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Votre PROGRAMME de droit

ANNALES 2 0 1 9
des obligations L2 traité à travers les
DIFFÉRENTES ÉPREUVES
rencontrées en TD et lors de l’EXAMEN
Les CORRIGÉS sont CONFORMES
aux attentes de votre professeur et à ce que ANNALES

CORRIGÉES ET COMMENTÉES
vous pouvez réaliser dans le temps imparti. CORRIGÉES ET COMMENTÉES
FINAL (dissertation, commentaire d’arrêt,
cas pratique, QRC et QCM).
2019
, il est primordial

Marie-Cécile Lasserre
Dans l’introduction
du sujet.
de définir les termes
donc donner
consi- Vous deviez
contractus, est aussi t du la définition de l’excep
tion
ptio non adimpleti emen
xécution, ou l’exce e ou à l’anéantiss d’inexécution.
L’exception d’ine à l’exécution forcé

Sophie Druffin-Bricca
cu-
voie alternative de refuser d’exé
dérée comme une un contractant
, ce méca nisme permet à sienn e. L’exc eptio n d’inexécu-
fruste
contrat. Plus n’exécute pas la atique de
si l’autre partie contrat synallagm
que
Dissertation juridi
ter son obligation ue partie à un de son
le droit pour chaq obtenu de la part

Diane Boustani
tion confère ainsi qu’elle n’a pas
Sujet 9 son obligation tant ou d’ar-
fiée de primitive
s’abstenir d’exécuter ation qui lui est due. Souvent quali d’un juge, l’excep-

LICENCE 2
la prest n préal able
cocontractant ne suppose pas l’inter
ventio
. La partie victim
e
ce qu’el le loi du Talion
sujet suivant : chaïque, en cation de la le même

Delphine Lanzara
Vous traiterez le un rem ède n’est qu’une appli , faisant ainsi subir
exécution est-elle tion d’inexécution cuter sa prestation les
n se dispense d’exé car il repose sur
Durée de l’épreuve :
« L’exception d’in ?» d’une inexécutio moyen de justic
e privée est licite,
orts contractuels
ution du contrat
3 heures ntrac tant. Ce erner les rapp
sort à son coco
efficace à l’inexéc
qui doivent gouv e où les obliga-
té et de bonne foi at synallagmatiqu
Aucun document devoirs de loyau cadre d’un contr sauf à méconnaît
re
En effet, dans le s, une partie ne peut,
n’est autorisé entre les parties. ution
s et interdépendante cocontractant l’exéc Ce
tions sont réciproque té et de bonne foi, exiger de son e engagement.
de loyau ré son propr
les principes même qu’elle n’a
pas hono e donnée, ont été
ation alors ct de la parol
de son oblig hés au respe servanda
Boustani) canonistes qui, attac ge frangenti fidem non est fides
sont d’ailleurs les
CORRECTEUR (D. nisme à travers l’ada ne la tient pas).
OBSERVATIONS DU à l’origine du méca qui
traité comme une parole envers celui pas sa
question doit être (on n’a pas à tenir en n’exécutant
sous la forme d’une effi cacit é redoutable. Car, coco ntrac-
- Le sujet posé est doté d’une on contraint son
ique. ère à Le mécanisme e de l’inexécuti lysie momentan
ée du
dissertation class construits de mani , le créancier victim e fin à cette para
doive nt être propre prestation pour mettr suspe ndu
tique et votre plan . son obligation rompu mais seule
ment
- Votre probléma posée dans le sujet tant à exécuter l n’est pas ation . L’effet
nt à la question le lien contractue finalement sa prest
répondre préciséme et d’ac tualité. contrat. En effet, défaillant exécute du

LICENCE 2
t d’un sujet de réfl
exion
le cocontractant . Les rédacteurs
est double : il s’agi jusqu’à ce que de l’effi cacit é du mécanisme repré sente r
- L’intérêt du sujet e du at témoigne ion que pouvait

DROIT DES
ective avec la réform suspensif du contr moyen de press
être mis en persp avaient perçu le mais ne l’avaient
- Ce sujet doit
nécessairement Code civil de 1804 rd du contr actant défaillant, iaux. Dans
xécution à l’éga ant certains contr
ats spéc
droit des contrats. être souligné. l’exception d’ine épar s régiss civil que « le
des contrats doit des textes 12 du Code
du droit consacré que dans prévu à l’article 16 pas le prix (…) »,
- L’apport de la
réform e par exemple, il est eteur n’en paye
le contrat de vente la chose si l’ach reconnaissance
tenu de délivrer i d’autres de la
vendeur n’est pas illustration parm lui a
n’étant qu’une jurisprudence qui
adage cette disposition contrats. C’est la s diverses
part à la fois, ce vieil xécution en droit des
que ces disposition
». Partout et nulle générale de l’exception d’ine en considérant géné-
justice à soi-même  contient une règle plus importante de portée plus
« Nul ne peut se faire du droit français te conféré une place ns d’un mécanisme ats,
par aucun texte e, à porter attein que des appli catio e du droit des contr
qui n’est proclamé renon cer à la vengeance privé rchie , la n’étaient en réalité r 2016 portant réform ateur a pris acte de
citoyen doit d’ana nnance du 10 févrie

OBLIGATIONS
où l’exception
selon laquelle tout Associée à l’idée rale. Avec l’ordo s, le législ
Dans la mesure n de la justice. ment des différe
nds, e des obligation commun l’exce
ption
d’inexécution est
considérée
sans l’interventio arbitraire de règle ral et de la preuv acrant en droit
de justice privée, au droit d’autrui e un mode le. Ainsi, en du régime géné tielle en cons se ainsi de
comme un moyen perçue comm e et la paix socia ion jurispruden la réforme dispo
il était possible, à
titre d’accroche, justice privée est à préserver l’ordr e cause, cette appréciat civil introduit par même
mots sur l’adage uissance de l’État partie de sa propr le 1219 du Code son obligation, alors
de dire quelques traduisant l’imp ble d’être juge et d’inexécution. L’artic refuser d’exécuter si cette inexécutio
n Ici, réside le premie
r intérêt
« Nul ne peut se
faire justice à soi- e, il n’est pas possi autorité pour faire
valoir qu’« une partie peut pas la sienne et
ration
du sujet : la conséc cution
façon générale

