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Appareils à pression

Dimensionnement des appareils


par René BOVAGNE
Ingénieur de l’École Nationale Supérieure des Arts et Métiers
Ancien Responsable des Services Techniques de Creusot Loire Usine de Chalon

1. Généralités................................................................................................. A 849 - 2
2. Enveloppes soumises à pression intérieure ..................................... — 7
3. Enveloppes soumises à pression extérieure .................................... — 9
4. Joints soudés ............................................................................................ — 15
5. Ouvertures et leur renforcement......................................................... — 16
6. Connexions ................................................................................................ — 18
7. Fonds plats. Brides .................................................................................. — 21
8. Supportages. Attaches diverses.......................................................... — 23
9. Ouvertures d’accès et de visite ........................................................... — 24
10. Sollicitations diverses ............................................................................ — 25
Notations et Symboles .................................................................................... — 28
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. A 849

a construction des appareils à pression se réalise en utilisant des règles


L reconnues comme permettant d’assurer la sécurité d’utilisation des
appareils dans les conditions d’exploitation prévues.
Ces règles régissent le choix des matériaux, le calcul, la fabrication,
l’inspection, les organes de protection. Elles sont regroupées dans des codes,
des normes, des standards, des réglementations. Certaines constituent les
règles de l’art. Les réglementations ont un caractère administratif et officiel. Elles
définissent les responsabilités en cas d’accident et engagent quelquefois celle
de l’administration (cas de la République fédérale d’Allemagne et de l’Italie
notamment).
Les règles de l’art sont un ensemble de bonnes recettes qu’il faut appliquer
pour fabriquer un produit de qualité. Chaque constructeur a les siennes. Elles
sont en voie de disparition dans la mesure où les codes se complètent et
s’affinent.
Le présent article Dimensionnement des appareils fait partie intégrante des
règles de calcul relatives à la construction des appareils.
2 - 1987
A 849

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APPAREILS À PRESSION _________________________________________________________________________________________________________________

1. Généralités Ces deux modes de défaillance sont à considérer dans toutes les
situations d’un appareil. Elles constituent la base essentielle de
tous les codes.
1.1 Domaine d’application Si la prévention de la déformation est assurée, celle de l’instabilité
plastique l’est également à tel point que certains codes ne se
Les principes développés ci-après s’appliquent aux appareils préoccupent que de la première (code allemand : AD Merkblatt, par
métalliques, non soumis à l’action de la flamme, dont la pression exemple).
de calcul est (§ 1.4) soit intérieure et dans ce cas supérieure Il convient de remarquer que les déformations plastiques locales
à 0,05 MPa, soit extérieure et dans ce cas supérieure à 0,01 MPa. sont autorisées sur un appareil, ce qui suppose, comme condition,
Nota : la pression atmosphérique définie dans les conditions normales est 0,102 MPa. que sa construction soit réalisée par la mise en œuvre d’un
De façon habituelle, l’appareil à pression est limité : matériau ductile.
— aux brides des tubulures, raccords vissés ou soudés, ou aux
premières soudures ;
— aux supports, aux goussets, aux clips et aux autres organes 1.3.2 Instabilité élastique
directement soudés sur les parois soumises à pression. et élastoplastique (flambage)

Ce phénomène instable est lié à la mise en compression partielle


ou totale d’un appareil. Il régit les règles de calcul des appareils
1.2 Sollicitations soumis à une pression extérieure.

Les sollicitations suivantes sont retenues pour le calcul des 1.3.3 Déformation et rupture par fluage
appareils à pression :
— effets de la pression intérieure ou extérieure ; Seuls les appareils dont la température en service est élevée
— action de la pesanteur et des efforts s’exerçant sur l’appareil ; (supérieure à des valeurs allant de 420 à 450 oC pour les aciers au
— poids de la neige, action du vent et des séismes ; carbone ou faiblement alliés) sont menacés par les effets du fluage :
— actions dynamiques : mouvement des fluides et des pièces écoulement progressif et continu du métal sollicité. C’est donc un
mobiles ; phénomène lié au temps.
— phénomènes vibratoires ;
— dilatations entravées.
Bien entendu, les diverses sollicitations retenues peuvent se 1.3.4 Déformation progressive
combiner ; elles constituent alors des situations qui se regroupent
en trois catégories : C’est une déformation cumulative irréversible qui croît à chaque
— situations normales de service ; chargement. Cela signifie que le phénomène évolue dans le
— situations exceptionnelles de service ; domaine plastique. Le chargement peut être d’origine mécanique
— situations d’essais de résistance. ou thermique ou une combinaison des deux.

1.3.5 Fissuration et rupture par fatigue


1.3 Modes de défaillance
La fatigue du métal, qui se traduit par une dégradation de ses
caractéristiques mécaniques, est la conséquence de sollicitations
Les règles de calcul couvrent tous les modes de défaillance sauf
variables cycliques. Les paramètres influants sont la déformation du
la rupture fragile qu’il faut prévenir par l’application de règles
matériau à chaque cycle, le nombre de cycles, la résistance du
métallurgiques.
matériau à la corrosion. Dans le domaine de la fatigue oligocyclique,
Les modes de défaillance sont les suivants : un nombre de cycles compris entre 102 et 105 peut amener la ruine
— déformation excessive et instabilité plastique ; d’un appareil.
— instabilité élastique et élastoplastique (flambage) ;
— déformation et rupture par fluage ;
— déformation progressive ; 1.3.6 Rupture fragile
— fissuration et rupture par fatigue ;
— rupture fragile. Le risque de rupture fragile ne peut être évalué par le calcul car
il est lié à la température de transition du matériau, qui est une
caractéristique métallurgique.
1.3.1 Déformation excessive Il existe toutefois des méthodes et des solutions pour,
et instabilité plastique pratiquement, annuler ce risque.

La déformation excessive d’un appareil à pression est une perte


définitive de sa géométrie d’origine par augmentation irréversible
de ses dimensions. Son origine, mécanique, est liée à un 1.4 Pression et température de calcul
dépassement de l’élasticité du matériau de construction qui,
abandonnant le domaine élastique, entre dans le domaine
plastique. La pression de calcul est la plus grande valeur que peut atteindre
la pression régnant à la partie supérieure de l’appareil en service
L’instabilité plastique survient ensuite, causée par le phénomène
normal. Elle sert de valeur de base pour tarer les organes de sécurité
de striction. La destruction de l’appareil est brutale et peut être
(par exemple, soupape).
explosive si le contenu est un gaz. Des projections d’éclats sont à
redouter si le métal est fragile.

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C’est une pression effective, elle est lue sur un manomètre, placé 1.6 Mécanique de base
en tête de l’appareil :
pression effective = pression absolue – pression atmosphérique Les principes de mécanique utilisés dans les codes de
construction modernes sont basés sur le critère de Tresca qui a
Nota : l’unité de pression dans le Système international (SI) est le pascal, mais on lui
préfère son multiple, le mégapascal (MPa), et le bar (1 bar = 105 Pa, 1 MPa = 10 6 Pa, choisi la contrainte de cisaillement maximale comme cause de la
1 MPa = 10 bar = 1 N/mm2). rupture par instabilité plastique (ASME).
La température de calcul est la température maximale atteinte à Un coefficient de sécurité est adopté vis-à-vis du mode de
mi-épaisseur de paroi à la pression de calcul. Sa valeur est défaillance envisagé. Il est égal à :
déterminante pour fixer les caractéristiques mécaniques du
matériau choisi. chargement critique causant la ruine
--------------------------------------------------------------------------------------------------------
chargement de calcul
S’il y a fluage du matériau, on utilise la température normale-
ment prévue en service. Pour des raisons de commodité d’emploi, les valeurs
caractérisant les chargements sont remplacées par des contraintes.
La valeur résultant de la combinaison de ces contraintes doit être
1.5 Autres sollicitations inférieure ou égale à une contrainte de référence, appelé contrainte
nominale de calcul ou intensité de contrainte. Cette contrainte de
référence est égale à deux fois la contrainte de cisaillement
1.5.1 Pesanteur maximale. Elle est désignée par f dans le CODAP (Code français de
construction des appareils à pression édité par le SNCT) et Sm dans
Il faut tenir compte de l’action de la pesanteur en évaluant : le Code ASME (American Society of Mechanical Engineers ).
— le poids de l’appareil et de ses éléments internes ;
La valeur moyenne de la contrainte primaire générale de la
— le poids des accessoires : tuyauteries, robinetteries, échelles,
membrane à travers l’épaisseur de la paroi de la zone considérée
passerelles, supports, calorifuges, organes divers ;
doit être inférieure à S m . La contrainte primaire locale de
— le poids des produits contenus ;
membrane doit être inférieure à 1,5 Sm . La contrainte primaire de
— les surcharges d’exploitation.
flexion doit rester inférieure à 1,5 Sm .
Les contraintes secondaires ne sont pas prises en compte dans
1.5.2 Neige, vent, séismes les calculs développés dans les codes, sauf pour ceux qui
s’adressent aux composants nucléaires (ASME section III, RCCM).
En France, les actions de la neige, du vent et des séismes sont Les règles de calcul et de fabrication les limitent à des valeurs
définies par les Documents techniques unifiés : acceptables. Une analyse de contrainte peut toujours être faite
pour calculer leurs valeurs précises dans les diverses situations.
— règles définissant les effets de la neige et du vent sur les
constructions, dites règles NV 65 ; Les calculs sur ordinateur avec des logiciels utilisant la méthode
— règles parasismiques, dites règles PS 69. des éléments finis permettent des investigations très fines et
toutes les simulations des situations qui peuvent se présenter.
Les effets du vent et ceux des séismes ne sont jamais pris en
compte simultanément. Il convient de signaler les travaux menés par Framatome dans ce
domaine et la haute qualité du logiciel Titus qui est l’un des plus
performants du monde.
1.5.3 Actions dynamiques

