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Master DROIT INTERNATIONAL DES AFFAIRES

MODULE : DROIT PENAL DES AFFAIRES

 Exposé sous le thème :

LES INFRACTIONS RELATIVE A LA

DISSOLUTION DE LA SOCIETE ANONYME

Préparé par : Encadré par :

Année universitaire 2018- 2019


Plan : 2|Page
Introduction :

Le monde des affaires n’est pas un espace idéal, le droit pénal des affaires vise la
protection des intérêts patrimoniaux et moraux de la communauté sociale, par les préventions
et la répression des agissements portant atteinte au fonctionnement harmonieux et à la
transparence du système économique, ce droit contribue à travers les mêmes mécanismes et
principes de droit pénal général, par la sanction des atteintes à l’ordre financier, économique
et social et à la qualité de la vie, mais aussi les atteintes à la propriété, la foi publique,
l’intégrité physique lorsque l’auteur a agi dans le cadre de l’entreprise ou pour le compte de
celle-ci.

Le droit pénal des affaires est l'ensemble des règles de droit concernant
les infractions susceptibles d'intervenir dans la vie des affaires, mais aussi de l'ensemble des
règles économiques qui peuvent être sanctionnées pénalement.1

Ainsi, le droit pénal des affaires comprend des infractions de droit commun (vol, escroquerie,
abus de confiance, corruption) et des infractions spécifiques en matière, notamment, de :

 droit des sociétés (majoration des apports en nature, abus de bien social...) ;

 de droit de la concurrence (entente, abus de position dominante...) ;

 de droit de la consommation (publicité trompeuse) ;

 de droit boursier (délit d'initié).

Le respect du droit pénal des affaires est assuré en partie par les juridictions pénales et en
partie par des autorités administratives indépendantes autorité de la concurrence et autorité
des marchés financiers.

Le rôle du droit pénal des affaires est à la fois préventif et répressif :


Préventif dans la réglementation organisationnelle de l’accès aux professions commerciales et
industrielles pour évincer des gens non recommandables et aussi en imposant des interdits
professionnels en vue d’écarter les professionnels indésirables. Mais ce droit joue aussi
1https://www.lgdj.fr/themes/droit-15/droit-penal-procedure-penale-1516/droit-penal-des-affaires-
151640.html

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un rôle répressif dans la sanction des infractions des comportements condamnables.
La défense pénale relative à ces infractions ressort de la compétence des avocats spécialistes
du droit pénal dénommés le plus souvent pénalistes.2

Après une existence plus ou moins longue, les associés au sein d’une société
commerciale peuvent se séparer en toute liberté ou par exigence en cas où la situation de la
société devenue irrémédiablement compromise. Cette opération dite de « dissolution » a pour
conséquences :

1- la « liquidation » de la société, c'est à dire sa disparition, d'où le retour à l'état


d'indépendance des associés et des éléments autrefois groupés.
2- le « partage » des biens sociaux entre les associés.

La dissolution, la liquidation et le partage sont régis en droit marocain par les articles
1051 et suivants du Dahir des Obligations et Contrats (D.O.C.) ainsi que par certaines règles
spécifiquement applicables aux sociétés de capitaux, en l’occurrence d’une part, les
dispositions prévues par les articles 37 et 38 du dahir du 11 août 1922 relatif aux sociétés
anonymes ; et d’autre part, celles contenues dans l’article 36 du dahir du 1er septembre 1926
relatif aux sociétés à responsabilité limitée. 3

Le droit des sociétés n’a pas manqué d’introduire des innovations touchant les règles
et les modalités de la dissolution, de la liquidation et du partage. C’est ainsi que la loi n° 17-
95 du 30 août 1996 relative aux sociétés anonymes a prévu respectivement dans ses titres XII
(articles 356 à 360) et XIII (articles 361 à 372) des règles spécifiques à la dissolution et la
liquidation ; les articles 421 à 424 de la même loi prévoient des mesures répressives en cas
d’infractions .4

A ce niveau et comme toute infraction relative a la dissolution d’une société soulève


les questions habituelles suivantes:

