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Les grands projets

hydro-agricoles en zone aride :


le périmètre de Bir Am ir
(gouvernorat de Tataouine, Tunisie)
Ces vingt dernières années, de nombreux périmètres publics irrigués ont vu le jo ur au sud
de la Tunisie, au profit de plusieurs milliers de bénéficiaires. La réussite de ces projets très ,
coûteux et exploitant des ressources hydrauliques souvent non renouvelables exige un ,
changement de comportement de la part de l'administration et aussi des bénéficiaires.
Cependant, malgré les efforts déployés par ¡'Etat, les objectifs ne sont pas toujours atteints.
Un diagnostic des problèmes a donc été réalisé sur le projet de Bir Am ir à Tataouine afin
d'envisager des solutions.

ntre 1980 et 1995, 25 ces nouveaux agriculteurs


Déroulement
E p é r im è tre s (oasis et
p é r im è tr e s p u b li c s
irrigués) o nt été aménagés
et, en c o n s é q u e n c e , un
renforcement de l'encadre­
ment technique et matériel.
de l'étude
par I' Etat dans le cadre du
L'étude a été co nduite par
plan directeur des eaux du Au sud-est de la T u n is ie , une équipe pluridisciplinai­
sud (KASSAH, 1996) ; ils d a n s le g o u v e r n o r a t de re et l'approche était fondée
couvrent 3 579 hectares au Tataouine, plus de 20 péri­ sur les méthodes actives de
N. NASR p r o f i t de 3 91 1 b é n é f i ­ m è tre s p u b li c s ir r ig u é s , recherche et de p la n ific a ­
Ira (Institut des régions arides), ciaires. Ces périmètres ont occupant plus de 2 600 hec­ tio n participatives (Marp).
6051 Nahal-Gabès, Tunisie été étendus par la réalisa­ tares, o n t é té a m é n a g é s Des enquêtes individuelles
M. LOUMEREM
t i o n d e la d e u x iè m e depuis la fin des années 80 préalables ont été réalisées
tranche de Régim Mâatoug (figure 1 ). Cependant, m al­
Ira, 4 1 0 0 Médenine, Tunisie auprès des chefs des cinq
à K é b ili et de S e ls o u l à gré les efforts déployés par périmètres publics irrigués
E. FACKELDEY Tataouine. l'Etat, les objectifs fixés ne du projet Selsoul, des tech­
lam, BP 5 0 5 6 , 3 4 0 3 3 sont pas toujours atteints à n icie ns, des responsables
Montpellier Cedex 1, France Les projets de d é v e lo p p e ­ cause de contraintes tech­ administratifs locaux et des
Z. IKHLEFHOUM
m e n t h y d r o - a g ric o le s en n iq u e s , é c o n o m iq u e s et responsables des associa­
z o n e a rid e so n t s o u v e n t s o c ia le s , en p a r t i c u l i e r tions d'intérêt collectif pour
Bnedr (Bureau national d'études
pour le développement rural), im p la n té s sur des te rre s dans les projets de la zone l'eau d'irrigation.
Alger, Algérie co lle c tive s de parcours et de Selsoul. Dans l'o b je c tif
sur les lots a ttrib u é s aux d 'a m é lio re r la situation de Des r é u n io n s de g ro u p e
R. TO KANNO U p o p u la t io n s n o m a d e s et ces périmètres publics irri­ ont été effectuées avec des
Redad (Réseau de développement semi-nomades. Pour la plu­ gués, une étude a été réali­ bénéficiaires des cinq péri­
d'agriculture durable),
p a rt de ces p o p u la t io n s , sée dans le projet Selsoul, mètres pub lics irrigués du
Cotonou, Bénin
l 'a g r i c u l t u r e irr ig u é e est p lu s p r é c is é m e n t à B ir p r o je t S e ls o u l. D 'a u tr e s
K. ZOUPOYA une a ctivité n ou v e lle — à A m i r ( lc ra et Ira, 1 9 9 7 ). réunions ont été organisées
Incv (Institut national des cultures l'instar des Ghribs à Kébili Le présent article constitue dans des p é r im è tr e s
vivrières), Lomé, Togo et T o z e u r (NASR, 1986) : u ne synthèse des p r i n c i ­ publics irrigués au nord de
cela exige donc un change­ p a u x r é s u lt a ts d e c e tte T ataouine : Tom zayet, El-
Clichés N. NASR
ment de com portem ent de étude. Bassatine et O uled Yahya ;

