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Introduction au Droit des Sociétés

I/ Les différents types de sociétés

- Sociétés civiles / sociétés commerciales : La société civile a une activité non-commerciale, elle ne fait
pas de commerce (mais peut être à but lucratif), soumise au droit civil (par exemple les cabinets libéraux
d’avocats etc). Les sociétés commerciales sont plus nombreuses, soumises au Code de Commerce c’est
le cas de la SARL, la SA, la SNC.

Parmi les sociétés commerciales : Sociétés de personnes (par exemple SNC) / sociétés de capitaux (par
exemple SA). : Les sociétés de personnes sont souvent petites, familiales ou amicales, avec 2 ,3, 4, 5
associés où ce qui compte ce sont les personnes qui sont au cœur de la société. Les sociétés de capitaux
ont énormément d’associés (des milliers) , les personnes ici n’ont pas d’importance, en général personne
ne se connait ce qui compte ce sont les capitaux. Dans les sociétés de personne, on dit que la
responsabilité des associés est illimitée ou indéfinie. Cela signifie que si la société ne peut plus payer
ses dettes, les associés doivent payer avec leur argent personnel, ils sont responsables sur leurs biens
propres, ils prennent donc un risque important. C’est pourquoi les sociétés de capitaux sont bien plus
importantes. Dans les sociétés de capitaux, la responsabilité des associés est limitée au montant de leur
apport. Si la société fait faillite, les associés vont perdre leur apport, ce qu’ils ont mis dans la société.
Les sociétés de personne sont très fermées, cela signifie que c’est très compliqué d’entrer et de sortir
(car chaque personne compte). Dans une SNC, si un associé veut vendre ses parts et partir, il doit avoir
l’accord de tous les autres. Car on ne veut pas laisser partir les membres et on ne veut pas laisser rentrer
n’importe qui. Dans les SA, c’est beaucoup plus ouverts, les personnes n’ont pas vraiment d’importance.

II/ La nature de la société

Thèse contractuelle / Thèse institutionnelle : Quelle est la nature juridique d’une société ? Il y’a eu deux
thèses. La première thèse est de dire que la société est un contrat. Or une société il y a forcément au
moins deux personnes qui se mettent d’accord. Le problème de cette théorie est que le principe du contrat
c’est la liberté contractuelle. Dans un contrat on met les closes qu’on veut sous réserve de pas violer la
loi. Or une société c’est plutôt l’inverse, le régime juridique des sociétés est fixé par la loi de façon
impérative, autoritaire. Votre SARL sera organisée selon la loi et donc une autre thèse est sortie. La
société n’est pas un contrat c’est plutôt une institution légale règlementée par la loi. Quand on crée la
société il y’a un contrat mais finalement ce contrat n’est pas libre, il est rédigé par la loi.

III/ Les sources du droit des sociétés

Le droit des sociétés vient du Code Civil, il y a les grands principes fondamentaux qui régissent toutes
les sociétés. Dans le code de Commerce, il y a les règles s’appliquant aux sociétés commerciales. Dans
le code du commerce, la loi principale est la Loi du 24 juillet 1966 : c’est le texte de base qui crée le
droit des sociétés. Mais il y en a eu depuis : Loi PACTE (pour la croissance et la transformation des
entreprises) du 22 mai 2019 – sur certains points elle modifie le texte de 1966. Evidemment la
jurisprudence (les décisions de justice) joue un rôle fondamental dans l’évolution du droit des sociétés,
et en particulier la Cour de Cassation.
1ERE PARTIE : LE DROIT COMMUN DES SOCIÉTÉS

LES REGLES S’APPLIQUANT A TOUTES LES SOCIETES.

TITRE I : LA CONSTITUTION DE LA SOCIÉTÉ

Chapitre 1) Le contrat de société

Art. 1832 du Code civil : « La société est instituée par deux ou plusieurs personnes qui conviennent par
un contrat d’affecter à une entreprise commune des biens ou leur industrie en vue de partager le bénéfice
ou de profiter de l’économie qui pourra en résulter.
Elle peut être instituée, dans les cas prévus par la loi, par l’acte de volonté d’une seule personne.
Les associés s’engagent à contribuer aux pertes ».

Cet article définit la société, il est important de retenir l’article 1832. Dans le texte, on affirme qu’il y a
bien un contrat.

Section 1/ La pluralité d’associés


Paragraphe 1- Le principe

Dans une société il faut être au moins deux associés, on ne s’associe pas avec soi-même. Ce qui peut
poser problème c’est le cas où une société se crée à plusieurs et qu’en cours de route il n’y en a plus
qu’un (ça peut arriver si on est peu nombreux au début), à priori ce n’est pas possible. La loi laisse un
an à l’associé survivant pour régulariser la situation (trouver un autre associé par exemple)

Paragraphe 2- L’exception

Il y a des sociétés unipersonnelles : Loi du 11 juillet 1985 : Quand on a un commerçant qui est tout seul,
sans société. Si ce commerçant fait faillite, évidemment on peut saisir tous ses biens pour payer les
dettes, on peut lui saisir tous ses biens y compris ses biens privés, ses biens personnels. C’est le risque
lié à l’activité d’autoentrepreneur. Le but est d’éviter qu’il risque de tout perdre. Il va créer une société
(personne morale) que la loi a appelé l’EURL (Entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée) dont
il l’unique associé. Si la société fait faillite (dans ce cas c’est l’EURL qui fait faillite et pas le
commerçant lui-même), il perd sa mise de départ mais il ne perd pas ses biens privés ! Il peut prendre le
risque de mettre un peu dans la société mais de garder des biens personnels qui ne seront pas saisissables
si cela fait faillite. Le problème de l’EURL c’est que ça n’a pas fonctionné, c’est que pour les créanciers
(banques, fournisseurs), ce n’est pas attractif du tout car il ne peut plus tout saisir, tout lui prendre. On
va donc avoir du mal à trouver des partenaires, personne ne veut faire un contrat avec les EURL. Depuis
1985, la loi a prévu d’autres systèmes plus simples pour limiter les risques car pas besoin de créer de
société (EURL il faut quand même rédiger des statuts etc)

Par la suite, création de mécanismes similaires : déclaration d’insaisissabilité par la loi du 1er août 2003,
EIRL (Entreprise individuelle à responsabilité limitée) par la loi du 15 juin 2010.
Autre société unipersonnelle : SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle).

Section 2/ Les apports


Paragraphe 1- La notion d’apport

C’est le fait que chaque associé doit apporter quelque chose à la société. Cela montre sa volonté de
s’engager. Cela va permettre à la société de fonctionner, c’est donc indispensable et très concret. Il y a
3 types d’apport : Apports en numéraire, en nature, en industrie. L’apport en numéraire est le fait
d’apporter de l’argent (la souscription de l’apport est le fait que l’associé promet de verser l’argent, la
libération de l’apport est le versement de l’argent). L’apport en nature est le fait d’apporter un bien autre
que de l’argent, ça peut être n’importe quoi. En droit tous les biens sont meubles ou immeubles (tous ce
qui ne bouge pas est immeuble, tout ce qui bouge est meuble), la société devient propriétaire du bien ,
mais ce n’est pas une vente car le vendeur reçoit normalement de l’argent, or là il reçoit des parts
sociales. L’apport en nature pose le problème de l’évaluation du bien pour savoir à combien de parts
sociales il a droit. Le danger est la surévaluation, c’est dans l’intérêt de l’apporteur de faire évaluer son
bien le plus cher possible, plus il reçoit de parts plus il est important dans la société. Si la société
surévalue le bien. Pour éviter ce danger, il y a une procédure de contrôle effectués par des commissaires
aux comptes qui jouent le rôle de commissaires aux apports. Il existe également une infraction pénale
en cas de surévaluation ! On peut alors condamner la surévaluation, qui peut aller jusqu’à 5 ans de
prison. Enfin il existe l’apport en industrie, ça consiste à apporter un savoir-faire. On apporte des
compétences, des connaissances, on apporte un travail en échange desquelles on reçoit des parts sociales.
Pour éviter le risque d’une mauvaise évaluation, il y a une loi c’est que l’apporteur en industrie reçoit le
même nombre de parts sociales que l’apporteur en numéraire ou en nature qui en a reçu le moins. Dans
une société de capitaux, l’apporteur en industrie court 0 risque, il ne peut rien perdre car on ne peut pas
lui enlever ses compétences et il n’avait pas apporté de biens matériels, c’est embetant qu’un associé ne
risque rien comparé aux autres. Le capital social est l’addition des apports en numéraires et en nature
(pas les apports en industrie) car en gros le capital social c’est ce que les créanciers peuvent saisir en cas
de faillite, le capital est donc la garantie des créanciers. Or l’apport en industrie, ne peut pas être saisi.
Son apport n’est pas comptabilisé dans le capital social.

Paragraphe 2- La distinction avec les comptes courants

La distinction entre l’apport et les comptes courants. La société a besoin d’argent, les associés peuvent
prêter de l’argent à la société ! La société doit lui rendre. La difficulté est que ça ressemble à un apport
en numéraire mais ça n’a rien à voir, l’associé devient simplement créancier de l’entreprise. La même
personne peut avoir les deux qualités. À tout moment il peut demander le remboursement. Si une société
a un petit capital et énormément d’argent en comptes courants. Une société qui a énormément d’argent
en comptes courants n’est pas pour autant solide, c’est le capital qui donne l’image de la solidité de la
société. Le versement en compte courant est un prêt, qui donne la qualité de créancier (et non d’associé).
CCass, 11 janvier 2017 : « la cession de parts sociales n’emporte pas cession du compte courant ouvert
au nom du cédant ». Seuls des associés ayant au moins 5% du capital, pouvaient prêter de l’argent à la
société. Le seuil de 5% est ensuite supprimé. Suppression du seuil de 5% par la loi PACTE.

Section 3/ La participation aux bénéfices et aux pertes

Article 1844-1 du Code civil : « La part de chaque associé dans les bénéfices et sa contribution aux
pertes se déterminent à proportion de sa part dans le capital social (…), sauf clause contraire.
Toutefois, la stipulation attribuant à un associé la totalité du profit procuré par la société ou l’exonérant
de la totalité des pertes, celle excluant un associé totalement du profit ou mettant à sa charge la totalité
des pertes sont réputées non écrites ». (interdiction de la clause léonine).
En principe on partage les bénéfices et les pertes de manière proportionnelle. Il se termine en disant sauf
clause contraire. C’est-à-dire qu’on peut faire autrement dans les statuts de la société. La clause Léonine
(du mot lion), c’est une clause où qqn se réserve la part du lion, c’est une clause complètement
inégalitaire, ce qui n’est pas normal. La stipulation attribuant à un associé la totalité du profit ou
l’exonérant de la totalité des pertes, celle excluant un associé du profit ou mettant à sa charge la totalité
des pertes. On peut donc prévoir autre chose à condition que ce ne soit pas léonin. Le

Section 4/ L’affectio societatis

Le but d’une société est de faire du profit, à contrario des associations qui ont des buts non-lucratifs. La
loi englobe parfois les sociétés et les associations en disant des personnes morales ayant des activités
économiques. C’est une formule assez vague.
L’affectio societatis n’est pas dans le texte de l’article 1832, mais on considère que c’est uen condition
de la société, il faut qu’il y ait de l’affectio societatis. Si on voulait traduire littéralement cette notion on
pourrait dire c’est le sentiment d’être associé. C’est la volonté de collaborer, de s’y intéresser, c’est un
projet commun auquel on adhère. Dans les petites sociétés où il y a peu d’associés, l’affectio societatis.
Dans les grosses sociétés, il y a 0 affectio societatis, les associés ne s’impliquent pas dans la vie de la
société. Mais on considère quand même que c’est une condition, la justice a pu annuler des sociétés pour
absence d’affectio societatis. On parle alors de sociétés fictives, parfois cela dissimulait des activités
non-légales. C’est une condition parfois très importante, et en même temps peu vérifié car notion vague.

