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ÉCOLE SPÉCIALE MILITAIRE

COURS
D'ARMEMENT

Vu et APPROUVÉ ;

Le GÉNÉRAL, Commandant l'Ecole


(Signé) MARTIN.

- SAINT-CYU —
IMPRIMERIE DE L'ÉCOLE SPÉCIALE MILITAIRE
COURS
DARMEMENT
AYANT-PROPOS

Le COURS DE traite, dans ses généralités, de la balistique inté-


TIR de l'Ecole
rieure et extérieure, de la préparation et de l'exécution des tirs.
Ce cours de tir est complété par des conférences et classes se rapportant à
l'Infanterie :
1) Conférences ayant pour but d'indiquer une méthode d'étude du matériel
en service.
Ce sont celles-ci qui ont été reproduites dans le présent COURS D'ARMEMENT,
2) Classes ayant pour but d'apprendre en détail toutes les armes en service,

3) Conférences ayant pour but de donner des notions générales sur les diffé-
rents genres de tir.
Celles-ci ne sont pas reproduites dans le présent Cours et les Elèves
doivent se rapporter aux documents suivants :
Aide-Mémoire sur les Tirs de la Mitrailleuse

— Le Tir Indirect des Mitrailleuses avec et sans carte
— Méthode d'Instruction du Tir contre Avions
— Règlements en vigueur.
*
Tous les Cours et Documents cités ci-dessus sont distribués aux Elèves
Saint-Cyriens et E. 0. R.

Documents complémentaires
et Tableau des Abréviations.

Cours d'Artillerie de l'Ecole Spéciale Militaire — abréviation.: C. A. E.


Instruction sur l'Armement et le Matériel de tir du 10 novembre 1924 : l. A. M,
Instruction pour les unités de mitrailleuses d'Infanterie du 1el oct. 1920 : I. U. ÑI

Instruction provisoire sur la pratique du tir du 15 novembre 1930 : I. P. T.


Manuel du mitrailleur de terre contre avions 1924c

Exposé schématique du fonctionnement des armes de petit calibre, du Capitaine .


G. H. MULLER, édité par Berger-Levrault.
(La ligne de mire est la droite reliant l'une L'angle de tir est l'angle au niveau corres
à l autre les deux parties du système Ce pondant à la poi tée dans le cas particulier d'un
pointage dune arme: hausse et guidon). tir sur objectif (le site nul.
SOMMAIRE

INTRODUCTION

PAGES
EVOLUTION DE L'ARMEMENT
ARTICLE 1er — Armes se chargeant par la bouche 1
ARTICLE 2. — Armes se chargeant par la culasse Q
4
,.
ARTICLE 3. — Armes à répétition
ARTICLE 4. — Armes automatiques
-

...... ............
" .
7
8

PREMIÈRE PARTIE

MUNITIONS DES ARMES PORTATIVES


CHAPITRE PREMIER
CONSTITUTION GÉNÉRALE DES CARTOUCHES
ARTICLE 1" — Balle 12
ARTICLE 2. — Etui 16
ARTICLE 3. — Appareil d'amorçage et charge de poudre 21

CHAPITRE II
SPÉCIALISATION DES PROJECTILES DE GUERRE EN FRANCE 25

DEUXIÈME PARTIE

ARMES DE PETIT CALIBRE


CHAPITRE PREMIER
L'ETUDE D'UNE ARME A FEU
ARTICLE 1er — Organisation générale en vue du tir 30
— Mode de tir
— Vitesse pratique de
....
tir.....
.
30
31
— Canon 33
Appareil de pointage

.......
— 36
ARTICLE 2.


Fonctionnement
.
1° — Principe moteur
2° — Fermeture — Ouverture
.......
... 40
40



3° — Verroui!lage
4° — Percussion —
...........
Armé..............
— Dé verrouillage
40
43
47
— 5° — Alimentation......
— 6° — Extraction
— 7° — Sûreté
— Ejection
, * .. .......
.
..
50
57
59
ARTICLE 1" —
CHAPITRE II

L'ARME AUTOMATIQUE
Classification — Généralités
d'automatisme....... .... PAGES

60

.....
. T 0 0
ARTICLE 2. — Principes » .
61
ARTICLE 3. — Particularités relatives aux armes automatiques 69
— a) Dispositif
d'appui
— h) Mécanisme de détente
— c) Système d'alimentation ,
et de percussion
,

........ 0
69
77
77
— d) Mode de refroidissement et
cache-flammes 81
g L —
-

TROISIÈME PARTIE

ENGINS DE COMBAT
CHAPITRE PREMIER
GRENADES
ARTICLE 1" — Historique .... 83

...... ...
- r 0
ARTICLE 2. — Classification des grenades.. 7 Y 85
— Allumage et transmission du feu. ,87
ARTICLE 3. — Charge.
ARTICLE 4. — Portée
* < .. 89
91
— Dispositif qui permettent de
l'augmenter : fusils, engins . 91
ANNEXE. -Lance-flammes. 96

CHAPITRE II
MATÉRIELS D'ACCOMPAGNEMENTD'INFANTERIE
— Propriétés des différents matériels
98

....
ARTICLE 0
ARTICLE 2 — Le canon do 37 mm. module 1916 TR (tir rapide) ,
99
. .
ARTICLE 3. — Le mortier Brandt type Stokes 1927-1931. ,
101
ANNEXE. — Le mortier de 75 mm. d'accompagnement,
modèle 1917 (J. D.) 103
INTRODUCTION

Evolution de l'armement de petit calibre

Article t- — Armes se chargeant par la bouche.


Canons à main. — Les armes de jet portatives paraissent avoir été unique-
ment réprésentées. jusqu'au XVI" siècle, par les arcs et les arbalètes. Parmi
les armes à feu les plus légères, les canons à main ou bombardelles remontent
au XIV0 siècle (Crécy 1340), mais ces engins ne possédaient aucune mobilité.
JLa poudre d'amorce, placée dans le trou de lumière, n'était Maintenue par
aucun organe, et le tireur ne pouvait marcher avec son arme chargée.
Arquebuse à mèche et Mousquet. — La première -arme à feu, réellement
portative, fut l'arquebuse à bassinet latéral de 1393. La poudre d'amorce était
renfermée dans une petite cavité (bassinet) extérieure au canon, placée à l'ori-
fice du trou de lumière et munie d'un couvercle. L'invention de la « platine à
mèche et à serpentin », en 1423, apporta un nouveau perfectionnement. Le
serpentin, pièce en forme d'$, axée sur l'arme, présentait à son extrémité une
mâchoire tenant une mèche (allumée). Sa partie inférieure, actionnée par le
tireur au moment voulu, abaissait la tête du serpentin et pouvait ainsi mettre
en contact la mèche et la poudre d'amorce du bassinet. Ultérieurement l'inter-*
position d'un "ressort empêchait l'abaissement involontaire du sarpentin et per-
mettait son relèvement automatique après le départ du coup.
Les Français délaissèrent longtemps encore les armes à feu dt préféraient
l'arbalète, parce que l'arquebuse, avec sa mèche qu'il fallait tenir allumée, deve-
nait inutile quand il pleuvait. Le mousquet était une arme plus maniable que
l'arquebuse, quoique son canon fut plat long. Pour le tirer, le soldat s'appu-
yait sur une fourche fichée en terre.
A Pavie (1525), le succès de l'infanterie espagnole, munie de mousquets,'
entraîna ' l'adoption de ces armes en France. (Légions provinciales de Fran-
çais 1er.).
L'arquebusier, et le mousquetaire réussissaient péniblement à lancer un pro-
jectile par m'nute. Le poids de la balle,de l'ordre de 60 gr., descendit à 38 gr.
avec le mousquet léger, son calibre passa à 18 m /m. ; la portée atteignait au
maximum 300 pa's (ou 225 mètres).
Arquebupe Rouèt. — Pour remplacer la « platine à mèche et à serpentin »
inutilisable par tempsde pluie, un horloger allemand, Jean KIEFUSS, avait crée
en 1517, la « platiNe à rouet ». Une petite roue en acier (rouet),cannefée et
mue par un ressort bandé par une clef, tirait par frottement des étincelles
d'une pierre à feu ou silex (pyrite sulfureuse), maintenue dans la mâchoire dû
serpentin (appelé chien au XVI* siècle) ; ces étincelles enflammaient la poudre
d'amorce. •
Fusils à Pierre. — La combinaison de ces deux idées, jeu d'une détente et,l
production d'étincellestirées d'une pierre, permit la découverte en Franceen
1630 de la platine à silex », issue sans doute d'un dispositif
«
perfectionné, de transition
moins la « platine à percussion (chenapan) ».
Dans la platine à silex, l'ancien serpentin tenait dans
sa machoire
oeau. de silex Sous l'action de la détente, le chien s'abattait contre un mor-
bassinet en acier (ou. batterie) et produisait des étincelles, qui le couvre-
mettaient le feu
a la poudre du bassinet. -

du fusil à platine à silex devait durer deuy siècles.


permit de tirer deux balles en moyenne par minute. Cette arme.

On n'avait en effet dans les tirs exécutés par beau temps avec- dfes
armes em
parfait état, qu'un raté pour 10 ou 12 coup tirés. Mais en campagne, dans les:
cas les plus favorables, tour nombre était naturellement. beaucoup plus considé-
nable. Par mauvais temps, e'était bien pire, et l'on pourrait citer nombre de-
batailles livrées, sans que l'infanterie ait pu tirer un coup de feu.
C'est le mécanisme dte mise de feu à silex (pierre à feu), qui a donné son
nom au premier « fusil ».. En effet, les Italiens appelaient la. pierre à feu
« focile D, du latin « focus M (feu).
L'armée française adopta le fusil de mauvaise grâce et très lentement. A
partir de 1670, on en toléra quatre par compagnie, en 1600, six. Vers 1703 seu-
lement, Louvois et Vauban triomphèrent définitivement des préjugés- de.
Louis- XIV et de ses. généraux.
Cartouche. — Des là fin du XVIe siècle (arquebusiers napolitains, 1597) et
en 1644 en France, le soldat fut doté de cartouches, étuis en papier contenant
une balle et la quantité de poudre nécessaire pour une charge. Mais ces cartou-
ches n'étaient pas introduites dans l'arme ; les premières gibernes françaises en
contenaient douze.
Pour charger, le soldat arme le chien, déchire avec ses dents- le papier de
la cartouche, verse un peu de poudre dans le bassinet
pour servir d'amorce et
rabatensuite le couvre-bassinet. QuMl soit à genou, couché ou abrité, il se relève
peut mettre L'arme au pied.. Il. verse le reste de la poudre dans le canon (charge),
bourre avec sa baguette en bois, introduit la balle, bourre encore ,et replace la.
baguette. IL met. alors en joue et presse sur lai détente
-
Baïonnette à douille. Toutes ces armes à feu laissaient le soldat à peu
près désarmé, quand on en venait au corps à corps ; et ce corps à corps était
d'autant plus fréquent et d'autant plus important que le feu était moins redou-
table. <En fait, c'était ce corps à corps qui décidait du combat. Aussi la création
des mousquetaires et des fusiliers n'avait-elle pas fait disparaître les piquiers.
Mais à partir du moment où l'arme à feu portative est devenue légère et mania-
-l 'ble, on a
songé à s'en servir aussi comme arme d'estoc et de taille. Dès 1575,
apparait un Ipng poignard à manche en bois, destiné à être planté, le cas échéant,
dans la bouche du bouquet ; ce dispositif a le double inconvénient de présenter
un mode de fixation peu solide et d'empêcher le tir après sa mise en place. En
1641, à Bayonne, on fabriqua une baïonnette, en forme de lame d'épée, dont la
poignée est munie d'un anneau en fer, dans lequel on passait le bout du canon ;
un petit oroohet à ressort la fixait alors solidement à celui-ci. Les piquiers ne
disparurent toutefois qu'en 1708.
En 1717, on expérimenta en Franoe la véritable baïonnette à douille. Un coude
en fer réunit la lame à une large douille, coiffant toute l'extrémité du canon. La
laine après plusieurs essais devint triangulaire.
Fusil Modèle 1777. — En 1718, seulement ,rEtat se chargea de fournir les
armes aux capitaines et les voulut uniformes (créations des premières manufac-
tures d'armes royales) ; le fusil issu de cette mesure, est dit modèle 1718. Quelque,
peu améliorée, munie de la baïonnette à douille, cette arme devint le fusil
modèle 1777 (Poids 5 kg,calibresde17,5etde 17,1. mm., poids de la balle 28, puis
25 gr.). C'est avec le fusil modèle 1777, que furent faites les glorieuses campagnes
de la Révolution et du Premier Empire.
Le tir devient plus rapide, la charge s'effectue en 12 temps seulement. La
vitesse du tir et la consommation des munitions sont cependant faibles encore..
Pendant les premières années de l'Empire, le soldat n'emporte que trente car-
touches, et ne les tire pas toujours dans un combat. D'ailleurs, après trente
coups tirés, il faut changer la pierre et uriner dans le canon pour le désencrasser,
La balle est encore meurtrière à 400 m. ; mais à cette distance le tir a depuis
longtemps perdu toute précision. On estime qu"à 300 m. un soldat moyen man-
que deux. fois sur trois une maison à deux étages. Aussi n'ouvre-tron guère le
feu qu'a 200 m. et ne lui donne-t-on toute son intensité qu'au dessous de 100 m\
Il en résulte qu'une troupe mal engagée n'a à faire que quelques pas en a.rrièr&
pour se trouver à l'abri et pouvoir se reformer (Waterloo).
On exerce bien les troupes à la cible, mais ces exercices sont assez rares
pour que l'histoire en fasse mention (camp de Boulogne, armistice de Pleiswitz,
etc...).
Les fusils modèles 1777/1800 et modèle 1822 ne sont que des types dérivés
du modèle 1777.
Fusils à percussion. — En 1848, l'invention de la capsule à poudre fulminante,
l'anglais Egg, pepmit d'obtentr normalement des armes à l'abri de. ratés
fusils à percussion (ou à piston) modèle 184Q et modèle 1842 ; leur vitesse det
tir pouvait atteindre exceptionnellement trois coups à. la minute.
Rayures. — Dès te XVII siècle, on trouve des bombardes rayées. Leurs
rayures droites n'avaient d'autre rôle que de loger les crasses produites par la
poudre, les rayures en spirales appliquées à certaines arquebuses avaient le
même but. Dans. la suite, on s'aperçut que !e& armes rayées en spirale conser-
yaient leur justesse à des distances beaucoup plus grandes que les armes lisses.
Pans les arwes lisses, les vitesses initiales ne dépassaient pas 450 à 500
m. '
par seconde. Le projectile étant sphérique, le coefficient balistique ne pouvait
être amélioré que par un, aocroissement de calibre. Cette solution alourdissait
l'arme, le recut était pénible kà supporter ; on avait dû s,'en tenir à
un calibre
voisin de 18 mm.
Pour introduire par la bouche une baMe capable de prendre les rayures, donc
de calibre supérieur à celui de Parme, il fallait la chasser jusqu'à la poudre
frappant à coups redoublés sur la baguette avec uu maillet. Cette opération en na
semblait pratique qu avec une arme de longueur très diminuée, avec la carabine,
4e chargement était trois ou quatre fois plus long qu'avec le lusil lisse, et. '
nécessitait l'emploi d'un maillet ; l'augmentation de justesse n'était sensible qu'aven
des tireurs très exercés (chasseurs tyroliens). Aussi, la carabine ne fut
que très.
peu empioyée au début.
En 1826, Delvigne, lieutenant aujç chasseurs de la Garde, chercha à faciliter
le chargement des armes rayées. Il y parvint par l'invention d.e la chambre
rétrécie.

La balle, introduite librement dans le eanor>, venait prendre appui contre- le.
rebord de cette chambre, et quelques coups de baguette seulement suffisaient
pour lui faire prendre les rayures, en la déformant légèrement.
La balle pénétrait quelque peu dans la chambre et
y tassait poudre. Le. ?
colonel d'artillerie Pontcharra corrigea ce défaut en fixait
sous la balle un sabot
en bois.
En 1846, le lieutenant-colonel d'artillerie Thouvenin fait adopter
& tige, pour les chasseurs à pied. La
sa carabine
balle conique à culot cannelé sans sabot
était enfoncée contre l'extrémité d'une tige d'acier vissée
au fond de l'âme,
A la suite des travaux de Minié, le fusil et la carabine rayés modèle
1857
armèrent toute notre infanterie jusqu'en 1868 ( balle conique à culot évidé).

Article & Armes à chargement par la culasse.


L'intérêt ^ 'un chargement du eanon par l'arrière de l'arme était depuis
fart longtemps déjà. Dans les bouches à feu on l'avait essayé dèsapparu
la première
moitié du XIV° siècles, puis réalisé dans la suite-,
parce que le tir pouvait
s'exécuter sans que le-tireur approchât son visage de l'arme. Tant que l'on ne
put trouver une- obturation suffisante contre l'échappement des gaz par- la
culasse, on rie réussit à établir que des modèles d'essai : haquebute du musée-
de Bâle (1545), arquebuse du musée de Paris (1555), fusil à bloc verttca1 de
fiermetuae de 1765.
Le chargement par la culasse fit faire un nouveau pas à la. vitesse du tir,
car la. cartouchel réunissant à la fois la balle, la charge et la capsule fulminante,,
pût être introduite-rapidement. Dès 1814, un armurier nommé Pauly avait pré-
senté à Napoléon un fusil d& petit» calibre basé sur ce principe. Cette arme avait
appefé l'attention sur les avantages provenant de la simplification du charge-
ment, qui pouvait s'exécuter dans toutes les positions du tireur, mais son. obtu-
iateur#>résentait encore quelques défectuosités, le fusil Pauly ne fut pas- adoptée
Fusil Dreyse. — En 1829, l'armurier prussien Dreyse, qui avait imaginé de-
diriger les fuites de gaz vers l'avant, put ainsi éviter les désagréments éprouvés,
far son maître Pauly, (1). Grâce à la rapidité du chargement (cartouche combus-

tible) et malgré sa faible vitesse (290 m.), son fusil, au calibre de 15 m/m-, amé-
loré. en 1836, fut adopté par la Prusse en 1841. Cette arme donna de bons résul-
k
tats, grâce à l'évidement conique de la tête du cylindre obturateur.- Avec elle
,
vitesse de tir monta à 5 coups par minute.
Fusil français modèle. 1866 ou. Fusil Ghassepot. — Le succès du. fusil

..
(i) Dreyse avait été pendant plusieurs années employé chez 'Pauly, et avait travaillé au fusil.
4,Q 1814.
Dreyse à Sadowa détermina enfin en France l'adoption générale d'un fusil
chargeant par la culasse. Sachet imagina une tête obturatrice munie d'une se
niture en caoutchouc. Chassepot perfectionna ce moyen d'obturation (le procédé gar-
fut repris dans les canons de Bange).
Le fusil Chassepot se fermait par translation longitudinale, le calibre était
de 11 mm., la vitesse initiale de 420 mètres, la vitesse de tir 6
coups à la minute*
la portée double de celle du fusil Dreyse.
Cartouche obturatrice. — Le fusil modèle 1866 se montra infiniment supé-
rieur au fusil Dreyse pendant la guerre de 1870 (Saint.Privât), Il présentait
oependant quelques défauts. Le caoutchouc de l'obturateur, cassant, lorsque la
température est basse, devenait mou, lorsque le fusil est échauffé le tir. De
plus, l'aiguille utilisée pour la percussion se brisait souvent. Enfin,parles cartou-
ches combustibles en papier et carlon n'étaient pas assez solides et détério-
raient pendant les transports. se
L attention générale est dès lors attirée vers la cartouche obturatrice, qui
assure l'herméticité absolue de l'arme vers l'arrière.
Dès 1832, à Paris, Lefaucheux a construit un fusil de chasse à bascule, muni
de,deux canons, dont la cartouche fut particulièrement remarquée. Cette der-
nière en carton se ferme en arrière par une calotte plate
en laiton étiré. A
1 aplomb de arrière
sa face un léger ressaut de métal (bourrelet) la maintient en
-place. Une petite tige (broche), plantée normalement à la douille,
bourrelet, est destinée à venir frapper l'amorce. en deça du
En 1845, à Paris également, Flobert a imaginé
une carabine de salon, dont
ta. cartouche, est formée par
une capsule (d'amorce) agrandie, contenant la petite
balle de grenaille la faible charge de poudre et la matière fulminante placée
dans le petit bourrelet périphérique. Le chien, présentant arête vive
une
en son milieu, frappera ainsi le bourrelet en deux points diamétralement appo-
sés, et provoquera l'explosion de l'amorce.
Enfin, vers 1860, les anglais Dew et Cornish placèrent
au centre du culot
métallique une petite « boîte de capsule
», contenant l'amorce et l'enclume, sur
laquelle un percuteur viendra écraser la, substance fulminante.
Fusil modèle 1874 ou Fusil Gras.
- L'emploi d'une cartouche à étui métal-
lique entraîna en France l'adoption du fusil modèle 1874
on fusil du capitaine
Gras, (même calibre : Il mm.}. La douille de la cartouche
en laiton d'un seul
morceau, était obturatrice et solide. Entre temps, l'armé étant devenu automati-
que, la vitesse de tir passa à 9 coups à la minute.
Quelques années auparavant, l'Allemagne aussi avait changé d'armement.
Elle avait. remplacé son fusil Dreyse (1841)
par le fusil Mauser modèle 187t à,
cartouche métallique et à armé automatique.
Fusil modèle 1886 ou Fusil Lebel.
mains contée Plewna (guerre russo-turque — L'insuccès des, assauts russes et rou-
de 1877-187»), souligna l'importance
de la tension de la trajectoire, au moment où de nombreux perfectionnements;
techniques (diminution du recul) autorisaient enfin
une réduction générale du
calibre. La grande amélioration descoefficients balistiques obtenus, les nouvelles;
poudres employées, à pèu près sans fumée, étant plus progressives, donna
gain, de vitesse initiale appréciable. La diminution du poids de la cartouche
un
permit en même temps d'augmenter l'approvisionnement de chaque soldat.
En 1886, la France adoptait le, fusil modèle 1886
fut surnommé lebel, 4u nom du colonel, commandant au calibre de'8 mm. Ce fusil
l'Ecole de tir du camp.
de Châlons, qui avait mis au point l'envelopifrde la balle. D'autres techniciens
colonel Bonnet, contrôleur Clausse, ingénieur Vieille (poudre) avaient toutefois
participé à l'établissement général de l'arme.

Article 3. — Armes à répétition.


Les enseignements de la guerre ainsi que ceux de la guerre. russo-turque de
Sécession des Etats-Unis (1861-1865) avaient également mis en évidence la néces-
sité de la rapidité du tir, que l'éternelle crainte de la trop grande consomma-
tion des munitions avait fait différer. Or à Plewna, les Turcs avaient utilisé
environ 30.000 fusils Winchester à répétition. Parmi les diverses opérations à
exécuter entre deux coups de feu consécutifs, la plus longue jusque-là était celle
du chargement, qui nécessitait la prise des cartouches une à une dans la car-
touchière et leur placement dans la botte de culasse entre chaque coup. Aussi
aprè« J778, toutes les nations cherchent-elles à mettre en service le plus tôt pos-
sible les armes dotées d'un magasin à cartouches et susceptibles d'un charge-
ment par simple manœuvre de la culasse.
L'idée d'engins pouvant tirer un certain nombre de coups, soit par salves,
soit par coups successifs se succédant à de très courts intervalles, était plus
ancienne que celle des armes à feu elles-mêmes, une arbalète chinoise du musée
de Paris pouvait tirer vingt flèches consécutivement. On peut citer ensuite pour
mémoire les ribaudequins du XIV* siècle et les canons en ieu d'orgue*. Ce pro-
cédé des canons accolés resta fort longtemps en usage.
En 1840, le colonel américain Colt, des Etats-Unis, avait eu l'idée d'un cylin-
dre magasin mobile autour de son axe. Il a appliqué ce système tournant (to
revolve) aussi bien aux carabines (carabines-revolvers)qu'aux pistolets (pistolets-
revotoers) avec des charges de 6 à 8 coups et plus.
Pour gagner du temps au chargement, les Russes eurent recours, durant
leur campagne contre les Turcs, à une sorte de cartouchière, le chargeur Krnka,
qui se Axait à l'arme.
Le premier fusil à répétition, système Henry, à magasin tabulaire dans te
fût fut breveté en 1860; il était dérivé du pistolet américain de 1854. Amélioré,
il devint le fusil Winchester à répétition modèle 1867. Ce principe perfectionné
par le major autrichien Krospatlchek fut repris dans le fusi) modèle 1$88.
Voir à la deuxième partie, Ch. 1, Art. II, Répétition, les principaux fusils à
répétition adoptés en France et à l'Etranger.
Aveo les premières armes à répétition on avait songé surtout à augmenter
momentanément la vitesse du tir, pour faire face aux périodes de crise. Dans
la suite on utilisa normalement le gain de vitesse ainsi acquis, et Ion se préoc- '
cupa alors de rendre de plus en plus rapide le rechargement du réservoir à
cartouches ; delà naquirentles montes. Le premier brevet fut pris par Lee
aux Etats-Unis en 1879-1882. Son magasin " détachable " avec organe trawspor-
teur intérieur, fut perfectionné plus tard par de Mannlicher, l'orgâne élévateur
fait alors partie intégrante de l'arme. Le magasin du fusil s'est allégé encore
dans la suite et a donné naissance au chargeur introduit et à la lame ehargeur.
*
Evolution de l'armement 1880. — Malgré les inconvénients de son système
de répétition le fusil modèle 1886. arma l'infanterie française pendant de nom-
breuses années. Sa vitesse de tir atteignait facilement 12 coups à la minute,
quand l'on employait la répétion. Modifié en 1893 par l'adjonction d'un tampon
masque servant d'écran dans le cas de fuite de gaz vera l'arrière* il devint le
fusil modèle 1816 M.
<
Dès 1902, on incorpora cependant aux nouveaux types de fusils le sytème cte
répétrtion à chargeur de 3 cartouches, adopté en 1890 pour les carabines en 1892
pour les mousquetons. On créa ainsi le fusil des tirailleurs indo-chinois modèle
i902, puis le fusil colonial modèle 1907 (tirailleurs sénégalais).
Fusil indo-chinois modèle 19&2. — Le fusil 1886 était trop, lourd pour des
hommes de petite taille .1, le mousq-ueton ne semblait pas posséder une valeur suffi-
sante pour des hommes à pied. On établit un type mixte réunissant les avanta-
ges de deux armes et comprenant la répétition à chargeur. La longueur totale
de l'arme, est de : 1,126 m. avec une longueur de canon de 0,62 m,. Le poids
;&vec la baïonnette est de 4180 gr. au lieu de 4580 gr. (F. 1886 M. 93).
Le fusil colonial modèle 1907 tient également du fusil 1886 par la longueur
totale, et de la carabine modè-te 1890 par le mécanisme à répétion. L'épée-baïon-
nette du fusil colonial se fixe comme l'épée-baïonnette du mousqueton.
Au début de la guerre, la nécessite d'ua, fusil à chargeur ne faisant plus de-
doute, on intensifia la fabrication du fusil 1907, auquel on apporta quelques.
modifications de détail, d'où, son nom de- fusil modèle 1967-1915 (communément
07-15).
Le fusil 07-15 diffère essentiellement du modèle 1907 par le mode, de
fixation de l'épée-baïonnette, identique cette fois à celle du fusil 1886. M. 93. Un
certain nombre de celles qui Turent fabriquées pendant la guerre sont dépour-
vues de. quftlon. Quelques paignéas sont en bronze d'aluminium oui en. fonte et
non enl bronze de nickel.
Les fusils modèle 1907-1915 de première fabrication- sont munis du guidon et.
du cran de mire en U du fusil modèle 1886. Certains ont le levier du cylindre.
coudé.
Le chargeur. utilisé par toutes ces armes ne contenait que 3 cartouches, il'
était insuffisant. On étudia un chargeur de 5 cartouches, q;ui fut adopté.. Tous.
tes fusils 1907-1915, les mousquetons 1892 et les carabines ont subi
ou, peuvent
subir la modification 1916, qui permet à toutes les armes à chargeur en service
d'utiliser le chargeur de 5 cartouches et le chargeur de 3.
L& fusit modèle 1907-1915 M. 1916 et le mousq^lon modèle 1892 M. 1916 sont '
seuls fabriqués actuellement. Ils sont destinés à être substitués progressivement
au fu-sii m.odèle 1907-1915 et au mousqueton modèle 1892.
Le fusil actuel, organisé pour les nécessités du tir collectif à. toutes, les distances,.
est condamné par les enseignements de la campagne. Il est destiné à être rem-
placé par un fusil à tir individuel de précision aux petites distances (0 à 600 m.)..

Article IV. — Armes automatiques.


Les principaux perfectionnements apportés à l'armement' pendant la deuxième,
moitié du siècle dernier avait déjà considérablement réduit les gestes du tireur..
L action de tirer un coup de feu est devenue très simple, mais il faut
encore
manœuvrer la culasse et faire l'action sur la détente.
Si on, supprime la première opération,
on a les armes automatiques à tir coup.
par coups appelées armes à chargement automatique. Si l'on simplifie la dernière
opération- et qu'on la ramène à une pression unique de l'index toute une
suite. ininterrompue de coups, on les
pour
a armes automatiques susceptibles d'exé-
cuter uu tir continu de durée plus ou moins grande dit(tir par rafales (iWr en
mitrailleuses). Ge sont les 'armes à chargement et à tir automatique ou plus.
brièvement, armes à, tir automatiquI. (plusieurs centaines de coups à la minute).
La première application intéressante de l'automatisme à liarmement date de
1882. Avant Hiram Stevens Maxim, on avait cherché à utiliser le recul, mais ce
fut lui qui s'en servit le premier pour ouvrir et fermer la culasse, en modifiant
une carabine Winchester (Brevet en 1883).
Quelques années après, en 1885, Paulson aurait pris en Angleterre un brevet
pour l' emprunt de gaz en un point du canon. Mais il semble que la première
application véritablement pratique de cette idée dut être faite par les frères Clair,
armuriers de Saint-Etienne, dont le brevet français date de 1888, et qui eux ont
construit un pistolet.
Depuis l'automatisme tend à se généraliser pour toutes les armes portatives.
Les. inconvénients prévus, complication du mécanisme et grande consommation
des munitions ont été largement compensés par l'augmentation de la rapidité du
tir et la diminution de la fatigue du tireur ; ce qui procura dans certains cas
un accroissement considérable de l'efficacité.
Origine des mitrailleuses. — L'apparition de la cartouche métallique vers
1860, liée au procédé des canons accolés envisagés à l'article précédent, donna
naissance à l'arme que l'on a appelé mitrailleuse.
Les mitrailleuses américaines Gatling datent de la guerre de Sécession dés
Etats-Unis. C'étaient de lourds engins assimilables comme principe à de gros
revolvers à barillet, tournant à l'aide d'une manivelle, et tirent des projectiles
aux calibres de 12, 14 ou 25 mm.
En France, on cherchait alors un matériel susceptible d'effectuer le tir à
mitraille de l'artillerie. Les projectiles de la nouvelle arme devaient remplacer
les boites à mitraille, malaisées à tirer dans les canons rayés. C'est ainsi que
furent créés les canons à balle, appelés mitrailleuses de Reffye. Ces armes se
composaient essentiellement d'un faisceau de 25 canons, analogues à des calons
de fusil; une manivelle faisait partir les balles à peu près simultanément. La
balle de 13 mm. de calibre, en plomb coiffé, pesait 54 grammes et portait à
2000 m. Tous les mouvements s'effectuaient à la main (vitesse de tir : 100 à 200
coups. La manœuvre était très dure et le poids de la pièce élevé. (La mitrail-
leuse de Reffye était d'un poids comparable à celui d'un canon de campagne,
800 kg.). Les batteries ainsi constituées ne justifièrent pas les espérances que
l'on avait fondé sur elles, d'où la défaveur qui s'attacha pendant un certain
temps aux autres armes de même nom et pourtant si différentes.
Peu à peu .les canons multiples disparurent et furent remplacés par le canon
unique, tandis que le fonctionnement de l'arme devenait automatique. La pre-
mière mitrailleuse automatique fut construite en Angleterre par Maxim, en 1883.
Elle ne pesait plus que 30 kgs et tirait les cartouches des fusils- ordinaires.
Ces armes employées d'abord dans quelques guerres coloniales, furent adop-
tées dans la suite par les armées européennes. La Suisse, la première en 1898,
constitua des détachements de mitrailleuses Maxim. En 1902, l'Allemagne fit de
même. En 1905, la France en dota ses forteresses (mitrailleuse modèle 1905, dite
de Puteaux).
La guerre russo-japonaise de 1904-1905 fournit la première expérience déci-
sive et, à partir de cette époque, toutes les puissances devaient introduire des
mitrailleuses dans leur armement.
PREMIÈRE PARTIE

Munitions des armes portatives

CHAPITRE 1ep.

