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Chapitre 1 : LES CARACTERISTIQUES DES ANTENNES

Les ondes radioélectriques ou ondes hertziennes sont des ondes électromagnétiques qui se
propagent de deux façons :

 dans l'espace libre (propagation rayonnée, autour de la Terre par exemple)


 dans des lignes (propagation guidée, dans un câble coaxial ou un guide d'onde)

Le domaine des fréquences des ondes radio s'étend de 9 kHz à 3 000 GHz.

Intérêt de l'étude de la propagation des ondes radio

Il est essentiel de comprendre les principes de la propagation des ondes pour pouvoir prédire
les chances et les conditions d'établissement d'une liaison radio entre deux points de la surface
de la Terre ou entre la Terre et un satellite.

Cela permet par exemple :

 Le calcul de la puissance minimale d'un émetteur de radiodiffusion afin d'assurer une


réception confortable sur une zone déterminée ;
 la détermination de la position d'un relais pour la radiotéléphonie mobile ;
 l'estimation des chances d'établissement d'une liaison transcontinentale sur ondes
courtes ;
 l'étude des phénomènes d'interférence entre émetteurs ;
 le calcul du champ électromagnétique à proximité d'un équipement d'émission (radar,
relais, émetteur de télévision...) pour déterminer les risques encourus par la population
se trouvant à proximité.

Le niveau du signal reçu à l'extrémité du parcours sera plus ou moins élevé donc plus ou
moins exploitable en fonction de la fréquence d'émission, l'époque par rapport au cycle
solaire, la saison, l'heure du jour, la direction et la distance entre l'émetteur et la station
réceptrice, etc. L'étude des lignes de transmission et des phénomènes de propagation d'un
signal dans une ligne peut aider à optimiser les câbles utilisés dans l'établissement d'un réseau
de transmission ou pour l'alimentation d'une antenne.

Nous allons parler des antennes (ou aériens), dispositifs permettant la transposition d’une
énergie guidée en un champ électromagnétique rayonné en espace libre (ou inversement).
Il existe une multitude de types d’antennes, de tailles et de formes très diverses, aux modes de
fonctionnement plus ou moins complexes. Nous allons définir les caractéristiques et
propriétés communes à ces différents dispositifs ainsi que leurs domaines d’applications.

I-Génération d'onde

Une onde EM se propageant dans l'espace peut être produite:


a) par des courants, représentés vectoriellement par une densité de courant J en A/m2. C'est
le cas des antennes filaires.
b) par une ouverture dans un volume où règne un champ EM, par exemple l'extrémité
ouverte d'un guide d'onde. C'est le principe des antennes paraboliques.

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II-Caractéristiques d'une antenne
Notations :
p(r, , ) [W/m2] densité de puissance radiale (composante | S|)
PF [W] puissance fournie à l'antenne
PE [W] puissance émise
PR [W] puissance reçue
D(, ) [-] directivité de l'antenne
G(, ) [-] gain directif de l'antenne
G0 [-] gain de l'antenne

Les antennes :

Le rôle d’une antenne est de convertir l’énergie électrique d’un signal en énergie
électromagnétique transportée par une onde électromagnétique (ou inversement). Une
définition traditionnelle est la suivante : « Une antenne d’émission est un dispositif qui assure
la transmission de l’énergie entre un émetteur et l’espace libre où cette énergie va se propager.
Réciproquement, une antenne de réception est un dispositif qui assure la transmission de
l’énergie d’une onde se propageant dans l’espace à un appareil récepteur ».
Le transport d’énergie par une onde électromagnétique va donc permettre le transfert
d’information sans support physique à travers un canal ou une liaison radioélectrique, à
condition que l’onde électromagnétique soit modulée par un signal informatif. Une liaison
radioélectrique est un canal de transmission entre un émetteur et un récepteur, dont le support
de transmission est assuré par des ondes électromagnétiques. Comme tous les canaux de
communication, il est soumis aux problèmes posés par le bruit et les perturbations, qui vont
limiter les performances du système de transmission. Ils sont aussi dépendants des propriétés
de l’antenne qui va donner naissance à l’onde électromagnétique, et à l’environnement autour
de l’antenne qui va influer sur la propagation des ondes électromagnétiques. La connaissance
et la modélisation de la propagation et des antennes sont complexes … mais nécessaires pour
dimensionner un système de transmission sans fils.
Quel que soit la fréquence de fonctionnement de l’antenne, quel que soit sa structure
physique, le rayonnement des antennes est caractérisé par des propriétés communes. Le but de
cette partie est de les présenter. Ces propriétés doivent permettre de répondre aux questions
suivantes :
- Comment une antenne rayonne t-elle la puissance qui lui est fournie dans l’espace ?
Dans quelle(s) direction(s) ?