2https://www.cabinetaci.com/droit-penal-des-affaires/
3DAHIR FORMANT CODE DES OBLIGATIONS ET DES CONTRATS

4DAHIR N° 1-96-124 (14 RABII II 1417) PORTANT


PROMULGATION DE LA LOI N° 17-95
RELATIVE AUX SOCIETES ANONYMES
(Modifié et complété par les lois 81-99, 23-01, 20-05, 78-12)

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- quelle sont les infractions liées à la dissolution et la liquidation de la
société anonyme ? et quel est le régime répressif applicable a ses infractions ? et
enfin quelles sont les infractions liées aux causes amenant à la liquidation ?
Après cette brève mise en perspective et pour répondre à ces questions on va consacrer le
premier chapitre aux infractions liées à la dissolution de la société anonyme. Le seconde
chapitre et dédiée aux infractions liées à la liquidation des sociétés anonyme et leur régime
répressif. Et enfin en va traiter les infractions liées aux causes amenant à la liquidation dans
un troisième chapitre.

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Chapitre I : les infractions liées à la dissolution de la
société anonyme

La dissolution est la première étape de la procédure de dissolution-liquidation d’une


société. Il s’agit de la décision de fermer l’activité prise soit par les associés, réunis en
assemblée générale extraordinaire, soit exceptionnellement par le juge du tribunal de
commerce.

Cependant, ils existent des obligations à l’égard des membres d’administration, de


direction ou de gestion, le non-respect de celle-ci entraine des infractions.

Au niveau de ce chapitre, nous allons évoquer dans une première section : la non
convocation par les membres suite à la perte de plus du quart du capital, et dans une seconde
section : l’omission de publicité de la décision adoptée par les actionnaires.

Section1 : La non convocation par les membres suite à la perte de plus du


quart du capital

La société anonyme prend fin sur décision des actionnaires en cas de perte des 3/4 du
capital. Dans ce cas, les administrateurs sont tenus de convoquer une assemblée générale
extraordinaire statuant sur la dissolution éventuelle de la société dans les 2 mois suivant le
moment où la perte a été ou aurait dû être constatée, mais le 1/4 des voix des actionnaires
présents ou représentés suffira à approuver la décision.5

La non convocation par les membres d’administration, de direction ou de gestion à


l’assemblée générale suite à la constatation de la perte de plus du quart du capital social :
l'article 407 de la loi 17-95.
 Responsable :
Membres d’administration, de direction ou de gestion
 L’élément légal et l’élément matériel :
C’est ainsi que les membres des organes d'administration, de direction ou de gestion peuvent
être frappés de peines d’emprisonnement et d’amendes si après élaboration des états de
synthèse ils ont constaté que la situation nette de la société est inférieure au quart du capital
social et n’ont pas procédé, dans les trois mois qui suivent l'approbation des comptes ayant

5https://guichet.public.lu

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fait apparaître cette perte, à la convocation de l'assemblée générale extraordinaire afin qu’elle
décide de la dissolution anticipée éventuelle de la société (l'article 407 de la loi 17-95).
 Elément moral :
En ce qui concerne l’élément moral de l’infraction il suffit que les auteurs du délit
aient eu connaissance que la situation nette de la société est devenue inférieure au quart du
capital social du fait de pertes constatées dans les états de synthèse et qu'ils n'aient pas
convoquée l'assemblée générale extraordinaire pour que le délit soit constitué et que la
sanction soit applicable. Il s’agit donc d’un délit avec élément non intentionnel.
 Sanction :
La sanction prévue dans ce cas est d'un emprisonnement de un à six mois et d'une
amende de 4.000 à 20.000 DH ou de l’une de ces deux peines seulement.
 Equivalent en droit français :

Lorsque du fait de pertes constatées dans des documents comptables, les capitaux propres
d’une société deviennent inférieurs à la moitié du capital social, le code de commerce fait
peser sur les dirigeants de la société la double obligation de consulter les associés sur la
dissolution anticipée de la société et de faire connaitre leur décision. L’omission de l’une ou
l’autre de ces obligations est punie d’un emprisonnement de six mois et d’une amende de
4500 euros.6

Section 2 : l’omission de publicité de la décision adoptée par les


actionnaires :

Est également sanctionnée l’omission de publicité de la décision adoptée par les


actionnaires. Elle est punie d’une amende de 10.000 à 50.000 DH de façon générale pour les
sociétés anonymes au chapitre IX de la loi n° 17-95 telle que modifiée par la loi n° 20-05 dans
son article 420.

