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Les Veilleurs

© Simon Arson

Par la Compagnie Le Double des Clefs

avec : Lucas Sivignon, Sofian Benzina, Simon Arson, Valentin Tercinier


Ecriture et mise en scène : Léa Arson
Performance dessinée : Fasto
Scénographie et création lumière : Amanda Carriat

Avec le Soutien de : Acte et Fac et le théâtre de la Reine Blanche, Anis Gras Le Lieu de
L’Autre

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Une nuit. Un arrêt de bus
Deux existences en errance
En attendant un bus qui n’arrive pas, deux jeunes hommes font
connaissance.
Bassem, caricaturiste exilé en France après le printemps arabe
et Simon, militant anarchiste de retour dans sa ville natale après
une longue période de vie communautaire.

Dans cet espace de transition, où temps et mémoire se délitent, la nuit


est peu à peu envahie par leurs souvenirs d’enfance, leurs luttes, leurs
rêves et leurs doutes.

Cette pièce est une fiction documentée écrite à partir de témoignages


collectés en France et en Tunisie en 2018.

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« Refuser le monde tel qu’il est sans accepter de lui échapper » Camus

Intentions
Explorer cette chose à l’intérieur de nous

Quelle est cette nécessité intérieure, qui nous empêche d’accepter le monde tel qu’il est ?
Qui nous impose de douter, de chercher sa place, de s’affirmer autre ?

Je suis partie de là. Partie de cette question : Qu’est ce que la révolte ?

Avec cette pièce je souhaite explorer ses fondements en chacun de nous, ses formes
d’expression et ses possibilités de venir transformer la réalité.
Notre désordre intérieur peut-il déstabiliser l’ordre des autres et l’ordre du monde ?

Puiser dans le réel

Pour explorer cette vague et lancinante idée de révolte, j’avais d’abord besoin de puiser
dans le réel. Chercher des histoires, chercher dans l’Histoire pour trouver dans mon écriture
une certaine justesse.
Je suis allée à la rencontre de jeunesses révoltées. Terme assurément romantique, à une
époque qui ne l’est plus suffisamment d’après moi. Des jeunesses osant l’idéalisme, à la
recherche d’un quelque chose qui les dépasse.
Je me suis intéressée à deux contextes sociopolitiques très différents : Le Monde arabe, qui a
ces dernières années vécu une vague de soulèvements révolutionnaires, et la France, mon
terreau familier, où notre génération semble bien mal à l’aise, ou tout simplement
indifférente face à l’idée de révolution.

Je voulais faire dialoguer ces deux jeunesses, comprendre comment l’âme révoltée pouvait
trouver sa place dans deux contextes si différents : l’une ayant traversé cette formidable
aventure collective de la révolution, ses joies, ses épreuves, ses déceptions. L’autre dans
l’attente lointaine d’un grand soir, qui cherche à tâtons les moyens d’exister.

Révéler nos fragilités

Je me suis plongée dans les vies, les voix, les mots des autres pour tenter d’en extraire
quelque chose d’existentiel qui résonne en chacun.

A partir d’entretiens audio réalisés avec des jeunes français, tunisiens et égyptiens, en
m’inspirant aussi de figures historiques, et en porosité avec le propre vécu des comédiens,
nous avons crée deux personnages fictifs, incarnant ces jeunesses révoltées.
Deux écorchés vifs, qui se croisent par hasard, à un point d’interrogation de leur vie. Dans
cette nuit suspendue, à attendre un bus qu’ils n’attendent pas vraiment. Cette nuit qui
devient l’espace de confidence et de confrontation entre deux sensibilités opposées : révolte
douce et révolte frontale, art et activisme, optimisme acharné et désillusion. Nuit cocon au
creux de laquelle nait une amitié imprévue.

Bassem et Simon : ces deux personnages sont complexes. Leurs désirs sont flous, leurs idées
contradictoires, ils ont pris des détours et se sont parfois perdus. Je revendique leur
fragilité et leurs paradoxes, leur naïveté et leur orgueil. Peut être qu’en révélant leur propres
doutes, la pièce nous aidera à mieux assumer les nôtres, à les partager avec l’autre. Cet
autre qui par hasard se présente à nous, et en qui soudain notre soif d’intensité, notre
besoin de se sentir vivant peut résonner.

Finalement cette pièce exauce peut être un désir de contagion : propager ce refus de
résignation et ce joyeux soulèvement pour un idéal qui nous dépasse. Peut-être.
Léa Arson

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Processus de création
Recherche et Ecriture

Les Veilleurs est une fiction documentée.


