Vous êtes sur la page 1sur 10

Ouverture

Evolution des réseaux de campus

Problématique de l’évolution des réseaux de campus :


quelle technologie choisir ?
Dominique Incerti, incerti@cict.fr
CICT, université Paul-Sabatier, Toulouse
Jean-Luc Archimbaud, jla@urec.fr
UREC-CNRS, Grenoble

Ces dernières années, les technologies utilisées dans les réseaux de campus (Ethernet, ponts,
routeurs) ont évolué, sans toutefois remettre en cause les principes de base mis en œuvre depuis
plus de dix ans. Les nouvelles techniques et technologies disponibles ou annoncées pourraient
avoir beaucoup plus d’impact sur l’évolution de l’existant et la structure des nouveaux
réseaux.
Ce document présente les nouveaux besoins, l’évolution des technologies actuelles, les nouvelles
technologies avec leurs caractéristiques, les questions qui se posent, et se termine en proposant
une grille d’analyse dans la perspective d’un choix de technologie et d’architecture.

Evolution des besoins


L’évolution des besoins des utilisateurs est la première des données à prendre en compte dans les choix
de technologies. Sur un campus il y a maintenant plus d’ordinateurs que de téléphones, ce qui veut dire
un nombre très important d’utilisateurs du réseau informatique. Ces utilisateurs sont issus de popula-
tions variées et ont des profils d’utilisation et des contraintes de sécurité différents. Ils disposent de
postes de travail de plus en plus puissants et consomment toujours plus. Pour tous, le réseau est deve-
nu un outil de travail obligatoire donc un élément vital. Avec l’explosion du Web, cet outil n’est plus
uniquement réduit à l’accès à des ressources locales mais doit intégrer la dimension nationale et inter-
nationale avec une bonne qualité tout le long de la chaîne.

Les utilisateurs attendent du réseau une meilleure communication entre eux et une économie dans leurs
déplacements. Les outils de communication qui manient du texte (messagerie, forums, interrogation de
serveurs Web…) sont aujourd’hui très répandus, ce ne sont pas des besoins nouveaux. Une demande nou-
velle est l’intégration du son et de la vidéo pour des communications entre deux utilisateurs mais aussi
en groupe avec des systèmes de diffusion. Les logiciels «multimédia» d’accès à des vidéos en temps réel,
de vidéoconférence, téléréunion, de téléphonie sur IP, d’enseignement à distance… existent. Mais faute
d’un réseau techniquement adapté, et de l’obligatoire accompagnement didactique des utilisateurs, ils
sont peu utilisés.

Pour éviter des déplacements, il est demandé de pouvoir visualiser en temps réel de gros résultats de cal-
cul à distance, de manier à distance des images médicales voire des appareils d’expérimentations, de tra-
vailler à distance… Une donnée parfois oubliée est le coût global de l’utilisation de ces outils qui néces-
sitent une bande passante élevée, de coût important en particulier sur des longues distances avec des
liaisons nationales et internationales très chères.
Au niveau d’un campus ou d’un gros laboratoire, il est aussi demandé un ensemble de services (DNS,
messagerie, news, sauvegarde, cache Web, accès PPP, routeur multicast, serveur d’authentification…) et
pas uniquement une infrastructure de communication.

Cette évolution dans les utilisations se traduit par un cahier des charges technique très lourd.

5
Ouverture
Evolution des réseaux de campus

– Il y a un existant. On ne peut généralement pas tout jeter et mettre de l’ATM partout ; l’évolu-
tion vers Ethernet 100 Mb/s, commuté, gigabits permet alors d’utiliser les équipements existants.

– Plus d’utilisateurs, avec des stations de plus en plus puissantes, qui manient des informations plus
riches créent le besoin de plus de débit. Ce besoin est d’autant plus fort que l’on se rapproche du
cœur du réseau où il faut des équipements de commutation-routage très rapides. Un frein à cette
inflation qui pourrait être exponentielle est le faible débit des liaisons dès que l’on sort du site.