Chapitre 2) La personnalité morale de la société


Section 1/ L’acquisition de la personnalité morale

Nous sommes des personnes physiques, les groupements sont des personnes morales mais finalement
les deux sont des personnalités juridiques, c’est le fait d’exister officiellement pour bénéficier des droits
et de la justice, pour signer un contrat, être propriétaire etc… Les animaux n’ont pas de personnalité
juridique, un animal c’est un bien mobile, donc c’est un meuble.
Une société a besoin de la personnalité juridique. La première étape est la rédaction des statuts, c’est le
contrat de société (comme la société va fonctionner, liste d’articles où on décrit les règles de la société,
quasiment tout est imposé par loi, généralement les statuts c’est faire un copier-coller de la loi). Ensuite
seconde étape, le contrat est signé par l’ensemble des associés. Enfin il faut demander l’immatriculation
de la société au registre du commerce et des sociétés (RCS) (c’est une démarche administrative,
l’immatriculation est alors accordée), et c’est l’immatriculation qui donne la personnalité juridique.
Article L. 210-6 du Code de commerce : « Les sociétés commerciales jouissent de la personnalité morale
à dater de leur immatriculation au registre du commerce et des sociétés ».

Section 2/ L’absence de la personnalité morale

Il y a des exceptions.

Paragraphe 1- La société en participation

Il y a un vrai contrat de société mais les associés décident de ne pas demander l’immatriculation.
La société en participation n’est pas immatriculée, n’a pas de personnalité juridique, et donc pas
d’existence aux yeux des tiers. Elle n’existe que pour les associés qui, entre eux, doivent respecter les
statuts qu’ils ont signés. On dit souvent que c’est une société occulte (cachée, masquée), ce n’est pas
illégal car ce n’est pas immatriculé si elle ne fait pas d’activités illégales. Mais cette société n’existe pas
vraiment et a donc aucun moyen d’action vis-à-vis de l’extérieur. Par exemple le gérant signe un contrat,
il achète un ordinateur (dans une société normale, le gérant signe au nom de la société, et paye avec
l’argent de la société), il signe en son nom et paye avec son propre argent. Il demande alors aux associés
que chacun rembourse sa part. L’intérêt est que c’est plus simple qu’une société immatriculée, puisque
quand on crée une vraie société y’a pleins de contraintes comptables, administratives, juridiques etc. Ici
i n’y a aucune contrainte. Le cas principal où cela peut se rencontrer est lorsque deux ou plusieurs
personnes veulent collaborer sur un projet ponctuel. Elles ont besoin de s’organiser pour gérer ce projet.
Donc elles créent une société en participation mais cette société ne va pas exister très longtemps, donc
elles n’ont pas besoin de créer d’immatriculation. Système parfois utilisé pour des collaborations
ponctuelles entre entreprises.
Arrêt du 6 juillet 2010 : on ne peut pas se porter caution d’une société en participation, puisqu’elle n’a
pas d’existence juridique.
Arrêt 11 février 2016 : on peut pourtant lui adresser un avis d’URSSAF !

Article 1871 du Code civil : « Les associés peuvent convenir que la société ne sera point immatriculée.
La société est dite alors société en participation. Elle n’est pas une personne morale et n’est pas soumise
à publicité. Elle peut être prouvée par tous moyens ».

Article 1871-1 du Code civil : « A moins qu’une organisation différente n’ait été prévue, les rapports
entre associés sont régis, en tant que de raison, soit par les dispositions applicables aux sociétés civiles,
si la société a un caractère civil, soit, si elle a un caractère commercial, par celles applicables aux
sociétés en nom collectif ».

Paragraphe 2- La société créée de fait

Dans la société créée de fait, il n’y a pas du tout de société (contrairement à la société en participation
simplement sans statut). Des gens ont crée une situation qui peut ressembler à une société. Parfois le
juge va considérer que c’est une société pour pouvoir appliquer le droit des sociétés. C’est en fait une
société créée de fait. C’est après coup qu’on va dire que c’est une société pour pouvoir appliquer le droit
des sociétés, c’est très artificiel. La société créée de fait résulte du comportement de personnes qui, sans
en avoir pleinement conscience, se traitent entre elles et agissent à l’égard des tiers comme de véritables
associés. La société de fait n’a lieu que dans un procès.

Prenons par exemple : Parfois la société de fait est invoquée par un soi-disant associé. Deux personnes
vivent en concubinage, un jour se séparent. Ils se disputent sur le plan matériel, sur le plan monétaire.
Un concubin va réclamer des droits en justice sur le patrimoine de l’autre (droits qu’il n’a pas) en
utilisant le droit des sociétés. L’un des deux est propriétaire d’un appartement. En principe si ils se
séparent, l’autre n’a aucun droit sur cet appartement. Mais il va dire qu’il a aidé l’autre à l’acheter (en
lui prêtant de l’argent), il va invoquer cela et dit que ce prêt peut être assimilé à un apport en société, il
y a donc un partage des bénéfices et des pertes ( le concubin a vécu dans l’appartement, et en faisant ce
« prêt » j’ai pris le risque de pas être remboursé et il y a l’affectio-societatis car on a eu ce projet commun
de vivre ensemble). Comme on se sépare on peut dire que la société se dissout, il doit y avoir un partage
du patrimoine.

A/ La société invoquée par un associé

Prenons par exemple : Parfois la société de fait est invoquée par un soi-disant associé. Deux personnes
vivent en concubinage, un jour se séparent. Ils se disputent sur le plan matériel, sur le plan monétaire.
Un concubin va réclamer des droits en justice sur le patrimoine de l’autre (droits qu’il n’a pas) en
utilisant le droit des sociétés. L’un des deux est propriétaire d’un appartement. En principe si ils se
séparent, l’autre n’a aucun droit sur cet appartement. Mais il va dire qu’il a aidé l’autre à l’acheter (en
lui prêtant de l’argent), il va invoquer cela et dit que ce prêt peut être assimilé à un apport en société, il
y a donc un partage des bénéfices et des pertes (le concubin a vécu dans l’appartement, et en faisant ce
« prêt » j’ai pris le risque de pas être remboursé et il y a l’affectio-societatis car on a eu ce projet commun
de vivre ensemble). Comme on se sépare on peut dire que la société se dissout, il doit y avoir un partage
du patrimoine. Le concubin essaye d’invoquer le droit des sociétés. Le plus souvent dans ce genre de
cas , la jurisprudence refuse car il n’y a rien qui ressemble à de l’affectio-societatis (le fait de vivre
ensemble c’est lier au fait que c’est un couple mais rien de plus que ça, la simple cohabitation n’est pas
considérée comme projet commun). Pour que la juriprudence accepte cette requête il faut qu’il y ait plus
que ça ( Prêter de l’argent pour l’appartement, mais aussi se porter caution pour le prêt bancaire, vente
de bœufs pour financer cette acquisition), le juge a décidé que ça passait.
La jurisprudence exige la preuve de l’existence de la société : L’existence d’une société créée de fait
entre concubins, qui exige la réunion des éléments caractérisant tout contrat de société, nécessite
l’existence d’apports, l’intention de collaborer sur un pied d’égalité à la réalisation d’un projet commun
et l’intention de participer aux bénéfices ou aux économies ainsi qu’aux pertes éventuelles pouvant en
résulter, ces éléments cumulatifs devant être établis séparément et ne pouvant se déduire les uns des
autres.

B/ La société invoquée par un tiers

Par exemple : Un couple, dont l’un des deux est commerçant. Ce commerçant passe un contrat avec un
tiers. Le commerçant ne paye pas sa dette car il n’a plus d’argent. Le tiers fait un procès contre le conjoint
(il essaye de se faire payer par le conjoint), en disant qu’il croyait que les concubins étaient en fait
associés dans une société. Il doit prouver les éléments qui ont pu lui faire croire ça. Par exemple quand
j’ai négocié le contrat, les deux concubins étaient là. J’ai parfois reçu un mail du concubin, ou l’autre
m’a déjà répondu au téléphone. La jurisprudence se contente de la preuve de l’apparence de la société.
Le tiers doit prouver une ambiguïté sur la société ou non.

TITRE II : LE FONCTIONNEMENT DE LA SOCIÉTÉ

Chapitre 1) La reprise des actes conclus pour le compte de la société en formation

La société en formation c’est une société qui n’est pas encore immatriculée mais qui va l’être. Pendant
cette période qui peut durer des semaines ou des mois, le fondateur de la société peut conclure des
contrats pour la future société qui n’existe pas encore (acheter des ordis, contrat EDF, location du local
etc). Il signe le contrat au nom de la société en formation. Le jour où elle est immatriculée, la société
reprend-elle les contrats signés pendant cette période de société en formation. La réponse naturelle est
oui évidemment qu’elle est engagée par ces contrats. Il faut distinguer 3 cas de figure :

Article L. 210-6 alinéa 2 du Code de commerce : « Les personnes qui ont agi au nom d’une société en
formation avant qu’elle ait acquis la jouissance de la personnalité morale sont tenus solidairement et
indéfiniment responsables des actes ainsi accomplis, à moins que la société, après avoir été
régulièrement constituée et immatriculée, ne reprenne les engagements souscrits. Ces engagements sont
alors réputés avoir été souscrits dès l’origine par la société ».

Article R 210-6 du Code de commerce : « L’état des actes accomplis pour le compte de la société en
formation (…) est annexé aux statuts, dont la signature emporte reprise des engagements par la société,
lorsque celle-ci a été immatriculée au registre du commerce.
En outre, les actionnaires peuvent, dans les statuts, ou par acte séparé, donner mandat à l’un ou
plusieurs d’entre eux de prendre des engagements pour le compte de la société. Sous réserve qu’ils
soient déterminés et que leurs modalités soient précisées par le mandat, l’immatriculation de la société
au registre du commerce et des sociétés emporte reprise de ces engagements par la société ».

Section 1/ Les actes accomplis au nom de la société en formation avant la signature des statuts

- Les actes accomplis au nom de la société en formation avant la signature des statuts 
Procédure : Le jour de la signature des statuts, le fondateur va faire la liste des contrats qu’il a
conclu pour la future société. Cette liste est mise dans les statuts, les statuts sont signés et le jour
où la société est immatriculée elle est automatiquement engagée par ce contrat. La société est
engagée par ces contrats car les associés ont signé les statuts avec la liste des contrats. Si le
fondateur oublie un contrat dans la liste, la société n’a pas signé les statuts en connaissance de
ce contrat donc la société n’est pas engagée dans ces contrats, donc le fondateur sera engagé en
sa propre personne

Section 2/ Les actes accomplis au nom de la société en formation entre la signature des statuts
et l’immatriculation

Période normalement assez courte. Sur les règles légales il y a deux cas de figure assez simple :
- Le jour de la signature des statuts, les associés ont donné un mandat au fondateur en lui
chargeant de signer des contrats. Le jour de l’immatriculation la société est automatiquement
engagée.
- 2ème cas : Le fondateur le fait sans être mandaté, en principe la société n’est donc pas engagée
par ces contrats, le fondateur est engagé à titre personnel. La société peut décider de reprendre
ce contrat, mais il faut un vote des associés.

Paragraphe 1- Les règles légales

- Acte accompli en vertu d’un mandat donné au fondateur : reprise automatique par la société.
- Pas de mandat : le fondateur est personnellement engagé par l’acte, sauf reprise par la société,
postérieurement à son immatriculation.

Paragraphe 2- Les applications jurisprudentielles

La jurisprudence ( généralement la Cour de Cassation) est souvent formaliste et parfois elle est
étonnement souple.

A/ Le formalisme

Prenons l’exemple de l’arrêt du 31 mai 2005 : un bail commercial est signé. Le contrat est signé par tous
les associés. La société est alors immatriculée et puis il y a des problèmes de paiement, la question est
de savoir qui est engagé par le bail. Dans cette affaire, la Cour de Cassation dit que les règles de reprise
n’ont pas été respectées, cela n’a pas été annexé aux statuts, il n’y a pas eu de mandat et il n’y a pas eu
de vote. La cour de Cassation dit donc que la société n’est pas engagée par ce contrat, ce sont les associés
à leur propre compte qui sont engagés. Tout le monde ayant signé le contrat, cette décision est quelque
peu ridicule et trop formaliste. L’application des règles est absurde.

Arrêt du 20 février 2019 : Pendant la formation de la société, le bail est signé par le fondateur (pas de
mandat pas de vote), mais la société a utilisé ces locaux pendant un certain temps pour l’activité de la
société. Elle a d’une certaine façon accepté ce contrat. La jurisprudence dit que la société n’est pas
engagée.

Il y a énormément d’arrêts de ce type, qui viennent d’impayés : Arrêts du 31 mai 2005, du 6 décembre
2005, du 20 février 2019.

