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Propriétés physiques des matériaux

Première partie : Propriétés électriques des matériaux


Deuxième partie : Propriétés diélectrique des matériaux
Troisième partie : Propriétés thermiques des matériaux
Quatrième partie : Propriétés magnétiques des matériaux
Première partie:
Propriétés électriques des matériaux

σ (Ω−1m-1)
10-18 10-16 10-14 10-12 10-10 10-8 10-6 10-4 10-2 10-1 1 102 104 106 108

quartz NaCl caoutchouc verre GaAs Si Ge Mn Cu


Fe
Si dopé
Isolants Semi-conducteurs métaux
Propriétés électriques des métaux
Quelques exemples
Connectique société KME
Connectique société KME
Résistances électriques
Thermomètres à résistance
Conducteurs

Caténaire pour trains électriques


Lignes haute tension
1 Ω −1 m-1 = 1 S.m-1
Chapitre I : Quelques notions théoriques

 Le modèle de Drude ou modèle des boules de billard : une petite


sphère chargée obéissant aux lois de la mécanique classique.

 Le modèle de Sommerfeld ou modèle quantique de l’électron


libre : l’électron y est considéré comme un objet quantique libre sans
interactions avec le milieu dans lequel il se trouve, sauf aux frontières
de celui-ci.

 Le modèle des bandes d’énergie : l’électron y est considéré comme


un objet quantique libre en interaction avec le milieu dans lequel il se
trouve, mais sans modifier le milieu qui l’abrite.
I- Notions de base sur la conductivité électrique : le modèle de Drude

Z ⋅ ρv Z ⋅ ρv
ne = = NA
M ⋅ mu M mol
Drude
Loi d’Ohm, conductivité et résistivité

r S

j dS

d Ox
r r − e ⋅τ r r
I = ∫∫ j ⋅ dS j = n e e v d avec v d = ⋅E = µ⋅E
me
S

n e ⋅ e2 ⋅ τ 1
σ= = ne ⋅ e ⋅ µ ρ=
σ
me
τ : le temps de relaxation, temps de vol moyen ou temps moyen entre deux collisions

Atomes vibrants

λ = vF.τ

vF
électron

λ = vτ λ est le libre parcours moyen ou distance moyenne


parcourue par l’électrons entre deux chocs.
ρ (77Κ) ρ (273Κ) ρ (293Κ) ρ (373Κ)
Elément Z n (10 22cm -3) r s (Å) r s/a 0
µΩ.cm µΩ.cm µΩ.cm µΩ.cm
Li (78K) 1 4,7 1,72 3,25 1,04 8,55 9,5 12,4
Na (5 K) 1 2,65 2,08 3,93 0,8 4,2 4,8 fusion
K (5 K) 1 1,4 2,57 4,86 1,38 6,1 6,8 fusion
Rb (5 K) 1 1,15 2,75 5,2 2,2 11 12,3 fusion
Cs (5 K) 1 0,91 2,98 5,62 4,5 18,8 19 fusion
Cu 1 8,47 1,41 2,67 0,2 1,56 1,724 2,24
Ag 1 5,86 1,6 3,02 0,3 1,51 1,57 2,13
Au 1 5,9 1,59 3,01 0,5 2,04 2,4 2,84
Be 2 24,7 0,99 1,87 2,8 4-10 5,3
Mg 2 8,61 1,41 2,66 0,62 3,9 4,6 5,6 Z ⋅ ρv Z ⋅ ρv
ne = = NA
Ca 2 4,61 1,73 3,27 3,43 4,6-6,8 5 M ⋅ mu M mol
Sr 2 3,55 1,89 3,57 7 23 25-33
Ba 2 3,15 1,96 3,71 17 60 40-60
Nb 2 5,55 1,63 3,07 3 15,2 13-17 19,2
Fe 2 17 1,12 2,12 0,66 8,9 10,4 14,7
Mn (α) 2 16,5 1,13 2,14
Zn 2 13,2 1,22 2,3 1,1 5,5 6 7,8
Cd 2 9,27 1,37 2,59 1,6 6,8 7,2
Hg (78 K) 2 8,65 1,4 2,65 5,8 fusion fusion fusion
Al 3 18,1 1,1 2,97 0,3 2,45 2,83 3,55
Ga 3 15,4 1,16 2,19 2,75 13,6 57 fusion
In 3 11,5 1,27 2,41 1,8 8 9 12,1
Tl 3 19,5 1,31 2,48 3,7 15 18,8 22,8
Sn 4 14,8 1,17 2,22 2,1 10,6 11,5 15,8 1
Pb 4 13,2 1,22 2,3 4,7 19 22 27 4 1  3 3
π ⋅ rs 3 = ⇔ rs =  
Bi 5 14,1 1,19 2,25 35 107 120 156 3 ne  4π ⋅ n e 
Sb 5 16,5 1,13 2,14 8 39 25-39 59
II- Le modèle de Sommerfeld ou modèle quantique de l’électron libre ou gaz d’électrons