Agriculture et développement ■ n° 20 - Décembre 1998


périmètre irrigué

elles avaient pour objectifs de


Le projet Selsoul comparer les situations, les
contraintes et les solutions
Les périmètres du projet intensif. Les cultures intensives même fraction et entre trouvées par l'administration
recommandées sont le les deux fractions. Les et par les producteurs.'Les
L'étude du projet Selsoul a été
grenadier, l'a b ric o tie r, le bénéficiaires finalem ent
élaborée par le Centre national supports visuels (cartes, dia­
pêcher, le maraîchage, l'orge retenus sont surtout issus de
d'études agricoles (Cnea) en grammes, calendriers, etc.)
et la vesce avoine pour familles pauvres et ne sont pas
1988. Ce projet est constitué ont joué un rôle très impor­
permettre une intégration entre forcément des jeunes (35 %
de cinq périmètres publics tant dans ce processus.
l'agriculture et l'élevage. En ont 26 à 41 ans, 41 % 42 à 60
irrigués au sud du gouvernorat
agriculture semi-intensive, ans et 24 % plus de 61 ans). P o ur le p é r im è tr e de B ir
de Tataouine :
l'olivier, l'amandier et le figuier Aussi, depuis l'étude de départ,
- Sehl Roumaine, 384 ha ; A m ir , des e n q u ê te s p lu s
sont conseillés. la conception et l'exécution
- Nekrif 1,115 ha ; approfondies ont permis de
du projet Bir A m ir ont
- Nekrif 2, 111 ha ; Le projet prévoit la création recueillir, auprès de 47 des
été modifiées plusieurs fois
- Kambout, 156 ha ; de 11 forages, la construction 76 bénéficiaires1 des infor­
— ta ille de l'e x p lo ita tio n ,
- Bir Amir, 456 ha. de cinq réservoirs de 300 à
espèces et variétés végétales, mations sur l'état d'exploita­
D'autres périmètres ont été 1 500 m 3, l'installatio n de
etc. — pour ne commencer tio n des p é rim è tre s et les
aménagés aux environs du canalisations sur 50 kilomètres,
qu'en 1992 (tableau 1). stratégies des producteurs.
projet Selsoul, dans le cadre des travaux de protection
(diguettes en terre, brise-vent), Une grille de synthèse a été
d'autres programmes de
d'aménagement de pistes Le périmètre de Bir Am ir utilisée pour l'analyse typo­
développem ent — O uni,
internes et une route gou­ couvre environ 456 hectares logique (PILLOT, 1991). Il a
174 ha ; Bir Am ir, 45 ha ;
dronnée (Bir Am ir-route constitués de 76 lots de été possible de rapprocher
Nekrif 3, 274 ha.
Tataou i ne-Remada). 6 hectares répartis en deux
les s tra té g ie s ( c h o ix des
Les objectifs blocs : 40 lots pour les Ouled
cultures, gestion de l'appa­
Bir A m ir, un p é rim è tre Dabbab (240 ha) et 36 lots
Il s'agit d'abord de développer pour les Douiret (216 ha). Aux re il de p r o d u c t i o n , e tc.)
l'a g ric u ltu re intensive en irrigué en d ifficu lté
environs, un troisième bloc de des o p p o r t u n it é s et des
valorisant les ressources en eau Bir A m ir est le plus grand 45 hectares au profit de 15 contraintes du milieu. L'ana­
et en sol pour faire vivre 440 périmètre public irrigué du bénéficiaires (lots de 3 ha) a lyse a p a r a ille u r s te n u
fam illes et, ainsi, créer de projet Selsoul. Il a été créé sur été aménagé dans le cadre du c o m p te des c o n d it io n s
l'emploi et freiner l'exode. Il un parcours collectif utilisé par programme de développement s o c io -é con om iqu es et des
est espéré une amélioration du les O uled Dabab et les rural intégré. Ce nouveau bloc
revenu agricole annuel, de m otivations des individus.
Douiret. Les critères de choix est alimenté en eau depuis le
l'o rd re de 1 400 DT par Enfin, la g rille a inclus les
des bénéficiaires sont d'être périmètre de Bir Amir et géré
exploitation en année normale ré s u lta ts te c h n iq u e s et
membres de l'une des deux par la même association
(1 DT vaut environ 1 dollar fractions (Ouled Dabbab et d'intérêt collectif pour l'eau s o c io - é c o n o m iq u e s . Un
américain). Douiret), résidents dans la d 'irrig a tio n . Dix ans après accent a été mis sur certains
La production du projet, en zone, jeunes et sans emploi. l'étude du projet et six ans éléments soulignant les pro­
année de croisière, est évaluée Presque les mêmes critères ont après son démarrage, le blèmes évoqués en discus­
à 660 tonnes de grenades, été utilisés pour le projet des périmètre de Bir Amir, comme sion de groupe : le choix des
500 tonnes d'amandes ou de oasis de Régim Mâatoug à tous les autres du projet c irc u its d 'a p p r o v is io n n e ­
fruits équivalents, 200 tonnes Kébili (ABAAB et a i, 1989) et Selsoul, connaît des problèmes ment, le c h o ix du système
de légumes d'hiver, 300 tonnes pour les oasis de Ibn Chabat à de sous-exploitation et de
de co m m e rc ia lis a tio n , les
de légumes d'été, 154 tonnes Tozeur (KASSAH, 1996). A Bir mauvaise gestion de l'eau.
résultats psychologiques des
d'orge grains et 107 tonnes de Amir, l'établissement de la liste Environ 9 % des lots sont
fourrage (foin). L'occupation des bénéficiaires a duré plus de abandonnés et 9 % sont a ction s menées (degré de
du sol prévue est de 10 % en quatre ans car il y a eu des exploités partiellement (moins satisfaction par rapport aux
inte n s if et 90 % en semi- oppositions au sein de la du tiers de la superficie). motivations, perception de
la rentabilité de l'e x p lo ita ­
tion, perception de la satis­
Tableau 1. Evolution du plan cultural du périmètre de Bir Amir (1988-1992).
fa c tio n des besoins fa m i­
1988 (1) 1991 (2) 1992 (3) 1992 (4) liaux grâce aux revenus de
Semi-intensif amandier pistachier : 1,85 ha amandier olivier (huile) : 3,3 ha l'e x p lo ita tio n , etc.). L'ana­
olivier olivier : 2,55 ha olivier pistachier : 1 ha lyse t y p o l o g i q u e a a in si
figuier figuier : 1 ha figuier figuier : 1 ha p e rm is d 'i d e n t i f i e r c in q
Intensif grenadier palmier grenadier palmier groupes de producteurs.
abricotier grenadier olivier (table) grenadier, pommier
pêcher olivier (table) céréales olivier (table)
orge, vesce pommier local fourrage orge, luzerne
maraîchage maraîchage maraîchage 1. A cause de l'absentéisme ;
quelques enquêtes ont
Sources : (1) Cnea, 1988 ; (2) Crda de Tataouine, 1991 ; (3) ministère de l'agriculture, 1992 ; néanmoins pu être faites à
(4) Crda de Tataouine, 1992. Tunis.

