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Univ.

Nice Sophia Antipolis - 1ère année Licence Portail SF - Sem 2 2014-15


Analyse II - Chapitre 2

Séries numériques

Définition 0.1 Soit (un )n2N une suite de réels ou de complexes. On appelle série de terme général
X n
X
un , que l’on note un , la suite des sommes partielles (Sn )n2N , où pour tout n 2 N, Sn = uk .
k=0

1 Nature d’une série


1.1 Convergence
X
Définition 1.1 On dit que la série un converge si et seulement s’il y a convergence de la suite des
Xn +1
X
sommes partielles Sn = uk . On définit alors la somme S de la série par S = un := lim Sn .
n!+1
k=0 n=0

Attention :
Une somme de série est une limite, on ne peut l’introduire que si l’on sait que la série converge.
Ne pas confondre série et somme infinie : cela équivaudrait à confondre une suite avec son éventuelle
limite.
X
Proposition 1.2 Si la série un converge alors la suite (un ) converge vers 0.
X X
Proposition 1.3 Si les séries un et vn convergent alors pour tout 2 C,
X X
les séries ( un ) et (un + vn ) convergent et on a :

+1
X +1
X +1
X +1
X +1
X
( un ) = un et (un + vn ) = un + vn .
n=0 n=0 n=0 n=0 n=0

Proposition 1.4 Soit une suite (unX )n de complexes. Pour tout n, notonsX an et X
bn la partie réelle et
la partie imaginaire de un . La série un converge ssi les deux séries an et bn convergent. Si
cela est le cas, alors on a
+1
X +1
X +1
X
un = an + i bn .
n=0 n=0 n=0
X X
Proposition 1.5 Si les séries un et vn , de termes généraux réels, convergent et si un  vn
+1
X +1
X
8n 2 N, alors un  vn .
n=0 n=0

1.2 Absolue convergence


X
Définition 1.6 On dit que la série un est absolument convergente si et seulement si la série à
X
termes réels positifs | un | converge.
X
Théorème 1.7 Si la série un est absolument convergente alors elle converge. De plus on a le
+1
X +1
X
critère de Cauchy: | un | | un |.
n=0 n=0
Remarque 1.8 a) Attention : la réciproque est fausse (la série de terme général ( 1)n /n).
b) Pour une série à termes réels positifs, l’absolue convergence équivaut à la convergence. Plus
généralement pour une série réelle à terme de signe constant à partir d’un certain rang, l’absolue
convergence équivaut à la convergence.

1.3 Convergences de référence


Théorème 1.9 . P n
a) Série géométrique : Si |q| < 1 alors la série q est absolument convergente et divergente sinon.
+1
X 1
Si |q| < 1, alors la somme qn = .
1 q
n=0
X 1
b) Série de Riemann : Si ↵ > 1 alors la série est convergente et divergente sinon.
n↵
n 1
X 1
c) Série de Bertrand : Si ↵ > 1 ou (↵ = 1 et > 1) alors la série est convergente et
n↵ (ln n)
n 2
divergente sinon.
+1
X 1
d) Série exponentielle : = e.
n!
n=0

1.4 Reste d’une série


+1
X
P
Définition 1.10 Le reste de rang n d’une série convergente un est la somme Rn = uk .
k=n+1

Attention : On ne peut introduire le reste d’une série qu’après en avoir vérifié sa convergence.
P
Proposition 1.11 Soit un une série convergente. Alors la suite (Rn ) ! 0 et
+1
X n
X +1
X
u k = Sn + R n = uk + uk .
k=0 k=0 k=n+1

2 Obtenir la nature d’une série


2.1 Justifier une convergence ou une absolue convergence
Théorème 2.1 Si |un | | vnP| à partir d’un certain rang (respectivement un =
P O(vn ), un = o(vn )
ou un ⇠ vn ) et si la série vn est absolument convergente, alors la série un est absolument
convergente.

Remarque 2.2 Ce résultat se transpose aux séries à termes positifs :


Supposons que 0  vn  un 8n 2 N
a) P P
Si P vn est une série divergente alors la série P un diverge.
Si un est une série convergente alors la série vnPconverge.
P
b) Si un ⇠ vn , alors les deux séries à termes positifs un et vn sont de même nature.

C
En pratique. Supposons que un ⇠ ↵ avec C 6= 0.
P n P
Si ↵ > 1, alors la série un est absolumentPconvergente et si ↵  1, alors la série un est divergente.
S’il existe ↵ > 1 vérifiant n↵ un ! 0 alors un est absolument convergente car un = o(1/n↵ ) (plus ↵
est proche de 1+, plus ce critère est fin).
Critère de Cauchy :PSupposons que |un |1/n ! l.
Si l < 1, alors la série P un est absolument convergente,
Si l > 1, alors la série un est divergente.
Si l = 1, alors on ne peut pas conclure sur le convergence, sur l’absolue convergence ou la divergence
éventuelles (considérer les séries de termes généraux respectifs: 1/n, ( 1)n /n, 1/n2 ).
un+1
Critère de d’Alembert : Supposons que un soit non nul à partir d’un certain rang et que | | ! l.
P un
Si l < 1, alors la série P un est absolument convergente,
Si l > 1, alors la série un est divergente.
Si l = 1, alors on ne peut pas conclure sur le convergence, sur l’absolue convergence ou la divergence
éventuelles.

Théorème 2.3 (Théorème d’Abel.) Soient deux suites (an )n et (bn )n telles que :
(i) la suite (an )n est une suite décroissante de réels positifs, tendant vers 0, P
(ii) lesPsommes partielles de la suite (bn )n sont bornées : 9M > 0, 8n 2 N, | nk=0 bk | M . Alors la
série an bn converge.
P
Corollaire 2.4 (Critère de Liebniz des séries alternées.) Si la série un est alternée (càd si
la suite (un ) est alternée : 8n 2 N un = P( 1) | un |, ou bien 8n 2 N un = ( 1)
n n 1 | u |) et si la
n
suite (|un |) décroı̂t vers 0 alors la série un converge.
Dans ce cas on a aussi : |Rn |  |un+1 | et Rn est du signe de un+1 .

3 Applications
3.1 Suite numérique
P
Théorème 3.1 Le suite (un ) et la série (un+1 un ) sont de même nature.

3.2 Comparaison avec une intégrale


R n+1
Pour une fonction f monotone, on peut comparer f (n) et n f (t)dt.
En pratique cela peut permettre de faire le lien entre la convergence d’une série numérique et la
convergence d’une intégrale généralisée :
P
ThéorèmeR 3.2 Soit f : [0, +1[! R continue, décroissante et positive. Alors la série f (n) et
+1
l’intégrale 0 f (t)dt sont de même nature.

4 Erreurs à éviter
- Justifier la convergence d’une série en étudiant son reste : on ne peut introduire le reste qu’une fois
la convergence obtenue.
- Exploiter les
P critères d’absolue Pconvergence en terme de convergence seule : il est faux d’écrire :
“un ⇠ vn et vn converge alors un converge.”
- Remplacer l’hypothèse (|un |) décroı̂t du critère des séries alternées par l’un des arguments fallacieux
: “|un | ! 0” ou “ |un | ⇠ vn et (vn ) décroı̂t “.
- Exploiter laPrègle de d’Alembert
P P l’hypothèse |un+1 /un | ! 1 .
avec
- Exploiter “ (un + vn ) = un + vn “ sans vérifier la convergence des deux dernières séries. Plus
généralement, on doit argumenter la convergence de chaque somme infinie introduite.