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collection

COURS

Collection dirigée par Bernard Beignier

Droits

fonDamentaux et

libertés publiques

• Cours

5 e édition

Thèmes de travaux dirigés

Préface de

Jean-Paul CosTa

Xavier Bioy

et libertés publiques • Cours • 5 e édition Thèmes de travaux dirigés Préface de Jean-Paul

SÉANCE 3

De la garantie des droits aux droits garanties

Commentaire d arrêt Cass., ch. crim., 28 février 2018, 17-81929

France Daumarie, Doctorante contractuelle en droit public, Université Toulouse 1 Capitole

LA COUR DE CASSATION, CHAMBRE CRIMINELLE, en son audience publique tenue au Palais de Justice à PARIS, a rendu larrêt suivant :

Vu larticle 593 du code de procédure pénale, ensemble larticle 224-1 du Code pénal ;

Attendu que tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision et répondre aux chefs péremptoires des conclusions des parties ; que linsuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence ;

[ ]

Attendu que M. C a déposé plainte pour séquestration et violences volontaires contre le personnel de direction le 4 octobre 2013 en exposant que ces faits avaient provoqué chez lui un choc émotionnel important ; que MM. Y et D ont été poursuivis, sur le fondement de larticle 224-1 du Code pénal, pour avoir arrêté, enlevé, détenu ou séquestré M. C ; que par jugement en date du 19 novembre 2015, les prévenus ont été condamnés de ce chef ; que ceux-ci et le ministère public ont interjeté appel ;

, bureau et en lui demandant dy rester jusquà nouvel ordre, lemployeur lui a fait subir une contrainte morale irrésistible, lexposant à un licenciement pour faute sil avait voulu en partir ; que cette demande ne pouvait se rattacher aux prérogatives de lemployeur ; que M. Y a usurpé la qualité dofficier de police judiciaire, en prenant à lencontre de M. C léquivalent dune mesure de garde à vue et en sautorisant à procéder à une enquête, quand les faits de vol ne pouvaient la

Attendu que pour caractériser la détention de M. C larrêt énonce quen plaçant celui-ci dans un

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justifier en labsence datteinte aux droits des personnes, à leur santé physique et mentale ou aux libertés individuelles dans lentreprise ou de danger grave et imminent ;

Mais attendu quen prononçant ainsi, sans préciser les actes matériels dirigés contre la personne de M. C qui lauraient privé de sa liberté daller et de venir et alors que lemployeur, qui a connais- sance de faits répréhensibles, susceptibles dêtre disciplinairement sanctionnés, peut procéder à une enquête interne et recueillir les explications de ses salariés, la cour dappel na pas justifié sa décision ;

Doù il suit que la cassation est encourue de ce chef ;

Par ces motifs, sans quil soit besoin dexaminer les autres moyens de cassation proposés :

CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, larrêt susvisé de la cour dappel de Lyon, en date du 9 mars 2017, et pour quil soit à nouveau jugé, conformément à la loi ;

RENVOIE la cause et les parties devant la cour dappel de Grenoble, à ce désignée par délibération spéciale prise en chambre du conseil DAR ;

Proposition de corrigé

Introduction

Accroche. « La motivation des décisions de justice est fondamentalement la mémoire de la prudence » par laquelle le juge délibère, démêle le juste et linjuste et trouve la solution du litige » 1 . Cest ainsi que le professeur Zenati-Castaing explique que la motivation soit devenue une obligation et, suivant, un instrument de contrôle du respect de la loi par les juges.

Cest précisément ce contrôle que la chambre criminelle de la Cour de cassation a exercé le 28 février 2018 en vertu de larticle 593 du Code de procédure pénale. Ce contrôle lui permet dapprécier la motivation des juges du fond et de censurer le manque de précision, linsuffisance ou encore la contradiction des motifs.

Faits. En lespèce, le 24 janvier 2013, un technicien de surface est surpris par son employeur en flagrant délit de vol. Il est immédiatement convoqué, avec son équipe, dans les bureaux de la direction. Ils sont installés séparément et interrogés. À cette occasion, le voleur désigne un de ses collèges comme étant linstigateur de ce vol et informe la direction quun autre individu doit venir récupérer la viande dérobée.

Ces informations expliquent que la direction ait dabord plongé linstigateur présumé seul dans le noir, malgré sa demande de rallumer la lumière, tout en lui ordonnant de « ne pas bouger jusquà nouvel ordre ».

Lenquête ne menant à rien, la direction décide de confronter le voleur et le salarié désigné comme instigateur. Le premier reconnaît alors être le seul responsable tandis que le second est mis hors de cause après que des excuses lui aient été présentées.

