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Une métaphore est une figure de style qui consiste à désigner une idée ou une

chose en employant un autre mot que celui qui conviendrait. Ce mot est lié à la
chose que l’on veut désigner par un rapport de ressemblance. C’est ainsi que l’on
dit que la métaphore est régie par le principe de l’analogie. Ce terme veut tout
simplement dire que l’on associe deux choses qui nous semblent similaires. Il s’agit
de traduire le réel sous la forme d’une image. C’est d’ailleurs là que réside la
difficulté de la métaphore : en fonction des sensibilités des personnes, des cultures
etc., les rapprochements que l’on peut faire peuvent varier et il peut être dur
d’identifier cette figure de style.

La métaphore est constituée de deux éléments : le comparé et le comparant. Le


premier est l’objet, la personne ou la chose que l’on compare et le second est ce à
quoi on le rapproche. Par exemple, si l’on dit : » « Cette femme est une véritable
déesse », « femme » est le comparé et « déesse » le comparant.

Il existe plusieurs types de métaphore : la métaphore in praesentia(annoncée), la


métaphore in absentia(directe) et la métaphore filée.

La première, comme son nom l’indique, désigne une métaphore où le comparant et


le comparé sont présents tous les deux dans la phrase. Dans l’exemple précédent :
« Cette femme est une véritable déesse », la métaphore est in praesentia.

La métaphore in absentia, au contraire, désigne une métaphore dont le comparé est


absent. On peut prendre l’exemple de Victor Hugo, « l’or du soir », pour désigner le
soleil couchant : le comparé, le soleil, n’est pas présent.

Enfin, la métaphore filée désigne une métaphore qui s’étend sur plusieurs
phrases grâce à l’utilisation d’un champ lexical similaire. La métaphore filée est
constitué par un enchaînement de comparaisons implicites. Zola est réputé pour son
utilisation des métaphores filées. On peut également citer la catachrèse, une
métaphore devenue tellement commune qu’elle est entrée dans la langue courante.
On peut citer en exemple : les pieds d’une table, la feuille de papier, courir un
danger… Métaphore proportionnelle :

« la vieillesse est le soir de la vie »


Cette métaphore exprime en peu de mots l'idée que dans la durée de la vie, la vieillesse
commence et se termine à des moments comparables à ceux qui commencent et termine le soir
dans la durée du jour. La puissance d'évocation de cette métaphore apparaît quand on considère
la baisse de la luminosité et le refroidissement atmosphérique en fin de journée. La lumière
s'associe fréquemment à l'intelligence et la chaleur, à la pulsion sexuelle ; tandis que la vieillesse
s'accompagne d'une diminution des capacités mentales d'une baisse de la pulsion sexuelle. Cette
métaphore concerne donc, d'un coup, au moins trois couples de grandeurs.
Dans la métaphore proportionnelle, appelée aussi homologie, la propriété que
l'expression évoque pour associer ses termes est une grandeur qu'on peut classer
sur une échelle de la « plus petite » à la « plus grande ».
Métaphore pure :
« Ce toit tranquille, où marchent des colombes, Entre les pins palpite, entre les
tombes. » (Paul Valéry)
Seul un élément du contexte, le titre du poème — Le Cimetière marin —, permet de comprendre
que l'auteur évoque la surface de la mer parcourue de voiles blanches de bateaux.
La « métaphore pure » — ou par remplacement — est un type de métaphore
directe extrême. Seul le mot métaphorique y est présent ; le contexte permet de
l'interpréter.
« L’or du soir » – Victor Hugo, « Demain, dès l’aube », Les Contemplations.
« Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage« , Baudelaire, « L’Ennemi ».
« Le lac, divin miroir. » – Alfred de Vigny.

« Tu es la terre qui prend racine. » – Paul Eluard.

Quelle est la différence entre métaphore et comparaison ?


Par sa définition, la métaphore est proche de la comparaison qui, elle aussi, sert à
rapprocher deux choses similaires. La seule différence est que la comparaison
s’appuie sur un mot qui explicite le rapprochement entre les deux termes (il s’agit le
plus souvent de mots comme « comme », « tel », « ainsi que », « autant que » etc.).
La métaphore n’utilise pas cet outil, la comparaison entre les deux termes est donc
plus implicite et parfois plus difficile à déceler.