CONSTITUTION GÉNÉRALE DES CARTOUCHES

Pour étudier logiquement une. arme, il est boni d'examiner d'adord ses pro-
jectiles. Les résultats qu'ils procurent réalisent le but à atteindre. L'examen de
la machine destinée à les lancer vient ensuite, car celle-ci doit être faite pour
tirer une munition déterminée.
Au cours de la campagne, la France a subordonné la modification et la
construction do ses armes portatives à l'emploi de la cartouche modèle 1888.
C'est pour cette munition que furent faits le fusil mitrailleur modèle 1915 et les
fusils automatiques modèle 1917 et modèle 1918.
Toutes, les. cartouches en service actuellement sont formées des éléments
suivants :

Balle ;

;
Etui
Charge de poudre ;

Appaifeil d'amorçage.
La cartouche modèle 1886. M fut créée au moment de la mise en service de
l'armement modèle 1886. Elle était dotée d'une balle modèle- 1886 M, à noyau
de plomb durci,. avec .enveloppe de maillechort.
Cette cartouche a été remplacée depuis par la cartouche modèle 1880 D \
l'étui est peu différent, mais la balle M a rait place en 1898 à une balle D
uniquement en laiton.
Son poids est de 27,5 gr. au lieu de 99,7 gr. pour la première. Sa longueur
reste constante : 75 mm.
La cartouche modèle 1886 Il a do.nné naissance à un type dérivé ; la car-
touche modèle 1889 D (a. m.).

Article Ier — Dalle.


La valeur halistique d'une balle pleine est déterminée par son métal, sa
f ornie, son poids et son calibre.
A) Métal. — Le métal de la balle doit être dens4, peu déformable et pas trop
dur.
.Dense, pour assurer une bonne conservation de la, vitesse initiale du
projectile ;
Peu déformable, pour garder à ce dernier sa forme première malgré l'échauf-
fement dû aux différents frottements ;
Pas trop dur, pour ne pas user prématurément l'Orne du canon et sea
fayures.
A la création de l'armement modèle 1866, le plomb pur adopté depuis 1365
continua à être choisi en raison cfé sa Aensité. Mais en 1874, dès que l'on voulut
•augmenter un peu Ja vitesse initiale, on remarqua des franchissements de
rayures et un certain emplombage du canon. Au-dessus d'une vitesse initiale de
<400 mètres, les projectiles fondirent à la surface et se ramollirent sur. une
grande épaisseur. On entoura le plomb pur, peu homogène, de grande fusibilité,
d'un papier graissé ou d'une toiie (calepin) ^ puis pour augmenter la rigidité du
projectile, on le durcit en alliant le plomb à un autre métal plus dur que lui.
L'antimoine, le zino, le bismuth, l'arsenic et le cuivre furent essayés pour
constituer le plomb durci. En 1833, la France choisit le plomb durci à l'anti..
moine (5 %), mais d,ès que Veto voulut dépasser 450 mètres de V„ on constata
de nouvelles traMs de fusion.
Quelques années plus tard, vers 1885, on constata une augmentation de yi-»
tes se initiale et une meilleure conservation de !a rigidité du projectile, en. util
lisant des balles, dont le plomb durci, (noyau), était recouvert d'une enveloppa
métallique, dite chemise. Les premiers essais furent faits par le major Rubin de
l'armée "suisse. Au début, ces balles avaient été étudiées simplement pour Fem-
placer le calepin par une enveloppe métallique ; le calepin avait en effet pouf
inconvénients de conduire Vhumidité dans l'intérieur de l'étui et de ne pas.
supprimer totalement l'emplombage.
L'enveloppe. métallique doit être assez résistante pour ne pas se déchireis
assez épaisse. p&ur éviter la fusion du noyau, pas trop dure pour ne pas user les
rayures.
Aujourd'hui, les métaux les plus employés pour sa constitution sont : le cui-
vre, l'acaer et le maillechort.
Le cuivre a Favantage d'être malléable, mais il est bon conducteur de la
chaleur, il n'empêche la fusion du noya.u que sous une grande épaisseur ou
avec des armes à vitesse initiale relativement faible (canon court). La France
Va adopté pour les balles de revolver modèle 1892. Si l'on incorpere au cuivre
une certaine quantité de nickel, on peut obtenir des alliages intéressants, (Balle
anglaise de 7,7 : Cu 80, Ni 20).
L'acier, très résistant aux déformations, peut supporter sans se rompre de
grandes vitesses de rotation (dues aux rayures). Pour ne pas user prématuré-
ment les rayures, on choisit des aciers très duux, que l'on protège de la rouille
soit par une couche de graisse (Autriche), soit par nickeiage (Japon) ou plaquage
d'un métal inoxydable (Allemagne, Suisse).
Le maillechort, alliage de cuivre, de nickel et de zinc, l de fabrication et de
conservation faciles. Il fut adopté dans la balle français M (balle 1886) pour
recouvrir le noyau de plomb antimonieux (G. pour 100). La faible épaisseur de
l'enveloppe occasionnait des ruptures de cette dernière, assez nombreuses pour
des vitesses initiales dépassant 750 mètres, et des « déchemisements » du pro-
jeÿlile, si l'on voulait donner à la balle une vitesse de rotation trop grande.
On construisit ensuite en France une balle massive unimétallique, en métal
non déformable. Avec la balle modèle 1898 ou D (due aux recherches du
général Desaleux), en laiton à 90% de cuivre et 10 u/o de zinc. Le fonctionnement
dú. projectile est excellent tant que V0 nè dépasse pas 800 mètres ; au delà, on peut
craindre des déformations et des arrachements de particules métalliques pendant
le
le trajet dans canon. Ces particules déterminent un dépôt de métal, parfois
très adhérent, susceptible de nuire au bout de peu cie temps à la régularité du
tir. Ce phénomène, appelé l'encuivrage, est analogue à remplombage.
Les balles à noyau de plomb durci et à enveloppe métallique sont plus plas-
tiques que la précédente. Elles semblent devoir se substituer à la balle massive
en laiton dans les armes françaises de l'avenir. Actuellement, le F. M. 1924 tire
une balle chemisée : la balle 1924 G (noyau de plomb et chemise de maillechort).
La balle 1933 D, pour fusil et mitrailleuse de 7mm 5, est également une balle-
chemisée (noyau de plomb, enveloppe d'acier plaqué de maillechort).
B) Forme. — Quand le principe du projectile " allongé" fut admis, il fallut
déterminer quelle était la forme la mieux appropriée au trajet dans l'âme du
canon et dans l'air ; les anciennes balles sphèriques avaient déjà cédé la place
aux balles coniques. Théoriquement, la forme ovoïde facilitait à la fois la péné-

tration du projectile dans l'air et l'écoulement de l'air le long des parois et en


arrière ; mais pratiquement le problème semble varier avec la vitesse initiale
du projectile. Parmi les essais anciens,
le plus intéressant est dû au général
Piobert (1854), son projectile a 4 calibres
de longueur totale.
Jusqu'à 1898, la seule forme universellement adoptée était la forme cylindrique
ou très légèrement conique. La balle se terminait à l'arrière par un plan et à
l'avant par une calotte sphérique ou par une ogive d'un calibre de hauteur. La
balle française M avait son ogive tronquée par un méplat.
En 1898, les diverses puissances européennes avaient donc des projectiles à
peu près identiques au point de vue balistique. L'équilibre ne fut rompu que
par l'adoption en France de la forme bi-ogivale avec la balle modèle 1808 et la
tension de notre armement en fut très augmentée. De plus pour
un même angle
de projection, la nouvelle munition donnait une portée supérieure d'un quart
à celle de l'ancienne.
La balle modèle 1898 possède une
ogive de tête très effilée, ce qui diminue
la résistance de l'air dans des proportions
considérables. Elle a une longueur totale
plus grande (39,2 mm.) que celle des
projectiles similaires de même calibre.
La Suisse a choisi également la forme
bi-ogivale pointue ; sa balle particulière-
ment intéressante peut atteindre la portée
de 5.000 mètres.
En 1905, l'Allemagne a effilé son pro-
Jectile et l'a doté d'une ogive de tête
également très pointue. (Spitzgeschoss,
balle 1905 ou balle S).
En 1924, en France, la forme cylindro-
ogivale a été adoptée pour la balle de
fusil mitrailleur: balle 1924 C.
Mais on est revenu à la forme bi-ogi-
vale : balle 1033 D pour le fusil et la
mitrailleuse de 7 mm 5.
La forme bi-ogivale est, semble-t-il,
celle qui permet le mieux à la balle de
conserver sa vitesse aux grandes dis-
tances. Au cours de la guerre les Alle-
mands l'ont adoptée pour leurs balles.
perforantes ainsi que pour leurs balles
lourdes de mitrailleuse (balle s. S.).
Description de la balle modèle 1898
ou balle D. — Sa longueur totale est de
39,20 mm. (en calibre : 4,9) au lieu de
30,5 mm. dans la balle M.
A l'avant, l'ogive, très pointue, a
24,5 mm. de longueur et se termine par
un méplat d'un peu plus d'ur millimètre,
qui augmente la solidité de la pointe.
L'ogive de tête se raccorde à la partie
cylindrique par un léger ressaut. Le
calibre maximum se trouve à la base
de l'ogive de tête, il est de 8,32 mm.
Depuis 1905, une gorge, dite gorge de
sertissage, est pratiquée sur la balle au-
dessous du ressaut. Elle est profonde de
0,15 à 0,20 mm.
La partie cylindrique de 5,55mm. unit les deux ogives, son diamètre est de
8,15 mm.
A l'arrière, l'ogive fortement tronquée, n'a que 9,35 mm. de long. Cette ogive
de queue facilite l'écoulement des filets gazeux et diminue les tourbillons der-
rière le projectile.
La tranche postérieure, de 6,95 mm. de diamètre, porte les marques de fabri-
cation.
La balle modèle 1898 est fabriquée à froid par étampage et compression. Le
laiton livré en fils cylindriques, est découpé en tronçons de poids détermihé.
Ceux-ci sont comprimés ensuite pour les amener aux dimensions définitives et
en même temps. augmenter l'homogénéité du métal (1).
Description de la balle modèle 1924 C. — Sa longueur est de 27,7 mm., le
calibre de 7mm5 (diamètre maximum 7mm8).
Ellé est de forme cylindre-ogivale, avec culot évidé. C'est une balle chemisée :
noyau de plomb à 3 % d'antimoine, chemise de maillechort (ou acier plaqué
maillechort). Son poids est de 9 grammes.
Il n'y a pas de gorge de sertissage ; la balle est simplement serrée dans le
collet de l'étui au moment du sertissage.
La balle 1929 est identique à la balle 1924.

C) Poids. — Une balle légère aune trajectoire plus tendue aux petites distances,
une balle lourde aux grandes. A quel chiffre s'est-on arrêté pour concilier ces deux
conditions contradictoires et réussir le projectile d'avant-guerre utilisé à toutes les
distances.
Eu France, la balle M pesait 15 gr, et donnait une vitejse initiale de 640 m
La balle D pèse 12,8 et donne 700 m.
A l'étranger :
La balle allemande S de 10,5 gr. (calibre 7,9) donne 840 m.
La balle suisse de 11 gr. 35 .(calibre 7,5) donne 822 m.
Les distances de tir de l'arme automatique du groupe de combat (de 0 à 600™,
exceptionnellement 1200m) ont permis d'adopter une balle légère (9grammes). La
tension de la trajectoire est un peu plus grande à ces distances et le gain de
poids appréciable. Par contre, l'augmentation des distances d'emploi des mitrail-
leuses lourdes et la recherche d'une plus grande précision dans leur tir sur les
objectifs éloignés demandent le maintien d'un projectile lourd. On en est ainsi
venu à adopter une balle plus lourde que la balle 1924 C pour le fusil 7 mm 5 et
la mitrailleuse de 7mm5; c'est la balle 1933 D (12 grammes).
Les Allemands ont conservé pour l'exécution de leurs tirs indirects de mitrail-
leuse leur balle du type 1886 D (poids 12,80 gr.) qu'ils ont utilisée dans nos
armes pendant la guerre. Cette balle est à peu près identique à leur balle lourde
s. S., essayée en 1918. Les Américains ont eux aussi adopté une balle lourde.
D) Calibre. — Le calibre est étroitement lié à la forme et au poids des balles ; il
varie avec les conditions d'emploi des armes. Les expériences faites avant la guerre
avaient montré déjà qu'un projectile de calibre inférieur à 8 mm. possède encore
une bonne puissance meurtrière. Depuis la balle d'infanterie italienne du calibre
6,55 mm. ne semblant pas avoir donné de mécompte pendant la dernière
guerre,
on tend de plus en plus vers une légère réduction de calibre dans l'armement
des fusiliers voltigeurs.

(1) Marquage de la balle. Voir I. A. M. VIIe Partie, Chapitre I, Article I, n° 7.


Art. 2. - Etui.
L'étui peut être combustible ou métallique. Les premiers étuis furent combus-
tibles, ils présentaient de nombreux inconvénients du point de vue de la solidité
et de l'étanchéité. Les seconds sont actuellement très lourds. La réduction dé leur
poids a motivé de nombreuses recherches, qui jusqu'à présent n'ont pas abouti.
L'étui métallique est donc pour l'instant le seul en service. '11 réunit tous les
éléments de la cartouche, facilite le chargement, assure la conservation de la
poudre et réalise l'obturation de la chambre de l'arme au départ du coup.
Le métal nécessite toutefois un système d'extraction et d'éjection, et présente
comme inconvénients son prix de revient et son poids (9, 4 gr. à 12, 8gr.). Ce dernier
porte le poids mort au tiers et même à la moitié du poids total de la cartouche.
La cartouche modèle 1886 D pèse 27,5 gr. et le poids de son étui est de 11,5 gr.
A) Métal. — Le métal employé pour la fabrication de l'étui doit être:
assez malléable pour s'appliquer exactement contre les parois de la chambre ;
.assez élastique pour reprendre, après le départ du coup, ses dimensions primitives
et faciliter ainsi l'extraction ;
aussi inoxydable que possible.
C est le laiton qui remplit le mieux ces conditions, quand ces constituants sont
très purs. Sa densité considérable reste cependant un gros inconvénient, .et ce der-
nier ne fait que s 'aggraver proportionnellement à la réduction constante des cali-
bres. Le laiton employé en France est établi avec 67 parties de cuivre et 33 de zinc.
La substitution de l'aluminium pur au lailon, métal très dense, aurait réduit le
»
poids de l'étui de plus de moitié, mais c-e métal manquait d'élasticité et de résistance.
De plus, il s'oxyde rapidement et profondément en présence de l'humidité de L'air..
Des alliages à base de ce métal pourraient peut-être maintenant donner satisfaction.
L'emploi de l'acier extra doux, sous faible épaisseur, permettait des types très
légers (7à8gr.), mais la fabrication semblait devoir être très délicate, la -protée-
tion contre la rouille difficile à obtenir ; ou y a renoncé.
Pendant la guerre (en Décembre 1916), pour économiser le cuivre, les Allemands
firent des essais d'étuis en fer. Ceux-ci de conservation délicate réussirent pour le
tir des fusils et échouèrent pour le tir des mitrailleuses, en raison de ruptures trop
fréquentes. On décida alors de ne fabriquer l'étui en fer que pour le tiers de la livrai-
son totale des cartouches S. Les paquets portaient la mention pour le fusil seulement.
B) Forme.
— La forme extérieure de l'étui intervient énormément dans La
régularité des déplacements de-la munition dans l'arme (alimentation).
La densité de chargement, rapport entre la charge exprimée en grammes et
le volume intérieur disponible de l'étui mesuré
en cm3, influe sur la forme de
l 'étlii. Cette capacité, une fois déterminée (3000 à 4500 mm3),
on peut faire J'étui
long et étroit ou large et court. La cartouche à étui très long- réclame une boîte
de culasse et une chambre également longues,
ce qui augmente le poids de
l'arme, 1 étui large demande des dispositifs d'assemblage trop volumineux.
On distingue sur l'étui quatre régions le collet, le raccordement, le corps
:
émaneration verticale si possible d'étui, le culot.
Le collet est la partie rétrécie, qui maintient la balle. On l'obtient dans la
fabrication en cours au moyen de' quatre sertissages successifs, faits g'énérale-
ment par la même machine. Au préalable, on a procédé au premier recuit par-
tiel (puisqu il n'intéresse que le colfet), permettre l'étirage du mêlai ;
pour
ultérieurement, on exécutera un deuxième recuit partiel (voir plus loin).
Pour avoir un bon service de la munition dans )e tir et
1 'alimentation, la
un jeu normal' de
longueur de la cartouche doit rester invariable. Si la balle s'en-
fonce, elle réduit la densité de chargement si elle tombe, elle compromet le
;
fonctionnement ; si elle dépasse, la cartouche se coince dans son trajet dans
l'arme.
Autrefois, pour assurer la liaison de l'étui avec la balle, cette dernière était
maintenue seulement par un serrage élastique, résultant de la différence de diamètre
extérieur du collet et de balle. Mais ce procédé devint insuffisant pour la balle
D par suite de sa forme bi-ogivale ; la position de la balle était rapidement
compromise dans un transport en vrac de quelque durée. Le serrage élastique
fut donc complété par un sertissage, qui resserre le métal du collet dans la
gorge prévue à cet effet sur la balle. (La force, qui s'oppose à la séparation de
la balle et de l'étui, varie suivant la durée du deuxième recuit partiel du collet
de l'étui ; la tolérance minima est de 15 kg).
Dans la cartouche anglaise la balle présente une gorge annulaire un peu au-
dessus du culot. Le métal du collet de l'étui est refoulé dans cette gorge par
trois coups de pointeau.
Le collet est actuellement cylindrique extérieurement et intérieurement. Il ne
présente plus dans sa partie inférieure le léger rétrécissement intérieur, destiné
dans l'étui modèle 1886 M à l'appui de la bourre, aujourd'hui supprimée. Cette
suppression a permis de loger dans l'étui la balle D, plus longue que la balle M
(presque i cm de plus), sans changer la longueur totale de la cartouche.
L'emploi de la bourre est devenu maintenant exceptionnel, elle existe
cependant dans la cartouche de revolver modèle 92.
Le raccordement est la région de profil courbe, qui unit le collet au corps de
l'étui. Par sa forme il facilite l'action des gaz, quand la balle se met en mou-
vement.
Le corps d'étui renferme la charge de poudre. Son tracé, plus ou moins tron-
conique, facilite l'introduction de l'étui dans la chambre, puis son décollement
des parois du canon sous l'action de l'extracteur.
Si le corps de l'étui était rigoureusement cylindrique, son adhérence oppo-
serait à l'extraction une résistance beaucoup trop considérable ; tandis qu 'un
étui légèrement tronconique s est décollé sur toute sa longueur, dès qu'il com-
mence à reculer. Un tel étui', comme celui de la cartouche à balle de 7,15 mm.,
est néanmoins dit cylindrique.
Plus évasé, comme en France, l'étui est dit tronconique. La succession des
deux troncs de cône, qui composent le corps d'étui, lui donne un aspect large
et court (en bouteille). Dans les armes à magasin tubulaire, il y avait intérêt à
diminuer la longueur de la cartouche. Aussi la cartouche française de 74,9 mm.
de long est-elle la plus courte des cartouches en service, son étui est le plus
court : 50,4 mm.). Dans les armes à magasin dans la boîte de culasse, une
cartouche plus allongée a moins d'inconvénient. La longueur totale de la car-
touche allemande avec la balle S est de 80,3 mm. La cartouche américaine la
plus longue a 84,8 mm.
Le culot porte sur son pourtour un dispositif, bourrelet ou gorge, qui
permet l'extraction des étuis et facilite l'assemblage des cartouches. Au contre
se trouve le logement de l'appareil d'amorçage, l'enclume et tes évents. 4
Le culot est la partie de l'étui français actuel, qui a subi, depuis sa création,
le plus de transformations.
A la mise en service, la face postérieure de l'étui était plane.
En i888, elle devenait convexe. Au moment du départ du coup, les gaz
tendaient donc à appliquer le pourtour du culot contre la cuvette et le serrage
du couvre-amorce s'en trouvait augmenté.
Au début, la face intérieure de l'étui modèle i886 était ondulée ; la saillie de
l'enclume était obtenue par un ployage du'métal. Ce procédé donnait des ruptures
au ras du bourrelet, accompagnées sauvent de fuites de gaz dangereuses pour
& tireur. En 1890, pour éviter cet inconvénient et diminuer le travail du métal
dans cette région, l'épaisseur fut augmentée, le fond de l'étui devint convexe *
d'où le type dit modèle 1886 M (modifié).
A la fabricationv le logement de l'amorce est ébauché dans la masse dU
produit dès l'étampage. On procède ensuite aux étirages (trois), qui donneront
l'allongement, enfin vient l'opération dite du bourreletage. Le. culot est alors
terminé et marqué (i). (L'appareil d'amorçage sera maintenu par un simple ser-
rage élastique). Les évents seuls restent àforer.
tv — Marquage de l'étui. Voir I. A. T. VIle partie, chapitre I, article 1/n0 6.
Quand la balle 1898 fut mise en- service, le eulot fut doté à l'extérieur d'un
Avidement circulaire autour du couvre-amorce (Etui modèle 1886 D.) Cette rainure
de 0,5 m/m de profondeur est destinée à recevoir éventuellement la cartouche
suivante, dans le magasin tubulaire du fusil 1886 M. 93. Dans ce dernier, les
pointes des balles sont normalement orientées vers le pourtour du culot, mais
en cas de choc doivent venir se ranger dans la dite rainure au lieu de s'appuyer
contre les couvre-amorce. 1
Dès novembre 1905, l'Ecole normale de tir du camp de Châlons (E.
N. T )
propose une modification de l'am9rçage de la cartouche D, dans le but de
remédier aux fuites de gaz par le joint du couvre-amorce et aux désamorçages.
La rainure circulaire est éloignée vers le pourtour du culot,
un listel de laiton,
ménagé entre cette rainure et le logement de l'amorce, sera ultérieurement rabattu
sur un couvre-amorce plat, l'appareil d'amorçage sera serti. Dans la suite, d'autres
propositions d'améliorations de sertissage furent faites et étudiées comparati-
-
vement. En 1912 seulement, le dispositif de la seclion technique de l'Artillerie,
S.T. A. (am) c'est-à-dire amorçage modifie comprenant un sertissage analogue,

à celui de l'E. N. T. devint réglementaire. Ce type est appelé y
marque. Le principe restant le môme, le profil de la rainure et du anolennelistel fut
simplifié depuis, ainsi que le marquage. Ce dernier modèle fabriqué
exclusi-
vement aujourd 'hui sert à constituer la cartouche nouvellemarque
Dans certains pays on imprime simplement des coups de pointeau
bords du logement de l'amorce, de façon à refouler partiellement le laiton sur les
le culot de la capsule (cartouches de 7,7 mm. sur
pour mitrailleuses Lewis et
Vickers).

A signaler enfin qu'en novembre 1915 on augmenté l'épaisseur


a des parois
du corps de l'étui de quelques centièmes de millimètre dans la région
culot, on t 'a porté à 0,50 mm. ; c'est ce qu'on a appelé alors l'étui avoisinant
Pour donner prise au dispositif d'extraction, le culot de l'étui porte " renforcé."
pourtour, soit un bourrelet de métal en saillie, soit sur son
une rainure appelée gorge.
Le bourrelet qui se termine à l'avant par
I avantage d assurer d'une manière parfaitement
un plan normal à l'axe de l'arme a
exacte la position de la cartouche
dans la chambre au moment de la percussion (position de chargement de la
cartouche). L'étai à gorge ne réalisait tout d'abord cette position
u raccordement contre la partie antérieure de la chambre. L'enfoncementque par l'apput
de
*** pouvait varier avec les tolérances de
fabrication et le degré d'usure de la.
chambre (avance du cône de raccordement). Actuellement les dispositifs d'extrac-
tion dés cartouches à gorge donnent toute satisfaction.
En 1886, la France préféra le bourrelet, parce que celui-ci rendait, alors moins
fréquents les ratés de percussion. C'était une considération très importante avec

le système d'amorçage, relativement peu sensible, que l'on avait conservé inten-
tionnellement avec le magasin tubulaire du fusil 1886.
Le bourrelet présentait aussi une sécurité de plus dans une arme à magasin
tubulaire. En effet, avec ce dispositif les cartouches, mises dans un magasin tubu-
laire de diamètre supérieur à leur diamètre propre, étaient désaxées par rapport
à l'axe du magasin et entraient généralement en contact avec les parois du
cylindre par trois points ; le bourrelet, le raccordement, la naissance de l ogive
de la balle, et de cette manière ne plaçaient pas leur pointe contre l'amorce "de
la cartouche précédente.
Avec des étuis à gorge il n'en eut pas été de même. Par contre, ces étuis
moins encombrants, imaginés par Rubin en 1885, se disposent mieux dans les
chargeurs et dans les lames-chargeurs, les cartouches sont placées parallèlement
les unes aux autres ; tandis qu'avec notre cartouche à bourrelet et à troncs de
cônes évasés, il a fallu donner à nos chargeurs des formes partiellement circu-
laires qui sont encombrantes. Seul F étui de la cartouche du pislolet automatique
de 7mm65, en service en France, était à gorge.
En 1924, on a adopté l'étui à gorge pour le F. M. 1924. Les premiers étuis
fabriqués étaient d'ailleurs insuffisamment résistants dans la région du culot et
-

'donnaient lieli à de fréquentes ruptures.


On a construit pour y remédier l'étui 1924 C à tracé 1928 qui a été appelé
.étui renforcé.

L'étui 1929 ne diffère de l'étui 1924 C. tracé 1928 que par la longueur de
l'étui (4 mm en moins).
La cartouche 1929 D a un étui 1929,

Article 3. — Appareil d'amorçage et charge de poudre.