DROIT DES OBLIGATIONS


les étudiants en vertu de cet adag ention d’une tierce u’il s’agit, pré- exigible, si l’autr
e n’exé cute nue depu is la
même », que tous la nécessaire interv cette règle lorsq que celle-ci est n d’inexécution
est donc deve de l’exception d’inexé du contrat.
droit connaissent. de s’affranchir de nt fait référe nce à
évidemment grave  ». L’exceptio at. Mais le législateur dans le droit comm
un

et protéger ses
droits. Il est souve y sont appo rtées. On songe est suffisamment entiè re de l’inex écution du contr
e dan s le Code
s qui prend tion à part el articl
lyser les dérogation pénal. Le législateur réforme une sanc en intégrant un nouv elée laisse penser
cisément, d’ana nécessité en droit est vic- là. Il a aussi innov é
d’inexécu tion (app é du sujet
se ou à l’état de
L’intitul
cé, lorsqu’une partie
inexécution
à la légitime défen ne s’est pas arrêté l’exce ption pour risque déso rmais seule l’exception d’
le principe énon obligation née du qui cons acre puisqu’elle perm
et que
Or, il était
ines libertés avec inexécution de son civil, l’article  1220, n est importante ipation, de sera ici étudiée.
également certa er le timoris). L’innovatio prestation par antic
uer
de son cocontractant d’une sition pour contrecarr aussi l’exceptio r d’exécuter sa ible. indispensable d’évoq
e partie est prévis
la part sa dispo cution
time de sont mis à nécessitent contrat de refuse contrat par l’autr
l’exception d’inexé la réforme
moyens d’action des remèdes qui à une partie au on du cacit é du ée, introduite par
contrat. Plusieurs obligation. À côté contrat, lorsque l’inex écuti testablem ent l’effi anticip
une variante
débiteur à son la résolution du façon préventive, ipée renforce incon et s’analysant en
manquement du ution forcée ou e par le créan- d’inexécution antic de l’exception d’inexé
cution.
n d’un juge, à l’instar de l’exéc mises en œuvr Cette exception Ici, se situe le second
intérêt du
l’interventio e peuvent être tion uni- mécanisme.
dites de justice privé
tion
tion ou la résolu montrer que l’excep
d’autres mesures at. Le droit de réten
sujet :
ée constitue
inexécution du contr mesures. d’inexécution anticip l’inexécution
nde catégorie de
cier victime d’une partie de cette seco

un nouveau remèd
at font notamment prévisible du contra
t.
latérale du contr
69

68

Dont un dossier de Dissertations


3 COPIES RÉELLES
(notées 5, 10 et 15/20) sont reproduites
Des COMMENTAIRES et des
CONSEILS sont placés en marge
de tous les corrigés pour comprendre
32 SUJETS 3 COPIES RÉELLES
D’ÉTUDIANTS
Commentaires d’arrêt
Cas pratiques
et commentées dans le dossier. leurs points forts et leurs points faibles.

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Commentaire d’article Sujet 5
Vous commenterez l’article 1171 du Code civil (version au 1er octobre 2016)
modifié par l’ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016 portant réforme Durée de l’épreuve :
du droit des contrats, du régime général et de la preuve des obligations : 3 heures
Aucun document
« Dans un contrat d’adhésion, toute clause qui n’est autorisé
crée un déséquilibre significatif entre les droits
et obligations des parties au contrat est réputée
non écrite.
L’appréciation du déséquilibre significatif ne porte
ni sur l’objet principal du contrat ni sur l’adéquation
du prix à la prestation ».

OBSERVATIONS DU CORRECTEUR (D. Boustani)

L’intérêt du sujet réside dans son actualité :


- l’apport de la réforme du droit des contrats doit être souligné ;
- les modifications apportées par la loi n° 2018-287 du 20 avril 2018 ratifiant
l’ordonnance du 10 février 2016 qui entrera en vigueur le 1er octobre 2018
doivent être soulignées.
L’autre intérêt du sujet consiste à analyser la place de l’article 1171 du Code
civil dans le dispositif de lutte contre les clauses abusives. Ce sujet implique
d’étudier cette disposition en la mettant en perspective avec les textes spé-
ciaux qui visent également à sanctionner de telles clauses.
Outre l’accroche, de manière
L’article 1171 du Code civil doit être analysé sous forme de dissertation juri- classique, l’introduction doit
dique. cerner le sujet, comporter une
définition des termes du sujet,
une problématique et une
annonce de plan.
Introduit dans le Code civil par l’ordonnance n° 2016-131 du 10 février 2016 por- L’accroche permet de mettre en
tant réforme du droit des contrats, du régime général et de la preuve des obli- avant le double intérêt du sujet :
gations, l’article 1171 témoigne des profonds bouleversements qui ont marqué son actualité – la réforme du droit
des contrats – et l’importance
le droit des contrats depuis 1804, tout en faisant incontestablement partie des que revêt cet article en droit
dispositions qui continuent de poser, près de deux ans après l’entrée en vigueur des contrats.
de l’ordonnance de 2016, de nombreuses difficultés d’interprétation.
Selon les sujets, il peut être parfois
Dans le Code Napoléon, le contrat reposait sur la seule volonté des contrac- pertinent de rappeler l’évolution
tants qui, placés sur un pied d’égalité, déterminaient ensemble le contenu du du droit des contrats. Ici, ces
développements sont pertinents
contrat. Les parties étaient ainsi liées par la volonté de nouer librement une car l’introduction de cet article
relation contractuelle, de déterminer de concert les droits et obligations de cha- dans le Code civil témoigne
cun. L’ordonnance du 10 février 2016 n’a pas totalement remis en cause cette du changement opéré entre le
Code Napoléon et le Code civil
conception traditionnelle du contrat. À côté de la liberté de contracter ou de ne d’aujourd’hui.
pas contracter et la liberté de choisir librement son cocontractant, est consacré
le principe de la libre détermination du contenu du contrat (C. civ., art. 1102, Il est bien de reformuler
les dispositions, cela atteste
al. 1).
de leur bonne compréhension.

