Vous êtes sur la page 1sur 12

SPECIALITE GEOPHYSIQUE MINIERE

TABLE DES MATIERES

INTRODUCTION..................................................................................... 2
I. ORIGINE DU SIGNAL M.T .............................................................. 2
II. GENERALITES .................................................................................. 2
III. MATERIELS ....................................................................................... 4
IV. PRINCIPE DE BASE DE LA M.T .................................................... 4
V. PRINCIPE DE MESURE DE M.T .................................................... 8
1. Principe de mesure sur le terrain ............................................................ 8
VI. ACQUISITION DES DONNEES M.T .............................................. 9
1. Principe d’acquisition sur le terrain ....................................................... 9
2. La chaine d’acquisition........................................................................... 10
3. Dispersions M.T ...................................................................................... 10
4. Le traitement des données M.T ............................................................. 11
5. L’interprétation des données M.T ......................................................... 11
CONCLUSION........................................................................................ 12
REFERENCE .......................................................................................... 12

1
SPECIALITE GEOPHYSIQUE MINIERE

INTRODUCTION
L'une des méthodes géophysique appliquée, développée par L.CAGNARD (au centre
géophysique de GARCHY, est la magnétotellurique qui de plus en plus occupe une place
importante dans l'exploration; Son apport est précieux pour l'étude des bassins sédimentaires
susceptible de contenir des hydrocarbures ou d'autres sources énergétiques (sources
hydrothermales, gites d'uranium etc...) Elle contribue également à la définition de l'interface
séparant le bassin au socle.
En effet le passage du sédiment au socle se traduit par une grande discontinuité, des paramètres,
telle la résistivité; La connaissance de la topographie du socle déduite de ces paramètres permet
d'orienter les travaux ultérieurs et choisir la méthode géophysique convenable au but recherché.
Le paramètre utilisé en MAGNETOTELLURIQUE est la résistivité des roches sa quantification
permet aux géophysiciens de dresser des coupes géo-électriques en profondeur ou des cartes
d'iso-résistivité, dont l'interprétation contribuera à la localisation des structures à une deux ou
trois dimensions.

I. ORIGINE DU SIGNAL M.T

La magnétotellurique est une des méthodes géophysiques basée sur l'exploitation des variations
naturelles du champ électromagnétique, dont le spectre du signal est très large, regroupant les
variations diurnes de 1000 secondes à 10000 Hz. Ces variations sont créées par des sources très
diverses; généralement, vers les périodes les plus lentes jusqu'à un Hertz, le champ résulte des
Interactions complexes entre le champ magnétique permanent de la terre et le flux des plasmas
solaires. Au-dessus de quelques Hertz, il est dû essentiellement à l'activité météorologique, en
particulier aux orages magnétiques équatoriaux et tropicaux.
Les méthodes Géophysiques utilisant le champ électromagnétique qui se distinguent suivant la
gamme de fréquences utilisée, ainsi, l'audio-MT utilise un spectre de 8 à 104 Hertz;
Cette méthode est appliquée couramment pour l'exploitation Minière, Hydrologie, et en
géothermie (TRANGWAY et AL 1973).
La magnétotellurique, quant à elle utilise un spectre couvrant des fréquences plus lente allant
de 10-3 à 102, utilisée en recherche pétrolière, géothermique, et étude des Bassins.
A ces signaux naturels peuvent se superposer des signaux artificiels en
Général d'origine industrielle, ainsi que des bruits d'origines diverses, surtout sur les
composantes électriques. Il n'est pas toujours facile de distinguer entre signal et bruit,
néanmoins, on considère comme signal toutes variations simultanées magnétiques et telluriques
cohérentes et comme bruits le cas contraire.

II. GENERALITES

La MT est connue déjà depuis les années cinquante du siècle dernier (Andreï Nikolaïevitch
Tikhonov 1950 et Louis Cagniard 1953) ; elle consiste à étudier les propriétés géo- électriques
du sous-sol en procédant à la mesure des variations temporelles du champ magnétique terrestre
en même temps que celles du champ électrique tellurique.
2
SPECIALITE GEOPHYSIQUE MINIERE

La magnétotellurique est une méthode E.M dont les sources naturelles (passives) sont dues aux
fluctuations naturelles du champ magnétique terrestre.
Selon la profondeur d’investigation, la MT peut être classée en :
 La radio magnétotellurique (faibles profondeurs - Gamme des HF)
 L’audio magnétotellurique (moyennes profondeurs - Gamme des fréquences
moyennes)
 L’Hélio magnétotellurique (grandes profondeurs - gamme des Basses fréquences)
Selon la bande de fréquence utilisée, la MT est classée en deux grandes familles :
 La première famille correspond aux sources de basses fréquences inferieures à 10 Hz,
elles sont générées par les interactions entre la magnétosphère et les vents solaires qui
créent des courant ionosphériques de différentes natures et caractéristiques. Ces
courants induisent un champ EM incident à la surface terrestre.fig.1
 La seconde famille correspond aux sources de hautes fréquences supérieures à l’Hertz.
Elles sont générées par les éclairs atmosphériques piégés par la cavité terre-ionosphère,
elles se diffusent dans le sous- sol et forment le signal MT.

