce)

 442 : Pratiques restrictives

21
DROIT DE LA CONSOMMATION
La dernière leçon de ce programme. Ce n’est pas long, du moins, pas
trop ^^ ! Il revient fréquemment dans les cas pratiques, alors donnez-
lui de l’importance. On s’attardera sur 2 points essentiels ; les
obligations du vendeur et les produits défectueux.
Les Obligations du vendeur

Obligation d'informer :
Obligation de mettre au
courant de toutes les
caractéristiques du produit
(prix, livraison...)

Obligation de ne pas tromper :


La publicité mensongère et
dénigrante sont bannies, mais
pas la publicité comparative.

A noter que le client dispose de 14 jours pour se rétracter, et


concernant la vente par Internet, la commande fait office de contrat
écrit.
Les sanctions peuvent atteindre 3000 euros pour les personnes
physiques, et 15000 euros pour les personnes morales.
LES ARTICLES A RETENIR :

22
 Loi Hamon : obligation générale d’informer
 Loi Neiertz + 121 Code conso : publicité comparative
+ publicité mensongère

Les Garanties
Une garantie sert à couvrir les défauts liés au produit.
- Un produit défectueux l’est lorsqu’il n’offre pas la sécurité
nécessaire à laquelle on peut légitimement s’attendre. Il
contient alors un vice caché ; défaut important, non apparent
et existant avant la vente.
 En cas de vice caché, le client dispose de 2 ans pour se
manifester. Cette garantie légale et la garantie
commerciale ne s’excluent pas.

- La responsabilité du producteur, quasi-producteur et/ou


vendeur est en cause. Ceux-ci peuvent s’innocenter s’ils
prouvent que la technologie actuelle ne permettait pas de
découvrir le vice caché.

- Il incombe au consommateur d’apporter la preuve.

LES ARTICLES A RETENIR :

 1396 Code Civil : Définition d’un produit défectueux


 1641 Code Civil : Garanties légales
 1386 Code Civil : La responsabilité
 211 Code Conso : Preuve.

23
LA METHODOLOGIE
Voilà, on en a fini avec le programme de droit ! La pratique
maintenant !
Les épreuves de droit ECRICOME et BCE ne sont pas si différentes.
Jugez-en par vous-même :

ECRICOME BCE

Cas pratiques Cas pratiques

Analyse
d'arrêt ou de Veille
contrat juridique

Veille
juridique

Pour les cas pratiques, la méthode est simple. Il s’agit du syllogisme


juridique, qui comporte 3 parties :
- La majeure où l’on évoque les références juridiques qui aideront
à trancher dans l’affaire
- La mineure où il s’agit de requalifier juridiquement les faits
(sans s’étaler ! ex. : Mr Y a été frappé ==== Mr Y a subi un
préjudice physique)
- La conclusion où il est question de concilier les éléments de la
majeure avec la mineure, et de proposer une solution. Le
problème de droit est facultatif.

24
L’analyse de l’arrêt est similaire ; il s’agit de reprendre le syllogisme
entrepris par la Cour de Cassation, retranscris dans l’arrêt.
- Evoquer les articles employés, sans pour autant les réciter si
vous ne les connaissez-pas.
- Requalifier juridiquement les faits et présenter l’analyse de la
Cour d’Appel. (généralement au 2ème « attendu que »)
- Donner l’analyse de la Cour de Cassation, en quoi s’accorde-t-
elle ou diffère-t-elle de celle de la Cour d’Appel, et rappeler en
dernier lieu la décision finale de la Cour de Cassation.
Enfin, pour la veille juridique, vous devrez répondre à une question
concernant les évolutions juridiques de l’année en cours, autours d’un
thème particulier. Une réflexion brève, avec accroche, définition,
annonce du plan, deux axes pas plus avec transition, conclusion, et
ouverture si possible. Deux ou trois idées par axes suffiront. Lorsque je
dis « idée », il s’agit de mettre en avant les lois ou les arrêts émis par
la législation française ; il faut les présenter brièvement, les énoncer,
les réciter et passer ! Le secret, c’est d’organiser votre recherche (ou
la veille de votre prof) en mettant le thème en relation avec tous les
axes du programme.

DROIT
TRAVAIL

CONCUR ORDRE
RENCE PUBLIC

THEME

CPI CONTRATS

CONSO

25
ECONOMIE

26
Autant vous prévenir tout de suite, l’économie ce n’est pas du
gâteau ! Cela nécessite un double travail ; comprendre les théories
économiques, et mener des recherches pour voir comment évolue
l’économie française/européenne/mondiale.

L’épreuve ESSEC, c’est du lourd. Le facteur temps y est pour


beaucoup, alors il faut bien s’y préparer. Elle consiste, en plus de la
partie Droit que je viens de détailler, en une synthèse de documents
que vous devez faire en 2h/2h30, et d’une question de réflexion
argumentée à faire en 30 min ou plus si possible.

L’arme ULTIME pour réussir vos épreuves, c’est ALTER ECO. La


version papier est excellente, mais je vous conseille de vous
débrouiller un compte en ligne pour avoir accès aux archives.
Ne vous attardez pas à ficher vos cours ; prenez quelques idées que
vous jugez importantes, une ou deux théories, c’est tout. Le reste de
votre temps, prenez votre ALTER ECO et sélectionnez les articles les
plus intéressants en relation avec les thèmes au programme : à savoir
le chômage, la croissance et le développement, les politiques
économiques et la mondialisation. Il vous faut un max d’infos sur
ces phénomènes économiques.

Voici mes fiches qui, je l’espère, vous faciliteront la tâche. Je vous


donnerai plus bas quelques conseils methodos. Souvenez-vous que
l’on apprécie surtout la qualité du plan et des arguments ; si vous
assurez de ce côté, le correcteur est dans la poche !

27
LA CROISSANCE
I - LA FIN DE LA CROISSANCE ?
Plusieurs vents contraires à la croissance, selon P.ARTUS :
- la perte d'efficacité des dépenses de recherche et de
développement ; de plus en plus de dépenses rapportent de
moins en moins d'innovations.

- dans la zone euro, il faut deux fois plus de capital qu'il y a


cinquante ans pour produire la même quantité de biens.

- entre nos économies qui donnent de plus en plus de place aux


services et la montée en puissance des émergents, l'industrie
européenne perd du poids. Les délocalisations et les pertes
d'emplois en même temps qu'une pression à la baisse sur les
salaires du Nord.
Or, c'est le secteur industriel qui reste la première source de
gains de productivité.

- le progrès technique n’a pas donné les effets escomptés ;


smartphones, tablettes et autres inventions du même genre
n’ont pas eu d’impact réel sur la productivité. Ces inventions
n’ont pas eu la portée de celles précédentes, et nous serions
actuellement en panne de relais de croissance devant l’illusion
de cette 3e révolution industrielle.
SOLOW : « Je vois des ordinateurs partout, sauf dans les
statistiques. »

- le rôle de la finance dans la grande stagnation (cf. fiche


finance croissance).

28
Au total, Patrick Artus, économiste en chef de Natixis, estime à
0,7 % la croissance annuelle potentielle moyenne de l'économie
française pour 2012-2020…

II - UNE PESSIMISME A RELATIVISER


B.EICHENGREEN ne croit pas que le progrès technique soit
durablement stoppé. Il rappelle que les économistes ont
toujours prédit un ralentissement du rythme des inventions, et
pendant des siècles, ils ont constamment eu tort. Ainsi au
début de l’électrification, dans les années 1890, ont été
marqué par une période de faible augmentation de la
productivité, parce que l’économie n’avait pas eu le temps de
s’adapter pour profiter du progrès.

Il faut relativiser dans le sens où chaque grosse dépression


amène ce genre de position affirmant que la croissance est
finie. Nous vivons bien une troisième révolution industrielle,
mais nous avons encore du mal à en mesurer les effets sur la
productivité, pour la simple et bonne raison que les économies
à forte innovation connaissent un taux élevé de destruction
créatrice, ce qui rend difficile la mesure des gains de
productivité.

Le PIB, calculé pour un monde défini à partir de prismes de


l’industrie et de l’agriculture, ne suffit plus à décrire la réalité
d’un monde de communication et de partage de l’information
façonné par les « 4 fantastiques » américains (Amazon, Apple,
Google et Facebook) et l’économie de partage. Or le fait est que
selon le mode de calcul actuel, toute croissance vient d’une
dépense. Il faut donc aujourd’hui, suite au rapport Stiglitz,
revoir nos mesures et ne pas se focaliser sur les chiffres
déclinants de la productivité telle que nous la mesurons.

29
III - VIVRE SANS CROISSANCE ; UN PARI IMPOSSIBLE ?
Face aux inégalités, au chômage, au déficit… la croissance
demeure le moyen le plus simple d’atteindre les objectifs. Le
plus simple, mais pas l’unique. Plutôt que d’en attendre
l’hypothétique retour, il faut se lancer à la recherche de la
croissance, en explorant de nouvelles pistes.

Favoriser une prospérité sans croissance implique un triple


changement :
- de nos modes de production, pour les rendre à la fois plus
économes en matières premières et plus inclusifs en travail ;
- des modalités de répartition du revenu, tant il est vrai qu'une
moindre croissance n'est supportable socialement que si elle
s'accompagne de moins d'inégalités ;
- de nos modes de consommation, l'accumulation individuelle de
biens devant céder la place à une réhabilitation de leur valeur
d'usage.

Concrètement;
- L’économie française ne génère de l’emploi qu’à partir d’1.5%
de croissance selon l’OFCE. Peut-on abaisser ce taux et comment
s'y prendre ? Le partage du travail s'impose comme la seule
solution pour éviter une hausse mécanique du chômage, mais
encore faut-il en préciser les modalités.
- La stagnation des revenus est d'autant plus durement ressentie
par les ménages les plus modestes que les dépenses contraintes
ou pré-engagées, au premier rang desquelles le logement, ne
cessent d'augmenter. Or, il est possible d'agir pour maîtriser
les dépenses de logement, de chauffage, de transports et
même de nombreuses dépenses courantes, ce qui dégagerait
des ressources importantes pour les ménages, même sans
croissance des revenus.
30
- Rééquilibrer les comptes publics apparait comme nécessaire,
compte tenu de l’état actuel des choses.
Au-delà de la question du rythme du rééquilibrage, une
croissance durablement plus basse limite les recettes fiscales
et impose donc une modération parallèle des dépenses. Elle
pose avec une acuité particulière la question de l'efficacité de
l'action publique. A cet égard, des marges de progression
existent, sans abandonner les plus fragiles ni hypothéquer
l'avenir. La sobriété bien pensée peut même être synonyme de
mieux-être, comme l'illustre le cas des politiques de santé.

31
LE DEVELOPPEMENT
« Le développement désigne la combinaison des changements socio-
économiques d’une population, la rendant apte à croître,
cumulativement et durablement. » F.PERROUX
Comment expliquer les aspects nuancés du
développement ?
La disparité du niveau de développement entre pays a plus d’une
explication. Phénomène complexe, il est au cœur de nombreuses
théories ;

- Le dualisme économique de LEWIS


Les économies sous-développées sont souvent divisées en deux
secteurs ;

CAPITALISTE TRADITIONNEL
Forte croissance, Faible croissance,
investissment important basé sur l'agriculture vivrière

Le secteur capitaliste attire d’avantage de travailleurs en provenance


du secteur traditionnel, causant un exode rural massif, qui se
manifeste au niveau urbanistique par une formation de bidons-villes
aux périphéries des métropoles (le Caire, Casablanca, Rio de Janeiro,
Bangkok…).

32
- La Théorie de la recherche de la rente de KRUEGER
Les pays en développement (PED) ont généralement des
administrations clientélistes et corrompues. L’intervention de l’Etat
et le détournement de l’aide publique offre des possibilités de rente.
Les pays qui, comme le Mexique, ont une forte tradition de
centralisme et d’autoritarisme, souffrent d’un handicap terrible dans
leur développement ; le Mexique est né avant la liberté
d’entreprendre (contrairement aux USA), et il a tendance à
distribuer la richesse au lieu de la créer.
Au Pérou, une équipe de chercheurs a évalué le temps nécessaire à
un entrepreneur moyen pour obtenir une licence d’exploitation
nécessaire à la mise en place de son atelier. Il leur a fallu pas moins
de 289 jours au Pérou, contre 3h30 dans l’état de Floride…
C’est dire qu’au final, il n’y a pas de pays sous-développés, mais
suradministré ; ce n’est pas un problème de personnes, mais de
système.

- Théorie des effets d’entraînement d’HIRSHMAN


Le développement d’un pays se concrétise par une politique
d’investissements, en faveur du secteur industriel, jugé stratégique
car en générateur de valeur ajoutée et de gains de production, tout
en soutenant le libre-échange et la libre entreprise.
La Turquie est, en 2010 selon le FMI, la première puissance
économique du Moyen Orient. Une situation qui contraste avec celle
des années 1970, marquées par une crise financière et politique
majeurs. L’arrivée au pouvoir de l’AKP en 1980, et du Premier
Ministre D.OOGLU change progressivement la donne. L’Etat investit
d’avantage dans les secteurs du textile, de l’automobile, et de
l’énergie. Le succès du modèle turque se chiffre à 17% du PIB investi
(2010) et un secteur secondaire qui atteint 25% du PIB.
33
Le renouveau du concept de développement
Dans un monde où la possibilité d’un retour à une croissance forte et
durable n’apparaît ni possible ni souhaitable, au vu des limites
physiques de la planète et du degré d’avancement technologique,
l’obsolescence des indicateurs actuels doit nous amener à changer
nos grilles de lecture.
En 1990, le PNUD propose trois critères permettant de quantifier le
développement, et de classer les pays selon leur niveau ;
- L’espérance de vie
- L’accès à l’éducation
- Le PIB/Hab.
Ces indicateurs rendent compte de l’évolution de la qualité de vie
individuelle et collective, mais pas de la soutenabilité de l’activité
économique.
Derrière la problématique des nouveaux indicateurs de richesse, c’est
tout un modèle de société qu’il s’agit de remettre en question.
C’est pourquoi STIGLITZ propose en 2008 de renforcer les indicateurs
actuels, en introduisant de nouveaux paramètres, plus subjectifs, que
sont la qualité des ressources économiques, la qualité de vie, ou
encore la qualité de l’environnement.
Le choix d’une nouvelle boussole implique de définir quelles sont nos
finalités, et de rechercher les meilleurs moyens d’en débattre
démocratiquement. C’est ce que visent les nombreuses initiatives,
qui invitent à aller « au-delà » du PIB ; de la notion de
développement vers celle de développement durable.

34
POLITIQUE BUDGETAIRE
CROISSANCE ET DEFICIT

Depuis son accès au pouvoir, le gouvernement VALLS s’est fixé deux


objectifs majeurs ; relancer la croissance afin redynamiser l’économie
française, et réduire le déficit public qui, en 2015, a atteint 4% du PIB.
A l’heure où l’exécutif dit mener une politique de l’offre qui peine à
prouver son efficacité, il convient de s’interroger sur le bien-fondé de
cette action stratégique ; compte tenu du contexte actuel, ne
vaudrait-il pas mieux augmenter le déficit public pour relancer la
croissance ? Déficit public qui, doit-on le rappeler, se définit comme
étant le déficit cumulé de l’Etat central, de la Sécurité Sociale et des
collectivités locales. Face à l’ampleur des sacrifices consentis, une
telle remise en question s’impose ; car si la baisse du déficit public
demeure une nécessité absolue (1), il serait plus judicieux de revoir
notre manière de procéder (2).

35
I - LE DEFICIT ; UNE EPEE DE DAMOCLES.
- Le traité de Maastricht auquel a adhéré la France en 1992
impose à chaque pays européen un déficit ne dépassant pas les
3% du PIB. Or la France a difficilement ramené son déficit de 7%
à 4%, dans l’espoir d’échapper à d’éventuelles sanctions
européennes.
- Le risque engendré par le déficit est d’autant plus grand que la
dette française, atteignant un niveau record de 95% du PIB en
2015, serait amenée à gonfler dans le cadre d’un financement
du déficit par la dette, et qui plongerait l’Etat dans le cercle
vicieux de l’endettement et de l’effet boule de neige,
notamment après que le pays ait perdu son AAA+ sous le
mandat de SARKOZY. (hausse des taux d’intérêt)
- Plus le déficit est grand, moins les aides sociales seraient
importantes, alors qu’elles contribuent directement à soutenir
le pouvoir d’achat, et partant la croissance en ces temps de
crise. Preuve en est l’ambition affichée du gouvernement de
couper 50 milliards d’euros dans les dépenses publiques de
santé.
- Le poids du déficit se fait aussi ressentir dans les régions, où de
nombreuses communes protestent quant au manque de
moyens et de subventions publiques auxquels elles font face.
Comme elles peinent à financer leur actions et leur déficit, elles
sont à leur tour contraintes à l’endettement. Paris et le désert
français…

36
II - LE CERCLE VICIEUX DE L’AUSTERITE.
Si l’austérité vise à réduire le déficit, il s’avère que la baisse de ce
dernier engendre une baisse de la croissance.
- Un rapport de la Banque Centrale Européenne chargé de
mesurer l’efficacité de l’austérité indique que pour chaque 1$
économisé, le PIB baisse de 0.5$. L’austérité étouffe la
croissance.
- STIGLITZ est très critique à l’égard des Européens, qui n’ont pas
tiré suffisamment d’enseignements de cette situation,
contrairement aux américains, qui ont compris que la course à
la réduction des déficits n’a de sens que si elle soutient la
croissance. C’est pourquoi ceux-ci ont décidé relancer leur
économie en dépit du fait que la dette dépasse 200% du PIB.
------- Résultat ; un taux de croissance de 5% et un niveau
d’activité qui frôle le plein emploi.
- Qui plus est, KEYNES rappelle que l’austérité n’est efficace que
si elle est menée sur une courte période, et doit concerner,
selon D.BECKWORTH, les dépenses non productives de l’Etat,
plutôt que la hausse des taxes qui ralentit la croissance.
- Cette politique a été entreprise par les USA depuis 2010, et a
contribué à sortir de la récession provoquée par la crise de
2008.
- En France une telle politique donnerait des résultats
intéressants, grâce notamment au système de Sécurité Sociale
en place.
- Nécessité de revoir le traité de Maastricht pour réadapter les
critères de convergence au besoin actuel des Etats et de
l’économie de la zone UE.

37
Au final, l’on déduit que si le déficit public en France pose
aujourd’hui problème, il convient demeure le levier le plus sûr pour
aider au redémarrage de l’économie. Et à E.MACRON de conclure ;
« La France, grâce à son déficit, amortit l’effet de la crise, ce qui lui
permet de s’en sortir mieux que ses partenaires européens. »

38
POLITIQUE MONETAIRE
LES NOUVEAUX DEFIS DE LA BCE
I - LA RELANCE DE L’ECONOMIE COMME PRIORITE.
- Baisse du taux directeur à 0,05% en 2012 pour inciter les
banques à prêter à moindre taux aux investisseurs et aux
ménages. Cette baisse s’accompagne d’une baisse du taux de
rémunération des dépôts qui passe de 0% à -0.34% en 2014
pour inciter les banques à les plus frileuses à prêter leur argent
plutôt qu’à le stocker. ---- impact + sur taux de change : baisse
de l’euro ------ produits + compétitifs à l’X.

- La théorie des signaux ; la BCE « oriente » les investisseurs


grâce, procédant à l’annonce de ses décisions avenir en vue
d’éviter tout affolements sur les marché. Elle ainsi indiqué
qu'elle laissera son taux directeur à un niveau très bas tout le
temps nécessaire pour atteindre son objectif de remontée de
l'inflation vers 2 %.
-------------------- forward guidance.

- Recours à la planche à billets par un moyen non conventionnel,


en rachetant la dette publique et privée des Etats membres à
hauteur de 60 milliards d’euros par mois. Les objectifs sont
multiples :

 Aider les Etats à alléger leurs déficits.


 Engendrer une inflation par la monnaie en injectant
1 500 milliards d’euros à horizon 2017.

39
 Rabaisser les taux d’intérêt sur les dettes publiques
(moins rentables) pour inciter les investisseurs à
financer le secteur privé.
-------------------- quantitative easing.
II - UNE POLITIQUE AUX RESULTATS MITIGES.
- La zone euro entre dans une spirale déflationniste. Bien que son
objectif annoncé soit de maintenir le taux d’inflation en deçà de
2% annuellement, celui-ci ne reviendra vers les 1% seulement
lorsque les effets de la baisse du prix du pétrole auront disparu.
Cause :
 La reprise du crédit reste modeste.
 Les salaires n’augmentent pas en raison de la déréglementation
du marché du travail et la baisse du pouvoir de négociation des
salariés.
 L’économie mondiale est affaiblie.