– Le réseau, ressource démocratisée comme le téléphone, doit irriguer un très grand nombre de points
d’accès. Vu le coût global engendré par le nombre de stations, si techniquement il y a plusieurs
solutions, un critère de choix sera certainement le coût des cartes sur les postes de travail.

– Une excellente fiabilité est obligatoire. Celle-ci nécessite des solutions éprouvées, maîtrisées, compor-
tant de la redondance. Se pose aussi la question des ressources humaines limitées, avec la possibilité
de faire appel à un opérateur externe pour gérer le réseau, en particulier si celui-ci est multisite.

– Ressource comme une autre, le réseau nécessite une bonne administration et bientôt une factu-
ration détaillée. La difficulté de facturer un mode datagramme comme IP, et l’inexistence de sta-
tion d’administration universelle, sont deux mauvais points. Certains seront tentés par un choix
monoconstructeur pour faciliter l’administration. Une séparation physique ou logique (Vlan) de
l’infrastructure par communauté peut aussi permettre de décentraliser et simplifier l’administration
et de répartir les coûts.

– La sécurité est certainement la contrainte la plus difficile à définir et à résoudre. Les besoins sont
nombreux ; l’Internet c’est le monde, il faut donc se protéger des attaques extérieures ; certaines
communautés demandent des garanties d’authentification et de confidentialité. C’est une contrain-
te non négligeable de choix : séparation physique ou logique des flux, architecture de réseau per-
mettant d’insérer des éléments filtrants entre certaines parties, serveur d’authentification, zones
ouverte/fermée… Fondamentalement, le besoin de contrôle (filtre, relais d’applications…) est en
opposition avec le besoin de performance.

– L’intégration d’autres flux que les données (voix-PABX, vidéosurveillance…) dans un même réseau
informatique peut être un objectif pour réduire les coûts d’infrastructure, d’équipement et d’ex-
ploitation. Cette mutualisation peut se faire à plusieurs niveaux : ressources humaines (une seule
équipe d’exploitation), génie civil (partage des canalisations), fibre optique (partage d’un lien), ATM
(au niveau des AALs), IP (la téléphonie sur IP, c’est possible)…

– Il faut assurer des qualités de service pour certaines nouvelles applications ou groupes d’usagers,
notions qui peuvent prendre plusieurs formes : bande passante réservée et garantie à un groupe
d’applications ou d’utilisateurs, temps de transmission court et prévisible, variation du délai de
transit faible… Ce sont des éléments nouveaux quand on est habitué à une infrastructure partagée
sans contrôle comme Ethernet et une technique d’acheminement «best effort» comme IP, deux tech-
nologies qui n’ont pas été conçues pour ces besoins. ATM de base est construit pour garantir ces
qualités de service, mais mettre des priorités sur certains flux dans les équipements de routage IP
ou de commutation par des mécanismes divers peut aussi rendre ces services.

– Le multicast est la technique pour faire de la diffusion sans dupliquer n fois le flux émis. IP pos-
sède cette fonctionnalité, ATM plus ou moins, mais dans les deux cas c’est difficile à mettre en
place et à maîtriser et de nombreuses solutions différentes peuvent rendre le service : tunnels, rou-
teurs multicast, connexion point-multipoint d’ATM… Les applications de vidéoconférence, télé-
enseignement, télé-réunion peuvent s’avérer très consommatrices de bande passante si le réseau n’as-
sure pas de manière économique la diffusion multicast.

Le cahier des charges du réseau de données évolue donc fortement, mais les besoins de notre commu-
nauté ne sont pas très spécifiques, et les technologies disponibles répondent de mieux en mieux à cette
évolution du besoin.

JRES97
La Rochelle
6 7-10 octobre 1997
Ouverture
Evolution des réseaux de campus

Les technologies utilisées actuellement et leur évolution


Technologies actuelles
Les réseaux actuels sont architecturés selon un modèle qui date des années 70 : le modèle OSI, modèle
découpé en couches dont les quatre premières (physique, liaison, réseau et transport) concernent spéci-
fiquement le «réseau». Ce modèle risque d’être fortement remis en question dans les temps à venir.

