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Université Paris 13 Ingénieurs Sup Galilée

Institut Galilée Télécom & Réseaux / Instrumentation


1ère année

TRAVAUX PRATIQUES
D'ELECTRONIQUE ANALOGIQUE

TP 1 : Analyseur de spectres (8 h) 2

TP 2 : Modulation d'amplitude (8 h) 11

TP 3 : Modulation en bande étroite (4 h) 16

TP 4 : Etude de quelques montages à amplificateur opérationnels (4 h) 18

Annexe : brochage des circuits 23


TP 1 : ANALYSEUR DE SPECTRES

L'objectif de cette séance est de voir les principes permettant de réaliser l'analyse spectrale
d'un signal périodique. On va donc concevoir un "mini" analyseur de spectres qui vous
permettra de visualiser les différentes harmoniques de la décomposition en séries de Fourier
d'un signal périodique noté e(t).

I. ELEMENTS THEORIQUES - PRINCIPES MIS EN OEUVRE


I.1. Première approche intuitive
La première idée qui vient est d'utiliser un filtre passe-bande (filtre sélectif), centré sur une
fréquence f0, que l'on peut faire varier : chaque fois que f0 sera égale à un multiple du
fondamental F du signal périodique à analyser, le filtre fournira en sortie un signal
proportionnel à cette harmonique. Ainsi, en faisant varier f0 de 0 à FM (fréquence maximum
du spectre de e(t)), on détectera successivement toutes les harmoniques de e(t) : éventuelle
composante continue, fondamental à F, harmonique 2 à 2F, … harmonique k à kF, …,
dernière harmonique détectable à FM = pF ( p entier ).

Le principe de cette méthode est résumé sur la figure ci-dessous :

Amplitude
des raies
de e(t)
fonction de transfert du filtre passe-bande
centré sur f réglable
0

f
0 f0 F 2F 3F FM = pF

balayage des fréquences obtenu en


faisant varier f
0
En pratique, ce dispositif est techniquement difficile à réaliser.

Question : En donner les principales raisons.

Aide : on raisonnera sur la bande-passante nécessaire pour que le filtre sélectif soit
suffisamment efficace, puis sur l'évolution de son facteur de qualité lorsque f0 augmente …

2
I.2. Seconde tentative.
" Puisque le filtre sélectif ne peut aller vers les raies, les raies iront vers le filtre sélectif !!"
pour paraphraser la célèbre réplique de Lagardère.
Voilà la clef de notre recherche : déplacer les raies devant un filtre sélectif de fréquence
centrale f0, fixe cette fois. On réalise une transposition de fréquences.

Cette transposition (modification, changement) de fréquence est réalisé par une simple
multiplication par un signal sinusoïdal p(t) appelé porteuse (« carrier » en anglais). C'est une
technique utilisée fréquemment en modulation.

Notons fc la fréquence de cette porteuse, et A son amplitude.

Et donc : p(t) = A.cos(2fct).

Pour simplifier, on va raisonner sur une seule raie ( par exemple le fondamental à F
d'amplitude C1 ) de e(t).

Pour les autres raies, le raisonnement sera le même, en remplaçant successivement F par 2F,
3F, .…,kF …

On a donc, en effectuant le produit de p(t) par le fondamental de e(t), la sortie s (t) du


multiplieur qui s'écrira :

s(t) = p(t).C1.cos(2Ft) = A.cos(2fct).C1.cos(2Ft).

Il est intéressant de raisonner avec les exponentielles complexes, pour faire apparaître plus
facilement les différentes raies du spectre bilatéral de s(t).

j 2 fct 2 fct 2 Ft 2 Ft


 ej ej  ej
s(t) = A.( e ).C1 .( ) soit :
2 2

A.C1
s(t) = .(e j2 ( fc F) t  e j2 ( fc F) t  e j2 (  fc F) t  e  j2  ( fc  F) t )
4

Ce qui donne 4 raies pour le spectre bilatéral de s(t) aux fréquences :

fc + F ; fc - F ; -fc + F ; -fc - F.

Deux cas peuvent ensuite être envisagés.

3
 cas où fc > F :

Les spectres ci-dessous résument la situation :

spectre bilatéral de e(t)

C /2
1

f
-F F
spectre bilatéral de p(t)

A /2

f
-fc fc
spectre bilatéral de sx(t)

AC /4
1

f
-fc-F -fc -fc+F fc-F fc fc+F f0
variation de fc fixe

Comme on peut le voir ci-dessus, en utilisant un filtre passe-bande de fréquence f0 fixe située
vers les hautes fréquences du spectre et en faisant varier la fréquence fc de la porteuse (en
gardant fc < f0), on va déplacer la raie de fréquence fc + F. En sortie, le passe-bande fournira :

- un signal lorsque :

fc + F = f0  fc = f0 - F.

