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MAYAN HAIM Un réveil salutaire (Elie LELLOUCHE) - Parachat Para (Judith GEIGER) -
Le coin de la hala’kha (Jean David HAMOU) - Peut on se fier aux apparences ? (Raphaël ATTIAS)

PARACHAT TSAV
Un
Samedi Beth
23 MARS 2019
MAYAN HAIM
Hamidrach
16 ADAR II 5779 parisien EDITION
entrée chabat : 18h47
sortie chabat : 19h55

UN RÉVEIL SALUTAIRE
Rav Elie LELLOUCHE

La faute qui fut à l’origine du décret, promulgué par A’hachvéroch d’A’hachvéroch le perse. Pressés par les dignitaires du royaume
sur le conseil d’Haman, d’extermination du peuple juif, a fait de participer aux festivités célébrant le règne du nouvel empereur,
l’objet d’une discussion entre Rabbi Shimon Bar Yo’hay et les juifs se sont vus contraints d’utiliser les ustensiles sacrés du
ses élèves, discussion rapportée par la Guémara au traité Beth HaMikdach. En fait, le choix, fait par A’hachvéroch, d’utiliser
Méguila (12a). Pour les élèves de Rabbi Shimon, la terrible les Kélim du Beth HaMikdach, lors de ce festin, n’était pas fortuit.
menace qui pesa sur le ‘Am Israël, est la conséquence directe Le roi perse voulait, par cet acte provoquant, briser toute velléité
de la participation des exilés de Tsion au festin de cent quatre- de retour du peuple juif sur sa terre et tout espoir de reconstruction
vingts jours, qu’organisa le puissant roi perse, pour célébrer sa du Beth HaMikdach.
troisième année de règne. Pour Rabbi Shimon, cette raison ne
peut se justifier, si l’on prend en considération l’ensemble des En cédant à la pression du pouvoir et en finissant par s’abandonner
juifs de l’empire. En effet, ce festin gigantesque, célébrant la à l’exaltation populaire qui accompagnait le long festin, le peuple
stabilité du régime, ne concerna que les habitants de Suse, la juif ne fit pas que participer à des réjouissances, certes éloignées
capitale du royaume. C’est pourquoi le Sage de Méron propose de son idéal, mais, somme toute, d’une gravité toute relative, au
une autre explication. regard du décret d’extermination qui s’en suivit. Cette nouvelle
défaillance du peuple élu, après celle qu’il avait déjà connue
Selon l’élève de Rabbi ‘Akiva, le décret d’extermination plonge sous le règne de Névou’khadnétsar, le conduisait, sans que,
ses racines dans une faute, beaucoup plus ancienne, commise, de nouveau, il n’en mesure l’impact réel, irrémédiablement, à
au début de leur captivité en Babylonie, à l’époque du règne de l’abandon du projet divin dont il était porteur. Le ‘Am Israël, enivré
Névou’khadnétsar, par les Béné Israël. L’empereur babylonien par l’exil et ses apparences lénifiantes, risquait de perdre son
fit ériger, alors, une immense statue en or, devant laquelle tous âme. C’est ce risque de perdition qu’a entrevu, Mordé’khaï, plus
les sujets de son royaume étaient contraints de se prosterner, au de neuf ans avant l’accession d’Haman aux plus hautes sphères
risque de se voir condamner à mort en cas de refus. À l’exception du pouvoir.
