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LES CYCLES

THERMODYNAMIQUES
DE PUISSANCE
Cours et applications.

Djelloul Azzouzi
Maître de conférences (HDR) à l’université de
Khemis Miliana
Avant propos II

AVANT PROPOS

Les progrès réalisés dans les différents secteurs industriels ont


rendus nécessaire la maîtrise des concepts de base relatifs aux sciences
physiques, auxquelles l’ingénieur est appelé à élargir aussi plus que
possible son étendu scientifique tout en l’enrichissant par des méthodes
d’analyses instructives, visant à acquérir une bonne assimilation des
problèmes liés aux divers champs d’application.
Parmi ces sciences physiques les plus répandues, figure la
thermodynamique. Cette dernière qui est née des besoins de la technique
de la chaleur, permet non seulement de prendre en compte les lois
observées expérimentalement et d’en tirer des conséquences
fondamentales, mais aussi bien à résoudre de nombreux problèmes d’ordre
pratique en appliquant ses principes fondamentaux.
L’apparition de la machine à vapeur fonctionnant selon un cycle
thermodynamique de puissance au 19ème siècle a posée devant les
scientifiques, la problématique de l’étude théorique des cycles
thermodynamiques des machines thermiques afin d’améliorer leurs
efficacités thermiques.
Le présent ouvrage a été élaboré dans une optique visant à mettre
en revue l’ensemble des cycles thermodynamiques développant une
puissance motrice. Il est composé de huit chapitres dont six consacrés
essentiellement aux cycles de puissance les plus exploités à l’échelle
industrielle. De plus, le positionnement de chaque cycle dans ce
manuscrit est fait sur la base chronologique de son apparition.
Le premier chapitre est composé de deux volets dont le premier est
consacré au premier principe de la thermodynamique, traduisant la loi de
III Avant propos

conservation et de conversion de l’énergie relativement aux systèmes


thermodynamiques. Tandis que, le second volet expose le deuxième
principe qui introduit la notion d’entropie reflétant l’irréversibilité des
processus thermiques.
Les gaz parfaits et réels ont fait l’objet du deuxième chapitre dans
lequel, le facteur de compressibilité représentant le paramètre de
distinction entre les deux types de gaz a été traité. Dans le chapitre suivant
est étudié le cycle de Carnot qui s’affiche comme étant, le cycle de
référence auquel tous les rendements des autres cycles sont comparés.
Les cycles moteurs à combustion externe comportant les cycles à
air chaud (Stirling et Ericsson) ainsi que le cycle de Rankine sont traités
dans les deux chapitres quatre et cinq.
Du sixième au huitième chapitre sont détaillés respectivement les
cycles thermodynamique de Brayton, Beau De Rochas et de Diesel. Cette
catégorie de cycles appartient à la famille des cycles moteurs à
combustion interne.
Je tiens à remercier, pour leurs suggestions, leurs critiques et
conseils, mes nombreux collègues de l’université de Khemis Miliana. Ma
vive gratitude est exprimée également à Y.Benkedda, professeur à
l’université Saad Dahlab de Blida et L.Loukarfi, professeur à l’université
Hassiba ben bouali de Chelef, qui ont accepté de relire le texte du
manuscrit en suggérant de nombreuses améliorations.
Enfin, toutes mes salutations à mes parents ainsi qu’à mon épouse
pour leurs encouragements, dans toutes les étapes de préparation de ce
manuscrit.

Djelloul. AZZOUZI, Juin 2018


III

TABLE DES MATIERES

Chapitre 1. LE PREMIER ET SECOND PRINCIPE


DE LA THERMODYNAMIQUE 1
1.1. Introduction 1
1.2. Le premier principe de la thermodynamique 2
1.2.1. Définition du concept de travail 2
1.2.2. Définition du concept de la chaleur 4
1.2.3. Energie interne 5
1.2.4. Enoncé du premier principe de la thermodynamique 6
1.2.5. Principales transformations thermodynamiques 6
1.2.6. Enthalpie 8
1.3. Deuxième principe de la thermodynamique 8
1.3.1. Enoncés de départ du deuxième principe 9
1.3.2. Enoncé du deuxième principe de la thermodynamique 9
1.3.3. Justification physique de l’existence de l’entropie 10
1.3.4. Transformations réversibles et irréversibles 11
1.3.5. Spontanéité du passage de la chaleur 14
1.3.6. La variation d’entropie des différentes transformations
thermodynamiques 14
1.4. Applications 16

Chapitre 2. LES GAZ PARFAITS ET REELS 27


2.1. Introduction 27
IV Table des matières
2.2. Caractéristiques générales des gaz 27
2.3. Equation d’état 28
2.4. Coefficients thermo élastiques 29
2.5. Capacités calorifiques 30
2.6. Gaz parfait 32
2.7. Gaz réel 35
2.8. Applications 39

Chapitre 3. LE CYCLE DE CARNOT 45


3.1. Introduction 46
3.2. Présentation du cycle de Carnot 46
3.2.1. Rendement thermique du cycle 47
3.3. Influence de la variation de Tc et Tf sur le rendement
thermique 55
3.4. Réalisation du cycle de Carnot 56
3.5. Applications 57

Chapitre 4. LES CYCLES A AIR CHAUD 63


4.1. Introduction 64
4.2. Cycle de Stirling 64
4.2.1. Description du cycle 64
4.2.2. Rendement du cycle 65
4.2.3. Différents types du moteur Stirling 70
4.2.4. Le régénérateur et ses variantes 71
4.3. Cycle d’Ericsson 72
4.3.1. Rendement du cycle 74
4.4. Applications 78
Table des matières V
Chapitre 5. LE CYCLE DE RANKINE 82
5.1. Introduction 83
5.2. Description du cycle de Rankine de base 83
5.2.1. Méthodologie de calcul du rendement thermique 85
5.3. Le cycle à surchauffe 90
5.3.1. Rendement thermique du cycle 90
5.3.2. Éléments comparatifs des deux cycles 91
5.4. Le cycle à resurchauffe 94
5.5. Le cycle à soutirage 97
5.6. Consommation spécifique de la vapeur 102
5.7. Applications 104

Chapitre 6. LE CYCLE DE BRAYTON 118


6.1. Introduction 119
6.2. Description du cycle de Brayton théorique 119
6.3. Applications du cycle de Brayton 125
6.3.1. Turbine à gaz 126
6.4. Analyse énergétique d’une turbine à gaz 127
6.5. Rendements isentropiques du compresseur
et de la turbine 130
6.6. Applications 132

Chapitre 7. LE CYCLE DE BEAU DE ROCHAS 149


7.1. Introduction 149
7.2. Description du cycle théorique de Beau de Rochas 150
7.2.1. Rendement thermique du cycle 151
VI Table des matières
7.2.2. Analyse énergétique du rendement thermique
du cycle théorique 152
7.3. Description pratique du cycle théorique 154
7.4. Cycle réel d’un moteur à allumage commandé 158
7.4.1. Analyse et fonctionnement du cycle 159
7.5. Pression moyenne effective 162
7.6. Applications 163

Chapitre 8. LE CYCLE DE DIESEL 171


8.1. Introduction 171
8.2. Présentation du cycle de Diesel théorique 172
8.2.1. Rendement thermique du cycle 173
8.2.2. Pression moyenne effective 174
8.3. Analyse paramétrique du cycle de Diesel 175
8.4. Phases fonctionnelles du cycle de diesel théorique 177
8.5. Cycle de Diesel pratique 180
8.6. Applications 181

Annexe 185
Bibliographie 201
Index Alphabétique 203
VII

NOMENCLATURE

ALPHAPET LATIN

A surface d’application m2
C chaleur spécifique J / kg.K
Cp chaleur spécifique à pression constante J / kg.K
Cv chaleur spécifique à volume constant J / kg.K
CSV consommation spécifique de vapeur kg / kW .h
F force N
g accélération terrestre m / s2
H enthalpie J
h enthalpie massique J / kg
l déplacement linéaire m
M masse molaire g / mole
m masse kg

m débit massique kg / s
n nombre de mole mole
NA nombre d’Avogadro molécules / mole
P pression Pa
PCI pouvoir calorifique inférieur kJ / kg
pme pression moyenne effective Pa
Pu puissance utile W
VIII Nomenclature

Q quantité de chaleur J
Qc quantité de chaleur échangée à la source chaude J
Qf quantité de chaleur échangée à la source froide J
R constante universelle des gaz parfaits J / mole.K
r constante massique d’un gaz J / kg.K
rc rapport de combustion ---

rp rapport de pression ---

rv rapport de compression volumétrique ---

S entropie J/K
T température K
Tf température de la source froide K

Tc température de la source chaude K


U énergie interne J
V volume m3
VC cylindrée m3
W travail J
Wc travail de compression J
W net travail net J
x titre de vapeur ---
y fraction de vapeur soutirée ---
Z Coefficient de compressibilité ---
Nomenclature IX
CARACTERS GRECS

 coefficient de dilatation thermique à K −1


pression constante
 coefficient de compressibilité à Pa −1
température constante
 coefficient d’augmentation de pression K −1
à volume constant
 pouvoir comburivore kg air / kg c
 exposant isentropique ---

 exposant polytropique ---


 th rendement thermique ---

p rendement polytropique ---

 coefficient d’excès d’air ---


 volume molaire m 3 / mole
 masse volumique kg / m 3

 volume massique m 3 / kg

INDICES
a admission
d détente
g gaz brûlés
l phase liquide
v phase vapeur
max valeur maximale
min valeur minimale
1

Chapitre : 01
LE PREMIER ET SECOND PRINCIPE DE
LA THERMODYNAMIQUE

1.1. Introduction
La thermodynamique est la science qui traite de la relation entre la
chaleur et les autres formes d’énergie, ses principes sont basés comme
toutes les autres sciences sur l’observation. Ils sont réunis sous forme de
lois supposées capables de traduire les différents phénomènes thermiques
qui se manifestent.
Apparait sous forme d’un bilan d’énergie, le premier principe de la
thermodynamique caractérise la conservation et la conversion d’énergie.
Cette dernière ne peut être ni crée ni détruite, mais elle se transforme
d’une forme à une autre. Ce principe se limite seulement à quantifier ces
transformations énergétiques sans impliquer le sens de leurs évolutions.
La nécessité d’une loi offrant la possibilité de prédire le sens
d’évolution énergétique, ainsi que la non équivalence qualitative entre
chaleur et travail s’est imposée. C’est au cours des ses travaux sur les
machines à vapeur que, Sadi Carnot a pressenti pour la première fois la
nécessité d’un deuxième principe.

1.2. Le premier principe de la thermodynamique


Le premier et second principe de la thermodynamique 2
Le premier principe de la thermodynamique constitue une
expression mathématique de la loi de conservation et de conversion de
l’énergie, relativement aux systèmes thermodynamiques. Il a été établi
suite aux résultats des recherches expérimentales, ainsi que théoriques
obtenus dans le domaine de la physique et de la chimie. Ce qui a conduit
à la découverte de l’équivalence existante entre chaleur et travail, cette
équivalence est traduite par la transformation de la chaleur en travail et
du travail en chaleur qui s’effectué toujours dans le même rapport
quantitatif.
Avant d’énoncer le 1er principe de la thermodynamique, il est de
grande utilité d’introduire les différents concepts du travail et de la
chaleur.

1.2.1. Définition du concept de travail (W )


Le travail est une forme d’énergie défini habituellement comme
étant, le produit d’une force F agissant sur un corps par le déplacement
de son point d’application dans la direction de la force. On exprime le
travail élémentaire par :
W = F .dl 1.1
Le travail élémentaire d’un couple est défini comme étant le
produit de ce couple par le déplacement angulaire élémentaire. En
thermodynamique, il est avantageux de rattacher la définition du travail
aux notions de système, de variable et d’évolution. Par convention, le
travail reçu par le système de l’extérieur est positif. Il est négatif quand
il est fourni au milieu extérieur.
3 Le premier et second principe de la thermodynamique

1.2.1.1. Travail effectué à la frontière mobile d’un système


compressible
Considérons comme système le gaz renfermé dans un ensemble
piston-cylindre, si on dépose une masse M sur le piston, ce dernier se
déplace de la position initiale 1 à une position d’équilibre 2 (figure 1.1).
Durant cette évolution, le gaz subit une compression provoquant une
diminution de son volume initial.
Le travail effectué par le piston (frontière mobile) est :
2 2 2

W12 =  Fdl =  P. A.dl =  PdV 1.2


1 1 1

(A est la surface d’application du piston)

Etat 1 (P1, T1, V1)

dl
Etat 2 (P2, T2, V2)

Fig. (1.1) ; travail effectué à la frontière mobile d’un système

Afin de vérifier la notion du signe énergétique adopté par convention, la


relation (1.2) devient :
2
W12 = −  PdV 1.3
1
Le premier et second principe de la thermodynamique 4
(dV<0  W est reçu par le système, dV>0  W est fourni par le système)
Le travail ne peut être déterminé que si la relation entre P et V durant
l’évolution soit connue.

1.2.1.2. Présentation graphique


La présentation graphique est examinée, en prenant comme
exemple le système de la figure (1.1)

dV
Fig. (1.2) ; représentation graphique du travail sur un
diagramme (P.V)

Le travail accompli de l’état 1 à l’état 2 représente l’aire sous la courbe 1-


2 de la figure (1.2) qui est égale à la surface délimitée par a12ba.

1.2.2. Définition du concept de la chaleur (Q )


On appelle chaleur la forme d’énergie qui est transmise à travers
les limites d’un système ayant une température donnée, vers un autre
système ayant une température plus basse. En effet il ni y’a chaleur que
s’il y’a transmission d’énergie à travers une frontière, donc la chaleur est
5 Le premier et second principe de la thermodynamique

un phénomène transitoire. Désignée par Q, elle est positive si elle est


reçue par le système et elle est négative dans le cas ou le système la cède
au milieu extérieur.
Remarques:
Le travail et la chaleur sont des :
• phénomènes transitoires ; un système ne contient jamais une
réserve de chaleur ni de travail, mais l’une ou l’autre forme
d’énergie ou les deux traversent les limites du système lorsque
celui-ci subit un changement d’état.
• phénomènes de frontière ; ils ne peuvent pas être observés
qu’aux limites d’un système.
• fonctions du chemin suivi, ne sont pas des fonctions d’état.
C’est la raison pour laquelle on utilise le préfixe δ et non pas le

d pour exprimer un travail élémentaire δw ou une quantité de


chaleur élémentaire δQ.

1.2.3. Energie interne (U )


L’énergie interne est une fonction d’état qui caractérise le niveau
énergétique du système thermodynamique dont la variation est mesurée
par la quantité de (chaleur – travail) mise en jeu entre le système et
l’extérieur. Cette fonction d’état est désignée par U.
Du fait que l’énergie interne est une fonction d’état, on peut donc
exprimer l’accroissement ΔU d’un système évoluant d’un état1 à un état 2
par :
2
U =  dU = U 2 − U 1 1.4
1
Le premier et second principe de la thermodynamique 6
1.2.4. Enoncé du premier principe de la thermodynamique :
Le premier principe de la thermodynamique s’énonce comme suit :
« La somme algébrique du travail W et de la quantité de chaleur Q
échangés par le système avec le milieu extérieur est égale à la variation
ΔU de son énergie interne qui ne peut varier que sous une action
extérieure. ».

Pour une transformation finie :


U = Q + W 1.5
Pour une transformation élémentaire :
dU = Q + W 1.6
1.2.5. Principales transformations thermodynamiques
Les équations des transformations isothermes, isochores et isobares
s’obtiennent directement à partir de l’équation d’état sans avoir recours au
premier principe. Pour un gaz parfait dont l’équation d’état est celle de
Clapeyron – Mendéléev, les équations des différentes transformations sont
décrites comme suit :
• PV = Cte …… ……… transformation isotherme (s’effectue à
température constante).
• P = cT , c = nR V ….. transformation isochore (se déroule à
volume constant).
• V =c1T , c1 = nR P ….transformation isobare (évolue sous une
pression constante).
Pour ce qui y est des équations des transformations adiabatiques et
polytropiques, elles ne peuvent pas être obtenues en utilisant la seule
équation d’état, mais on fait intervenir l’équation de conservation
d’énergie traduite par le premier principe de la thermodynamique.
7 Le premier et second principe de la thermodynamique

Une transformation est dite adiabatique, si au cours de son


évolution aucun échange de chaleur n’a lieu entre le système et le milieu
extérieur, autrement dit Q = 0 .
Alors :
Q = 0  − W + dU = 0
 PdV + C v dT = 0 1.7

comme le gaz est supposé parfait, la dérivation des deux membres de


l’équation d’état ( PV = nRT ) , donne :

1
PdV + VdP = nRdT  dT = (PdV + VdP )
nR
Remplaçons dT par son expression dans (1.7), il ressort :

 nR  C
1 +  PdV + VdP = p PdV + VdP = 0
 Cv  Cv
si on divise les deux membres par PV , il en résulte que :
dP dV
+ =0
P V
Après intégration de l’équation précédente, on aboutit à l’équation de la
transformation adiabatique suivante :
PV  = cte 1.8
Cp
où  = : est le coefficient isentropique qui vaut 5 3 pour les gaz
Cv
monoatomiques, alors pour les gaz biatomiques, ce coefficient diminue
lorsque la température s’élève et prend la valeur de 1,4 à la température
ordinaire.
Dans le cas d’une transformation polytropique, l’équation (1.8) prend la
forme suivante :
Le premier et second principe de la thermodynamique 8

PV  = cte 1.9
dont  : est l’exposant polytropique.

1.2.6. Enthalpie (H )
L’enthalpie est une autre fonction d’état qui résulte de la
combinaison entre l’énergie interne et les deux paramètres d’état P et V,
elle est exprimée par :
H = U + PV 1.10
le terme PV n’est que l’énergie potentielle du système.
Pour une transformation élémentaire :

dH = dU + d (PV ) = C v dT + nRdT = (C v + nR )dT = C P dT

et par conséquent :
 dH 
CP =   1.11
 dT  P

1.3. Deuxième principe de la thermodynamique

Le deuxième principe de la thermodynamique inspire son existence


du fait que, le premier est limité dans son étendu qualitatif, exprimant
seulement une équivalence quantitative sous forme d’un bilan d’énergie
relatif à un système subissant une transformation ; il ne tient pas compte ni
de l’aspect qualitatif de l’énergie ni de son niveau. Alors le 2 ème principe
traduit l’aspect qualitatif de l’énergie (sens d’échange de la chaleur, la non
équivalence qualitative entre chaleur et travail).
9 Le premier et second principe de la thermodynamique

1.3.1. Enoncés de départ du deuxième principe


- Enoncé de Carnot (1824) : « la chaleur ne peut pas être
convertie complètement en travail de façon continue. Le travail
maximum que peut fournir une machine réversible est
indépendant du fluide moteur utilisé, et seulement dépendant
des températures des deux sources chaude et froide. ».
- Enoncé de Kelvin et Planck (1848) : « il est impossible de
construire un moteur fonctionnant de façon cyclique et
produisant continuellement du travail en ne transférant de la
chaleur qu’avec une seule source d’énergie. ».
- Enoncé de Clausius (1865) : « le transfert de chaleur entre
deux systèmes ne peut s’opérer spontanément que du plus
chaud au plus froid. Cet échange de chaleur est une source
d’irréversibilité (création d’entropie S) d’autant plus importante
que l’écart de température est élevé. ».

1.3.2. Enoncé du deuxième principe de la thermodynamique


A travers les trois énoncés de départ, le deuxième principe
s’énonce comme suit :
« Le second principe de la thermodynamique exprime la loi sur l’existence
d’une certaine fonction appelée entropie désignée par (S) pour tout
système thermodynamique à l’état d’équilibre, sa variation ne peut être
que positive ou nulle. ». Il est traduit mathématiquement par l’inégalité
suivante :
Q
dS = 0 1.12
T
Le premier et second principe de la thermodynamique 10
La variation d’entropie est positive ( dS  0 ) quand le système
évolue selon un processus irréversible, tandis qu’elle est nulle ( dS = 0 ) si
le processus est réversible.

1.3.3. Justification physique de l’existence de l’entropie


Envisageons le passage d’un système de l’état 1 à l’état 2 suivant
deux parcours différents (a) et (b) schématisé sur la figure (1.3). Si on
divise ces deux parcours en petits parcours élémentaires dans lesquels le
système reçoit à la température Ti une certaine quantité de chaleur Qi , la

quantité de chaleur totale Q nécessaire pour le passage du système de


l’état 1 à l’état 2 suivant chaque chemin (a) et (b) séparément n’est que la

2
(b)

(a) Ti
Qi 1
Fig. (1.3) ; schéma de principe pour la justification
physique de l’entropie.

somme algébrique des quantités de chaleur élémentaires Qi reçues. Elle

est exprimée par :

suivant le chemin (a) : Q a =  Q


(a )
1.13

suivant le chemin (b) : Qb =  Q


(b )
1.14
11 Le premier et second principe de la thermodynamique

En vertu du premier principe, la quantité de chaleur n’est pas une


fonction d’état car elle dépend du chemin suivi, ce qu’est traduit par:
Qa  Qb 1.15

Si la quantité de chaleur élémentaire (réduites) Qi reçue sur un certain

élément du chemin quelconque est divisée par la température Ti , et qu’on

Qi
calcule la somme (intégrale) de ces rapports sur tout le chemin des
Ti
deux parcours (a) et (b), on trouve que ces sommes (intégrales) sont
égales (expérimentalement vérifié) pour les deux chemins empruntés lors
du passage de l’état 1 à l’état 2. L’égalité peut s’écrire sous la forme
intégrale suivante :

Q Q
 T () T
( )
a
=
b
1.16

Q
L’égalité (1.16) permet de conclure que l’expression  T est une
fonction qui ne dépend pas du chemin suivi. Ce ci donne lieu à l’existence
d’une certaine fonction d’état appelée entropie (selon Clausius) dont la
variation est définie par l’intégrale :
2
Q
S = S 2 − S1 =
T
1
1.17

1.3.4. Transformations réversibles et irréversibles


Une transformation d’un système passant d’un état 1 à un état 2 est
dite réversible (Fig. (1.4)), si le retour de ce système de l’état 2 à l’état 1
s’effectue sans compensation d’énergie.
Le premier et second principe de la thermodynamique 12

2
Fig. (1.4) ; Transformation réversible.

S = S 2 − S1 = 0

Le processus de passage du système de l’état 1 à l’état 2 est dit


irréversible (figure 1.5), si le passage inverse du système de l’état 2 à l’état
1 ne peut être réalisé sans compensation d’énergie.

1’
Compensation d’énergie
(Travail ou chaleur)
1

2
Fig. (1.5) ; Transformation irréversible

S = S 2 − S1  0

La mesure de l’irréversibilité d’un système subissant une transformation,


est traduite par la variation de l’entropie entre les deux états d’équilibre
(Initial et final).
13 Le premier et second principe de la thermodynamique

1.3.4.1. Exemples de quelques transformations irréversibles


- Le transfert de chaleur lors d’une différence de température
finie est une transformation irréversible, car la transformation
inverse est liée à l’enlèvement d’une quantité de chaleur
déterminée du corps chaud et la fourniture d’une certaine
quantité de chaleur au corps froid (compensation d’énergie
sous forme de chaleur).
- La détente libre d’un gaz dans le vide est une transformation
irréversible, parce qu’elle ne met en jeu aucun travail, alors que
le retour à l’état initial ne peut être effectué sans compression
du gaz (compensation d’énergie sous forme de travail).
- La diffusion est une transformation irréversible, en effet si un
récipient contient deux gaz de natures différentes séparés par
une paroi et si on enlève cette dernière, chacun des deux gaz
commencera à diffuser dans l’autre. Pour ramener le système à
l’état initial, on doit comprimer chacun d’entre eux pour
pouvoir les séparer (compensation d’énergie sous forme de
travail).
- L’effet de frottement qui induit une élévation de température
des paliers d’un moteur thermique, lors de son fonctionnement
est un phénomène irréversible, car le retour à la température
initiale du système (paliers) impose l’absorption d’une certaine
quantité de chaleur afin de pouvoir baisser la température
(compensation d’énergie sous forme de chaleur).
Le premier et second principe de la thermodynamique 14
1.3.5. Spontanéité du passage de la chaleur
Le second principe de la thermodynamique indique que, les
transformations naturelles évoluent dans un sens bien déterminé. Cela est
particulièrement bien visible dans l’exemple de passage spontané de la
chaleur, lorsque deux corps portés à des températures différentes T1 et T2
sont mis en contact thermique.
On suppose que pendant un certain temps dT, une certaine quantité
de chaleur Q  0 passe du premier corps au deuxième. Selon l’énoncé
du second principe, l’entropie du système constitué de deux sous systèmes
(les deux corps) doit subir un accroissement traduit par :
 1 1
dS = dS1 + dS 2 = Q −   0 1.18
 T2 T1 
Pour que l’inégalité (1.18) soit vérifiée, T1 doit être forcément supérieure à
T2 (T1  T2 ) , ce qui implique que la chaleur passe spontanément du corps

ayant une température plus élevée au corps ayant une température moins
élevée.

1.3.6. Variation d’entropie des différentes transformations


La variation d’entropie d’un système thermodynamique lorsqu’il
passe par voie équilibrée d’un état 1 à un état 2 est définie par :
Q
dS =
T
remplaçons Q par son expression issue de (1.6), il en résulte :

dU − dW n C v dT PdV
dS = = +
T T T
15 Le premier et second principe de la thermodynamique

après intégration on obtient :


T2 2
dT P
S = S 2 − S 1 = n  C v +  dV
T 1
T 1T
Si le gaz est supposé parfait et sa chaleur spécifique à volume constant ne
dépend pas de la température, la variation d’entropie prend la forme
suivante :
 T V 
S 2 − S1 = n  C v ln 2 + R ln 2  1.19
 T1 V1 
Le tableau ci-dessous illustre la variation d’entropie molaire pour
différentes transformations thermodynamiques évoluant entre deux états
d’équilibre 1 et 2 :

Tableau. (1.1) Variation d’entropie des transformations thermodynamiques

Transformation Equation de la Variation d’entropie


transformation molaire
V2
S 2 − S 1 = R ln
Isotherme PV = cte V1
T2
S 2 − S 1 = C v ln
Isochore V = cte T1
T2
S 2 − S 1 =C p ln
Isobare P = cte T1
Cp
PV  = cte;  = = 1 .4
Adiabatique Cv S 2 − S1 = 0
Le premier et second principe de la thermodynamique 16
1.4. Applications :

Exemple 1.1 : (détente libre de Gay-Lussac)

Un récipient cylindrique rigide, fermé aux extrémités, et séparé en


deux parties égales par une membrane. Une partie est remplie d’un
gaz parfait à la pression de 1 bar et à la température de 20°C. Dans
l’autre partie on a fait le vide. Le récipient est isolé thermiquement
de l’entourage. On brise la membrane de sorte que le gaz
(système) subit une expansion rapide. A la fin du processus le gaz
remplit tout le cylindre. Calculez :
- Q, W, ΔU, T2 , P2 pour cette transformation.

