Vous êtes sur la page 1sur 29

UNIVERSITE HASSAN 1er

ENCG SETTAT

COMPTABILITE APPROFONDIE

NIVEAU / 4ème année


S7

Professeur : M. MAKHROUTE
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

Sommaire

Chapitre 1 : les sources du droit comptable et le Cadre comptable


général

Chapitre 2 : l’évaluation des immobilisations

Chapitre 3 : l’évaluation des titres

Chapitre 4 : L’évaluation des stocks

Chapitre 5 : l’évaluation des opérations libellées en devise étrangère

Chapitre 6 : Le traitement comptable des Subventions

Chapitre 7 : Emprunt obligataire

Chapitre 8 : Les contrats à long terme.

1
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

Chapitre I : les sources du droit comptable et le Cadre comptable général.

I- Les sources du droit comptable

Le droit comptable puise ses sources dans les traités internationaux lorsque ceux-ci sont
ratifiés par le Maroc. Le code de commerce et le plan comptable constituent les sources
législatives et réglementaires auxquelles se reportent toutes les entreprises. Enfin, divers
organismes, par leur avis ou propositions, permettent de se référer à la doctrine comptable.
 Les traités internationaux: les directives du conseil des communautés européennes;
 Les sources législatives et réglementaires: le code de commerce, le code de travail,
le code général des impôts, la loi sur les sociétés.
 Les sources jurisprudentielles et doctrinales: la jurisprudence et les avis, notes et
recommandations du conseil national de la comptabilité, ordre des experts
comptable…

II- L’information comptable et financière incombant à l’entreprise

Système d’organisation de l’information financière, la comptabilité est à la base de


nombreuses communications aux tiers en relation avec l’entreprise.
 l’information comptable et financière des administrations : l’information de
l’administration fiscale ; l’information des organismes de sécurité sociale
 l’information comptable et financière des associés
 l’information comptable et financière des commissaires aux comptes
 l’information comptable et financière du public

III- Le cadre comptable

7 PRINCIPES COMPTABLES
METHODES D’EVALUATION
DE FOND ETATS DE SYNTHESE
DISPOSITIF
RIGOUREUX ET
OBLIGATOIRE DE FORME ORGANISATION COMPTABLE
NOMENCLATURE DES COMPTES

2
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

1- Les principes comptables fondamentaux

La loi a retenu sept principes comptables fondamentaux dont l’application normale par
l’entreprise amène celle-ci à obtenir des états de synthèse qui donnent une image fidèle de
son patrimoine, de sa situation financière et de ses résultats.

 Le principe de la permanence des méthodes : C’est la convention par laquelle


l’entreprise, en l’absence d’indication expresse, est censée avoir établi ses comptes
annuels dans le respect des mêmes règles d’évaluation et de présentation que les
exercices précédents.
 Principe de spécialisation des exercices : C’est la convention par laquelle
l’entreprise est amenée à calculer le résultat de chaque exercice en imputant à chacun
d’eux les produits et les profits acquis qui s’y rattachent, ainsi que les charges et les
pertes correspondantes.
 Le principe de continuité d’exploitation : C’est la convention par laquelle
l’entreprise, en l’absence d’indication expresse, est censée avoir établi ses comptes
annuels sans l’intention ou l’obligation de se mettre en liquidation ou de réduire
sensiblement l’étendue de ses activités.
 Le principe du coût historique : C’est la convention par laquelle l’entreprise
comptabilise toutes ses opérations actives et passives en unités monétaires courantes
exprimant, au moment de leur entrée en patrimoine.
 Le principe de prudence : C’est la convention par laquelle les entreprises procèdent à
l’appréciation des faits économiques de façon raisonnable afin d’éviter de transférer
sur l’avenir les incertitudes déjà connues par elles et pouvant grever leur situation
financière.
 Le principe de clarté : C’est la convention par laquelle l’entreprise doit procéder à
l’enregistrement de ses transactions et informations dans les rubriques et sous les
comptes adéquats, prévus pour chaque nature d’opérations.
 Le principe d’importance significative : C’est la convention par laquelle l’entreprise
est autorisée, en matière d’évaluation de ses opérations comptables et de présentation
de ses états de synthèse, d’user d’approximations dans la mesure où le degré
d’approximation n’est pas susceptible d’influencer l’opinion que doit normalement
avoir un lecteur des comptes sur le patrimoine, la situation financière et les résultats de
cette entreprise .

2- L’objectif des 7 principes comptables


Régularité : conformité aux règles et procédures

Application des principes comptables

Sincérité : l’application de bonne foi des règles, procédures et principes

Image fidèle

3
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

3- L’organisation comptable (voir schéma)

Application :

1. Les factures de télécommunications sont adressées à l’entreprise tous les deux mois : la
dernière facture établie le 10/12/N comprend l’abonnement du 01/12 au 31/01 et les
consommations du 30/09 au 30/11.
2. L’entreprise a acquis en crédit-bail un matériel, la redevance est payable trimestriellement.
3. L’entreprise a fait en fin d’exercice l’objet d’un contrôle fiscal : les conclusions provisoires
laissent présager un redressement de l’impôt sur les sociétés.
4. Le compte collectif « clients » laisse apparaître un solde global débiteur, cependant certain
client ont un solde créditeur dû aux avoirs qui leur ont été adressés après règlement.
5. L’entreprise a acquis un immeuble en début d’années N ; en fin d’exercice, un expert a
estimé cet immeuble à une valeur supérieure à son d’acquisition.
6. L’entreprise a acquis des matières premières à un fournisseur et en échange lui a adressé un
lot de produits finis.
7. L’entreprise a cautionné un prêt bancaire de 50 000 dhs accordé à l’un de ses salariés.
8. Les cours de certaines valeurs mobilières de placement ont augmenté alors que d’autres ont
baissé.
9. L’inventaire des espèces de caisse laisse apparaître une différence de 100 dhs.
10. Un terrain acquis, il y a dix ans, figure pour sa valeur d’acquisition à l’actif du bilan.
11. Le coût déjà engagé d’une commande en cours ajouté au montant prévisible des dépenses
restant à effectuer sur cette commande est supérieur au prix fixé dans le contrat entre
l’entreprise et son client.
12. Certaines créances en monnaies étrangères laissent apparaître un profit de change
potentiel alors que d’autres laissent apparaître une perte de change potentielle.
13. Sur une opération certaine, partiellement exécutée et acceptée par le contractant, on
constate la réalisation d’un bénéfice.
14. Acquisition d’une immobilisation à crédit dont le prix est fixé en monnaie étrangère : le
montant des règlements effectués est différent de la valeur de l’immobilisation fixée
initialement.
15. Evaluation de la sortie des stocks de matières selon FIFO alors qu’au cours de l’exercice
précédent cette évaluation avait été effectuée au coût moyen pondéré.
16. L’entreprise n’a atteint au cours de l’exercice N que 75% de sa capacité normale de
production.
17. L’entreprise se demande si elle peut chaque année faire varier ses amortissements en
fonction des résultats.
18. L’entreprise se demande si elle doit évaluer ses créances à terme productives d’un faible
taux d’intérêt par une méthode d’actualisation.

