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UNIVERSITE DE MAROUA THE UNIVERSITY OF MAROUA

Faculté des Mines et des Industries Faculty of Mines and Petroleum


Pétrolières Industries

GEOLOGIE DYNAMIQUE EXTERNE

Dr Firmin NTOUALA
PLAN

INTRODUCTION GENERALE

CHAPITRE I : ATMOSPHERE

CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENENSE

CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX

CHAPITRE IV : SEDIMENTATION

CHAPITRE V : GEOLOGIE APPLIQUEE


INTRODUCTION (1/4)
La géologie est la science comprenant l’étude des parties de la terre directement
accessibles à l’observateur et l’élaboration des hypothèses qui permettent de
reconstituer leur histoire et d’expliquer leur agencement.
La géologie analyse l’environnement à toute échelle de la planète terre et sa
constitution interne afin d’en dégager des lois d’organisation.
Le géologue se place donc aux différentes époques du temps. Il suppose que les
phénomènes anciens ont été régis ou administrés par les même processus mécaniques,
physiques et chimiques que ceux des phénomènes semblables observés à l’heure
actuelle. Il devient possible alors de reconstituer l’image du monde ou paléogéographie
à une époque ancienne. Les phénomènes sont associés et des lois générales se
dégagent. Les principales disciplines de la géologie sont :
la pétrographie ; la sédimentologie ;
la géochimie ; la stratigraphie ;
la paléontologie ; la tectonique ;
la géologie appliquée (hydrogéologie, mines et pétrole…).
INTRODUCTION (2/4)
La géologie dynamique met l’accent sur les forces mises en jeu dans les
phénomènes géologiques.
La partie superficielle de la terre ou croûte terrestre est en évolution
continue. Cette évolution est lente et semble peu importante pour un
observateur non averti. Si on cumule son action sur plus de quatre milliards
d’années, on constate que cette croûte terrestre subie des
transformations. Ces dernières sont dues à trois grands phénomènes qui
prédominent et se succèdent en continue dans le temps. Ces trois grands
phénomènes sont :
 altération et pédogénèse ;
 érosion ;
 sédimentation.
INTRODUCTION (3/4)

Alteration - Pédogénèse

Erosion des roches sédimentaires, magmatiques et métamorphiques

Transport

Dépot

Diagénèse et formation de roches sédimentaires

Fig. Cycle géodynamique externe


INTRODUCTION (4/4)
Altération et pédogénèse, Erosion et Sédimentation qui sont des actions externes ou
des mécanismes causés par des agents extérieurs constituent la géodynamique
externe qui s’oppose à la géodynamique interne caractérisée par le magmatisme et le
métamorphisme.
CHAPITRE I : ATMOSPHERE(1/12)
L’atmosphère est une immense couche de gaz et de poussière qui
enveloppe le globe terrestre

 I – COMPOSITION DE L’ATMOSPHERE TERRESTRE


Les trois principaux gaz de l’atmosphère sans tenir compte de la
vapeur d’eau sont l’azote (78,1%), l’oxygène (20,9%), l’argon (0,9%).
Beaucoup d’autre gaz sont présent dans l’atmosphère mais en
quantité extrêmement faible mais non négligeable (CO2, He, Ne, Kr,
H, Xe, O3). Il y’a également de la vapeur d’eau dans l’atmosphère
entre 1% vers les pôles et 4% vers l’équateur.
CHAPITRE I : ATMOSPHERE(2/12)
 II – DIFFERENTES COUCHES DE L’ATMOSPHERE
L’atmosphère est épaisse d’environ 10 000 km. Mais 99% de sa
masse se trouve dans les 30 premiers km. L’atmosphère est
divisée en 5 couches :
 la troposphère. Elle est la couche de la surface de la terre.
Elle est située entre 0 et 12 km. Sa température diminue de 0,5
°C par km d’altitude ;
 la stratosphère. Elle se situe entre 12 et 50 km d’altitude, elle
présente une température proche de celle de la surface de
la terre ;
 la mésosphère. Elle se situe entre 50 et 80 km d’altitude. La
température diminue jusqu'à – 140°C au niveau de la cime
de la mésosphère ;
 la thermosphère. Elle se situe entre 80 et 600 km d’altitude.
Les molécules d’air deviennent très rares, les températures
très élevées jusqu'à 1200°C ;
 l’exosphère s’étend jusqu'à 10 000 km d’altitude la où
s’arrête l’atmosphère et où commence l’espace.
Fig. Différentes couches de l’atmosphère
CHAPITRE I : ATMOSPHERE(3/12)
 III – ORIGINE ET EVOLUTION DE L’ATMOSPHERE TERRESTRE
L’atmosphère terrestre a évolué de manière continue depuis la naissance de la
Terre (environ 4,6 milliards d’années). L’atmosphère était d’abord constituée
d’hydrogène et d’hélium mais ces gaz très léger se sont rapidement échappés dans
l’espace en raison de la faible gravité de la Terre. La première véritable atmosphère
composée principalement de CO2, N2 et de vapeur d’eau s’est formée grâce aux
éruptions volcaniques ; la Terre s’est ensuite refroidie et une grande partie de la
vapeur d’eau de l’atmosphère s’est condensée des pluies diluviennes se sont alors
abattues sur la Terre et ont formées des océans.
Au cours de 2 milliards d’années suivant de l’oxygène est apparu dans l’atmosphère
grâce à l’activité d’organismes marins tels que les bactéries, les algues pratiquant la
photosynthèse. Il a encore fallu 2 milliards d’années avant que l’oxygène se trouve
en quantité suffisante dans l’atmosphère pour former une couche d’ozone en
mesure de protéger la Terre des rayons ultraviolets du soleil ; cela a permis aux êtres
vivants de sortir des océans à environs 440 millions d’années.
CHAPITRE I : ATMOSPHERE(4/12)
 IV – COUCHE D’OZONE
La couche d’ozone est une couche de gaz qui est présente naturellement dans
l’atmosphère terrestre. La couche d’ozone se situe dans la stratosphère. Plus de 90% de la
quantité d’ozone se situe entre 20 et 40 km d’altitude. La couche d’ozone est crées par
l’action de certains rayons du soleil appelés ultraviolets ou UV. L’ozone se forme plus
facilement au niveau des zones tropicales où l’intensité du rayonnement solaire est plus forte
mais les vents de l’atmosphère transportent l’ozone tout autour du globe. Certains composés
naturels de l’atmosphère comme l’azote, le CO2, le méthane détruisent les molécules de
l’ozone. Au final, le phénomène naturel de formation et de destruction de la couche
d’ozone permet d’avoir un taux d’ozone relativement constant dans le temps.
 A – Trou d’ozone
Le trou de la couche d’ozone est une partie où la concentration en ozone est plus faible que
la normale. L’ozone y est donc toujours présent mais avec un taux bien plus faible.
 B – Rôle de la couche d’ozone
La couche d’ozone est indispensable à la vie des êtres vivants sur Terre car elle stoppe les
rayons UV que nous envoi le soleil. Ces UV sont extrêmement dangereux pour les hommes
car ils provoquent des cancers de la peau. L’absence de la couche d’ozone serait donc
catastrophique pour les êtres vivants sur la Terre.
CHAPITRE I : ATMOSPHERE(5/12)
 C – Causes du trou de la couche d’ozone
Le trou de la couche d’ozone se forme lorsque le chlore détruit l’ozone. Les hommes
envoient du chlore dans l’atmosphère sous forme de chlorofluorocarbone (CFC). Ces
composés chimique sont utilisés dans les bombes aérosols et les réfrigérants. Par ailleurs,
d’autres produits chimiques tels que les halocarbones bromés et les oxydes d’azote
contenus dans les engrais peuvent aussi attaquer la couche d’ozone.
 D – Protection de la couche d’ozone
La communauté internationale a progressivement pris conscience des dangers liés à la
couche d’ozone. En 1994, l’Assemblée Générale des Nations unies a proclamé le 16/11,
datte anniversaire de la signature en 1987, du Protocole de Montréal relatif à des
substances qui appauvrissent la couche d’ozone, Journée Internationale de la couche
d’ozone (résolution 49/114). Les réunions de Londres en 1990 puis de Copenhague ont
permis de réduire l’utilisation de CFC à partir de fin 1995. L’interdiction d’utiliser les produits
détruisant la couche d’ozone a été facilitée par la création des gaz de remplacement.
Cependant, dans les pays en voie de développement (Cameroun), les CFC et autres
produits attaquants l’ozone sont toujours utilisés.
CHAPITRE I : ATMOSPHERE(6/12)
 V – POLLUTION DE L’AIR
La pollution de l’air est due à la présence de polluants dans les plus basses couches de l’atmosphère.
Ces polluants sont des gaz ou des particules. Les polluants atmosphériques peuvent être d’origine
naturel ou anthropique (industries, transports…). Ils sont présents en quantité extrêmement faible. Cette
pollution est néfaste pour l’environnement et pour tous les êtres vivants à grande échelle. La pollution
de l’air contribue au réchauffement de la planète par effet de serre, au trou de la couche d’ozone et
à la formation des pluies acides. Par ailleurs, la pollution atmosphérique a des conséquences directes
sur la santé des hommes (difficultés respiratoires…) sur le bétail et sur les récoltes.
 A – Polluants naturels
Les polluants d’origine naturels sont principalement le SO2, le NO2. Ils sont dus aux éruptions
volcaniques, aux décompositions des matières organiques (animaux et végétaux morts) et aux feux de
brousse.
 B – Polluants dus aux activités humaines
Les principaux polluants que les hommes rejettent dans l’atmosphère sont le CO2, NO2, SO2, O3 et des
particules en suspension. Ces polluants proviennent de la combustion des énergies fossiles (charbon,
gaz naturel, pétrole), des industries (usines métallurgiques, sidérurgiques, incinérateur des déchets,
raffinerie des pétroles…) et des transports routiers.
CHAPITRE I : ATMOSPHERE(7/12)
 C – Effets de la pollution de l’air sur le santé des hommes
La pollution de l’air provoque principalement les irritations des yeux, des problèmes de vision et des
difficultés pour respirer. Cette pollution peut aussi entrainer des douleurs de poitrine et des toux.
 D – Surveillance de la qualité de l’air
La qualité de l’air est contrôlée plusieurs fois par jour dans les villes de plus de 100 000 habitants. Il existe
deux niveaux d’urgence :
au premier niveau dit d’information et de recommandation, il faut prévenir la population ;
au deuxième niveau dit d’alerte il faut réduire les activités humaines responsables de la pollution.
 E – Effets de la pollution de l’air sur la Terre
La pollution de l’air ne touche pas seulement la plus basse couche de l’atmosphère. Certains polluants
sont rejetés encore plus haut dans l’atmosphère. L’augmentation des émissions des gaz à effet de
serre comme le CO2 au cours du 20è siècle a accentué le phénomène naturel de l’effet de serre. Ceci
est à l’origine du réchauffement global de la planète au cours de cette période. Par ailleurs,
l’utilisation du CFC dans les bombes aérosols et des réfrigérateurs a diminué la concentration de la
couche d’ozone dans l’atmosphère ce qui a causé le trou de la couche d’ozone.
CHAPITRE I : ATMOSPHERE(8/12)
 F – Solutions envisagées pour réduire la pollution de l’air
Elles peuvent se résumer autour de :
 la réduction des transports et surtout des déplacements en voiture ;
 l’utilisation des systèmes complexes qui limitent la pollution atmosphérique comme les pots
catalytiques pour les voitures qui sont obligatoires en Europe depuis 1996, les filtres pour les
cheminées d’usines ;
 le développement des énergies renouvelables dites propres comme l’énergie solaire,
l’énergie éolienne, l’énergie des marées ;
 le développement de l’énergie nucléaire. Ces sources d’énergie causent d’autres
problèmes d’environnement (gestion des déchets nucléaires) et des problèmes
géopolitiques (fabrication des armes nucléaires) ;
 la poursuite des recherches sur l’énergie thermonucléaire qui consiste à reproduire sur Terre
les réactions qui se produisent au cœur des étoiles.
CHAPITRE I : ATMOSPHERE(9/12)
 VI – EFFET DE SERRE
Certains gaz atmosphériques agissent sur le
rayonnement solaire incident et réfléchi : l’ozone
absorbe une partie du rayonnement ultraviolet
incident, tandis que la vapeur d’eau, le dioxyde
de carbone et le méthane absorbent une partie
des rayonnements infrarouges émis par le sol
échauffé. Ces derniers gaz renvoient à leur tour
un rayonnement infrarouge en direction du sol,
qui à son tour s’échauffe et engendre un
nouveau rayonnement infrarouge, et ainsi de
suite : c’est l’effet de serre.
L’effet de serre est un phénomène naturel Fig. Structure, composition de l’atmosphère terrestre et effet
perturbé aujourd’hui par des gaz rejetés par de serre
l’atmosphère et par certaines activités humaines.
CHAPITRE I : ATMOSPHERE(10/12)
 A – Les gaz à effet de serre
Parmi les principaux gaz à effet de serre, on peut citer la vapeur d’eau, le CO2, le méthane,
l’ozone, les oxydes nitreux. Leurs concentration dans l’atmosphère est très faible inférieur à 1% mais
leur capacité à piéger la chaleur émise par la terre est forte.
 B – L’influence des activités humaines sur l’effet de serre
L’effet de serre est perturbé par des activités humaines qui envoient de nombreux gaz dans
l’atmosphère (CO2, énergies…).
C – Les décisions politiques prises pour réduire l’influence des activités humaines dans
l’atmosphère
De nombreux pays ont voté à Kyoto au Japon en 1987 une réduction de 5,2% de l’émission des
principaux gaz à effet de serre jusqu’en 2012. Le protocole de Kyoto a ainsi été signé en 1997 par
84 Etats/192 membres de l’ONU mais mis en vigueur en 2005.
Climate Change Conference: COP3 (Tokyo, 1997)… COP19 (Varsovie, 2013); COP 20 (Lima, 2014);
COP 21 (Paris, 2015); COP22 (Marakech, 2016) par la Convention-Cadre des Nations Unies sur les
Changements Climatiques (CCNUCC)
CHAPITRE I : ATMOSPHERE(11/12)
 VII – CHANGEMENTS CLIMATIQUES
La Terre est un système multidimensionnel qui se compose
de nombreuses enveloppes interagissant. Un changement
dans une enveloppe peut produire des changements dans
une partie ou dans toutes les autres parties (souvent de
manières qui ne sont ni évidentes ni immédiatement
apparentes). Ce fait s’applique également à l'étude du
climat et du changement climatique. Pour comprendre et
apprécier le climat, il est important de comprendre que le
climat implique plus que l'atmosphère. Il existe en effet un
système climatique qui comprend l'atmosphère,
l'hydrosphère, la lithosphère, la biosphère et la cryosphère.
(La cryosphère se réfère à la glace et la neige qui existent
à la surface de la Terre.) Le système climatique implique
des échanges d'énergie et d'humidité qui se produisent
entre les cinq sphères. Ces échanges relient l'atmosphère
aux autres sphères pour que le tout fonctionne comme une
unité extrêmement complexe et interactive. Les
changements apportés au système climatique ne se
produisent pas isolément. Au contraire, lorsqu'une partie de
celle-ci change, les autres composants réagissent
également. Les principaux composants du système
climatique sont illustrés à la figure ci-contre. Fig. Vue schématique montrant plusieurs composantes du système
climatique de la Terre
CHAPITRE I : ATMOSPHERE(12/12)
 VII – CHANGEMENTS CLIMATIQUES
Les changements climatiques sont dus à deux
facteurs naturels :
 les variations de la quantité d’énergie solaire
reçue à la surface de la Terre (selon la latitude,
elle diminue de l’équateur vers les pôles causant la
diversité des climats mais du fait de l’inclinaison de
l’axe de rotation de la Terre par rapport au plan de
l’orbite et de sa direction fixe dans l’espace, l’énergie
solaire varie également à une même latitude);
 les variations de la trajectoire de la Terre autour
du soleil.
L’inégale distribution de l’énergie solaire à la surface du
globe terrestre est responsable de la mise en
mouvement couplée des masses d’air de la troposphère
et des masses d’eau océaniques
 Mais en plus de cette évolution naturelle, le
climat devient de plus en plus influencé par les
activités polluantes des hommes. Fig. Dynamique des enveloppes fluides externes de la terre
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(1/34)
La surface des continents montre à l’affleurement des roches diversifiées, sédimentaires
(exogènes), métamorphiques et magmatiques (endogènes). La plupart d’entre elles
rencontrent, lors de leur mise à l’affleurement, des conditions physico-chimiques (P, T,
teneur en eau) différentes de celles qui ont prévalu à leur formation ; devenues
instables, elles s’altèrent. Les produits de ces transformations peuvent rester sur place et
constituer des formations résiduelles (sols); le plus souvent ils sont évacués vers d’autres
lieux où ils nourrissent le processus sédimentaire (chapitre IV).
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(2/34)
 I – DEFINITIONS ET GENERALITES
L’altération superficielle est la transformation partielle ou complète isovolumique ou autre des
roches, des minéraux, du sol ou des sédiments à la surface du globe terrestre. Elle donne des
altérites qui évoluent vers la formation des sols par le processus de pédogenèse. Ce sont des
horizons qui conservent l’agencement plus ou moins proche de celui de la roche, il n’y’a donc
pas d’organisation structurale de type strictement pédologique. Sa composition minéralogique
est très variable.
La pédogénèse est l’ensemble des phénomènes et processus qui a pour résultat la formation des
sols à partir du matériau initial et de la présence de matières organiques ainsi que leur
développement y compris la différenciation des horizons.
Les roches meubles ou non qui affleurent à la surface du globe terrestre ne sont pas en équilibre
avec les conditions qui règnent dans le milieu ambiant. Elles doivent nécessairement évoluer vers
un matériau nouveau en subissant une attaque qui peut être mécanique ou chimique. Dans le
premier cas, on parle plutôt de désagrégation mécanique et dans les second cas, on parle
d’altération chimique au sens stricte. La dissolution, phénomène physique a une place à part
parce qu’elle s’accompagne toujours d’action chimique. Le terme d’altération au sens large
comprend aussi des actions de désintégration. Il est rare que l’altération chimique se fasse à sec
sauf au contact des sels ce qui se produit en milieu désertique notamment quand le vent
saupoudre la roche, de particules salines.
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(3/34)
 II – LA DESAGREGATION MECANIQUE
C’est la fragmentation mécanique sans modification ni de la composition chimique, ni
de la composition minéralogique. On distingue quatre types de désagrégation
mécanique : la thermoclastie, la cryoclastie ou gélifraction ou gélivation, la
desquamation, l’haloclastie.
 La thermoclastie
C’est la fragmentation mécanique provoquée par la variation ou les seuls changements
diurnes de température. La roche tend à se réchauffer le jour et à se refroidir la nuit.
Compte tenu de son hétérogénéité minéralogique, certains minéraux se dilatent plus
que d’autres ce qui est propice à leur déchaussement granulaire. La différence entre les
coefficients de dilatation selon les cristaux ou leur orientation induit des tensions
engendrant les fractures et ruptures. Par exemple le coefficient de dilatation thermique
du quartz est deux fois plus élevé que celui de l’orthose. Elle se déroule au Sahara, dans
les déserts chauds où les différences de température au sol sont énormes entre le jour et
la nuit.
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(4/34)
 La cryoclastie
C’est la fragmentation mécanique due à l’alternance du gel et du dégel de l’eau. Au
dégel, l’eau de fonte remplit les fissures des roches et au gel, la glace occupe un volume
supérieur à celui de l’eau ce qui engendre des pressions importantes réduisant les blocs
en fragments puis en agrégats enfin en sable et puis en fine poussière. Les roches y sont
d’autant plus sensibles que leur taux de fracturation, ou leur perméabilité, est élevée ; on
qualifie de telles roches de gélives. Elle se déroule dans les régions polaires du globe,
glaciaires ou tempérées où l’alternance gel-dégel agit de façon efficace.
 La desquamation
Les roches métamorphiques et plutoniques se forment sous des pressions élevées
largement supérieures à la pression atmosphérique. La roche s’écaille en lambeaux sous
forme de couches minces parallèle à la surface. Cette desquamation est due à une
décompression qui provoque la fissuration, la fragmentation des roches suivant les plans
de faiblesse (joints de stratification dans les roches sédimentaires, les plans de foliation
dans les roches métamorphiques ou les plans de diaclase dans le roches éruptives). Ce
phénomène se rencontre généralement dans les régions tropicales comme Yaoundé
(faible variation de température).
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(5/34)
 L’haloclastie
En bord de mer, l’eau de mer ou des embruns pénètrent dans les fissures puis
s’évaporent en permettant la cristallisation de sels. Ces cristaux maintiennent ainsi
béantes les fissures et exercent une pression qui, par cumul, peut être suffisante pour les
élargir.

