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I.

INTRODUCTION

Dans la gestion des entreprises, la sécurité industrielle, au sens large, consiste de façon
générale à garantir la sécurité des biens, des personnes et également la pérennité de
l'entreprise. Il s'agit alors de concilier les exigences de rentabilité à court terme, avec les
exigences de sécurité des biens et des personnes visant à réduire les risques, sur le plan
environnemental, social, économique, générés par l'activité de l'entreprise sur un plus long
terme, pouvant affecter ses parties prenantes.

Dans les entreprises industrielles, dont les activités présentent des dangers et donc des
risques technologiques avérés ou plausibles, la sécurité industrielle se focalise alors sur
l'analyse de ces risques et sur leur maîtrise. Pour maîtriser ces risques et protéger les
travailleurs, la population et l'environnement, il est indispensable de mettre en œuvre de façon
systématique un ensemble de mesures bien définies.

L'Organisation Internationale du Travail1 a ainsi été amenée à convoquer une réunion


d'experts chargée d'élaborer un recueil de directives pratiques sur la prévention des risques
d'accident majeur. Cette réunion s'est tenue à Genève du 8 au 17 octobre 1990, conformément
à la décision prise par le Conseil d'administration du Bureau international du Travail à sa 244e
session (novembre 1989); elle était composée de sept experts désignés en consultation avec
les milieux gouvernementaux, sept experts désignés en consultation avec le groupe des
employeurs du Conseil d'administration du BIT et sept experts désignés en consultation avec
le groupe des travailleurs. La réunion était saisie d'un projet préparé par le Bureau; elle a
examiné et mis au point le texte et adopté le présent recueil de directives pratiques, en lui
donnant pour titre Prévention des accidents industriels majeurs.

1
L’OIT, qui comprend 177 Etats Membres et dont le siège est à Genève, a pour vocation de promouvoir la
justice sociale, de faire respecter les droits des travailleurs, d’élaborer des conventions et des directives
internationales instituant des normes minimales à respecter dans le monde du travail, et d’entreprendre des
activités de coopération technique au profit de ses Etats membres.

L’OIT se réunit une fois par an dans le cadre de la Conférence Internationale du Travail. Son Conseil
d'administration, qui, avec sa composition tripartite (gouvernements, employeurs, travailleurs), représente
l'organe exécutif du Bureau International du Travail, se réunit trois fois par an, pour prendre des décisions
concernant la politique du BIT, fixer l'ordre du jour de la Conférence internationale du travail, adopter le
programme et le budget de l'Organisation et élire le Directeur Général.

Le Directeur Général du BIT est actuellement M. Juan SOMAVIA, de nationalité chilienne, élu pour un
troisième mandat couvrant la période 2009-2014.
Ces directives s'adressent à tous ceux qui ont un rôle à jouer dans la prévention de ces
accidents. Le recueil ne vise pas à remplacer les dispositions législatives ou réglementaires
nationales ni les normes en vigueur; il a été conçu pour servir de guide à tous ceux qui
peuvent avoir à élaborer des prescriptions sur le sujet: autorités compétentes, exploitants,
services d'intervention, services d'inspection. Il devrait être utile aussi aux organisations
d'employeurs et de travailleurs. Il convient d'interpréter les dispositions du recueil à la
lumière de la situation nationale et locale, des moyens financiers et techniques disponibles,
de l'échelle des opérations–conditions qui détermineront le rythme et l'étendue de leur
application. A cet égard, les besoins des pays en développement ont été dûment pris en
considération. La publication du recueil a été approuvée par le Conseil d'administration du
BIT à sa 248e session (novembre 1990).

II. OBJECTIF

Le recueil des directives pratiques est destiné à servir de guide vise à protéger les travailleurs,
la population et l’environnement par des mesures tendant :
 A prévenir les accidents majeurs dans ces installations ;
 En cas d’accident majeur, à en réduire au minimum les conséquences sur le site et hors
du site, notamment par :
o L’aménagement d’un périmètre de sécurité approprié entre les installations à
risques d’accident majeur et les habitations et autres établissements du
voisinage fréquentés par la population, tels qu’hôpitaux, écoles et magasins ;
o L’élaboration de plans d’urgence appropriés.

