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Votre PROGRAMME de droit

ANNALES 2 0 1 9
des obligations L2 traité à travers les
DIFFÉRENTES ÉPREUVES
rencontrées en TD et lors de l’EXAMEN
Les CORRIGÉS sont CONFORMES
aux attentes de votre professeur et à ce que ANNALES

CORRIGÉES ET COMMENTÉES
vous pouvez réaliser dans le temps imparti. CORRIGÉES ET COMMENTÉES
FINAL (dissertation, commentaire d’arrêt,
cas pratique, QRC et QCM).
2019
, il est primordial

Marie-Cécile Lasserre
Dans l’introduction
du sujet.
de définir les termes
donc donner
consi- Vous deviez
contractus, est aussi t du la définition de l’excep
tion
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L’exception d’ine à l’exécution forcé

Sophie Druffin-Bricca
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voie alternative de refuser d’exé
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, ce méca nisme permet à sienn e. L’exc eptio n d’inexécu-
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Dissertation juridi
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Diane Boustani
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Sujet 9 son obligation tant ou d’ar-
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LICENCE 2
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sujet suivant : chaïque, en cation de la le même

Delphine Lanzara
Vous traiterez le un rem ède n’est qu’une appli , faisant ainsi subir
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n se dispense d’exé car il repose sur
Durée de l’épreuve :
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LICENCE 2
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DROIT DES
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part à la fois, ce vieil xécution en droit des
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OBLIGATIONS
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Dans la mesure n de la justice. ment des différe
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il était possible, à
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n Ici, réside le premie
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faire justice à soi- e, il n’est pas possi autorité pour faire
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du sujet : la conséc cution
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DROIT DES OBLIGATIONS


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un nouveau remèd
at font notamment prévisible du contra
t.
latérale du contr
69

68

Dont un dossier de Dissertations


3 COPIES RÉELLES
(notées 5, 10 et 15/20) sont reproduites
Des COMMENTAIRES et des
CONSEILS sont placés en marge
de tous les corrigés pour comprendre
32 SUJETS 3 COPIES RÉELLES
D’ÉTUDIANTS
Commentaires d’arrêt
Cas pratiques
et commentées dans le dossier. leurs points forts et leurs points faibles.

a ve c d e s c o n s e i l s d e m é t h o d o l o g i e

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ISBN 978-2-297-06842-0
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Sujet 9 Dissertation juridique
Durée de l’épreuve : Vous traiterez le sujet suivant :
3 heures « L’exception d’inexécution est-elle un remède
Aucun document
n’est autorisé
efficace à l’inexécution du contrat ? »

OBSERVATIONS DU CORRECTEUR (D. Boustani)

- Le sujet posé sous la forme d’une question doit être traité comme une
dissertation classique.
- Votre problématique et votre plan doivent être construits de manière à
répondre précisément à la question posée dans le sujet.
- L’intérêt du sujet est double : il s’agit d’un sujet de réflexion et d’actualité.
- Ce sujet doit nécessairement être mis en perspective avec la réforme du
droit des contrats.
- L’apport de la réforme du droit des contrats doit être souligné.

« Nul ne peut se faire justice à soi-même ». Partout et nulle part à la fois, ce vieil adage
Dans la mesure où l’exception qui n’est proclamé par aucun texte du droit français contient une règle générale
d’inexécution est considérée selon laquelle tout citoyen doit renoncer à la vengeance privée, à porter atteinte
comme un moyen de justice privée,
il était possible, à titre d’accroche, au droit d’autrui sans l’intervention de la justice. Associée à l’idée d’anarchie, la
de dire quelques mots sur l’adage justice privée est perçue comme un mode arbitraire de règlement des différends,
« Nul ne peut se faire justice à soi- traduisant l’impuissance de l’État à préserver l’ordre et la paix sociale. Ainsi, en
même », que tous les étudiants en
droit connaissent. vertu de cet adage, il n’est pas possible d’être juge et partie de sa propre cause,
de s’affranchir de la nécessaire intervention d’une tierce autorité pour faire valoir
et protéger ses droits. Il est souvent fait référence à cette règle lorsqu’il s’agit, pré-
cisément, d’analyser les dérogations qui y sont apportées. On songe évidemment
à la légitime défense ou à l’état de nécessité en droit pénal. Le législateur prend
également certaines libertés avec le principe énoncé, lorsqu’une partie est vic-
time de la part de son cocontractant d’une inexécution de son obligation née du
contrat. Plusieurs moyens d’action sont mis à sa disposition pour contrecarrer le
manquement du débiteur à son obligation. À côté des remèdes qui nécessitent
l’intervention d’un juge, à l’instar de l’exécution forcée ou la résolution du contrat,
d’autres mesures dites de justice privée peuvent être mises en œuvre par le créan-
cier victime d’une inexécution du contrat. Le droit de rétention ou la résolution uni-
latérale du contrat font notamment partie de cette seconde catégorie de mesures.