La règle vaut aussi (logiquement) pour les éventuels délits commis par la société : arrêt du 28 septembre
2016. Une société peut être condamnée à payer des amendes. Dans cet arrêt, le fondateur emploie un
salarié (non déclaré) pour faire le travail de la société. Ne pas le déclarer est une infraction et le procureur
décide de poursuivre LA SOCIETE pour travail dissimulé mais la Cour de Cassation dit que ce n’est
pas possible car au moment du délit la société n’existait pas. On ne peut pas la condamner après coup
pour une infraction commise avant son existence.

B/ La souplesse
Parfois au contraire elle est très souple.
Dans cette affaire nous avons un bail commercial pour la future société au nom de la société en formation
signé en décembre 1999, puis en mars 2000 les statuts sont signés , les associés mandatent au fondateur
en le chargeant designer un contrat. Puis en avril elle est immatriculée. Logiquement on devrait dire que
la société n’est pas engagée (contrat signé AVANT le mandat, le mandat ne compte pas) et pourtant la
Cour de Cassation dit que la société est engagée : « Peu importe que le mandat ait été donné avant ou
après »

Parfois rigueur totale, parfois souplesse extrême.

Arrêts du 1er juillet 2008, du 13 juillet 2010.

Section 3/ Les actes qui ne sont pas accomplis au nom de la société en formation

Il y a des cas où le fondateur au lieu de signer le contrat au nom de la société en formation, il signe au
nom de la société en oubliant de mettre « en formation ». C’est ce qu’on fait lorsque la société est
immatriculée mais ici elle n’est pas immatriculée. Problème de paiement. Ces contrats sont nuls, ce qui
veut dire qu’ils n’engagent personne. Neuf arrêts du 5 octobre 2011, confirmés depuis.

Il y a intérêt lorsque l’on est dans cette phase de formation de respecter à la règle le droit des sociétés.

Chapitre 2) Les dirigeants

Section 1/ La notion de dirigeant


Paragraphe 1- Les dirigeants de droit

Ce qu’on appelle les dirigeants de droit ce sont les dirigeants officiels de la société, ceux qui ont été élu
par l’ensemble des associés. Ils portent des noms différents selon les types de société (le gérant, le PDG,
le président, l’administrateur). La nature juridique du contrat entre le dirigeant et la société ? Ce n’est
pas un contrat de travail, souvent on dit que c’est un mandat. On parle également de mandataires sociaux.

Paragraphe 2- Les dirigeants de fait

Le dirigeant de fait n’est officiellement pas dirigeant mais en fait se comporte comme un dirigeant. C’est
un dirigeant caché, il reste à le prouver bien évidemment. Dans le cas où on arrive à établir que qqn est
dirigeant de fait, c’est souvent pour l’accuser de qqch. Le dirigeant de fait a la même responsabilité que
le dirigeant de droit. Par exemple, le dirigeant fait partie d’un couple. On va prouver qu’en fait l’autre
dirige autant que le dirigeant de droit. Ou alors les parents ont nommé leur enfant dirigeant de droit mais
en fait ce sont les parents qui la dirigent. Toute personne faisant des actes de gestion et de direction, peut
être un dirigeant de fait.

Celui qui n’est pas officiellement dirigeant, mais qui, en fait, l’est. Jurisprudence : « la direction de fait
suppose l’exercice, en toute indépendance, d’actes positifs de gestion et de direction ». Exemples
possibles : l’associé majoritaire, le conjoint du dirigeant de droit, voire une personne extérieure (la
banque de la société).

Ex. : arrêt du 7 novembre 2018.On a un dirigeant officiel dans l’entreprise mais on prouve qu’il ne vient
quasiment jamais et on prouve aussi qu’un directeur commercial qui d’une part a une délégation de
signature de la part du directeur officiel et qu’il a signé pleins de contrats importants avec cette
délégation. Le directeur commercial vient de vendre des éléments du patrimoine social et a embauché
un directeur d’usine en fixant sa rémunération sans consulter le dirigeant de droit.

Il faut tout de même suffisamment d’éléments probants : arrêts du 24 janvier 2018 et du 20 mars 2019.
Parfois ça ne suffit pas. Arrêt du 20 mars 2019, il y a eu des fraudes et on suspecte qqn d’être le dirigeant
de fait. Le comptable dit aux enquêteurs que cette personne est le principal animateur de la société et
c’est à lui que je remets la comptabilité. Une perquisition est faite chez cette personne et on y trouve un
carnet de commandes de la société. Il semblerait qu’il a déjà été dirigeant de société. Tous ces éléments
font dire au procureur qu’il est dirigeant de fait, la Cour de Cassation dit que ce n’est pas suffisant, ça
ne prouve pas qu’il ait géré des actes de gestion.

Section 2/ La responsabilité des dirigeants

Paragraphe 1- La responsabilité civile

Article L. 223-22 du Code de commerce (pour la SARL) : « Les gérants sont responsables,
individuellement ou solidairement, selon le cas, envers la société ou envers les tiers, soit des infractions
aux dispositions législatives ou réglementaires applicables aux sociétés à responsabilité limitée, soit
des violations des statuts, soit des fautes commises dans leur gestion ».
Cause d’un préjucide – remboursement.

A/ La responsabilité envers la société

Parfois le dirigeant est responsable envers la personne morale.

- Soit ils ont violé la loi. Le dirigeant doit par exemple convoquer une assemblée générale
annuelle. Le dirigeant qui ne convoquerait pas l’assemblée générale. C’est une violation de la
loi.
- Le dirigeant peut aussi violer un statut, par exemple : dans les statuts il y a très souvent une
close limitative de pouvoir. C’est une close limitant les pouvoirs du dirigeant. La close prévoit
que pour certaines décisions le dirigeant ne peut pas décider seul, il faut un vote. Si par exemple
on décide vendre l’immeuble des locaux, il faut l’accord de tous les associés. S’il viole cette
close et fait seul un acte qu’il n’a pas droit de faire. Contrairement à ce qu’on pourrait penser,
le contrat est quand même valable et engage la société. Le tiers ce n’est pas son problème (par
exemple l’acheteur de l’immeuble). Les closes sont inopposables au tiers (le tiers n’a pas à
connaitre les statuts). Mais évidemment le dirigeant est fautif devant la loi
- Faute de gestion : notion plus subjective, il y a une part d’appréciation du juge. C’est pas
vraiment son rôle d’apprécier la gestion. La faute de gestion est plutôt une faute objective et
l’exemple principal, retenu par la jurisprudence : c’est le dirigeant passif, inerte. On peut alors
impliquer sa faute.

- Causes : violation de la loi, violation des statuts, faute de gestion.

- Conséquences : La société peut agir en justice contre le dirigeant pour lui demander des dommages et
intérêts. Le problème c’est qu’en principe le dirigeant agit au nom de la société mais il ne va pas agir en
justice contre lui-même. Les associés eux-même peuvent agir en justice au nom de la société, ils peuvent
exercer l’action sociale, exercée par les dirigeants (ut universi) ou par les associés (ut singuli). Dans le
cas où ce sont les associés, les dommages et intérêts obtenus vont à la société et non pas aux associés.
Pas de profit direct pour les associés. Arrêt du 13 mars 2019 : des actionnaires de la société mère ne
peuvent exercer l’action sociale contre les dirigeants de la filiale puisque les dirigeants de la filiale
avaient commis des fautes, sauf que les associés de la filiale n’ont pas bougé. Les associés de la société
mère ont essayé de bouger mais la Cour de Cassation a dit que ce n’était pas possible car ils ne sont pas
associés de la filiale, c’est indépendant.

B/ La responsabilité envers les associés

Encore plus rare que la responsabilité envers la société. Un ou plusieurs associés agit en justice contre
le dirigeant pour demander des dommages et intérêts pour lui-même et non pas pour la société. C’est
très rarement admis. Action individuelle exercée par un associé en réparation de son préjudice personnel.
Assez rare : le préjudice personnel n’est généralement que la conséquence indirecte du préjudice subi
par la société elle-même.

Par exemple le dirigeant a fait une faute, la société perd de l’argent et donc les associés aussi perdent de
l’argent. La jurisprudence refuse quasi systématiquement : ce préjudice de l’associé n’est qu’une
conséquence du préjudice subi par la société. C’est un préjudice indirect, la société est victime mais la
responsabilité envers les associés n’est pas réparable car n’est qu’une conséquence. On répare le
préjudice subi par la société mais les conséquences non.

L’associé doit prouver un préjudice distinct du préjudice de la société, un préjudice personnel. Un


associé discriminé par le dirigeant, le dirigeant convoque l’assemblée générale sauf un associé ou ne
reçoit aucun dividende alors que les autres si.

C/ La responsabilité envers les tiers

Versement de dommages et intérêts à qqn d’extérieur à la société. La responsabilité personnelle d’un


dirigeant à l’égard des tiers ne peut être retenue que s’il a commis une faute séparable de ses fonctions
et qui lui soit imputable personnellement. C’est la jurisprudence qui dit ça. Si la faute est séparable, c’est
lui personnellement qui doit indemniser la victime. Si la faute n’est pas séparable de ses fonctions, dans
ce cas là la société est responsable et non pas le dirigeant. C’est une copie du droit administratif où il y
a la notion de faute détachable (l’agent des impôts s’est trompé dans le calcul de vos impôts, faute non-
détachable de ses fonctions). C’est la même chose en droit des sociétés mais appelé faute séparable.

Arrêt du 20 mai 2003 : « il en est ainsi lorsque le dirigeant commet intentionnellement une faute d’une
particulière gravité incompatible avec l’exercice normal de ses fonctions sociales ». Il semble y avoir
deux critères, c’est une faute intentionnelle. Tout ce qui est erreur, maladresse, imprudence n’est pas
séparable de ses fonctions. Le deuxième critère est que la faute doit être d’une particulière gravité. Cela
correspond essentiellement à des infractions pénales (intentionnelles et graves).

Arrêt du 28 septembre 2010 : « Le gérant d'une société à responsabilité limitée qui commet une faute
constitutive d'une infraction pénale intentionnelle, séparable comme telle de ses fonctions sociales,
engage sa responsabilité civile à l'égard des tiers à qui cette faute a porté préjudice ». Exemple : Une
affaire dans laquelle une société gère des discothèques, le gérant de la société n’a pas payé les droits à
la SACEM (Sacem demande le paiement et fait un procès), la faute du dirigeant était une faute séparable
des fonctions, donc c’est le dirigeant lui-même qui est responsable personnellement de payer les droits
à la Sacem. C’est intentionnel car a reçu des relances, Sur le plan pénal c’est de la contrefaçon (chaque
fois qu’on utilise qqch qui est protégé sans payer les droits). Deuxième exemple : Le dirigeant ne prend
pas d’assurance obligatoire (volontairement pour pas payer), dans le cas d’un accident , c’est une faute
séparable, faute grave qui admet une sanction pénale.
Confirmé par d’autres arrêts (11 janvier 2012, 9 décembre 2014, 27 mai 2015, 17 février 2016). Mais
arrêt du 3 mai 2018 qui montre qu’une infraction pénale n’est pas nécessairement une faute séparable.
En principe si la plupart du temps mais ici le dirigeant avait commis une contravention (toute petite
infraction pénale : Crime > Délit > Contravention), ce n’est pas une faute séparable de ses fonctions car
même si c’est intentionnel ce n’est pas grave, donc la personne morale est responsable mais pas le
dirigeant. Le dirigeant est assez responsable sur le plan civil.
Paragraphe 2- La responsabilité pénale : l’exemple de l’abus de biens sociaux

Article L. 242-6 du Code de commerce : « le fait (pour les dirigeants) de faire, de mauvaise foi, des
biens ou du crédit de la société, un usage qu’ils savent contraire à l’intérêt de celle-ci, à des fins
personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle ils sont intéressés
directement ou indirectement ».

