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INTRODUCTION AUX EQUATIONS

AUX DERIVEES PARTIELLES


Secteur Industriel II
EPAC

Janvier 2018
Brice GBAGUIDI
Table des matières
Chapitre I : Classification des équations aux dérivées partielle ................................ 1
I.1. Introduction ............................................................................................................................. 1
I.2. Classification des équations aux dérivées partielles .................................................. 2
Chapitre II : Différentielles totales – Facteurs intégrants ....................................... 1
II.1 Rappel sur les dérivées partielles ..................................................................................... 1
II.1.1 Définition ..................................................................................................................... 1
II.1.2.Dérivées successives ................................................................................................ 1
II.1.3 Dérivées d’une fonction composée ....................................................................... 2
II.1.4 Dérivées d’une fonction composée de deux variables ................................... 2
II.2 Différentielles totales ............................................................................................................ 4
II.2.1 Définition ..................................................................................................................... 4
I.2.2 Formes différentielles totales exactes .................................................................. 4
II.2.3 Application à l’intégration d’équations différentielles du premier ordre . 5
II.3 Facteurs Intégrants ............................................................................................................... 6
II.3.1 Introduction ................................................................................................................ 6
II.3.2 Définition ..................................................................................................................... 6
I.3.3 Détermination de facteurs intégrants monovariables .................................... 7
II.3.3.1 Facteur intégrant de la forme F(x) ...................................................... 7
II.3.3.2 Facteur intégrant de la forme F(y)....................................................... 7
II.4 Généralisation aux fonctions de plus de deux variables .......................................... 9
II.5 Différentielles totales et fonctions d’Etat ..................................................................... 12
Chapitre III Equations linéaires aux dérivées partielles du premier ordre .......... 13
III.1 Généralités ............................................................................................................................ 13
III.2 Intégrales premières d’un système différentiel ......................................................... 16
III.2.1 Généralités sur les équations linéaires et homogènes aux dérivées
partiellesdu 1er ordre ............................................................................................ 17
III.3 Equation linéaire et homogène aux dérivées partielles du 1er ordre dans le
cas d’une fonction de 2 variables .................................................................................. 18
III.4 Facteur intégrant d’une forme différentielle du premier ordre à deux variables
.................................................................................................................................................. 20
III.4.1 Détermination d’un facteur intégrant de la forme 𝜇(𝑥, 𝑦) ......................... 20
Chapitre VI : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables .................. 22
VI.1 Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables, linéaires et
homogène, à coefficients constants .............................................................................. 22
VI.1.1. Définition .............................................................................................................. 22
VI.1.2 Intégration ................................................................................................................ 23

i
VI.1.3 Généralisation ......................................................................................................... 27
VI.1.4 Equations aux dérivées partielles à 3 variables, linéaires et homogène,
à coefficients constants........................................................................................ 28
VI.2. Équations aux dérivées partielles du 2ème ordre (équations hyperboliques,
équations paraboliques, équations elliptiques,...) ................................................... 29
Chapitre V : Equations non linéaires aux dérivées partielles du premier ordre.... 39
V.1 Méthode d’intégration......................................................................................................... 39
Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des
variables ....................................................................................................... 43
VI.1. Introduction .................................................................................. Erreur ! Signet non défini.
VI.2. Classification des équations aux dérivées partielles ....... Erreur ! Signet non défini.
VI.3. Rappel sur les séries de Fourier ................................................................................... 43
VI.3.1. Fonction périodique ............................................................................................. 43
VI.3.1.1. Définition et propriétés ...................................................................... 43
VI.3.1.2. Exemples................................................................................................. 43
VI.3.2. Définitions ............................................................................................................... 43
VI.3.2. Remarque (calcul des coefficients) .................................................................. 44
VI.4. Problèmes de Sturm-Liouville et applications à la méthode de séparation des
variables................................................................................................................................. 44
VI.4.1. Définition ................................................................................................................. 44
VI.4.2. Applications de la méthode de séparation des variables ......................... 46
VI.4.2.1.Equation de Laplace dans un rectangle ........................................ 46
VI.4.2.2. Equation de Laplace dans un disque ............................................ 50
VI.4.2.3. Equation de la chaleur en 1D instationnaire (évolutive) ......... 54

ii
Chapitre I : Les modèles mathématiques et les équations aux dérivées partielles

Chapitre I : Les modèles mathématiques et les


équations aux dérivées partielles
I.1. Définition I.1

On appelle Equation aux Dérivées Partielles, toute équation différentielle


mettant en jeu plusieurs variables indépendantes ; celles-ci sont des variables
d’espace auxquelles s’ajoute le temps lorsque l’équation traduit un
phénomène d’évolution. L’inconnue d’une telle équation est une fonction à
plusieurs variables.
Exemple :
𝜕2𝐹 𝜕2𝐹
+ = 0, (𝑥, 𝑦) ∈ Ω (𝐼. 1)
𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 2

Dans l’équation (𝐼. 1), la fonction F, inconnue, est une fonction des variables
(réelles) x et y, admettant des dérivées partielles jusqu’à l’ordre 2.
L’ordre d’une équation aux dérivées partielles est le plus haut degré de
dérivation présent dans l’équation. L’équation (𝐼. 1) est donc d’ordre 2.
La dimension d’une équation aux dérivées partielles est le nombre de variables
indépendantes dont dépend la fonction inconnue 𝑢. L’équation (𝐼. 1) est donc
de dimension 2.
Résoudre une EDP consiste donc à déterminer toutes les fonctions u définies
sur Ω satisfaisant (𝐼. 1). La fonction (𝑥, 𝑦) ↦ 𝑠𝑖𝑛𝑥 × 𝑐ℎ𝑦 par exemple est une
solution de (I.1)
En général, une EDP est complétée par des conditions sur le bord de Ω.

I.2. Pourquoi les équations aux dérivées partielles ?

D’une manière générale, la modélisation des phénomènes physiques repose


sur la résolution d’équations aux dérivées partielles. Ces équations
correspondent à la traduction mathématique des lois de la physique :
- mécanique des fluides : équations de Navier-Stockes
- électromagnétisme : équations de Maxwell
- thermique : équation de la chaleur
- mécanique quantique : équation de Schrödinger
- ……….

1
Chapitre I : Les modèles mathématiques et les équations aux dérivées partielles

Dans les sciences de l’ingénieur, la modélisation d’un dispositif physique


(moteur électrique, matériau de construction, réseaux d’eau, réseau de
télécommunication, etc.) permet de prévoir son comportement et d’étudier
l’influence des paramètres sur ses performances. La validité du modèle doit-
être comparée, lorsque cela est possible, aux mesures expérimentales.
Dans une grande majorité de cas, les équations aux dérivées partielles sont
non-linéaires (à cause des propriétés des matériaux) et l’on doit faire appel à
l’ordinateur pour les résoudre (logiciel de calcul numérique).
Lorsque cela est possible (équations linéaires et quelques rares fois non
linéaires), il est intéressant de résoudre les équations du modèle de façon
analytique (“à la main”). Dans ce cas, la solution obtenue permet de voir
l’influence des différents paramètres. Elle peut être utilisée pour une première
étude d’optimisation du dispositif étudié. Ce cours vise à initier l’apprenant
aux méthodes analytiques de résolution des équations aux dérivées partielles.

I.3. Tableau récapitulatif des différents types d’équations aux


dérivées partielles

Le tableau suivant présente quelques équations aux dérivées partielles


intervenant en physique et en ingénierie :

Type
formulation description
d’équation
- Linéaire
Equation de 2
𝑢𝑡 − 𝑎∇ 𝑢 = 0 - Homogène
la chaleur
- Instationnaire
- Linéaire
Equation de ∇2 𝑢 = 0 - Homogène
Laplace
- stationnaire
- Linéaire
Equation de ∇2 𝑢 = 𝑓 - Non homogène
Poisson
- stationnaire
- Linéaire
Equation des 𝑢𝑡𝑡 − 𝑐∇2 𝑢 = 0 - Homogène
ondes
- Instationnaire
Equation de ∇2 𝑢 + k 2 𝑢 = 0 - Linéaire
Helmholtz - Homogène
2
Chapitre I : Les modèles mathématiques et les équations aux dérivées partielles

- Stationnaire
Equation de - Linéaire
vibration de 𝑢𝑡𝑡 + 𝑎∇4 𝑢 = 0 - Homogène
plaque mince - Instationnaire
Equation de - Non linéaire
Korteweg de 𝑢𝑡 − 𝑣0 𝑢𝑥 = 𝑎𝑢𝑢𝑥 − 𝑏𝑢𝑥𝑥𝑥 - Homogène
Vries - Instationnaire
- Linéaire
Equation 𝑢𝑡 = 𝑢𝑥𝑥𝑥 - Homogène
d’Airy
- Instationnaire
Equation de - Non linéaire
Burger (non 𝑢𝑡 + 𝑢𝑢𝑥 = 0 - Homogène
dissipative) - Instationnaire
Equation de - Non linéaire
Burger 𝑢𝑡 + 𝑢𝑢𝑥 = 𝜇𝑢𝑥𝑥 - Homogène
(dissipative) - Instationnaire
Equation des 2 - Linéaire
ondes 𝑢𝑡𝑡 − 𝑐 2 (𝑢𝑟𝑟 − 𝑢𝑟 ) = 0 - Homogène
𝑟
sphériques - Instationnaire
- linéaire si 𝜌 = 𝑐𝑡𝑒
𝜕𝜌 - homogène si 𝑞 =
Equations de ⃗)=𝑞
+ 𝑑𝑖𝑣(𝜌𝑉
𝜕𝑡 0
Navier-
- Instationnaire
Stocks
- non linéaire (en
(mécanique ⃗
𝑑𝑉 général)
des fluides) 𝜌 ⃗ 𝑝 + 𝜇∆𝑉
= −∇ ⃗ + 𝜌𝑔
𝑑𝑡 - non homogène
- Instationnaire
𝜕ℎ 𝜕𝑞𝑥 𝜕𝑞𝑦 - Linéaire
Equations de + + =0 - Homogène
𝜕𝑡 𝜕𝑥 𝜕𝑦
Barré de - Instationnaire
Saint Venant 𝜕𝑞𝑥 𝜕 𝑞𝑥2 𝑔ℎ2 𝜕 𝑞𝑥 𝑞𝑦 - non linéaire
2D + ( + )+ ( ) = 𝑆𝑥 - non homogène
𝜕𝑡 𝜕𝑥 ℎ 2 𝜕𝑦 ℎ
(écoulements - Instationnaire
à surface 𝜕𝑞𝑦 𝜕 𝑞𝑥 𝑞𝑦 𝜕 𝑞𝑦2 𝑔ℎ2 - non linéaire
libre) + ( )+ ( + ) = 𝑆𝑦 - non homogène
𝜕𝑡 𝜕𝑥 ℎ 𝜕𝑦 ℎ 2
- Instationnaire

Suivant le contexte, certaines de ces équations sont simplifiées sur la base


d’hypothèses bien justifiées, pour être résolues analytiquement. D’autres sont
résolues numériquement à l’aide de divers solveurs.

3
Chapitre I : Les modèles mathématiques et les équations aux dérivées partielles

I.4. Problèmes aux limites et problèmes aux valeurs initiales

La résolution (analytique) d’une EDP sans conditions initiales et aux limites


conduit à une infinité de solutions. L’utilisation des conditions conduit à la
détermination d’une solution particulière, lorsque celles-ci sont bien définies.

Ces conditions peuvent être de nature très différentes et influent fortement


sur l’existence et la forme des solutions. Quand les conditions portent sur le
bord complet du domaine, on parle de problème aux frontières. Quand le
domaine est d’extension infinie autour d’un obstacle compact (par exemple
lors de l’étude de la signature radar d’un objet), on parle de problème
extérieur.

Quand les conditions ne portent que sur une partie du bord du domaine sur
lequel on connaît la valeur de la fonction et de ses dérivées de degré inférieur
à l’ordre de l’équation, on parle de problème de Cauchy.

Les équations de la physique sont fréquemment posées sur des domaines


spatio-temporels du type Ω = 𝜔 × [𝑡0 ; +∞[ où 𝜔 est un ouvert de ℝ𝑛 (𝑛 = 2 𝑜𝑢 3)
et [𝑡0 ; +∞[ est l’intervalle temporel d’étude, 𝑡0 est l’instant initial (souvent pris
égal à 0). Le temps joue un rôle particulier, dans la mesure où il est porteur
du principe de causalité. On a alors le plus souvent un problème aux frontières
en espace et un problème de Cauchy en temps que l’on appelle également
problème aux conditions initiales.

Les problèmes aux frontières et les problèmes aux conditions initiales


obéissent à des logiques différentes : pour les premiers, l’état est partiellement
connu sur les bords et on cherche à l’aide de l’EDP à déterminer la solution
dans l’ensemble du domaine 𝜔, pour les seconds, l’état est complètement
connu à l’instant initial to « on va chercher à propager la solution à l’instant
d’après puis, de proche en proche, déterminer la solution sur l’ensemble de
l’intervalle temporel d’étude.

Il n’existe pas de résultats généraux sur l’existence de solutions des équations


au dérivées partielles, il est nécessaire de restreindre l’étude à certains cas.
On donne donc, dans ce qui suit, une rapide classification des EDP et des
conditions aux limite :

4
Chapitre I : Les modèles mathématiques et les équations aux dérivées partielles

Définition I.2 : Classification des EDP

Cette classification est illustrée dans le cas d’équations du second ordre.

i. On dit qu’une équation aux dérivées partielles est linéaire si la


dépendance par rapport à la fonction inconnue et ses dérivées partielles
est linéaire :

𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕𝑢
𝑎(𝑥, 𝑦) 2
+ 𝑏(𝑥, 𝑦) + 𝑐(𝑥, 𝑦) 2
+ 𝑑(𝑥, 𝑦)
𝜕𝑥 𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝑥

𝜕𝑢
+𝑒(𝑥, 𝑦) + 𝑓(𝑥, 𝑦)𝑢 + 𝑔(𝑥, 𝑦) = 0 (𝐼. 2)
𝜕𝑦

L’équation est dite homogène si la fonction g est identiquement nulle sur


Ω.

ii. On dit qu’une équation aux dérivées partielles est semi-linéaire si la


dépendance par rapport aux dérivées partielles d’ordre le plus élevé est
linéaire :

𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑢
𝑎(𝑥, 𝑦) + 𝑏(𝑥, 𝑦) + 𝑐(𝑥, 𝑦) + ℱ (𝑥, 𝑦, 𝑢, , )=0 (𝐼. 3)
𝜕𝑥 2 𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑦 2 𝜕𝑥 𝜕𝑦

où a, b, c désignent des fonctions des variables x et y, et ℱ une fonction


définie dans un ouvert de ℝ5 .

iii. On dit qu’une équation aux dérivées partielles est quasi-linéaire si elle
est de la forme :

𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕 2 𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕 2 𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕 2 𝑢
𝑎 (𝑥, 𝑦, 𝑢, , ) 2 + 𝑏 (𝑥, 𝑦, 𝑢, , ) + 𝑐 (𝑥, 𝑦, 𝑢, , ) 2
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑦

𝜕𝑢 𝜕𝑢
+ℱ (𝑥, 𝑦, 𝑢, , )=0 (𝐼. 4)
𝜕𝑥 𝜕𝑦

où a, b, c et ℱ sont des fonctions définies dans un ouvert de ℝ5 .

iv. On dit qu’une équation aux dérivées partielles est complètement non
linéaire si elle dépend non linéairement de ses termes d’ordre le plus
élevé.

5
Chapitre I : Les modèles mathématiques et les équations aux dérivées partielles

Définition 1.3 Classification des conditions aux limites


i. On appelle condition de Dirichlet une condition où on impose la valeur de
la fonction recherchée sur le bord 𝜕𝜔. Un problème du premier type est un
problème où tout le bord est soumis a des conditions de Dirichlet.
ii. On appelle condition de Neumann une condition où on impose la valeur de
la dérivée normale de la fonction recherchée sur le bord 𝜕𝜔. Un problème
du deuxième type est un problème où tout le bord est soumis à des
conditions de Neumann.
iii. On appelle condition de Fourier-Robin une condition où on impose une
relation entre la valeur de la dérivée normale de la fonction recherchée et
sa valeur sur le bord 𝜕𝜔.
iv. On appelle problème du troisième type un problème où les conditions sont
de types différents sur des portions du bord.
Remarque I.1
Dans le cas d’un problème extérieur, l’EDP est généralement complétée par un
comportement asymptotique à l’infini.
Le concept même de recherche de solution(s) d’une équation aux dérivées
partielles n’est pas forcément très clair, et nécessite d’être reprécisé pour
chaque problème.
Un repère important est la notion de problème bien posé.
Définition 1.4
Un problème est bien posé au sens de Hadamard s’il existe une unique solution
qui dépend des données de façon continue.
La dernière condition est particulièrement significative en physique. Une EDP
traduit en général des principes physiques (comme la conservation de la
masse, de l’énergie, de la quantité de mouvement) et des modèles (comme la
relation ef- fort/déformation dans un ressort, la loi de la gravitation) dans
lesquels on peut avoir une confiance raisonnable. Les données (les valeurs des
coefficients, conditions aux limites imposées) sont souvent le résultat de
mesures et donc peu fiables. Il est souhaitable que la solution de l’équation
aux dérivées partielles présente une certaine stabilité si les données venaient
à être légèrement perturbées.

6
Chapitre I : Les modèles mathématiques et les équations aux dérivées partielles

Une première limite du concept de problème bien posé apparaît pour les
problèmes physiques où il est connu et souhaité que la solution de l’équation
aux dérivées partielles ne soit pas unique (par exemple, dans l’étude des
régimes turbulents en mécanique des fluides). Il faut alors classer les
solutions en fonction de leurs propriétés (régularité, dimensions
caractéristiques, etc.).
Une seconde limite est que le caractère bien posé peut dépendre de la façon
dont on recherche la solution. Par exemple, une des premières techniques
d’étude des équations aux dérivées partielles consistait à chercher des
solutions analytiques (i.e. développables en série entière). Il a été démontré
depuis qu’il existe des problèmes avec une unique solution analytique, mais
de nombreuses autres solutions (même infiniment dérivables). De tels
problèmes sont donc bien posés au sens des fonctions analytiques, mais mal
posés dans un cadre plus général.
La question de la régularité des solutions d’une équation aux dérivées
partielles est souvent au cœur de son étude.
Le fait qu’une équation aux dérivées partielles présente des dérivées partielles
d’ordre k suggère assez naturellement de chercher une solution au moins k
fois dérivable ; c’est ce que l’on appelle le cadre classique (ceci dit, le fait de
mettre en relation une fonction et ses dérivées suggère que toutes ont la même
régularité, ce qui conduirait à des solutions infiniment dérivables, d’où la
légitimité de chercher des solutions analytiques).
Le cadre classique peut se montrer trop restrictif : les discontinuités sont
fréquentes en physique (ondes de choc, hétérogénéités), et il peut être
souhaitable de placer l’équation aux dérivées partielles dans un cadre plus
large où les solutions peuvent présenter des irrégularités. Dans ce cadre, on
parle de solutions faibles ou solutions généralisées. Cependant, le fait
d’interpréter l’équation aux dérivées partielles au sens faible n’empêche pas
de chercher des solutions classiques : une fois qu’une solution faible a été
obtenue, on peut chercher à prouver qu’elle possède en fait des propriétés de
régularité au sens « classique » (continuité, dérivabilité, etc.). Des outils
puissants permettant de prouver l’existence, l’unicité, la régularité de
solutions au sens faible sont présentés au paragraphe après.

7
Chapitre I : Les modèles mathématiques et les équations aux dérivées partielles

Dans le cadre de ce cours, nous nous intéresserons aux méthodes


élémentaires de résolution analytiques des EDP à travers les chapitres 2 à 6.

8
Chapitre II : Différentielles totales – Facteurs intégrants

Chapitre II : Différentielles totales – Facteurs


intégrants
II.1 Rappel sur les dérivées partielles

II.1.1 Définition
Soit une fonction 𝑓(𝑥, 𝑦)de deux variables réelles définie dans un voisinage de
𝐴 = [𝑎, 𝑏]; si la fonction 𝑓(𝑥, 𝑏)fonction de x seulement a une dérivée pour la
valeur a de x, on la note𝑓𝑥 (𝑎, 𝑏) et on l’appelle dérivée partielle de 𝑓(𝑥, 𝑦) par
rapport à x au point (𝑎, 𝑏).
Si en tout point d’un voisinage de A, 𝑓𝑥 (𝑥, y) existe, on définit ainsi une
nouvelle fonction, la dérivée partielle de 𝑓(𝑥, 𝑦) par rapport à x. On définit de
même la dérivée partielle par rapport à y.
On note :
𝜕𝑓(𝑥, 𝑦)
𝑓𝑥 =
𝜕𝑥
et
𝜕𝑓(𝑥, 𝑦)
𝑓𝑦 =
𝜕𝑦

II.1.2. Dérivées successives


De la même façon que précédemment, on peut étudier l’existence de la dérivée
par rapport à x de𝑓𝑥 (𝑥, 𝑦) et 𝑓𝑦 (𝑥, y); on définit ainsi les dérivées secondes que
l’on note
𝜕 2 𝑓(𝑥, 𝑦)
𝑓𝑥 2 =
𝜕𝑥 2
et
𝜕 𝜕𝑓(𝑥, 𝑦) 𝜕 2 𝑓(𝑥, 𝑦)
𝑓𝑥𝑦 = ( )=
𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦𝜕𝑥
On peut de même définir les dérivées secondes par rapport à y :
𝜕 2 𝑓(𝑥, 𝑦)
𝑓𝑦 2 =
𝜕𝑦 2
et
𝜕 𝜕𝑓(𝑥, 𝑦) 𝜕 2 𝑓(𝑥, 𝑦)
𝑓𝑦𝑥 = ( )=
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑥𝜕𝑦

1
Chapitre II : Différentielles totales – Facteurs intégrants

Théorème 1 (Théorème de Schwarz) Si en un point de 𝐴 = [𝑎, 𝑏], les dérivées


successives 𝑓𝑥𝑦 et 𝑓𝑦𝑥 existent et sont continues, en ce point ces dérivées sont
égales :
𝑓𝑥𝑦 = 𝑓𝑦𝑥
soit
𝜕 2𝑓 𝜕 2𝑓
=
𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑦𝜕𝑥
𝜕2 𝑧 𝜕2 𝑧 𝜕2 𝑧 𝜕2 𝑧
Exercice II.1Déterminer𝜕𝑥 2 , , 𝜕𝑥𝜕𝑦 𝑒𝑡 sachant que
𝜕𝑦 2 𝜕𝑦𝜕𝑥

𝑧(𝑥, 𝑦) = 𝑥 3 − 5𝑥𝑦 + 𝑦 2
Solution
𝜕𝑧 𝜕 2𝑧 𝜕 𝜕 2𝑧 𝜕
= 3𝑥 2 − 5𝑦 ⇒ 2 = (3𝑥 2 − 5𝑦) = 6𝑥; = (3𝑥 2 − 5𝑦) = −5
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑦𝜕𝑥 𝜕𝑦
𝜕𝑧 𝜕 2𝑧 𝜕 𝜕 2𝑧 𝜕
= −5𝑥 + 2𝑦 ⇒ 2 = (−5𝑥 + 2𝑦) = 2; = (−5𝑥 + 2𝑦) = −5
𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑥

II.1.3 Dérivées d’une fonction composée


Si 𝑢 = 𝑓(𝑥, 𝑦) est définie dans un voisinage de 𝐴 = (𝑎, 𝑏) et 𝑥 = 𝜑(𝑡), 𝑦 = 𝜓(𝑡)
définies dans un intervalle 𝐼, voisinage du point 𝑡0 , si la fonction 𝑓(𝑥, 𝑦)admet
des dérivées partielles sur un voisinage de𝐴 et si ces dérivées sont continues
en 𝐴, alors la fonction composée 𝐹(𝑡) = 𝑓 [𝜑(𝑡), 𝜓(𝑡)]est dérivable en𝑡0 et l’on a
le résultat :
𝐹 ′ (𝑡) = 𝑓𝑥 (𝑥(𝑡), 𝑦(𝑡))𝜑 ′ (𝑡) + 𝑓𝑦 (𝑥(𝑡), 𝑦(𝑡))𝜓′(𝑡)
Si les hypothèses d’existence et de continuité de ces dérivées sont vraies sur
un intervalle, la formule précédente est vraie sur tout l’intervalle.