V (x)

VS
ΕS

ΕF

Ε
V0
0 L x

 Il existe à la surface des métaux une barrière de


potentiel empêchant les électrons de quitter la matière.
 A l'intérieur de la matière, les électrons sont soumis à
un potentiel constant (ils ne sont plus complètement
libres).
Sommerfeld
 Les électrons sont indépendants (pas d'interactions
entre eux),
 Les électrons obéissent aux lois de la mécanique
quantique et aux lois de l'électrodynamique de Maxwell.
II-1 Etats d’énergie, densité d’états et énergie de Fermi

Conditions aux limites


Annulation de la fonction d’onde à Condition cyclique de Born-von Karman
la surface du cristal conditions
d’onde stationnaire
ϕ(x) = ϕ(x+L).
ϕ(x=0) = 0 et ϕ(x=L) = 0. kx.L = 2.nx.π, où nx est un entier positif
ou négatif mais non nul. L’onde
kx.L = nx.π, où nx est un entier associée à la fonction d’onde est
positif et non nul. progressive
L’onde associée à la fonction
d’onde ϕ(x) ≈ sin(kx.x) est
stationnaire.

h2 h2
E = ( n 2x + n 2y + n 2z ) E = ( n 2x + n 2y + n 2z )
8 m e L2 2 m e L2
II-1 Etats d’énergie, densité d’états et énergie de Fermi

L assez grande un pseudo continuum que l’on nomme une bande d’énergie

E

Bande d’énergie
II-1 Etats d’énergie, densité d’états et énergie de Fermi

L assez grande un pseudo continuum que l’on nomme une bande d’énergie

Remplissage
des couches
en suivant
la loi de Pauli

EF
II-1 Etats d’énergie, densité d’états et énergie de Fermi

Relation de dispersion
E

2 me E h2 k2
k= ⇔E=
h2 2 me

k
II-1 Etats d’énergie, densité d’états et énergie de Fermi
0K

kz

Sphère
de Fermi

kF
0K ky

kx
II-1 Etats d’énergie, densité d’états et énergie de Fermi
3 kz
L3 ⋅ (2 ⋅ me ) 2
g( E ) = E
2 ⋅ π2 ⋅ h3
k+dk

k
ky

kx

Fonction densité des états d’énergie g(E)


II-1 Etats d’énergie, densité d’états et énergie de Fermi

3 g(E)
3
L ⋅ (2 ⋅ m e ) 2
g( E ) = 2 3
E
2⋅π ⋅h

EF 3 3
L ⋅ (2 ⋅ me )2
Ne = ∫ 2 3
2⋅π ⋅h
E ⋅ dE
EF E
E0

Ne Ne
3
= = ne
L V
II-2 Intervention de la physique statistique : distribution en énergie des électrons

1
f ( E) =
E −µ
e kT +1
1,4 f(E)

1,2

1,0

0,8 3000 Κ

0,6
300 Κ
0,4

0,2

0,0
0 1 2 3 4 5 6 7 8 9
EF
Energie (eV)
II-2 Intervention de la physique statistique : distribution en énergie des électrons