68
Dans l’introduction, il est primordial
de définir les termes du sujet.
L’exception d’inexécution, ou l’exceptio non adimpleti contractus, est aussi consi- Vous deviez donc donner
dérée comme une voie alternative à l’exécution forcée ou à l’anéantissement du la définition de l’exception
contrat. Plus fruste, ce mécanisme permet à un contractant de refuser d’exécu- d’inexécution.
ter son obligation si l’autre partie n’exécute pas la sienne. L’exception d’inexécu-
tion confère ainsi le droit pour chaque partie à un contrat synallagmatique de
s’abstenir d’exécuter son obligation tant qu’elle n’a pas obtenu de la part de son
cocontractant la prestation qui lui est due. Souvent qualifiée de primitive ou d’ar-
chaïque, en ce qu’elle ne suppose pas l’intervention préalable d’un juge, l’excep-
tion d’inexécution n’est qu’une application de la loi du Talion. La partie victime
d’une inexécution se dispense d’exécuter sa prestation, faisant ainsi subir le même
sort à son cocontractant. Ce moyen de justice privée est licite, car il repose sur les
devoirs de loyauté et de bonne foi qui doivent gouverner les rapports contractuels
entre les parties. En effet, dans le cadre d’un contrat synallagmatique où les obliga-
tions sont réciproques et interdépendantes, une partie ne peut, sauf à méconnaître
les principes de loyauté et de bonne foi, exiger de son cocontractant l’exécution
de son obligation alors même qu’elle n’a pas honoré son propre engagement. Ce
sont d’ailleurs les canonistes qui, attachés au respect de la parole donnée, ont été
à l’origine du mécanisme à travers l’adage frangenti fidem non est fides servanda
(on n’a pas à tenir parole envers celui qui ne la tient pas).
Le mécanisme est doté d’une efficacité redoutable. Car, en n’exécutant pas sa
propre prestation, le créancier victime de l’inexécution contraint son cocontrac-
tant à exécuter son obligation pour mettre fin à cette paralysie momentanée du
contrat. En effet, le lien contractuel n’est pas rompu mais seulement suspendu
jusqu’à ce que le cocontractant défaillant exécute finalement sa prestation. L’effet
suspensif du contrat témoigne de l’efficacité du mécanisme. Les rédacteurs du
Code civil de 1804 avaient perçu le moyen de pression que pouvait représenter
l’exception d’inexécution à l’égard du contractant défaillant, mais ne l’avaient
consacré que dans des textes épars régissant certains contrats spéciaux. Dans
le contrat de vente par exemple, il est prévu à l’article 1612 du Code civil que « le
vendeur n’est pas tenu de délivrer la chose si l’acheteur n’en paye pas le prix (…) »,
cette disposition n’étant qu’une illustration parmi d’autres de la reconnaissance
de l’exception d’inexécution en droit des contrats. C’est la jurisprudence qui lui a
conféré une place plus importante en considérant que ces dispositions diverses
n’étaient en réalité que des applications d’un mécanisme de portée plus géné-
rale. Avec l’ordonnance du 10 février 2016 portant réforme du droit des contrats,
du régime général et de la preuve des obligations, le législateur a pris acte de
cette appréciation jurisprudentielle en consacrant en droit commun l’exception
d’inexécution. L’article 1219 du Code civil introduit par la réforme dispose ainsi de
façon générale qu’« une partie peut refuser d’exécuter son obligation, alors même
que celle-ci est exigible, si l’autre n’exécute pas la sienne et si cette inexécution Ici, réside le premier intérêt
est suffisamment grave  ». L’exception d’inexécution est donc devenue depuis la du sujet : la consécration
réforme une sanction à part entière de l’inexécution du contrat. Mais le législateur de l’exception d’inexécution
dans le droit commun du contrat.
ne s’est pas arrêté là. Il a aussi innové en intégrant un nouvel article dans le Code
civil, l’article  1220, qui consacre l’exception pour risque d’inexécution (appelée
L’intitulé du sujet laisse penser
aussi l’exceptio timoris). L’innovation est importante puisqu’elle permet désormais que seule l’exception d’inexécution
à une partie au contrat de refuser d’exécuter sa prestation par anticipation, de sera ici étudiée. Or, il était
façon préventive, lorsque l’inexécution du contrat par l’autre partie est prévisible. indispensable d’évoquer
l’exception d’inexécution
Cette exception d’inexécution anticipée renforce incontestablement l’efficacité du
anticipée, introduite par la réforme
mécanisme. et s’analysant en une variante
de l’exception d’inexécution.
Ici, se situe le second intérêt du
sujet : montrer que l’exception
d’inexécution anticipée constitue
un nouveau remède à l’inexécution
prévisible du contrat.

