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République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Université A. Mira Béjaı̈a


Faculté des Sciences Exactes
Département de Physique

Spécialité : Physique Théorique


Mémoire de Master

Présenté par

Mr. OUARI Kamel


Pour obtenir le Diplôme de Master en Physique Théorique

Intitulé
Détermination du Spectre Relativiste
de l’Atome d’Hydrogène
par l’Approche de Barros

Soutenu publiquement le 14/06/2015 devant le jury suivant :

Président Mr. BOUDA A. Prof U.A. Mira Béjaı̈a


Examinateur Mr. GHARBI A. MCA U.A. Mira Béjaı̈a
Examinateur Mr. BEKLI M.R. MAA U.A. Mira Béjaı̈a
Rapporteur Mr. BELABBAS A. MCB U.A. Mira Béjaı̈a
.

Résumé
Dans ce travail, nous avons entrepris à la fois une présentation de l’approche de C.C. Bar-
ros, relativiste et non relativiste et son éventuelle application pour la détermination des
spectres quantiques de l’atome d’hydrogène. En partant de l’hypothèse que les interactions
non-gravitationnelles peuvent affecter la structure de l’espace-temps, dans le contexte de
la solution de Schwarzschild et de façon similaire à ce qui se fait en relativité générale pour
la gravité, en incorporant l’interaction proton-électron dans la métrique de l’espace-temps,
nous sommes arrivés à dériver le spectre de l’atome d’hydrogène, prévu par la théorie
quantique, et ce dans le cadre de l’approximation du champ faible.

Abstract
In this work, we undertook both a presentation of relativistic and non-relativistic C.C Bar-
ros’s approaches and its eventual application to settle the quantum spectrum of hydrogen
atom. Starting from hypothesis that non-gravitational interactions can affect space-time
structure, in the context of Schwarzschild solution and with a similar way as what is done
in general relativity for gravity, by incorporating proton-electron interaction in space-time
metric, we succeeded to drift hydrogen atom spectrum, anticipated by quantum theory,
within the context of weak field approximation.
A mes très chers parents,
A mes deux frères Youba et Farid et
A ma petite soeur Naima
Remerciements
En premier lieu, je tiens à présenter mes plus sincères remerciements à mon encadreur,
Monsieur BELABBAS Abdelmoumene, d’une part pour sa générosité, sa grande disponi-
bilité et sa confiance en mes capacités - sa rigueur, son dévouement et son expertise de
chercheur m’ont servi comme appui pour la réalisation de ce travail -, et d’autre part, pour
les discussions et conseils qui resteront gravés à jamais dans ma mémoire.

Je désire également adresser mes remerciements à tous les enseignants du département


de physique avec qui j’ai eu la chance d’acquérir et de consolider de multiples connais-
sances au cours de mes études à l’université de Bejaı̈a. Et plus particulièrement, j’aimerais
remercier professeur BOUDA A. et docteur GHARBI A., pour leurs passionnants cours
de Relativité Générale et de Mécanique Quantique, et pour la motivation nécessaire pour
poursuivre mes études et grandir mon intérêt pour la physique qu’ils m’ont apporté.

Aujourd’hui je tiens à remercier encore une fois professeur BOUDA A., pour l’honneur
qu’il me fit en acceptant de présider le jury de soutenance, et le docteur GHARBI A., en
acceptant d’être membre de ce jury et d’examiner ainsi le travail fait.
Je remercie également docteur BEKLI M.R., pour avoir accepté d’être aussi membre du
jury, pour sa patience et pour le temps qu’il m’a consacré afin de faire une appréciation de
ce travail.

Pour vous, mes amis, merci pour tous les bons moments inoubliables partagés, les fous
rires, les échanges constructifs, mais aussi, merci pour votre soutien sans faille. Chaque
relation est unique, mais j’aimerai cependant, sans pour autant oublier les autres, en citer
deux d’entre eux : Merci à vous Yacine et Fayçal pour tous que vous avez fait pour moi et
pour votre chaleureuse présence à mes côtés au fil de ces cinq années.

Enfin, je n’oublie évidemment pas ma famille : merci pour votre présence bienveillante,
votre soutien inestimable et vos encouragements inlassables. En particulier, j’adresse à
ceux qui, depuis le tout début, ont contribué à ma réussite : à vous, mes parents pour votre
infaillible confiance, votre indéfectible soutien et surtout pour toutes les valeurs que vous
m’avez transmises. J’espère que vous voyez, dans ce travail, un résultat satisfaisant de vos
efforts. Merci pour l’immense amour que vous me témoignez.
Table des matières

1 Introduction 7

2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène 10


2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.2 La Théorie des Quantas . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
2.3 La Théorie de Bohr de l’Atome d’Hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2.3.1 Règle de quantification de Bohr . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
2.3.2 Quantification d’orbites circulaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2.4 Les Règles de Bohr-Sommerfeld . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.4.1 Quantification des orbites elliptiques . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
2.4.2 Corrections relativistes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2.5 Mécanique Ondulatoire et Atome d’Hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2.5.1 Les ondes de matière de Broglie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2.5.2 La règle de quantification . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
2.5.3 Résolution de l’équation de Schrödinger pour l’atome d’Hydrogène . 25
2.6 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

3 Approche de Barros et Applications 35


3.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.2 Principe de l’Approche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
3.3 La Métrique de Schwarzshild . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
3.3.1 Opérateurs dans l’espace de Schwarzshild . . . . . . . . . . . . . . . 37
3.3.2 Relation de commutation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
3.4 Dynamique Relativiste de Schwarzschild . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.4.1 Temps propre et quadrivecteurs vitesses . . . . . . . . . . . . . . . 42
3.4.2 Quantité de mouvement et énergie . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
3.4.3 Invariant relativiste . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.4.4 Détermination de la fonction ξ(r) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
3.5 Equations d’Ondes dans l’Espace de Schwarzschild . . . . . . . . . . . . . . 47
3.5.1 Equation de Schrödinger . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3.5.2 Equation de Klein et Gordon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.5.3 Equation de Dirac . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51

4
3.6 Applications à l’Atome d’Hydrogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
3.6.1 Réduction de l’équation radiale dans un espace de Shwarzschild à
celle de Schrödinger . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
3.6.2 Réduction du système radial de Barros à celui de Dirac . . . . . . . 63
3.7 Conclusion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70

4 Conclusion générale 72

Annexes 76

A Rappels sur Quelques Notions d’Analyse Tensorielle 77


A.1 Coordonnées Curvilignes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
A.1.1 Repères rectilignes et curvilignes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
A.1.2 Changement de base . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
A.2 Base Duale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
A.2.1 Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
A.2.2 Composantes contravariantes et covariantes . . . . . . . . . . . . . 79
A.3 Tenseur Métrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
A.3.1 Définition générale du produit scalaire . . . . . . . . . . . . . . . . 80
A.4 Dérivées Covariantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
A.4.1 Symboles de Christoffel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
A.5 Dérivée Covariante d’un Vecteur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
A.5.1 Dérivée covariante d’un vecteur V i . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
A.5.2 Dérivée covariante d’un vecteur Vi . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
A.6 Analyse Vectorielle en Coordonnées Orthogonales . . . . . . . . . . . . . . 84
A.6.1 Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
A.6.2 Produit scalaire dans la base orthonormée {E ~ i }i=1,3 . . . . . . . . . 85
A.6.3 Gradient-Dérivée covariante d’un scalaire dans {E ~ i }i=1,3 . . . . . . 86
A.6.4 Divergence covariante d’un vecteur dans {E ~ i }i=1,3 . . . . . . . . . . 87
A.6.5 Le Laplacien d’un scalaire dans {E ~ i }i=1,3 . . . . . . . . . . . . . . . 88

B Les Harmoniques Sphériques 89


B.1 L’opérateur Moment Cinétique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
~ 2 et Lz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
B.2 Le Spectre de L . . . . . . . 90
B.2.1 Premier cas m=0 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
B.2.2 Polynômes de Legendre associés, le cas m 6= 0 . . . . . . . . . . . . 96
B.2.3 Relations de récurrence entre Harmoniques sphériques . . . . . . . . 97

C Fonction d’Onde Relativiste et Stationnaire pour une Particule de Spin


1/2 et de Moment Cinétique Orbital l 98
C.1 Spineurs Sphériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
C.2 Parité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
C.2.1 Parité orbitale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102
chapitre 1 Introduction

C.2.2 Parité des Spineurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102


C.2.3 Relation entre l et l0 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
C.3 Relation entre Ωjlm et Ωjl0 m . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104

Bibliographie 107

6
Chapitre 1

Introduction

Dès le début du vingtième siècle, les sciences physiques ont connu un développement
notable, surtout par la découverte de la relativité restreinte, en 1905, puis de la relati-
vité générale, en 1915, par Albert Einstein, et de la théorie quantique, par Niels Bohr, et
complétées plus tard par les travaux de plusieurs savants, Schrödinger, Bohr, Born, Hei-
senberg ...
Contrairement à la relativité d’Einstein, la théorie quantique a été la cause de plusieurs
débats entre physiciens, surtout à cause de son aspect probabiliste, conduisant à un aban-
don de la notion de trajectoire [1]. Cependant, l’excellent accord entre les résultats théoriques
et expérimentaux a fini par convaincre presque tout le monde de la puissance de cette
nouvelle théorie à expliquer, du moins décrire, les phénomènes qui se passent à l’échelle
subatomique [1].

La physique actuelle s’appuie sur deux piliers : la mécanique quantique et la relativité


générale. Bien que ces deux théories soient pleinement vérifiées dans leurs domaines res-
pectif, néanmoins, il n’existe pas, à l’heure actuelle, de théorie cohérente et complète de la
physique, et les quatre grandes interactions répertoriées dans la nature (Gravitationnelle,
Electromagnétique, Faible, Forte) ne sont pas encore décrites par un seul est unique forma-
lisme unifié. Cela tient du fait, d’une part, que la relativité générale explique l’infiniment
grand (Théorie déterministe, purement géométrique, et les interactions sont continues ... )
alors que la physique quantique s’intéresse à l’infiniment petit (Théorie probabiliste, et les
interactions sont quantifiées ...), et d’autre part, la façon dont on représente l’espace-temps
de ces deux théories.
Or les différents progrès de la physique sur le plan expérimental est toujours accom-
pagnés d’un travail de synthèse et d’unification. James Clerk Maxwell avait déjà prouvé,
en 1850, que l’électricité et le magnétisme étaient deux aspects d’une même interaction,
l’électromagnétisme [2]. Albert Einstein fut le premier physicien à tenter d’élaborer une
théorie unificatrice dans les années 1910. Ses travaux sur la relativité lui faisant présumer
l’existence d’une théorie commune pour les forces électromagnétiques et gravitationnelles,

7
chapitre 1 Introduction

il essaya en vain, durant les trente dernières années de sa vie, de concevoir un modèle où
forces et particules seraient représentées uniquement par des champs, les particules n’étant
rien d’autre que des zones du champ où les valeurs d’intensité seraient particulièrement
élevées [3]. Mais l’avènement de la théorie quantique et la découverte de nouvelles particules
sonnèrent l’échec d’Einstein, qui ne pouvait réussir dans sa tâche en s’aidant uniquement
des lois de la relativité et de la physique classique [4].
Théodor Kaluza et Oscar Klein, en développant la théorie de la relativité générale, ils
montraient, en 1926, que la gravitation et l’électromagnétisme apparaissaient comme des
déformations géométriques de la courbure de l’espace-temps, et pouvaient se décrire dans
un même formalisme à condition d’augmenter les dimensions de l’espace à cinq [5, 6].
La combinaison de la théorie quantique avec la théorie de relativité restreinte par Klein-
Gordon et Dirac, a donné naissance à la théorie quantique relativiste est qui fut plus tard
la pierre sur laquelle se fonda la théorie quantique des champs [7].

Parallèlement à tous ces développements, l’outil mathématique, nécessaire pour le


développement théorique de cette nouvelle physique, connaı̂tra aussi une progression éclatante.
En effet, durant les 70 dernières années, le domaine d’étude des systèmes quantiques a
été de plus en plus enrichi ainsi que la gravité par de nouvelles méthodes et approches
mathématiques, analytiques et algébriques, à travers les travaux d’une centaine de physi-
ciens [8].

Dans ce travail, nous exposerons une nouvelle approche dite de Barros, qui s’appuie sur
une idée selon laquelle que, d’une façon analogue à l’interaction gravitationnelle, les autres
interactions peuvent aussi se manifester à travers la structure de l’espace-temps. L’idée
fondamentale d’une telle approche consiste à décrire une particule libre se déplaçant sous
l’effet d’un potentiel non gravitationnel, statique et isotrope, qui affecterait la métrique de
l’espace-temps. Les effets de la métrique dans ce domaine subatomique seront étudiés.

D’abord, dans le deuxième chapitre nous allons exposer quelques développements de


l’application de la mécanique quantique à l’atome d’Hydrogène. En premier, nous présenterons
quelques notions de base sur l’organisation de la matière, en reprenant en particulier les
notions de physique microscopique ; il s’agira d’un survol, et la grande majorité des énoncés
seront donnés sans démonstration et sans discussion détaillée. L’objectif étant d’introduire
des notions de base, comme la fonction d’onde quantique ou le niveau d’énergie, qui re-
viendront de façon récurrente tout au long du ce mémoire. Une attention particulière sera
portée sur la théorie de Bohr-Sommerfeld, qui permet d’expliquer de façon simple, sinon
convaincante, le spectre de l’atome d’hydrogène.

Dans le troisième chapitre, l’analyse vectorielle en coordonnées curvilignes va permettre


d’étendre le principe de correspondance à l’espace-temps courbe de Schwarzschild, cela va
nous permettra de déterminer les opérateurs (E, p~, p~ 2 ) indispensables à l’établissement
d’équations d’ondes quantiques dans un tel espace. En second lieu, une nouvelle manière
de description d’une particule évoluant dans un espace courbe et soumise à un potentiel

8
chapitre 1 Introduction

coulombien affectant la métrique de Schwarzschild, est exposée. L’utilisation du formalisme


Lagrangien et Hamiltonien va nous permettre de déterminer les principales grandeurs dyna-
miques relatives à cette particule, dans la métrique de Schwarzschild, à savoir : l’énergie, les
impulsions, l’expression de l’invariant relativiste qui servirons, d’une part, à l’établissement
du lien direct entre le potentiel non gravitationnel V (r) et la métrique de l’espace-temps
à travers de la fonction ξ(r), et d’autre part, à l’établissement des équations d’ondes re-
lativistes et non relativistes dans cet espace temps, à savoir : l’équation de Schrödinger,
l’équation de Klein et Gordon (pour la même particule sans spin) et l’équation de Dirac
(pour la même particule de spin 1/2). Dans le cas d’un potentiel à symétrie sphérique, une
méthode de résolution de ces équations, basée sur la séparation des variables, dans le cas
stationnaire est développée.
Nous exposons à la fin de ce chapitre deux applications à l’atome d’Hydrogène. Ces ap-
plications vont permettre, d’une part, d’illustrer l’approche, et d’autre part, de vérifier sa
validité à travers une comparaison de ces implications avec les résultats bien connus en
théorie quantique.

Le mémoire est terminé par une conclusion dans laquelle une discussion des résultats,
développés dans ce mémoire, sera présentée. On termine l’exposé par quelques implications
éventuelles et perspectives que peut offrir cette nouvelle approche de Barros.

9
Chapitre 2

Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

2.1 Introduction
Nous traiterons dans ce chapitre le premier modèle réaliste de la structure atomique,
celui de Bohr en 1913. Nous commencerons par un bref rappel de la situation historique
au moment de la formulation du modèle de Bohr pour la description non relativiste de
l’atome d’Hydrogène. Ensuite, nous préciserons ses limitations et les tentatives, menées,
entre autres par Bohr et Sommerfeld, pour ramener le modèle à être appliqué à des systèmes
complexes. L’importance de la vitesse orbitale de l’électron, soulignée par Bohr, a incité
Sommerfeld a apporter des corrections relativistes des niveaux d’énergies de l’électron.
Enfin, les idées de Louis De Broglie, vont être brièvement rappelées pour développer la
mécanique ondulatoire. Finalement la solution rigoureuse du problème de Kepler dans le
cadre non relativiste va être exposée.

2.2 La Théorie des Quantas


L’idée que l’énergie d’un système ne pouvait prendre que certaines valeurs discrètes
et non pas l’ensemble continu des valeurs prédites par la théorie classique du phénomène
a été émise pour la première fois par Planck en 1900. En effet, pour expliquer certaines
particularités du rayonnement du corps noir, il a supposé que des oscillateurs mécaniques
chargés, de fréquence ν, ne pouvaient émettre ou absorber de l’énergie que par quantités
finies discrètes de la forme [9]
E = n hν, (2.1)
où n est un entier et h est une nouvelle constante fondamentale,

h = 6.6261 10−34 J.s, (2.2)

baptisée constante de Planck.

10
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

Les physiciens de l’époque ne voyaient là qu’une astuce mathématique permettant de


trouver des résultats correspondant à l’observation. En 1905, Einstein fut le premier a in-
terpréter physiquement ces idées, en considérant que ce ne sont pas seulement les échanges
d’énergie qui sont quantifiés mais l’énergie elle même, et qu’il s’agit d’un phénomène phy-
sique fondamental. Cela lui permit d’expliquer l’effet photo-électrique, découvert en 1887
par Hertz [9]. En faisant l’hypothèse que la lumière était elle-même composée de particules,
ou tout au moins de ce qu’il appelait - quanta d’action - transportant chacune une énergie
[9]
h
E = hν = ~ω avec ~ = ' 1, 0546 10−34 J.s (2.3)

et une impulsion

p = ~k |k| = (2.4)
λ
où k est le vecteur d’onde de l’onde électromagnétique. L’existence de photons a été
confirmée par les expériences de Compton en 1923 [9].

2.3 La Théorie de Bohr de l’Atome d’Hydrogène


En interprétant les résultats des expériences de déviation des particules alpha He2+ par
des feuilles d’Or, Rutherford a été conduit en 1910 à découvrir l’existence des noyaux ato-
miques, de dimension inférieure à 10 fm, ce qui l’a incité à proposer un modèle planétaire
pour décrire un atome où les électrons suivent des trajectoires elliptiques dont l’un des
foyer est occupé par le noyau [9].

Ce modèle est confronté au problème d’instabilité. En effet, selon l’électrodynamique


classique les électrons accélérés devraient perdre de l’énergie cinétique sous forme de rayon-
nements électromagnétiques, ce qui les conduiraient à s’éfondrer en tournant vers le noyau.
Prédiction totalement contredite par l’expérience. Pour résoudre ce problème d’instabi-
lité, Bohr postule explicitement, en 1913, l’existence d’états stationnaires dans lesquels les
systèmes atomiques possèdent des suites décrètes d’énergie En qui s’associent à une série
appropriée d’orbites quantiques susceptibles d’une description classique, mais le passage
de l’une à l’autre nécessite une description quantique. Autrement-dit, un électron peut
tourner indéfiniment sur des orbites correspondant à ces états, sans émettre ni absorber
d’énergie, et ce n’est qu’en sautant d’une orbite m à une orbite n qu’il émet ou absorbe
une onde électromagnétiques de fréquence ν tel que [9]

h νnm = |Em − En | (2.5)

Ces hypothèses sont suffisantes pour construire un modèle cohérent de la structure des
atomes, qui rend complètement compte des formules empiriques de Balmer, et qui intègre
à la fois les travaux de Rutherford sur le noyau et ceux de Planck sur l’émission.

11
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

2.3.1 Règle de quantification de Bohr


Pour déterminer la règle de quantification de Bohr, considérons le problème d’une
particule - électron - de masse me placée dans le potentiel coulombien du noyau central
supposé infiniment lourd. Nous assimilons le mouvement circulaire de l’électron autour du
noyau à celui d’un oscillateur linéaire harmonique (masse reliée à un ressort exerçant une
force opposée proportionnelle à une constante de rappel afin de retenir l’objet lié).
En désingant la pulsation propre de l’oscillateur par ω = 2πν, l’Hamiltonien de l’oscillateur
se met sous la forme [9, 10]

p2 1
H ≡T +V = + mω 2 q 2 , (2.6)
2m 2
où q et p représente respectivement les coordonnées et impulsions généralisées.
Désignons p et q, les paramètres d’état dans l’espace des phases. Puisque l’état du
système est complètement défini par les deux paramètres d’état p et q, l’espace des phases
est donc un plan (p, q), et les trajectoires pour un oscillateur d’énergie E, sont telle que

p2 1
E= + mω 2 q 2 . (2.7)
2m 2
En divisant les deux membres de cette équation par E
p2 q2
+ = 1, (2.8)
2mE 2E/mω 2
tout en introduisant les notations
√ p
a = 2mE et b = 2E/mω 2 , (2.9)

on obtient l’équation d’une ellipse


p2 q 2
+ = 1, (2.10)
a2 b 2
dans le plan (p, q).
L’aire limitée par la courbe elliptique p = f (q) est donnée par l’intégrale
I
p dq = πab = 2π E/ω (2.11)

Sachant que ν = 1/T = ω/2π I


p dq = E/ν, (2.12)

tout en considérant (2.1), alors (2.12) conduit finalement à la règle générale de quantifica-
tion de Bohr I
p dq = nh. (2.13)

12
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

L’action 1 d’un système à un degré de liberté est quantifiée.


Pour une orbite circulaire, vérifions que le moment cinétique est quantifié. Pour ce
faire, choisissons maintenant pour coordonnée l’angle polaire ϕ définissant la position de
l’électron sur l’orbite. L’impulsion généralisée associée est donnée par
 
∂L ∂ 1 2 2 2 αZ
pϕ = = (ṙ + r ϕ̇ ) + = mr2 ϕ̇ (2.14)
∂ ϕ̇ ∂ ϕ̇ 2 r

En exploitant la conservation du moment cinétique 2 pϕ = cte, la condition de quantification


(2.13) conduit à I Z 2π
nh = pdq = pϕ dϕ = 2π pϕ , (2.15)
0

ou encore de manière équivalente [9, 10]

pϕ = n~. (2.16)

C’est bien la règle de quantification recherchée pour les orbites circulaires.

2.3.2 Quantification d’orbites circulaires


Un atome Hydrogènoı̈de est par définition un atome initialement neutre, possédant Z
protons et Z électrons, auquel on a enlevé (Z − 1) électrons, de telle manière à avoir une
énergie potentielle
1 (Ze)(−e)
V (r) = (2.17)
4πε0 r
Dans le cas de l’atome d’Hydrogène nous avons Z = 1.

Etudions maintenant le mouvement de l’électron gravitant autour du noyau de charge


+Ze et de masse pris comme centre immobile. Etant donnée que les expériences de Ru-
therford sur la diffusion des particules aplpha He2+ ont montré que jusqu’à la distance de
l’ordre 10 fm agit la loi de Coulomb, la force d’interaction entre le noyau et l’électron sera
αZ/r2 et l’énergie potentielle sera [9]

αZ
V (r) = − , (2.18)
r
où α = e2 /4πε0 .
Dans ces conditions le problème devient identique à celui du mouvement des planètes
tournant autour du Soleil et c’est pourquoi on l’appelle problème de Kepler.
En adaptant l’hypothèse d’un mouvement circulaire uniforme, Bohr à appliqué alors les
1. La circulation de la quantité de mouvement suivant la trajectoire.
2. Le moment cinétique Lϕ = mvr = m(rϕ̇)r = mr2 ϕ̇ = pϕ .