N ( E ) dE = g( E ) f ( E ) dE
La densité d’état permet de
décrire l’occupation d’un état La fonction de distribution permet de décrire l’occupation
d’énergie pour une énergie d’un état d’énergie en fonction de la température
donnée
3,00E+056

∞ f(E).g(E)
N e = ∫ f ( E ) ⋅ g( E ) ⋅ dE
0 2,50E+056

µ ∞ µ
N e = ∫ 1. g( E) ⋅ dE + ∫ 0. g( E) ⋅ dE = ∫ g( E) ⋅ dE 2,00E+056 3000 Κ
0 µ 0

1,50E+056 300 Κ
µ = Ef
1,00E+056

5,00E+055

-1 0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11

EF
Energie (eV)
Principaux résultats du modèle de Sommerfeld

h ⋅ kF 2 ⋅ EF Ne dépend pas de la température


vF = = dans le modèle du gaz d’électrons
me me
 π2  k T  2  Très faible aux
µ ≈ E F 1 −    tempéatures usuelles
 12  E F  

8⋅k ⋅ T Dépend de la température


v th =
π ⋅ me dans le modèle du gaz parfait

Seuls les électrons se situant au niveau de Fermi N (EF) participent à la conduction

n e ⋅ e2 ⋅ τ 1 2 2
σ= = ne ⋅ e ⋅ µ σ = e τ v F N( E F )
me 3
III Le modèle des bandes d’énergie

III-1 Le modèle de Kroning-Penney à une


dimension

(a) (b)
Métal
V (x) V (x)

b
a a

V0

0 L x 0 L x

V(x ) = V(x + l .a ) l entier quelconque


III-1 Le modèle de Kroning-Penney à une dimension
fonction de Bloch
2⋅π⋅n
ϕ( x ) = u k ( x ) ⋅ e i⋅k⋅x où uk (x ) = uk (x + a ) et k=
L

sin(α.a )
cos(k.a ) = P. + cos(α.a )
α.a
m e .V0 .a.b
P=
h2
2. m e . E
α=
h2
2⋅π⋅n
k=
L

http://fermi.la.asu.edu/schmidt/applets/kp/plugkp.html
III Le modèle des bandes d’énergie

Bandes Bandes
d’énergie d’énergie
permises interdites

E
Si V0 → ∞

k
III Le modèle des bandes d’énergie
E E

kx

Schéma de zone périodique Schéma de zone étendue

schéma de zone réduite


III Le modèle des bandes d’énergie
Bandes d’énergie qui ne se recouvrent pas

Bandes d’énergie unique


Modèle de Sommerfeld

Première zone de Brillouin


III-2 Théorie des bandes à trois dimensions et zones de Brillouin
III-2-1 Zones de Brillouin à deux dimensions
III-2-1 Zones de Brillouin à deux dimensions
(a) (b) (c) (d) (e) (f)

ky

kx

ky

kx
Réseau cubique
Réseau hexagonal
III-2-2 Zones de Brillouin à deux dimensions et recouvrement de bandes

π
k45° kmax = 2 pour un déplacement à 45° de l’axe kx
a

π pour un déplacement suivant kx


kmax =
a

Relation de dispersion donnée


par le modèle de l’électron
libre

h2 k2
E max =
2 me

h2 π2 pour un déplacement à 45° de l’axe kx


E max =
2
me a

h2 π2
E max = pour un déplacement suivant kx
2 me a 2
III-2-2 Zones de Brillouin à deux dimensions et recouvrement de bandes

h2 π2 pour un déplacement à 45° de l’axe kx


E max =
me a 2
h2 π2
E max = pour un déplacement suivant kx
2
2 me a

E
π
a

h2 π2
E max =
me a 2

h 2 π2
E max =
2 me a 2
III-2-3 Zones de Brillouin à trois dimensions

cfc

 0  0 3 4 Relation de dispersion
2π   2π   2π  
Γ=  0 X=  0 K= 3 4
a   a   a  
 0  1  0 