Le salarié accusé à tort conteste les conditions dans lesquelles il a été interrogé par sa direction. Il dépose plainte pour séquestration et violences volontaires. Il met notamment en avant le fait quil a subi un « choc émotionnel important » après avoir été retenu trois heures durant dans les locaux de lentreprise, parfois plongé dans le noir, avec pour ordre de ne pas en sortir.

Procédure. Par un jugement du 19 novembre 2015, la direction de lentreprise est condamnée sur le fondement de larticle 224-1 du Code pénal pour avoir détenu arbitrairement le demandeur. Les prévenus et le ministère public interjettent appel de cette décision.

1. F. ZENATI-CASTAING, « La motivation des décisions de justice et les sources du droit », D., 2007, p. 1553.

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Le 9 mars 2017, la Cour dappel de Lyon rend un arrêt confirmatif et déclare les employeurs coupables des faits de détention arbitraire suivie dune libération volontaire avant le septième jour. Elle considère que le salarié était effectivement détenu puisquil subissait une contrainte morale irrésistible pour lui.

Enfin, la direction forme un pourvoi en cassation. Elle invoque le moyen tiré de la violation des articles 6, § 1, de la Convention européenne des droits de lhomme, 224-1 du Code pénal et 593 du Code de procédure pénale, à savoir, du défaut et de la contradiction de motifs.

Les demandeurs font notamment valoir quen affirmant simultanément que lemployé avait fait lobjet dune mesure de garde à vue et quil nétait pas enfermé dans un local, la Cour dappel sest contredite. De plus, les demandeurs considèrent que le simple fait de demander à son salarié de ne pas bouger ne peut pas caractériser une privation de liberté de quitter les lieux et quils nont fait que mettre en œuvre leur pouvoir de direction.

Solution. Le 28 février 2018, la Cour de cassation juge que la Cour dappel na pas suffisamment motivé sa décision pour retenir le délit de détention provisoire étant donné que la direction de lentreprise ne faisait que procéder à une enquête interne, un pouvoir de direction dont elle dispose.

Elle casse larrêt du 9 mars 2017 et renvoie laffaire à la Cour dappel de Grenoble.

Problème de droit. Par cet arrêt, la chambre criminelle est venue préciser létendue du « pouvoir denquête » des employeurs auprès de leurs salariés lorsque ceux-ci encourent le prononcé dune sanction impactant leur présence dans lentreprise, leur fonction, leur carrière ou leur rémunération 2 .

Ces procédures internes se sont particulièrement développées depuis quelques années, parfois aux dépens des employeurs puisque, selon les circonstances, il peut leur être reproché de ne pas y avoir procédé. Or, du fait de labsence de réglementations relatives à ces enquêtes, la direc- tion trop zélée sexpose, à linverse, à des plaintes de salariés qui penseraient avoir été malmenés.

De fait, les employeurs se trouvent enserrés dans un étau juridique aux contours bien flous. Cest pourquoi, dans le cadre de la mise en œuvre de ces procédures, cet arrêt vient les protéger du délit de détention arbitraire en exigeant, pour quil soit retenu, une motivation accrue des juges du fond.

La question posée à la Cour de cassation est donc double. Dune part, il sagit de savoir si la seule menace implicite dun possible licenciement suffit à caractériser une privation de liberté daller et venir et donc, le délit de détention provisoire. Dautre part, il est question dinterroger létendue du pouvoir denquête de lemployeur et de déterminer jusquoù il peut aller pour recueillir les expli- cations de ses salariés.

Annonce du plan. La solution apportée par la Cour de cassation sera développée en deux temps. Dans un premier temps, il sera question détudier la nécessité dune motivation accrue pour retenir le délit de détention provisoire, tout en montrant quil sagit dune exigence portant unique- ment sur lexistence de lacte restrictif de liberté (I). Puis, dans un second temps, il sera démontré que lexigence dune motivation accrue est circonscrite au seul pouvoir denquête de lemployeur, un pouvoir de direction dont la chambre criminelle va encadrer la mise en œuvre (II).

2. Code du travail, article L. 1332-2.

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I. La nécessité dune motivation accrue pour retenir le délit de détention provisoire, une exigence portant sur lexistence de lacte restrictif de liberté

Dabord il sera question de développer lobligation de motivation qui pèse sur les juges du fond ainsi que le contrôle exercé par la Cour de cassation en la matière (A). Puis, le crime de détention arbitraire sera défini comme un acte volontaire et illégal de priver autrui de sa liberté daller et de venir avant de montrer que lordre de ne pas bouger nest pas un élément suffisant pour caracté- riser une restriction à la liberté daller et de venir (B).