Appareil d'amorçage. L'appareil d'amorçage sert à provoquer la défla-

gration de la charge de poudre.
L'amorce est généralement constituée par une charge de composition
fulminante, mise dans une coupelle réceptrice que l'on appelle alvéole. Elle est
complétée parfois .par une deuxième coupelle dite couvre-amorce. Le tout
se
trouve placé à l'intérieur du logement préparé au centre du culot. L'amorce
modèle 1880 contenait dans une coupelle de cuivre rouge de0,30 mm. d'épaisseur
une composition fulminante pesant 0,03gr. Elle donnait des ratés et des longs feux

L'amorce modèle 1890 contient 4 cgr. de composition fulminante, formée de


:
2 cgr. de fulminate de mercure, 1 cgr. de chlorate de potasse, 1 de sulfure
d'antimoine. cgr.
La coupelle est placée face au sommet de l'enclume. contre laquelle elle vient
s 'écraser sous le choc du percuteur. Deux petits canaux de 0,8 mm., appelés
évents, permettent t inflammation de la poudre placée à l'intérieur de l'étui.
Certains pays préfèrent l'event unique de diamètre pius fort 1,5
: mm., à 1,8 mm.
La cartouche française modèle 1836 possède un couvre-amorce qui maintient
l'amorce et la rend moins sensible. Le couvre-amorce n'existe qu'en France. Un
couvre-amorce, dans un magasin comme celui du fusil modèle 18S0 M 93, doit
empêcher toute percussion accidentelle d'une cartouche la balle de la
cartouche disposée derrière. par
Le couvre amorce modèle 1914 a une épaisseur de 0,52
mm. La présence d'un
couvre-amorce devient inutile avec la suppression du magasin tubulaire, aussi
a-t-on déjà étudié en France des dispositifs d'amorçage
Partout, de plus en plus, on'place un paillet sur la sans couvre-amorce.
rondelle de la matière
fulminante. En France, 1 amorce modèle 1890 est ainsi fabriquée actuellement.
Le paillet peut être de 0,03 mm. d'épaisseur, soit
en étain pur, soit en alliage
d étain et de plomb à parlies égales, ou de 0,05 à 0,07
Un vernissage à la gomme-laque assure le maintien du mm. d'épaisseur en papier.
paillet contre la compo-
sition fulminante,
On a voulu par ce moyen combattre les ratés d'amorçage, assurant à la
pastille fulminante une étanchéité plus complète. Ce dispositifenaugmente égale-
ment la sécurité en protégeant la composition d'une
frottements possibles de la crête saillante et parfois bavuréeamorce libre contre les
de l'enclume, surtout
quand cette dernière est percée en son milieu (évent unique).
Charge de poudre. La charge est déterminée d'après la puissance de la
poudre et les effets balistiques à obtenir. Toutes les nations emploient les
poudres colloïdales dites '• sans fumée ", généralement à base de nitrocellulose
celles de l 'Angleterre et de I 'Italie sont à base de nitroglycérine. Les charges;
varient de 2,35 gr. à 3,30 gr.
Dans la cartouche française, la charge est formée de 3
gr. de poudre BN3 F,
grains sont de petits parallélipipèdes aplatis de 0,5 mm. d'épaisseur sur
2 mnrK- de longueur et de largeur. Ils ont
~ ulle teinte noirâtre. Il v en a 600 environ
au gramme.
à
La poudre B est base denitrocellulose. Voir C. A. E. lir fascic., 2epartie. Titre I.
En 1880, la charge de poudre B fut tout d'abord de 2,60 gr.
Ce premier type de poudre B contenait des grains d une homogénéité impar-
faite et donnait dans les manipulations et les transports, une notable proportion
de poussier. La vivacité de la poudre s'en trouvait augmentée, d'où des accrois-
sements de pression et des irrégularités de vitesse.
En 1888, Vieille perfectionna sa poudre, qui fut appelée BF (NT) (nouveau
type. La lettre F (fusil fut ajoutée il ce moment, parce que l'artillerie venait
d'adopter elle aussi la poudre B pour le tir de ses canons (B C).
La nouvelle pâte, plus compacte et plus dure, donnait une diminution de
pression et de vitesse, il fallut porter la charge à 2,80 gr.
En 1891, l'adoption de l'étui modèle 1880 M réduisit la capacité de la cartouche
de 100 mm3, ce qui entraîna la réduction de charge à 2,75 gr.
En 1896, on incorpora au dissolvant une certaine proportion d'alcool amylique,
Les propriétés balistiques restèrent les mêmes, la dénomination devint B F (AM).
En 1898, à l'adoption de la cartouche modèle 1880 1), on mit en service la
poudre BN3 F. On fabriquait à ce moment pour l'exportation des poudres B,
qui reçurent la dénomination générale BN (à l'origine, on y avait incorporé une
-

certaine quantité de nitrate de potasse ou de baryte). L 'indice 3 indique que


c'est le 31 type des poudres B N qui fut choisi.
Deux opérations destinées y augmenter sa progressivité et exécutées au cours
de la fabrication caractérisent la poudre B N 3 F ; le trempage a l eau chaude et
lissage superficiel à la plombagine.
Le trempage a l'eau chaude (à 70°) rend le grain poreux. La porosité provoque
l'augmentation de la surface d 'émission. Ce résultat a pour effet d activer la
combustion à l'intérieur du grain.
Depuis 1898, le lissage simple a été remplacé par le lissage à la plombagine,
qui donne un double résultat. Un simple lissage, comme dans la BF, aplanit la
surface du grain, supprime ses aspérités et diminue la porosité de la couche
extérieure. Il a pour but de ralentir la vitesse initiale de la combustion. L emploi
de la plombagine dans le lissage (plombagine) a pour effet de diminuer encore
la porosité superficielle du grain. Ce dernier mode ralentit plus que le simple
lissage la vitesse de combustion initiale, en créant à la surlace du grain une
croûte superficielle de faible épaisseur et de grande compacité. Ce procédé
diminue de plus la température de la réaction explosive.
En conséquence, la pâte du grain, 1res compacte a 1 'extérieur, est très poreuse
plombagi-
au centre. L'émission gazeuse, modérée et ralentie au début par la
nage a une tendance à augmenter, quand la combustion arrive au cœur du grain,
jusqu'ou s'est fait sentir l'action du trempage.
Ces deux opérations ont donc rendu la poudre BN3 F plus progressive que
la poudre BF (AM) ; il pression égale le gain de vitesse est de 35 mètres. C est
cette progressivité plus grande qui a permis de porter la charge de 2,75 gr. de
BF (AM) à 3 gr. BN3 F et d'augmenter ainsi la vitesse initiale sans dépasser
pourtant dans les canons de fusil la limite fixée pour la conservation de l 'arme-
ment modèle 1886.
A partir de 1911, toutes les poudres BN 3 F contiennent de la diphénylamine,
d'où l'abréviation BN2 FD. Le taux, d'abord fixé a 1,5 p. 100, a évolué depuis.
Pendant la guerre, il a été réduit à 0,50 p. 100, puis 0,25 p. 100. La diphény-
lamine fut même momentanément remplacée C'est un stabilisateur qui absorbe
et neutralise les vapeurs acides qui se dégagent de la poudre et dont l 'accumu-
lation accélérerait la vilesse de décomposition de celle-ci. Elle sert de plus par-
fois d'indicateur en signalant par des changements de couleur de la pâte les
modifications chimiques produites. A vitesse égale, les poudres à diphénylamine
donnent 100 kg. de pression de plus que les poudres BP (AM).
Dès 1905, on avait entrepris d'une façon très sérieuse les essais concernant
la poudre BN 3 F améliorée pour l'armement de 8 millimètres, à la poudrerie du
Ripault en particulier. (Aé = amélioré).
Perfectionnée sans cesse depuis, on appelle actuellement ces poudres BFP,
poudre B à fusil progressive. Un indice affecté à la lettre P indique la vivacité
de type.
Une poudre BFPj (genre poudre allemande), est utilisée en particulier pour
le chargement des cartouches à balles perforantes et à balles traceuses.
La poudre, qui conviendra le mieux aux armes automatiques, sera la poudre
progressive la plus régulière, celle dont les écarts extrême de pression seront
réduits au minimum.
Il est bon de dire aussi que les poudres à la nitroglycérine permettent des
charges de poids et de volumes moindres, seulement elles produisent plus faci-
lement des érosions variables avec la constitution du métal du canon. L'acier
au nickel en particulier les supporte mieux que l'acier au manganèse.
Etanchéité. — L'état hygrométrique d'une poudre influe considérablement
sur les pressions et les vitesses obtenues. Une poudre humide se reconnaît à la
présence de grains collés.
L'étanchéité destinée à préserver la charge et l'amorce de toute humidité est
obtenue par l'obturation des joints au moyen d'une légère couche de graisse
ou de vernis à la gomme laque.
En France, le vernis est disposé sur le joint du collet par de petits appareils
à mollette. Au culot, une goutte du mélange est déposée mécaniquement sur
chacune des cartouches d'un même plateau ; elle se répand tout autour de la
convexité du couvre-amorce.
Empaquetage. — Voir I. A. M. VIle partie, chapitre I, article I, n° 9.
La réalisation de la puissance du feu exige une grande consommation de
munitions. Il faut donc qu'à l'avenir le combattant soit plus largement doté
qu'il ne l'a été jusqu'ici. La charge des hommes et la capacité des organes de
ravitaillement sont limitées ; pour augmenter le nombre des munitions, il faut
en réduire le poids et l'encombrement par conséquent tendre vers un allégement
de la cartouche et une diminution de son volume.
CHAPITRE Il.
SPECIALISATION DES PROJECTILES DE GUERRE
EN FRANCE«
La balle modèle 1898 au D était destinée aux distances de 0 à 2.400 mètres.
Elle fut parfois utilisée presque à l'extrême limite de portée (tir indirect des
mitrailleuses). Elle servait à tuer " l'adversaire ou à le mettre le plus long-
temps possible hors de combat.

1. — La balle anti-cbar T allemande (Tank-Gewéhr) cta calibre 13,5 m/m. pèse 51,5 grammes.
La balle APx4, appelée depuis balle de 8 mm. P, est un peu plus courte que la
balle D, : 32,5 mnw au lieu de 39,5 mm., Elle pèse 9,60 gr. et se compose d'une
enveloppe en laiton à 90 p. 100 de 5,55 gr. et d'un noyau en acier au carbone
de 4,05 gr. avec une charge de 3,2 gr. de poudre BPP,, elle possède 840 m.
de V0.
Pour permettre de reconnaître facilement cette balle, on a modifié la couleur
de son enveloppe. Elle est d'aspect brun noirâtre.
On reproche à ces balles de donner un encodage rapide des canons ; on
supprime complètement ce dernier, en tirant une balle modèle 1898 pour trois
balles P.
Balle traceuse. — La balle de 8 mm. T est de môme métal que la bqlle D.
Le poids total de la balle terminée est de ti,20 gr. envtron.
Lumineuses jusqu'à 600 mètres environ, les balles T matérialisent la trajec-
toire et facilitent le réglage dans le tir contre avions à faible hauteur.
Leur précision est inférieure à celle de la balle D. Aux petites distances, la
dispersion est sensiblement double, la tension un peu plus grande.
Les durées de trajets sont les mêmes que celles des balles P tirées à la
charge de 3,2 gr. On peut donc les « panacher » avec ces dernières.
Balles incendiaires. — La quantité de substance thermique contenue dans,
les balles traceuses est trop faible pour incendier, il a fallu dans le calibre de-
8 compléter la balle traceuse par une balle incendiaire. (Essais PH2 et PH3t.
PH. == phosphore).
Cette. balle creuse, renferme un bâtonnet de phosphore. Ât1 cours de- las fabri-
cation, un évent a été percé dans la paroi. Le trou de cet évent est bouché en
"temps normal par une soudiure. à. l'alliage Darcet (plomb,.5 parties ; bismuth,. 8 ;
étain. 3).
FONCTIONNEMENT DANS LE TiR.
__
— \U.
départ du coup, la balle s'échauffe, l'al-
liage Darcet fond à 94°, l'évent est dé-
bouché. Le phosphore, qui fond vers 80°
est entré en fusion ; il est refoulé vers
l'arrière par inertie (France) ou sous
l'action d'un petit bloc de plomb libre
et cannelé (Angleterre et Allemagne), ili
bave, s'oxyde et brûle.

2° CALIBRE DE 7,7 mm

A partir du début de 1916, on a chargé


à l'atelier de construction de Puteaux
des cartouches de^,7 mm. à balle pet-
forante pour mitrailleuses Lewis, et Vic-
kers (aviation). Le noyau est identique
à celui de !a P de S, millimètres. Le
tracé seul de l'enveloppe en laiton diffère
tfe welui de la balle de 8 mm. P',
clè calibre
On flt aussi dans une balle
traceuse et perforante (T.P.). Son poids
est d'e- 9,20 gr. Elle est composée d'un
noyau d'acier long de 21 mm. au. lieu
de 24, A l'arrière de celui-ci se trouve
placée la composition lumineuse consti-
tuée par du peroxyde de strontium, du
magnésium et de l'oxalate de strontium.
Cette composition donne un traçage
rouge, très visible.
La composition d'allumage est à base
de minium et de magnésium.
Se CALIBRE DE 11 mm.
Balle incendiaire. — Cette balle, également du Commandant Desvignes,
tracé du commandant Bourdon, possède une composition éclairante et une
oom,position d'allumage à peu près identiques à celle de la balle de 8 mm. T.
Mais la grande quantité de matière : 2 gr. lui donne une durée de luminosité
beaucoup plus longue (jusqu'à 1.200 m.), et développe en même temps une
chaleur suffisante pour incendier. Cette balle était utilisée, contre les drachens
avec des mitrailleuses Vickers de li mm. (aviation).
Qn a fabriqué aussi dans oe calibre une perforante lumineuse (T P, de il).
DEUXIÈME PARTIE

Armes de petit calibre

CHAPITRE IER

L'ÉTUDE D'UNE ARME A FEU

L'étude technique d'une arme à feu comporte l'exposé de son organisation


en vue du tir et la présentation de son fonctionnement. Tout le monde doit
,
connaître les possibilités du tir, tandis que les modalités du fonctionnement
offrent un intérêt variable suivant les catégories (cadres, personnel spécialisé).
,
L'organisation en vue du tir rappelle la description de la munition ainsi que
sa valeur balistique, donne le mode de tir, la vitesse pratique du tir. Elle
fournit enfin tous les renseignements relatifs au canon (longueur, rayures,
etc.,.) et à l'appareil de pointage.
Le fonctionnement, c'est la mise en œuvre du mécanisme sous l'action d'une
force motrice. Il oomprend le développement des différentes opérations à
réaliser. Celles-ci doivent se produire successivement ou simultanément, mais
toujours dans un ordre déterminé.
Etudier logiquement le fonctionnement d'une arme, c'est voir d'abord sépa-
rément ces différentes opérations, puis les regrouper ensuite. Autrement
dit faire :
une analyse dans le fonctionnement fractionné ;
une synthèse dans le fonctionnement d'ensemble.
Ay$nt de commencer l'étude de détail de chaque matériel, il y a intérêt à
connaître l'ensemble des données techniques, qui ont présidé à la construction
de chacune de leurs parties. De leur connaissance découlera une méthode de
travail, qui peut s'appliquer à l'étude de toutes les armes automatiques ou non.
Voici le plan à suivre 1

I. ORGANISATION EN VUE DU TIR


ip — Munitions.
20
— Mode de tir ;
a) — Poids de l'arme ;
b) — Organisation des appuis ;
c) — Mode de refroidissement ;
3* — Vitesse pratique fin tir.
4r — Canon.,
— Appareils de pointage.
Divers : protection, entretien, eto...
Il. ORGANISATION EN VUE DU FONCTIONNEMENT
A. — Fonctionnement fractionné :

1.°
— Principe moteur.
28 — Fermeturet Ouverture,
30 — Verrouillage. Déverrauillage,
4° — Armé. Percussion,
5° — Alimentation,
66 — Extraction. Ejection,
7" - Sûreté.
B, — Fonctionnement d'ensemble.

Article ter. — Organisation en vue du tir.


1° MUNITIONS ( Voir première partie),

MODE DE TIR.
Le mode de tir le plus répandu fut longtemps le tir ooup par coup, Actuel-
lement des armes le possèdent encore exclusivement, tandis que d'autres sont
organisés uniquement pour le tir par rafales. Certaines enfin permettent les
deux ; les fusils-mitrailleurs se rangent dans cette dernière catégorie.
a) et b) POIDS DE L'ARME - ORGANISATION DES APPUIS. Le poids de l'arme
impose généralement l'organisation des appuis. Les armes les plus légères
(pistolets et revolvers) sont maintenues par une ou deux mains à l'aide d'une
poignée. Si leur valeur balistique ,le permet, on pourra les doter de crosse
d'épaule amovible autorisant le tir jusqu'à 400 et même 600 m.
Le fusil en joue est soutenu par les mains du tireur et appuyé à l'épaule
par l'intermédiaire d'une crosse. Chaque fois que cela sera possible, son maintien
en direction sera complété par l'appui que permet l'utilisation du terrain.
Les armes automatiques à tir par rafales tendent de plus en plus à se
classer, au point de vue emploi, en fonction de la stabilité de leur dispositif
d'appui. L'organisation de ce dernier influe considérablement sur la longueur
de la rafale et sur sa valeur.
Les fusils-mitrailleurs, au début à simple fourche, sont complétés maintenant
par une béquille de crosse.
Les mitrailleuses, grâce au perfectionnement de leur affût, augmentent sans
cesse leur rendement,
Sous cette rubrique Il organisation des appuis doivent entrer également
en ligne de compte les accessoires divers, qui soutiennent l'arme dans le tir
en marchant,
c) MODE DE REFROIDISSEMENT. — La résistance d'une arme à l'échauffement
provoqué par la continuité du tir, intervient également pour fixer le ou les
modes permis. (Voir à la Il. partie, chapitre Il, arlicle 3, D : Particularités
relatives, aux armes automatiques).
3e VITESSE PRATIQUE DU TIR.
Généralités. — La valeur qualitative du tir d'un engin s'appelle l'effet utile.
C'est le nombre de balles mises dans l'objectif pendant l'unité de temps. Cette
définition a été matérialisée sous une forme algébrique très intéressante à
retenir.
Il est évident, a priori, que cet effet utile sera d'autant plus grand que l'engin
tirera plus juste et qu'il tirera plus vite. Si N représente le nombre de balles
tirées pendant le temps t, et n le nombre de balles mises dans l'objectif, la
justesse (J) s'exprime évidemment par le rapport —, n la vitesse de tir (V)
par le
N
rapport

En multipliant membre à membre les deux égalités on a :

Or l'effet utile (E) peut être représenté par —,


71
c'est la définition donnée plus
haut. D'où, en dernière analyse :
(2) J. V = E
Lorsque les balles d'une arme sont tirées à bras francs, on ne peut simul-
tanément faire croître la justesse et la vitesse La vitesse augmentant au delà
J
d'une certaine limite, la justesse diminue parallèlement ; si bien que, même en
temps de paix et sur le polygone, même sans faire intervenir l'émotion du tireur
au combal, il arrive un moment où la recherche de l'accroissement de la vitesse
n'aboutit qu'à réaliser une. justesse nulle. Dans la formule (2), le facteur J étant
nul, E, l'effet utile, le devient également et les balles sont lancées en pure perte
dans le bleu.
Mais avec les armes sur dispositif d'appui complet, la vitesse a pu atteindre
une valeur élevée, sans que la justesse diminue sensiblement. Il s'en suit que,
chez elles seules, l'effet utile s'est accru proportionnellement à cette augmenta-
tion de vitesse.
Cette notion de la vitesse de tir tend à prendre actuellement une importance
plus grande avec les armes actuelles. Une arme susceptible de fournir un tir
rapide offre de grands avantages, quand il s'agit d'objectifs fugitifs, d'interven-
tions violentes mais de courte durée. Et les effets d'un feu rapide exécuté sans
interruption, pendant un temps déterminé, sont liés étroitement au débit, tant
que l'arme peut être convenablement maintenue sur le but à battre. La possibi-
lité de tirer bien et vite, sans excès de fatigue, constitue donc un réel élément
de supériorité, à condition qu'on sache l'utiliser à propos, et que les consomma-
tions de munitions soient prévues et réalisées en conséquence.
Définitions. — Quelques définitions nouvelles deviennent de ce fait nécessaires :
La vitesse de fonctionnement d'une arme, appelée aussi cadence de tir est le
nombre de coups tirés par une arme eu une minute, défalcation faite destemps
morts nécessaires à la mise en place et à l'enlèvement du dispositif d'usem-
blage des cartouches (chargeur ou bande) ainsi qu'à la réduction des incidents
produits daps le cours du tir. Cette vitesse peut varier suivant l'état d'entretien
ou d'usure de l'arme, suivant l'échauffement dû au tir.
La vitesse pratique de tir de l'arme est le nombre moyen de coups tirés en
une minute sur un objectif visé, compte tenu des temps nécessaires à la mise
en place et à l'enlèvement du dispositif d'assemblage des cartouches, à la
réduction des incidents et au repointage de l'arme soit entre chaque coup, soit
entre chaque rafale, selon le genre de tir utilisé.
Les chiffres représentant ces deux données sont opposables, si les conditions
fde leur recherche ont été nettement fixées : un tireur normal, suffisamment
bien instruit ; la même arme ou (tes armes comparables (construites en série,
par exemple) ; des munitions identiquesr une limite inférieure de résultats
judicieusement choisie.
La valeur du premier se rapprochera plus ou moins de la valeur du second,
suivant les qualités de fonctionnement du modèle étudié, suivait l'organisation
et la contenance dn dispositif d 'assemblage des cartouches. Or, d'une part, la
rapidité du chargement est d'uutant plus grande que le chargeur est plus facile
à introduire ; d autre part, la contenance de ces dispositifs est limitée par des
considérations de maniabilité, de facilité de transport et de protection au
combat.
Avec le tir par rafales, le nombre de cartouches de la rafale peut aller de 2
cartouches à un chargeur entier. En principe, dans le tir automatique, quand
farme est simplement tirée à l'épaule, la justesse diminue sensiblement quand
le nombre de cartouches de la rafale augmente. Et pour chaque arme, il existe
une rafale optima, telle que la justesse ne se trouvant pas compromise cette
rafale correspond à l'effet utile maxima.
Toutefois il est important de bien remarquer que tout moyen susceptible de
conférer à l'arme, en cours de tir. une plus grande stabilité aura pour consé-
quence d'autoriser l'augmentation de la rafale optima précédemment définie.
Parmi ces moyens, pour les armes du Lype fusil-mitrailleur, il convient de
signaler la béquille dê crosse, dpnt l'emploi permet d'accroître la vitesse pratique
de tir sans diminuer la justesse et partant d'obtenir pour l'effet utile des valeurs
relativement considérables, qui trouveront une application féconde dans l'exé-
cution des tirs repérés.
Régime du tir et puissance de feu. — La puissance de feu c'est en somme
la qualité d'une arme, qui peut tirer beaucoup.
A la vitesse pratique de Ur elle ajoute un nouvel élément : la durée. La
puissance de feu est caractérisée par le nombre de coups qu'une arme peut
tirer pendant un temps donné et suivant un régime imposé, sans que le canon
s 'use d'une manière anormale. Le nombre de minutes exigé doit être égal, au
minimum, au temps suffisant pour résoudre une crise de durée moyenne. Le
régime fixe les conditions des périodes de tirvet des périodes de repos, en tenant
compte des arrêts nécessaires »'u' refroidissement du canon. La puissance de
feu est limitée surtout par la rapidité de l'échauffement. Si les conditions admises
habituellement pour le tir sont modifiables (refroidissement ou échange des*
parties surchauffées), J'arme est dite tirée à un régime plusdur ou plus doux.
La valeur d'une arme est d'autant plus grande qu'elle peui être soumise à
un régime plus dur.
Le règlement provisoire de manœuvre a heureusement insisté sUr la nécessité
d 'un feu dirigé et conduit
pour les armes automatiques; leur rendement en
dépend. Les mises hors de service des armes seront moins à craindre si les
oadres connaissent bien les possibilités
,
de ieurs moyens de feux-
4° CANON.

Le canon est la pièce la plus importante de l'arme à feu, il influe considé-


rablement sur sa valeur balistique (longueur). En acier mi-dur trempé, il est
souvent bronzé extérieurement pour éviter là rouille et empêcher les reflets
métalliques au soleil.
Le canon doit pouvoir résister aux déformations et à l'usure intérieure.
L'épaisseur du canon est proportionnée aux pressions, qu'it doit supporter
en chacun de ses points. Le canon présente donc une diminution d'épaisseur
marquée à partir de la chambre, région de la pression maxima. La pression
maxima à 15° est de 2.700 kgs par cm2 et l'élévation de température peut la
porter jusque vers 3.000 kgs, d'où les il mm. d'épaisseur du tonnerre du fusil
1886 ; à la bouche, où la pression est de 250 kgs environ, l'épaisseur est de
3,5 mm. Une épaisseur dix fois moindre aurait suffi, mais on a voulu doter la
bouche de la robustesse nécessaire pour résister aux chocs et aux efforts de
flexion, transmis par la baïonnette. Le canon affectera donc généralement une
forme tronconique.
L'usure du canon produit par le frottement des balles semblait presque né-
gligeable dans les armes non automatiques. Elle ne se manifestait qu'après-
plusieurs milliers de coups. Avec les armes automatiques, susceptibles d'un
échauffement excessif, la question a pris une importance considérable, et jusqu'à
présent, elle n'est pas résolue.
L'usure du canon dépend :
De la nature de son acier et de sa trempe ;
De la masse du tube et de l'épaisseur de ses parois ;
De son mode de refroidissement ; >
Du projectile.
Ltusure due au tir a pour effet d'évaser l'âme surtout vers le tonnerre,
tandis que des nettoyages mal faits, produisent plutôt des évasements à lu
bouche; ceux-ci ont une influence considérable sur la précision du tir. Une
augmentation de calibre de 0,18 mm., dans le fusil 1886, diminue la précision
de moitié.
L'acier à rechercher devra. être tel que l'usure soit" minima àf- toutes les
températures, car une balle puissante à grande vitesse initiale produit un échauf-
fement rapide et considérable.
A l'intérieur du canon on dfstingue la chambre et la partie rayées
-
La chambre, fraisée dans le tonnerre, comporte généralement plusieurs troncs
de cône successifs correspondant à la forme de la cartouche.
A la chambre succède la partie rayée du canon. Les rayures ont pour but
de communiquer au projectile un mouvement de rotation, la balle se maintient
constamment sur la trajectoire la pointe en avant et présente ainsi la surface
minima à la résistance de l'air. Les rayures prennent naissance dans la région
qui raccorde le logement du collet de l'étui au logement de la balle ; elles sont
creusées dans la paroi de l'âme et le métal mis ainsi en saillie forme des
cloisons.
Avec les projectiles actuels à excès de calibre, les cloisons pénètrent par for-
cement dans le métal du projectile, y creusent des sillons, et l'obligent ainsi "à
tourner. Auparavant, on utilisait l'expansion de ia partie postérieure de la balle,
éyidée au culot, le projectile s'épanouissait et se moulait dans les rayures.
Dans un système de rayures, on remarque : l e 'tracé, le sens, le profil des
rayures ainsi que leur n§mbre.
Traoé des rayures, — Les rayures des armes portatives ont généralement
< pour tracé une hélice à. pas constant.

Le pas est la longueur comptée sur une même génératrice du canon entre
deux passages successifs de la même rayure. Pour une vitesse initiale donnée
la vitesse de rotation obtenue est fonction du pas. (1)
Op, plus un projectile est allongé, plus il faut lui communiquer une rotation
énergique pour le maintenir stable sur sa trajectoire.
Les premières armes à feu rayées, tirant des balles d'un à deux calibres de
longueur, étaient rayées à des pas très long, % à 4 m. Les armes moderne»,
tiftmt des balles de quatre à ciuq oalihres, sont rayées à des pas beaucoup plue
courts, 20 à 27 cm,
Sens des rayures. Pour apprécier le sens d'un mouvement circulaire ou
de rotation, il faut le rapporter à une position définie de l'observateur.
Dans la pratique, on reconnaît le sens des rayures, en considérant la direer
tion que prend la rayure supérieure, quand on regarde l'âme par la bouche ou
par- le tonnerre,
sens des rayures commande té fens de la derivation du projectile.
Mais, pour chaque modèle d'arme, si l'on expérimente un spécimen non Payé,
on constate qu'au départ du coup, l'axe de tir est constamment dévié dans une
même direction dy fait des vibrations propres à ce modèle. Il est donc inté-
ressaut de composer la dérivation produite-par les rayures 8t la déviation propre
au modèle d'arme, peur réduire te déréglage du tir. Si cette déviation se produit
vers la droite, on choisit une rayure de droite à gauche pour la compense,
(fusil 1886). La plupart du temps les deux quantités ne s'annulent pas, mai*
v généralement la valeur do la dérivation est ainsi très réduite,

Nombre et profil des rayures. — Les systèmes de rayures se di-stinguent


encore les uns des autres par le nombre des rayures et par leur profil.
Le nombre des rayures a peu d'influence sur le tir. Toutefois il en fout
plus d'une, pour assuror la stabilité du projectile dans le canon et ne pas ren-
dre la balle dissymétrique par rapport à son axe. Les armes de luxe anciennes
portai erit des rayure fines, nombreuses et serrées, à pas très long (rayure à
cheveu)., Dans les armes récentes on tend à en réduire le nombre.On les fait
généralement en nombre pair pour la commodité de la fabrication. Il y a
avantage à ne pas multiplier les angles du profil, contre lesquels le frottement
est toujours considérable.
Pour que le projectile prenne la rayure et la suive, il faut, comme pour
assurer le mouvement d'une vis dans son écrou, que le filet soit solide, et ne
se rompe pas sous l'effort d'une translation brutale. -Le bourrelet formé sur la
surface extérieure de la balle réprésente le filet de vis. Sa réiistancce dépend
essentiellement de la ténacité du métal. L'expérience à démontré, qu'avec -des
projectiles rigides les rayures devraient être plus larges que les cloisons. Elles
sont d'une largeur double de celle des cloisons dans le fusil modèle 1886,d'une
largeur quadruple dans le Mauser espagnol. Ce ne sont plus à proprement par-
ter des canons rayés, mais des canons à côtes saillantes.
Il importe d'autre part, pour éviter les fuites de gaz, que le creux du canon
soit exactement rempli. Les anciens projectiles en plomb mou demandaient des
rayures relativement larges et profondes , leur plasticité leur permettait du
reste de la remplir jusqu'au fond. Dans les balles actuelles, plus résistantes ou
revêtues d'une enveloppe très dure, le métal ne pourrait pas remplir des rayures

(i) — Vitesse de rotation =


pas
= ~ ,
soit 2.900 tours environ à la seconde.
tres profondes ; la profondeur a donc été diminuée. De 0,25 mm. pour le fusil
modèle 1874, elle passe à 0,20 mm., dans la suite elle n'est plus que de 0,15 mm.
faible, inférieure à 0,10 mm,
pour le fusil modèle 1886. Une profondeur très
suffirait pour assurer la rotation des balles actuelles, mais on a dû prévoir
l'usure, qui agrandit progressivement le calibre et diminue le relief des cloisons.
cloison au sommet
Le calibre d'une arme est toujours mesuré du sommet d'une
fies rayures ».
de la cloison symétrique, on dit qu'il est mesura v sur le plein
On attachait autrefois une grande importance au profil des ramures. Il y en
exemple : la rayure elliptique,
a eu de très compliquées ; on peut citer comme
la rayure polygonale, rayure du Capitaine Buet est une forme dérivée tie la
rayure à dent de scie. Celle du fusil t886 est dite en anse de panier.
5° APPAREIL DE POINTAGE.
L'appareil de pointage des armes portatives permet au tireur de viaer direc-
tement le but en donnant au canon la direction et l'inclinaison voulues.
Un système de pointage mécanique (t) se compose généralement d'un guidon
et d'un appareil portant un cran ou un œilleton; il doit posséder un.certain
nombre de qualités ; précision, solidité, maniement facile exact et rapide.
Précision. — Pour obtenir une bonne précision, il faut construire des armes
ayant une grande longueur de ligne de mire et des appareils de pointage faci-
litant la netteté de la visée.
Grande longueur de ligne de naire. — On appelle longueur de ligne de mire
d'une arme la distance qui sépare le sommet du guidon du deuxième dispositif
de pointage Plus la ligne de mire est courte, plus le déplacement angulaire de
l'arme est'grand pour une erreur de hauteur donnée. Une faute de même valeur
dans la visée rend ie tir du du mousqueton moins précis que celui du fusil. On
a donc un grand intérêt à' allonger la ligne de mire en éloignant le plus possible
la hausse du guidon (fusil américain Remington Mie 1917).
Netteté de la visée. Cran ou œilleton. — Le cran de mire semble plus favo-
rable au tir automatique rapide, mais il doit' être placé à la distance moyenne
de la vision distincte, &30 cm, environ de l'œil. Il permet peut être plus facile-
ment la reprise de l'objectif, mais trop éloigné du tireur il rend le maniement
de la hausse difficile.
L'œilleton, favorable aux tirs d'extrême précision, a l'avantage de pouvoir
être placé à l'arrière de la boite de culasse, eu deçà du minimum de la vision
distincte (30 cm.). Pour placer le sommet du guidon au centre de l'œilleton,
l'accomodation de l'œil du tireur n'a qu'à se faire sur le guidon. La visée est
de ce fait moins fatigant, mais la ligne de mire est moins dégagée.
Guidon. — Le choix d'une silhouette appropriée du guidon modifie les qua-
lités de la visée : précision ou rapidité.

Les anciens guidons en forme de grain d'orge présentaient à l'œil des fiança
arrondis une crête peu nette.
Le guidon triangulaire évitait cet inconvénient par l'inclinaison vers l'&Vant
des faces latérales et de l'arête, souvent abattue par un méplat ; il offrait ainsi
au tireur un profil bien déflui, supérieur au précédent.

(i) La lunette à fusil Mie 19211


a pour but de remplacer la ligne de mire ordinaire de l'arme
par l'axe optique d'une lunette.
Grâce au grossissement donné par la lunette, la précision du pointage est sensiblement ,
augmentée.
Voir I. A.M. Xe Partie, Chapitre III.
Une plus grande précision dans le pointage fut obtenue encore par Je guidon
lm V renversé à parois verticale*. On l'adopta pour le fusil 1886.

