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Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

ANALYSE DU DISCOURS
TRADUCTION FRANÇAIS - VIETNAMIEN

1. Le Viet Nam : un « miracle asiatique » ?


2. L’Asean se tourne vers Moscou et Washington
3. La Birmanie au milieu du gué
4. Hollande se tourne vers l’Asie
5. Flambées nationalistes en Asie
6. Le Qatar, nouvelle puissance mondiale ?
7. Une bonne nouvelle au Proche-Orient
8. L'Iran compte sur le soutien des pays non-alignés face à l'Occident
9. De la régionalisation à l'internationalisation ? L'engrenage syrien
10. Irak, dix ans après : les idées fausses finissent souvent dans le sang
11. Une nécessaire relecture du Printemps arabe
12. Guerre au Mali : le danger libyen
13. Le chavisme au Venezuela, le péronisme en Argentine

Le Vietnam : un « miracle asiatique » ?


Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

19 novembre 2010, Institut de Recherche pour le Développement (IRD)

25 millions de personnes sorties de la misère, une croissance parmi les plus élevées au monde…
: en moins de vingt ans, le Vietnam a vu sa pauvreté chuter de manière spectaculaire. Des
chercheurs de l’IRD de l’UMR Développement, institutions et mondialisation (1) et leurs
partenaires (2) ont étudié cette success story.

Dès 1986, le Doi Moi (3), ou « Renouveau », grande réforme économique, a impulsé la
croissance du pays. Puis, pour pallier la montée des inégalités, le pays a entrepris une
redistribution budgétaire des régions les plus riches vers les plus pauvres et d’aide financière
ciblée vers les plus défavorisés.

Reste la lutte contre la précarité des travailleurs, un des derniers points sombres de l’économie
vietnamienne. Le pays compte en effet aujourd’hui plus de dix millions de vendeurs de rue,
artisans et autres emplois dans le secteur informel (4), soit 50 % de son marché du travail, hors
agriculture. Réduire encore les inégalités, vaincre la précarité… relever ces défis permettraient
au Vietnam de franchir le cap des pays industrialisés.

Success story vietnamienne

Depuis le début des années 1990, le Vietnam connaît en effet une chute spectaculaire de la
pauvreté. Le pourcentage de la population vietnamienne vivant sous le seuil de pauvreté est
passé de 58 % en 1993 à 14,5% en 2008, soit quelque 25 millions de personnes sorties de la
pauvreté en quinze ans. En ville, en 2008, seulement 3,5 % de la population est considérée
comme pauvre, même si le coût de la vie continue d’augmenter. Le pays doit cet enrichissement
de sa population à sa formidable croissance économique depuis vingt ans, parmi les plus élevées
au monde. Il a ainsi fait récemment son entrée au club des pays émergents.

Un « capitalisme socialiste »

Comment le Vietnam a-t-il tiré son épingle du jeu capitaliste ? L’adoption en 1986 du Doi Moi3,
le « Renouveau » en vietnamien, a marqué la conversion du pays à un modèle particulier : une «
économie de marché à orientation socialiste ». Un secteur privé dynamique a ainsi grandi aux
côtés d’un secteur public fort, continuant à contrôler des pans entiers de l’économie tels que
l’énergie, l’industrie ou les banques. L’Etat a également poursuivi des politiques publiques très
actives (agricoles, industrielles, planification), continué à réguler les prix des produits de base,
etc.

Suivant ainsi un modèle de croissance par l’exportation, le Vietnam s’est rapidement intégré à
l’économie internationale. C’est aujourd’hui le premier exportateur mondial de café Robusta et
de poivre ou encore le deuxième exportateur de vêtements sur le marché américain. Il fait preuve
désormais d’une présence active dans les instances internationales : il est devenu, en janvier
2007, le 150e membre de l’Organisation mondiale du commerce.

Les richesses sont redistribuées

Mais les effets bénéfiques de l’essor économique ne profitent pas à tous les Vietnamiens : la
majorité Kinh5 est favorisée par rapport aux minorités ethniques, la plupart situées en zone
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montagneuse ou reculée, où la pauvreté reste forte. Pour pallier une potentielle montée des
inégalités, le Vietnam mène une ambitieuse politique de transferts budgétaires entre régions
riches et pauvres. Les provinces les plus riches versent ainsi jusqu’aux trois quarts de leurs
recettes aux plus défavorisées, pour qui ces transferts représentent jusqu’à la moitié de leur PIB.
Cette redistribution permet alors à ces dernières de développer leurs infrastructures (éducation,
santé, électricité, réseau routier, eau et assainissement, etc.) et de fournir à leurs habitants des
services sociaux, comme l’assurance santé.

Grâce à ces stratégies, les indicateurs de développement humain s’améliorent : le taux de


scolarisation en primaire atteint près de 100 %, l’espérance de vie est passée de 63 ans en 1990 à
68 ans en 2005 pour les hommes et de 67 ans à 73 ans pour les femmes, etc. Le Vietnam est
même en avance, par rapport à l’échéance de 2015, pour accomplir les Objectifs du Millénaire
pour le Développement.

La précarité persiste
Pour vaincre totalement la pauvreté, le pays doit encore relever quelques défis, en particulier
réduire le secteur informel4, véritable économie parallèle maintenant une grande précarité.
Vendeurs de rue, artisans, services à domicile… le Vietnam compte plus de dix millions de petits
entrepreneurs, qui exercent sans aucune déclaration officielle. La crise financière mondiale, bien
que globalement absorbée par l’économie vietnamienne, a détruit de nombreux emplois et
renforcé ainsi le secteur informel, où les travailleurs malchanceux ont trouvé refuge. Ce dernier
regroupe aujourd’hui, hors agriculture, 50 % du marché du travail et produiraient une valeur
estimée à 20 % du PIB.

Quelques moyens de lutte existent, tels que le microcrédit, la formation, etc. Mais les chercheurs
ont constaté que leur impact demeurait limité et à court terme. C’est pourquoi ils préconisent de
soutenir le secteur informel tel qu’il est, avec par exemple la mise en place d’une protection
sociale pour les travailleurs de l’informel, mesure d’ailleurs adoptée récemment par le
gouvernement.

Premier pourvoyeur d’emploi, le secteur informel demeure pourtant le grand oublié des
politiques publiques au Vietnam du fait du manque de données officielles. Les travaux des
chercheurs apportent un éclairage sur cette économie parallèle. Si le Vietnam poursuit sur sa
lancée et parvient à vaincre la précarité des travailleurs informels, ainsi qu’à réduire la pauvreté
de ses minorités ethniques, il pourrait devenir, en une génération, un pays industriel.

Notes
1. UMR DIAL (IRD / Université Paris-Dauphine)
2. Ces travaux ont été réalisés en collaboration avec l’Office Général de la Statistique du Vietnam. Ils ont été
présentés dans le cadre de l’université d’été de Tam Dao co-organisée chaque année par l’Académie des sciences
sociales du Vietnam en collaboration avec l’IRD, l’AFD, l’AUF et l’EFFEO.
3. Le Doi Moi est une grande réforme économique menée par le Parti communiste vietnamien à partir de 1986,
combinant capitalisme et forte intervention de l’Etat.
4. Le secteur informel est l'ensemble des activités économiques non déclarées et qui échappent donc au contrôle et à
la régulation de l'Etat.
5. Kinh, qui signifie « majoritaire » en vietnamien, est le nom officiel de l’ethnie des Viêt, originaire de la partie
nord de l'actuel Vietnam et du sud de la Chine. Les Kinh constituent plus de 80% de la population .
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L’Asean se tourne vers Moscou et Washington


L'Expression 20 Juillet 2010

Les USA et la Russie font déjà partie du Forum régional sur la sécurité de l’Asean (ARF), clou,
vendredi, de la réunion ministérielle du bloc, auquel la secrétaire d’Etat américaine doit
participer.

Face à l’influence économique et militaire croissante de l’encombrant voisin chinois, le Sud-Est


asiatique cherche un contre-poids du côté des Etats-Unis et de la Russie, avec lesquels il tente de
tisser des liens toujours plus forts. «Il doit y avoir un contre-poids, sinon un pays dominera», a
résumé un diplomate du Sud-Est asiatique. «L’Asean peut jouer un rôle central parce qu’elle a
des liens d’amitié avec tous les acteurs majeurs», a-t-il poursuivi peu avant l’ouverture de la
réunion annuelle des ministres des Affaires étrangères du bloc, à Hanoï.

L’Association des nations d’Asie du Sud-Est regroupe le Vietnam, actuel président, la Thaïlande,
l’Indonésie, la Malaisie, Singapour, les Philippines, le Cambodge, le Laos, le Myanmar et le
sultanat de Bruneï. La main tendue du bloc aux Etats-Unis coïncide avec l’élan que le président
américain Barack Obama veut lui-même donner aux relations de son pays avec l’Asie du Sud-
Est. Son administration juge que la région a été délaissée par son prédécesseur George W. Bush.

Les Etats-Unis et la Russie font déjà partie du Forum régional sur la sécurité de l’Asean (ARF),
clou, vendredi, de la réunion ministérielle du bloc, auquel la secrétaire d’Etat américaine, Hillary
Clinton, doit participer. Mais l’idée serait de faire entrer les deux géants dans une autre vaste
structure régionale. Washington et Moscou ne sont par exemple pas encore membres du Sommet
d’Asie de l’Est, lancé en 2005, qui regroupe l’Asean et une série d’autres pays asiatiques dont
déjà la Chine. Y faire entrer la Russie et les Etats-Unis serait une façon de renforcer les liens
avec l’Asean, estiment des diplomates. D’autres options seraient envisagées, qui devraient être
discutées cette semaine. «Tous les pays de l’Asean veulent que la Russie et les Etats-Unis
montent dans le train», avance un diplomate asiatique. «C’est juste une question de modalités».