La décision des associés ou actionnaires, qu’elle consiste à maintenir l’exploitation ou à


dissoudre la société, doit être :

 Publiée dans un journal d’annonces légales du département du siège social,

 Déposée au greffe du tribunal de commerce du lieu du siège social,

6https://sylcit.free.fr

7|Page
 Inscrite au registre du commerce et des sociétés.

Remarque : Les formalités de publicité de la décision des associés ou actionnaires n’ont pas à
être réitérées à l’occasion de chacun des exercices suivants, si les capitaux propres demeurent
inférieurs à la moitié du capital social (Avis du Comité de Coordination du Registre du
Commerce et des Sociétés n° 03-71, 25 mar. 2004). 7

Les modalités d’accomplissement des formalités de publicité par les dirigeants sociaux,
sans être réglementés, sont toutefois encadrées en termes de :

 Délai imparti pour procéder aux formalités de publicité : il a été jugé que la décision
des

 Associés doit être publiée à bref délai, dans la mesure où cette publicité a pour
vocation

 Essentielle de protéger les intérêts des créanciers sociaux (T. corr. Paris, 20 nov. 1981),

 D’obligation de publication de la décision des associés ou actionnaires : même si la


situation a été régularisée avant l’assemblée générale, cette décision doit être publiée
(Rép. Icart, AN 7 fév. 1970, p. 319, n° 9331, Rép. Vannson, AN 28 nov. 2006 p.
12512, n° 104752)

N.B. : Il y a d’autres cas de dissolution anticipée de la société anonyme, mais ceux la


ne sont pas sanctionnes pénalement. Il en est ainsi :
 De la dissolution anticipée décidée par l'assemblée générale extraordinaire comme c’est
prévu par l article 356 de la loi 17-95 ;
 De la dissolution anticipée décidée en justice à la demande de tout intéressé si le nombre
des actionnaires est réduit à moins de cinq depuis plus d'un an comme le stipule l’article
358 de la loi 17-95 ;
 Et enfin de la dissolution anticipée décidée quand la réduction du capital aboutit à un
montant inférieur à 3.000.000 DH si la société fait publiquement appel à l'épargne et
300.000 DH dans le cas des autres sociétés anonymes.
À côté de ces causes de dissolution, il existe des causes de dissolution spécifiques à la
société anonyme.

7http://www.tendancedroit.fr

8|Page
 La première est celle tirée de l’insuffisance du montant du capital. La société peut en
effet être dissoute lorsque le capital social devient inférieur au minimum légal, soit à
un montant de 10.000.000 francs CFA.

 La seconde est celle tirée de la perte partielle du capital social 103. Cette perte, pour
entrainer la dissolution de la société, doit être de moitié. Le conseil d’administration
ou, le cas échéant, l’administrateur général est tenu, dans les quatre mois de
l’approbation des comptes ayant fait apparaître cette perte, de convoquer l’assemblée
générale extraordinaire en vue de décider de la dissolution anticipée de la société.

Si les actionnaires refusent de prendre une décision en ce sens, les capitaux propres
doivent être constitués à concurrence d’une valeur au moins égale à la moitié du capital de la
société, et ce, au plus tard avant la clôture du deuxième exercice suivant celui au cours duquel
les pertes ont été constatées. A défaut, la société doit, dans le même délai, réduire le capital
social d’un montant correspondant au moins à celui des pertes subies qui n’ont pu être
imputées sur les réserves.