TAF : Justifier la comptabilisation de ces événements

4
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

Chapitre II : l’évaluation des immobilisations.

1- Généralités

Les immobilisations regroupent les biens destinés à servir de façon durable l’exercice de
l’activité d’une entreprise. Ces biens ne se consomment pas par le premier usage.

Les critères à observer pour considérer un bien en tant qu’immobilisation :

 La destination et non la nature du bien (usage durable);


 La propriété seuls les biens appartenant à l’entreprise doivent figurer à l’actif

DISTINCTION ENTRE IMMOBILISATION, STOCK ET CHARGE :

Toutes les dépenses supportées par une entreprise s’analysent en acquisition


d’immobilisation, stocks ou charges.

L’affectation d’une opération à l’une ou l’autre de ces trois catégories peut s’avérer délicat.
a- Distinction : immobilisation et stock

Le critère de la durée d’utilisation doit être observé pour distinguer une immobilisation d’un
stock.

Exception :

 Acquisition par une entreprise d’un lot de pièces de rechange pour ses immobilisations
techniques ; les pièces sont à immobiliser.
 Utilisation par une entreprise pour ses propres besoins d’un bien prélevé de son stock ;
le bien doit être immobilisé.
 Emploi d’un matériel de démonstration ou d’essai ; si la durée est supérieur à un an le
matériel doit être immobilisé.

b- Distinction : immobilisation et charge

Généralement la distinction entre un investissement à immobiliser et une dépense à inscrire en


charge est claire.

Exception :

 Les charges de réparation et d’entretien sont à immobiliser si la dépense conduit à une


augmentation de la valeur du bien, ou de sa durée probable d’utilisation.
 Les biens de faible valeur sont considérés comme des charges.

2- Règles d’évaluation des immobilisations

Le problème consiste à déterminer le montant pour lequel l’immobilisation figurera au


bilan, qu’elle acquise ou produite par l’entreprise.

5
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

Les immobilisations doivent être évaluées à 3 occasions : à leur entrée en actif, à


l’établissement des états financiers, à leurs sorties du bilan.

2.1 Règles d’évaluation à l’entrée du patrimoine :


2.1.1 Immobilisations corporelles :
A la date d’entrée dans le patrimoine, les immobilisations corporelles sont comptabilisées
pour les montants suivants :

Immobilisations corporelles Valeurs


Biens acquis à titre onéreux Coût d’acquisition
Biens produits par l’entreprise Coût de production
Biens acquis à titre gratuit Valeur vénale
Biens acquis par voie d’échange Valeur vénale du bien dont l’estimation est la plus sûre
Biens acquis à titre d’apport en nature Valeur figurant dans le traité d’apport

a- Cout d’acquisition
Les immobilisations achetées par l’entreprise doivent être inscrites à leur coût d’acquisition.
Le coût d’acquisition est égal au prix d’achat majoré des frais accessoires nécessaires à la
mise en état d’utilisation du bien.

Éléments inclus dans le coût d’acquisition Éléments exclus dans le coût d’acquisition
+ Prix d’achat - Réductions commerciales.
+ Frais de montage et d’installation (nécessaires - Droits de mutation (enregistrement) ;
pour mettre le bien, en état d'utilisation à - Honoraires (sauf d’architecte) et commissions ;
l’exclusion des frais d'essais et de mise au point - Frais d'actes.
qui sont à classer dans les charges de l’exercice - Frais de transport postérieur à la première mise
ou, le cas échéant, susceptibles d'être répartis sur en service.
plusieurs exercices. - TVA déductible
+ Frais accessoires (transports avant mise en - Charges financières exposés pour l’acquisition1.
service, frais de transit, frais de réception,
assurances)
+ Droit de douanes à l’importation
+ TVA non déductible
+ Honoraires des architectes

Les droits de mutations, honoraires, commissions et frais d’actes peuvent être étalés sur une
durée maximale de 5 ans par inscription dans le compte 2121 frais d’acquisition
d’immobilisation.

1
Les frais généraux et les charges financières engagés pour l’acquisition d'immobilisations sont exclus
du coût d'acquisition de ces immobilisations.
Toutefois, dans le cas exceptionnel d'un délai d'acquisition supérieur à un an, les frais financiers
spécifiques de préfinancement (intérêts intercalaires) se rapportant à cette période peuvent être inclus
dans le coût d'acquisition de ces immobilisations ; avec mention expresse dans l’ETIC (AI).
6
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

Applications :

Application 1 :
Pour l’installation d’une machine – outil, il a été dépensé :
 Prix d’achat : 580 000
 Droit de douane à l’importation : 60 000
 TVA et taxes récupérables : 125 440
 Frais de transport, d’installation, de montage nécessaires à la mise en état d’utilisation : 57 600
(dont 9 600 de TVA)
 Frais d’essai : 23 920 (dont 3 920 de TVA)
 Frais financiers exposés pour l’acquisition 16 000

Application 2 :
Une entreprise s’est procuré le 20/02/2014, un camion aux conditions suivantes :
 Prix HT : 900.000
 Options : 12.000
 Total (HT) : 912.000
 TVA (20 %) : 182 400
 Frais d’immatriculation : 7.240
 Vignette : 3.000
 Avant de le mettre en service, l’entreprise a déposé le camion chez un tôlier pour le frapper de
l’enseigne de l’établissement, la facture reçue le 04/03/2014 s’élève à 9 600 Dhs TTC (TVA
20%).
TAF :
 Enregistrer le coût d’acquisition de ce camion (les règlements ont été faits par chèque).

Application 3 :
Une entreprise a importé une machine de 1 million de dh à crédit sur 2 ans avec les conditions
suivantes :
 Le 20/05/2017 : Réception de la facture du fournisseurs ;
 Le 30/05/2017 : réception de la facture de la direction des douanes : prix d’acquisition 1
million de dirhams, droit de douanes 4000 dh, transit 15 000 dh, TVA 200 000 dh, paiement
par chèque bancaire.
 Le 14/07/2017 : Réception de la facture de transport de 10 000 HT, d’installation de 15 000 dh
HT et des frais d’essai 20 000 dh HT, paiement par chèque bancaire.