- Les limites du QE :
 La FED a lancé le QE en 2008 pour pallier au manque de
liquidités sur le marché bancaire. Or les banques de la zone
euro ne rencontrent pas le même problème ; elles empruntent
sur 10 ans à un taux compris entre 0,3% et 1,6%. Qu’attendre
alors d’une injection de liquidités si aucun agent économique
n’en a besoin ?

 La baisse de l’euro due au QE engendre une inflation importée,


néfaste pour les producteurs, dont le coût est multiplié,
contrairement à une inflation domestique résultant d’une
hausse des salaires.

 Le fonctionnement des marchés financiers pourrait être altéré


par ce « dopage monétaire », lorsque celle-ci devient une

40
habitude. La création monétaire entretenant des taux bas à
long terme, nous risquons d’assister à un profond dérèglement
de la valeur des actifs, les prix n’ayant plus aucune
signification. A terme, l’incitation au cette incitation à la
course au rendement devrait engendrer une bulle spéculative.
III - INSERER LA POLITIQUE MONETAIRE DANS UNE
STRATEGIE GLOBALE
La politique monétaire menée par la BCE et l’absence de résultats
met en péril sa crédibilité et notoriété. Le fait est que celle-ci dispose
d’un statut très spécifique, puisqu’elle représente l’ensemble de
l’euro-zone. La dépréciation de l'euro et la baisse des taux d'intérêt
ayant été obtenues, il serait raisonnable que la BCE change de
politique.
En effet, si son objectif final est de relancer la croissance, ou du
moins y contribuer, il faut alors garder à l’esprit que la politique
monétaire ne peut, à elle seule, faire face à ce problème. Il faut en
effet revoir le policy mix, en veillant principalement à desserrer l’étau
de l’austérité, et à mettre en place une politique de relance, en
redistribuant du pouvoir d’achat.
Rediriger la politique monétaire :
- Un objectif d’inflation de 4% au lieu de 2%
- Le moment est idéal pour s’endetter, car le monde vit en
excédent structurel d’épargne. Les taux d’intérêts sont donc
bas, les Etats peuvent investir. --------- effets d’entrainement sur
la demande.
- Un taux d’intérêt négatif pour inciter les banques commerciales
à prêter de l’argent en pénalisant celles qui placent leurs
liquidités dans ses coffres plutôt que de les prêter. En théorie,
abaisser ce levier en dessous de zéro devrait stimuler le crédit
et donc l’activité économique.
--------------------- B of Jap : tx dir -0.1 % 2016

41
L’INTERNATIONNALISATION
DES ECONOMIES
PROSPERITE ET MISERE DE LA
FINANCE

 La finance et le système bancaire de recours au crédit sont un


ingrédient nécessaire qui permet de mobiliser durablement les

Sur la période 2008-2012, le recours au crédit bancaire représentait :


- 7.8% du PIB au Tchad Pays pauvres
- 18% du PIB au Burkina et en Sierra Leone
- 111% du PIB au Maroc
Pays émergents
- 159% du PIB en Thaïlande

forces économiques d’un pays. Argent qui dort ne crée point de


fortune.

 Dans les pays pauvres où les marchés financiers n’ont qu’un


rôle marginal compte tenu du faible taux de bancarisation et de
l’épargne, les entreprises peinent à se développer par recours
au crédit, s’orientant d’avantage vers des réseaux familiaux de
financement.

 Si développement économique et développement financier


vont de pair, c’est que les marchés et les banques jouent le rôle
d’intermédiaire entre un épargnant et un investisseur, et

42
partant œuvrent pour une meilleure réallocation des
ressources. Idem à l’internationale entre pays.

 L’esprit de la finance repose sur la notion de risque, chose


indispensable à gérer lorsqu’il s’agit d’accorder à un agent
économique d’acheter un produit à l’avance. Réduire le risque
revient à prêter à un taux d’intérêt fixe, et à définir certains
critères de solvabilités, sans toutefois tomber dans les extrêmes
(critères trop ou trop peu rigoureux).

 Si le développement de circuits de financements s’avère


indispensable au développement de l’économie et de la société,
la tendance récurrente des bulles spéculatives illustre un
certain seuil au-delà duquel la finance joue contre l’activité
économique.

43
 Le FMI explique qu’au-delà d’une fourchette comprise entre 80
et 100% du PIB, la finance joue contre la productivité et la
croissance du pays.

LES BANQUES PLUS ENDETTEES QUE LES ETATS


Les établissements bancaires n’ont tiré aucune leçon de la crise de
2007 ; profitant de l’abondance de liquidité, engendrée par les politiques
monétaires laxistes - baisse de taux directeur pour amener les banques à
se refinancer à moindre coût, celles-ci orientent ces liquidités vers des
placements à risques.

L’exemple du gaz de schiste : compte tenu des tensions diplomatiques


avec la Russie et en vue de relancer l’économie, les Etats-Unis ont donné
le feu vert à l’exploitation du pétrole non conventionnel issu du schiste.

Les banques y voyant une aubaine, elles investissent massivement dans


ce secteur « porteur », qui aujourd’hui connait des difficultés ; le prix du
baril (moins de 30$ en Fev. 2016) ne permet pas de répondre aux
objectifs en matière de rentabilité.

Valeur aujourd’hui, les banques sont plus endettées que l’Etat : alors
que la dette publique américaine représente 105% du PIB en 2015,
celle des banques atteint près de 350% du PIB. Une situation qui, selon
de nombreux analystes (Royal Bank of Scotland), risque de précipiter le
monde dans une nouvelle crise.

 Après avoir trouvé un moyen de gagner de l’argent facile,


l’argent des emprunts servira à financer des actions risquées,
causant alors une bulle. La principale crise d’endettement à
craindre est celle des banquiers, qui empruntent pour spéculer :
la demande en produits financiers augmente, idem pour leurs

44
prix, entraînant de nouvelles demandes de crédit pour mener
des actions toujours plus risquées…

 Lorsque la bulle éclate, les banques se retrouvent à la tête


d’actifs dont la valeur est nettement inférieure à leur
endettement. En dépit des signes avant-coureurs, actionnaires
et dirigeants font la sourde oreille, obnubilés par la distribution
massive de dividendes et rémunérations élevées.

 En plus de plonger l’économie mondiale dans l’instabilité, la


libéralisation financière nourrit les inégalités.
C’est ce que révèle une étude empirique menée par le FMI,
couvrant 149 pays sur la période 1970 - 2010, qui identifie trois
mécanismes expliquant cette conclusion :
1) Dans les pays à « faible inclusion financière », le crédit bancaire est
réservé à la tranche la plus aisée de la population.

2) Vulnérabilité face aux turbulences financières, qui n’ont cessé de


s’accentuer depuis les années 1970.

3) La libéralisation financière conduit à un rapport de force favorable


aux employeurs, et donc à une baisse de la part des salaires dans la
répartition des revenus.

* Plus un pays se libéralise, plus les effets sur les inégalités sont
importants ; mais s’il décide ensuite de refermer un peu plus ses
frontières, l’effet sur la réduction des inégalités demeure proche de zéro.
Prudence, recommande le FMI.

45
 Qui plus est, les inégalités en elles-mêmes ont un impact négatif
sur la croissance.
Une économie avec de fortes inégalités connaît un niveau
d’épargne important, car les riches consomment une part
moins importante de leur revenu que les pauvres.
Néanmoins, le fait est qu’un accroissement des inégalités
enferme les ménages les moins aisés dans une trappe
éducative ; moins bien formés, ils trouvent plus difficilement à
s’employer et donc à contribuer à la croissance. Peinant à
investir dans une éducation de qualité, ils pensent que les
postes les mieux rémunérés sont inaccessibles. Un gâchis en
termes de ressources humaines, et de capital humain.

D’après une étude empirique de l’OCDE ;


- Le Mexique aurait perdu 10 points de croissance
- Le Royaume-Uni 9 points
- Les USA et la Suède 6 à 7 points…
…. du fait de la montée des inégalités.

46
 Le meilleur moyen de garantir une finance stable est de mettre
en place une série de réformes au niveau mondial, visant à
mieux encadrer l’activité financière internationale. Qu’on le
garde à l’esprit ; les premières victimes des crises bancaires
sont les contribuables et les déposants des banques.

 Avant toutes choses, il faut œuvrer à la séparation des banques


de détail et des banques d’investissements pour 2 raisons :

1) Ces banques géantes, qualifiées « d’entités systémiques »


pour leur taille (4 banques = 350% du PIB en France), font
peser une menace constante sur le système bancaire, eu
égard à leurs étroites interconnections et à leur taille « too
big to fail », qui les encourage à prendre toujours plus de
risques.
2) La plupart de ces « entités systémiques » sont des banques
universelles qui réalisent à la fois des activités de banques de
dépôts et de banques d’investissement, ces dernières
utilisant l’épargne des clients à leur insu pour prendre des
risques et spéculer.

 Ensuite, il faudrait instaurer une taxe sur les transactions


financières (TTF), tel que le proposait TOBIN en 1972 sur les
transactions de change. Cette directive est soutenue par les
mouvements sociaux européens, car elle a une assiette large et
propose en particulier de taxer les produits dérivés, devenus les
principaux instruments spéculatifs.

47
 Enfin, interdire purement et simplement toute manœuvre
spéculative ; la spéculation sur les matières premières ont
conduit en 2008 à la hausse du cours des produits agricoles, qui
ont engendré la famine dans plusieurs pays d’Afrique.
Idem pour la Grèce, dont la crise de la dette souveraine a
été déclenchée en 2009 par les fonds spéculatifs utilisant des
Credit Default Swaps (CDS), autre variété de produits dérivés.

JOHN D. TURNER ; Banking in crisis.


TURNER y développe une analyse basée sur l’étude empirique de la finance
britannique, de 1800 à nos jours.
- L’Angleterre a connu deux crises financières majeures ; celle de
1825 - 1826, où le tissu bancaire était constitué d’une multitude de
petits établissements de crédit, et celle de 2007 - 2008, où ce
même tissu comptait quelques mastodontes « too big to fail ».

- TURNER nous apprend que dans le cas britannique, le facteur clé de


crises ne revient pas moins à la structure du tissu bancaire qu’au
manque de capital ; lorsque les tensions surgissent, la confiance en
la stabilité des banques dépend du sentiment des déposants et
des créditeurs quant à la capacité des établissements à éponger
leurs pertes. Faute de quoi, le retrait massif et instantané de
capitaux provoque un effet domino.

- TURNER montre, chiffre à l’appui, comment le capital de banques


britanniques n’a cessé de diminuer en deux siècles.

- Le fait est que depuis 1930, la finance britannique connait un regain


de stabilité ;
* L’introduction de la responsabilité illimitée des actionnaires des banques a
permis de maîtriser leur appétit du risque == les créanciers ont été remboursés
malgré la faillite des banques.
* Lorsque les capitaux se sont mis à baisser, déposants et créditeurs ont
compris, depuis le sauvetage de la Barings en 1890, que la Banque d’Angleterre
ne laisserait jamais tomber un établissement en difficultés == anticipation
positive == signal positif.
48
Humaniser la finance

Selon les tenants de l’approche comportementale (SHILLER, DE BONDT,


THALER…), des paramètres comportementaux faussent les prévisions
obtenues à la base du modèle néoclassique. Ils plaident pour une refonte
du paradigme afin d’étudier la façon dont les investisseurs font des erreurs
de jugements qui provoquent des anomalies sur les marchés financiers.

La finance comportementale présente les décisions financières sous une


perspective humaine, en tenant compte des limites cognitives et de la
subjectivité des individus. Contrairement à la froideur de l’homo-
economicus, les individus éprouvent de l’émotion (la cupidité, la peur
l’anxiété…) qui influencent leurs anticipations et leur rationalité.

Dans un livre conjoint, SHILLER et AKERLOF avancent que comprendre


l’économie revient à analyser la structure de la psychologie humaine. Ils
insistent sur la nécessité de prendre en compte les « esprits animaux » des
acteurs ; leurs instincts, sentiments et émotions…
C’est de fait en ignorant le rôle du facteur humain dans la modélisation des
processus complexes de prises de décisions, l’orthodoxie financière a failli
provoquer la faillite du système et la paralysie de l’économie mondiale.

La solution serait-elle donc dans la finance comportementale ?

UN FILM A REGARDER : The Big Short.

49
LA GOUVERNANCE
MONDIALE
Saisir l’enjeu de la problématique
Dans la grotte, il y avait le chef de clan. Aujourd’hui, le village a son
maire et son conseil municipal, la région son exécutif, le pays son
président ou son gouvernement, avec tout un appareillage de
ministres et de parlementaires, de juges et de fonctionnaires. Et le
monde lui … n’a rien. Si ce n’est une pléiade d’institutions, grandes et
petites, avec chacune son domaine de compétences (la paix, la
finance, la protection animale …). Mais leur panoplie d’outils est
souvent incomplète. Alors que le monde traverse l’une des pires
crises de son histoire, il n’y a personne pour imposer, légiférer,
arbitrer, hiérarchiser, alors qu’il est nécessaire d’agir ensemble pour
préserver la liquidité financière, la santé ou encore
l’environnement.
Comment harmoniser les intérêts entre pays ?
Comment légitimer les décisions internationales ?
Une gouvernance mondiale est-elle indispensable, ou n’est-elle
qu’une utopie ?

50
La gouvernance mondiale ; de la refonte de la notion d’Etat à la
définition d’un champ d’action planétaire
La boucherie de la Grande Guerre change les esprits. La sauvagerie
des Etats fait que l’Etat, en tant que système politique et
institutionnel, n’est plus un horizon indépassable ; il faut repenser le
modèle actuel, et le faire évoluer vers plus d’équilibre.
WILSON propose en 1919 la mise en place de la Société des Nations
(ancêtre de l’ONU) afin de mettre un terme à la sauvagerie des Etats-
Nations par la coopération internationale. La SDN apparaît comme un
début de méta-pouvoir, les prémices de la gouvernance mondiale,
qui se renforce en 1944 avec la mise en place, à Bretton-Woods, du
GATT, OMC, FMI…
Reste alors à définir le champ d’action de ce mode de gouvernance ;
qu’est-ce-qui se caractérise par cet aspect international, et qui
justifie une intervention au niveau planétaire ? Et qu’est-ce-qui ne
l’est pas ?
La mise de cette gouvernance nécessite de définir ce qui relève de
l’action à l’échelle planétaire. D’où l’idée de biens mondiaux libres
(BML) mises en avant par C.KINDELBERGER en 1986, et qui propose
d’appliquer ce concept à l’échelle internationale. Un bien mondial
libre désigne ainsi un bien dont tout le monde peut jouir, consomme
qu’il le veuille ou non, et qu’il est essentiel de préserver pour le bien-
être de tous et celui des générations futures.
Le fait est qu’ils ne dépendent pas d’un marché, mais relèvent d’une
action publique mondiale.

51
La mise en place d’une telle idéologie fait néanmoins face à de
nombreux obstacles ;
- La gouvernance n’est pas une institution comme les autres ;
c’est un processus de négociation permanant.
- Face aux défis mondiaux, le manque d’harmonisation des
intérêts de chaque Etat, ainsi que la présence de diplomates
formés pour défendre jalousement les intérêts de leur pays
respectifs, rend impossible la mise en place d’un tel système.
- Toute décision prise à l’échelle mondiale fait face à un triangle
d’impossibilité ; MONDIALITE - EFFICACITE - LEGITIMITE
Ex. : Ce qui est mondial et légitime n’est pas toujours efficace
(ONU), quand ce qui est mondial et efficace n’est pas toujours
légitime (G10).
- Un conflit d’ordre conceptuel ;
Faut-il un Etat à la tête des Etats, et un doté d’un gouvernement
mondial ? Ou au contraire poursuivre sur la voie des institutions
actuelles en renforçant leur légitimité ?
Pour les gouvernementalistes tels B.BADIE, il faut établir un
gouvernement mondial avec ses attributs exécutifs et son corpus
juridique, et transférer les principes de l’Etat-Nation à l’échelle
mondiale, en remplacer le principe de souveraineté des Etats à celui
de responsabilité. Ainsi la gestion des conflits se fera avec
l’intervention de la société civile et des instances politiques.
A l’inverse, les fédéralistes tels L. COHEN TANUGI prônent une
gouvernance mondiale sans Etat mondial, mais renforcer les
institutions actuelles en élaborant des règles strictes de
fonctionnement, avec un objectif avant tout économique.

52
S’il y avait une leçon à retenir, ce serait qu’il n’est de gouvernance
mondiale que d’hommes. Les meilleures institutions du monde
deviennent parfaitement inutiles quand elles sont maniées par des
gens incapables d’écouter, de négocier, de faire confiance.

53
LE CHOMAGE
Avec 5,5 millions d'inscrits à Pôle emploi et une courbe qui refuse
obstinément de s'infléchir, la question du chômage reste la
priorité numéro un des Français. Elle est logiquement au cœur de
tous les débats économiques et sociaux. Au moment où on
discute à la fois du pacte de responsabilité proposé par François
Hollande et des modifications à apporter à la convention Unedic
pour l'assurance chômage, nous avons voulu faire le point sur les
différents moyens, classiques ou plus originaux, de mener ce
combat. Afin d'en mesurer les avantages comme les
inconvénients.
Du bon et du moins bon
Parmi les solutions mises le plus régulièrement en avant, on trouve tout
d'abord la baisse du coût du travail. Elle sera d'ailleurs au cœur
du futur pacte de responsabilité. Elle est réclamée à cor et à cri
depuis de longues années déjà (en fait depuis des siècles) par les
chefs d'entreprise. L'affaire paraît tomber sous le sens : moins le
travail est cher, plus il est facile d'embaucher. Pourtant, la réalité
est beaucoup plus complexe, car le travail n'est pas seulement un
coût mais aussi une source de revenus. Réduire le coût du travail
a donc toujours un effet récessif sur la demande intérieure, ce qui
limite - voire annule- les avantages que l'on peut en attendre en
termes de création d'emplois. Sans oublier bien sûr que cette
baisse dégrade aussi le niveau de vie des salariés.
Les emplois aidés, trop souvent injustement décriés, sont en
revanche un moyen utile de limiter les dégâts en période de
hautes eaux du chômage, tout en mettant à l'étrier le pied des
chômeurs les plus éloignés du marché du travail. A condition
toutefois qu'ils ne visent pas qu'à "faire du chiffre" et que
l'accompagnement soit suffisant.
En ce qui concerne l'assurance chômage, il faut bien sûr
combattre la fraude aux prestations et inciter - d'abord en les
54
aidant vraiment - les chômeurs à rechercher activement des
emplois. Mais dans le contexte actuel, cela n'aurait aucun sens de
durcir leurs conditions d'indemnisation. Pour ce qui est du
fonctionnement du marché du travail, si un problème se pose en
France aujourd'hui, c'est plutôt qu'il est devenu trop flexible.
Enfin, ce n'est pas non plus en incitant tous les chômeurs à se
mettre à leur compte qu'on risque de créer les futurs Google ou
Amazon français.
En fait, ce sont les pistes potentiellement les plus prometteuses
qui sont les moins utilisées aujourd'hui. Cela concerne au premier
chef la politique macroéconomique, beaucoup trop restrictive
actuellement en France et en Europe. Ce qui non seulement
détruit des emplois, mais empêche aussi de se désendetter. Se
remettre à réduire fortement le temps de travail serait également
un moyen efficace de faire reculer le chômage. Après les
difficultés suscitées par le passage aux 35 heures, il faudrait
cependant s'y prendre autrement. Enfin, dans un pays comme la
France, dépourvu désormais d'énergies fossiles et de ressources
minières, la conversion écologique de l'économie permettrait de
créer de nombreux emplois si on l'accélérait au lieu de la freiner…
Baisse du coût du travail, emplois aidés, durcissement du
traitement des chômeurs, flexibilisation du marché du travail…,
les pistes explorées jusque-là pour faire reculer le chômage
n'ont pas fait leurs preuves.
1. Baisser le coût du travail
Beaucoup d'inconvénients
Si l'on baisse le coût du travail, il y en aura davantage : les
entreprises pourront plus facilement embaucher, elles seront
moins tentées d'automatiser leurs processus de production…
C'est le genre d'idées qui paraissent tomber sous le sens. Et
d'ailleurs, c'est un type de politique qui a été promu en France
par tous les gouvernements successifs, de droite comme de
gauche, depuis vingt-cinq ans. Elle est une fois de plus au cœur du