Lorsque l’assemblée générale extraordinaire n’a pas pu être convoquée ou n’a pas pu
délibéré valablement sur la dernière convocation, tout intéressé est en droit de solliciter en
justice la dissolution de la société.8

8http://www.actualitesdroitohada.com/droit-des-societes/societe-anonyme---sa

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Chapitre II : Les infractions liées à la liquidation des sociétés
anonymes et leurs sanctions

La dissolution, qui met un terme à l’existence de la société, est une opération complexe, non
seulement dans son déroulement, mais encore dans sa survenance car les causes en sont
nombreuses. l’intervention du droit pénal est ici déséquilibré : ponctuelle quant aux causes
puisqu’elle n’a lieu que pour l’une d’entre elles, elle devient systématiquement pour la suite
obligée de la dissolution qu’est la liquidation ainsi à régler le passif en vue d’un éventuel
partage entre les associés.9

La liquidation de la société anonyme comme toutes les sociétés commerciales, est relative a
plusieurs infractions qui sont susceptibles d’être commises à l’occasion de la dissolution de la
société est plus loin sa liquidation, ainsi ce sont des infractions qui sont surtout relatives au
missions confiées au liquidateur par la loi. Ce sont des infractions qui sont réglementés par la
loi n° 17-95 ainsi modifié par la loi n°20-05 dans ses articles 421 à 424, ainsi et pour les
autres sociétés commerciales la loi applicable c’est la loi n° 5-96.

En revanche, le chef d’entreprise quant à lui participe directement ou non à l’infraction, il doit
endosser la responsabilité lorsqu’il y a infraction pénale au sein de l’entreprise. Les peines
pour ces infractions sont réglées par le paiement d’une amende, voire l’emprisonnement si la
gravité est importante. Toutefois, il y a des situations où le dirigeant peut se libérer de cette
responsabilité. On peut citer à titre d’exemple le cas d’une infraction qui a été faite sans son
approbation ou sans son influence. Par ailleurs, Il se libère également de ses responsabilités
lorsqu’il délègue son autorité à une personne. Mais cette condition n’est valable que pour les
grandes entreprises.

Raison pour laquelle on va entamer lors de ce deuxième chapitre deux sections


fondamentales, à savoir le défaut de publication de l’acte nommant le liquidateur (section1),
et enfin le défaut de convocation des actionnaires en fin de liquidation ou défaut de dépôt des
comptes au greffe du tribunal (section 2).

Section1 : défaut de publication de l’acte nommant le liquidateur.


9 Droit pénal des affaires ,2éme édition ,WilfridJeandidier ,page320 .

10 | P a g e
Le liquidateur est responsable, civilement et pénalement, tant à
l'égard des tiers que de la société, des conséquences dommageables des
fautes qu'il pourrait commettre dans l'exercice de ses fonctions.

Le non publication de l’acte de nomination du liquidateur et de la


décision de la dissolution engendre automatiquement sa responsabilité.

Comme toute infraction, l’infraction de défaut de publicité comporte un


élément matériel et moral.

En ce qui concerne l’élément matériel : le liquidateur d'une société qui en


toute connaissance de cause n'aura pas dans la délai de trente jours de sa nomination publié
dans la journal d'annonce légal est en outre ,a bulletin officiel ,si la société a fait public à
l'épargne ;l'acte le nommant le liquidateur est procédé au dépôt au greffe du tribunal et a
l'inscription au registre de commerce des décisions prononçant la dissolution.

En effet les dispositions de l'article 421 se référent a l'article 363 qui prévoit la publication de
l'acte de nomination du liquidateur et qui doit comporter obligatoirement certains indications
telles que la dénomination de société , sa norme , suivie de la mention en liquidation , la cause
de liquidation ,les prénoms ,noms et domicile du liquidateur ,le cas échéants ,des limitations a
porté a leur pouvoir ,le lieu ou la correspondance doit être adressé et celui où les actes et
document concernant la liquidation doit être notifiés ,le tribunal au greffe duquel sera effectué
en annexe au registre de commerce ,le dépôt des actes et pièces relative a la liquidation.

Quant au élément moral , le liquidateur en mission doit intentionnellement omettre


cette formalité de publication de l’acte de sa nomination.

