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Mémoire de recherche

Présenté pour le séminaire droit pénal général approfondi


En Master 2 droit de la matière pénale

LES FEMMES BATTUES

Mémoire de recherche réalisé par CONSTANTIN Manon et ALBINA Rudy

Année Universitaire 2019 - 2020


1
Sommaire

Table des abréviations

Introduction

I - Les femmes battues : entre répression pénale et prévention

A - Une répression pénale par le biais d’infractions aggravées

B - Une prévention pénale cantonnée à la récidive des violences

II - Les femmes battues: une protection pénale lacunaire

A - La nécessité de l’aménagement de la légitime défense

B - La nécessité d’améliorer le système pénal français

Conclusion

Annexes :

- Articles du Code civil

- Articles du Code pénal

Table des matières

Bibliographie

2
Table des abréviations

Art : article

ITT : incapacité totale de travail

JAF : juge aux affaires familiales

J-C : Jésus-Christ

JORF : journal officiel

N° / n° : numéro

PACS : pacte civil de solidarité

p : page

3
« Il existe une vérité universelle, applicable à tous les pays,
cultures et communautés:la violence à l'égard des femmes
n'est jamais acceptable, jamais excusable, jamais tolérable. »
Ban ki-moon1

1Ban ki-moon, diplomate et homme politique sud-coréen, allocution lors de la journée internationale de la femme, 8
mars 2008
4
Scientifiquement, une femme est un être humain de sexe féminin. Chez l’être humain, la
formule chromosomique normale correspond à 23 paires de chromosomes, soit 46 chromosomes.
Une femme dotée d’un caryotype normal disposera de 46 chromosomes dont une paire formée
de deux chromosomes sexuels X. Tandis, qu’un être humain de sexe masculin disposera, au sein
de ses 46 chromosomes, d’une paire composée d’un chromosome sexuel X et d’un chromosome
sexuel Y2.
Au sens juridique et strict du terme, une « femme battue » est un être humain de sexe féminin
ayant subi des coups. Au sens large, l’expression « femme battue » vise toutes les femmes
victimes de violences. Ces violences dont peuvent être victimes les femmes prennent des formes
multiples. En effet, elles peuvent être physiques, sexuelles, psychologiques ou économiques3 .

Pendant longtemps la femme a été considérée comme incapable. En effet, à l’époque


romaine la femme était considérée comme mineure toute sa vie et restait alors soumise à une
tutelle masculine4 qui était d’abord celle de son père, puis celle de son mari après le mariage
« cum manu ». La femme était alors sous la « patria potestas », c’est-à-dire sous l’autorité
absolu, du chef de famille appelé le « pater familias » qui avait un droit de vie ou de mort sur son
épouse5. Puis à partir de 445 avant Jésus-Christ, le mariage « sine manu » a triomphé, c’est-à-
dire que la femme restait sous l’autorité du père qui désignera un tuteur dit « légitime » pour lui
succéder6. Enfin, la tutelle « légitime » sera affaiblie par les lois d’Auguste avant d’être
totalement supprimée au IIème siècle avant Jésus-Christ7.

Durant le Moyen-Âge, battre sa femme était courant et parfois même conseillé. En effet,
« au XIIème siècle les coutumes de Beauvesis autorisaient le mari à corriger son épouse surtout
en cas de désobéissance »8. De surcroit, le mari qui accusait sa femme d’adultère pouvait
l’enfermer voire la tuer et cette brutalité se retrouvait dans tous les milieux sociaux9.

2 Docteur A. Abbara, « Définition d’un caryotype », 2008.


3 Institut de victimologie.
4 Isidore de Séville, Origines
5 V. Maxime, Faits et dits, 24-31 après J-C.
6 Ibid
7 Gaius, Institutes, 161 après J-C
8 S. Cassages, La vie des femmes au Moyen Age, Editions Ouest-France, 2009.
9 Ibid
5
Cependant au fil de cette période et jusqu’à la fin du XVème siècle, les femmes avaient la
capacité juridique et pouvaient donc agir sans l’autorisation de leur mari10 . La femme
redeviendra peu à peu juridiquement incapable à partir du XVIème siècle, c’est-à-dire que les
actes qu’elle conclura sans l’autorisation de son mari seront nuls, avant que le Code Napoléon
fasse de nouveau d’elle une mineure au XIXème siècle11.
Ce n’est qu’en 1970 et plus précisément avec la loi du 4 juin 197012 que l’expression « puissance
paternelle » disparaitra du Code civil. Cette loi a introduit un nouvel article 37113 qui précise que
l’autorité appartient aux pères est mères, laissant alors présager d’une place de la femme égale à
celle de l’homme.
S’agissant du droit pénal, le Code pénal de 1810 prévoyait, en son article 324, que « le
meurtre commis par l'époux sur l'épouse, ou par celle-ci sur son époux, n'est pas excusable, si la
vie de l'époux ou de l'épouse qui a commis le meurtre n'a pas été mise en péril dans le moment
même où le meurtre a eu lieu.
Néanmoins, dans le cas d'adultère, prévu par l'article 336, le meurtre commis par l'époux sur
son épouse, ainsi que sur le complice, à l'instant où il les surprend en flagrant délit dans la
maison conjugale, est excusable »14 . Cet article sera modifié en 197515 puis abrogé en 199216.

Par la suite, toute une série de réformes et de lois viendront incriminer les violences
conjugales. En effet, le nouveau Code pénal de 1994 reconnait une spécificité pour les violences
commises au sein du couple. Aussi, la loi du 15 juin 200017 renforçant la présomption d’innocence
et les droits des victimes, la loi du 9 mars 200418 sur l’adaptation de la justice aux évolutions de la
criminalité, la loi du 15 novembre 200119 sur la sécurité quotidienne et la loi du 9 septembre 200220

10 V. Dumas, revue « Historia », 2013


11 Ibid
12 Loi n° 70-459 du 4 juin 1970 relative à l'autorité parentale
13 Loi n°70-459 du 4 juin 1970 - art. 1 JORF 5 juin 1970 en vigueur le 1er janvier 1971
14 Loi n°1810-02-17 promulguée le 27 février 1810
15 Loi n°75-617 1975-07-11 art. 17 JORF 12 juillet 1975 en vigueur le 1er janvier 1976
16 Loi n°92-1336 du 16 décembre 1992 - art. 372 (V) JORF 23 décembre 1992 en vigueur le 1er mars 1994
17 Loi n° 2000-516 du 15 juin 2000 renforçant la protection de la présomption d'innocence et les droits des victimes
18 Loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité (1)
19 Loi n° 2001-1062 du 15 novembre 2001 relative à la sécurité quotidienne
20 Loi n° 2002-1138 du 9 septembre 2002 d'orientation et de programmation pour la justice
6
d’orientation et de programmation pour la justice s’attachent à encadrer et à renforcer les droits des
victimes.
Depuis 2004, plusieurs lois sont également intervenues dans le but de permettre un renforcement de
la prévention et la répression des violences commises au sein du couple, notamment en s’attachant à
mieux protéger le conjoint.
Par la suite, la loi du 12 décembre 200521 vient s’atteler à prévoir un éloignement de l’auteur des
violences tandis que la loi du 4 avril 200622 s’attache à la prévention et à la répression des violences
au sein du couple.
De surplus, la loi du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux
violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants23 met en place
l’ordonnance de protection des victimes.
Egalement, la loi du 4 aout 201424 a renforcé les sanctions, les poursuites et l’accompagnement des
victimes en les protégeant sur le long terme ce qui a, de fait, amélioré la prévention et la lutte contre
les violences.
Enfin, la loi du 17 aout 201525 , transposant la directive européenne « Victimes »26 , a introduit un
article 10-5 dans le code de procédure pénale sur l’évaluation personnalisée des victimes. Ces
dispositions concernent notamment les femmes victimes de violences sexuelles et intrafamiliales
puisqu’elles présentent une exposition particulière à des risques de représailles ou d’intimidation de
la part de l’auteur des faits.