55
pacte de responsabilité. Mais comme souvent quand les choses
paraissent "évidentes", il faut en réalité y regarder à deux fois.
Tout d'abord, au sein d'une économie, le travail n'est pas
simplement un coût pour les entreprises : il représente
parallèlement un revenu pour les gens qui le reçoivent. Que ce
soit un revenu direct, via le salaire net perçu par le salarié à la fin
du mois, ou des revenus indirects quand ces sommes transitent
par les tuyaux de la protection sociale pour aller vers des
chômeurs, des retraités ou des malades. Or, abaisser le coût du
travail risque fort d'aboutir à diminuer les revenus globaux
distribués par les entreprises, et donc limiter la demande
intérieure qu'ils alimentent. Ce qui risque au final d'aggraver la
situation des entreprises et de l'emploi, au lieu de l'améliorer.
Tout au long du XIXe siècle et jusqu'à la crise de 1929, c'était un
problème chronique auquel était régulièrement confronté le
capitalisme. Sur un marché du travail peu régulé, l'existence
d'une "armée de réserve" de chômeurs poussait constamment les
salaires vers le bas, aboutissant à intervalles réguliers à cette
situation absurde : le capitalisme devenait de plus en plus efficace
pour produire davantage de produits toujours plus innovants,
mais il n'y avait pas suffisamment de gens qui avaient assez
d'argent pour les acheter, parce que les salaires étaient trop bas.
Résultat : les entreprises fermaient et le chômage explosait.
Après beaucoup de soubresauts, on avait réussi au cours des
fameuses "Trente Glorieuses" de l'après-Seconde Guerre
mondiale à sortir de ce cercle vicieux en rigidifiant ce coût du
travail en instituant un salaire minimum, en rendant la protection
sociale obligatoire, en donnant des pouvoirs étendus aux
syndicats pour négocier collectivement - et non plus
individuellement - les salaires. Mais cela se faisait au sein
d'économies relativement fermées.
Depuis les années 1970, la mondialisation, d'une part, et la
construction d'une Europe-marché, d'autre part, au sein de
laquelle les écarts de coût du travail se sont constamment creusés

56
au cours des élargissements successifs, nous ont ramenés assez
près du point de départ : des économies où la pression est
constante pour abaisser ce coût et qui, pour cette raison même,
manquent de travail, parce qu'elles n'arrivent plus à alimenter
suffisamment leur demande intérieure afin de créer assez
d'emplois pour leur population…
C'est en particulier la problématique de la zone euro depuis la
crise de 2008-2009 : si son économie n'arrive pas à se redresser
de façon significative et si elle a déjà perdu plus de 5 millions
d'emplois depuis 2008, c'est parce que ses membres sont engagés
dans une spirale suicidaire de baisse du coût du travail qui
plombe structurellement sa demande intérieure : celle-ci a déjà
reculé de 380 milliards d'euros en cinq ans. Avec les 20 milliards
d'euros du crédit d'impôt compétitivité-emploi (Cice) puis les 30
milliards du pacte de responsabilité, la France s'engage à son tour
dans cette spirale. Les autres pays - et notamment ceux en crise
de l'Europe du Sud - ont déjà mené à grande échelle une telle
politique depuis 2010 et cela a dégradé le commerce extérieur de
l'Hexagone et les marges des entreprises françaises. Nous n'avons
peut-être pas d'autre choix que de nous joindre à cette course
suicidaire, mais il n'y a strictement aucune raison de penser que
cela constituera une solution en termes d'emplois et de chômage,
ni pour la France ni pour l'Europe.
Au-delà de la dynamique générale mortifère associée à la
problématique récurrente de la baisse du coût du travail, se pose
aussi la question de la façon dont on fait baisser ce fameux coût.
Depuis vingt-cinq ans en effet, la politique constante des
gouvernements successifs a été de chercher à abaisser ce coût
pour les salaires à proximité du Smic afin de créer davantage
d'emplois peu qualifiés, au nom du nombre trop élevé de
chômeurs peu qualifiés. Et cela a très bien marché : si presque
tous les pays développés ont désormais un salaire minimum, avec
un salarié sur six, la France est un de ceux où il y a le plus de
smicards.

57
Cette politique n'a cependant aucunement réglé la question des
chômeurs peu qualifiés : ce sont surtout des jeunes plus qualifiés
que leurs aînés qui ont occupé ces emplois (et qui, du coup, se
sentent volontiers déqualifiés). D'autant qu'on a créé ainsi ce
qu'on appelle une "trappe à bas salaires" : comme les cotisations
sociales augmentent ensuite rapidement dès qu'on s'éloigne du
Smic, les salariés qui sont embauchés au salaire minimum y
restent durablement parce que les employeurs sont fortement
dissuadés de les augmenter.
Enfin, cette focalisation sur l'abaissement du coût du travail à
proximité du Smic a consisté à subventionner massivement le
secteur des services, peu exposé à la concurrence internationale -
où les smicards sont très nombreux -, aux dépens de l'industrie,
où les salaires sont généralement plus élevés. Comme on s'est
efforcé de conserver un haut niveau de protection sociale - et
heureusement ! -, bien que le travail des smicards ne contribue
plus guère à la financer, il a bien fallu trouver les ressources
quelque part. Autrement dit : cette politique a concouru en
réalité à aggraver de façon significative les difficultés de
l'insertion de la France dans la division internationale du travail,
en plombant son industrie.
A cet égard, le pacte de responsabilité de François Hollande
marque une rupture. En effet, en supprimant les cotisations
patronales famille, il vise a priori - sous réserve du résultat des
discussions en cours - à limiter le coût du travail sur l'ensemble de
la hiérarchie des salaires. Ce qui serait un peu moins pire que la
stratégie antérieure ciblée sur les smicards.
2. Relancer les emplois aidés
Utiles mais limités
L'autre outil sur lequel le gouvernement de Jean-Marc Ayrault
mise à une échelle significative pour lutter contre le chômage, ce
sont les emplois aidés. Avec notamment la création des emplois
d'avenir, destinés en priorité aux jeunes les moins qualifiés, et
des contrats de génération, visant à faciliter l'insertion des jeunes
58
dans les entreprises tout en sauvegardant l'emploi des seniors.
Ces emplois aidés - souvent décriés - sont utiles, même s'ils ont
indéniablement une efficacité limitée. Celle-ci dépend cependant
beaucoup de la façon dont ils sont mis en œuvre.
Les emplois aidés ont été utilisés par tous les gouvernements
depuis l'apparition du chômage de masse à la fin des années
1970. Ils en ont souvent abusé parce que, sur le plan politique, ils
présentent un grand avantage : ils permettent de faire baisser
rapidement le nombre des chômeurs enregistrés à Pôle emploi,
un des indicateurs les plus commentés chaque mois. C'est cet
aspect cosmétique, associé à un coût important pour les finances
publiques - puisque ce sont elles qui prennent en charge
l'essentiel des coûts correspondants - qui en ont fait un outil de
politique de l'emploi souvent décrié ces dernières années. Raison
pour laquelle leur nombre a très fortement reculé depuis le début
de la décennie 2000. Et même après l'explosion du chômage
depuis 2008, le gouvernement de Nicolas Sarkozy y a eu très peu
recours.
Pourtant, les emplois aidés ne méritent pas autant d'indignité :
personne ne conteste qu'ils ne constituent pas LA solution au
chômage, mais dans des périodes comme aujourd'hui, ils peuvent
être un élément utile de la panoplie des politiques de l'emploi.
D'abord, parce que si les emplois aidés coûtent cher, les
chômeurs aussi représentent une dépense publique non
négligeable - du moins la moitié d'entre eux, qui sont indemnisés.
Cet argent est incontestablement mieux employé s'il sert à
financer des emplois aidés qui permettent de limiter le risque de
désocialisation des chômeurs lorsque ceux-ci le restent trop
longtemps. De plus, faire baisser le chômage n'est pas seulement
bon pour la cote des gouvernants, cela peut aussi enclencher un
retour de la confiance dans l'ensemble de la société, ce qui a un
effet macroéconomique important.
Lorsqu'ils s'adressent à des publics particulièrement en difficulté -
comme c'est le cas notamment avec les emplois d'avenir -, les
emplois aidés ont de plus un rôle utile sur la file d'attente des
59
chômeurs : ils permettent de rapprocher du marché du travail des
personnes qui - seules - auraient très peu de chances de
décrocher un emploi. Leur utilité réelle dépend toutefois
largement des mesures d'accompagnement qui sont prises
parallèlement en termes d'encadrement, de formation… Et c'est
souvent là que le bât blesse, du fait de la volonté des
gouvernements de "faire du chiffre" au moindre coût pour les
finances publiques.
Le principal problème que posent les emplois aidés est celui des
effets d'aubaine : comment être sûr qu'un employeur qui a
recours à un emploi aidé n'aurait pas créé cet emploi de toute
façon ? Auquel cas, le coût élevé que représente cet emploi aidé
pour les finances publiques est dépensé inutilement. C'est la
raison principale pour laquelle les emplois aidés sont- le plus
souvent - réservés au secteur non marchand, moins susceptible a
priori de présenter ce type de dérive compte tenu de ses
ressources limitées. Cette priorité au secteur non marchand est
en revanche une limite importante à l'efficacité de ces emplois
aidés, qui débouchent rarement sur des embauches définitives
dans les structures concernées et ne préparent pas forcément de
façon optimale les chômeurs à trouver un emploi dans le secteur
marchand.
Enfin, en plus de ces trois dossiers chauds se pose la question du
financement des nouveaux "droits rechargeables" : prévu par
l'accord national interprofessionnel de janvier 2013, le dispositif
doit permettre à un chômeur qui retrouve un emploi de conserver
ses droits à l'assurance chômage si ceux-ci ne sont pas épuisés. Le
coût de la mesure est estimé entre 330 et 880 millions
d'euros [5], qu'il va bien falloir prendre quelque part si on ne veut
pas accroître les cotisations.
Au-delà des gesticulations habituelles dans ce genre de
négociation, personne ne cherche en réalité à remettre
fondamentalement en cause le système et à le rendre nettement
moins généreux. D'autant que le patronat a obtenu par ailleurs
des baisses de coût significatives de la part du gouvernement.
60
Dans un contexte où l'emploi fait de toute façon défaut, il serait
en effet stupide de mettre davantage de pression encore sur les
chômeurs eux-mêmes. En réalité, le principal problème du
système français d'assurance chômage est plutôt inverse : il reste
d'un accès trop difficile, avec aujourd'hui moins de la moitié des
demandeurs d'emploi qui sont indemnisés par l'Unedic.
3. Flexibiliser le marché du travail
On est déjà allé trop loin
Il faut flexibiliser davantage le marché du travail : s'ils pouvaient
licencier plus facilement, les employeurs embaucheraient
davantage. Cette antienne lancinante depuis trente ans ne résiste
guère à l'analyse. Tout d'abord, parce que le marché du travail
français est, par bien des aspects, déjà très flexible.
Selon Eurostat, la France est l'un des pays d'Europe où le recours
aux contrats temporaires (contrat à durée déterminée, intérim,
apprentissage) est parmi les plus élevés : 15,1 % en 2012, contre
13,9 % en Allemagne, 13,8 % en Italie ou encore 6,3 % au
Royaume-Uni. Quant au contrat à durée indéterminée (CDI), il
n'est aucunement synonyme d'emploi à vie. Il est relativement
aisé de licencier un salarié pour motif personnel et, surtout, les
possibilités de mettre fin à un CDI ont encore été fortement
accrues par la loi de 2008 qui a instauré la rupture
conventionnelle, une séparation "à l'amiable" entre employeur et
employé. Un dispositif qui donne lieu à des abus, notamment
lorsque les entreprises souhaitent se débarrasser de leurs
seniors [6].
Il est tellement aisé de licencier en France que les licenciements
économiques formalisés, individuels ou collectifs, ne
représentaient que 2,6 % des causes d'inscription à Pôle emploi
en décembre 2013. Un pourcentage qui, en temps de crise,
exprime assez que les employeurs ont trouvé d'autres moyens de
mettre fin aux contrats de travail dont ils ne veulent plus. De plus,
les plans sociaux, perçus comme ultimes bastions des rigidités du
marché du travail, ont eux aussi vu leur mise en œuvre
grandement facilitée depuis la loi sur la sécurisation de l'emploi
61
de juin 2013. Elle a limité l'intervention des juges et fortement
réduit les délais globaux : la mise en œuvre d'un plan social passe
désormais par la négociation d'un accord majoritaire ou par une
homologation de l'administration. Un dispositif sur lequel on
manque cependant encore de recul pour en apprécier l'efficacité
réelle.
Il est en tout cas beaucoup plus difficile de licencier en Allemagne
qu'en France. Or, ce qui a fait la résistance de l'économie
allemande depuis la crise, c'est justement que les entreprises ont
très peu licencié en 2009, malgré les réformes mises en place par
Gerhard Schröder pour flexibiliser le marché du travail. Du coup,
la demande intérieure a tenu et l'économie a pu repartir plus
facilement qu'ailleurs. Bref, si la France souffre de quelque chose
aujourd'hui, c'est probablement plutôt d'avoir un marché du
travail trop flexible…
4. Mettre les chômeurs à leur compte
Contre-productif
Que faire alors de tous ces chômeurs ? S'ils ne trouvent pas
d'emploi salarié, ne pourraient-ils pas se mettre à leur compte ?
L'idée est notamment encouragée par le développement
spectaculaire du nombre d'autoentrepreneurs, depuis la création
de ce statut en 2009.
S'il répond à de vraies aspirations en simplifiant les procédures
administratives, ce statut contribue à pérenniser des formes
d'emploi extrêmement précaires lorsqu'il est utilisé pour mettre
en œuvre une activité à titre principal, et non en complément
d'une autre activité. Or, c'est le plus souvent le cas avec les
autoentrepreneurs, qui ont encore représenté en 2013 plus d'une
entreprise créée sur deux. Leurs revenus restent très faibles : au
deuxième trimestre 2013, 47 % ont déclaré un chiffre d'affaires
de 0 euro, plus de 20 % moins de 1 500 euros et 6 % seulement
plus de 7 500 euros [7]. A cela s'ajoute la tentation, pour certains
employeurs, de contourner le droit du travail en privilégiant un
contrat de prestation avec un autoentrepreneur plutôt qu'un

62
contrat de travail avec un salarié, pour échapper aux cotisations
sociales. Au-delà même de ce statut particulier, c'est le travail
indépendant qui est la principale cause de l'expansion des
"travailleurs pauvres" en France : 6,1 % des salariés
appartiennent à cette catégorie, contre 20 % des indépendants.
Enfin, sur un plan économique, la France ne manque pas
d'entreprises. Elle en a même trop et de trop petites : 94 % des
entreprises en France avaient moins de dix salariés en 2011. Et ce
n'est pas en incitant les chômeurs à se mettre à leur compte et en
multipliant encore les baraques à frites qu'on risque de doter le
pays des entreprises high-tech, innovantes et exportatrices qui lui
manquent tant. Bref, les idées peu efficaces ne manquent pas et il
est frappant de constater, avec un peu de recul, à quel point leur
inefficacité manifeste n'empêche pas qu'elles soient
constamment ramenées dans le débat public.
* Unedic : institution paritaire créée en 1958 pour gérer
l'assurance chômage. Patronat et syndicats fixent en son sein les
règles de l'indemnisation du chômage.

Alternatives envisageables

Contre le chômage, on déjà essayé beaucoup de choses, mais


pas "tout", comme l'affirmait François Mitterrand en 1993. Des
chemins restent à défricher et des solutions à imaginer, sans
nécessairement réinventer la roue.
1. Desserrer l'étau de l'austérité
Objectif numéro un
Tant que la croissance ne se redresse pas - elle n'a encore été que
de 0,3 % en 2013, après 0 % en 2012 -, on ne peut pas attendre de
miracle sur le marché du travail. Il faut au moins 1 % de
croissance pour commencer à créer des emplois de façon
significative du fait des gains de productivité (*) réalisés dans les
entreprises. Et au moins 1,5 % pour commencer à faire baisser le
63
chômage compte tenu de l'accroissement de la population active
(*). Un niveau que la France avait atteint en 2011, mais cet
embryon de reprise a été étouffé dans l'œuf par la politique
d'austérité mise en œuvre par Nicolas Sarkozy et accentuée
encore par son successeur, François Hollande.
Cette stratégie ne s'est pas révélée payante : au lieu de repasser
sous la barre des 3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2013,
comme prévu, le déficit public culminait toujours à 4,3 % l'année
dernière. En revanche, le tour de vis budgétaire a plombé
l'activité et, par ricochet, l'emploi : 65 000 postes salariés ont été
détruits en 2013 dans le secteur marchand, après 110 000 en
2012. En temps de crise, les restrictions budgétaires ont en effet
un impact particulièrement négatif sur la croissance, car ce qu'on
appelle le "multiplicateur budgétaire" est élevé : autrement dit,
une baisse des dépenses publiques d'un point de PIB engendre
une contraction de l'activité supérieure à un point de PIB.
Pour ne rien arranger, l'ensemble de la zone euro s'est serré la
ceinture au même moment, ce qui a asséché la demande
extérieure adressée à l'économie française. A l'échelle
européenne aussi, l'échec est patent : le chômage y atteint des
sommets (12,2 % fin 2013), les inégalités ont explosé dans de
nombreux pays, les dettes publiques continuent de gonfler et la
déflation menace malgré le léger relâchement de la discipline
budgétaire que la Commission européenne a fini par accepter l'an
dernier.
Les Etats-Unis, de leur côté, ont préféré attendre le retour de la
croissance avant d'essayer de rééquilibrer leurs comptes publics.
Résultat : il ne leur manque plus qu'un million d'emplois avant de
retrouver leur niveau d'avant-crise, contre 5,4 millions pour la
zone euro (voir graphique). Tout n'est cependant pas rose outre-
Atlantique : les Américains se sont également imposé une cure
d'austérité l'année dernière, ce qui a freiné l'activité (la
croissance du PIB est passée de 2,8 % en 2012 à 1,8 % en 2013).
Et cela aurait sans doute été pire si la Réserve fédérale n'avait pas
mis l'économie sous perfusion en y injectant massivement des
64
liquidités. Quant aux emplois créés, ils ne sont pas toujours de
qualité et les inégalités se sont encore creusées depuis 2008.
Mais malgré ces bémols et contrairement à la zone euro, les
Américains sont en train de remonter la pente de l'emploi et de
l'activité.
En Europe, malgré le changement de coalition intervenu en
Allemagne, il est toujours politiquement difficile de trouver des
alliés pour mener des politiques budgétaires moins restrictives.
Quant à la Banque centrale européenne (BCE), elle pourrait - et
devrait- elle aussi faire davantage pour soutenir l'activité dans la
zone euro : pendant que la Fed américaine injectait massivement
des liquidités supplémentaires dans l'économie outre-Atlantique,
la BCE, elle, a retiré 700 milliards d'euros de l'économie
européenne depuis 2012. Si on ne parvient pas à modifier ces
politiques économiques contre-productives, le léger mieux prévu
pour 2014 en France et en Europe ne devrait pas suffire à faire
baisser le chômage de façon significative. Ni cette année ni les
suivantes.
2. Réduire le temps de travail
Il faut y revenir
Parfois, les vieilles idées sont aussi les meilleures. A condition de
les remettre au goût du jour. C'est le cas de la réduction du temps
de travail. Cette tendance de fond est à l'œuvre depuis deux
siècles et a largement fait ses preuves tant pour limiter le
chômage que pour améliorer les conditions de vie des salariés.
Cette politique a d'ailleurs été suivie dans tous les pays
développés. En France, le passage aux 35 heures a permis de
créer plus de 2 millions d'emplois entre 1997 et 2001, dont 350
000 sont directement imputables à la réduction hebdomadaire du
temps de travail. Grâce à l'inversion ainsi réussie de la courbe du
chômage, la confiance est revenue et l'activité a été dopée, les
déficits publics se sont fortement réduits et les comptes
extérieurs sont eux-mêmes devenus excédentaires.

65
Mais le blocage prolongé des salaires mensuels, mis en œuvre
pour amortir la forte hausse des salaires horaires, ainsi que
l'intensification du travail qui en a résulté ont contribué à faire de
cet indéniable succès économique un fiasco politique [1].
Empêchant depuis lors de songer à recourir de nouveau à l'arme
de la réduction du temps de travail pour lutter contre le chômage.
Pourtant, avec 5,5 millions d'inscrits à Pôle emploi, le partage du
travail reste l'une des seules solutions pour faire reculer
suffisamment rapidement le chômage de masse qui gangrène
notre société. A condition de faire preuve d'imagination.
Travailler moins pour travailler tous, sans que cela ne plombe les
résultats des entreprises : l'équation est toujours aussi délicate.
Notamment parce qu'elle implique forcément des sacrifices pour
les insiders, ceux qui ont déjà un emploi.
Dans ces colonnes [2], Denis Clerc, fondateur d'Alternatives
Economiques, proposait dans une tribune de réduire le temps du
travail en diminuant parallèlement le salaire brut, afin de ne pas
augmenter le coût de production des entreprises et donc de
favoriser le maximum d'embauches. Cela pourrait passer par une
baisse de la contribution sociale généralisée (CSG) sur les salaires,
de telle manière que le salaire net reste inchangé. Le manque à
gagner pour l'Etat serait comblé par une hausse de la TVA. Au
final, cela se traduirait donc par une baisse du pouvoir d'achat des
consommateurs. Mais on peut espérer que l'effet récessif de
cette hausse de la TVA sera compensé par la baisse concomitante
du chômage, d'autant que la compétitivité-coût du travail n'en
sera pas affectée. Quoi qu'il en soit, le partage du travail est
toujours une politique solidaire, qui suppose que ceux qui ont un
emploi fassent des efforts et laissent une place à ceux qui sont au
chômage. Plus simple à dire qu'à faire…
Au-delà du financement, quelle forme pourrait prendre une
nouvelle réduction importante du temps de travail ? Après les
difficultés engendrées par les lois Aubry, une nouvelle baisse du
temps de travail hebdomadaire - les 32 heures ou la semaine de
quatre jours - serait très difficile à faire accepter politiquement.