Les technologies physiques majeures utilisées ces dernières années sont Ethernet, Token Ring, FDDI et
ATM. Il semble que les années à venir laissent deux gagnants : Ethernet et ATM.

Les réseaux qui ont été construits pendant des années étaient architecturés autour des éléments suivants :
répéteurs et hubs, ponts et routeurs.

Évolution des technologies actuelles


Les commutateurs Ethernet
Une évolution fondamentale a accompagné la création des commutateurs Ethernet. Basés sur les progrés
de l’industrie électronique qui ont permis de construire des ponts suffisamment peu chers pour per-
mettre d’affecter un port à une ou à un petit nombre de stations, ces commutateurs amènent progres-
sivement la disparition de la notion de bus partagé qui était à la base d’Ethernet. Une station connec-
tée à un port ne reçoit plus que le trafic unicast ou multicast qui lui est destiné (les broadcast sont un
multicast particulier).

Les Vlans
En même temps que les commutateurs, a été introduite la notion de réseau virtuel Vlan. Certains des
ports d’un ou plusieurs commutateurs sont associés en domaine de broadcast et toutes les stations rac-
cordées sur ces ports partageront les dits broadcast. Cette capacité permet notamment de ne plus lier
l’appartenance logique d’un poste de travail à sa localisation physique.

Augmentation du débit d’Ethernet


Les progrès faits en technologie de traitement et de transmission du signal ont permis de reprendre les
concepts de réalisation d'Ethernet à des débits de 100 Mb/s et bientôt 1 Gb/s sur les mêmes supports :
paires torsadées et fibre optique d'une façon totalement compatible, notamment au niveau du format
des trames transportées.

Le rapprochement de ces trois évolutions technologiques, commutateurs Ethernet, Vlans et Ethernet à


100 Mb/s et 1 Gb/s permet aujourd’hui de mettre en place sur nos campus des réseaux beaucoup plus
performants et organisés de façon beaucoup plus libre.
Cette liberté nouvelle demande toutefois un surcroit de vigilance au moment de la conception de ces
structures. En effet, les volumes des trafics engendrés vont être beaucoup plus importants, les points
d’agrégation de ces trafics seront différents du fait des Vlans, et la fonction de routage à mettre en place
entre les différents Vlans devra être capable de faire face à cette situation nouvelle.

Technologies ATM actuelles


Classical IP de l’IETF
L’IETF a défini dans les RFC 1483 et 1577 une méthode d’encapsulation de trames IP dans des cellules
ATM ainsi qu’un protocole de résolution d’adresses IP en adresses ATM. Ceci permet à des stations IP
numérotées dans le même sous-réseau IP (appelé LIS, Logical IP Subnet), et connectées physiquement à
un même réseau ATM comportant un serveur ATM ARP, d’échanger directement du trafic unicast.

Un routeur connecté au réseau ATM et appartenant aux deux LIS est nécessaire pour échanger du trafic
entre des stations ATM connectées à des LIS différents.
Un routeur connecté en ATM et en Ethernet, appartenant au LIS et connaissant une route IP vers l’autre
station est nécessaire pour échanger du trafic entre une station ATM et une station IP extérieure.

7
Ouverture
Evolution des réseaux de campus

Le support du trafic multicast et broadcast n’est pas assuré.

Cette solution est éprouvée et fonctionne parfaitement dans des configurations homogènes et hétéro-
gènes. Elle est particulièrement adaptée pour les réseaux locaux ou de campus, puisqu’elle implique le
partage d’un même sous-réseau de niveau 3, sauf interconnexion par un routeur. L’absence de support
de multicast et broadcast est une limitation.

Lan Emulation de l’ATM Forum


Le principe de Lan Emulation de l’ATM Forum est d’implanter au-dessus d’un driver ATM une couche
logicielle Lan Emulation Client qui va émuler une interface Ethernet. Ceci permet de faire fonctionner
sans changement les applications développées pour Ethernet au-dessus d’ATM.

Les logiciels Lan Emulation Client dialoguent avec les serveurs Lan Emulation Configuration Server,
Lan Emulation Server et Broadcast And Unknown Server et permettent d’échanger des trames Ethernet
entre les stations Lan Emulation connectées au réseau ATM.