Aujourd’hui, en dépit de l’égalité prôné entre le sexe masculin et le sexe féminin, des
efforts concernant la parité et des évolutions amenées au fil des lois, la domination du sexe
masculin perdure dans notre société actuelle. Effectivement, dans l’intimité de chacun, cette

21 Loi n° 2005-1549 du 12 décembre 2005 relative au traitement de la récidive des infractions pénales (1)
22Loi n° 2006-399 du 4 avril 2006 renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple ou
commises contre les mineurs (1)
23Loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des
couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants (1)
24 Loi n° 2014-873 du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes
25 Loi n°2015-993 du 17 août 2015
26 Directive européenne « Victimes » n° 2012/29/UE du 25 octobre 2012
7
domination est mise en lumière par des actes de violence émanant principalement des hommes27.
Ce sont de ces actes de violence que sont victimes « les femmes battues ».

Mais, qui peut être l’auteur de ces violences ? Il est courant de penser que la femme sera
victime de son conjoint, partenaire ou concubin. Cependant, l’auteur des violences peut tout à
fait être son ex-conjoint, ex-partenaire, ex-concubin. Véritablement, « l’intimité familiale est
propice aux actes cachés les plus héroïques de don de soi ou, à l’inverse, aux violences les plus
incontrôlées et les plus meurtrières »28.

Il est communément admis que les violences subies par la femme au sein de l’intimité se
manifestent par « cycle d’escalade de tension » selon l’institut de victimologie. La première
phase est celle du « climat de tension ». Au sein de cette phase, l’homme tient une série de
paroles de disqualification, prolifèrent des attaques verbales qui se transforment en harcèlement
moral qui place la victime sous emprise psychologique ce qui diminue sa faculté d’agir29. La
deuxième phase est appelée la phase de « la crise ». Cette phase est celle du passage à l‘acte
violent, d’utilisation de moyens visant à terroriser la victime pour asseoir une domination totale
sur celle-ci qui est devenue un simple objet30 . La troisième phase est celle de « la justification »,
de la rémission au cours de laquelle le conjoint regrette son ou ses actes et veut se faire
pardonner tout en faisant porter la responsabilité de la situation à sa victime31 . Au cours de cette
phase, la victime se met à espérer à la suite des excuses et des regrets de l’auteur des actes.

Le plus souvent, dans ce genre de situation la victime s’attribue la cause de la violence de son
partenaire qui lui reproche sans cesse son comportement inapproprié afin de se justifier32 .

Cependant, chez 30% des auteurs de violence, il n’y avait aucune emprise préalable
décelable. Dans ce genre de cas, on trouve des relations de couples qui semblent égalitaires33 et

27D. Fougeyrollas-Schwebel et M. Jaspard, « Représentations de la violence envers les femmes dans le couple :
mesures du phénomène – Le cas français ». In: Santé, Société et Solidarité, n°1, 2008. « De l’égalité de droit à l’égalité
de fait : Françaises et Québécoises entre législation et réalité ». p. 109-116
28M. DOUCHY-OUDOT - Professeur à l’université de Toulon - Avocat au Barreau de Toulon et L. SEBAG - Vice-
Président du tribunal de Grande Instance de Marseille - Co- Directeur de la préparation aux concours d'accès à l'ENM-
Université de Toulon, « Violences conjugales », JurisClasseur Procédure civile, 2017
29 G. Lopez, S. Portelli et S. Clément, Les droits des victimes : Droit, audition, expertise, clinique. Dalloz, 2007
30 ibid
31 ibid
32 ibid
33 A. Coignac, « Le crime passionnel au XXIème siècle existe-t-il encore?, 19 sept 2018, Dalloz 2019
8
selon Alexia Delbreil, « la relation, même si elle est peu épanouissante, reste bénéfique pour eux
sinon c’est le vide dans leur vie et tout cela dégénère au moment de la séparation »34.

Personne n’est à l’abri de ce type de violences. En effet, elles peuvent toucher toutes les
catégories sociales, économiques et culturelles. Elles peuvent se produire quel que soit
l’éducation ou la religion de chacun35.

D’ailleurs, selon une étude du ministère de l’intérieur concernant les femmes battues, une femme
décède tous les 2,5 jours. En 2010, 146 femmes sont décédées à la suite de violences.

Au vu de l’existence de ces violences exercées contre les femmes qui peuvent aboutir à la
mort de celles-ci, certains auteurs sont d’avis d’introduire le terme « féminicide » dans le Code
pénal. Le féminicide vise le fait de tuer une femme parce qu’elle est une femme. Sur cette
question, les avis restent partagés et bon nombre d’auteurs considèrent que cela est hors de
propos puisque les textes pénaux prévoient des sanctions bien plus sévères en cas d’homicide
commis sur son conjoint36. D’ailleurs, selon Alexia Delbreil, « dans l’homicide conjugal, ce
n’est pas forcément, voire pas du tout le sexe de la victime qui compte mais la relation à l’autre
et, en choisissant ce terme de féminicide, on ne se questionne pas sur ces causes »37. Pour autant,
aucun de ces auteurs contre l’introduction du terme « féminicide » dans le Code pénal ne nient
que les crimes conjugaux sont majoritairement commis par les hommes38 .

Ce débat qui n’a, pour le moment, pas trouvé d’issu nous amène a nous demander si le
droit français, et surtout le droit pénal français, protège de manière suffisamment efficiente les
femmes battues.

Une réponse à ce questionnement peut être apportée, dans un premier temps, par l’étude
de la répression et de la prévention mise en place s’agissant des femmes battues (I). La seconde
partie de la réponse peut être introduite en constatant une imperfection plus que manifeste de
cette protection des femmes battues (II).

34 Ibid
35 Institut national de la statistique et des études économiques
36 A. Coignac, « Le crime passionnel au XXIème siècle existe-t-il encore?, 19 sept 2018, Dalloz 2019, op.cit
37 Ibid
38 Ibid
9
I- Les femmes battues : Entre répression pénale et prévention

Historiquement, les violences subies par les femmes au sein du couple n’étaient pas
réprimées. Aujourd’hui, c’est un véritable sujet de société et notre société française actuelle parle
de « femmes battues » ou de « violences conjugales ».
Au fil du temps, le droit français s’est, de plus en plus, préoccupé de ces questions et s’est
attaché à réprimer ces infractions par le biais d’infractions aggravées (A). De surcroit, il s’est
attelé à créer une prévention, prévention visant à éviter la récidive de ces violences (B).