66
De plus, elles seraient inadaptées à une demande sociale qui ne
valorise plus guère le temps gagné à l'échelle de la semaine : les
35 heures elles-mêmes se sont en effet le plus souvent traduites
par des jours de congés supplémentaires, les fameux jours de
RTT.
Le développement du travail à temps partiel pourrait être facilité,
en garantissant le droit d'y passer sur la base du volontariat. C'est
la voie privilégiée dans beaucoup d'autres pays, où le temps
partiel est plus fréquent qu'en France, et notamment aux Pays-
Bas). Le problème, c'est que cela creuse toujours de fortes
inégalités entre hommes et femmes, car la frontière entre temps
partiel "subi" et temps partiel "choisi" est très poreuse. Diminuer
son temps de travail pour s'occuper de ses enfants faute d'avoir
trouvé un autre mode de garde, est-ce vraiment un choix ?
Une alternative pourrait être de créer un droit à six mois de congé
sabbatique rémunéré tous les cinq ans, ou bien à un an tous les
dix ans, soit l'équivalent d'une réduction de 10 % du temps de
travail global. Utopique ? Pas tant que ça : au Danemark, à partir
de 1993, le gouvernement a subventionné un système de rotation
entre salariés et chômeurs. Les personnes en emploi ont eu la
possibilité de prendre un congé rémunéré à 70 % de leur salaire
pour s'occuper de leurs enfants, pour voyager… Un congé
indemnisé à 100 % a également été créé pour reprendre des
études. Cette mesure a remporté un vif succès, mais le congé
sabbatique proprement dit a été supprimé en 1999, seuls les
congés parentaux et de formation ont été pérennisés.
En 2004, la Suède a suivi la même voie, en créant un congé
sabbatique indemnisé aux deux tiers du salaire, avec un plafond
de 1 500 euros. Ouvert aux salariés en contrat à durée
indéterminée (CDI) depuis deux ans, il permettait de s'absenter
pendant trois à douze mois de son entreprise, tout en étant
remplacé par un chômeur, en priorité de longue durée. Ce
dispositif a néanmoins été supprimé en 2006, avec l'arrivée de la
droite au pouvoir.

67
Une expérimentation similaire a également vu le jour en Finlande
en 1995, avec cette différence notable : elle a été généralisée et
existe toujours. Il s'agit du job alternation leave, qui permet à un
salarié avec un an d'ancienneté de prendre un congé sabbatique
de trois mois à un an avec l'assurance de retrouver ensuite son
emploi. Pendant cette période, il touche une allocation s'élevant
à 70 % de ce qu'il aurait touché s'il avait été au chômage. Par
exemple, un salarié qui gagne 1 700 euros peut espérer toucher
660 euros. L'employeur, de son côté, s'engage à embaucher un
chômeur pendant la durée du congé, mais pas forcément sur le
même poste. 41 000 chômeurs étaient embauchés via ce
dispositif fin 2013, soit 12 % de l'ensemble des demandeurs
d'emploi.
D'autres pays encore, ont mis en place des systèmes semblables,
bien que moins avantageux : les Pays-Bas, entre 2006 et 2011,
avaient un compte épargne-temps permettant aux salariés de
mettre de côté une partie de leur salaire pour bénéficier d'un
congé sabbatique, le levensloopregeling (régulation du cycle de
vie). En Autriche, des "fondations de travail" permettent de
financer des formations longues (jusqu'à quatre ans).
On peut également citer les congés parentaux généreux de
certains pays nordiques, qui peuvent s'apparenter à une forme de
réduction du temps de travail tout au long de la vie : 49 semaines
indemnisées à 100 % du salaire (sous plafond) ou 59 semaines
indemnisées à 80 % en Norvège ; 480 jours, dont 390 jours
rémunérés à 80 % du salaire en Suède ; un an rémunéré à 67 % du
salaire, avec un plafond de 1 800 euros, en Allemagne, etc. En
France, à titre de comparaison, il est possible de s'arrêter six mois
(après le premier enfant) ou jusqu'à trois ans (après les suivants)
en touchant une aide forfaitaire de 566 euros. C'est à la fois trop
long et trop peu rémunéré. Comme le propose l'économiste
Michel Dollé [3], il faudrait donner la possibilité aux parents de
s'occuper eux-mêmes de leurs enfants durant leur première
année, grâce à un congé réellement partagé entre le père et la
mère et aussi bien rémunéré que l'allocation chômage. Une

68
formule qui aurait l'avantage de concilier partage du travail et
équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.

3. Accélérer la conversion écologique


Un potentiel réel
La conversion écologique de notre économie peut être une arme
efficace contre le chômage. Il suffit de faire un rapide calcul pour
s'en convaincre : en 2012, la facture énergétique de la France a
battu un nouveau record, culminant à 69 milliards d'euros, soit
l'équivalent du coût salarial de 1,4 million d'emplois. Réduire
notre dépendance énergétique en substituant aux énergies
fossiles importées des renouvelables et de l'efficacité
énergétique, c'est conserver une bonne partie de cette richesse
sur le territoire et donc développer l'emploi, même si les choses
sont évidemment plus compliquées qu'un simple calcul de coin de
table.
Principale difficulté : le développement des énergies
renouvelables permettrait de relocaliser en France des emplois
qui existent pour le moment ailleurs. Mais d'autres secteurs
risquent d'être confrontés à des vagues de licenciements, comme
l'automobile, ce qui nécessitera un investissement significatif
pour reconvertir et former ces salariés laissés sur le bord de la
route. L'autre difficulté tient au retard pris par l'industrie
française dans ce type de technologies : dans l'immédiat, on
risque de remplacer des importations de pétrole ou de gaz par
des importations d'éoliennes ou de structures bois pour les
maisons, et donc de créer une partie significative de ces nouveaux
emplois hors du territoire national.
Plusieurs études laissent penser que le jeu en vaut néanmoins la
chandelle. En juin 2013, l'Agence de l'environnement et de la
maîtrise de l'énergie (Ademe) tablait sur 330 000 emplois en 2030
et 800 000 en 2050 si la France prenait le virage de la transition
énergétique [4]. L'économiste de l'environnement Philippe
Quirion, chercheur au Cired-CNRS, a également sorti sa

69
calculette sur la base du scénario de transition énergétique
imaginé par l'association mégaWatt, qui regroupe des experts du
secteur. L'objectif est ambitieux : diminuer de 65 % la
consommation d'énergie primaire de la France en 2050 par
rapport à 2010, diviser par 16 ses émissions CO 2CO2 à cette
échéance et sortir du nucléaire d'ici à 2033. Verdict : cela
permettrait de créer 235 000 emplois supplémentaires en 2020 et
632 000 en 2050 par rapport à la tendance actuelle, c'est-à-dire
par rapport à l'hypothèse où l'on resterait les bras croisés face au
risque climatique. Une bonne raison de plus de changer de
modèle.
* Gains de productivité : hausse de la quantité de richesse
produite en un temps de travail donné.
* Population active : ensemble des personnes présentes sur le
marché du travail, qu'elles soient en emploi ou qu'elles en
recherchent un.

70
LA METHODOLOGIE
Tout d’abord, un petit conseil d’ancien ; commencez l’épreuve
ESSEC par les cas pratiques, puis la veille juridique. Passez
ensuite à la synthèse, et enfin à la réflexion. Vous avez plus de
chance de finir l’épreuve si vous vous organisez comme ça.

La synthèse de documents doit se faire en 500 mots, et


comporter accroche (chiffre cité dans un doc.), définition si un
doc en fait état, problématique, annonce du plan facultative, 2
axes avec titres obligatoires, transition facultative, conclusion et
ouverture.
Ne tombez pas dans les quatre pièges les plus courants de
l’exercice ; le plagiat, le plan bateau qui consiste à juxtaposer les
documents par bloc dans chaque axe, s’attarder sur une idée, et
ajouter des éléments qui ne sont pas présents dans les docs.
Aussi prenez le temps de lire les documents, et de noter, dans
des feuilles de brouillon indépendantes, les idées les plus
importantes liées à chaque document. Ensuite, placez ces
feuilles bien en face de vous, et avec un stylo de couleur,
identifiez les idées susceptibles d’être complémentaires.
Regroupez-les en deux groupes, avec à chaque groupe son idée
générale (le titre) et un une problématique commune qui les lie.
Voila ! Votre synthèse n’a plus qu’à être rédigée !
Les correcteurs ne refont pas le décompte, alors si vous zappez
un peu la marge de tolérance, ce n’est pas dramatique. Mais ce
ne doit pas être exagéré non plus ! La synthèse c’est 60% de la
note d’éco, alors ne la négligez pas et entraînez-vous à la
rapidité.

Pour la réflexion, c’est une autre paire de manches. Le sujet est


en relation avec celui de la synthèse, mais surtout n’y faîtes pas
votre marché ! Les fiches vont beaucoup vous aider à
développer rapidement votre argumentation. Celle-ci devra
71
comporter accroche, définition, problématique, intérêt du sujet
(affirmer l’accroche en insistant sur l’ampleur du phénomène et
en invitant à analyser son évolution et son impact, ou en
montrant un côté contradictoire et donc paradoxal qu’il faut
tirer au clair), annonce du plan et/ou titres (c’est comme vous
voulez, mais je vous conseille, si vous n’avez pas de titres bien
construits, de vous limiter à l’annonce du plan), 2 axes,
transition facultative mais recommandée, conclusion et
ouverture. Il vous faut un max d’info parce qu’on sait jamais sur
quoi ça va tomber… enfin, pas avec précision !
Je vous explique ; le concepteur ESSEC cherche un sujet
d’actualité, mas pas d’actu brulante et immédiate. Un sujet qui
fut d’actu il y a un ou deux ans. Puisqu’il demande une analyse
assez poussée, il doit laisser du temps au temps, et aux
analystes pour étudier le phénomène. C’est là qu’ALTER ECO est
intéressant ; grâce aux archives, vous avez accès aux sujets les
plus anciens !
Le plan doit contenir deux axes ; soit vous affirmez le sujet (I),
puis vous le nuancez (II), soit vous tranchez dès le départ (I),
avant de présenter les solutions envisageables (II). C’est
pourquoi mes fiches contiennent 3 axes.

Je tenais à vous présenter une petite astuce pour la réflexion ; si


vous n’avez plus que 15 min par exemple, consacrez-vous à
réussir l’accroche. Une accroche réussie, ça vaut déjà la moitié
de la note. Il ne vous reste ensuite que 8 min. Ne rédigez pas ;
travaillez par tirets. 2 tirets par axe, où vous énoncerez l’idée
principale. Laissez un espace important entre lignes, pour y
revenir et annoncer l’idée secondaire. La même chose pour
l’exemple (facultatif).
L’objectif est de faire un max de l’exo. Vous ne serez pas trop
pénalisés, surtout si l’intro et les idées sont bonnes ! I - Titre
- Idée principale 1
- 72 A
Idée secondaire
- Idée principale 2
- Idée secondaire B
GESTION

73
Le problème dans les classes prépas ECT au Maroc, c’est que de
nombreux professeurs accordent trop d’importance à cette matière
au détriment du management. Depuis 2008, les épreuves ont
beaucoup changé, et il n’est plus question aujourd’hui de savoir si le
candidat sait se servir de sa calculatrice, mais plutôt de savoir
comment il se débrouille face à une situation en rapport avec la
réalité.
Toutefois, c’est n’est pas une matière à négliger, et il est d’ailleurs
très facile d’y glaner des points. Sur les 3 dossiers qui composent
l’épreuve, un dossier y est consacré, et les questions sont très
abordables (contrairement aux épreuves d’avant 2008). De quoi vous
inciter à vous impliquer, tout en tenant compte des dérives et excès
des profs…
Le programme peut vous sembler long, mais si vous maîtrisez les
quelques éléments que voici, vous êtes assurés d’avoir une bonne
note.
- SIG
- BILAN FONCTIONNEL
- RENTABILITE
- CENTRES D’ANALYSE
- ABC
- CHOIX D’INVESTISSMENT.

74
Les SIG
Un calcul en cascade à apprendre :
Vente de marchandises
- Achats de marchandises
= Marge commerciale
+ Production totale
- Achats d’approv.
- Autres charges
= Valeur ajoutée
+ Subventions d’expl.
- Charges de personnel
- Impôts et taxes
= EBE (ou IBE si négatif)
+ Transfert de charges d’expl.
+ Autres produits d’expl.
- Autres charges d’expl.
+ Produit financiers
- Charges financières
+ Produits exceptionnels
- Charges exceptionnelles
- Impôts sur bénéfices
= CAF

75
Le Bilan Fonctionnel
Question classique qui suit le calcul des SIG.
ACTIF PASSIF
∑ immos brutes Capitaux propres
+ ∑ des amortissements
+ Emprunts
- Intérêts
- Concours Bancaires
= FRNG
Stocks Dettes fournisseurs
+ Créances + Dettes fiscales et sociales
*d’exploitation (mentionné dans
l’exo)
= BFRE
Créances IS
*hors exploitation + Dettes sur fournisseurs
d’immos
+ Intérêts
= BFRHE
Disponibilités Concours bancaires
= TN
Vous pouvez apprendre le bilan fonctionnel tel que je vous l’ai donné,
ou plus simplement confronter celui-ci avec le bilan comptable dont
sont tirés les éléments de calcul. Vous verrez que le bilan fonctionnel
se construit de manière progressive ;
1- Barrez la colonne net et amort du bilan comptable ; ne prenez
que le brut.

2- Le total brut de l’actif immo va dans la colonne actif du bilan


fonctionnel. En parallèle, additionnez tous les … du bilan

76
comptable jusqu’au dernier poste mentionnant « emprunt ».
Additionnez cela à l’ensemble des amortissements, retranchez
les intérêts et les concours bancaires (données). Voilà le FRNG.

3- Retour au bilan comptable. Dans l’actif circulant, additionnez


tous les postes sauf ceux où l’on vous dit qu’ils ont un caractère
« hors exploitation ». Placez-les dans la seconde case de l’actif
du bilan fonctionnel. De l’autre côté, prenez les dettes à court
terme ; fournisseurs et fiscales (f - f).

Il vous sera ensuite demandé, à la suite de ces questions, d’établir un


rapport financier pour juger de la situation financière globale de
l’entreprise.
Construit en deux blocs, le premier consiste en une
présentation de certains indicateurs, dont les ratios que voici.
Utilisez aussi les résultats du bilan fonctionnel, pour appuyer la
théorie de l’orthodoxie financière. Dans le second, vous devrez
apporter des recommandations pour aider l’entreprise à
améliorer sa situation.

77
La part de
Taux de marge brute 𝐸𝐵𝐸 profit dans le
(profitabilité) 𝐶𝐴 prix.

Le profit total
Taux de VA 𝑉𝐴 dans le total
𝐶𝐴 des ventes.

La VA générée
𝑃𝑟𝑜𝑑𝑢𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 par
𝑉𝐴

Productivité Ou

𝐸𝑓𝑓𝑒𝑐𝑡𝑖𝑓
𝑉𝐴

Répartition de la VA 𝑉𝐴 La part des


𝐸𝑓𝑓𝑒𝑐𝑡𝑖𝑓 charges de
personnel dans
la VA.

Rentabilité :
𝐸𝐵𝐸 (𝑜𝑢 𝑅𝑒𝑠. 𝑁𝑒𝑡)
- Economique 𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓 𝑏𝑟𝑢𝑡 𝑖𝑚𝑚𝑜𝑏𝑖𝑙𝑖𝑠é + 𝐵𝐹𝑅𝐸

- Financière1 𝑅𝑒𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 𝑁𝑒𝑡


𝐶𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑝𝑟𝑜𝑝𝑟𝑒𝑠

1 𝐷𝑒𝑡𝑡𝑒𝑠
Ce ratio est dit bras de levier. Si positif, il est alors plus intéressant de recourir à l’emprunt
𝐶𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑝𝑟𝑜𝑝𝑟𝑒𝑠
que de financer par capitaux propres.

78
III- Théorie (ou règle) de l’orthodoxie financière :

 Ressources stables - Emplois stables = FRNG positif.

 FRNG supérieur à BFR (au BFRE)

 Trésorerie nette positive.

Il y a déséquilibre financier lorsque :


 Le FRNG est négatif.

 Le FRNG est positif mais inférieur au BFR.

 La Trésorerie Nette est négative en raison du recours excessif


aux CBC.

Les solutions envisageables :


Agir sur le FRNG :
 Augmenter le FRNG
 Augmentation de capital
 Vendre les immos obsolètes
 Recourir à la CAF plutôt qu’à l’emprunt
Agir sur le BFR :
 Réduire les stocks
 Négocier avec les fournisseurs un délai de remboursement plus
long
79
 Imposer aux clients un délai de remboursement plus court
Petit conseil : essayez de toujours rapporter les éléments du rapport
financier (déséquilibre, recommandations…) aux dossiers précédents
(environnement, investissement…). Les correcteurs apprécient
beaucoup cette vision transversale.

80
La Rentabilité
Deux formules à apprendre texto :

Rentabilité Economique =
𝑅é𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 𝑑′𝑒𝑥𝑝𝑙𝑜𝑖𝑡𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛
𝐵𝐹𝑅𝐸 + 𝐼𝑀𝑀𝑂𝑆 𝐵𝑅𝑈𝑇𝐸𝑆
 Exprime la performance de l’exploitation dans le temps et
l’espace.

Rentabilité Financière =
Résultat éco + (Rés éco - Intérêts) x D/C

 Exprime la rentabilité des capitaux de l’entreprise.

Dettes / capital. C’est le bras de


levier. S’il est positif, alors est
positif, alors il est plus
intéressant pour l’entreprise de
de s’endetter que de recourir à
la CAF. On parle alors d‘effet de
levier, et d’effet de massue dans
le cas inverse.

81
La méthode des centres d’analyse.
Les profs adorent y passer des semaines entières, à vous expliquer
comment ça fonctionne et à explorer des cas très pointus … sans pour
autant savoir à quoi ça sert. Pour l’épreuve BCE, vous n’aurez besoin
que de ce que je vous donne ci-dessous.

Toute entreprise a besoin de savoir combien lui coûte de produire un


certain nombre de produits, et la marge qu’elle encaisse sur les
ventes. Plusieurs méthodes existent, dont la plus ancienne (et la plus
longue) ; celle des centres d’analyse.
5 étapes (+ 1 en cas de stock)
1- Répartition des charges indirectes
2- Coût d’achat
3- Coût de production des produits vendus
4- Coût de revient
5- Résultat analytique
6- Compte d’inventaire permanant.

I - REPARTITION DES CHARGES INDIRECTES.

Centre 1 Centre 2 Centre 3 Centre 4

Répartition Primaire A

Répartition Secondaire B

TOTAL 0 0 C

Nom de l'unité d'œuvre

Nombre d'unité d'œuvre D

Coût de l'unité d'œuvre D*C (1)

82
L’entreprise est répartie en fonctions ; production, administration,
communication… Ces fonctions sont appelées centres d’analyse.
Toutes les fonctions, ou centres, prennent part de manière directe ou
indirecte à la production. C’est pourquoi il faut isoler ceux qui
participent indirectement à la production (C1 et C2 dans l’exemple) de
ceux qui y participent directement (C3 et C4). Dans les exercices, les
centres, montants et pourcentages sont déjà renseignés dans les
données, ce qui facilite les choses. Ne reste plus, pendant l’exercice,
qu’à bien les saisir sur le tableau ci-dessus.

II - LE COUT D’ACHAT DES MATIERES PREMIERES.

Matière première K

Quantité Prix Unitaire Total

Prix d'achat

Approvisionnement

Coût d'achat (2)

Après avoir défini les centres qui prennent directement par à la


production, il convient de définir le coût d’achat exact des matières
premières. Le prix d’achat ainsi que les données relatives au centre
approvisionnement sont également renseignées dans les données de
l’exercice.

