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74 Écoles Normales Supérieures Ulm et Lyon

option M’ lère composition 1/6

PREMIeRE COMPOSITION DE MATHEMATIQUES


(Sujet commun ENS :ULM et LYON)
: 6 heures
DURÉE

Lc candidat peut traiter l’une quelconque des parties en admettalit les rdsultzits précédcxn-
iiicrit Cnoncés dans les autres parties. On attire l’attention du candidat sur le fait qu’une
fois admis les résultats du V, la dernière partie du problkme cst indkpendante des partics
prdcédentes.
Les symboles n, m. (respectivement 5 ) désigneront des nombres cntiers (respectivement, uxi
nombre réel) 2 1.
Le symbole p désignera toujours un nombre premier.
On désigne par v p ( n )la plus grande puissance, éventuellement nulle, de p divisant T Z ,
L’entier [z] désigne la partie entière de x.
Si f , g sont deux fonctions numériques définies au voisinage de +oo, l’écriture f = O(g)
signifie que f est produit de g par une fonction bornée au voisinage de +w.
De même, si u, et vn sont deux suites à valeurs complexes, l’écriture u, = O(Vn) signifie
que la suite un est produit de la suite vn par une suite bornée au voisinage de +oo.
La notation Ud désigne la somme des Ud étendue aux entiers d 2 1 divisant n.
dln
On désigne par In le logarithme népérien.
On se donne un entier non nul N fixé une fois pour toutes.
On note G ( N ) le groupe multiplicatif des éléments inversibles de l’anneau ~ / N z .

Préliminaire
n
1. Soit C un, C v, deux séries de nombres complexes. Soit U,,= C uk la somme
n2l n 21 k= 1
partielle. Vérifier l’égalité

n n- 1

k= 1 k= 1

Soit G un groupe commutatif fini dont on notera la loi multiplicutivcment. On dit qu’un
homomorphisme de G dans le groupe multiplicatif C” est un caractère de G. Soient x et
x‘ deux caractères de G.Le produit xx’ est défini par la formule :
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option M’ lère composition 2/6

On note 1 le caractère constant de valeur 1. L’ensemble G des caracthres de G est ainsi


muni d’une loi de groupc d’i.lément neutrc 1.
-
On rioteG le groupe des c a r a c t h s de G. -
x
On note enfin le caractbre qui b g E G associe le conjugué x ( y ) dc ~ ( 9 ) .
0
.

Pour tout z E G, considCrons l’application 6, € 6 :

{: z, $)

On veut d’abord prouver que le morphisme

(*>

est injectif.
1. Soit z E G,x # 1 et gr(x) le sous-groupe de G engendré par x. Montrer qu’il existe 1111
caractère x de ’gr(x) tel que x(z) # 1.
2. Soit F la famille des sous-groupes H de G contenant g r ( z ) tcls cluc y s e prolongc (xi
un caractère de H. Montrer que F admet un élément G’ de cardinal maximal. Supposons
G‘ # G. Soit y un Clément de G qui n’est pas dans G’.
En considérant le plus petit n 2 1 tel que y” E G’, entier dont on justifiera l’existence,
montrer que l’on peut prolonger x au groupe engendré par y et G‘. Conclure.
3. Soit x‘ E G et x E G. Comparer les so~nmes

En choisissant x’ convenablement, montrer les formules :

~ ( z=)card G si z = 1.

Montrer de même les formules :

ZEC
~ ( x =) card G si x = 1.
z€G

4. En considkrant la somme C ~ ( z ) ,montrer card G = card G. Que dire dors (lu

morphisme G - n
x*=
décrit en (*) ?
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option M’ l&recomposition 3/6

II
011rappelle que le symhole p dtsignc tin nombre premier.
On rappelle la formule In n! = nln n - n + O(ln n).
1. Montrer l’dgalité
m

En déduire l’inégalité
n
- - 1 < vp(n.!)5 -71 + 11

P P P(P - 1)
2. En considérant l’expression (1+ l)2r’a+1,
montrer C rm+,
< 4”’.En tlkduirc la majjorntic.)n
-

rI
m+l<pl2m+l
p -< 4m.
3. Montrer par récurrence sur n l’inégalité fl p 5 4”.
Pln
4. En considérant In (n!), montrer l’estimation

III
Par caractère, on entendra toujours caractère de G(1V).On dira qu’un caractère x # 1 est
non trivial. On notera encore x la fonction de N dans 43 définie par x ( m )= ~ ( t mod
n N)
si m et N sont premiers entre eux et x ( m ) = O sinon. On a la formulc ab) = ,y(a)x(b )
pour tout a, b.

1. Soit x un caractère non trivial. Montrer que la série C1


Y( 1)
2 ) (respectivemeut

ll>l
c
nrl
xnln n
+) converge. 011 note L(X) (respectivement LI ( x > ) sa soliilne.