Les échanges sont possibles entre un Lan Emulation Client et une station connectée sur un réseau
Ethernet si le réseau ATM et le réseau Ethernet sont interconnectés par un Edge Device implémentant
un Lan Emulation Client connecté au même Lan émulé que la station ATM.

Deux stations ATM connectées à des Lan émulés différents devront passer par un routeur interconnec-
tant les deux Lan émulés pour échanger du trafic, de même vers une station Ethernet.

Cette solution est éprouvée et fonctionne parfaitement dans des configurations homogènes et hétéro-
gènes. Elle est particulièrement adaptée pour les réseaux locaux ou de campus puisqu’elle implique le
partage d’un même réseau logique de niveau 2.

Problématique
Toutes ces solutions nécessitent la mise en œuvre de routeurs en frontière de sous-réseau pour permettre
l’échange de trames d’un réseau ou sous-réseau à l’autre. Ces matériels sont parfaitement connus, l’offre
du marché est large et ils interviennent de façon très importante dans toutes les solutions de sécurité
mises en œuvre.

Toutefois, les performances des solutions de routage actuelles sont maintenant extrêmement critiques eu
égard aux augmentations de performance d’Ethernet, aux hauts débits fournis par ATM, et les offres en
matière de qualité de service faites par ces matériels sont inexistantes ou très faibles.

De nouvelles technologies sont à l’étude ou disponibles. Elles visent à offrir de meilleures performances
en routage, une meilleure intégration du routage dans le réseau et la possibilité de gérer différentes qua-
lités de service dans le réseau.

Les nouvelles technologies


Typologie
Les différentes solutions proposées peuvent être classées en plusieurs types :
– les giga routeurs,
– les commutateurs routeurs de niveau 3,
– le routage distribué,
– le multilayer mapping,
– les techniques d’auto-apprentissage.

Les giga routeurs sont des matériels de routage autonomes développés dans l’optique de fournir de très
hautes performances. Ils ne remettent pas en cause l’architecture du réseau.

JRES97
La Rochelle
8 7-10 octobre 1997
Ouverture
Evolution des réseaux de campus

Les commutateurs-routeurs de niveau 3 intègrent dans le même châssis une fonction de commutation
et une fonction de routage, généralement réalisées par des circuits spécialisés et donc très performantes.

La solution MPOA est une solution de routage virtuel entre des Lan émulés réalisés au-dessus d’ATM
et des réseaux Ethernet raccordés par l’intermédiaire de Edge Devices.

La solution Netflow Lan Switching de Cisco permet d’exécuter des fonctions de routage dans une par-
tie spécialisée des commutateurs de niveau 2, le calcul de route étant effectué dans un routeur situé
quelque part dans le réseau.

IP Switching d’Ipsilon et MPLS, MultiProtocol Label Switching, sont des cas particuliers de la tech-
nique d’association entre une route de niveau 3 et un chemin de niveau 2. La route de niveau 3 ayant
été calculée par un routeur, celui-ci associe un label, une étiquette au flot, et les paquets suivants sont
traités directement au niveau 2 par les commutateurs. Les chemins sont créés soit dynamiquement en
fonction du trafic (Ipsilon), soit au fur et à mesure de la création et de l’évolution des tables de routa-
ge (MPLS, dérivé des propositions ARIS d’IBM et Tag Switching de Cisco).

De nouvelles technologies basées sur des serveurs d’adresses et les fonctions d’auto-apprentissage des
logiciels situés dans les stations sont en développement. Ces techniques peuvent nécessiter la modifica-
tion des protocoles de niveau 3 et ne sont utilisables que sur le réseau local.

Les nouveaux routeurs


Les routeurs traditionnels
D’un point de vue fonctionnel, les routeurs sont constitués d’une matrice de commutation reliant pro-
cesseur de réseau, processeurs de transmission et interfaces. Matrice et processeurs sont des points cru-
ciaux de l’appareil, ainsi que la table de routage qui est accédée par tous les processeurs.