Application 4 :
Il a été acquis en janvier N, un terrain destiné à supporter un immeuble à usage de bureaux. Il a été
réglé :
 Terrain : 400 000
 Frais de notaire : 12 000
 Droit d’enregistrement : 4 000
 Travaux de terrassement dans le but de rendre le terrain constructible : 67 000
 Participation aux travaux de voierie effectués par la commune : 55 000

7
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

Règles fiscales à observer :

 Cas d’un assujetti partiel


La TVA qui a grevé les biens affectés concurremment à des opérations taxables et d’autres situées en
dehors du champ d’application de la TVA, n’est déductible qu’en proportion d’un pourcentage de
récupération appelé : prorata de déduction.

N.B. : « Le reversement intervient lorsque l’événement en question intervient avant la 4ème année
suivant celle de l’acquisition. (Délais de régulation) »

Application 3 :
Une entreprise est partiellement assujettie à la TVA, son prorata de déduction pour l’exercice N est de
82%.
Au courant de N, elle s’est procuré divers matériels informatiques :
Prix hors taxe de 120 000, TVA 20%
Fin N, P= 90%
Fin N+1 = 76%
Fin N+2 = 83%

Exercice :
Une entreprise a acquis le 01/01/N-1, un matériel de transport aux conditions suivantes:
Hors taxe 400 000,00
TVA 20% 80 000,00
Total (TTC) 480 000,00

Le prorata de déduction de: N-2 est de 70%.


 Supposons que le prorata de N-1 est de 77%.
 Supposons que le prorata de N est de 64%.

8
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

 Supposons que le prorata de N+1 est de 72%


 Supposons que le prorata de N+2 est de 68%
 Supposons que le prorata de N+3 est de 80%
 Supposons que le prorata de N+4 est de 83%

TAF :
1/ Comptabiliser l'acquisition de l'immobilisation.
2/ Pour chaque hypothèse calculer et enregistrer la régularisation de la TVA.

 Cas de cession d’immobilisation

Application 4 :
Le 30/10/N l’entreprise cède un matériel de production au prix de 80 000 à crédit. Le matériel de
production a été acquis le 01/04/ N-2 au prix de 150 000 et amorti sur une durée de 10 ans en mode
linéaire.

9
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

b- Cout de production
Le coût de production est égal au coût d’acquisition des matières consommées augmenté des
charges directes et d’une fraction des charges indirectes de production.

Charges Règle générale Exceptions


Coût d’acquisition des matières Inclus
consommées
Charges directes de production Incluses
Charges indirectes de Incluses dans la mesure La quote-part de charges indirectes
production où elles peuvent être correspondant à la sous activité doit
raisonnablement être exclue
rattachées à la
production du bien
2
Charges financières Exclues le coût de production des
immobilisations peut comprendre le
montant des intérêts relatifs aux dettes
contractées pour le financement de
cette production depuis le "
préfinancement " spécifique jusqu'à la
date normale d'achèvement de
l’immobilisation ou de sa mise en
service si elle est exceptionnellement
antérieure à cette date. Mention doit
être faite dans l’ETIC de cette
inclusion de charges financières
Frais d’administration générale Exclues Sauf si des conditions spécifiques
Frais de recherche et de d’exploitation justifient leur prise en
développement compte
Frais de stockage

Si la production est achevée : cout de l’immobilisation est comptabilisé à la classe 2.


Si la production n’est pas achevée à la clôture de l’exercice : On comptabilise au débit
l’immobilisation corporelles en cours 239 et on crédite le compte 714 immobilisation produite
par l’entreprise elle-même.
Application :
Du 01/06 au 30/12, réalisation de la construction par l’entreprise ; il a été dépensée les charges
suivantes :
 Coût d’achat des matériaux : 1 110 000
 Charges directes : 1 070 000
 Charges indirectes de production : 1 200 000
 Charges indirectes d’administration : 680 000
 Le 1er juin, emprunt de 1 200 000 au taux de 7%, remboursable en totalité dans 5 ans, destiné
à financer la construction. Les intérêts sont payables chaque année, à terme.

2
Les éléments de coûts d’emprunt sont :
-Intérêt sur découverts bancaires et emprunts à court terme et à long terme
-Amortissement des primes d’émission ou de remboursement relatives aux emprunts
-Amortissement des coûts accessoires encourus pour la mise en place des emprunts (frais d’émission)
-Différences de change résultant des emprunts en monnaie étrangère, dans la mesure où elles sont assimilées à un ajustement
des coûts d’intérêt

10
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

Exercice :

La Société Nouvelle de Bâtiment, SNB, est spécialisée dans la construction de bâtiments,


l'adduction d'eau, le terrassement et l'assainissement. Son exercice comptable coïncide avec
l'année civile.
En N et N+ 1 les services de la société ont procédé à l'édification du nouveau siège social de
l'entreprise. Le coût des travaux engagés est le suivant (montants hors taxes, correctement
enregistrés dans les comptes de charges) :

Éléments N N+1
 Matières premières consommées 48 700 17 100
 Autres charges variables de production 39 800 25 600
 Charges fixes de production 21 400 12 500
 Quote-part de charges d'administration 2 300 1 400

Afin de financer les travaux la SNB a emprunté à sa banque 100 000 Dh, le 1 er mars N, à un
taux de 6 % (emprunt remboursable in fine le 31 décembre N+3).
Le chantier a débuté le 15 mars N et s'est terminé à la date de mise en service, le 1 er juin N+
1. S'agissant d'un actif éligible, la SNB opte pour l'incorporation des charges financières dans
le coût de production de l'immobilisation. Compte tenu d'une conjoncture difficile, les
dirigeants de la SNB estiment le taux d'activité réel à 70 % de l'activité normale pour les
exercices N et N+ 1.
TAF :
1. Déterminer la valeur de la construction au 31 décembre N et au 1 er juin N+ 1. Justifier les
calculs.
2. Enregistrer les écritures nécessaires aux mêmes dates dans la comptabilité de la SNB.

11
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

2.1.2 Immobilisations incorporelles :


Les immobilisations incorporelles sont inscrites à :
 leur coût d'acquisition ;
 leur coût de production pour celles qui sont produites par l’entreprise pour elle-même.

1 - Les frais de recherches et de développement :


Les frais de R&D se décomposent en :
 Frais de recherche fondamentale: travaux théoriques ou expérimentaux effectués en
vue d’acquérir de nouvelles connaissances, sans application immédiate,
 Frais de recherche appliquée: travaux orientés vers un objectif déterminée,
 Frais de développement expérimental: travaux effectués en vue du lancement d’une
nouvelle production ou de l’amélioration d’un processus de production.