C'est ce signal en sortie du passe-bande qui indiquera la présence d'une raie de


fréquence f0 - fc dans le spectre du signal à analyser e(t).

- et rien sinon.

C'est cette technique qui est utilisé dans les analyseurs de spectre du commerce. On utilise un
passe-bande de fréquence f0 fixe plus grande que FM. Et ainsi, comme le montre le schéma ci-
dessous, en faisant varier la fréquence fc de la porteuse entre f0 - FM ( pour visualiser la
dernière raie à FM ) et f0 ( pour visualiser l'éventuelle composante continue de e(t) ), on peut

4
visualiser tout le spectre de e(t), en venant successivement déplacer les raies de e(t) devant le
filtre sélectif :

Amplitude
des raies
de sx(t)
fonction de transfert du filtre passe-bande
centré sur f fixe
0

f
0 f c-2F f c-F fc f c+F f c+2F f0

balayage des fréquences obtenu en


faisant varier f
c
Question : Pourquoi, à votre avis, ce principe est-il délicat à mettre en œuvre dans le
cadre de cette séance de TP ?

 cas où fc < F :
spectre bilatéral de e(t)

C /2
1

f
-F F
spectre bilatéral de p(t)

A /2

f
-fc fc
spectre bilatéral de sx(t)

AC /4
1

f
-F-fc -F -F+fc f0 F-fc F F+fc
fixe

5
Comme on peut le voir ci-dessus, en utilisant un filtre passe-bande de fréquence f0 fixe située
cette fois-ci plutôt vers les basses fréquences du spectre et en faisant varier la fréquence fc
de la porteuse, on va déplacer la raie de fréquence F - fc.
En sortie, le passe-bande fournira :
- un signal lorsque :

F - fc = f0  fc = F - f0.
C'est ce signal en sortie du passe-bande qui indiquera la présence d'un raie de fréquence fc + f0
dans le spectre du signal à analyser e(t).
- mais aussi un signal lorsque :
-F + fc = f0  fc = F + f0.
C'est ce signal en sortie du passe-bande qui indiquera la présence d'un raie de fréquence fc - f0
dans le spectre du signal à analyser e(t). En fait, c'est la même raie qui sera détectée 2 fois, car
n'oublions pas qu'ici le signal e(t) a été, pour simplifier limité à son fondamental et donc n'a
qu'une seule raie. Cette deuxième détection est ce qu'on peut appeler une "raie fantôme ",
une sorte d'écho ou d'image de la première détection.
- et rien sinon.

Cette technique est plus simple à mettre en œuvre, car il est plus facile de réaliser un filtre
sélectif centré sur les bases fréquences que sur les hautes fréquences comme dans le cas
précédent. Mais elle présente l'inconvénient de fournir des une "raie fantôme" pour chaque
raie détectée.

On pourrait en effet facilement montrer que le raisonnement ci-dessus pourrait s'appliquer à


chaque raie de fréquence kF du signal e(t) :

- une première détection lorsque fc = kF - f0.


- une détection "fantôme" lorsque fc = kF + f0.

Comme si on avait deux raies pour le prix d'une !

Il faudra bien faire attention, dans les manipulations de ne pas confondre les raies
"fantômes" avec les "vraies" raies.

Ainsi, on fera varier fc entre f0 et f0 + FM pour visualiser tout le spectre de e(t).

6
II. L'ANALYSEUR DE SPECTRE A REALISER
II.1. Synoptique de l’analyseur
Le système complet à réaliser sera constitué de 3 étages en cascade, séparés par des étages
suiveur. Son synoptique est fourni ci-dessous :

signal à
filtre
analyser multiplieur suiveur suiveur détecteur
s(t)
sélectif
e(t)
s (t) s'(t)

(F fixe) ) (f0 fixe)


porteuse
p(t)
(fc variable)
Question : Compte tenu de ce qui a été dit dans la partie I., expliquer la structure de ce
montage. Préciser le rôle des suiveurs.

Remarque importante sur la méthodologie de travail :

Il serait illusoire de croire qu'on câble tout et que ça va marcher du premier coup : les
sources d'erreurs sont trop nombreuses. Et la difficulté, quand tout est réalisé, est de trouver
de quels étages viennent les problèmes.

