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KITAB AL-JINAYAT – Chapitre des Crimes :

Tuer sans aucun droit est divisé en trois catégories :

1- L’assassinat commis avec une intention délibérée [al-’amd]. Cela signifie


que le meurtrier tue sa victime d'une blessure ou de tout acte susceptible de
le tuer, comme le frapper une fois avec une grande dalle de marbre, à
plusieurs reprises avec un petit morceau, ou le jeter par terre d'une hauteur
imposante ou l'étrangler ou le brûlant, ou le noyant, ou lui donnant du poison
à boire, ou faisant contre lui un faux témoignage qui entraînerai son
exécution ou sa condamnation à mort, ou quelque chose de ce genre, avec
une intention délibérée et sachant que la victime est un être humain
inviolable [protégé par la loi islamique]. Cela donne au représentant de la
victime le choix entre des représailles mortelles [qawad] et un prélèvement
sur l'argent du sang [diya], en raison de la parole du messager d'Allah (Salla
Allahu ‘alayhi wa salam) :

« Si quelqu'un a la garde d'une victime de meurtre, il a deux options: il peut


soit tuer [le meurtrier], soit accepter une compensation financière de sa
part. » [Rapporté par Al-Bukhary et Muslim]

S'il épargne au meurtrier des représailles meurtrières en échange d’une


compensation financière plus importante prescrit pour le sang, cela est
également permis.

2- Le meurtre commis avec une intention quasi délibérée [shibh al-’amd].


Cela signifie que l’assassin commet délibérément le crime contre la victime,
mais avec quelque chose qui risquerait fort de ne pas la tuer. Il n'est pas sujet
à des représailles meurtrières, et le prix du sang doit être payé par al-‘aqila
[parent paternel du meurtrier] dans un délai de trois ans.
3- Le meurtre commis par erreur [al-khata’]. Il est de deux sortes:

a) Le premier est commis en faisant quelque chose qui n'est pas destiné à
tuer la victime, mais qui entraîne sa mort, ou qui s'avère être la cause de sa
mort, comme creuser un puits, par exemple. Quant au meurtre commis par
un somnambule, mineur ou fou, il est soumis à la même décision que le
meurtre commis avec une intention quasi délibérée [shibh al-’amd].
b) Le second est commis lorsque quelqu'un tue un musulman dans ‘dar al-
Harb’ (territoire de guerre), en croyant qu'il soit un guerrier ennemi, ou lorsqu'il
tire sur la ligne de bataille des mécréants, mais que sa flèche frappe un
musulman. L’expiation [kaffãra] sans payer le prix du sang est nécessaire dans
de tels cas, en vertu de la parole d’Allah ta’ala :
« Mais si [le tué] appartenait à un peuple ennemi à vous et qu’il soit croyant,
qu’on affranchisse alors un esclave croyant. » [Sourate An-Nisa – V.92]

SOUS-CHAPITRE : LES CONDITIONS DU TALION ET SON APPLICATION

L’obligation de prendre des mesures de rétorsion dépend de la réalisation de


quatre conditions préalables:

1. Le tueur doit être un adulte responsable. En ce qui concerne le mineur et le


fou, aucune vengeance n’est imposée à aucun d’eux.

2. La victime doit être ma’sum [inviolable; protégé par la loi islamique]. S'il est
un guerrier ennemi, un apostat ou un meurtrier au combat ou un homme
marié coupable d'adultère, ou si le tueur le tue pour se défendre ou défendre
ses biens ou son honneur, il n'y a aucune responsabilité de tels cas.

3. La victime doit avoir le même statut [en termes de religion et de liberté]


que le criminel. Le musulman libre est donc tué en représailles contre le
musulman libre, homme ou femme, mais un homme libre n'est pas tué en
représailles pour un esclave, ni un musulman en représailles pour un
mécréant, à cause de la parole du Messager d'Allah (Salla Allahu ‘alayhi wa
salam) :

« Un croyant ne doit pas être tué en représailles pour un mécréant. »


[Rapporté par Al-Bukhary]

Le dhimmi est tué en représailles du dhimmi et le dhimmi est tué en


représailles du musulman. L'esclave est tué en représailles de l'esclave et
l'homme libre est tué en représailles de l'homme libre.