Fig. Principales discontinuités constitutives Fig. Aspects mécaniques de l’arénisation du granite


d’un granite sain à l’affleurement
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(6/34)

Fig. Formation d’un chaos granitique


CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(7/34)

Fig. Altération en boules d’un granite


CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(8/34)

Fig. L’altération chimique ne peut se produire


que sur les portions de matériau en contact
avec les agents d’altération. La
désagrégation mécanique disloque le
matériaux, augmentant par là la surface Fig. Cryoclastie
susceptible d’être attaquée chimiquement
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(9/34)

Fig. Desquamation
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(10/34)
 III – L’ALTERATION CHIMIQUE
 A – Les principaux types d’altération : étude géochimique
Les roches qui affleurent à la surface de l’écorce terrestre sont en déséquilibre avec l’environnement
bioclimatique et évoluent vers un matériau nouveau, le sol constitué surtout d’argile et d’oxyhydroxydes
qui sont des minéraux stables dans les nouvelles conditions. La transformation subie par les minéraux
primaires des roches est le plus souvent une hydrolyse. L’altération chimique est la transformation des
minéraux primaires en minéraux secondaires le plus souvent en présence d’eau chargée d’agents
chimiques actifs (acide organique, CO2, O2) et d’une température suffisante (catalyseur).
 L’hydrolyse
C’est un mécanisme d’altération des roches alumino-silicatés au cours de la pédogenèse qui se traduit
essentiellement par l’extraction et l’individualisation de l’aluminium sous forme de composé insoluble, et
deux autres types d’éléments (SiO2 et cations basiques) restent en solution à l’état d’acide non dissociée
c'est-à-dire Si(OH)4 ou de base fortement ionisée (Na+, OH- ou K+,OH-). Cette démolition peut être
schématisée sous la forme d’une équation chimique

minéral primaire + solution d’attaque minéral néoformé + solution de lessivage

Pour que cette équation ait lieu, il faut qu’il y’ait la présence d’eau chargée d’agents chimiques actifs
et une température suffisante. Cette altération est maximale en climats équatorial et tropical chaud et
très humide et ménagée en climat tempéré.
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(11/34)
 L’oxydation
Les eaux d’infiltration entrainent de l’oxygène dans le sous sol où vient s’oxyder les sulfures
métalliques et silicates par l’intermédiaire des bactéries, de la matière végétale. Le sulfure le plus
abondant est la pyrite (FeS2) cela aussi bien dans les roches ignées que sédimentaires. L’oxygène
va la transformer en goethite ou hématite.
En climat tempéré, on aura l’équation suivante :

FeS2 + O2 + H2O FeOOH + SO2


Pyrite Goethite
En climat chaud on a l’équation suivante :

FeS2 + O2 + H2O Fe2O3 + SO2 + H2O


Pyrite Hématite
SO2 et H2O formeront le l’acide sulfurique qui va favoriser l’altération des minéraux du sol.
 L’hydratation
Par hydratation de l’hématite, on obtient la goethite
Fe2O3 + H2O 2FeOOH
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(12/34)

 La décarbonatation
CaCO 3 + CO 2 + H 2 O Ca(CO 3 H) 2 soluble

 La dissolution
Les évaporites sont facilement mises en solution grâce à leur forte solubilité. NaCl, KCl, CaSO4, 2H2O
seront aisément véhiculés ou éliminés par les eaux d’infiltration. Les roches carbonatées (calcaires,
dolomies) se révèlent solubles sous forme de bicarbonate dans les eaux contenant du CO2 dissous.