A/ Les éléments constitutifs du délit

1) L’intérêt de l’acte
Corruption pour que sa société obtienne qqch (pot de vin), ou pour sa volonté personnelle.

a/ Un acte contraire à l’intérêt social

Problème de l’acte illégal accompli dans l’intérêt de la société : arrêts Carpaye (22 avril 1992), Botton
(6 février 1997), Carignon (27 octobre 1997). On peut appliquer la corruption, verser de l’argent pour
obtenir qqch, parfois la corruption ne peut pas s’appliquer. On a donc essayé d’appliquer l’abus de biens
sociaux en disant qu’il a utilisé l’argent de la société pour faire un acte illégal, une infraction pénale. La
réponse est de dire qu’il a fait pour le bien de sa société (de façon illégale, mais ne l’a pas fait pour lui,
l’a fait pour la société). Si nécessaire la jurisprudence n’hésite pas à appliquer l’abus de biens sociaux.
L’argument de la Cour de Cassation, est de dire que en commettant cette infraction le dirigeant prend le
risque qu’il y ait des condamnations pour lui-même et pour la société. C’est contraire à l’intérêt social.

b/ Un acte réalisé dans un intérêt personnel


b1 Acte réalisé à des fins personnelles

- Intérêt matériel et financier : enrichissement du dirigeant lui-même ou de l’un de ses proches. Paye ses
dettes privées avec l’argent de la société. Verse à un proche de l’argent, considéré comme des fins
personnelles. Parfois il prend de l’argent mais il ne s’est pas enrichi. La cour de cassation dit qu’il y a
quand même un intérêt personnel mais d’ordre moral, intellectuel, psychologique (pas financier).

- En l’absence d’enrichissement, admission par la jurisprudence d’un intérêt moral (se ménager de
bonnes relations auprès de personnalités médiatiques ou politiques).

b2 Acte réalisé pour favoriser une autre société

Il agit pour une autre entreprise à laquelle il est lié, intéressé. C’est aussi un abus de biens sociaux. Le
dirigeant de l’entreprise x est également dirigeant de y. En tant que dirigeant de X va verser de l’argent
à Y.

2) La malhonnêteté de l’acte
Pour condamner un dirigeant il faut prouver sa mauvaise foi, que c’est volontaire. Il a pris l’argent social
dans un intérêt personnel, généralement c’est assez évident.

B/ La répression du délit
1) Les coupables
Ce sont uniquement les dirigeants de SARL et de sociétés par actions (SA, société en commandite par
actions, SAS, SE) : ils encourent 5 ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende. Ça ne s’applique
pas à toutes les entreprises. Ceci est le maximum. On ne peut pas condamner un salarié à l’abus de biens
sociaux.

- Responsabilité des complices (ayant aidé à la réalisation de l’infraction) et des receleurs (ayant détenu
des biens issus de l’ABS ou en ayant profité, celui qui a reçu l’argent en sachant qu’il ne travaille pas
par exemple, c’est la Pénélope). Ex. : arrêt du 17 février 2015 : complicité d’un salarié. Arrêt du 30
janvier 2019 sur l’achat par le dirigeant de 8000 bouteilles de champagne. Il dit que c’est pour ses clients
et pour les réceptions dans la société, mais pas de preuve des clients et bcp trop juste pour les réceptions.
On condamne le dirigeant pour abus de biens sociaux et aussi la femme qui dit qu’elle ne savait pas
(mais était DAF et actionnaire de la société).

2) Les victimes

Trois victimes potentielles :


- La société elle-même (qui est par définition victime de l’ABS).
- Les associés (perte de valeur de leurs parts sociales ou actions). Préjudice indirect : impossibilité de se
porter partie civile.
- Les tiers (créanciers, salariés). Préjudice indirect : impossibilité de se porter partie civile. Confirmation
par un arrêt du 3 juin 2015 : « sont irrecevables à se constituer partie civile du chef d’abus de biens
sociaux les salariés et les créanciers de la société, dans la mesure où le préjudice invoqué par eux ne
résulte pas directement de ce délit »

3) La prescription

Loi du 24 février 2017 : prescription de 6 ans pour les délits à partir du jour de l’infraction, avec une
date butoir de 12 ans à compter du délit. La prescription c’est l’histoire de délai, en droit le principe
c’est qu’il y a un délai pendant lequel on peut poursuivre l’auteur d’une infraction. Généralement
l’infraction on la voit au moment où elle a lieu, mais l’ABS c’est souvent caché, dissimulé. Si on cache
bien pendant 6 ans on n’est jamais poursuivi. Pour les délits dissimulés dont les abus de biens sociaux,
c’est 6 ans à partir du jour de la découverte de l’infraction. Le problème c’est que si c’est découvert 50
ans après ça devient imprescriptible. Donc on a instauré 6 ans à partir de la découverte, mais 12
maximum à partir du jour de l’infraction.

Chapitre 3) Les associés

Section 1/ Associés ou actionnaires ?

On est membres de la société dans les 2 cas. L’associé en échange de son apport reçoit une part sociale.
Cette part ne peut pas être vendue librement. Si un associé veut quitter la société (vendre ses parts), il
doit demander l’autorisation des autres associés qui doivent être d’accord pour le laisser partir car la
personne ne compte pas. L’action c’est un apport contre une action (à la place de la part sociale) mais
l’action est librement cessible car la personne ne compte pas, seul son argent est important.
Associé = part sociale non librement cessible (société de personnes). Actionnaire = action librement
cessible (société par actions).

Section 2/ Les attributs des associés

L’associé ou l’actionnaire a 3 types de droits


Paragraphe 1- Les droits politiques

L’associé a droit à la parole, à l’information (savoir ce qui se passe dans la société). La loi prévoit pleins
de mécanismes pour appliquer le droit à l’information (documents sociaux que l’associé peut consulter).
Dans les grandes sociétés, l’actionnaire lambda s’en fiche de la gestion mais le droit à l’information a
le mérite d’exister= Le droit à l’information

Ils ont aussi le droit de participer aux décisions collectives. Le droit de venir aux assemblées, de discuter
puis droit de vote : arrêt château d’Yquem (9 février 1999). On ne peut jamais retirer à l’associé son
droit de vote si ce n’est pas prévu par la loi. Parfois la loi elle-même le prévoit. Si ces règles ne sont pas
respectés (droit à l’information ou droit de participer aux décisions collectives), le juge peutannuler
l’assemblée générale et toutes les décisions qui en ont découlé.

Cour d’Appel de Paris le 26 juin 2018 : AG d’une société unipersonnelle dont l’unique associé est fou !
Le gérant n’était pas l’associé dans ce cas. L’associé unique a voté la révocation du gérant. Le gérant
fait un procès. Le gérant prouve que l’associé est fou.

Paragraphe 2- Les droits financiers

- Le droit aux bénéfices (distribution de dividendes). C’est-à-dire que si la société a fait des bénéfices,
et si elle décide de les distribuer, chaque associé a droit à sa part (en principe proportionnel à la part sauf
notation contraire qui ne soit pas léonine). L’AG annuelle doit décider si on distribue ou pas les bénéfices
(à supposer qu’il y en ait), on les distribue ou on les met en réserve. Si un dividende n’a pas été versé
pendant 5 ans (associé n’a pas demandé et société avait pourtant bien versé les bénéfices), cette part
revient directement à l’Etat.

- Le droit aux boni (bonus au pluriel) de liquidation : La société est dissoute, elle disparait, dans ce cas
on la liquide, on paye les dettes.

Paragraphe 3- Les droits patrimoniaux

C’est par rapport aux parts sociales ou les actions (ça fait partie de votre patrimoine) :

- Le droit de rester associé. On ne peut pas en principe exclure un associé par la force, il a le droit de
rester. Il y a quelques exceptions : La loi prévoit parfois dans des cas particuliers que l’associé puisse
être exclu. Par exemple un associé qui refuse de libérer (verser, après la souscription) l’argent, la loi
prévoir une exclusion. Si les statuts prévoient l’exclusion, ils doivent aussi prévoir des raisons, des
motifs. Ce doit être une procédure respectueuse , par exemple il a le droit à l’expression avant d’être
exclu. Exceptions : exclusion de l’associé : principe / sources / modalités.

- Le droit de ne pas rester associé : le prix de la cession / les garanties de passif = indemnisation de
l’acquéreur de titres d’une société lorsque apparaît, par rapport aux comptes de référence, un supplément
de passif (ou diminution d’actif) résultant de faits ou évènements antérieurs à la cession et non ou
insuffisamment provisionnés.
Arrêts du 14 décembre 2010 et du 20 janvier 2009.
Arrêt très net du 12 mai 2015.
Les sanctions en cas de retard dans la mise en œuvre de la garantie de passif : arrêt du 25 janvier 2017.

Chapitre 4) Les conséquences de la loi PACTE


Section 1/ L’intérêt social

Art. 1833 Code civil : « La société est gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les
enjeux sociaux et environnementaux de son activité ».

Section 2/ La raison d’être de la société

Art. 1835 Code civil : « Les statuts peuvent préciser une raison d'être, constituée des principes dont
la société se dote et pour le respect desquels elle entend affecter des moyens dans la réalisation de son
activité ».

TITRE III : LA DISSOLUTION DES SOCIÉTÉS

Chapitre 1) Les règles générales

Les causes de la dissolution :


-l’arrivée du terme de la société = la mort naturelle de la société. La loi fixe un terme à l’existence des
sociétés qui est de 99 ans. Arrivé à 99 ans, en principe, la société meurt. Il peut arriver que la société
veuille continuer à exister : les associés peuvent décider par un vote de proroger la société. Ils doivent
voter au moins un an avant l’expiration. Ils peuvent oublier. Pour éviter l’oubli, un autre système est
admis : on peut prévoir dans les statuts une clause stipulant que après 99 ans la société continue
automatiquement à moins qu’il n’y ait un vote contraire des associés.
S’il n’y a ni l’un ni l’autre (ni clause ni vote), virtuellement la société est dissoute.

Ex : une société agit en justice sauf que le juge constate que cette société a plus de 99 ans et qu’elle n’a
pas été prolongée. Le juge estime que cette société n’existe plus, elle n’a plus de personnalité juridique
donc elle ne peut pas agir en justice, l’action est irrecevable et n’est même pas examinée.

-la réalisation de l’objet social : objet social = activité de la société


La société a fait ce qu’elle devait faire, et a terminé ce qu’elle devait faire. Il n’y a plus rien à faire : la
société est dissoute.
La société avait pour objet social de faire tels travaux, les travaux sont finis, la société est dissoute.
De façon générale, l’objet social est défini de façon large. Généralement, on met un objet et une clause
parapluie (une clause un peu vague, fourre-tout).

-l’extinction de l’objet social : l’objet social est devenu impossible à réaliser.


Ex : la société avait pour objet la commercialisation d’un produit. Ce produit vient d’être interdit par la
loi.

-l’annulation du contrat de société : une décision de justice qui annule le contrat de société pour un vice,
un défaut de constitution.
Ex : un vice de consentement.
C’est très rare.

-la dissolution conventionnelle ou contractuelle : les associés décident de dissoudre par un vote.

-la dissolution judiciaire : un associé demande en justice la dissolution pour juste motif.
Juste motif = lorsqu’il y a dans la société un conflit, un différend entre associés ou dirigeants qui paralyse
le fonctionnement de la société. La société ne peut plus fonctionner normalement. Problème gravissime.
Ex : Une société avec deux associés à 50/50. Les deux ne s’adressent plus la parole, la société ne peut
plus fonctionner.
Rare : ce n’est pas le rôle du juge de dissoudre les sociétés. C’est une ingérence dans la gestion sociale.

Les effets de la dissolution :


La liquidation : on vend tous les biens de la société, et avec l’argent on paye les dettes. On réalise l’actif
(vente de tous les biens) pour combler le passif.

Le partage : s’il reste de l’argent, partage de ce qu’il reste entre les associés. Remboursement de l’apport
de chaque associé, et s’il reste encore quelque chose, boni de liquidation.
Cas d’une situation saine.

- Les causes de la dissolution. Arrivée du terme (arrêt du 13 septembre 2017 : pas de prorogation tacite)
/ Réalisation de l’objet social / Extinction de l’objet social / Annulation du contrat de société /
Dissolution conventionnelle / Dissolution judiciaire pour juste motif (ex. : arrêt du 24 juin 2014).

- Les effets de la dissolution : liquidation / partage.

Chapitre 2) Le cas des procédures collectives

Lorsque la société est en faillite. Deux types de procédure :


-Redressement judiciaire : 1985
-Sauvegarde : 2005

Présentation sommaire des procédures collectives : redressement judiciaire et sauvegarde.

