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Exemplier Cours/26. 11.

2019

L’attribut

A. Sa tête pure mais froide semblait une copie en cire de la tête de l’Antinoűs. B. Ces merveilles
laissèrent le pharaon insensible. C. Peut-être, répondit lord Evandale tout pensif, notre
civilisation, que nous croyons culminante, n’est-elle qu’une décadence profonde. D. Tu me
rends presque honteuse, car c’est mon âme qui pleure à travers la musique.

Les formes de l’attribut du sujet

La forme prototypique est l’adjectif qui s’accorde avec le sujet, se pronominalise par la forme invariable
le et est représenté par la proforme tel dans les constructions comparatives ou consécutives : Il est tel
qu’il a toujours été. Son retard est tel qu’il ne le rattrapera pas.
D’autres catégories peuvent également jouer le rôle d’attribut du sujet :
- Un participe adjectivisé : Il est entreprenant/désespéré.
- Un nom sans déterminant : Il est ingénieur. (il l’est)
- Un groupe nominal : Pierre est un voisin agréable. Pierre en est un.
- Un pronom : Lui, c’est lui. Ils sont plusieurs.
- Une relative substantivale : Le coupable n’est pas qui je croyais./ celui que l’on croyait.
- Un groupe prépositionnel : Pierre est de bonne humeur/en colère.
- Un adverbe : Pierre est ainsi/bien/pas mal.
- Un infinitif : Souffler n’est pas jouer.
- Une circonstancielle temporelle ou hypothétique (typique du langage familier mais réprouvée
par les puristes) : L’inflation, c’est quand/si l’argent perd de sa valeur.
Questions: Qu’est devenu Pierre ? Comment est Pierre ? Combien sont-ils ?

Les verbes attributifs


Les verbes construits avec un attribut du sujet appartiennent à deux catégories distinctes :
a) Verbes essentiellement attributifs : être et un paradigme restreint de verbes d’état comme
devenir, rester, sembler. L’effacement de l’attribut du sujet rend la phrase agrammaticale ou bien
entraîne un changement de sens : *Il devient. *Il semble. Nous restons. (=Nous ne partons pas) Je
pense donc je suis (j’existe). Si leur attribut est un adjectif, un nom sans déterminant, il se
pronominalise par le :
Pierre était/est devenu / restera/ demeurera/a semblé/paraîtra furieux.
Pierre l’était/l’est devenu/le restera/le demeurera/ ?l’a semblé/le paraîtra.

b) Verbes occasionnellement attributifs. Il s’agit de verbes transitifs ou intransitifs qui figurent


occasionnellement dans des constructions où ils sont suivis d’un élément qui appartient aux
classes grammaticales susceptibles d’avoir la fonction attribut du sujet :
Il est sorti furieux de la salle.
Ils sont nés riches, ont vécu heureux et sont morts pauvres.
Ces constructions n’admettent pas la pronominalisation de l’attribut du sujet par le. Les verbes
occasionnellement attributifs n’ont pas le statut de copule. Ils conservent leur complémentation mais
se construisent en plus avec un élément qui fonctionne comme attribut du sujet. Leur sujet combine
une construction verbale ordinaire avec une construction à attribut du sujet sans copule exprimée.
Paul est sorti furieux de mon bureau est l’amalgame de la phrase Paul est sorti de mon bureau. Et de
la phrase Paul était furieux.
Un statut à part sera réservé au verbe être dans une série de constructions où il a un sens de
localisation, concrète ou abstraite :
- Localisation spatiale : Pierre est dans/sous/à côté de la voiture.
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- Localisation temporelle : La réunion est à trois heures.


- Datation : Cette église est du 17e siècle.
- Origine ou provenance : Mon voisin est de Paris.
- Matière : Ce vase est en or.
- Appartenance : Ce livre est à Pierre.
- Diverses relations d’accompagnement : Il était avec/sans sa femme.
Dans la plupart, le verbe être fonctionne comme un verbe locatif commutable avec se trouver
ou d’existence (commutable avec avoir lieu, dater) construit avec un complément
prépositionnel.

L’attribut du complément d’objet direct


Le syntagme verbal de la phrase s’analyse comme un schéma tripartite dans : Il a trouvé ton
projet irréaliste.
GV →V +N+X
a) Ce n’est pas un constituant interne du GN ayant la fonction de complément d’objet comme le
serait un adjectif épithète qui modifie le nom qu’il qualifie et compris dans la pronominalisation
de l’ensemble du cod. D’où l’ambiguïté de la phrase :
Il a trouvé cette explication étrange.
Il a trouvé [cette étrange explication]. Il l’a trouvée.
Il a trouvé étrange [cette explication]. Il l’a trouvée étrange.
b) Il entretient avec le complément d’objet le même rapport qu’un attribut du sujet avec le
sujet dans la phrase correspondante : Il a trouvé ton projet irréaliste. Ton projet est
irréaliste.
Plusieurs verbes transitifs construisent indirectement l’attribut de leur objet direct : On
considère l’avion comme perdu.
Il l’a traité de lâche.
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Exercices de pronominalisation du complément direct et indirect