Le Vietnam, hôte de la réunion au sommet cette semaine, «espère pouvoir conclure un accord»
pour que la Russie et les Etats-Unis rejoignent un ensemble plus large dès le mois d’octobre,
quand le prochain round de pourparlers au sommet de l’Asean se tiendra, ajoute-t-il. Un
document de travail préparé pour les discussions de cette semaine à Hanoï, que l’AFP a pu
consulter, estime qu’un «plus grand engagement des Etats-Unis dans l’architecture régionale,
en pleine évolution, en Asie de l’Est et dans le Pacifique, est particulièrement bienvenue».

L’idée serait notamment de renforcer les liens entre l’Asean et les Etats-Unis en matière de lutte
contre le terrorisme ou d’éventuelles crises financières, poursuit le texte. «Un plus fort
engagement» de Moscou, via une coopération en matière de lutte contre les crimes
transfrontaliers, contre la prolifération nucléaire ou encore de sécurité énergétique, est de la
même façon préconisé. «Considérant la stature internationale croissante de la Russie en tant
que fournisseur d’énergie, (nous) encourageons le soutien de la Russie» au projet de l’Asean de
gazoducs et de réseaux électriques régionaux, poursuit le document. L’Asean appuierait, elle,
l’entrée rapide de la Russie à l’Organisation mondiale du Commerce (OMC). Les chefs de la
diplomatie de l’Asean, qui devaient entamer leurs discussions par un dîner informel hier, seront
peu à peu rejoints cette semaine par leurs homologues de l’ARF. Au total, le Forum rassemble 27
membres, dont aussi le Japon, les deux Corée, l’Australie, l’Inde et l’Union européenne.
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Deux ans après la fin de la junte, deux ans avant


les élections générales, la Birmanie au milieu du gué

Olivier Guillard, Institut de Relations Internationales et Stratégiques


ASIE PERSPECTIVES STRATEGIQUES, avril 2013

Il y a deux ans à peine, la junte birmane cédait de sa propre initiative ses habits martiaux et les
rênes de la nation à une administration civile, la première à jouir de ce privilège depuis un demi-
siècle. S’engageait ainsi, sous la houlette de l’ancien Premier ministre (et général...) Thein Sein,
ex n°4 de l’ancienne junte, une orientation insolite et bienvenue, presque tous azimuts, vers la
démocratisation. Une évolution saluée par une majorité de Birmans et applaudie des deux mains
par la communauté internationale (occidentale tout particulièrement), trop heureuse de voir ce
pays pivot entre le sous continent indien, le sud-est asiatique et la Chine rentrer de lui-même
dans le rang et sans violence, après avoir longtemps abrité un régime parmi les plus sourds et les
plus défiants du concert des nations.

Il y a tout juste un an, Aung San Suu Kyi, la Dame de Rangoon et icône démocratique nationale
à nulle autre pareille, écrivait un énième chapitre de son histoire (dense et mouvementée) en
entrant au Parlement, après avoir obtenu un mandat de député lors des élections législatives
partielles d’avril 2012, remportées haut la main (43 sièges sur 44 en jeu) par sa formation, la
Ligue Nationale pour la Démocratie (LND). L’ancienne dissidente et opposante entrait ainsi dans
la sphère institutionnelle, se voyant confier peu après (août 2012) la Présidence... d’une
commission Parlementaire (Committee for Rule of Law and Stability). Au prix d’une série
nourrie de voyages à l’étranger (Amérique du nord, Europe, Asie), La Dame s’est
irrésistiblement muée en une ambassadrice officieuse de la nouvelle Birmanie, post-junte et
épurée de ses atours martiaux. Au grand plaisir du Président Thein Sein et de ses soutiens
réformateurs, trop heureux de recueillir le bénéfice (au niveau domestique et international) d’une
relative proximité avec la fille d’Aung San, le «père historique» de l’armée birmane moderne
(assassiné en 1947).

Depuis deux ans, ce binôme improbable œuvrant en bonne intelligence au profit de la Birmanie
de demain, faisant (pour l’heure) fi des différends et rancœurs du passé, a accompagné le retour
de la République de l’Union du Myanmar au sein de la communauté internationale. La Birmanie,
un pays désormais assiégé, littéralement pris d’assaut par les délégations diplomatiques et
commerciales du monde entier. La Birmanie ou l’attrait inédit de la «dernière frontière»...

Cependant, dans ce cadre globalement satisfaisant, nuages, récifs et incidents ont émaillé le cours
de ces derniers mois (cf. violences intercommunautaires ; combats dans l’Etat Kachin), au point
d’interpeller les observateurs internationaux (occidentaux) sur une possible fin de l’état de
grâcedont profitait jusqu’alors la nouvelle direction du pays, mais également Aung San Suu Kyi.

Qu’en est-il de ces craintes et appréhensions, alors que se profilent dans tout juste deux ans les
prochaines élections générales, rendez-vous politique de tous les possibles et de toutes les
options dans la Birmanie engagée sur la voie de la démocratisation ? L’occasion, dans ces
quelques pages, de revenir succinctement sur ces divers points autour d’une série de questions-
réponses.
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Hollande se tourne vers l’Asie


Par Rémi Duchemin le 2 novembre 2012

François Hollande souhaite que la France reprenne sa place en Asie. Pas forcément évident.

Après Jean-Marc Ayrault aux Philippines et à Singapour fin octobre, François Hollande se rend
lui aussi en Asie. Après un bref passage au Liban et en Arabie saoudite, le président français est
arrivé dans la nuit de dimanche à lundi à Vientiane, la capitale du Laos, pour participer au
sommet Europe Asie (Asem). "Je suis là pour rassurer les pays asiatiques" mais aussi "pour leur
dire qu'ils ont leur rôle à jouer dans la croissance européenne et mondiale", a déclaré François
Hollande, à son arrivée.

Avec cette visite, le chef de l'Etat veut reconquérir une région par trop délaissée ces dernières
années. Analyse avec Olivier Guillard, directeur de recherche Asie à l’Institut de recherches
internationales et Stratégiques (Iris).

Le constat. Il n’est guère reluisant. "La France ne brille pas, depuis un certain nombre d’années,
par un activisme forcené en Asie", euphémise Olivier Guillard. "Lorsqu’on voit la place
qu’occupe la France dans les échanges commerciaux bilatéraux avec des grandes nations comme
l’Inde par exemple, on s’aperçoit qu’elle est bien en deçà de son potentiel", constate l’expert de
l’Iris. "On en arrive à se demander si l’Asie importe beaucoup pour la France, alors même que ce
continent devient le seul relais de croissance de l’économie mondiale", regrette-t-il.

Et cette situation est simplement la conséquence de choix faits par les autorités. "La France ne
veut pas être partout à la fois", explique Olivier Guillard, par ailleurs directeur de l’information
chez Crisis Consulting. "Lors des priorités exposées chaque année à l’occasion du discours aux
ambassadeurs, l’Asie arrive toujours en 4e ou 5e position, derrière la construction européenne, la
relation transatlantique, celles avec l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient, les anciennes
colonies…", énumère l’analyste.

Les discours. A l’Elysée, c’est désormais le discours du directeur général de l’OMC Pascal
Lamy qui fait foi. "Il faut aller chercher la croissance là où elle se trouve et la croissance se
trouve en Asie", explique-t-on au palais présidentiel.

"L'objectif de ce déplacement s'inscrit clairement dans les orientations fixées par le président de
la République lors de la conférence des ambassadeurs, à savoir renforcer notre action
économique en Asie", expliquait-on par ailleurs à Matignon quand Jean-Marc Ayrault s’est
rendu, le 20 octobre, aux Philippines.

"On peut penser que ces déclarations sont sincères", veut croire Olivier Guillard, qui reste
toutefois prudent. "J’ai malheureusement souvenir d’avoir entendu une démarche similaire de la
part du président précédent. Et le précédent du précédent, dans sa politique d’ouverture vers l’Est
avait à peu près dit la même chose", rappelle l’expert. "La situation économique est de moins en
moins bonne, donc on peut penser qu’au-delà de l’effet d’annonce, la France va faire le boulot
pour se montrer plus présente, active dans la région", espère-t-il toutefois.
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Les signaux. Le voyage de Jean-Marc Ayrault aux Philippines et à Singapour en était un.
"Forger un partenariat stratégique avec Singapour donne le message d’une France qui veut être
plus présente, plus influente", juge Olivier Guillard. "Ça ne peut pas être mal reçu par les
partenaires d’Asie du Sud-Est."

La participation de François Hollande sera un autre signal, d’autant que le président français sera
le seul dirigeant occidental à faire le voyage. "Ce sera noté dans la volonté française d’en faire
plus", confirme le directeur de recherche à l’Iris. "Et cela permettra à la nouvelle équipe de se
montrer dans cette partie d’Asie, ce qui a son importance, car les Asiatiques sont souvent
proches de questions protocolaires, sensibles à ce genre de choses. Ce sera apprécié", insiste
Olivier Guillard.