En revanche parlant de la sanction ; c’est l’article 421 de la loi n°17-95 modifié et


complété par la loi 20-05, qui est applicable ,ainsi il puni d’un emprisonnement de 1 à 3 mois
et / ou d’une amende de 5000 à 25000dh le liquidateur d’une société qui n'aura pas dans la
délai de trente jours de sa nomination publié dans la journal d'annonce légal est en outre ,a
bulletin officiel ,si la société a fait public à l'épargne ;l'acte le nommant le liquidateur est
procédé au dépôt au greffe du tribunal et a l'inscription au registre de commerce des décisions
prononçant la dissolution.

Par ailleurs en se référant à la législation française ,on trouve que les dispositions de
cet article 421 sont les mêmes, ainsi selon l’article 486 de la loi 1966 ,prévoit la publication
de l’acte de nomination du liquidateur , lequel acte devant comporter obligatoirement un

11 | P a g e
certain nombre d’indication , tels que la dénomination de la sociéte , sa forme ,suivie de la
mention en liquidation, la cause de la liquidation ,le prénoms, noms et domicile de liquidateur
,le cas échéants les limitations apporter a leur pouvoirs ,le lieu ou la correspondance doit être
adresser ,et celui où les actes et documents concernant la liquidation doivent être notifiés , le
tribunal au greffe duquel sera effectué ,

Et pour le code de commerce, cette infraction est puni de six mois d’emprisonnement
ainsi que d’une amende de 9000 euros, pour le liquidateur d’une sociéte ,qui n’a pas publier
dans le délai d’un mois sa nomination.

Sans oublier qu’une amende de cinquième classe est prévue comme sanction de non respect
de cette obligation.

Nous constatons alors par application de ces deux articles, qu’il n’existe pas une
nuance entre la législation marocaine par rapport à la législation française, du coup que le
défaut de publication de l’acte nommant le liquidateur constitue ainsi une infraction qui peut
perturber la marche de la société anonyme et conduit par conséquent a sa liquidation. Sans
oublier bien entendue que les sanctionnes prévues semblent ainsi excessives par rapport à
l’importance des infractions.

Section2 : défaut de convocation des actionnaires en fin de liquidation ou


défaut de dépôt des comptes au greffe du tribunal.

L’absence de dépôt des comptes annuels peut être interprétée comme le signe de leur
inexistence ou de mauvais résultats. Dès lors, cela risque de pénaliser la cotation de
l’entreprise, ainsi en cas de non dépôt des comptes annuels, le président du tribunal de
commerce peut enjoindre le ou les dirigeant(s) à déposer ses comptes sous peine d'astreinte et
des poursuites pénales peuvent être engagées10.

Avant de traiter les sanctionnes ainsi liées à cette infraction, on va entamer d’abord
l’élément matériel et moral de cette infraction :

10 Traité de droit pénal des affaires, Robert Jean , page 120.

12 | P a g e
Pour ce qui est de l’élément matériel, le liquidateur sera sanctionné d’abord si n'aura pas
convoqué les actionnaires, en fin de liquidation pour statuer sur le compte définitif ,sur le
quitus de sa gestion et la décharge de son mandat et pour constater la clôture de la liquidation.

Ainsi a défaut de cette convocation, tout actionnaire peut demander au président du


tribunal, statuant en référé, la désignation d’un mandataire charger de procéder à la
convocation et pour le liquidateur il reste exposé aux sanctionnes prévues.
Ensuite, si n’aura pas déposé ses comptes au greffe du tribunal, ni demander en justice
l’approbation de ceux-ci.

Concernant l’élément moral ; c’est le cas ainsi précité dans la première infraction, le
liquidateur en mission doit intentionnellement omettre cette formalité de convoquer les
actionnaires.
En annexe au registre de commerce, le dépôt des actes et pièces relatives a la liquidation.11

Parlant en de la sanction ; La loi n°17-95 relative aux sociétés anonymes( modifié et


complété par la loi20-05) et par application de l’article 421 (complété par la loi n° 20-05
promulguée par le dahir n° 1-08-18 du 23 mai 2008) ; se ra puni d’emprisonnement de 1 à 3
mois pourra ,en outre être prononcé , si le liquidateur d’une société n’a pas convoqué les
actionnaires en fin de liquidation pour statuer sur le compte définitif ,sur le quitus de sa
gestion et de la décharge de son mandat ,pour constater la clôture de la liquidation ou n’a pas
dans le cas prévu à l’article 369 déposer ses comptes au greffe du tribunal, ni demandé en
justice l’approbation de ceux-ci12.