Dans les routeurs traditionnels, la matrice de commutation est le plus souvent constituée d’un bus par-
tagé, les différentes tâches sont parfois exécutées par le même processeur et la table de routage est unique.

Dans les nouveaux routeurs, la matrice de commutation est beaucoup plus puissante, les diverses tâches
sont effectuées par plusieurs processeurs indépendants, certaines tâches peuvent être exécutées par des
circuits spécialisés et la table de routage peut être entièrement dupliquée.

Giga routeurs
Ce sont des routeurs développés pour répondre notamment au problème du routage dans le backbone
de l’Internet, donc conçus pour permettre de très larges bandes passantes sur les interfaces et de très
bonnes performances en matière de paquets par seconde. La matrice de commutation, base de l’appa-
reil, est très rapide, de l’ordre de plusieurs gigabits par seconde, les tâches de routage et commutation
sont réparties sur plusieurs processeurs indépendants et l’accès à la table de routage par ces processeurs
est toujours soigneusement étudié pour permettre de grandes performances à l’ensemble.
Ces appareils ne remettent absolument pas en question l’architecture des réseaux tels qu’ils existent à
l’heure actuelle et offrent des performances adaptées aux capacités des nouveaux supports.

Exemple : Ascend GRF 400

C’est un routeur développé dans la perspective du backbone d’Internet : il supporte les protocoles de
routage principaux, BGP 4, OSPF, IS-IS et EGP.
Matrice de commutation non bloquante de 4 Gbps de bande passante, permettant un débit de 2,8 mil-
lions de paquets par seconde.
Quatre cartes d’interface connectées sur la matrice, chaque carte équipée d’un processeur de commuta-
tion dispose d’une copie de la table de routage, 150 000 entrées, recherche en 2,5 microsecondes.

9
Ouverture
Evolution des réseaux de campus

Solution.............................giga-routeur
Schéma théorique ............routeur
Avantages...........................architecture non modifiée, solution centralisée facile à gérer
Inconvénients ...................fragilité d’une solution centralisée ?
Routage..............................tous protocoles, tous environnements
Débits.................................construits pour supporter les hauts débits
Qualité de service............selon RSVP
Disponibilité.....................disponible
Coût ...................................du même ordre de grandeur que celui d’un gros routeur actuel
Exemples............................Ascend GRF 400 et 1600, Cisco BFR, BBN

Commutateurs-Routeurs de niveau 3
Ce sont des routeurs développés dans le but d’offrir de grandes performances sur le réseau de campus.
La technique la plus utilisée pour accroitre les performances est de faire supporter les tâches par des pro-
cesseurs spécialisés. Les fonctions offertes sont donc plus réduites et plus figées que dans des routeurs
basés sur des processeurs généraux associés à du logiciel. L’intégration des fonctionalités dans le hard-
ware permet par contre des coûts très compétitifs.

L’implémentation la plus souvent rencontrée est sous la forme d’une carte de routage intégrable dans le
chassis d’un commutateur de niveau 2, cette carte permettant de router entre les Vlans vus par le com-
mutateur.

L’architecture du réseau de campus n’est pas fondamentalement modifiée, on peut simplement répartir
plus facilement la fonction de routage dans chacun des commutateurs présents sur le site.

Exemple : MADGE 3LS

C’est un routeur implanté sur une carte, qui s’intègre dans un rack de commutateur de réseau local, rou-
tage de IP et IPX, protocoles RIP et OSPF.

Bus Cellenium Bus à 1,28 Gbps.

Routeur comportant des circuits spécifiques pour le routage, le filtrage et l’administration.

Solution.............................commutateur-routeur
Schéma théorique ............routeur
Avantages...........................architecture non modifiée
Inconvénients ...................manque de souplesse d’évolution car protocoles gérés par
des circuits spécifiques
Routage..............................environnement Lan et campus
Débits.................................construits pour supporter les hauts débits
Qualité de service............selon RSVP
Disponibilité.....................disponible
Coût ...................................intéressant
Exemples............................Madge 3LS, Bay Networks Switch Node, Foundry Fastiron, Cisco Route
Switch Module

MPOA - MultiProtocol Over ATM


Cet ensemble de fonctionalités et de protocoles, promu par l’ATM Forum, doit permettre ce que ne per-
mettent ni Classical IP ni Lan Emulation : l’échange de données entre stations connectées en ATM et
sur des réseaux Ethernet raccordés par des Edge Devices et n’appartenant pas au même réseau de
niveau 3, et ce, sans passer par un routeur extérieur.

