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ANNALES CORRIGÉES ET COMMENTÉES 2019 Sophie Druffin-Bricca LICENCE 1 INTRODUCTION GÉNÉRALE AU DROIT 22 SUJETS

ANNALES

CORRIGÉES ET COMMENTÉES

2019

Sophie Druffin-Bricca

LICENCE 1

ET COMMENTÉES 2019 Sophie Druffin-Bricca LICENCE 1 INTRODUCTION GÉNÉRALE AU DROIT 22 SUJETS Dont un dossier

INTRODUCTION GÉNÉRALE AU DROIT

22 SUJETS

Dont un dossier de

3 COPIES RÉELLES D’ÉTUDIANTS

Dissertations Commentaires Cas pratiques Questions de cours

avec des conseils de méthodologie

RÉELLES D’ÉTUDIANTS Dissertations Commentaires Cas pratiques Questions de cours avec des conseils de méthodologie

Dissertation juridique

Sujet 8

Vous traiterez le sujet suivant :

« Le juge peut-il créer des règles de droit ? »

3 heures: « Le juge peut-il créer des règles de droit ? » Durée de l’épreuve :

Durée de l’épreuve :

Code civildes règles de droit ? » 3 heures Durée de l’épreuve : Document autorisé : OBSERVATIONS

Document autorisé :

OBSERVATIONS DU CORRECTEUR (S. Druffin-Bricca)
OBSERVATIONS DU CORRECTEUR (S. Druffin-Bricca)

La question suggérée par le sujet est une des grandes questions du cours d’introduction au droit : la jurisprudence est-elle source de droit ? Mais ce n’est pas le sujet lui-même. Il est évident que la problématique doit être traitée mais il ne faut pas organiser tout son travail autour. Il faut répondre à la question posée : le juge peut-il créer des règles de droit ?

Il est difficile d’apporter une réponse à cette question parce que les plus grands auteurs eux-mêmes ne sont pas d’accord. Pour certains, la jurispru- dence est une source de droit à part entière, pour d’autres, elle n’est qu’une simple autorité. Il est malaisé dans ce contexte, alors que vous êtes en pre- mière année, de donner une réponse. Pourtant, la question en appelle une. Soit il faut adopter la position de l’enseignant qui donne le sujet, soit il faut, en prenant le risque de la contradiction, présenter des arguments suffisants pour emporter sa conviction. Le principal reste toujours de justifier sa réponse.

Comment, compte tenu du principe de la séparation des pouvoirs législatif et judi- ciaire, le

Comment, compte tenu du principe de la séparation des pouvoirs législatif et judi- ciaire, le juge pourrait-il créer des règles de droit ?

du principe de la séparation des pouvoirs législatif et judi- ciaire, le juge pourrait-il créer des

Le rôle du juge est défini par l’article 4 du Code civil. Il ne crée pas le droit, pou- voir qui incombe au législatif, il doit seulement l’appliquer. Mais l’acte juridictionnel n’est pas que l’application de la règle de droit préexistante. L’article 4 du Code civil en disposant que « Le juge qui refusera de statuer sous prétexte du silence, de l’obscurité ou de l’insuffisance de la loi, pourra être poursuivi comme coupable de déni de justice », impose au juge une obligation légale de juger, et ce dans tous les cas. Que la loi soit silencieuse, obscure ou insuffisante, le juge doit juger, sinon

En guise d’accroche, vous pouvez énoncer une problématique :

les tribunaux, constitués pour appliquer le droit, peuvent-ils créer une règle de droit générale, abstraite et obligatoire ?

Certains articles doivent être impérativement cités, dont l’article 4 du Code civil.

il

sera sanctionné.