Les actions dynamiques sont engendrées par les masses en 1.7 Intensité de contrainte
mouvement, fluides, pièces mobiles. Elles sont pratiquement
remplacées par des actions statiques équivalentes : charges locales Les valeurs de l’intensité de contrainte (f ou Sm ) qui seront
ou réparties, surpression locale ou générale. Il ne faut pas oublier utilisées dans les calculs sont déterminées à partir des
qu’elles ont presque toujours un caractère cyclique et peuvent caractéristiques mécaniques des matériaux auxquelles sont
provoquer des fissures ou des ruptures par fatigue. appliqués les coefficients de sécurité. En France, les caractéristiques
mécaniques des matériaux sont définies dans les normes AFNOR
(Association française de normalisation).
1.5.4 Dilatations entravées
■ Caractéristiques de traction instantanée :
Les gradients thermiques, ou des coefficients de dilatation Re limite d’élasticité minimale à 20 oC ;
différents, créent des dilatations différentielles qui engendrent des t
R e limite d’élasticité minimale à t oC (t ≠ 20 oC) ;
contraintes thermiques si les déplacements sont entravés.
R résistance à la traction minimale à 20 oC ;
Les entraves peuvent être : Rt résistance à la traction minimale à t oC (t ≠ 20 oC).
— extérieures à l’appareil : supportage bloqué, tuyauteries
rigides ; ■ Caractéristiques de fluage :
— intérieures à l’appareil : faisceau tubulaire entre deux plaques σR contrainte moyenne de rupture en 100 000 h ;
fixes ; σ 1 contrainte moyenne produisant un allongement de 1 %
— locales : autobridage. en 100 000 h ;
σr contrainte minimale de rupture en 100 000 h.
Les contraintes thermiques sont des contraintes secondaires qui
sont effacées par l’adaptation plastique du matériau. Ce n’est pas ■ Coefficients de sécurité : ils sont définis par les codes de
une raison pour les négliger car elles peuvent causer la ruine d’un construction. Ils sont quelquefois imposés par les réglementations
appareil par déformation progressive ou fissuration et rupture par nationales et varient selon les matériaux utilisés.
fatigue. Les codes américains donnent directement sur des tableaux les
valeurs des intensités de contrainte (Sm ) pour chaque produit
(laminés, forgés, tubes, raccords), chaque matériau, et cela en
fonction de la température de calcul.
Le tableau 1 montre comment calculer f (ou Sm ).
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Tableau 1 – Intensités de contrainte f ou Sm


f ou Sm
Matériau
Règlements français ASME ASME
CODAP BS 5000 AD Merkblatt
(appareils à gaz) VIII 2 et III (1) VIII 1 (2)

Re R Re R
Aciers non alliés -------
- ou ---- -------- ou ----
Re
t
Re
t 1,5 3 1,5 4 Re
t
Re
t
R R Rt
-------- ou --------- -------- ou ---- t
-------- ou ------------ --------
1,5 2,4 1,6 3 t Re 1,5 2,35 1,5
Re Rt Rt
Aciers alliés non austénitiques -------- ou ------- -------- ou -------
1,5 3 1,5 4

t
Rt Rt Re t
Aciers austénitiques ------- --------- -------
- ou 0,9 R e
3 3,5 1,5

Cuivre et alliages de cuivre Rt


------
4
t
Alliages d’aluminium Re R
Nickel et alliages de nickel -------
- ou ----
1,6 3

Rt
Titane ---------
3,5
t
Re R
Boulonnerie : aciers non alliés -------
- ou ----
3 5
t
Re R
faiblement alliés traités -------- ou ----
3 4
t
austénitiques Rt R
------ ou -----
5 4

σR σ1 σ1 ,
Situations avec fluage du matériau --------
- ou ------
- 0,67 σR
1,6 1 ou 0,8 σr
Remarque : il existe maintenant une série de conditions permettant de réduire ces coefficients :
— produits visés par l’arrêté ministériel du 16 décembre 1980 et utilisés dans les conditions fixées par l’arrêté (R /2,7) ; t
— produits visés par l’arrêté ministériel du 16 décembre 1980 et utilisés dans les conditions fixées par l’arrêté ministériel du 20 octobre 1982 (R e /1,5
ou R /2,7) ; t
— même cas que le précédent mais avec traction à chaud avec palier de 5 mm ( R e /1,428 ou R /2,7).
D’autre part, la circulaire du 16 octobre 1967 autorise, pour les appareils à gaz et pour les aciers austénitiques au molybdène stabilisé (dont la limite d’élasticité
à 0,2 % est garantie), d’utiliser la règle générale.
(1) Section VIII division 2 et section III.
(2) Section VIII division 1.

1.8 Surépaisseurs de corrosion ■ Le revêtement est une couche de métal rapportée par soudage.
L’épaisseur de placage ou de revêtement peut être prise en
Durant sa vie, l’appareil subit des pertes de métal dues à la compte dans l’épaisseur calculée en multipliant sa valeur par le
corrosion, à l’érosion, à l’abrasion. Sur les surfaces externes ces rapport :
effets sont dus à l’environnement, sur les faces internes ils sont
provoqués par le contenu. f p /f b  1
Il convient de prévoir des surépaisseurs de métal pour pallier ces avec fp intensité de contrainte du placage ou du revêtement,
actions. On les désigne couramment par le terme général de
fb intensité de contrainte du métal de base.
surépaisseur de corrosion ; sa valeur peut être nulle ou variable
suivant sa localisation et les conditions d’environnement et de L’adhérence du placage ou du revêtement sur le matériau de
service. base doit être bonne et contrôlée ; la conception des assemblages
doit être également correcte (figure 1).
■ Le placage est une tôle d’épaisseur de 2 à 10 mm rapportée par
laminage ou par explosion sur le métal de base pour le protéger ■ Dans le chemisage , le matériau rapporté ne fait pas partie
contre la corrosion, l’érosion et l’abrasion. Le procédé de placage intégrante du matériau de base auquel il est lié de façon intermit-
par explosion consiste à utiliser l’onde de choc produite par la défla- tente ou pas lié du tout. Le chemisage ne peut être pris en compte
gration d’un explosif pour souder la tôle de placage sur la tôle de pour le calcul de la paroi résistante.
base.

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1.9 Coefficient de soudure Il n’existe pas dans les cas suivants :


— assemblages transversaux des enveloppes de révolution de
même axe, sauf si l’une d’elles est un fond sphérique ;
C’est un coefficient de pénalisation d’un joint soudé, — assemblages des tubulures sur les enveloppes ;
caractéristique d’une époque où la soudure était suspecte et — assemblages supportant exclusivement des efforts de
constituait la partie faible d’un appareil. Il faut savoir que, à cette compression.
époque, les caractéristiques métallurgiques des produits mis en Pour les appareils soumis à la réglementation française des
œuvre étaient inconstantes et souvent mauvaises, la conception des appareils à pression, il faut appliquer l’arrêté du 24 mars 1978.
assemblages discutable (à clins, avec soudures bouchons, avec
lattes-supports subsistantes), les procédés de soudage mal adaptés
(forgeage, soudage au chalumeau) et les produits d’apport de
qualité douteuse. 1.10 Catégories de contraintes
La qualité des soudures d’un appareil à pression moderne est
équivalente, et très souvent supérieure, à celle des produits mis en
œuvre et les joints soudés ne constituent en aucune manière des Les appareils et leurs supports seront calculés pour les diverses
zones de faiblesse. La garantie en est apportée par la bonne situations pouvant se présenter dans les conditions de calcul, de
définition des produits utilisés, leur réception en forges (contrôle de service, d’essais de résistance ; la limite d’intensité de contrainte est
conformité aux spécifications d’approvisionnement), le bon choix alors k f ou k Sm .
des assemblages, l’homologation des soudeurs et opérateurs et des Les valeurs du facteur k sont données dans le tableau 2.
modes opératoires de soudage, la surveillance de la construction, Les contraintes sont classées en catégories. Il convient de les
le contrôle des témoins de fabrication, le contrôle non destructif des combiner dans une situation donnée et de les comparer aux valeurs
soudures, la vérification des traitements thermiques, les essais de limites de k Sm . Le tableau 3 donne le classement des contraintes
résistance, la constitution du dossier de construction. et les valeurs limites de k Sm (§ 1.6).
Dans ce cas, la valeur du coefficient de soudure, Z , est
maximale : Z = 1. Si toutes les obligations rappelées ci-avant ne
sont pas remplies, il peut prendre des valeurs inférieures : Z = 0,85
et Z = 0,7. 1.11 Définition des épaisseurs
Le coefficient de soudure permet de calculer la résistance d’un
joint soudé bout à bout en multipliant l’intensité de contrainte f
1.11.1 Épaisseur calculée
ou Sm par Z . Il est unique pour une enceinte d’appareil.
L’épaisseur calculée est l’épaisseur minimale à laquelle peut être
réduite la paroi après disparition de la surépaisseur de corrosion.

1.11.2 Épaisseur nominale de commande

Si l’on désigne par :


e épaisseur calculée ;
c surépaisseur de corrosion ;
c 1 tolérance en moins sur l’épaisseur du produit commandé ;
c 2 amincissement prévu en cours de fabrication ;
ε surépaisseur choisie par le constructeur ;
l’épaisseur nominale de commande en sera :
en = e + c + c 1 + c 2 + ε
Figure 1 – Acier plaqué et acier revêtu
La figure 2 illustre ces définitions.
(0)

Tableau 2 – Valeurs de k suivant les conditions


Condition Situation k Bases de calcul
Calcul A pression de calcul + poids de l’appareil + poids du 1 appareil corrodé, température de calcul
contenu + poids des équipements internes + charges
extérieures
B condition A + vent 1,2 appareil corrodé, température de calcul
C condition A + séisme 1,2 appareil corrodé, température de calcul
D condition A + action de la mer 1,2 appareil corrodé, température de calcul
Service A conditions de service qui servent de base au calcul de appareil corrodé, température et pression de service
fatigue
Essais A pression d’épreuve + poids de l’appareil + poids du 1,25 appareil dans son état au moment de l’épreuve,
contenu + poids des équipements internes + charges température d’épreuve
extérieures (1,35) (pour une épreuve réglementaire française)

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Tableau 3 – Catégories de contraintes : leurs combinaisons et leurs limites


Contraintes primaires Contraintes secondaires
Concentration
de membrane et de flexion
Membrane générale Pm Membrane locale P  Flexion Pb de contrainte F
Q

— Contrainte primaire — Contrainte moyenne — Composante de la — Contraintes — Concentration de


moyenne dans la dans une section quel- contrainte primaire pro- auto-équilibrées contrainte ajoutée à la
section. conque. portionnelle à la dis- nécessaires pour la contrainte primaire ou
tance au centre de continuité de la struc- secondaire par
gravité de la section. ture. concentration (effet
d’entaille).
— Discontinuités et — Discontinuités prises en — Discontinuités et — Elles se produisent aux — Certaines contraintes
concentrations exclues. compte et concentrations exclues. discontinuités. thermiques peuvent
concentrations exclues. causer de la fatigue
mais n’entraînent pas
de déformations.
— Contraintes causées — Contraintes causées — Contraintes causées — Contraintes causées par
uniquement par les uniquement par les uniquement par les les charges mécaniques
charges mécaniques. charges mécaniques. charges mécaniques. ou les dilatations diffé-
rentielles.
— Concentrations exclues.

