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La théorie des coûts de transaction

Introduction

Dans le cadre de cet exposé sur la théorie des coûts de transaction, on a choisi, en guise
d’introduction de parler brièvement sur la théorie néoclassique de la firme pour bien
comprendre quel était l’apport de Coase et de Williamson en termes de « théories de la
firme »

 L’approche néoclassique de la firme

Comme on le sait tous, les économistes s’intéressent depuis longtemps au comportement des
firmes sur le marché ou à leur organisation, Par exemple, Adam Smith avait fait une analyse
de la répartition des tâches dans une manufacture d’épingles dans son ouvrage : Recherches
sur la nature et les causes de la richesse des nations, 1776), mais la théorie économique ne
s’est dotée d’une analyse explicite de la firme que récemment, dans les années 1970 avec la
redécouverte de l’article de R.Coase (1937).

L’analyse économique de la firme renvoie à trois questions essentielles:

 La définition de la firme et de ses spécificités


 Les raisons de l’existence de la firme et ses frontières
 Son mode d’organisation interne.

1. La firme dans l’analyse néoclassique standard (la firme en tant que boite noire)

De façon synthétique nous pouvons dire que la théorie standard, ou encore la théorie
néoclassique, ces termes sont d’ailleurs synonymes, cherche à expliquer les phénomènes
économiques à partir d’une analyse des comportements des agents individuels (consommateur
ou entreprise), hypothèse faite que ces agents sont parfaitement rationnels et possèdent
l’information parfaite. Cette théorie qui insiste sur le rôle des marchés et des prix, définis par
l’équilibre entre offre et demande sur le marché a pour objet l’étude des marchés et des
mécanismes de prix.

La firme ne joue donc pas un rôle central dans ce cadre théorique, les seules choses qui
importent sont :

 La quantité de ressources qui « entre » dans la firme c’est à dire les inputs (capital,
travail, matières premières…)
 La quantité de biens qui en « sort », les outputs, directement vendus sur le marché.
Cette représentation identifie la firme à une « boîte noire », un automate, c’est à dire un
dispositif reproduisant une séquence d'actions prédéterminées de façon mécanique.

Ainsi, dans la théorie standard, l’entreprise est représentée à partir de ses courbes de coûts
puisqu’elle elle est assimilée à une fonction de production, elle transforme des inputs en
outputs, selon une technologie donnée et en fonction des facteurs de production dont elle
dispose. La firme écoule ensuite ces biens ou services sur le marché.

Dans ce cadre théorique, la firme est également assimilée à un « point», puisqu’elle est définie
comme un agent économique individuel, représenté par son propriétaire, sans que soient pris
en compte les différents individus ou groupes d’individus qui la composent (salariés,
actionnaires…). Cet agent individuel a :

 Un comportement parfaitement rationnel (il a une information parfaite et des capacités


d’analyse infinies)
 Un objectif unique : la maximisation du profit

La théorie standard propose ainsi un modèle global d’allocation des ressources par le marché,
elle ne vise pas à rendre compte du comportement de la firme individuelle. Ainsi, pour M.
Jensen (1983), je cite, «malheureusement, toute la littérature économique qui évolue sous le
label «théorie de la firme» n’est pas une théorie positive de la firme, mais plutôt une théorie
des marchés»

Ce modèle de l’approche néoclassique est basé sur six hypothèses principales qui ont déjà été
évoqué par nos camarades dans le cadre des deux exposés précédents. Je ne vais donc pas
m’attarder à les expliquer.

2. LES HYPOTHÈSES DE L’ANALYSE STANDARD DE LA FIRME

 La Firme a pour unique objectif la maximisation de son profit.


 L’entreprise est assimilée à une fonction de production, rien n’est dit sur ce qui se
passe à l’intérieur de la firme
 L’entrepreneur, et par extension l’entreprise, obéissent à un comportement rationnel et
cette rationalité est parfaite, le comportement de la firme est celui de n’importe quel
agent économique individuel.
 L’environnement de l’entreprise est donné et sans incertitude.
 Dans un contexte de concurrence pure et parfaite, les prix sont des données exogènes
pour l’entreprise et dépendent des conditions de marché.
 Le marché est l’unique mode d’allocation des ressources, il est par définition efficient.
Compte tenu de ces hypothèses, la problématique de la théorie standard consiste à définir les
conditions d’une allocation efficiente des ressources par le marché, à travers l’analyse des
variations de prix de marché et de leur influence sur la fonction de production de la firme.

I. Le fondement théorique de la TCT : Ronald Coase


1 : Ronald H.Coase : la justification de l’existence de la firme

A :Cadre historique

On aimeraient bien commencer cette introduction par La théorie économique de la firme qui
se développe à partir des années 1970, sur la base d’un article de Ronald Coase de 1937, redécouvert
dans les années 1960 et devenu aujourd’hui un des classiques de la littérature économique.

Elle se pose essentiellement une question : qu'est-ce qu'une firme ? Cette question, qui semble
pourtant d'une grande simplicité, n'est pas encore complètement résolue aujourd'hui, tant du
point de vue théorique qu'empirique, on va proposer un panorama des différentes approches
théoriques de la firme.

Les approches théoriques de la firme présentées dans cette synthèse ont bénéficié du
développement de trois approches originales de l'entreprise, davantage basées sur
l'observation du fonctionnement des firmes réelles.

Une première analyse majeure de l'entreprise est celle d'A. Berle et G. Means. Leur ouvrage
de 1932 est le point de départ de ce que l'on a appelé la «révolution managériale». L'idée
centrale de ces auteurs est de montrer que le développement de la grande société par actions,
et la dispersion de la propriété entre un grand nombre d'actionnaires, tend à entraîner la
séparation de la propriété et du contrôle de l'entreprise. Le pouvoir de décision appartient aux
managers et la propriété aux actionnaires. Cette approche inspirera par la suite la théorie de
l'agence dans sa représentation de l'entreprise.

La deuxième approche est l'approche dite «behavioriste» de Cyert et March. Leur ouvrage de
1963 présente l'entreprise comme une organisation complexe, constituée de groupes aux
intérêts divers et caractérisée par des rapports simultanés de conflits et coopération. Les
auteurs précisent que la firme est aussi le lieu d'apprentissages collectifs, thème qui sera repris
par les approches évolutionnistes de la firme.

Enfin l'analyse d'A. Chandler à la fois dynamique et historique, va initier l'approche de R.


Coase en présentant la firme comme une institution complexe, fondée sur un système de
coordination administrative et hiérarchique.

Ronald Coase qui a obtenu le prix Nobel d’économie en 1991, il a une influence indéniable
sur les développements de l’économie des organisations, son apport est souvent réduit à la
nature de la firme. Ou, plus exactement, son apport est supposé résider dans la justesse des
questions qu’il pose : pourquoi les firmes existent-elles ?

Coase apporte pourtant à l’économie des organisations une méthode, « une théorie de la
firme » alors, cet élargissement a été pris en compte dans les développements de l’économie
néo-institutionnelle. Il propose de refonder la théorie économique afin qu’elle puisse
expliquer « le fonctionnement de système économique concret. Dans le but, qu’il faut
réintroduire les institutions (la firme, le marché et le Droit) et, pour cela, les coûts de
transaction dans la théorie économique.

B : Ronald Coase : pourquoi existe-t-il une firme ?

1) L’existence de coûts de transaction :


En 1937, Ronald Coase (prix Nobel d’économie, 1991), écrit un article retentissant sur « la
nature de la firme ». Celle-ci se caractérise par une coordination hiérarchique alternative à la
coordination par les prix et donc par un autre type d’allocation des ressources que celui
résultant des « transactions d’échange ». Or, que la firme soit un lieu de répartition des
ressources par le propriétaire et non un marché de « facteurs de production »

Alors Coase se pose la question de savoir : « Pourquoi existe-t-il une firme ? » (Coase, 1937).
Dans son article il essaye de montrer que le recours au marché n'est pas gratuit. Dans l'esprit
de Coase, il s'agit de se demander pourquoi il existe quelque chose comme des firmes. Si
comme le soutien l'analyse économique classique, le recours au marché est toujours ce qu'il y
a de plus efficace, comment expliquer qu'il existe des firmes qui s'organisent en interne pour
ne pas avoir à recourir au marché ? Sa réponse est qu'il existe un coût lié au marché et qu'il
s'agit là d'un mode décoordination comme un autre. Par conséquent, pour limiter les coûts de
transaction, les firmes ont intérêt à internaliser une partie de leur production. En donnant à
l'entrepreneur la décision d'allouer les ressources au lieu de s'en remettre au marché, on
économise du temps pour chercher le bon prix, on limite les coûts liés au contrat et on
restreint l'incertitude. Ainsi Coase affirme que si la firme existe, c'est justement parce qu'elle
permet d'économiser les coûts de transaction nécessaire sur un marché.

Donc l’existence de cette firme justifie ainsi par l’existence des coûts de transaction qui
peuvent résulter des limites notamment :

Incertitude : L'incertitude se divise en deux composantes. La première est l'incertitude


interne qui recouvre la complexité et le caractère tacite des tâches que l'entreprise effectue en
interne. La deuxième est l'incertitude externe qui comprend l'incertitude technologique,
l'incertitude légale réglementaire et fiscale, et l'incertitude concurrentielle.