Ces frais sont comptabilisés, lors de leur engagement, dans les comptes de charges
correspondants. Les frais de recherche appliquée et de développement peuvent être
immobilisés si les deux conditions sont simultanément remplies :
1. Les projets doivent être nettement individualisés et leur coût distinctement établi pour
être réparti dans le temps,
2. Chaque projet doit avoir, à la date d’établissement des comptes, de sérieuses chances
de réussite technique et de rentabilité commerciale.
L’inscription en immobilisation se fera au coût de production, par l’écriture suivante :

Date
2210 Immob en recherche et développement
34552 Etat TVA récupérable
7142 Immob incorporelle produite
4455 Etat TVA Facturée

Les frais inscrits en immobilisation sont amortis selon le mode linéaire sur une durée maximale de 5
ans. La date de départ de l’amortissement correspond, en principe, à celle du début de la fabrication du
nouveau produit ou de l’utilisation du nouveau procédé. A titre exceptionnel, ce délai peut être
supérieur, dans la limite de la durée d'utilité de ces actifs, mention de cette dérogation devant être faite
dans l’ETIC (A1).
En cas d’échec du projet, les frais de R&D correspondants doivent être immédiatement amortis
intégralement par le compte de dotations non courantes (la valeur nette d'amortissements doit
immédiatement être ramenée à zéro). Débit 65912 et par le crédit du 2821.

2 - Les brevets et concessions :


En cas de prise de brevet consécutive à des recherches, la valeur attribuée au brevet est au plus égale à
la fraction non amortie des frais correspondants inscrits au compte frais de recherche et de
développement. L’écriture de transfert s’effectue par l’écriture suivante :

Date
2220 Brevets, marque et droits similaires
2821 Amortissement des frais de R&D
2210 Immob en R & D

12
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

En cas d’acquisition d’un brevet, il est enregistré pour son coût d’acquisition qui correspond à
la valeur vénale du brevet.
L’amortissement des brevets devrait normalement s’effectuer sur leur durée effective
d’utilisation ou sur la durée de protection qu’il confère. Mais, fiscalement leur amortissement
n’est admis que sur une durée minimale de 5 ans, en mode linéaire.
Dans le cas des brevets acquis grâce au versement de redevances, l’annuité d’amortissement
peut être égale au montant de la redevance versée.

3 – Les logiciels : Leur prix ne peut être distingué de celui du


matériel informatique ; ils sont alors
Indissociés au comptabilisés en même temps que le coût
matériel d’acquisition du matériel en compte 2355
informatique matériel informatique
Logiciels
Prix est indistinct
ou distinct de Acquis : Ils sont inscrits en compte
celui du matériel concessions et droits similaires, pour leur coût
Dissociés au d’acquisition
matériel
informatique
Crées : Sous certaines conditions, Ils sont
inscrits en compte concessions et droits
similaires, pour leur coût de production

Dans le cas de figure de la création, et pendant la réalisation du logiciel, les charges entrent
dans son processus de production sont à transférer au compte d'immobilisation à la fin de
chaque exercice, en débitant le compte 2285 « immobilisation incorporelles en cours », en
contrepartie du compte 7142 «immobilisation incorporelles produites ».
A l'achèvement du logiciel, on débite le compte 2220 « brevets, marque, droits et valeurs
similaire », en contrepartie on crédite le compte 2285« immobilisation incorporelles en Cours

Seules certaines charges engagées dans le processus de création du logiciel peuvent être
incorporées dans le coût de production immobilisé :

13
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

Les logiciels crées à usage interne à l’entreprise ne peuvent être immobilisés que sous trois
conditions :

1. Le projet doit avoir de sérieuses chances de réussite technique ;


2. L’entreprise doit avoir indiqué concrètement son intention de produire le
logiciel et de s’en servir durablement pour répondre à ses propres besoins ;
3. L’entreprise doit disposer d’outils de gestion lui permettant :
 d’individualiser nettement chaque projet et d’établir distinctement leur coût
 de rattacher les charges engagées aux différentes phases techniques
 d’évaluer à chaque étape les chances de réussite technique du projet.

Application :

La société ALPHA, spécialisée dans la production de matériel d’emballage, a réalisé, entre autres, les
opérations suivantes au cours des exercices N et N+1 :

1- Dépenses de R&D : Le bureau d’étude, organisé en « groupes de projets », répertorie toutes les
dépenses et heures de travail sur des « fiches de projets » transmises chaque mois à la direction ; vous
relevez en particulier, les fiches suivantes :

N03 : mise au point d’une sertisseuse ;


Les charges engagées en N sont de :
 Charges de personnel 114 000
 Sous traitance 108 000
 Fourniture diverses 105 000

La réalisation du prototype n’est pas entièrement terminée à cette date mais les plus gros problèmes
ont été résolus et les derniers travaux ne concernent que la mise au point définitive ; les services
commerciaux confirment une demande importante de ce matériel.
La conception de la sertisseuse est entièrement terminée au 21/02/N+1, la fabrication étant lancée le
02/04/ N+1. Les dépenses engagées durant l’année N+1 ont été de 394 000.
La direction de l’entreprise désire amortir ces frais sur 5 ans.

La sertisseuse a fait suite à une prise de brevet début N+2

Le bureau d’études a également mis au point durant l’année N un logiciel destiné au contrôle de
certaines pièces fabriquées. Les études ont débutées en janvier N et le logiciel a pu être mis en service
à compter du 1 er septembre N+1. Il donne toute satisfaction et son utilisation se poursuivra dans les
années à venir. La fiche L12 du bureau d’études mentionne les étapes suivantes :
Du 05- 01 au 28-01/N : études préalables 61 000
Du 31- 01 au 25-02/N : analyse fonctionnelle 83 000
Du 20- 02 au 28-04/N : analyse organique 77 000
Du 02- 05 au 30-06/N : programmation 97 000
Du 05- 01 au 28-01/N+1 : test sur les petites séries 43 000
Du 05- 01 au 28-01/N+1 : rédaction de la documentation 26 000
Du 05- 01 au 28-01/N+1 : formation des utilisateurs 25 000
La direction de l’entreprise désire amortir le logiciel sur 5 ans.