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périmètre irrigué

r e ç o iv e n t la m o itié de la
L'analyse qua ntité d'eau prévue par
le projet. Le système d 'irr i­
des g a tio n le p lu s u tilis é est
contraintes la su bm ersion . Tou te fois,
s u ite à la s u b v e n tio n de
techniques, I' Etat (ju s q u 'à 60 % p o u r
des systèmes d 'é c o n o m ie
économiques de l'eau), certains e x p lo i­
tants ont adopté l'irrigation
et sociales localisée ;
- la charge élevée du pom ­
piste et de l'aygadier. Ces
L'association derniers ne sont payés que
d'intérêt collectif : p ar un n o m b re lim ité de
bénéficiaires (pour le bloc
une gestion des 15 lo ts , s e u le m e n t
quatre bénéficiaires e xploi­
à améliorer
tent leurs parcelles) ;
Après l'établissement de la - les pannes sont souvent
liste des b é n é fic ia ire s du réparées avec retard. Les
périmètre public irrigué de m em bres de l'a ss o c ia tio n
Bir A m ir, une association d 'in té r ê t c o lle c tif ne rési­
d'intérêt collectif (Aie) pour d e n t pas sur le p é rim è tre
l'eau d'irrigation a été créée et ont d'autres activités en
en 1992. Elle était c o n s ti­ ville.
tuée d'un comité provisoire
de cinq membres désignés ;
e ll e a t r a v a i l l é p e n d a n t
Mise en valeur
deux ans. Cette association hétérogène
a été c o n fr o n té e au non
p a ie m e n t des c o tis a tio n s et perturbée
et de l'e a u d 'ir r ig a tio n , à Pour le projet Selsoul, seul
l'e n d e t te m e n t, e tc . C ela le p é rim è tre de Bir A m ir,
s'est tr a d u it par des c o u ­ don t l'e x p lo ita tio n a c o m ­
p u re s d 'e a u à p lu s ie u r s m en cé en 199 2, est à un
reprises, engendrant d 'i m ­ niveau de réalisation relati­
p o r ta n ts d ég â ts dans les Figure 1. La zone d'étude, au sud-est du gouvernorat vement avancé par rapport
jeunes plantations en 1992 de Tataouine. à l 'e n s e m b le des a u tre s
et 1993. En 1994, c o n fo r­ p é r im è tr e s . C e p e n d a n t ,
m é m e n t aux d is p o s itio n s bien que les parcelles aient
lé g is la tiv e s (m in is tè re de é té a ttr ib u é e s en m ê m e
l 'a g r i c u l t u r e , 1 9 9 4 ), un temps et que tous b é n é fi­
n o u v e a u c o m ité de n e u f Enfin, chaque bénéficiaire ces d e u x p é rim è tre s sont cient des mêmes crédits et
m e m b re s a été c o n s titu é d o it s'acquitter d'u ne c o ti­ aussi en d iffic u lté à cause s u b v e n tio n s , la m is e en
avec trois sous-comités (un sation annuelle de 20 DT et de l 'a b s e n t é is m e de va le ur n'est pas identique
p a r b lo c ) . P o u r c h a q u e de 0,040 D T/m 3 d'eau. Les q u e lq u e s b é n é fic ia ire s et dans tous les lots.
s o u s -c o m ité , un tré s o rie r ta r if s de B ir A m i r s o n t du non p a ie m e n t de c e r­
Six ans après le c o m m e n ­
et un p o m p is te o n t été m o in s o n é re u x q ue ce ux tains exploitants.
désignés. c e m e n t du p ro je t, s e u le ­
a p p liq u é s d an s d 'a u tr e s A p rè s 1 9 9 4 , la s itu a tio n m e n t 40 % des e x p lo it a ­
L'association d 'intérêt c o l­ p é rim è tre s de S e lsou l. A s'est am éliorée à Bir A m ir t io n s s o n t t o t a le m e n t
lectif de Bir A m ir doit payer N e k r if 2, la c o tis a tio n est suite à la nouvelle o rgani­ p la n té e s a lo rs q u e 9 %
un c o m p lé m e n t de salaire de 39 DT/an et l'eau coûte s a tio n de l 'a s s o c i a t i o n des lots sont abandonnés
mensuel de 50 DT par pom­ 1 DT/heure alors q u'à Sehl d 'i n t é r ê t c o l l e c t i f , m ais (figu re 2). Cette s itu a tio n
piste (une partie est versée Roumaine, la cotisation est des c o n tra in te s persistent n'est pas particulière à Bir
par le gouvernorat). Chaque de 60 DT/an et l'eau coûte encore : A m ir . P our le p r o je t Ibn
b lo c p a ie le s a la ire de 2 D T /h e u re . Les a ssoc ia ­ - l'insuffisance d'eau d 'irr i­ Chabat à T ozeur (oasis de
l'a y g a d ie r (160 D T/m ois). tions d 'in té rê t c o lle c tif de g a tio n . Les b é n é fic ia ir e s 836 ha), en 1993, d ix ans