Une autre difficulté de ce TP est de ne pas confondre les fréquences qui interviennent :
certaines sont fixes ( comme F ou f0 ), d’autres sont variables ( comme fc ).

Il est donc fortement conseillé, voire obligatoire, de procéder étage par étage en testant et
validant à 100% individuellement chaque étage, avant de les relier entre eux par les
suiveurs. Procéder avec soin pour le câblage de chaque étage.

C'est pour cette raison que la partie suivante sera constituée de 4 parties :
une par étage et une pour le système complet.

II.2. Les spectres théoriques


On choisira d'analyser un signal période e(t) de fondamental F = 20 kHz fixe et un filtre
sélectif centré sur f0 = 1 kHz fixe.

Représenter succinctement les spectres de s x(t) lorsque la fréquence fc de la porteuse


vaut : 1 kHz, 19 kHz, 20 kHz, 21 kHz, 39 kHz, 40 kHz, 41 kHz (on n’oubliera pas de
préciser les échelles).

Qu'observe-t-on à la sortie du filtre lorsque on effectue un balayage de la fréquence f c de


0 à 150 kHz ?

7
III. REALISATION DES DIFFERENTS ETAGES
III.1. Etage multiplieur
Le circuit multiplieur est un AD633.

En vous aidant de l’extrait de sa documentation fournie à l'annexe I, câbler ce composant.

Aide : bien réfléchir pour les bornes X2, Y2 et Z.

Tester la fonction réalisée et fournie dans la documentation :

(X 1  X 2 ).(Y1  Y2 )
W= Z
K

en utilisant sur les entrées X et Y un même signal (un seul GBF) sinusoïdal pur (sans offset)
d’amplitude de 2V et de fréquence de 1 KHz.

Relever les caractéristiques du signal de sortie W : amplitude, fréquence, composante


continue … et vérifier leur cohérence avec ce qui pouvait être prévu par le calcul.

Puis en déduire la valeur de K en précisant bien son unité.

ON APPELLERA L’ENSEIGNANT POUR LUI MONTRER SES RESULTATS !!!

Visualiser ensuite le signal W lorsque X est un signal sinusoïdal de fréquence 1 KHz et Y un


second signal sinusoïdal de fréquence 10 KHz. ( les amplitudes de X et de Y étant toutes les
deux voisines de 2 V ).Expliquer la forme du signal obtenu en W.

Aide : on aura intérêt à visualiser X et W sur l’oscilloscope et à se synchroniser sur X pour


avoir des traces stables sur l’écran ...

ON APPELLERA L’ENSEIGNANT POUR LUI MONTRER SES RESULTATS !!!

III.2. Filtre sélectif


Le filtre passe bande utilisé aura une fréquence centrale f0 = 1 kHz et un facteur de qualité
f
Q = 0 = 10 en appelant f la bande passante à -3 dB. On pourra aussi fixer le gain
f
maximun G0 aux alentours de 150.

8
Son schéma est fourni ci-dessous :

C R
3
R1 C

R2
sx(t)
R3 s'(t)

Montrer que l'on a pour cette structure de filtre les résultats suivants :

R3 1 1 1 R3
G0 =  f0 = f = Q=
2R 1 2C R 3 (R 1 // R 2 ) R 3 C 2 R 1 // R 2

G0 est le gain maximum dans la bande passante.


Calculer les valeurs des composants pour être conforme avec le cahier des charges fourni à la
page précédente, puis câbler votre montage.
Remarque : Ne pas prendre des composants de valeur trop faible ( mais de valeur > à
quelques centaines d’Ohm ) ni trop grandes ( mais de valeur < MégaOhm ). On pourra par
exemple fixer R3 à 330 k....

Mesurer le gain maximum, la fréquence centrale, la largeur de la bande passante. En déduire


le facteur de qualité et comparer avec vos valeurs théoriques.
Pour cette manip, prendre pour s x(t) un signal sinusoïdal fourni par un GBF et non pas
la sortie du multiplieur ! et s’assurer que la sortie reste bien sinusoïdale pendant pour
toutes les fréquences, et notamment à f0.

ON APPELLERA L’ENSEIGNANT POUR LUI MONTRER SES RESULTATS !

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III.3. Circuit de détection
On utilise un simple démodulateur à diode comme indiqué sur la figure ci-dessous :

R C
s'(t) s(t)

Expliquer son fonctionnement.