A. Lobligation de motivation pesant sur les juges du fond, objet dun contrôle de cassation classique

Dans larrêt du 28 février 2018, la chambre criminelle est saisie sur les moyens de cassation tirés de la violation des articles 6 § 1 de la Convention européenne des droits de lhomme, 224-1 du Code pénal, et 593 du code de procédure pénale. En dautres termes, elle va être amenée à se prononcer sur la motivation de larrêt du juge du fond.

La motivation peut se définir comme l« ensemble des motifs dun jugement », à savoir les

que le juge indique comme

layant déterminé à [se] prononcer comme il la fait » 3 . Elle a plusieurs fonctions.

Il sagit dabord dun procédé discursif visant à « convaincre que la solution choisie est la bonne » 4 . Elle permet ainsi « une compréhension du fonctionnement de la justice par la société » et, consé-

quemment, une « meilleure [ acceptation de la décision par le justiciable » 5 .

Ensuite, elle a un intérêt processuel. En effet, elle constitue un « instrument de contrôle du respect de la loi par les juges » 6 . Elle peut également renforcer le principe du contradictoire lors- quelle prend la forme dune synthèse des moyens tout en prenant soin de leur apporter une réponse 7 . Enfin, elle est gage dimpartialité du juge en ce quelle le contraint à se justifier, à « ne pas laisser libre cours à ses préjugés» 8 .

Ces diverses fonctions expliquent que la motivation soit souvent considérée comme une garantie de bonne justice et que de nombreux systèmes juridiques consacrent une obligation de motivation 9 . En France, cette obligation est prévue par les articles 455 du Code de procédure civile ainsi que 485 et 593 du Code de procédure pénale. Très tôt, le Conseil constitutionnel en a fait un principe à valeur constitutionnelle 10 et, plus tard, la Cour européenne des droits de lhomme la rattachée au droit au procès équitable 11 reconnu à larticle 6 § 1 de la Convention sur la sauvegarde des droits de lhomme et des libertés fondamentales.

« raison [s] de fait ou de droit qui commande [nt] la décision [

]

]

3. G. CORNU, Vocabulaire juridique, PUF, 11 e éd., 2016, p. 670.

4. F. ZENATI-CASTAING, « La motivation des décisions de justice et les sources du droit », D., 2007, p. 1553.

5. Conseil consultatif de juges européens (CCJE), avis nº 11 (2008), p. 7.

6. F. ZENATI-CASTAING, « La motivation des décisions de justice et les sources du droit », D., 2007, p. 1553.

7. Voir en ce sens : M.-A. FRISON-ROCHE, «Limpartialité du juge », D., 1999, p. 53.

8. M.-A. FRISON-ROCHE, «Limpartialité du juge », D., 1999, p. 53.

9. Par exemple, elle est consacrée par larticle 111, alinéa 6, de la Constitution italienne, par larticle 121 de la Constitution des

Pays-Bas. De même, le tribunal constitutionnel polonais, dans un arrêt SK48/04, du 11 avril 2005, interprète la Constitution en ce sens. LAllemagne consacre cette obligation par le § 313 du Zivilprozessordnung, en matière civile, et le § 267 du Strafprozes- sordnung, en matière pénale.

10. Cons. const., 3 novembre 1977, nº 77-101 L, Nature juridique de dispositions de lordonnance nº 58-997 du 23 octobre 1958

portant réforme des règles relatives à lexpropriation pour cause dutilité publique.

11. CEDH, 30 novembre 1987, nº 8950/80, H. c/ Belgique.

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De la garantie des droits aux droits garanties

À cet égard, le juge européen exige que le justiciable reçoive une « réponse spécifique et expli-

cite » aux moyens décisifs pour lissue de la procédure 12 . En revanche, il laisse la liberté aux

États de déterminer le contenu et la forme de la motivation obligatoire et détablir certaines dérogations 13 .

En France, lobligation de motivation a deux implications. La première est quantitative : le juge ne peut pas statuer par un raisonnement global 14 . Il doit analyser, même sommairement, les éléments de preuve produits par les parties 15 . La seconde implication est dordre qualitatif : le juge a lobligation dexpliquer clairement les raisons qui le conduisent à se déterminer 16 . Il doit jouer entre ces deux échelles lorsquil motive sa décision sous peine de voir sa décision sanc- tionnée tant à léchelle interne, queuropéenne.

À léchelle interne, et plus particulièrement, en matière pénale, la Cour de cassation est compé-

tente pour contrôler la motivation des juges du fond. Larticle 593 du Code de procédure pénale lui

permet de censurer « les arrêts et jugements en dernier ressort [qui] ne contiennent pas des motifs ou [dont les] motifs sont insuffisants et ne permettent pas à la Cour de cassation dexercer son contrôle et de reconnaître si la loi a été respectée dans le dispositif ».

