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CALCUL AVANCÉ DES STRUCTURES

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Annnnééee ssccoollaaiirree 22001155 -- 22001166


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SOMMAIRE GENERAL

PARTIE I
MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS DEFORMABLES ET DISCRETISATION

Chapitre I-1 Équations de base de la Mécanique des milieux continus déformables – rappel
Chapitre I-2 Les théorèmes de l’énergie

PARTIE II
STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES

PARTIE II.1 DEFINITIONS – HYPOTHESES ET PROPRIETES – EXPRESSIONS DES CONTRAINTES,


DEFORMATIONS ET DEPLACEMENTS EN FONCTION DES SOLLICITATIONS

Chapitre II.1-1 Définitions - hypothèses simplificatrices - relations déformations / déplacements – variations dim.
Chapitre II.1-2 Expression des contraintes, déformations et déplacements en fonction des sollicitations
Chapitre II.1-3 Application des théorèmes de l’énergie
Chapitre II.1-4 lignes d’influence
Chapitre II.1-5 EXERCICES CORRIGES - théorèmes de l’Energie – cont., défo., déplacemts en fonction des sollicitations

PARTIE II.2 CALCUL AU « PREMIER ORDRE » - METHODE DES FORCES

Chapitre II.2-1 Équations de la Statique-indétermination statique


Chapitre II.2-2 Méthode des Forces - principe et mise en équation
Chapitre II.2-3 Méthode des Forces - prise en compte de la précontrainte
Chapitre II.2-4 EXERCICES CORRIGES - Méthode des Forces

PARTIE II.3 CALCUL AU « PREMIER ORDRE » - METHODE DES DEPLACEMENTS

Chapitre II.3-1 Méthode des Déplacements-principe de la méthode


Chapitre II.3-2 Analyse préalable d’éléments poutres usuels dans leur base locale propre
Annexe au chapitre II.3-2 Récapitulation des analyses préalables d’éléments poutres dans leur base locale propre
Chapitre II.3-3 EXERCICES CORRIGES - Méthode des déplacements

PARTIE II.4 INSTABILITE ELASTIQUE - NON LINEARITE GEOMETRIQUE


CALCULS AU « SECOND ORDRE » ET EN « GRANDS DEPLACEMENTS »

Chapitre II.4-1 Introduction aux calculs en géométrie déformée au « second ordre » et au phénomène d’instabilité
Chapitre II.4-2 instabilité élastique – flambement Eulérien - méthode du déterminant - EXERCICES CORRIGES
Chapitre II.4-3 Instabilité élastique – application des théorèmes de l’énergie - EXERCICES CORRIGES
Chapitre II.4-4 Calcul des structures en géométrie déformée–instabilité - extension de la méthode des déplacements
Chapitre II.4-5 Calcul en géométrie déformée-Etape 1: analyse au «second ordre» d’une poutre droite à plan moyen
Chapitre II.4-6 EXERCICES CORRIGES - Calcul en géométrie déformée-extension de méthode des déplacements

PARTIE III
CALCUL AUX ELEMENTS FINIS

Chapitre III-1 La discrétisation des structures et la méthode des éléments finis


Chapitre III-2 Les éléments de plaques en membrane et en flexion
PARTIE I
MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS DEFORMABLES ET DISCRETISATION

CHAPITRE I-1
EQUATIONS DE BASE DE LA MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS DEFORMABLES – RAPPEL

1 -- EQUATIONS DE BASE DE LA MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS DEFORMABLES, FORMULATION MATRICIELLE


1.1 -- Définitions
1.1.1 -- déplacement au point banal P
1.1.2 -- contraintes au point banal P, définition du tenseur contraintes
1.1.3 -- déformations au point banal P, définition du tenseur déformations
1.2 -- Position du problème
1.3 -- équations de base de la mécanique des structures 3D, en équilibre sous un chargement donné
1.3.1 -- les équations d’équilibre
1.3.2 -- les conditions aux limites
1.3.3 -- hypothèse 1 : les déplacements sont infiniment petits
1.3.4 -- Comportement élastique isotrope du matériau
1.3.5 -- hypothèse 2 : le matériau est isotrope à comportement élastique linéaire, relations contraintes//déformations
1.3.6 -- Matériau à comportement élastique linéaire, conditions d’intégrabilité des déformations écrites en fonction des contraintes
2 -- RECAPITULATION DES EQUATIONS DE BASE DE LA MECANIQUE, D’UNE STRUCTURE EN EQUILIBRE SOUS UN
CHARGEMENT DONNE
2.1 -- Récapitulation des définitions et notations
2.2 -- équations d’équilibre
2.3 -- les conditions aux limites
2.4 -- hypothèse 1 les déplacements sont infiniment petits
2.5 -- comportement élastique et isotrope du matériau
2.6 -- hypothèse 2, matériau isotrope à comportement élastique linéaire
3 -- CHAMP DE DEPLACEMENTS, CHAMP DE CONTRAINTES, DEFINITIONS
3.1 -- champ de déplacements cinématiquement admissible pour un cas de charges donné
3.2 -- champ de contraintes statiquement admissible pour un cas de charges donné
4 -- STRUCTURES A COMPORTEMENT LINEAIRE, LINEARITE DES ETATS D’EQUILIBRE RELATIVEMENT AUX CAS DE CHARGES,
PRINCIPE DE SUPERPOSITION

CHAPITRE I-2
LES THEOREMES DE L’ENERGIE
1 -- LES THEOREMES DE L’ENERGIE FONDAMENTAUX APPLIQUES AUX MILIEUX CONTINUS DEFORMABLES

1.1 -- Potentiel de déformation W et potentiel complémentaire de déformation Wc - énergie de déformation et énergie complémentairen
1.1.1 -- définitions
1.1.2 -- Propriétés de W et Wc, énergies de déformation
1.1.3 -- cas des matériaux isotropes à comportement élastique linéaire
1.2 -- principe des travaux virtuels et théorème de l’énergie potentielle totale (approche cinématique)
1.3 -- principe des travaux virtuels complémentaires et théorème de l’énergie potentielle complémentaire (approche équilibre)
2 -- LES THEOREMES COMPLEMENTAIRES DANS L’HYPOTHESE OU LES ACTIONS EXTERIEURES APPLIQUEES DONNEES SONT
DISCRETISEES
2.1 -- les hypothèses communes
2.2 -- notations
2.3 -- Conséquences directes
2.4 -- Hypothèse du comportement élastique non linéaire à priori, du matériau - les théorèmes de Castigliano
2.4.1 -- Premier théorème de Castigliano
2.4.2 -- Deuxième théorème de Castigliano
2.5 -- hypothèse complémentaire du comportement (élastique) linéaire du matériau
2.5.1 -- Conséquences principales directes
2.5.2 -- Expression de l’énergie de déformation en fonction des efforts extérieurs appliqués, théorème de Clapeyron
2.5.3 -- théorème de réciprocité de Maxwell-Betti
2.5.4 -- conséquences, matrices de rigidité et de souplesse relativement à la base (B)
2.6 -- Exemples

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PARTIE II
STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES

PARTIE II.1
DEFINITIONS – HYPOTHESES ET PROPRIETES – EXPRESSIONS DES CONTRAINTES, DEFORMATIONS ET
DEPLACEMENTS EN FONCTION DES SOLLICITATIONS

CHAPITRE II.1-1
DEFINITIONS – HYPOTHESES SIMPLIFICATRICES - RELATIONS DEFORMATIONS-DEPLACEMENTS
VARIATIONS DIMENSIONNELLES

1 -- L’ELEMENT POUTRE, DEFINITIONS, ACTIONS APPLIQUEES


1.1 -- définitions
1.2 -- Les actions appliquées

2 -- SOLLICITATIONS DANS UNE SECTION DROITE


2.1 -- sollicitations extérieures
2.2 -- sollicitations internes
2.3 -- relation entre sollicitations internes et extérieures

3 -- HYPOTHESES SIMPLIFICATRICES DE LA THEORIE DES POUTRES


3.1 -- hypothèse de Saint-Venant
3.2 -- hypothèse de Navier-Bernouilli généralisée
3.3 -- nullité de la contrainte normale sur les facettes parallèles à la fibre moyenne
3.4 -- Hypothèses complémentaires, petits déplacements et petites déformations, comportement élastique linéaire des matériaux, linéarité

4 -- L’HYPOTHESE DE NAVIER-BERNOUILLI GENERALISEE, SES LIMITES ET CALCUL DES DEPLACEMENTS


4.1 -- conséquence directe de l’hypothèse de Navier-Bernouilli généralisée, prise en compte de la déformation des sections droites
4.2 -- gauchissement des sections droites et limite de validité de l’hypothèse de Navier-Bernouilli généralisée
4.3 -- Calcul des déplacements des sections droites

5 -- COHERENCE DES CONVENTIONS DE SIGNES : SOLLICITATIONS ET DEFORMATIONS DES SECTIONS DROITES, TENSEUR
CONTRAINTES ET TENSEUR DEFORMATIONS EN UN POINT – POTENTIEL DE DEFORMATION
5.1 -- Application aux structures spatiales avec les conventions de signes de la mécanique
5.2 -- Application aux structures planes chargées dans leur plan avec les conventions de signes de la Résistance des matériaux

6 -- EXPLOITATION DFS HYPOTHESES SIMPLIFICATRICES DE LA THEORIE DES POUTRES, OBJECTIF ET DOMAINE DE


VALIDITE
6.1 -- objectif
6.2 -- Domaine de validité
6.3 -- conclusion – synthese

7 -- PRISE EN COMPTE DES VARIATIONS DIMENSIONNELLES ET EXEMPLES DE QUELQUES CAS REMARQUABLES


7.1 -- généralités
7.2 -- structure spatiale, conventions de signes de la mécanique :
7.3 -- Structure plane chargée dans son plan, conventions de signes de la Résistance des Matériaux :

8 -- ANNEXE 1 – CARACTERISTIQUES DES SECTIONS DROITES - RAPPEL


8.1 -- Centre de gravité
8.2 -- Opérateur d’inertie et matrice d’inertie d’une surface plane
8.3 -- Théorème de HUYGENS
9 -- ANNEXE 2 : LES PROFILS MINCES
9.1 -- définition
9.2 -- conséquences de l’hypothèse (1), caractéristiques mécaniques des sections droites de profil mince
9.3 -- exemple

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PARTIE II STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES

PARTIE II.1 DEFINITIONS – HYPOTHESES ET PROPRIETES – EXPRESSIONS DES CONTRAINTES,


DEFORMATIONS ET DEPLACEMENTS EN FONCTION DES SOLLICITATIONS

CHAPITRE II.1-2
EXPRESSION DES TENSEURS « CONTRAINTES », « DEFORMATIONS » ET DES DEFORMATIONS DES SECTIONS
DROITES, EN FONCTION DES SOLLICITATIONS

1 -- SOLIDE QUELCONQUE - TENSEUR CONTRAINTES – TENSEUR DEFORMATIONS - RAPPEL

2 -- STRUCTURES A POUTRES, SYNTHESE DES RESULTATS PRECEDENTS

→ →
2.5 -- principe de la recherche des déformations des sections droites (translation et rotation différentielles δ Λ (s ) et δ Ω(s ) ) en fonction des
contraintes

3 -- UN TYPE DE POUTRE PARTICULIER : LES PROFILS MINCES


3.1 -- Définitions
3.2 -- Hypothèses simplificatrices

4 -- STRUCTURE A POUTRES SPATIALE – LE PROBLEME DE SAINT-VENANT, SES HYPOTHESES ET SES PRINCIPAUX


RESULTATS
4.1 -- Position du problème
4.2 -- hypothèses générales retenues
4.3 -- Les équations qui régissent le problème, équations de base de la mécanique des milieux continus déformables et hypothèses
simplificatrices de la théorie des poutres

4.4 -- Calcul de la contrainte longitudinale σ xx

4.5 -- Calcul des composantes σ xy et σ xz du tenseur contraintes, limites de la résolution de Saint-Venant et conséquences

5 -- STRUCTURE SPATIALE QUELCONQUE - EXPRESSIONS DES COMPOSANTES DU TENSEUR CONTRAINTES EN UN POINT


QUELCONQUE DE LA STRUCTURE ET CONSEQUENCES SUR LES DEFORMATIONS

5.1 -- Tenseur contraintes produit par les sollicitations d’effort normal et de flexion - composante σ xx du tenseur contraintes - conséquences
5.2 -- Les composantes σ xy et σ xz du tenseur contraintes, flux de cisaillement

5.3 -- Théorie élémentaire de l’effort tranchant


5.4 -- Profils minces, tenseur contraintes hors torsion
5.5 -- Etude de la torsion pure (gauchissement non géné) établie par Saint-Venant
5.6 -- Torsion pure des profils minces ouverts
5.7 -- Torsion pure des profils minces fermés

6 -- RECAPITULATION

7 -- STRUCTURE A POUTRES, PLANE CHARGEE DANS SON PLAN


7.1 -- Définitions et conventions, rappel
7.2 -- Détermination des composantes du tenseur contraintes
7.3 -- Application aux profils minces

8 -- ANNEXES
8.1 -- structure spatiale, existence et unicité du centre de torsion d’une section droite
8.2 -- Déformations et déplacements de torsion

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PARTIE II STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES

PARTIE II.1 DEFINITIONS – HYPOTHESES ET PROPRIETES – EXPRESSIONS DES CONTRAINTES,


DEFORMATIONS ET DEPLACEMENTS EN FONCTION DES SOLLICITATIONS

CHAPITRE II.1-3
APPLICATION DES THEOREMES DE L’ENERGIE AUX STRUCTURES DISCRETISEES
EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES
1 -- RELATIONS DEFORMATIONS-SOLLICITATIONS, RAPPEL ET SYNTHESE
1.1 -- Caractéristiques géométriques et mécaniques de la structure
1.2 -- Actions appliquées
1.3 -- Sollicitations
1.4 -- Relations sollicitations-déformations, résultats de Saint-Venant, synthèse
2 -- APPLICATION DES THEOREMES DE L’ENERGIE, ENERGIE DE DEFORMATION
2.1 -- Energie de déformation de la tranche de poutre comprise entre les sections droites G(s) et G(s+ds)
2.2 -- En intégrant sur l’ensemble de la fibre moyenne, énergie de déformation d’une structure à poutres sur appuis fixes
2.3 -- Structure à poutres quelconque (iso. ou hyper.), sur appuis élastiques, soumise à des actions extérieures données
3 -- EXPRESSION DU DEPLACEMENT EN UN POINT QUELCONQUE
3.1 -- Corollaire du théorème de Castigliano, calcul du déplacement en un point quelconque rappel
3.2 -- Application aux structures à poutres sur appuis fixes, cas général d’une structure spatiale
3.3 -- cas d’une structure sur appuis fixes, plane chargée dans son plan (plan principal d’inertie Gy)
3.4 -- Structure à poutres spatiale quelconque (iso. ou hyper.), sur appuis élastiques, soumise à des actions extérieures données

CHAPITRE II.1–4
LIGNES D’INFLUENCE
1 -- GENERALITES
1.1 -- exemple d’introduction :
1.2 -- définition
1.3 -- applications
2 -- RECHERCHE DE LIGNES D’INFLUENCE
2.1 -- ligne d’influence d’un déplacement, translation ou rotation
2.2 -- ligne d’influence d’une réaction d’appui ou d’une sollicitation
2.3 -- allures générales des lignes d’influence des poutres continues

CHAPITRE II.1-5
THEOREMES DE L’ENERGIE – CALCUL DES CONTRAINTES, DEFORMATIONS ET DEPLACEMENTS EN FONCTION
DES SOLLICITATIONS - EXEMPLES DE SYNTHESE – EXERCICES CORRIGES
1 -- CALCUL DE SOLLICITATIONS-THEOREMES DE L’ENERGIE, CALCUL DE DEPLACEMENTS-CALCUL DE CONTRAINTES,
TENSEUR CONTRAINTES-VARIATIONS DIMENSIONNELLES-LIGNES D’INFLUENCE-PHASAGE
1.1 -- Exemple 1 : console haubanée
1.2 -- Exemple 2 : portique isostatique
1.3 -- Exemple 3 : poutre diapason
1.4 -- Exemple 4 : structure phasée
2 -- EXEMPLES D’INTRODUCTION AUX METHODES CLASSIQUES DE CALCUL DE STRUCTURES HYPERSTATIQUES, METHODES
DES FORCES ET DES DEPLACEMENTS
2.1 -- Exemples : les formules de Bresse et la méthode des forces, poutres continues
2.2 -- exemples : les théorèmes de l’energie, méthode des forces et des déplacements, structure treillis spatiale
3 -- CISAILLEMENTS D’EFFORT TRANCHANT DANS UN PROFIL MINCE FERME A PLUSIEURS ALVEOLES

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PARTIE II
STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES

PARTIE II.2
CALCUL AU PREMIER ORDRE – METHODE DES FORCES

CHAPITRE II.2-1
EQUATIONS DE LA STATIQUE - INDETERMINATION STATIQUE
1 -- EQUATIONS DE LA STATIQUE
1.1 -- équations d’équilibre statique
1.2 -- relations supplémentaires
2 -- SYSTEMES STATIQUEMENT DETERMINES OU STATIQUEMENT INDETERMINES
2.1 -- système extérieurement isostatique
2.2 -- système extérieurement hyperstatique
2.3 -- système hypostatique
2.4 -- Calcul formel du degré d’indétermination statique extérieur
2.5 -- système intérieurement isostatique :
2.6 -- système intérieurement hyperstatique :
2.7 -- Degré d’indétermination statique total d’une structure :
3 -- DETERMINATION DES DEGRES D’INDETERMINATION STATIQUE DES STRUCTURES A POUTRES
3.1 -- treillis réticulés
3.2 -- ossatures

CHAPITRE II.2-2
METHODE DES FORCES - PRINCIPE ET MISE EN EQUATION
1 -- POSITION DU PROBLEME
2 -- EXEMPLE D’INTRODUCTION
3 -- PRINCIPE DE LA METHODE DES FORCES
3.1 -- Structure isostatique associée
3.2 -- Principe de la méthode
4 -- MISE EN EQUATION DE LA METHODE DES FORCES
4.1 -- Structure isostatique associée
4.2 -- Efforts hyperstatiques et déplacements isostatiques associés
4.3 -- Structure isostatique associée, soumise aux actions extérieures données et aux efforts hyperstatiques

4.4 -- Calcul de δ i,j et δ iso ,i , formation de la matrice de souplesse S et du vecteur colonne ∆ iso
4.5 -- Résolution
4.6 -- calcul d’un effet quelconque dans la structure hyperstatique initiale
5 -- SOUS STRUCTURATION
5.1 -- Principe
5.2 -- Vecteurs colonnes des inconnues hyperstatiques et des déplacements isostatiques associés
5.3 -- Vecteur colonne des déplacements isostatiques associés dûs aux actions extérieures données
5.4 -- Vecteur colonne des déplacements imposés
5.5 -- Matrice de souplesse
5.6 -- Equation canonique de la méthode des forces
6 -- CHAPITRE II.2-2-ANNEXE -- STRUCTURE PLANE, A LIAISONS FIXES, CHARGEE DANS SON PLAN -- RESUME DES
PRINCIPALES FORMULES DE LA METHODE DES FORCES
7 -- CHAPITRE II.2-2-ANNEXE -- STRUCTURE SPATIALE QUELCONQUE, A LIAISONS FIXES -- RESUME DES PRINCIPALES
FORMULES DE LA METHODE DES FORCES
8 -- LES INTEGRALES DE MOHR - RAPPEL

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PARTIE II STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES

PARTIE II.2 CALCUL AU PREMIER ORDRE – METHODE DES FORCES

CHAPITRE II.2-3
METHODE DES FORCES - PRISE EN COMPTE DE LA PRECONTRAINTE

1 -- METHODE EXTERNE
1.1 -- Définition du câble
1.2 -- Actions du câble sur le système (ou structure)
1.3 -- Prise en compte de la précontrainte par la méthode externe

2 -- METHODE INTERNE
2.1 -- Définition, notation préliminaires
2.2 -- Structure quelconque (isostatique ou hyperstatique) précontrainte - équations de la statique du cas de charges précontrainte
2.3 -- Structure hyperstatique précontrainte calculée par la méthode des forces
2.4 -- Exemple

CHAPITRE II.2-4
METHODE DES FORCES – EXEMPLES DE SYNTHESE ET EXERCICES CORRIGES

1 -- EXEMPLE : POUTRE CONTINUE A 3 TRAVEES PAR LA METHODE DES FORCES GENERALE

2 -- EXEMPLE : POUTRE CONTINUE SUR APPUIS FIXES, FORMULE DES 3 MOMENTS


2.1 -- Degrés d’indétermination statique de la structure
2.2 -- Structure isostatique associée
2.3 -- Equation cononique de la méthode des forces

3 -- EXEMPLE : POUTRE CONTINUE A 3 TRAVEES

5 -- EXEMPLE : STRUCTURE SUR APPUI ELASTIQUE

6 -- EXEMPLE : POUTRE CONTINUE, LIGNES D’INFLUENCE

7 -- EXEMPLE : STRUCTURE MISE EN ŒUVRE PAR PHASES – FLUAGE DES MATERIAUX

8 -- EXEMPLE : SOLLICITATIONS DE TORSION


8.1 -- Structure isostatique
8.2 -- Structure hyperstatique

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PARTIE II
STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES

PARTIE II.3
CALCUL AU PREMIER ORDRE – METHODE DES DEPLACEMENTS

CHAPITRE II.3-1
METHODE DES DEPLACEMENTS RINCIPE DE LA METHODE

1 -- METHODE DES DEPLACEMENTS – EXEMPLE 1 SIMPLE D’INTRODUCTION

2 -- METHODE DES DEPLACEMENTS – EXEMPLE 2 SIMPLE D’INTRODUCTION

3 -- METHODE DES DEPLACEMENTS--PRINCIPE DE LA METHODE


3.1 -- Principe général de la méthode, notations
3.1.1 -- Les déplacements nodaux
3.1.2 -- Les efforts nodaux
3.1.3 -- Les bases de déplacements et efforts nodaux
3.1.4 -- Notations - rappel
3.1.5 -- Principe de la méthode
3.2 -- Mise en équation
3.2.1 -- Détermination du vecteur colonne Fint des efforts nodaux internes de la structure à l’équilibre
3.2.2 -- Equation canonique de la méthode
3.3 -- Calcul d'un effet quelconque dans la structure chargée, à l’équilibre

4 -- ASSEMBLAGE DU VECTEUR COLONNE Fint = FD + R ⋅ D

4.1 -- les bases de déplacements et efforts nodaux envisagées, relatives à l’élément (E )


k

4.2 -- Expression des efforts nodaux internes de l’élément banal (E )


k
de la discrétisation

4.3 -- Exemple
4.4 -- Démarche interprétative simplifiée
k
4.4.1 -- montage du vecteur colonne FD (dans la base (B))
k k
( )
4.4.2 -- montage de la matrice R matrice de rigidité de E dans la base (B)

4.5 -- Organigramme de la démarche, option formelle (1) et option interprétative (2)

5 -- ELEMENT POUTRE DROITE OE, PASSAGE DE LA BASE (B′ )


k
A LA BASE (B )k
1

5.1 -- Poutre dans l’espace


5.2 -- Poutre plane chargée et déformée dans son plan

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PARTIE II STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES

PARTIE II.3 CALCUL AU PREMIER ORDRE – METHODE DES DEPLACEMENTS

CHAPITRE II.3-2
ANALYSE PREALABLE D’ELEMENTS POUTRES USUELS DANS LEUR BASE LOCALE PROPRE

1 -- POUTRE BI-ENCASTREE PLANE, RECTILIGNE, CHARGEE DANS SON PLAN, DE CARACTERISTIQUES GEOMETRIQUES ET
MECANIQUES CONSTANTES

1.1 -- Base locale propre (B′k ) des déplacements et efforts nodaux


1.2 -- Matrice de rigidité R ′k et vecteur colonne FD′k dans la base locale propre (B′ )
k

1.3 -- Vecteur colonne FD′k des réactions d’appui dans la base locale propre (B′ )
k
pour quelques cas de charges remarquables

1.3.1 -- charge répartie de densité constante p


1.3.2 -- charge concentrée verticale F
1.3.3 -- charge concentrée verticale F centrée
1.3.4 -- charge concentrée horizontale H
1.3.5 -- augmentation uniforme de température ∆T :
1.3.6 -- gradient de température ∆T dans la hauteur h de la poutre :

1.4 -- Matrice de changement de base Pk de passage de la base locale propre (B′ )k


à la base locale (B )
k
extraite de la base globale de la

modélisation (B)
2 -- POUTRE ENCASTREE A UNE EXTREMITE, ARTICULEE A L’AUTRE, PLANE, RECTILIGNE, CHARGEE DANS SON PLAN ET DE
CARACTERISTIQUES GEOMETRIQUES CONSTANTES
3 -- BARRE BI-ARTICULEE RECTILIGNE, PLANE CHARGEE DANS SON PLAN, DE CARACTERISTIQUES GEOMETRIQUES
CONSTANTES
4 -- RECAPITULATION DES MATRICES DE RIGIDITE DE POUTRES USUELLES
4.1 -- Barre bi-articulée plane, chargée dans son plan, rectiligne, de caractéristiques constantes
4.2 -- barre bi-encastrée plane, chargée dans son plan, rectiligne et de caractéristiques constantes
4.3 -- barre encastrée à une extrémité, articulée à l’autre, plane chargée dans son plan, rectiligne et de caractéristiques constantes

5 -- RECAPITULATION DES VECTEURS COLONNES ′


FDk DE POUTRES USUELLES

5.1 -- barre bi-articulée plane chargée dans son plan, rectiligne, de caractéristiques constantes
5.2 -- barre bi-encastrée, plane chargée dans son plan, rectiligne et de caractéristiques constantes
5.3 -- barre encastrée à son extrémité O, articulée à l’autre E, plane chargée dans son plan, rectiligne et de caractéristiques constantes
5.4 -- barre articulée à son extrémité O, encastrée à l’autre E, plane chargée dans son plan, rectiligne et de caractéristiques constantes

ANNEXE AU CHAPITRE II.3-2


RECAPITULATION DES ANALYSES PREALABLES D’ELEMENTS POUTRES DANS LEUR BASE LOCALE PROPRE

1 -- RECAPITULATION DES MATRICES DE RIGIDITE DE POUTRES SIMPLES

2 -- RECAPITULATION DES VECTEURS COLONNES ′


FDk DE POUTRES SIMPLES

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PARTIE II STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES

PARTIE II.3 CALCUL AU PREMIER ORDRE – METHODE DES DEPLACEMENTS

CHAPITRE II.3-3
METHODE DES DEPLACEMENTS - EXEMPLES DE SYNTHESE ET EXERCICES CORRIGES

1 -- EXEMPLE 1 – BASE ORDONNEE REDUITE


1.1 -- Modélisation, bases des déplacements et des efforts nodaux

1.2 -- Matrice de rigidité R


1.3 -- Cas de charges 1
1.4 -- Cas de charges 2
1.5 -- Cas de charges 3

2 -- EXEMPLE 2 – BASE ORDONNEE REDUITE COMPLETEE


2.1 -- Modélisation, bases des déplacements et des efforts nodaux, rappel et complément

2.2 -- Matrice de rigidité R :

2.3 -- Ecriture de l’équation canonique de la méthode des déplacements Fext − FD − R . D = 0

3 -- EXEMPLE 3 – BASE ORDONNEE REDUITE – EFFORTS NODAUX INTERNES

4 -- GENERALISATION DE LA METHODE DE CALCUL DES EFFORTS NODAUX INTERNES QUAND CERTAINES INCONNUES
CINEMATIQUES SONT NEGLIGEES CAR ASSOCIEES A DES DEFORMATIONS NEGLIGEABLES

5 -- EXEMPLE 4 : UTILISATION DES DIFFERENTES BASES D’ANALYSE

6 -- EXEMPLE 5 : BASE REDUITE - CHANGEMENT DE BASES

7 -- EXEMPLE 6 : CALCUL EN BASE ORDONNEE REDUITE COMPLETEE – UTILISATION DES DIFFERENTES BASES

8 -- EXEMPLE 7

9 -- EXEMPLE 8 : STRUCTURE PLANE CHARGEE PERPENDICULAIREMENT A SON PLAN

10 -- EXEMPLE 9 : STRUCTURE SUR APPPUIS ELASTIQUES

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PARTIE II
STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES

PARTIE II.4
INSTABILITE ELASTIQUE - NON LINEARITE GEOMETRIQUE
CALCULS AU «SECOND ORDRE» ET EN «GRANDS DEPLACEMENTS»

CHAPITRE II.4-1
INTRODUCTION AUX CALCULS EN GEOMETRIE DEFORMEE «AU SECOND ORDRE»
ET AU PHENOMENE D’INSTABILITE

1 -- EXEMPLE D’INTRODUCTION AU CALCUL «AU SECOND ORDRE» ET A LA RECHERCHE DE L’INSTABILITE, ETUDE DE LA


COLONNE D’EULER
1.1 -- Chargement centré
1.2 -- Chargement excentré
1.3 -- Calcul en grandes déformations
2 -- CALCUL EN GEOMETRIE DEFORMEE « AU SECOND ORDRE » DES STRUCTURES COMPOSEES DE POUTRES - POSITION
THEORIQUE DU PROBLEME
2.1 -- Les hypothèses du calcul au second ordre des structures composées de poutres et les conséquences
2.2 -- définition des géométries à vide et à l’équilibre, fibres moyennes et sections droites
2.3 -- Les principales données d’entrée de la recherche de la configuration à l’équilibre
2.4 -- Sections droites de la géométrie déformée à l’équilibre
2.5 -- Equations différentielles de la déformée
3 -- RESUME SYNTHESE DE LA METHODE DE CALCUL AU SECOND ORDRE
3.1 -- les hypothèses
3.2 -- les conséquences
3.2.1 -- déformations
3.2.2 -- déplacements
3.2.3 -- sollicitations
3.2.4 -- relations déformations-sollicitations, relations de Saint-Venant
3.3 -- définitions des géométries des configurations initiale à vide et déformée à l’équilibre
3.4 -- les résultats
4 -- CAS PARTICULIERS REMARQUABLES
4.1 -- Cas particulier d’une structure spatiale à poutres dont la géométrie à vide est constituée d’un assemblage de tronçons de poutres droites
de caractéristiques mécaniques constantes
4.2 -- Cas particulier d’une structure à plan moyen xy, chargée et déformée dans son plan
4.3 -- Cas particulier d’une structure à poutres, à plan moyen xy, chargée et déformée dans son plan, dont la géométrie à vide est constituée
d’un assemblage de tronçons de poutres droites de caractéristiques mécaniques constantes
5 -- RETOUR AUX EXEMPLES D’INTRODUCTION

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PARTIE II STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES

PARTIE II.4 INSTABILITE ELASTIQUE - NON LINEARITE GEOMETRIQUE


CALCULS AU «SECOND ORDRE» ET EN «GRANDS DEPLACEMENTS»

CHAPITRE II.4-2
INSTABILITE ELASTIQUE - DETERMINATION DES POINTS DE BIFURCATION D’EQUILIBRE
METHODE DU DETERMINANT – EXERCICES CORRIGES

1 -- DETERMINATION DES POINTS DE BIFURCATION D’EQUILIBRE :


1.1 -- Principe
1.2 -- Exercice 1, étude de la stabilité d’un mat vertical pesant
2 -- STRUCTURES DISCRETISABLES EN TRONÇONS DE POUTRE DROITE, DE SECTION CONSTANTE, METHODE DU
DETERMINANT
2.1 -- Mise en équation de la déformée
2.2 -- Points de bifurcation d’équilibre
2.3 -- Exercice 2, détermination de la charge critique d’une colonne de section constante soumise à des conditions d’extrémité diverses
2.3.1 -- Mise en équation
2.3.2 -- Colonne biarticulée
2.3.3 -- Colonne cantilever
2.3.4 -- Colonne encastrée en pied, articulée en tête
2.3.5 -- Colonne biencastrée
2.3.6 -- Colonne biencastrée libre de se déplacer transversalement en tête
2.3.7 -- Colonne encastrée en pied, avec rappel élastique en tête de raideur K
2.4 -- Exemple 3, d’application de la méthode, poutre continue sur appuis élastiques
2.5 -- Exemple 4, flambement d’une poutre bi-articulée d’inertie variable
2.6 -- exercice 5, flambement d’une poutre en milieu élastique
2.7 -- Exercice 6, portique encastré
3 -- EXTENSION DE LA METHODE DES FORCES DANS LE CALCUL AU SECOND ORDRE
3.1 -- problème
3.2 -- Analyse au premier ordre
3.3 -- Analyse au second ordre, en prenant en compte les effets du second ordre de l’effort normal N sur les moments de flexion
3.3.1 -- Equation différentielle de la déformée
3.3.2 -- Conditions aux limites et expression des rotations des sections d’extrémité

3.4 -- Extension : calcul au second ordre quand la poutre OE comporte des charges transversales {Σ}
3.5 -- Exemple 7, calcul au second ordre des poutres continues en tenant compte des effets du second ordre d’un effort normal N sur la flexion
- flambement des poutres continues
3.6 -- Exercice 8, application au flambement d’une poutre continue à 3 travées égales
3.7 -- Exercice 9, flambement d’un cadre, extension de la méthode des forces

CHAPITRE II.4-3
INSTABILITE ELASTIQUE - DETERMINATION DES POINTS DE BIFURCATION D’EQUILIBRE
THEOREMES DE L’ENERGIE – EXERCICES CORRIGES

1 -- LE PRINCIPE DES TRAVAUX VIRTUELS, CONDITIONS D’EQUILIBRE ET DE STABILITE D’UNE STRUCTURE CHARGEE-RAPPEL
DU CHAPITRE I-1
1.1 -- hypothèses retenues
1.2 -- Conséquences
1.3 -- principe des travaux virtuels et théorème de l’énergie potentielle totale (approche cinématique)
2 -- APPLICATION AUX STRUCTURES FORMEES DE POUTRES
2.1 -- Notations
2.2 -- Position du problème

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2.3 -- Expression de l’équilibre et de sa stabilité
2.3.1 -- accroissement cinématiquement admissible ∆u du champ de déplacements à l’équilibre et expression du principe des travaux virtueks
2.3.2 -- Application du théorème de l’énergie potentielle totale
2.4 -- Utilisation pratique de la méthode
3 -- EXEMPLES – EXERCICES CORRIGES
3.1 -- Exercice 1, étude de la stabilité d’un mat vertical pesant :
3.2 -- Exercice 2, étude de la stabilité d’un mât vertical pesant, autre approche
3.3 -- Exercice 3, flambement d’une poutre droite en milieu élastique « transversal »
3.4 -- Exercice 4, poutre droite soumise à 2 efforts normaux concentrés et à une densité linéique constante d’effort normal réparti

CHAPITRE II.4-4
CALCUL DES STRUCTURES EN GEOMETRIE DEFORMEE – INSTABILITE
EXTENSION DE LA METHODE DES DEPLACEMENTS

1 -- RAPPEL : METHODE DES DEPLACEMENTS EN ELASTICITE LINEAIRE, AU PREMIER ORDRE, EN BASE ORDONNEE
COMPLETE DES DEPLACEMENTS NODAUX
1.1 -- définitions, rappel
1.2 -- Equation canonique, rappel

1.3 -- Assemblage du vecteur colonne Fint = FD + R ⋅ D


2 -- APPLICATION DE LA METHODE DES DEPLACEMENTS AUX CALCULS EN GEOMETRIE DEFORMEE, POSITION DU PROBLEME
2.1 -- Principes généraux de la méthode :
2.1.1 -- Discrétisation de la structure et bases de projection
2.1.2 -- Les actions extérieures données du chargement
2.1.3 -- La spécificité fondamentale du calcul
2.1.4 -- Les 2 grandes étapes du calcul
3 -- ETAPE 1 DU CALCUL : ANALYSE PREALABLE, AU SECOND ORDRE, DE L’ELEMENT POUTRE BANAL
3.1 -- Rappel, définition de l’analyse au « second ordre »

3.2 -- Les données d’entrée de l’analyse préalable de l’élément banal (E )


k

3.3 -- Les effets du second ordre pris en compte


3.4 -- Les résultats
4 -- ETAPE 2 DU CALCUL : ANALYSE EN « GRANDS DEPLACEMENTS » D’UNE STRUCTURE A POUTRES
4.1 -- Généralités, Configuration de la structure et bases de projection
4.2 -- Les 3 principales séquences de l’étape 2 du calcul
4.3 -- Séquence 1 de l’étape 2 du calcul, calcul des efforts nodaux de la structure soumise à des actions extérieures données, en équilibre dans
une configuration G connue (géométrie et efforts extérieurs appliqués)

4.4 -- Séquence 2 de l’étape 2 du calcul, calcul des efforts nodaux de la structure dans une configuration voisine G∆ de la configuration G
d’un état d’équilibre connu, linéarisation et matrice de rigidité tangente
4.5 -- Séquence 3, calcul de l’état d’équilibre d’une structure soumise à des actions données , méthode itérative de Newton-Raphson
5 -- RECHERCHE DE L’INSTABILITE :
5.1 -- généralités
5.2 -- Analyse de l’instabilité d’une structure provoquée par le chargement
5.3 -- Flambement Eulérien
5.4 -- Prise en compte des grands déplacements dans la recherche de l’instabilité
6 -- ANNEXE A LA SEQUENCE (1) DE L’ETAPE (2) DU CALCUL (EFFORTS NODAUX INTERNES QUAND ON CONNAIT LA
GEOMETRIE DE LA CONFIGURATION A L’EQUILIBRE G)

6.1 -- Déplacement de corps rigide d’un élément (E )


k
, rappel

6.2 -- Exemple (1), élément de poutre à plan moyen bi-encastrée


6.3 -- Exemple (2), élément de poutre à plan moyen bi-encastrée

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PARTIE II STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES

PARTIE II.4 INSTABILITE ELASTIQUE - NON LINEARITE GEOMETRIQUE


CALCULS AU «SECOND ORDRE» ET EN «GRANDS DEPLACEMENTS»

CHAPITRE II.4-5
CALCUL EN GEOMETRIE DEFORMEE – ETAPE 1 : ANALYSE PREALABLE «AU SECONS ORDRE»
DE L’ELEMENT POUTRE DROITE A PLAN MOYEN (PLANE, CHARGEE ET DEFORMEE DANS SON PLAN)

1 -- POSITION DU PROBLEME
1.1 -- définition géométrique et mécanique de l’élément
1.2 -- actions appliquées données
1.3 -- Les hypothèses de calcul
2 -- ELEMENT POUTRE BI-ENCASTREE, CALCUL AN SECOND ORDRE DES EFFORTS NODAUX SUR LA GEOMETRIE OBTENUE
PAR INTEGRATION DIRECTE
2.1 -- calcul des sollicitations au second ordre
2.2 -- Notations et bases locales propres des déplacements nodaux et d’efforts nodaux retenues
2.3 -- Calcul du moment de flexion dans la section banale
2.4 -- Equation différentielle de la déformée
2.5 -- Intégration et calcul des efforts nodaux internes au second ordre quand l’effort normal N est un effort normal de compression
2.6 -- Intégration et calcul des efforts nodaux internes, quand l’effort normal N qui crée des effets du second ordre, est un effort normal de
traction :
2.7 -- Prise en compte, au premier ordre, des charges axiales données, concentrées ou réparties directement appliquées à la poutre, les nœuds
d’extrémité étant bloqués longitudinalement
2.8 -- Récapitulation
3 -- ELEMENT DE POUTRE ENCASTRE-ARTICULE, CALCUL AU SECOND ORDRE DES EFFORTS NODAUX PAR INTEGRATION
DIRECTE DES EQUATIONS DE LA DEFORMEE
3.1 -- Calcul du moment de flexion dans la section banale
3.2 -- Equation différentielle de la déformée
3.3 -- Intégration et calcul des efforts nodaux internes au second ordre quand l’effort normal N est un effort normal de compression
4 -- ELEMENT POUTRE BI-ENCASTREE CALCUL DES EFFORTS NODAUX INTERNES AU SECOND ORDRE A PARTIR D’UNE
EXPRESSION APPROCHEE DU DEPLACEMENT TRANSVERSAL
4.1 -- hypothèse de base spécifique, complémentaire à celles du paragraphe 1 ci-dessus:

4.2 -- Notations et bases locales propres des déplacements nodaux (D ′) et d’efforts nodaux (F′) retenues :
4.3 -- Fonction de déplacement transversal :
4.4 -- Calcul du moment de flexion dans la section banale :
4.5 -- intégration
4.6 -- expression des conditions aux limites

4.7 -- inversion, expression de R E et de M E :

4.8 -- expression de R0 et M0 :

4.9 -- Prise en compte des charges axiales données, concentrées ou réparties directement appliquées à la poutre, les nœuds d’extrémité étant
bloqués longitudinalement :
4.10 -- récapitulation des efforts nodaux internes :
5 -- ELEMENT POUTRE ENCASTREE EN O, ARTICULE EN E, CALCUL DES EFFORTS NODAUX INTERNES AU SECOND ORDRE A
PARTIR D’UNE EXPRESSION APPROCHEE DU DEPLACEMENT TRANSVERSAL :

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PARTIE II STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES

PARTIE II.4 INSTABILITE ELASTIQUE - NON LINEARITE GEOMETRIQUE


CALCULS AU «SECOND ORDRE» ET EN «GRANDS DEPLACEMENTS»

CHAPITRE II.4-6
CALCUL EN GEOMETRIE DEFORMEE - EXTENSION DE LA METHODE DES DEPLACEMENTS
EXEMPLES DE SYNTHESE - EXERCICES CORRIGES

1 -- EXEMPLE 1 : CALCUL AU SECOND ORDRE, FLAMBEMENT EULERIEN – PORTIQUE ENCASTRE A PLAN MOYEN
1.1 -- Matrice de rigidité
1.2 -- Equilibre
1.3 -- Flambement Eulérien
2 -- EXEMPLE 2 : CALCUL AU SECOND ORDRE, FLAMBEMENT EULERIEN – CADRE A PLAN MOYEN
2.1 -- Application de la méthode des déplacments étendue au second ordre
2.1.1 -- Discrétisation, inconnues cinématiques et efforts nodaux
2.1.2 -- Matrice de rigidité
2.1.3 -- Equilibre au second ordre, sous le cas de charge envisagé
2.2 -- Recherche de l’instabilité
2.2.1 -- Méthode générale « académique »
2.2.2 -- Conditions de flambement après anticipation des modes
2.2.3 -- Récapitulation des efforts critiques et des modes de flambement
3 -- EXEMPLE 3 : EXEMPLE D’UNE ETUDE COMPLETE D’UNE STRUCTURE EN GEOMETRIE DEFORMEE (LES 3 ETAPES DE
RESOLUTION ET LEURS SEQUENCES – VOIR CH. « EXTENSION DE LA METHODE DES DEPLACEMENTS AU CALCUL EN GEO
DEFORMEE » )
3.1 -- étude d’un élément particulier en vue de l’application de la méthode des déplacements
3.1.1 -- Equations d’équilibre statique en géométrie déformée
3.1.2 -- Matrice de rigidité au premier ordre
3.1.3 -- Etude en géométrie déformée
3.1.4 -- efforts nodaux en géométrie déformée de l’élément concerné dans une géométrie donnée G (séquence (1) de l’étape 2)
3.1.5 -- Séquence (2) de l’étape (2), calcul de la variation des efforts nodaux entre une géométrie donnée G et une géométrie voisine G ∆ - matrice de
rigidité tangente de l’élément dans la géométrie G
3.2 -- Etude d’une structure au premier ordre et en géométrie déformée
3.2.1 -- Etude de la structure au premier ordre
3.2.2 -- présentation des séquences (1), (2) et (3) de l’étape (2) du calcul de l’état d’équilibre de la structure en géométrie déformée
4 -- EXEMPLE 4 : CALCUL EN GEOMETRIE DEFORMEE – ANALYSE PREALABLE D’UN CABLE TENDU ENTRE 2 POINTS,
SUPPORTANT SON POIDS PROPRE OU UNE CHARGE UNIFORMEMENT REPARTIE CONSTANTE
4.1 -- formulation « chainette »
4.1.1 -- intégration
4.1.2 -- Longueur de la chainette Lc = longueur du câble à l’équilibre
4.1.3 -- allongement du câble ∆L et longueur à vide L v
4.1.4 -- Tensions et efforts nodaux
4.1.5 -- Processus de résolution
4.2 -- Formulation approchée, simplifiée
4.2.1 -- hypothèse simplificatrice : le poids du câble par unité de longueur de sa projection horizontale est supposé constant
4.2.2 -- Intégration et principaux résultats
4.2.3 -- Module de rigidité apparent, tangent
4.3 -- Matrice de rigidité tangente du câble dans une configuration donnée (séquence (2) de l’étape 2)
5 -- EXEMPLE 5 : STRUCTURE HAUBANEE EN GEOMETRIE DEFORMEE : POUTRE AU SECOND ORDRE, HAUBANEE
6 -- EXEMPLE 6 : STRUCTURE HAUBANEE EN GEOMETRIE DEFORMEE : TABLIER DE PONT , SOUPLE, HAUBANE
6.1 -- Résolution préliminaire d’une barre biarticulée rigide considérée au premier ordre, haubanée
6.2 -- Tablier souple haubanée sur pylone rigide : « chaine » de barres biarticulées rigides haubanées
7 -- EXEMPLE 7 : STRUCTURE HAUBANEE EN GEOMETRIE DEFORMEE, TABLIER HAUBANE ENTIEREMENT SUSPENDU, SUR
PYLONES RIGIDES
8 -- ANNEXES
8.1 -- Annexe 1 : analyse d’une géométrie – méthode générale (voir cours)

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PARTIE III
CALCUL AUX ELEMENTS FINIS

CHAPITRE III-1
LA DISCRETISATION DES STRUCTURES ET LA METHODE DES ELEMENTS FINIS

1 -- GENERALITES
1.1 -- position du problème
1.2 -- Hypothèses de base et résultats de la mécanique des milieux continus déformables
1.3 -- Le critère énergétique qui caractérise la solution, théorème de l’énergie potentielle totale
2 -- LA METHODE DES ELEMENTS FINIS, FORMULATION
2.1 -- discrétisation de la structure
2.2 -- Principe de la méthode
2.3 -- Approximation du champ de déplacements de l’élément banal
2.4 -- énergie potentielle totale de l’élément banal de la discrétisation
2.5 -- expression de l’énergie potentielle totale de la structure
2.6 -- expression de la condition d’extrémum de l’énergie potentielle totale à l’équilibre
2.7 -- Détermination d’un effet quelconque dans la structure chargée à l’équilibre
3 -- EXEMPLE ELASTICITE PLANE, LE TRIANGLE A 3 NŒUDS ET CHAMP DE DEPLACEMENTS LINEAIRE
3.1 -- rappel des équations de base de la mécanique en élasticité 2D (contrainte plane), dans le cas d’un matériau isotrope à comportement
élastique linéaire
3.2 -- discrétisation de la structure
3.3 -- Etude de l’élément banal
3.3.1 -- Approximation du champ de déplacements de l’élément banal
3.3.2 -- Champ de déformations de l’élément banal
3.3.3 -- Potentiel de déformation de l’élément banal
3.3.4 -- Matrice de rigidité de l’élément
3.4 -- Exemple d’application, poutre console plane chargée dans son plan
3.4.1 -- Solution exacte
3.4.2 -- Calcul de la structure aux éléments finis

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PARTIE III CALCUL AUX ELEMENTS FINIS

CHAPITRE III-2
LES ELEMENTS DE PLAQUES EN MEMBRANE ET EN FLEXION

1 -- GENERALITES, NOTATIONS
1.1 -- définitions
1.2 -- repère de référence
1.3 -- actions appliquées à la plaque
1.4 -- déplacement, notations
1.5 -- Les phénomènes de membrane et les phénomènes de flexion
2 -- SOLLICITATIONS EN UN POINT DU PLAN MOYEN
2.1 -- coupure élémentaire au point banal P du plan moyen
2.2 -- Résultante et moment résultant, des contraintes (action partie (II) sur partie (I)), sur la coupure élémentaire orientée de longueur a
2.3 -- sollicitations au point banal P du plan moyen, relatives à une coupure élémentaire orientée
3 -- TENSEUR DE MEMBRANE, TENSEUR DE FLEXION-TORSION, FORME LINEAIRE DES EFFORTS TRANCHANTS
3.1 -- autres expressions des sollicitations
3.2 -- Tenseur membrane avec les conventions de plaques
3.3 -- Tenseur de flexion-torsion avec les conventions de plaques
3.4 -- forme linéaire des efforts tranchants, avec les conventions de plaques
3.5 -- Propriétés
4 -- LES DEUX PRINCIPALES THEORIES DES PLAQUES EN FLEXION-TORSION, LEURS HYPOTHESES SIMPLIFICATRICES ET
LEURS CONSEQUENCES MAJEURES
4.1 -- hypothèses simplificatrices possibles des plaques en flexion-torsion
4.1.1 -- hypothèse 1 : les déplacements sont infiniment petits
4.1.2 -- Hypothèse 2 : nullité des contraintes normales verticales
4.1.3 -- Hypothèse 3 : la déformation due au chargement ne provoque pas de variation d’épaisseur de la plaque
4.1.4 -- Hypothèse 4 : les points matériels situés sur une normale au plan moyen restent sur une droite, après déformation due au chargement
4.1.5 -- Hypothèse 5 : conservation de la normale au plan moyen
4.2 -- la théorie de KIRCHOFF
4.3 -- la théorie de HENCKY-MINDLIN
5 -- RECAPITULATION RESUMEE ET INTERPRETATION DES RESULTATS D’UN CALCUL D’ELEMENTS FINIS DE PLAQUES ET
COQUES
5.1 -- Définitions et géométrie
5.2 -- Définition des charges appliquées données
5.3 -- Comportement linéaire de la structure vis-à-vis des chargements, superposition des 2 phénomènes de membrane et de flexion
5.4 -- Coupure élémentaire au point banal P(x,y) du plan moyen

⎛→ → →⎞
⎜ n, t , k ⎟
5.5 -- Sollicitations au point banal P relatives à une coupure
⎜ ⎟
⎝ ⎠
5.6 -- Résultats d’un calcul aux éléments finis au point banal (x,y) : tenseur membrane, tenseur de flexion-torsion, forme linéaire d’effort
tranchant

Sommaire -Page 16 sur 16


A
Annnnééee ssccoollaaiirree 22001155 -- 22001166

C
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PARTIE I

MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS


DEFORMABLES
ET DISCRETISATION

SOMMAIRE

Chapitre I-1 Équations de base de la Mécanique des milieux continus déformables – rappel

Chapitre I-2 Les théorèmes de l’énergie


J.-M. TOURTOIS– Chap-I-1.doc

CALCUL AVANCE DES STRUCTURES


PARTIE I MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS, DEFORMABLES ET DISCRETISATION

CHAPITRE I-1

EQUATIONS DE BASE DE LA MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS DEFORMABLES


RAPPEL

1 -- EQUATIONS DE BASE DE LA MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS DEFORMABLES,


FORMULATION MATRICIELLE

1.1 -- Définitions

Soit un corps solide, milieu continu déformable, dont la géométrie est définie par une surface extérieure S limitant un
volume v.
Soit Oxyz un repère orthonormé fixe de repérage des points et de projection des vecteurs efforts et déplacements, dans
toute la suite.
⎡x ⎤
P(x,y,z) est le point banal du solide, de coordonnées avant chargement ⎢⎢ y ⎥⎥ .
⎢⎣ z ⎥⎦

y
x
S ds
O
z

f .dv
n

Su


• Ce corps est en équilibre sous l’effet d’actions extérieures appliquées: (Rappel : f = vecteur f )
- forces de surface données, de densité « surfacique » Φ , appliquées sur la partie S σ de S ( Sσ ⊂ S ) :
Φ ⋅ ds
- forces de volume données, de densité « volumique » f : f ⋅ dv
- déplacements de surface imposés, u , sur la partie S u .de S ( Su ⊂ S, Su + Sσ = S, Su ∩ Sσ = 0 )

1.1.1 -- déplacement au point banal P


⎡x ⎤
• Soit P le point banal du solide, de coordonnées avant chargement ⎢⎢ y ⎥⎥ , dans le repère orthonormé fixe Oxyz.
⎢⎣ z ⎥⎦
⎡x + u x ⎤
Dans la transformation due au chargement, le point P vient en P1 de coordonnées ⎢⎢ y + u y ⎥⎥ .
⎢⎣ z + u z ⎥⎦

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⎡u x (x , y, z )⎤
Le point P subit donc un déplacement : PP1 = PP1 = u (P ) = u ( x , y, z) = ⎢⎢ u y (...) ⎥⎥
⎢⎣ u z (...) ⎥⎦

On peut dire aussi que pour atteindre l’état d’équilibre, le solide a subi un champ de déplacements : u = u (P )

1.1.2 -- contraintes au point banal P, définition du tenseur contraintes

• Considérons le solide en équilibre sous le cas de charges donné et le repère orthonormé fixe Oxyz.
Soit Σ une surface, passant par le point P1 , qui décompose le corps en 2 parties (A) et (B). L'action de la partie
(A) sur la partie (B) se réduit à des contraintes réparties sur la surface Σ telle que sur un élément dΣ de Σ , centré
⎡σ σ xy σ xz ⎤ ⎡α ⎤
r r ⎢ xx ⎥
sur P1 , la partie (A) exerce sur la partie (B) une force f . dΣ avec : f = ⎢σ yx σ yy σ yz ⎥∗ ⎢⎢ β ⎥⎥
⎢σ ⎥ ⎢ ⎥
⎣ zx σ zy σ zz ⎦ ⎣ γ ⎦
⎡α ⎤
⎢ ⎥ sont les cosinus directeurs de la normale à dΣ intérieure à (A) (conventions de signes de la mécanique).
⎢β ⎥
⎢⎣ γ ⎥⎦

⎡σ xx σ xy σ xz ⎤
⎢ ⎥
• Le tenseur contraintes au point banal P(x,y,z) est le tenseur d’ordre 2 : σ ij = ⎢σ yx σ yy σ yz ⎥
⎢σ σ zy σ zz ⎥⎦
⎣ zx

Les composantes σij du tenseur contraintes sont des fonctions scalaires de (x,y,z) : σ ij = σ ij (x , y, z ) .

1.1.3 -- déformations au point banal P, définition du tenseur déformations


• Soit :
- P(x,y,z) le point banal de la structure (coordonnées avant chargement),
- Q (x+dx,y+dy,z+dz) un point voisin de P.

• Dans la transformation due aux charges appliquées :



⎡u x (x, y, z )⎤
- le point banal subit un déplacement : PP 1 = ⎢⎢ u y (...) ⎥⎥
⎢⎣ u z (...) ⎥⎦


⎡u x + du x ⎤
- le point Q subit un déplacement : QQ1 = ⎢⎢ u y + du y ⎥⎥
⎣⎢ u z + du z ⎦⎥

• le déplacement du point Q :

- est la composition d’un déplacement de corps rigide autour de P et d’une déformation pure,
→ → → →
- soit : QQ1 = PP1 + Ω(P ) ∧ PQ + déformation pure ,
⎡u x + du x ⎤ ⎡u x ⎤ ⎡rx (x , y, z )⎤ ⎡dx ⎤ ⎡ε xx ε xy ε xz ⎤ ⎡dx ⎤
- soit : ⎢ u + du ⎥ = ⎢ u ⎥ + ⎢ r (...) ⎥ ∧ ⎢dy ⎥ + ⎢ε ε yy

ε yz ⎥ ∗ ⎢⎢dy ⎥⎥ ,
⎢ y y⎥ ⎢ y⎥ ⎢ y ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ yx
⎢⎣ u z + du z ⎥⎦ ⎢⎣ u z ⎥⎦ ⎢⎣ rz (...) ⎥⎦ ⎢⎣ dz ⎥⎦ ⎢ ε zx ε zy ε zz ⎥⎦ ⎢⎣ dz ⎥⎦

⎡u x ⎤ ⎡rx (x, y, z )⎤ ⎡dx ⎤
⎢ u ⎥ + ⎢ r (...) ⎥ ∧ ⎢dy ⎥ est le déplacement de corps rigide autour de P,
⎢ y⎥ ⎢ y ⎥ ⎢ ⎥
⎢⎣ u z ⎥⎦ ⎢⎣ rz (...) ⎥⎦ ⎢⎣ dz ⎥⎦

page I-1 -- 2
⎡ε xx ε xy ε xz ⎤ ⎡dx ⎤
⎢ ⎥
⎢ε yx ε yy ε yz ⎥ ∗ ⎢⎢dy ⎥⎥ est une déformation pure.
⎢ ε zx ε zy ε zz ⎥⎦ ⎢⎣ dz ⎥⎦

⎡ε xx ε xz ⎤ ⎡dx⎤
ε xy
⎢ ⎥
• On peut dire que ⎢ ε yx ε yy ε yz ⎥∗ ⎢⎢dy⎥⎥ représente le vecteur translation du point Q voisin de P de coordonnées
⎢ε ε zy ε zz ⎥⎦ ⎢⎣ dz ⎥⎦
⎣ zx
initiales (x+dx,y+dy,z+dz), dans des axes liés au point P(xyz) dans la transformation.
⎡ε xx ε xy ε xz ⎤
⎢ Q ⎥
• Le tenseur déformations au point P est le tenseur d’ordre 2 : ε ij = ⎢ε yx ε yy ε yz ⎥
⎢ε ⎥
⎣ zx ε zy ε zz ⎦
Les composantes ε ij du tenseur déformations sont des fonctions scalaires de (x,y,z) : ε ij = ε ij (x , y, z ) .

1.2 -- Position du problème


⎡x ⎤
Au point banal P ⎢⎢ y ⎥⎥ du solide en équilibre sous un cas de charges donné, dans v, sur S σ ou sur S u , on considère les
⎢⎣ z ⎥⎦
⎡x ⎤
variables vectorielles suivantes des coordonnées d’espace ⎢⎢ y ⎥⎥ :
⎢⎣ z ⎥⎦
• données du chargement :
⎡f x (x, y, z )⎤
- f = f (P ) = [f i ] = ⎢⎢ f y (...) ⎥⎥ = vecteur « densité volumique » des forces de volume appliquées,
⎢⎣ f z (...) ⎥⎦
⎡ Φ x (x , y, z )⎤
- [ ] ⎢ ⎥
Φ = Φ (P ) = Φ i = ⎢ Φ y (...) ⎥ = vecteur « densité surfacique » des forces de surface appliquées,
⎢ Φ z (...) ⎥
⎣ ⎦
⎡ u x (x , y, z )⎤
- u = u (P ) = ⎢⎢ u y (...) ⎥⎥ vecteur déplacements imposés donnés,
⎢⎣ u z (...) ⎥⎦
• inconnues du problème caractérisant l’état d’équilibre :
⎡u x (x, y, z )⎤
- Champ de déplacements : u = u (P ) = ⎢⎢ u y (...) ⎥⎥ = [u i ] = vecteur déplacements au point banal P(x,y,z),
⎢⎣ u z (...) ⎥⎦
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤
⎢ ⎥
- Champ de contraintes : tenseur contraintes au point banal P(x,y,z) σ ij = ⎢σ yx σ yy σ yz ⎥
⎢σ σ zy σ zz ⎥⎦
⎣ zx
Avec σ ij = σ ij (x , y, z )
⎡ε xx ε xy ε xz ⎤
⎢ ⎥
- Champ de déformations : tenseur déformations au point banal P(x,y,z) ε ij = ⎢ε yx ε yy ε yz ⎥
⎢ε ε zy ε zz ⎥⎦
⎣ zx
Avec ε ij = ε ij (x , y, z )

page I-1 -- 3
1.3 -- équations de base de la mécanique des structures 3D, en équilibre sous un
chargement donné

1.3.1 -- les équations d’équilibre


Au point banal P de la structure en équilibre on considère le parallélépipède de sommet P(x,y,z), de cotés dx, dy, dz .

Dans la structure en équilibre on exprime l’équilibre statique du volume de matière constitué par ce parallélépipède.
Les actions qui lui sont appliquées sont :
⎡f x (x , y, z )⎤
- les forces de volume : f = f (P ) = ⎢⎢ f y (...) ⎥⎥
⎢⎣ f z (...) ⎥⎦
- les contraintes sur chacune de ses faces.