Si

la loi est peu claire, imprécise, confuse, ou ambiguë, le juge va devoir en recher-

cher le sens, en définir les conditions légales, en un mot, l’interpréter. Cette fonction

d’interprétation permet de faire dire à un texte plus de choses qu’il ne le prévoyait ou de façon différente. C’est déjà pratiquement de la création. Mais plus encore si la loi est muette sur un problème, si aucun texte ne peut être invoqué, le juge devra avoir recours à ses propres lumières pour suppléer cette absence de loi, la com-

pléter. Même si le législateur fait un effort d’exhaustivité, il y a toujours des situations créées par la complexité des faits. Malgré l’inflation législative que l’on connaît, il

y a des lacunes dues notamment aux transformations de la vie et de la société

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La réponse à la question va être donnée en deux temps, qui correspondent aux deux parties du plan.

La première étape consiste à démontrer comment le juge s’est arrogé un pouvoir de création.

Référence implicite au principe de la séparation des pouvoirs théorisée par Montesquieu.

Abandon de la technique du référé législatif.

En fonction du temps, vous pouvez développer la méthode de la libre recherche scientifique, qui permet d’aller au-delà de la lettre de la loi.

Interprétation des notions-cadres ou standards.

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(progrès de la science, évolution des mœurs…). Dans de tels cas, la jurisprudence va exercer une autre fonction, après l’interprétation, qui consiste à suppléer la loi.

Dès lors, le pouvoir créateur de la jurisprudence apparaît (1). Mais le juge peut-il créer des règles de droit ? Il s’agit alors de vérifier si des décisions de justice peuvent se transformer en règles de droit générales, abstraites et coercitives (2).

1• L’apparition du pouvoir de création du juge

(2). 1• L’apparition du pouvoir de création du juge Le pouvoir judiciaire doit, en principe, depuis
(2). 1• L’apparition du pouvoir de création du juge Le pouvoir judiciaire doit, en principe, depuis
(2). 1• L’apparition du pouvoir de création du juge Le pouvoir judiciaire doit, en principe, depuis
(2). 1• L’apparition du pouvoir de création du juge Le pouvoir judiciaire doit, en principe, depuis

Le pouvoir judiciaire doit, en principe, depuis Montesquieu, appliquer le droit créé par le pouvoir législatif ou réglementaire. Cependant, le rôle du juge va au-delà de cette mission de « juris dictio ». il doit interpréter, voire suppléer la loi.

A) L’interprétation de la loi

Lorsque la loi n’est pas suffisamment claire ou précise, le juge va devoir en recher- cher le sens, l’interpréter. Si faible soit elle, l’interprétation est inséparable de l’appli- cation de la règle écrite. Pendant un temps, en cas de difficultés sur l’interprétation d’une loi, le juge ne statuait pas immédiatement mais devait demander l’avis du pouvoir législatif pour que celui-ci lui dicte sa décision. Aujourd’hui on considère que ce n’est pas celui qui fait la loi qui doit l’interpréter, mais celui qui l’applique, c’est-à-dire le juge au premier chef puisqu’il peut imposer son interprétation en dernier lieu en cas de divergences. Pour ce faire, il existe diverses méthodes d’in- terprétation. Schématiquement, elles sont, d’une part, la méthode exégétique, qui veut rester très près du texte de la loi, d’autre part, les méthodes dites scientifiques qui font preuve de plus de distance à l’égard des textes. Dans ces méthodes, on considère que la loi est insuffisante.Tout le droit n’est pas dans la loi. Il ne s’agit plus d’interpréter la règle mais plutôt de la définir. Le tribunal doit librement chercher la solution à appliquer en se fondant sur les données économiques ou sociales exis- tant au moment où il doit statuer. Il donne ainsi naissance à une nouvelle règle, au risque d’empiéter sur la fonction du législateur. C’est pourquoi, celui-ci a limité les pouvoirs de la jurisprudence.

celui-ci a limité les pouvoirs de la jurisprudence. B) La suppléance de la loi En l’absence
celui-ci a limité les pouvoirs de la jurisprudence. B) La suppléance de la loi En l’absence
celui-ci a limité les pouvoirs de la jurisprudence. B) La suppléance de la loi En l’absence
celui-ci a limité les pouvoirs de la jurisprudence. B) La suppléance de la loi En l’absence

B) La suppléance de la loi

En l’absence de loi, le juge devra rechercher une solution rationnelle dont les fon- dements ne se trouvent plus dans la loi. Puisque le juge doit motiver en droit sa décision, il se référera toujours à un texte, mais c’est l’utilisation ou l’interprétation de celui-ci qui peut être novatrice et ainsi créatrice. La jurisprudence apparaît comme une source complémentaire, comblant les lacunes de la loi.