Solution :
À travers les données de l’exercice, on peut schématiser le processus
comme suit :

Membrane

P=1bar P= ?
Vide T= ?
T=20°
c
Etat 1 Etat 2
Fig. (1.6) ; Croquis de l’exemple 1.1.

Le système étant isolé thermiquement (pas d’échange de chaleur avec le


milieu extérieur) :
Q=0
17 Le premier et second principe de la thermodynamique

Comme le récipient cylindrique est rigide (parois immobiles), alors aucun


travail n’est effectué.
W =0
Si le premier principe de la thermodynamique est appliqué sur le système,
il en résulte que :
U = U 2 − U 1 = Q + W = 0  U = mC v (T2 − T1 ) = 0 ;
d’où :
T2 = T1 (Le processus se déroule selon une transformation
isotherme).
Étant donné que la transformation est isotherme ( PV = cte) :

V 
P1V1 = P2V2  p 2 =  1  P1 = 0,5 P1 (car V 2 = 2V1 )
 V2 
P2 = 0,5bar

Il est à souligner que ce processus de diffusion se déroule selon une


transformation à température constante ainsi qu’à enthalpie constante. Ce
ci peut être démontré par le rajout de (U 2 − U 1 ) au deuxième membre de

la relation P1V1 = P2V 2 ce qui permet d’écrire :

P1V1 = P2V2 + (U 2 − U 1 )  U 1 + P1V1 = U 2 + p 2V2


D’où :
H1 = H 2
Le premier et second principe de la thermodynamique 18
Exemple 1.2

Un système piston- cylindre contient 300 litres de méthane ( CH 4 )

à 100 kPa. Le gaz subit une compression adiabatique jusqu’à 650


kPa. Dans le cas ou le gaz est supposé parfait ; Calculez :
1- le volume final.
2- le travail effectué au cours de cette évolution.
3- l’élévation de température sans calculer la température
initiale si la masse du méthane est de 850g.

Solution :
1/ la compression adiabatique obéit à la relation PV  = cte , ce qui
permet d’écrire entre l’état1 et l’état 2 :
1

 P  
P1V1 = P2V 2  V 2 = V1  1 
 P2 
V2 = 78,78l

Etat 1 Etat 2
300 litres 650 kPa
100 kPa Compression
adiabatique

Fig. (1.7) ; Croquis de l’exemple 1.2.

2/ le travail effectué au cours de cette évolution peut être déterminé à


partir du développement suivant :
19 Le premier et second principe de la thermodynamique
V2

W12 = −  PdV =  (PV )  = PV   


2 2
dV
 dV
1 1 V V V 1

 W12 =
1
P2V2 − P1V1 
 −1
W12 = 53017,5 J
La valeur positive du travail, démontre qu’il a été reçu par le système
(gaz).

3/ l’élévation de température T :
Comme la compression est adiabatique ; dU = W = nCv dT

d’où :

T =
W
=
( − 1)W = 48,01 °C
nCv nR

Exemple 1.3

Une bouteille rigide de 0,6 m3 contient 500g d’éthane (C 2 H 6 ) à

1,2 MPa et 110°C. La bouteille est refroidie jusqu’à 0°C.


Calculez :
1- la variation d’enthalpie H de l’éthane.
2- la quantité de chaleur Q échangée par le système
(On donne CV ( éthane ) = 1,4897kJ / kg.K ) ; le gaz est

supposé parfait.

Solution :
1/ le processus de refroidissement est effectué à volume constant, car la
bouteille est rigide (parois indéformables).
Le premier et second principe de la thermodynamique 20

Etat 1 Etat 2

0,6m3 0,6m3
110°C Refroidissement 0°C
1,2Mpa 500g
500g

Fig. (1.8) ; Croquis de l’exemple 1.3.

La détermination de la variation d’enthalpie de l’éthane, passe par


l’application de la forme différentielle de l’enthalpie issue de la relation
(1.10) :
H = U + PV
 dH = dU + d ( PV ) = dU + PdV + VdP
 dH = dU + VdP
D’où :
2 2 2

 dH =  dU + V  dP
1 1 1

 H = U + V ( P2 − P1 ) .
H = mCV (T2 − T1 ) + V ( P2 − P1 )......... .......... ......( a)

On doit déterminer P2 avant de calculer H par le biais de l’expression

(a) ;
le gaz est supposé parfait, donc :
P1V1 = nRT1 .......... .......... (b)
P2V2 = nRT2 .......... .........( c)
21 Le premier et second principe de la thermodynamique

(c )
Le rapport donne :
(b )

P2 T2 T   273,15 
=  P2 = P1  2  = 1,2  = 0,855Mpa
P1 T1  T1   383,15 
Remplaçons dans l’expression (a), on obtient :
H = −288,93 kJ

2/ on applique le premier principe sur ce processus évoluant entre l’état 1


et 2 :
dU = W + Q = −PdV + Q = Q (car dV = 0 ) .
Il en résulte que :
Q = U = mCV (T2 − T1 )
Q = −81,93 kJ
La valeur négative de la quantité de chaleur signifie que, le système l’a
cédée au milieu extérieur.

Exemple 1.4

On détend une masse de 200g d’air retenue dans un cylindre à


600kPa et 900K jusqu’à 100kPa au cours d’une évolution
isotherme. Calculez :
1- la quantité de chaleur échangée pendant l’évolution.
2- la variation d’entropie de l’air. (R=8.314 J / mole.K )
Le premier et second principe de la thermodynamique 22
Solution :
1/ Comme la détente est isotherme et réversible, le processus obéit à la
relation PV = cte . Si on applique le 1er principe sur ce processus on aura
pour expression :
dU = Q + W
Etant donné que l’énergie interne est une fonction d’état qui ne dépend
que de la température, sa valeur devient nulle dans les processus
isothermes. Alors :
Q + W = 0
 Q = −W = PdV
D’où :
2 V2
dV V
Q =  PdV = PV  = nRT ln 2
1 V1 V V1
L’état 1 et l’état 2 sont reliés par la relation suivante :
V 2 P1
P2V 2 = P1 V1  =
V1 P2
Remplaçons dans l’expression de Q , ce qui donne :
P1
Q = nRT ln
P2

 200 
 8,314 (900)ln
600
Q= = 92,462 kJ
 29  100
2/ la variation d’entropie de l’air est obtenue par l’application du second
principe de la thermodynamique :
Q PdV dV
dS = = = nR
T T V
d’où :
23 Le premier et second principe de la thermodynamique

V2 P
S = nR ln = nR ln 1
V1 P2
S = 102,73 J / K
La valeur positive de S traduit l’irréversibilité de ce processus.

Exemple 1.5

Dans un compresseur volumétrique, se trouve une quantité d’air de


200g initialement à 100kPa et 25°C, l’air est comprimé selon un
processus polytropique où l’exposant η est de 1,30 jusqu’à ce que
le volume final soit égal à un dixième du volume initial.
Calculez ;
1- le travail effectué par le compresseur.
2- la quantité de chaleur échangée au cours de cette évolution.
3- la variation d’entropie du système si la température du
milieu extérieur est de 25°C.
(L’air est supposé parfait ; R=8.314 J / mole.K )

Solution :
1/ Au cours de cette transformation, le compresseur assure le passage du
système de l’état1 à l’état 2, selon une compression polytropique
obéissant à la relation PV  = cte .
Le travail fourni est exprimé par :
W = − PdV
Le premier et second principe de la thermodynamique 24

Etat 1 Etat 2
V1=10V2
200g d’air
25°C ; Compression
100kPa Polytropique η=1,3

Fig. (1.9) ; Croquis de l’exemple 1.5.

dV PV  1−
V2

(V2 − V11− ) = 1 (P2V2 − P1V1 )


2

 W12 = −  PdV = − PV   = 

1 V
V  −1 1
 −1

Le gaz étant supposé parfait, alors :

nR nRT1  T2 
W12 = (T2 − T1 ) =  − 1 ……..(a)
 −1  − 1  T1 

comme ; PV  = cte  TV  −1 = cte


 −1
T2  V1 
=  ………………………………...(b)
T1  V2 
si (b) est introduite dans (a), on aboutit à :

nRT1  V1 
 −1

W12 ==   − 1
 − 1  V2  

W12 = 56,672kJ
2/ D’après le 1er principe de la thermodynamique ;
U = Q + W

d’où :
25 Le premier et second principe de la thermodynamique

Q = U − W = nCV (T2 − T1 ) − W

n.R.T1  T2  R
Q=  − 1 − W ; (Car Cv = )
 −1  T1   −1
Il en résulte :

nRT1  V 
 −1

Q=  1  − 1 − W
 −1  V 2  
Q = −14,136 kJ

3/ l’entropie est une fonction d’état qui caractérise, le degré


d’irréversibilité des systèmes au cours de leurs différentes évolutions.
Dans cette application, le système est constitué de deux sous systèmes, le
premier, est l’air emprisonné dans le cylindre tandis que le second, est le
milieu extérieur dont sa température n’évolue pas au cours du processus
(source froide).
Comme l’entropie est une fonction additive, on peut l’exprimer sous la
forme suivante :

(S ) système = (S )air comp +(S )milieu.ext ………………..(c)

dont :
Qmilieu ext −Q
(S )milieu.ext = =
T T
la quantité de chaleur Q cédée par l’air comprimé est reçue par le milieu
extérieur, donc elle conserve le signe positif dans le calcul de la variation
d’entropie.
− (−14136)
(S )milieu.ext = = 47,41 J / K
298.15
Le premier et second principe de la thermodynamique 26
(S )air comp est déterminée comme suit :
Q nCV dT P
dS = = + dV
T T T
nCV dT nR dV
 dS = +
T V

T2 V2
dT dV T V
 (S )air comp = nCV  + nR  = nCV ln 2 + nR ln 2 ……(d)
T T1 V1 V T1 V1

T2
Remplaçons par son expression issue de (b) dans (d), on obtient :
T1

  V2 
1−
V 
(S )air comp = nCV ln  + R ln 2 
  V1  V1 

d’où :
 1 −    V2
(S )air comp = nR   + 1 ln
   − 1   V1
(S )air comp = −33,00 J / K

Introduisons les valeurs de (S ) air comp et (S )milieu.ext dans la relation (c),

il en résulte que :
(S ) système = 14,41 J / K
Alors le processus est irréversible.
27

Chapitre : 02
LES GAZ PARFAITS ET REELS

2.1. Introduction
D’une façon générale, les atomes et les molécules exercent les uns
sur les autres des forces de répulsion ou d’attraction dont l’intensité est
fonction de la distance qui les sépare. Les distances entre les atomes ou les
molécules d’un corps sont loin d’être constantes, au contraire elles varient
très rapidement à cause du phénomène d’agitation thermique.
Dans un gaz, l’intensité du phénomène d’agitation thermique est
plus grande que dans un liquide, de sorte que les atomes ne sont plus
astreints à occuper des positions déterminées et que la distance entre ces
atomes est très grandes. On dit qu’un gaz est caractérisé par le désordre à
courte et longue distance (fluidité), il en résulte que l’énergie de
déformation d’un gaz est négligeable.

2.2. Caractéristiques générales des gaz


Les gaz possèdent des caractéristiques communes, lesquelles sont
énumérées comme suit :
• La température d’un gaz est mesurée par la moyenne statistique
de son énergie cinétique d’agitation thermique.
Les gaz parfaits et réels 28
• La pression est mesurée essentiellement par l’effet statistique
provoqué par le choc contre une paroi solide ou une surface
liquide délimitant le gaz.
• Quand on réduit le volume occupé par un gaz à température
constante, on augmente la fréquence des chocs des molécules
contre les parois, ce qui engendre une augmentation de la pression
du gaz.
• Si on chauffe un gaz à pression constante, on augmente l’énergie
cinétique d’agitation thermique, ce qui provoque une élévation de
la température du gaz.
• L’énergie interne d’un gaz se présente essentiellement sous forme
d’énergie cinétique d’agitation thermique.
• Dans un gaz, le phénomène de conduction se présente comme
dans un solide ou un liquide, tandis que le phénomène de
dissipation se présente comme dans un liquide.
• Lorsque deux gaz sont mis en présence, il se produit le
phénomène de diffusion.
2.3. Equation d’état
L’équation d’état d’un gaz est définie comme étant une équation
qui relie analytiquement les variables d’état (P, V,T) caractérisant l’état
d’équilibre d’un système thermodynamique. Cette équation est traduite
par l’expression :
f (P,V , T ) = 0 2.1
Il existe d’autre part la relation analytique :

 P   T   V 
      = −1 2.2
 T V  V  P  P T
29 Les gaz parfaits et réels

Ces équations d’état ne peuvent pas être déduites des principes de la


thermodynamique, elles sont établies soit par voie expérimentale soit par
les méthodes de la physique statistique. Dans un état d’équilibre deux
variables parmi les trois suffisent pour le décrire.

2.4. Coefficients thermo élastiques


2.4.1. Coefficient de dilatation thermique 
Sous l’action d’une variation de température, la variation de
volume qui résulte sous une pression constante est définie comme étant le
coefficient de dilatation thermique (ou de détente)  exprimé par :
1  V 
=   2.3
V  T  p

2.4.2. Coefficient de compressibilité 


Le coefficient de compressibilité  caractérise la variation de
volume sous l’effet de pression à température constante. Il est traduit par :
1  V 
 =−   2.4
V  P  T
2.4.3. Coefficient d’augmentation de pression 

Les variations simultanées de pression et de température à volume


constant sont décrites par un coefficient  appelé, coefficient

d’augmentation de pression définit par l’expression :

1  P 
=   2.5
P  T  V
L’existence de l’équation d’état conduit à ce que ces coefficients
ne sont pas indépendants l’un de l’autre, mais liés par la relation :
Les gaz parfaits et réels 30
 = P 2.6

2.5. Capacités calorifiques


On appelle capacité calorifique d’un système la quantité de chaleur
nécessaire pour faire varier la température de ce système de 1K. Cette
notion est traduite analytiquement par l’expression ci-dessous :
Q
C= 2.7
dT
Etant donné que la quantité de chaleur δQ nécessaire pour faire
varier de dT la température du système, dépend de la nature de la
transformation que subie le même système, la capacité calorifique C du
système dépend elle aussi des conditions dans lesquelles on
détermine Q dT .
A partir de l’équation (1.6) du premier principe :
Q = dU − W
Comme l’énergie interne est une différentielle totale, on peut la mettre
sous la forme:

 U   U 
dU =   dT +   dV 2.8
 T V  V T
remplaçons dU et δW par leurs expressions dans δQ, il en résulte que :

 U   U  
Q =   dT +   + P  dV
 T V  V  T 
d’où :

Q  U   U   dV
C= =  +   + P 2.9
dT  T V  V  T  dT
À volume constant la relation (2.9) devient :
31 Les gaz parfaits et réels

 U 
CV =   2.10
 T V
de même, à pression constante :

 U   U    V 
Cp =   +   + P   2.11
 T V  V T   T  P
Donc on peut déduire que :
 U    V 
C p − CV =   + P   2.12
 V T   T  P

Les expressions des capacités calorifiques et de leur différence


montrent que pour calculer CV il suffit de connaître la seule équation

d’énergie, alors que la détermination de C P et de C P − CV exige que l’on

connaisse les équations d’état et l’équation d’énergie du système. En


appliquant le deuxième principe de la thermodynamique, la connaissance
de l’équation d’énergie pour l’établissement des capacités calorifiques
devient inutile.
Comme l’entropie est une fonction d’état, on peut l’écrire sous la forme
différentielle suivante :

 S   S 
dS =   dT +   dV 2.13
 T V  V T
En vertu de la relation (1.12), et après qu’on remplace la variation de
l’énergie interne par son expression différentielle, on aboutit à la forme
suivante:

Q 1  dU  1  dU  
dS = =   dT + 
 dV  + P  dV 2.14
T T  dT V T  T 
Les gaz parfaits et réels 32
Si on égalise les deux relations 2.13 et 2.14, il en ressort que :

 S  1  U   S  1  dU  
  =   et   =   + P
 T V T  T V  dV T T  dV T 
2S 2S
Puisque = (propriété d’une fonction d’état), on aboutit à :
V T T V

  1  U     1  U  
   =    + p
V  T  T  V  T T  V  T 

d’où :

 P   U 
T  =   +P 2.15
 T  V  V  T
Si (2.15) est introduite dans (2.12), on obtient l’expression suivante :

 P   V 
C p − CV = T     2.16
 T  V  T  P

2.6. Gaz parfait


Dans un gaz parfait, les distances entre les molécules sont
infiniment grandes par rapport aux dimensions de ces dernières. L’énergie
potentielle d’interaction étant nulle tandis que, l’énergie interne se
présente exclusivement sous forme d’énergie cinétique d’agitation
thermique. A l’issue des travaux de Boyle-Mariotte et ceux de Gay-
Lussac, Clapeyron a établi en 1834 une équation d’état d’un gaz parfait
exprimée par :
PV = cT 2.17
La constante c pour une masse donnée du gaz dépend de sa nature.
En partant des mêmes lois et de la loi d’Avogadro, Mendéléev a
33 Les gaz parfaits et réels

développée en 1874 une équation d’état qui porte son nom, et qui
s’exprime sous la forme analytique suivante :
PV = nRT 2.18
cette équation traduit la loi des gaz parfaits dont R est le même pour tous
les gaz, appelé constante universelle des gaz parfaits et qui égale à 8.31
(J/mole.K)
L’équation d’état d’un gaz parfait, peut s’exprimer sous les formes
suivantes :
P = RT 2.19
V
( : est le volume molaire égale à ).
n
PV = mrT 2.20
dont r est la constante massique déterminée pour chaque gaz
séparément :
R
r= 2.20.a
M
( M : est la masse molaire du gaz).
P = rT 2.21
(  : est le volume massique du gaz)

2.6.1. Relation de Mayer


La relation de Mayer traduit la forme analytique existante entre
C p et C v d’un gaz parfait. Donc à travers l’équation (2.16) et dans

 P   V 
laquelle nous introduisons les expressions de   et  
 T  V  T  P
Les gaz parfaits et réels 34
déterminées de l’équation d’état des gaz parfait (2.18). La différence
C p − CV aura pour expression :

C p − CV = n R 2.22

On peut souligner clairement que cette relation de Mayer, ne représente


qu’un cas particulier de l’équation générale (2.16) appliquée à un gaz
parfait. La relation de Mayer telle qu’elle est exprimée dans (2.22), peut
être obtenue directement de l’équation (2.12), après avoir

 V 
remplacé   par son expression tirée de l’équation des gaz parfait
 T  P
 U 
(2.18), ainsi que   par sa valeur nulle issue de la loi de Joule-
 V  T
Thomson qui stipule que : « l’énergie interne d’un gaz parfait à
température constante est indépendante du volume qu’il occupe »

Différentes formes de l’équation de Mayer peuvent se présenter :


• Pour des capacités calorifiques molaires elle s’exprime sous la
forme:
C p − CV = R

• Pour les capacités calorifiques spécifiques (appelées également


chaleurs spécifiques) :
R
C p − CV = =r (M est la masse molaire du gaz).
M
• Pour les capacités calorifiques moléculaires :
R
C p − CV = ( N A : Nombre d’Avogadro égale à 6,023. 1023
NA
molécules/mole)
35 Les gaz parfaits et réels
Tableau.(2.1) ; Propriétés de quelque gaz parfais à T=300K

Gaz Formule Masse r Cp Cv


chimique molaire ( kJ / ( kJ / ( kJ /
kg.k) kg.k) kg.k)
Hydrogène H2 2.016 4.12418 14.2091 10.0849
Hélium He 4.003 2.07703 5.1926 3.1156
Méthane CH4 16.04 0.51835 2.2537 1.7354
Monoxyde CO 28.01 0.29683 1.0413 0.7445
de carbone
Azote N2 28.013 0.29680 1.0416 0.7748
Air ----- 28.97 0.28700 1.0035 0.7165
Ethane C2H6 30.07 0.27650 1.7662 1.4897
Oxygène O2 31.999 0.25983 0.9216 0.6618
Dioxyde CO2 44.01 0.18892 0.8418 0.6529
de carbone
Propane C3H8 44.097 0.18855 1.6794 1.4909
Butane C4H10 58.124 0.14304 1.7164 1.5734

2.7. Gaz réel


Expérimentalement, les gaz ne se comportent comme des gaz
parfaits qu’à des pressions relativement faibles par rapport à la pression
critique. La description de l’état d’équilibre d’un gaz réel ne peut se faire,
sans avoir recours à des équations d’état qui contiennent des constantes
empiriques, d’autant plus nombreuses qu’on recherche une approche
précise. Alors, la mise en évidence d’une équation d’état décrivant l’état
d’équilibre d’un gaz réel dont son comportement s’éloigne ou se
rapproche de ce d’un gaz parfait, exige l’introduction d’un facteur
correctif appelé facteur de compressibilité.

2.7.1. Facteur de compressibilité


L’équation d’état des gaz parfaits telle que définie dans (2.18) est
très commode à utiliser dans les calculs thermodynamiques. Cependant,
Les gaz parfaits et réels 36
quelques questions à ce propos peuvent être posées. L’une de ces
questions est liée à l’intervalle d’application de cette équation en fonction
des niveaux de pression.il est approuvée que dans le cas de faibles
pressions, une bonne approximation est affichée. Une autre question est
relative à la comparaison du comportement d’un gaz, sous des conditions
de pression et de température données, de combien s’éloigne-t-il du
comportement d’un gaz parfait sous les mêmes conditions.
Dans une optique visant à donner une explication à ces deux
questions et de comparer le comportement d’un gaz réel à celui d’un gaz
parfait, nous introduisons le concept du facteur de compressibilité Z
(souvent appelé facteur d’imperfection dans la littérature) qu’on peut
considérer, comme un facteur de correction par rapport à la loi des gaz
parfaits. Il est défini analytiquement par :
P
Z= 2.23
RT
Ce facteur a la valeur 1 dans le cas d’un gaz parfait. L’écart entre Z et
l’unité représente la différence existante entre la relation véritablement
appliquée et celle de l’équation d’état des gaz parfaits.

De La figure (2.1) qui représente le diagramme de compressibilité de


l’azote, on peut relever les remarques suivantes :
• Lorsque la pression s’approche de zéro, Z=1 quelle que soit le
niveau de température, ce ci traduit le comportement du gaz quasi
similaire à celui que prédit par l’équation d’état des gaz parfaits.
Donc, dans cette marge de pression le gaz est considéré comme
parfait.
37 Les gaz parfaits et réels

Fig. (2.1) ; diagramme de compressibilité de l’azote

• A des niveaux de température de 300 K (la température normale),


le facteur de compressibilité demeure très proche de l’unité
jusqu’à une pression d’environ 10 MPa. Ce qui rend valide
l’utilisation de l’équation des gaz parfaits dans cette plage afin de
décrire le comportement de l’azote.
• Au-delà de 20 Mpa, le facteur de compressibilité devient supérieur
à l’unité quelle que soit la température du gaz, on peut dire que le
comportement réel de l’azote s’éloigne du comportement décrit
par l’équation d’état des gaz parfaits, ce qui signifie l’inexactitude
d’appliquer la loi des gaz parfaits dans cette fourchette de
pression.
Les gaz parfaits et réels 38
Pour les gaz réels, plus de 150 équations d’état qu’ont été
empiriquement établies.
L’équation la plus simple exprimant le comportement qualitatif des gaz
réels, est celle de Van der Waals établie en 1873 exprimée par :

 a 
 P + 2 ( − b ) = RT 2.24
  
( : est le volume molaire, a et b sont des constantes empiriques.)
Cette équation diffère de celle de Clapeyron-Mendéléev par deux
a
corrections b et qui portent respectivement sur le volume et sur la
2
pression. La nécessité d’introduire des corrections dans l’équation (2.18)
pour les gaz réels a été justifiée pour la première fois, par M.V.
Lomonossov lors de ces travaux sur le phénomène de l’agitation thermique
des gaz.
En 1899, Dieterici a établi une équation d’état semi empirique exprimée
par :
 RT  − a RT
P= e 2.25
 − b 
Suite à ses travaux expérimentaux sur le comportement des gaz réels,
Beattie a proposé en 1928, une équation d’état exprimée sous la forme
suivante:

  b   C   a
P 2 = RT  + B1 −  1 − 3  − A 1 −  2.26
      T   
De façon plus pratique, on a recours à l’équation :
P = ZRT 2.27
dans laquelle Z, est le facteur de correction (facteur de compressibilité) par
rapport à la loi des gaz parfait.
39 Les gaz parfaits et réels

2.8. Applications :

Exemple 2.1

Calculer la valeur de la constante des gaz parfaits R, sachant


qu’une mole de gaz parfait occupe un volume de 22.4 litres sous
les conditions normales de température et de pression (1atm à
0°C) en :
a- L.atm / k.mole. b- J/ k.mole .c- cal / k.mole

Solution :

La loi des gaz parfaits est traduite par :

PV = nRT

D’où :
PV
R=
nT
Les différentes variables d’état sont remplacées par leurs valeurs sous les
conditions normales de température et de pression. Il en résulte que :

PV 1 22,4
a/ R = = = 0,082 l .atm / mole.K
nT 1 273,15
PV 1( 1,013)  22,4  10 −3
b/ R = = = 8,314 J / mole.K
nT 1 273,15
8,314
c/ R = = 1,98 Cal / mole.K
4,185
Les gaz parfaits et réels 40
Exemple 2.2

Dans la pratique, l’air atmosphérique est considéré comme étant


un mélange de 0.21mole d’oxygène pour 0.79 mole d’azote (on
négligeant les autres gaz présents en faible proportion).
1- calculer la constante de l’air r en (J/g.k).
2- déduire la masse volumique de l’air sous les conditions
normales.
(On donne M (O2)=32 g/mole, M (N2)= 28 g/mole.)