Asymétrie d’information et l’opportunisme : Le modèle de CPP supposait la transparence


de l’information. En pratique, un agent qui s’engage dans une transaction peut disposer de
plus d’information que les autres. On a coutume de distinguer deux types d’asymétrie
d’information, qui peuvent intervenir avant (ex-ante) ou après (ex-post) la conclusion du
contrat :
Anti sélection : on peut penser par exemple au marché des automobiles d’occasion. On
imagine deux types de véhicules, ceux de mauvaise qualité et ceux de bonne qualité. On
suppose que seul le vendeur connaît la qualité de sa voiture (asymétrie d’information) et qu’il
n’hésite pas à mentir. En proposant un prixunique (par exemple un prix moyen) le marché
permet uniquement la mise en vente des modèles de médiocre qualité : « les mauvais produits
chassent les bons ».Ici le prix ne joue plus son rôle d’information. Les bons produits se
retirent du marché, éventuellement jusqu’à l’absence d’échange. L’anti sélection peut aussi
engendrer des coûts importants d’information.

Aléa moral : ici le problème intervient après la conclusion du contrat, dans les cas où il est
difficile d’observer le comportement de l’acheteur après son achat. Par exemple, un individu
assuré peut être incité à prendre davantage de risques car il sait qu’il est couvert. Cet aléa
moral impose souvent la mise en place de mécanismes de surveillance coûteux. Ces
asymétries sont à la source d’importantes défaillances de marché et peuvent ainsi justifier une
« internalisation » des activités (ex. embauche d’un technicien automobile en interne en lieu et
place du recours à des garagistes externes, par manque de confiance).

L'ensemble des coûts induits par ces actions forment les coûts de transaction. Carl J. Dahlman
les regroupe en trois catégories :

Coûts de recherche et d’information : les coûts liés à la recherche de l'information, notamment


au temps passé à découvrir les bons prix par exemple, coûts liés à la découverte des prix
adéquats, prospection, comparaison du rapport qualité/prix des différentes prestations
proposées, étude de marché etc.

Coûts de négociation et de décision : par exemple les coûts qui sont propres au contrat (coûts
de négociation et de conclusion d'un contrat pour chaque transaction, de recherche de
partenaires ou de modalités pour résoudre les conflits) rédaction et conclusion d'un contrat
etc.

Coûts de surveillance et d’exécution : les coûts liés à l'incertitude, notamment dans le cas des
transactions internationales ou des transactions difficiles à spécifier contrôle de la qualité de la
prestation, vérification de la livraison etc. Cet ensemble est regroupé sous le terme générique
de coûts de transaction.

2) Qu’Est-ce qu’une firme ?


La firme est apparue comme un champ substantiel et particulier de recherche en sciences
économiques à travers la redécouverte de l’article séminal de Coase – « The Nature of the
Firm » (1937) – qui pose les questions de la genèse et des frontières de la firme. Depuis lors,
les économistes ont progressivement remis en cause l’analyse néoclassique de la firme en tant
que boîte noire qu’ils jugeaient « anorexique, plus en os qu’en chair » (Hart, 1988, p. 467). Ce
faisant, les théoriciens ont utilisé le contrat comme le mécanisme modulaire central capable
de jouer tout à la fois un rôle de coordinateur et de producteur d’incitations à l’intérieur et
entre les firmes. Selon les théories économiques dominantes, la nature de la firme se fonde sur
l’organisation d’un ensemble de différents arrangements contractuels. La firme est un nœud
de contrats. Une telle analyse contractuelle de la firme implique une certaine continuité entre
le marché et la firme, laquelle est perçue comme un arrangement contractuel qui facilite les
transactions. Les relations contractuelles sont l’essence des firmes tandis que les individus
sont les parties à ce nœud de contrats. Les individus n’existent qu’au regard des contrats. La
firme ne diffère pas du marché par nature mais simplement par degré, le contrat étant
l’essence de toutes les structures de gouvernance. Alchian et Demsetz (1972) réduisent ainsi
la firme classique à une «structure contractuelle particulière» qui recèle les caractéristiques d’
« un marché efficient » .Plus exactement, la firme privée est une « équipe » dont la valeur
agrégée excède la somme des valeurs de marché acquises séparément. Et le contrat a pour
fonctions de contraindre et de contrôler les actions des membres de l’équipe. La firme, à
l’instar de toute autre forme d’organisation, est située le long d’un continuum contractuel. La
firme est réduite au substrat des relations contractuelles.

Dans l’économie des coûts de transaction, la firme est définie comme une structure de
gouvernance coordonnée par une autorité hiérarchique dérivant d’un ordre privé (Williamson,
2002). Cette théorie retient la transaction – c’est-à-dire le type de contrat – comme l’unité
pertinente d’analyse des organisations. Toutes ces théories économiques de la firme ont en
commun de lier la nature de la firme à une essence contractuelle. La firme n’est qu’un agrégat
formé à partir de contractualisations privées entre des parties distinctes (Phillips, 1994). Une
question fondamentale reste alors en suspens : quand un nœud de contrats devient-il une firme
(Demsetz, 1988) ? La réponse est : jamais, à la fois parce que la firme ne serait qu’une somme
de contrats et d’individus qui possèdent des ressources et rien d’autre, mais également parce
que cette question est intrinsèquement circulaire. En effet, il est impossible d’identifier un
nœud de contrats indépendamment d’une firme donnée (Gindis, 2007). La personnification
légale de la firme promeut ainsi la représentation de ce nœud de contrats.

2 :L’approfondissement avec Oliver Williamson : la contribution


majeure de Williamson :
A : Cadre théorique :
Williamson un prix Nobel en science économique le 12 Octobre 2009.

 Avant d’aller plus loin, il faut parler du corpus théorique ou paradigme qui a influencé
Williamson et l’a amené à développer sa théorie des contrats. Il s’agit de la théorie des
couts de transaction.

O. Williamson occupe une place très particulière parmi les grands auteurs du management. Il
est le seul ayant à la fois :

- Construit les fondements de la théorie des couts de transaction, basé suer le principe
normatif qu’économiser sur les couts de transaction est préférable au gaspillage résultant de
choix guidés par le hasard ou l’intuition managériale.
- Déduit des principes normatifs concernant le choix ex ante par les agents économiques des
modes de gouvernance, qui serviront d’institutions pour leurs transactions réalisées ex post,

- Entraîné plusieurs centaines de travaux empiriques, en économie, finance, marketing et


stratégie par des chercheurs soucieux de tester statistiquement les propositions normatives
produites par son architecture théorique.

Ces trois contribution sont enrichissent régulièrement de nouveaux apports théoriques et


empiriques produits par des chercheurs en économie et management. Donc l’influence de
l’économie des couts de transaction ne se fait pas partir uniquement parmi les thèses et les
publications académiques, mais également au sein des cours d’économie et des manuels de
management.

Parmi les fondateurs de l’économie néo-institutionnelle, Williamson occupe une place unique,
parce qu’il a été le seule à s’intéresser au management interne de l’entreprise au même titre
qu’aux autres institutions de l’économie. Puisque les transactions peuvent être véhiculées par
des modes des gouvernances comme le marché parlant du système des prix, la forme
d’hybride qui est le contrat ou bien l’entreprise au sein même de l’organisation. Donc chaque
mode doit être analysé avec les mêmes concepts, pour pouvoir être comparé à d’autres avec
les mêmes instruments de mesure. Son intérêt pour le management et son insistance à mesure
les dimensions de transaction et des modes de gouvernances le distinguent de Coase, North ou
Akerlof.

Brièvement, pour bien le situer de la pensée néo-institutionnelle, il est utile de résumer les
travaux des prix Nobel d’économie de cette obédience qui sont : Coase 1991, North 1993 et
Akerlof 2002 (pour l’asymétrie de l’information et la sélection adverse).

-Coase : (1937 ,1984 ,1997) il a légitimé l’existence de la firme aux yeux des économistes
libéraux, fervents admirateurs du marché comme seule institution économique efficace.
Est-il utile de rappeler que leurs écrits prônent la « main invisible » d’un système de prix dans
lequel l’entreprise est réduite à une fonction de production, sans mécanisme de coordination
interne, ni management, donc avec des coûts de transaction égaux à zéro ?

-Demsetz 1967 ironisait en faisant référence au marché comme un état idéal de Nirvana. Pour
Coase, si la firme existe, c’est que, dans certaines circonstances, mais pas dans toutes, elle
permet l’exécution de transaction à des couts inférieurs à ceux du marché. Ce qui caractérise
la firme, c’est l’absence d’un système de prix, remplacé par un mécanisme interne de
coordination. La main invisible des prix cède la place à celle, bien visible, des propriétaires et
dirigeants. Les lois des sciences physiques, avec le calcul marginaliste de l’optimum des néo-
classiques peuvent dès lors céder la place aux stratégies des êtres humains et à leur
observation par les sciences sociales. La qualité des dirigeants, des consultants et des
professeurs de management ne sont plus variables négligeables.