Dans le premier attendu de larrêt du 28 février 2018, la Cour de cassation ne fait donc quénoncer le principe dun contrôle classique dont les modalités ont été précédemment exposées. En ce sens, il ne sagit que de la reprise dune jurisprudence constante 17 selon laquelle : « tout jugement ou arrêt doit comporter les motifs propres à justifier la décision et répondre aux chefs péremp- toires des conclusions des parties ; que linsuffisance ou la contradiction des motifs équivaut à leur absence » 18 .

B. Lordre de ne pas bouger, un élément insuffisant à caractériser une restriction à la liberté daller et de venir

Dans larrêt du 28 février 2018, la Cour de cassation doit connaître dun arrêt de la Cour dappel de Lyon dans lequel la direction dune entreprise est jugée coupable de faits de détention arbi- traire suivie dune libération volontaire avant le septième jour.

Larticle 224-1 du Code pénal sur lequel se fonde la chambre criminelle énonce quatre infractions distinctes, à savoir, larrestation, lenlèvement, la séquestration et la détention illégale. Pour sa part, la détention constitue, « pour une autorité ou un particulier, [l]action de retenir une personne contre son gré ; [une] atteinte à sa liberté daller et venir » 19 .

Aussi, pour constituer le crime de détention provisoire, deux conditions doivent être réunies. Dabord, lélément moral doit être prouvé, à savoir lintention de détenir autrui. Ensuite, il faut démontrer lacte illégal ou illégitime datteinte à la liberté daller et venir. Il sagit de lélément matériel.

12. CEDH, 19 février 1998, Higgins c. France, nº 20124/92 ; CEDH, 9 décembre 1994, Ruiz-Torija c/ Espagne ; CEDH, 9 décembre

1994, Hiro Balani c/ Espagne.

13. CEDH, 27 septembre 2001, nº 49684/99 ; CEDH, 25 juillet 2002, nº 54210/00, Papon c/ France ; CEDH, 13 janvier 2009,

nº 926/05, Taxquet c/ Belgique.

14. Cass. civ. 1 re , 17 février 2004, nº 02-10755.

15. Cass. civ. 3 e , 20 décembre 1995, nº 94-12594 ; Cass, com., 29 juin 2010, nº 09-68115.

16. Pour une illustration récente : Cass., civ. 1 re , 14 septembre 2017, n o 17-12518.

17. Voir par exemple : Cass., ch. crim., 23 décembre 1986, 85-96630, Attendu 1 : « Attendu que tout jugement ou arrêt doit

contenir les motifs propres à justifier la décision ; que la contradiction des motifs équivaut à leur absence ».

18. Cass. crim., 28 février 2018, 17-81929, attendu 1.

19. G. CORNU, Vocabulaire juridique, PUF, 11 e éd., 2016, p. 82 ; p. 402 ; p. 958 ; p. 342.

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En lespèce, la qualification de lélément intentionnel nest pas remise en cause par les deman- deurs. Lélément matériel, quant à lui, est discuté en ses deux points : lexistence de lacte de privation de liberté ainsi que son illégalité.

La protection de lindividu contre la privation de liberté par autrui est assurée de façon nuancée par la Cour européenne des droits de lhomme. En effet, elle distingue la privation de liberté et la restriction de liberté selon un critère dintensité et non de nature ou dessence 20 .

La privation est sanctionnée au visa de larticle 5 § 1 de la Convention de sauvegarde des droits de lhomme et des libertés fondamentales. Cet article consacre le droit à la liberté qui doit sentendre au sens de « liberté physique de la personne » 21 et à la sûreté. Il pose le principe selon lequel « nul ne peut être privé de sa liberté » et dresse ensuite une liste exhaustive 22 de six exceptions.

La restriction de liberté relève quant à elle de larticle 2 du protocole nº 4 qui renvoie à la liberté daller et venir. Cette distinction a des implications pratiques importantes puisque, selon quil qualifie les faits de privation ou de restriction de liberté, le juge européen exerce un contrôle plus ou moins strict, répondant à des modalités différentes.

Cette nuance trouve un écho dans le système français dans lequel le Conseil constitutionnel, pour des raisons de compétence juridictionnelle, a distingué liberté individuelle et liberté personnelle 23 . La première renvoie au domaine de la sûreté 24 comme le fait larticle 6 § 1 de la Convention et son contentieux relève du juge judiciaire 25 . La liberté personnelle catégorie dont la liberté daller et de venir fait partie 26 est rattachée aux articles 2 et 4 de la Déclaration des droits de lhomme et du citoyen ; elle peut relever de la compétence du juge administratif selon la réparti- tion définie par le Tribunal des conflits et le Conseil constitutionnel.