Cessation des paiements/ Jugement d’ouverture / Période d’observation/ Plan/ Plan LJ de redt/ de
cession

Section 1/ L’ouverture de la procédure

L’ouverture de la procédure Environ 60 000 procédures qui s’ouvrent chaque année. Concerne toutes
les entreprises, y compris un entrepreneur individuel.
-Redressement judiciaire : lorsqu’il y a cessation des paiements. Impossibilité de faire face au passif
exigible avec l’actif disponible, cad plus de dettes que d’argent.

Actif disponible : l’argent dans les caisses et les biens facilement transformables en argent (actifs
immédiatement cessibles).
Immeubles ne font pas partie de l’actif disponible. Si une société est propriétaire d’immeubles, on ne les
prend pas en compte dans le calcul des actifs disponibles.

Passif exigible : les dettes échues, arrivées à échéance donc qu’on peut exiger.
Dans ces dettes exigibles, on ne prend en compte que les dettes certaines, cad les dettes qui ne sont pas
contestables et pas contestées. Si une société ne paye pas une dette, c’est peut-être qu’elle ne veut pas
la payer même si elle en a les moyens.
Ex : dette fiscale de la société (trésor public) qui à elle seule englobait l’actif. La société est déclarée en
cessation des paiements. Le passif est supérieur à l’actif.
Pb : la société contestait cette dette. Procès en cours.
Devant le tribunal, la société avait perdu, le tribunal avait donné raison au fisc. La société a fait appel et
l’appel est en cours, pas encore jugé.
La société conteste la cessation des paiements en disant qu’on ne doit pas prendre en compte cette parce
qu’elle n’est pas certaine.
Mais la Cour de cassation constate que le jugement du tribunal peut être exécuté tout de suite. L’appel
n’est pas suspensif, le jugement peut être exécuté : la somme est exigible, le trésor public peut exiger
tout de suite l’argent sans attendre l’appel.
La société est bien en cessation des paiements.

S’il y a cessation des paiements, le dirigeant de la société doit aller au tribunal de commerce pour
déclarer la cessation des paiements dans un délai de 45 jours et demander l’ouverture d’un redressement
judiciaire. Demander l’aide de la justice.
c’est le dépôt de bilan.
S’il ne le fait pas ou le fait trop tard, il pourra être lourdement sanctionné.
Pour le dirigeant de société, c’est un aveu d’échec, ce n’est pas une démarche facile, donc parfois le
dirigeant ne le fait pas.
La loi prévoit que la demande d’un redressement judiciaire peut être faite par un créancier contre son
débiteur. Un créancier impayé peut demander qu’on mette en redressement judiciaire une société.
Pb : quand il y a cessation des paiements, l’expérience montre que c’est déjà un peu tard. Si le passif est
supérieur à l’actif, on est déjà dans la difficulté. Le redressement se transforme souvent en liquidation.

En 2005, la loi a crée la procédure de sauvegarde : agir en amont, avant que ce soit aussi grave. Il n’y a
pas de cessation des paiements, la société est dans une situation normale, elle a suffisamment d’argent
pour payer ses dettes. Mais la loi dit que la société a des difficultés avérées ou prévisibles qu’elle ne
parvient pas à surmonter.
Par exemple, la société vient de perdre un client important. Ou la société est embarquée dans un procès
qui ne se présente pas bien (lourds dommages et intérêts prévisibles).

Dans ce cas-là, le dirigeant de la société peut demander l’ouverture d’une procédure de sauvegarde,
mais ce n’est pas une obligation (contrairement au dépôt de bilan). Et seulement lui peut la demander
(pas les créanciers puisqu’ils sont payés).
Dans les deux cas, le juge nomme ceux que l’on appelle les organes de la procédure qui s’en occupent
de façon plus précise.
2 grands organes principaux :

-L’administrateur judiciaire : un métier, une profession. Mission transversale. Essentiellement, son rôle
est de comprendre pourquoi ça va mal et d’essayer de trouver les remèdes.
-Le représentant des créanciers : il s’occupe des créanciers de la société, il représente leur intérêt général.
Son rôle est de faire le point sur les créances et de voir si on peut éventuellement les payer.
L’administrateur judiciaire s’occupe plutôt de la société et le représentant des créanciers des
créanciers. Ils travaillent ensemble.

Jugement d’ouverture ouvre un redressement judiciaire ou une sauvegarde et nomme les personnes
compétentes pour s’en occuper.
Le jugement d’ouverture doit fixer la date de cessation des paiements : depuis quand la société ne paye
plus (depuis quel jour, c’est précis).
- Le redressement judiciaire. Cessation des paiements = impossibilité de faire face au passif exigible
avec l’actif disponible.
- La sauvegarde. Difficultés insurmontables.

Les organes de la procédure.

Section 2/ Le déroulement de la procédure

Le déroulement de la procédure

-La période d’observation dure 6 mois, renouvelable deux fois selon les conditions. Le but est d’analyser
la situation, la société continue son activité.
Faire le point sur le passif exact. Chercher des remèdes possibles, discuter avec les créanciers pour
essayer d’obtenir des sacrifices et trouver des accords (obtenir des délais oud es remises de dettes). Point
général de la situation pour voir comment la société peut être sauvées.

Situation des créanciers pendant la période d’observation : un certain nombre de créanciers antérieurs
au jugement d’ouverture. Des dettes impayées.
Pendant cette période, les créances en antérieures ne sont pas payées. Il est interdit de les payer. Les
créanciers attendent, la dette est gelée. Le but est de faire le point, si on commence à en payer un et pas
l’autre ça complique tout !
Les créanciers antérieurs doivent déclarer leurs créances dans un délai de deux mois à partir de la
publication du jugement d’ouverture. S’il laisse passer le délai, c’est fini.
Cela ne signifie pas nécessairement qu’ils seront payés.
Le représentant des créanciers va vérifier les créances. On va connaître exactement le passif, les dettes
qui pèsent sur l’entreprise.
En revanche, pendant la période d’observation, les créanciers postérieurs au jugement d’ouverture, que
se passe-t-il ?
Pendant la période d’observation, la société continue son activité et signe de nouveaux contrats avec de
nouveaux créanciers. Eux doivent être payés normalement, au fur et à mesure. Les dettes ne sont pas
gelées dans leur cas.

Si la société fait faillite : on va payer avec l’argent qu’il reste les créanciers postérieurs avant les
créanciers antérieurs. Derniers arrivés premiers servis !
C’est pour rassurer les créanciers postérieurs, pour qu’ils sachent qu’ils seront payés en tout état de
cause. Passer un contrat avec une société en redressement judiciaire n’est pas très attractif.
Façon de remercier ceux qui ont eu l’audace de passer un contrat avec la société en redressement
judiciaire.

- La période d’observation.
- La situation des créanciers.

Section 3/ L’issue de la procédure

L’issue de la procédure

A la fin de la période d’observation, le tribunal prend une décision.


3 possibilités :

-On estime que la société est viable et peut s’en sortir si on met en place certaines mesures.
L’administrateur judiciaire prépare tout cela. Le tribunal adopte alors un plan de redressement ou de
sauvegarde avec toute une série de mesures que la société doit appliquer pour s’en sortir. Par ex : la
société doit diversifier son activité, changer de forme sociale, augmenter son capital, vendre certains
biens etc.
Ce plan prévoit aussi la question du paiement des créanciers, un échéancier du paiement des dettes, avec
les accords passés avec certains créanciers. On peut aussi imposer des délais de paiement aux créanciers.
Si tout se passe bien, la société va se redresser tout en payant ses dettes. Tout se termine bien.

-Le tribunal adopte un plan de cession : il y a des repreneurs qui se sont manifestés, des gens qui ont fait
une offre de reprise, qui ont proposé de racheter tout l’actif de la société pour faire repartir l’activité. Le
repreneur propose un prix, il rachète le capital social, il propose un projet pour la société. Le prix va
servir à éponger les dettes.
Si le tribunal estime que cette offre de reprise est sérieuse et viable, il peut préparer un plan de cession
: cession du patrimoine social à un repreneur. L’activité continue avec un repreneur, avec
potentiellement des licenciements qui font partie de son offre de reprise.
Le tribunal peut tout aussi bien refuser toutes les offres de reprise.
-Liquidation judiciaire (le plus fréquent) : la faillite. C’est fichu, il n’y a rien à faire, la société ne peut
pas s’en sortir, ni en l’état ni avec un repreneur. La société est dissoute on vend tous les biens de la
société (généralement aux enchères), et avec l’argent recueilli on paye les dettes que l’on peut payer,
selon un classement des créanciers (les créanciers postérieurs passent avant les autres).
Sauf miracle, on ne paiera pas tout le monde. Des créanciers ne seront pas payés, et ne le seront jamais.
Les salariés sont très haut dans la liste

- Plan de redressement ou de sauvegarde.


- Plan de cession.
- Liquidation judiciaire.

2EME PARTIE : LE DROIT SPÉCIAL DES SOCIÉTÉS

Introduction :
- Les différents types de sociétés : de personnes / de capitaux.
- Le commissaire aux comptes depuis la loi PACTE du 22 mai 2019

TITRE I : LES SOCIÉTÉS DE PERSONNES

Section 1/ La constitution de la SNC

Il faut au moins deux associés, généralement des petites sociétés. Les associés ont une responsabilité
indéfinie : ils sont responsables sur leurs biens personnels, ils devront payer si la société ne peut pas.
Pas de capital minimum exigé par la loi, on peut créer une SNC avec un capital quasiment inexistant.
Le capital est une garantie pour les créanciers, ce qu’ils pourront saisir en cas de problème. Or, comme
les associés sont responsables sur leurs biens propres, pas besoin de garantie. Le patrimoine personnel
des associés est saisissable. Les statuts doivent fixer l’objet de la société. Comme les associés sont
responsables sur leurs biens personnels, il faut faire particulièrement attention à la délimitation de l’objet
social : plus il est large, plus ils prennent un risque.

Section 2/ L’organisation de la SNC

Le gérant est nommé par un vote des associés, en principe à l’unanimité. On peut nommer un ou
plusieurs gérants. On peut même concevoir que tous les associés soient gérants. Le principe, c’est que
le gérant peut faire tous les actes de gestion dans l’intérêt de la société. S’il y a plusieurs gérants, ils
risquent d’empiéter les uns sur les autres. Les statuts ont donc intérêt à organiser une cogérance pour
savoir qui fait quoi. On peut répartir les différentes missions de direction, ou prévoir des réunions
permanentes.

Vis-à-vis des tiers, les actes de chaque gérant engage la société, même si ce gérant n’a pas respecté les
règles, même s’il est sorti de son rôle. On ne peut pas exiger du tiers de vérifier dans les statuts qui a
quel pouvoir.

La révocation du gérant : il faut l’unanimité des associés. Elle doit se faire pour juste motif selon la loi,
formule volontairement vague. Si ce n’est pas le cas, le gérant peut réclamer des dommages et intérêts
(il ne va vraisemblablement pas être réintégré).
Juste motif = des fautes, des irrégularités, des fautes volontaires, ou une gestion catastrophique.
La notion de « perte de confiance » n’est pas un juste motif.

-Les associés : il y a des assemblées générales, comme dans toutes les sociétés. Au moins une assemblée
générale annuelle.
Le principe général c’est que dans cette assemblée générale où l’on prend un certain nombre de
décisions, c’est que les décisions se prennent à l’unanimité. Les statuts peuvent prévoir une règle plus
souple (une majorité plus normale, les 2/3, ¾).

Sur le cas de l’associé qui veut quitter la société, donc vendre ses parts sociales.
il doit avoir l’accord unanime des autres associés. Il présente son projet, il faut ensuite un vote. C’est
une règle obligatoire, les statuts ne peuvent pas assouplir cette règle.
Les sociétés de personnes sont très fermées, ce sont des petites sociétés où il est difficile d’entrer et de
sortir.
Une société peut donc être prisonnier de la société et de ses parts sociales.
Si vraiment cela paralyse complètement la société, éventuellement on le fait partir.

Les responsabilités personnelles des associées de la SNC :


Si la société ne paye pas une dette. Le créancier ne peut pas directement agir en justice contre les
associés. C’est d’abord la dette de la société. Il doit d’abord mettre en demeure la société, avec un acte
d’huissier, de payer.
Si la société ne paye pas dans un délai de 8 jours, alors là le créancier peut agir contre les associés. Il
doit quand même commencer par la société.
Cession de parts sociales : arrêt du 6 février 2019 qui voit une faute dans l’absence de réponse à la
demande.