Fig. Dissolution progressive de calcaires gréseux Fig. Diaclase sujette à de la dissolution dans un calcaire
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(13/34)
 B – Genèse des nouveaux minéraux
Les minéraux secondaires peuvent être soit hérités soit néoformés soit transformés.
Minéraux hérités : ce sont des minéraux qui ont par rapport à la composition des
minéraux primaires perdus ou gagnés certains éléments. En climat froid, altération
faible, minéraux argileux hérités de la roche d’origine (illite et chlorite); en climat
chaud et humide, altération poussée, la kaolinite se forme en milieu drainé, les
smectites en milieu confiné; en climat tempéré humide, l'altération est modérée, il
apparaît des interstratifiés, des illites et chlorites dégradés, de la vermiculite.
Minéraux néoformés : ce sont des minéraux issus d’une cristallisation des minéraux à
partir des éléments libérés en solution. Les argiles fibreuses se forment dans des croûtes
calcaires, dans des zones à climat à saison sèche marquée, dans des milieux
évaporitiques sursalés: néoformation de sépiolite par concentration des ions par
évaporation. Certains minéraux argileux se forment à partir des ions en solution.:
néoformation de glauconie (illite ferrifère) dans les vases littorales; néoformation des
"argiles rouges des grands fonds" (smectites ferrifères provenant des vases calcaires et
siliceuses et des cendres volcaniques).
Minéraux transformés : Les minéraux néoformés ou hérités peuvent évoluer pour prendre
un nouveau statut en équilibre avec le nouveau milieu, aussi bien au cours de
l'altération que de la diagenèse: transformations par dégradation (soustraction
d'ions)ou par aggradation (fixation d'ions supplémentaires).
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(14/34)
 C – Les processus géochimiques
On distingue trois types de processus lorsque le minéral primaire est un feldspath sodique ou
potassique. Ce sont : l’allitisation, la monosiallitisation et la bisiallitisation.
 Allitisation
C’est une hydrolyse totale ou complète avec évacuation totale des bases et de la silice. On aboutit
à la formation du tri-hydroxyde d’aluminium. Ce processus se déroule dans les régions tropicales ou
équatoriales chaudes et humides.
Si3AlO8Na + H2O Al(OH)3 + Si(OH)4 + (Na+,OH-)

Conditions : position topographique haute, excellent drainage, climat équatorial ou tropical chaud
et humide
 Monosiallitisation
C’est une hydrolyse partielle avec évacuation totale des bases et partielle de la silice. La silice
restante se recombine à l’aluminium pour donner l’argile de type 1/1 (kaolinite, halloysite).
2Si3AlO8K + H2O Si2Al2O5(OH)4 + 4Si(OH)4 + (K+,OH-)
Conditions : fort drainage, position topographique haute, climat tropical à saisons sèches contrastées
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(15/34)
 Bisiallitisation
C’est une hydrolyse partielle avec évacuation partielle des bases et de la silice. On aboutit
à la formation des argiles de types 2/1 (montmorillonite, smectites, illite, vermiculites) ou
des argiles de type 2/1/1 (chlorites).
Conditions : mauvais drainage, position topographique basse, climat tempéré, climat
méditerranéen.
 D – Orientation et vitesse des altérations
Divers facteurs influencent la vitesse d’altération des roches. Nous avons déjà vu comment
la désagrégation mécanique oriente la vitesse de l’altération en disloquant les massifs
augmentant ainsi la surface exposée à l’altération chimique. Trois autres facteurs
importants sont : les caractéristiques du massif rocheux, le climat et le temps.
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(16/34)
 Nature de la roche
Ces caractéristiques englobent tous les traits chimiques des roches, y compris la composition minérale et la
solubilité. En outre, d’autres caractéristiques physiques telles que les joints (fissures) peuvent être
importantes, car ils permettent à l'eau de pénétrer dans la roche et de commencer le processus
d'altération longtemps avant que la roche soit mise à nu. Les variations des taux d'altération en fonction de
la composition minéralogique peuvent être démontrées en comparant les vieilles pierres tombales
fabriquées à partir de différents types de roches. Les pierres tombales en granites, qui sont composés de
minéraux silicatés, sont relativement résistantes à l'altération
chimique. Nous pouvons voir cela en examinant les inscriptions sur les
pierres tombales montré sur la figure. En revanche par comparaison
au granite, la pierre tombale en marbre montre de vastes des signes
d’altération chimique sur une période relativement courte de temps.
Le marbre est composé de calcite (carbonate de calcium), qui se
dissout facilement, même dans une solution faiblement acide. Les
silicates, groupe minéralogique le plus abondant, s’altèrent pour
l'essentiel dans le même ordre que leur ordre de cristallisation. En
examinant de Bowen réaction de la série (Cf. Fig. diapo suivante),
vous pouvez voir que l'olivine se cristallise en premier et est donc le
moins résistant aux produits chimiques d'altération, tandis que le
quartz, qui se cristallise dernier, est le plus résistant. Fig. Degré d’altération en fonction du type de roche
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(17/34)

Fig. Echelle d’altérabilité des principaux Fig. Séquence de Bowen montrant l’ordre de cristallisation
Minéraux silicatés des minéraux dans un magma
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(18/34)
 CLIMAT
Les facteurs climatiques, en particulier la température et l'humidité,
sont cruciaux pour le taux d'altération des rochers. Un exemple
important de la mécanique des intempéries, c'est que la fréquence
des cycles de gel–dégel affecte considérablement le taux de
gélifraction. La température et l'humidité peuvent aussi exercer une
forte influence sur les vitesses d'altération chimique et sur la nature et
la quantité de végétation présente. Les régions avec une végétation
luxuriante ont généralement un épais manteau de sol riche en
matière organique à partir de laquelle les éléments chimiquement
actifs tels que du gaz carbonique et les acides humiques sont
dérivés.
L'environnement optimal pour l'altération chimique est une
combinaison de températures élevées et une humidité abondante.
Dans les régions polaires, l'altération chimique est inefficace parce
que les températures glaciales gardent l'humidité disponible
enfermée comme de la glace, alors que dans les régions arides, il n'y
a pas assez d'humidité pour favoriser l’altération chimique. Les Fig. Les pluies acides accélèrent
activités humaines peuvent influencer la composition de l’altération chimique des monuments
l'atmosphère, qui à son tour peut influer sur le taux d'altération et structures en pierres
chimique. Un exemple bien connu est les pluies acides (Fig.).
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(19/34)

Fig. Schéma bilan de l’altération granitique en climat tempéré


CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(20/34)

Fig. Schéma bilan de l’altération granitique en climat chaud et humide


CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(21/34)

Fig. Minéraux néoformés et épaisseur du manteau


d’altération en fonction de la latitude (Pedro, 1975).
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(22/34)
 ACTIVITE BIOLOGIQUE
L’altération à la fois mécanique et chimique est accomplie par
les activités des organismes. Les racines des plantes à la
recherche de minéraux et d'eau vont dans les fractures, et
lorsque ces racines grandissent, elles contribuent à augmenter
les ouvertures des fractures du rocher (Cf. Fig.). Les animaux
fouisseurs favorisent la fragilisation de la roche par
déplacement de matière fraîche à la surface, où les processus
physiques et chimiques peuvent être plus efficaces pour
l'attaquer. Bien sûr, là où la roche a été dynamité à la
recherche de minéraux ou pour la construction, l'impact de
l'homme est particulièrement notable. Les organismes jouent un
rôle dans l'altération chimique de nombreuses façons. Par
exemple, les racines des plantes, les champignons et les lichens
qui occupent des fractures ou peuvent s'incrustent sur un rocher
produisent des acides qui favorisent la décomposition. En outre,
certaines bactéries sont capables d'extraire les composés des
minéraux et d’utiliser l'énergie à partir du composé de liaisons
chimiques pour leurs besoins. Ces “mangeurs de minéraux”
primitifs peuvent vivre à des profondeurs de quelques
kilomètres.
Fig. Action des racines
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(23/34)
 IV – LA PEDOGENESE
 A – Généralités et définitions
La pédogénèse est l’ensemble des phénomènes et des processus qui a pour résultat la
formation des sols à partir du matériau initial et de la présence des matières organiques
ainsi que leur développement y compris la différenciation des horizons. L’altération est à
l’origine de la fraction minérale des sols. Le matériau meuble originel qu’on appelle
horizon C ou altérite ou lithomarge ou régolite va par la suite se différencier en un
certain nombre de niveaux grossièrement parallèles appelés horizons par une succession
de processus dont l’ensemble constitue la pédogénèse.
Une lithomarge est un horizon qui conserve un agencement plus ou moins proche de
celui de la roche. Il n’y’a donc pas d’organisation structurale de type strictement
pédologique. On distingue : les sols azonaux, intrazonaux et zonaux.
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(24/34)
 1 – Les sols azonaux
Un sol azonal est un ordre de sol ne présentant pas d’horizons pédogénétiques distincts. Il
s’agit de sols juvéniles (alluvions récentes, sols volcaniques récents, formations éoliennes
récentes, lithosols).
 2 – Les sols intrazonaux
Un sol intrazonal est un sol ayant des caractéristiques plus ou moins développées mais
montrant l’influence d’un facteur local responsable de la formation du sol. Celui-ci est soit la
nappe phréatique proche de la surface du sol et responsable de la formation des sols
hydromorphes ; soit une nappe souterraine saline en climat aride ou semi-aride et
responsable de la formation des sols halomorphes ; soit la présence d’un matériau parental
calcaire et facilement altérable responsable de la formation des sols calcimorphes.
 3 – Les sols zonaux
Un sol zonal est un sol évolué relativement indépendant de la roche mère mais dépendant
étroitement du climat et de la végétation exemple des sols ferrugineux tropicaux caractérisés
par l’abondance des argiles de type 1/1 (monosiallitisation), les sols fersiallitiques avec
l’abondance des argiles 2/1 (bisiallitisation), les sols ferralitiques avec abondance des argiles
1/1 (allitisation et monosiallitisation).
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(25/34)
 B – Comment naissent les horizons : les mécanismes de leur différenciation
Les dynamiques qui conduisent à la formation des horizons pédologiques sont le résultat de quatre
types de mécanismes :
 mécanismes d’altération des roches et leurs constituants ;
 mécanismes biologiques et d’accumulation de matières organiques ;
 mécanismes de libération, de migration puis d’accumulation des constituants résultants des
mécanismes d’altération et d’évolution des matières organiques ;
 mécanismes d’arrangement et d’agrégation des constituants issus de l’altération puis mises en
place par la migration.
 C – Evolution d’un sol
Au début, le matériau meuble issu de l’altération conserve intégralement les structures de la
roche saine sous jacente. Par la suite, des mouvements de matière (départ et dépôt) s’opèrent au
sein des altérites qui perdent alors les structures lithologiques originelles et deviennent des horizons
B. L’accumulation des matières dans ces horizons peut se faire sous diverses formes : il peut s’agir
d’argiles ou de fer dans ce dernier cas, il se forme des cuirasses ferrugineuses (formations indurées
caractérisées par l’accumulation d’oxyhydroxydes fer et/ou d’aluminium). Elles revêtent différents
faciès à savoir le faciès massif (cuirasses massives) ; le faciès nodulaire (cuirasse nodulaire) et le
faciès alvéolaire.
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(26/34)
Le faciès est l’ensemble des caractères lithologiques et paléontologiques qui définissent un dépôt et
révèlent en même temps les conditions dans lesquels il s’est effectué.
Généralement, les horizons B sont imprégnés de matière organique à leur partie supérieure. Les
horizons organo-minéraux ainsi obtenus sont appelés horizon A ou horizon humifère.
 L’humus est l’ensemble des molécules complexes de nature colloïdales et de couleur foncée
provenant de la transformation microbienne des débris végétaux et animaux.
 L’humification est l’ensemble des processus de transformation de la matière organique fraîche en
humus sous l’influence des micro-organismes du sol par oxydation, condensation, polymérisation.
 La minéralisation est le stade ultime de la biodégradation de l’humus en matière minérale sous
l’influence des micro-organismes du sol.
 Rôle de la matière organique
Dans toutes les couvertures pédologiques, les matières organiques jouent des fonctions importantes :
elle participe dans l’altération des roches et des minéraux ; elle facilite selon les cas la migration des
constituants ; elle facilite l’agrégation des constituants et la porosité des assemblages ; elle est source
d’aliment pour les plantes, elle retient puis redonne aux plantes l’eau et les éléments fertilisants.
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(27/34)
Au cours d’un temps déterminé (après l’évolution), un certain état d’équilibre stable est atteint
caractérisant aussi bien la végétation que le sol. Cet écosystème stable est appelé climax (état
d’équilibre relativement stable avec le milieu extérieur). Il est climatique quand cet état d’équilibre existe
entre la végétation et le climat et édaphique entre la végétation et le sol.
 D – Les fonctions du sol
Elles sont vitales, multiples et justifient notre attention. Par rapport à la vie, la santé des hommes, le sol
remplit quatre fonctions principales :
 1 – La fonction biologique
Le sol abrite partiellement ou complètement de nombreuses espèces animales et végétales ; de
nombreux cycles biologiques passant par le sol inclus le sol qui est donc partie prenante de nombreux
écosystèmes.
 2 – La fonction alimentaire
Le sol contient certains des éléments nécessaires à la vie (Ca, K …). Il accumule puis met à la disposition
des plantes et des animaux la majeur partie de ces éléments y compris l’air et l’eau. Le sol joue en
somme le rôle de garde- manger qui selon les cas est ± grand et ± remplit. De même, il retient l’eau qu’il
rend aux plantes en fonction de leurs besoins. Au total, une grande partie de ce que les plantes
mangent, boivent, respirent vient du sol. L’homme qui se nourrit des plantes et des animaux est donc bien
totalement dépendant des potentialités des sols.
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(28/34)
 3 – La fonction filtre
Le sol est un milieu poreux. L’eau des pluies, des sources, des rivières a donc totalement traversées le sol ;
la porosité du sol en influence l’alimentation. Par ailleurs, le sol est un filtre, un système épurateur : l’eau
en traversant se transforme ; la qualité chimique et biologique des eaux dépend des propriétés des sols.
 4 – La fonction matériau
Le sol sert souvent de matériau de construction (arènes, cuirasses ferrugineuses, croûtes calcaires,
argiles…). Il est à la fois support des matériaux de bâtiment, de route, de barrage, de canaux, poterie….
Beaucoup de minerais viennent du sol (bauxite, or, fer…).
 E – L’homme agent puissant de la transformation du sol
Par ses activités, l’homme transforme le milieu où il vit, dont il vit. Le sol en particulier est souvent
fortement touché, profondément modifié. Parmi ces modifications, on peut citer :
 les tassements qui se produisent lors des défrichements et des opérations de mise en valeur ;
 les transformations et les appauvrissements des activités biologiques ;
 les dessiccations qui se produisent pendant les saisons sèches au sein du sol dont la couverture
végétale a été modifiée ;
 les accumulations excessives des sels solubles à la surface du sol ou dans l’autre cas
l’appauvrissement superficiel du sol en cation structurant et alimentaire ;
 la pollution du sol.
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(29/34)
Toutes ces transformations :
 modifient, détruisent les structures et les porosités le cheminement des racines en est perturbé ;
 changent les régimes hydriques et modifient le sens des circulations qui deviennent de plus en
plus latérales ; les ruissellements superficielle s’accentuent ; l’alimentation des puits et des
sources se fait moins bien ; les inondations brutales des rivières se font plus fréquentes ;
 déclenchent des entraînements nouveaux de matières et des appauvrissements en surface et
en profondeur ;
 modifient le sol épurateur en sol pollueur des eaux, des plantes et des hommes.
 F – Les processus des milieux intertropicaux
 1 – La ferrallitisation
La ferrallitisation est un processus des climats chauds et humides (climat équatorial ou tropical
humide) avec des pluviosités à 1200 mm, l’altération du matériau parental est rapide et dense et
provoque pratiquement une hydrolyse totale des minéraux altérables. Ce phénomène suppose
une individualisation simultanée des oxydes de fer et d’alumine telles que la gibbsite, l’hématite
(Fe2O3), la goethite (FeOOH). L’argile de néoformation est exclusivement la kaolinite.
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(30/34)
 2 – La ferrugination ou ferruginisation
C’est un processus intermédiaire entre la ferralitisation et la fersiallitisation. L’altération globale des
minéraux est partielle. Ce processus se déroule sous climat tropical à saison sèche contrastée ou
sous climat tempéré pluvieux. Dans ces conditions, la majorité des argiles de néoformation est
constituée de kaolinite (1/1) mais certaines quantités d’argiles 2/1 subsistent encore.