II.1.4 Dérivées d’une fonction composée de deux variables


Soit la fonction 𝐹(𝑥, 𝑦) = 𝑓(𝑢, 𝑣), 𝑢 et 𝑣 étant des fonctions de x et y :
𝑢 = 𝑢(𝑥, 𝑦) 𝑒𝑡 𝑣 = 𝑣(𝑥, 𝑦)
avec
𝑢0 = 𝑢(𝑥0 , 𝑦0 ) 𝑒𝑡 𝑣0 = 𝑣(𝑥0 , 𝑦0 )
Si les fonctions u et v admettent des dérivées partielles en (𝑥0 , 𝑦0 ) et si 𝑓(𝑢, 𝑣)
admet des dérivées partiellescontinues au voisinage de (𝑢0 , 𝑣0 ), alors 𝐹(𝑥, 𝑦)
admet des dérivées partielles au point (𝑥0 , 𝑦0 ) données par :

2
Chapitre II : Différentielles totales – Facteurs intégrants

𝐹𝑥 (𝑥0 , 𝑦0 ) = 𝑓𝑢 (𝑢0 , 𝑣0 ). 𝑢𝑥 (𝑥0 , 𝑦0 ) + 𝑓𝑣 (𝑢0 , 𝑣0 ). 𝑣𝑥 (𝑥0 , 𝑦0 )


𝜕𝑓 𝜕𝑢 𝜕𝑓 𝜕𝑣
= (𝑢0 , 𝑣0 ) (𝑥0 , 𝑦0 ) + (𝑢0 , 𝑣0 ) (𝑥0 , 𝑦0 )
𝜕𝑢 𝜕𝑥 𝜕𝑣 𝜕𝑥
𝐹𝑦 (𝑥0 , 𝑦0 ) = 𝑓𝑢 (𝑢0 , 𝑣0 ). 𝑢𝑦 (𝑥0 , 𝑦0 ) + 𝑓𝑣 (𝑢0 , 𝑣0 ). 𝑣𝑦 (𝑥0 , 𝑦0 )
𝜕𝑓 𝜕𝑢 𝜕𝑓 𝜕𝑣
= (𝑢0 , 𝑣0 ) (𝑥0 , 𝑦0 ) + (𝑢0 , 𝑣0 ) (𝑥0 , 𝑦0 )
𝜕𝑢 𝜕𝑦 𝜕𝑣 𝜕𝑦
On peut encore écrire :
𝜕𝑢 𝜕𝑣 𝜕𝑓
(𝑥 , 𝑦 ) (𝑥0 , 𝑦0 ) (𝑢0 , 𝑣0 )
(𝑥
𝐹𝑥 0 , 𝑦0 ) 𝜕𝑥 0 0 𝜕𝑥 𝜕𝑢
[ ] = 𝜕𝑢 𝜕𝑣 ×[ ]
𝐹𝑦 (𝑥0 , 𝑦0 ) 𝜕𝑓
(𝑥 , 𝑦 ) (𝑥0 , 𝑦0 ) (𝑢 , 𝑣 )
[𝜕𝑦 0 0 𝜕𝑦 ] 𝜕𝑣 0 0
Exercice II.2 Soit 𝑓(𝑥, 𝑦) = 𝑥 3 − 5𝑥𝑦 + 𝑦 2
𝑥 = 2𝑢 + 𝑣
{
𝑦 = 𝑢 − 2𝑣
On donne
𝐹(𝑢, 𝑣) = 𝑓(𝑥, 𝑦)
𝜕𝐹 𝜕𝐹
Déterminer de deux manières différentes ,
𝜕𝑢 𝜕𝑣

Solution
1ère méthode : dérivation composée
𝜕𝑓 𝜕𝑓
= 3𝑥 2 − 5𝑦, = −5𝑥 + 2𝑦
𝜕𝑥 𝜕𝑦
𝜕𝑥 𝜕𝑥
= 2, =1
𝜕𝑢 𝜕𝑣
𝜕𝑦 𝜕𝑦
= 1, = −2
𝜕𝑢 𝜕𝑣
On a donc
𝜕𝐹 𝜕𝑓 𝜕𝑥 𝜕𝑓 𝜕𝑦
= + = (3𝑥 2 − 5𝑦) × 2 + (−5𝑥 + 2𝑦 ) × 1 = 6𝑥 2 − 5𝑥 − 8𝑦
𝜕𝑢 𝜕𝑥 𝜕𝑢 𝜕𝑦 𝜕𝑢
𝜕𝐹
= 6(2𝑢 + 𝑣)2 − 5(2𝑢 + 𝑣) − 8(𝑢 − 2𝑣) = 24𝑢2 − 18𝑢 + 24𝑢𝑣 + 6𝑣 2 + 11𝑣
𝜕𝑢
𝜕𝐹 𝜕𝑓 𝜕𝑥 𝜕𝑓 𝜕𝑦
= + = (3𝑥 2 − 5𝑦 ) × 1 + (−5𝑥 + 2𝑦 ) × (−2) = 3𝑥 2 + 10𝑥 − 9𝑦
𝜕𝑣 𝜕𝑥 𝜕𝑣 𝜕𝑦 𝜕𝑣
𝜕𝐹
= 3(2𝑢 + 𝑣)2 + 10(2𝑢 + 𝑣) − 9(𝑢 − 2𝑣) = 12𝑢2 + 12𝑢𝑣 + 11𝑢 + 3𝑣 2 + 28𝑣
𝜕𝑣
2ème méthode : calcul à partir de l’expression explicite de F
𝐹(𝑢, 𝑣) = 𝑓(𝑥(𝑢, 𝑣), 𝑦(𝑢, 𝑣)) = 8𝑢3 + 12𝑢2 𝑣 − 9𝑢2 + 6𝑢𝑣 2 + 11𝑢𝑣 + 𝑣 3 + 14𝑣 2
On retrouve immédiatement
3
Chapitre II : Différentielles totales – Facteurs intégrants

𝜕𝐹
= 24𝑢2 − 18𝑢 + 24𝑢𝑣 + 6𝑣 2 + 11𝑣
𝜕𝑢
𝜕𝐹
= 12𝑢2 + 12𝑢𝑣 + 11𝑢 + 3𝑣 2 + 28𝑣
𝜕𝑣

II.2 Différentielles totales

II.2.1 Définition
Soit une fonction de deux variables 𝑈(𝑥, 𝑦) possédant des dérivées partielles
continues. La différentielletotale ou exacte de 𝑈(𝑥, 𝑦) s’écrit :
𝜕𝑈 𝜕𝑈
𝑑𝑈 = 𝑑𝑥 + 𝜕𝑦 𝑑𝑦 (II.1)
𝜕𝑥

Si 𝑈(𝑥, 𝑦) = 𝑐𝑡𝑒, alors 𝑑𝑈 = 0


Exemple : Soit 𝑈(𝑥, 𝑦) la fonction à deux variables définie par :
𝑈(𝑥, 𝑦) = 𝑥 + 𝑥 2 𝑦 3
𝑑𝑈 = (1 + 2𝑥𝑦 3 )𝑑𝑥 + 3𝑥 2 𝑦 2 𝑑𝑦

I.2.2 Formes différentielles totales exactes


Soit une équation différentielle données sous la forme :
𝑀(𝑥, 𝑦)𝑑𝑥 + 𝑁(𝑥, 𝑦)𝑑𝑦 = 0 (II.2)
Si on peut trouver une fonction 𝑈(𝑥, 𝑦) qui vérifie :
𝜕𝑈
𝑀(𝑥, 𝑦) =
𝜕𝑥
et
𝜕𝑈
𝑁(𝑥, 𝑦) =
𝜕𝑦
alors, on peut poser l’équation (I.2) sous la forme d’une différentielle totale ou
exacte :
𝜕𝑈 𝜕𝑈
𝑑𝑈 = 𝑑𝑥 + 𝑑𝑦 = 0
𝜕𝑥 𝜕𝑦
Alors 𝑈(𝑥, 𝑦) est la solution cherchée sous forme implicite :
𝑈(𝑥, 𝑦) = 𝑐𝑡𝑒
𝜕𝑁 𝜕𝑀
Pour cela, il faut prouver que les dérivées et soient égales.
𝜕𝑥 𝜕𝑦

Dès lors, la fonction 𝑈(𝑥, 𝑦) peut être trouvée de façon systématique par :

𝑈(𝑥, 𝑦) = ∫ 𝑀(𝑥, 𝑦)𝑑𝑥 + 𝑘(𝑦)

4
Chapitre II : Différentielles totales – Facteurs intégrants

Dans cette intégration par rapport à x, 𝑘(𝑦) joue le rôle d’une constante. Il
suffit de dériver la fonction 𝑈(𝑥, 𝑦) par rapport à y pour déterminer la fonction
k(y) :
𝜕𝑈 𝜕
𝑁(𝑥, 𝑦) = ⇒ 𝑘 ′ (𝑦) + ∫ 𝑀(𝑥, 𝑦)𝑑𝑥 = 𝑁(𝑥, 𝑦)
𝜕𝑦 𝜕𝑦
On obtiendrait le même résultat en intégrant d’abord 𝑁(𝑥, 𝑦) par rapport à y et
en dérivant ensuite par rapport à x.
Exercice II.3 Estimation d’une erreur
Un bloc à la forme d’un parallélépipède rectangle est de longueur x, de largeur
y et de hauteur z. Les mesure de ce bloc conduit aux valeurs suivantes : 𝑥 =
10𝑐𝑚, 𝑦 = 12𝑐𝑚, 𝑧 = 20𝑐𝑚 avec une marge d’erreur de 0,05 cm. A partir de
l’expressionde la différentielle totale exacte de l’aire totale S de ce bloc, évaluer
approximativement l’erreur absolue maximale, ainsi que l’erreur relative
maximale induites sur S par les erreurs de mesures de ses dimensions.
Solution:
l’aire 𝑆 de la surface du bloc s’écrit : 𝑆 = 2(𝑥𝑦 + 𝑥𝑧 + 𝑦𝑧)
𝜕𝑆 𝜕𝑆 𝜕𝑆
𝑑𝑆 = 𝑑𝑥 + 𝑑𝑦 + 𝑑𝑧 = 2(𝑦 + 𝑧)𝑑𝑥 + 2(𝑥 + 𝑧)𝑑𝑦 + 2(𝑥 + 𝑦)𝑑𝑧
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑧
∆𝑆 = 2(𝑦 + 𝑧)∆𝑥 + 2(𝑥 + 𝑧)∆𝑦 + 2(𝑥 + 𝑦)∆𝑧
∆𝑆 = 2(12 + 20) × 0.05 + 2(10 + 20) × 0.05 + 2(10 + 12) × 0.05
= 4(10 + 12 + 30) × 0.05
∆𝑆 = 8.4𝑐𝑚2
∆𝑆 8.4
= = 0.75%
𝑆 2(10 × 12 + 10 × 20 + 12 × 20)

II.2.3 Application à l’intégration d’équations différentielles du premier


ordre
Soit à résoudre l’équation différentielle du premier ordre :
𝑀(𝑥, 𝑦) + 𝑁(𝑥, 𝑦)𝑦′ = 0 (II.3)
où M(x, y et N(x, y) sont deux fonctions quelconques de x et de y. On peut
résoudre cette équation en posant :
𝑑𝑈 = 𝑀(𝑥, 𝑦)𝑑𝑥 + 𝑁(𝑥, 𝑦)𝑑𝑦
Résoudre l’équation (II.3) revient à résoudre 𝑑𝑈 = 0 soit 𝑈(𝑥, 𝑦) = 𝐶𝑡𝑒 Après
avoir vérifié que 𝑑𝑈 est unedifférentielle totale, il suffit donc de déterminer
𝑈(𝑥, 𝑦) selon la méthodologie présentée précédemment.
5
Chapitre II : Différentielles totales – Facteurs intégrants

Nous verrons plus tard comment résoudre l’équation (I.3) dans le cas où 𝑑𝑈
n’est pas une différentielletotale exacte.
Exercice II.4 On cherche à résoudre l’équation différentielle :
1+2𝑥𝑦3
𝑦 ′′ = − (I.4)
3𝑥2 𝑦2
Solution:
Cette équation peut se mettre sous la forme :
(1 + 2𝑥𝑦 3 )𝑑𝑥 + 3𝑥 2 𝑦 2 𝑑𝑦 = 0
Posons :
𝑑𝑈 = (1 + 2𝑥𝑦 3 )𝑑𝑥 + 3𝑥 2 𝑦 2 𝑑𝑦
Résoudre l’équation (I.4) revient à déterminer la solution de 𝑑𝑈 = 0. Ceci est
aisé si l’on peut montrerque 𝑑𝑈 est une différentielle totale. Soit :
𝑀 = 1 + 2𝑥𝑦 3 et𝑁 = 3𝑥 2 𝑦 2
𝜕𝑀 𝜕𝑁
= = 6𝑥𝑦 2
𝜕𝑦 𝜕𝑥
d’où, en intégrant la différentielle totale exacte 𝑑𝑈, :
𝑈(𝑥, 𝑦) = 𝑥 + 𝑥 2 𝑦 3
𝑑𝑈 = 0 ⇒ 𝑈 = 𝐶𝑡𝑒
d’où : 𝑥 + 𝑥 𝑦 = 𝑐𝑡𝑒 est la solution de (I.4).
2 3

II.3 Facteurs Intégrants

II.3.1 Introduction
Soit la différentielle 𝑑𝑈 :
𝑑𝑈 = 2𝑥𝑦𝑑𝑥 + (4𝑦 + 3𝑥 2 )𝑦𝑑𝑦 = 0 (II.5)
Cette différentielle n’est pas totale. En effet :
Soit 𝑀(𝑥, 𝑦) = 2𝑥𝑦 et 𝑁(𝑥, 𝑦) = (4𝑦 + 3𝑥 2 )𝑦
𝜕𝑀
= 2𝑥 𝜕𝑀 𝜕𝑁
𝜕𝑦
⇒ ≠
𝜕𝑁 𝜕𝑦 𝜕𝑥
= 6𝑥𝑦}
𝜕𝑥
On ne peut donc pas résoudre l’équation (II.5) par la procédure présentée dans
la partie précédente. On a alors recours au facteur intégrant.

II.3.2 Définition
Soit une différentielle de la forme :
𝛿𝑉 = 𝑃(𝑥, 𝑦)𝑑𝑥 + 𝑄(𝑥, 𝑦)𝑑𝑦
6
Chapitre II : Différentielles totales – Facteurs intégrants

𝜕𝑃 𝜕𝑄
telle que ≠
𝜕𝑦 𝜕𝑥

Cette différentielle n’est pas exacte. On cherche alors une fonction auxiliaire
F(x, y) telle que :
𝑑𝑈 = 𝐹(𝑥, 𝑦)𝑃(𝑥, 𝑦)𝑑𝑥 + 𝐹(𝑥, 𝑦)𝑄(𝑥, 𝑦)𝑑𝑦 (II.7)
soit une différentielle totale.
Cette fonction 𝐹(𝑥, 𝑦) est appelée facteur intégrant de la différentielle 𝛿𝑉 .

II.3.3 Détermination de facteurs intégrants monovariables


Il s’agit de trouver une fonction 𝐹(𝑥, 𝑦) qui vérifie la relation :
𝜕(𝐹𝑃) 𝜕(𝐹𝑄)
= (1I.8)
𝜕𝑦 𝜕𝑥

Soit
𝜕𝑃 𝜕𝐹 𝜕𝑄 𝜕𝐹
𝐹 𝜕𝑦 + 𝑃 𝜕𝑦 = 𝐹 𝜕𝑥 + 𝑄 𝜕𝑥 (1I.9)

Restreignons-nous ici à rechercher des fonctions monovariables F(x) ou F(y).


Le cas général de fonctions multivariables sera traité dans le paragraphe II.4.1

II.3.3.1 Facteur intégrant de la forme F(x)


Si on recherche un facteur intégrant de la forme F(x), il doit vérifier :
𝜕𝑃 𝜕𝑄 𝑑𝐹
𝐹 =𝐹 +𝑄
𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝑑𝑥
Soit, en réarrangeant et en divisant par FQ :
1 𝜕𝑃 1 𝜕𝑄 1 𝑑𝐹
= +
𝑄 𝜕𝑦 𝑄 𝜕𝑥 𝐹 𝑑𝑥
Soit,
1 𝑑𝐹 1 𝜕𝑃 𝜕𝑄
= ( − )
𝐹 𝑑𝑥 𝑄 𝜕𝑦 𝜕𝑥
Le facteur intégrant est obtenu par :
1 𝜕𝑃 𝜕𝑄
∫𝑄(𝜕𝑦− 𝜕𝑥 )𝑑𝑥
𝐹(𝑥) = 𝑒 (II.10)

II.3.3.2 Facteur intégrant de la forme F(y)


Si on recherche un facteur intégrant de la forme F(y), il doit vérifier :
𝜕𝑃 𝑑𝐹 𝜕𝑄
𝐹 +𝑃 =𝐹
𝜕𝑦 𝑑𝑦 𝜕𝑥
En réarrangeant et en divisant par FP :
1 𝑑𝐹 1 𝜕𝑄 𝜕𝑃
= ( − )
𝐹 𝑑𝑦 𝑃 𝜕𝑥 𝜕𝑦

7
Chapitre II : Différentielles totales – Facteurs intégrants

Le facteur intégrant est obtenu par :


1 𝜕𝑄 𝜕𝑃
∫𝑃( 𝜕𝑥 −𝜕𝑦)𝑑𝑦
𝐹(𝑦) = 𝑒 (II.11)
D’une manière générale, on cherchera un facteur intégrant du type F(x)
quand :
1 𝜕𝑃 𝜕𝑄
( − 𝜕𝑥 ) = 𝑓(𝑥) (II.12)
𝑄 𝜕𝑦

et un facteur intégrant du type F(y) quand :


1 𝜕𝑄 𝜕𝑃
( − 𝜕𝑦 ) = 𝑓(𝑦) (II.13)
𝑃 𝜕𝑥

Exercice II.5 Résoudre :


𝑦 − 𝑥𝑦′ = 0 (II.14)
Solution:
Soit 𝛿𝑉 = 𝑦𝑑𝑥 – 𝑥𝑑𝑦 = 𝑃𝑑𝑥 + 𝑄𝑑𝑦 𝑎𝑣𝑒𝑐 𝑃 = 𝑦 𝑒𝑡 𝑄 = −𝑥
𝜕𝑃 𝜕𝑄
= 1 ≠ −1 =
𝜕𝑦 𝜕𝑥
Cette différentielle n’est donc pas exacte.
1 𝜕𝑃 𝜕𝑄 1
( − ) = − × 2 = 𝑓(𝑥)
𝑄 𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝑥
On peut adopter le facteur intégrant
1 𝜕𝑃 𝜕𝑄
∫𝑄(𝜕𝑦− 𝜕𝑥 )𝑑𝑥 −2𝑑𝑥 1
𝐹(𝑥) = 𝑒 = 𝑒∫𝑥 =
𝑥2
Posons
𝑦 1
𝑑𝑈 = 2
𝑑𝑥 – 𝑑𝑦 = 𝑀𝑑𝑥 + 𝑁𝑑𝑦 = 0
𝑥 𝑥
𝜕𝑈 𝑦 𝑦
𝑈=∫ 𝑑𝑥 = ∫ 𝑀 𝑑𝑥 = ∫ 2 𝑑𝑥 = − + 𝑘(𝑦) = 𝑐𝑡𝑒
𝜕𝑥 𝑥 𝑥
𝜕𝑈 𝜕 𝑦 1
= (− + 𝑘(𝑦)) = − + 𝑘 ′ (𝑦)
𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝑥 𝑥
𝜕𝑈 1
= − + 𝑘 ′ (𝑦)
𝜕𝑦 𝑥 1 1
⇒ − + 𝑘 ′ (𝑦) = − ⇒ 𝑘 ′ (𝑦) = 0 ⇒ 𝑘 = 𝑐𝑡𝑒
𝜕𝑈 1 𝑥 𝑥
= 𝑁 =–
𝜕𝑦 𝑥 }
donc
𝑦
= 𝑐𝑡𝑒
𝑥
Ou encore
𝑦 = 𝐶𝑥
8
Chapitre II : Différentielles totales – Facteurs intégrants

NB : il faut remarquer que


1 𝜕𝑄 𝜕𝑃 1 −2
( − ) = × (−1 − 1) = = 𝑓(𝑦)
𝑃 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝑦 𝑦
Et on a comme facteur intégrant
1 𝜕𝑄 𝜕𝑃
∫𝑃( 𝜕𝑥 −𝜕𝑦)𝑑𝑦
−2
∫ 𝑦 𝑑𝑦 1
𝐹(𝑦) = 𝑒 =𝑒 =
𝑦2
On pourra poser alors
1 𝑥
𝑑𝑈 = 𝑑𝑥 – 2 𝑑𝑦
𝑦 𝑦
𝜕𝑈 1 𝑥
𝑈=∫ 𝑑𝑥 = ∫ 𝑀 𝑑𝑥 = ∫ 𝑑𝑥 =
𝜕𝑥 𝑦 𝑦
Et on a
𝑥
= 𝑐𝑡𝑒
𝑦
𝑦 = 𝐶𝑥

II.4 Généralisation aux fonctions de plus de deux variables

Soient 𝑋(𝑥, 𝑦, 𝑧), 𝑌 (𝑥, 𝑦, 𝑧), 𝑍(𝑥, 𝑦, 𝑧) trois fonctions continues des trois variables
𝑥, 𝑦, 𝑧 et 𝛿𝑔 laforme différentielle :
𝛿𝑔 = 𝑋(𝑥, 𝑦, 𝑧)𝑑𝑥 + 𝑌(𝑥, 𝑦, 𝑧)𝑑𝑦 + 𝑍(𝑥, 𝑦, 𝑧)𝑑𝑧
𝛿𝑔est une forme différentielle totale exacte si :
𝜕𝑋 𝜕𝑌
= 𝜕𝑥
𝜕𝑦
𝜕𝑋 𝜕𝑍
= 𝜕𝑥 (I.15)
𝜕𝑧
𝜕𝑌 𝜕𝑍
{ 𝜕𝑧 = 𝜕𝑦
Plus généralement : Soient 𝑋1 (𝑥1 , 𝑥2 , . . . , 𝑥𝑛 ), 𝑋2 (𝑥1 , 𝑥2 , . . . , 𝑥𝑛 ),,..., 𝑋n (𝑥1 , 𝑥2 , . . . , 𝑥𝑛 ),
n fonctionscontinues des n variables 𝑥1 , 𝑥2 , . . . , 𝑥𝑛 et 𝛿𝑔 la forme différentielle :
𝛿𝑔 = 𝑋1 (𝑥1 , 𝑥2 , . . . , 𝑥𝑛 )𝑑𝑥1 + 𝑋2 (𝑥1 , 𝑥2 , . . . , 𝑥𝑛 )𝑑𝑥2 + ⋯ + 𝑋n (𝑥1 , 𝑥2 , . . . , 𝑥𝑛 )𝑑𝑥𝑛
est une forme différentielle totale exacte si :
pour 1 ≤ 𝑖, 𝑗 ≤ 𝑛
𝜕𝑋𝑖 𝜕𝑋𝑗
=
𝜕𝑥𝑗 𝜕𝑥𝑖
Exercice II.6 Soient trois variables indépendantes x, y et z. Montrer que
l’expression :
𝑑𝑈 = (3𝑥 2 𝑦𝑧)𝑑𝑥 + 𝑧(𝑥 3 + 2𝑦)𝑑𝑦 + 𝑦(𝑥 3 + 𝑦)𝑑𝑧

9
Chapitre II : Différentielles totales – Facteurs intégrants

est une différentielle totale. En déduire l’expression de 𝑈(𝑥, 𝑦, 𝑧).