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- Avec quelle efficacité se fait le transfert d’énergie entre la puissance de l’émetteur et
la puissance rayonnée ?
- Sur quelle bande de fréquence l’antenne rayonne de manière optimale ?
- Quelles sont les propriétés données par l’antenne à l’onde électromagnétique émise ?
Bien que les propriétés d’une antenne restent les mêmes qu’elles soient utilisées en émission
ou en réception,

II.1 Structure générale d’une antenne


Dans cette partie, nous allons considérer uniquement des antennes émettrices. Cependant, il
est nécessaire de supprimer toute distinction entre antenne émettrice et antenne réceptrice, en
introduisant le principe de réciprocité : toute structure qui reçoit une onde électromagnétique
peut transmettre une onde électromagnétique. Une antenne passive peut réciproquement être
utilisée en émission et en réception. Les propriétés de l’antenne resteront les mêmes qu’elle
soit utilisée en émission ou en réception.
La figure 1 présente la structure générale d’une antenne émettrice. (Une antenne réceptrice
présente une structure similaire, l’alimentation est remplacée par un récepteur, le sens des
flèches indiquant le transfert de puissance est inversé) :
- Le signal à transmettre peut provenir d’une ou plusieurs sources (amplitude et phase
des sources indépendantes). Ps correspond à la puissance électrique délivrée par la
source.
- Des amplificateurs et des filtres peuvent être placés entre la source et l’antenne pour
fournir une puissance électrique suffisante aux éléments rayonnants et assurer une
émission (ou une réception) sur une bande étroite.
- L’émetteur ou le récepteur sont reliées à l’antenne par une ligne qui sont en général
des lignes coaxiales ou des guides d’ondes. Ils permettent de transporter une puissance
électrique PA aux éléments rayonnants. La puissance PA est différente de la puissance
PS en raison des pertes liées aux différents éléments reliant la source aux éléments
rayonnants.
- Le réseau de polarisation permet de connecter les signaux à transmettre aux éléments
rayonnants, de les déphaser et/ou de les combiner entre eux. Nous verrons dans une
section future « Réseau d’antennes » comment le fait de combiner plusieurs antennes
entre elles peuvent fournir des propriétés intéressantes à l’antenne équivalente.

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- Les éléments rayonnants assurent la transmission de l’énergie fournie par l’émetteur à
l’espace libre où l’onde va se propager. La puissance rayonnée par l’antenne est notée
PR.
Réciproquement, elle assure la transmission de l’énergie d’une onde EM vers le
récepteur

Figure 1 – Structure générale d’une antenne


Il est important que l’installation de l’antenne et sa connexion à la source nécessite d’autres
structures non présentées sur le schéma, mais qui vont avoir une influence non négligeable sur
les performances de l’antenne. L’antenne est montée mécaniquement sur un dispositif (un mat
pour une station de base, le châssis d’un téléphone) qui va contribuer à modifier le
rayonnement de l’antenne.
En outre, l’antenne peut être protégée de l’environnement extérieur par un radome, qui peut
absorber une partie du rayonnement.

II.2 Principe de réciprocité


Le principe de réciprocité stipule qu'une antenne peut être utilisée indifféremment en émission
ou en réception.

II.3 La densité de puissance rayonnée par unité de’ surface


La densité surfacique de puissance p ou S est la puissance rayonnée par unité de surface
s’exprimant en W/m2 , elle se deduit du vecteur de poynting

P(W/m2)= II EII II HII


Ou E = champ électrique et H : champ magnétique .

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De la rélation

On tire que p est egal à

II-3 Antenne isotrope


On appelle antenne isotrope une antenne théorique rayonnant uniformément dans toutes les
directions de l'espace. Une telle antenne n'a donc pas de direction de propagation privilégiée;
on dit qu'elle n'est pas directive.
A une distance r la densité de puissance vaut :

Puissance rayonnée par unité d’angle solide :

Si l'antenne isotrope est intéressante pour le calcul théorique, il est important de noter qu'elle
est impossible à réaliser dans la pratique…

I.I4 Directivité
La directivité (parfois appelée gain directionnel, ce qui porte à confusion…) d'une antenne
est définie ainsi :

On admet que piso est la densité de puissance émise par une antenne isotrope qui aurait la
même puissance émise PE.
La directivité indique dans quelles directions la densité de puissance est meilleure ou moins
bonne que celle de l'antenne isotrope. La directivité ne dépend pas de r, car les deux densités
décroissent en 1/r2.