4. Le meurtrier ne doit pas être un père ou un aïeul de la victime, car un aïeul


n'est pas tué en représailles de sa progéniture, quel que soit le nombre de
générations qui se séparent et les deux parents se ressemblent à cet égard. Si
le gardien (tuteur, représentant) de sang est une progéniture, ou s'il a un droit
en jeu, si minime soit-il, les représailles mortelles ne sont pas engagées.

SECTION (FASL) :

Pour que son exécution soit autorisée, trois conditions préalables sont
stipulées:
1. Il doit être attribué à une personne responsable. S'il est attribué à quelqu'un
d'autre ou s'il a un droit en jeu, si petit soit-il, son exécution n'est pas permise.
Si une personne autre que la personne responsable remplit elle-même son
droit, c'est satisfaisant.

2. L'accord unanime de tous ceux qui ont droit à son exécution. Si l'un d'entre
eux n'y consent pas ou s'il y a un absent parmi eux, son exécution n'est pas
autorisée. Si l'un d'entre eux l'exécute [unilatéralement], il n'y a pas de
représailles à son encontre, mais il est responsable de la compensation
financière du prix du sang restant et ses partenaires ont le droit de faire valoir
leurs droits sur l'héritage du criminel.
Ceux qui ont droit à des représailles sont tous ceux qui héritent des biens [de
la victime], proportionnellement à leurs héritages.

3. La sécurité contre les atteintes. Si le criminel est une femme enceinte, il


n’est pas permis d’exercer des représailles mortelles sur elle, ni de représailles
en blessant, ni d’exécuter une peine légale (hadd), jusqu’à ce qu’elle
accouche et que son enfant puisse survivre sans elle.

SECTION (FASL) :

La procédure (de l’exécution) est annulée après son entrée en fonction par
trois facteurs:

l. L'octroi d'une exemption, en tout ou en partie. Si l'un des héritiers renonce à


tout ou une partie de son droit, celui-ci est entièrement annulé et les autres
héritiers ont droit à leur part légitime de l'argent du prix du sang. Si l'exemption
est accordée moyennant une contrepartie financière, il a droit à sa part
légitime de l'argent du sang, mais sinon, il n'a droit à rien, si ce n'est à la
récompense spirituelle.

2. Le tueur [vengeur], ou l'un de ses enfants, hériterait de quelque chose de


[l'effusion de] son sang.

3. Le meurtrier décède. Les représailles meurtrières sont annulées et l'argent


du sang incombe à son héritage.

Si une personne en tue deux avec une intention délibérée et que les gardiens
des deux victimes s'accordent pour dire qu'il a été tué en représailles pour
eux deux, il sera tué en représailles pour eux deux. S'ils ne sont pas d'accord
sur l'exécution, il sera tué en représailles de la première victime et une somme
d'argent en sang sera requise pour la seconde. Si les représailles du premier
sont annulées, les dépositaires du second ont droit à son exécution.
Les représailles sont normalement exécutées en décapitant avec l'épée, mais
dans certains cas, il peut être exécuté de la même manière qu'il a tué sa
victime.
SOUS-CHAPITRE : COMPLICITE DANS LE MEURTRE (Al-Ishtirak fil Qatl)

Un groupe peut être tué en représailles d'une seule victime. Si le meurtre de


l'un d'entre eux est irréalisable en raison de sa relation paternelle, ou parce
que son statut [en termes de religion et de liberté] n'est pas égal à celui de la
victime, ou en raison de l'octroi d'une exemption, ses partenaires seront
assassinés. Si l'un d'entre eux n'est pas une personne responsable, ou s'il a agi
par erreur, aucune mesure de rétorsion mortelle n'est imposée à l'un d'entre
eux.
Si un homme contraint un homme à tuer, il tue alors, ou l’un des deux inflige
une blessure et l’autre une centaine, ou l’un d’eux coupe [un poignet du
poignet et l’autre [un bras] du coude, ils sont tous les deux des meurtriers et
les représailles les incombe tous les deux. Si l'argent du sang est nécessaire, ils
en sont tous les deux responsables. Si l'un d'entre eux tue la victime [comme
un animal, en coupant la veine jugulaire], ensuite l'autre (le complice) lui
coupe la main ou la coupe en deux (l’animal), le meurtrier est le premier. Si
l'un d'entre eux coupe la victime, le second le tue, le coupeur est coupable
du découpage et l’égorgeur de l’égorgement.
Si quelqu'un ordonne à une personne de tuer, quand cette personne sait que
le meurtre est illégal, il tue alors, des représailles incombent à l'auteur et le
commandant est passible de châtiment. S'il commande à quelqu'un qui ne
sait pas que c'est illégal, ou qui ne peut pas faire la différence, des
représailles incombent au commandant. Si quelqu'un emprisonne quelqu'un
pour le tuer, ainsi il est tué, le meurtrier sera tué et celui qui a emprisonné sera
emprisonné (à son tour) jusqu'à sa mort.