Exprimer l’équilibre statique de ce système va consister à écrire la nullité de la résultante et du moment résultant des
actions appliquées.
1.3.1.1 -- Équilibre en rotation (nullité du moment résultant)
L’équilibre en rotation (nullité du moment résultant) du parallélépipède de sommet P(x,y,z) montre que le tenseur
contraintes en tout point est symétrique : σ ij = σ ji .
Z

X
Mx = 0 ⇒ dy ⋅ σ yz ⋅ dx ⋅ dz − dz ⋅ σzy ⋅ dx ⋅ dy = 0
⎡σ xx ⎤
⎢σ ⎥
⎢ yy ⎥
⎢ ⎥
La symétrie du tenseur contraintes permet de le définir par le vecteur contraintes généralisées : σ = ⎢ σ zz ⎥
⎢σ xy ⎥
⎢ σ yz ⎥
⎢ ⎥
⎣⎢ σ xz ⎦⎥
t
[
σ = σ xx σ yy σ zz σ xy σ yz σ xz ]
1.3.1.2 -- Équilibre en translation (nullité de la résultante)
L’équilibre en translation (nullité de la résultante) du parallélépipède considéré au point banal P(x,y,z), permet d’établir
les conditions d’équilibre :

• Forces exercées sur les 2 faces perpendiculaires à Ox (sur le parallélépipède) :



⎡− 1⎤ ⎡− σ xx ⎤ ⎡− σ xx ⎤
- face x = 0 : n = ⎢ 0 ⎥ , contrainte : ⎢⎢ − σ yx ⎥⎥ ,
⎢ ⎥ force : ⎢ − σ ⎥ ⋅ dy ⋅ dz
⎢ yx ⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ − σ zx ⎥⎦ ⎢⎣ − σ zx ⎥⎦
⎡ ∂σ xx ⎤ ⎡ ∂σ xx ⎤
⎢σ xx + ∂x ⋅ dx ⎥ ⎢σ xx + ∂x ⋅ dx ⎥

⎡1 ⎤ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
∂σ yx ∂σ
- face x = dx : n = ⎢⎢0⎥⎥ , contraintes : ⎢σ yx + ⋅ dx ⎥ , force : ⎢σ + yx ⋅ dx ⎥ ⋅ dy ⋅ dz
⎢ ∂x ⎥ ⎢ yx ∂x ⎥
⎢⎣0⎥⎦ ⎢ ∂σ zx ⎥ ⎢ ∂σ zx ⎥
⎢ σ zx + ⋅ dx ⎥ ⎢ σ zx + ⋅ dx ⎥
⎢⎣ ∂x ⎥⎦ ⎣ ∂x ⎦
⎡ ∂σ xx ⎤
⎢ ∂x ⋅ dx ⎥
⎢ ∂σ ⎥
yx
- résultante : ⎢ ⋅ dx ⎥ ⋅ dy ⋅ dz
⎢ ∂x ⎥
⎢ ∂σ zx ⎥
⎢ ⋅ dx ⎥
⎣ ∂x ⎦

page I-1 -- 4
⎡ ∂σ xy ⎤
⎢ ⋅ dy ⎥
⎢ ∂ y ⎥
⎢ ∂σ yy ⎥
• résultante sur les 2 faces perpendiculaires à Oy : ⎢ ⋅ dy ⎥ ⋅ dx ⋅ dz
⎢ ∂y ⎥
⎢ ∂σ zy ⎥
⎢ ∂y ⋅ dy ⎥
⎣ ⎦
⎡ ∂σ xz ⎤
⎢ ∂z ⋅ dz ⎥
⎢ ∂σ ⎥
• résultante sur les 2 faces perpendiculaires à Oz : ⎢ yz ⋅ dz ⎥ ⋅ dx ⋅ dy
⎢ ∂z ⎥
⎢ ∂σ zz ⎥
⎢ ⋅ dz ⎥
⎣⎢ ∂ z ⎦⎥
⎡f x ⎤
• force extérieure appliquée du chargement : ⎢f ⎥ ⋅ dx ⋅ dy ⋅ dz
⎢ y⎥
⎢⎣ f z ⎥⎦

• équilibre du parallélépipède dx.dy.dz ⇒

⎡σ xx ⎤
⎢σ ⎥
⎡R x ⎤ ⎡∂ ∂x 0 0 ∂ ∂y 0 ∂ ∂z ⎤ ⎢ yy ⎥ ⎡f x ⎤
⎢R ⎥ = 0 ⎢ 0 ⎢σ ⎥
0 ⎥⎥ ⋅ ⎢ zz ⎥ + ⎢⎢f y ⎥⎥ = 0 Soit :
t
⎢ ∂ ∂y 0 ∂ ∂x ∂ ∂z D ⋅σ+f = 0
⎢ y⎥ σ
⎢⎣ R z ⎥⎦ ⎢⎣ 0 0 ∂ ∂z 0 ∂ ∂y ∂ ∂x ⎥⎦ ⎢ xy ⎥ ⎢⎣ f z ⎥⎦
⎢ σ yz ⎥
⎢ ⎥
⎣⎢ σ xz ⎦⎥

D étant l’opérateur différentiel défini comme suit :


⎡∂ ∂x 0 0 ⎤
⎢ 0 ∂ ∂y 0 ⎥⎥
⎢ ⎡∂ ∂x 0 0 ∂ ∂y 0 ∂ ∂z ⎤
⎢ 0 0 ∂ ∂z ⎥ ⎢ 0 ⎥⎥
t
D =⎢ ⎥ D =⎢ 0 ∂ ∂y 0 ∂ ∂x ∂ ∂z
⎢∂ ∂y ∂ ∂x 0 ⎥
⎢⎣ 0 0 ∂ ∂z 0 ∂ ∂y ∂ ∂x ⎥⎦
⎢ 0 ∂ ∂z ∂ ∂y ⎥
⎢ ⎥
⎢⎣ ∂ ∂z 0 ∂ ∂x ⎥⎦

1.3.2 -- les conditions aux limites

1.3.2.1 -- conditions aux limites de type cinématique

⎡u⎤ ⎡u⎤
En un point M quelconque de la surface S u ( S u ⊂ S ) : u = ⎢⎢ v ⎥⎥ = ⎢⎢ v ⎥⎥ = u
⎢⎣ w ⎥⎦ ⎢⎣ w ⎥⎦

1.3.2.2 -- conditions aux limites de type équilibre


⎡n x ⎤
En un point M quelconque de la surface S σ , si ⎢⎢ n y ⎥⎥ sont les cosinus directeurs de la normale extérieure à la
⎢⎣ n z ⎥⎦
surface :

page I-1 -- 5
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡n x ⎤ ⎡ Φ x ⎤
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢σ yx σ yy σ yz ⎥ ⋅ ⎢⎢ n y ⎥⎥ = ⎢ Φ y ⎥
⎢σ σ zy σ zz ⎥⎦ ⎢⎣ n z ⎥⎦ ⎢⎣ Φ z ⎥⎦
⎣ zx

⎡σ xx ⎤
⎢σ ⎥
⎡n x 0 0 ny 0 n z ⎤ ⎢ yy ⎥ ⎡Φ x ⎤
⎢ ⎥ ⎢σ ⎥ ⎢ ⎥
Soit : ⎢0 ny 0 nx nz 0 ⎥ ⋅ ⎢ zz ⎥ = ⎢Φ y ⎥
σ
⎢0
⎣ 0 nz 0 ny n x ⎥⎦ ⎢ xy ⎥ ⎢Φz ⎥
⎣ ⎦
⎢ σ yz ⎥
⎢ ⎥
⎢⎣ σ xz ⎥⎦

t
Soit : N ⋅σ = Φ

Avec : N = la matrice des cosinus directeurs au point M considéré :


⎡n x 0 0 ny 0 nz ⎤
t ⎢ ⎥
N =⎢ 0 ny 0 nx nz 0 ⎥
⎢0 0 nz 0 ny n x ⎥⎦

On a exploité jusque là :
- les équations de la statique
- les conditions aux limites
Pour aller plus loin on va devoir ajouter des hypothèses.

1.3.3 -- hypothèse 1 : les déplacements sont infiniment petits

1.3.3.1 -- relations déformations//déplacements

Dans l’hypothèse où les déplacements sont infiniment petits, les déformations sont également infiniment petites et
⎡u x (x , y, z )⎤
on montre qu’elles s’expriment au point banal P(x,y,z) en fonction du déplacement u = u (P ) = ⎢⎢ u y (...) ⎥⎥ comme
⎢⎣ u z (...) ⎥⎦
suit :
1 ⎡ ∂u i ∂u j ⎤
ε ij = ⋅⎢ + ⎥
2 ⎢⎣ ∂x j ∂x i ⎥⎦
• Conséquences :

Dans cette hypothèse 1, on voit que :


- le tenseur déformations est symétrique : εij = ε ji .
- Les relations entre déplacements et déformations sont linéaires.

• La symétrie du tenseur déformations permet de le définir par le vecteur déformations généralisées : ε


t
tel que : ε = ε xx[ ε yy ε zz 2 ⋅ ε xy 2 ⋅ ε yz 2 ⋅ ε xz ]
• Les relations déformations-déplacements dans l’hypothèse où ils sont infiniment petits s’écrivent alors :

page I-1 -- 6
⎡ ε xx ⎤ ⎡∂ ∂x 0 0 ⎤
⎢ ε ⎥ ⎢ ⎥
⎢ yy ⎥ ⎢ 0 ∂ ∂ y 0 ⎥ ⎡u ⎤
⎢ ε zz ⎥ ⎢ 0 x
0 ∂ ∂z ⎥ ⎢ ⎥
ε =⎢ ⎥=⎢ ⎥ ⋅ ⎢u y ⎥ Soit : ε = D ⋅u
⎢2 ⋅ ε xy ⎥ ⎢∂ ∂y ∂ ∂x 0 ⎥
⎢u z ⎥
⎢ 2 ⋅ ε yz ⎥ ⎢ 0 ∂ ∂z ∂ ∂y ⎥ ⎣ ⎦
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢ 2 ⋅ ε xz ⎦⎥ ⎣⎢ ∂ ∂z 0 ∂ ∂x ⎥⎦

Remarque :
Les 2 vecteurs σ et ε sont ainsi définis de façon que le potentiel de déformation W et le potentiel de déformation
complémentaire Wc qui, pour une structure à comportement élastique linéaire, s’écrivent (on le verra plus loin) :
1
2
1
[ ]
W = Wc = ⋅ σ ij ⋅ ε ij = ⋅ σ xx ε xx + σ yy ε yy + σ zz ε zz + 2 ⋅ σ xy ε xy + 2 ⋅ σ yz ε yz + 2 ⋅ σ xz ε xz
2
1t 1t
s’écrivent sous forme matricielle : W = Wc = ⋅ ε ⋅ σ = ⋅ σ ⋅ ε
2 2
Cette expression est telle que pour un matériau à comportement élastique linéaire, W(x,y,z).dv représente le travail des
contraintes s’exerçant sur l’élément de volume dv = dx.dy.dz d’origine P(x,y,z), dans la déformation due au
chargement.

1.3.3.2 -- Conditions d’intégrabilité (ou de compatibilité) du tenseur déformations


⎡u x (x, y, z )⎤
• Le champ de déplacements u = u (P ) = ⎢⎢ u y (...) ⎥⎥ est défini par 3 fonctions scalaires des coordonnées
⎢⎣ u z (...) ⎥⎦
d’espace x,y,z.
⎡ε xx (x, y, z )⎤
⎢ ε (...) ⎥
⎢ yy ⎥
⎢ ε zz (...) ⎥
Le champ de déformations ε = ⎢ ⎥ est défini par 6 fonctions scalaires des coordonnées d’espace x,y,z.
⎢ 2 ⋅ ε xy (...) ⎥
⎢ 2 ⋅ ε yz (...) ⎥
⎢ ⎥
⎢⎣ 2 ⋅ ε xz (...) ⎥⎦

On vient de voir comment déduire le champ de déformations (6 fonctions scalaires) d’un champ de
⎡u x (x , y, z )⎤
déplacements u = u (P ) = ⎢⎢ u y (...) ⎥⎥ dont les 3 composantes sont des fonctions scalaires des coordonnées
⎢⎣ u z (...) ⎥⎦
d’espace x,y,z continues et dérivables.

• Inversement on doit pouvoir déduire d’un champ de déformations le champ de déplacements associé.
Dans cette démarche, les relations déformations//déplacements nous fournissent 6 relations pour 3 fonctions
inconnues u x (x, y, z ) , u y (x , y, z ) , u z (x, y, z )

Les 6 fonctions scalaires du champ de déformations (que l’on suppose continues ainsi que leurs dérivées
premières et secondes), ne peuvent donc pas être quelconques.
⎡u x (x , y, z )⎤
Elles doivent permettre de calculer ⎢⎢ u y (...) ⎥⎥ par les équations aux différentielles totales suivantes :
⎢⎣ u z (...) ⎥⎦

⎡du x ⎤ ⎡rx (x, y, z )⎤ ⎡dx ⎤ ⎡ε xx ε xy ε xz ⎤ ⎡dx ⎤


⎢du ⎥ = ⎢ r (...) ⎥ ∧ ⎢dy ⎥ + ⎢ε ε yy

ε yz ⎥ ∗ ⎢⎢dy ⎥⎥
⎢ y⎥ ⎢ y ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ yx
⎢⎣ du z ⎥⎦ ⎢⎣ rz (...) ⎥⎦ ⎢⎣ dz ⎥⎦ ⎢ ε zx ε zy ε zz ⎥⎦ ⎢⎣ dz ⎥⎦

On montre qu’elles doivent satisfaire les 6 conditions d’intégrabilité (ou de compatibilité) suivantes :

page I-1 -- 7
∂ 2 ε ij ∂ 2 ε kl ∂ 2 ε ik ∂ 2 ε jl
Forme indicielle : + − − =0
∂x k ∂x l ∂x i ∂x j ∂x j ∂x l ∂x i ∂x k
Cette démonstration, qui consiste à écrire les conditions d’intégrabilité d’équations aux différentielles totales
⎡u x (x , y, z )⎤
successives, servira d’ailleurs à calculer le champ de déplacements ⎢⎢ u y (...) ⎥⎥ en fonction du champ de
⎢⎣ u z (...) ⎥⎦
⎡ε xx (x, y, z )⎤
⎢ ε (...) ⎥
⎢ yy ⎥
⎢ ε zz (...) ⎥
déformations ε = ⎢ ⎥
⎢ 2 ⋅ ε xy (...) ⎥
⎢ 2 ⋅ ε yz (...) ⎥
⎢ ⎥
⎢⎣ 2 ⋅ ε xz (...) ⎥⎦

• Les 6 conditions d’intégrabilité du tenseur déformations se détaillent comme suit :

∂ 2 ε xx ∂ ⎡ ∂ε yz ∂ε xz ∂ε xy ⎤ ∂ 2 ε yy ∂ ⎡ ∂ε xz ∂ε xy ∂ε yz ⎤
= ⎢− + + ⎥ = ⎢− + + ⎥
∂y∂z ∂x ⎢⎣ ∂x ∂y ∂z ⎦⎥ ∂x∂z ∂y ⎣⎢ ∂y ∂z ∂x ⎦⎥

∂ 2 ε zz ∂ ⎡ ∂ε xy ∂ε xz ∂ε yz ⎤
= ⎢− + + ⎥
∂x∂y ∂z ⎢⎣ ∂z ∂y ∂x ⎥⎦

∂ 2 ε yz ∂ 2 ε yy ∂ 2 ε zz ∂ 2 ε xz ∂ 2 ε xx ∂ 2 ε zz ∂ 2 ε xy ∂ 2 ε xx ∂ 2 ε yy
2 = + 2 = + 2 = +
∂y∂z ∂z 2 ∂y 2 ∂x∂z ∂z 2 ∂x 2 ∂x∂y ∂y 2 ∂x 2

Dans toute la suite du cours, on se place dans le cadre de l’hypothèse 1 et des relations ci-dessus qui en résultent.

1.3.4 -- Comportement élastique isotrope du matériau

Le comportement du matériau constitutif intervient évidemment dans l’étude des milieux continus déformables.
Dans toute la suite du cours, le matériau sera supposé isotrope, à comportement élastique.

• Comportement élastique du matériau :


pour un chargement donné :
- l’état d’équilibre de la structure est unique, (les champs de déplacements, de déformations et de
contraintes sont uniques),
- et, en tout point de la structure, il existe une loi contraintes / déformations relation entre le tenseur
contraintes et le tenseur déformations qui permet d’exprimer l’un en fonction de l’autre, indépendante
du chargement, fonction uniquement des caractéristiques du matériau.

• Le matériau sera supposé isotrope, c'est-à-dire que la loi contraintes / déformations en question, est indépendante
du repère dans lequel on l’exprime.

1.3.5 -- hypothèse 2 : le matériau est isotrope à comportement élastique linéaire, relations


contraintes//déformations
Les hypothèses permanentes, hypothèse 1 + comportement élastique isotrope du matériau, seront dans certains cas,
complétées de l’hypothèse 2 du matériau isotrope à comportement élastique linéaire.

• Dans le cas d’un matériau à comportement élastique linéaire, la relation entre le tenseur contraintes et le tenseur
3 ⎡ 3 ⎤
déformations est une relation linéaire de la forme : σ ij = ∑ ⎢ ∑ C ijkl ⋅ ε kl ⎥
k =1 ⎣l =1 ⎦
- la symétrie des tenseurs contraintes et déformations (hypothèse 1) ⇒ C ijkl = C jikl = C ijlk
- l’isotropie du comportement ⇒ Cijkl = C klij

page I-1 -- 8
• On peut écrire cette relation linéaire en utilisant les vecteurs contraintes et déformations généralisées :

σ = C ⋅ ε , C étant la matrice (6x6) constitutive du matériau.

• Le matériau est isotrope ⇒ la matrice C est symétrique soit : Cijkl = C klij


⇒ les coéfficients d’élasticité Cijkl se réduisent à 2 constantes λ et µ telles que la
matrice constitutive du matériau isotrope à comportement élastique linéaire s’écrit :
⎡λ + 2µ λ λ 0 0 0⎤
⎢ λ λ + 2µ λ 0 0 0 ⎥⎥

⎢ λ λ λ + 2µ 0 0 0⎥
C =⎢ ⎥
⎢ 0 0 0 µ 0 0⎥
⎢ 0 0 0 0 µ 0⎥
⎢ ⎥
⎣⎢ 0 0 0 0 0 µ ⎦⎥
E⋅ν E
Avec : λ et µ coefficients de Lamé : λ= µ= =G
(1 + ν ) ⋅ (1 − 2 ⋅ ν ) 2 ⋅ (1 + ν )
E = module d’Young ou module de déformation longitudinale
ν = coefficient de Poisson G = module de déformation transversale

• En conclusion, dans le cas d’un matériau isotrope à comportement élastique linéaire, la relation contraintes-
déformations s’écrit, quel que soit le repère orthonormé de référence : σ = C ⋅ε

⎡σ xx ⎤ ⎡λ + 2µ λ λ 0 0 0 ⎤ ⎡ ε xx ⎤
⎢σ ⎥ ⎢ ⎢ ⎥
⎢ yy ⎥ ⎢ λ λ + 2µ λ 0 0 0 ⎥⎥ ⎢ ε yy ⎥
⎢σ ⎥ ⎢ λ λ λ + 2µ 0 0 0 ⎥ ⎢ ε zz ⎥
Soit : σ = ⎢ zz ⎥ = ⎢ ⎥⋅⎢ ⎥
⎢σ xy ⎥ ⎢ 0 0 0 µ 0 0 ⎥ ⎢2 ⋅ ε xy ⎥
⎢ σ yz ⎥ ⎢ 0 0 0 0 µ 0 ⎥ ⎢ 2 ⋅ ε yz ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢⎣ σ xz ⎥⎦ ⎢⎣ 0 0 0 0 0 µ⎥⎦ ⎢⎣ 2 ⋅ ε xz ⎥⎦

• De même, dans le cas d’un matériau isotrope à comportement élastique linéaire, la relation déformations-
−1
contraintes s’écrit, quel que soit le repère orthonormé de référence : ε= C ⋅σ

⎡ ε xx ⎤ ⎡ 1 −ν −ν 0 0 0 ⎤ ⎡σ xx ⎤
⎢ ε
⎢ yy ⎥
⎥ ⎢− ν 1 − ν
⎢ 0 0 0 ⎥⎥ ⎢⎢ σ yy ⎥⎥
⎢ ε ⎥ 1 ⎢− ν − ν 1 0 0 0 ⎥ ⎢ σ zz ⎥
Soit : ε = ⎢ zz ⎥ = ⋅ ⎢ ⎥⋅⎢ ⎥
⎢2 ⋅ ε xy ⎥ E ⎢ 0 0 0 2(1 + ν ) 0 0 ⎥ ⎢ σ xy ⎥
⎢ 2 ⋅ ε yz ⎥ ⎢ 0 0 0 0 2(1 + ν ) 0 ⎥ ⎢ σ yz ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢⎣ 2 ⋅ ε xz ⎥⎦ ⎣ 0 0 0 0 0 2(1 + ν )⎦ ⎢⎣ σ xz ⎥⎦

1.3.6 -- Dans l’hypothèse du comportement élastique linéaire du matériau, conditions


d’intégrabilité des déformations écrites en fonctions des contraintes

En utilisant les relations contraintes / déformations de l’élasticité linéaire complétées par les conditions d’équilibre du
paragraphe 1.3.1 ci-dessus, les conditions d’intégrabilité des déformations peuvent s’écrire en fonction des contraintes,
en supposant constantes (ou nulles) les forces de volume appliquées f x ( x , y, z) , f y , f z :

6 équations : (1 + ν ) ⋅ ∆σ x i y j +
(
∂ 2 σ xx + σ yy + σ zz )=0 ( ∆ est l’opérateur laplacien :
∂2
+
∂2
+
∂2
)
∂x i ∂x j ∂x 2 ∂y 2 ∂z 2

page I-1 -- 9
(
∂ 2 σ xx + σ yy + σ zz ) (
∂ 2 σ xx + σ yy + σ zz )
Soit : (1 + ν ) ⋅ ∆σ xx + =0 (1 + ν )⋅ ∆σ xy + =0
∂x 2 ∂x∂y
(
∂ 2 σ xx + σ yy + σ zz ) (
∂ 2 σ xx + σ yy + σ zz )
(1 + ν )⋅ ∆σ yy + =0 (1 + ν )⋅ ∆σ xz + =0
∂y 2 ∂x∂z

(
∂ 2 σ xx + σ yy + σ zz ) (
∂ 2 σ xx + σ yy + σ zz )
(1 + ν )⋅ ∆σ zz + =0 (1 + ν )⋅ ∆σ yz + =0
∂z 2 ∂y∂z

2 -- RECAPITULATION DES EQUATIONS DE BASE DE LA MECANIQUE, D’UNE STRUCTURE EN


EQUILIBRE SOUS UN CHARGEMENT DONNE
Dans toute la suite du cours on se place dans le cadre :
- de l’hypothèse 1 des déplacements (et déformations) infiniment petits,
- et du comportement élastique isotrope du matériau.

2.1 -- Récapitulation des définitions et notations


Soit Oxyz un repère orthonormé fixe de repérage des points et de projection des vecteurs efforts et déplacements, dans
toute la suite.
⎡x ⎤
P(x,y,z) est le point banal du solide, de coordonnées avant chargement ⎢⎢ y ⎥⎥ .
⎢⎣ z ⎥⎦
• Les variables vectorielles ou matricielles fonction des coordonnées d’espace (x,y,z) :

- les données du problème :


* f = vecteur (densité volumique) des forces de volume appliquées, données,
* Φ = vecteur (densité surfacique) des forces de surface appliquées données,
* u = vecteur déplacements imposés du chargement donnés,
- les inconnues du problème :
∗ u = vecteur déplacements,
∗ σ = vecteur contraintes généralisées,
∗ ε tenseur déformations ou ε = vecteur déformations généralisées dans le cas où
les déplacements sont infiniment petits,
⎡x ⎤
• au point banal P ⎢⎢ y ⎥⎥ de la surface extérieure du solide en équilibre, N = la matrice des cosinus directeurs de
⎢⎣ z ⎥⎦
la normale extérieure.

• D la matrice d’opérateurs différentiels, définie ci-dessus,


• C matrice constitutive du matériau, définie ci-dessus.

2.2 -- équations d’équilibre



• Le tenseur contraintes est symétrique ⇒ vecteur contraintes généralisées
t
• D ⋅σ+f = 0

2.3 -- les conditions aux limites

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2.3.1 -- conditions aux limites de type cinématique :
en tout point de la surface Su ⊂ S , où les déplacements de surface sont imposés : u = u

2.3.2 -- conditions aux limites de type équilibre :


t
en tout point de la surface complémentaire Sσ , où sont appliqués des efforts extérieurs Φ ⋅ ds : N ⋅σ = Φ

2.4 -- hypothèse 1 les déplacements sont infiniment petits



• les déformations sont infiniment petites
• le tenseur déformations est symétrique ⇒ vecteur déformations généralisées ε
• relations déformations//déplacements : ε = D ⋅ u
= relations linéaires entre déplacements et déformations
• les conditions d’intégrabilité (ou de compatibilité) des déformations :
∂ 2 ε ij ∂ 2 ε kl ∂ 2 ε ik ∂ 2 ε jl
+ − − =0
∂x k ∂x l ∂x i ∂x j ∂x j ∂x l ∂x i ∂x k

Dans toute la suite du cours, on se place dans le cadre de l’hypothèse 1 et des relations ci-dessus qui en résultent.

2.5 -- comportement élastique et isotrope du matériau

Dans toute la suite du cours on suppose que le matériau a un comportement élastique, isotrope.

⇔ en tout point de la structure en équilibre sous un chargement donné, les 2 tenseurs contraintes et déformations sont
uniques et il existe entre eux une relation indépendante du chargement et du repère dans lequel on l’exprime, fonction
uniquement des caractéristiques du matériau.

2.6 -- hypothèse 2, matériau isotrope à comportement élastique linéaire

Dans certains cas, en plus de l’hypothèse 1 et de l’hypothèse du comportement élastique isotrope du matériau, on fera
l’hypothèse 2 du matériau à comportement élastique linéaire.

• on associe au matériau la matrice de comportement C
C = matrice 6x6 fonction de 2 variables scalaires de comportement du matériau : E et ν (ou E et G)
−1
• relations contraintes//déformations : σ = C ⋅ε D’où : ε = C ⋅σ
= relations linéaires entre contraintes et déformations

• En utilisant les relations contraintes / déformations de l’élasticité linéaire complétées par les conditions d’équilibre
du paragraphe 1.3.1 ci-dessus, les conditions d’intégrabilité des déformations peuvent s’écrire en fonction des
contraintes, en supposant constantes (ou nulles) les forces de volume appliquées f x ( x, y, z) , f y , f z :

6 équations : (1 + ν ) ⋅ ∆σ x i y j +
(
∂ 2 σ xx + σ yy + σ zz )=0 ( ∆ est l’opérateur laplacien :
∂2
+
∂2
+
∂2
)
∂x i ∂x j ∂x 2 ∂y 2 ∂z 2

Dans toute la suite du cours on se place dans le cadre :


- de l’hypothèse 1 des déplacements (et déformations) infiniment petits,
- de l’hypothèse 2 du matériau à comportement élastique linéaire.
S’il arrive de restreindre cette dernière hypothèse à celle du matériau à comportement élastique
non linéaire à priori, ce sera sur indication explicite.

page I-1 -- 11
3 -- CHAMP DE DEPLACEMENTS, CHAMP DE CONTRAINTES, DEFINITIONS

3.1 -- champ de déplacements cinématiquement admissible pour un cas de charges


donné
Un champ de déplacements u (M ) est cinématiquement admissible si il satisfait :
• les conditions de continuité : classe C1 sur v et S (les composantes sont des fonctions scalaires continues et à
dérivées premières continues)
• les conditions cinématiques, c’est à dire les conditions aux limites sur S u : u = u ∀M ∈ Su

3.2 -- champ de contraintes statiquement admissible pour un cas de charges donné


Un champ de contraintes σ (M ) est statiquement admissible si il satisfait :
• les conditions de continuité,
• les conditions statiques ou de type équilibre :
t
∗ équilibre dans v : D ⋅σ+f = 0
t
∗ conditions aux limites sur Sσ soit ∀M ∈ S σ : N ⋅σ = Φ

4 -- STRUCTURES A COMPORTEMENT LINEAIRE, LINEARITE DES ETATS D’EQUILIBRE


RELATIVEMENT AUX CAS DE CHARGES, PRINCIPE DE SUPERPOSITION

On se place dans le cadre des hypothèses 1 et 2 (petits déplacements et petites déformations + matériau isotrope à
comportement élastique linéaire).

• Données du problème rappel :

- données définissant la géométrie de la structure :


Sσ = Sσ (x, y, z ) = Sσ (P ) et Su = Su (x, y, z ) = Su (P )

- données définissant les caractéristiques du matériau constitutif :


σ = C⋅ε soit : σ (P ) = C ⋅ ε (P ) avec C matrice de comportement du matériau

- données du chargement (cas de charges) :


⎡f x ⎤
* f = f (P ) = [f i ] = ⎢⎢f y ⎥⎥ = vecteur « densité volumique » des forces de volume appliquées, données,
⎢⎣ f z ⎥⎦
⎡Φ x ⎤
* [ ]
⎢ ⎥
Φ = Φ (P ) = Φi = ⎢ Φ y ⎥ = vecteur « densité surfacique » des forces de surface appliquées données,
⎢ Φz ⎥
⎣ ⎦
* u = u (P ) vecteur déplacements imposés donnés.
• inconnues du problème caractérisant l’état d’équilibre :
⎡u⎤
- Le champ de déplacements : u = u (P ) = ⎢⎢ v ⎥⎥ = [u i ] = vecteur déplacements au point banal P,
⎢⎣ w ⎥⎦
- Le champ de contraintes : σ = σ (P ) vecteur contraintes généralisées au point banal P tel que :
t
[
σ = σ xx σ yy σ zz σ xy σ yz σ xz ]
- le champ de déformations : ε = ε (P ) vecteur déformations généralisées au point banal P tel que :
t
[
ε = ε xx ε yy ε zz 2 ⋅ ε xy 2 ⋅ ε yz 2 ⋅ ε xz ]
• Les équations de la Mécanique permettent de calculer les inconnues du problème en fonction des données.

page I-1 -- 12
On constate que, sous réserve que ces équations soient écrites dans une géométrie unique indépendante du cas
de charges, elles sont linéaires et homogènes des données de chargement et des inconnues du problème.
Le calcul réalisé dans l’hypothèse de la géométrie unique indépendante du cas de charges (en général la géométrie
à vide de la structure) est qualifiée de calcul réalisé au premier ordre.

• En conclusion :

Dans le cadre des 3 hypothèses suivantes :


- Hypothèse 1 : petits déplacements (et déformations),
- Hypothèse 2 : matériau isotrope à comportement élastique linéaire,
- Hypothèse 3 : Calcul réalisé au premier ordre,

l’ensemble des équations permettant de résoudre le problème sont linéaires et homogènes des données du
chargement et des inconnues du problème.

En conséquence, si E est un effet quelconque dans la structure étudiée, déformation, déplacement ou contrainte,
réaction d’appui, effort interne,

E(CH) sa valeur pour le cas de charges CH,

Si λ est un scalaire quelconque, on a : E(λ.CH ) = λ.E(CH )


Si CH 1 et CH 2 sont 2 cas de charges indépendants, on a : E(CH 1 + CH 2 ) = E(CH 1 ) + E (CH 2 )

La structure a un comportement linéaire d’ensemble vis-à-vis des cas de charges appliqués.

Les structures étudiées dans ces conditions (dans les 3 hypothèses ci-dessus) sont qualifiées de « structures à
comportement linéaire vis à vis des chargements ».

L’application de cette linéarité du comportement d’une structure vis-à-vis des cas de charges est aussi appelée
principe de superposition.

• En pratique, les équations de base de la Mécanique sont fondées sur les équations d’équilibre statique et les
conditions aux limites (« de surface »).

Le calcul au premier ordre consiste donc, pour un état d’équilibre donné, à écrire ces équations dans une
géométrie unique indépendante du cas de charges.

Les équations d’équilibre statique de la structure, concernées, sont, entre autres :


- les équations d’équilibre statique de l’ensemble de la structure,
- les équations d’équilibre statique de parties de la structure, en particulier :
- les équations d’équilibre du parallélépipède élémentaire dx.dy.dz au point banal qui constituent un
des fondements des équations de la mécanique des milieux continus,
- les équations d’équilibre de parties de la structure faisant intervenir les contraintes ou les sollicitations
(en particulier les équations permettant le calcul des contraintes ou des sollicitations extérieures dans
une section droite de poutre),
- des relations supplémentaires exprimant les degrés de liberté internes de la structure…

page I-1 -- 13
J.-M. TOURTOIS– Chap-I-2.doc

CALCUL AVANCE DES STRUCTURES


PARTIE I MECANIQUE DES MILIEUX CONTINUS, DEFORMABLES ET DISCRETISATION

CHAPITRE I-2
LES THEOREMES DE L’ENERGIE

1 -- LES THEOREMES DE L’ENERGIE FONDAMENTAUX APPLIQUES AUX MILIEUX CONTINUS


DEFORMABLES
• Soit un solide déformable en équilibre sous l’effet d’actions extérieures données :
∗ forces de surface données, appliquées sur la partie S σ de S ( Sσ ⊂ S ): Φ ⋅ ds
∗ forces de volume données : f ⋅ dv
∗ déplacements de surface imposés, u , sur la partie S u .de S ( Su ⊂ S, Su + Sσ = S, Su ∩ Sσ = 0 )

y
x
S ds
O
z

f .dv
n

Su

• On se place dans le cas général où les efforts extérieurs appliqués donnés dépendent de la position dans l’espace
de leur point d’application, ou, ce qui revient au même, dépendent du déplacement de leur point d’application :

Φ = Φ(u ) f = f (u ) plus précisément : Φ (M ) = Φ ( u (M ) ) f (M ) = f ( u (M ) )

• A l’équilibre, en tout point P (x,y,z) du solide :


∗ u = vecteur déplacements,
∗ σ = tenseur contraintes symétrique, que l’on peut ramener à un vecteur à 6 composantes :
σ = vecteur contraintes généralisées,
∗ ε = tenseur déformations

• On peut dire aussi que l’état d’équilibre est caractérisé par :


∗ Un champ de déplacements : u (M )
∗ Un champ de contraintes : σ (M ) ou σ (M )

∗ Un champ de déformations : ε (M )

• On fait l’hypothèse des petits déplacements : ⇒ relations déformations//déplacements : ε = D ⋅ u


On note que ce sont des relations linéaires entre déplacements et déformations.
De plus cette hypothèse entraine la symétrie du tenseur dé formations ce qui permet de représenter la déformation
en un point par le vecteur déformations généralisées (à 6 composantes) : ε (M )

• On fait l’hypothèse du comportement isotrope, élastique du matériau, non linéaire sauf indication contraire :
C'est-à-dire que en tout point de la structure dans un état d’équilibre quelconque, il existe une relation entre le
tenseur contraintes et le tenseur déformations :
∗ qui permet d’exprimer l’un en fonction de l’autre,
∗ indépendante du chargement,
∗ indépendante du repère dans lequel on l’exprime,
∗ fonction uniquement des caractéristiques du matériau.

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1.1 -- Potentiel de déformation W et potentiel complémentaire de déformation Wc -
énergie de déformation et énergie complémentaire de déformation

1.1.1 -- définitions
• (1) Le comportement élastique du matériau ⇒ il existe une loi contraintes/déformations qui ne dépend que
du
matériau : (
σij = σij ε xx , ε yy , ε zz , ε xy , ε yz , ε xz )
( ∀ i, j = x, y, z)
∂σij ∂σ kl
(2) Matériau isotrope ⇒ = ( ∀ i, j, k, l = x, y, z )
∂ε kl ∂εij
(1) + (2) ⇒ il existe, en tout point de la structure en équilibre, une fonction scalaire des εij , W = W ( ε )
∂W
appelée potentiel de déformation telle que : σ ij =
∂ε ij
∂Wc
• On définit de même le potentiel complémentaire de déformation Wc = Wc ( σ ) , tel que : ε ij =
∂σ ij

1.1.2 -- Propriétés de W et Wc, énergies de déformation

1.1.2.1 -- Variations au premier ordre


A partir de l’état d’équilibre défini par les champs de déplacements u (M ) , de déformations ε (M ) , de
contraintes σ (M ) , une variation du chargement entraine :
- une variation δu = δu (M ) des déplacements (qui passent de u = u (M ) à u + δu (M ) = u + δu ),
- une variation correspondante des déformations : δε (M ) = δε
- une variation correspondante des contraintes δσ (M ) = δσ
• Au point M banal de la structure la variation du potentiel de déformation s’écrit ∆W = δW + δ 2 W + ....
Avec δW la variation du premier ordre, δ 2 W la variation du second ordre …
3 ⎡ 3 ⎤ 3 ⎡ 3 ⎤
δW = ∑∑ ⎢

i =1 ⎣⎢ j=1
∂W
∂ε ij
⋅ δε ij ⎥ =
⎥ ∑∑ ⎢

σ ij ⋅ δε ij ⎥

⎦⎥ i =1 ⎣⎢ j=1 ⎦⎥
t
soit en notation matricielle avec les vecteurs contraintes et déformations généralisés : δW = σ ⋅ δε
• Au point M banal de la structure la variation de contraintes s’écrit δσ et la variation de potentiel
complémentaire : ∆Wc = δWc + δ 2 Wc + ....
Avec δWc la variation du premier ordre, δ 2 Wc la variation du second ordre …
3 ⎡ 3 ∂W ⎤ 3⎡3 ⎤ t
δWc = ∑ ⎢ ∑ ⋅ δσij ⎥ = ∑ ⎢ ∑ εij ⋅ δσij ⎥ soit : δWc = ε ⋅ δσ
i =1⎣⎢ j=1 ∂σij ⎦⎥ i =1⎣⎢ j=1 ⎦⎥
• Signification physique dans le cas d’un état de contrainte unidimensionnelle pour un matériau à
comportement élastique non linéaire :

2W loi contraintes/déformations
Wc c
2W

Wc

W W

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• Au point banal P(xyz) du solide considéré, signification de l’expression
δW (xyz) ⋅ dx ⋅ dy ⋅ dz = δW (xyz) ⋅ dv = σ ⋅ δε ⋅ dv
t

zz

yz
xz
zy
z zx

xx yy
yx xy
y
x P

Considérons l’élément de volume dv = dx.dy.dz d’origine P(xyz).


t
Dans le champ de déformation δε le travail des contraintes σ sur l’élément dv, s’écrit :
⎡σ xx ⋅ dy ⋅ dz ⎤ ⎡δε xx ⋅ dx ⎤
⎢ ⎥ ⎢δε ⋅ dx ⎥ ⇒
- sur les faces normales à Ox (contraintes) ⎢σ yx ⋅ dy ⋅ dz ⎥ , déplacement relatif des sections ⎢ yx ⎥
⎢⎣ σ zx ⋅ dy ⋅ dz ⎥⎦ ⎢⎣ δε zx ⋅ dx ⎥⎦
travail : [
σ xx ⋅ δε xx + σ yx ⋅ δε yx + σ zx ⋅ δε zx ⋅ dxdydz]
- sur les faces normales à Oy : [σ xy ⋅ δε xy + σ yy ⋅ δε yy + σ zy ⋅ δε zy ]⋅ dxdydz
- sur les faces normales à Oz : [σ xz ⋅ δε xz + σ yz ⋅ δε yz + σ zz ⋅ δε zz ]⋅ dxdydz
t
Au total dans le champ de déformation δ ε le travail des contraintes σ supposées constantes, sur l’élément de
volume dv, s’écrit :
[σ xx ⋅ ε xx + σ yy ⋅ ε yy + σ zz ⋅ ε zz + 2 ⋅ σ xy ⋅ ε xy + 2 ⋅ σ yz ⋅ ε yz + 2 ⋅ σ xz ⋅ ε xz ]⋅ dxdydz= t σ ⋅ δε ⋅ dv = δW(xyz)⋅ dv
L’expression δW (xyz) ⋅ dv représente le travail des contraintes supposées maintenues constantes, s’exerçant
sur l’élément de volume dv =dx.dy.dz d’origine P(xyz), dans l’augmentation des déformations δε .

De même l’expression δWc = ε ⋅ δσ est telle que δWc (xyz) ⋅ dv représente le travail de l’augmentation de
t

contraintes, s’exerçant sur l’élément de volume dv =dx.dy.dz d’origine P(xyz), dans la déformation de
l’équilibre initial ε .

1.1.2.2 -- Energie de déformation U (ou potentiel interne) et énergie complémentaire de


déformation Uc

• Il en résulte (du 1.1.2.1) que le potentiel de déformation W = W ( ε ) pour un état d’équilibre donné, représente
une densité d’énergie interne.
En effet l’énergie emmagasinée dans l’élément de volume dv entourant le point banal P, entre l’état à vide et
l’équilibre considéré vaut : W ⋅ dv = W ( ε )⋅ dv

l’énergie de déformation U est l’énergie emmagasinée dans la structure, entre l’état à vide et l’équilibre
considéré.
Sa valeur pour un état d’équilibre donné est le scalaire :
U = ∫∫∫ W ⋅ dv = ∫∫∫ W ( ε ) ⋅ dv
V V
• De même pour le potentiel complémentaire de déformation Wc = Wc ( σ ) .
A un état d’équilibre donné, on associe l’énergie complémentaire de déformation Uc :
U c = ∫∫∫ Wc ⋅ dv = ∫∫∫ Wc ( σ ) ⋅ dv
V V

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1.1.2.3 -- Relation entre W et Wc

∂W ∂Wc
A l’équilibre : σ ij = ε ij = D’où :
∂ε ij ∂σ ij
• A partir de l’état d’équilibre défini par les champs de déplacements u (M ) , de déformations ε (M ) , de
contraintes σ (M ) , une variation du chargement entraine :
- une variation δu = δu (M ) des déplacements (qui passent de u = u (M ) à u + δu (M ) = u + δu ),
- une variation correspondante des déformations : δε (M ) = δε
- une variation correspondante des contraintes δσ (M ) = δσ
3 ⎡ 3 ∂W ⎤ 3⎡3 ⎤
la variation au premier ordre du potentiel de déformation s’écrit : δW = ∑ ⎢ ∑ ⋅ δεij ⎥ = ∑ ⎢ ∑ σij ⋅ δεij ⎥
i =1⎣⎢ j=1 ∂ε ij ⎦⎥ i =1⎣⎢ j=1 ⎦⎥
3 ⎡ 3 ∂W ⎤ 3⎡3 ⎤
la variation au premier ordre du potentiel complémentaire s’écrit : δWc = ∑ ⎢ ∑ ⋅ δσij ⎥ = ∑ ⎢ ∑ εij ⋅ δσij ⎥
i =1⎢⎣ j=1 ∂σij ⎥⎦ i =1⎢⎣ j=1 ⎥⎦

⎡ 3 3 ⎤ 3 ⎡ 3 ⎤
D’où : δW + δWc = δ[W + Wc ] = ⎢
⎢ ∑ ∑[σ ij ⋅ δε ij + ε ij ⋅ δσ ij ]⎥⎥ = ∑ ⎢⎢∑ [δ(σ ij ⋅ ε ij )]⎥⎥
i =1 ⎣ j=1 ⎦ i =1 ⎣ j=1 ⎦
valable quelle que soit la variation du chargement envisagée.

On en déduit la relation suivante (à une constante additive près) au point banal de la structure en équilibre :

⎡ 3 ⎤
[σ ij ⋅ ε ij ]⎥
3
W + Wc = ∑ ⎢∑
i = 1 ⎢⎣ j = 1 ⎥⎦

• Sous forme matricielle :


t
la variation au premier ordre du potentiel de déformation s’écrit : δW = σ ⋅ δε
t
la variation au premier ordre du potentiel complémentaire s’écrit : δWc = ε ⋅ δσ

δW + δWc = δ[W + Wc ]= σ ⋅ δε + ε ⋅ δσ = σ ⋅ δε + δσ ⋅ ε = δ ⎡ σ ⋅ ε ⎤ = δ ⎡ ε ⋅ σ ⎤
t t t t t t
Soit :
⎢⎣ ⎥⎦ ⎢⎣ ⎥⎦
t t
Soit : au point banal de la structure en équilibre, à une constante additive près : W + Wc = σ ⋅ ε = ε ⋅ σ

• Signification physique dans le cas d’un état de contrainte unidimensionnelle :

loi contraintes/déformations

Wc

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1.1.3 -- cas des matériaux isotropes à comportement élastique linéaire

1.1.3.1 -- expression de ces potentiels


3 ⎡ 3 ⎤
• Le matériau ayant un comportement élastique linéaire, on a : σ ij = ∑ ⎢ ∑ C ijkl ⋅ ε kl ⎥
k =1 ⎣l =1 ⎦
la symétrie des tenseurs contraintes et déformations (hypothèse 1) et l’isotropie du matériau
⇒ C ijkl = C jikl = C ijlk

l’isotropie du matériau ⇒ Cijkl = C klij


∂W 3 ⎡ 3 ⎤
• On en déduit que : σij = = ∑ ⎢ ∑ Cijkl ⋅ εkl ⎥ avec Cijkl = C klij
∂εij k =1 ⎣l =1 ⎦
Soit sous forme matricielle :
σij = Cij, kl ⋅ ε kl soit : σ = C ⋅ε avec Cij, kl = C = matrice symétrique

⎡1 ⎤
D’où on déduit que W est une forme quadratique des déformations : W = ∑ ⎢ ⋅ C ijkl ⋅ ε ij ⋅ ε kl ⎥
i, j,k,l ⎣ 2 ⎦

⎤ 1 3 ⎡3 ⎤
D’où on déduit :
⎡1
W = ∑ ⎢ ⋅ σij ⋅ εij ⎥ = ⋅ ∑ ⎢∑ σij ⋅ εij ⎥ [ ]
i, j ⎣ 2 ⎦ 2 i=1 ⎢⎣ j=1 ⎥⎦
⎡ ⎤
∑ ⎢⎢ ∑ [σ ij ]
3 3
Cette dernière relation associée à la relation générale : W + W c = ⋅ ε ij ⎥ montre que pour
i =1 ⎣ j=1 ⎥⎦
les matériaux isotropes à comportement élastique linéaire, les potentiels de déformation W et Wc sont égaux :
3 ⎡ 3 ⎤
∑ ∑[ ]
1 ⎢
W = Wc = ⋅ σij ⋅ εij ⎥
2 ⎢ ⎥
i =1 ⎣ j=1 ⎦

Soit :
1
[ 1t
W = Wc = ⋅ σxx ⋅ εxx + σyy ⋅ εyy + σzz ⋅ εzz + 2 ⋅ σxy ⋅ εxy + 2⋅ σyz ⋅ εyz + 2 ⋅ σxz ⋅ εxz = ⋅ σ ⋅ ε
2 2
]
• sous forme matricielle
Comportement élastique linéaire du matériau ⇒ σ = C ⋅ε
1t
⇒ W( ε ) = ⋅ ε ⋅ C ⋅ ε
1t 1t
grad ε W ( ε ) = σ = C ⋅ ε ⇒ W( ε ) = ⋅ ε ⋅ σ = ⋅ σ ⋅ ε
2 2 2
1t 1t
W ( ε ) = Wc ( σ ) = ⋅ ε ⋅ σ = ⋅ σ ⋅ ε
t t
W + Wc = σ ⋅ ε = ε ⋅ σ ⇒
2 2

W( ε ) = ⋅ ε ⋅ C ⋅ ε Wc ( σ ) = ⋅ σ ⋅ C
1t 1t −1
Soit : ⋅σ
2 2

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• Signification physique dans le cas d’un état de contrainte unidimensionnelle :

2W loi contraintes/déformations
c
Wc 2W

Wc

W W

1.1.3.2 -- conséquences

• Cette expression est telle que W (xyz) ⋅ dv représente le travail des contraintes s’exerçant sur l’élément de volume
dv =dx.dy.dz d’origine P(xyz), dans la déformation due au chargement.
En effet :
zz

yz
xz
zy
z zx

xx yy
yx xy
y
x P

Considérons l’élément de volume dv = dx.dy.dz d’origine P(xyz).


t
Dans le champ de déformation ε le travail des contraintes σ sur l’élément dv, s’écrit :
⎡σ xx ⋅ dy ⋅ dz ⎤ ⎡ε xx ⋅ dx ⎤
- sur les faces normales à Ox (contraintes) ⎢⎢σ yx ⋅ dy ⋅ dz ⎥⎥ , déplacement relatif des sections ⎢ε ⋅ dx ⎥ ⇒
⎢ yx ⎥
⎢⎣ σ zx ⋅ dy ⋅ dz ⎥⎦ ⎢⎣ ε zx ⋅ dx ⎥⎦

travail :
1
2
[σ xx ⋅ ε xx + σ yx ⋅ ε yx + σzx ⋅ ε zx ]⋅ dx ⋅ dy ⋅ dz
- sur les faces normales à Oy :
1
2
[σ xy ⋅ ε xy + σ yy ⋅ ε yy + σzy ⋅ ε zy ]⋅ dx ⋅ dy ⋅ dz
- sur les faces normales à Oz :
1
2
[σ xz ⋅ ε xz + σ yz ⋅ ε yz + σzz ⋅ ε zz ]⋅ dx ⋅ dy ⋅ dz
t
Au total, le travail des contraintes σ sur l’élément de volume dv, dans le passage de l’état à vide à l’état
d’équilibre caractérisé par le champ de déformation ε , s’écrit :
1
2
[ ]
1t
⋅ σ xx ⋅ ε xx + σ yy ⋅ ε yy + σ zz ⋅ ε zz + 2 ⋅ σ xy ⋅ ε xy + 2 ⋅ σ yz ⋅ ε yz + 2 ⋅ σ xz ⋅ ε xz ⋅ dxdydz = ⋅ σ ⋅ ε ⋅ dv
2
1.1.3.3 -- énergie de déformation et énergie complémentaire de déformation

1 t 1 t −1
C’est le scalaire : U = Uc = ∫∫∫W ⋅ dv = ∫∫∫Wc ⋅ dv = ∫∫∫ ε ⋅ C ⋅ ε ⋅ dv = ∫∫∫ σ ⋅ C ⋅ σ ⋅ dv
v v
2 v 2 v

page I-2 -- 6
1.2 -- principe des travaux virtuels et théorème de l’énergie potentielle totale (approche
cinématique)

• Soit un solide déformable en équilibre sous l’effet d’actions extérieures données :


∗ forces de surface données, appliquées sur la partie S σ de S ( Sσ ⊂ S ): Φ ⋅ ds
∗ forces de volume données : f ⋅ dv
∗ déplacements de surface imposés, u , sur la partie S u .de S ( Su ⊂ S, Su ∪ Sσ = S, Su ∩ Sσ = 0 )

y
x
S ds
O
z

f .dv
n

Su

• On se place dans le cas général où les efforts extérieurs appliqués donnés dépendent de la position dans l’espace
de leur point d’application, ou, ce qui revient au même, dépendent du déplacement de leur point d’application :

Φ = Φ(u ) f = f (u ) plus précisément : Φ (M ) = Φ ( u (M ) ) f (M ) = f ( u (M ) )

1.2.1 -- Définition du travail virtuel des efforts extérieurs appliqués donnés

• Considérons un accroissement virtuel, δu , cinématiquement admissible (respect des conditions de continuité


et δu = 0 sur S u ) du champ de déplacements à l’équilibre u (M ) :

f n

Su u

• On appelle travail virtuel des efforts extérieurs appliqués donnés, dans l’accroissement virtuel cinématiquement
admissible δu du champ de déplacements, le travail TVFE ( δu ) des forces extérieures appliquées supposées
maintenues constantes égales à leurs valeurs à l’équilibre :
TVFE ( δu ) = ∫∫S
t t t t
Φ ⋅ δu ⋅ ds + ∫∫∫v f ⋅ δu ⋅ dv = ∫∫S δu ⋅ Φ ⋅ ds + ∫∫∫v δu ⋅ f ⋅ dv
σ σ

avec : Φ = Φ(u ) f = f (u )

1.2.2 -- calcul de TVFE ( δu ) travail virtuel des efforts extérieurs appliqués donnés,
application du théorème d’Ostrogradsky

• Dans cet accroissement virtuel des déplacements, le travail virtuel des forces de surface appliquées données,
supposées constantes, gardant leurs valeurs à l’équilibre, (TVFS), s’écrit :
Φ = Φ(u )
t
∫∫S ∫∫S
t
TVFS = Φ ⋅ δu ⋅ ds = δu ⋅ Φ ⋅ ds avec
σ σ

page I-2 -- 7
- A l’équilibre, les conditions aux limites de type équilibre sur Sσ s’écrivent :
⎡n x ⎤
En un point M quelconque de la surface S σ , si n = ⎢⎢ n y ⎥⎥ est le vecteur unitaire normal extérieur à
⎣⎢ n z ⎦⎥
la surface :
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡ n x ⎤ ⎡ Φ x ⎤
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ σ yx σ yy σ yz ⎥ ⋅ ⎢⎢ n y ⎥⎥ = ⎢ Φ y ⎥ = Φ
⎢ σ zx σ zy σ zz ⎥⎦ ⎢⎣ n z ⎥⎦ ⎢⎣ Φ z ⎥⎦

σ xz ⎤ ⎡ n x ⎤ ⎡σ xx σ xy
⎥ ⎢
∫∫ σ yz ⎥ ⋅ ⎢ n y ⎥ ⋅ ds
∫∫
t t
D’où TVFS = δu ⋅ Φ ⋅ ds = δu ⋅ ⎢σ yx σ yy
Sσ Sσ ⎢ ⎥
σzy σzz ⎥⎦ ⎢⎣ n z ⎥⎦ ⎢ σzx

- L’accroissement virtuel du champ de déplacements, δu , est cinématiquement admissible, donc
δu = 0 sur S u et comme Su ∪ Sσ = S et Su ∩ Sσ = 0 , on peut écrire :
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡ n x ⎤
⎢ ⎥
∫∫S σ yz ⎥ ⋅ ⎢ n y ⎥ ⋅ ds
t
TVFS = δu ⋅ ⎢σ yx σ yy
⎢ ⎥
⎢ σ zx σ zy σ zz ⎥⎦ ⎢⎣ n z ⎥⎦

⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡σ xx σ xy σ xz ⎤
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
σ yz ⎥ = [δu δv δw ] ⋅ ⎢ σ yx
t t
- Posons V = δu ⋅ ⎢σ yx σ yy σ yy σ yz ⎥ ,
⎢ σ zx σ zy σ zz ⎥⎦ ⎢ σzx σ zy σ zz ⎥⎦
⎣ ⎣
⎡δu ⋅ σ xx + δv ⋅ σ yx + δw ⋅ σ zx ⎤
⎢ ⎥
Soit : V = ⎢ δu ⋅ σ xy + δv ⋅ σ yy + δw ⋅ σ zy ⎥
⎢ δu ⋅ σ xz + δv ⋅ σ yz + δw ⋅ σ zz ⎥
⎣ ⎦

∫∫S
t
il vient : TVFS = V ⋅ n ⋅ ds

∫∫S ∫∫∫v div V ⋅ dv


t
- Le théorème d’Ostrogradsky s’écrit : V ⋅ n ⋅ ds =
L’intégrale de la divergence d’une fonction vectorielle des coordonnées d’espace sur un volume
donné est égale au flux de ce vecteur, sortant de la surface qui limite le volume considéré.
div V =

∂x
(
δu ⋅ σ xx + δv ⋅ σ yx + δw ⋅ σ zx +

∂y
) (
δu ⋅ σ xy + δv ⋅ σ yy + δw ⋅ σ zy +

∂z
δu ⋅ σ xz + δv ⋅ σ yz + δw ⋅ σ zz ) ( )
t t t
d’où : div V = δu ⋅ D ⋅ σ + σ ⋅ D ⋅ δu avec :
⎡∂ ∂x 0 0 ⎤
⎢ 0 ∂ ∂ y 0 ⎥⎥
⎢ ⎡∂ ∂x 0 0 ∂ ∂y 0 ∂ ∂z ⎤
⎢ 0 0 ∂ ∂z ⎥ ⎢ 0 ⎥⎥
t
D =⎢ ⎥ D =⎢ 0 ∂ ∂y 0 ∂ ∂x ∂ ∂z
⎢∂ ∂y ∂ ∂x 0 ⎥
⎢⎣ 0 0 ∂ ∂z 0 ∂ ∂y ∂ ∂x ⎥⎦
⎢ 0 ∂ ∂z ∂ ∂y ⎥
⎢ ⎥
⎣⎢ ∂ ∂z 0 ∂ ∂x ⎥⎦
t
- Or, on a vu que les équations d’équilibre s’écrivent : D ⋅σ+f = 0
t t
D’où : div V =− δu ⋅ f + σ ⋅ D ⋅ δu

∫∫S ∫∫∫v div V ⋅ dv = − ∫∫∫v ∫∫∫v


t t t
TVFS = δu ⋅ Φ ⋅ ds = δu ⋅ f ⋅ dv + σ ⋅ D ⋅ δu ⋅ dv
σ

• On en déduit finalement la forme générale du principe des travaux virtuels :

TVFE ( δu ) =
t t t t t
∫∫Sσ Φ ⋅ δu ⋅ ds + ∫∫∫ f ⋅ δu ⋅ dv =
v ∫∫Sσ δu ⋅ Φ ⋅ ds + ∫∫∫ δu ⋅ f ⋅ dv =
v ∫∫∫v σ ⋅ D ⋅ δu ⋅ dv
TVFE ( δu ) = ∫∫∫ σ ⋅ D ⋅ δu ⋅ dv Φ = Φ(u ) = f (u )
t
Soit : avec : f
v

page I-2 -- 8
1.2.3 -- Prise en compte de l’hypothèse 1 : déplacements et déformations à l’équilibre sont
infiniment petits

• Hypothèse 1 ⇒ ε = D ⋅u
A l’accroissement virtuel du champ de déplacements δu correspond un accroissement virtuel connu du
champ de déformations δε = D ⋅ δu .

D’où TVFE ( δu ) = ∫∫∫ σ ⋅ D δu ⋅ dv =


t t

v ∫∫∫v σ ⋅ δε ⋅ dv
t
• Signification de l’expression ∫∫∫v σ ⋅ δε ⋅ dv
Considérons l’élément de volume dv = dx.dy.dz d’origine P (xyz) :
zz
yz
xz
z zy
zx
xx yy
y yx xy
x P

t
Dans le champ de déformation δε le travail des contraintes σ supposées maintenues constantes dans la
déformation δε s’écrit :
⎡σ xx ⋅ dy ⋅ dz ⎤ ⎡δε xx ⋅ dx ⎤
- sur les faces normales à Ox contraintes ⎢⎢σ yx ⋅ dy ⋅ dz ⎥⎥ , déplacement relatif des sections ⎢δε ⋅ dx ⎥ ,
⎢ yx ⎥
⎢⎣ σ zx ⋅ dy ⋅ dz ⎥⎦ ⎢⎣ δε zx ⋅ dx ⎥⎦
[
travail : σ xx ⋅ δε xx + σ yx ⋅ δε yx + σ zx ⋅ δε zx ⋅ dxdydz ]
- [
sur les faces normales à Oy : σ xy ⋅ δε xy + σ yy ⋅ δε yy + σ zy ⋅ δε zy ⋅ dxdydz ]
- sur les faces normales à Oz : [σ xz ⋅ δε xz + σ yz ⋅ δε yz + σ zz ⋅ δε zz ]⋅ dxdydz
t
Au total dans le champ de déformation δε le travail des contraintes σ sur l’élément de volume dv, supposées
t
maintenues constantes dans la déformation δε s’écrit : σ ⋅ δε ⋅ dv
t
Et l’expression ∫∫∫v σ ⋅ δε ⋅ dv représente le travail des contraintes supposées maintenus constantes, égales à
leurs valeurs à l’équilibre, dans la déformation virtuelle associée.

• Le principe des travaux virtuels s’écrit alors :

TVFE ( δu ) = Φ = Φ(u ) f = f (u )
t
∫∫∫v σ ⋅ δε ⋅ dv avec :

Le travail virtuel des forces extérieures appliquées est égal au travail des contraintes supposées maintenues
constantes égales à leurs valeurs à l’équilibre, dans la déformation virtuelle correspondante.

1.2.4 -- Prise en compte de l’hypothèse 1 + hypothèse 2 : existence d’un potentiel de


déformation W= W ( ε )
L’hypothèse 2 est en particulier réalisée, dans le cas où le matériau a un comportement élastique, non linéaire à
priori.

• On définit l’énergie de déformation U telle que : ∫∫∫v W ⋅ dv U=


∂W
• Il résulte de l’existence du potentiel de déformation W = W ( ε ) : σ ij =
∂ε ij
∂W
Et donc :
t
σ ⋅ δε = ∑ ∂εij ⋅ δεij = δW
i, j

page I-2 -- 9
• Finalement : à l’accroissement virtuel, cinématiquement admissible δu du champ de déplacements est associé :
∗ un accroissement virtuel du champ de déformations généralisées : δε = D ⋅ δu
∂W t
∗ un accroissement virtuel du potentiel de déformation δW tel que : δW = ∑ ⋅ δε ij = σ ⋅ δε
i, j ∂ε ij

∗ un accroissement virtuel de l’énergie de déformation : δU = ∫∫∫v δW ⋅ dv = δ∫∫∫v W ⋅ dv


les accroissements virtuels du potentiel de déformation et de l’énergie de déformation sont calculés à
contraintes constantes égales à leurs valeurs à l’équilibre, dans le champ de déformations virtuelles
δε = D ⋅ δu .
t
Et on a : δU = ∫∫∫ δW ⋅ dv = ∫∫∫ σ ⋅ ε ⋅ dv
v v

• Le principe des travaux virtuels s’écrit alors :


TVFE ( δu ) = ∫∫∫
t
σ ⋅ δε ⋅ dv = δU
v
Pour un solide déformable en équilibre sous l’effet d’actions extérieures appliquées données, et pour tout
accroissement virtuel, δu , cinématiquement admissible du champ de déplacements à l’équilibre, on a :

TVFE( δu ) = avec toujours : Φ = Φ ( u ) f = f (u )


t t
∫∫Sσ Φ ⋅ δu ⋅ ds + ∫∫∫ f ⋅ δu ⋅ dv = δU
v

Le travail virtuel des forces extérieures appliquées données est égal à l’accroissement virtuel de l’énergie de
déformation (calculé à contraintes constantes égales à leurs valeurs à l’équilibre).