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II.5 Gain en puissance et rendement
Le rendement d'une antenne est défini ainsi :

Le gain en puissance dépend de la fréquence du signal émis Il est très faible aux basses
fréquences mais atteint des valeurs de 75% à 95% pour des fréquences supérieures à 1 MHz.
Les différents gains en puissance d'une antenne sont les suivants :
Gain directif : G(q,j) = h ×D(q,j) [-]
Gain

Le gain d'une antenne correspond au meilleur gain directif dans une (évt. plusieurs)
direction(s). Les plus grands gains sont obtenus avec des antennes paraboliques (20 à 60 dB).
Attention Une antenne est un élément strictement passif qui n'amplifie pas le signal ! Son
gain, par définition, représente la concentration de puissance dans une direction privilégiée
par rapport à une antenne isotrope sans pertes.
On déduit la densité de puissance d'une antenne par rapport à la puissance fournie PF :

De fait, le gain en puissance d'une antenne est un paramètre plus intéressant que sa directivité;
en effet, comme le rendement y est inclus, on peut calculer la densité de puissance en
introduisant directement la valeur de la puissance fournie PF

II.6 Diagramme de rayonnement


C'est la représentation de G(,)/G0 (ou parfois simplement G(,)) en fonction de ou de 
sur un diagramme polaire ou rectangulaire.

Exemples
Considérons les exemples suivants avec =1 :

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Les gains directifs des deux dipôles sont indépendants de pour des raisons de symétrie (voir
§3.6 et §0).
La Figure ci-dessus illustre les diagrammes de rayonnement G() de ces trois antennes (pour
un rendement maximal =1) pour une valeur quelconque.

Normalement, il faut considérer un diagramme de rayonnement en 3D. La Figure ci-dessous


illustre le diagramme de rayonnement du dipôle élémentaire en 3D.

Remarques
Si on intègre la densité de puissance p(r, , ) le long d'une sphère de rayon r, on trouve
toujours :

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En d'autres termes, si une antenne a un gain élevé dans une direction particulière, elle le 'paie'
ailleurs. Par exemple, les deux dipôles ont un gain plus grand que un dans les directions x et
y, mais ils n'émettent rien dans la direction des z. Les deux dipôles sont donc légèrement
Directifs.

Lobe principal, lobes secondaires et angle d'ouverture


Le diagramme de rayonnement d'une antenne directive a l'aspect décrit par la Figure ci-
dessous A noter que le gain est souvent donné en dB.

En principe, les lobes secondaires sont indésirables pour une antenne directive. Suivant la
remarque du §5.5.2, on se rend compte que plus on les réduit, plus on renforce le lobe
principal.
On appelle angle d'ouverture l'angle du cône à G0/2 (3 dB) sur le diagramme de
rayonnement.

Mesure de la directivité d'une antenne, angle d'ouverture


En réception, lorsqu'on tourne une antenne pour l'écarter
de la direction du signal reçu (que ce soit vers la droite ou
vers la gauche), ce signal diminue progressivement.
Lorsque le niveau du signal a baissé de moitié en
puissance, c'est à dire qu'il a perdu 3 dB, on mesure
l'angle formé par l'axe du lobe principal de l'antenne avec
la direction du signal. Si l'antenne est symétrique on
mesure le même angle à droite et à gauche. La somme de
ces deux angles est égal à l'angle d'ouverture de l'antenne
: plus cet angle est faible, plus l'antenne est directive. Une
antenne qui a une grande ouverture angulaire a une
résolution angulaire faible, elle ne permettra pas de bien
séparer le signal utile des signaux indésirables mais, à
contrario, elle ne nécessitera pas d'être sans cesse
réorientée si la station du correspondant se déplace
(mobile, satellite...).
Les anglosaxons désigne sous l'acronyme HPBW (half
power beam width) l'angle d'ouverture en précisant HPBWA pour l'angle d'ouverture en azimut et
HPBWE pour l'angle d'ouverture en site (élevation).