La constante de temps du circuit RC du détecteur pour cette application doit satisfaire :


1
fréquence de s'(t)   fréquence porteuse
2RC

Vérifier que le niveau du signal d'entrée est suffisant pour récupérer en sortie l'enveloppe.
Dans le cas contraire, on câblera un amplificateur avant le détecteur.

ON APPELLERA L’ENSEIGNANT POUR LUI MONTRER SES RESULTATS !!!

III.4. Exploitation de l'ensemble


En vous aidant du synoptique proposé dans la partie II.1., relier maintenant entre eux vos
trois étages, sans oublier les étages suiveurs.

Procéder à l'analyse spectrale d'un signal carré, d'un signal triangulaire et d'un signal
périodique impulsionnel, tous trois de fondamental F = 20 kHz fixe.

On tracera l’allure des spectres obtenus pour ces trois signaux périodiques en essayant de
détecter le plus d'harmoniques possible.

ON APPELLERA L’ENSEIGNANT POUR LUI MONTRER SES RESULTATS !!!

III.5. Conclusions
Comparer vos résultats expérimentaux avec les valeurs théoriques et notamment en évaluant
la « vitesse » de décroissance des raies.

Comment pourriez-vous « étalonner » votre mini-analyseur de spectres ?

10
TP 2 : MODULATION D'AMPLITUDE

I. ELEMENTS THEORIQUES
I.1. Introduction
La modulation d'amplitude consiste à rendre l'amplitude d'une porteuse haute fréquence c(t )
dépendante d'un signal modulant basse fréquence s (t ) . La démodulation, ou détection, est
l'opération qui permet d'extraire du signal modulé m(t ) , le signal modulant s (t ) . On
réalisera dans le TP une modulation d'amplitude à double bande latérale avec porteuse et on
mettra en oeuvre deux types de détection : la détection d'enveloppe et la détection synchone.

I.2. Modulation à double bande latérale sans porteuse


On parle encore de modulation DSB-SC (Double Side Band - Suppressed Carrier). On
procède à la multiplication du signal par la porteuse :
m(t )  K s (t ) c (t )
où K représente le coefficient du multiplieur. Si s (t ) , c(t ) et m(t ) sont des tensions, K
s'exprime en V 1. La transformée de Fourier du signal modulé s'obtient en faisant le produit
de convolution (Fig. 1) :
M ( f )  K S ( f )  C( f )
a
 K S ( f )  c  ( f  f c )   ( f  f c )
2
a
 K c  S ( f  f c )  S ( f  f c )
2

bande latérale supérieure

bande latérale inférieure

M(f)
ac
K SM
2 f

-(f + FM ) -f c -(f - FM) f - FM fc f + FM


c c c c

Fig. 1

Le spectre du signal modulé occupe la bande de fréquence  f c  FM , f c  FM  , de largeur


B  2 FM . On observe donc un effet de transposition de fréquence : l'ensemble du spectre est
translaté de f c . La partie du spectre comprise dans l'intervalle  f c , f c  FM  est appelée
bande latérale supérieure ; celle comprise dans l'intervalle  f c  FM , f c  est la bande latérale
inférieure.

11
I.3. Modulation à double bande latérale avec porteuse
On parle encore de modulation DSB-LC (Double Side Band - Large Carrier). On incorpore au
signal modulé la porteuse, ce qui permet de retrouver le signal en bande de base par
démodulation d'enveloppe :
m(t )  c(t )  K s(t ) c(t )
 c(t )1  K s (t ) 
 a c 1  K s (t )  cos(2f c t )
Le spectre correspondant est (Fig. 2) :
M ( f )  C( f )  K S ( f )  C( f )
a a
 c   ( f  f c )   ( f  f c )  K c S ( f )    ( f  f c )   ( f  f c )
2 2
a a
 c   ( f  f c )   ( f  f c )  K c  S ( f  f c )  S ( f  f c )
2 2

a ac
c M(f)
2 ac 2
K SM
2 f

-(f + FM ) -f c -(f - FM) f - FM fc f + FM


c c c c

Fig. 2

Par rapport au spectre du signal obtenu lors de la modulation sans porteuse (Fig. 1), on voit
apparaître les composantes aux fréquences f c et  f c correspondant à l'ajout de la porteuse,
d'où l'appellation de modulation avec porteuse.