Les lacunes législatives peuvent être involontaires comme volontaires. Dans cette seconde hypothèse, le législateur laisse au juge le soin de compléter la loi, par une sorte de délégation de pouvoir. En utilisant des expressions générales au contenu indéterminé, telles les bonnes mœurs, l’homme raisonnable, l’intérêt de l’enfant ou de la famille, il choisit de laisser au juge la possibilité d’adapter la loi aux besoins de la société. Il revient finalement en dernier lieu à la Cour de cassation d’assurer la cohérence de la législation en contrôlant l’interprétation qui en est donnée par les juges du fond. En présence de lacunes involontaires, la jurisprudence poursuit son œuvre créatrice et complémentaire de la loi. Dans le silence des textes, la jurispru- dence permet d’apporter une solution aux litiges portés devant elle. Le juge peut prendre une décision qui fera jurisprudence.Ainsi a-t-il interdit les contrats de mères

devant elle. Le juge peut prendre une décision qui fera jurisprudence.Ainsi a-t-il interdit les contrats de
porteuses ou admis l’indemnisation d’un enfant né handicapé après une erreur médicale (Cass. ass. plén.,

porteuses ou admis l’indemnisation d’un enfant né handicapé après une erreur médicale (Cass. ass. plén., 17 nov. 2000, Perruche).

l’indemnisation d’un enfant né handicapé après une erreur médicale (Cass. ass. plén., 17 nov. 2000, Perruche

Les exemples seront choisis dans le cours ou les travaux dirigés.

Dans les espaces laissées par la loi, le pouvoir créateur du juge peut donc se manifester. Certes, toutes les décisions de justice n’ont pas la même portée. Il faut distinguer selon l’origine et le contenu des décisions. Pour répondre à la question de savoir si le juge peut créer des règles de droit, il faut surtout considérer les déci- sions des plus hautes juridictions. Un arrêt de la Cour de cassation a plus vocation à créer une règle de droit qu’un jugement d’un tribunal d’instance. Il en est de même de l’arrêt de principe, qui entend poser une règle de portée générale, par opposition à l’arrêt d’espèce dont la solution n’a pas vocation à s’étendre au-delà du litige en cause.

2 • Les solutions jurisprudentielles, véritables règles de droit

Les règles créées par le juge sont-elles de véritables règles de droit ? Un certain nombre d’objections militent pour une réponse négative. Pourtant, l’examen des décisions jurisprudentielles montre qu’elles réunissent les caractères des règles juri- diques.

A) Les objections

Le législateur a adopté dans le Code civil deux dispositions encadrant la portée de la jurisprudence et réfutant les caractères général, abstrait et obligatoire des solutions jurisprudentielles, caractères nécessaires à la règle juridique.

caractères nécessaires à la règle juridique. L’article 5 du Code civil interdit « aux juges de
caractères nécessaires à la règle juridique. L’article 5 du Code civil interdit « aux juges de
caractères nécessaires à la règle juridique. L’article 5 du Code civil interdit « aux juges de
caractères nécessaires à la règle juridique. L’article 5 du Code civil interdit « aux juges de

L’article 5 du Code civil interdit « aux juges de se prononcer par voie de disposition générale et réglementaire sur les causes qui leur sont soumises ». Les révolution- naires se méfiaient des tribunaux et, par la séparation des pouvoirs, il était interdit pour ces derniers d’empiéter sur les pouvoirs du législateur : le pouvoir judiciaire ne pouvait pas édicter des dispositions qui auraient force de loi. L’article 5 interdit alors la pratique de l’Ancien Régime des arrêts de règlement. Les tribunaux ne peuvent plus rendre des arrêts non pas applicables à un cas déterminé mais constituant une règle applicable par la suite à tous les cas analogues. Ils ne peuvent plus agir comme législateur. Cet article interdit donc en principe de créer des normes préto- riennes dans le cadre de l’activité juridictionnelle.