1.2.5 -- Hypothèse 1 + hypothèse 2 + hypothèse complémentaire 3 : les forces de volume f


et de surface Φ dérivent de 2 potentiels G ( G = G ( u ) ) et g ( g = g( u ) )

Dans le cas général les forces extérieures appliquées données dépendent de la position de leur point d’application ou,
ce qui est équivalent, du déplacement de leur point d’application : Φ = Φ(u ) f = f (u )
plus précisément : Φ (M ) = Φ ( u (M ) ) f (M ) = f ( u (M ) )

Dans ce cas et avec les hypothèses 1 et 2 ci-dessus, le principe des travaux virtuels fait intervenir le champ de
déplacements à l’équilibre u inconnu à priori.
L’hypothèse 3, les forces de volume f et de surface Φ dérivent de 2 potentiels G = G ( u ) et g = g( u )
respectivement, va permettre d’exprimer le principe des travaux virtuels sous forme de principe d’extrémum et de
caractériser ainsi le champ de déplacements à l’équilibre.

∂G
Il résulte de l’hypothèse 3, que, à l’équilibre : fi = − f = − grad u (G )
∂u i
∂g
Φi = − Φ = − grad u (g )
∂u i
• D’où :
t
δu ⋅ grad u (g ) ⋅ ds − ∫∫∫ δu ⋅ grad u (G ) ⋅ dv
t t t t t
∫∫Sσ Φ ⋅ δu ⋅ ds + ∫∫∫
v
f ⋅ δu ⋅ dv = ∫∫

δu ⋅ Φ ⋅ ds + ∫∫∫
v
δu ⋅ f ⋅ dv = − ∫∫
Sσ v
t
f ⋅ δu ⋅ dv = − ∫∫ δg ⋅ ds − ∫∫∫ δG ⋅ ds = δ ⎡⎢− ∫∫ g ⋅ ds − ∫∫∫ G ⋅ dv ⎤⎥
t
∫∫Sσ Φ ⋅ δu ⋅ ds + ∫∫∫
v Sσ v ⎣ Sσ v ⎦
En définissant comme suit le travail T ∗ des forces appliquées de surface et de volume :
T ∗ = − ∫∫ g ⋅ ds − ∫∫∫ G ⋅ dv
Sσ v
t t
Il vient: ∫∫Sσ Φ ⋅ δu ⋅ ds + ∫∫∫ f ⋅ δu ⋅ dv = δT ∗
v

TVFE( δu ) = ∫∫
t t
• On en déduit : Φ ⋅ δu ⋅ ds + ∫∫∫ f ⋅ δu ⋅ dv = δU = δT∗
Sσ v

page I-2 -- 10
• On peut alors introduire la fonctionnelle énergie potentielle totale V :

V = U − T∗ = ∫∫∫v [W(ε ) + G ( u )]⋅ dv + ∫∫Sσ g( u )⋅ ds


• Le principe des travaux virtuels s’écrit alors :

Pour un solide déformable en équilibre sous l’effet d’actions extérieures appliquées données, et pour tout
accroissement virtuel, δu , cinématiquement admissible du champ de déplacements à l’équilibre, on a :
δU = δT∗ ou ( )
δV = δ U − T∗ = δU − δT∗ = 0

• On peut donc exprimer le principe des travaux virtuels sous forme de principe d’extrémum :

Soit un solide déformable soumis à des actions extérieures données, le champ de déplacements à l’équilibre
rend stationnaire son énergie potentielle totale V , dans l’ensemble des champs de déplacements
cinématiquement admissibles.

• Remarque :
L’hypothèse 3 selon laquelle, les forces de volume f et de surface Φ dérivent de 2 potentiels G = G ( u ) et
g = g ( u ) , est vérifiée dans le cas où les forces de volume f et de surface Φ sont constantes indépendantes du
déplacement de leur point d’application et donc indépendantes de la déformation du solide.
Dans ce cas :
t t
g =− Φ ⋅ u G =− f ⋅ u

Dans ces conditions, le travail T∗ des forces extérieures appliquées dans un champ de déplacements réel
quelconque u , s’écrit :
t t
T∗ = − ∫∫ g ⋅ ds − ∫∫∫ G ⋅ ds = ∫∫Sσ Φ ⋅ u ⋅ ds + ∫∫∫ f ⋅ u ⋅ dv
Sσ v v
Et la fonctionnelle énergie potentielle totale V s’écrit :

∫∫∫v W ( ε )⋅ dv − ∫∫Sσ
t t
V = U − T∗ = Φ ⋅ u ⋅ ds − ∫∫∫ f ⋅ u ⋅ dv
v

1.2.6 -- théorème de l’énergie potentielle totale, condition de la stabilité d’un état


d’équilibre :

Dans les 3 hypothèses du paragraphe précédent, ce théorème dont nous ne donnons pas la démonstration, s’énonce :

L’état d’équilibre stable (E) d’un solide déformable soumis à des actions extérieures données, est caractérisé par un
champ de déplacements qui rend son énergie potentielle totale V minimum strict , dans l’ensemble des champs de
déplacements cinématiquement admissibles.

L’état (E) est un état d’équilibre stable si quel que soit l’accroissement δu , cinématiquement admissible de son champ
de déplacements, δV = 0 et δ (2 )V > 0 ( δ(2 )V est la variation calculée au second ordre au moins de l’énergie
potentielle totale V).
δ( ) est la variation calculée au premier ordre, δ(2 ) ( ) est la variation calculée au second ordre au moins.
L’état (E) est un état d’équilibre ⇔ δV = 0 quel que soit l’accroissement δu , cinématiquement admissible
(application du principe des travaux virtuels)
Cet état d’équilibre est stable ⇔ δ (2 )V > 0 quel que soit l’accroissement δu , cinématiquement admissible
(théorème de l’énergie potentielle totale).

page I-2 -- 11
1.3 -- principe des travaux virtuels complémentaires et théorème de l’énergie potentielle
complémentaire (approche équilibre)

• Soit un solide déformable en équilibre sous l’effet d’actions extérieures données :


∗ forces de surface données, appliquées sur la partie S σ de S ( Sσ ⊂ S ): Φ ⋅ ds
∗ forces de volume données : f ⋅ dv
∗ déplacements de surface imposés, u , sur la partie S u .de S ( Su ⊂ S, Su ∪ Sσ = S, Su ∩ Sσ = 0 )

y
x
S ds
O
z

f .dv
n

Su

• On se place dans le cas général où les efforts extérieurs appliqués donnés dépendent de la position dans l’espace
de leur point d’application, ou, ce qui revient au même, dépendent du déplacement de leur point d’application :

Φ = Φ(u ) f = f (u ) plus précisément : Φ (M ) = Φ ( u (M ) ) f (M ) = f ( u (M ) )

1.3.1 -- Accroissements virtuels statiquement admissibles des contraintes et des efforts


extérieurs appliqués

• A l’équilibre, en tout point P (x,y,z) du solide :

∗ u = vecteur déplacements,
∗ σ = vecteur contraintes généralisées,
∗ ε = vecteur déformations généralisées.

• A l’équilibre, sont vérifiées :


t
∗ Les équations d’équilibre : D ⋅σ+f = 0
∗ les conditions aux limites :
- conditions aux limites de type cinématique :
⎡u⎤ ⎡u⎤
∀M ∈ Su ( S u ⊂ S ) : u = ⎢⎢ v ⎥⎥ = ⎢⎢ v ⎥⎥ = u
⎢⎣ w ⎥⎦ ⎢⎣ w ⎥⎦
t
accompagné de forces de surface Φ telles que : N ⋅σ = Φ
- conditions aux limites de type équilibre :
Sur la surface complémentaire Sσ , ( Sσ ⊂ S, Su ∪ Sσ = S, Su ∩ Sσ = 0 ), sont appliqués
des efforts extérieurs Φ ⋅ ds ,
t
Soit : ∀M ∈ S σ N ⋅σ = Φ
⎡n x 0 0 ny 0 nz ⎤
t ⎢ ⎥
Avec : N =⎢ 0 ny 0 nx nz 0⎥
⎢0 0 nz 0 ny n x ⎥⎦

page I-2 -- 12
• Considérons un ensemble d’accroissements virtuels :
∗ des contraintes : δσ ou bien δσ
∗ des forces de volume : δf
∗ des forces de surface : δΦ sur Sσ et δΦ sur S u ,
Ces accroissements virtuels des contraintes et des efforts extérieures appliquées sont qualifiés de statiquement
admissibles si ils satisfont les équations d’équilibre et les conditions aux limites, à savoir :
t
∗ D ⋅ δσ + δf = 0 dans v,
∗ δσ ⋅ n = δΦ sur Sσ ,
∗ δσ ⋅ n = δΦ sur S u .
⎡n x ⎤
avec n = ⎢⎢ n y ⎥⎥ vecteur unitaire normal extérieur à la surface.
⎢⎣ n z ⎥⎦

1.3.2 -- Définition du travail virtuel complémentaire

• On appelle travail virtuel complémentaire TVC = TVC δf , δΦ , δΦ , le travail des champs virtuels : ( )
∗ des forces de volume : δf
∗ des forces de surface : δΦ sur Sσ et δΦ sur S u
dans le champ des déplacements réels u .

∫∫∫v ∫∫S ∫∫S


t t t
Ce travail virtuel complémentaire vaut : TVC = u ⋅ δf ⋅ dv + u ⋅ δΦ ⋅ ds + u ⋅ δΦ ⋅ ds
σ u

1.3.3 -- Calcul de TVC, travail virtuel complémentaire, application du théorème


d’Ostrogradsky
• On définit comme suit l’accroissement virtuel des forces de surface sur la surface totale S = Su ∪ Sσ :
δΦ* = δ Φ sur Sσ et δΦ* = δΦ sur S u

⇒ Alors les conditions aux limites s’écrivent : δσ ⋅ n = δΦ* sur S


t t t t t
Et TVC = ∫∫∫v u ⋅ δf ⋅ dv + ∫∫ u ⋅ δΦ ⋅ ds + ∫∫ u ⋅ δΦ ⋅ ds = ∫∫∫v u ⋅ δf ⋅ dv + ∫∫ u ⋅ δΦ* ⋅ ds
Sσ Su S
• Application du théorème d’Ostrogradsky :
t t t t t
∫∫ u ⋅ δΦ* ⋅ ds = ∫∫ u ⋅ δσ ⋅ n ⋅ ds on pose : V = u ⋅ δσ Soit : V = δσ ⋅ u = δσ ⋅ u
S S
t t
alors : ∫∫ u ⋅ δΦ* ⋅ ds = ∫∫ V ⋅ n ⋅ ds
S S
t t
et le théorème d’Ostrogradsky s’écrit : ∫∫ u ⋅ δΦ* ⋅ ds = ∫∫ V ⋅ n ⋅ ds = ∫∫∫ div V ⋅ dv
S S V
[ ] t
div V = div δσ ⋅ u = u ⋅ D ⋅ δσ + δσ ⋅ D ⋅ u
t t
d’où :
t
u ⋅ δΦ* ⋅ ds = ⎡ t u ⋅t D ⋅ δσ + t δσ ⋅ D ⋅ u ⎤ ⋅ dv = − t u ⋅ δf ⋅ dv + t
∫∫ ∫∫∫ div V ⋅ dv = ∫∫∫ ⎢⎣ ⎥⎦ ∫∫∫ ∫∫∫ δσ ⋅ D ⋅ u ⋅ dv
S V V V V
t t t
• D’où : TVC = ∫∫∫v u ⋅ δf ⋅ dv + ∫∫ u ⋅ δΦ* ⋅ ds = ∫∫∫ δσ ⋅ D ⋅ u ⋅ dv
S
V

1.3.4 -- Prise en compte de l’hypothèse 1 : déplacements et déformations à l’équilibre sont


infiniment petits
• Déplacements et déformations infiniment petits ⇒ à l’équilibre, ε = D ⋅ u

page I-2 -- 13
t t t
• D’où : TVC = ∫∫∫ δσ ⋅ D ⋅ u ⋅ dv = ∫∫∫ δσ ⋅ ε ⋅ dv = ∫∫∫ ε ⋅ δσ ⋅ dv
v v v
t t
• Signification de l’expression ∫∫∫v δσ ⋅ ε ⋅ dv = ∫∫∫
v
ε ⋅ δσ ⋅ dv
Cette expression représente le travail des accroissements virtuels de contraintes dans les déformations réelles à
l’équilibre.

• Le principe des travaux virtuels complémentaires s’écrit alors :

Pour un solide déformable en équilibre sous l’effet d’actions extérieures appliquées données, et pour tout
accroissement virtuel statiquement admissible des contraintes ( δσ ) et des forces extérieures appliquées (de
volume δf , de surface δΦ sur Sσ et δΦ sur S u ), on a :
t t t t t
TVC = ∫∫∫ u ⋅ δf ⋅ dv + ∫∫ u ⋅ δ Φ ⋅ ds + ∫∫ u ⋅ δΦ ⋅ ds = ∫∫∫ δσ ⋅ ε ⋅ dv = ∫∫∫ ε ⋅ δσ ⋅ dv
v Sσ Su v v
= travail virtuel complémentaire

Le travail virtuel complémentaire, travail des accroissements virtuels statiquement admissibles des actions
extérieures appliquées dans les déplacements réels à l’équilibre, est égal au travail des accroissements virtuels de
contraintes dans les déplacements réels à l’équilibre.

1.3.5 -- Hypothèse 1 + hypothèse 2 : existence d’un potentiel complémentaire de


déformation Wc = Wc ( σ )
L’hypothèse 2 est en particulier réalisée dans le cas où le matériau à un comportement élastique, non linéaire à
priori.
• On définit l’énergie complémentaire de déformation U c : U c = ∫∫∫v Wc ⋅ dv
∂Wc
• Il résulte de l’existence du potentiel complémentaire de déformation ε ij =
∂σ ij
∂W
Et donc :
t
ε ⋅ δσ = ∑ ∂σijc ⋅ δσij = δWc
i, j
• Finalement : aux accroissements virtuels, statiquement admissibles, des contraintes est associé :
- Un accroissement virtuel du potentiel complémentaire de déformation δWc tel que :
∂Wc t
δWc = ∑ ⋅ δσ ij = ε ⋅ δσ
i, j ∂σ ij
- Un accroissement virtuel de l’énergie complémentaire de déformation δU c :
δU c = δ ∫∫∫ Wc ⋅ dv = ∫∫∫ δWc ⋅ dv
v v

∫∫∫ δW ⋅ dv = ∫∫∫
t
et on a : δU c = c ε ⋅ δσ ⋅ dv
v v

t
• Le principe des travaux virtuels complémentaires s’écrit alors : TVC = ∫∫∫ ε ⋅ δσ ⋅ dv = δU c
v
Pour un solide déformable en équilibre sous l’effet d’actions extérieures appliquées données, et pour tout
accroissement virtuel statiquement admissible des contraintes ( δσ ) et des forces extérieures appliquées (de
volume δf , de surface δΦ sur Sσ et δΦ sur S u ),
t t t
On a : TVC = ∫∫∫ u ⋅ δf ⋅ dv + ∫∫ u ⋅ δ Φ ⋅ ds + ∫∫ u ⋅ δΦ ⋅ ds = δU c
v Sσ Su

Le travail virtuel complémentaire est égal à l’accroissement virtuel de l’énergie complémentaire de


déformation δU c .

page I-2 -- 14
1.3.6 -- Hypothèse 1 + hypothèse 2 + hypothèse complémentaire 3 : à l’équilibre, les forces
de volume f et de surface Φ sont constantes indépendantes du déplacement de
leur point d’application et donc indépendantes de la déformation du solide

• Soit le champ d’accroissements virtuels des contraintes et des efforts appliqués suivant :
∗ Des contraintes : δσ ,
∗ δf = 0 dans v,
∗ δΦ = 0 sur Sσ ,
t
∗δΦ = N ⋅ δσ sur S u
l’hypothèse 3 permet d’affirmer que ce champ est statiquement admissible.

∫∫S ∫∫S
t t t
• Le travail virtuel complémentaire s’écrit : TVC = u ⋅ δΦ ⋅ ds Soit : TVC = u ⋅ N ⋅ δσ ⋅ ds
u u

• L’expression précédente du principe des travaux virtuels complémentaires s’écrit alors :


t t t
δU c = δ ∫∫∫ Wc ⋅ dv = ∫∫∫ δWc ⋅ dv = ∫∫∫ ε ⋅ δσ ⋅ dv = TVC = ∫∫ u ⋅ N ⋅ δσ ⋅ ds
v v v Su
• On peut alors introduire la fonctionnelle énergie potentielle complémentaire Vc :
Rappel :
∗ en tout point P du solide en équilibre, le potentiel complémentaire de déformation Wc ( σ ) vaut :

Wc ( σ ) = ⋅ σ ⋅ C
1t −1
⋅σ
2
∗ pour l’ensemble du solide en équilibre, l’énergie complémentaire de déformation U c vaut :
Uc = ∫∫∫v Wc ( σ ) ⋅ dv
On pose :
t t
∗ Tc∗ = ∫∫ u ⋅ N ⋅ σ ⋅ ds
Su
∗ pour l’ensemble du solide en équilibre, la fonctionnelle énergie potentielle complémentaire Vc
est définie :
Vc = U c − Tc∗ = ∫∫∫ Wc ( σ )⋅ dv − ∫∫
t t
u ⋅ N ⋅ σ ⋅ ds
v S u
Le principe des travaux virtuels complémentaires s’écrit alors : δVc = 0

• On peut alors énoncer le principe des travaux virtuels complémentaires sous forme de principe d’extrémum :

Soit un solide déformable soumis à des actions extérieures données, le champ de contraintes à l’équilibre rend
stationnaire son énergie potentielle complémentaire Vc , dans l’ensemble des champs de contraintes
statiquement admissibles.

1.3.7 -- Théorème de l’énergie potentielle complémentaire, condition de stabilité d’un état


d’équilibre :
Dans les 3 hypothèses du paragraphe précédent, ce théorème dont on ne donne pas la démonstration, s’énonce :

L’état d’équilibre stable d’un solide déformable soumis à des actions extérieures données, est caractérisé par un
champ de contraintes qui rend son énergie potentielle complémentaire Vc , minimum strict , dans l’ensemble des
champs de contraintes statiquement admissibles.
Vc = U c − Tc∗ = ∫∫∫ Wc ( σ )⋅ dv − ∫∫
t t
u ⋅ N ⋅ σ ⋅ ds
v S u

page I-2 -- 15
2 -- LES THEOREMES COMPLEMENTAIRES DANS L’HYPOTHESE OU LES ACTIONS EXTERIEURES
APPLIQUEES DONNEES SONT DISCRETISEES

2.1 -- les hypothèses communes

• Ces théorèmes s’appliquent à un solide, milieu continu déformable, en équilibre dans les conditions du paragraphe
2 sauf que les actions extérieures appliquées données de surface et de volume sont discrétisées c'est-à-dire
remplacées par un nombre fini d’actions (forces, moments, déplacements imposés) concentrées données.

Le solide déformable est donc en équilibre sous l’effet d’actions extérieures données :

- Efforts concentrés (forces ou moments donnés, variables dans l’espace) en nombre fini : Fi (i = 1, n )
- déplacements imposés nuls concentrés aux points d’appui du solide (discrétisation de la surface Su ),
uj=0

• Seuls les efforts concentrés Fi fournissent un travail dans la déformation.

F1 F2

u1 =0
Fi
Fn

u j =0
• Remarque :
Si le cas de charges comporte un déplacement d’appui imposé non nul u k ≠ 0 , on le prend en compte en

intégrant ses réactions d’appui élémentaires à l’ensemble des efforts concentrés Fi (i = 1, n ) .
Donc le fait de considérer que les déplacements imposés sont nuls n’enlève rien à la généralité du cas de charges.

Par contre, seuls les efforts Fi fournissent un travail dans la déformation.

• On garde les 2 hypothèses suivantes :

- petits déplacements :
⇒ relations déformations//déplacements : ε = D ⋅ u
= relations linéaires entre déplacements et déformations

- comportement isotrope élastique du matériau, non linéaire à priori :


⇒ en tout point de la structure en équilibre sous un chargement donné, les 2 tenseurs contraintes et
déformations sont uniques et il existe entre eux une relation indépendante du chargement, fonction
uniquement des caractéristiques du matériau.
Enfin le matériau est isotrope, c'est-à-dire que cette loi contraintes/déformations est indépendante du repère
dans lequel on l’exprime.
2.2 -- notations

On adopte dans ce qui suit les notations suivantes :



∗ Fi effort extérieur appliqué, vecteur force ou vecteur moment,
→ →
∗ Fi intensité de l’effort Fi (norme du vecteur Fi ),
⎡ ... ⎤
∗ F = ⎢⎢Fi ⎥⎥ le vecteur colonne des intensités des n efforts extérieurs appliqués donnés,
⎢⎣ ... ⎥⎦

page I-2 -- 16

∗ M i point d’application de l’effort Fi
→ → →
∗ ei vecteur unitaire porté par Fi de même orientation, soit (B) la base constituée de l’ensemble des ei
⎧→ ⎫
(B) = ⎪⎨e i ⎪⎬
⎪⎩ ⎪⎭ i =1, n

∗ λ i projection sur la ligne d’action de Fi , du déplacement de M i dans le chargement, (translation ou
rotation)
⎡ ... ⎤
∗ λ = ⎢⎢λ i ⎥⎥ le vecteur colonne à n composantes correspondant.
⎢⎣ ... ⎥⎦

2.3 -- Conséquences directes


• Les 2 hypothèses, petits déplacements et comportement élastique isotrope du matériau assurent l’existence :
- d’un potentiel de déformation W = W ( ε ) et d’une énergie de déformation U = ∫∫∫ W(ε ) ⋅ dv = U( λ )
V
- d’un potentiel complémentaire de déformation Wc = Wc ( σ ) et d’une énergie complémentaire de
déformation U c = ∫∫∫ Wc ( σ )⋅ dv = Uc ( F )
V

2.4 -- Hypothèse du comportement élastique non linéaire à priori, du matériau - les


théorèmes de Castigliano

2.4.1 -- Premier théorème de Castigliano

• démonstration à partir du principe des travaux virtuels :

A partir de l’état d’équilibre donné, considérons un accroissement virtuel cinématiquement admissible des
déplacements (continu et δu j = 0 ) , défini, sur le vecteur colonne λ des déplacements des points d’application

des Fi , par le vecteur colonne : δλ tel que δλ i ≠ 0 et δλ j = 0 ∀j ≠ i
t
Le travail virtuel des efforts appliqués s’écrit : TVFE = δλ ⋅ F = δλ i ⋅ Fi
Le principe des travaux virtuels donne : TVFE = δU = δλ i ⋅ Fi , ∀ δλi ,
δU = accroissement virtuel correspondant de l’énergie de déformation.
et donc l’énergie de déformation étant exprimée en fonction des déplacements λ , U = U ( λ ) , il vient :
∂U( λ )
Fi = soit : F = grad λ (U )
∂λ i

2.4.2 -- Deuxième théorème de Castigliano

2.4.2.1 -- Application du principe des travaux virtuels complémentaires dans l’hypothèse (1) :
les déplacements imposés d’appui , u j = 0 , mettent la structure sur appuis isostatiques au
moins.

Les efforts appliqués du chargement Fi (i = 1, n ) sont des variables indépendantes.
A partir de l’état d’équilibre considéré, on considère donc un accroissement virtuel statiquement admissible :
- Des contraintes : δσ

page I-2 -- 17
- des efforts extérieurs appliqués, définis par le vecteur colonne : δF tel que δFi ≠ 0 et
δFj = 0 ∀j ≠ i (possible car les Fi (i = 1, n ) sont des variables indépendantes)

t
Le travail virtuel complémentaire s’écrit : TVC= λ ⋅ δF = λ i ⋅ δFi
Le principe des travaux virtuels complémentaires s’écrit : TVC = δU c = λ i ⋅ δFi , ∀ δFi ,
δU c = accroissement virtuel correspondant de l’énergie complémentaire de déformation.
et donc l’énergie complémentaire de déformation étant exprimée en fonction des efforts extérieurs appliqués F ,

∂Uc ( F )
U c = U c ( F ) , il vient : λi = soit : λ = grad F (U c )
∂Fi

2.4.2.2 -- application du principe des travaux virtuels complémentaires dans l’hypothèse (2) :
les déplacements imposés d’appui, u j = 0 , ne mettent pas la structure sur appuis
isostatiques au moins.
• La structure est libre.

C'est-à-dire qu’elle présente la possibilité de déplacement d’ensemble de solide indéformable sans déformation.
En fait la structure présente r modes rigides élémentaires indépendants, correspondant chacun à un déplacement
de corps rigide.
Tout déplacement d’ensemble de solide indéformable de la structure est une combinaison de ces r modes rigides.

• Les efforts donnés Fi (i = 1, n ) ne sont donc plus des variables indépendantes.


Ils doivent satisfaire r relations linéaires qui expriment l’équilibre statique de la structure chargée.

• Il faut bloquer r déplacements élémentaires λ i pour obtenir une structure sur appuis isostatiques associée.
Il y a donc C rn structures sur appuis iso « associables » à notre structure libre.

• Pour une structure sur appuis iso associée choisie, on réorganise la base (B) en calant en bas les r
déplacements élémentaires λ i bloqués. Ainsi :
λ n −r F n −r
λ = avec λ r = 0 et F= avec : composantes de F n − r variables indépendantes.
λr Fr
• La structure isostatique sur appuis iso associée soumise aux efforts F n − r est dans le même état de déformations
que la structure initiale chargée. Par contre les déplacements sont les mêmes à un déplacement de corps rigide près.

On peut alors appliquer le principe des travaux virtuels complémentaires comme précédemment (hypothèse (1)) à la
structure sur appuis iso associée choisie soumise aux efforts F n − r .
Son énergie complémentaire de déformation est fonction des efforts extérieurs appliqués F n − r : U = U c F n − r ( )
(
∂U c F n −r )
on trouve λ i = i=1,n-r soit : λ n − r = grad F (U c )
∂Fi n −r
à un déplacement de corps rigide près.
• Remarque :

On peut dire aussi que l’équilibre atteint sous le cas de charges appliqué à la structure Fi (i = 1, n ) est le même
que l’équilibre obtenu sous le cas de charges :
- Efforts extérieurs appliqués donnés : F n −r
- Déplacements imposés donnés aux points d’appui de la structure u j = 0
- Déplacements imposés donnés λ r ; déplacements de corps rigide ne générant aucune déformation de la
structure.
Alors λ n − r = grad F (U c )
n −r

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2.4.2.3 -- Remarque : Dans le cas où les actions extérieures appliquées à la structure ne sont pas
toutes indépendantes, en particulier quand deux actions extérieures sont égales et opposées :

F1 = F.e1
e1
1
d e2
2 F2 = F.e 2
Su

∂U ∂U dF1 ∂U dF2 ∂U ∂U
= ⋅ + ⋅ = + = λ 1 + λ 2 = ∆d
∂F ∂F1 dF ∂F2 dF ∂F1 ∂F2
→ →
Quand deux des efforts extérieurs appliqués au solide sont égaux et opposés F et − F , la dérivée partielle de l’énergie
de déformation U = U c par rapport à F est égale au déplacement relatif des points d’application de ces actions ∆d .
Ce déplacement relatif est une translation si F est une force, c’est une rotation si F est un moment.

2.4.2.4 -- Corollaire du 2ième théorème de Castigliano, calcul du déplacement en un point


quelconque

Soit un système élastique linéaire (S), à liaisons fixes, en équilibre sous l’effet d’actions extérieures (P) (charges
appliquées ou déplacements imposés) ; le problème est de calculer un déplacement δ (translation ou rotation) en un
point quelconque de la structure.

On applique un effort virtuel Φ au point et dans la direction où on cherche le déplacement δ ( Φ est une force pour
le calcul d’un déplacement translation, Φ est un moment pour le calcul d’un déplacement rotation).
Soit U[(P ) + Φ ] l’énergie de déformation du système élastique (S), soumis aux actions extérieures (P) et à l’effort
⎛ ∂U[(P ) + Φ ] ⎞
virtuel Φ ; le déplacement δ cherché vaut : δ=⎜ ⎟
⎝ ∂Φ ⎠Φ =0

2.5 -- hypothèse complémentaire du comportement (élastique) linéaire du matériau

• On garde les notations du paragraphe 3.3 précédent.


2.5.1 -- Conséquences principales directes

2.5.1.1 -- comportement linéaire d’ensemble vis-à-vis des cas de charges appliqués.


Les hypothèses suivantes :
- petites déformations, petits déplacements : ⇒ relations déformations//déplacements : ε = D ⋅ u qui
sont des relations linéaires entre déplacements et déformations
- comportement du matériau élastique linéaire,
- calcul réalisé au premier ordre.

entrainent que la structure a un comportement d’ensemble linéaire vis-à-vis des cas de charges appliqués.

2.5.1.2 -- Expressions des potentiels et énergies de déformation

• l’hypothèse comportement élastique linéaire du matériau, entraîne :


−1
- En tout point de la structure, σ = C ⋅ε ε= C ⋅σ

page I-2 -- 19
- En tout point de la structure, il existe un potentiel de déformation W ( ε ) et un potentiel complémentaire
∂W ∂Wc
de déformation Wc ( σ ) tels que : σ ij = ε ij =
∂ε ij ∂σ ij

W ( ε ) = Wc ( σ ) = ⋅ σ ⋅ ε
1t
ces 2 potentiels sont tels que :
2

W( ε ) = ⋅ ε ⋅ C ⋅ ε
1t
Wc ( σ ) = ⋅ σ ⋅ C
1t −1
⋅σ
2 2

- A l’état d’équilibre considéré de la structure on peut donc associer :


∗ une énergie de déformation U telle que : U = ∫∫∫ W ⋅ dv =
v ∫∫∫v W(ε ) ⋅ dv = U( λ )
∗ et une énergie complémentaire de déformation U c : U c = ∫∫∫ Wc ( σ ) ⋅ dv = U c ( F )
v

∗ en tout point de la structure l’égalité des potentiels, W ( ε ) = Wc ( σ ) = ⋅ σ ⋅ ε , entraîne :


1t
2
1 t 1 t 1 t −1
U = Uc =
2 ∫∫∫ σ ⋅ ε ⋅ dv =
2
⋅ ∫∫∫ ε ⋅ C ⋅ ε ⋅ dv =
2
⋅ ∫∫∫ σ⋅ C ⋅ σ ⋅ dv

2.5.2 -- Expression de l’énergie de déformation en fonction des efforts extérieurs appliqués,


théorème de Clapeyron

• L’énergie de déformation ne dépend que de l’état d’équilibre final de la structure chargée.


L’état d’équilibre final est obtenu en donnant aux efforts Fi (i = 1, n ) des valeurs progressivement croissantes
ρ ⋅ Fi , (i = 1, n ) , ρ croissant de 0 à 1. Cette variation peut être aussi lente qu’on le souhaite de façon à pouvoir
négliger les actions d’inertie.

• Le comportement linéaire du système vis-à-vis des cas de charges, assure l’existence des états d’équilibre
intermédiaires tels que : ρ ∈ (0,1) , le chargement ρ ⋅ Fi , (i = 1, n ) provoque l’état d’équilibre avec les
déplacements ρ ⋅ λ i .

• Considérons l’état d’équilibre (ρ ) caractérisé par la valeur ρ , ρ ∈ (0,1) :


- Le chargement est ρ ⋅ Fi , (i = 1, n )
- les déplacements des points d’application des efforts extérieurs appliqués valent : ρ ⋅ λ i

• Considérons l’état d’équilibre (ρ + dρ ) infiniment voisin associé à ρ + dρ :


- Le chargement est (ρ + dρ) ⋅ Fi , (i = 1,n )
- Les déplacements des points d’application des efforts extérieurs donnés valent (ρ + dρ ) ⋅ λ i

• le travail des efforts extérieurs appliqués ρ ⋅ Fi dans le passage de l’état d’équilibre (ρ ) à l’état d’équilibre
(ρ + dρ) vaut : dT = ∑ ρ ⋅ Fi ⋅ λ i ⋅ dρ
i =1, n
puisqu’on peut négliger les actions d’inertie, la variation de l’énergie de déformation vaut donc :
dU = dU c = dT = ∑ ρ ⋅ Fi ⋅ λ i ⋅ dρ
i =1, n
• Remarque, en fait : à partir de l’état d’équilibre (ρ ) (efforts extérieurs appliqués : ρ ⋅ F , déplacements : ρ ⋅ λ ),
on applique le principe des travaux virtuels sur un accroissement virtuel cinématiquement admissible du champ de
déplacements à l’équilibre δu = λ ⋅ δρ :
Le travail virtuel des efforts extérieurs appliqués donnés vaut :
TVFE ( δu ) = ρ⋅ F ⋅ δu = ρ⋅ δu ⋅ F = ρ ⋅ δρ⋅ λ ⋅ F =
t t t
∑ ρ ⋅ Fi ⋅ λi ⋅ δρ
i =1, n
Et le principe des travaux virtuel s’écrit : accroissement virtuel de l’énergie de déformation δU

page I-2 -- 20
δU =TVFE ( δu ) = ρ⋅ F ⋅ δu = ρ⋅ δu ⋅ F = ρ ⋅ δρ⋅ λ ⋅ F =
t t t
∑ ρ ⋅ Fi ⋅ λi ⋅ δρ ∀ δρ
i =1, n
t
D’où l’expression différentielle : dU = λ ⋅ F ⋅ ρ ⋅ dρ = ∑ ρ ⋅ Fi ⋅ λi ⋅ dρ
i =1, n

• Entre l’état initial de la structure au repos et l’état final, état d’équilibre de la structure chargée, la variation de
l’énergie de déformation vaut donc :
1 ⎡ ⎤ 1 1 1t
∆U = ∆U c = ∫ ∑ Fi ⋅ λ i ⋅ ρ ⋅ dρ = ⎢ ∑ Fi ⋅ λ i ⎥ ∫ ρ ⋅ dρ = ⋅ ∑ Fi ⋅ λ i = ⋅ F ⋅ λ
0 ⎢ ⎥ 0 2 2
i =1, n ⎣i =1, n ⎦ i =1, n

Si on suppose qu’une énergie de déformation nulle est associée à l’état au repos de la structure non chargée, il vient :
Energie de déformation de la structure à l’équilibre :
1 1t 1t
U = Uc = ⋅ ∑ Fi ⋅ λi = ⋅ F ⋅ λ = ⋅ λ ⋅ F
2 i =1,n 2 2

2.5.3 -- théorème de réciprocité de Maxwell-Betti


Enoncé :
Soit un système élastique linéaire (S), à liaisons fixes, qui peut être soumis séparément à deux ensembles d’efforts
extérieurs donnés concentrés indépendants, Fi ( i = 1, n) et Φ j ( j = 1, p) .
Le travail du système d’actions Fi ( i = 1, n) sur les déplacements provoqués par l’application du système d’actions
Φj ( j = 1, p) est égal au travail de système d’actions Φ j ( j = 1, p) sur les déplacements provoqués par l’application
du système d’actions Fi ( i = 1, n) .

Démonstration :

Soit :
∗ λ i ( i = 1, n) les déplacements des points d’application des actions Fi ( i = 1, n) , projetés sur leurs supports,
sous l’application du système d’actions extérieures Fi ( i = 1, n)
∗ µj ( j = 1, p) les déplacements des points d’application des actions Φ j ( j = 1, p) , projetés sur leurs
supports, sous l’application du système d’actions extérieures Φ j ( j = 1, p)
∗ λ i′ ( i = 1, n) les déplacements des points d’application des actions Fi ( i = 1, n) , projetés sur leurs supports,
sous l’application du système d’actions extérieures Φ j ( j = 1, p)
∗ µ ′j ( j = 1, p) les déplacements des points d’application des actions Φ j ( j = 1, p) , projetés sur leurs
supports, sous l’application du système d’actions extérieures Fi ( i = 1, n)

On va soumettre le système élastique (S) à l’ensemble d’actions extérieures Fi ( i = 1, n) + Φ j ( j = 1, p) de deux


manières :
∗ mode 1 : on applique d’abord le système d’actions Fi ( i = 1, n) , puis le système d’actions Φj ( j = 1, p)
∗ mode 2 : on applique d’abord le système d’actions Φ j ( j = 1, p) , puis le système d’actions Fi ( i = 1, n)

Travail des forces extérieures calculé suivant le mode de chargement 1 :

1 1
T1 (F + Φ ) =
2
⋅ ∑ Fi ⋅ λ i + 2 ⋅ ∑ Φ j ⋅ µ j + ∑ Fi ⋅ λ′i
i =1, n j=1, p i =1, n
En effet pendant l’application des actions Φ j ( j = 1, p) , les actions Fi ( i = 1, n) restent constantes et leurs points
d’application se déplacent de λ ′i ( i = 1, n) .

page I-2 -- 21
Travail des forces extérieures calculé suivant le mode de chargement 2 :

1 1
T2 (Φ + F) =
2
⋅ ∑ Φ j ⋅ µ j + 2 ⋅ ∑ Fi ⋅ λ i + ∑ Φ j ⋅ µ′j
j =1, p i =1, n j=1, p
En effet pendant l’application des actions Fi ( i = 1, n) , les actions Φ j ( j = 1, p) restent constantes et leurs points
d’application se déplacent de. µ ′j ( j = 1, p)

La structure ayant un comportement linéaire vis-à-vis des cas de charges, les 2 modes de chargement conduisent au
même cas de charge : d’où T1 (F + Φ ) = T2 (Φ + F ) , on en déduit le théorème de réciprocité de Maxwell-Betti :

∑ Fi ⋅ λ′i = ∑ Φ j ⋅ µ′j
i =1,n j=1,p

2.5.4 -- conséquences, matrices de rigidité et de souplesse relativement à la base (B)


Rappel :

le solide déformable considéré est en équilibre sous l’effet d’actions extérieures données :

- Efforts concentrés (forces ou moments donnés) en nombre fini : Fi (i = 1, n )
- déplacements imposés concentrés en des points de surface (points d’appui du solide), u j = 0

Fi Fn
Mi Mn

M1

Mj F1
Fj
u =0

Rappel des notations :



∗ Fi effort extérieur appliqué donné, vecteur force ou vecteur moment,
→ →
∗ Fi intensité de l’effort Fi (norme du vecteur Fi ),
⎡ ... ⎤
∗ F = ⎢⎢Fi ⎥⎥ le vecteur colonne des intensités des n efforts extérieurs appliqués donnés,
⎢⎣ ... ⎥⎦

∗ M i point d’application de l’effort Fi
→ →
∗ ei vecteur unitaire porté par Fi et de même orientation, soit (B) la base constituée de l’ensemble des

ei
⎧→ ⎫
(B) = ⎪⎨e i ⎪⎬
⎪⎩ ⎭⎪ i =1, n

∗ λi projection sur la ligne d’action de Fi , du déplacement de M i dans le chargement,
⎡ ... ⎤
∗ λ = ⎢⎢λ i ⎥⎥ le vecteur colonne à n composantes correspondant.
⎣⎢ ... ⎦⎥

page I-2 -- 22
2.5.4.1 -- Matrice de rigidité de la structure relativement à la base (B)

• L’état d’équilibre considéré ci-dessus peut être obtenu à partir d’une structure « intermédiaire » :

- identique à la structure initiale dont on complète l’ensemble des appuis ponctuels (déplacements imposés

u j = 0 ) avec les points M i (i = 1, n ) (points d’application des Fi ) ;
→ →
plus précisément, on place en M i un appui élémentaire bloquant le déplacement λ i = λ i ⋅ ei

- soumise aux actions données suivantes :

* déplacements imposés aux points d’appui du solide, u j = 0 ,


→ →
* déplacements imposés λ i = λi ⋅ ei aux points M i (i = 1, n ) .

Fi Fn
n Mn
Mi Mi
Mn Fi
i

M1 M1
j
Mj F1 1
Fj Mj
u =0 u =0

→ →
• Dans cette structure «intermédiaire» ainsi chargée, la réaction d’appui en M i est Fi = Fi ⋅ e i et, le comportement
linéaire d’ensemble de la structure « intermédiaire » vis-à-vis des chargements permet d’écrire :
Fi = R i,1 ⋅ λ 1 + R i,2 ⋅ λ 2 + .........R i, j ⋅ λ j + .....R i,n ⋅ λ n
R i, j est la valeur de l'effort Fi , pour l’ensemble de déplacements imposés λ j = 1 , λ k = 0 ∀k ≠ j.
⇒ F = R ⋅λ R est une matrice carrée (n x n) dont le terme banal est R i, j

• Le théorème de réciprocité de Maxwell-Betti permet de montrer que R i, j = R j,i et donc que la matrice R est
symétrique.

1 1 1 1
• L’expression du théorème de Clapeyron devient : U = U c =
2
⋅ ∑ Fi ⋅ λ i = 2 ⋅ t F ⋅ λ = 2 ⋅ t λ ⋅ F = 2 ⋅ t λ ⋅ R ⋅ λ
i =1,n
Avec R matrice carrée symétrique.
L’expression de l’énergie de déformation est donc une forme quadratique des variables λ i (i = 1, n ) .

Par définition, la matrice R qui permet d’exprimer l’énergie de déformation à l’équilibre sous une forme
1t
quadratique des déplacements : U = U c = ⋅ λ ⋅ R ⋅ λ est la matrice de rigidité de la structure relative à la base (B)
2

ou relative aux « directions » d’efforts Fi (i = 1, n ) :

1 1t 1t 1t
F = R ⋅λ U = Uc = ⋅ ∑ Fi ⋅ λ i = ⋅ F ⋅ λ = ⋅ λ ⋅ F = ⋅ λ ⋅ R ⋅ λ
2 i =1, n 2 2 2

page I-2 -- 23
2.5.4.1-1 – les déplacements imposés d’appuis, u j = 0 , mettent la structure sur appuis
isostatiques au moins

La structure ne présente pas de possibilité de déplacement de corps rigide sans déformation c'est-à-dire à énergie de
déformation nulle.
Donc quel que soit λ ≠ 0 l’énergie de déformation (qui est toujours supérieure ou égale à 0) est dans ce cas
1 t
strictement positive : ∀ λ ≠ 0 , U = Uc = ⋅ λ ⋅ R ⋅ λ > 0
2
C’est une forme quadratique définie positive et donc la matrice R carrée symétrique est inversible.

Quand les déplacements imposés aux appuis, u j = 0 , mettent la structure sur appuis isostatiques au moins, la
matrice de rigidité de la structure relative à la base (B) est une matrice carrée n x n, symétrique, régulière inversible.

2.5.4.1-2 – les déplacements imposés d’appuis, u j = 0 , ne mettent pas la structure sur appuis
isostatiques au moins

La structure présente des possibilités de déplacement de corps rigide sans déformation c'est-à-dire à énergie de
déformation nulle.
Il existe donc λ ≠ 0 pour lequel l’énergie de déformation est nulle (déplacement de corps rigide):
1 t
∃ λ ≠ 0 tel que U = U c = ⋅ λ ⋅ R ⋅ λ = 0
2
La forme quadratique n’est plus définie positive et donc la matrice R carrée symétrique n’est pas inversible.

Quand les déplacements imposés d’ appuis, u j = 0 , ne mettent pas la structure sur appuis isostatiques au moins, la
matrice de rigidité de la structure relative à la base (B) est une matrice carrée n x n, symétrique, non inversible.

2.5.4.2 -- Matrice de souplesse de la structure relativement à la base (B)

2.5.4.3-1 – les déplacements imposés d’appuis, u j = 0 , mettent la structure sur appuis


isostatiques au moins

• La structure étant sur appuis isostatiques au moins, la matrice de rigidité R carrée nxn symétrique est inversible.
F = R ⋅λ
−1
R carrée nxn symétrique, inversible ⇒ λ = R ⋅F= S ⋅F
−1
S = R = matrice carrée nxn symétrique inversible

• La structure étant sur appuis iso au moins, les efforts concentrés appliqués donnés Fi (i = 1, n ) sont des variables
indépendantes ; ils n’ont pas à vérifier les équations de la statique appliquées à la structure et à ses parties.

• On retrouve le résultat précédent :

- le comportement linéaire d’ensemble de la structure vis-à-vis des chargements


⇒ λ = S ⋅F S est une matrice carrée (n x n)
- α ij le terme banal de la matrice S , est la valeur du déplacement λ i pour les actions extérieures
appliquées Fj = 1 , Fk = 0 ∀k ≠ j (possible puisque les Fi (i = 1, n ) sont des variables indépendantes)
- Le théorème de réciprocité de Maxwell-Betti permet de montrer que α i, j = α j,i et donc que la matrice S
est symétrique.

page I-2 -- 24
• L’expression du théorème de Clapeyron devient : U = U c =
1
2
⋅ ∑ F ⋅λ
i =1,n
i i
1 t 1 t
= ⋅ F⋅λ = ⋅ F⋅ S ⋅F
2 2

Avec S matrice carrée symétrique, inversible.


L’expression de l’énergie de déformation est donc une forme quadratique définie positive des variables
Fi (i = 1, n ) .
Par définition, la matrice S qui permet d’exprimer l’énergie de déformation à l’équilibre sous une forme
1 t
quadratique des efforts appliqués donnés : U = U c = ⋅ F ⋅ S ⋅ F
2

S est la matrice de souplesse de la structure relative à la base (B) (ou relative aux « directions » d’efforts

Fi (i = 1, n ) )

Quand les déplacements imposés d’appuis, u j = 0 , mettent la structure sur appuis isostatiques au moins, on peut
associer à la structure une matrice de souplesse relative à la base (B) S matrice carrée n x n, symétrique, régulière
−1 −1
inversible. et on a : R ⋅ S = I R = S S = R

2.5.4.3-2 – les déplacements imposés d’appuis, u j = 0 , ne mettent pas la structure sur appuis
isostatiques au moins

• les efforts concentrés appliqués donnés Fi (i = 1, n ) ne sont pas des variables indépendantes.
Ils doivent vérifier les équations de la statique appliquées à la structure et à ses parties.

Plus précisément la structure est libre.


C'est-à-dire qu’elle présente la possibilité de déplacement d’ensemble de solide indéformable sans déformation.
En fait la structure présente r modes rigides élémentaires indépendants, correspondant chacun à un déplacement
de corps rigide.

Pour une structure spatiale : r ≤ 6


Pour une structure plane chargée et déformée dans son plan : r ≤ 3
Tout déplacement d’ensemble de solide indéformable de la structure est une combinaison de ces r modes rigides.

• Il faut bloquer r déplacements élémentaires λ i pour obtenir une structure sur appuis isostatiques associée.
Il y a donc C rn structures sur appuis iso « associables » à notre structure libre.

• Pour une structure sur appuis iso associée choisie, on réorganise la base (B) en calant en bas les r
déplacements élémentaires λ i bloqués. Ainsi :
λ n −r
λ = avec λ r = 0
λr
F n −r
et F = avec : composantes de F n − r variables indépendantes.
Fr

• La structure sur appuis iso associée choisie soumise aux efforts indépendants F n − r est dans le même état de
déformations que la structure initiale chargée.
Cette structure présente une matrice de souplesse S n − r,n −r
matrice carrée symétrique (n-r) x (n-r) régulière
inversible telle que :
- λ n −r = S n − r,n −r ⋅ F n −r
- son énergie de déformation s’exprime sous une forme quadratique des efforts appliqués donnés
1 t
indépendants F n − r : U = U c = ⋅ F n −r ⋅ S n − r,n −r ⋅ F n −r
2

page I-2 -- 25
• Considérons la matrice carrée n x n S = S n ,n
obtenue comme suit à partir de la matrice S n − r,n −r
:

⎡S 0 ⎤
S = S n ,n
= ⎢ n − r ,n − r n −r,r
⎥ la matrice 0 a ,b
étant une matrice de 0 comportant a lignes et b colonnes.
⎢⎣ 0 r ,n − r 0 r,r ⎥⎦

• On peut alors garder la même formulation que précédemment pour la structure sur appuis iso associée choisie
qui est dans le même état de déformation que la structure initiale chargée.
On peut en effet lui associer une matrice de souplesse, carrée n x n, la matrice :

⎡S 0 n −r,r ⎤
S = S n ,n = ⎢ n − r ,n − r ⎥
⎢⎣ 0 r ,n − r 0 r,r ⎥

telle que :
- λ = S ⋅F.
λ n −r ⎡S 0 n − r ,r ⎤ F S n − r ,n − r ⋅ F n − r
En effet λ = = ⎢ n − r ,n − r ⎥ ⋅ n −r =
λr ⎢⎣ 0 r ,n − r
0 r ,r ⎥ F r 0r

1 t 1 t 1 t
- U = Uc = ⋅ F ⋅ S ⋅ F En effet U = U c = ⋅ F ⋅ S ⋅ F = ⋅ F n − r ⋅ S n − r ,n − r ⋅ F n − r
2 2 2
La matrice S n − r ,n − r est régulière inversible. Par contre, de toute évidence, la matrice S = S n ,n n’est pas
inversible.

• Quand les déplacements imposés d’appuis, u j = 0 , ne mettent pas la structure sur appuis isostatiques au
moins, on peut définir pour une structure sur appuis isostatiques associée une matrice de souplesse relative à la
base (B), S matrice carrée n x n, symétrique, non régulière, non inversible.

2.5.4.3 -- Matrices de rigidité et de souplesse, conclusion

• A l’équilibre, l’énergie de déformation de la structure U = U c =


1
2
⋅ ∑ F ⋅λ
i =1, n
i i
1 t 1 t
= ⋅ F⋅λ = ⋅ λ⋅F :
2 2

1 t
- se met sous une forme quadratique des déplacements λ i (i = 1, n ) : U = U c = ⋅ λ ⋅ R ⋅ λ
2
R est unique, c’est la matrice de rigidité de la structure relative à la base (B).
C’est une matrice carrée (n x n) , symétrique, et on a : F = R ⋅λ
1 t
- se met sous une forme quadratique des efforts appliqués donnés Fi (i = 1, n ) : U = U c = ⋅ F ⋅ S ⋅ F
2
S est une matrice carré symétrique (n x n)

• Quand les déplacements imposés d’appuis, u j = 0 , mettent la structure sur appuis isostatiques au moins :

- La matrice S est unique. C’est une matrice attachée à la structure appelée matrice de souplesse de la
structure relative à la base (B) et on a : λ = S ⋅F
- Les 2 formes quadratiques sont définies positives. Les 2 matrices R et S sont régulières inversibles et
−1 −1
on a : R ⋅ S = I R = S S = R

page I-2 -- 26
• Quand les déplacements imposés d’appuis, u j = 0 , ne mettent pas la structure sur appuis isostatiques au
moins :

- Il existe toujours une matrice de rigidité unique R , attachée à la structure, relative à la base (B) telle que :
1 t
U = U c = ⋅ λ ⋅ R ⋅ λ et F = R ⋅ λ Cette matrice R est carrée symétrique (n x n) non inversible.
2

- Matrice de souplesse :

Il n’existe pas une matrice de souplesse unique attachée à la structure, relative à la base (B).
Soit r le nombre de modes rigides indépendants que présente la structure.
On peut associer à la structure initiale une structure sur appuis isostatiques associée obtenue en bloquant r
déplacements choisis parmi les n déplacements λ i (i = 1, n ) (il ya donc C rn structures iso associées
potentielles).
Une structure sur appuis iso associée quelconque soumise aux efforts Fi (i = 1, n ) est dans le même état de
déformation que la structure initiale chargée et présente donc la même énergie de déformation.

On peut attacher à la structure sur appuis iso choisie une matrice de souplesse S relative à la base (B) telle
que :
1 t
U = U c = ⋅ F ⋅ S ⋅ F = énergie de déformation commune à la structure initiale chargée et aux
2
structures iso associées chargées
Et λ = S ⋅ F uniquement pour la structure sur appuis iso associée choisie.
Cette matrice de souplesse S est une matrice carrée symétrique (n x n) non inversible.
On peut attacher à la structure autant de matrices de souplesse que de structures sur appuis iso associées
potentielles ( C rn ).

page I-2 -- 27
2.6 -- Exemples

2.6.1 -- Exemple 1

Soit la structure plane chargée dans son plan, travée sur appuis simples :
L

L/3 L/3 L/3

F1 F2

A1 A2
1 2

e1 e2

⎧→ ⎫
⎪ e1⎪
Matrices de rigidité et de souplesse dans la base (B) = ⎨→ ⎬ ??
⎪⎩ e 2 ⎪⎭

On suppose que l’on connaît les résultats suivants :


L

L/3 L/3 L/3

f1 f2

La structure est sur appuis isostatiques. Elle n’est pas libre.

⎡F ⎤ ⎡λ ⎤
F = ⎢ 1⎥ λ = ⎢ 1⎥
⎣F2 ⎦ ⎣λ 2 ⎦

• Matrice de rigidité : F = R ⋅ λ

⎡R R 12 ⎤ ⎡ f1 f2 ⎤ ⎡F ⎤ ⎡f f 2 ⎤ ⎡ λ1 ⎤
R = ⎢ 11 = F = R ⋅ λ = ⎢ 1⎥ = ⎢ 1 ⋅
⎣R 21 R 22 ⎥⎦ ⎢⎣f 2 f 1 ⎥⎦ ⎣F2 ⎦ ⎣f 2 f 1 ⎥⎦ ⎢⎣λ 2 ⎥⎦
1 t
Énergie de déformation : U = U c = ⋅ λ ⋅ R ⋅ λ
2

• Matrice de souplesse : λ = S⋅F

−1 1 ⎡ f1 − f2 ⎤ ⎡λ ⎤ 1 ⎡ f1 − f 2 ⎤ ⎡ F1 ⎤
S = R = ⎢− f λ = ⎢ 1⎥ = S ⋅ F = ⋅
f12 − f 22 ⎣ 2 f1 ⎥⎦ λ
⎣ 2⎦ f1 − f 22
2 ⎢− f
⎣ 2 f 1 ⎥⎦ ⎢⎣F2 ⎥⎦

1 t
Énergie de déformation : U = U c = ⋅ F ⋅ S ⋅ F
2

page I-2 -- 28
2.6.2 -- Exemple 2

Soit la structure plane chargée dans son plan, travée sur appui simple :

L/3 L/3 L/3

F1 F2

A1 A2
1 2

e1 e2

On suppose connu le résultat suivant :

L/3 L/3

1° / -- calculer les valeurs de f1 , f 2 , f1′ , f 2′ tels que :

L/3 L/3 L/3

f1 f2

L/3 L/3 L/3

f 1' f 2'

⎧→ ⎫
⎪ e1⎪
2°/ -- Matrices de rigidité et de souplesse dans la base (B) = ⎨→ ⎬ ??
⎪⎩ e 2 ⎪⎭

page I-2 -- 29
CORRIGE

1°/ -- valeurs de f1 , f 2 , f1′ , f 2′

La structure est libre.


Il suffit de bloquer un degré de liberté élémentaire pour la mettre qur appuis isostatiques.
D’où 1 mode rigide :

D’où F1 et F2 pas indépendantes, liées par une relation, moment nul sur appui : F1 + 2 ⋅ F2 = 0

L/3 L/3 L/3

f1 f2

L/3 L/3 L/3

f 1' f 2'

f f
f1 = f f1 + 2 ⋅ f 2 = 0 ⇒ f2 = − 1 = −
2 2
Maxwell-Betti ⇒ 0 ⋅ f1 + 1 ⋅ f 2 = 1 ⋅ f1′ + 0 ⋅ f 2′ ⇒ f 2 = f1′
f ′
f 1′ + 2 ⋅ f 2′ = 0 ⇒ f 2′ = − 1
2

f f f
D’où : f1 = f f2 = − f 1′ = − f 2′ =
2 2 4

page I-2 -- 30
⎧→ ⎫
⎪ e1⎪
2°/ -- Matrices de rigidité et de souplesse dans la base (B) = ⎨→ ⎬ ??
⎪⎩ e 2 ⎪⎭
2°/ - a - Matrice de rigidité : F = R ⋅λ

⎡R R 12 ⎤ ⎡f 1 f2 ⎤ ⎡ f − f 2⎤
R = ⎢ 11 = =⎢
⎣R 21 R 22 ⎥⎦ ⎢⎣f 1′ ⎥
f 2′ ⎦ ⎣− f 2 f 4 ⎥⎦

Le déterminant de R est nul. ⇒ R n’est pas régulière, n’est pas inversible.

⎡F ⎤ ⎡ f − f 2⎤ ⎡ λ 1 ⎤
F = R ⋅ λ = ⎢ 1⎥ = ⎢ ⎥⋅⎢ ⎥
⎣F2 ⎦ ⎣− f 2 f 4 ⎦ ⎣λ 2 ⎦
2
1 t 1 ⎡ f − f 2⎤ ⎡ λ 1 ⎤ 1 ⎛ λ2 ⎞
Énergie de déformation : U = U c = ⋅ λ ⋅ R ⋅ λ = ⋅ [λ1 λ 2 ]⋅ ⎢ ⎥ ⋅ ⎢λ ⎥ = ⋅ f ⋅ ⎜⎜ λ1 − ⎟⎟
2 2 ⎣ − f 2 f 4 ⎦ ⎣ 2⎦ 2 ⎝ 2 ⎠
Remarque :
⎡λ ⎤
La géométrie de la structure à l’équilibre est définie par le vecteur λ = ⎢ 1 ⎥ à un mode rigide de rotation près autour
⎣λ 2 ⎦
de l’appui simple.
⎡λ ⎤
Si aux déplacements λ = ⎢ 1 ⎥ on ajoute un mode rigide de rotation Ω autour de l’appui simple, en posant
⎣λ 2 ⎦
L ′ ⎡λ′ ⎤ ⎡ λ + k ⎤
Ω⋅ =k : λ = ⎢ 1⎥ = ⎢ 1 ⎥ on voit que l’énergie de déformation ne change pas :
3 ⎣λ ′2 ⎦ ⎣λ 2 + 2k ⎦
2 2
1 t ′ ′ 1 ⎛ λ′ ⎞ 1 ⎛ λ ⎞
U = U c = ⋅ λ ⋅ R ⋅ λ = ⋅ f ⋅ ⎜⎜ λ1′ − 2 ⎟⎟ = ⋅ f ⋅ ⎜⎜ λ1 − 2 ⎟⎟
2 2 ⎝ 2 ⎠ 2 ⎝ 2 ⎠

2°/ - b - Matrice de souplesse : λ = S ⋅ F


On a vu que la déformation de la structure et son énergie de déformation sont celles d’une structure sur appuis iso
associée obtenue en bloquant autant de degrés de liberté que de modes rigides indépendants présentés par la structure
libre initiale.
La structure présentant 1 mode rigide, on lui associe une structure sur appuis isostatiques en bloquant l’un des degrés
de liberté λ 1 ou λ 2

• Cas (1) : on bloque λ 1 = 0

L/3 L/3 L/3

1/f 2' = 4/f

- Pour cette structure sur appuis iso , non libre, il existe une matrice de souplesse sur son degré de liberté
restant λ 2 .
4
C’est un scalaire : S = [α 22 ] =
f
4 1 t 1 4 2
On a : λ 2 = ⋅ F2 U = U c = ⋅ F ⋅ S ⋅ F = ⋅F 2 ⋅ ⋅ F2 = ⋅ F22 avec F1 + 2 ⋅ F2 = 0
f 2 2 f f

page I-2 -- 31
- pour la structure libre initiale on a :
⎡λ ⎤ ⎡ 0 ⎤ ⎡ F ⎤ ⎡0 0 ⎤ ⎡ F1 ⎤
λ = ⎢ 1 ⎥ = ⎢4 ⎥ = S ⋅ F = S ⋅⎢ 1⎥ = ⎢ ⎥⋅⎢ ⎥
⋅ F
⎣λ 2 ⎦ ⎢⎣ f 2 ⎥⎦ ⎣F2 ⎦ ⎣0 4 f ⎦ ⎣F2 ⎦
1 t 1 ⎡0 0 ⎤ ⎡ F1 ⎤ 2 2
U = U c = ⋅ F ⋅ S ⋅ F = ⋅ [F1 F2 ]⋅ ⎢ ⎥ ⋅ ⎢ ⎥ = ⋅ F2
2 2 ⎣0 4 f ⎦ ⎣F2 ⎦ f
1 t
Compte tenu de la définition de la matrice de souplesse ( U = U c = ⋅ F ⋅ S ⋅ F ) on peut associer à la
2
⎡0 0 ⎤
structure libre initiale une matrice de souplesse S ⋅ = ⎢ ⎥
⎣0 4 f ⎦
- Cas (2) : on bloque λ 2 = 0

L/3 L/3 L/3

1/f = 1/f

- Pour cette structure sur appuis iso , non libre, il existe une matrice de souplesse sur son degré de liberté
restant λ 1 .
1
C’est un scalaire : S = [α11 ] =
f
1 1 t 1 1 1 2
On a : λ 1 = ⋅ F1 U = U c = ⋅ F ⋅ S ⋅ F = ⋅F1 ⋅ ⋅ F1 = ⋅ F1 avec F1 + 2 ⋅ F2 = 0
f 2 2 f 2f
2 2
On retrouve U = U c = ⋅ F2
f
- pour la structure libre initiale on a :
⎡λ ⎤ ⎡1 ⋅ F ⎤ ⎡F ⎤ ⎡1 ⎤
0⎥ ⎡ F1 ⎤
λ = ⎢ 1 ⎥ = ⎢f 1⎥ = S ⋅ F = S ⋅ ⎢ 1 ⎥ = ⎢f ⋅⎢ ⎥
⎣λ 2 ⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎣F2 ⎦ ⎢⎣ 0 0⎥⎦ ⎣F2 ⎦
1 t 1 ⎡1 f 0⎤ ⎡ F1 ⎤ 1 2
U = U c = ⋅ F ⋅ S ⋅ F = ⋅ [F1 F2 ]⋅ ⎢ ⋅⎢ ⎥ = ⋅ F1
2 2 ⎣0 0⎥⎦ ⎣F2 ⎦ 2f
1 t
Compte tenu de la définition de la matrice de souplesse ( U = U c = ⋅ F ⋅ S ⋅ F ) on peut associer à la
2
⎡1 f 0⎤
structure libre initiale une matrice de souplesse S ⋅ = ⎢ ⎥
⎣ 0 0⎦
- expression du vecteurdéplacement dans le cas général :
⎡λ ⎤
À partir du cas (2) on peut considérer le cas général du vecteur déplacement λ = ⎢ 1 ⎥ défini à un
⎣λ 2 ⎦
L
mode rigide de rotation Ω près autour de l’appui simple, en posant Ω ⋅ =k :
3
⎡1 ⎤
′ ⎡ λ ′ ⎤ ⎡ λ + k ⎤ ⎡ λ 1 ⎤ ⎡ k ⎤ ⎢ ⋅ F1 + k ⎥
λ = ⎢ 1⎥ = ⎢ 1 ⎥ = ⎢ ⎥+⎢ ⎥ = f
⎣λ ′2 ⎦ ⎣λ 2 + 2k ⎦ ⎣λ 2 ⎦ ⎣2k ⎦ ⎢⎣ 2k ⎥⎦

On ne peut pas écrire λ = S F

page I-2 -- 32
F1 F2

0 + 2k
F1 /f + k

3°/ -- Conclusion

• quelles que soient les conditions d’appuis de la structure


1 t
U = Uc = ⋅ λ ⋅ R ⋅ λ F = R ⋅λ
2

• Quand la structure est sur appuis isostatiques au moins :


1 t
U = Uc = ⋅ F ⋅ S ⋅ F λ = S ⋅F
2

• Quand la structure est libre r modes rigides (ici r=1)


Les efforts extérieurs appliqués sont liés par r relations (équilibre statique)
Compte tenu de l’ensemble des déplacements (N=n+p) Il y a s = C rn structures sur appuis iso associées
différentes.
1 t
On peut donc associer à la structure libre s matrices S telles que U = U c = ⋅ F ⋅ S ⋅ F
2
Pour chacune de ces s matrices on a : λ = S ⋅ F qui donne les déplacements à déplacement de corps rigide
combinaison des r modes rigides de la structure libre.