45
En dépit de son entrée dans le Code civil, la liberté contractuelle n’en demeure
pas moins assortie de nouvelles exceptions, lesquelles illustrent le changement
de paradigme du droit des contrats. Alors qu’à l’origine, sauf atteinte à l’ordre
public, le contenu du contrat devait échapper à l’emprise d’une tierce autorité,
il est désormais scruté avec plus d’intensité et soumis au contrôle du législateur
et du juge, qui veillent à la protection de la partie faible au contrat. Le législateur
Il convient de toujours expliquer vos a pris en compte la nécessité de protéger la partie qui peut se retrouver en état
développements en les rattachant de dépendance économique et de rétablir ainsi une forme d’égalité entre les
au sujet. Cette phrase atteste de la cocontractants. L’article 1171 s’inscrit sans conteste dans cette volonté d’enca-
pertinence d’avoir préalablement
évoqué la liberté contractuelle. drer la liberté contractuelle pouvant se révéler très souvent à l’avantage d’une
seule des parties.
À nouveau, il convient de rattacher
les éléments au sujet. L’article 1171 La mise en œuvre de l’article 1171 du Code civil impose de cerner la notion de
concerne les contrats d’adhésion, contrat d’adhésion, car la sanction générale des clauses qui créent un désé-
il convient donc de définir ce type
de contrat.
quilibre significatif entre les droits et obligations des parties est circonscrite aux
contrats d’adhésion. Suivant l’article 1110, alinéa 2, introduit par l’ordonnance
Si les articles 1110 et 1171 ne du 10 février 2016, la qualification de contrat d’adhésion suppose la réunion de
peuvent être analysés isolément
en raison de leurs liens étroits, leur
trois conditions cumulatives : l’existence de conditions générales, la soustraction
étude combinée doit également des conditions générales à la négociation et la détermination préalable des
être analysée à travers le prisme de conditions générales par l’une des parties. La loi n° 2018-287 du 20 avril 2018
la loi de ratification de la réforme
du droit des contrats qui entrera en
venant ratifier l’ordonnance du 10 février 2016 donne un éclairage nouveau à
vigueur le 1er octobre 2018. la définition des contrats d’adhésion. Une conception restrictive des contrats
d’adhésion ne semble pas avoir été retenue, car il apparaît que le contrat n’est
La loi de ratification de
l’ordonnance du 10 février 2016 va
plus d’adhésion dès lors que les clauses, pourtant négociables, n’ont pas été
modifier la manière d’interpréter négociées par la partie à qui elles étaient proposées. C’est pourquoi, la loi de
l’article 1171. À cet égard, ratification a également conduit à une réécriture de l’article 1117, lequel dispo-
la réécriture de ce texte impliquera
sans doute de distinguer les
sera, à compter du 1er octobre 2018, que « dans un contrat d’adhésion, toute
contrats conclus entre le 1er octobre clause non négociable, déterminée à l’avance par l’une des parties, qui créé
2016 (date de l’entrée en vigueur un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties est réputée
de l’ordonnance du 10 février
2016) et le 1er octobre 2018 (date
non écrite ».
de l’entrée en vigueur de la loi de Circonscrit aux contrats d’adhésion, l’article  1171 du Code civil vise à poser
ratification) et ceux conclus après
le 1er octobre 2018. une sanction générale des clauses qui créent un déséquilibre significatif entre
les droits et obligations des parties. Cette disposition est très claire quant à la
Il convient d’être vigilant, le sujet sanction de ces clauses. Celles-ci sont réputées non écrites. Autrement dit, à
n’est pas le contrat d’adhésion.
Celui-ci doit légitimement être l’exception de la clause litigieuse dont l’application est neutralisée, le contrat
défini, mais la sanction est la s’applique dans son entier. Si la sanction de ces clauses ne pose pas de diffi-
thématique de cette disposition. cultés de compréhension, il en est différemment de sa condition de mise en
œuvre, le déséquilibre significatif. On peut d’ores et déjà remarquer que ces
clauses qui créent un déséquilibre significatif ne sont jamais qualifiées dans le
Vous devez indiquer, dans texte d’abusives. Pourtant, c’est bien de cela dont il s’agit. La disposition légale
l’introduction, que vous avez
compris l’apport de l’article 1171 semble venir sanctionner, sans les mentionner expressément comme telles, les
au droit des contrats. clauses abusives en droit commun du contrat. Ainsi, l’article 1171 du Code civil
s’inscrit dans un dispositif général de lutte contre les clauses abusives qui n’a,
toutefois, pas fait son apparition avec la réforme du droit des contrats. Dès lors, il
convient de s’interroger sur l’objectif de l’article 1171 de lutte contre les clauses
L’introduction doit comporter
une problématique.
qui créent un déséquilibre significatif afin de cerner la finalité de cette disposi-
tion en droit des contrats.
Le plan doit répondre et découler Le commentaire de l’article  1171 du Code civil supposera donc de montrer,
de la problématique. En lisant
la problématique, le correcteur après avoir analysé les conditions d’application de ce texte, qui révèlent le sou-
doit comprendre quel sera le plan hait du législateur d’encadrer la sanction des clauses abusives (1), que l’inté-
adopté. À défaut de corrélation, gration de ces clauses dans le droit commun du contrat s’avère très probléma-
vous devez vous interroger sur
la justesse de votre problématique tique, eu égard aux règles spéciales déjà existantes (2).
ou la pertinence de votre plan.