Solution :
21% O2

1 mole d’air

79% N2
%
1/ la constante de l’air r est calculée comme suit :
R
r= dont M a est la masse molaire de l’air exprimée par :
Ma

M a = 0,21M (O ) + 0,79M ( N ) = 0,21 32 + 0,79  28 = 28,84 g / mole


2 2

On remplace la valeur de M a dans l’expression de r , il ressort :

8,314
r= = 288,28 J / kg.K
28,84
2/ l’air est supposé parfait, donc :
m
PV = nRT = RT = m rT
Ma
41 Les gaz parfaits et réels

V  P
 P  = rT  = rT
m a
D’où :
P 1,013  10 5
a = = = 1,287 kg / m 3
rT 288,28  273,15

Exemple 2.3

3.062 g d’un gaz occupe un volume de 1,224 litres à 10°C et à la


pression de 2 atm. Sous quelle pression 0.436g du même gaz
occuperont- ils un volume de 300ml à une température de 25°C.
(le gaz est supposé parfait).

Solution :

Enceinte 1 Enceinte 2
M=3,062g M=0,435g
V=0.3l
V=1,224 l T=298,15K
T=283,15K P= ?
P=2 atm

Les deux enceintes sont remplies de même nature du gaz supposé parfait,
alors si la loi des gaz parfaits est appliqué sur le contenu des deux
enceintes, on peut écrire :

Enceinte1 : P1V1 = n1 RT1 = m1 rT1 ……………..(a)

Enceinte2 : P2V2 = n 2 RT 2 = m 2 rT2 …………...(b)


Les gaz parfaits et réels 42
(b)
Le rapport donne :
(a)
P2V2 m2 rT2 m2 T2
= =
P1V1 m1 rT1 m1 T1
D’où :
m2 T2 V1
P2 = P1
m1 T1 V2

0,435 1,224 298,15


P2 = 2    = 1,22 atm
3,062 0,3 283,15

Exemple 2.4

Si l’air atmosphérique est supposé comme un gaz parfait sous les


conditions normales de pression et de température (T=273.15K ;
P=1.013 bar) ; Calculer le coefficient de :
1- dilatation thermique  .
2- compressibilité  .
3- augmentation de pression  .
4- vérifiez les deux égalités suivantes ;

 P   T   V 
a-       = −1 ; b-  = P
 T V  V  P  P T

Solution :
1/ le coefficient de dilation thermique  :
L’air atmosphérique est supposé parfait, alors :
PV = nRT ………………..(a)
43 Les gaz parfaits et réels

De (a) :
nRT
V =
P
Remplaçons l’expression de V dans  , il en résulte :

1  V  1    nRT   nR
=   =    =
V  T  p V  T  P  p  PV

D’où :
nR 1 1
 == = = = 3,66 .10 −3 K −1
nRT T 273,15

2/ le coefficient de compressibilité  :

1  V 1    nRT  
 =− 
 = −    
V  p
T V  P  P  T 
 1  nRT  nRT 1 1
=  −  − 2  = = = = 0,987 bar −1
 V  P  P(PV ) P 1,013

3/ le coefficient d’augmentation de pression  :


De (a) ;
nRT
P=
V
On remplace dans l’expression de  , il devient :

1  P  1    nRT 
=   =   
P  T V P  T  V 
nR 1
= = = 3,66.10− 3 K −1
PV T
Les gaz parfaits et réels 44
4/ vérification des deux égalités a et b :

 P   T   V 
a-       = −1
 T V  V  P  P T
 P    nRT  nR
  =   = …………a-1
 T  V T  V  V V

 T    PV  P
  =   = ………….a-2
 V  P V  nR  p nR

 V    nRT  nRT
  =   = − 2 ……….a-3
 P  T P  P  P

On remplace a-1 ; a-2 ; a-3, par leurs expressions dans a, cette dernière

devienne :

 nR  P  nRT  − P(nRT )
   − 2  = = −1
 V  nR  P  P(PV )

D’où l’égalité (a) est vérifiée.

b-  = P
Introduisons les expressions de  et  obtenues en 2 et 3, on obtient :

 1  1  1
P = P   = = 
 P  T  T
L’expression (b) est vérifiée.
45

Chapitre : 03
LE CYCLE DE CARNOT

Sadi Carnot est né le 1er Juin 1796 à paris, son père


Lazare décide en 1807 de s’occuper de son éducation
et lui enseigne les mathématiques, les sciences, les
langues et la musique. Il entre au lycée charlemagne
en 1811 pour préparer le concours d’accès à l’école
polytechnique de France.
En 1812 à l’age minimum d’entrée, il a été admis à l’école polytechnique
à la même promotion que Chasles, parmi ces professeurs figurent les deux
savants, Poisson et Ampère. En 1814, il sort major de polytechnique et
entre à l’école du génie de Metz pour 2 ans. A partir du 1819 Carnot suit
des cours à la Sorbonne et au collège de France, il commence à
s’intéresser aux problèmes industriels posés à son époque en l’occurrence
la machine à vapeur. En juin 1824, il publia chez bachelier son premier
ouvrage de 120 pages intitulé « réflexion sur la puissance motrice du feu
et sur les machines propres à développer cette puissance », ce livre
contient la description du « cycle de Carnot ». en 1831, il se lance dans
l’étude des gaz, mais l’épidémie de choléra qu’a ravagé la France à cette
époque le rend malade, il meurt le 14 août 1832 à l’âge de trente six ans.
Le cycle de Carnot 46

3.1. Introduction

Dans son premier ouvrage sur la thermodynamique publié en


1824, Sadi Carnot a décrit son cycle thermodynamique constitué de quatre
transformations réversibles. Ce cycle est le cycle par excellence, aucun
autre cycle opérant entre les mêmes niveaux de température ne peut
posséder un rendement équivalent ou supérieur à ce du cycle de carnot. De
ce fait, le cycle est considéré comme étant un cycle de référence au quel
tous les autres cycles sont comparés.
L’importance principale du cycle de Carnot réside dans sa
possibilité de nous permettre d’étudier qualitativement l’influence d’un
certain nombre de variables sur l’efficacité des cycles thermodynamiques.

3.2. Présentation du cycle de Carnot


Le cycle de Carnot est composé de quatre évolutions fig.(3.1)
décrites sur un diagramme (P, V) comme suit :
1-2 : compression isotherme réversible. ( T1 = T2 = T f )

2-3 : compression adiabatique réversible. ( Q23 = 0 )

3-4 : détente isotherme réversible. ( T3 = T4 = Tc )

4-1: détente adiabatique réversible. ( Q41 = 0 )


47 Le cycle de Carnot

Qc

2 4
Wnet

Qf
1

Fig. (3.1) ; Représentation du cycle de Carnot. V

3.2.1. Rendement thermique du cycle


Le rendement thermique d’un cycle thermodynamique est défini
comme étant, le rapport entre le travail net développé et la quantité de
chaleur reçue au cours du même cycle. Il est exprimé par :
Wnet
 th = 3.1
Qrecue
La détermination des quantités de chaleur mises en jeu ainsi que le travail
net produit est nécessaire, afin de pouvoir évaluer le rendement thermique
d’un cycle thermodynamique.
Le premier principe appliqué à une évolution cyclique nous permet
d’écrire ce qui suit :

 dU =  Q +  W = 0 3.2
Le cycle de Carnot 48
Appliquons l’expression (3.2) sur le cycle de Carnot, il en résulte:

(Q12 + W12 ) + (Q23 + W23 ) + (Q34 + W34 ) + (Q41 + W41 ) = 0


comme les évolutions 2-3 et 4-1 sont adiabatiques ; Q23 = Q41 = 0 donc :

(Q12 ) + (W23 + W12 ) + (Q34 ) + (W41 + W34 ) = 0 3.3

Le travail de détente et ce de compression sont traduits par les expressions

suivantes :

Wc = W12 + W23 (travail de compression).

Wd = W34 + W41 ( travail de détente).

remplaçant Wd et Wc par leurs expressions dans (3.3), cette dernière

prend la forme suivante :

(Q12 ) + (Wc ) + (Q34 ) + (Wd ) = 0


Si on adopte la notion du signe énergétique comme positif, pour toute

forme d’énergie reçue par le système et négatif quant elle est fournie par le

même système, on aboutit à :

Q34 + Wc − Wd − Q12 = 0

le travail net produit par le cycle n’est que :

Wnet = Wd − Wc (L’aire du cycle) 3.4

d’où ;

Wnet = Q34 − Q12 3.5


49 Le cycle de Carnot

Au cours d’un cycle de Carnot opèrant entre deux sources de


chaleur (chaude et froide), le fluide moteur reçoit une certaine quantité de
chaleur Qc de la source chaude au cours de sa détente isotherme 3-4

évoluant à une température Tc . Il cède une Q f au niveau de la source

froide au cours de la compression isotherme qui se déroule à la


température T f .

Qc = Q34 (reçue) 3.6

Q f = Q12 (Cédée). 3.6.a

Le travail net aura pour expression :

Wnet = Qc − Q f 3.7

On introduit l’expression du travail et celle de la quantité de


chaleur reçue dans (3.1), le rendement thermique s’écrira sous la forme
suivante:
Qc − Q f Qf
 th = = 1− 3.8
Qc Qc
Le rendement thermique du cycle de Carnot tel qu’il est exprimé en
fonction des quantités de chaleur reçue et cédée a fait l’objet de deux
développements analytiques. Le premier, est ce de Clapeyron publié en
1834 dans un mémoire intitulé « la force motrice de la chaleur », dans
lequel a développé analytiquement le texte de Sadi Carnot (1824), en
appliquant seulement le premier principe de la thermodynamique sur le
cycle figurant sur un diagramme (P,V) connu depuis comme « diagramme
de Clapeyron ». Le deuxième développement basé sur l’énoncé du
deuxième principe de la thermodynamique a été élaboré par Clausius en
Le cycle de Carnot 50
1865, dans lequel il a introduit clairement le concept d’entropie, en
utilisant le tracé du cycle sur un diagramme (T, S).
3.2.1.1. Développement de Clapeyron
A partir du diagramme (P, V) de la figure (3.1), on évalue Qc et

Q f afin de les remplacer dans l’expression du rendement thermique. Il est


à noter que le fluide moteur est supposé comme un gaz parfait dans tout le
processus de développement.
Evolution 1-2 : isotherme réversible à T f constante donc :

U = W12 + Q12 = 0  Q12 = − W12 =  PdV


1

V2
dV V P
 Q12 = PV  = nRT f ln 2 = nRT f ln 1 (car P1V1 = P2V2 ).
V1
V V1 P2

Q f = Q12 = −Q12 (car Q 12  0 )

d’où :
P1
Q f = −nRT f ln 3.9
P2

Evolution 3-4 : isotherme réversible à T f constante donc :


4

U = W34 + Q34 = 0  Q34 = − W34 =  PdV


3

V4


dV V P
 Q34 = PV = nRTc ln 4 = −nRTc ln 4 (car P3V3 = P4V4 ).
V V3 P3
V3

Qc = Q34 =Q 34 (car Q34  0 )

d’où :
51 Le cycle de Carnot

P4
Qc = nRTc ln 3.10
P3

Evolution 4-1 : adiabatique réversible se déroule selon PV  = cte ou

P1− T  = cte

P11− T1 = P41− T4 …………………..(a)

Evolution 2-3 : adiabatique et réversible se déroule selon PV  = cte ou

P1− T  = cte

P21− T2 = P31− T3 …………………...(b)

(a)
Le rapport donne:
(b)

P11− T1 P41− T4


= 1−  ( T1 = T2 et T3 = T4 )
P21− T2 P3 T3

1− 1−
 P1  P 
   =  4 
 P2   P3 
d’où :

P1 P
ln = ln 4 3.11
P2 P3
Après qu’on remplace Qc et Q f par leurs expressions respectives (3.8) et

(3.9) dans (3.7), le rendement thermique  th devient :


Le cycle de Carnot 52
P4
nRT f ln
P3
th = 1 −
P
nRTc ln 1
P2

P1 P
Comme ln = ln 4 , le rendement  th aura l’expression suivante :
P2 P3
Tf
 th = 1 − 3.12
Tc
L’expression (3.11) montre que le rendement thermique du cycle
de Carnot ne dépend pas de la nature du fluide moteur qui décrit le cycle.
Il est fonction seulement, des niveaux de température des deux sources
chaude et froide, ce ci traduit le contexte du premier théorème de Carnot.

Remarque
Les températures T f et Tc qui figurent dans l’expression (3.12) du

rendement thermique suite au développement de Clapeyron, n’étaient pas


considérées comme des températures à l’échelle absolue, car à cette
époque ; la notion de température thermodynamique (échelle Kelvin) n’a
pas encore vu le jour. Ce n’est qu’à partir de 1848 que william Thomson
(kelvin) a mis en évidence cette échelle qui porte son nom depuis. Il est
important de noter que dans le calcul des rendements thermiques des
cycles, les températures sont prises à l’échelle absolue.

3.2.1.2. Développement de Clausius


Basé sur le concept d’entropie, Clausius a démontré qu’aucun cycle
thermodynamique ne peut fonctionner sans que les deux principes de la
thermodynamique soient vérifiés.
53 Le cycle de Carnot

Dans ce développement analytique du rendement, Clausius a illustré


graphiquement le cycle de Carnot sur un diagramme (T, S) ci-dessous.
Appliquons l’expression de l’entropie traduite par la relation (1.12) sur les
quatre évolutions réversibles du cycle :

Qc
3 4
Tc

Tf
2 1
Qf

S
Fig. (3.2) ; Cycle de Carnot dans un diagramme (T.S)

Evolution 1-2 (T=cte)

Q 2
Q 1
2

dS =  S 2 − S1 =  =  Q
T 1 T Tf 1

d’où :
Le cycle de Carnot 54
Q12
S 2 −S1 =  Q12 = T f (S 2 − S 1 )
Tf

Q f = Q12 = T f (S1 − S 2 ) 3.13

Evolution 3-4 (T=cte)

Q 4
Q 1
4

dS =  S4 − S3 =  =  Q
T 3
T Tc 3

d’où :
Q34
S 4 −S 3 =  Q34 = Tc (S 4 − S 3 )
Tc
comme Qc = Q34 et S 4  S 3 , alors :

Qc == Tc (S 4 − S 3 ) 3.14

Evolution 2-3 (S=cte)

dS = 0  S 3 = S 2 3.15

Evolution 4-1 (S=cte)

dS = 0  S 4 = S1 3.16

en soustrayant (3.14) de (3.15), il en résulte que :

S 4 − S 3 = S1 − S 2 3.17

Si on remplace Q f et Qc par leurs expressions respectives dans

l’expression du rendement thermique, on obtient:


T f (S 3 − S 4 )
 th = 1 −
Tc (S 2 − S1 )
55 Le cycle de Carnot

d’où :
Tf
 th = 1 − 3.18
Tc
Remarque :
L’équation (3.18) montre que, dans un cycle thermodynamique, il
est impossible d’obtenir un rendement de 100%. En effet pour qu’un tel
rendement soit possible, il faudrait que T f soit nulle ou bien Tc soit d’une

valeur infinie. Ces deux températures sont purement hypothétiques étant


impossibles à atteindre.

3.3. Influence de la variation de Tc et Tf sur le rendement thermique


ηth
L’étude de l’influence de la variation de température des deux
sources chaude et froide séparément sur le rendement thermique du cycle
de Carnot, nous conduit à poser la question suivante ; quelle est la
variation de température (chaude ou froide) qui affecte de plus le
rendement thermique du cycle de Carnot.
Pour ce la, on calcule la dérivée du rendement thermique par
rapport à Tc et T f , afin de les comparer.

 th   Tf  Tf
=−   = 2 3.19
Tc Tc  Tc  Tc
 th   Tf  1 T
=− 1 −  = − = − c2 3.20
T f T f  Tc  Tc Tc

Comme Tc  T f donc on peut écrire :


Le cycle de Carnot 56
Tc T f

Tc2 Tc2

 th  th
  3.21
T f Tc

L’expression (3.21), montre que la variation de la température de la source


chaude influe moins sur le rendement thermique du cycle de Carnot,
comparativement à l’influence qu’il subit lors de la variation de la
température de la source froide. Plus que la température de la source
froide est basse pour une température donnée de la source chaude, le
rendement du cycle est plus élevé.

3.4. Réalisation du cycle de Carnot


Le cycle de Carnot tel qu’il est illustré sur le diagramme (P.V),
pourrait être réalisé selon deux types de machines. Soit à l’aide d’une
machine alternative à piston, soit par le biais d’une installation à
écoulement permanant comprenant un compresseur isotherme (refroidi),un
compresseur isentropique, une turbine isotherme (réchauffée) et une
turbine isentropique. Les quatre éléments tournants sont montés en série
sur le même arbre [Fig. (3.3)]. Ils sont traversés par un écoulement
permanent d’un gaz en réalisant de façon simultanée, les quatre évolutions
qui constituent le cycle de Carnot.
57 Le cycle de Carnot

Tf Tc
Source froide Source chaude

Qf Qc
2 3 4

Compresseur Compresseur Turbine Turbine


isotherme isentropique isotherme isentropique

Fig. (3.3) ; Installation motrice fonctionnant selon le cycle de Carnot.

La source froide est généralement l’atmosphère, tandis que la source


chaude peut se traduire sous différentes formes énergétiques (rayonnement
solaire, flux électrique…).

3.5. Applications

Exemple 3.1

Montrer que le rendement d’un cycle de Carnot est plus élevé que
le rendement de tous les autres cycles, opérants entre les mêmes
niveaux de température.

Solution :
Soit un cycle abcd opérant entre les deux niveaux de températures
chaude et froide, traduit schématiquement sur le diagramme (T.S) de la
figure.(3.4). Son rendement a pour expression :
Le cycle de Carnot 58

th =
Wnet
=
 TdS = Aireabcda
Qc  TdS AireAbcdBA
bcd

Aire12341 −  1 −  2 −  3 −  4
=
Aire A34 BA  −  1 −  2

c
Ψ1 Ψ2

d
b

Ψ4 Ψ3
a

A B
Fig. (3.4)

dont :
Aire12341 = (Tc − T f )(S 2 − S 1 ) …………. (I)

AireA34BA = Tc (S 2 − S 1 ) ………………..(II)
59 Le cycle de Carnot

remplaçons les expressions (I) et (II) dans l’expression de th , il en

résulte :

(T − T f )(S 2 − S1 ) − 1 − 2 − 3 − 4
 th = c

Tc (S 2 − S1 ) − 1 − 2

Tenant compte du fait que lorsqu’on ajoute au numérateur et au


dénominateur un nombre positif, la fraction augmente en valeur. En
ajoutant ( 2 +  1 ) à l’expression de  th , ce dernier prend la forme

suivante:

 th =
(T c − T f )(S 2 − S1 ) − 1 − 2 − 3 − 4
Tc (S 2 − S1 ) − 1 − 2


(T c ( )
− T f ) S 2 − S1 −  3 −  4

(T
c − T f )(S 2 − S1 )

Tc − T f
=  th(Carnot)
Tc (S 2 − S1 ) Tc (S 2 − S1 ) Tc

D’où :
 th   th(Carnot)

Exemple 3.2

Soit une machine cyclique de Carnot ayant comme fluide moteur


100g d’air dans un ensemble piston cylindre. Cette machine
fonctionne entre des températures de 500K et 300K. Au début de
la compression isotherme à basse température la pression est de
0.1MPa, tandis que la pression en fin d’évolution est de 1MPa.
Calculez :
1) La quantité de chaleur Q c reçue au cours du cycle.

2) La quantité de chaleur Q f cédée à la source froide.

3) Le rendement thermique du cycle. (r = 287J / kg.K )


Le cycle de Carnot 60
Solution :
1/ le cycle de carnot est illustré sur la figure (3.5)

isotherme à
500K
adiabatique

2 4
adiabatique
isotherme à
300K

1
Fig. (3.5) V

L’évolution 1-2 s’effectue à T f = 300K , si on applique le 1er principe de

la thermodynamique entre l’état1 et l’état2, on aura pour expression :


U 12 = W12 + Q12 = 0

d’où :

2 V2
dV V V
Q12 = W12 =  PdV = PV  = nRT f ln 2 = m rTt ln 2 ...(a)
1 V1 V V1 V1

L’évolution 1-2 obéît à la relation PV = cte , donc :

V 2 P1
P1V1 = P2V 2  = ………………..(b)
V1 P2
61 Le cycle de Carnot

introduisons l’expression (b) dans (a), Q12 prend la forme suivante :

P1 0,1
Q12 = m rT f ln = 0,1 287  300 ln = −19,825 kJ
P2 1

Q f = Q12 = 19,825 kJ

2/ de même pour Q 34 :

V4 P
Q34 = m rTc ln = m rTc ln 3 ……………..(c)
V3 P4
On se réfère à la relation (3.11) :
P1 P4
= …………..(d)
P2 P3
(d) dans (c), il en résulte :
P2 1
Q34 = m rTc ln = 0 ,1 287  500  ln = 33,04 kJ
P1 0,1

Qc = Q34 = 33,04 kJ

3/ le rendement du cycle :
Qf Tf
 th = 1 − = 1−
Qc Tc
19,825 300
 th = 1 − = 1− = 40%
33,04 500
Le cycle de Carnot 62
Exemple 3.3

Un concentrateur solaire de forme cylindro-prabolique produit une


température maximale de 120°C à son ligne focale. L’énergie
focalisée est utilisée comme source de chaleur pour faire
fonctionner une machine thermique cyclique. Quel sera le
rendement thermique maximal de la machine si elle opère dans un
environnement de 15°C ? Même question si le capteur est conçu
pour focaliser et concentrer l’énergie de façon à produire une
température maximale de 350°C.

Solution :
Le rayonnement solaire est l’une des sources de chaleur les plus
répandues dans la catégorie des énergies renouvelables. Dans cette
application, la température maximale produite à travers le concentrateur
n’est que la température de la source chaude T c de la machine thermique,

tandis que la température de la source froide T f représente celle de

l’environnement.
* Le rendement thermique maximal  th d’une machine cyclique

fonctionnant entre ces deux niveaux de température, n’est que le


rendement de Carnot exprimé par :
Tf 288,15
 th = 1 − = 1− = 26,70% .
Tc 393,15
* dans le cas où le capteur peut assurer un niveau de température
de l’ordre de 350°C, le rendement thermique du cycle aura pour valeur:
Tf 288,15
 th = 1 − = 1− = 53,75% .
Tc 623,15
63

Chapitre : 04
LES CYCLES A AIR CHAUD
Cycle de Stirling et Cycle d’Ericsson

Robert Stirling est John Ericsson est né en


né le 25octobre 1803 en suède. A l’âge
1790 en Ecosse. de 12 ans, il travailla
. Il poursuivait comme géomètre sur
ses brillantes études à l’université un important chantier suédois. A 13
d’Edimbourg de 1805 à1808.Sa ans, il entre dans les services de
patience ainsi que sa curiosité en mécanique de la marine suédoise où
vers les inventions techniques qui il apprend les mathématiques et les
se sont multipliées durant le dix sciences. En 1820 il rejoint l’armée,
neuvième siècle, le pousseront à sa première invention «caloric
inventer « le moteur à air chaud. » engine » a fait l’objet d’un brevet
dont le brevet a été déposé le 27 déposé en suède en 1826 année de
septembre 1816. Il est le premier à son départ pour l’Angleterre. Il
avoir l’idée d’un régénérateur de brevette en 1833 un moteur à air
chaleur permettant d’améliorer le chaud muni de soupapes, utilisant le
rendement global d’un tel moteur cycle thermodynamique qui porte
en se rapprochant de l’efficacité du son nom. En 1870, il invente l‘un des
cycle de Carnot. En 1843 et en premiers moteurs solaires composé
collaboration avec son frère James, d’une cavité parabolique qui reflète
il industrialisa le moteur équipé et concentre les rayons solaires sur
d’un régénérateur qu’a trouvé une un tuyau rempli d’eau, laquelle se
large exploitation à l’échelle transforme en vapeur actionnant le
industrielle. Le pasteur Robert moteur. John Ericsson est mort le 08
Stirling est mort le 06 juin 1878. mars 1889 à l’âge de 86ans.
Les cycles à air chaud 64
4.1. Introduction
Les « moteurs à air chaud », sont des moteurs thermiques
alternatifs à enceintes de compression et de détente distinctes à apport de
chaleur externe. Le fluide décrivant le cycle moteur est un gaz
monophasique. Parmi ces moteurs figurent, les moteurs Stirling qui ne
sont pourvus d’aucun organe de fermeture du circuit gazeux et les moteurs
Ericsson qui sont équipés de clapets d’ouverture et de fermeture.

4.2. Cycle de Stirling


Le cycle de Stirling est un cycle thermodynamique appartenant à la
catégorie des cycles des moteurs thermiques alternatifs à apport de chaleur
externe, à cylindre de compression et de détente séparés, à régénérateur, et
à fluide de travail monophasique gazeux. Ces machines thermiques sont
appelées « moteurs à air chaud. » même si l’air n’est plus toujours le
fluide de travail utilisé.
L’importance de ce cycle réside dans sa possibilité d’intégrer un
régénérateur (récupérateur d’énergie) permettant d’atteindre un rendement
équivalent à ce de Carnot fonctionnant entre les mêmes niveaux de
températures.

4.2.1. Description du cycle


Le cycle de Stirling illustré sur la figure (4.1) est composé
de quatre transformations successives décrites comme suit :
1-2 : compression isochore (chauffage à volume constant V = Vmin ).

2-3 : détente isotherme (apport de chaleur à température constante


T = Tc [source chaude]).
3-4 : détente isochore (refroidissement à volume constant V = Vmax ).
65 Les cycles à air chaud

4-1 : compression isotherme (Rejet calorifique à température constante


T = T f [source froide]).

4.2.2. Rendement du cycle


Le rendement du cycle est exprimé par :
Wnet
 th = 4.1
Qc
dont ;
Wnet : est le travail net développé.
Qc : est la chaleur totale fournie au cours du cycle.

P
2

Q23

Q12
Wnet
1 3
Q34
4
Q41
V
Fig. (4.1) ; Cycle de Stirling sans regénérateur.

