Vous êtes sur la page 1sur 29

La logistique et l’aménagement

du territoire

Logistique et Management des opérations à l’international

Encadré par :

- Mme. Aicha OUAZZANI


Réalisé par :
Saad Mandil
Mohamed Hamza kassi
Abdel.Majid khachni
Introduction :

En ce début de XXI siècle, le Maroc est confronté à de nombreux défis en


matière de développement économique et de progrès humain. Notre
royaume s’est lancé dans une démarche très volontariste d’insertion dans
le nouveau contexte de la mondialisation en cherchant les bases d’une
nouvelle compétitivité, Cette situation et cette volonté sont porteuses de
fortes évolutions bouleversement et perturbations pour la société et
l’économie marocaine, qui fonctionne encore largement selon des
modalités et des critères traditionnels souvent loin des standards
mondiaux.

C’est particulièrement le cas pour la logistique qui a émergé comme une


variable clé et un outil du développement économique, de la compétitivité
des firmes, mais aussi un progrès social et du développement territorial.

Le Maroc s’est inscrit ces dernières années dans cette perspective en


accordant une importance incontournable à la logistique en la considérant
comme un défi majeur des politiques publiques en vue de rendre le
territoire bien aménagé et bien équipé et donc attractif. C’est dans ce
cadre que la régionalisation avancée et les politiques de développement
visent à lutter contre les inégalités régionales et à faire bénéficier les
régions des avantages concurrentiels issus d’une logistique performante et
un meilleur assainissement des territoires afin de réaliser un
développement durable. De ce fait, la question qui nous interpelle est la
suivante :
En prenant en considération le cas de l’économie marocaine,
comment la logistique territoriale peut-elle considérer comme
facteur d’aménagement du territoire et d’attractivité des IDE ?
Plan :
AXEI : Cadre générale sur la logistique et l’aménagement du
territoire
Section 1 : La logistique : Cadre générale et historique
Section 2 : l’Aménagement du territoire : définition et objet
2
AXE2 : : La logistique : facteur clé de l’aménagement du
territoire et l’attractivité des IDE
Section 1 : la logistique comme un levier de développement du
territoire

Section 2 : La logistique comme facteur clé de l’attractivité des


.IDE au Maroc

AXE3 : Les enjeux et les stratégies de la logistique territoriale

Section 1 : Les enjeux de la logistique territoriale

Section 2 : les stratégies mise en oeuvre pour le


développement du secteur logistique

Section 3 : Le cas de la région Fés-Méknes

Conclusion

AXE I : Cadre Général et historique de la


logistique et d’aménagement du territoire

SECTION 1 : la logistique : Définitions et Origine


1- Origine :

3
le terme « logistique» provient du grec « logistikos » , ce qui est «relatif
à l’art du raisonnement ». Le terme « logistique» trouve ensuite son
origine dans le milieu militaire et provient du grade d’un officier en
charge du « logis » des troupes, lors du combat. La logistique est issue du
génie militaire, responsable de l’approvisionnement des troupes afin
qu’elles conservent leurs capacités opérationnelles dans la durée. Les deux
métiers de base de la logistique sont donc la gestion des stocks de
marchandises et d’armes puis leur transport. Logistique signifie avant
tout administrer.
L’institution militaire a utilisé ce terme pour définir l’activité qui réussit à
combiner deux facteurs nécessaires dans la gestion des flux : l’espace et le
temps. La logistique a donc été un sujet de réflexion intensif pour les
grands chefs militaires.

2- Définitions :.

Définition 1 :

La première définition, qui date de 1948, a été formulé par le comité des
définitions de l’Américan Marketing Association : « La logistique
concerne le mouvement et la manutention de marchandises du point de
production au point de consommation ou d’utilisation ».

Définition 2 :

En 1962, le NCPDM (National Concil of Physical Distribution


Management ) a cité que La logistique est l’ensemble technique de
contrôle et de gestion des flux des matières et des produits depuis leur
source d’approvisionnement jusqu’à leur point de consommation ». Cette
définition englobe clairement les flux d’approvisionnement et l’aspect de
la gestion dans la logistique.

Définition 3 :

Pour l’ASsociation des LOGisticiens d’entreprises (ASLOG), la


logistique est « l’ensemble des activités ayant pour but la mise en place,

4
au moindre coût, d’une quantité de produit, à l’endroit et au moment où
une demande existe.

Définition 4 :

The Charted L’Institute of Logistics and transport considére La


logistique comme le management stratégique des activités
d’approvisionnement, de production, de distribution, de transport, de
stockage, de recyclage et de gestion de l’information.

Définition 5 :

‘’Logistics Institute’’ définit la logistique comme suit : « La logistique est


un ensemble de fonctions relatives aux flux de marchandises,
d’informations et de paiement entre fournisseurs et clients depuis
l’acquisition des matières premières jusqu’au recyclage ou à la mise au
rebut des produits finis ». Par rapport à d’autre définitions, il insiste
clairement sur les flux des informations et les flux financières.

Définition 6 :

La définition actuelle du « Concil of Logistics Management » est la


suivante : la logistique est une partie des activités d’une chaîne
logistique (supply chain). Elle concerne la planification, l’exécution et le
contrôle du flux efficient du stockage de produits, de la gestion de
l’information relative à ces fonctions du point d’origine au point de
consommation pour satisfaire les besoins des clients ».

La logistique représente donc l'ensemble des opérations qui permettent de


mettre à disposition la bonne quantité et qualité de produits au bon
moment à moindre coût là où une demande existe.

SECTION 2 : l’Aménagement du territoire


De plus en plus souvent évoquée comme condition de développement
économique dans un monde totalement ouvert, l’attractivité du territoire
est une notion qui souffre de l’imprécision de sa définition

1- Aménagement :

5
Aménager : Disposer, modifier, transformer, organiser un espace pour
assurer une fonction, permettre un usage donné, améliorer une
fonctionnalité ou un cadre de vie. Restructurer un espace en exploitant les
atouts afin d’assurer le bien-être du groupe social. On pourrait dire que
aménager c’est restructurer et réorganiser le territoire.

L’aménagement correspond à une volonté, notamment collective, de


corriger les Déséquilibres d’un espace, local, régional, national.