1.11.3 Épaisseur minimale

L’épaisseur finalement adoptée tient compte des possibilités


d’approvisionnement des produits et de leur facilité de mise en
œuvre.
Les codes américains prévoient des épaisseurs minimales
de 3,2 mm pour les aciers inoxydables et les matériaux non ferreux
et de 6 mm pour les aciers au carbone ou faiblement alliés.
En France, il n’existe pas de limite inférieure prévue par la
réglementation ou le CODAP, l’usage veut que les valeurs
américaines ci-dessus deviennent 2 mm au lieu de 3,2 et 5 mm au
lieu de 6.

1.11.4 Pratiques d’usage courant

La surépaisseur de corrosion est nulle pour les aciers inoxydables


et les matériaux non ferreux. Elle est souvent choisie égale à 3 mm
pour les aciers au carbone et les aciers faiblement alliés. La tolérance
en moins sur les produits laminés est généralement de 0,25 mm.
L’amincissement en cours de fabrication est de :
• 10 % pour les fonds bombés emboutis à chaud et cela dans
la zone de carre ;
Figure 2 – Définition des épaisseurs • 20 % pour les fonds hémisphériques emboutis à chaud ;
• 1 mm pour un envirolage à chaud ;
• nul pour un envirolage à froid.

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2. Enveloppes soumises R+e



Si p  0,4 S , utiliser : ln --------------  = ----Sp .
R
à pression intérieure b ) Si F est positif et supérieur à 0,5 p R :

2.1 Épaisseur des enveloppes 0,5 p R + F


e = ------------------------------
S – 0,5 p
de révolution
c ) Si F est négatif (compression), l’instabilité doit être considérée
Les épaisseurs des enveloppes de révolution soumises à une (flambage). Le paragraphe 3.5 traitant les cylindres peut être utilisé
pression intérieure ne sont pas inférieures aux valeurs calculées en considérant R comme le rayon normal à la surface conique.
par les formules des paragraphes suivants. De plus, il faut tenir
compte des sollicitations, autres que la pression, mentionnées au
paragraphe 1.2.
Les formules proposées sont homogènes donc valables pour
2.3 Épaisseur des fonds emboutis
tout système d’unités. Il est toutefois recommandé, sinon obliga-
toire, dans la plupart des pays, dont la France, d’utiliser le Système L’épaisseur minimale, dans la zone la plus mince, d’un fond
international (SI) qui est légal. Il est habituel et commode d’adopter embouti de méridienne elliptique, torisphérique ou hémisphérique,
les unités suivantes : soumis à la pression sur sa face concave est donnée par les règles
— longueur : mm ; développées ci-après.
— pression, contrainte : MPa.
Les notations utilisées sont détaillées dans le tableau Notations
et symboles (p. 28). 2.3.1 Épaisseur des fonds hémisphériques

Elle est identique à celle de l’enveloppe sphérique de même


rayon (§ 2.2).
2.2 Épaisseur des enveloppes
cylindrique, sphérique et conique
2.3.2 Épaisseur des fonds torisphériques
■ L’épaisseur minimale d’une enveloppe cylindrique est la plus L’épaisseur minimale d’un fond torisphérique est obtenue en
grande des valeurs obtenue en a, b ou c. exploitant l’abaque de la figure 3.
pR Une interpolation peut être faite pour les valeurs de r /D qui se
a) e = -------------------------
S – 0,5 p situent entre les courbes. En revanche, une extrapolation hors des
courbes n’est pas autorisée.
R+e

Si p  0,4 S , utiliser : ln --------------
R  = ----Sp . Les limites de validité de cet abaque sont les suivantes :
• e /L  2 × 10 –3 , ce qui élimine les fonds trop minces pour
b ) Si F est positif et supérieur à 0,5 p R : lesquels une instabilité dans la zone de carre est à craindre (flam-
bage) du fait des contraintes de compression que subit cette zone ;
0,5 p R + F • p /S  8 × 10 –2 , ce qui donne un rapport e /L tel que :
e = ------------------------------
S – 0,5 p
4 × 10 –2  e / L  5 × 10 –2
c ) Si F est négatif (compression), l’instabilité sous compression
axiale, ou flambage, est à considérer (§ 3.5). cette limite élimine les fonds trop épais pour lesquels les calculs
basés sur les contraintes de membrane primaires risquent de ne
■ L’épaisseur minimale d’une enveloppe sphérique sera la plus plus s’appliquer.
grande des valeurs obtenue en a, b ou c. Au-delà de ces limites, les règles ne sont plus valides. Il convient
0,5 p R alors, de faire une autre étude, en utilisant notamment la méthode
a) e = ---------------------------- développée dans le code ASME VIII-2 appendices 4, 5 ou 6.
S – 0,25 p
Des valeurs limites sont également imposées pour des raisons

  = 0,5 ----Sp .
R+e constructives. Elles sont développées ci-après.
Si p  0,4 S , utiliser : ln --------------
R L’enveloppe cylindrique sur laquelle le fond est assemblé doit
avoir, au moins, une épaisseur égale à l’épaisseur minimale du
b ) Si F est positif : fond sur une longueur de génératrice minimale de Re .
0,5 p R + F
e = -------------------------------
S – 0,25 p
2.3.3 Épaisseur des fonds à méridienne elliptique
c ) Si F est négatif (compression), l’instabilité doit être considérée
(flambage). Le paragraphe 3.5, relatif aux cylindres, peut être utilisé
pour les sphères. Les fonds européens D /2 h = 1,9 ou américains D /2 h = 2 sont à
traiter comme les fonds torisphériques.
■ L’épaisseur minimale d’une enveloppe conique est déterminée
comme celle d’une enveloppe cylindrique, R étant le rayon normal à
la paroi au point considéré, on retiendra la plus grande des valeurs 2.3.4 Valeurs des rayons intérieurs L et r
obtenue en a, b ou c. Pour les liaisons cône-cylindre, on se reportera
au paragraphe 2.4. Les valeurs limites suivantes sont à respecter sur les fonds
pR torisphériques :
a) e = ------------------------- L>D
S – 0,5 p
r  0,06 D ou r  3 e (on choisit la plus grande valeur).

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2.3.5 Épaisseur du bord droit 2.4.1 Jonction cône-cylindre sur le grand diamètre
Pour les fonds emboutis avec bord droit, l’épaisseur de celui-ci Les conditions d’application de ces règles sont les suivantes :
sera au moins égale à l’épaisseur de la virole cylindrique calculée
(a ) les deux parties à assembler sont concentriques ;
avec un coefficient de soudure Z = 1.
(b ) le chargement est la pression intérieure ;
(c ) le joint est une soudure bout à bout sans accident de raccor-
dement et sans sous-épaisseur ;
2.4 Éléments de transition (d ) la soudure est contrôlée au moyen d’examens destructifs et
non destructifs ;
Les éléments de transition sont des pièces qui assurent la jonction (e ) l’assemblage est éloigné d’au moins 4 R L × e r de tout
entre deux enveloppes de diamètres différents. Les règles assemblage voisin ou discontinuité majeure.
développées ci-après s’appliquent à des éléments de transition
■ Épaisseur de la jonction sur le grand diamètre : l’épaisseur du
possédant un axe de révolution et capables de transmettre
cône et du cylindre ne sera pas augmentée si α, le demi-angle au
l’intégralité de la charge longitudinale. L’élément de transition peut
sommet du cône, ne dépasse pas la valeur donnée par l’abaque de
être constitué par un cône, une portion de fond toriconique, une
la figure 4. La limite supérieure de α est de 30o.
portion de fond elliptique plus un cône ou toute autre combinaison
de formes. ■ Jonction renforcée : quand α dépasse la valeur autorisée par
Les épaisseurs des éléments constitutifs sont définies par les l’abaque de la figure 4, le cône et le cylindre doivent être renforcés
formules des paragraphes 2.2 et 2.3. au voisinage de la jonction et leur épaisseur portée à e r
conformément à l’abaque de la figure 5.
Les jonctions avec les enveloppes cylindriques adjacentes sont
régies par les règles données dans les paragraphes ci-après.
2.4.2 Jonction cône-cylindre sur le petit diamètre

Les conditions d’application des règles sont identiques à celles


développées au paragraphe 2.4.1 en remplaçant dans l’alinéa e ) :

4 RL × er par 2,8 Rs × er

■ Épaisseur de la jonction sur le petit diamètre : on se reportera au


cas de la jonction sur le grand diamètre en utilisant l’abaque de la
figure 6.
■ Jonction renforcée : si α dépasse la valeur autorisée par l’abaque
de la figure 6, le cône et le cylindre doivent être renforcés au voisi-
nage de la jonction et leur épaisseur portée à er conformément à
l’abaque de la figure 7.

Figure 4 – Abaque donnant le renforcement d’une jonction


cône-cylindre côté grand diamètre

Figure 3 – Abaque permettant le calcul des fonds torisphériques


et des fonds à profil elliptique

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Figure 5 – Abaque donnant la valeur de Q


pour le calcul du renforcement d’une jonction cône-cylindre
côté grand diamètre
Figure 7 – Abaque donnant la valeur de Q
pour le calcul du renforcement d’une jonction
cône-cylindre côté petit diamètre

3. Enveloppes soumises
à pression extérieure
Les règles données dans ce paragraphe permettent de déterminer
l’épaisseur des enveloppes de révolution soumises à une pression
extérieure avec ou sans renforts. Elles s’appliquent aux enveloppes
cylindriques, sphériques, aux fonds bombés et aux tubes.
Les règles couvrent les modes de défaillance par déformation
excessive et par instabilité élastique et élastoplastique sous l’action
de la pression extérieure.
Les notations utilisées sont présentées dans le tableau Notations
et symboles (p. 28).

Figure 6 – Abaque pour le renforcement d’une jonction 3.1 Enveloppes cylindriques et tubes
cône-cylindre côté petit diamètre

L’épaisseur minimale d’une enveloppe cylindrique ou d’un tube,


avec ou sans soudure, soumis à une pression extérieure est obtenue
en appliquant la procédure qui suit.
■ Cas où D e /e  10
— Choisir e et calculer L /De et De /e (L longueur déterminée
selon les figures 8 et 13).

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Figure 8 – Définitions des longueurs L

— Utiliser l’abaque de la figure 9 pour déterminer la valeur du ■ Cas où De /e < 10


coefficient A. Si L /De > 50, utiliser L /De = 50. Appliquer la procédure précédente pour calculer B.
— Utiliser les abaques des figures 10 et 11 relatifs au matériau La pression extérieure maximale critique pa est la plus faible des
choisi pour calculer la valeur du coefficient B en fonction de A et valeurs données par :
de la température de calcul.
Si A  100 × 10 –3 , retenir A = 100 × 10–3 pour calculer B.
Si A  0,01 × 10 –3 , calculer B par la formule B = AE /2.
pa =  ---------------
2,167
D /e
e
– 0,083 3  B

= --------------  1 – -------------- 
— Calculer la pression extérieure maximale critique pa avec la 2 S 1
ou pa
formule : D /ee D /e e
4 B
p a = ---- --------------
3 D e /e L’épaisseur e est suffisante si p a  p .