Fig. 1 Origine des champs électromagnétiques primaires, d’après so2Media (2009)

La MT permet de mesurer à la surface du sol, en un même endroit et à plusieurs fréquences les


composantes horizontales des champs tellurique et magnétique. Toutefois son application
nécessite le respect de quelques règles dites « hypothèses de Cagniard 1953 »
 Le courant de déplacement doit être négligeable par rapport au courant de conduction.
 La nappe tellurique doit être uniforme, ce qui suppose que la source d’excitation
électromagnétique est très lointaine.

3
SPECIALITE GEOPHYSIQUE MINIERE

Les variations du champ géomagnétique utilisées dans les mesures de la prospection


magnétotellurique sont celles comprises dans la gamme de fréquences comprises entre 10−3 et
103 Hz. (Fig. 2)

Fig.2. Spectre modèle de flottement de l’amplitude du champ


électromagnétique naturel (l’amplitude en nT ou gamma)

III. MATERIELS

Chaine d'acquisition et dispositif de mesure.


La chaine d'acquisition dans le cas d'une station unique comprend:
 3 capteurs magnétiques; 2 horizontaux et 1 vertical ;
 4 capteurs telluriques (électrodes) ;
 2 coffrets : préampli, ampli-filtre ;
 1 enregistreur analogique ;
 Câbles telluriques ;
 Câbles magnétiques ;
 1 groupe électrogène, fournissant 220 Volts à 50 Hz.

IV. PRINCIPE DE BASE DE LA M.T

On a vu dans le cours d’électricité et magnétisme que les champs électrique et magnétique en


fonction de la profondeur et du temps ont pour expression respectivement dans le cas d’une
variation sinusoïdale :

4
SPECIALITE GEOPHYSIQUE MINIERE

𝒌 étant le nombre d’onde électromagnétique


: Sont respectivement les valeurs du champ magnétique et électrique à la
surface du sol (𝒛 = 𝟎)
L’application des équations de Maxwell

Permet de déduire le champ magnétique

Pour une fréquence donnée 𝝎, l’impédance magnétotellurique résultante est :

Etant donné que les deux champs sont liés par :

Pour un demi-espace conducteur, le module de l’impédance électromagnétique est :

Les champs magnétique et électrique sont déphasés, l’impédance électromagnétique z est


complexe, elle possède un module et une phase. Lorsqu’on s’intéresse à la partie réelle, on
obtient pour le champ électrique

5
SPECIALITE GEOPHYSIQUE MINIERE

Cette expression mathématique montre les variations du courant électrique alternatif en


fonction de la profondeur z. Plus la profondeur augmente et plus la composante
Se réduit selon la loi exponentielle. Comme la profondeur de pénétration 𝜹 a pour expression :

En surface 𝒛 = 𝟎 soit :
L’application des équations de Maxwell

Les vecteurs champs électrique et magnétique sont constants dans le plan horizontal (𝑿 - 𝒀),
car les variations ne se font que suivant l’axe vertical z.

fig .3 .Propagation des Champs

Il en résulte que

6
SPECIALITE GEOPHYSIQUE MINIERE

Dans un tel cas, la composante du champ magnétique liée au vecteur champ électrique se trouve
dans un plan horizontal orthogonalement au vecteur champ électrique
On obtient alors

En négligeant 𝝁, le module de cette expression donne :

On obtient

7
SPECIALITE GEOPHYSIQUE MINIERE

C’est la relation fondamentale de Cagniard.


Ainsi, la mesure des amplitudes des composantes horizontale 𝑬𝒙 et 𝑯𝒚 des champs tellurique
et magnétique au même endroit et suivant deux directions perpendiculaires 𝑶𝑿 et 𝑶𝒀, et pour
une période 𝑻 donnée de l’onde électromagnétique permet de calculer la valeur de la résistivité
apparente d’une série de couches. Cette formule montre que les plus les fréquences sont élevées
et plus l’investigation est proche de la surface et inversement, plus la fréquence est faible et
plus la profondeur est grande. Comme la magnétotellurique utilise de basses fréquences (𝟎,
𝟎𝟎𝟓 < 𝑻 <𝟐𝟎𝟎 𝒔𝒆𝒄𝒐𝒏𝒅𝒆𝒔 𝒆𝒏𝒗𝒊𝒓𝒐𝒏) des ondes électromagnétiques crées par des sources
naturelles très diverses, il s’en suit qu’elle soit l’unique méthode d’exploration géophysique, à
l’exception de la sismologie, qui permet de fournir des images à des profondeurs importantes
atteignant plusieurs dizaines de kilomètres.
Soit

Ainsi, avec une période de 24 heures, il est possible d’obtenir des informations jusqu’au
manteau supérieur.