13
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

solutions du problème de Kepler au mouvement de cet électron, en particulier l’énergie


totale doit être égale à
αZ
E=− , (2.19)
2a
où a est le demi grand axe de l’ellipse ou, dans le cas considéré, le rayon de l’orbite circulaire.
Rappelons que, d’après la troisième loi de Kepler, le demi grand axe de l’ellipse a est lié à
la période T par la relation [9]
a3 αZ
= , (2.20)
T2 4π 2 me
autrement-dit 3
αZ
a3 ν 2 = , (2.21)
4π 2 me
car ν = 1/T .
Par ailleurs, dans le cas du mouvement circulaire uniforme l’impulsion, (2.14) se met sous
la forme
pϕ = me a2 ϕ̇ = me a2 ω = 2πme a2 ν. (2.22)
La combinaison de cette dernière relation avec la condition de quantification (2.16) permet
d’obtenir aux fréquences quantifiées
n~ n~
a2 ν = =⇒ ν = . (2.23)
2πme 2πme a2
Remplaçant les fréquences autorisées (2.21), on obtient finalement l’expression des rayons
des orbites stationnaires
~2
a = n2 , (2.24)
Zme α
c’est l’expression du rayon de Bohr pour les atomes Hydrogènoı̈des.
En portant l’expression des rayons autorisés pour l’électron (2.24), Bohr est arrivé au
résultat [9, 10]
1 Z 2 me α 2
En = − 2 où n ≥ 1, (2.25)
n 2~2
selon lequel l’énergie totale de l’atome Hydrogènoı̈de est quantifiée et négative.
Entre deux niveaux, le passage d’un électron du niveau n vers un niveau m se traduit
par l’émission d’une raie de fréquence νnm .
3. Sur une orbite stationnaire, l’électron est en équilibre car il y a un antagonisme exact entre la force
coulombienne et la force centrifuge, ce qui se traduire par l’égalité des forces

αZ v2
2
= me .
a a
Or, dans le cas d’un mouvement circulaire où v = aω = 2πaν, on obtient
αZ
a3 ν 2 = .
4π 2 me

14
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

En portant les expressions des l’énergies En et Em , données par (2.25), dans l’expression
de l’hypothèse de Planck (2.5), Bohr est arrivé à reproduire la formule générale de Balmer
pour les atomes hydrogènoı̈des [9, 10]

Z 2 me α2
 
1 1
νnm = − , où n > m. (2.26)
4π~3 m2 n2

2.4 Les Règles de Bohr-Sommerfeld


2.4.1 Quantification des orbites elliptiques
Dans la théorie initiale de Bohr, il ne furent examinées que les orbites circulaires. On
sait cependant que les orbites Képlériennes les plus générales sont des orbites elliptiques,
où le noyau occupe un des foyers de l’ellipse.
Pour retrouver alors la solution générale du problème de Kepler, il faut tenir compte
également des orbites elliptiques. Pour cela Wilson, puis peu après Sommerfeld, ont proposé
d’élargir la règle de quantification (2.13) à tous les degrés de liberté d’un système [11]
I
k ≡ pk dqk = nk h (nk entier, k=1.2...N) (2.27)

Reprenons maintenant le système précédent où la trajectoire de l’électron étant plane


car le moment cinétique est conservé par une force centrale ; le système n’a de fait que
deux degrés de liberté.
Pour des raisons de symétrie, le choix des coordonnées polaires du plan (r, ϕ) s’impose
ainsi les composantes des vitesses généralisées sont ṙ et rϕ̇. L’énergie totale du système est
donnée par
me 2  αZ
E= ṙ + r2 ϕ̇2 − (2.28)
2 r
Les conditions de quantifications (2.27) sont ici au nombre de deux, à savoir
I I
ϕ ≡ pϕ dϕ = nϕ h, r ≡ pr dr = nr h, (2.29)

où les deux moments conjugués sont


∂L ∂L
pr = = me ṙ , pϕ = = me r2 ϕ̇. (2.30)
∂ ṙ ∂ ϕ̇
La quantification sur l’angle est immédiate, puisque pϕ est une constante du mouvement.
Effectivement, le lagrangien L étant indépendant de ϕ, l’invariance du moment cinétique
se traduit par l’équation de Lagrange
d ∂L
=0 ⇐⇒ ṗϕ = 0 =⇒ pϕ = cte, (2.31)
dt ∂ ϕ̇

15
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

ce qui nous donne I


ϕ ≡ pϕ dϕ = 2πpϕ = nϕ h, (2.32)

d’où la quantification du moment cinétique angulaire, déjà posée par Bohr

pϕ = nϕ ~, (2.33)

nϕ est le nombre quantique azimutal lié à la quantification de l’angle polaire.

Pour déterminer la quantification du moment cinétique radial, nous allons nous servir
d’une substitution I I
r ≡ pr dr = me ṙdr = nr h (2.34)

La trajectoire dans le plan est définie par la fonction polaire r(ϕ), à déterminer par la
suite.
En notant simplement r0 la dérivée
dr dr dϕ dϕ
= = r0 , (2.35)
dt dϕ dt dt
l’intégrale (2.34) s’écrit alors
2π 2π
r0 2
Z Z
02
r ≡ me r ϕ̇dϕ = pϕ dϕ, (2.36)
0 0 r2
compte tenu de fait que
ϕ̇ = pϕ /me r2 . (2.37)
Pour expliciter l’intégrale (2.36), il faut connaı̂tre la fonction r(ϕ). Pour cela, portons (2.35)
et (2.37) dans (2.28), on trouve après quelques transformations, l’équation différentielle
r0 2 2me E 2me αZ 1 1
4
− 2
− 2
+ 2 = 0, (2.38)
r pϕ pϕ r r

pour la fonction r(ϕ).


En introduisant une nouvelle fonction u(ϕ) = 1/r, tel que u0 = −r0 /r2 , l’équation précédente
prend alors la forme
2me E 2me αZ
u0 2 − 2
− 2
u + u2 = 0 (2.39)
pϕ pϕ
Pour intégrer cette équation, il est commode de la différentier encore une fois
2me αZ 0
2u0 . u00 − u + 2u u0 = 0, (2.40)
p2ϕ
de sorte à avoir  
0
00 me αZ
u u +u− = 0. (2.41)
p2ϕ

16
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

La première possibilité est


dr
u0 = 0 =⇒ = 0, (2.42)

donnerait la solution r(ϕ) = cte pour toutes les valeurs de ϕ, ce qui n’est évidemment pas
le cas pour une orbite elliptique. Donc cette possibilité est exclue.
La deuxième possibilité est que u satisfait l’équation différentielle
me αZ
u00 + u − = 0, (2.43)
p2ϕ

qui admet la trajectoire elliptique [9, 10]


1 + e cos ϕ 1
u(ϕ) = = , (2.44)
p r(ϕ)

comme solution, avec un paramètre p et une excentricité e données par


s
pϕ 2E p2ϕ
p= et e = 1 + . (2.45)
me αZ me α2 Z 2

En reportant l’expression (2.44) dans (2.36), on trouve [10]


 
1
r = 2π √ − 1 pϕ , (2.46)
1 − e2
Compte tenu des conditions de quantifications des moments cinétiques angulaires (2.33) et
radial (2.34), l’expression précédente se met sous la forme
 
1
2π √ − 1 nϕ ~ = nr h, (2.47)
1 − e2
ce qui conduit à l’excentricité suivante
s  −2
nr
e= 1− 1+ . (2.48)

En comparant cette expression avec (2.45), nous obtenons, moyennant quelques simplifi-
cations, finalement les énergies quantifiées [9, 10]

1 Z 2 me α2
En = − , (2.49)
n2 2~2
où n = nr + nϕ est le nombre quantique principale.
A part, le fait que les trajectoires sont elliptiques, le modèle de Sommerfeld-Wilson du
point du vue spectral est équivalent au modèle de Bohr. En fait, la quantification du degré

17
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

de liberté supplémentaire ne fait qu’introduire une dégénérescence en énergie. Par exemple


pour n = 2 nous avons 4 [10]

 1+1
n = nr + nϕ = 2 + 0 → impossible
0+2

2.4.2 Corrections relativistes


Bohr attira l’attention sur le fait que les effets relativistes pouvaient être pertinents en
raison de la précision des mesures spectroscopiques. Pour appréhender ce point, il est utile
de réécrire l’expressions (2.49) en y faisant apparaı̂tre l’énergie propre de l’électron

γ2
En = − 2
me c2 , (2.50)
n
où γ = αZ/~c. Pour les états correspondant à un petit n, les effets relativistes sont im-
portants. En effet, pour n = 1 l’électron se trouve près du noyau et sa vitesse de l’ordre
de 7 × 10−3 c ne peut pas être négligée devant la vitesse de la lumière c, ce qui a poussé
Sommerfeld à entreprendre le calcul relativiste.
Dans ce qui suit, Sommerfeld à considérer le noyau fixe. Ainsi, par rapport au référentiel
attaché au noyau, l’énergie potentielle V (r) ne subit aucune correction relativiste alors
que l’énergie au repos est plutôt remplacée par l’énergie relativiste, de telle manière que
l’énergie totale relativiste du système est 5 [10]

me c2 αZ
E=p − , (2.51)
1−β 2 r
avec  v 2
e ṙ2 + r2 ϕ̇2
β2 = = . (2.52)
c c2
4. En effet, si
b2
nϕ = 0 ⇒ pϕ = p(me αZ) = 0 ⇒ p = = 0 ⇒ b = 0,
a2
la trajectoire elliptique
x2 y2
2
+ 2 = 1,
a b
dégénère en une droite, ce qui est abérrant.
5. Dans le cadre de la relativité restreinte l’énergie totale est

αZ αZ m0 c2 αZ
E = Ec + m0 c2 − = mc2 − =p − ,
r r 1 − β2 r

tel que me = m0 .

18
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

Pour exprimer les conditions de quantification (2.32) et (2.34) avec ce facteur relativiste,
nous devons rechercher des expressions relativistes pour pr et pϕ . D’après (2.51) le Lagran-
gien relativiste est donnée par
me c2 αZ
L= p + . (2.53)
1 − β2 r

Ainsi, les impulsions relativistes


∂L me ṙ ∂L me r2 ϕ̇
pr = =p et pϕ = =p , (2.54)
∂ ṙ 1 − β2 ∂ ϕ̇ 1 − β2

ne sont que les impulsions classique au facteur (1 − β 2 )−1/2 près.


Les conditions de quantification relativiste de Sommerfeld sont données par
me r2 ϕ̇
I I
m ṙ
ϕ ≡ p dϕ = nϕ h et r ≡ p e dr = nr h. (2.55)
1−β 2 1 − β2
Suite à la conservation de pϕ , l’intégrale de quantification sur l’angle azimutal est immédiate
I
ϕ ≡ pϕ dϕ = 2πpϕ = nϕ h, (2.56)

ou encore
me r2 ϕ̇
pϕ = nϕ ~ = p , (2.57)
1 − β2
alors que l’intégrale de quantification radiale nécessite un développement plus conséquent.
Commençons d’abord par exprimer l’énergie totale (2.51) en fonction des impulsions pr et
pϕ données par (2.54). Pour ce faire, considérons la relation
p2ϕ 2 m2e (ṙ2 + r2 ϕ̇2 ) m2e ve2
+ p r = = , (2.58)
r2 1 − β2 1 − β2
à laquelle nous ajoutons des deux côtés de l’égalité m2e c2 , tout en multipliant par c2 , pour
obtenir
p2ϕ m2 c4
 
c me c + 2 + p r = e 2 ,
2 2 2 2
(2.59)
r 1−β
ou de manière équivalente
r
p2ϕ me c2
c m2e c2 + 2 + p2r = p . (2.60)
r 1 − β2
Dans le but d’isoler l’impulsion radiale, introduisons cette dernière relation dans l’expres-
sion de l’énergie totale (2.51)
r
p2ϕ αZ
E = c m2e c2 + 2 + p2r − , (2.61)
r r

19
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

pour avoir
E2 α2 Z 2 αZE p2ϕ
 
p2r = 2 2
− me c + 2 2 + 2 2 − 2 . (2.62)
c2 cr cr r
Ponsons
E2
A= − m2e c2 (2.63)
c2
En rajoutant et en retranchant (2me E) au premier terme et en décomposant le terme
(−m2e c2 ) en (m2e c2 − 2m2e c2 ) et ensuite en réarrangeant les termes, nous avons la relation
équivalente
2
(E − me c2 )
+ 2me E − me c2

A= 2
(2.64)
c
En vue de la simplification des calculs, introduisons

E 0 = E − me c2 , (2.65)

de sorte à avoir
E0 2
A= + 2me E 0 , (2.66)
c2
ou encore en mettant m2e c2 en évidence
E0 2 E0
 
A= m2e c2 + 2 , (2.67)
m2e c4 me c2
ce qui conduit finalement, en ajoutant et en retranchant 1 dans la parenthèse, à la relation
[10] " #
2
2 2 E0
A = me c 1+ −1 . (2.68)
me c2
En reprenant maintenant les trois derniers termes de (2.62), sachant que E = E 0 + m2e c2
et pϕ = nϕ ~, nous avons alors

α2 Z 2 αZE p2ϕ α2 Z 2 αZ(E 0 + me c2 ) n2ϕ ~2


+ 2 − = + 2 − 2 . (2.69)
c2 r 2 c2 r r2 c2 r 2 c2 r r
En posant [10]
αZE 0
B= + me αZ (2.70)
c2
α2 Z 2
C= − n2ϕ ~2 (2.71)
c2
et introduisant la constante γ définie dans (2.50) danc C, tel que

γ2
 
2 2
C = −nϕ ~ 1 − 2 , (2.72)

20
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

Sommerfeld est arrivé à l’expression de l’impulsion radiale


r
2B C
pr = A + + 2, (2.73)
r r
avec A, B et C trois constantes données respectivement par les relations (2.68), (2.70) et
(2.72). Nous aboutissons donc à l’intégrale suivante
I I r
me ṙ 2B C
r ≡ p dr = A+ + 2 dr = nr h (2.74)
1 − β2 r r

Le théorème des résidus appliqué à l’intégrale précédente donne pour expression [10, 11]
I r
2B C X
A+ + 2 dr = 2πi Resj (2.75)
r r j

Nous voyons trivialement qu’il y a un pôle à l’origine r = 0.


Nous allons calculer le résidu du pôle r = 0. Pour ce faire, posons
r
2B C
f (r) = A + + 2, (2.76)
r r
et calculons √
lim rf (r) = C. (2.77)
r→0

Le résidu correspondant au pôle r = 0 est donc



Res1 = C (2.78)

Pour calculer le second résidu à l’infini, effectuons le changement de variable suivant


1 dz
z= =⇒ dr = − 2 , (2.79)
r z
et l’intégrale (2.75) s’écrit alors
I r I √ r
2B C A 2B C
A+ + 2 dr = − 2
1+ z + z 2 dz. (2.80)
r r z A A
Pour trouver le résidu, nous allons faire un développement en série de Laurent de l’intégrant
autour de ce pôle de valeur nulle. Pour ce faire, posons
2B C
$= z + z2, (2.81)
A A
et utilisons le développement de Taylor
√ 1 1
1 + $ = 1 + $ − $2 + ... , (2.82)
2 8
21
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

alors l’intégrant se développe comme suit


√ r √
A 2B C 2 A B 1 2C
− 2 1+ z+ z =− 2 −√ − √ + ... . (2.83)
z A A z Az A
Nous voyons immédiatement que le résidu du pôle est le coefficient du terme en 1/z. En
effet, en appliquant la relation [12]

dk−1
  
h i 1 k f (1/z)
Res f (1/z), 0 = lim (z − 0) (2.84)
z→0 (k − 1)! dz k−1 z2

avec l’ordre du pôle k = 2, nous arrivons à la même conclusion que le résidu correspondant
au pôle r = ∞ est donc
B
Res2 = − √ . (2.85)
A
Au final, compte tenu du théorème des résidus, nous aboutissons à
I r √
 
2B C B
A+ + 2 dr = 2πi C−√ = nr h. (2.86)
r r A
En tenant compte de la relation (2.72)
s s

 2
 2

γ γ
C = −n2ϕ ~2 1 − 2 = inϕ ~ 1− 2 , (2.87)
nϕ nϕ

ainsi que (2.68) et (2.70)

αZE 0 αZE 0 αZ
+ m e αZ +
B c2 me c3 c
√ =v = −i s 2 , (2.88)
A 0
" # 
u 0
2 E
u
tm2 c2 E 1− 1+
e 1+ − 1 me c2
me c2

dès lors, l’intégrale curviligne (2.86) a pour expression 6


 
0
αZE αZ
+
 s  
γ 2 3
 m e c c 
2πi 
inϕ ~ 1 − 2 + is  = nr h (2.89)
 nϕ 
E 0
2

1− 1+
me c2

6. Nous avons (−1)±1/2 = (i2 )±1/2 = (i)±1 = ±i.

22
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

Finalement, la condition de quantification relativiste de Sommerfeld pour la variable radiale


est donnée par [10]
αZE 0 αZ
+
s 
γ 2
me c3 c
− nϕ ~ 1− 2 − s 2 = nr ~. (2.90)
nϕ 
E 0
1− 1+
me c2

La dernière tâche a effectuer est de retrouver les énergies relativistes de Sommerfeld en


isolant le terme d’énergie à partir de la condition (2.90). Pour ce faire, la relation
αZE 0 αZ
+
s 
~me c3 ~c γ2
−s 2 = nϕ 1 − 2 + nr , (2.91)

E0 nϕ
1− 1+
me c2

est inversée, tout en tenant compte de la définition de la constante γ


s 2
E0

1− 1+
m e c2 1
−  0
 = p 2 . (2.92)
E nr + nϕ − γ 2
γ 1+
me c2
En élevant au carré la relation précédente, tout en injectant l’énergie (2.65), on obtient
m2e c4 γ2
−1= 2 . (2.93)
E
p 2
nr + nϕ − γ 2

Cette dernière relation montre clairement que l’énergie total E est positive.
En posant n = nr et k = nϕ , nous retrouvons l’expression de l’énergie totale relativiste de
Sommerfeld
 −1/2
2 γ2
En,k = +me c 1 +  , (2.94)
 
p 2 
n + k2 − γ 2

pour un atome Hydrogènoı̈de.

2.5 Mécanique Ondulatoire et Atome d’Hydrogène


Parallèlement au travaux de Heisenberg portants sur la Mécanique des Matrices et de la
Mécanique Ondulatoire de Schrödinger, il y a eu cette contribution majeure de De Broglie,
d’associer une onde à toutes particule matérielle [9].

23
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

2.5.1 Les ondes de matière de Broglie


En 1905, Einstein a émis l’hypothèse que la lumière pouvait présenter un aspect cor-
pusculaire, dans le cas des phénomènes mettant en jeux une interaction matière-lumière.
Réciproquement, De Broglie a émis l’hypothèse que la matière, ou plus précisément les
particules élémentaires, avait un comportement ondulatoire. Cette analogie, remarquée
dés 1827 par Hamilton, repose sur la reformulation de la mécanique à l’aide du principe de
moindre action : la trajectoire suivie par une particule est telle que la variation de l’action
S est nulle. En effet, on sait d’une part que l’énergie est l’opposé de la dérivée de l’action
S par rapport au temps, s’écrire avec ∇~ [13, 14]

∂S
= −E, (2.95)
∂t
et d’autre part les impulsions pi = ∂S/∂qi dans R3 forment un vecteur [13, 14]

~
p~ = ∇S. (2.96)

L’idée originale de De Broglie consiste à associer au mouvement de chaque particule (~p, E)


une onde (~k, ω) ayant pour phase [13, 14]

φ = ~k . ~r − ωt, (2.97)

telle que la pulsation ω et le vecteur d’onde ~k sont données par


∂φ ~k = ∇φ.
~
= −ω (2.98)
∂t
En utilisant les relations (2.95) et (2.98), dans l’hypothèse de quantification de Planck-
Einstein (2.3), il vient alors
∂S ∂φ
=~ . (2.99)
∂t ∂t
Cette proportionnalité entre S et φ via la constant de Planck ~, impose une relation de
proportionnalité entre p~ et ~k par
~ = ∇(~φ)
p~ = ∇S ~ = ~~k. (2.100)

Compte tenu de la relation k = 2π/λ, (2.100) conduit finalement à la relation de De Broglie


[9, 13, 14]
h
λ= , (2.101)
p
entre la longueur d’onde λ associée à la particule de quantité de mouvement p~.

24
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

2.5.2 La règle de quantification


La théorie de De Broglie permet également d’interpréter les orbites de Bohr comme un
phénomène d’ondes stationnaires. En effet, pour que l’onde associée à l’électron, en orbite
circulaire autour de noyau, soit stationaire, il faut qu’à chaque révolution elle acquiert une
phase multiple de 2π [14] I
φ = ~k . d~r = 2πn. (2.102)

En utilisant la relation (2.100) on obtient la contrainte [14]


I
p~ . d~r = nh, (2.103)

qui n’est autre que la règle générale de la quantification.


Dans le cas particulier du mouvement circulaire uniforme de l’électron (r=a) 7 , la condition
précédente
I I Z 2π
p~ . d~r = pϕ dϕ = me ve a dϕ
0
Z 2π
= me (aω)a dϕ
0
  Z 2π
2 2π
= me a dϕ
T 0
4π 2 me a2
=⇒ = nh, (2.104)
T
conduit à la quantification de la fréquence
n~
ν= , (2.105)
2πme a2
car ν = 1/T .
Donc, dans le cade de l’approche de De Broglie, la condition de quantification de Bohr
(2.23) est vérifiée.

2.5.3 Résolution de l’équation de Schrödinger pour l’atome d’Hy-


drogène
La période qui s’étend entre 1920 et 1933 marque l’apparition de la mécanique quan-
tique, discipline qui vise à explorer la matière au niveau microscopique, où désormais
l’intuition humaine est inopérante.
Au cours de son élaboration, deux tendances d’interprétation de mécanique quantiques ont
7. Cela se généralise également aux orbites elliptiques de Sommerfeld.

25
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

vu le jour. Dans le cadre d’interprétation probabiliste de Copenhague, un corpuscule est


décrit par une fonction d’onde de carré sommable vérifiant l’équation non relativiste de
Schrödinger. La résolution d’une telle équation permet de déterminer la fonction d’onde
qui est un moyen de prévision. En effet, le carré du module de cette fonction est interprété
comme la densité de probabilité de présence de la particule.
Désormais, l’existence du quanta d’action limite fondamentalement l’accès aux informa-
tions relatives à deux variables canoniquement conjugués qui vérifient le principe d’incer-
titude de Heisenberg.

Equation de Schrödinger
l’équation d’onde non relativiste d’une particule m de quantité de mouvement p~, d’énergie
E, et d’énergie potentielle V s’obtient à partir de l’équation aux valeurs propres 8 [15]

H Ψ = E Ψ, (2.106)

où
p~ 2
H= + V (~r), (2.107)
2m
à laquelle le principe de correspondance
~
p~ −→ p̂ = −i~∇ (2.108)


E −→ Ê = i~ (2.109)
∂t
est appliqué, pour avoir [15]

~2 ~ 2
 

− ∇ + V (~r) Ψ(~r, t) = i~ Ψ(~r, t). (2.110)
2m ∂t

Dans le cas stationaire où


E
Ψ(~r, t) = ψ(~r) e− ~ t , (2.111)
l’équation précédente devient

~2 ~ 2
 
− ∇ + V (~r) ψ(~r) = E, ψ(~r). (2.112)
2m

Pour l’électron d’un atome Hydrogènoı̈de soumis au potentiel coulombien du noyau, l’Ha-
miltonien est donné par
p~ 2 αZ
H =T +V = − . (2.113)
2m r
8. Le remplacement des variables dynamiques par des opérateurs.

26
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

~ est défini par


En mécanique classique, le moment cinétique L
~ = ~r × p~,
L (2.114)

ce qui implique que


~ 2 = (~r × p~)2 = r2 p2 sin2 Θ = r2 p2 (1 − cos2 Θ) = r2 p~ 2 − (~r . p~)2 ,
L (2.115)

où Θ est l’angle entre ~r et p~. Il en résulte alors que le carré de l’impulsion est donné par
 2 ~ 2
2 ~r L
p~ = . p~ + . (2.116)
r r

L’utilisation du principe de correspondance d’impulsion (2.108), initialement exprimé en


coordonnées cartesiennes, en coordonnés sphériques (r, θ, ϕ) donne

∂ ~r . p~
pr = −i~ = , (2.117)
∂r r
qui est un opérateur non hermétique, puisque le commutateur [ r, pr ] n’est pas nul.
Par contre, l’opérateur symétrisé
 
1 ~r ~r
p̃r = . p~ + p~ . (2.118)
2 r r

est hermétique.
Or pour tout champ vectoriel w(~
~ r), on a

[ p~, w(~ ~ −w
~ r) ] = p~ . w ~ . w(~
~ . p~ = −i~∇ ~ r) (2.119)

d’où  
~r ~ . ~
r ~r
p~ . = −i~ ∇ + . p~ (2.120)
r r r
L’expression (2.118) s’écrit alors
  
~r ~ 1 ~ ~r
p̃r = −i~ .∇ + ∇. (2.121)
r 2 r

Le remplacement de la divergence
 
~ ~r ∂ x ∂ y  ∂ z 
∇. = + +
r ∂r r ∂y r ∂z r
2 2 2
3 x +y +z
= −
r r3
2
= ,
r

27
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

dans (2.121) donne l’expression de l’opérateur symétrisé suivant


 
∂ 1 1 ∂ 1
p̃r = −i~ + = −i~ , (2.122)
∂r r r ∂r r

sachant que ~rr . p~ = ~er . p~ = pr = −i~ ∂r



.
En élevant au carré l’expression précédente, nous obtenons
  
2 2 ∂ 1 ∂ 1
p̃ r = −~ + +
∂r r ∂r r
 2 
2 ∂ 1 ∂ ∂ 1 1
= −~ + + +
∂r2 r ∂r ∂r r r2
 2 
2 ∂ 2 ∂
= −~ + (2.123)
∂r2 r ∂r
1 ∂2
= −~2 r. (2.124)
r ∂r2
Finalement, l’Hamiltonien (2.113) s’écrit alors sous la forme

p̃r 2 ~2
L αZ
H= + − , (2.125)
2me 2me r r
et l’équation aux valeurs propres (2.112) devient
( )
1 ∂ 2 ~2
L αZ
−~2 r+ − ψ(~r) = E ψ(~r). (2.126)
r ∂r2 2me r2 r

Pour résoudre cette équation, le choix naturel consiste à adopter les coordonnées sphériques
~r ≡ (r, θ, ϕ).
Utilisons à présent la méthode de séparation de variables dans laquelle la fonction d’onde
se met sous la forme d’une fonction radiale par des Harmoniques sphériques.

ψ(~r) = w(r) ylm (θ, ϕ), (2.127)

où 9
L̂2 ylm (θ, ϕ) = ~2 l(l + 1)ylm (θ, ϕ), (2.128)
et l = 0, 1, 2, 3, ...
L’injection de la forme de solution (2.127) dans l’équation stationnaire (2.126), permet
d’aboutir à l’équation de Schrödinger
 2   
∂ 2 2me E 2me αZ
r 2r + r + − l(l + 1) w(r) = 0, (2.129)
∂r ~2 ~2 r
9. Voir Annexe B.