A) Une répression pénale par le biais d’infractions aggravées

De nos jours, les violences faites aux femmes étant fréquentes, le législateur a
nécessairement dû prendre des mesures afin de les protéger. C’est pourquoi les rédacteurs du
nouveau Code pénal ont ajouté, en matière de violences commises au sein du couple, une nouvelle
circonstance aggravante liée à la qualité de conjoint ou de concubin. Cette circonstance aggravante
se définit comme un acte de violence conjugale. Cet acte de violence pourra être physique comme
moral.39

Le concubinage est défini par l'article 515-8 du code civil comme une « union de fait,
caractérisée par une vie commune présentant un caractère de stabilité et de continuité, entre deux
personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en couple »40.
La circonstance aggravante liée à la relation de concubinage ne peut être retenue que si les
violences interviennent dans le contexte d'une liaison qui ne peut être contestée. Cependant à
l’inverse du mariage, l'absence de communauté de vie dans le concubinage entraîne, de facto, la
rupture du celui-ci. A titre d'exemple, si les faits de violence ont été commis par un ex-concubin, ils
ne relèvent plus du délit prévu par l'article 223-13 du code pénal41 mais de la simple contravention
de violences volontaires réprimée par l'article R. 625-1 du code pénal.
Il est important de préciser que les circonstances aggravantes ne sont pas exclusives aux femmes
mais existent également pour les hommes dans le but d’éviter une rupture d’égalité, bien que ces
circonstances soient moins fréquentes que pour la femme.

39 Revue Dalloz, 1999


40 Loi n° 2007-308 du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs
41Ordonnance n° 2000-916 du 19 septembre 2000 portant adaptation de la valeur en euros de certains montants
exprimés en francs dans les textes législatifs - Article 3
10
De surcroit, le lien affectif est devenu une circonstance aggravante depuis une loi du 4 juin
2006. Et c’est en ce domaine qu’est intervenu l’arrêt du 7 avril 199842 qui a eu une portée extensive
de cette circonstance aggravante. Dans cette affaire, deux époux vivaient séparément en application
d'une ordonnance de résidence séparée rendue dans le cadre d'une procédure de divorce. Le mari
avait été condamné sur le fondement de l'article 222-13 Code pénal selon lequel les violences
n'ayant pas entraîné une incapacité totale de travail pendant plus de huit jours constituent un délit
lorsqu'elles sont commises par le conjoint.
Dans cette affaire, la question posée, semble-t-il pour la première fois, à la Cour de cassation était
celle de savoir si la circonstance aggravante tenant à la qualité de conjoint impliquait
nécessairement une communauté de vie43 .
La Haute juridiction, par une interprétation littérale de l'article 222-13, a répondu sans ambiguïté
par la négative : « Attendu qu'en prononçant ainsi, sans avoir égard au fait que le prévenu résidait
alors séparément de cette dernière, les juges ont justifié leur décision, dès lors que l'article précité
n'exige pas une communauté de vie pour recevoir application ».
Cette solution semble non seulement justifiée, mais aussi conforme à l'esprit du nouveau Code.
Ainsi, il est permis de faire le parallèle avec le changement opéré par ce dernier à propos de
l'immunité familiale. En effet, celle-ci ne s'applique plus lorsque les époux sont séparés de corps ou
autorisés à résider séparément.

Qui plus est, le fait que la répression est d’autant plus sévère lorsque l’infraction est
commise par le conjoint ou le concubin de la victime est encore mis en lumière par d’autres
éléments. En effet, l’article 222-11 du Code pénal44 prévoit que les violences physiques ayant
entrainé une ITT de plus de huit jours commises sans circonstances aggravantes sont réprimées de
trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d’amende, tandis que la répression passe à cinq ans
d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende lorsque l’infraction est commise par le conjoint ou
concubin de la victime (article 222-12 du Code pénal)45.
Les peines augmentent encore en cas de violences ayant entrainé une infirmité ou la mort de la
victime lorsque celles-ci sont commises par le conjoint ou le concubin de la victime. La peine est
également aggravée en cas d’harcèlement moral commis par le conjoint. Véritablement, la peine
pourra être portée à trois ans d’emprisonnement et 45.000 euros d’amende si l’ITT est inférieure à
huit jours (article 223-33-2-1 du Code pénal)46.

42 Cour cassation. ch. crim. 7 avril 1998, 97-84.068, publié au bulletin


43 Sénat - Rapport parlementaires examen des article 222-3 à 13 du code pénal
44Ordonnance n° 2000-916 du 19 septembre 2000 portant adaptation de la valeur en euros de certains montants
exprimés en francs dans les textes législatifs - Article 3
45 Ibid
46 Loi n° 2018-703 du 3 août 2018 renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes - Article 13
11
Cependant, il n’y a pas que les violences qui ont vu leurs infractions aggravées lorsque les
faits sont commis par un conjoint ou un concubin (article 132-80 du Code pénal)47. Il y a également
le viol et les agressions sexuelles.
La question du viol entre époux a été historiquement épineuse. En effet, dès 1839 la cour de
cassation introduit la notion de viol entre époux : « si le mariage a pour but l’union de l’homme et
de la femme et si les devoirs qu’il impose, la cohabitation, l’obéissance de la femme envers le mari
établissent entre les époux des rapports intimes et nécessaire il ne s’ensuit pas que la femme cesse
d’être protégée par les lois ni qu’elle puisse être forcée de subir des actes contre nature contraires à
la fin légitime du mariage »48. Mais ce n’est qu’en 1984 que la définition de viol a été assimilée aux
époux dans le Code pénal et qu’en 1992 que la cour de cassation a appliqué cette règle qui est
aujourd’hui défini à l’article 222-23 du Code pénal et dont la circonstance aggravante est définie à
l’article 222-24 du Code pénal et porte la répression à 20 ans de réclusion criminelle49.
Cependant, la violence sexuelle conjugale demeure un sujet tabou de nos jours tout en étant très
présente dans notre quotidien. Ces violences sexuelles comprennent essentiellement des
pénétrations digitales (93%), buccales (23%) et anales (20%).50
Bien heureusement, le Code pénal réprime les agressions sexuelles de cinq ans d’emprisonnement
et 75 000 euros d’amende (article 222-27) et porte la répression à 7 ans d’emprisonnement et
100.000 euros d’amende lorsque l’infraction est commise par le conjoint ou le concubin de la
victime (article 222-28).

Malgré l’aggravation d’infractions liées aux violences, au viol et au harcèlement dont sont
victimes les femmes, leur calvaire ne s’arrêtent pas aux premiers actes de violence. C’est la raison
pour laquelle le législateur a mis en place certaines infractions concernant la violation
d’ordonnances de protection civile afin de pouvoir prévenir une quelconque récidive.

47 Ibid
48B. Bécour, P. Vasseur , A. Chuc , B. Renaud, « Violences sexuelles conjugales à Paris : étude analytique prospective
de 100 cas » , 2014
49 Ibid
50B. Bécour, P. Vasseur , A. Chuc , B. Renaud, « Violences sexuelles conjugales à Paris : étude analytique prospective
de 100 cas » , 2014
12
B) Une prévention pénale cantonnée à la récidive des violences

Dans un but préventif d’éventuelles violences, il existe une série d’obligations pénales
créées par la loi du 10 mars 201051 complétant la loi du 25 février 2008 relative à la rétention de
sureté52 . Cette loi du 10 mars 2010 tire les conséquences de la décision du Conseil constitutionnel
refusant l’application rétroactive de la rétention de sûreté et s’appuie sur les recommandations
formulées dans le rapport du 30 mai 2008 de M. Vincent Lamanda, Premier Président de la Cour de
cassation53.
Les articles 132-45 treizièmement 54 et 131-6 quatorzièmement du Code pénal55 découlant de cette
loi permettent d’interdire, en général dans le cadre du sursis avec mise à l’épreuve, une entrée en
relation avec la victime ou la partie civile. En outre, l'article 132-45 dix-neuvièmement du Code
pénal56 permet d'interdire à une personne de résider dans le domicile du couple, d'y paraître et
même de paraître aux abords dudit domicile, s'agissant d'un conjoint, concubin, partenaire civil de
solidarité, ou ancien partenaire. Cette interdiction a pour objectif de prévenir la répétition des
violences commises à l’encontre de la femme. Mais on aurait pu imaginer d’autres infractions
aujourd’hui pénalement réprimées telles que le harcèlement.
Cependant, c’est uniquement dans le cadre d’infractions de violences contre le partenaire ou
l’ancien partenaire du couple, ou les enfants de ce couple, ou ceux dudit partenaire ou ancien
partenaire que cette interdiction de l’article 132-45 dix-neuvièmement peut être imposée. Il est
important de préciser que ces précautions ne s’appliquent pas uniquement aux relations entretenues
à l’instant T, mais concernent également les anciennes relations57. Donc, le champ d’application de
ces obligations ne doit donc pas s’arrêter aux relations actuelles.