14
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

Exercices
Exercice 1 :
L'entreprise RST, dont l'exercice comptable coïncide avec l'année civile, a engagé, durant
l'exercice N, divers programmes de recherche :
 le projet « Mercure », pour lequel des travaux s'élevant à 45 000 Dh ont été effectués.
Le projet n'est pas achevé à la clôture de l'exercice, mais les dirigeants estiment qu'il
permettra la commercialisation d'un produit nouveau dès l'année N+2. Les dépenses
font l'objet d'une programmation et d'un suivi précis en comptabilité analytique ;
 le projet « Mars », auquel il a été engagé pour 58 600 Dh de frais : ce projet restera à
l'état de recherche fondamentale.
À la fin du mois de Septembre de l'exercice N+ 1, le projet « Mercure » est achevé ; le total
des charges engagées s'élève à 224 600 Dh. À la fin de l'année N+3, devant les menaces de la
concurrence, l'entreprise RST dépose un brevet concernant le projet « Mercure ».
TAF :
1. Analyser les deux projets au regard de la réglementation comptable.
2. Présenter les écritures à enregistrer dans le livre-journal de l'entreprise RST à la clôture des
exercices N, N+1, N+2 et N+3 (les dirigeants immobilisent systématiquement les frais de
développement lorsque c'est possible et les amortissent sur cinq ans à compter de la date
d'inscription au compte 2210 ; en cas de dépôt de brevet, ils évaluent ce dernier à la valeur
non amortie des frais de recherche et de développement).
3. Analyser l'impact du choix des dirigeants sur le résultat comptable des exercices
concernés.

Exercice 2 :
La société STPC, dont l'exercice comptable coïncide avec l'année civile, a largement recours à
l'informatique, tant dans son processus de production que pour l'exécution de ses travaux
administratifs.
Le 1 er mars N, elle acquiert un logiciel de gestion des flux afin d'optimiser ses livraisons ; le
montant de l'investissement est de 45 000 Dh hors taxes, le logiciel sera utilisé pendant trois
ans. Au mois d'octobre N, le service informatique de la société débute la création d'un logiciel
de gestion de la production ; les dépenses suivantes sont engagées pendant le dernier trimestre
de l'année N (et enregistrées dans des comptes de charges par nature) :
• Étude préalable et analyse fonctionnelle : 12 000 Dh
• Analyse organique : 13 500 Dh

Au cours du premier trimestre N+1, les frais suivants sont mis en œuvre et enregistrés dans
les comptes de charges correspondants :
• Programmation, tests et jeux d'essai : 18 750 Dh
• Documentation utilisateur : 9 750 Dh
• Estimation des frais de maintenance en N+1 : 7 500 Dh
Les conditions nécessaires à l'immobilisation du logiciel sont réunies. Ce dernier est mis en
service le 20 mars N+ 1. Il sera utilisé pendant quatre ans. Sa valeur résiduelle à la fin de la
période d'utilisation est nulle.

15
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

TAF :
1. Calculer le coût du logiciel de gestion de la production.
2. Enregistrer les écritures comptables relatives à l'entrée de ces deux logiciels dans le
patrimoine de la société STPC ainsi que les écritures d'inventaire à la clôture des exercices N
et N+ 1.

Rappel du crédit-bail :
Le contrat de crédit-bail constitue une opération de location assortie d’une promesse de vente
du bien au locataire à l’expiration de la période de location.
 Au départ du contrat de crédit-bail, est exigé en général une garantie du locataire ;
 A la fin de chaque terme, le locataire paie une redevance leasing, taxée de 20% ;
 A la levée d’option d’achat, le prix généralement faible constitue la valeur d’origine
du bien et se récupère par le biais des amortissements.
L’amortissement des biens d’occasion et de leasing :

 Les biens en leasing et d’occasion doivent, en principe, être amortis sur la durée de vie
restante.
 Si la valeur résiduelle du bien en leasing est très faible, elle peut être amortie sur une
ou deux années.
 Pour les biens d’occasion totalement amortis, une durée de vie est estimée par
l’entreprise.

Application 1 : L’acquisition d’une immobilisation par crédit-bail


L’entreprise alpha a fait l’acquisition d’un matériel de transport financé par crédit-bail.
05/01/N, versement d’une garantie de 3 000 et de la première redevance de 2 500 HT
05/01/N+5, l’entreprise lève l’option d’achat pour un montant de 25 000 DHS HT.
Application 2 : L’acquisition d’une immobilisation par crédit-bail
M. Ahmed exploite une entreprise individuelle dont l'exercice comptable coïncide avec
l'année civile.
Il conclut, en date du 30 avril N, un contrat de crédit-bail mobilier concernant une machine
d'une valeur de 24 000 Dh (montant hors taxes) aux conditions suivantes :
• Dépôt de garantie : 1 500 Dh, versé le 30 avril N.
• Redevances trimestrielles, payées à terme échu, la première le 31 juillet N : 1 440 Dh
(montant hors taxes, TVA récupérable au taux normal en sus).
• Durée du contrat : 5 ans ; valeur résiduelle : montant du dépôt de garantie.
Le 30 avril N+5, M. Ahmed lève l'option.
TAF : Comptabiliser dans les livres de l'entreprise Ahmed :
- le versement du dépôt de garantie ;
- le paiement de la première redevance ;
- l'écriture d'inventaire au 31 décembre N ;
- la levée d'option à l'échéance du contrat.

Application 3 : l’acquisition des immobilisations dont le prix est indexé.


L’acquisition d’une immobilisation est parfois accompagnée de l’octroi d’un crédit de longue
durée par le fournisseur. Dans cette hypothèse, les annuités de paiement peuvent faire l’objet
16
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

d’une indexation. Le coût d’acquisition de l’immobilisation dans ces cas doit être déterminé
conformément aux règles générales d’évaluation. Les modalités de règlement du prix
demeurent sans incidence sur ce coût.

L’entreprise alpha a acquis une machine de production évaluée à 1 000 000 DHS HT le
01/01/N. Le règlement est effectué comme suit : 300 000 par chèque bancaire ;
Le solde en trois versement égaux le 31/12/N ; 31/12/N+1 ; 31/12/N+2
Ces montants seront indexés aux taux d’inflation officiel de l’année : Fin N : 2,5% ; Fin
N+1 :3% et Fin N+2 : 3,25%

Application 4 : l’acquisition des immobilisations en monnaie étrangère.


Voir chapitre 4

Application 5 : Acquisition des immobilisations financées par subvention


d’investissement
Voir chapitre 5

2.2 Règles d’évaluation à l’arrêté des comptes :

A la clôture de chaque exercice, deux séries de travaux doivent être réalisées au titre des
immobilisations :
 L’inventaire, càd le recensement et l’évaluation de tous les biens enregistrés dans les
comptes d’actifs immobilisé. On est ainsi amené à déterminer la valeur actuelle de
chaque immobilisation ;
 La détermination de la valeur à retenir au titre de chacun de ces biens pour la
présentation des comptes annuels, càd la fixation de la valeur d’inventaire. Cette
opération conduit à effectuer, pour chaque bien, la comparaison entre sa valeur
comptable et sa valeur actuelle. Pour certaines immobilisations, la valeur actuelle est
la valeur nette comptable ; des amortissements sont constatés ; Pour les
immobilisations non amortissables, toute moins-value non définitive conduit à la
constitution d’une provision pour dépréciation.