Directivité dans le plan vertical

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On peut aussi s'intéresser à l'angle d'ouverture dans le
plan vertical. En plus de la construction de l'antenne il
dépend beaucoup de l'environnement de celle-ci : nature du sol, hauteur de l'antenne en longueurs
d'onde, angle de site... Une antenne dont le lobe principal est très large dans le sens vertical permet à
l'angle de départ sur les bandes décamétriques de prendre des valeurs plus faibles ou plus élevées et
donne plus de chance d'activer des modes différents et par conséquent de couvrir une zone plus
grande. Sur la figure, le lobe principal a un angle de départ de 23 degrés mais son ouverture angulaire
est de 25 degrés, ce qui permet à l'angle de départ de s'étaler entre 11 et 45 degrés sans
affaiblissement notable.

Rapport avant arrière


Sur le diagramme de rayonnement horizontal de la figure 1 on remarque la présence d'un lobe
parasite relativement petit dans le sens opposé au lobe principal. En prenant l'amplitude du lobe
principal comme référence on peut mesurer sur le diagramme que ce lobe parasite est à -22 décibels.
On peut dire que cette antenne a un rapport Avant/Arrière de 22 dB exprimé sous le terme F/B (front-
to-back ratio) dans les logiciels en anglais.
Toutefois il ne faut pas prendre tel quel le rapport avant/arrière
calculé par les logiciels de simulation sans regarder le diagramme
de rayonnement. Dans le cas représenté ci-contre on voit le lobe
principal (en bleu) et 7 lobes parasites dont un petit exactement
dans l'axe du lobe principal. Si on se fie au rapport avant/arrière
indiqué (25dB) on peut croire avoir affaire à une antenne parfaite
alors qu'il existe des lobes secondaires à -14dB par rapport au
lobe principal. MMANA permet dans ses options de fixer les
dimensions angulaires d'un secteur arrière dans lequel le lobe le
plus défavorable sera pris en compte pour le calcul de F/B. Dans
la documentation anglo-saxonne le terme "Front-to Rear ratio"
permet de préciser qu'il s'agit de tout le secteur arrière et non seulement la direction 180 degrés.
Cet exemple montre aussi qu'on ne peut pas se fier aveuglément aux rapports avant/arrière figurant
dans les fiches techniques ou les publicités.

Antennes omnidirectives et bidirectives

Une antenne au sol qui rayonne de la même façon dans toutes les directions horizontales (ou
presque) est dite omnidirective (ou quelquefois omnidirectionnelle). C'est le cas, entre autres, de
l'antenne quart-d'onde verticale ou ground-plane.
On utilise l'antenne omnidirective lorsque la direction du correspondant n'est pas connue ou varie en
permanence. C'est le cas du trafic en mobile pour la station fixe comme pour la station mobile. Dans
le trafic local sur VHF où les correspondants sont répartis dans plusieurs directions, il n'est pas aisé
d'avoir à tourner l'antenne à chaque tour de micro. Sur ondes décamétriques, l'antenne omnidirective
évite l'installation et l'utilisation d'un rotor d'antenne ; elle permet aussi d'entendre simultanément dans
toutes les directions.
Au paragraphe des inconvénients, l'antenne omnidirective :
- a en général un gain plus faible qu'une antenne directive
- capte les signaux dans toutes les directions, y compris les signaux indésirables.

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II-7 polarisation de l’ antenne
Définitions

La polarisation d'une antenne est celle du champ électrique de l'onde


qu'elle rayonne ou qu'elle reçoit de façon privilégiée, par exemple au
travers de son lobe principal.
Si le vecteur champ électrique de l'onde rayonnée par l'antenne se
trouve toujours dans le même plan, du moins tant que l'onde ne subit
pas une réflexion sur le sol ou un obstacle, la polarisation est dite
linéaire. Sinon la polarisation de l'onde est elliptique avec le cas
particulier de la polarisation circulaire. Une polarisation linéaire peut
être horizontale ou verticale.

Comment déterminer la polarisation d'une antenne

Comme c'est le champ électrique qui détermine la polarisation de l'onde, il est généralement possible
de déterminer la polarisation d'une antenne en observant la façon dont le champ électrique est
produit. Sur le dipôle ci-contre on voit que le champ électrique (en rouge) se développe dans des
plans se coupant sur l'axe du dipôle dont l'un est horizontal, comme le dipôle lui-même.
La plupart du temps, il suffit de repérer le point d'alimentation de l'antenne et de voir si on ne serait
pas en présence d'un dipôle (antenne yagi) ou d'un demi-dipôle (ground-plane).
En cas de doute on peut toujours essayer d'utiliser un champmètre muni d'un dipôle demi-onde taillé
sur la fréquence à recevoir et de se placer à quelques longueurs d'onde de l'antenne, en vue directe.
Le signal reçu sera maximum lorsque la polarisation de l'antenne à tester sera la même que celle du
dipôle du champmètre.