 3 – La fersiallitistion
Elle se déroule sous climat chaud et humide. Elle caractérise les climats méditerranéens et
tempérés. Les argiles de néoformations sont les argiles de type 2/1 c'est-à-dire processus de
bisiallitisation. Les conditions pour que la bisiallitisation se déroule sont : climat tempéré,
méditerranéen ; position topographique basse ; mauvais drainage.
Les argiles sont des silicates d’aluminium ± hydratés généralement de petites tailles de l’ordre du
micromètre ± cristallisés en structure en feuillet d’où le nom de phyllosilicates
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(31/34)
Fig. Un profil
de sol est une
section
verticale de
la surface à la
roche
montrant une
succession
d’horizons. En
haut, profil de
sol
développé;
en bas les
limites ne sont
pas distinctes
donnant une
Fig. Le matériau parental pour la roche résiduelle est la roche apparence
mère sous-jacente alors que les formations alluvionnaires se relativement
forment sur des dépôts non consolidés uniforme
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(32/34)

Fig. Exemple de profil d’altération bien développé


CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(33/34)
 ALTERATION ET MINERALISATION
L’altération crée de nombreux et importants gisements de minéraux, par la concentration de petites
quantités de métaux qui étaient dispersés à travers la roche. Cette transformation est souvent appelé
minéralisation secondaire et prend place de l'une des deux façons suivantes: Dans une situation,
chimiques, l’altération, couplé avec la baisse de percolation de l'eau supprime des matériaux
indésirables provenant de la décomposition de la roche, laissant les éléments souhaités enrichis dans les
zones supérieures du sol. La deuxième façon est essentiellement l'inverse de la première, qui est, la plus
désirable; des éléments que l'on trouve dans de faibles concentrations près de la surface sont enlevés et
transportés à des zones basses, où ils sont redéposés et deviennent plus concentrés.
 LA BAUXITE
La formation de la bauxite, le principal minerai d'aluminium, est un exemple important de minerai créé
comme un résultat de l'enrichissement par des processus d'altération (Fig.). Bien que l'aluminium soit le
troisième élément le plus abondant dans la croûte terrestre, les concentrations économiquement
rentables de cet important en métal ne sont pas communes, parce que la plupart d'aluminium est liée
aux minéraux silicatés, desquels il est extrêmement difficile à extraire. La Bauxite se forme dans les régions
tropicales humides. Lorsque les roches sources riches en aluminium sont soumises à l’altération chimique
intense et prolongée des tropiques, la plupart des éléments communs, y compris le calcium, le sodium et
le potassium, sont enlevés par lessivage. Parce que l'aluminium est extrêmement insoluble, il se
concentre dans le sol (comme la bauxite, un oxyde d'aluminium hydraté). Ainsi, la formation de la
bauxite dépend des conditions climatiques dans lesquelles l’altération chimique et à la lixiviation sont
prononcés, en plus, bien sûr, la présence de l'aluminium riche de la roche-mère. De manière similaire,
d'importants gisements de nickel et de cobalt se développent à partir de roches ignées riche en
minéraux tels que l'olivine.
CHAPITRE II : ALTERATION DES ROCHES ET PEDOGENESE(34/34)
Il y a des préoccupations importantes concernant l'exploitation minière de la bauxite et d'autres dépôts
résiduels, car ils ont tendance à se produire dans des zones écologiquement sensibles des tropiques.
L'exploitation minière est précédée par la suppression de la végétation tropicale, détruisant ainsi les
écosystèmes des forêts. En outre, la mince couche de rétention d'eau et de la matière organique est
également perturbée. Lorsque le sol s'assèche sous la chaleur du soleil, il devient induré et perd son
humidité. Ces sols ne peuvent pas être productive d'élevage, ni d'un soutien significatif de la croissance
des forêts. Les conséquences à long terme de l'extraction de la bauxite sont clairement des
préoccupations pour les pays en développement dans les tropiques, où cet important minerai est extrait.
 AUTRES MINERALISATIONS
Beaucoup de dépôts de cuivre et d'argent se forment lorsque les processus d'altération ont concentré
les métaux qui étaient dispersées constituant des minéralisations primaires de faible valeur.
Habituellement, un tel enrichissement se produit dans les dépôts contenant de la pyrite (FeS2), le plus
fréquent et répandue des minéraux de sulfure. La Pyrite est importante parce que quand elle est
chimiquement attaquée, de l'acide sulfurique se forme, ce qui permet aux eaux de percolation de
dissoudre les minerais de métaux. Une fois dissous, les métaux migrent progressivement vers le bas à
travers les corps de minerai primaire jusqu'à ce qu'ils soient précipités. Le dépôt a lieu à cause des
changements qui se produisent dans la chimie de la solution lorsqu'elle atteint la zone des eaux
souterraines (la zone en dessous de la surface où tous les pores sont remplis avec de l'eau). De cette
manière, le petit pourcentage de métal dispersé dans le grand volume de roches initial peut être enlevé
et déposé dans un plus petit volume de la roche augmentant la teneur du minerai.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (1/30)
L’érosion est l’action exercée par les agents climatiques et naturels (vents, glaces, eaux) souvent
amplifiées par l’action de l’homme (déforestation, surpâturage) et qui a pour effet d’enlever la
couche superficielle du sol et des roches meubles ou des talus des rivières
 I – LES ACTES DE L’EROSION
 1 – L’érosion
L’érosion est l’action de ronger, d’user, de décaper, d’enlever qui aboutit à une perte de
substance du relief, à l’élaboration d’un creux, à une diminution de volume.
 2 – Le transport
Le départ des matériaux érodés suppose un transport. C’est la deuxième phase de l’érosion. La
gravité le long d’une pente sèche, le ruissellement, le vent peuvent assurer ce déplacement.
 3 – L’accumulation
Le transport entraine tôt ou tard une accumulation. Quand celle-ci se fait sous les eaux d’un lac
ou d’un océan, on parle de sédimentation.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (2/30)
 II – LES AGENTS D’EROSION
Les agents d’érosion sont les éléments qui façonnent ou ont façonné le modelé (relief) ce sont :
 l’eau qui déblaie l’argile où roulent les galets d’une plage ;
 l’air ou le vent qui emporte le sable ;
 la glace qui charrie les blocs ;
 l’homme qui laboure les versants, dynamite les collines rocheuses.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (3/30)
 III – LES PROCESSUS DE DEPLACEMENT DES MATERIAUX
 A – Le mode de déplacement par élément
 1 – Les chutes de pierres
Elle résulte du détachement des fragments ou des blocs de petite taille d’une paroi rocheuse après
une chute libre qui dévalent la pente jusqu’au moment où ils se stabilisent sur une position
d’équilibre au terme d’une trajectoire dont la longueur dépend de l’inclinaison et de la rugosité du
versant ainsi que de la masse et de la forme des éléments mobilisés.
 2 – Les éboulis
Les éboulis sont des matériaux déposés par
détachement d’un abrupt de pierres isolées et
formant à son pied ou au débouché d’un couloir
un talus incliné, plan ou conique à forte pente
suivant les roches. Les fragments peuvent
s’entasser sur des épaisseurs importantes. Les
éboulis sont fréquemment rencontrés dans les
régions à climat froid.
Fig. Eboulis
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (4/30)
 3 – L’éboulement ou écroulement
C’est une chute quasi-instantanée de matériaux relativement volumineux suite à une rupture
d’équilibre. On le rencontre sur des versants à forte pente et il peut provoquer de véritables
catastrophes.
 4 – La reptation ou creep ou creeping
La reptation est une migration très longue des particules meubles du sol ou des roches sans
décollement des versants et sans intervention de l’eau de ruissellement ou du vent. Il ne s’agit pas
d’un mouvement de masse comme le glissement mais d’une recomposition successive d’un
ensemble de grains comme des débris qui seraient posés sur une plaque vibrante inclinée en pente
plus faible que le talus d’équilibre et qui sans les vibrations ne serait pas capable de descendre. Ce
qui représente les vibrations sont les mouvements variés comme la croissance et la mort des racines,
la travail des animaux fouisseurs, les façons culturales, les altérations, les chutes d’arbres avec leurs
racines, le passage des animaux.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (5/30)
 B – Les mouvements de masse
 1 – Les glissements de terrain
Ils consistent en une descente massive et relativement rapide de matériaux le long d’un versant. Leur
vitesse et leur ampleur en font souvent des phénomènes spectaculaires voir catastrophique
susceptibles d’affecter des dizaines sinon des centaines de milliers de m3 de terrain à la fois.

 2 – La Solifluction ou solifluxion
C’est un écoulement lent d’un sol sous
forme de boue en mousse, en particulier
sous climat froid et sur sous-sol gelé. Pour
que le matériau sol glisse lentement, il
faut qu’il reste dans l’état de plasticité.
S’il atteint l’état de liquidité, on parle de
coulée boueuse.

Fig. Glissement de terrain


CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (6/30)

Fig. glissement gravitaire d ’un


permafrost)

Fig. Déplacement des matériaux


CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (7/30)
 IV – L’EROSION PAR LES EAUX COURANTES
Les eaux courantes intéressent la quasi-totalité de la surface des continents. Seules les régions glacées en
permanence, des hautes altitudes et des montagnes très élevées échappent à peu près totalement à leur
action.
 A – Les types d’écoulement
Les eaux courantes se différencient selon la durée de leur activité qui peut être pérenne, intermittente ou
spasmodique. Ces différents critères permettent de distinguer les fleuves et les rivières, les torrents et les
oueds et les ruissellements diffus des piémonts.
 1 – Les fleuves et les rivières
Ils correspondent à des écoulements pérennes concentrés dans un lit et souvent organisés en réseaux ; les
premiers se distinguent généralement des seconds par leur importance plus grande et la complexité de leur
régime hydrologique liée à la diversité des affluents qu’ils reçoivent. Le lit d’un cours d’eau est la partie
d’une vallée occupée d’une manière permanente ou temporaire par un cours d’eau. Le lit majeur est la
zone où l’eau s’étale lors des inondations ou lors des crues. Le lit mineur est la zone qu’emprunte
habituellement un cours d’eau.
Les lits fluviaux constituent des réseaux. Un réseau hydrographique est un organisme d’écoulement linéaire
hiérarchisé et structuré qui assure le drainage d’une portion délimitée par des lignes de partage des eaux
appelées bassin versant.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (8/30)

Fig. Bassin versant topographique.


CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (9/30)
Un bassin versant ou impluvium d’une
rivière considérée en un point donné
de son cours est l’aire limitée par le
contour à l’intérieur duquel l’eau
précipitée se dirige vers ce point de
la rivière. On distingue le bassin
versant théorique qui englobe la
totalité des grains y compris les
vallées sèches et le bassin versant
ruisselant restreint à la partie
parcouru par les seules artères
fonctionnelles.
Les réseaux hydrographiques se
différencient aussi par l’agencement
de leurs éléments. On distingue :

Fig. Types de réseaux hydrographiques)


CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (10/30)
 2 – Les torrents et les oueds
 Le torrent
Le torrent est un cours d’eau épisodique de montagne à forte pente et
débit irrégulier en fonction des précipitations ou des fontes de neige. On
distingue dans le cours d’un torrent trois parties :
 le bassin de réception qui est la région où les eaux sont recueillies et
se concentrent ;
 le canal d’écoulement qui est un lit ;
 le cône de déjection situé au débouché du torrent dans une vallée
principale (accumulation).
 Les oueds
L’oued correspond à un écoulement spasmodique des régions arides,
temporaires ou saisonnières, concentré dans un lit et parfois organisé en
réseaux. Son lit offre une différenciation comparable à celle des cours
d’eau pérennes. Comme il ne sert qu’au moment des crues, il ne
comporte pas de lit mineur.

Fig. Torrent)
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (11/30)
 3 – Les ruissèlements diffus de piémont
Contrairement aux écoulements concentrés dans un lit, les types diffus de piémont concernent des
étendus d’importance variable. Bien qu’il se développe à l’échelle de piémont, leurs modalités ne
diffèrent guerre de celles des ruissèlements diffus des versants. Selon les circonstances, on distingue :
 les rill-wash caractérisés par des eaux qui s’écoulent en multiples ruisselets sinueux et enchevêtrés ;
 les shelt-wash caractérisés par des eaux qui se répandent en nappes de quelques centimètres
d’épaisseur seulement parcouru par des courants plus rapides ;
 les sheet-flood qui constituent des écoulements d’eau boueuse en nappe turbulente d’épaisseur
décimétrique balayant des surfaces considérables.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (12/30)

Fig. Comportement des particules détritiques dans un courant d’eau


en fonction de leur dimension et de la vitesse de l’eau (Hjulström)
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (12/29)
 B – L’activité des eaux courantes
Les processus d’érosion développés par les eaux courantes sont variés ; leur nature et leur efficacité
dépendent des données hydrodynamiques. Les uns assurent le transport des matériaux, les autres
causent des actions d’ablation ou d’accumulation.
 1 – Les données hydrodynamiques
Selon sa vitesse, le flux d’eau peut être laminaire ou turbulent
 Ecoulement laminaire
C’est le mouvement d’un fluide dont la vitesse réelle est inférieure à la vitesse limite pour des
conditions déterminées donc avec perte de charge proportionnelle au débit.
 Ecoulement turbulent
C’est le mouvement d’un fluide dont la vitesse réelle est supérieure à la vitesse limite pour des
conditions déterminées donc avec perte de charge non proportionnelle au débit.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (13/29)
 2 – Le transport des matériaux
L’activité essentielle des eaux courantes consiste dans le transport des matériaux. Ces derniers
constituent leur charge ou débit solide (charge que peut transporter un cours d’eau par unité de
temps) caractérisé à la fois par sa masse et leur calibre. La compétence d’un cours d’eau est la
masse du plus gros élément ou le diamètre maximum des matériaux que ce cours d’eau peut
transporter. La capacité d’un cours d’eau
est la masse totale de la charge ou la
quantité maximale de matériau qu’un cours
d’eau peut transporter en un point et à un
moment donné.
 3 – L’ablation et l’accumulation
Lorsque l’enlèvement ou le dépôt qui
accompagne le transport prédomine
toujours au même endroit, la résultante de
l’activité des eaux courantes est une
ablation ou une accumulation selon les cas.

Fig. Transport des matériaux par les eaux)


CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (14/29)
 C – La notion de profil d’équilibre longitudinal
Par ablation et par dépôt, les eaux courantes façonnent le profil longitudinal de leur lit ou de la surface sur
laquelle elles s’étalent. Les hydrauliciens ont depuis longtemps établis à partir de l’étude des torrents et de
rivières que la pente tend à diminuer régulièrement vers l’aval ; ils ont donné le nom de profil d’équilibre à
la courbe correspondante. Par la suite, l’approfondissement de cette notion a abouti à la distinction entre
le profil d’équilibre théorique et réel.
 1 – Le profil d’équilibre théorique et réel
Le profil longitudinal des cours d’eau est une courbe concave vers le ciel ± accidentée par des ruptures de
pente causant des rapides ou des chutes entre de biefs calmes (formations d’argile).
Le profil d’équilibre théorique se définit comme une courbe régularisée tel qu’en ses points, la vitesse du
courant assure le transport de la totalité de la charge solide venue d’amont sans qu’il n’y’ait ni creusement,
ni accumulation. Une telle courbe implique l’existence d’un état d’équilibre entre la force de transport et la
charge, l’ablation et le dépôt ; conditions nécessaire et suffisante de la stabilité du profil dans les limites de
la période d’observation.
La lithologie est un facteur responsable d’irrégularités. Toutes ces observations conduisent à substituer à la
conception d’un profil d’équilibre théorique sous l’aspect d’une courbe régulière celle d’un profil
d’équilibre réel composé de segments. Chaque segment notamment ceux compris entre les confluents de
deux grands tributaires successifs doit être considéré comme une courbe particulière.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (15/29)
 2 – L’élaboration du profil d’équilibre
Au départ, les actions morphogéniques s’exercent sur un profil ± irrégulier. La régularisation consiste en la
réduction des pentes trop fortes par ablation et l’augmentation des pentes trop faibles par dépôt. Ces
opérations se déroulent simultanément dans l’ensemble du profil. Le profil d’équilibre ainsi réalisé se relie en
aval à un niveau de base.
Le niveau de base est le niveau au dessous duquel le cours d’eau ne peut s’abaisser. Ce niveau
correspond au niveau de base général défini par la surface des océans et des mers ouvertes (le niveau de
base du sud Cameroun est l’océan atlantique).
 Une région aréique est une région privée d’écoulement naturel vers la mer ou vers l’océan. L’aréisme
suppose généralement deux facteurs : un climat sec désertique ou subdésertique, un matériau
perméable tel qu’un sable. Une zone aréique est donc dépourvue de réseaux hydrographiques
permanents.
 Une région endoréique est une région avec faible écoulement de ses eaux vers la mer ou l’océan.
L’endoréisme suppose généralement un climat alternativement sec et humide avec des précipitations
égales ou légèrement inférieures à l’évapotranspiration. La plus grande partie du réseau
hydrographique est à drainage interne (bassin du Niger).
 Une région exoréique est une région avec écoulement de ses eaux vers la mer ou l’océan. L’exoréisme
suppose un climat humide avec précipitations supérieures à l’évapotranspiration.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (16/29)

Fig. Notion de profils d ’équilibre d ’un cours d ’eau


CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (17/29)
 V – L’EROSION EOLIENNE
Elle est causée par le vent. Ce dernier souffle sur la totalité de la surface du globe. Comme celle des
eaux courantes, son activité s’exerce à peu près partout avec une efficacité variable. Elle est surtout
très active dans les sites à couvert végétal pauvre ou inexistant (côtes maritimes, rives lacustres, zones
arides et semi-arides, étendues sèches et fraichement labourés, parcours surpâturés). Les principaux
facteurs de cette érosion sont :
 un vent suffisamment fort ;
 un sol sec peu structuré ;
 une végétation réduite ou inexistante.
Fig. Lorsque le sol est sec et dénudé,
l’érosion des sols par le vent peut être
significative. Le monsieur pointe l’endroit
où se trouvait la surface du sol quand la
végétation a commencé à se
développer. Plus tard, l’érosion éolienne a
décapé le sol jusqu’au niveau où se
trouve ses pieds (Photo par USDA)
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (18/29)
 A – Les formations éoliennes
 1 – Les lœss
Le lœss est une formation limoneuse (meuble) d’origine éolienne. Il est surtout constitué de quartz,
micas, feldspaths, carbonate de calcium.
 2 – Les dunes
La dune est une butte (éminence à sommet plat) de dépôts sableux éoliens. Les dunes ne sont pas
spéciales aux déserts. On les trouve partout où des sables en partie découvert sont attaqués par un
vent violent (cordons littoraux, lits fluviaux, marges glaciaire). C’est cependant dans les déserts qu’elle
couvre la plus grande surface.
 3 – Les ergs
C’est une région constituée de dunes jointives sans couvert végétal soumise à des remaniements
mécaniques surtout par le vent et située sous des climats chauds à précipitations nulles ou très faibles
et irrégulier comme c’est le cas du Sahara.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (19/29)
 B – Le transport éolien
Le vent est un agent de transport très efficace des sables et des poussières minérales.
 1 – La saltation
La saltation représente le mode de déplacement des sables le plus important puisqu’on estime qu’il
assure sensiblement les ¾ du transport éolien. Les grains décollés du sol par l’impulsion verticale reçue
de la force ascensionnelle des tourbillons se meuvent sous la poussée de l’air à une vitesse égale à la
moitié de la sienne. Ce déplacement par bonds successifs concerne surtout les sables moyens. En
général, la hauteur des trajectoires ne dépasse guerre 1,5 m et leur longueur 2 m.
 2 – Le roulage
Ce processus intéresse principalement les sables grossiers (0,5 mm). Il ne résulte pas de l’action
directe du vent mais des chocs des grains en saltation lors de leur retombée.
 3 – La suspension
Toutes les particules de diamètre inférieur à 0,08 mm soit les sables fins, les limons, les argiles sont
emportées en suspension dans l’air.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (20/29)
 C – L’ablation et le dépôt
Selon les roches exposées, l’ablation s’exprime par la déflation ou la corrasion.
 1 – La déflation
C’est un entrainement de matériaux meubles et fins. Les matériaux plus grossiers restent en place et
forment alors le dallage ou reg. Le reg est une plaine désertique totalement dénudée ou sol ferme
recouvert de cailloux ou de graviers avec un peu de sable où la marche est aisée.
 2 – La corrasion
C’est un phénomène d’usure provoqué principalement en région désertique en climat aride ou sur
les côtes sablonneuses par le vent chargé de poussières et de fins grains de sables. Le décapage et
le polissage qu’elle provoque créent des surfaces lisses.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (21/29)
 VI – LES GLACIERS
Issus de l’accumulation de la glace sur des épaisseurs considérables, les glaciers sont des agents de
transport originaux et des agents d’érosion ± efficaces. Ils transportent des moraines et des tillites.
 A – Les moraines
Ce sont des amas rocheux mélangé à de la terre accumulé et déplacé par des glaciers. Elle est
latérale si elle est déposée sur les rives des glaciers et médiane si elle se trouve au confluent de deux
glaciers ; frontale si elle est poussée en avant par les glaciers ; de fond si elle est déposée dans le lit
des glaciers.
 B – Les tillites
Ce sont des conglomérats d’origine glaciaire à blocaux, à ciment gréso-argileux renfermant des
éléments non calibrés dont les dimensions sont comprises entre celles d’énormes blocs et celles des
grains très fins. Les blocs sont simplement émoussés et non roulés et leurs faces sont striées. Ces dépôts
ne sont pas stratifiés. Les tillites sont surtout abondant en Afrique du sud, en RDC et en Australie
(précambrien).
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (22/29)

Fig. Deux glaciers avec moraines latérales Fig. Moraines frontales d ’un glacier
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (23/29)

Fig. Du glacier au Piémont


CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (24/29)

Fig. Du piémont à la mer


CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (25/29)
 VII – L’EROSION LITTORALE
La morphologie des littoraux offre une riche gamme de formes. On distingue les formes d’ablation et
d’accumulation.
 A – Les formes d’ablation
Elles résultent de l’action destructive de la mer aux dépens de reliefs côtiers. Elles caractérisent les côtes
rocheuses généralement abruptes.
 1 – Les types de formes d’ablation
Elles sont de deux types le plus souvent associés : les falaises et les plates formes d’érosion littorale.
 Les falaises
Ce sont des abrupts littoraux dénudés crées par l’action de l’érosion marine aux dépens du relief. D’une
hauteur allant de quelques mètres à plusieurs centaines de mètres, elles offrent toujours un pente élevée
limitée par une nette rupture de pente basale qui marque le passage à une plate forme rocheuse avec
laquelle la falaise fait une angle d’ouverture variable.
 Les plates formes d’érosion littorale
Ce sont des banquettes de largeur variable entaillées dans les reliefs côtiers souvent prolongées vers le
large par une terrasse d’accumulation dont le talus terminal délimite le domaine littoral. La terrasse et un
replat situé sur un versant d’une vallée ou sur les deux à une altitude supérieure à celle d’un cours d’eau.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (26/29)
 2 – Le façonnement des formes
d’ablation
Les falaises résultent de l’action
directe de la houle chargée de
galets sur les parois rocheuses qui
sont progressivement érodées. La
houle est un mouvement
ondulatoire de la mer sans que les
vagues déferlent. Les plates formes
d’érosion littorale se développent
en corrélation avec le recul des
falaises.