SOUS-CHAPITRE : LES REPRESAILLES POUR BLESSURES (Al-Qawad ‘ala


al-Juruh)

Pour chaque membre du corps de la victime, les représailles incombent au


même membre du corps de l'assaillant. L’œil est ainsi pris pour l’œil, le nez
pour le nez et chacun des éléments suivants pour sa contrepartie : la
paupière, la lèvre, la langue, la dent, la main, le pied, le pénis et les testicules
et de même partie sur laquelle il est possible d’infliger des représailles.
Les conditions préalables suivantes doivent être remplies:
• La victime du crime doit avoir le même statut [en termes de religion et de
liberté] que l'auteur.
• Le crime doit avoir été commis avec une intention délibérée.
• La mutilation excessive causée par le découpage d'une partie d'une
articulation ou par le type d'incision qui met à nu l'os doit être protégée.
En ce qui concerne les fractures et les coupures infligées à l'avant-bras et à la
cuisse, il n'y a pas de représailles dans de tels cas, ni de coup de couteau, ni
de blessure à la tête, à moins que la victime ne se contente d'une blessure
superficielle en guise de représailles pour une blessure plus grave. Aucune
rétorsion ne peut être infligée au nez, sauf à la partie cartilagineuse, qui est la
partie molle exclusive de l'os.

Une autre condition préalable est l’équivalence du nom et de


l’emplacement [de la partie du corps]. Cela signifie qu'aucune partie ne
peut être prise du côté droit ou gauche, ni de la région supérieure ou
inférieure, sauf en guise de représailles pour son équivalent exact. Il est donc
interdit de prendre les doigts, le bout des doigts ou les dents, sauf en
représailles de leurs homologues exacts. Un doigt parfait ne peut pas être pris
en représailles pour un doigt défectueux, ni un doigt sain pour des représailles
pour un doigt défectueux. Celui qui est défectueux peut être pris en
représailles pour celui qui est parfait et celui qui est flétri en représailles pour
celui qui est en bonne santé, à condition qu'il n'y ait aucun risque de
dommage excessif.

SECTION (FASL) :

Si la blessure n'a privé la victime que d'une partie de sa langue, du bout de


son nez, de sa lèvre, de son prépuce ou de son oreille, il peut en prendre
l'équivalent, en fractions de moitié, un tiers et ainsi de suite. Si le paiement du
prix du sang est accepté [au lieu de représailles physiques], la victime devrait
en prendre une bonne quantité. Si une partie de sa dent est cassée, il peut
extraire la même quantité de la dent du criminel, à condition qu'il soit sûr que
celle-ci ne sera pas sans racine. Les représailles peuvent ne pas être exigées
pour une dent jusqu'à ce qu'il n'y ait aucun espoir de sa repousse, ni pour une
blessure jusqu'à ce qu'elle guérisse. L’infection transmise par la blessure de
représailles ne donne pas lieu à indemnisation, mais l’infection qui se propage
par la blessure criminelle est incluse dans l’évaluation des représailles et du
prix du sang, à moins que les représailles ne soient exécutées avant qu’elles
aient été guéries, auquel cas la responsabilité de celle-ci est annulée.
KITAB AD-DIYAT – Chapitre du paiement du prix du sang