Solution :
soit : 𝑝 = 3𝑥 2 𝑦𝑧 ; 𝑞 = 𝑧(𝑥 3 + 2𝑦) ; 𝑟 = 𝑦(𝑥 3 + 𝑦)𝑑𝑈 est une différentielle
totale si :
𝜕𝑝 𝜕𝑞
=
𝜕𝑦 𝜕𝑥
𝜕𝑝 𝜕𝑟
=
𝜕𝑧 𝜕𝑥
𝜕𝑞 𝜕𝑟
=
{𝜕𝑧 𝜕𝑦
𝜕𝑝 𝜕
= (3𝑥 2 𝑦𝑧) = 3𝑥 2 𝑧
𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝑝 𝜕𝑞
⇒ =
𝜕𝑞 𝜕 𝜕𝑦 𝜕𝑥
= [𝑧(𝑥 3 + 2𝑦)] = 3𝑥 2 𝑧
𝜕𝑥 𝜕𝑥 }
𝜕𝑝 𝜕
= (3𝑥 2 𝑦𝑧) = 3𝑥 2 𝑦 𝜕𝑝 𝜕𝑟
𝜕𝑧 𝜕𝑧 }⇒ =
𝜕𝑟 𝜕 3 2 𝜕𝑧 𝜕𝑥
= [𝑦(𝑥 + 𝑦)] = 3𝑥 𝑦
𝜕𝑥 𝜕𝑥
𝜕𝑞 𝜕
= [𝑧(𝑥 3 + 2𝑦)] = 𝑥 3 + 2𝑦
𝜕𝑧 𝜕𝑧 𝜕𝑞 𝜕𝑟
𝜕𝑟 𝜕 ⇒ =
3 3 𝜕𝑧 𝜕𝑦
= [𝑦(𝑥 + 𝑦)] = 𝑥 + 2𝑦
𝜕𝑦 𝜕𝑦 }
donc 𝑑𝑈 est une différentielle totale.
𝜕𝑈
= 3𝑥 2 𝑦𝑧 ⇒ 𝑈 = 𝑥 3 𝑦𝑧 + 𝑘(𝑦, 𝑧)
𝜕𝑥
𝜕𝑈 𝜕 𝜕𝑘(𝑦, 𝑧)
= (𝑥 3 𝑦𝑧 + 𝑘(𝑦, 𝑧)) = 𝑥 3 𝑧 + = 𝑞 = 𝑧(𝑥 3 + 2𝑦)
𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝑦
𝜕𝑘(𝑦, 𝑧)
⇒ = 𝑧(𝑥 3 + 2𝑦) − 𝑥 3 𝑧 = 2𝑦𝑧
𝜕𝑦
⇒ 𝑘(𝑦, 𝑧) = 𝑦 2 𝑧 + ℎ(𝑧)
⇒ 𝑈 = 𝑥 3 𝑦𝑧 + 𝑦 2 𝑧 + ℎ(𝑧)
𝜕𝑈 𝜕 3
⇒ = (𝑥 𝑦𝑧 + 𝑥 2 𝑧 + ℎ(𝑧)) = 𝑥 3 𝑦 + 𝑦 2 + ℎ′ (𝑧) = 𝑟 = 𝑦(𝑥 3 + 𝑦)
𝜕𝑧 𝜕𝑧
⇒ ℎ′ (𝑧) = 𝑦(𝑥 3 + 𝑦) − 𝑥 3 𝑦 − 𝑦 2 = 0
⇒ ℎ = 𝑐𝑡𝑒
On peut donc écrire
𝑈 = 𝑥 3 𝑦𝑧 + 𝑦 2 𝑧 + 𝐶

10
Chapitre II : Différentielles totales – Facteurs intégrants

Exercice II.7 Soient trois variables indépendantes x, y et z. La forme


différentielle suivante est-elle exacte? sinon déterminer un facteur intégrant :
𝛿𝑓 = 3𝑦 2 𝑧𝑑𝑥 + 4𝑥𝑦𝑧𝑑𝑦 + 3𝑥𝑦 2 𝑑𝑧
Solution
Posons
𝑀 = 3𝑦 2 𝑧 , 𝑁 = 4𝑥𝑦𝑧 , 𝑃 = 3𝑥𝑦 2
𝛿𝑓est exacte si et seulement si
𝜕𝑀 𝜕𝑁
=
𝜕𝑦 𝜕𝑥
𝜕𝑀 𝜕𝑃
=
𝜕𝑧 𝜕𝑥
𝜕𝑁 𝜕𝑃
=
{ 𝜕𝑧 𝜕𝑦
On a
𝜕𝑀
= 6𝑦𝑧 𝜕𝑀 𝜕𝑁
𝜕𝑦
⇒ ≠
𝜕𝑁 𝜕𝑦 𝜕𝑥
= 4𝑦𝑧 }
𝜕𝑥
𝛿𝑓n’est pas exacte.
Recherche d’un facteur intégrant
𝜕(𝜇𝑀) 𝜕(𝜇𝑁)
=
𝜕𝑦 𝜕𝑥
𝜕(𝜇𝑀) 𝜕(𝜇𝑃)
On cherche 𝜇(𝑥, 𝑦, 𝑧) tel que =
𝜕𝑧 𝜕𝑥
𝜕(𝜇𝑁) 𝜕(𝜇𝑃)
{ =
𝜕𝑧 𝜕𝑦

En développant, on a
𝜕𝜇 𝜕𝜇
6𝑦𝑧𝜇 + 3𝑦 2 𝑧 = 4𝑦𝑧𝜇 + 4𝑥𝑦𝑧
𝜕𝑦 𝜕𝑥
𝜕𝜇 𝜕𝜇
3𝑦 2 𝜇 + 3𝑦 2 𝑧 = 3𝑦 2 𝜇 + 3𝑥𝑦 2
𝜕𝑧 𝜕𝑥
𝜕𝜇 𝜕𝜇
4𝑥𝑦𝜇 + 4𝑥𝑦𝑧 = 6𝑥𝑦𝜇 + 3𝑥𝑦 2
{ 𝜕𝑧 𝜕𝑦
𝜕𝜇 𝜕𝜇
2𝜇 + 3𝑦 = 4𝑥 𝐿1
𝜕𝑦 𝜕𝑥
𝜕𝜇 𝜕𝜇
𝑧 =𝑥 𝐿2
𝜕𝑧 𝜕𝑥
𝜕𝜇 𝜕𝜇
4𝑧 = 2𝜇 + 3𝑦 𝐿3
{ 𝜕𝑧 𝜕𝑦
𝐿1 − 4𝐿2 ⟺ 𝐿3 donc le système est équivalent à :

11
Chapitre II : Différentielles totales – Facteurs intégrants

𝜕𝜇 𝜕𝜇
2𝜇 + 3𝑦 = 4𝑥 (𝑖)
𝜕𝑦 𝜕𝑥
𝜕𝜇 𝜕𝜇
{𝑧 𝜕𝑧 = 𝑥 𝜕𝑥 (𝑖𝑖)
𝜕𝜇
Choisissons =0
𝜕𝑧
𝜕𝜇 𝑑𝜇
Alors, (𝑖𝑖) ⟹ 𝜕𝑥 = 0 et (𝑖) devient 2𝜇 + 3𝑦 𝑑𝑦 = 0

On obtient
1 𝑑𝜇 2
=−
𝜇 𝑑𝑦 3𝑦
On peut prendre
2
𝜇 = 𝑦 −3
et
4 1 4
𝑑𝑈 = 3𝑦 3 𝑧𝑑𝑥 + 4𝑥𝑦 3 𝑧𝑑𝑦 + 3𝑥𝑦 3 𝑑𝑧

II.5 Différentielles totales et fonctions d’Etat

Soit 𝑑𝑍 une différentielle totale. Alors :


𝑧
2
∫𝑧 𝑑𝑍 = 𝑧2 − 𝑧1 = ∆𝑍 (II.16)
1

En physique, la fonction Z est dite équation d’état, et la valeur de ∆𝑍 ne dépend


pas du chemin suivi.
Soit 𝑑𝑉 une différentielle qui n’est pas totale. En physique, on la notera 𝛿𝑉.
Dans ce cas :
𝑧
2
∫𝑧 𝑑𝑍 ≠ 𝑧2 − 𝑧1 (II.17)
1

La valeur de ∆𝑍 dépend du chemin suivi.

12
Chapitre III : Equations linéaires aux dérivées partielles du premier ordre

Chapitre III Equations linéaires aux dérivées


partielles du premier ordre
III.1 Généralités

On donne le nom de système différentiel à tout système d’équations entre


plusieurs fonctions inconnues d’une même variable et leurs dérivées jusqu’à
un certain ordre.
Observons qu’il est toujours possible, en introduisant des fonctions inconnues
auxiliaires, de ramener un système différentiel quelconque à un système dans
lequel ne figurent que les dérivées du premier ordre des fonctions connues ;
c’est ainsi que le système :
𝑑2 𝑥
2
+ 5𝑥 − 𝑦 = 𝑐𝑜𝑠(2𝑡)
{𝑑𝑑𝑡2 𝑦 (III.1)
− 𝑥 + 3𝑦 = 0
𝑑𝑡 2

qui est du second ordre avec deux fonctions inconnues, peut se ramener en
𝑑𝑥 𝑑𝑦
introduisant les deux fonctions auxiliaires inconnues 𝑢 = et 𝑣 = à la
𝑑𝑡 𝑑𝑡

forme
𝑑𝑢
= −5𝑥 + 𝑦 + 𝑐𝑜𝑠(2𝑡)
𝑑𝑡
𝑑𝑣
= 𝑥 − 3𝑦
𝑑𝑡
𝑑𝑥 (III.2)
=𝑢
𝑑𝑡
𝑑𝑦
{ 𝑑𝑡 = 𝑣
qui fait intervenir quatre équations du premier ordre entre quatre fonctions
inconnues.
Nous nous limiterons ici à l’étude des systèmes du premier ordre de n
équations à n inconnues. Nous supposerons, de plus, ces équations résolues
par rapport aux dérivées des fonctions inconnues. Un tel système est dit sous
forme canonique :
𝑑𝑥1
= 𝑓1 (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 , 𝑡 )
𝑑𝑡
{ ⋮ (III.3)
𝑑𝑥𝑛
= 𝑓𝑛 (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 , 𝑡 )
𝑑𝑡

où𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 désignent n fonctions inconnues de la variable t. Ce système peut


s’écrire ;

13
Chapitre III : Equations linéaires aux dérivées partielles du premier ordre

𝑑𝑥𝑖
= 𝑓𝑖 (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 ), 𝑖 = 1, 𝑛
𝑑𝑡
Toute solution du système (III.3) vérifie nécessairement le système (III.4) ci-
dessous, obtenu en dérivant(𝑛 − 1) fois la première équation et en tenant
compte chaque fois des équations qui la suivent dans cesystème et donnent
𝑑𝑥1
= 𝑓1 (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 , 𝑡 )
𝑑𝑡

𝑑𝑥𝑛
= 𝑓𝑛 (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 , 𝑡 )
{ 𝑑𝑡
Toute solution du système (III.3) vérifie nécessairement le système (III.4) ci-
dessous, obtenu en dérivant (𝑛 − 1) fois la première équation et en tenant
compte chaque fois des équations qui la suivent dans ce système et
𝑑𝑥 𝑑𝑥2 𝑑𝑥𝑛
donnent 𝑑𝑡1 , ,…, en fonction de 𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 , 𝑡 :
𝑑𝑡 𝑑𝑡
𝑑𝑥1
= 𝑓1 (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 , 𝑡 )
𝑑𝑡
𝑑2 𝑥 1
= 𝜑2 (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 , 𝑡 ) (III.4)
𝑑𝑡 2

𝑑 𝑛 𝑥𝑛
{ 𝑑𝑡 𝑛 = 𝜑𝑛 (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 , 𝑡 )
Toute fonction 𝑥1 (𝑡) vérifiant le système est donc solution de l’équation
différentielle d’ordre n :
𝑑𝑥1 𝑑2 𝑥1 𝑑 𝑛 𝑥1
𝑅 (𝑡, 𝑥1 , , ,…, )=0 (III.5)
𝑑𝑡 𝑑𝑡 2 𝑑𝑡 𝑛

obtenue en éliminant 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 entre les équations (III.4).


Il résulte du théorème d’existence des solutions du système (III.3), et nous
admettrons sans démonstration que, réciproquement, si :
𝑥1 = 𝐹1 (𝑡, 𝐶1 , 𝐶2 , … , 𝐶𝑛 ) (III.6)
désigne l’intégrale générale de l’équation (III.5), l’intégrale générale du système
(III.3) s’obtient en portantdans les 𝑛 − 1 premières équations de (III.4) les
𝑑𝑥1 𝑑2 𝑥1 𝑑𝑛−1 𝑥1
valeurs de𝑥1 , , ,…, et en résolvant ces équations en 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 , sans
𝑑𝑡 𝑑𝑡 2 𝑑𝑡 𝑛−1

par conséquent effectuer aucune intégration nouvelle.


Exercice III.1 Déterminer les fonctions 𝑧(𝑥) et 𝑦(𝑥) telles que :
𝑑𝑦
𝑥 + 𝑦 + 2𝑧 = 0 (𝐼𝐼. 7𝑎)
{ 𝑑𝑥
𝑑𝑧 (III.7)
𝑥 𝑑𝑥 − 3𝑦 − 4𝑧 = 0 (𝐼𝐼. 7𝑏)

où x, une variable indépendante.

14
Chapitre III : Equations linéaires aux dérivées partielles du premier ordre

Solution
Cherchons à former une équation résolvante du second ordre en y ; nous
avons en dérivant la première équation du système (III.7) :
De (𝐼𝐼. 7𝑎) on a :
1 𝑑𝑦
𝑧 = 2 (−𝑥 𝑑𝑥 − 𝑦) (III.8)

Et
𝑑𝑧 1 𝑑 𝑑𝑦 𝑑𝑦 1 𝑑2 𝑦
= 2 𝑑𝑥 (−𝑥 𝑑𝑥 − 𝑦) = − 𝑑𝑥 − 2 𝑥 𝑑𝑥 2 (III.9)
𝑑𝑥

(III.8) et (III.9) dans (III.7b) donne


𝑑𝑦 1 𝑑 2 𝑦 𝑑𝑦
𝑥 [− − 𝑥 2 ] − 3𝑦 − 2 (−𝑥 − 𝑦) = 0
𝑑𝑥 2 𝑑𝑥 𝑑𝑥
C’est-à-dire
1 𝑑2𝑦 𝑑𝑦
− 𝑥2 2 + 𝑥 −𝑦 =0
2 𝑑𝑥 𝑑𝑥
Ou encore
𝑑2𝑦 𝑑𝑦
𝑥2 2
− 2𝑥 + 2𝑦 = 0
𝑑𝑥 𝑑𝑥
Les solutions de cette équation (équation d’Euler) sont de la forme 𝑦 = 𝑥 𝑟 .
Soit : 𝑦′ = 𝑟𝑥 𝑟−1 . et𝑦′′ = 𝑟(𝑟 − 1)𝑥 𝑟−2
D’où l’équation caractéristique :
𝑟(𝑟 − 1) − 2𝑟 + 2 = 0
qui a pour racine 𝑟 = 1et 𝑟 = 2. L’intégrale générale est :
𝑦 = 𝐴𝑥 + 𝐵𝑥 2
En portant ce résultat dans la première équation du système (III.7), nous
obtenons sans intégration nouvelle :
1 𝑑𝑦 3
𝑧 = (−𝑥 − 𝑦) = − 𝐵𝑥 2 − 𝐴𝑥
2 𝑑𝑥 2
où A et B sont des constantes réelles. On peut facilement vérifier que quelles
que soient les valeurs des constantes A et B, les fonctions y(x) et z(x) ainsi
trouvées vérifient bien le système d’équations différentielles (III.7).

15
Chapitre III : Equations linéaires aux dérivées partielles du premier ordre

III.2 Intégrales premières d’un système différentiel

On cherche à résoudre des systèmes différentiels du premier ordre donnés


sous forme canonique :
𝑑𝑥1
= 𝑓1 (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 , 𝑡 )
𝑑𝑡
{ ⋮ (III.10)
𝑑𝑥𝑛
= 𝑓𝑛 (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 , 𝑡 )
𝑑𝑡

On suppose que ce système admet une solution unique répondant aux


conditions initiales : 𝑥𝑖 = 𝑥𝑖0 pour 𝑡 = 𝑡0 .
L’ensemble des solutions dépend de n constantes arbitraires 𝐶1 , 𝐶2 , … , 𝐶𝑛 .
L’ensemble :
𝑥1 = 𝐹1 (𝐶1 , 𝐶2 , … , 𝐶𝑛 , 𝑡 )
{ ⋮ (III.11)
𝑥𝑛 = 𝐹𝑛 (𝐶1 , 𝐶2 , … , 𝐶𝑛 , 𝑡 )
constitue l’intégrale générale du système. Si l’on résout le système (III.11) par
rapport à Ci, on peut exprimer l’intégrale générale du système sous la forme :
𝜙1 (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 , 𝑡 ) = 𝐶1
{ ⋮ (III.12)
𝜙𝑛 (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 , 𝑡 ) = 𝐶𝑛
Les fonctions 𝜙𝑖 qui sont des constantes sont dites intégrales premières du
système (III.10).
D’une manière générale, on appelle intégrale première d’un système
différentiel, toute fonction de 𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 et qui se réduit à une constante si l’on
y remplace 𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 par des fonctions de t constituant une solution
quelconque de ce système.
On démontre que, réciproquement, toute intégrale première de ce système
peut s’exprimer en fonction des 𝜙𝑖 seules. Les intégrales premières ainsi mises
en causes (ou tout autre système de n intégrales premières indépendantes)
constituent un système fondamental d’intégrales premières.
Exercice III.2 Soit x, une variable indépendante. Déterminer les fonctions y(x)
et 𝑧(𝑥) solutions du système :
𝑑𝑦
𝑥 + 𝑦 + 2𝑧 = 0
{ 𝑑𝑥
𝑑𝑧 (III.13)
𝑥 𝑑𝑥 − 3𝑦 − 4𝑧 = 0

16
Chapitre III : Equations linéaires aux dérivées partielles du premier ordre

Solution :
De (III.10), on peut écrire
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑧
=− =
𝑥 (𝑦 + 2𝑧) 3𝑦 + 4𝑧
Les égalités exprimées dans l’équations (III.16) peuvent s’écrire :
𝑑𝑥 (−3)𝑑𝑦 (−2)𝑑𝑧 (−3)𝑑𝑦 + (−2)𝑑𝑧
=− = =
𝑥 (−3)(𝑦 + 2𝑧) (−2)(3𝑦 + 4𝑧) −(−3)(𝑦 + 2𝑧) + (−2)(3𝑦 + 4𝑧)
𝑑𝑥 3𝑑𝑦+2𝑑𝑧 𝑑(3𝑦+2𝑧)
= = (III.14)
𝑥 3𝑦+2𝑧 3𝑦+2𝑧

D’après l’équation (III.10), les fonctions 𝑢1(𝑥) = 3𝑦(𝑥) + 2𝑧(𝑥) et 𝑣(𝑥) = 𝑥


ayant la même différentielle logarithmique, elles ont un rapport constant.
3𝑦 + 2𝑧
𝜙1 = = 𝐶1
𝑥
C’est une intégrale première du système (III.10).
On peut par ailleurs écrire
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑧 𝑑𝑦+𝑑𝑧 1 𝑑(𝑦+𝑧)
= − (𝑦+2𝑧) = 3𝑦+4𝑧 = 2(𝑦+𝑧) = 2 (𝑦+𝑧)
(III.15)
𝑥

D’après l’équation (III.12), les fonctions 𝑢2 (𝑥) = 𝑦(𝑥) + 𝑧(𝑥) et 𝑣(𝑥) = 𝑥 ont
des différentielles logarithmiques proportionnelles, on a donc :
𝑦+𝑧
𝜙2 = = 𝐶2
𝑥2

III.2.1 Généralités sur les équations linéaires et homogènes aux


dérivées partielles du 1er ordre
Soit 𝑥𝑛 une variable indépendante.
Considérons n − 1 fonctions : 𝑥1 (𝑥𝑛 ), 𝑥2 (𝑥𝑛 ), . . . , 𝑥𝑛−1 (𝑥𝑛 ) vérifiant :
𝑑𝑥1 𝑑𝑥2 𝑑𝑥𝑛
=𝑋 =⋯=𝑋 (III.16)
𝑋1 (𝑥1 ,𝑥2 ,…,𝑥𝑛 ) 2 (𝑥1 ,𝑥2 ,…,𝑥𝑛 ) 𝑛 (𝑥1 ,𝑥2 ,…,𝑥𝑛 )

Ce système possède (n-1) intégrales premières. Soit 𝑓(𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 ) une


intégrale première du système.
Si les fonctions de 𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛−1 de 𝑥𝑛 vérifient le système, f se réduit à une
constante et sa différentielle est donc nulle.
𝜕𝑓 𝜕𝑓 𝜕𝑓
𝑑𝑥1 + 𝜕𝑥 𝑑𝑥2 + ⋯ + 𝜕𝑥 𝑑𝑥n = 0 (III.17)
𝜕𝑥1 2 n

D’après la relation (III.16), on a :


𝑋
𝑑𝑥𝑖 = 𝑋 𝑖 𝑑𝑥𝑛 (III.18)
𝑛

Il en résulte que la fonction f vérifie la relation :

17
Chapitre III : Equations linéaires aux dérivées partielles du premier ordre

𝜕𝑓 𝜕𝑓 𝜕𝑓
𝑋1 𝜕𝑥 + 𝑋2 𝜕𝑥 + ⋯ + 𝑋n 𝜕𝑥 = 0 (III.19)
1 2 n

𝜕𝑓
qui est linéaire, homogène par rapport aux dérivées partielles et qui
𝜕𝑥i

constitue donc une équation linéaire et homogène aux dérivées partielles du


1er ordre.
Réciproquement, si f est solution de l’équation (III.19) et si l’on y remplace par
des fonctions 𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛−1 de 𝑥𝑛 vérifiant l’équation (III.16), la relation (III.17)
est vérifiée. Donc, 𝑓 = 𝐶 est une intégrale première de l’équation (III.16).
Ainsi, l’ensemble des solutions de l’équation (III.19) est identique à l’ensemble
des intégrales premières du système différentiel (III.16) que l’on appelle
système adjoint ou caractéristique de l’équation (III.16).
Si on connait n−1 intégrales premières distinctes 𝑓1 , 𝑓2 , … , 𝑓𝑛−1 du système
adjoint, toute intégrale première f est fonction de 𝑓1 , 𝑓2 , … , 𝑓𝑛−1 . L’ensemble des
solutions de l’équation linéaire et homogène (III.13) est représentée par une
fonction de n − 1 intégrales premières du système adjoint :
𝑓 = Ω(𝑓1 , 𝑓2 , … , 𝑓𝑛−1 ) (III.17)

III.3 Equation linéaire et homogène aux dérivées partielles du


1er ordre dans le cas d’une fonction de 2 variables

Soit 𝑍 = 𝜑(𝑥, 𝑦) la fonction inconnue.