III. CHAMP D’APPLICATION ET UTILISATIONS

 Le recueil de directives pratiques s'applique aux installations à risques d'accident


majeur, généralement identifiées au moyen d'une liste de produits dangereux assortie
pour chacun d'eux d'une quantité seuil, les installations industrielles ainsi visées étant
reconnues comme celles qui exigent une attention prioritaire du fait qu'elles peuvent
être le siège d'accidents très graves, susceptibles d'affecter des personnes sur le site et
hors du site et de mettre en danger l'environnement. La liste et les quantités seuils des
produits dangereux devraient refléter les priorités nationales.
 Sont exclus du champ d'application du recueil de directives pratiquées les risques
nucléaires et les risques de nature strictement militaire, qui font d'ordinaire l'objet
d'un ensemble de mesures de prévention spécifiques. Est également exclu le transport
des produits chimiques dangereux, qui appelle des mesures de prévention et de gestion
différentes de celles que requièrent les installations fixes.

 Le recueil de directives pratiqués traité des mesures nécessaires à l'établissement, par


les autorités compétentes, d'un système de prévention des accidents majeurs; il
s'adresse:
a) aux autorités compétentes telles que les services gouvernementaux de
sécurité et les services d'inspection;
b) aux autorités locales;
c) aux exploitants;
d) aux travailleurs et aux représentants des travailleurs;
e) aux services de maintien de l'ordre;
f) aux services d'incendie;
g) aux services de santé;
h) aux fournisseurs de technologies comportant des risques d'accident majeur;
i) à tout autre organisme local en fonction des dispositions particulières
prisés à l'échelon national.

 Selon la nature et la quantité des produits chimiques qui s'y trouvent, les installations
à risqués d'accident majeur relevant du recueil de directives pratiqués peuvent inclure:
a) les usines chimiques et pétrochimiques;
b) les raffineries de pétrole;
c) les installations de stockage de gaz de pétrole liquéfiés;
d) les grands dépôts de gaz et de liquides inflammables;
e) les entrepôts de produits chimiques;
f) les fabriqués d'engrais;
g) les installations de traitement de l'eau par chloration.
IV. DEFINITIONS
 Accident majeur : événement inattendu et soudain, y compris en particulier une
émission, un incendie ou une explosion de caractère majeur, dû à un développement
anormal dans le déroulement d'une activité industrielle, entraînant un danger
grave, immédiat ou différé, pour les travailleurs, la population ou l'environnement à
l'intérieur ou à l'extérieur de l'installation et mettant en jeu un ou plusieurs produits
dangereux.
 Installation à risques d'accident majeur : désigne soit une installation industrielle
servant au stockage, à la transformation ou à la production de produits
dangereux sous une forme et en une quantité telles qu'ils sont susceptibles de
provoquer un accident majeur, soit une installation dans l'enceinte de laquelle
se trouve, en permanence ou provisoirement, une quantité de produits dangereux
qui dépasse la quantité, dite quantité seuil, fixée par la législation ou la
réglementation nationales concernant les risques d'accident majeur.
 Analyse des conséquences des accidents : analyse des effets prévisibles d'un
accident, indépendamment des facteurs de fréquence et de probabilité. L'expression
analyse des modes de défaillance et de leurs effets désigne une méthode
d'identification des dangers où tous les modes de défaillance connus des composants
ou des caractéristiques d'un système sont examinés séparément, et les résultats non
désirés, notés.
 Danger : situation matérielle comportant un potentiel d'atteinte à l'intégrité physique
des personnes, de dommages pour les biens ou l'environnement ou d'une combinaison
de ces atteintes.
 Etude des dangers : l'identification d'événements non désirés entraînant la
matérialisation des dangers, l'analyse des mécanismes pouvant aboutir à ces
événements non désirés et, d'ordinaire, l'estimation de l'étendue, de l'importance et de
la probabilité relative de tout effet dommageable.
 Gestion de la sécurité : l'ensemble des mesures prises pour réaliser, maintenir ou
améliorer la sécurité d'une installation et de son fonctionnement.
 Plan d'urgence : désigne un plan élaboré sur la base des accidents potentiels
identifiés dans l'installation ainsi que de leurs conséquences, décrivant de façon
précise et détaillée les mesures à prendre pour faire face à ces accidents et à leurs
conséquences sur le site et hors du site.
 Risque : désigne l'éventualité qu'un événement non désiré ayant des conséquences
données survienne dans une période donnée ou dans des circonstances données, cette
éventualité étant exprimée selon le cas en termes de fréquence (nombre d'événements
donnés par unité de temps) ou en termes de probabilité (probabilité que se produise un
événement donné à la suite d'un événement préalable).