69
Le sujet est posé sous la forme Toutefois, l’exception d’inexécution n’est pas exempte de critiques. Les dangers
d’une question. Dès lors, la réponse pour l’excipiens sont nombreux justement parce qu’il met en œuvre une mesure
que vous allez apporter au sujet de justice privée qui ne nécessite pas l’intervention préalable d’un juge. Le contrôle
déterminera votre problématique et
votre plan. En l’occurrence, il était de l’opportunité de la mesure ne se fait qu’a posteriori, une fois que le créancier
difficile de répondre de manière l’a mise en œuvre. Or, il peut arriver que celui-ci, pensant être dans son bon droit,
tranchée à la question posée oppose l’exception d’inexécution à son cocontractant alors que les conditions
dans le sujet. Seule une réponse
nuancée permettait d’analyser
d’application ne sont pas réunies. Le risque d’une mise en œuvre illégitime de l’ex-
l’efficacité, mais aussi les faiblesses ception d’inexécution marque, entre autres, la faiblesse du mécanisme. Au regard
du mécanisme. de tous ces éléments, il apparaît difficile de répondre par l’affirmative ou par la
négative à la question posée dans le sujet sans y apporter des nuances. Si l’effica-
cité de l’exception d’inexécution découle de son effet principal, à savoir suspendre
le contrat tant que le contractant défaillant n’exécute pas sa prestation (1), il n’en
demeure pas moins que l’excipiens encourt certains risques inhérents à la mise en
œuvre d’une mesure de justice privée (2).

1 • L ’efficacité de l’exception d’inexécution tenant à l’effet


suspensif du contrat

L’exception d’inexécution est, pour reprendre les mots du Professeur Bénabent, « une
sorte de légitime défense contractuelle ». C’est d’ailleurs ce qui explique l’efficacité
Avant d’annoncer vos deux sous-
parties, prenez le soin d’expliquer le du mécanisme. Parce qu’il s’agit d’un moyen de justice privée qui ne requiert pas
choix de cette subdivision. l’intervention d’un juge, l’exception d’inexécution diffère des autres sanctions de
l’inexécution du contrat. Son efficacité découle aussi du fait que plusieurs fonc-
tions sont attribuées au mécanisme. En n’exécutant pas sa prestation, le créancier
victime de l’inexécution du contrat poursuit en effet deux finalités différentes, que
seule la suspension du contrat permet de réaliser. La mise en œuvre d’une mesure
de justice privée (A) et le double objectif assigné à l’exception d’inexécution (B)
témoignent donc de l’efficacité de ce mécanisme.

A) L’exception d’inexécution, un mécanisme souple dans sa mise en œuvre

L’exception d’inexécution est très simple à mettre en œuvre. La souplesse et la


rapidité caractérisent le mécanisme et fondent son originalité. L’exception d’inexé-
cution est un moyen de défense, une riposte à une demande d’exécution ou à une
action en résolution qui serait engagée par le cocontractant qui n’a pas exécuté
son obligation. Elle est dépourvue de toute contrainte juridique dans sa mise en
œuvre. Aucune exigence procédurale n’est requise pour opposer le mécanisme
au partenaire défaillant. L’excipiens n’a pas à accomplir une formalité préalable
ou à former une demande en justice. Le juge n’a pas à donner son autorisation
en amont et n’intervient pas dans la mise en œuvre de l’exception d’inexécution.
On constate aisément les différences substantielles qui existent entre l’exception
d’inexécution et les sanctions de l’inexécution du contrat qui ne sont pronon-
La jurisprudence étudiée en cours cées que par un juge, telles que la résolution du contrat ou l’exécution forcée. La
et/ou en TD doit utilement être
Cour de cassation a d’ailleurs mis en évidence ces différences en affirmant que le
restituée.
créancier victime de l’inexécution du contrat dispose d’un véritable choix « entre la
contestation judiciaire et l’exercice à ses risques et périls de l’exception d’inexécu-
tion qui ne représente qu’un refus provisoire d’exécuter » (Cass. 1re civ., 5 mars 1974).
Dans le même sens, l’excipiens n’est pas tenu d’adresser à l’autre partie une mise
en demeure. La mise en demeure est une formalité préalable au prononcé de
toute sanction contre le débiteur. Or, comme il a été indiqué précédemment, la
mise en œuvre de l’exception d’inexécution n’impose pas de diligenter une action