Fig. Action directe de la houle


CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (27/29)
 B – Les formes d’accumulation
Elles proviennent de la
sédimentation marine ou de
l’activité des êtres vivants. Ces
accumulations présentent une très
grande diversité de types.
 1 – Les plages et les dunes
littorales
Les plages sont des accumulations
littorales de sédiments libres dont
les constituants vont du grain de
sable aux blocs. Les dunes
littorales sont des accumulations
éoliennes des sables hautes de Fig. Organisation physique d ’une plage de côte plate
quelques mètres à quelques
dizaines de mètres.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (28/29)
 2 – Les vasières et marais maritimes
Si les sables et les galets sont les constituants essentiels des plages édifiées par les houles, les particules
fines en suspension des eaux marines et fluviatiles alimentent une sédimentation vaseuse originale
contrôlée par la marée. La marée correspond aux variations du niveau de la mer dues
principalement aux attractions combinées de la lune et du soleil. Elles engendrent les vases et les
marais maritimes dans les replis du littoral.
 La vase
C’est un sédiment meuble gorgé d’eau à éléments détritiques très fins (sablons, limons, argiles) à
colloïdes en grande partie d’origine biologique (bactérie, diatomées, pollens, humus, algues) à
hydroxydes et sulfure de fer. Les vases sont souvent sableuses mais généralement pauvres en
calcaires (boues visqueuses et plastiques).
 Les marais maritimes
Les marais maritimes sont des régions de dépression ou dépourvues de pente recouvertes par une
couche d’eau peu profonde persistante toute l’année et partiellement envahie par une végétation
hydrophytique caractéristique. Les marais maritimes correspondent à une plaine d’accumulation
littorale en close et aménagée en vue de son exploitation agricole.
CHAPITRE III : EROSION ET TRANSPORT DES MATERIAUX (29/29)

Fig. Domaine intertidal: replat de marée Fig. « ripple marks » sous-aquatique en


( tidal flat) domaine infra-tidal
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (1/29)
 Les chapitres précédents
fournissent le contexte qui
devrait comprendre l'origine
des roches sédimentaires.
Rappelons que l'altération des
roches existantes commence le
processus. Ensuite, les agents de
gravité et d'érosion éliminent les
produits des intempéries et les
transportent à un nouvel endroit
où ils sont déposés.
Habituellement, les particules
sont décomposées davantage
pendant cette phase de
transport. Après le dépôt, ce
matériau, appelé maintenant
sédiment, devient lithifié
(transformé en roche). Fig. Les roches sédimentaires sont exposées à la surface du
globe plus que les roches ignées et métamorphiques
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (2/29)
 IMPORTANCE DES ROCHES SÉDIMENTAIRES
La plus grande partie de la Terre solide se compose de roches ignées et métamorphiques. Les géologues
estiment que ces deux catégories représentent 90 à 95 % des 16 kilomètres extérieurs de la croûte.
Néanmoins, la majeure partie de la surface solide de la Terre se compose de sédiments ou de roches
sédimentaires! Le plancher océanique, qui représente environ 70 % de la surface solide de la Terre, est
pratiquement entièrement recouvert de sédiments. Les roches ignées ne sont exposées qu‘au sommet des
crêtes océaniques et à certaines zones volcaniques. Ainsi, alors que les sédiments et les roches
sédimentaires ne représentent qu'un faible pourcentage de la croûte terrestre, ils sont concentrés à la
surface ou à proximité de celle-ci - l'interface entre la lithosphère, l'hydrosphère, l'atmosphère et la
biosphère. En raison de cette position unique, les sédiments et les couches de roches qu'ils forment
finalement contiennent des preuves des conditions passées et des événements à la surface. En outre, ce
sont les roches sédimentaires qui contiennent des fossiles, qui sont des outils vitaux dans l'étude du passé
géologique. Ce groupe de roches fournit aux géologues une grande partie de l'information de base dont
ils ont besoin pour reconstituer les détails de l'histoire de la Terre.
Une telle étude n'est pas seulement intéressante pour son propre intérêt, mais elle a également une valeur
pratique. Le charbon, qui fournit une part importante d’énergie électrique, est classé comme une roche
sédimentaire. De plus, d'autres sources d'énergie majeures, le pétrole, le gaz naturel et l'uranium,
proviennent de roches sédimentaires. Il en est de même pour les principales sources d'engrais de fer,
d'aluminium, de manganèse et de phosphate, ainsi que de nombreux matériaux essentiels à l'industrie de
la construction, tels que le ciment. Les sédiments et les roches sédimentaires sont également le principal
réservoir d'eau souterraine. Ainsi, la compréhension de ce groupe de roches et des processus qui les
forment et les modifient est fondamentale pour localiser des approvisionnements supplémentaires de
nombreuses ressources importantes.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (3/29)