de ‘Hanania Michaél et ‘Azaria, les juifs de l’empire ne purent
surmonter l’épreuve. Cette ancienne faute planait encore, bien En refusant de se prosterner devant celui qui allait projeter
des années plus tard, alors que l’empire babylonien avait été l’extermination brutale du peuple juif, Mordé’khaï reprenait,
renversé par les perses et les mèdes, au-dessus des exilés de ce faisant, le cours de l’histoire, là où il avait déviait, lors de la
Judée. première défaillance de ses frères face à la statue érigée à sa
gloire par Névou’khadnétsar. Prenant le risque de défier Haman,
À travers chacune des deux raisons avancées, par Rabbi le cousin d’Esther ne cherchait, en fait, rien d’autre, que le réveil
Shimon, d’un côté, et ces élèves, de l’autre, cette discussion de la conscience juive de son peuple. C’est le sens de l’affirmation
met, en réalité, en lumière la lente léthargie qui s’empara des de nos Sages, selon lesquels, la transmission par A’hachvéroch
esprits, au sein du peuple juif, durant les presque soixante-dix à Haman de son sceau, afin de lui permettre de ratifier le décret
années qui s’étaient écoulées, sous domination babylonienne d’extermination du peuple juif, a eu plus d’impact sur ce dernier
puis sous domination perse, depuis la destruction du premier que les admonestations des quarante huit prophètes et des sept
Beth HaMikdach. Selon les Ba’alé HaTossfot (‘Avoda Zara 3a), la prophétesses d’Israël (Méguila 14a).C’est pourquoi, explique
statue devant laquelle les babyloniens devaient faire allégeance, Rabbi Shimon, le ‘Am Israël mérita un miracle aussi improbable
n’était pas réellement une idole. Cet emblème était censé, en fait, que celui que nous fêtons à Pourim. Car la faute du peuple élu,
glorifier le pouvoir totalitaire de Nabuchodonosor. Cependant, plutôt qu’un abandon conscient et délibéré de sa foi, relevait,
le peuple d’Hachem se devait de refuser toute concession, à surtout, d’un égarement suscité par l’exil et ses leurres. Réalisant
l’instar de ce que firent ‘Hanania Michaél et ‘Azaria, à ce qui leurs erreurs, leurs compromissions et le long sommeil dans
apparaissait comme un culte idolâtre. lequel ils s’étaient plongés, les exilés de Tsion renouèrent, avec
un engagement redoublé, aux valeurs de la Torah qui leur avait
Cette défaillance, à peine perceptible, des exilés d’alors, sous le été donnée au Sinaï et ouvrirent, ainsi, la voie à la reconstruction
règne babylonien, s’amplifia, encore, lors de la prise de pouvoir du Beth HaMikdach.
Article et contenu réalisés par TORAT HAIM VECHALOM - 35, rue Emile Lepeu 75011 PARIS - 01.44.93.51.50
Association reconnue d’utilité générale habilitée à recevoir les DONS et les LEGS. Directeur : Rav Elie LELLOUCHE
PARACHAT PARA
Judith GEIGER

Ce chabath nous lirons la été transformée en culte de la le paradoxe inhérent aux lois de
parachat Para, C’est à dire que propreté ? la Vache Rousse: ses cendres
nous somme au 3ème chabath Peut être...Ce qui est certain c’est purifient les personnes souillées
entre le mois d’Adar et le mois de que Pessa’h est la fête la plus par un cadavre mais rendent
Nissan après avoir lu la paracha importante dans notre calendrier, impurs les prêtres qui préparent
de Shkalim et la Paracha de excepté Yom Kipour qui est aussi son rituel.
Za’hor. un jour de purification spirituelle.
Nous pouvons donc déduire
Ce chabath donc nous lirons b’’h Nous avons sûrement besoin que les cendres de la Vache
parachat Tsav et ensuite nous de se purifier des scories qui Rousse contiennent des facultés
lirons le Maftir dans le ‘Houmach nous encombrent, respirer l’air contraires, opposées . Est
(Bamidbar 19) concernant le du printemps, nettoyer notre possible que la pureté et l’impureté
décret de la Vache Rousse maison, prendre un nouveau coexistent simultanément ?
détaillant le procédé qui purifie départ, deux fois dans l’année,
les personnes ayant touché un au jour de Kipour et à Pessa’h. C’est grâce à Raban Yohanan
cadavre. Ben Zakaï qui faisait comprendre
Cette mitsva de la Vache Rousse, à ses élèves que nous pouvons
Il s’agit de prendre une vache considérée comme «‘Hok», saisir la complexité de la loi de la
parfaitement rousse, qui soit décret a été donnée aux Bnei Vache Rousse: selon le Midrache
sans défaut, et sur laquelle n’est Israël au premier jour du mois Tanhouma Hachem dit aux Bnei
pas été déposé un joug. de Nissan, à la deuxième année Israël : «Ce n’est ni le cadavre
de leur sortie d’Égypte, après la qui rend impur, ni les la vache qui
C’est le Cohen qui doit l’abattre faute du Veau d’Or. purifie, ni les eaux qui purifient.