Le Japon, nouvelle priorité. "La troisième puissance économique du monde n'a pas reçu toute
l'attention qu'elle méritait ces dernières années", avait déclaré fin août François Hollande dans
son premier discours de politique étrangère. Selon Le Monde, le premier voyage asiatique
bilatéral de François Hollande devrait d'ailleurs avoir lieu à Tokyo en 2013.

"On a effectivement l’impression à Tokyo que l’archipel nippon est de plus en plus éloigné de
l’Europe. Les représentants des autorités japonaises à Paris s’en sont émus", assure Olivier
Guillard. "Il n’y a aucun différend particulier avec le Japon, et il s’agirait que l’on redémarre sur
une dynamique meilleure que celle des quatre dernières années", abonde l’Iris.

La Chine, le casse-tête. La Chine a au moins une bonne raison d’aimer la France. La balance
commerciale de l’Hexagone par rapport au géant asiatique s’élevait en effet à 27,2 milliards
d'euros en 2011, soit 40% environ du déficit total. Pourtant, Pékin lorgne encore le pays d’un œil
méfiant. "Les Chinois ont une perception d’une opinion française pas excessivement 'sinophile'",
sourit Olivier Guillard. "Il y a pourtant une nécessité de maintenir des bonnes relations avec la
Chine, ne serait-ce que parce que la Chine est l’un des plus gros clients de l’industrie française",
rappelle l’expert.

"Mais les dirigeants français, de droite comme de gauche, doivent composer avec cette
composante "sinosceptique" de leur opinion, notamment sur la question du Tibet", explique-t-il.
François Hollande, comme Nicolas Sarkozy, qui avait provoqué l’ire de la Chine en rencontrant
el dalaï-lama en décembre 2008 en Pologne, aura donc une marge de manœuvre limitée par
rapport à la Chine. "Pendant encore un certain nombre d’années, les relations seront complexes",
prédit Olivier Guillard.

On y croit ? Raisonnablement… La France n’a plus vraiment le choix. "Il y va de l’intérêt d’une
grande partie du dynamisme de l’économie française, qui en a bien besoin. On ne peut plus se
permettre de faire d’être à la traîne dans cette région par rapport à d’autres opérateurs
occidentaux. La France a tout intérêt à faire cette démarche", souligne Olivier Guillard.

En outre, l’Asie est en demande. "Il y a beaucoup d’attentes, en Corée du Sud, au Japon, en Inde,
et dans des pays plus mineurs", assure le chercheur. "Malheureusement, cette appétence se
concrétise souvent par une déception qui est mal comprise."

Surtout, la France ne devra pas ménager ses efforts. "Il ne suffit pas d’aller un jour à Manille et
un jour au Laos", prévient Olivier Guillard. "La marche est longue. Nous ne sommes pas seuls.
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Beaucoup de pays sont plus agressifs que nous sur les marchés économiques et financiers. La
marche va être longue et, comme disait un ancien chef du gouvernement. La pente va être rude",
prévient l’expert.

Flambées nationalistes en Asie

LE MONDE | 05.09.2012, Par Philippe Pons

Une suite d'incidents à propos de territoires dont la souveraineté est contestée a provoqué une
escalade dans les tensions entre la Chine, la Corée du Sud et le Japon, qui nourrit des flambées
nationalistes. Celles-ci restent pour l'instant le fait de militants, mais des dérapages sont toujours
possibles.

Aux incursions d'ultra-patriotes chinois aux Senkaku (Diaoyu en chinois), îlots inhabités en mer
de Chine que le Japon administre mais que Pékin revendique, s'est ajoutée la visite sans
précédent, le 10 août, du président sud-coréen, Lee Myong-bak, sur l'île Dokdo (Takeshima pour
le Japon), qui suivait celle en juillet du premier ministre russe, Dmitri Medvedev, à Kunashiri
(archipel des Kouriles). Des territoires réclamés par Tokyo.

En l'espace de quelques semaines, le Japon a été "attaqué" sur trois "fronts". Les différends ne
sont pas nouveaux : ils tiennent aux ambiguïtés du traité de San Francisco (1952) par lequel le
Japon recouvrait sa souveraineté après la défaite de 1945. De leur règlement dépend la
délimitation des zones d'économie exclusive et de l'exploitation des hydrocarbures qui pourraient
s'y trouver. Dans l'immédiat, les revendications ont pour toile de fond des échéances politiques
dans les mois à venir - renouvellement des dirigeants en Chine, élection présidentielle en Corée
du Sud et élections générales anticipées probables au Japon - qui contraignent les gouvernements
à ne pas paraître transiger.

La concomitance des "titillements" du Japon par ses voisins semble indiquer que ceux-ci
cherchent à profiter de l'affaiblissement du premier ministre Yoshihiko Noda qui, empêtré dans
les affaires internes, navigue à vue en diplomatie. Face à un Japon replié sur lui-même, Pékin et
Séoul s'épaulent mutuellement dans leurs revendications.

Pour l'instant, ces querelles récurrentes accompagnées d'un complaisant tapage médiatique et de
"moulinets" des gouvernements n'ont fait qu'empoisonner les relations diplomatiques entre les
trois pays. Mais elles nourrissent des poussées de fièvre nationaliste dans les opinions qui
peuvent être difficiles à contrôler.

C'est le cas de la visite sans précédent à Dokdo du président sud-coréen. Petit archipel rocheux et
inhospitalier situé à équidistance de la péninsule et du japon, les îlots ont une signification
symbolique dans la psyché coréenne : leur inclusion dans la juridiction du Japon en 1905 aurait
été le prélude à l'annexion de la péninsule (1910-1945).

Ces îlots inhabités, appelés aussi "Rochers Liancourt", furent proclamés coréens par Séoul au
début des années 1950, et une petite garnison y séjourne depuis. Tokyo entend porter la question
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

devant la Cour internationale de justice. Proposition qui ne mérite pas "la moindre attention",
selon Séoul.

Attaquant le Japon sur un autre "front", Lee Myong-bak a demandé les excuses de l'empereur
Akihito pour le sort subi par les 200 000 Coréennes contraintes à se prostituer pour la
soldatesque nippone pendant la guerre. Une statue représentant une de ces "femmes de réconfort"
érigée en face de l'ambassade du Japon à Séoul rappelle le "crime" nippon. Tokyo a demandé sa
suppression mais sans proposer la moindre initiative nouvelle.

Raviver la mémoire douloureuse de la colonisation est fréquent à la veille d'élections en Corée.


L'impopulaire président Lee, en fin de mandat, joue cette carte avec complaisance au risque de
ranimer chez ses compatriotes un patriotisme émotionnel qui plonge ses racines dans le
nationalisme ethnique né en réaction à la tentative du colonisateur japonais d'éradiquer une
culture coréenne plusieurs fois millénaire.

C'est également un nationalisme viscéral qui anime les Chinois lorsqu'il s'agit du Japon. Selon un
sondage réalisé, en juin, par le groupe de réflexion japonais Genron NPO et China Daily, les
deux peuples ont une opinion négative l'un de l'autre. Alors que les Japonais fondent leur
perception des Chinois sur les comportements actuels - arrogance, égoïsme en matière
d'environnement, revendication territoriale injustifiée -, ceux-ci voient les Japonais à travers le
prisme du passé : massacre de Nankin (1937) et autres atrocités.

Pour l'instant, Tokyo joue la pondération. Les quatorze Hongkongais qui avaient débarqué aux
Senkaku ont été expulsés sans jugement. Une mesure qui a évité un bras de fer avec Pékin
comme ce fut le cas à la suite de l'arrestation du capitaine d'un chalutier chinois entré en collision
avec un garde-côte nippon, en septembre 2010, au large des îlots contestés. Devant le tollé
chinois, Tokyo avait dû faire marche arrière.

A leur arrivée au pouvoir en août 2009, les démocrates avaient pour ambition de placer les
relations avec les Etats-Unis sur un pied d'égalité et de renforcer les liens avec le reste de l'Asie.
Le premier chef de gouvernement démocrate, Yukio Hatoyama, dut démissionner un an plus tard
après avoir provoqué des tensions avec Washington à propos du déplacement d'une base
américaine à Okinawa.

Et ses successeurs n'ont guère brillé par leurs initiatives diplomatiques : sans les contacts
personnels avec les élites chinoises et coréennes, tissés au fil d'un demi-siècle de pouvoir par
leurs prédécesseurs libéraux démocrates, qui avaient su mettre entre parenthèses les différends
hérités de l'histoire pour privilégier la coopération, ils n'ont pas su prévenir les incidents.
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

Le Qatar, nouvelle puissance mondiale ?

Le Point.fr - Publié le 05/01/2012 , Pierre Beylau

Business, diplomatie, sport : le petit émirat est sur tous les fronts. Ce n'est pas la première fois
dans l'histoire qu'un pays joue un rôle sans aucune mesure avec sa dimension géographique.

Les talibans viennent de décider d'ouvrir un bureau à Doha. Objectif : faciliter les futures
négociations entre les insurgés afghans et les Américains. Le Hamas a déjà pignon sur rue dans
la capitale de l'émirat. Les relations entre le mouvement palestinien et la Syrie, où il avait jusqu'à
présent sa base arrière, sont en effet devenues très compliquées, les opposants à Bachar el-Assad
étant, comme le Hamas, proches des Frères musulmans.