Appliquons le premier principe sur le cycle, le bilan d’énergie s’exprime

comme suit :
Les cycles à air chaud 66

(Q 41 + W41 ) + (Q12 + W12 ) + (Q23 +W 23 ) + (Q34 + W34 ) = 0

après adoption du signe énergétique, il en résulte :

(W 41 − W23 ) + ( Q12 + Q23 ) − ( Q34 + Q41 ) = 0 4.2

avec :
Wnet = W23 − W41 = Wd − Wc 4.3

Qc = Q12 + Q23 4.4

Q f = Q34 + Q41 4.5

Afin de déterminer le rendement thermique th , il est nécessaire de

calculer les énergies (travail et chaleur) mises en jeu au cours de chaque


phase séparément.
Phase 1-2 : chauffage isochore

Q12 = U = n C v (T2 − T1 ) = n Cv (Tc − T f )  0

V2

W12 = −  PdV = 0
V1

Phase 2-3 : détente isotherme


3 V3
dV V
Q23 = −W23 =  PdV = n RT2  = n RTc ln 3  0
2 V2
V V2

V2
W23 = n RTc ln 0
V3
67 Les cycles à air chaud

Phase 3-4 : refroidissement isochore

Q34 = U = n Cv (T4 − T3 ) = n Cv (T f − Tc )  0

V4

W34 = −  PdV = 0
V3

Phase 4-1 : compression isotherme

1 V1
dV V
Q41 = −W41 =  PdV = n RT4  = n RT f ln 1  0
4 V4
V V4

V4
W41 = n RT f ln 0
V1

Remplaçons Wnet et Qc par leurs expressions dans (4.1), le rendement  th

prend la forme analytique suivante :


V3 V
RT c ln − RT f ln 4
W net W 23 − W 41 V2 V1
 th = = = 4.6
Q12 + Q 23
C v (Tc − T f ) + RT c ln 3
Qc V
V2
comme les transformations 1-2 et 3-4 sont isochores, on peut écrire :
V1 = V2 ……………… (a)
V4 = V3 ……………… (b)

(b) V V
 4 = 3 (Taux de compression) 4.7
(a) V1 V2
En introduisant l’égalité (4.7) dans la relation (4.6), cette dernière devient :
Les cycles à air chaud 68

R (Tc − T f )ln
V3
V2
 th = 4.8
C v (Tc − T f ) + RTc ln 3
V
V2
Il est à noter que, le rendement thermique tel que exprimé dans (4.8) est
évalué sans tenir compte de l’effet de la régénération assuré par
l’incorporation d’un régénérateur dans le cycle de Stirling proposé en
1816.

4.2.2.1. Rendement du cycle avec régénérateur


L’inclusion d’un régénérateur dans le cycle de Stirling, sert à
démontrer comment ce cycle peut générer une augmentation très sensible
de son rendement. Ce dernier devient égal au rendement d’un cycle de
Carnot fonctionnant entre les mêmes niveaux de températures.
Cependant, l’énergie nécessaire au chauffage isochore Q 12 lors de la phase

(1-2) est entièrement récupérée au cours du refroidissement isochore lors


de la phase (3-4) (voir fig 4.2), pendant laquelle la mise en atmosphère
après détente est effectuée.
En effet, dans l’équation (4.8) traduisant le rendement thermique, le
(
terme Cv Tc − T f ) correspondant à l’énergie utile au chauffage disparaît,

du fait que la quantité de chaleur Q 12 est auto générée (récupérée) sans

qu’elle soit fournie par l’extérieur (source chaude).


69 Les cycles à air chaud

(
Cv Tc − T f
)
2

Q23

Q12=Q34
Wnet
1 3

4
Q34
Q41

V
Fig. (4.2) ; Représentation graphique du Cycle de Stirling avec régénérateur.

On fait disparaître le terme Cv Tc − T f ( ) (énergie récupérée) de l’équation


(4.8), le rendement devient:

R(Tc − T f )ln
V3
V2
 th =
V3
RTc ln
V2
d’où
Tf
 th = 1 − =  th(carnot) 4.9
Tc
Remarque
Le rendement du cycle de Stirling avec régénération devient égal à ce du
cycle de Carnot, si la récupération de la chaleur de refroidissement Q 34 se

fait complètement afin de la restituer au cours du chauffage isochore en


Les cycles à air chaud 70
phase (1-2). Ce ci n’étant possible que si l’efficacité du régénérateur est de
100%, chose qu’est impossible à atteindre dans les conceptions des
échangeurs.

4.2.3. Différents types du moteur Stirling


Les moteurs Stirling présentant sous différents types sont classifiés
selon la forme géométrique décrite par leur chaîne cinématique. Cette
dernière est constituée d’un piston de compression assemblé en bielle
manivelle avec un piston de détente. Les trois types de moteurs
représentés ci-dessous, ne contiennent aucun clapet de fermeture ou
d’ouverture du circuit gazeux.

Régénérateur Régénérateur Chambre


de détente

Chambre
de compression
Chambre Chambre
de détente de compression

a) Type ALPHA. b) Type BETA.

Régénérateur Chambre de
détente

Chambre de
compression

c) Type GAMMA.

Fig. (4.3) ; Schémas de différents types de moteur Stirling.


71 Les cycles à air chaud

4.2.4. Le régénérateur et ses variantes


Le régénérateur est un échangeur de chaleur par accumulation, son
fonctionnement est basé sur la récupération de chaleur contenue dans un
flux d’air chaud, en faisant transiter cet air à travers un matériau
accumulateur. Ce dernier récupère le flux thermique disponible de son
coté chaud, avant qu’il le cède au coté froid soumis à un flux d’air neuf.
Il est à souligner que, le matériau de base d’un accumulateur, doit
posséder une très bonne conductivité thermique associée à une diffusivité
thermique élevée, afin d’assurer un bon rendement du régénérateur. Il
existe deux grandes catégories de régénérateurs ; statiques et dynamiques.

a/ Régénérateur statique
Cette catégorie de régénérateurs est la première utilisée dans les
moteurs à air chaud, il est dépourvu de tout élément tournant. Son
accumulateur prend une forme de disque ou de rectangle encastré à
l’intérieur de l’échangeur, les écoulements des deux flux d’air chaud et
froid à travers ses deux cotés peuvent être réalisés en co-courant ou en
contre courant.

Air neuf
Accumulateur
Air chaud

a) régénérateur Co-courant

Air neuf

Air chaud

b) régénérateur Contre-courant

Fig. (4.4) ; Régénérateurs statiques.


Les cycles à air chaud 72
b/ Régénérateur dynamique
Dans ce type de régénérateur, l’accumulateur est de forme
cylindrique (roue) animé d’une faible vitesse de rotation ω de l’ordre de
15 tr/min. La rotation de la roue a pour avantage la répartition uniforme
des deux flux d’air le long de ses surfaces de contact (chaud et froid), en
augmentant le taux de transfert thermique induit par l’élévation du
cœfficient d’échange global.

ω Air neuf
Accumulateur
Air chaud

Fig. (4.5) ; Régénérateur dynamique.

4.2.4.1. Facteurs influençant le rendement des régénérateurs


Le rendement d’un régénérateur est influencé par les facteurs
suivants :
• la nature du matériau accumulateur.
• la vitesse d’écoulement des deux flux d’air (chaud et froid).
• la vitesse de rotation de la roue dans le régénérateurs dynamique.
• la taille ainsi que la forme des deux compartiments du
régénérateur.

4.3. Cycle d’Ericsson


Le cycle d’Ericsson est l’un des cycles thermodynamiques qui
trouve une large utilisation comme cycle de puissance pour les moteurs à
air chaud. Il est placé au second rang de cette catégorie des cycles moteurs
à combustion externe après le cycle de Stirling. À l’inverse de ce dernier,
73 Les cycles à air chaud

le chauffage et le refroidissement sont réalisés à pressions constantes, de


plus, les moteurs Ericsson sont munis d’éléments de fermeture et
d’ouverture du circuit d’air représentés soit par des clapets ou des
soupapes.
Le cycle est composé de quatre transformations comme illustrées sur la
figure (4.6) :
1-2 : chauffage isobare (chauffage à pression constante P = Pmax ).

2-3 : détente isotherme (apport de chaleur à température constante


T = Tc [source chaude]).
3-4 : évolution isobare (refroidissement à pression constante P = Pmin ).

4-1 : compression isotherme (dégagement de chaleur à température


constante T = T f [source froide]).

P
Q12

1 2

Q23

Q41 Wnet

4 3

Q34
V
Fig. (4.6) ; Représentation graphique du Cycle d’Ericsson.

4.3.1. Rendement du cycle


Le rendement du cycle est exprimé par :
Les cycles à air chaud 74
Wnet
 th = 4.10
Qc
Dont :

Wnet = Wd − Wc = W12 + W23 + W34 + W41 4.11

avec :

Qc = Q12 + Q23 4.12

le travail ainsi que la quantité de chaleur échangé au cours de chaqu’une


des quatre phases sont déterminés comme suit:
Phase 1-2 : chauffage isobare

Q12 = H = n C p (T2 − T1 ) = n C p (Tc − T f )  0

V2

W12 = −  PdV = Pmax (V1 − V2 )  0


V1

Phase 2-3 : détente isotherme

3 V3
dV V
Q23 = −W23 =  PdV = n RT2  = n RTc ln 3  0
2 V2
V V2

V2
W23 = n RTc ln 0
V3

Phase 3-4 : refroidissement isobare

Q34 = H = n C p (T4 − T3 ) = n C p (T f − Tc )  0

V4

W34 = −  PdV = Pmin (V3 − V4 )  0


V3
75 Les cycles à air chaud

Phase 4-1 : compression isotherme

1 V1
dV V
Q41 = −W41 =  PdV = n RT4  = n RT f ln 1  0
4 V4
V V4

V4
W41 = n RT f ln 0
V1

L’expression du travail net développé Wnet est obtenue, en remplaçant les

travaux des quatre phases respectivement dans (4.11), il en résulte :

V3 V
Wnet = P1 (V2 − V1 ) + nRTc ln − nRT f ln 4 − P4 (V3 − V4 ) 4.13
V2 V1

étant donné que les transformations 2-3 et 4-1 sont isothermes, on peut

écrire :

P3V3 = P2V2 ……… (a ) .

P4V4 = P1V1 ……… (b ) .

(a )  V3 =
V2
………. (c ) . car P3 = P4 et P2 = P1 (transformations
(b) V4 V1

isobares)

d’où :

V3 V4
= ……………….. (d ) .
V2 V1

Si on introduit l’expression (c ) dans la relation (4.13), cette dernière prend

la forme suivante:
Les cycles à air chaud 76

Wnet = nR ln
V3
(Tc −T f ) + P1V1  V2 − 1 + P4V4 1 − V3 
V2  V1   V4 

 Wnet = nR ln
V3
(Tc − T f ) 4.14
V2

Après avoir remplacé Q12 et Q23 par leurs expressions respectives dans

(4.12), Qc prend la l’expression suivante :

Qc = nC p (Tc − T f ) + nRTc ln
V3
4.15
V2

Après l’introduction des expressions (4.14) et (4.15) dans l’expression


(4.10), le rendement thermique devient:

R ln
V3
(Tc − T f )
V2
 th = 4.16
C p (Tc − T f ) + RTc ln 3
V
V2

4.3.1.1. Rendement du cycle avec régénérateur


La quantité de chaleur rejetée au cours de la phase 3-4, est
récupérée par le biais d’un régénérateur (voir figure 4.7), ce qui fait
(
disparaître le terme C p Tc − T f ) de l’équation (4.16).
77 Les cycles à air chaud

Q12
C p (Tc − T f )
1 2

Q23

Q41 Wnet

4 3

Q34

V
Fig. (4.7) ; représentation graphique du Cycle d’Ericsson avec régénérateur.

Le rendement  th du cycle avec régénérateur devient donc :

Tc
 th = 1 − =  th(carnot) 4.17
Tf
Les cycles à air chaud 78
4.4. Applications

Exemple 4.1

Soit un moteur Stirling dans lequel la pression et la température au


début de la compression isotherme sont à 100 kPa et 20 °C. Le
taux de compression est de 7,5 et la température maximale atteinte
est de l’ordre de 930 °C. Calculez :
1- la pression maximale du cycle.
2- le rendement thermique du cycle avec ou sans
régénérateur (L’air est supposé comme un gaz parfait)

Solution :
On adopte le cycle thermodynamique idéal de Stirling tel qu’il est illustré
sur la fig.(4.1) et fig.(4.2).
1/ la pression maximale du cycle est atteinte au point 2 en fin de
compression :
au point 1 : P1V1 = nRT1 ……….(a)

au point 2 : P2V 2 = nRT2 ………..(b)

(b) PV T
 2 2 = 2 …….(c)
(a) P1V1 T1
comme la transformation 1-2 s’effectue à volume constant ( V2 = V1 ) ,

l’expression (c) devient :


p 2 T2 T 
=  P2 = P1  2 
P1 T1  T1 
D’où :
79 Les cycles à air chaud

 1203,15 
P2 = 100  = 410 ,42 kPa
 293,15 
2/ le rendement du cycle :
• sans régénérateur : on applique la relation (4.8) exprimant le
rendement du cycle théorique.

R(Tc − T f ) ln (T − T f ) ln
V3 V3
c
V2 V2
 th = =
 1 
C v (Tc − T f ) + RT c ln 3  (T c −T f ) + Tc ln 3
V V

V2   −1 V2
d’où :
 th = 39,01%

• Avec régénérateur : à travers la relation (4.9), le rendement


thermique aura pour expression :
Tf 293,15
 th = 1 − = 1− = 75,63 %
Tc 1203,15
Exemple 4.2

Dans un moteur d’Ericsson doté d’un régénérateur idéal, la


quantité de chaleur fournie à haute température (1270K) est de
980kJ/kg. La température à la source froide étant 298K, tandis que
la pression au début de la compression isotherme est de 100kPa.
Déterminez :
1- le travail net développé par kilogramme d’air.
2- le rendement thermique du cycle.
Les cycles à air chaud 80
Solution :
1/ La figure.(4.7) représente le cycle d’Ericsson avec régénérateur. Ce
dernier est supposé idéal dans cette application, ce qui implique que son
taux de récupération énergétique est de 100%. ce ci permet d’écrire :
Q34 = Q12
Pour déterminer le travail net, on se réfère à la relation (4.14) qui stipule
que :

Wnet = nR ln
V3
(Tc − T f )
V2

R ln 3 (Tc − T f ) = m r (T c −T f ) ln 3
m V V
 Wnet =
Ma V2 V2
d’où :

= r (T c−T f )ln 3 …………..(a)


Wnet V
W(net )m =
m V2

Pendant l’évolution 2-3 (détente isotherme) le système reçoit une certaine


quantité de chaleur par kilogramme d’air égale à 980 kJ/kg ; si le 1er
principe est appliqué à cette évolution, il en résulte que :
3
V3
Q 23 = −W 23 =  PdV = m rTc ln
2
V2
Q23 V
 Q(23)m = = r Tc ln 3
m V2

d’où :
V3 Q(23)m
ln = …………..(b)
V2 r Tc
introduisons (b) dans (a), on aboutit à :
81 Les cycles à air chaud

 Tf 
W(net )m = 1 − Q(23)m
 Tc 
W(net )m = 750,04 kJ / kg

2/ le rendement thermique du cycle n’est que le rendement exprimé par la


relation (4.17) ;
Tc
 th = 1 − =  th(carnot)
Tf

 th = 76,53%
82

Chapitre : 05
LE CYCLE DE RANKINE

Jhon Macquorn Rankine est un ingénieur et


physicien britannique né le 5 juillet 1820 à
Edimbourg. A 16 ans, il emporte une médaille
d’or pour un essai sur la théorie ondulatoire de
la lumière. Deux ans plus tard il est de nouveau
récompensé par un prix pour un autre essai sur
les méthodes de recherche physique. Il rentre à l’université d’Edimbourg
puis il poursuit une carrière d’ingénieur en génie civil. En 1843, il publie
ses premiers travaux, appliqués aux essieux de locomotives. En 1849, il
est nommé membre de la Royal Society d’Edimbourg. Il obtient une chaire
de professeur à l’université de Glasgow et enseigne le génie civil et la
mécanique. Son premier œuvre intitulé « Manual of applied mechanics » a
été publié en 1858, suivi par un mémoire sur les machines à vapeur en
1859 « Manual of the steam engine and other prime movers » où il énonce
un cycle thermodynamique décrit par quatre transformations associées à
un changement de phase du fluide moteur(vapeur d’eau). L’ensemble de
ses travaux est publié dans « On the thermodynamic theory of waves of
finite longitudinal disturbance ».Il meurt le 24 décembre 1872 à Glasgow
en écosse.
83 Le cycle de Rankine

5.1. Introduction

Le cycle qui opère dans un système à deux phases s’appelle cycle


de Rankine. Le fluide moteur le plus exploité dans ce cycle est
généralement l’eau, qui subit des échanges de chaleur au niveau de la
source froide (condenseur), ainsi qu’au niveau de la source chaude
(chaudière). Les sources de chaleur exploitées sont d’origines diverses, on
cite ; énergie calorifique issue de la combustion des carburants, énergie
thermique solaire ou énergie atomique. Le cycle de Rankine dans sa
forme la plus simple est constitué de quatre transformations
thermodynamiques ; une d’expansion dans laquelle il y a production de
travail, une de condensation, une de pompage et une de chauffage

5.2. Description du cycle de Rankine de base :

Le cycle de Rankine de base est composé de transformations


suivantes :
1-2 : un pompage adiabatique et réversible effectué par la pompe.
2-3-4 : un échange de chaleur (sensible et latent) à pression constante dans
la chaudière (haute pression).
4-5 : une détente adiabatique et réversible dans la turbine (production
d’un travail).
5-1 : un échange de chaleur à pression constante dans le condenseur.

Ces différentes transformations sont schématisées sur le diagramme (T.S)


de la figure (5.1).
Le cycle de Rankine 84

TC 3 4

Tf
1 5

S
Fig. (5.1);Cycle de Rankine de base illustré sur un diagramme (T-S)
de la vapeur d’eau.

Dans la plupart des applications, le cycle de Rankine est traduit par une
série de processus à écoulement stationnaire. En plus des illustrations du
cycle sur le diagramme (T-S), nous fournirons son schéma de principe
mentionné sur la Figure. (5.2)

L’eau liquide est pompée isentropiquement à travers une pompe


passant d’une basse pression à une haute pression (étape 1-2). Dans la
chaudière, l’eau est réchauffée à pression constante jusqu’au point de
saturation liquide (point3) avant qu’elle soit transformée complètement en
vapeur saturée (point4).
85 Le cycle de Rankine

WT
4 Turbine 5
Chaudière

Condenseur
Qf
QC
3

WP
Pompe
2 1
Fig. (5.2) ; Schéma de principe d’une turbine élémentaire à vapeur.

La vapeur d’eau saturée (point 4) pénètre dans la turbine en


subissant une expansion isentropique jusqu’au (point 5). Après détente, le
fluide moteur sortant de la turbine est formé d’un mélange de vapeur d’eau
et d’eau liquide. Ce mélange est ensuite véhiculé vers le condenseur où
l’eau sort en phase complètement liquide (point1) selon un processus de
condensation qui se fait à température et pression constantes.

5.2.1. Méthodologie de calcul du rendement thermique

Il faut souligner que, lors de l’analyse du cycle de base de Rankine,


la variation de l’énergie potentielle et cinétique du fluide moteur est
considérée comme négligeables.

Dans le cycle de Rankine de puissance tel qu’il est schématisé sur la Fig.
(5.1), le rendement est déterminé selon la démarche suivante :
Le cycle de Rankine 86
Étape 01 : Positionnement des points caractéristiques du cycle.
On trace les niveaux de pression (HP et BP) entre lesquelles opère
le cycle thermodynamique, ce qui permet de positionner respectivement ;
le point (1) sortie du condenseur (BP), le point (2) sortie de la pompe
(HP) ainsi que les points (3) et (4) dans le cas ou la turbine reçoit de la
vapeur saturée non surchauffée (entrée de la turbine). L’état (5) est situé
au point d’intersection de la verticale isentropique passant par le point (4)
et l’isobare P1 (pression de condenstaion).

Étape 02 : Calcul du travail de la pompe W p :

 Entrée de la pompe :
. état : liquide saturé.
p1 = basse pression
h1 = hl (Lecture sur les tables de pression).
 Sortie de la pompe :
état : liquide sous pression.
p2 = haute pression.
h2 : inconnue (à déterminer).
À travers le premier principe de la thermodynamique :
W p = h2 − h1 5.1

le fluide est supposé incompressible et le pompage se fait de façon


isentropique, d’où :
S1 = S 2 5.2

et
2

h2 − h1 =   dP =  (P2 − P1 ) = W p 5.3
1
87 Le cycle de Rankine

dont :
 : le volume massique déterminé à travers les tables de pression (BP).
W p : le travail fourni par la pompe par kilogramme de fluide.

Une fois le travail est calculé, on peut déduire la valeur de h2 en utilisant

la relation (5.1).

Étape 03 : Calcul de la quantité de chaleur absorbée au niveau de la


chaudière Qc

 Entrée de la chaudière :
état : liquide (sous pression).
p2 = haute pression.
h2 : connue de étape1.
 Sortie de la chaudière :
état : vapeur saturée (HP).
p4 = p3 = p2 (HP).
h4 = hv (tables de pression).
Qc = h4 − h2 5.4

dont :
Qc : désigne la quantité de chaleur absorbée par Kilogramme de
fluide.
Le cycle de Rankine 88
Étape 04 : Calcul du travail généré par la turbine Wt

 Entrée de la turbine :
état : vapeur saturée (HP).
p4 = p2 (HP).
h4 : connue de l’étape 03.
 Sortie de la turbine :
état : mélange saturé.
p5 = p1 (BP).
h 5 : inconnue (à déterminer).
Appliquons le premier principe sur le volume de contrôle qui délimite la
turbine, il en résulte que :
Wt = h4 − h5 5.5

d’où la nécessité de déterminer h5 ;

comme la détente est isentropique, on peut écrire :


S 4 = S5
la valeur de S 4 est déterminée directement à travers les tables de pressions

qui correspondent à
( p4 = HP)

étant donné que le point (5) est situé à l’intérieur de la courbe de


saturation, son entropie est exprimée par :
S 5 = S l + x (S v − S l ) 5.6

de la relation (5.6), le titre de vapeur x aura pour expression :


S 4 − Sl
x= ( S v et S l sont déterminées des tables de pression à BP).
Sv − Sl
89 Le cycle de Rankine

de même pour h5 :

h5 = hl + x (hv − hl ) ( hv et hl sont déterminées à partir des tables


de pression )
Après avoir calculé h5 et h4 , on remplace leurs valeurs dans (5.5) afin de

déterminer le travail de la turbine Wt produit par kilogramme

d’écoulement de fluide.

Étape O5 : Calcul de la quantité de chaleur cédée au niveau du


condenseur Q f

 Entrée du condenseur :
état : mélange saturé (liquide +vapeur).
p5 = basse pression.
h 5 : connue de l’étape 04.

 Sortie du condenseur :
état : liquide saturée.
p1 = p5 (BP).
h1 : connue de l’étape 01.
Q f = h5 − h1 5.7

Étape 06 : Calcul du rendement thermique du cycle  th

Nous pouvons maintenant calculer le rendement thermique du cycle de


Rankine :
Wnet Wt − W p (h4 − h5 ) − (h2 − h1 )
 th = = = 5.8
Qc Qc (h4 − h2 )
Le cycle de Rankine 90
5.3. Le cycle à surchauffe (Rankine-Hirn)

L’efficacité du cycle de Rankine de base, peut être améliorée par


l’augmentation de la température de la vapeur pénétrant dans la turbine.
L’idée de surchauffer la vapeur avant sa détente dans la turbine a été
introduite pour la première fois en 1855 par le physicien Gustave Hirn.

Tsurch 4

3 3’
TC

2
Tf
1 5

S
Fig.(5.3) ; Cycle de Rankine-Hirn à surchauffe.

Les différentes évolutions constituant ce cycle sont schématisées sur le


diagramme (T-S) de la vapeur d’eau (Fig. (5.3).

5.3.1. Rendement thermique du cycle


Le rendement thermique du cycle à surchauffe est évalué selon la
même méthodologie de calcul appliquée précédemment dans le cas du
cycle de base. Il a pour expression :
W net Wt − W p (h4 − h5 ) − (h2 − h1 )
 th = = =
Qc Qc (h4 − h2 )
91 Le cycle de Rankine

d’où :
h5 − h1
 th = 1 − 5.9
h4 − h2
L’expression (5.9) montre que le rendement thermique du cycle
augmente lorsque l’enthalpie h4 augmente et h5 diminue. Cette dernière est

d’autant plus faible que la pression P5 est plus petite. Cette faible pression

recherchée à la sortie de la turbine de détente, peut être réalisée si la


turbine est dotée d’étages supplémentaires permettant d’atteindre des
niveaux de pression les plus basses possibles.

5.3.2. Éléments comparatifs des deux cycles :


Dans le souci d’aborder une étude comparative des deux cycles, de
base et à surchauffe, on a fait recours à la méthode graphique, qui permet
de visualiser l’efficacité énergétique d’un cycle par rapport à l’autre. Afin
de mieux mener cette démarche, les deux cycles en question fonctionnant
entre les mêmes pressions opératoires, sont illustrés sur le même
diagramme (T-S).
1-2-3-3’-5’-1 cycle de Rankine de base.
1-2-3-3’-4-5-1 cycle à surchauffe.

A travers l’analyse faite sur la figure (5.4), il est très facile de


constater que l’aire (1233’5’1) correspond au travail net du cycle idéal est
moins inférieur à l’aire (1233'451) qui correspond au travail développé par
Le cycle de Rankine 92

Tsurch 4

TC 3 3’

A C
2
Tf
1 5’ 5
B D

a b’ b S
Fig.(5.4) ; illustration du cycle à surchauffe à titre de comparaison.

le cycle à surchauffe. Ce ci est traduit par l’inégalité suivante :


A+C  A

équivalent à :

(Wnet )Base  (Wnet )surchauffe 5.10

Il est à noter que lorsque la vapeur est surchauffée, on constate


clairement que le titre de vapeur x augmente en valeur.
De plus, la quantité de chaleur échangée au niveau du condenseur est plus
importante dans le cycle à surchauffe relativement à celle enregistrée dans
le cycle de base. Ce ci est démontré par le fait que l’aire (15ba1)
93 Le cycle de Rankine

correspondant à (Q ) f surchauffe
est supérieure à l’aire (15’b’a1) qui

représente (Q f )Base
. Il en résulte que :

(Q )
f surchauffe  (Q f )Base
5.11

Ce résultat conduit à utiliser des condenseurs surdimensionnés dans les


cycles à surchauffe, comparativement à ceux exploités dans les cycles de
base.
Concernant les rendements thermiques des deux cycles, la comparaison est
faite comme suit :

• Cycle idéal :

Qc − Q f
( th )Base = Wnet = =
A
Qc Qc A+ B

dont :
A : surface 1233’5’1

B : surface 15’b’a1

• Cycle à surchauffe :

Qc − Q f A+C
(th )surchauffe = Wnet = =
Qc Qc ( A + B ) + (D + C )
avec :
C : surface 3'455’3’

D : surface 5’5bb’5’
Le cycle de Rankine 94
de la figure.(5.4), on peut déduire graphiquement les inégalités suivantes :

A  A+C

A + B  ( A + B) + D + C

ce qui permet de vérifier l’inégalité :

A A+C

A + B (A + B) + D + C

d’où :

( th )Base  ( th )surchauffe 5.12

5.4. Le cycle à resurchauffe


Le cycle à resurchauffe (Fig.5.5.) constitue une des variantes
fonctionnelles du cycle de Rankine. Il consiste, à effectuer une première
détente de la vapeur surchauffée dans les étages de la turbine (HP), puis à
resurchauffer cette même vapeur détendue à pression intermédiaire, dans
un réchauffeur incorporé dans l’installation de génération de vapeur
(générateur de vapeur). Les vapeurs resurchauffées sont ensuite
acheminées vers les étages de la turbine (BP).
Il est à noter que le réchauffeur de vapeur, récupère l’énergie
calorifique contenue dans les gaz de fumée, afin de réchauffer les vapeurs
sortantes de la première détente.
95 Le cycle de Rankine

4
HP BP
Réchauffeur

7
3’ 1

Condenseur
3
5

Chaudière Pompe

2 1

Fig. (5.5) ; Schéma d’une installation à resurchauffe.