Section 3/ La dissolution de la SNC

Dans la SNC, le décès d’un associé entraîne en principe la dissolution de la société. Chaque personne
compte, est importante, c’est une société de personnes, la société n’existe que par la personne et la
personnalité de chacun de ses membres. Si l’un disparaît, la société disparaît avec.
Les statuts peuvent prévoir le contraire. On met en pratique toujours une clause contraire dans les statuts,
une clause de continuation, qui prévoit que la société continue même si l’associé décède.

Plusieurs possibilités :
-La clause prévoit la continuation de la société uniquement avec les associés qui restent. Si un associé
décède, ses parts sociales vont à ses héritiers, qui deviennent donc associés. La clause peut prévoir que
la société continue sans les héritiers.
La société doit alors verser aux héritiers lésés la valeur des parts sociales en argent.
Problème : il y en a un qui va se retrouver tout seul. La société doit être dissoute ou il doit trouver de
nouveaux associés.

-La clause prévoit la continuation avec tous les héritiers : on peut prévoir quand même une procédure
d’agrément = le jour venu, les associés devront quand même agréer les héritiers, dire s’ils sont d’accord
ou pas.

-La clause prévoit la continuation avec un héritier déterminé : on continue avec un seul (un seul des
deux enfants de Mr. Dupont). Les autres héritiers recevront l’équivalent en argent des parts sociales.

Chapitre 2) La société en commandite simple (SCS)

C’est une forme de société très peu répandue !


Section 1/ La constitution de la SCS

Il y a une grande spécificité, il y a deux grandes catégories d’associés, il y a les commandités et les
commanditaires. Les commandités ont le même statut que les associés d’une SNC, donc une
responsabilité indéfinie et solidaire, statut de commerçant etc. Les commanditaires, on dit qu’ils sont
responsables dans la mesure/ limite de leur apport (risque beaucoup moins grand), ils n’ont pas le statut
de commerçant, ce qui entraîne qu’un mineur peut être commanditaire. Il faut au moins un commandité
et un commanditaire (2 associés et un de chaque minimum) , mais la loi n’exige aucun capital minimum
car les créanciers sont rassurés par le fait que les commandités sont responsables personnellement.

Section 2/ L’organisation de la SCS

Ce sont les mêmes règles que la SNC, les commanditaires cependant n’ont pas le droit d’être gérants.
(Les gérants sont forcément commandités). Dans la logique de la société, les commandités vont
s’intéresser à la gestion sociale, car leur argent personnel est en jeu. Les commanditaires apportent de
l’argent, et les commandités s’occupent de la société (apportent souvent très peu). Si un commanditaire
fait des actes de gestion, il y a une sanction assez radicale, le juge peut considérer qu’il devient
responsable sur ses biens personnels.
Les associés et la cession des parts sociales : En principe un associé qui souhaite partir ou vendre ses
parts doit avoir l’accord unanime des autres, mais il peut y avoir une petite souplesse si c’est le
commanditaire qui veut céder ses parts (personne moins importante pour la société que le commandité),
on peut mettre une close dans les statuts qui prévoit qu’il faut l’autorisation de l’unanimité des
commandités mais seulement la majorité en nombre et en capital des commanditaires. (S’il n’y a pas de
close, unanimité totale pas de négociation possible)

Section 3/ La dissolution de la SCS


Si un commandité décède, cela entraîne normalement la dissolution de la société, mais possible de mettre
une close contraire (continuer avec les survivants, les héritiers etc). Si un commanditaire décède, rien
ne se passe, la personne importante est le commandité par le commanditaire.

TITRE II : LA SOCIÉTÉ A RESPONSABILITÉ LIMITÉE (SARL)

Il y a beaucoup de SARL , ce n’est ni une société de personnes (commandite et SNC, personne au cœur
de la société et très importante) mais pas non plus une société de capitaux (gde société très ouverte où
personne ne compte).

Chapitre 1) La constitution de la SARL


Il y a un certain nombre d’évolutions depuis 15 ans.

Très classique, il faut au moins 2 associés (sinon c’est une EURL). Pendant longtemps une SARL ne
pouvait pas compter plus de 50 associés, maintenant cela a doublé, la SARL ne peut pas compter plus
de 100 associés. Finalement SARL c’est une société où le nombre est tout de même limité. En revanche,
ils ont une responsabilité limitée (pas de risque sur leur bien personnel). Avant il y avait un capital
minimum de 7500€ d’apports en numéraires ou en nature. C’est tout à fait logique car le capital est la
seule garantie des créanciers. Depuis 2003, la règle a été supprimée, il n’y a plus de capital minimum
exigé. C’est un peu imprudent de créer une SARL sans n’avoir rien (inquiétant pour les créanciers).

De même pendant très longtemps, les apports en industrie (pas comptabilisés en capital) étaient interdits
en SARL, l’apporteur en industrie ne prenant aucun risque dans une SARL car on ne peut pas prendre
son apport ni son argent personnel (on ne peut pas prendre son savoir-faire), il ne perd rien, c’est gênant
puisque normalement tout associé doit contribuer aux pertes. Mais en 2001, la loi finit par autoriser les
apports en industrie dans les SARL.
Chapitre 2) L’organisation de la SARL

Les gérants (dirigeants de la société) peuvent être seul ou plusieurs (avantages et combien, plusieurs on
risque de se marcher sur les pieds, seul on risque de pas avoir le choix). Le gérant est nommé et révoqué
par des associés représentant plus de la moitié des parts sociales. (pas la majorité des associés, pas en
nombre de personne mais en représentativité). Concernant la révocation, la loi n’a pas prévu que le
gérant ne votait pas. En principe dans les autres formes sociales, la loi interdit le vote à la personne
concernée. Donc ici le gérant vote. Si ce gérant est également l’associé majoritaire, il est invirable ! Le
gérant est révocable pour juste motif (a commis des fautes), si le juge considère que le motif n’est pas
juste il peut avoir droit à des dommages et intérêts.
De plus, autre possibilité de révocation, tout associé peut demander en justice la révocation du gérant
pour « cause légitime ».

Les pouvoirs du gérant : « Le gérant est investi des pouvoirs les plus étendus, pour agir en toutes
circonstances au nom de la société ». Si le gérant fait un acte qui sort de son objet social (dans la SNC
la société n’est pas engagée, car ils sont engagés personnellement et vont pas payer de leur poche), la
société est quand même engagée et doit répondre de cet acte (car les associés ne sont pas responsables
sur leurs biens personnels). En revanche , le gérant engage sa propre responsabilité civile envers la
société (dommages et intérêts) sauf si on arrive à prouver que celui qui a conclu le contrat avec le gérant
savait que l’acte dépassait l’objet social.

Quelques particularités sur les associés : Sur l’assemblée générale, les associés ont le droit d’information
et de vote. Il y a deux types d’assemblée générale (ordinaires et extraordinaires). AGO : elle vote sur les
décisions qui n’entrainent pas de modification des statuts (nommer le CAC). Il n’y a pas de quorum (pas
de nb minimum de gens qui viennent et votent, le vote se fait à la majorité simple des parts sociales pas
des personnes). AGE : Vote sur les décisions qui entraînent une modification des statuts (décision grave)
 par exemple objet social, siège social, nom de la SARL etc modif importantes). Ici il y a un quorum
, il faut qu’il y ait au moins un quart des parts sociales présentes. Si on n’atteint pas le quorum, il y a
une seconde convocation avec une obligation d’avoir 1 cinquième des parts sociales. L’AGE n’est
jamais indispensable donc si au bout de plusieurs convocations cela ne fonctionne pas. Le vote se fait à
la majorité des 2/3 des parts sociales. Il y a un cas où on exige l’unanimité ( pour changer de SARL à la
SNC), si ça devient une SNC les associés deviennent responsables sur leur biens personnels.

Chapitre 3) La dissolution de la SARL

A la fois sociétés de personnes et de capitaux. C’est ni une SNC ni une société de capitaux.

Si l’associé veut céder ses parts à un autre associé : Cette cession en principe est libre , il n’a pas besoin
de demander l’accord des autres. Mais le problème c’est que cela peut changer les règles de majorité
dans la société. On peut mettre dans les statuts une close d’agrément, un associé qui veut céder ses parts
à un autre associé doit demander l’autorisation pour céder ses parts et ainsi avoir l’agrément. Si
l’agrément est refusé, l’associé est obligé de respecter mais les associés doivent lui proposer un autre
acheteur (un plan B), d’accord pour acheter à ce prix là. Les associés ont un délai de 3 mois pour lui
trouver une substitution, sinon il peut céder à un autre associé. Uniquement s’il y a une close, sinon la
cession à un autre associé est complètement libre.

Si l’associé veut céder ses parts à son conjoint, à un ascendant (GP, Parents etc) ou à un descendant
(enfants, PE etc). Il peut et a la liberté totale mais close d’agrément possible ( subtilité : si le destinataire
est à la fois associé et conjoint ascendant ou descendant  double casquette donc la liberté est totale
pas d’agrément possible)

Si l’associé veut céder à un tiers, la cession n’est pas libre car ces parts ne sont pas librement cessibles.
La loi dit qu’il faut obtenir l’accord de la majorité des associés représentant au moins la moitié des parts
sociales (majorité en personnes et en parts sociales). Si cela est refusé, il faut lui proposer un acheteur
qui peut lui reprendre ses parts au même prix.
Concernant la dissolution de la SARL : Il y a une cause particulière de dissolution , si en cours de route
on dépasse le chiffre de cent personnes (par exemple décès qui a plusieurs héritiers), la dissolution peut
être engendrée mais on laisse un an pour régulariser la situation. Soit en changeant la SA , soit en retirant
certains associés qui vendent leurs parts à d’autres par exemple.

TITRE III : LES SOCIÉTÉS PAR ACTIONS

Chapitre 1) La SA (société anonyme)

Souvent grosses sociétés où la personne ne compte pas vraiment, ce qui compte ce sont les capitaux.
Actions (plus de parts sociales) librement cessibles.

Section 1/ Le fonctionnement général de la SA

Paragraphe 1- La constitution de la SA

Pendant très longtemps il fallait au moins 7 actionnaires, mais en 2015 on a réduit à 2. La particularité
de la SA, est que le capital minimum est de 37000 euros (structure nécessairement importante), c’est la
garantie pour les créanciers. Les apports en industrie sont interdits, toujours car il ne contribue pas au
risque de perte car on ne peut pas lui enlever son apport en savoir.

Paragraphe 2- La gestion de la SA

C’est plus compliqué que les autres sociétés.

A/ Les dirigeants

Les dirigeants (on ne dit pas gérant en SA), il y a deux systèmes possibles pour diriger la SA et on choisit
librement et on peut changer en cours de route.

Le premier système ( le plus traditionnel et le plus fréquent) comprend un directeur général et un conseil
d’administration (nommé par l’assemblée générale par les actionnaires et peuvent être entre 3 et 18). Le
rôle du conseil d’administration est de déterminer les orientations de l’activité de la société et veille à
leur mise en œuvre, il fixe les grandes lignes mais ce n’est pas le CA qui dirige au quotidien (car le CA
se réunit que quelques fois dans l’année), mais le CA est quand même un organe de direction. La
rémunération du CA est fixé par l’Assemblée générale.Jusqu’en 2019 les administrateurs étaient
rémunérés sur des jetons de présence, mais donnait l’impression que c’était en fonction de l’assiduité,
la loi Pacte a supprimé ce terme, on parle de rémunération aujourd’hui. Une loi en 2011 a voulu assurer
la féminisation des CA car il y avait quasiment que des hommes (souvent les mêmes dans plusieurs CA).
Dans les grosses SA (côtées en bourse et d’autres grosses entreprises), cette loi de 2011 avait prévu qu’à
partir de 2017 il fallait au moins avoir 40% de femmes dans les CA. Le directeur général est nommé par
le CA (lui-même élu par l’assemblée générale). Il y a deux possibilités, on décide que le président du
CA est aussi Directeur Général (les deux fonctions : PDG : président et directeur , concentre tous les
pouvoirs), ou alors le CA décide de dissocier les deux fonctions , on nomme qqn d’autre directeur
général, deux personnes , un président du CA et un directeur général. Le directeur général est investi
des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société. Le président gère
les grandes lignes et le directeur gère au quotidien.
Le deuxième système : directoire/ conseil de surveillance. On essaye de mieux distinguer la direction
du contrôle. D’un côté il y a un directoire comprenant entre 2 et 5 personnes nommées par le Conseil de
Surveillance. Le directoire a le même rôle que le DG du premier principe, mais à plusieurs. De l’autre
côté il y a un conseil de surveillance nommé par l’assemblée générale, calqué sur le CA car entre 3 et
18 membres. Le conseil de surveillance exerce le contrôle permanent de la gestion par le directoire. Il
surveille, contrôle etc…

- Conseil d’administration / Directeur général.