-North (1981, 1990,1994) est un historien des institutions de l’économie dont la contribution
principale est d’avoir expliqué pourquoi la croissance économique existe dans certains pays et
pas dans les autres. L’environnement institutionnel formel (pouvoir politique, légal et
administratif) et informel (culture, normes, valeurs) détermine les règles du jeu économique,
qui servent d’incitations pour les entrepreneurs. Lorsque l’environnement institutionnel est
crédible, les incitations sont positives, les transactions entre agents économiques
s’intensifient, leur coût unitaire baisse, l’investissement et la croissance sont au rendez-vous.
Lorsque les incitations sont peu crédibles, lorsque le politique est dictatorial et s’approprie par
la force, la rente des entrepreneurs, c’est l’inverse qui se produit avec son cortège de sous-
développement et de pauvreté. Chez North, comme pour la plupart des néo-institutionnalistes,
c’est le politique qui définit les règles du jeu économique, à l’inverse des libéraux et des
marxistes.

-Akerlof, prix Nobel 2002, est très cité pour son article de 1970 sur les « citrons » (en
anglais : « lemons », terme argotique signifiant « nanard » ou rebut). Il démontre que dans un
système de prix, l’asymétrie d’information entre vendeurs et acheteurs amène les premiers à
garder les bons produits et à sélectionner les mauvais pour les vendre. Le vendeur est en effet
souvent le seul à posséder l’information lui permettant de faire la distinction entre ses qualités
de produits. Il peut vendre ainsi les mauvais au même prix que les bons. Le « marché » fait
donc une sélection adverse, ou de façon plus imagée « la main invisible se met le doigt dans
l’œil ».

-O. Williamson intègre bien les apports de North, Coase et Akerlof : C’est l’environnement
institutionnel qui détermine les règles du jeu pour le choix des modes de gouvernances
(W.1998).
La firme et le marché sont les deux institutions de l’économie qu’il analyse en premier 1975
avant d’y rajouter les formes hybrides 1985 et 1994. L’asymétrie d’information est l’une des
formes de l’opportunisme ex-ante 1985 et 1994.

 Il semblerait que le point de départ de cette théorie soit un article paru en 1937 écrit
par Ronald H. Coase64 dans lequel il se pose la question de l’origine des organisations
économiques. Son postulat est que dans une situation de marché, il y a baisse
automatique des coûts car à travers les relations directes entre les individus, donc
aucun coût d’infrastructures à supporter. Ceci dit, il peut y avoir des coûts de
transactions assez lourds, car en l’absence de structure administrative pour coordonner
le tout, sur l’intervention de dix personnes dans une transaction, il faudra conclure un
nombre conséquent de contrats, tandis que dans une situation avec ces mêmes dix
personnes mais au prise avec un agent central, il y aura possibilité de n’avoir plus que
neuf contrats conclus entre les neuf personnes et l’entité centrale.
 La solution choisit en disant que cela dépend des coûts de transaction, que cela
représente, c'est-à-dire les coûts de transaction de l’intégration interne ou cout de
transaction du marché. Si le cout de transaction de émise en place d’une structure
administrative est plus élevé, alors il faudra préférer la solution hiérarchique.
L’arbitrage doit se faire de cas en cas, le seul moyen d’évaluation valable étant de
comparer systématiquement. Les coûts du marché et celui de l’intégration dans une
structure verticale.
 C’est en s’inspirant des travaux de Coase qu’Oliver E. Williamson a prolongé
l’analyse des coûts de transaction. Il reprend le postulat de rationalité limitée des
acteurs de Simon en l’appliquant aux contrats. Il dénonce dans l’économie de marché
l’incomplétude des contrats régulant les rapports entre les acteurs qui fonctionnent
chacun selon le principe de rationalité limitée et non selon le principe de
maximisation. Cela peut conduire les acteurs à des comportements opportunistes.
Dans ce cas-là, il faut préférer la solution hiérarchique à la solution contractuelle. Le
choix entre marché et hiérarchie repose donc sur un arbitrage entre la force incitative
des mécanismes de marché et l’adaptabilité du pouvoir discrétionnaire de la
hiérarchie. Insistant énormément sur le concept de contrat, Williamson développe
toute une typologie des contrats à conclure selon les caractéristiques
comportementales des acteurs en présence.
 Reprenant une définition de Kenneth Arrow, Williamson définit les coûts de
transactions comme les coûts de fonctionnement du système économique. Williamson
entend dégager l’idée simple que dans n’importe quelle activité économique de
l’entreprise, il existe des coûts automatiquement associés. La Théorie de Williamson,
avant tout, basée sur l’entreprise, postule qu’il faut minimiser ces coûts afin que
l’entreprise puisse produire le bien de manière optimale. L’enjeu est donc de trouver la
meilleure organisation possible de l’entreprise pour produire ce bien. En reprenant
l’idée de Coase considérant que l’entreprise n’est pas seulement une fonction de
production mais une structure de gouvernance qu’il faut savoir exploiter, et cela selon
savoir la situation pour produire ce bien aux moindres couts soit le marché soit
l’entreprise.

 On distingue deux catégories des coûts de transaction : les couts de transaction ex


ante et les couts de transaction ex post :

o Les couts de transaction ex ante : lors de la négociation d’un contrat, il a


automatiquement des couts soit couts de négociations, couts d’esquisse d’un
document, réunion, discussion. Cela amène les parties à envisager deux types de
contrats :
-un contrat exhaustif : qui prévoit la répartition des couts après les avoirs évalués et
modélisés. Ce type de contrat est très rare à cause de l’évaluation des couts est la
difficulté à faire parce que les parties ne se révèlent pas tout l’information qu’elles
possèdent c’est l’asymétrie d’’information. De plus, les coûts du point de vue
comptable sont aussi insuffisants, parce que cela occulte des couts qui ne se sont pas
matériel, comme par exemple les préférences des individus. Outre qu’il fau tenir
compte de la contingence des situations qui ne sont plus les mêmes entre la signature
et l’exécution du contrat.
-un contrat non exhaustif/ou cadre : qui n’envisage pas tous les cas de figure, laissant à
la discrétion des parties la possibilité de voir comment elles répartissent les coûts et la
solution à trouver en cas de litiges, avec tout le problème de risque moral que cette
solution implique.

 A ce stade, l’idée centrale dans la théorie des coûts de transaction c’est d’éviter les
tribunaux et le règlement judiciaire. Anticiper les sources de conflits potentielles pour
minimiser les coûts. Donc il faut que les avocats et les économistes parties au contrat
envisageant des solutions négociées d’ordre privé (conception private ordering) et non
la voie judiciaire classique qui consiste à actionner les tribunaux (conception central
legalism).

o Les coûts de transaction ex post : Williamson a trois remarque à propos cela :

1) Par coûts ex post, il est fait allusion aux coûts de mise en place et de bonne marche du
système ;

2) Ceux-ci prennent généralement la forme de coûts de marchandage (bargaining costs)


lorsque des efforts bilatéraux sont entrepris pour corriger les mauvais alignements
contractuels ex ante ;
3) Les coûts survenant assurent le respect des obligations prises par les parties au préalable
(De fait, elles se trouvent liées par le contrat initial et par la nécessité de trouver une solution
commune aux coûts ex post survenant en dépit de leur volonté).

- il faut remarquer donc que les coûts ex ante et ex poste sont interdépendants. Des coûts
signifieront que la négociation du contrat fut âpre mais à la fin cela réduira logiquement les
coûts ex post car l’accord trouvé été à la satisfaction des deux parties.
-Toutefois, il se peut que les couts ex post apparaissent, parce que la conclusion du contrat fut
laborieuse et que des points de litiges initialement présents sont encore présents à la
conclusion du contrat. Il n’existe pas une solution prête.

- Le problème qui se pose à propos ces coûts, c’est qu’ils sont difficiles de les quantifier
comptablement. Il est seulement possible de comparer une manière de contracter avec une
autre ce qui nous amène de voir relativiser l’évaluation de ces coûts de transaction. Il se faut
jamais d’essayer de les mesurer précisément. Il faut juste distinguer la meilleure solution entre
le contrat et le marché, en tenant d’évaluer les cas de figure et les situations contractuelles
auxquelles chaque instrument aboutit.

B : Postulats comportementaux :

 Supposant la conclusion d’un contrat, voila l’arbitrage qu’il faut faire dans la
production d’un bien parlant de la firme ou marché.
 Selon Williamson, il faut tenir compte à des autres variables dans l’évolution de la
situation, le postulat comportemental des individus au sein de la firme et sur le
marché. Reprenant les idées de Thomas Hobbes et d’Herbert Simon, et Williamson
dit que les individus sont :
1. Dotés d’une rationalité limitée (bounded rationality);
2. Sujets à l’opportunisme.

1 : La rationalité limitée :

 C’est Simon 1947, qui a développé le concept de rationalité limitée, cela veut dire
l’incapacité à être totalement informé, prévoir et comprendre les réactions des
fournisseurs, des clients, des employeurs ou bien des concurrents. Ainsi, qu’eux même
ne savent pas de ce qu’ils vont faire forcément. Williamson à repris ce concept en
donnant hommage à Simon.