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en justice contre le débiteur défaillant. Il en résulte fort logiquement que l’excipiens
est dispensé d’avoir à respecter la condition préalable à l’action en justice. La mise
en demeure n’est donc pas une condition d’exercice de l’exception d’inexécution.
Les auteurs s’accordent toutefois pour montrer l’intérêt d’une mise en demeure
même si cette dernière n’est pas érigée en condition préalable à la mise en œuvre
de l’exception d’inexécution. En effet, dans certains arrêts, on a pu noter que le
défaut de mise en demeure a été reproché à l’excipiens, précisément lorsqu’il est
défendeur à une action en exécution ou en résolution du contrat menée par le
débiteur défaillant. Il a ainsi été jugé que l’excipiens, faute de mise en demeure
préalable, ne rapportait pas la preuve de l’inexécution du contrat par l’autre par-
tie. En ce sens, la Cour de cassation a approuvé les juges du fond d’avoir rejeté Il ne faut pas oublier que
l’exception d’inexécution lorsque l’excipiens « ne rapportait pas la preuve, à défaut l’exception d’inexécution existait
de mise en demeure préalable, que l’autre partie aurait été dans l’incapacité de déjà avant la réforme du droit des
contrats à travers la jurisprudence
continuer à prodiguer des conseils qui lui avaient été demandés  » (Cass. com., qui avait dressé les contours du
20 mai 2008, n° 07-13716). Par souci de précaution, l’excipiens qui veut démontrer mécanisme. Le sujet implique donc
sa bonne foi dans la mise en œuvre de l’exception d’inexécution aura tout intérêt de préciser la manière dont le juge
l’a appliqué et interprété.
à adresser préalablement une mise en demeure à son partenaire.
L’ordonnance du 10 février 2016 portant réforme du droit des contrats, du régime
général et de la preuve des obligations a confirmé l’absence de condition procé-
durale à la mise en œuvre de l’exception d’inexécution. Aucune mise en demeure,
aucune forme particulière n’est imposée par le nouvel article 1219 du Code civil.
La souplesse et la rapidité continuent ainsi de caractériser le mécanisme. Notons
d’ores et déjà, même si nous y reviendrons plus tard, que la réforme a innové en pré-
cisant à l’article 1220 que l’exception pour risque d’inexécution doit en revanche
« être notifiée dans les meilleurs délais » à l’autre partie. Cette formalité est requise
lorsque le créancier entend anticiper une inexécution à venir de la part de son
débiteur. L’excipiens, qui craint une inexécution à l’échéance du contrat, avertit
ainsi son cocontractant qu’il refuse de manière préventive d’exécuter son obliga-
tion. Toutefois, il ne faut pas exagérer la portée de cette innovation. En effet, s’il doit Contrairement à ce qui est prévu
en matière de résolution unilatérale,
informer rapidement l’autre partie, l’excipiens n’a pas, en revanche, à motiver sa le créancier n’est pas tenu ici
décision. La réforme n’a donc pas altéré la simplicité de mise en œuvre de l’excep- de préciser les raisons qui l’ont
tion d’inexécution, que l’inexécution soit avérée ou prévisible. Elle est sans conteste poussé à recourir à ce mécanisme
préventif.
un gage d’efficacité de l’exception d’inexécution. Le double objectif que permet
de réaliser la suspension du contrat participe de la même manière à l’efficacité du
mécanisme.

B) L’exception d’inexécution, un mécanisme à l’objectif double

Par le jeu de l’exception d’inexécution, l’excipiens poursuit un double but. Tout


d’abord, l’exception d’inexécution permet de faire pression sur le débiteur défail-
lant. En privant celui-ci de la prestation qui lui est due, l’excipiens l’incite à s’exé-
cuter. L’exception d’inexécution produit donc un effet coercitif, le débiteur étant
contraint d’exécuter sa prestation pour mettre fin à cette suspension momentanée
du contrat. Seule l’exécution de son obligation lui permet d’obtenir la contre-pres-
tation attendue du contrat.
Ensuite, l’exception d’inexécution s’analyse en une garantie au profit du créancier
victime de l’inexécution du contrat. En n’exécutant pas sa prestation, ce dernier se
prémunit contre le risque de voir sa situation se dégrader. En effet, s’il décidait de
s’exécuter, l’excipiens risquerait, non seulement d’être privé de toute contrepartie,
mais également de perdre ce qu’il a fourni à son débiteur. L’exécution d’inexécu-
tion est donc un mécanisme de garantie qui préserve les intérêts du créancier qui
subit l’inexécution du contrat de la part de son débiteur.

71
Cette finalité s’est renforcée avec l’introduction en droit français de l’exception
pour risque d’inexécution. Ce mécanisme mis en place de façon préventive vise
à sécuriser les intérêts du cocontractant qui sera certainement confronté à une
défaillance de son débiteur. En effet, avant la réforme, seule une inexécution avérée
du contrat, autrement dit l’inexécution d’une obligation déjà exigible, autorisait le
jeu de l’exception d’inexécution. Désormais, l’article 1220 du Code civil consacre
Prenons l’exemple d’une entreprise la possibilité pour une partie à un contrat synallagmatique de refuser d’exécuter
A qui entretient des relations
d’affaires avec l’entreprise B. sa prestation dès lors qu’il est manifeste que son partenaire ne sera pas en mesure
Si l’entreprise A connaît des de s’exécuter à l’échéance. En mettant en œuvre l’exception d’inexécution par
difficultés financières, l’entreprise B anticipation, l’excipiens se protège des conséquences graves que l’inexécution
risque de se retrouver elle-même
en difficulté si elle exécute sa
du contrat va lui causer. L’effet de garantie de l’exception d’inexécution se trouve
prestation alors qu’il est manifeste donc renforcé avec l’introduction de l’exception d’inexécution anticipée.
que l’entreprise A ne pourra pas
s’exécuter à l’échéance. Malgré son indéniable efficacité, l’exception d’inexécution comporte certains
risques inhérents à la mise en œuvre d’une mesure de justice privée.

