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LA GÉOGRAPHIE ÉCONOMIQUE CONTEMPORAINE : ENTRE

FRAGMENTATIONS ET RECOMPOSITIONS

Isabelle Géneau de Lamarlière

Belin | « L’Espace géographique »

2014/3 Tome 43 | pages 193 à 197


ISSN 0046-2497
ISBN 9782701190679
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La géographie économique : nouveaux enjeux ?
2014-3
p. 193-197

La géographie économique contemporaine :


entre fragmentations et recompositions

a géographie économique a longtemps été caractérisée par une succession d’approches dominantes : l’analyse
Lspatiale dans les années 1950-1970, le courant radical dans la période 1970-1980, l’approche régulationniste
dans les années 1980-1990, puis le tournant culturel à partir des années 1990. Par contraste, elle apparaît
aujourd’hui comme très éclatée, non seulement dans ses approches, reposant sur des courants et communautés
théoriques diversifiés, mais aussi dans les méthodes utilisées, dont la gamme peut s’étendre de la modélisation
la plus abstraite à l’observation participante de type ethnographique.
Elle est notamment traversée par une scission entre les partisans de la New Economic Geography1, qui s’est
considérablement développée et structurée depuis les premiers travaux de l’économiste Paul Krugman, et les
courants dits hétérodoxes (néo-institutionnalistes, évolutionnistes, conventionnalistes…). Le foisonnement qui
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caractérise ces dernières approches et les nombreux courants issus du cultural turn a entrainé, aux yeux de
beaucoup, une fragmentation disciplinaire intense et un brouillage des frontières avec d’autres domaines tels
que l’économie, la sociologie économique ou l’anthropologie économique. Peut-on aujourd’hui identifier un
corpus qui soit propre à la géographie économique ?
La multiplication, depuis une quinzaine d’années, de tentatives d’ouverture d’espaces de dialogues et
de discussions sur ce qui fonde la géographie économique témoigne des difficultés de cette identification.
En 2000 déjà, Gordon Clark, Maryann Feldman et Meric Gertler avaient réuni autour d’un ensemble de
questions des spécialistes de la Nouvelle économie géographique (dont Paul Krugman) et de la géographie
économique. Le lancement en 2001 de la revue Journal of Economic Geography était porté par le même
objectif de stimuler les échanges entre géographie économique et Nouvelle économie géographique (Arnott,
Wrigley, 2001). Plusieurs manuels de grande qualité, réunissant quant à eux les contributions de géographes
économistes reconnus, se sont efforcés de cerner le champ de la sous-discipline. Enfin, des débats sur ce qui
pouvait en constituer le socle ont été lancés dans plusieurs revues (par exemple, une dizaine de réponses à
l’article d’Ash Amin et Nigel Thrift dans Antipode 2000, mais aussi des réactions au texte de Ron Boschma
et Ron Martin dans Journal of Economic Geography en 2007, ou à celui de Trevor J. Barnes et Eric Sheppard
dans Progress in Human Geography en 2010).

1. La Nouvelle économie géographique utilise des modèles mathématiques pour expliquer comment de simples formes de compétition
imparfaite et de rendements croissants d’échelle, en conjonction avec une mobilité des facteurs, produisent de l’agglomération spatiale.
L’Espace géographique a proposé en 2007 un débat sur ce nouveau paradigme : « Nouvelles économie géographique et géographie :
quel dialogue », vol. 3, no 36, p. 193-214.

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Les résultats de ces échanges apparaissent mitigés. Le succès de la Nouvelle éco-