Vers 1890, on adopta la large guidon- rectangulaire. Avec un tel guidon la


rapidité de la visée en hauteur sur des objectifs bas et larges s'obtenait au
détriment de la précision en direction surtout, Pour éviter ce défaut, on a muni
le guidon d'une fente médiane, qui permet un pointage- minutieux mais délicat.
Dans l'avenir, la largeur du guidon sera sans doute déterminée en fonction
des genres de tir de l'arme ; les plus gros seront probablement réservés aux
armes automatiques tirant par rafales étendues, les plus minces aux armes à
tir coup par coup.
Les reflets de lumière sur le guidon, diminuent la netteté de sa silhouette.
Pour y remédier, on a strié dans certainos armes la face tournée du côté du
tireur.
Pour permettre le tir de nuit sur des objectifs éclairés faiblement, on a placé
pendant la guerre des pastilles lumineuses sur les appareils de pointage. Grâce
à elles, on met à peu près l'arme en direction. Seulement l'entretien de celles-ci
est très délicat et réchauffement de Parme diminue rapidement leur luminosité,
Aussi, leur emploi étant exceptionnel, ces pastilles furent-elies supprimées
depuis,
.
Tout ce qui contribue à augmenter ta justesse des armes doit être l'objet du
maximum d'attention en manufacture pour limiter ultérieurement les corrections
à faire au tir. Toutefois, pour tenir compte du moindre déréglage et pour corriger
quelques Influences momentanées (vent, par exemple), certaines armes étran-
à
gères sont munies (le haussés dérive (mitrailleuse américaine Bro^aing, mi-
trailleuse autrichienne Schwarzlose), voire de guidons réglables.
Solidité. — L'appareil de pointage sera solide ou, tout au moins, protégé
contre les chocs accidentels.
Tout dérangement dans la position de la ligne de mire diminue la valeur lu
réglage de l'arme. On peut l'éviter par une construction bien éiùdiée et surtout
par l'usage d'organes protecteurs métalliques. Dans le fusil canadien Ross
modèle 1905,le guidon était abrité par une sorte depetit manchon en tôle. Des
plaques épaisses placées de chaque côté de la hausse (joues) et du guidon (fusil
Enfleld modèle 1913) protègent aussi bien.sans limiter le champ visuel du tireur.
Maniement facile, exact et rapide — Hausses. — La question des réglages
spéciaux, soit à l'atelier du corps (guidon réglable), soit sur certaines armes à
grand débit (hausse à dérive des mitrailleuses lourdes), étant, laissée de côté, le
maniement de la hausse doit être facile, exact et rapide.
A partir du du XIX* siècle, l'augmentation des distances de tir ne
..permit plus de milieu
se contenter du guidon, complété par le cran d'un simple pied
de mire ; il fallut ajouter à la mire fixe d'autres mires ou hausses mobiles. Plus
tard, pour éviter les difficultés à l'instruction et les confusions au combat, on
songea à donner à un seul cran de mire les différentes positions déterminées
par la valeur des angles de projection. Des sytèmes très variés furent employés ;
on peut les ranger toutefois en deux catégories :
a) Hausses à planches perpendiculaires au canon.
— Dans cette catégorie,
issue des premières hausses à lamelles mobiles (mire à 2 lamelles de 1837), on
passa rapidement à la hausse coudée à petites échancrures (une par distance)
sur une seule lamelle plus étendue, puis toute la planche mobile fut percée d'une
large fente pour laisser découvrir le but. Un curseur ou glissière portant le
cran de mire glisse à frottement doux sur la planche (hausse française modèle
1863), Dans le fusil 1886 (distances de 900 à 2400 m.), la fixité du eurseur, obte-
nue grâoe à un petit ressort; ,plat, est médiocrement assuré. Aussi dans les
armes les plus récentes a-t-on taillé ten crémaillère un des côtés de la planche
ou les deux.
Parmi les inconvénients de ce procédé, on doit indiquer : la fragilité de la
p!anche, qui se fausse facilement, le rapprochement excessif des graduations
pour les petites distances.
b) Hausses circulaires.
Ici, la planche ne prend pas une position unique, verticale, mais se déplace
autour d'un axe horizontal, perpendiculaire à eelui du canon. Le cran de mir&
décrit pendant le mouvement de la planche une courbe dans le plan de tir. La.
réalisation de ce principe est varié. A l'origine, on pourrait citer les nombreuses
hausses à cadran de 1851 à 1863.

Actuellement, dans Je fusil Mie 1886, pour les distances de 400 à 800 m., on a
surmonté le pied de hausse de deux oreilles parallèles, taillées en gradins, sur
1esquelles on fait reposer le curseur ;
-dans le fusil allemand Mauser modèle 1898 le curseur se déplace horizontal
lement ;
-dans la hausse modèle 1918, c'est une pièce en colimaçon, qui commande
l'élévation du cran de mire.

Le placement de la hausse est maintenant devenu facile et rapide.. La meil-


leupe façon de le rendre exact, c'est d'améliorer la lecture de ses indications
et d'en faciliter le contrôle.
Les commodités de tecture dépendent de l'intervalle entre les graduations,,
de la place et de la grosseur des chiffres. Un chiffre placé en dessus ou sur le
côté oblige à déplacer l'arme ou force le tireur à se pencher pour manœuvrer
la hausse. Face en arrière, comme dans la hausse 1918, ce chiffre est très
commode à lire.
Article 2. — Fonctionnement»

1°PRINCIPE MOTEUR.
Dans l'étude des armes automatiques, la recherche du principe moteur
uti-
lisé présente une importance capitale. On doit en examiner la, réalisation
de passer au détail du fonctionnement. Cette question primordiale
avant
mérite
exposé spécial, qui fait l'objet d'un artiele ultérieur (IIe partie, chapitre un H
• article 11). *

Dans les armes non automatiques, la force nécessaire à la


de
l'arme est fournie par les muscles du tireur. Il suffit de préciser le manœuvre
où on l'applique pour produire mécaniquement les différentes opérationsou les points
du
fonctionnement (levier du cylindre dans le fusil 1886).
Au début, toutes les opérations du fonctionnement étaient exécutées à la
main successivement. Peu à peu, pour gagner du temps,
on a cherché à les
réduire on à les. combiner (l'armé s'est fait automatiquement, à raide des gestes
nécessaires à l'ouverture et à la fermeture).
90 FERMETURE — OUVERTURE.
Une cartouche étant introduite, la fermeture de la culasse, plus exacte-
ment du canon, a pour but de masquer l'orifice postérieur deaula ohambre
moment de la percussion de cette oartouche. au
On peut dire qu'une arme est fermée, quandJa partie avant
de la culasse
est aussi près que possible de la tranche postérieure du
canon, une cartouche ou
un étui étant présent dans la chambre.
Pour extraire l'étui et introduire la cartouche suivante, il faut évidemment
séparer la oulasae de l'orifice postérieur du
canon et dégager rentrée de la cham-
bre, c'estl'ouverture.
Ces deux opérations se font
par déplacement, soit de la culasse, soit du canon,,
soit des deux sucoessivernent ou simultanément.
La fermeture proprement dite
ne maintenant pas la culasse contre la chambre,
en principe culasse, pendant un tempg égal en général au trajet de
la balle dans le canon, c'est ce qu'on appelle communément le verrouillage. Une
comparaison simple fait comprendre parfaitement cette différence essentielle.
n battant de porte poussée entre les montants de
son chambranle ferme la
baie pratiquée dans le mur, mais rien ne l'empêche de s'ouvrir. Pour le main-
tenir en place, il faut un verrou ou
un étai, c'est le verrouillage. Laissant pour
ins tant celui-ci de coté, on doit d'abord traiter de la fermeture et de l'ouverture
proprement dites.
Parmi les nombreux systèmes utilisés, celui
que l'on rencontre le plus fré<
q uemment dans lei armes actuelles, spécialement étabiies
en vue du chargement
par a culasse, c'est le système à culasse se dépléçant suivant
longitudinale. Mais, pour respecter l'ordre chronologique, une translation
les systèmes de fermeture il clapet et à bloc. on citera auparavant

SYSTÈMES DE FERMETURE A CLAPET ET A BLOC.


L obturateur mobile est formé
par une pièce réunie à rerisemble par une
c arnière. Il peut se rabattre,
en avant ou en arrière, ou bien latéralement
sur e c ôté gauche ou le côté droit, afin de découvrir l'orifice de la chambre du
canon. La fermeture se fait. suivant le mouvement inverse, nquand la cartouche
est introduite..
Les systèmes circulaires simples furent tout spécialement applicables à ta
transformation des fusils se chargeant par la bouche en armes à chargement
par la culasse.
Rotation. — (Axe latéral).
La pièce obturatrice tourne autour d'un axe longitudinal latéral (clapet, bloe
tournant) :
Clapet de Snider (1865), clapet de Jtrnka (1867) ;
En France, dans le fusil transformé Mie 1868, la fermeture dite à tabatière
se fait suivant le procédé de Snider ;
Bloc à rotation de Werndl (1868),

Rotation. — (Axe transversal).


L'axe transversal, perpendiculaire au canon, est placé à l'avant ou à l'arrière.
de l'échancrure de la boite de culasse (charnière, bloc oscillant) :
Clapets de Bèrdan (1866 et 1867), clapet d'Amsle^ (1867), clapet de- Wanri
(1867), etc.
Bloc de Peabody (1862), bloc de Remington (1864), bloc de Werder (1869)r
bide de Martini (187t).
Plus récemment, on a repris ce procédé dana le fusil-mitrailleur Madsen.
Translation transversale. — Dans ce système l'orifice postérieur de la
chambre se découvre, quand l'on fait glisser le bloc de culasse vers le bas.
La fermeture se produit quand on le relève. Ce système dit à bloc vertical, fut
réalisé en 1854 dans la carabine française (Treuille de Beaulieu) des Cent-Gardes
puis, dans le fusil belge de la Garde civique Mle i870 (Comblain) et le fusil grec
de Mie 1874 (Mylonas).
La carabine française de Treuille de Beaulieu de 9 mm. de calibre cannait
une vitesse initiale de 517 m. avec une balle de 11
Très employé pour les canons (matériels Krupp) on retrouve ce procédé dans
la culasse du mortier de 75 d'accompagnement Mie 1917
v

SYSTÈMES DE FERMETURE A TRANSLATION LONGITUDINALE.


Ce mode de glissement de la culasse, cylindrique pendant très longtemps,
est celui de presque toutes les armes actuêllement en service. Utilisé
- par Dreyse
en 1841, on le retrouve dans le cylindre de' Vetterli (1871),de Beaumont (1871),
de Mauser (fusil allemand Mie 1871),de Bèrdan (1881),de Gras (fusil français
Mie 1874).
La translation longitudinale du cylindre est tantôt complétée 1Jar
un mouve-
ment com bit té, généralement hélicoïdal, tantôt uniquement longitudinale.
Dans le fusil Mie 1886, la translation longitudinate est complétée, à certains
moments. par une rotation de la totalité de la culasse. A la fermeture, le mou-
vement rectiligne est suivi par le mouvement hélicoïdal ; cette dernière partie
du déplacement de la culasse termine la termeture et prépare ie verrouillage.
A ) ouverture, la translation rectiligne a lieu après le mouvement hélicoïdal.
Dans la suite, pour supprimer la rotation du levier de culasse et augmenter
la vitesse de tir, en tirant sans désèpauler on demanda
aux deux. parties de la
culasse (déjà scindé© pour faciliter le démontage), de jouer des rôleS particuliers.
Utilisant une translation uniquement longitudinale, le cylindre proprement dit
continua à faire l'ouverture et la. fermeture. Mais, la par1ie antérieure de la -

culasse (la tête mobile), subissant sèule en temps voulu un mouvement de. rota-
tion du fait de rainures appropriées assura le verrouillage et le déverrouillage,
(Fusil suisse Mie 1889),
La pratique a montré alors que le rendement de ces armes n'était pas inté-
ressant ; il en résultait môme une dureté de manœuvre gênante, du fait de
l'extraction de l'étui. Pour éviter la fatigue de la main droite, on fit faire la
manœuvre de la culasse par la main gauche dans les systèmes rectilignes dits
Colt (carabines Winchester), Ce dernier mécanisme très compliqué ne fut employé
que dans les armes de sport.
Depuis, Papplication de l'automatisme aux armes, a vaincu les difficultés de
manœuvre de la culasse (F. M. 1915).
Et maintenant l'évolution des procédés de verrouillage ou leur simple
pression ont rendu la translation uniquement longitudinale de la totalité de sup-
la
culasse très avantageuse (Mitrailleuse Hotchkiss, P. M. 1924, Pistolet automatique
de 7,65 mm.).

3" VERROUILLAGE — DÉVERROUILLAGE.


La fermeture terminée, la culasse doit être maintenue à proximité de l'ori-
fice postérieur de la chambre durant un certain temps très court. Ce temps,
dit de sécurité, est nécessaire pour permettre au projectile de sortir du canon.
En effet, si l ouverture se produisait trop tôt, des jets de gaz pourraient
s'échapper vers l'arrière. Ils gêneraient le tireur et ses voisins, et diminueraient
la quantité de gaz prévue pour la propulsion de la balle.
On obtient ce temps de sécurité soit par un verrouillage, soit
dit de l'ouverture retardée.
par le procédé
i
Le verrouillage consiste la plupart du temps à réunir momentanément la
culasse au canon ou à son prolongement, la boue de culasse, quand
pièces sont solidaires. ces deux
Dans l ouverture retardée, on utilise l'inertie de la masse mobile, et
renforce par des frottements appropriés ou par des résistances spécialement on la
interposées. Ce procédé est étudié à la IIe partie, chapitre 11, article 11, (armes
automatiques à culasse non calée).
La construction des dispositifs de verrouillage est relativement facile, et
présente parfois des avantages. Une arme verrouillée peut tirer munition
une
légèrement différente de celle pour laquelle elle a été construite. Admettant
augmentation de pression, elle peut réaliser une augmentation de V0, et une par
contre-coup, un accroissement de sa valeur ; c'est ainsi que le fusil modèle 1886
a pu se permettre des progrès balistiques importants, en tirant les balles P,
créées de nombreuses années après la mise en service de l'arme.
Avec les fermetures à translation longitudinale, on peut
en se servant de
l image de la porte, ranger les principaux systèmes de verrouillage
catégories en deux
:

^

Dispositifs de calage perpendiculaire à l'axe de translation (Verraui-
lage à tenons). Le battant de la porte fermée est maintenu au contact du
chambranle par des saillies de fer ou de bois (tenons) s'encastrant dans des
entailles (mortaises) du chambranle ; tels sont :
Le loquet à bascule, le verrou ou le pêne de la
gâche (appui unilatéral), voir la figure 34 serrure engagé dans la
;
La traverse se plaçant (soit par glissement, soit
par rotation) dans deux
supports fixés aux montants du chambranle (appui bilatéral).
— Dispositifs de calage suivant l'axe de translation (Verrouillage à
étai). — Ici la pièce de bois ou de fer est arc-boutée contre le battant
de la
porte dans le sens de l'effort, comme un étai, placé obliquement horizon-
talement. ou

1° DISPOSITIFS DE CALAGE PERPENDICULAIRES


A L'AXE DE TRANSLATION.
L'appui peut être unilatéral (ou dissymétrique). Il
inconvénient de transmettre inégalement le choc du recul. a généralement le grave
Dans le fusil modèle 1874, le verrouillage était uniquement
assuré par l'apprît
du levier contre l'échancrure de la boîte de culasse.
Certains fusils, Krag danois et norvégien, les pistolets Mannlicher modèle
1886 et Colt modèle 19ii n'ont qu'un seul tenon. Ce procédé
ne se défend que
si i appui se fait très près de l'axe de recul.
L'appui bilatéral (ou symétrique) fourni
par deux forts tenons disposés aux
ex tr mités d 'un même diamètre, est, préférable. On répartit ainsi également
sur a boîte de culasse la force du recul transmise à la cuvette de la culasse
par le culot de l'étui.
Ontrouve ces deux tenons dans tous les fusils dérivés du fusil 1886, dans
le .M. 1915, etc... 'Dans quelques armes suisses et anglaises, les tenons sont
p lac és vers l arrière du cylindre. Le fusil antichar allemand 1918 possède quatre
tenons, deux à l'avant, deux à l'arrière. La mitrailleuse Lewis possède quatre
tenons dans le même plan.

Quand on augmente le nom&re des tenons, on les place souvent les uns
derrière les autres. Leur ensemble tend dès iors, vers la vis à filet sectionné.
14e pas est assez court, pour qu'on ne craigne pas le dérivage,
,

Le mouvement nécessaire pour obtenir le contact contre les épaulements


d'appui correspondants pô -it se produire, soit par déplacement des tenons, c'est
le cas le plus général, soit par déplacement du logement des tenons (écrou
porte-mortaises de la mitrailleuse portative Hotçhkiss).
Le placement du ou des tenons est réalisé soit par un mouvement de rota-
tion, soit par un mouvement de translation.
La rotation est produite par le mouvement de la culasse entière (fusil 1886),
ou par un transformation du mouvement longitudinale rectiligne de la culasse
en un mouvement indépendant, rotatif Ou hélicoïdal, de la pièce porte-tenons
(tête mobile F. M. 191.5).
L'amplitude de la rotation utile, pour produire et pour supprimer l'appui
des tenons sur leurs épaulements, est variable. Elle est généralement de 90*
dans les fermetures à translation longitudinale (F. M. 1915), Cependant dans le
fusil 1886 elle n'est réellement que d'un nombre de degrés inférieur, le complé-
ment du mouvement de rotation (90° au total) est utilisé pour la fermeture ou
pour l'ouverture (rapprochement ou éloignemeÓt de la culasse de la chambre).
Au point de vue verrouillage et tiéverrouillage proprements dits, on ne peut
considérer les mouvements hélicoïdaux que comme des mouvements prépara-
toires. En effet, la culasse ne commencera à être maintenue que lorsque se
produira l'intervention de la dernière partie de la rotation (appui des verrous
contre les épaulements d'appui).
Dans la mitrailleuse 1907 T., dite St-Etienne, le verrou oscillant, organe indé-
pendant de la culasse, est porté par la boite de culasse pt s'encastre par rota-
tion dans une mortaise placée à l'avant de la culasse.
Dans la mitrailleuse allemande Bergmann, modèle 1002 et dans la mitrail-
leuse américaine Browning, le verrouillage est dû à une translation verticale
d'un coulisseau, commandé mécaniquement par un plan incliné.
Dans le pistolet mitrailleur Thompson le verrou peut prendre un mouvement
ascensionnel oblique. Son fonctionnement est basé sur le principe de mécanique
suivante : le coefficient de frottement de deux pièces varie avec la pression (expé.
riences de Blish). Au départ du coup, et tant que la pression reste élevée,
l'adhérence maintient le verrou à la position de calage de la culasse. Lorsque
la pression diminue, l'adhérence ne suffit plus à maintenir le verrou, qui, sous
l'action du recul, se déplace et déverrouille l'arme.
Les mécanismes de culasse Revelli à tenon incliné présentent de grandes
analogies avec le méoanisime Thompson.
La première idée d'organiser le dévirage de la culasse sousl'action des gaz
de la poudre paraît devoir être attribuée à Mannlicher (Brevet 1893).

DISPOSITIFS DE CALAGE SUIVANT L'AXE DE TRANSLATION.


L. "étai" peut être oblique ou horizontal. Appuyé ou fixé d'une part, il sera.
calé d'autre part. Les réalisations sont multiples.
Le système à étai oblique se rencontre dans la mitrailleuse Hotchkiss. L»
verrouillage est obtenu, quand le verrou est oblique et calé. Si l'on fait cesser
l'appui contre le double point fixe (coins d'appui) par une rotation 4u verrou»
la culasse peut reculer.
Le verrou est souvent fixé à la culasse. On peut également Taxer à la balte
de culasse (carabiné et P., A. Mannlicher modèle 1894).

Si l'étai oblique se présente sous la forme d'un seul tenon articulé,, prenant
Une inclinaison très marquée par rapport à l'axe du recul, certains inconvénients
apparaissent, lie recul, peut en effei, se décomposer en deux forces perpendicu-
faires, l'une dirigée obliquement suivant la ligne : axe du verrou-coins d'appui,.
l'autre obliquement vers le haut ou le bas, équilibrée par la résistance de la.
boîte de culasse. Cette dernière réaction, qui tend à ftcabrer" la culasse de la
mitrailleuse Hotchkiss;' est atténuée par l'affût rigide. Dans les armes tirées à
bras francs, il en résulte un relèvement ou un abaissement constant du tir. Pour
éviter ce défaut et pour obtenir un appui symétrique, certaines armes emploient
deux étais obliques (fusil Mauser modèle 19QQK .Ce procédé ramène à l'appui
symétrique par tenons.
Le verrouillage par inclinaison de la cillasse, formant elle-même étai oblique,
par rapport à une butée fixe, est assez répandu dans certaines armes automati-
ques. On le rencontre dans la mitrailleuse. Colt, la mitrailleuse Darne le F
M. 1924. '
L'étai horizontal & été utilisé dans les mitrailleuses Maxim et Vickers, dans le
pistolet Borchardt-Lueger (Parabellum).
Dans ce cas, l'étai, placé dans le prolongement de la culasse, devra posséder
une articulation, qui !e rendra susceptible d'être brisé pour permettre l'ouver-
ture. D'où ses différents noms : verrouillage à bielle articulée, verrouillage par
trois points alignés.
Dans ce système, à l'ouverture, l'articulation Y doit pouvoir être levée
ou
abaissée, pour permettre à X de se rapprocher de Z et par contre-coup à la
culasse de se séparer du Canon. Quand la fermeture sera en cours d'exécution,
X devra revenir à m place initiale pour que la ligne droite XYZ, qui appuie la
culasge sur la monture en Z, soit reconstituée. Pratiquement, au verrouillage,
l'articulation Y ~ dépassé légèrement l'horizontale, franchi le point mort et
trouve arrêtée par une butée de la botte de culasse ; sous la poussée des se
la culasse tend de ptus en plus à se caler, la sécurité est complète.
gaz

Dispositions particulières. — Dans les fermetures autres que la translation


rectiligne, la forme du bloc de culasse est en général telle que celui-ci
prendre aucun mouvement suivant l'axe du canon au départ du ne peut
(Dans le F. M. Madsen, par exemple, le galet de
coup.
manœuvre placé dans une
rainure horizontale maintient la culasse).

Le déverrouillage consiste généralement à faire disparaître l'appui


ou les points fixes.
sur le

4° PERCUSSION - ARMÉ.
percussion provoque la détonation de l'amorce par écrasement. Elle néces-
s te un choc, dont la violence dépend de )a masse qui le produitetde la vitesse
de cette masse.
Placer l'ensemble des pièces nécessaire* en état de produire cet écrasement
s'appelle mettre le méoanisme de percussion à l'armé.
Pour étudier l'armé et la percussion d'une arme 41 convient d'envisager :
A. L'ensemble des pièces entrant en jeu, leur rôle, leurs mouvements
particuliers.
B. Les opérations successives de l'armé et de la percussion.
A. Comme organes prinoipaux, on trouve habituellement :
1° Un percuteur, plus ou moins pointu, qui frappe l'amorce de la cartou.
che, en décrivant un trajet circulaire ou rectiligne.
La percussion circulaire est la plus ancienne, on l'employait naguère dans
les fusils ; on la retrouve dans les revolvers et dans certains pistolets,
La percussion rectiligne est utilisée par presque toutes les armes à ferme-
ture par translation. »
Dans la 'plupart des armes, l'action de la pointe du percuteur est renforcée
par l intervention d'une masse additionnelle (chien). Le tout forme la masse
percutante.
Le chien, quand il existe, ne porte pa.& toujours ce nom spécial. On le
retouve parfois sous la forme d une pièce utilisée pour un but beaucoup plus
important et qui ne joue^ q u'accessoirement ce rôle (piston de la mitrailleuse
Hotchkiss).

2* Un ressort, qui se comprime à l'armé et se détend à la percussion, en lan-


çant le percuteur. Sa force doit être soigneusement calculée; elle diminue à la
longue, si on laisse le mécanisme à l'armé.
Pour limiter la nombre des ressorts utilisés dans l'arme, on peut se servir
d 'un ressort déjà employé par ailleurs et dont le dernier travail est la percussion.
ressort de rappel de la mitrailleuse Hotchkiss et du F. M. 1924, ressort de
classe de F. M. 1915. -
Un dispositif de commande, qui comporte généralement comme- pièces prin-
cipales : une gâchette et une détente.
La gâchette accroche à l'armé la masse percutante ou une pièce intermédiaire,
C'est l'effacement de sa tête, qui permettra la percussion.
La détente transmet à la gâchette l'action du doigt du tireur, ou s'îl n'y a paa
de gâchette, commande directement la liasse percutante (mitrailleuse Hotchkiss)„
Un ou plusieurs ressorts, comprimée pendiant le tir, remettent le tout en
place dès que- cesse Faction du cioigt,
La sensibilité des détentes doit varier suivant l'emploi et l'organisation de
l'arme. Une arme sur affût peut avoir une détente plus dure qu'une arme tiré&
à. bras franc. Une arme qui fait du tir de précision doit avoir une détente douçe i
toutefois celle du fusil ne doit pas céder à une force inférieure à 2 kg..
Le schéma ci-dessus représente une- détente au corps arrondi-, il faut presser
asse z longuement sur une telle détente pour la faire passer de la position B à
ta position A ; la création de deux bossettes (détente du fusil Mie t8861 a suffi
pour en rendre l'action, très pratique.
- I.
Armé. — La mise à l'armé est actuellement automatique partout. Le&
exceptions, subsistent encore, sont rares (revolver Mie 92, tir intermittent)..
Cette partie du fonctionnement se subdivise presque toujours en trois
opérations secondaires :
i* ELOIGNEMENT DE LA masse PERCUTANTE.
Peux phases :

a) Effacement dy percuteur. — Dans les arme6 à tir rapide, dès la percussion,


la pointe du percuteur doit cesser de faire saillie dwns la cuvette de la culasse-
mobile. Certaines armes exécutent ce mouvement au commencement du dépla-
cernent de la masse percutante tout entière (fusil 1886, F. M. 1915 et 1924, mi-
trailleuse Hotehkiss).. D,'autres l'obtiennent par un rebondissement immédiat du
percuteur grâce à la présence d'un petit ressort,, qui tend constamment à effacer
(P. A. de 7,65 mm., canon de 37).
b,) Déplacement complémentaire de la masse.
— L'éloignement de la masse
percutante se poursuit ensuite pour- obtenir au départ du coup un lancer suffi-
sant. La force vive (1/2 mv') de cet ensemble, dépendant de deux facteurs,,
dont l'un, la masse, est intangible, il faut pour que le deuxième garde sa valeur
une course^de longueur convenable à une vitesse déterminée. Ce trajet,, trè$
souvent fixe, soit de la masse percutante (fusi! 1886) soit d'une de ses parties*
(masse additionnelle dans le P. A de 7.65) est obtenu la plupart du temps par-
un déplacement vers l'arrière die la masse par rapport à rentrée de la. chambray-
• parfois par un déplacement vers l'avait de la chambre par rapport au percuteur
momentanément immobile (F. M. 1915).
3" Compression du ressort A. percussion.
3° Accrochage (ou MAINTIEN DE L'ARMÉ)
L'intervention de la gâchette (ou de la détente) immobilise la masse percutante.
Cette opération est quelquefois supprimée dans le tir automatique de certaines
armes (mitrailleuses Hotchkiss). La question sera reprise dans les compléments
sur les armes automatiques.
Il. Percussion. -- La percussion peut se subdiviser il son tour en trois opé-
rions inverses des précédantes
to CESSATION DE L'ACCROCHAGE.
Cette opération commandée soit à la main, soit automatiquement
)a libération de la masse percutante.
provoque
A la main, quand le tireur sûr de sa visée veut déclencher le départ du
tir d'un seul projectile. ooup
*

Dans le tir automatique, le mécanisme de percussion ne doit pouvoir jouer


qu'au moment où ta fermeture est assurée. La fin de l'accrochage est automa-
tique,
2' DÉCOMPRESSION au RESSORT DE PERCUSSION.
La force vive du lancer demandant une vitesse déterminée, il faudra le
ressort de percussion conserve la puissance nécessaire à la création deque
cette,
vitesse, sinon il y aurait non-percussion.
3" RETOUR EN AVANT DE LA MASSE PERCUTANTE
ET SAILLIE
Retour en avant de la masse percutante. a) Dès que la tête PERCUTEUR.
DU,
-- de gâchette s'est
effacée, la masse percutante se porte en avant sous l'action du ressort de percussion,
6) L effet final du lancer pour but d assurer la saillie du
percuteur. Lorsque
Je percuteur n'est pas solidaire de la masse additionnelle (P. A. de 7,65) c'est le
ohoc de cette masse qui produit la saillie.
Il importe que cette saillie de la pointe du percuteur
en dehors de la cuvette,
soit rigoureusement constante. Si le percuteur s'émousse, il n'écrase plus suffît
samment l'amar-ce. Si l'émergence est trop grande, il y a perforation d'amorce
avec fuites de gaz vers l'arrière de la botte de culasse. D'où la nécessité de
limiter étroitement le mouvement de la masse percutante (butée de piston de la
mitrailleuse Hotchkiss).
La perforation d'amorce se produit, également, quand la pointe du percuteur
est abîmée, amincie par des nettoyages défectueux. (Le diamètre de la sphère,
qui termine le percuteur du fusil 1886, est de 2 mm. si
ce diamètre prenait une
valeur inférieure à 1,8 mm., le couvre-amorce serait : perforé à chaque coup.)
Dans certaines armes, pour éviter les ruptures du percuteur,
on a laissé un
oortain jeu dans la fixation de ce dernier (percuteur oscillant durevolver Mie 92
du F. M. 1915).
ALIMENTATION.
L 'alimentation étudie tout ce qui intéresse le déplacement de la munition
dans l 'arme. Les cartouches étant chargées séparément
par séries, il faut
les emmagasiner ou les assenrbler, les transporter ensuite àoul'intérieur de l'arme
jusqu 'à la position de présentation, entre temps, les distribuer
une à une. On
engloba sous ce terme : Répétition, ces trois premières opérations emmagasiner,
:
transporter, distribuer, par-fois difficiles à étudier isolément. La cartouche, arrivée
à la position finale de la répétition, présentée
en direction de la chambre, il reste
à l'introduire dans la chambre. Depuis la mise
en service des armes automati-
ques, ce cycle complexe a pris le nom général d' alimentation.
Avant la création des armes à répétition le nombre de ces opérations était
très réduit. La cartouche était mise dans l'arme au moment du tir. On la plaçait
à la main à sa position de présentation le fond de la botte de culasse
sur
(Fusil 1874). Il n'y avait qu'une introduction à fairee.
Dans les armes automatiques à grand débit, il n'est question d'emmaga-
siner tâes cartouches dans l'arme (approvisionner) le pas nombre en serait trop
;
réduit^ on doit les assembler sur des dispositifs facilement remplaçables,
des bandes plus ou moins longues. Ces dispositifs d'assemblage seront traités sur
ultérieurement IIe partie, chapitre 11, article III, C).
RÉPÉTITION.