L’épaisseur e est suffisante si p a  p .

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Figure 9 – Abaque donnant les valeurs


du coefficient A

Figure 10 – Abaque donnant les valeurs du coefficient B

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Figure 11 – Abaque donnant les valeurs du coefficient B

3.2 Enveloppes sphériques — L’épaisseur minimale du fond doit être supérieure ou égale à
celle calculée suivant les règles indiquées aux paragraphes 2.3.2
et fonds hémisphériques et 2.3.3, en multipliant la pression de calcul par le coefficient 1,2.
L’épaisseur minimale d’une enveloppe sphérique ou d’un fond — La pression extérieure maximale critique que peut supporter
hémisphérique, avec ou sans soudure, soumis à une pression la sphère équivalente, calculée dans le paragraphe 3.2, ne doit pas
extérieure, est obtenue en appliquant la procédure qui suit. être inférieure à p.
Le rayon extérieur Re de la sphère équivalente est égal à :
— Calculer A à l’aide de la formule :
— pour un fond elliptique Re = C1 De ;
A = 0,125/(Re /e ) — pour un fond torisphérique Re = Ri + en .
— Déterminer B en fonction de A et de la température de calcul La valeur du coefficient C 1 est donnée par le tableau suivant :(0)
en utilisant les abaques des figures 10 et 11 relatifs au matériau
concerné. Di /2 h 2 1 1,2 1,4 1,6 1,8 1,9 2 2,2 2,4 2,5
Si A  100 × 10 –3 , retenir A = 100 × 10–3 pour calculer B. C1 0,50 0,57 0,65 0,73 0,81 0,86 0,90 0,99 1,08 1,13
Si A  0,01 × 10 –3 , calculer B par la formule B = AE /2.
— Calculer la pression extérieure maximale critique pa avec la
formule :
pa = B /(Re /e ) 3.4 Anneaux raidisseurs des enveloppes
cylindriques
L’épaisseur e est suffisante si p a  p .
3.4.1 Calcul du moment d’inertie des anneaux
raidisseurs
3.3 Fonds bombés elliptiques
et torisphériques — Calculer B avec la formule :

3 p I De
B = ---- --------------------
L’épaisseur des fonds bombés, avec ou sans soudure, soumis à 4 e + A r
une pression extérieure est calculée comme celle d’une sphère
équivalente dont il faut déterminer le rayon. — Déterminer la valeur de A en fonction de B et de la tempéra-
ture de calcul en utilisant les abaques des figures 10 et 11 relatifs
Le fond doit satisfaire aux deux conditions suivantes. au matériau concerné.
Si la valeur de B est inférieure à la plus petite valeur figurant sur
l’abaque, calculer A par la formule A = 2 B /E.

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— L’élément raidisseur est suffisant si son moment d’inertie est


supérieur ou égal à :
2
I n = D e ( e + A r ) A /12

Le moment d’inertie I de l’élément raidisseur est celui de sa


section droite par rapport à son axe neutre yy parallèle à l’axe de
l’enveloppe.
Cette section comprend :
— la section de l’élément rapporté ;
— la section des largeurs d’enveloppe participantes.
La participation de l’enveloppe peut ne pas être prise en compte.
Dans ce cas, le moment d’inertie I est celui de la section droite de
l’élément rapporté.
La figure 12 donne les profils des anneaux raidisseurs.

3.4.2 Dispositions constructives

L’anneau raidisseur doit intéresser une circonférence complète


avec, en toute section droite, une inertie :
I  In

La figure 13 donne quelques dispositions constructives.

Remarque : nous avons donné les abaques (figures 10 et 11),


relatifs aux aciers au carbone et au carbone-manganèse, aux
aciers alliés et aux aciers inoxydables non austénitiques. Pour
les autres matériaux, il est possible d’utiliser les abaques du
CODAP (C 4.9.2).

3.5 Cylindres soumis


à une compression axiale

La contrainte maximale de compression utilisée pour le calcul


des enveloppes cylindriques ou des tubes soumis à des charge-
ments provoquant des contraintes de compression axiales sera la
plus petite des valeurs suivantes :
— intensité de contrainte maximale Sm ;
— valeur du facteur B dont les règles de calcul sont définies
ci-après avec :
Ro (mm) diamètre extérieur du cylindre ou du tube de l’appareil
corrodé,
e (mm) épaisseur minimale requise après corrosion.
Pour calculer B, on utilise la procédure qui suit.
Figure 12 – Profils des anneaux raidisseurs
• Ro et e étant choisis, calculer :
0,125
A = ---------------
R o /e Si B est inférieur, choisir une valeur de e plus importante et
recommencer la procédure jusqu’à l’obtention d’une valeur de B
• Utiliser la valeur de A pour entrer verticalement dans les supérieure à celle de la contrainte de compression calculée dans le
abaques des figures 10 et 11 relatifs au matériau choisi et tenant cylindre ou le tube.
compte de la température de calcul.
Si A  100 × 10 –3 , retenir A = 100 × 10–3 pour calculer B.
Si A  0,01 × 10 –3 , calculer B par la formule B = AE /2.
— Comparer la valeur de B à la contrainte de compression dans
l’enveloppe cylindrique ou le tube.

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Figure 13 – Dispositions constructives relatives aux anneaux raidisseurs (la longueur L est déterminée selon les figures 8 et 13)

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4. Joints soudés Le délardage aura une pente régulière inférieure ou égale à 1/3.
Il sera obtenu par tous procédés y compris des apports de métal
par soudage. Le joint soudé peut faire partie, entièrement ou
Les joints soudés sont classés en catégories selon leur position partiellement, de la pente.
géographique dans un appareil à pression et non pas selon leur Les fonds emboutis posséderont un bord droit de longueur
type. suffisante pour permettre le délardage qui ne devra pas dépasser
On retient quatre catégories de joints, elles sont désignées par la ligne de tangence et empiéter sur la carre.
les lettres A, B, C, D. La figure 14 illustre les positions typiques des
joints classés dans chaque catégorie.
4.3 Détails constructifs
4.1 Types de joints autorisés ■ Les assemblages longitudinaux des enveloppes appartiennent à
la catégorie A et sont définis sur la figure 15.
■ Catégorie A : tous les joints de la catégorie A sont obtenus par
■ Les assemblages circulaires des enveloppes appartiennent à la
soudage bout à bout.
catégorie B. Les assemblages entre deux viroles cylindriques sont
■ Catégorie B : tous les joints de la catégorie B sont obtenus par définis sur la figure 16.
soudage bout à bout. Le soudage sur latte-support est autorisé si la
■ Les assemblages circulaires des fonds sur les viroles
latte-support est retirée.
appartiennent aux catégories A ou B.
Si la latte-support ne peut retirée, le joint peut être accepté
Ils sont définis sur la figure 17a pour les fonds hémisphériques
moyennant un renforcement des contrôles non destructifs et un
et 17b pour les fonds bombés.
examen des concentrations de contraintes au voisinage de la
latte-support.
■ Catégorie C : tous les joints de cette catégorie sont du type :
— soudure bout à bout ;
— soudure d’angle à pleine pénétration ;
— soudure d’angle à pénétration partielle, dans des cas très
limités.
■ Catégorie D : les joints de cette catégorie peuvent être de l’un des
types suivants :
— joint soudé bout à bout ;
— joint soudé d’angle à pleine pénétration ;
— joint soudé d’angle à pénétration partielle.

4.2 Joints entre deux éléments


d’épaisseurs différentes
Figure 14 – Catégories de joints soudés
Un délardage doit être prévu pour les joints du type bout à bout
des catégories A et B si l’élément le plus épais dépasse l’épaisseur
du plus mince de plus du quart de l’épaisseur de l’élément mince
ou de plus de 3 mm.

Figure 15 – Assemblages longitudinaux des enveloppes

Figure 16 – Assemblages circulaires des enveloppes

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Figure 17 – Assemblages circulaires des fonds sur les viroles

■ Le positionnement est autorisé sur :


5. Ouvertures — une enveloppe sphérique ;
et leur renforcement — une enveloppe cylindrique au voisinage de son raccordement
avec un fond hémisphérique ;
— la partie bombée d’un fond elliptique ou torisphérique ; la
Une ouverture dans une enveloppe modifie profondément le totalité de l’ouverture doit se situer dans la région centrale définie
champ de contrainte et, à proximité immédiate de l’orifice, la par un rayon centré sur l’axe du fond et de valeur 0,4 De
valeur des contraintes en pleine paroi peut être multipliée par trois. (De diamètre extérieur du fond bombé).
Pour ramener la valeur des contraintes à un niveau acceptable,
il faut jouer sur les facteurs suivants : ■ Le positionnement est interdit sur une enveloppe cylindrique
dans une zone de largeur :
— la forme de l’ouverture ;
— la dimension de l’ouverture comparée au diamètre de ● D m e comptée à partir du raccordement :
l’enveloppe sur laquelle elle est réalisée ; — cylindre/cône côté petite base,
— un éloignement suffisant de l’ouverture de toute autre dis- — cylindre/sphère côté petit diamètre,
continuité majeure de l’enveloppe ; — cylindre/cylindre ou cylindre/cône ;
— un renforcement suffisant en quantité et placé au voisinage ● 0,5 D m e à partir du raccordement :
de l’orifice ; — cylindre/fond plat,
— un tracé judicieux. — cylindre/soufflet de dilatation,
Les règles données ci-après conduisent à une conception correcte — cylindre/bride,
d’ouverture dans une enveloppe soumise à la pression et évitent — cylindre/fond bombé,
une analyse de fatigue. Elles n’incluent pas l’effet des charges — cylindre/cône, côté grand diamètre.
extérieures apportées par les tuyauteries sur les tubulures et qui Dm représente le diamètre moyen de l’enveloppe cylindrique,
doit être ajouté à l’effet de la pression. e l’épaisseur de l’enveloppe cylindrique, la surépaisseur de
corrosion étant déduite.
Tout type d’ouverture autorisé par les présentes règles peut être
5.1 Dimensions, forme positionné sur les joints soudés bout à bout.
et positionnement
Les ouvertures doivent être circulaires ou elliptiques ou de la 5.2 Ouvertures non renforcées
forme résultant de l’intersection d’un cylindre circulaire ou
elliptique avec les enveloppes telles qu’elles sont définies dans le Certaines ouvertures ne nécessitent aucun renforcement si les
paragraphe 2. De plus, les conditions suivantes doivent être conditions suivantes sont satisfaites :
respectées :
— les ouvertures sont circulaires ;
a ) rapport grand axe/petit axe  1,5 ;
— cas d’une seule ouverture : d  0,2 Rm e ;
b ) d /D  0,5
avec d plus grande dimension intérieure de l’ouverture, — cas de plusieurs ouvertures : elles doivent être groupées dans
D diamètre intérieur de l’enveloppe ; un cercle de diamètre inférieur ou égal à 2,5 R m e et la somme
c ) la distance entre les axes de deux tubulaires adjacentes
mesurée sur la surface interne de l’enveloppe par rapport à la de leurs diamètres doit être inférieure à 0,25 Rm e ;
longueur de l’arc doit être supérieur à : — les ouvertures sont adjacentes : la distance de leurs axes,
• 3 (d1 + d2 ) sur un fond ou le long d’une génératrice de virole, mesurée sur la surface interne de l’enveloppe, doit être inférieure
• 2 (d1 + d2 ) le long de la circonférence d’une virole, à 1,5 (d1 + d 2 ) ;
— le centre d’une tubulure non renforcée doit se situer à une
• (  c /2 ) 2 + (   /3 ) 2 pour un positionnement quelconque ; distance de 2,5 R m e de toute discontinuité majeure de
avec d1 , d 2 diamètres intérieurs des deux tubulaires adjacentes, l’enveloppe ;
c composante circulaire de la distance entre les deux avec d diamètre de l’ouverture,
axes, d1 , d 2 diamètres des ouvertures no 1, no 2,
 composante longitudinale de la distance entre les e épaisseur de l’enveloppe,
deux axes. Rm rayon moyen de l’enveloppe dans laquelle se situe
l’ouverture.