Le prix du sang [diya] du musulman libre vaut mille mesures d'or, ou douze
mille dirhams (pièces d'argent), ou cent chameaux. Si le prix du sang est
payable en compensation d'un meurtre commis avec une intention
délibérée, il s'élève donc à trente ‘hiqqa’ [chamelles âgées de trois ans], à
trente jadha’a [chamelles âgées de quatre ans], et quarante khalifa, elles
étant enceintes de chameaux. Il (le paiement) est dû immédiatement sur les
biens du meurtrier.
S'il (le paiement) est payable en compensation d'un meurtre commis avec
une intention quasi délibérée (shibh al-‘amd), il en va de même en ce qui
concerne l'âge des chameaux. Cela incombe aux ‘aqila [parents paternels
du meurtrier] dans un délai de trois ans, dont un tiers au début de chaque
année.
Si le prix du sang est pour un meurtre commis par erreur [khata’], il incombe
aux ‘aqila dans les mêmes conditions, sauf qu'il s'agit de vingt ‘bint makhad’
[chamelles âgées de deux ans], vingt ‘ibn makhad’ [chameaux mâles âgés
de deux ans], vingt ‘bint labun’ [chamelles produisant du lait], vingt ‘hiqqa’
et vingt ‘jadha’a’.
Le prix du sang de la femme musulmane libre est la moitié de l'argent du
sang de l'homme. Son indemnité pour blessures est égale à celle des
blessures, jusqu'à un tiers du prix du sang, au-delà de laquelle la règle de la
moitié s'applique.
L'argent du sang de l’homme ‘Kitabi’ [des Gens du Livre, notamment juifs et
chrétiens] représente la moitié de l'argent du sang du musulman et leurs
femmes ont droit à la moitié de ce montant.
Le prix du sang de l’homme Majusi [Mage, Zoroastrien] est de huit cents
dirhams et leurs femmes ont droit à la moitié de ce montant. Quant au prix du
sang de l'esclave homme et de l'esclave femme, il équivaut à son prix. Si une
partie de l'esclave est libre, elle est déterminée en calculant les fractions
appropriées au prix du sang d'un homme libre et du prix d'un esclave.
L'argent du sang de l'enfant dans le ventre, s'il est accouché mort, est la
valeur d'un esclave de valeur, homme ou femme, dont le prix est de cinq
chameaux hérités de l'enfant mort-né. Si la femme enceinte boit un
médicament et avorte ainsi son fœtus, elle est responsable de la valeur d'un
esclave de valeur et elle n'hérite de rien. Si le fœtus est un Kitabi,
l'indemnisation équivaut à un dixième du prix du sang de sa mère. Si c'est un
esclave, son prix du sang représente un dixième du prix de sa mère. Si le
fœtus est accouché vivant, mais meurt après avoir reçu une fessée (ou gifle
afin de le faire crier pour qu’il puisse respirer par ses propres poumons), son
prix du sang est égal au montant total, à condition que son accouchement
ait eu lieu à un moment où un enfant similaire survivrait normalement.
SOUS-CHAPITRE : LES ‘AQILAS ET LEURS RESPONSABILITES

Les ‘aqilas sont les parents paternels du meurtrier, qu’ils soient liés de près ou
de loin, ainsi que leurs descendants, à l’exception du mineur, du fou, du
pauvre et de toute personne dont la religion est différente de celle du
meurtrier. Lors de l’évaluation de la responsabilité de chacun d’entre eux, il
convient de se référer au jugement indépendant de l’Imam, qui lui prescrira
un montant convenable et non gênant. Ce qui reste est à la charge du tueur,
comme dans le cas de quelqu'un qui n'a pas d'aqila pour donner le prix du
sang.
Les ‘aqilas ne sont pas responsables du prix du sang si le meurtre a été
commis avec une intention délibérée, ni si la victime était un esclave, ni dans
les cas où un règlement ou une reconnaissance a été convenu, ni pour un
tiers du montant total.
Les non-musulmans protégés [ahlul dhimma] partagent le paiement du prix
du sang, mais le ‘aqila ne supporte pas (le prix du sang) d’un apostat, ni
d’une personne qui a embrassé l’Islam après avoir commis son crime ou dont
la relation n’a été révélé seulement après sa commission.

SECTION (FASL) :

Le crime commis par l'esclave repose sur ses propres épaules, à moins que le
maître ne le rachète avec le moindre de deux montants: la somme du sang
due ou son prix (de l’esclave). Pour le crime commis contre lui, le prix du sang
est le montant par lequel, par rapport à la richesse du criminel, sa valeur est
diminuée.
Les crimes dont la cause sont des animaux domestiques est impunis, à moins
qu’ils ne soient sous le contrôle d’un être humain, comme le cavalier, le guide
et le conducteur, car il est tenu responsable des dommages qu’ils causent de
la patte avant ou de la bouche, mais pas pour ce qu'ils causent avec leurs
pattes arrières ou leurs queues. S'il viole avec eux sous son contrôle la
propriété de quelqu'un d'autre, ou une route, il est responsable de toute leur
conduite ‘criminelle’. Quant aux cultures qu’ils détruisent le jour, il n’est pas
tenu d’indemnisation, à moins qu’ils ne soient sous son contrôle, mais il est
tenu responsable de ce qu’ils détruisent de nuit.