- Directoire / Conseil de surveillance.

Les incidences de la loi PACTE.

B/ Les actionnaires

Les actionnaires ont la libre cessibilité des actions dans n’importe quel cas (différence avec les parts
sociales), mais les statuts peuvent prévoir une close d’agrément disant que dans certains cas les
actionnaires ne peuvent pas céder sans l’autorisation, si agrément refusé autres actionnaires doivent
trouver un plan B mais légalement LIBERTE TOTALE.
Il y a aussi des AGO et des AGE. Dans les AGO majorité simple, dans les AGE majorité des 2/3
(toujours en nombre d’actions) . Il y a une petite différence avec les SARL, c’est en ce qui concerne le
quorum. Dans les AGO il y a un quorum (dans les SARL il n’y en a pas), il faut qu’il y ait au moins 1
cinquième des actions qui soient représentés, si ce n’est pas le cas on reconvoque, sur 2ème convocation
il n’y a plus de quorum. Dans les Age d’abord ¼ puis 1/5 à l’infini.
- Les droits des actionnaires.
- Les assemblées générales : AGO / AGE.

Section 2/ Analyse de quelques problématiques liées à la SA

Paragraphe 1- La révocation des dirigeants

Dans les autres sociétés le gérant est révocable pour juste motif etc. Il y a une règle intéressante dans les
SA, les dirigeants sont révocables en majorité ad nutum (au signe de tête), ça veut dire une révocation
sans motif, sans délai, sans indemnité par l’AG. Il y a quelques cas où le dirigeant révoqué pourra quand
même avoir accès à des dommages et intérêts , pas parce qu’il a été révoqué mais en raison des modalités
qui entourent la révocation. 1er cas de figure, cette révocation s’est accompagnée d’une atteinte à sa
réputation (injures ou diffamations publiquement par exemple). Il peut alors demander des dommages
et intérêts. Ou alors une révocation très brutale (tout de suite après l’AG on lui dit de rendre ses clés,
son badge et n’a plus le droit de venir, c’est un peu violent), ce côté étant brutal il peut demander les
dommages et intérêts. Ainsi pas besoin de motif pour le révoquer mais il faut le faire dans la politesse.
Deuxième cas , la révocation n’a pas respecté le principe de contradiction ( il n’a même pas pu se
défendre, s’exprimer, exposer ses arguments, par exemple on le révoque sans même le prévenir), une
fois de plus c’est un problème de politesse, donc a le droit à des dommages et intérêts.

Lorsque le dirigeant en question demande des dommages et intérêts, comment on calcule la valeur ?
Certains dirigeants ont invoqué une notion de perte d’une chance mais sans succès (lorsque par la faute
de qqn, vous perdez une chance de réussir de qqch). Leur argument est : Il me reste 3 ans d’exercice,
payé à 100k l’année, donc perd une chance de gagner 300k donc demande 300k de dommages et intérêts.
Mais en fait la perte d’une chance est engendrée par la faute de qqn, ici ce n’est la faute de personne.
Les dommages et intérêts ne sont pas calqués sur sa rémunération, les dommages et intérêts sont là pour
réparer le préjudice moral.
- Révocation des administrateurs par l’assemblée générale. Ad nutum.
- Révocation du président du CA par le CA. Ad nutum.
- Révocation du DG :
* S’il est en même temps président du CA. Révocation par le CA. Ad nutum.
* S’il n’est pas en même temps président du CA. Révocation par le CA. Juste motif.
- Révocation des membres du directoire. Par l’assemblée générale et le conseil de surveillance si les
statuts le prévoient. Juste motif.
- Révocation des surveillants. Par l’assemblée générale. Ad nutum.

Atténuation à la révocation ad nutum : les circonstances de la révocation portant atteinte à l’honneur et


à la considération + non-respect du contradictoire (arrêt du 21 juin 2017).

Paragraphe 2- Les conventions réglementées

Le contrat règlementé : C’est le cas où il y a un contrat qui est conclu entre la société et l’un de ses
dirigeants à titre personnel. Evidemment, le dirigeant pourrait abuser de son statut de dirigeant pour
passer un contrat très avantageux pour lui. La société vend un immeuble qui lui appartient, et un dirigeant
l’achète à titre personnel. On voit bien le problème, il va surement en profiter pour l’acheter très peu
cher, conflit d’intérêts. C’est la raison pour laquelle ces contrats sont règlementés. Cette procédure se
déroule en plusieurs étapes. Un contrat conclu entre la société et l’un de ses dirigeants doit être autorisé
par le Conseil d’Administration (vote pour autoriser ou non le contrat). Si le contrat est passé sans
l’autorisation du CA (par exemple il achète l’immeuble sans l’autorisation), conséquence : nullité du
contrat, on peut l’annuler en justice. L’autorisation du CA est nécessaire pour la validité du contrat.
Arrêt de 2016 de la Cour de Cassation : Contrat conclu entre la société et une personne qui VA
DEVENIR dirigeant, mais ne l’est pas encore, il est élu quelques jours après. On se rend compte que le
contrat a été signé juste avant exprès, afin d’échapper à la procédure. La cour de cassation a estimé que
c’était frauduleux, car volontaire. Elle annule donc le contrat pour fraude. Il y a un sens précis au mot
fraude, c’est une situation qui en apparence est valable mais qui est faite uniquement pour contourner la
loi, ça devient nul ! Si le CA donne son accord, dans ce cas le contrat peut être conclu. Mais ce n’est pas
terminé, il y a ensuite un rapport du commissaire aux comptes sur ces contrats, il dit ce qu’il pense, si
c’est normal etc. A la fin de l’année, l’AG vote sur ce contrat sur la base du rapport du CAC. 1er cas de
figure : L’AG approuve le contrat  aucun problème. 2ème cas de figure : Elle désapprouve le contrat,
souvent suite au rapport du CAC, or dans ce cas le contrat n’est pas annulé, il est valable mais on peut
mettre à la charge du dirigeant concerné le préjudice que ce contrat a fait subir à la société. Très
concrètement, cela signifie qu’on peut lui demander des dommages et intérêts. Reprenons l’exemple du
dirigeant qui achète l’immeuble. Il veut l’acheter 600K, le CA approuve, il l’achète donc, or rapport du
CAC puis AG désapprouve, car pour eux l’immeuble vaut 1million. Donc le contrat n’est pas annulé, le
dirigeant reste propriétaire de l’immeuble, on peut alors lui demander 400k de dommages et intérêts.
Arrêt du 9 mai 2018, contrat entre dirigeant et société, le problème est que sur le contrat il n’y a qu’une
seule signature (DG au nom de la société et dirigeant pour lui-même), on a demandé la nullité du contrat
car il n’y avait qu’une seule signature. Il faut que la même personne signe deux fois. En 2018, la cour
de cassation admet la validité du contrat, en jugeant que ce n’est pas très grave (pour 2 raisons : 1) la
signature a pour objectif de prouver le consentement, ici il consent ! 2) La signature permet aussi de
vérifier l’identité de l’auteur, ici aucun problème on sait que c’est lui. Donc qu’il ait signé une fois ou
deux, la Cour de Cassation considère que le contrat est valable. La loi Pacte a changé quelques peu les
conventions règlementées. Désormais dans les SA plus obligatoirement un CAC, s’il n’y a pas de CAC,
le rapport doit donc être fait par le président du CA. Autre précision apportée par la loi Pacte : il y avait
une règle, en fait un type de contrat échappe à cette procédure, ce sont les conventions courantes
conclues à des conditions normales (entre la société et un dirigeant), il n’y a pas besoin de demander
l’autorisation. Par exemple le dirigeant de Total qui fait un plein, il achète quelque chose à Total mais
il n’a pas besoin d’autorisation. Mais qu’est-ce que ça veut dire convention courante ? Ça veut dire quoi
conditions normales ? En fait cela permettait d’échapper au contrôle en quelques sortes. La loi Pacte dit
que la société doit mettre en place une procédure d’évaluation interne pour ces contrats-là, pour vérifier
que ce sont bien des conventions courantes.
La procédure :
- Autorisation par le CA.
- Rapport du commissaire aux comptes.
- Vote par l’assemblée générale.

Arrêt du 9 mai 2018 sur l’unicité de signature.


Modifications par la loi PACTE.

Paragraphe 3- Usufruit et société

L’usufruit, c’est une notion de droit civil, de droit des biens (qu’est-ce que ça vient faire en droit des
sociétés ?) mais en fait peut être transposée au droit des sociétés. En droit civil, l’usufruit, c’est un
démembrement de la propriété. On va couper en deux le droit de propriété, au lieu d’avoir un
propriétaire, on aura deux propriétaires. L’usufruitier (il détient l’usufruit, c’est lui qui peut utiliser le
bien) et de l’autre côté le nu-propriétaire (Il a la nue-propriété, il a le droit de vendre le bien mais s’il le
vend cela ne change rien pour l’usufruitier qui peut continuer à utiliser le bien, le nu-propriétaire peut
vendre uniquement la nue-propriété. Il a le droit suprême le droit de vente, c’est pour ça qu’on le
considère comme propriétaire, mais un propriétaire privé des ses pouvoirs car il ne peut pas utiliser le
bien). En droit civil, l’usufruit porte souvent sur des immeubles. 1er cas de figure : Une personne âgée
qui est propriétaire de son domicile et à priori elle souhaite rester chez elle, mais elle aimerait que ça lui
rapporte de l’argent. Mais elle ne veut pas la vendre ni la louer car elle veut rester dedans. Elle vend à
quelqu’un la nue-propriété et elle garde l’usufruit. Elle peut donc profiter du bien jusqu’à la fin de ses
jours, le nu-propriétaire achète (et donc paye) la personne âgée, il verse alors à l’usufruiter une rente à
vie, jusqu’à ce que la personne âgée décède (en espérant sa mort rapide). Pour l’usufruitier, elle touche
une rente à vie et peut quand même occuper la maison, bénéfice sur tous les angles. Pour le nu-
propriétaire c’est risqué il ne sait pas le prix ni quand il pourra l’occuper. Ça vaut le coup si la personne
n’est pas pressée car ça peut valoir moins cher. L’usufruit ne se transmet pas aux héritiers et se transmet
donc directement au nu-propriétaire. Parfois en droit civil, des parents propriétaires d’un immeuble
donne la nue-propriété aux enfants (gratuitement). Ça permet aux enfants de ne pas payer les droits de
succession à la mort des parents. Dans les sociétés : Un usufruit peut porter sur des actions de société,
sur des parts sociales etc. C’est-à-dire qu’une action de société est divisée entre une nue-propriété, et un
usufruit.

A/ Usufruit et droit de vote

La difficulté est la suivante : Le principe c’est une action une voix ! Le nu-propriétaire et l’usufruitier
ne vont pas voter tous les deux. La loi prévoit le système suivant, dans les assemblées générales
ordinaires, c’est l’usufruitier qui a le droit de vote (car va toucher les dividendes versés, les décisions
prises ont une répercussion sur l’usufruitier car c’est lui qui touche les dividendes par exemple). Dans
les AGE, c’est le nu-propriétaire qui vote (car ce sont des décisions extraordinaires, qui touche la société
elle-même). Mais on peut déroger à cette règle, et prévoir une clause contraire. SAUF Pour la question
de la distribution des bénéfices, c’est forcément l’usufruitier qui vote, c’est une règle à laquelle on ne
peut pas déroger.

