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Ministère des Solidarités et de la Santé

A l’attention de Madame la Ministre


14, avenue Duquesne 75350 PARIS 07 SP

Objet : Demande d’enquête à l’Inspection Générale des Affaires Sociales sur les circonstances
ayant conduit au décès de mon frère Joël le 24 août 2019.

Madame Buzyn,

Mon frère, Joël RICHART, âgé de 49 ans, père de deux filles majeures, est décédé dans son
appartement, situé à COLMAR le samedi 24 août 2019 à 14 heures.

Ce décès aurait certainement pu être évité, si le service du 15 (SAMU 68), avait fait le
nécessaire. En effet, mon frère partageait son appartement avec deux autres locataires. L’un
d’entre eux, Monsieur JEANNEAU, a chiffré le 15 ce samedi 24 août à 9h55 (l’appel se terminera
à 10h01), voyant mon frère plié en deux, hurlant de douleurs.

Il a insisté auprès du médecin sur l’urgence de l’intervention auprès de mon frère, et néanmoins
le médecin urgentiste a pris la décision de ne pas envoyer d’équipe sur les lieux.

Quatre heures plus tard, mon frère est retrouvé décédé, sur le balcon de son appartement. Le
jour même, son corps a été transféré à l’Institut Médico-Légal de Strasbourg, en vue d’une
autopsie, compte tenu de son âge et des circonstances de son décès. L’autopsie a été réalisée le
vendredi 30 août 2019 dans la matinée révélant une occlusion intestinale comme cause de
décès.

Je vous pose la question suivante : vous semble-t-il normal, qu’en France, en 2019, après avoir
contacté le 15, on puisse mourir de cette pathologie ?

De ce fait, mon frère, ses deux filles, et moi-même ont été conviés le lundi 2 septembre 2019 à
14h30 au commissariat central, en présence de monsieur MONNARD. Le but de cette rencontre
fut de nous faire part des conclusions de l’autopsie, ainsi que de nous faire écouter la bande son
enregistrée.

Je vous transmets les notes que nous avons pu retenir : dans un premier temps, nous entendons
le colocataire, Monsieur JEANNEAU, à 9h55 contacté le 15. Après avoir décliné son identité,
l’adresse du logement, son numéro de téléphone, il fait part de l’objet de son appel. Il décrit «
une indigestion et des douleurs au ventre. L’assistant régulateur interroge le colocataire pour
savoir si le médecin traitant de mon frère travaille ce samedi. En réponse, monsieur JEANNEAU
explique que mon frère, de par son état, « il n’est pas bien, il ne peut pas y aller…Il y a
urgence, il ne va pas bien ».
Suite à cette description, l’assistant régulateur lui explique « qu’une indigestion n’est pas
forcément la place la plus adaptée…sous-entendu pour les urgences » et passe le relai au
médecin urgentiste.
Ce dernier va rester sur le diagnostic posé par le colocataire, à savoir une indigestion, et ne
demandera à aucun moment à parler à mon frère, ni ne va s’assurer qu’il ait bien la possibilité
de se déplacer et ce malgré les gémissements à plusieurs reprises, qu’on entend en fond….
Egalement, il lui indique que le médecin de garde ne se déplace pas le samedi matin et qu’il doit
se rendre à la maison de la santé à partir de 16 heures.

De mon côté, j’ai sollicité un rendez-vous le lundi 26 août par téléphone, avec le directeur du 15
et le médecin urgentiste, afin de comprendre la décision de ne pas intervenir et les
circonstances du décès de mon frère, mais je me suis heurté à une fin de non-recevoir.

Suite à cela, j’ai pris contact le 28 août 2019 avec l’Agence Régionale de Santé pour signaler le
décès de mon frère, à savoir que celui-ci n’était pas informé par le SAMU 68 du décès suite à un
appel au 15.

A ce jour, nous n’avons pas eu d’accompagnement et ni d’échange avec le SAMU 68,


Quel mépris envers notre famille !

Par contre, j'ai été contacté par un media et un avocat pour faire connaître cette affaire, mais je
me refuse de donner suite à ses demandes et pour l’instant je fais confiance dans la justice de
mon pays !

Nous, famille avons besoin de comprendre pour pouvoir faire le deuil de la mort de notre frère
et père.

En conséquence, j’ai déposé une plainte le 16 septembre 2019 auprès de la Procureure de la


République de Colmar pour NON ASSISTANCE A PERSONNE EN DANGER à l’encontre du SAMU
68 et contre le médecin urgentiste décisionnaire de cette non intervention, pour les faits décris
précédemment.

Egalement, pouvez-vous missionner l’Inspection Générale des Affaires Sociales afin d’enquêter
sur les circonstances ayant conduit au décès de mon frère Joël,

Dans l’attente des suites que vous donnerez à ce courrier, je vous prie d’agréer, Madame la
Ministre, l’expression de ma plus haute considération.
Noël RICHART