et ensuite brûle son sang, sa Ces lois sont des décrets que
peau et sa chair. Hachem avait accepté de j’ai légiféré, et nul n’a le droit
pardonner au peuple d’Israël en de les transgresser». Une idée
Les cendres de la vache seront leur donnant l’ordre de construire profonde ressort de ce propos:
recueillies et mélangées dans le Michkan, le tabernacle qui est dans le monde il n’y a pas des
l’eau d’aspersion afin de purifier le lieu du culte pour le travail des forces magiques ou maléfique
quiconque touche le cadavre de Korbanot, le lieu où le peuple qui influencent l’homme. Il n’y
l’être humain. pourra apporter les offrandes a pas non plus des forces ou le
pour se faire pardonner suite «destin» qui dictent les actes
Mais pourquoi donc nous lisons à une faute ou pour remercier de l’homme. La réalité physique
cette paracha et pourquoi à cette Hachem. est neutre, elle n’est ni bonne, ni
période de l’année ? mauvaise.
Au moment de l’inauguration du
Dans trois semaines nous Michkan, Hachem donne aux C’est l’homme par sa réflexion et
fêterons la fête de Pessa’h. A Bnei Israël la mitsva de la Vache par ses actes qui crée l’impur ou
l’époque de Bet Hamikdach les Rousse, afin qu’ils puissent la kedoucha, la sainteté.
Bnei-Israël faisaient le korban se purifier de la toume’a (la C’est son choix, son libre arbitre
haPessa’h mais pour le faire, ils souillure) à laquelle ils étaient d’être un homme attaché à la
devaient se purifier. exposés. Torah et aux mitsvot ou pas qui
Le processus de la purification Il y avait 9 vaches rousse détermine sa vie.
durait 7 jours. depuis cette année et jusqu’à
En lisant la paracha Para, ils se la destruction du deuxième Beit La «marche» (la Hala’ha) dans la
souvenaient qu’ils devaient se Hamikdache. voie des mitsvot est la seule qui
purifier avant d’entreprendre le rend la vie de l’homme bonne ou
pèlerinage vers Jérusalem, afin La première vache était brûlée mauvaise: «Ce n’est ni le cadavre
de pouvoir apporter le Korban par Moché Rabeinou, et on l’avait qui rend impur, ni les eaux qui
haPessa’h. purifié avec ses cendres jusqu’à purifient» - c’est l’homme en
la fin du premier Beit Hamikdach. faisant les mitvots qui rend sa vie
De nos jours, et depuis la pure ou impure.
destruction du deuxième La deuxième vache était brûlée
temple nous n’apportons plus par Ezra haSofer (le scribe) au
d’offrandes et nous n’avons début du deuxième temple.
pas des cendres de vache
rousse. Aussi il semblerait que Il a été brûler 7 vaches jusqu’à la
depuis que nous n’apportons destruction du deuxième temple.
plus de korbanot (offrandes Nos sages disent que la 10ème
à l’autel de Beit Hamikdach) vache rousse sera brûlée par le
notre Pessa’h est devenu une machia’h lorsqu’il viendra.
fête de la propreté...Est ce que
la purification d’autrefois aurait D’ailleurs, nos sages soulignent
LE COIN DE LA HALA’KHA
Jean David HAMOU

L’animateur : Mesdames et lecteur autant qu’il est possible, en tenons compte de l’avis selon lequel
messieurs, c’est un grand honneur prolongeant le bruit durant les mots il faudrait y mettre des tsitsit.
pour nous d’avoir été choisis par suivants. Et si vous êtes soucieux
vous, d’entre toutes les chaînes, et de faire le plus beau hidour, vous L’animateur : Prochaine question : à
élus d’entre tous les divertissements ne manquerez point de faire du bruit vous Cognac-Jay.
pour accompagner votre festin. dès les mots qui précèdent le nom
Je vous rappelle le titre de notre d’Haman, ainsi qu’il est dit : «zérizin Micheline Cognac-Jay : Oui
émission : Le Coin de la halakha. makdimim lamitsvot». Plus on fait bonsoir, c’est moi, Micheline Cognac-
de bruit, plus on a de mérite. Et si Jay, douzième du nom. Je voulais
Gertrude de Marignan du Coulis l’on vous fait sortir de la synagogue, savoir si moi aussi, en tant que
de Caramel : Je proteste, Monsieur heureux êtes-vous et heureuse celle femme, moderne mais attachée
l’animateur : la halakha, c’est bien qui vous enfanta. aux traditions, je dois boire du vin,
connu, a quatre coins, et non un seul ! et combien, s’il vous plaît ? Merci
De quel coin parlez-vous donc ? L’animateur : Question suivante… d’avance, c’est vraiment trop gentil.