nomie géographique semble éclatant. Elle est devenue un champ de recherche actif et
2. Le courant reconnu en économie. Paul Krugman a reçu le prix Nobel d’économie en 2008. Les
évolutionniste en revues Journal of Economic Geography et Economic Geography (celle-ci, bien plus
géographie tente
d’analyser les évolutions
ancienne, date de 1925) sont classées par le Web of Science dans le top 10 des revues en
affectant les trajectoires sciences économiques et en géographie. La publication en 2008 par la Banque mondiale
d’entreprises et du World Development Report : Reshaping Economic Geography a traduit une reconnais-
les mécanismes de
l’innovation pour sance de nature politique. Pour fêter ses dix ans en 2011, la revue Journal of Economic
comprendre Geography a proposé un numéro spécial dont le bilan portait sur le dialogue entre
les dynamiques de
développement régionales économistes et géographes. La revue se situait alors dans le top 5 des classements à la
(la dépendance au sentier fois des revues d’économie et de géographie et une analyse bibliométrique montrait
par exemple, ou path
dependence).
que les citations réciproques étaient nombreuses pour les économistes et géographes
3. Voir l’analyse de
qui publient dans la revue. Les éditeurs du numéro spécial soulignaient également
ces tensions proposée que la Nouvelle économie géographique, souvent critiquée par les géographes pour
dans Scott A.J. (2004). son appréhension trop simplifiée du réel, avait réalisé en une décennie des efforts
4. Le Journal of Economic constants pour intégrer dans ses modèles des hypothèses prenant en compte l’hété-
Geography a publié un
numéro spécial : « Global rogénéité du travail, des sociétés, des modes de diffusion de la connaissance ou des
Production Networks – coûts de transport. Du côté des hétérodoxes, la revue indiquait que le courant de
debates and challenges »,
2008, vol. 8, no 2, p. 267-
l’économie évolutionniste2, qui s’est imposé comme l’un des plus influents dans la
440, qui aide à distinguer revue, s’était de plus en plus investi dans le domaine de la formalisation, avec un
les spécificités des recours à la modélisation pour tenter d’expliquer les évolutions affectant les entre-
principales approches
par la Global Commodity prises et les mécanismes de l’innovation.
Chain (GCC), la Global Les appréciations sont généralement moins positives chez nombre de géographes
Value Chain (GPV) et
les Global Production économistes qui envisagent de manière critique la reconnaissance apportée à la géo-
Networks (GPN). graphie par la Nouvelle géographie économique. Notamment, les tensions entre les
À l’origine des travaux sur
les Global Production
méthodes inductives développées dans la géographie économique depuis le tournant
Networks, voir l’article culturel et l’approche formelle de Nouvelle géographie économique resteraient fortes3.
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fondateur de Pour d’autres, la formalisation du courant évolutionniste est davantage associée à
Jeffrey Henderson et al.,
2002. une tentative d’autonomisation, en particulier par rapport à la géographie écono-
5. L’école de la proximité mique institutionnelle (Barnes, Sheppard 2010). Les fermetures et incapacités au
désigne un ensemble de dialogue seraient au moins aussi grandes sur les frontières disciplinaires partagées
chercheurs, souvent
économistes, qui en avec l’anthropologie ou la sociologie économiques.
croisant des apports de Au foisonnement d’approches et d’écoles de pensée correspond cependant aussi
l’économie industrielle et
de l’économie spatiale ont
une intense vitalité intellectuelle. S’il est difficile de dégager une trajectoire commune,
renouvelé le champ de des évolutions thématiques sont néanmoins identifiables.
l’économie régionale Les recherches consacrées aux agglomérations d’activités, districts industriels et
à partir du milieu
des années 1990. autres clusters se centraient dans les années 1980-1990 sur les relations interentreprises
Ils appliquent une grille et sur les liens que ces entreprises entretenaient avec des acteurs territoriaux aux
de lecture fondée sur
le diptyque proximité spécificités sociales et culturelles marquées. Elles se sont réorientées vers l’analyse
géographique-proximité des réseaux de productions globaux tissés par les mêmes entreprises (ou sociétés),
organisationnelle
à des questions comme
ou vers celle de leurs chaînes de valeurs4, qui seule permettrait de comprendre
la constitution de clusters, pourquoi l’agglomération est recherchée à certains stades de la filière. L’ajout du
les processus concept de proximité organisationnelle à celui de proximité physique par l’école de
d’innovation,
les gouvernances locales. la proximité française5 participe d’une évolution semblable, même si l’attention s’est
Voir : « La proximité : davantage portée sur l’innovation, qui serait moins liée aux relations entretenues par
15 ans déjà ! », Revue
d’économie régionale et les entreprises entre elles au sein d’un district qu’à celles tissées avec d’autres entreprises
urbaine, 2008, no 3, 214 p. éloignées géographiquement.

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C’est également vers les chaînes de valeur, les investissements et les flux financiers
générés par les sociétés que se sont tournés les travaux de géographie économique sur
la mondialisation, qui avaient essayé dans un premier temps de démontrer combien la
différenciation géographique importait, dans un processus analysé comme très inégal.
Ils ont développé aussi un examen critique de la façon dont les États favorisaient la
libéralisation par la privatisation et la dérégulation.
Le champ de la géographie de la finance s’est considérablement développé en lien
avec la crise de 2008. Jusque là, l’activité financière était étudiée comme une catégorie
de services avancés, considérée comme très peu soumise à la friction de la distance et
qui suscitait l’intérêt par la forme en cluster qu’elle adoptait dans certaines villes globales.
Depuis la crise de 2008, les recherches se sont déplacées vers l’étude des normes et
croyances des acteurs de ces centres financiers, à l’origine des géographies de la
finance, et de façon plus large vers l’impact de la monnaie, des circuits financiers et de
la financiarisation des économies.
Une géographie économique de la nature, ou de l’environnement, a elle aussi
émergé de façon très dynamique au cours de la dernière décennie. Elle s’est fondée sur
une critique de la manière dont la géographie économique a longtemps réduit la nature à
de simples facteurs de production. Le monde dit « naturel » serait aussi le résultat de pro-
cessus économiques que l’on tente d’appréhender. Divers travaux se sont ainsi appliqués
à l’analyse de la construction du concept de développement durable par le politique et à
sa réinterprétation par les entreprises. Les effets des régimes de gouvernance néo-libéraux
sur la propriété des ressources et sur leur distribution (celle de l’eau notamment)
sont étudiés. Les publications consacrées au changement climatique, à la transition
énergétique et à la manière de réconcilier objectifs de développement économique et
préservation de l’environnement sont aujourd’hui nombreuses.
Le tournant culturel, associé aux approches féministes et post-structuralistes, qui
avait profondément modifié dans les années 1990 la façon de considérer l’objet de la
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géographie économique, ses théories et ses méthodes, a conduit à prêter toujours plus
d’attention à des actions sociales et des formes d’échanges qui n’étaient pas considérées
comme économiques6. L’un des champs les plus marqués par ce tournant culturel est
celui de la géographie de la consommation. Il s’est déplacé du consommateur vers les
firmes et la façon dont celles-ci mobilisent les affects et la sémiotique, pour conduire à
l’acte de consommation et créer un mouvement de biens et services le long de chaînes
de consommation. Les trajectoires spatiales de ces chaînes et les inégalités créées font
notamment l’objet de la Geography of Food.
Aucun des trois textes du dossier n’illustre à lui seul l’une des pistes présentées,
mais ils reflètent chacun de manière originale plusieurs des préoccupations développées
autour des nouvelles spatialités économiques.
Le premier article, produit par un économiste territorial, montre comment un
dialogue peut s’élaborer aux frontières disciplinaires, ici entre sciences économiques et 6. En particulier, une
publication de J.K.
géographie. Bernard Pecqueur s’attache à mettre en lumière l’importance de la Gibson-Graham (2008) a
dimension géographique pour des économies postfordistes dont il tente d’appré- eu un impact important
hender quelques caractéristiques. Son développement sur la construction des pôles de sur les travaux entrepris
dans cette direction :
compétitivité français est sans doute l’élément le plus éclairant de sa démonstration. À “Diverse economies :
la différence de la mise en place de technopoles, où l’on se contentait de concentrer performative practices for
‘other worlds’ ». Progress
des activités de haute technologie, les projets s’appuient sur la valorisation de res- in Human Geography, vol.
sources cognitives collectives, telles les modes de gouvernance construits par les 32, no 5, p. 613-632.