46
1•U
 ne sanction encadrée des clauses abusives
dans le droit commun du contrat Après avoir défini le contrat
d’adhésion, le commentaire
La notion de déséquilibre significatif est connue du droit positif. Elle fait déjà de l’article 1171 supposait
partie intégrante du dispositif de lutte contre les clauses abusives mis en place évidemment de définir la notion
de déséquilibre significatif,
dans le Code de la consommation, puis dans le Code de commerce. Le carac- qui est la condition permettant de
tère abusif d’une clause est conditionné à la création d’un déséquilibre signifi- sanctionner les clauses abusives.
catif entre les droits et obligations des parties au contrat. Pourtant, l’article 1171 Cette notion est donc au cœur
de la disposition à commenter.
ne donne pas de définition de cette condition. À suivre la lettre de cette disposi- C’est pourquoi, elle fait l’objet
tion seuls des critères négatifs sont donnés (A), il convient alors d’en cerner les d’une partie.
critères positifs afin de révéler pleinement l’objectif de l’article 1171 (B).

A) L es critères négatifs encadrant le déséquilibre significatif,


une lecture à la lettre de l’article 1171
Le seul élément d’appréciation du déséquilibre significatif figure à l’alinéa 2 de « l’appréciation du caractère abusif
l’article 1171 du Code civil, aux termes duquel « l’appréciation du déséquilibre des clauses (…) ne porte ni sur
la définition de l’objet principal
significatif ne porte ni sur l’objet principal du contrat ni sur l’adéquation du prix du contrat ni sur l’adéquation
à la prestation ». Cette formule est reprise de l’article L. 212-1, alinéa 3 du Code du prix ou de la rémunération
de la consommation. Il paraît évident, à la lecture combinée de ces articles, que au bien vendu ou au service
offert pour autant que les clauses
les auteurs de la réforme du droit des contrats ont puisé leur réflexion dans les soient rédigées de façon claire et
dispositions du Code de la consommation. Mais, aucune définition légale du compréhensible. »
déséquilibre significatif n’a été donnée tant dans les textes spéciaux que dans
le Code civil. Seuls des critères négatifs permettent de cerner cette notion.
Une clause non négociable du contrat d’adhésion qui porterait sur le prix Il ne suffit pas d’énoncer les critères,
ceux-ci doivent être expliqués.
échappe, tout d’abord, à la sanction des clauses abusives. En posant cette
règle, le législateur garantit une certaine cohérence avec l’indifférence de prin- On voit encore ici que l’article 1171
cipe de la lésion en droit français. En effet, il résulte de l’article 1168 du Code civil doit être mis en parallèle avec
que « dans les contrats synallagmatiques, le défaut d’équivalence des presta- les autres textes du Code civil.
Seule une bonne connaissance
tions n’est pas une cause de nullité du contrat, à moins que la loi n’en dispose du droit des contrats permet de
autrement  ». L’existence d’un déséquilibre lésionnaire lors de la formation du comprendre parfaitement la portée
contrat n’affecte pas sa validité. Conforme à cette règle, l’article 1171 du Code de cette disposition.

civil n’est pas érigé en un instrument de lutte contre les prix lésionnaires. Une
clause qui prévoirait un prix excessif ou dérisoire ne sera donc pas qualifiée de
clause abusive.
L’appréciation du déséquilibre significatif ne doit pas porter, en outre, sur l’objet
principal du contrat. Cette éviction est plus difficile à appréhender. Elle peut
être analysée à la lumière de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union
européenne (CJUE), qui emploie l’objet du contrat comme un synonyme d’obli-
gation essentielle, par opposition aux obligations accessoires qui, elles seules,
seraient concernées par le dispositif de lutte contre les clauses abusives. Dans
une décision du 30 avril 2014, la CJUE a ainsi affirmé que seules les clauses « qui La jurisprudence étudiée en cours
et/ou en TD doit utilement être
revêtent un caractère accessoire par rapport à celles qui définissent l’essence restituée.
même du rapport contractuel  » sont sanctionnées sur le terrain des clauses
abusives. Inversement, les clauses qui ont trait aux obligations essentielles du
contrat ne seraient pas de nature à créer un déséquilibre significatif.
Si le législateur indique expressément les éléments sur lesquels ne peut porter
l’appréciation du déséquilibre significatif, aucune précision n’est en revanche
donnée sur ce qu’il convient d’entendre positivement par cette notion. Il
convient alors d’en rechercher les critères positifs afin de révéler l’objectif de
l’article 1171 du Code civil.