2- Territoire
Le terme territoire provient du latin territorium, lui-même dérivé de terra
« la terre » Il signifie « morceau de terre appropriée ». Il a donné
naissance au mot « terroir » et territoire Pour Maryvonne Le Berre 1, « Le
territoire peut être défini comme la portion de la surface terrestre,
appropriée par un groupe social pour assurer sa reproduction et la
satisfaction de ses besoins vitaux.

Le territoire est la portion de surface terrestre appartenant à une ville,


une province, une région, un pays, etc. ... La notion de territoire national
concerne donc la portion de surface qui appartient à un pays en particulier
et sur laquelle un État exerce la souveraineté.
Espace géographique, souvent assimilé à un pays ou un Etat, caractérisé
par une économie commune. Exemple : Le territoire économique du Maroc
qui comporte les 12 régions.

3- L’aménagement du territoire

L’aménagement suppose la présence d’un territoire, d’une collectivité


exprimée par un pouvoir ou une autorité qui dirige l’action de
transformation et assure les arbitrages nécessaires.

L’aménagement du territoire est cette action volontaire, consciente,


programmée d’une collectivité sur son territoire qui consiste à modifier,
rectifier, corriger, adapter et transformer un espace donné en vue d’un
objectif déterminé. Aménager une salle, un bureau, une chambre, une ville
ou une région….

1
Maryvonne LE BERRE, « Territoires », in Antoine BAILLY, Robert FERRAS, Denise
PUMAIN , Encyclopédie de géographie, Paris, Economica, 2016.

6
L’aménagement se définit toujours par rapport à un objectif bien clair. On
n’aménage pas sans une finalité précise.

L'aménagement du territoire désigne à la fois l’« Action d'une collectivité


sur son territoire, et le résultat de cette action. C’est l’action volontaire et
réfléchie d’une collectivité sur son territoire, soit au niveau local
(aménagement rural, urbain, local), soit au niveau régional (grands
aménagement régionaux, irrigations), soit au niveau national
(aménagement du territoire) ». C’est aussi le « résultat de cette action »

« On entend par aménagement du territoire, l’ensemble des choix, des


orientations et des procédures fixés à l’échelle nationale ou régionale pour
organiser l’utilisation de l’espace et même d’assurer notamment la
cohérence dans l’implication des grands projets d’infrastructures,
d’équipements publics et des agglomérations »2

La définition que donne Eugène Claudius-Petit 3de cette nouvelle politique


est la suivante :

« L’aménagement du territoire, c’est la recherche dans le cadre


géographique d’une meilleure répartition des hommes en fonction des
ressources naturelles et de l’activité économique »

Trois idées sont contenues dans cette définition :

 L’aménagement du territoire apparaît comme une exigence de


justice spatiale : la correction des disparités.
 L’aménagement du territoire apparaît aussi comme une exigence
économique en termes de croissance d’efficacité et de
développement.

 L’aménagement du territoire est une exigence technique qui introduit


l’idée d’une spécialisation fonctionnelle des territoires.

L'aménagement du territoire regroupe les actions menées par les pouvoirs


publics afin de favoriser le développement des régions formant le territoire
2
M. Foucault, Sécurité, territoire, population, Gallimard – le Seuil, collection, “ Hautes études ”, Paris, 2015

3
Eugéne Claudius – petit est un résistant et politicien français

7
national. Agissant sur une échelle plus vaste que la politique de la ville,
l'aménagement du territoire porte sur la disposition spatiale des hommes
et des activités.

1- Les objectifs de l'aménagement :

L’aménagement du territoire peut avoir des objectifs différents qu’il


faudrait associer pour en assurer la cohérence :

- mieux distribuer les activités et les populations sur le territoire,

- réduire les disparités,

- améliorer la performance globale ou celle de certains lieux

- Le développement : c’est la recherche d’un développement cohérent et


global des espaces en fonction des aptitudes et les données propres.

- L’équité : il s’agit d’assurer à chaque citoyen un cadre de vie respectable


en tant qu’être humain, citoyen, producteur, consommateur…

- L’éclairage à long terme afin de justifier les décisions et les actions à


entreprendre à court et moyen terme.

- L’amélioration des conditions de vie du citoyen en matière d’habitat,


emploi, Transport.

Pour un aménagement durable et équitable, il faut adopter une vraie


politique d’aménagement du territoire basée sur la justice sociale et
spatiale, la correction des disparités entre régions et assurer l’égalité des
territoires devant les services publics. Créer des territoires compétitifs,
générateur de richesse et de prévalue avec protection des ressources
naturelles, La politique d’aménagement du territoire doit faire face à
plusieurs contraintes : comme les déficits sociaux, l’analphabétisme, le
sous équipement du monde rural, la forte demande sociale en matière
d’emploi et logement, conséquence du notre poids démographique .

8
AXE II : La logistique : facteur clé de
l’aménagement du territoire et l’attractivité
des IDE
A l’ère d’une économie mondialisée et de la hyper- concurrence, les
entreprises industrielles se concentrent de plus en plus sur leur cœur
d’activité et externalisent les autres tâches qui sortent de leurs domaines
de compétence. La logistique, de par son poids dans la structure des coûts
des entreprises offre une opportunité d’optimisation pour les entreprise et
d’attractivité pour les territoires qui apparaît de plus en plus souvent dans
les prises de positions des pouvoirs publiques locaux et de leurs services
de développement pour expliciter et justifier des choix d’investissements,
d’accueil d’activités et de communication qui visent à accentuer le
développement d’une ville ou d’une agglomération.

Du fait que la territorialisation du développement contribue


incontestablement à la croissance économique des pays et dans un souci
d’asseoir les normes d’une économie soutenable, compétitive, puissante et
capable d’affronter les défis de la mondialisation, chaque Etat se trouve,
actuellement, dans l’obligation de développer ses territoires, les rendre
attractifs et ayant chacun des atouts susceptibles de les transformer en des
puissances économiques locales ou régionales œuvrant pour la qualité de
vie et le développement durable
A travers cette réflexion, Le déploiement des activités logistiques tient à
inscrire les territoires dans un contexte compétitif leurs permettant
d’acquérir un avantage concurrentiel, l’objectif principal étant
d’améliorer leur attractivité, leur intégration, leur compétitivité
international, L’urbanisme …etc.