Rappel : L’AMORTISSEMENT DES IMMOBILISATIONS :

Le caractère obligatoire des amortissements procède de dispositions comptables et également


fiscales. L’amortissement est défini comme étant « la constatation comptable d’une
dépréciation de la valeur d’un élément de l’actif immobilisé jugée irréversible résultant de
l’usage, du temps ou du changement technique ». L’amortissement a pour rôle de :
 Corriger la valeur des immobilisations
 Récupérer les dépenses engagées pour l’investissement et donc son renouvellement.

17
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

Les modes d’amortissement sont : L’amortissement constant ou linéaire répartit de manière


égale les dépréciations sur la durée de vie de l’immobilisation ;
L’amortissement dégressif constate les annuités d’amortissement plus importantes les
premiers exercices et vont en décroissant.

Le traitement comptable :
Constatation d’un
appauvrissement, compte de
Débit charge 619.

Constatation
d’une dotation Constatation d’un
Crédit
amoindrissement de l’élément
d’actif, compte d’actif
créditeur 28..

La modification du plan d’amortissement :


Le respect du principe de la permanence des méthodes suppose que l’on applique les même
règles d’amortissement pour des biens identiques d’un exercice à l’autres, aussi bien au regard
des durées d’amortissement à retenir que des méthodes choisies. Mais il peut être envisagé de
déroger à ce principe. Les modalités de modification des plans d’amortissement peut se faire
par :
 La révision d’un plan d’amortissement suite à une ré-estimation de la durée
 La révision d’un plan d’amortissement suite à un changement de méthodes

Rappel : LES PROVISIONS POUR DEPRECIATION :

Les provisions pour dépréciation sont définies comme étant « la constatation comptable d’une
dépréciation de la valeur d’un élément de l’actif immobilisé jugée réversible ».

18
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

2.3 Règles d’évaluation à la sortie du patrimoine :

Cas de cession d’immobilisation

Application 1:
Le 30/10/N l’entreprise cède un matériel de production au prix de 80 000 à crédit. Le
matériel de production a été acquis le 01/04/ N-6 au prix de 150 000 et amorti sur une durée
de 10 ans en mode linéaire.
Application 2:
Le 30/10/N l’entreprise cède un matériel de production au prix de 80 000 à crédit. Le
matériel de production a été acquis le 01/04/ N-2 au prix de 150 000 et amorti sur une durée
de 10 ans en mode linéaire.

Cas de l’amortissements dégressif (Amortissement dérogatoire)


Le traitement comptable des amortissements dégressifs se fait à deux niveaux, selon que :

Amortissement fiscal (AF)3 > Amortissement économique (AE)4


ou
Amortissement économique (AE) > Amortissement fiscal (AF)
- Tant que AF > AE on passe les écritures suivantes :

1- Pour la partie de l'AE :

- Débiter un compte de charges :

619... Dot d'exploitation

- Créditer un compte d'actif.

28... Amortissements de... (Suivi des chiffres du compte de l'immobilisation concernée à


partir du second chiffre).

2- Pour l'excèdent de l'AF sur AE

- Débiter le compte 65941 DNC pour amortissements dérogatoires.

- Créditer le compte 1351 Provisions pour amortissements dérogatoires.

- Tant que AE > AF on passe les écritures suivantes :

1- Pour la partie de l'AE

- Débiter un compte de charges :

619... Dot d'exploitation ...

3
AF : Amortissement Fiscal, représenté ici par l’amortissement dégressif
4
AE : Amortissement économique, représenté ici par l’amortissement linéaire

19
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

- Créditer un compte d'actif.

28... Amortissements de.... (Suivi des chiffres du compte de l'immobilisation concernée à


partir du second chiffre).

2- Pour l'excèdent de l'AE sur AF :

- Débiter le compte 1351 Provisions pour amortissements dérogatoires.

- Créditer le compte 75941 Reprises sur amortissements dérogatoires.

 Application :
On considère les deux tableaux d’amortissements (linéaire et dégressif) suivants, d’une
installation technique :

Tableau d’amortissement linéaire : AE

Années Base Taux Annuités Amortissements cumulés (∑A) VNA = Ve - ∑A

2004(3mois) 360.000 20% 18.000 18.000 342.000

2005 360.000 20% 72.000 90.000 270.000

2006 360.000 20% 72.000 162.000 198.000

2007 360.000 20% 72.000 234.000 126.000

2008 360.000 20% 72.000 306.000 54.000

2009 (9mois) 360.000 20% 54.000 360.000 0

Tableau d’amortissement dégressif : AF

Durée Taux Amortissements VNA


Années restante Base Taux dégressif Annuités
constant cumulés (∑A) = Ve - ∑A

2004 60 mois
360.000 40% 20% 36.000 36.000 324.000
(3mois)

2005 57 mois 324.000 40% 21.05% 129.600 165.600 194.400

2006 45 mois 194.400 40% 26.667% 77.760 243.360 116.640

2007 33 mois 116.640 40% 36.36% 46.656 290.016 69.984

2008 21 mois 69.984 40% 57.14% 39.991 330.007 29.993

2009 9 mois
69.984 40% 57.14% 29.993 360.000 0
(9mois)

20
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

TAF : -Comptabiliser les dotations 2004 et 2007 (système dégressif)

- Supposer que cette machine a été cédée le 30/06/2007 à 150 000 dh. Comptabiliser les
écritures de la cession.

 Incidence des amortissements sur le CPC et le Bilan :


Tant que l’AF est supérieur à l’AE, les balances avant et après inventaires se présenteront de
la manière suivante :

 Remarque :
Une fois l’AE deviendra supérieur à l’AF, le compte 1351 sera révisé à la baisse et le compte
65941 sera remplacé par le compte 75941 reprises sur amortissements dérogatoires dans la
balance après inventaire.

1- Incidence des amortissements sur le Bilan :


A ce niveau, l’incidence concerne aussi bien l’Actif que le Passif du bilan (1351 Provisions
pour amort dérogatoires)

Actif Brut Amort ou Prov Net Passif Net

∑ Amortissement VNA 135 Prov pour ∑ Amortissement


au amort dérogation
Poste 2 Vo dérogatoires
Immobilier 31/12/N 31/12/N

2- Incidence des amortissements sur le CPC :


Dans le cas le CPC apparaitra une dotation d’exploitation et non courante ; tant que l’AF est
supérieur à l’AE.