Le but de la répétition est d'augmenter la vitesse de tir en mettant les muni.


tions à l'intérieur de l'arme, à proximité immédiate de la chambre (Voir Intro-
duction du Cours).
a) Emmagasiner. — Les cartouches peuvent être emmagasinées :
En arrière de la boîte de culasse ;
En avant de la boîte de culasse ;
Dans la boite de culasse.
Armes à magasin dans la crosse. — Ces armes avaient l'avantage d'une excel-
lente répartition du poids de l'arme, mais leur organisation était délicate. Des
nombreux spécimens étudiés on peut citer le fusil Spencei), Mie 1860, qui fut
employé dans l'armée française en 1870.
Armes à magasin tubulaire dans le fût. — Le magasin consiste en un tube :
placé sous le canon ou en deux tubes disposés de chaque côté du canon. Les
cartouches y sont introduites une à une et disposées bout à bout.
Si l'on ne tient pas compte de l'évolution effectuée depuis l'utilisation de la
répétition, les défauts de ces magasins sont les suivants : l'approvisionnement
est trop lent. le poids des cartouches déplace vers l'avant le centre de gravité
de l'arma, le mécanisme est lourd et compliqué, la manœuvre n'y est pas suffi-
samment simple. Les mouvements d'approvisionner et de désapprovisionner, le
passage du tir coup par coup à répétition et réciproquement entraînent une
multiplicité de mouvement, qui compliquent l'instruction. Toutefois, ces armes
permettaient le tir à chargement coup par coup, tout en conservant intact le
contenu du magasin. Leur organisation répondait bien au but que l'on s'était
tout d'abord proposé : accélérer la vitesse du tir pendant un temps très court.
11 était admis que le magasin était une réserve, dont l'officier pouvait seul
disposer et qu'il employait seulement dans les circonstances exceptionnelles.
Entre temps, l'arme devait se charger et se tirer coup par coup. Il importait
donc peu, que l'approvisionnement fût relativement long et compliqué. C'est la
période de la mise en essai en France du système Kropatschek (fusil de l'infan-
terie de marine Mie 187a, fusil Mie 1885) et de l'adoption du fusil Mie 1886.
Vitesse de tir : 10 à 12 coups à la minute. En Allemagne Mauser perfectionna
son fusil Mie 1871 avec le même procédé de répétition : fusi4 Mie 1871-1884.
Armes à magasin dans la boîte de culasse. — Depuis, la manière d'envisager
la répétition s'est peu à peu modifiée. On a renoncé à'Tidée d'une réserve à
conserver et on a admis le principe d'une arme tirant constamment à répétition,
Le tir, qui ne doit jamais cesser d'être ajusté, est exécuté plus ou moins vite
suivant l'habileté du tireur ; mais l'apprentissage du tireur se trouve considéra-
blement simplifié. L'arme devant tirer normalement à répétition, il lui faut un
moyen de réapprovisionnement simple et rapide. Il n'est plus question de placer
les cartouches une à une. Les magasins dans la boite de culasse sont remplis
d'un seul geste pour chaque série de cartouches (magasins à barillet exceptés).
Dans ce but on a imaginé successivement :
les magasins mobiles ;
les chargeurs ;
les lames-chargeurs.
Le magasin mobile était constitué généralement par une botte en tôle d'acier.
Avec le fusil austro-hongrois de Mannlicher modèle .1880 appâtait le premier
type, simple et léger de ces dispositifs (contenance : 5 cartouches).
Depuis on n'a conservé le magasin mobile que dans les armes ayant besoin
de disposer d'un grand approvisionnement de cartouches (chargeurs des fusils-
mitrailleurs).
Avec les fusils la boîte contenant les cartouchea s'est perfectionnée rapide-
ment et &evint un chargeur introduit dans la botte de culasse. Les premiers
chargeurs.Mannlicher de ce genre étaient dissymétriques et ne pouvaient a'intro-
duire, dans l'arme que d'un seul côté. leur placement causait d.es tâtonnements
et des pertes de temps, En 1888 en Allemagne, en 1890 en, France (carabines de
cavalerie) tes changeurs devinrent symétriques,.

Comparées aux armes à magasin dans le fût, l'es armes à magasin dans la
boite de culasse sont mieux en main, leur mécanisme est plus simple et plus
léger, l'approvisionnement du magasin est beaucoup plus facile et plus rapide..
Cet ensemble d'avantages constitue, en faveur des [armes à magasin dans la..
boite de culasse, un progrès incontestable, qui est allé en s'accentuant à mesure
que le remplissage est devenu plus commode et le chargeur plus léger.
Le fonctionnement des armes. à chargeur introduit a l'inconvénient de dépen--
dre du chargeur lui-môme, c'est-à-dire d'une pièce extérieure de l'arme, exposée-
à être déformée. L'expulsion automatique de ce dernier n'est
pas- toujours bien
assurée, étant donné» la nécessité de fermer l'échancrure inférieure de la boîte,
La saillie du magasin nuit à la facilité du maniement.
Pour éviter en partie ces inconvénients, on fit du chargeur un simple groupeur
non introduit qui ne sert qu'à accélérer le remplissage du magasin, dans lequel
il ne pénètre pas. (Fusil belge système Mauser* modèle 1889). Son emploi
demande toutefois une certaine dextérité. Le groupeur est généralement
chargeur simplifié, réduit à une lame et à un ressort, d'où un
chargeur.. Le poids mort du chargeur, environ 1/10 du poids son nom de lame--
des munitions
approvisionnées, est ainsi considérablement diminué (lame-chargeur du Mauser
allemand modèle 1898. : 5,87 gr.).
— (Fusil américain Springfield modèle 1903).
Les cartouches sont assemblées sur la lame par leur culot et maintenues
par le ressort. On place le chargeur au-dessus du magasin et on appuie avec le
pouce sur la colonne des cartouches. Celles-ci entrent dans le magasin et la
Jame-chargeur tombe au dehors. Ce- dispositif est très répandu,. il a l'avantage
de ne pas nécessiter d'ouverture au-dessous bde l'arme, Il existé également desi
chargeurs non introduits (chargeur en carton du fusil suisse modèle 1889), fonc-
tionnant comme des lames-chargeurs.

Le groupeur n'étant pas introduit, le colonel suisse Scbmidt est arrivé à


séduire la place occupée par le magasin, et par contre-coup, sa saillie, ou mieux,
en le. faisant plus large qu'une cartouche et moins large que deux, à augmenter
sa capacité. Les cartouches cylindriques peuvent se placer alors régulièrement,
en deux piles imbriquées grâce à une nervure portée par la planche du trans-
porteur (fusil swsse modèle i889, fusil Mauser modèle 1898, F. M. 1924). La
vitesse de tir peut monter jusqu'à 20 coups à la minute.
Organes complémentaires. — Il est intéressant de doter les armes d'un dispo-
sitif maintenant la culasse à l'arrière, lorsque le magasin est vide, pour facili-
ter le- réapprovisionnement de l'arme ; on évite ainsi une manœuvre inutile.
L'appareil dit le avertisseur d'épuisement de magasin " attire l'attention du tireur
ont moment voulu. Enfin il est à recommander de disposer sur les armes
des
organes permettant un désapprovisionnement rapide des cartouches (un échange
facile de bande).
b) Transportât.
- On appelle système transporteur l'ensemble des or-
ganes qui déplacent Ía cartouche à. l'intérieur de l'arme pour l'amener à la posi-
tion de présentation..
Le trajet est simple ou combiné..
Simple, quand le déplaceraient se fait suivant une seule dilection, sensible-
ment perpendiculaire à l'axe de l'arme,. déplacement tranversal.
Combiné, quand au déplacement transversal s'ajoute un, déplacement
longitudinal. *

TRAJET SIMPLE.
Les dispositifs utilisés pour produire le déplacement transversal de ta car.
touche sont à mouvement circulaire (cartouches tronconiques) ou à mouvement
rectiligne (cartouches cyliadpiqnes).
Il faut remarquer que la forme de la cartouche a une grande influence sur
80n mode de translation. Avec les cartouches cylindriques, qui peuvent se disposer
parallèlement les unes aux autres, on fait usage de chargeurs parallélipipédiques,
comportant un ressort à détente rectiligne, de fabrication facile, dont le fonc-
tionnement est simple et sûr. (Chargeurs du FM Browning,,du P. A. de 7,65 mm.K
du FM 1924),

Le magasin employé avec la mitrailleuse italienne Fiat, modèle f924,. est une
botte parallélipipédique renfermant une planche à déplacement rectiligne. Il
s'alimente à l'aide de " la mes-chargeurs " de 25 cartouches (groupeur). Ce
groupeur très léger est formé de deux gouttières maintenant les munitions par
la balle et par le culot de l'étui ; ces deux gouttières sont réunies par. une poi-
gnée,. qui facilite la rapidité de manœuvre.
L'organisation 4e ce système est donc formé de deux types de dispositifs e-t
autorise un gain considérable de poids mort. Un seul dispositif étanche, muni
de l'organe transporteur (magasin) suffit ; les autres dispositifs ne sont plus
que des groupeurs.
Avec les cartouches tronconiques à bourrelet qui, mises côte à e&e, se dis-
posent en éventail, il faut utiliser des chargeurs circulaires [avec ressort à
détente circulaire (F M 19i5, ; ou bien, si les chargeurs ne comportent pas de
ressort, on doit faire usage d'un élévateur compliqué à mouvement également
circulaire (fusil 1880, fusil 1916). Le fonctionnement de ce chargeur est plus.
aléatoire et moins simple que celui des chargeurs précédents.
L'élévateur est généralement constitué par une planche métallique (ou piston),
agissant sur la cartouche inférieure de la pile. Dans la carabine modèle 1890, le
mousqueton modèle 1892 et les fusils dérivés 1907-1915 et 1916, il y a un dYou-
vement circulaire, donné par un élévateur à deux planches, actionné par les
ressorts contenus4ans le magasin. Dans le FM 1915, un mouvement circulaire de
plus grande amplitude est fourni par le ressort placé à l'intérieur du chargeur.
Dans lè fasil 1907-1915 M 16 ou fusil 1916* la planche supérieure a été rac-
courcie pour permettre le Iggement des cinq cartouches.
1

Dans certaines armes (F M. Lewis 1915, F M Madsen) la détente du ressort


est complétée par l'action de la pesanteur.
— Un déplacement longitudinal précède le déplacement
TRAJET COMBINÉ.
transversal dans le fusil 1886. Le-piston du magasin tubulaire transmet l'action
de son ressort à la cartouche la plus enfoncée et tend à pousser dans l'auget Ta
cartouche la plus. rapprochée de l'orifice du magasin. L'auget pivotant antour d'un,
axe situé-à sa partie postérieure s'élève à; l'ouverture ? s'abaisse à. la. fermeture.
On rencontre aussi des trajets combinés dans certaines armes automatique#
récentes. La translation longitudinale est produite par un dispositif tracteur
fixé à la culasse, (tracteur de la mitrailleuse 1907 T., transporteur de la mitrail-
leuse Maxim).
c) Distribuer. — Le système distributeur a pour but de ne laisser présenter
qu'une cartouche à la fois devant la chambre, pour éviter un enrayage par double
alimentation.
Ce rôle est rempli généralement par les arrondis (oreilles) du chargeur ou par
le profil supérieur du magasin (lèvres de distribution), la cartouche supérieure
peut. seule sortir vers l'avant.
Avee les cartouches tronconiques et à gros bourrelet modèle 1889, les arrondis
du chargeur introduit, doivent être assez flexibles pour permettre le passage du
bourrelet et assez élastiques pour reprendre leur forme primitive. Cette double
condition nécessite des aciers de bonne qualité, et par suite assez coûteux.
Quelles que soient les précautions prises (sens de déchargement), les bords
flexibles du chargeur sont susceptibles de détériorations.
Quand le chargeur est non introduit le distributeur est fourni par le profil
supérieur du magasin, il est beaucoup plus facile à protéger. Dans la mitrail-
leuse italienne Fiat, modèle 1924. la botte de culasse porte deux lèvres mobiles,
placées devant l'orifice du magasin. Ces ièvrea s'effacent au moment du char-
gement du magasin sous la pression de la colonne de cartouches du chargeur
(groupeur) et ne permettent la sortie des cartouches qu'une à une vers l'avant
de l'arme, sous l'action de la calasse introductrice.
Dans le fusil 1886, le mécanisme est compliqué, il comporte un système
distributeur spécial, qui comprend deux organes : l'arrêt de cartouche qui
maintient les cartouches quand l'auget est abaissé, le bec de l'auget qui les
maintient quand l'auget est relevé.
Les bandes étudiées plus loin, jouent le rôle de distributeur.

PRÉSENTATION.
Avant l'adoption des armes à répétition, la présentation de la cartouche à la
Culasse introductrice était simple ; la tireur disposait sa cartouche sur le fond
de la botte de culasse, la position de présentaiion était immuable, elle ne variait
jamais. Aujourd'hui, elle dépend de la poussée de l'organe de transport (piston
de chargeur P. bL 1915), qui coince la cartouche à introduire contre l'organe de
distribution.
Le tir sous de grands angles, nécessité par les objectifs aériens, a montré
l'utilité du maintien de la cartouche à la position de présentation jusqu'au
moment de l'introduction. La nécessité de l'immuabilité de cette position est
sans cesse soulignée par les incidents que provoquent ses variations. Mal
orientée, la cartouche risque de ne pas être introduite ; sa pointe butera contre
un point quelconque du pourtour de l'orifice de la chambre. »
La présentation dans le pimt de Ifr est la plus commune.
sans l'axe du canon, c'était la pkis simple : fusil 1874.
Au-dessous de l'axe du canon, elle forme la catégorie la plus importante :
cartouche présentée sur l'auget du fusil 1886. sur la planchette supérieure de
l'élévateur- du fuail 1916, sur le. planchette d'élévateur du F. A. 1918.
Au-dessus de l'axe, on la rencontre plus rarement : mitrailleuse Lewis,
F M 24"

La présentation latérale (fusil danois Krag-Jorgen sen modèle 1889),., tend à


réapparaître : FMMadsent pistolet mitrailleur Bergmann.

INTRODUCTIOlf.
Les cartouches présentées, comme il vient d'être dit, sont introduites dans
le canon, soit par la cuvette de la culasse, qui les pousse dans la chambre
(fusil 1916, mitrailleuse Hotchkiss) ; soit par une pièce 'de la eutasse qui prépaie
l'action de la cuvette : tenon inférieur du fusil 1886, alimentateur du F M 1915,.
soit par un organe spécial : alimentateur du FJM Madsen.
Cette action est complétée par des rampe» ou des piano inclinés ménagés.
soit dans la boîte de culasse, (plan ipcliné du fusil 191$), soit sur la tranche
postérieure du canon (évasament de raccordement avec la botte de culasse dans
le fusil 1916, encoche du canon de la mitrailleuse Hotchkiss.
Ces organes sont fixes de préférence ou momentanément fixes au moment
de l'introduction (volet guide-cartouches du F M 1915).
Dans les cartouches à bourrelet, l'introduction est presque toujours terminée
par le plan incliné de la tête de l'extracteur, qui pousse la cartouche à sa posi-
tion de chargement, avant de franchir le bourrelet de l'étui.

EXTRACTION - ÉJECTION.
Ces deux opérations traitent du déplacement de l'étui. Le coup parti, il faut
extraire l'étui de la chambre et le rejeter hors de l'arme.
Extraction. — L'extraction a pour but de retirer l'étui de la chambre après
le départ du coup. La longueur de l'étui nécessite un mouvement d'assez grande
amplitude, c'est l'une des causes pour lesquelles les fermetures à translation
longitudinale sont si répandues, Avec celles-ci, l'opération comporte générale-
ment un. accrochage du bourrelet ou de la gorge à La fermeture, et le maintien
du culot de l'étui contre la cuvette à l'ouverture. Cela demande la présence d un
ressort suffisamment souple pour permettre it l'aller le franchissement du bour-
relet ou de la crête qui précède la. gorge et suffisamment résistant pour le lui
interdire au retour.
La griffe de l'extracteur possède à l'avant ua plan incliné pour lui permettre
te franchissement du bourrelet ou la prise de lagorge. A l'arrière la face est
normale au grand axe pour assurer le maintien de l'étui, qu'elle ne doit plus
lâcher.
Les extracteurs sont simples ou doubles suivant qu'ils ont un ou deux points
de contact avec rètui parfois semi-enveloppant, si le contact est plus étendu.
Dans ce cas la cartouche effectue son placement par un glissement dé la gorge
de l'étui, perpendiculairement à l'extracteur.
Les extracteurs sont en une pièce, la lame porte-griffe formant elle-même un
ressort, ou en deux parties : une pièce porte-griffé et'un' ressort indépendant.
Les extracteurs en une pièce doivent être généralement(longs. Leur trempe est
délicate (F. 1886, mitrailleuse Darne) ; ,oe. leur préfère souvent, maintenant, le,
système,endeux pièces (F. Mi 1915),

Cértains extracteurs offrent un caractère de progressivité véritablement inté-


ressant, leur face extérieure présente un plan incliné et à l'ouverture leur >'

griffe est maintenue d'autant plus; fortement contre l'étui qu'elle éprouve
résistance à le décoHer (fusil' russe Berdan n°2 modèle 1871, pistolet Clair. 1888,
mitrailleuse Hotchkiss, F. M. 1924).

Éjection. — L'éjection a pour but dè faire disparaître l'étui,. lè plus souvent


en- le faisant basculer ; à, cet effet au moment de l'éjection, extracteuret? éjecteur
sont situés de part eb d'autrede la calasse dans un mêmeplan.
L'étluii éjecté latéralement risque d'atteindre le voisin du tireur, s'H est trop
P&pproché.
Vers le haut, dans Ite plan de tir, il' n'est pas: rare que les étuis atteignent
te tireur au visage.
Une direction Misant 45° vers le haut avec l'horizontale est préférable.
Parmi les principaux modes d'éjection on trouve :
Une butée fixe, dans le fusil 1886, le mousqueton 1892, la mitrailleuse modèle
1907 - T, le F. M. 1924, frappe le culot de l'étui vers la fin de l'ouverture de fa
culasse ;
Une butée mobile, comme dans la mitrailleuse Hotchkiss et, la mitrailleuse-
Schwarzlose, peut, sous, la pression de la culasse se portant en arrière, pivoter
eu coulisser et rencontrer l'étui.
Un poussoir à nessortl, comme dans. le fusil mitrailleur 19i5 et le. fusil auto-
matique 1918, tend à faire constamment saillie dans la cuvette de la culasse., et
chasse l'étui, au moment où ce dernier se trouve devant la fenêtre d'éjection ;
Uli tube (mitrailleuse Maxim1 ou un. plan, déjection (mitrailleuse Vickers).
L'étui introduit dans son dispositif spécial par le transporteur ne peut sq relever
ayec ce dernier, quand la culasse se ferme.

7° SÛRETÉ.
La sûreté a pour objet de mettre l'arme chargée à l'abri d'un départ accir
dentel.. Son mécanisme sera simple et permettra instantanément la reprise du feu.
Il y a, intérêt à matérialiser l'interdiction du tirade telle façon que l'on ne puisse
oublier. d'actionner le système de sûreté. On peut, par. exemple, mettre obstacle.
à la prise de la, ligne de mire ou empêcher l'appui du. doigt) sur la. détente.
Les différents systèmes actuels consistent simplement. à immobiliser un
organe du mécanisme de percussion ;
La sûreté du: F. M.. 1915 cale le levier de gâchette, qui porte la gâchette.
La sûreté du pistolet automatique de 7,65 mm. empêche tout mouvement de
la détente.
La sûretédu F. M. 1924 cale les deux, détentes.
Dans la sûreté des fusils allemands Mauser 1888 et 1$98, une tiie cylindrique
entaillée, command.ée par une manette en forme de " drapeau", peut à. volonté
maintenir ou laisser passer le chien.,

Dans les pistolets Colt et Browning,


on complète le système de sûreté ordi-
pane par une pédale faisant une légère saillie derrière la poignée de l'arme. A
partir du moment où l'on, prend la poignée à plein.e main viser, la, .
pour
çe dale s efface et le coup peut partir, si la première sûreté a été manœuvré»..
,
CHAPITRE II.

L ARME AUTOMATIQUE

Article 1er — Généralités - Classification.


Dans« une arme automatique, un moteur quelconque remplace la force museu-
laire de l'homme. Actuellement les armes automatiques utilisent surtout les gaz
de la poudre. Ces derniers effectuent à la place du tireur les mouvements néces-
saires aux opérations étudiées précédemment. Toutefois, pour réaliser la suite
complète de ces différentes opérations, est-il nécessaire de réserver généralement
une certaine part de l'énergie initiale prélevée et de fal restituer ensuite sous
forme de travail à l'aide d'un ressort récupérateur. Aussi ces armes présentent-
elles pour l'instant un caractère commun : remploi d'un ressort récupérateur,
comprimé ou tèndu pendant l'ouverture de la culasse, et dont la détente provo-
que en temps utile la fermeture et les opérations complémentaires.
La combustion de la charge de poudre détermine dans la chambre d'une arme
la production d'une masse gazeuse considérable, donnant naissance à des forces,
qui s exercent sur tous les points du vase clos, formé par la chambre et le
culot du projectile. De là : la mise ep mouvement du projectile et des diverses
parties de l'arme, le développement de la masse gazeuse et le déplacement des
couches d'air à la bouche du canon, Ces diverses actions ont été étudiées pour
réaliser l'automatisme dans les armes. Si on exploite les pressions qui s'exercent
sut la cuvette de la culasse par l'intermédiaire du culot de l'étui, on emploie le
recul (action indirecte des gaz). Si on utilise les pressions qui, par le moyeQ.
d'un emprunt spéoial des gaz, s'exercent sur une pièce, on réalise l'emprunt d&
gaz (action directe des gaz).
Ces deux procédés comportent des subdivisions :
A,
— DANS L'UTILISATION DU RECUL, suivant le nombre des pièces utilisées et
et la longueur de leur course, op a :
1° Les armes à culasse non calée, c'est-à-dire à recul de la culasse seule
;
2° Les armés à culasse calée, c'est-à-dire à rooul de la culasse et <tu canonK
comprenant :
Les armes à court reoul du canon ;
Les armes à long recul du canon.
B — DANS L'EMPRUNT DE GAZ, suivant l'endroit où ceux-ci sont captés, on.
obtient :
1° L'emprunt de. gaz en un point d1t
canon ;
2° L'emprunt de, gaz à la bouche du canan ;
3° L emprunt de. gaz à la partie postérieure de. la chambre.
le
Les armes utilisant d'autres procédés le forcement de la balle dans canon
(pistolets Mamilicher), l'inertie d'une pièce? du mécanisme (fusil suédois Sjoegren)
n'ont jamais (donné complète satisfaction jusqu'à présent.
L'emploi de moteurs extérieurs à l'arme est tout à fait spécial, ces derniers
ne peuvent servir que sur dos armes fixes. Ils nécessitent de plus un dispositif
de débrayage automatique à utiliser pour certains incidents de tir. Leur montage
dans des chars de combat, sur des autos-mitrailleuses, à bord des bâtiments de
la marine semble cependant présenter de grands avantages : augmention de Ha
cadence de tir jusqu'à 1.500 coups à la minute ; diminution du poids de l'arme ;
mitrailleuse allemande Siemens de 4,5 kg (présentée en 1917) ; continuité du tir
(expulsion automatique des cartouches ayant eu un raté de percussion). Ces
qualités paraissent particulièrement intéressantes pour les mitrailleuses d'avia-
tion ; on a construit sur ce principe en Allemagne des mitrailleuses Fokker et
Autogen.
à
Les armes automatiques sont. chargement automatique ou à tir automati-
que.
La difficulté de conserver pointée, en tir automatique, une arme à bras francs
limite l'application du second système ; les fusils et les pistolets sont en général
.à chargement automatique. Par contre, les armes destinées à être tirées sur
affût ou sur appui seront à chargement et à tir automatiques : mitrailleuses,
canons de petit calibre. Les fusils mitrailleurs intermédiaires entre les deux
catégories, pourront généralement. réaliser à la volonté du tireur, soit le char-
gement automatique, soit le tir automatique.
L'application de l'automatisme à une arme de modèle donné n'augmente pas
théoriquement les qualités balistiques de cette arme. C'est un perfectionnement
mécanique.
Pratiquement on constate les avantages suivants :
Grande augmentation de la vitesse du tir ;
Diminution de -la fatigue, et par conséquent meilleurs résultats,
Parmi les inconvénients on peut mentionner :
La plus grande consommation de munilions ;
La plus grande complication des différents organes,

Article 2. — Principes d'automatisme.

4 UTILISATION DU RECUL.
Le recul est le mouvement d'avant en arrière que la combustion de la
charge imprime à l'arme.
Dans une arme non automatique, après le départ du coup, on déplace la
culasse, Dans une arrne automatique, voulant produire la môme action, il sera
donc rationnel de songer à utiliser le recul, qui s'exerce précisément sur la
culasse dans le sens désiré.

10 ARMES A CULASSE NON CALÉE.


Principe et fonctionnement. — La culasse mobile C est simplement appli-
quée contre la tranche postérieure du canon A par un ressort récupérateur R,
qui prend appui sur la culasse et la monture fixe M. Aucun dispositif ne s'op-
pose au mouvement de la culasse, d'où l'appellation : à culasse non calée (flg. 55).
Au départ du coup, le recul pousse la culasse en arrière. Ce mouvement
produit : l'ouverture, l'extraction, l'éjection, l'armé, la compression du ressort
récupémteur. La détente de ce dernier ramène la culasse en avant et produit
;

l'introduction, la fermeture et la percussion (si l'arme est or-ganisée


automatique). pour le tir
Dès le départ du coup, la culasse non verrouillée
commence à reculer, d'au-
tant plus vite que les pressions atteignent immédiatement une grande valeur. On
peut craindre que l'obturation suit mal assurée et que Je canon soit dégagé par
F arrière, avant
que la balle n'ait dépassé la touche, ce qui produirait un jet de
gaz dangereux et susceptible de diminuer la vitesse initiale. Pour y obvier on
rend le démarrage de la culasse plus difficile et on ralentit début la vitesse
au
de recul de cette dernière pièce. Il n'y a pas de verrouillage, mais
une
ture retardée. La vitesse de recul de la culasse varie en raison inverseouver- du
poids de la culasse, de la force du récupérateur, de l'adhérence de l'étui,: de
^inertie des pièces du mécanisme et de leurs frottements.
Sur certaines armes, un dispositif interposé freine de plus le démarrage de
la culasse et le commencement de l'ouverture. Dans la mitrailleuse Schwarzlose
(poids de la culasse 2,155 kg), une articulation spéciale bielle-vilebrequin,
trouve au delà au point mort et exige un effort violent se
pour permettre le dépla-?
cernent de la pièce de fermeture.

Dans le pistolet mitrailleur allemand Bergmann (Maschinen-pistole), on produit


te percussion, avant que la fermetuie ne soit complète. ta quantité de
mouvement de recul, obtenue au départ du coup, est, en partie absorbée par la
quantité de mouvement en sens inverse, que possède encore la masse mobile
de la culasse, alors en pjeine vitesse de retour. On songe actuellement en AIIe-
magne à utiliser ce procédé de percussion prématurée pour les fusils, si le
maintien du pointage est susceptible de permettre un tir ajusté.
Reïnarques. — Ce principe d'automatisme, de fonctionnement' simple et de
fabrication facile, est intéressant pour les armes à canon court (pistolets et pis-
tolets mitrailleurs) ou à canon relativement raccourci (mitrailleuse Schwazlose,
52 cm.). Pour les armes à canon iong, il est difficile de créer des retards à
c ouverture suffisamment énergiques.
Ce système donne un régime spécial de développement des pressions, en
autorisant l'augmentation du volume de la charnière. La pression maxima serai
moindre que dans une arme identique à culasse calée. Il en est de même de
vitesse initiale.
Sauf dans le cas des pistolets, où les pressions sont faibles, il faudra génér
falement un étui très homogène, renforcé dans la région du culot ; sa partie
postérieure, d$ns certains modèles d'armes,, quittera en effet rentrée de la cham-
bre, ayant que la balle ne soit sortie du canon: avant que les gaz ne, soient
répandus qans l'atmosphère. Cette partie doit être de plus rigoureusement cylin-
drique, pour rester au contact des parois de la chambre et.assurer l'obturation
pendant le début de l'extraction. Quand cette dernière opération commence,
•"les pressions sont encore très élevées, elles appliquent forment l'étui contre la
chambre. aussi pou?- uniformiser le travail de glissement, de l'étui, prend-on des
précautions particulières. Dans la mitrailleuse Schwarzlose, avant l'introduction
de chaque cartouche, on lubréfie la chambre au moyen d'une pompe à huile,
dont le fonctionnement, est commandé automatiquement par le mouvement,
longitudinal de la partie mobile.
Armeg de ce système :
— Pistolet Ruby de 7,65 mm. i
— Pistolet Browning de 7,65 mm. ;
— Pistolet Colt de â mm. de la marine américaine i
— Pistolet mitrailleur allemand Bergmann modèle 1918 ;
— Mitrailleuse autrichienne Qkoda modèle 1893 (Archiduc Salvator) <
— Mitrailleuse autrichienne Schwarzlose modèle 1907.

' 2° ARMÇS A CULASSE CALÉE.


La séparation trop hâtive de la culasse et du canon présente des inconvé-
nients dans les armes dont le canon ne peut être raccourci. On a généralement
intérêt à retarder cette séparation, en reliant par un système de verrouillage le
canon ou son prolongement (la boîte de culasse) à la culasse. Le canon accom-
pagne la culasse pendant un trajet très court (quelques millimètres) ou pendant
la totalité de sa course.

a) ARMES A COURT RECUL Dl) CANON.


Principe et fonctionnement. — Au départ du coup,, l'ensemble canon-culasse,
solidarisé par le verrouillage, recule. Le canon A comprime généralement un
récupérateur P. Son mouvement est arrêté par une butée B portée par la mou-
lure fixe M., Vers îa f\q du mouvement de l'ensemble a lieu le déverrouillage,
la culasse C continue seule sa course en vertu de la vitesse acquise ou sous
l'action d'uu système amplificateur ; elle exécute l'extraction, l'éjection, l'armé et.
achève la compression de &on récupérateur R. Le canon A reste en place, ou

revient partiellement, ou est ramené à sa position de tir par un ressort P.


Sous l'action de son récupérateur R, la culasse revient en avant et produit l'in-
troduction, la fermeture, le verrouillage et la peroussion, si l'arme çst organisée
pour le tir automatique.
Armes de ce système :
— Pistolet Mauser, modèle 1898 ;
— Pistolet Borchardt, modèle 1900, dit pistolet Parabellum (réglementaire en
Allemagne au calibre de 9 mm., sous le nom de pistolet modèle 1908) ;
— Mitrailleuse Maxim (nombreux modèles utilisés par différentes puis-
sances) ;
— Mitrailleuse anglaise Viokers modèle 1909 ;
— Mitrailleuse italienne Perino ;
— Mitrailleuse américaine Browning ;
— Mitrailleuses allemandes Bergmann et Parabellum.
— Mitrailleuse allemande T. U. F. modèle 1918 (Tank und Flieger).
— Canon automatique de 37 mm. Maxim-Nordenfelt (" pompom " anglais),

b) ARMES A LONG RECUL DE CANON.


Principe et fonotioaaemimt. — Ce système est un perfectionnement du
court recul. Pour retarder la séparation de la culasse et du oanon et obtenir
ainsi une obturation parfaite, le canon accompagne la culasse jusqu'au bout de -
sa course. Seulement, dans certaines armes, l'ébranlement imprimé à l'arme par
le long recul et le retour en batterie du canon produit une impression désa-
gréable au tireur.
Le canon A et la culasse C sorti reliés par un procédé de verrouillage. Ils.
possèdent chacun un ressort réoupérateur.

Au départ du coup, le canon et la culasse reculent ensemble en comprimant


)es récupérateurs. Un jeu de leviers et de ressorts provoque, on même temps,
dans le fond df. la boîte de culasse, la saillie d'un arrêtoir T, qui accroche la
culasse. Le canon revient en avant sous l'action de son récupérafeur P et
produit : déverrouillage, ouverture, extraction, éjection.
Quand le canon arrive à sa position de tir, il déclenche l'abaissement de
l'arrêtoir T. La culasse libérée se porte en avant sous l'action du ressort R, en
effectuant l'introduction, la fermeture, le verrouillage, et le départ du coup (s'il
y a lieu).
Armes de ce système :
— Fusil mitrailleur français modèle 1915 ;
— Fusil A-6 (Meunier).
(Le fusil mitrailleur Madsen fonctionne aussi par recul, mais sa culasse n'ai
aucun mouvement longitudinal par rapport au canon, fig. 31).
Remarques sur les armes à culasse calée.
— L'obturation est très
biert
réalisée. Il est possible par calcul et par expériences Successives de régler là
fonctionnement, de façon qud la balle soit sortis du canon avant la séparation
du canon et de la culasse. Avec les armes à long recul la solution est parfaite.
L'extraction nécessite un effort de l'estraéteur beaucoup moins considérable
que dans les armes à culasse non calée. Lorsqu'elle commence, les pressions
sont tombées à l'intérieur de l'étui.
La vitesse du recul dè la culasse est moindre qu'avec une culasse non calée;
l'ensemble canon-culasse participant au recul étânt plus important. La masse et
la longueur de la course de la partie mobile influent; toutefdis sur là vitesse
de fonctionnement;
Le régime de développement des pressions n'esl pas modifié, ce qui est inté-
ressant au point de vue balistique-
En cas d'encrassement du système de glissière, le long recul fonctionné
mieux que le court recul, puisque c'est là masse, entière : canon, culasse-boîte
de culasse; qui est employée jusqu'au bout à vaincrè les résistances passives, et
non la faible masse de la culasse seule.
Par contre, réchauffement de l'arme y est plus considérable qu'avec tout
autre système én raison du grand nombre de pièces mises eu mouvement;

B. EMPRUNT DE OAZ.
La force élastique des gaz de la poudre a été utilisée directement de plusieurs
façons différentes. Le principe consiste à erf préfèver une partie et à 1ft faire
agir sttr une pièce qui commande l'ouverture de la culasse Ott sur la culasse
elle-même. Le canon est fixe et ls culasse verrouillée.
Trois procédés ont été employés, mais le premier, l'emprunt de gaz en uri
point du canon, a permis les applications les plus intéressantes et les plus
nombreuses.
1° EMPRUNT DE GAZ EN UN POINT DU CANON.
Principe et fonotioiment. — Dans le procédé des frères- Clair, le canon
A est percé d'un évent E pratiqué généralement sur la génératrice inférieure.
Cet évent fait communiquer le canon avec un cylindre B dit chambre à gaz, a
l'intérieur duquel peut se mouvoir un piston relié à la culasse par une tige de:
transmission P. Un ressort, récupérateur R s'appuie d'un côté sur la monture
fixe de l'arma et de l'autre sur un ressaut de la toge de piston..