SECTION 1 : La logistique comme levier de développement


du territoire
9
L’histoire de la méditerrané nous enseigne que le transport et la
logistique ont de tout temps constitué un outil de développement
économique et un facteur de structuration et de cohésion des territoires.
La logistique, outre qu’elle est un élément fondamental des stratégies des
entreprises ainsi qu’un vecteur de la mondialisation, devient un enjeu du
développement et de l’aménagement des territoires. La Logistique est une
question qui concerne et impacte fortement le territoire et ceux qui ont la
responsabilité, c’est-à-dire les décideurs publics.4
Les activités logistiques ne peuvent être comprises indépendamment du
territoire où elles prennent place, qu’il s’agisse des activités mobiles que
sont les opérations de transport ou des activités statiques renvoyant aux
activités d’entreposage, de stockage, de manutention etc. Si une littérature
foisonnante existe sur l’analyse des liens entre infrastructure de transport
et territoire.

Logistique et territoire : Quelle interaction ?


IL existe une interaction forte entre logistique et territoire. Peu de
travaux de recherche ont été menés sur cette question. Afin de saisir
l’inscription spatiale de la logistique, il convient de rappeler que la
logistique permet d’assurer la liaison opérationnelle entre la production et
la consommation. L’organisation du système productif dont elle est le
support. Les liens entre logistique et territoire peuvent par conséquence
être appréhendés à travers une analyse systémique des interactions entre
système logistique, système productif et territoire. Voir figure 1

4
Logistique et territoire : multiplicité des interactions et forces de régulation- Sophie Massona* et Romain
Petiot-2013
10
Source : colloque ASRDLF 2012

A. Interactions entre système productif et système logistique


Le déploiement spatial du système productif se matérialise par des flux de
produits et d’informations qui supposent la mise en œuvre de schémas
logistiques, Par ailleurs, la logistique et son organisation conditionnent
l’évolution des systèmes productifs
 Les conséquences logistiques des modifications
du système productif :

La logistique est le révélateur de la rationalité des stratégies


industrielles et commerciales. Le système logistique est conditionné
par l’organisation du système productif puisque le propre de la
logistique est de permettre la coordination de l’offre et de la
demande
 La logistique au cœur des mutations du système
productif :

11
Dans les restructurations du système productif, la logistique joue
un rôle croissante dans un contexte de compétition globale, la
logistique offre une opportunité d’améliorer l’efficacité des
systèmes productifs (Rodrigue, 2006). La spécialisation des
matériels d’exploitation du transport a permis une forte
augmentation des gains de productivité ainsi qu’une augmentation
des capacités autorisant une plus forte massification et permettant
ainsi une baisse du coût. Au total le système logistique est un
rouage essentiel du développement du système productif et la
mondialisation
B. Interactions entre système productif et territoire :
La Localisation des activités dépend des stratégies globales des industries
et distributeurs qui sont aujourd’hui de plus en plus intégrées
mondialement. Les localisations des activités façonnent ainsi le territoire
.En retour, le territoire contribuer également à configurer le système
productif.
 Impact du système productif sur l’organisation de l’espace
Le système productif aboutit à éclatement spatial et à une concentration
géographique des activités. L’internalisation des échanges se traduit par
un élargissement des aires de marché, Ce phénomène s’accompagne d’une
évolution des stratégies d’optimisation de l’implantation des sites
industriels au regard, notamment des coûts de production .Il engendrent
les mouvements de délocalisation, la transformation du système productif
conduit également à une polarisation des activités et à un processus de
métropolisation
 Les dynamiques spatiales du système productif
Les premières approches économiques concernant la localisation des
activités à l’instar des travaux de WEBER (1929), considéraient les choix
de localisation sous l’angle au triptyque (cout-distance-espace). La facilité
d’accès aux ressources, aux inputs et aux marchés est ainsi un facteur
déterminant de localisation des activités économiques
Aussi avec la forte amélioration des technologies des transports et des
technologies de l’information et de la communication induisant une baisse
des couts de transaction on aurait pu s’attendre à une répartition
spatialement plus uniforme des activités.

12
C. Les activités logistiques comme axe de développement
territorial
Au niveau mondial, on constate un éclatement international des chaînes
logistiques, désigné par Dornier et Fender (2007) par le terme
d’intégration géographique de la supply chain. La supply chain prend
ainsi une dimension organisationnelle qui couvre non seulement plusieurs
pays mais également un continent, voire le monde entier.
L’externalisation logistique et les prestataires logistiques jouent dans ce
cadre un rôle crucial comme levier d’expansion géographique, en
soutenant et en accompagnant les stratégies d’internationalisation des
producteurs et des distributeurs.
L’intégration géographique de la logistique pose la problématique de
l’efficacité de la gestion simultanée des interfaces spatialisées entre les
niveaux global et local. Il convient en effet que les organisations traitent
simultanément, d’une part, le pilotage des flux au niveau de plusieurs pays,
d’un continent ou au niveau mondial et, d’autre part, la distribution
capillaire vers le client final. Le challenge est de mettre en interface ces
deux dimensions géo-organisationnelles de la supply chain.
A cette stratification on peut distinguer deux types d’organisation
logistique territoriale5 :
- La Logistique endogène : fondée sur l’activité de production réalisée dans
le territoire et couvre l’activité de consommation au sein de ce territoire .
Elle repose sur l’articulation entre des sites logistiques locaux (usines,
magasins, plates-formes, entrepôts). L’enjeu territorial de la logistique
endogène est celui de la gestion du dernier kilomètre et recouvre le choix
de la localisation des sites, de leur concentration ou de leur dispersion. La
logistique endogène peut devenir un outil de développement du territoire.
Elle correspond à une logistique de proximité reposant sur des
organisations productives rayonnant sur des échelles géographiques
réduites.
- La logistique exogène : repose sur des besoins d’organisations logistiques
extérieurs au territoire local et rayonne sur une aire aux échelles
nationale, continentale ou intercontinentale. Elle est surtout la résultante
d’un positionnement géostratégique plus global. Elle correspond à une
5
Focus sur la logistique et les territoires PCIT TML, revue la logistique et les territoires juillet 2012
13
logistique géographiquement étendue s’appuyant sur des organisations
productives internationalisées.
SECTION 2 : La logistique comme facteur clé de
l’attractivité des IDE au Maroc