51Loi n° 2010-242 du 10 mars 2010 tendant à amoindrir le risque de récidive criminelle et portant diverses dispositions
de procédure pénale
52Loi n° 2008-174 du 25 février 2008 relative à la rétention de sûreté et à la déclaration d'irresponsabilité pénale pour
cause de trouble mental
53Direction de l’information légale et administrative, commentaire « loi du 10 mars 2010 tendant à amoindrir le risque
de récidive criminelle et portant diverses dispositions de procédure pénale », 2010.
54 Loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle - Article 34
55Loi n° 2014-896 du 15 août 2014 relative à l'individualisation des peines et renforçant l'efficacité des sanctions
pénales - Article 52
56Loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle - Article 34, op.cit
57 A. Andro et M. Lesclingand, « Les mutilations sexuelles féminines », in Population & siciétés, n°438, INED, octobre
2007, Chiffres clés 2012, « l’égalité entre les femmes et les hommes ».
13
Ce type d’interdiction est indispensable pour contrer la dangereuse logique civiliste du « bon
père de famille » faisant référence au « bonus pater familias » qui reste, selon le droit civil, un être
raisonnable malgré les violences infligées à sa compagne. Ainsi, la logique civiliste voudrait que
des juridictions civiles persistent à fixer des droits de visites à des hommes violents, leur donnant
ainsi l’occasion de réitérer les faits de violences, menaces et manipulations. Les interdictions du
Code pénal permettent donc d’éviter ces risques58 .

Cette loi du 9 juillet 2010 a également inséré dans le Code pénal deux incriminations aux
articles 227-4-2 et 227-4-3 qui ont, par la suite, été modifiés par la loi de programmation de 201959.
L’article 227-4-2 du code pénal60 réprime de 15 000 euros d’amende et de deux ans
d’emprisonnement « le fait pour une personne faisant l’objet d’une ou plusieurs obligations ou
interdictions imposées dans une ordonnance de protection de ne pas se conformer à ces obligations
ou interdictions qui seraient disposées aux articles 515-9 à 515-13 du code civil». En effet, en cas
de violences vraisemblables à l’égard de la femme qui en est victime, le juge peut délivrer, en
urgence, une ordonnance de protection au visa de l’article 515-9 du code civil61.
Cette ordonnance peut imposer certaines mesures à l’auteur des violences telles que l’interdiction
de rencontrer certaines personnes, ou encore l’interdiction de détenir une arme, interdictions qui se
retrouvent dans le cadre du sursis avec mise à l’épreuve précédemment cité. Cette ordonnance
permet aussi, selon l’article 515-11 du Code civil62 , de statuer sur l’octroi d’une résidence séparée,
les modalités d’exercice de l’autorité parentale et la dissimulation du domicile de la victime63. Ces
mesures sont prises pour une durée maximale de six mois à compter de la notification de
l’ordonnance et peuvent être prolongées au-delà si, durant ce délai, une requête en divorce ou en
séparation de corps a été déposée ou si le JAF a été saisi d’une requête relative à l’exercice de
l’autorité parentale au visa de l’article 515-12 du code civil64

58M. HERZOG-EVANS et C. BRUNETTI-PONS, « Résidence alternée, syndrome d'aliénation parentale et de


violences domestiques », Dalloz RJPF, août 2014, p. 11
59LOI n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice - Article 70
du code pénal étant propre à la violation des ordonnance de protection prises par le juge aux affaires familiales en
matière de violences conjugales.
60 Ibid
61Loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des
couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants
62 Loi n° 2014-873 du 4 août 2014 pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes - Article 32
63 D. Cholet ; S. Guinchard, « Difficultés au sein des couples », Revues Dalloz - 2017-2018
64 Ibid
14
Donc, c’est la violation de cette ordonnance de protection qui sera réprimée pénalement malgré son
caractère civil. C’est en cela qu’il est possible de remarquer une adéquation entre le raisonnement
civil et pénal, tandis qu’à l’origine le juge civil avait plus tendance à accorder des droits de visites
aux maris violents.

Les efforts du législateur afin d’accorder un statut protecteur et favorable aux femmes
battues sont visibles et louables. Cependant, il est possible de considérer que ces efforts sont
encore insuffisants. De ce fait, le droit français accorde, certes une protection aux femmes
victimes de violences, mais cette protection est toujours lacunaire.

II- Les femmes battues: une protection pénale lacunaire.

Le droit français et notamment le droit pénal ont offert une protection tardive aux
femmes victimes de violences. En effet, ce n’est que depuis 1994 que le Code pénal réprime les
violences conjugales. Cependant, malgré cette répression des violences, la protection offerte aux
femmes qui en sont victimes est lacunaire. En effet, il apparait que la légitime défense prévue par
le Code pénal n’est pas adaptée au cas de la femme battue (A) et qu’il est nécessaire d’améliorer
le système pénal français dans sa globalité (B).

A) La nécessité de l’aménagement de la légitime défense

La légitime défense est une cause d’irresponsabilité pénale qui a été définie par l’article
122-5 du Code pénal comme : « n’est pas pénalement responsable la personne qui, devant une
atteinte injustifiée envers elle même ou autrui, accomplit dans le même temps un acte commandé
par la nécessité de la légitime défense d’elle même ou d ‘autrui sauf s’il y a disproportion entre les
moyens de la défense employés et la gravité de l’atteinte »65.
Donc, pour constituer cette cause d’irresponsabilité, la légitime défense suppose 3 axes: Une
agression réelle qui doit exister de manière certaine, les objectifs de l'agresseur étant univoques
même si, en réalité, la légitime défense est admise en cas d'agression simplement apparente et
vraisemblable (on écartera simplement l’hypothèse de l’attaque imaginaire); Une agression injuste
car il ne saurait y avoir d’agression lorsqu’elle est justifiée par la loi ; Une agression actuelle.

65 Loi n° 92-683 du 22 juillet 1992 portant réforme des dispositions générales du code pénal
15
C’est le troisième axe, c’est-à-dire l’agression actuelle, qui nous intéressera plus
particulièrement concernant la légitime défense des femmes battues.
En effet, l'agression et la riposte doivent se situer dans une même unité de temps. Dès lors qu'un
temps trop long s'est écoulé entre l'agression et la riposte, ce laps de temps est incompatible avec la
permanence ou la présence du danger.66
Le danger doit exister au moment de la défense. La fuite de l'agresseur semble, en conséquence,
exclure la légitime défense. Ainsi, l'agression n'est plus actuelle lorsqu'un propriétaire, après avoir
ouvert sa porte, rencontré un cambrioleur qui tente de lui tirer dessus avec une arme à feu enrayée
puis s'enfuit, rentre chez lui, prend un fusil, ressort et fait feu sur le voleur67.