Le même article puni d’une amende de 5000 à 25000dh le liquidateur qui ;


-N’aura pas convoqué les actionnaires en fin de liquidation pour statuer sur le compte
définitif, sur le quitus de sa gestion et de la décharge de son mandat.

Par ailleurs le droit français quant à lui ,puni le liquidateur qui n’aura pas convoqué les
associés ,en fin de liquidation pour statuer sur le compte définitif ,sur le quitus de sa gestion et
la décharge de son mandat , et pour constater la clôture de l’instruction sera puni d’un
emprisonnement de six mois et d’une amende de 9000euros.
11 Droit pénal des affaires ,2éme édition ,WilfridJeandidier ,page 322.

12 DAHIR N°1-96-124 portant promulgation de la loi 17-95 modifié et complété par la loi 78-12 la loi et 20-05
relative aux sociétés anonymes.

13 | P a g e
Chapitre III : les infractions liées aux causes amenant à la
liquidation

14 | P a g e
Ces infractions sont toutes liées aux missions confiées au liquidateur par la loi et les
statuts de la société.
Elles sont prévues par les articles 421 à 424 de la loi n° 17-95 et sont applicables en
vertu de l’article 105 de la loi n° 5-96 relative aux autres sociétés commerciales.

Il s’agira alors de :

Section 1 : Les abus des pouvoirs des liquidateurs

 Abus de biens sociaux et du crédit de la société par le liquidateur :

L’article 423 de la loi 17-95 punit d’un emprisonnement de un à six ans et ou d’une
amende de 8000 à 40000 dirhams, le liquidateur qui, de mauvaise foi :
1) aura fait des biens ou du crédit de la société en liquidation, un usage qu’il
savait contraire à l’intérêt économique de celle-ci, à des fins personnelles ou
pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle il était intéressé
directement ou indirectement.

Le législateur reprend ici la même formule utilisée à l’article 384(3) pour qualifier
l’infraction d’abus de biens sociaux ou de crédit de la société, mais en l’adaptant à la société

en liquidation.commerciales

Or la loi n° 66 -537 du 24 juillet 1966 sur les sociétés commerciales punit d’un
emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 9000 euros, le liquidateur qui aura, de
mauvaise foi, accompli certains actes relatifs à l’usage ou à la dévolution du patrimoine social.

 Cession illégale de l’actif de la société en liquidation :

Le même article 423(2) punit des mêmes sanctions le liquidateur qui de mauvaise foi,
aura cédé tout ou partie de l’actif de la société en liquidation, contrairement aux dispositions
de articles 365 et 366.

L’article 365 dispose que, sauf consentement unanime des actionnaires, la cession des
actionnaires, la cession de tout ou partie de l’actif de la société en liquidation à une personne

15 | P a g e
ayant eu dans cette société la qualité d’administrateur, de membre de directoire ou de conseil
de surveillance, de directeur général ou de commissaire aux comptes dument entendus.

Quant a l’article 366, il interdit toute cession de tout ou partie de l’actif de la société
en liquidation au liquidateur ou à ses employés, à leurs conjoints, parents ou alliés jusqu’au 2°
degré, même en cas de démission du liquidateur.

Signalons que l’infraction est constituée dès le moment ou ces cessions illégales sont
réalisées par le liquidateur.

La même punition que celle prévue en cas d’abus de biens sociaux de la société dans les
cessions d’actifs interdites

Le code de commerce punit le liquidateur qui aura cédé tout ou partie de l’actif de la société
en liquidation.

Le législateur a interdit la cession de tout ou partie de l’actif au liquidateur ou à ses employés


ou à leurs conjoints, ascendants ou descendants.