Dans un contexte qui a fondé le développement récent de l’économie sur


l’amélioration permanente des échanges et de l'’accessibilité territoriale,
l’ouverture des territoires sur le monde est devenue une priorité. Quelle
que soit l’issue de la crise, la mondialisation devrait rester le cadre de
référence du système économique, même si ses modalités risquent
d’évoluer fortement.
L’investissement direct étranger est toujours au centre de la
problématique de développement et croissance économique. Il occupe
désormais une place de choix dans la plupart des pays du monde du fait de
la convergence de deux préoccupations : celle des entreprises cherchant à
s’internationaliser et celle des gouvernements qui cherchent à attirer de
plus en plus de capitaux. De même pour les multinationales qui utilisent
les stratégies de L’IDE pour pénétrer les marchés étrangers.
Le Maroc, par ailleurs, s’est engagé dans un processus d’ouverture
économique à travers de nombreuses transformations structurelles
importantes confrontés par les politiques sectorielles mises en place et le
succès des métiers tournés vers l’international, notamment, les secteurs de
l’aéronautique, de l’électronique, et d’automobile.
De ce fait, le Maroc s’est lancé depuis le début des années 1990 vers une
série de réformes tant internes qu’externes constituant des atouts en
matière d’attractivité de l’investissement étranger, afin de tirer meilleur
profit des mutations du contexte économique international
Certes, le choix de la politique d’ouverture, de libération du commerce
extérieur et d’intégration dans une économie de marché, la politique
d’ajustement structurel et de stabilisation du cadre macro-économique
menée depuis 1983, l’adhésion aux accords du GATT en 1987et à l’OMC
en 1995, la signature des accords de partenariat avec les Etats-Unis,
l’Union européenne, certains pays arabes et africains, certains pays
asiatiques (la Chine, l’Inde), le renforcement de l’ancrage à l’Euro etc.

14
Un ensemble d'atouts font de la logistique au Maroc un secteur
prometteur et en pleine évolution, Ainsi que la position géographique du
Maroc au carrefour des échanges entre le Nord et le Sud, l'Est et l'Ouest
renforcent sa vocation logistique.
Donc l'expérience des entreprises logistiques étrangères qui ont développé
un savoir-faire et des liens commerciaux à l'international, sera
certainement d'un apport indéniable au développement du secteur de la
logistique au Maroc

AXE 3 : les enjeux d’une efficience logistique territoriale


et les stratégies mis en ouvre pour développer la
logistique au Maroc

Le Maroc est un pays ouvert sur le marché mondial et le secteur de la


logistique et du transport sont largement impliqués par cette évolution, Nous
constatons que la logistique est encore aujourd’hui peu prise en considération
dans l’aménagement territorial de la ville. Tandis que, la circulation des
citoyens et des marchandises est une activité essentielle du fonctionnement
territorial ; elle est tout à fait proche à un réseau urbain, au même titre que les
réseaux de transports publics, d’eaux potables et usées, télécoms, etc. La
logistique est avant tout un service participant directement au fonctionnement et
au dynamisme de la ville. Ensuite, le coût et la relative rareté du foncier urbain
découragent le maintien, et a fortiori l’implantation, d’activités logistiques ou
productives, celles-ci ne peuvent supporter des charges foncières (et/ou
locatives) élevées

15
Cette présente réflexion exige un nouveau cadre pour la gouvernance de
la logistique territoriale avec le nouveau zonage de la logistique au Maroc,
correspondant aux réalités actuelles et aux défis de l’avenir, pour répondre aux
préoccupations fondamentales des collectivités territoriales et de l’Etat
Marocaine. La logistique territoriale exige une vision prospective du système
productif, des sociétés publiques et privées et des territoires ; alors que les villes
se proposent d’avoir une lecture en étroite relation avec les mutations de
l’économie nationale et internationale.

Section 1 : les enjeux d’une efficience logistique


territoriale
1 - Construire la logistique territoriale de demain

Une réflexion sur la gouvernance territoriale se base sur les enseignements


qui ont fait l'offre de zonage, un essentiel volet de la gouvernance des pays, la
mission et les principes de la gouvernance sont par la suite proposés par
définition des objectifs en liaison avec les finalités plus globales de la
gouvernance, identification des trois thématiques clés et des autres échelles de
difficultés, mise en valeur de la méthode collaborative et partenariale et
identification des différents niveaux de gouvernance avec un tableau d’examen
particulier managérial. Le nouveau contenu de la gouvernance de la logistique
territoriale du pays, se distingue par « gouvernance économique » et une
gouvernance « de l'espace public », cette démarche amène finalement à offrir un
espace logistique optimal de gouvernance, qui permet en conclusion des
principes de gouvernance à maintes échelles géographiques constituant tant
d'espaces cohérents, ne se substituant pas aux échelons plus bas, mais aptes à
porter les grands enjeux stratégiques macro-économiques et macro
géographique et à être utilisé comme support aux concertations et coordinations
qu'appelle une nouvelle gouvernance logistique du territoire. Sous la pression
des prix du foncier, d'un coût de transport petit, l'entreprises 'est éloignée des
fournisseurs d'accès de transport comme de la localité elle-même.6