La métonymie est une figure de style qui consiste à désigner un objet ou une idée
par un autre terme que celui qui convient (par glissement de sens). On parle de
métonymie quand le même mot désigne : la partie et le tout : une bonne plume
pour un bon écrivain → il existe une relation logique évidente entre les mots plume
et écrivain, la plume désignant l’instrument pour écrire ; l’objet et sa matière : un
verre pour un récipient en verre, un fer pour un fer à repasser ; le contenu et le
contenant : boire un verre pour dire boire le contenu d’un verre ; le lieu et
l’activité : un théâtre, une cuisine (= le lieu où l’on fait du théâtre, la cuisine) ;
l’activité et l’instrument, l’objet : faire du piano, jouer aux cartes ; l’effet et la
cause : boire la mort pour boire un poison ; l’écrivain et son œuvre : lire un
Flaubert (= lire une œuvre de Flaubert) ; le produit et le lieu d’origine : le cantal
pour désigner le fromage fabriqué dans le Cantal (en Auvergne) ;
Ah ! quelle cruauté, qui tout en un jour tue Le père par le fer1, la fille par la vue ! 1
C’est-à-dire par l’épée.
Cette obscure clarté qui tombe des étoiles Enfin avec le flux nous fait voir trente
voiles2 2 C’est-à-dire trente bateaux.
Différence entre une métonymie et une métaphore

La métaphore et la métonymie sont deux figures de style qui reposent sur


la substitution d’un élément par un autre. Cependant cette substitution ne repose pas
sur les mêmes mécanismes. En effet, comme on l’a vu, la métonymie remplace un
élément par un autre avec lequel il a un lien logique qui permet de faire
le rapprochement entre les deux. La métaphore elle, repose sur le remplacement d’un
élément par un autre avec lequel il a un lien de similitude. Ainsi quand on dit « cet
homme est un lion », il ne semble y avoir aucun lien entre les deux choses, c’est la
métaphore qui crée ce lien ; alors que quand on dit « boire un verre », le lien entre le
verre et son contenu existe déjà.

Différence entre une métonymie et une synecdoque


Une synecdoque est un type particulier de métonymie. Si la métonymie est
généralement quantitative et remplace un concept par un autre, la synecdoque est
qualitative et va introduire une relation entre le tout et la partie. La synecdoque consiste
à donner à un mot ou un expression un sens plus large ou plus restreint que sa propre
signification. S’oppose ainsi les synecdoques généralisantes, croissantes
ou expansives où le tout est utilisé pour désigner quelque chose de plus précis (la
partie), aux synecdoques particularisantes, décroissantes ou restrictives où le tout
est désigné par la partie.

“Paris a froid, Paris a faim ».” – Paul Éluard, « Courage ».


“Rome à ne vous plus voir m’a-t-elle condamnée ?” – Racine, Britannicus.

Une synecdoque est une variété de métonymie qui consiste à donner à un mot un
sens plus large ou plus restreint qu’il ne comporte habituellement. La synecdoque
est une forme de métonymie particulière qui envisage deux aspects d'un même objet
en prenant par exemple :

 la partie pour le tout ; ex. : une voile pour un bateau ;


 le tout pour la partie ; ex. : Metz a gagné la finale pour Les joueurs de
l'équipe de Metz .

Une anaphore est une figure d’insistance qui consiste à répéter un même mot ou
une expression au début d’une proposition, d’un vers, d’une phrase ou d’une
strophe.

Cette figure de style permet de mettre en valeur le mot ou les mots répétés grâce à
un effet d’insistance. Selon les contextes, l’anaphore peut être utilisée pour insister
sur certaines sonorités (surtout en poésie), ou pour renforcer un propos pour
convaincre (dans un discours politique par exemple). L’anaphore est également très
utilisée dans la littérature polémique pour signifier l’urgence d’une situation.
Toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir.
Je n’écris point d’amour, n’étant point amoureux, Je n’écris de beauté, n’ayant
belle maîtresse, Je n’écris de douceur, n’éprouvant que rudesse, Je n’écris de
plaisir, me trouvant douloureux.
“Semblable à la nature… / Semblable au duvet, / Semblable à la pensée…” –
Michaux, Souvenirs.