V. PRINCIPE DE MESURE DE M.T

1. Principe de mesure sur le terrain


Comme toutes les autres méthodes géophysiques, les 3 principales étapes de la prospection par
MT sont l’acquisition (terrain), le traitement (amélioration du rapport 𝑬 /𝑯) et l’interprétation
qui consiste à interpréter les données des paramètres physiques en terme géologique.
L’acquisition sur la surface du terrain comprend la mesure conjointement des composantes du
champ magnétique (𝑯𝒚, 𝑯𝒙, 𝑯𝒛) et électrique (𝑬𝒙, 𝑬𝒚).
L’évaluation des rapports 𝑬 /𝑯 consiste à ranger deux lignes telluriques à angle droit
(𝑬𝒙, 𝑬𝒚) et trois capteurs magnétiques (𝐻𝑦, 𝐻𝑥, 𝐻𝑧) fig 4. Sur les différents enregistrements
apparaitra des sinusoïdes pures isolées de période 𝑻. Le géophysicien déterminera pour chaque
valeur de 𝑻, une valeur moyenne du rapport 𝑬 /𝑯.
𝑬𝒙 𝑒𝑡 𝑯𝒚 sont les spectres d’amplitudes des composantes perpendiculaires des champs
électrique et magnétique pour une période donnée. Au préalable on doit faire une analyse
fréquentielle des signaux magnétotelluriques par transformée de Fourier.
La conductivité sera exprimée par :

Le principe des mesures des composantes du champ électrique est le même que celui de la
méthode tellurique mais on effectue simultanément la mesure des deux ou trois composantes
du champ magnétique terrestre. Le choix des gammes d’enregistrement des signaux en MT est
fait en fonction de l’objectif à atteindre.

8
SPECIALITE GEOPHYSIQUE MINIERE

Fig. 4 Principe d’acquisition en MT

Il est possible d’effectuer les mesures par deux techniques :


 Technique de sondage
Le dispositif de mesure est fixé et on fait modifier la fréquence de mesure du champ
électromagnétique. On obtient une courbe de sondage qui indique les variations de résistivité
apparentes à la verticale d’une station de mesure MT.
 Technique de profilage
Le dispositif est déplacé en maintenant la fréquence constante. Les mesures sont exécutées à
une fréquence identique le long d’un profil ce qui permet d’obtenir des informations sur le
changement latéral de la résistivité apparente à la dite fréquence.

VI. ACQUISITION DES DONNEES M.T

1. Principe d’acquisition sur le terrain


Les mesures sur le terrain doivent être loin de toute source de bruits (lignes HT, zones
industrielles, voies de communications etc…). L’acquisition dépend du problème à résoudre.
Ainsi, pour une étude structurale, il faut connaitre tout d’abord la direction structurale principale
de la région d’étude. Le dispositif composé des magnétomètres et les électrodes sont disposés
de sorte qu’ils soient perpendiculaires et parallèles à la direction structurale principale.
L’opérateur mesure par exemple :
 Les composantes horizontales électrique 𝑬𝒙 (en 𝑚𝑉/𝐾𝑚) et magnétique 𝑯𝒙 (en 𝑛𝑇)
dans la direction parallèle à la direction structurale principale
 Les composantes horizontales électrique 𝑬𝒚 et magnétique 𝑯𝒚 dans la direction
perpendiculaire à la direction structurale principale.
9
SPECIALITE GEOPHYSIQUE MINIERE

2. La chaine d’acquisition
Les chaines d’acquisition des données magnétotelluriques différent selon les objectifs.
Néanmoins, leurs caractéristiques communes sont l’amplification du signal brut enregistré sur
le terrain, le taux d’échantillonnage, la résolution numérique du signal électromagnétique et
L’aptitude de stockage des données.