5.4.1. Rendement du cycle


Le rendement du cycle à pour expression :
W net
 th =
Qc
dont:
W net = Wt1 + Wt 2 − W p
Si on remplace les différents travaux ainsi que la quantité de chaleur reçue
au niveau de la chaudière par leurs expressions enthalpiques, le rendement
prend la forme suivante:
Le cycle de Rankine 96
(h6 − h7 ) + (h4 − h5 ) − (h2 − h1 )
 th = 5.13
(h4 − h2 ) + (h6 − h5 )

4
6

Wt1
3 3’

5 Wt2

1 5’ 7

Fig.(5.6) ; Cycle à resurchauffe. S

A travers la figure. (5.6) ; on peut constater clairement que, l’aire


(1233’45671) correspond au travail développé par le cycle à resurchauffe
est nettement supérieur à l’aire (1233’45’1), qui représente le travail
généré par le cycle à surchauffe fonctionnant entre les même niveaux de
pression. Ce ci permet de déduire que :
(Wnet )resurchauffe  (Wnet )surchauffe 5.14

Les vapeurs surchauffées et resurchauffées peuvent atteindre des


températures de 600 °C sous des pressions de l’ordre de 25MPa.
97 Le cycle de Rankine

5.5. Le cycle à soutirage


Le soutirage est un procédé qui consiste à un transvasement d’une
fraction fluide en écoulement à partir du débit principal circulant dans
l’installation, cette technique a pris de l’essor dans les installations
motrices à vapeur au cours de ces dernières décennies.
Le processus de fonctionnement d’une installation motrice à vapeur
fonctionnant selon un cycle à soutirage, est intimement lié au type de
réchauffeur utilisé. On distingue deux grandes catégories de réchauffeurs,
à surface et à mélange.

5.5.1. Cycle à soutirage avec réchauffeur à mélange


Comme schématisé sur la figure.(5.7), une détente tronquée (partielle) se
produit entre les états 6 et 8 au cours de laquelle, les étages de la turbine

6
Turbine

y 1-y
8
7
1
Réchauffeur

5’
à mélange
Chaudière

Condenseur

3
Pompe2 Pompe1

4 2 1

Fig.(5.7) ; Schéma de principe d’une installation à soutirage


avec réchauffeur à mélange
Le cycle de Rankine 98
sont parcourus par le débit total sortant du générateur de vapeur.
Une fraction y de vapeur détendue à une pression intermédiaire est
soutirée du débit principal, elle est acheminée vers un réchauffeur à
mélange assurant simultanément un transfert de chaleur et de masse. Ce
type de réchauffeur sert, à préchauffer le flux principal sortant du
condenseur, et de refroidir la fraction de vapeur soutirée jusqu’à la
température de saturation, cette baisse de température est suivie d’une
condensation à pression constante. Le reste du débit (1-y) subit une
détente complète jusqu’au point (7), avant qu’il passe dans le condenseur.
L’eau d’alimentation réchauffée à l’état (3) est pompée vers la chaudière
afin d’assurer un fonctionnement continu.
La fraction de vapeur ( y ) soutirée est déterminée à travers le bilan
énergétique présenté au niveau du réchauffeur comme suit :

m 2 h2 + m8 h8 = m3 h3 5.15

dont :
m 3 = m8 + m 2

8 2

Fig.(5.8) ; Réchauffeur à mélange.

ce qui permet d’écrire :


99 Le cycle de Rankine

 m8  m
1 −  h2 + 8 h8 = h3
 m3  m3
 (1 − y ) h2 + yh8 = h3
d’où ;
h3 − h2
y= 5.16
h8 − h2
Les accroissements maximaux d’enthalpie enregistrées au niveau
des pompes sont de l’ordre de 2%, ce ci est dû à la proximité des points 1
et 2 et celle des points 4 et 5 figurant sur le diagramme (T.S) de la
figure.(5.9). Dans le souci de simplifier la forme analytique, ces faibles
taux d’accroissement donnent lieu aux approximations suivantes :
h1  h2 et h3  h4

5 5’
8
4
3

2
1 7

S
Fig.(5.9) ; Cycle à soutirage avec réchauffeur à mélange.
Le cycle de Rankine 100
Les bilans énergétiques des différents éléments du cycle se présentent
comme suit :
• travail produit par la turbine Wt  Wnet :

Wt = (h6 − h8 ) + (1 − y )(h8 − h7 )
= (h6 − h8 ) + (1 − y )(h8 − h7 ) = (h6 − h7 ) + y (h7 − h8 )

• quantité de chaleur cédée au niveau du condenseur Q f :

Q f = (1 − y )(h7 − h1 )

• quantité de chaleur reçue au niveau de la chaudière Q c :

Qc = Wnet + Q f = Wt + Q f

= (h6 − h7 ) + y(h7 − h8 ) + (1 − y )(h7 − h1 ) = (h6 − h1 ) + y(h1 − h8 )


Le rendement thermique du cycle aura pour expression :
Wnet (h6 − h7 ) + y(h7 − h8 )
 th = = 5.17
Qc (h6 − h1 ) + y(h1 − h8 )
Ce rendement est nettement supérieur à celui du cycle sans soutirage qui
h6 − h7
vaut
h6 − h1

5.5.2. Cycle à soutirage avec réchauffeur à surface


Dans les installations qui fonctionnent selon ce type de cycle, la
vapeur soutirée et l’eau d’alimentation ne se mélangent pas, mais elles
échangent de la chaleur au niveau du réchauffeur à surface. Ce dernier
assure le préchauffage du flux principal de l’eau d’alimentation d’une part,
et d’autre part la désurchauffe (7-7’) ainsi la condensation des vapeurs
soutirées (7-8) après leur détente tronquée au cours de l’évolution (5-7).
101 Le cycle de Rankine

L’eau à son état saturé (état 8) issue de la condensation s’écoule


de façon naturelle, sous la différence de pression existante entre la
pression de soutirage (MP) et celle qui règne au niveau du condenseur
(BP).
Le niveau enthalpique encore élevé de l’eau saturée à l’état (8)
impose la nécessité de le faire passer à travers un sous refroidisseur, afin
d’extraire le maximum possible de quantité de chaleur servant à réchauffer
l’eau d’alimentation provenant de la pompe d’alimentation.

5
Turbine

1-y
7
6
y 1
4’
Condenseur
Chaudière

4 Vanne de
détente

Réchauffeur
9 10
à surface Pompe1

Sous
3 refroidisseur 2 1
8

Fig.(5.10) ; Schéma de principe d’une installation à soutirage avec


réchauffeur à surface.

L’évolution (8-9) se déroule sous une pression constante (MP), ce


ci exige la présence d’une vanne de détente assurant la chute de pression
de l’eau sous refroidit (9) jusqu’à la pression du condenseur (BP), au cours
Le cycle de Rankine 102
d’une détente isenthalpique (9-10). L’eau détendue est ensuite mélangée
au flux principal avant qu’il soit pompé.
Le rendement du cycle est déterminé à travers son expression

donnée par :

Wnet Wt − W p (h − h7 ) + (1 − y )(h7 − h6 ) − (h2 − h1 )


 th = = = 5
Qc Q f + Wnet (1 − y )(h6 − h1 ) + Wnet
d’où :
(h5 − h6 ) − y(h7 − h6 ) − (h2 − h1 )
 th = 5.18
(h5 − h2 ) − y(h7 − h6 ) − y(h6 − h1 )
T

4 HP
4’
7
MP
3 8
7’

2
BP
1 6

S
Fig.(5.11) ; Cycle à soutirage avec réchauffeur à surface.

5.6. Consommation spécifique de la vapeur (CSV)

La consommation spécifique de la vapeur (CSV) d’une installation


motrice à vapeur, représente un facteur primordial dans l’évaluation de
103 Le cycle de Rankine

l’efficacité thermo-économique. Ce ci exige un choix plus rationnel du


type de cycle à adopter pour le fonctionnement d’une installation donnée.

Elle est définie comme étant, la quantité de vapeur nécessaire pour


produire une quantité d’énergie de 1kW.h (un kilo watt heure). Cette
dernière est traduite analytiquement par l’expression suivante :

3600
CSV = 5.19
W net
dont :
W net : est le travail net développé par kilogramme de fluide
moteur (kJ / kg) .

Remarque
Il a été constaté que la multiplication des soutirages dans une
installation thermique à vapeur, améliore considérablement son rendement
thermique. De plus, l’expérience à montrée que le nombre de niveaux de
soutirage est limité, il est rarement supérieur à cinq. Cette limitation est
due essentiellement aux facteurs économiques ainsi qu’au problème
d’encombrement et d’asservissement que pose le nombre élevé
d’extraction. Une autre alternative d’amélioration de l’efficacité des
centrales thermique a été adoptée, celle-ci concerne la combinaison de la
technique de resurchauffe à celle du soutirage dans le même cycle de
fonctionnement. Les résultats obtenus à travers la mise en application des
cycles à resurchauffe à plusieurs soutirages sont très intéressants du point
de vue thermo économique.
Le cycle de Rankine 104
5.7. Applications

Exemple 5.1

Soit une centrale thermique fonctionnant selon le cycle de Rankine


de base où la vapeur d’eau quitte la chaudière à l’état saturé et
pénètre dans la turbine à 3MPa. La pression au condenseur est de
10kPa.
1- représentez son cycle thermodynamique sur le diagramme
(T-S).
Déterminez :
2- le travail effectué par la pompe, et la quantité de chaleur
transmise au fluide moteur (eau) au niveau de la chaudière.
3- le travail développé par la turbine, et la quantité de chaleur
cédée par le condenseur
4- le rendement thermique du cycle, ainsi que la consommation
spécifique de vapeur CSV.
5- le rendement thermique de l’installation, si la vapeur
sortante de la chaudière est surchauffée à une température de
400°C.

Solution :
1/ à travers les données de l’application, on schématise les points
caractéristiques du cycle de Rankine sur un diagramme (T.S) de la vapeur
d’eau comme indiqué sur la figure (5.12) ;
105 Le cycle de Rankine

TC 233,90 °C 3 3MPa 4

Tf 45,81°C 10kPa
1 5

S
Fig.(5.12) ; Cycle représentatif de l’exemple 5.1.

2.1/ le travail de la pompe : W p


 Entrée de la pompe :
. État : liquide saturé.
p1 = 10 kPa
h1 = hl =191,83 kJ/kg (Table de pression

(A.2.1)).

 Sortie de la pompe :
État : liquide sous pression.
p2 = 3MPa.
h2 : Inconnue (à déterminer).
Appliquons la relation :
Le cycle de Rankine 106
2

h2 − h1 =   dP =  (P2 − P1 ) = W p .
1

dont  : est le volume massique du liquide saturé déterminé à partir de la


table de pression (A.2.1), qui a pour valeur : 0.001010 m3/kg
d’où, le travail de la pompe par kilogramme de fluide est :
Wp = 0.001010(30 − 0.1)105 = 3.01kJ / kg

W p = 3.01kJ / kg

Alors :
h2 = h1 + W p = 194,83 kJ / kg

2.2/ la quantité de chaleur transmise au fluide par la chaudière : Q c

 Entrée de la chaudière :
État : liquide sous refroidi (comprimé)
p2 = 3MPa
h2 = 194,83 kJ/kg
 Sortie de la chaudière :
État : vapeur saturée (HP).
p4 = p3 = p2 = 3 MPa.
h4 = hv = 2804,2 kJ / kg (Table de

pression (A.2.3))
La quantité de chaleur reçue par le fluide moteur au cours de son passage
dans la chaudière est :
Qc = h4 − h2 = 2609,37 kJ / kg
107 Le cycle de Rankine

3.1/ le travail développé par la turbine : Wt

 Entrée de la turbine :
État : vapeur saturée (HP).
p4 = 3MPa
h4 = 2804,2kJ / kg
S 4 = S 5 = 6,1889kJ / kg.K (Table de

pression (A.2.3))
 Sortie de la turbine :
État : vapeur humide.
p5 = 10kPa

h5 = Inconnue (à déterminer).
S5 = S 4

Le travail Wt produit par la turbine ne peut être évalué sauf si h5 est

déterminée :
Wt = h4 − h5
comme la détente est isentropique on peut écrire :
S 4 = S5
étant donné que le point (5) est situé à l’intérieur de la courbe de
saturation, son entropie est exprimée par :
S 5 = S l + x (S v − S l )

d’où :
S5 − Sl
x= ( S l = 0,6493 kJ / kg.K et S v = 8,1502 kJ / kg.K )
Sv − Sl

( S v et S l sont déterminées de la table de pression (A.2.1))


Le cycle de Rankine 108
S5 − Sl
x= =0,7382
Sv − Sl

de même pour h5 :

(
h5 = hl + x hv − hl ) ( hl = 191.83 et hv = 2584,7 )

donc :

h5 = 1958,24 kJ/kg

après avoir calculé h5 et h4 on peut déterminer Wt :

Wt = h4 − h5 =2804,2-1958,24

Wt =845,95 kJ/kg

Le tableau ci-dessous récapitule les valeurs des différentes caractéristiques


thermodynamiques pour l’ensemble des états du fluide moteur au cours de
son cycle.

Tableau.(5.1) ; résultats de l’exemple 5.1. sans surchauffe.

Etat T (°C) P (bar) x S (kJ/kg.K) h ( kJ/kg)


1 45,81 0,1 0 0,6493 191,83
2 ≈ 45,81 30 0 0,6493 194,83
3 233,90 30 0 2,6457 1008,42
4 233,90 30 1 6,1869 2804,2
5 45,81 0,1 0,7382 6,1869 1958,24
109 Le cycle de Rankine

3.2/ la quantité de chaleur cédée par le condenseur : Q f

 Entrée du condenseur :
État : vapeur humide
p5 = 10kPa.

h5 =1958,24 kJ/kg

 Sortie du condenseur :
État : liquide saturée.
p1 = p5 = 10kPa

h = 191,83 kJ/kg
1

d’où, la quantité de chaleur cédée au niveau du condenseur est :


Q f = h5 − h1

Q f = 1766 ,41 kJ / kg

4.1/ Calcul du rendement thermique :


Nous pouvons maintenant calculer le rendement thermodynamique
du cycle de Rankine :

Wnet Wt − W p (h4 − h5 ) − (h2 − h1 )


 th = = =
Qc Qc (h4 − h2 )
W net 845,95 − 3,01
 th = =
Qc 2610,37

 th = 32,29%
Le cycle de Rankine 110
4.2/ Consommation spécifique de vapeur CSV :
3600
CSV =
W net
d’où :
3600
CSV = = 4,27kg / kWh
842,94

5/ la vapeur est surchauffée (voir fig.(5.3)) jusqu’à une température de


400°C avant son acheminement vers la turbine, à cet état
thermodynamique (3Mpa, 400°C) l’enthalpie et l’entropie sont
déterminées à partir de la table de pression (A.3.3). Il en résulte que :
h4 = 3230,9kJ / kg et S 4 = 6,9212kJ / kg.K

S 4 = S 5 (la détente de 4 à 5 est isentropique)

on peut exprimer S 5 par :

S 5 = S l + x (S v − S l ) à p = 10kPa .

ce qui implique que :


S5 − Sl
x= ( S l = 0,6493 kJ / kg.K et S v = 8,1502 kJ / kg.K )
Sv − Sl

x = 0,8361
L’enthalpie h 5 est déterminée par :

(
h5 = hl + x hv − hl ) ( hl = 191.83 et hv = 2584,7 )

h5 = 2192kJ / kg
111 Le cycle de Rankine

Tableau.(5.2) ; résultats de l’exemple 5.1. avec surchauffe.

Etat T (°C) P (bar) x S (kJ/kg.K) h ( kJ/kg)


1 45,81 0,1 0 0,6493 191,83
2 ≈ 45,81 30 0 0,6493 194,83
3 233,90 30 0 2,6457 1008,42
3’ 233,90 30 1 6,1869 2804,2
4 400 30 - 6,9212 3230,9
5 45,81 0,1 0,7382 6,9212 2192

Le rendement thermique  th de ce cycle à surchauffe est exprimé par la

relation (5.9) ;
h5 − h1
 th = 1 −
h4 − h2
 th = 34,10 %

Exemple 5.2

Dans la même centrale thermique de l’application précédente, la


vapeur surchauffée sortante de la chaudière subit une détente
partielle dans la turbine à haute pression (HP) jusqu’à une pression
de 800kPa. Cette vapeur détendue est ensuite resurchauffée à
400°C puis elle est détendue dans la turbine à basse pression (BP)
jusqu’à une pression de 10kPa. Déterminez le rendement
thermique du cycle.
Le cycle de Rankine 112
Solution :
Sur le cycle à resurchauffe illustré sur la figure (5.10), les états 1, 2, 3, et 4
maintiennent les mêmes valeurs de leurs caractéristiques
thermodynamiques figurant dans le tableau.(5.2),tandis qu’il reste à
déterminer les états 5,6, et 7.

4 6

3 3MPa 3’

0,8MPa 5

2
10kPa
1 7

S
Fig.(5.13) ; Cycle représentatif de l’exemple 5.2.

Etat 5 :
La détente partielle dans la turbine (HP) de l’état 4 à l’état 5 se déroule
selon un processus isentropique. Ce ci permet d’écrire :
S 4 = S 5 = 6,9212kJ / kg.K

L’état 5 est caractérisé par le point d’intersection de l’isentropique S 5

avec l’isobare P5 = 0,8MPa tracé sur le diagramme (T.S) de la vapeur

d’eau. Ce point correspond à une température de T5 = 225C et une


113 Le cycle de Rankine

enthalpie h5 = 2900kJ / kg [(lecture directe sur le diagramme (T.S) de la

figure (A.1)

Etat 6 :
La resurchauffe de la vapeur de l’état 5 à l’état 6 ( T6 = 400C ) s’effectue

à pression constante équivalente à celle de fin de détente partielle, et qui


vaut P5 = P6 = 0,8MPa . A cet état correspond une enthalpie

h6 = 3267 ,1kJ / kg et une entropie S 6 = 7,5716kJ / kg.K (table (A3.2))

Etat 7 :
La fin de détente est caractérisée par l’état 7 où la pression est de
P7 = 10kPa , et d’entropie S 7 = S 6 = 7 ,5716kJ / kg.K . Le titre de vapeur
est exprimé par :
S7 − Sl
x= = 0,9228
Sv − Sl
L’enthalpie h 7 aura pour expression :

(
h7 = hl + x hv − hl )
h7 = 2399,97kJ / kg

Le rendement thermique est exprimé par la relation (5.13) :

(h6 − h7 ) + (h4 − h5 ) − (h2 − h1 )


 th =
(h4 − h2 ) + (h6 − h5 )
d’où :
 th = 35,29 %

Tableau.(5.3); récapitulatif des résultats de l’exemple 5.2.


Le cycle de Rankine 114

Etat T (°C) P (bar) x S (kJ/kg.K) h ( kJ/kg)


1 45,81 0,1 0 0,6493 191,83
2 ≈ 45,81 30 0 0,6493 194,83
3 233,90 30 0 2,6457 1008,42
3’ 233,90 30 1 6,1869 2804,2
4 400 30 - 6,9212 3230,9
5 225 8 - 6,9212 2900
6 400 8 - 7,5716 3267,1
7 45,81 0,1 0,9228 7,5716 2399,97

Exemple 5.3

Soit une installation motrice à vapeur fonctionnant sous les mêmes


conditions opératoires que celle de l’application (5.1), la vapeur
surchauffée entre dans la turbine à haute pression à 3MPa et 400°C
et sort de celle ci à 1MPa. ; Une partie de la vapeur est soutirée
puis elle est dirigée vers un réchauffeur à mélange. Le reste de la
vapeur subit une détente dans la turbine à basse pression jusqu’à
10kPa. Déterminez le rendement thermique de cette installation.

Solution :
Le cycle de fonctionnement de cette installation est illustré sur la
figure.(5.14). Il s’agit d’un cycle à soutirage avec réchauffeur à mélange
dont les états 1, 2, 5, 5’, 6 et 7 sont déjà déterminés dans l’application de
115 Le cycle de Rankine

l’installation à surchauffe de l’application (5.2), il reste à déterminer les


états 3,4 et 8.

5 3MPa
5’
8
4 y
1MPa
3

2 1-y
10KPa
1 7

Fig.(5.14) ; Cycle représentatif de l’exemple 5.3. S

Etat 3 :
Le fluide moteur à sa sortie du réchauffeur à mélange est à l’état de
liquide saturé, sous une pression de soutirage de 1MPa. Cette pression
corresponde à une température de saturation de 179,91°C (Table (A.2.3)),
une enthalpie h3 = 762,81kJ / kg et une entropie S 3 = 2,1387kJ / kg.K

Etat 4 :
Le processus de pompage ramenant le fluide moteur de l’état 3 à l’état 4 se
fait à entropie constante (pompage isentropique). Ce ci permet d’écrire :
h4 − h3 = (W p 2 ) =  (P4 − P3 )
D’où :
Le cycle de Rankine 116

h4 = h3 +  (P4 − P3 ) = 762,81 + 0,001127(30 − 10)10 5


h4 = 765,06kJ / kg
Etat 8 :
Le soutirage de la vapeur détendue s’effectue au point 8 à une pression de
1Mpa. Ce point est situé à l’intersection de l’isentropique
( S 8 = S 6 = 6,9212 ) avec l’isobare de 1MPa. Il en résulte que la

température qui correspond à ce point est de 248°C avec une


enthalpie h8 = 2940,3kJ / kg (lecture directe des variables

thermodynamique du point d’intersection sur le diagramme (T.S) de la


figure (A.1)).

La fraction de vapeur soutirée est exprimée par la relation (5.16) :


h3 − h2 762,81 − 194,83
y= = = 0,2069
h8 − h2 2940,3 − 194,83
Alors le rendement thermique  th aura pour expression :

Wnet Wt − (W p1 + W p 2 )
th = =
Qc h6 − h4

=
(h6 − h7 ) + y(h8 − h7 ) − (1 − y )(h2 − h1 ) + (h4 − h3 )
h6 − h4

 th = 35,62 %
117 Le cycle de Rankine

Tableau.(5.4) ; récapitulatif des résultats de l’exemple 5.3.

Etat T (°C) P (bar) x S (kJ/kg.K) h ( kJ/kg)


1 45,81 0,1 0 0,6493 191,83
2 ≈ 45,81 30 - 0,6493 194,83
3 179,91 10 0 2,1387 762,81
4 ≈179,91 30 - 2,1387 765,06
5 233,90 30 0 2,6457 1008,42
5’ 233,90 30 1 6,1869 2804,2
6 400 30 - 6,9212 3230,9
7 45,81 0,1 0,7382 6,9212 2192
8 248 10 - 6,9212 2940,3
118

Chapitre : 06
LE CYCLE DE BRAYTON

George Brayton est né le 03 octobre 1830 dans le Rohnde


Island aux états unis d’Amérique. Ingénieur en mécanique,
il s’intéressait pleinement aux différents développements
industriels réalisés à son époque tel que la machine à
vapeur ainsi que l’ensemble des cycles thermodynamiques
pouvant développer une puissance motrice. En 1872, et après une série de
tentative et d’essai, Brayton a réussi à faire fonctionner un moteur
volumétrique composé de deux cylindres séparés et une chambre de
combustion, dans laquelle s’effectue l’auto inflammation du mélange
gazeux. Le moteur en question fonctionne selon un cycle
thermodynamique constitué de deux transformations isobares et deux
isentropiques, ce cycle est considéré comme étant le cycle idéal des
turbines à gaz. Après une vie pleine de réalisations techniques, il meurt le
17 décembre 1892.
119 Le cycle d e Brayton

6.1. Introduction
Le cycle de Brayton est l’un des premiers cycles
thermodynamiques de puissance dont la combustion est interne.
Autrement dit, l’apport de chaleur au niveau de la source chaude est le
résultat de la combustion d’un combustible gazeux, à l’intérieur d’une
enceinte intégrée dans l’installation motrice appelée « chambre de
combustion ». Historiquement, c’est en l872 que George Brayton a
déposé son brevet d’un moteur volumétrique comportant un compresseur,
une chambre de combustion et une machine de détente. Au cours du
vingtième siècle, ce cycle a fait l’objet de plusieurs applications dans
divers champs industriels, en subissant des améliorations technologiques
afin d’obtenir une meilleure efficacité énergétique. Parmi ces applications
les plus répandues figurent les turbines à gaz d’aviation (turboréacteur) et
les turbines à gaz de grandes puissances utilisées dans les centrales
thermique de production d’électricité.

6.2. Description du cycle de Brayton théorique

Le cycle de Brayton théorique est constitué de quatre


transformations thermodynamiques illustrées sur la figure.(6.1) comme
suit :
1-2 : compression isentropique.
2-3 : transformation isobare à haute pression (apport de chaleur).
3-4 : détente isentropique.
4-5: transformation isobare à basse pression (rejet chaleur).
Le cycle d e Brayton 120

Qc

2 3

Wnet

1 4
Qf

V
Fig. (6.1) ; Cycle de Brayton théorique.