B/ Usufruit et qualité d’associé

Entre l’usufruitier et le nu-propriétaire, qui a le statut d’associé ? Ce n’est pas un débat anodin. Il n’y a
pas que le vote et les dividendes. Par exemple il y a le droit à l’information, le recours à la justice, ou
l’action en son nom propre, la demande de la dissolution de la société, mais il faut avoir la qualité
d’actionnaire pour avoir accès à ces droits. Le nu-propriétaire a le statut d’associé ou d’actionnaire car
c’est le propriétaire de l’action. Mais l’usufruitier a-t-il la qualité d’actionnaire sachant qu’il jouit de
l’action sans en être propriétaire. Il n’y a pas d’arrêts clairs, il n’y a pas de réponse de principe. En fait,
en principe, la jurisprudence lui accorde les droits de l’actionnaire (droit à l’information etc, il a les
mêmes droits que le nu-propriétaire et ce n’est pas un problème car ils ne votent pas en même temps).

Paragraphe 4- Les abus

- L’abus de majorité : Dans les AGO, une décision a été prise "contrairement à l'intérêt général et dans
l'unique dessein de favoriser les membres de la majorité au détriment de ceux de la minorité". Autrement
dit, ce qui caractérise l’abus de majorité c’est l’intention de nuire aux minoritaires. En principe on vote
en notre âme et conscience, mais quand il y a une intention de nuire aux autres. Cela peut parfois être
un abus de biens sociaux. Si cette décision a été votée abusivement, on peut annuler la décision.
Sanction : nullité de la décision. Des exemples où l’on peut évoquer l’abus de majorité : le/les
actionnaire/s majoritaires vont systématiquement favoriser un clan familial (sans aucune raison
objective. Ou alors les majoritaires votent des rémunérations totalement injustifiées au profit du clan
majoritaire. La difficulté est qu’il faut prouver l’intention de nuire. Les actionnaires majoritaires
décident de ne jamais distribuer les dividendes. Au bout d’un moment les actionnaires minoritaires
invoquent l’abus de majorité, c’est uniquement pour les embêter selon eux. C’est une question très
complexe, car après tout on a le droit de ne pas distribuer de bénéfices. Est-ce que cette somme, mise
en réserve à la place de les distribuer en dividendes, a servi à quelque chose par exemple a été investie
? S’ils ne peuvent pas justifier que les réserves ont servi à quoi que ce soit, et qu’en plus on remarque
des disputes entre minoritaires et majoritaires on peut dire qu’il y a abus de majorité. Exemple : arrêt
du 8 février 2011 : Il y a un seul actionnaire majoritaire, il a fait une promesse d’achat par laquelle il
s’engage dans un certain délai, à acheter un certain nombre d’actions des minoritaires. Il est obligé de
les acheter, sauf qu’il n’a plus envie. Il vote la dissolution de la société, plus de société, plus d’actions à
vendre. Il dissout la société uniquement pour ne pas respecter sa promesse. C’est l’abus de majorité.
Arrêt du 8 juillet 2015 également.

- L’abus de minorité. Uniquement dans les AGE, majorité des 2/3 des voix, celui qui a plus d’un tiers
des voix a une minorité de blocage (plus de 33%). Si le groupe minoritaire a plus de 33% il peut bloquer
une décision en AGE. Utilisation abusive de la minorité de blocage. S’il bloque des décisions dans
l’unique but de nuire aux majoritaires, c’est un abus de minorité.

Sanction : désignation d’un mandataire ad hoc votant au nom des actionnaires fautifs. Arrêt du 4 février
2014 + du 18 novembre 2014 + 21 novembre 2017. Ex. : Tribunal de Grande Instance de Grasse du 18
février 2019 : Une société (ici civile mais aucune importance), gère un château, il y a un conflit entre
les majoritaires et les minoritaires notamment sur la gestion du château. Les actionnaires minoritaires
estimant que les majoritaires ne s’occupent pas du château, ils aimeraient vendre le château. AGE pour
voter sur la prorogation de la société, il faut voter un nouveau départ ou une fin. Les minoritaires refusent
de voter la prorogation, ils votent contre ce qui veut donc dire que la société va être dissoute. A priori
ils ont le droit, les majoritaires font un procès, le tribunal reconnait l’abus de minorité en disant que ce
blocage est contraire à l’intérêt de la société (pas intérêt à être dissoute) et que les actionnaires
minoritaires veulent vendre le château et forcément si on dissout le château va être vendu c’est dans leur
intérêt (ils poursuivent un intérêt personnel, pour embêter les associés majoritaires). Donc c’est un abus
de minorité. Quelle est la sanction d’un abus de minorité ? Dans l’abus de majorité la décision est
annulée mais ici il n’y a rien à annuler justement parce que la décision est bloquée il n’y a rien à annuler.
On pourrait dire que la solution c’est que le juge décrète que la décision bloquée est prise. Or le juge ne
peut pas voter à la place des actionnaires, ce n’est pas son rôle. Le juge nomme donc un expert, une
personne compétente, qui lors de la prochaine AGE va voter à la place de l’actionnaire minoritaire fautif.

Chapitre 2) La SAS (société par actions simplifiée)

Il y a peu de choses à dire, créée par une loi de 1994, à l’échelle du droit c’est très récent.

Section 1/ La constitution de la SAS


On parle d’actionnaires et non pas d’associés. La SAS ne peut être créée que par des personnes morales
au départ, des sociétés en créent une autre. On pouvait avoir 3 ou 4 SA actionnaires d’une SAS. La SAS
était vraiment le résultat d’une volonté de coopération entre les sociétés. Ca a bien marché, mais
pourquoi limiter ? En 1999 on a décidé que même les personnes physiques peuvent créer une SAS. Au
départ en 1994 il fallait 37K€ de capital. Depuis 1998, il n’y a plus de capital minimum. Au départ, les
apports en industrie étaient interdits. En 2008, on autorise les apports en industrie. Aujourd’hui
n’importe qui, pas de capital minimum, apports en industrie acceptés, très laxiste.

Section 2/ Le fonctionnement de la SAS

Les dirigeants et les actionnaires. L’idée générale est que contrairement à toutes les autres, il n’y a
quasiment aucune règle légale, autrement dit le principe de la SAS est la liberté quasi-totale. Dans les
autres sociétés, c’est très règlementé. Là c’est une forme sociale différente, avec une liberté
d’organisation totale. La SAS est un contrat où il y a un accord de volonté au début et une liberté totale
d’organisation. L’inconvénient c’est que rien n’est clair, les statuts doivent être le plus précis possible.
Il n’y a pas 2 SAS semblables, il faudrait étudier les statuts de chaque SAS. On dit souvent qu’il faut
d’abord regarder les statuts pour comprendre comment ça fonctionne, alors que les autres sociétés on
regarde d’abord la loi.
Paragraphe 1- La direction et l’administration

Il faut tout de même un président, c’est la seule règle, liberté totale (AG ? CA ? Dirigeants ? liberté
absolue)
Arrêt du 25 janvier 2017 : « seuls les statuts de la SAS fixent les conditions dans lesquelles la société
est dirigée ».

Paragraphe 2- Les actionnaires


Certaines décisions très importantes (dissolution, transformation etc) doivent être prises par les
actionnaires et non pas par les dirigeants, il faut un vote. Mais c’est tout, le reste on fait ce qu’on veut.
Mais pas de règle de vote ni rien, tout est dans les statuts.

Section 3/ La SASU

SAS + U : Unipersonnelle
Société avec une seule personne, l’intérêt est qu’une société déjà existante (SA) qui veut créer une
nouvelle activité et souhaite lui dédier une structure juridique. Cette SA est seule actionnaire de la
SASU, c’est une filiale à 100%.

CAS PRATIQUES

1/ Monsieur Javel est le gérant de la SARL Lefèvre. Du 13 au 28 avril 2010, monsieur Javel a passé
quinze jours de vacances en Tunisie avec son épouse Aude et un couple d’amis dans une somptueuse
villa. Il a payé l’intégralité du prix de la location de la villa, ainsi que les billets d’avion et toutes les
dépenses sur place avec l’argent de la société, pour un montant total de 25 000 euros. Le 12 décembre
2010, jour de l’assemblée générale annuelle, cette somme de 25 000 euros apparaît dans les comptes, en
étant présentée comme des frais de transport et d’hébergement pour la participation du gérant à des
colloques professionnels en rapport avec l’activité de la société, organisés par l’Institut tunisien de la
gestion d’entreprise. En janvier 2018, un nouveau gérant a été nommé à la tête de la société. Le 4 juin
2018, cherchant à contacter l’Institut tunisien de la gestion d’entreprise pour obtenir des renseignements
sur d’éventuels futurs colloques, il découvre que cet Institut n’existe pas, n’a jamais existé, et que le
voyage de monsieur Javel était un pur voyage d’agrément. Qu’en pensez-vous ?

2/ La société Lantier a été immatriculée le 8 septembre 2018. Lors de la signature des statuts, le 4 juillet
2018, les associés avaient, par mandat, chargé Albert, le fondateur de la société, d’acheter cinq
ordinateurs et cinq imprimantes pour la société. Le 28 août 2018, Albert a acheté ce matériel. Il a par
ailleurs pris l’initiative d’acheter également deux photocopieuses pour la société. La société vient de
recevoir les factures pour ces différents achats. Doit-elle les payer ?

3/ Virginie, Sophie, Pierre et Paul créent une SA. Virginie apporte la somme de 25 000 euros, Sophie la
somme de 10 000 euros, Pierre une voiture évaluée à 8 000 euros, et Paul se propose de prendre en
charge la comptabilité de la société, évitant ainsi d’avoir à embaucher un salarié pour cela. Quel est le
capital de la société ? Est-elle valablement formée ? Combien d’actions doit recevoir Paul ?

Réponse : les capitaux sont la somme des apports en numéraire et en nature : donc ici 43k€. Pendant
longtemps il fallait 7 actionnaires, aujourd’hui il en faut que 2 donc c’est bon elle est valable. Dans la
SA, l’apport en industrie est interdit. Mais Paul ne peut pas être actionnaire ! (si c’était une SARL,
capital est le même, ils sont moins de 100 donc c’est bon SARL valable. Les apports en industrie sont
par contre autorisés, Paul va recevoir le même nombre de parts que celui qui en a reçu en le moins, ici
il aura des parts sociales d’une valeur de 8000€ environ)

4/ Esclarmonde Michu et Paul-Émile-Victor Chombier vivent ensemble depuis vingt-deux ans. Ne


supportant plus l’amour immodéré de son compagnon pour les voitures, le football et la bière,
Esclarmonde décide de le quitter. Or, Paul-Émile-Victor est propriétaire de l’appartement dans lequel
ils ont cohabité durant tout ce temps. Lors de l’acquisition de cet appartement par son concubin,
Esclarmonde avait prêté à celui-ci une somme importante, et s’était par ailleurs portée caution de
l’emprunt contracté auprès d’une banque par Paul-Émile-Victor.
Esclarmonde envisage d’agir en justice pour demander que cet appartement soit vendu, afin qu’elle
touche une partie du prix obtenu. Qu’en pensez-vous ?

Réponse : La question qui se pose ici est celle des sociétés créées de fait. Une société créée de fait peut
être reconnue par le juge lorsque plusieurs personnes se comportent, sans avoir constitué de société, et
parfois sans même en avoir conscience, comme des associés. L’un des associés peut alors faire
reconnaître par le juge l’existence de cette société pour en tirer des droits. C’est parfois le cas lorsque
deux personnes ayant vécu en concubinage se séparent. La jurisprudence exige alors que le concubin
qui revendique des droits sur le patrimoine de l’autre établisse les différents éléments du contrat de
société, à savoir l’existence d’apports, d’une participation aux bénéfices et aux pertes, et de l’affectio
societatis. En l’espèce, Esclarmonde peut donc invoquer devant le juge l’existence d’une société de fait,
qui justifierait que, cette société étant dissoute en raison de la séparation des concubins, l’immeuble
appartenant à PEV soit partagé entre les deux associés. Elle peut invoquer l’apport financier et l’aide
qu’elle a apportés pour permettre à PEV d’acquérir l’immeuble. Toutefois, la jurisprudence estime
généralement en pareil cas que ces éléments sont insuffisants, notamment pour caractériser l’affectio
societatis. Ses chances de réussite semblent donc minces.

Partiel :
QCM sur 10 points (une ou plusieurs bonnes réponses, un point par question)
Puis 3 cas pratiques sur 10 points (la façon dont on présente a peu d’importance) mais 3 étapes :
- Problématique de droit : « La question qui se pose ici est… »
- Rappeler le cours
- Réponse, appliquer le cours au cas ! « En l’espèce... »

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