L’écriture de la pièce se fonde sur une
quinzaine de témoignages réalisés auprès
de jeunes entre 20 et 30 ans rencontrés en
France et en Tunisie par la metteuse en
scène : activistes politiques, artistes,
bloggeurs, hommes et femmes ayant pris
part à des mouvements contestataires en
France et dans le monde arabe. Les mots, les
silences, les histoires récoltées ont été
l’élément déclencheur de l’acte d’écriture.
Après cette étape des voyages et des
témoignages, les deux protagonistes de la
pièce se sont peu à peu concrétisés, ils ont
pris corps, ont acquis une histoire et des traits de caractères qui s’inspirent et mélangent
ces différentes rencontres.

Recueil des témoignages

« En allant rencontrer des jeunes engagés, à travers l’art, la politique ou tout simplement en
raison de leur choix de vie radical, je voulais explorer la figure du révolté, la démystifier peut-
être et l’ancrer dans des personnes en chair et en os, dans des parcours singuliers.

A travers mes entretiens j’ai cherché à créer un espace de parole simple et intime, à mi
chemin entre le questionnaire de Proust, l’entretien sociologique et l’interview journalistique.
La présence discrète de l’enregistreur permettait de poser un cadre à l’échange sans briser
l’intimité de la discussion.

Je ne cherchais pas à être complètement neutre dans ma posture et assumais au contraire ma


complicité avec les personnes rencontrées. J’ai vécu ces rencontres de manière très intense
comme des échanges où la personne me donnait un peu de son histoire et où moi je lui offrais
un espace de réflexion et de parole atypique où elle pouvait s’interroger sur elle-même, de
manière sensible et surprenante. » Léa Arson

Extrait d’entretien

« Léa : Si un jour tu as des enfants, qu’est ce que tu


souhaiterais leur transmettre ?
Léa Arson
Slim, activiste et bloggeur tunisien:

Ne jamais s’arrêter de rêver. Et rêver de l’intérieur


de soi. Croire en soi et partir toujours de l’intérieur de
soi. C'est à dire croire que ca doit venir de là, de
l’intérieur de nous. Il ne faut s’attendre à rien de
Graffs révolutionnaires dans la Médina, quartier personne, il faut vraiment croire en soi et en ses
populaire de Tunis.
capacités. Et aller chercher le changement à
Voyage d’exploration- Septembre 2018
l’intérieur de soi »

Tunis – septembre 2018

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Travail au plateau

Ce projet s’inscrit dans la continuité de la première création de la compagnie : El Horreya,


avec laquelle nous avons initié notre recherche artistique sur la révolte, en partant de nos
propres histoires.
Pour créer ce spectacle nous étions partis d’un travail de témoignage et d’improvisation
avec les comédiens qui avaient eux-mêmes participé à des mouvements contestataires
(Printemps arabe et Nuit Debout). La pièce mélangeait des témoignages romancés de leur
enfance, des reconstitutions de certains épisodes de l’Histoire récente, et des scènes
fictives.

Après cette première étape, nous avons collectivement souhaité nous éloigner de la
dimension personnelle de cette première forme et questionner plus largement la thématique
de la jeunesse et de la révolte, à travers des personnages et un scénario de fiction.

Pour la pièce Les Veilleurs, Le travail au plateau avec les comédiens a débuté à partir d’une
première version écrite du texte. L’écoute des témoignages a également permis de créer un
référentiel commun dans lequel chacun a pu piocher pour construire son personnage.

Le texte et la dramaturgie se sont enrichis au fil des répétitions dans un aller retour entre
les comédiens et la metteuse en scène, autour d’improvisations au plateau, de travail à la
table, et de retours à la source des témoignages.

La porosité entre comédiens et personnages reste assumée dans la pièce finale, mais la
bascule dans la fiction a permi de se départir d’une certaine pudeur et d’ouvrir de nouveaux
espaces de jeu et d’écriture.

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Extrait
La révolution est en route

On ne peut pas revenir en arrière

Il faut seulement avancer

Avancer

Seuls, comme des grands

Après les dégage

on a commencé à dire on veut la liberté

On veut la liberté

La liberté de presse

Ca a commencé par ça je me rappelle

Les droits de l’Homme, la libération des prisonniers

les arrestations sans cause, la violence des policiers.

Toutes ces choses qu’on n’avait pas

la liberté de penser

Les dire à voix haute

C'est la révolution

Beaucoup disent la révolution c'était du 14 au 27

Mais non c'est jusqu’à aujourd’hui

Jusqu’à aujourd’hui.

C'est aujourd’hui la révolution

Ce sera jamais fini

La révolution elle ne meurt pas

La révolution c'est fluide, la vie c'est fluide.

Si ca cristallise, ca devient un roc,

stable comme la mort

On cherche la stabilité ?