Dans larrêt du 28 février 2018, la Cour de cassation se trouve confrontée à la situation particu- lière de la détention provisoire : cette infraction punit les atteintes injustifiées à la liberté daller et venir lorsquelles sont le fait de particuliers. La question qui lui est posée ne se situe pas sur le plan du degré de latteinte mais sur celui de son existence 27 .

À ce propos, au visa de larticle 5 § 1, la Cour européenne des droits de lhomme fournit certaines indications pour déterminer si une situation constitue ou non une privation de liberté. Procédant en la matière à une appréciation in concreto 28 , le juge européen prend notamment en compte le degré de contrainte subie par la victime alléguée 29 ; cest le caractère coercitif de lacte qui est analysé alors. De même, il va sintéresser au lieu dans lequel la personne est privée de sa liberté 30 ainsi quau contexte de la mesure privative de liberté 31 .

Dans larrêt du 28 février 2018, la chambre criminelle sinscrit dans la lignée de la jurisprudence européenne puisquelle cherche à savoir si le juge dappel a su démontrer le caractère coercitif

20. CEDH, gde ch., 23 février 2012, nº 29226/03, Creanga c/ Roumanie, § 92.

21. CEDH, 8 juin 1976, Engel et al. c/ Pays-Bas, § 58 ; CEDH, gde ch., 25 juin 1996, Consorts Amuur c/ France, § 42.

22. CEDH, 8 juin 1976, Engel et al. c/ Pays-Bas, § 57.

23. CC, 29 décembre 1983, décision nº 83-164 DC ; décision confirmée par : CC, 19 janvier 2006, décision nº 2005-532 DC.

24. Voir en ce sens : X. BIOY, Droits fondamentaux et libertés publiques, LGDJ, 4 e éd, p.651, § 1129.

25. Constitution du 4 octobre 1958, article 66 : « Nul ne peut être arbitrairement détenu./ Lautorité judiciaire, gardienne de la

liberté individuelle, assure le respect de ce principe dans les conditions prévues par la loi ».

26. CC, 13 mars 2003, décision nº 2003-467 DC.

27. Il est toutefois probable que si laffaire devait se retrouver devant le juge européen, et que lexistence de lacte était prouvée,

il serait alors question dune restriction de liberté et non pas dune privation.

28. CEDH, 6 novembre 1980, Guzzardi c/ Italie.

29. CEDH, 19 mars 1981, nº 8819/79, X. c/ Allemagne ; CEDH, 12 janvier 2010, nº 4158/05, Gillian et Quinton c/ Royaume-Uni ;

CEDH, 24 juin 2008, nº 28940/95, Foka c/ Turquie.

30. CEDH, 6 novembre 1980, Guzzardi c/ Italie, § 95.

31. CEDH., Gde ch., 15 mars 2012, nº 39692/09, 40713/09, 41008/09, Austin et al. c/ Royaume-Uni.

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De la garantie des droits aux droits garanties

des actes de lemployeur. Sans exclure lexistence de la restriction à la liberté daller et venir, la Haute juridiction judiciaire va conclure quelle nest pas établie par le juge du fond.

Daprès ce dernier, lacte privatif de liberté était caractérisé par une contrainte psychologique irré- sistible : lordre de ne pas bouger intimé au salarié. En désobéissant à ses supérieurs, lemployé aurait « confirmé ainsi laccusation de vol dont il était lobjet, sexposant en conséquence à un licenciement pour faute et à la perte de son emploi lequel revêtait, vu le montant de son salaire, un caractère vital pour lui » 32 . Aussi, pour le juge dappel, lacte portant atteinte à la liberté consis- tait en une pression morale. Il sagissait alors dune privation morale 33 de liberté daller et de venir.

Demblée, il faut noter que ni le Code pénal 34 ni la jurisprudence de la Cour de cassation nexige quun empêchement physique soit démontré pour caractériser une privation de liberté 35 . Néan- moins, la Cour de cassation juge que « sans préciser les actes matériels » privant le salarié de

sa liberté daller et venir, [ la cour dappel na pas justifié sa décision » 36 .

Ce faisant, elle précise que la privation de liberté, au sens de larticle 224-1 du Code pénal, doit sentendre au sens dune privation matérielle. En dautres termes, « larticle 224-1 du Code pénal nincrimine pas un sentiment de privation de liberté, mais une atteinte réelle à la liberté daller et venir » 37 . La Cour de cassation exige que soient mis en avant des éléments factuels positifs supplémentaires, cest-à-dire que les actions de lemployeur obligeant le salarié à rester dans les locaux soient explicitées par le juge du fond 38 .

]

II. Lexigence dune motivation accrue circonscrite au pouvoir denquête de lemployeur, un pouvoir de direction encadré

Il sera dabord question de montrer que le pouvoir denquête de lemployeur semble justifier une atteinte à la liberté daller et de venir des salariés pour la Cour de cassation (A). Ensuite, sera étudié lencadrement du pouvoir denquête de lemployeur par celle-ci pour finalement conclure quil ne semble pas suffisamment précisé (B).