2 : L’opportunisme :

 Parlant du deuxième axiome behavioriste qui est apporté par Alchian et Demsetz
1972 c’est l’opportunisme, qui c’est repris par Williamson 1975.
 L’opportunisme c’est la volonté des individus d’agir dans leur intérêt personnel en
trompant l’autrui volontairement.
 L’opportunisme peut se faire d’une façon ex ante en cachant les informations ou des
intentions. Ou bien ex post en saisissant les éléments non-écrits du contrat ou de la
situation interne à l’entreprise pour tirer avantage d’événements imprévus.
 Le concept d’opportunisme a été critiqué violemment par Gochal et Moran 1996 qu’ils
cherchent à établir une théorie économique sur la base de la notion de la confiance.
 Williamson 1996 ,1999 a répondu patiemment et dans le détail dans une grande
réplique était déjà inclut dans une digression de trois pages sur l’opportunisme
(Williamson 1985), mais probablement mal comprise ou non lue par ses détracteurs.
 Ghertman 2000, il a souligné de façon humoristique et partiellement sarcastique en
ajoutant que Ghoshal et Moral 1996 auraient critiqué Alchian et Demsetz 1972, parce
qu’ils sont les créateurs du concept, repris ensuite dans les nombreux travaux de
Williamson.
 Certes, ce n’est pas parce que l’on affirme que l’opportunisme existe, que l’on partisan
de son développement. La confiance existe aussi. La confiance n’est pas un concept
opérationnel pour choisir entres des modes de gouvernances. Il faut bien se prémunir
contre le risque de l’opportunisme. En effet, si la confiance existait vraiment entre
nous, donc pourquoi il existe l’écriture du contrat ou avoir tant d’avocats. Toutefois,
dans la gestion interne des organisations, plus la confiance existe entre les partenaires
plus leur sentiment d’appartenance et d’identité est forte, plus l’organisation sera
efficace. C’est pour cette raison les contrats de travail sont quand même nécessaire
pour éviter les risque de l’opportunisme des employés qui réagiraient en passant une
grande partie de leur temps à en abaisser les effets négatifs, en travaillant de façon
moins efficace et d’autre part de leurs employeurs faisant varier à la baisse les
niveaux de rémunération, et vice-versa. Donc l’accroissement de la confiance lorsque
les formes hybrides sont choisies, les coûts de transaction diminue.
 Face à ces types de comportements, la première solution c’est les contrats, car il s’agit
de l’instrument de base de la théorie d’agence. Donc, le contrat reste la meilleure
solution. Outre, deux biais qui modifient le type de contrat, auxquels il peut être
apporté les réponses suivantes :

- Le droit à travers la conclusion de contrats clairs ;


- Les organisations.

 Chez Williamson, les contrats existe pour définir clairement quelles sont les
obligations de Principal et les agents. Alors le point principal de la théorie des contrats
est que pour enrayer l’opportunisme et la rationalité limitée de l’agent. C’est pour cela
il faut avoir un contrat clair entre eux pour atteindre au résultat escompté en
minimisant les coûts de transaction.
 Grosso modo, un bon contrat c’est une question importante, si le contrat est clair, il y
aura moins de risque de friction entre les parties et tous seront satisfaits du résultat.

C : Les Attributs des transactions :

Williamson parvient à une typologie de l'environnement selon trois critères : la spécificité des
actifs, le degré d'incertitude et la fréquence des transactions.
1. La spécificité des actifs
a. Qu’est-ce qu’un actif spécifique ?

On dit qu’un actif est spécifique lorsque sa valeur d’usage est d’autant plus supérieur que sa
valeur d’échange. Qu’il soit tangible ou pas, un actif spécifique a une valeur particulière
exclusivement dans le cadre de la relation pour laquelle il a été réalisé.
Ainsi, (Williamson en 1994, a écrit :"Des actifs spécialisés ne peuvent pas être redéployés
sans perte de valeur productive en cas d'interruption ou d'achèvement prématuré des contrats"
(Williamson, 1994, p. 77).

Ainsi, dans le cas d'actifs spécifiques, la continuité (plutôt que la cessation) de la relation est
recherchée par le partenaire ayant réalisé de tels investissements.

Donc, afin de sécuriser ces investissements, il est souvent nécessaire de mettre en place des
garanties contractuelles et organisationnelles lors de la signature du contrat liant les deux
parties.

Williamson ajoute, "l'accroissement du degré d'incertitude par rapport à cet investissement


rend plus impératif le fait que les parties conçoivent un mécanisme « pour faire aboutir les
choses » " (Williamson, 1994, p. 82).

C’est pour cela que l’économie des coûts de transaction développée par Williamson repose
sur un principe fondamental : « En situation de spécificité des actifs, la forme
organisationnelle hiérarchique c’est à dire « la firme » comme le conçoit Coase, apparaît
comme la solution optimale, c’est à dire qui permet grâce à la « propriété unifiée » de
neutraliser les risque opportunistes associés à l’échange

On peut ainsi déduire que les solutions contractuelles perdent leurs efficacités et accroissent
les coûts de transaction rapidement, que ce soit les coûts ex ante (coûts sont associés à la
rédaction, la négociation et la garantie d'un accord c’est à dire liés à l’élaboration du contrat)
et ex post (les coûts d’évaluation et de contrôle du bien ou service fourni, les couts de recours
à une deuxième opinion, les couts d’établissement d’engagement surs… etc.

C’est ce besoin de protéger ses actifs spécifiques et de minimiser ces coûts engendrés par la
contractualisation de ces derniers qui pourrait provoquer éventuellement cette décision
d’intégration

Cependant, ça va de soi qu’il n’existe pas un seul type de spécificité d’actifs puisqu’il n ya
pas qu’un seul type d’actifs.

Williamson distingue entre 6 spécificités d’actifs que nous allons voir tout de suite, cependant
nous allons nous attarder d’avantage sut l’analyse des 2 premières qui sont La spécificité du
site et La spécificité physique.
b. Les catégories et les dimensions de la spécificité des actifs

 La spécificité de site et intégration verticale en amont

Cette spécificité est liée à la localisation de l’actif, c’est-à-dire l’endroit de ces actifs dans un
processus de production localisé. Quand les deux partenaires d'installer leurs unités de
production proches les unes des autres. Le coût serait donc celui de leur relocalisation,
néanmoins ce phénomène entraîne une réduction des coûts de transport, des coûts de stockage
et d’inventaire (un seul stock commun suffit, le fournisseur y entreposera ses propres produits
intermédiaires qui serviront d'inputs à l'entreprise cliente). Mais, une fois l'investissement
réalisé, apparaît une situation de « lock-in » (Boissin, 1999, p. 10)

En d’autre termes « Si un fournisseur s’installe près de son client, il minimise des coûts de
transport et de stockage, cependant il limite aussi les possibilités de redéployer cet
investissement dans le local vers d’autres clients.

Donc on comprend tout de suite que cette spécifié concerne les situations d’immobilisation
d’actif ex ante ou en amont

 Etude de spiller 1985

Spiller a pris la distance géographique entre les entités observées comme indicateur de
spécificité de site dans le cas de fusions-acquisitions verticale (en amont ?), et a ainsi constaté
une forte corrélation inverse entre distance géographique et performance des firmes intégrées.
Plus la distance augmente plus, moins les performances sont élevées.

Ce résultat confirme l’impact de cette spécificité et les hypothèses sur sur les avantages de la
coordination verticale hiérarchique

conclusion : L’intégration verticale en amont s’avère plus fréquente empiriquement lorsque


s’accroissent les économies d’échelles, les coûts de transport, mais surtout la spécificité
d’actifs

 La spécificité de l'actif physique

Leur impact émerge plus fréquemment dans les décisions de « faire » ou de « faire faire » les
diverses composantes d’un ensemble, en ce sens, ces choix ont été beaucoup étudiés dans
l’industrie automobile qui sont fortement utilisatrices de la sous-traitance

Elle peut aussi concerner l’intégration en amont lorsqu’il est nécessaire d’élaborer des
équipements spécialisés de production que nécessite la fabrication d'un bien particulier

Tout comme elle peut surgir en aval, Exemple :


Certaines marchandises nécessitent des véhicules de transport spéciaux qui disposent de
conditions particulières (comme les produits chimiques par exemple). C’est pour cela que les
fabricants de ces produits préfèreraient de posséder ces véhicules là pour éviter tout risque de
perte ou d’endommagement de la marchandise qu’ils pourraient courir en louant ces véhicules
de transport, et donc bien entendu, contractualiser cette transaction. Afin de mesurer cette
spécificité deux mesures ont été développées :

 La première s’appuie sur le jugement d’expert pour évaluer le degré de spécificité des
actifs physiques en mesurant le degré de contenu d’ingénierie incorporé dans sa
fabrication (Montever de et Teece 1982)
 Une autre mesure est le degré de spécialisation de l’investissement en tant que tel, càd
l’intensité concurrentielle qui caractérise l’offre du composant.

 La spécificité de l'actif humain

Les actifs spécifiques humains correspondent au savoir-faire et l’apprentissage développés sur


le lieu de travail. Ces actifs humains apparaissent le plus souvent dans le domaine de
intégration de la distribution, c’est-à-dire en aval dans la commercialisation du produit.