83
III - COUT DE PRODUCTION DES PRODUITS VENDUS.

Produit A

Quantité Prix Unitaire Prix Total


Coût d'achat
(2)
Charges directes
Main d'œuvre

Fournitures

Charges indirectes ** (1)


TOTAL
**Tous les centres impliqués indirectement dans le processus de
production.
Ce tableau est la jonction des deux premiers. Arrivés à ce stade
généralement, les seules données qui vous seront utiles pour la suite
figurent au niveau des trois tableaux ci-dessus.

IV - COUT DE REVIENT.

Produit A

Quantité Prix Unitaire Prix Total


Coût de production

Coût hors production**

Total
** Montants des centres « Administration » et «Distribution ».

84
V - RESULTAT ANALYTIQUE.

Prix Unitaire Quantité Prix Total

Prix de vente sur le marché


Coût de revient

TOTAL

Si le total est négatif, on vend à pertes.


Sinon, il faut commenter la valeur ajoutée du produit. Si elle est trop
faible, il faut soit abandonner le produit, soit revoir le processus de
production.

85
VI -INVENTAIRE DE STOCKS PERMANANTS.
Il se peut que les matières premières en question, achetée au prix A,
soient stockées pendant un moment avant leur incorporation au cycle
de production. De fait, il se peut que d’autres matières premières y
soient déjà stockées à un prix B.
Au moment d’utiliser ces matières premières, on ne distingue pas
entre celles achetées au prix A et celles achetées au prix B. Comment
évaluer la valeur de ce qui sort du stock ?

MAIERE PREMIERE A
QUANTITE PRIX UNITAIRE TOTAL
STOCK INITIAL
ENTREES
TOTAL
SORTIES
STOCK FINAL
TOTAL

Chaque fois qu’il y a stockage, il faut procéder à l’établissement du


CPI, et poursuivre les calculs suivant ces nouveaux montants.

86
La méthode ABC.
Plus moderne et plus simple que la méthode des centres d’analyse,
elle consiste en deux tableaux ;
I -LES INDUCTEURS.

Inducteurs Prix Unitaire Quantité Prix Total

I1
I2
I3

Les inducteurs remplacent les centres d’analyses. Noms, prix et


quantité des inducteurs sont fournis dans les données de l’exercice.

Prix Unitaire Quantité Prix Total


Coût de production

Inducteurs

TOTAL

Le coût de production est compris dans les données.

87
Choix d’investissements.
Toute entreprise est amenée, lors de son développement, à investir
pour assurer sa croissance. Toutefois, tout investissement n’est pas
bon à faire ; quels projets doivent être abandonnés, et lesquels
doivent être menés à bien ?
Là encore, 4 étapes à suivre :
1- CALCUL DE LA CAF ECONOMIQUE
2- CALCUL DES FNT
3- CALCUL DE LA VAN
4- RATIO

I -CALCUL DE LA CAF ECONOMIQUE.


Il s’agit de définir avec précision les ressources de l’entreprise, et de
simuler l’impact de l’investissement sur sa capacité
d’autofinancement.

Année 1 Année 2 Année 3 Année n


CA
- Charges variables
- Charges Fixes
- Amortissements
= RESULTAT AVANT
IMPOT
- IS
+ Amortissements
= CAF

88
II -CALCUL DES FNT.

Année 1 Année 2 Année 3 Année n

CAF
RESSOURCES Valeur résiduelle

Récupération du BFR

TOTAL
Investissement
(montant)
EMPLOIS
Variation du BFR

TOTAL

FNT

Il convient d’abord de remplir les cases CAF et INVESTISSEMENT, puis


de calculer la VARIATION DU BFR avant de passer à la RECUPERATION
DU BFR. Les données sont fournies par l’exercice.

III -CALCUL DE LA VAN.


La VAN est la valeur ajoutée probablement générée par le projet en
cause. La formule est simple ;

∑(𝐹𝑁𝑇 𝑥 (1 + 𝑡)−𝑛 ) − 𝑀𝑜𝑛𝑡𝑎𝑛𝑡 𝑑𝑒 𝑙′𝑖𝑛𝑣𝑒𝑠𝑡𝑖𝑠𝑠𝑚𝑒𝑛𝑡

Si la VAN est négative, le projet doit être abandonné car peu rentable.

89
ANNEXE
Voici quelques ratios qui sont souvent demandés ;
I - ANALYSE FINANCIERE (jugement suite à un investissement)

Le FRNG doit être


Taux de 𝑅𝑒𝑠𝑠𝑜𝑢𝑟𝑐𝑒𝑠 𝑠𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒𝑠 positif pour que
couverture des 𝐸𝑚𝑝𝑙𝑜𝑖𝑠 𝑠𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒𝑠 l’investissement
emplois stables2 n’ait pas de
répercussion sur la
situation financière.

Taux de Le fond de
couverture des 𝑅𝑒𝑠𝑠𝑜𝑢𝑟𝑐𝑒𝑠 𝑠𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒𝑠 roulement doit être
capitaux investis1 𝐸𝑚𝑝𝑙𝑜𝑖𝑠 𝑠𝑡𝑎𝑏𝑙𝑒𝑠 + 𝐵𝐹𝑅𝐸 suffisant pour
financer
l’investissement.

Indépendance 𝐸𝑚𝑝𝑟𝑢𝑛𝑡𝑠 𝑎𝑢𝑝𝑟è𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝐸𝐶 + L’entreprise est


financière3 𝐶𝐵𝐶 autonome vis-à-vis
+ 𝐸𝑚𝑝𝑟𝑢𝑛𝑡 𝑜𝑏𝑙𝑖𝑔𝑎𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒 des banques.
𝐶𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑝𝑟𝑜𝑝𝑟𝑒𝑠

L’entreprise dispose
Capacité de 𝐸𝑚𝑝𝑟𝑢𝑛𝑡𝑠 𝑎𝑢𝑝𝑟è𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝐸𝐶 de ressources
remboursement4 + 𝐸𝑚𝑝𝑟𝑢𝑛𝑡𝑠 𝑜𝑏𝑙𝑖𝑔𝑎𝑡𝑎𝑖𝑟𝑒𝑠 suffisantes pour
𝐶𝐴𝐹 rembourser
l’intégralité de ses
emprunts bancaires.

2
Doit être supérieur à 1.
3
Doit être inférieur à 0,5.
4
Doit être compris entre 3 et 4.

90
II - SIG :
La part de
Taux de marge brute 𝐸𝐵𝐸 profit dans le
(profitabilité) 𝐶𝐴 prix.

Le profit total
Taux de VA 𝑉𝐴 dans le total
𝐶𝐴 des ventes.

La VA générée
𝑃𝑟𝑜𝑑𝑢𝑐𝑡𝑖𝑜𝑛 par l’Ese.
𝑉𝐴

Productivité Ou

𝐸𝑓𝑓𝑒𝑐𝑡𝑖𝑓
𝑉𝐴

La part des
charges de
Répartition de la VA 𝑉𝐴 personnel dans
𝐸𝑓𝑓𝑒𝑐𝑡𝑖𝑓 la VA.

Rentabilité :
𝐸𝐵𝐸 (𝑜𝑢 𝑅𝑒𝑠. 𝑁𝑒𝑡)
- Economique 𝐴𝑐𝑡𝑖𝑓 𝑏𝑟𝑢𝑡 𝑖𝑚𝑚𝑜𝑏𝑖𝑙𝑖𝑠é + 𝐵𝐹𝑅𝐸

- Financière5 𝑅𝑒𝑠𝑢𝑙𝑡𝑎𝑡 𝑁𝑒𝑡


𝐶𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑝𝑟𝑜𝑝𝑟𝑒𝑠

5 𝐷𝑒𝑡𝑡𝑒𝑠
Ce ratio est dit bras de levier. Si positif, il est alors plus intéressant de recourir à l’emprunt
𝐶𝑎𝑝𝑖𝑡𝑎𝑢𝑥 𝑝𝑟𝑜𝑝𝑟𝑒𝑠
que de financer par capitaux propres.

91
MANA

92
Etant une matière à forte coefficient, que ce soit pour le concours BCE
ou ECRICOME, il est indispensable pour tout préparationnaire en ECT
de maîtriser le programme de management et sciences de gestion.
Cependant, pas de panique, si c’est une matière à ne surtout pas
rater, avoir une bonne note lors des concours est très loin d’être
impossible.
Le programme de management est un approfondissement des acquis
du baccalauréat, quel que soit votre spécialisation (Gestion-Finance,
Marketing, …). Aucune spécialisation n’est donc avantagée.
Organisation du programme :
1) Analyse d’une organisation :
Soit analyser la structure (Parties prenantes,…), le cadre
stratégique (opportunités/menaces) et les sources d’avantages
concurrentiels (Forces/faiblesses) afin d’opter pour un choix de
stratégie à mettre en œuvre (stratégies globales :
spécialisation, diversification, recentrage, externalisation ; et les
stratégies de domaines : Focalisation, domination par les coûts,
différenciation)

2) Mise en œuvre d’une stratégie marketing :


Identification de la stratégie marketing (segmentation, ciblage,
positionnement) et du plan de marchéage (politique de prix,
produit, distribution, communication). Le but est de montrer la
relation qui existe entre management stratégique (stratégie
marketing) et management opérationnel (plan de marchéage).
Cela permet a l’entreprise de bien se positionner dans le marché
et de bien cibler sa demande.

3) Analyse de l’activité financière de l’entreprise :


Interprétation d’un bilan fonctionnel et d’un compte de résultat
afin d’analyser l’équilibre financier de l’entreprise et d’exécuter

93
des actions correctrices, si besoin. Mesurer la rentabilité
économique et financière d’une entreprise et analyser les choix
de financement et leurs conséquences, grâce à des ratios.

4) Analyse des coûts :


Procéder au calcul des couts complet (méthode ABC et méthode
des centres d’analyses) afin de distinguer les charges directes/
indirectes, coûts fixes/variables, coûts moyen/marginal.
Utilisation de la méthode des couts partiels afin de calculer le
seuil de rentabilité et de mettre en évidence le risque
d’exploitation (point mort, indice de sécurité, …)

5) Le système d’information :
Caractériser le rôle d’un SI dans une organisation, analyser son
impact sur l’organisation de l’entreprise et repérer le lien entre
SI et stratégie d’entreprise. Le but ici est de montrer a quel point
un système d’information est indispensable pour l’entreprise,
que ce soit sur le processus de gestion, la gestion des flux de
travail ou dans le suivi des activités.

6) La GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des


compétences) :
Revient à analyser l’effectif de l’entreprise et les besoins en
compétences et d’identifier les moyens qui favorisent
l’adéquation entre besoins et ressources humaines (mobilité,
formation, …)

94
Comme on peut le voir, les fondations du programme ont déjà
été traitées en classe de terminale, il n’y aura donc logiquement
aucun problème de compréhension en cours.

Conseils :
Pour les deuxièmes années, il faut impérativement travailler sur
le temps. Lors du concours, Les annexes sont longues et il faut
savoir les analyser rapidement afin de se donner plus de temps
pour répondre aux questions. Il faut donc faire le maximum
d’annales possible pour s’entrainer.
Il est aussi très important de favoriser la forme, car le correcteur
ne dispose pas de beaucoup de temps pour corriger votre copie.
Organisez donc vos réponses de manière a ce que le correcteur
détecte vos arguments avant de lire.
Aussi, je conseillerai vivement d’utiliser le nom d’auteurs de
références afin de se démarquer et que votre copie soit plus
valorisée.
Travaillez enfin la manière de répondre, qui est là aussi un
facteur déterminant. Je vous conseille de vous reporter au corrigé
indicatif de management HEC 2015 sur le site de la BCE.

95
LA STRATEGIE
Diagnostic Stratégique :
Définitions :
- La Stratégie : Chandler définit la stratégie comme « la
détermination des buts et objectifs d’une organisation ainsi
que les choix des actions et de l’allocation des ressources
nécessaires pour les atteindre.

- Le métier de l’entreprise : Il s’agit du savoir-faire reconnu par


les marchés et la concurrence (savoir-faire différentiel). C’est
l’ensemble de compétences communes relatives aux
segments stratégiques de l’entreprise et qui lui confèrent un
avantage compétitif.
Celui-ci est caractérisé par 3 éléments :
 Un ensemble homogène de produit.
 Destinés à un marché spécifique.
 Ayant des concurrents bien déterminés.

- La vocation : Celle-ci recouvre les notions de métier et de


mission, c’est une notion plus large

- La mission : C’est la réponse de l’entreprise aux attentes des


marchés, et aux besoins dans toutes leurs composantes.

Méthode d’analyse SWOT : (Analyse globale)

Celle-ci résume les conclusions essentielles de l’analyse de


l’environnement et de la capacité stratégique d’une organisation. Ce
modèle permet de synthétiser l’adéquation entre les forces, les
96
faiblesses d’une organisation, ainsi que les menaces et les
opportunités de son marché. (S : Strengths, W : Weaknesses, O :
Opportunities, T : Threats)

Diagnostic externe :

- PESTEL : Ce modèle d’analyse répartit les influences


environnementales en 6 catégories : Politique, Économique,
Socioculturelle, Technologique, Écologique, et Légale. Il faut
alors analyser les tendances structurelles et l’impact
spécifique de chacune des forces sur l’entreprise, son
industrie, son marché, et son organisation.

- Analyse de la demande : Le diagnostic de la demande permet


de repérer ses principales caractéristiques (Qté vendue,
Processus d’achat, saisonnalité etc...), ainsi que de prévoir
leurs évolutions.

- Analyse de l’offre : Celle-ci est centrée en particulier sur la


production, la distribution, et la création de valeur.

Ces deux analyses permettent de repérer les barrières à l’entrée


et à la sortie. C.-à-d. les obstacles que devra surmonter l’etse qui
voudrait pénétrer un marché ou l’abandonner.

Diagnostic interne :

Le diagnostic interne peut prendre la forme d’un inventaire des


forces et faiblesses de l’etse, en termes de compétences et de
ressources. Il prend tout son sens au regard des menaces et
opportunités de l’environnement (diagnostic externe).
97
Pour déterminer ce qu’elle veut être l’etse doit se situer et savoir qui
elle est.

1) Quel est son métier ?

Cf. def. du métier.


L’entreprise peut avoir un ou plusieurs métiers qu’il convient de cerner
avec précision lors des choix stratégiques.

2) Quelle est son activité ?

Si une PME a souvent un métier unique, une grande entreprise


en possède fréquemment plusieurs auxquels correspondent des
stratégies spécifiques. La stratégie va donc regrouper ou subdiviser en
groupes homogènes les activités de l’entreprise, elle va procéder à une
segmentation stratégique.
La segmentation stratégique peut paraître évidente et ne poser
aucune difficulté, surtout lorsque la structure de l’entreprise est
organisée en domaines d’activités stratégiques.

3) Quelles sont ses potentialités ?

 Diagnostic général de l’organisation :


Il s’agit d’une appréciation du potentiel de chaque composante
de l’organisation mais aussi de sa capacité d’ensemble.

- Diagnostic général de l’organisation : il consiste à identifier les


facteurs internes de compétitivité par une évaluation du
potentiel de l’etse (Forces et Faiblesses), et des moyens
d’action (ressources). Il permet de positionner l’entreprise
dans son univers concurrentiel, en mobilisant des outils
d’analyse stratégiques. L’entreprise peut essayer d’apprécier
98
ses atouts et ses handicaps au niveau des fonctions de bases :
Production, Commercial, Finance, R&D et RH, et en répondant
à nombreuses questions relatives à celles-ci.

- Identification des facteurs clés de succès : Il s’agit de mettre


en évidence les éléments explicatifs de la réussite de
l’entreprise dans son métier. Celle-ci peut posséder un seul
facteur de succès ou plusieurs qui se combinent.
Parmi les principaux facteurs de réussite, on retrouve : des
facteurs inhérents au domaine d’activité, ceux attachés aux
relations etses/clients, ceux liés à la position de l’etse sur le
marché, ceux liés à la capacité de l’etse à valoriser son activité.
Sous la pression de l’environnement, des actions de la
concurrence, les FCS sont amenés à se modifier. L’etse doit
alors veiller sur ces évolutions, afin de pérenniser ses
compétences distinctives.

 Chaîne de valeur : La chaine de valeur interne de Porter

Dans le but déterminer la capacité de l’organisation à créer


de la valeur perçue par le client, Porter établi une analyse des
activités de l’etse en interdépendance le long d’une chaine. Il
structure verticalement et horizontalement les activités de l’etse
toutes participantes au processus de transformation et de
création de valeur.

Cet outil permet à l’etse d’identifier les fonctions


créatrices de valeur. Pour que celle-ci puisse générer un
avantage compétitif, elle devra optimiser les fonctions
élémentaires, la coordination inter fonctionnelle, et la
coordination interne. Ainsi, la chaine de valeur décrit les
différentes étapes qui déterminent la capacité d’une
99
organisation à obtenir un avantage concurrentiel en proposant
une offre valorisée par le client.

Le long de cette chaine, Porter, distingue deux types de


fonctions :

Les fonctions primaires : assurant l’offre de produits ou de


services qui sont directement impliqués dans la création de
valeur, on retrouve les fonctions :
- Approvisionnement (Mat 1ère),
- Logistique (manutention, stocks, transport, ..),
- Production (transformation, assemblage, ..),
- Commercialisation (Vte et market.),
- Service (maintien et augmentation de la valeur)

Les fonctions de soutien : supportant les fonctions


primaires et améliorant leur efficacité, exemple :
- Infrastructure et systèmes
- GRH
- Développement technologique

Il convient pour l’etse de se demander sur quelles fonctions


il serait préférable de se concentrer et réciproquement ce que
l’organisation devra externaliser (via de la sous-traitance).

 Approche par les ressources et les compétences :


Le modèle d’analyse a été développé par Wernefelt et
Barney dans les années 80, mais a été originellement conçu par
l’économiste britannique Edith Penrose en 1959.

- Le diagnostic des ressources :

100
Dans le cadre de cette analyse, les ressources de l’entreprise
peuvent être divisées en :
a) Ressources tangibles (actifs physiques) :
Celles-ci intègrent les ressources financières, physiques et
humaines.

b) Ressources intangibles : (Actifs immatériels) :


Elles intègrent les ressources technologiques,
organisationnelles, et mercatiques.

- Identification des ressources et compétences fondamentales :


Notion développée dans les années 90, par Gary Hamel et C.K
Prahalad, les compétences fondamentales regroupent les activités ou
les processus auxquels des ressources sont déployés afin d’obtenir un
avantage concurrentiel (difficilement imitable).

Les compétences d’une etse se concentrent dans la façon avec


laquelle elle utilise et déploie ses ressources. On peut distinguer les
compétences nécessaires (indispensable pour poursuivre son
activité), des compétences fondamentales (source d’avantage
concurrentiel).

Pour que des ressources et des compétences puissent être


qualifiées de fondamentales et stratégiques, il faut :
a) Qu’elles permettent à l’etse de se saisir d’une
opportunité ou d’éviter une menace. En réduisant les
coûts et en créant plus de valeur ajoutée pour le client.
b) Qu’elles ne soient pas détenues par différents
concurrents réels ou potentiels.
c) Qu’elles soient difficilement imitables.
d) Le résultat obtenu est difficile à avoir avec d’autres
moyens.
101
Analyse de la concurrence :
Michael Porter, précise que l’état de la concurrence sur un
secteur dépend de cinq forces fondamentales :
1) L’intensité concurrentielle :
Celle-ci est particulièrement vive lorsque le secteur est soumis à une
forte pression, c.-à-d. lorsque les barrières à l’entrée sont faibles, la
menace des substituts réelle, et le pouvoir des acheteurs/fournisseurs
élevé.

2) La menace de nouveaux entrants :


Les barrières à l’entrée sont tous les facteurs qui imposent aux
nouveaux entrants des coûts structurellement et durablement
supérieurs à ceux des organisations déjà en place. Ces barrières-là
peuvent prendre la forme de :
 Barrières financières : économies d’échelles, intensité
capitalistique (le capital nécessaire pour pénétrer un
marché), le coût de transfert (si les clients doivent
supporter un coût élevé pour changer de fournisseurs).
 Barrières Commerciales : Accès aux réseaux de distribution,
la réputation (Dans le cas où les dépenses de com. sont très
élevées).
 Barrières de ressources et compétences : La technologie
(protection des brevets), ressources rares (RH et
qualifications), l’expérience (connaissance des ressorts
d’un marché, excellente relation avec le tiers, solide
réputation, ainsi qu’une maitrise des savoir-faire).
 Tactiques de dissuasion : Agressivité des concurrents (Ex :
Guerre des prix), stratégie de différenciation (Ex : offre
difficilement imitable), la prolifération dans le temps
(multiplication intensive de l’offre pour pousser les

102
nouveaux entrants à offrir toute une gamme de produits),
Prix plancher (faire croire que son activité est très peu
lucrative).