A. Le pouvoir denquête interne de lemployeur, la justification de la retenue prolongée dun salarié dans les bureaux de sa direction

Dans son attendu de principe, la Cour de cassation réaffirme le pouvoir denquête interne de la direction dune entreprise et son droit, dans certaines conditions, de recueillir les explications de ses employés 39 . Ce faisant, elle ne fait que rappeler le pouvoir de direction appartenant à tout employeur et notamment son pouvoir de sanction disciplinaire suite à une faute commise par les salariés dans lexercice de leurs fonctions.

Cette réaffirmation est importante, car elle va permettre de justifier latteinte alléguée à la liberté daller et de venir du salarié. En effet, la Cour de cassation juge que cest en labsence dactes matériels privatifs de liberté et « alors que » 40 lemployeur procédait à une enquête interne que la

32. CA Lyon, 4 e civ., 9 mars 2017.

33. J.-B. THIERRY, «Lemployeur enquêteur : pression nest pas séquestration », R.D.T., 2018, p. 382.

34. Larticle 224-1 du Code pénal ne précise pas quels doivent être les moyens employés pour priver autrui de sa liberté.

35. Cass. crim., 23 décembre 1986, nº 85-96630 ; Cass., crim., 19 février 1991, nº 90-82686.

36. Cass., crim., 28 février 2018, 17-81929, attendu 5.

37. J.-B. THIERRY, «Lemployeur enquêteur : pression nest pas séquestration », R.D.T., 2018, p. 382.

38. En ce sens, voir un larrêt récent du 24 janvier 2018 dans lequel la Cour de cassation retient la restriction de liberté de

cadres dune entreprise par ses salariés en apportant des éléments matériels divers sans que les victimes naient été violen- tées, enfermées, surveillées ou menacées (Cass., crim., 24 janvier 2018, 17-80940).

39. Cass. crim., 28 février 2018, 17-81929, attendu 5.

40. Cass. crim., 28 février 2018, 17-81929, attendu 5.

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cour dappel na pas suffisamment justifié sa décision. La conjonction « alors que » témoigne de ce que cest la circonstance particulière de lenquête interne qui justifie lexigence dune motiva- tion accrue par la chambre criminelle.

Dès lors, la question qui se pose est celle de létendue des pouvoirs dont dispose lemployeur dans le cadre de lenquête interne. Dans quelle mesure peut-il troubler la liberté de ses employés sans abuser de son pouvoir hiérarchique ?

Plus largement, il sagit de traiter du caractère légal de certaines atteintes à la liberté daller et de venir. Larticle 5 § 1 de la Convention européenne des droits de lhomme énonce six exceptions

à linterdiction de priver autrui de sa liberté, chacune de ces détentions justifiées devant avoir lieu selon les voies légales. Le juge européen exige ainsi quelles soient conformes aux normes de fond et de procédure du droit interne 41 ou, le cas échéant, du droit international 42 . Larticle 2 du

quatrième protocole additionnel à la Convention européenne des droits de lhomme admet égale- ment certaines restrictions à la liberté daller et de venir. Dans son alinéa 2, il est précisé que ces restrictions doivent être prévues par la loi et constituer des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au maintien de lordre public,

à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protec- tion des droits et liberté dautrui.

De même, en France, certaines dérogations à la liberté sont admises. Par exemple, larticle 73 du Code de procédure pénale consacre le droit darrestation à chacun en cas de crime ou délit flagrant. Cet article a pour conséquence dautoriser un particulier à priver lauteur de ces actes de sa liberté daller et de venir le temps de le conduire devant les autorités compétentes.

Dans son arrêt du 28 février 2018, la question à laquelle répond la Cour de cassation est celle de savoir si le pouvoir de direction de lemployeur lui permet de restreindre légalement la liberté de ses salariés.

La Cour dappel de Lyon avait écarté cette justification en jugeant que le pouvoir denquête ne pouvait sexercer que lorsquil y avait « atteinte aux droits des personnes, à leur santé physique et mentale et aux libertés individuelles dans lentreprise ou lorsquil existe une cause de danger grave et imminent » 43 , ce qui nétait pas le cas selon elle en lespèce. Rien ne justifiait donc la privation de liberté du salarié.