SOUS-CHAPITRE : LE PRIX DU SANG POUR LES BLESSURES (Diyat al-


Juruh)

[En compensation de la blessure], il existe un paiement prescrit du prix du


sang pour chaque partie de l'être humain qui constitue un organe ou une
faculté unique, tel que sa langue, son nez, son pénis, son audition, sa vue, son
odorat, son esprit, sa parole, sa force et sa capacité de marcher. Il en va de
même pour chaque blessure qui déforme son visage, qui défigure son visage
et ses joues, qui desserre sa vessie ou ses entrailles et qui endommage sa tête
et sa barbe.
En ce qui concerne les parties de son corps qui existent par paires, un
paiement du prix du sang est prescrit pour le couple et la moitié de celui-ci
pour l'un des deux, comme les yeux, les sourcils, les lèvres, les oreilles, les
maxillaires, les mains, les seins, les fesses, les testicules, les grandes lèvres de la
vulve, ainsi que les jambes et les pieds.
Il y a aussi le prix du sang pour les quatre paupières, ainsi que pour leurs cils.
Un quart de cette somme est due à chaque paupière. Par conséquent, si le
criminel les arrache de leurs cils, un paiement complet du prix du sang est
versé.

Il y a le prix du sang pour les doigts de la main et le prix du sang pour les orteils
des pieds, un dixième du total pour chaque doigt ou orteil. Pour chaque bout
de doigt ou d'orteil, il faut un tiers de l'argent du sang prescrit pour le doigt ou
l'orteil entier, à l'exception du bout des pouces et des gros orteils, pour lequel
le montant est égal à la moitié du total prescrit pour tout le pouce ou gros
orteil.
Le prix du sang est de cinq chameaux pour chaque dent.
Pour le bout mou du nez, le mamelon du sein d'une femme, la paume de la
main, la plante du pied, le prépuce du pénis et la partie visible de la dent, le
prix du sang est celui de tout l’organe. Dans chacun de ces cas, le prix du
sang pour les dommages partiels est déterminé par calcul fractionnaire.
Pour la main, le pied ou le pénis, le pénis du castrat et l'impuissant, la langue
du muet, l'œil brouillé, la dent noire, le pénis sans prépuce, le sein de la
femme sans son mamelon, le nez sans son extrémité, des doigts ou des orteils
supplémentaires, etc, l’argent du sang est décidé par la décision d’un juge.
Quant au nez et aux oreilles flétries, au nez d'une personne souffrant de
congestion nasale et incapable de sentir, et à l'oreille d'un sourd, le prix du
sang est complet.

SOUS-CHAPITRE : LES BLESSURES A LA TÊTE ET AU VISAGE (Shijaj)

Le terme shijaj signifie blessures infligées à la tête et au visage. Il y en a neuf :

1. La ‘harisa’ est une personne qui se gratte simplement la peau sans


écoulement de sang.
2. Le ‘bazila’ est celle qui provoque une scission d'où s'écoule une légère
trace de sang.
3. Le ‘badi’a’ est celle qui coupe la chair sous la peau.
4. Le ‘mutalahima’ est celui qui tranche la chair.
5. Le ‘sirnhaq’ est celui qui coupe très près de l'os.
6. Le ‘mudiha’ est celui qui atteint l'os. Le prix du sang pour cela est de cinq
chameaux et il est sujet à des représailles, s'il est intentionnel.
7. La ‘hashima’ est celle qui atteint l'os et le fracture. Le prix du sang est de dix
chameaux.
8. Le ‘munaqqila’ est celui qui atteint les os, les fracture et les disloque. Le prix
du sang est de quinze chameaux.
9. Le ‘ma’muma’ est celui qui atteint la peau du cerveau. Le prix du sang qui
en découle correspond au tiers du montant le plus élevé.