Le Qatar a apporté une aide déterminante, en Libye, aux combattants anti-Kadhafi. Il joue les
intermédiaires dans tous les grands dossiers du Moyen-Orient. Il bénéficie, il est vrai, d'une
fenêtre de tir : l'Égypte est pour l'instant hors jeu, la Syrie en proie à la guerre civile, l'Irak
empêtré dans ses luttes confessionnelles et l'Arabie saoudite paralysée par un système dynastique
gérontocratique. Actif sur le plan géopolitique, l'émirat déploie aussi un activisme vibrionnaire
dans le domaine du business. Dès qu'une opportunité se présente, les Qatariens sont sur les
brèches pour investir : Volkswagen, Veolia, Vinci et peut-être demain EADS et Areva. Le sport
est aussi sur leurs écrans radars, comme en témoigne le feuilleton du Paris Saint-Germain.

Le Qatar, sur la carte du monde, ce n'est pourtant pas grand-chose : une création récente (en
1971), 11 000 kilomètres carrés (la superficie de deux départements français), une population
clairsemée (à peine deux millions dont à peine 300 000 Qatariens). Mais voilà : le Qatar dispose
de 15 % des réserves mondiales de gaz. Il partage avec l'Iran le plus gros gisement de la planète.
Au rythme d'extraction actuel, il y en a pour un siècle et demi au bas mot. De quoi continuer à
alimenter la Qatar Investment Authority, le fonds souverain qatarien, véritable bras armé des
ambitions économiques et politiques de l'émirat.
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

Le pactole du gaz Le Qatar dispose aussi d'un instrument efficace de "soft power" : la très
professionnelle chaîne d'information continue Al Jazeera, qui se déploie désormais dans le
monde entier et pas seulement en langue arabe. L'émirat a également une politique culturelle
agressive. Il a même créé un orchestre symphonique... Mais au fond, qu'est-ce qui fait courir
ainsi le cheikh Hamad ibn Khalifa al-Thani, sur le trône depuis 1995 après avoir déposé son père,
imprudemment parti en voyage sur les bords du lac Léman ? Le souverain pourrait se contenter
de vivre de ses rentes et ne pas se mêler des affaires du monde où il n'y a que des coups à
prendre...

Sauf que l'émirat est entouré de voisins dont il se méfie énormément : l'Arabie saoudite, d'abord,
qui considère cette petite péninsule fichée à son flanc comme une anomalie. L'Iran, immense
pays de vieille civilisation situé à quelques brassées d'eau de l'autre côté du Golfe. Et même les
Émirats arabes unis, que le Qatar a refusé de rejoindre. Pour rompre cet encerclement, le Qatar a
longtemps entretenu une alliance de revers avec l'Irak de Saddam Hussein. Aujourd'hui, il mise
sur de solides alliances - avec les États-Unis, la France (un des fils de l'émir a fait Saint-Cyr) et
une position planétaire qui lui garantit sa survie. Après tout, ce n'est pas la première fois dans
l'histoire qu'un pays joue un rôle sans aucune mesure avec sa dimension géographique :
rappelons-nous Venise la Sérénissime, dont le territoire continental n'allait guère au-delà de
Vicence et de Padoue...

Une bonne nouvelle au Proche-Orient

LE MONDE | 12.04.2013

Le 21 mars, dans un discours prononcé à Jérusalem, Barack Obama jurait que les Etats-Unis
allaient s'occuper du conflit israélo-palestinien. Il semble tenir parole. Et il était temps. Le
premier mandat du président américain a été marqué par un retrait total de ce dossier. On
pourrait même parler de régression.

En février 2011, les Etats-Unis ont mis leur veto à une résolution du Conseil de sécurité de
l'ONU condamnant, une fois de plus, la poursuite des implantations israéliennes en Cisjordanie.
C'était une manière de confirmer ce qui se passe depuis plus de douze ans : Washington accepte
sans broncher la politique du fait accompli que son allié israélien mène en territoire palestinien.

M. Obama est dans une position paradoxale. Il entend investir la puissance américaine en Asie –
la région qui, selon lui, marquera le siècle –, et, pour ce faire, se dégager du Proche-Orient et de
ses tragédies à répétition. En somme, aller vers la grande zone de croissance de l'époque et
quitter celle qui se noie dans ses guerres de religion d'un autre âge.

On comprend M. Obama. Mais, dans le même temps, le président laisse volontiers entendre que
l'Amérique doit continuer à exercer une influence politique et militaire prépondérante au Proche-
Orient. Cela passe par le règlement de la question israélo-palestinienne.

Ce n'est pas que ce conflit-là soit "central" d'un point de vue stratégique, comme on le dit trop
souvent. La région se déchire en de multiples affrontements – autrement plus sanglants – qui
n'ont pas grand-chose à voir avec celui qui oppose les Israéliens aux Palestiniens.Mais ce dernier
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

conflit est "central" dans la mémoire des peuples arabes ; il est chargé d'un poids symbolique et
politique particulièrement lourd. Une avancée décisive dans cette affaire serait une source
d'apaisement régional. Elle changerait le profil du Proche-Orient – pour le mieux, coupant l'herbe
sous le pied à tous les hystériques du djihad, cette radicalité barbare.

M. Obama a confié le dossier à son secrétaire d'Etat, John Kerry. C'est un homme tenace,
réfléchi, compétent. Depuis le discours de Jérusalem, M. Kerry s'est déjà rendu trois fois dans la
région. Il rencontre tous les protagonistes ou presque : le gouvernement de Benjamin
Nétanyahou et l'Autorité palestinienne, que préside Mahmoud Abbas – mais pas encore le
Hamas.Ceux-là ne se parlent plus depuis des années. Il faut rétablir le dialogue. Le secrétaire
d'Etat s'y emploie. Il était la semaine dernière encore entre Jérusalem et Ramallah.Il a annoncé
une aide économique substantielle au profit des Palestiniens. Elle devrait conforter une Autorité
palestinienne minée par la poursuite des implantations israéliennes et ses propres querelles.

Mieux, M. Kerry a compris qu'il était vain de reconduire un face-à-face stérile entre Israéliens et
Palestiniens. Laissés seul à seul, les protagonistes n'ont jamais rien conclu de conséquent.Le
secrétaire d'Etat veut élargir la négociation, y inclure de façon structurelle les Etats-Unis (il y a
consacré une équipe) et la Jordanie.

L'objectif final est la création d'un Etat palestinien aux côtés d'Israël. Les bonnes nouvelles sont
trop rares pour ne pas saluer les débuts prometteurs de John Kerry au Proche-Orient.

L'Iran compte sur le soutien des pays non-alignés face à l'Occident


Jérémie Pham-Lê (avec AFP) | 30/08/2012

Les dirigeants d'une centaine de pays Non-Alignés se retrouvent ce jeudi à Téhéran pour un
sommet où l'Iran espère un soutien face à l'Occident, mais qui pourrait être terni par le dernier
rapport de l'ONU sur son programme nucléaire controversé. Premier succès pour Téhéran, la
venue du nouveau président égyptien Mohamed Morsi, signant les retrouvailles entre les deux
pays, depuis 1980, après le traité de paix signé entre l'Egypte et Israël.

Le 16e sommet du mouvement des non-alignés, qui s'ouvre ce jeudi à Téhéran, donnera à l'Iran
pour trois ans la présidence tournante de cette organisation datant de la guerre froide, largement
assoupie depuis. Mais le pays d'Ahmadinejad souhaite redonner de l'impulsion à cette institution
pour faire pièce aux grandes puissances, en particulier aux Etats-Unis (voir ci-dessous).

Démocratiser le Conseil de sécurité de l'Onu

Sous la houlette iranienne, le sommet devrait notamment condamner les sanctions unilatérales
occidentales dont plusieurs de ses membres, Iran en tête, sont frappés pour leur politique
nucléaire ou leurs violations des droits de l'Homme.
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

Il pourrait également manifester des positions rejoignant celles de Téhéran sur plusieurs thèmes
traditionnels au mouvement des non-alignés: "démocratisation" du Conseil de sécurité de l'Onu
visant à réduire l'influence des grandes puissances, rejet de toute ingérence dans les affaires
intérieures de ses membres - avec la crise syrienne en toile de fond -, soutien à la création d'un
Etat palestinien, appel au désarmement nucléaire.

Le sommet devrait aussi réaffirmer le droit de toutes les nations à l'énergie nucléaire pacifique,
avancé par l'Iran pour justifier son ambitieux programme face à une partie de la communauté
internationale qui le soupçonne de chercher, malgré ses démentis, à se doter de l'arme atomique.
Téhéran espère en effet utiliser cet événement pour prouver que les Occidentaux n'ont pas réussi
à l'isoler, au grand dam des Etats-Unis et d'Israël qui ont tenté en vain de dissuader plusieurs
dirigeants d'y assister, dont le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Rapport critique de l'AIEA sur le programme nucléaire iranien

M. Ban a toutefois profité de sa visite à Téhéran pour demander fermement mercredi aux
principaux dirigeants iraniens de répondre "urgemment" et par des "progrès concrets" aux
inquiétudes internationales sur leur programme nucléaire.Il a aussi dénoncé clairement les
atteintes aux droits de l'Homme en Iran, ainsi que les appels répétés des dirigeants iraniens à
l'"éradication" d'Israël comparé à une "tumeur" au Moyen-Orient.

De même, l'image positive que l'Iran souhaite donner au monde à l'occasion du sommet pourrait
également être ternie par la publication, jeudi ou vendredi, du dernier rapport de l'Agence
internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui devrait à nouveau montrer que Téhéran
continue d'étendre ses activités nucléaires en violation de plusieurs résolutions de l'Onu.