6.2.1. Rendement thermique du cycle


Le rendement du cycle est déterminé comme suit :

T 
T1  4 − 1
Qf m g C p (T4 − T1 )  T1 
 th = 1 − = 1− = 1− 6.1
Qc m g C p (T3 − T2 ) T 
T2  3 − 1
 T2 
Comme les deux évolutions 1-2 et 3-4 sont isentropiques et obéissent à la
relation P1− T  = cte , on peut écrire :
P11− T1 = P21− T2 ………. (a)

P41− T4 = P31− T3 ………. (b)


Le rapport (b) / (a) fait ressortir la forme suivante:
121 Le cycle d e Brayton
 
P41− T4 P31− T3 T  T 
1−  
= 1−    4  =  3  ; car P4 =P 1 et P3 = P2
P1 T1 P2 T2  T1   T2 
et par conséquent :

 T4   T3  T T
  =    4 − 1 = 3 − 1
 T1   T2  T1 T2
si cette égalité est introduite dans l’expression (6.1), on aboutit à :
T1
 th = 1 − 6.2
T2
T1
remplaçons le terme de l’équation précédente par son expression
T2
1− 
 P2  
  tirée de la relation (a), il résulte:
 P1 
1 1
 th = 1 −  −1
= 1−   −1 
6.3
 
 P2  
r   
  p

 P1 
P2
est défini comme étant le rapport de pression exprimé par r p , il
P1
représente à la fois le rapport de compression et de détente, car
P2 P3
= dans un cycle de Brayton .
P1 P4
A travers la courbe de la figure(6.2) représentant la variation de
rendement du cycle en fonction du rapport de pression, on constate que
lors de l’augmentation du rapport de pression r p , le rendement varie
Le cycle d e Brayton 122
différemment dans trois zones distinctes ; La première est celle qui
correspond à un développement rapide, dans laquelle le rendement est
fortement affecté par l’augmentation du rapport de pression, enregistrant
un passage de 0% à 51% dans une fourchette des rapports de pression
comprise entre 1 et 12. La seconde zone est caractérisée par un
développement ralenti traduit par une faible augmentation du rendement
atteignant une valeur de 63% pour un rapport de pression au voisinage de
30.
100

90

80

70
Rendement du cycle %

60

50

40

30
Développement Développement Développement
rapide ralenti quasi statique
20

10

0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40
Rapport de pression rp

Fig. (6.2) ; Rendement thermique en fonction du rapport de pression.

Tandis que pour des rapports de pression supérieurs à 30, l’augmentation


du rendement est quasiment très faible relativement aux deux zones
précédentes.
123 Le cycle d e Brayton

6.2.2. Le travail maximal développé


Il est évident que le travail développé par un cycle de puissance est
conditionné par les valeurs limites que les variables thermodynamiques (T,
P) du fluide moteur peuvent atteindre, ces limites sont fonction non
seulement des propriétés intrinsèques du fluide lui-même, mais d’autres
grandeurs relatives à la conception de la machine. Donc il est de grande
utilité pratique la détermination du rapport de pression rp pour lequel le

travail développé par la machine soit maximal.

Wnet =Q C −Q f = mg C p (T3 − T2 ) − mg C p (T4 − T1 )


D’où :
 T T   T 
Wnet = mg C pT1  3 − 2  −  4 − 1
 T1 T1   T 1 
6.4
 T T   T T 
= mg C pT1  3 − 2  −  4 3 − 1
 T1 T1   T3 T 1 

Etant donné que les deux évolutions 1-2 et 3-4 sont isentropiques, on peut
écrire :
 −1
 −1
T2  P2  
=  = rp 
…..…….. c
T1  P1 
et
1−
1−
T4  P3  
=  = rp  …………d
T3  P4 
Introduisons les expressions (c) et (d) dans l’équation (6.4), on obtient :
Le cycle d e Brayton 124

 T3  −1
  1−  T3 
Wnet = m g C pT1  − rp  −  rp

− 1
 T1   T 1 

T 3  1−
  −1 
= m g C pT1  1 − rp   − rp + 1
 6.5
 T1   
Le travail maximal correspond au rapport de pression pour lequel la
dérivée première du Wnet par rapport à rp est nulle, ce ci est traduit

mathématiquement par :
dWnet
=0 6.6
drp
Après dérivation :

 − 1  T 3  
1− 2  1
dWnet −
= m g C p T1 rp − rp  =0 6.7
drp   T1 

L’équation (7.7) admis comme solution :


1− 2  1
T3  −
rp − rp  = 0
T1
D’où :
 
T  2 − 2 T  2 − 2
rp =  3  =  max  6.8
 T1   Tmin 

L’équation (6.8) stipule que, le rapport de pression rendant


maximum le travail moteur est une fonction croissante de la température
de fin de combustion T 3 , ce qui motive la recherche à l’obtention d’une

température aussi élevée que possible à l’entrée de la turbine (sortie de la


125 Le cycle d e Brayton

chambre de combustion). Ce niveau élevé de température recherché est


conditionné par la température de fusion des matériaux en contact avec les
gaz chauds produits de combustion. Les développements réalisés dans le
domaine de la science des matériaux ont conduit à mettre au point des
aciers fortement alliés à base de nickel, chrome et molybdène possédants
des caractéristiques mécaniques qui leurs permettent de résister aux fortes
températures de l’ordre de 1300 à 1600 °C sans risque d’endommagement
thermique.

Si r p est remplacé par son expression dans W net , on aura :

 1

T   T3 2 
Wnet (max) = m g C p T1  3  − 2   + 1 6.9
 T1   T1  
 
Il est à noter qu’en plus de ce qu’a été énuméré comme paramètres
affectant le travail moteur, figure la contribution significative de la
température de l’air d’admission, ce qui rend le cycle tributaire aux
conditions climatiques.

6.3. Applications du cycle de Brayton


Le cycle de Brayton est largement appliqué, comme cycle moteur
dans diverses machines thermiques développantes une puissance motrice,
il représente le cycle idéal correspondant à une turbine à gaz élémentaire.
Il y’a un certain nombre d’années, l’utilisation des turbines à gaz
ne présentait aucun intérêt pratique suite à leur faible puissance
développée, et qui suffisait juste à faire fonctionner le compresseur sans
dégager une puissance utile. Ce n’est qu’après l’amélioration de
l’efficacité des compresseurs ainsi que la découverte de nouveaux
Le cycle d e Brayton 126
matériaux résistants aux hautes températures, que l’exploitation de telles
turbines a pris de l’ampleur au sein de différents secteurs industriels
(aéronautique, propulsion navale, centrale thermoélectrique).

6.3.1. Turbine à gaz


La turbine à gaz est une machine motrice appartenant à la catégorie
des moteurs à combustion interne. Elle est composée d’un compresseur,
une chambre de combustion et une turbine de détente, assemblés selon le
schéma de principe de la figure (6.3).
Le fonctionnement de la turbine à gaz est caractérisé par un écoulement
permanent du fluide moteur au cours d’un cycle accompli, en passant par
les quatre évolutions du cycle de Brayton comme suit :
De 1 à 2 ; l’air atmosphérique est admis au compresseur dans lequel subit
une compression isentropique jusqu’à un niveau de pression généralement
compris entre 10 et 30 bars.
Combustible

m c

m a
2 3
Air HP Gaz brulés
Chambre de combustion m g HP

Wnet
arbre
Compresseur Turbine

1 4
m a m g

Air neuf Gaz brûlés


BP BP (échappement)

Fig. (6.3) ; schéma de principe d’une turbine à gaz.


127 Le cycle d e Brayton

De 2 à 3 ; l’air comprimé sortant du compresseur pénètre dans la chambre


de combustion dans laquelle, le combustible est injecté à haute pression.
Le mélange comburé (air+combustible) se trouve sous une pression
favorisant son auto inflammation. Cette dernière est traduite par une
réaction exothermique (explosion), qui dégage une quantité de
chaleur Q c accompagnée d’une élévation de température des gaz brûlés à

l’état 3 (sortie de la chambre de combustion).


De 3 à 4 ; les gaz brûlés sous haute pression et haute température,
s’écoulent vers la turbine de détente à travers laquelle subissent une
détente isentropique en développant un travail moteur.
De 4 à 1 ; les gaz détendus sont ensuite acheminés et rejetés dans
l’atmosphère (échappement des gaz brûlés)

6.4. Analyse énergétique d’une turbine à gaz


Les installations motrices telles que les turbines à gaz font toujours
l’objet d’une analyse énergétique, visant à déterminer leur rendement
thermique ainsi que la puissance nette développée.

6.4.1. Travail et rendement thermique d’un cycle réel :


Le cycle réel d’une turbine à gaz s’écarte du cycle théorique suite à
l’irréversibilité dans le compresseur et la turbine ainsi que la chute de
pression présente dans les canaux d’écoulement de la chambre de
combustion. Les états fonctionnels d’une turbine à gaz élémentaire à cycle
ouvert fonctionnant selon un cycle réel pourraient être donc représentés
sur les figures. (6.4) et (6.5).
La puissance nette développée est exprimée à partir du bilan
énergétique suivant:
Le cycle d e Brayton 128
Pu net = PuT − PuC = m g WT − m aWC 6.10

Dont :
m c : débit des gaz comburés, m a débit d’air comprimé, Punet : puissance
nette développée
PuT : Puissance motrice de la turbine, Pu C : puissance requise par le
compresseur.
P

1-2-3-4 : cycle théorique


2 2’ 3 1-2’-3-4’ : cycle réel.

1 4 4’

V
Fig (6.4) ; Cycle de Brayton réel et théorique sur un diagramme (P.V)

h
3

WT
QC
4’

4
2’
2 Qf
Wc
1

s
Fig (6.5) ; Cycle de Brayton réel et théorique sur un diagramme (h.s)
129 Le cycle d e Brayton

Le travail net de l’installation thermique par unité d’air neuf est par
a.
convention ; le rapport de la puissance nette Punet au débit d’air m

Pu net m g
Wnet = = WT − W C 6.11
m a m a
On remplace les différents travaux intervenants dans l’équation (6.11) par
leurs expressions prélevées du diagramme (h, S ) , il en résulte que:

m g
W net= (h3 − h4' ) − (h2' − h1 ) 6.12
m a
lors de l’explosion du mélange gazeux dans la chambre de combustion,
une quantité de chaleur est dégagée sous forme d’un flux calorifique. Ce
 c de combustible ainsi que de son pouvoir
dernier est fonction du débit m

calorifique PCI , le bilan de combustion peut s’écrire sous la forme


suivante :
m c PCI = m g h3 − m a h 2 ' 6.13

si on divise les deux membres de l’équation (6.13) par m a , on obtient

l’effet calorifique de la combustion Q c par unité d’air admis au

compresseur :
m c m g
Qc = PCI = h3 − h2' 6.14
m a m a

 a , la consommation de combustible m c , le pouvoir


Le débit d’air m

comburivore  et le coefficient d’excès d’air  sont reliés par l’équation


suivante :
m a =   m c 6.15
Le cycle d e Brayton 130
la relation entre le débit des gaz comburés et le débit d’air aspiré peut donc

s’exprimer par :

 1 
m g = m a + m c = m a 1 +  6.16
  

introduisons les équations (6.15) et (6.16) dans l’expression (6.14) de


l’effet calorifique généré par la combustion, on aboutit à l’expression
suivante:

1  1 
Qc = PCI = 1 + h 3 − h2 ' 6.17
   

de même pour le travail net développé, la relation (6.12) devient :

 1 
W net = 1 + (h3 − h4 ' ) − (h2 ' − h1 )
   

 1    1  
 W net = 1 + h 3 −h2 '  − 1 + h4' − h1  = QC − Q f 6.18
         
Le rendement thermique de la turbine à gaz n’est que le rendement de
conversion de l’effet calorifique QC produit par la combustion en un

travail net W net ;

 1 
1 + h4 ' − h1
W net QC    
 th = = 1− = 1− 6.19
QC Qf  1 
1 + h3 −h 2
   
6.5. Rendements isentropiques du compresseur et de la turbine
Les processus de compression et de détente supposés isentropiques
dans le cycle de Brayton théorique sont réellement polytropiques dans un
131 Le cycle d e Brayton

cycle réel. Ce ci est dû essentiellement à la présence d’une dissipation


énergétique (perte) au niveau des deux éléments tournants (compresseur et
turbine) de la turbine à gaz, ce phénomène de dissipation donne naissance
à une irréversibilité du processus et par conséquence, une création
( )
d’entropie traduite par S 2' − S 2 à travers le compresseur et (S 4 ' − S 4 ) au

niveau de la turbine de détente proprement dite (voir figure (6.5)).


Les rendements isentropiques du compresseur et de la turbine sont
déterminés par rapport aux évolutions de compression et de détente
comme suit :
• Pour le compresseur :

h2 − h1
 pc = 6.20
h2 ' − h1

• Pour la turbine :

h4 ' − h3
 pT = 6.21
h4 − h3

Un des inconvénients que présente le cycle de Brayton par rapport à


d’autres cycles moteur, est la fraction importante de puissance que
nécessite le fonctionnement du compresseur, et qui présente parfois 35 %
à 80 % de la puissance totale fournie par la turbine. Donc toute diminution
de rendement  pc du compresseur ainsi que  pT de la turbine engendre

une décroissance très sensible du rendement global de la machine. En


pratique, si ces deux rendements tombent en dessous d’environ 60 %,
alors tout le travail de la turbine ne sert plus qu’à entraîner le compresseur
de sorte que le rendement total est nul (aucun travail utile n’est
disponible).
Le cycle d e Brayton 132
6.6. Applications

Exemple 6.1

Dans un turboréacteur équipant un avion, l’air est admis au


compresseur à 0.1MPa et 25°C, avec un débit de 580 kg/s. Il sort à
une pression de 1MPa avant son acheminement vers la chambre de
combustion dans laquelle, il est mis en contact avec un
combustible sous pression s’écoulant à 15,9 kg/s. Les gaz brûlés
atteignant une température en fin de combustion de l’ordre de
1100°C.
Si le turboréacteur fonctionne selon le cycle de Brayton théorique,
Calculez :
1- la pression et la température aux quatre points caractéristiques
du cycle.
2- le rapport entre la puissance requise par le compresseur et

W c
celle produite par la turbine .
W t

3- le rendement thermique du cycle moteur.


(C )
p air  (C p )g = 1,0035kJ / kg.C

Solution :
1/ la pression et la température à chaque sommet du cycle sont
déterminées comme suit :
Point 1 :
Les variables d’état du point 1 sont déclarées comme données dans
l’application, elles ont pour valeurs :
133 Le cycle d e Brayton

P1 = 0,1MPa
T1 = 298,15K
Point 2 :
P2 = 1MPa
La compression de l’air de l’état 1 à l’état 2 se fait à entropie constante
(isentropique), d’où :
T1 P11− = T2 P21−
1− 
P  
 T2 = T1  1  = 575,22K
 P2 
Point 3 :
La combustion s’effectue à pression constante entre l’état 2 et l’état 3,
alors :
P3 = P2 = 1MPa
tandis que la température en fin de combustion correspond à :
T3 = 1373,15K
Point 4 :
La détente isentropique du mélange gazeux de 3 à 4 permet d’écrire :
T3 T31− = T4 P41−
1− 
P  
 T4 = T3  3  = 711,24K
 P4 
Le cycle d e Brayton 134

P 1MPa
1MPa
575,22K 1373,15K
2 3

1 0,1MPa 4
0,1MPa
298,15K 711,24K
V
Fig.(6.6) ; Représentation du cycle de Brayton pour l’exemple 6.1.

W c
2/ le rapport de puissance :
W t

La compression et la détente sont isentropiques dans un cycle de Brayton


théorique, et si on applique le 1er principe de la thermodynamique sur les
deux évolutions 1-2 et 3-4, on peut écrire :
(C )
W c = U 12 = m a (Cv )air (T2 − T1 ) = m a (T2 − T1 ) …………(a)
p air


(C )
W t = U 34 = m g (Cv )g (T4 − T3 ) = (m a + m c ) (T4 − T3 )…..(b)
p g


Alors ;
(C )
m a
p air
(T2 − T1 )
W c  m a  T2 − T1 
= =  
W (C ) m a + m c  T3 − T4 
t
(m a + m c )
p g
(T − T4 )

3

D’où ;
135 Le cycle d e Brayton

W c
= 0,4074
Wt

A travers cette valeur du rapport de puissance, on constate clairement que


40,74% de la puissance générée par la turbine est consommée par le
compresseur.

3/ le rendement du cycle moteur est obtenu par l’application de


l’expression 6.3 :
1 1
 th = 1 −  −1
= 1−   −1 
; th = 48,20%
 
 P2  
r   
  p

 P1 

Exemple 6.2

Soit une centrale thermique à turbine à gaz fonctionnant selon le


cycle de Brayton théorique en fournissant une puissance de
20MW à une génératrice électrique. La température et la pression
d’air à l’admission sont respectivement égales à 17 °C et 100 kPa,
tandis que la température et la pression maximale du cycle sont à
1227 °C et 1000 kPa. Calculez :
1- le débit du combustible injecté si le débit d’air est de
36,5kg/s.
2- la puissance motrice de la turbine.
3- la fraction retenue de la puissance de la turbine pour
l’entraînement du compresseur.
4- la quantité de chaleur rejetée à l’échappement.
Le cycle d e Brayton 136
Solution :
1/ par l’application de la relation (6.13) qui exprime le travail net
développé par un cycle de Brayton ;

T  1− 
  −1 
W net = m g C p T1  3 1 − r p   − r p + 1
 
 T1   
Si cette expression est traduite en forme de puissance, elle s’écrira comme
suit:

T 3  1−
  −1 
Wnet = m g C pT1  1 − rp 
  − rp + 1

 T1   
dont ;
W net : est la puissance délivrée par la centrale.
m g = m c + m a (débit des gaz brûlés=débit du combustible + débit
d’air).

D’où ;
W net
m c = − m a
T  1−
  −1 
3   − rp + 1
C p T1  1 − rp 

 1 
T  

Après qu’on remplace les différents paramètres par leurs valeurs dans
l’expression de m
 c , il en résulte :

20  106
m c = − 36,5
1500,15 
1,004510  290,15
3
(1 − 10 ) − 10 + 1
−0 , 285 0 , 285

 290,15 
137 Le cycle d e Brayton

 c = 7,47kg / s
m

2/ la puissance produite par la turbine n’est que :

W t = m g Wt ; dont Wt : est le travail de la turbine par unité

de masse.

Comme la détente est isentropique, on peut écrire :

Wt = U 34 = C v (T4 − T3 )

cette dernière peut se traduire en terme de puissance comme suit :

 T 
W t = m g Cv (T4 − T3 ) = −m g CvT3 1 − 4 
 T3 
 1−

 
1−
 C p    P3    C
= −m g T3   1 −    = m g T3  p 1 − rp  
 
     P4      
 

après l’application numérique, on obtient :

Wt = −22,81MW

La valeur négative obtenue, signifie que la puissance est produite par la


turbine et fournie au milieu extérieur.

3/ la fraction de la puissance retenue pour l’entraînement du compresseur


est exprimé comme suit :

W c W t − W net W net
(% )c =  = = 1−
Wt W t W t
Le cycle d e Brayton 138
D’où :
20
(%)c = 1− = 12,31%
22,81
4/ la quantité de chaleur rejetée à l’échappement est déterminée par le
biais de l’expression du rendement thermique :
W W 1
 th = net = net
= 1− = 0,4811 (de la relation 6.3)
Qc Wnet + Q f
  −1

r p

Ce qui permet de déduire Q f :

W net (1 − 0,4811)
Qf = = 21,57MW
0,4811
Exemple 6.3

Lors de la mise au point d’une turbine à gaz destinée à une


exploitation industrielle, dans une région où règne une
température d’ambiance extérieure moyenne de 27°C. Le
matériau composite prévu dans la conception des aubages de la
turbine de détente, possède une température de fusion de l’ordre
de 1100°C. Quel est :
1- le rapport de pression optimum r p à appliquer.

2- le travail maximal développé par kilogramme de


combustible si ce dernier est le méthane. On donne ;
ma
= 23,15 ; (C )
p g = 1,231kJ / kg.K .
mc
139 Le cycle d e Brayton

Solution :
1/ il est évident que le rapport de pression optimum appliqué dans les
turbines à gaz a pour but de permettre à l’installation de développer le
maximum de travail possible. Ce rapport est exprimé analytiquement dans
le paragraphe (6.2.2) par la relation (6.8) :

T  2 − 2
r p =  max 
 Tmin 
Dont ; T max correspond à la température maximale atteinte, à condition que

les aubages de la turbine de détente peuvent la supporter sans engendrer


leurs déformation structurale. Cette dernière est limitée en métallurgie,
par le phénomène de fusion du matériau avec lequel sont conçus les
aubages de la turbine qui sont en contact permanent avec le flux gazeux
sortant de la chambre de combustion.
La température Tmin est celle de l’air d’admission qu’est généralement

admis directement de l’ambiance extérieure. Alors dans cette application,


Tmax  T3 = 1100C et Tmin = T1 = 27C , d’où :
1, 75
 1373,15 
rp =   = 14,31
 300,15 
2/ le travail maximal développé est déterminé à travers la relation (6.9) :
 1

T   T3 2 
Wnet (max) = m g C p T1  3  − 2   + 1
 T1   T1  
 
Comme :

m g = mc + ma

Il en résulte que :
Le cycle d e Brayton 140

 1

Wnet  m   T3   T3 2 
(max) = C p T1 1 + a    − 2   + 1
mc  mc   T1   T1  


D’où :
Wnet
(max) = 70 ,1MJ / kg
mc

Exemple 6.4

Une turbine à gaz fonctionne selon le cycle de Brayton


élémentaire et utilise l’air comme fluide moteur. Le rapport de
pression est de 10/1, la température à l’entrée du compresseur est
de 25 °C, le rendement isentropique du compresseur est de 75 %
tandis que le rendement de la turbine est de 80 %.
1- quelle est la plus basse température maximale du cycle
qui peut permettre à la turbine à gaz de fonctionner sans
produire aucune puissance motrice.
2- si la température maximale du cycle est de 1100 °C, quel
est le rendement thermique du cycle.

Solution :
1/ si la turbine à gaz fonctionne sans produire une puissance motrice, ce ci
revient à dire que :
Wnet = 0
Equivalent à :
Wt − Wc = 0  Wt = Wc ………………… a
141 Le cycle d e Brayton

De la figure (6.7), on peut mettre sous équations les expressions


suivantes :

(Wc )s h2 − h1 C p (T2 − T1 )
c = = =
Wc Wc Wc

h
3

4’

4
2’
2
1-2-3-4 : cycle théorique
1-2’-3-4’ : cycle réel.
1
s
Fig. (6.7) ; représentation du cycle de Brayton sur un
diagramme (h,S)

D’où :

C p (T2 − T1 )
Wc = ……………………….. b
c

De même :

Wt Wt Wt
t = = =
(Wt ) s h3 − h4 C p (T3 − T4 )
Alors, le travail de détente aura pour expression :
Le cycle d e Brayton 142
Wt =  t C p (T3 − T4 ) ……………………. c

Remplaçons les deux expressions (c) et (b) dans (a), on obtient :

C p (T2 − T1 )
 t C p (T3 − T4 ) =
c

 T  T 
  t c C p T3 1 − 4  = C p T1  2 − 1
 T3   T1 

T 
T1  2 − 1
 T1 
T3 = ………………….. d
 T4 
 t c 1 − 
 T3 
La basse température maximale à déterminer corresponde à T 3 , et

comme la détente 3-4 ainsi que la compression 1-2 se déroulent à


entropie constante, on peut écrire :

 −1
T2  P2 
= (r p ) 
  −1
P11− T1 = P21− T2  = 
T1  P1 
1−  1
P 
= (r p ) 
T  1− 
P41− T4 = P31− T3  4 =  3 
T3  P4 
T2 T4
Introduisons les expressions de et dans l’expression (d), on
T1 T3
aboutit à :
143 Le cycle d e Brayton

  −1 
T1  r p − 1
 
 
T3 =
 1− 

 t c 1 − r p  
 
D’où :
T3 = 850,11K

A travers le résultat obtenu, la turbine à gaz ne peut produire une


puissance motrice dans les conditions ci indiquées, qu’à des températures
maximales supérieure à 850,11K.

2/ le rendement thermique th du cycle s’exprime par :

Qf h4 ' − h1 T − T1
 th = 1 − = 1− = 1 − 4' ……….. e
Qc h3 − h 2 ' T3 − T2 '
Afin de déterminer  th on doit calculer T4 ' et T2 ' comme suit ;

(Wc )s h2 − h1 C p (T2 − T1 ) T2 − T1
c = = = =
Wc h2' − h1 C p (T2' − T1 ) T2' − T1

  −1 
 T2 − T1   rp − 1 
T2 ' =   + T1 = T1   + T1 = 620,61K
     
c
 c
 
De même pour T4 ' :

Wt h − h4' C p (T3 − T4' ) T3 − T4'


t = = 3 = =
(Wt )s h3 − h4 C p (T3 − T4 ) T3 − T4
Le cycle d e Brayton 144

T  T 
1 −  4 '  1 −  4 ' 
 T3   T3 
= = 1− 
 T4 
1 −   1 − r p

 T3 
D’où :

  1− 

T4 ' = T3 1 −  yh 1 − r p   = 844,54K
 
  
Introduisons les valeurs de T4 ' et T2 ' dans l’expression (e) du rendement

thermique, il en résulte que:


T4 ' − T1 844,54 − 298,15
 th = − = = 27,44%
T3 − T2 ' 1373,15 − 620,11
Exemple 6.5

Dans une centrale thermique de production d’électricité, opère


une turbine à gaz utilisant le gaz naturel comme combustible, la
puissance délivrée étant de 254 MW . Au cours de son
fonctionnement, l’appareillage de contrôle et d’asservissement
affiche les valeurs des paramètres suivants ; débit d’air
m a = 646kg / s ; débit du combustible m c = 16,3kg / s ;

température et pression d’admission sont à 1bar et 15,5C ;


l’air en fin de compression sort à 17,6 bar et 417,1°C ;

température de fin de combustion est de 1414C , tandis que les


gaz brûlés quittent la turbine à une température de 640°C.
Calculez :
145 Le cycle d e Brayton

1/ la puissance requise par le compresseur et son rendement


isentropique.
2/ le rendement isentropique de la turbine de détente.
3/ le rendement thermique de la turbine à gaz. Faites une
comparaison avec le rendement thermique du cycle théorique.
(C ) p air  (C p )g = 1,0035kJ / kg

Solution :
Cette turbine à gaz fonctionne selon un cycle de Brayton réel illustré sur
la figure (6.8). Afin de faciliter la démarche de calcul, on reprend les
différentes valeurs de pression et de température des points caractérisant le
cycle réel dans le tableau (6.1).