𝜕𝑍 𝜕𝑍
Soient 𝑝 = 𝜕𝑥 , 𝑞 = 𝜕𝑦ses dérivées partielles. Soit l’équation :
𝜕𝑍 𝜕𝑍
𝑝(𝑥, 𝑦, 𝑍) 𝜕𝑥 + 𝑞(𝑥, 𝑦, 𝑍) 𝜕𝑦 = 𝑅(𝑥, 𝑦, 𝑍) (III.18)

et
𝑓(𝑥, 𝑦, 𝑍) = 𝑓(𝑥, 𝑦, 𝜑(𝑥, 𝑦)) = 0 (III.19)
une équation implicite contenant Z.
D’après la théorie des fonctions implicites,
𝜕𝑍
𝑓𝑥 + 𝑓𝑍 𝜕𝑥 = 0
{ 𝜕𝑍 (III.20)
𝑓𝑦 + 𝑓𝑍 𝜕𝑦 = 0

D’où
𝜕𝑍 𝑓
𝑝 = 𝜕𝑥 = − 𝑓𝑥
{ 𝜕𝑍 𝑓𝑦
𝑍
(III.21)
𝑞 = 𝜕𝑦 = − 𝑓
𝑍

18
Chapitre III : Equations linéaires aux dérivées partielles du premier ordre

L’équation (III.18) s’écrit :


𝑓 𝑓𝑦
𝑝(𝑥, 𝑦, 𝑍) 𝑓𝑥 + 𝑞(𝑥, 𝑦, 𝑍) 𝑓 + 𝑅(𝑥, 𝑦, 𝑍) = 0 (III.22)
𝑍 𝑍

soit,
𝜕𝑓 𝜕𝑓 𝜕𝑓
𝑝(𝑥, 𝑦, 𝑍) + 𝑞(𝑥, 𝑦, 𝑍) + 𝑅(𝑥, 𝑦, 𝑍) =0
𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑍
On ramène ainsi l’intégration de (III.18) à celle d’une équation homogène. Si
𝜙1 = 𝐶1 et 𝜙2 = 𝐶2 sont deuxintégrales premières du système adjoint :
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑍
= =
𝑝(𝑥, 𝑦, 𝑍) 𝑞(𝑥, 𝑦, 𝑍) 𝑅(𝑥, 𝑦, 𝑍)
l’intégrale générale est une fonction arbitraire :
𝜙 = Ω(𝜙1 , 𝜙2 )
et l’équation générale des surfaces intégrales de l’équation (III.22) peut s’écrire:
Ω(𝜙1 , 𝜙2 ) = 0
Exercice III.3 Résoudre l’équation :
𝜕𝑍 𝜕𝑍
𝑥 + 2(𝑦 − 𝑎) = 𝑍(𝑥, 𝑦)
𝜕𝑥 𝜕𝑦
Solution :
Le système adjoint est :
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑍
= =
𝑥 2(𝑦 − 𝑎) 𝑍
De ce système, on obtient deux intégrales premières :
𝑑𝑦 𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑥
= ⇒ =2 ⇒ 𝑑[𝑙𝑛|𝑦 − 𝑎|] = 2𝑑[𝑙𝑛|𝑥|] = 𝑑[𝑙𝑛(𝑥 2 )]
2(𝑦 − 𝑎) 𝑥 (𝑦 − 𝑎) 𝑥
Donc
𝑦 − 𝑎 = 𝐶1 𝑥 2
Par ailleurs,
𝑑𝑍 𝑑𝑥
= ⇒ 𝑑[𝑙𝑛|𝑍|] = 𝑑[𝑙𝑛|𝑥|] ⇒ 𝑍 = 𝐶2 𝑥
𝑍 𝑥
Donc
𝑦 − 𝑎 = 𝐶1 𝑥 2
{
𝑍 = 𝐶2 𝑥
𝑦−𝑎
𝐶2 = Ω(𝐶1 ) = Ω ( 2 )
𝑥
𝑦−𝑎
𝑍 = 𝑥Ω ( 2 )
𝑥
Où Ω est une fonction arbitraire
19
Chapitre III : Equations linéaires aux dérivées partielles du premier ordre

III.4 Facteur intégrant d’une forme différentielle du premier


ordre à deux variables

III.4.1 Détermination d’un facteur intégrant de la forme 𝝁(𝒙, 𝒚)


Nous avons vu dans le paragraphe I.3.3, comment déterminer les facteurs
intégrants d’une forme différentielle non exacte de la forme 𝐹(𝑥) ou 𝐹(𝑦). Nous
recherchons ici les facteurs intégrants de la forme 𝜇(𝑥, 𝑦).
Soit
𝛿𝑉 = 𝑃(𝑥, 𝑦)𝑑𝑥 + 𝑄(𝑥, 𝑦)𝑑𝑦
une forme différentielle à 2 variables, telle que :
𝜕𝑃 𝜕𝑄

𝜕𝑦 𝜕𝑥
𝜇(𝑥, 𝑦)est un facteur intégrant, si
𝑑𝑈 = 𝜇𝑃(𝑥, 𝑦)𝑑𝑥 + 𝜇𝑄(𝑥, 𝑦)𝑑𝑦
est une différentielle totale, c’est à dire si :
𝜕(𝜇𝑃) 𝜕(𝜇𝑄)
=
𝜕𝑦 𝜕𝑥
Soit
𝜕𝜇 𝜕𝜇 𝜕𝑃 𝜕𝑄
𝑄 𝜕𝑥 − 𝑃 𝜕𝑦 = 𝜇 (𝜕𝑦 − 𝜕𝑥 ) (III.23)

L’équation (III.23) est une équation linéaire aux dérivées partielles du 1erordre.
le système adjoint s’écrit :
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝜇
=− = 𝜕𝑃 𝜕𝑄 (III.24)
𝑄 𝑃 𝜇( − )
𝜕𝑦 𝜕𝑥

En intégrant l’équation différentielle 𝑃𝑑𝑥 + 𝑄𝑑𝑦 = 0, on trouve une intégrale


première. Soit 𝜙(x, y) = 𝐶1 l’expression de cette intégrale première. On peut
calculer y en fonction de x et C1. 𝑃(𝑥, 𝑦)et𝑄(𝑥, 𝑦)deviennent alors des fonctions
de x et C1 de sorte que :
𝑑𝜇 1 𝜕𝑃 𝜕𝑄
= ( − ) 𝑑𝑥
𝜇 𝑄 𝜕𝑦 𝜕𝑥
est une équation différentielle à variables séparées. En intégrant on trouve :
𝜇 = 𝐶2 𝐹(𝑥, 𝐶1 )
soit,
𝐹(𝑥, 𝜙(𝑥, 𝑦)) = 𝐺(𝑥, 𝑦)
et

20
Chapitre III : Equations linéaires aux dérivées partielles du premier ordre

𝜇
𝐺(𝑥, 𝑦)
est la seconde intégrale première du système adjoint. On trouve tous les
𝜇
facteurs intégrants en écrivant que est une fonction de 𝜙(x, y), soit :
𝐺(𝑥,𝑦)

𝜇 = 𝐺(𝑥, 𝑦)𝐻(𝜙(𝑥, 𝑦))


H étant une fonction arbitraire d’une variable.
Exercice III.4 Trouver tous les facteurs intégrants de la forme différentielle :
𝛿𝑉 = −𝑦𝑑𝑥 + 𝑥𝑑𝑦
solution :
Soit 𝑀(𝑥, 𝑦) = −𝑦 et 𝑁(𝑥, 𝑦) = 𝑥.
𝜕𝑀
= −1 𝜕𝑀 𝜕𝑁
𝜕𝑦
⇒ ≠ la différentielle 𝛿𝑉 n’est pas exacte
𝜕𝑁 𝜕𝑦 𝜕𝑥
=1 }
𝜕𝑥
𝜇(𝑥, 𝑦)est un facteur intégrant de 𝛿𝑉 si la forme différentielle
𝑑𝑈 = −𝜇𝑦𝑑𝑥 + 𝜇𝑥𝑑𝑦
est exacte. 𝜇 doit donc vérifier :
𝜕(−𝜇𝑦) 𝜕(𝜇𝑥)
=
𝜕𝑦 𝜕𝑥
soit :
𝜕𝜇 𝜕𝜇
−𝜇 − 𝑦 =𝜇+𝑥
𝜕𝑦 𝜕𝑥
ou encore :
𝜕𝜇 𝜕𝜇
𝑥 +𝑦 = −2𝜇
𝜕𝑥 𝜕𝑦
Le système adjoint est donné par :
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝜇
= =−
𝑥 𝑦 2𝜇
Les intégrales premières de ce système adjoint sont :
𝑦 = 𝐶1 𝑥
{ 2 𝐶2
𝑥 =
𝜇
d’où
1 𝑦
𝜇(𝑥, 𝑦) = 2
Ω( )
𝑥 𝑥

21
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre


n à 2 variables
IV.1 Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables,
linéaires et homogène, à coefficients constants

IV.1.1. Définition
Soit :
𝜕𝑛 𝑍 𝜕𝑛 𝑍 𝜕𝑛 𝑍 𝜕𝑛 𝑍
Ω(𝑍) = 𝐴0 𝜕𝑥 𝑛 + 𝐴1 𝜕𝑥 𝑛−1 𝜕𝑦 + ⋯ + 𝐴𝑘 𝜕𝑥 𝑛−𝑘 𝜕𝑦 𝑘 + ⋯ + 𝐴𝑛 𝜕𝑦 𝑛 = 0 (IV.1)

où les 𝐴𝑘 sont des coefficients constants. Considérons l’équation :


φ(𝑟) = 𝐴0 𝑟 𝑛 + 𝐴1 𝑟 𝑛−1 + ⋯ + 𝐴𝑘 𝑟 𝑛−𝑘 + ⋯ + 𝐴𝑛 = 0 (IV.2)
Soient 𝛼1 , 𝛼2 , … , 𝛼𝑛 les racines réelles de cette équation. Si Ω(𝑍)désigne
l’opérateur constituant l’équation (IV.1), l’identité algébrique :
φ(𝑟) = (𝑍 − 𝛼1 )(𝑍 − 𝛼2 ) … (𝑍 − 𝛼𝑛 ) (IV.3)
a pour conséquence l’identité symbolique :
𝜕 𝜕 𝜕 𝜕 𝜕𝑍 𝜕𝑍
Ω(𝑍) = 𝐴0 (𝜕𝑥 − 𝛼1 𝜕𝑦) (𝜕𝑥 − 𝛼2 𝜕𝑦) … (𝜕𝑥 − 𝛼𝑛 𝜕𝑦) (IV.4)

Si on introduit les inconnues auxiliaires 𝑍𝑖 , le système (IV.10) est équivalent à


l’équation (IV.4) :
𝜕𝑍 𝜕𝑍
− 𝛼𝑛 𝜕𝑦 = 𝑍𝑛−1
𝜕𝑥
𝜕𝑍𝑛−1 𝜕𝑍𝑛−1
− 𝛼𝑛−1 𝜕𝑦 = 𝑍𝑛−2
𝜕𝑥
⋮ (IV.5)
𝜕𝑍𝑛−𝑘 𝜕𝑍𝑛−𝑘
− 𝛼𝑛−𝑘 = 𝑍𝑛−𝑘−1
𝜕𝑥 𝜕𝑦

𝜕𝑍1 𝜕𝑍1
{ 𝜕𝑥 − 𝛼1 𝜕𝑦
=0

Ces diverses équations sont des équations linéaires aux dérivées partielles en
𝑍1 puis en 𝑍2 , … , 𝑍𝑛−1 etZ.
exemple Pour n = 2, l’équation (IV.1) s’écrit :
𝜕2 𝑍 𝜕2 𝑍 𝜕2 𝑍
Ω(𝑍) = 𝐴0 𝜕𝑥 2 + 𝐴1 𝜕𝑥𝜕𝑦 + 𝐴2 𝜕𝑦 2 (IV.6)

L’équation (IV.4) devient :


𝜕 𝜕 𝜕𝑍 𝜕𝑍
Ω(𝑍) = 𝐴0 (𝜕𝑥 − 𝛼1 𝜕𝑦) (𝜕𝑥 − 𝛼2 𝜕𝑦) (IV.7)

Si on développe l’équation (IV.7), on obtient :

22
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

𝜕 𝜕 𝜕𝑍 𝜕𝑍 𝜕2 𝑍 𝜕2 𝑍 𝜕2 𝑍
(𝜕𝑥 − 𝛼1 𝜕𝑦) (𝜕𝑥 − 𝛼2 𝜕𝑦) = 𝜕𝑥 2 − (𝛼1 + 𝛼2 ) 𝜕𝑥𝜕𝑦 + 𝛼1 𝛼2 𝜕𝑥 2 (IV.8)

D’où : 𝐴0 = 1, 𝐴1 = −(𝛼1 + 𝛼2 ), 𝐴2 = 𝛼1 𝛼2 et
(𝑟 − 𝛼1 )(𝑟 − 𝛼2 ) = 𝑟 2 − (𝛼1 + 𝛼2 )𝑟 + 𝛼1 𝛼2

IV.1.2 Intégration
1èreétape : Considérons tout d’abord :
𝜕𝑍1 𝜕𝑍1
− 𝛼1 =0 (IV.9)
𝜕𝑥 𝜕𝑦

Considérons le changement de variable suivant :


𝑋 = 𝜆1 𝑥 + 𝜆2 𝑦
{ (IV.10)
𝑌 = 𝜇1 𝑥 + 𝜇2 𝑦
On cherche 𝜆1 , 𝜆2 , 𝜇1 𝑒𝑡 𝜇2 tels que 𝑉: (𝑥, 𝑦) ⟼ (𝑋 = 𝜆1 𝑥 + 𝜆2 𝑦, 𝑌 = 𝜇1 𝑥 + 𝜇2 𝑦) soit
bijective et que (IV.9) soit réduite.
𝜆 𝜆2
𝑉bijective⇔ | 1 |≠0
𝜇1 𝜇2
On peut écrire
𝜕𝑍1 𝜕𝑍1 𝜕𝑋 𝜕𝑍1 𝜕𝑌 𝜕𝑍1 𝜕𝑍1
= + = 𝜆1 + 𝜇1
𝜕𝑥 𝜕𝑋 𝜕𝑥 𝜕𝑌 𝜕𝑥 𝜕𝑋 𝜕𝑌
𝜕𝑍1 𝜕𝑍1 𝜕𝑋 𝜕𝑍1 𝜕𝑌 𝜕𝑍1 𝜕𝑍1
= + = 𝜆2 + 𝜇2
𝜕𝑦 𝜕𝑋 𝜕𝑦 𝜕𝑌 𝜕𝑦 𝜕𝑋 𝜕𝑌
Alors (IV.9) devient
𝜕𝑍1 𝜕𝑍1 𝜕𝑍1 𝜕𝑍1
𝜆1 + 𝜇1 − 𝛼1 (𝜆2 + 𝜇2 )=0
𝜕𝑋 𝜕𝑌 𝜕𝑋 𝜕𝑌
Ou encore
𝜕𝑍1 𝜕𝑍1
(𝜆1 − 𝛼1 𝜆2 ) + (𝜇1 − 𝛼1 𝜇2 ) =0 (IV.11)
𝜕𝑋 𝜕𝑌

On choisit 𝜆1 , 𝜆2 , 𝜇1 𝑒𝑡 𝜇2 tels que


(𝜆1 − 𝛼1 𝜆2 )(𝜆2 − 𝛼1 𝜇2 ) = 0
{ 𝜆1 𝜆2
| |≠0
𝜇1 𝜇2
Avec
𝜆1 = 𝛼1 , 𝜆2 = 1, 𝜇1 = − 𝛼1 𝑒𝑡 𝜇2 = 0
𝜆 𝜆2 𝛼 1
On a bien | 1 |=| 1 | = 𝛼1 qui n’est nul que si l’équation (IV.9) est déjà
𝜇1 𝜇2 −𝛼1 0
𝜕𝑍1
sous forme réduite = 0.
𝜕𝑥

Aussi, (𝜆1 − 𝛼1 𝜆2 ) = 0
Et (IV.11) devient

23
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

𝜕𝑍1
=0
𝜕𝑌
Ainsi,
𝑍1 = φ1 (𝑋) = φ1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) (IV.12)
Où φ1 est une fonction arbitraire.
𝜕𝑍
Cette solution est valable même pour 𝛼1 = 0 car l’équation (IV.9) devient 𝜕𝑥1 = 0

et la solution 𝑍1 = φ1 (𝑦).
2ème étape : Portons cette valeur de Z1 dans l’équation :
𝜕𝑍2 𝜕𝑍2
− 𝛼2 = 𝑍1 (IV.13)
𝜕𝑥 𝜕𝑦

Soit
𝜕𝑍2 𝜕𝑍2
− 𝛼2 = φ1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) (IV.14)
𝜕𝑥 𝜕𝑦

L’intégration dépend des valeurs respectives de 𝛼1 et 𝛼2 .