Calculons les valeurs minimale et maximale de l'enveloppe :


 min  a c (1  K s min ) ,
 max  ac (1  K s max ) ,
où s min et s max représentent les valeurs minimale et maximale du signal modulant s (t ) . On
appelle indice de modulation ou taux de modulation la quantité positive :
   min s  s min
  max  K max .
2a c 2
Il est souvent exprimé comme un pourcentage. Lorsque   100 % , on dit qu'il y a
surmodulation.

Pour évaluer le taux de modulation, on utilise la méthode du trapèze (Fig. 3). L'oscilloscope
étant en XY, on applique en X le signal modulant s (t ) et en Y le signal modulé m(t ) . On a
   min  max   min Y2  Y1
a c  max d'où    . On peut de plus juger de la distorsion du
2  max   min Y2  Y1
signal modulé : les côtés du trapèze doivent être des lignes droites.

12
m

s
Y1 = 2 min Y2 = 2 max

Fig. 3

I.4 La détection d'enveloppe


On l'utilise pour la détection du signal DSB-LC. Le schéma de principe du détecteur
d'enveloppe est donné en Fig. 4(a). Lorsque le circuit est attaqué par un signal DSB-LC, on
obtient à la sortie le signal représenté en Fig. 4(b). Pour avoir s ' (t )  a c 1  Ks (t )  , il faut
1
choisir FM   f c .
2RC

R C
m(t) s'(t) t

(a) (b)
Fig. 4

I.5. La détection synchrone


Considérons le cas d'une modulation d'amplitude sans porteuse (DSB-SC) et multiplions le
signal modulé de nouveau par la porteuse :
signal modulé : m(t )  K s (t ) c(t )  K s (t ) ac cos(2 f c t ) .
multiplication par la porteuse :
 a2 a2 
s1 (t )  K ' s (t ) c 2 (t )  K K '  c s (t )  c s (t ) cos(4 f c t ) .
2 2 
La modulation a pour effet de transposer le spectre de s (t ) autour de la fréquence de la
f
porteuse c ; la démodulation doit recentrer ce spectre sur zéro (Fig. 5). Un filtrage passe-bas
permet de retrouver le signal :
a2
s2 (t )  K K ' c s (t ) .
2

13
S
SM
f

M
SM
2 f

-fc fc
M* S
SM
SM
2 f
4
-2f c 2f c

Fig. 5

Le schéma synoptique d'un démodulateur synchrone est en Fig. 6 où c ' (t ) représente la


porteuse locale.
K' s (t)
1 filtre
m(t) s2(t)
passe-bas

c'(t)

Fig. 6

Remarque : On a considéré ici que l’oscillateur local c ' (t ) était en phase avec la porteuse
c (t ) , ce qui conduit à la détection du signal maximum.

II. TRAVAIL EXPERIMENTAL


On utilisera une porteuse de fréquence voisine de 10 kHz et un signal modulant de fréquence
fondamentale 100 Hz. On câblera en parallèle les deux circuits de détection afin de comparer
leurs performances.

II.1 Modulation d'amplitude avec porteuse


Le modulateur est réalisé à partir du AD633 (documentation en annexe). On notera que les
tensions appliquées sur les entrées du circuit ne doivent en aucun cas être supérieures aux
tensions d'alimentation (cf. "absolute maximum ratings").

Tester le fonctionnement du AD633. Vérifier notamment que les bandes passantes et les
niveaux des signaux correspondent aux caractéristiques données par le constructeur.

Réaliser la modulation DSB-LC avec une porteuse c(t )  a c cos(2f c t ) d'amplitude


a c  1 V et un signal modulant s (t )  A cos(2Ft ) . Donner l'expression du taux de
modulation  en fonction de A. Déterminer A pour avoir un taux de modulation   10 % .

Mesurer  par la méthode du trapèze.

14
II.2. Détection d'enveloppe
Câbler le circuit de détection d'enveloppe de la Fig. 4 en choisissant la valeur du produit RC
pour réaliser la démodulation du signal s (t ) .

La mise en œuvre du circuit de détection d'enveloppe nécessite un signal d'amplitude


suffisante pour rendre la diode passante lors des alternances positives de la porteuse. Il faut
donc ici prévoir une amplification du signal que l'on réalisera avec un montage à
amplificateur opérationnel.

Relever l'allure du signal démodulé pour un signal modulant sinusoïdal, triangulaire et carré.
Conclusion.

II.3. Détection synchrone


Monter que la démodulation synchrone s'applique aussi à un signal modulé avec porteuse
(DSB-LC).