2 2’ 3 1-2-3-4 : cycle théorique


17,6 1-2’-3-4’ : cycle réel.

1,0
1 4 4’

V
Fig.(6.8) ; représentation graphique du cycle de l’exemple 6.5
Le cycle d e Brayton 146
Tableau.(6.1) ; variables d’état du cycle réel.
Point Pression (bar) Température (K)
1 1,0 288,65
2’ 17,6 690,25
3 17,6 1687,15
4’ 1,0 913,15

1/ la puissance du compresseur est traduite par :


Wc = m a C p (T2 ' − T1 )

Wc = 260,66MW

Le rendement isentropique du compresseur est déterminé à travers la


relation suivante :
h2 − h1 T2 − T1
 pc = =
h2 ' − h1 T2 ' − T1

comme la compression 1-2 (cycle théorique) est isentropique :


 −1
P  
T2 = T1  2  = 653,64K
 P1 
si T 2 est remplacée par sa valeur dans  pc , ce dernier aura pour valeur :

653,64 − 288,65
 pc = = 90,88 %
690,25 − 288,65

2/ le rendement isentropique de la turbine est donné par :


h4' − h3 T4' − T3
 pt = =
h4 − h3 T4 − T3
147 Le cycle d e Brayton

La détente 3-4 est isentropique, donc :


1− 
P  
T4 = T3  3  = 745,04K
 P4 
Après qu’on remplace T 4 dans  pt il en résulte que :

913,15 − 1687,15
 pt = = 82,15 %
745,04 − 1687,15

Tableau.(6.2) ; variables d’état du cycle théorique.

Point Pression (bar) Température (K)


1 1,0 288,65
2 17,6 653,64
3 17,6 1687,15
4 1,0 745,04

3/ le rendement thermique de la turbine à gaz est exprimé par :


W net W net
 th = =
Qc (m a + m c ) C p (T3 − T2' )
254  10 3
 th = = 38,33%
(16,3 + 646) 1.0035(1687,15 − 690,25)

Si on suppose que la turbine à gaz fonctionne selon le cycle de Brayton


théorique (1-2-3-4), son rendement prend la forme suivante :
1 1
( th )théorique = 1 −  −1
= 1−   −1 
  
 P2  
r  
  p

 P1 
Le cycle d e Brayton 148
D’où :
1
( th )théorique = 1 − 0.285
= 55,84%
 17,6 
 
 1 
Il est clairement que le rendement thermique du cycle réel est
inférieur à ce du cycle théorique. Ce ci est dû essentiellement aux
irréversibilités générées au cours du processus de compression et de
détente, qui sont traduites par les variations d’entropie enregistrées de
l’état 1 à l’état 2’ ainsi que de l’état 3 à l’état 4’ [voir le diagramme (h.S)
de la figure. (6.7). Alors, pour améliorer l’efficacité de l’installation, il est
impératif d’utiliser des compresseurs et des turbines de détente ayants des
rendements isentropiques les plus élevés possible, afin de se rapprocher
fonctionnellement au cycle théorique.
149

Chapitre : 07
LE CYCLE DE BEAU DE ROCHAS

Alphonse Eugène Beau dit Beau de Rochas est né le


9 avril 1815 à digne en france. Lauréat de l’institut
« Académie des sciences » à paris et ingénieur de
grands travaux, il posa le premier câble télégraphique
sous marin en 1850.Il dépose son brevet d’invention
du cycle thermodynamique à quatre temps le 16
janvier 1862. Ce brevet sous cinquantaine de pages, contient des
connaissances scientifiques de base relatives au moteur à quatre temps.
Dans un mémoire adressé à l’académie des sciences, il définit le
coefficient de propulsion du moteur à réaction. En 1884 il pose le principe
de propulsion par réaction mais il ne l’imagine pas appliqué à des
machines volantes .il meurt le 27 Mars 1893 à Vincennes.

7.1. Introduction
Le cycle théorique de Beau de Rochas est le cycle qui correspond
par excellence au fonctionnement des moteurs à combustion interne à
allumage commandé (par bougie). La description de ce cycle à quatre
temps apparaît en 1862, suite aux travaux de Beau De Rochas qui déposa
un brevet fondé sur son mémoire intitulé « nouvelles recherches sur les
conditions pratiques de l’utilisation de la chaleur et en général de la force
motrice ». La réalisation industrielle proprement dite d’un moteur à quatre
Le cycle de Beau De Rochas 150

temps opérant selon le cycle de Beau de Rochas revient historiquement, à


Nikolaus Otto qu’a mis au point en 1876, un moteur thermique utilisant
comme fluide moteur un mélange comprimé constitué d’air et d’un
carburant.

7.2. Description du cycle théorique de Beau de Rochas


Le cycle théorique est composé de quatre évolutions successives
représentées sur un diagramme (P.V) de la figure.(7.1) comme suit :

Qc

S=cte

Wnet
2
4
S=cte Qf

1
Fig. (7.1) ; Cycle théorique de Beau de Rochas. V

1-2 : compression isentropique du mélange gazeux (air + carburant).


2-3 : évolution isochore (apport de chaleur à volume constant
« combustion »).
3-4 : détente isentropique des gaz brûlés (production d’un travail
mécanique).
151 Le cycle de Beau De Rochas

4-1 : évolution isochore (rejet calorifique à volume constant


« échappement »).

7.2.1. Rendement thermique du cycle


Le rendement du cycle est exprimé par la relation :

T 
T1  4 − 1
Qf m g C v (T4 − T1 )  T1 
 th = 1 − = 1− = 1− 7.1
Qc m g C v (T3 − T2 ) T 
T2  3 − 1
 T2 
Il est à noter qu’à titre de simplification, on a supposé que le fluide
moteur est un gaz parfait de chaleurs massiques C p et C v invariables au

cours de ses différentes transformations. Les deux évolutions 1-2 et 3-4


sont isentropiques, ce ci permet d’écrire :
T1 V1 −1 = T2 V2 −1 ……….. (a)

T4 V4 −1 = T3 V3 −1 ..……… (b)


Le rapport (b)/(a) donne l’expression suivante :

T4 V 4 −1 T31V3 −1 T  T 
 −1
=  −1
  4  =  3  ; car V4 =V 1 et V3 = V2
T1 V1 T2 V 2  T1   T2 
et par conséquent :
T4 T
−1 = 3 −1
T1 T2
Cette égalité est introduite dans la relation (7.1), le rendement thermique
devient :
T1
 th = 1 − 7.2
T2
Le cycle de Beau De Rochas 152
 −1
T  V2 
En remplaçant le terme 1 par son expression   tirée de la relation
T2  V1 
V1
(a), et on défini rv = comme étant le rapport volumétrique de
V2
compression. La relation (7.2) prendra la forme suivante :
1 1
 th = 1 − = 1− 7.3
 V1 
 −1
(rv ) −1
 
 V2 
7.2.2. Analyse énergétique du rendement thermique du cycle
théorique
L’étude du cycle de Beau de Rochas qu’est composé de deux
évolutions isentropiques, et de deux isochores est basée sur des hypothèses
conduisant à un modèle simplifié de ce cycle. Ces hypothèses éloignent de
façon remarquable le cycle théorique à ce réellement adopté dans les
moteurs à combustion interne à allumage commandé.
Une de ces hypothèses, est celle de l’invariance des chaleurs massiques au
cours du cycle, cette constance ne trouve pas de justification car, lors de la
combustion du mélange air-carburant (évolution 2-3), ce dernier se
transforme en gaz brûlé dont la température peut atteindre des niveaux très
élevés avoisinants les 2300 °C. Cette modification chimique implique une
variation très sensible de la chaleur massique du fluide moteur.
De plus, on remarque que le rendement thermique  th tel qu’il est exprimé

par la relation (7.3) est une fonction croissante du taux de compression rv

(voir fig. (7.2).


153 Le cycle de Beau De Rochas

100

90

80
% ηth

70
Rendement du cycle %

60

50

40

30

20

10

0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36 38 40
rapport de compression volumérique rv

Fig. (7.2) ; évolution du rendement thermique en fonction du


taux de compression.

Il est évident que pour obtenir un meilleur rendement thermique, il


suffit d’augmenter le taux de compression le plus élevé possible sans tenir
compte de l’apport énergétique QC fourni au cours de la combustion du

mélange comburé. Cette propriété intéressante du point de vue


énergétique, est propre aux cycles thermodynamiques dans lesquels, les
deux rapports de compression et de détente sont égaux. A titre indicatif,
P2 P3 V V
= dans le cycle de Brayton et 2 = 3 dans le cycle de Beau de
P1 P4 V1 V 4
Rochas.
Cependant, la valeur maximale du taux de compression est limitée
industriellement par la nécessité d’éviter le phénomène de détonation du
carburant (auto allumage), qui se traduit par une combustion très rapide
Le cycle de Beau De Rochas 154

provoquant de fortes pressions (onde de choc) qui peuvent être à l’origine


d’un endommagement prématuré des parois intérieures du cylindre. De
plus la détonation donne lieu un dysfonctionnement du moteur caractérisé
par un cliquetis à l’allumage. Alors, le taux de compression ne peut en
aucun cas dépasser une certaine valeur limite, au dessus de laquelle il y’a
risque de détonation.
Pour les moteurs à allumage commandé utilisant les essences
dérivées du pétrole comme carburant, le taux de compression ne peut
guère dépasser une valeur de 10 afin d’éviter tout risque d’auto-allumage.
L’introduction récente des essences sans plomb ayant de très bonnes
caractéristiques anti détonantes a permet aux constructeurs, de mettre au
point des moteurs à allumage commandé dont le taux de compression peut
atteindre une valeur de 12.

7.3. Description pratique du cycle théorique


Il est de grande utilité de représenter le cycle théorique en
schématisant ses évolutions, en fonction des temps moteurs
correspondants et qui sont au nombre de quatre. Donc au cours d’un cycle
on a successivement :

Premier temps : admission de 0 à 1 Fig. (7.3)


La soupape d’admission s’ouvre : le piston partant du PMH
descend jusqu’au PMB, le mélange gazeux est aspiré et vient remplir le
cylindre, cette évolution se déroule à pression constante (pression
atmosphérique) car le cylindre est en communication avec l’extérieur. La
représentation graphique cohérente dans ces conditions est une droite
horizontale.
155 Le cycle de Beau De Rochas

PMH : point mort haut.


PMB : point mort bas.
PMB PMH : course du piston (le volume balayé est la
cylindrée).
SA : soupape d’admission.
SE : soupape d’échappement.

0 Admission 1

PMH Course du piston V


PMB

SA

SE

Sens de déplacement

Fig. (7.3) ; Phase d’admission.

Deuxième temps : compression de 1 à 2 Fig. (7.4)


La soupape d’admission se ferme : le cylindre devient
complètement clos (système fermé), et le piston remonte du PMB au PMH
Le cycle de Beau De Rochas 156

en comprimant les gaz jusqu’à une pression proche à celle de l’explosion


du mélange.

0 1

PMH Course du piston


V
PMB

SA

SE

Sens de déplacement

Fig. (7.4) ; phase de compression.

Troisième temps : combustion et détente 2-3-4 Fig. (7.5)


Le piston étant au PMH, une étincelle se déclenche dans le
mélange provoquant sa combustion. La pression augmente brusquement
suivant une isochore traduite par le volume mort de la culasse (volume de
la chambre de combustion). Cette évolution est rapidement suivie d’une
détente des gaz brûlés, le piston revient au PMB après avoir parcouru une
course complète.
157 Le cycle de Beau De Rochas

0 1

PMH Course du piston PMB


V

SA

SE

Sens de déplacement

Fig. (7.5) ; Phase de combustion et détente.

Quatrième temps : échappement 4 à 1 Fig. (7.6)


Lorsque le piston est au PMB, la soupape d’échappement s’ouvre
pour permettre au gaz détendus de s’écouler vers l’extérieur, sous la
différence de pression existante entre l’atmosphère et la pression de fin de
détente.
Le cycle de Beau De Rochas 158

Au cours de cette évolution, le piston remonte du PMB au PMH en


balayant les gaz brûlés vers l’extérieur sous forme de fumée.

0 1

PMH Course du piston PMB


V

SA

SE

Sens de déplacement

Fig. (7.6) ; Phase d’échappement.

7.4. Cycle réel d’un moteur à allumage commandé


Les hypothèses formulées initialement dans le cycle théorique ne
sont pas réalisées en pratique, le cycle théorique est alors modifié. Les
différentes évolutions qui correspondent à un cycle réel à quatre temps
sont illustrées dans la figure (7.7) :
159 Le cycle de Beau De Rochas

: Cycle théorique
d : Cycle réel.

c .
AA
.
AOE
e
a ..
AOA

RFE
. RFA
b

PMH PMB
V
Fig. (7.7) ; cycle réel d’un moteur à allumage commandé.

7.4.1. Analyse et fonctionnement du cycle


Les différentes évolutions constituant le cycle s’effectuent avec
une avance ou un retard que l’on mesure par rapport aux points morts
correspondants (PMH, PMB), soit par l’angle du coude de vilebrequin ,
soit par la distance du piston. Les constructeurs utilisent indifféremment
les valeurs angulaires ou les valeurs linéaires pour caractériser le réglage
d’un moteur.

Premier temps : admission (a-b)


La durée théorique d’admission est trop courte pour que le
remplissage du cylindre soit correct, compte tenu de l’ouverture et de la
fermeture de la soupape d’admission. Donc pour parier à cette situation,
Le cycle de Beau De Rochas 160

on fait avancer l’ouverture de la soupape d’admission de 5° environ avant


le PMH (AOA=5°). Cette avance tient compte du temps nécessaire à la
levée de la soupape et assure une ouverture totale de la soupape dés que la
dépression commence au point (a). En fin de dépression (admission) au
point mort bas correspondant au point (b), les gaz aspirés continuent à
affluer à l’intérieur du cylindre. Il y’a donc intérêt à retarder la fermeture
de la soupape d’admission et à laisser passer les gaz pendant une fraction
de la course ascendante du piston équivalente à un retard de fermeture
d’admission RFA= 30° à 40°

AOA
AA RFA
AA

Fig. (7.8) ; Répartition angulaire du temps d’admission


et ce de compression.

Deuxième temps : compression (b-c)


La compression des gaz aspirés se fait selon une évolution
polytropique, ce qui engendre une pression de fin de compression (point c)
inférieure à celle du cycle théorique. De plus il est à noter que la pression
du début de compression, est légèrement basse comparativement à celle
figurant dans un cycle théorique.
161 Le cycle de Beau De Rochas

Troisième temps : combustion et détente (c-d-e)


La combustion n’a pas lieu exactement au point mort haut (point c)
mais elle s’étale sur la compression et la détente. Dans le souci
d’améliorer le fonctionnement du moteur, on anticipe la commande de la
combustion qui se traduit pratiquement, par une avance à l’allumage (AA)
variant de 10° à 30°. Cette avance tient compte de la durée qui s’écoule
entre le déclenchement du système d’allumage et l’apparition de
l’étincelle.

RFE AOE

AA

Fig. (7.9) ; Répartition angulaire du temps de


combustion-détente et d’échappement.

Quatrième temps : échappement (e-a)


L’échappement n’est jamais complet car les gaz brûlés présents
dans le volume mort ne peuvent pas être éliminés. En pratique on anticipe
l’ouverture de la soupape d’échappement (AOE) de 35° à 45°, afin de
pouvoir ramener la pression à une valeur aussi basse que possible dés le
début de la course d’échappement au point mort bas (point e). Il y’a aucun
inconvénient à laisser la soupape d’échappement ouverte alors que la
soupape d’admission est déjà ouverte. Donc on réalise un retard de
fermeture d’échappement (RFE) de l’ordre de 10°.
Le cycle de Beau De Rochas 162

7.5. Pression moyenne effective


La pression moyenne effective est par définition, le travail
volumique généré par un cycle moteur. Cette notion de pression est propre
aux moteurs à combustion interne car, ces derniers sont des machines
volumétriques dans lesquelles l’élément moteur (piston) coulisse, de façon
alternative dans une enceinte volumique délimitée par le point mort haut
(PMH) et le point mort bas (PMB) en balayant un volume constant égal
à la cylindrée unitaire ( VC ). Cette pression moyenne effective désignée

par ( pme ) est définie analytiquement par :


Wnet
pme = 7.4
VC

Cette expression peut être développée comme suit :


Qc − Q f mCv (T3 − T2 ) − mCv (T4 − T1 )
pme = =
V1 − V2  V 
V1 1 − 2 
 V1 
  T3 T2   T4 
  −  −  − 1 
mCv (T3 − T2 ) − mCv (T4 − T1 )  1    T1 T1   T1 
= = P1 rv  
m rT1  1
1 −    −1  (rv − 1) 
 
P1  rv   
  T3 T2  T T T 
  − rv −1  −  4 3 2 − 1 
 1    T2 T1   T3 T2 T1 
= P1 rv  
  −1  (rv − 1) 
 
 

= P1 rv   
( ) (
 1   rc rv − rv − rv rc rv − 1 
 −1  −1 1− 
) −1


  −1  (rv − 1) 
163 Le cycle de Beau De Rochas

 1   rv (rc − 1) − (rc − 1) 
 −1

pme = p1 rv    
  −1  rv − 1 

D’où :

 1  rv − rv 

pme = P1 (rc − 1)   7.5


  − 1  rv − 1 
V1 V 4 T P
Dont, rv = = et rc = 3 = 3 (rapport de combustion)
V 2 V3 T2 P2

7.6. Applications

Exemple 7.1

Un mélange de carburant et d’air a une enthalpie de combustion


approximativement égale à 2560 kJ/kg. Pour simuler un moteur
réel à allumage commandé (par bougie) utilisant un tel mélange,
supposez un cycle de Beau de Rochas théorique auquel sont
fournis 2560 kJ/kg, dont le taux de compression est de 9. Au
début de la compression, la pression et la température sont
respectivement à 100kPa et 20 °C.
Si les chaleurs massiques sont supposées constantes, déterminez
les quantités suivantes :
1- les pressions et les températures maximales du cycle.
2- le rendement thermique du cycle et la quantité de chaleur
rejetée.
3- la pression moyenne effective.
(Cv )air  (Cv )mélange = 0,7167kJ / kg.K
Le cycle de Beau De Rochas 164

Solution :
1/ la pression et la température maximales dans un cycle de Beau de
Rochas sont atteintes en fin de combustion (point 3 du cycle de la
figure.(7.1)). La phase de combustion 2-3 est caractérisée par un
dégagement de chaleur :
Qc = C v (T3 − T2 )
D’où :

Qc
T3 = + T2 …….…………….. a
Cv

La compression 1-2 étant isentropique, on peut écrire :


 −1
V 
= T1 (rv )
 −1
T2 = T1  1  = 705,97 K
 V2 
Dont, rv est le rapport de compression volumétrique. Introduisons T 2
dans (a), il résulte :

Qc
+ T1 (rv )
 −1
T3 = ; T3 = 4278,89K
Cv

la combustion se fait à volume constant, ce ci permet d’écrire :

P3 P2
V 2 = V3  =
T3 T2
D’où :


T  V   T3  T 
P3 = P2  3  = P1  1    = P1 (rv )  3 
 T2   V2   T2   T2 
P3 = 141,65 bars
165 Le cycle de Beau De Rochas

2/ le rendement du cycle est déterminé par l’application de l’expression


(7.3) :
1 1
 th = 1 − = 1− = 58,47%
(r v )  −1
(9)0, 4
La quantité de chaleur rejetée est induite de l’expression du rendement :
Qf
 th = 1 −
Qc
 Q f = Qc (1 −  th ) = 2560(1 − 0,5847 ) = 1063,68kJ / kg

3/ la pression moyenne effective du cycle est calculée par le biais de


l’expression (7.5) :

 1  rv − rv 
(
pme = P1 rc − 1 
 −
)


 1  vr 1 

 4278,89  1  9 − 9 
1,4
pme = 1   − 1  
 705,97  1,4 − 1  9 − 1 
pme = 20,04bars

Exemple 7.2

Un moteur à combustion interne à allumage commandé, possède


un rapport volumétrique de compression de 10,5 utilisant comme
carburant une essence super plombée. Dans un régime moteur de
2000tr/min, la combustion du mélange air-carburant dégage une
quantité de chaleur Q c égale à 4229 kJ/kg dans les conditions

d’admission de 0,89 bar et 28°C.


Si le moteur fonctionne selon le cycle de Beau de Rochas,
déterminez :
Le cycle de Beau De Rochas 166

1- la pression et la température à chaque sommet du cycle


moteur.
2- le travail développé par le moteur et la quantité de chaleur
rejetée à l’échappement.
3- le temps que fait un cycle moteur dans ce régime ; faites une
analyse.
(On donne ; Cv ( mélange ) = 1,62kJ / kg.K )

Solution :
1/ la température et la pression aux sommets du cycle :

Point 1 :

P1 = 0,89bar

T1 = 28C = 301,15K

Point 2 :

La compression 1-2 est isentropique, ce qui permet d’écrire


 −1
V 
= T1 (r v )
 −1
T1 V1 −1  −1
= T2 V 2  T2 = T1  1 
 V2 
T2 = 771,36K

P1V1 = P2V2  P2 = P1 (rv )


P2 = 23,93bars
167 Le cycle de Beau De Rochas

Point 3 :
La température et la pression en fin de combustion (point 3) sont
maximales :
Qc
Qc = Q23 = C v (T3 − T2 )  T3 = + T2
Cv
T3 = 3371,85K
Comme la combustion se déroule selon une évolution isochore, alors :
p 3 T3 T 
=  P3 = P2  3 
P2 T2  T2 
P3 = 104,60bars
Point 4 :
De 3-4, les gaz brûlés subissent une détente isentropique, d’où :

T4 V4 −1 = T3 V3 −1  T4 = T3 (rv )


1−

T4 = 1320,21K

P3V3 = P4V4  P4 = P3 (rv )


−

P4 = 3,88bars

2/ le travail développé est déterminé à partir de l’expression du rendement


thermique :

1 Wnet  1 
 th = 1 − =  Wnet = Qc 1 −  −1 
(r v )  −1
Qc  rv 
Wnet = 2577.94kJ / kg
Le cycle de Beau De Rochas 168

P
104,60bars
3 3371,41K

4229kJ/kg

23,93bars
771,36K
2
3,88bars
4 1320,21K

0,89bar
1 301,15K
PMH PMB
V
Fig. (7.10) ; Cycle représentatif de l’exemple 7.1.

La quantité de chaleur rejetée à l’échappement est calculée à travers le


bilan thermique du cycle :
W net =Q c −Q f

 Q f = Qc − W net ; Q f = 1651,06kJ / kg

3/ Dans un cycle moteur à combustion interne à allumage commandé (4


temps) , chaque cycle effectué, correspond à une rotation de 02 (deux)
tours du vilebrequin. Donc, une vitesse de rotation de 2000tr/min
correspond à une vitesse cyclique de 1000 cycle/min, ce qui donne un
temps par cycle de :
t (cycle) = 0,06s .
Il est très clair que le temps que fait un cycle moteur est extrêmement
petit, de sorte que le temps d’échange de chaleur au cours des deux
169 Le cycle de Beau De Rochas

processus de détente et de compression soit très court. Ce ci permet de


mieux argumenter le processus isentropique de la compression ainsi que
de la détente.

Exemple 7.3

Dans le même moteur de l’application 7.2 , il a été vérifié


expérimentalement que la détente des gaz brûlés suit une évolution
polytropique dont la valeur de l’exposant  est de 1,28.
Déterminez :
1- la pression et la température en fin de détente.
2- le travail net du cycle.

Solution :
Le cycle moteur maintien les mêmes états 1,2 et 3 du cycle de
la figure.(7.10), le seul état qui diffère est ce lui qui correspond à la fin de
détente. Cet état (4’) ne coïncide pas avec le point (4) car la transformation
3-4’ est effectuée selon un processus polytropique (Fig.(7.11)).
1/ la détente 3-4’ se déroule selon un processus polytropique obéissant à
la relation PV  = cte , ce ci permet d’écrire :

P3V3 = P4'V4'
D’où :

V 
P4 ' = P3  3  = P3 (rv− ) ; P4' = 6,28bars
 V4' 
De même TV  −1 = cte , alors :
Le cycle de Beau De Rochas 170
 −1
V 
T3V3  −1
= T4'V4' −1
 T4 ' = T3  3  = T3 (rv1− )
 V 4' 

T4' = 1822,31K

P
104,60bars
3 3371,41K

4229kJ/kg
3-4 : isentropique
3-4’ : polytropique
23,93bars
771,36K
2
6,28 bars
4’ 1822,31K
3,88bar
4 1316,41K

0,89bar
1 301,15K
PMH PMB V
Fig. (7.11) ; Cycle représentatif de l’exemple 7.3.

2/ le travail généré par le cycle est déterminé à travers le bilan thermique


du cycle :
W net = Q c − Q f = Q c − C c (T 4 ' − T 1 )

Wnet = 1765,06KJ / Kg
171

Chapitre : 08
LE CYCLE DE DIESEL

Rudolf Christian Karl Diesel est né le 18 Mars 1858 à


paris, ses parents ont été immigrés vivant en France.
Après avoir terminé son éducation de base comme
lauréat de sa classe en 1873, il s’inscrit à l’école
industrielle d’Augsbourg. Deux ans plus tard, il a reçu
une bourse de la « Royal Polytechnic Bavaroise De Munich » pour suivre
ses études d’ingéniorat. En 1880, il obtient son diplôme d’ingénieur avec
mention très bien et décide de revenir à paris en Janvier1880.En 1893,
Diesel a publié un livre en allemand sous le titre « la théorie et la
conception d’un moteur thermique rationnel de remplacer la machine à
vapeur et les moteurs à combustion connu aujourd’hui » et dans lequel il
expose son cycle thermodynamique de puissance à combustion par
compression. Dans des circonstances non identifiées, Diesel a disparu le
29 septembre 1913 après avoir pris son dîner à bord d’un navire. Il n’a
jamais été revu vivant depuis cette date.

