Vous êtes sur la page 1sur 225

Chapitre 3 : les  énergies fossiles

0 Plan du chapitre
1 Introduction et définition
2 Petit historique des combustibles fossiles
3 Le charbon, généralités
4 Le Pétrole, généralités
5 Le gaz naturel, généralités
6 Formation des combustibles fossiles
7 Quand les combustibles fossiles se sont‐ils formés ?
8 Origine et maturation de la matière organique
9 Exploitation du pétrole
10 Avantages et inconvénients des énergies fossiles
11 Dépendances aux Énergies Fossiles
12 Combien de Temps avant la Fin ? 
13 Transport du pétrole
14 Impact Sur Nos Sociétés
15 Pourquoi utilise‐t‐on encore autant les combustibles fossiles ? Question de 
prix
16 Moteurs et carburants
17 À propos des prix du pétrole et des carburants
18 Energies fossiles non conventionnelles
19 Le gaz de schiste
1 Introduction et définitions
On appelle combustible fossile tous les combustibles riches en carbone — essentiellement des
hydrocarbures — issus de la méthanisation d’êtres vivants morts et enfouis dans le sol depuis
plusieurs millions d’années, jusqu’à parfois 650 millions d’années.

Il s’agit du pétrole, du charbon, de la tourbe et du gaz naturel. Parmi ces derniers, le méthane
(CH4) présente le rapport H/C le plus élevé, tandis que l’anthracite et certaines houilles sont
composés de carbone presque pur.

Ces sources d'énergie ne sont pas renouvelables car elles demandent des millions d'années
pour se constituer et parce qu'elles sont utilisées beaucoup plus vite que le temps nécessaire
pour recréer des réserves.
Il existe 3 grands types d’énergies fossiles conventionnelles :

Le Charbon Le Gaz Le Pétrole


2 Petit historique des combustibles fossiles
Émissions globales de carbone fossile par type de 
combustible, de 1800 à 2000. Remarque: Le carbone ne 
représente que 27 % de la masse de CO2.
3 Le charbon, généralités
Combustible fossile dont les réserves sont estimées à 1 000Gt soit 700Gt TEP [595GtC] ~
5000Gbaril
Le terme charbons désigne des roches sédimentaires stratifiées, combustibles, de couleur
sombre, formées principalement de débris végétaux. On distingue parmi ces charbons :

 la tourbe (65%C), légère, brune, médiocre combustible. Ce n'est pas une roche mais un
sédiment essentiellement organique en cours de diagenèse. Elle a un pouvoir calorifique
d'environ 12500 kJ/kg

1. La tourbe blonde provient de la transformation des


sphaignes. Elle est riche en fibre de cellulose et en
carbone. Sa texture est dite brique. Ses autres traits
essentiels sont sa faible densité, sa forte teneur en
eau et sa pauvre teneur en cendre minérale car
souvent jeune (2 000 ans).

2. La tourbe brune provient de la transformation de débris


végétaux ligneux (arbres divers) et d'éricacées. Elle est
composée de fibres mélangées à des éléments plus
fins, provenant d'une dégradation plus poussée des
végétaux, lui donnant une texture mésique. Elle est
plus âgée (5 000 ans) que la précédente.
3. La tourbe noire provient de la transformation des Cyperaceae. Elle
est riche en particules minérales et organiques fines. Il y a moins de
carbone et plus de cendres. La texture est le plus souvent saprique,
c'est‐à‐dire que la tourbe est plastique et moins fibreuse.
Visuellement, la tourbe noire se distingue facilement de la tourbe
blonde par sa couleur foncée. Une tourbe blonde très ancienne tend
à se rapprocher, par certains caractères de la tourbe noire.

 Lignite (70‐75% de C) : brun noir et terne, à débris ligneux bien


reconnaissables, à pouvoir calorique de l'ordre de 20 000 kJ/kg.
Présente dans des dépôts fossiles d'âge secondaire ou tertiaire

 Houille (s.l.) ou charbon (85% de C) : noir, mat ou brillant, tâchant les


doigts. Bon combustible 32 000kJ/kg

 Anthracite (95% de C) : noir, brillant, ne tâchant pas les doigts. Elle


possède le pouvoir calorique le plus élevé : > 40 000kJ/kg
Utilisation du charbon : centrale thermique
4 Le Pétrole, généralités
Le pétrole (petroleum, du mot grec petra, roche, et du latin oleum, huile) est une roche liquide
d'origine naturelle, une huile minérale composée d'une multitude de composés organiques,
essentiellement des hydrocarbures, piégé dans des formations géologiques particulières.