2.6.2.1 -- Exemple 3

• La structure est la poutre droite sur appuis simples plane et chargée dans son plan suivante :

F1 ...... Fi ...... Fn

A1 ...... Ai ...... An
1 i n

- Cette structure est sur appuis isostatiques.

λi = ∑ α ij ⋅ Fj soit λ= S⋅F
j =1, n
- α ij le terme banal de la matrice de souplesse S , est la valeur du déplacement λ i pour les actions
extérieures appliquées Fj = 1 , Fk = 0

- La structure étant sur appuis isostatiques, les efforts Fi (i = 1, n ) sont des variables indépendantes, et
la matrice S est régulière inversible.

page I-2 -- 33
• La structure est la poutre droite sur appuis simples plane et chargée dans son plan suivante :

- Cette structure présente 2 modes rigides :

mode rigide 1 : translation verticale

mode rigide 2 : rotation autour de A

- Soumise à un cas de charges semblable au précédent :

ai

F1 ...... Fi ...... Fn

A1 ...... Ai ...... An
1 i n


on voit que les efforts appliqués Fi (i = 1, n ) ne sont plus quelconques, ils ne sont plus indépendants,
ils doivent satisfaire les 2 équations de la statique :

∑F = 0
i =1, n
i ∑a ⋅F = 0
i =1, n
i i

- On a toujours les relations du type :


λi = ∑ α ij ⋅ Fj soit λ = S ⋅ F mais on ne peut rien avancer de plus sur la matrice de souplesse S
j =1, n

page I-2 -- 34
A
Annnnééee ssccoollaaiirree 22001155 -- 22001166

C
CAAL
LCCU
ULLA
AVVA
ANNC
CÉÉD
DEESS SST
TRRU
UCCT
TUUR
REESS
JJJeeeaaannn---M
Maaarrrccc T
M TO
T OU
O UR
U RT
R TO
TOOIIISSS

PARTIE II

STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS


DE BARRES ET POUTRES

SOMMAIRE

PARTIE II.1 DEFINITIONS – HYPOTHESES ET PROPRIETES – EXPRESSIONS DES CONTRAINTES,


DEFORMATIONS ET DEPLACEMENTS EN FONCTION DES SOLLICITATIONS

PARTIE II.2 CALCUL AU « PREMIER ORDRE » - METHODE DES FORCES

PARTIE II.3 CALCUL AU « PREMIER ORDRE » - METHODE DES DEPLACEMENTS

PARTIE II.4 INSTABILITE ELASTIQUE - NON LINEARITE GEOMETRIQUE


CALCULS AU « SECOND ORDRE » ET EN « GRANDS DEPLACEMENTS »
A
Annnnééee ssccoollaaiirree 22001155 -- 22001166

C
CAAL
LCCU
ULLA
AVVA
ANNC
CÉÉD
DEESS SST
TRRU
UCCT
TUUR
REESS
JJJeeeaaannn---M
Maaarrrccc T
M TO
T OU
O UR
U RT
R TO
TOOIIISSS

PARTIE II

STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS


DE BARRES ET POUTRES

PARTIE II.1 DEFINITIONS – HYPOTHESES ET PROPRIETES – EXPRESSIONS DES CONTRAINTES,


DEFORMATIONS ET DEPLACEMENTS EN FONCTION DES SOLLICITATIONS

SOMMAIRE

Chapitre II.1-1 Définitions - hypothèses simplificatrices - relations déformations / déplacements – variations dim.

Chapitre II.1-2 Expression des tenseurs contraintes et déformations, des déformations des sections droites, en
fonction des sollicitations

Chapitre II.1-3 Application des théorèmes de l’énergie

Chapitre II.1-4 lignes d’influence

Chapitre II.1-5 théorèmes de l’Energie - calcul des contraintes, déformations, déplacements en fonction des
sollicitations – exemples de synthèse et EXERCICES CORRIGES
J.-M. TOURTOIS – Chap-(II-1)-1.doc

CALCUL AVANCE DES STRUCTURES


PARTIE II STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES
PARTIE II.1 DEFINITIONS – HYPOTHESES ET PROPRIETES – EXPRESSIONS DES CONTRAINTES,
DEFORMATIONS ET DEPLACEMENTS EN FONCTION DES SOLLICITATIONS

CHAPITRE II.1-1 DEFINITIONS – HYPOTHESES SIMPLIFICATRICES


RELATIONS DEFORMATIONS-DEPLACEMENTS
VARIATIONS DIMENSIONNELLES

1 -- L’ELEMENT POUTRE, DEFINITIONS, ACTIONS APPLIQUEES

1.1 -- définitions

• On appelle poutre prismatique un solide engendré par une aire plane (S) , dont le centre de gravité G décrit une
courbe (C) , le plan (P) de l’aire (S) restant normal à la courbe (C).
z
y
x
j
k (C)
t
G(s)

(S)

)
(P

L’aire (S) est appelée la section droite de la poutre ; la courbe (C) est appelée fibre moyenne de la poutre.
La fibre moyenne de la poutre (C) est orientée et on y définit une abscisse curviligne s.

• A la section droite banale de la poutre, de centre de gravité G(s) d’abscisse curviligne s sur (C), on associe un
→ → →
repère orthonormé direct local G(s)xyz de vecteurs unitaires respectifs t (s ), j (s ), k (s ) .

→ →d OG
Le vecteur unitaire t (s ) est tangent à la fibre moyenne (C) et vaut t (s ) = ; les directions Gy et Gz sont
ds
portées par les axes principaux d’inertie de la section droite; elles sont orientées de façon à former avec Gx un
repère orthonormé direct.
RAPPEL : ∫ y ⋅ dydz = ∫ z ⋅ dydz = ∫ yz ⋅ dydz = 0
S S S

Inertie principale I y = ∫ z 2 ⋅ dydz Inertie principale I z = ∫ y 2 ⋅ dydz


S S

• Les structures que nous étudions dans ce qui suit, sont dans le cas général des assemblages spatiaux de poutres.
La fibre moyenne de la structure est la réunion des fibres moyennes des éléments de poutres constitutifs.

Nous considérerons souvent le cas particulier des structures à plan moyen chargées dans leur plan.
Une structure (formée de poutres) à plan moyen est une structure :
- dont la fibre moyenne (C) est contenue dans un plan, le plan de la structure,
- dont les poutres constitutives sont telles que ce plan est un plan d’inertie principale commun à toutes les
sections droites,
cette structure à plan moyen est chargée dans son plan quand elle est soumise à des forces concentrées ou réparties
contenues dans ce plan et à des moments concentrés ou répartis d’axe normal à ce plan.

Une telle structure ainsi chargée se déforme dans son plan dans le cas de charges considéré.

Page II.1-1 -- 1
1.2 -- Les actions appliquées
Ce sont les actions extérieures données et les réactions d’appui.
Plus précisément :
- actions extérieures données du chargement :
efforts donnés
déformations imposées, variations dimensionnelles
déplacements d’appui imposés donnés
- les réactions d’appui qui en résultent.

1.2.1 -- Les efforts appliqués donnés du chargement

Les efforts appliqués donnés du chargement (ou efforts extérieurs appliqués donnés) dans une section droite de la
structure sont réduits au centre de gravité de cette section, sur la fibre moyenne.
On distingue :

- des forces concentrées F i (i = 1, n ) , appliquées aux centres de gravité G i de sections droites,

- des couples concentrés Γ j ( j = 1, m ) , appliqués aux centres de gravité G j de sections droites,

- des forces réparties sur la fibre moyenne (munie de l’abscisse curviligne s), de densité p (s )

- des couples répartis sur la fibre moyenne, de densité m(s )

1.2.2 -- déformations imposées ou variations dimensionnelles

1.2.2.1 -- Définition :
Le cas de charges déformations imposées ou variations dimensionnelles est du à des variations de volume élémentaires
de la matière constituant la structure.
Elles sont en général dûes à la température ou au retrait-fluage pour des matériaux tels que le béton.

1.2.2.2 -- Exemples :
• Augmentation uniforme de température dans certaines sections droites de poutres :
Cela se traduit par des velléités d’allongement des poutres concernées , allongement qui se produit librement dans
une structure librement déformable, sans sollicitations (structure isostatique).

• Gradient de température dans certaines sections droites de poutres :


Dans certaines sections droites, la température varie linéairement le long d’un axe principal d’inertie, sans qu’il y
ait augmentation de la température moyenne de la section.

Ce gradient de température provoque localement dans les poutres concernées, des velléités de prises de courbure
qui s’effectuent librement dans une structure librement déformable, sans sollicitations (structure isostatique).

Page II.1-1 -- 2
1.2.3 -- Les liaisons avec l’extérieur, les appuis, les réactions d’appui et les déplacements
imposés

• Le déplacement le plus général d’une section droite, dans l’espace est la composition d’une translation et d’une
rotation, qu’on peut réduire au centre de gravité de la section.
Soit pour une structure spatiale quelconque, 3 composantes de translation et 3 composantes de rotation qu’on peut
prendre en compte soit dans un repère global commun soit dans le repère local de la section considérée de la
structure à vide, avant déformation due au chargement.

• Un appui élémentaire dans une section droite donnée est un dispositif qui impose, nulle ou non, l’une de ces 6
composantes de déplacement.

• Les réactions d’appui sont les efforts associés aux déplacements imposés donnés nuls ou non :
- quand le déplacement imposé est une translation, la réaction d’appui correspondante est une force appliquée
sur la fibre moyenne au centre de gravité de la section concernée, de même axe que la translation imposée,
- quand le déplacement imposé est une rotation, la réaction d’appui correspondante est un moment appliqué sur
la fibre moyenne au centre de gravité de la section concernée, de même axe que la rotation imposée,

• On donne ci-dessous, la schématisation des principaux appuis envisagés dans le cas d’une structure plane chargée
dans son plan :
- appui simple glissant : une composante de translation v est imposée; la réaction d’appui correspondante est
une force R de même direction.

- appui simple fixe ou articulation : les translations sont imposées (les 2 composantes dans le plan de la
structure, u et v); la réaction d’appui correspondante est une force qui a 2 composantes, H et R, dans le plan
de la structure.

- encastrement : tous les déplacements du point concerné de la fibre moyenne sont imposés, translations et
rotations, soit les 2 composantes de translation dans le plan de la structure et la composante de rotation
perpendiculaire au plan de la structure. D’où les réactions d’appui H, R, M.

1.2.4 -- Repères de définition

• Les actions appliquées suivantes :


- efforts donnés du chargement,
- réactions d’appui et déplacements imposés,
peuvent être prises en compte dans le repère local G(s)xyz de la section droite concernée, ou dans un repère global
commun à toutes les sections droites.

• Par contre, on verra que les actions déformations imposées (ou variations dimensionnelles) sont considérées
prises dans les repères locaux Gxyz des sections droites concernées.

Page II.1-1 -- 3
2 -- SOLLICITATIONS DANS UNE SECTION DROITE

2.1 -- sollicitations extérieures


Soit une structure formée de poutres représentée par sa fibre moyenne orientée (C) (ensemble des fibres moyennes
orientées de chacune des poutres) en équilibre sous l’effet d’un chargement quelconque.

G1(s1) G(s) G2(s 2)

Soit G(s) un point de la fibre moyenne d’abscisse curviligne s.

Soit G (ξ ) le point banal de la fibre moyenne d’abscisse curviligne ξ .

Soit G (s1 ) et G (s 2 ) deux points de la fibre moyenne situés en amont et en aval de la section G(s) : s1 ≤ s ≤ s2 .
Entre G (s1 ) et G (s 2 ) les efforts extérieurs appliqués à la structure (sur sa fibre moyenne), y compris les réactions
d’appui, sont les suivants :

∗ F (ξ i ) (s1 < ξi < s2 ) forces ponctuelles appliquées aux points G (ξ i ) de la fibre moyenne,

∗ p (ξ ) (s1 < ξ < s2 ) densité de forces répartie,

∗ M ξj ( ) (s1 < ξ j < s2 ) moments ponctuels,

∗ m(ξ) (s1 < ξ < s2 ) densité de moment répartie.
→ →
2.1.1 -- éléments de réduction en G(s) des efforts appliqués à droite, R d (s ) et M d (s )
→ →
Soit R d (s ) et M d (s ) les éléments de réduction (résultante et moment résultant) en G (s ) des efforts extérieurs
appliqués à droite de G (s ) c'est-à-dire, efforts donnés du chargement et réactions d’appui appliqués à des abscisses
curvilignes supérieures à s.
→ → → s →
R d (s ) = R d (s 2 ) + ∑ F (ξ i ) + ∫s 2 p (ξ )⋅ dξ
s < ξ i <s 2
→ → − − −→ → → − − −→ → ⎡→ − − −→ → ⎤
∑ M(ξ j )+ ∑ G(s )G(ξ i ) ∧ F (ξ i ) + ∫s 2 ⎢m(ξ ) + G(s )G(ξ ) ∧ p (ξ )⎥ ⋅ dξ
s
M d (s ) = M d (s 2 ) + G (s )G (s 2 ) ∧ R d (s 2 ) +
s < ξ j <s 2 s < ξ i <s 2 ⎣ ⎦

→ →
2.1.2 -- éléments de réduction en G(s) des efforts appliqués à gauche, R g (s ) et M g (s )
→ →
Soit R g (s ) et M g (s ) les éléments de réduction (résultante et moment résultant) en G (s ) des efforts extérieurs
appliqués à droite de G (s ) c'est-à-dire, efforts donnés du chargement et réactions d’appui appliqués à des abscisses
curvilignes inférieures à s.

→ → → s →
R g (s ) = R g (s1 ) + ∑ F (ξ i ) + ∫s1 p (ξ )⋅ dξ
s1 <ξ i <s
→ → − − −→ → → − − −→ → s ⎡→ − − −→ → ⎤
M g (s ) = M g (s1 ) + G (s )G (s1 ) ∧ R g (s1 ) + ∑ M(ξ j )+ ∑ G(s )G(ξ i ) ∧ F (ξ i ) + ∫s1 ⎢m(ξ ) + G(s )G(ξ ) ∧ p (ξ )⎥ ⋅ dξ
s1< ξ j <s s1 <ξ i <s ⎣ ⎦

2.1.3 -- conséquence de l’équilibre de la structure

→ → → → → →
L’équilibre statique de la structure chargée entraine : R d (s ) + R g (s ) = 0 M d (s ) + M g (s ) = 0

Page II.1-1 -- 4
2.1.4 -- sollicitations extérieures dans la section (s)

2.1.4.1 -- structure spatiale quelconque, avec les conventions de signes de la mécanique :

• Les sollicitations dans la section droite banale de centre de gravité G(s) sont les composantes dans le repère
G(s)xyz des éléments de réduction en G, des forces extérieures appliquées à droite de G.

⎡ N(s ) ⎤ ⎡ effort normal ⎤



⎢ ⎥ ⎢ ⎥
Composantes de R d (s ) : ⎢Vy (s )⎥ = ⎢effort tranchant suivant Gy ⎥
⎢⎣ Vz (s )⎥⎦ ⎢ effort tranchant suivant Gz ⎥
⎢⎣ ⎥⎦

⎡M x (s )⎤ ⎡moment de torsion d ' axe Gx ⎤


→ ⎢ ⎥
Composantes de M d (s ) : ⎢⎢ M y (s )⎥⎥ = ⎢ moment de flexion d' axe Gy ⎥
⎢⎣ M z (s )⎥⎦ ⎢ moment de flexion d' axe Gz ⎥
⎢⎣ ⎥⎦

• Remarque, relations entre sollicitations :

Dans une zone de la fibre moyenne où les efforts extérieurs appliqués ne comportent pas d’efforts concentrés
→ →
(forces ou moments) mais uniquement des densités continues de forces ( p (ξ ) ) ou de moments m(ξ ) , on peut
noter les relations suivantes :

m( s )

p( s )
j
k
G(s+ds) (C)
t
G(s)

R d + dRd
Rd Md+ dMd
Md

→ → → → dR d →
• R d = R d + dR d + p (s ).ds d’où : = − p (s )
ds
→ → → → → ⎛→ → ⎞
• M d = M d + dM d + m(s ).ds + t .ds ∧ ⎜⎜ R d + dR d ⎟⎟
⎝ ⎠
→ → → → ⎛→ → ⎞
Soit au second ordre près : M d = M d + dM d + m(s ).ds + ds.⎜⎜ t ∧ R d ⎟⎟
⎝ ⎠

dM d → → →
D’où : = − m(s ) − t (s ) ∧ R d
ds

Page II.1-1 -- 5
2.1.4.2 -- structure plane chargée dans son plan, conventions de signes de la Résistance des
Matériaux :

⎛→ → ⎞
Supposons que le plan principal d’inertie commun à toutes les sections droites soit le plan ⎜⎜ t (s ), j (s )⎟⎟ , (xy).
⎝ ⎠
y

x
j

t (C)
G(s)
k
z Rd
Md


→ → → d k (s )
* le vecteur unitaire k (s ) est normal au plan de la structure et indépendant de s : k (s ) = k et =0
ds

* R d (s ) , résultante en G(s) des efforts appliqués à droite de G, se trouve dans le plan de la structure,

→ → →
* M d (s ) le moment résultant en G(s) des efforts appliqués à droite de G est porté par le vecteur k (s ) = k .

Ainsi, les sollicitations prises en compte avec les conventions de la mécanique dans le repère G(s)xyz sont telles que :
Vz (s ) = 0 ,
M x (s ) = 0
M y (s ) = 0
Les seules sollicitations non nulles sont : Effort normal = N(s )
Effort tranchant suivant Gy = Vy (s )
Moment de flexion d’axe Gz = M z (s )
Avec les conventions de signes de la Mécanique, pour les sollicitations :
→ → → → → →
R d = N(s ) ⋅ t (s ) + Vy (s ) ⋅ j (s ) M d = M z (s ) ⋅ k (s ) = M z (s ) ⋅ k

• Dans ce cas, pour les structures béton, on adopte les conventions de signes de la Résistance des Matériaux :

Sollicitations calculées à droite : Sollicitations calculées à gauche :

M> 0 M> 0

N>0 N>0
V>0 V>0

En prenant les sollicitations calculées à droite, avec les conventions de signes de la Résistance des Matériaux, on a :
→ → → → → → → →
N = − R d ⋅ t (s ) V = −Vy (s ) = − R d ⋅ j (s ) M = M z (s ) = M d ⋅ k (s ) = M d ⋅ k

Page II.1-1 -- 6
• Remarque, relations entre sollicitations définies avec les conventions de signes de la R de M :

m(s).k
p(s).j

M M+dM
j
t
N N+dN
k
(C)
V V+dV

s s+ds
dV dM
= p(s ) = V − m(s )
ds ds

2.2 -- sollicitations internes

Soit une structure formée de poutres, quelconque, en équilibre sous l’effet d’actions extérieures données. Elle comporte
une fibre moyenne (C) orientée et munie d’une abscisse curviligne s.

La section droite banale de centre de gravité G (s ) la sépare en deux parties, la partie de droite (située en aval de la
section considérée c. a d. d’abscisse curviligne sur la fibre moyenne supérieure où égale à celle de la section
considérée) et la partie de gauche (située en amont de la section considérée c. a d. d’abscisse curviligne sur la fibre
moyenne inférieure où égale à celle de la section considérée).
La partie de droite exerce sur la partie de gauche, sur la surface de la section droite considérée, des contraintes qui
forment un torseur {Φ DG } .

De même, la partie de gauche exerce sur la partie de droite, sur la surface de la section droite considérée, des
contraintes qui forment un torseur {Φ GD } égal et opposé à {Φ DG } : { } {
ΦGD + ΦDG = 0 }
Les composantes de la réduction en G de ces deux torseurs {Φ GD } et {Φ DG } dans le repère local G(s)xyz de la
section droite, prises avec des conventions de signes appropriées, sont les sollicitations internes de la section.
Ainsi, les composantes de la réduction en G de {Φ DG } dans le repère local G(s)xyz sont les sollicitations internes
prises avec les conventions de signes de la Mécanique.
De même, on peut définir les sollicitations internes avec les conventions de signes de la Résistance des Matériaux.

Page II.1-1 -- 7
2.3 -- relation entre sollicitations internes et extérieures

Dans la section banale G de la structure à l’équilibre :

• forces extérieures appliquées (données du chargement et réactions d’appui) :


Soit {FG } le torseur des forces extérieures appliquées à gauche de la section banale G,
Soit {FD } le torseur des forces extérieures appliquées à droite de la section banale G.

La structure étant en équilibre on a : {FG }+ {FD } = 0

Rappel : les composantes de la réduction en G de {FG } et de {FD } , prises avec certaines conventions de signes
(Mécanique ou Résistance des Matériaux), sont les sollicitations extérieures dans la section droite considérée.

• La partie de droite exerce sur la partie de gauche, sur la surface de la section droite considérée G, des contraintes
de torseur {Φ DG } .
De même, la partie de gauche exerce sur la partie de droite, sur la surface de la section droite considérée, des
contraintes de torseur {Φ GD } égal et opposé à {Φ DG } (action / réaction) :
{ΦGD} + {Φ DG} = 0

• En adoptant les mêmes conventions de signes pour les torseurs {F} et {Φ} :
L’équilibre de la partie de gauche s’écrit : {FG }+ {Φ DG } = 0 soit : {Φ DG } = −{FG } = {FD }
L’équilibre de la partie de droite s’écrit : {FD}+{ΦGD} = 0 soit : {Φ GD } = {FG }
Pour une structure à poutres quelconque en équilibre, si on adopte les mêmes conventions de signes pour les
sollicitations extérieures et les sollicitations internes, les sollicitations internes sont égales aux sollicitations
extérieures.

Page II.1-1 -- 8
3 -- HYPOTHESES SIMPLIFICATRICES DE LA THEORIE DES POUTRES
Soit une structure constituée de poutres, en équilibre, soumise à des actions extérieures quelconques (efforts extérieurs
appliqués, variations dimensionnelles...).
Les hypothèses simplificatrices de la théorie des structures formées de poutres, sont indépendantes des lois de
comportement des matériaux constitutifs ; elles sont au nombre de trois :
∗ l’hypothèse de Saint-Venant relative aux sollicitations,
∗ l’hypothèse de Navier-Bernouilli relative aux déformations,
∗ l’hypothèse spécifique relative aux contraintes.

3.1 -- hypothèse de Saint-Venant


Dans une section droite de centre de gravité G, de la poutre chargée, éloignée des points d’application des forces
extérieures, les contraintes et les déformations ne dépendent que des sollicitations dans la section.

3.2 -- hypothèse de Navier-Bernouilli généralisée


Deux sections droites infiniment voisines de la poutre chargée (d’abscisse curviligne s et s+ds de la géométrie initiale)
deviennent après déformation deux sections infiniment voisines, en général gauches (le gauchissement provient des
déformations d’effort tranchant et de torsion), superposables par déplacement (translation + rotation).

3.3 -- nullité de la contrainte normale sur les facettes parallèles à la fibre moyenne
En un point quelconque de la poutre, la composante normale de la contrainte sur une facette quelconque parallèle à la
fibre moyenne est nulle.

• Conséquence, forme du tenseur contraintes en un point quelconque, dans le repère local G(s)xyz de la section
droite qui le contient :
⎡0⎤
Dans G(s)xyz les composantes du vecteur unitaire d’une facette parallèle à la fibre moyenne ont la forme : ⎢⎢α ⎥⎥
⎢⎣β ⎥⎦
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡ 0 ⎤
La composante normale de la contrainte sur la facette vaut : [0 α β] ⋅ ⎢⎢σ yx σ yy

σ yz ⎥ ⋅ ⎢⎢α ⎥⎥ = 0 ∀ α, β
⎢ σ zx σ zy σ zz ⎥⎦ ⎢⎣ β ⎥⎦

⇒ σ yy = σ zz = σ yz = σ zy = 0
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤
⇒ Forme du tenseur contraintes dans le repère local G(s)xyz lié à la section droite : ⎢⎢σ yx 0 0 ⎥⎥
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦

3.4 -- Hypothèses complémentaires, petits déplacements et petites déformations,


comportement élastique linéaire des matériaux, linéarité
On appliquera les résultats de la mécanique des milieux continus déformables vus au chapitre I précédent dans le
cadre des 3 hypothèses suivantes :
- Hypothèse 1 : Les déformations et les déplacements sont infiniment petits,
- Hypothèse 2 : les matériaux constitutifs ont un comportement élastique linéaire,
- Hypothèse 3 : le calcul est réalisé au premier ordre, c'est-à-dire qsue les équations de la statique sont
écrites dans une géométrie unique indépendante du chargement.
• On sait que la réunion de ces 3 hypothèses assure à la structure un comportement linéaire vis-à-vis des chargements.

• La 1ière hypothèse simplificatrice (contraintes et déformations en un point ne dépendent que des sollicitations dans la
section droite) permet d’étudier les contraintes et déformations de la section G(s) en étudiant l’équilibre du système
G(s)G(s+ds) soumis aux efforts Si (s ) (i=1,6) et Si (s + ds ) (sollicitations dans les sections G(s) et G(s+ds)) ;

Associé au comportement linéaire de la structure ou de ses parties vis-à-vis des chargements, appliqué à la tranche
de poutre G(s)G(s+ds) ⇒ σij = ∑ σij (Sk ) de même : ε ij = ∑ ε ij (Sk )
k =1,6 k =1,6

Page II.1-1 -- 9
4 -- L’HYPOTHESE DE NAVIER-BERNOUILLI GENERALISEE, SES LIMITES ET CALCUL DES
DEPLACEMENTS

4.1 -- conséquence directe de l’hypothèse de Navier-Bernouilli généralisée, prise en


compte de la déformation des sections droites

Compte tenu de l’hypothèse de Navier-Bernouilli généralisée, la déformation des sections droites de la poutre sous un
cas de charges donné peut être représentée par 2 fonctions vectorielles de l’abscisse curviligne sur la fibre moyenne
(C) de la structure :

- le vecteur translation différentielles : δΛ(s ) ,

- le vecteur rotation différentielle : δΩ(s )
telles que le déplacement relatif des 2 sections infiniment voisines (s) et (s+ds) (abscisses curvilignes prises dans la
géométrie initiale), ou plus précisément, le déplacement de la section (s+ds) repéré sur des axes locaux liés à la section
(s) dans la déformation, est un déplacement infiniment petit :
⎡→ ⎤
- de translation ⎢δΛ(s ) ⋅ ds ⎥ ,
⎣ ⎦
⎡→ ⎤
- et de rotation ⎢δΩ(s ) ⋅ ds ⎥ autour de G (s ) .
⎣ ⎦

4.2 -- gauchissement des sections droites et limite de validité de l’hypothèse de Navier-


Bernouilli généralisée

• Le calcul du tenseur contraintes et du tenseur déformations en tout point de la structure en fonction des
sollicitations, par résolution des équations de la mécanique des milieux continus déformables, dans le cadre des
hypothèses simplificatrices de la théorie des poutres, montre que :
- sous sollicitations d’effort normal et de moment fléchissant, les sections droites restent planes,
normales à la fibre moyenne déformée,
- sous sollicitations d’effort tranchant et de torsion, les sections droites ne restent pas planes, elles se
gauchissent.

• L’hypothèse de Navier-Bernouilli généralisée permet de tenir compte de ce gauchissement mais néglige sa


variation entre 2 sections droites infiniment voisines G(s) et G(s+ds) ; elle le considère du second ordre, ce qui
est en général justifié.

• Dans la suite, le calcul du déplacement relatif de 2 sections non infiniment voisines sera mené en négligeant la
variation le gauchissement et donc en fait en négligeant le gauchissement. L’approximation est justifiée car,
pour les structures normalement conçues, ce gauchissement reste faible vis-à-vis du déplacement relatif
d’ensemble des sections.

4.3 -- Calcul des déplacements des sections droites


Ce calcul est donc mené en négligeant le gauchissement des sections droites dans la déformation due au
chargement, quel qu’il soit.

4.3.1 -- rappel, composition de translations et rotations infiniment petits

4.3.1.1 -- définition
Soit une composition de déplacements infiniment petits, CD, constituée de p translations et de q rotations, appliquée à
un solide indéformable.

- les p translations sont définies par leurs vecteurs respectifs : T i (i = 1, p )

- chacune des q rotations est définie par un vecteur Ω j ( j = 1, q ) et un point de passage, C j .

Page II.1-1 -- 10
⎛→ ⎞
- et l’image P’ d’un point quelconque P par la seule rotation infiniment petite ⎜ Ω j , C j ⎟ est définie par :
⎜ ⎟
⎝ ⎠
→ → →
PP ′ = Ω j ∧ C j P

4.3.1.2 -- Propriétés de la composition de déplacements infiniment petits


• Soit P (k ) l’image d’un point quelconque P par la composition d’un nombre fini (k) de translations et de rotations
infiniment petites.
− − − − − − −→ → − − −−→
⎛→ ⎞ ( ) ( )
L’image P ( k +1) ( k)
de P par la rotation infiniment petite ⎜ Ω j , C j ⎟ est définie par : P P
⎜ ⎟
k k +1
= Ω j ∧ C j P (k )
⎝ ⎠
− − − − − − −→ → −→
Et on peut écrire : P (k ) (k +1)
P = Ω j ∧ C j P à un infiniment petit du second ordre près.

• En conséquence :

- L’ordre de la composition CD des p translations et des q rotations infiniment petites est


indifférent à un infiniment petit du second ordre près.
- Et si P′ est l’image d’un point quelconque P par la composition de déplacements CD, on a:
→ p → q
⎡→ → ⎤
PP ′ = ∑ Ti + ∑ ⎢⎣Ω j ∧ C j P⎥⎦
i =1 j=1
• Soit M ′ l’image d’un point quelconque M :
→ p → q ⎡→ → ⎤ → q ⎡→ → ⎤ q ⎡→ → ⎤ → q ⎡→ ⎛ → → ⎞⎤
MM ′ = ∑ Ti + ∑ ⎢Ω j ∧ C j M ⎥ = PP ′− ∑ ⎢Ω j ∧ C j P ⎥ + ∑ ⎢Ω j ∧ C j M ⎥ = PP ′+ ∑ ⎢Ω j ∧ ⎜⎜ C j M − C j P ⎟⎟⎥
i =1 j=1 ⎣ ⎦ j=1 ⎣ ⎦ j=1 ⎣ ⎦ j=1 ⎢⎣ ⎝ ⎠⎥⎦
→ → q ⎛ → → ⎞ → ⎡q →⎤ →
Soit : MM ′ = PP ′+ ∑ ⎜⎜ Ω j ∧ PM ⎟⎟ = PP ′+ ⎢ ∑ Ω j ⎥ ∧ PM
j=1 ⎝ ⎠ ⎢⎣ j=1 ⎥⎦
La composition de déplacements envisagée CD appliquée au solide indéformable considéré, se réduit à (l’ordre
est indifférent) :

- une translation définie par le vecteur PP′ ,
⎛⎛ → ⎞ ⎞ →
une rotation ⎜ ⎜ ⎟, P ⎟ autour d’un axe passant par P représentée par le vecteur
∑Ω j
⎜⎜ ∑
- Ω j
⎟ ⎟
⎝ ⎝ j=1,q ⎠ ⎠ j=1,q

• Soit M un point quelconque du solide considéré ; son image M ′ est donc ainsi obtenue :
→ →
translation PP′ rotation d'axe passant par P de vecteur Ω
M ⎯⎯ ⎯ ⎯ ⎯⎯→ M1 ⎯⎯ ⎯ ⎯ ⎯ ⎯ ⎯ ⎯ ⎯ ⎯ ⎯ ⎯ ⎯⎯→ M ′
→ p → q q →
⎡→ → ⎤ →
Avec : PP ′ = ∑ Ti + ∑ ⎢⎣Ω j ∧ C j P⎥⎦ Ω= ∑Ω j
i =1 j=1 j=1

4.3.2 -- Calcul des déplacements, formules de Bresse

Ce calcul est mené dans l’hypothèse où on néglige le gauchissement des sections droites.

• Dans la déformation due au chargement, la section droite banale (s) de centre de gravité G (s ) d’abscisse
curviligne s sur la fibre moyenne, subit un déplacement infiniment petit composition :

- d’une translation (infiniment petite) Λ (s )

- d’une rotation (infiniment petite) Ω (s ) passant par son centre de gravité G(s)

Page II.1-1 -- 11
• Soit deux sections droites non infiniment voisines ( s0 ) de centre de gravité G (s0 ) et (s) de centre de gravité G (s )
avec s0 ≤ s .
→ →
Les formules de Bresse expriment le déplacement de la section (s) (translation Λ (s ) et rotation Ω (s ) ) en fonction
→ →
du déplacement de la section ( s0 ) (translation Λ (s0 ) et rotation Ω (s0 ) ) et de la déformation de la poutre entre les
2 sections ( s0 ) et (s) .
G (s )
(C)

G (s 0) (s )
(s 0)

G'(s 0)
G'(s )
(C')

• Pour établir ces formules, on applique les résultats rappelés ci-dessus relatifs à la composition de déplacements –
translations et rotations – infiniment petits.
→ → → → → →
Dans ces conditions, on peut écrire : Λ (s ) = Λ1 (s ) + Λ 2 (s ) et Ω(s ) = Ω1 (s ) + Ω 2 (s ) , où :
→ →
- Λ1 (s ), Ω1(s )
est le déplacement (translation, rotation) de la section (s) dans la déformation de la partie
de poutre en amont de ( s0 ) (d’abscisse curviligne ξ ≤ s 0 )
→ →
- Λ 2 (s ), Ω 2 (s ) est le déplacement (translation, rotation) de la section (s) dans la déformation de la partie
de poutre comprise entre les 2 sections ( s0 ) et (s) (abscisse curviligne ξ telle que : s0 ≤ ξ ≤ s )
G (s )
(C)

(s ) 1 (s )
G (s 0)
(s 0)

G'(s 0) 2 (s )

G'(s )
(C')
→ → → → → − − − − −→ → →
• Expression de Λ1 (s ), Ω1 (s ) : Λ1 (s ) = Λ (s0 ) + Ω(s0 ) ∧ G(s0 )G(s ) Ω1 (s ) = Ω(s0 )
→ →
• Expression de Λ 2 (s ), Ω 2 (s ) :
Soit G (ξ) le point banal de la fibre moyenne d’abscisse curviligne ξ situé entre G (s0 ) et G (s ) : s0 ≤ ξ ≤ s .

Dans la déformation limitée à la tranche de poutre située entre les sections ( ξ ) et ( ξ + dξ ), le déplacement de la
section (s), est un déplacement, composition :

- d’une translation :
→ → − − − − −→
δΛ(ξ ) ⋅ dξ + δΩ(ξ ) ⋅ dξ ∧ G (ξ )G (s )

- d’une rotation : δΩ(ξ) ⋅ dξ autour du centre de gravité G (s ) .

En négligeant le gauchissement des sections droites, on en déduit que dans la déformation limitée à la partie de
poutre comprise entre les 2 sections ( s0 ) et (s), le déplacement de la section (s), est la composition :
→ s ⎡→ → − − − − −→ ⎤
- d’une translation : Λ2 = ∫s ⎢δΛ(ξ ) + δΩ(ξ ) ∧ G (ξ )G (s )⎥ ⋅ dξ
0⎣ ⎦
→ s →
- d’une rotation : Ω2 = ∫s δΩ(ξ ) ⋅ dξ passant par son centre de gravité G (s ) .
0

Page II.1-1 -- 12
• D’où les formules de Bresse :

Les déplacements (translations, rotations) étant considérés infiniment petits, et en négligeant le gauchissement
des sections droites, si dans la déformation due au chargement, la section ( s0 ) de c. de g. G (s0 ) subit le
→ →
déplacement composition de la translation Λ (s 0 ) et de la rotation Ω(s 0 ) autour de son c.de g. G (s0 ) , la section
(s ) de c. de g. G(s) subit le déplacement qui se compose :
- d’une translation :
→ → → → → − − − − −→ s ⎡→ → −−−−−→ ⎤
Λ (s ) = Λ1 (s ) + Λ 2 (s ) = Λ (s 0 ) + Ω(s 0 ) ∧ G (s 0 )G (s )+ ∫s ⎢δΛ(ξ ) + δΩ(ξ ) ∧ G (ξ )G (s )⎥ ⋅ dξ
0⎣ ⎦
→ → → → s →
- d’une rotation autour de son c. de g. G (s ) : Ω(s ) = Ω1 (s ) + Ω 2 (s ) = Ω(s 0 ) + ∫s δΩ(ξ ) ⋅ dξ
0
→ →
d Λ (s ) → → → d Ω (s ) →
• Propriété: = δ Λ (s ) + Ω (s ) ∧ t (s ) et = δ Ω (s )
ds ds

Expressions dans lesquelles t (s ) est le vecteur unitaire de la tangente orientée à la fibre moyenne.

Page II.1-1 -- 13
5 -- COHERENCE DES CONVENTIONS DE SIGNES : SOLLICITATIONS ET DEFORMATIONS DES
SECTIONS DROITES, TENSEUR CONTRAINTES ET TENSEUR DEFORMATIONS EN UN POINT –
POTENTIEL DE DEFORMATION

Par la suite, pour appliquer correctement les théorèmes de l’énergie, il convient d’adopter des conventions de signes
cohérentes pour les sollicitations (résultantes des contraintes sur la section droite) et les déformations de la section
droite, les tenseurs contraintes et déformations .

5.1 -- Application aux structures spatiales avec les conventions de signes de la mécanique

5.1.1 -- Sollicitations et déformations des sections droites (translation et rotation différentielle)

Dans la section banale G(s) :

• Les sollicitations dans la section G(s) sont les composantes de la résultante et du moment résultant des forces
extérieures appliquées aux abscisses curvilignes supérieures à s sur la fibre moyenne, dans le repère local de la
section G(s)xyz.

→ →
• Les vecteurs translation et rotation différentielles δ Λ (s ) et δ Ω(s ) qui caractérisent la déformation des sections
droites dûe au chargement, sont projetés dans le même repère local de la section G(s)xyz avec les mêmes
conventions de signes.

• Pour une structure plane chargée dans son plan considérée avec les conventions de signes de la mécanique :
Sollicitations : déformations des sections droites, translation et rotation différentielles :
Mz > 0 z (s) > 0

N>0 u x (s) > 0


z x s s
G(s) G(s)
Vy > 0 uy (s) > 0

5.1.2 -- Tenseur contraintes et tenseur déformations – potentiel W de déformation

Au point banal P de la structure, dans le repère local G(s)xyz de la section droite contenant P, avec les conventions
de signes de la mécanique, RAPPEL :

• Tenseur contraintes :

Soit une facette dΣ centrée sur P, au voisinage de dΣ , l’action du volume de matière (A) situé d’un coté de dΣ sur
⎡σ σ xy σ xz ⎤ ⎡α ⎤ ⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡α ⎤
r r ⎢ xx ⎥
l’autre volume (B) est une force f . dΣ avec : f = ⎢σ yx σ yy σ yz ⎥ ∗ ⎢⎢β ⎥⎥ = ⎢⎢σ yx 0 0 ⎥⎥ ∗ ⎢⎢β ⎥⎥
⎢ σ zx σ zy σ zz ⎥ ⎢ γ ⎥ ⎢ σ zx 0 0 ⎥⎦ ⎢⎣ γ ⎥⎦
⎣ ⎦ ⎣ ⎦ ⎣
⎡α ⎤
⎢ ⎥ sont les cosinus directeurs de la normale à dΣ intérieure à (A), partie « agissante ».
⎢β ⎥
⎢⎣ γ ⎥⎦

Page II.1-1 -- 14
⎡σ xx ⎤ ⎡σ xx ⎤
⎢σ ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ yy ⎥ ⎢ ⎥
⎢σ ⎥ ⎢ 0 ⎥
Vecteur contraintes généralisées : σ = ⎢ zz ⎥ = ⎢ ⎥
⎢σ xy ⎥ ⎢σ xy ⎥
⎢ σ yz ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢ σ xz ⎦⎥ ⎣⎢ σ xz ⎦⎥
• Tenseur déformations :
⎡ε xx ε xz ⎤ ⎡dx⎤
ε xy
⎢ ⎥
Dans la transformation dûe aux actions extérieures appliquées ⎢ ε yx ε yy ε yz ⎥∗ ⎢⎢dy⎥⎥ représente le vecteur
⎢ε ε zy ε zz ⎥⎦ ⎢⎣ dz ⎥⎦
⎣ zx
translation du point Q voisin de P de coordonnées initiales (x+dx,y+dy,z+dz), dans des axes liés au point P(xyz)
dans la transformation.
⎡ε xx ε xy ε xz ⎤ ⎡dx⎤
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ ε yx ε yy ε yz ⎥∗ ⎢dy⎥ est une déformation pure.
⎢ε ⎥ ⎢ ⎥
⎣ zx ε zy ε zz ⎦ ⎣ dz ⎦
⎡ ε xx ⎤
⎢ ε ⎥
⎢ yy ⎥
⎢ ε zz ⎥
Vecteur déformations généralisées : ε = ⎢ ⎥
⎢2 ⋅ ε xy ⎥
⎢ 2 ⋅ ε yz ⎥
⎢ ⎥
⎣⎢ 2 ⋅ ε xz ⎦⎥

• matériau isotrope à comportement élastique linéaire, relations contraintes / déformations :

Soit C la matrice constitutive du matériau à comportement élastique linéaire :


⎡λ + 2µ λ λ 0 0⎤
0 ⎡ 1 −ν −ν 0 0 0 ⎤
⎢ λ λ + 2µ λ 0 0 ⎥⎥
0 ⎢− ν 1 − ν 0 0 0 ⎥⎥
⎢ ⎢
⎢ λ λ λ + 2µ 0 0⎥
0 −1 1 ⎢− ν − ν 1 0 0 0 ⎥
C =⎢ ⎥ C = ⋅⎢ ⎥
⎢ 0 0 0 µ 0
0⎥ E ⎢0 0 0 2(1 + ν ) 0 0 ⎥
⎢ 0 0 0 0 µ 0⎥ ⎢0 0 0 0 2(1 + ν ) 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢⎣ 0 0 0 0 0 µ⎥⎦ ⎢⎣ 0 0 0 0 0 2(1 + ν )⎥⎦
E⋅ν E
Avec : λ et µ coefficients de Lamé : λ= µ= =G
(1 + ν ) ⋅ (1 − 2 ⋅ ν ) 2 ⋅ (1 + ν )
E = module d’Young ou module de déformation longitudinale
ν = coefficient de Poisson G = module de déformation transversale

Soit : σ = C ⋅ε

⎡ ε xx ⎤ ⎡ 1 −ν −ν 0 0 0 ⎤ ⎡σ xx ⎤ ⎡ σ xx ⎤ ⎡ σ xx E ⎤
⎢ ⎥ ⎢− ν 1 − ν ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ ε yy ⎥ ⎢ 0 0 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥ ⎢ − ν ⋅ σ xx ⎥ ⎢− ν ⋅ σ xx E⎥
⎢ ε ⎥ −1 1 ⎢− ν − ν 1 0 0 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥ 1 ⎢ − ν ⋅ σ xx ⎥ ⎢− ν ⋅ σ xx E⎥
ε = ⎢ zz ⎥ = C ⋅ σ = ⋅⎢ ⎥⋅⎢ ⎥= ⎢ ⎥=⎢ ⎥
⎢2 ⋅ ε xy ⎥ E ⎢0 0 0 2(1 + ν ) 0 0 ⎥ ⎢σ xy ⎥ E ⎢2(1 + ν ) ⋅ σ xy ⎥ ⎢ σ xy G ⎥
⎢ 2 ⋅ ε yz ⎥ ⎢0 0 0 0 2(1 + ν ) 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢2 ⋅ ε xz ⎦⎥ ⎣⎢ 0 0 0 0 0 2(1 + ν )⎦⎥ ⎣⎢σ xz ⎦⎥ ⎣⎢2(1 + ν ) ⋅ σ xz ⎦⎥ ⎣⎢ σ xz G ⎦⎥

• potentiel de déformation :

au point banal P considéré :


1t 1t 1t
W= ⋅ σ ⋅ ε = ⋅ ε ⋅ σ = ⋅ σ ⋅ C
2 2 2
−1
⋅σ=
σ 2xx
+
2⋅E 2⋅G
1
(
⋅ σ 2xy + σ 2xz )
Page II.1-1 -- 15
5.2 -- Application aux structures planes chargées dans leur plan avec les conventions de
signes de la Résistance des matériaux

5.2.1 -- Sollicitations et déformations des sections droites (translation et rotation différentielle

Dans la section banale G(s) :


Conventions de signes de la résistance des matériaux : rappel :

Sollicitations calculées à droite : Calculées à gauche :


M> 0 M> 0

N>0 N>0
V>0 V>0

En conséquence, les conventions de signes pour les déformations des sections droites, vecteurs translation et rotation
différentielles seront les suivantes :

z (s) >0
u x (s) > 0
s
G(s)
uy (s) > 0

5.2.2 -- Tenseur contraintes et tenseur déformations – potentiel W de déformation

Au point banal P de la structure, dans le repère local G(s)xyz de la section droite contenant P, avec les conventions
de signes de la résistance des matériaux, contrainte normale positive en compression :

• Tenseur contraintes :

Soit une facette dΣ centrée sur P, au voisinage de dΣ , l’action du volume de matière (A) situé d’un coté de dΣ sur
⎡σ σ xy σ xz ⎤ ⎡α ⎤ ⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡α ⎤
r r ⎢ xx ⎥
l’autre volume (B) est une force f . dΣ avec : f = ⎢σ yx σ yy σ yz ⎥ ∗ ⎢⎢β ⎥⎥ = ⎢⎢σ yx 0 0 ⎥⎥ ∗ ⎢⎢β ⎥⎥
⎢ σ zx σ zy σ zz ⎥ ⎢ γ ⎥ ⎢ σ zx 0 0 ⎥⎦ ⎢⎣ γ ⎥⎦
⎣ ⎦ ⎣ ⎦ ⎣
⎡α ⎤
⎢ ⎥ sont les cosinus directeurs de la normale à dΣ extérieure à (A), partie « agissante ».
⎢β ⎥
⎢⎣ γ ⎥⎦
⎡σ xx ⎤ ⎡σ xx ⎤
⎢σ ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ yy ⎥ ⎢ ⎥
⎢σ ⎥ ⎢ 0 ⎥
Vecteur contraintes généralisées : σ = ⎢ zz ⎥ = ⎢ ⎥
⎢σ xy ⎥ ⎢σ xy ⎥
⎢ σ yz ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢⎣ σ xz ⎥⎦ ⎢⎣ σ xz ⎥⎦
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡σ xx σ xy σ xz ⎤
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
Remarque : ⎢σ yx σ yy σ yz ⎥ = − ⎢σ yx σ yy σ yz ⎥
⎢σ σ zy σ zz ⎥⎦ ⎢σ σ zy σ zz ⎥⎦
⎣ zx conventions RdeM ⎣ zx conventions Mécanique

Page II.1-1 -- 16
• Tenseur déformations :
⎡ε xx ε xz ⎤ ⎡dx⎤
ε xy
⎢ ⎥
Dans la transformation dûe aux actions extérieures appliquées ⎢ ε yx ε yz ⎥∗ ⎢⎢dy⎥⎥ représente le vecteur
ε yy
⎢ε ε zz ⎥⎦ ⎢⎣ dz ⎥⎦
ε zy
⎣ zx
translation du point Q voisin de P de coordonnées initiales (x+dx,y+dy,z+dz), dans des axes liés au point P(xyz)
dans la transformation.

⎡ε xx ε xy ε xz ⎤ ⎡dx⎤
⎢ ⎥
⎢ ε yx ε yy ε yz ⎥∗ ⎢⎢dy⎥⎥ est une déformation pure.
⎢ε ε zy ε zz ⎥⎦ ⎢⎣ dz ⎥⎦
⎣ zx
⎡ ε xx ⎤
⎢ ε ⎥
⎢ yy ⎥
⎢ ε zz ⎥
Vecteur déformations généralisées : ε = ⎢ ⎥
⎢2 ⋅ ε xy ⎥
⎢ 2 ⋅ ε yz ⎥
⎢ ⎥
⎣⎢ 2 ⋅ ε xz ⎦⎥

• matériau isotrope à comportement élastique linéaire, relations contraintes / déformations :

Soit C la matrice constitutive du matériau à comportement élastique linéaire :


⎡λ + 2µ λ λ 0 0⎤
0 ⎡ 1 −ν −ν 0 0 0 ⎤
⎢ λ λ + 2µ λ 0 0 ⎥⎥
0 ⎢− ν 1 − ν 0 0 0 ⎥⎥
⎢ ⎢
⎢ λ λ λ + 2µ 0 0⎥
0 −1 1 ⎢− ν − ν 1 0 0 0 ⎥
C =⎢ ⎥ C = ⋅⎢ ⎥
⎢ 0 0 0 µ 0
0⎥ E ⎢0 0 0 2(1 + ν ) 0 0 ⎥
⎢ 0 0 0 0 µ 0⎥ ⎢0 0 0 0 2(1 + ν ) 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢⎣ 0 0 0 0 0 µ⎥⎦ ⎢⎣ 0 0 0 0 0 2(1 + ν )⎥⎦

σ =−C ⋅ε

⎡ 1 −ν −ν 0 0 0 ⎤ ⎡σ xx ⎤ ⎡ σ xx ⎤ ⎡ − σ xx E⎤
⎢− ν 1 − ν ⎥ ⎢ 0 ⎥ ⎢ − ν⋅σ ⎥ ⎢ E⎥⎥
⎢ 0 0 0 ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ xx ⎥ ⎢ ν ⋅ σ xx
−1 1 ⎢− ν − ν 1 0 0 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥ 1 ⎢ − ν ⋅ σ xx ⎥ ⎢ ν ⋅ σ xx E⎥
ε = − C ⋅ σ = − ⋅⎢ ⎥⋅⎢ ⎥=− ⎢ ⎥=⎢ ⎥
E ⎢0 0 0 2(1 + ν ) 0 0 ⎥ ⎢σ xy ⎥ E ⎢2(1 + ν ) ⋅ σ xy ⎥ ⎢ − σ xy G⎥
⎢0 0 0 0 2(1 + ν ) 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢ 0 0 0 0 0 2(1 + ν )⎦⎥ ⎣⎢ xz ⎦⎥
σ ⎣⎢ 2(1 + ν ) ⋅ σ xz ⎦⎥ ⎣⎢ − σ xz G ⎦⎥

• potentiel de déformation :

au point banal P considéré :


1t
2
1t
2
1t
2
−1 σ2
W = − ⋅ σ ⋅ ε = − ⋅ ε ⋅ σ = ⋅ σ ⋅ C ⋅ σ = xx +
1
2⋅E 2⋅G
⋅ σ 2xy + σ 2xz ( )

Page II.1-1 -- 17
6 -- EXPLOITATION DFSHYPOTHESES SIMPLIFICATRICES DE LA THEORIE DES POUTRES,
OBJECTIF ET DOMAINE DE VALIDITE

6.1 -- objectif
Soit une structure formée de poutres, en équilibre sous un cas de charges donné.

• L’objectif est de calculer, à partir de ces hypothèses simplificatrices et sur la base des résultats et équations de
la mécanique des milieux continus déformables vus au chapitre I précédent,
- le tenseur contraintes, le tenseur déformations et le déplacement en tout point de la structure,
- en fonction des sollicitations supposées connues dans la section droite contenant le point considéré.

• Cette étude formelle directement déduite de la théorie de l’élasticité a été menée pour l’essentiel par Saint-Venant.
Dans la suite nous la qualifierons de étude ou calcul de Saint-Venant (raccourci de langage).

• Dans la suite, cette étude n’est pas présentée dans son intégralité.

Par contre, dans le chapitre II.1-2, est présenté, sur la base de résultats intermédiaires du calcul de SV, un calcul :

- du tenseur contraintes et du tenseur déformations en tout point de la structure en fonction des


sollicitations supposées connues dans la section droite contenant le point considéré.
- On en déduira :
1t
- le potentiel de déformation et le potentiel complémentaire en tout point : W (ε ) = Wc (σ ) = σ⋅ε
2
(conventions de signes de la mécanique),
- l’énergie de déformation de la tranche de poutre située entre les sections G(s) et G(s+ds), par
intégration sur le volume G(s)G(s+ds),
→ →
- et finalement les composantes des vecteurs translation et rotation différentielles δΛ(s ) et δΩ(s ) en
appliquant à cette tranche de poutre située entre les sections G(s) et G(s+ds) le théorème de

Castigliano qui donnera le déplacement du c. de g. G(s+ds) par rapport à G(s), δΛ (s ) ⋅ ds = ⋅ ⋅ ⋅ et

δΩ(s ) ⋅ ds = ⋅ ⋅ ⋅ , en fonction des efforts extérieurs appliqués à la tranche en G(s+ds) c'est-à-dire les
sollicitations.

• En outre, les résultats de ce calcul de SV relatifs à la déformation des sections droites (translation et rotation
différentielles) en fonction des sollicitations sont détaillés au chapitre II.1-3 en vue de l’application sans
équivoque des théorèmes de l’énergie.

• Plan global du cours, rappel :


- la partie II.1 est consacrée au calcul en question,
- les parties II.2, II.3, II.4 sont consacrées au calcul des sollicitations dans une structure hyperstatique
formée de poutres en équilibre sous un cas de charges donné avec les 2 hypothèses : hypothèse (1) petits
déplacements et déformations et hypothèse (2) matériaux à comportement élastique linéaire :
- les parties II.2et II.3 dans l’hypothèse d’un calcul au premier ordre (équations de la statique à
l’équilibre écrites dans une géométrie unique indépendante du cas de charges, en général la
géométrie à vide) qui confère à la structure un comportement linéaire vis-à-vis des chargements
(voir chapitre I),
- la partie II.4 dans l’hypothèse d’un calcul réalisé au second ordre et en grands déplacements, c'est-à-
dire : équations de la statique à l’équilibre écrites dans la géométrie déformée ; on perd alors le
comportement linéaire de la structure vis-à-vis des chargements.

6.2 -- Domaine de validité


Ce calcul donne des résultats approchés d’autant plus satisfaisants que :
- les dimensions transversales des poutres sont petites par rapport à leur longueur,
- quand les caractéristiques géométriques des sections droites sont variables, cette variation a lieu de façon
lente et continue.

Page II.1-1 -- 18
6.3 -- conclusion – synthese

La définition géométrique de l’élément poutre (fibre moyenne + sections droites) et les hypothèses simplificatrices de
la théorie des poutres prises en compte dans le cadre des résultats de la mécanique des milieux continus déformables
permettent donc :

• quand on néglige la variation du gauchissement entre 2 sections droites infiniment voisines, de ramener la
recherche du champ de déformations (tenseur déformations ou vecteur déformations généralisées fonction des
coordonnées d’espace x,y,z) à la recherche de 2 fonctions vectorielles de l’abscisses curviligne s sur la fibre
→ →
moyenne, le vecteur translation différentielle δΛ(s ) et le vecteur rotation différentielle δΩ(s ) ,

• quand on néglige le gauchissement, de ramener la recherche du champ de déplacements (fonction vectorielle des
→ →
coordonnées d’espace) aux 2 fonctions vectorielles de l’abscisse curviligne s sur la fibre moyenne Λ (s ) et Ω(s )
translation et rotation de la section droite banale G(s),

• et d’exprimer ces grandeurs (contraintes, déformations, déplacements) en fonction des sollicitations dans les
sections droites (sollicitations externes = sollicitations internes à l’équilibre).

Page II.1-1 -- 19
7 -- PRISE EN COMPTE DES VARIATIONS DIMENSIONNELLES ET EXEMPLES DE QUELQUES CAS
REMARQUABLES

7.1 -- généralités

• On suppose que dans ce cas de charges il n’y a pas gauchissement des sections droites et donc qu’elles restent
planes dans la déformation.

• Le cas de charges variations dimensionnelles, appliqué à une structure à poutres quelconque pourra donc être
défini à l’aide des 2 fonctions vectorielles de l’abscisse curviligne s sur la fibre moyenne de la géométrie initiale
de la structure :

- le vecteur translation différentielle : δ Λ 0 (s ) ,

- le vecteur rotation différentielle : δ Ω 0 (s ) ,

telles que dans la déformation dûe aux variations dimensionnelles, le déplacement relatif supposé non gèné des 2
sections infiniment voisines (s) et (s+ds) (abscisses curvilignes prises dans la géométrie initiale) est un
⎡ → ⎤ ⎡ → ⎤
déplacement de translation ⎢δ Λ 0 (s ) ⋅ ds⎥ et de rotation ⎢δ Ω 0 (s ) ⋅ ds⎥ autour de G (s ) .
⎣ ⎦ ⎣ ⎦

• Attention, il faut adopter les mêmes conventions de signes que celles définies précédemment pour les vecteurs
translation et rotation différentielles de la structure en équilibre sous un chargement quelconque, en cohérence
avec les conventions de signes des sollicitations.

Nous donnons ci-dessous quelques exemples de prise en compte de variations dimensionnelles assimilées à des effets
thermiques.

α est le coefficient de dilatation du matériau.

Ces variations dimensionnelles sont prises en compte dans les repères locaux Gxyz des sections droites concernées.

7.2 -- structure spatiale, conventions de signes de la mécanique :

7.2.1 -- Effet d’une augmentation uniforme de température ∆T (s ) de la section droite :


∆T(s, y, z ) = ∆T(s )

Se traduit par des vecteurs translation et rotation différentielle de la forme, dans le repère local G(s)xyz de la
section droite G(s) :

⎡δu 0 x (s )⎤ →
⎡0 ⎤

δ Λ 0 (s ) = ⎢ 0 ⎥ ⎥ δ Ω 0 (s ) = ⎢⎢0⎥⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣0⎥⎦
avec δu 0 x (s ) ⋅ ds = α ⋅ ∆T(s ) ⋅ ds soit : δu 0 x (s ) = α ⋅ ∆T(s )

Page II.1-1 -- 20
7.2.2 -- Effet d’un gradient thermique ∆T(s ) , linéaire, le long de l’axe principal d’inertie G(s)y
de la section droite G(s) :

Il apparait dans la section droite concernée une variation linéaire de température le long de l’axe principal
y
d’inertie Gy : ∆T(s, y, z ) = ∆T(s ) ⋅
h

Considérons la tranche de poutre située entre les abscisses curvilignes s et (s+ds) :

La rotation relative de la section G(s+ds) par rapport à la section G(s) vaut, repérée dans les axes G(s)xyz (axes
dans lesquels sont prises les sollicitations à droite) :

1 ⎡ ⎛ α ⋅ ∆T(s ) ⋅ v ⎞ ⎛ α ⋅ ∆T (s ) ⋅ v ′ ⎞⎤ α ⋅ ∆T(s )
δω 0 z (s ) ⋅ ds = − ⋅ ⎢ds ⋅ ⎜1 + ⎟ − ds ⋅ ⎜1 − ⎟⎥ δω0z (s ) = −
h ⎣ ⎝ h ⎠ ⎝ h ⎠⎦ h
Soit dans le repère local G(s)xyz de la section G(s) :
⎡ ⎤

⎡0 ⎤ →
⎡ 0 ⎤ ⎢ 0 ⎥
δ Λ 0 (s ) = ⎢⎢0⎥⎥ ⎢
δ Ω 0 (s ) = ⎢ 0 ⎥ = ⎢ ⎥ 0 ⎥
⎢ α ⋅ ∆T(s ) ⎥
⎢⎣0⎥⎦ ⎢⎣δω0z (s )⎥⎦ ⎢− ⎥
⎣ h ⎦

7.2.3 -- Effet d’un gradient thermique ∆T (s ) , linéaire, le long de l’axe principal d’inertie G(s)z
de la section droite G(s) :

Il apparait dans la section droite concernée une variation linéaire de température le long de l’axe principal
z
d’inertie Gz : ∆T(s, y, z ) = ∆T(s ) ⋅
h

Page II.1-1 -- 21
La rotation relative de la section G(s+ds) par rapport à la section G(s) vaut, repérée dans les axes G(s)xyz
(axes dans lesquels sont prises les sollicitations à droite) :
1 ⎡ ⎛ α ⋅ ∆T(s ) ⋅ v ⎞ ⎛ α ⋅ ∆T(s ) ⋅ v ′ ⎞⎤ α ⋅ ∆T(s )
δω 0 y (s ) ⋅ ds = + ⋅ ⎢ds ⋅ ⎜1 + ⎟ − ds ⋅ ⎜1 − ⎟⎥ δω0 y (s ) = +
h ⎣ ⎝ h ⎠ ⎝ h ⎠⎦ h

⎡0 ⎤ ⎡ 0 ⎤ ⎡ 0 ⎤
→ → ⎢ α ⋅ ∆T(s ) ⎥
δ Λ 0 (s ) = ⎢⎢0⎥⎥ ⎢ ⎥
δ Ω 0 (s ) = ⎢δω0 y (s )⎥ = ⎢+ ⎥
h
⎢⎣0⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢ 0 ⎥
⎣ ⎦

7.3 -- Structure plane chargée dans son plan, conventions de signes de la Résistance des
Matériaux :
On suppose que le plan de la structure plane est le plan d’inertie principale Gxy.

