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TERMINOLOGIE

Un acide est un composé chimique généralement défini par ses réactions avec des
produits chimiques complémentaires, les bases. Selon les chimistes Joannes Bronsted
et Thomas Lowry, un acide est un composé chimique qui tend à donner
un proton à une entité complémentaire, la base. Les réactions entre un acide et une
base sont nommées ‘réactions acido-basiques’ ou ‘réactions acide-base’.
Le pH est une mesure logarithmique de la concentration effective d’ions d’hydrogène
(pH = potentiel Hydrogène).
Le pH caractérise l’acidité ou la basicité d’un produit ou d’un milieu.
Plus le pH est bas, plus l’acidité est forte. Une solution ou un produit est dit acide si
son pH est inférieur à 7, basique ou alcalin s’il est supérieur à 7 et neutre si son pH est
égal à 7.
Pour toute diminution du pH d’une unité, l’acidité est multipliée par 10. Ainsi, par
exemple, un pH de 6 représente une solution 10 fois plus acide que l’eau, à pH neutre
de 7, et un pH de 5 est celui d’une solution 100 fois plus acide que l’eau de pH 7.
Acide fort et acide faible
Les acides forts se dissocient totalement dans l’eau. Parmi ceux-ci, on retrouve l’acide
chlorhydrique (HCl), l’acide nitrique (HNO3), l’acide sulfurique (H2SO4), …
Au contraire, un acide faible ne se dissocie pas totalement dans l’eau.
De ce fait, une augmentation de la concentration d’un tel acide ne conduit pas
automatiquement à une diminution du pH. C’est le cas de l’acide carbonique
(H2CO3), de l’acide acétique (CH3COOH), de l’acide lactique (C2H5OCOOH), …
Une concentration plus élevée d’acide faible que d’acide fort est nécessaire
pour atteindre une valeur de pH donnée. Le pH ne dépend donc pas uniquement de
la concentration de l’acide, mais aussi du type d’acide (faible ou fort).
QUELLES ATTAQUES CHIMIQUES?
Les principaux agents agressifs sont les sulfates et les acides. Les attaques
sulfatiques n’étant pas étudiées ici, le lecteur intéressé se référera à un
article paru à ce sujet dans CSTC-Magazine.
Le béton est susceptible d’être attaqué par différents types d’acides (acide
sulfurique, nitrique, phosphorique, acétique, lactique, …).
L’acide sulfurique est connu comme une des sources les plus communes de
dégradation.
Les structures enterrées en béton peuvent en effet être attaquées par les
eaux contenues dans le sol et chargées naturellement (par oxydation de
minéraux comme la pyrite) ou de par le dépôt de déchets chimiques
industriels.
Quant aux tuyaux d’égout, ils peuvent être le siège d’un phénomène
d’attaque complexe :
les eaux qu’ils transportent contiennent des composés soufrés et des
bactéries réductrices de sulfate qui transforment ces composés en acide
sulfhydrique (H2S), un gaz qui s’échappe des eaux usées. Ce dernier peut
ensuite être oxydé par d’autres bactéries, puis transformé en acide
sulfurique (H2SO4), qui attaque
le béton. Ce phénomène est appelé “attaque acide bactérienne”. Il se
produit dans la partie supérieure des égouts sur des profondeurs pouvant
parfois atteindre 6 à 12 mm par an.
Les pluies acides constituent également une source d’agression pour les
structures en béton (des pH de 5 à 3 ont été mesurés).
Fig. 1 Carotte de béton (320 kg/m3 de ciment CEM I 42,5 R, E/C 0,5) soumise
pendant 27 jours à des cycles d’attaque à l’acide acétique (pH 4-4,5). A titre de
comparaison, à droite, une carotte de béton identique, non soumise aux essais.

Autre exemple d’attaque : la dégradation chimique des structures en béton


exposées à des substances agricoles. On trouve de l’acide acétique et lactique
dans les liquides qui se forment à l’intérieur des silos lors de la
fermentation
des aliments, sur le sol des étables ou des porcheries en présence d’eau
(salive).
Des pH de 3,8 ont été mesurés dans des liquides de fermentation
d’aliments pour
porcs .
Les engrais chimiques et les eaux usées industrielles, quant à eux,
contiennent souvent des sels agressifs, tels que le sel d’ammonium et le sel
de magnésium, qui décomposent le ciment durci. Le sel d’ammonium
réagit avec l’hydroxyde de calcium pour former l’ammoniac, un gaz volatil
qui s’échappe du béton.
Une situation d’équilibre ne pouvant s’instaurer, la réaction se poursuit
indéfiniment.
2 LES MÉCANISMES D’ATTAQUE
L’attaque du béton par les acides comprend un ensemble de processus complexes qui
entraînent une réduction des propriétés structurelles du matériau, telles que la résistance en
compression. Tout comme les granulats calcaires, le béton est un matériau basique (son
pH est supérieur à 12,5) susceptible d’être attaqué par les acides. Ceux-ci réagissent avec
les composés calciques du béton pour mener à la formation de sel de calcium de l’acide
corrodant. Si l’acide circule suffisamment pour éliminer ce dépôt de sel, l’attaque se re-
nouvelle indéfiniment. La mobilité du liquide acide est donc un facteur capital du degré
d’agressivité.
La réaction des acides avec les corps composés à base de calcium entraîne finalement une
dissolution de la structure du ciment durci.
Selon la littérature, la vitesse de l’attaque est influencée par différents facteurs :
• facteurs liés à la solution acide : concentration, pH, mobilité, type de l’acide et solubilité
du sel de calcium de l’acide
• facteurs liés au béton ou au matériau à base de ciment : qualité du béton (curing,
compactage, …), composition (rapport E/C, teneur en ciment, type de ciment, alcalinité
du béton, …), perméabilité du béton (ellemême fonction de la géométrie des pores et
de leur distribution), …
• d’autres facteurs comme la température, les conditions d’attaque (le mécanisme d’attaque
est intensifié lorsque le béton est soumis à des cycles d’immersion et de séchage),
Tableau 1 Composition des bétons soumis aux attaques chimiques (norme
NBN EN 206-1).

CLASSE D’EXPOSITION
PRESCRIPTIONS
XA1 XA2 XA3
Rapport eau/ciment 0,55 0,50 0,45
maximal
Classe de résistance C30/37 C30/37 C35/45
minimale
Teneur minimale en 300 320 360
ciment (kg/m3)
Autres prescriptions Ciment résistant aux sulfates (HSR) si la teneur en sulfates est
supérieure à 500 mg/kg dans l’eau ou à 3000 mg/kg dans le sol.

× Acide acétique
◆ Sel d’ammonium

s Acide lactique
n Acide sulfurique
Perte de masse [%]

Jours

Fig. 2 Perte de masse, à pH constant de 5,5 à 6, d’un béton(320 kg/m 3 de ciment CEM I
42,5 R, E/C 0,5) attaqué par différents acides de pH 5,5 à 6,5.