Pouvoir calorique = 50MJ/kg
Le pétrole et ses utilisations
5 Le gaz naturel, généralités
Le gaz naturel est un combustible fossile composé d'un mélange d'hydrocarbures présent
naturellement dans des roches poreuses sous forme gazeuse.

Avec 23 % de l'énergie consommée en 2005, le gaz naturel est la troisième source d'énergie la
plus utilisée dans le monde après le pétrole (37 % en 2005) et le charbon (24 % en 2005).

Réserves : 158 000 milliards de m3 soit 150 milliards de tonnes équivalent pétrole (TEP)
[109,5GtC] ~ 943Gbaril

Pouvoir calorique = 50MJ/kg


Il existe des gisements un peu particuliers que sont les clathrates de méthane. Les réserves
sont très importantes ~ 500 à 2500GtC mais difficiles à exploiter à cause de leur instabilité.
6 Formation des combustibles fossiles
Le Pétrole, formation
Le Charbon, formation
Le Gaz naturel
7 Quand les combustibles fossiles se sont‐ils formés ?
Les grandes périodes géologiques productrices de roches carbonées

 Ere Primaire : carbonifère et permien. C'est le cas de l'essentiel de gisements de houille en


France

 Ere Secondaire : Trias et début du Jurassique. C'est le cas du pétrole du moyen orient.
8 Origine et maturation de la matière organique
8.1 Origine de la matière organique

Diagramme de Van Krevelen présentant les 
différents types d'évolution des kérogènes en 
fonction de leur origine

La matière organique se caractérise par deux rapports, H/C et O/C. En replaçant dans un
diagramme H/C en fonction de O/C les différentes matières organiques, on peut distinguer 4
grands types de kérogènes avant maturation.
On distingue ainsi 4 grands types de matières organiques en fonction de leur environnement
de dépôt qui donnent ces 4 kérogènes différents :
8.2 Maturation de la matière organique

L'évolution de la matière organique lors de son enfouissement ou maturation se fait


essentiellement de façon thermique. Il s'agit d'un craquage qui d'une part coupe certaines
liaisons (craquage thermique) et d'autres part appauvrit la matière en volatils et l'enrichit donc
en carbone. Ainsi les rapports H/C et O/C du diagramme de Van Krevelen diminuent au cours du
temps.

On distingue ainsi différentes phases :

1. la diagenèse précoce : oxydation de la matière organique par des micro‐organismes et


formation de méthane par les méthanogènes

2. la diagenèse thermique : elle est liée à l'enfouissement donc à une augmentation de


pression et de température. Les mécanismes thermo‐catalytiques conduisent à une perte
d'azote et d'oxygène

3. la zone de catagenèse : il y a un craquage thermique de la matière organique précédemment


réduite lors de la diagenèse thermique qui conduit à une séparation entre les phases fluides
et solides : c'est la fenêtre à huile. C'est à cette étape que se produisent les migrations qui
conduisent à la formation des gisements.

4. la zone de métagenèse : elle est caractérisée par la formation de graphite cristallin et la


libération de méthane
Zone de maturation des différents produits de la matière organique
8.3 Devenir des roches combustibles formées : leur devenir en tant que ressource

 Le charbon reste en place

 Pétrole et gaz eux vont subir une ou plusieurs migration depuis leur lieu de formation (roche‐
mère) jusqu'à leur lieu de stockage (réservoir)

 De la roche réservoir dépendra le stockage du pétrole. Un réservoir doit avoir une bonne
porosité (suffisamment de vide où les hydrocarbures vont à un moment remplacer l'eau) et
une bonne perméabilité (pour que le pétrole et le gaz puissent se déplacer rapidement quand
on va les pomper pour les exploiter). Une roche qui possède à la fois une bonne porosité et
une bonne perméabilité est un réservoir. Plus ces deux caractéristiques pétro physiques de la
roche seront bonnes, meilleur sera le réservoir. Si la roche est fracturée, ses qualités de
réservoir sont améliorées. Les roches bon réservoir sont, dans la plupart des cas, des grès ou
des carbonates (calcaires et dolomies). Les argiles possèdent beaucoup de vides entre les
particules qui les composent, mais ces particules ayant la forme de feuillets empilés serrés
les uns contre les autres, leur perméabilité est quasi nulle.