Fig. Illustration de la portion du cycle des roches qui


concerne la formation des roches sédimentaires
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (4/29)
La figure précédente illustre la portion du cycle des roches qui se produit près de la surface de la Terre - la
partie qui appartient aux sédiments et aux roches sédimentaires. Un bref aperçu de ces processus fournit
une perspective utile.
 L’altération commence le processus. Elle implique la désintégration physique et la décomposition
chimique des roches ignées, métamorphiques et sédimentaires préexistantes. Le vieillissement génère
une variété de produits, y compris diverses particules solides et des ions en solution. Ce sont les matières
premières pour les roches sédimentaires.
 Les constituants solubles sont emportés par le ruissellement et les eaux souterraines. Les particules solides
sont souvent déplacées en masse vers le bas par gravité, avant que l'eau courante, les eaux
souterraines, le vent et la glace ne les retiennent. Le transport déplace ces matériaux des sites où ils
sont originaires aux endroits où ils s'accumulent. Le transport des sédiments est habituellement
intermittent. Par exemple, lors d'une inondation, une rivière en mouvement rapide déplace de grandes
quantités de sable et de gravier. Au fur et à mesure que les eaux de crue diminuent, les particules sont
déposées temporairement, seulement pour être déplacées à nouveau par une inondation
subséquente.
 Le dépôt des particules solides se produit lorsque les courants de vent et d'eau ralentissent et que le
glacier fond. Le terme sédimentaire fait référence à ce processus. Il est dérivé du latin sedimentum, qui
signifie «se déposer». La boue sur le plancher d'un lac, un delta à l'embouchure d'une rivière, une barre
de gravier dans un lit de ruisseau, les particules dans une dune de sable du désert, et même la
poussière domestique sont des exemples.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (5/29)
 Le dépôt de matière dissoute dans l'eau n'est pas lié à la force du vent ou des courants d'eau.
Au contraire, les ions en solution sont éliminés lorsque des changements chimiques ou de
température provoquent la cristallisation et la précipitation du matériau, ou lorsque des
organismes éliminent le matériau dissous pour former des coquilles.
 Au fur et à mesure que le dépôt se poursuit, les sédiments plus anciens sont enterrés sous des
couches plus jeunes et peu à peu transformés en roches sédimentaires (lithifiées) par
compactage et cimentation. Ce changement et d'autres sont appelés diagénèse, un terme
collectif pour tous les changements (à l'exception du métamorphisme) qui ont lieu dans la
texture, la composition et d'autres propriétés physiques après dépôt des sédiments.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (6/29)
Puisque les produits d’altération sont transportés, déposés et transformés en roches solides, on
distingue trois catégories de roches sédimentaires. Comme l'a rappelé l'aperçu général, les
sédiments ont deux sources principales.
 Tout d'abord, il peut s'agir d'une accumulation de matière provenant et transportée sous forme
de particules solides dérivées de l'altération mécanique et chimique. Les dépôts de ce type
sont appelés détritiques, et les roches sédimentaires qu'ils forment sont appelées roches
sédimentaires détritiques.
 La deuxième source principale de sédiments est la matière soluble produite en grande partie
par l'altération chimique. Lorsque ces ions en solution sont précipités par des procédés
inorganiques ou biologiques, la matière est connue sous le nom de sédiment chimique, et les
roches formées à partir de celle-ci sont appelées des roches sédimentaires chimiques.
 La troisième catégorie est constituée de roches sédimentaires organiques. Le principal exemple
est le charbon. Cette roche noire combustible se compose de carbone organique des restes
de plantes qui sont mortes et accumulées sur le plancher d'un marécage. Les morceaux de
matériel végétal non décomposé qui constituent les «sédiments» dans le charbon sont très
différents des produits d'altération qui composent les roches sédimentaires détritiques et
chimiques.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (7/29)
 ROCHES SÉDIMENTAIRES DÉTRITIQUES
Bien qu'une grande variété de minéraux et de fragments de roches (clastes) se trouvent dans les
roches détritiques, les minéraux argileux et le quartz sont les principaux constituants de la plupart
des roches sédimentaires de cette catégorie. Rappelons que les minéraux argileux sont le produit
le plus abondant de l'altération chimique des minéraux silicatés, en particulier les feldspaths. Les
argiles sont des minéraux à grains fins avec des structures cristallines similaires à celles des micas.
L'autre minéral commun, le quartz, est abondant parce qu'il est extrêmement durable et très
résistant aux intempéries chimiques. Ainsi, lorsque des roches ignées comme le granite sont
attaquées par des processus d'altération, des grains de quartz individuels sont libérés.
D'autres minéraux communs dans les roches détritiques sont les feldspaths et les micas. Parce que
l'altération chimique transforme rapidement ces minéraux en nouvelles substances, leur présence
dans les roches sédimentaires indique que l'érosion et le dépôt étaient assez rapides pour
préserver certains des minéraux primaires de la roche source avant qu'ils ne puissent être
décomposés.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (8/29)
La taille des particules est la principale base pour la distinction
entre les diverses roches sédimentaires détritiques. La taille des
particules n'est pas seulement une méthode commode pour
diviser les roches détritiques, mais les tailles des grains
composants fournissent également des informations utiles sur
les environnements de dépôt. Les courants d'eau ou d'air trient
les particules par taille - plus le courant est fort, plus la taille des
particules est grande. Les graviers, par exemple, sont déplacés
par des rivières qui coulent rapidement ainsi que par des
glissements de terrain et des glaciers. Il faut moins d'énergie
pour transporter le sable; Ainsi, il est commun à des
caractéristiques telles que les dunes soufflées par le vent et
certains dépôts de la rivière et les plages. Très peu d'énergie
est nécessaire pour transporter l'argile, il s'installe très
lentement. Les accumulations de ces minuscules particules
sont généralement associées aux eaux calmes d'un lac, d'un
lagon, d'un marais ou de certains milieux marins.
Les roches sédimentaires détritiques courantes, par ordre
croissant de taille de particule, sont les schistes sédimentaires,
le grès et le conglomérat ou la brèche. Fig. Catégories de taille des particules
constituant des roches détritiques
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (9/29)
 ROCHES SÉDIMENTAIRES CHIMIQUES
Contrairement aux roches détritiques, qui se forment à partir des produits solides de l'altération, les
sédiments chimiques dérivent des ions qui sont transportés en solution dans les lacs et les mers.
Cependant, cette matière ne reste pas dissoute dans l'eau indéfiniment. Une partie précipite en
formant des sédiments chimiques. Ceux-ci deviennent des roches comme le calcaire, la dolomie,
le silex et le sel gemme. Cette précipitation du matériau se produit de deux façons. Des processus
inorganiques tels que l'évaporation et l'activité chimique peuvent produire des sédiments
chimiques. Les processus organiques (biologiques) des organismes vivant dans l'eau forment
également des sédiments chimiques, dits d'origine biochimique.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (10/29)
 CHARBON: UNE ROCHE SÉDIMENTAIRE ORGANIQUE
Le charbon est très différent des autres roches sédimentaires. Contrairement au calcaire et
au silex, qui sont riches en calcite ou en silice, le charbon est constitué principalement de
matière organique. Un examen minutieux d'un morceau de charbon sous un microscope ou
une loupe révèle souvent des structures végétales telles que des feuilles, de l'écorce et du
bois qui ont été altérées chimiquement mais qui sont encore identifiables. Cela permet de
conclure que le charbon est le produit final d'une grande quantité de matériel végétal
enterré depuis des millions d'années (Fig.).
 L'étape initiale de la formation du charbon est l'accumulation de grandes quantités de
résidus végétaux. Cependant, des conditions spéciales sont requises pour de telles
accumulations car les plantes mortes se décomposent normalement lorsqu'elles sont
exposées à l'atmosphère ou à d'autres environnements riches en oxygène. Un
environnement important qui permet l'accumulation de matériel végétal est un
marécage.
 L'eau de marais stagnante est déficiente en oxygène, donc une désintégration
complète (oxydation) de la matière végétale n'est pas possible. Au lieu de cela, les
plantes sont attaquées par certaines bactéries qui décomposent partiellement la
matière organique et libèrent l'oxygène et l'hydrogène. Comme ces éléments
échappent, le pourcentage de carbone augmente graduellement. Les bactéries ne
sont pas en mesure de terminer le travail de décomposition car elles sont détruites par
des acides libérés des plantes. La décomposition partielle des plantes dans un
marécage pauvre en oxygène crée une couche de tourbe, un matériau brun tendre
dans lequel les structures végétales sont encore facilement reconnaissables. Avec
l'enfouissement superficiel, la tourbe se transforme lentement en lignite, un charbon brun
doux. L'enfouissement augmente la température des sédiments ainsi que la pression
exercée sur eux.
Fig. Formation du charbon
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (11/29)
 Les températures plus élevées provoquent des réactions chimiques dans les
matières végétales et produisent de l'eau et des gaz organiques (matières
volatiles). Au fur et à mesure que la charge augmente à partir de plus de
sédiments au-dessus du charbon en développement, l'eau et les matières
volatiles sont pressées et la proportion de carbone fixe (le matériau
combustible solide restant) augmente. Plus la teneur en carbone est élevée,
plus l'énergie du charbon est considérée comme un combustible. Durant
l'enfouissement, le charbon devient de plus en plus compact. Par exemple,
un enfouissement plus profond transforme le lignite en une roche noire plus
dure et plus compacte appelée charbon bitumineux. Comparé à la tourbe à
partir de laquelle il s'est formé, un lit de charbon bitumineux peut n'avoir que
1/10 d'épaisseur.
Le lignite et les charbons bitumineux sont des roches sédimentaires. Cependant,
lorsque les couches sédimentaires sont soumises au plissement et à la
déformation associés à la construction de montagnes, la chaleur et la pression
provoquent une perte supplémentaire de matières volatiles et d'eau,
augmentant ainsi la concentration de carbone fixe. Cela métamorphose le
charbon bitumineux en anthracite, une roche métamorphique très dure, brillante
et noire. Bien que l'anthracite soit un combustible de combustion propre, seule
une quantité relativement petite est extraite. L'anthracite n'est pas répandu et il
est plus difficile et coûteux à extraire que les couches relativement planes de
charbon bitumineux. Fig. Formation du charbon
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (12/29)
 TRANSFORMATION DES SÉDIMENTS EN ROCHES SÉDIMENTAIRES: DIAGÉNÈSE ET LITHIFICATION
Une grande quantité de changement peut se produire au sédiment depuis le moment où il est
déposé jusqu'à ce qu'il devienne une roche sédimentaire et est ensuite soumis aux températures
et aux pressions qui le convertissent en roche métamorphique. Le terme «diagenèse» est un terme
collectif qui désigne tous les changements chimiques, physiques et biologiques intervennant après
le dépôt des sédiments et pendant et après la lithification.
L’enfouissement favorise la diagénèse, car les sédiments subissent des températures et des
pressions de plus en plus élevées. La diagénèse se produit dans les derniers kilomètres de la croûte
terrestre à des températures généralement inférieures à 150 ° - 200 °C. Au-delà de ce seuil quelque
peu arbitraire, on dit que le métamorphisme se produit.
Un exemple de changement diagénétique est la recristallisation, le développement de minéraux
plus stables de moins stables. Il est illustré par l'aragonite minérale, la forme moins stable de
carbonate de calcium (CaCO3). L'aragonite est sécrétée par de nombreux organismes marins
pour former des coquilles et d'autres parties dures, comme les structures squelettiques produites
par les coraux. Dans certains environnements, de grandes quantités de ces matières solides
s'accumulent sous forme de sédiments. Comme l’enfouissement se produit, l’aragonite recristallise
à la forme plus stable de carbonate de calcium, la calcite, le principal constituant dans la roche
sédimentaire calcaire.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (13/29)
Un autre exemple de diagénèse a été fourni dans la discussion précédente du charbon. Elle impliquait
l'altération chimique de la matière organique dans un milieu pauvre en oxygène. Au lieu de se
décomposer complètement, comme cela se produirait en présence d'oxygène, la matière organique se
transforme lentement en carbone solide. La diagenèse comprend la lithification, processus par lesquels
les sédiments non consolidés sont transformés en roches sédimentaires solides. Les processus de
lithification de base comprennent le compactage et la cimentation.
Le changement diagénétique physique le plus courant est le compactage. À mesure que le sédiment
s'accumule, le poids du matériau sus-jacent comprime les sédiments plus profonds. Plus un sédiment est
profond, plus il est compacté et plus il devient ferme. Comme les grains sont pressés de plus en plus près,
il y a une réduction considérable de l'espace poreux. Par exemple, lorsque les argiles sont enfouies sous
plusieurs milliers de mètres de matériau, le volume d'argile peut être réduit de 40%. À mesure que
l'espace poreux diminue, une grande partie de l'eau qui a été piégée dans les sédiments est expulsée.
Comme les sables et les autres sédiments grossiers sont moins compressibles, le compactage est le plus
important en tant que processus de lithification dans les roches sédimentaires à grain fin.
La cimentation est le processus le plus important par lequel les sédiments sont convertis en roches
sédimentaires. C'est un changement diagénétique qui implique la cristallisation des minéraux parmi les
grains de sédiments individuels. L'eau souterraine transporte des ions en solution. Peu à peu, la
cristallisation de nouveaux minéraux à partir de ces ions a lieu dans les espaces poreux, cimentant les
éléments détritiques. De même que la porosité est réduite pendant le compactage, l'addition de ciment
dans un dépôt sédimentaire réduit également sa porosité.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (14/29)
La calcite, la silice et l'oxyde de fer sont les ciments les plus courants. Il est souvent relativement
simple d'identifier le matériau de cimentation. Le ciment de calcite sera effervescent avec de
l'acide chlorhydrique dilué. La silice est le ciment le plus dur et produit ainsi les roches
sédimentaires les plus dures. Une couleur orange ou rouge foncé dans une roche sédimentaire
signifie que l'oxyde de fer est présent.
La plupart des roches sédimentaires sont lithifiées par compactage et cimentation. Cependant,
certains se forment initialement sous la forme de masses solides de cristaux entrelacés plutôt que
comme des accumulations de particules séparées qui deviennent plus tard solides. D'autres roches
sédimentaires cristallines ne commencent pas de cette façon mais sont plutôt transformées en
masses de cristaux entrelacés quelque temps après le dépôt des sédiments.
Par exemple, avec le temps et l'enfouissement, les sédiments lâches constitués de débris
squelettiques calcaires délicats peuvent être recristallisés dans un calcaire cristallin relativement
dense. Comme les cristaux croissent jusqu'à ce qu'ils remplissent tout l'espace disponible, les
espaces poreux manquent fréquemment de roches sédimentaires cristallines. À moins que les
roches développent plus tard des joints et des fractures, elles seront relativement imperméables
aux fluides comme l'eau et le pétrole.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (15/29)
 CLASSIFICATION DES ROCHES
SÉDIMENTAIRES
Les schémas de classification ci contre divise
les roches sédimentaires en deux groupes
principaux: détritiques et chimiques /
organiques. De plus, le critère principal pour
subdiviser les roches détritiques est la taille des
particules, tandis que la principale base pour
distinguer les différentes roches dans le groupe
chimique est leur composition minérale. En
réalité, beaucoup de roches sédimentaires
classées dans le groupe chimique contiennent
également au moins de petites quantités de
sédiments détritiques. Beaucoup de calcaires,
par exemple, contiennent des quantités
variables de boue ou de sable, leur donnant
une qualité «sablonneuse». A l'inverse, parce
que pratiquement toutes les roches détritiques
sont cimentées avec du matériau qui a été
initialement dissous dans l'eau, elles sont aussi
loin d'être «pures». Fig. Classification des roches sédimentaires
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (16/29)
Comme dans le cas des roches ignées (Cf GDI), la texture fait partie de la classification des roches
sédimentaires. Deux textures majeures sont utilisées : clastiques et non clastiques. Les roches qui
affichent une texture clastique se composent de fragments discrets et de particules qui sont
cimentées et compactées ensemble. Toutes les roches détritiques ont une texture clastique. En
outre, certaines roches sédimentaires chimiques présentent cette texture. Par exemple, le calcaire
coquillé est évidemment aussi clastique que le conglomérat ou le grès. Il en va de même pour
certaines variétés de calcaire oolitique.
Certaines roches sédimentaires chimiques ont une texture non
clastique ou cristalline dans laquelle les minéraux forment un motif de
cristaux entrelacés. Les cristaux peuvent être microscopiquement
petits ou suffisamment grands pour être visibles sans agrandissement.
Les évaporites sont des exemples courants de roches avec des
textures non clastiques (Fig.). Les matériaux qui composent beaucoup
d'autres roches non clastiques peuvent en fait provenir de dépôts
détritiques. Dans ces cas, les particules étaient probablement
constituées de fragments de coquille et d'autres parties dures riches en
carbonate de calcium ou en silice. La nature clastique des grains a
ensuite été oblitérée ou obscurcie parce que les particules ont
recristallisé lors de leur consolidation dans du calcaire ou du silex.
Fig. Texture non clastique dans ce sel
comme dans beaucoup d’autres évaporites
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (17/29)
 STRUCTURES SÉDIMENTAIRES
Outre les variations de la taille des grains, de la composition minérale et de la texture, les sédiments présentent une
variété de structures. Certains, tels que le granoclassement, sont créés lorsque les sédiments s'accumulent et sont le
reflet du milieu de transport. D'autres, comme les fentes de dessiccation, se forment après que les matériaux aient été
déposés et résultent des processus se produisant dans l'environnement. Lorsqu'elles sont présentes, les structures
sédimentaires fournissent des informations supplémentaires qui peuvent être utiles dans l'interprétation de l'histoire de
la Terre. Les roches sédimentaires se forment sous forme de couche sur couche de sédiments accumulés dans divers
environnements de dépôt. Ces couches, appelées strates ou lits, sont probablement la caractéristique la plus
commune et la plus caractéristique des roches sédimentaires. Chaque strate est unique. Il peut s'agir d'un grès grossier,
d'un calcaire riche en fossiles, d'un schiste noir, etc. En observant une roche sédimentaire, on voit plusieurs couches,
chacune différente des autres. Les variations de texture, de composition et d'épaisseur reflètent les différentes
conditions dans lesquelles chaque couche a été déposée.
L'épaisseur des lits varie de microscopiquement mince à des dizaines de mètres d'épaisseur. La séparation des strates
sont des plans de stratification, des surfaces plates le long desquelles les roches tendent à se séparer ou se briser. Des
changements dans la taille des grains ou dans la composition du sédiment déposé peuvent créer des plans de
stratification. Des pauses dans le dépôt peuvent également conduire à la stratification, car les chances que le
matériau nouvellement déposé soit exactement le même que les sédiments déposés auparavant sont minimes.
Généralement, chaque plan de stratification marque la fin d'un épisode de sédimentation et le début d'un autre.
Comme les sédiments s'accumulent habituellement sous forme de particules qui se déposent à partir d'un fluide, la
plupart des strates sont initialement déposées sous forme de couches horizontales. Il existe cependant des
circonstances dans lesquelles les sédiments ne s'accumulent pas dans les lits horizontaux. Parfois, lorsqu'on examine un
lit de roche sédimentaire, on voit des couches à l'intérieur qui sont inclinées par rapport à l'horizontale. Lorsque cela se
produit, on parle de stratification croisée et est le plus caractéristique des dunes de sable, des deltas de rivières et de
certains dépôts de cours d'eau.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (18/29)

Fig. Strate sédimentaires: succession de grès et Fig. Formation sédimentaire, on peut y voir les
de calcaires, Grand canyon Arizona strates caractéristiques de ce groupe de roches
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (19/29)