2 - les obstacles au niveau du transport de la marchandise urbaine et


périurbaine

6
Dans sa présentation sur «Les impacts de la distribution sur la logistique urbaine», Monsieur
ABDELKHALEK LAHYANI, ingénieur diplômé de l’Ecole Nationale De L’industrie Minérale ENIM à
RABAT
16
La gouvernance de la logistique interurbaine est prise en charge par le
Ministère de l’Équipement et des Transports, mais s’arrête aux limites de la
ville où aucune entité ne maitrise le dernier kilomètre. La politique de la ville
pour les transports doit être durable, ainsi sur des moyens permettant une
mobilité durable, comme le tramway, le bus électrique et le train, il faut les
intégrer dans un projet de réseau global et complémentaire. Pour le professeur
EL KHAYAT, «il y a clairement un besoin de coordination pour construire, avec
la plupart des parties prenantes, un groupe logistique urbaine autour d'une
autorité rare responsabilisée. Il souhaite par conséquent que l'Observatoire de
la valeur économique logistique soit capable de contrôler les goulets
d'étranglement et les tarifs dissimulés du dernier kilomètre et sera un facteur de
mobilisation à l'échelle urbaine».Si l’absence ou l’inadaptation des espaces
pour le stockage médian à proximité des villes pénalise l’amélioration de la
distribution des flux domestiques, les différentes parties prenantes de la ville
doivent penser à la rationalisation du transport de marchandises en ville en
assignant sur d’autres leviers d’aménagement territorial
L’importance du foncier à réserver pour les flux de distribution s’explique
notamment par le fait que, comme le souligne le rapport du Ministère de
l’Équipement, du Transport et de la logistique, le pays est caractérisé par
180.000 points de vente dans le milieu urbain ont des surfaces inférieures à 50
m². Quant à la distribution des produits frais (fruits et légumes essentiellement),
elle se fait à travers 3.500 marchés urbains recensés.
Les mouvements logistiques sont aux collectivités territoriales, si la
disparition de la fonction transport-logistique en zone urbaine est très visible et
les flux vers les particuliers et inter établissements sont importants, et si les
commandes peuvent être dématérialisées, les biens commandés, quant à eux,
doivent et devront toujours être livrés physiquement. Par ce que le système de la
logistique territoriale est contraint aux volumes importants, sous la pression des
coûts du foncier et d’un coût de transport faible, en plus, la logistique s’est
éloignée des centres-villes, augmentant les kilomètres diminuant la productivité
des opérateurs de transport et de la ville elle-même. Il convient donc de
démontrer l’utilité de la fonction logistique territoriale et de développer des
synergies avec les politiques commerciales et industrielles. L’objectif principal
et d’équilibrer les usages a fin de vivre dans la ville et de la faire vivre avec un
Espace logistique urbain (ELU) qui concerne l’acheminement des
marchandises dans le cœur des agglomérations leur traitement sur ces
territoires, leur livraison au destinataire final ainsi que la gestion des flux
retours (produits renvoyés, à recycler et déchets).7

3- La faiblesse des infrastructures

7
Journée ORT "Les acteurs publics et la logistique" 26 -09 -2016
17
Les infrastructures portuaires sont marquées par la lenteur du service, le coût
élevé et la faible capacité de stockage. Le foncier représente une entrave
importante à l’investissement. De plus, les pouvoirs publics montrent certaines
insuffisances dans le domaine de financement des infrastructures, sachant que
la nature même des IDE impose l’existence d’un système de télécommunication
efficace. Quant aux infrastructures de transport, elles doivent également
permettre une circulation fluide et sûre des flux en particulier dans le cadre
d’une généralisation de technologie de
production en flux tendus où les contraintes du temps et la flexibilité doivent
être gérées8

4 - L’exploitation des ressources d’optimisation logistique

Concerne les principaux acteurs de la logistique que sont les entreprises et


leur capacité à mettre en œuvre des outils et des démarches d’optimisation
logistique sur leurs territoires d’implantation. Il s’agit tout autant d’une
question posée à un niveau individuel qu’à un niveau collectif au niveau du tissu
économique territorial, des branches et filières (organisations professionnelles
régionales), des organisations spatiales spécialisées (Pôles de Compétitivité,
SPL) ou de structures thématiques (clubs logistiques, clubs des exportateurs...).
A la jointure du public et du privé, les observatoires régionaux de transport
peuvent être rangés dans cette catégorie. Les questions les plus sensibles sont :
• L’amélioration des compétences et du savoir-faire des acteurs logistiques
des territoires, les besoins étant d’autant plus importants que la présence des
grands groupes y est peu importante et les volumes produits ou échangés y sont
faibles.
•L’amélioration de l’accès des PME aux bonnes méthodes, pratiques et
techniques logistiques. Cela concerne les entreprises industrielles et
commerciales mais aussi les prestataires logistiques.
• La remise en cause de la distorsion entre les activités économiques classiques
(en particulier les activités productives) et les fonctions logistiques
(développement des approches logistiques intégrées de type supply chain)
souvent disjointes des autres processus opérationnels.
• Le développement des coopérations pour optimiser les moyens logistiques
(entreposage, transport), les achats ou les politiques commerciales, notamment
à l’export, par le biais de la mutualisation logistique.9

5 - Les problèmes en termes d’implantation des sites logistiques

L’implantation des sites logistiques opérationnels (entrepôts, plates-formes) a


8
https://www.sr-m.it/wp-content/uploads/2015/09/slide-elfilali-anp1.pdf
9
http://www.abhatoo.net.ma/maalama-textuelle/developpement-economique-et-social/developpement-
social/etat-politique/amenagement-du-territoire/la-gouvernance-logistique-territoriale-et-l-amenagement-du-
territoire-cas-de-l-economie-marocaine
18
lourdement bouleversé le territoire depuis plus de 20 ans, le tapissant de
plusieurs millions de m² qui ont créé beaucoup d’activités et d’emplois (la
logistique est pour de nombreux territoires la principale activité créatrice
d’emplois), mais aussi des impacts souvent mal supportés par les populations et
leurs élus (trafic de poids lourds, consommation d’espace, faible densité
d’emploi, etc. Cette question a fortement mobilisé les collectivités, constamment
soumises à la demande des entreprises et des investisseurs et qui parfois
restreignent le développement des zones d’accueil logistique, alors qu’elles ont
très souvent été les plus dynamiques en matière de zones d’activités. Les
questions posées concernent notamment:
Les préjugés sur la logistique qui est considérée parfois (souvent ?) comme
une activité parasite, alors que (même s’il y a des excès) elle est indispensable à
toute activité humaine.

• Les dysfonctionnements opérationnels rencontrés fréquemment par les


activités et implantations logistiques, qui concernent notamment les activités de
transport et la circulation induites par les opérations logistiques ou
l’accessibilité pour le personnel.

• La sous-optimisation de la localisation des sites logistiques, qui ont obéi de


tous temps à une forte pression des entreprises à la recherche des localisations
les mieux adaptées à leurs objectifs et ce, au moindre coût, et faisant jouer la
concurrence entre les différentes collectivités locales n’ayant pas une visibilité
particulière en matière d’implantation logistique et ne disposant pas d’offre
dédiée adaptée (zones logistiques), mais intéressées à attirer de nouvelles
implantations pour des raisons sociales (emploi et fiscalité), ce qui a souvent
donné lieu à un dumping territorial. Cela s’est généralement traduit par des
implantations sauvages, atomisées dans l’espace, favorisant l’étalement urbain,
mal conçues, peu accessibles, déconnectées des modes alternatifs à la route,
perturbant les territoires d’implantation, ne tenant pas compte des problèmes de
main d’œuvre, etc.

