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Traitement comptable des

obligations simples
El Khouater Mounaim | Comptabilité approfondie et innovation |
Sommaire

I - Définition et caractéristiques

A – DÉFINITIONS

1. Les obligations

2. Les caractéristiques des obligations

3. Les coupons

B – LEUR COTATION EN BOURSE

II .La comptabilisation

A – L ’ACQUISITION DES OBLIGATIONS

B – LES RÉGULARISATIONS D’INVENTAIRE

1. Comptabilisation des intérêts à recevoir


2. Évaluation des obligations à la date de clôture

C – L ’ENCAISSEMENT DES COUPONS

D – CESSION DES OBLIGATIONS

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I - Définition et caractéristiques
A – DÉFINITIONS

1. Les obligations
Les obligations sont des titres négociables émis par des sociétés de capitaux
qui empruntent une somme importante, généralement à long terme, et
divisent leur dette en un grand nombre de coupures : les obligations.
Chaque propriétaire d’obligation – l’obligataire – se trouve dans la situation
d’un prêteur, titulaire d’une créance productive d’intérêts.

2. Les caractéristiques des obligations


Lors du lancement de l’emprunt obligations la société emprunteuse en fixe
définitivement les conditions :
– valeur nominale d’une obligation
– durée de l’emprunt
– date de remboursement
– prix de remboursement
– taux de l’intérêt annuel servi aux obligataires
– date de paiement des intérêts.

3. Les coupons
Les intérêts annuels sont souvent appelés coupons, souvenir de l’époque où
les intérêts des obligations étaient matérialisées par un coupon détachable du
titre en papier.

B – LEUR COTATION EN BOURSE

Les obligations sont cotées en pourcentage de la valeur nominale et au pied


du coupon.
Elles sont cotées « hors fraction d’intérêt couru ».

Exemple Soit une obligation de valeur nominale 1 000 e émise en mars N-4.
Elle donne droit à un intérêt annuel de 9 %.
L’échéance du coupon est fixée au 1er avril.
Supposons que son cours en Bourse soit exprimé de la façon suivante, à la
date du 1er novembre N :
Cours : 90 Intérêt couru : 5,2

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Cela signifie :
– que l’obligation est cotée, hors fraction d’intérêt couru, à :
1000 e × 90 % = 900 $
– que la fraction d’intérêt couru, au 1er novembre, est de :
9 % × 7/12 = 5,25 %
En effet, depuis la dernière échéance du coupon (1er avril) jusqu’à la date de
cotation (1er novembre), 7 mois se sont écoulés, soit les 7/12 de l’intérêt
annuel.
Le prix d’achat de l’obligation s’évalue donc, au total, de la manière suivante:
Cours du nominal + Fraction d’intérêts courus = Total
(1 000 × 90 %) + (1 000 × 5,25 %) = 952,50 £

II .La comptabilisation
A – L ’ACQUISITION DES OBLIGATIONS
Le Plan comptable, s’alignant sur le principe des cotations boursières,
préconise d’enregistrer les obligations, à leur entrée dans le patrimoine, selon
leur cours hors fraction d’intérêts courus.
Reprenons notre exemple, l’acquisition d’une obligation au 1er novembre
s’enregistrera ainsi :

1/11/N
506 Obligations 5 900,50
5088 Intérêts courus 5 352,50
512 Banque 6 952,5

Les règles d’enregistrement sont donc les suivantes :


– Le compte 506 ou 2721 « Obligations » est débité pour le montant de la
valeur en capital et le compte 764 ou 7621 « Revenus des valeurs
mobilières de placement » est débité par le montant des intérêts courus non
échus (achetés);
– la fraction d’intérêts courus, à la date de l’acquisition, est comptabilisée
en tant que « produits à recevoir ». C’est pourquoi on débite ces intérêts au
compte de régularisation « 5088 ».
NB : Le compte 5088 est du format « x, y, 8 » ce qui signifie qu’il s’agit d’un compte de
régularisation, attaché au compte principal de format « x, y ».

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B – LES RÉGULARISATIONS D’INVENTAIRE

Lors de la clôture de l’exercice, divers problèmes peuvent se poser.