Les conventions de signes pour les vecteurs translation et rotation différentielles (dûs aux charges extérieures
appliquées et aux variations dimensionnelles) sont celles de la Résistance des Matériaux suivantes :

z (s) >0
u x (s) > 0
s
G(s)
uy (s) > 0
.
La structure étant isostatique les déformations de variations dimensionnelles ont lieu librement.

7.3.1 -- Effet d’une augmentation uniforme de température ∆T (s ) de la section droite :


La translation relative de la section G(s+ds) par rapport à la section G(s), considérée avec la même convention de signe
que la sollicitation associée N (positive en compression), vaut : δu 0 (s ) ⋅ ds = −α ⋅ ∆T (s ) ⋅ ds
D’où :


⎡δu 0 x (s )⎤ →
⎡0 ⎤
δ Λ 0 (s ) = ⎢⎢ 0 ⎥⎥ δ Ω 0 (s ) = ⎢⎢0⎥⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣0⎥⎦
avec : δu 0 x (s ) = −α ⋅ ∆T (s )

Page II.1-1 -- 22
7.3.2 -- Effet d’un gradient thermique ∆T(s ) linéaire le long de l’axe principal d’inertie G(s)y
du plan moyen de la structure :

Il apparait dans la hauteur de la section droite G(s) une variation linéaire de température le long de l’axe principal
y
d’inertie Gy : ∆T(s, y, z ) = ∆T(s ) ⋅
h

Considérons la tranche de poutre située entre les abscisses curvilignes s et (s+ds) :

La rotation relative de la section G(s+ds) par rapport à la section G(s), considérée avec la même convention de
signe que la sollicitation associée M calculée à droite, vaut :
1 ⎡ ⎛ α ⋅ ∆T(s ) ⋅ v ⎞ ⎛ α ⋅ ∆T (s ) ⋅ v ′ ⎞⎤ α ⋅ ∆T(s )
δω 0 z (s ) ⋅ ds = − ⋅ ⎢ds ⋅ ⎜1 + ⎟ − ds ⋅ ⎜1 − ⎟⎥ δω0 z (s ) = −
h ⎣ ⎝ h ⎠ ⎝ h ⎠⎦ h
⎡ ⎤

⎡0 ⎤ →
⎡ 0 ⎤ ⎢ 0 ⎥
δ Λ 0 (s ) = ⎢⎢0⎥⎥ δ Ω 0 (s ) = ⎢⎢ 0 ⎥⎥ = ⎢ 0 ⎥
⎢ α ⋅ ∆T(s ) ⎥
⎢⎣0⎥⎦ ⎢⎣δω0z (s )⎥⎦ ⎢− ⎥
⎣ h ⎦

7.3.3 -- Elévation de température quelconque le long de l’axe principal d’inertie G(s)y du plan
moyen de la structure

Ce cas de charges est constitué, dans la section droite banale G(s), d’une variation donnée quelconque de
température ∆T(s, y ) , le long de l’axe principal d’inertie Gy.

Dans ce cas de charges thermique, on suppose qu’il n’y a pas gauchissement des sections droites et donc que
les sections droites planes restent planes.
On garde l’hypothèse de la structure plane chargée dans son plan et les conventions de signes de la Résistance des
Matériaux.

• Ce cas de charges de variations dimensionnelles est représenté par :



⎡δu 0 x (s )⎤
⎢ ⎥
- une translation différentielle δ Λ 0 (s ) = ⎢ 0 ⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦
⎡ 0 ⎤ →
⎢ ⎥
- une rotation différentielle δ Ω 0 (s ) = ⎢ 0 ⎥
⎢⎣δω0z (s )⎥⎦
L’hypothèse « les sections planes restent planes » sous variations dimensionnelles permet de montrer que :

1 1
δu 0 x (s ) = − ⋅ ∫∫ α ⋅ ∆T(s, y) ⋅ dy ⋅ dz δω0z (s ) = − ⋅ ∫∫ α ⋅ ∆T(s, y) ⋅ y ⋅ dy ⋅ dz
S(s ) I z (s )
section (s ) sect.(s )

Page II.1-1 -- 23
• Démonstration :
xx .ds >0

0x (s).ds.y (> 0)
u 0x(s).ds (> 0)
y T(s,y).ds (> 0)

P
y
x
G(s)

(s) (s+ds)
ds

Entre les 2 sections droites G(s) et G(s+ds) considérons la tranche des fibres parallèles à Gx, d’ordonnées y.
Supposée libre de se déformer, cette tranche subit sous l’effet de l’élévation de température un allongement
ε xx1 ⋅ ds = α ⋅ ∆T(s, y ) ⋅ ds

L’hypothèse les sections droites restent planes, impose une déformation des sections droites représentée par :

⎡δu 0 x (s )⎤
δ Λ (s ) = ⎢ 0 ⎥
- une translation différentielle 0 ⎢ ⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦


⎡ 0 ⎤
⎢ ⎥
- une rotation différentielle δ Ω 0 (s ) = ⎢ 0 ⎥
⎢⎣δω0z (s )⎥⎦
prise avec les conventions de signes de la R de M, cette déformation des sections droites imposent à la tranche (s)-
(s+ds) des fibres d’ordonnées y, un allongement ε xx 2 ⋅ ds = −δu 0 x (s ) ⋅ ds − δω 0 z (s ) ⋅ ds ⋅ y

La déformation génée ε xx1 − ε xx 2 = α∆T(s, y ) + δu 0 x (s ) + δω0z (s ) ⋅ y génère des contraintes normales


( )
σ(y ) = E ⋅ ε xx1 − ε xx 2 = E ⋅ [α ⋅ ∆T(s, y ) + δu 0 x (s ) + δω0z (s ) ⋅ y]

La structure étant isostatique, les variations dimensionnelles ont lieu librement sans générer de sollicitations. Les
sollicitations internes (intégrales des contraintes dans les sections) sont donc nulles dans toute section droite :
N(s ) = effort normal = ∫∫ σ(y) ⋅ dy ⋅ dz = 0 et M(s ) = moment de flexion = ∫∫ σ(y) ⋅ y ⋅ dy ⋅ dz = 0
section (s ) section (s )

9 N(s ) = 0 ⇒ ∫∫ E ⋅ [δu 0x (s) + δω0z (s) ⋅ y + α ⋅ ∆T(s, y)]⋅ dy ⋅ dz = 0


section (s )

soit : ∫∫ [δu 0x (s) + δω0z (s) ⋅ y + α ⋅ ∆T(s, y)]⋅ dy ⋅ dz = 0


section (s )

Or ∫∫ dy ⋅ dz = aire de la section droite = S(s ) ∫∫ y ⋅ dy ⋅ dz = moment statique de la section droite/Gz = 0


section (s ) section (s )

D’où : ∫∫ [δu 0x (s) + δω0z (s) ⋅ y + α ⋅ ∆T(s, y)]⋅ dy ⋅ dz = 0 = δu 0x (s) ⋅ S(s) + ∫∫ α ⋅ ∆T(s, y) ⋅ dy ⋅ dz
section (s ) section (s )
1
d’où : δu 0 x (s ) = − ⋅ ∫∫ α ⋅ ∆T(s, y) ⋅ dy ⋅ dz
S(s )
section (s )

Page II.1-1 -- 24
9 M(s ) = 0 ⇒ ∫∫ E ⋅ [δu 0x (s) + δω0z (s) ⋅ y + α ⋅ ∆T(s, y)]⋅ y ⋅ dy ⋅ dz = 0
section (s )

soit : δu 0 x (s ) ⋅ ∫∫ y ⋅ dy ⋅ dz + δω0z (s) ⋅ ∫∫ y


2
⋅ dy ⋅ dz + ∫∫ α ⋅ ∆T(s, y) ⋅ y ⋅ dy ⋅ dz = 0
sect.(s ) sect.(s ) sect.(s )

Or ∫∫ y ⋅ dy ⋅ dz = moment statique de la section droite/Gz = 0


sect ⋅(s )

∫∫ y
2
⋅ dy ⋅ dz = Inertie de la section/Gz = I z (s )
sect.(s )
1
d’où : δω0 z (s ) = − ⋅ ∫∫ α ⋅ ∆T(s, y) ⋅ y ⋅ dy ⋅ dz
I z (s )
sect.(s )

Page II.1-1 -- 25
8 -- ANNEXE 1 – CARACTERISTIQUES DES SECTIONS DROITES - RAPPEL

8.1 -- Centre de gravité

P(x,y)

Q G
y
(S)
O x

P(x,y) est le point banal de la surface (S)

→ →
∫∫(S) GP⋅ dx ⋅ dy = 0
Le centre de gravité G de la surface (S) est défini par :
→ →
∫∫(S) QP⋅ dx ⋅ dy = S ⋅ QG
Soit Q un point quelconque du plan :
→ ⎛ → → ⎞ → → →
∫∫(S) QP⋅ dx ⋅ dy = ∫∫(S) ⎜⎜ QG + GP ⎟⎟ ⋅ dx ⋅ dy = QG ∫∫(S) dx ⋅ dy + ∫∫(S) GP⋅ dx ⋅ dy = S ⋅ QG
⎝ ⎠
8.2 -- Opérateur d’inertie et matrice d’inertie d’une surface plane
• Définitions
Oxyz repère orthonormé
(S) une surface plane du plan Oxy
Q un point donné de Gxy et ∆ un axe passant par Q.

δ le vecteur unitaire porté par ∆
P le point banal de la surface (S).

H
Q
y
(S)
O x

I ∆ = ∫∫(S) PH 2 ⋅ dx ⋅ dy
2 2
→ → → ⎛ → →⎞ ⎛ → →⎞
2
PH = PH = QP ∧ δ = ⎜⎜ QP ∧ δ ⎟⎟ ⋅ ⎜⎜ QP ∧ δ ⎟⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠
→ ⎛→ → ⎞ ⎛→ → ⎞ →
Produit mixte : V1⋅ ⎜ V 2 ∧ V 3 ⎟ = ⎜ V1 ∧ V 2 ⎟ ⋅ V 3
⎜ ⎟ ⎜ ⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠
⎛ → →⎞ → ⎛ → → ⎞ ⎛ → → ⎞ ⎡⎛ → → ⎞ → ⎤ → ⎡ → ⎛ → → ⎞⎤ →
⎜ QP ∧ δ ⎟ = V1 ⇒ ⎜⎜ QP ∧ δ ⎟⎟ ⋅ ⎜⎜ QP ∧ δ ⎟⎟ = ⎢⎜⎜ QP ∧ δ ⎟⎟ ∧ QP ⎥ ⋅ δ = ⎢QP ∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ δ
⎜ ⎟
⎝ ⎠ ⎝ ⎠ ⎝ ⎠ ⎢⎣⎝ ⎠ ⎥⎦ ⎢⎣ ⎝ ⎠⎥⎦

Page II.1-1 -- 26
⎡ → ⎛ → → ⎞⎤ ⎡→ ⎛→ → ⎞⎤
⎢QP ∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ et ∫∫(S) ⎢QP∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy ⋅ sont des vecteurs du plan Gxy.
⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥ ⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥
→ ⎡ → ⎛ → → ⎞⎤ → ⎡ → ⎛ → → ⎞⎤
PH 2 = δ ⋅ ⎢QP ∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ I ∆ = δ ⋅ ∫∫(S) ⎢QP ∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy ⋅
⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥ ⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥
Dans l’espace vectoriel R 2 de base Oxy, l’application
→ ⎡ → ⎛ → → ⎞⎤
δ → ∫∫(S) ⎢QP∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy ⋅ est une application linéaire appelée opérateur d’inertie de (S) au point Q.
⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥
La matrice 2x2 : I(S),Q de cette application linéaire est la matrice d’inertie de l’aire (S) au point Q.

• Expression de l’opérateur d’inertie et de la matrice d’inertie de l’aire (S) au point Q


⎡x ⎤ ⎡α ⎤

Dans le repère Qxyz : QP = ⎢⎢ y ⎥⎥ ⎢ ⎥
vecteur unitaire δ = β
⎢ ⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦

H
Q
y
(S)
O x

⎤ ⎡α ⋅ y − β ⋅ xy ⎤ ⎡ y − xy 0⎤ ⎡α ⎤
2 2
⎡ x ⎤ ⎛ ⎡α ⎤ ⎡ x ⎤ ⎞ ⎡ x ⎤ ⎡ 0
→ ⎛→ → ⎞ ⎢ ⎥ ⎜⎢ ⎥ ⎢ ⎥⎟ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ 2 ⎥ ⎢ 2 ⎥ ⎢ ⎥
QP ∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟ = ⎢ y ⎥ ∧ ⎜ ⎢β ⎥ ∧ ⎢ y ⎥ ⎟ = ⎢ y ⎥ ∧ ⎢ 0 ⎥ = ⎢β ⋅ x − α ⋅ xy ⎥ = ⎢ − xy x 0 ⎥ ⋅ ⎢β ⎥
⎝ ⎠ ⎢ 0 ⎥ ⎜ ⎢ 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥ ⎟ ⎢ 0 ⎥ ⎢α ⋅ y − β ⋅ x ⎥ ⎢ 0 ⎥ ⎢ 0 0 0⎥⎥ ⎢⎣ 0 ⎥⎦
⎣ ⎦ ⎝⎣ ⎦ ⎣ ⎦⎠ ⎣ ⎦ ⎣ ⎦ ⎣⎢ ⎦⎥ ⎣⎢ ⎦
⎡ ∫∫ y 2 ⋅ dx ⋅ dy − ∫∫ xy ⋅ dx ⋅ dy 0⎤
⎡ → ⎛ → → ⎞⎤ ⎢ (S) (S) ⎥ ⎡α ⎤
2 ⎢ ⎥
⎜ ⎟ ⎢
∫∫(S) ⎢QP ∧ ⎜ δ ∧ QP ⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy = − ∫∫(S) xy ⋅ dx ⋅ dy ∫∫(S) x ⋅ dx ⋅ dy 0⎥ ⋅ ⎢β ⎥
⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥ ⎢ ⎥
⎢ 0 0 0⎥ ⎢⎣ 0 ⎥⎦
⎣ ⎦
Dans l’espace vectoriel R 2 de base Qxy :
⎡ → ⎛ → → ⎞⎤ ⎡ ∫∫ y 2 ⋅ dx ⋅ dy − ∫∫ xy ⋅ dx ⋅ dy ⎤ ⎡α ⎤ →
(S) (S)
∫∫(S) ⎢QP ∧ ⎜ δ ∧ QP ⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy = ⎢
⎜ ⎟ ⎥ ⋅ ⎢ ⎥ = I(S),Q ⋅ δ
⎢⎣ ⎝ ⎠⎥⎦ ⎢− ∫∫ xy ⋅ dx ⋅ dy ∫∫ x 2 ⋅ dx ⋅ dy ⎥ ⎣β ⎦
⎣ (S) (S) ⎦
→ ⎡→ ⎛→ → ⎞⎤
D’où la matrice 2x2 , I(S),Q , de l’application linéaire δ → ∫∫(S) ⎢QP ∧ ⎜ δ ∧ QP ⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy ⋅ qui est la matrice
⎜ ⎟
⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥
d’inertie de l’aire (S) au point Q, dans le repère orthonormé Qxy :

⎡ ∫∫ y 2 ⋅ dx ⋅ dy − ∫∫ xy ⋅ dx ⋅ dy ⎤ ⎡ I − I Qxy ⎤
I (S),Q =⎢ S
() (S) ⎥ = ⎢ Qx
Qxy ⎢ − xy ⋅ dx ⋅ dy ∫∫(S) x ⋅ dx ⋅ dy ⎥ ⎣− I Qxy
2 I Qy ⎥⎦
⎣ ∫∫(S) ⎦

Page II.1-1 -- 27
IQx est le moment d’inertie de la section (S) par rapport à Qx
IQy est le moment d’inertie de la section (S) par rapport à Qy
IQxy est le produit d’inertie de la section (S) par rapport à Qxy

→ ⎡ → ⎛ → → ⎞⎤ ⎡ IQx − IQxy ⎤ ⎡α ⎤
I ∆ = δ ⋅ ∫∫(S) ⎢QP∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy = [α β ]⋅ ⎢ ⋅ = α 2 ⋅ IQx + β 2 ⋅ IQy − 2αβ ⋅ IQxy
⎢⎣ ⎝ ⎠⎥⎦ ⎣− IQxy IQy ⎥⎦ ⎢⎣β ⎥⎦

• Propriétés

- La matrice 2x2 I (S),Q de l’application linéaire dans R 2 est symétrique, à termes réels.
Qxy
Elle possède 2 valeurs propres réelles distinctes λ1 et λ 2 et les 2 vecteurs propres associés sont
linéairement indépendants et orthogonaux.
Dans le repère orthonormé QXY constitué par ces 2 vecteurs propres, la matrice d’inertie est diagonale et a
pour expression :
⎡I QX = λ1 0 ⎤
I (S),Q =⎢
QXY
⎣ 0 I QY = λ 2 ⎥⎦
QXY sont les directions principales d’inertie en Q ou axes principaux d’inertie en Q
Le produit d’inertie de la section par rapport à QXY, est nul : I QXY = 0
IQX est le moment principal d’inertie de la section (S) par rapport à QX
IQY est le moment principal d’inertie de la section (S) par rapport à QY
En général on place Q au centre de gravité G de la section.

- changement de repère
Soit Qx’y’ le repère orthonormé déduit de Qxy par rotation d’angle θ autour de Qz
La matrice de changement de base (vecteurs colonnes = composantes des vecteurs unitaires de Qx’y’ dans
Qxy) est :
⎡cos θ − sin θ ⎤
P =⎢ ⎥
⎣ sin θ cos θ ⎦
⎡ I Qx − I Qxy ⎤
si I (S),Q =⎢
I Qy ⎥⎦
est la matrice d’inertie de (S) en Q dans le repère Qxy
⎣− I Qxy
Qxy

dans le repère Qx’y’ la matrice d’inertie de (S) en Q vaut :


−1
I (S),Q = P ⋅ I (S),Q ⋅ P
Qx′y′ Qxy
⎡I QX = λ1 0 ⎤
- expression des inerties principales en Q : I (S),Q =⎢ ⎥ en fonction des inerties
QXY
⎣ 0 I QY = λ 2 ⎦
− I Qxy ⎤
⎡ I Qx
I (S),Q =⎢
I Qy ⎥⎦
calculées dans un repère orthonormé Qxy banal :
⎣− I Qxy
Qxy

⎡ I Qx − I Qxy ⎤
I QX = λ1 et I QY = λ 2 sont les valeurs propres de la matrice I (S),Q =⎢
I Qy ⎥⎦
et sont
⎣− I Qxy
Qxy

Ix − λ − I xy
les racines de l’équation : déterminant =0
− I xy Iy − λ

Soit : ( )
λ2 − λ ⋅ I x + I y + I x ⋅ I y − I 2xy = 0

λ1 = I QX ⎞ I x + I y ±
⎟=
(I x − I y )2 + 4 ⋅ I 2xy
D’où :
λ 2 = I QY ⎟⎠ 2

Page II.1-1 -- 28
- directions principales d’inertie QXY en Q en fonction de la matrice d’inertie en Q dans le repère banal
Qxy :
⎡ I Qx − I Qxy ⎤
I (S),Q =⎢
Qxy
⎣− I Qxy I Qy ⎥⎦
⎡ v (1) ⎤ ⎡ v (2 ) ⎤
Les directions principales d’inertie QXY sont portées par les vecteurs propres ⎢ 1(1) ⎥ et ⎢ 1(2 ) ⎥ associés
⎢⎣ v 2 ⎥⎦ ⎢⎣ v 2 ⎥⎦
aux valeurs propres λ1 et λ 2
⎡IQx − λ i − IQxy ⎤ ⎡ v1 ⎤ ⎡0⎤
i =1,2 ⎢ −I ⋅ =
⎣ Qxy IQy − λ i ⎥⎦ ⎢⎣ v 2 ⎥⎦ ⎢⎣0⎥⎦
soit : ( )
IQx − λ i ⋅ v1 − I Qxy ⋅ v 2 = 0
( )
− IQxy ⋅ v1 + I Qx − λ i ⋅ v 2 = 0
⎡v ⎤
on sait qu’il existe une solution non nulle ⎢ 1 ⎥ à ce système linéaire, car on a :
⎣v2 ⎦
I Qx − λ i − I Qxy
det =0
− I Qxy I Qy − λ i
les 2 directions des 2 vecteurs propres font avec l’axe Qx respectivement les angles φ1 et φ 2 tels que :
v IQx − λ i I Qxy
tgφi = 2 = = I −λ i =1,2
v1 I Qxy Qy i

On vérifie que les 2 directions sont orthogonales ( tgφ1 ⋅ tgφ 2 = −1 )

• Rappel : application linéaire

Soit l’espace vectoriel E défini sur le corps K = R avec dimE=2

- application linéaire « f » de E dans E (endomorphisme)


f : E ⎯⎯→ E , x a y = f(x) tel que : ∀(x , x ') ∈ E 2 , ∀(λ, µ ) ∈ K 2 : f (λx + µx ') = λf (x ) + µf (x ')
⎡x ⎤
- soit : B = {e1, e 2 } une base de E et x = ⎢ 1 ⎥ les composantes de x dans B x = x1 ⋅ e1 + x 2 ⋅ e 2
⎣x 2 ⎦
⎡1⎤ ⎡0 ⎤
e1 = ⎢ ⎥ e2 = ⎢ ⎥ x = x1 ⋅ e1 + x 2 ⋅ e 2
⎣0 ⎦ ⎣1⎦
- Matrice 2 x 2 associée à f et à B : y = f (x ) = x1 ⋅ f (e1 ) + x 2 ⋅ f (e 2 ) y = f (x ) = x1 ⋅ f (e1 ) + x 2 ⋅ f (e 2 )
⎡a ⎤ ⎡a ⎤ ⎡a a ⎤ ⎡x ⎤
f (e1 ) = ⎢ 11 ⎥ f (e 2 ) = ⎢ 12 ⎥ y = ⎢ 11 12 ⎥ ⋅ ⎢ 1 ⎥ = A ⋅ x
⎣a 21 ⎦ ⎣a 22 ⎦ ⎣a 21 a 22 ⎦ ⎣ x 2 ⎦
⎡a a 12 ⎤
A = ⎢ 11 ⎥ est la matrice associée à l’application linéaire, dans la base B
⎣a 21 a 22 ⎦
- valeur propre « λ » et vecteur propre associé « v »
ils sont définis par : f (v ) = λ ⋅ v
⎡v ⎤ ⎡a a ⎤ ⎡v ⎤ ⎡v ⎤ ⎡1 0⎤ ⎡ v1 ⎤
soit dans la base B : v = ⎢ 1⎥ f (v ) = ⎢ 11 12 ⎥ ⋅ ⎢ 1 ⎥ = λ ⋅ ⎢ 1 ⎥ = λ ⋅ ⎢ ⎥⋅⎢ ⎥
⎣v 2 ⎦ a a v
⎣ 21 22 ⎦ ⎣ 2 ⎦ v
⎣ 2⎦ ⎣0 1 ⎦ ⎣ v 2 ⎦
⎡ v ⎤ ⎡0 ⎤
ils sont donc définis par l’équation matricielle : [A ]
− λ ⋅ I ⋅ ⎢ 1⎥ = ⎢ ⎥
⎣ v 2 ⎦ ⎣0 ⎦
⎡a − λ a12 ⎤ ⎡ v1 ⎤ ⎡0⎤
soit : ⎢ 11 ⋅ =
⎣ a 21 a 22 − λ ⎥⎦ ⎢⎣ v 2 ⎥⎦ ⎢⎣0⎥⎦

⎡a − λ a 12 ⎤
ce système d’équations linéaire homogène a une solution ⇔ det ⎢ 11 =0
⎣ a 21 a 22 − λ ⎥⎦

Page II.1-1 -- 29
équation du second degré en « λ » qu’on suppose avoir 2 racines réelles distinctes λ1 et λ 2
à chacune de ces valeurs propres λ i i = 1,2 est associée une direction de vecteur propre « v (i ) » dont les
⎡ v (i ) ⎤
composanters dans B : v (i ) = ⎢ 1(i ) ⎥ sont définies par le système linéaire
⎢⎣ v 2 ⎥⎦
(a11 − λi ) ⋅ v1 + a12 ⋅ v 2 = 0
a12 ⋅ v1 + (a 22 − λ i ) ⋅ v 2 = 0
⎡v ⎤
on sait qu’il existe une solution non nulle ⎢ 1 ⎥ à ce système linéaire homogène, car on a :
⎣v2 ⎦
⎡a − λ a 12 ⎤
det ⎢ 11 =0
⎣ a 21 a 22 − λ ⎥⎦
Les 2 valeurs propres étant réelles distinctes, les 2 vecteurs propres correspondants v (1) et v (2 ) sont
linéairement indépendants et on peut les prendre comme base B’= v (1), v (2 ) de E= R 2 { }
∀x ∈ E x = x '1⋅v (1) + x '2 ⋅v (2 ) f (x ) = x '1⋅λ1 ⋅ v (1) + x '2 ⋅λ 2 ⋅ v(2 )
⎡ x '1 ⎤
⎢ x ' ⎥ = les composantes de x dans B’= x B'
⎣ 2⎦
⎡ x ′ ⋅ λ ⎤ ⎡λ 0 ⎤ ⎡ x1′ ⎤
Composantes de f(x) dans B’ : f (x ) B' == ⎢ 1 1 ⎥ = ⎢ 1 ⎥ ⋅ ⎢ ⎥ = A′ ⋅ x B'
⎣ x′2 ⋅ λ 2 ⎦ ⎣ 0 λ 2 ⎦ ⎣ x′2 ⎦

La matrice de l’application linéaire dans la base des vecteurs propres B’= v (1), v (2 ) est { }
⎡λ 0⎤
A′ = ⎢ 1
⎣0 λ 2 ⎥⎦

- changement de base
⎡x ⎤ ⎡a a ⎤
dans base B= {e1, e 2 } x B = ⎢ 1⎥ matrice associée à f : A B
= ⎢ 11 12 ⎥
⎣x 2 ⎦ ⎣a 21 a 22 ⎦
⎡a a ⎤ ⎡x ⎤
f (x ) B = ⎢ 11 12 ⎥ ⋅ ⎢ 1 ⎥ = A B
⋅ xB
⎣a 21 a 22 ⎦ ⎣ x 2 ⎦ B
⎡α β1 ⎤
dans base B’= {e'1 , e'2 } : matrice de changement de base, de passage de B à B’ est : P =⎢ 1
⎣α 2 β 2 ⎥⎦
⎡α ⎤ ⎡β ⎤
avec e'1 B = ⎢ 1 ⎥ et e'2 B = ⎢ 1 ⎥ x B = P ⋅ x B' f (x ) B = P ⋅ f (x ) B'
⎣α 2 ⎦ ⎣β2 ⎦
f (x ) B' = P ⋅ f (x ) B = P
−1 −1 −1
⋅ A B⋅ xB= P ⋅ A B ⋅ P ⋅ x B'

f (x ) B' = A B' ⋅ x B'


−1
avec : A B' = P ⋅ A B⋅ P

8.3 -- Théorème de HUYGENS

• On a vu : dans l’espace vectoriel R 2 de base Qxy


⎡ → ⎛ → → ⎞⎤ ⎡ ∫∫ y 2 ⋅ dx ⋅ dy − ∫∫ xy ⋅ dx ⋅ dy ⎤ ⎡α ⎤ →
(S) (S)
∫∫(S) ⎢QP ∧ ⎜ δ ∧ QP ⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy = ⎢
⎜ ⎟ ⎥ ⋅ ⎢ ⎥ = I(S),Q ⋅ δ
⎢⎣ ⎝ ⎠⎥⎦ ⎢− ∫∫ xy ⋅ dx ⋅ dy ∫∫ x 2 ⋅ dx ⋅ dy ⎥ ⎣β ⎦
⎣ (S) (S) ⎦
→ ⎡ → ⎛ → → ⎞⎤
IQ∆ = δ ⋅ ∫∫(S) ⎢QP ∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy ⋅
⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥

Page II.1-1 -- 30
⎡→ ⎛→ → ⎞⎤ ⎡⎛ → → ⎞ ⎛→ → ⎞⎤
• ∫∫(S) ⎢QP ∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy = ∫∫(S) ⎢⎜⎜ QG + GP ⎟⎟ ∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy
⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥ ⎣⎢⎝ ⎠ ⎝ ⎠⎦⎥
⎡ → ⎛ → → ⎞⎤ ⎡ → ⎛ → → ⎞⎤
= ∫∫(S) ⎢QG ∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy + ∫∫(S) ⎢GP ∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy
⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥ ⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥
⎡→ ⎛→ → ⎞⎤ → ⎡→ → ⎤
- ∫∫(S) ⎢QG ∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy = QG ∧ ⎢ δ ∧ ∫∫(S) QP⋅ dx ⋅ dy⎥
⎢⎣ ⎝ ⎠⎥⎦ ⎣ ⎦
→ → ⎡→ ⎛→ → ⎞⎤ ⎡→ ⎡→ → ⎤⎤
∫∫(S) QP⋅ dx ⋅ dy = S ⋅ QG ⇒ ∫∫(S) ⎢QG ∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy = S.⎢QG ∧ ⎢ δ ∧ QG ⎥ ⎥
⎢⎣ ⎝ ⎠⎥⎦ ⎢⎣ ⎣ ⎦ ⎥⎦
⎡→ ⎛→ → ⎞⎤ ⎡→ ⎛→ ⎛ → → ⎞ ⎞⎤
- ∫∫(S) ⎢GP ∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy = ∫∫(S) ⎢GP ∧ ⎜⎜ δ ∧ ⎜⎜ QG + GP ⎟⎟ ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy
⎢⎣ ⎝ ⎠⎥⎦ ⎢⎣ ⎝ ⎝ ⎠ ⎠⎥⎦
⎡ → ⎛ → → ⎞⎤ ⎡ → ⎛ → → ⎞⎤
= ∫∫(S) ⎢GP ∧ ⎜⎜ δ ∧ QG ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy + ∫∫(S) ⎢GP ∧ ⎜⎜ δ ∧ GP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy
⎢⎣ ⎝ ⎠⎥⎦ ⎢⎣ ⎝ ⎠⎥⎦
⎡ → ⎤ ⎛→ → ⎞ ⎡ → ⎛ → → ⎞⎤ → ⎡ → ⎛ → → ⎞⎤
= ⎢ ∫∫(S) GP⋅ dx ⋅ dy ⎥ ∧ ⎜⎜ δ ∧ QG ⎟⎟ + ∫∫(S) ⎢GP ∧ ⎜⎜ δ ∧ GP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy = 0 + ∫∫(S) ⎢GP ∧ ⎜⎜ δ ∧ GP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy
⎣ ⎦ ⎝ ⎠ ⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥ ⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥
• D’où :
⎡ → ⎛ → → ⎞⎤ ⎡ → ⎡→ → ⎤ ⎤ ⎡ → ⎛ → → ⎞⎤
∫∫(S) ⎢ QP ∧ ⎜ δ ∧ QP ⎟ ⎥ ⋅ dx ⋅ dy = S.⎢ QG ∧ ⎢ δ ∧ QG ⎥ ∫∫(S) ⎢GP ∧ ⎜⎜ δ ∧ GP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy
⎥ +
⎜ ⎟
⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥ ⎣⎢ ⎣ ⎦ ⎦⎥ ⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥
→ ⎡ → ⎛ → → ⎞⎤ → ⎡ → ⎡→ → ⎤ ⎤ → ⎡ → ⎛ → → ⎞⎤
IQ∆ = δ ⋅ ∫∫(S) ⎢QP ∧ ⎜⎜ δ ∧ QP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy = S. δ ⋅ ⎢QG ∧ ⎢ δ ∧ QG ⎥ ⎥ + δ ⋅ ∫∫(S) ⎢GP ∧ ⎜⎜ δ ∧ GP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy
⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥ ⎣⎢ ⎣ ⎦ ⎦⎥ ⎣⎢ ⎝ ⎠⎦⎥
→ ⎡ → ⎡→ → ⎤ ⎤
δ ⋅ ⎢QG ∧ ⎢ δ ∧ QG ⎥ ⎥ = GH 2 Avec GH + distance de G à l’axe Q∆
⎢⎣ ⎣ ⎦ ⎥⎦
→ ⎡ → ⎛ → → ⎞⎤
IG∆ = δ ⋅ ∫∫(S) ⎢GP ∧ ⎜⎜ δ ∧ GP ⎟⎟⎥ ⋅ dx ⋅ dy
⎢⎣ ⎝ ⎠⎥⎦
IQ∆ = IG∆ + S ⋅ GH 2

Q
G
y
(S)
O x

Page II.1-1 -- 31
9 -- ANNEXE 2 : LES PROFILS MINCES

9.1 -- définition

• Une telle section droite est constituée d’un assemblage de parois minces.

Elle est définie par :


sa ligne moyenne (L) tracée à mi-épaisseur de la paroi, sur laquelle on définit une origine, une orientation et une
abscisse curviligne σ ,
( )
l’épaisseur de la paroi le long de la ligne moyenne (L), e σ , fonction de l’abscisse curviligne σ .

Un point de la section droite est alors repéré par :


l’abscisse curviligne σ , de la normale à (L) qui le contient,
sa position sur cette normale à (L) : son abscisse ξ sur cette normale.
z

1
e( )

x
G(s) y
O

(L)
2

• On distingue les profils minces ouverts et les profils minces fermés à une ou plusieurs alvéoles :

- profils minces ouverts :


z z

y
x
x y
G(s)
G(s)

- profils minces fermés :

profil mince fermé à une alvéole z profil mince fermé à deux alvéoles z

G(s) G(s)
y y
x x

Hypothèses simplificatrices

- hypothèse simplificatrice (1) : on suppose la matière concentrée sur la ligne moyenne (L) du profil , en
particulier pour le calcul des caractéristiques géométriques et mécaniques des sections droites

- hypothèse simplificatrice (2) : sur une facette quelconque de la section droite, la contrainte de cisaillement
est parallèle aux parois.

Page II.1-1 -- 32
9.2 -- conséquences de l’hypothèse (1), caractéristiques mécaniques des sections droites
de profil mince

G est le centre de gravité de la section, Gyz ses axes principaux d’inertie.

⎛ y(σ )⎞
Le point banal de la ligne moyenne (L) est repéré dans Gyz par ses coordonnées paramétriques ⎜⎜ ⎟⎟ exprimés
⎝ z(σ ) ⎠
en fonction de son abscisse curviligne σ sur (L).

S = ∫(L ) e(σ ) ⋅ dσ ∫(L ) y(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ = ∫(L ) z(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ = ∫(L ) y(σ ) ⋅ z(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ = 0

∫∫ z ⋅ dydz = ∫(L ) z(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ


2 2
Inertie principale I y =
S
Inertie principale I z = ∫∫ y ⋅ dydz = ∫(L ) y(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ
2 2
S
Soit A l’aire comprise entre les 2 normales à (L) d’abscisses curvilignes respectives σ 1 et σ 2 :

Moment statique de l’aire A par rapport à Gy :


m A y = ∫∫A z ⋅ dy ⋅ dz = ∫σσ 2 z(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ
1
Moment statique de l’aire A par rapport à Gz :
m A z = ∫∫A y ⋅ dy ⋅ dz = ∫σσ 2 y(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ
1

9.3 -- exemple

Calculer les caractéristiques mécaniques de la section droite, profil mince, suivante :


z
D (L)
C

y
2a G

(L) A B

a a

• Définition de la ligne moyenne (L) du profil mince, d’une origine A sur (L) et d’une abscisse curviligne « σ »
sur (L).
e(σ ) = cons tan te = e
• Aire : S = ∫∫ dydz = ∫ e(σ ) ⋅ dσ = e ⋅ ∫ dσ = 4 ⋅ e ⋅ a
(S) (L ) (L )

• Centre de gravité G

Au milieu de la paroi BC

Page II.1-1 -- 33
• Définition du repère « de travail » Gyz

• Recherche des directions principales d’inertie et des inerties principales, dans le repère de travail Gyz

⇒ Matrice d’inertie de la section dans le repère de travail Gyz :


⎡ I Gy − I Gyz ⎤
I (S),G = I Gyz = ⎢
Gyz
⎣− I Gyz I Gz ⎥⎦

e ⋅ (2a )3 8 ⋅ e ⋅ a3 2 ⋅ e ⋅ a3
I Gy = + 2 ⋅ ea ⋅ a 2 = I Gz =
12 3 3
IGyz = ∫∫ y ⋅ z ⋅ dydz = ∫ y(σ ) ⋅ z(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ = e ⋅ ∫ y(σ ) ⋅ z(σ ) ⋅ dσ
(S) (L ) (L )
épure de y( ) épure de z( )
z
a + a
D + a
C (L)
+

y
G

_
A B _ _ -a
-a -a
a a

∫∫ y ⋅ z ⋅ dydz = e ⋅ ∫ y(σ ) ⋅ z(σ ) ⋅ dσ = e ⋅ a


3
⇒ IGyz =
(S) (L )
e ⋅ a3 ⎡ 8 − 3⎤
Matrice d’inertie de la section dans le repère de travail Gyz : I Gyz = ⎢− 3 2 ⎥
3. ⎣ ⎦
⇒ valeurs propres λ1 et λ 2 de la matrice d’inertie
⎡ 8 − 3⎤
valeurs propres α1 et α 2 de la matrice ⎢ ⎥ :
⎣− 3 2 ⎦
8−α −3 α1 ⎞
det⋅ = (8 − σ ) ⋅ (2 − α ) − 9 = α 2 − 10 ⋅ α + 7 ⎟ = 5 ± 3⋅ 2
−3 2−α α 2 ⎟⎠

valeurs propres λ1 et λ 2 de la matrice d’inertie :


λ1 ⎞ e ⋅ a 3
⎟=
λ 2 ⎟⎠ 3
[
⋅ 5 ± 3⋅ 2 ]
⇒ inerties principales de la section I GY = λ1 =
e ⋅ a3
3
[
⋅ 5 + 3⋅ 2 ]
I GZ = λ 2 =
e ⋅ a3
3
[
⋅ 5 − 3⋅ 2 ]
⇒ directions principales d’inertie de la section

Dans le repère de travail Gyz, ce sont les directions de vecteurs propres de la matrice d’inertie I Gyz associés à
ses 2 valeurs propres λ1 et λ 2
⎡u 1 ⎤ ⎡u 2 ⎤
⎢ v ⎥ vecteur propre associé à λ1 ⎢ v ⎥ vecteur propre associé à λ 2
⎣ 1⎦ ⎣ 2⎦
Ils sont les solutions non nulles des 2 systèmes :
⎡I Gy − λ1 − I Gyz ⎤ ⎡u 1 ⎤ ⎡0⎤ ⎡I Gy − λ 2 − I Gyz ⎤ ⎡u 2 ⎤ ⎡0⎤
⎢ −I ⋅ = ⋅ =
⎣ Gyz I Gz − λ1 ⎥⎦ ⎢⎣ v1 ⎥⎦ ⎢⎣0⎥⎦ ⎢ −I
⎣ Gyz I Gz − λ 2 ⎥⎦ ⎢⎣ v 2 ⎥⎦ ⎢⎣0⎥⎦

Page II.1-1 -- 34
Rappel : nous savons qu’il existe 2 solutions non nulles puisque λ1 et λ 2 sont tels que :
I Gy − λ1 − I Gyz I Gy − λ 2 − I Gyz
det⋅ = det⋅ =0
− I Gyz I Gz − λ1 − I Gyz I Gz − λ 2

⎡u 1 ⎤ ⎡ I Gyz ⎤ ⎡I Gz − λ1 ⎤
⎢ v ⎥ = k 1 ⋅ ⎢I − λ ⎥ = k 1′ ⋅ ⎢ I ⎥
⎣ 1⎦ ⎣ Gy 1⎦ ⎣ Gyz ⎦
v I Gy − λ1 I Gyz
direction principale associée : tgφ1 = 1 = =
u1 I Gyz I Gz − λ1
⎡u 2 ⎤ ⎡ I Gyz ⎤ ⎡I Gz − λ 2 ⎤
⎢v ⎥ = k 2 ⋅⎢ ⎥ = k ′2
⋅⎢ ⎥
⎣ 2⎦ ⎣I Gy − λ 2 ⎦ ⎣ I Gyz ⎦
v I Gy − λ 2 I Gyz
direction principale associée : tgφ 2 = 2 = =
u2 I Gyz I Gz − λ 2

8 ⋅ e ⋅ a3 2 ⋅ e ⋅ a3
I Gy = I Gz = I Gyz = e ⋅ a 3
3 3

λ1 =
e ⋅ a3
3
[
⋅ 5 + 3⋅ 2 ] λ2 =
e ⋅ a3
3
[
⋅ 5 − 3⋅ 2 ]
tgφ1 = 1 − 2 tgφ 2 = 1 + 2

z
Z

2 y
G
1

Page II.1-1 -- 35
J.-M. TOURTOIS – Chap-(II-1)-2.doc

CALCUL AVANCE DES STRUCTURES


PARTIE II STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES
PARTIE II.1 DEFINITIONS – HYPOTHESES ET PROPRIETES – EXPRESSIONS DES CONTRAINTES,
DEFORMATIONS ET DEPLACEMENTS EN FONCTION DES SOLLICITATIONS

CHAPITRE II.1-2 EXPRESSION EN FONCTION DES SOLLICITATIONS :


- DES TENSEURS « CONTRAINTES » ET « DEFORMATIONS »
- DES DEFORMATIONS DES SECTIONS DROITES

L’objectif de ce chapitre est la recherche du tenseur contraintes en un point quelconque d’une structure composée
de poutres en équilibre sous un chargement donné. Les sollicitations sont supposées connues.
On en déduira le tenseur déformations au point considéré puis la déformation des sections droites (translation et
rotation différentielles).

1 -- SOLIDE QUELCONQUE - TENSEUR CONTRAINTES – TENSEUR DEFORMATIONS - RAPPEL

1.1 -- tenseur contraintes avec les conventions de signes de la mécanique, rappel du


chapitre I

Considérons un solide quelconque chargé, en équilibre, considéré dans un repère global OXYZ. Soit Σ une surface,
passant par le point P, qui décompose le corps en 2 parties (A) et (B). L'action de la partie (A) sur la partie (B) se
réduit à des contraintes réparties sur la surface Σ telle que sur un élément dΣ de Σ , la partie (A) exerce sur la partie
⎡σ σ xy σ xz ⎤ ⎡α ⎤ ⎡α ⎤
r r ⎢ xx ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ sont les cosinus directeurs de la normale
(B) une force f . dΣ avec : f = ⎢σ yx σ yy σ yz ⎥∗ ⎢ β ⎥ ⎢β ⎥
⎢σ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢⎣ γ ⎥⎦
⎣ zx σ zy σ zz ⎦ ⎣ γ ⎦
à dΣ intérieure à (A) (conventions de signes de la mécanique) .

Une contrainte normale positive est une traction.

1.2 -- tenseur contraintes avec les conventions de signes de la résistance des matériaux

Soit une facette dΣ centrée sur P, au voisinage de dΣ , l’action du volume de matière (A) situé d’un coté de dΣ sur
⎡σ σ xy σ xz ⎤ ⎡α ⎤
r r ⎢ xx ⎥
l’autre volume (B) est une force f . dΣ avec : f = ⎢σ yx σ yy σ yz ⎥ ∗ ⎢⎢β ⎥⎥
⎢σ σ zy σ zz ⎥⎦ ⎢⎣ γ ⎥⎦
⎣ zx
⎡α ⎤
⎢ ⎥ sont les cosinus directeurs de la normale à dΣ extérieure à (A), partie « agissante ».
⎢β ⎥
⎣⎢ γ ⎦⎥

Une contrainte normale positive est une compression.

Remarque :
au même point d’une structure chargée en équilibre :
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡σ xx σ xy σ xz ⎤
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢σ yx σ yy σ yz ⎥ = − ⎢σ yx σ yy σ yz ⎥
⎢σ ⎥ ⎢σ ⎥
⎣ zx σ zy σ zz ⎦ conventions RdeM ⎣ zx σ zy σ zz ⎦ conventions Mécanique

Page II.1-2 -- 1
1.3 -- Symétrie du tenseur contraintes
Les composantes σij du tenseur sont des fonctions scalaires de (X,Y,Z) : σ ij = σ ij (X, Y, Z ) et σij = σ ji .

⎡σ xx ⎤
⎢σ ⎥
⎢ yy ⎥
⎢ ⎥
Le tenseur contraintes est symétrique ⇒ vecteur contraintes généralisées : σ = ⎢ σ zz ⎥
⎢σ xy ⎥
⎢ σ yz ⎥
⎢ ⎥
⎣⎢ σ xz ⎦⎥
Remarque : σ concention RdeM
= − σ convention Mécanique

1.4 -- Théorème de Cauchy

Au point banal P d’une structure quelconque en équilibre, le tenseur contraintes est σ(P ) .
Considérons 2 facettes dΣ et dΣ ′ centrées sur P.
→ → →
dΣ : normale unitaire n et contrainte σ = σ(P ) ⋅ n
→ → →
dΣ ′ : normale unitaire n ′ et contrainte σ′ = σ(P ) ⋅ n ′
→ → → → → → → →
σ(P ) symétrique ⇒ n ′⋅ σ(P ) ⋅ n = n ⋅ σ(P ) ⋅ n ′ ⇒ n ′⋅ σ = n ⋅ σ ′
→ → → →
La projection de σ ′ sur n est égale à la projection de σ sur n ′ .

1.5 -- Tenseur déformations - rappel

Soit P(x,y,z) le point banal de la structure.

• Dans la transformation due aux charges extérieures appliquées, le point Q voisin de P, de coordonnées initiales
⎡ε xx ε xy ε xz ⎤ ⎡dx⎤
⎢ ⎥
(x+dx,y+dy,z+dz), subit un déplacement de corps rigide autour de P et le déplacement ⎢ ε yx ε yy ε yz ⎥∗ ⎢⎢dy⎥⎥
⎢ε ⎥ ⎢ ⎥
⎣ zx ε zy ε zz ⎦ ⎣ dz ⎦
qui est une déformation pure.
⎡ε xx ε xy ε xz ⎤ ⎡dx⎤
⎢ ⎥
• On peut dire que ⎢ ε yx ε yy ε yz ⎥∗ ⎢⎢dy⎥⎥ représente le vecteur translation du point Q voisin de P de coordonnées
⎢ε ⎥ ⎢ ⎥
⎣ zx ε zy ε zz ⎦ ⎣ dz ⎦
initiales (x+dx,y+dy,z+dz), dans des axes liés au point P(xyz) dans la transformation.

• Le tenseur déformations est indépendant des conventions de signes sur les contraintes.
Q
Dans l’hypothèse (H1) où les déformations et les déplacements sont infiniment petits, le tenseur déformations est
symétrique et on peut définir le vecteur déformations généralisées :
⎡ ε xx ⎤
⎢ ⎥
⎢ ε yy ⎥
⎢ ε ⎥
ε = ⎢ zz ⎥
⎢2 ⋅ ε xy ⎥
⎢ 2 ⋅ ε yz ⎥
⎢ ⎥
⎣⎢2 ⋅ ε xz ⎦⎥

Page II.1-2 -- 2
1.6 -- Relation contraintes / déformations

Soit (H2) l’hypothèse du comportement isotrope élastique linéaire du matériau .

Avec les hypothèses (H1) + (H2), on peut associer au matériau une matrice C constitutive du matériau telle que au
point banal P de la structure en équilibre, σ = C ⋅ ε , quel que soit le système d’axes orthonormés auquel on se réfère.
• la matrice C constitutive du matériau est une matrice 6 x 6 symétrique inversible dont les termes sont fonction
de 2 variables scalaires caractérisant le matériau :
E : le module de déformation longitudinale ou module d’Young
G : le module de déformation transversale.

⎡λ + 2µ λ λ 0 0 0⎤ ⎡ 1 −ν −ν 0 0 0 ⎤
⎢ λ λ + 2µ λ 0 0 0 ⎥⎥ ⎢− ν 1 − ν 0 0 0 ⎥
⎢ ⎢ ⎥
⎢ λ λ λ + 2µ 0 0 0⎥ −1 1 ⎢− ν − ν 1 0 0 0 ⎥
C =⎢ ⎥ C = ⋅⎢ ⎥
⎢ 0 0 0 µ 0 0⎥ E ⎢0 0 0 2(1 + ν ) 0 0 ⎥
⎢ 0 0 0 0 µ 0⎥ ⎢0 0 0 0 2(1 + ν ) 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢ 0 0 0 0 0 µ⎦⎥ ⎣⎢ 0 0 0 0 0 2(1 + ν )⎦⎥
E⋅ν E
Avec : λ et µ coefficients de Lamé : λ= µ= =G
(1 + ν ) ⋅ (1 − 2 ⋅ ν ) 2 ⋅ (1 + ν )
ν = coefficient de Poisson

• Avec les hypothèses (H1) + (H2) au point banal P de la structure en équilibre, dans un système d’axes orthonormé
quelconque, il existe une relation matricielle contraintes / déformations :
−1
Avec les conventions de signes de la Mécanique : σ = C ⋅ε ε= C ⋅σ
−1
Avec les conventions de signes de la R de M : σ =−C ⋅ε ε =−C ⋅σ

1.7 -- Potentiel de déformation et énergie de déformation de la structure dans un état


d’équilibre donné

• Potentiel de déformation W au point P banal de la structure :


1 t 1 t
- conventions de signes de la mécanique : W= ⋅ σ⋅ε = ⋅ ε⋅σ
2 2
1 t 1 t
- conventions de signes de la R de M : W=− ⋅ σ⋅ε =− ⋅ ε⋅σ
2 2
Voir travail des contraintes (dW) sur parallélépipède dxdydz de sommet P.

• Energie de déformation de la structure :


c’est le scalaire attaché à la structure dans un état d’équilibre donné : U = ∫∫∫ W ⋅ dv
V

Page II.1-2 -- 3
2 -- STRUCTURES A POUTRES, SYNTHESE DES RESULTATS PRECEDENTS

2.1 -- Rappel du chapitre II.1-1 : repère local G(s)xyz de la section droite banale G(s)

z
y
x
j
k (C)
t
G(s)
)
(S

G(s)x porté par la tangente orientée à la fibre moyenne, Gy et Gz porté par les axes principaux d’inertie de la section
droite pour former un repère orthonormé direct.
Un point quelconque d’une structure à poutres est repéré par l’abscisse curviligne « s » de la section droite qui le
⎡s ⎤
⎡ y⎤
contient et par ses coordonnées ⎢ ⎥ dans le repère local G(s)xyz de cette section droite, soit les coordonnées ⎢⎢ y ⎥⎥ .
⎣z ⎦ ⎢⎣ z ⎥⎦
RAPPEL : ∫∫ y ⋅ dydz = ∫∫ z ⋅ dydz = ∫∫ y ⋅ z ⋅ dydz = 0
S S S
Inertie principale I y = ∫∫ z 2 ⋅ dydz Inertie principale I z = ∫∫ y 2 ⋅ dydz
S S
Soit A une surface incluse dans S :
Moment statique de l’aire A par rapport à Gy : m A y = ∫∫A z ⋅ dy ⋅ dz
Moment statique de l’aire A par rapport à Gz : m A z = ∫∫A y ⋅ dy ⋅ dz

2.2 -- Rappel du chapitre II.1-1 : sollicitations et déformations des sections droites


(translation et rotation différentielles)

2.2.1 -- avec les conventions de signes de la mécanique

Dans la section banale G(s) :

• Les sollicitations dans la section G(s) sont les composantes de la résultante et du moment résultant des forces
extérieures appliquées aux abscisses curvilignes supérieures à s sur la fibre moyenne, dans le repère local de la
⎡N⎤ ⎡M x ⎤
section G(s)xyz : ⎢ ⎥ et ⎢M ⎥
⎢ Vy ⎥ ⎢ y⎥
⎢⎣ Vz ⎥⎦ ⎢⎣ M z ⎥⎦

→ →
• Les vecteurs translation et rotation différentielles δ Λ (s ) et δ Ω(s ) qui caractérisent la déformation des sections
droites dûe au chargement, sont projetés dans le même repère local de la section G(s)xyz avec les mêmes
⎡δu x (s )⎤ ⎡δω x (s )⎤
conventions de signes : ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ δu y ⎥ et ⎢ δω y ⎥
⎢⎣ δu z ⎥⎦ ⎢⎣ δω z ⎥⎦

Page II.1-2 -- 4
• Pour une structure plane chargée dans son plan considérée avec les conventions de signes de la mécanique :
Mz > 0
⎡N⎤ ⎡ 0 ⎤ N>0
z x s
Sollicitations : ⎢⎢Vy ⎥⎥ et ⎢ 0 ⎥
⎢ ⎥ G(s)
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣M z ⎥⎦ Vy > 0

Déformations des sections droites, translation et rotation différentielles :


z (s) >0
⎡δu x (s )⎤ ⎡ 0 ⎤ u x (s) > 0
⎢ δu ⎥ et ⎢ 0 ⎥ s
⎢ y ⎥ ⎢ ⎥ G(s)
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣δω z ⎥⎦ uy (s) > 0

2.2.2 -- Structure plane chargée dans son plan avec les conventions de signes de la résistance
des matériaux

Sollicitations calculées à droite : Calculées à gauche :


M> 0 M> 0

N>0 N>0
V>0 V>0

En conséquence, les conventions de signes pour les déformations des sections droites, vecteurs translation et rotation
différentielles seront les suivantes :
z (s) > 0
u x (s) > 0
s
G(s)
uy (s) > 0

2.3 -- Rappel du chapitre II.1-1 : structure à poutres, tenseur contraintes et tenseur


déformations – potentiel W de déformation

2.3.1 -- Avec les conventions de signes de la mécanique

• Au point banal P de la structure, dans le repère local G(s)xyz de la section droite contenant P :

⎡σ xxσ xz ⎤ σ xy
Tenseur contraintes : ⎢σ
0 0 ⎥⎥ (vecteur unitaire normal à dΣ intérieur à la partie « agissante »).
⎢ yx
⎢⎣ σ zx
0 0 ⎦ ⎥
Une contrainte normale positive est une traction.
⎡σ xx ⎤ ⎡σ xx ⎤
⎢σ ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ yy ⎥ ⎢ ⎥
⎢σ ⎥ ⎢ 0 ⎥
Vecteur contraintes généralisées : σ = ⎢ zz ⎥ = ⎢ ⎥
⎢σ xy ⎥ ⎢σ xy ⎥
⎢ σ yz ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢ σ xz ⎦⎥ ⎣⎢ σ xz ⎦⎥
• matériau isotrope à comportement élastique linéaire, relations contraintes / déformations et tenseur
déformations :

Page II.1-2 -- 5
⎡ ε xx ⎤ ⎡ σ xx E ⎤
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ ε yy ⎥ ⎢− ν ⋅ σ xx E⎥
⎢ ε ⎥ −1 ⎢− ν ⋅ σ xx E⎥
σ = C ⋅ε ε = ⎢ zz ⎥ = C ⋅ σ = ⎢ ⎥
⎢2 ⋅ ε xy ⎥ ⎢ σ xy G ⎥
⎢ 2 ⋅ ε yz ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢⎣2 ⋅ ε xz ⎥⎦ ⎢⎣ σ xz G ⎥⎦

⎡ε xx ε xy ε xz ⎤
D’où forme du tenseur déformations : ⎢ε ε yy 0 ⎥⎥
⎢ yx
⎢⎣ ε zx 0 ε zz ⎥⎦
• potentiel de déformation :

au point banal P considéré :


1 t 1 t σ2
W = ⋅ σ ⋅ ε = ⋅ ε ⋅ σ = xx +
2 2
1
2⋅E 2⋅G
⋅ σ 2xy + σ 2xz( )
2.3.2 -- structure plane chargée dans son plan avec les conventions de signes de la Résistance
des matériaux

• Au point banal P de la structure, dans le repère local G(s)xyz de la section droite contenant P :
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤
Tenseur contraintes : ⎢σ 0 0 ⎥⎥ (vecteur unitaire normal à dΣ extérieur à la partie « agissante »).
⎢ yx
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦
Une contrainte normale positive est une compression.
⎡σ xx ⎤ ⎡σ xx ⎤
⎢σ ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ yy ⎥ ⎢ ⎥
⎢σ ⎥ ⎢ 0 ⎥
Vecteur contraintes généralisées : σ = ⎢ zz ⎥ = ⎢ ⎥
⎢σ xy ⎥ ⎢σ xy ⎥
⎢ σ yz ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢⎣ σ xz ⎥⎦ ⎢⎣ σ xz ⎥⎦
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡σ xx σ xy σ xz ⎤
⎢ ⎥ = − ⎢⎢σ yx 0 ⎥⎥
Remarque : ⎢σ yx 0 0 ⎥ 0
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦ convention RdeM ⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦ convention Mécanique

• matériau isotrope à comportement élastique linéaire, relations contraintes / déformations et tenseur


déformations :
⎡ ε xx ⎤ ⎡ − σ xx E ⎤
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ ε yy ⎥ ⎢ ν ⋅ σ xx E⎥
⎢ ε ⎥ −1 ⎢ ν ⋅ σ xx E⎥
σ =−C ⋅ε ε = ⎢ zz ⎥ = − C ⋅ σ = ⎢ ⎥
⎢2 ⋅ ε xy ⎥ ⎢ − σ xy G ⎥
⎢ 2 ⋅ ε yz ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢2 ⋅ ε xz ⎦⎥ ⎣⎢ − σ xz G ⎦⎥

⎡ε xx ε xy ε xz ⎤
D’où forme du tenseur déformations : ⎢ε ε yy 0 ⎥⎥
⎢ yx
⎢⎣ ε zx 0 ε zz ⎥⎦
• potentiel de déformation :

au point banal P considéré :


1 t 1 t σ2
W = − ⋅ σ ⋅ ε = − ⋅ ε ⋅ σ = xx +
2 2
1
2⋅E 2⋅G
⋅ σ 2xy + σ 2xz ( )

Page II.1-2 -- 6
2.4 -- énergie de déformation

Quelles que soient les conventions de signes :

- Energie de déformation de l’ensemble de la structure :


⎡σ2
U = ∫∫∫V W ⋅ dx ⋅ dy ⋅ dz = ∫(C ) ds ⋅ ∫∫S W ⋅ dy ⋅ dz = ∫(C ) ds ⋅ ∫∫S ⎢ xx +
⎢⎣ 2 ⋅ E 2 ⋅ G
1
(⎤
)
⋅ σ 2xy + σ 2xz ⎥ ⋅ dy ⋅ dz
⎥⎦
- Energie de déformation de la tranche de poutre entre les abscisses curvilignes « s » et « s+ds »

dU = ds ⋅ ∫∫S W ⋅ dy ⋅ dz
⎡σ2
dU = ds ⋅ ∫∫S W ⋅ dy ⋅ dz = ds ⋅ ∫∫S ⎢ xx +
1
⎢⎣ 2 ⋅ E 2 ⋅ G
( ⎤
)
⋅ σ 2xy + σ 2xz ⎥ ⋅ dy ⋅ dz
⎥⎦

2.5 -- principe de la recherche des déformations des sections droites (translation et


→ →
rotation différentielles δ Λ (s ) et δ Ω(s ) ) en fonction des contraintes

• rappel : la déformation des sections droites est caractérisée par les 2 fonctions vectorielles de l’abscisse curviligne
→ →
sur la fibre moyenne (C), les vecteurs translation et rotation différentielles δ Λ (s ) et δ Ω(s ) tels que dans la
déformation due au chargement, le déplacement relatif de la section G(s+ds) par rapport à la section G(s) est la
composition :

- d’une translation infiniment petite δ Λ (s ) ⋅ ds

- d’une rotation infiniment petite δ Ω(s ) ⋅ ds de centre G(s)

→ →
les 2 vecteurs δ Λ (s ) et δ Ω(s ) sont projetés dans le repère local de la section G(s)xyz avec les mêmes conventions de


⎡δu x (s )⎤ →
⎡δω x (s )⎤
signes que les sollicitations : δ Λ (s ) : ⎢⎢ δu y ⎥⎥ et δ Ω(s ) : ⎢⎢ δω y ⎥⎥
⎢⎣ δu z ⎥⎦ ⎢⎣ δω z ⎥⎦
⎡N⎤ ⎡M x ⎤
• ⎢V ⎥ et ⎢ M ⎥ étant les sollicitations projetées dans le repère local de la section droite G(s)xyz, le
⎢ y⎥ ⎢ y⎥
⎣⎢ Vz ⎦⎥ ⎣⎢ M z ⎦⎥
théorème de Castigliano appliqué à la sous structure constituée par la tranche de poutre G(s), G(s+ds) assure les
résultats suivants :

δu x (s ) ⋅ ds =

∂N
(dU ) avec :
⎡σ2
dU = ds ⋅ ∫∫S W ⋅ dy ⋅ dz = ds ⋅ ∫∫S ⎢ xx +
1
⎢⎣ 2 ⋅ E 2 ⋅ G
( ⎤
)
⋅ σ 2xy + σ 2xz ⎥ ⋅ dy ⋅ dz
⎥⎦

∂ ⎡ ⎡ σ 2xx ⎤
Soit δu x =
∂N

[
∫∫S W ⋅ dy ⋅ dz = ] ⎢ ∫∫S ⎢ +
∂N ⎢ ⎢⎣ 2 ⋅ E 2 ⋅ G
1
( ⎤
⎥⎦
)
⋅ σ 2xy + σ 2xz ⎥ ⋅ dy ⋅ dz ⎥
⎥⎦

∂ ⎡ ⎡ σ 2xx ⎤
δu y =
∂Vy

[
∫∫S W ⋅ dy ⋅ dz = ] ⎢ ∫∫S ⎢ +
∂Vy ⎢ ⎢⎣ 2 ⋅ E 2 ⋅ G
1
( ⎤
⎥⎦
)
⋅ σ 2xy + σ 2xz ⎥ ⋅ dy ⋅ dz ⎥
⎥⎦

δu z =

∂Vz S
[ ]
∫∫ W ⋅ dy ⋅ dz = .....