47
B) L a recherche des critères positifs du déséquilibre significatif,
une mise en exergue de l’objectif de l’article 1171
La notion de déséquilibre significatif ne bénéficie pas de définition positive. Il
La forme de la rédaction de apparaît qu’il s’agit en réalité d’un standard juridique, une sorte de notion-cadre
l’article 1171 est expliquée afin qui permet au juge, sur la base d’éléments factuels, de retenir l’existence d’un
d’en donner l’objectif.
déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties. On peut ainsi
rapprocher le déséquilibre significatif de la notion de disproportion manifeste
Il convient d’expliquer les que l’on retrouve en matière de cautionnement et qui ne fait également l’objet
conséquences de la qualification d’aucune définition légale. Dans un cas comme dans l’autre, le juge adoptera
de standard juridique. une méthode comparative : pour apprécier la disproportion, il s’agira de com-
parer le montant du cautionnement et les ressources de la caution tandis que,
pour apprécier le déséquilibre significatif, le juge procédera à la comparaison
des droits et obligations des parties au contrat d’adhésion.
De l’avis de nombreux auteurs, les éléments d’appréciation tirés des textes spé-
ciaux seront très utiles à l’appréciation du déséquilibre significatif au sens de
l’article 1171 du Code civil. À suivre cette analyse, il conviendra de procéder par
analogie et d’utiliser ainsi les mêmes méthodes et outils d’interprétation qu’en
droit de la consommation ou en droit commercial. Par exemple, le juge pourra se
servir des listes noires et grises des clauses abusives proposées par le Code de la
Il est bien d’illustrer votre devoir consommation. La liste noire contenue à l’article R. 212-1 de ce code mentionne
par des exemples concrets.
les clauses présumées abusives de manière irréfragable et la liste grise de l’ar-
ticle R. 212-2 énonce les clauses qui sont qualifiées d’abusives, sauf à rapporter la
preuve contraire. Le juge pourra aussi interpréter l’article 1171 au regard des cri-
tères d’appréciation du déséquilibre significatif qu’il a lui-même dégagés avant
la réforme du droit des contrats. Ainsi, l’absence de réciprocité dans les droits et
obligations des parties, l’absence de contrepartie ou encore l’octroi d’un avan-
tage injustifié au profit d’un seul contractant ont été des éléments sur lesquels
se sont fondés les juges pour apprécier l’existence d’un déséquilibre significatif.
Certains auteurs, comme le professeur Mekki, sont également favorables à une
Les méthodes d’appréciation
doivent être exposées. appréciation contextualisée de la notion. Selon cette approche, il ne s’agit
pas d’apprécier isolément la clause litigieuse mais plutôt de l’inscrire dans un
contexte plus large, en prenant en compte l’ensemble des clauses contenues
dans le contrat. Cette analyse est d’ailleurs prévue à l’article  L. 212-1, alinéa 2
du Code de la consommation, en vertu duquel « (…) le caractère abusif d’une
clause s’apprécie en se référant, au moment de la conclusion du contrat, à
toutes les circonstances qui entourent sa conclusion, de même qu’à toutes les
autres clauses du contrat ». S’agissant de l’article L. 442-6, I, 2° du Code de com-
merce, si cette approche n’a pas été reprise dans le texte, il n’en demeure pas
moins que la Cour de cassation semble, à propos de cet article, s’être ralliée à
cette analyse globale du contrat en imposant au contractant qui est présumé
tirer profit du déséquilibre de rapporter la preuve que la clause déséquilibrée est
rééquilibrée par une ou plusieurs autres clauses du contrat. En somme, l’équilibre
général du contrat l’emporterait sur l’existence d’une clause qui crée, de façon
isolée, un déséquilibre significatif.
En définitive, l’article  1171 a pour objectif de protéger les parties aux contrats
d’adhésion en assurant un équilibre. En l’absence de définition précise, les droits
spéciaux et la manière dont le juge les applique auront une influence détermi-
nante sur l’interprétation du déséquilibre significatif dans le droit commun du
Soignez votre transition, qui doit contrat. En effet, les règles spéciales ont inspiré les auteurs de la réforme. Leur
faire le lien entre les différentes
parties et sous-parties.
confrontation avec l’article 1171 met toutefois en lumière l’intégration probléma-
tique d’une sanction des clauses abusives dans le Code civil.

48
2 • L ’intégration problématique des clauses abusives
dans le droit commun du contrat
L’exercice est un commentaire
Il existe sans conteste des similitudes entre les textes spéciaux et l’article 1171 du d’article. L’article commenté doit
donc s’inscrire dans un contexte
Code civil. La notion de déséquilibre significatif, incluse dans les règles spéciales global. En d’autres termes,
comme dans le Code civil, fait office de dénominateur commun. Même si cette il ne faut pas se limiter à la lettre
notion semble témoigner d’une forme d’unité entre les dispositions, celles-ci ne de l’article 1171.
sont pas identiques, ce qui rend leur articulation très délicate (A). La difficulté
résulte notamment de l’absence de précision légale claire et explicite sur la
manière d’articuler ces différents textes. En l’état actuel, une application concur-
rente de l’article 1171 du Code civil et des textes spéciaux semble être la solu-
tion la plus opportune, dès lors qu’il n’existe aucune incompatibilité entre ces
dispositions (B).