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5.3 Renforcement des ouvertures


5.3.1 Sur viroles et fonds bombés
La surface totale de toute section transversale du renforcement
contenue dans un plan de coupe quelconque contenant l’axe de
l’ouverture ne doit pas être inférieure à :
A = d ec F
avec d diamètre de l’ouverture après corrosion,
ec épaisseur minimale de calcul de l’enveloppe,
F coefficient de renforcement.
Le coefficient de renforcement est :
— soit égal à 1 pour les parties bombées des fonds, pour la
section par un plan contenant également l’axe longitudinal de
l’enveloppe et pour un anneau renfort rapporté ; Figure 18 – Valeurs du coefficient de renforcement
— soit égal à la valeur donnée par la figure 18 pour les sections
d’orientation quelconque.
5.4.2 Limites normales
5.3.2 Sur fond plat Trois exigences sont imposées sur les limites (L n ) mesurées
normalement et de part et d’autre de la surface moyenne de
Les fonds plats qui possèdent une ouverture dont le diamètre ne l’enveloppe considérée avec son épaisseur nominale :
dépasse pas 0,5 De (De diamètre extérieur du fond plat) doivent — pour les croquis a, b, d de la figure 19 :
avoir une section de renforcement supérieure ou égale
à A = 0,5 d ec . L n = 0,5 r m e n + 0,5 r 2

— pour le croquis c de la figure 19 :


5.4 Limites du renforcement L n = 0,5 r m e n′

— quand des anneaux de renfort sont utilisés, on retient la plus


Le métal disponible pour assurer le renforcement d’une ouverture grande des deux valeurs :
doit être placé au voisinage de celle-ci pour avoir une action
efficace. Il convient donc de définir une zone de renforcement dans L n = 0,5 rm en + er ou L n = 2,5 e n + e r
laquelle tout métal disponible sera efficace. La section de cette zone
est définie par le plan de coupe qui détermine une limite longitu- avec e épaisseur de l’enveloppe,
dinale et par des limites normales.
en épaisseur nominale de la tubulure,
e n′ = ep + 0,667 x,
5.4.1 Limite longitudinale ep épaisseur du tube,
er épaisseur du renfort ou 1,5 e (prendre la valeur la plus
Deux exigences sont imposées sur les limites longitudinales du faible),
renforcement mesurées le long de la surface moyenne de
l’enveloppe considérée avec son épaisseur nominale : r rayon intérieur de la tubulure,
■ 100 % du renforcement exigé doit être placé, par moitié, de rm rayon moyen de la tubulure tel que :
part et d’autre de l’axe de l’ouverture à une distance égale à la plus
r m = r + 0,5 e n′
grande des valeurs suivantes :
• le diamètre de l’ouverture de l’appareil corrodé, r2 rayon du congé (arrondi rentrant) entre la tubulure et
• le rayon de l’ouverture de l’appareil corrodé, plus l’épaisseur l’enveloppe,
de la paroi de l’enveloppe, additionné à l’épaisseur de la paroi de la
x épaisseur du pied de tubulure.
tubulure ;
■ 2/3 du renforcement exigé doit être placé, par moitié, de part
et d’autre de l’axe de l’ouverture à une distance égale à la plus
grande des valeurs suivantes : 5.5 Métal participant au renforcement
• r + 0,5 Rm e Le métal compris dans l’aire de renforcement dont les limites ont
été fixées au paragraphe 5.4 participe au renforcement de
avec Rm rayon moyen de l’enveloppe dans laquelle se situe l’ouverture s’il satisfait aux conditions suivantes :
l’ouverture,
— le métal appartient à la paroi de l’enveloppe, il est surabondant
r rayon intérieur de la tubulure ; par rapport à ec , épaisseur calculée de l’enveloppe, et cela dans la
• le rayon de l’ouverture de l’appareil corrodé, plus l’épaisseur de condition d’un appareil corrodé ;
la paroi de l’enveloppe, additionné à l’épaisseur de la paroi de la — le métal appartenant à une tubulure peut être utilisé comme
tubulure. dans le cas précédent si la tubulure est entièrement liée à
l’enveloppe ;
— le métal appartient à la soudure ;
— le métal appartient à un anneau de renfort entièrement lié à
l’enveloppe et à la tubulure.

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— les soudures de liaison de la tubulure avec l’enveloppe


doivent être obligatoirement à pleine pénétration pour e  65 mm
(e épaisseur de l’enveloppe) ;
— les soudures de liaison doivent subir des contrôles non
destructifs tels que les examens visuels, par ressuage, par magné-
toscopie, par radiographie, par ultrasons ; ces examens peuvent
être mis en œuvre séparément ou en combinaison.

6.2 Épaisseur des corps de tubulures

Les corps de tubulures doivent résister aux effets de la pression,


de la température, des charges mécaniques (apportées par les
tuyauteries), de la corrosion et de l’érosion.
Les conditions de fabrication prévalent bien souvent dans le
choix de l’épaisseur ainsi que la résistance aux chocs subis
pendant les manutentions, le transport, le montage. Cela est
particulièrement vrai pour les tubulures de diamètre inférieur
à 80 mm.

6.3 Tubulures non pénétrantes

Les tubulures non pénétrantes sont posées sur l’enveloppe à


laquelle elles sont liées par une soudure à pleine pénétration.
Celle-ci est réalisée par les deux côtés s’ils sont accessibles, sinon
une latte-support peut être utilisée à condition qu’elle soit enlevée
après soudage, par une opération d’alésage par exemple.
Les figures a I et II du tableau 4 donnent les dispositions
possibles.

6.4 Tubulures pénétrantes

Les tubulures pénétrantes traversent la paroi de l’enveloppe à


Figure 19 – Tubulures laquelle elles sont fixées par une soudure à pleine pénétration. Une
latte-support peut être utilisée mais elle devra être enlevée après
soudage.
■ Caractéristiques mécaniques du métal de renforcement Les figures a III à IX du tableau 4 montrent des dispositions
— Le matériau utilisé pour renforcer une ouverture a, si possible, usuelles.
les mêmes caractéristiques mécaniques que le matériau de
l’enveloppe. En aucun cas, son intensité nominale de contrainte
(tableau 1) ne doit être inférieure à 80 % de celle du matériau de
l’enveloppe à la température de calcul. 6.5 Tubulures pénétrantes
— Si le matériau utilisé pour renforcer l’ouverture possède des avec renforts additionnels
caractéristiques mécaniques supérieures à celles du matériau de
l’enveloppe, on n’en tient pas compte et le calcul de renforcement
est conduit comme si les matériaux possédaient des caractéris- Ces tubulures sont montées et soudées sur l’enveloppe comme
tiques mécaniques identiques. des tubulures pénétrantes. Elles reçoivent, en plus, un ou deux
anneaux de renfort, solidaires du corps de la tubulure (par une
soudure entièrement pénétrée) et de l’enveloppe (par une soudure
d’angle).
6. Connexions Les anneaux de renfort sont percés d’un trou fileté (en général,
un filetage Briggs de 1/4 de pouce), qui reçoit un bouchon. Cet
orifice permet une épreuve d’étanchéité, en atelier ou en service. Il
6.1 Types de tubulures autorisés ne doit pas être obturé pendant les traitements thermiques.
Les figures b I, II, III du tableau 4 montrent les dispositions
Les types de tubulures autorisés sont définis dans le tableau 4. constructives les plus courantes.
Ils peuvent être utilisés si les conditions suivantes sont satisfaites :
(0)
— les joints soudés sont choisis conformément au
paragraphe 4 ;
— les dimensions minimales des soudures sont celles définies
sur les croquis du tableau 4 ;
— les exigences du paragraphe 5 doivent être suivies ;

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Tableau 4 – Assemblages types des tubulures

Tubulures non pénétrantes

a gorge des soudures de liaison


telles que :
a = 0,7en mais < 6 mm
e épaisseur de l’enveloppe
en épaisseur de la tubulure
a Tubulures pénétrantes
r 1 , r 2 et r 3 rayons de raccordements
divers tels que :
r 1 = 0,25e mais < 20 mm
r 2 > 6 mm
Dispositions ne permettant pas un examen radiographique

r 3 = 0,25en mais < 20 mm

a et a ′ gorges des soudures de liaison avec :


a = 0,7en ou 0,7er (la plus petite
des 2 valeurs)
a ′ = 0,7er
a ′ = 0,7e
b Tubulures pénétrantes
avec renforts additionnels e épaisseur de l’enveloppe
en épaisseur de la tubulure
er épaisseur du renfort
r 1 et r 3 rayons de raccordements divers tels
que :
r 1 < 0,25e mais < 20 mm
r 3 < 0,25en mais < 20 mm

(1) La tubulure a IX est une tubulure autorenforcée liée à l’enveloppe par une soudure d’angle entièrement pénétrée.