3. Dispersions M.T
Notions sur la dispersion en Magnétotellurique: Les origines de la dispersion des résultats
Magnétotelluriques sont nombreuses et variées et peuvent être liés à différents facteurs dont les
principaux sont:
 Les bruits naturels
 Les bruits causés à l'acquisition
 Les bruits causés lors du traitement
 Les bruits liés au système d'acquisition

1. Les bruits naturels


Le signal MT est un signal aléatoire et non stationnaire, son énergie n'est pas constante dans le
temps. Cette non stationnarité est expliquée par le fait que le spectre du signal MT est la somme
de tous les spectres des signaux appartenant à des nappes différentes; Cette complexité du signal
lié à la présence de nappes, est la principale source de dispersion. Pour le traitement des données
MT, nous ferons toutefois l'hypothèse d'un signal stationnaire et ergodique*, en s'assurant que
l'énergie du bruit est minimale.
2. Les bruits causés à l'acquisition:
Le signal MT subit lors de son passage à travers la chaine d'acquisition: capteurs, préampli,
ampli-filtre, d'importantes distorsions du signal en amplitude et phase.
Le programme d'étalonnage et de la calibration qui consiste à récupérer en amplitude et phase,
le signal affecté lors de l'acquisition et prétraitement, n'est pas encore satisfaisant à cause de
l'instabilité des éléments électroniques de la chaine d'acquisition, du rapport signal sur bruit, de
l'application brutale des filtres passe bandes qui créent des oscillations importantes au niveau
des coupures et qui affectent dangereusement les signaux bas niveau.
3. Bruit causés lors du traitement
Le problème clé du traitement en magnétotellurique consiste à soustraire le bruit du signal utile
et identifier chaque paramètre avec précision pour que l'interprétation soit correcte. Cette
opération repose sur l'application de différents algorithmes de traitement choisis suivant le but
recherché, soit en utilisant pour l'analyse spectrale, soit la FFT ou la DECIMATION
L'algorithme de décimation, appliqué au traitements MT n'est pas absolument efficace pour
estimer d'une manière homogène le contenu spectral de chaque gamme du signal (HF, BF),
dans le cas du système IMRG-CRG.
En effet le nombre d'estimation des coefficients de fourrier décroit rapidement suivant le niveau
de décimation atteint (0,8) ce qui explique à priori la dispersion du spectre pour les dernières
fréquences de chaque gamme.

10
SPECIALITE GEOPHYSIQUE MINIERE

4. Dispersion liée au système d'acquisition


Dans le cas de trois stations simultanées, la dispersion des paramètres MT peut être liée au
traitement statistique appliqué. La qualité des résultats dépend de la qualité des données obtenue
sur l'ensemble des stations, en effet si une station est biaisée le résultat sera affecté.

4. Le traitement des données M.T


Le traitement des données (calcul des puissances spectrales et inter-spectrales, calcul des
facteurs de qualité et des résistivités apparentes, calcul des tenseurs d’impédances…) s’effectue
par une routine écrite en pascal, accessible depuis les logiciels basic. La durée de traitement
complet d’un enregistrement 15 voies pour 17152 pts est de l’ordre de 30 minutes. Le traitement
s’effectue parallèlement à l’acquisition en BF (temps réel). A la fin de chaque enregistrement,
les données brutes peuvent être stockées sur disque dur.
Le traitement complet des données MT consiste à calculer le tenseur d’impédance (Z), qui relie
pour une fréquence donnée les champs telluriques et magnétiques selon la relation suivante :

5. L’interprétation des données M.T


L’interprétation des courbes de résistivités apparentes s’effectue à l’aide des programmes de
modélisations à une ou deux dimensions, en comparant la réponse théorique d’un modèle que
l’on affinera successivement, aux données expérimentales. L’emploi d’importants moyens de
calcul pour la modélisation en deux dimensions limite son utilisation et il est préférable
d’obtenir des interprétations approximatives en une dimension de chaque sondage pris
séparément. Pour cela, il est nécessaire de choisir à l’aide de certains critères quelle courbe de
résistivité apparentes ρXY ou ρYX, donnera la meilleure approximation de la configuration
géologique réelle.
Le calcul de la phase des éléments anti-diagonaux de (Z), ZXY et ZYX, donne une information
complémentaire à celle des courbes de résistivité apparente qui peut être utilisée en
interprétation lors de la comparaison entre la réponse d’un modèle et les données
expérimentales.

11
SPECIALITE GEOPHYSIQUE MINIERE

CONCLUSION

L’objectif final du traitement des données M.T enregistrées est la détermination du tenseur
d’impédance. Les Signaux électromagnétiques sont généralement enregistrés dans le domaine
temporel. Une première étape comporterait leur conversion dans le domaine fréquentiel. Quant
à l’interprétation des données c’est l’étape finale qui consiste à déterminer à partir de la coupe
géo-électrique le modèle géologique ressemblant au sous-sol de la zone explorée.

REFERENCE

 Djeddi Mabrouk. Cours de prospection électromagnétique et


Magnétotellurique, Département de Géophysique (FHC), Université
M’Hamed Bougara de Boumerdes. Algérie. Mai, 2015.

12