Madame, oui ? Veuillez décliner Si, si, franchement !
L’animateur : Je parle du coin votre identité, adresse, profession,
opposé aux trois autres, c’est-à-dire numéro de carte de fidélité chez Zol Le rabbin : Tout un chacun à
du coing dont on fait des confitures à Laméhadrin ? l’obligation de boire : hommes,
l’issue de Kipourim. Car Pourim, cela femmes, enfants dès l’âge de sept
ne vous aura pas échappé, possède Reinette Benzarma : Oui, bonjour, jours, au titre du ‘hinoukh. Celle qui
des vertus expiatoires et apéritives c’est Reinette. Vous savez, Reinette allaite veillera à boire beaucoup de
assez comparables à celles de Benzarma, de Marnia. Je voudrais vin, afin d’éduquer le nourrisson.
Kipour. Or donc, nous recevons vous demander la question parce que L’animateur : le grand monsieur
aujourd’hui Monsieur le rabbin mon mari toujours i’ me dji : Reinette : blond, avec une chaussure noire, je
Shloumiel-Yekoutiel Shloumitsky- achète-moi un beau ra’achan pour vous en prie, ne soyez pas timide,
Yekoutitsky. Monsieur le rabbin, la mitsva. Donc, pour ainsi dire, je posez votre question, le rabbin est à
bonsoir. voulais demander au rav quelle est votre écoute.
la meilleure matière dont auquel doit
Le rabbin : Bonsoir Mesdames, être fabriqué le ra’achan, comme qui P. Richard : je voudrais savoir quelle
bonsoir Mesdemoiselles, bonsoir dirait ? bénédiction réciter après avoir bu du
Messieurs, all you, sisters and vin à Pourim.
brothers. Do you feel good ? Le rabbin : tous les ra’achanim
sont cachères, en bois, en verre, en Le rabbin : A Pourim, on ne récite
Le public : Yeah ! plastoc, en polypropène styrénique… pas la bénédiction finale sur le vin,
sauf en argent, afin de ne pas faire car on n’est pas supposé s’arrêter de
L’animateur : Vous connaissez le honte à ceux qui n’en ont pas. boire.
principe de notre émission. Le public
ici présent vous pose des questions, Reinette Benzarma : Et je voulais L’animateur : Le petit monsieur avec
halakhiques pour les unes, aussi demander au ‘hakham, comme un attaché-case en simili-crocrodile,
hilkhatiques pour les autres. Et vous, ça : j’ai à la maison des produits que nous vous écoutons.
mine de rien, sans faire de chichi, j’avais achetés à la makolet, mais le
vous répondez. C’est entendu ? problème c’est que la date limite de Arnulphe Boléro : Quand je bois au
consommation, c’est justement le 14 michté de Pourim, j’ai la tête lourde
Le rabbin : Je vous reçois cinq sur adar. Est-ce qu’on peut cô même les ensuite. Dois-je tout de même réciter
cinq, Apollo c’est à vous : première offrir dans un michloa’h manot, ou la téphila d’Arvit ?
question. bien c’est que ça fait vilain ?
Le rabbin : Bien sûr ! C’est bon
L’animateur : Nous allons demander Le rabbin : Cela ne fait pas vilain, signe, à Pourim, que de prier be-
à monsieur Apollo de bien vouloir bien au contraire : c’est une grand koved roch ! J’ajoute que, lorsque
poser sa question, sauf son respect. ma’ala que d’offrir davka ces produits, l’on fait les trois pas en arrière, à la
de façon que leurs destinataires fin de la ‘Amida, on n’est pas yotsé si
Dagoberto Apollo (accent italien) : soient contraints de les manger les trois pas sont faits en ligne droite.
Si, buon giorno, c’est par rapport le jour même de Pourim. Ainsi, la
au ra’achan. Parce que jé né sais séouda sera plus copieuse, et la joie L’animateur : Pourim saméa’h,
jamais quand est-ce que jé dois lé s’en trouvera augmentée. monsieur le Rabbin, notre leader
faire tourner. maximo, et vous tous, chers
L’animateur : J’en profite pour vous téléspectateurs, braves gens du
L’animateur : Rabbi, quand donc demander, Rabbi, s’il faut donner une public, du fendeur de bois au puiseur
agiter son ra’achan ? forme particulière aux ‘halot, le jour d’eau-de-vie. A la semaine prochaine
de Pourim ? pour un autre Coin de la halakha.