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Tableau 4 – Assemblages types des tubulures (suite)

a gorge des soudures de liaison telles que :


a = 0,7e ou 7eb (la plus petite des 2 valeurs)
c Bossage
e épaisseur de l’enveloppe
eb épaisseur du bossage

Tubulures autorenforcées (1)

A demi-longueur du rectangle
de renforcement avec :
A = 2R ou R + e + e T (la plus
grande des 2 valeurs)
Dispositions permettant un examen radiographique

B aire de renforcement
C aire à compenser
D aire de compensation
e épaisseur de l’enveloppe
en épaisseur de la tubulure
eT épaisseur du manchon
thermique
et épaisseur de la tuyauterie
d N dépassement normal du rec-
tangle de renforcement avec :
N = 2,5e ou 2,5eT (la plus
petite des 2 valeurs)
R, r 1 , r 2 , r 3 rayons de raccorde-
ment exprimés en millimètres
avec :
r 1 0,25e mais  20 mm
r 2  6 mm
r 3 = 0,5 e T mais  6 mm
t 3 et t 4 hauteurs du renforcement
α1 et α2pentes
du renforcement
pente du raccordement des
sections d’épaisseurs
différentes

(1) La tubulure a IX est une tubulure autorenforcée liée à l’enveloppe par une soudure d’angle entièrement pénétrée.

6.6 Tubulures autorenforcées 6.7 Raccords taraudés


Les raccords taraudés peuvent être utilisés si leur diamètre est
Les tubulures autorenforcées sont constituées par des éléments inférieur ou égal à 50 mm. Ils sont liés à l’enveloppe par des
forgés. Elles sont liées à l’enveloppe : soudures entièrement pénétrées.
— par une soudure bout à bout ; cette disposition autorise un
examen radiographique aisé ; les dispositions constructives sont
données sur les figures d du tableau 4 ;
— par une soudure d’angle entièrement pénétrée (figure a IX du
6.8 Bossages
tableau 4).
Les bossages destinés à un assemblage boulonné sont prévus
avec des trous borgnes taraudés. S’ils doivent recevoir des charges
extérieures, ils sont liés à l’enveloppe par soudure à pleine

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pénétration ; sinon, ils peuvent être liés par soudure d’angle à


recouvrement.
La figure c IV du tableau 4 montre une disposition usuelle.

7. Fonds plats. Brides


Les notations utilisées sont présentées dans le tableau Notations
et symboles (p. 28).

7.1 Fonds plats. Tampons

7.1.1 Domaine d’application


Les règles données au paragraphe 7.1.2 permettent de calculer
l’épaisseur minimale d’un fond plat ou d’un tampon de forme
circulaire, d’épaisseur constante, soumis à pression et lié à une
enveloppe par soudure ou assemblage boulonné. Quelques détails
de construction acceptables sont donnés sur les figures 20 et 21.
Les règles couvrent les modes de défaillance par déformation
excessive, au centre des fonds et des tampons, et par déformation
progressive de l’enveloppe cylindrique à sa jonction avec les fonds
soudés.

7.1.2 Règles de calcul


L’épaisseur minimale d’un fond plat est donnée par la formule :

ef = d Cp / S

Celle d’un tampon assemblé par boulons créant un moment


périphérique est telle que :

Cp W hG
e f  d --------- + 1,9 ---------------
S Sd3
Dans certains cas, W, effort total de traction des boulons, est Figure 20 – Fonds plats, tampons
plus important au moment du serrage du joint qu’en situation de
mise sous pression. L’épaisseur e f sera calculée dans les situations
de serrage initial et de conditions de service, la plus forte épaisseur Dans le cas de la figure 20d, l’épaisseur restante à fond de gorge
sera retenue. et entre la gorge et la périphérie du tampon ne doit pas être
inférieure à :
W hG
7.1.3 Valeurs du coefficient C d 1,9 ---------------
S d3
Les valeurs de C sont données par les figures suivantes. — Figure 20e : C = 0,25.
— Figure 20a :
• C = 0,22 : pour ce type de fond plat forgé avec la virole ou
soudé bout à bout avec elle, il n’y a pas d’exigence spéciale pour L. 7.2 Brides
2
• C = 0,13 si L  ( 1,1 – 0,8 e 2 / e f ) de f
2
7.2.1 Généralités
• C = 0,13 si L < ( 1,1 – 0,8 e 2 / e f ) de f
Les assemblages à brides boulonnées sont utilisés sur les
mais e  1,12 e f 1,1 – 1 / de f sur une longueur  2 de f . appareils à pression pour la liaison démontable des composants
tels que les couvercles, les tampons, les tuyauteries.
— Figure 20b : C = 0,44 m avec une valeur toujours supérieure
à 0,27 ; pour ce type de fond plat forgé avec la virole ou soudé bout Il est recommandé d’utiliser des brides normalisées dont
à bout avec elle, il faut que e f  e et que la valeur de r soit : l’approvisionnement est aisé et moins coûteux. Leurs limites
r > 10 mm si e  40 mm ; d’utilisation, pression et température, sont parfaitement connues.
r > 0,25 e si e > 40 mm, dans tous les cas r  20 mm . Le calcul de dimensionnement est ainsi évité.
— Figures 21 a , b , d , e , f et g : C = 0,44 m avec une valeur
toujours supérieure à 0,27 à condition que e f  e et que les 7.2.2 Brides normalisées
liaisons avec les viroles soient conformes aux conditions citées en
légendes de figure. L’Association française de normalisation (AFNOR) a défini une
— Figures 20c, d et figure 21c : C = 0,3. série E (mécanique) et une série PE (pétrole). Les normes

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Figure 21 – Fonds plats liés par soudure d’angle

allemandes DIN peuvent être employées pour les brides de grand — indépendant (figure 22a ) :
diamètre. Les normes américaines ANSI B 16-5 sont très utilisées — monobloc (figures 22c, d et e ).
pour le marché international, et particulièrement dans l’industrie du La figure 22b montre un type de bride optionnel, c’est-à-dire
pétrole. Enfin, il faut signaler la normalisation ISO à vocation qu’il peut être classé en type indépendant ou monobloc.
internationale.

7.2.5 Joints
7.2.3 Calcul des brides
La qualité principale d’un assemblage à bride boulonnée est son
La méthode de calcul des brides universellement employée est
étanchéité qui est assurée par la rigidité de la bride, l’élasticité de
celle mise au point par Waters, Rossheim, Weestrom et Williams.
la boulonnerie, la tenue du joint. Celui-ci joue un rôle déterminant
Elle a été adoptée, notamment, par les codes ASME section VIII
car il doit résister à la pression, à la température et au serrage de
divisions 1 et 2 et par le CODAP. Le calcul manuel est long et
la boulonnerie tout en restant souple.
fastidieux. C’est un calcul de vérification qui se fait donc sur une
bride prédimensionnée. Trois essais sont en général nécessaires à Il existe une grande variété de joints et un choix bien adapté pose
un calculateur averti pour aboutir au dimensionnement correct. un problème difficile à résoudre. Il convient de signaler les bons
résultats obtenus avec les joints auto-étanches toriques (« O » ring :
Heureusement, des logiciels (CODAP) existant sur le marché
joints dont la section est circulaire) pleins, en élastomère, ou creux,
permettent un calcul aisé et rapide et autorisent une optimisation
métalliques. Ces derniers couvrent une plage très large de pressions
de la forme et du dimensionnement de la bride par ordinateur.
et de températures (– 273 oC à 800 oC).

7.2.4 Principaux types de brides


Les brides sont classées en deux types principaux :

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Figure 22 – Principaux types de brides

8. Supportages.
Attaches diverses
8.1 Exigences générales
Les supports, goussets, renforts et attaches diverses sont soudés
sur les surfaces internes ou externes des enveloppes d’appareils
sous pression. Ces éléments doivent être ajustés et épouser les
formes sur lesquelles ils sont soudés.
Des goujons soudés peuvent être utilisés pour fixer des
accessoires non soumis à pression, mais leur emploi doit être limité
à des liaisons peu sollicitées.
Les détails constructifs des supports et attaches sont donnés sur
les croquis de la figure 23. Les cordons de soudure doivent être
continus. Ils peuvent être fixés directement, par soudage, sur les
revêtements réalisés ou sur le métal du placage si les contraintes
développées dans ce dernier cas ne dépassent pas 10 % de
l’intensité de contrainte nominale (tableau 1 ). Dans le cas
contrainte, la liaison est réalisée directement sur le métal de base.
Les soudures subissent le traitement thermique de
détensionnement de l’appareil.

8.2 Matériaux et types de soudure

Pour les supportages et les attaches importantes soudés sur le


corps de l’appareil, la qualité du matériau est choisie pour être
compatible avec le matériau de l’appareil. Le produit doit être
réceptionné et identifié.
Pour les attaches mineures, le produit sera soudable et identifié.
Les types de soudure utilisés sont les suivants :
— une soudure d’angle, avec a  9 mm , suffisamment éloignée
des grosses discontinuités avec une distance > Re :
avec a gorge de la soudure,
e épaisseur de l’enveloppe,
R rayon de l’enveloppe ;
— une soudure à pénétration partielle plus une soudure d’angle
pour les attaches dont l’épaisseur est inférieure à 38 mm ; Figure 23 – Détails d’attaches
— une soudure à pénétration totale plus une soudure d’angle ;
— une soudure bout à bout ;
— pour la liaison des jupes supports, il convient de suivre les
détails donnés par les croquis de la figure 24.

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Figure 24 – Jupes supports

9. Ouvertures d’accès 9.2 Trous de poing


et de visite Ces ouvertures permettent un examen visuel d’une partie de la
surface interne d’un appareil ainsi que l’introduction du bras pour
Il est nécessaire de pouvoir accéder à l’intérieur des appareils une intervention éventuelle.
pour examiner les surfaces intérieures, les joints soudés, les
éléments internes. Cela est vrai en cours de fabrication mais Les trous de poing sont circulaires avec un diamètre minimal
également en exploitation. Il faut donc concevoir des appareils de 150 mm ou elliptiques 100 × 150 mm. Il convient de choisir les
équipés d’ouvertures d’accès et de visite. dimensions maximales compatibles avec la taille de l’appareil et le
positionnement de l’ouverture.
La réglementation française impose l’accessibilité aux faces
internes des joints soudés pour procéder à des contrôles non Ils peuvent être du type tubulure avec bride et tampon ou
destructifs avant mise en service et lors des visites quinquennales autoclave.
ou décennales.
Les ouvertures d’accès et de visite peuvent être classées en trois
catégories : trous d’homme, trous de poing et regards (figure 25). 9.3 Regards

D’un diamètre minimal de 50 mm, ils peuvent être constitués d’un


9.1 Trous d’homme coupling (bossage) de 2 pouces (1 pouce = 25,4 mm) avec bouchon
vissé ou d’une tubulure avec tampons.
Ces ouvertures permettent l’introduction d’un homme à Ils permettent un examen visuel de la surface intérieure avec des
l’intérieur de l’appareil. Elles sont constituées de tubulures appareils optiques (endoscope).
circulaires avec brides et tampons. Le diamètre intérieur doit être
supérieur à 380 mm.
Les trous d’homme elliptiques type autoclaves sont toujours très 9.4 Nombre et choix des ouvertures
utilisés. Le clair de l’ouverture est au minimum 280 × 380 mm et
couramment 300 × 400 mm. Leur forme elliptique permet de les
d’accès et de visite
loger plus facilement sur des appareils de forme complexe et,
surtout, de rendre possible l’extraction du tampon pour le nettoyage L’équipement des appareils en ouvertures d’accès et de visite se
et le réusinage de la portée de joint. fait essentiellement en fonction du diamètre de l’appareil :
Les trous d’homme circulaires autoclaves de diamètre égal ou — de 300 à 450 mm : 2 regards ou 2 trous de poing ;
supérieur à 380 mm présentent également de nombreux avantages. — de 450 à 900 mm : 2 trous de poing ou plus ;
Les trous d’homme sont équipés de potences ou de charnières — au-delà de 900 mm : 1 trou d’homme ou plus.
qui facilitent la manutention du tampon.