• La question spécifique de la saturation logistique dans les grandes régions


et sur les grands corridors d’échanges.

• Tout cela implique la nécessité de réaliser des zones logistiques spécialisées


et une « plateformisation » des activités logistiques que seules les collectivités
publiques peuvent favoriser efficacement. Cette dimension pose la question de
l’efficacité et de la rapidité de la réalisation de telles zones et la persistance
d’obstacles réglementaires, administratifs et sociaux à la réalisation de ces
zones, qui ont souvent pour effet non pas de freiner la croissance des m² de
bâtiments logistiques, mais de ralentir la réalisation de zones d’accueil
cohérentes et bien intégrées au territoire et de permettre leur développement

19
sauvage et non maîtrisé.10

Section 2 : Les stratégies du développement de la logistique


au Maroc
Le Maroc a engagé ces dernières années d’ambitieuses réformes
socioéconomiques: développement de l’infrastructure, libéralisation des
échanges, ouverture à la concurrence,...Le développement du secteur de la
logistique et du transport est une des principales priorités des pouvoirs publics
avec la construction de Tanger Med, des autoroutes, le lancement du TGV,...La
logistique est certes un outil de compétitivité des entreprises, mais elle est aussi
un outil pour le développement territorial

Alors dans le processus d’institutionnalisation que connait le Maroc, il a mis en


place deux institutions qui servent à améliorer la gouvernance de la logistique

.
L’Agence Marocaine de Développement de la
Logistique est un établissement public qui a été
créé pour la coordination de la mise en œuvre de la
stratégie de développement de la compétitivité
logistique du Maroc. Le processus
d’opérationnalisation effective de cette Agence a été
entamé dès la nomination de son Directeur Général en Novembre 2012 à
travers la mise en place des principaux outils de son fonctionnement :
organisation, règlement des achats, loi des cadres, statut du personnel,
opérations de recrutements, équipement de son siège, etc. A fin décembre 2015,
l’Agence a atteint un effectif de 72 collaborateurs et a amorcé plusieurs
chantiers selon une approche partenariale avec un ensemble d’acteurs publics
et privés au niveau national et local notamment en matière de structuration de
projets de zones logistiques et de mise à niveau et de professionnalisation du
secteur logistique11

10
Mémoire online Investissement Direct Etranger au Maroc et politique d'attractivité
11
http://www.amdl.gov.ma/amdl/mla2017/presentation/
20
L’Observatoire Marocain
de la Compétitivité
Logistique (OMCL) est un
outil de renforcement de la
transparence autour de la
compétitivité logistique du
Maroc.
L’opérationnalisation de l’OMCL est devenue effective suite à une convention
entre l’Etat et la CGEM relative à son organisation et son fonctionnement en
mai 2014

L’Observatoire Marocain de la Compétitivité Logistique (OMCL) est chargé


principalement de :

 Mesurer la performance des systèmes logistiques,


 Assurer une veille stratégique,
 Constituer une force de proposition pour l’amélioration de la compétitivité
logistique,
 Suivre la mise en œuvre de la stratégie nationale de la logistique.

L’appui de l’AMDL à l’Observatoire Marocain de la Compétitivité Logistique


s’est concrétisé à travers un Département au sein de l’Agence dédié à assurer le
Secrétariat de l’Observatoire, comprenant deux Services et doté de 5 Cadres
mais aussi à travers l’allocation d’une partie du budget de l’Agence pour
l’accomplissement de ses activités en plus des fonctions support et des moyens
mis à sa disposition par l’Agence.12

 Nouvelle stratégie logistique

La stratégie ainsi définie vise à donner un élan au développement du secteur


de la logistique, à apporter les solutions adéquates aux problèmes de gestion
des flux de marchandises et à répondre aux besoins logistiques des différentes
stratégies sectorielles lancées ou en cours de mise en œuvre au niveau national
et de conforter la vocation du pays de devenir une plateforme logistique
internationale et une destination attractive pour les investissements porteurs de
croissance .
Pour atteindre ces objectifs généraux, la mise en œuvre de la nouvelle stratégie

12
La stratégie logistique au Maroc bilan et perspectives de développement, juin 2016 p18.
21
logistique du Maroc s’articule autour de cinq axes clés

A - Développement et mise en œuvre d’un réseau national intégré de Zones


Logistiques Multi-Flux (ZLMF)

Il s’agit de la création d’un réseau de plateformes logistiques bien connectés


aux infrastructures (ports, autoroutes, voies ferrées) et situées à proximité des
bassins de production et de consommation permettant de :
 Constituer des zones de concentration des flux de marchandises a fin
d’optimiser leur gestion notamment en les massifiant, en s’appuyant sur les
solutions de transport multimodales les plus adaptées et en y apportant des
services à valeur ajoutée
. Réguler le transport routier de marchandises en milieu intra et périurbain en
vue de la décongestion des centres urbains et de la réduction des émissions
CO2. 13

Le concept général des plates-formes logistiques doit répondre aux soucis


d’amélioration des implantations des sites de production, afin de répondre à la
demande des citoyens territoriaux, de la rationalisation de la distribution grâce
à la concentration des lieux de livraison permettant l’optimisation des flux et de
l’activité des parcs des véhicules de transport, d’implantation des grandes
surfaces de commercialisation au Maroc permettant l’optimisation de la
livraison des marchandises
Les différentes activités des plates-formes logistiques territoriales conçoivent
des outils économiques divers pour l’organisation et développement des
agglomérations (douar, karia, ville plus ou moins grande, mégapole), ces
plates-formes logistiques constituent pour les différents types de charges des
interfaces multimodales permettant l’accès rationnel à l’ensemble de l’espace
national et l’intégration des différents pôles économiques multiservices, elles
répondent à la demande des professionnels des investisseurs dans le temps et
dans l’espace14