JRES97
La Rochelle
10 7-10 octobre 1997
Ouverture
Evolution des réseaux de campus

La solution globale, aujourd’hui définie dans sa version 1 mais pas encore implémentée, doit permettre
l’échange vers l’extérieur avec les routeurs «classiques» de l’Internet. Seule l’architecture du réseau concer-
né est remise en cause par la mise en place d’une telle solution.

MPOA permet l’échange de trames Ethernet entre des stations équipées de fonctions MPOA Client et
connectée à un réseau ATM comportant un ou des MPOA Servers. L’ensemble du service est constitué
au-dessus d’une couche Lan Emulation de niveau 2.

Le MPOA Server assure les fonctions suivantes : Routeur, client Lan émulé, NHRP serveur et MPOA
serveur. Il répond aux demandes des clients adressées par l’interface Lan émulé, détermine le routeur sui-
vant par un calcul de route, détermine l’adresse ATM ultime sur la route calculée par NHRP, Next Hop
Resolution Protocol, et permet au client MPOA d’ouvrir un circuit virtuel direct avec ce point pour pas-
ser tout le trafic qui suivra.

Solution.............................MPOA
Schéma théorique ............routage au-dessus de Lan émulé au-dessus d’ATM, Edge Device
aux frontières
Avantages...........................applications Ethernet standards
Inconvénients ...................superposé à Lan émulé, donc fonctions ATM non accessibles
aux applications
Routage..............................doit permettre l’interconnexion avec les routeurs de Wan
Débits.................................adapté aux débits d’ATM
Qualité de service............celle d’ATM, mais non accessible aux applications
Disponibilité.....................en cours d’implémentation
Coût ...................................?
Exemples............................standard récent (été 97), implémentation prévue par tous
les constructeurs ATM

Netflow Lan Switching


Netflow Switching
Netflow Switching est une amélioration apportée par Cisco au logiciel IOS de ses routeurs. Cette amé-
lioration consiste a créer un cache au cours du traitement du premier paquet d’un flot, cache qui per-
mettra d’exécuter beaucoup plus vite le routage des paquets suivants de ce flot. Ce cache comprend des
informations relatives au routage, aux traitements éventuels de type sécurité, à la priorité de traitement
à affecter au paquet ainsi qu’aux opérations de type relevé de statistiques à effectuer sur celui-ci.

Une fois ce cache constitué, une tâche particulière, Netflow Switching Task, exécutée par le processeur
de la carte interface, assurera entièrement le routage des paquets suivants. Ceci améliore la performance
générale du routeur concerné.

Netflow Lan Switching


Netflow Lan Switching présuppose l’existence dans le réseau d’un routeur fonctionnant selon le princi-
pe du Netflow Switching décrit ci-dessus.

Cisco propose d’intégrer dans les commutateurs présents dans le chemin de données une carte particu-
lière comportant matériel et logiciel capables d’exécuter à un débit voisin de ceux liés à la commutation
les fonctions exécutées sur le premier paquet par la tache Netflow Switching Task du premier routeur.
Le résultat global est donc le déchargement du routeur central de la charge due au routage du gros des
paquets des différents trafics et le routage de ces paquets par un module rapide au niveau des commu-
tateurs.

Cette solution ne modifie pas l’architecture du réseau de campus et doit permettre une évolution souple
vers plus de performance.