1. Comptabilisation des intérêts à recevoir
De la date d’acquisition à la date de clôture de l’exercice, les intérêts
attachés à l’obligation ont continué de courir. Toutefois, la date d’échéance
du coupon n’étant pas encore atteinte, ces intérêts ne sont pas encore perçus
: il s’agit donc « d’intérêts à recevoir » que l’on doit comptabiliser.
Les intérêts courus de la date d’acquisition à la date de l’inventaire, soit le
31/12, s’élèvent à :
1 000 × 0,09 × 2/12 = 15 $
L’enregistrement comptable sera le suivant :
31/12/N

5088 Intérêts courus 15


764 Revenus de valeurs mobilières de
placement 15
Coupon couru du 1/11 au 31/12

2. Évaluation des obligations à la date de clôture


À la date d’arrêté des comptes, il faut évaluer les obligations afin de calculer
les éventuelles moins-values probables.

Pour évaluer les moins-values probables, on doit comparer la valeur


d’acquisition et la valeur d’inventaire. Cette valeur d’inventaire est ici
représentée par le cours de l’obligation retenue, là encore, en pourcentage de
la valeur nominale et hors fraction d’intérêts courus.
Exemple Cotation de l’obligation (cours moyen du mois de décembre N)

Cours : 88 Intérêts courus : 6,75


Pour évaluer l’éventuelle moins-value on compare :

– la valeur d’entrée 1 000 × 0,90 ...................... 900

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– la valeur d’inventaire 1 000 × 0,88 ................... 880
Il y a donc une moins-value probable de ............ 20

On ne tient donc pas compte de la fraction des intérêts courus en date du


31/12/N pour effectuer cette évaluation.

Il faut comptabiliser une provision pour dépréciation, pour faire face à la


moins-value probable, soit :

31/12/N

686 DAP – Charges financières 20


590 Provisions pour dépréciation des valeurs
mobilières de placement 20

C – L ’ENCAISSEMENT DES COUPONS


À la date d’encaissement du coupon, on enregistre l’écriture suivante :
Le coupon net s’élève à : 1 000 × 0,09 = 90 $
Il est encaissé à la date d’échéance, soit le 1er avril N + 1
1/4/N + 1
512 Banque 90

5088 Intérêts courus 52,50


Pour solde

764 Revenus des valeurs mobilières 37.5


de placement

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Remarque. Cet enregistrement suppose que, à l’ouverture de l’exercice N +
1, les comptes de régularisation mouvementés au cours de l’exercice N
n’aient pas été soldés.
Dans le cas contraire (comptes de régularisation soldés, dès le 1/1/N + 1), le
compte 764 serait alors crédité pour la totalité du coupon perçu, soit 90 $.

D – CESSION DES OBLIGATIONS

Le calcul comptable de la plus ou moins-value de cession doit être réalisé en


comparant les éléments : valeur d’origine et prix de cession, hors fraction
d’intérêts courus.
Exemple Cession de l’obligation de 1/6/N + 1
La cotation, à la date de la cession, est la suivante :
Cours : 95 Intérêts courus : 1,5
Bien que le prix réel de cession soit de :
(1 000 × 0,95) + (1 000 × 0,015) = 965 e

Valeur au pied fraction d’intérêts du coupon courus la valeur qui sera


retenue en comptabilité pour évaluer la plus-value sera :
1 000 × 0,95 = 950 $
Valeur au pied du coupon

Le résultat comptable de la cession (plus ou moins-value) est donc :


Valeur comptable de cession............. 950 $
– Valeur comptable d’origine ............ 900 $

Plus-value comptable ............. 50 $

Comme il s’agit de valeurs mobilières de placement, cette plus-value doit


être comptabilisée au compte « 767. Produits nets sur cessions de VMP »

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L’enregistrement est le suivant :

1/6/N + 1
512 Banque 965

506 Valeurs mobilières de placement 900


767 Produits nets sur cessions de valeurs 50
mobilières de placement
764 Revenus des valeurs mobilières

de placement 15

Conclusion
À ce niveau là le traitments comptables des obligations simples ça reste
assez facile mais les choses vont se compliquer quand ils sont liées à des
droits de souscription des actions ou à d’autres obligations .

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