Dans cette partie x est désormais un caractère non trivial à valeurs réelles.
2. Soit f(n) = C ~ ( d )Montrer
. f ( n m ) = f(n)f(m) si pgcd(n,7rt) = 1. En dixluiro l(*s
dln
minorations
f(n) 2 1 si n est un carré et f ( n ) 2 O sinou.
Pour x 2 O, soit g ( x ) = C
n<rn
y.
Quel est le comportement dc 9 an voisinage tlc +CO?

3. Montrer très soigneusement l’dgalitd :

Grzice à une analyse minutieuse dcs deux membres de la soInm(!, nioIit.rc*rq i ~ cl a diffc‘.rc*llw
y ( z ) - 2 f i L ( k ) est borri6e.
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option M’ lère composition 4/6

IV

1. On note p ( n ) l’entier défini par :

d n )= { O
(-l)r
si n est divisible par le carré d’un rioinbrc*prcrnier
si r est le nombre de facteurs premiers distincts dc n ,
n non divisible par le carré d’un ~io~iil)rc
1)rcrnicr

Montrer que pour tout n # 1, on a 1’Cgalité C p ( d ) = O.


dln

2. Soit H une fonction non nulle de N’ dans C telle que V n ,rn E hl, H ( t i n z ) = H ( r ~ ) H ( r n ) .
Calculer H ( 1)..
On se donne également deux fonctions F et G de [l,+m[ dans 43 telles que :

Montrer la formule :

3. Soit A la fonction de [l,+CO[ dans R qui à pn associe In p et qui est nulle sur tous les
réels qui ne sont pas des entiers de la forme pn. Montrer la formule :

Soit x un caractère non trivial (pas forcément à valeurs réelles).


1. Posons G(z) = C $ x ( n ) . Montrer que G(x)- s L ( x ) est bornd.
l<n<r

Supposons L ( x ) # O. En utilisant le IV, déduire que C n X n est born@.


nsr
X
2. Supposons L(x) = O. Posons G l ( z ) = C
1 Ln<t
($ln z ) X ( n ) .
Montrer que G 1 ( x )= - z L l ( x ) + O(ln (x)). Commc en 1, dkduirc c p : la fonction.
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option M’ lère composition 5/6

3. En utilisant le IV, montrer

4. Déduire de ce qui précède :

5.Soit T le nombre de caractères non triviaux tels que L(x) = O. En considérant


l’expression :

XEG(N) P 9
cc
X(P)b
P
montrer l’estimation

card G ( N ) . c -
ln P -
n
r
- (1 - T)ln x + O( 1).
Pl+
p i i mod N

En déduire T 5 1.

6. Montrer que T est nul (on distinguera le cas OÙ x est à valeurs réelles ou complexes).
7. Soit 1 un entier premier à N. Montrer en considérant la somme

que { p premier/ p z 2 mod n} est infini.

VI
Soit P un polynôme non nul à coefficients entiers. On note c ( P ) lct plus grand diviseur
commun des coefficients de P .
1. Montrer quc si P et Q sont deux polynômes non nuls B cocffivicuts wlticrs, alws

(On pourra se ramener B c ( P ) = c(Q) = 1 et considérer alors un dvciitrlol cliviscur prcmicr


dc c( P Q ) ) .
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option M’ lère composition 6/6

<
2. Soit, iule racinc n-ihnc dc l’unité. Soit Pc le polyniinct A coc4ikicwts <laisQ iiiiitiiiw
de plus petit degré qui anmile (. Montrer que Pc cst à cocfficicnts cnticrs.
le sous-anneau de 43 engendrd par Z et, c (rcsl). par Q et
On note Z[C] (resp. Q[(]) c). Soit
d le degr6 de Pc.
3. Montrer que 13 = (1, C, . . . ,Cd-’) est une base du Q-cspacc vcct,oricl Q[C].
4. Soit P un polynôme i coefficients entiers. Montrer que pour tout nornbre premier p , il
existc 1111 polynôme G, à coefficients entiers tel que

Pour tout z E ï![cl, on définit M ( z ) comme la matrice daris 0 de 1’apl)licatioii Q-linéaire

5. En utilisant V.7 ct en considérant des matrices M ( z ) pour z E Q[(‘]


convenables, montrer
que si I est un entier premier à n, on a

P&) = o.

6. Montrer que la réunion des ensembles

Ed = {-dk ’ pgcd(k,d) = 1 et 15 k 5 d }
pour d 2 1 divisant n est égale à

{:-, /c = 1, ..., n}
et que les ensernblcs E d , l’entier d parcourant les diviseurs 2 1 dc ri, sont deux à deux
disjoints. Notons @ n ( X ) lc polynômc

Montrer l’identité

dln
En dbduire que cst A cocfficicrits cnticrs pour tout
+n YL.

7. Qu’en déduire sur Pc ?