Lorsque la baïle a dépassé l'évent Ék une partie des gaz pénétrant dans la'
dans la chambre à gaz agit sur la tête du piston, q»i se déplace en déverrouillant'
t& culasse et en entraînant cette pièce en arrière. Dans ce mouvement, se pro-
duisent : l'extraction, l'éjection, l'armé, la compression du récupérateur.,
La détente du récupérateur ramène la culasse en avant en effectuant : l'intro-
ducticrn, la fermeture, le verrouillage, la percussion (s'ii y a lieu).
Armes de ce système :
— Le pistolet Clair 1888 ;
— Le fusil mexicain Mondragon (fusil à chargement automatique commencé
en 1908) ;
— La mitrailleuse 1907-T (dite St-Etienne) ;
— Les mitrailleuses Hotchkiss (1) Mie 1897-1900 et Mie 1914, ainsi que les
derniers fusils-mitrailleurs de cette firme ;
— La mitrailleuse légère anglaise Lewis Mie 1915 ;
— Les fusils automatiques français Mie 1917 et Mie 1918 ;
— Le fusil-mitrailleur américain Browning Mie 1918 ;
— Le fusil-mitrailleur- Mie 1924.
Réglage de la poussée des gaz. — Avec l'emprunt de gaz on peut agir direc-
tement sur ragent moteur, quand les gaz très chauds élèvent la température du
canon et du mécanisme. La puissance varie en effet suivant réchauffement de
l'arme' (et suivant la pression atmosphérique : armes d'aviation). Aussi de nom-
breux spécimens de cette première catégorie de l'emprunt des gaz comportent-ils
un régulateur de la poussée des gaz, sous les formes suivantes :
Canal dérivant dans l'atmosphère l'excès des gaz prélevés par l'évent (mi-
trailleuse 1907 T);
Canaux de diamètres différents susceptibles d'être placés en regard du trou
d'évent (F. M. Hotchkiss Mie 1922) ;
Dispositif modifiant le volume de la chambre à gaz (régulateur^de la mitrail-
leuse Hotchkiss Mie 1014).
Dans les modèles qui n'ont pas d'appareils -de réglage, l'arme fonctionne
toujours avec un excès de poussée. Dans les armes à recul on utilise au
maximum la force de recul, mais dans certaines on peut modifier la tension du
ressort récupérateur.
Ces inconvénients sont évités avec la mitrailleuse Coït, mais son mécanisme
est trop encombrant.
REMARQUES. — L'emploi d'une longue et. pesante tringle de transmission fut
au début une caose d'alourdissement. Depuis on a remplacé les tiges pleines de
piston par des tiges creuses dans les armes automatiques légères de cette caté-
gorie : fusil automatique Mie 1918, fusil-mitrailleur Browning Mie 1918, F.-M. 1924.
La brutalité de fonctionnement des armes à excès de poussée est un autre
inconvénient. Le temps pendant .lequel les gaz agissent sur la tête du piston
est en effet très court, il est égal au temps mis par la balle pour aller de l'évent
à la ,bouche. On y remédie aujourd'hui par l'adoption de ressorts amortisseurs.
Si l'on compare des armes automatiques (mitrailleuses Hotchkiss 1914) à des
armes non automatiques (fusil 1916) de même calibre et de même longueur de
canon, dans les premières la quantité de gaz prélevés semble devoir diminuer
la vitesse initiale de la balle. Il n'en est rien en fait, car après quelques car-
touches réchauffement rapide de l'arme augmente ia force élastique des gaz.
Avec le système par emprunt -de gaz sur le parcours, l'obturation est bien
assurée, grâce à la position de l'évent, très rapprochée de la bouche. La balle
n'a plus qu'un parcours restreint à effectuer, le déverrouillage commandé par

<t) La Société française Hotchkiss fut créée en 1885 à la suite de la mort de l'Amécain
M. HOTCHKISS, qui avait monté en France, en 1870, une usine de canons pour le Gouvernement
de jla Défense Nationale.
te déplacement du piston n'a lieu qu'après la sortie du projectile du canon,
L'évent a un diamètre fixé par des considérations de construction et de ser-
vice. Le maximum est égal à la largeur du creux de la rayure, pour ne pas
Occasionner sur les pleins des rayures des angles vifs susceptibles de détériorer
Je projectile. Le minimum est déterminé en raison des craintes d'encrassement.
Ces possibilités d'encrassement varient avec la composition de la poudre. Les
gaz entraînent en effet certains résidus, (en
particulier dans le cylindre à gaz).
Ceux-ci collent aux pièces qui les subissent le plus directement ; de là l'origine
de pièces interposées dans certains modèles (décanteur Darne). t
L'échauffement du canon, fixe dans ce procédé, permet des modes de refroi-
dissement plus simples que dans les armes à recul.

2° EMPRUNT DE GAZ A LA BOUCHE DU CANOïf.


Principe et fonctionnement. — La pression des gaz il la sortie de la balle
a encore une certaine valeur. Les gaz, en effet
continuent pendant quelques
centimètres à augmenter la vitesse initiale du projectile. Cette dernière détente

construit en 1903, et dans


à été utilisée dans le fusil automatique danois Bang,
la mitrailleuse française Mie 1905, dite de Puteaux. Son emploi amélioré est mis
à l'essai dans un nouveau F. M. de la firme Lewis.
Dans les deux premières armes, sur la bouche du canon est enfilée une
douille creuse G, terminée par une coupelle percée d'un trou pour le passage
de la balle. Les gaz projettent la douille en avant et entraînent la tringle F. Un
dispositif quelconque de transmission (crémaillère et pignon manivelle), jouant
le rôle du levier schématique Bede la figure, inverse le mouvement fourni
et
conduit la culasse en arrière, (flg. 60),
Le récupérateur R comprimé produit la fermeture en ramenant la culasse en
avant.
Cette inversion de mouvement de la mitrailleuse de Pute&ux a été conservée,
quand on décida d'abandonner l'emprunt de gaz à la bouche pour utiliser l 'em-
prunt de gaz en un point du canon. Le type issu de ce remaniement fut la
mitrailleuse française Mie 1907-T, drte de
REMARQUES. — L'obturation est parfaitement assurée. La douille mobîîe n'est
mise en mouvement qu'après la sortie de la balle.
Par contre les inconvénients des premiers types sont nombreux i
La douille mobile sans cesse çn mouvement à là partie antérieure du canon "
imprime à l'arme des vibrations répétées fit assez violentes.
La présence de cette douille crée autour du canon une gaine d'air surehaufféf
qui en empêche le refroidissement. La pression augmente très vite et demande
un organe de réglage. Dans la mitrailleuse de Puieaux, un diaphragme faisait
varier les dimensions de l'orifice de passage de îa balle et permettait, le cas
échéant, d'autoriser la sortie d'une- partie des gaz.
Enfin la position du guidon était défectueuse. Rejetée en arrière et ainsi trop
rapprochée de la hausse, elle diminuait la longueur de la ligne de mire. '
Accessoirement, la détente'des gaz à la bouche se prête parfaitement au rett-
forcement du recul dans les armes qui utilisent ce procédé, si l'on a soin de
fixer la coupelle de" la douille à 4a monture. En effet, les gaz à leur sortie du
canon, venant buter contre une paroi .fixe sont Renvoyés contre la tranche anté-
prieure du canon, qui joue le rôle de piston et contribue âfnsi à augmenter lu
recul de ce dernier (F. M. 1915).

3° EMPRUNT DE GAZ A LA PARTIE POSTÉRIEURE


DE LA CHAMBRE.
Prinoipe et fonctionnement. — pression des gaz pousse le fond de Pétai
La.
ou l'alvéole de l'amorce (cloison mobile) contre le percuteur qui recule et fai.
alors office de tige de piston,
Dans le schéma ci-dessous, le canon A est fîxe et relié à la culasse C par'

Un système de verrouillage. La cartouche B comporte une chambre d'amorcé


très profonde, au fond de laquelle est placé l'alvéole D..
Au départ du coup, une partie des gaz passant par l'évent de la cartouche
repousse l'alvéole D, qui coiffe le percuteur. Le piston ainsi formé porte un
épaulemertt sur sa tige, et, après le déverrouillage, faît reculer la culasse ef
produit l'ouverture. Le récupérateur R se comprime et ultérieurement effestud
la fermeture de la culasse.
Remarques. d'éfui.
— Si c'est l'étui qui recule, on peut craindre des ruptures
(Ce premier merde fut essayé par Maxim en 1884).
Si c'est t'amorce, la munition est coûteuse. L'évent dela cartouche doit régler
la quantité de gaz qm acLionne le mécanisme, or cet évent est de dimension.
très petites. L'alvéole de l'amorce doit être épais et bien ajusté pour ne patf
basculer ; les moindres écarts de fabrication, prennent donc une importance
considérable. (Ce deuxième mode fut essayé par Needan et Hawker, puis replis
par l'armurier autrichien Roth. Ce principe fut appliqué à plusieurs armes,
mais seul en pistolet fut livré au commerce). Les Etats-Uuis expérimentent
toutefois un fusil' Garand basé sur ce principe.
1

Article 3. — Particularités relatives


aux armes automatiques.

A. DISPOSITIF D'APPUI.
Lé dispositif d'appui d'une arme automatique a une grosse influence sUr sort
emploi.
Le support est d'ailleurs nécessaire à partir d'un certain poids. La fatigue du
tireur serait trop grande et le maintien de l'arme en direction serait impossible;
Une même arme automatique voit sa valeur-pratique augmenter ati fonction de
son dispositif d'appui.
Le F. M. avec une simple fourche ne peut faire que des tirs peu supérieurs
à ceux d'un fusil automatique bien étoffé. La vitesse pratique du tir est seule
augmentée par suite du remplacement du tir coup par coup par le tir par petites
rafales, et encore, dans des proportions restreintes, faute de stabilité.
Mais si la fourche est complétée par une béquille, on peut allonger les rafa-
les, les repointages devenant moins fréquents. Enfin, on peut exécuter des tirs
repétés.
La mitrailleuse légère doit avoir un petit affût à demeure.
Pour les mitrailleuses lourdes, on a essayé de réaliser quelques affûts légers
pour réduire, autant que possible, le poids à transporter ; ils doivent être cités
plutôt pour mémoire,'car ils diminuent considérablement le rendement de l 'arme.:
Ce sont donc des affûts normaux qu'il faut se préoccuper pour étudier à fond
la question du rendement des mitrailleuses lourdes.
En résumé, les possibilités des dispositifs d'appui déterminent les genres de'
tir utilisés ou permis pour chaque catégorie d armes : mitrailleuse lourde,
mitrailleuse légère, fusil mitrailleur. La valeur réelle d'une arme au combat, les
résultats qu'elle autorise ut les modalités de son emploi sont donc étroitement
liés à l'organisation du support qu'elle emploie.

AFFUTS DE MITRAILLEUSES LOURDES FRANÇAISES.


Pendant la guerre, on a employé :
1) L'affût modèle 1907, type C, réglementaire avant 1914 avec la mitrail-
leuse modèle 1007 ;
2) — L'affût modèle 1007, type omnibus ;
3) — L'affût modèle 1915, type omnibus ;
Ces deux derniers modèles pouvaient recevoir indistinctement les mitrailleu-
ses modèle 1907-T., Hotchkiss (chape intermédiaire), et Puteaux.
Le dernier type diffère des précédents par la diminution des dimensions
(épaisseur et largeur) et par la suppression du dispositif assurant l irréversibi-
lité du volant de pôintagff.
4) — L'affût Hotchkiss modèle 1914, qui n'a pas donné toute satisfaction, a:
été abandonné.
5} — L'affût Hotchkiss modèle 1916, qui a remplacé le précédent, est le plus
répandu actuellement. Depuis la mise en service des premiers affûts de ce- type,
différentes améliorations ont été adoptées. Le renforcement
de la partie supé-
, rieure des pieds antérieurs est à signaler. Une fourrure placée à l'ntérieur
tube augmente la résistance de celui-ci à.sa sortie de la tête du
de montant.
Les trois types d'affûts qui sont en service maintenant
sont :
1)
— L' affùt-trépied Hotchkiss modèle 1916 ;
2) L affût-trépied type omnibus modèle 1915
;
L'affût-trépied 1907-1919, modèle dérivé de l'affût.
1907, modifié en,
1919(1), en service dans la Cavalerie.

Ces trois modèles se composent essentiellement


d'un trépied formé-
dune fourche antérieure, dont les deux branches font entre elles un angle
d 'environ30°. Au sommet de la fourche prend
naissance la troisième branche
du trépied, composée de deux tubes téleseopiques.- Cette
disposition permet de
faire varier la longueur de cette- troisième branche, à la
demande des formes
du terrain. Un siège, dont la position peut être réglûe,
est porté par la flèche
télescopique. Chacune des trois branches se termine à
sa partie inférieure par-
une semelle à ergot assuraut un ancrage correct au sol. Le trépied peut être
replié pour les transports.

5 trois branches se trouve pivot vertical sur lequel


estarticulélesupportpivotant, celui-ci supporte la mitrailleuse par ses encas-
~hauteur.
detourillons.L'arrière du support pivotan#
trements
porte la vis depointage en

immobilisantlesmodifications
apportées au type 1907 C, il faut mentionner le dispositif de
Maison
fin 1915 et adopté en janvier 1916. sur le trepied. Cet appareilétudié en 1913, fut essayé

A
CONDITIONS RÉTABLISSEMENT DES AFFUTS.
deux
Les principales qualités requises par un affût peuvent être classées en
groupes suivant que l'on l'on envisage le tir ou l 'emploi .
1
— Qualités
spéciales au tir :
II — Qualités spéciales à l'emploi.

I. Qualités spéciales au tir.


Les principales sont :
A - Stabilité ;
B - Multiplicité des hauteurs de tir ;
C - Facilités de : a. pointage ; b. fauchage ; c. blocage ; d.
repérage.
obtenir la
A - Stabilité. — La stabilité est une condition essentielle pour stabilité
précision de tir, qui doit caractériser l'arme à pointage mécanique. La
dépend du polygone de sustentation, de l'adhérence au sol, de l'aplomb de l affûts
mais surtout du poids de l'ensemble.
sustentation,
a) POLYGONE DE SUSTENTATION. — Il faut que le polygone de
qui se présente sous la forme simple d'un triangle (affût-trépied de la mitrai lleuse
Hotchkiss) ou sous la forme plus complexe d'un quadrilatère (affût Maxim), soit
allongé pour limiter le relèvement. Ceci s'obtient à l'aide d une branche posté-
rieure (flèche) plus longue que les branches antérieures. On risque, de ce fai t,
d'augmenter l'encombrement, mais l'on peut obvier à cet inconvénient en a dop-
tant une flèche télescopique.
A défaut de longueur, pour maintenir uue assez grande surface de a base,
à
on peut élargir le polygone, ce qui limite le déversement mais renouve lle, un
degré moindre, l'inconvénient signalé ci-dessus.
6) l'ensemble : arme et affût est relativement lourd,
ADHÉRENCE AU SOL.
— Si
la liaison avec le sol est obtenue en munissant les pieds de semelles à ergots,
qui sont enfoncées à coups de talon avant de tirer. Ces dispositifs reçoivent
leur plus grand développement à l'extrémité de la flèche, où
se. trouve te soc de
bêche. '
Si t ensemble est léger (mitrailleuse portative), le glissement de
d'appui convexes donne de meilleurs résultats que l'ancrage, qui, danssurfaces
prédispose au cabrage et augmente la dispersion en hauteur. ce cas '
Pour les tirs indirects, la stabilité maxima réalisabre avec les modèles
service est obtenue par l'emploi d'un T plate-forme en bois. (A recommander en
également pour les autres tirs aux grandes distances, chaque fois
possible). que caia sera
e) APLOMB. résultat sera plus facile à réaliser sur un sol bouleversé
— Ce
avec 3 pieds quavec 4. Les Allemands n'emploient plus exclusivement l'affût*
traîneau (4 pieds), ils ont aussi un affût-trépied.
Le problème n'est parfaitement résolu qu'avec des pieds réglables.
Un seul, comme dans les affûts 1907 et 1907-1919, jest insuffisant. Les
systèmes '
à 2 et surtout à 3 pieds réglables (affût Vickers, Bcowning, SchWarzlose)
sont *
préférables. Ce procédé permettant à la fois l'aplomb de la mitrailleuse elsurtout
du pivot du support, d'une grande influence sur la justesse du tir.
d) POIDS DE L'ENSEMBLE.
— les considérations d'emploi limitent étroitement
le poids du dispositif d'appui. Avec la mitrailleuse Sourde, il à
y un mqyerr à
ne pas négliger, c est celui qui consiste à utiliser au maximum la
additionnelle que fournit le poids du tireur. Asseoir ce dernier masse
sur un siège.
disposé sur la nèche (affût Hotchkiss, Vickers), paraît le meilleur procédé.

B. Multiplicité des hauteurs de tir.


— £ette qualité permet une utilisation
plus parfaite des couverts et lors de la mise en batterie adaptation, plus
une
rapide au terrain. Le principal moyen de satisfaire à ces desiderata est de
doter, si on le peut, l'affût d'un aussi grand nombre
tions-typps.
que possible de posi-
"
L'affût C de la mitrailleuse 1907-T en avait 2, ses dérivés aussi. L'affût
Hotchkiss, Mie i9i6 en a 3 (le Mie 1914 n'en avait
que 2).
Les positions sont multiples avec les affûts Maxim, Vickers. Les
masques
peuvent ainsi être épousés étroitement.
Au fur et à mesure que le masque perd de s»hauteur, et vraisemblablement,
de son importance, il faut s'en rapprocher,
« s'y coller ». C'est pourquoi les
affûts, dont les pieds antérieurs se rentrent (affût Schwarzlose), ou à la rigueur
se replient (affûts 1915 et 1907-1909), semblent préférables aux types qui s'abais-
sent, en développant leurs pieds antérieurs uniquement vers l'avant
car ces
affûts éloignent le personnel et le matériel du masque (affûts Hotchkiss,; Maxim).
C. Facilités. a) FACILITÉS Dm POINTAGE.

le Direction. Le pointage en direction est obtenu généralement à la main.
Une liberté de déplacement grande et rapide est préférable à commande de
pointage par organes mécaniques, qui serait peut être plusune précise. Si l'on
actionne l'arme au moyen d'une crosse d'épaule (mitrailleuse Hotchkiss Mie l 807),
on a t avantage d avoir les mains placées en tout temps aux endroits les plus
commodes pour pointer et tirer.
La mise en direction est faite, soit
avec la ligne de mire de l'arme, soit à
l'aide d 'un index, que l'on place devant une graduation délerminée d'un limbe
gradué fixé sur le corps de l'affût.
2° Hauteur. — Le pointage en hauteur est obtenu en une ou deux opération.
dans les affûts de mitrailleuses :
Une opération : Hotehkiss, 1915 et 1907-1919 ;
Deux opérations : Muxim, Vickers.
Dans ce cas, la première sert de dégrossiesemeat, la deuxième de finissage,
Le débrayage, qui permet cette décomposition du mouvement total à etTec-
- tQer, offre l'avantage de réduire la durée de pointage sur deux buts successifs
situés à des sites très différents et augmente la mobilité du tir.
Il y a deux façons de pointer en hauteur : prendre la ligne de mire, et la
diriger soit sur un repère ; utiliser un niveau de pointage. Pendant la guerre,
des niveaux (dits de repérage) avaient été construits pour repérer le tir des
.

mitrailleuses ; on les utilisait aussi dans le tir indirect, avant la mige en service
des Niveaux de pointage et de repérage actuels. Ces derniers, à bulles d'air
également, offrent l'avantage de donner ou de mesurer un angle en millièmes
par rapport au plan horizontal.
b) FACILITÉS DE FAUCHAGE. — 18 Direction, — Sur objectifs fixes, le fauchage
latéral, réalisé uniquement par la visée, gaspille des munitions et diminue la
densité du feu. L'amplitude de l'angle de fauchage est généralement trop grande.
On a toujours intérêt à limiter le fauchage avec des butoirs à fixation rapide, à
demeure sur l'arme. On peut appeler également ces butoirs curseurs limitatifs
de, fauchage. La précision qu'ils donnent a besoin d'être très grande, surtout
dans le tir indirect. On utilise maintenant avec l'affût 1916 Hotchkiss des butoirs
dotés de vis de réglage. Ceux-ci limitent exactement le déplacement latéral de
la mitrailleuse, tandis qu'auparavant il fallait se contenter de butoirs sans vis
de réglage, dont les positions successives étaient obtenues à l'aida de trous
espacés de 50 en 50 millièmes.
20 Hauteur. — Le fauchage en hauteur est interdit dans le tir indirect des
mitrailleuses, mais il est très intéressant dans le tir direct.
Le'principe de la limitation de l'amplitude de l'angle de fauchage dans le
sens vertical, est excellent. Son emploi est traité à la IIe partie, chapitre IV,
article II, B. 2°. Des butoirs ont été placés sur la vis télescopique de l'affût 1916,
mais leur maniement est difficile actuellement et mérite une prompte amélio-
ration.
Les Allemands utilisent aussi maintenant les limitaLeurs en hauteur et
direction. en

c) FACILITÉS DE BLOCAGE. — Le blocage est nécessaire pour maintenir l'arme


pointée sur une direction choisie ou suivant une inclinaison donnée.
Ses moyens de commande doivent être étudiés très minutieusement. Il les
faut résistants pour empêcher qu'ils ne se faussent très rapidement, doux à
manier pour ne pas déranger le pointage par leur manœuvre, et à bonhomme-
arrêtoir pour éviter qu'ils ne se déplacent sous l'action des trépidations.
d) FACILITÉS DE REPÉRAGE Direction. repérage en direction est
— 1° - — Le
maintenant facile avec les secteurs gradués, à condition que des index bien
ajustés rendent les lectures aisées. Certains affûts ont des secteurs gradués trop
étroits. Si le cercle est complet tous les repérages sont exécutables, môme en
arrière.
20 Hauteur. Pour repérer l'inclinaison, on se sert des niveaux de pointage.

Le déplacement de la buUe d'air permet de repérer l'angle que fait le canon de
la mitrailleuse avec le plan horizontal. A la remise en batterie, le sol peut êtrè
légèrement bouleversé, les pieds pourra m être placés à des hauteurs un pert
différentes de ceux qu'ils possédaient lors de îa préparation du tir, l'angle de repé-
rage permet de reprendre l'angle de tir et d'exécuter encore la mission prévue
d'une façon suffisamment approchée.

II. Qualités spéciales à l'emploi.


Les principales sont :
A - Légèreté totale et minimum d'éléments ;
B - Commodité de transport ;
C - Rapidité d'assemblage et d'installation
;
D - Robustesse.

A. Légèreté totale et minimum d'éléments. La stabilité réclame le main-



tien d 'un certain poids. On ne peut donc, aussi simplement qu'on le vaudrait,.
augmenter la légèreté de l'affût pour en faciliter le transport à bras.
Voici, à titre d'indication, quelques poids d'affûts de mitrailleuses lourdes
Hotchkiss modèle 1916, 24 kgs. ; Omnibus modèle 1915, 26, 5 kgs. Vic&ers,.:
;
19 kgs ; Maxim (affût traîneau) 34 kgs. Schwarzlose, 19 kgs. Browning modèle-
; ;
1917, 24 kgs. ; trépied américain modèle 1918, 21 kgs.
Le poids moyen des affûts futurs de mitrailleuses lourdes devra
dépasser de 15 à 20 kgs. ne
La question du minimum d'éléments est plus facile à résoudre. L'infanterie'
française a connu les inconvénients de l'affût
en d'eux fardeaux. Au début de la
guerre, avec la mitrailleuse 1907-T, des servants arrivèrent sur.la position de
tir avec le trépied mais sans le support pivotant. Le trépied restait inutilisable,
faute de son organe de liaison avec la mitrailleuse. L'affût en un fardeau est le
plus avantageux et le plus répandu.
B. Commodité de transport. — Le matériel se transporte à bras, lorsqu'on
ne peut pas progresser avec les animaux de bât, avec les voiturettes attelées ou
traînées. Deux cas peuvent alors se présenter :
1° - Au contact de l'ennemi et en terrain découvert le mouvement doit
passer inaperçu, ou tout au moins le personnel doit éviter de faire remarquer à
l'ennemi ce qu'il transporte. Le placement et la visibilité du matériel sur l'homme
a une grande importance. On doit faire en sorte que les servants de la mitrail-
leuse se distinguent le moins possible des autres combattants pour l'observation
ennemie. Il faut renoncer à en transport commode pour en choisir souvent un
plus fatiguant, mais qui permet mieux de défiler le matériel (arrimage aveo
baudrier et courroies, traîneaux, ete...), exécuter même la marche rampante, qui
sera facilitée si l'on a évité sur l'arme les aspérités gênantes.
2" - ou bien on ne pense qu'à la rapidité de déplacement sans souci de
dissimuler le personnel et le matériel : transport à dos, en hotté (l'affût
Maxim s'y prête facilement, l'affût 1916 beaucoup moins) ; transport à deux en
brancard (affût traîneau Maxim, affût japonais).
Le matériel dans certains cas (sections de mitrailleuses de cavalerie) doit
pouvoir être mis en action sur la voiture qui le transporte. Les difficultés, quo
présente l'adjonction d'une douille pour axe horizontalsur le trépied Hotchkiss
modèle 1916, lui ont fait préférer pour la ea^tterie, l'affût .de la mitrailleuse
1907-T. L'organisation de ce dernier se prête mieux à la fixation de la douille.

C. Rapidité d'assemblage et d'installation.— Des dispositifs peu encombrante


dans les transports et dans les progressions difficiles, à demeure autant que
possible, doivent permettre un assemblage immédiat de la mitrailleuse à l'affût
(leviers pliants des mitrailleuses américaines)
Le jeu des organes d'attaohe de la mitrailleuse à l'affût dôlt être déduit au
minimum. Leur position judicieusement choisie sur l'armé doit également
diminuer le plus possible les vibration&.
La rapidité d'installation se lie à la question des hauteurs de tir. Des hauteurs
de tir multiples permettent une adaptation rapide au terrain. Sinon il faudra
avoir recours à l'outil portatif (pour placer les pieds de l'affût "Hotchkiss ou de
l'affùt-traineau Maxim par exemple), et perdre ainsi du temps. Des pieds régla-
bles, séparément comme ceux de la mitrailleuse Schwarslos#, indépendants
comme dans les mitrailleuses Vickers et Browning 1917, à 2 articulations dentées
comme dans le trépied américain modèle 1910, épousent te sol le plus bosselé
avec le maximum d'aplomb. Dans ce dernier modèle., sur n'importe quel terrain,
la double articulation permet instantanément d'assurer l'horizontalité des
tourillons.
D. Robustesse.. — La. résistance aux chocs demanda des pièces solides et
des tubes reriforcés. Les leviiers, les flèches télescopiques en particulier, soumis
à des manœuvres répétées souvent défectueuses, nécessitent une attention toute
spéciale de la part dos constructeurs. La trépidation veut aussi une organisation
capable de résister à des secousses, violenter et continues.

AFFUTS LÉGERS ET AFFUTS DITS " DE FORTUNE ".


Dans une première catégorie : affûts légers, on rangera tous les dispositifs
allant de l'affût-trépied normal exclus au simple piquet..Dans la deuxième, on
placera les moyens exceptionnels employés par l'homme
au com bât pour élever
son arme au-dessus du sol.
Affût* légers. — L'appui est indispensable à toute arme automatique
s

tirant
une cartouche puissante aux moyennes et aux grades distances. Le problème
de l'appui léger n'a pas été résolu au cours de la guerre. Son intérêt s'accroît
encore actuellement avec les dispositifs montée sur derniers modèles de F. M.
construits (bipied et béquille de crosse).
Les types essayés avec la mitrailleuse lourde pendant la campagne,
peuvent se
classer suivant le nombre ou la valeur des points d'ancrage au sol :
A un pied muni d'une collerette : piquet-support, le syslème est défectueux.
La largeur du polygone de sustentation est très faible et le piquet est difficile
à enfoncer ;
A deux pieds, on trouve les fourches et les bipieds (mitrailleuse Maxim
légère 1908-1915 et F. M. 1915), plus stables et plus rapides d'installation
piquets. Ces bipieds complétés plir l'appui des coudes offrent un polygone que les
de
austentation plus vaftte.
A trois pieds formés par trois branches courtes de 80
cm. environ réunies
sur un corps fixé à l'arme par un pas de via ou un collier (mitrailleuse Maxim)f
le système est plus encombrant.
Qn a essayé enfin d 'obtenir, à là fois, une grande base et des contacts plus
larges avec l'affût-berceau, assemblage de detix branches métalliques courbes
élastiques. Ce dispositif est d'un transport parfois gênant, mais ofcre toutefois et
des facilités de traînage.
Tous ces types de guerre ont joué leur réle du moment et ils ont permis
à des mitrailleurs sans affût normal de jouer
un rote appréciable nettement
aupérieur à celui d'une excellente équipe de F. M La question reste entière
avec la mitrailleuse légère. A signaler toutefois l'essai fait avec la mitrailleuse
Darne.
Affûts dits " d8 fortune". — Dans cette catégorie, pourrait énumérer la
suite longue et variée des moyens ingénieux utiiisés on notre soldat
champ de bataille. Après avoir énoncé : les caisses de par sur le
munitions, bâtons, baion-
nettes, courroies, etc..., il faut mentionner surtout le sac à terre incomplète-
ment rempli. L'arme se moule en lui, l'adhérence est très grande et les tirs
ainsi faits avec l'aide d'une crosse sont presque aussi bons qu'avec les affûts
légers mais le service en est plus fatigant.