3) La menace des produits de substitutions.


Cette menace de substitution peut être :
- Directe (un produit par un autre)
- Indirecte (un produit qui rend l’autre superflu)
- Générique (offres différentes pour différents besoins)
- À travers des industries différentes (Ex : Avion et TGV)
- Interne (dans une même industrie)

4) Le pouvoir des fournisseurs.


Le pouvoir des fournisseurs est élevé lorsque :
- Ils sont concentrés
- Les coûts de transfert sont élevés
- Le frs possède une forte image de remarque ce qui augmente
la difficulté de changement.
- Il existe des menaces d’intégration vers l’aval.

5) Le pouvoir des négociations clients.


Le pouvoir des clients peut être élevé lorsque :
- Ils sont concentrés : moins une entreprise a de clients plus ils
gagnent de pouvoir. (ex : Agriculteurs avec les grandes
surfaces).
- La concurrence est rude.
- Il existe divers autres sources d’approvisionnement (ce qui
implique un faible coût de transfert)
- Menace d’intégration vers l’amont.

103
Les choix stratégiques de l’Ese :
I. Les voies de Développement :
Cette étape de l’analyse stratégique concerne les choix faits par
l’etse au cas où elle serait amenée à se développer. L’entreprise peut
soit concentrer ses efforts sur une seule et même activité
(Spécialisation), ou aborder de nouveaux secteurs d’activités
(Diversification).
 La Spécialisation :
L’édition 1998 du Strategor la définit comme étant une voie de
développement qui ne concerne qu’un domaine d’activité bien précis,
sur lequel l’etse concentre tous ses efforts et se donne comme objectif
d’acquérir le meilleur niveau de compétences possible et d’en faire un
avantage concurrentiel.
Celle-ci impose aux entreprises d’ignorer leur potentiel de
diversification et de se concentrer sur leur domaine d’activité. L’etse
choisira aussi d’accroitre son expérience globale sur chacun des
facteurs clés de succès qui définissent son segment stratégique.
Selon le schéma d’analyse d’I.Anzoff, une etse qui se développe
par la spécialisation peut adopter trois démarches différentes :
- La pénétration de marché : consiste à se centrer sur le couple
Produits existants / Marchés existants, dans le but d’améliorer la
position de l’etse sur ces marchés existants.

- L’extension du marché : consiste à identifier et à exploiter de


nouveaux marchés pour des produits déjà existants.

- Le développement de produits : consiste à développer de


nouveaux produits sur des marchés existants.

104
Ces trois variantes de la spécialisation imposent à l’etse de garder
les mêmes facteurs clés de succès au sein du domaine d’activité et ne
nécessitant pas la mise en œuvre de nouvelles compétences
stratégiques.

a) Avantages de la spécialisation :
- engendre des effets d’expérience (avantage en termes de coûts)
- Facilite la prise de conscience de l’avantage concurrentiel sur
lequel l’etse base sa compétitivité
- Évite la dispersion des ressources et simplifie la gestion
- Crée une identité homogène et donne une image externe claire
b) Limites de la spécialisation :
- Entraîne des risques le DAS est en déclin
- Réduit l’innovation et limite la flexibilité

 La diversification :
Contrairement à la spécialisation, la diversification nécessite
l’utilisation d’un nouvel ensemble de savoir-faire propre au nouvel
environnement concurrentiel de l’activité dans laquelle l’etse pénètre.
Elle correspond aux mouvements stratégiques qui découlent d’un
changement de segment stratégique, c.-à-d. par la prise en compte de
nouveaux facteurs clés de succès.
Dans le cadre de la diversification l’etse peut adopter trois démarches
distinctes :

- Diversification géographique : L’etse cherche à s’attaquer à une


nouvelle zone géographique dans laquelle les facteurs clés de
succès sont différents de ceux de son marché.
- Diversification (ou intégration) verticale : L’etse cherche à suivre
une intégration vers l’Amont (Frs) ou l’Aval (Clt).
- Diversification horizontale ou totale : L’etse cherche à entrer
dans un nouveau domaine mais sur lequel elle possède déjà un
minimum de savoir-faire, ce mouvement de diversification n’est
105
pas aussi radical, d’où l’existence de la diversification liée
(cocentrique) qui implique que l’etse s’engage sur un DAS dont
elle possède au préalable des compétences managériales et
fonctionnelles; et de la diversification non liée (conglomérale),
dans ce cas-là l’etse pénètre des domaines d’activités différents
de son activité principale, en pratiquant une politique de
conglomérat et en s’appuyant sur un savoir-faire commun.

a) Avantages de la diversification :
- Réduction du risque
- Création de richesse par synergie
- Amélioration du portefeuille des DAS
- Développement de nouvelles compétences
- Plus grande flexibilité stratégique

b) Limites de la spécialisation :
- Ampleur des investissements
- Dispersion des ressources et compétences
- Manque d’unité entre les différentes activités impliquant une
perte d’identité
- Difficulté pour les dirigeants de connaître et de maîtriser leurs
différentes divisions
- Obstacles à la sortie

II. Les modes de développement :

Ces voies de développement peuvent être opérées par trois


modes de développement :

 Par croissance interne :


L’etse se développe par ses propres moyens, ainsi dans le
cas d’une spécialisation : elle concentre tous ses efforts pour accroitre
sa taille. De la même manière, dans le cas de la diversification, l’etse
106
concentre tous ses efforts pour innover et apprendre de nouveaux
métiers.

 Par croissance externe :


Pour ce type de croissance, l’etse cherche à se développer
rapidement par l’unes des manœuvres stratégiques. Dans le cas de la
spécialisation, l’etse s’efforce de racheter des concurrents pour
acquérir rapidement des parts de marché dans un secteur en maturité.
Et dans un développement par la diversification, l’etse tente même de
racheter d’autres etses appartenant à d’autres domaines d’activité
pour acquérir rapidement les compétences d’un nouveau secteur.

 Par croissance conjointe :


Dans ce mode là l’etse cherchera à se développer rapidement par
le biais de stratégies de coopération. Lorsqu’il s’agit d’une
spécialisation, l’etse s’efforce de s’allier aux concurrents pour acquérir
rapidement des parts de marché dans un secteur en maturité. Pour la
diversification, l’etse tentera de s’allier à d’autres etses appartenant à
d’autres domaines d’activités pour encore une fois acquérir
rapidement les compétences d’un nouveau secteur.

III. Les manœuvres stratégiques :

Dans la cadre de son expansion et de sa croissance, l’etse devra


entreprendre différentes manœuvres stratégiques, celles-ci peuvent
être séparées en :

1) Les fusions et acquisitions stratégiques :


La fusion consiste à dissoudre deux ou plusieurs etses au profit
d’une unique nouvelle etse (A + B = C). En ce qui concerne la fusion-
absorption, cela consiste à racheter des concurrents pour intégrer
leurs parts de marchés.

107
Le principal argument de ces manœuvres de fusion est le souci de
synergie (la création de valeur supplémentaire qui résulte de ce
regroupement et qui n’aurait pas pu voir le jour sinon).

En fonction des voies de développement (Spec. Ou Divers.), on


distingue quatre types de d’acquisitions :
- L’Horizontale : Il s’agit d’un rapprochement entre etses
concurrentes ou potentiellement concurrentes, ce qui permet
d’augmenter les parts de marché d’une part, de réaliser des
économies d’échelles et de renforcer le pouvoir de marché des
etses.

- La Verticale : elle consiste à racheter une etse au sein de la filière,


permet d’améliorer l’efficacité de la nouvelle entité, par
l’internalisation des opérations, ce qui génère des ecos sur le
plan technique et accroit le pouvoir de l’etse sur le marché.
- De diversification liée : impliquant deux etses de domaines
différents mais ayant des activités présentant des similarités;
permet le partage de certains coûts et savoir-faire, ce qui permet
également à l’acquéreur d’améliorer sa position sur le marché.

- La Conglomérale : Impliquant des etses sur des secteurs n’ayant


aucun lien, son objectif est de parvenir à un équilibre financier
global. Les complémentarités financières existantes entre
activités très différentes peuvent fournir un pouvoir de marché
accru.

2) Alliances stratégiques :
Il s’agit d’une association entre 2 ou plusieurs etses
concurrentes, ou potentiellement concurrentes dans le but de mener
à bien un projet ou une activité spécifique, en mettant en commun les
compétences, les moyens, et les ressources nécessaires.

108
La Joint-Venture est le fait de s’allier par la création d’une
nouvelle entité juridique, c.-à-d. une filiale commune distincte des
etses partenaires.
On distingue trois types d’alliances :
- Les complémentaires, les entreprises partenaires ont des
compétences de nature différente, l’une exploite le réseau de
dist. et l’autre la commercialisation du nouveau produit.

- De Co-intégration : celles-ci unissent des firmes dans le but de


réaliser des économies d’échelles sur un composant ou un stade
du processus de prod. isolé. Cet élément commun est ensuite
incorporé dans des produits qui restent propres aux etses.

- De Pseudo-concentration : Les entreprises s’associent pour


développer, produire, et commercialiser un produit commun.
Elles mettent en commun leurs savoir-faire, compétences, et
ressources similaires sans donner lieu à des fusions ou
acquisitions.

IV. Le développement international :

Le développement des etses peut dépasser les frontières


nationales, on assiste alors à un Développement international.

1) Approches de l’internationalisation :

- La Globalisation : Le marché mondial n’est plus qu’un seul et


même marché. Avec des produits et services standardisés à
l’échelle mondiale. Celle-ci repose sur une similitude des FCS
dans la plupart des marchés. Cette approche globale se base un
avantage concurrentiel valorisable partout dans le monde.

109
- La Localisation : c’est le cas des « Multinationales », qui prennent
en comptes les différences existantes entre les différentes zones,
elles sont donc amenées à s’adapter.

- La Glocalisation : Une sorte de compromis pour les etses


globales amenées à s’adapter aux demandes particulières des
différents marchés, Coexistence entre standardisation et
adaptation

2) L’internationalisation et les voies de développement :


Elle constitue une voie de développement particulière, elle peut
concerner un mouvement de spécialisation par expansion
géographique dans le cadre d’un marché global ou de marchés
présentant les mêmes caractéristiques; mais également une
diversification géographique dans le cas de marchés très différents
nécessitant la maitrise de nouveaux FCS.

3) L’internationalisation et les manœuvres stratégiques :


Dans le cadre de l’internationalisation deux manœuvres sont
mises en avant :

- Les acquisitions : qui représentent un moyen rapide


d’internationalisation, via l’achat de parts de marchés, de
technologies, de réseaux de dist. ou de marques.

- Les alliances : qui permettent de créer des liens privilégiés


avec des partenaires, pour accéder à des compétences et des
réseaux de dist. sans supporter le coût et la durée d’un
développement interne.

110
4) Les modalités de pénétration des marchés étrangers :
- Abstention de création d’une structure locale : dans ce
cas-là l’etse procède soit par une cession de licence
(technologique ou marque) à un partenaire local, ce qui lui
confère l’exclusivité sur le marché local. Ou, en ayant recours à
un importateur dans le pays visé, l’exportation sera le premier
pas de l’internationalisation, cela lui permet d’exporter des
produits développés et manufacturés dans son marché vers des
marchés étrangers sans modification importante du processus
de prod.
- La création d’une filiale dans le pays visé. L’etse a le choix
entre deux sortes de filiales : la première, la filiale commerciale,
etse à l’étranger à statut local, un moyen pour l’etse d’être en
prise directe avec le marché local et de contrôler sa politique
commerciale à l’étranger. La deuxième, la filiale intégrée,
consiste à délocaliser la prod. , pour se rapprocher des marchés,
ou pour contourner les barrières protectionnistes. Les fonctions
stratégiques restent cependant dans le pays d’origine.

111
Outil d’analyse : Le portefeuille d’activités.
En général, l’entreprise exerce diverses activités qui sont à des
stades différents du cycle de vie. L’ensemble constitue le portefeuille
d’activités. Les différents domaines concernés peuvent être analysés
à l’aide d’une grille matricielle qui permet de visualiser chacun des
domaines et de formuler une appréciation globale.
1) Méthode d’analyse du Boston Consulting Group : (BCG)
Cette méthode distingue quatre catégories de produits ou
d’activités ayant chacune leurs propres caractéristiques :
- Les dilemmes, ayant une petite part de marché mais avec une
forte croissance du marché, impliquant un cashflow négatif
élevé.

- Les vedettes, une importante part de marché accompagnée


d’une forte croissance du marché ce qui nous donne un faible
cashflow mais positif.

- Les vaches à lait, une importante part de marché accompagnée


d’une faible croissance du marché, impliquant un cashflow
positif élevé.

- Les poids morts, activités ayant une faible part de marché, dans
un marché ayant une faible croissance, impliquant un faible
cashflow négatif.

L’entreprise doit veiller à avoir un portefeuille de produits


équilibré. Au moyen de l’analyse BCG l’entreprise peut s’en faire une
opinion et adapter sa politique, parmi les actions à mettre en place on
trouve, en cas de :
- Dilemme : l’etse devra investir massivement pour devenir leader,
ou alors segmenter ou abandonner.

112
- Vedettes : l’etse devra maintenir sa position de leader, et investir
pour suivre le taux de croissance.
- Vaches à lait : l’etse devra rentabiliser l’activité, et investir un
minimum pour maintenir la position.
- Poids morts : l’etse devra abandonner l’activité ou la maintenir
sans investissements.

2) Méthode d’analyse de la matrice AD Little :

Cette méthode prend en compte deux variables principales :


- Le degré de maturité de l’activité : qui est lié au cycle de vie et
qui nous renseigne sur l’attrait du secteur.
- La position concurrentielle de l’entreprise : sur le domaine
d’activité (en fonction du degré de maitrise des facteurs clés de
succès).

Les prescriptions stratégiques de cette analyse sont :


- Le développement naturel pour les activités où l’entreprise a une
bonne position concurrentielle, ou les segments d’avenir.
- Le développement sélectif pour les activités à position
concurrentielle moyenne ou faible.
- Abandon total des activités non ou peu rentables et où la position
concurrentielle est faible.

3) Méthode d’analyse de la matrice McKinsey :

Celle-ci est construite à partir de deux variables :


- La position concurrentielle de l’entreprise à partir de ses Facteurs
Clé de Succès (Élevée/Modérée/Faible).
- L’attrait du secteur (Élevé/Modéré/Faible)

Les prescriptions stratégiques de cette analyse sont :


113
- Se développer dans les zones où la valeur de l’activité et la position
concurrentielle ont intéressantes.
- Se maintenir en rentabilisant les activités dans les zones
moyennes du fait de leur valeur ou de leur position
concurrentielle.
- Se retirer partiellement ou totalement des zones faibles.

114
LE MARKETING
La politique marketing s’appuie sur une politique de construction de
l’offre, et une politique de soutien de celle-ci.

CONSTRUCTION DE L’OFFRE :
Construire l’offre marketing revient à passer par 3 étapes :
1) Analyser la demande par le biais de sondages, d’enquêtes
d’opinion, et ce afin de stimuler la demande et de s’assurer de
l’efficacité des actions et des orientations de la stratégie
marketing.
2) Segmenter le marché afin d’identifier les attentes des
consommateurs selon différents critères ; âge, sexe, milieu
socioculturel…
3) Agencer une gamme de produits en vue d’adapter la stratégie
LONGUEUR aux attentes des consommateurs, et ce selon une stratégie en
DE LA largeur (++ produits spécialisation de la gamme) ou en
GAMME :
Même usage longueur (++ types diversification de la gamme).
du pdt, mais
avec des
fonctions
différentes.

Modèle 1
Modèle $ LARGEUR DE
LA GAMME :
Modèle 2 Déclinaison
Modèle A des options
et des prix.

Modèle # Modèle 3

115
POLITIQUES DE SOUTIEN :
Comment faire en sorte que le produit réponde à un besoin chez le
client, ou mieux encore ; qu’il crée ce besoin ?
C’est là le rôle du mix-marketing (Jérôme McCarthy - 1960), qui
englobe :

LE
PRODUIT LE PRIX
(qualité)

LE CANAL DE
DISTRIBTION
(communication)

La mise en place du mix-marketing tient compte en premier lieu du


cycle de vie du produit :

Distribution Comm.
LANCEMENT Prix élevé
séléctive informative

Extension de
Tendence à la Comm.
CROISSANCE baisse
la
persuasive
distribution

Distribution
MATURITE Prix bas
intensive
Fidélisation

Distribution Comm.
DECLIN Prix bas
intensive informative

116
1) LE PRIX
Il existe trois méthodes de fixation des prix6, et ce selon la stratégie
qu’entreprend la firme et les facteurs internes et externes qui
l’impactent.
- Le prix psychologique7 : il s’agit, à travers des sondages, de
définir une fourchette de prix afin de réaliser un bon rapport
qualité/prix.
- Le prix magique : fixer un prix non arrondi pour donner
l’impression d’une bonne affaire. (ex : 9.90 au lieu de 10)
- L’élasticité prix : application de la formule (Δ Prix)/(Δ Demande)
Si < 0, alors ++P = -D Si [0,1[, alors il y a peu ou pas
Si >0, alors +P = +D d’impact sur D.

Il est à signaler qu’en cas de faible concurrence, l’entreprise doit


tenir compte :
 De son coût de production si son activité est industrielle
(prix = coût + marge)
 De son taux de marque (marge / prix de vente) et de son taux
de marge (marge / prix d’achat) qui agissent comme des
coefficients multiplicateurs.

Compte tenu de ces éléments, le prix convient d’être élevé ou faible


selon que l’entreprise suit :
Une politique d’écrémage : produit de luxe, prix élevé
Une politique de pénétration : prix bas, parts de marché rapide.

6
A mettre en relation avec les données fournies par le modèle de PORTER, le cycle de vie, l’image de
l’entreprise et les coûts de production.
7
Se référer en fin de fiche aux calculs des indices Paasches et Layspers.

117
Une politique d’alignement : prix idem que ceux de la concurrence.
Une politique de différenciation : prix modulable en fonction de la
saison, de la clientèle …

2) LA COMMUNICATION :
Afin que l’offre crée la demande, il est nécessaire d’accompagner
la politique de prix par une politique de communication, en vue de
susciter un sentiment de besoin chez le consommateur.
La stratégie consiste en une démarche tridimensionnelle,
répondant aux interrogations suivantes ;

- Qui cibler ? ---» Diagnostic commercial, segmentation


marketing, classification des clients.

- Sur quoi communiquer ? ---» Définir le message à transmettre


sur l’entreprise, l’image à faire véhiculer, définir également un
budget communication.

- Comment communiquer ? ---» Choisir entre corporate


communication (B to B) et communication commerciale (B to
C). Gare aux contraintes juridiques (neuromarketing,
dénigrement…).

Sur ce, l’on distingue 2 techniques de ventes :


 La communication vente : faire connaître et vendre le produit,
par le recours à la publicité dans les médias, et hors média par

118
le recours l’objet (échantillon gratuit), par le prix (réductions),
soit par l’animation (tombola).
 La promotion des ventes : organiser des actions commerciales
limitées dans le temps pour stimuler les ventes. Il s’agit d’une
stratégie de push, qui consiste à pousser le client vers le
produit (impact immédiat).
 Si ces actions créent une modification dans l’attitude de la
cible, ou dans son comportement d’achat, alors la politique de
communication peut être qualifiée de réussie.

3) LA DISTRIBUTION :
La distribution renvoie à la gestion optimale de la logistique du
produit, en vue de le parvenir au consommateur en temps et en
heure.
A chaque phase du cycle de vie du produit correspond une technique
de distribution spécifique, en vue d’une couverture optimale du
marché cible :

119
La distribution intensive : vendre le plus possible
dans une zone géographique déterminée.
• Croissance et maturité.

La distribution sélective : vendre sur un nombre


restreint de points de ventes.
• Lancement, croissance, déclin.

La distribution exclusive : vendre sur un unique point


de vente.

 Lancement

Celle-ci peut se faire par le biais de


canaux ou de réseaux de distribution8, où le produit arrive chez
le client :
- De manière directe : l’entreprise productrice vend sans
intermédiaire au client.
(+ marge, offre personnalisée / - coûts, stocks, force de vente
qualifiée)
- Par un circuit court : l’entreprise vend à un détaillant qui se
charge de la vente finale.
(+ Qualité de services, coopération / - stocks, insolvabilité,
rentabilité)
- Par un circuit long : l’entreprise vend à des grossistes, qui eux-
mêmes vendent à des semis grossistes, qui eux-mêmes vendent
à des détaillants qui se chargent de la vente finale.
(+ Force de vente réduite, idem pour les frais de stocks et de
transport / - effet écran, pression sur les prix).