2 • L es risques inhérents à la mise en œuvre d’une mesure


de justice privée

L’exercice d’une mesure de justice privée est source de dangers pour le créancier.
Le fait que l’exception d’inexécution ne soit pas conditionnée à l’intervention préa-
Avant d’annoncer votre A et votre lable d’un juge engendre en effet certains risques, notamment celui de mettre en
B, il était utile pour comprendre
l’articulation de vos idées œuvre la mesure alors que les conditions de fond ne sont pas réunies. En outre, la
d’expliquer succinctement les deux suspension du contrat peut ne pas produire les effets attendus, le débiteur défail-
limites à l’efficacité de l’exception lant s’obstinant à ne pas fournir la prestation à son créancier. On voit alors les
d’inexécution.
limites à la mise en œuvre d’une mesure de justice privée, puisque, dans ce cas
de figure, le créancier n’aura d’autre choix que de saisir le juge pour contraindre
le débiteur à l’exécution de son obligation. Le risque d’une mise en œuvre illégi-
time de l’exception d’inexécution (A) couplé au risque d’une suspension vaine du
contrat (B) illustrent les écueils de l’exception d’inexécution.

A) Le risque d’une mise en œuvre illégitime de l’exception d’inexécution

La suspension du contrat est décidée de façon unilatérale, par le seul créancier


victime de l’inexécution du contrat qui agit en réaction à une défaillance avérée
ou prévisible du débiteur. Il peut arriver que le créancier, guidé par son instinct et
pensant être dans son bon droit, méconnaisse en réalité les conditions de fond de
l’exception d’inexécution. C’est la raison pour laquelle le créancier doit faire preuve
de prudence lorsqu’il prend l’initiative de suspendre l’exécution de son obligation.
En effet, comme il agit sans l’autorisation du juge, le créancier exerce l’exception
d’inexécution à ses risques et périls. Si le juge considère a posteriori que l’exer-
cice de cette mesure s’est réalisé à tort ou de façon excessive, l’excipiens pourra
être sanctionné. Les sanctions qui peuvent être prononcées contre lui sont celles
attachées à l’inexécution des obligations, à savoir l’exécution forcée ou la résolu-
tion du contrat ainsi qu’une condamnation à des dommages-intérêts. En d’autres
termes, l’exception d’inexécution est un remède efficace à l’inexécution du contrat
si, et seulement si, elle répond aux conditions qu’impose la mise en œuvre d’un tel
mécanisme. Il s’agit donc d’une mesure de justice privée qui n’en demeure pas
moins encadrée par le droit.
Deux critères semblent avoir été mis en lumière par la jurisprudence pour contrôler
la légitimité de la riposte opérée par le créancier. Ces deux critères ressortent des
nombreux arrêts rendus par la Cour de cassation qui a sanctionné à plusieurs
reprises l’absence de légitimité de l’exception d’inexécution.

72
D’une part, les obligations réciproques des parties doivent présenter entre elles un
lien de connexité. Autrement dit, leurs obligations doivent être interdépendantes.
Cette exigence permet d’éviter que l’excipiens mette en œuvre une mesure com-
minatoire alors que l’obligation qu’il refuse d’exécuter est sans lien avec l’obliga-
tion inexécutée par l’autre partie. Il a été jugé, par exemple, que le défaut de paie-
ment complet du prix ne dispensait pas le vendeur de son obligation de garantie
contre les vices cachés (Cass. com., 28 mai 1991, n° 89-14716). Aussi la Cour de
cassation a-t-elle considéré que le locataire ne pouvait refuser de payer le loyer Point méthodo : le correcteur
lorsque le bailleur a manqué à son obligation d’entretien, seule la jouissance pai- appréciera votre qualité
rédactionnelle. Très souvent, les
sible du lieu étant en lien d’interdépendance avec le loyer (Cass. 3e civ., 2 déc. étudiants oublient le « d’autre part »
2014, n° 13-22609). après avoir énoncé le « d’une part »
ou inversement. Soyez rigoureux sur
D’autre part, les tribunaux attachent une grande importance au caractère pro- la manière d’articuler vos idées.
Ces erreurs combinées à des fautes
portionné de la mesure mise en place. La riposte ne doit pas être excessive, elle
d’orthographe donnent
doit être mesurée, nécessairement proportionnée à la défaillance du débiteur. Le une mauvaise impression de
contrôle de l’exigence de proportionnalité entre le manquement du débiteur et la copie, même si celle-ci contient
sur le fond des développements
l’exception d’inexécution relève du pouvoir souverain d’appréciation des juges intéressants.
du fond qui déterminent au regard des éléments dont ils disposent « si l’inexécu-
tion de ses obligations par l’une des parties à un contrôle synallagmatique est
de nature à affranchir l’autre de ses obligations corrélatives » (Cass. com., 25 oct.
1977, n°  73-13220). Par exemple, la mise en œuvre de l’exception d’inexécution
a été jugée disproportionnée dès lors qu’elle met en péril la sécurité ou l’activité
professionnelle du débiteur. En ce sens, la troisième chambre civile de la Cour de
cassation a estimé que le défaut de paiement d’un loyer ne justifiait pas le refus
du bailleur d’accomplir les travaux indispensables à la sécurité des occupants de
l’immeuble (Cass. 3e civ., 15 nov. 1972, n° 70-13748). Le parallèle entre la jurisprudence
et la lettre de l’article 1219 est ici
Le contrôle du juge se fera sous un éclairage nouveau au regard des innovations intéressant. On constate que la
introduites par la réforme du 10 février 2016. En effet, l’article  1219 du Code civil réforme, en consacrant l’exception
d’inexécution, consolide un acquis
ne mentionne ni le caractère corrélatif des obligations des parties ni le caractère jurisprudentiel. Mais, dans le même
proportionné de la riposte. Les critères dégagés par la jurisprudence ne semblent temps, le législateur s’affranchit
pas avoir été repris par le législateur. Au regard de la formulation du texte, une seule de l’interprétation jurisprudentielle
de l’exception d’inexécution
condition est exigée, que l’inexécution du contrat soit suffisamment grave pour en posant de nouveaux outils
justifier la mise en œuvre de l’exception d’inexécution. Il s’agira vraisemblablement de contrôle de la légitimité
pour le juge de vérifier la gravité du manquement commis par le débiteur, sans de la mesure.