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périmètre irrigué

A cause de l'é lo ig n e m e n t q u i ne d is p o s e n t pas


du p é rim è tre de Bir A m ir de m o y e n de t r a n s p o r t
des v illa g e s des b é n é f i ­ de réside r et d 'u t i li s e r la
cia ire s, 4 7 % des b é n é fi­ m a i n - d 'œ u v r e f a m i l i a l e
ciaires résident à e n v iro n et salariée.
50-70 km et 9 % à plus de
500 km, le m araîchage et
le fo u rra g e ne sont p r a ti­ Une main-d'œ uvre
q ué s q u e p a r 2 0 % des
e x p lo ita n ts . C et é lo ig n e ­ pi utôt fam iliale
ment constitue la contrainte L'exploitation des parcelles
e s s e n tie lle a u t o u r de est assurée dans la plupart
laquelle s'articulent tous les des cas p a r la m a in -
autres problèmes (figure 4). d 'œ u v r e fa m ilia le , l'é lo i-
Elle est aussi re n c o n tré e g nem ent lim ita n t l'e m p lo i
d an s les p r o je ts d 'I b n de s a la rié s ( fig u r e 5).
Figure 2. Surface plantée par exploitation en 1998 C h a b a t à T o z e u r e t de T o u te fo is , q u e lq u e s p r o ­
(périmètre de Bir Amir). Régim M â a to u g à K é b ili. p r ié t a ir e s (11 %) o n t
L 'in s ta lla tio n progressive construit des habitations sur
des infrastructures pourrait leurs parcelles et ont recru­
permettre aux bénéficiaires té des ouvriers permanents
après sa création, 3 % des q u 'à 58 % (sans t e n i r
lots étaient en état d'aban­ co m p te des quotas prévus
don, 11 % avaient un taux p a r e s p è c e ). A i n s i, p ar
de réussite in f é r ie u r à la r a p p o r t a u x 4 5 2 a rb re s
m oyenne et 27 % un taux recommandés par le projet,
moyen (KASSAH, 1996). s e u le m e n t 2 0 % des e x ­
p lo ita n ts les o n t p la n té s
A Bir Am ir, par rapport aux mais la p lu p a rt n 'o n t res­
prévisions, le taux d 'o c c u ­ pecté ni la d e n s ité ni les
p a tio n est e nco re fa ib le : quotas de su p e rficie s par
l'arboriculture n'est réalisée espèce (figure 3).

<0 40 000 ■
L

4 30 000-1
0)
-Q Prévision
£ 20 000
o -
Figure 4. Eloignement des lieux de résidence des bénéficiaires
Z
des lots (périmètre de Bir Amir).
10 0 0 0 -

N'exploite pas
9%
M ain-d'œ uvre
familiale M ain-d'œ uvre
et salariée salariée
«
0/>
) 40 000 -, 49% 19%
_Q
30 000 -
a> Réalisation
_Q
£ 20 000 -
o
Z
10 000 -

0-
M ain-d'œ uvre
familiale
23%

Figure 3. Nombre d'arbres plantés par espèce Figure 5. Emploi de la main-d'œuvre agricole
(périmètre de Bir Amir). (périmètre de Bir Amir).