En effet l’article de Anderson et Schmitten 1984 étudie les choix organisationnels de réseau
commercial : ainsi ce dernier peut soit être confié au personnel de la firme et on parlera dans
ce cas-là de l’intégration verticale, soit à des agents commerciaux indépendants, et on parlera
ici de contractualisation de la transaction. Leurs analyse dans cette articles s’est porté sur le
type d’organisation des territoires commerciaux de producteurs américains de composants
électroniques.

John et Weitz 1998 proposent une mesure de la spécificité de l’actif humain, celui-ci sera
mesuré par le temps nécessaire à un nouvel agent expérimenté pour se familiariser avec les
caractéristiques du produit

Là aussi la principale conclusion avec laquelle ils se sont trouvés est que l’augmentation de la
spécificité des actifs élèves la probabilité d’intégration verticale.

 La spécificité des actifs dédiés pour la transaction

Les actifs dédiés sont des investissements physiques ponctuels dans des sites généralistes
effectués à la requête d’un client particulier.

 La spécificité dans la réputation. Ou « le capital de marque »

C’est-à-dire la possession d’une marque reconnue comme telle par les acheteurs ou, si l’on
préfère l’image de marque, constitue un actif spécifique.

 La spécificité temporelle
La spécificité temporelle peut être analysée comme une spécificité de site dans laquelle le
besoin de réponse en temps réel d’actifs humain sur place est nécessaire. Cette catégorie,
développée dans leur étude des chantiers navals par Masten, Meehan, et Snyder (1991),
renvoie aux contraintes de logistiques afférentes à l’enchaînement des opérations de
construction des navires. Plus largement, elle désigne tout besoin de coordination temporelle
ou de « réponse simultanée » dans un processus de production.

Cc/ Même s’il existe une multiplicité des sources de la spécificité des actifs, la conséquence
principale de cette spécificité sera toujours la même : la dépendance bilatérale des
cocontractants à ce type de transaction. Williamson insiste particulièrement, parmi les
attributs de la transaction, sur la spécificité des actifs parce qu’elle pose un problème
particulier dans le cadre d’une analyse en termes de coûts de transaction. En effet les
partenaires gagnent à maintenir leur relation. Mais, simultanément, cette relation occasionne
l’émergence d’opportunisme. L’un des partenaires peut avoir intérêt à exproprier la quasi-
rente créée lors de la relation et/ou les investissements effectués par le cocontractant, comme
le démontre Klein, Crawford&Alchian, 1978 dans leur étude de General Motors et Fisher
body que nous allons exposer par la suite dans la partie étude empirique.

2. L’incertitude

Le modèle de base exposé par WILLIAMSON ne prend en compte que l’incertitude de type
comportemental, cependant de nombreux travaux empirique ont fait surgir le besoin de
compléter cette notion d’incertitude aussi complexe qu’elle le soit par une incertitude externe
décomposé en 2 aspects ; l’environnement sociopolitique et les évolutions du marché.

 L’incertitude comportementale

L’incertitude est liée à la prise en compte de la rationalité limitée et à l’opportunisme des


agents. Pour Williamson, le facteur essentiel d’incertitude repose sur l’opportunisme des
agents : « l’incertitude comportementale, en particulier, a une importance spéciale pour
comprendre les sujets étudiés par l’économie des coûts de transaction ». Cette incertitude est
qualifiée de stratégique ou comportementale car elle liée à la volonté de certains agents de ne
pas divulguer des informations, ou de divulguer une information incomplète et/ou trompeuse.
L’incertitude est élevée dès lors que le nombre d’agents est faible. Plus généralement,
l’incertitude comportementale n’est pas un problème en soi dès lors qu’il y a suffisamment
d’agents substituables entre eux, c’est-à-dire une situation de marché de grand nombre.
L’incertitude devient problématique dès lors qu’il y a peu d’agents en mesure de contracter, et
c’est très souvent le cas lorsque les actifs sont spécifiques.

Dans l’étude déjà mentionné, Anderson et Schmitten ont intégré dans leur modèle
économétrique la dimension de l’incertitude interne. Celle-ci a été mesurée dans ce modèle
comme la difficulté de mesurer la performance réelle des agents commerciaux, étant donné
que cet actif spécifique est HUMAIN et sa relation avec l’incertitude comportemental est
étroite comme a précisé Liebenstein (1982)

De ce fait, l’accroissement de la spécificité des actifs =>hausse conséquente de l’incertitude


comportemental. Ce résultat traduit une forte difficulté de distinction entre l’incertitude et la
spécificité en tant qu’attribut de la transaction.

En revanche l’impact de l’incertitude est plus clair et dissocié de la notion de spécificité dans
le contexte international là où différentes différences socioculturelles entrent en jeu, comme le
montre Shane en 1992 et 1995 dans son étude sur l’influence des différence culturelles sur les
formes d’investissement à l’étranger , plus le centre de décision est loin, plus les
multinationales américaines préfèrent l’investissement direct (qui peut être assimilé à
l’intégration) au détriment à la licence, c’est-à-dire la contractualisation de la transaction.

 L’incertitude environnementale

L'impact de' l'incertitude environnementale sur les choix d'organisation a été particulièrement
étudié dans le cadre du développement international de la firme. L'incorporation à l'analyse de
la diversité de ces environnements constitue l'originalité de l'approche, en effet la principale
spécificité du champ international vis à vis de l'analyse nationale réside dans une altération de
la nature de l'incertitude externe: qui émane à présent de la technologie des différences
sociales, l'écart culturel, la stabilité politique, etc.... qui créent un niveau d'incertitude pour
l'investisseur.

On va développer d’avantages ces risques là dans 2 principales catégories :

o Incertitude d’Environnement sociopolitique et technologique

Davidson et McFetridge [1984, 1985] analysent les circonstances dans lesquelles il est plus
avantageux d'internaliser les transactions à contenu technologique.

Le cas se rencontre fréquemment dans les opérations de transfert international de savoir-faire


(Teece [1977]

Davidson et McFetridge penchent d'abord sur l'importance des caractéristiques


institutionnelles et aboutissent à la conclusion que la solution intégrée aura plus de chances
d'être adoptée si le pays d'accueil a déjà connu de nombreux transferts technologiques en
interne et si les firmes ont une bonne connaissance du pays. En d’autre terme, d’autant plus
que la spécificité des actifs (dans ce cas là on parle d’actif technologique et du savoir-faire)
est élevé.
Donc l'internalisation est plus probable lorsque les technologies sont innovantes et lorsqu'elles
impliquent un niveau élevé de R&D car la transmission en interne de la maison-mère vers une
filiale étrangère est donc un moyen de protection des technologies et des savoirs innovants,
beaucoup plus que la joint-venture ou la licence.

C'est ce que confirment également Gatignon et Anderson [1988] qui testent les choix
organisationnels des multinationales américaines lorsqu'elles s'implantent à l'étranger.

Ces deux auteurs ont également démontré que dans les pays à fort risque politique, les firmes
évitent effectivement de posséder entièrement la filiale.

D'autres travaux comme ceux de Gomes-Casseres [1989] démontrent que les multinationales
choisissent plus volontiers d'entrer dans un pays via une joint-venture c’est-à-dire une co-
entreprise plutôt que l’acquisition de la firme d’accueillons qu'elles ont une faible
connaissance des marchés locaux.

Il est donc logique de constater que les filiales implantées dans les industries mobilisant
d'importantes ressources en marketing utilisent plus que les autres industries la solution de la
joint-venture quand elles ont besoin de connaissances sur les modes de distribution, les
comportements de consommation et les attentes spécifiques d'un marché local.

Les facteurs politiques et socioculturels influent donc nettement sur les choix d'organisation à
l'international.

c/c : Ces travaux soulignent dans leur ensemble trois dimensions importantes.

 En premier lieu, le choix de l'intégration se justifie économiquement lorsque la


transaction avec l'entité présente dans le pays d'accueil implique des transferts d'actifs
spécifiques comme le savoir-faire par exemple car il demande des années et des
années d’accumulation, ou la technologie
 En second lieu, l'influence majeure du risque politique sur la décision d'intégration est
généralement confirmée (5).
 En troisième lieu la faible connaissance des marchés locaux

a. Incertitude de marché; des effets contradictoires

L'incertitude externe peut s'exercer dans d'autres dimensions que l'environnement


sociopolitique. Balakrishnan et Wernerfelt [19861 soulignent ainsi les effets spécifiques des
risques d'obsolescence technologique, on parle donc d’un marché incertain. Ces auteurs
constatent en effet que le niveau optimal d'intégration est inversement lié à l'intensité de la
concurrence, mais surtout que, si le degré de concurrence est élevé, l'intégration est
négativement affectée par le rythme du changement technologique

D'une part, l'incertitude apparaît comme un concept complexe en économie des coûts de
transaction dont il faut préciser le contenu. Bon nombre des apparentes contradictions que l'on
peut relever proviennent d'un manque de définition explicite des termes. D'autre part,
l'incertitude joue un rôle déterminant dans les choix d'intégration.

En dépit des problèmes de mesure, les travaux empiriques tendent à apporter des conclusions
cohérentes lorsqu'ils prennent en compte la spécificité des actifs

En revanche, les résultats semblent beaucoup plus contradictoires lorsque cette dimension est
absente. Il paraît donc se confirmer que spécificité des actifs et incertitude forment deux
dimensions fortement liées l'une à l'autre.