LES CROSSES.
La crosse est un accessoire très utile
pour le pointage de toutes les espèces
e mi tirailleuses, mais surtout quand on cesse de prendre appui sur îc trépied;
libre dans le tir anti-aérien ou que ce soit dans le tir sur
" de fortune. Son emploi reste pratique dans ia plupart des autres
cas.
Les anciennes crosses fixes ont. été supprimées,
e t
parce qu
encom brantes. Les crosses démontables
elles
parce qu'elles étaient lourdes
en service ont semblé peu pratiques,
étaient trop volumineuses, longues à placer et, la plupart du temps,
ne se trouvant pas sous la main quand on en avait besoin.
serait intéressant de réaliser une crosse fixée
en tous temps sur l'arme,
mai s e poids et d 'encombrement très faible. On peut la concevoir
forme une simple plaque de couche à rabattement, disposée à l'extrémité d'une
sous la
tige cou lissant ou se repliant sur l'arme. La tige ramenée
vess J'arrière et la
pfaque mise en position constitueraient en quelque sorte une crosse élémen- '
taire. La tige repoussée vers l'avant, la plaque rabattue sur la tige, le volume-
et l'encombrement de. Ifarme seraient à peine modifiés.

B. MÉCANlSME DE DÉTENTE- ET DE PERCUSSION..


à
La classification des armes automatiques en armes chargement automatique
et en armes à ti<r automatique repose sur la différence d.'onganisation et de.
fonctionnement dut système- de détente.
Détente des- arm6s à chargement automatique" — D&ns ces armes, une
action du doigt sur la détente doit déterminer le départ d'un seul projectile. Or,
avec un système de détente ordinaire et l'emploi de grandes cadences- de tir,
le tireur n'aurait pas të temps de lâcher la, détente. Llaecrochage n'aurait pas
lieu et un nouveau coup plirtirait. ,
Pour y remédier, la commande dui feu est organisée de telle façon que la,
gâchette n'est liée à la détente que jusqu'au moment oi1 la masse percutante, est.
libérée. Aussitôt après, automatiquement, par l'intermédiaire d'un mentonnet
(F. M. 1915, F. M- 1924), la gâchette est rendue indépendante (échappement) eti*
instantanément se remet dans la position d'accrochage. Elle ne redevient solidaire
de la détente que sur une nouvelle intervention du tireur.
Détente des Armes à tir automatique. — Dans celles-ci le départ du premier-
coup doit déierrtniner te départ successif de tous les autres,, à condition que le:
tireur maintienne l'action du doigt sur la détente.. La percussion devra donc être-
commandée :
i* Par la détente à main pour lb premier coup ;
2° Par l'arme elle-même pour les antres coups,. à condition que la percussion.
ne soit possible que torsque le canon est revenu à sa position de tir (levier'
arrêtoir du F. M. 1915) ou lorsque le verrouillage est terminé (mitrailleuse-;
Hotchkiss). Certaines armes possèdentpour cette raison une gdchette automatique
commandée par la culasse qpand lie verrouillageest fini (mitrailleuse-Maxim 1908).
Pour éviter au tireur l'obligation de laisser son. doigt sur la détente pendant
la rafale, on avait imaginé pendant la guerre des dispositifs maintenant la détente,
à l'arrière, (anneau. de détente de la mitrailleuse Hotchkiss, utilisé momentané-
ment, en, 1916). Théoriquement cela semble intéressait,, mais, par suite du dres-
sage insuffisant du personnel,, ce ne fut dia.ns lat plupart des cas- qu'une excuse-
au gaspillage des munitions.
Détente des fusils mitrailleurs. — Dans les fusils. mitrailleurs, qui font'
généralement du. tir automatique et du tir coup pa<r coup, la détente doit être-
organisée pour ces; deux. genres de tir. Un dispositif spécial donnera, à volonté;
l'un ou l'autre,, avec une seule détente (IF. Ml. 1916),. ou. bien. l'on. aura recours^
à. deux détentes différentes- (F. M. 19^4).

C. SYSTÈME D'ALIMENTATION.
Dans une arme à grand débit, il ne saurait être question d'un magasin rempli
à. la main ou d'un chargeur rédu.it contenant
un petit nombre de cartouches. On.
utilise donc des dispositifs d'assemblage plus vastes (chargeurs de grande capa-
cité, bandes), qui ont pour but de faciliter la manutention des cartouches et leur
mise en place dans la boite de culasse de l'arme, en évitant des interruptions^ •
de tir trop fréquentes ; s'il y a lieu on complète le mécanisme d'alimentation,
ordinaire par un organe chargé du déplacement du dispositif.
DISPOSITIF D'ASSEMBLAGE DES CARTOUCHES.
Chargeurs de grande capacité. — Aux modèles ordinaires, qui doivent être
résistants,
A
étanches et aussi peu encombrants que possible, quoique contenant
20 à 30 cartouches (chargeur du F. M. 1924), on doit ajouter les 3 modèles
suivants :
— Le chargeur de la
mitrailleuse italienne Fiat est formé de dix chargeurs
simple» accolés, contenant cinq cartouches chacun. L'ensemble est d'un volume
minime. Toutes les cinq cartouches, la mitrailleuse fait avancer le chargeur d'un
rang et substitue au chargeur simple, qui vient d'être vidé, un autre chargeur
de cinq, plein.
— Le chargeur employé dans la mitrailleuse légère Lewis Mie 1915 est un
disque-magasin (tambour). Les cartouches sont rangées en plusieurs couches
superposées, deux et plus. lueurs pointes sont engagées dans les cavités d'un
colimaçon en aluminium, les culots des étuis sont pris dans les rainures longi-
f
tudinales de la périphérie du chargeur. Le dieque est fixé
sur un axe disposé, à
la partie supérieure de l'arme. La partie extérieure du chargeur reçoit un mou-
vement de rotation d'un mécanisme approprié, qui a pour but de la faire tourner
autour de l'axe du chargeur fixe. Le colimaçon interne ne bougeant pas, les
cartouches descendent en suivant les pentes du colimaçon jusqu'au moment où
ettes &e dégagent et viennent une à une à leur position de présentation.

Ce chargeur comprenait primitivement 47 cartouches. La capacité a été portée


à 97, puis à 122. Au delà. de 122, le fonctionnement n'était plus assuré. On
essaya alors un chargeur de 175 cartouches divisé en deux parties. La partie
inférieure, contenant iOO cartouches, était actionnée par l'arme ; la partie supé-'
rieure avait un ressort préalablement bandé et son contenu se déversait dans le
"ehargeur inférieur. ;
Le chargeur du pistolet Parabellum, utilisé aussi avec le pistolet mitrailleu$'
allemand Bergmann, renferme au total 32 cartouches. Il est composé de l'ancien
chargeur ordinaire rectiligne de 8, complété par un tambour avec ressort inté- '
rieur contenant 2i cartouches.
Bandas
On distingue :
Les bandes rigides métalliques y
Les bandes toupies ;
Les bandes métalliques articulées.
»•
Les bandes sont transportées dans des cames, chargées également de main-
-
tenir les cartouches sn place sur le dispositif d'assemblage.
Les bandes longues exigent de plus un support de caisse, pour éviter à l'arme
le travail supplémentaire que nécessiterait l'entraînement de la totalité de la
bande déroulée.
BANDES RIGIDES MÉTALLIQUES. — La bande rigide se fait surtout en tôle d'acier
à griffes prises dans la masse ou rapportées. Elle porte un nombre restreint de
cartouches. Pour une longueur de 40 cm., il y a 24 cartouches dans la mitrail-
leuse française Hotchkiss. La bande rigide fonctionne bien, mais elle demande
un dressage minutieux du chargeur. Au cours du tir, eile oblige le servant à
intervenir toutes les 4 ou 5 secondes pour alimenter la machine, ce qui, dans
l'émotion du combat, ne va pas, sans faire courir le risque d'enrayages nom-
breux. Elle fait perdre à larme une partie de ses caractéristiques mécaniques.
Sa bonne conservation est, difficile, la rouille et l'oxydation modifiant les condi-
tions de maintien de la munition sur la bande. Son maniement est commode en
cas d'incidents de tir.
BANDES SOUPLES. — Les tendances actuelles vont vers la bande souple légère
sans monture métallique. C'est le genre d'alimentation le plus séduisant par
suite de la capacité de la bande (250 cartouches) et de son poids peu élevé, mais
son maniement est plus délicat parfois.
Toutefois, telles qu'elles étaient comprises, les bandes souples en tissu ont
présenté des inconvénients, surtout dans l'aviation. Elles se salissent, elles se
déchirent au contact des cliquets. Elles perdent leur élasticité après un petit
nombre de chargements, les cartouches quittent facilement leurs alvéoles (c'est
pourquoi on fit l'essai de tissus élastiques). Elles sont hygrométriques, l'humi-
dité les rétrécit et augmente l'effort de traction nécessaire an retrait de la car-
touche ; lorsque l'eau se transforme en glace, elles perdent leur souplesse ; par
la sécheresse le maintien d'une cartouche tronconique peut être défectueux, la
munition glisse.
La future bande souple, d'un poids infime, devra porter 250 à 400 cartouches

BANDES MÉTALLIQUESARTICULÉES. -
que l'arme débitera en toutes circonstances avec une sûreté parfaite.
Différents spécimens de cette catégorie furent
utilisés dans la mitrailleuse Hotchkiss, où l'on n'a pas pu renoncer à la bande
' métallique. En effet, la bande n'y est pas un simple support de cartouches, elle
joua un rôle actif dans l'alimentation, et fait partie intégrante du mécanisme.
La bande articulée n'est, en somme, qu'un pis aller pour satisfaire à la nécessité
d'une grande capacité. Formée d'une suite de petites bandes rigides, assemblées
à l'aide de charnières, elle est lourde, fragile, encombrante, de conservation
difficile. Un premier essai de ce genre avait été fait pour la mitrailleuse Hotcb.
kiss de l'armée japonaise. Pendant la guerre, la bande fabriquée pour la
Hotchkiss Mie i9i4, contenait 251 cartouches ; chaque élément en portait trois.
Les autos-mitrameuses de cavalerie sont dotées de bandes à 48 cartouches, pro-
venant des anciennes bandes de 96, fractionnées en deux
Un dispositif plus intéressant est celui de la bande à maillons métalliques
détachables utilisée dans certaines armes d'aviation.
En aéronef, le principal inconvénient des longues bandes était la nécessité de
les recueillir à leur sortie de la mitrailleuse. Cela exigeait des conduits spéciaux,
des tambours dérouleurs et enrouleurs de bandes tirés par des ressorts. Ces
installations sur un avion, où la place est mesurée, sont très gênantes. Les
recherches entreprises part et d'autre, aboutirent à une bande articulée, dans
laquelle chaque cartouche joue le rôle de goupille de charnière.
La figure 67 montre schématiquement l'assemblage des
cartouches. Chaque
fois que la mitrailleuse arrache une cartouche à la bande,
libre et tombe dans une botte disposée à cet effet., un maillon devient

Le premier modèle en France fut dessiné par le lieutenant Alkan. En 1917;


Prideaux inventa un maillon qui réduit l'encombrement du tiers et rend la
bande plus flexible.
Les Américains oni réaHsé une bande à maillons, genre Prideaux, dont les
éléments sont plus restreints et plus jointifs encore. L'établissement de tous ces
maillons se fait par emboutissage. La fabrication en est délicate et coûteuse.

TRANSLATIONDgS BANDES.

Dans les armes qui emploient der bandes, un système spécial doît, à chaque
Coup, déplacer la bande d'une longueur égale à l'intervalle séparant deux axes
de cartouches, en utilisant le mouvement de va-et-vient longitudinal de la culasse
ou du piston.
L'entraînement de la bande est assuré par un bariuel tournant, orgafW
muni sur sa périphérie dé dents s'engrenant sur les cartouches ou sur la bande.
Un jeu de' rampes et de Cames transforme le mouvement longitudinal de la
partie mobile de l'arme en ttn mouvement de rotation d'amplitude convenable
du barillet (mitrailleuses françaises).
D'autres modèles réalisent la translation de la bande à l'aide d'un dispositif
à coulisseau et cliquets, se déplaçant perpendiculairement à l'axe de l'arme. Un
levier actionné par le mouvement de recul du Canon commande ce coulisseaa
(mitrailleuses Maxim, Vickers, Browning).
Le problème de l'alimentation dans l'arme automatique est un de ceux qui
ont le plus tenté les inventeurs. 11 serait souhaitable de pouvoir utiliser des
cartouches introduites en vrac, pointe en avant, dans un réservoir, genre trémie.
De nombreux appareils d'essai ont déjà été présentés, ils n'ont pas donné jusqu'à
présent les résultats espérés;
TROISIÈME PARTIE

Engins de Combat
MODE DE REFROIDISSEMENT.
produit le tir porte rapidement le canon de l'arme auto-
L'échauffement par
r L'écha

des
c
à une
matique
J'air
température
chaude)
,
le
très
maniement
élevée

Enfin,
;
de
le pointage devient délicat (vibration
l'arme
lorsque
est difficile et dangereux ; le
réchauffement atteint un certain
êtr* mis hor s d'usage.
canon ouchespeutêtre
devenir
une de fonctionnement défectueux Les pièces d'une
degré, p à température donijée. Ces pièces ne sont
ajustées une
arme outes demême [/élévation
métal ; elles se dilatent donc de façon différente.
detempérature varie aussi avec la distance qui sépare chaque pièce du canon
points les plus éehautfés de celui-ci, d'où des désajustages.
et des nécessité, qui s impose de jou r
Combattre réchauffement devient doue une
enjour davantage. Plus les cartouches seront puissantes (pressions, vitesses),
réchauffement sera rapide et plus il deviendra difficile d 'eviter les tempé-
plus
ratures rapide) et au personnel
élevées, nuisibles aux armes (usure extrêmement
certains modèles utilisent ,
(incidents dangereux). Le ratentisseur de débit, que
est surtout créé dans ce but. tir continu, des
de l'échauffement nécessite des restrictions au
La limitation refroidissement.
arrêts obligatoires ou l'utilisation d'un mode de
réfrigération du canon a été recherchée jusqu'alors à l'aide des procédés
La
suivants : immersion permanente du canon dans un liquide de grande capacité
radiateurs à air de formes variées, échange des parties surchauff ées,
calorique,
emploi de.ca\1on épais.
réchauffement atteint rarement une
Dans les armes à rafales peu étendues,
garde-main et de radiateur
valeur dangereuse. On se contente géaéralement de environnant.
à ailettes, qui augmentent la surface du canon en contact avec l air
mitrailleuses (Maxim, Vickers, Browning, Schwarzlose) on
Dans beaucoup de
liquide.
combat l'échauffement en entourant le caiion d'un manchon rempli de
Ce procédé très efficace offre des inconvénients :
l'arme est augmenté du poids du liquide, que l'on doit trans-
Le poids de
porter constamment, L'enoombrementest plus grand.
plus, l'eau entre rapidement en ébullition, et il se produit un jet de
De
qui décèlerait la présence de ia mitrailleuse, si l'on ne faisait usage
vapeur,
d'accessoires. On tube de dégagement conduit la vapeur, soit dans une caisse
d'eau faisant office de condensateur, soit dans la terre on 1
extrême libre du
tube a été enfouie.
procédé de
Un des plus gros reproches, que 1 on puisse faire enfin à ce
réfrigération, e'est l'utilisation de joints (en amiante graissée), destinés empêcher à
les fuites de liquide, quand la canon coulisse dans le
manchon.
Hotchkiss,
Ailleurs, on a résolu !a question autrement. Dans ia mitrailleuse
le canon, en acier au manganèse, est à parois très épaisses
et comporte un
radiateur massif à cinq ailettes, qui emmagasine beaucoup de chaleur et
augmente ia surface susceptible de se refroidir au contact Ide l'air. Dans a
mitrailleuse Mie 1907-T., le canon, très épais, est entouré d'un radiateur en
bronze d'aluminium. De plus, dans ces deux armes, le canon peut
être remp lac
rapidement, en cas d échauffement excessif, par un canon froid, (filetage tnsec-
tionné de lu mitrailleuse Hotchkiss). On peut aussi, toutes les fois que les
circonstances le permettent, avoir recours au moyen de fortune complémentaire
Jp chiffon mouillé.
L 'échange rapide des parties surchauffées est également appliqué
dans
modèles du fusil mitrailleur Madsen. Le fusilier est doté d'une
partie mobile de
rechange portée dans un étui isolateur au ceinturoti. Si les possibilités
du combat
® lui permettent, le tireur remplace, en quelques
secondes,
chaude par la partie mobile de rechange et dispgse ainsi d'unela partie mobile
Le canon chaud se refroidit à. l'air, ou est plongé dans l'eau si l'équipe
nouvelle
arme.
à sa portée. ^ v en trouve
L'emploi de canons étoffes, susceptibles d'être échangés si
possible permet-\
tant le refroidissement à J'air ou même à l'eau, semble classer les
plus pratiques. se parmi
Cacheèflammes. - De nombreux modeles de cache-flammes
mentes en France. Les premiers faisaient en même temps l'officeont
été expéri-
de silencieux.
Ils fonctionnaient généralement bien, quand l'arme n'était
Mais donnaient (tous plus ou moitis rapidement, et au plus tard pas trop échauffée
après 000 coups
consécutifs)de flammes blanhes éblOuissantes.
Les recherches faitL
dans ce double but n ont pas abouti, l'appareil complexe cédé te place
simple cache-flammes. a au
au-
Le cache-flammes de la mitrailleuse Mie 1907 et de la
mitrailleuse Hotchkiss
a comme pnnc.pe de bruler les gaz dès leur sortie de la bouche, dissimulant
^
par un masque la lueur de combustion. Ce cache flammes
efficace
en
est volumineux et
éteint complètement la lueur des mitrail-
leuses 1907 mais,etHotchkiss (lueur qui est constituée normalement
flamme
rougeI par une petite
la l'inconvénient de modifier le réglage du tir et doit être
retiré avant d exécuter les tirs indirects.
Unautre modèle de cache-flammes, utIlisé d'abord
sur les mitrailleuses aile- •
mandes, puis en France sur le F. M. 1915 et a l'étranger
d 'armes, tels que Schwarzlose. Fiat, F. M. Browning, est réalisé sur plusieurs modèles
déten dant les
divergent
par un ajutage
la sortie do la bouche. Ce cache-flammes n'éteint
pas totalement les lueurs, mais il transforme en une petite lueur
la lueur en gros globe éblouissant de ia mitrailleuse Maxim rouge pâle,
des armes a canon court. On le fabrique actuellementpercé de trous et de la plupart
T ?!,"'"'63 léger, peu encombrant, est intéressant à (F M 1924)
de vue, J d'organe protecteur de ia bouche et conserve ainsiun à l'arme point
entière intégrité de la tranche antérieure du canon, qu'exige la précision. cette
second
1.
TROISIÈME PARTIE

Engim de combat
CHAPITRE t'
GRENADES

L'Insuffisance d'un armement de campagne composé exclusivement d engiaa.


le
à tir rendu devint particulièrement frappante à partir du moment où

étudiés.
fut stabilisé. Sa transformation et la mise eGl service d'engins permettant dat-
grenades à
teindre l'ennemi terré furent commencées dès la fin de 1914. Les des
màin et à fusil réapparurent. Des engins, de faible puissance lançant pro-
grenades à
jectiles d'une portée et d'une capacité très supérieure à celles des
main furent
Deux chiffres montreront tout d'abord quel développement remploi
des gre-
nades a pris au cours de la guerre. places, toufc
En 1914, aucun crédit n'était affecté- aux grenades ; sauf pour les.
était à créer.
En 1918, on avait dépensé 2 milliards pour la fabrication,de six cents
millions,
d'engins.

Article Ier — Historique de la construction


et de l'emploi des grenades.
Un court historique suffit à montrer comment les grenades ont été
organisées
efficacité.
et employées aux différentes époques et comment fut appréciée leur XVe siècle.
Lps boulets en terre remplis de poudre, qui ont pris naissance au
et qui étaient projetés. à la main, peuvent être considérés comme la formel*
plus ancienne des grenades à main (Casalmagiore sur le Pô,, en 1427). Aux XVI-
jouissait de.
et XVIIe siècles, leur emploi était général et ce procédé de combat
la plus grande faveur. Les Suédois s'en servirent pendant la guerre de Trente;
Ans
Au commencement du XVII' siècle, on utilisait la plupart du temps, comme
récipient pour la charge, des boulets fondus en fer, mais en, raison des i
cultés éprouvées pour disposer d'une quantité suffisante de fer, on employai
aussi les grenades en terre et en plomb.. On s'est servi également suivan les
circonstances, de bois, de bronze, etc.
Pour l'allumage, on avait recours aux fusées remplies de Foudre a canon W1
de poudre à mousquet descendant jusqu'à la charge d 'éclatement. Ce m ede
transmission feu (mèche) marque l'origine des grenades fusantes. %
Les grenades à main percutantes apparaissent à la Même 4 poque. Le 00111
fean de Nassau dépeint, en 1610, un « boulet à éclatement > qui s'allume de
lui-même en tombant.
Vauban avait mis une confiance extraordinaire dans l'efficacité des. grenades
à main et il essaya de les perfectionner. il les fit utiliser en grande quantité
siège de Namur en 1692. Les Français y lancèrent 20.000 grenades. au
Les règlements de Louis XIV concernant la guerre de campagne prévoyaient
des grenadiers. Pendant la formation du carré, ils étaient chargés de lancer des
grenades à main pour éloigner la cavalerie assaillante. Ils portaient, outre
l'équipement complet du mousquetaire, la poche à grenades, pourvue de 4 à 6
grenades d'une à trois livres, et la. mèche placée dans un support de mèche
spécial. Vers 1700, on organisa les compagnies, les bataillons de grenadiers, et
même dans quelques ELats, des régiments de grenadiers. La cavalerie avait,
elle aussi, été dotée de grenades à main (création des grenadiers à cheval
: en
France en 1674 ; en Autriche en 1700). Dès 1760, le lancement des grenades
dans la bataille en rase campagne ne fut plus employé en raison du perfection-
nement du matériel d'artillerie et de i'armement de l'infanterie. Les unités de
grenadiers ne conservaient que leur nom et étaient considérées comme trouves
d'élite. *
Beaucoup plus tard, vers 1855, ia grenade à main recommença & jouer un
certain rôle. Au siège de Sébastopol, aussi bien du côté russe que du côté
français, elle fait sa réapparition sous forme d'engins improvisés.
La mise en service des explosifs brisants, capables d'imprimer éclats
des projectiles des vitesses, qui peuvent atteindre 1.000 mètres, et quiaux sont
suite décuples de celles qu 'on obtenait jadis avec la poudre noire, remit la par
nade en honneur. Cette dernière fut très employée dans la guerre russo-japonaise. gre-
On la voit au siège de Port-Arthur et plus tard dans les combats do Moukden.
• Au début, on flt usage de grenades improvisées et, à la fin de la campagne, on
les confectionna régulièrement. L'efficacité de ces grenades était très améliorée
du fart des nouvelles compositions utilisées. Toutefois, eu principe,
des anciens procédés d'inflammation et on entendait parler des mômes on se servait
risques
et des mômes accidents résultant d'explosions prématurées ou de lancement
maladroit.
Instruites par les expériences de la guerre de Mandehourie, toutes les puis-
sances s'intéressèrent dès lors aux grenades ; on flt partout de nombreux essais.
En France, l'instruction ministérielle du 10 avril 19oe prescrit d'exercer les
bataillons d'infanterie de forteresse, les bataillons d'artillerie à pied et les troupes
du génie au lancement des grenades à main Mie i882, prévues
des places fortes. Cette grenade comporte : un corps pour l'armement
en fonte sphérique de
81 mm-, une fusée spéciale, une charge de 110
gr. de poudre noire à canon. Le
poids total est de : .t.200 gr. La grenade russe réglementaire est du même type.
Les Anglais essaient une grenade à fusée percutante, qui est lancée
d'un bâton de 50 cm. de long (grenade à manche). Cette dernière estaudumoyen type
des grenades de forteresse japonaises et russes, employées à la bataille de
Moukden.
Au début de la guerre on utilise en France les grenades Mie 1882, prévues
pour la guerre de forteresse. En môme temps, de nombreux engins de fortune
font leur apparition (paquets de pétards, bouteille à clous, etc.). Les perfection-
nements décisifs commencent en 1915.
Les nombreux accidents, dont furent victimes les grenadiers à toutes les
époques, avaient d)nné de bonne heure l'idée de lancer des grenades
d 'armes à feu portatives ou de petits, engins de projection. au moyen
Au commencement du XVIIe siècle, on essaya le lancement des grenades à
l'aide de balistes simplifiées ; plus tard, on les lança avec. des fusils à grenades,
\
des mousquets appuyés contre ta terre et enfin avec de petits mortiers portatifs.
On retrouve des essais analogues pendant la guerre russo-japonaise.
Les premières grenades à fusil employées sont des grenades à main, aux.
quelles on a fixé des tiges en acier, en aluminium, d'un diamètre légèrement
inférieur au diamètre intérieur du canon. La tige est introduite dans le canon
et la grenade repose sur la tranche antérieure de ce dernier. La projection de
ta grenade avec sa tige hoirs du craon s'effectue au moyen d'une cartouche sans
balle, dont la poudre fournit tes ga» nécessaires à la propulsion de l'engin. Cea
grenades sont munies de fusées percutantes. Le recul du canon étant très grand,
on fait partir le coup, la crosse au sol. Au cours de la guerre, des grenades à
fusil de ce type furent utilisées che% les Anglais : Marina Hale, Pippin ; chez
les Français : Feuillette ; ohez tes Allemands : grenades Mie 1913 et Mie 1914.
Ces grenades percutantes à longue tige furent peu appréciées en raison de leur
encombrement, de leur sécurité insuffisante et de l'inconvénient d'exiger l'emploi
d'une cartouche spéciale. Elle furent abandonnées et cédèrent la place au mode.
de lancement par tromblon, dont les essai commencèrent à la fin de 1915.
Qua&t aux engins, dits de faible puissance, ils se multiplièrent rapidement
pendant la guerre de tranchées. On peut les divise»? eu trois catégories, suivant
le mode de propulsion du projectile, savoir : appareils à ressort, mortiers à
poudre et obusiers pneumatiques.
En 1915, un seul apparoil à ressort est à retenir ; c'est l'arbalète « sauterelle »
d'fmphy. Parmi les principaux mortiers à poudre, il faut rappeler : le mortier.
!
Cellerier, obusier Aasen. Comme obueiers pneumatiques, on doit mentionner :
l'obusier Boileau-Debladis, I'obusier Dormoy-Château et l'obusier Brandt, Mie 1915.
En 1016, on tpouve dins cette dernière catégorie : l'obusier Dormoy modifié,
Mie 1910, et l'obusier Brandt Mie 1916, tous les deux du calibre de 60 mm. Ce
dernier, qui pouvait lancer. son projectile jusqu'à 1.000 m., entraîne l'élimination
de tous les autres engins, mais il devait disparaître à son tour à la fin de la
guerre.
Un engin véritablement intéressant fut. te Granatenwerfer allemand.

Article 2. — Classification des grenades


La description, détaillée des grenades en service se trouve à la IXe partie d^
de l'I. A. M.
Les grenades peuvent se classer de bien des façons différentes :

CHARGEMENT.
Suivant leur chargement elles sont : explosives ; suffocantes (1) ; incendiaires
et fumigènes.
Pour répondre aux besoins des combattants, on fut amené, tout d*abordt en
1914-1915, à reprendre et à perfectionner les engins explosifs étudiés pour la
guerre de forteresse. Ceux-ci produisent des effets matériels sans. da 'ger pour le
grenadier qui ne lance ses grenades qu'à couvert. C'est le type- défensif.
En vue de l'offensive hors des tranchées, on crée ensuite des engins nouveaux.
Les précédents, en effet, étant aussi meurtriers pour les lanceurs eux-mêmes.
que pour l'adversaire, on dut renoncer aux effets matériels pour se contenter
presque exclusivement des effets moraux. C'est le type dit offensif (0).

(1) Voir 1. A. M. — IXe ParUe. Titre JJL


Les grenades suffocantes, fumigènes et incendiaires permettent les opérations
4e nettoyage, de neutralisation et de destruction du champ de bataille.

MISE DE FEU.
L'organisation du système de mise de feu, dispositif d'allumage et mode de
transmission de feu, offre un deuxième mode de classification.
L Instruction du i5 mars 1919 sur le dressage des grenadiers avait prévu
introduction à l'étude des grenades un rappel de notions sommaires comme
explosifs et artifices de mise de feu. Une grenade offre, en effet, sur les
un ensemble
analogue à celui que l'on trouve dans une préparation de destruction à l'aide
d'explosifs. La mise en œuvre est identique, les parties constitutives nécessaires
soht semblables, un certain nombre de celles-ci peuvent même être employées.
indifféremment dans l'un ou l'autre cas. Pour produire la détonation d'un pétard
de mélinite par exemple, il faut provoquer par l'allumage d'une mèche la déto-
nation d'un corps intermédiaire très sensible (amorce de fulminate de mercure),
Dans les grenades en service on trouw une amorce fulminante, appelée
cou--
ramment " détonateur pour grenades " (ne pas confondre avec l'ensemble appelé
détonateur pour pétards>.
Le système de mise de feu est généralement porté par le bouchon du
corps
de grenade (bouchon allumeur).
Si l'allumage se fait au moment du lancement et ta transmission de feia
pendant le trajet, la grenade est dite fusante (F), Si l'allumage est produit à
t'arrivée, la grenade est dite percutante (P).
Les premières ne peuvent pas produire la surprise complète, mais elles lancent,
se
sans danger. Les secondes réalisent-la surprise la plus totale que l'on puisse
souhaiter,, mais leur maniement est plus délicat
En 1915, les modè-
les fusants employés
sont : le pétard de la..
III* armée ; la grena-
de Pi, la Ft ; la gre-
Bade Besozzi : la gre-
nade Citron-Foug.
Les grenades per- v
cutantes présentées
sont : la greaade Pu
la P2, la P,.
En 1916, après
l'expérimentation des
P., OP., OPt, les types
percutants furent
abandonnés, faute de
sécurité.
A l'étranger, seule
Ia grenade lenticulaire
allemande, qui pos-
sède un dispositif de
soreté assez ingé-
nieux basé sur la force
centrifuge, se main-
tint pendant un cer-
tain temps (fig. 78).
Allumage. — Le dispositif d'allumage a pour. but d'enflatnmer l'organe de.
transmission du feu (grenades fusantes) ou d'actionner directement l'excitateur
(grenades percutantes).
Dans les. grenades fusantes françaises de la guerre, on, trouve. deux types.
d'allumage : allumage à percussion, allumage automatique.
ALLUMAGE Â. PERCUSSION,
— Une. coilfe de. protection, assure le, sécurité de ce
modèle pendant les transports ; elle est enlevée au moment de la percussion. Il
suffit aiors de frapper sur un corps dur la tête du porte-ajnprce. L'amorce.
s'écrase contre le rugueux,. s'enflamme par choc eti, allume l'organe de trans-
v mission du feu, Le. grenadier lance la grenade. L'allumage ayant lieu avant le,
lancer, le système causa de nombreux incidents.

ALLUMAGE AUTOMATIQUE.
— Celui-ci, le plus.répandu
actuellement, est, automa-
tique du fait du lancer.
dispositif ne fonctionne
que lorsque la grènade a
quitté la main du lanceur.
L'idée avait été réalisée,
4ans l'ancienne grenade
française modèle 1882. La
mise de feu est produite
par l'arrachement du ru-
gueux relié au poignet par
Intermédiaire du bracelet ;
elle a lieu quand la gre-
nade a déjà pris sa course.
Bandant la guerre, le prin-
cipe de. l'allumage auto-
matique fut repris d'une.
manière plus simple (allu-
mage de la grenadeanglaise
Mills.)

Le bouchon allumeur automatique français modèle 1916 B en est un dérivé.