qu’il soit nécessaire d’opérer un contrôle de proportionnalité. L’excipiens sera donc


désormais sanctionné s’il refuse d’exécuter sa prestation alors que l’inexécution du
débiteur ne présente pas un certain degré de gravité.
Le juge pourra aussi exercer un contrôle a posteriori de l’opportunité de l’exception
pour risque d’inexécution. À la lecture de l’article 1220 du Code civil, deux condi-
tions de fond semblent avoir été posées par le législateur. D’abord, il doit être mani-
feste que le débiteur ne pourra pas exécuter sa prestation à l’échéance. Ensuite,
l’inexécution potentielle doit entraîner des conséquences graves pour le créancier.
L’on précisera que le texte n’exige pas que l’inexécution soit suffisamment grave,
comme cela est imposé à l’article  1219, mais plutôt que les conséquences de
l’inexécution présentent un degré de gravité. Autrement dit, l’inexécution du contrat
doit être préjudiciable pour le créancier, ce qui justifierait la mise en œuvre antici-
pée de l’exception d’inexécution.
Force est ainsi de constater que l’exercice d’une mesure de justice privée peut se
révéler dangereux pour celui qui le met en œuvre. Elle peut aussi se révéler insuffi-
sante lorsque la suspension du contrat ne produit pas les effets désirés.

73
B) Le risque d’une suspension vaine du contrat

Dans certains cas, l’exception d’inexécution peut se révéler décevante pour le


créancier qui souhaitait, par le biais de ce mécanisme, inciter son débiteur à exé-
cuter sa prestation. En effet, malgré le caractère comminatoire de la mesure, il peut
arriver que le débiteur continue de ne pas s’exécuter. La paralysie du contrat, qui
n’aurait dû être que momentanée, s’établit alors durablement, enfermant l’exci-
piens dans un lien contractuel qui n’est pas rompu. L’exception d’inexécution crée
une situation d’attente, une situation dans laquelle le créancier a une attitude pas-
sive et défensive. Si le débiteur s’obstine à ne pas exécuter sa prestation, le créan-
cier ne peut alors se contenter de demeurer dans cette phase où le contrat n’est
ni rompu ni exécuté. Il est dans une position inconfortable car il subit l’inexécution
Pour reprendre les mots des prolongée du contrat tout en étant lié contractuellement à l’autre partie. Il ne faut
Professeurs Latina et Chantepie
dans leur ouvrage Le nouveau
pas oublier que, pendant cette suspension volontaire du contrat, le créancier n’est
droit des obligations, Commentaire pas libéré du respect « des normes supra-contractuelles d’intangibilité, d’irrévoca-
théorique et pratique dans l’ordre bilité et de bonne foi  » qui restent toujours applicables. Il est seulement autorisé à
du Code civil publié aux éditions
suspendre l’exécution de son obligation pour faire pression sur son cocontractant.
Dalloz.
Dans ce contexte, le juge pourra venir au secours du créancier déçu afin de trouver
une issue, de dénouer une situation d’attente qui semble être vouée à l’échec. La
mise en œuvre d’une mesure de justice privée trouve ainsi ses limites lorsqu’elle n’a
pas eu les effets espérés par le créancier qui la met en œuvre. L’exception d’inexé-
cution doit alors être suivie d’une autre sanction prononcée, cette fois-ci, par le
juge pour contraindre le débiteur à l’exécution du contrat. En effet, le juge pourra
condamner le débiteur à l’exécution forcée en nature de son obligation, permet-
tant ainsi au créancier de pouvoir mettre en œuvre des mesures de contrainte
pour le forcer à l’exécution du contrat (recours à la force publique, saisie, astreinte).
Le juge pourra également, à la demande du créancier, prononcer la résolution du
contrat. Mais, dans ce cas, la saisine du juge n’est pas toujours nécessaire, puisque
l’ordonnance du 10 février 2016 a consacré la résolution unilatérale. Le créancier
victime d’une « inexécution suffisamment grave » peut ainsi rompre unilatéralement
le contrat par simple notification. L’exception d’inexécution sera alors suivie d’une
autre mesure de justice privée avec les avantages et les risques qu’engendre
l’exercice d’une telle mesure.