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Figure 25 – Types d’ouvertures d’accès et de visite

10.Sollicitations diverses
Un appareil à pression subit parfois des sollicitations diverses
(§ 1.5), notamment les actions dynamiques et les dilatations
entravées.
Ces deux types de sollicitations, séparées ou combinées, sont la
cause du phénomène de fatigue.

10.1 Fatigue

Le phénomène de fatigue est une altération irréversible et cumu- Figure 26 – Courbe de fatigue pour des aciers au carbone,
lative des propriétés mécaniques d’un matériau par des sollicita- faiblement ou fortement alliés, à haute limite d’élasticité
tions cycliques. pour des températures  370 o C

Les propriétés mécaniques altérées sont la limite d’élasticité, la


résistance à la traction, la ténacité (diminution de la valeur de
l’allongement et de la résilience). 10.2 Nécessité d’une analyse de fatigue
Les conséquences peuvent être graves avec, pour l’appareil, une
moindre résistance à la corrosion, à la fissuration et une aggrava- 10.2.1 Construction intégrale
tion du danger de rupture fragile.
Certaines dispositions constructives ont des effets néfastes : Une construction est dite intégrale quand tous ses composants
sont liés à l’appareil par des soudures bout à bout ou des soudures
— assemblages non intégraux tels que des renforts de tubulures d’angles à pénétration totale. Dans ce cas, une analyse de fatigue
séparés, ou des liaisons par soudures à pénétration partielle ; n’est pas nécessaire pour un appareil de construction intégrale si
— tubulures vissées pour des tuyauteries dont le diamètre est toutes les exigences de la condition A ou toutes les exigences de
supérieur à 70 mm ; la condition B énoncées ci-après sont réunies.
— trous taraudés pour des goujons ;
— changements importants d’épaisseurs entre deux éléments
assemblés par soudage. 10.2.1.1 Condition A
Le phénomène de fatigue peut conduire au remplacement de Une analyse de fatigue n’est pas nécessaire pour un matériau
l’intensité de contrainte Sm par une valeur Sa inférieure qui est dont la résistance à la traction ne dépasse pas 552 MPa quand le
l’intensité de contrainte de fatigue. La figure 26 montre les abaques total des cycles du type a + b + c + d reste inférieur à 1 000 :
qui permettent de déterminer Sa en fonction du nombre de cycles N avec a nombre estimé des cycles de variation totale de pression,
que le matériau subit. y compris donc les démarrages et les arrêts ;
b nombre estimé des cycles de variation de pression
dépassant 20 % de la pression de calcul ;

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c nombre de cycles thermiques pour des soudures liant Toujours pour le paramètre d, deux points adjacents sont définis
deux éléments dont les matériaux ont des coefficients de comme suit :
dilatation linéique différents et dont le gradient thermique — pour ∆T en surface :
conduit à une valeur : • sur une surface de révolution par la distance < 2 Re ,
( α 1 – α 2 ) ∆ T  1,89 × 10 –4 • sur une surface plane (bride, fond plat) par deux points
quelconques de la surface ;
avec α1 et α2 coefficients de dilatation linéique moyens — pour ∆T à travers une paroi par deux points situés sur la
des deux matériaux (tableau 5), même normale à la surface.
∆T (K) gradient thermique ; Exemple : calculer le nombre effectif de cycles thermiques en
d nombre de changements effectifs de température entre sachant que :
deux points adjacents appartenant à l’appareil et à ses ∆T (K) Nombre de cycles
tubulures. 28 1 000
Pour le facteur d , le nombre effectif est obtenu en multipliant le 50 250
nombre réel par un facteur F donné par la table ci-après : (0)
222 5
Le nombre effectif de cycles est :
T ( K ) F 1 000 (0) + 250 (1) + 5 (12) = 310

∆T  28 0 L’acier plaqué n’est pas concerné par la condition A.


28 < ∆T  56 1 Le tableau 6 donne le coefficient de Poisson de quelques
56 < ∆T  83 2 métaux.
83 < ∆T  139 4 (0)
139 < ∆T  194 8
194 < ∆T  250 12
250 < ∆T 20

Tableau 5 – Coefficient de dilatation linéique 

Température t (oC)

Matière – 200 – 100 20 100 150 200 250 300 350 400 450 500 550 600 650 700 750 800 850 900

Coefficient de dilatation  [(en 10 –6/K), valeur moyenne entre 20 oC et t ]

non allié
8,9 9,9 10,9 11,5 11,9 12,3 12,6 12,9 13,3 13,6 13,9 14,2 14,4 14,6
0 à 2 % Cr + Mo
2 à 3 % Cr + Mo 9,8 10,5 11,6 12,1 12,4 12,7 13,0 13,2 13,4 13,6 13,8 14,0 14,1 14,2
Acier

5 à 9 % Cr + Mo 8,4 9,4 10,3 10,9 11,1 11,4 11,7 11,9 12,2 12,4 12,7 12,9 13,0 13,2 13,3 13,5 13,6
austénitique 14,7 15,5 16,4 16,8 17,1 17,3 17,4 17,6 17,8 17,9 18,2 18,4 18,6 18,7 18,9 19,0 19,1
12-27 % Cr 7,7 8,5 9,4 9,9 10,2 10,4 10,7 10,9 11,2 11,4 11,6 11,8 12,0 12,1 12,2 12,3 12,4
25 % Cr, 20 % Ni 11,4 12,3 13,5 14,1 14,3 14,5 14,8 15,0 15,3 15,5 15,7 15,9 16,1 16,2 16,3 16,4 16,5
67 % Ni, 30 % Cu 10,9 12,0 13,2 14,0 14,8 15,5 15,6 15,8 15,9 16,0 16,1 16,2
(Monel 400)
70 % Cu, 30 % Ni 11,9 13,3 14,7 15,4 15,7 16,0
Aluminium 17,8 19,6 22,0 23,4 23,9 24,4 24,9 25,4 25,9
Cuivre 17,3 17,5 17,6 17,8 18,1 18,3
Bronze 15,1 15,8 17,2 18,1 18,2 18,4 18,6 18,7 18,9 19,0 19,2 19,3 19,5 19,6 19,8
Laiton 14,8 15,3 16,8 17,6 18,1 18,4 18,8 19,1 19,5 19,9 20,3 20,7 21,0 21,4 21,8
Ni-Cr-Fe
(Inconel 600) 11,8 12,9 13,3 13,6 13,8 14,0 14,2 14,4 14,6 14,8 15,0 15,1 15,3 15,5 15,7

Ni-Fe-Cr
14,3 15,0 15,7 16,0 16,1 16,3 16,5 16,7 16,9 17,0 17,2 17,4 17,6 17,8 17,9 18,1 18,3
(Incoloy 800)
Ni-Mo, Ni-Mo-Cr 10,8 11,9 12,6 13,0 13,2 13,4
(Hastelloy B, C)
Titane 8,3 8,5 8,6 8,7 8,8 8,9 9,0

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10.2.1.2 Condition B d ) les écarts de gradients thermiques entre deux points


adjacents de l’appareil en service normal doivent rester inférieurs
Une analyse de fatigue n’est pas nécessaire si les conditions
à:
suivantes sont satisfaites.
Sa
a ) Le nombre des cycles de variation totale de pression, incluant ---------------
-
les démarrages et les arrêts, ne dépasse pas le nombre de cycles 2E α
autorisé par l’abaque de la figure 26 correspondant à une valeur où Sa est la valeur obtenue sur l’abaque de la figure 26 pour le
de l’intensité de contrainte de fatigue Sa égale à 3 fois la valeur nombre total des fluctuations significatives de gradient thermique ;
de Sm , intensité de contrainte maximale du matériau considéré à
la température de calcul.
b ) La variation de pression cyclique en service normal reste Remarque : une fluctuation de gradient thermique est signifi-
inférieure à la valeur : cative quand l’écart algébrique dépasse la valeur :
1 Sa S
---- p --------
- ----------------
3 Sm 2E α
Sa est fonction du nombre N de cycles envisagé (figure 26), si où S = Sa pour N = 106.
celui-ci dépasse 10 6, la valeur de Sa sera celle qui correspond
à N = 106 ; la variation de pression sera :
(0)
1 S
---- p ---------
3 Sm
Tableau 6 – Coefficient de Poisson  (1)
dans laquelle S = Sa pour N = 106.
c ) Les écarts de gradients thermiques entre deux points Métal 
adjacents de l’appareil en service normal et pendant les
démarrages et les arrêts restent inférieurs à : Aciers ........................................................... 0,30
Aluminium et alliages................................. 0,33
Sa Cuivre et alliages......................................... 0,33
---------------
- Nickel............................................................ 0,31
2E α
Monel 400 (Ni-Cu) ....................................... 0,32
avec Sa valeur obtenue sur l’abaque de la figure 26 pour le Inconel 600 (Ni-Cr-Fe) ................................. 0,29
nombre des démarrages et arrêts, Incoloy 800 (Ni-Fe-Cr) ................................. 0,34
α valeur instantanée du coefficient de dilatation linéique Titane ........................................................... 0,32
pour la température moyenne des deux points Zirconium..................................................... 0,35
adjacents, (1) Il est pratiquement constant quelle que soit la température.
E valeur du module d’élasticité pour la température
moyenne des deux points adjacents (tableau 7) ; (0)

Tableau 7 – Module d’élasticité E (1)

Température t (oC)

Matière – 200 – 100 20 100 150 200 250 300 350 400 450 500 550 600 650 700 750 800 850 900

Module d’élasticité E (en 103 MPa)


non allié 207 202 192 191 189 186 183 179 173 166 147 121
2 à 3 % Cr + Mo 214 210 206 203 200 197 194 190 186 181 174 166 155 137
Acier

5 à 9 % Cr + Mo 203 195 189 187 185 182 180 176 173 169 165 161 156 150 143
austénitique 210 204 195 191 187 183 181 176 172 168 165 161 156 150 143 137 127
12-27 % Cr 212 207 201 198 195 191 187 181 174 165 154 140 124 105 84
67 % Ni, 30 % Cu 185 183 182 181 179 178 176 173 169
(Monel 400)
90 % Cu, 10 % Ni 142 136 130 127 124 122 119 116 113 109
Aluminium 78 76 73 72 70 66 60 54
Cuivre 117 114 110 108 106 104 102 99 96 93
Bronze 98 94 90 88 86 83 81 79 76 74
Laiton 104 101 97 95 93 90 88 85 82 80
Ni-Cr-Fe
214 212 210 208 206 204 200 196 192 188 184 179 175 171 166
(Inconel 600)
Ni-Fe-Cr
(Incoloy 800) 211 204 197 191 188 184 180 177 174 170 167 164 161 157 154 150 146 143 139 135

Titane 107 104 100 95 92 87 83 79


(1) Le module d’élasticité varie suivant les matériaux en fonction de la température.