Pourquoi ? 6

C'est pas beau


Dramaturgie et scénographie
Espace et temporalité de la rencontre

La pièce déroule la rencontre imprévue entre deux jeunes hommes, une nuit à un arrêt de
bus. Les dialogues dessinent la naissance d’une amitié entre eux. L’histoire se déploie dans
une temporalité proche du temps de la représentation, dans un code de jeu intime et réaliste.
La scénographie initiale est épurée : L’arrêt de bus est matérialisé par trois panneaux en PVC
transparent, des néons et des sièges, reproduisant un univers urbain nocturne.

Mais la nuit est aussi un espace de poésie et de rêverie, où le temps se déforme, les corps se
relâchent et les langues se délient. Au cours de la pièce des bulles se créent dans les
interstices de l’histoire. Une succession d’ellipses spatio-temporelles nous aspirent dans les
souvenirs d’enfance, de rêves et de révolution, des deux personnages. Les jeux de lumière, la
musique et la transformation par le dessin des panneaux de l’arrêt de bus, feront basculer le
spectateur dans ces différents univers.

Musique et Voix Performance dessinée

Un montage de voix enregistrées ouvre le La vitre de l’arrêt de bus se transforme


spectacle. Il regroupe des extraits de progressivement en fresque, à mesure que
témoignages des personnes ayant inspiré la les rêves et les souvenirs de Bassem et Simon
pièce. Ce prologue est une manière viennent peupler cette nuit de rencontre.
d’annoncer que la fiction à venir prend sa Fasto artiste, peintre et dessinateur réalise
source dans une matière réelle et que les une performance improvisée sur scène,
comédiens, au-delà de leur personnage, explorant les liens entre texte, geste et
incarnent aussi les doutes et les désirs d’une image.
partie de leur génération. Le dessin se fait prolongement du texte.
L’artiste transforme la parole en geste brut et
Une musique rock et psychédélique accomplit le désir d’expression des
accompagne les bascules dans les différentes personnages. Il traduit en geste et en image
ellipses, et instaure dans certaines scènes leur sentiment révolte et laisse à chaque fois
une ambiance fantastique ou onirique, qui une trace imprévisible et éphémère dans
contraste avec le cadre réaliste de l’arrêt de l’espace, le temps de chaque représentation.
bus.

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Production et diffusion

Calendrier du projet

Création : Mai 2018-Juin 2019 Représentations

Mai 2018- septembre 2018 4 Avril 2019 Sortie de Résidence à Anis Gras
Recherches documentaires en France et en (Arcueil)
Tunisie, recueil de témoignages et écriture.
6 Juin 2019 : Représentation au Théâtre du
Septembre 2018 Silo (Méreville, 91)
1 Résidence d’exploration à partir du texte
ère

et des témoignages A partir du deuxième semestre 2019 nous


souhaitons jouer la pièce dans des théâtres
Octobre 2018 -Janvier 2019 franciliens mais aussi en dehors des espaces
Travail au plateau avec les comédiens à la traditionnels de représentation, pour toucher
Maison des Initiatives Etudiantes de Paris d’autres publics : établissements scolaires,
structures associatives, collectivités en milieu
Février 2019 périurbain et rural.
2 ème
Résidence de création au Conservatoire Nous avons particulièrement envie d’aller à la
de Lardy (91) rencontre des jeunes (lycéens, étudiants..) et
de proposer des actions pédagogiques autour
Avril – Mai –Juin 2019 de la pièce.
Résidence à Anis Gras, Le lieu de l’Autre
(Arcueil)
Résidence au Théâtre de la Reine Blanche
(Paris)
Résidence au Silo de (Méreville, 91)

Médiation culturelle et éducation populaire

En complémentarité de cette création nous menons un projet de médiation artistique et de


développement local avec des personnes âgées immigrées de l’association bellevilloise
Ayyem Zamen et une classe de lycéens en terminale ST2S au lycée Jacques Brel (La
Courneuve). A partir des témoignages des personnes âgées, nous avons écrit et monté
ensemble une pièce sur l'histoire de l'immigration à Paris, dans laquelle jouent ensemble les
lycéens et personnes âgées. La pièce a été représentée en mars 2019 au Théâtre du Local, à
Paris.

Soutiens

Pour la création de la pièce Les Veilleurs, notre compagnie est soutenue par le dispositif Acte
et Fac de l’Université Paris Sorbonne Nouvelle. Nous sommes parrainés par le théâtre de la
Reine Blanche qui met à notre disposition des espaces de répétitions et par son artiste
associée Elise Noiraud, qui intervient en tant que regard artistique extérieur sur le projet.