A) L ’articulation délicate de l’article 1171 du Code civil


avec les textes spéciaux
Les clauses abusives créant un déséquilibre significatif entre les droits et obli-
gations des parties faisaient déjà l’objet de deux textes avant la réforme du
droit des contrats  : l’article  L. 212-1 du Code de la consommation applicable
aux contrats conclus entre professionnels et consommateurs, d’un côté, l’ar- Vous ne pouvez pas étudier l’article
ticle L. 442-6, I, 2° du Code de commerce qui a trait aux pratiques restrictives de 1171 du Code civil sans indiquer les
règles spéciales qui sanctionnent
concurrence, de l’autre. La question de l’articulation de ces deux dispositions les clauses abusives et leurs
était déjà source de plusieurs questionnements. À titre d’exemple, dans un arrêt domaines d’application respectifs.
plutôt récent en date du 25 janvier 2017 (n°  15-23547). Dans cette affaire, la
Chambre commerciale de la Cour de cassation rappelle que l’article L. 442-6,
I, 2° du Code de commerce n’exclut pas, contrairement à l’article L. 212-1 du
Code de la consommation, que le déséquilibre significatif puisse résulter d’une
inadéquation du prix au bien vendu. Si un contrôle du prix est autorisé dans le Il est toujours recommandé de
Code de commerce, il est en revanche prohibé dans le Code de la consomma- s’appuyer sur certaines décisions
de justice pour illustrer les idées
tion. La solution a été saluée, car elle a permis de mettre en lumière les logiques développées.
différentes qui animent ces règles spéciales.
Il convient d’être vigilant,
La question de l’articulation de ces textes spéciaux entre eux s’est aujourd’hui vos développements doivent être
déplacée vers la question de leur articulation avec l’article 1171 du Code civil. impérativement rattachés
Le fait que cet article s’ajoute aux règles spéciales déjà existantes complexifie à l’article 1171 du Code civil.
encore davantage la détermination de leurs domaines d’application respectifs.
En effet, se pose nécessairement la question du texte applicable, notamment
lorsque les conditions d’application de l’article 1171 du Code civil seront réunies
en même temps que celles imposées par le Code de commerce ou par le Code
de la consommation. Ainsi, lorsque le contrat conclu est un contrat d’adhésion
conclu entre deux professionnels dont l’un est dans une situation de dépendance
économique, faut-il appliquer l’article 1171 du Code civil ou l’article L. 442-6-I, 2°
du Code de commerce ? On s’interroge aussi lorsqu’un contrat d’adhésion qui
crée un déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties est
conclu entre un professionnel et un consommateur. Convient-il dans cette hypo-
thèse d’appliquer l’article 1171 du Code civil ou plutôt l’article L. 212-1 du Code
de la consommation ?
Les rapports entre le droit commun et le droit spécial semblent, à première vue,
être régis par l’article  1105 du Code civil, lequel dispose à l’alinéa 3 que les Ce principe général – non
règles générales s’appliquent sous réserve des règles particulières. Ainsi, le prin- spécifique au droit des contrats –
cipe Specialia generalibus derogant paraît résoudre la question de la délicate doit être connu.
articulation entre l’article 1171 du Code civil et les textes spéciaux. Conformé-

49
ment à ce principe, le droit commun serait évincé par le droit spécial toutes les
fois où ce dernier a vocation à s’appliquer. Cette approche a été approuvée
Les documents étudiés en TD par le Sénat lors des discussions sur le projet de loi ratifiant l’ordonnance du
doivent être exploités. 10  février 2016. Ainsi a-t-il affirmé dans son rapport que «  ce dispositif instauré
dans le droit commun des contrats n’a pas vocation à s’appliquer dans les
champs déjà couverts par des droits spéciaux ». Il résulte de cette analyse que
l’article 1171 du Code civil ne s’appliquerait que de façon restrictive, notamment
Il est bien de donner un exemple dans les contrats entre particuliers, comme ceux conclus par l’intermédiaire de
concret, un exemple « parlant ». plates-formes (par exemple Airbnb), dans les rapports mettant en cause un pro-
fessionnel libéral ou encore dans les rapports entre un agent commercial et son
mandant qui échappent à l’article L. 442-6, I, 2° du Code de commerce. Cette
approche consistant à cloisonner les différents textes est jugée dogmatique par
certains auteurs qui sont plutôt favorables à une application concurrente de
l’article 1171 du Code civil et des textes spéciaux.

B) U
 ne application concurrente de l’article 1171 du Code civil
et des textes spéciaux
Les auteurs qui préconisent une application concurrente du droit commun et
du droit spécial se fondent sur le rapport au président de la République portant
À nouveau, les documents étudiés
doivent utilement être exploités. sur l’ordonnance du 10 février 2016 qui énonce, dans ses dispositions liminaires,
Il n’est toutefois pas nécessaire que «  les règles générales posées par l’ordonnance seront notamment écar-
d’apprendre par cœur ces tées lorsqu’il sera impossible de les appliquer simultanément avec certaines
documents. Seule leur substance
peut être restituée. règles (…) résultant d’autres Codes, tels le Code de commerce ou le Code
de la consommation ». Il faut donc comprendre que le droit commun doit être
évincé dès lors qu’une application cumulative des textes conduirait à des solu-
tions antinomiques et inconciliables. Dans cette hypothèse, le principe Specia-
lia generalibus derogant retrouverait toute sa pertinence, la préférence étant
alors donnée à la règle dont le domaine d’application est le plus restreint. Mais,
en dehors de cette hypothèse, il conviendrait de laisser à la personne protégée
le soin de choisir la disposition qui semble la plus protectrice de ses intérêts.
La victime du déséquilibre significatif aurait en quelque sorte un droit d’option
entre le droit commun et le droit spécial.
Ainsi, lorsque le contrat litigieux sera un contrat conclu entre un professionnel
et un consommateur, ce dernier se réfugiera sans aucun doute derrière les dis-
positions du Code de la consommation qui autorisent, à la différence du droit
La question de la preuve est
majeure en droit. Elle a donc commun, les actions collectives et qui dressent des listes de clauses réputées
une influence qui doit être ou présumées abusives. Ces listes de clauses facilitent la preuve du déséquilibre
appréhendée. significatif et incitent les consommateurs à dénoncer les abus dont ils ont été
victimes.
Dans les rapports entre professionnels, l’article  L. 442-6-I, 2° du Code de com-
merce a un champ d’application plus large que celui du droit commun. À la
différence du droit commun, la règle édictée dans le Code de commerce ne
distingue pas selon que l’on est en présence ou non d’un contrat d’adhésion.
Elle s’applique à n’importe quel contrat, dès lors que les parties sont des par-
tenaires commerciaux. Toutefois, dans l’hypothèse où les articles 1171 du Code
civil et 442-6-I, 2° du Code de commerce ne sont pas exclusifs l’un de l’autre, il y
a lieu de décider que les parties jouissent d’un droit d’option.