De cette interdiction des arrêts de règlement doit être rapproché le principe de la relativité de la chose jugée posé à l’article 1355 du Code civil. Les jugements n’ont qu’une autorité relative, limitée à l’affaire sur laquelle ils statuent. Le jugement n’a d’effet qu’entre les parties au procès. L’autorité de la chose jugée concerne la situation concrète sur laquelle la décision juridictionnelle s’est prononcée et non la règle abstraite qui y est impliquée. Cette relativité concourt à l’interdiction de l’article 5. Si une règle de droit dégagée par un tribunal saisi d’un litige devait être obligatoirement suivie par lui dans des cas similaires, ce serait indirectement réta- blir l’arrêt de règlement.

Ces deux articles du Code civil qui limitent le rôle de la jurisprudence doivent être mis en parallèle avec l’obligation de motiver qui pèse sur celle-ci. On admet aujourd’hui que le juge doit toujours motiver en droit sa décision en s’appuyant sur un texte ou au moins sur un principe juridique incontesté, une coutume ou un principe général du droit. Cette obligation de motiver les décisions se retrouve à l’article 6 § 1 de la Convention européenne des droits de l’Homme. La Cour de cas-

européenne des droits de l’Homme. La Cour de cas- Deuxième étape de la démonstration : vérifier

Deuxième étape de la démonstration :

vérifier si un ensemble de décisions individuelles peut se transformer en règle générale, abstraite et obligatoire, donc en règle de droit.

Le correcteur doit retrouver les principaux arguments défavorables à la reconnaissance de la jurisprudence comme source du droit objectif.

L’article 5 doit nécessairement être cité. Il constitue un des principaux obstacles de droit à la création de règles de droit par le juge.

Principe de l’autorité relative de la chose jugée.

CPC, art. 455 :

« Le jugement doit être motivé ».

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Évidemment, tout dépend de la réponse que vous apportez à la question posée par le sujet. Une réponse négative peut être acceptée si elle est argumentée.

Il ne faut pas disserter sur ces caractères mais démontrer que les règles jurisprudentielles en sont pourvues.

Rôle de la Cour de cassation dans l’uniformisation de la jurisprudence. Argument qui s’oppose à celui de l’insécurité juridique.

Sont mobilisés dans cette sous-partie les arguments favorables à la reconnaissance de la jurisprudence comme source de droit mais il faut prendre garde à ne pas déformer le sujet.

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sation elle-même contrôle la motivation des décisions. Elle sanctionne pour motifs insuffisants la seule référence à une jurisprudence constante, élément réfutant la possibilité pour le juge de créer des règles de droit.

Si le juge n’est pas tenu en droit de suivre les solutions données antérieurement, surtout par une juridiction supérieure, en pratique il y est enclin. L’autorité du pré- cédent transforme alors une solution individuelle en une véritable règle de droit.

une solution individuelle en une véritable règle de droit. B) Le constat Les décisions des juges
une solution individuelle en une véritable règle de droit. B) Le constat Les décisions des juges
une solution individuelle en une véritable règle de droit. B) Le constat Les décisions des juges
une solution individuelle en une véritable règle de droit. B) Le constat Les décisions des juges
une solution individuelle en une véritable règle de droit. B) Le constat Les décisions des juges
une solution individuelle en une véritable règle de droit. B) Le constat Les décisions des juges

B) Le constat

Les décisions des juges vont se transformer en règles de droit.Cela suppose qu’elles soient générales, abstraites, obligatoires et coercitives.

Les solutions jurisprudentielles ont un caractère abstrait. Le travail du juge n’est pas purement mécanique mais il repose sur des techniques et notamment le raisonne- ment syllogistique déduisant la solution concrète d’une règle abstraite. Si les faits de la cause, qui forment la mineure du syllogisme, sont relatifs et limités au seul litige concerné, les motifs de droit (la majeure du syllogisme) ont une vocation générale. S’ils sont pertinents ils seront réutilisés dans chaque affaire du même type puis s’imposeront.