28
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

ou de manière équivalente

~2 ~2 l(l + 1) αZ
    
1 ∂ 2 ∂
− r + − w(r) = E w(r). (2.130)
2me r2 ∂r ∂r 2me r2 r

L’équation ci-dessus fait intervenir trois constantes dimensionnées :~, me , et α. Il est


bon, en utilisant ces trois constantes, de former une unité de longueur et une unité d’énergie
adaptées à notre problème. Nous pourrons alors écrire l’équation (2.130) en termes de
quantités sans dimensions. Pour cela, nous définissons

~2


 a z = ,
me αZ


(2.131)
2 2
m α Z

 εz = e

,

2~2
pour introduire les quantités sans dimension
r
ρ= (2.132)
az
r
E
λ=− (2.133)
εz
En substituant ces quantités dans l’équation (2.130), et en introduisant la fonction d’onde
réduite w(ρ) = ρ u(ρ), nous obtenons finalement l’équation radiale de Schrödinger en termes
de paramètres sans dimension
 2 
d l(l + 1) 2 2
− + − λ u(ρ) = 0. (2.134)
dρ2 ρ2 ρ

a) Etude du comportement à l’infini de u(ρ)


Avant de démarrer la résolution effective de (2.134), et pour circonscrire d’emblé le
domaine d’intérêt, il est utile d’obtenir le comportement asymptotique des solutions u(ρ)
à l’infini.
En effet, quand ρ → +∞, les termes l(l + 1)/ρ2 et 2/ρ deviennent négligeable devant λ2
et asymptotiquement, l’équation différentielle (2.134) prend la forme
 2 
d 2
− λ u(ρ) ' 0. (2.135)
dρ2

Bien que cette équation présente deux solutions évidentes

u(ρ) ' e± λ ρ , (2.136)

29
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

néanmoins, la condition de normalisation impose de rejeter la solution 10 e+λρ .


Cherchons donc la solution sous forme

u(ρ) = e−λρ y(ρ). (2.137)

Reportons maintenant une telle forme dans (2.134), après simplification, on obtient
 2 
d d 2 l(l + 1)
− 2λ + − y(ρ) = 0. (2.138)
dρ2 dρ ρ ρ2

En résume, la résolution de l’équation radiale (2.134) pour la fonction u(ρ), nous a conduit
à la résolution de l’équation (2.138) pour la fonction y(ρ) que l’on peut chercher à priori
sous la forme d’une série.

b) Solution en série pour y(ρ)


L’équation (2.138) est de la forme

d2 y dy
2
+ P(ρ) + Q(ρ) y = 0, (2.139)
dρ dρ

avec P(ρ) et Q(ρ), se détremine par simple comparaison.


Puisque ρP(ρ) et ρ2 Q(ρ) sont partout analytiques, l’équation (2.138) possède une solution
en série de puissances de rayon de convergence infini de la forme [16]
N
X
y(ρ) = ρs an ρn , (2.140)
n=0

où, s est un paramètre ajustable qui sera déterminé ultérieurement. Il vient alors
N
dy X
= an (n + s) ρn+s−1 (2.141)
dρ n=0
N
d2 y X
= an (n + s)(n + s − 1) ρn+s−2 (2.142)
dρ2 n=0

En remplaçant les dérivées (2.141) et (2.142) dans l’équation (2.138), on obtient


N
X n o
an (n + s)(n + s − 1)ρn+s−2 − 2λ(n + s)ρn+s−1 + 2ρn+s−1 − l(l + 1)ρn+s−2 = 0
n=0
(2.143)
10. Comme λ est positive, e+λρ diverge à l’infini.

30
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

En regroupant les termes de même puissance en ρ, l’expression précédente s’écrit


N
X n o N
X n o
n+s−2
an (n + s)(n + s − 1) − l(l + 1) ρ +2 an 1 − λ(n + s) ρn+s−1 = 0
n=0 n=0
(2.144)
Pour pouvoir écrire les deux séries en même puissance en ρ, effectuons le changement
d’indices suivant 
 n = n0 − 1 =⇒ n0 = n + 1
(2.145)
0
n : 0 −→ N =⇒ n : 1 −→ N + 1

Avec ces transformations, l’équation (2.144) devient


N
X n o N
X +1 n o 0
n+s−2 0
an (n + s)(n + s − 1) − l(l + 1) ρ +2 a n0 −1 1 − λ(n + s − 1) ρn +s−2 = 0
n=0 n0 =1
(2.146)
Nous voulons maintenant écrire les deux séries en une seule somme, pour cela, calculons le
premier terme de la première série et le dernier terme de la deuxième et, en remplaçant n
par n0 , pour avoir
n o n o
a0 s(s − 1) − l(l + 1) ρn+s−2 + 2 aN 1 − λ(N + s) ρN +s−1
N
X n o N
X n o
+ an (n + s)(n + s − 1) − l(l + 1) ρn+s−2 + 2 an−1 1 − λ(n + s − 1) ρn+s−2 = 0.
n=1 n=1

Pour que cette dernière équation soit vérifiée il faut que tous les coefficients qui accom-
pagnent les puissances de ρ soient nuls
n o
a0 s(s − 1) − l(l + 1) = 0 (2.147)
n o
2 aN 1 − λ(N + s) = 0 (2.148)
n o n o
an (n + s)(n + s − 1) − l(l + 1) + 2 an−1 1 − λ(n + s − 1) = 0 (2.149)

Détermination du paramètre s
Pour assurer que le coefficient a0 soit non nul dans la relation (2.147), nous imposons
que n o
s(s − 1) − l(l + 1) = 0, (2.150)

d’où les deux solutions 


 s=l+1
(2.151)
s = −l

31
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

La seule valeur possible de s, compatible avec une solution normalisable de y(ρ), est la
valeur positive s = l + 1. En effet, au voisinage de ρ = 0, bien la solution (2.140) pour la
valeur s = −l, nous montre bien, qu’elle est divergente.

Détermination du coefficient an
Pour déterminer le coefficient an , utilisons la relation de récurrence (2.149), tout en
remplaçant la valeur de s
h i h i
an (n + l + 1)(n + l) − l(l + 1) − 2 an−1 λ(n + l) − 1 = 0, (2.152)

pour avoir
h i h i
an n(n + 2l + 1) = 2 an−1 λ(n + l) − 1 , (2.153)

d’où finalement
 
2 λ(n + l) − 1
an = an−1 où n ≥ 1. (2.154)
n(n + 2l + 1)

c) Détermination de l’énergie E
Pour déterminer l’énergie E, il faut imposer à la solution en série (2.140) d’être conver-
gente. Ceci n’a lieu que si la série possède un nombre N de termes fini (polynôme), au-
trement dit il existe un N tel que aN +1 = 0, ce qui implique compte tenu de (2.154)
que
λ(N + l + 1) − 1 = 0, (2.155)
ou de manière équivalente
1 1
λ= = , (2.156)
N +l+1 k+l
tel que k = N + 1.
Attirons l’attention que ce dernier résultat aurait pu être obtenu en utilisant (2.148).
En effet, alors que aN 6= 0, il faut que
h i
1 − λ N + (l + 1) = 0. (2.157)

Finalement, la définition (2.133) nous permet d’avoir les niveaux d’énergies non relati-
vistes
εz
En,l = − , (2.158)
(k + l)2
de l’atome d’Hydrogène.
Au vu de ce résultat, l’énergie dépend de k + l, il est commode donc de remplacer k
par n = k + l pour avoir finalement
εz 1 me α2 Z 2
En = − = − où n ≥ 1. (2.159)
n2 n2 2~2

32
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

d) L’expression de la fonction d’onde radial w(r)


A présent, pour écrire la forme générale de la fonction d’onde radiale w(r), il ne manque
que la forme des solutions radiales u(ρ).
La relation de récurrence (2.154) réecrite sous la forme
 
an 2 λ(n + l) − 1 1
= où λ = , (2.160)
an−1 n(n + 2l + 1) k+1
nous donne quand n → +∞
an 2λ(n + l) 2λ
−→ −→ (2.161)
an−1 n(n + 2l) n

Ce résultat montre que lorsque ρ → +∞ [17]

y(ρ) ∼ ρl e2λρ , (2.162)

puisque
∞ ∞
X (2λ)n X
e2λρ = ρn = bn ρn , (2.163)
n=0
n! n=0
avec
bn (2λ)n (n − 1)!
= . (2.164)
bn−1 n! (2λ)n−1
Alors que e2λρ est divergente à l’infini, il faut alors que la série définissant y(ρ) doit compter
un nombre fini de termes (polynômes). Donc il existe un entier N , tel que aN 6= 0, au-delà
duquel tous les coefficients correspondants sont nuls

aN +1 = aN +2 = ... = 0 ⇐⇒ an (n > N ) = 0

En utilisant la relation de récurrence (2.160), il est possible de démontrer la relation entre


an et a0 [17]  n
n 2 (k − 1)! (2l + 1)!
an = (−1) a0 , (2.165)
k+1 (k − n − 1)! n!(n + 2l + 1)!
d’où [17]
k−1  n
l+1
X
n 2 (k − 1)! (2l + 1)!
y(ρ) = a0 ρ (−1) ρn , (2.166)
n=0
k + 1 (k − n − 1)! n!(n + 2l + 1)!

compte tenu de (2.140) et (2.151).


les polynômes de Laguerre généralisés de degré n sont définis par [17]
n
X (n + k)!
Lkn (x) = (−1)q xq , (2.167)
q=0
(n − q)!(k + q)!q!

33
chapitre 2 Rappels Sur l’Atome d’Hydrogène

ou encore [16, 18]


z −α ez dm −z m+α 
Lαm (z) = e z (2.168)
m! dz m
La solution (2.166) est proportionnelle à un polynôme de Laguerre

y(ρ) = a0 ρl+1 L2l+1
k−1 ( k+1 ), (2.169)

de degré k − 1.
Compte tenu de (2.169) et de (2.137) et de l’expression de λ (2.156), la fonction radiale de
Schrödinger est donnée par [17]
ρ
uk,l (ρ) = a0 e− k+1 ρl+1 L2l+1 2ρ
k−1 ( k+1 ), (2.170)

avec
r r
ρ= =  2 . (2.171)
az ~
me α

Pour déterminer a0 , utilisons la condition de normalisation


Z +∞
[r ul,k (r)] [r ul,k (r)]∗ dr = 1, (2.172)
0

qui s’écrit dans le cas particulier k = 1, l = 0 (n = 1)


Z +∞
a20 r2 e−2r/az dr = 1 (2.173)
0

L’intégrale Gaussienne Z +∞
rn e−αr dr = n! α−(1+n) , (2.174)
0

permet de calculer (2.173), ce qui conduit à la valeur

a0 = 2 a−3/2
z . (2.175)

2.6 Conclusion
Dans ce chapitre, on à rappelé quelques idées fondatrices de la théorie quantique, à
cet effet nous avons considéré le système qui a bénéficié d’une attention toute particulière
des physiciens tout au long de l’élaboration de la mécanique quantique. Son spectre, parti-
culièrement simple, a livré les premiers secrets des lois quantiques, même si on n’a pas pris
en compte les effets relativistes et les effets de spin qui nécessitent un formalisme plus com-
plexe et des éléments plus lourds. Notons toutefois que l’atome d’Hydrogène a longtemps
continué à constituer une pierre de touche pour la mécanique quantique.

34
Chapitre 3

Approche de Barros et Applications

3.1 Introduction
Nous allons, dans ce chapitre, passer à l’étude de l’atome d’hydrogène mais d’une
manière différente. En effet, au lieu de suivre la démarche habituelle en mécanique quan-
tique relativiste, qui consiste à tenir compte de l’action du potentiel coulombien du proton
sur l’électron de l’atome d’Hydrogène en faisant appel au couplage minimal, en fait, Bar-
ros, utilise une approche tout à fait inédite qui s’appuie l’idée selon laquelle de manière
analogue à l’interaction gravitationnelle, les autres interactions peuvent aussi se manifester
à travers la structure de l’espace-temps.
A cet effet, comme première étape, un système à symétrie sphérique est considéré.
En adoptant une métrique similaire à celle de Schwarzschild, on détermine les grandeurs
dynamiques relatives à une particule libre évoluant dans un espace-temps courbe, à sa-
voir : les impulsions, l’énergie, l’expression de l’invariant relativiste où, on utilisera les
fondements de la relativité restreinte, ainsi, le formalisme Lagrangien et Hamiltonien de la
mécanique analytique. On exprime aussi comment la métrique est affectée par le potentiel
non-gravitationnel. Ensuite, l’utilisation de l’analyse vectorielle en coordonnées curvilignes
va permettre d’établir un cadre cohérent de cette approche et, d’étendre le principe de cor-
respondance à l’espace-temps courbe en question, ce qui va nous permettre de déterminer
les opérateurs (E, p~, p~ 2 ) indispensables à l’établissement d’équations d’ondes quantiques
manifestement adaptée aux problèmes d’états liés, en géométrie d’espace courbe. Enfin, un
test de la validité de cette approche géométrique à l’interaction coulombienne qui s’exer-
cerait entre le proton et l’électron de l’atome d’Hydrogène est entreprise.

3.2 Principe de l’Approche


L’idée fondamentale de l’approche de C.C Barros consiste à considérer la présence d’un
potentiel comme une propriété de l’espace-temps. Ainsi, cette approche permet de décrire le

35
chapitre 3 Approche de Barros et Application

mouvement d’une particule soumise à des forces dérivant d’un potentiel non-gravitationnel
dans un espace-temps plat de Minkowski comme le mouvement libre de la même particule
suivant des géodésiques. Autrement dit, le potentiel non-gravitationnel est absorbé dans la
métrique de l’espace temps.

3.3 La Métrique de Schwarzshild


Dans une région où le tenseur énergie-impulsion est nul (à l’extérieur de la source),
pour décrire le mouvement d’une particule test de masse m soumise à un champ non-
gravitationnel statique et isotrope, dérivant d’un potentiel central V (r), l’auteur adopte
une métrique similaire à celle de Schwarzchild [4, 19]

ds2 = c2 ξ(r) dt2 − r2 (dθ2 + sin2 θ dφ2 ) − ξ −1 (r) dr2 , (3.1)

où ξ(r) une fonction indépendante du temps, déterminée par le potentiel V (r).
A symétrie sphérique, en adoptant le quadrivecteur position

xµ = (ct, r, θ, φ), (3.2)

et en identifiant la forme quadratique fondamentale


3 X
X 3
2
ds = gµν (xk ) dxµ dxν , (3.3)
µ=0 ν=0

avec (3.1), il possible de retrouver les composantes du tenseur métrique g


 
ξ 0 0 0
 0 −ξ −1 0 0 
(gµν ) =  2
 (3.4)
 0 0 −r 0 
0 0 0 −r2 sin2 θ

La métrique (gµν ) étant diagonale, la relation


3
X
gµν g νρ = δµρ , (3.5)
ν=0

où δµρ est le symbole de Kronecker, nous permet d’établir les composantes (g µν ) du tenseur
métrique inverse g −1
 −1 
ξ 0 0 0
 0 −ξ 0 0 
(g µν ) =  −2
 (3.6)
 0 0 −r 0 
0 0 0 −r−2 sin−2 θ

36
chapitre 3 Approche de Barros et Application

Les composantes de la métrique orthogonale peuvent être reliées à celle de la métrique


plate de Minkowski ηµν = diag{1 − 1 − 1 − 1} par la relation

g µν = h−2 µν
µ η , (3.7)

avec les coefficients hµ suivants


 p

 h0 = p ξ(r)
h1 = 1/ ξ(r)

(3.8)
h =r
 2


h3 = r sin θ

Ces coefficients vont jouer un rôle très important pour la détermination de divers
opérateurs dans l’espace-temps de Schwarzchild.

3.3.1 Opérateurs dans l’espace de Schwarzshild


Dans l’espace plat de Minkowski, l’équivalence des descriptions de Heisenberg et de
Schrödinger repose sur une remarque fondamentale selon laquelle les deux opérateurs ~r et
p~ = −i~∇~ satisfont les relations de commutation de Heisenberg [22]

[pi , qj ] = pi qj − qj pi = i~ δi,j
(3.9)
[pi , pj ] = 0,

où, pi et qj sont des opérateurs représentant les variables dynamiques fondamentales. En


effet, pour le couple (x, px ), quelque soit f différentiable
 
∂ ∂
(xpx − px x) f = −i~ x f − (f x) = i~f , (3.10)
∂x ∂x
ce qui montre que

[x , px ] ≡ [x , −i~ ] = i~ 1 , (3.11)
∂x
où 1 est l’opérateur identité.
Les relations décrites dans (3.9) nous permettent d’écrire l’équation de Schrödinger
pour une particule libre de la façon suivante : on commence par former l’Hamiltonien da
la mécanique analytique [11, 22, 23]
X
H(~r, p~) = pi r˙i − £, (3.12)
i

où, £(r, ṙ) est le Lagrangien. l’Hamiltonien du système est donc

p2
H(~r, p~) = , (3.13)
2m
37
chapitre 3 Approche de Barros et Application

~ On
puis on remplace ~r par l’opérateur multiplication par ~r, et p~ par l’opérateur −i~∇.
écrit
∂  
~ Ψ(~r, t),
i~ Ψ(~r, t) = H ~r, −i~∇ (3.14)
  ∂t
où H ~r, −i~∇ ~ est l’Hamiltonien quantique.
Dans le cas stationnaire, cette équation admet une classe de solutions particulières de
la forme
E
Ψ(~r, t) = e−i ~ t ψ(~r), (3.15)
pourvu que la fonction spatiale ψ(~r) satisfasse l’équation
 
~
H ~r, −i~∇ ψ(~r) = E ψ(~r), (3.16)
appelée équation aux valeurs et fonctions propres.
Ces considérations avaient amené Schrödinger à établir une correspondance précise
entre sa théorie de la mécanique ondulatoire et la théorie de la mécanique matricielle
qu’on appelle le principe de correspondance permettant d’associer à chaque observable
physique un opérateur
~r −→ ×~r, p~ −→ −i~∇,~ (3.17)
et l’Hamiltonien Ĥ est l’opérateur associe à l’énergie
~ ≡ E −→ +i~ ∂
 
Ĥ ~rˆ, −i~∇ (3.18)
∂t
Dans l’espace-temps courbe répondant à la métrique de Schwarzschild, nous conservons
les expressions du principe de correspondance précédentes, mais nous y remplaçons les
expressions du gradient et de la dérivée par rapport au temps par leurs expressions en
coordonnées curvilignes de Schwrazschild établies dans l’Annexe A.

a) Opérateur impulsion
D’après (3.17)
pk = −i~ ∇k où k = 1, 2, 3 (3.19)
Dans le système de coordonnées curvilignes de Schwrazschild, les composantes de l’opérateur
gradient s’expriment d’après (A.66) par

∇k = h−1k (3.20)
∂xk
Donc, la correspondance univoque relative à l’opérateur impulsion à métrique diagonale
est  
~ −1 ∂ −1 ∂ −1 ∂
p~Sch = −i~ ∇Sch = −i~ e~1 h1 + e~2 h2 + e~3 h1 (3.21)
∂x1 ∂x2 ∂x3
En utilisant les expressions (3.8) et (3.2), on aura finalement l’opérateur impulsion dans la
métrique de Schwrazschild
 
p ∂ 1 ∂ 1 ∂
p~Sch = −i~ e~r ξ(r) + e~θ + e~φ (3.22)
∂r r ∂θ r sin θ ∂φ

38
chapitre 3 Approche de Barros et Application

b) Opérateur énergie
En remplaçant la dérivée temporelle ordinaire dans (3.18) par une dérivée covariante,
nous pouvons définir la correspondance relative à l’opérateur énergie dans l’espace courbe
par
E = i~ ∇0 , (3.23)
où, ∇0 s’éxprime par
∂ ∂
∇0 = c h−1
0 0
= h−1
0 (3.24)
∂x ∂t
Finalement. compte tenu de (3.8), on obtient dans l’espace de Schwrazshild
i~ ∂
E=p (3.25)
ξ(r) ∂t

c) Opérateur carré de l’impulsion


On s’intéresse maintenant à l’opérateur carré de l’impulsion dans l’espace courbe de
Schwarzshild.
Soit, d’après (3.17)
~ 2Sch
p~ 2Sch = −~2 ∇ (3.26)
Dans le système de coordonnées curvilignes, l’opérateur Laplacien s’exprime d’après (A.74)
par
      
~ = (h1 h2 h3 )
2 −1 ∂ h2 h3 ∂ ∂ h1 h3 ∂ ∂ h1 h2 ∂
∇ + 2 + 3 (3.27)
∂x1 h1 ∂x1 ∂x h2 ∂x2 ∂x h3 ∂x3
En utilisant les expressions (3.8) et (3.2), on obtient l’expression du Laplacien
p
∂2
   
~ 2 ξ(r) ∂ 2
p ∂ 1 ∂ ∂ 1
∇Sch = r ξ(r) + 2 sin θ + 2 2 , (3.28)
r2 ∂r ∂r r sin θ ∂θ ∂θ r sin θ ∂φ2
ou encore de manière équivalente
p
2
   
~ 2 ξ(r) ∂ 2
p ∂ 1 1 ∂ ∂ 1 ∂
∇ Sch = r ξ(r) + 2 + + (3.29)
r2 ∂r ∂r r tan θ ∂θ ∂ 2 θ2 sin2 θ ∂φ2
Nous remarquons que la partie angulaire du Laplacien de l’espace courbe (3.29) est iden-
tique à celle du Laplacien de l’espace plat, cette partie angulaire est proportionnelle au
carré du moment cinétique orbital L ~ 2 . La partie radiale de l’espace courbe se réduit dans
le cas particulier ξ(r) → 1 à l’expression de l’espace plat.
Substituant ce résultat dans (3.26), on obtient l’expression de l’opérateur carré de
l’impulsion dans la métrique de Schwarzshild
(p )
2
  
ξ(r) ∂ p ∂ 1 1 ∂ ∂ 1 ∂
p~ 2Sch = −~2 r2 ξ(r) + 2 + + (3.30)
r2 ∂r ∂r r tan θ ∂θ ∂ 2 θ2 sin2 θ ∂φ2

39
chapitre 3 Approche de Barros et Application

Finalement l’opérateur carré de l’impulsion s’écrit dans l’espace courbe de Schwarzshild


(p  ) ~ 2
ξ(r) ∂ p ∂ L
p~ 2Sch = −~2 r 2
ξ(r) + , (3.31)
r2 ∂r ∂r r2

3.3.2 Relation de commutation


Soit maintenant, d’après (3.22), les opérateurs impulsion dans le système de coor-
données de Schwarzshild  p ∂

 p¯r = −i~ ξ(r) ∂r





 1 ∂
p~ ≡ p¯θ = −i~ (3.32)
 r ∂θ




 1 ∂
 p¯

φ = −i~
r sin θ ∂φ
Nous trouvons les différents commutateurs après action sur une fonction continue et dérivable
f (r, θ, φ)
p
[p¯r , r] = −i~ ξ(r)

1
[p¯θ , θ] = −i~
r
1
[p¯φ , φ] = −i~
r sin θ

[p̄i , xj ]i6=j = 0 où, xj = {r, θ, φ}

~2 p ∂
[p¯r , p¯θ ] = 2
ξ(r)
r ∂θ

~2 1 p ∂
[p¯r , p¯φ ] = 2
ξ(r)
r sin θ ∂φ

~2 cos θ ∂
[p¯θ , p¯φ ] =
r2 sin2 θ ∂φ
La première constatation à faire est que ces opérateurs ne vérifient pas les relations
de commutations (3.9). La question qui vient naturellement à l’esprit est de savoir si ces
opérateurs sont hermitiques. Par définition, un opérateur  est hermitien si, pour toute
fonction f et g définies, uniformes et continues dans un domaine D, nous avons [15, 24]
Z Z

f [Â g] dτ = g [Â f ]∗ dτ , (3.33)
D D

40
chapitre 3 Approche de Barros et Application

En coordonnées sphériques où dτ = r2 dr sin θ dθ dφ, vérifions que p¯r n’est pas hermitien.
Pour ce faire calculons l’intégrale
Z π Z 2π Z +∞
sin θdθ dφ r2 {f ∗ [p¯r g] − g [p¯r f ]∗ } dr
0 0 0

La partie radiale de l’integrale précédente


Z +∞ Z +∞  p
∂f ∗

2 ∗ ∗ 2 ∗ ∂g p
r {f [p¯r g] − g [p¯r f ] } dr = −i~ r f ξ(r) + g ξ(r) dr
0 0 ∂r ∂r
Z +∞ p  
2 ∂ ∗
= −i~ r ξ(r) (f g) dr
0 ∂r
Z +∞ Z +∞ 0
∂  2p ∗
 r ξ (r) ∗
= −i~ r ξ(r) f g dr + i~ p f g dr
0 ∂r 0 ξ(r)
Z +∞ 0
r ξ (r) ∗
= i~ p f g dr
0 ξ(r)
6= 0,

n’étant pas nulle, compte tenu du fait que


Z +∞
∂  2 ∗p  h p i+∞
r f ξ(r) g dr = r2 f ∗ ξ(r) g = 0,
0 ∂r 0

p
car ξ(r) r g −→ 0 pour r −→ +∞ et 0.
On voit que la relation (3.33) n’est pas vérifiée, ce qui montre clairement que p¯r n’est pas
un opérateur hermitien, donc ses valeurs propres ne sont pas réelles. De manière similaire,
il est possible de vérifier que les opérateurs p¯θ et p¯φ ne sont pas aussi hermitiques.
Pour surmonter ce problème, il faut plutôt adopter les définitions suivant [19, 25]

1 ∂ √
p̃i = −i~ √ D, (3.34)
D ∂xi

où D = −g et g = det(gµν ). D’après cette définition et compte tenude (3.6), on obtient
  
∂ 1
p̃r = −i~ +


∂r r







  
 ∂
p̃θ = −i~ + cot θ (3.35)

 ∂θ



  

 ∂
 p̃φ = −i~


∂φ

41
chapitre 3 Approche de Barros et Application

Ces opérateurs d’impulsion sont hermétiques et vérifient les relations de commutations


(3.9). En effet, la partie radiale de l’intégrale précédente pour l’opérateur p̃r s’écrit
Z +∞ Z +∞      
∗ ∗ ∗ ∂ 1 ∂ 1
2
r {f [pr g] − g [pr f ] } dr = −i~ r 2
f + g+g + f ∗ dr
0 0 ∂r r ∂r r
Z +∞  
2 ∂ ∗ 2 ∗
= −i~ r (f g) + f g dr
0 ∂r r
Z +∞
∂ 2 ∗ 
= −i~ r f g dr
0 ∂r
+∞
= r2 f ∗ g 0


= 0,

étant donné que


lim (r g) = 0
0
r→+∞

De même, il est possible de vérifier que p̃θ et p̃φ sont aussi hermétiques.
Après avoir exprimé les principes de correspondances de l’impulsion et de l’énergie dans
un espace courbe de Schwarzshild, indispensables à l’établissement des équations d’ondes
quantiques, nous allons aborder dans la prochaine section la dynamique relativiste d’une
particule test évoluant dans une métrique de Schwarzshild.