La confusion d’intérêts pourrait conduire à des fraudes et à des minorations de la valeur des
éléments d’actif cédés au liquidateur ou à ses préposés.

Section 2 :Cession illégale de l’actif de la société en liquidation et

aux manquement l’obligation prévue par le DOC :

16 | P a g e
 Répartition de l’actif social entre les actionnaires, avant
l’apurement du passif ou défaut de répartition des capitaux
subsistants :

Selon l’article 424, est passible d’emprisonnement de un à 6 mois et ou d’une amende


de 4000 à 20000 dirhams, tout liquidateur :
- Qui procède à la répartition de l’actif social entre les actionnaires, avant l’apurement du
passif social, ou avant la constitution des réserves suffisantes pour en assurer le règlement ;
- Qui, sauf clause contraire des statuts, ne partage pas les capitaux subsistants, après
remboursement du nominal des actions, entre les actionnaires, dans la même proportion que
leur participation au capital social.

L’article 422 punit le liquidateur qui aura manqué aux obligations que lui imposent les
dispositions du dahir du 12 août 1913 formant code des obligations et des contrats et celles de
la 15-95 en ce qui concerne l’inventaire, l’établissement des états de synthèse, la tenue des
assemblées, l’information des actionnaires et la conservation des fonds et des documents
sociaux..
Concernant le dahir du 12 août 1913, il régit dans son titre 7, certains aspects de la
liquidation de la société.
Ainsi il résulte des dispositions dudit chapitre que :
1. Dès son entrée en fonctions, le liquidateur, qu’il soit judiciaire ou non, est tenu de dresser
conjointement avec les administrateurs de la société, l’inventaire et le bilan actif et passif de
la société, qui est souscrit par les uns et les autres.
2. Il doit recevoir et conserver les livres, les documents et les valeurs de la société qui lui
seront remis par les administrateurs, prendre note, en forme de journal et par ordre de date, de
toutes les opérations relatives à la liquidation, selon les règles de comptabilité usitées dans le
commerce, et garder tous les documents justificatifs et autres preuves relatifs à cette
liquidation. Art 1069 DOC.
2. Le liquidateur est tenu de fournir aux communistes ou associés, à toute requête, des
renseignements complets sur l’état de liquidation et de mettre à leur dispositions les registres
et documents relatifs à ces dispositions. Art 1077 du DOC.

17 | P a g e
3. le liquidateur est tenu de toutes les obligations du mandataire salarié, en ce qui concerne la
reddition de ses comptes et la restitution de ce qu’il a touché à l’occasion de son mandat. Il
doit, à la fin de la liquidation, dresser un inventaire et un bilan actif et passif, résumant toutes
les opérations par lui accomplies et la situation définitive qui en résulte. Art 1087 du DOC.
4. Après la fin de la liquidation et la remise des comptes, les livres, papiers et documents de la
société dissoute sont déposés par le liquidateur au secrétariat du tribunal ou autre lieu sur qui
lui est désigné par le tribunal si les intéressés ne lui indiquent, à la majorité, la personne à
laquelle il remettra ce dépôt. Ils doivent y être conservés pendant quinze ans à partir de la date
du dépôt.
Les intéressés et leurs héritiers et ayants cause, de même que les liquidateurs ont
toujours le droit de consulter les documents, de les compulser, d’en prendre copie, même
notariée. Art 1081 du DOC.

 Manquement aux obligations prévues par le DOC :

L’article 422 punit d’un emprisonnement de un à 3 mois et ou d’une amende de 5.000


à 25.000 DH, le liquidateur qui, sciemment, aura manqué aux obligations que lui imposent les
dispositions du dahir du 12 août 1913 formant code des obligations et des contrats et celles de
la 15-95 en ce qui concerne l’inventaire, l’établissement des états de synthèse, la tenue des
assemblées, l’information des actionnaires et la conservation des fonds et des documents
sociaux..