50
Malgré son champ d’application restreint, il y aurait un véritable intérêt à privilé- À nouveau, il ne faut pas perdre
de vue que l’article 1171 est
gier l’application de l’article 1171 du Code civil. En effet, l’article L. 442-6-I, 2° du à commenter.
Code de commerce impose le recours à des juridictions spécialisées. Les par-
ties qui souhaiteraient se soustraire à cette compétence particulière pourraient
saisir un autre juge sur le fondement de l’article 1171 du Code civil.
En outre, la sanction de la clause abusive n’est pas la même. Là se situe le véri- Il ne faut pas se contenter d’être
descriptif. Les enjeux, objectifs
table enjeu du choix entre le droit commun et le droit spécial. L’article L. 442-6-I, doivent être mis en avant.
2° du Code de commerce n’évoque que la responsabilité et la réparation du Cela permet de délivrer une
préjudice résultant du déséquilibre significatif. La jurisprudence admet égale- véritable réflexion sur la disposition.
Cette réflexion est attendue par
ment que les victimes se fondant sur la règle édictée par le Code de commerce le correcteur.
puissent agir en nullité du contrat (Cass. com., 11 sept. 2012, n° 11-17458). L’ar-
ticle  1171 du Code civil ne prévoit pas de telles sanctions, seule la sanction
du réputé non écrit étant expressément mentionnée. Le texte applicable sera
donc fonction de la sanction souhaitée par la victime, qui pourra invoquer l’ar-
ticle 1171 du Code civil pour obtenir la suppression de la clause porteuse du
déséquilibre significatif, sanction qui n’est de surcroît enfermée dans aucun
délai de prescription. Pour conclure, il semblait opportun
Mais le juge sera-t-il enclin à autoriser la victime du déséquilibre significatif à de rappeler que l’application
concurrente de l’article 1171 du
choisir le texte applicable ? Telle est la véritable question qui se pose aujourd’hui Code civil et des règles spéciales
et à laquelle nul ne peut répondre avec certitude. Car, à l’instar de nombreuses n’est pour l’instant qu’une
autres dispositions introduites par la réforme du droit des contrats, l’article 1171 proposition doctrinale et que seule
la jurisprudence sera en mesure
du Code civil devra être étudié à la lumière de la jurisprudence qui, elle seule, de nous éclairer véritablement
déterminera sa place dans le dispositif de lutte contre les clauses abusives. sur ce point.

51
Votre PROGRAMME de droit

ANNALES 2 0 1 9
des obligations L2 traité à travers les
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rencontrées en TD et lors de l’EXAMEN
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CORRIGÉES ET COMMENTÉES
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FINAL (dissertation, commentaire d’arrêt,
cas pratique, QRC et QCM).
2019
, il est primordial

Marie-Cécile Lasserre
Dans l’introduction
du sujet.
de définir les termes
donc donner
consi- Vous deviez
contractus, est aussi t du la définition de l’excep
tion
ptio non adimpleti emen
xécution, ou l’exce e ou à l’anéantiss d’inexécution.
L’exception d’ine à l’exécution forcé

Sophie Druffin-Bricca
cu-
voie alternative de refuser d’exé
dérée comme une un contractant
, ce méca nisme permet à sienn e. L’exc eptio n d’inexécu-
fruste
contrat. Plus n’exécute pas la atique de
si l’autre partie contrat synallagm
que
Dissertation juridi
ter son obligation ue partie à un de son
le droit pour chaq obtenu de la part

Diane Boustani
tion confère ainsi qu’elle n’a pas
Sujet 9 son obligation tant ou d’ar-
fiée de primitive
s’abstenir d’exécuter ation qui lui est due. Souvent quali d’un juge, l’excep-

LICENCE 2
la prest n préal able
cocontractant ne suppose pas l’inter
ventio
. La partie victim
e
ce qu’el le loi du Talion
sujet suivant : chaïque, en cation de la le même

Delphine Lanzara
Vous traiterez le un rem ède n’est qu’une appli , faisant ainsi subir
exécution est-elle tion d’inexécution cuter sa prestation les
n se dispense d’exé car il repose sur
Durée de l’épreuve :
« L’exception d’in ?» d’une inexécutio moyen de justic
e privée est licite,
orts contractuels
ution du contrat
3 heures ntrac tant. Ce erner les rapp
sort à son coco
efficace à l’inexéc
qui doivent gouv e où les obliga-
té et de bonne foi at synallagmatiqu
Aucun document devoirs de loyau cadre d’un contr sauf à méconnaît
re
En effet, dans le s, une partie ne peut,
n’est autorisé entre les parties. ution
s et interdépendante cocontractant l’exéc Ce
tions sont réciproque té et de bonne foi, exiger de son e engagement.
de loyau ré son propr
les principes même qu’elle n’a
pas hono e donnée, ont été
ation alors ct de la parol
de son oblig hés au respe servanda
Boustani) canonistes qui, attac ge frangenti fidem non est fides
sont d’ailleurs les
CORRECTEUR (D. nisme à travers l’ada ne la tient pas).
OBSERVATIONS DU à l’origine du méca qui
traité comme une parole envers celui pas sa
question doit être (on n’a pas à tenir en n’exécutant
sous la forme d’une effi cacit é redoutable. Car, coco ntrac-
- Le sujet posé est doté d’une on contraint son
ique. ère à Le mécanisme e de l’inexécuti lysie momentan
ée du
dissertation class construits de mani , le créancier victim e fin à cette para
doive nt être propre prestation pour mettr suspe ndu
tique et votre plan . son obligation rompu mais seule
ment
- Votre probléma posée dans le sujet tant à exécuter l n’est pas ation . L’effet
nt à la question le lien contractue finalement sa prest
répondre préciséme et d’ac tualité. contrat. En effet, défaillant exécute du