11
Ouverture
Evolution des réseaux de campus

Solution..............................Netflow Lan Switching


Schéma théorique.............routage pré-calculé, exécuté ensuite par un module particulier dans le
commutateur au plus près de la station
Avantages ...........................fonctionnalités de routage inchangées, routeur libéré d’une partie de la
charge
Inconvénients....................solution propriétaire, présence de processeurs spécialisés
Routage ..............................sans changement
Débits .................................adapté aux débits liés aux commutateurs
Qualité de service.............selon RSVP
Disponibilité .....................fin 97, début 98
Coût....................................?
Exemples ............................solution propriétaire Cisco

IP Switching d’Ipsilon
Cette solution relève du «multilayer mapping», technique qui consiste à établir une correspondance entre
une route calculée au niveau 3 et un chemin de données (de type circuit virtuel) établi au niveau 2. La
correspondance est établie dans le cas de IP Switching d’Ipsilon dans l’association du flot IP à un circuit
virtuel ATM, circuit caractérisé par le numéro de circuit existant dans l’en-tête de chaque cellule ATM.

Cette solution fonctionne à ce jour au-dessus d’une infrastructure ATM.

La solution IP Switching conçue par Ipsilon repose sur la discrimination entre les trafics à «courte durée
de vie» (type dns ou snmp) et les trafics de type «flot» (ftp, Web…). Cette discrimination est faite par un
routeur sur le ou les premiers paquets qui le traversent. Tous les paquets d’un trafic court sont routés
de façon classique. Pour les trafics de type flot, une procédure d’ouverture d’un chemin spécifique à ce
flot (chemin commuté de type circuit virtuel ATM ou chemin Ethernet commuté labellisé) est exécutée,
puis le trafic de ce flot est redirigé vers ce chemin spécifique, court-circuitant alors les routeurs.

Chaque IP Switch, couple routeur-commutateur, est indépendant pour ce qui est de la création des che-
mins cut-through. La création de ces chemins est asynchrone, liée au trafic observé.

La création des chemins repose sur les protocoles IFMP et IGMP, publiés par Ipsilon en RFC pour infor-
mation.

La solution d’Ipsilon permet d’associer des files d’attente ATM particulières avec différentes priorités et
limites de bande passante à des types de trafic différents.

Solution..............................IP Switching
Schéma théorique.............IP Switch reliant des Edge Devices ou des stations implémentant
le protocole IFMP
Avantages ...........................routeur déchargé de tout le trafic répétitif
Inconvénients....................protocole spécifique pour les stations directement raccordées ; charge
supplémentaire à l’ouverture des short-cut
Routage ..............................solution de type réseau local ou Wan
Débits .................................adapté aux débits élevés
Qualité de service.............des solutions spécifiques sont proposées
Disponibilité .....................disponible
Coût....................................moyen
Exemples ............................IP Switch d’Ipsilon, Gigaswitch de Digital

MultiProtocol Label Switching


Cette solution relève du «multilayer mapping», technique qui consiste à établir une correspondance entre
une route calculée au niveau 3 et un chemin de données (de type circuit virtuel) établi au niveau 2. Dans
ce cas, l’association est faite entre une route calculée et un label rajouté à l’en-tête des paquets.

JRES97
La Rochelle
12 7-10 octobre 1997
Ouverture
Evolution des réseaux de campus

Standard en cours de définition, MPLS est basé sur les propositions TAG Switching de Cisco et ARIS
d’IBM.

Le principe de base utilisé ici est d’associer un chemin commuté à chaque route connue dans le réseau.
A ces chemins sont associés des Tags ou labels, courts, de longueur fixe et rajoutés à la trame initiale.
Ces labels peuvent être analysés par du matériel spécialisé dans les commutateurs, ce qui permet les hauts
débits recherchés.

Les routeurs du réseau vont donc construire des tables de correspondance entre les routes qu’ils connais-
sent ou découvrent et les labels identifiant les chemins commutés qu’ils vont construire dans le réseau.
Des protocoles spécifiques sont prévus pour permettre la création des chemins et la diffusion de l’iden-
tité de ces chemins aux commutateurs concernés.

L’ensemble des routeurs et commutateurs du réseau à améliorer devront être modifiés en fonction de
MPLS. Cette solution ne présente un intérêt que pour des réseaux comportant un nombre significatif
de routeurs et commutateurs.