D’ailleurs, c’est principalement cette condition qui va porter préjudice aux femmes battues
dans le cadre de la riposte. En effet, lorsqu’une femme est battue de façon habituelle, la
concomitance de la riposte et de l’agression ne sera pas toujours démontrée. Et c’est cette question
qui a été particulièrement controversée dans l’éventuel légitime défense dite différée.
Elle est apparue le 3 décembre 2015 dans une affaire de violences conjugales: celle de Jacqueline
Sauvage. Dans cette affaire, la cour d’assises de Blois confirmait la condamnation d’une épouse à
10 ans de réclusion criminelle pour avoir tué son mari de trois coups de fusils dans le dos après
avoir été victime de violences et d’agressions sexuelles pendant plusieurs décennies.
Suite à la grâce présidentielle de François Hollande poussée par les vives émotions collectives dans
le contexte des violences faites aux femmes, une députée avait élaboré un projet de loi en ce sens,
intégrant la notion de légitime défense « différée ».
Cette notion prenait en compte le « syndrome de la femme battue » et la situation de « survie » dans
laquelle est plongée cette dernière.

Cependant selon le rapport parlementaire, ce ne serait pas une légitime défense dite légitime.
Selon ce rapport, si l’on assouplissait les dispositions du Code pénal concernant le critère de
concomitance entre l'agression et la riposte dans le cas d'une légitime défense différée, cela pourrait
conduire, selon la députée Pascale Crozon (partie socialiste), à accorder un genre de permis de tuer.

66 Actualité Dalloz étudiant , « La légitime défense », 23 septembre 2013


67 Paris, 22 juin 1988 D. 1988. IR 244.

16
D'après elle, c'est en matière d'interprétation du principe de proportionnalité que des évolutions
pourraient être souhaitables. Ainsi, à l'article 122-5 du Code pénal, il pourrait être précisé que, pour
l'appréciation de l'absence de disproportion entre l'agression et les moyens de défense employés, il
est tenu compte de l'existence de violences antérieures répétées, de menaces d'une particulière
gravité et d'un danger de mort.
Plus globalement, le rapport préconise une précision du droit en vigueur pour mieux prendre en
compte la notion d'emprise des victimes de violences.68

Pourtant, « Les psychologues soulignent la situation d'emprise et de domination dans


laquelle est placée la victime des violences, qui la conduit à des phénomènes de sidération lors des
attaques et au développement de stratégies de survie pour préserver sa vie et, souvent, celles de ses
enfants ou ceux dont elle a la charge »69 .
Donc, véritablement, une femme victime de violences serait incapable de réagir au moment de
l’acte de violent en tant que tel car elle s’enfermerait dans un processus psychologique d’auto-
protection. Et dans la majorité des cas, c’est lorsque la femme sortira de ce processus qu’elle
réagira. Lorsque ce sera le cas, surement celle-ci continuera d’avoir peur pour sa vie ou celles de ses
enfants et ressentira la nécessité de mettre un terme à un danger constant qui plane.
Donc, ne serait-il pas nécessaire de mettre en place une légitime défense différée ou aménagée à ce
cas ?

A l’image de la légitime défense, notre système pénal français est très largement
lacunaire s’agissant du statut protecteur de la femme battue alors qu’il s’agit d’une véritable
nécessité que le législateur doit prendre en compte dans son travail même si certaines mesures
ont déjà été prises.

68 C. FLEURIOT, « Femmes battues : il ne faut pas créer un régime de légitime défense différée », 24 février 2016
69 R. BERNARDINI, « Légitime défense », OCTOBRE 2017 ACTUALISATION FEVRIER 2018
17
B) La nécessité d’améliorer le système pénal français.

Les violences faites aux femmes sont inacceptables dans un Etat de droit et le système
judiciaire français tente d’améliorer la protection contre les violences conjugales. Cela a
notamment été le cas par une loi du 3 aout 2018 renforçant la lutte contre les violences sexistes
et sexuelles70 qui vient pénaliser le harcèlement de rue d’une amende allant de 90 à 750 euros.
Cela a également été le cas via la création de 1 000 nouvelles places d’hébergement et de
logement réservées aux victimes de violences conjugales ou encore, via la création d’une
plateforme de signalement en ligne pour les victimes de violences.

Cependant, la protection accordée aux femmes victimes de violences reste encore


démesurément lacunaire et nécessite des améliorations et avancées en la matière.
En effet, comme vu précédemment, la répression des infractions concernant les violences faites
aux femmes passe uniquement par le biais de circonstances aggravantes. Mais, il serait légitime
de penser qu’il est nécessaire de créer une infraction autonome visant les violences faites aux
femmes. Aujourd’hui, le Code pénal vient réprimer l’homicide, les violences, le viol et aggrave
l’infraction lorsque ces infractions sont commises par le conjoint, le concubin ou le partenaire de
pacs. Certes sont victimes de violences, non seulement les femmes mariées, pacsées ou vivant en
concubinage, mais sont aussi victimes les femmes ou jeunes femmes telles que des étudiantes
entretenant une relation de couple dit « non-cohabitants »71 . Ces jeunes femmes « ne relèvent
plus du traitement des violences faites aux enfants mais ne se reconnaissent pas toujours dans
les politiques de lutte contre les violences conjugales, parce qu’elles ne considèrent pas être sous
statut conjugal » selon Laurence Rossignol.72 Le problème apparent de la protection offerte par
le Code pénal c’est qu’il exclu implicitement ces femmes entretenant une relation de couple dit
« non-cohabitant ». Véritablement, la création d’une infraction autonome concernant les
violences subies par les femmes permettrait non seulement une protection plus effective des
femmes victimes de violences mais également de prendre en compte ces autres femmes
entretenant une relation de couple dit « non-cohabitant ».

70 Loi n° 2018-703 du 3 août 2018 renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes
71 Sénat, « Prévenir et combattre les violences faites aux femmes : un enjeu de société », 2019
72 L. Rossignol, audition du 23 novembre 2017.
18
De surcroit, comme vu précédemment, notre système judiciaire actuel protège les
femmes victimes de violence en passant par une prévention qui laisse à désirer. En effet, la
prévention, en droit, passe par un ensemble de mesures et institutions destinées à empêcher la
réalisation d’un risque, la production d’un dommage, l’accomplissement d’actes nuisibles en
s’efforçant d’en supprimer les causes et les moyens. Cependant, concernant les violences faites
aux femmes la prévention mise en place par notre droit intervient après les premières violences.
Véritablement, notre droit prévoit l’interdiction pour l’auteur des violences d’entrer en contact
avec sa victime, ou encore de résider dans le domicile de sa victime et le droit pénal interviendra
qu’en cas de violation de ces restrictions imposées par le juge via une ordonnance de protection.
Donc, cette prévention n’est pas une prévention des actes de violences faites aux femmes mais
une prévention de la récidive des violences faites aux femmes.
Ne serait-il pas nécessaire de créer une prévention aux violences en tant que telles ?

19
Conclusion

Plus que des chiffres, plus que de simples spots de préventions, les femmes battues sont une
réalité beaucoup trop ignorée. Nous sommes en septembre 2019 et déjà 106 femmes sont mortes
sous les coups de leurs maris, sans compter les différentes agressions, blessures qui sont elles,
indénombrables.