On utilisera un second AD633 monté en multiplieur pour faire le produit du signal modulé
avec la porteuse c(t ) .

Afin d’examiner l’effet du déphasage entre l’oscillateur local et la porteuse, on appliquera les
signaux a (t )  A cos(2f c t ) et b(t )  B cos(2f c t   ) sur les deux entrées du multiplieur.
Examiner le signal de sortie du multiplieur pour diverses valeurs du déphasage  .
Qu’observe-t-on ?

Déterminer le filtre à connecter à la sortie du multiplieur.

Relever le niveau de sortie en fonction de  . On pourra prendre   n  4 où n est un


entier de 0 à 8.

Réaliser la démodulation synchrone du signal pour la détection du signal s (t ) .

Appliquer le signal modulé m(t ) à l’entrée de la détection synchrone. Relever l'allure du


signal à l'entrée du multiplieur, à sa sortie et à la sortie du filtre.

Passer en modulation sans porteuse. Comparer les signaux démodulés par le détecteur
d'enveloppe d'une part et par la détection synchrone d'autre part. Conclusion.

15
TP 3 : MODULATION EN BANDE ETROITE

I. RAPPELS THEORIQUES
Dans les modulations angulaires, on laisse l'amplitude de la porteuse constante et on fait
varier sa phase en fonction du signal modulant. On rappelle que la fonction du temps
g (t )  A cos (t ) a pour phase  (t ) (en rad). Sa pulsation instantanée est définie par
d 1  (t )
 inst (t )  (en rad . s ) et sa fréquence instantanée par f inst (t )  inst (en Hz). En
dt 2
modulation de phase (PM), la phase instantanée de la porteuse c(t )  a c cos 2f c t  devient
une fonction affine du signal modulant s (t ) :
 (t )  2f c t  K PM s (t ) ,
d'où le signal modulé :
m PM (t )  a c cos 2f c t  K PM s (t )  .
En modulation de fréquence (FM), la pulsation instantanée de la porteuse devient une
fonction affine du signal modulant s (t ) :
 inst (t )  2f c  K FM s (t ) ,
d'où le signal modulé :
 
m FM (t )  a c cos 2f c t  K FM  s (t ' )dt ' .
Dans le cas des modulations à bande étroite, l'excursion maximale de phase (écart maximal
entre les phases de la porteuse non modulée et du signal modulé) reste petite et les signaux
modulés peuvent être approximés par :
m PM (t )  a c cos 2f c t   a c K PM sin  2f c t  s (t ) ,
m FM (t )  a c cos 2f c t   a c K FM sin  2f c t   s(t ' )dt ' .
L'indice de modulation  est défini par le rapport de l'excursion maximale de fréquence par
la fréquence du signal modulant. Pour un signal modulant sinusoïdal s (t )  A cos 2Ft  , le
signal PM prend la forme :
m PM (t )  a c cos 2f c t   PM cos 2Ft   ,
et le signal FM prend la forme :
m FM (t )  a c cos 2f c t   FM sin  2Ft   .
En modulation à bande étroite, on a   1 et les signaux modulés s'écrivent :
m PM (t )  a c cos 2f c t   a c  PM sin  2f c t  cos 2Ft  ,
m FM (t )  a c cos 2f c t   a c  FM sin  2f c t  sin  2Ft  .

II. TRAVAIL EXPERIMENTAL


II.1. Le modulateur
On réalise le modulateur de phase en bande étroite de la Fig. 1 (modulateur Amstrong) avec
c(t )  a c cos( 2f c t ) et c ' (t )  a c sin( 2f c t ) . Les porteuses c (t ) et c ' (t ) seront de
fréquence f c  10 kHz et d'amplitude 2 V. Le signal modulant s (t ) sera un sinusoïdal de
fréquence voisine de 100 Hz.

16
s(t) m(t)

c'(t) c(t)
Fig. 1

1) Pour disposer de deux porteuses en quadrature, on utilisera le montage de la Fig. 2.


Montrer que c(t ) et c ' (t ) sont toujours en quadrature. Comment choisir R et C pour
que c(t ) et c ' (t ) soient de même amplitude ?

R
c'(t)
C
v(t)
C
c(t)

Fig. 2

2) Réaliser le modulateur de la Fig. 1 avec un circuit AD633.