Puis une dotation d’exploitation et une reprise non courante lorsque AE est supérieur à l’AF.

CPC au 31/12 de l’année N AF > AE

619 Dot d’exploitation Dotation de l’année N

… …..

659 Dot non courantes Dotation de l’année N

CPC au 31/12 de l’année N AE > AF

619 Dot d’exploitation Dotation de l’année N

… …..

21
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

759 Reprises non courantes Reprises de l’année N

Exercices :

Exercice 1 :

Une entreprise s’est procuré le 20/02/2014, un camion aux conditions suivantes :


Prix HT : 900.000
Options : 12.000
Total (HT) : 912.000
TVA (20 %) : 182 400
Frais d’immatriculation : 7.240
Vignette : 3.000
Avant de le mettre en service, l’entreprise a déposé le camion chez un tôlier pour le frapper de
l’enseigne de l’établissement, la facture reçue le 04/03/2014 s’élève à 9 600 Dhs TTC (TVA
20%).

TAF :
Enregistrer le coût d’acquisition de ce camion (les règlements ont été faits par chèque).

Exercice 2 :

Une entreprise a construit un hangar pour elle-même amortissable sur 20 ans, aux coûts
suivants:
• Matières et fournitures 232 000
• Charges de personnel 242 000
• Autres charges d'exploitation 95 200
• Intérêts intercalaires (période de fabrication) 130 800

L'achèvement du hangar et la mise en service a été constaté le 1/4/N.

TAF :
Evaluer le coût de l'immobilisation et enregistrer les écritures à la date de sa mise en service
ainsi qu'en 31/12/N.

Exercice 3 :
L'entreprise Alamane a commencé au début de N, la fabrication pour elle-même d'une
machine.
Le total des charges engagées en N est de 90 000 Dh,.
Au 31/12/N+1, l'entreprise a engagé des charges pour 110 000 Dh, à cette date la fabrication
de la machine n'est pas encore achevé.
Au 30/06/N+2, l'entreprise a engagé des charges pour 210 000 Dh et 80 000 de charges
financières pour l’achèvement de la fabrication de la machine (durée d'utilisation 10 ans)
TAF : Passer les écritures correspondantes en N , N+1 et N+2

22
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

Exercice 4 :
Une entreprise disposant d'informaticiens qualifiés a décidé de créer son propre logiciel de
gestion de stocks, la date de mise en service est prévu pour le 1a avril N.
Les conditions requises pour immobiliser les dépenses pour la création de ce logiciel étant
remplies au 31/12/N-1: Voici le détail des dépenses engagées en N-1:
- Etude préalable et analyse fonctionnelle 8 000 Dh
- Conception détaillée 9 000 Dh
Au cours du e trimestre N l'achèvement du logiciel a nécessité les frais suivants:
- Programmation, tests et jeux d'essais 12 500 Dh
- Documentations et fournitures diverses 6 500 Dh
Le suivi du logiciel et les frais de maintenance pour l'année sont estimés à 5 000 Dh
Toutes ces charges ont été normalement comptabilisées.
TAF :
1/ Passer les écritures relatives à ce logiciel au 31/12/N-1
2/ Passer les écritures relatives à ce logiciel au 31/12/N (Durée d'utilisation 5 ans)

23
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

Chapitre III : l’évaluation des titres

Le plan comptable général distingue quatre catégories de titres :


 Les titres de participations, c'est-à-dire des titres dont la possession durable est estimée
utile à l’activité de l’entreprise, notamment parce qu’elle permet d’exercer d’une
influence suer la société émettrice ou d’en assurer le contrôle ;
 Les autres titres immobilisés, c'est-à-dire, autres que les titres de participation que
l’entreprise a l’intention de conserver durablement (c'est-à-dire qu’elle n’a pas
l’intention ou la possibilité de revendre). Ils sont représentatifs de parts de capital ou
de placements à long terme ;
 Les titres immobilisés de l’activité du portefeuille (TIAP). L’activité de portefeuille
consiste, pour une entreprise, à investir tout ou parties de ses actifs dans un
portefeuille de titres, pour en retirer, à plus ou moins longue échéance, une rentabilité
suffisante et sans intervention dans la gestion des entreprises dont les titres sont
détenus ;
 Les valeurs mobilières de placement ou titre et valeur de placement, c'est-à-dire des
titres acquis en vue de réaliser un gain à brève échéance.

1- Les titres de participation

a. Evaluation à la date d’entrée

Les titres sont enregistrés à leur prix d’acquisition, les frais d’acquisition (commissions
d’intermédiaires, impôts de bourse,…) en sont exclus ; ils sont inscrits directement dans
les charges de l’exercice au compte 61471 « frais d’achat et de ventes des titres ».

b. Valeur d’entrée : Cas particuliers

 Actions gratuites

L’obtention d’actions dites juridiquement « gratuites » est sans influence sur la valeur globale
d’entrée des titres correspondants détenus dont le cout unitaire moyen se trouve diminué.

 Droits de souscriptions ou d’attribution

La cession des droits de souscription ou des droits d’attribution réduit la valeur globale
d’entrée du montant du prix de cession et réduit en conséquence le cout unitaire moyen
d’achat des titres correspondants.

 Titres de même nature

Lorsque des « sorties » de titres ont été opérés (à la suite de cessions notamment), portant sur
des ensembles de titres de même nature conférant les mêmes droits, la valeur d’entrée des

24
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

titres restants est déterminée par la méthode du « coût d’achat moyen pondéré » après chaque
entrée ou, à défaut, par la méthode du « premier entrée ; premier sorti » dite FIFO.

c. Valeur actuelle

 Valeur actuelle des titres de participation

Les titres de participation doivent être évalués moins en fonction du marché, souvent
inexistant, qu'en fonction de l’utilité que la participation présente pour l’entreprise ; dans cette
utilité, il doit notamment être tenu compte des perspectives de rentabilité des titres, de la
conjoncture économique des capitaux propres réels de la société contrôlée, des effets de
complémentarité technique, commerciale ou économique susceptibles de résulter de la
participation selon le niveau de celle-ci.
Lorsqu'une cession de titres de participation fait perdre soit le "contrôle" de la société, soit la
minorité de blocage, il doit en être tenu compte dans l’estimation de la "valeur actuelle" (cf.
ci-dessous).
Cette valeur actuelle est donc appréciée comme celle de toute immobilisation : c'est le "prix
qu'accepterait d'en donner un acquéreur éventuel de l’entreprise, compte tenu de l’utilité de la
participation pour l’entreprise".