Concernant le dahir du 12 août 1913, il régit dans son titre 7, certains aspects de la
liquidation de la société.
Ainsi il résulte des dispositions dudit chapitre que :
1. Dès son entrée en fonctions, le liquidateur, qu’il soit judiciaire ou non, est tenu de
dresser conjointement avec les administrateurs de la société, l’inventaire et le bilan actif et
passif de la société, qui est souscrit par les uns et les autres.

2. Il doit recevoir et conserver les livres, les documents et les valeurs de la société qui
lui seront remis par les administrateurs, prendre note, en forme de journal et par ordre de date,
de toutes les opérations relatives à la liquidation, selon les règles de comptabilité usitées dans
le commerce, et garder tous les documents justificatifs et autres preuves relatifs à cette
liquidation. Art 1069 DOC.

18 | P a g e
2. Le liquidateur est tenu de fournir aux communistes ou associés, à toute requête, des
renseignements complets sur l’état de liquidation et de mettre à leur dispositions les registres
et documents relatifs à ces dispositions. Art 1077 du DOC.

3. le liquidateur est tenu de toutes les obligations du mandataire salarié, en ce qui


concerne la reddition de ses comptes et la restitution de ce qu’il a touché à l’occasion de son
mandat. Il doit, à la fin de la liquidation, dresser un inventaire et un bilan actif et passif,
résumant toutes les opérations par lui accomplies et la situation définitive qui en résulte. Art
1087 du DOC.

4. Après la fin de la liquidation et la remise des comptes, les livres, papiers et


documents de la société dissoute sont déposés par le liquidateur au secrétariat du tribunal ou
autre lieu sur qui lui est désigné par le tribunal si les intéressés ne lui indiquent, à la majorité,
la personne à laquelle il remettra ce dépôt. Ils doivent y être conservés pendant quinze ans à
partir de la date du dépôt.

Les intéressés et leurs héritiers et ayants cause, de même que les liquidateurs ont
toujours le droit de consulter les documents, de les compulser, d’en prendre copie, même
notariée. Art 1081 du DOC.

Conclusion

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Le droit pénal des affaires a pris, ces dernières décennies, une place croissante dans le
champ pénal et dans la vie des entreprises. Ces infractions sont très largement occultes
protégées par l’écran de la personnalité morale ou plus largement par l’ombre de la vie des
affaires, par le secret et de protéger les rapports individuels dans le cadre des relations
d’affaires en assortissant de sanctions pénales, notamment, les règles encadrant la naissance,
la vie et la mort des sociétés commerciales ou les transactions financières et commerciales
ainsi renforcer le caractère contraignant des normes qui réglementent l’activité économique
dans des domaines aussi variés que les droits, fiscal, social, comptable, environnemental, de la
vie privée, financier ou de la libre et loyale concurrence.

Au Maroc comme partout dans le monde ces infractions existaient et existeront


toujours, tant que la culture d’éthique professionnelle ne s’installe dans la scène des affaires et
tant que l’intérêt social est toujours empiété par des pratiques qui alimentent un intérêt privé
égoïste. En même, la répression des délits au Maroc, semble ne pas atteinte encore sa
maturité juridique ; elle reste toutefois théorique et loin de dissuader les auteurs d’utiliser ces
agissements illicites.

Bibliographie :

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 DAHIR FORMANT CODE DES OBLIGATIONS ET DES CONTRATS.

 DAHIR N° 1-96-124 (14 RABII II 1417) PORTANT PROMULGATION DE LA


LOI N° 17-95 RELATIVE AUX SOCIETES ANONYMES (Modifié et complété
par les lois 81-99, 23-01, 20-05, 78-12).
 Code de Commerce.
 Droit pénal des affaires ,2éme édition ,WilfridJeandidier.
 Traité de droit pénal des affaires, Robert Jean.
 https://www.lgdj.fr/themes/droit-15/droit-penal-procedure-penale-1516/droit-penal-des-
affaires-151640.html ; consulté le 15-11-18 à 19 :00h
 https://guichet.public.lu ; consulté le 15-11-18 à 20 :00h
 http://www.actualitesdroitohada.com/droit-des-societes/societe-anonyme---sa ; consulté le 17-
11-18 à 18 :00h

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