8.1. Introduction

L’apparition de diffèrent cycles thermodynamiques pouvant


développer une puissance motrice, a induit une voie vers l’amélioration
thermodynamique du cycle moteur à combustion interne. Inspiré du
fonctionnement du moteur thermique de Brayton, dans lequel l’air et le
Le cycle de Diesel 172
combustible étaient comprimés séparément avant leur introduction
simultanée dans le cylindre de détente, Rudolf Diesel a appliqué ce
principe consistait à retarder la rencontre entre le carburant et le
comburant (air), jusqu’au moment de fin de compression de ce dernier. La
température atteinte en fin de compression de l’air comburant, permet de
provoquer l’inflammation spontanée (auto-inflammation) du carburant dés
qu’il est introduit dans le cylindre. En 1890, Rudolf Diesel a mis au point
son premier moteur à allumage par compression utilisant un combustible
finement pulvérisé.

8.2. Présentation du cycle de Diesel théorique


Le cycle de Diesel théorique est considéré comme étant, le cycle
idéal correspondant aux moteurs à combustion interne à allumage par
compression. Le cycle est composé de quatre évolutions successives
schématisées sur la figure (8.1) :
P

Qc
2 3
S=cte
Wnet
4
S=cte

Qf
1

Fig.(8.1) ; représentation graphique du cycle de Diesel. V


173 Le cycle de Diesel

1-2 : Compression isentropique de l’air.


2-3 : Évolution isobare (apport de chaleur à pression constante
« combustion »).
3-4 : Détente isentropique des gaz brûlés.
4-1 : Évolution isochore (rejet calorifique à volume constant
« échappement »).

8.2.1. Rendement thermique du cycle


Le rendement thermique du cycle est exprimé par la relation
suivante :

Qf m C v (T4 − T1 )
 th = 1 − = 1− 8.1
Qc m C p (T3 − T2 )

 T4 T1 
 − 
 T2 T2 
  th = 1 −
T 
  3 − 1
T 2 
V1
Outre le rapport volumétrique de compression rv égal à , on introduit
V2
V3 T3
un autre rapport volumétrique de combustion rc = = .
V 2 T2
L’expression du rendement  th prend la forme suivante :

 T4 T3 T1 
 − 
 th = 1 −  3 2
T T T2 
 (rc − 1)
Comme les deux évolutions 1-2 et 3-4 sont isentropiques, on peut écrire :
Le cycle de Diesel 174
T1 1− 
= rv ……… (a)
T2
 −1
 V3 
T4  V 3 
 −1
 V  r 
 −1

=  = 2
 =  c  ………(b)
T3  V 4   4
V  rv 
 V2 
Remplaçons les deux expressions dans  th , on obtient :

 r 
 −1

r c − (rv ) 
1−
 c 
 rv  
 th = 1 −
 (rc − 1)
 −1
si on multiplie par rv , l’expression prend la forme suivante :

1  rc − 1 

 th = 1 −  −1   8.2
rv   (rc − 1) 

8.2.2. Pression moyenne effective


Cette pression est donnée par l’expression suivante :
Wnet
pme = 8.3
VC
On introduit les expressions de W net et VC dans l’expression (8.3), il en

résulte que :
Qc − Q f mC p (T3 − T2 ) − mCv (T4 − T1 )
pme = =
V1 − V2  V 
V1 1 − 2 
 V1 
175 Le cycle de Diesel

  T3 T2   T4 
   −  −  − 1 
mC p (T3 − T2 ) − mCv (T4 − T1 )  1    T1 T1   T1 
= = P1 rv  
m rT1  1
1 −    −1  (rv − 1) 
 
P1  rv   
  T3 T2  T T T 
   − rv −1  −  4 3 2 − 1 
 1    T2 T1   T3 T2 T1 
= P1 rv  
  −1  (rv − 1) 
 
 
( ) ( )
 1    rc rv −1 − rv −1 − rv1− rc −1 rc rv −1 − 1 
= P1 rv    
  −1  (rv − 1) 

D’où :

 1   rv (rc − 1) − (rc − 1)


 −1 

pme = P1 rv    8.4


  − 1  rv − 1 
V1 T V
Dont ; rv = et rc = 3 = 3 (rapport de combustion)
V2 T2 V 2

8.3. Analyse paramétrique du cycle de Diesel


L’analyse du cycle théorique de Diesel fait ressortir un ensemble
de remarques permettant une meilleure visualisation de ce cycle. Il est
utile de souligner que, dans le cycle diesel le taux de compression
P2 P3
isentropique est supérieur à ce lui de la détente isentropique  .À
P1 P4
travers l’expression (8.2) nous pouvons vérifier que pour un même rapport
de compression, le rendement thermique du cycle de Diesel est
Le cycle de Diesel 176
strictement inférieur à ce de Beau De Rochas.

1  rc − 1 

1
1 −  −1    1 −  −1 .
rv   (rc − 1) rv
En pratique, cette inégalité peut être inversée par l’application des
rapports de compression supérieurs à ceux utilisés dans le cycle de Beau
De rochas sans risque de détonation.
De la figure (8.2), on constate clairement que pour un rapport de
compression volumétrique rv donné, le rendement thermique décroît

lorsque le rapport de combustion augmente. Donc toute augmentation de


la température de fin de combustion T 3 vers T3 ' (figure 8.3.b), requiert un

apport de chaleur considérable (aire 3-3’-c-b-3) et une croissance


relativement faible du travail développé (aire 3-3’-4’-4-3).

100

90

80
rc=1+ ε
70 rc=2
Rendement du cycle %

rc=3
rc=4
60

50

40

30

20

10

0
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20 22 24 26 28 30 32 34 36
Rapport de compression volumétrique rv

Fig. (8.2) ; Variation du rendement thermique d’un cycle Diesel.


177 Le cycle de Diesel

Pour un rapport de combustion fixe, le rendement thermique est


une fonction croissante du rapport de compression volumétrique. De plus,
si un rapport de combustion est très proche de l’unité rc = 1 +  est

appliqué, le rendement devient similaire à ce de Beau De Rochas (figure


8.2) car la combustion s’éloigne de l’isobare en se rapprochant à

P
3’’

2 3 3’

4’
4
1

Fig.(8.3) ; Cycle de diesel théorique


V

V3''
l’isochore  1 caractérisé sur la figure (8.3).
V3
8.4. Phases fonctionnelles du cycle de diesel théorique
Le cycle de Diesel tel qu’il a été décrit est composé de quatre
phases fonctionnelles successives, qui se déroulent au cours de quatre
temps moteurs.
Le cycle de Diesel 178
Premier temps : Admission
Le piston part du PMH vers le PMB ; la soupape d’admission est
ouverte, de l’air seul vient remplir le cylindre. Quand le piston est au PMB
la soupape d’admission se referme.

PMH PMB
Course du piston

SA

SE

Sens de déplacement

Fig. (8.4) ; admission.

Deuxième temps : Compression


Le piston remonte à partir du PMB, l’air est comprimé très
rapidement réduisant le temps d’évacuation de la chaleur vers l’extérieur,
ce qui traduit la nature isentropique de la compression. L’air en fin de
compression est à haute température et haute pression.
PMH PMB
Course du piston

SA

SE

Sens de déplacement

Fig. (8.5) ; compression.


179 Le cycle de Diesel

Troisième temps : combustion et détente


Au cours de cette évolution, le piston quitte le PMH pour
redescendre, le carburant est injecté finement pulvérisé dans le cylindre en
fin de compression. Le contact entre l’air comprimé et le carburant,
provoque son auto-inflammation qui s’accompagne d’une élévation de
pression et de température. La descente du piston du PMH au PMB
augmente le volume occupé par les gaz brûlés, ce qui engendre une baisse
de pression et de température.
PMH PMB
Course du piston

SA

SE

Sens de déplacement

Fig. (8.6) ; combustion et détente.

Quatrième temps : Echappement


Quand le piston franchit le PMB, la soupape d’échappement
s’ouvre et les gaz brûlés sont balayés par le piston qui remonte.
PMH PMB
Course du piston

SA

SE

Sens de déplacement
Fig. (8.7) ; échappement.
Le cycle de Diesel 180
8.5. Cycle de Diesel pratique
Le cycle pratique diffère du cycle théorique, car les ouvertures et
les fermetures des orifices de distributions (soupapes) ne s’effectuent pas
exactement aux points morts, mais sont plus au moins décalées. Ces
décalages (réglages) permettent au cycle moteur de fonctionner
correctement et de façon permanente sans présenter des
dysfonctionnements. Le cycle réel de Diesel est schématisé sur un
diagramme (P.V) de la figure(8.8).
Les réglages relatifs à l’avance et au retard d’échappement et
d’admission (AOE, AOA,RFE, RFA) sont en tout point comparable à
ceux du moteur à allumage commandé (figure.(7.7)), l’avance à l’injection
(AI) varie de 12° à 40° avant le PMH

: Cycle théorique
: Cycle réel.
d
c
.
AI
.
AOE e
a ..
AOA

RFE
.
RFA b

PMH PMB
V
Fig. (8.8) ; cycle réel d’un moteur Diesel.
181 Le cycle de Diesel

8.6. Applications

Exemple 8.1

Soit un moteur thermique fonctionnant selon le cycle de diesel où


l’état précédant la compression est de 100kPa et 300K alors que
le taux de compression et de 18.
Quelle température maximale le cycle doit-il atteindre pour qu’il
ait un rendement thermique de 60%.

Solution :
La température maximale atteinte dans un cycle de Diesel est celle
qui correspond à la température en fin de combustion. Donc sa
T3
détermination revient à calculer le rapport de combustion rc = pour
T2
lequel le rendement du cycle est de 60%.
A travers l’expression (8.2) du rendement thermique :

1  rc − 1 

 th = 1 −  −1  
rv   (rc − 1) 
Equivalent à :
 rv −1 (1 − th )(rc − 1) = rc − 1
Introduisons les valeurs des différents paramètres dans l’expression
précédente, on aboutit à la forme suivante:
1,77(rc − 1) = rc1, 4 − 1 ……………………… a.
Afin de résoudre cette équation on fait recours à la méthode graphique, en
supposant que :
Le cycle de Diesel 182

f 1 (rc ) = 1,77(rc − 1) et f 2 (rc ) = rc1, 4 − 1


Alors, l’intersection des courbes f 1 et f 2 correspond à la solution

recherchée de l’équation (a).

15.00

12.00
f2

9.00 f1

6.00

3.00

0.00
1.00 2.00 3.00 4.00 5.00 6.00 7.00
rapport de compression
Rapport de combustion rc
Fig.(8.9)
Fig.(8.9) ; représentation graphique des deux fonctions.

A partir des courbes tracées sur la figure.(8.9) , la solution de l’équation


(a) correspond à un rapport de combustion :
rc = 2,729
Etant donné que :
T3 T3
rc = =
T2 T1 rv −1
On tire l’expression de T 3 :
183 Le cycle de Diesel

T3 = T1 rc rv −1
T3 = 2601,55K
Exemple 8.2

Un moteur diesel a un taux de compression de 20. La pression et la


température au début de la course de compression sont
respectivement à 95 kPa et 25°C. Si la température maximale
atteinte est de 2800K.
1- calculer le rendement thermique du cycle et la pression
moyenne effective.
2- quel rapport de compression peut avoir un moteur à
allumage commandé afin de posséder le même rendement
de ce cycle diesel. Faites une analyse.

Solution :
1- le rendement thermique est déterminé par l’application de l’expression
(8.2) :

1  rc − 1 

 th = 1 −  −1  
rv   (rc − 1) 
Dont :
T3 T3
rc = = = 2,83 ; et rv = 20
T2 T1 rv −1
Remplaçons dans l’expression du  th , il en résulte que:

 th = 61,25%
La pression moyenne effective est donnée par :
Le cycle de Diesel 184

( )
 1    rv −1 (rc − 1) − rc − 1 
pme = P1 rv    
  − 1  rv − 1 
D’où :
pme = 13bars
2- pour que le rendement thermique d’un cycle Diesel soit égal au
rendement d’un cycle moteur à allumage commandé (cycle de beau de
Rochas), l’équation suivante doit être vérifiée :
( th ) BDR = ( th ) Diesel

Équivalent à :
1
1− = 0,6125
rv −1
D’où :
rv = 10,69
En vertu de ce résultat, le moteur à allumage commandé doit avoir
un rapport de compression équivalent à un peu plus de la moitié de ce lui
du cycle Diesel afin de pouvoir fonctionner au même rendement
thermique de ce dernier. De plus, il est à noter que ce moteur peut être
réalisé sans risque de présence du phénomène de détonation car, le
rapport de compression volumétrique est inférieur à 12.
185

ANNEXE

T °C
h KJ/kg
S KJ/kg.K
υ m3/kg
Température (°C)

Entropie (KJ/ Kg.K)

Fig.(A.1) ; Diagramme température –entropie de la vapeur d’eau.


186

Tables des propriétés thermodynamiques de l’eau.

TABLE. (A.1.1) ; Table de température à l’état saturé.

υ : Volume massique (m3/kg) h : Enthalpie (kJ/kg) S : Entropie (kJ/kg.K)


187 Annexe

TABLE. (A.1.2); Table de température -suite-


Annexe 188

TABLE. (A.1.3); Table de température -suite-


189 Annexe

TABLE. (A.1.4); Table de température -suite-


Annexe 190

TABLE. (A.2.1); Table de pression à l’état saturé.


191 Annexe

TABLE. (A.2.2); Table de pression -suite-


Annexe 192

TABLE. (A.2.3); Table de pression -suite-


193 Annexe

TABLE. (A.2.4); Table de pression -suite-


Annexe 194
195 Annexe
Annexe 196
197 Annexe
Annexe 198
199 Annexe
Annexe 200
201

Bibliographie

[1] F. Kreith. « Transmission de la chaleur et thermodynamique »,


édition Masson, Paris, 1967.
[2] L. Borel. « Thermodynamique et énergétique », presse polytechnique
de lausane, 2005.
[3] J. Gosse. « Guide technique de thermique », BORDAS, Paris, 1981.
[4] I. Bazarov. « Thermodynamique », Edition Mir, Moscou, 1989.
[5] Gordon J. Van Wylen. « Thermodynamique appliquée », édition de
renouveau pédagogique, québec, 1992.
[6] A. Kovats, G.Desmur. « Pompes, Ventilateurs, Compresseurs »,
Dunod, Paris, 1962.
[7] H .Lumbrozo. « Thermodynamique », McGraw-Hill, 1984.
[8] S. Strelkov. « Mécanique », Edition Mir, Moscou, 1978.
[9] M. Rohsenow, P. Hartnett, N. canic. « Handbook of Heat Transfer
Fundamentals » McGraw-Hill, 1985
[10] J. Martin, P. Wauters. « Installation thermique motrice », Presses
universitaires de Louvain, 2009
[11] P. Thomas. « Cours de mécanique », édition Eyrolles, Paris, 1962.
[12] M. Desbois, F. Touache, R. Torri. « Les moteur à quatres temps et à
deux temps », édition Foucher, Paris, 1983.
[13] A. Vantiggelen. « Oxydation et combustibles pour moteurs à
combustion interne », Technip, 1968.
[14] G. Walker « Stirling engines », clarendon press, Oxford, UK, 1980.
Bibliographie 202
[15] G. popescu, V. Radcenco, M. Costea, M. Feidt. « Optimisation
thermodynamique en temps fini du moteur de Stirling endo- et exo-
irréversible », Rev Gén Therm, Elsevier, Paris, 1996.
[16] I. Artobolevski. « Les mécanismes dans la technique moderne »,
Edition Mir, Moscou, 1978.
[17] J. Weissman. « Carburants et combustibles pour les moteurs à
combustion interne », Technip, 1970.
[18] G. Bruhat. « Thermodynamique », Masson, Paris, 1962.
[19] P. Chambadal. « La thermodynamique », Eyrolles, Paris, 1970.
[20] K.S. Pitzer, R.F. Curl. « The thermodynamic properties of fluids »,
Inst. Mech. Eng, London, 1957.
[21] F.F. Huang « Engineering Thermodynamics. Fundamentals and
Applications », McMillan,Publ, Pertinence Hall, New York, 1988.
203

Index Alphabétique

- Admission, 154, 139 Carburant, 83, 150


- (soupape d’), 125, 139 - (détonation du), 153
- (la durée théorique d’), - (mélange de), 163
159 Carnot, 1,45
Adiabatique, 5,11, 35 - (cycle de), 46, 48, 52
- (transformation), 7, 15 - (théorème de), 52
- (compression), 18, 19, 46 - (rendement de), 62
- (détente), 46, 51 Centrale, 103,136
- (pompage), 83 - thermique, 111,119
Agitation thermique, 27, 32, 38 - thermoélectrique, 126
Air, 40, 73, 86 Chaleur, 1, 47, 66
- atmosphérique, 42, 126 - (échange de), 7, 8, 83
- comprimé, 127 - massique, 152
- d’admission, 125, 139 - spécifique, 15
- comburant, 172 - (source de), 49, 62, 83
Atmosphère, 57, 68, 127, 157 Chambre de combustion, 119,
Auto inflammation, 118, 172 125, 127, 139
Avogadro Clapet, 64, 70, 73
- (loi), 32 Clapeyron, 32,50
- (nombre) ,34 - (équation de), 6
Azote, 35, 36, 37 - (diagramme de), 49
Beattie-Bridgman, 38 - (développement de), 50,
Biatomique, 7 52
Bilan, 127 Clausius, 11, 49
- d’énergie, 8,65 - (énoncé de), 9
- énergétique, 98, 100 - (développement de), 52
- de combustion, 129 Coefficient, 7
- thermique, 168, 170 - isentropique, 7
Boyle, 32 - de dilatation thermique,
Brayton, 118 29, 42
- (cycle de), 118, 119, 121, - de compressibilité, 43
125, 130 - d’augmentation de
- (moteur thermique de), pression, 43
171 - d’excès d’air, 129
Index Alphabétique 204
- de propulsion, 149 Cycle
Comburant, 172 - de Carnot, 45
Combustible, 119, 127, 144 - de Stirling, 63
- (consommation du), 129, - d’Ericsson, 72
136 - de Rankine, 84
- (débit du), 129, 135 - de Brayton, 118
Combustion, 73, 130, 133, 153 - de Beau de Rochas, 149
- externe, 73 - de diesel, 171
- des carburants, 83 Débit
- (fin de), 124, 133, 144, - des gaz comburés, 128,
164, 167 130
- (produits de), 125 - d’air comprimé, 135
- interne, 119, 126, 149, - du combustible, 135
152, 162, 172 Déplacement,2
- (bilan de), 129 Détonation, 153, 176, 184
- (rapport de), 163, 175, Diagramme
177 - de compressibilité, 36
Compresseur, 23, 119, 125, 131 - de Clapeyron, 49
- isotherme, 56 Diffusion, 13, 17, 28
- isentropique, 56 Diffusivité thermique, 71
- (efficacité du), 125 Dilatation thermique, 29, 42
- Volumétrique, 23 Dissipation, 28
Compression, 3, 13, 164, 166 - énergétique, 131
- adiabatique, 18, 46 Eau, 84, 87
- polytropique, 23 - d’alimentation, 98, 100
- isotherme, 46, 49, 65 - saturée, 101
- (taux de), 67 Echangeur de chaleur, 71
- isentropique, 173, 175, Ecoulement, 89, 97, 127
177 - stationnaire, 84
- (rapport volumétrique - permanent, 56, 126
de), 164, 173, 184 Effet
- (allumage par), 172 - calorifique, 129, 130
Condensation, 83, 85, 98, 100 - de frottement, 13
Consommation - statistique, 28
- spécifique, 102, 104, 110 - de pression, 29
- de combustible, 129 Energie
Constante - cinétique d’agitation
- universelle des gaz thermique, 27, 28, 32
parfaits, 33 - interne, 5, 6, 8, 22, 30
Courbe de saturation, 88, 107 - potentielle, 8, 32, 85
Critique, 35 Enthalpie, 91, 99, 110, 115
205 Index Alphabétique

Entropie, 9, 15, 22, 88, 107, 113 - comburés, 128, 130


Equation d’état des gaz parfaits, Générateur de vapeur, 94, 98
26, 27 Hirn, 90
Ericsson, 63 Hydrogène, 35
Etat Incompressible, 86
- d’équilibre, 9, 28, 35 Inflammation, 172
- thermodynamique, 110 Installation
Evolution - motrice à vapeur, 57, 102
- isochore, 150, 167, 173 - à surchauffe, 115
- isobare, 73, 173 - thermique, 103, 129
- cyclique, 47 Isobare, 6, 73, 116, 119,173
- énergétique, 1 Isochore, 6, 15, 150, 167, 173
- polytropique, 160, 169 Joule-Thomson
Explosion, 127, 129, 156 - (loi de), 34
Extraction, 103 Kelvin
Facteur - (énoncé de), 9
- économique, 103 - (échelle de), 52
- de compressibilité, 35,37 Liquide, 27, 28
- d’imperfection, 36 - (eau), 84, 85
- de correction, 36, 38 - (point de saturation), 84
Fluide - Saturé, 86, 89, 105
- moteur, 49, 52, 64, 83, - Sous-refroidi, 106
103, 123 Loi,
Flux - d’Avogadro, 32
- électrique, 57 - des gaz parfaits, 33,37, 41
- d’air, 71, 72 - de Joule-Thomson, 34
- thermique, 71 Machine, 9, 56
- calorifique, 129 - à vapeur, 1, 45, 82, 118
- gazeux, 139 - alternative, 56
Fraction - cyclique, 62, 69
- de vapeur, 98, 116 - motrice, 126
Frontière, 3, 4 - thermique, 64, 125
Gay-Lussac, 32 - volumétrique, 162
Gaz Masse
- parfait, 6, 27, 32, 34, 38, - molaire, 33, 34, 40
50, 151 - volumique, 40
- monoatomique, 7 Mayer (relation de), 33, 34
- biatomique, 7 Mélange
- réel, 35, 38 - liquide vapeur, 89
- de fumée, 94 - air carburant, 152
- brûlés, 126, 158 - saturé, 88
Index Alphabétique 206
- comburé, 127 Polytropique
- gazeux, 129, 133, 150 - (transformation), 7
- (réchauffeur à), 97, 98, - (compression), 23
114 - (évolution), 160, 169
Méthane, 18, 35, 138 - (processus), 23, 69
Milieu extérieur, 2, 16, 21, 25, Pompe, 83, 84, 86, 99
137 - d’alimentation, 101
Monoatomique, 7 Potentielle (énergie), 8, 32, 85
Monoxyde de carbone, 35 Pouvoir
Moteur - calorifique, 129
- thermique, 150, 171, 181 - comburivore, 129
- Stirling,, 70 Pression
- Ericsson, 70 - moyenne effective, 162,
- à combustion interne, 165, 174, 184
165, 168, 171 124 - critique, 35
- (le travail), 124 Principe
- à quatre temps, 83, 149 - (premier), 17, 21, 30
- (temps), 154, 177 - (deuxième), 14, 22, 31,
- volumétrique, 119 49
- à réaction, 149 - (schéma de), 84, 126
Nombre d’Avogadro, 34 Prix, 82
Onde de choc, 153 Processus, 36
Otto, 150 - irréversible, 10
Oxygène, 35, 40 - réversible, 10
Palier d’un moteur, 13 - de condensation, 85
Paroi - isentropique, 112
- immobile, 17 - polytropique, 23, 169
- indéformable, 19 Produits de combustion, 125
- solide, 28 Propulsion, 126
Phénomène - (coefficient de), 149
- thermique, 1 Propriétés, 35
- transitoire, 5 - intrinsèques, 123
- irréversible, 13 Puissance, 72, 119
- d’agitation thermique, 27 - (cycle thermodynamique
- de conduction, 28 de), 119
- de diffusion, 28 - Motrice, 45, 125, 128,
- de dissipation, 28, 131 143
- de fusion, 139 - (rapport de), 134, 135
- de détonation, 153, 184 Rankine(cycle de), 82, 83, 85,
Planck, 9 104
Point de saturation, 84 Rapport
207 Index Alphabétique

- de pression, 121, 122, Solide (paroi), 28


123, 139 Soupape, 53
- de puissance, 134, 135 - d'admission, 154, 159,
- de combustion, 163, 175, 160, 178
181 - d'échappement, 155, 157,
- de compression, 121, 164, 161, 179
176, 184 Source
Rayonnement solaire, 57, 62 - chaude, 49, 57, 62, 68, 83
Réaction exothermique, 127 - froide, 49, 57, 79
Réchauffeur, 94, 97 - d'énergie, 9
- à mélange, 97, 98, 114 - de chaleur, 49, 62, 83
- à surface, 100 - d'irréversibilité, 9
- de vapeur, 94 Soutirage, 97
Récupérateur d'énergie, 64 - (cycle à), 97, 100, 114
Refroidissement, 20, 65 - de vapeur, 116
- (processus de), 19 Système
- isochore, 67, 68 - thermodynamique, 5, 9,
- isobare, 74 14, 28
Régénérateur, 64, 68 - compressible, 3
- statique, 71 - fermé, 155
- dynamique, 72 Taux
Relation de Mayer, 33 - de compression, 67, 152,
Rendement 175
- thermique , 47, 49, 51, - de transfert thermique, 1,
55, 62, 79 72
Resurchauffe - de récupération, 80
- (cycle à), 94, 96 - d'accroissement, 99
- (technique de), 103 Température
- (installation à), 95 - de fin de combustion,
Réversible 124, 144, 1
- (machine), 9 - de saturation, 98, 115
- (processus),10 - de fusion, 125, 138
- (transformation), 12 Théorème de Carnot, 52
- (évolution), 46 Thermoélectrique (centrale), 126
Saturation Thomson, 34, 52
- (point de), 84 - (loi de Joule-Thomson),
- (courbe de), 88, 107 34
- (température de), 98, 115 Titre de vapeur, 88, 92, 113
Second principe, 1, 9 Transfert de chaleur, 9, 13, 98
- (énoncé du), 14 Transformation
- (application du), 22 - énergétique, 1
Index Alphabétique 208
- thermodynamique, 6,15,
83, 119
- élémentaire, 6
- irréversible, 13
- réversible, 12
Travail
- de détente, 48, 141
- de la pompe, 86, 105
- de la turbine, 89, 131, 137
- de compression, 48
Turbine
- de détente, 91, 126, 131,
145
- (les étages de), 94
- à gaz, 125, 127, 130, 140
Van der Waals, 38
Vapeur
- d'eau, 85, 90, 104, 112
- saturée, 86, 106
- (titre de), 88, 92, 113
- Surchauffée, 94, 114
Vaporisation, 83
Variable
- d'état, 1, 28, 132
- thermodynamique, 123
Vitesse
- de rotation, 72, 168
- cyclique, 168
- d'écoulement, 72
Volume
- mort, 156, 161
- molaire, 33, 38
- massique, 87, 106
- de contrôle, 88
Watt, 103