B - Optimisation des flux de marchandises

 le développement d’un réseau de plateformes céréalières pour une


meilleure massification des flux et une utilisation plus importante du
transport ferroviaire pouvant entrainer des baisses significatives des
coûts de transport allant à 30%, et l’encouragement de l’émergence
d’opérateurs offrant des services logistiques relatifs à la logistique
céréale,
 l’amélioration de la planification au niveau des points d’entrée des
13
Etude d’impact des plateformes logistiques sur la logistique urbaine au Maroc Imane Moufad, Fouad Jawab
14
Revue des Etudes et Recherches en Logistique et Développement(RERLED) | Edition 2018–Vol1,N°7
22
importations par la mise en place d’outils garantissant de nouvelles
capacités de stockage, permettant une meilleure organisation des flux
entrants vers les minoteries à travers les ports les plus proches,
 l’augmentation des capacités de stockage à proximité des bassins de
production/ consommation par le développement des silos,
 l’optimisation de la collecte à proximité des bassins de production et des
coopératives, avec des économies possibles des distances parcourues
pouvant aller jusqu’à 50%,
 l’optimisation du circuit de collecte à travers la mutualisation des
tournées de distribution des intrants et des tournées de collecte des
récoltes.
 la sécurisation de l’approvisionnement des bassins de production en
intrants (semences, engrais, produits phytosanitaires) en optimisant la
logistique semences grâce à des espaces de stockage multi-usage
(intrants/collectes),

C- Développement du tissu d’acteurs du secteur logistique

1- Restructuration des acteurs de transport routier de marchandises

 La modernisation d’un tissu de 20.000 sous-traitants ayant pour la


majorité une offre encore archaïque,
 L’incitation et l’encouragement des donneurs d’ordre à recourir à la
sous-traitance des activités liées au transport routier de marchandises.
 Améliorer les critères d’accès à la profession et des conditions
d’exploitation et de contrôle
2-Emergence d’opérateurs intégrés dans le secteur de la logistique

En vue d’attirer les investisseurs dans le secteur de la logistique et favoriser


l’émergence d’opérateurs nationaux et internationaux intégrés, il est prévu de :
 Elaborer et instaurer un système de classification et qualification des
acteurs logistiques intégrés (système de labellisation),
 Faciliter et mettre en place une réglementation transparente pour l’accès
au foncier réservé aux activités logistiques (ZLMF)
 instaurer un cadre incitatif facilitant l’entrée sur le marché local des
entreprises opérant dans le secteur de la logistique destiné aux tiers,

3- Mise à niveau des donneurs d’ordres

Le développement du secteur de la logistique passe également par la


sophistication de la demande permettant de garantir des niveaux de sécurité et
de qualité des services offerts. Dans ce sens, il s’agit de mettre en place une
politique de promotion agressive et multi-canal auprès des tissus d’acteurs

23
cibles et focalisée sur les métiers logistiques

 Organiser des actions de communication ciblée autour de l’offre relative


aux services logistiques développés notamment par les opérateurs
publics et les grands groupes privés, ce qui consolidera l’effort de
développement des plateformes logistiques,
 Réviser les cahiers de charge relatifs à la demande des prestations
logistiques par les administrations et les établissements publics.
 Mobiliser les moyens humains et financiers pour intensifier les
rencontres entre les professionnels du secteur de la logistique et les
donneurs d’ordre.

D - Développement des compétences à travers un plan national de formation


dans les métiers de la logistique

Partant de l’importance de la disponibilité des compétences pour


accompagner le développement du secteur et renforcer sa capacité d’attraction
des investissements, la composante ressources humaines est l’un des principaux
axes de la nouvelle stratégie
Il s’agit de mettre en place un plan de formation pré-embauche visant la
formation de 173 mille bénéficiaires à l’horizon 2030. Le plan est axé sur les
initiatives suivantes :

 le développement de masters spécialisés au sein du système supérieur


marocain: -universités et grandes écoles,
 l’adaptation des filières / intégration au plan 10.000 ingénieurs,
 contribuer à l’investissement nécessaire à la mise en place des centres de
formation dans les domaines de la logistique et encourager les
opérateurs du secteur à la création de partenariats et la mise en place
d’Instituts Spécialisés

 Coordonner avec l’Office de la Formation Professionnelle et de la


Promotion du Travail (OFPPT) la mise en place d’un plan de formation
dans les filières des techniciens généralistes et spécialisés. L’Etat mettra
à sa disposition une réserve foncière au sein des plateformes logistiques
lui permettant d’accompagner au plus près le développement de ces
plateformes,
 contribuer à l’investissement nécessaire à la mise en place des centres de
formation dans les domaines de la logistique et encourager les opérateurs
du secteur à la création de partenariats et la mise en place d’Instituts
Spécialisés sur des secteurs non couverts par l’OFPPT (ferroviaire,
portuaire)15

15
La nouvelle tribune « La Logistique, enjeu majeur du développement »
24
Le Cas de la Région FES-MEKNES

La région Fès-Meknès présente de nombreux atouts : Des atouts


géographiques, des écosystèmes remarquables, et des secteurs dans lesquels la
région est leader. Les atouts économiques et les avantages comparatifs de la
ville figurent particulièrement dans le domaine de l’agriculture, l’artisanat et du
tourisme, mais également, les mines, le commerce, l’industrie,

La région Fès-Meknès a besoin des zones logistiques et des axes routiers


structurants pour booster sa compétitivité

La région Fès-Meknès a besoin d'axes routiers structurants pour renforcer


ses liaisons avec les autres régions, booster sa compétitivité et améliorer sa
contribution au tissu économique national. Cette région a aussi besoin d'une
liaison aux aéroports nationaux, afin de répondre aux attentes des opérateurs
économiques et d'augmenter la fluidité du transport des personnes et des
marchandises, a souligné le ministre de l'Equipement, du Transport et de la
Logistique qui s'exprimait lors d'une rencontre de communication organisée par
la région Fès-Meknès et consacrée à l'examen des moyens de développement du
réseau routier régional.

Même si cette région dispose d'un aéroport qui connaît une hausse
remarquable du mouvement du trafic, elle doit développer des liaisons
aériennes avec d'autres destinations internationales aussi bien en Europe qu'en
Afrique, surtout que la ville de Fès a un rayonnement culturel qui dépasse les
frontières, a-t-il ajouté, Et aussi développer les divers secteurs économiques, en
vue de valoriser la région et attirer les investisseurs et les touristes.