1. Premier cas : 𝛼1 ≠ 𝛼2
Considérons le changement de variable
𝑋 = 𝛼1 𝑥 + 𝑦
{
𝑌 = 𝛼2 𝑥 + 𝑦
On peut écrire
𝜕𝑍2 𝜕𝑍2 𝜕𝑋 𝜕𝑍2 𝜕𝑌 𝜕𝑍2 𝜕𝑍2
= + = 𝛼1 + 𝛼2
𝜕𝑥 𝜕𝑋 𝜕𝑥 𝜕𝑌 𝜕𝑥 𝜕𝑋 𝜕𝑌
𝜕𝑍2 𝜕𝑍2 𝜕𝑋 𝜕𝑍2 𝜕𝑌 𝜕𝑍2 𝜕𝑍2
= + = +
𝜕𝑦 𝜕𝑋 𝜕𝑦 𝜕𝑌 𝜕𝑦 𝜕𝑋 𝜕𝑌
Ainsi, (IV.14) devient
𝜕𝑍2 𝜕𝑍2 𝜕𝑍2 𝜕𝑍2
𝛼1 + 𝛼2 − 𝛼2 ( + ) = φ1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) = φ1 (𝑋)
𝜕𝑋 𝜕𝑌 𝜕𝑋 𝜕𝑌
Ou encore
𝜕𝑍2
(𝛼1 − 𝛼2 ) = φ1 (𝑋)
𝜕𝑋
Il en résulte que
1
𝑍2 = ∫ φ (𝑋)𝑑𝑋 + 𝐾(𝑌)
(𝛼1 − 𝛼2 ) 1
D’où
𝑍2 = ϕ1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + ϕ2 (𝛼2 𝑥 + 𝑦)
Où ϕ1 et ϕ2 sont des fonctions arbitraires respectives de (𝛼1 𝑥 + 𝑦) et (𝛼2 𝑥 + 𝑦).
2. Deuxième cas : 𝛼1 = 𝛼2

24
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

𝜕𝑍2 𝜕𝑍2
− 𝛼1 = φ1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) (IV.15)
𝜕𝑥 𝜕𝑦

Considérons la transformation :
𝑋 = 𝛼1 𝑥 + 𝑦
{
𝑌=𝑥
𝜕𝑍2 𝜕𝑍2 𝜕𝑋 𝜕𝑍2 𝜕𝑌 𝜕𝑍2 𝜕𝑍2
= + = 𝛼1 +
𝜕𝑥 𝜕𝑋 𝜕𝑥 𝜕𝑌 𝜕𝑥 𝜕𝑋 𝜕𝑌
𝜕𝑍2 𝜕𝑍2 𝜕𝑋 𝜕𝑍2 𝜕𝑌 𝜕𝑍2
= + =
𝜕𝑦 𝜕𝑋 𝜕𝑦 𝜕𝑌 𝜕𝑦 𝜕𝑋
Et (IV.15) donne
𝜕𝑍2 𝜕𝑍2 𝜕𝑍2
𝛼1 + − 𝛼1 = φ1 (𝑋)
𝜕𝑋 𝜕𝑌 𝜕𝑋
𝜕𝑍2
= φ1 (𝑋) ⇒ 𝑍2 = 𝑌φ1 (𝑋) + 𝐾(𝑋)
𝜕𝑌
𝑍2 = 𝑥φ1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + 𝐾(𝛼1 𝑥 + 𝑦)
d’où
𝑍2 = 𝑥ϕ1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + ϕ2 (𝛼1 𝑥 + 𝑦)
avec ϕ1 et ϕ2 sont des fonctions arbitraires de (𝛼1 𝑥 + 𝑦).
3ème étape Résolution de :
𝜕𝑍3 𝜕𝑍3
− 𝛼3 = 𝑍2 (IV.16)
𝜕𝑥 𝜕𝑦

1. Premier cas : 𝛼1 , 𝛼2 𝑒𝑡 𝛼1 deux à deux distincts


Alors
𝑍2 = ϕ1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + ϕ2 (𝛼2 𝑥 + 𝑦)
Et (IV.16) s’écrit
𝜕𝑍3 𝜕𝑍3
− 𝛼3 = ϕ1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + ϕ2 (𝛼2 𝑥 + 𝑦)
𝜕𝑥 𝜕𝑦
Considérons la transformation
𝑋 = 𝛼3 𝑥 + 𝑦
{ (IV.17)
𝑌 = −𝛼3 𝑥
𝜕𝑍3 𝜕𝑍3 𝜕𝑋 𝜕𝑍3 𝜕𝑌 𝜕𝑍3 𝜕𝑍3
= + = 𝛼3 − 𝛼3
𝜕𝑥 𝜕𝑋 𝜕𝑥 𝜕𝑌 𝜕𝑥 𝜕𝑋 𝜕𝑌
𝜕𝑍3 𝜕𝑍3 𝜕𝑋 𝜕𝑍3 𝜕𝑌 𝜕𝑍3
= + =
𝜕𝑦 𝜕𝑋 𝜕𝑦 𝜕𝑌 𝜕𝑦 𝜕𝑋
Donc
𝜕𝑍3
−𝛼3 = ϕ1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + ϕ2 (𝛼2 𝑥 + 𝑦) (IV.18)
𝜕𝑌

25
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

𝛼3 −𝛼1
𝑥=
−1
𝑌 𝛼1 𝑥 + 𝑦 = 𝑋 + ( )𝑌
𝛼3
(IV.17) ⇒ { 𝛼3 ⇒{ 𝛼3 −𝛼2
𝑦 =𝑋+𝑌 𝛼2 𝑥 + 𝑦 = 𝑋 + ( )𝑌
𝛼3

et (IV.18) s’écrit :
𝜕𝑍3 𝛼3 −𝛼1 𝛼3 −𝛼2
= ϕ1 (𝑋 + ( ) 𝑌) + ϕ2 (𝑋 + ( ) 𝑌) (IV.19)
𝜕𝑌 𝛼3 𝛼3

Alors,
𝛼3 𝛼 − 𝛼1 𝛼3 𝛼 − 𝛼2
𝑍3 = ̃1 (𝑋 + ( 3
ϕ ) 𝑌) + ̃2 (𝑋 + ( 3
ϕ ) 𝑌) + 𝐾(𝑋)
𝛼3 − 𝛼1 𝛼3 𝛼3 − 𝛼2 𝛼3
̃1 et ϕ
Où ϕ ̃2 sont des primitives respectives de ϕ1 et ϕ2 et 𝐾(𝑋) une
constante de Y, éventuellement fonction de X.
On peut donc écrire
𝑍3 = 𝜓1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + 𝜓2 (𝛼2 𝑥 + 𝑦) + 𝜓3 (𝛼3 𝑥 + 𝑦)
2. deuxième cas : 𝛼1 = 𝛼2 ≠ 𝛼3
l’équation à résoudre est la suivante :
𝜕𝑍3 𝜕𝑍3
− 𝛼3 = 𝑍2 = 𝑥ϕ1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + ϕ2 (𝛼1 𝑥 + 𝑦)
𝜕𝑥 𝜕𝑦
Et avec le changement de variables (IV.17), on a :
𝜕𝑍3
−𝛼3 = 𝑥ϕ1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + ϕ2 (𝛼1 𝑥 + 𝑦)
𝜕𝑌
−1 𝛼3 − 𝛼1 𝛼3 − 𝛼1
= 𝑌ϕ1 (𝑋 + ( ) 𝑌) + ϕ2 (𝑋 + ( ) 𝑌)
𝛼3 𝛼3 𝛼3
1 𝛼3 − 𝛼1 1 𝛼3 − 𝛼1
𝑍3 = ∫ 𝑌ϕ1 (𝑋 + ( ) 𝑌) 𝑑𝑌 − ∫ ϕ 2 (𝑋 + ( ) 𝑌) 𝑑𝑌
𝛼32 𝛼3 𝛼3 𝛼3
1 𝛼 − 𝛼1
= ̃1 (𝑋 + ( 3
𝑌ϕ ) 𝑌)
𝛼3 (𝛼3 − 𝛼1 ) 𝛼3
1 𝛼 − 𝛼1
− ̃1 (𝑋 + ( 3
∫ϕ ) 𝑌) 𝑑𝑌
𝛼3 (𝛼3 − 𝛼1 ) 𝛼3
1 𝛼3 − 𝛼1
− ∫ ϕ2 (𝑋 + ( ) 𝑌) 𝑑𝑌 + 𝐾(𝑋)
𝛼3 𝛼3
C’est-à-dire
1 𝛼 − 𝛼1 1 ̃ 𝛼 − 𝛼1
𝑍3 = ̃1 (𝑋 + ( 3
𝑌ϕ ) 𝑌) − ̃1 (𝑋 + ( 3
ϕ ) 𝑌)
𝛼3 (𝛼3 − 𝛼1 ) 𝛼3 (𝛼3 − 𝛼1 )2 𝛼3
1 𝛼 − 𝛼1
− ̃2 (𝑋 + ( 3
ϕ ) 𝑌) + 𝐾(𝑋)
𝛼3 − 𝛼1 𝛼3
On a

26
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

1 𝛼 − 𝛼1 −1
̃1 (𝑋 + ( 3
𝑌ϕ ) 𝑌) = ̃ (𝛼 𝑥 + 𝑦)
𝑥ϕ
𝛼3 (𝛼3 − 𝛼1 ) 𝛼3 (𝛼3 − 𝛼1 ) 1 1
1 𝛼 − 𝛼1 1
− ̃1 (𝑋 + ( 3
ϕ ) 𝑌) = − ̃ (𝛼 𝑥 + 𝑦)
ϕ
(𝛼3 − 𝛼1 ) 2 𝛼3 (𝛼3 − 𝛼1 )2 1 1
1 𝛼 − 𝛼1 1
− ̃2 (𝑋 + ( 3
ϕ ) 𝑌) = − ̃ (𝑋𝛼1 𝑥 + 𝑦)
ϕ
𝛼3 − 𝛼1 𝛼3 𝛼3 − 𝛼1 2
𝐾(𝑋) = 𝐾(𝛼3 𝑥 + 𝑦)
Avec :
• ϕ1 , ϕ2 , 𝐾 : fonctions arbitraires d’une variable ;
• ̃1 , ϕ
ϕ ̃2 : primitives respectives de ϕ1 et ϕ2 ;

• ̃1 : primitive de ϕ
ϕ ̃1
D’où
𝑍3 = 𝜓1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + 𝑥𝜓2 (𝛼2 𝑥 + 𝑦) + 𝜓3 (𝛼3 𝑥 + 𝑦)
3. Troisième cas : 𝛼1 = 𝛼2 = 𝛼3 Il faut résoudre :
𝜕𝑍3 𝜕𝑍3
− 𝛼1 = 𝑍2 = 𝑥ϕ1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + ϕ2 (𝛼1 𝑥 + 𝑦)
𝜕𝑥 𝜕𝑦
Avec le changement de variable
𝑋 = 𝛼1 𝑥 + 𝑦
{
𝑌=𝑥
On a
𝜕𝑍3
= 𝑌ϕ1 (𝑋) + ϕ2 (𝑋)
𝜕𝑌
Ce qui donne immédiatement
𝑌2
𝑍3 = ϕ (𝑋) + 𝑌ϕ2 (𝑋) + 𝐾(𝑋)
2 1
Ou encore
𝑍3 = 𝑥 2 Ω1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + 𝑥Ω2 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + Ω3 (𝛼1 𝑥 + 𝑦)

IV.1.3 Généralisation
1. Si l’équation caractéristique φ(𝑟) = 0 n’admet que des racines simples
𝛼1 , 𝛼2 , … , 𝛼n , l’intégrale générale est donnée par :
𝑍 = Ω1 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + Ω2 (𝛼1 𝑥 + 𝑦) + ⋯ + Ω𝑛 (𝛼𝑛 𝑥 + 𝑦) (IV.20)
2. Si l’équation caractéristique φ(𝑟) = 0 admet des racines multiples 𝛼𝑘
d’ordre 𝑝𝑘 à chaque racine correspond un polynôme entier de degré𝑝𝑘 −
1 en x de la forme :

27
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

Ω1 (𝛼𝑘 𝑥 + 𝑦) + 𝑥Ω2 (𝛼𝑘 𝑥 + 𝑦) + 𝑥 2 Ω3 (𝛼𝑘 𝑥 + 𝑦) + ⋯ + 𝑥 𝑝𝑘−1 Ω𝑝𝑘 (𝛼𝑘 𝑥 + 𝑦)


où les Ω𝑖 sont des fonctions arbitraires d’une variable.
Exercice IV.1 Résoudre l’équation aux dérivées partielles d’ordre 3 suivante :
𝜕3 𝑧 𝜕3 𝑧 𝜕3 𝑧 𝜕3 𝑧
− 2 𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 − 𝜕𝑥𝜕𝑦 2 + 2 𝜕𝑦 3 = 0 (IV.21)
𝜕𝑥 3

Solution
L’équation caractéristique est :
𝑟 3 − 2𝑟 2 − 𝑟 + 2 = 0 (IV.22)
Soit
(𝑟 − 2)(𝑟 − 1)(𝑟 + 1) = 0
l’équation (IV.22) n’admet que des racines simples, d’où :
𝑍(𝑥, 𝑦) = Ω1 (𝑦 − 𝑥) + Ω2 (𝑦 + 𝑥) + Ω3 (𝑦 + 2𝑥)
Avec Ω1 , Ω2 𝑒𝑡 Ω3 trois fonctions arbitraires d’une variable

IV.1.4 Equations aux dérivées partielles à 3 variables,


linéaires et homogène, à coefficients constants
Soit la différentielle :
𝑑𝑍 = 𝐴(𝑥, 𝑦, 𝑍)𝑑𝑥 + 𝐵(𝑥, 𝑦, 𝑍)𝑑𝑦 (IV.23)
où𝑑𝑥, 𝑑𝑦, 𝑒𝑡 𝑑𝑍 désignent les différentielles de 3 variables parmi les quelles 2
sont indépendantes, parexemple x et y. Si on considère 𝑍(𝑥, 𝑦) comme une
fonction inconnue des 2 variables indépendantes x et y, l’équation (IV.23) est
équivalente aux deux équations aux dérivées partielles :
𝜕𝑍
= 𝐴(𝑥, 𝑦, 𝑍)
𝜕𝑥
𝜕𝑍
= 𝐵(𝑥, 𝑦, 𝑍)
{𝜕𝑦
𝜕 2𝑍 𝜕 𝜕𝐵 𝜕𝐵 𝜕𝑍 𝜕𝐵 𝜕𝐵
= [𝐵(𝑥, 𝑦, 𝑍)] = + = +𝐴
𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑍 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑍
2
𝜕 𝑍 𝜕 𝜕𝐴 𝜕𝐴 𝜕𝑍 𝜕𝐴 𝜕𝐴
= [𝐴(𝑥, 𝑦, 𝑍)] = + = +𝐵
{ 𝜕𝑦𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝑍 𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝑍
D’après l’égalité des dérivées secondes :
𝜕𝐵 𝜕𝐵 𝜕𝐴 𝜕𝐴
+ 𝐴 𝜕𝑍 = 𝜕𝑦 + 𝐵 𝜕𝑍 (IV.24)
𝜕𝑥

Si la relation (IV.24) est vérifiée, x et y étant des variables indépendantes,


l’équation (IV.23) est complètement intégrable.
Exercice IV.2 Intégrer :

28
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

𝑥 𝑦
𝑑𝑍 = 𝑍 𝑑𝑥 + 𝑍 𝑑𝑦 (IV.25)

Solution
Posons
𝑥 𝑦
𝐴= ,𝐵 =
𝑍 𝑍
𝜕𝐵 𝜕𝐵 𝜕 𝑦 𝑥 𝜕 𝑦 𝑥𝑦
+𝐴 = [ ]+ [ ]=− 3
𝜕𝑥 𝜕𝑍 𝜕𝑥 𝑍 𝑍 𝜕𝑍 𝑍 𝑍
𝜕𝐴 𝜕𝐴 𝜕 𝑥 𝑦 𝜕 𝑥 𝑥𝑦
+𝐵 = [ ]+ [ ]=− 3
𝜕𝑦 𝜕𝑍 𝜕𝑦 𝑍 𝑍 𝜕𝑍 𝑍 𝑍
On a
𝜕𝐵 𝜕𝐵 𝜕𝐴 𝜕𝐴
+𝐴 = +𝐵
𝜕𝑥 𝜕𝑍 𝜕𝑦 𝜕𝑍
Donc (IV.25) est complètement intégrable
1 1
(IV. 25) ⇒ 𝑍𝑑𝑍 = 𝑥𝑑𝑥 + 𝑦𝑑𝑦 ⇒ 𝑑 [ 𝑍 2 ] = 𝑑 [ (𝑥 2 + 𝑦 2 )]
2 2
D’où
𝑍2 = 𝑥2 + 𝑦 2 + 𝐶

IV.2. Équations aux dérivées partielles du 2ème ordre (équations


hyperboliques, équations paraboliques, équations elliptiques)

Définition IV.2.1
Soit f une fonction de deux variables x et y. On appelle équation aux dérivées
partielles du 2ème ordre, une relation de la forme
𝜕𝑓 𝜕𝑓 𝜕2 𝑓 𝜕2 𝑓 𝜕2 𝑓
𝐹 (𝑥, 𝑦, 𝑓, 𝜕𝑥 , 𝜕𝑦 , 𝜕𝑥 2 , 𝜕𝑥𝜕𝑦 , 𝜕𝑦 2 ) = 0 (IV.26)

faisant intervenir f et ses dérivées partielles jusqu'à l'ordre 2.


Exemple IV.2.1
𝜕 2𝑓 𝜕 𝜕𝑓 𝜕𝑓
2
=0⇒ ( )=0⇒ = 𝑔(𝑦)
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥
D’où
𝑓 = 𝑥𝑔(𝑦) + ℎ(𝑦)
Avec g et h des fonctions arbitraires.
ExempleIV.2.2
𝜕 2𝑓 𝜕 𝜕𝑓 𝜕𝑓
=0⇒ ( )=0⇒ = 𝑘(𝑦) ⇒ 𝑓 = ∫ 𝑘(𝑦)𝑑𝑦 + ℎ(𝑥)
𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑦

29
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

D’où
𝑓(𝑥, 𝑦) = ℎ(𝑥) + 𝑔(𝑦)
h et g étant des fonctions arbitraires d’une variable.
Considérons une équation aux dérivées partielles du second ordre de la
Forme
𝜕2 𝑧 𝜕2 𝑧 𝜕2 𝑧 𝜕𝑧 𝜕𝑧
𝑎(𝑥, 𝑦) 𝜕𝑥 2 + 𝑏(𝑥, 𝑦) 𝜕𝑥𝜕𝑦 + 𝑐(𝑥, 𝑦) 𝜕𝑦 2 = 𝐹 (𝑥, 𝑦, 𝑧, 𝜕𝑥 , 𝜕𝑦) (IV.27)

où 𝑧 = 𝑓(𝑥; 𝑦) est la fonction inconnue et a, b, c, F sont des fonctions données


dans un domaine 𝐷 ⊂ ℝ2 . On cherche une solution z de l'équation ci-dessus
en supposant que la valeur de z sur une courbe 𝛾 ainsi que celle de ses
𝜕𝑧 𝜕𝑧
dérivées , sont connues. Autrement dit, (problème de Cauchy) on cherche
𝜕𝑥 𝜕𝑦
𝜕𝑧
une solution z de cette équation connaissant z et la dérivée normale sur la
𝜕𝑛

courbe 𝛾
Définition IV.2.2 Une caractéristique (Monge) pour l'équation ci-dessus est
une courbe dans D satisfaisant à l'équation différentielle :
𝜕𝑦 2 𝜕𝑦
𝑎 (𝜕𝑥 ) − 𝑏 (𝜕𝑥 ) + 𝑐 = 0 (IV.28)

L'équation (IV.27) est dite du type :


(i) hyperbolique dans D si en tout point de D, 𝑏 2 − 4𝑎𝑐 > 0. Dans ce
cas, on peut résoudre l'équation (IV.28) localement, ce qui montre
que par tout point passent deux caractéristiques réelles. On montre
que la transformation
−𝑏+√𝑏 2 −4𝑎𝑐
𝜉= 𝑥+𝑦
2𝑎
{ (IV.29)
−𝑏−√𝑏2 −4𝑎𝑐
𝜂= 𝑥+𝑦
2𝑎

où 𝑎 ≠ 0, ramène l'équation (IV.27) à une équation du type


𝜕2 𝑧 𝜕𝑧 𝜕𝑧
= 𝐹 (𝜉, 𝜂, 𝑧, 𝜕𝜉 , 𝜕𝜂) (IV.30)
𝜕𝜉𝜕𝜂

et s'appelle forme canonique de type hyperbolique.


ExempleIV.2.3
L'équation des cordes vibrantes :
𝜕 2𝑍 2
𝜕 2𝑍
= 𝑘
𝜕𝑥 2 𝜕𝑡 2

30
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

où z(x; t) est le déplacement du point d'abscisse x à l'instant t. C'est une


équation hyperbolique (𝑎 = 1, 𝑏 = 0, 𝑐 = −𝑘 2 ). Elle se généralise à trois
dimensions spatiales en l'équation des ondes :
𝜕2 𝑢 𝜕2 𝑢 𝜕2 𝑢 𝜕2 𝑢
+ 𝜕𝑦 2 + 𝜕𝑧 2 = 𝑘 2 𝜕𝑡 2 (IV.31)
𝜕𝑥 2

(ii) parabolique si 𝑏 2 − 4𝑎𝑐 = 0. Dans ce cas, les deux caractéristiques


sont confondues. Supposons que 𝑎 ≠ 0et posons
𝑏
𝜉 = 2𝑎 𝑥 + 𝑦
{ 𝑏 (IV.32)
𝜂 = − 2𝑎 𝑥 + 𝑦

l'équation (IV.27) s’écrit :


𝜕2 𝑍 𝜕𝑧 𝜕𝑧
= 𝐹 (𝜉, 𝜂, 𝑧, 𝜕𝜉 , 𝜕𝜂) (IV.33)
𝜕𝜉 2

et s'appelle forme canonique de type parabolique.


ExempleIV.2.4
L'équation de la chaleur :
𝜕𝑧 𝜕2 𝑧
= 𝛼 𝜕𝑥 2 (IV.34)
𝜕𝑡

Où t est le temps, z la température d’un corps et 𝛼 une constante. C’est


une équation parabolique (𝑎 = 𝛼 2 , 𝑏 = 𝑐 = 0).
(iii) Elliptique si 𝑏 2 − 4𝑎𝑐 < 0. Dans ce cas, les caractéristiques sont
imaginaires. Si 𝑎 ≠ 0, la transformation (ou changement de variables)
𝑏
𝜉 = − 2𝑎 𝑥 + 𝑦
{ √4𝑎𝑐−𝑏 2
(IV.35)
𝜂= 𝑥
2𝑎

permet de réécrire l’équation (IV.27) :


𝜕2 𝑍 𝜕2 𝑍 𝜕𝑍 𝜕𝑍
+ 𝜕𝜂2 = 𝐹 (𝜉, 𝜂, 𝑍, 𝜕𝜉 , 𝜕𝜂 ) (IV.36)
𝜕𝜉 2

et s’appelle forme canonique de type elliptique


ExempleIV.2.4
L’équation des foncions harmoniques (ou équation de Laplace à deux
variables) :
𝜕 2𝑍 𝜕 2𝑍
+ =0
𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 2

31
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

est elliptique (𝑎 = 𝑐 = 1, 𝑏 = 0). En dimension trois, l’équation de Laplace (ou


équation du potentiel) s’écrit :
𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢
+ + =0
𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 2 𝜕𝑧 2
Soit
𝜕2 𝑢 𝜕𝑢
∑𝑛𝑖,𝑗=1 𝑎𝑖,𝑗 (𝑥) + ∑𝑛𝑖=1 𝑏𝑖 (𝑥) 𝜕𝑥 + 𝑐(𝑥)𝑢 = 𝑔(𝑥) (IV.37)
𝜕𝑥𝑖 𝜕𝑥𝑗 𝑖

L’équation du 2ème ordre linéaire non homogène où 𝑥 = (𝑥1 , 𝑥2 , … , 𝑥𝑛 ) ∈ Ω ⊂ ℝ𝑛 ,


les coefficients 𝑎𝑖,𝑗 (𝑥), 1 ≤ 𝑖, 𝑗 ≤ 𝑛 sont réels, les solutions u de cette équation

appartient à 𝐶 2 (Ω), la matrice 𝐴(𝑥) = (𝑎𝑖,𝑗 (𝑥)) est symétrique. Soient 𝑥0 ∈


1≤𝑖,𝑗≤𝑛

Ω un point arbitraire et 𝜆1 (𝑥0 ), … , 𝜆𝑛 (𝑥0 ) les valeurs propres de la matrice 𝐴(𝑥0 )


(ces valeurs propres sont nécessairement réelles). On note 𝑛+ = 𝑛+ (𝑥0 ) le
nombre de valeurs propres positives, 𝑛− = 𝑛− (𝑥0 ) le nombre de valeurs propres
négatives, 𝑛0 = 𝑛0 (𝑥0 ) le nombre de valeurs propres nulles et 𝑛 = 𝑛+ + 𝑛− + 𝑛0 .
L’équation aux dérivées partielles ci-dessus est dite :
✓ elliptique (au point 𝑥0 ) si 𝑛+ = 𝑛 ou 𝑛− = 𝑛. Elle est elliptique sur un
ensemble 𝐸 ⊂ Ω, si elle l’est en tout point de E. Par exemple, l’équation
de Poisson : Δ𝑢 = 𝑓 est elliptique dans ℝ𝑛 .
✓ hyperbolique (au point 𝑥0 ) si (𝑛+ = 𝑛 − 1 𝑒𝑡 𝑛− = 1) ou (𝑛+ = 1 𝑒𝑡 𝑛− = 𝑛 −
1). Elle est hyperbolique sur un ensemble 𝐸 ⊂ Ω, si elle l’est en tout point
de E.
✓ parabolique si 𝑛0 > 0. Elle est parabolique sur un ensemble 𝐸 ⊂ Ω, si elle
l’est en tout point de E. Par exemple, l’équation de la chaleur :
𝜕2 𝑢 𝜕2 𝑢 𝜕𝑢
+ ⋯ + 𝜕𝑥 2 − 𝜕𝑥 = 𝑔(𝑥) (IV.38)
𝜕𝑥12 𝑛−1 𝑛

est parabolique dans ℝ𝑛 .