 Ce réservoir doit‐être surmonté d'une roche couverture imperméable. Les roches couvertures
sont souvent des argiles et parfois des couches de sels cristallisés. Mais n'importe quelle
roche suffisamment imperméable peut faire l'affaire, certains carbonates très compacts par
exemple.

 Cet ensemble peut former un piège à huile dont les configurations peuvent être distinctes.
Les différentes configurations d'un piège à huile
9 Exploitation du pétrole
9.1 De l'exploration à l'exploitation
Pour une compagnie pétrolière, l'exploration et surtout l'exploitation sont sous‐tendu par une
notion de rentabilité. Ainsi, une compagnie pétrolière doit trouver le meilleur compromis entre
coût engagé et profit tiré.

A La prospection

Dans le cas du charbon, lorsqu'un filon est trouvé, l'exploration et l'exploitation sont souvent
plus aisés que dans le cas des hydrocarbures.
Dans le cas du pétrole, différentes approches se succèdent, de la moins coûteuse à la plus
coûteuse :

 il faut d'abord trouver une région susceptible de receler du pétrole ou du gaz : soit il y a déjà
des champs pétroliers à proximité, soit il y a eu des dysmigrations c'est à dire des fuites du
réservoir pétrolier vers la surface. Ce choix de région peut aussi passer par des études de
terrain montrant des traits géologiques communs avec des régions à hydrocarbures déjà
connue.

 Une fois la région trouvée, on effectue une prospection géologique : c'est la première
étape, qui permet de repérer les zones sédimentaires méritant d'être étudiées (plissements,
failles…). Les géologues utilisent des photographies aériennes et des images satellites puis
vont sur le terrain examiner les affleurements. Ces derniers peuvent en effet renseigner sur
la structure en profondeur. Ensuite l'analyse en laboratoire d'échantillons de roche prélevés
permet de déterminer l'âge et la nature des sédiments an de cerner les zones les plus
prometteuses. Cette étape représente 5 % du budget consacré à la prospection.
 Puis, on utilise la prospection géophysique comme la sismique réflexion ou la gravimétrie. Son
objectif : donner le maximum d'informations pour que les forages soient entrepris ensuite
avec le maximum de chance de succès. Il s'agit essentiellement d'accumuler des données
sismiques riches en informations par sismique réflexion. Les pièges possibles mis en évidence
sont classés selon leur probabilité d'existence et leur volume prévisionnel. Cette étape
représente 15% du budget consacré à la prospection.
 Enfin, on réalise un forage d'exploration qui seul permet de certifier la présence de pétrole.
On perce la roche à l'aide d'un trépan. À terre, l'ensemble du matériel est manipulé à partir
d'un mât de forage. En mer, l'appareil de forage doit être supporté au‐dessus de l'eau par
une plateforme métallique spécialement conçue. Le coût du forage d'exploration varie de
500 000 euros à terre, à 15 millions d'euros pour les puits en mer. Cette étape qui dure de 2
à 6 mois est la plus lourde dans le budget d'exploration : 60 % en moyenne.

Enfin, après un plan d'exploitation et des études de rentabilité, l'exploitation peut‐être en


lancée. En moyenne, sur 5 forage d'exploration, un seul amène à la mise en place d'une
exploitation.
B L'exploitation
L'exploitation du charbon se fait essentiellement en mines à ciel ouvert ou sous terre.
Pour le pétrole on met en place une installation pétrolière. L'extraction du pétrole ou du gaz se
passe en plusieurs étapes :

 l'extraction primaire (40% des gisements) : c'est la plus simple, le fluide jaillit de lui‐même
expulsé par la pression présente dans le réservoir. On peut récupérer de 5 à 40% du pétrole
selon cette technique
 l'extraction secondaire (58% des gisements) : la pression de fluide diminuant au fur et à
mesure, lorsque les hydrocarbures ne sortent pas/plus d'eux mêmes, on réalise des
injections soit d'eau (c'est souvent le cas en mer), soit du gaz coproduit lorsque sa quantité
est trop faible pour être revendu, soit de CO2. On atteint ainsi une extraction de l'ordre de
25 à 35%
 l'extraction tertiaire (2% des gisements) : on diminue la viscosité du fluide par diverses
techniques