∂ ⎡ ⎡ σ 2xx ⎤
δω x =

∂M x
[
∫∫S W ⋅ dy ⋅ dz = ]
⎢ ∫∫S ⎢ +
1
∂M x ⎢ ⎢⎣ 2 ⋅ E 2 ⋅ G

⎥⎦
(
⋅ σ 2xy + σ 2xz ⎥ ⋅ dy ⋅ dz ⎥
⎥⎦
)

⎡ ⎡σ2 ⎤
δω y =

∂M y
[
∫∫S W ⋅ dy ⋅ dz =

∂M y
] ⎢ ∫∫S ⎢ xx +
1
⎢⎣ ⎢⎣ 2 ⋅ E 2 ⋅ G
(
⋅ σ 2xy + σ 2xz )⎤⎥⎥ ⋅ dy ⋅ dz⎥⎥ .
⎦ ⎦

δω z =

[
∫∫ W ⋅ dy ⋅ dz = .....
∂M z S
]
Page II.1-2 -- 7
3 -- UN TYPE DE POUTRE PARTICULIER : LES PROFILS MINCES

Voir annexe 2 du chapitre II.1-1

3.1 -- Définitions

• Une telle section droite est constituée d’un assemblage de parois minces.

Elle est définie par :


- sa ligne moyenne (L) tracée à mi-épaisseur de la paroi, sur laquelle on définit une origine, une
orientation et une abscisse curviligne σ ,
- l’épaisseur de la paroi le long de la ligne moyenne (L), e(σ ) , fonction de l’abscisse curviligne σ .

Un point de la section droite est alors repéré par :


- l’abscisse curviligne σ , de la normale à (L) qui le contient,
- sa position sur cette normale à (L) : son abscisse ξ sur cette normale.
z

1
e( )

x
G(s) y
O

(L)
2

• On distingue les profils minces ouverts et les profils minces fermés à une ou plusieurs alvéoles :

- profils minces ouverts :


z z

y
x
x y
G(s)
G(s)

- profils minces fermés :

profil mince fermé à une alvéole z profil mince fermé à deux alvéoles z

G(s) G(s)
y y
x x

Page II.1-2 -- 8
3.2 -- Hypothèses simplificatrices

- hypothèse simplificatrice (1) : on suppose la matière concentrée sur la ligne moyenne (L) du profil , en
particulier pour le calcul des caractéristiques géométriques et mécaniques des sections droites
- hypothèse simplificatrice (2) : sur une facette quelconque de la section droite, la contrainte de cisaillement
est parallèle aux parois.

• conséquences de l’hypothèse (1), caractéristiques mécaniques des sections droites de profil mince

G est le centre de gravité de la section, Gyz ses axes principaux d’inertie.

⎛ y(σ )⎞
Le point banal de la ligne moyenne (L) est repéré dans Gyz par ses coordonnées paramétriques ⎜⎜ ⎟⎟ exprimés
⎝ z(σ ) ⎠
en fonction de son abscisse curviligne σ sur (L).

S = ∫(L ) e(σ ) ⋅ dσ ∫(L ) y(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ = ∫(L ) z(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ = ∫(L ) y(σ ) ⋅ z(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ = 0
Inertie principale I y = ∫∫ z 2 ⋅ dydz = ∫(L ) z(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ
2
S
Inertie principale I z = ∫∫ y 2 ⋅ dydz = ∫(L ) y(σ )2 ⋅ e(σ ) ⋅ dσ
S
Soit A l’aire comprise entre les 2 normales à (L) d’abscisses curvilignes respectives σ1 et σ 2 :
Moment statique de l’aire A par rapport à Gy : m A y = ∫∫A z ⋅ dy ⋅ dz = ∫σσ 2 z(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ
1

Moment statique de l’aire A par rapport à Gz : m A z = ∫∫A y ⋅ dy ⋅ dz = ∫σσ 2 y(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ


1

Page II.1-2 -- 9
4 -- STRUCTURE A POUTRES SPATIALE – LE PROBLEME DE SAINT-VENANT, SES HYPOTHESES ET SES
PRINCIPAUX RESULTATS

4.1 -- Position du problème

Le problème de Saint-Venant consiste en la recherche :


- du tenseur contraintes en tout point d’une poutre rectiligne AB, de section droite constante
(caractéristiques mécaniques constantes), en équilibre sous l’action, uniquement, de contraintes exercées
dans ses 2 sections droites d’extrémité A et B (éléments de réduction sous forme de sollicitations dans
chacune des 2 sections).
- Par intégration directe des équations de base de la mécanique des milieux continus déformables, dans le
cadre des hypothèses :
(H1) petites déformations et petits déplacements,
(H2) matériau à comportement isotrope, élastique, linéaire,
Hypothèses simplificatrices de la théorie des poutres.

• Le repère global retenu Oxyz est le repère local de la section droite d’origine A(s=0,y,z).
On confondra dans toute la suite l’abscisse curviligne « s » sur la fibre moyenne avec l’abscisse « x » sur la fibre
moyenne droite.
y

A B x
z

• Actions appliquées données

Donc pas de forces de volume appliquées, pas de forces de surface sur la surface latérale.
Actions appliquées : torseurs des contraintes sur les 2 sections d’extrémité :

⎡R xA ⎤ →
⎡M xA ⎤ →
⎡R xB ⎤ →
⎡M xB ⎤

en A : R A = ⎢ R yA ⎥ ⎥ ⎢
M A = ⎢M yA ⎥ ⎥ en B : ⎢
R B = ⎢ R yB ⎥ ⎥ M B = ⎢⎢M yB ⎥⎥
⎢⎣ R zA ⎥⎦ ⎢⎣ M zA ⎥⎦ ⎢⎣ R zB ⎥⎦ ⎢⎣ M zB ⎥⎦

actions extérieures appliquées du chargement


y

RzA RzB
M zA M zB
M xA M xB

A B x
RxA RxB
z
M yA RyA M yB R yB

L
• Toutes les grandeurs considérées, sollicitations, déformations des sections droites (vecteurs translation et rotation
différentielles), tenseur contraintes et tenseur déformations sont prises en compte avec les conventions de signes
de la mécanique.
⎡s = x ⎤
• Les composantes σ ij du tenseur contraintes en P ⎢⎢ y ⎥⎥ sont fonctions :
⎣⎢ z ⎦⎥
- des sollicitations dans la sections G(s) qui contient le point P (incidence du chargement)
- des caractéristiques géométriques et mécaniques de la section droite G(s),
- des coordonnées (y,z) de P dans le repère local G(s)xyz de la section droite G(s).

Page II.1-2 -- 10
4.2 -- hypothèses générales retenues

• Ce sont les hypothèses simplificatrices de la théorie des poutres :


- (HS1) : hypothèse de Saint-Venant,
- (HS2) : hypothèse de Navier-Bernouilli généralisée,
- (HS3) : nullité de la contrainte normale sur toute facette parallèle à la fibre moyenne,

envisagées dans le cadre de la mécanique des milieux continus déformables avec les 2 hypothèses suivantes :
- (H1) : déformations et déplacements sont infiniment petits,
- (H2) : les matériaux constitutifs ont un comportement isotrope élastique linéaire.

• Conséquence directe : principe de superposition

La 1ière hypothèse simplificatrice (contraintes et sollicitations en un point ne dépendent que des sollicitations dans
la section droite) permet d’étudier les contraintes et déformations de la section G(s) en étudiant l’équilibre du
système G(s)G(s+ds) soumis aux efforts Si (s ) et Si (s + ds ) (sollicitations) ;
Associé au comportement linéaire de la structure ou de ses parties vis-à-vis des chargements, appliqué à la tranche
de poutre G(s)G(s+ds) : ⇒ σij = ∑ σij (Sk ) de même : ε ij = ∑ ε ij (Sk )
k =1,6 k =1,6

4.3 -- Les équations qui régissent le problème, équations de base de la mécanique des
milieux continus déformables et hypothèses simplificatrices de la théorie des
poutres

4.3.1 -- Forme du tenseur contraintes


⎡σ xx σ xy σ xz ⎤
dans le repère local de la section droite : ⎢σ 0 0 ⎥⎥
⎢ yx
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦

4.3.2 -- Equations d’équilibre (avec forces de volume nulles)

σ xy = σ yx σ xz = σ zx

⎡σ xx ⎤ ⎡σ xx ⎤
⎢σ ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎡∂ ∂x 0 0 ∂ ∂y 0 ∂ ∂z ⎤ ⎢ yy ⎥ ⎡f x ⎤ ⎡∂ ∂x 0 0 ∂ ∂y 0 ∂ ∂z ⎤ ⎢ ⎥
⎢ 0 ⎢ σ ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ ∂ ∂y 0 ∂ ∂x ∂ ∂z 0 ⎥⎥ ⋅ ⎢ zz ⎥ + ⎢⎢f y ⎥⎥ = ⎢⎢ 0 ∂ ∂y 0 ∂ ∂x ∂ ∂z 0 ⎥⎥ ⋅ ⎢ ⎥= 0
⎢ σ xy ⎥ ⎢ σ xy ⎥
⎢⎣ 0 0 ∂ ∂z 0 ⎥
∂ ∂y ∂ ∂x ⎦ ⎢ f ⎥ ⎢ 0 0 ∂ ∂z 0 ⎥
∂ ∂y ∂ ∂x ⎦
⎢ σ yz ⎥ ⎣ z ⎦ ⎣ ⎢ 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢ σ xz ⎦⎥ ⎣⎢ σ xz ⎦⎥
∂σ xx ∂σ xy ∂σ xz ∂σ xy ∂σ xz
+ + =0 =0 =0
∂x ∂y ∂z ∂x ∂x

4.3.3 -- Conditions d’intégrabilité du tenseur déformations, en fonction des contraintes

(1 + ν ) ⋅ ∆σ x i y j +
(
∂ 2 σ xx + σ yy + σ zz )=0 ( ∆ est l’opérateur laplacien :
∂2
+
∂2
+
∂2
)
∂x i ∂x j ∂x 2 ∂y 2 ∂z 2
Soit les 6 équations :
∂ 2 σ xx ∂ 2 σ xx
(1 + ν ) ⋅ ∆σ xx + =0 (1 + ν ) ⋅ ∆σ xy + =0
∂x 2 ∂x∂y
∂ 2 σ xx ∂ 2 σ xx
=0 (1 + ν ) ⋅ ∆σ xz + =0
∂y 2 ∂x∂z

∂ 2 σ xx ∂ 2 σ xx
=0 =0
∂z 2 ∂y∂z

Page II.1-2 -- 11
Soit les 6 équations :

∂ 2 σ xx ∂ 2 σ xx ∂ 2 σ xx ∂ 2 σ xx
=0 =0 =0 =0
∂x 2 ∂y 2 ∂z 2 ∂y∂z

⎡ ∂ 2 σ xy ∂ 2 σ xy ⎤ ∂ 2 σ xx ⎡ ∂ 2 σ xz ∂ 2 σ xz ⎤ ∂ 2 σ xx
(1 + ν )⋅ ⎢ + ⎥+ =0 (1 + ν )⋅ ⎢ + ⎥+ =0
⎢ ∂y 2
⎣ ∂z 2 ⎥⎦ ∂x∂y ⎢⎣ ∂y 2 ∂z 2 ⎥⎦ ∂x∂z

4.3.4 -- Conditions de fermeture

Quand la section droite comporte des alvéoles (n alvéoles : i = 1,n) :

6 équations de fermeture par alvéole écrites sur un contour fermé entourant l’alvéole « i » , soit 6 x n équations :

∫(Ci ) du x (x, y, z ) = 0 ∫(Ci ) du y (x, y, z ) = 0 ∫(Ci ) du z (x, y, z ) = 0


∫(Ci ) drx (x, y, z ) = 0 ∫(Ci ) dry (x, y, z ) = 0 ∫(Ci ) drz (x, y, z ) = 0
⎡u x (x , y, z )⎤
rappel : ⎢ uy ⎥ = composantes de la translation du point banal P (x,y,z)
⎢ ⎥
⎢⎣ uz ⎥⎦
⎡rx (x, y, z )⎤
⎢ ry ⎥ = composantes de la rotation de l’élément de matière centré sur P (x,y,z)
⎢ ⎥
⎢⎣ rz ⎥⎦

4.3.5 -- Conditions aux limites de type équilibre

• Sur la surface latérale de la poutre (pas de forces de surface appliquées ) :

⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡ 0 ⎤
⎢σ 0 0 ⎥⎥ ⋅ ⎢⎢α ⎥⎥ = 0 soit : α ⋅ σ xy + β ⋅ σ xz = 0
⎢ yx
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦ ⎢⎣β ⎥⎦

• L’équilibre statique de la poutre s’écrit :


→ → → → → → → →
RA+ RB = 0 M A + M B + AB∧ R B = 0

R xA + R xB = 0 R yA + R yB = 0 R zA + R zB = 0
M xA + M xB = 0 M yA + M yB − L ⋅ R zB = 0 M zA + M zB + L ⋅ R yB = 0

• Sur les 2 sections droites d’extrémité, on écrit que les sollicitations externes appliquées sont égales aux
sollicitations internes :

- sur la section d’extrémité (A) s = x = 0 avec les conventions de la mécanique :


⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡− 1⎤ ⎡R xA ⎤ ⎡R xB ⎤
R A = ⎢⎢σ xy 0 ⎥ ⋅ ⎢ 0 ⎥ ⋅ dy ⋅ dz = ⎢R yA ⎥ = − ⎢⎢ R yB ⎥⎥
⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
∫∫ 0
S ⎢⎣ σ xz 0 0 ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ R zA ⎥⎦ ⎢⎣ R zB ⎥⎦

⎡ 0 ⎤ ⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡− 1⎤ ⎡M xA ⎤ ⎡ M xB ⎤
→ → → ⎢ ⎥
⎢ y ⎥ ∧ ⎢σ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
∫∫
M A = GP∧ σ (y, z ) ⋅ dy ⋅ dz = ⎢ ⎥ ⎢ xy ∫∫ 0 0 ⎥ ⋅ ⎢ 0 ⎥ ⋅ dy ⋅ dz = ⎢ M yA ⎥ = − ⎢M yB − L ⋅ R zB ⎥
⎢M + L ⋅ R ⎥
S S ⎢⎣ z ⎥⎦ ⎢⎣ σ xz 0 0 ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ M zA ⎥⎦
⎣ zB yB ⎦

Page II.1-2 -- 12
Soit pour x = 0 : ∫∫ σ xx ⋅ dy ⋅ dz = R xB ∫∫ σ xy ⋅ dy ⋅ dz = R yB ∫∫ σ xz ⋅ dy ⋅ dz = R zB
S S S

∫∫ (y ⋅ σ xz − z ⋅ σ xy )⋅ dy ⋅ dz = M xB ∫∫ z ⋅ σ xx ⋅ dy ⋅ dz = M yB − L ⋅ R zB − ∫∫ y ⋅ σ xx ⋅ dy ⋅ dz = M zB + L ⋅ R yB
S S S

- sur la section d’extrémité (B) : s=x=L

⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡1⎤ ⎡R xB ⎤ ⎡ 0 ⎤ ⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡1⎤ ⎡M xB ⎤
⎢ 0 ⎥ ⋅ ⎢0⎥ ⋅ dy ⋅ dz = ⎢⎢R yB ⎥⎥
⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ 0 ⎥ ⋅ ⎢0⎥ ⋅ dy ⋅ dz = ⎢⎢M yB ⎥⎥
⎥ ⎢ ⎥
∫∫ ⎢σ xy 0 ∫∫ ⎢ y⎥ ∧ ⎢σ xy 0
S ⎢σ 0 0 ⎥⎦ ⎢⎣0⎥⎦ ⎢⎣ R zB ⎥⎦ S ⎢z ⎥ ⎢σ 0 0 ⎥⎦ ⎢⎣0⎥⎦ ⎢⎣ M zB ⎥⎦
⎣ xz ⎣ ⎦ ⎣ xz

Soit pour x = L : ∫∫ σ xx ⋅ dy ⋅ dz = R xB ∫∫ σ xy ⋅ dy ⋅ dz = R yB ∫∫ σ xz ⋅ dy ⋅ dz = R zB
S S S

∫∫ (y ⋅ σ xz − z ⋅ σ xy )⋅ dy ⋅ dz = M xB ∫∫ z ⋅ σ xx ⋅ dy ⋅ dz = M yB − ∫∫ y ⋅ σ xx ⋅ dy ⋅ dz = M zB
S S S

4.4 -- Calcul de la contrainte longitudinale σ xx

∂ 2 σ xx ∂ 2 σ xx ∂ 2 σ xx ∂ 2 σ xx
• =0 =0 =0 =0 ⇒ σ xx = y ⋅ (a ⋅ x + b ) + z ⋅ (c ⋅ x + d ) + e ⋅ x + f
∂x 2 ∂y 2 ∂z 2 ∂y∂z

∂ 2σ ∂ 2σ
( = 0 ⇒ σ = x ⋅ f (y, z ) + g(y, z ) ; = 0 ⇒ f (y, z ) = y ⋅ f1 (z ) + f 2 (z ) et g(y, z ) = y ⋅ g1(z ) + g 2 (z ) ….)
∂x 2 ∂y 2

• rappel : ∫∫ y ⋅ dydz = ∫∫ z ⋅ dydz = ∫∫ y ⋅ z ⋅ dydz = 0 Inerties principales : I y = ∫∫ z 2 ⋅ dydz I z = ∫∫ y 2 ⋅ dydz


S S S S S

• Dans la section d’extrémité (A) x = 0 : σ xx = b ⋅ y + d ⋅ z + f

∫∫ σ xx ⋅ dy ⋅ dz = R xB ∫∫ z ⋅ σ xx ⋅ dy ⋅ dz = M yB − L ⋅ R zB − ∫∫ y ⋅ σ xx ⋅ dy ⋅ dz = M zB + L ⋅ R yB
S S S
R xB M yB − L ⋅ R zB M zB + L ⋅ R yB
⇒ f= d= b=−
S Iy Iz

• Dans la section d’extrémité (B) x = L : σ xx = (a ⋅ L + b ) ⋅ y + (c ⋅ L + d ) ⋅ z + e ⋅ L + f

∫∫ σ xx ⋅ dy ⋅ dz = R xB ∫∫ z ⋅ σ xx ⋅ dy ⋅ dz = M yB − ∫∫ y ⋅ σ xx ⋅ dy ⋅ dz = M zB
S S S
R xB M yB M zB
⇒ e⋅L + f = c⋅L + d = a ⋅L + b = −
S Iy Iz
R zB R yB
⇒ e=0 c= a=
Iy Iz

• Sollicitations dans la section droite G(x) d’abscisse curviligne s = x , avec les conventions de la mécanique :
→ → → → −− → →
Torseur des efforts « aval » : R G (x ) = R B M G (x ) = M B + G (x )B∧ R B
Sollicitations en G(x) : N = R xB M y (x ) = M yB − (L − x ) ⋅ R zB M z (x ) = M zB + (L − x ) ⋅ R yB

N(s ) M y (s ) ⋅ z M z (s ) ⋅ y
• On en déduit : σ xx (s, y, z ) = σ xx = + −
S(s ) I y (s ) I z (s )

Page II.1-2 -- 13
4.5 -- Calcul des composantes σ xy et σ xz du tenseur contraintes, limites de la
résolution de Saint-Venant et conséquences

On ne présente pas ci-dessous la suite détaillée du calcul de Saint-Venant, mais simplement ses principaux résultats.

4.5.1 -- Les limites de la résolution de Saint-Venant


Pour une section droite sans alvéole, le problème de Saint-Venant a une solution définie mathématiquement mais
pratiquement peu exploitable, sauf dans le cas de la torsion pure (gauchissement non géné).

Pour une section droite avec une ou plusieurs alvéoles :


Dans le cas général, il n’y a pas de solution au problème de Saint-Venant.
Le problème n’a une solution que :
- quand la section droite ne comporte qu’une seule alvéole de même centre de gravité que la section totale.
- Ou bien dans le cas de la seule torsion pure (gauchissement non géné)
4.5.2 -- Conséquences

En conséquence, on présente dans la suite, l’analyse des contraintes σ xy et σ xz :


- en séparant l’effet de l’effort tranchant et celui de la torsion,
- en présentant une approche différente de celle de Saint-Venant basée sur les propriétés du flux de
cisaillement dans la section droite qui permet :
¾ une analyse élémentaire de l’effet de l’effort tranchant,
¾ une analyse efficace de l’effet de l’effort tranchant et de la torsion pure sur les profils minces
quelconques ouverts ou fermés.
- en présentant l’étude de la torsion pure de la résolution de Saint-Venant.

4.5.3 -- Les résultats intermédiaires remarquables du calcul de Saint-Venant des composantes


σ xy et σ xz du tenseur contraintes

Evident mais à rappeler : σ xy et σ xz ne sont pas fonction de s = x , mais uniquement de y et z : σ xz (y, z ) ,


σ xz (y, z )

4.5.3.1 -- Gauchissement des sections droites


Sous sollicitations d’effort normal et de flexion, les sections droites de la structure restent planes.
Sous sollicitations d’effort tranchant et de torsion, les sections droites de la structure se gauchissent.

4.5.3.2 -- La torsion

• Centre de torsion :

Le calcul des contraintes de cisaillement d’effort tranchant (par la résolution de Saint-Venant ou par une approche
différente), permet de calculer, par intégration sur la section droite, les sollicitations internes d’efforts tranchants
Vyint et Vzint , ainsi que leurs éléments de réduction, résultante et moment résultant, en un point quelconque de la
section droite.
Ces résultats montrent que la résultante en question ( Vyint , Vzint ) passe par un point fixe de la section droite,
quel que soit l’état d’équilibre envisagé. Ce point fixe qui n’est pas le centre de gravité, est appelé le centre de
torsion de la section : T(s).

Il est attaché à la section droite comme une caractéristique mécanique de la section.

⎡ 0 ⎤ ⎡0⎤
⎢ y (s )⎥ = ⎢ y ⎥
les coordonnées de T(s) dans le repère local G(s)xyz de la section sont notées : ⎢ T ⎥ ⎢ T⎥
⎢⎣ z T (s )⎥⎦ ⎢⎣ z T ⎥⎦
Elles sont déterminées simplement à partir des contraintes de cisaillement d’effort tranchant dont on
recherchera le point de passage de la résultante.

Page II.1-2 -- 14
• Contraintes, déformations et déplacements de torsion, sollicitation moment de torsion :

Les sections droites d’une poutre sollicitée en torsion tournent autour d’un axe longitudinal, lieu des centres de
torsion des sections droites.
En conséquence, en torsion, les déplacements et les déformations des sections droites (les 2 vecteurs translation et
rotation différentielles), sont remplacés par les expressions suivantes :
le déplacement de la section banale G(x) est la composition, dans G(s)xyz :
⎡u x (x, y, z )⎤
- du gauchissement défini par le champ de déplacements sur la section droite G(x) : ⎢⎢ 0 ⎥

⎢⎣ 0 ⎥⎦


⎡Ω1x (x )⎤
- de la rotation autour du centre de torsion T : Ω1(x ) = ⎢⎢ 0 ⎥⎥ associée au vecteur rotation différentielle
⎢⎣ 0 ⎥⎦


⎡δω x ⎤
autour du centre de torsion T : δ Ω1(x ) = ⎢⎢ 0 ⎥⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦
les contraintes et les déformations de torsion sont définies en fonction de la sollicitation moment de torsion
calculée au centre de torsion des sections droites.
Plus précisément, cette sollicitation moment de torsion, C(s), est la composante sur l’axe G(s)x du repère local
G(s)xyz, du moment résultant précédent calculé au centre de torsion T de la section droite :
→ → → →
M ext (s ) + TG ∧ R ext (s ) Si t (s ) est le vecteur unitaire de l’axe G(s)x :
⎡→ → → ⎤ →
C(s ) = ⎢M ext (s ) + TG ∧ R ext (s )⎥ ⋅ t (s ) = M x (s ) − y T .Vz (s ) + z T .Vy (s )
⎣ ⎦

• En conclusion :

Les contraintes et déformations à l’équilibre dans une section droite donnée sont calculées à partir des
sollicitations extérieures dans la section considérée :
- pour toutes les sollicitations, hormis la torsion, à partir des sollicitations calculées au centre de gravité de la
section droite considérée, en particulier pour la flexion :
moments de flexion calculés au centre de gravité de la section, M yext (s ) et M zext (s ) ,
- pour la torsion, à partir de la sollicitation couple de torsion C(s) calculée au centre de torsion T(s) de la
section : C(s ) = M x ext (s ) − y T .Vz ext (s ) + z T .Vyext (s )
⎡N⎤ ⎡ C ⎤
- Les sollicitations prises en compte sont donc les suivantes ⎢Vy ⎥ et ⎢⎢M y ⎥⎥
⎢ ⎥
⎢⎣ Vz ⎥⎦ ⎢⎣ M z ⎥⎦

4.5.4 -- hypothèse complémentaire relative à l’incidence du gauchissement – torsion libre /


torsion gênée
Un résultat intermédiaire du calcul de Saint-Venant est que sous sollicitations d’effort tranchant et de torsion, les
sections droites se gauchissent.

4.5.4.1 -- gauchissement d’effort tranchant

Le gauchissement des sections droites sous sollicitation d’effort tranchant, sans torsion est considéré comme
négligeable.

4.5.4.2 -- Gauchissement de torsion

• La torsion pure ou libre est relative aux sections qui peuvent se gauchir librement.
Physiquement un encastrement de torsion pure dans une section droite d’une poutre est constitué d’un dispositif
qui empêche cette section droite de tourner autour de son axe longitudinal Gx ou Tx et qui laisse libre tout autre
déformation de la section.

Page II.1-2 -- 15
C’est un dispositif physique qui n’est ni courant ni pratique. E n général la torsion est gênée c’est à dire que le
gauchissement est bloqué dans les sections droites d’encastrement et gêné dans les autres sections.

• En conséquence, l’incidence du moment de torsion C est décomposable en 2 états superposables :

- Incidence de base : la torsion libre, c'est-à-dire un état où les sections droites sont libres de se gauchir sous
sollicitation de torsion. Dans cet état la torsion ne produit que des contraintes de cisaillement σ xy et σ xz
- Une incidence complémentaire de torsion gênée quand les sections droites ne sont pas libres de se gauchir
sous sollicitations de torsion ; il y a alors génération de contraintes additionnelles ∆ Cσ xx , ∆ Cσ xy , ∆ Cσ xz

• On en déduit la forme générale des composantes du tenseur contraintes

- La composante σ xx du tenseur contraintes est fonction des sollicitations :


⎡ N⎤ ⎡C : uniquement en cas de torsion gênée (∆ C σ xx )⎤
⎢0⎥ et ⎢ My ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ Mz ⎥⎦

- Les composantes σ xy et σ xz du tenseur contraintes sont fonctions des sollicitations :


⎡ 0 ⎤ ⎡C : torsion libre et gênée (σ + ∆ C σ)⎤
⎢V ⎥ et ⎢ 0 ⎥
⎢ y⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢ Vz ⎦⎥ ⎣⎢ 0 ⎦⎥

4.5.4.3 -- Hypothèse complémentaire relative à l’incidence du gauchissement

• Dans ce qui suit, on ne prend pas en compte l’incidence complémentaire de la torsion gênée ; on considère que la
torsion est libre.

En conséquence 1 :
⎡N⎤ ⎡ 0 ⎤
- La composante σ xx du tenseur contraintes est fonction des sollicitations ⎢ 0 ⎥ et ⎢⎢M y ⎥⎥
⎢ ⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ M z ⎥⎦
Et ces dernières sollicitations ne produisent que des contraintes σ xx
⎡ 0 ⎤ ⎡C : torsion libre ⎤
- Les composantes σ xy et σ xz du tenseur contraintes sont fonctions de ⎢⎢Vy ⎥⎥ et de ⎢
⎢ 0 ⎥

⎢⎣ Vz ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦
Et ces dernières sollicitations ne produisent que des contraintes σ xy et σ xz .

En conséquence 2 :

L’expression du potentiel de déformation au point banal vu au paragraphe 2.4 ci-dessus :


1 t 1 t σ2
W = ⋅ σ ⋅ ε = ⋅ ε ⋅ σ = xx +
2 2
1
2⋅E 2⋅G
( )
⋅ σ 2xy + σ 2xz se décompose en 2 parties :

σ 2xx
- l’une W1 = ne dépend que des sollicitations N, M y , M z dans la section droite contenant le point
2⋅E
considéré,
- l’autre W2 =
1
2⋅G
( )
⋅ σ 2xy + σ 2xz ne dépend que des sollicitations Vy , Vz et C dans la section droite

contenant le point considéré.

Cette conséquence 2 est importante pour l’application du théorème de Castigliano dans le calcul des
composantes des vecteurs translation et rotation différentielles (représentatifs de la déformation des sections
droites).

Page II.1-2 -- 16
• Remarque 1 :

Quand les sections droites sont massives ou sont des profils minces fermés, leur raideur en torsion est importante
et en conséquence :
- elles drainent des sollicitations de torsion importantes (en rapport avec leur raideur)
- par contre leur gauchissement libre est faible (en rapport inverse avec leur raideur) et l’effet du gauchissement
gêné est lui-aussi faible, négligeable.

• Remarque 2 :

Quand les sections droites sont fines ou sont des profils minces ouverts, leur raideur en torsion est faible
(beaucoup plus faible que pour un profil équivalent fermé) et en conséquence :
- elles drainent de faibles et même très faibles sollicitations de torsion (en rapport avec leur raideur)
- par contre leur gauchissement libre est important (en rapport inverse avec leur raideur) et l’effet du
gauchissement gêné peut être relativement important.
Par contre ces sections ne sont pas faites, de toute évidence, pour équilibrer un moment de torsion. Les structures
correctement conçues ne comportent pas ce type de sections droites travaillant en torsion. En général, on néglige
leur participation en torsion à l’équilibre général de la structure.

Page II.1-2 -- 17
5 -- STRUCTURE SPATIALE QUELCONQUE - EXPRESSIONS DES COMPOSANTES DU TENSEUR
CONTRAINTES EN UN POINT QUELCONQUE DE LA STRUCTURE ET CONSEQUENCES SUR LES
DEFORMATIONS

• Rappel :

un point P quelconque de la structure en équilibre sous un cas de charges donné, est repéré dans la géométrie
initiale non déformée par ses coordonnées (s, y, z), avec :
« s » abscisse curviligne sur la fibre moyenne de la section droite G(s) qui contient P,
(0, y, z) les coordonnées de P dans le repère local de la section G(s)xyz .

• Toutes les grandeurs considérées, sollicitations, déformations des sections droites (vecteurs translation et rotation
différentielles), tenseur contraintes et tenseur déformations sont prises en compte avec les conventions de signes
de la mécanique.

⎡σ xx σ xy σ xz ⎤
• Dans le repère local de la section G(s)xyz, le tenseur contraintes en P est de la forme : ⎢σ 0 0 ⎥⎥
⎢ yx
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦
⎡ N(s )⎤ ⎡C(s )⎤
• A l’équilibre sous le cas de charges considéré, les sollicitations dans la section G(s) sont : ⎢⎢ Vy ⎥⎥ ⎢M ⎥
⎢ y⎥
⎢⎣ Vz ⎥⎦ ⎢⎣ M z ⎥⎦
• L’objectif est de déterminer les composantes du tenseur contraintes en P, dans le repère local de la section droite
G(s)xyz en fonction :
- des sollicitations dans la section droite qui le contient,
- des caractéristiques géométriques et mécaniques de cette section,
- des coordonnées (y,z) de P dans la section.

• On se place dans le cadre des hypothèses énoncées ci-dessus.

5.1 -- Tenseur contraintes produit par les sollicitations d’effort normal et de flexion -
composante σ xx du tenseur contraintes – conséquences

N(s ) M y (s ) ⋅ z M z (s ) ⋅ y
• La résolution de Saint-Venant présentée ci-dessus montre que : σ xx (s, y, z ) = σ xx = + −
S(s ) I y (s ) I z (s )
⎡σ xx 0 0⎤
et le tenseur contraintes en P (s,y,z) ⎢⎢ 0 0 0⎥⎥
⎢⎣ 0 0 0⎥⎦

• D’où, tenseur déformations en P(s,y,z) :


⎡ ε xx ⎤ ⎡ σ xx E ⎤
⎢ ε ⎥ ⎢ ⎥
⎡ε xx ε xy ε xz ⎤ ⎡ε xx 0 0 ⎤ ⎢ yy ⎥ ⎢− ν ⋅ σ xx E ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ε ⎥ ⎢− ν ⋅ σ xx E ⎥
⎢ε yx ε yy ε yz ⎥ = ⎢⎢ 0 ε yy 0 ⎥⎥ Avec : ε = ⎢ zz ⎥ = ⎢ ⎥
⎢ ε zx ε zy ε zz ⎥⎦ ⎢⎣ 0 0 ε zz ⎥⎦ ⎢2 ⋅ ε xy ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎣ ⎢ 2 ⋅ ε yz ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢ 2 ⋅ ε xz ⎦⎥ ⎣⎢ 0 ⎦⎥

• Potentiel de déformation

W=
σ 2xx
+
2⋅E 2⋅G
1
( ) σ2
⋅ σ 2xy + σ 2xz = xx
2E

Page II.1-2 -- 18
• Energie de déformation dU de la tranche de poutre comprise entre les sections G(s) et G(s+ds) :
ds
dU = ds ⋅
S ∫∫
W ⋅ dy ⋅ dz =
2⋅E S
⋅ ∫∫
σ 2xx ⋅ dy ⋅ dz avec :

N(s ) M y (s ) ⋅ z M z (s ) ⋅ y
σ xx (s, y, z ) = + −
S(s ) I y (s ) I z (s )

et les relations dans le repère local de la section : ∫∫S y.dy.dz = ∫∫S z.dy.dz = ∫∫S y.z.dy.dz = 0
Inertie principale I y = ∫∫ z 2 ⋅ dydz Inertie principale I z = ∫∫ y 2 ⋅ dydz
S S
⎡ M (s ) ⋅ z ⎞
2 2⎤ ⎡ 2 M2 2⎤
⎢⎛⎜ N(s ) ⎞⎟ + ⎜ y ⎟ + ⎛⎜ M z (s ) ⋅ y ⎞⎟ ⎥ ⋅ dy ⋅ dz = ds ⋅ ⎢ N + y + M z ⎥
2 ⎛
ds
D’où dU = ⋅∫∫ ⎜
2 ⋅ E S ⎢⎝ S(s ) ⎠ ⎟ ⎜ I y (s ) ⎟
⎝ ⎠
⎜ I (s ) ⎟ ⎥
⎝ z ⎠ ⎥ 2⋅E ⎢ S Iy Iz ⎥
⎢⎣ ⎦ ⎣ ⎦

ds ⎡⎢ N 2 M y M z ⎤⎥
2 2
dU = ⋅ + +
2⋅E ⎢ S Iy Iz ⎥
⎣ ⎦

• Déformations des sections droites

Dans le repère local G(s)xyz :



⎡δu x ⎤ →
⎡δω x ⎤
vecteur translation différentielle : δ Λ (s ) = ⎢⎢δu y ⎥⎥ vecteur rotation différentielle : δ Ω(s ) = ⎢⎢δω y ⎥⎥
⎢⎣ δu z ⎥⎦ ⎢⎣ δω z ⎥⎦
en appliquant le théorème de Castigliano à la tranche de poutre G(s)G(s+ds) :
∂ (dU ) N(s ) ∂(dU ) ∂ (dU )
δu x (s ) ⋅ ds = = ⋅ ds δu y (s ) ⋅ ds = =0 δu z (s ) ⋅ ds = =0
∂N E ⋅S ∂Vy ∂Vz
∂ (dU ) ∂ (dU ) M y (s ) M z (s )
δω x (s ) ⋅ ds = =0 δω y (s ) ⋅ ds = = ⋅ ds δω z (s ) ⋅ ds = ⋅ ds
∂C ∂M y E ⋅ I y (s ) E ⋅ I z (s )
N(s ) M y (s ) M z (s )
soit : δu x = δω y = δω z =
e ⋅ S(s ) E ⋅ I y (s ) E ⋅ I z (s )

D’où les composantes des vecteurs translation et rotation différentielles dans le repère local de la section G(s)xyz.


⎡ N(s ) E ⋅ S(s )⎤ →
⎡ 0 ⎤
δ Λ (s ) = ⎢⎢ 0 ⎥


δ Ω(s ) = ⎢M y (s ) E ⋅ I y (s )⎥⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ M z (s ) E ⋅ I z (s ) ⎥⎦

5.2 -- Les composantes σ xy et σ xz du tenseur contraintes, flux de cisaillement

Dans le repère local G(s)xyz de la section droite concernée, les composantes σ xy et σ xz du tenseur cotraintes en un
point de la section, sont induites par les sollicitations d’effort tranchant et de torsion (pure ou libre).
Inversement les sollicitations d’effort tranchant et de torsion pure n’ont d’incidence que sur les composantes σ xy et
σ xz du tenseur contraintes en un point.

5.2.1 -- Définition du flux sortant de cisaillement

Soit une coupure AB totale de la section droite banale G(s) considérée, qui la partage en 2 parties indépendantes (aire A
et aire complémentaire de A). Sur la coupure AB on définit une orientation et une abscisse curviligne ξ .
M(ξ ) est le point banal de la coupure AB.

soit σ (ξ ) la contrainte sur une facette dΣ centrée sur M(ξ ) et contenue dans la section droite, action aval ( > s) sur
amont ( < )

Page II.1-2 -- 19
z
z aire A
aire A Vz > 0
( ) A
A
n = t(s)
M( )
y
n'( ) Vy > 0
amont aval n'( )
s
G(s) x G(s) B y
t(s) x
B

C >0


Avec les conventions de la mécanique, les composantes de σ (ξ ) dans G(s)xyz sont :
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡1⎤ ⎡σ xx ⎤
⎢σ 0 0 ⎥⎥ ⋅ ⎢⎢0⎥⎥ = ⎢⎢σ xy ⎥⎥
⎢ yx
⎣⎢ σ zx 0 0 ⎦⎥ ⎣⎢0⎦⎥ ⎣⎢ σ xz ⎦⎥
→ →
Soit τ (ξ ) la projection de la contrainte σ (ξ ) sur le plan de la section droite.


⎡ 0 ⎤
Les composantes de τ (ξ ) dans G(s)xyz sont : ⎢⎢σ xy ⎥⎥
⎢⎣σ xz ⎥⎦

τ (ξ ) est la contrainte de cisaillement sur la section droite en M(ξ ) (action aval (>s) sur amont (<s)).

Soit n ′(ξ ) le vecteur unitaire normal à la courbe AB en M(ξ ) , contenu dans la section droite et sortant de l’aire A.

On appelle flux de cisaillement sortant de l’aire A l’intégrale :


→ → → →
Φ(s, A ) = ∫ τ (ξ )⋅ n ′(ξ )⋅ dξ = ∫ σ (ξ )⋅ n ′(ξ )⋅ dξ .
AB AB

5.2.2 -- Propriété du flux sortant de cisaillement


z
y y
aire A
A Vz > 0
A d
D
M
d ' n = t(s)
Vy > 0
n'( ) n'( )
T(s) G(s)
G(s) B y G(s+ds) x
z t(s)
x
z
C B
C >0

• propriété du flux sortant de cisaillement

Soit : (aire A x (C)) le prisme défini par l’aire A quand G(s) décrit la fibre moyenne de la poutre
(complémentaire aire A x (C)) le volume complémentaire

Soit : dΣ ′ la facette centrée sur M(ξ ) de normale n ′(ξ )
→ → →
et σ ′(ξ ) = σ ⋅ n ′(ξ ) la contrainte sur dΣ′ action de (complémentaire aire A x (C)) qui contient n ′(ξ ) ,
sur (aire A x (C))

Page II.1-2 -- 20
→ → → → → →
théorème de Cauchy ⇒ n ⋅ σ ′(ξ ) = n ′(ξ ) ⋅ σ (ξ ) avec n = t (s )
→ → → → → → → →
d’où : Φ(s, A ) = ∫ τ (ξ)⋅ n ′(ξ)⋅ dξ = ∫ σ (ξ)⋅ n ′(ξ)⋅ dξ = ∫ n ⋅ σ′(ξ)⋅ dξ = t (s)⋅ ∫ σ′(ξ)⋅ dξ
AB AB AB AB
→ →
d’où : Φ(s, A ) ⋅ ds = ds ⋅ t (s ) ⋅ ∫ ⋅ σ′(ξ)⋅ dξ est la projection sur G(s)x de la force exercée par le prisme
AB
(complémentaire aire A x ds) sur le prisme (aire A x ds)

5.2.3 -- théorème du flux sortant de cisaillement d’effort tranchant (hors torsion)

⎡ N(s )⎤ ⎡ 0 ⎤
• Hors torsion, les sollicitations considérées dans la section G(s) sont : ⎢⎢ Vy ⎥⎥ ⎢M (s )⎥
⎢ y ⎥
⎢⎣ Vz ⎥⎦ ⎢⎣ M z ⎥⎦

5.2.3.1 -- Enoncé du théorème du flux sortant de cisaillement d’effort tranchant

flux sortant de cisaillement d’effort tranchant à travers une coupure totale de la section droite :
→ → → → m m Ay
Φ(s, A ) = ∫ τ (ξ ) ⋅ n ′(ξ ) ⋅ dξ = ∫ σ (ξ ) ⋅ n ′(ξ ) ⋅ dξ = −Vy ⋅ Az − Vz ⋅
Iz Iy
AB AB
m Ay et m Az étant les moments statiques de l’aire A par rapport aux axes principaux d’inertie Gy et Gz.

5.2.3.2 -- Démonstration

• Rappel : conventions de signes de la mécanique.

Le résultat acquis sur lequel on s’appuie est que en un point banal P de coordonnées (s, y, z) de la section droite
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤

G(s), le tenseur contraintes dans le repère local G(s)xyz de la section droite est de la forme σ yx 0 0 ⎥⎥

⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦
N(s) M y (s) ⋅ z M z (s) ⋅ y
avec σ xx (s, y, z) = σ xx = + −
S(s) I y (s) I z (s)

• Soit une tranche de partie courante de poutre comprise entre les 2 sections droites G(s) et G(s+ds), tranche sur
laquelle aucune force extérieure du chargement n’est appliquée (hypothèse simplificatrice (HS1) de St Venant : on
est « loin » des efforts extérieurs appliqués).
Les seules actions exercées sur cette tranche de poutre G(s)G(s+ds) sont donc les sollicitations en G(s) et en
G(s+ds) :

M z +dM z
Vz +dVz
Vz Mz
sollicitations internes,
z z actions aval sur G(s+ds)
sollicitations internes, A
actions amont sur G(s) D M y +dM y

y y Vy +dVy
amont N G(s) aval
Vy G(s+ds) x
C B N+dN
My

Page II.1-2 -- 21
Equilibre statique de cette tranche de poutre :

N(s + ds ) − N(s ) = 0 Vy (s + ds ) − Vy (s ) = 0 Vz (s + ds ) − Vz (s ) = 0 dN = dVy = dVz = 0

⎡ 0 ⎤ ⎡ 0 ⎤ − − − − − − − −−→ ⎡ N + dN ⎤ ⎡0⎤
Nullité du moment résultant en G(s) : − ⎢⎢M y ⎥⎥ + ⎢⎢M y + dM y ⎥⎥ + G (s )G (s + ds )∧ ⎢⎢Vy + dVy ⎥⎥ = ⎢⎢0⎥⎥
⎢⎣ M z ⎥⎦ ⎢⎣ M z + dM z ⎥⎦ ⎢⎣ Vz + dVz ⎥⎦ ⎢⎣0⎥⎦
⎡ 0 ⎤ ⎡ 0 ⎤ ⎡ds ⎤ ⎡ N ⎤ ⎡0⎤
⇒ − ⎢M y ⎥ + ⎢M y + dM y ⎥⎥ + ⎢⎢ 0 ⎥⎥ ∧ ⎢⎢Vy ⎥⎥ = ⎢⎢0⎥⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⇒ dM y − Vz ⋅ ds = 0 dM z + Vy ⋅ ds = 0
⎢⎣ M z ⎥⎦ ⎢⎣ M z + dM z ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ Vz ⎥⎦ ⎢⎣0⎥⎦
dM y (s ) dM z (s )
⇒ = Vz (s ) = −Vy (s )
ds ds

• La démonstration consiste à écrire la nullité de la composante sur Gx de la résultante des forces appliquées au
prisme (aire A x ds)

actions de la partie aval ( > s+ds ) sur l’aire A(s+ds) :

au point banal P(s+ds,y ,z ) de l’aire A(s+ds) et sur une facette contenue dans la section droite, la contrainte
exercée par la partie aval (normale intérieure (1,0,0)) vaut :

⎡σ xx (s + ds, y, z ) σ xy σ xz ⎤ ⎡+ 1⎤ ⎡σ xx (s + ds, y, z )⎤
⎢ σ yx 0 0 ⎥⎥ ⋅ ⎢⎢ 0 ⎥⎥ = ⎢⎢ σ xy ⎥
⎢ ⎥
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ σ xz ⎥⎦
Et sa composante sur Gx vaut :
( )
N + dN M y + dM y ⋅ z (M z + dMz ) ⋅ y (
N M y + dM y ⋅ z (M z + dMz ) ⋅ y )
σ xx (s + ds, y, z) = + − == + −
S I y (s) I z (s) S I y (s) I z (s)
Et la composante sur G(s)x de la résultante des contraintes exercées par l’aval sur l’aire A(s+ds), vaut :
N⋅A (
M y + dM y ⋅ z ) (M z + dM z ) ⋅ y
∫∫ σ xx (s + ds, y, z ) ⋅ dy ⋅ dz = + ∫∫ ⋅ dy ⋅ dz − ∫∫ ⋅ dy ⋅ dz
S Iy Iz
A A A

N ⋅ A M y + dM y M + dM z ( )
N ⋅ A M y + dM y ⋅ m A y (M z + dM z ) ⋅ m A z
=
S
+
Iy ∫∫
⋅ z ⋅ dy ⋅ dz − z
Iz ∫∫
⋅ y ⋅ dy ⋅ dz =
S
+
Iy

Iz
A A
m Ay et m Az étant les moments statiques de l’aire A par rapport aux axes principaux d’inertie Gy et Gz.

actions de la partie amont ( < s ) sur l’aire A(s) :

au point banal P(s,y ,z ) de l’aire A(s) et sur une facette contenue dans la section droite, la contrainte
exercée par la partie amont (normale intérieure (-1,0,0)) vaut :
⎡σ xx (s, y, z ) σ xy σ xz ⎤ ⎡− 1⎤ ⎡σ xx (s, y, z )⎤
⎢ σ 0 ⎥
0 ⎥ ⋅ ⎢ 0 ⎥ = − ⎢⎢ σ xy ⎥⎥
⎢ ⎥
⎢ yx
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ σ xz ⎥⎦
N(s) M y (s) ⋅ z M z (s) ⋅ y
Et sa composante sur G(s)x vaut : − σ xx (s, y, z) = − − +
S I y (s) I z (s)

Et la composante sur G(s)x, de la résultante des contraintes exercées par l’amont sur l’aire A(s), vaut :
N ⋅ A M z ⋅ mA z M y ⋅ mA y
=− + −
S Iz Iy

Page II.1-2 -- 22
actions exercées sur la surface de coupure ABCD :

z z

D A
n'( ) n
y y
amont G(s) aval
G(s+ds) x

C B

→ →
On a vu la propriété suivante du flux de cisaillement : Φ(s, A ) ⋅ ds = ds ⋅ t (s ) ⋅ ∫ ⋅ σ′(ξ)⋅ dξ est la
AB
projection sur G(s)x de la force exercée par le prisme (complémentaire aire A x ds) sur le prisme (aire A x ds)

Finalement, la composante sur G(s)x de la résultante des forces appliquées au cylindre de section droite l’aire
A, compris entre les sections droites G(s) et G(s+ds), est la somme de :
action de la partie aval ( > (s+ds)) :
( )
N ⋅ A M y + dM y ⋅ m A y (M z + dM z ) ⋅ m A z
+ −
S Iy Iz

N ⋅ A M z ⋅ mA z M y ⋅ mA y
action de la partie amont ( < (s)) : − + −
S Iz Iy
action sur la surface de coupure : Φ(s, A ) ⋅ ds

dM y m A y dM z m A z
L’équilibre statique s’écrit donc : Φ(s, A ) = − ⋅ + ⋅
ds Iy ds Iz
dM y (s ) dM z (s )
Or, avec les conventions de signes de la Mécanique : = Vz (s ) = −Vy (s )
ds ds
m Ay m Az
D’où : Φ(s, A ) = − Vz ⋅ − Vy ⋅
Iy Iz

5.2.4 -- théorème du flux sortant de cisaillement de torsion pure (libre ou non génée)

• La seule sollicitation considérée dans la section G(s) est la sollicitation de torsion C (composante sur l’axe G(s)x
du moment résultant au centre de torsion des forces appliquées en aval de la section).

• On se place dans l’hypothèse de base où la torsion est libre c'est-à-dire (rappel) que les gauchissements de
section qu’elle produit sont non gênés.

La section droite peut donc subir une déformation par déplacements de ses points parallèles à la fibre moyenne,
sans génération de contraintes normales σxx (s, y, z) ⇒ σ xx (s, y, z ) = 0
⎡ 0 σ xy σ xz ⎤
⇒ le tenseur contraintes en tous points de la section droite est donc de la forme ⎢σ yx⎢ 0 0 ⎥⎥ .
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦

• Le théorème du flux sortant de cisaillement de torsion à travers une coupure totale de la section droite s’écrit :

Le flux sortant de cisaillement de torsion est nul à travers toute coupure totale de la section droite.

→ → → →
Φ(s, A ) = ∫ τ (ξ )⋅ n ′(ξ )⋅ dξ = ∫ σ (ξ )⋅ n ′(ξ )⋅ dξ = 0
AB AB

Page II.1-2 -- 23
z

aire A C>0
B

coupure totale AB
G(s)
A
n x y

• Démonstration :

La démonstration consiste à écrire l’équilibre des forces appliquées suivant Gx sur le cylindre de section droite
l’aire A, compris entre les sections droites G(s) et G(s+ds).

z z
sollicitations internes, sollicitations internes,
actions amont sur G(s) A actions aval sur G(s+ds)
D
C(s) C(s+ds) y
y
amont T(s) T(s+ds) aval
G(s) G(s+ds) x
C B

Le gauchissement n’étant pas gêné, la contrainte normale en tout point des sections droites est nulle, en tenant
un raisonnement semblable à celui tenu pour l’effort tranchant, on montre que la composante sur G(s)x de la
résultante des forces appliquées au cylindre de section droite l’aire A, compris entre les sections droites G(s) et
G(s+ds), est la somme de :

- action de la partie aval ( > (s+ds)) : 0


- action de la partie amont ( < (s)) : 0
- action sur la surface de coupure ABCD : Φ(s, A ) ⋅ ds

L’équilibre statique s’écrit donc : Φ(s, A ) = 0

5.3 -- Théorie élémentaire de l’effort tranchant

5.3.1 -- Tenseur contraintes au point banal P(s,y,z), hors torsion

• Sollicitations et contraintes sont considérées avec les conventions de la Mécanique, comme l’action de l’aval sur
l’amont (droite sur gauche) par rapport à l’orientation de la fibre moyenne ⇒

- Dans la section considérée G(s) et dans son repère local, les sollicitations sont :
⎡ N(s )⎤ ⎡ 0 ⎤
⎢V ⎥ ⎢M (s )⎥
⎢ y ⎥ ⎢ y ⎥
⎢⎣ Vz ⎥⎦ ⎢⎣ M z ⎥⎦
- Au point P de la section, et dans le repère local de la section :
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤
⎢ 0 ⎥⎥
le tenseur contraintes est : σ = ⎢σ yx 0
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦
N(s ) M y (s ) ⋅ z M z (s ) ⋅ y
avec σ xx (s, y, z ) = + −
S(s ) I y (s ) I z (s )

Page II.1-2 -- 24
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡1⎤ ⎡σ xx ⎤

⎢ 0 ⎥⎥ ⋅ ⎢⎢0⎥⎥ = ⎢⎢σ xy ⎥⎥
la contrainte sur une facette contenue dans la section vaut : σ = ⎢σ yx 0
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦ ⎢⎣0⎥⎦ ⎢⎣ σ xz ⎥⎦
Les composantes σ xy et σ xz sont fonction de Vy (s ) et de Vz (s )

• Au point banal P(s,y,z) on considère les 2 coupures totales suivantes de la section droite :
- Coupure A1B1 parallèle à Gz, d’ordonnée y, qui définit une aire A1
- Coupure A 2B2 parallèle à Gy, d’ordonné z, qui définit une aire A 2
b 2 (z )

z a ire A 2 z
Vz > 0
A1
Vz > 0

P ( y ,z ) A2 B2
n' P ( y ,z )
Vy > 0 z Vy > 0

b 1 (y )
G (s ) y G (s) y
x x
n' a ire A 1

B1

• théorème du flux sortant de cisaillement appliqué à l’aire A1 :


⎡σ xx ⎤
B1 → → B1 B1
− 1 0] ⋅ ⎢⎢σ xy ⎥⎥ ⋅ dz = −
Φ(s, A1 ) =
∫A1 σ ⋅ n′⋅ dz =
∫A1 [0
⎢⎣ σ xz ⎥⎦
A1 ∫
σ xy (y, z ) ⋅ dz

m A1y m A1z
Et Φ(s, A1 ) = − Vz ⋅ − Vy ⋅
Iy Iz
- Hypothèse (1a) : on néglige l’incidence de Vz sur Φ(s, A1 ) ; cela revient à négliger m A1y : m A1y ≈ 0
( m A1y = 0 quand le C de G de l’aire A1 est sur G(s)y)
- Hypothèse (2a) : σ xy (y, z ) est constant le long de A1B1 donc indépendant de z : σ xy (y, z ) = σ xy (y )
Conséquences :
m A1z
Φ(s, A 1 ) = − Vy ⋅ = − ∫AB1 σ xy (y, z ) ⋅ dz = − ∫AB1 σ xy (y ) ⋅ dz = −σ xy (y ) ⋅ ∫AB1 dz = − b1 (z ) ⋅ σ xy (y )
Iz 1 1 1

m A1z (y )
D’où, le long de A1B1 et en P(y,z) en particulier : σ xy (y, z ) = σ xy (y ) = Vy ⋅
I z ⋅ b1(y )
L’hypothèse (1a) revient à négliger l’incidence de Vz sur σ xy

• théorème du flux sortant de cisaillement appliqué à l’aire A 2 :


⎡σ xx ⎤
B2 → → B2 B
Φ(s, A 2 ) =
∫σ ⋅ n′⋅ dy = [0 0 − 1] ⋅⎢⎢σ xy ⎥⎥ ⋅ dy = − 2 σ xz (y, z ) ⋅ dy
∫ ∫
A2 A2 A2
⎢⎣ σ xz ⎥⎦
mA2y m A 2z
Et Φ(s, A 2 ) = −Vz ⋅ − Vy ⋅
Iy Iz
- Hypothèse (1b) : on néglige l’incidence de Vy sur Φ(s, A 2 ) ; cela revient à nègliger m A 2 z ≈ 0
( m A 2 z = 0 quand le C de G de l’aire A 2 est sur G(s)z)
- Hypothèse (2b) : σ xz (y, z ) est constant le long de A 2B2 donc indépendant de y : σ xz (y, z ) = σ xz (z )
Conséquences :

Page II.1-2 -- 25
m A2y
Φ(s, A 2 ) = − Vz ⋅ = − ∫AB2 σ xz (y, z ) ⋅ dy = − ∫AB2 σ xz (z ) ⋅ dy = −σ xz (z ) ⋅ ∫AB2 dy = −b 2 (z ) ⋅ σ xz (z )
Iy 2 2 2

m A 2 y (z )
D’où, le long de A 2B2 et en P(y,z) en particulier : σ xz (y, z ) = σ xz (z ) = Vz ⋅
I y ⋅ b 2 (z )
• D’où les composantes du tenseur contraintes d’effort tranchant : σ xx (s, y, z ) = 0
m A1z (y ) m A 2 y (z )
σ xy (y, z ) = σ xy (y ) = Vy ⋅ σ xz (y, z ) = σ xz (z ) = Vz ⋅
I z ⋅ b1(y ) I y ⋅ b 2 (z )
• D’où le tenseur contraintes hors torsion (effort normal N, moments de flexion M y , M z , efforts tranchants
Vy , Vz ) :
⎡σ xx (s, y, z ) σ xy (...) σ xz (...)⎤
Au point P(s,y,z) ⎢ σ (...) 0 0 ⎥⎥
⎢ xy
⎢⎣ σ xz (...) 0 0 ⎥⎦
N(s ) M y (s ) ⋅ z M z (s ) ⋅ y
avec : σ xx (s, y, z ) = + −
S(s ) I y (s ) I z (s )
m A1z (s, y ) m A 2 y (s, z )
σ xy (s, y, z ) = σ xy (s, y ) = Vy (s ) ⋅ σ xz (s, y, z ) = σ xz (s, z ) = Vz (s ) ⋅
I z (s ) ⋅ b1(s, y ) I y (s ) ⋅ b 2 (s, z )
• On déduit, de façon évidente, du tenseur contraintes, le tenseur déformations (voir paragraphe 2.3 ci-dessus)..

5.3.2 -- Potentiel de déformation et énergie de déformation hors torsion

On a vu ci-dessus le tenseur contraintes hors torsion en un point quelconque P(s,y,z).

• On en déduit directement le potentiel de déformation au point correspondant (expression établie au paragraphe 2.3

ci-dessus) : W =
σ 2xx
+
2⋅E 2⋅G
1
( )
⋅ σ 2xy + σ 2xz qui se décompose en 2 parties W = W1 + W2 (voir paragraphe 4.5.4.3

conséquence 2) :
σ 2xx
- W1 = ne dépend que des sollicitations N, M y , M z dans la section droite G(s) contenant P(s,y,z)
2⋅E
- W2 =
2⋅G
1
( )
⋅ σ 2xy + σ 2xz ne dépend que des sollicitations Vy , Vz dans la section droite G(s).