ExempleIV.2.5
On se propose d'étudier pour l'équation des cordes vibrantes, le problème de
Cauchy : étant données deux fonctions 𝑢, 𝑣 ∈ 𝐶 2 ([𝑎, 𝑏]), trouver unesolution
𝑧(𝑥, 𝑡) de l'équation
𝜕 2𝑧 𝜕 2𝑧
=
𝜕𝑡 2 𝜕𝑥 2
telle que

32
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

𝜕𝑧
𝑧(𝑥, 0) = 𝑢(𝑥), (𝑥, 0) = 𝑣(𝑥)
𝜕𝑡
Solution
Deux méthodes peuvent être utilisées pour l’intégrale générale
- 1ère méthode : équation caractéristique
On a
𝜕 2𝑧 𝜕 2𝑧 𝜕 2𝑧
+ 0 × − =0
𝜕𝑥 2 𝜕𝑥𝜕𝑡 𝜕𝑡 2
Posons
𝑟 2 − 1 = 0 ⇒ 𝑟 = 0 𝑜𝑢 𝑟 = −1
La solution est donnée par
𝑧 = Φ1 (𝑥 + 𝑡) + Φ2 (𝑥 − 𝑡)
oùΦ1 et Φ2 sont des fonctions arbitraires d’une variable.
- 2ème méthode : changement de variable
𝑢 =𝑥+𝑡
𝑣 =𝑥−𝑡
On a
𝜕 2𝑧 𝜕 𝜕𝑧 𝜕𝑢 𝜕𝑧 𝜕𝑣 𝜕 𝜕𝑧 𝜕𝑧 𝜕 2𝑧 𝜕 2𝑧 𝜕 2𝑧
= [ + ]= [ + ]= 2+2 +
𝜕𝑥 2 𝜕𝑥 𝜕𝑢 𝜕𝑥 𝜕𝑣 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑢 𝜕𝑣 𝜕𝑢 𝜕𝑢𝜕𝑣 𝜕𝑣 2
𝜕 2𝑧 𝜕 𝜕𝑧 𝜕𝑢 𝜕𝑧 𝜕𝑣 𝜕 𝜕𝑧 𝜕𝑧 𝜕 2𝑧 𝜕 2𝑧 𝜕 2𝑧
= [ + ]= [ − ]= 2−2 +
𝜕𝑡 2 𝜕𝑡 𝜕𝑢 𝜕𝑡 𝜕𝑣 𝜕𝑡 𝜕𝑡 𝜕𝑢 𝜕𝑣 𝜕𝑢 𝜕𝑢𝜕𝑣 𝜕𝑣 2

L’équation devient :
𝜕 2𝑧
4 =0
𝜕𝑢𝜕𝑣
En intégrant par rapport à u, on a
𝜕𝑧
= 𝑘1 (𝑣) ⟹ 𝑧 = ∫ 𝑘1 (𝑣)𝑑𝑣 + 𝑘2 (𝑢)
𝜕𝑣
On peut poser

𝑘2 (𝑢) = Φ1 (𝑢) 𝑒𝑡 ∫ 𝑘1 (𝑣)𝑑𝑣 = Φ2 (𝑣)

Et on obtient
𝑧 = Φ1 (𝑥 + 𝑡) + Φ2 (𝑥 − 𝑡)
- Détermination de Φ1 𝑒𝑡 Φ2
𝑧(𝑥, 0) = 𝑢(𝑥) ⟹ Φ1 (𝑥) + Φ2 (𝑥) = 𝑢(𝑥) ⟹ Φ1′ (𝑥) + Φ2′ (𝑥) = 𝑢′ (𝑥)

33
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

𝜕𝑧
(𝑥, 0) = 𝑣(𝑥) ⟹ Φ1′ (𝑥) − Φ2′ (𝑥) = 𝑣(𝑥)
𝜕𝑡
1 1 𝑥
Φ1′ (𝑥) = 2 (𝑢′ (𝑥) + 𝑣(𝑥)) Φ1 (𝑥) = 2 (𝑢(𝑥) + ∫𝑎 𝑣(𝜂)𝑑𝜂) + 𝐶1
donc { 1 ⟹{ 1 𝑥
Φ2′ (𝑥) = 2 (𝑢′ (𝑥) − 𝑣(𝑥)) Φ2 (𝑥) = 2 (𝑢(𝑥) − ∫𝑎 𝑣(𝜂)𝑑𝜂) + 𝐶2

avec𝑥 ∈ [𝑎, 𝑏]
𝑧(𝑥, 0) = 𝑢(𝑥) ⟹ Φ1 (𝑥) + Φ2 (𝑥) = 𝑢(𝑥) + 𝐶1 + 𝐶2 = 𝑢(𝑥) ⟹ 𝐶1 + 𝐶2 = 0
alors
𝑥+𝑡 𝑥−𝑡
1 1
𝑧(𝑥, 𝑡) = (𝑢(𝑥 + 𝑡) + ∫ 𝑣(𝜂)𝑑𝜂) + (𝑢(𝑥 − 𝑡) − ∫ 𝑣(𝜂)𝑑𝜂)
2 𝑎 2 𝑎
𝑥+𝑡
1
𝑧(𝑥, 𝑡) = (𝑢(𝑥 + 𝑡) + 𝑢(𝑥 − 𝑡) + ∫ 𝑣(𝜂)𝑑𝜂)
2 𝑥−𝑡

NB cette expression n’a de sens que si 𝑥 + 𝑡 ∈ [𝑎, 𝑏] et 𝑥 − 𝑡 ∈ [𝑎, 𝑏].


ExempleIV.2.6
On se donne de déterminer pour quels points (x; y) du plan, l’EDP linéaire
d'ordre 2 suivante est a) hyperbolique, b) parabolique et c) elliptique.
𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 2
𝜕 2𝑢 𝜕𝑢
𝑥 2
− 𝑥𝑦 + 𝑦 2
−3 =0 (IV. 39)
𝜕𝑥 𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝑥
Solution
L’équation (IV. 39) est de la forme
𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑢
𝑎(𝑥, 𝑦) 2
+ 𝑏(𝑥, 𝑦) + 𝑐(𝑥, 𝑦) 2
= 𝐹 (𝑥, 𝑦, 𝑢, , )
𝜕𝑥 𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦
Avec :
𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑢
𝑎(𝑥, 𝑦) = 𝑥, 𝑏(𝑥, 𝑦) = 𝑥𝑦, 𝑐(𝑥, 𝑦) = 𝑦 2 et 𝐹 (𝑥, 𝑦, 𝑢, 𝜕𝑥 , 𝜕𝑦) = 3 𝜕𝑥

On peut écrire :
𝑏 2 − 4𝑎𝑐 = (𝑥𝑦)2 − (𝑥)(𝑦 2 ) = 𝑥𝑦 2 (𝑥 − 4)
Pour déterminer le signe de 𝑏 2 − 4𝑎𝑐, il faut premièrement déterminer les
points (𝑥, 𝑦) ∈ ℝ2 tels que 𝑏 2 − 4𝑎𝑐 = 𝑥𝑦 2 (𝑥 − 4) = 0.
Nous obtenons alors 𝑥 = 0 ou 𝑥 = 4ou 𝑦 = 0. On peut alors déterminer les
différentes régions du plan où 𝑥𝑦 2 (𝑥 − 4) garde un signe constant :

34
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

+ - + 𝑦=0

+ - +

𝑥=0 𝑥=4

- L’équation est hyperbolique sur la région hachurée suivante, frontières


non comprises :

+ - + 𝑦=0

+ - +

𝑥=0 𝑥=4

- L’équation est elliptique sur la région hachurée suivante, frontières non


comprises :

+ - + 𝑦=0

+ - +

𝑥=0 𝑥=4

35
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

- L’équation est parabolique sur les deux droites verticales 𝑥 = 0 et 𝑥 = 4,


ainsi que sur la droite horizontale 𝑦 = 0.
Exemple IV.2.7
Soit l’EDP linéaire d’ordre 2 suivante
𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2 𝑢 𝜕𝑢
+4 +2 2+ =0 (IV. 40)
𝜕𝑥 2 𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝑥
a) Déterminer si cette équation est hyperbolique, parabolique ou elliptique.
b) Déterminer les équations caractéristiques de cette équation et en
déduire les coordonnées caractéristiques.
c) Transformer cette équation dans sa forme canonique.
Solution
Nous avons
𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑢
𝑎(𝑥, 𝑦) 2 + 𝑏(𝑥, 𝑦) + 𝑐(𝑥, 𝑦) 2 = 𝐹 (𝑥, 𝑦, 𝑢, , )
𝜕𝑥 𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦
𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑢
a) Avec 𝑎(𝑥, 𝑦) = 1, 𝑏(𝑥, 𝑦) = 4, 𝑐(𝑥, 𝑦) = 2 et 𝐹 (𝑥, 𝑦, 𝑢, 𝜕𝑥 , 𝜕𝑦) = − 𝜕𝑥

𝑏 2 − 4𝑎𝑐 = 16 − 8 = 8 > 0
Cette équation est hyperbolique sur tout l’ensemble ℝ2 .
b) Les équations caractéristiques :
𝑑𝑦 𝑏−√𝑏2 −4𝑎𝑐
- = = 2 − √2 ⟹ 𝑑𝑦 = (2 − √2)𝑑𝑥 ⟹ 𝑦 = (2 − √2)𝑥 + 𝐶
𝑑𝑥 2𝑎

L’une des coordonnées caractéristiques est 𝜉(𝑥, 𝑦) = 𝑦 − (2 − √2)𝑥


𝑑𝑦 𝑏−√𝑏2 −4𝑎𝑐
- = = 2 + √2 ⟹ 𝑑𝑦 = (2 + √2)𝑑𝑥 ⟹ 𝑦 = (2 + √2)𝑥 + 𝐶
𝑑𝑥 2𝑎

L’autre coordonnée caractéristique est 𝜂(𝑥, 𝑦) = 𝑦 − (2 + √2)𝑥


c) Forme canonique
𝜕𝜉
= −(2 − √2)
𝜕𝑥
𝜕𝜉
=1
𝜕𝑦
𝜕𝜂
= −(2 + √2)
𝜕𝑥
𝜕𝜂
=1
{ 𝜕𝑦

36
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

𝜕𝑢 𝜕𝜉 𝜕𝑢 𝜕𝜂 𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑢
= + = −(2 − √2) − (2 + √2)
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝜉 𝜕𝑥 𝜕𝜂 𝜕𝜉 𝜕𝜂
𝜕𝑢 𝜕𝜉 𝜕𝑢 𝜕𝜂 𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑢
= + = +
𝜕𝑦 𝜕𝑦 𝜕𝜉 𝜕𝑦 𝜕𝜂 𝜕𝜉 𝜕𝜂
𝜕 2𝑢 𝜕 𝜕𝜉 𝜕𝑢 𝜕𝜂 𝜕𝑢 𝜕 𝜕𝑢 𝜕𝑢
2
= [ + ]= [−(2 − √2) − (2 + √2) ]
𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝑥 𝜕𝜉 𝜕𝑥 𝜕𝜂 𝜕𝑥 𝜕𝜉 𝜕𝜂
𝜕 𝜕𝑢 𝜕 𝜕𝑢
= −(2 − √2) ( ) − (2 + √2) ( )
𝜕𝑥 𝜕𝜉 𝜕𝑥 𝜕𝜂
𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢
= −(2 − √2) [−(2 − √2) 2 − (2 + √2) ]
𝜕𝜉 𝜕𝜉𝜕𝜂
𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢
− (2 + √2) [−(2 − √2) − (2 + √2) 2 ]
𝜕𝜉𝜕𝜂 𝜕𝜂
𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢
= (6 − 4√2) + 4 + (6 + 4√2)
𝜕𝑥 2 𝜕𝜉 2 𝜕𝜉𝜕𝜂 𝜕𝜂2
𝜕 2𝑢 𝜕 𝜕𝑢 𝜕 𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕 𝜕𝑢 𝜕 𝜕𝑢
= ( )= [ + ]= ( )+ ( )
𝜕𝑥𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝑦 𝜕𝑥 𝜕𝜉 𝜕𝜂 𝜕𝑥 𝜕𝜉 𝜕𝑥 𝜕𝜂
𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢
= [−(2 − √2) − (2 + √2) ]
𝜕𝜉 2 𝜕𝜉𝜕𝜂
𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢
+ [−(2 − √2) − (2 + √2) 2 ]
𝜕𝜉𝜕𝜂 𝜕𝜂
𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢
= −(2 − √2) − 4 − (2 + √2)
𝜕𝜉 2 𝜕𝜉𝜕𝜂 𝜕𝜂2
𝜕 2𝑢 𝜕 𝜕𝑢 𝜕𝑢 𝜕 𝜕𝑢 𝜕 𝜕𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢
= [ + ]= ( )+ ( )=[ 2+ ]+[ + ]
𝜕𝑦 2 𝜕𝑦 𝜕𝜉 𝜕𝜂 𝜕𝑦 𝜕𝜉 𝜕𝑦 𝜕𝜂 𝜕𝜉 𝜕𝜉𝜕𝜂 𝜕𝜉𝜕𝜂 𝜕𝜂2
𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢
= + 2 +
𝜕𝑦 2 𝜕𝜉 2 𝜕𝜉𝜕𝜂 𝜕𝜂2
L’équation (IV. 40) devient
𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢
(6 − 4√2) + 4 + (6 + 4√2)
𝜕𝜉 2 𝜕𝜉𝜕𝜂 𝜕𝜂2
𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢 𝜕 2𝑢
+4 [−(2 − √2) 2 − 4 − (2 + √2) 2 ] + 2 [ 2 + 2 + ]
𝜕𝜉 𝜕𝜉𝜕𝜂 𝜕𝜂 𝜕𝜉 𝜕𝜉𝜕𝜂 𝜕𝜂2
𝜕𝑢 𝜕𝑢
− (2 − √2) − (2 + √2) =0
𝜕𝜉 𝜕𝜂
Soit
𝜕 2𝑢 𝜕𝑢 𝜕𝑢
8 + (2 − √2) + (2 + √2) =0
𝜕𝜉𝜕𝜂 𝜕𝜉 𝜕𝜂

37
Chapitre IV : Equations aux dérivées partielles d’ordre n à 2 variables

C'est-à-dire
𝜕 2𝑢 −2 + √2 𝜕𝑢 −2 − √2 𝜕𝑢
= +
𝜕𝜉𝜕𝜂 8 𝜕𝜉 8 𝜕𝜂
Remarque : Supposons que dans une équation n'interviennent que des
dérivées partielles par rapport à une même variable. On peut donc étudier
une telle équation comme une équation différentielle ordinaire tandis que
les constantes d'intégration doivent être considérées comme des fonctions
de la variable jouant le rôle d'un paramètre. De même, si dans une équation
n'apparaissent que des dérivées partielles d'une même dérivée partielle par
rapport à l'une des variables alors on peut étudier une telle équation en
considérant cette dernière dérivée partielle comme une inconnue
intermédiaire.
ExempleIV.2.8
Résoudre l'équation
𝜕2 𝑧 𝜕2 𝑧
𝑥 𝜕𝑥 2 + 𝑦 𝜕𝑥𝜕𝑦 = 0 (IV.41)

Solution
Posons
𝜕𝑧
=𝑢
𝜕𝑥
L’équation (IV.41) devient
𝜕𝑢 𝜕𝑢
𝑥 +𝑦 =0
𝜕𝑥 𝜕𝑦
Equation adjointe :
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑢
= =
𝑥 𝑦 0
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑥
= ⇒ 𝑥 = 𝐶1 𝑦 ⇒ = 𝐶1
𝑥 𝑦 𝑦
𝑥
𝑑𝑢 = 0 ⇒ 𝑢 = 𝐶2 = Ω(𝐶1 ) = Ω ( )
𝑦
𝜕𝑧 𝑥 𝑥 𝑥
= Ω ( ) ⇒ 𝑧 = ∫ Ω ( ) 𝑑𝑥 + 𝑘(𝑦) = 𝑦Φ1 ( ) + Φ2 (𝑦)
𝜕𝑥 𝑦 𝑦 𝑦
où Φ1 𝑒𝑡 Φ2 sont des fonctions arbitraires à une variable.

38
Chapitre V : Equations non linéaires aux dérivées partielles du premier ordre

Chapitre V : Equations non linéaires aux dérivées


partielles du premier ordre
V.1 Méthode d’intégration

On cherche à résoudre des équations du type :


𝜕𝑍 𝜕𝑍
𝐹 (𝑥, 𝑦, 𝑍, 𝜕𝑥 , 𝜕𝑦) = 0 (V.1)

par exemple :
𝜕𝑍 2 𝜕𝑍 2
(𝜕𝑥 ) + (𝜕𝑦) = 𝑎2 (V.2)
𝜕𝑍 𝜕𝑍
Soit 𝑝 = 𝜕𝑥 et 𝑞 = 𝜕𝑦

A l’équation à résoudre 𝐹(𝑥, 𝑦, 𝑍, 𝑝, 𝑞) = 0, associons une seconde équation de


la forme :
𝐺(𝑥, 𝑦, 𝑍, 𝑝, 𝑞) = 𝜆 (V.3)
où𝜆est un paramètre, et cherchons à déterminer G, fonction de 5 variables
telle que ces deux équationssoient compatibles. Leurs solutions communes
dépendent alors d’une constante d’intégration 𝜇 de sortequ’elles constituent
une solution de 𝐹 = 0 dépendant alors de 𝜆 et de 𝜇. Pour former la condition
decompatibilité, on tire p et q des 2 équations. Ce sont des fonctions de x, y et
Z et l’on écrit :
𝑑𝑍 = 𝑝𝑑𝑥 + 𝑞𝑑𝑦
Cette différentielle est complètement intégrable si :
𝜕𝑝 𝜕𝑝 𝜕𝑞 𝜕𝑞
+ 𝑞 𝜕𝑍 = 𝜕𝑥 + 𝑝 𝜕𝑍 (V.4)
𝜕𝑦

On calcule des dérivées de p et q en dérivant les 2 équations par rapport à x,


y et Z, considérées comme variables indépendantes :
𝜕𝑝 𝜕𝑞
𝐹𝑥 + 𝜕𝑥 𝐹𝑝 + 𝜕𝑥 𝐹𝑞 = 0
𝜕𝑝 𝜕𝑞
𝐹𝑦 + 𝜕𝑦 𝐹𝑝 + 𝜕𝑦 𝐹𝑞 = 0
𝜕𝑝 𝜕𝑞
𝐹𝑍 + 𝜕𝑍 𝐹𝑝 + 𝜕𝑍 𝐹𝑞 = 0
𝜕𝑝 𝜕𝑞
(V.5)
𝐺𝑥 + 𝜕𝑥 𝐺𝑝 + 𝜕𝑥 𝐺𝑞 = 0
𝜕𝑝 𝜕𝑞
𝐺𝑦 + 𝐺𝑝 + 𝐺𝑞 = 0
𝜕𝑦 𝜕𝑦
𝜕𝑝 𝜕𝑞
𝐺𝑍 + 𝜕𝑍 𝐺𝑝 + 𝜕𝑍 𝐺𝑞 = 0}

39
Chapitre V : Equations non linéaires aux dérivées partielles du premier ordre

Remarque : On a ainsi considéré p et q comme des fonctions de x, y et Z


variables indépendantes. C’est seulement en écrivant la condition
d’intégrabilité que l’on considère que Z est une fonction de x et y. On a ainsi :
𝜕𝑝
(𝐹𝑝 𝐺𝑞 − 𝐹𝑞 𝐺𝑝 ) 𝜕𝑥 = (𝐹𝑞 𝐺𝑥 − 𝐹𝑥 𝐺𝑞 )
𝜕𝑞
(𝐹𝑝 𝐺𝑞 − 𝐹𝑞 𝐺𝑝 ) 𝜕𝑥 = (𝐹𝑥 𝐺𝑝 − 𝐹𝑝 𝐺𝑥 )
𝜕𝑝
(𝐹𝑝 𝐺𝑞 − 𝐹𝑞 𝐺𝑝 ) 𝜕𝑦 = (𝐹𝑞 𝐺𝑦 − 𝐹𝑦 𝐺𝑞 )
𝜕𝑞
(V.6)
(𝐹𝑝 𝐺𝑞 − 𝐹𝑞 𝐺𝑝 ) 𝜕𝑦 = (𝐹𝑦 𝐺𝑝 − 𝐹𝑝 𝐺𝑦 )
𝜕𝑝
(𝐹𝑝 𝐺𝑞 − 𝐹𝑞 𝐺𝑝 ) 𝜕𝑧 = (𝐹𝑞 𝐺𝑧 − 𝐹𝑧 𝐺𝑞 )
𝜕𝑞
(𝐹𝑝 𝐺𝑞 − 𝐹𝑞 𝐺𝑝 ) 𝜕𝑧 = (𝐹𝑧 𝐺𝑝 − 𝐹𝑝 𝐺𝑧 ) }