Ainsi le taux moyen de récupération du pétrole à l'heure actuelle est d'environ 35%.
10 Avantages et inconvénients des énergies fossiles
Les avantages des énergies fossiles.
Les inconvénients des énergies fossiles
11 Dépendances aux Énergies Fossiles
Dépendances aux Énergies Fossiles
I: Le Pétrole

Dans le monde, nous consommons environ 80.000.000 barils de


pétroles, soit environ 12.720 Millions de Litres par jour.
Dépendances aux Énergies Fossiles
II: Le Gaz

Nous consommons 2937 Giga mètres cube de gaz par jour.


Dépendances aux Énergies Fossiles
III: Le Charbon

Nous avons consommé 6483 Millions de Tonnes de charbon à travers


le monde par jour.
12 Combien de Temps avant la Fin?

Au rythme de consommation actuelle:

Le pétrole n’en à plus que Le gaz n’en a plus que Le charbon n’en a plus
pour 47 ans ou plus pour 60 ans ou plus que pour 170 ans
Les Ressources Mondiales en énergie fossile
12.1 A quand le pic de production mondial de pétrole ?
12.2 A quand le pic de production gazier mondial ?
12.3 A quand le pic de production du charbon ?
13 Transport du pétrole
14 Impact Sur Nos Sociétés
I:Sur l’Environnement

L’utilisation des énergies non


renouvelables a eu des
conséquences désastreuses sur
notre environnement

En plus des diverses


catastrophes, l’utilisation
abusives de ces énergies a
provoqué l’accélération du
réchauffement climatique
II: Aspects Géostratégiques

Le principal exemple de conflit pour la


lutte pour les énergies non renouvelable
est la guerre du Koweït (1990-1991)

George Bush Père


Saddam Hussein

Actuellement, il y a encore des conflits pour des réserves de pétroles. La


guerre en Irak nous le prouve…
15 Pourquoi utilise‐t‐on encore autant les combustibles fossiles ? 
Question de prix
Cette évolution résulte des causes suivantes : 
1. Les chocs pétroliers de 1973 et 1979 : des tensions politiques dans le Moyen‐Orient (guerre
du Kippour en 1973 et guerre Iran‐Irak en 1979) génèrent des tensions sur
l’approvisionnement, alors qu’il n’y a alors encore physiquement pas de difficulté à ce que
l’offre suive la demande.
2. Le contre‐choc pétrolier de décembre 1985 : des investissements massifs de substitution du
pétrole ont été réalisés depuis 1973 (production électrique nucléaire, passage au gaz de
l’industrie pour les usages thermiques…) ; des progrès d’économie d’énergie sont réalisés et
les pays industrialisés diversifient leurs sources d’approvisionnement pétrolier (mise en
exploitation des gisements de la Mer du Nord, du Golfe du Mexique, dans les pays du Golfe de
Guinée…). Parallèlement, des progrès dans les techniques d’exploitation pétrolière permettent
de passer de 25% à 35% en moyenne la proportion de pétrole que l’on sait extraire d’un
gisement, ce qui équivaut à une augmentation des ressources de 40 % !
3.  Les bas prix du pétrole de la période 1985 – 2003
La croissance économique reste en moyenne de 2% dans les pays industrialisés tout au long
de cette période alors que les progrès d’économie d’énergie et de substitution par le gaz se
poursuivent dans les années 90 sur la lancée de la période précédente (mais à un moindre
rythme).

L’effondrement de l’ex‐URSS se traduit par une chute de sa production pétrolière mais plus
encore de sa consommation, et la mise à disposition d’importantes ressources en
pétrole et en gaz sur les marchés occidentaux et chinois. Le marché est alors bien
approvisionné tandis qu’il y a peu d’investissements à faire, ce qui se traduit par des prix bas
mais aussi par un quasi arrêt de la prospection pétrolière.