Le rabbin : min ha-din, il suffit de Cette fois, nous passerons au coin
l’agiter à chaque mention du nom Le rabbin : Toutes les formes sud-sud-ouest. Bonsoir.
d’Haman ; mais si vous êtes ma’hmir, sont permises, à part celles qui
vous vous efforcerez de perturber le comportent quatre coins, car nous
PEUT ON SE FIER AUX APPARENCES ?
Raphaël ATTIAS

Pourquoi se déguise-t-on à Pourim ? Quelles comportent comme des Goyim, ce n’est qu’en descendant d’Amalek, petit-fils de ‘Essav,
sont raison de cette coutume ? apparence. Au fond d’eux-mêmes, ils restent contre les Juifs.
profondément attachés à Hachem ; c’est ce ‘Essav, ennemi de son frère Ya’akov, a tenté
Rappelons que cet usage n’est jamais qui s’est passé au temps de Mordékhaï et de se faire passer pour un juste en trompant
mentionné dans le Talmud, le Midrach ou Esther. Il ne faut pas se fier aux apparences ! son père. Ya’akov, quant à lui, s’est déguisé en
encore dans les écrits des Guéonim. ‘Essav pour obtenir la bénédiction de son père.
- La toute première mention de cette coutume - Rabbi Yé’hezkel Katsnelenbogen De la même manière que ‘Essav reste un impie
se retrouve dans les responsa de Rabbi (1668-1749), dans son ouvrage « Knesset même lorsqu’il se déguise en juste, Ya’akov
Yéhouda Mintz (1408-1508) et est rapportée Yé’hezkel », considère que les personnages reste un juste malgré son déguisement en
par le Rabbi Moché Isserles (1525-1572) de la Méguila se comportent de manière ‘Essav le mécréant…
dans le Choul’han ‘Aroukh, Ora’h ‘Haïm déguisée :
(696, Sa’if 8). Ils expliquent qu’elle a pour but Esther cache ses origines de telle sorte que - Le Rav Elie Munk (1900-1981), dans « La
d’augmenter la joie. chacun pense qu’elle fait partie de sa nation ; voix de la Torah », suppose qu’elle trouverait
Mordékhaï lui-même change de vêtements à sa source dans le Midrach sur ‘Houkat. Dans
- Rabbi Elia Shapira (1620-1712) écrit dans plusieurs reprises (selon les circonstances) ; cette Sidra, il est écrit qu’Israël fut attaqué par
son ouvrage « Elia Raba » qu’il est possible Eliahou Hanavi prend l’apparence de ‘Harbona « le Cananéen roi d’Arad » (Bamidbar XXI, 1).
que ce soit en souvenir de Mordékhaï qui (Pirké DéRabbi Eli’ézer, chap. 3) L’identité de ce roi n’étant pas dévoilée, les
est sorti en ville avec des vêtements royaux. Sages proposent diverses explications. Parmi
Il propose aussi que ce soit en souvenir du - Le Ma’hatsit Hachékel (1724-1806) pense celles-ci, ils proposent de l’identifier à ‘Amalek.
miracle qui s’est produit lorsque Vachti a que cette habitude provient du fait qu’avant le Pourtant, ce dernier n’est pas originaire de
refusé de se présenter au festin organisé par miracle de Pourim, les Bné Israël tentaient de Cana’an. Nos Maîtres expliquent qu’il aurait
A’hachvéroch car elle a été soudain couverte ressembler aux Goyim en s’habillant comme forcé son peuple à adopter la langue des
de lèpre ou selon une autre opinion car l’ange eux pour échapper au massacre. Ensuite, cananéens pour ruser contre les Bné Israël.
Gabriel lui avait ajouté une queue (Méguila lorsque « la crainte des Juifs s’est emparée » Ainsi, lorsque ces derniers se seraient trouvés
12b). des gens du pays… un grand nombre de ceux- face à eux, ils auraient dirigé leurs prières
ci se « firent juifs » et se vêtirent donc comme contre le « Cananéen », ce qui n’aurait eu
- Rabbi Moché ‘Haguiz (1671-1750), dans eux. aucun effet sur le peuple d’Amalek. Bien
son ouvrage « Elé Hamitsvot » (Mitsva 543), heureusement, les Bné Israël firent une prière
rapporté également par le Bné Issakhar (1783- - Rabbi Abraham Eli’ézer Hirshovits (1859- non nominative pour se débarrasser de leur
1841), cite comme source de cette coutume ce 1928) dans son ouvrage « Otsar Kol Minhagué assaillant, ce qui leur valut la victoire.