3.4 Dynamique Relativiste de Schwarzschild


Voulant poursuivre l’étude de cette approche, mais cette fois en l’étendant au cas rela-
tiviste, on utilisera les fondement de la relativité restreinte, ainsi que le formalisme Lagran-
gien et Hamiltonien de la mécanique analytique pour avoir une définition sans ambiguı̈té
de l’énergie et de la quantité de mouvement. Enfin, la détermination de la relation entre
la fonction ξ(r), figurant dans la métrique de Schwarzshild (3.1), et le potentiel non gravi-
tationnel V (r) sera établie.

3.4.1 Temps propre et quadrivecteurs vitesses


Le temps propre d’une particule en mouvement est le temps qui s’écoule dans le
référentiel propre solidaire à la particule. Il est relié au carré d’intervalle, séparent deux
événements infiniment voisins, par la formule [26, 27]

ds2 = c2 dτ 2 (3.36)

Dans le système de coordonnées de Schwarzschild, sachant que le quadrivecteur est donné


par
xµ = (ct, r, θ, φ) = (ct, ~x), (3.37)

42
chapitre 3 Approche de Barros et Application

et compte tenu de (3.1), le temps propre infinitésimal peut se mettre sous la forme

dτ = c−1 ds2
r h i
dr 2 dθ 2 dφ 2
+ sin2 θ
  
= dt ξ(r) − ξ −1 (r) cdt
− r2 cdt cdt
(3.38)
q
2 βt2
= dt ξ(r) − ξ −1 (r) βc2r − r2 c2

1
= γs
dt,

où
1
γs = q , (3.39)
2 βt2
ξ(r) − ξ −1 (r) βc2r − r2 c2

avec
β~ = d~
 x

 dt
≡ vitesse ordinaire,




βr = dr
dt
≡ vitesse radiale, (3.40)



 q 
dθ 2 2 dφ 2
 
βt = + sin θ ≡ vitesse trasversale,

dt dt

Le quadrivecteur vitesse contravariant est défini par


dxµ
βµ = , (3.41)

ce qui conduit à  
µ
β = γs c, β~ (3.42)

3.4.2 Quantité de mouvement et énergie


a) Quadrivecteur énergie-impulsion
Par définition, le quadrivecteur énergie-impulsion contravariant, d’une particule de
masse au repos m0 , est donné par
 
p = m0 β = m0 γs c, β~
µ µ
(3.43)

A l’aide du tenseur métrique, le quadrivecteur énergie-impulsion covariant s’écrit


3
X
pµ = gµν pν (3.44)
ν=0

43
chapitre 3 Approche de Barros et Application

En utilisant (3.6) et (3.43), les composantes covariantes du quadrivecteur énergie-impulsion


sont
 
−1 dr 2 dθ 2 2 dφ
pµ = (p0 , p1 , p2 , p3 ) = m0 γs c ξ(r), −ξ (r) , −r , −r sin θ (3.45)
dt dt dt

b) Action et Lagrangien d’une particule libre


Par définition, l’action d’une particule libre m0 dans l’espace courbe de Schwarzschild
est donnée par [27] Z Z
2 dt
S = −m0 c ds = −m0 c , (3.46)
γs
compte tenu de (3.36) et (3.38).
Ceci permet de déduire l’expression du Lagrangien
−m0 c2
r h
dr 2 dθ 2 dφ 2
i
+ sin2 θ cdt
2
 
L= = −m0 c ξ(r) − ξ −1 (r) cdt − r2 cdt (3.47)
γs
Insistons sur le point qu’au lieu de considérer une particule m0 soumise à un potentiel
non gravitationnel V (r) (dans le référentiel accéléré), en vertu d’une extension implicite
du principe d’équivalence à l’interaction non gravitationnelle, ou l’on passe à un référentiel
où la particule est désormais libre et se déplace suivant des géodésiques.
Ce nouveau principe d’équivalence permutterait d’absorber l’effet du potentiel non gravi-
tationnel dans la métrique de l’espace-temps.

c) L’impulsion canonique
L’impulsion canonique d’un système Lagrangien est la dérivée du Lagrangien par rap-
port aux vitesses généralisées [23]
∂L
pk ≡ k (3.48)
∂ q̇
Ainsi, nous avons pour notre système
∂L dr
pr ≡ = m0 γs ξ −1 (r) , (3.49)
∂ ṙ dt
∂L dθ
pθ ≡ = m0 γs r2 , (3.50)
∂ θ̇ dt
∂L dφ
pφ ≡ = m0 γs r2 sin2 θ (3.51)
∂ φ̇ dt
En comparant les expressions précédents avec (3.45), nous remarquons que

 pr = −p1




pθ = −p2 (3.52)




pφ = −p3

44
chapitre 3 Approche de Barros et Application

d) L’énergie canonique
L’énergie canonique d’un système Hamiltonien est définie par [23]
3
X
k
E ≡ H(pk , q̇ ) = pk q̇ k − L (3.53)
k=1

En utilisant les expressions précédentes de (pr , pθ , pφ ) et l’expression du Lagrangien (3.47),


l’énergie de notre système s’écrit alors
E = pr ṙ + pθ θ̇ + pφ φ̇ − L
 2  2 
−m0 c2
  
−1 dr 2 dθ 2 2 dφ
= m0 γs ξ (r) + m0 γs r + m0 γs r sin θ +
dt dt dt γ
(  2 " 2  2 # ) s
dr dθ dφ 1
= m0 c2 γs ξ −1 (r) + r2 + sin2 θ + 2
c dt c dt c dt γs
n o
= m0 c2 γs ξ −1 (r) βr2 + r2 βt2 + ξ(r) − r2 βt2 − ξ −1 βr2
= m0 c2 γs ξ(r)
ou encore finalement
E = E0 γs ξ(r) = c p0 (3.54)

v 2 −1/2
A faible champ ξ(r) → 1 où gµν → ηµν et γs → γ = (1 − c2
) , nous remarquons que
E −→ γ m0 c2 (3.55)

3.4.3 Invariant relativiste


Une autre relation particulièrement importante en dynamique relativiste de Schwarz-
schild est fournie par le carré invariant du quadrivecteur énergie-impulsion. En effet, en
tenant compte de (3.43) et (3.45), un calcule direct nous permet d’écrire, d’une part,
3   
X
µ 2 −1 dr 2 dθ 2 2 dφ dr dθ dφ
pµ p = (m0 γs ) c ξ(r), −ξ (r) , −r , −r sin θ c, , ,
µ=0
dt dt dt dτ dτ dτ
(  2 "  2  2 #)
dr dθ dφ
= (m0 γs )2 c2 ξ(r) − ξ −1 (r) − r2 + sin2 θ
dt dt dt
 2
c
= (m0 γs )2 ,
γs2
ou encore finalement
3
X
pµ pµ = m20 c2 (3.56)
µ=0

45
chapitre 3 Approche de Barros et Application

Par ailleurs, nous avons aussi


3 3 3
! 3 X
3
X X X X
µ µν
pµ p = pµ g pν = g µν pµ pν
µ=0 µ=0 ν=0 µ=0 ν=0

En utilisant les composantes de la métrique (3.6) et les expressions de (pr , pθ , pφ ), et en


tenant compte de (3.54), on obtient, d’autre part,
3
X E2 p2θ p2φ
pµ p µ = − ξ(r) p 2
r − − (3.57)
µ=0
c2 ξ(r) r2 r2 sin2 θ

Compte tenu de (3.56) et (3.57), on déduit que

E2 p2θ p2φ
 
= ξ(r) pr + 2 + 2 2 c2 + m20 c4 .
2
(3.58)
ξ(r) r r sin θ
En introduisant les composantes ordinaires de l’impulsion dans l’espace de Schwarzschild
(voir l’Annexe (A.60))
p
p¯r = ξ(r) pr , (3.59)

p¯θ = , (3.60)
r

p¯φ = , (3.61)
r sin θ
l’expression (3.58) s’écrit

E2
= [ p̄2r + p̄2θ + p̄2φ ] c2 + m20 c4 , (3.62)
ξ(r)
ce qui conduit finalement à l’expression de l’invariant relativiste dans l’espace de Schwarz-
schild [19]
E2
= p~ 2Sch c2 + m20 c4 . (3.63)
ξ(r)

3.4.4 Détermination de la fonction ξ(r)


Dans le référentiel de centre de masse, où p~ = ~0, l’expression de l’invariant relativiste
(3.63) conduit à p
E(~p = ~0) = E0 ξ(r) (3.64)
Par ailleurs, dans un tel repère l’énergie totale, d’une particule relativiste soumise à un
potentiel non-gravitatinnel V (r), est donné par

E(~p = ~0) = E0 + V (r), (3.65)

46
chapitre 3 Approche de Barros et Application

on déduit ainsi que


p V (r)
ξ(r) = 1 + , (3.66)
E0
ou encore [19]
 2
V (r)
ξ(r) = 1+ . (3.67)
m0 c2
Dans le cadre particulier de l’approximation du champ faible V (r) ≤ m0 c2 , nous avons

V (r)
ξ(r) ≈ 1 + 2 . (3.68)
m0 c2
La prochaine étape consiste à établir les équations d’ondes quantiques. Mais avant cela,
il est utile de rappeler et de préciser les approximations envisagées. Le passage du cas
relativiste au cas non relativiste fait par deux niveaux d’approximations

1) Le passage de la relativité générale à la relativité restreinte se fait quand le champ


est faible, voir inexistant, faisant en sorte que l’espace temps courbe tend à l’espace- temps
plat de Minkowski (espace quasi-Minkowskien).

2) Le passage de la relativité restreinte au cas classique se fait quand les vitesses mises
en jeu sont très négligeables devant la vitesse c de la lumière dans le vide.

3.5 Equations d’Ondes dans l’Espace de Schwarzschild


3.5.1 Equation de Schrödinger
a) Etablissement de l’équation
En utilisant l’équation aux valeurs propres

H Ψ = E Ψ, (3.69)

avec les principes de correspondance


~

 p~ = −i~∇

(3.70)
 E = i~ ∂ ,

∂t
l’equation de Schrödinger pour une particule libre s’écrit alors

∂ ~2 ~ 2
i~ Ψ(~r, t) = − ∇ Ψ(~r, t). (3.71)
∂t 2m0

47
chapitre 3 Approche de Barros et Application

Dans le cas stationnaire, la fonction d’onde est donnée par


E
Ψ(~r, t) = e−i ~ t ψ(~r) (3.72)

L’injection de (3.72) dans (3.71) nous conduit à l’équation de Schrödinger stationnaire

~2 ~ 2
− ∇ ψ(~r) = E ψ(~r). (3.73)
2m
Maintenant, pour écrire l’équation de Schrödinger dans l’espace-temps courbe de Schwarz-
shild, procédons par étapes
1) Utilisons l’Hmiltonien d’une particule libre

p~ 2
H= + m 0 c2 , (3.74)
2m0
et écrivons l’équation aux valeurs propres

H Ψ(~r, t) = E Ψ(~r, t) (3.75)

A ce niveau, attirons l’attention sur le fait que l’approximation des vitesses a été implici-
tement adoptée.

2) Utiliser les principes de correspondances d’impulsion 1 (3.22) et d’énergie (3.25) ce


qui conduit à l’équation d’onde quantique
( ) ( "p # )
i~ ∂ ~2 ξ(r) ∂

p ∂ ~2
L
2 2
p Ψ(~r, t) = − r ξ(r) + + m0 c Ψ(~r, t).
ξ(r) ∂t 2m0 r2 ∂r ∂r 2m0 r2
(3.76)

b) Résolution de l’équation
Pour proposer une solution de l’équation (3.76), on exploite le fait que l’Hamiltonien
de notre système physique commute avec l’opérateur carré du moment cinétique orbital.
En effet
" (p ) #
h i ~ 2
ξ(r) ∂

∂ ~2
L
~2 = − ~2
p
H, L r2 ξ(r) + + m0 c2 , L
2m0 r2 ∂r ∂r 2m0 r2
"p # " #
~2 ξ(r) ∂



1 ~2
L h i
~2 + ~2
~ 2 + m0 c2 , L
2
p
= − r ξ(r) , L , L
2m0 r2 ∂r ∂r 2m0 r2
= 0,
1. De manière équivalente utiliser (3.31).

48
chapitre 3 Approche de Barros et Application

ceci nous amène à déduire que les deux opérateurs H et L ~ 2 possèdent une base propre
commune. Ainsi, on recherche les fonctions propres de l’Hamiltonien, parmi les fonctions
~ 2 , qui vérifient l’équation aux valeurs propres suivante
propres de l’opérateur L
~ 2 Y m (θ, φ) = ~2 l(l + 1) Y m (θ, φ),
L (3.77)
l l

où, les Ylm (θ, φ) sont les Harmoniques sphériques définies dans la base standard (C.13).
Donc, la partie angulaire de la fonction d’onde vérifiant l’équation d’onde (3.76) sera to-
talement déterminée. Dans le cas stationnaire, on choisit une fonction d’onde à variables
séparées, sous la forme
E
Ψ(~r, t) = U (r) Ylm (θ, φ) e−i ~ t , (3.78)
où U (r) est la partie radiale inconnue de la fonction d’onde. En remplaçant cette solution
dans (3.76), on détermine l’équation différentielle que satisfait cette fonction radiale
(p )
2
~2 l(l + 1)

~ ξ(r) ∂ 2
p ∂ E
− 2
r ξ(r) U (r) + 2
U (r) + m0 c2 U (r) = p U (r),
2m0 r ∂r ∂r 2m0 r ξ(r)
(3.79)
ou encore
( "p # )
~2 2

ξ(r) ∂ p ∂ ~ l(l + 1) E
− 2
r2 ξ(r) + 2
+ m0 c2 U (r) = p U (r). (3.80)
2m0 r ∂r ∂r 2m0 r ξ(r)

Remarquons que pour chaque système physique correspond une fonction ξ(r) qui dépend de
l’énergie potentielle V (r). Après le remplacement de la fonction ξ(r), relative au système
en question, on résout l’équation différentielle pour déterminer la valeur propre E et la
fonction radiale U (r).

3.5.2 Equation de Klein et Gordon


a) Etablissement de l’équation
La procédure utilisée par Klein et Gordon pour généraliser l’équation de Schrödinger,
dans le cadre de l’espace-temps plat de Minkowski, est d’appliquer le principe de corres-
pondance (3.17) et (3.18) à l’expression de l’invariance relativiste donnant l’énergie d’une
particule libre E 2 − |~p|2 c2 = m20 c4 de manière à avoir [28]
2 2 2
~ 2 Ψ(~r, t) − 1 ∂ Ψ(~r, t) = m0 c Ψ(~r, t).
∇ (3.81)
c2 ∂t2 ~2
En introduisant l’opérateur d’Alembertien dans l’espace-temps plat de Minkowski

1 ∂2 ~ 2,
≡ −∇ (3.82)
c2 ∂t2

49
chapitre 3 Approche de Barros et Application

l’equation (3.81) se met sous la forme [28]


m20 c2
 
+ 2 Ψ(~r, t) = 0. (3.83)
~
C’est l’équation d’onde quantique relativiste d’une particule, sans spin, en l’absence de
champs.
La limite non relativiste d’une telle équation d’onde quantique est l’équation de Schrödinger
(3.71).
Par contre dans une métrique de Schwarzschild, l’opérateur d’Alembertien s’écrit
!2
1 1 ∂ ~2 ,
Sch ≡ ∂µ ∂ µ = g µν ∂µ ∂ν = p −∇ Sch (3.84)
ξ(r)c2 ξ(r) ∂t

~ 2 est donnée par (3.29). L’équation est donnée par


où ∇ Sch

m20 c2
 
Sch + 2 Ψ(~r, t) = 0. (3.85)
~
L’injection de (3.84) dans (3.85) conduit finalement à [19]
( "p # )

~2 ∂ 2

ξ(r) ∂

p ∂ ~2
L
− 2 Ψ(~r, t) = −~2 c2 r2 ξ(r) + c2 2 + m20 c4 Ψ(~r, t).
ξ (r) ∂t2 r2 ∂r ∂r r
(3.86)

C’est l’équation d’onde quantique relativiste d’une particule, sans spin, évoluant sous l’in-
fluence d’un potentiel non gravitationnel V (r), affectant la métrique.

b) Résolution de l’équation
Pour proposer une solution de l’équation (3.86), on exploite le fait que l’Hamiltonien
possède la symétrie sphérique. En effet, d’après (3.63) nous avons
 2  "( "p  # ~ 2 ) #
H ~2 2 2 ξ(r) ∂ 2
p ∂ L 2 4 ~ 2
,L = −~ c r ξ(r) + 2 + m0 c , L
ξ(r) r2 ∂r ∂r r
"p # " #
ξ(r) ∂


 ~ 2
L ~2 h i
~ 2 4 ~2
2 2 2
p 2
= −~ c r ξ(r) , L + 2 , L + m0 c , L
r2 ∂r ∂r r
= 0,
h i
ce qui implique que H, L ~ 2 = 0. Donc la partie angulaire des fonctions propres de ce
Hamiltonien sont les Harmoniques sphériques. Dans le cas stationnaire, on choisit une
fonction d’onde, sous la forme
E
Ψ(~r, t) = R(r) Ylm (θ, φ) e−i ~ t (3.87)

50
chapitre 3 Approche de Barros et Application

Reportons maintenant une telle forme dans (3.86), on obtient après simplification l’équation
radiale pour la fonction R(r) [19]
( "p # )
~2 l(l + 1) E2

2 ξ(r) ∂ 2
p ∂ 2 2
−~ r ξ(r) + + m0 c R(r) = R(r). (3.88)
r2 ∂r ∂r r2 ξ 2 (r)
Donc, pour chaque système physique correspond une fonction ξ(r) qui dépend de l’énergie
potentielle V (r). La résolution du problème aux valeurs propres de ce système consiste à
déterminer l’énergie et la partie radiale R(r) de la fonction d’onde (3.87).

3.5.3 Equation de Dirac


a) Etablissement de l’équation
Pour pallier aux insuffisances 2 de l’équation relativiste de Klein et Gordon dans un
espace-temps plat de Minkowski, Dirac a proposé de chercher un Hamiltonien linéaire par
rapport aux impulsions [28]
3
X
HD = −i~c ~ k + βm0 c2 ,
αk (∇) (3.89)
k=1

où αk et β sont des paramètres sans dimension.


Au final, on voudrait obtenir une équation d’onde linéaire à l’espace et le temps. En élevant
au carré, on souhaite retrouver l’équation de Klein et Gordon (3.81)
 2

i~ Ψ(~r, t) = (HD )2 Ψ(~r, t)
∂t
3
! 3
!
X ∂ X ∂
= −i~c αk k + βmc2 −i~c αl l + βmc2 Ψ(~r, t)
∂x ∂x
(k=1 l=1
)
2 2
X ∂ ∂ imc X ∂ m c
= −~2 c2 αk αl k l + (αk β + βαk ) k − 2 β 2 Ψ(~r, t)
k,l
∂x ∂x ~ k ∂x ~
( )
X1 2 2 2
∂ imc X ∂ m c
= −~2 c2 (αk αl + αl αk ) k l + (αk β + βαk ) k − 2 β 2 Ψ(~r, t)
k,l
2 ∂x ∂x ~ k
∂x ~

En effet, ceci n’est possible que si αk et β sont des matrices qui ne commutent pas entre
elles et vérifient les relations d’anti commutation suivantes


 {αk , αl } = 2δ kl ,



{αk , β} = 0, (3.90)




 k 2
(α ) = β 2 = 1
2. La notion d’énergies négatives et la non conservation de la probabilité de présence.

51
chapitre 3 Approche de Barros et Application

où, par définition {A, B} = AB+BA. En plus, pour que le Hamiltonien HD soit hermétique,
il faut que les matrices αk et β soient aussi hermétiques, ainsi
 k †
 (α ) = αk ,
(3.91)
 †
β =β

Les relations (3.90) et (3.91), définissent une algèbre pour ces matrices dite de Clifford.
Nous allons maintenant déterminer la dimension des matrices αk et β. Pour ce faire, on
commence d’abord à montrer qu’elles sont de traces nulle. En effet, compte tenu du fait
que Tr [ AB ] = Tr [ BA ], nous avons

Tr [αk ] = Tr [ αk β 2 ]
= −Tr [ βαk β ]
= −Tr [ β 2 αk ]
= −Tr [ αk ],

et

Tr [ β ] = Tr [ β(αk )2 ]
= −Tr [ αk βαk ]
= −Tr [ (αk )2 β ]
= −Tr [ β ]

De plus, comme (αk )2 = β 2 = 1, les valeurs propres de ces matrices sont ±1. Or, ces valeurs
propres sont indépendantes de la représentation choisie, si on représente ces matrices sur
leur base propre, elles sont diagonales, de plus, la trace d’une matrice est toujours égale à
la somme de ces valeurs propres. Comme leur trace est nulle, donc elles doivent posséder
autant de fois la valeur propre +1 que −1, donc au total, un nombre pair de valeurs propres.
Ce sont donc des matrices n × n avec n pair.
Essayons d’abord avec n = 2. On peut prendre les trois matrices de Pauli
     
1 0 1 2 0 −i 3 1 0
σ = σ = σ = , (3.92)
1 0 i 0 0 −1

et la matrice identité  
1 0 1
σ = , (3.93)
1 0
mais leurs traces pas nulles.
Maintenant, on prend n = 4. Cette fois, il est possible de vérifier toutes les contraintes
en prenant par exemple la représentation standard de Dirac
   
k 0 σk 1 0
α = , β= , (3.94)
σk 0 0 −1

52
chapitre 3 Approche de Barros et Application

où, 1 est la matrice identité (2 × 2).


On en conclut que dans cette représentation, la fonction d’onde de Dirac décrivant
l’état d’une particule de spin 1/2 est un Spineur à 4-composantes, puisque HD est une
matrice (4 × 4) d’opérateurs. Ce Spineur permet de décrire un état avec quatre degrés
de libertés. Deux correspondent au spin (↑ ou ↓), et deux autres correspondent au choix
particule/antiparticule. En représentation standard, il est d’usage d’utiliser la notation
condensée suivante  
ϕ
Ψ= , (3.95)
χ
où ϕ et χ sont deux Spineur s à deux composantes décrivant respectivement la particule
et l’antiparticule.
Finalement, dans l’espace-temps plan de Minkowski l’équation de Dirac s’écrit sous
forme [28]
~ .∇
(−i~c α ~ + β m0 c2 )Ψ(~r, t) = i~ ∂ Ψ(~r, t). (3.96)
∂t
C’est l’équation d’onde quantique relativiste d’une particule, de spin 1/2, en l’absence de
champ, dont la limite non relativiste est l’équation de Pauli.
Dans la théorie de Dirac, comme toutes les théories quantiques, l’interaction d’une
particule relativiste de spin 1/2 et de charge e avec un champ électromagnétique peut être
introduite par couplage minimal [28, 29]

∂ ∂ e~
i~ −→ i~ − eA0 p~ −→ p~ − A, (3.97)
∂t ∂t c
 
φ ~ est le potentiel électromagnétique.
où Aµ A0 = , A
c
Avec ces transformations, l’équation de Dirac libre devient
∂ n  e ~ 0 2
o
~ . p~ − A + eA + β m0 c Ψ(~r, t).
i~ Ψ(~r, t) = c α (3.98)
∂t c
Dans le cas de l’électron de l’atome d’Hydrogène, l’énergie potentielle coulombienne

Ze2
eA0 = V (r) = − (3.99)
4πε0 r
est couplée à l’équation de Dirac

~ . p~ + V (r) + β m0 c2 ) Ψ(~r, t),

i~ Ψ(~r, t) = c α (3.100)
∂t

tel que A~ = ~0.