Le mouvement des pays non-alignés,


une organisation née dans le contexte de la guerre froide

Les premiers balbutiements du mouvement des non-alignés remontent à l'année 1955, durant
l'époque de la décolonisation. 29 pays, la plupart ayant acquis récemment leur indépendance, se
réunissent à Bandung, en Indonésie, pour renforcer leurs liens diplomatiques et aborder les
grands enjeux géopolitiques. Les questions autour de l'émancipation des peuples maghrébins,
l'apartheid sud-africain ou le conflit israélo-arabe sont notamment abordées. Une nouvelle entité
mondiale s'apprête à voir le jour, avec pour seul leitmotiv : la liberté.

Un an après la conférence, en 1956, quatre chefs d'Etats -Tito, Nasser, Nehru et Sihanouk - se
retrouvent en Yougoslavie pour poser les premières bases du futur mouvement. L'idée est de
créer un 3e bloc mondial assez puissant pour contrer l'influence des deux grandes puissances
mondiales que sont les Etats-Unis et l'URSS. La Guerre froide fait en effet rage et l'ordre
politique mondial est soumis à une bipolarisation. Pacifique, le mouvement sera placé sous
l'égide des principes d'égalité et de respect mutuel.

Mais c'est seulement cinq ans après, en 1961, que la première réunion officielle des non-alignés
voit le jour à Belgrade, toujours en Yougoslavie. Cette nouvelle conférence marque l'arrivée de
nouveaux pays en provenance de l'Amérique du sud. Tous les continents sont désormais
représentés grâce à la participation de 25 Etats. Les grands principes de 1956 sont entérinés et
adoptés : neutralité, non-ingérence dans les affaires intérieures, non-agression mutuelle...
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

En bref, l'harmonie est le maître mot des non alignés. Les années 1960 et 1970 marquent l'essor
du mouvement, avec notamment la création de la Conférence des Nations unies sur le commerce
et le développement (CNUCED) en 1964. Cet organisme vient en aide aux pays en
développement pour tirer le meilleur parti de leur commerce.

Durant ces années fastes, tous les pays du Tiers-Monde bénéficient d'une reconnaissance
mondiale grâce à l'appui du mouvement. Mais les années 1990 et la chute de l'URSS signent le
ralentissement du mouvement. Depuis, les non-alignés cherchent toujours un souffle de
renouveau. Après 42 ans d'existence et 15 sommets, le mouvement comporte désormais 118
Etats membres et 17 Etats observateurs.

De la régionalisation à l'internationalisation ? L'engrenage syrien

31.10.2012 Par Jean-François Daguzan, directeur adjoint, FRS

Par son impact géostratégique, la crise syrienne dépasse de très loin l'affaire libyenne, qui avait
accompagné de ses soubresauts puis de sa violence l'année 2011. Démarrée à peu près à la même
époque, la révolte syrienne n'est montée en puissance que progressivement pour rentrer dans une
phase à haut niveau de violence en 2012. Pendant cette année, le conflit s'est régionalisé.

LA SYRIE EST AU CŒUR D'UN MAELSTRÖM DE DÉSTABILISATION DE LA PÉRIPHÉRIE


PROCHE.

Le choix des puissances d'intervenir en Libye a été fait sur le constat que la chute du colonel
Kadhafi aurait des conséquences presque nulles sur l'environnement géostratégique nord-africain
(en oubliant ou en voulant ignorer cependant la dimension AQMI). L'impact d'une
transformation de la Syrie est tout autre. De fait, la "question syrienne" emporte avec elle celle
de la déstabilisation de la périphérie proche puis, plus globalement, a des effets stratégiques sur
tout le Moyen-Orient : sur le Liban, qui vit au rythme des soubresauts de la crise syrienne
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

(affrontements intercommunautaires à Tripoli, soutien du Hezbollah à la cause gouvernementale,


assassinat du général Al-Hassan, chef des services de renseignement) ; sur l'Irak, où le
gouvernement soutient le pouvoir alaouite et où les rapports de forces intercommunautaires sont
affectés ; sur la Jordanie, au bord de l'asphyxie en raison de l'arrivée massive des réfugiés sur un
tissu politico-économique ultra-fragile ; sur la Turquie, pour les réfugiés, la question kurde et les
actes militaires inamicaux de l'autre côté de la frontière ; sur Israël enfin, pour qui la Syrie des
Al-Assad était un gage de stabilité dans le cadre d'une "paix armée" arrangeant les deux
protagonistes et en raison de l'impact indirect sur les Palestiniens.

UNE ONDE DE CHOC MOYEN-ORIENTALE ET AU-DELÀ

Plus largement, l'affaire syrienne est également au cœur de la conflictualité larvée du Moyen-
Orient. Plusieurs arrière-fonds viennent en effet colorer la crise syrienne. Le premier concerne le
jeu des grandes puissances au Moyen-Orient ; l'autre la lutte pour la prééminence régionale qui
se joue entre l'Iran d'un côté et le Qatar et l'Arabie Saoudite de l'autre.

La Syrie s'appuie au plan international sur la Russie et la Chine (qui la protègent au Conseil de
sécurité des Nations Unies). La Chine voit l'interventionnisme occidental pro-humanitaire et
démocratique comme une menace pour elle-même. Le refus russe est plus complexe. Il s'inscrit
dans une logique de retour sur l'espace stratégique méditerranéen (Tartous), économique (avec
l'énorme dette soviétique non remboursée) et plus largement de lutte contre un islamisme radical
sunnite pour lequel ce pays se sent plus directement concerné que les Occidentaux.

La Syrie est soutenue également par l'Iran, qui voit dans l'effondrement du pouvoir alaouite
(secte chiite) la préfiguration de l'affaiblissement structurel du Hezbollah au Liban et la rupture
du continuum stratégique que ce pays a désormais établi du Golfe à la Méditerranée. L'Iran joue
donc une double partition dans ce "moment arabe". D'une part, il soutient les mouvements visant
à briser les pouvoirs traditionnels sunnites ; d'autre part, il appuie de tout son poids l'allié syrien
car – au-delà de la nature chiite des Alaouites – sa perte signifierait l'affaiblissement majeur de sa
position au Proche et Moyen-Orient et une menace directe sur la sécurité du Hezbollah, dont la
Syrie assurait la base-arrière et l'approvisionnement.

LA REDISTRIBUTION DU POUVOIR ARABE : IRAN, QATAR ET ARABIE SAOUDITE À LA


MANŒUVRE

La chute de Hosni Moubarak a brouillé le jeu de la puissance au Proche et au Moyen-Orient. Son


renversement brutal et la période d'instabilité que vit l'Égypte aujourd'hui malgré le succès des
Frères musulmans laisse le monde arabe sans véritable leader. Or, les relations internationales
ont horreur du vide ; la place de l'Égypte est à prendre. Après une période de flottement, le Qatar,
l'Arabie Saoudite et l'Iran sont à la manœuvre.

Petit par sa taille mais grand par ses ressources, le Qatar s'est engagé en force dans les révoltes
arabes. Il est présent en Tunisie. Il est actif en Libye. Il est aussi engagé dans la révolte syrienne,
menant, avec l'Arabie Saoudite, le combat diplomatique et désormais militaire pour le départ des
Al-Assad. La rébellion des chiites de Bahreïn fut, pour les deux pays du Golfe, le déclencheur
d'une réaction "réactionnaire". Ces deux pays très sensibles à des sources de déstabilisation ont
désormais compris que les mouvements arabes doivent être orientés et que le danger réside dans
le groupe politique qui prend le pouvoir en dernier ressort. Cette analyse s'est d'autant plus
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

imposée que l'Iran, après un début plus que réservé vis-à-vis de ces mouvements, a vu l'intérêt
stratégique de les soutenir (sauf en Syrie !).

La position de l'Arabie Saoudite n'est cependant pas très éloignée de la position iranienne. Le
pouvoir très conservateur voit dans les mouvements arabes un risque pour sa propre stabilité
dans une période de transition monarchique rendue complexe par la mort du dauphin, le prince
Sultan, et l'arrivée du prince Nayed dans l'ordre de succession. La position du royaume
wahhabite diffère de ce point de vue de celle du Qatar. Ce dernier est engagé dans tous les
mouvements de révolte – provoquant des mouvements de rejet de la part de pans de l'opinion
publique ou de groupes politiques de certains pays qui voient avec inquiétude sa forte
implication dans leur politique interne. Les relations viennent ainsi de se tendre avec la
Mauritanie, mais également avec certains pans du nouveau pouvoir libyen.

La question n'est donc plus le risque de régionalisation du conflit qui est un fait acquis, mais le
risque de son internationalisation. La prudence de la Turquie (et donc de l'OTAN) face aux
provocations ou bévues syriennes tient peut-être au désir de ne pas voir les soldats russes
débarquer sur la frontière. Reste également à savoir si Israël, après un long silence gêné,
considérera l'internationalisation comme un moyen de frapper (enfin !) l'ennemi lointain iranien.
Aujourd'hui la région tient du baril de poudre.

Irak, dix ans après : les idées fausses finissent souvent dans le sang
Par Béligh Nabli et Karim Bitar, directeur de recherche à l’IRIS (Libération, 20 mars 2013)

Dix années se sont écoulées depuis le déclenchement de l’invasion anglo-américaine de l’Irak.