74
Votre PROGRAMME de droit

ANNALES 2 0 1 9
des obligations L2 traité à travers les
DIFFÉRENTES ÉPREUVES
rencontrées en TD et lors de l’EXAMEN
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CORRIGÉES ET COMMENTÉES
vous pouvez réaliser dans le temps imparti. CORRIGÉES ET COMMENTÉES
FINAL (dissertation, commentaire d’arrêt,
cas pratique, QRC et QCM).
2019
, il est primordial

Marie-Cécile Lasserre
Dans l’introduction
du sujet.
de définir les termes
donc donner
consi- Vous deviez
contractus, est aussi t du la définition de l’excep
tion
ptio non adimpleti emen
xécution, ou l’exce e ou à l’anéantiss d’inexécution.
L’exception d’ine à l’exécution forcé

Sophie Druffin-Bricca
cu-
voie alternative de refuser d’exé
dérée comme une un contractant
, ce méca nisme permet à sienn e. L’exc eptio n d’inexécu-
fruste
contrat. Plus n’exécute pas la atique de
si l’autre partie contrat synallagm
que
Dissertation juridi
ter son obligation ue partie à un de son
le droit pour chaq obtenu de la part

Diane Boustani
tion confère ainsi qu’elle n’a pas
Sujet 9 son obligation tant ou d’ar-
fiée de primitive
s’abstenir d’exécuter ation qui lui est due. Souvent quali d’un juge, l’excep-

LICENCE 2
la prest n préal able
cocontractant ne suppose pas l’inter
ventio
. La partie victim
e
ce qu’el le loi du Talion
sujet suivant : chaïque, en cation de la le même

Delphine Lanzara
Vous traiterez le un rem ède n’est qu’une appli , faisant ainsi subir
exécution est-elle tion d’inexécution cuter sa prestation les
n se dispense d’exé car il repose sur
Durée de l’épreuve :
« L’exception d’in ?» d’une inexécutio moyen de justic
e privée est licite,
orts contractuels
ution du contrat
3 heures ntrac tant. Ce erner les rapp
sort à son coco
efficace à l’inexéc
qui doivent gouv e où les obliga-
té et de bonne foi at synallagmatiqu
Aucun document devoirs de loyau cadre d’un contr sauf à méconnaît
re
En effet, dans le s, une partie ne peut,
n’est autorisé entre les parties. ution
s et interdépendante cocontractant l’exéc Ce
tions sont réciproque té et de bonne foi, exiger de son e engagement.
de loyau ré son propr
les principes même qu’elle n’a
pas hono e donnée, ont été
ation alors ct de la parol
de son oblig hés au respe servanda
Boustani) canonistes qui, attac ge frangenti fidem non est fides
sont d’ailleurs les
CORRECTEUR (D. nisme à travers l’ada ne la tient pas).
OBSERVATIONS DU à l’origine du méca qui
traité comme une parole envers celui pas sa
question doit être (on n’a pas à tenir en n’exécutant
sous la forme d’une effi cacit é redoutable. Car, coco ntrac-
- Le sujet posé est doté d’une on contraint son
ique. ère à Le mécanisme e de l’inexécuti lysie momentan
ée du
dissertation class construits de mani , le créancier victim e fin à cette para
doive nt être propre prestation pour mettr suspe ndu
tique et votre plan . son obligation rompu mais seule
ment
- Votre probléma posée dans le sujet tant à exécuter l n’est pas ation . L’effet
nt à la question le lien contractue finalement sa prest
répondre préciséme et d’ac tualité. contrat. En effet, défaillant exécute du

LICENCE 2
t d’un sujet de réfl
exion
le cocontractant . Les rédacteurs
est double : il s’agi jusqu’à ce que de l’effi cacit é du mécanisme repré sente r
- L’intérêt du sujet e du at témoigne ion que pouvait