Les règles jurisprudentielles présentent aussi un caractère général grâce aux juri- dictions supérieures comme la Cour de cassation. En particulier, ses arrêts de principe font jurisprudence. Ce sont les décisions dont les solutions sont reprises, souvent dans une formule identique, par les tribunaux ayant à trancher un litige équivalent. La Cour de cassation a ainsi pour mission d’assurer l’uniformité de la jurisprudence sur l’ensemble du territoire.

de la jurisprudence sur l’ensemble du territoire. Générale et abstraite, la solution jurisprudentielle
de la jurisprudence sur l’ensemble du territoire. Générale et abstraite, la solution jurisprudentielle
de la jurisprudence sur l’ensemble du territoire. Générale et abstraite, la solution jurisprudentielle
de la jurisprudence sur l’ensemble du territoire. Générale et abstraite, la solution jurisprudentielle
de la jurisprudence sur l’ensemble du territoire. Générale et abstraite, la solution jurisprudentielle
de la jurisprudence sur l’ensemble du territoire. Générale et abstraite, la solution jurisprudentielle

Générale et abstraite, la solution jurisprudentielle devient aussi obligatoire. La force obligatoire des règles dégagées par le juge résulte de plusieurs phénomènes. Le premier réside dans la force de l’imitation. Les juges se sentent tenus de reproduire les solutions données antérieurement dans des circonstances identiques. Cette inclinaison est parfois imposée. Les règles jurisprudentielles deviennent des règles obligatoires par le poids de la hiérarchie judiciaire. La Cour de cassation peut en effet imposer aux juges du fond la solution de son choix. Elle est institutionnelle- ment investie d’un tel pouvoir lorsqu’elle se réunit en assemblée plénière. En effet, les points de droit tranchés en une telle assemblée s’imposent à la juridiction de renvoi. L’unité de la jurisprudence est également renforcée par la procédure de la saisine pour avis de la Cour de cassation. Lorsqu’une question de droit nouvelle, présente une difficulté sérieuse et se pose dans de nombreux litiges, les juridictions de l’ordre judiciaire peuvent solliciter l’avis de la Cour de cassation. Bien que non impératif, cet avis oriente les juridictions vers la solution retenue par la juridiction supérieure. Elles savent que s’ils ne respectent pas les directives de la haute juridic- tion, leurs décisions seront censurées. La peur de la censure n’est cependant pas la seule raison qui explique que les juridictions du fond reproduiront les décisions de la Cour de cassation. Celle-ci a pour mission de dire le droit, sa position doit s’imposer.

Enfin, corollaire du caractère obligatoire, les décisions des juges doivent être exé- cutées sous peine de sanction. C’est pourquoi, les règles jurisprudentielles sont dotées du caractère coercitif qui caractérise les règles de droit.

Cette loi d’imitation se double de la loi de continuité. La Cour de cassation a ten- dance à reproduire ses décisions même si elle n’est pas en droit tenue par ses propres précédents. La cour a elle-même affirmé que la sécurité juridique ne per-

mettait pas de consacrer un droit acquis à une jurisprudence figée. Cela signifie que les revirements sont toujours possibles tout comme les évolutions législatives. Mais ce n’est pas parce que la jurisprudence évolue qu’il faut lui refuser la valeur de source du droit.

Le juge peut créer des règles de droit. Certaines branches du droit, comme le droit de la responsabilité délictuelle ou le droit administratif, reposent ainsi principale- ment sur les décisions jurisprudentielles qui constituent de véritables règles de droit.

Vous apportez votre réponse à la question posée étayée par des exemples patents.

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Votre PROGRAMME d’introduction

générale au droit L1-S1 traité à travers

les

rencontrées en TD et lors de l’EXAMEN FINAL (dissertation, commentaire, cas pratique, questions de cours, QRC et QCM).