Solution.............................MPLS
Schéma théorique ............les routeurs créent des chemins commutés associés aux routes qu’ils
connaissent ; les paquets reçoivent un label
Avantages...........................la commutation se fait par un circuit spécialisé sur un label court
Inconvénients ...................protocole spécifique pour la diffusion des chemins et labels ; activité de
création de chemins en l’absence de toute charge
Routage..............................adapté aux réseaux à grande distance (Man,Wan)
Débits.................................adapté aux débits élevés
Qualité de service............selon RSVP
Disponibilité.....................prévue pour 98
Coût ...................................?
Exemples............................projeté par Cisco, IBM...

Nouvelles technologies IP
De nouvelles technologies basées sur des serveurs d’adresses et les fonctions d’auto-apprentissage des logi-
ciels situés dans les stations sont en développement. Ces techniques peuvent nécessiter la modification
des protocoles de niveau 3 et ne seront utilisables que sur le réseau local.

Les problèmes qui se posent


On peut essayer de sérier les problèmes en se posant deux questions différentes, sachant que la ou les
réponses apportées à l’une influent sur les réponses possibles à l’autre.

Quelle technologie de niveau 1 et 2 ?


On a le choix à chacun des niveaux du réseau entre plusieurs types d’infrastructure de niveau 1 et 2 :
– au niveau du bâtiment, on peut choisir entre Ethernet et ATM sur paires torsadées, ce choix impli-
quant le type d’interface qui devra être installé dans les postes de travail ;
– au niveau du campus, on peut choisir entre Ethernet et ATM sur fibres optiques, faire des Vlans
ou des Elans, raccorder les serveurs en Ethernet ou ATM ;
– au niveau métropolitain et régional, on a le choix entre un support ATM ou un support direct d’IP
par SDH, support maintenant disponible à 155 Mbps, bientôt à 622 Mbps ;
– à grande distance, on peut s’orienter vers une interface ATM ou une interface IP.

Quelle solution de routage ?


On a le choix à chaque niveau entre plusieurs solutions, certaines nécessitant une couche 2 spécifique :

13
Ouverture
Evolution des réseaux de campus

– au niveau du bâtiment et du campus, la majorité des solutions s’applique, certaines nécessitant une
infrastructure ATM ; les solutions de type MPLS ne semblent pas adaptées à ce niveau d’infra-
structure ;
– au niveau métropolitain, régional et à grande distance, on peut choisir entre giga routeurs, MPOA,
IP Switching et MPLS.

Proposition de grille d’analyse


Un certain nombre de questions spécifiques peuvent être posées. Leur donner une réponse apportera des
éléments qui aideront ou parfois dicteront le choix d’une solution.

Matrice de flux
Il est nécessaire d’avoir une idée de la répartition des flux. Cette connaissance permet de déterminer à
quels emplacements doivent être situés les ressources de commutation et de routage.

Types d’applicatifs
Il faut associer à la matrice des flux une typologie d’applicatifs, typologie impliquant la notion de flux
ponctuels ou continus.

Protocoles
La liste des protocoles à transporter et des protocoles de routage à supporter influera sur les solutions
de routage admissibles.

Téléphonie
Le fait d’avoir de la téléphonie à transporter ou non est fondamental : seule la technologie ATM per-
met simplement de partager le support entre données et téléphonie classique.

Multicast
La présence d’applications utilisant le multicast encourage à aller vers les solutions qui supportent le
multicast traité par le matériel plutôt que par le logiciel.

Administration
Certaines solutions sont plus faciles à administrer de façon centralisée que d’autres. Dans certains cas,
la modularité de la solution peut être un avantage.

Sécurité
Certaines des solutions incluent des procédures de sécurité plus puissantes que d’autres. On devra éva-
luer le degré de sécurité nécessaire dans le réseau considéré.

Qualité de service
Les possibilités de qualité de service offertes par les différentes solutions sont inégales. On devra déter-
miner si cette préoccupation est majeure et dans quel calendrier une mise en exploitation des critères de
qualité de service doit pouvoir se faire.

JRES97
La Rochelle
14 7-10 octobre 1997