8
Avec internet, on ne parle pas de disparition mas de réaménagement des canaux de distribution.

120
A souligner que le choix du canal de distribution optimal se fait
selon plusieurs critères, relatifs à la nature du produit, de la
stratégie marketing, du budget alloué…
Le canal de distribution peut être intégré à par une seule
entreprise (système marketing vertical), ou bien par coordination
entre distributeurs et une entreprise de poids9 (systèmes
contrôlés), ou encore par alliance pour exploiter le même marché
10(systèmes marketing horizontaux). Certaines entreprises

choisissent une distribution multi-circuits11 Du fait de la


fragmentation des marchés et de la multiplicité des réseaux.

Compte tenu de la complexité de la complexité de la relation


producteur-distributeur, des conflits d’intérêts peuvent
apparaître. La solution résiderait alors dans le trade marketing.
C’est la mise en œuvre de moyens synergiques pour l’intérêt
commun de la marque du fournisseur et de l’enseigne de
distribution.

9
On parle alors d’entreprise virtuelle, à l’image de NIKE.
10
Cas de Mercedes - Swatch.
 11 Jusqu'en 1981, IBM ne vendait qu'à travers sa force de vente. Lorsque l‘Ese commercialisa des
micro-ordinateurs, ce système n'était plus viable, compte tenu du coût d'une visite. IBM adjoignit à sa
force de vente 18 nouveaux circuits allant des revendeurs à la vente par correspondance.

121
ANNEXE ; LES OUTILS DE LA GESTION COMMERCIALE

LES INDICES : (A2/A1)*100. Il existe deux types d’indices de


mesure de l’inflation ; Paasches, qui se calcule par rapport à
l’année précédente et Layspers, qui se calcul par rapport à
une année de base.

LE PRIX PSYCHOLOGIQUE :
Prix Qualité insuffisante Prix trop élevé Acheteurs
proposés potentiels
Nombre % % c ↘ Nombre % %c↗ 100-(A+B)
(Col 1) (col A) (Col 2) (col B)
% Le % Le
cumul cumul
des % des %

PREVISION DE LA DEMANDE ET DU CA :
1- Calcul du CA moyen par période 2- Moyenne des trimestres
3- Calcul coeff saisonniers (1-/2-) 4- CA en N+1 * coeff tr.
5- Analyse : coeff 1 » ---» saisonnalité durant la période.

L’AJUSTEMENT LINEAIRE : utilisé pour les prévisions.

LE COEFFICIENT DE CORRELATION : donne un aperçu sur le


degré de corrélation de deux variables.

122
LES SYSTEMES D’INFORMATION

L'acronyme ERP signifie "Enterprise Ressource Planning" traduit en


français par Progiciel de Gestion Intégré ou PGI. Emanant d'un
concepteur unique, un ERP est un progiciel qui permet de gérer
l'ensemble des processus d'une entreprise intégrant l'ensemble de
ses fonctions comme la gestion des ressources humaines, la gestion
financière et comptable, l'aide à la décision, la vente, la distribution,
l'approvisionnement, …

Le principe fondateur d'un ERP est de construire des applications


informatiques correspondant aux diverses fonctions citées
précédemment de manière modulaire sachant que ces modules sont
indépendants entre eux, tout en partageant une base de données
unique et commune au sens logique.

Pour qui ?
Les ERP sont principalement destinés aux grandes entreprises ou
multinationales du fait d'un coût important. Cependant, le marché
des ERP tend à se démocratiser vers les PME/PMI. Certains éditeurs
conçoivent un ERP uniquement pour ce type de structure. Enfin, il
existe des ERP open source ce qui revient moins cher, puisqu'il n'y a
pas de coût de licence (ils sont gratuits). En revanche, il faut inclure
dans le calcul du coût d'acquisition total, les frais de maintenance et
l'assistance technique.

123
"A quel besoin de gestion et de management répond un PGI ?
Quel avantage compétitif peut apporter un PGI pour mon
Business ?"

La mise en œuvre d’un PGI est accompagnée d’une démarche stratégie


et organisation visant à mieux satisfaire les clients. Un PGI n’est pas
seulement une solution pour réduire les coûts, mais une solution pour
survivre et améliorer sa performance globale (qualité, délais, coûts).
Ce sont les gains de qualité et de délais, essentiels pour survivre en
affaires aujourd’hui, qui sont la vraie valeur ajoutée apportée par un
PGI
Concrètement, les avantages de la mise en place d'un ERP sont les
suivants:
 L'intégrité et l'unicité du SI, c'est à dire qu'un ERP permet une
logique et une ergonomie unique à travers sa base de données,
elle aussi unique au sens "logique". Ceci se traduit par le fait
qu'il peut exister plusieurs bases de données "physiques" mais
celles-ci respectent la même structure. En bref, un ERP permet
d'éviter la redondance d'information entre différents SI de
l'entreprise.

 L'utilisateur a la possibilité de récupérer des données de


manière immédiate, ou encore de les enregistrer. Un avantage
important, les mises à jour dans la base de données sont
effectuées en temps réel et propagées aux modules concernés.

 Un ERP est un outil multilingue et multidevise, il est donc


adapté au marché mondial, en particulier aux multinationales.
Pas d'interface entre les modules, il y a synchronisation des
traitements et optimisation des processus de gestion. De même, la
maintenance corrective est simplifiée car celle-ci est assurée
directement par l'éditeur et non plus par le service informatique de
l'entreprise. (Celui-ci garde néanmoins sous sa responsabilité la

124
maintenance évolutive: amélioration des fonctionnalités, évolution
des règles de gestion, etc.).
 Un ERP permet de maîtriser les stocks, élément important pour
la plupart des entreprises car les stocks coûtent chers

Mais l'implantation comporte plusieurs risques:


- organisationnels (le progiciel et l'organisation de l'entreprise
doivent cohabiter),
- de mise en œuvre (au niveau formation utilisateur),
- fonctionnels (fonctions offertes par le progiciel par rapport aux
fonctions attendues),
- techniques.
- , contractuels entre l'éditeur et l'entreprise
- risques économiques du fait de l'investissement.

Conduite du changement, formations ERP


Le projet d’implémentation du SI ne pourra véritablement fonctionner
que si les utilisateurs finaux adhèrent à ce nouveau progiciel qui leur
est imposé et qu’ils acceptent de modifier leurs façons de travailler.
Les rôles et responsabilités peuvent être à même d’évoluer avec ce
nouvel outil.
Comment alors préparer les futurs utilisateurs ?
Sensibiliser les utilisateurs en leur présentant :
 Les bénéfices de l’ERP dans leur travail quotidien, le temps qu’ils
gagnent, les simplifications et optimisations apportées
 Une formation pédagogique, basée sur la pratique de l’outil en
direct sur des ordinateurs prévus à cet effet dans les salles de
formation.
 Des supports de formation détaillés avec de nombreuses copies
d’écran pour que les utilisateurs ne se sentent pas perdus la
première fois qu’ils devront utiliser le nouvel ERP.

125
Dans certaines grandes entreprises, la formation des utilisateurs se fait
en plusieurs étapes : des formateurs (souvent des consultants ERP qui
après avoir participé à plusieurs implémentations de SI, se
reconvertissent dans la formation ERP) forment d’autres formateurs,
nommés alors « super-user ». Ces derniers forment alors les « end-
user », c'est à dire les utilisateurs finaux.

126
GRH
Il est important de faire converger les objectifs de l’entreprise et les
motivations des salariés.
Il faut que le capital humain comme le capital technique soit «
rentable ». Mais le capital humain est plus important que le capital
technique car il est plus créateur. De fait, la fonction GRH englobe ;
- LA GPEC
- LE RECRUTEMENT
- LA FORMATION
- LA REMUNERATION
- LE DIALOGUE SOCIAL

Objectifs et enjeux :
– Définir et mettre en œuvre la politique sociale.
– Gérer les plans de carrière (formation, mobilité, promotion) pour
améliorer les performances économiques.
– Gérer de façon préventive et immédiate les mouvements de
personnel (recrutement, départ en retraite, licenciement, démission
à partir des indicateurs de turn-over) afin de les adapter aux besoins
quantitatifs et qualitatifs de l’entreprise. (Rôle de la GPEC).
– Créer et maintenir un climat social propice à un investissement du
personnel. Pour cela, il faut négocier avec les partenaires sociaux,
prévenir les conflits. Il faut également établir un climat de confiance
par la communication.
– Gérer le facteur coût du personnel (salaire brut et charges
patronales) en arbitrant entre motivation des salariés et impact sur la
compétitivité-prix de l’entreprise.
– Plan d’accompagnement des projets internes et externes
(internationalisation, fusion, etc.).

127
L’enjeu est donc de motiver les salariés, de préserver la qualité du
climat social ainsi que la compétitivité de l’entreprise, tout en
favorisant une bonne communication interne.
GPEC :
Tout comme en comptabilité, il n’est plus suffisant de constater a
posteriori, les mouvements des postes d’actif et de passif. Il faut
également établir des prévisions. Le travail est un capital et il doit
être considéré comme un investissement aussi important pour ne pas
dire plus important que le matériel.

La gestion prévisionnelle de l’emploi a pour objectif d’ajuster à


l’avance les ressources et les besoins en personnel. Cet
ajustement se fait de manière quantitative (en nombre d’ouvriers,
de cadres, d’employés et de cadres) mais aussi de manière
qualitative.
Généralement, la GPEC se fait grâce à une projection sur 3 à 5 ans
par laquelle l’entreprise essaie d’évaluer les sorties de personnel et
les modifications de la pyramide des âges. À partir de ces sorties, la
GPEC doit permettre à l’entreprise de disposer en temps et en lieu du
salarié motivé et compétent dont elle a besoin.

Au niveau quantitatif


La gestion prévisionnelle a pour but d’éviter les sureffectifs et les
sous-effectifs à l’aide de ratio (ratio de l’évolution du niveau
d’emploi).
Les sureffectifs sont une charge pour l’entreprise lorsque l’effectif
(nombre de personnes employées par l’entreprise à un moment
donné) dépasse les besoins en personnel, l’entreprise est en situation
de sureffectif. C’est le cas lorsque l’économie tourne au ralenti.

128
Il en résulte :
– une augmentation des coûts pour l’entreprise car elle continue à
rémunérer les salariés alors que la production doit être réduite,
– des licenciements avec leurs conséquences économiques,
humaines et sociales. D’où la recherche de flexibilité, c’est-à-dire de
souplesse dans la gestion des effectifs pour adapter le mieux possible
le volume de main-d’œuvre au niveau de l’activité (flexibilité).

Les sous-effectifs sont également un risque pour l’entreprise


lorsque l’effectif est inférieur aux besoins en personnel, la
charge de travail est plus lourde pour chaque salarié.
Il en résulte :
– des mécontentements de la part de ceux qui doivent en faire
davantage,
– un mauvais climat dans l’entreprise,
– des risques de retard dans les livraisons ou des malfaçons qui
peuvent entraîner la perte des clients.
D’où l’embauche d’un personnel supplémentaire permettant de
réduire l’écart entre les ressources et les besoins en personnel, mais
le niveau élevé des coûts salariaux freine parfois l’embauche de
nouveaux salariés par l’employeur au profit du travail temporaire et
des contrats à durée déterminée entraînant une précarité du travail.

129
Au niveau qualitatif
L’entreprise doit pouvoir disposer à tout moment d’une main-
d’œuvre compétente et motivée. Les compétences de chacun
doivent être utilisées au mieux, c’est-à-dire ni surestimées ni sous-
exploitées.
– Compétences surestimées = risques d’erreur et conflits avec les
contrôleurs.
– Compétences sous-exploitées = démotivation et frustration du
salarié,
= gaspillage des capacités.
Par ailleurs, l’évolution inévitable des emplois liée à l’évolution
technologique entraîne une modification des compétences. La
formation doit alors permettre :
– les adaptations nécessaires en relevant le niveau moyen des
qualifications des salariés en place,
– la préparation des reconversions éventuelles,
– l’insertion des personnes peu qualifiées.
Mais pour que le personnel s’adapte, encore faut-il qu’il ne soit pas
trop vieux. Par contre le personnel ancien dispose d’une certaine
expérience non négligeable.
Effet de noria et effet de GVT au niveau de la pyramide des ges de
l’entreprise.

130
LE RECRUTEMENT :
Le recrutement est l’opération par laquelle une entreprise cherche le
personnel dont elle a besoin. L’opération de recrutement comporte
deux enjeux fondamentaux :
– choisir les meilleurs candidats possibles pour les postes à pourvoir ;
– optimiser les coûts du recrutement.
Choisir les meilleurs candidats pour les postes à pourvoir le personnel
étant le meilleur investissement pour une entreprise, le recrutement
est un acte important dans un univers concurrentiel. La
problématique c’est de trouver dans les nombreux candidats à
l’embauche celui dont les compétences seront en adéquation avec le
profil de poste. Le choix des meilleurs candidats se fait dans un esprit
de communication interne et externe (il faut savoir attirer les
meilleurs) parce que le nombre de candidats bien adaptés au poste
est toujours faible.
Optimiser les coûts de recrutement les frais de recherche et de
formation peuvent être assez facilement évalués. Par contre, les
coûts d’intégration et ceux liés à l’inefficacité immédiate sont très
délicats à appréhender.
C’est pourquoi, le recrutement sera plus ou moins cher, selon le type
de recrutement.

Les étapes du recrutement :


Étape 1 : Analyse du besoin de main-d’œuvre Définition du poste
établissement du profil de poste
Étape 2 : Recrutement recherche des sources moyennes de
recrutement

131
Étape 3 : Recueil de candidatures Présélection (analyse des Cv, des
lettres) Convocation à un entretien et à des tests
Étape 4 : Entretien sélection
Étape 5 : Réflexion
Étape 6 : Décision
Contrat de travail
Étape 7 : Accueil intégration

LES MODES DE RECCRUTEMENT

132
LA FORMATION :
OBJECTIFS :
– adaptation des travailleurs aux évolutions de l’environnement
technique, produits et machines intégrant de plus en plus de
technologie) et de l’économique (exigence de plus en plus grande des
consommateurs) ;
– action de réinsertion pour les salariés dont le métier a disparu
(fermeture des mines de charbon par exemple) ;

Initiative de la formation
L’initiative peut provenir de l’employeur (par l’intermédiaire de son
plan de formation)
Il faut prévoir un plan de formation qui définit les besoins, les
moyens et le calendrier des stages.
– détection des besoins :
– exprimés par le personnel (spontanément ou en réponse à une
enquête) ;
– détectés par l’analyse de l’évolution prévisible des postes de travail,
par la prise en compte de mutations de l’environnement.
– réalisation des propositions avec un calendrier :
– en interne : par l’entreprise elle-même, c’est-à-dire par des salariés
qui deviennent temporairement formateurs des autres ;
– en externe : organisme de formation qui ne concerne que
l’entreprise (intra-entreprise) ou des stagiaires d’entreprises
différentes (interentreprises) ;

133
– Types de formation :
– adaptation et perfectionnement ;
– promotion professionnelle ;
– prévention ;
– conversion. A noter que les entreprises développent de plus en plus
l’apprentissage et la formation en alternance.
L’initiative peut provenir des salariés
Les salariés ont le droit de demander une formation sous forme de
Cif (congé individuel de formation) ou d’un dif (droit individuel de
formation) :
– demande d’un Cif auprès de l’employeur à la demande du salarié.
L’employeur peut repousser le départ selon les besoins mais ne peut
pas refuser définitivement puisqu’il s’agit d’un droit du salarié ;
– demande d’un dif (droit individuel à la formation) auprès de
l’employeur mais il nécessite une négociation entre l’employeur et le
salarié sur les conditions.

134
LA REMUNERATION :
Juridiquement la rémunération est la contrepartie du travail du
salarié.
Économiquement :
– pour le salarié, c’est souvent son seul revenu (revenu de son
activité). Cette rémunération a donc une vocation alimentaire ;
– pour l’employeur c’est un coût.
Socialement :
– pour le salarié c’est un élément de motivation ;
– pour l’État, c’est un élément de politique économique (puisque
l’État fixe le SMIC).
La rémunération du salarié comprend à la fois des
rémunérations individuelles (primes, avantages en nature) et des
rémunérations collectives (participation aux bénéfices, épargne
salariale…).
Pour des conditions de sécurité économique, le salaire fixé
uniquement au rendement a tendance à disparaître (sauf pour les
représentants mais il faut respecter une partie fixe).
– Par contre, la part variable tend à devenir de plus en plus
importante et individualisée. C’est ce qu’on appelle le salaire au
mérite. Il a pour but de récompenser les efforts faits par le salarié.
Néanmoins cette individualisation, si elle peut motiver le salarié, peut
être source de conflits. Il n’est pas toujours facile pour l’employeur
de déterminer et d’appliquer de façon équitable ce salaire au mérite
individuel. Les syndicats n’apprécient pas cette forme de
rémunération car elle échappe à leurs prérogatives et peut faire
l’objet d’arbitraire.

135
136
CULTURE G

137
Là commencent les emmerdes haha ! L’ennemie juré quasiment TOUS
les préparationnaires, c’est la culture générale, sous tous ses aspects ;
contraction, dissert et synthèse !
Et pourtant, ça compte. Les coefficients cumulés des épreuves
contraction (synthèse) et dissert varient entre 5 et 7, de quoi vous
faire bien plonger, ou vous tirer vers le haut comme jaja !
Il n’y a pas de secrets ; il faut maîtriser la méthodologie et s’entraîner
énormément.

- CONTRACTION
- SYNTHESE
- DISSERT

138
CONTRACTION
La contraction HEC est réputée pour sa difficulté. Les textes font 6
pages en moyenne, et il n’est pas toujours facile de s’y retrouver
au bout de 20 minutes. C’est pourquoi je vous conseille de
procéder de la manière suivante ;
J’avais un problème avec la contraction ; je lisais tout le texte et
notais au fur et à mesure. Mais je me noyais au milieu, et je
perdais toujours le fil conducteur. C’est pourquoi je vous
recommande de
1er brouillon :
- Prenez le premier paragraphe. Lisez-le en entier, et notez sur
une feuille de brouillon les idées que vous avez retenues. Pas la
peine d’écrire des phrases entières, seulement des tirets.
- Refaites la même chose pour tous les paragraphes suivants.
- Si vous ne comprenez pas un paragraphe, relisez-le 2 ou 3 fois.
Notez ce que vous avez compris, et passez. Les paragraphes
suivants devraient apporter un éclaircissement.
- Si les exemples illustratifs sont à éliminer, les exemples
argumentatifs doivent être pris en compte. Un exemple est dit
argumentatif lorsque l’auteur développe tout un argumentaire
autour de la thèse d’un autre auteur. (ex. « Nietzsche avait
raison de dire que… »)

2e brouillon :
- Après avoir lu l’intégralité du texte, et pris note des
informations nécessaires, le temps est à « l’assemblage » des
idées, et à la rédaction de paragraphes, avec des phrases
simples.
- N’oubliez pas d’intégrer les exemples argumentatifs, et de citer
les auteurs mobilisés.
139
- Vous aurez enfin une idée sur le nombre de mots.
3e brouillon :
- Le dernier avant le propre. Il sert à mettre en place les derniers
réglages et réajustements.
SYNTHESE
3 textes sont proposés autours d’un sujet commun (non apparent).
L’objectif est de développer une vision croisée des thèses présentées
par les textes.
Il existe toujours un texte plus complexe que les autres, auquel il faut
accorder plus de temps et de concentration.
1er brouillon :
- Prenez votre feuille en paysage, et tracez un tableau que vous
diviserez en trois cases.
- Lisez les textes un à un, et notez les idées les plus importantes.
- Prenez trois stylos de couleur, et reliez les idées que vous
jugées complémentaires et/ou opposées.
2e brouillon :
- A la lumière de votre tableau et des idées en commun, rédigez
votre premier paragraphe.
X concidère que …, dès lors que Y affirme que … . Quant à Z, il
pense que …
- Rédigez la sous-problématique de votre paragraphe, sous forme
de question.
- Refaites cela avec les 2 autres paragraphes restants.
- Rédigez en dernier lieu la problématique générale (question).
Pensez à diversifier les verbes qui servent à introduire les auteurs.
Pas d’introduction, conclusion optionnelle. Pas de transition. Toutes

140
les sous-problématiques doivent être formulées sou forme de
questions.