3. Fréquence des transactions: d'un faux débat à une vraie question

Les transactions peuvent être fréquentes comme lors des approvisionnements d’un restaurant
ou peu fréquent ou même uniques comme dans le cas de la construction d’un barrage ou
d’une université. Plus les biens échangés sont standards, c’est-à-dire ayant un très faible
niveau de spécificité des actifs, et d’incertitude interne, plus les transactions seront fréquentes,
plus le marché sera le mode de gouvernance choisi. Par contre, plus la spécificité des actifs et
l’incertitude interne seront élevées et la fréquence des transactions sera faible, plus on aura
affaire à un contrat ou à une opération interne au sein d’une hiérarchie.

La fréquence n’est pas forcément l’attribut des transactions le plus important lors du choix
d’un mode de gouvernance.

La prise en compte de la fréquence introduit la notion d'arbitrages entre coûts de production et


coûts de transaction (Williamson [1985], ch. 4), lesquels ne sont traités séparément que pour
les besoins de l'analyse. Certains auteurs, constatant l'importance de la fréquence, ont cherché
à l'évaluer à travers les bénéfices retirés des effets d'échelle liés à l'intégration.

Walker et Weber [1984] ont été certainement parmi les premiers à tenter de considérer à la
fois coûts de transaction et coûts de production. Avec un terrain d'enquête proche de celui de
Montever de et Teece, Walker et Weberétudient un échantillon de soixante décisions prises
dans une division d'un grand constructeur automobile américain en charge des composants sur
une période de trois ans. Trois dimensions principales sont prises en compte: l'incertitude, les
coûts de production et la spécificité des actifs.

Walker et Weber, pour un composant donné, comparent les différences de coûts de production
en interne et en externe. Ils attribuent l'essentiel du pouvoir explicatif aux coûts de production
comparés bien plus qu'à la spécificité et l'incertitude d'origine technologique.

 Les Types de transaction :

Pour déterminer la forme de la transaction, Williamson prend en compte les deux postulats
comportementaux et les trois attributs de transaction cités plus haut.

Il distingue en définitive quatre transactions possibles influant sur la forme finale du


contrat c’est-à-dire le type de contrat que nous allons adopter éventuellement:
1. Promise :

Dans ce cas, l’opportunisme de l’acteur est absent. On peut donc en déduire que la parole de
son engagement est valable.

Seulement, il risque d’apparaître des vides dans le contrat à cause de la rationalité limitée. La
solution pour chacun est dès lors de promettre à l’autre d’exécuter correctement ses
obligations du contrat et de ne chercher que la poursuite de la bonne exécution du contrat.
Ceci dit, du fait des vides du contrat, il y aura à intervalle régulier un besoin de réactualisation
des promesses d’engagement faites lors de la conclusion initiale. La transaction dans ce
contexte se rapporte à un monde de promesse.

2. Planning

Dans ce cas, l’opportunisme est présent. Il faut donc dès le départ rédiger le contrat le plus
détaillé possible afin qu’il contienne toutes les issues relevantes. Comme les individus ne sont
pas touchés par la rationalité limitée, ils prévoient à plus long terme les conséquences du
contrat, d’où l’importance du marchandage « ex-ante » dans ce type de contrat. Le point
central est de rédiger suffisamment bien le contrat initial en envisageant toutes les éventualités
possibles afin de minimiser les risques de problèmes à venir. La transaction dans ce contexte
se rapporte à un monde de planning.

3. Compétition

Dans ce cas, les individus sont sujets à une rationalité limitée et à l’opportunisme mais ne
recherchent et ne poursuivent aucun intérêt particulier. Les individus n’ont donc aucun intérêt
à se connaître personnellement. Le marché comme cadre est suffisant pour la conclusion de
contrats, avec tout ce que cela implique : compétition, fraude, asymétrie d’information entre
les acteurs. La transaction dans ce contexte se rapporte à un monde de compétition.

4. Gouvernance

Dans ce cas, l’efficacité du contrat est problématique car les trois biais (opportunisme,
rationalité limitée et poursuite d’un intérêt particulier) sont réunis. Le « planning » est exclu
du fait de la rationalité limitée, la promesse ne marchera pas non plus à cause l’opportunisme
et l’identité des parties compte ne jouera aucun rôle car il y a la poursuite d’intérêts
particuliers. La transaction dans ce contexte se rapporte à un monde de gouvernance

 Les types de contrats (Analyse des formes institutionnelles)


Une fois défini le postulat comportemental des acteurs (Rationalité limitée / opportunisme) et
les attributs de la transaction, on peut établir théoriquement un type de transaction (promise /
planning / compétition / gouvernance), il faut maintenant définir la forme d’organisation de la
transaction (contrat) la plus appropriée.
Le critère définissant la forme qui doit être adoptée est évidemment un critère d’efficacité
(efficient gouvernance). L’arrangement institutionnel qui minimise les coûts, c’est-à dire les
coûts de réalisation du contrat ainsi que les coûts de transaction seront choisi.

1. Contrat classique
Ce type de contrat correspond à l'échange tel que pratiqué traditionnellement dans un
mécanisme de marché, C'est-à-dire une transaction ponctuelle dont l'objet est parfaitement
délimité et, où toutes les éventualités sont prévues. L'identité des parties importe peu et la
relation contractuelle est impersonnelle ;

2. Contrat néoclassique
Les deux faits marquants dans ce cas-ci sont le type de relation (long-terme) et le fort degré
d'incertitude.

Dans ce cas, il n'est pas possible de prévoir à l'avance l'ensemble des éventualités et les
adaptations qui seront nécessaires, il y a donc possibilité de comportements opportunistes,
pouvant occasionner des conflits dans la mise en place du contrat. Une solution consiste à s'en
remettre à l'arbitrage d'un tiers. Ce type de contrat implique deux éléments, une certaine
flexibilité et un certain degré de confiance entre les parties ;

3. Contrat évolutif ou personnalisé


La durée et la complexité des liens entre les parties deviennent très importantes de sorte que
se constituent des relations personnalisées et durables prenant en compte les caractéristiques
des partenaires. Il y a apparition de relations plus ou moins fortes qui se construisent
progressivement et qui jouent un rôle tout aussi, si ce n'est plus, important que l'accord initial
régulant les rapports entre les parties.
II. Les modes de gouvernance :
Trois modes de gouvernance existent : le marché, la firme (ou hiérarchie) et les formes
d’hybrides :

 Le marché : son concept enchaine plusieurs malentendus parce qu’il a des sens variés
et parfois divergeant. Cela veut dire parlant des partenaires signant des contrats, ils
concluent au marché. Pour une entreprise soumissionnant à une offre publique d’achat
si elle a réussi c’est parce qu’elle a obtenu un marché c'est-à-dire dans ce cas là le
client. En marketing un marché représente un ensemble de clients. En stratégie un
marché est soit un couple produit-client ou une triade technologie-produit-client ou
bien le terrain sur lequel les entreprises s’affrontent pour obtenir des clients ou des
ressources.
- À-propos la théorie des coûts de transaction, elle n’utilise aucun des sens cités ci-
dessus, parce qu’elle tient au concept de marché de l’économie néo-classique, c'est-à-
dire le marché c’est un système de prix dans lequel la firme est une fonction de
production.
 Les firmes : elles de font concurrence pour les clients ou des ressources. Estimer que
la concurrence entres des firmes qu’ils ont un niveau de spécificité des actifs
conséquents et d’un marché qui a un système des prix avec l’inexistence de la
spécificité des actifs ne peut engendre une confusion conceptuelle. Ainsi, lorsque
deux entreprises se vendent des produits, elles peuvent utiliser le marché si les
produits sont standard soit une forme hybrides comme le contrat récurent ou évolutif,
en cas de transaction répétitives pour la sous-traitance.
 Les formes hybrides : Le premier effort de Williamson a été d’isoler les deux formes
extrêmes : la hiérarchie et le marché. Il a analysé les formes hybrides entre les deux
formes plus tard (Williamson, 1985). Les formes hybrides sont plus complexes à
étudier et nombreuses ils existent : contrat de fourniture ou de vente à court terme,
contrat récurrent à plus long terme, accord de licence de fabrication de sous-traitance
de franchise ou de marque. Les alliances sont des formes composites de contrats,
éventuellement nombreux, et de hiérarchies conjointes (filiales communes).

o Pour donner plus d’explication, la hiérarchie est le concept utilisé par Williamson
(1975, 1985,1995) pour parler de ce que l’on appelle la firme ou autrement dit
l’entreprise. Le concept d’hiérarchie se distingue de celui de marché pat le Fiat c'est-
à-dire l’acte d’autorité ou d’ordre qui tient lieu de mécanisme interne de coordination
pour Williamson.
o Les théoriciens de l’organisation : Bernard 1938, Simon 1947/1991 ou Mintzberg
1986, considèrent l’organisation comme un lieu peuplé d’acteurs ayant un objectif
commun avec des objectifs individuels différents et réunis par des mécanismes de
coordination.
o Donc ce qui vient de Simon 1947 c’est la décision de participer ou son contraire et la
possibilité de rester à son poste de travail en faisant le moins possible. La coordination
vient de Coase 1937 et Bernard 1938.
o Puis North 1990 qui a cité plusieurs auteurs pour expliquer le rôle de l’organisation :
Marglin 1974 qui y voit un instrument pour exploiter les travailleurs, Williamson
1975/1985 qui s’en sert comme d’un outil pour résoudre les problèmes de spécificité
des actifs et d’opportunisme et Barzel 1982 pour réduire les coûts de mesure et de
contrôle de l’activité économique.
o Les théoriciens de l’organisation et les économistes y voient donc des objets multiples
et variés. En plus pour Ghertman 1994, l’organisation peut difficilement être réduite à
une seule variable.
o La description de la hiérarchie comme un lieu d’exercice du Fiat ne correspond plus
aux prescriptions du management moderne (Hammer et Champy 1993/ Smith et
Ostroff 1993), mais plutôt à celles de Fayol 1916. Toutefois, selon Williamson 1985,
elle est nécessaire pour distinguer les formes de gouvernance discrètes que sont le
marché, la hiérarchie et les formes hybrides. L’utilisation d’autres mécanismes de
coordination, comme une identité commune avec des processus consensuels, toujours
sous contraintes de décision de recrutement ou de licenciement pris par la hiérarchie
ne change rien à la nature discrète (au sens algébrique) des modes de gouvernance.