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périmètre irrigué

q u 'ils log en t sur place. A en v a le u r de le u rs lo ts


T a ta o u in e , le fa ib le ta u x (figure 6) : les n on -e xploi-
d 'e m p l o i de la m a in - ta n ts , le g ro u p e à f a ib le
d 'œ u v re a gric o le salariée e n g a g e m e n t m a té r ie l, le
est trè s c o u r a n t , m ê m e groupe d 'e x p lo ita tio n p ro ­
d a n s les o a s is (N A S R , gressive, les arboriculteurs
1 9 9 7 ) et les p é r im è tr e s tra d itio n n e ls et le g roupe
périurbains (Ouled Yahya et d'exploitation immédiate.
El-Bassatine, BELHOUCHET,
1997), à cause du prix éle­
vé de la m a in -d 'œ u v re et Le groupe des
de la fa ib le re n ta b ilité de
l'agriculture dans la région. non-exploitants
Aussi, pour des considéra­ (abandon des lots)
tions sociales, les femmes
sont rarem en t e m p lo yée s Ce groupe représente 9 %
en tant que salariées dans des b é n é f i c i a i r e s . Par
l'agriculture. m anque de moyens fin a n ­
c ie r s , ces p r o p r i é t a i r e s
n'o nt aucune relation avec
Une production le périmètre. Ils o nt utilisé
les subventions et les cré­
destinée surtout dits à d'autres fins : besoins c o n tra ire en a m é lio re r la par manque de moyens, ils
f a m i l i a u x , a c t iv it é s non m is e en v a le u r . P o u r la ne plantent les arbres que
à la consommation p lupart d'entre eux, l'a gri­ progressivement. L 'a rb o ri­
agricoles. La m oitié d'entre
de la famille e u x s o n t p rê ts à v e n d r e c u l t u r e est u n e a c t i v i t é culture est très développée
leurs lots, les autres souhai­ secondaire. et comprend aussi bien des
La m oitié des bénéficiaires espèces traditionnelles que
tent les louer.
c o n s o m m e n t e n tiè re m e n t celles n ou vellem en t in tro ­
la p ro d u c tio n m araîchère Le groupe duites. Une certaine dispo­
tandis que l'autre m oitié en
Le groupe à faible d'exploitation nibilité de la m ain-d'œ uvre
vend une partie. Pour 60 %
fa v o ris e la p ra tiq u e d 'u n
des exploitations, d o n t les engagement progressive peu de maraîchage irrigué
arbres sont adultes, la pro­
d u c t i o n est c o n s o m m é e
matériel Ce groupe représente 36 % (pastèque, oignon et p o m ­
des b é n é f i c i a i r e s . Ils me de te rre ). P resque la
par la fa m ille . Les autres Ce groupe représente envi­
o n t ado pté un système se m o it ié des b é n é fic ia ir e s
v e n d e n t 30 à 95 % de la ro n le tie r s des b é n é f i ­
r a p p r o c h a n t de c e lu i du v e u t lo u e r ou v e n d re les
production. L'autoconsom- c ia ir e s . Par m a n q u e de
m a tio n (orge, blé, p a ille , p ro toco le du projet, mais, parcelles.
m o y e n s , ces e x p lo ita n t s
figues, olive s, h u ile , etc.) e m p lo ie n t, les d im anches
est très c o u r a n te dans la et pendant les vacances, la
région (NASR, 1993). m a in -d 'œ u vre fa m ilia le et
ne recrutent que ponctuel­
le m e n t des s a la rié s . Ils
o p t e n t p o u r un s y s tè m e
L'analyse des sem i-irrigué, peu exigeant
en m a i n - d 'œ u v r e et en
stratégies des e a u . A i n s i, l ' o l i v i e r , le
exploitants :
.« . ■
fig u ie r et l'a m a n d ie r sont
les espèces les plus c u lt i ­ ¿ fe
cinq vées. L 'e x p lo ita tio n de la
ïs t;
JÊL
~ ■Mi*'-**
"“-F .*» • “ •'
parcelle est partielle et les
orientations cultures offrant un revenu à
à -■> ' •:

c o u rt term e (m araîchage, . «r - N iH ^ r
L'analyse de la situation a autres espèces arboricoles) , V.,
, v' V : **
p e r m is de d é g a g e r c in q s o n t q u a s im e n t i n e x i s ­ f.W 'ï'F -i
)y -

groupes d 'e x p lo ita n ts qui tantes. La majorité ne veut


o n t a d o p té des stratégies pas l o u e r ni v e n d r e les
d if fé r e n te s p o u r la m ise te rre s . Ils d é s ir e n t au Trous de plantation dans une exploitation.