Ce phénomène des plus inquiétants a permis la mise en place de nombreux dispositifs


(numéro de secours, conseils), mais la législation est encore trop peu précise quant à la protection
des femmes battues. Les ordonnances d’éloignements, de protections sont certes ici pour éviter la
récidive de violence mais il n’existe malheureusement rien dans la loi qui permet de faire oeuvre de
prévention en amont de la première infraction.

On pourrait certes imaginer que la répression de violences morales permettrait de prévenir


les violences physiques qui pourraient en découler mais la démonstration matériel et moral des
violences morales reste très difficile à faire. Donc nous sommes dans une situation ou notre système
judiciaire est défaillant quant à la prévention légale des violences sur les femmes par leur conjoint et
les seules méthodes de préventions qui existent sont basées sur le volontariat d’une femme qui est
psychologiquement incapable de sortir de son désespoir.

20
Annexes
Code civil

Livre Ier : Des personnes


Titre XIII : Du pacte civil de solidarité et du concubinage
Chapitre II : Du concubinage

Article 515-8 :
« Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune présentant un caractère
de stabilité et de continuité, entre deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui vivent en
couple »

Titre : XIV : Des mesures de protection des victimes de violences

Article 515-9:
« Lorsque les violences exercées au sein du couple ou par un ancien conjoint, un ancien partenaire
lié par un pacte civil de solidarité ou un ancien concubin mettent en danger la personne qui en est
victime, un ou plusieurs enfants, le juge aux affaires familiales peut délivrer en urgence à cette
dernière une ordonnance de protection. »

Article 515-11:
« L'ordonnance de protection est délivrée, dans les meilleurs délais, par le juge aux affaires
familiales, s'il estime, au vu des éléments produits devant lui et contradictoirement débattus, qu'il
existe des raisons sérieuses de considérer comme vraisemblables la commission des faits de
violence allégués et le danger auquel la victime ou un ou plusieurs enfants sont exposés. A
l'occasion de sa délivrance, le juge aux affaires familiales est compétent pour :
1° Interdire à la partie défenderesse de recevoir ou de rencontrer certaines personnes spécialement
désignées par le juge aux affaires familiales, ainsi que d'entrer en relation avec elles, de quelque
façon que ce soit ;
2° Interdire à la partie défenderesse de détenir ou de porter une arme et, le cas échéant, lui
ordonner de remettre au service de police ou de gendarmerie qu'il désigne les armes dont elle est
détentrice en vue de leur dépôt au greffe ;
21
3° Statuer sur la résidence séparée des époux en précisant lequel des deux continuera à résider
dans le logement conjugal et sur les modalités de prise en charge des frais afférents à ce logement.
Sauf circonstances particulières, la jouissance de ce logement est attribuée au conjoint qui n'est pas
l'auteur des violences, même s'il a bénéficié d'un hébergement d'urgence ;
4° Préciser lequel des partenaires liés par un pacte civil de solidarité ou des concubins continuera
à résider dans le logement commun et statuer sur les modalités de prise en charge des frais
afférents à ce logement. Sauf circonstances particulières, la jouissance de ce logement est attribuée
au partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou au concubin qui n'est pas l'auteur des violences,
même s'il a bénéficié d'un hébergement d'urgence ;
5° Se prononcer sur les modalités d'exercice de l'autorité parentale et, le cas échéant, sur la
contribution aux charges du mariage pour les couples mariés, sur l'aide matérielle au sens de
l'article 515-4 pour les partenaires d'un pacte civil de solidarité et sur la contribution à l'entretien
et à l'éducation des enfants ;
6° Autoriser la partie demanderesse à dissimuler son domicile ou sa résidence et à élire domicile
chez l'avocat qui l'assiste ou la représente ou auprès du procureur de la République près le tribunal
de grande instance pour toutes les instances civiles dans lesquelles elle est également partie. Si,
pour les besoins de l'exécution d'une décision de justice, l'huissier chargé de cette exécution doit
avoir connaissance de l'adresse de cette personne, celle-ci lui est communiquée, sans qu'il puisse la
révéler à son mandant ;
6° bis Autoriser la partie demanderesse à dissimuler son domicile ou sa résidence et à élire
domicile pour les besoins de la vie courante chez une personne morale qualifiée ;
7° Prononcer l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle de la partie demanderesse en
application du premier alinéa de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide
juridique.
Le cas échéant, le juge présente à la partie demanderesse une liste des personnes morales
qualifiées susceptibles de l'accompagner pendant toute la durée de l'ordonnance de protection. Il
peut, avec son accord, transmettre à la personne morale qualifiée les coordonnées de la partie
demanderesse, afin qu'elle la contacte.
Lorsque le juge délivre une ordonnance de protection en raison de violences susceptibles de mettre
en danger un ou plusieurs enfants, il en informe sans délai le procureur de la République. »

22
Article 515-12:
« Les mesures mentionnées à l'article 515-11 sont prises pour une durée maximale de six mois à
compter de la notification de l'ordonnance. Elles peuvent être prolongées au-delà si, durant ce
délai, une requête en divorce ou en séparation de corps a été déposée ou si le juge aux affaires
familiales a été saisi d'une requête relative à l'exercice de l'autorité parentale. Le juge aux affaires
familiales peut, à tout moment, à la demande du ministère public ou de l'une ou l'autre des parties,
ou après avoir fait procéder à toute mesure d'instruction utile, et après avoir invité chacune d'entre
elles à s'exprimer, supprimer ou modifier tout ou partie des mesures énoncées dans l'ordonnance de
protection, en décider de nouvelles, accorder à la personne défenderesse une dispense temporaire
d'observer certaines des obligations qui lui ont été imposées ou rapporter l'ordonnance de
protection. »

Article 515-13:
« Une ordonnance de protection peut également être délivrée en urgence par le juge à la personne
majeure menacée de mariage forcé, dans les conditions fixées à l'article 515-10.
Le juge est compétent pour prendre les mesures mentionnées aux 1°, 2°, 6° et 7° de l'article 515-11.
Il peut également ordonner, à sa demande, l'interdiction temporaire de sortie du territoire de la
personne menacée. Cette interdiction de sortie du territoire est inscrite au fichier des personnes
recherchées par le procureur de la République. L'article 515-12 est applicable aux mesures prises
sur le fondement du présent article. »

23
Code pénal

Partie législative

Livre Ier : Dispositions générales


Titre II : De la responsabilité pénale
Chapitre II : Des causes d'irresponsabilité ou d'atténuation de la responsabilité

Article 122-5:
« N'est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-
même ou autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime
défense d'elle-même ou d'autrui, sauf s'il y a disproportion entre les moyens de défense employés et
la gravité de l'atteinte.
N'est pas pénalement responsable la personne qui, pour interrompre l'exécution d'un crime ou d'un
délit contre un bien, accomplit un acte de défense, autre qu'un homicide volontaire, lorsque cet acte
est strictement nécessaire au but poursuivi dès lors que les moyens employés sont proportionnés à
la gravité de l’infraction. »

Titre III : Des peines


Chapitre Ier : De la nature des peines
Section 1 : Des peines applicables aux personnes physiques
Sous-section 2 : Des peines correctionnelles

Article 131-6:
« Lorsqu'un délit est puni d'une peine d'emprisonnement, la juridiction peut prononcer, à la place
de l'emprisonnement, une ou plusieurs des peines privatives ou restrictives de liberté suivantes :
(…)
14° L'interdiction, pour une durée de trois ans au plus, d'entrer en relation avec certaines
personnes spécialement désignées par la juridiction, notamment la victime de l'infraction ;( …) »