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acteurs. Ces ressources, qui seules offrent un avantage spécifique à un pôle par rap-
port à ses concurrents, sont originales parce que créées par des acteurs situés. C’est la
nécessaire étude de la territorialisation de ces acteurs et des relations qu’ils tissent qui
le conduit à plaider pour des liens renouvelés entre géographie, économie et culture.
Dans l’entretien qui suit, Allen Scott revient sur les idées essentielles développées
dans son ouvrage A World in Emergence : Cities and Regions in the 21st Century. L’auteur
s’est depuis longtemps positionné de manière critique face au courant culturel en lui
reprochant, entre autres, de détourner l’attention par rapport aux dynamiques
d’accumulation, qui resteraient centrales pour comprendre le capitalisme contemporain.
L’importance accordée dans le texte à l’activité culturelle n’est pas une illustration des
apports du tournant culturel. La thèse forte défendue par Allen J. Scott est celle de la
mise en place d’un nouveau régime d’accumulation, qu’il qualifie de « cognitif-culturel »:
bien distinct des précédents et appelé à se maintenir dans la durée. Il irait ainsi au-delà du
postfordisme. Le développement de technologies numériques et l’automatisation
auraient éliminé une part toujours plus importante de travail routinier et augmenté
les capacités du travail créatif. L’économie se construirait ainsi désormais autour de
secteurs produisant des biens scientifiquement élaborés et des services sophistiqués,
qui incluent une dimension culturelle. En effet, les entreprises en concurrence pour
vendre leurs produits s’appuient sur des différenciations esthétiques et des dimensions
sémiotiques et symboliques correspondant aux aspirations des consommateurs. Les
conditions géographiques qui permettent cette nouvelle dynamique du capitalisme, et
qui en sont les expressions, sont une ré-agglomération significative dans les lieux où
les activités culturelles-cognitives sont fondamentales. La présentation que fait
A.J. Scott de la manière très inégalitaire dont le nouveau mode de régulation façonne-
rait l’espace intra-urbain rejoint des travaux plus connus, développés dans la lignée de
ceux de Saskia Sassen.
Le troisième texte est au croisement de deux champs de recherche très féconds
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en géographie économique depuis ces dernières années : celui de la finance et celui
des analyses de réseaux. Sabine Dörry tente ici une première application de
l’approche par les réseaux de production globaux au secteur financier, celui des fonds
d’investissements luxembourgeois. Comme dans les analyses déjà plus anciennes des
chaînes de valeur globales, les études par les réseaux de production globaux s’intéressent
à la manière dont les entreprises intervenant dans une filière de production et de
distribution façonnent la spatialité de la filière-réseau et optent pour certains points
d’accroches avec des territoires. Sa spécificité est de prendre en compte également
et simultanément, sous un mode cette fois-ci plus horizontal et multi-scalaire, les
relations des entreprises avec d’autres types d’acteurs : les institutions européennes,
les États ou les institutions d’un cluster. La mobilisation de réflexions issues de
domaines récents de recherches permet de saisir de manière très fine la dynamique
du centre financier luxembourgeois et le façonnement des localisations et des flux
d’investissement. Elle témoigne là encore de la créativité actuelle de la discipline.

Isabelle Géneau de Lamarlière


Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Umr 8504 Géographie-cités, équipe Cria

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