À linverse, la Cour de cassation refuse de limiter le pouvoir de direction de lemployeur aux seules atteintes à un droit fondamental ou à des actes graves. Pour elle, la direction de lentre- prise reste dans les prérogatives qui sont les siennes lorsquelle mène une enquête interne et demande à un salarié de ne pas sortir, tout en procédant à une forme dinterrogatoire. Ainsi, la chambre criminelle suggère, et le professeur DREYER lexplicite bien, que ce droit denquête est « lié au pouvoir disciplinaire » et a donc « le même champ dapplication que lui » 44 . Or, en lespèce, selon la chambre criminelle, la direction nest pas allée au-delà de ce champ.

Statuant ainsi, la Cour de cassation est en désaccord avec la Cour dappel de Lyon sur la seconde branche de lélément matériel du délit de détention provisoire à savoir la légalité de lacte privatif de liberté. Elle semble considérer que le pouvoir denquête interne de lemployeur peut justifier un trouble à la liberté daller et de venir de son salarié. Cest pourquoi le juge du fond doit prendre en considération ce contexte et produire plus de motifs pour montrer non seulement quil y a bel et bien privation de liberté, mais également que la direction a outrepassé les préroga- tives résultant de son pouvoir disciplinaire.

41. CEDH, 21 octobre 2013, nº 42750/09, Del rio prada c/ Espagne, § 125.

42. CEDH, 29 mars 2010, nº 2294/03, Medvedyev et autres c/ France ; CEDH, 19 novembre 2012, nº 44853/10, Toniolo c/ San Marino

et Italie.

43. CA Lyon, 4 e , 9 mars 2017.

44. E. DREYER, « Atteinte licite à la liberté daller et de venir du salarié », Gaz. Pal., nº 16, p. 57.

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De la garantie des droits aux droits garanties

Aussi, si la Cour de cassation distingue bien les deux branches de lélément matériel de linfrac- tion de détention arbitraire, une contradiction apparaît dans son appréciation. Effectivement, dune part, elle affirme que lordre donné par un supérieur à son salarié « de ne pas bouger jusquà nouvel ordre » ne suffit pas à démontrer une contrainte psychologique. Dautre part, elle réaffirme le pouvoir de direction de lemployeur à travers son droit de procéder à une enquête et de recueillir les explications de son salarié. En dautres termes, elle renforce le pouvoir disciplinaire de la direction, tout en niant sa portée contraignante sur un employé. Dès lors, lappréciation de la chambre criminelle est critiquable et perd en pertinence.

Par ailleurs, la justification des actes de lemployeur par la Cour de cassation semble inutile. Effectivement, juger que la matérialité de linfraction nétait pas démontrée par le juge du fond suffisait pour rendre un arrêt de cassation. La chambre criminelle prend toutefois la peine de préciser que lemployeur a agi dans le cadre prévu par la loi. Non seulement inutile, cette préci- sion semble également extrêmement maladroite tant lencadrement légal de ces prérogatives est lacuneux. Il est dailleurs même possible de douter du fait que le pouvoir denquête interne de lemployeur constitue aux yeux du juge européen une dérogation prévue par le droit interne.

B. La faculté de mener une enquête interne, un encadrement insuffisant

Le pouvoir de mener une enquête interne se rattache au pouvoir de direction de lemployeur. Il sagit de la « fonction consistant à conduire une affaire ou les affaires dun groupe [ en assu-

mant, au plus haut niveau, les responsabilités de cette charge » 45 . Cette fonction saccompagne dun pouvoir disciplinaire qui doit sentendre au sens du « pouvoir détablir les règles de la disci-

pline [et] den sanctionner linobservation » 46 .

Ainsi, dans les conditions prévues par la loi, lemployeur a le droit de sanctionner sur le plan disciplinaire tout salarié qui commet une faute dans lexercice de ses fonctions. Cette prérogative est encadrée dans les articles L. 1332-1 et L. 1332-2 du Code du travail dont il ressort que le prononcé dune sanction suppose létablissement préalable de faits fautifs et linformation de son auteur 47 .

En dautres termes, la décision de mener une enquête avant la mise en œuvre dune procédure disciplinaire est généralement liée à lexistence dun doute sur la nature exacte des faits. Elle vise alors à recueillir la preuve de faits fautifs invocables à lappui dune sanction. Lenquête nest donc pas systématique ; il sagit dune faculté dont la mise en œuvre est décidée par lemployeur lorsquil considère que cest nécessaire. Cest bien le cas en lespèce alors quil est question dun vol de viande commis dans lenceinte de lentreprise. Cest du moins ce que suggè- rent la cour dappel de Lyon et la Cour de cassation dans leurs arrêts en nimposant pas expres- sément quune telle enquête soit menée eu égard aux faits de laffaire.

En revanche, il existe certains cas dans lesquels la jurisprudence a considéré que mener une telle enquête était une obligation pour la direction. Cest notamment le cas en matière de harcè- lement sexuel ou moral au travail dans laquelle une plainte doit nécessairement donner lieu à des investigations de la part de lemployeur, sous peine dengager sa responsabilité 48 .