4. La hausse des prix depuis 2003

5. Une évolution erratique des prix ces dernières années

La hausse des prix a connu son maximum en août 2008 avec 147 $ le baril. 
http://prixdubaril.com/
Comme le prix du pétrole reste le cours directeur des autres énergies, les prix du gaz naturel
suivent une courbe assez semblable.
Le charbon est à la fois l’énergie fossile la plus abondante et la mieux répartie dans le monde. Il
n’y a donc pas de raison que les cours de celui‐ci varient fortement. Néanmoins, le charbon a
par comparaison avec le pétrole et le gaz un moindre pouvoir calorique (en quantité d’énergie
produite par tonne de matière combustible) et une plus forte émission de gaz à effet de serre
(en CO2 émis); les conditions de transport sont aussi les plus coûteuses (en termes
d’infrastructures notamment).
16 Moteurs et carburants
Système bielle‐manivelle pour transformer un mouvement rotatif en un 
mouvement de translation ou réciproquement.
Un moteur à deux temps comporte des pistons qui se déplacent dans des
cylindres. Le déplacement du piston, par l'intermédiaire de lumières entre la
partie basse du carter et la partie haute du cylindre permet d’évacuer les gaz
brulés et remplir le cylindre de gaz frais.

Le cycle à deux temps d’un moteur à


combustion interne diffère du cycle de Beau de
Rochas en ayant un cycle de seulement deux
mouvements linéaires du piston au lieu de
quatre, bien que les mêmes quatre opérations
(admission, compression, combustion/détente
et échappement) soient toujours effectuées.
Nous avons ainsi un cycle moteur par tour au
lieu d'un tous les deux tours pour le moteur à
quatre temps. Le cycle se décompose ainsi :
compression, combustion, détente puis
échappement avec transfert du mélange
combustible frais par la fenêtre de transfert
N1, admission et compression du mélange
dans la partie basse du moteur N2.
Les différentes étapes sont les suivantes :
 Sur la figure de droite (« détente »), le piston (5) est au point mort haut. La bougie
déclenche la combustion et le piston descend en comprimant en même temps le mélange
présent dans le carter (4), sous le piston. C'est la partie motrice du cycle, le reste du parcours
sera dû à l'inertie créée par cette détente. Cette étape est la détente. Lors de cette descente
du piston, l'entrée (6) du mélange dans le carter se ferme.

 Arrivé à proximité du point mort bas (image de gauche « Admission et échappement »), le
piston débouche les lumières d'échappement (2) et d'arrivée de mélange dans le cylindre (3) :
le mélange en pénétrant dans le cylindre chasse les gaz de la combustion (zone 1 de l'image
de gauche). Il s'agit de l'étape d'admission ‐ échappement.
 En remontant (image du centre « Compression »), le piston compresse le mélange dans le
cylindre. Au passage, il rebouche l'échappement (2) et l'entrée de mélange dans le cylindre
(3), tout en créant une dépression dans le carter (4) qui va permettre l'arrivée du mélange
air‐essence par le conduit d'arrivée (6) dont l'entrée a été libérée par la position du piston
proche du point mort haut. Cette étape est celle de « compression ».

 Une fois arrivé à nouveau au point mort haut, le cycle peut recommencer à partir du
premier point.
Le cycle de Beau de Rochas ou cycle à quatre temps est un cycle thermodynamique théorique.
Son principal intérêt pratique réside dans le fait que les moteurs à combustion interne à
allumage commandé, généralement des moteurs à essence tels ceux utilisés dans les
automobiles, ont un cycle thermodynamique pratique qui peut être représenté de manière
approchée par le cycle de Beau de Rochas. Son principe a été défini par Beau de Rochas en 1862
puis mis en œuvre avec succès par Étienne Lenoir (1863).

http://ressources.univ‐lemans.fr/AccesLibre/UM/Pedago/physique/02/thermo/rochas.html
1. Admission : le cycle commence au point mort haut, quand le piston est à son point le plus
élevé. Pendant le premier temps le piston descend (admission), un mélange d'air et de
carburant venant du carburateur ou de l'injection est aspiré dans le cylindre via la soupape
d'admission.