En 2018 / 2019 nous avons également reçu des soutiens et/ou subventions de :
-Anis Gras le Lieu de l’Autre
-Le Crous Action
-Créart’up (Ville de Paris et Maison des Initiatives Etudiantes)
-Le Centre d’animation Les Halles le Marais

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La compagnie
Nous sommes un groupe de jeunes artistes du spectacle vivant : comédiens, plasticiens et
danseurs.
Notre recherche artistique part de thématiques qui nous traversent intimement en tant que
jeunes adultes, et collectivement en tant que génération : l’engagement, le passage à l’âge
adulte, l’émancipation, la révolte.
Nos pièces partent de « matières réelles » : rencontres, témoignages, évènements historiques
et d’actualités, à partir desquelles nous écrivons nos propres textes, dans un aller retour
entre le travail à la table et le plateau. Nos pièces sont des objets artistiques et politiques
pour aller vers l’autre, réveiller chez tous des émotions, des réactions et créer des espaces
d’expression collective.

Précédentes créations

Le Temps d’un Café -2019


Création collective encadrée par le Double des Clefs, avec : les personnes âgées de
l’association Ayyem Zamen et les élèves ST2S du Lycée Jacques Brel
Création au Théâtre du Local à Paris (mars 2019)

El Horreya -2018
Création collective du Double des Clefs,
dirigée par Léa Arson, avec : Sofian Benzina, Lucas Sivignon et Dan Cohen
Création au Centre d’Animation de la Tour des Dames (festival Créart’up, mars 2018)
Représentations : Lycée Cassin (Arpajon, 91), Centre d’Animation Les Halles (avril 2018)

Les membres de la compagnie

Léa Arson, metteuse en scène Lucas Sivignon, comédien

Léa s’est dirigée vers le Lucas a étudié le théâtre


théâtre et la mise en scène et la marionnette au
après des études à Sciences Conservatoire du 6ème
Po Paris. Elle a ensuite arrondissement de Paris
étudié au conservatoire du et travaille aujourd’hui
9 ème
arrondissement de avec plusieurs jeunes
Paris. Ses voyages, compagnies. En 2016, il a
rencontres et expériences participé au mouvement
militantes lui ont donné l’envie d’explorer Nuit Debout en tant que médiateur des
au travers du théâtre la thématique de la débats et membre de la commission pour
jeunesse en révolte, et de faire se rencontrer l’éducation populaire.
au plateau, de jeunes artistes engagés.

Sofiane Benzina, comédien Valentin Tercinier, comédien


et assistant à la mise en scène
Sofiane est comédien-
humoriste. Depuis cinq ans, il Comédien et professeur de
partage sa vie entre Paris et mathématique, Valentin
Tunis. Il était encore au lycée pratique le théâtre depuis
lors du début de la révolution. dix ans, d’abord à l’atelier
Après l’élection du parti universitaire de Paris 6
Ennahdha il a participé aux manifestations puis au sein de différentes
contre le régime politique islamique. Dans compagnies. Il apporte à la
ses one man shows et ses dessins, il dénonce pièce son regard sur les
le fanatisme religieux. En parallèle de son questions de direction d’acteur et de
activité d’humoriste à Tunis, il conduit une cohérence dramaturgique, et incarne
thèse sur le théâtre documentaire à également plusieurs personnages
l’Université Paris 3. secondaires.
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Amanda Carriat, scénographe et créatrice Simon Arson, danseur et plasticien
lumière
En parallèle avec ses études Formé au Conservatoire
en scénographie à l´ESAD National Supérieur de Lyon
de Cordoue et Vigo, en danse contemporaine et
Amanda approfondit le aux Beaux Arts de Besançon,
thème des scénographies et Simon poursuit aujourd’hui
objets en mouvement. Elle sa recherche artistique au
expérimente au travers de sein du réseau Tête de Vignes,
stages, cours et rencontres, le qui regroupe un trentaine de
théâtre de rue, le théâtre de marionnette, le jeunes artistes qui expérimentent d’autres
clown, et le théâtre itinérant. manières de vivre et de créer collectivement.
Actuellement, elle étudie au L.E.M, Il apporte à la compagnie sa sensibilité
(Laboratoire d´Étude du Mouvement), à particulière au mouvement, au geste dansé et
l’école de Jacques Lecoq et poursuit une à l’improvisation.
formation en régie son et lumière.

Fasto, artiste performeur

Passionné par l’art, les


relations humaines et la
création, Fasto puise ses
influences dans l’under
ground berlinois et le
street art. Il se fait
remarquer à travers ses
travaux en Light Painting, ses
installations d’œuvres dans le RER et des
expositions spontanées au cœur des villes.
Evitant un certain monde de l’art élitiste,
Fasto intervient en tant qu’initiateur de
fresques collectives et participe à des
créations pluridisciplinaires où il mêle
peinture, théâtre et musique. Pour lui la
création est un acte intimement lié à la vie
elle-même. Elle permet de s’émanciper, de
créer un dialogue avec soi-même et l’Autre
dans un langage au-delà des mots.

Nous contacter

Le Double des Clefs


6 rue Victor Carmignac
94110 Arcueil

07 78 95 29 40
cie.ledoubledesclefs@gmail.com

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