Outre la violation manifeste du droit international par la première puissance mondiale, cette
guerre a revêtu une dimension symbolique et idéologique particulièrement prégnante ; elle ne
saurait être expliquée par les seuls préceptes de la realpolitik. Résultante directe de
représentations culturelles biaisées, cette expédition est venue nourrir les fantasmes et attiser les
flammes du «choc des civilisations.»
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

Pour mémoire, l’invasion fut préparée par une campagne de propagande tous azimuts et par une
série de mensonges éhontés : existence d’armes de destruction massive, relations entre Saddam
Hussein et Al-Qaeda, uranium yellowcake acheté par Saddam au Niger, menace imminente
contre les Etats-Unis… Pis, certains tentèrent de la justifier par des constructions intellectuelles
fallacieuses et fondées sur une contradiction ontologique : la démocratie par la force, la
démocratie par l’ingérence. En ce sens, la force d’attraction des gisements pétroliers irakiens ne
saurait masquer la nature foncièrement idéologique de cette guerre. Le recours à la force brute
traduisait l’emprise des néoconservateurs sur l’administration Bush-Cheney et l’adhésion de
Tony Blair à leurs préceptes.

Dans un contexte post-11 Septembre propice au réflexe vengeur et à la rhétorique manichéenne


du «bien contre le mal» le président américain comme le Premier ministre britannique se sont
laissés entraîner par une poignée d’idéologues dans une aventure on ne peut plus hasardeuse.
Aussi simpliste que dangereuse, leur vision du monde reposait sur la Machtpolitik, la violence et
la coercition. Cette politique de puissance se paraît des atours de l’interventionnisme humanitaire
et prétendait vouloir exporter la démocratie, comme s’il s’agissait d’un vulgaire produit de
consommation courante…

Dix ans après, le nom de l’opération - «Liberté pour l’Irak» - sonne toujours aussi faux. La
célébration légitime de la chute d’un tyran comme Saddam Hussein ne saurait faire oublier un
bilan désastreux. Les chiffres en donnent une idée : selon les études épidémiologiques menées
par des revues médicales et instituts divers, la guerre aurait coûté la vie à au moins 250 000 civils
irakiens, peut-être plus de 1 220 000 selon Opinion Research Business (ORB) en 2007. Sans
parler des millions de réfugiés, et notamment le départ de plus des 3/5e des chrétiens irakiens
présents depuis deux mille ans.

Derrière ces chiffres, il y a des vies brisées, anéanties. La guerre n’est pas une abstraction, sauf
peut-être pour les stratèges en chambre imprégnés de visions orientalistes dans lesquelles les
Arabes ne sont que des ombres muettes que l’Occident se doit d’arracher par la force à leur
torpeur et à leur léthargie. Comme ces théories apparaissent risibles, aujourd’hui que les
révolutions arabes sont venues balayer les visions essentialistes et culturalistes, et infirmer les
fumeuses théories sur «l’exception arabe» !

Le retrait des troupes américaines fin 2011 a laissé un Etat fragilisé et une société meurtrie,
toujours en proie à l’insécurité. Une société dont la double fracture ethnique et confessionnelle a
contaminé le système politique et institutionnel, exacerbant les tensions entre sunnites et chiites
et entre Arabes et Kurdes. Le risque d’éclatement et de balkanisation est renforcé par la donne
pétrolière. Avec ses 143 milliards de barils de réserve de pétrole, l’Irak est un Etat
potentiellement puissant et prospère mais dont l’unité relève plus de la fiction que de la réalité.
Le pays est confronté à l’insoluble répartition du pouvoir politique et financier entre ses
différentes composantes, l’appareil d’Etat est à peine viable, le pouvoir guetté par la tentation
autoritaire et gangrené par la corruption.

Ruse de l’histoire, cette guerre justifiée par la «guerre globale contre le terrorisme» a fait naître
un nouveau foyer du terrorisme international. Al-Qaeda s’est implanté sur un territoire où elle
était absente. De plus, le nouvel ordre politique irakien a fait resurgir la fitna («la discorde» en
arabe, ndlr) entre sunnites et chiites et renforcé la montée en puissance et les ambitions
régionales de l’Iran.
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

Si l’expérience a tourné court, le débat public et politique, qui a accompagné la crise puis la
guerre, fut marqué par une véritable faillite morale d’une partie des élites américaines et
européennes. L’alignement de la presse américaine sur le discours et l’argumentaire belliqueux
de la Maison Blanche a terni le mythe du contre-pouvoir journalistique. Une faillite morale qui
s’est traduite par une régression des libertés publiques des citoyens américains, un
questionnement existentiel à travers les images d’humiliation d’Abou Ghraib et la banalisation
d’une torture institutionnalisée. Au terme de cette séquence, la parole occidentale sur la
démocratie et le respect des droits de l’homme est plus affaiblie que jamais.

En dépit de ce bilan accablant, le mea culpa ne semble pas à l’ordre du jour de la plupart des
clercs va-t-en-guerre qui ont servi d’attachés de presse à cette équipée. Comme l’écrivait Albert
Camus : «Toute idée fausse finit dans le sang, mais il s’agit toujours du sang des autres. C’est ce
qui explique que certains de nos philosophes se sentent à l’aise pour dire n’importe quoi.»

Une nécessaire relecture du Printemps arabe


11 septembre 2011
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

Béligh Nabli, directeur de recherche à l’IRIS interroge Barah Mikaïl, directeur de recherche sur
l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient à la FRIDE (www.fride.org), centre de recherche européen basé à
Madrid, sur sa lecture des événements qui ont secoué le monde arabe.

En quoi consiste votre relecture du "Printemps arabe" ?

Il ne convient en rien de nier la détermination au changement portée par les peuples arabes, à commencer
par les Tunisiens. Ceux-ci ont sincèrement et légitimement voulu se débarrasser de l’ancien président
Zineddine Ben Ali, par eux-mêmes, et l’on ne peut que s’en réjouir. On peut en dire autant dans le cas de
l’Egypte. Par contre, la suite des événements s’est, à bien des égards, révélée bien plus critiquable. Le cas
libyen en témoigne parfaitement. La naissance d’une contestation à l’encontre de Mouammar Kadhafi fût
réelle, bien que née dans une ville traditionnellement rebelle (Benghazi) et étant restée loin de s’étendre à
l’ensemble de la population. Mais il est à se demander pourquoi, alors que les populations tunisienne et
égyptienne ont, et c’est tant mieux, pu mener par elles-mêmes leurs soulèvements, un ensemble d’acteurs
étatiques a jugé utile de se mêler militairement des affaires libyennes. L’argument selon lequel Kadhafi
avait déchaîné ses troupes contre sa population me paraît un peu court, sans quoi l’ingérence aurait aussi
pu ou dû être aussi le lot du Bahreïn, du Yémen ou de la Syrie. L’une des principales failles du «
Printemps arabe » réside pour moi dans la manière par laquelle les politiques d’intérêt régionales et
internationales ont substitué l’usage de la force à la reconnaissance à tous les peuples de la région de leur
droit à choisir leur avenir. On peut même se demander si la hâte à intervenir en Libye, cette anticipation
d’un résultat escompté, n’a pas porté un coup d’arrêt durable au « Printemps arabe ».

Quelles sont les principales forces contre-révolutionnaires ?

Pour parler de « contre-révolution », il faudrait déjà qu’existe une « révolution », chose qui me semble
amplement discutable. Cela étant dit, le champ des acteurs s’opposant au fleurissement de schémas
positifs est large, et nécessairement aléatoire. Outre qu’une partie des Tunisiens et des Egyptiens accusent
les formations élues au pouvoir de porter un coup d’arrêt à un changement prometteur, on peut voir par
exemple que les Etats-Unis, la France ou encore l’Arabie saoudite et le Qatar sont en faveur d’un
changement politique en Syrie, mais qu’ils partagent moins cette analyse dans le cas du Bahreïn. A
contrario, un pays comme l’Iran tient au maintien du régime syrien, mais ne verrait pas d’un mauvais œil
la chute de l’ensemble des autres régimes autoritaires de la région. Or, même si la géopolitique a ses
règles, il ne faut pas oublier que les premiers « contre-révolutionnaires », pour reprendre votre expression,
ce sont les leaders en place. Or, d’un point de vue occidental surtout, on a tendance à mésestimer ce fait et
à classer les volontés de changement des populations arabes selon que celles-ci sont chapeautées par un
pouvoir « modéré » (comprendre pro-Occidental) ou non.

Est-ce que finalement les acteurs étatiques extérieurs - arabes, occidentaux ou russes - se sont imposés
comme les principaux acteurs d’un "printemps arabe" présenté comme porté par des mouvements
populaires ?

Les acteurs étatiques extérieurs ont leur importance, mais sans pour autant avoir été un élément central au
début du « Printemps arabe ». En Tunisie, comme en Egypte, beaucoup d’Etats arabes comme
occidentaux voulaient le maintien de Ben Ali et Moubarak en place, mais ils n’ont rien pu faire pour
empêcher leur chute. La Libye a été un tournant en ce sens-là : il ne faut pas oublier que, outre les Etats-
Unis, la France ou encore le Royaume-Uni, le Qatar et les Emirats arabes unis ont aussi participé à la
stratégie visant à débouter M. Kadhafi. Par la suite, l’entretien au possible de l’agonie politique de Ali
Abdallah Saleh au Yémen, ainsi que la préservation des intérêts de la famille Al-Khalifa au Bahreïn, ont
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

aussi été dus à la volonté d’un ensemble d’Etats de la Péninsule arabique, en tête desquels l’Arabie
saoudite. Dans le cas syrien, la même logique a joué, quoique dans des dimensions encore plus
compliquées. Il y a un quasi-consensus des gouvernements arabes sur la volonté d’en finir avec un régime
syrien qui, outre qu’il n’y va pas de main morte dans la répression des mouvements de contestation
populaire, s’avère de surcroît un élément géopolitique gênant du fait de la nature de ses alliances
politiques et géopolitiques. Mais à un niveau plus élevé si l’on peut dire, la détermination de pays tels que
les Etats-Unis ou la France à arriver à terme à une transition en Syrie se heurte à la volonté de la Russie
de préserver le dernier de ses alliés effectifs dans le monde arabe. Donc, dans ce cas précis, on voit bien
que les logiques géopolitiques peuvent facilement en venir à se mêler du courant des choses et à en
déterminer potentiellement l’issue.