Point mort haut, départ 1 ‐ admission


2. Compression : la soupape d'admission se referme, le piston remonte comprimant le
mélange admis.

2 ‐ compression
3. Combustion‐Détente : le mélange air‐carburant est alors enflammé, habituellement par
une bougie d'allumage, aux environs du deuxième point mort haut (remontée complète du
piston). La pression des gaz portés à haute température produit une explosion lors de la
combustion et force le piston à descendre pour le troisième temps (combustion‐détente). Ce
mouvement est le seul temps moteur (produisant de l'énergie directement utilisable).

Le carburant est enflammé 3 ‐ détente


4. Échappement : lors du quatrième et dernier temps la soupape d'échappement s'ouvre
pour évacuer les gaz brulés poussés par la remontée du piston.

4 ‐ échappement
http://ressources.univ‐lemans.fr/AccesLibre/UM/Pedago/physique/02/thermo/moteur.html
http://ressources.univ‐lemans.fr/AccesLibre/UM/Pedago/physique/02/thermo/diesel.html

http://www.youtube.com/watch?v=aqfzJDOQl7M
Fonctionnement d’un moteur diesel

http://www.youtube.com/watch?v=zWV1OSzKkpk
Fonctionnement d’un moteur diesel
16.1 Les différentes sortes d'hydrocarbures
Les hydrocarbures paraffiniques (ou alcanes) se présentent, selon leur nombre d'atomes, à
température et pression ambiante, sous forme:

‐ gazeuse  avec moins de 5 atomes
‐ liquide entre 5 et 15 atomes
‐ paraffineux supérieur à 15 atomes 
16.2 Essence

L’essence est un liquide inflammable, issu de la distillation du


pétrole, utilisé comme carburant dans les moteurs à combustion
interne. C'est un mélange d’hydrocarbures, auxquels peuvent être
ajouté des additifs.

De nombreux types d'essence sont fabriqués et mis sur le


marché. On y trouve en moyenne :

 20 % à 30 % d’alcanes, hydrocarbures saturés de


formule CnH2n+2 ;
 5 % de cycloalcanes, hydrocarbures saturés cycliques ;
 30 % à 45 % d’alcènes, hydrocarbures insaturés ;
 30 % à 45 % d’hydrocarbures aromatiques, de la famille
du benzène.
 et divers additifs techniques.
16.3 Composition de l'essence et indice RON

Parmi les alcanes contenus dans l'essence, deux jouent un rôle particulier : l’octane C8H18 et
l’heptane C7H16. Ils possèdent en effet des propriétés radicalement différentes du point de vue
de leur tendance à l'auto‐allumage.

Un mélange d’air et de vapeur d’octane va difficilement s'enflammer spontanément, ce sera


donc bien la bougie qui provoquera l'allumage et créera au moment prévu une déflagration,
c'est‐à‐dire une flamme de pré‐mélange qui se propage dans le mélange à une vitesse inférieure
à celle du son (subsonique). C'est donc un mélange riche en octane qui est utilisé dans les
moteurs à allumage commandé.

Au contraire, avec l’heptane, l'auto‐allumage est facile : pour des taux de compression élevés,
l'allumage aura lieu en volume dans le cylindre avant que la bougie n’intervienne. Ce
phénomène caractéristique des moteurs à allumage commandé s'appelle le cliquetis et
provoque la formation d'ondes de choc dans le cylindre, d'où le bruit caractéristique. Dans le
pire des cas, il peut y avoir création d'une détonation qui peut aller jusqu'à faire fondre le
piston, le front de flamme se déplaçant plus vite que le son en se couplant à l'onde de choc.

L'indice d'octane mesure la résistance d'un carburant utilisé dans un moteur à allumage
commandé à l'auto‐allumage (allumage sans intervention de la bougie). Ce carburant est très
généralement l'essence.
On dit qu'un carburant a un indice d'octane de 95 par exemple, lorsque celui‐ci se comporte, du
point de vue de l’auto‐allumage, comme un mélange de 95 % d'un iso‐octane, le 2,2,4‐
triméthylpentane, qui est résistant à l'auto‐inflammation (son indice est de 100 par définition)
et de 5 % de n‐heptane, qui s'auto‐enflamme facilement (son indice est de 0 par définition).