DROIT DES
ective avec la réform suspensif du contr moyen de press
être mis en persp avaient perçu le mais ne l’avaient
- Ce sujet doit
nécessairement Code civil de 1804 rd du contr actant défaillant, iaux. Dans
xécution à l’éga ant certains contr
ats spéc
droit des contrats. être souligné. l’exception d’ine épar s régiss civil que « le
des contrats doit des textes 12 du Code
du droit consacré que dans prévu à l’article 16 pas le prix (…) »,
- L’apport de la
réform e par exemple, il est eteur n’en paye
le contrat de vente la chose si l’ach reconnaissance
tenu de délivrer i d’autres de la
vendeur n’est pas illustration parm lui a
n’étant qu’une jurisprudence qui
adage cette disposition contrats. C’est la s diverses
part à la fois, ce vieil xécution en droit des
que ces disposition
». Partout et nulle générale de l’exception d’ine en considérant géné-
justice à soi-même  contient une règle plus importante de portée plus
« Nul ne peut se faire du droit français te conféré une place ns d’un mécanisme ats,
par aucun texte e, à porter attein que des appli catio e du droit des contr
qui n’est proclamé renon cer à la vengeance privé rchie , la n’étaient en réalité r 2016 portant réform ateur a pris acte de
citoyen doit d’ana nnance du 10 févrie

OBLIGATIONS
où l’exception
selon laquelle tout Associée à l’idée rale. Avec l’ordo s, le législ
Dans la mesure n de la justice. ment des différe
nds, e des obligation commun l’exce
ption
d’inexécution est
considérée
sans l’interventio arbitraire de règle ral et de la preuv acrant en droit
de justice privée, au droit d’autrui e un mode le. Ainsi, en du régime géné tielle en cons se ainsi de
comme un moyen perçue comm e et la paix socia ion jurispruden la réforme dispo
il était possible, à
titre d’accroche, justice privée est à préserver l’ordr e cause, cette appréciat civil introduit par même
mots sur l’adage uissance de l’État partie de sa propr le 1219 du Code son obligation, alors
de dire quelques traduisant l’imp ble d’être juge et d’inexécution. L’artic refuser d’exécuter si cette inexécutio
n Ici, réside le premie
r intérêt
« Nul ne peut se
faire justice à soi- e, il n’est pas possi autorité pour faire
valoir qu’« une partie peut pas la sienne et
ration
du sujet : la conséc cution
façon générale

DROIT DES OBLIGATIONS


les étudiants en vertu de cet adag ention d’une tierce u’il s’agit, pré- exigible, si l’autr
e n’exé cute nue depu is la
même », que tous la nécessaire interv cette règle lorsq que celle-ci est n d’inexécution
est donc deve de l’exception d’inexé du contrat.
droit connaissent. de s’affranchir de nt fait référe nce à
évidemment grave  ». L’exceptio at. Mais le législateur dans le droit comm
un

et protéger ses
droits. Il est souve y sont appo rtées. On songe est suffisamment entiè re de l’inex écution du contr
e dan s le Code
s qui prend tion à part el articl
lyser les dérogation pénal. Le législateur réforme une sanc en intégrant un nouv elée laisse penser
cisément, d’ana nécessité en droit est vic- là. Il a aussi innov é
d’inexécu tion (app é du sujet
se ou à l’état de
L’intitul
cé, lorsqu’une partie
inexécution
à la légitime défen ne s’est pas arrêté l’exce ption pour risque déso rmais seule l’exception d’
le principe énon obligation née du qui cons acre puisqu’elle perm
et que
Or, il était
ines libertés avec inexécution de son civil, l’article  1220, n est importante ipation, de sera ici étudiée.
également certa er le timoris). L’innovatio prestation par antic
uer
de son cocontractant d’une sition pour contrecarr aussi l’exceptio r d’exécuter sa ible. indispensable d’évoq
e partie est prévis
la part sa dispo cution
time de sont mis à nécessitent contrat de refuse contrat par l’autr
l’exception d’inexé la réforme
moyens d’action des remèdes qui à une partie au on du cacit é du ée, introduite par
contrat. Plusieurs obligation. À côté contrat, lorsque l’inex écuti testablem ent l’effi anticip
une variante
débiteur à son la résolution du façon préventive, ipée renforce incon et s’analysant en
manquement du ution forcée ou e par le créan- d’inexécution antic de l’exception d’inexé
cution.
n d’un juge, à l’instar de l’exéc mises en œuvr Cette exception Ici, se situe le second
intérêt du
l’interventio e peuvent être tion uni- mécanisme.
dites de justice privé
tion
tion ou la résolu montrer que l’excep
d’autres mesures at. Le droit de réten
sujet :
ée constitue
inexécution du contr mesures. d’inexécution anticip l’inexécution
nde catégorie de
cier victime d’une partie de cette seco

un nouveau remèd
at font notamment prévisible du contra
t.
latérale du contr
69

68

Dont un dossier de Dissertations


3 COPIES RÉELLES
(notées 5, 10 et 15/20) sont reproduites
Des COMMENTAIRES et des
CONSEILS sont placés en marge
de tous les corrigés pour comprendre
32 SUJETS 3 COPIES RÉELLES
D’ÉTUDIANTS
Commentaires d’arrêt
Cas pratiques
et commentées dans le dossier. leurs points forts et leurs points faibles.

a ve c d e s c o n s e i l s d e m é t h o d o l o g i e

Prix : 14,80 €
ISBN 978-2-297-06842-0
www.lextenso-editions.fr