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périmètre irrigué

Conclusion :
les causes
Bassin de stockage de l'eau.
d'échecs et les
améliorations
La p l u p a r t des p r o je ts
hydro-agricoles du sud de
la T u n is ie (Ib n C h a b a t,
Régim M a â to u g , Selsoul,
e tc .) o n t c o n n u des p r o ­
blèm es dès les prem ières
années. D ans les régions
de Kébili et de Tozeur, des
enseignem ents en o n t été
Le groupe tirés et o n t permis d 'a m é ­
de l'arboriculture liorer ce qui existe et, par­
fo is , de re v o ir le m o d è le
traditionnelle d 'a m é n a g e m e n t , ce q u i
Ce groupe représente 19 % n'est pas le cas à Tatouine
des b é n é f i c i a i r e s . Les où la politique de dévelop­
e x p lo ita n t s o n t d é p lo y é , p e m e n t f o n d é su r les
'-e 5;
dès le c o m m e n c e m e n t du grands projets h y d ro -a g ri­
projet, d'im portants efforts coles est récente.
A l'extérieur du projet, des oliveraies sont développées en sec,
p o u r v a lo r is e r leurs p a r­ parfois mieux conduites qu'à l'intérieur du périmètre. L 'u n e des ca u s e s des
celles. Certains o nt même échecs des périmètres irri­
engagé des ouvriers et ont gués est relative au c h o ix
p la n té la to ta lité de leurs l'é tr a n g e r . L 'im p o r ta n c e p r é s id e n tie l p o u r l ' a g r i ­ des bénéficiaires. En effet,
parcelles. Mais, pou r p lu ­ des revenus non agricoles culture parce q u 'il a planté ces b é n é fic ia ire s d o iv e n t
sieurs raisons, il y a eu des leur permet le recrutement des p ê c h e r s ir r ig u é s au ê tre t o u j o u r s issus des
é c h e c s a ll a n t j u s q u 'à la d 'o u v r i e r s p e r m a n e n ts . goutte à goutte. groupes p ro p rié ta ire s des
perte totale des plantations A in s i, l'e x p lo ita tio n de la
d'abricotiers, de pêchers et parcelle est totale et im m é­
de p o irie rs , au co urs des dia te dès son a ttr ib u tio n .
premières années du projet Les systè m e s de c u lt u r e
(1992-1994). Déçus par les sont divers et ne respectent
difficultés liées à la co n d u i­ pas nécessairement le pro­
te de ces espèces, certains to c o le . Ils c o m p r e n n e n t
e x p lo ita n ts v e u le n t lo u e r to u jo u rs une c u ltu r e i r r i ­
leurs parcelles et quitter le guée : luzerne, m araîcha­
p é rim è tre . A c tu e lle m e n t, ge, p a lm ie rs d a ttie rs. Les
ils n 'o n t p lu s q u e des p r o d u it s , s u rto u t les
a rbres tr a d it io n n e ls ( o l i ­ pêches, sont c o m m e rc ia li­
viers et figuiers). sées à Tunis.

Ces exploitants envisagent


l'intégration de l'élevage et
Le groupe
p ro je tte n t l'in s ta lla tio n de
d'exploitation systèmes d 'irr ig a tio n plus
économ ique en eau (goutte
immédiate à goutte). Ils ne suivent pas
Ce groupe représente 6 % le p ro to c o le mais ils sont
des b é n é f i c i a i r e s . Il est considérés par l'a d m in is ­
co ns titu é de grossistes au t r a t io n c o m m e les p lu s
m arché de gros de Tunis, novateurs. Un bénéficiaire Oliveraie irriguée, exploitation du groupe dit d'arboriculture
d'émigrés et de retraités de a d 'a ille u rs obtenu le prix traditionnelle, janvier 1999.