La formule simplifiée de la réaction de combustion de l'octane est : 

L'enthalpie standard de réaction, rH°, de cette combustion est de l'ordre de ‐5000 kJ/mol : elle
est donc très exothermique. Ceci montre qu'une grande quantité d'énergie est disponible,
stockée sous une forme chimique dans le carburant.

Cette énergie est libérée principalement au cours du réarrangement des liaisons chimiques. Les
liaisons C‐C, C‐H et O=O sont brisées pour former des liaisons C=O et O‐H. Le cycle
thermodynamique ci‐dessous permet de retrouver la valeur de rH°.
16.4 Gazole ou diesel
Le gazole ou diesel ou gas‐oil, ou encore gasoil, est un
carburant pour moteur Diesel. Physiquement, c'est un fioul
léger et, réglementairement, un carburant (norme fiscale)
issu du raffinage du pétrole.
Cependant, quelle est la différence d’un point de vu technologique entre les moteurs à essence
ou Diesel ?

La principale différence réside dans le mode d’inflammation du carburant : l’essence a besoin


d’une étincelle pour s’enflammer, étincelle produite par la bougie d’allumage, tandis que le
diesel fonctionne par auto‐inflammation.

Vous remarquerez également, que le moment d’injection est différent : dans le moteur essence,
l’injection se fait dans la phase d’admission pour obtenir un mélange air‐carburant homogène.
Par contre, dans le moteur diesel, le carburant est injecté après la phase de compression, où la
température et la pression est idéale pour provoquer l’auto‐inflammation.
17 À propos des prix du pétrole et des carburants

Structuration des prix de l'essence et du gazole (France)
Prix à la pompe du litre de SP95 en Europe au 6 juin 2011
Prix à la pompe du litre de gazole en Europe au 6 juin 2011
18 Energies fossiles non conventionnelles
Parmi les combustibles fossiles non conventionnels, on peut citer :

 les schistes bitumineux ((en) oil shale) contenant du kérogène, qui doit encore être
pyrolysé ;

 les sables bitumineux ((en) oil sands) contiennent du bitume ;

 les hydrates de méthane ;

 la tourbe est un peu à part, son cycle de formation se compte en milliers d’années, ce qui
la place à mi‐chemin entre les carburants fossiles (dont la formation se compte en millions
d’années) et les renouvelables ;

 le gaz de schiste ;

 les huiles de schiste ;

 le gaz de couche, gaz de houille, plus connu sous le nom de grisou.


19 Le gaz de schiste
Le gaz de schiste, également appelé gaz de roche‐mère (ou plus rarement « gaz de shale », de
l'anglais shale gas), est un gaz naturel contenu dans des roches marneuses ou argileuses riches
en matières organiques, roches qui peuvent avoir une structure litée de schiste.

Contrairement au gaz naturel conventionnel qui est retenu dans une roche perméable
permettant une exploitation facile, le gaz de schiste est piégé dans les porosités d'une roche
rendue imperméable par l'argile qu'elle contient.

L'extraction du gaz de schiste, particulièrement difficile, nécessite le recours systématique aux


techniques combinées du forage dirigé et de la fracturation hydraulique à grands volumes
particulièrement coûteuses.

Les roches‐réservoir contenant du gaz de schiste peuvent aussi contenir de l'huile de schiste
(pétrole), mais dans des proportions beaucoup plus faibles.
18.1 Techniques d'extraction

La technique d'extraction la plus courante s'appuie sur le forage dirigé avec de longues portions
horizontales associé à la fracturation hydraulique.

Le forage dirigé

Dans un forage dirigé le puits foré comprend une partie verticale destinée à atteindre la bonne
profondeur (entre 1 500 et 3 000 m) et une partie horizontale longue de plusieurs kilomètres qui
permet de drainer dans sa longueur la couche géologique contenant le gaz, comme le montre
le schéma ci‐dessous.