http://www.phys.ufl.edu/fermisurface/
III-2-3 Zones de Brillouin à trois dimensions

cc
,

 0  0 1 2
2π   2π   2π 
Γ=  0 H=  0 P= 1 2
a   a   a 
 0 1 1 2 

1 2 
2π   .
N= 1 2 
a  
 0 

http://www.phys.ufl.edu/fermisurface/
III-2-3 Zones de Brillouin à trois dimensions

http://www.doitpoms.ac.uk/tlplib/brillouin_zones/3d_examples.php
III-2-4 Interprétation des propriétés physiques à l’aide des zones de Brillouin et de
la surface de fermi

Modèle de l’électron libre

kz
Sphère
de Fermi

kF
0K ky

kx
III-2-4 Interprétation des propriétés physiques à l’aide des zones de Brillouin et de
la surface de fermi
III-2-4 Interprétation des propriétés physiques à l’aide des zones de Brillouin et de
la surface de fermi
III-2-5 Interprétation des propriétés physiques à l’aide des densités d’états
Relation entre E et k ?

Vers une description simplifiée, utilisation de g(E)

Gaz d’électrons libres Cas général à trois dimensions


Modèle de Sommerfeld

Courbe de
dispersion
r
E = f (k )

Densité d’états
en fonction de E
g (E) = f (E)
III-2-5 Interprétation des propriétés physiques à l’aide des densités d’états

Système à deux atomes avec distance variable

Orbitale de l’atome d’hydrogène


III-2-5 Interprétation des propriétés physiques à l’aide des densités d’états

Système à deux atomes Système à N atomes

Atomes très proches, modèle de


l’électron presque libre

Recouvrement des fonctions d'onde pas trop


grand: approximation des liaisons fortes (tight
binding approximation en anglais)
III-2-5 Interprétation des propriétés physiques à l’aide des densités d’états

Système à N atomes avec distance variable


III-2-5 Interprétation des propriétés physiques à l’aide des densités d’états

Na
g(E)
Modèle de
l’électron
libre

Bande de
conduction

Ce comportement de « bon métal » est suivi par les alcalins (Li, Na, K, Rb, Cs).
III-2-5 Interprétation des propriétés physiques à l’aide des densités d’états

Comme la bande d est entièrement remplie, la structure de bande a une furieuse


ressemblance avec une bande de type s, qui peut être décrite par le modèle des électrons
libres. On peut généraliser le cas des éléments monovalents (Cu, Ag, Au, alcalins), pour
lesquels le cristal ne comporte que N électrons qui remplissent les N niveaux inférieurs ; la
première zone de Brillouin n’est qu’à moitié remplie, et la conductivité électrique, très
élevée, est celle que l’on peut calculer par la théorie des électrons libres
III-2-5 Interprétation des propriétés physiques à l’aide des densités d’états

 Pour les éléments divalents (Ca, Mg, ...), il y a 2 N électrons dans le


métal. Il se trouve qu’il y a chevauchement entre les bandes de la première
et de la deuxième zones de Brillouin : il y a donc une conductivité
importante, quoique moindre que chez les monovalents (figure I-19Bb).
 Pour les métaux trivalents, la première zone est remplie, ou à peu près,
et la deuxième à moitié pleine, ce qui permet de nouveau une conductivité
élevée dans certains cas (Al).
 Par contre, les corps tétravalents (diamant, Si, Ge) sont isolants à 0 K,
car le niveau de Fermi tombe dans une bande interdite large.
III-2-5 Interprétation des propriétés physiques à l’aide des densités d’états

Les trois lignes du tableau périodique s'étendant depuis les alcalinoterreux (Ca, Sr, Br)
jusqu'aux métaux nobles (Cu, Ag, Au), contiennent les éléments de transition

Position du niveau de Fermi

Eléments monovalents

Les semimétaux (plomb, bismuth) sont des cristaux dans lesquels on note un
chevauchement à peine marqué de deux bandes, l’une étant pratiquement pleine et
l’autre pratiquement vide.