(Voir 1. A. M. IX' Partie).
On reproche toutefois à l'allumage actuel, de perdre une partie de sa valeuri
s'il doit subir une humidité trop prolongée ; les- métaux qui le composent sem-
blent trop oxydable*. Il demande une vérification très minutieuse avant la mise
en œuvre. Il y aurait intérêt à lui substituer un système simple, étanche et
parfaitement sûr.
Dans les grenades fusantes allemandes, l'allumage, est à traction
et
de la môme manière que les étoupilles à friction françaises. Il fonctionna
mêmes inconvénients que l'allumage à percussion. inrésente les.

Organe de la transmission du feu.


— Le premier employé fut la mèche
lente ou cordeau Bickford (1). Elle brûle lentement
- à raison d'un mètre par 90
secondes (approximativement : 1 cm. par seconde). Avant de confectionner les
grenades, la vitesse de combustion était vérifiée. Malgré cette précaution, les.
lèches lentes employées pendant la guerre furent souvent peu homogènes
Leur valeur et leur régularité, contribuèrent parfois à la réputation d'un type de
À

grenade (Citron-Foug).
Aussi dans, les grenades plus perfectionnées, telle que la V. B., remplaça
on
la mèche lepte par une composition fusantet précédée de quelques grains de,
poudre noire pour assurer la certitude de l'inflammation. Ce deuxième procédé
$e prête mieux à la vérification.. Chez les Allemands, il est employé également,

lt) Voir 1. A. M't, IX* Partie,, Titre I.. Chap. II. ArL IV.
de préférence à la mèche lente. Actuellement, dans tous les modèles à l'étude,
on cherche à éviter la mèche lente, pour supprimer les ratés de mèche.
Remarque importante. — La durée de combustion, à l'air libre, de la longueur
de mèche lente prévue par les grenades à main est fixée à environ 5 secondes.
Pour rester dans ces limites, il faut que la combustion se fasse toujours dans les
mêmes conditions de pression. Les grenades possèdent, à cet effet, des évents,
souvents difficiles à maintenir libres de tout corps étranger. Dans la grenade
V. B., pour avoir la certitude d'obtenir cette combustion à l'air litffé* on
obturé à la cire les évents, qui mettent le tube de composition fusante en com-
munication avec l'atmosphère. A l'allumage, la rire fond et rêvent p&at jouer
son rôle au moment nécessaire.
__

Article 3. — Charge.
Les grandes difficultés de ravitaillement des éléments avancés, la Jimite du
chargement des grenadiers et la portée à obtenir exigent des grenades légères.
Par contre la puissance de l'engin nécessite des poids relativement éleves.
Le poids des grenades, charge comprise, fut pendant longtemps limité à 600
gr. environ. Pour acquérir ta supériorité de portée et réaliser comme distance
moyenne de jet une cinquantaine de mètres, les Allemands descendirent jusqu'à
300 gr. dans leur grenade ovoïde. 11 est très probable qu'en France le poids de
la grenade défensive future ne sera plus que de 460 gr.
Nature des charges. — La nature des charges est fonction du but à atteindre
et des possibilités de fabrication du moment. (Explosifs brisants : Voir C. A. &
24 Partie, Titre I, Chap. 11). Pendant la guerre, la France a employé la cheddite,
f Allemagne un mélange de tolite et de nitrate d'ammoniaque, l'Angleterre le
picrate ou le perchlorate d'ammoniaque.
Les recherches actuelles tendent à l'adoption d'un explosif nitraté du genre
de la schneidérite employée dans les obus. Cette substitution augmenterait consi-
dérablement la puissance des grenades à main, en donnant aux éclate uns
vitesse trois fois plus grande. Dès maintenant les grenades françaises destinées
aux T. O. E. et aux colonies sont chargées en schneidérite ou. en explosif
N. T. M. X.

Nature des corps de grenade. — Pendant la guerre, pour les grenades


explosives, on s'est contenté de la fonte, métal abondant et peu coûteux. Avec
la fonte ordinaire il y a en quelque sorte une pulvérisation du projectile lors
de l'éclatement avec toutefois formation de quelques gros éclats à vitesse très
faible. Avec la fonte acierée, moins chère que l'acier et plus facile à usiner, les
éclats sont nombreux et très ,efficaces. L'évolution dans le choix du métal
conduit donc à l'adoption de la fonte aciérée.
Organisation des corps de grenade. La fragmentation, préparée à l'avancé

en manufacture, a été diversement jugée et interprétée.
La trace des sillons fut tantôt simplement annulaire, tantôt quadrillée. C'est
le mode le plus fréquemment Employé Fi et C. F. (France), grenade sphérique
:
fusante et grenade sphérique percutante (Allemagne).
On vit des fragmentations à l'extérieur, d'autres à l'intérieur (V. B.), quand
1 engin à Jancer doit glisser
dans un tube.
Avec la fonte aciérée la fragmentation préparée devient inutile. La
petite
grenade ovoïde allemande, créée pendant la guerre, grâce à l'excellence de
son
métal, avait pu déjà s'en dispenser. En conséquence, la fragmentation préparée,
fabrication difficile et onéreuse, semble devoir disparaître.
Description détaillée des modèles
en éervice, y compris la grenade à blanc.
Voir I. A. Mi IXe Partie. Titre II. Art. II et suivants.
Chapitre 4. — Portée.

DISPOSITIFS QUI PERMETTENT DB L'AUGMENTER :


FUSILS ENGINS.
Les portées obtenues avec les grenades sont fonction de leur poids et de la
force employée pour les lancer. La nécessité d'augmenter la portée fit naitre des
dispositifs variés, chargés de remplacer la force musculaire du grenadier.
Les appareils lanceurs d'explosifs donnèrent pendant longtemps des résultats
peu encourageants. Les portées étaient faibles, imprécises pour un gros encom-
brement. Deux types d'engins sont tres intéressants : le canon à fusil français
(V. B.) et le Granatenwerfer allemand.
Grenades à main. — Les grenades à main se lancent en moyenne à une
trentaine de mètres (0 F de 30 à 35 m., Pi de 25 à 30 m.). L'ovoïde allemande,
lancée une seule à la fois, atteint 50 m. environ, et réalise le maximum de
distance au détriment de la puissance. Poids de i'explosit : 30 gr. Poids total :
318 gr.
Pour faciliter la manipulation des grenades et leur lancement, les Allemands
utilisèrent baucoup les dispositifs à manche, très employés dans la guerre russo-
japonaise. Depuis la guerre, ils ont même abandonné la grenade ovoïde pour
conserver uniquement la grenade à manche. Son poids total est de 100 gr., sa
charge en explosif est de 270 gr.
Grenades à fusil. — Les premières grenades à fusil à tige introduite dans Je
canon avaient des inconvénients, déjà signai- On les a, peu à peu, aban-
données.
L'utilisation du fusil, telle que l'a conçue un ingénieur français, Bessièrea,
donne au contraire toute satisfaction. La grenade V. B. (Viven-Bessières) eet
une sorte de petit obus de 50 mm. de diamètre (description de la grenade V. B.
I. A. M. IX. Partie, Titre 11, Chap. III. Art. 1).
La position normale pour le lancement est la position du tireur à genre
(crosse à terre). Le tir peut également être exécuté debout, couché et même tn
Marchant. Il fatigue particulièrement les armes dont la monture etft en ùm
séule pièce (fusil 1916).
La portée varie de 80 à 170 m.', suivant l'inclinaison de l'arme. Les incli-
naisons utiles sont comprises entre 49* et 75" (50 à 84 grades). Au-dessus de 76*
(portée de 80 m.) la grenade tombe trop près et devient dangereuse. Au-dessous
de 450 (portée de 170 m.), elle ricoche (1).
Les données de la portée, une seule cartouche étant tirée, varient au cours
d'un tir de plusieurs cartouches. L'échauffement graduel du fusil pendant le tir
est accompagné naturellement d'un développement de pressions produisant une
augmentation de portée (20 m. environ à 45.).
Les Allemands, qui ont copié l'engin français, ont porté le calibre de L50 à
00 mm. et donné à leur obus à fusil une forme un peu différente. Leur projec-
tile ressemble presque à une sphère, qui aurait toutefois son cercle équateur
légèrement aplati, pour utiliser toute la force des gaz. Sous prétexte d'améliorer

(i) - Voir 1. A. M. — Appareil de pointage et de repérage modèle lt17 M - IXO Partie n* 98.
le profil, il ne faudrait cependant pas risquer de voir les grenades se disperser
en roulant trop facilement à leur arrivée au sol.
Poids de l'obus : 440 gr. : poids de l'explosif : 35 gr.
Mais poutra-t-on faire tirer la grenade V. B. par le fusil automatique de l'avenir?
Les armes à chargeur, dont la monture en une pièce est moins résistante
que celle du fusil t886, ne te permettront sans doute pas.Aussi a-t-on dû met.
Ire à l'étude un lance-grenades spécial.

Engins dits de faible puissance. — Granatenwerfer. — Les granatenwerier


allemands modèle 1915, puis modèle Wi6, ont fait faire un grand pas à la ques-
tion des engins dits de faible puissance. Ils ont réalisé le maximum de puissance
avec le minimum d'encombrement.
Ce lance-grenades est destiné, comme le minènwerfer allemand, à compléter
l'action de l'artillerie. (La compagnie allemande en avait deux.) Il a 16 grand
• avantage de lancer sa grenade sans produire de fumée et. pour ainsi dite, sans
bruit. L'engin est complet en. deux fardeaux : 24 kg., pour l'appareil et 16 kg.
gour la plate-forme ; le tout pèse 40
Grâce à cette légèreté, à son faible volume, les changements de position sons
extrêmement faciles. On peut le transporter en avant aisément au cours de la
progression. Sa grenade qui pèse 1850 gr., dont 225 gr, d'explosif, peut être
employée entre 55J et 300 m. et d'onne des résultats très efficaces.
Les obusiers pneumatiques de 60 mm., utilisés dans l'armée français#
jusqu'à la fin de la guerre, mais aujourd'hui supprimés, ne pouvaient lutter de
maniabilité avec l'engin allemand. Ils furent plutôt des engins de secteur de
manœuvre délicate et d'encombrement considérable. Le dentier type, appelé,
communément Brandt modèle 1916, pesait en tout 17 kg., mais on devait lui
adjoindre normalement une bouteille d'acide carbonique de 15 kg. environ. (Avia
cette dernière, la vitesse pratique du tir était d'une dizaine de coups à la minute.
Les projectiles en service étaient de deux sortes à la fin de la campagne. Le
plus petit, B modèle 1916, de 650 gr. avec 90 gr. d'explosif, se lançait de 50 à
i85 m. Le plus gros, B modèle 1917, de 1200 gr., dont 150 d'explosif, se lançait
aux mêmes portéesv avec u.n« pression beaucoup plus forte.
Annexe. — Lance-Flammes.

Les lance-flammes sont des appareils destinés à projeter


sur l'ennemi des
jets liquides enflammés. Les Allemands en ont fait usage les premiers et
nos armées ont été conduites, pour leur répondre, à s'en servir également, mais
de façon toute différente. En France, on n'a généralement
pas cherché à faire
des lance-flammes un engin d'attaque. On a voulu, en formant
un petit nombre
d'unités très mobiles à la disposition du Haut Commandement, à renforcer
par
d'emploi irrésistible des flammes l'action des groupes chargés du nettoyage
de certains secteurs difficiles.
En Allemagne, la théorie des vagues de feu dans les premiers
rangs de
l'attaque a prévalu. Il semble que notre doctrine ait été meilleure, à
en juger
par les résultats obtenus.
Quant aux appareils, ils sont comparables, comme principe,
en France et en
Allemagne. Leur organisation schématique est la suivante
: un liquide inflam-
mable, contenu dans un réservoir, est mis sous pression
par un gwà comprimé
dans une bouteille d'acier. Le phis souvent un organe détecteur eet interposé
eotre la bouteille et le réservoir, de façon à maintenir la pression dans celai-oi
à un taux donné. Sous l'effet de cette pression, le liquide s'échappe du réser-
voir par un tuyau commandé par un robinet et terminé
par une lance dirigeant
le jet vers l'ennemi.
Le liquide eet enflammé, soit à la sortie de la lance
par un dispositif d'alla-
mage approprié, soit à son arrivée à terre, au moyen de grenades incendiaires
lancées sur la sono d'arrosage du liquide.
Les appareils utilisés en France, sont du type lourd (utilisable
en secteur)
ou du type léger (portatif à dos). Ils sont connus sous le nom d'appareils
Schilt, du nom du capitaine des pompiers de Paris qui
en fut le premier
spécialiste.
CHAPITRE Il.

MATÉRIELS D'ACCOMPAGNEMENT D'INFANTERIE


L'infanterie avec ses grenades à main et à fusil, a acquis le possibilité d'ef-
fectuer des tirs courbes aux toutes petites distances (80 à 170 m.).
,
Pour qu'elle puisse remplir tous les .rôles qui lui sont dévolus, et en parti-
culier pour qu'elle puisse vaincre tous les obstacles qui s'opposent à sa marche
et qui ont échappé à l'artillerie chargée de l'appuyer, il lui faut encore des ma.
tériels d'accompagnement qui lui appartiennent en propre et qui soient suscep-
tibles de s'arrêter à ses côtés. Leurs projectiles devront être capables d'effectuer
de petites destructions (perforation de blindages légers, mise hors de service de
mitrailleuses ennemies, réduction de nids de résistance), d'assurer des neutrali-
sations ou de procurer des aveuglements jusqu'à des distances de 1.500 à 2.000 m.
Quand les circonstances atmosphériques le permettent, il est plus facile et
plus rapide de placer un rideau de fumée devant un objectif que, de le détruire
ou de simplement le neutraliser.
Ces divers rôles des engins seront eux-mêmes d'autant mieux remplis, que
ces engins pourront fournir une gamme plus étendue de portées et d angles de
chute. Il est donc intéressant d'en posséder qui permettent le tir tendu, concur-
remment avec le tir vertical. Le champ de tir du mortier Stokes permet le tir
tondu de i0* à 450, le tir vertical de 45e à 75-).
Les engins à tir courbe tendent à prendre une place de plus en plus grande
dans le combat moderne, Lee armes à trajectoire tendue peuvent suffir contre
l'assaillant à découvert, ce sont les armes les plus qualifiées pour la défensive,
tandis que dans l'offensive il faut détruire l'adversaire posté, protégé par un abri.
Peur l'atteindre derrière une levée de terre, si peu élevée soit-elle, il faut
avoir recours au tir courbe, les armes et le* engins susceptibles de le réaliser
sont donc particulièrement offensifs.
Ces matériels, échelonnés en profondeur sur le champ de bataille, pourraient
de plus faciliter, le caséchéant, la tâche de l'artillerie d'appui direct en localisant
l'obstacle, qu'ils peuvent généralement mieux observer. Si l'on admet enfin la
création de projectiles signaleurs (à fumée rouge, par exemple) ce rôle annexe
d'indicateur serait bien prêt d'être complètement résolu.

HISTORIQUE SOMMAIRE.
Les opérations offensives entreprises par le commandement français en 1915
(Artois, Champagne) démontrèrent l'insuffisance de l'armement de l'infanterie
dans la forme nouvelle prise par le combat. Malgré son mordant, l'infanterie
voyait échouer ses efforts, tous les officiers d'infanterie regrettèrent particulière-
ment l'absence d'un canon d'infanterie, destiné à les suivre sur tous les terrains
et à faciliter leur progression.
L'année suivante vit combler cette lacune, tout au moins en partie. Le canon
de 37 mm. Mie 1916 à tir rapide (TR) fut adopté. Mais cette arme, bien que
douée d'excellentes propriétés balistiques, ne pouvait suffire à tout. Le manque
de puissance de son projectile et la grande tension de sa trajectoire limitaient
.
son action, la bataille de la Somme de 1916 mit ces constatations en évidence.
Dépourvu du matériel nécessaire, on tenta alors de faire jouer
au mortier
de 58 de tranchée ce rôle d'engin à tir courbe. Mais toutes les tentatives faites
avec ce dernier restèrent infructueuses et furent autant de déceptions. En effet,
le mortier de 58 est beaucoup trop pesant. Ses munitions surtout sont beaucoup
trop lourdes, et dans l'offensive leur transport jusqu'aux pièces, à
supposer
que celles-ci aient pu être installées, est pratiquement impossible. Il fallut
rechercher des matériels nouveaux, créés pour le rôle qu'on leur demandait de
remplir. Diverses commissions furent appelées à examiner les modèles présentés
par les inventeurs (Jouhandeau-Deslandres,Jouhandeau, CaQnic, Naud, Brandt,
Archer, Westinghouse).
A la suite d'une première série d'expériences, le matériel Jouhandeau-
Deslandres de 75 mm. fut adopté et mis en service dans les corps de troupe (1).
Appelé depuis mortier de 75 d'accompagnement Mie 1917, ce matériel est utilisé
encore actuellement comme engins de secteur sur les théâtres d'opérations
extérieures (T. 0. E.).
En novembre 1917, le matériel anglais Stokes de 81 mm. s'étant montré
supérieur, entrait seul dans l 'armement des unités d'engins d'accompagnement.
A la fin des hostilités, son amélioration devait toutefois être poursuivie.
L'empennage permet d'établir des engins beaucoup moins lourds, à
puissance égale, que les canons rayés. Il faut reconnaître toutefois que les
miers projectiles à ailettes furent moins précis que les obus tournants. Depuis,pre-
grâce à M. Brandt surtout, des progrès considérables sont en cours. L'adaptation
du projectile de Stokes, F. A. Mie 1924, en marque le premier stade.

Article 1er — Propriétés des différents matériels.


Avant toute étude particulière de ces engins, il convient de déterminer, d'une
manière générale, leur rôle au combat et d'en déduire les propriétés qu'ils doivent
posséder.
Dans l'offensive, l'engin d'accompagnement doit mettre hors de
au fur
et à mesure qu'elles se révèlent, les résistances fragmentaires, qui cause,
s'opposent à
la progression de l'infanterie. L'intervention detet engin doit donc être immédiate
et suppléer à celle de l'artillerie souvent longue à se produire et difficile à
orienter exactement.
Une fois la position conquise, il est l'arme du barrage instantané et puissant,
il renforce et prolonge l'action des V. B. en attendant
que l'artillerie soit en
mesure d'intervenir. Il complète ensuite les tirs d'arrêt de l'artillerie dans le cas
favorable d'une artillerie renforcée susceptible de prendre tout le front à partie
augmente leur densité et interdit les zones difficiles à battre par les matériels
à trajectoire tendue.
Dans la défensive et en stabilisation, l'engin d'accompagnement est pendant
la crisç une arme de barrage agissant comme ci-dessus entre temps c'est
; un
moyeq. de harcèlement. Il peut enfin coopérer à préparer l'attaque en détruisant
certaines organisations légères de l'ennemi. Mais c'est par excellence l'arme de
préparation du coup de main. Ses équipes peuvent obtenir facilement l'encage-
ment d'un objectif réduif.
Un matériel d accompagnement doit donc posséder des caractéristiques fixées
-par son service etpar son

if) 8eM le SBfQooi de J.-D. ; initiales deiçleux colonels inventeurs. /'


f
I. Service de la pièce. — a) GRANDE MOBILITÉ. — Pour suivre l'infanterie
dans tous les terrains, être à la disposition constante de ses chefs, en principe
des commandants de bataillon, son transport doit. être relativement facile. En
secteur cette mobilité lui permettra d'ailleurs d'échapper au repérage adverse
par des déplacements nombreux.
Sa mise en œuvre rapide doit être assurée par une prompte installation en
batterie et une entrée en action presque instantanée, La rapidité du montage
exige que le matériel soit divisé en un nombre restreint de pièces : 4 au plus.
Et d'autre part, un homme ne pouvant porter, en pins de son équipement,
qu'une vingtaine de kgs., ce matériel ne devra donc pas dépasser 50 à 70 kgs
au total. -
b) FAIBLE ENCOMBREMENT. — Des dimensions aussi réduites que possible
rendent les fardeaux plus maniables, mais diminuent surtout la vulnérabilité de
la pièce, en position de tir (personnel et matériel), tën action, un ensemble for-
mant une silhouette basse et, étroite facilite l'utilisation des différents masques :
rides du terrain, trous d'obus, etc...
II. Tir. — A ce point de vue, ce qu'il faut, rechercher surtout, c'est la.
grande justesse du'tir, la puissance des projectiles et une grande vitesse de tir.
a) JUSTESSE DE TIR. — Cette qualité est essentielle, au moins jusqu'à 1500 m„
pour battre, les objectifs, parfois de faible étendue, que l'on se propose dxatteindre.
Elle permet d autre part, de restreindre la consommation des munitions et par
suite de diminuer les difficultés du ravitaillement, actuellement non résolues,
quoique les dotations aient été judicieusement. augmentées avec la nouvelle
organisation de la compagnie d'engins d'accompagnement.
-
6) PUISSANCE DES PROJECTILES.
— Cette qualité fut très variable avec les diffé-
rents types proposés. La destruction de la plupart des objectifs, qui leur seront
fixés, exige, des charges importantes d'explosifs. De plus, des buts aussi diffé-
rents que l'anéantissement, la neutralisation et l'aveuglement imposent là comme
ailleurs la spécialisation des projectiles. (Voir C. A. E. 1er fascic., 21) Part. (Titre III).
Le projectile de l'engin à tir tendu doit en outre être doté d'une grande puissance
perforante (blindages des chars).
— Les deux missions principales prévues : destruc-
c) GRANDE VITESSE DE TIR.
tion d'un nid de résistance faisant échec à la progression, barrage en cas d'at-
taque ennemie, demandent une rapidité de débit telle que ie résultat cherché
soit obtenu dans le minimum de temps.
L'accompagnement d'Infanterie comprend actuellement deux matériels :
— le canon de 37 mm. modèle 1916 T. R.
— le mortier Brandt de 81 mm., modèle 1927 1931.

Article 2. — Canon de 37 millimètres, Modèle 1916 T. R.


Description générale. — Voir Instruction pour les Unités d'Accompagnement
du 1er Août 1980.
L âme de ce canon porte deux rayures hélicoïdales à gauche. Leur inclinaison
. est de 6°, le pas de 1,10 m.
La manœuvre de la culasse se fait par rotation du bloc.
La. mise de feu est commandée par un percuteur Ù. bascule L'armé est
automatique,
Valeur balistique. — a) JUSTESSE DU TIR.
— Ce canon a une très grande
précision. Les écarts probables à 1000 mètres sont de :
10,3 mètres en portée ;
0,73 — en direction ;
0,65 — en hauteur.
Le réglage du tir est très facile.
Jusqu 'à 1200 mètres le tir est excellent. Les appareils de pointage sont gradués
jusqu'à 1800 mètres, mais à cette distance on a une chance sur deux de
atteindre un carré de 3 mètres de côté, on ne réalise donc plus facilement ne pas
et
rapidement la destruction d'une mitrailleuse qui ne serait vulnérable
l'embrasure de son abri. que par

b) PUISSANCE DES PROJECTILES.


— Les approvisionnements généraux de mobi-
lisation en munitions de 37 mm. ne doivent, en principe comprendre qu'un
modèle de chacune des deux catégories suivantes :

A. Cartouehes de 37 à obus en acier, chargés en explosif modèle 19!6,


avec fusée-ogive, à verrou G, modèle 1918, du type avec retard ou du type
sans retard.
B. — Cartouches de 37 à obus de rupture en acier, modèle 1892-1924,
fusée de culot M, modèle 1886. avec

Généralités sur les obus


— Voir : C. A. E. 1er fase., 28 Part. Titre II. Chap. III.
Descriptions particulières des obus de 37. Voir : Instruction
d'Engins d'Accompagnement. sur les Unités

Cartouches à balles. — Il existe aussi une cartouche à balles employée


les chars de combat et par les autos mitrailleuses de cavalerie (A. M. C.) par
le tir à très courte distance (50 à 100 m.), contre
pour
un adversaire cherchant à
encercler autos ou chars.

Vitesse de tir. Avec le 37 modèle 1916 T. R., la vitesse pratique est de


10 coups elle peut atteindre 12 à 15 coups à la minute, si les servants sont
,
exercés. Une seule opération est automatique, celle de l'armé. La cadence de tir
est augmentée dans les autres modèles français de 37. Ils sont semi-automatiques.
Canon semi-automatique sur automobile blindée (S. A. A. B.) des autos-mi-
trailleuses de cavalerie (A. M. C.) ;
Canon semi-automatique sous tourelle de chars de combat légers (S. A. S. T.)
;
Canon semi-automatique moteur canon des aéroplanes et hydravions
(S. A. M. C.);
Une grande vitesse pratique de tir est nécessaire à tous
ces petits canons,
qui, doivent jouer leur rôle le plus rapidement possible et disparaître ensuite.
Tel qu'il est, on ne peut nier les qualités et l'utilité du 37 T. R., dans tous les
cas où l 'on a besoin d'un tir tendu, à la fois précis et rapide. C'est une arme
excellente contre les mitrailleuses à demi protégées. Néanmoins il est impossible
de ne pas souligner la disproportion entre le matériel, le personnel mis
en
œuvre et les effets à attendre du projectile *
Article 3. Le Mortier Brandt, type Stokes 1927-1931.

Engin d'accompagnement à tir courbe, lançant jusqu 'à 2000 m. un projectile de
3 kgs 250, destiné à détruire les résistances enterrées et à battre
les angles morts.
Description générale. — Voir Instruction pour les Unités d'Engins d'accom-
pagnement du 1er Août 1930 (mise à jour le 15 Novembre 1932).
Valeur balistique. — a) JUSTESSE DU TIR. — Le mortier Brandt a une grande
précision. Les écarts à 1.000 mètres sont de :
ti mètres en portée ;
4 mètres en direction.
Le réglage du tir est très facile.
La portée d'utilisation pratique varie de 300 à 1800 m.
L'appareil de pointage permet le tir à pointage direct,
le tir à pointage indirect, le tir masqué et la mise en
batterie de plusieurs pièces par pointage réciproque.
b) PUISSANCE DES PROJECTILES. — Le projectile pesant
3 kg3 250 est très puissant.
Le projectile F. A. 1924-1927, en fonte aciérée, et de
forme biogivale, le rendement formant ceinture.11 contient
350 à 400 grammes d'explosif. Il se tire avec la fusée
R. Y. G., modèle 1918, percutante, instantanée ou à retard.
Le projectile F. A. 1924-27 fumigène contient 225 gr.
de substance fumigène.
Vitesse pratique de tir. — Théoriquement la vitesse
de tir peut atteindre 20 coups par minute à la percussion
automatique. Pratiquement cette vitesse est moindre :
pour éviter tout danger pour les servants en raison d une
précipitation exagérée du chargeur, et à cause du temps
nécessaire à l'artificier pour préparer ses projectiles.
En résumé le mortier Brandt est un très bon enjeu.
C'est le matériel le plus puissant de l'Infanterie, ce qui
permet de résoudre quelques incidents du champ de
bataille sans le secours de l'Artillerie
Annexe. — Mortier de 75 millimètres d'accompagnement
Modèîe 191 7.
Description générale. L'affût comporte deux flasques reposant sur une
semelle horizontale, reliée par un pivot à une plate-forme. Celle-ci, cloisonnée à
sa partie inférieure, forme bêche avant et bêche arrière, pour augmenter la
stabilité de l'ensemble- par une forte adhérence au soi.
La bouche- à feu. est constituée par un tube en acier, à. deux rayurçs symé-
triques. La culasse à coin se- déplace verticalement à la main. La mise de feu
est produite, à la volonté du tireur, par le choc du marteau sur le percuteur.
Le chargement a l'inconvénient de nécessiter deux opérations : l'introduction
du projectile par la bouche et la mise en place de la charge par la culasse. De
plus,, dans le tir tendu lie- projectile ne glisse pas facilement à sa position de
chargement il doit jr être poussé à l'aide du refoulpir, ce qui diminue la rapi-
dité du tir.. Dans le tir courbe, c'eit l'introduction de, la charge qui est délicate

l'obtient au moyen d'une vis télescopique, com-


POINTACE EN- HAUTEUR. — On
mandée par un manchon de manoeuvre. L'inclinaison du tube est prise au niveau
Carpen tier.
POINTAGE EN DIRECTION-.
— Ce dernier se réalise par déplacement de l'affût
sur-la plate-forme. Le mouvement, centré par le pivot, e&t contrôlé par un sec-
teur circulaire denté, gradué en millièmes (800), fixé sur la plate-forme.
La direction est donnée au fil à. plomb, comme pour le mortier Stokes.

— Dans le transport à bras, l'engin se


TRANSPORT ET SERVICE DE LA PIÈCE.
décompose' en deux fardeaux :
Affût et canon 23 kg.
- - -
Plate-forme..... 25 kg,
.....
L'encombrement est faible. La hauteur de la boucho au-dessu8 du soi os;
réduite. Le chargeur peut assurer son rôle à genou.
Valeur balistique. — a) JUSTESSE — Ce mortier
DU TIR. posséde une
bonne précision. Grâce à son mouvement de rotation (1), le projectile est stable

(i) Le projectile est sans empennage ; le mouvement de rotation lui est donné par deux
tenons,.fixés près du culot, qui s'engagent dans les deux rayures du tube.
sur sa trajectoire malgré un& faible vitesse initiale 120 m. avec fc charge
plus forte (Voir plus loin).
Les charges sont contenues dans des douilles et commencent à brûler dans
ttn espace relativement restreint,, la vitesse de combustion est assez régulière.
Les. écarts irobables sont faibles. A 700 m. on a 13: m. un portée et i
m. en
direction.
Le réglage en direction est facile. Les modifications de dérive
se font exec-
tement etrapidement, à l'aide du seeteur gradué en millièmes.
A) PUISSANCE vmt PROJECTILES. — L'obus tiré à faiblô vitesse initiale peut avoir
des parois minces et par consé-
quent une grande capacité.
(l'explosif..
Les, projectiles en aoier pèsent
3,2 kg.. environ..
Leur charge intérieure;
comporte 900 gr. de mélinite ou.
de substance fulmigène»
Plusieurs sachets de poudra
placés dans une douille de 37.
forment la charge propulsive:
totale. On. peut n'en utiliser-
qu'une partie et réaliser ainsi
plusieurs types de charges.
Les- fusées sont les mêmes
que pour les projectiles Stokes.
Vitesse de tir. La vitesse
normale est de 7 à 8 coups à la
minute. EHe atteindra 12 coups,
si les charges peuvent être pré-
parées à L'avance.
On, & surtout reproché au mortier de 76 sa vitesse de tir, moins gMnde
que
celle du Stokes. Cette infériorité est due ai* placement de la douille; et au chan-
gement de. L'obus à teeans.
En résumé, l'accompagnement deinfanterie <*mdnmd actuellementdeux maté-
riels.
1*
;
LE CANON DE 37 MM., MOD&LK 1916 T. R.
— Ses- caractéristiques sont :
une extrême précision une grande rapidité do- réglage ; la possibili&é de faire.
du tir masqué ; une, réelle facilité de ravitaillement en. munitions (en maison dit
faible poids du projectile).

28 LE MORTIER STOKES DE 8l MM. BT LE MORTIER BRANDTTYPE~SCORES1927-1931


Leurs carartéristiques sont : une grande vitesse de tir, une véritable: puissance
des projectiles (explosifs ou fumigènes) due surtout à l'importance de la charge
Les nouvelles modifications, apportées au matériel
en service par Brandt, vien-
nent de le classer avant les nouveaux engins mis à, l'essai (Batignolies, Loire).
- L unité des engins d accompagnement vient d'être remaniée (une compagnie
par régiment — Juin 1926). Sa dotation en mortiers Stokes est doublée
L 'approvisionnement en munitions au régiment est porté à 1200 coups de 37
environ et à 1200 projectiles de Stokes.

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