Pour écrire l’équation d’onde quantique d’une particule de spin 1/2 soumise à un poten-
tiel non-gravitationnel central V (r) affectant la métrique, il suffit de démarrer de l’équation
libre de Dirac (3.96) et de remplacer, ensuite, les dérivées spatiales et temporelles par des

53
chapitre 3 Approche de Barros et Application

dérivées covariantes (3.20) et (3.24). En particulier, dans une métrique de Schwarzschild


nous avons  
− i~c α ~ 2
~ . ∇Sch + β m0 c Ψ(~r, t) = i~∇0 Ψ(~r, t), (3.101)

ce qui conduit à [19]


    ( )
p ∂ 1 ∂ 1 ∂ i~ ∂
−i~c α
~ . e~r ξ(r) + e~θ + e~φ + β m0 c2 Ψ(~r, t) = p Ψ(~r, t),
∂r r ∂θ r sin θ ∂φ ξ(r) ∂t
(3.102)
ou encore finalement
( )
n o i~ ∂
~ . p~Sch + β m0 c2 Ψ(~r, t) = p
cα Ψ(~r, t). (3.103)
ξ(r) ∂t

Rappelons que dans l’équation d’onde quantique (3.103), pour une particule de spin 1/2,
l’interaction non-gravitationnelle n’a pas été introduite par couplage minimale (comme
champ extérieur), mais plutôt sur la particule à travers la métrique de l’espace temps de
Schwarzschild.

b) Equation d’onde stationnaire


On s’intéresse au cas stationnaire, pour lequel la fonction d’onde est de la forme
E
Ψ(~r, t) = ψ(r, θ, φ) e−i ~ t (3.104)

Ces fonctions d’onde particulières correspondent à des phénomènes physiques permanents,


de probabilité de présence en un point

|Ψ(~r, t)|2 = |Ψ(~r)|2 , (3.105)

indépendante du temps.
De plus, la valeur moyenne de toute observable physique  [15, 30]
Z   Z  ∗

< Â >= Ψ (~r, t) Â Ψ(~r, t) d~r = Ψ(~r, t) Â Ψ(~r, t) d~r (3.106)

ne dépendant pas explicitement du temps.


Attirons l’attention que conformément à (3.33), les opérateurs p̄r , p̄θ et p̄φ figurant dans
(3.103) sont hermétiques.
En reportant maintenant (3.104) dans (3.103), on obtient après simplification [19]
( )
  E
c αr . p̄r + αθ . p̄θ + αφ . p̄φ + β m0 c2 − p ψ(~r) = 0 (3.107)
ξ(r)

54
chapitre 3 Approche de Barros et Application

En représentation matricielle standard, cette équation s’écrit

m0 c2 − √E c σr . p̄r + c σθ . p̄θ + c σφ . p̄φ


     
ξ(r) ϕ 0


 
 = 
c σr . p̄r + c σθ . p̄θ + c σφ . p̄φ −m0 c2 − √E χ 0
ξ(r)
(3.108)
Finalement, en représentation standard, l’équation d’onde stationnaire pour une particule
de spin 1/2, prend alors la forme

m0 c2 − √E c ~σ . p~
     
ξ(r) ϕ 0


 
 =  (3.109)
c ~σ . p~ −m0 c − 2 √E χ 0
ξ(r)

Donc, pour chaque système physique correspond à une fonction ξ(r) qui dépend de l’énergie
potentielle V (r). La fonction d’onde se détermine en résolvant l’ensemble des deux équations
!
2 E
m0 c − p ϕ + c ~σ . p~ χ = 0 (3.110)
ξ(r)

!
E
− m0 c2 + p χ + c ~σ . p~ ϕ = 0, (3.111)
ξ(r)

reliant les deux Spineurs ϕ et χ.


Or, il existe une solution à ce système d’équations linéaires si et seulement si

m0 c2 − √E c ~σ . p~
 
ξ(r)
det   = 0, (3.112)
 
c ~σ . p~ −m0 c − √E 2
ξ(r)

ce qui conduit à retrouver l’expression de l’invariant relativiste

E2
= p~ 2Sch c2 + m20 c4 , (3.113)
ξ(r)

compte tenu de la propriété


~ σ . B)
(~σ . A)(~ ~ =A
~ .B
~ + i~σ . (A
~ × B)
~ (3.114)

En peut conclure donc que chaque composante du Spineur de Dirac, décrivant le mouve-
ment d’une particule relativiste de spin 1/2, vérifie l’équation de Klein et Gordon.

55
chapitre 3 Approche de Barros et Application

c) Solution de l’équation de Dirac pour un champ central


De manière similaire à ce qui s’est fait dans un espace plat de Minkowski pour la
résolution de l’équation de Dirac pour une particule de spin 1/2 évoluant sous l’action
d’un champ central, pour la même particule, considérée libre, mais évoluant dans un espace
courbe de Schwarzchild, nous allons exploiter, à la fois, l’invariance de l’ Hamiltonien par
rotation (conservation du moment cinétique) et la symétrie par rapport au centre du champ,
pris comme origine des coordonnées (conservation de la parité). Pour assurer ces propriétés,
on est amené à définir
 Jˆ = L̂ + Ŝ,

(3.115)
Ξ̂ = i β Π,

où, Ξ̂ est l’opérateur parité associé à la réflexion dans l’espace et Π désigne l’opérateur
de parité orbitale. En effet, l’Hamiltonien HD ne commute pas avec le moment angulaire
orbital L̂ [31, 32]

[ HD , L̂ ] = −i~ α̂ × p̂ (3.116)

D’autre part, en définissant l’opérateur associé au spin


~
Ŝ = Σ̂, (3.117)
2
avec  
σ̂ 0
Σ̂ = (3.118)
0 σ̂
et en utilisant les relations de commutation sur les matrices σ̂ de Pauli, on peut montrer
que
[Ŝi , Ŝj ] = i~ εijk Ŝk , (3.119)
et  
3 1̂ 0
Ŝ = ~2
2
, (3.120)
4 0 1̂
où 
 +1 pour les permutations paire de 1, 2, 3
ijk
ε = −1 pour les permutations paire de 1, 2, 3 (3.121)
0 si non

En utilisant, à nouveau, les relations de commutation des matrices de Pauli, on a [31, 32]

[ HD , Ŝ ] = +i~ α̂ × p̂ (3.122)

Considérons maintenant le moment angulaire total défini par la somme des moments
angulaires orbital et de spin, Jˆ = L̂ + Ŝ. A partir des relations (3.116) et (3.122), on en
déduit que Jˆ commute avec l’Hamiltonien de Dirac

[ HD , Jˆ ] = 0 (3.123)

56
chapitre 3 Approche de Barros et Application

L’interprétation de ces relations de commutation est qu’il y a une interaction entre les
moments angulaires orbitaux et de spin.
En plus de la symétrie angulaire, l’opérateur de Dirac possède une symétrie d’inversion
et il est donc utile d’étudier les relations de commutation pour l’opérateur parité. Cepen-
dant, l’Hamiltonien de Dirac ne commute pas avec l’operateur parité orbitale. A partir des
relations (3.90), nous pouvons montrer aisément que [32]
[ HD , Ξ̂ ] = 0 (3.124)
A partir de (3.123) et (3.124), on en déduit que [33]
ˆ Ξ̂ ] = 0
[ J, (3.125)
Les relations de commutation établies ci-dessus impliquent que HD , Jˆ2 , Jˆz et Ξ̂ forment un
ensemble complet d’opérateurs qui commutent mutuellement l’un avec l’autre (ECOC).
Les fonctions propres simultanées de ces opérateurs s’expriment comme [34]
f (r) Ωjlm
   
ϕ
ψ= =  . (3.126)
1+l−l0
χ (−1) 2 g(r) Ωjl0 m
La dépendance angulaire de la solution (3.126) est complètement déterminée par les fonc-
tions angulaires de spin Ωjlm et Ωjl0 m . Ces Spineurs sphériques sont définis par le couplage
des Harmoniques sphériques Ylm(fonction
 propre d’un
 système de moment orbital l) avec
1 0
les fonctions de spin χ{+ 21 } = et χ{− 21 } = (fonction propres d’un système de
0 1
spin 1/2). Par contre, la dépendance radiale de (3.126) est contenue dans les deux fonctions
f (r) et g(r) pour l’instant inconnues.
Pour que ψ soit une fonction propre de l’opérateur parité, le moment angulaire orbital de la
composante inférieure l doit être relié à celui de la composante supérieure l0 par la relation
(C.34)
l0 = 2j − l pour : j = l ± 1/2, (3.127)
de plus, les deux Spineurs sphériques figurant dans (3.126) sont reliés par (C.34)
 
l0 −l ~r
Ωjlm = i ~σ . Ωjl0 m . (3.128)
r
Dans le but de déterminer les relations entre les fonctions radiales f (r) et g(r), insérons
(3.126) dans (3.110)
!
E 1+l−l0
m0 c2 − p f (r) Ωjlm + c (−1) 2 (~σ . p~) g(r) Ωjl0 m = 0 (3.129)
ξ(r)
Remplaçons dans cette équation, Ωjlm , en utilisant (3.128)
!  
2 E l0 −l ~r 1+l−l0
m0 c − p f (r) i ~σ . Ωjl0 m + c (−1) 2 (~σ . p~) g(r) Ωjl0 m = 0, (3.130)
ξ(r) r

57
chapitre 3 Approche de Barros et Application

et appliquons l’opérateur ~σ . ~rr à gauche pour obtenir 3




!
E c
m 0 c2 − p f (r) Ωjl0 m − i (~σ . ~r)(~σ . p~) g(r) Ωjl0 m = 0, (3.131)
ξ(r) r

sachant que  2    
~r ~r ~r ~r ~r
~σ . = . + i~σ . × = 1̂ (3.132)
r r r r r
De plus, nous avons
~
(~σ . ~r)(~σ . p~) = ~r . p~ + i ~σ .(~r × p~) = ~r . p~ + i ~σ . L, (3.133)

soit
~
(~σ . ~r)(~σ . p~) = r̄ p̄r + i ~σ . L (3.134)
Puisque, r est la composante radiale contravariante du vecteur position et pr est la com-
posante radiale covariante du vecteur impulsion, alors, il vient d’après (A.60) que
! 
−1 r p ∂
~r . p~ = r̄ p̄r = (hr r) (hr pr ) = p −i~ ξ(r) r, (3.135)
ξ(r) ∂r

d’où
d
r̄ p̄r g(r) = −i~ r
g(r) (3.136)
dr
De plus, en tenant compte de (3.115) et (3.117), on obtient

~ = 1 ~2 ~ 2 ~ 2
~σ . L (J − L − S ), (3.137)
~
d’où
~ Ωjl0 m = ~ j(j + 1) − l0 (l0 + 1) − 3

(~σ . L) 4
Ωjl0 m

 ~(j − 21 ) Ωjl0 m pour : l0 = j − 1
2
(3.138)
=
~(−j − 23 ) Ωjl0 m pour : l0 = j + 1

2

La définition du nombre quantique de Dirac [28]


 
1
k=∓ j+ , (3.139)
2
3. Sachant que l − l0 = ±1, nous avons
0
(−1)(1+l−l )/2 0 0 0
= i1+l−l × il−l = i1+2(l−l ) = i1±2 = −i.
il0 −l

58
chapitre 3 Approche de Barros et Application

permet de vérifier que 


 −j − 21 − 1 = −j − 3
2
k−1= (3.140)
1 1
j+ −1=j−

2 2
ainsi, compte tenu de (3.140) il est possible de mettre (3.139) sous la forme unifiée suivante
~ Ωjl0 m = ~ (k − 1) Ωjl0 m ,
(~σ . L) (3.141)
Finalement, d’après (3.136) et (3.141), l’équation (3.131) s’écrit
!
dg g(r) 1 E
+ (1 − k) =− p − m0 c2 f (r) (3.142)
dr r ~c ξ(r)
Au lieu de refaire un calcul similaire pour retrouver la deuxième équation différentielle
qui découle de (3.111), il est commode d’effectuer les transformations suivantes [34]
f → g, g → −f, m0 → −m0 , l0 → l, k → −k, (3.143)
à l’équation (3.142) pour obtenir alors
!
df f (r) 1 E
+ (1 + k) =+ p + m0 c2 g(r) (3.144)
dr r ~c ξ(r)

En résumé, à chaque système physique correspond une fonction ξ(r) qui dépend de
l’énergie potentielle V (r). La partie radiale de la fonction d’onde de la particule de spin
1/2 évoluant dans un espace de Schwarzchild se détermine en résolvant l’ensemble des deux
équations différentielles couplées suivantes [35]
!
df f (r) 1 E
+ (1 + k) =+ p + m0 c2 g(r) (3.145)
dr r ~c ξ(r)

!
dg g(r) 1 E
+ (1 − k) =− p − m0 c2 f (r) (3.146)
dr r ~c ξ(r)

Attirons l’attention sur le fait que C.C.Barros, dans son article [19], ne retrouve pas
exactement ce système d’équations.
p Il retrouve plutôt un système d’équations où devant
les dérivées il y a le facteur ξ(r)
!
p df f (r) 1 E
ξ(r) + (1 + k) =+ p + m0 c2 g(r) (3.147)
dr r ~c ξ(r)

!
p dg g(r) 1 E
ξ(r) + (1 − k) =− p − m0 c2 f (r) (3.148)
dr r ~c ξ(r)

59
chapitre 3 Approche de Barros et Application

3.6 Applications à l’Atome d’Hydrogène


Dans cette section, nous étudions la validité de l’approche de Barros à un système
pour lequel la solution est parfaitement établie, c’est l’atome d’hydrogène. L’originalité de
l’approche de Barros réside dans le fait de supposer que l’interaction non gravitationnelle
affecte la structure de l’espace temps. Ainsi, dans cette application la courbure de l’espace
temps n’est pas due à l’interaction gravitationnelle qui s’exerce entre l’électron et le proton,
mais elle est due à l’interaction électrostatique. En fait l’interaction gravitationnelle est
négligée dans ce cas, car les masses de l’électron (me ) et du proton (mp ) sont très petites 4 .
L’électron est soumis à un potentiel coulombien à symétrie sphérique
αZ
V (r) = − , (3.149)
r
où Z est le numéro atomique (pour l’atome d’hydrogène Z = 1), avec

e2
α= (3.150)
4π0
A partir de l’expression de l’énergie potentielle précédente, on détermine l’expression
de la fonction ξ(r), qui s’écrit conformément à (3.67) dans le cas de l’atome d’hydrogène
 2
αZ
ξ(r) = 1− (3.151)
me c2 r

3.6.1 Réduction de l’équation radiale dans un espace de Shwarz-


schild à celle de Schrödinger
Reprenons l’équation radiale dans le contexte de l’approche de Barros (3.80)
( "p # )
~2 2

ξ(r) ∂ p ∂ ~ l(l + 1) E
− 2
r2 ξ(r) + 2
+ me c2 U (r) = p U (r),
2me r ∂r ∂r 2me r ξ(r)
(3.152)
qui rappelons-le a été obtenue à faible vitesse.
De plus, plaçons-nous dans le contexte de l’approximation du champ faible, selon laquelle
l’énergie potentielle classique de l’électron V (r) est négligeable devant l’énergie au repos
de la même particule, de sorte que

V (r)
δ=  1. (3.153)
me c2
4. En s’intérressant au problème du couplge de la gravitation et l’élctromagétique, Hoffman a montré,
qu’on choisissant convenablement le système de coordonnées (dans le cas sphérique où la solution de
Schwarzchild est adobtée), la gravitation n’a absolument aucune influence sur le champ électromagnétique
d’une particule au repos [4].

60
chapitre 3 Approche de Barros et Application

Il est possible d’effectuer un développement en série de puissance du paramètre δ. En effet,


nous avons à l’ordre 1 de V (r)

1 1 V (r)
p = ≈1− (3.154)
ξ(r) V (r) me c2
1+
me c2

 2
V (r) V (r)
ξ(r) = 1 + 2
≈1+2 (3.155)
me c me c2

En utilisant l’appoximation (3.154), le deuxième terme de l’équation radiale (3.152),


s’écrit  
E V (r) E
p ≈E 1− = E − V (r) (3.156)
ξ(r) me c2 me c2
Par ailleurs, pour développer le premier terme de l’équation (3.152), introduisons l’opérateur
"p  # p ! 
ξ(r) ∂ 2
p ∂ ξ(r) ∂ 2
p ∂
Λ̂ = r ξ(r) = r ξ(r) (3.157)
r2 ∂r ∂r r2 ∂r ∂r

Pour toutes fonction f (r) différentiable, on a


p ! p p
∂ ξ(r) 1 ∂ ξ(r) 2p ξ(r) ∂f (r)
f (r) = f (r) − ξ(r) f (r) + , (3.158)
∂r r2 r2 ∂r r3 r2 ∂r

d’où l’on déduit que


p p ! p
ξ(r) ∂ ∂ ξ(r) 1 ∂ ξ(r) 2p
2
= − 2 + 3 ξ(r) (3.159)
r ∂r ∂r r2 r ∂r r

L’opérateur Λ̂ s’exprime alors sous la forme


" p ! p # 
∂ ξ(r) 1 ∂ ξ(r) 2p 2
p ∂
Λ̂ = − 2 + 3 ξ(r) r ξ(r)
∂r r2 r ∂r r ∂r
  p
∂ ∂ ∂ ξ(r) p ∂ ξ(r) ∂
= ξ(r) − ξ(r) + 2
∂r ∂r ∂r ∂r r ∂r
 
∂ ∂ 1 ∂ξ(r) ∂ ξ(r) ∂
= ξ(r) − +2 (3.160)
∂r ∂r 2 ∂r ∂r r ∂r

Remplaçons maintenant l’expression de ξ(r) donnée dans l’approximation (3.155), l’opérateur

61
chapitre 3 Approche de Barros et Application

Λ̂ s’exprime dans ce cas


       
∂ V (r) ∂ 1 ∂ V (r) ∂ 2 V (r) ∂
Λ̂ ≈ 1+2 2
− 1+2 2
+ 1+2 2
∂r me c ∂r 2 ∂r me c ∂r r me c ∂r
 2   
∂ 2 ∂ ∂ V (r) ∂ 4 V (r) ∂
≈ 2
+ + 2
+ (3.161)
∂r r ∂r ∂r me c ∂r r me c2 ∂r
| {z } | {z }
termes de Schrödinger termes supplémentaires

Pour V (r) = − αZ
r
, l’expression précédente devient après quelques simplifications supplémentaires
  2  
1 αZ ∂ 2 3 αZ ∂
Λ̂ = 1− 2 2
+ 1− 2
, (3.162)
r me c ∂r r 2r me c ∂r
ou encore finalement
∂2
   
V (r) 2 3 V (r) ∂
Λ̂ = 1+ + 1+ . (3.163)
m e c2 ∂r 2 r 2 me c 2 ∂r
En résumé, au premier ordre, l’équation radiale (3.152) s’écrit dans le cadre de l’approxi-
mation du champ faible 5
~2 V(r) ∂ 2 ~2 l(l + 1)
      
2 3 V(r) ∂
− 1+ + 1+ + U (r)
2me me c2 ∂r2 r 2 me c2 ∂r 2me r2
 
2 E
= (E − me c ) − V (r) U (r), (3.164)
me c2
compte tenu de (3.156) et (3.163).
Or, dans la limite non relativiste la différence entre l’énergie totale et l’énergie au repos
est négligeable devant l’énergie au repos [28]
1
Ec = E − me c2 ≈ me v 2  me c2 , (3.165)
2
où, Ec est l’énergie cinétique, on déduit donc que
E E
2
− 1  1 =⇒ ≈ 1, (3.166)
me c me c2
l’énergie propre est de même ordre de grandeur que l’énergie au repos.
Alors, compte tenu de (3.153) et (3.166), l’équation radiale (3.164) est réduite à l’équation
radiale de Schrödinger pour l’atome d’Hydrogène, écrite dans l’espace-temps plat de Min-
kowski
~2
 2
~2 l(l + 1)
  
∂ 2 ∂ n
nr
o
− + + U (r) = ε − V (r) U (r), (3.167)
2me ∂r2 r ∂r 2me r2
5. Rappelons que l’équation (3.164) est obtenue pour V (r) = − αZ
r .

62
chapitre 3 Approche de Barros et Application

où l’énergie potentielle V (r) reprend sa place habituelle et εnr = E − me c2 est l’énergie
-non relativiste- totale de l’électron.
En insérant maintenant le potentiel coulombien donné par l’équation (3.149) dans cette
équation, on obtient d’après (2.123)

~2 ~2 l(l + 1) αZ
    
1 ∂ 2 ∂
− 2
r + 2
− U (r) = εnr U (r) (3.168)
2me r ∂r ∂r 2me r r

ou encore de manière équivalente d’après (2.124) on obtient

~2 1 ∂2 ~2 l(l + 1) αZ
   
− r + − U (r) = εnr U (r) (3.169)
2me r ∂r2 2me r2 r

exactement l’équation (2.130) résolu dans le chapitre 2 dont les énergies propres sont donnée
par (2.159)
εz 1 me α2 Z 2
En = − 2 = − 2 où n ≥ 1. (3.170)
n n 2~2
Pour Z = 1
me α2
ε1 = − ≈ −13.6 eV. (3.171)
2~2

3.6.2 Réduction du système radial de Barros à celui de Dirac


En tenant compte de l’expression de ξ(r) (3.151), alors le système d’équations différentielles
(3.145) et (3.146) s’écrit, dans le cadre de l’atome d’Hyrogènoı̈de, sous la forme
  



 df f (r) 1  E 
2
+ (1 + k) = + + m c  g(r)

e
 
dr r V (r)


 ~c 

 1+

 me c2
  (3.172)





 dg g(r) 1  E 
2
+ (1 − k) = − − m c  f (r)

e
 
dr r V (r)


 ~c 

 1+
me c2
A présent, nous allons recourir à l’approximation du champ faible, selon laquelle l’énergie
potentielle classique V (r) de l’électron est négligeable devant l’énergie au repos de la même
particule, de sort que
V (r)
δ= 1 (3.173)
me c2

63
chapitre 3 Approche de Barros et Application

Il est ainsi possible d’effectuer un développement en série de puissance du paramètre δ. En


1
effet, nous avons à l’ordre 1, ≈ 1 − δ, ainsi
1+δ
    
df f (r) 1 V (r) 2
+ (1 + k) ≈+ E 1− + me c g(r)


 dr r me c2

 ~c
    (3.174)

 dg g(r) 1 V (r)
+ (1 − k) ≈− E 1− − me c2 f (r)


dr r me c2

~c

Dans le cas relativiste, nous avons

E = E0 + Ec + V (r), (3.175)

ou encore
E Ec V (r)
=1+ + , (3.176)
E0 E0 E0
tel que E0 = me c2 .
Le passage au cas non relativiste se fait à la fois dans le cas du champ faible
V (r)
 1, (3.177)
E0
et le cas des faibles vitesses
Ec
 1, (3.178)
E0
de telle manière à avoir finalement
E
≈ 1. (3.179)
E0
Dans le contexte du champ faible à grande vitesse, nous avons
E Ec
=1+ (3.180)
E0 E0
Mais rappelons que Barros s’est placé dans le référentiel du centre de masse où Ec = 0,
quand il a déterminé la relation entre ξ(r) et V (r), de telle manière à avoir aussi
E
≈ 1. (3.181)
E0
Dans ce cas, le système d’équations différentielles (3.172) se réduit finalement à

df f (r) 1  2

 dr + (1 + k) r = + ~c E − V (r) + me c g(r)



(3.182)
 dg + (1 − k) g(r) = − 1 E − V (r) − me c2 f (r)

  

dr r ~c
64
chapitre 3 Approche de Barros et Application

Ce système d’équations est identique au système d’équations obtenues pour décrire l’électron
de l’atome Hyrogènoı̈de soumis au champ coulombien extérieur du proton dans le cadre de
la théorie de Dirac [28, 31, 34].
En insérant maintenant le potentiel donné par (3.149) dans ce système, on obtient
  
df f (r) 1 αZ 2
+ (1 + k) =+ E+ + me c g(r)


 dr r r

 ~c
  (3.183)

 dg g(r) 1 αZ
+ (1 − k) =− E+ − me c2 f (r)


dr r r

~c

L’application de la transformation d’échelle ρ = βr à ce système permet d’écrire


2
    
df f (ρ) 1 E + m e c αZ
+ (1 + k) =+ + g(ρ)


 dρ ρ β

 ~c ~c
(3.184)
2
   

 dg g(ρ) 1 E − m e c αZ
+ (1 − k) =− + f (ρ)



dρ ρ β ~c ~c

où β est un paramètre ajustable, déterminé ultérieurement.


En définissant les quantités sans dimension

E ± m e c2

 E± =
 ,
β~c (3.185)
 γ = αZ ,

~c
le système précédent se met sous la finalement sous la forme

df f (ρ) +

+ (1 + k) = + E + γ g(ρ)



 dρ
 ρ
(3.186)

 dg g(ρ)
= − E − + γ f (ρ)

+ (1 − k)


dρ ρ

a) Solution en série pour ce système


Proposons des solutions sous forme de séries de type Frobinius [19]
N
X
−ρ s
f (ρ) = e ρ an ρ n (3.187)
n=0
XN
g(ρ) = e−ρ ρs bn ρ n (3.188)
n=0

65
chapitre 3 Approche de Barros et Application

où s est un autre paramètre ajustable, à déterminer ultérieurement.