• D’où l’énergie de déformation U de la tranche de poutre comprise entre les sections G(s) et G(s+ds) :
dU = ds ⋅ ∫∫S W ⋅ dy ⋅ dz =ds ⋅ ∫∫S (W1 + W2 )⋅ dy ⋅ dz = dU1 + dU 2
ds N(s ) M y (s ) ⋅ z M z (s ) ⋅ y
dU 1 = ds ⋅ ∫∫S W1 ⋅ dy ⋅ dz = ⋅ ∫∫
σ 2xx ⋅ dy ⋅ dz avec σ xx (s, y, z ) = + −
2⋅E S S(s ) I y (s ) I z (s )
Rappel, dans le repère local G(s)xyz de la section droite :

∫∫ y ⋅ dy ⋅ dz = ∫∫ z ⋅ dydz = ∫∫ yz ⋅ dydz = 0 et I y = ∫∫ z 2 ⋅ dydz


S
I z = ∫∫ y 2 ⋅ dydz
S
S S S

⎡ M y (s ) ⋅ z ⎞
2 2⎤
⎛ M (s ) ⋅ y ⎞ ⎥ ds ⎡⎢ N 2 M y M 2z ⎤⎥
2
⎛ N(s ) ⎞
2 ⎛
ds ⎢
D’où dU 1 = ⋅ ⎜⎜
∫∫
2 ⋅ E S ⎢⎝ S(s ) ⎠
⎟⎟ + ⎜
⎜ I y (s ) ⎟



+ ⎜⎜ z

⎟⎟ ⋅ dy ⋅ dz =
I z (s ) ⎠ ⎥

2⋅E ⎢ S
+
Iy
+
Iz ⎥
⎣⎢ ⎦⎥ ⎣ ⎦

ds ⎡⎢ N 2 M y M z ⎤⎥
2 2
dU 1 = ⋅ + +
2⋅E ⎢ S Iy Iz ⎥
⎣ ⎦
m A1z (s, y )
∫∫S W2 ⋅ dy ⋅ dz = 2 ⋅ G ⋅ ∫∫S (σ xy + σ xz )⋅ dy ⋅ dz
ds
dU 2 = ds ⋅ 2 2
avec σ xy (s, y, z ) = σ xy (s, y ) = Vy (s ) ⋅
I z (s ) ⋅ b1(s, y )

Page II.1-2 -- 26
m A 2 y (s, z )
σ xz (s, y, z ) = σ xz (s, z ) = Vz (s ) ⋅
I y (s ) ⋅ b 2 (s, z )
⎡ 2
ds ⎢ Vy m 2A z (y ) V2 m 2A y (z ) ⎤
D’où : dU 2 = ⋅ ⋅ ∫∫
1
dy ⋅ dz + z ⋅ 2
dy ⋅ dz ⎥
∫∫
2 ⋅ G ⎢ I 2z S b 2 (y ) I 2y S b 2 (z ) ⎥
⎢⎣ 1 2 ⎥⎦
m 2A z (y ) m 2A z (y ) m 2A z (y ) m 2A z (y )
∫∫S
1
dy ⋅ dz = ∫
1

dy dz = ∫
1
dy ⋅ b1 (y ) = ∫
1
dy
b12 (y ) b12 (y ) b12 (y ) b 1 (y )
l arg eur

m 2A y z () ()
m 2A y z ()
m 2A y z m 2A y (z )
∫∫ dy ⋅ dz = ∫ dz ⋅ b 2 (z ) = ∫
() ∫
De même : 2 2
dz dy = ∫ 2
dz 2

S b2 z
2 () 2
b2 z ()
2
b2 z b 2 (z )
hauteur

1 m 2A z (y )
1 1 m 2A y (z )
1
S1y (s ) I 2z ∫ b1(y ) S1z (s ) I 2y ∫ b 2 (z )
On pose : = ⋅ 1 ⋅ dy et = 2 dz

ds ⎡⎢ Vy V2 ⎤
2
D’où : dU 2 = ⋅ + z ⎥
2 ⋅ G ⎢ S1y (s ) S1z (s ) ⎥
⎣ ⎦
S1y (s ) et S1z (s ) sont des caractéristiques mécaniques attachées à la section droite, désignées par « sections
réduites d’effort tranchant respectivement y et z ».
1 ⎡ N2 M 2y M 2z Vy2 Vz2 ⎤
Enfin dU = dU1 + dU 2 = ⋅ ⎢ + + + + ⎥ ⋅ ds
2 ⎢ E ⋅ S E ⋅ I y E ⋅ I z G ⋅ S1y (s ) G ⋅ S1z (s ) ⎥
⎣ ⎦

5.3.3 -- Déformations des sections droites hors torsion, vecteurs translation et rotation
différentielles
Dans le repère local G(s)xyz :
⎡δu x ⎤
→ →
⎡δω x ⎤

vecteur translation différentielle : δ Λ (s ) = ⎢δu y ⎥ ⎥ vecteur rotation différentielle : δ Ω(s ) = ⎢⎢δω y ⎥⎥
⎢⎣ δu z ⎥⎦ ⎢⎣ δω z ⎥⎦
en appliquant le théorème de Castigliano à la tranche de poutre G(s)G(s+ds) :
∂ (dU ) N(s ) ∂ (dU ) Vy (s ) Vz (s )
δu x (s ) ⋅ ds = = ⋅ ds δu y (s ) ⋅ ds = = ⋅ ds δu z (s ) ⋅ ds = ⋅ ds
∂N E ⋅S ∂Vy G ⋅ S1y (s ) G ⋅ S1z (s )

∂ (dU ) ∂ (dU ) M y (s ) M z (s )
δω x (s ) ⋅ ds = =0 δω y (s ) ⋅ ds = = ⋅ ds δω z (s ) ⋅ ds = ⋅ ds
∂C ∂M y E ⋅ I y (s ) E ⋅ I z (s )
D’où les composantes des vecteurs translation et rotation différentielles dans le repère local de la section G(s)xyz.

Page II.1-2 -- 27
5.4 -- Profils minces, tenseur contraintes hors torsion
⎡ N(s )⎤ ⎡ 0 ⎤
• ⎢
sollicitations dans la section G(s): ⎢ Vy ⎥ ⎥ ⎢M (s )⎥
⎢ y ⎥
⎢⎣ Vz ⎥⎦ ⎢⎣ M z ⎥⎦
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤
N(s ) M y (s ) ⋅ z M z (s ) ⋅ y
tenseur contraintes : ⎢⎢σ yx 0 0 ⎥⎥ avec : σ xx (s, y, z ) = + −
S(s ) I y (s ) I z (s )
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎦⎥
on ne s’intéresse dans la suite de ce paragraphe qu’à l’incidence de l’effort tranchant sur le tenseur contraintes
donc aux seules composantes σ xy et σ yz

• Section droite d’un profil mince :


z profils minces ouverts
z z z
1 y
x x y
e( ) G(s) G(s)
G(s) x y

x
G(s) y z
profil mince fermé à une alvéole profil mince fermé à deux alvéoles z
O

G(s) G(s) y
(L) x y
x
2

La section droite est définie par :


- sa ligne moyenne orientée (L), sur laquelle on a défini une origine O et une abscisse curviligne σ ,
- son épaisseur e(σ ) le long de sa fibre moyenne.
• Pour les sections droites en profils minces sollicitée par l’effort tranchant , l’hypothèse simplificatrice consiste
à supposer que le cisaillement d’effort tranchant en un point donné est parallèle aux bords, canalisé par les
parois, et constant dans l’épaisseur.

• Dans ces conditions, pour les profils minces ouverts , le théorème du flux sortant de cisaillement d’effort
tranchant, permet de calculer la contrainte de cisaillement en tout point de la section droite.
z

Vz
aire A

coupure totale P x y
de la section
G(s)
Vy

• par contre, lorsqu’une coupure totale de la section droite coupe plus d’une paroi du profil, c'est-à-dire quand le
profil est fermé, à une ou plusieurs alvéoles, le seul théorème du flux sortant de cisaillement d’effort tranchant, ne
permet pas de calculer la contrainte de cisaillement en tout point de la section droite.
Sauf cas exceptionnel d’un profil fermé à une seule alvéole présentant une symétrie par rapport à la sollicitation
d’effort tranchant appliquée.
cas exceptionnel du profil à une alvéole profil mince fermé à une alvéole profil mince fermé à plusieurs alvéoles,
symétrique par rapport à l'axe de l'effort sans symétrie particulière caisson multicellulaire
tranchant appliqué
z z
Vz Vz
z Vz

2 2
G(s) y G(s) y G(s) y
coupure totale
x coupure totale
x coupure totale 1 x Vy
1 de la section
de la section de la section

Page II.1-2 -- 28
5.4.1 -- Effort tranchant sur profil mince ouvert

5.4.1.1 -- Tenseur contraintes au point banal Q d’un profil mince ouvert, hors torsion

• La composante σ xx reste inchangée, fonction de N, M y , M z .


N(s ) M y (s ) ⋅ z M z (s ) ⋅ y
au point Q (s,y,z) : σ xx (s, y, z ) = σ xx = + −
S(s ) I y (s ) I z (s )
Les composantes σ xy et σ xz sont fonction de Vy , Vz .

• au point Q (s,y,z) ou Q (s, σ , ξ) avec : σ = abscisse curviligne sur (L) de P projection de Q sur (L)
ξ = abscisse de Q sur la normale à (L) en P

z aire A
P aire A
Vz 1
i Q

1
x P
G(s) y Vy
(L)
O

(L)
2

Hypothèse simplificatrice : le long de PQ normale en P à la ligne moyenne (L) du profil, la contrainte de




d OP →
cisaillement est parallèle à (L) et constante égale à τ (σ ) = τ(σ ) ⋅ = τ(σ ) ⋅ i .

• On applique le théorème du flux de cisaillement d’effort tranchant à travers la coupure PQ (normale en P à (L))
sortant de l’aire A située en amont du point P sur la ligne moyenne (L) orientée.

d OP
Dans ces conditions, le vecteur unitaire de la tangente orientée en P, est sortant de l’aire A et le théorème

du flux sortant de cisaillement appliqué à l’aire A s’écrit :
m Ay m → →
Φ(s, A ) = Φ(s, σ ) = −Vz ⋅ − Vy ⋅ Az = τ (σ ) ⋅ i ⋅ e(σ ) = τ(σ ) ⋅ e(σ )
Iy Iz
→ → 1 ⎡ m Ay m ⎤ →
• D’où : Φ(s, A ) = τ(σ ) ⋅ e(σ ) soit : τ (σ ) = τ(σ ) ⋅ i = − ⋅ ⎢Vz ⋅ + Vy ⋅ Az ⎥ ⋅ i
e(σ ) ⎢⎣ Iy I z ⎥⎦
• la contrainte sur une facette centrée en P, contenue dans la section vaut :

⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡1⎤ ⎡σ xx ⎤ →
⎡ 0 ⎤
σ = ⎢⎢σ yx 0 0 ⎥⎥ ⋅ ⎢⎢0⎥⎥ = ⎢⎢σ xy ⎥⎥ et τ = ⎢σ ⎥
⎢ xy ⎥
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦ ⎢⎣0⎥⎦ ⎢⎣ σ xz ⎥⎦ ⎢⎣σ xz ⎥⎦

Les composantes σ xy et σ xz du tenseur contraintes sont les composantes dans G(s)yz du vecteur τ (σ ) :
⎡ 0 ⎤
→ → 1 ⎡ m Ay m Az ⎤ → ⎢ ⎥
τ (σ ) = τ(σ ) ⋅ i = − ⋅ ⎢Vz ⋅ + Vy ⋅ ⎥ ⋅ i = ⎢σ xy ⎥
e(σ ) ⎣⎢ Iy I z ⎦⎥
⎢⎣σ xz ⎥⎦
.
• Les composantes du tenseur déformations s’en déduisent.

Page II.1-2 -- 29
5.4.1.2 -- Potentiel de déformation et énergie de déformation hors torsion

• Comme précédemment, le potentiel de déformation W =


σ 2xx
+
2⋅E 2⋅G
1
( )
⋅ σ 2xy + σ 2xz se décompose en 2 parties

W = W1 + W2 (voir paragraphe 4.5.4.3 conséquence 2) :


σ 2xx
- W1 = ne dépend que des sollicitations N, M y , M z dans la section droite G(s)
2⋅E
- W2 =
2⋅G
1
( )
⋅ σ 2xy + σ 2xz ne dépend que des sollicitations Vy , Vz dans la section droite G(s).

• D’où l’énergie de déformation dU de la tranche de poutre comprise entre les sections G(s) et G(s+ds) :
dU = ds ⋅ ∫∫S W ⋅ dy ⋅ dz =ds ⋅ ∫∫S (W1 + W2 )⋅ dy ⋅ dz = dU1 + dU 2
• Comme précédemment :
ds N(s ) M y (s ) ⋅ z M z (s ) ⋅ y
dU 1 = ds ⋅ ∫∫S W1 ⋅ dy ⋅ dz = ⋅ ∫∫
σ 2xx ⋅ dy ⋅ dz avec σ xx (s, y, z ) = + −
2⋅E S S(s ) I y (s ) I z (s )

ds ⎡⎢ N 2 M y M z ⎤⎥
2 2
dU 1 = ⋅ + +
2⋅E ⎢ S Iy Iz ⎥
⎣ ⎦

• W2 =
1
2⋅G
(
⋅ σ 2xy + σ 2xz = )
τ2
2⋅G
e(σ ) 2
dU 2 = ds ⋅ ∫∫(S) W2 ⋅ dy ⋅ dz = ds ⋅ dσ ∫(L) ∫−e(σ) 2 W ⋅ dξ avec « ξ » abscisse sur la normale à (L) au point d’abscisse

curviligne « σ ».
e(σ ) 2
Sur cette normale : W2 = cste ⇒ dU 2 = ds ⋅ ∫(L) W2 ⋅ dσ∫−e(σ) 2 dξ = ds ⋅ ∫(L) W2 ⋅ e(σ)⋅ dσ
ds Vy2 m 2Az (σ)
- sous effort tranchant Vy : dU 2 y = ∫τ 2 (σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ = ∫
⋅ ⋅ dσ
2 ⋅ G (L ) 2 ⋅ G ⋅ I 2z (L ) e(σ )

1 1 m 2Az (σ ) 1 ⎡⎢ Vy
2 ⎤
S1y I 2z ∫(L ) e(σ )
on pose : = ⋅ ⋅ dσ d’où : dU 2 y = ⋅ ⎥ ⋅ ds
2 ⎢ G ⋅ S1y ⎥
⎣ ⎦
ds Vz2 m 2Ay (σ )
- sous effort tranchant Vz : dU 2z = τ (σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ =
2
∫ ⋅ ∫ ⋅ dσ
2 ⋅ G (L ) 2 ⋅ G ⋅ I 2y (L ) e(σ )

1 1 m 2Ay (σ ) 1 ⎡ Vz2 ⎤
on pose : = ⋅∫ ⋅ dσ d’où : dU 2z = ⋅⎢ ⎥ ⋅ ds
S1z I 2y (L ) e(σ ) 2 ⎣⎢ G ⋅ S1z ⎦⎥

1 ⎡⎢ Vy ⎤
2
Vz2
- sous effort tranchant quelconque Vy , Vz : dU 2 = dU 2 y + dU 2 z = ⋅ + ⎥ ⋅ ds
2 ⎢ G ⋅ S1y G ⋅ S1z ⎥
⎣ ⎦

S1y (s ) et S1z (s ) sont des caractéristiques mécaniques attachées à la section droite, désignées par « sections
réduites d’effort tranchant respectivement y et z ».

1 ⎡⎢ N 2 M 2y M 2z Vy2 Vz2 ⎤
⎥ ⋅ ds
• Enfin dU = dU1 + dU 2 = ⋅ + + + +
2 ⎢ E ⋅ S E ⋅ I y E ⋅ I z G ⋅ S1y (s ) G ⋅ S1z (s ) ⎥
⎣ ⎦

Page II.1-2 -- 30
5.4.1.3 -- Déformation des sections droites – vecteurs translation et rotation différentielles hors
torsion
Sous sollicitations N, M y , M z et Vy , Vz :
⎡δu x ⎤
→ →
⎡δω x ⎤

vecteur translation différentielle : δ Λ (s ) = ⎢δu y ⎥ ⎥ vecteur rotation différentielle : δ Ω(s ) = ⎢⎢δω y ⎥⎥
⎢⎣ δu z ⎥⎦ ⎢⎣ δω z ⎥⎦
en appliquant le théorème de Castigliano à la tranche de poutre G(s)G(s+ds) :

∂U Vy (s ) Vz (s )
δu y (s ) ⋅ ds = = ⋅ ds δu z (s ) ⋅ ds = ⋅ ds
∂Vy G ⋅ S1y (s ) G ⋅ S1z (s )
∂ (dU ) N(s )
δu x (s ) ⋅ ds = = ⋅ ds
∂N E ⋅S
∂ (dU ) ∂ (dU ) M y (s ) M z (s )
δω x (s ) ⋅ ds = =0 δω y (s ) ⋅ ds = = ⋅ ds δω z (s ) ⋅ ds = ⋅ ds
∂C ∂M y E ⋅ I y (s ) E ⋅ I z (s )

5.4.1.4 -- Exemple simple : profil ouvert en T, composantes σ xy et σ yz du tenseur contraintes


(effort tranchant hors torsion)

z z

Vz > 0 Vz > 0
aire A 1 aire A 2
P1
e
1
y coupure totale P2 x y
coupure totale de la section
de la section G(s) G(s)
2
Vy > 0 Vy > 0

b
m A1z m A1y 1⎡ m A1z m A1y ⎤
e ⋅ τ1 = − V y ⋅ − Vz ⋅ ⇒ τ1 = − ⎢ V y ⋅ + Vz ⋅ ⎥
Iz Iy e ⎢⎣ Iz I y ⎥⎦

1⎡ m A 2z m A 2 y ⎤ Vz ⋅ m A 2 y
τ2 = − ⎢Vy ⋅ + Vz ⋅ ⎥=
b ⎣⎢ Iz I y ⎦⎥ Iy ⋅b
D’où le tenseur contraintes :
En P1 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = τ1 σ xz = σ zx = 0
En P2 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = 0 σ xz = σ zx = − τ 2

Page II.1-2 -- 31
5.4.1.5 -- Exemple simple, distribution des cisaillements d’effort tranchant d’un profil mince
ouvert en U
z

Vz > 0 z

axe
a d = position du a
centre de gravité
e d e
ligne moyenne du
profil mince ouvert
Vy > 0
2a G(s) 2a G(s)
x y x y
e e

e e

• Caractéristiques mécaniques de la section droite, position du centre de gravité, inertie principale I y par rapport
à l’axe Gy
m ∆ = moment statique de la section par rapport à l’axe ∆ = e ⋅ a 2
m∆ e⋅a 2 a
d = position du centre de gravité par rapport à l’axe ∆ = = =
S 4e ⋅ a 4
e ⋅ (2a )3 2ae3 e ⋅ (2a )3 8ea 3
Iy = + + 2ea ⋅ a 2 ≅ + 2ea ⋅ a 2 =
12 12 12 3
⎡ ea 3 ⎛ a ⎞ ⎤ 2ea
2 3 2ea 3 ⎛a⎞
2
5ea 3
I∆ = 2 ⋅ ⎢ + ea ⋅ ⎜ ⎟ ⎥ = ⇒ Iz = I∆ − S ⋅ d 2 = − 4ea ⋅ ⎜ ⎟ =
⎢ 12 ⎝ 2 ⎠ ⎥⎦ 3 3 ⎝4⎠ 12

• Epures des moments statiques m A (σ )y et m A (σ )z
m A (σ )y − m A (4a − σ )y = 0 m A (σ )z + m A (4a −σ )z = 0
épure de mA( ) moment statique épure de mA( ) moment statique
y z
de l'aire A( ) par rapport à Gy de l'aire A( ) par rapport à Gz
z z z
-ea2 -9ea 2 /32
ligne moyenne (L) -ea 2 /4
2
du profil mince -ea +e( a)( -3a /2 _
i( _
-ea 2 /4
_

i( -ea2 -ea2 /2
G(s) _
y = -3ea 2 /2 G y G y
x
aire A( )
+
ea 2 /4
O _
i( +
ea 2 /4
-ea2 9ea 2/32

Le théorème du flux sortant de cisaillement s’écrit :



m A (σ )z m A (σ )y → → i (σ ) ⎡ m A (σ )z m A (σ )y ⎤
e(σ ) ⋅ τ(σ ) = − Vy ⋅ − Vz ⋅ τ (σ ) = τ(σ ) ⋅ i (σ ) = − ⎢ Vy ⋅ + Vz ⋅ ⎥
Iz Iy e(σ ) ⎢⎣ Iz I y ⎥⎦

i (σ ) est le vecteur unitaire porté par la tangente orientée à (L)

Page II.1-2 -- 32
5.4.1.6 -- Exemple simple, section droite en caisson à une alvéole, symétrique par rapport à l’un
de ses plans principaux d’inertie, contrainte de cisaillement due à la sollicitation d’effort
tranchant située dans ce plan

z z

coupure totale Vz > 0 Vz > 0


de la section aire A 1
aire A 2

1
e e
P1
G(s) coupure totale P2 G(s)
y de la section y
x 2 x
b b

z z

coupure totale
Vz > 0 aire A 3 Vz > 0
de la section

4
e e
P4
G(s) G(s)
y y
x x
P3 b b

3
coupure totale
de la section aire A 3

m A1y m A1y
e ⋅ τ1 + e ⋅ τ = e ⋅ τ1 = −Vz ⋅ τ1 = −Vz ⋅
Iy Iy ⋅e
m A2y m A2y
b ⋅ τ 2 + e ⋅ τ = b ⋅ τ 2 = −Vz ⋅ τ 2 = −Vz ⋅
Iy Iy ⋅b
m A3y m A3y
e ⋅ τ 3 + e ⋅ τ = e ⋅ τ 3 = −Vz ⋅ τ 3 = −Vz ⋅
Iy Iy ⋅e
m A4y m A4y
e ⋅ τ 4 = −Vz ⋅ τ 4 = − Vz ⋅
Iy Iy ⋅e
D’où le tenseur contraintes :

En P1 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = −τ1 ⋅ cos α σ xz = σ zx = −τ1 ⋅ sin α


En P2 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = τ 2 ⋅ sin β σ xz = σ zx = − τ 2 ⋅ cos β
En P3 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = − τ 3 σ xz = σ zx = 0
En P4 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = τ 4 ⋅ cos α σ xz = σ zx = τ 4 ⋅ sin α

Page II.1-2 -- 33
5.4.2 -- Détermination du centre de torsion, point de passage de la résultante des contraintes de
cisaillements d’effort tranchant, quel que soit l’effort tranchant appliqué.

• En général on calcule le moment résultant en un point quelconque de la section, des contraintes de cisaillement
d’un effort tranchant Vy ce qui donne la droite D y support de la résultante.
On refait le même calcul pour un effort tranchant Vz ce qui donne une droite D z équivalente.
Le centre de torsion est l’intersection de D y et de D z .
• On en déduit les coordonnées y T et z T du centre de torsion T(s) dans le repère local Gxyz de la section

On en déduit la sollicitation de torsion C calculée au centre de torsion : C(s ) = M x (s ) − y T .Vz (s ) + z T .Vy (s )

• Exemple : déterminer le centre de torsion du profil mince ci-dessous :


z

d = position du a
centre de gravité
d e

ligne moyenne du
profil mince ouvert
2a G(s)
x y
e

La section droite présente un axe de symétrie. En conséquence, cet axe de symétrie est un axe principal d’inertie
(soit Gy) et le centre de gravité et le centre de torsion sont situés sur cet axe.

- Caractéristiques mécaniques de la section droite, rappel


d = position du centre de gravité par rapport à la ligne moyenne de la membrure verticale = a/4
8ea 3
Iy =
3

- Contraintes de cisaillement dues à un effort tranchant Vz

La ligne moyenne (L) du profil est orientée, munie d’une origine et d’une abscisse curviligne σ .

Soit i (σ ) le vecteur unitaire porté par la tangente orientée à (L).

• Epure du moment statique m A (σ )y = m(σ )


épure de la fonction m(
le long de la ligne moyenne (L)
z z
Vz > 0
-ea2
ligne moyenne (L)
du profil mince
i(
B -ea2 +e( a)( -3a /2
C

i( -ea2 -ea2 /2
G(s)
y = -3ea 2 /2 G y
x
aire A( )
O
A m( m A( ) y = moment statique de l'aire
i( A( ) par rapport a Gy

-ea2

Page II.1-2 -- 34
• Le théorème du flux sortant de cisaillement d’effort tranchant s’écrit :

m A (σ )z m A (σ )y m(σ ) → → i (σ ) m (σ )
e(σ ) ⋅ τ(σ ) = − Vy ⋅ − Vz ⋅ = − Vz ⋅ et τ (σ ) = τ(σ ) ⋅ i (σ ) = − ⋅ Vz ⋅
Iz Iy Iy e(σ ) Iy
→ →
• D’où la résultante des cisaillements sur une partie rectiligne ( i (σ ) = vecteur constant = i )
A(σ 0 , σ1 ) du profil (aire située entre les 2 normales à (L) d’abscisses curvilignes σ 0 et σ1 ) :
→ → σ1 → V σ1
8ea 3
T = i ⋅ e(σ ) ⋅ τ(σ ) ⋅ dσ = − i ⋅ z m(σ ) ⋅ dσ
∫ ∫ avec Iy =
Iy 3
σ0 σ0
• D’où la résultante des cisaillements sur chacune des membrures du profil :
a
→ Vz → e⋅a3 → 3 →
- sur la membrure OA : T OA = − ⋅ i OA ∫ m(σ ) ⋅ dσ = ⋅ Vz ⋅ i OA = ⋅ Vz ⋅ i OA
Iy 2⋅Iy 16
0
4a
→ Vz → e ⋅ a3 → 3 →
- sur la membrure BC : T BC = − ⋅ i BC ∫ m(σ ) ⋅ dσ = ⋅ Vz ⋅ i BC = ⋅ Vz ⋅ i BC
Iy 2 ⋅ Iy 16
3a
3a
→ Vz → V ⎡ ea 2 2 ⎤ → →
- sur la membrure AB : T AB = − ⋅ i AB m(σ ) ⋅ dσ = z ⋅ ⎢2ea 3 +
∫ ⋅ ⋅ 2a ⎥ ⋅ i AB = Vz ⋅ i AB
Iy I y ⎢⎣ 2 3 ⎥⎦
a

z z
Vz = V

TBC= 3V /16 3a/8 a/4


B
C

G(s) G
TAB = V P x y T x y

O
A

TAO = 3V /16

• D’où moment résultant en P (milieu de AB) des contraintes de cisaillement d’effort tranchant
Vz = V ,projeté dans le repère Gxyz :
⎡ − 6V ⋅ a ⎤
→ ⎢ 16 ⎥ → → ⎡ 0 ⎤ ⎡ 0 ⎤ ⎡(y T − y P ) ⋅ V ⎤
M P = ⎢ 0 ⎥ = PT ∧ V = ⎢⎢ y T − y P ⎥⎥ ∧ ⎢⎢ 0 ⎥⎥ = ⎢⎢ 0 ⎥

⎢ ⎥
⎢ 0 ⎥ ⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣V ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦
⎢⎣ ⎥⎦
−6 V ⋅ a −3a
D’où : (y T − y P ) ⋅ V = d’où : yT − yP = , dans le repère Gxyz.
16 8
−a −5a
yP = ⇒ yT =
4 8

Page II.1-2 -- 35
5.4.3 -- Effort tranchant sur profil mince fermé à une ou plusieurs alvéoles

5.4.3.1 -- Généralités

• Une coupure totale de la section droite coupe au moins 2 parois.


Le théorème du flux sortant de cisaillement d’effort tranchant ne suffit donc plus pour calculer les contraintes
de cisaillement (sauf dans le cas particulier d’une section à une alvéole symétrique et symétriquement chargée).

• Supposons que le profil fermé comporte n alvéoles, numérotées de 1 à n (le profil dessiné comporte 2 alvéoles).

On pratique, dans le profil, des coupures longitudinales parallèles à la fibre moyenne de la poutre pour le
rendre ouvert.
Il faut faire une coupure par alvéole ; soit n coupures.
Le profil ouvert ainsi obtenu est qualifié de profil ouvert associé.
1 2
ure
1 ure ure
up up up
co co co

alvéole 1 alvéole 1 alvéole 2 alvéole 1 alvéole 2

Les sollicitations d’effort tranchant Vy et Vz , considérées sur le profil fermé initial, appliquées au profil ouvert
associé provoquent à chaque coupure « i » un déplacement relatif « δ i » des lèvres de la coupure.

Il faut introduire, par unité de longueur de poutre, des efforts de glissement longitudinal « G i », égaux et opposés
aux lèvres de chaque coupure « i » pour annuler ces déplacements relatifs et restituer l’état de déformation du
profil mince initial.
G 1 et G 2 sont des densités linéiques de forces appliquées

G1 G2
G1 G2
section G(s)
z

y
x

t(s)
On va donc appliquer une méthode identique à la méthode des forces :
- les déplacements isostatiques associés étant les « n » déplacements relatifs des lèvres des « n » coupures
créées,
- les inconnues hyperstatiques étant les « n » efforts de glissement longitudinal inconnus « G i ».

5.4.3.2 -- application du flux sortant de cisaillement d’effort tranchant

• On oriente la ligne moyenne de chaque alvéole dans le sens trigonométrique.

Les flux de cisaillement considérés en un point de la ligne moyenne du profil sont les flux à travers une coupure
normale à la ligne moyenne sortant de l’aire située en amont par rapport à l’orientation (trigo) de l’alvéole
concernée.
Ces flux sont donc positifs sur l’orientation trigo de la ligne moyenne de l’alvéole considérée.
Plus précisément, au point banal P de l’alvéole « i », d’abscisse curviligne « σ » sur la ligne moyenne du profil

ouvert, soit i (P ) le vecteur unitaire de la tangente orientée à la ligne moyenne de l’alvéole « i » ; le flux sortant de
⎡→ → ⎤
cisaillement en P vaut : ⎢ τ ⋅ i (P )⎥ ⋅ e(σ )
⎣ ⎦

Page II.1-2 -- 36
• Dans le profil ouvert associé, les forces réparties de glissement longitudinal « G i » (densité linéique),
provoquent des contraintes de cisaillement dans la section droite et un flux de cisaillement.

On choisit le sens de chaque force de glissement G i pour que le flux de cisaillement du à G i = 1 soit positif sur
l’orientation trigo de la ligne moyenne de l’alvéole concernée.

On considère le profil mince ouvert associé soumis à G i ≠ 0 et G j = 0 ∀ j ≠ i


rappel : on applique les conventions de signes de la mécanique
G i est une densité linéique de force appliquée

Gi
Gi section G(s)
z

i = Gi alvéole i
y
x

t(s)

Au point banal P de l’alvéole « i », d’abscisse curviligne « σ » sur la ligne moyenne du profil ouvert, soit :

i (P ) le vecteur unitaire de la tangente orientée à la ligne moyenne de l’alvéole « i »

dΣ une facette de la section droite de normale t (s ) :
→ →
contrainte sur dΣ : σ dont la composante de cisaillement τ est parallèle à la ligne moyenne et
→ → → →
constante dans l’épaisseur avec σ ⋅ i (P ) = τ ⋅ i (P )

dΣ′ une facette de normale − i (P ) (facette parallèle à la fibre moyenne de la poutre, normale à la ligne
moyenne du profil):
→ → → → → →
contrainte sur dΣ′ : σ′ dont la composante de cisaillement est τ′ avec σ′⋅ t (s ) = τ′⋅ t (s )
→ → Gi →
τ′ est parallèle à la ligne moyenne et constant dans l’épaisseur : τ′ = − ⋅ t (s )
e(σ )
→ → → → → → → → Gi
théorème de Cauchy ⇒ − σ ⋅ i (P ) = σ ′⋅ t (s ) ⇒ − τ ⋅ i (P ) = τ ′⋅ t (s ) = −
e(σ )
→ → Gi ⎡→ → ⎤
⇒ τ ⋅ i (P ) = ⇒ flux de cisaillement sortant en P : ⎢ τ ⋅ i (P )⎥ ⋅ e(σ ) = G i
e(σ ) ⎣ ⎦

Conséquence : soit ϕ i (σ ) le flux de cisaillement, le long de la ligne moyenne de la section droite, du à G i =1


appliqué :
φi (σ ) = G i = 1 dans une paroi de l’alvéole « i » (compté positif dans le sens trigo de l’alvéole « i »),
φ i (σ ) = 0 dans une paroi n’appartenant pas à l’alvéole « i ».

• Dans le profil mince ouvert associé soumis :


aux sollicitations d’effort tranchant du profil initial
aux efforts G i i = 1,n

Soit Φ iso (σ ) le flux de cisaillement du aux sollicitations d’effort tranchant du profil initial : Vy et Vz

Donc, dans le profil mince ouvert associé soumis aux sollicitations du profil initial fermé et aux « n » efforts de
glissement inconnus « G i » (par unité de longueur de la fibre moyenne de la poutre), le flux de cisaillement le
long de la ligne moyenne du profil vaut :

Φ(σ ) = Φ iso (σ ) + ∑ G i ⋅ φ i (σ ) = τ(σ )⋅ e(σ )


i =1,n

Page II.1-2 -- 37
• Dans le profil ouvert associé ainsi chargé, calcul des « n » déplacements relatifs « δ i » des lèvres des coupures.

Pour ce faire on applique le théorème de Castigliano.

- potentiel de déformation d’effort tranchant : W=


1
2⋅G
( )
⋅ σ 2xy + σ 2xz =
τ2
2⋅G
constant dans l’épaisseur

- énergie de déformation d’effort tranchant pour la tranche G(s)G(s+ds) :


dU = ds ⋅ ∫∫(S) W ⋅ dy ⋅ dz
W est constant dans l’épaisseur ⇒ dU = ds ⋅ ∫(L ) W ⋅ e(σ)⋅ dσ
ds ds Φ(σ )2
D’où : dU = ∫τ 2 (σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ = ∫ ⋅ dσ
2 ⋅ G (L ) 2 ⋅ G (L ) e(σ )
1 Φ(σ )2
2 ⋅ G ∫(L ) e(σ )
Energie de déformation d’une tranche de profil de longueur unité : U = ⋅ dσ

- application du théorème de Castigliano à une tranche de profil de longueur unité :


∂U ∂ ⎡ 1 Φ(σ )2 ⎤ 1 ∂Φ(σ ) dσ
δi = δi = ⎢ ∫ ⋅ dσ ⎥ = ⋅ ∫ Φ(σ ) ⋅ ⋅
∂G i ∂G i ⎢⎣ 2 ⋅ G (L ) e(σ ) ⎥⎦ G ( L ) ∂G i e(σ )
∂Φ(σ )
Or = φ i (σ )
∂G i
avec : φ i (σ ) = 1 dans une paroi de l’alvéole « i » (compté positif dans le sens trigo de l’alvéole « i »),
φ i (σ ) = 0 dans une paroi n’appartenant pas à l’alvéole « i ».
1 dσ 1 Φ (σ )
D’où : δi = ⋅ ∫ Φ(σ ) ⋅ φ i (σ ) ⋅ = ⋅∫ ⋅ dσ
G (L ) e(σ ) G alvéole i e(σ )

- Mais sur l’alvéole « i » : Φ(σ ) = Φ iso (σ ) + ∑ G j ⋅ φ j (σ ) = Φ iso (σ ) + G i ⋅ φ i (σ ) + ∑ G j ⋅ φ j (σ )


j=1,n j=1,n j≠i
avec :
φ i (σ ) = 1 dans les parois de l’alvéole « i »
φ j (σ ) = 0 pour paroi n’appartenant pas à l’alvéole « j »
φ j (σ ) = 1 pour paroi commune aux 2 alvéoles « i » et « j », positif dans le sens trigo de l’alvéole « j »
φ j (σ ) = −1 pour paroi commune aux 2 alvéoles « i » et « j », positif dans le sens trigo de l’alvéole « i »

- d’où, sur l’alvéole « i », en comptant les flux positifs dans le sens trigo de l’alvéole « i » :
Φ(σ ) = Φ iso (σ ) + G i sur une paroi extérieure ,
Φ(σ ) = Φ iso (σ ) + G i − G j sur une paroi commune aux alvéoles « i » et « j »

1 Φ(σ ) Φiso (σ ) dσ ⎡ dσ ⎤
- d’où : δi = ⋅∫ ⋅ dσ = ∫ ⋅ dσ + G i ⋅ ∫ − ∑ ⎢G j ⋅ ∫
G alvéole i e(σ ) alvéole i e(σ ) alvéole i e(σ ) parois i I j e(σ ) ⎥⎦
j=1, n ⎣
j≠ i

• On écrit enfin que les « n » déplacements relatifs des lèvres des coupures sont nuls : δi = 0 i = 1,n
On obtient ainsi n équations à n inconnues : les n efforts de glissement longitudinal inconnus « G i ».

• connaissant les « G i », on déduit les flux de cisaillement et les cisaillements dans la section par :
Φ(σ ) = Φ iso (σ ) + ∑ G i ⋅ φ i (σ ) = τ(σ )⋅ e(σ )
i =1,n
Voir les exercices du chapitre II.1-5

Page II.1-2 -- 38
5.5 -- Etude de la torsion pure (gauchissement non géné) établie par Saint-Venant

5.5.1 -- Section droite quelconque, théorie de la torsion pure établie par de Saint-Venant

• Soit une poutre rectiligne de section constante, soumise à des moments de torsion égaux et opposés appliqués à
chacune des 2 sections d’extrémité ; appliqués sous forme de contraintes de cisaillement dans chacune des
sections droites, de moment résultant C suivant Gx.
Pas de forces de volume appliquées,
Pas de forces de surface appliquées sur la surface latérale.
z z

y y
C C
G0 GE x

Fibre moyenne : droite G 0G E orientée, abscisse curviligne : s = x


Repère global = repère local de la section droite origine = G 0 xyz
• En toute section droite, la seule sollicitation non nulle est le moment de torsion C.
⎡ N(s ) = 0⎤ ⎡ C≠0 ⎤

Les sollicitations en toute section droite sont donc : ⎢ Vy = 0 ⎥ ⎥ ⎢ M = 0⎥
⎢ y ⎥
⎢⎣ Vz = 0 ⎥⎦ ⎢⎣ M z = 0 ⎥⎦
• Le problème est de calculer, à partir des équations de la mécanique des milieux continus déformables, en tout
point, les tenseurs contraintes et déformations, les déplacements et les déformations des sections droites.

5.5.1.1 -- Rappel des hypothèses (paragraphe 4.2.1)

Ce sont les hypothèses simplificatrices de la théorie des poutres :


- hypothèse de Saint-Venant,
- hypothèse de Navier-Bernouilli généralisée,
- nullité de la contrainte normale sur toute facette parallèle à la fibre moyenne,
envisagées dans le cadre de la mécanique des milieux continus déformables avec les 2 hypothèses suivantes :
- déformations et déplacements sont infiniment petits,
- les matériaux constitutifs ont un comportement élastique linéaire.

5.5.1.2 -- Principe de la résolution

• Forme de la section droite, rappel : connexion linéaire simple et connexions linéaires multiples
Le nombre de connexions d’une section est le nombre de chemins permettant d’aller d’un point de la section à un
autre qui ne pas être confondus par déformation continue, sans sortir de la matière.

Connexion linéaire simple connexion linéaire d’ordre 2 connexion linéaire d’ordre 3


Pas d’alvéole une alvéole 2 alvéoles
z z
z

y y
y

Nombre de connexions = nombre d’alvéoles + 1

Page II.1-2 -- 39
• Dans le repère local G(x)yz de la section droite contenant le point considéré :
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡ 0 σ xy σ xz ⎤
⎢ ⎥ ⎢
- Le tenseur contraintes est de la forme : ⎢σ yx σ yy σ yz ⎥ = ⎢σ yx 0 0 ⎥⎥
⎢ σ zx σ yz σ zz ⎥ ⎢ σ zx 0 0 ⎥⎦
⎣ ⎦ ⎣

⎡σ xx ⎤ ⎡ 0 ⎤
⎢σ ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ yy ⎥ ⎢ ⎥
⎢ σ zz ⎥ ⎢ 0 ⎥
- Et le vecteur contraintes généralisé : ⎢σ ⎥ = ⎢σ ⎥
⎢ xy ⎥ ⎢ xy ⎥
⎢ σ yz ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢ σ xz ⎦⎥ ⎣⎢σ xz ⎦⎥
⎡ 0 ⎤
- La contrainte sur une facette contenue dans la section droite vaut : ⎢⎢σ xy ⎥⎥
⎢⎣ σ xz ⎥⎦
⎡ε xx ε xy ε xz ⎤ ⎡ 0 ε xy ε xz ⎤
⎢ ⎥
- Le tenseur déformations est de la forme : ⎢ε yx ε yy ε yz ⎥ = ⎢⎢ε yx 0 0 ⎥⎥
⎢ ε zx ε yz ε zz ⎥⎦ ⎢⎣ ε zx 0 0 ⎥⎦

• Application des équations de base de la mécanique des milieux continus déformables dans le cadre des
hypothèses ci-dessus, c'est-à-dire (rappel chapitre I) :
- les équations d’équilibre, en rappelant que les forces de volume appliquées sont nulles :

⎡ 0 ⎤
⎢ 0 ⎥
⎡∂ ∂x 0 0 ∂ ∂y 0 ∂ ∂z ⎤ ⎢ ⎥
⎢ 0 ⎥ ⎢ 0 ⎥
soit : ⎢ ∂ ∂y 0 ∂ ∂x ∂ ∂z 0 ⎥⋅⎢ ⎥= 0
⎢ σ xy ⎥
⎢⎣ 0 0 ∂ ∂z 0 ∂ ∂y ∂ ∂x ⎥⎦
⎢ 0 ⎥
⎢ ⎥
⎣⎢σ xz ⎦⎥

- les conditions d’intégrabilité des déformations, exprimées en fonction des contraintes :


(
∂ 2 σ xx + σ yy + σ zz ) (1 + ν )⋅ ∆σ x x
(1 + ν )⋅ ∆σ x x + =0 soit =0
i j
∂x i ∂x j i j

∂2 ∂2 ∂2
avec ∆ opérateur laplacien : ∆= + +
∂x 2 ∂y 2 ∂z 2
⎡ 0 σ xy σ xz ⎤ ⎡n x ⎤ ⎡ Φ x ⎤
⎢σ ⎢ ⎥
- les conditions aux limites : ⎢ yx 0 0 ⎥⎥ ⋅ ⎢⎢ n y ⎥⎥ = ⎢ Φ y ⎥
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦ ⎢⎣ n z ⎥⎦ ⎢⎣ Φ z ⎥⎦

- et les relations contraintes / déformations : σ = C ⋅ε

• Hypothèse complémentaire : centre de torsion et déformations des sections droites


⎡u x (x , y, z )⎤
Le point banal P(x,y,z), de la section G(x) subit le déplacement ⎢⎢ u y (x, y, z )⎥⎥ tel que la section droite G(x) subit :
⎢⎣ u z (x , y, z )⎥⎦
⎡u x (x, y, z )⎤
- le gauchissement défini par le champ de déplacements sur la section droite G(x) : ⎢⎢ 0 ⎥

⎣⎢ 0 ⎦⎥

Page II.1-2 -- 40

⎡Ω1x (x )⎤
- une rotation autour du centre de torsion T : Ω1(x ) = ⎢⎢ 0 ⎥⎥ associée au vecteur rotation différentielle
⎢⎣ 0 ⎥⎦


⎡δω x = cste⎤
autour du centre de torsion T : δ Ω1(x ) = ⎢⎢ 0 ⎥
⎥ δω x ne dépend pas de x puisque la seule
⎢⎣ 0 ⎥

sollicitation non nulle est la sollicitation de torsion C qui est constante, indépendante de x.

5.5.1.3 -- exploitation des équations d’équilibre

∂σ xy ∂σ xz ∂σ xy ∂σ xz
• + =0 =0 =0
∂y ∂z ∂x ∂x
∂σ xy ∂σ xz
• =0 et =0 ⇒ σ xy = σ xy (y, z ) et σ xz = σ xy (y, z )
∂x ∂x
∂σ xy ∂σ xz ∂φ ∂φ
• + =0 ⇒ il existe une fonction φ(y, z ) telle que : σ xy = et σ xz = −
∂y ∂z ∂z ∂y
Le problème est de déterminer la fonction φ(y, z )

5.5.1.4 -- Exploitation des conditions d’intégrabilité des déformations


∂2 ∂2
• ∆σ xy = 0 ∆σ xz = 0 avec ∆ = +
∂y 2 ∂z 2
∂φ ∂
• ∆σ xy = 0 et σ xy = ⇒ (∆φ ) = 0
∂z ∂z
∂φ ∂
∆σ xz = 0 et σ xz =− ⇒ (∆φ ) = 0
∂y ∂y
• ⇒ ∆φ(y, z ) = cste = A

5.5.1.5 -- Exploitation des conditions aux limites

• Sur le contour de la section droite et sur le contour d’une alvéole, où aucune action extérieure n’est appliquée, la
contrainte de cisaillement est parallèle au contour
⇒ sur le contour (tangente (dy,dz), normale (dz,-dy)) :
∂φ ∂φ
σ xy ⋅ dz − σ xz ⋅ dy = 0 soit ⋅ dy + ⋅ dz = 0
∂y ∂z
Soit φ(y, z ) = cste sur le contour de la section droite et sur le contour d’une alvéole.
Comme la fonction φ(y, z ) n’est définie qu’à une constante additive près, on peut poser :

φ(y, z ) = 0 sur le contour de la section droite .

Et quand la section droite comporte une ou plusieurs alvéoles (section à connexions linéaires multiples) :

φ(y, z ) = cste = k i ≠ 0 sur le contour de l’alvéole « i ».

• On vérifie que les 2 composantes de la résultante des cisaillements sur une section droite sont nulles.
∂φ ∂φ
Composante de la résultante sur Gy : ∫∫S σ xy ⋅ dy ⋅ dz = ∫∫S ∂z ⋅ dy ⋅ dz = ∫ dy ∫ ∂z ⋅ dz
∂φ
y fixé, ∫ ⋅ dz = 0 car φ(y, z ) = cste sur le contour. D’où : ∫∫S σ xy ⋅ dy ⋅ dz = 0
∂z
De même de la composante sur Gz.

Page II.1-2 -- 41
• On écrit que dans la section droite banale, le moment résultant des contraintes de cisaillement (en tout point G
ou T en particulier) est égal au moment de torsion : dans G(s)xyz
⎡C ⎤ ⎡0⎤ ⎡ 0 ⎤ ⎡C ⎤
⎛ → →⎞ ⎢ ⎥ ⎛ → →⎞ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
∫∫S ⎜⎜⎝ GP∧ τ ⎟⎟⎠dy ⋅ dz = ⎢ 0 ⎥ ∫∫S ⎜⎜⎝ GP∧ τ ⎟⎟⎠dy ⋅ dz = ∫∫S ⎢ y⎥ ∧ ⎢σ xy ⎥ ⋅ dy ⋅ dz = ⎢ 0 ⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ z ⎥⎦ ⎢⎣σ xz ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦

∫∫S (y ⋅ σ xz − z ⋅ σ xy )⋅ dy ⋅ dz = C
⎛ ∂φ ∂φ ⎞ ∂φ ∂φ
soit C = − ∫∫ ⎜⎜ y ⋅ +z⋅ ⎟ ⋅ dy ⋅ dz = − ∫∫ y ⋅ ⋅ dy ⋅ dz − ∫∫ z ⋅ ⋅ dy ⋅ dz
S⎝ ∂y ∂z ⎟⎠ S ∂y S ∂z

- section droite sans alvéole


z z2

y1 y2
z

z1
∂φ z2 y2 ∂φ
∫∫S y ⋅ ∂y ⋅ dy ⋅ dz = ∫z1 dz ∫y1 y⋅
∂y
⋅ dy

y2 ∂φ y
⋅ dy = [y ⋅ φ]y 2 − ∫ 2 φ ⋅ dy
y
z fixé, intégration par parties ⇒ ∫y1 y⋅
∂y 1 y1

sur le contour de la section : φ(y1, z ) = φ(y 2 , z ) = 0 ⇒ [y ⋅ φ]yy 2 = 0


1
y2 ∂φ y ∂φ z2 y2
d’où : ∫ y⋅ ⋅ dy = − 2 φ ⋅ dy
∫ ∫∫S y ⋅ ∂y ⋅ dy ⋅ dz = − ∫z1 dz ∫y1 φ ⋅ dy = − ∫∫S φ ⋅ dy ⋅ dz
y1 ∂y y1
∂φ
on montre de même : ∫∫S z ⋅ ∂z ⋅ dy ⋅ dz = −∫∫S φ ⋅ dy ⋅ dz
⎛ ∂φ ∂φ ⎞
d’où : C = − ∫∫ ⎜⎜ y ⋅ + z ⋅ ⎟⎟ ⋅ dy ⋅ dz = 2 ⋅ ∫∫ φ(y, z ) ⋅ dy ⋅ dz C = 2 ⋅ ∫∫ φ(y, z ) ⋅ dy ⋅ dz
S
⎝ ∂y ∂z ⎠ S S

- section à connexions linéaires multiples (n alvéoles)


z
z2

y1 y4
y2 y3 z
alvéole "i" y

z1

∂φ z2 ⎡ y2 ∂φ y ∂φ ⎤
∫∫S y ⋅ ∂y ⋅ dy ⋅ dz = ∫z1 dz ⎢⎣∫y1 y⋅ ⋅ dy + ∫ 4 y ⋅ ⋅ dy ⎥
∂y y3 ∂y ⎦
y2 ∂φ y
⋅ dy = [y ⋅ φ]y 2 − ∫ 2 φ ⋅ dy
y
z fixé, intégration par parties ⇒ ∫y1 y⋅
∂y 1 y1
sur le contour de la section : φ(y1, z ) = 0

Page II.1-2 -- 42
sur le contour de l’alvéole « i » : φ (y 2 , z ) = k i ⇒ [y ⋅ φ]yy 2 = y 2 ⋅ k i
1
y2 ∂φ y
d’où : ∫ y⋅ ⋅ dy = y 2 ⋅ k i − 2 φ ⋅ dy

y1 ∂y y1
y4 ∂φ y4 y4
∫y3 y ⋅ ∂y ⋅ dy = [y ⋅ φ]y34 − ∫y3 φ ⋅ dy = − y3 ⋅ k i − ∫y3 φ ⋅ dy
y
de même :

∂φ z2 ⎡ y2 y4 ⎤
∫∫S y ⋅ ∂y ⋅ dy ⋅ dz = − ∫z1 dz ⎢⎣(y3 − y 2 ) ⋅ k i + ∫y1 φ ⋅ dy + ∫y3 φ ⋅ dy⎥⎦ = −k i ⋅ Si − ∫∫S φ ⋅ dy ⋅ dz
Avec S = aire de la section droite, Si = aire de l’alvéole « i »

∂φ
on montre de même : ∫∫S z ⋅ ∂z ⋅ dy ⋅ dz = −ki ⋅ Si − ∫∫S φ ⋅ dy ⋅ dz
⎛ ∂φ ∂φ ⎞
d’où : C = − ∫∫ ⎜⎜ y ⋅ +z⋅ ⎟ ⋅ dy ⋅ dz = 2 ⋅ ∑ k i ⋅ Si + 2 ⋅ ∫∫ φ(y, z ) ⋅ dy ⋅ dz
S⎝ ∂y ∂z ⎟⎠ i
S

C = 2 ⋅ ∑ k i ⋅ Si + 2 ⋅ ∫∫ φ(y, z ) ⋅ dy ⋅ dz
S
i

5.5.1.6 -- Analyse des déformations et des déplacements

Au point banal P(s=x,y,z) et dans le repère local G(s)xyz de la section droite qui le contient :

• Tenseur contraintes, rappel :


⎡ 0 σ xy σ xz ⎤
⎢σ ∂φ ∂φ
⎢ yx 0 0 ⎥⎥ avec : σ xy = et σ xz = −
∂z ∂y
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦

• Déformations :
⎡ 0 ε xy ε xz ⎤
⎢ε 1 1
le tenseur déformations est de la forme : ⎢ yx 0 0 ⎥⎥ avec : ε xy = ⋅ σ xy ε xz = ⋅ σ xz
2G 2G
⎢⎣ ε zx 0 0 ⎥⎦
⎡u x (s = x , yz)⎤
• Déplacements ⎢⎢ u y (x , y, z ) ⎥⎥ du point considéré
⎣⎢ u z (x , y, z ) ⎦⎥
1 ⎡ ∂u i ∂u j ⎤
les relations déformations / déplacements s’écrivent : ε ij = ⋅⎢ + ⎥
2 ⎢⎣ ∂x j ∂x i ⎥⎦

∂u x ∂u y ∂u z
soit : ε xx = ε yy = ε zz = 0 ⇒ ∂x
= ∂y
= ∂z
=0
∂u y ∂u z
ε yz = 0 ⇒ ∂z
+ ∂y
=0

1 ⎡ ∂u x ∂u y ⎤ 1 ⎡ ∂u x ∂u z ⎤
ε xy = ⋅⎢ + ⎥ et ε xz = ⋅ +
2 ⎣ ∂y ∂x ⎦ 2 ⎢⎣ ∂z ∂x ⎥⎦

• Déformations des sections droites :

∂u x
=0 ⇒ le gauchissement des sections droites est constant indépendant de x.
∂x
∂u x ∂u y ∂u z
= = =0 ⇒
∂x ∂y ∂z

Page II.1-2 -- 43
⎡ u x (y, z )⎤
Le point banal P(x,y,z), de la section G(x) subit le déplacement ⎢⎢ u y (x, z )⎥⎥
⎢⎣u z (x, y )⎥⎦
Les conditions d’intégrabilité des déformations étant satisfaites, on peut par intégration calculer les déplacements
à partir des déformations.
On montre ainsi que que la section droite G(x) subit :
⎡u x (y, z )⎤
- le gauchissement défini par le champ de déplacements sur la section droite G(x) : ⎢⎢ 0 ⎥⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦


⎡Ω1x (x )⎤
- une rotation autour du centre de torsion T : Ω1(x ) = ⎢⎢ 0 ⎥⎥ associée au vecteur rotation différentielle
⎢⎣ 0 ⎥⎦


⎡δω x = cste⎤
autour du centre de torsion T : δ Ω1(x ) = ⎢⎢ 0 ⎥
⎥ δω x ne dépend pas de x puisque la seule
⎢⎣ 0 ⎥⎦
sollicitation non nulle est la sollicitation de torsion C qui est constante, indépendante de x.

• Déplacement de la section droite banale G(x) :

En conséquence, le déplacement de la section banale G(x) est la composition :


⎡u x (y, z )⎤
- d’un gauchissement défini par le champ de déplacements sur la section droite G(x) : ⎢⎢ 0 ⎥⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦

- et d’une rotation Ω1(x ) autour du centre de torsion T(x), qui s’exprime comme suit en fonction de la

rotation Ω1(x 0 ) d’une section particulière G (x 0 ) (idem formules de Bresse) :
→ → x→
Ω1(x ) = Ω1(x 0 ) + δΩ1(ξ ) ⋅ dξ

x0
Enfin, en choisissant (x 0 ) tel que la section droite G (x 0 ) soit la section d’encastrement de torsion pure pour
→ →
laquelle Ω1(x 0 ) = 0 (à mi-portée de notre poutre rectiligne soumise aux 2 couples de torsion + C et – C
appliqués dans les 2 sections d’extrémité), il vient :

⎡δω x ⋅ (x − x 0 )⎤
Ω1(x ) = ⎢⎢ 0 ⎥

⎢⎣ 0 ⎥⎦
• Le déplacement du point banal P de la structure de coordonnées P(s=x,y,z), vaut donc :

⎡u x (y, z )⎤ ⎡u x ⎤ → ⎡u x ⎤ ⎡δω x ⋅ (x − x 0 )⎤ ⎡ 0 ⎤ ⎡ u x (y, z ) ⎤


⎢ u ⎥ = ⎢ 0 ⎥ + Ω (x ) ∧ −T−− →
⎢ ⎥
(x )P = ⎢ 0 ⎥ + ⎢ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ y ⎥ ⎢ ⎥ 1 0 ⎥ ∧ ⎢ y − y T ⎥ = ⎢− δω x ⋅ (x − x 0 ) ⋅ (z − z T )⎥
⎢⎣ u z ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ z − z T ⎥⎦ ⎢⎣ δω x ⋅ (x − x 0 ) ⋅ (y − y T ) ⎥⎦
• Interprétation :
1 ⎡ ∂u ∂u y ⎤ 1 ⎡ ∂u x ⎤ 1 ⎡ ∂u ∂u ⎤ 1 ⎡ ∂u ⎤
ε xy = ⋅ ⎢ x + ⎥ = ⋅⎢ − (z − zT ) ⋅ δωx ⎥ ε xz = ⋅ ⎢ x + z ⎥ = ⋅ ⎢ x + (y − yT ) ⋅ δωx ⎥
2 ⎣ ∂y ∂x ⎦ 2 ⎣ ∂y ⎦ 2 ⎣ ∂ z ∂ x ⎦ 2 ⎣ ∂ z ⎦

Relation contraintes / déformations ⇒


⎡ ∂u ⎤ ⎡ ∂u ⎤
σ xy = 2µ ⋅ ε xy = 2G ⋅ ε xy = G ⋅ ⎢ x − (z − zT ) ⋅ δωx ⎥ σ xz = 2µ ⋅ ε xz = 2G ⋅ ε xz = G ⋅ ⎢ x + (y − yT ) ⋅ δωx ⎥
⎣ ∂y ⎦ ⎣ ∂z ⎦
G : module de déformation transversal

Page II.1-2 -- 44
∂φ ∂φ ∂ 2φ ∂ 2φ ∂σ xz ∂σ xy
D’où : σ xy = et σ xz = − ⇒ ∆φ = + =− + = −2 ⋅ G ⋅ δω x = A
∂z ∂y ∂y 2
∂z 2 ∂y ∂z
D’où : A = −2 ⋅ G ⋅ δω x

• Inertie de torsion K :
C 2⋅C
On pose δω x = d’où : K=− = inertie de torsion de la section droite .
G⋅K A

• Le centre de torsion T de la section droite :


∂φ ∂φ
Il est défini par σ xy = 0 et σ xz = 0 soit : =0 et =0
∂y ∂z

5.5.1.7 -- Section droite à connexions linéaires multiples (présentant une ou plusieurs alvéoles),
conditions de fermeture
z z

( 0)
k
G G j
( i) y t y


Sur le contour (Γi ) la contrainte (de cisaillement) τ (y, z ) est parallèle au contour .
→ →
Calculons l’expression : ∫(Γi ) τ ⋅ d GP = ∫
(Γi )
τ ⋅ dσ = ∫
(Γi )
(σ xy ⋅ dy + σ xz ⋅ dz )
P est le point banal du contour (Γi ) , et T est le centre de torsion de la section de coordonnées (0, y T , z T )
⎡ ∂u ⎤ ⎡ ∂u ⎤
σ xy = G ⋅ ⎢ x − (z − zT ) ⋅ δωx ⎥ et σ xz = G ⋅ ⎢ x + (y − yT ) ⋅ δωx ⎥ ⇒
⎣ ∂y ⎦ ⎣ ∂z ⎦

∫(Γi ) τ ⋅ dσ = ∫(Γi ) (σ xy ⋅ dy + σ xz ⋅ dz ) = G ⋅ ∫(Γi )du x + G ⋅ δωx ⋅ ∫(Γi )[(y − yT ) ⋅ dz − (z − zT ) ⋅ dy]


Or les conditions de fermeture sur les déplacements calculés par intégration des déformations s’écrivent :
∫ du x = ∫ du y = ∫ du z = 0
(Γi ) (Γi ) (Γi )
or on a : ∫ du y = ∫ du z = 0
(Γi ) (Γi )
⎡ ∂u y ∂u y ⎤ ∂u y
( u y = −δωx ⋅ (x − x 0 ) ⋅ (z − z T ) ⇒
(Γi )

(Γi ) ⎣ ∂y ∫ ⋅ dy +
∂z
⋅ dz ⎥ =
du y =


(Γi ) ∂z
⋅ dz = −δωx ⋅ (x − x 0 ) dz = 0 )
(Γi ) ∫ ∫
Donc la seule condition de fermeture restante s’écrit : ∫ du x = 0 qui est donc équivalente à :
(Γi )
∫(Γi ) τ ⋅ dσ = ∫(Γi ) (σ xy ⋅ dy + σ xz ⋅ dz ) = G ⋅ δωx ⋅ ∫(Γi )[(y − yT ) ⋅ dz − (z − zT ) ⋅ dy]
→ →
⎡ 0 ⎤ ⎡0⎤

⎢ ⎥ ⎢ ⎥
∫(Γi ) [(y − y T )⋅ dz − (z − z T )⋅ dy] = t ⋅ ∫(Γi ) TP∧ d TP = [1 0 0]⋅ ∫(Γi ) ⎢ y − y T ⎥ ∧ ⎢dy⎥ = 2 ⋅ Si
⎢⎣ z − z T ⎥⎦ ⎢⎣ dz ⎥⎦
S i est l’aire intérieure au contour (Γi ) .

D’où, sur chaque alvéole de la section, on doit vérifier la condition :

∫(Γi ) τ ⋅ dσ = ∫(Γi ) (σ xy ⋅ dy + σ xz ⋅ dz ) = 2 ⋅ G ⋅ Si ⋅ δω x
Les valeurs constantes « k i » de la fonction φ(y, z ) sur les contours (Γi ) de chaque alvéole doivent être choisies
pour satisfaire ces dernières conditions.

Page II.1-2 -- 45
5.5.1.8 -- Résumé des équations permettant le calcul des contraintes et des déformations sous
sollicitation de torsion pure C , sur une section droite de géométrie quelconque avec ou sans
alvéoles
z

y
k
j
x
G(s) t (C)

(S)

⎡ 0 σ xy σ xz ⎤
• Tenseur contraintes : ⎢⎢σ yx 0 0 ⎥⎥
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦

• On néglige les forces de volume appliquées.

• Les contraintes sont indépendantes de la variable x : σ xy = σ xy (y, z ) et σ xz = σ xy (y, z )

∂φ ∂φ
• il existe une fonction φ(y, z ) telle que : σ xy = et σ xz = −
∂z ∂y

• la fonction φ(y, z ) est définie par :

∆φ(y, z ) = cste = A

φ(y, z ) = 0 sur le contour de la section droite .

Quand la section droite comporte une ou plusieurs alvéoles (section à connexions linéaires multiples),

la fonction φ(y,z) doit vérifier : φ(y, z ) = cste = k i ≠ 0 sur le contour de l’alvéole « i ».

• « C » étant la sollicitation moment de torsion :

Pour une section droite sans alvéole : pour une section à une ou plusieurs alvéoles :

C = 2 ⋅ ∫∫ φ(y, z ) ⋅ dy ⋅ dz C = 2 ⋅ ∑ k i ⋅ Si + 2 ⋅ ∫∫ φ(y, z ) ⋅ dy ⋅ dz
S S
i
S i est l’aire de l’alvéole « i »
• déformations :

A = −2 ⋅ G ⋅ δω x
C 2⋅C
δω x = ⇒ K=− = inertie de torsion de la section droite .
G⋅K A

• condition de fermeture sur chaque alvéole dans le cas d’une section à connexion linéaire multiple

∫(Γi ) τ ⋅ dσ = ∫(Γi ) (σ xy ⋅ dy + σ xz ⋅ dz ) = 2 ⋅ G ⋅ Si ⋅ δω x (Γi ) est le contour de l’alvéole « i », S i , son aire.