Schéma des différentes types de source 
géologique du gaz naturel A Gaz associé 
(aux gisements de pétrole), B Gaz 
conventionnel non associé, C Gaz de 
houille, D Gaz de réservoir 
ultracompact, E Gaz de schiste
L'objectif du forage horizontal est d'augmenter la surface du puits en contact avec le gisement
pour compenser la faible perméabilité de la roche. Dans le schiste, un puits de ce type, malgré
l'utilisation de la fracturation hydraulique, ne permet de drainer qu'un volume de roche limité :
latéralement environ 150 mètres de part et d'autre du puits et verticalement quelques dizaines
de mètres (limité par l'épaisseur de la roche mère). Il faut donc forer beaucoup plus de puits que
dans le cas de l'extraction d'hydrocarbures conventionnels.
Pour limiter l'emprise au sol
des installations, les têtes de
puits sont regroupées en un
point central (puits en
cluster) pouvant comprendre
de 10 à 30 puits. La
multitude de puits forés en
fait une technique mal
adaptée aux milieux
urbanisés ou caractérisés par
une densité de population
importante.
La fracturation hydraulique

La fracturation hydraulique (ou fracking) consiste à provoquer avant la mise en production du


puits un grand nombre de micro‐fractures (de l'ordre du millimètre) dans la roche contenant le
gaz, ce qui rend celle‐ci poreuse et permet au gaz ou à l'huile de schiste de se déplacer jusqu'au
puits afin d'être récupéré en surface. La fracturation est obtenue par l'injection d'eau à haute
pression (environ 300 bars à 2 500 mètres de profondeur) dans la formation géologique en
passant par le puits horizontal10. L'eau qui est injectée contient des additifs variés afin
d'améliorer l'efficacité de la fracturation :

 du sable de granulométrie adaptée, qui va s'insinuer dans les micro‐fractures et


empêcher qu'elles se referment ;
 des biocides destinés à réduire la prolifération bactérienne dans le fluide et dans le
puits ;
 des lubrifiants qui favorisent la pénétration du sable dans les micro‐fractures
ouvertes par la pression de l'eau ;
 des détergents qui augmentent la désorption du gaz et donc la productivité des puits.

La fracturation est réalisée une fois le forage terminé. Elle s'effectue en plusieurs étapes dont le
nombre est d'autant plus important que la roche mère est imperméable. En moyenne, pour une
longueur de puits horizontal d'un kilomètre, il faut 30 opérations de fracturation qui
consomment chacune environ 300 m3 d'eau, 30 tonnes de sables et 0,5 % d'additifs (chiffres
fournis par la société pétrolière Total).
Production des gisements de gaz de schiste aux États‐Unis de 2000 à 2013
Le plus ancien et le plus important 
gisement en exploitation est celui de 
Barnett Shale autour de Fort Worth 
(Texas) où près de 16 000 puits (en 
rouge sur cette carte) sont en 
production sur une superficie d'un 
peu plus de 10 000 km2.
Schéma des différents impacts environnementaux potentiels. A : gaz naturel relâché dans 
l'atmosphère, B : contamination de la surface par les eaux usées, C : prélèvement conflictuel sur 
les ressources en eau, D et E : contamination des couches aquifères superficielle et profonde, F : 
sismicité induite.
Ces données (201284) montrent que les fuites de CH4 du bassin gazier de Denver dans l'air ont 
été très sous‐estimées par l'industrie. Ces chiffres confirment le bilan négatif du gaz de schiste 
en termes d'empreinte carbone, annoncé en 2011 par R. Howarth.
Problème 1 : l’utilisation des terres.
Problème 2 : l’utilisation d’une grande quantité d’eau pour la fracturation hydraulique.
Problème 3 : le traitement des eaux salées récupérées et boues de forage.
Problème 4 : la contamination potentielle de l’eau potable et des eaux de surface.

La contamination par le gaz 

La contamination par les produits chimiques de la fracturation et contaminants naturels 
Problème 5 : les produits dérivés problématiques : H2S et CO2

Problème 6 : Les séismes engendrés par la fracturation hydraulique.

Problème 7 : le trafic de camions.

Problème 8 : les gazoducs.
Problème 9 : les fuites de gaz aux puits (émissions fugitives), les torchères et autres pollutions de 
l’air.
Problème 10 : les retombées négatives pour le tourisme.
Problème 11 : la baisse de valeur possible des propriétés foncières.

Problème 12 : la pollution visuelle, sonore, olfactive et particulaire

Problème 13 : Les dommages aux zones sensibles.

Problème 14 : la balance financière potentiellement négative pour les collectivités locales.

Problème 15 : la remise en état des sites d’exploration et d’exploitation, la responsabilité en cas 
de sinistre ou de pollution à long terme.