Il vient alors  N
df X n o
e−ρ
 n+s−1 n+s
= an (n + s) ρ −ρ


 dρ n=0



(3.189)
 N
dg X 


bn (n + s) ρn+s−1 − ρn+s e−ρ

=



 dρ
n=0
En remplaçant les fonctions (3.187) et (3.188) ainsi que les dérivées (3.189) dans le système
d’équations différentielles (3.186), tout en simplifiant par e−ρ et en regroupant les termes
de même puissance en ρ, on obtient
 N N n
 Xn h i o X o
n+s−1 +
a (n + s) + (1 + k) − b γ ρ − a + b E ρn+s = 0

n n n n




 n=0 n=0
(3.190)

 XN n h i o XN n o

b (n + s) + (1 − k) + a γ ρ n+s−1
− bn − an E − ρn+s = 0



 n n
n=0 n=0

Pour chaque équation de système précédant, nous voulons connecter les deux séries qui
figurent. Pour cela, utilisons le changement d’indices

 n = n0 − 1 =⇒ n0 = n + 1
(3.191)
0
n : 0 −→ N =⇒ n : 1 −→ N + 1

de manière à avoir

 N N +1 n
Xn h i o X o 0
n+s−1
an −1 + bn −1 E ρn +s−1 = 0
+

an (n + s) + (1 + k) − bn γ ρ −

 0 0


n0 =1

 n=0

 N n
X h i o N
X +1 n o 0
 n+s−1 −
b (n + s) + (1 − k) + a γ ρ − b − a E ρn +s−1 = 0

0 0

 n n n −1 n −1

n=0 n0 =1
(3.192)
Il est maintenant possible d’écrire chacune des deux séries précédentes sous forme d’une
seule série. Pour ce faire, il faut écrire les termes supplémentaires de chaque série, le terme
en n = 0 pour la première série et le terme en n0 = N +1 pour la deuxième et, en remplaçant
n par n0 , nous avons
n h i o n o
a0 s + (1 + k) − b0 γ ρs−1 − aN + bN E + ρN +s
XN n h i o
+ an (n + s) + (1 + k) − bn γ − an−1 − bn−1 E ρn+s−1 = 0
+
(3.193)
n=1

66
chapitre 3 Approche de Barros et Application

n h i o n o
s−1 −
b0 s + (1 − k) + a0 γ ρ − b N − aN E ρN +s
XN n h i o 0
+ bn (n + s) + (1 − k) + an γ − bn−1 + an−1 E − ρn +s−1 = 0 (3.194)
n=1

Ces séries sont vraies, si tous les coefficients qui accompagnent les puissances de ρ sont
nuls. On déduit ainsi, d’une part, les conditions initiales
  
 a0 s + (1 + k) − b0 γ = 0,
(3.195)
  
b0 s + (1 − k) + a0 γ = 0,

et les conditions finales



 aN + bN E + = 0,
(3.196)

bN − aN E = 0,

et d’autre part, les relations de récurrences


  
 an (n + s) + (1 + k) − bn γ − an−1 − bn−1 E + = 0,
(3.197)
bn (n + s) + (1 − k) + an γ − bn−1 + an−1 E − = 0
  

A présent, nous pouvons déterminer les paramètres s et β, introduits dans le but d’avoir
une plus grande flexibilité dans le choix de la forme des solutions.

Détermination du paramètre s
La détermination du paramètre s introduit dans (3.187) et (3.188), se fait par le biais
du système linéaires (3.195). Pour avoir une solution non triviale de ce système, on doit
annuler le déterminant
p
(s + 1)2 − k 2 + γ 2 = 0 d’où s = −1 ± k 2 − γ 2 (3.198)

Nous ne prenons que la solution positive


p
s = −1 + k2 − γ 2, (3.199)

pour éviter la divergence des fonctions radiales (3.187) et (3.188), au voisinage de ρ = 0.

Détermination du paramètre β
Le paramètre β introduit dans le changement de variable ρ = β r, se détermine du
système linéaires (3.196) qui admet des solutions non triviales que si le déterminant est nul

1 + E+ E− = 0 (3.200)

67
chapitre 3 Approche de Barros et Application

En tenant compte de la définition (3.185), la condition précédante donne


1 p 2 4
β=± me c − E 2 (3.201)
~c
Comme ρ = β r avec r > 0, alors on opte que la valeur positive
1 p 2 4
β=+ me c − E 2 (3.202)
~c

Détermination des coefficients an et bn


Pour déterminer les coefficients an et bn en fonction de an−1 et bn−1 , réécrivons les
relations de récurrences (3.197) sous la forme d’un système d’équations linéaires
    
(n + s) + (1 + k) −γ an an−1 + bn−1 E +
  =  (3.203)

γ (n + s) + (1 − k) bn bn−1 − an−1 E

Ce sytème est de Cramer 6 si et seulement si



(n + s) + (1 + k)
−γ

det
6= 0 (3.204)

γ (n + s) + (1 − k)

Calculons alors ce déterminant


h ih i
det = (s + 1) + (1 + k) (s + 1) + (1 − k) + γ 2 (3.205)
= (n + s + 1)2 − k 2 + γ 2 (3.206)
h i
= n2 + 2n(s + 1) + (s + 1)2 − k 2 + γ 2 (3.207)

En tenant compte de (3.198) et (3.199), on obtient finalement que


h i
det = n n + 2(s + 1) 6= 0 (3.208)

La solution de système linéaire (3.203), s’écrit alors


    
an (n + s) + (1 − k) γ an−1 + bn−1 E +
 =  1
  
bn n n + 2(s + 1) −γ (n + s) + (1 + k) bn−1 − an−1 E −

(3.209)
6. On appelle système de Cramer tout système linéaire A X=B admet une solution unique non triviale
X = A−1 B si A est inversible det A 6= 0 avec A−1 = det1 A (Ac )t .

68
chapitre 3 Approche de Barros et Application

Les coefficients an et bn s’écrivent en fonction de an−1 et bn−1 conformément aux relations


suivantes
1 nh i

o
an =   (n + s) + (1 − k) − γE an−1
n n + 2(s + 1)
1 nh i o
+   (n + s) + (1 − k) E + + γ bn−1 (3.210)
n n + 2(s + 1)

−1 nh i o
bn =   (n + s) + (1 + k) E − + γ an−1
n n + 2(s + 1)
1 nh i
+
o
+   (n + s) + (1 + k) − γE bn−1 (3.211)
n n + 2(s + 1)

b) Détermination de l’énergie E
L’énergie E se détermine par l’une des conditions finales (3.196), par le biais des relations
de récurrence (3.210) et (3.211), pour la valeur n = N . En effet, comme première étape,
réécrivons la première condition de (3.196) sous forme

bN = aN E − (3.212)

Maintenant, exprimons chacun des deux membres de cette équation, par le biais des rela-
tions de récurrence (3.210) et (3.211), comme suit
−1 nh i

o
bN =   (N + s) + (1 + k) E + γ aN −1
N N + 2(s + 1)
1 nh i o
+   (N + s) + (1 + k) − γE + bN −1 (3.213)
N N + 2(s + 1)

1 nh i o
aN E − =   (N + s) + (1 − k) E − − γ(E − )2 aN −1
N N + 2(s + 1)
1 nh i
+ − −
o
+   (N + s) + (1 − k) E E + γE bN −1 (3.214)
N N + 2(s + 1)

En tenant compte de (3.200) et en identifiant membre à membre ces deux relations précédentes,
on obtient
h i h i
− (N + s) + (1 + k) E − γ = (N + s) + (1 − k) E − − γ(E − )2

(3.215)
h i h i
(N + s) + (1 + k) − γ E + = − (N + s) + (1 − k) + γE − (3.216)

Ces deux équations sont identiques. En effet, en multipliant (3.215) par E + , tout en tenant
compte de (3.200), on retrouve l’équation (3.216). Donc, pour déterminer l’énergie E, on

69
chapitre 3 Approche de Barros et Application

utilise l’une des équations précédentes.


En prenant par exemple l’équation (3.216), il vient
   
N + s + 1 = γ E+ + E− (3.217)

En tenant compte de la définition, (3.185)


 
  E
N +s+1 =γ , (3.218)
~c β
tout en élevant au carré les deux membres de l’équation précédente, on obtient
E2
 2  
N +s+1 =γ , (3.219)
m2e c4 − E 2

compte tenu de (3.202). A partir de la relation (3.219), il est possible d’isoler le terme
d’énergie
" #−1
2
γ
E 2 = (me c2 )2 1 + 2 (3.220)
N +s+1

En remplaçant la valeur de s, conformément à (3.199), nous avons


 −1/2
γ2
EN,k = ±me c2 1 +  (3.221)
 
p 2 
N + k2 − γ 2

L’énergie négative est écartée. En effet, conformément à (3.199), l’énergie qui figure dans
(3.218) est positive. Enfin, les niveaux d’énergies de l’atome d’hydrogène sont donnés par
[28, 31, 34]
 −1/2
γ2
EN,k = +me c2 1 +  (3.222)
 
p 2 
N + k2 − γ 2

Il est donc clair, à la lumière des résultats précédents, que l’approche de Barros nous a
permis de reproduire le spectre relativiste de l’atome d’hydrogène prévu par la théorie de
Dirac et ce dans l’approximation du champ faible.

3.7 Conclusion
Dans ce chapitre nous avons appliqué l’approche de Barros pour l’étude quantique de
l’atome d’hydrogène pour les deux cas relativiste et non relativiste. En raison de la symétrie

70
chapitre 3 Approche de Barros et Application

sphérique du problème, une métrique similaire à celle de Schwarzshild est adoptée. Les
principes de correspondances de l’énergie et de l’impulsion, initialement exprimés dans
un espace-temps plat de Minkowski, ont été généralisés à notre espace courbe, ce qui
nous a permis d’exprimer les opérateurs (E, p~, p~ 2 ) indispensables à l’écriture des équations
d’ondes quantiques suivantes : Schrödinger, Klein-Gordon et Dirac, et ce, dans la métrique
de Schwarzshild. De plus, d’une manière similaire à ce qui se fait en relativité générale,
il a été établi que l’interaction non-gravitationnelle V (r) affecte la métrique à travers la
fonction ξ(r) qui figure dans la solution de Schwarzshild.
Deux applications de la nouvelle approche de Barros à l’étude de l’atome d’Hydrogène ont
été proposées :

Dans le cas non relativiste, l’équation de Schrödinger dans une métrique de Schwarzshild
pour un électron libre se réduit à l’équation de Schrödinger dans un espace-temps plat de
Minkowski, pour le même électron soumis au potentiel coulombien.
Dans le cas relativiste, l’équation de Dirac dans une métrique de Schwarzshild pour
un électron libre se réduit, dans le cadre de l’approximation du champ faible, à l’équation
de Dirac dans un espace-temps plat de Minkowski, du même électron soumis au potentiel
Coulombien V (r).

La différence qui existe entre la théorie quantique standard et la nouvelle approche pour
décrire l’atome d’Hydrogène est que dans la première, le champ coulombien du proton qui
s’exercerait sur l’électron est introduit dans l’équation de Dirac par des considérations de
symétrie (couplage minimale), alors que dans la seconde, l’interaction est contenue dans la
structure même de l’espace-temps. Ainsi, la courbure de l’espace-temps provoquée par cette
interaction non-gravitationnelle agit de manière indirecte sur l’électron libre qui répond à
cette courbure.

71
Chapitre 4

Conclusion générale

Le sujet de ce mémoire s’articule à la fois sur la présentation de l’approche de C.C Bar-


ros, relativiste et non relativiste, et sur son éventuelle application pour la détermination des
spectres quantiques de l’atome d’Hydrogène. Bien que la théorie de la mécanique quantique
offre l’avantage d’être totalement efficace pour la résolution analytique du problème aux
valeurs propres - détermination du spectre et des fonctions propres correspondantes - pour
un tel système physique, néanmoins, l’approche de Barros se distingue par sa manière d’in-
terprétation des interactions non-gravitationnelles ; elle stipule que d’une façon analogue à
l’interaction gravitationnelle, les autres interactions peuvent aussi se manifester à travers
la structure de l’espace-temps.
L’idée fondamentale de l’approche consiste à décrire le mouvement d’une particule sou-
mise à un champ central non-gravitationnel V (r). Dans le cas statique et isotrope, au lieu
de considérer que la particule évolue sous l’effet d’un champ extérieur dans un espace-
temps plat de Minkowski, il suppose plutôt que le mouvement libre de la particule est
affecté, indirectement, par la courbure de l’espace-temps provoquée par l’interaction non-
gravitationnelle.

A première vue, il n’y a apparemment aucun argument physique en faveur de la pro-


position de Barros. En effet, la description du champ gravifique en terme de structure
d’espace-temps découle de l’application du principe d’équivalence d’Einstein selon lequel :
tous les effets locaux d’un champ de gravitation sont identiques aux effets produits par une
accélération du référentiel en chute libre (référentiel localement inertiel). Autrement-dit,
dans de tels référentiels, tous les corps se déplaçant uniquement sous l’influence d’un champ
gravifique seront soumis à la même accélération, et toutes les lois locales de la physique
prennent la même forme que celle qu’elles ont dans le référentiel inertiel de l’espace-temps
de Minkowski. Cette propriété fondamentale caractérise exclusivement le champ gravifique,
c’est-à-dire que des corps différents en mouvement sous l’action d’un champ non gravifique
ne seront pas soumis à la même accélération. C’est pour cette raison qu’en théorie de la
relativité générale, on n’envisage pas de décrire les autres interactions en terme de struc-

72
chapitre 4 Conclusion générale

ture d’espace-temps [35].

L’auteur fait abstraction de toutes les considérations physiques qui ont motivé le choix
d’Einstein pour interpréter géométriquement l’interaction gravitationnelle. En raison de
symétrie, il adopte comme point de départ une métrique similaire à celle de Schwarzschild,
et de façon analogue à ce qui se fait en théorie de la relativité générale avec la gravité, il
va incorporer l’interaction non gravitationnelle dans l’expression de la métrique, de telle
sorte que les interactions non gravitationnelles sont maintenant les effets de courbure du
champ métrique qui est identique au champ non gravifique [35].

Le chapitre 2 a été consacré à la présentation de quelques rappels sur l’étude quantique


de l’atome d’Hydrogène ; à savoir les modèles de Bohr et Sommerfeld pour la détermination
des spectres relativiste et non relativiste. Une attention, toute particulière a été consacrée
à la résolution de l’équation de Schrödinger de l’électron évoluant dans le potentiel Cou-
lombien du noyau d’un atome Hydrogèoı̈de.

Dans le chapitre 3, on s’est fixé l’objectif, d’une part, d’analyser, les fondements et
les hypothèses sur lesquelles s’appuie la nouvelle proposition de Barros, et d’autre part,
de vérifier la validité de l’approche quand elle est appliquée à la description quantique de
l’atome d’Hydrogène. Dans un premier temps, pour une particule évoluant dans un espace-
temps de Schwarzschild, l’utilisation de l’analyse vectorielle en coordonnées curvilignes a
permis de généraliser les principes de correspondance de l’énergie et de l’impulsion, ini-
tialement établis dans le cas d’un espace-temps plat de Minkowski, et de déterminer les
opérateurs (E, p~, p~ 2 ) indispensables à l’établissement des équations d’ondes quantiques,
dans un tel espace. En second lieu, les principales grandeurs dynamiques relatives à la
même particule, ont été déterminées, à savoir : l’énergie, les impulsions généralisées, l’ex-
pression de l’invariant relativiste, et aussi à l’établissement d’une relation entre la fonction
ξ(r), figurant dans la métrique de Schwarzshild, et le potentiel non gravitationnel V (r).
Les équations d’ondes quantiques ont été établies pour la même particule, à savoir :
l’équation de Schrödinger, l’équation de Klein et Gordon (pour une particule de spin 0) et
l’équation de Dirac (pour une particule de spin 1/2). En effet, le remplacement des dérivées
ordinaires figurant dans les équations d’ondes quantiques dans un espace-temps plat, pour
une particule libre, par des dérivées covariantes construites sur la base d’une métrique de
Schwarzschild, nous permet d’obtenir les différentes équations d’ondes quantiques dans un
espace-temps courbe.
Pour garantir que le nombre de particule ne change pas (une seule particule), on suppose
que la particule est incapable d’interagir avec le champ non gravitationnel avec une énergie
plus importante que l’énergie de seuil de création d’une quelconque autre particule. Vue
qu’on s’intéresse à des particules de masses très petites, l’interaction gravitationnelle est
alors négligée (à petite échelle l’interaction électrostatique est plus importante que l’inter-
action gravitationnelle), ainsi la courbure de l’espace-temps dont il est question ici, n’est
pas due au champ de gravitation. Elle est principalement causée par l’interaction non
gravitationnelle. Dans cette nouvelle approche, au lieu d’introduire l’interaction entre la

73
chapitre 4 Conclusion générale

particule et le champ par des considérations de symétrie (couplage minimal), l’interaction


est contenue dans la structure de l’espace-temps.
Dans le cas stationnaire, où les fonctions d’ondes correspondent à des phénomènes physique
permanents, de probabilité de présence en un point dans l’espace indépendante du temps,
une méthode de résolution, basée sur une séparation de variables, a été proposée pour ces
équations d’ondes quantiques.

En guise d’application, nous avons présenté dans le même chapitre l’étude détaillée de
l’atome d’Hydrogène. Ce système quantique à symétrie sphérique offre l’avantage d’être
totalement décrit par la théorie quantique habituelle, ce qui permet de tester la validité
de l’approche de Barros pour le potentiel coulombien qui s’exerce entre l’électron de masse
me et le proton du noyau supposé infiniment lourd. La symétrie sphérique du potentiel
coulombien motive le choix d’une métrique similaire à celle de Schwarzschild [19].

Dans le cadre de la mécanique quantique non relativiste, nous avons appliqué l’approche
de Barros au problème de l’atome d’hydrogène formé d’un électron (sans tenir compte du
spin) évoluant sous l’action du champ coulombien du proton, dans un espace-temps courbe
de Schwarzschild. Dans le cadre de l’approximation du champ faible, l’espace-temps de-
vient Minkowskien et la nouvelle équation de Schrödinger dans la métrique de Schwarzschild
se réduit à l’équation de Schrödinger habituelle de l’espace-temps plat. En effet, vu que
V (r)
l’énergie potentielle est très négligeable devant l’énergie au repos de l’électron δ = m 2  1,
ec
alors un développement à l’ordre 1 permet à l’énergie potentielle à reprendre sa place ha-
bituelle dans le Hamiltonien du système.
Attirons l’attention sur le fait que bien que cette application originale ne figure pas dans le
travail de Barros [19], néanmoins elle confirme encore une fois la validité de son idée même
dans le cas non relativiste où l’approximation mEe c2 ∼ 1 est encore mieux justifiée que dans
le cas relativiste. Mais à la fin nous nous sommes rendus compte que ce qui semblait être
une nouvelle confirmation de l’approche de Barros, i.e. cette application à l’atome d’Hy-
drogène dans le cas non relativiste, n’est pas covariante par transformation de Lorentz, ce
qui est une insuffisance de taille.

Dans le cadre de la mécanique quantique relativiste, nous avons vérifié que l’approche
de Barros est aussi efficace dans l’étude d’un tel système physique. En effet, la partie an-
gulaire des fonctions propres a été complètement déterminée par la conservation, à la fois,
du moment cinétique total et de la parité du système. La partie radiale décrite par deux
fonctions f (r) et g(r), est déterminée par la résolution d’un système de deux équations
différentielles couplées. Bien que nous ne retrouvons pas le même système radial que Bar-
ros [35], néanmoins, il est montré que dans le cadre de l’approximation du champ faible on
retombe sur les mêmes équations de la théorie de Dirac, ce qui a permis la détermination
analytique des énergies propres relativistes de l’atome d’Hydrogène.

Les applications envisagées dans ce mémoire semblent confirmer de façon remarquable


la nouvelle démarche de Barros qui consiste à décrire de manière géométrique une interac-

74
chapitre 4 Conclusion générale

tion non-gravitationnelle à travers d’une courbe de l’espace-temps. En guise de perspective


de ce travail, il serait intéressant de reprendre l’application de l’atome d’Hydrogène mais
V (r)
cette fois en poussant le développement limité par rapport à δ = m ec
2 aux ordres supérieurs.

Attirons l’attention sur le fait que Barros a déjà entrepris cette étude et affirme avoir ap-
porté des corrections insignifiantes au spectre relativiste de l’atome d’Hydrogène. Nous
pensons que ces résultats ne sont pas corrects. En effet, il a été démontré dans [35] que les
calculs devaient conduire au système d’équations différentielles (3.145) et (3.146) plutôt
que celui de Barros (3.147) et (3.148).
Dans un deuxième temps, il serait aussi intéressant de multiplier les test pour des potentiels
non proportionnel à 1r et ce dans le cas relativiste.
L’approche de Barros nous incite à nous poser des questions sur le rôle du principe
d’équivalence en relativité générale. Dans [36], il a été montré que l’approche de Barros
plaide en faveur d’une extension du principe d’équivalence aux interactions non-gravitationnelles.
Il a même été possible de montrer que l’équation des géodésiques d’une particule test
chargées se réduit dans le cas des faibles champs à l’équation de mouvement de la même
particule soumise à la force de Lorentz [36]. Donc il serait intéressant de voir si les
termes négligés (quadratiques en vitesse) de l’équation des géodésiques pouvaient redonner
l’équation de Dirac-Lorentz, et avoir aussi un rôle dans les phénomènes de rayonnement.
On peut aussi se demander, à la lumière des résultats obtenus dans ce mémoire, si une nou-
velle généralisation de la relativité qui incluerait dans ses conséquences les effets quantiques
est possible. Or généraliser la relativité, c’est généraliser les transformations envisageables
entre systèmes de coordonnées, donc la définition de ce que sont les systèmes de référence
possibles, et finalement les concepts d’espace et d’espace-temps.
Tout compte fait, nous pensons, que la nouvelle démarche de Barros relance le débat sur
l’éventuelle réconciliation entre les deux théoies complémentaires de relativité générale et
Mécanique quantique.

75
Annexes

76
Chapitre A

Rappels sur Quelques Notions


d’Analyse Tensorielle

A.1 Coordonnées Curvilignes


A.1.1 Repères rectilignes et curvilignes
Considérons un point M d’un espace vectoriel affine et euclidien {E}1,n et un système
de coordonnées curvilignes {xi }1,n . On associe au point M un repère rectiligne I~a ayant
O pour origine. Le point M peut donc être repéré dans ce système de référence fixe et
orthonormé par
n
−−→ X a
OM = X (M )I~a = X a (xi )I~a (A.1)
a=1

Si les fonctions X (x ) sont n fois différentiables par rapport aux coordonnées (xi ), alors
a i

ces dernières définissent un repère local curviligne {~ei }1,n


−−→ X n
∂ OM ∂X a (xi ) ~
~ei = = Ia , (A.2)
∂xi a=1
∂x i

qui dépend de point M.


La relation entre X a et xi définie par la transformation des coordonnées X a → xi est
caractérisée par la matrice Jacobienne
∂X a
[J] = (A.3)
∂xi
Dans le cas où le déterminant de la matrice Jacobienne de la transformation est différent
de 0 en un point donné, alors la transformation en question est réversible.

77
Annexe A Rappels sur Quelques Notions d’Analyse Tensorielle

A.1.2 Changement de base


Soit deux paramétrages curvilignes xi et x0 i et les bases curvilignes associées {~ei }i=1,n
et {~e 0i }i=1,n . Supposons que l’on peut exprimer ~e 0i en fonction de ~ei , autrement-dit il existe
une matrice de changement de base βij telle que
n
X
~e 0j = βji ~ei (A.4)
i=1

Pour expliciter les éléments de matrices βij , utilisons la définition (A.2) dans (A.4) pour
avoir n n X n
X ∂X k ~ X k
i ∂X ~
Ik = βj Ik (A.5)
k=1
∂x0 j k=1 i=1
∂xi
Or, d’après la définition de la dérivée composée d’une fonction à plusieurs variables, nous
avons n
∂X k X ∂X k ∂xi
= (A.6)
∂x0 j i=1
∂xi ∂x0 j
Il vient donc finalement que la matrice de changement de base
∂xi
βji = , (A.7)
∂x0 j
n’est autre que la matrice Jacobienne de la transformation xi → x0 i .
D’après (A.7), le changement de base (A.4) se met sous la forme
n
X ∂xi
~e 0j = ~e
0j i
(A.8)
i=1
∂x

En admettant que la transformation de coordonnées xi → x0 i est inversible


n
X ∂X i ∂x0 j
0 j ∂xk
= δki , (A.9)
i=1
∂x
il est possible de montrer
n
X ∂x0 j
~ei = ~ej (A.10)
i=1
∂x i

A.2 Base Duale


A.2.1 Définition
Soit (ν, +, ×) un R-espace vectoriel de base {~ei }i=1,n .
On définit (ν ∗ , +, ×) comme l’ensemble des applications linéaire £(ν, R)
f ∈ ν∗ V~ −→ f (V~ ) (A.11)

78
Annexe A Rappels sur Quelques Notions d’Analyse Tensorielle

il est possible de montrer que (ν ∗ , +, ×) est aussi un espace vectoriel de dimension n et


ayant pour une base {~e i }i=1,n de telle manière que
~e i (~ej ) = h~e i |~ej i = ~ei . ~e j = δji (A.12)
Un élément quelconque µ ∈ ν ∗ admet un développement unique dans la bas duale {~e i }i=1,n
n
X
µ= µi ~e i , (A.13)
i=1

de telle sorte que


Xn n
X n X
X n n
X
µ(V~ ) = h Vi ~e i | V j ~ej i = Vi V j h~e i |~ej i = Vi V i (A.14)
i=1 j=1 i=1 j=1 i=1

A.2.2 Composantes contravariantes et covariantes


~ En effet, dans
Il existe deux composantes possibles Ai et Ai pour définir un vecteur A.
~
la base {~ei }i=1,n le vecteur A admet un développement unique
n
X
~=
A Ai~ei , (A.15)
i=1

de même dans la base {~e i }i=1,n , nous avons


n
X
~=
A Ai ~e i (A.16)
i=1

~ et les composantes Ai sont ses composantes


Les composantes Ai sont contravariantes de A
covariantes.