En quoi pourrait consister "la démocratie" dans le monde arabe ?

La démocratie n’est pas quelque chose de figé, contrairement à ce que l’on pense. C’est un processus qui
s’étend à l’infini, bien que basé évidemment sur des règles, des lois, des élections, des réformes, et ainsi
de suite. Cela étant dit, je ne crois pas que, au-delà de cela, il y ait réellement besoin de penser pour le
monde arabe à un schéma de type démocratique qui soit différent de celui prévalant dans les Etats
occidentaux. Certes, le maillage sociologique du monde arabe lui confère des spécificités qui rendent
parfois facile le glissement d’un état des faits autoritaire vers une décomposition avancée ou contenue
suivant le cas, comme on peut le voir dans le cas du Liban ou de l’Irak. Néanmoins, on a tendance à
oublier que, bien avant le « Printemps arabe », c’est à l’époque des indépendances, particulièrement dans
la fourchette 1945-1963, qu’une grande partie des Etats arabes ont connu puis raté leur engagement vers
des systèmes démocratiques. En cause, pour beaucoup, l’instrumentalisation par plusieurs pouvoirs en
place du conflit israélo-arabe. Néanmoins, rien n’empêche non plus de penser que, même sans ce conflit,
la tentation de certains individus à s’arroger pleinement un pouvoir n’aurait pas existé. La différence,
c’est qu’avec la question israélo-arabe en général et israélo-palestinienne en particulier, les populations se
sont plus facilement soumises aux injonctions de leurs leaders.

Quel est l’enjeu de la situation de la Syrie pour le monde arabe ?

Jusqu’à peu, la Syrie paraissait être un déterminant en ce sens qu’elle pouvait conditionner la poursuite du
« Printemps arabe » ou son arrêt. Mais je crois que les choses ont évolué depuis. Si Bachar al-Assad
venait à tomber, peut-être cela pourrait-il motiver d’autres citoyens de la région et les pousser à réactiver
une volonté de changement ; mais on a du mal à voir où un tel scénario pourrait maintenant se vérifier,
tout du moins sur le court terme. Je crois que, plus largement, à travers les évolutions syriennes pointe la
possibilité pour beaucoup de pays occidentaux de pouvoir ou non continuer à inscrire les évolutions de la
région dans un sens qui les arrange ou non. Si Bachar al-Assad venait à tomber, son alternative, à
supposer qu’elle réussisse à pacifier rapidement le pays, aura peu de chances de perpétuer l’existence du «
front du refus anti-occidental » défendu jusqu’ici par le régime. Outre un affaiblissement de l’Iran et du
Hezbollah libanais, serait ainsi à prévoir la mort définitive du nationalisme arabe, cela étant dit
indépendamment de la manière par laquelle le régime syrien a su souvent assaisonner cette idéologie à sa
propre sauce.

Au terme de cette séquence historique, le monde arabe risque-t-il d’être un peu plus divisé ?

Outre qu’il est toujours aussi compliqué de prévoir ce que va vivre le monde arabe ne serait-ce que dans
un futur proche, il faut d’abord se demander si le monde arabe a jamais été uni. La division arabe a été
officiellement au rendez-vous depuis le 22 mars 1945, date de création de la Ligue des Etats arabes.
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

Donc, d’un point de vue politique, je crois qu’au contraire, les divisions pourront éventuellement se
résorber parfois en fonction des enjeux et sujets abordés, mais sans que cela dure vraiment au demeurant.

D’un point de vue idéologique par contre, certaines tendances se dessineront peut-être potentiellement,
selon que l’on aura affaire à des gouvernements islamistes… ou non. Mais il ne faut pas non plus
exagérer la ligne de fracture potentielle ici, chaque Etat ayant des intérêts conformes à son agenda
national. Je crois plus largement que le risque de division effectif continue à résider dans la possibilité
pour les replis claniques, tribaux, ethniques de l’emporter sur le sentiment d’affiliation nationale.

On continue à en avoir les signes en Irak ; en Libye, la situation parle d’elle-même, malgré le black-out
que l’on a souvent sur la situation prévalant effectivement dans ce pays ; en Syrie, il ne faut pas oublier
l’importance des questions communautaires, au rangs desquelles la question kurde ; quant au fameux
clivage supposé prévaloir entre sunnites et chiites, je trouve toujours que l’on en exagère la réalité, mais
sans pour autant oublier que, politiquement, cela demeure une question instrumentalisée.

Donc, dans la globalité, le monde arabe court en effet des risques de division, ce qui n’est pas une
nouveauté ; mais il faut veiller à ce que ceux-ci ne parviennent pas par l’endroit où on les attendait le
moins.
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

Guerre au Mali : le danger libyen

Le Point.fr - Mireille Duteil, 17/03/2013

Où sont passés les chefs djihadistes cachés au Mali ? N'auraient-ils pas déjà fui le pays pour se
mettre à l'abri dans les pays voisins ?

Une inquiétude persiste parmi les États voisins du Mali, plus spécialement au Niger. Les
djihadistes, et en particulier leurs chefs, n'auraient-ils pas déjà fui le pays pour se mettre à l'abri
dans les pays voisins et attendre des jours meilleurs ? On se demande d'ailleurs si Aqmi n'a pas
déjà transféré les otages hors du Mali. C'est l'opinion d'un des spécialistes de la région, contacté à
Bamako par téléphone. "Il est à craindre que les gros calibres d'Aqmi aient quitté les Ifoghas et
que les militaires n'éliminent plus que des seconds couteaux", estime-t-il. Pour lui, si la mort
d'Abou Zeid est confirmée, celle de Mokhtar Belmokhtar ne l'est pas.

Où pourraient aller les djihadistes en fuite ? Deux pays sont pointés du doigt. Le premier est la
Libye. Depuis la révolution, la désorganisation de certaines régions, en particulier celles du Sud,
est totale. Elles échappent au contrôle du pouvoir central, les trafics d'armes y sont permanents,
les djihadistes y sont chez eux. Les salafistes du Groupe islamique combattant libyen (GICL) et
les chefs d'Aqmi, en particulier Mokhtar Belmokhtar, se connaissent depuis longtemps : les
premiers ont fourni les armements des seconds depuis 2011, et ils sont intouchables en Libye.

Ainsi, c'est de Libye, où ils ont bénéficié de complicités, via le Niger, que sont venus les
hommes de Mokhtar Belmokhtar en janvier pour attaquer le site gazier algérien proche d'In
Amenas.

Si les combattants d'Aqmi se déplacent du nord du Mali au sud de la Libye, le Niger, le Tchad et
l'Algérie connaîtront, à leur tour, l'insécurité. "Et en Libye, il sera quasiment impossible de les
combattre", estime un diplomate. Pour le Niger, qui se sait le second pays le plus vulnérable de
la région, il faut donc éliminer les hommes d'Aqmi avant qu'ils ne s'installent dans le sud de la
Libye. Et éviter aussi que des djihadistes ne prennent pied sur le sol nigérien.

Frontières poreuses

La tâche n'est pas aisée, pour deux raisons. La première : une très longue frontière, assez
poreuse, sépare le Niger du Mali. En 2011 et 2012, le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le
jihad en Afrique de l'Ouest), groupe dissident d'Aqmi, y a aisément recruté des jeunes dans la
région du fleuve. Les djihadistes leur donnaient entre 100 et 150 euros, une kalachnikov et de la
nourriture. Une manne, car la pauvreté et le chômage sont la norme.

Depuis la guerre, plusieurs centaines de ces recrues sont rentrées chez elles. Les jeunes vont-ils
reprendre une vie normale ? Vont-ils être récupérés par des imams fondamentalistes et former
des cellules dormantes qui ressurgiront ultérieurement ?

Deuxième motif d'inquiétude : les étendues désertiques de l'Aïr, au nord du pays, sont encore
plus incontrôlables. En 2012, Aqmi avait tenté de s'y installer et de se doter d'une nouvelle base
arrière proche de la Libye. Les djihadistes n'étaient pas les bienvenus et les chefferies locales leur
ont demandé de quitter la région.
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

Pourchassés par l'armée française, certains peuvent être tentés de s'y installer de nouveau. Pour
rejoindre la Libye, les autres n'ont pas le choix : la seule piste praticable, et mal contrôlée,
transite par le nord du Niger, longe les milliers de kilomètres de la frontière algérienne et pénètre
en Libye par la passe de Salvador. Des pick-up remplis d'armes et de djihadistes venant de Libye
continuaient à arriver au nord du Mali en février. C'est terminé.