Polarisation de quelques antennes

Sur la figure ci-dessous sont symbolisées quelques antennes à polarisations horizontale et verticale
Polarisation horizontale
(a) - cadre de cubical quad ou boucle
horizontale ou verticale
(b) - dipôle horizontal, doublet, Lévy-
centerfed, long-fil horizontal
(c) - lazy H ou antenne rideau
(d) - delta loop
(e) - yagi horizontale
Polarisation verticale
(f) - delta loop
(g) - yagi verticale
(h) - boucle verticale ou élément de
quad
(i) - ground-plane, antenne verticale
(j) - bobtail curtain

Antennes à polarisation elliptique

L'antenne turnstile (k) ou l'antenne composée de


deux yagis croisées alimentées par une ligne de
déphasage ont une polarisation elliptique ou
circulaire tandis que l'antenne hélice (l) est bien

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connue pour sa polarisation circulaire.

Pertes de transmission dues à une différence de polarisation

C'est particulièrement sur les fréquences supérieures à 30 MHz que la polarisation de l'antenne de
réception doit être la même que la polarisation de l'onde reçue. Sur décamétriques, les liaisons en vue
directe sont rares et il est impossible de prévoir la polarisation de l'onde ayant subie des réflexions sur
le sol ou sur les couches de l'ionosphère.
Selon le cas, un mauvais choix de la polarisation de l'antenne de réception peut se solder par une
perte de 3 dB ou par un affaiblissement très grand (pouvant dépasser 20 décibels).

elliptique linéaire
droite gauche verticale horizontale
droite 0 20dB 3dB 3dB
elliptique
gauche 20dB 0 3dB 3dB
verticale 3dB 3dB 0 20dB
linéaire
horizontale 3dB 3dB 20dB 0

II-8 Genres d'antennes


On distingue les types d'antennes suivantes :

II-9 Puissance isotrope rayonnée (PIRE, angl. EIRP)


Dans la direction optimale du lobe principal, le gain directif G(, ) est égal à G0. On définit
la puissance isotrope rayonnée de la manière suivante :

s’il y a pas de pertes


Dans cette direction privilégiée, on a donc la densité de puissance suivante :

Quand on utilise une antenne directive (par exemple une antenne parabolique), il est clair
qu'on va chercher à l'orienter de manière optimale pour avoir G(, )=G0. Dans la direction
choisie. Dans ce cas, la PIRE suffit pour connaître la densité de puissance à une distance r
quelconque

II-9 Surface équivalente

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Soit une antenne de réception captant une onde dont la densité de puissance vaut p(r,,) et
délivrant une puissance PR .

La surface équivalente ou surface de captation de l'antenne est définie par :

Donc : Connaissant la surface équivalente d'une antenne et la densité de puissance reçue, on


trouve immédiatement la puissance reçue.
On montre qu'en raison de la réciprocité, la surface équivalente est liée au gain de l'antenne de
réception :

Exemple
Le satellite 'Hot bird 1', lancé en 1995 émet un signal avec les caractéristiques suivantes :
satellite géostationnaire, r=36'000 km
PIRE = 49 dBW
f = 12 GHz
On montre que la surface équivalente d'une antenne parabolique est (en gros) égale à la moitié
de la surface de son disque.
Donner la puissance reçue par une antenne parabolique de diamètre d=70 cm.