24
Chapitre II : Du régime des peines
Section 2 : Des modes de personnalisation des peines
Sous-section 4 : Du sursis avec mise à l'épreuve
Paragraphe 2 : Du régime de la mise à l'épreuve

Article 132-45:
« La juridiction de condamnation ou le juge de l'application des peines peut imposer spécialement
au condamné l'observation de l'une ou de plusieurs des obligations suivantes : (…)
13° S'abstenir d'entrer en relation avec certaines personnes, dont la victime, ou certaines
catégories de personnes, et notamment des mineurs, à l'exception, le cas échéant, de ceux désignés
par la juridiction ; (…)
19° En cas d'infraction commise soit contre son conjoint, son concubin ou son partenaire lié par un
pacte civil de solidarité, soit contre ses enfants ou ceux de son conjoint, concubin ou partenaire,
résider hors du domicile ou de la résidence du couple et, le cas échéant, s'abstenir de paraître dans
ce domicile ou cette résidence ou aux abords immédiats de celui-ci, ainsi que, si nécessaire, faire
l'objet d'une prise en charge sanitaire, sociale ou psychologique ; les dispositions du présent 19°
sont également applicables lorsque l'infraction est commise par l'ancien conjoint ou concubin de la
victime, ou par la personne ayant été liée à elle par un pacte civil de solidarité, le domicile
concerné étant alors celui de la victime. Pour l'application du présent 19°, l'avis de la victime est
recueilli, dans les meilleurs délais et par tous moyens, sur l'opportunité d'imposer au condamné de
résider hors du logement du couple. Sauf circonstances particulières, cette mesure est prise lorsque
sont en cause des faits de violences susceptibles d'être renouvelés et que la victime la sollicite. La
juridiction peut préciser les modalités de prise en charge des frais afférents à ce logement ; (…) »

Section 3 : De la définition de certaines circonstances entraînant


l'aggravation, la diminution ou l'exemption des peines

Article 132-80
« Dans les cas respectivement prévus par la loi ou le règlement, les peines encourues pour un
crime, un délit ou une contravention sont aggravées lorsque l'infraction est commise par le

25
conjoint, le concubin ou le partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, y compris
lorsqu'ils ne cohabitent pas.
La circonstance aggravante prévue au premier alinéa est également constituée lorsque les faits sont
commis par l'ancien conjoint, l'ancien concubin ou l'ancien partenaire lié à la victime par un pacte
civil de solidarité. Les dispositions du présent alinéa sont applicables dès lors que l'infraction est
commise en raison des relations ayant existé entre l'auteur des faits et la victime. »

Livre II : Des crimes et délits contre les personnes


Titre II : Des atteintes à la personne humaine
Chapitre II : Des atteintes à l'intégrité physique ou psychique de la personne
Section 1 : Des atteintes volontaires à l'intégrité de la personne
Paragraphe 2 : Des violences

Article 222-11:
« Les violences ayant entraîné une incapacité totale de travail pendant plus de huit jours sont
punies de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d’amende. »

Article 222-12:
« L'infraction définie à l'article 222-11 est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros
d'amende lorsqu'elle est commise : (…)
4° ter Sur le conjoint, les ascendants ou les descendants en ligne directe ou sur toute autre personne
vivant habituellement au domicile des personnes mentionnées aux 4° et 4° bis, en raison des
fonctions exercées par ces dernières ; (…)
6° Par le conjoint ou le concubin de la victime ou le partenaire lié à la victime par un pacte civil de
solidarité ; (…) »

26
Section 3 : Des agressions sexuelles
Paragraphe 1 : Du viol

Article 222-23:
« Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui ou
sur la personne de l'auteur par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol.
Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle. »

Article 222-24:
« Le viol est puni de vingt ans de réclusion criminelle : (…)
11° Lorsqu'il est commis par le conjoint ou le concubin de la victime ou le partenaire lié à la
victime par un pacte civil de solidarité ; (…) »

Paragraphe 2 : Des autres agressions sexuelles

Article 222-27
« Les agressions sexuelles autres que le viol sont punies de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000
euros d’amende. »

Article 222-28:
« L'infraction définie à l'article 222-27 est punie de sept ans d'emprisonnement et de 100 000 euros
d'amende : (…)
7° Lorsqu'elle est commise par le conjoint ou le concubin de la victime ou le partenaire lié à la
victime par un pacte civil de solidarité ;(…) »

Section 3 bis : Du harcèlement moral

Article 223-33-2-1 :
« Le fait de harceler son conjoint, son partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou son
concubin par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation
de ses conditions de vie se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale est puni
de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 € d'amende lorsque ces faits ont causé une incapacité

27
totale de travail inférieure ou égale à huit jours ou n'ont entraîné aucune incapacité de travail et de
cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 € d'amende lorsqu'ils ont causé une incapacité totale de
travail supérieure à huit jours ou ont été commis alors qu'un mineur était présent et y a assisté.
Les mêmes peines sont encourues lorsque cette infraction est commise par un ancien conjoint ou un
ancien concubin de la victime, ou un ancien partenaire lié à cette dernière par un pacte civil de
solidarité. »

Chapitre III : De la mise en danger de la personne


Section 6 : De la provocation au suicide

Article 223-13 :
« Le fait de provoquer au suicide d'autrui est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros
d'amende lorsque la provocation a été suivie du suicide ou d'une tentative de suicide.

Les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75000 euros d'amende lorsque la victime
de l'infraction définie à l'alinéa précédent est un mineur de quinze ans ».

Chapitre VII : Des atteintes aux mineurs et à la famille


Section 2 bis : De la violation des ordonnances prises par le juge aux
affaires familiales en cas de violences

Article 227-4-2:

« Le fait, pour une personne faisant l'objet d'une ou plusieurs obligations ou interdictions imposées
dans une ordonnance de protection rendue en application des articles 515-9 ou 515-13 du code
civil, de ne pas se conformer à cette ou ces obligations ou interdictions est puni de deux ans
d'emprisonnement et de 15 000 € d’amende.

Les mêmes peines sont applicables à la violation d'une mesure de protection en matière civile
ordonnée dans un autre Etat membre de l'Union européenne reconnue et ayant force exécutoire en
France en application du règlement (UE) n° 606/2013 du Parlement européen et du Conseil du 12
juin 2013 relatif à la reconnaissance mutuelle des mesures de protection en matière civile. »

28
Article 227-4-3:

« Le fait, pour une personne tenue de verser une contribution ou des subsides au titre de
l'ordonnance de protection rendue en application de l'article 515-9 du code civil, de ne pas notifier
son changement de domicile au créancier dans un délai d'un mois à compter de ce changement est
puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 € d’amende. »

Partie réglementaire - Décrets en Conseil d'Etat

Livre VI : Des contraventions


Titre II : Des contraventions contre les personnes
Chapitre V : Des contraventions de la 5e classe contre les personnes
Section 1 : Des violences

Article R625-1:

« Hors les cas prévus par les articles 222-13 et 222-14, les violences volontaires ayant entraîné une
incapacité totale du travail d'une durée inférieure ou égale à huit jours sont punies de l'amende
prévue pour les contraventions de la 5e classe.
Les personnes coupables de la contravention prévue au présent article encourent également les
peines complémentaires suivantes :
1° La suspension, pour une durée de trois ans au plus, du permis de conduire, cette suspension
pouvant être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle ;
2° L'interdiction de détenir ou de porter, pour une durée de trois ans au plus, une arme soumise à
autorisation ;
3° La confiscation d'une ou de plusieurs armes dont le condamné est propriétaire ou dont il a la
libre disposition ;
4° Le retrait du permis de chasser, avec interdiction de solliciter la délivrance d'un nouveau permis
pendant trois ans au plus ;
5° La confiscation de la chose qui a servi ou était destinée à commettre l'infraction ou de la chose
qui en est le produit ;
6° Le travail d'intérêt général pour une durée de vingt à cent-vingt heures.