Sécurité à long terme

Niamey ne veut pas devenir une future base des djihadistes en déroute. Le président du Niger,
Mahamadou Issoufou, ingénieur des Mines, diplômé de Saint-Étienne, a été le premier, dès 2012,
à demander une intervention militaire au Mali. Au début de la guerre, il a été le premier à
engager des soldats (700) ; il a aussi autorisé des forces spéciales françaises à renforcer l'armée
nigérienne autour d'Arlit (mines d'uranium exploitées par Areva), et les Américains à installer
des drones Predator à Agades pour surveiller le corridor vers la Libye et le nord du Mali.

Ces derniers jours, l'armée nigérienne installée dans l'est du Mali est sur les dents pour éviter les
infiltrations de l'autre côté de la frontière. Dans les régions de Menaka et de Kidal, les Nigériens
qui se sont battus contre le Mujao affrontent les Touareg du Mouvement national de libération de
l'Azawad (MNLA). Le Niger est convaincu que, tant qu'il existera des irréguliers en armes au
nord du Mali, ils représenteront un danger potentiel pour la région. Niamey ne soutient donc pas
la France dans son flirt avec le MNLA. Paris espère que le mouvement touareg (non islamiste)
peut l'aider à libérer les otages. Niamey a d'autres priorités, en particulier ne pas favoriser un
nouvel irrédentisme touareg sur son sol.

Le Niger est incontestablement le pays le plus cohérent de la région pour tenter de trouver une
solution à la fragilité des États sahéliens. En février, il organisait, avec le Centre des stratégies
pour la sécurité du Sahel-Sahara (C4S), un think tank fondé par l'ancien secrétaire général
adjoint de l'ONU, Ahmedou Ould Abdallah, et l'Institut international pour la paix de New York,
un séminaire international sur la sécurité et le développement dans la région du Sahel et du
Sahara.

Pendant deux jours, des experts (dont Romano Prodi au nom de l'ONU), des diplomates, des
chercheurs, des hommes politiques, des responsables du renseignement et des militaires ont
discuté, en cercle restreint, des réponses à apporter pour lutter contre les djihadistes et renforcer
les États. Tous estiment qu'après la phase militaire seuls le développement et l'implication des
populations pourront ramener une sécurité à long terme dans la région. Ce sera la bataille la plus
difficile.
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

Le chavisme au Venezuela, le péronisme en Argentine : une comparaison

19 avril 2013, Paulo A. Paranagua, journaliste au "Monde".

La comparaison entre le chavisme vénézuélien et le péronisme argentin est éclairante et


d'actualité. Les deux mouvements trouvent leur origine dans un leadership d’origine militaire,
qui s’est dressé face aux partis traditionnels.

En Argentine, le colonel Juan Domingo Peron provient d’un mouvement d’officiers putschistes,
qui prend le pouvoir en 1943. Chargé du ministère du travail, il prend assez vite l’ascendance sur
ses camarades d’armes, au point de leur faire de l’ombre et d’être jeté en prison. Le 17 octobre
1945, la mobilisation des "cabecitas negras" ("têtes noires"), le petit peuple ayant migré des
provinces vers Buenos Aires à la recherche d’emplois, obtient sa libération et le propulse au
premier plan.

Promu général, élu à la présidence de la République en 1946, Peron est réélu en 1952 et renversé
en 1955, puis il réussit un retour triomphal au pouvoir en 1973, après dix-huit ans d’exil, avant
son décès l’année suivante.

Influencé par la personnalité et les idées de Benito Mussolini, Peron était parvenu à coopter une
bonne partie de la gauche travailliste ou anarcho-syndicaliste, tout en suscitant l’opposition de la
gauche communiste et socialiste. La doctrine « justicialiste » qu’il élabore au fil de ses discours
est un attrape-tout idéologique, basé sur la conciliation de classes et l’organisation corporatiste
de la société.

Peron invente le populisme moderne, nationaliste, en Amérique latine, s’adressant aux Argentins
à travers les médias de l’époque, la radio et les actualités cinématographiques.Son égérie, Eva
Peron, est justement une vedette des feuilletons radiophoniques et du cinéma.Leur politique de
"bien-être social" remplace la charité des dames patronnesses et l’action de l’Eglise catholique,
tout en devenant le ressort d’une nouvelle forme de clientélisme à l’échelle de l’Etat national. Le
péronisme puisait dans les réserves considérables accumulées par l’Argentine pendant la seconde
guerre mondiale.

Au Venezuela, le lieutenant-colonel Hugo Chavez débute dans la vie politique, lui aussi, par les
deux putschs de 1992. Après un séjour en prison, il accède au pouvoir par les urnes, en 1998,
puis est réélu trois fois. L’envol des prix du pétrole lui fournit les moyens de mettre en œuvre
une politique sociale ciblée sur les secteurs les plus pauvres. Suivant la tradition clientéliste du
pays, la distribution des aides lui permet d’encadrer ses électeurs.

Chavez a, lui aussi, divisé la gauche, captant à son profit une partie des communistes, des
sociaux-démocrates et des guévaristes, tout en en rejetant d’autres vers l’opposition. Le folklore
« bolivarien », égrené par ses discours transmis "en cadena" (en chaîne) sur les télévisions et les
radios, est aussi éclectique que la doctrine péroniste.
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

La différence, capitale, est que le chavisme s’est rapidement identifié à Cuba et au castrisme.
Peron, lui, a été un précurseur du non-alignement avec sa "tercera posicion" (troisième position),
une attitude prudente après le "neutralisme" de la junte militaire de 1943, qui cachait des
sympathies pour l’Allemagne et l'Italie.

Hétérogénéité et éclectisme La politique au Venezuela tournait autour du centre, depuis la fin de


la dictature du général Marcos Pérez Jimenez (1953-1958). Deux partis traditionnels, Action
démocratique (social-démocrate) et la Démocratie chrétienne (Copei, centre droit), se sont
alterné au pouvoir pendant quarante ans. Le Venezuela est resté démocratique pendant cette
période, tandis que l’Amérique latine sombrait dans les dictatures et l’autoritarisme.

L'hétérogénéité du chavisme n’est pas moindre que celle de l’opposition. Le noyau dur des
chavistes reste formé par les militaires putschistes de 1992, que Chavez a privilégiés au
détriment des civils. Autour d’eux gravitent une extrême gauche radicale (qui rêve de grand soir
et d'imiter le modèle cubain), des réformistes de gauche, des sociaux-démocrates, à côté
d’affairistes de tout poil dont le profit personnel tient lieu d'unique idéologie, et qu’on pourrait
ranger aisément à droite.

Cependant, une partie de l’extrême gauche, anciens maoïstes, anarchistes ou guévaristes, se


trouve dans l’opposition. Ils coexistent tant bien que mal avec le centre gauche et les nouvelles
forces de centre droit ou de droite. Ils trouvent une base dans l’indécrottable méfiance du
mouvement étudiant et du mouvement ouvrier à l’égard du chavisme. Ces temples de la gauche
et même du gauchisme qu’ont toujours été les universités publiques, restent majoritairement
opposés à Chavez.

Malgré la purge de l’entreprise publique PDVSA après la grève de 2002-2003, une bonne partie
des travailleurs pétroliers partage cette attitude.D’ailleurs, le pouvoir a longtemps évité les
élections professionnelles et les négociations collectives dans les entreprises, faute de pouvoir
s’assurer le soutien des syndicalistes.

Curieux paradoxe, pour un parti qui prétend monopoliser l’espace de la gauche, que ce rejet des
étudiants, de l’intelligentzia et du mouvement syndical. Au fil des années, la dissidence de
nombreux chavistes de la première heure a renforcé le positionnement de centre gauche dont se
réclame le chef de l’opposition, Henrique Capriles Radonski.

Capacité d'adaptation et pérennité Le péronisme a effectué sa longue traversée du désert (1955-


1973) parce qu’il était vertébré par un mouvement ouvrier et des syndicats forts, ce qui n’est
absolument pas le cas du chavisme. Après son retour d’exil, Peron a entamé la mue
idéologique pour s’adapter aux nouveaux temps. Quitte à provoquer le grand écart entre ses
successeurs, les présidents Carlos Menem (1989-1999), néolibéral, et les époux Nestor et
Cristina Kirchner (depuis 2003), partisans du dirigisme économique.

La doctrine péroniste a été rabaissée au rang de répertoire folklorique, au profit d’un


pragmatisme, pour ne pas dire d’un opportunisme, à toute épreuve. Mais cette plasticité du
mouvement péroniste, sa capacité d’adaptation et de manœuvre au sein d’un univers hétérogène,
l’équilibrisme tactique entre ses diverses composantes, a indéniablement contribué à sa
pérennité. Que cela plaise ou non, la vie politique en Argentine gravite autour du mouvement
Analyse du discours Traduction Vietnamien-Francais

fondé par Peron il y a 68 ans. Une prouesse sans égal en Amérique latine, comparable
uniquement au Parti révolutionnaire institutionnel (PRI, centre) au Mexique.

Plutôt que le "socialisme du XXIe siècle", le chavisme serait "le péronisme du XXIe siècle",
donnant un nouveau visage au populisme médiatique, grâce à la télévision et aux réseaux
sociaux, et surtout grâce à la manne inépuisable du pétrole.Le scrutin présidentiel du 14 avril,
marqué par la faible performance du candidat officiel Nicolas Maduro, est un avertissement. Le
chavisme sans Chavez joue sa survie dans les années à venir. A l’aune de l’expérience argentine,
ce n’est pas en se drapant dans une prétendue pureté idéologique qu’il a des chances de devenir
une force durable et de continuer à peser au Venezuela.

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