Les caractéristiques des modes de gouvernance :

Elles se composent des types de droit de référence, des modes d’adaptation et des instruments
de management.

 Les droits de référence : la branche Williamsonienne de l’économie des coûts de


transaction ne fait pas seulement appel à l’économie et à la sociologie des
organisations, mais également au droit, dont chaque type sert support de référence et
d’instance lors de litiges éventuels pour chacun des trois modes de gouvernance.
-Il existe deux formes de contrat qui sont déjà cités ci-dessus :
*Contrat classique;
* Contrat néo-classique.
- La retenue (Foreberance), constitue le droit de référence implicite au sein des
entreprises. Le rejet fréquent des compromis par une division, un département ou un
service est interprété comme un refus de coopérer avec les autres plutôt qu’une
adhésion forte à la stratégie ou à l’éthique de l’entreprise. Notamment, les tribunaux se
refusent à intervenir dans un litige entre deux départements de la même firme. Donc
ils doivent se mettre d’accord ou en référer au niveau supérieur de la hiérarchie en cas
de litige.
 Les types d’adaptabilité : Parlant sur le changement de l’adaptation, Williamson
1991 prend comme point de départ les points de vue de Hayek et de Bernard.
*Hayek 1945 : pour lui, il considère le changement comme cause unique des
problèmes économique, dont la principale adaptation pour la société c’est l’adaptation
de temps et de lieu. <<merveille qu’est le marché>> (Hayek)
*Bernard 1938 : il constate parallèlement que le problème principal de l’organisation
est de s’adapter à des circonstances changeantes. <<la merveille de l’organisation >>
(Bernard).
*Williamson 1991, les met d’accord en proposant deux types d’adaptation différents,
répondant chacun à des objets distincts : l’adaptation Autonome (A) et l’adaptation
Bilatérale(B) ;
- L’adaptation Autonome (A) : concerne les quantités de commodités standards
échangées en fonction des changements des prix.
- L’adaptation Bilatérale(B) : concerne la coordination des actions et
l’investissement des partenaires de l’échange au sein de la firme pour créer des
produits différents ou nouveaux avec des caractéristiques de qualité, de performance et
de service variant selon les catégories de clients visés. De même, l’adaptation
bilatérale explique pourquoi certains produits sont crées ou abandonnés et pas
d’autres.
 Les instruments de management : Williamson distingue deux types : l’intensité des
incitations et l’importance bureaucratie :
- Le marché est le mode de gouvernance qui importe les incitations les plus fortes,
parce que le chef d’entreprise est plus motivé pour travailler efficacement et d’une
façon longue et intense qu’un employé. L’intensité des incitations diminue lorsque
l’on va de la forme de gouvernance marché vers les formes d’hybrides puis vers la
hiérarchie.
-Pour la bureaucratie c’est l’inverse. Plus l’organisation est importante, plus les coûts
bureaucratiques seront élevés. Les coûts de transaction vont donc en croissant de la
forme marché vers la forme hiérarchie. C’est la même chose pour les incitations cela
veut dire plus les incitations sont fortes, moins les coûts de transaction sont élevés.
Donc, la plupart des cas, plus on ira vers la hiérarchie, plus les coûts de transaction dûs
aux instruments de management seront élevés.
-L’économie des coûts de transaction utilise le concept d’incitation comme instrument
de management, ayant des intensités différents selon les modes de gouvernance. Elle
distingue alors de la théorie de l’agence (Jensen et Meckling), où les incitations
constituent le mécanisme central chargé de régler les tensions encore le principal et ses
agents au sein de la firme. En outre, l’économie des coûts de transaction emploie une
architecture plus étendue.

-De ce fait, il peut être économiquement intéressant de passer par la firme plutôt que par le
marché afin d'économiser sur les coûts de transaction. L'utilisation de la firme est cependant
elle-même couteuse: Plus l'entreprise est grande, complexe, plus il est difficile de la
coordonner efficacement, par l'autorité et par les activités.
- Le choix entre marché et firme dépendra donc de la comparaison entre les coûts de
transaction et les coûts d'organisation interne. C’est cette raison, WILLIAMSON part de l'idée
qu'il faudrait maitriser et comprendre les formes de gouvernance des transactions pour cerner
les facteurs qui agissent sur les coûts. Le marché traditionnellement considéré comme
l'institution économique qui régit les transactions entre les différents agents économiques, est
retenu par plusieurs économistes classiques comme étant l'unique "mode de gouvernance" qui
détermine fondamentalement les couts des transactions.

Tableau : Comment distinguer les attributs des modes de gouvernance

Source : Michel GHERTMAN « Revue français de gestion » p 52.


 L’intensité des incitations varie de forte pour le marché (++) à faible pour la firme (0).
C’est l’inverse pour le contrôle bureaucratique.
 L’intensité de l’adaptabilité (A) varie de forte à faible du marché à la firme. C’est
l’inverse pour l’adaptabilité (B).
 La possibilité d’intervention d’un tribunal varie de forte pour le marché à faible pour
la firme.
 Toutes les intensités adoptent une valeur intermédiaire pour les formes hybrides,
quelle que soit la caractéristique du mode de gouvernance examiné.
 L’analyse comparative des formes de gouvernance discrètes établit bien à la fois la
supériorité du « marché » sur la firme en cas de spécificité des actifs nulle et
l’infériorité marginale du marché pour tout accroissement du niveau de spécificité des
actifs.

 Williamson (1991) le fait en positionnant l’égalité suivante :


M=M (k ;)

Où :

M : est le cout de gouvernance par le marché ;


k : le niveau de spécificité des actif ;
 : un vecteur de paramètres (ou déterminants externes provenant de l’environnement
institutionnel) changeant le niveau de spécificité des actifs.

Si k= 0 et H= le coût de gouvernance par la firme.


-On obtient :
M (O) < H(O)
et en prenant la dérivée : M' > H’ >O

III. Etude empirique:


Etude de cas
Kiein, Crawford et Alchian [1978J ont présenté une étude détaillée des relations entre General
Motors et Fisher Body dans les années 1920 reprise par Williamson pour illustrer son
raisonnement sur l'intégration verticale. Selon Williamson ((19851, p. 114-1151), la relation
contractuelle entre General Motors et Fisher Body est passée par trois étapes. Les parties se
sont d'abord contentées d'une relation contractuelle plus ou moins autonome pour la fourniture
de carrosseries en bois. En revanche, le passage des carrosseries berline à l'ère du métal
imposait de posséder des actifs physiques spécialisés. Il en a résulté une situation de plus
grande dépendance bilatérale entre General Motors et son fournisseur. Afin de maintenir
l'efficience de la relation, General Motors a voulu adopter une nouvelle structure
contractuelle. L'ajustement des prix, fixés par formule, et le règlement des conflits par
arbitrage furent ainsi des solutions expressément énoncées.

L’obligation de répondre à des évolutions imprévisibles de demande et de coût plaçait


néanmoins sous tension cette relation contractuelle bilatérale (Kiein, 19881. Face à la
perspective de désajustement des décisions d'investissement et d'exploitation pendant la
majeure partie de la phase de croissance rapide, le contrat de fourniture a finalement été
remplacé par la solution hiérarchique. Paiay [19811 apporte un éclairage complémentaire sur
cette logique d'évolution contractuelle. À partir d’exemple du transport ferroviaire, il montre
que la forme organisationnelle hiérarchique, entendue comme propriété unifiée, permet de
neutraliser les risques impliqués par la nature de l'échange.