29
Le fait de faciliter sciemment, par aide ou assistance, la préparation ou la consommation de la
contravention prévue au présent article est puni des mêmes peines.
La récidive de la contravention prévue au présent article est réprimée conformément à l'article
132-11. »

30
Bibliographie
I - Ouvrages généraux

1.1 Traités et manuels

- Isidore de Séville, Origine


- V. Maxime, Faits et dits, 24-31 après J-C

- Gaius, Institutes, 161 après J-C


- S. Cassages, La vie des femmes au Moyen Age, Editions Ouest-France, 2009.
- G. Lopez, S. Portelli et S. Clément, Les droits des victimes : Droit, audition, expertise, clinique.
Dalloz, 2007

- A. Coignac, « Le crime passionnel au XXIème siècle existe-t-il encore?, 19 sept 2018, Dalloz
2019

- M. HERZOG-EVANS et C. BRUNETTI-PONS, « Résidence alternée, syndrome d'aliénation


parentale et de violences domestiques », Dalloz RJPF, août 2014, p. 11

1.2 Dictionnaires, encyclopédies et répertoires

- Docteur A. Abbara, « Définition d’un caryotype », 2008.


- V. Dumas, revue « Historia », 2013

- D. Fougeyrollas-Schwebel et M. Jaspard, « Représentations de la violence envers les femmes


dans le couple : mesures du phénomène – Le cas français ». In: Santé, Société et Solidarité, n°1,
2008. « De l’égalité de droit à l’égalité de fait : Françaises et Québécoises entre législation et
réalité ». pp. 109-116

- M. DOUCHY-OUDOT - Professeur à l’université de Toulon - Avocat au Barreau de Toulon et L.


SEBAG - Vice-Président du tribunal de Grande Instance de Marseille - Co- Directeur de la
préparation aux concours d'accès à l'ENM-Université de Toulon, «   Violences conjugales   »,
JurisClasseur Procédure civile, 2017

- A. Andro et M. Lesclingand, « Les mutilations sexuelles féminines », in Population & siciétés, n


°438, INED, octobre 2007, Chiffres clés 2012, « l’égalité entre les femmes et les hommes ».

- D. Cholet ; S. Guinchard, « Difficultés au sein des couples », Revues  Dalloz - 2017-201

31
- B. Bécour, P. Vasseur , A. Chuc , B. Renaud, « Violences sexuelles conjugales à Paris : étude
analytique prospective de 100 cas » , 2014

- Actualité Dalloz étudiant , « La légitime défense », 23 septembre 2013

- R. BERNARDINI, « Légitime défense », OCTOBRE 2017 ACTUALISATION FEVRIER 2018


- C. FLEURIOT, «   Femmes battues : il ne faut pas créer un régime de légitime défense
différée », 24 février 2016

II - Ouvrages spéciaux

2.1 Thèses

2.2 Rapports

- Sénat, « Prévenir et combattre les violences faites aux femmes : un enjeu de société », 2019

- Sénat - Rapport parlementaires examen des article 222-3 à 13 du code pénal

III - Articles et chroniques

IV - Notes conclusions et observations

- Direction de l’information légale et administrative, commentaire « loi du 10 mars 2010 tendant à


amoindrir le risque de récidive criminelle et portant diverses dispositions de procédure pénale »,
2010.

V- Table de jurisprudence

- Cour cassation. ch. crim. 7 avril 1998, 97-84.068, publié au bulletin

VI - Lois et textes juridiques

- Loi n° 70-459 du 4 juin 1970 relative à l'autorité parentale

- Loi n°70-459 du 4 juin 1970 - art. 1 JORF 5 juin 1970 en vigueur le 1er janvier 1971

- Loi n°1810-02-17 promulguée le 27 février 1810


32
- Loi n°75-617 1975-07-11 art. 17 JORF 12 juillet 1975 en vigueur le 1er janvier 1976

- Loi n°92-1336 du 16 décembre 1992 - art. 372 (V) JORF 23 décembre 1992 en vigueur le 1er
mars 1994

- Loi n° 2000-516 du 15 juin 2000 renforçant la protection de la présomption d'innocence et les


droits des victimes

- Loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité
(1)

- Loi n° 2001-1062 du 15 novembre 2001 relative à la sécurité quotidienne

- Loi n° 2002-1138 du 9 septembre 2002 d'orientation et de programmation pour la justice

- Loi n° 2005-1549 du 12 décembre 2005 relative au traitement de la récidive des infractions


pénales (1)

- Loi n° 2006-399 du 4 avril 2006 renforçant la prévention et la répression des violences au sein du
couple ou commises contre les mineurs (1)

- Loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux
violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants (1)

- Loi n° 2014-873 du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes

- Loi n°2015-993 du 17 août 2015

- Directive européenne « Victimes » n° 2012/29/UE du 25 octobre 2012

- Loi n° 2010-242 du 10 mars 2010 tendant à amoindrir le risque de récidive criminelle et portant
diverses dispositions de procédure pénale

- Loi n° 2008-174 du 25 février 2008 relative à la rétention de sûreté et à la déclaration


d'irresponsabilité pénale pour cause de trouble mental

- Loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle - Article


34

33
- Loi n° 2014-896 du 15 août 2014 relative à l'individualisation des peines et renforçant l'efficacité
des sanctions pénales - Article 52

- LOI n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice -


Article 70 du code pénal étant propre à la violation des ordonnance de protection prises par le
juge aux affaires familiales en matière de violences conjugales.

- Loi n° 2010-769 du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux
violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants

- Loi n° 2014-873 du 4 août 2014 pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes - Article 32

- Loi n° 2018-703 du 3 août 2018 renforçant la lutte contre les violences sexuelles et sexistes

- Loi n° 2007-308 du 5 mars 2007 portant réforme de la protection juridique des majeurs

- Ordonnance n° 2000-916 du 19 septembre 2000 portant adaptation de la valeur en euros de


certains montants exprimés en francs dans les textes législatifs - Article 3

- Loi n° 92-683 du 22 juillet 1992 portant réforme des dispositions générales du code pénal

VII - Presse et articles.

34
Table de matières

Sommaire ……………………………………………………………….……02

Table des abréviations ……………………………………………………….03

Introduction ………………………………………………………………….04

I - Les femmes battues : entre répression pénale et prévention …………..10

A - Une répression pénale par le biais d’infractions aggravées …….……..10

B - Une prévention pénale cantonnée à la récidive des violences………….13

II - Les femmes battues: une protection pénale lacunaire ………….……..15

A - La nécessité de l’aménagement de la légitime défense ………………..15

B - La nécessité d’améliorer le système pénal français ……………..…….18

Conclusion ………………………………………………………………….. 20

Annexes ..……………………………………………………………………. 21

-  Articles du Code civil ………………………………………………21

-  Articles du Code pénal ……………………………………………..24

Bibliographie ……………………………………………..………………… 31

Table des matières ………………………………………………….……….35

35