LICENCE 2
t d’un sujet de réfl
exion
le cocontractant . Les rédacteurs
est double : il s’agi jusqu’à ce que de l’effi cacit é du mécanisme repré sente r
- L’intérêt du sujet e du at témoigne ion que pouvait

DROIT DES
ective avec la réform suspensif du contr moyen de press
être mis en persp avaient perçu le mais ne l’avaient
- Ce sujet doit
nécessairement Code civil de 1804 rd du contr actant défaillant, iaux. Dans
xécution à l’éga ant certains contr
ats spéc
droit des contrats. être souligné. l’exception d’ine épar s régiss civil que « le
des contrats doit des textes 12 du Code
du droit consacré que dans prévu à l’article 16 pas le prix (…) »,
- L’apport de la
réform e par exemple, il est eteur n’en paye
le contrat de vente la chose si l’ach reconnaissance
tenu de délivrer i d’autres de la
vendeur n’est pas illustration parm lui a
n’étant qu’une jurisprudence qui
adage cette disposition contrats. C’est la s diverses
part à la fois, ce vieil xécution en droit des
que ces disposition
». Partout et nulle générale de l’exception d’ine en considérant géné-
justice à soi-même  contient une règle plus importante de portée plus
« Nul ne peut se faire du droit français te conféré une place ns d’un mécanisme ats,
par aucun texte e, à porter attein que des appli catio e du droit des contr
qui n’est proclamé renon cer à la vengeance privé rchie , la n’étaient en réalité r 2016 portant réform ateur a pris acte de
citoyen doit d’ana nnance du 10 févrie

OBLIGATIONS
où l’exception
selon laquelle tout Associée à l’idée rale. Avec l’ordo s, le législ
Dans la mesure n de la justice. ment des différe
nds, e des obligation commun l’exce
ption
d’inexécution est
considérée
sans l’interventio arbitraire de règle ral et de la preuv acrant en droit
de justice privée, au droit d’autrui e un mode le. Ainsi, en du régime géné tielle en cons se ainsi de
comme un moyen perçue comm e et la paix socia ion jurispruden la réforme dispo
il était possible, à
titre d’accroche, justice privée est à préserver l’ordr e cause, cette appréciat civil introduit par même
mots sur l’adage uissance de l’État partie de sa propr le 1219 du Code son obligation, alors
de dire quelques traduisant l’imp ble d’être juge et d’inexécution. L’artic refuser d’exécuter si cette inexécutio
n Ici, réside le premie
r intérêt
« Nul ne peut se
faire justice à soi- e, il n’est pas possi autorité pour faire
valoir qu’« une partie peut pas la sienne et
ration
du sujet : la conséc cution
façon générale

DROIT DES OBLIGATIONS


les étudiants en vertu de cet adag ention d’une tierce u’il s’agit, pré- exigible, si l’autr
e n’exé cute nue depu is la
même », que tous la nécessaire interv cette règle lorsq que celle-ci est n d’inexécution
est donc deve de l’exception d’inexé du contrat.
droit connaissent. de s’affranchir de nt fait référe nce à
évidemment grave  ». L’exceptio at. Mais le législateur dans le droit comm
un

et protéger ses
droits. Il est souve y sont appo rtées. On songe est suffisamment entiè re de l’inex écution du contr
e dan s le Code
s qui prend tion à part el articl
lyser les dérogation pénal. Le législateur réforme une sanc en intégrant un nouv elée laisse penser
cisément, d’ana nécessité en droit est vic- là. Il a aussi innov é
d’inexécu tion (app é du sujet
se ou à l’état de
L’intitul
cé, lorsqu’une partie
inexécution
à la légitime défen ne s’est pas arrêté l’exce ption pour risque déso rmais seule l’exception d’
le principe énon obligation née du qui cons acre puisqu’elle perm
et que
Or, il était
ines libertés avec inexécution de son civil, l’article  1220, n est importante ipation, de sera ici étudiée.
également certa er le timoris). L’innovatio prestation par antic
uer
de son cocontractant d’une sition pour contrecarr aussi l’exceptio r d’exécuter sa ible. indispensable d’évoq
e partie est prévis
la part sa dispo cution
time de sont mis à nécessitent contrat de refuse contrat par l’autr
l’exception d’inexé la réforme
moyens d’action des remèdes qui à une partie au on du cacit é du ée, introduite par
contrat. Plusieurs obligation. À côté contrat, lorsque l’inex écuti testablem ent l’effi anticip
une variante
débiteur à son la résolution du façon préventive, ipée renforce incon et s’analysant en
manquement du ution forcée ou e par le créan- d’inexécution antic de l’exception d’inexé
cution.
n d’un juge, à l’instar de l’exéc mises en œuvr Cette exception Ici, se situe le second
intérêt du
l’interventio e peuvent être tion uni- mécanisme.
dites de justice privé
tion
tion ou la résolu montrer que l’excep
d’autres mesures at. Le droit de réten
sujet :
ée constitue
inexécution du contr mesures. d’inexécution anticip l’inexécution
nde catégorie de
cier victime d’une partie de cette seco

un nouveau remèd
at font notamment prévisible du contra
t.
latérale du contr
69

68

Dont un dossier de Dissertations


3 COPIES RÉELLES
(notées 5, 10 et 15/20) sont reproduites
Des COMMENTAIRES et des
CONSEILS sont placés en marge
de tous les corrigés pour comprendre
32 SUJETS 3 COPIES RÉELLES
D’ÉTUDIANTS
Commentaires d’arrêt
Cas pratiques
et commentées dans le dossier. leurs points forts et leurs points faibles.

a ve c d e s c o n s e i l s d e m é t h o d o l o g i e

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ISBN 978-2-297-06842-0
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