]

45. G. CORNU, Vocabulaire juridique, PUF, 11 e éd., 2016, p. 351.

46. G. CORNU, Vocabulaire juridique, PUF, 11 e éd., 2016, p. 352.

47. Code du travail, article L. 1332-1.

48. Cass. soc., 29 juin 2011, nº 09-70902 : « Mais attendu que larrêt relève que lemployeur avait eu connaissance de lexistence

éventuelle de faits de harcèlement moral et sexuel reprochés au salarié [ en omettant deffectuer les enquêtes et investiga-

tions qui lui auraient permis davoir, sans attendre lissue de la procédure prudhomale lopposant à la victime, la connaissance exacte de la réalité, de la nature et de lampleur des faits reprochés à M. X et de prendre les mesures appropriées ; quen létat de ces motifs caractérisant labstention fautive de lemployeur et en labsence de faits fautifs nouveaux, la cour dappel a

exactement décidé que la procédure de licenciement avait été engagée tardivement ».

]

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DROITS FONDAMENTAUX ET LIBERTÉS PUBLIQUES

Cest donc sûrement parce que le caractère obligatoire de lenquête nest reconnu quà des cas dune particulière gravité que la Cour dappel de Lyon a cru pouvoir affirmer que lemployeur « ne [pouvait] faire valoir son droit denquête, lequel nest applicable que lorsquil existe une atteinte aux droits des personnes, à leur santé physique et mentale et aux libertés individuelles dans lentreprise ou lorsquil existe une cause de danger grave et imminent » 49 .

La Cour de cassation est venue contredire le juge du fond à ce propos en refusant de limiter la mise en œuvre des facultés denquête de lemployeur à ces hypothèses. Toutefois, si elle ne réduit pas les faits fautifs susceptibles de donner lieu à des investigations, elle va tout de même poser des conditions.

Dune part, il faut que la direction ait « connaissance de faits répréhensibles » commis par le salarié interrogé. Formulation maladroite puisque, la connaissance préalable de la commission de faits répréhensibles semble priver lenquête de toute utilité. Pourquoi enquêter sil est déjà acquis quun salarié déterminé a effectivement commis des faits répréhensibles ?

De plus, cela pousse à questionner le degré de certitude nécessaire à la décision denquêter. Est- ce que la désignation dun salarié comme linstigateur dun vol par un autre, pris en flagrant délit de vol, est un degré de connaissance suffisant pour prendre la décision dinterroger ce premier ? En lespèce, la Cour de cassation semble considérer que oui.

Enfin, cela pose la question de la définition du caractère répréhensible des faits, adjectif qui peut paraître imprécis pour la matière disciplinaire. Peut-être que les termes « faits fautifs » auraient pu paraître plus pertinents, ou justes, puisque, daprès le Code du travail, une sanction est une

« mesure [ ]

lemployeur comme fautif » 50 . Autrement dit, cest lorsquun employé commet une faute acte qui fait lobjet dune qualification juridique déterminée quil peut être disciplinairement sanc- tionné.

Dautre part, les faits répréhensibles commis par le salarié doivent être « susceptibles dêtre disciplinairement sanctionnés ». Cette seconde condition tend donc à nuancer la remarque préa- lablement faite, car lemployeur se voit bien limiter à enquêter sur des faits possiblement fautifs au sens juridique du terme.

Parfaitement consciente de la fragilité de leur encadrement légal et jurisprudentiel, la Cour de cassation a apporté quelques éléments de précision quant au régime des enquêtes internes. Cet effort de renforcement sonne cependant comme un aveu. La Cour de cassation devine quutiliser le pouvoir denquête de lemployeur pour caractériser la légalité dune détention comporte un risque de non-conformité à la jurisprudence européenne. Elle cherche donc à préciser ce pouvoir de direction. Néanmoins, si elle fixe les conditions de sa mise en œuvre, ces procédures restent trop peu encadrées, et doivent véritablement faire lobjet dune réglementation plus rigoureuse.

prise par lemployeur à la suite dun agissement du salarié considéré par

Effectivement, de nombreuses questions restent en suspens et notamment, les prérogatives concrètes dont dispose lemployeur pour procéder à une telle enquête, leur caractère contrai- gnant auprès du salarié ou encore les garanties procédurales qui leur sont offertes. Il sagit donc encore de déterminer létendue de ce pouvoir disciplinaire pour éviter les abus dans sa mise en œuvre et mieux protéger les éventuelles atteintes aux libertés des salariés.

49. CA Lyon, 4 e civ., 9 mars 2017.

50. Article L. 1331-1 du Code du travail.

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collection

COURS

Droits fonDamentaux et libertés publiques

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