II -10 Affaiblissement en espace libre


Cette partie s'applique particulièrement aux liaisons à visibilité directe (propagations
Troposphériques, faisceaux hertziens, liaisons par satellite, etc.). On néglige l'influence du sol
et les pertes atmosphériques.
Paramètres de l'émetteur PF [W] Puissance fournie
PdBWF [dBW] Puissance fournie en dBW
GE [-] Gain de l'antenne d'émission
GdBE [dB] Gain de l'antenne d'émission en dB
Paramètres du récepteur PR [W] Puissance reçue
PdBWR [dBW] Puissance reçue en dBW
GR [-] Gain de l'antenne de réception
GdBR [dB] Gain de l'antenne de réception en dB
Distance entre les antennes r [m]
Les gains en dB et les puissances en dBW répondent aux relations suivantes

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On appelle affaiblissement isotrope le terme :

Donc :

Soit une puissance d'émission PdB et un affaiblissement AdB connu. La puissance de


réception est déduite de

En résumé :

Soient deux antennes identiques de gain G0=10 dB et éloignées de 300m. Le signal est émis à
une fréquence f=400 MHz avec une puissance de 2.5 W. Calculer l'affaiblissement de la
liaison et la puissance du signal reçu (exprimé en W).

III BILAN HERTZIEN

la puissance transportée par un faisceau hertzien se


partage en deux parties :
- la puissance transmise par la porteuse ( de 1 à 40
GHz )
- la puissance transportée par le signal :
modulation de fréquence AM et FM en analogique,
modulations MAQ, MDP,DPSK,FSK en
numérique cette puissance Pr doit dépasser à la
réception le niveau du bruit de fond des équipements
afin d’assurer la qualité de la transmission

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l’IUT-R, organisme de centralisation des normes télécom préconise une puissance seuil
minimale Ps dBm pour assurer la qualité de la transmission ; Ps dépend du débit de la
transmission.
exemple :– 82 dBm à 34 Mbit/s correspond aux performances des récepteurs courants
utilisés.

la marge brute MB du FH définie par MB = PR - PS représente la réserve en niveau de


puissance (dB) du FH permettant de dépasser PS.

Cette marge MB dépend étroitement du partage de puissance entre porteuse et type de


modulation du signal, et se calcule à partir de références fournies par l’IUT-R ; à l’aide de sa
valeur, des procédés de calculs assez complexes permettent de valider le paramètre
fondamental de la transmission : p le temps relatif de dépassement du taux d’erreur TE (TEB
en numérique)

Le bilan hertzien est donc un calcul de PR puis de MB conduisant à une validation du FH /


norme préconisée

Calcul de Pr ( dit aussi bilan de liaison en espace libre )

a) puissance rayonnée par l’émetteur FH et PIRE de la parabole d’émission

tout calcul d’émission de puissance s’effectue par le passage à la PIRE (puissance isotrope
rayonnée équivalente)

on a par définition du gain G : PIRE = Pe.Ge

où Pe est la puissance d’émission rayonnée à la base du lobe d’antenne.

Si Pe désigne la puissance de l’émetteur, on doit faire intervenir les taux d’affaiblissement 1/


Le dus aux feeders

dans ce cas on écrira : PIRE = Pe.Ge/Le qui donne en niveaux : PIRE = PE + GE – LE

b) puissance reçue Pr par la parabole de réception située à d de la parabole d’émission

la puissance reçue par la parabole de réception est le flux du vecteur de Poynting au travers de
son aire équivalente Ar soit Pr = S.Ar S = PIRE / 4d² ( loi de la photométrie isotrope )

=> Pr = PIRE.Ar / 4d²

afin de faire apparaître un terme de gain Gr analogue à celui de l’antenne d’émission, on est
amené à écrire par un jeu de produit puis division par le terme (4²) :

Pr = PIRE.Ar/ 4d² = PIRE.Ar .(4²). ² / (4d ) ² = PIRE . Gr ²/ (4d )²

en niveaux : PR = PIRE + GR + 10log ²/ (4d )² = PIRE + GR + 20log / 4d

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afin de tenir compte de la réalité des pertes de lignes en réception (guides d’onde et feeders )
on utilise dans la pratique le calcul de PR au niveau de l’entrée du récepteur ; par un
raisonnement identique à celui effectué à l’émission, on écrira :

PRdB = PIREdB + GRdB + 20log  /4d - LRdB qui se développe enfin sous la
forme :
PRdB = [PEdB + GEdB - LEdB] + [GRdB – LRdB ] + 20log  /4d

avec la présence sur le trajet du FH d’obstacles ou d’absorbants ( hydrométéores) créant un


affaiblissement supplémentaire AS on aura au final :

PR = PE + (Ge + Gr ) + 20log[  /4d ] - LE - LR - AS


niveau reçu niveau émis gains d’antenne aff. esp. libre pertes de lignes aff. Sup.
dBW ou dBm dBW ou dBm dB dB dB dB

Calcul de la marge brute : écrire et calculer: MB = PR – PS


dB dBW ou dBm dBW ou dBm

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Chapitre 2 : différentes types d’antennes

On va voir les grandes familles d’antennes à l’origine de l’ensemble des structures


rayonnantes :
• les antennes filaires (dipôle, monopôle, Yagi)
• les antennes à fentes (demi ou quart d’onde)
• les antennes patchs (planaires)
• les antennes à ouverture (cornet)
• les antennes à réflecteurs (paraboles)
• Les antennes intelligentes (sectorielles)

I- L’antenne filaire
L’antenne filaire est la plus simple. Elle est constituée de 2 brins de fil électrique de longueur
l/2.