MM Agriculture et développement ■ n° 2 0 - Décembre 1998


périmètre irrigué

terres c o lle c tiv e s sur les­ s o n t e n v is a g e a b le s à B ir


quelles vont être implantés Am ir, à condition toutefois
les projets. Cependant, ce que les infrastructures et les
p r i n c i p e é g a lit a r is t e ne équipem ents so cio -co lle c ­
t i e n t pas c o m p t e de la tifs soient renforcés sur pla­
c a p a c ité p hysiqu e, m até ­ ce, a in s i q u e l 'e n c a d r e ­
rie lle ou de la m o tiv a tio n ment et la vulgarisation.
des intéressés (KASSAH,
En zone aride, pour réussir
1995 et 1996). C'est ainsi
ce type de développem ent
que la première tranche du
très coûteux — l'investisse­
p r o je t R égim M â a to u g à
ment engagé à Bir A m ir est
K é b ili a c o n n u une sous-
estimé à 19 000 DT par lot
e x p lo ita tio n et des a b a n ­
— les projets devraient être
d o n s lié s au c h o i x des conçus de façon différente,
b é n é fic ia ire s , s u rto u t des à l'image du modèle oasien
nomades ghrib, et à l'é lo i- q u i co n c e n tre les a m é na ­
gnement de l'oasis (ABAAB Cultures légumières dans quelques parcelles, août 1997. gements et a rticu le effica­
e t a l., 1 989). Ces derniers c e m e n t l'e s p a c e h a b ité ,
ont vendu une grande par­ l'e s p a c e de p r o d u c t i o n ,
tie de le u r c h e p te l o v in , les c u lt u r e s d é lic a te s et
c a p rin et su rto u t c a m e lin les c u lt u r e s a r b u s tiv e s
p our investir dans la mise plus résistantes (KASSAH,
en v a le u r de le u rs lo ts . 1995). Enfin, à l'in s ta r de
Pour le projet Ibn Chabat, ce q u i a é té f a i t à Ibn
l 'é lo i g n e m e n t de l'o a s is Chabat, il serait intéressant
des v illa g e s des b é n é f i ­ de réserver, à Bir Am ir, des
c ia ir e s , le m a n q u e de i r V p a rc e lle s e x p é rim e n ta le s
m o y e n s de t r a n s p o r t , p o u r te s te r les systèm es
l'absentéisme, l'insuffisan­ d 'irrig a tio n , les espèces et
ce d'eau d 'irr ig a tio n et la les v a rié té s a r b o r ic o le s ,
faiblesse des prix des pro ­ légumières et fourragères.
duits agricoles font que, dix
ans après le c o m m e n c e ­
m e n t du p r o je t, 5 % des
lots a v a ie n t des p a lm ie rs
p r o d u c t i f s en t o t a l i t é et Bibliographie
seulement 14 % des béné­
ABAAB A ., NASR N.,
ficia ire s fa isaien t des c u l­ SGHAIER M ., KADRI A., 1989.
tu re s in te r c a la ir e s (KAS­ M is e en v a le u r a g r ic o le et
SAH, 1996). A Ibn Chabat, désertification en zone saharienne ;
cas de Régim Mâatoug. In actes
p o u r résoudre le m anque du s é m in a ire n a tio n a l sur la
de moyens, l'abandon et la désertification. Revue des Régions
s o u s -e x p lo ita tio n , I' Etat a Arides, numéro spécial p. 185-192.
r e n fo r c é les a c tio n s en B E L H O U C H E T R., 1 9 9 7 .
A n a ly s e a g r o - é c o n o m iq u e des
remplaçant des forages, en
e xp lo itatio n s agricoles irriguées
subventionnant des canaux en z o n e s a rid e s . Cas du
en c i m e n t d a n s les p a r ­ gouvernorat de Tataouine. Master
celles, en re m p la ç a n t les o f S c ie n c e , la m , M o n t p e l l i e r ,
France, 172 p.
p a lm ie r s m a n q u a n ts , en
C e n tre n a tio n a l d 'é tu d e s
c o n tru is a n t des bergeries,
agricoles (Cnea), 1988. Projet de
en d is t r i b u a n t des c h a r ­ cré a tio n de périm è tre s irrig ués
rettes, des animaux de trait, dans le gouvernorat de Tataouine.
des lots de dix brebis et un Cnea, Tunis, Tunisie.

b é lie r par b é n é fic ia ir e C o m m is s a r ia t r é g io n a l au


développement agricole (Crda) de
(Commissariat régional au
Tataouine, 1991. Périmètre de Bir
développement agricole de A m ir . I r r ig a t io n à la p a r c e lle .
Tozeur, cité par KASSAH, Pêcher, exploitation du groupe dit d'exploitation immédiate, Tataouine, Tunisie, 5 p.
1996). Des actions similaires août 1997. C o m m is s a r ia t r é g io n a l au

Agriculture et développement ■ n° 20 - Décembre 1998


périmètre irrigué

développement agricole (Crda) de KASSAH A., 1 9 9 5 . L 'a m é ­ lettres, des arts et des sciences u n iv e r s it é Paul V a lé r y ,
T a ta o u in e , 1992. P ro je t de n a g e m e n t h y d r o - a g r ic o l e en humaines (Tunis 4), Ceres, Tunis, Montpellier III, France, 100 p.
cré a tio n de périm ètres irrigués T u n is ie p ré - s a h a r ie n n e e n tre T unisie. C ahier du Ceres, série
NASR N ., 1 9 9 3 . Systèmes
tr a d it io n et m o d e rn ité : cas de géographique 13, Tunis, 346 p. agraires et organisations spaciales
dans les g o u vern o ra ts de
Tataouine. In actes du séminaire M in is t è r e de l'a g r ic u lt u r e , en milieu aride : cas d'El Ferch et
M o n a stir, Sousse, T a ta o u in e et
sur les oasis au Maghreb : mise en 1992. A c tu a lis a tio n du co û t du du Dahar de Chénini-Cuermessa
M é d é n in e . T r o is iè m e phase :
valeur et développement, Cabès, projet de création des périmètres (s u d -e s t t u n is ie n ) . T hèse de
p ro je t d 'e x é c u t io n . T ata o u in e ,
4 -6 n o v e m b r e 1 9 9 4 . Serst, irrigués de Selsoul. T ata o u in e , doctorat, université Paul Valéry,
Tunisie, 30 p. université des lettres, des arts et Montpellier III, France, 271 p.
Tunisie, 25 p.
des sciences humaines (Tunis 4),
NASR N., 1 9 9 7. A to u ts et
Icra , Ira, 1997. L 'a m é ­ Ceres, Tunis, Tunisie. Cahier du M in is t è r e de l'a g r ic u lt u r e ,
limites des oasis traditionnelles de
nagement des périmètres publics Ceres, série g é o g ra p h iq u e 12 : 1994. Les associations d 'in té rê t
Tataouin e en Tunisie : étude de
149-172. c o ll e c t i f : lo i, décre ts et statut
irrigués en zones arides. Les atouts l'oasis d'EI-Ferch. A g ricu ltu re et
type. Tunis, Tunisie, 23 p.
et les limites : le cas de Bir Am ir KASSAH A ., 1 9 9 6 . Les développement 14 : 31-40.
(Tataouine). Icra, Ira, Tataouine, oasis tunisiennes ; aménagement NASR N ., 1 9 8 6 . R e la tio n s PILLOT D., 1991. Diagnostic
T u n is ie , sé rie d o c u m e n ts de hydro-agricole et développement steppes-oasis dans le gouvernorat rapid e d 'e x p lo ita tio n s agricoles
travail 67, 96 p. en zone aride. Serst, université des de G b i l l i . M é m o ir e de Dea, familiales. Insa, Hanoi, Vietnam.