que dit le Talmud dans le Traité Méguila 12a : Yéchouroun » considère que nous voulons
Les disciples de Rabbi Chim’on Bar Yo’haï montrer que, malgré tout ce que nous pouvons Or, ‘Amalek n’est autre que l’ancêtre d’Haman
demandèrent à leur maître : faire de mal tout au long de l’année, sous les le persécuteur des juifs dont il est question
« Pour quelle raison les enfants d’Israël de habits qui nous font ressembler à des non- dans la Méguilat Esther (Esther III, 1). D’où
cette génération furent-ils frappés d’un décret juifs, nous restons fidèles à nous-mêmes et à la déduction du Rav Munk quant à l’origine
d’extermination ? ». Il répondit : « Quelle est notre Tradition. du « déguisement » à Pourim : Haman le
votre opinion ? ». Ils dirent : « C’est parce mécréant est le descendant d’Amalek, celui
qu’ils ont participé au repas de cet impie - Cet usage vient aussi de l’enseignement qui se déguise pour ruser. Dès lors l’habitude
(A’hachvéroch) ». donné par nos Maîtres dans le Traité ‘Houlin de se déguiser représenterait une moquerie
Rabbi Chim’on leur dit : « Si c’était vrai, seuls (139b) : vis à vis de l’ancêtre d’Haman au déguisement
les Juifs de Chouchane qui ont profité de « Où parle-t-on d’Esther dans la Torah ?  complètement inutile face aux Bné Israël !
ce festin auraient dû être soumis au décret « Véanokhi Haster Astir Panay » (Je voilerai
d’extermination et non pas ceux des autres ma face) (Dévarim XXXI, 18) ». Rappelons que de nombreux décisionnaires
provinces ». De là, nous apprenons que le jour où on fête Séfaradim se sont profondément opposés à
Ses disciples lui dirent : « Alors dis-nous toi- Esther, le jour de Pourim, on se voile la face, l’usage du déguisement. Rabbi Yossef Messas
même la raison ». on se déguise. (1892-1974) et Rabbi Méïr Mazouz (né en
Rabbi Chim’on leur dit : « C’est parce qu’ils Hachem « s’est caché » lors du miracle de 1945) l’ont clairement interdit sur la base que
s’étaient prosternés devant l’idole (au temps Pourim, en l’habillant de manière naturelle. c’était une reproduction des coutumes des
de Néboukhadnétsar) » C’est d’ailleurs pourquoi le nom d’Hachem idolâtres, ce qui constitue une transgression
Ils dirent : « Peut-il y avoir indulgence n’apparaît pas dans la Méguila, tout prend d’un interdit biblique, celui d’imiter les pratiques
(puisqu’en fin de compte, le décret a été l’apparence d’un phénomène naturel. des Goyim. Ils considèrent qu’il n’y a aucun
annulé) pour une faute si grave (d’idolâtrie) ? » doute que cette pratique tire ses origines du
Rabbi Chim’on Bar Yo’haï répondit : « Ils ne - Le Séfer « Minhagué Kol Aryé » pense que carnaval (qui tombe souvent dans la même
se sont prosternés que pour la forme (par les déguisements à Pourim ont pour but de ne période que Pourim).
crainte et non par conviction). L’Eternel aussi pas faire honte aux pauvres qui font du porte
n’a suscité le décret d’extermination que pour à porte ce jour-là pour ramasser les dons qui Cependant la majorité des décisionnaires,
la forme (afin qu’ils aient peur et qu’ils se leur sont accordés (Matanot Laévyonim). même s’ils soutiennent cette coutume,
repentent), en accord avec le verset : « Car ce sont vigoureusement opposés au fait de se
n’est pas volontiers qu’Il opprime et qu’Il afflige - Le Sefer HaToda’a donne une explication déguiser dans des vêtements du sexe opposé
les fils de l’homme » (Eikha III, 33) ». intéressante à cette coutume : Tout le drame car rien ne peut justifier de transgresser cette
Lorsque les Bné Israël fautent et se de Pourim provient de l’action d’Haman, interdiction de la Torah (Dévarim XXII, 5).

Ce feuillet d’étude est offert pour l’élévation de l’âme de Elicha Ben Yaacov DAIAN

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