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e ) L’écart total algébrique des fluctuations thermiques (en oC) 1 Sa 1 Sa


pour les éléments construits avec des matériaux dont les modules b ) utiliser ---- p --------- au lieu de ----- p --------- ;
4 Sm 3 Sm
d’élasticité et/ou les coefficients de dilatation linéique sont diffé-
rents, ne doit pas dépasser l’amplitude : Sa Sa
c et d ) utiliser -------------------- au lieu de --------------- ;
Sa 2,7 E α 2E α
---------------------------------------------
- Sa Sa
2 ( E1 α1 – E2 α2 ) e) utiliser ---------------------------------------------------- au lieu de ----------------------------------------------- .
2,7 ( E 1 α 1 – E 2 α 2 ) 2 ( E1 α1 – E2 α2 )
où Sa est obtenue (figure 26) pour le nombre total des fluctuations
thermiques significatives, où E 1 et E 2 sont les modules d’élasticité (0)
et α1 et α2 les valeurs instantanées des coefficients de dilatation
linéiques à la température moyenne des deux matériaux de Notations et Symboles
construction ;
Symbole Unité Définition
Remarque : une fluctuation de température est significative
quand son amplitude dépasse la valeur : Notations relatives au paragraphe 2

S D mm diamètre intérieur d’un fond bombé


----------------------------------------------
2 ( E1 α1 – E2 α2 ) F N/mm force méridienne de membrane par milli-
mètre d’enveloppe, au point considéré et
où S est la valeur de Sa pour N = 106 cycles ; résultant des chargements primaires
autres que la pression interne exprimée
en newtons par millimètre de circonfé-
si les deux matériaux ont des courbes de fatigue différentes, il faut rence méridienne ; si cette force n’est pas
retenir la plus faible valeur de Sa . uniforme du fait qu’elle résulte d’un
moment dû à l’action du vent ou d’un
f ) L’écart total des charges mécaniques, pression exclue mais séisme, le chargement qui détermine
actions des tuyauteries incluses, ne doit pas résulter des intensités l’épaisseur d’enveloppe la plus impor-
de contrainte dont l’écart dépasse la valeur de Sa obtenue sur les tante sera utilisé ; les efforts de traction
courbes de fatigue pour le nombre total des fluctuations de charge sont positifs
significatives ; L mm rayon intérieur de la partie sphérique d’un
si ce nombre est supérieur à 106, la valeur de Sa sera prise égale fond
à celle correspondant à N = 106 ; Q facteur de renforcement des troncs de
cône
R mm rayon intérieur de la section droite
Remarque : une fluctuation de charge est significative quand considérée
l’amplitude totale de l’intensité de contrainte due à la charge
dépasse la valeur de Sa pour N = 106. RL mm grand rayon intérieur d’un tronc de cône
Rs mm petit rayon intérieur d’un tronc de cône
S MPa intensité de contrainte de membrane
10.2.2Construction non intégrale maximale (S = kf ou Zf )
e mm épaisseur calculée
Une analyse de fatigue n’est pas nécessaire pour les tubulures er mm épaisseur de la partie renforcée d’un tronc
avec renfort séparé ou pour les attaches fixées par soudure non de cône
entièrement pénétrée si toutes les exigences de la condition AP ou
h mm flèche intérieure d’un fond bombé
toutes les exigences de la condition BP sont réunies.
p MPa pression de calcul plus éventuellement la
pression statique
10.2.2.1 Condition AP
r mm rayon de carre intérieur d’un fond toris-
Une analyse de fatigue pour des éléments de construction non inté- phérique ou toriconique ou elliptique
grale n’est pas nécessaire pour des matériaux dont la résistance à o
α demi-angle au sommet du tronc de cône
la traction ne dépasse pas 552 MPa quand le total des cycles du type
a + b + c + d reste inférieur à 400 ; a, b, c et d sont identiques Z coefficient de soudure
aux cycles de la condition A du paragraphe 10.2.1.1 avec en plus
Notations relatives au paragraphe 3
pour b une variation de pression limitée à 15 %, et pour c le transfert
thermique qui doit être considéré comme nul entre les surfaces non De mm diamètre extérieur de l’enveloppe cylin-
soudées à pleine pénétration. drique ou du tube (1)
E MPa module d’élasticité à la température de
10.2.2.2 Condition BP calcul (1)
Toutes les exigences de la condition B du paragraphe 10.2.1.2 (1) Utilisés dans le cas des enveloppes cylindriques et des tubes et celui
doivent être réunies en ajustant les valeurs comme suit : des enveloppes sphériques et des fonds hémisphériques.
a ) utiliser Sa = 4 Sm au lieu de Sa = 3 Sm ;

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________________________________________________________________________________________________________________ APPAREILS À PRESSION

Notations et Symboles Notations et Symboles

Symbole Unité Définition Symbole Unité Définition

L mm longueur déterminée selon les figures 8 et L1 , L 2 mm longueurs d’enveloppe de part et d’autre


13 (1) de l’élément raidisseur considéré, mesu-
rées comme indiqué sur la figure 8 ; lors-
Re mm rayon extérieur de l’enveloppe ou du que le raidisseur est une bride, L 2 = 0
fond (1)
X1 , X 2 , X 3 mm largeurs d’enveloppe d’épaisseur
S MPa intensité de contrainte de calcul (1) moyenne participant au renforcement de
e mm épaisseur choisie (sans surépaisseur de la structure de dimensions e 1 , e 2 , e 3
corrosion) (1) (figure 12) :
h2 mm flèche intérieure d’un fond bombé (1) X 1 = 0,55 D e e 1
p MPa pression extérieure de calcul (1) les largeurs X 1 et X 2 sont cependant limi-
pa MPa pression extérieure maximale critique (1) tées comme indiqué sur la figure 12
e mm épaisseur moyenne de l’enveloppe sous
De mm diamètre extérieur du fond le raidisseur, surépaisseur de corrosion
Di mm diamètre intérieur du fond déduite sur la longueur 
Re mm rayon extérieur de la sphère équivalente e 1 , e 2 , e3 mm épaisseurs moyennes sur les longueurs
Ri mm rayon intérieur de la calotte sphérique X 1 , X 2 et X3 , sans surépaisseur de corro-
d’un fond torisphérique sion
e mm épaisseur choisie (minimale après embou-  mm L1 + L2
tissage et sans surépaisseur de corrosion) = ------------------
-
2
en mm épaisseur nominale de la tôle servant à la
fabrication Notations relatives au paragraphe 7
h2 mm flèche intérieure du fond C coefficient qui est fonction du type
p MPa pression extérieure de calcul d’assemblage du fond ou du tampon et de
l’épaisseur de l’enveloppe
rc mm rayon de carre d’un fond torisphérique
D mm diamètre de boulonnage
Ar mm2 section de l’anneau raidisseur
L mm distance de la ligne de tangence du fond à
De mm diamètre extérieur de l’enveloppe cylindri- l’axe de la soudure fond-enveloppe
que dans le plan de l’élément raidisseur
considéré S MPa intensité de contrainte maximale
G centre de gravité de la section de l’élé- W N effort total de traction des boulons
ment raidisseur. Il permet de situer l’axe d mm diamètre du fond ou du tampon
neutre yy et de calculer le moment d’iner-
tie de la section par rapport à cet axe e mm épaisseur nominale de l’enveloppe
ec mm épaisseur de calcul de l’enveloppe
I mm4 moment d’inertie de la section de l’élé-
ment raidisseur ef mm épaisseur minimale du fond ou du tampon
hG mm bras de levier joint-boulonnerie
In mm4 moment d’inertie nécessaire de l’élément
raidisseur m rapport ec /e
(1) Utilisés dans le cas des enveloppes cylindriques et des tubes et celui (1) Utilisés dans le cas des enveloppes cylindriques et des tubes et celui
des enveloppes sphériques et des fonds hémisphériques. des enveloppes sphériques et des fonds hémisphériques.

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P
O
U
Appareils à pression R
Dimensionnement des appareils E
par René BOVAGNE N
Ingénieur de l’École Nationale Supérieure des Arts et Métiers
Ancien Responsable des Services Techniques de Creusot Loire Usine de Chalon

S
Normalisation
France NF A 35-580 08-83 Aciers inoxydables résistant mécaniquement aux tempé-
A
Association Française de Normalisation (AFNOR)
NF A 35-573 10-81 Aciers inoxydables d’usage général. Nuances. Tôles. NF A 36-205 07-82
ratures élevées.
Tôles pour chaudières et appareils à pression. Aciers au
carbone et carbone-manganèse. Nuances et qualités.
V
Larges bandes. Feuillards.
NF A 35-574 10-81 Aciers inoxydables d’usage général. Nuances. Demi-
produits. Barres.
NF A 36-206 08-83 Tôles pour chaudières et appareils à pression. Aciers
alliés au Mo, au Mn-Mo et au Cr-Mo. Nuances et qualités.
O
NF A 35-575 10-81 Aciers inoxydables
machines.
d’usage général. Nuances. Fil NF A 36-208 12-82 Tôles en aciers alliés au nickel pour appareils à pression
à basse température. I
NF A 35-578 11-82 Aciers réfractaires. Nuances. NF A 36-209 12-82 Tôles en aciers inoxydables austénitiques
chaudières et appareils à pression.
pour
R
Organismes français et étrangers
Ministère de l’Industrie. Direction de la Qualité et de la Sécurité Industrielle. American Society of Mechanical Engineers (ASME) .
P
Réglementation française des appreils à pression.
Syndicat National de la Chaudronnerie, de la Tôlerie et de la Tuyauterie
Industrielle (SNCT) . Code français de construction des appareils à pression
British Standards Institution. BS 5000 : Rotating electrical machines of
particular types or for particular applications.
Arbeitsgemeinschaft « Druckbehälter » Merkblatt (AD Merkblatt) .
L
CODAP.
U
S
2 - 1987
Doc. A 849

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