Les caractéristiques de cette antenne vont dépendre de la fréquence.


Cette antenne est souvent utilisée avec l = /2. On l’appelle alors doublet demi-onde.
La polarisation de cette antenne est celle de son axe principal : Si l’antenne est verticale, la
polarisation est verticale.
Cette antenne est bien évidemment une antenne omnidirectionnelle, elle a donc par nature un
gain faible de l’ordre de 2dBi.

II- Variante : L’antenne quart-d’onde

Si on sépare un doublet demi-onde en 2 et qu’on place l’un des brins au dessus d’un plan
conducteur (plan de masse qui agit comme un « miroir »), on obtient une antenne aux
caractéristiques équivalentes mais de dimension moitié.
Le gain est de 3dBi, légèrement plus élevé que le doublet demi-onde car elle ne rayonne que
dans la moitié de l’espace.

C’est l’antenne la plus simple à réaliser mais il ne faut pas oublier le plan de masse.

III- Antenne Yagi

L'antenne Yagi ou antenne Yagi-Uda (du nom de ses inventeurs, Hidetsugu Yagi et Shintaro
Uda) est une antenne se caractérisant par une forme qui se rapproche de celle d'un râteau :

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c’est l’antenne la plus utilisée par les particuliers pour recevoir la télévision (terrestre). Cette
antenne a été brevetée en 1926.
Le principe est le suivant : on associe sur un même axe un doublet et des brins non alimentés
appelés (a tort) éléments parasites. Ces éléments vont capter le signal émis par l’antenne
alimentée et vont le re-émettre.
L’antenne alimentée est appelée « radiateur », les éléments parasites situés à l’arrière sont
appelés « réflecteurs », ceux situés devant sont appelés « directeurs ».
Le champ émis par l’antenne est la somme de tous les champs émis par tous les éléments. En
jouant sur les positions et les longueur des éléments, on modifie les phases et amplitudes de
chacun des champs électriques re-émis de sorte que le champs soit maximal vers l’avant et
minimum vers l’arrière. On obtient ainsi une antenne directive.

Analogie : On rappelle l’image de la lampe torche qui est constituée d’une ampoule et d’un
réflecteur (miroir) qui permet de concentrer le faisceau lumineux.
Le gain d’une antenne Yagi augmente avec le nombre d’éléments : autour de 6 dB pour une
Yagi à 2 éléments, il peut atteindre jusqu'à 18 dB pour une antenne à plus de 20 éléments.
L’antenne Yagi est le plus souvent utilisée entre 100MHz et 1GHz.

IV- Antenne parabolique

Une antenne parabolique, communément appelée parabole par le grand public, est une
antenne disposant d'un réflecteur en forme de parabole.
Les propriétés géométriques de la parabole permettent de concentrer tous les rayons reçus en
un point unique appelé foyer.
C’est en ce point que l’on placera une petite antenne (la source) qui est alimentée en émission,
et qui capte le signal en réception.
Analogie : Ici encore, on pensera à la lampe torche ou au phare de voiture : le miroir derrière
l’ampoule a la forme d’une parabole.

Souvent, sur les antennes paraboliques, en particuliers sur celles destinées à la réception
satellite, la source est décentrée, le réflecteur est alors une portion de parabole : on parle de «
parabole offset ». La source ne masque pas les ondes reçues, contrairement à la « vraie
parabole », ce qui permet d’obtenir un meilleur gain. Autre avantage, les paraboles offsets
sont installées quasi verticalement alors qu’elles pointent un satellite placé très haut dans le
ciel, elles permettent donc un gain de place.

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Parfois, en particulier pour les radars et les faisceaux hertziens, l’antenne parabolique est
recouverte d’une « enveloppe » rigide, le radôme (comme radar et dôme). Le radôme permet
de protéger l’antenne de l’eau et des accumulations de glace. Le matériau ne doit pas
introduire de perte de puissance.