Or, 𝐷 = 𝐹𝑝 𝐺𝑞 − 𝐹𝑞 𝐺𝑝 est le déterminant du jacobien de F et G par rapport aux


variables p et q. Comme F et G ne sont pas liées, ce déterminant est non nul.
Donc il faut
𝐷 = 𝐹𝑝 𝐺𝑞 − 𝐹𝑞 𝐺𝑝 ≠ 0
Et on a
𝜕𝑝 𝐹𝑞 𝐺𝑥 − 𝐹𝑥 𝐺𝑞
=
𝜕𝑥 𝐷
𝜕𝑞 𝐹𝑥 𝐺𝑝 − 𝐹𝑝 𝐺𝑥
=
𝜕𝑥 𝐷
𝜕𝑝 𝐹𝑞 𝐺𝑦 − 𝐹𝑦 𝐺𝑞
=
𝜕𝑦 𝐷
𝜕𝑞 𝐹𝑦 𝐺𝑝 − 𝐹𝑝 𝐺𝑦
=
𝜕𝑦 𝐷
𝜕𝑝 𝐹𝑞 𝐺𝑧 − 𝐹𝑧 𝐺𝑞
=
𝜕𝑧 𝐷
𝜕𝑞 𝐹𝑧 𝐺𝑝 − 𝐹𝑝 𝐺𝑧
= }
𝜕𝑧 𝐷
la condition d’intégrabilité traduite par l’équation (V.4) s’écrit donc :
𝐹𝑞 𝐺𝑦 − 𝐹𝑦 𝐺𝑞 𝐹𝑞 𝐺𝑧 − 𝐹𝑧 𝐺𝑞 𝐹𝑥 𝐺𝑝 − 𝐹𝑝 𝐺𝑥 𝐹𝑧 𝐺𝑝 − 𝐹𝑝 𝐺𝑧
( )+𝑞( )=( )+𝑝( )
𝐷 𝐷 𝐷 𝐷
En simplifiant par 1/𝐷, on obtient ;
𝐹𝑞 𝐺𝑦 − 𝐹𝑦 𝐺𝑞 + 𝑞(𝐹𝑞 𝐺𝑍 − 𝐹𝑍 𝐺𝑞 ) = 𝐹𝑥 𝐺𝑝 − 𝐹𝑝 𝐺𝑥 + 𝑝(𝐹𝑍 𝐺𝑝 − 𝐹𝑝 𝐺𝑍 ) (V.7)
soit
𝐹𝑝 𝐺𝑥 + 𝐹𝑞 𝐺𝑦 + (𝑝𝐹𝑝 + 𝑞𝐹𝑞 )𝐺𝑍 − (𝐹𝑥 + 𝑝𝐹𝑍 )𝐺𝑝 − (𝐹𝑦 + 𝑞𝐹𝑍 )𝐺𝑞 = 0 (V.8)
L’équation (V.8) est une équation aux dérivées partielles, linéaire, homogène
de la fonction G de 5 variables. Le système adjoint associé est :

40
Chapitre V : Equations non linéaires aux dérivées partielles du premier ordre

𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑍 𝑑𝑝 𝑑𝑞
= = 𝑝𝐹 = −𝐹 = −𝐹 (V.9)
𝐹𝑝 𝐹𝑞 𝑝 +𝑞𝐹𝑞 𝑥 +𝑝𝐹𝑍 𝑦 +𝑞𝐹𝑍

Toute intégrale première de ce système contenant effectivement p ou q fournit


une fonction 𝐺(𝑥, 𝑦, 𝑍, 𝑝, 𝑞).
Il n’est pas nécessaire de connaitre toutes les intégrales premières. Il suffit
d’en connaitre une, puis on intègre le système :
𝐹=0
{
𝐺−𝜆 =0
qui est un système complètement intégrable d’après la condition
d’intégrabilité. On tire alors p et q et on intègre la différentielle :
𝑑𝑍 = 𝑝𝑑𝑥 + 𝑞𝑑𝑦
1. On intègre 𝐺 − 𝜆 = 0 en la considérant comme une équation différentielle
ordinaire en x et z s’il y a p dans G ou en y et Z s’il y a q dans G.
l’intégration est alors fonction d’une constante 𝜓(𝑦) ou 𝜓(𝑥).
2. On intègre ensuite la deuxième équation qui est une équation
différentielle relative à𝜓(𝑥) ou 𝜓(𝑦)
Exercice V.1 Résoudre :
𝑑𝑧 2 𝑑𝑧 2
( ) + ( ) = 𝑎2
𝑑𝑥 𝑑𝑦
Solution
𝑑𝑧 𝑑𝑧
Posons 𝑝 = 𝑑𝑥 et 𝑞 = 𝑑𝑦

On a
𝐹𝑥 = 0; 𝐹𝑦 = 0; 𝐹𝑍 = 0; 𝐹𝑝 = 2𝑝; 𝐹𝑞 = 2𝑞
Le système adjoint s’écrit :
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑍 𝑑𝑝 𝑑𝑞
= = =− =−
𝐹𝑝 𝐹𝑞 𝑝𝐹𝑝 + 𝑞𝐹𝑞 𝐹𝑥 + 𝑝𝐹𝑍 𝐹𝑦 + 𝑞𝐹𝑍
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑑𝑍
= = 2
2𝑝 2𝑞 2𝑝 + 2𝑞 2
𝑑𝑝 = 0
{ 𝑑𝑞 = 0
𝑝 = 𝐶1
𝑞 = 𝐶2
𝑑𝑥 𝑑𝑦 𝑦 𝑥
= ⇒ − = 𝐶3
𝐶1 𝐶2 𝐶2 𝐶1
𝑑𝑥 𝑑𝑍 𝑑𝑍 𝑍 𝑥
= 2 2
= 2 ⇒ 2 − = 𝐶4
𝐶1 𝑝 + 𝑞 𝑎 𝑎 𝐶1
41
Chapitre V : Equations non linéaires aux dérivées partielles du premier ordre

Parmi ces quatre intégrales premières, il suffit d’en choisir une seule pour
résoudre le problème. Prenons par exemple :𝑝 = 𝐶1 on doit intégrer le système:
𝑝2 + 𝑞 2 = 𝑎2
{
𝑝 = 𝐶1
si on pose𝐶1 = 𝑎𝑐𝑜𝑠(𝜆)
on a alors
𝑑𝑍
𝑝 = 𝑎𝑐𝑜𝑠(𝜆) =
𝑑𝑥
𝑑𝑍
𝑞 = 𝑎𝑠𝑖𝑛(𝜆) =
𝑑𝑦
𝑑𝑍 = 𝑎𝑐𝑜𝑠(𝜆)𝑑𝑥 + 𝑎𝑠𝑖𝑛(𝜆)𝑑𝑦
𝑍 = 𝑎𝑥𝑐𝑜𝑠(𝜆) + 𝑎𝑦𝑠𝑖𝑛(𝜆) + 𝜇

42
Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et


méthode de séparation des variables
Dans ce chapitre, seront développées quelques applications des EDP en
ingénierie basées sur les problèmes de Sturm-Liouville.

VI.1. Rappel sur les séries de Fourier

VI.1.1. Fonction périodique


VI.1.1.1. Définition et propriétés
• Soit f une fonction numérique à variable réelle et D son ensemble de
définition.
On dit que f est périodique de période 𝑇 > 0 lorsque T est le plus petit
nombre réel positif vérifiant :
- ∀𝑥 ∈ 𝐷, 𝑥 + 𝑇 ∈ 𝐷
- 𝑓(𝑥 + 𝑇) = 𝑓(𝑥)
• Si f est une fonction périodique de période T, alors pour tout entier n,
𝑓(𝑥 + 𝑛𝑇) = 𝑓(𝑥) ;
• Si f est une fonction périodique de période 𝑇, 𝐷 son ensemble de
définition et a un réel donné, alors 𝑓 est entièrement définie par sa
restriction sur 𝐷 ∩ [𝑎, 𝑎 + 𝑇[ ;
• Si f, une fonction périodique de période T, est paire ou impaire, alors f
𝑇
est entièrement définie par sa restriction sur 𝐷 ∩ [𝑎, 𝑎 + 2[ ;

VI.1.1.2. Exemples
• Pour 𝜔 > 0, les fonctions 𝑡 ↦ 𝑐𝑜𝑠(𝜔𝑡) et 𝑡 ↦ 𝑠𝑖𝑛(𝜔𝑡) sont périodiques de
2𝜋
période 𝑇 = 𝜔

• Pour 𝜔 > 0, les fonctions 𝑡 ↦ 𝑡𝑎𝑛(𝜔𝑡) et 𝑡 ↦ 𝑐𝑜𝑡𝑎𝑛(𝜔𝑡) sont périodiques


𝜋
de période 𝑇 = 𝜔

VI.1.2. Définitions
Soit f une fonction 𝑇 périodique, continue par morceaux (ou intégrable).
• Les coefficients de Fourier exponentiels de f sont définis par
1 𝑇 2𝜋
𝑐𝑛 (𝑓) = 𝑇 ∫0 𝑓(𝑡)𝑒 −𝑖𝑛𝜔𝑡 𝑑𝑡, 𝑛 ∈ ℤ, 𝜔 = (VI.1)
𝑇

43
Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

• Les coefficients de Fourier trigonométriques de f sont définis par


1 𝑇
𝑎0 (𝑓) = 𝑇 ∫0 𝑓(𝑡)𝑑𝑡,
2 𝑇
𝑎𝑛 (𝑓) = 𝑇 ∫0 𝑓(𝑡)𝑐𝑜𝑠(𝑛𝜔𝑡)𝑑𝑡, 𝑛 ≥ 1 (VI.2)
2 𝑇
(𝑓) = ∫0 𝑓(𝑡)𝑠𝑖𝑛(𝑛𝜔𝑡)𝑑𝑡, 𝑛 ≥ 1
{ 𝑏𝑛 𝑇

• On appelle série de Fourier de f la série


𝑎0 (𝑓) + ∑𝑛≥1 𝑎𝑛 (𝑓)𝑐𝑜𝑠(𝑛𝜔𝑡) + 𝑏𝑛 (𝑓)𝑠𝑖𝑛(𝑛𝜔𝑡) (VI.3)
On peut également l’exprimer avec les coefficients exponentiels :

∑ 𝑐𝑛 (𝑓)𝑒 𝑖𝑛𝜔𝑡
𝑛∈ℤ

• On dit que f est développable en série de Fourier si la série de Fourier


de f converge vers f sur ℝ

VI.1.2. Remarque (calcul des coefficients)


• Intervalle d’intégration : on peut remplacer ci-dessus l’intervalle [0, 𝑇]
par n’importe quel autre intervalle d’amplitude 𝑇.
• Fonction paire : si f est paire, les coefficients de Fourier de f en sinus,
𝑏𝑛 (𝑓) sont nuls.
La série de Fourier de f s’écrit alors

𝑎0 (𝑓) + ∑ 𝑎𝑛 (𝑓)𝑐𝑜𝑠(𝑛𝜔𝑡)
𝑛≥1

• Fonction impaire : Si f est impaire, les coefficients de Fourier de f en


cosinus, 𝑎𝑛 (𝑓) sont nuls.
La série de Fourier de f s’écrit alors

∑ 𝑏𝑛 (𝑓)𝑠𝑖𝑛(𝑛𝜔𝑡)
𝑛≥1

VI.2. Problèmes de Sturm-Liouville et applications à la


méthode de séparation des variables

VI.2.1. Définition
Un problème de Sturm-Liouville est l'équation différentielle ordinaire :
𝑑 𝑑𝑦
(𝐸): (𝑟(𝑥) ) + (𝑞(𝑥) + 𝜆𝑝(𝑥))𝑦 = 0, 𝑥 ∈ [𝑎, 𝑏]
𝑑𝑥 𝑑𝑥
où :
- 𝑟(𝑥), 𝑞(𝑥), 𝑝(𝑥) et 𝑝′(𝑥) continues sur [𝑎, 𝑏] ;
44
Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

- 𝑟(𝑥) et 𝑝(𝑥)positives sur [𝑎, 𝑏] ;


vérifiant les conditions homogènes aux frontières de l’intervalle d’étude [𝑎, 𝑏]
telles que :
𝑘0 𝑦(𝑎) + 𝑘1 𝑦′(𝑎) = 0 (𝑘 , 𝑘 ) ≠ (0,0)
(𝐹): { avec { 0 1
𝑘2 𝑦(𝑏) + 𝑘3 𝑦′(𝑏) = 0 (𝑘2 , 𝑘3 ) ≠ (0,0)
On remarque que les conditions aux frontières sont homogènes et peuvent
être de différents types (Dirichlet, Neumann, Robin) en fonction des valeurs
prises par les constantes 𝑘0 , 𝑘1 , 𝑘2 et 𝑘3 . Les conditions peuvent être de nature
différente en x = a et x = b
Sur l’intervalle fermé borné [a, b], il s’agit de trouver les nombres λ (valeurs
propres du problème) et les fonctions y(x) (fonctions propres du problème)
solutions de l’équation différentielle du 2ème ordre (E) avec la condition (F).
Exemple VI.2.1
Résoudre le problème aux valeurs propres 𝜆 suivant :
𝑦 ′′ + 𝜆𝑦 = 0
{ 𝑥 ∈ [0,1]
𝑦′(0) = 𝑦′(1) = 0
Solution
Ce problème est bien un problème de Sturm-Liouville avec 𝑟(𝑥) = 1 > 0, 𝑞(𝑥) =
0, 𝑝(𝑥) = 1 > 0, 𝑘0 = 0, 𝑘1 = 1, 𝑘2 = 0 et 𝑘3 = 1
Résolution :
Équation caractéristique :
𝑟 2 + 𝜆 = 0 ⟹ ∆= −4𝜆
• 1er cas : 𝜆 = 0 : alors, 𝑦(𝑥) = 𝐴𝑥 + 𝐵
𝑦 ′ (0) = 0 ⟹ 𝐴 = 0. L’autre condition 𝑦′(1) = 0 ne nous apprend rien sur B.
Par conséquent, 𝜆 = 𝜆0 = 0 est une valeur propre simple et 𝑦0 (𝑥) = 𝐵0(où
𝐵0est une constante arbitraire) est une fonction propre simple.
• 2ème cas : 𝜆 < 0 : alors ∆> 0. On pose 𝜆 = −𝛼 2 . L’équation caractéristique
a pour racines 𝑟1 = 𝛼 et 𝑟2 = −𝛼
La solution s’écrit :
𝑦(𝑥) = 𝐴𝑒 𝑟1 𝑥 + 𝐵𝑒 𝑟2 𝑥
𝑦′(0) = 0 𝐴−𝐵 =0
{ ⟹{ 𝛼 ⟹ 𝐴 = 𝐵 = 0 𝑐𝑎𝑟 𝛼 ≠ 0
𝑦′(1) = 0 𝐴𝑒 − 𝐵𝑒 −𝛼 = 0
𝜆 < 0 ne sont pas des valeurs propres du problème.

45
Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

• 3ème cas : 𝜆 > 0 : alors ∆< 0. On pose 𝜆 = 𝛽 2, soit ∆ = −4𝛽 2. On obtient les
racines 𝑟1 = 𝑗𝛽 et 𝑟2 = −𝑗𝛽.
La solution s’écrit :
𝑦(𝑥) = 𝐴𝑐𝑜𝑠(𝛽𝑥) + 𝐵𝑠𝑖𝑛(𝛽𝑥)
𝑦′(0) = 0 𝐵𝛽 = 0 𝐵=0
{ ⟹{ ⟹{
𝑦′(1) = 0 −𝐴𝛽𝑠𝑖𝑛(𝛽) + 𝐵𝛽𝑐𝑜𝑠(𝛽) = 0 𝐴𝛽𝑠𝑖𝑛(𝛽) = 0
𝐵=0
⟹{
𝐴 = 0 𝑜𝑢 𝛽 = 𝑛𝜋, 𝑛 = 1,2, …
Par conséquent, 𝜆n = (𝑛𝜋)2 sont les valeurs propres du problème aux limites.
Les fonctions propres associées aux valeurs propres𝜆n s’écrivent :
𝑦n (𝑥) = 𝐴n cos(𝑛𝜋𝑥)
où𝐴n sont des constantes.

VI.2.2. Applications de la méthode de séparation des


variables
VI.2.2.1.Equation de Laplace dans un rectangle
On se propose d’étudier la distribution de température à l’équilibre dans une
barre de section rectangulaire (on considère un problème en 2 dimensions).
La température à l’équilibre thermique dans un solide vérifie, en l’absence de
sources volumiques de chaleur, l’équation de Laplace.
On considère qu’un dispositif quelconque impose une température nulle en y
= 0 et une température dépendant de la variable x en 𝑦 = 𝑎. Les conditions
aux frontières où la valeur de la fonction est fixée s’appellent des conditions
de Dirichlet.
On considère que le système est isolé thermiquement (cloison calorifugé) en
𝑥 = 0 et en 𝑥 = 𝑎, ce qui correspond à fixer une valeur nulle pour la dérivée de
la température par rapport à la normal (conditions de Neumann).
Le problème à résoudre est donc le suivant :

46
Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

𝜕2𝑇 𝜕2𝑇
𝑇 = 𝑓(𝑥) (𝐸): + =0
b 𝜕𝑥 2 𝜕𝑦 2
0≤𝑥≤𝑎
(Ω): {
0≤𝑦≤𝑏
𝜕𝑇 𝜕𝑇 𝜕𝑇
=0 𝝏𝟐 𝑻 𝝏𝟐 𝑻 =0
𝜕𝑥 + =𝟎 𝜕𝑥 𝑥=0⟹ =0
𝝏𝒙𝟐 𝝏𝒚𝟐 𝜕𝑥
𝜕𝑇
(F): 𝑥 = 𝑎 ⟹ =0
𝜕𝑥
𝑦=0⟹𝑇=0
{ = 𝑏 ⟹ 𝑇 = 𝑓(𝑥)
𝑦
𝑇=0 a

La méthode de résolution par séparation des variables consiste à rechercher


une solution de la forme (on sépare les variables x et y) :
𝑇(𝑥, 𝑦) = 𝑋(𝑥)𝑌(𝑦)
En remplaçant cette expression dans l’équation de Laplace (E), nous avons :
𝑋 ′′ 𝑌 + 𝑌 ′′ 𝑋 = 0 (VI.4)
Si maintenant nous divisons cette expression par le produit XY, nous
obtenons :
𝑌′′ 𝑋′′
=− (VI.5)
𝑌 𝑋

Le premier membre de cette égalité est une fonction de x seul tandis que le
second membre est une fonction de y seul et que les variables x et y sont
indépendantes. On a nécessairement :
𝑌′′ 𝑋′′
=− =𝜆 (VI.5)
𝑌 𝑋

où𝜆 est une constante absolue quelconque.


𝜕𝑇
• A la frontière 𝑥 = 0, on a 𝜕𝑥
= 0, c’est-à-dire 𝑋′(0)𝑌(𝑦) = 0, ∀𝑦 ∈ [0, 𝑏]

donc𝑋′(0) = 0 ;
𝜕𝑇
• A la frontière 𝑥 = 𝑎, on a 𝜕𝑥
= 0, c’est-à-dire 𝑋′(𝑎)𝑌(𝑦) = 0, ∀𝑦 ∈ [0, 𝑏]

donc𝑋′(𝑎) = 0 ;
• A la frontière 𝑦 = 0, on a 𝑇 = 0, c’est-à-dire 𝑋(𝑥)𝑌(0) = 0, ∀𝑥 ∈ [0, 𝑎]
donc𝑌(0) = 0 ;
• A la frontière 𝑦 = 𝑏, on a 𝑇 = 0, c’est-à-dire 𝑋(𝑥)𝑌(𝑏) = 𝑓(𝑥), ∀𝑥 ∈ [0, 𝑎]
On est alors amené à résoudre les 2 problèmes suivant :

47
Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

• Un problème aux valeurs propres sur la variable x car les conditions


aux frontières homogènes se trouvent sur cette variable :
𝑋 ′′ + 𝜆𝑋 = 0
{ (VI.6)
𝑋′(0) = 𝑋′(𝑎) = 0
où il faut définir toutes valeurs propres 𝜆𝑛 vérifiant les conditions
auxfrontières et les fonctions propres associées 𝑋𝑛 (𝑥).
• Une équation différentielle sur la variable y :
𝑌 ′′ (𝑦) − 𝜆𝑛 𝑌(𝑦) = 0 (VI.7)
Remarque : Les conditions aux frontières en y = 0 et en y = a permettront de
calculer les constantes d’intégration de la solution générale.
On commence par résoudre le problème aux valeurs propres. On étudie toutes
les possibilités pour la constante de séparation λ :
a) Résolution du problème aux valeurs propres
𝑋 ′′ + 𝜆𝑋 = 0
Équation caractéristique :
𝑟 2 + 𝜆 = 0 ⟹ ∆= −4𝜆 (VI.8)
• 1er cas : 𝜆 = 0 : alors, 𝑋(𝑥) = 𝐴𝑥 + 𝐵
𝑋 ′ (0) = 0 ⟹ 𝐴 = 0. L’autre condition 𝑋′(𝑎) = 0 ne nous apprend rien sur
B.
Par conséquent,𝜆 = 𝜆0 = 0 est une valeur propre simple et 𝑋0 (𝑥) = 𝐵0(où
𝐵0est une constante arbitraire) est une fonction propre simple.
• 2ème cas : 𝜆 < 0 : alors ∆> 0. On pose 𝜆 = −𝛼 2 . L’équation (VI.8) a pour
racines 𝑟1 = 𝛼 et 𝑟2 = −𝛼
La solution s’écrit :
𝑋(𝑥) = 𝐴𝑒 𝑟1 𝑥 + 𝐵𝑒 𝑟2 𝑥
𝑋′(0) = 0 𝐴−𝐵 =0
{ ⟹ { 𝛼𝑎 ⟹ 𝐴 = 𝐵 = 0 𝑐𝑎𝑟 𝛼 ≠ 0 𝑒𝑡 𝑎 ≠ 0
𝑋′(𝑎) = 0 𝐴𝑒 − 𝐵𝑒 −𝛼𝑎 = 0
𝜆 < 0 ne sont pas des valeurs propres du problème.
• 3ème cas : 𝜆 > 0 : alors ∆< 0. On pose 𝜆 = 𝛽 2, soit ∆ = −4𝛽 2.On obtient les
racines 𝑟1 = 𝑗𝛽 et 𝑟2 = −𝑗𝛽.
La solution s’écrit :
𝑋(𝑥) = 𝐴𝑐𝑜𝑠(𝛽𝑥) + 𝐵𝑠𝑖𝑛(𝛽𝑥)
𝑋′(0) = 0 𝐵𝛽 = 0 𝐵=0
{ ⟹{ ⟹{
𝑋′(𝑎) = 0 −𝐴𝛽𝑠𝑖𝑛(𝛽𝑎) + 𝐵𝛽𝑐𝑜𝑠(𝛽𝑎) = 0 𝐴𝛽𝑠𝑖𝑛(𝛽𝑎) =0

48
Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

𝐵=0
⟹ {𝐴 = 0 𝑜𝑢 𝛽 = 𝑛𝜋 , 𝑛 = 1,2, …
𝑎
𝑛𝜋 2
Par conséquent, 𝜆n = ( 𝑎 ) sont les valeurs propres du problème aux limites.