Pour le ja’ifa, qui est une blessure qui atteint l'abdomen [jawf], le prix du sang
correspond au tiers du montant le plus complet. S'il provient d'un autre côté
du corps, il compte pour deux ja’ifa.
Pour une blessure à la côte, le prix du sang est un chameau ; à la clavicule,
deux chameaux; aux os des avant-bras, quatre chameaux.
Pour ce qui est des autres types de plaies, pour lesquelles aucun paiement
spécifique du prix du sang n'est prescrit, explicitement ou implicitement, le
montant est déterminé par la décision d'un juge.

SOUS-CHAPITRE : L’EXPIATION POUR LE MEURTRE (Kaffarat al-Qatl)

Si quelqu’un tue un mécréant ou un dhimmi [non musulman protégé par la loi


islamique], sans droit, ou s'il participe au meurtre ou à l'avortement d'un
fœtus, une expiation lui incombe: à savoir, l'émancipation d'un esclave
croyant. Si cela est impossible, il doit jeûner pendant deux mois consécutifs,
en tant qu'acte de repentance envers Allah, qu'il soit ou non un adulte
responsable et qu'il soit un homme libre ou un esclave.
Si deux personnes s'affrontent au combat et meurent toutes les deux, une
expiation s'impose à chacune d'elles et le prix du sang de son compagnon
incombe à ses ‘aqilas [parents paternels]. S'ils sont tous deux cavaliers et que
leurs deux chevaux meurent, chacun d'entre eux est obligé de réparer le
cheval de l'autre. Si l'un d'eux est immobile et l'autre est mobile, celui qui est
mobile est obligé d'indemniser la monture de celui qui est immobile, et son
argent pèse sur son ‘aqila, sauf si celui qui se tient immobile est un intrus,
comme une personne assise sur une route étroite ou sur la propriété d'autrui.
Dans ce cas, il est tenu responsable de l'expiation et de l'indemnisation de la
monture de celui qui est mobile, et rien n'incombe à celui qui est mobile, ni
sur son ‘aqila. Si trois hommes tirent avec une catapulte et que la pierre tue
une personne inviolable [ma’sum, protégés par la loi islamique], chacun
d’entre eux est passible d’une expiation et un tiers du prix du sang incombe
au ‘aqila de chacun d’eux. Si l'un des trois est tué, la même règle s'applique,
sauf que le tiers du prix du sang est annulé. S'ils sont plus de trois, la part de
celui qui est tué est annulée et le reste de l'argent du sang incombe aux
propriétés des survivants.
SOUS-CHAPITRE : LE SERMENT DE 50 PERSONNES (AL-QASAMA)

Comme rapporté par Sahl ibn Abi Hathma et Rafi’ ibn Khadïj, Muhayyisa et
'Abd Allah ibn Sahl sont partis avant [la bataille de] Khaybar, et ils se sont
séparés entre les palmiers dattiers. ‘Abdu'llah ibn Sahl a ensuite été tué, alors
ils ont suspecté les Juifs. Le Messager d'Allah (Salla Allahu ‘alayhi wa salam) a
dit: « Laissez cinquante d'entre vous prêter serment contre un homme parmi
eux. »
Ils (les Compagnons) ont dit: « C'est une affaire dont nous n'avons pas été
témoin, alors comment pouvons-nous jurer ? »
Il a dit: « Alors, laissez les Juifs vous disculper avec les serments de cinquante
d'entre eux. »
Ils ont dit: « [Ils sont] un peuple mécréant. », alors le Prophète (Salla Allahu
‘alayhi wa salam) paya le prix de son sang.

Quand un homme est retrouvé tué, ses gardiens accusent les habitants de la
localité de son meurtre. Si l’inimitié et malveillance existent entre eux - tout
comme entre les Ansars et le peuple de Khaybar - les gardiens peuvent jurer
cinquante serments contre l'un d'eux et avoir droit à son sang. S'ils ne jurent
pas, l'accusé peut prêter cinquante serments et être acquitté. S'ils
s'abstiennent, ils sont obligés de payer le prix du sang. Si les demandeurs ne
jurent pas et qu'ils ne sont pas satisfaits du serment de l'accusé, l'imam paiera
sa rançon à même le trésor public. Ils ne peuvent pas jurer contre plus d'une
personne. S'il n'y a pas d'inimitié entre eux ni de malveillance, l'accusé peut
prêter un seul serment et être acquitté.

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