 Valeur actuelle des titres immobilisés autres que les titres de participation

A une date quelconque et en particulier à la date de l’inventaire, les titres ont une valeur
actuelle égale :
 au cours moyen du dernier mois s'ils sont cotés ;
 à leur valeur probable de négociation s'ils ne sont pas cotés
Cette valeur probable de négociation est à apprécier dans la perspective d'une éventuelle
cession à longue échéance (plus d'un an).

 Valeur au bilan

La comparaison de la valeur d'entrée et de la valeur actuelle fait apparaître des plus-values ou


des moins-values par catégories homogènes de titres (même nature, mêmes droits).
Les plus-values ne sont pas comptabilisées ; les moins-values doivent l’être, sous forme de
provisions pour dépréciation.
Aucune compensation n'est, en principe, pratiquée entre plus-values et moins-values ;
toutefois, s'agissant des titres immobilisés cotés autres que les titres de participation,
l’entreprise peut, sous la responsabilité de ses dirigeants, compenser les moins-values
résultant d'une baisse des cours paraissant anormale et momentanée, par les plus-values
constatées sur d'autres titres et dans la limite de ces plus-values.

25
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

2- Les titres et valeurs de placement

a. Valeur d'entrée

La valeur d'entrée des titres de placement est déterminée dans les mêmes conditions que celles
des titres de participation.

b. Valeur actuelle des titres de placement

A une date quelconque et en particulier à la date de l’inventaire, les titres de placement ont
une " valeur actuelle " égale :
- au cours moyen du dernier mois s'ils sont cotés ;
- à leur valeur probable de négociation s’ils ne sont pas cotés.
Cette valeur probable de négociation est à apprécier dans la perspective d'une cession à brève
échéance (à moins d'un an).

c. Valeur au bilan : valeur comptable nette

La comparaison de la valeur d'entrée et de la valeur actuelle fait apparaître des plus-values ou


des moins-values par catégories homogènes de titres (même nature, même droits).
Les plus-values ne sont pas comptabilisées ; les moins-values doivent l’être sous forme de
provisions pour dépréciation.
Aucune compensation n'est en principe pratiquée entre plus-values et moins-values ; toutefois
l’entreprise peut sous la responsabilité de ses dirigeants compenser les moins-values résultant
d'une baisse paraissant anormale et momentanée par les plus-values constatées sur d'autres
titres et dans la limite de ces plus-values.

3- La cession

a. Processus de comptabilisation

 Titre de participation, titres immobilisés et droits attachés à ces titres : l’opération


s’analyse comme une cession d’immobilisation, une provision éventuelle doit être
reprise mais on n’en tient pas compte pour la détermination de la VCN.

 Valeurs mobilières de placement, droits et attachés : le résultat de cession figure dans


un compte de produits financiers ou de charges financières selon que l’opération se
solde par une plus ou moins-value. Le prix de cession est porté au crédit du compte
concerné et le prix d’acquisition au débit du même compte.

26
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

b. Détermination de la valeur comptable des titres cédés

Titres Comptabilité
TP Prix moyen pondéré
à défaut : Premier entrée Premier sorti
TIAP Premier entrée Premier sorti
à défaut : prix moyen pondéré
TVP Premier entrée premier sorti
à défaut : prix moyen pondéré

c. Cession des droits d’attribution ou de droits de souscription

La valeur comptable du droit cédé s’obtient en appliquant au prix d’achat de l’action le


rapport existant, au jour de la négociation ou droit, entre, d’une part, le prix de cession de ce
droit et, d’autre part, le total formé par ce prix et la valeur de l’action ancienne hors droit :

VNC du droit= prix d’achat de l’action *(prix de cession du droit/( valeur de l’action ancienne
hors droit + prix de cession du droit))

Si les titres ne sont pas côtés, la valeur de l’action ancienne est déterminée par le prix
d’émission de l’action nouvelle augmenté de la valeur des droits nécessaires à la souscription
de cette action.

Application :
A la clôture des exercices au 31/12/N l’état des titres détenus par l’entreprise ABC se présente
comme suit :

Nature du titre Quantité Prix d’achat au Cours au 31/12/N


30/03/N
TP
Action A 300 180 160

TVP
Action X 200 200 170
Action Y 100 120 110

L’entreprise a cédé en Février de l’exercice N+1 mais aucune écriture n’a été constatée.

70 actions A au PU 250 dh, réglé par CB n° Z15


50 actions X au PU 210 dh, 50% réglé par CB n° T14, le reste dans 30 jrs ;
30 actions Y au PU 100 dh, 20% réglé par CB n° T20, le reste dans 30 jrs ;

TAF : Analyser et comptabiliser les opérations relatives aux titres en N et N+1

27
MAKHROUTE Mohamed ENCG Settat

Exercice 1 :

Au 15/05/N : Achat de 200 actions de la société ABC à 100 dh l’action


Au 20/08/N : Achat de 300 actions de la société ABC à 110 dh l’action
Au 31/12/N : Cours des actions de la société ABC est à 102 dh l’action

TAF : Passer les écritures nécessaires.

Exercice 2 :

Au 15/05/N : Achat de 40000 actions TP de la société ABC à 200 dh l’action par virement
bancaire, services bancaires 1000 dh HT ;
Au 20/08/N : Achat de 20000 actions TP de la société ABC à 300 dh l’action par virement
bancaire, services bancaires 2000 dh HT ;
Au 31/12/N : Cours des actions de la société ABC est à 280 dh l’action
Au 03/05/N+1 : Vente de 50000 actions TP de la société ABC à 270 dh l’action par virement
bancaire, services bancaires 2500 dh HT ;
Au 31/12/N+1 : Cours des actions de la société ABC est à 250 dh l’action

TAF : Passer les écritures nécessaires.

La société ABC a besoin de trésorerie.


Pour cette raison, elle décide de céder le 01/07/N son portefeuille de titres composé :
 De 4 000 TVP « ALPHA » acquis en N-2 pour 800 000 Dh .
 De 1 000 TVP « ALPHA » acquis en N-1 pour 220 000 Dh
Ces titres sont cédés totalement à 210 Dh l'unité. Par ailleurs, les frais HT de cession des
actions et des obligations sont de 2% du montant de la transaction et il existait une
dépréciation de 15 000 Dh au 31/12/N-1
 De 2 500 TP « BETA » acquis en N-3 pour 162 500 Dh.
Ces titres vendus totalement pour 55 Dh l'unité. Ils avaient subi une dépréciation de 8 000 Dh
au 31/12/N-1.

TAF : Passer les écritures nécessaires.

28

Vous aimerez peut-être aussi