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Revue théologique de Louvain

Mark J. Sedgwick, Le soufisme. Traduit de l'anglais par Jean-


François Mayer, Cerf, 2001
Jacques Scheuer

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Scheuer Jacques. Mark J. Sedgwick, Le soufisme. Traduit de l'anglais par Jean-François Mayer, Cerf, 2001. In: Revue
théologique de Louvain, 35ᵉ année, fasc. 4, 2004. pp. 558-559;

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558 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES

Perry Schmidt-Leukel et al. (éd.), Buddhist Perceptions of Jésus. Papers of


the Third Conférence of the European Network of Buddhist-Christian
Studies (St. Ottilien 1999). St. Ottilien, EOS Verlag, 2001. 179 p. 21 x
15. Isbn 3-8306-7069-9.
Comment la personne et l'enseignement de Jésus ont-ils été perçus dans
divers milieux bouddhistes? Après une introduction générale, six études
particulières se répartissent en trois domaines géographiques et culturels.
Extrême-Orient : I. Kern parcourt les écrits de la controverse entre
bouddhistes et chrétiens dans la Chine du 17e s., tandis que Sh. Ueda présente la
figure de Jésus chez des penseurs japonais contemporains, en particulier
K. Nishitani. Asie du Sud et du Sud-Est: H. Miirmel explore le courant du
«modernisme bouddhiste» qui s'est formé au Sri Lanka vers le milieu du
19e s. et Bhikkhu Santikaro, disciple occidental du moine réformateur
thaïlandais Buddhadasa, présente la pensée et l'œuvre de celui-ci. Occident:
Fr. Usarski passe en revue ce que les premiers bouddhistes allemands,
autour des années 1900, écrivaient sur Jésus et le christianisme, avant que
K. Schmied ne fasse de même pour les enseignements de Thich Nhat Hanh,
bien connu notamment en France et aux États-Unis. C'est alors au tour de
deux chrétiens, N. Thelle (Norvège) et M. von Briick (Allemagne),
d'exprimer de manière personnelle leurs attentes à l'égard de ce que les
bouddhistes pourraient encore découvrir de Jésus.
Il est heureux qu'à l'exemple de l'Amérique du Nord, un réseau et des
journées d'études commencent à rassembler en Europe des bouddhistes et
des chrétiens. Signalons que les Actes de la rencontre suivante (Lund 2001),
«Christian Perceptions of Buddha» ont paru dans la revue Swedish
Missiological Thèmes I Svensk MissionsTidskrift, t. 90, 2002, n° 1 .
J. Scheuer

Mark J. Sedgwick, Le soufisme. Traduit de l'anglais par Jean-François


Mayer (coll. Bref, 57). Paris, Cerf, 2001. 147 p. 18 x 10. 60 Frf. Isbn
2-204-06626-5.
Ce mince volume expose de manière claire et nuancée les traits essentiels
du soufisme (surtout dans ses formes sunnites). Il le présente comme un
phénomène qui ne se comprend qu'au sein de l'islam et comme un
ensemble de traditions et de pratiques spirituelles accessibles à un grand
nombre de croyants. L'A. s'intéresse moins en effet à de subtiles
classifications de phénomènes mystiques réservés à quelques «virtuoses»; vivant en
pays d'islam (il enseigne à l'Université américaine du Caire), il s'attache
plutôt à faire comprendre le fonctionnement des confréries, la nature des
liens entre maître et disciple, les rapports avec les expressions populaires de
la spiritualité, le rôle éducatif et social du phénomène soufi. Il analyse les
relations parfois tendues entre le soufisme et des interprétations rigoristes ou
légalistes de l'islam et fournit de brèves indications historiques sur les
grands ordres soufis du passé et du présent ainsi que sur certaines formes
plus ou moins authentiques qui ont cours en Occident. Sans cacher
«l'éclipsé partielle» dont le mouvement soufi souffre depuis un siècle envi-
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ron, ce petit livre en manifeste cependant la riche contribution à l'islam dans


son ensemble.
J. Scheuer

Marthe Mahieu-De Praetere, Kurisumala. Francis Mahieu Acharya: Un


pionnier du monachisme chrétien en Inde (coll. Cahiers Scourmontois,
3). Forges/Chimay, Abbaye de Scourmont, 2001. 388 p. 23x16. 20 €.
Né à Ypres en 1912, éduqué à Bruxelles, Francis Mahieu entre à l'abbaye
Notre-Dame de Scourmont, près de Chimay, en 1935. Maître des novices à
Scourmont, puis à Caldey (Grande-Bretagne), il attendra longtemps la
réalisation d'un rêve: partir en Inde pour y participer à une fondation
monastique. En 1955, il rejoint d'abord Jules Monchanin et Henri Le Saux à
Shantivanam, mais envisage bientôt une fondation proche des communautés
chrétiennes de rite oriental syro-malankara. C'est en 1958 que débute
l'installation à Kurisumala, la «montagne de la croix», rude sommet entre l'Etat
du Kerala et le pays tamoul voisin. Au fil des ans, il s'agira de rassembler
une communauté, de lui trouver des moyens de subsistance (constructions,
élevage...), d'inventer un style de vie monastique en harmonie avec la
culture indienne, de découvrir la liturgie et la spiritualité des chrétiens de
tradition syriaque, de rencontrer le monde de l'hindouisme... Après bien des
péripéties, la fondation nouvelle finira par recevoir son affiliation à la
famille cistercienne de stricte observance (trappiste). Nièce de Francis
«Acharya» (maître ou précepteur), l'A. nous livre le récit de cette aventure:
à partir d'archives familiales et monastiques, au fil de visites et
d'interviews, son enquête patiente lui permet de reconstituer une histoire complexe
et fertile en rebondissements. L'admiration affectueuse qu'elle voue à son
«héros» ne dissimule pas les épreuves et les crises, le choc des
tempéraments et les occasions de frictions. Sans doute sommes-nous encore trop
proches des événements (l'ouvrage a paru quelques semaines avant le décès
du fondateur, le 31 janvier 2002) pour en bien comprendre tous les tenants
et aboutissants, mais ce récit alerte et documenté contribuera à conserver la
mémoire d'une page significative de l'histoire récente de l'Église et du
monachisme en Inde. (À remarquer p. 144: il n'y a pas d' «université
catholique» à Mysore; p. 268: le signataire de ces lignes n'était pas présent au
«séminaire national» de Bangalore en 1969, bien qu'il ait participé à des
réunions préparatoires dans d'autres régions du pays.)
J. Scheuer

Maurice Duval, Un ethnologue au Mandarom. Enquête à l'intérieur d'une


«secte» (coll. Ethnologies). Paris, P.U.F., 2002. 220 p. 22 x 15. 19,50 €.
Isbn 2-13-052572-5.
Le centre Mandarom (Castellane, Provence) et son «Messie
cosmo-planétaire» ont longtemps défrayé la chronique. Entre les louanges à la gloire du
fondateur et les campagnes de dénigrement, un ethnologue tente d'adopter une
démarche indépendante et scientifique. Il n'a pas été facile de se faire accepter
des membres du groupe afin d'y mener pendant près de quatre ans une enquête