Résumé... Abstract... Resumen

N. NASR, M. LOUMEREM, E. FACKELDEY, N. NASR, M. LOUMEREM, E. FACKELDEY, N. NASR, M. LOUMEREM, E. FACKELDEY,


Z. IKHLEFHOUM, R. TOKANNOU, K. ZOUPOYA — Z. IKHLEFHOUM, R. TOKANNOU, K. ZOUPOYA — Z. IKHLEFHOUM, R. TOKANNOU, K. ZOUPOYA —
Les grands projets hydro-agricoles en zone The main hydro-agricultural projects in arid Los grandes proyectos hidro-agricolas en zona
aride : le périmètre de Bir Amir (gouvernorat areas: the Bir Amir scheme (Tataouine arida: el perimetro de Bir Amir (gobernorado
de Tataouine, Tunisie). governorate, Tunisia). de Tataouine, Túnez).
Dans les régions arides et désertiques du sud de la Tunisie, In the arid desert regions of southern Tunisia, the State is En las regiones aridas y desérticas del sur de Túnez, el
l'Etat aménage des oasis — Ibn Chabat à Tozeur, Régim d e ve lo p in g oases— Ibn Chabat at Tozeur, Régim Estado asienta oasis— Ibn Cbabat en Tozeur, Régim
Mâatoug et Matrouba à Kébili... — et des périmètres Mâatoug and Matrouha at Kébili, etc.— and irrigation M âa to ug y M a tro u h a en K é b ili...— y p e rim e tro s
irrigu é s — Selsoul, Ouled Yahya, El-Bassatine... à schemes— Selsoul, Ouled Yahya, El-Bassatine, etc.— in irrigados— Selsoul, Ouled Yahya, El-Bassatine..., en
Tataouine. Ces oasis et périmètres irrigués impliquent Tataouine. These oases and irrigation schemes often make Tataouine. Estos oasis y perímetros irrigados implican
souvent l'exploitation de ressources hydrauliques non use of nonrenewable water resources. Over 20 public muchas veces la explotación de recursos hidráulicos no
renouvelables. Dans le gouvernorat de Tataouine, plus de irrigation schemes have been set up in Tataouine in the renovables. En el gobernorado de Tataouine, se asentaron
20 périmètres publics irrigués ont été aménagés ces dix past 10 years. The targets set are not always achieved; the más de 20 perimetros públicos irrigados estos diez últimos
dernières années. Les objectifs fixés ne sont pas toujours projects a re c o n fro n te d w ith p ro ble m s o f p lot años. Los objetivos fijados no se alcanzan siempre; los
atteints ; les projets sont confrontés à l'abandon des a b a n d o n m e n t, p oo r m a n a g e m e n t and p a rtia l proyectos se hallan confrontados al abandono de las
parcelles, à la m auvaise gestion et à l'e x p lo ita tio n exploitation. A 1997 study of the Bir Amir irrigation parcelas, a la mala gestión y a la explotación parcial. El
partielle. L'étude du périmètre irrigué de Bir Amir, en scheme helped to explain user strategies (five types of estudio del perím etro irrigado de Bir Amir, en 1997,
1 9 9 7 , p e rm e t de co m pren dre les stra té g ie s des fa rm were id e n tifie d ) and emphasized the technical permite comprender las estrategias de los explotadores
exploitants (cinq types d'exploitation ont été identifiés) et difficulties linked to water management, the novelty of (se id entificaron cinco tipos de explotación) y hacer
de souligner les difficultés techniques, liées à la gestion de some of the agricultural activities proposed by the project, hincapié en las dificultades técnicas, relacionadas con la
l'eau, à la nouveauté de certaines productions agricoles the beneficiaries' lack of financial resources and the gestión del agua, con la novedad de ciertas producciones
proposées par le projet, au manque de moyens financiers distance between the irrigation scheme and the villages in agricolas propuestos por el proyecto, a falta de medios
des bénéficiaires et à l'éloignem ent du périmètre par which they lived. financieros de los beneficiarios y al alejam iento del
rapport aux villages où ils vivent. perímetro respecto a los pueblos donde viven.
Keywords: irrigation scheme, agricultural development
Mots-clés : périmètre irrigué, projet de développement project, participative research, arid zone, Tunisia. Palab ra s-clave s: p e rim e tro irrig a d o , proyecto de
agricole, recherche participative, zone aride, Tunisie. desarrollo agricola, investigación participativa, zona
arida, Túnez.

Agriculture et développement ■ n° 2 0 - Décembre 1998