A.3 Tenseur Métrique


Soit un espace vectoriel euclidien affine E, possèdent une base {~ei }i=1,n une base duale
{~e i }i=1,n .
Retrouvons la relation entre les composantes covariantes Ai et les composantes contra-
variantes Ai d’un vecteur A. ~ Pour ce faire, nous avons d’une part
n
X n
X
~ . ~ej =
A i
Ai ~e . ~ej = Ai δji = Aj , (A.17)
i=1 i=1

et d’autre part
n
X
~ . ~ej =
A Ai (~ei . ~ej ) (A.18)
i=1

79
Annexe A Rappels sur Quelques Notions d’Analyse Tensorielle

En introduisant les composantes d’un tenseur G = (gij ) symétrique d’ordre 2


gij = ~ei . ~ej , (A.19)
dit tenseur métrique, nous aboutissons à la relation entre les composantes covariantes et
contravariantes n
X
Aj = gij Ai (A.20)
i=1

En définissant le tenseur métrique inverse G−1 = (g ij ) de telle sorte que


n
X
gik g kj = δij , (A.21)
k=1

il est possible, à partir de (A.20), de montrer aussi que


n
X
Ai = g ij Aj (A.22)
j=1

A.3.1 Définition générale du produit scalaire


~ et B
Soit deux vecteurs A ~ données par
n
X
~=
A Ai~ei (A.23)
i=1
n
X
~ =
B B j ~ej (A.24)
i=1

Leur produit scalaire s’écrit


n
X n
X
~ .B
A ~ = Ai ~ei . B j ~ej
i=1 j=1
n X
X n
= Ai B j (~ei .~ej )
i=1 j=1
n X
X n
= gij Ai B j ,
i=1 j=1

compte tenu de (A.19).


Le produit scalaire précédent peut aussi se mettre sous la forme
n n
! n
X X X
~ .B
A ~ = gij Ai B j = Aj B j , (A.25)
j=1 i=1 j=1

80
Annexe A Rappels sur Quelques Notions d’Analyse Tensorielle

ou bien !
n
X n
X n
X
~ .B
A ~ = A i
gij B j
= Ai Bi , (A.26)
i=1 j=1 i=1

en ayant recours respectivement à (A.20) et (A.22).

A.4 Dérivées Covariantes


A.4.1 Symboles de Christoffel
−−→
On cherche à dériver un vecteur V~ = OM par rapport à un paramétrage xk (ou la
variation total du V~ ) dans la base {~ei }i=1,n . En désignant par un (∂i ) la dérivation ordinaire,
soit n n n
dV~ X d(V i~ei ) X i
X
V i (∂k ~ei ) ,

= = ∂k V ~ei + (A.27)
dxk i=1
dx k
i=1 i=1
dans cette expression, seule ∂k ~ei n’est pas connue.
On introduit alors un symbole, dit symbole de Christoffel, qui permet d’exprimer la dérivée
des vecteurs de base par rapport à la même base
n
X
∂k ~ei = Γji k ~ej (A.28)
j=1

Il est possible de montrer que les symboles de Christoffel peuvent s’exprimer en fonction
du tenseur métrique.
Le vecteur OM ~ est ces dérivées étant continus. On a ∂k ~ei = ∂i ~ek , on en déduit que

Γji k = Γjk i , (A.29)


ce qui montre que les Γji k est symétrique par rapport aux indices inférieurs.
La dérivée d’un vecteur de base peut donc s’écrire
1 
∂k ~ei = ∂k ~ei + ∂i ~ek (A.30)
2
Compte tenu de (A.28), il est possible de calculer les Γji k
Γji k = ∂k ~ei . ~e j
n
1 X mj
= g (∂k ~ei + ∂i ~ek ) . ~em
2 m=1
n
1 X mj h i
= g ∂k (~ei . ~em ) + ∂i (~ek . ~em ) − ∂k ~em . ~ei − ∂m ~ei . ~ek
2 m=1
n
1 X mj h i
= g ∂k (~ei . ~em ) + ∂i (~ek . ~em ) − ∂m (~ei . ~ek )
2 m=1

81
Annexe A Rappels sur Quelques Notions d’Analyse Tensorielle

En tenant compte de (A.19), on obtient finalement


n
1 X mj  
Γji k = g ∂k gim + ∂i gkm − ∂m gik . (A.31)
2 m=1

A présent, nous allons montrer une propriété importante des symboles de Christoffel.
Pour cela, compte tenu de (A.31) nous avons 1
n n n
X 1 X X mi ∂gim
Γii k = g (A.32)
i=1
2 i=1 m=1 ∂xk

Considérons maintenant une matrice arbitraire A(xλ ) et démontrons la relation


 
−1 ∂A ∂ h i
Tr A = ln det A , (A.33)
∂xλ ∂xλ
 
Pour ce faire, calculons la variation de ln det A par rapport à xλ
h i h i h i
δ ln det A = ln det(A + δA) − ln det A
 
det (A + δA)
= ln
det A
= ln (det A)−1 det (A + δA)
 

= ln det A−1 det (A + δA)


 

= ln det (1 + A−1 δA)


 

Pour δA assez faible, nous avons au première ordre

ln det (1 + A−1 δA) ' ln (1 + Tr(A−1 δA) ' Tr A−1 δA


     

ce qui nous permet d’écrire


δ ln [det A] ' Tr A−1 δA
 
(A.34)
En divisant par δxλ , sachant que A−1 δA est linéaire en δAij , on obtient alors
 
δ ln [det A] −1 δA
' Tr A (A.35)
δxλ δxλ

Quand δxλ → 0 la relation précédente se met sous la forme


 
∂ ln [det A] −1 ∂A
' Tr A (A.36)
∂xλ ∂xλ
1.
n
X
∂k (~ei . ~e l ) = Γji k (~ej . ~e l ) = Γli k
j=1

82
Annexe A Rappels sur Quelques Notions d’Analyse Tensorielle

Dans le cas A = (gij ), l’élément de matrice est donné par


 i n
∂ ln [det A] X ∂gkj
= g ik , (A.37)
∂xλ j k=1
∂xλ

ce qui permet de calculer la trace


  X n  i X n X n
−1 ∂A ∂ ln [det A] ik ∂gki
Tr A = = g (A.38)
∂xλ i=1
∂xλ i i=1 k=1
∂xλ

En posant det(gij ) = g, alors conformément à (A.36), nous avons


p n n
∂ ln g 1 ∂g 2 |g| X X ik ∂gki
= = p = g (A.39)
∂xλ g ∂xλ |g| ∂xλ i=1 k=1
∂xλ

Finalement, compte tenu de (A.39), la relation (A.32) se met sous la forme


n p
X 1 ∂ |g|
Γii k = p λ
. (A.40)
i=1 |g| ∂x

A.5 Dérivée Covariante d’un Vecteur


A.5.1 Dérivée covariante d’un vecteur V i
En reprenant la formule (A.27) de dérivation d’un vecteur V~ tout en insérant (A.28),
on obtient
n n X n n n
!
dV~ X
i
X
i j
X
i
X
j i
= ∂k V ~ei + V Γi k ~ej = ∂k V + V Γj k ~ei (A.41)
dxk i=1 i=1 j=1 i=1 j=1

On définit alors la dérivée covariante des composantes contravariantes du vecteur V~ par


n
X
Dk V i = ∂k V i + V j Γij k (A.42)
j=1

A.5.2 Dérivée covariante d’un vecteur Vi


On cherche à dériver un vecteur V~ par rapport à un paramétrage xk mais cette fois si
dans la base duale {~e i }i=1,n .
n n n
dV~ X d(Vi~e i ) X
i
X
i

= = (∂ k Vi ) ~
e + V i ∂ k ~
e (A.43)
dxk i=1
dxk i=1 i=1

83
Annexe A Rappels sur Quelques Notions d’Analyse Tensorielle

On introduit le développement de la dérivée d’un vecteur de base duale


n
0
X
i
∂k ~e = Γkij ~e j (A.44)
j=1

Or d’après (A.12) nous avons ∂k (~ei . ~e j ) = 0, on déduit alors que

~ei . ∂k ~e j + ~e j ∂k ~ei = 0, (A.45)

ou de manière équivalente
0
Γkij ~e j = −Γik j ~e j (A.46)
D’après (A.46), la relation (A.44) devient
n
X
∂k ~e i = − Γik j ~e j (A.47)
j=1

En injectant (A.47) dans (A.43), on obtient


n n X n n n
!
dV~ X X X X
= ∂k Vi ~e i − Vi Γik j ~e j = ∂k V i − Vj Γjk i ~e i , (A.48)
dxk i=1 i=1 j=1 i=1 j=1

ce qui permet alors de définir la dérivée covariante des composantes covariantes du vecteur
V~ par
Xn
Dk Vi = ∂k Vi − Vj Γjk i (A.49)
j=1

A.6 Analyse Vectorielle en Coordonnées Orthogonales


A.6.1 Définitions
a) Base orthogonale {~ei }i=1,3
On appelle base naturelle en M , le système de vecteurs
−−→
∂ OM
~ei = (A.50)
∂xi
Les composantes du tenseur métrique (gij ) sont données par

~ei . ~ej = gij (A.51)

Dans le cas où le tenseur métrique est diagonale, alors la base {~ei }i=1,3 est dite ortho-
gonale.

84
Annexe A Rappels sur Quelques Notions d’Analyse Tensorielle

~ i }i=1,3
b) Base orthonormée {E
Les vecteurs de la base orthonormée

~ i = e~i ,
E (A.52)
k~ei k

permettent d’avoir une métrique identité


~i . E
E ~ j = δij (A.53)

~ i par la
En posons hi = k~ei k, donc chaque vecteur de base ~ei se décompose dans E
relation suivante
~i
~ei = hi E (A.54)
La formule (A.51) s’écrit alors 2
gij = h2i δij , (A.55)
ce qui confirme que le tenseur métrique (gij ) est diagonal. Les éléments du tenseur métrique
inverse (g ij ) sont alors données par

g ij = h−2
i δij (A.56)

~ i suivant la relation
Donc chaque vecteur de base duale ~e i se décompose dans E

~e i = h−1 ~
i Ei (A.57)

A.6.2 ~ i }i=1,3
Produit scalaire dans la base orthonormée {E
Les composantes contravariantes Ai et B j des vecteurs A ~ et B
~ dans la base {~ei }i=1,n
sont données
X 3 X3
~=
A Ai~ei et B ~ = B j ~ej (A.58)
i=1 i=1

~ et B
En exprimant les vecteurs A ~ dans la base orthonormée {E ~ i }i=1,3 , il vient d’après
(A.54)
X3 X3
~
A= i ~ ~
(hi A ) Ei et B = ~j
(hj B j ) E (A.59)
i=1 i=1

~ et B
En définissant les composantes ordinaires de vecteur A ~ par [39]

Āi = hi Ai = h−1
i Ai et B̄i = hi B j = h−1
i Bi (A.60)
2. Il n’y a pas de sommation sur l’indice i.

85
Annexe A Rappels sur Quelques Notions d’Analyse Tensorielle

~ .B
alors, le produit scalaire A ~ s’écrit d’une part
3
X 3
X
~ .B
A ~ = i
A ~ei . B j ~ej
i=1 j=1
3 X
X 3
= gij Ai B j
i=1 j=1
3 X
X 3
= Ai Bi
i=1 j=1
3 X
X 3
= Ai B i , (A.61)
i=1 j=1

et d’autre part nous avons aussi


3 X
X 3
~ .B
A ~ = gij Ai Bj
i=1 j=1
3 X
X 3
A i B j h2i δij

=
i=1 j=1
3
X
= A i B i h2i
i=1
3
X
= (hi A i ) (hi B i )
i=1
3
X
= (h−1 −1
i A i ) (hi B i )
i=1
X3
= Āi B̄i (A.62)
i=1

On conclut donc que dans la base orthonormée {E~ i }i=1,3 les composantes covariantes et
~ sont les mêmes
contraivariantes d’un vecteur A
Āi = Ā i (A.63)

A.6.3 ~ i }i=1,3
Gradient-Dérivée covariante d’un scalaire dans {E
Soit S une fonction scalaire de coordonnées xi .
Le gradient de la fonction scalaire S est un vecteur définit par
3
~ =
X ∂S i
∇S ~e (A.64)
i=1
∂xi

86
Annexe A Rappels sur Quelques Notions d’Analyse Tensorielle

~ i }i=1,3 s’écrit
En tenant compte de (A.57), donc le gradient de S dans {E
3
~ =
X ∂S ~
∇S h−1
i Ei (A.65)
i=1
∂xi
Comme la dérivée covariante d’un scalaire n’est autre que la dérivée ordinaire, les compo-
santes de Gradient de S sont données finalement par [39]

~ i = h−1 ∂S
(∇S) i = h−1
i Di S, (A.66)
∂xi
où i = 1, 2, 3.

A.6.4 ~ i }i=1,3
Divergence covariante d’un vecteur dans {E
L’expression de la Divergence covariante d’un vecteur V~ dans {E ~ i }i=1,3 est déduite aussi
à partir de l’opérateur divergence en coordonnées cartésiennes, en remplaçant les dérivées
ordinaires ∂i par des dérivées covariantes Di , de sort à avoir
3
X
~ . V~ =
∇ Di V i (A.67)
i=1

En utilisant (A.42) et (A.40), il vient alors que


3
" 3
#
X X
~ . V~ =
∇ ∂i V i + Γii j V j
i=1 j=1
3 3
" 3
#
X X X
= ∂i V i + Γii j V j
i=1 j=1 i=1
3 3
" p #
X
i
X 1 ∂ |g|
= ∂i V + p j
Vj
i=1 j=1 |g| ∂x
3
" p #
X 1 ∂ |g|
= ∂i V i + p i
Vi
i=1 |g| ∂x
3
" p #
1 X p ∂ |g|
= p |g|∂i V i + i
Vi
|g| i=1 ∂x
3 p
1 X ∂( |g|V i )
= p
|g| i=1 ∂xi

Finalement, introduisant les composantes ordinaires V̄i , conformément à (A.60), on obtient


3
~ ~ 1 X ∂ p −1

∇.V = p |g|hi V̄i , (A.68)
|g| i=1 ∂xi

87
Annexe B Les Harmoniques Sphériques

ou encore de manière explicite [39]


 
~ . V~ = 1 ∂   ∂   ∂ 
∇ h2 h3 V̄1 + 2 h1 h3 V̄2 + 3 h1 h2 V̄3 , (A.69)
h1 h2 h3 ∂x1 ∂x ∂x

sachant que le déterminant de la métrique g est |g| = (h1 h2 h3 )2 .

A.6.5 ~ i }i=1,3
Le Laplacien d’un scalaire dans {E
Soit S une fonction scalaire. Alors le Laplacien d’une telle fonction est défini comme
étant la divergence de son gradient
~ . (∇S),
∆S = ∇ ~ (A.70)

En appliquant (A.66), la définition précédente s’écrit sous la forme


3
! 3
!
~ . (∇S)
~ ~ .
X ∂S ~
X
∇ =∇ h−1
i ~e = ∇
i i
W̄i ~ei , (A.71)
i=1
∂x i=1

où W̄i = h−1


i ∂i S.
De plus, en appliquant (A.69), on aura
3
1 X ∂ p −1

∆S = p |g|hi W̄i , (A.72)
|g| i=1 ∂xi

Finalement, en remplaçant les valeurs de W̄i , on obtient la relation


3  
1 X ∂ p ∂S
∆S = p |g|h−2
i , (A.73)
|g| i=1 ∂xi ∂xi

qui s’écrit finalement de manière explicite [39]


      
1 ∂ h2 h3 ∂S ∂ h1 h3 ∂S ∂ h1 h2 ∂S
∆S = + 2 + 3 (A.74)
h1 h2 h3 ∂x1 h1 ∂x1 ∂x h2 ∂x2 ∂x h3 ∂x3

88
Chapitre B

Les Harmoniques Sphériques

Dans cette annexe, on veut résoudre le problème aux valeurs propres reliés aux opérateurs
L̂2 (carré du moment cinétique) et L̂z (composante suivant l’axe (oz) du moment cinétique).
Les fonctions propres, dites Harmoniques sphériques ylm (θ, φ), et les valeurs respectives de
chaque opérateur sont obtenues en utilisant le système des coordonnées sphériques, où les
variables sont séparables.

B.1 L’opérateur Moment Cinétique


En mécanique classique, le moment cinétique, par rapport à l’origine, d’une particule
d’impulsion p~ et située en ~r, est
~ = ~r × p~
L (B.1)
En particulier, pour une force centrale associée à une énergie potentielle V , qui ne dépend
que de la distance r de la particule à l’origine, L ~ est une constante du mouvement et
le mouvement de la particule se fait dans un plan perpendiculaire au vecteur moment
cinétique. En effet
~
~ /o = dL/o = d~r × p~ + ~r × d~p
M
dt dt dt
p~
= × p~ + ~r × F~
m
= ~r × F~

Comme F~ (r) = −∇V


~ (r), alors

~ /o = −r dV (r) (~er × ~er ) = ~0


M
dr
~
=⇒ L/o = cte ~

89
Annexe B Les Harmoniques Sphériques

En mécanique quantique, selon le principe de correspondance (3.17) et (3.18), l’opérateur


moment cinétique est défini par
 
L̂x = ŷ p̂z − ẑ p̂y
 
 
L̂ = r̂ × p̂ = 
 L̂ y = ẑ p̂ x − x̂p̂ z

 (B.2)
 
L̂z = x̂p̂y − ŷ p̂x

On vérifie aisément que les opérateurs L̂x , L̂y et L̂z sont hermétiques, et par conséquence
leurs valeurs propres sont réelles.
A partir des relations de commutations

[p̂i , x̂j ] = i~δij où i, j = x, y, z , (B.3)

il est possible de déduire les règles de commutation entre l’opérateur moment cinétique et
l’opérateur position
h i
L̂x , x̂ = 0
h i
L̂x , ŷ = [ŷẑx − ẑpy , ŷ] = −ẑ [p̂y , ŷ] = i~ ẑ

et de même pour le dernier opérateur, on obtient alors de manière unifiée


h i
L̂i , x̂j = i~ εijk x̂k , (B.4)

où εijk représente le tenseur, complètement antisymétrique, de Levi-Civita défini par



 +1 pour les permutations paire de 1, 2, 3
ijk
ε = −1 pour les permutations paire de 1, 2, 3 (B.5)
0 sinon

On trouve de manière similaire les commutateurs entre les opérateurs moment cinétique et
impulsion h i
L̂i , p̂j = i~ εijk p̂k , (B.6)

B.2 ~ 2 et Lz
Le Spectre de L
Des propriétés générales du spectre de L ~ 2 et Lz peuvent se déduire en se basant uni-
quement sur les règles de commutations entre composantes de L. ~ En effet, on a d’une
part h i
L̂i , L̂j = i~ εijk L̂k , (B.7)

90
Annexe B Les Harmoniques Sphériques

et d’autre part h i
2
L̂i , L̂ = 0, (B.8)
avec
L̂2 = L̂2x + L̂2y + L̂2z (B.9)
Comme L̂x , L̂y et L̂z ne commutent pas entre eux, donc les composantes du moment
cinétique en mécanique quantique ne sont pas simultanément mesurables. Par contre,
on peut mesurer simultanément l’une d’entre elles avec le carré du module du moment
cinétique.
On choisit le couple {L̂z , L̂2 }. Du fait de la commutation (B.8), on déduit alors que les
deux opérateurs précédents admettent le même ensemble de fonctions propres Ψ

L̂2 Ψ = α Ψ (B.10)

L̂z Ψ = β Ψ (B.11)
où α, β sont des valeurs propres.
Pour résoudre les équations aux valeurs propres (B.10) et (B.11), il est commode de passer
en coordonnées sphériques
x = r cos θ sin φ
y = r sin θ sin φ
z = r cos θ
En utilisant la formule des dérivées composées, pour xi = x, y, z

∂Ψ(θ, φ) ∂Ψ ∂θ ∂Ψ ∂φ
i
= i
+ , (B.12)
∂x ∂θ ∂x ∂φ ∂xi

les L̂x , L̂y et L̂z s’expriment dans ces coordonnées par


 
∂ cos φ ∂
L̂x = −i~ sin φ +
∂θ tan θ ∂φ
 
∂ sin φ ∂
L̂y = −i~ cos φ − (B.13)
∂θ tan θ ∂φ


L̂z = −i~
∂φ

Reportons ces expressions dans (B.9), on obtient l’opérateur carré du moment cinétique
on coordonnées sphériques
 2
1 ∂2

2 2 ∂ ∂
L̂ = −~ + cot θ + (B.14)
∂θ2 ∂θ sin2 θ ∂φ2
En coordonnées sphériques les équations (B.10) et (B.11) se mettent sous la forme

91
Annexe B Les Harmoniques Sphériques

∂2 1 ∂2
 
2 ∂
−~ + cot θ + Ψ(θ, φ) = α Ψ(θ, φ) (B.15)
∂θ2 ∂θ sin2 θ ∂φ2
∂Ψ(θ, φ)
−i~ = β Ψ(θ, φ) (B.16)
∂φ
En ayant recours à la méthode de séparation de variables, consiste à substituer les fonctions
propres de la forme
Ψ(θ, φ) = Θ(θ)Φ(φ), (B.17)
dans (B.15) et (B.16), tout en divisant par Θ(θ)Φ(φ), on obtient alors
sin2 θ d2 Θ sin2 θ cot θ dΘ α 2 1 d2 Φ
+ + sin θ = − (B.18)
Θ dθ2 Θ dθ ~2 Φ2 dφ2
dΦ β
−i = Φ (B.19)
dφ ~
L’équation (B.18) est vraie si et seulement si chaque membre est égale à la même constante
que nous choisissons de noter k = m2 , il vient alors
sin2 θ d2 Θ sin2 θ cot θ dΘ α
2
+ + 2 sin2 θ = k (B.20)
Θ dθ Θ dθ ~
1 d2 Φ
− 2 2 =k (B.21)
Φ dφ
En résumé, nous avons trois équations
d2 Θ
 
dΘ k
+ cot θ + γ− Θ=0 (B.22)
dθ2 dθ sin2 θ
d2 Φ
+kΦ = 0 (B.23)
dφ2
dΦ β
−i Φ=0 (B.24)
dφ ~
avec γ est une constante écrite pour des raisons de commodité sous la forme
α
γ = 2 = l(l + 1). (B.25)
~
L’équation (B.23) admet une solution de la forme
Φ(φ) = A eimφ , (B.26)

où A est une constante de normalisation égale 1 à 1/ 2π.
Mais pour que Ψ(θ, φ) soit une fonction univoque des coordonnées, il faut que
1. Z 2π Z 2π
1
ΦΦ∗ dφ = 1 =⇒ A2 dφ = 1 =⇒ A = √ .
0 0 2π

92
Annexe B Les Harmoniques Sphériques

Φ(0) = Φ(2π), qui entraine la condition


eim2π = 1, (B.27)
qui montre que m est entier.
L’équation différentielle (B.24) admet la solution
β
Φ(φ) = A ei ~ φ , (B.28)
β
ainsi il vient que ~
= m. Alors les valeurs propres
β = ~ m, (B.29)
de Lz sont quantifiées.

L’équation (B.22) est réécrite


d2 Θ m2
 

+ cot θ + γ− Θ=0 (B.30)
dθ2 dθ sin2 θ
(B.31)
Le changement de variable
cos θ = ξ, (B.32)
tel que Θ(θ) = P (ξ), transforme (B.30) à l’équation différentielle suivante [41]
2
m2
 
2 d P dP
(1 − ξ ) 2 − 2ξ + γ− P =0 (B.33)
dξ dξ 1 − ξ2
(B.34)

B.2.1 Premier cas m=0


Pour m = 0, (B.33) est une équation dûment répertoriée, appelée l’équation de Legendre
2
 
2 d P dP d  2 dP

(1 − ξ ) 2 − 2ξ + γ P = 0 ⇐⇒ 1−ξ +γP =0 (B.35)
dξ dξ dξ dξ
Les solutions de cette équation peuvent être cherchées sous la forme d’une série entière
[16, 41]
N
X
s
P (ξ) = ξ an ξ n , (B.36)
n=0
où s est une constante à déterminer. Il vient alors les expressions de la première et la
deuxième dérivée
N
dP X
= an (n + s) ξ n+s−1 (B.37)
dξ n=0
N
d2 P X
= an (n + s)(n + s − 1) ξ n+s−2 (B.38)
dξ 2 n=0

93
Annexe B Les Harmoniques Sphériques

En remplaçant ces dérivées dans l’équation (B.35), on obtient


N
X h i N
X h i
an (n + s)(n + s − 1) ξ n+s−2 − an (n + s)(n + s + 1) − γ ξ n+s = 0 (B.39)
n=0 n=0

En effectuant le changement d’indices suivant



 n = n0 − 2 =⇒ n0 = n + 2,
(B.40)
n : 0 −→ N =⇒ n0 : 2 −→ N + 2

l’équations (B.39) devient


N
X h i N
X +2 h i 0
n+s−2 0 0
an (n + s)(n + s − 1) ξ − an0 −2 (n + s − 2)(n + s − 1) − γ ξ n +s−2 = 0
n=0 n0 =2
(B.41)
Calculons, d’une part, le premier et le deuxième terme de la première série et, d’autre
part, les deux derniers termes de la deuxième série et, tout en remplaçant n par n0 , nous
obtenons alors
h i h i h i
a0 s(s − 1) ξ s−2 + a1 s(s + 1) ξ s−1 − aN (N + s)(N + s + 1) − γ ξ N +s−1
h i N
X h i
N +s−1
− aN −1 (N + s)(N + s − 1) − γ ξ + an (n + s)(n + s − 1) ξ n+s−2
n=2
N
X h i
− an−2 (n + s − 2)(n + s − 1) − γ ξ n+s−2 = 0
n=2

Pour que cette dernière équation soit vérifiée, il faut que tous les coefficients qui accom-
pagnent les puissances de ξ soient nuls
h i
a0 s(s − 1) = 0 (B.42)
h i
a1 s(s + 1) = 0 (B.43)
h i
aN (N + s)(N + s + 1) − γ = 0 (B.44)
h i
aN −1 (N + s)(N + s − 1) − γ = 0 (B.45)
h i h i
an (n + s)(n + s − 1) − an−2 (n + s − 2)(n + s − 1) − γ = 0 (B.46)

Il existe deux familles de solutions équivalentes [41]

1ière famille a0 6= 0 et a1 = 0, (B.47)


2ème famille a0 = 0 et a1 6= 0, (B.48)

94
Annexe B Les Harmoniques Sphériques

laissant

s = 0 (solutions paires) (B.49)


ou
s = 1 (solutions impaires) (B.50)

On choisit la première famille, avec a0 = 1, pour laquelle la relation de récurrence (B.46)


est réécrite de manière équivalente
 
(n + s)(n + s + 1) − l(l + 1)
an+2 = an , (B.51)
(n + s + 2)(n + s + 1)

compt tenu de (B.25).