3) Montrer théoriquement et vérifier expérimentalement que le modulateur réalise à la fois
une modulation angulaire et une modulation d'amplitude. A quelle condition a-t-on de la
modulation de phase ?
4) Régler l'amplitude du signal modulant s (t ) pour avoir un indice de modulation   0.5
. Retrouver cette valeur à partir de la modulation d'amplitude du signal modulé.
5) Faire varier l'amplitude et la fréquence du signal modulant s (t ) . Expliquer.

II.2. Le démodulateur
Le schéma du démodulateur est en Fig. 3. Le limiteur est réalisé par un amplificateur
opérationnel TL071 monté en comparateur.

filtre
m(t) limiteur s'(t)
passe-bas

c'(t)
Fig. 3

6) Montrer que le signal s ' (t ) est proportionnel à s (t ) . Comment doit-on choisir la


fréquence de coupure du filtre passe-bas ?
7) Réaliser le démodulateur. Faire constater son fonctionnement à l'enseignant. Relever le
signal de sortie s ' (t ) pour un signal s (t ) sinusoïdal, triangulaire, carré. Expliquer.

17
TP 4 : ETUDE DE QUELQUES MONTAGES A AMPLIFICATEURS
OPERATIONNELS

I. INTRODUCTION
L’amplificateur opérationnel (AOp) est un amplificateur différentiel présentant un gain
différentiel très élevé. Le modèle de l’amplificateur opérationnel idéal est doté des propriétés
suivantes :
- Gain différentiel infini,
- Gain de mode commun nul,
- Impédances d’entrée infinies,
- Impédance de sortie nulle,
- Bande passante infinie.
Il est représenté par le schéma de la Fig. 1.

i+ = 0
e-
s
e+
i- = 0

Fig. 1

Les tensions d’entrées sont notées e et e . Les impédances d’entrée étant infinies, les
courants d’entrée i et i sont nuls. L’AOp étant fondamentalement un amplificateur
différentiel, on a donc
s  Ad  e  e  (1)
où Ad représente le gain différentiel. Pour un AOp idéal, on a Ad   . En pratique bien-sûr,
la tension de sortie ne peut pas devenir infinie. Son excursion est limitée par les tensions de
saturations qui sont elles-mêmes fixées par les tensions d’alimentation. Dans la grande
majorité des cas, on alimente l’AOp avec des tensions symétriques (  Valim ) et les tensions
de saturation sont elles aussi symétriques :  Vsat avec Vsat  Valim (à 1 V ou 1,5 V près). On
distingue ainsi deux régimes de fonctionnement de l’AOp, le fonctionnement en régime
linéaire et le fonctionnement en régime de saturation. Dans le premier cas, la tension de sortie
est telle que
 Vsat  s  Vsat . (2)
Pour cela, d’après (1) on doit avoir
e  e  0 . (3)
Pour fonctionner en régime linéaire, les deux entrées de l’AOp doivent être au même
potentiel. Dans le second cas, on a
s  Vsat . (4)
Plus précisément, s  Vsat si e  e et s  Vsat si e  e .

On envisagera donc deux familles de montages à amplificateur opérationnel : les montages


linéaires dans lesquels, l’AOp peut en principe fonctionner en régime linéaire, ce qui
correspond à la condition e  e , et les montages de commutation dans lesquels la tension
de sortie ne pourra avoir que les valeurs  Vsat (et bien sûr, e  e ).

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Dans cette séance de TP, on réalisera des montages des deux types à l’aide d’AOp TL71
alimentés en  12 V .

II. TRAVAIL EXPERIMENTAL


II.1. Les montages linéaires
 Schémas fondamentaux
Les deux structures fondamentales à la base des montages linéaires sont le montage inverseur
(Fig. 2(a)) et le montage non inverseur (Fig. 2(b)).
R2 R2

R1 R1
e
s s
e

(a) (b)
Fig. 2

Rappeler l’expressions du gain et de la résistance d’entrée pour chacun des montages.

Réaliser le montage inverseur de la Fig. 2(a) pour avoir les gains -1, -10, -100, -1000 avec une
résistance d’entrée de 100 . Relever dans chaque cas le gain et la bande passante à -3 dB de
l’amplificateur. Interpréter à partir des données de la documentation du constructeur.

Pour un gain de -10, mesurer la tension d’entrée maximale permettant un fonctionnement en


régime linéaire. On choisira un signal d’entrée sinusoïdal de 1 kHz. Qu’arrive-t-il si la tension
d’entrée devient supérieure ? Relever dans chaque cas la tension e et interpréter.

