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Nombre de surjections

Notions abordées : théorie des ensembles et dénombrement


Dans tout le problème m et n désignent des entiers naturels non nuls.

Partie I

Soit E un ensemble non vide.


On appelle partition m classes d’un ensemble E , tout ensemble {A1 ,…, Am } formé de parties de E telles que :

1) ∀k ∈ {1,…, m } , Ak ≠ ∅ ,
2) ∪
1≤k ≤m
Ak = E et

3) ∀k , ℓ ∈ {1,…, m } , k ≠ ℓ ⇒ Ak ∩ Aℓ = ∅ .
On note p (n , m ) le nombre de partitions en m classes d’un ensemble à n éléments.
1. Premières valeurs
1.a Montrer que si m > n alors p (n , m ) = 0 .
1.b Déterminer p (n , n ) et p (n ,1) .
2. Expression de p (n , m )
2.a On se donne un ensemble E de cardinal n + 1 et on fixe un élément a de E .
En distinguant parmi les partitions de E en m + 1 classes celles qui possèdent l’ensemble {a } de celles
qui ne le possède pas, établir p (n + 1, m + 1) = p (n , m ) + (m + 1)p (n , m + 1) .
2.b Former un tableau où vous préciserez les valeurs de p (n , m ) pour tout n , m ∈ {1, 2,3,4,5} .

2.c Démontrer par récurrence sur n ∈ ℕ∗ :


(−1)m m
∀1 ≤ m ≤ n on a p (n , m ) = ∑ (−1)k mk k n .
m ! k =0
( )
Partie II

On note s (n , m ) le nombre de surjections d’un ensemble à n éléments sur un ensemble à m éléments.


1. Premières valeurs
1.a Calculer s (n , m ) pour m > n .
1.b Calculer s (n , n ) .
2. Expression de s (n , m )
2.a Soit f une surjection d’un ensemble E à n éléments sur un ensemble F = {x1 ,…, x m } à m éléments.
On pose pour tout k ∈ {1,…, m } , Ak = f −1 ({x k }) l’ensemble des antécédents de l’élément x k .
Montrer que {A1 ,…, Am } est une partition en k classes de E .
2.b En déduire s (n , m ) = m !p (n , m ) .
Correction

Partie I

1.a S’il existe une partition d’un ensemble E à n éléments en m classes {A1 ,..., Am } alors
m m
n = Card E = Card ∪ Ak = ∑ Card Ak ≥ ∑1 = m
1≤k ≤m k =1 k =1

car les Ak sont non vides et deux à deux disjoints.


Par contraposée : n < m ⇒ p (n , m ) = 0 .
1.b Une partition en 1 classe d’un ensemble E ne peut être que {E } .
Donc p (n ,1) = 1 .
Une partition en n classes d’un ensemble E = {x1 ,…, x n } à n éléments ne peut être que
{{x1 },…, {x n }} donc p (n , n ) = 1 .

2.a Il y a autant de partitions de E en m + 1 classes telle que l’une soit de la forme {a } , que de partition de
E \ {a } en m classes. Cela offre p (n , m ) possibilités.
Les autres partitions de E en m + 1 classes peuvent être vues comme étant formées à partir d’une
partition de E \ {a } en m + 1 classes, en adjoignant à l’une de ses classes l’élément a .
Cela offre (m + 1) × p (n , m + 1) possibilités
( m + 1 pour le choix de la classe à laquelle on adjoint a , p (n , m + 1) pour le nombre de partitions en
m + 1 classes de E \ {a } ).
En fin de compte : p (n + 1, m + 1) = p (n , m ) + (m + 1)p (n , m + 1) .
2.b
n \m 1 2 3 4 5
1 1 0 0 0 0
2 1 1 0 0 0
3 1 3 1 0 0
4 1 7 6 1 0
5 1 15 25 10 1

2.c Par récurrence sur n ∈ ℕ
(−1)1 1
Pour n = 1 : p (1,1) = 1 et ∑
1! k =0
()
(−1)k 1k k 1 = −(0 −1) = 1 .

Supposons la propriété établie au rang n ≥ 1 .


(−1)1 1
Pour m = 1 : p (n ,1) = 1 et
1! k =0
()
∑ (−1)k 1k k n = −(0 −1) = 1 .
Pour 2 ≤ m ≤ n + 1 :
p (n + 1, m ) = p (n , m −1) + mp (n , m )
(−1)m −1 m −1 (−1)m m
=
HR (m −1)!

k =0
( )
(−1)k mk−1 k n + m
m !

k =0
(−1)k m k k
n
( )
(−1)m −1 m (−1)m m
Cmm
=
−1 =0 (m − 1)! k =0
( )
k m −1 n
∑ (−1) k k + (m −1)! ∑ k =0
(−1)k mk k ( )
n

(−1)m m
= (( ) ( ))
m
∑ (−1) k − k k
(m −1)! k =0
k m − 1 n

(−1)m m
=
(m −1)! k =0
( )
∑ (−1)k mk −−11 k n car m ( ) (
−1 m −1
k −1 + k = k
m
) ( )
(−1)m m k m m −1
=
(m −1)! k =0
( )
∑ (−1)k m mk k n car m ( ) (
k = k k −1 )
(−1)m m
=
m ! k =0
( )
∑ (−1)k mk k n +1
Récurrence établie

Partie II

1.a Si m > n alors il n’existe pas de surjections d’un ensemble à n éléments sur un ensemble à m
éléments. Par suite s (n , m ) = 0 .
1.b Une surjection entre deux ensembles à n éléments est forcément bijective. Par suite s (n , n ) = Ann = n ! .
2.a 1) ∀1 ≤ k ≤ m , l’élément yk possède au moins un antécédent de part la surjectivité de f . Par suite
Ak ≠ ∅ .
2) ∀x ∈ E . L’image de x par f correspond à un certain yk ∈ F .
Par suite x ∈ Ak et donc x ∈ ∪
1≤k ≤m
Ak . Ainsi E ⊂ ∪
1≤k ≤m
Ak et l’autre inclusion étant immédiate

E= ∪
1≤k ≤m
Ak .

3) ∀1 ≤ k ,l ≤ m .
Si Ak ∩ Al ≠ ∅ alors considérons x ∈ Ak ∩ Al .
On a f (x ) = yk et f (x ) = yl donc k = l car les y j sont deux à deux distincts.
Par contraposée : k ≠ l ⇒ Ak ∩ Al = ∅ .
Finalement {A1 ,…, Am } est une partition en m classes de E .
2.b Pour construire une surjection d’un ensemble E à n éléments sur un ensemble F à m éléments :
On réalise une partition de E en m classes A1 ,…, Am en regroupant ensemble les éléments qui auront
les mêmes images.
Cela offre p (n , m ) possibilités.
On détermine l’élément de F qui sera l’image des éléments de A1 .
On détermine un autre élément de F qui sera l’image des éléments de A2
...
On détermine un élément différent des précédents qui sera l’image des éléments de Am .
Cela offre m × (m −1)×⋯×1 possibilités.
Au total, il y a s (n , m ) = m !p (n , m ) possibilités.

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