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I- Le péché sur le plan moral :

Le plan moral est le lieu de la réalisation constante et libre de la personne : relation


à soi, à Dieu et au monde. Il est impossible de parler de moral sans parler de liberté
et de responsabilité. Parler de liberté c’est parler d’un lien entre le mal et la liberté.
Le mal est l’œuvre de la liberté. Accepter la liberté c’est accepter l’éventualité de
la faute morale. Le mal révèle la liberté comme la liberté qualifie le mal comme
« faire ». Ainsi, la personne humaine prend la responsabilité pour y remédier en
supportant toutes les sanctions. C’est par le « faire » que je découvre que j’ai la
liberté. L’homme est ainsi mis devant sa conscience pour dire qu’il aurait pu faire
autrement mais qui maintenant est prêt a réparer sa faute et cela nous amène à
refuser de réduire le mal à la simple condition objective du malheur.
La liberté est en situation, beaucoup de déterminations biologiques, sociales et
psychologiques. On est toujours déterminés par la pression de ces déterminations.
Donc où est le péché mortel ou la pleine connaissance des choses n’existe pas et où
la délibération complète n’existe pas.
Ce qu’on peut faire c’est se rendre compte que ma liberté est en construction et
qu’elle est un engagement et non une source, qu’elle est stimulante. Il ne s’agit pas
de se replier sur soi-même mais de s’ouvrir dans l’accueil du devenir. Cette
ouverture assume tous les conditionnements. Dans le monde actuel beaucoup de
chrétiens considèrent que la liberté est limitée, fragile et conditionnée. Donc parler
d’un acte coupable est remis en question, donc il y a une certaine méfiance envers
tout ce qui conditionne la liberté : loi, norme, principes, valeurs … qui ne sont plus
les mêmes dans toutes les sociétés a cause du pluralisme, ce qui veut dire que
l’universalité n’existe pas, de plus on relativise de plus en plus les valeurs mettant
en cause des interdits traditionnels. L’homme cherche une satisfaction immédiate
même illusoire. On essaye d’écarter Dieu de notre histoire alors qu’il en fait partie
en nous interpellant afin de nous changer en permanence. L’homme cherche à
rejeter tout ce qui l’éprouve du plaisir comme étant inhumain. Je ne sais pas si on
n’a pas perdu un certain sens du péché qui n’est qu’une transgression d’un interdit.
Mais il ne faut pas s’alarmer car on voit apparaitre tout de même d’autres
possibilités comme la reconnaissance de la responsabilité collective. Dieu nous
révèle ce qu’il veut être bien pour nous, il révèle ce que nous sommes et ce que
nous pouvons être pour lui. La relation de l’homme à Dieu est une relation
d’alliance qui implique une réponse de l’homme par le refus du péché et par
l’acceptation de la foi. L’homme a besoin de la grâce de Dieu en Jésus-Christ pour
se libérer de ce péché qui le tient. L’Ecriture a tout enfermé sous le péché pour
montrer l’importance de la foi et de la promesse en Jésus-Christ. Les péchés
continuent lorsqu’il y a absence de la foi qui ne mène qu’au rejet du Messie. Pour
designer le péché on parle de manque. Dieu est blessé par la blessure des hommes
et des femmes. Il reste le Miséricordieux qui par son amour à l’homme s’oppose au
péché.
Dans Gn 3,3, le péché d’Adam n’est pas seulement un acte de désobéissance mais
aussi une attitude intérieure d’Adam qui veut se substituer a Dieu pour décider du
bien et du mal, il a refusé toute dépendance et il a ignoré que son rapport avec
Dieu était un rapport d’amitié. Dieu est considéré comme un jaloux, il a peur de la
supériorité de l’homme. L’homme a consommé cette rupture et s’en rend compte
tout de suite avant même l’intervention de Dieu. Adam et Eve se cachent devant
Dieu, il s’agit là de leur conscience. Dans l’AT par sa volonté l’homme s’éloigne
de Dieu et il se désolidarise de toute l’humanité.
Alain Tomassé : « la théologie du péché parle d’une dimension théologale et d’une
dimension morale. La dimension théologale renvoie au fait que la vie chrétienne a
pour sujet et objet explicite Dieu lui-même. Le péché est donc comme refus de son
amour offert aux hommes (comme attitude). La dimension morale tient compte de
la dimension concrète (comme actes du péché). Il y a donc deux faces du péché :
face théologale et face morale. Le péché accompagne toute l’histoire d’Israël mais
ce qui est marquant c’est la fidélité de Dieu et que le problème du péché n’est pas
l’acte de pécher en lui-même mais le fait que l’homme refuse de recommencer.
Alain Tomassé pose une distinction et une relation entre le péché comme état suivi
et le péché comme acte impeccable (le péché n’est pas seulement un acte, c’est une
attitude).
Par le péché l’homme abandonne sa source de vie et par le péché l’homme porte
atteinte au dessein d’amour de Dieu. Mais Dieu ne cesse d’appeler l’homme à
revenir à lui. Le Christ annonce au pécheur la rémission des péchés et il enseigne
en même temps la conversion. Par contre, il respecte les gens qui refusent la
lumière, il accepte les gens qui se croient sans péchés alors que leur cœur est sal,
qui ne sentent pas le besoin du pardon (Mc 3,28 ; 7,21). Le Christ insiste sur
l’amour et le péché est le refus de l’amour.
Chez St Jean le Christ est confronté a une puissance hostile de Dieu, il est esclave
de Satan. Le Christ est plus fort que ce péché du monde qui se manifeste par
l’homicide et le mensonge, par le refus de la lumière et la vérité, le refus du Père.
Saint Paul fait distinction entre le péché et les actes peccamineux. On remarque
toute une liste de péchés : 1Co 6,9 ; 2 Co 12,20 ; Ga 5,19 ; Rom 1,29 ; Col 3,5 ; Ep
5,3 ; Tite 3,3 ; 2Tim 3,2. Cette liste exprime la force hostile à Dieu, il parle au
péché au singulier jusqu'à le confondre avec Satan personnifié. Mais, cela ne
déresponsabilise pas l’homme, car le péché est intérieur a l’homme et l’homme
peut se désolidarisé du péché du monde. Paul insiste aussi sur le fait qu’il y a une
solidarité avec le Christ.