141
Exemple ; SYNTHESE ESCP 2012
La prison garantie-t-elle la justice ?
I - Pourquoi recourir à la prison ?
Pour BECCARIA, la prison, qui punit les délits de moindre importance,
rapproche d’avantage le citoyen de la loi à laquelle il est soumis, bien
plus que ne le fait le châtiment public pour les grands délits. (50)
FOUCAULT, lui, voit en la prison plus qu’une sanction disciplinaire, un
outil de violence idéologique, en matant les criminels, les remets sur le
droit chemin. Quant à BROSSAT, il affirme que la prison va jusqu’à créer
une frontière entre deux sortes d’hommes ; les vertueux et les
malhonnêtes, évitant tout (100) risque de contamination.
II - Quel rôle pour la prison ?
BROSSAT évoque le rôle préventif du système carcéral ; tout individu
étant un criminel potentiel, elle constitue un moyen de purification de
la sauvagerie humaine innée. BECCARIA distingue, en plus de ce rôle
préventif, un rôle coercitif où le (150) criminel doit répondre de ses
actes. Enfin, FOUCAULT insiste sur le rôle de la prison, à la base de sa
légitimité ; à la fois moral, dans la mesure où elle change l’individu, et
social car privé de sa liberté et de son temps, le criminel paie sa
« dette » (200) envers la société.
III – La prison est-elle efficace ?
FOUCAULT constate qu’en dépit des réformes pénales introduites
au XVIIIe siècle, la prison demeure le moyen de punition privilégié
des sociétés contemporaines ; châtiment civilisé, le fait qu’on ne
puisse s’en passer prouve son efficacité. BROSSAT n’est pas du
même avis (250) ; le faux clivage entre hommes malhonnêtes et
vertueux ne dépouille pas ceux-ci de leur violence innée, d’où la
nécessité, pour BECCARIA, d’encadrer la pratique juridique, de telle
sorte que des normes soient instauré pour définir si un homme
devrait être ou non emprisonné. 293 MOTS.
142
DISSERT
Le volet le plus complexe et le plus important de cette section. Sans
une bonne organisation, il est rare d’atteindre 14/20. D’où l’intérêt de
savoir travailler efficacement.
Le thème, qui doit-on le rappeler, qui est un thème de culture
générale (et non de philosophie, ce serait trop simple !), doit
mobiliser de nombreuses références, aussi bien littéraires que
philosophique et artistiques. De ce point de vue-là, ce ne sont pas les
bouquins qui manquent, mais histoire de ne pas faire face à des
ouvrages incompréhensibles, je vous en conseille deux en particulier ;
- 20 DISSERTATIONS SUR … (couverture jaune)
- 50 DISSERTATIONS SUR … (Ed. ELLIPSES).
Je détaillerai plus loin la manière dont il faut les employer. Deux
ouvrages, ça peut vous paraître peu, mais croyez-le, c’est largement
suffisant pour qui se donnera le temps de travailler la culture G !

METHODOLOGIE :
La dissertation de culture générale est composée de 3 parties ;
I - Affirmer le sujet : Cette partie est la plus simple car très
descriptive. Il est aisé de mobiliser les auteurs en accord avec la
problématique soulevée par le sujet. Facilité dont il faut se méfier ;
cette partie de doit pas être plus longue que les autres.

II - Infirmer le sujet : Il s’agit d’ouvrir un nouvel horizon intellectuel,


un questionnement sur le bien-fondé des opinions et idées exposées
en première partie. Cette critique doit permettre d’explorer les
aspects les moins apparents de la problématique, et de donner
toute son importance à votre travail.

143
III - Dépasser le sujet : Face à cette situation de blocage et
d’incertitude dans laquelle nous nous sommes retrouvés (la critique
en 2e partie a fait table rase de ces certitudes), il faut trouver le
moyen de trouver une issue à la problématique soulevée.
Généralement, il s’agit de faire intervenir autre sous thème, qui
constitue l’alternative au problème soulevé.

Ce n’est pas fini ! Chaque partie se compose de sous-parties (2


minimum, 3 maximum).Chaque sous partie doit faire référence ;
- Soit à un philosophe
- Soit à un artiste ou un travail artistique
- Soit à un écrivain ou poète.
Aussi je vous conseille de procéder ainsi ;

I • Philosophe
• Philosophe

II • Philosophe
• Artiste ou Ecrivain

• Philosophe

III • Philosophe
• Artiste ou Ecrivain

Si vous pouvez faire 3 sous parties par parties, allez-y, mais n’oublier
de bien mixer les références et de faire attention à l’équilibre
quantitatif entre les parties.

144
C’est là que les œuvres citées ci-haut interviennent ;
- 50 Dissert sert beaucoup pour tout ce qui concerne les
références littéraires et artistiques.
- 20 Dissert donne un plus de visibilité par rapport aux sujets
probables, et donne des idées de plan et de problématiques.
Perso, pour mes fiches, je prenais un sujet dans 20 Dissert. Je lisais la
dissertation rédigée, prenait certains paragraphes qui me plaisaient,
tout en notant les références mobilisées (auteurs).
J’ouvrais alors 50 Dissert, et cherchais, dans le volet « philosophie »,
les références que j’avais notées. Puis, en relation avec le sujet que
j’avais choisi de travailler, je travaillais une référence artistique et une
référence littéraire.

Au final, ça ressemblait à ça (plus ou moins :p)

145
NATURE ET MORALE

1/ La morale provient de la nature

- ROUSSEAU : Discours sur l’origine et les


fondements de l’inégalité.

 Le regarde sombre que pose Rousseau sur


la société contemporaine va contre les
idées de son temps (Les Lumières), et
implique que l’on se pose une question
essentielle : comment en sommes-nous
arrivés à un tel degré de dépravation ?

 La réponse à cette problématique implique


que l’on remonte à l’état originel de
l’homme ; l’état de nature.
C’est l’abandon de cette vie naturelle,
symbolisée par la liberté et l’insécurité
qui a conduit l’humanité s’organiser en
sociétés.

 - En cet état de nature hypothétique,


l’homme, parce qu’il ne manque de rien,
ne se met pas en quête de ses semblables.
- C’est un solitaire qui cultive la
suffisance à soi en toute quiétude, son
instinct le poussant tout juste à la
reproduction de son espèce.
- Enfin, et parce qu’il est solitaire, il
ne peut se comparer aux autres et ne peut
développer cette passion de l’amour-
146
propre qui est le germe de la discorde
entre les hommes, tout comme il répugne
naturellement à voir souffrir ses
semblables (la pitié).

 - N’eut été des circonstances


défavorables dues à un « funeste
hasard », ayant entrainé la pénurie au
sein de la nature, l’homme n’aurait
jamais cherché à vivre en société.
- En développant leurs raisons et leur
savoir-faire, mais aussi leurs passions,
la société devient vite un espace
d’injustice, que les institutions
juridiques finiront par entériner une
situation d’asservissement dans laquelle
nous nous trouvons aujourd’hui.

Citations ;
« L’homme naît bon, c’est la société qui le
rend mauvais »
« L’homme naît libre mais partout il est
enchaîné »

147
- LEIBNIZ : Essais de Théodicée.

 Si la nature est bonne, qu’est ce qui


justifie la présence du mal? La parfaite
harmonie de la nature, nous dit LEIBNIZ.

 La présence du mal dans le monde


s’explique par le fait que Dieu réalise
le meilleur des mondes parmi l’infinité
des mondes possibles conçus par son
entendement.

 La présence du mal apparaît donc comme


raisonnable.
- LEIBNIZ ne nie pas l’existence du mal,
mais en rend compte en estimant que ces
maux trouvent leur justification dans
l’harmonie de l’Univers.

Citation ;
« Ces défauts apparents du monde entier, ces
taches d’un soleil dont le nôtre n’est qu’un
rayon, relèvent sa beauté bien loin de la
diminuer ».

148
2/ La nature amorale

- SPINOZA : Les principes de la philosophie de


Descartes. – L’Ethique.

 Qu’est ce qui est bien ou mal eu égard à


la nature ? Ces critères restent avant
tout liés à notre subjectivité nous dit
SPINOZA : la nature transcende tout
critère.

 Sortir de cette naïveté téléologique


requiert d’admettre que la disposition
nécessaire des choses s’est faite
indifféremment au bonheur ou malheur des
hommes.
- On plaint l’aveugle de ne pas voir, le
comparant au voyant comme si le choix
divin avait pu faire qu’il puisse voir.
- Or Dieu ou la nature n’est contraint
par rien d’extérieur à lui, mais agit en
vertu de son essence qui n’est que le
déploiement nécessaire de sa puissance.

 SPINOZA en appelle à l’exemple de


l’araignée pour démontrer que la facilité
ou la difficulté d’accomplir un acte
dépend davantage de la nature de l’agent
que de la tâche à réaliser.

 Notre nature corporelle n’a pas moins de


valeur que notre nature morale. La pensée
est l’ensemble d’idées (rationnelles) et
d’affects (les passions comme la
149
jalousie, la tristesse, etc.)
- Par conséquent, le présupposé des
moralistes d’après lequel il faut
endiguer toutes nos passions prétendument
mauvaises ou dévalorisantes, sous
prétexte qu’il ne sied pas à notre nature
humaine se laisse emporter par leur flux
est, pour ainsi dire, absurde. Les
passions et les affects sont naturels à
l’homme.

Citation ;
« L’araignée qui tisse facilement une toile que
les hommes ne pourraient tisser sans de très
grandes difficultés ; par contre les hommes
font très facilement un très grand nombre de
choses qui sont peut-être impossible aux
anges. »

150
- NIETZSCHE : Par-delà bien et mal. – Ainsi
parlait Zarathoustra.

 Pourrait-on aimer la nature si elle était


cruelle ?

 L’homme n’apprécie la nature que parce


qu’il lui applique sa propre morale,
c’est-à-dire mesurée, féconde et
certaine, telle que l’on décrit les
stoïciens.

 On ne peut de fait vivre conformément à


la nature, car pour vivre consiste à
juger, préférer, être injuste et limité,
indifférent.
- Chercher à la qualifier de bonne ou de
mauvaise est tout bonnement absurde ;
elle est, tout simplement.

 La science n’est pas en reste. NIETZSCHE


raillait, à travers « les lois de la
nature », l’orgueil des physiciens,
arguant qu’elles ne relèvent pas tant
« un état de fait » que « de
l’interprétation ».
- L’activité de connaissance est le
profond reflet de la pensée humaine, qui
semble satisfaire un appétit fondamental
d’appropriation, confondant organes
sensoriels et véritables outils de
connaissance.

151
 Si la nature est amorale, elle est à
l’origine d’un être immoral. L’homme
soumet son semblable à une domestication
qui réduit son existence à la médiocrité.
- Celle-ci ne s’est pas faite toute
seule, mais au travers d’un long
processus de violence et destruction,
entraînant la chute de nombreuses
civilisations.
– Même la pitié, qui passe pour
« sentiment naturel », n’est en soi qu’un
moyen pour les plus faibles de faire face
à l’oppression des plus forts.

Citations ;

« Imaginez un être pareil à la nature,


prodigue sans mesure, indifférent sans
mesure, (…) sans pitié ni justice (…).
Concevez l’indifférence elle-même comme
puissance ; comment pourriez-vous vivre
en accord avec cette indifférence ? »

« Ceux qui ont fait du loup un chien ont


fait de l’homme le meilleur animal
domestique de l’homme. »

152
3/ La culture moralise la nature

- ANNE CAUQUELIN : Est-ce bien la nature que


nous percevons dans le paysage ? Ou une
vision purement subjective, et donc
incomplète, de la nature ?

- Dans l’histoire byzantine, une


problématique similaire fut soulevée lors
de la guerre des icônes (723-843) ; Dieu ou
la nature peuvent-ils être représentés dans
une forme finie ? Pour Anne CAUQUELIN
(L’invention du paysage), un paysage semble
pour nous être une apparition immédiate de
la nature, dès lors qu’il est en fait une
construction intellectuelle, réglée par des
normes culturelles qui ont mis des siècles
à venir s’établir dans notre vision.

- Ainsi croyons-nous, au regard d’un paysage,


baigner dans l’évidente vérité du monde,
alors que nous reproduisons des schémas
mentaux « montés par des générations de
regards ; (…) extase qui ne s’applique qu’à
nos propres fabriques intellectuelles ».

- L’art, en organisant les apparences, prend


la nature réelle au piège d’une idée : la
Nature naturante, invisible en ses lois et
ses actes, mais visible en leurs effets.
Celle-ci est objectivée par la vision du
spectateur, dont l’imagination travaille
sous la dictée inconsciente d’un tableau.
Par la médiation de l’image, la pure
extériorité devient intériorité, d’où un
153
sentiment, une impression de perfection
esthétique.

- L’œil en ce sens est « fenêtre », où l’âme


réduit sa visée pour empêcher le réel de
déborder de partout. Dans ce
rétrécissement, la nature s’humanise,
rendant possible notre rapport à la chose.
Dans l’impossibilité de cerner physiquement
la nature, l’homme voit en images pour
pouvoir penser son rapport au monde et à
lui-même.

Exemple illustratif : Voyageur au-dessus d’une


mer de nuages de CASPAR DAVID FRIEDREICH (1818)

Le sujet vu de dos, sur un promontoire, contemple


l’immensité d’une mer de nuages ou l’immensité
de la mer, contemplation qui suscite la
sensation de l’infini et de l’existence de Dieu.
Il s’accorde avec le monde et avec lui-même, et
envisage le monde dans lequel il habite, du
visible à l’invisible.

154
- FREUD : Pulsions naturelles qu’il faut
vouer à la sublimation + le sentiment
océanique
- KANT : Dominer sa passion

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Un dernier point concernant l’introduction, la conclusion et les
transitions.

 L’intro doit être parfaite. PAS DROIT A L’ERREUR. C’est l’entrée


scène, le premier contact qu’aura le correcteur avec la copie. Il
faut la réussir coûte que coûte.
Toute intro se compose d’une accroche, qui, je vous le conseille, doit
être issue du domaine artistique ou littéraire. S’en suit une brève
analyse du paradoxe soulevé par l’accroche, en vue d’amener la
problématique. Problématique qu’il faut veiller à bien formuler ; il
s’agit d’aller vraiment au cœur du sujet, et de comprendre son
essence : pourquoi est-ce que l’on s’est posé cette question ? A ce
titre, sur les 4 h qui composent l’épreuve de culture générale, je
recommande d’en prendre une pour bien analyser le sujet, construire
une problématique et un plan, et réfléchie à une bonne accroche.
Perso j’apprenais mes accroches. A chaque sujet correspondait une
accroche (ou deux). Parfois toute une intro. Ça facilite énormément
les choses. Là encore, 50 DISSERT (surtout) et 20 DISSERT.
L’annonce du plan clôture l’introduction. Evitez les formules du genre
« en premier lieu » « dans un premier temps… ». Trouvez quelque
chose de plus fluide.
Voici deux introductions dont vous pourriez vous inspirer :

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1) Nature et Morale
Dans Le Dormeur du Val, RIMBAUD écrit ;
1
« Nature, berce-le chaudement ; il a froid ».
La beauté de ce poème et le génie de son
auteur résident dans la foule de sensations,
diverses et contradictoires, qu’il suscite en
dépeint une image contrastée ; la guerre et
son cortège d’horreur et de violence, laisse
place à la tendresse maternelle, que procure
la nature éternelle au jeune soldat 2
agonisant. Cette bonté immense de la nature
est à même d’assurer à l’homme bonheur et
quiétude. C’est ce qui légitimerait la
sollicitation de sa générosité par le poète
dans le célèbre sonnet pour qu’elle veille
sur le jeune soldat. Néanmoins, la fin du
poème révèle la mort de ce dernier et
l’indifférence de la nature au vœu du poète.
C’est que la vision idéaliste que se faisait
le poète de la nature se brise en buttant sur
la cruelle réalité. Réalité qui nous
interpelle, et nous pousse à identifier
3
l’origine du constate face auquel l’on est
confronté ; la nature obéit-elle à une
morale ?

1- Accroche littéraire
2- Analyse du paradoxe soulevé
3- Annonce de la problématique

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2) Nature et Culture
« En Alaska, c’est là que je veux aller, me perdre au fin fond du pays,
m’enfoncer dans la nature, sans personne autours », affirme Chris,
héros du film Into the Wild de Sean Penn (2007). Rejetant une société
de consommation et d’apparence ayant perdu toute authenticité, il
sillonne les routes à la recherche de cette authenticité qu’il réclame, 1

mais peine à définir. Aspirant à un déracinement tant familial que


social, il s’exile en Alaska où le retour solitaire à la vie sauvage lui
permet d’effectuer le réenracinement naturel, qu’il pense nécessaire
à sa quête d’authenticité. Une expérience qui lui sera fatale ; après
avoir atteint l’ataraxie, la nature, plus qu’indifférente à son sort,
devient alors hostile : les plantes se ressemblent volontairement, et
confondant les espèces, il en cueille une qui l’empoisonne et le tue.
Croyant s’adapter à ce monde sauvage qu’il chéri, l’on observe que si
forte avec la nature est réduite au final à une simple illusion.
La fin tragique de cette quête de liberté intrigue, et offre un contexte
idéal à l’étude d’un paradoxe méritant une attention toute
particulière, qui n’est pas sans en faire la profondeur philosophique ;
celui de l’ambiguïté du rapport nature – culture. Car pris à fleur de
langage, chacun de ces termes charrie d’étranges connotations : « la
nature », cela évoque la campagne et ses charmes, aussi bien que
2
l’instinct et ses violences, tandis qu’en un autre sens, « la Nature »,
c’est Dieu – ou du moins une force qui préside à l’ensemble des
manifestations de l’Univers, dont la culture elle-même en est une
partie. Mais lorsque nous opposons les deux concepts, la nature
signifie : ce avec quoi elle l’on naît, ce qui - chez l’homme - est
transmis par l’hérédité biologique, tandis que la culture désigne tout
ce qui provient d’une tradition extérieure, d’une éducation. Une telle
opposition suscite une interrogation essentielle ; comment cerner la 3
relation nature-culture ? Peut-on considérer la culture comme
l’expression admirable de la nature ? Ou au contraire un instrument
de domination de cette dernière ?

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Ainsi, la complexité de la problématique s’illustre dans ces rapports
contradictoires nature-culture ; car si la culture fait office d’outil à
même démystifier la nature (I), il est indéniable qu’elle s’érige, et à
bien des égards, comme moyen de sujétion de cette dernière (II). Ce 4

qui nous amène à nous interroger sur la possible existence d’une


solution qui saurait entretenir un rapport d’équilibre entre ces deux
concepts (III).

1- Accroche artistique
2- Analyse du paradoxe soulevé
3- Annonce de la problématique
4- Annonce du plan

 La conclusion est probablement la parte où, avec la fatigue et le


relâchement, la plupart des candidats bâclent tout. A vous de
saisir cette occaz pour vous démarquer ! Une bonne conclusion
c’est pas sorcier ;
- Une phrase pour marquer la transition « au final, l’on déduit
que… »
- Un bref résumé des idées exposées dans les parties, sans pour
autant citer les auteurs mobilisés.
- Une ouverture à la fin, qui renvoie vers un autre sujet ou
problématique. (si vous êtes pas surs, pas la peine ;)

 Les transitions sont obligatoires. Ils servent de marquage pour


définir le commencement et la fin d’une idée, en l’occurrence
partie ou sous partie. Par transition, j’entends introduction
partielle et conclusion partielle, qui doivent accompagner
chaque sous partie (sauf la dernière qui n’a pas besoin de
conclusion partielle).

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Un exemple
- Intro partielle :
Certains ont vu en la nature une intarissable source d’inspiration.
Appréhendant la nature au travers d’un regard artistique, la
nature suscite chez eux un émerveillement qu’ils s’efforcent de
retranscrire dans leurs œuvres, ce qui est loin d’être une mince
affaire.
Il s’agit de donner un aperçu de l’idée maitresse qui sera développée
dans cette sous partie.
- Conclusion partielle :
L’on voit donc dans quelle mesure la culture peut rapprocher
l’homme de la Nature ; par le biais de la raison ou celui des
sensations, elle permet à l’individu d’aller au-devant de cette
entité transcendante qui régit l’univers. Toujours est-il qu’il ne
s’agit là que d’une facette du rapport nature-culture…
Il s’agit ici de résumer la sous partie et d’ouvrir sur l’idée qui suit.

PETITS CONSEILS D’ANCIEN :


L’idéal c’est de travailler la culture g pendant les vacances d’octobre.
Croyez-moi, vous serez tranquille pour le reste du trimestre. Prenez un
sujet, et rédigez-le en entier ! Ainsi en fin d’année, vous aurez à votre
actif au moins 3 dissert entièrement rédigées, ce qui n’est pas
négligeable !
Pour la dissert EM LYON, je vous conseille vivement de ne pas
dépasser le nombre de pages indiquées. Plus c’est court mieux c’est -
à condition que ce soit structuré !

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VOILA ! A VOUS DE JOUER MAINTENANT ! VOUS AVEZ
TOUTES LES CARTES EN MAIN !
SI VOUS AVEZ DES QUESTIONS, N’HESITEZ PAS A ME
CONTACTER PAR MAIL ; mehdiamghar@hotmail.com
BONNE CHANCE !

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