 Circuit dérivateur
Le schéma du circuit dérivateur est représenté en Fig. 3(a). Calculer la tension de sortie s  t 
pour une tension d’entrée de la forme e t   E cos 2 f t  . Que vaut le déphasage de la
sortie s  t  par rapport à l’entrée e t  ? A quelle fréquence les amplitudes des signaux s  t 
et e t  sont-elles égales ?

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C2

R2 R2
C1 R1 C1
e e
s s

(a) (b)
Fig. 3

Réaliser le montage dérivateur selon le schéma de la Fig. 3(a) avec C1  100 nF et


R2  4,7 kΩ . Calculer sa constante de temps. Appliquer un signal sinusoïdal à l’entrée.
Qu’observe-t-on ? Commenter.

On modifie le schéma suivant la Fig. 3(b) avec R1  150 Ω et C 2  3,3 nF Expliquer


l’amélioration apportée. Relever les courbes de gain et de phase du montage. Dans quelle
gamme de fréquence le circuit se comporte-t-il comme un dérivateur ?

 Circuit intégrateur
Le schéma du circuit intégrateur est représenté en Fig. 4(a). Calculer la tension de sortie s t 
pour une tension d’entrée de la forme e t   E cos 2 f t  . Que vaut le déphasage de la
sortie s t  par rapport à l’entrée e t  ? A quelle fréquence les amplitudes des signaux s t 
et e t  sont-elles égales ?
r

C C

R R
e e
s s

(a) (b)
Fig. 4

Réaliser le montage intégrateur selon le schéma de la Fig. 4(a) avec R  10 kΩ et


C  100 nF . Calculer sa constante de temps. Appliquer un signal sinusoïdal à l’entrée.
Qu’observe-t-on ? Expliquer.

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On modifie le schéma suivant la Fig. 4(b) avec r  1 MΩ . Expliquer l’amélioration
apportée. Relever les courbes de gain et de phase du montage. Dans quelle gamme de
fréquence le circuit se comporte-t-il comme un intégrateur ?

II.2 Montages de commutation


Les montages de commutation, ou montages à 2 états, sont les comparateurs, les comparateurs
à hystérésis (ou trigger de Schmitt), les monostables et les astables (ou multivibrateurs ou
oscillateurs à relaxation).

 Comparateur à hystérésis
Le montage de la Fig. 5(a) est un comparateur à hystérésis. Montrer que les tensions de
basculement sont données par
 R1 R1
1V  Vsat  Vref ,
 R2 R3
 (5)
V  V R1  V R1 .
 2 sat R2 ref R3
En déduire les expressions de la largeur du cycle d’hystérésis et de son centre en fonction de
Vref , R1 , R2 et R3 .

Réaliser le montage de la Fig. 5(a) avec Vref  0 , R1  1 kΩ , R2  22 kΩ et R3  470 Ω .


Appliquer à l’entrée du montage un signal triangulaire de fréquence 100 Hz et afficher le
cycle d’hystérésis sur l’écran de l’oscilloscope. Vérifier que la largeur du cycle d’hystérésis et
son centre coïncident bien avec les valeurs prévues.

Appliquer une tension Vref  1 V . Le centre du cycle se déplace-t-il de la valeur attendue ?


Modifier le montage suivant le schéma de la Fig. 5(b). Qu’observe-t-on ? Expliquer.

e
s s
e
R1 R1
Vref R2 Vref R2
R3 R3

(a) (b)
Fig. 5

 Multivibrateur
Montrer que la période du multivibrateur de la Fig. 6 est donnée par
 R 
T  2 RC ln1  2 1  . (6)
 R2 
Calculer la période pour R1 R2  1 et RC  100 µs . Réaliser le montage. Mesurer T .
Expliquer l’origine des éventuelles écarts par rapport à la valeur attendue.

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R
C

R1
R2
Fig. 6

II.3 Générateur de signaux triangulaires


Le générateur de signaux triangulaires est réalisé en associant un comparateur à hystérésis et
un intégrateur (Fig. 7). Expliquer le fonctionnement du montage et calculer l’amplitude et la
fréquence des signaux générés pour R1  2,2 kΩ , R2  33 kΩ , R  22 kΩ et C  33 nF .
Réaliser le montage et comparer aux résultats théoriques.
Modifier le schéma pour générer un signal en dent de scie dont le rapport cyclique est réglable
à l’aide d’un potentiomètre. Vérifier le fonctionnement.

R
e
s
R1
R2

Fig. 7

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ANNEXE

Brochage des circuits

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