Ces deux exemples explicitent concrètement le rôle fondamental de la quasi-rente dans la


décision d'intégration lorsque la solution contractuelle devient inefficiente. Monteverde et
Teece [1982a], les premiers, confirment nettement cette hypothèse d'un point de vue
statistique. Ces auteurs testent en effet l'existence statistique de la relation entre spécificité des
actifs et intégration verticale. L'hypothèse est la suivante (p. 2071 « Plus le niveau d'ingénierie
déployé pour le développement d'un composant est élevé, plus les quasi-rentes sont
susceptibles d'être importantes et, ainsi, plus importante est la probabilité d'intégration
verticale de ce composant. »

L'étude sur les composants utilisés par General Motors et Ford montre que ceux dont la
conception incorpore le plus de travail d'ingénierie sont les plus susceptibles d'être produits en
interne. L’intégration verticale devient plus probable lorsque le processus de production
implique un savoir-faire spécialisé et non transférable par licence. Cette protection des actifs
de la firme n'est d'ailleurs pas purement passive: les composants les plus spécifiques sont
également produits en interne dans le but de tirer profit de l'avantage sur les concurrents. Les
compétences de base et les savoir-faire jouent un rôle considérable dans le choix de traiter en
interne ou en externe un composant et influent sur les conditions de transaction IKrickx
[199511. La logique de l'internalisation apparaît alors simple en soi: en intégrant la
transaction dans une structure organisationnelle hiérarchique, les risques d'opportunisme vis-
à-vis de l'appropriation de la quasi-rente s'effacent.

IV. Les limites de la théorie des coûts de transaction :


Les limites de la théorie des coûts de transaction

1. Les principales critiques


L'économie des coûts de transaction connaît bien sûr des critiques, nombreuses, mais ellessont
surtout centrées sur quelques points.

 Existence de très nombreuses définitions concurrentes des coûts de transaction qui


varient selon les centres d’intérêts des auteurs.
Arrow les définit comme « les coûts de fonctionnement du système économique »
(Arrow, 1974) car il s’intéressait à l’économie de marché comme une forme
d’organisation possible. Pour Barzel, ce sont les « coûts associés au transfert, à la
capture, et à la protection des droits de propriété » (Barzel, 1997). Pour Jensen et
Meckling, ils sont associés aux coûts d’agence (1976).
Certains auteurs ont tenté de dépasser ou d’enrichir la notion de coût de transaction.
Pour Thrain Eggertsson, il n’en existe pas de définition précise comme pour les coûts
de production dans le modèle néoclassique. Pour lui, ce sont les « coûts qui
apparaissent quand des individus échangent des droits de propriété relatifs à des actifs
et qu’ils font respecter leurs droits exclusifs » (Eggertsson, 1990).
Les coûts de transaction concernent donc une combinaison de trois types de coûts : le
coût d’usage du marché, les coûts liés au droit à exercer l’autorité et à son exercice
au sein de l’entreprise et les coûts associés au fonctionnement et à l’adaptation du
contexte institutionnel pour une politique donnée.
 L'opportunisme n'est considéré qu'à l'extérieur des firmes, alors que ce comportement
existe bel et bien à l'intérieur même des entreprises, ce qui aura des conséquences
organisationnelles. Par là même, les comportements comme les confiances intra et
interoganisationnelles sont ignorées.
 La critique des hypothèses d’efficience et de rationalité limitée souligne le fait que la
rationalité des acteurs de la transaction n’est pas parfaite (selon les hypothèses du
modèle) alors que le raisonnement de Williamson se déroule comme si les agents
étaient en situation de rationalité parfaite. Ici, c’est donc l’efficience du choix du
décideur qui est contestée : comment deux acteurs dont la rationalité est bornée
peuvent-ils choisir la meilleure forme organisationnelle possible ? Selon Hodgeson
(Hodgeson, 1993) on ne peut finalement pas, pour cette raison, mesurer les coûts de
transaction.

 Difficulté d’intégrer les formes hybrides dans le paradigme transactionnel car celles-ci
ont une spécificité élevée et un niveau d’incertitude important. Cependant, elles
n’offrent pas le degré de surveillance de la hiérarchie. Certains auteurs ont donc tenté
d’inclure une dimension stratégique dans la décision pour expliquer le recours aux
formes hybrides. Ces travaux voient dans les formes hybrides, plus un investissement
dans une relation qu’une relation établie pour minimiser les coûts de transaction. Dans
ce cas, la transaction peut alors être vue comme créatrice de valeur (grâce aux actifs
humains, aux processus d’apprentissage dans les alliances de Co-développement, etc.).
cette approche complète la dimension purement allocative de l’Économie des coûts de
transaction.

 Mais, la principale critique concerne les problèmes de mesure et d'opérationnalisation.


La mesure des coûts de transaction est difficile pour deux raisons. D’une part, les
coûts de transaction et les coûts de production sont souvent déterminés conjointement
entre les partenaires de la transaction. D’autre part, il est difficile de comparer les
coûts de transaction pour différents types d’organisation d’un même échange.
Certaines transactions ne trouvent pas leur place dans le système de prix. De plus, le
fait d’évaluer les coûts d’opportunité (coûts de transactions jamais réalisées) pour une
comparaison entre formes organisationnelles pousse à ne prendre en compte que les
coûts ex-ante.
Conclusion :
Cet exposé aura eu pour principal objectif de montrer l’importance des coûts de transaction en
évoquant l’objet qu’ils visent, tout en se basant sur les approches de COASE et
WILLIAMSON. Les transactions possèdent des attributs dont l’intensité, mesurée en coûts de
transaction, varie selon les modes de gouvernance, ou institutions de l’économie, utilisés
comme supports permettant de s’adapter aux variations de paramètres de l’environnement
institutionnel. L’objectif normatif est d’économiser sur les coûts de transaction, en choisissant
le mode de gouvernance approprié. Le choix se fait entre plusieurs modes discrets avec un
classement ordinal de chacun des attributs.

Les transactions sont l’objet et l’unité d’analyse, ce qui permet une amélioration des
connaissances sur les formes hybrides qui représentent la plus grande partie des transactions
(Hennart, 1993), dont les alliances qui continuent de croître.

Pas étonnant que les barrières à l’entrée de ce champ théorique soient élevées et que certains
(Ghoshal et Moran, 1996) se concentrent à critiquer, de façon souvent maladroite ou peu
sérieuse, une seule variable, pour éviter de faire l’effort d’apprendre et de tout comprendre
avant de pouvoir critiquer de façon constructive.

Pourtant l’enjeu est de taille. Sans Williamson, difficile de comprendre les formidables
vagues de fusions-acquisitions ou le développement accéléré et mondial des franchisés du
fastfood de l’hôtellerie ou des salons de coiffure. En effet, il a joué un rôle charnière pour le
changement de doctrine des tribunaux, prenant en compte la spécificité des actifs comme
moyen d’économie. Son influence sur le management s’accroît grâce au développement
d’outils pratiques et de leur enseignement par la méthode des cas. L’horizon est encore vaste :
tester les propositions sur les attributs des modes de gouvernance, faire des travaux théoriques
et empiriques sur les changements des modes de gouvernance. Les bases établies par
Williamson en font un grand classique du management, mais aussi de l’économie et du droit,
dont l’influence se fera certainement sentir pendant plusieurs générations.

Toutefois, nous pensons que malgré l’ambition de la TCT et la justesse de sa logique,


lorsqu’il s’agit de passer à la phase de test, les risques de confusion liés à la fragilité des
concepts et à leur diversité sont très importants et nécessitent une longue phase de réflexion.
Bibliographie :

Ouvrage :
 BERTRAND Q., Les frontières de la firme, 2002.
 CHABAUD D., GLACHANT JM ., PARTHENAY C., Les grands auteurs en
économie des organisations , EMS édition, 2008.
 MAGALI CH ., ANALYSE ECONOMIQUE DE LA FIRME , 2014.

Revues :
 BERTRAN Q., l’économie des couts de transaction : un bilan des études empirique
sur l’intégration verticale, Revue de l’économie politique, 1997.

 GHERTMAN M ., Oliver Williamson et la théorie des couts de transaction, Revue


français de gestion, volume 29-numéro 142- janvier/février 2003.

 HUBERT G., LA THÉORIE WILLIAMSONIENNE DE L'INTÉGRATION VERTICALE


N'EST PAS VÉRIFIÉE EMPIRIQUEMENT, Presses de Sciences Po « Revue
économique », 2001.

Articles :
 BONET L., érudit « Proudhon – Coase : la propriété de la firme », Revue
internationale de l'économie sociale : Recma, n° 317, 2010.
 CHASSAGNON V ., Qu’est-ce qu’une firme (-réseau) ?, 9 Avril 2009.
 COASE RH., La nature de la firme, 1937.

Thèses et mémoires :
 HADJAR A., Gouvernance et Performance des PME dans les Pays en Transition,
2015.
 LAVASTRE O., Les Coûts de Transaction et Olivier E.Williamson : Retour sur les
fondements.
 JOST S., La théorie des coûts de transaction de Williamson et la surveillance des
banques dans l’UE, 2004.
 TANGUY L ., De la théorie des coûts de transaction à une économie des coûts de
traduction, 27 Février 2012.

Webographie :

 CORIAT B., WEISTEIN O., Les théories de la firme entre « contrats » et


« compétences » : IN :
https://journals.openedition.org/rei/4142#notes, 2010.
 CHAUDEY .M ; Ressources en Sciences économiques et sociales Les théories de la
firme, IN :
http://ses.ens-lyon.fr/articles/les-theories-de-la-firme-137664 . Publié le 14/12/2011.