Fig. A: section de dune de sable montrant la


stratification croisée. B: stratification croisée d’un grès
montrant qu’il s’agissait d’abord d’une dune de sable
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (20/29)
Le granoclassement représente un autre type spécial de strification. Dans ce cas, les particules à
l'intérieur d'une couche sédimentaire unique passent progressivement de grosses en bas à fines en
haut. Les lits gradués sont les plus caractéristiques d'un dépôt rapide à partir d'eau contenant des
sédiments de différentes tailles. Lorsqu'un courant subit une perte d'énergie rapide, les plus grosses
particules se déposent d'abord, suivies par des grains successivement plus petits. Le dépôt d'un lit
gradué est le plus souvent associé à un courant de turbidité, une masse d'eau sédimentée échouée
qui est plus dense que l'eau claire et qui se déplace vers le bas le long d'un lac ou d'un océan (Fig.).
Comme les géologues étudient les roches
sédimentaires, beaucoup peut être déduit. Un
conglomérat, par exemple, peut indiquer un
environnement énergétique élevé, tel qu'une zone
de surf ou un courant de ruissellement, où seuls les
matériaux grossiers se déposent et les particules
plus fines sont maintenues en suspension. Si la roche
est une arkose, elle peut signifier un climat sec où
peu d'altération chimique du feldspath est possible.
Le schiste carboné est un signe d'un environnement
à faible énergie et riche en éléments organiques,
tel qu'un marais ou un lagon. Fig. Granoclassement
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (21/29)
D'autres caractéristiques trouvées dans certaines roches sédimentaires donnent des indices à des
environnements passés. Les ripple marks (marques d'ondulation) sont une telle caractéristique. Les
marques d'ondulation sont de petites vagues de sable qui se développent à la surface d'une couche de
sédiments par l'action de l'eau en mouvement ou de l'air (Fig. A). Les crêtes se forment
perpendiculairement à la direction du mouvement. Si les ripple marks sont formées par l'air ou l'eau se
déplaçant dans essentiellement une direction, leur forme sera asymétrique. Ces marques d'ondulation
de courant auront des côtés plus raides dans la direction de courant descendant et des pentes plus
graduelles sur le côté de courant ascendant. Les marques d'ondulation produites par un ruisseau qui
coule à travers un canal sablonneux ou par le vent soufflant au-dessus d'une dune de sable sont deux
exemples courants d'ondulations courantes. Lorsqu'ils sont présents dans la roche solide, ils peuvent être
utilisés pour déterminer la direction du mouvement de l'ancien vent ou des courants d'eau. D'autres
marques d'ondulation ont une forme symétrique. Ces caractéristiques, appelées marques d'ondulation
d'oscillation, résultent du mouvement de va-et-vient des ondes de surface dans un environnement
littoral peu profond.
Les fentes de dessiccation (Fig. B) indiquent que le sédiment dans lequel elles se sont formées est
alternativement humide et sec. Lorsqu'elle est exposée à l'air, la boue humide se dessèche et se rétrécit,
produisant des fissures. Les fissures de boue sont associées à des environnements tels que les plateaux de
marée, les lacs peu profonds et les bassins du désert. Les fossiles, vestiges ou traces de la vie
préhistorique, sont des inclusions importantes dans les sédiments et les roches sédimentaires. Ce sont des
outils importants pour interpréter le passé géologique. Connaître la nature des formes de vie qui existait à
un moment donné aide les chercheurs à déchiffrer les conditions environnementales passées. En outre,
les fossiles sont des indicateurs de temps importants et jouent un rôle clé dans la corrélation des roches
qui sont d'âges similaires, mais à de différents endroits.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (22/29)

Fig. A: ripple marks

B: fentes de
dessiccation
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (23/29)
 RESSOURCES MINÉRALES NON MÉTALLIQUES DES ROCHES SÉDIMENTAIRES
Les matériaux terrestres qui ne sont pas utilisés comme combustibles ou traités pour les métaux qu'ils
contiennent sont désignés sous le nom de ressources minérales non métalliques («minéral» est très large
dans ce contexte économique et est très différente de la définition stricte du géologue). Les ressources
minérales non métalliques sont extraites et traitées soit pour les éléments non métalliques qu'ils
contiennent ou pour la physique Et les propriétés chimiques qu'ils possèdent (tab.). Bien que ces
ressources aient des origines diverses, beaucoup sont des sédiments ou des roches sédimentaires.
Mineral Uses Mineral Uses

Apatite Phosphorus fertilizers Graphite Pencil lead; lubricant; refractories

Asbestos Incombustible fibers Gypsum Plaster


(chrysotile)
Calcite Aggregate; steelmaking; soil conditioning; chemicals; Halite Table salt; chemicals; ice control
cement;
building stone
Clay minerals Ceramics; Muscovite Insulator in electrical applications
(kaolinite)
Corundum Gemstones; abrasives Quartz Primary ingredient in glass

Diamond Gemstones; abrasives Sulfur Chemicals; fertilizer manufacture


Fluorite Steelmaking; aluminum refining; glass; chemicals Sylvite Potassium fertilizers
Garnet Abrasives; gemstones Talc Powder used in paints, cosmetics, etc.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (24/29)
Nous ne nous rendons souvent pas compte de l'importance des minéraux non métalliques, parce
qu'ils ne voient que les produits qui ont résulté de leur utilisation et non les minéraux eux-mêmes. De
nombreux produits non métalliques sont utilisés dans le processus de création d'autres produits. Les
exemples incluent la fluorine et le calcaire qui font partie du processus de fabrication de l'acier, les
abrasifs nécessaires à la fabrication d'une pièce de machinerie et les engrais nécessaires à la
culture d'une culture vivrière.
Les quantités de minéraux non métalliques utilisées chaque année sont énormes. Les ressources
minérales non métalliques sont généralement divisées en deux grands groupes: les matériaux de
construction et les minéraux industriels. Parce que certaines substances ont de nombreuses
utilisations différentes, elles se retrouvent dans les deux catégories. Le calcaire, peut-être le roche
le plus polyvalent et le plus utilisé de tous, est le meilleur exemple. En tant que matériau de
construction, il est utilisé non seulement comme pierre concassée et pierre de construction, mais
aussi dans la fabrication de ciment. De plus, en tant que minerai industriel, le calcaire est un
ingrédient dans la fabrication de l'acier et est utilisé dans l'agriculture pour neutraliser les sols
acides.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (25/29)
Les autres matériaux de construction importants comprennent la pierre taillée, les granulats (sable,
gravier et roche écrasée), du gypse pour le plâtre et le panneau mural, l'argile pour les tuiles et les
briques et le ciment, qui est fabriqué à partir de calcaire et de schiste. Le ciment et les granulats
vont dans la fabrication du béton, un matériau qui est essentiel à pratiquement toute la
construction.
Une grande variété de ressources sont classées comme minéraux industriels. Dans certains cas, ces
matériaux sont importants parce qu'ils sont des sources d'éléments chimiques ou de composés
spécifiques. Ces minéraux sont utilisés dans la fabrication de produits chimiques et la production
d'engrais. Dans d'autres cas, leur importance est liée aux propriétés physiques qu'ils présentent. Les
exemples comprennent des minéraux tels que le corindon et le grenat, qui sont utilisés comme
abrasifs. Bien que les fournitures soient généralement abondantes, la plupart des minéraux
industriels ne sont pas aussi abondants que les matériaux de construction. En outre, les dépôts sont
beaucoup plus limités dans la distribution et l'étendue. En conséquence, bon nombre de ces
ressources non métalliques doivent être transportées à des distances considérables, ce qui, bien
sûr, augmente leur coût. Contrairement à la plupart des matériaux de construction, qui nécessitent
un minimum de traitement avant qu'ils soient prêts à l'emploi, de nombreux minéraux industriels
nécessitent un traitement considérable pour extraire la substance souhaitée au degré approprié
de pureté pour son utilisation ultime.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (26/29)
 RESSOURCES ÉNERGÉTIQUES DES ROCHES SÉDIMENTAIRES
Le charbon, le pétrole et le gaz naturel sont les principaux combustibles de notre économie industrielle moderne. Bien
que les pénuries importantes de pétrole et de gaz ne se produisent pas depuis de nombreuses années, les réserves
prouvées sont en déclin. Malgré une nouvelle exploration, même dans des régions très éloignées et dans des
environnements sévères, les nouvelles sources de pétrole ne suivent pas la consommation.
À moins que de grandes réserves nouvelles de pétrole ne soient découvertes (ce qui est possible mais pas probable), une
part plus importante de nos besoins futurs devra éventuellement provenir du charbon et / ou de sources d'énergie
alternatives comme le nucléaire, le solaire, le vent, les marées et l‘énergie hydroélectrique.
 Charbon
Avec le pétrole et le gaz naturel, le charbon est communément appelé un combustible fossile. Une telle désignation est
appropriée, parce que chaque fois que nous brûlons du charbon, nous utilisons l'énergie du Soleil qui a été stockée par
les plantes il y’a plusieurs millions d'années. Nous brûlons un «fossile». Le charbon a été un combustible important pendant
des siècles. Plus de 80 pour cent de l'utilisation actuelle du charbon est pour la production d'électricité. Comme les
réserves de pétrole diminuent progressivement dans les années à venir, l'utilisation du charbon peut en fait augmenter. La
production élargie de charbon est possible parce que le monde a d'énormes réserves et la technologie pour exploiter
efficacement le charbon. Bien que le charbon soit abondant, sa récupération et son utilisation présentent un certain
nombre de problèmes. L'exploitation minière à ciel ouvert peut transformer la campagne en une terre balayée par des
cicatrices si une restauration minutieuse (et coûteuse) n'est pas effectuée pour restaurer la terre. Bien que l'exploitation
minière souterraine ne cicatrise pas le paysage au même degré, elle a été coûteuse en termes de vie et de santé
humaines. L'exploitation souterraine a depuis longtemps cessé d'être une opération de pelle-pelle et est aujourd'hui un
processus hautement mécanisé et informatisé.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (27/29)
La pollution atmosphérique est un problème
majeur associé à la combustion du charbon.
Beaucoup de charbon contient des quantités
importantes de soufre. Malgré les efforts déployés
pour éliminer le soufre avant que le charbon soit
brûlé, certains restent. Lorsque le charbon est
brûlé, le soufre est converti en gaz sulfurique
nocif. Grâce à une série de réactions chimiques
complexes dans l'atmosphère, les oxydes de
soufre sont convertis en acide sulfurique, qui
tombe ensuite à la surface de la Terre sous forme
de pluie ou de neige. Cette précipitation acide
peut avoir des effets écologiques préjudiciables
sur des zones étendues.
Étant donné qu'aucun des problèmes
mentionnés ci-dessus n'empêchera
probablement l'utilisation accrue de ce
combustible important et abondant, des efforts
plus importants doivent être faits pour corriger les
problèmes liés à l'extraction et à l'utilisation du Fig. Exploitation à ciel ouvert de
charbon. charbon à Black Mesa (Arizona)
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (28/29)
 Pétrole et gaz naturel
Le pétrole et le gaz naturel ne sont évidemment pas des roches, mais nous les classons comme des
ressources minérales parce qu'elles proviennent de roches sédimentaires. Ils se trouvent dans des
environnements similaires et se produisent généralement ensemble. Les deux sont constitués de divers
composés hydrocarbonés (composés constitués d'hydrogène et de carbone). Ils peuvent également
contenir de petites quantités d'autres éléments, tels que le soufre, l'azote et l'oxygène. Comme le
charbon, le pétrole et le gaz naturel sont des produits biologiques dérivés des restes d'organismes.
Cependant, les environnements dans lesquels ils se forment sont très différents, tout comme les
organismes. Le charbon est formé principalement de matériel végétal qui s'est accumulé dans un
environnement marécageux au-dessus du niveau de la mer. Le pétrole et le gaz proviennent des restes
de plantes et d'animaux d'origine marine.
La formation de pétrole est complexe et n'est pas complètement comprise. Néanmoins, il commence
par l'accumulation de sédiments dans les zones océaniques qui sont riches en végétaux et animaux. Ces
accumulations se produisent lorsque l'activité biologique est élevée, comme dans les zones côtières.
Cependant, la plupart des milieux marins sont riches en oxygène, ce qui conduit à la désintégration des
restes organiques avant qu'ils ne puissent être enterrés par d'autres sédiments. Par conséquent, les
accumulations de pétrole et de gaz ne sont pas aussi répandues que les milieux marins qui favorisent
une activité biologique abondante. En dépit de ce facteur limitatif, de grandes quantités de matière
organique sont enfouies et protégées de l'oxydation dans de nombreux bassins sédimentaires offshore.
Avec l'augmentation de l'enfouissement sur des millions d'années, les réactions chimiques transforment
progressivement une partie de la matière d'origine organique en hydrocarbures liquides et gazeux que
nous appelons le pétrole et le gaz naturel.
CHAPITRE IV : SEDIMENTATION (29/29)
Contrairement à la matière organique solide à partir de
laquelle ils se sont formés, le pétrole et le gaz naturel
nouvellement créés sont mobiles. Ces fluides sont
graduellement pressés à partir des couches de compactage
où ils se forment dans des lits perméables adjacents tels que le
grès, où les ouvertures entre les grains de sédiments sont plus
grandes. Parce que tout cela se produit sous l'eau, les couches
de roches contenant l'huile et le gaz sont déjà saturées d'eau.
Mais le pétrole et le gaz sont moins denses que l'eau, de sorte
qu'ils migrent vers le haut à travers les espaces poreux remplis
d'eau des roches environnantes. À moins que quelque chose
agisse pour arrêter cette migration vers le haut, les fluides
finiront par atteindre la surface. Là, les composants volatils
s'évaporent. Parfois, la migration vers le haut est arrêtée. Un
environnement géologique qui permet à des quantités
économiquement importantes de pétrole et de gaz de
s'accumuler sous terre est appelé piège à huile. Plusieurs
structures géologiques peuvent agir comme pièges à huile.
Tous ont en commun deux conditions de base: une roche
réservoir perméable qui produira du pétrole et du gaz naturel
en quantités suffisantes pour rendre le forage intéressant; Et
une roche de couverture, comme le schiste, qui est
pratiquement imperméable au pétrole et au gaz. La
couverture empêche le pétrole et le gaz de s'échapper à la
surface. Fig. Ressources non-métalliques,
métalliques et énergétiques
BIBLIOGRAPHIE

 P. Peycru et al., Géologie tout-en-un, 1eret 2eannées BCPST, Dunod, Paris,


2008 - ISBN 978-2-10-053790-7
 F. Lutgens, et al., Essentials of Geology 11th ed., Pearson, 2012 BBS - ISBN 0-
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