Les fonctions propres associées aux valeurs propres𝜆n s’écrivent :


𝑛𝜋
𝑋n (𝑥) = 𝐴n cos ( 𝑥)
𝑎
b) Résolution de l’équation différentielle sur la variable y
Les valeurs de λ (valeurs propres) étant maintenant connues, on peut résoudre
l’équation différentielle en y :𝑌 ′′ (𝑦) − 𝜆𝑛 𝑌(𝑦) = 0
• 𝜆0 = 0 et on a 𝑌0 (𝑦) = 𝐴0 𝑦 + 𝐵0
• Pour n>0,
𝑛𝜋 𝑛𝜋
𝑌n (𝑦) = 𝐴n 𝑒 ( 𝑎 )𝑦 + 𝐵n 𝑒 −( 𝑎 )𝑦
où𝐴n et 𝐵n sont des constantes arbitraires.
c) Solution générale de l’EDP:
La solution générale de l’équation aux dérivées partielles est la superposition
de l’ensemble des solutions (on doit considérer toutes les fonctions propres) :

𝑇(𝑥, 𝑦) = 𝑋0 (𝑥)𝑌0 (𝑦) + ∑ 𝑋𝑛 (𝑥)𝑌n (𝑦)


𝑛=1

Soit

𝑛𝜋 𝑛𝜋 𝑛𝜋
𝑇(𝑥, 𝑦) = 𝐴0 + 𝐵0 𝑦 + ∑ (𝐴n 𝑒 ( 𝑎 )𝑦 + 𝐵n 𝑒 −( 𝑎 )𝑦 ) cos ( 𝑥)
𝑎
𝑛=1

d) Solution particulière :
La solution générale doit vérifier les conditions aux frontières en 𝑦 = 0 et
en𝑦 = 𝑏 :
𝑇(𝑥; 𝑦 = 0) = 0, 𝑇(𝑥; 𝑦 = 𝑏) = 𝑓(𝑥)
La première condition nous amène à la relation suivante :

𝑛𝜋
𝐴0 + ∑(𝐴n + 𝐵n )cos ( 𝑥) = 0 ⟹ 𝐴0 = 0, 𝐴n = −𝐵n , 𝑛 = 1,2, …
𝑎
𝑛=1

• A partir de ces résultats, nous pouvons réécrire l’équation de la


température de lafaçon suivante :

𝑛𝜋 𝑛𝜋
𝑇(𝑥, 𝑦) = 𝐵0 𝑦 + ∑ 2𝐴n 𝑠ℎ ( 𝑦) cos ( 𝑥)
𝑎 𝑎
𝑛=1

49
Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

• La deuxième condition nous amène à la relation suivante :



𝑛𝜋 𝑛𝜋
𝑇(𝑥, 𝑦 = 𝑏) = 𝑓(𝑥) = 𝐵0 𝑏 + ∑ 2𝐴n 𝑠ℎ ( 𝑏) cos ( 𝑥)
𝑎 𝑎
𝑛=1
2𝜋
Soit g une fonction périodique de période 𝑇 = 𝜋 = 2𝑎, paire et qui coïncide
𝑎

avec f sur [0, 𝑎]. La série de Fourier de g est donnée par



𝑛𝜋
𝑓(𝑥) = 𝐶0 + ∑ 𝐶n 𝑐𝑜𝑠 ( 𝑥)
𝑎
𝑛=1
1 𝑇 1 2𝑎 2 2𝑎 𝑛𝜋
avec 𝐶0 = 𝑇 ∫0 𝑓(𝑡)𝑑𝑡, = 2𝑎 ∫0 𝑓(𝑡)𝑑𝑡, 𝐶n = 2𝑎 ∫0 𝑓(𝑡)𝑐𝑜𝑠 ( 𝑎 𝑡) 𝑑𝑡, 𝑛 ≥ 1

On peut poser
1 2𝑎
𝐵0 𝑏 = 𝐶0 = ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡
2𝑎 0
𝑛𝜋 2 2𝑎 𝑛𝜋
2𝐴n 𝑠ℎ ( 𝑏) = ∫ 𝑓(𝑡)𝑐𝑜𝑠 ( 𝑡) 𝑑𝑡, 𝑛 ≥ 1
𝑎 2𝑎 0 𝑎
C’est-à-dire
2𝑎
1
𝐵0 = ∫ 𝑓(𝑡)𝑑𝑡
2𝑎𝑏 0
2𝑎
1 𝑛𝜋
𝐴n = 𝑛𝜋
∫ 𝑓(𝑡)𝑐𝑜𝑠 ( 𝑡) 𝑑𝑡, 𝑛 ≥ 1
2𝑎𝑠ℎ ( 𝑎 𝑏) 0 𝑎

VI.2.2.2. Equation de Laplace dans un disque


Il s’agit de calculer le potentiel vecteur magnétique 𝐴(𝑟, 𝜃) vérifiant l’équation
deLaplace à l’intérieur d’un disque de rayon r = a. Le problème à résoudre est
lesuivant :

𝐴(𝑎, 𝜃) = 𝒇(𝜃)
𝜕 2 𝐴 1 𝜕𝐴 1 𝜕 2 𝐴
(𝐸): 2 + + =0
𝜕𝑟 𝑟 𝜕𝑟 𝑟 2 𝜕𝜃 2
0≤𝑟≤𝑎
(Ω): {
0 ≤ 𝜃 ≤ 2𝜋
∆𝑨 = 𝟎
(F): 𝐴(𝑟 = 𝑎, 𝜃) = 𝒇(𝜃)
a
Problème périodique :
𝐴(𝑟, 0) = 𝐴(𝑟, 2𝜋)
𝜕𝐴 𝜕𝐴
(𝑟, 0) = (𝑟, 2𝜋)
𝜕𝜃 𝜕𝜃

50
Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

La méthode de résolution par séparation des variables consiste à rechercher


une solution de la forme (on sépare les variables r et θ) :
𝐴(𝑟, 𝜃) = 𝑅(𝑟)Ψ(𝜃) (VI.9)
(VI.9) dans (E) donne :
1 1
𝑅′′Ψ + 𝑟 𝑅′Ψ + 𝑟 2 𝑅Ψ′′ = 0 (VI.10)

ou encore
𝑅′′ 𝑅′ Ψ′′
𝑟2 +𝑟 + =0
𝑅 𝑅 Ψ
Donc
𝑅′′ 𝑅′ Ψ′′
𝑟2 +𝑟 =− =𝜆
𝑅 𝑅 Ψ
Les variables sont bien séparables car elles se trouvent de chaque côté de
l’égalité. L’égalité impose que les rapports soient constants. On introduit alors
la constante de séparation λ qu’il faut définir.
On est alors amené à résoudre les problèmes suivants :
• Un problème aux valeurs propres (Sturm-Liouville) sur la variable θ:
Ψ′′ + 𝜆Ψ = 0
{ Ψ(0) = Ψ(2𝜋)
Ψ′(0) = Ψ′(2𝜋)
où il faut rechercher toutes les valeurs propres 𝜆𝑛 et les fonctions propres
associéesΨ𝑛 .
• Une équation différentielle sur la variable r :
𝑟 2 𝑅′′ + 𝑟𝑅′ − 𝜆𝑛 𝑅 = 0
Remarque : La condition sur la frontière du disque en r = a permettra de
déterminer les constantes d’intégration apparaissant dans la solution
générale.
On commence par résoudre le problème aux valeurs propres. On étudie toutes
les possibilités pour la constante de séparation λ :
a) Résolution du problème aux valeurs propres :
Ψ′′ + 𝜆Ψ = 0
Equation caractéristique : r 2 + 𝜆 = 0 , Δ = −4𝜆
• 1er cas : 𝜆 = 0 : alors, Ψ(𝜃) = 𝐴𝜃 + 𝐵

51
Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

Ψ(0) = Ψ(2𝜋) ⟹ 𝐵 = 2𝜋𝐴 + 𝐵 ⟹ 𝐴 = 0. L’autre condition de périodicité


Ψ′(0) = Ψ′(2𝜋) ne nous apprend rien sur B.Ψ(𝜃) = 𝐵 vérifie la condition de
périodicité.
Par conséquent, 𝜆 = 𝜆0 = 0 est une valeur propre simple et Ψ0 (𝜃) = 𝐵0(où
𝐵0est une constante arbitraire) est une fonction propre simple.
• 2ème cas : 𝜆 < 0 : alors ∆> 0. On pose 𝜆 = −𝛼 2 . L’équation caractéristique
a pour racines 𝑟1 = 𝛼 et 𝑟2 = −𝛼
La solution s’écrit :
Ψ(𝜃) = 𝐴𝑒 𝛼𝜃 + 𝐵𝑒 −𝛼𝜃
Ψ(0) = Ψ(2𝜋) (1 − 𝑒 2𝛼𝜋 )𝐴 = (𝑒 −2𝛼𝜋 − 1)𝐵
{ ⟹{ ⟹ 𝐴 = 𝐵 = 0 𝑐𝑎𝑟 𝛼 ≠ 0
Ψ′(0) = Ψ′(2𝜋) (1 − 𝑒 2𝛼𝜋 )𝐴 = (1 − 𝑒 −2𝛼𝜋 )𝐵
𝜆 < 0 ne sont pas des valeurs propres du problème.
• 3ème cas : 𝜆 > 0 : alors ∆< 0. On pose 𝜆 = 𝛽 2, soit ∆ = −4𝛽 2. On obtient les
racines 𝑟1 = 𝑗𝛽 et 𝑟2 = −𝑗𝛽.
La solution s’écrit :
Ψ(𝜃) = 𝐴𝑐𝑜𝑠(𝛽𝜃) + 𝐵𝑠𝑖𝑛(𝛽𝜃)
Ψ(0) = Ψ(2𝜋) [1 − 𝑐𝑜𝑠(2𝜋𝛽)]𝐴 − [𝑠𝑖𝑛(2𝜋𝛽)]𝐵 = 0
{ ⟹{
Ψ′(0) = Ψ′(2𝜋) [𝑠𝑖𝑛(2𝜋𝛽)]𝐴 + [1 − 𝑐𝑜𝑠(2𝜋𝛽)]𝐵 = 0
Ce système d’équations linéaires homogène d’inconnues A et B n’a de solution
non triviale que si son déterminant est nul ; c’est-à-dire
1 − 𝑐𝑜𝑠(2𝜋𝛽) −𝑠𝑖𝑛(2𝜋𝛽)
| |=0
𝑠𝑖𝑛(2𝜋𝛽) 1 − 𝑐𝑜𝑠(2𝜋𝛽)
Ou encore
2(1 − 𝑐𝑜𝑠(2𝜋𝛽)) = 0
C’est-à-dire
𝛽 = 𝑛, 𝑛 = 1,2, …
Par conséquent, 𝜆n = 𝑛2 sont les valeurs propres du problème aux limites.
Les fonctions propres associées aux valeurs propres𝜆n s’écrivent :
Ψ𝑛 (𝜃) = 𝐴n cos(𝑛𝜃) + 𝐵n sin(𝑛𝜃)
b) Résolution de l’équation différentielle sur la variable r :
Les valeurs de λ (valeurs propres) étant maintenant connues, on peut
résoudre l’équation différentielle suivant la variable r (équation d’Euler):
𝑟 2 𝑅′′ + 𝑟𝑅′ − 𝜆𝑛 𝑅 = 0

52
Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

• 𝜆0 = 0 et on a :
𝑟 2 𝑅0′′ + 𝑟𝑅0′ = 0 ⟹ 𝑅0 = 𝐴0 + 𝐵0 𝑙𝑛(𝑟)
• Pour 𝑛 ≥ 1, 𝜆n = 𝑛2 > 0
𝑟 2 𝑅′′ + 𝑟𝑅′ − 𝜆𝑛 𝑅 = 0
On cherche des solutions de la forme 𝑅 = 𝑟 𝑘
𝑟 2 × 𝑘(𝑘 − 1)𝑟 𝑘−2 + 𝑟 × 𝑘𝑟 𝑘−1 − 𝜆𝑛 𝑟 𝑘 = 0
𝑘 2 − 𝜆𝑛 = 0
𝑘 = 𝑛 𝑜𝑢 𝑘 = −𝑛
On obtient
𝑅𝑛 (𝑟) = 𝐴n 𝑟 𝑛 + 𝐵n 𝑟 −𝑛
c) Solution générale de l’EDP:
La solution générale de l’équation aux dérivées partielles est la superposition
de l’ensemble des solutions (on doit considérer toutes les valeurs propres) :

𝐴(𝑟, 𝜃) = 𝑅0 (𝑟)Ψ0 (𝜃) + ∑ 𝑅n (𝑟)Ψ𝑛 (𝜃)


𝑛=1

Soit

𝐴(𝑟, 𝜃) = 𝐴0 + 𝐵0 𝑙𝑛(𝑟) + ∑(𝐴n 𝑟 𝑛 + 𝐵n 𝑟 −𝑛 ) cos(𝑛𝜃) + (𝐶n 𝑟 𝑛 + 𝐷n 𝑟 −𝑛 )sin(𝑛𝜃)


𝑛=1

Dans le cas d’un disque, la solution devant être finie en r = 0 (problème


physique), les coefficients𝐵0, 𝐵n et 𝐷n doivent être nuls. La solution générale se
réduit donc à :

𝐴(𝑟, 𝜃) = 𝐴0 + ∑ 𝐴n 𝑟 𝑛 cos(𝑛𝜃) + 𝐶n 𝑟 𝑛 sin(𝑛𝜃)


𝑛=1

d) Solution particulière :
La solution générale doit vérifier la condition sur la frontière du disque en𝑟 =
𝑎:
𝐴(𝑟 = 𝑎, 𝜃) = 𝑓(𝜃)
On obtient alors la relation suivante :

𝑓(𝜃) = 𝐴0 + ∑ 𝐴n 𝑎𝑛 cos(𝑛𝜃) + 𝐶n 𝑎𝑛 sin(𝑛𝜃)


𝑛=1
𝑇 2𝜋
1 1
𝐴0 = 𝑛 ∫ 𝑓(𝜃)𝑑𝜃 = ∫ 𝑓(𝜃)𝑑𝜃
𝑇𝑎 0 2𝜋𝑎𝑛 0

53
Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

Et pour n>0,
2𝜋 2𝜋
2 1
𝐴n = ∫ 𝑓(𝜃)𝑐𝑜𝑠(𝑛𝜃)𝑑𝜃 = 𝑛 ∫ 𝑓(𝜃)𝑐𝑜𝑠(𝑛𝜃)𝑑𝜃
2𝜋𝑎𝑛 0 𝜋𝑎 0
2𝜋 2𝜋
2 1
𝐵n = ∫ 𝑓(𝜃)𝑠𝑖𝑛(𝑛𝜃)𝑑𝜃 = 𝑛 ∫ 𝑓(𝜃)𝑠𝑖𝑛(𝑛𝜃)𝑑𝜃
2𝜋𝑎𝑛 0 𝜋𝑎 0

VI.2.2.3. Equation de la chaleur en 1D instationnaire (évolutive)


On va maintenant résoudre le problème de diffusion de la température
présenté dans l’introduction. On considère une barre en cuivre peu épaisse de
diffusivité thermique k (k = 1 cm2/s) qui est totalement isolée de l’extérieur et
pour laquelle on a fixé les températures aux deux extrémités à 0°C. La
répartition initiale de la température (à 𝑡 = 0 𝑠) dans la barre est donnée par la
2𝑇0 𝐿
𝑥 𝑠𝑖 0 ≤ 𝑥 ≤ 2
fonction suivante : 𝑓(𝑥) = {2𝐿𝑇0 𝐿
(𝐿 − 𝑥) 𝑠𝑖 ≤𝑥≤𝐿
𝐿 2

𝑇(𝐿, 𝑡) = 0
𝑇(0, 𝑡) = 0
𝜕𝑇 𝜕 2𝑇
𝑥
(𝐸): −𝑘 2 =0
𝐿
𝜕𝑡 𝜕𝑥
X=0 𝑥=𝐿
𝑥= (Ω): 0 ≤ 𝑥 ≤ 𝐿
2
𝑇(0, 𝑡) = 0
(F): {
𝑇(𝐿, 𝑡) = 0
(𝐼): 𝑇(𝑥, 𝑡 = 0) = 𝑓(𝑥)

𝑇0 = 25°
𝑡 = 0𝑠
𝐿 = 50𝑐𝑚 𝑥

Comme dans les exemples précédents, on recherche une solution de la forme


(on sépare les variables x et t) :
𝑇(𝑥, 𝑡) = 𝑋(𝑥)Φ(𝑡)
Si nous remplaçons cette expression dans l’équation (E), nous obtenons :
𝑋Φ′ − k𝑋′′Φ = 0
On divise par le produit 𝑋Φ,ce qui donne
1 Φ′ 𝑋′′
= = −𝜆
𝑘Φ 𝑋

54
Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

Encore une fois, les variables sont bien séparables car elles se trouvent de
part et d’autre de l’égalité. On introduit à nouveau la constante de séparation
λ qu’il faut définir.
• Un problème aux valeurs propres (Sturm-Liouville) sur la variable x (car
les conditions aux frontières homogènes se trouvent sur cette variable) :
𝑋 ′′ + 𝜆𝑋 = 0
{
𝑋(0) = 𝑋(𝐿) = 0
où il faut rechercher toutes valeurs propres 𝜆𝑛 et les fonctions propres
𝑋𝑛 (𝑥).
• Une équation différentielle du 1er ordre sur la variable t
Φ ′ + 𝑘 𝜆𝑛 Φ = 0
a) Résolution du problème aux valeurs propres
𝑋 ′′ + 𝜆𝑋 = 0 a pour équation caractéristique : 𝑟 2 + 𝜆 = 0, ∆= −4𝜆
• 1er cas : 𝜆 = 0
On a 𝑋 ′′ = 0 ⟹ 𝑋 = 𝐴𝑥 + 𝐵
𝑇(0, 𝑡) = 𝑇(𝐿, 𝑡) = 0 ⟹ 𝐵 = 𝐴𝐿 + 𝐵 = 0 ⟹ 𝐴 = 𝐵 = 0
𝜆 = 0 n’est pas une valeur propre du problème.
• 2ème cas : 𝜆 < 0, on pose 𝜆 = −𝛼 2 soit ∆= 4𝛼 2 ⟹ 𝑟1 = 𝛼 et 𝑟2 = −𝛼
La solution s’écrit : 𝑋(𝑥) = 𝐴𝑒 𝛼𝑥 + 𝐵𝑒 −𝛼𝑥
𝑋(0) = 0 ⇒ 𝐴 + 𝐵 = 0 ⇒ 𝐵 = −𝐴
𝑋(𝐿) = 0 ⇒ 𝐴𝑒 𝛼𝐿 + 𝐵𝑒 −𝛼𝐿 = 0 ⇒ 𝐴(𝑒 𝛼𝐿 − 𝑒 −𝛼𝐿 ) = 0 ⇒ 𝐴 = 0
𝐴 = 𝐵 = 0 ⇒ 𝜆 < 0 ne sont pas des valeurs propres du problème.
• 3ème cas : 𝜆 > 0, on pose 𝜆 = 𝛼 2 soit ∆= −4𝛼 2 ⟹ 𝑟1 = 𝑗𝛼 et 𝑟2 = −𝑗𝛼
La solution s’écrit : 𝑋(𝑥) = 𝐴𝑐𝑜𝑠(𝛼𝑥) + 𝐵𝑠𝑖𝑛(𝛼𝑥)
𝑋(0) = 0 𝐴=0
{ ⇒{
𝑋(𝐿) = 0 𝐵𝑠𝑖𝑛(𝛼𝐿) = 0
En dehors de la solution triviale 𝐴 = 𝐵 = 0, on a
𝑠𝑖𝑛(𝛼𝐿) = 0
C’est-à-dire
𝛼𝐿 = 𝑛𝜋, 𝑛 = 1,2, …
𝑛𝜋 2
Par conséquent, 𝜆𝑛 = ( 𝐿 ) sont les valeurs propres du problème aux

limites et les fonctions propres associées sont :


𝑛𝜋
𝑋𝑛 (𝑥) = 𝐵𝑛 𝑠𝑖𝑛 ( 𝑥)
𝐿

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Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

b) Résolution de l’équation différentielle sur la variable t


Φ ′ + 𝑘 𝜆𝑛 Φ = 0
La solution est donnée par :
𝑛𝜋 2
Φ𝑛 (𝑡) = 𝐴𝑛 𝑒 −𝑘( 𝐿 ) 𝑡

Où 𝐴𝑛 est une constante arbitraire.


c) Solution générale de l’EDP:
La solution générale de l’équation aux dérivées partielles est la
superposition de l’ensemble des solutions (on doit considérer toutes les
valeurs propres) :
∞ ∞
𝑛𝜋 2 𝑛𝜋
𝑇(𝑥, 𝑡) = ∑ 𝑋n (𝑥)Φ𝑛 (𝑡) = ∑ 𝐴n 𝑒 −𝑘( 𝐿 ) 𝑡 𝑠𝑖𝑛 ( 𝑥)
𝐿
𝑛=1 𝑛=1

d) Solution particulière

𝑛𝜋
𝑇(𝑥, 𝑡 = 0) = 𝑓(𝑥) = ∑ 𝐴n 𝑠𝑖𝑛 ( 𝑥)
𝐿
𝑛=1

Cette expression est la forme de la série de Fourier d’une fonction


𝜋 2𝜋
impaire. Posons 𝜛 = et 𝑇 = = 2𝐿
𝐿 𝜛

Considérons la fonction g de période 2𝐿, impaire et coïncidant avec f sur


[0, 𝐿].

𝑛𝜋
𝑝𝑜𝑢𝑟 𝑥 ∈ [0, 𝐿], 𝑔(𝑥) = 𝑓(𝑥) = ∑ 𝐴n 𝑠𝑖𝑛 ( 𝑥)
𝐿
𝑛=1

2 𝐿 𝑛𝜋 4 𝐿 𝑛𝜋
𝐴n = ∫ 𝑔(𝑥)sin ( 𝑥) 𝑑𝑥 = ∫ 𝑔(𝑥)sin ( 𝑥) 𝑑𝑥
2𝐿 −𝐿 𝐿 2𝐿 0 𝐿
2 𝐿 𝑛𝜋
= ∫ 𝑓(𝑥)sin ( 𝑥) 𝑑𝑥
𝐿 0 𝐿
2 𝐿/2 2𝑇0 𝑛𝜋 𝐿
2 𝑇0 𝑛𝜋
𝐴n = [∫ 𝑥 sin ( 𝑥) 𝑑𝑥 + ∫ (𝐿 − 𝑥)sin ( 𝑥) 𝑑𝑥]
𝐿 0 𝐿 𝐿 𝐿/2 𝐿 𝐿

𝑛𝜋
4𝑇0 × [2𝑠𝑖𝑛 ( 2 ) − 𝑠𝑖𝑛(𝑛𝜋)]
𝐴n =
𝑛2 𝜋 2
On peut écrire
∞ 𝑛𝜋
4𝑇0 [2𝑠𝑖𝑛 ( 2 ) − 𝑠𝑖𝑛(𝑛𝜋)] −𝑘(𝑛𝜋)2 𝑡 𝑛𝜋
𝑇(𝑥, 𝑡) = 2 ∑ [ 2
𝑒 𝐿 𝑠𝑖𝑛 ( 𝑥)]
𝜋 𝑛 𝐿
𝑛=1

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Chapitre VI : Problèmes aux valeurs propres et méthode de séparation des variables

Représentation graphique de T pour différents instants t

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