DIFFÉRENTES ÉPREUVES

Les CORRIGÉS sont CONFORMES

aux attentes de votre professeur et à ce que vous pouvez réaliser dans le temps imparti.

rendu nécessaire par le double est impératif d’égalité et de sécurité. Le contenu cours et
rendu nécessaire
par le double
est
impératif d’égalité et de sécurité. Le contenu
cours et Dissertation
Question de
de la règle est indépendant
des particularités individuelles (condition sociale, pro-
Sujet 2
pour tous. Le principe
fessionnelle…). La loi doit être la même
de l’impersonnalité
juridique (plan détaillé)
prendre en considération
est de
ne pas
les spécificités de
chacun. Pourtant, cela
: l’égalité de droit des citoyens ne correspond pas for-
source d’injustice
peut être
une égalité de fait, de situations.
cément à
C’est pourquoi des régimes
Durée de l’épreuve
2 heures
spéciaux
:
Vous répondrez aux questions suivantes
:
déments par exemple).
sont prévus pour en tenir compte (cas des
mineurs ou des
Mais la règle
juridique est la même pour tous les individus
qui sont dans une même
document
1
Le caractères
de
la règle
droit
de points).
au sein de la société (les
règles relatives au mariage sont les mêmes pour
situation
Aucun autorisé
n’est
tous
les individus, mais uniquement les individus mariés). La règle de droit conserve
2
« Présentez Les
et votre
réflexion
sujet (8
son caractère
La souplesse du caractère général ne conduit pas à sa remise en cause.Toutefois,
général, s’appliquant à tous ceux qui en
remplissent les conditions.
droit
la religion
» sous
sur de le forme
plan détaillé
il n’est pas propre
à la règle de droit.
D’autres règles d’organisation sociale, comme
Encore une
fois, essayez
tout
en rédigeant
une
introduction et vos transitions
d’introduire
une réflexion.
les règles
morales
ou religieuses, sont aussi générales. Ce
caractère ne constitue
(12 points).
donc pas le critère du
juridique.
B)
Le caractère
obligatoire
OBSERVATIONS DU CORRECTEUR (S. Druffin-Bricca)
La règle de droit constitue
un commandement pour celui
auquel
elle s’applique
et, même si elle accorde
une faculté
ou un droit, elle
est un
ordre adressé à tous
les
Par
exemple,
l’article
1387
Code
autres de le respecter.
Ce caractère
obligatoire se justifie à travers la finalité sociale
civil
dispose
que
La
loi
». régit
La question de
cours n’appelle
aucun commentaire.
Il suffit d’y répondre.Tou-
de la règle : s’y soumettre
c’est garantir
certaine sécurité,
une certaine orga-
l’association
conjugale,
quant
ni aux
être accordés, il faudra développer
une
points peuvent
nisation sociale. Ce caractère
biens,
qu’à
défaut
« de
conventions
tefois, dans la mesure où 8
n’est pas uniforme,
des tempéraments apparaissent
règles impératives et règles supplétives.
spéciales
que
les
: époux
peuvent
votre réponse.
autour d’une distinction
entre
faire
comme
ils
jugent
à ne pas du propos,
Le second sujet est une dissertation
pourvu
qu’elles
soient
juridique qui doit dépasser la polémique
Les règles
supplétives sont des règles qui
ne s’appliquent que si
les sujets de
contraires
aux
bonnes
mœurs
et les convictions
devez mobiliser
personnelles. Vous
les concepts et fonde-
droit n’ont pas exprimé
volonté contraire. Elles suppléent
aux
dispositions
le ne qui
suivent
une
l’absence de volonté
ments juridiques étudiés
en cours.Vous pouvez
trouver utilement
d’ailleurs
particulière exprimée.
Elles s’appliquent à défaut d’autre disposition choisie. Elles
des matériaux dans
votre cours de
droit constitutionnel.
simplement facultatives
Par
de opposition, dispose droits
». toujours règles
en
matière
dans la mesure où
apparaissent
les particuliers peuvent
matrimoniale,
l’article
du
Code
Le sujet implique
écarter l’application. Les règles impératives, quant