La série (B.36) possède un rayon de convergence |ξ| < 1. Si la série est infinie (N = +∞), les
points |ξ| = 1, correspondants en réalité aux valeurs θ = 0 ou π, sont interdits. Pour définir
la série en ces points, il faut que la série soit finie, autrement-dit, il existe une valeur n = N ,
telle que aN 6= 0, au delà de laquelle tous les coefficients sont nuls (aN +1 = aN +2 = ... = 0).
Conformément à la relation de récurrence (B.51) pour n = N , l’annulation de aN +2 a lieu
grâce à l’annulation du numérateur

(N + s)(N + s + 1) = l(l + 1) (B.52)

Comme N est un entier et s = 0 (ou bien 1), alors l ne peut prendre que certaine valeurs
entière positives l = 0, 1, 2, 3, ..., ce qui montre que γ est entier.
Alors, conformément à (B.25), les valeurs propres

α = ~2 l(l + 1), (B.53)

de L̂2 sont quantiées.


En résumé, les équations aux valeurs propres (B.10) et (B.11), s’écrivent finalement

L̂2 Ψ(θ, φ) = ~2 l(l + 1) Ψ(θ, φ) (B.54)

L̂z Ψ(θ, φ) = ~ m Ψ(θ, φ) (B.55)


où l et m sont des entiers.

95
Annexe B Les Harmoniques Sphériques

Polynômes de Legendre
A présent, nous pouvons schématiser dans un tableau la liste des premières solutions
pour le polynôme Pl donné par (B.36) [16, 41]

s N l Pl (ξ)

0 0 0 1

1 0 1 ξ

0 2 2 (3ξ 2 − 1)/2

1 2 3 (5ξ 3 − 3ξ)/2

0 4 4 (35ξ 4 − 30ξ 2 + 3)/8


. . . .
. . . .
. . . .

Notons bien que pour N impairs tous les polynômes Pl sont nuls.
Ces fonctions sont les fameux polynômes de Legendre qui s’écrivent de manière générale
[16, 41]
(−1)l dl  2
l
Pl (ξ) = l 1−ξ (B.56)
2 l! dξ l

B.2.2 Polynômes de Legendre associés, le cas m 6= 0


Les fonctions de Legendre associées Plm (ξ) sont définies pour m entier, par [16, 41]
 m/2 dm
Plm (ξ) = (−1) m
1−ξ 2
Pl (ξ) (B.57)
dξ m

Comme Pl (ξ) est un polynôme d’ordre l, il est évident que m compte le nombre de fois
que l’on dérive Pl (ξ), il ne peut donc prendre que les valeurs inférieures ou égales à l au
maximum
m = 0, 1, 2, ..., l (B.58)
Cependant nous voulons généraliser ces polynômes pour des valeurs négatives de m, mais
qui satisfont évidemment |m| < l, pour cela on définit [16, 41]

−|m| (l + m)! m
Pl (ξ) = (−1)m P (ξ) (B.59)
(l − m)! l

96
Annexe C Fonction d’Onde Relativiste

Ces polynômes sont orthogonaux sur l’intervalle ξ = [−1, +1] (θ = π à 0) par rapport à l,
mais ils ne sont pas normalisés, puisque [16, 41]
Z +1
2 (l + m)!
Plm (ξ)Plm
0 (ξ) = δll0 (B.60)
−1 2l + 1 (l − m)!

Finalement, compte tenu des relations (B.26), (B.57) et (B.60), la solution générale de
l’équation (B.30) s’écrit [41, 42]
s
2l + 1 (l − m)! m
Ψ(θ, φ) = P (cos θ) eimφ , (B.61)
4π (l + m)! l

où les fonctions propres Ψ(θ, φ) ≡ ylm (θ, ϕ) sont appelées Harmoniques sphériques.

On vérifie facilement que les Harmoniques sphériques associées aux indices l et m, sont
orthogonales et satisfont
Z 2π Z π
0
dφ sin θdθ (ylm )∗ ylm0 = δll0 δmm0 (B.62)
0 0

B.2.3 Relations de récurrence entre Harmoniques sphériques


Il est possible de démontrer les relations de récurrence entre Harmoniques sphériques
suivantes [43]
q q
cosθ ylm = (l+m+1)(l−m+1)
(2l+1)(2l+3)
y m
l+1 + (l+m)(l−m) m
y
(2l+1)(2l−1) l−1

q q
(l+m+1)(l+m+2) m+1 (l−m)(l−m−2) m+1
sinθ e+iφ ylm = − (2l+1)(2l+3)
yl+1 + (2l+1)(2l+3)
yl−1 (B.63)
q q
−iφ (l−m+1)(l−m+2) m−1 (l+m)(l+m−1) m−1
sinθ e ylm = (2l+1)(2l+3)
yl+1 − (2l+1)(2l−1)
yl−1

Il existe des expressions des Harmoniques Ylm dans une base dite standard reliés aux
Harmoniques ylm , que nous avons étudiés, par [34, 44]

Ylm (θ, φ) = il ylm (θ, φ) (B.64)

97
Chapitre C

Fonction d’Onde Relativiste et


Stationnaire pour une Particule de
Spin 1/2 et de Moment Cinétique
Orbital l

Nous allons maintenant construire une fonction d’onde relativiste d’une particule de
spin 1/2, disons de l’électron pour fixer les choses, c’est-à-dire qui tient compte du spin. En
mécanique quantique non-relativiste, pour modéliser les états d’une particule de spin (s),
caractérisés par les projections de spin suivantes sz = −s, −s + 1, ..., +s, nous choisirons
de travailler dans l’espace de Hilbert formé par le produit tensoriel suivant

εH = L2C (R3 ) ⊗ εs , (C.1)

où L2C (R3 ) l’espace des fonctions à valeurs complexes et de carrés sommables sur R3 et εs
est l’espace de variable de spin de dimension finie (2s+1).
La donnée d’un élément dans cet espace équivaut à la donnée de (2s+1) fonctions de
L2C (R3 ). Donc la fonction d’onde d’une telle particule, à un instant donné, s’écrit sous
forme d’un Spineur à (2s + 1) composantes
 
Ψs
 . 
 
Ψ= . ,
 (C.2)
 . 
Ψ−s

qui représente un vecteur d’état |Ψ(t) > dans l’espace des états εH .
Il est donc clair, que la fonction d’onde non relativiste d’une particule de spin s=1/2
est un Spineur à 2 composantes. Or, cette fonction d’onde vérifie une équation généralisant

98
Annexe C Fonction d’Onde Relativiste

celle de Schrödinger (qui ne tient pas compte des phénomènes relativistes) et celle de
Klein-Gordon (qui ne tient pas compte du spin). Dirac a été conduit à définir un Spineur à
4-composantes, puisque le HD figurant dans (3.96) est une matrice (4×4). Donc la fonction
d’onde relativiste d’une particule de spin 1/2 est un Spineur à 4 composantes, qui s’écrit
sous forme condensée suivante
 
Ψ1  
 Ψ2  ϕ
Ψ=   =   (C.3)
Ψ3 
χ
Ψ4

où ϕ et χ sont deux Spineurs à deux composantes, décrivant respectivement la particule


et l’antiparticule, et vérifiant individuellement l’équation de Klein et Gordon.
La dépendance angulaire de la solution (C.3) est complètement déterminée, à la fois,
par la conservation de moment cinétique total J~ = L+ ~ S ~ et par la conservation de la parité.
En effet, le fait d’avoir la dépendance angulaire de l’Hamiltonien de Dirac complètement
contenue dans le carré du moment cinétique orbital
~ 2,
HD = HD (r) + HD (θ, φ) avec HD (θ, φ) ∼ L (C.4)
~ 2 ] = 0, du fait que [L
alors que [HD , L ~ 2 , r] = 0, ainsi la dépendance angulaire des fonctions
propres de HD est une certaine combinaison linéaire des Harmoniques sphériques Ylm ,
fonctions propres de L ~2

~ 2 Y m (θ, φ) = ~2 l(l + 1) Y m (θ, φ)


L (C.5)
l l

Plus précisément, cette dépendance angulaire est contenue dans les fonctions d’ondes dites
Spineurs sphériques 1 , obtenues par le couplage du spin s=1/2 et du moment cinétique
orbital. Ainsi, la solution (C.3) est de la forme
 
ϕ ∼ Ωjlm
ψ=  (C.6)
χ ∼ Ωjl0 m

De plus la conservation de la parité du Spineur Ψ se conduire à établir la relation entre les


nombres quantiques l et l0 et ainsi d’établir une relation entre les deux Spineurs sphériques
Ωjlm et Ωjl0 m figurant dans (C.6).

C.1 Spineurs Sphériques


En supposant un système physique constitué de deux parties, en faible interaction et
ayant respectivement des moments cinétiques ~j1 et ~j2 , alors conformément au modèle
1. Les Spineurs sphériques sont une certaine combinaison linéaire des Harmoniques sphériques Ylm (θ, φ),
~ 2 et des vecteurs propres des matrices de Pauli S
fonctions propres de L ~ = ~ ~σ .
2

99
Annexe C Fonction d’Onde Relativiste

vectoriel d’addition de deux moments cinétiques, il est possible de déterminer le moment


cinétique total Ψ, ainsi que la fonction d’onde du système.
En supposant que les deux parties sont respectivement décrites par les fonctions d’ondes
(1) (2)
ψj1 m1 et ψj2 m2 , alors la fonction d’onde du système total est donnée par l’expression sui-
vante [24]
j1 +j2 


j1 +j2 +M
X X j1 j2 J (1) (2)
ψJ M = (−1) 2J + 1 ψj1 m1 ψj2 m2 , (C.7)
m1 m2 −M
m1 =−j1 m2 =−j2

tel que
M = m1 + m2 et |j1 − j2 | ≤ J ≤ j1 + j2 (C.8)
Les coefficients du développement (C.8) sont les symboles (3j) de Wigner reliés aux
coefficients de Clebsh-Gordon par la formule suivante [24]

 
j1 +j2 +M j1 j2 J
< j1 j2 J M | j1 m1 j2 m2 >= (−1) 2J + 1 (C.9)
m1 m2 −M
Rappelons que les coefficients de Clebsh-Gordon sont les éléments de matrice d’une trans-
formation unitaire permettant, lors de l’addition de deux moments cinétiques ~j1 et ~j2 , de
passer de la base couplée {|j1 j2 J M >} à la base découplée {|j1 m1 > ⊗ |j2 m2 >} (ou vis
versa).
Pour ce qui nous concerne, on veut déterminer la fonction d’onde d’une particule de spin
1/2 et de moment orbital l. En considérant que le couplage spin-orbite (interaction entre le
spin de la particule et son moment orbital) est négligeable, alors conformément au modèle
vectoriel d’addition des moments cinétiques, le moment cinétique total est J = l ± 1/2.
Dans ce cas, en remplaçant dans (C.6) les symboles (3j) correspondants (ou les coefficients
de Clebsh-Gordon), les fonctions d’ondes non relativistes d’un tel système s’expriment
comme suit [34]
r r
J +M M −1/2 J −M M +1/2
Ωl+1/2, l, m = χ{+ 21 } Yl + χ{− 12 } Yl
2J 2J
r r (C.10)
J −M +1 M −1/2 J +M +1 M +1/2
Ωl−1/2, l, m = − χ{+ 12 } Yl + χ{− 12 } Yl
2J + 2 2J + 2
où les Spineurs  
1
χ{+ 21 } = ,
0
  (C.11)
0
χ{− 21 } = ,
1
décrivent la particule dans les états, respectifs, de spin +1/2 et −1/2. Ce sont des vecteurs
propres des matrices de Pauli (σ1 , σ2 , σ3 ), reliés au spin de la particule par la relation

~ = ~ ~σ
S (C.12)
2
100
Annexe C Fonction d’Onde Relativiste

De plus, les fonctions décrivant une particule de moment orbital l sont les Harmoniques
sphériques. Ils sont définis, dans notre cas, par la formule [34]
s
M +|M | (2l + 1)(l − |M |)! |M |
YlM (θ, φ) = (−1) 2 il Pl (cos θ) eiM φ , (C.13)
4π(l + |M |)!

et PlM (cosθ) sont les polynômes de Legendre de deuxième espèce.


En tenant compte de (C.13) et (C.11), alors les Spineurs sphériques (C.10) pour les deux
valeurs de moment cinétique total J = l ± 1/2 s’expriment finalement sous la forme
 q 
J+M m−1/2
2J
Yl
 
Ωl+1/2,l,m =  q
 
 (C.14)
J−M m+1/2
2J
Yl
q 
m−1/2
− J−M +1
2J+2
Y l
 
Ωl−1/2,l,m = q
 
 (C.15)
m+1/2
+ J+M +1
2J+2
Y l

Ces Spineurs sphériques sont normalisés par la condition [24]


Z π Z 2π
sin θ dθ dφ Ω∗J,l,M ΩJ 0 ,l0 ,M 0 = δJ J 0 δl l0 δM M 0 (C.16)
0 0

C.2 Parité
En mécanique classique, l’invariance de l’Hamiltonien d’un système par réflexion spa-
tiale
~r −→ ~r 0 = −~r, (C.17)
ne conduit à aucune grandeur conservée, alors qu’en mécanique quantique, une telle trans-
formation discrète exprimée par l’action d’un opérateur Π sur la fonction d’onde

ψ(~r, t) −→ ψ 0 (~r, t) ≡ Πψ(~r, t) = ψ(−~r, t), (C.18)

donne lieu à la conservation de la valeur propre λ

Πψ(~r, t) = λψ(~r, t) (C.19)

Du fait que cette transformation est involutive 2 , alors

Π2 ψ(~r, t) = λ2 ψ(~r, t) = 1 ψ(~r, t), (C.20)


2. Π2 = 1, après deux réflexions dans l’espace, le système revient à son état initial.

101
Annexe C Fonction d’Onde Relativiste

ce qui donne deux valeurs possibles de parité



 +1
λ=
−1

La conservation, au cours de temps, de la parité du système est due à l’invariance de


l’Hamiltonien après action de Π, de telle sorte que

[H, Π] = 0 (C.21)

C.2.1 Parité orbitale


Dans le cas d’un système à variables séparées et dont la partie angulaire est décrite en
terme des Harmoniques sphériques

ψ(r, θ, φ) = R(r)YlM (θ, φ), (C.22)

déterminons la parité.
Une réflexion dans l’espace ~r −→ −~r exprimée en coordonnées sphériques par

(r, θ, φ) −→ (r, π − θ, π + φ), (C.23)

la partie radiale de la fonction d’onde (C.22) ne change pas Π R(r) = R(r), alors que sa
partie angulaire subit les transformations suivantes
 M
 Pl (cosθ) −→ PlM (cos(π − θ)) = (−1)l−M PlM (cosθ)

eiM φ −→ eiM (π+φ) = (−1)M eiM φ ,


ou encore de manière unifiée

Π YlM (θ, φ) ≡ Ylm (π − θ, π + φ) = (−1)l YlM (θ, φ), (C.24)

ainsi nous arrivons finalement au résultat que la parité orbitale du système est (−1)l .

C.2.2 Parité des Spineurs


Alors qu’une double action successives d’une réflexion sur un système décrit par une
fonction d’onde, de carré sommable, se réduit à l’identité

Π2 ψ(~r, t) = λ2 ψ(~r, t) =⇒ λ = ±1,


Πψ(~r, t) = λψ(~r, t) =⇒ |{z} (C.25)
1

la conservation de l’équation d’onde de Dirac par réflexion conduit au fait qu’une action
successive de deux réflexion Ξ sur un système décrit par le Spineur (C.3) conduit plutôt à

102
Annexe C Fonction d’Onde Relativiste

(Ξ2 = −1), ce n’est qu’au bout de quatre actions successives que nous avons une invariance
de l’Hamiltonien de Dirac HD
Ξ4 = 1 (C.26)
Pour ces raisons, nous définissons [28, 34]

Ξ = iβΠ, (C.27)

de telle sorte que

Ξ2 = (iβΠ)2 = −β 2 Π2 = −(+1)(+1) = −1,


et
Ξ = (iβΠ) = (iβΠ)2 (iβΠ)2 = (−1)(−1) = +1,
4 4

ce qui conduit à quatres valeurs propres possibles

Ξ2 Ψ = λ20 Ψ =⇒ λ0 = ±i
ΞΨ = λ0 Ψ =⇒ |{z}
−1

Ξ Ψ = λ40 Ψ =⇒ λ0 = ±1, ±i
ΞΨ = λ0 Ψ =⇒ |{z} 4

Finalement, l’action de l’opérateur parité sur le Spineur (C.6) est [34]


      
ϕ(~r) 1 0 ϕ(−~r) iϕ(−~r)
Ξ Ψ = iβΠ =i = (C.28)
χ(~r) 0 -1 χ(−~r) −iχ(−~r)

C.2.3 Relation entre l et l0


Nous allons, à présent, déterminer la relations entre les nombres quantiques l et l0
figurant dans (C.6). Pour ce faire, nous allons exploiter la conservation de la parité.
En tenant compte de la relation (C.6). La réflexion dans l’espace des Spineures sphériques
{Ωjlm , Ωjl0 m } est déterminée par l’action de l’opérateur Π sur les Harmoniques sphérique.
Or, d’après (C.24) il facile de voir que

 Π Ωjlm = (−1)l Ωjlm
(C.29)
l 0
Π Ωjl0 m = (−1) Ωjl0 m

En utilisant la transformation de coordonnée (C.23), on déduit alors que [34]

Ξ ϕ(~r) ≡ i ϕ(−~r) = i(−1)l ϕ(~r) (C.30)

et
0
Ξ χ(~r) ≡ −i χ(−~r) = −i(−1)l χ(~r) (C.31)
compte tenu de (C.28).

103
Annexe C Fonction d’Onde Relativiste

Par ailleurs, nous savons que cette opération représentée par l’opérateur Ξ laisse le
Hamiltonien H invariant 3 , par conséquence Ξ représente une opération de symétrie. Au-
trement dit, la parité d’état de système est conservée, donc les Spineures ϕ et χ figurants
dans (C.30) et (C.31), doivent avoir la même parité
0 0
i(−1)l = −i(−1)l =⇒ (−1)l−l = −1 (C.32)

Pour que cette égalité soit vérifiée, l − l0 doit être un entier impaire

l − l0 = 2k + 1 où, k = 0, ±1, ±2, ... (C.33)



 0 =⇒ l − l0 = +1, on retrouve la cas : l = j + 1
2
et, l0 = j − 1
2
pour k =
−1 =⇒ l − l0 = −1, on retrouve la cas : l = j − 1
et, l0 = j + 1

2 2
Il est possible de réunir les deux écritures précédentes par la relation condensée [34]

l0 = 2j − l (C.34)

C.3 Relation entre Ωjlm et Ωjl0m


Dans ce qui suit, nous démontrons la relation entre les Spineures sphériques Ωjlm et
Ωjl0 m figurant dans (C.6) est donnée par [34]
 
l−l0 ~r
Ωjl0 m = i ~σ . Ωjlm , (C.35)
r
et ce par un calcul explicite des deux membres de cette équation pour les cas l − l0 = 1 et
l − l0 = −1.

a) Premier cas l = j − 1/2, l0 = j + 1/2 tel que l − l0 = 1


Le terme Ωjl0 m
Nous avons
Ωjl0 m = Ωl0 −1/2,l0 ,m
En utilisant la définition (C.10)
q 0 q 0
−1/2)−m+1 m−1/2 (l −1/2)+m+1 m+1/2
Ωl0 −1/2, l0 , m = − (l2(l 0 −1/2)+2 Y l0 χ{+ 1
2
} + 2(l0 −1/2)+2
Yl 0 χ{− 12 }
q q
l0 −m−1/2 m−1/2 0 m+1/2
= − 2l0 +1
Yl 0 χ{+ 2 } + l +m+1/2
1
2l0 +1
Yl0 χ{− 21 }
q q
l−m+3/2 m−1/2 m+1/2
= − 2l+3
Yl+1 χ{+ 2 } + l+m+3/2
1
2l+3
Yl+1 χ{− 21 },

3. Dans le cadre d’un Atome (symétrie sphérique).

104
Annexe C Fonction d’Onde Relativiste

nous aboutissons finalement à


 q 
l−m+3/2 m−1/2
− 2l+3
Yl+1
 
Ωjl0 m = q
 
 (C.36)
l+m+3/2 m+1/2
+ 2l+3
Yl+1

0
~σ . ~rr Ωjlm

Le terme il−l
Avant d’aborder ce calcul, rappelons que dans la base orthonormée des coordonnées
sphériques { e~r , e~θ , e~φ } le vecteur unitaire ~n est donné par
~r
~n = = sinθ cosφ e~r + sinθ sinφ e~θ + cosθ e~φ , (C.37)
r
et
~σ = σr e~r + σθ e~θ + σφ e~φ (C.38)
où (σr , σθ , σφ ) sont les matrices de Pauli
     
0 1 0 −i 1 0
σr = σθ = σφ = (C.39)
1 0 i 0 0 −1
Ainsi, on en déduit que
sinθ e−iφ
   
~r cosθ
~σ . = (C.40)
r sinθ eiφ −cosθ
Appliquons maintenant cet opérateur à gauche du Spineur sphérique Ωjlm . En effet, son
action se déduit de son action sur les Spineurs χ{+ 21 } et χ{+ 12 }. En effet, d’après (C.14)
et (C.15) il vient

0
~σ . ~rr Ωjlm = +i ~σ . ~rr Ωj+1/2, l, m
 
il−l
q q 
~
r l+1/2+m m−1/2 l+1/2−m m+1/2
χ{+ 12 } χ{− 12 }

= +i ~σ . r 2l+1
Yl + 2l+1
Yl

q q 
l+1/2+m m−1/2 ~
r l+1/2−m m+1/2
χ{+ 12 } ~
r
χ{− 12 }
 
= +i 2l+1
Yl ~σ . r
+ 2l+1
Yl ~σ . r

sinθ e−iφ
q    
cosθ
q
l+1/2+m m−1/2 l+1/2−m m+1/2
= +i Yl + Yl ,
2l+1 sinθ eiφ 2l+1 −cosθ
ce qui conduit à
 q q 
l+1/2+m m−1/2 l+1/2−m −iφ m+1/2
  cosθ Yl
2l+1
+ sinθ e Yl 2l+1
l−l0 ~r  
i ~σ . Ωjlm = +i  q
 
r l+1/2+m m−1/2
q
l+1/2−m m+1/2


2l+1
sinθ e Yl − 2l+1
cosθ Yl
(C.41)

105
Annexe C Fonction d’Onde Relativiste

En faisant appel aux propriétés (B.63) et (B.2.3)


n q q o
m−1/2 (l+m+1/2)(l−m+3/2) m−1/2 (l+m−1/2)(l−m+1/2) m−1/2
cosθ Yl = +i − (2l+1)(2l+3)
Yl+1 + (2l+1)(2l−1)
Yl−1
nq q o
+iφ m−1/2 (l+m+1/2)(l+m+3/2) m+1/2 (l−m+1/2)(l−m−1/2) m+1/2
sinθ e Yl = +i (2l+1)(2l+3)
Yl+1 − (2l+1)(2l+3)
Yl−1
n q q o
−iφ m−1/2 (l−m+1/2)(l−m+3/2) m−1/2 (l+m−1/2)(l+m−1/2) m−1/2
sinθ e Yl = +i − (2l+1)(2l+3)
Y l+1 + (2l+1)(2l−1)
Y l−1 ,

il est possible de vérifier que (C.41), se réduit dans ce cas à


 q 
m−1/2
  − l−m+3/2
2l+3
Yl+1
0 ~
r  
il−l ~σ . Ωjl0 m =   (C.42)
r  q
m+1/2

+ l+m+3/2
2l+3
Yl+1

La comparaison entre (C.42) et (C.36), montre clairement que


 
l−l0 ~r
Ωjl0 m = i ~σ . Ωjlm (C.43)
r

b) Deuxième cas l = j + 1/2, l0 = j − 1/2 tel que l − l0 = −1


Des calculs similaires à ceux effectués dans le cas précédent permettent de vérifier aussi
la relation (C.35) dans le deuxième cas, ce qui achève la démonstration.

Après avoir complètement déterminé la partie angulaire de la solution (C.3) de l’équation


de Dirac pour une particule de spin 1/2 et de moment cinétique orbital l, il ne reste plus
qu’à déterminer la partie radial de la solution. Pour ce faire, on adopte la solution [34]

f (r) Ωjlm
   
ϕ
ψ= =  , (C.44)
1+l−l0
χ (−1) 2 g(r) Ωjl0 m
où  
l−l0 ~r
Ωjl0 m = i ~σ . Ωjlm , (C.45)
r
et
l − l0 = ±1, (C.46)
qu’il va falloir injecter dans l’équation d’onde pour aboutir aux système d’équations différentielles
couplées en f (r) et g(r), dont la solution va permettre de déterminer les énergies propres
et de la partie radiale de la solution et par conséquent les fonctions propres du système.

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