 Une enveloppe de plus de 3 milliards DH sera investie pour la mise à


niveau des urbaines dans la plupart des provinces de la région

25
 Le premier projet sera doté d’une enveloppe de 500MDH, il concerne
le financement du programme d’aménagement et d’élargissement du
réseau routier de la ville de Fès. Ce projet qui devra être réalisé entre
2019 et 2022 fait l’objet d’un partenariat entre le ministère de
l’Intérieur, le conseil de la région, la commune de Fès et la société Al
Omrane Fès

 Le deuxième projet, il sera réalisé lui aussi, avec une enveloppe de 500
MDH entre 2019 et 2020, il concerne la mise à niveau urbaine et
l’aménagement des quartiers sous-équipés de la ville. Ce projet sera
financé en totalité par le ministère de l'Aménagement du territoire
national, de l'urbanisme via le fonds de solidarité habitat et intégration
urbaine16

Ensuite la mise en œuvre des zones logistiques régionales dans le cadre de


la stratégie nationale de développement de la compétitivité logistique, mettant
l'accent sur la nécessité de renforcer le réseau routier régional aussi bien au
niveau rural qu'urbain et le transport ferroviaire, à travers notamment
l'augmentation des lignes rapides et la mise à niveau du réseau existant.

Le président du Conseil de la région Fès-Meknès, Mohand Laenser, a indiqué


que le renforcement des infrastructures routières et du transport, ainsi que le
développement des zones logistiques sont des priorités du programme de
développement de sa région Laenser a également souligné l'importance de
mettre à niveau les gares ferroviaires régionales existantes à l'instar des autres
gares du pays, et de moderniser le transport routier afin qu'il puisse répondre
aux besoins de la population. Cette rencontre, qui s'inscrit dans le cadre du
dialogue initié par la région Fès-Meknès dédié à l'adaptation du schéma
régional d'aménagement du territoire au nouveau découpage régional et à
l'élaboration du programme de développement régional. 17

16
http://www.leseco.ma/regions/72778-infrastructures-routieres-la-region-de-fes-meknes-en-plein-
chantier.html 20 décembre 2018
Affichages : 1146

17
Maroc Diplomatique Date: 13 février, 2016

26
CONCLUSION GENERALE

La détermination de cet exposé s'est affranchie dans le but d’enrichir la


chronique de la logistique territoriale au Maroc, et de montrer la multiplicité
des liens entre logistique et territoire marocain et les éléments qui relayent ces
interactions

Le Maroc comme d’autres pays en développement s’est lancé vers la même


orientation et dispose de plusieurs atouts qui rendent son territoire de plus en
plus attractif notamment sa situation géographique et sa stabilité politique.
Ainsi Les autorités marocaine sont favorisé le développement de la logistique à
travers les Plans d’investissements pour les infrastructures et projets de plates-
formes qui sont indispensables pour l’amélioration de la compétitivité du
commerce extérieur, l’organisation régionale de l’espace, la création d’emploi
à travers le développement des activités de logistique-distribution, de
fabrication, et de gestion. Le développement du secteur de la logistique
apparaît aujourd’hui comme la nouvelle priorité stratégique pour parachever le
processus de renforcement de la compétitivité de l’économie marocaine et
d’estomper les inégalités entre les différentes entités territoriales et d’impulser
l’équilibre et l’efficience des régions

La logistique constitue un élément majeur de l’aménagement régional et une


condition du développement du territoire; en contrepartie l’écosystème
territorial modèle et contraint l’activité logistique. Donc la filière logistique ne
peut pas être compétitive si elle n’est pas bien accueillie par le territoire, mais
le territoire ne peut pas se développer et être attractif s’il ne dispose pas d’une
logistique performante

BIBLIOGRAPHIE
27
 Ouvrages

- Logistique et territoire : multiplicité des interactions et forces de régulation 2014


- PASTERNAK André « Transport et logistique : enjeux territoriaux et rôles des
autorités locales et régionales », éditions Medditera 2014
- Merlin Pierre ,«Aménagement du territoire», dans Pierre Merlin et Françoise Choay
(dir.), Dictionnaire de l'urbanisme et de l'aménagement, Paris,
- Perret F.L. et al., Essentials of Logistics and Management, The Global supply Chain,
Lausanne, EPFL Press, 2012
- Savy M. Burnham J. Freight Transport and the Modern Economy, London,
Routledge, 2013.
- Savy M. (dir.), Nouveaux lieux, nouveaux flux, Les Mobilités de l’avenir, Odile Jabob,
2015.
- Trade Logistics in the Global Economy, World Bank, 2014.
- Yves PIMOR, Michel FENDER, Logistique, production, distribution, soutien. 5eme éditon
- LA GOUVERNANCE LOGISTIQUE DES TERRITOIRES-COLLOQUE DE LA COMISSION DE
GEOGRAPHIE DES TRANSPORTS CNFG- 2018-UNIVERSITE DE GERGY-PONTOISE

- TRANSPORTS ET LOGISTIQUE ENJEUX TERRITORIAUX ET ROLE DES AUTORITES LOCALES


ET REGIONALES –ANDREE/PASTERNAK
-

 Rapport

- AMDL, Rapport d’activité 2013 et 2014La stratégie logistique au


Maroc bilan et perspectives de développement, juin 2016
- Les Cahiers Scientifiques du Transport N° 61/2012 Sophie Masson et
Romain Petiot, Attractivité territoriale, infrastructures logistiques et
développement durable
- Projet de Performance Du Ministère de l’Equipement, du Transport et
de la Logistique (ROYAUME DU MAROC). Loi de Finances 2015

 WEBOGRAPHIE

- Denise Pumain «Histoire du territoire»


28
http://www.hypergeo.euconsulté le mardi25octobre 2016.
- http://logistique-pour-tous.fr/histoire-de-la-logistique/
-
- http://www.routledge.com/books/details/9780415577502/
- http://www.developpementdurable.gouv.fr/IMG/pdf/_Conference_logistique_Rapport
_du_Comite_scientifique_V9_10032015_vFinale.pdf
- https://maroc-diplomatique.net/convention-de-partenariat-entre-fes-meknes-air-arabia-
maroc/
- https://www.medias24.com/MAROC/ECONOMIE/ECONOMIE/179281-Programme-
de-developpement-de-la-region-Fes-Meknes-34-MMDH-d-investissements-sur-5-
ans.html

29