une comparaison. Le plan qui
traiterait « Le droit » dans une
en
à
elles, s’imposent de façon
civil
que
: ni « Les
aux 1388 de pour époux
ne
seconde partie est à proscrire. Il faut
absolue. Elles s’appliquent
partie et « La religion » dans une
à tous et en toutes
circonstances. Il n’est
pas possible
peuvent
déroger
devoirs
ni
première
aux
ni qui de
résultent
eux
du
d’en écarter
trouver
une problématique (et donc un plan) qui confronte les deux notions.
l’application par
des conventions contraires.
Elles expriment un ordre
auquel chacun doit se soumettre,
mariage,
aux
l’autorité
C’est tout l’intérêt du sujet.
certaines exceptions possibles. Parmi
malgré
parentale,
l’administration
légale
règles impératives, certaines ont une force
et
la tutelle
les
obligatoire renforcée.
Ce sont les
règles d’ordre public considérées comme
essentielles
qui s’imposent pour des
les rapports sociaux. Il est alors impossible
A contrario,
peut être
dérogé
aux
raisons
de moralité
ou
de sécurité
civil précise ainsi qu’ : « on ne peut déroger, par
dans
QUESTION N° 1
règles
qui
n’intéressent
pas l’ordre
déroger. L’article 6 du Code
d’y
public
et les
il mœurs.
Celles-ci
sont
la règle de droit (question
Les caractères de
de cours).
des conventions
particulières, aux lois qui intéressent l’ordre public
et les bonnes
donc
supplétives.
mœurs ».
Le droit est formé de règles. Or,
Même
s’il une
s’agit mini
d’une
question
quelles sont les règles
qui, parmi
toutes celles qui
Les règles de droit doivent
par le corps
social. Pour garantir ce
être respectées
de cours,
peuvent assurer l’organisation
introduction
comme des règles
d’une vie
en société,
morales ou
de droit. Quels sont les traits caractéristiques de
est
bienvenue.
des sanctions
s’imposent. Les caractères obligatoire et coer-
religieuses, constituent
la règle de droit ?
des règles
caractère obligatoire
citif peuvent être liés.
sociale, générale et abstraite, obligatoire
règle de conduite
C)
Le caractère coercitif
Définition opportune.
La règle de droit est une
et dont la violation
est sanctionnée par la contrainte étatique. Il est ainsi possible
Il est de la nature
des règles d’être
de leur res-
en évidence trois caractères
sanctionnées, c’est une condition
de la règle de
Les
enseignants
peuvent
mettre
de mettre
droit : général
et abstrait,
pect, voire
de leur
règles d’organisation
existence.
Ainsi l’inexécution
de toutes
l’accent
tel ou
tel au votre caractère.
obligatoire et coercitif.
ou religieuse est sanctionnée.
sociale, juridique,
sur réponse
morale
Mais
leurs sanctions sont
Adaptez
votre
contenu
natures différentes. En
de
cours.
de
cas
de violation
d’une règle
purement morale, l’indi-
A) Le caractère général
et abstrait
La règle de droit est la même pour tous. Elle est formulée
vidu éprouvera
des remords,
regrets, c’est-à-dire
des
les reproches de
sa
propre
de manière
purement internes. Comme
générale et
conscience. Il s’agit donc
de sanctions
la sanction
sanction religieuse
impersonnelle (« quiconque », « tout fait quelconque », « chacun »…). Le droit est
mettant uniquement
morale, la
est interne,
en cause
l’homme
abstrait, égalitaire.
contre l’arbitraire et
non avec les institutions
impartial,
Ce caractère est une
garantie
dans ses relations
avec Dieu et
religieuses. La règle de droit
24
25

3 COPIES RÉELLES

(notées 6, 12 et 17/20) sont reproduites et commentées dans le dossier.

9 7 82297 068406
9
7 82297
068406

Prix : 12,80 € ISBN 978-2-297-06840-6

www.lextenso-editions.fr

Des COMMENTAIRES et des

CONSEILS sont placés en marge de tous les corrigés pour comprendre

leurs points forts et leurs points faibles.

CONSEILS sont placés en marge de tous les corrigés pour comprendre leurs points forts et leurs