Gain d’une antenne parabolique


Le gain isotrope de l'antenne parabolique dépend principalement de son diamètre et de la
fréquence d'utilisation (en fait de la longueur d'onde) mais aussi, dans une moindre mesure, de
l'efficacité du système d'illumination de la parabole par la source (coefficient k) et de la
précision de réalisation du réflecteur.
Le gain d’une antenne parabolique est donné par la relation suivante :

avec :
k : rendement du système d'illumination (source), généralement compris entre 0,5 et 0,8.
D : diamètre du réflecteur parabolique.
: longueur d'onde d'utilisation. D et doivent être exprimés dans la même unité.
Plus l’antenne est grande devant la longueur d’onde, plus le gain est important.
Les antennes paraboliques sont peu utilisées en dessous de 1 GHz ( = 0,3m).
Angle d’ouverture
L’angle d’ouverture à -3dB d’une antenne parabolique est lié à la dimension de l’antenne.
Plus l’antenne est grande devant la longueur d’onde, plus le gain est important et plus
l’antenne est directive.
L’angle d’ouverture est donné par la relation suivante :

en degrés, D et doivent être exprimés dans la même unité.

Il existe de très nombreuses antennes et nous ne pouvons ici les citer toutes.
On citera simplement pour information :

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- L’antenne cadre qui à la forme d’une bobine (parfois sur un noyau de ferrite) utilisée en
grandes ondes.

- L’antenne patch qui est intéressante car réalisée sur un circuit imprimé. Elle est constituée
de plusieurs cellules rayonnantes. Plus les cellules sont nombreuses et plus le gain est
important. Utilisée autour du GHz, en particulier en WiFi
(2,4GHz) et pour la nouvelle génération d’antenne satellite.

V- Antennes sectorielles

Ils ont pour objectifs de résoudre les PROBLEME DANS LES RESEAUX MOBILES
Comment garantir à la fois un débit important et la mobilité de l’utilisateur ?
Le système le plus simple pour garantir la mobilité serait de pouvoir couvrir une large zone
où le mobile serait à portée quelque soit sa position ces antennes sont les composantes les
plus visibles du réseau GSM. On les voit un peu partout, souvent sur des hauts pylônes, sur
des toits d’immeubles, contre des murs, à l’intérieur des bâtiments ; il arrive assez souvent
qu’elles soient invisibles puisque camouflées, pour des raisons esthétiques, à proximité de
bâtiment classés « monuments historiques ». Ces antennes permettent de réaliser la liaison
Um entre la MS (téléphone mobile) et la BTS.

Chaque relais GSM est partagé en plusieurs zones d’émission, une pour chaque antenne (sauf
présence de diversité spatiale), habituellement jusqu’à 3 zones par relais, appelées aussi
secteur ou cellule.

Monosectorisé
Est dit monosectorisé un site GSM qui ne possède qu’un seul secteur, c'est-à-dire qui ne gère
qu’une seule cellule. Il y a une seule antenne, ou deux si la diversité spatiale est utilisée, voire
jusqu’à trois pour certains sites omnidirectionnels constitués de trois brins omnidirectionnels.
Ce type de site omnidirectionnel est utilisé en zone rurale pour assurer une couverture assez
importante, sans permettre une grande quantité de communications, ou en zone urbaine
importante,pour micro cellule, afin de supporter des communications passées dans une zone
réduite (centres commerciaux, rues piétonnes…). Un site monosectorisé avec panneau
directionnel, peut être utilisé pour affiner une couverture locale, ou en zone rurale, au dessus
d’une vallée encaissée, où les deux autres secteurs ne seraient pas utiles.

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Bisectorisé
Un site bisectorisé est un site GSM qui possède deux secteurs, et donc deux cellules
distinctes. Le site peut comporter au moins deux antennes et jusqu’à quatre si la diversité
spatiale est utilisée. Ce type de site sert à couvrir des zones où seuls deux secteurs sont utiles
(flanc d’une colline…).

Trisectorisé
La majorité des sites GSM sont des sites trisectorisés, c'est-à-dire qu’ils sont constitués de
trois cellules, ce qui permet une meilleure intégration au PDF (Plan De Fréquences). Ces sites
sont très répandus en zone rurale et périurbaine, où la couverture n’est quasiment assurée qu’à
partir de ce type de sites.

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