∂φ ∂φ
• Le centre de torsion est défini par : =0 et =0
∂y ∂z

Page II.1-2 -- 46
5.5.2 -- Exemples de résolution du problème de torsion pure par les résultats de Saint-Venant
sur quelques sections droites

cette intégration directe des équations de la mécanique permet une bonne compréhension du phénomène mais reste
limitée à des sections droites de forme adaptée à ce calcul.

5.5.2.1 -- section droite de forme elliptique


z

b
aire S
inerties principales : I y et I z

a
G y

y2 z2
- Equation du contour de la section : + −1 = 0
a2 b2
πab 3 πba 3
Aire : S = π ⋅ a ⋅ b inertie principale : I y = Iz =
4 4
⎛ y2 z2 ⎞
- La fonction φ(y, z ) = k ⋅ ⎜ + − 1⎟ satisfait les conditions :
⎜ a 2 b2 ⎟
⎝ ⎠
⎛ 1 1 ⎞
∆φ(y, z ) = 2k ⋅ ⎜⎜ + ⎟⎟ = cste = A
2
⎝a b2 ⎠
φ(y, z ) = 0 sur le contour de la section droite
⎛I Iy ⎞ C
- C = 2 ⋅ ∫∫ φ(y, z ) ⋅ dy ⋅ dz ⇒ C = 2k ⋅ ⎜ z + − S⎟ ⇒ k=−
S ⎜ a 2 b2 ⎟ πab
⎝ ⎠
C ⎛⎜ y 2 z 2 ⎞ ∂φ 2Cz
- ⇒ φ(y, z ) = − ⋅ + − 1⎟ ⇒ σ xy = =−
πab ⎜⎝ a 2 b 2 ⎟
⎠ ∂z πab 3
∂φ 2Cy
= σ xz = −
∂y πa 3 b
⇒ les contraintes sur un même rayon vecteur sont parallèles et donc parallèles à la tangente au contour sur
ce rayon vecteur.

-
⎛ 1
A = 2k ⋅ ⎜⎜ +
1 ⎞
⎟⎟ = −
2C ⎛ 1
⋅ ⎜⎜ +
1 ⎞
⎟⎟ = −
(
2C ⋅ a 2 + b 2 )
2
⎝a b2 ⎠ πab ⎝ a 2
b2 ⎠ πa 3 b 3

- Déformations des sections droites : δω x = −


A
=
(
C⋅ a 2 + b2 ) (composante sur Gx de la rotation
2G G ⋅ πa 3 b 3

différentielle δ Ω )
C πa 3 b 3 S4
- Inertie de torsion : en identifiant à l’expression δω x = , il vient : K = =
G⋅K a 2 + b 2 4π 2 ⋅ I y + I z ( )
Remarque : Saint-Venant a montré que pour des sections droites présentant 2 axes de symétrie, l’expression
S4
K= donne une bonne approximation de l’inertie de torsion.
(
4π 2 ⋅ I y + I z )

Page II.1-2 -- 47
5.5.2.2 -- Section circulaire pleine
z

n
t
R r M
0
G y

• On raisonne en coordonnées polaires et on cherche la fonction φ(r, θ ) .


Rappel (1) :
y z ∂r ∂r
y2 + z2 = r 2 r ⋅ dr = y ⋅ dy + z ⋅ dz dr = ⋅ dy + ⋅ dz = cos θ ⋅ dy + sin θ ⋅ dz = ⋅ dy + ⋅ dz
r r ∂y ∂z
∂ 2φ ∂ 2φ ∂ 2φ 1 ∂φ 1 ∂ 2 φ
Rappel (2) : ∆φ(y, z ) = + = + ⋅ + ⋅
∂y 2 ∂z 2 ∂r 2 r φr r 2 ∂θ 2

• symétrie de révolution ⇒ la fonction φ est indépendante de θ : φ(r, θ ) = φ(r )


∂ 2φ 1 ∂φ
⇒ ∆φ = + ⋅ = cste = A ⇒ φ = k1 ⋅ r 2 + k 2 ⋅ r + k 3
∂r 2 r φr
1 k
∆φ = 2 ⋅ k1 + ⋅ [2 ⋅ k1 ⋅ r + k 2 ] = A = 4 ⋅ k1 + 2 ∀ r ⇒ k2 = 0
r r
A
⇒ A = 4 ⋅ k1 ⇒ φ = ⋅r2 + k3
4

φ = 0 sur le contour pour r = R ⇒


A
φ = ⋅ r2 −R2
4
[ ]
R
[ ]
R R ⎡r4
2 2 r2 ⎤ π⋅A⋅R4
• C = 2 ⋅ ∫∫ φ ⋅ dydz = 2 ⋅ ∫ φ ⋅ 2 πr ⋅ dr = π ⋅ A ⋅ ∫ r − R ⋅ r ⋅ dr = π ⋅ A ⋅ ⎢ − R 2 ⋅ ⎥ = −
S 0 0
⎢⎣ 4 2 ⎥
⎦0
4

4⋅C 2⋅C π ⋅R 4
⇒ A=− ⇒ Inertie de torsion : K=− =
π⋅R4 A 2
• les contraintes :
∂φ A ⋅ r 2⋅C 2⋅C
= =− ⋅ r = −k ⋅ r on pose : k =
∂r 2 π⋅R4 π⋅R4
∂φ ∂φ ∂r ∂φ ∂φ ∂φ ∂r ∂φ
σ xy = = ⋅ = ⋅ sin θ = − k ⋅ r ⋅ sin θ et σ xz = − =− ⋅ =− ⋅ cos θ = k ⋅ r ⋅ cos θ
∂z ∂r ∂z ∂r ∂y ∂r ∂y ∂r
Soit :

¾ n le vecteur unitaire du rayon vecteur GM,
→ →
¾ t le vecteur unitaire déduit de n par une rotation de + π
2

¾ τ le vecteur contrainte (cisaillement) au point banal M (r, θ ) de la section
→ ⎡σ ⎤ ⎡− sin θ ⎤ → ⎡cos θ ⎤ → ⎡− sin θ ⎤
Dans le repère local Gyz de la section droite : τ = ⎢ xy ⎥ = k ⋅ r ⋅ ⎢ ⎥ n =⎢ ⎥ t =⎢ ⎥
⎣σ xz ⎦ ⎣ cos θ ⎦ ⎣ sin θ ⎦ ⎣ cos θ ⎦

On constate que le vecteur contrainte au point banal M (r, θ ) est porté par le vecteur t normal au rayon
→ → 2⋅C⋅r →
vecteur GM : τ = k⋅r⋅ t = ⋅ t
π⋅R4
C
• Déformations : δω x =
G⋅K

Page II.1-2 -- 48
5.5.2.3 -- Section circulaire tubulaire
z

n
t
R M
r
0
G y
R1

∂ 2φ 1 ∂φ
• Symétrie de révolution ⇒ φ est indépendante de θ : φ(r, θ ) = φ(r ) ⇒ ∆φ = + ⋅ = cste = A
∂r 2 r φr

φ = 0 sur le contour pour r = R ⇒ φ=


A 2
4
[
⋅ r −R2 ]
• condition de fermeture sur la seule alvéole de la section

∫(Γ1 ) τ ⋅ dσ = ∫(Γ1 ) (σ xy ⋅ dy + σ xz ⋅ dz ) = 2 ⋅ G ⋅ S1 ⋅ δωx = 2 ⋅ G ⋅ π ⋅ R1 ⋅ δωx


2

∂φ ∂φ ∂r ∂φ ∂φ ∂φ ∂r ∂φ
σ xy = = ⋅ = ⋅ sin θ et σ xz = − =− ⋅ =− ⋅ cos θ
∂z ∂r ∂z ∂r ∂y ∂r ∂y ∂r
y = r ⋅ cos θ dy = cos θ ⋅ dr − r ⋅ sin θ ⋅ dθ z = r ⋅ sin θ dz = sin θ ⋅ dr + r ⋅ cos θ ⋅ dθ
Sur (Γ1 ) , r = cste = R1 , d’où : dy = −R1 ⋅ sin θ ⋅ dθ dz = R1 ⋅ cos θ ⋅ dθ

La condition de fermeture sur (Γ1 ) , s’écrit :

∫(Γ1 ) (σ xy ⋅ dy + σ xz ⋅ dz ) = −R1 ⋅ ∫0

[sin 2 θ + cos2 θ]⋅ ∂∂φr ⋅ dθ = −2π ⋅ R1 ⋅ ⎛⎜⎝ ∂∂φr ⎞⎟⎠ = 2 ⋅ G ⋅ π ⋅ R12 ⋅ δω x
r = R1
⎛ ∂φ ⎞
Soit : ⎜ ⎟ = −G ⋅ R1 ⋅ δωx
⎝ ∂r ⎠ r = R1

• Reste à écrire φ(r, θ ) = φ(r ) = k1 sur (Γ1 ) , c'est-à-dire pour r = R1 , soit :


A
4
[ ]
⋅ R12 − R 2 = k1
R
• Enfin : C = 2 ⋅ k1 ⋅ S1 + 2 ⋅ ∫∫ φ(y, z ) ⋅ dy ⋅ dz = 2 ⋅ k1 ⋅ S1 + 2 ⋅ ∫ φ(r ) ⋅ 2π ⋅ r ⋅ dr
S R1

C = 2π ⋅ R12 ⋅ k1 −
π⋅A
4
( 2
⋅ R 2 − R12 = −
π⋅A
4
)
⋅ R 4 − R14 ( )
4⋅C
D’où : A=−
(
π ⋅ R 4 − R14 )
• Inertie de torsion : K=−
2⋅C π
A 2
(
= ⋅ R 4 − R14 )
• Les contraintes :
φ=
C
2⋅K
[
⋅ R2 − r2 ] σ xy =
∂φ ∂φ ∂r ∂φ
= ⋅
∂z ∂r ∂z ∂r
= ⋅ sin θ = −
C⋅r
K
⋅ sin θ

∂φ ∂φ ∂r ∂φ C⋅r
σ xz = − =− ⋅ =− ⋅ cos θ = ⋅ cos θ
∂y ∂r ∂y ∂r K

La contrainte de cisaillement τ au point banal M, est telle que :
→ → → → → C⋅r →
[
τ ⋅ n = σ xy ] ⎡cos θ ⎤
σ xz ⋅ ⎢ ⎥=0 et τ ⋅ t = σ xy [ ] ⎡− sin θ ⎤ C ⋅ r
σ xz ⋅ ⎢ ⎥= D’où : τ⋅=
K
⋅ t
⎣ sin θ ⎦ ⎣ cos θ ⎦ K
C
• Déformations : δω x =
G⋅K

Page II.1-2 -- 49
5.6 -- Torsion pure des profils minces ouverts

• Avec les notations adoptées plus haut pour les profils minces :
σ abscisse curviligne sur la ligne moyenne (L),
ξ abscisse curviligne sur la normale à la ligne moyenne (L).

Un point quelconque de la section droite est repéré par l’abscisse curviligne σ de sa projection sur (L) et par son
abscisse curviligne ξ sur la normale à la ligne moyenne (L).

• Le flux de cisaillement de torsion est nul à travers la coupure totale de la section droite normale à (L) à l’abscisse
→ →
curviligne σ : ∫ τ (ξ ) ⋅ i (σ ) ⋅ dξ = 0 .
AB
e

(L)
(L)
coupure totale e
C.e( ) K de la section z
i( )
A
B
G(s)
y
C K
C.e( ) K

• On fait l’hypothèse simplificatrice complémentaire que le cisaillement est parallèle à la ligne moyenne et qu’il
varie linéairement dans l’épaisseur du profil et on en déduit la forme du cisaillement dans l’épaisseur.

−2C
Contrainte de cisaillement dans l’épaisseur : elle est parallèle à la paroi et vaut : τ(ξ, σ ) = ⋅ξ
K
1 3
Inertie de torsion : on montre que K=
3
⋅ ∫ [e(σ)] ⋅ dσ
(L )
• Remarque :
On a vu que la torsion pure, non génée, des profils minces ouverts n’est pas très réaliste ;
La torsion des profils minces ouverts est généralement génée (le gauchissement n’est pas libre de se produire).
On résoudra alors le problème non pas en intégrant les équations de la mécanique des milieux continus mais en
réalisant un modèle aux éléments finis adapté du profil mince ouvert :
- par le biais de poutres parallèles reliées entre elles longitudinalement,
- par le biais d’éléments de plaques et coques.
Voir module modélisation par éléments finis.

Page II.1-2 -- 50
5.7 -- Torsion pure des profils minces fermés

Les profils minces fermés sont beaucoup plus rigides en torsion que les profils minces ouverts.
En conséquence, leur gauchissement en torsion pure est négligeable et leur torsion génée n’est pas très différente de
leur torsion pure.

5.7.1 -- Torsion pure d’un profil mince fermé à une alvéole

• Soit (L) la ligne moyenne à mi-épaisseur, fermée, tracée autour de l’alvéole. On oriente (L) et on y définit une
abscisse curviligne σ .
z
( ) ( ).i ( )
e( )
P
i( ) C>0
(L)
x G(s) y
O

• On fait l’hypothèse que le cisaillement est parallèle à la ligne moyenne (L) et constant dans l’épaisseur du profil.
Considérons une coupure du profil, normale à la fibre moyenne (L), au point P d’abscisse curviligne σ de vecteur

→ → d OP(σ )
unitaire tangent i (σ ) et où l’épaisseur du profil est e(σ ) . i (σ ) =

→ → →
Le long de cette coupure le cisaillement est parallèle à i (σ ) et constant dans l’épaisseur, τ (σ, ξ ) = τ(σ ) ⋅ i (σ ) .

• Le théorème du flux sortant de cisaillement de torsion à travers une coupure totale de la section permet de
montrer que :
τ(σ ) ⋅ e(σ ) = constante, sur la ligne moyenne (L) quel que soit σ .

• Contrainte de cisaillement :
On écrit que le moment résultant en un point quelconque O des contraintes de cisaillement est égal à la

sollicitation moment de torsion C (s ) dans la section droite G(s) de la poutre :

→ → → → ⎡ → ⎤ → →
C (s ) = ∫ OP(σ ) ∧ τ (σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ dσ = ∫ OP(σ ) ∧ ⎢τ(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ i (σ )⎥ ⋅ dσ = τ(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ OP(σ ) ∧ i (σ ) ⋅ dσ

(L ) (L ) ⎣ ⎦ (L )
→ → → → →
Or ∫ OP(σ ) ∧ i (σ )⋅ dσ = ∫ OP(σ ) ∧ d OP(σ ) = 2 ⋅ S 0 ⋅ t (s)
(L ) (L )

Avec nos orientations et nos conventions de signes :


S 0 est l’aire intérieure à la ligne moyenne fermée (L),

t (s ) est le vecteur unitaire porté par la tangente orientée à la fibre moyenne de la poutre.

t (s ) est normal au plan de la section droite considérée.
→ → →
D’où : C (s ) = C(s ) ⋅ t (s ) = 2 ⋅ τ(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ S 0 ⋅ t (s ) d’où : C(s ) = 2 ⋅ τ(σ ) ⋅ e(σ ) ⋅ S 0 ⋅

d’où contrainte de torsion du profil mince fermé à une alvéole :


C(s )
contrainte constante dans l’épaisseur avec : τ(s, σ ) =
2 ⋅ e(σ ) ⋅ S 0

Page II.1-2 -- 51
• Déformation et inertie de torsion :

On a vu que, quand la section comporte une ou plusieurs alvéoles (Γi ) , l’intégrale du cisaillement le long du
contour s’écrit : ∫(Γi ) τ ⋅ dσ = ∫(Γi ) (σ xy ⋅ dy + σ xz ⋅ dz ) = 2 ⋅ G ⋅ Si ⋅ δω x
S i est l’aire intérieure au contour (Γi ) .
On écrit la même intégrale sur la ligne moyenne (L) du profil mince fermé :
C dσ C dσ
∫(L ) τ ⋅ dσ = 2 ⋅ S 0 ⋅ ∫(L ) e(σ ) = 2 ⋅ G ⋅ S 0 ⋅ δω x d’où : δω x = 4 ⋅ G ⋅ S 2 ⋅ ∫(L ) e(σ )
0

C 4 ⋅ S 02
On a par ailleurs posé : δω x = on en déduit : K=
G⋅K dσ
∫ e(σ )
(L )
• Exemple :
z
C >0
(L) 1
e P1
P2 G(s)
2 x 2 y
P4
P3 b
a
3

A aire intérieure à (L)

C C C
τ1 = τ2 = τ3 =
2 ⋅ S0 ⋅ e 2 ⋅ S0 ⋅ b 2 ⋅ S0 ⋅ a
D’où le tenseur contraintes :
En P1 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = −τ1 ⋅ cos α σ xz = σ zx = −τ1 ⋅ sin α
En P2 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = 0 σ xz = σ zx = − τ 2
En P3 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = τ 3 σ xz = σ zx = 0
En P4 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = 0 σ xz = σ zx = τ 2

Page II.1-2 -- 52
5.7.2 -- Torsion pure d’un profil mince fermé à plusieurs alvéoles

(2)

(1) (n)

(i)

Considérons un profil mince fermé comportant « n » alvéoles, numérotées de 1 à n.


On suppose toujours que la contrainte de cisaillement en un point quelconque du profil, est canalisée par la paroi,
parallèle aux bords et constante dans l’épaisseur.

• Le théorème du flux sortant de cisaillement de torsion nul à travers toute coupure totale de la section droite, établi
précédemment est satisfait :
- si on affecte à chaque alvéole « i » un flux Φ i compté positif dans le sens trigonométrique de l’alvéole i,
- si on considère comme suit, le flux résultant et la contrainte de cisaillement correspondante en un point du
profil :
Φ
dans une paroi extérieure de l’alvéole « i » : flux résultant Φ i , cisaillement correspondant τ i = i ,
e
comptés positifs dans le sens trigo de l’alvéole « i »
(
dans une paroi commune à l’alvéole « i » et à l’alvéole « j » : flux résultant Φ i − Φ j , cisaillement )
(Φ i − Φ j )
correspondant τ ij = , comptés positifs dans le sens trigo de l’alvéole « i »
e

• on peut écrire pour chaque alvéole « i » du profil mince, la relation qui donne l’intégrale de la contrainte de
cisaillement de torsion le long du contour d’une alvéole quelconque dans une section quelconque (voir paragraphe
5.5.1.9) : ∫ τ ⋅ dσ = 2 ⋅ G ⋅ Si ⋅ δω x
(Γi )
soit sur l’alvéole « i » :


τi ⋅ dσ + ∑∫
τij ⋅ dσ = 2 ⋅ G ⋅ Si ⋅ δω x S i = aire de l’alvéole « i »
ext Ii j iI j
⎡ ⎤
Φi ⋅

+ (
⎢Φ −Φ ⋅ )
dσ ⎥
∫ e(σ ) ∑ ⎢ i j ∫ e(σ )⎥ = 2 ⋅ G ⋅ Si ⋅ δωx i=1, n
ext Ii j ⎣⎢ iI j ⎦⎥

• on peut enfin exprimer que la sollicitation interne de torsion (moment résultant des contraintes de cisaillements)
est égale à la sollicitation externe appliquée donnée C.
soit : C = ∑ 2 ⋅ Φ i ⋅ Si
i =1,n

• les 2 dernières expressions encadrées constituent un système de (n+1) équations à (n+1) inconnues :
δω x et les n flux Φ i .

• Une fois ainsi calculés δω x et les n flux Φ i , on calcule :


- les contraintes de cisaillement de torsion pure en tout point du profil :
Φ
- dans une paroi extérieure de l’alvéole « i » : τi = i
e
(Φ i − Φ j )
- dans une paroi commune aux 2 alvéoles « i » et « j » : τ ij = (compté positif sur
e
sens trigo de l’alvéole « i »)
- les déformations et les déplacements à partir de δω x

Page II.1-2 -- 53
6 -- RECAPITULATION

HYPOTHESES GENERALES

Ce sont les hypothèses simplificatrices de la théorie des poutres :


- hypothèse de Saint-Venant,
- hypothèse de Navier-Bernouilli généralisée,
- nullité de la contrainte normale sur toute facette parallèle à la fibre moyenne,
envisagées dans le cadre de la mécanique des milieux continus déformables avec les 2 hypothèses suivantes :
- déformations et déplacements sont infiniment petits,
- les matériaux constitutifs ont un comportement élastique linéaire.

NOTATIONS

• Section droite :
z
y
x
j
k (C)
t
G(s)
)
(S

∫∫ y ⋅ dydz = ∫∫ z ⋅ dydz = ∫∫ y ⋅ z ⋅ dydz = 0 Inerties principales : I y = ∫∫ z 2 ⋅ dydz I z = ∫∫ y 2 ⋅ dydz


S S S S S
⎡N⎤ ⎡ C ⎤
⎢V ⎥ ⎢M ⎥
• Sollicitations dans la section banale : ⎢ y⎥ et ⎢ y⎥ sollicitation courante : Si (i=1,6)
⎢⎣ Vz ⎥⎦ ⎢⎣ M z ⎥⎦


⎡δu x (s )⎤ ⎡δωx (s )⎤

⎢ ⎥ ⎢ ⎥
vecteur translation différentielle : δ Λ (s ) = ⎢ δu y ⎥ vecteur rotation différentielle : δ Ω (s ) = ⎢ δω y ⎥
⎢⎣ δu z ⎥⎦ ⎢⎣ δωz ⎥⎦

• Tenseurs contraintes et déformations :

⎡σ xx ⎤ ⎡σ xx ⎤ ⎡ ε xx ⎤ ⎡ σ xx E ⎤
⎢σ ⎥ ⎢ 0 ⎥ ⎢ ε ⎥ ⎢− ν ⋅ σ ⎥
⎢ yy ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ yy ⎥ ⎢ xx E⎥
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤
⎢σ ⎥ ⎢ 0 ⎥ ⎢ ε ⎥ ⎢− ν ⋅ σ xx E⎥
σ = ⎢⎢σ yx 0 ⎥⎥
−1
0 σ =⎢ zz
⎥=⎢ ⎥ ε = ⎢ zz ⎥ = C ⋅σ =⎢ ⎥
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦ ⎢σ xy ⎥ ⎢σ xy ⎥ ⎢2 ⋅ ε xy ⎥ ⎢ σ xy G ⎥
⎢ σ yz ⎥ ⎢ 0 ⎥ ⎢ 2 ⋅ ε yz ⎥ ⎢ 0 ⎥
⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢ σ xz ⎦⎥ ⎣⎢ σ xz ⎦⎥ ⎢⎣2 ⋅ ε xz ⎥⎦ ⎢⎣ σ xz G ⎥⎦

⎡ε xx ε xy ε xz ⎤
ε = ⎢⎢ε yx ε yy 0 ⎥⎥ composantes courantes : σij et εij
⎢⎣ ε zx 0 ε zz ⎥⎦

• Principe de superposition :

La 1ière hypothèse simplificatrice (contraintes et sollicitations en un point ne dépendent que des sollicitations dans
la section droite) permet d’étudier les contraintes et déformations de la section G(s) en étudiant l’équilibre du
système G(s)G(s+ds) soumis aux efforts Si (s ) et Si (s + ds ) (sollicitations) ;

Associé au comportement linéaire de la structure ou de ses parties vis-à-vis des chargements, appliqué à la tranche
de poutre G(s)G(s+ds) ⇒ σij = ∑ σij (Sk ) de même : ε ij = ∑ ε ij (Sk )
k =1,6 k =1,6

Page II.1-2 -- 54
• potentiel de déformation :
1t 1t σ2
W = ⋅ σ ⋅ ε = ⋅ ε ⋅ σ = xx +
2 2
1
2⋅E 2⋅G
σ2
⋅ σ 2xy + σ 2xz = xx +
τ2
2⋅E 2⋅G
( )
• énergie de déformation de la tranche G(s)G(s+ds) : U(s, s + ds ) = U ⋅ ds = ds ⋅ ∫∫ W ⋅ dy ⋅ dz U = ∫∫ W ⋅ dy ⋅ dz
S S


⎡δu x ⎤ →
⎡δω x ⎤
• déformation des sections droites : δ Λ (s ) = ⎢⎢δu y ⎥⎥ δ Ω(s ) = ⎢⎢δω y ⎥⎥ composante courante : δu i (i=1,6)
⎢⎣ δu z ⎥⎦ ⎢⎣ δω z ⎥⎦

∂U(s, s + ds ) ∂U ∂ ⎛⎜ ⎞

∂Si ∂Si ⎜ ∫∫
δu i ⋅ ds = δu i = = W ⋅ dy ⋅ dz
∂Si ⎟
⎝S ⎠

⎡N⎤ ⎡ 0 ⎤
⎢0⎥ ⎢M ⎥
CONTRAINTES ET DEFORMATIONS SOUS SOLLICITATIONS ⎢ ⎥ ET
⎢ y ⎥ , COMPOSANTE σ xx DU TENSEUR CONT.
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ M z ⎥⎦

• contraintes : intégration directe des équations de la mécanique des milieux continus déformables
N M y ⋅ z Mz ⋅ y
⇒ σ xx (s, y, z ) = σ xx = + − σ xy (s, y, z ) = σ xz (s, y, z ) = 0
S Iy Iz

σ 2xx
• potentiel de déformation : W=
2⋅E

• énergie de déformation de la tranche G(s)G(s+ds) :


⎡ 2 ⎤
ds ⎢ N 2 M y M 2z ⎥
U(s, s + ds ) = U ⋅ ds = ds ⋅ ∫∫ W ⋅ dy ⋅ dz = ⋅ + +
2E ⎢ S Iy Iz ⎥
S ⎣ ⎦
−1
• déformations : ε = C ⋅σ


⎡ N ES⎤ →
⎡ 0 ⎤
déformations des sections droites : δ Λ (s ) = ⎢⎢ 0 ⎥⎥ δ Ω (s ) = ⎢M y EI y ⎥⎥

⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ M z EIz ⎥⎦

⎡0⎤ ⎡0 ⎤
⎢V ⎥ ⎢0 ⎥
CONTRAINTES ET DEFORMATIONS SOUS LES SOLLICITATIONS ⎢ y⎥ ET
⎢ ⎥ , COMPOSANTES σ xy ET σ xz
⎢⎣ Vz ⎥⎦ ⎢⎣0⎥⎦

• théorème du flux sortant de cisaillement d’effort tranchant


z
aire A Vz > 0
A

Vy > 0
n'( )
G(s) B y
x

→ → → → m Az m Ay
flux de cisaillement sortant de l’aire A : Φ (s, A ) = ∫ τ (ξ ) ⋅ n ′(ξ ) ⋅ dξ = ∫ σ (ξ ) ⋅ n ′(ξ ) ⋅ dξ = − Vy ⋅ − Vz ⋅ .
Iz Iy
AB AB

Page II.1-2 -- 55
• Contraintes et déformations

Théorie élémentaire de l’effort tranchant Profils minces

b 2 (z)

aire A 2 z
Vz Vz z aire A
P
1

Vy i
P(y,z)
x
b 1 (y)
G(s) y G(s) y Vy
x
O
aire A1

(L)
2

- Hypothèses : m A1y = m A 2 z = 0 - Hypothèses


σ xy (y, z ) est constant le long de A1B1 le cisaillement est parallèle aux parois
σ xz (y, z ) est constant le long de A 2B2 et constant dans l’épaisseur

- contraintes : - contraintes :

m A1z (y ) → i ⎡ m Ay m ⎤
σ xy (y, z ) = σ xy (y ) = Vy ⋅ τ (σ ) = − ⋅ ⎢Vz ⋅ + Vy ⋅ Az ⎥
Iz ⋅ b1(y ) e(σ ) ⎣⎢ Iy I z ⎦⎥
m A 2 y (z )
σ xz (y, z ) = σ xz (z ) = Vz ⋅
I y ⋅ b 2 (z )
- Sections réduites d’effort tranchant : - Sections réduites d’effort tranchant :

1 1 m 2A z (y ) 1 1 m 2Az (σ )
= ⋅∫ 1 ⋅ dy = ⋅∫ ⋅ dσ
S1y (s ) I 2z b1(y ) S1y I 2z (L ) e(σ )

1 1 m 2A y (z ) 1 1 m 2Ay (σ )
= ∫ 2 dz = ⋅∫ ⋅ dσ
S1z (s ) 2
Iy b 2 (z ) S1z I 2y (L ) e(σ )

• énergie de déformation

ds ⎡⎢ Vy V2 ⎤
2
U= ⋅ + z ⎥
2 ⋅ G ⎢ S1y (s ) S1z (s ) ⎥
⎣ ⎦

• déformation des sections droites

⎡ 0 ⎤ ⎡0 ⎤
→ ⎢ ⎥ →
δ Λ (s ) = ⎢Vy GS1y ⎥ δ Ω (s ) = ⎢⎢0⎥⎥
⎢ V GS ⎥ ⎢⎣0⎥⎦
⎣ z 1z ⎦

Page II.1-2 -- 56
CONTRAINTES ET DEFORMATIONS DE TORSION PURE, COMPOSANTES σ xy ET σ xz DU TENSEUR CONTRAINTES

⎡0 ⎤ ⎡C⎤
⎢0 ⎥ ⎢ ⎥
sollicitations ⎢ ⎥ et ⎢ 0 ⎥
⎢⎣0⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦
• hypothèse de base :
on suppose que le gauchissement de torsion est non géné, soit parce que il est réellement libre, soit parce que les
sections droites sont « raides » en torsion et que leur gauchissement est faible et sans conséquence, donc
négligeable.

• Centre de torsion :
- La résultante des contraintes de cisaillement d’effort tranchant passe, quelles que soient les sollicitations
d’effort tranchant, par un point fixe, centre de torsion de la section droite.
- les contraintes et les déformations de torsion sont définies en fonction de la sollicitation moment de torsion
calculée au centre de torsion :
⎡→ → → ⎤ →
C(s ) = ⎢M ext (s ) + TG ∧ R ext (s )⎥ ⋅ t (s ) = M x (s ) − y T .Vz (s ) + z T .Vy (s )
⎢⎣ ⎥⎦
- la déformation des sections droites consiste en :
⎡u x (y, z )⎤
⎢ ⎥
o un gauchissement défini par le champ de déplacements sur la section droite G(x) : ⎢ 0 ⎥
⎣⎢ 0 ⎦⎥
o une déformation de vecteur rotation différentielle autour du centre de torsion T :

⎡δω x = cste⎤
δ Ω1(x ) = ⎢⎢ 0 ⎥
⎥ qui provoque une rotation de la section autour du centre de torsion T :
⎢⎣ 0 ⎥

→ → x→ →
⎡Ω1x (x )⎤
Ω1(x ) = Ω1(x 0 ) + δΩ1(ξ ) ⋅ dξ
∫ Ω1(x ) = ⎢⎢ 0 ⎥⎥
x0 ⎢⎣ 0 ⎥⎦
• Section droite quelconque, avec ou sans alvéoles, résolution par intégration directe des équations de la
mécanique des milieux continus déformables

⎡ 0 σ xy σ xz ⎤
⎢σ 0 ⎥⎥ avec
- Tenseur contraintes : ⎢ yx 0 σ xy = σ xy (y, z ) et σ xz = σ xy (y, z )
⎢⎣ σ zx 0 0 ⎥⎦
∂φ ∂φ
- Le problème consiste à rechercher la fonction φ(y, z ) telle que : σ xy = et σ xz = −
∂z ∂y
- la fonction φ(y, z ) est définie par :

∆φ(y, z ) = cste = A

φ(y, z ) = 0 sur le contour de la section droite

pour une section à une ou plusieurs alvéoles : φ(y, z ) = cste = k i ≠ 0 sur le contour de l’alvéole « i ».

- « C » étant la sollicitation moment de torsion :

Pour une section droite sans alvéole : C = 2 ⋅ ∫∫ φ(y, z ) ⋅ dy ⋅ dz


S
section à une ou plusieurs alvéoles : C = 2 ⋅ ∑ k i ⋅ Si + 2 ⋅ ∫∫ φ(y, z ) ⋅ dy ⋅ dz S i = aire de l’alvéole « i »
S
i
- déformations :
C 2⋅C
A = −2 ⋅ G ⋅ δω x δω x = ⇒ K=− = inertie de torsion de la section droite .
G⋅K A

Page II.1-2 -- 57
- condition de fermeture sur chaque alvéole dans le cas d’une section à connexion linéaire multiple

∫(Γi ) τ ⋅ dσ = ∫(Γi ) (σ xy ⋅ dy + σ xz ⋅ dz ) = 2 ⋅ G ⋅ S i ⋅ δω x (Γi ) est le contour de l’alvéole « i », S i , son aire.

∂φ ∂φ
- Le centre de torsion est défini par : =0 et =0
∂y ∂z

• théorème du flux sortant de cisaillement de torsion à travers une coupure totale de la section droite et
application aux profils minces

Le flux sortant de cisaillement de torsion est nul à travers toute coupure totale de la section droite.

→ → → →
Φ (s, A ) = ∫ τ (ξ )⋅ n ′(ξ )⋅ dξ = ∫ σ (ξ )⋅ n ′(ξ )⋅ dξ = 0
AB AB

- application aux profils minces ouverts :

le cisaillement de torsion pure est supposé parallèle aux parois et son flux est nul à travers toute coupure
simple, normale d’une paroi.
En général on supposera que le cisaillement varie linéairement dans l’épaisseur.

- application aux profils minces fermés à une ou plusieurs alvéoles :

le cisaillement de torsion pure est supposé parallèle aux parois, constant dans l’épaisseur.
Son flux à travers toute coupure simple, normale d’une paroi est constant : τ ⋅ e = cons tan t le long de
la ligne moyenne du profil mince.

Page II.1-2 -- 58
7 -- STRUCTURE A POUTRES, PLANE CHARGEE DANS SON PLAN

7.1 -- Définitions et conventions, rappel


⎛→ → ⎞
Supposons que le plan principal d’inertie de la structure soit le plan ⎜⎜ t (s ), j (s )⎟⎟ , (xy).
⎝ ⎠
y
x
j

t (C)
G(s)
k
z
Les seules sollicitations non nulles sont :

Effort normal = N(s )


Effort tranchant suivant Gy = Vy (s )
Moment de flexion suivant Gz = M z (s )
Il n’y a pas de sollicitation de torsion.

Dans la suite, sauf indication contraire, les sollicitations sont considérées avec les conventions de signes de la
Résistance des Matériaux, c'est-à-dire :

Sollicitations calculées à droite : Sollicitations calculées à gauche :


M>0 M>0

N>0 N>0
V>0 V>0

• Les conventions de signes de la Résistance des Matériaux sur les composantes du tenseur contraintes :

Considérons un solide chargé, en équilibre. Soit Σ une surface, passant par le point P, qui décompose le corps en 2
r réparties sur la surface Σ
parties (A) et (B). L'action de la partie (A) sur la partie (B) se réduit à des contraintes
telle que sur un élément dΣ de Σ , la partie (A) exerce sur la partie (B) une force f . dΣ avec :
⎡σ σ xy σ xz ⎤ ⎡α ⎤ ⎡α ⎤
r ⎢ xx ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ sont les cosinus directeurs de la normale à dΣ extérieure à (A)
f = ⎢σ yx σ yy σ yz ⎥∗ ⎢ β ⎥ ⎢β ⎥
⎢σ σ σ ⎥ ⎢γ ⎥ ⎢⎣ γ ⎥⎦
⎣ zx zy zz ⎦ ⎣ ⎦
(conventions de signes de la Résistance des Matériaux).

Remarque :
y

x
j (A)

t (C)
(B) G(s)
k
z
En considérant les sollicitations calculées à droite, le vecteur unitaire normal extérieur à (A), la partie « agissante »,
⎡− 1⎤
a pour composantes dans le repère de la section droite ⎢⎢ 0 ⎥⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦

Page II.1-2 -- 59
7.2 -- Détermination des composantes du tenseur contraintes

• Les sollicitations sont considérées avec les conventions R de M, calculées à droite, actions aval sur amont.

• Les contraintes :
⎡σ xx σ xy σ xz ⎤
Dans le repère local de la section, le tenseur contraintes au point banal P de la section : σ = ⎢⎢σ xy 0 0 ⎥⎥
⎢⎣ σ xz 0 0 ⎥⎦
Les sollicitations étant calculées à droite, les contraintes qu’elles génèrent sur une facette dΣ contenue dans la section
droite, sont celles exercées par l’aval sur l’amont (partie de droite sur partie de gauche).
Le vecteur unitaire normal extérieur à (A), la partie « agissante » (conventions R de M), a donc pour composantes,
⎡− 1⎤
⎢ ⎥
dans le repère Gxyz de la section droite : ⎢ 0 ⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦

En P, dans le repère local, la contrainte sur une facette dΣ contenue dans la section droite, action aval sur amont (/
orientation de la fibre moyenne) s’écrit donc avec les conventions R de M :

⎡σ xx σ xy σ xz ⎤ ⎡− 1⎤ ⎡σ xx ⎤

σ = ⎢σ xy 0 ⎥ ⎢ ⎥
0 ⎥ ⋅ ⎢ 0 ⎥ = − ⎢⎢σ xy ⎥⎥
⎢⎣ σ xz 0 0 ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ σ xz ⎥⎦

7.2.1 -- Composante σ xx (s, y, z ) = σ xx

σ xx (s, y, z ) = σ xx ne dépend que des sollicitations N(s ) et M(s ) .


N(s ) M(s ) ⋅ y
σ xx (s, y, z ) = σ xx = +
S(s ) I z (s )

7.2.2 -- Composantes σ xy (s, y, z ) = σ yx et σ xz (s, y, z ) = σ zx


σ xy (s, y, z ) = σ yx et σ xz (s, y, z ) = σ zx ne dépendent que de la sollicitation V(s ) .

Les contraintes de cisaillements σ xy et σ xz sont toujours déterminées à partir du théorème du flux sortant de
cisaillement d’effort tranchant déduit du théorème de Cauchy rappelé ci-dessus.

• Théorème du flux sortant de cisaillement :


y
V> 0
aire A

B
n
G(s) A coupure totale AB
z x

Soit une coupure AB totale de la section droite considérée qui la partage en 2 parties indépendantes (aire A et aire
complémentaire de A).

Page II.1-2 -- 60
Le théorème du flux sortant de cisaillement d’effort tranchant s’écrit :
→ → → → m Az
∫ τ (ξ ) ⋅ n (ξ ) ⋅ dξ =
∫ σ (ξ ) ⋅ n (ξ ) ⋅ dξ = V ⋅
Iz
AB AB
Avec : m Az le moment statique de l’aire A par rapport à l’axe principal d’inertie Gz.


⎡σ xx ⎤ →
⎡ 0 ⎤
σ = − ⎢⎢σ xy ⎥⎥ τ = − ⎢⎢σ xy ⎥⎥
⎢⎣ σ xz ⎥⎦ ⎢⎣σ xz ⎥⎦
Ce théorème associé à des hypothèses simplificatrices sur les cisaillements déduites de la géométrie de la section droite
permet en général de calculer σ xy et σ xz .

7.3 -- Théorie élémentaire de l’effort tranchant


y

V> 0
aire A

B A
n

z G(s)
x

• Les 2 hypothèses simplificatrices sont :


⎡σ xx σ xy 0⎤
⎢ 0⎥⎥
Hypothèse (1) : en tout point, la composante σ xz du tenseur contraintes est nulle : σ = ⎢σ yx 0
⎢⎣ 0 0 0⎥⎦


⎡σ xx ⎤ →
⎡ 0 ⎤
⎢ ⎥
σ = − ⎢σ xy ⎥ τ = − ⎢⎢σ xy ⎥⎥
Conséquence : au point banal :
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦

Hypothèse (2) : la composante σ xy du tenseur contraintes est constante le long d’une coupure AB parallèle à Gz.

• Le théorème du flux sortant de cisaillement d’effort tranchant s’écrit sur la coupure AB parallèle à Gz :
→ →
⎡0⎤

∫[ ] m
0 σ xy 0 ⋅ ⎢⎢− 1⎥⎥ ⋅ dξ = σ xy = V ⋅ Az

τ (ξ ) ⋅ n (ξ ) ⋅ dξ = −
⎢⎣ 0 ⎥⎦
Iz
AB AB
⎡σ xx σ xy 0⎤
• D’où le tenseur contraintes : σ = ⎢⎢σ yx 0 0⎥⎥
⎢⎣ 0 0 0⎥⎦

Page II.1-2 -- 61
7.4 -- Application aux profils minces

Pour les sections droites en profils minces, on a vu que les hypothèses simplificatrices consistent à supposer que le
cisaillement en un point donné est parallèle aux bords du profil et constant dans l’épaisseur.

7.4.1 -- Profil mince ouvert

Cette méthode permet de calculer simplement et directement les cisaillements en tout point d’un profil mince ouvert.

y aire A
V
P
1
i

z x
G(s)
O

(L)
2

→ → m Az
En P et sur toute l’épaisseur du profil, τ = τ ⋅ i , avec τ⋅e = V⋅
Iz


⎡ 0 ⎤
V ⋅ m Az →
On en déduit le tenseur contraintes en identifiant : τ = ⋅ i = − ⎢⎢σ xy ⎥⎥
e ⋅ Iz
⎢⎣σ xz ⎥⎦

Exemple : section droite en profil mince ouvert soumise à l’effort tranchant V

y y
coupure totale coupure totale
de la section V>0 V>0 de la section

e e
aire A 1 P1 1 aire A 2 P2
G(s) G(s)
z z
x 2 x

b b

Théorème du flux sortant de cisaillement ⇒



⎡0⎤ ⎡ 0 ⎤ ⎡0⎤ ⎡ 0 ⎤
m A1z → m A1z ⎢ ⎥ → mA 2z → mA 2z
τ1 = V⋅ ⋅ i = V⋅ ⋅ 0 = − ⎢⎢σ xy ⎥⎥ τ 2 = V⋅ ⋅ i = V⋅ ⎢
⋅ ⎢− 1⎥ = − ⎢⎢σ xy ⎥⎥

Iz ⋅ e Iz ⋅ e ⎢ ⎥ Iz ⋅ b Iz ⋅ b
⎢⎣− 1⎥⎦ ⎢⎣σ xz ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ σ xz ⎥⎦
D’où le tenseur contraintes :
m A1z
en P1 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = 0 σ xz = σ zx = V ⋅
Iz ⋅ e
m A 2z
en P2 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = V ⋅ σ xz = σ zx = 0
Iz ⋅ b

Page II.1-2 -- 62
7.4.2 -- Profil mince fermé

• Cette méthode permet de calculer simplement et directement les cisaillements en tout point d’un profil mince
fermé que dans le cas d’un profil fermé à une seule alvéole présentant une symétrie par rapport au plan de la
structure qui est un de ses plans principaux d’inertie. C’est souvent le cas des structures planes chargées dans
leur plan.

• Exemple : section droite en caisson à une alvéole, symétrique par rapport au plan de la structure
y y

V>0 V>0
coupure totale
de la section aire A 1
aire A 2

1
e e
P1
P2
G(s) coupure totale G(s)
z de la section 2
z
x x
b b

y y

V>0 V>0
coupure totale
aire A 3
de la section

4
e e
P4
G(s) G(s)
z z
x x
b b
P3

3
coupure totale
de la section aire A 3

m A1z m A1z m A 2z m A 2z
e ⋅ τ1 + e ⋅ τ = e ⋅ τ1 = V ⋅ ⇒ τ1 = V ⋅ b ⋅ τ2 + e ⋅ τ = b ⋅ τ2 = V ⋅ ⇒ τ2 = V ⋅
Iz Iz ⋅e Iz Iz ⋅b
m A3z m A 3z m A 4z m A 4z
e ⋅ τ3 + e ⋅ τ = e ⋅ τ3 = V ⋅ ⇒ τ3 = V ⋅ e ⋅ τ4 = V ⋅ ⇒ τ4 = V ⋅
Iz Iz ⋅e Iz Iz ⋅e

D’où le tenseur contraintes :


en P1 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = τ1 ⋅ sin α σ xz = σ zx = − τ1 ⋅ cos α
en P2 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = τ 2 ⋅ cos β σ xz = σ zx = τ 2 ⋅ sin α
en P3 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = 0 σ xz = σ zx = − τ 3
en P4 : σ xx = 0 σ xy = σ yx = −τ 4 ⋅ sin α σ xz = σ zx = τ 4 ⋅ cos α

• Remarque :
Attention en considérant les sollicitations calculées à droite, le vecteur unitaire normal extérieur à (A), la partie
⎡− 1⎤
⎢ ⎥
« agissante », a pour composantes, dans le repère Gxyz de la section droite : ⎢ 0 ⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦
Ainsi le vecteur contrainte en P1 , a pour composantes dans le repère Gxyz local de la section :

⎡ 0 τ1 sin β − τ1 cos β ⎤ ⎡− 1⎤ ⎡ 0 ⎤
⎢ τ sin β ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢ 1 0 0 ⎥ ⋅ ⎢ 0 ⎥ = ⎢− τ1 sin β ⎥
⎢⎣− τ1 cos β 0 0 ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ τ1 cos β ⎥⎦

Page II.1-2 -- 63
8 -- ANNEXES

8.1 -- structure spatiale, existence et unicité du centre de torsion d’une section droite

Soit la section droite :


y

x
j

t (C)
G(s)
k
z
• cas de charges CH1 :

avec les conventions de signes de la Mécanique, la section droite considérée est soumise à une sollicitation
d’effort tranchant v y = 1 (action aval (>s) sur amont (<s)), de composantes dans le repère local de la
⎡0 ⎤
section Gxyz :
⎢1 ⎥
⎢ ⎥
⎢⎣0⎥⎦
y

x
j
vy = 1

t (C)

k
z
⎛ → →⎞
La résultante vint 1 des contraintes de cisaillement générées, est un vecteur glissant ⎜ ∆ y , j (s ) = j ⎟
⎜ ⎟
⎝ ⎠
Le support de ce vecteur glissant est la droite ∆ y , contenue dans le plan Gyz, parallèle à Gy, d’équation
z = zT
y y

x
vint1
j

t (C)
zT
k
z
• cas de charges CH2 :

avec les conventions de signes de la Mécanique, la section droite considérée est soumise à une sollicitation
d’effort tranchant v z = 1 (action aval (>s) sur amont (<s)), de composantes dans le repère local de la section
⎡0 ⎤
Gxyz :
⎢0 ⎥
⎢ ⎥
⎢⎣1⎥⎦

Page II.1-2 -- 64
y

x
j

t (C)
vz = 1
k
z

⎛ → →⎞
La résultante vint 2 des contraintes de cisaillement générées, est un vecteur glissant ⎜ ∆ z , k (s ) = k ⎟
⎜ ⎟
⎝ ⎠
Le support de ce vecteur glissant est la droite ∆ z , contenue dans le plan Gyz, parallèle à Gy, d’équation
y = yT

x
j
yT
t (C)
vint2

z k
z
• cas de charges CH :

considérons la même section droite soumise à une sollicitation d’effort tranchant quelconque V de
⎡0⎤
⎢ ⎥
composantes Vy dans le repère Gxyz.
⎢ ⎥
⎢⎣ Vz ⎥⎦
CH = Vy ⋅ CH1 + Vz ⋅ CH 2
S oit Vint la résultante des cisaillements du cas de charges CH.
Le comportement linéaire de la structure vis-à-vis des chargements ⇒ Vint = Vy ⋅ vint 1 + Vz ⋅ vint 2
⎛ → →⎞
Vint est un vecteur glissant ⎜⎜ ∆, Vy ⋅ j + Vz ⋅ k ⎟⎟ dont le support ∆ est une droite du plan Gyz passant par le
⎝ ⎠
⎡0⎤
⎢ ⎥
point T intersection de ∆ y et de ∆ z , de coordonnées y T dans Gxyz.
⎢ ⎥
⎢⎣ z T ⎥⎦

Le centre de torsion T est donc le point de passage de toutes les résultantes des contraintes de cisaillement
d’effort tranchant.

Page II.1-2 -- 65
8.2 -- Déformations et déplacements de torsion

Soit une poutre rectiligne encastrée à une extrémité et libre à l’autre.

y
O

G
x
z
Ox est la fibre moyenne.
G est le centre de gravité de la section droite libre d’extrémité ; Gxyz est son repère local.

• cas de charges CH1 :


la poutre est soumise à une force F transversale appliquée au point P de la section libre d’extrémité.
F est contenue dans le plan Gyz.

F
P
G
x
z
Sous ce cas de charges, la section droite d’extrémité tourne d’un angle α autour d’un axe parallèle à Gx.

• cas de charges CH2 :


la poutre est soumise à un couple de torsion C appliqué à la section libre d’extrémité.
C est un couple d’axe parallèle à Gx.

P
C
G
x
z

Sous ce cas de charges, δ est le déplacement du point P projeté sur la ligne d’action de F.

Le théorème de réciprocité de Maxwell-Betti appliqué à ces 2 cas de charges s’écrit : F⋅δ = C⋅α

Si le point P est situé en T centre de torsion de la section droite, l’effort F appliqué du cas de charges CH1,
ne génère pas de torsion et α = 0 . En conséquence δ = 0

On en déduit que le centre de torsion T ne se déplace pas sous une sollicitation de torsion ; la section droite
tourne autour d’un axe parallèle à GX passant par le centre de torsion T de la section.

Page II.1-2 -- 66
J.-M. TOURTOIS – Chap-(II-1)-3.doc

CALCUL AVANCE DES STRUCTURES


PARTIE II STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES
PARTIE II.1 DEFINITIONS – HYPOTHESES ET PROPRIETES – EXPRESSIONS DES CONTRAINTES,
DEFORMATIONS ET DEPLACEMENTS EN FONCTION DES SOLLICITATIONS

CHAPITRE II.1-3
APPLICATION DES THEOREMES DE L’ENERGIE
AUX STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES

1 -- RELATIONS DEFORMATIONS-SOLLICITATIONS, RAPPEL ET SYNTHESE


Soit une structure à poutres quelconque, spatiale, en équilibre sous un chargement donné.

1.1 -- Caractéristiques géométriques et mécaniques de la structure

1.1.1 -- Caractéristiques géométriques de la structure


y

x
j

t (C)
G(s)
k
z
le repère local de la section droite G(s) est nommé :
G(s)xyz ou G(s) (t(s), j(s), k(s))
La géométrie de la poutre est définie par sa fibre moyenne (C) munie d’une abscisse curviligne « s » et par le repère
⎛ → → → ⎞
local de la section banale le long de (C) ⎜⎜ G (s ) t (s ), j (s ), k (s )⎟⎟ ou G(s)xyz.
⎝ ⎠
1.1.2 -- caractéristiques du matériau
Le matériau a un comportement isotrope, élastique linéaire, défini par les 2 constantes E et G.

E est le module de déformation longitudinal


E
G est le module de déformation transversal : G = ν étant le coefficient de Poisson.
2.(1 + ν )

1.1.3 -- Caractéristiques mécaniques des sections droites de la structure

Les caractéristiques mécaniques de la section droite G(s) sont :


- Aire : S = S(s )
- Inerties principales : par rapport à Gy : I y = I y (s ) , par rapport à Gz : I z = I z (s )
- Sections réduites d’efforts tranchants suivant Gy et Gz : S1y = S1y (s ) et S1z = S1z (s )
- Inertie de torsion : K = K (s )
⎡ 0 ⎤ ⎡ 0 ⎤
- Centre de torsion T(s) de coordonnées ⎢⎢ y T (s )⎥⎥ = ⎢⎢ y T ⎥⎥ dans le repère local G(s)xyz de la section.
⎢⎣ z T (s )⎥⎦ ⎢⎣ z T ⎥⎦

Page II.1-3 -- 1
1.2 -- Actions appliquées
La structure est soumise à :
• des efforts extérieurs appliqués (forces, moments, concentrés ou répartis), efforts donnés du chargement
ou réactions d’appui, tous « ramenés » sur la fibre moyenne,
→ →
• des variations dimensionnelles : δ Λ 0 (s ) et δ Ω 0 (s )
Leurs composantes dans le repère local G(s)xyz de la section G(s) sont respectivement :
⎡δu 0 x (s )⎤ ⎡δω0 x (s )⎤
⎢δu (s )⎥ et ⎢δω (s )⎥ .
⎢ 0y ⎥ ⎢ 0y ⎥
⎢⎣ δu 0z (s )⎥⎦ ⎢⎣ δω0 z (s )⎥⎦
• des déplacements imposés aux appuis.

1.3 -- Sollicitations

• Les sollicitations sont considérées avec les conventions de signes de la Mécanique, dans le repère local G(s)xyz
de la section droite G(s) concernée.

• On a vu au chapitre précédent, qu’à l’équilibre les sollicitations extérieures sont égales aux sollicitations internes.
→ →
Ce sont les composantes dans le repère local de la section droite G(s)xyz des vecteurs : R ext (s ) = R int (s )
→ →
M ext (s ) = M int (s )
éléments de réduction (résultante et moment résultant) au centre de gravité G(s) de la section droite considérée :
→ →
- R ext (s ) et M ext (s ) sont les éléments de réduction (résultante et moment résultant) au centre de gravité G(s)
de la section droite considérée des efforts extérieurs appliqués à droite de la section (conventions de la
mécanique),
→ →
- R int (s ) et M int (s ) sont les éléments de réduction (résultante et moment résultant) au centre de gravité G(s)
de la section droite considérée des contraintes excercées par la partie à droite de la section sur la partie de
gauche (conventions de la mécanique)

Soit :
⎡ N ext (s ) ⎤ ⎡ N int (s ) ⎤ ⎡ N (s ) ⎤ ⎡M x ext (s )⎤ ⎡M x int (s )⎤ ⎡M x (s )⎤
⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎢Vy ext (s )⎥ = ⎢Vy int (s )⎥ = ⎢Vy (s )⎥ ⎢ M y ext (s )⎥ = ⎢ M y int (s )⎥ = ⎢ M y (s )⎥
⎢ Vz (s )⎥ ⎢ Vz (s )⎥ ⎢⎣ Vz (s )⎥⎦ ⎢ M z (s )⎥ ⎢ M z (s )⎥ ⎢⎣ M z (s )⎥⎦
⎣ ext ⎦ ⎣ int ⎦ ⎣ ext ⎦ ⎣ int ⎦

• La torsion :
- On a vu dans le chapitre précédent « expression des caractéristiques d’un état d’équilibre à partir des
sollicitations » que les effets de la torsion s’expriment en fonction du moment de torsion calculé au centre
de torsion de la section droite (point de passage de la résultante des contraintes de cisaillement) :
Contraintes, déformations en un point, déformations des sections droites, déplacements qui se réduisent à un
gauchissement de la section et à une rotation de torsion, autour du centre de torsion en question.

Le centre de torsion T(s) est attaché à la section droite comme une caractéristique mécanique.
⎡ 0 ⎤ ⎡0⎤
⎢ y (s )⎥ = ⎢ y ⎥
Les coordonnées de T(s) dans le repère local G(s)xyz de la section sont notées : ⎢ T ⎥ ⎢ T⎥
⎢⎣ z T (s )⎥⎦ ⎢⎣ z T ⎥⎦
- La sollicitation moment de torsion calculée au centre de torsion C(s) est la composante sur l’axe G(s)x du
repère local G(s)xyz, du moment résultant précédent calculé au centre de torsion T de la section droite :
→ ⎡→ → → ⎤ →
t (s ) vecteur unitaire de l’axe G(s)x : C(s ) = ⎢M ext (s ) + TG ∧ R ext (s )⎥ ⋅ t (s ) = M x (s ) − y T .Vz (s ) + z T .Vy (s )
⎣ ⎦
- Déformations et déplacements de torsion :
Les sections droites d’une poutre sollicitée en torsion tournent autour d’un axe longitudinal, lieu des centres
de torsion des sections droites.

Page II.1-3 -- 2
• En conclusion :
Les contraintes et déformations à l’équilibre dans une section droite donnée sont calculées à partir des
sollicitations extérieures dans la section considérée :
- pour toutes les sollicitations, hormis la torsion, à partir des sollicitations calculées au centre de gravité de
la section droite considérée, en particulier pour la flexion, moments de flexion calculés au centre de gravité
de la section, M yext (s ) et M zext (s ) ,
- pour la torsion, à partir de la sollicitation couple de torsion C(s) calculée au centre de torsion T(s) de la
section : C(s ) = M x ext (s ) − y T .Vz ext (s ) + z T .Vyext (s )
⎡N⎤ ⎡ C ⎤
- Les sollicitations prises en compte sont donc les suivantes ⎢Vy ⎥ et ⎢⎢M y ⎥⎥
⎢ ⎥
⎢⎣ Vz ⎥⎦ ⎢⎣ M z ⎥⎦
Les déformations sont calculées :
- Pour toutes les sollicitations, hormis la torsion, au centre de gravité des sections droites,
- pour la torsion, au centre de torsion des sections droites.

1.4 -- Relations sollicitations-déformations, résultats de Saint-Venant, synthèse


• Résultats de Saint-Venant :

Dans la déformation, le déplacement relatif de la section G (s + ds ) par rapport à la section G (s ) se


compose :
⎡ → ⎤
9 d’une translation ⎢δ Λ1 (s ).ds ⎥ ,
⎣ ⎦
⎡ → ⎤
9 d’une rotation ⎢δ Ω1 (s ).ds⎥ de centre T(s) le centre de torsion de la section droite G (s ) ,
⎣ ⎦
⎡ → ⎤
9 d’une rotation ⎢δ Ω 2 (s ).ds ⎥ de centre G(s).
⎣ ⎦
Dans le repère local G(s)xyz de la section droite G (s ) , les composantes sont :


⎡ N(s ) E.S(s ) ⎤ ⎡ N E.S ⎤
9 translation différentielle δ Λ1 (s ) composantes : ⎢⎢Vy (s ) G.S1y (s )⎥⎥ = ⎢⎢Vy G.S1y ⎥⎥
⎢⎣ Vz (s ) G.S1z (s ) ⎥⎦ ⎢⎣ Vz G.S1z ⎥⎦


⎡C(s ) G.K (s )⎤ ⎡C G.K ⎤
9 rotation différentielle (s ) composantes : ⎢⎢
δ Ω1 0 ⎥=⎢ 0 ⎥
⎥ ⎢ ⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣ 0 ⎥⎦


⎡ 0 ⎤ ⎡ 0 ⎤
9 rotation différentielle δ Ω 2 (s ) composantes : ⎢M y (s ) E.I y (s )⎥ = ⎢M y E.I y ⎥⎥
⎢ ⎥ ⎢
⎢⎣ M z (s ) E.I z (s )⎥⎦ ⎢⎣ M z E.I z ⎥⎦
• déformation ramenée au centre de gravitié de la section :

Dans la déformation, le déplacement relatif de la section G (s + ds ) par rapport à la section G (s ) se


compose :
→ ⎡ → → − − −−→ ⎤
9 d’une translation δ Λ (s ).ds = ⎢δ Λ 1 (s ) + δ Ω1 (s ) ∧ T (s )G (s )⎥ ⋅ ds ,
⎣⎢ ⎦⎥

9 d’une rotation δ Ω(s ).ds de centre G(s).

de composantes dans le repère local G(s)xyz de la section droite G(s) :



⎡δu x ⎤ ⎡ N E.S ⎤ →
⎡δωx ⎤ ⎡ C G.K ⎤
δ Λ (s ) : ⎢ δ u ⎥ = ⎢ V G.S + z .C G.K ⎥
δ Ω(s ) : ⎢δω ⎥ = ⎢M E.I ⎥
⎢ y ⎥ ⎢ y 1y T ⎥ ⎢ y⎥ ⎢ y y⎥
⎢⎣ δu z ⎥⎦ ⎢⎣ Vz G.S1z − y T .C G.K ⎥⎦ ⎢⎣ δωz ⎥⎦ ⎢⎣ M z E.I z ⎥⎦

Page II.1-3 -- 3
2 -- APPLICATION DES THEOREMES DE L’ENERGIE, ENERGIE DE DEFORMATION

La structure, de comportement élastique linéaire, est en équilibre sous l’effet d’actions extérieures appliquées.
Considérée dans un repère orthonormé global OXYZ, n a vu, dans les chapitres précédents, qu’elle est munie d’un
potentiel de déformation défini comme suit au point banal P(XYZ) de la structure :
1 3 3
W (X, Y, Z) =
1t 1
[
⋅ ∑ ∑ σij ⋅ ε ij = ⋅ ο ⋅ ε == ⋅ σ xx ⋅ ε xx + σ yy ⋅ ε yy + σ zz ⋅ ε zz + 2 ⋅ σ xy ⋅ ε xy + 2 ⋅ σ xz ⋅ ε xz + 2 ⋅ σ yz ⋅ ε yz
2 i =1 j=1 2 2
]

Pour un cas de charges donné, ce potentiel de déformation est une fonction scalaire des coordonnées d’espace et ne
dépend que du point de la structure où on l’envisage.
On associe, également à la structure ainsi chargée, une énergie de déformation U = ∫∫∫ W (X, Y, Z) ⋅ dv
v

2.1 -- Energie de déformation de la tranche de poutre comprise entre les sections droites
G(s) et G(s+ds)

2.1.1 -- structure à poutres, iso. ou hyper., en équilibre sous l’action d’efforts extérieurs
appliqués, sans variations dimensionnelles :

• signification de l’expression dU = W (X, Y, Z) ⋅ dv = W (X, Y, Z) ⋅ dX ⋅ dY ⋅ dZ

dU =
1
2
[ ]
⋅ σ xx ⋅ ε xx + σ yy ⋅ ε yy + σ zz ⋅ ε zz + 2 ⋅ σ xy ⋅ ε xy + 2 ⋅ σ xz ⋅ ε xz + 2 ⋅ σ yz ⋅ ε yz ⋅ dX ⋅ dY ⋅ dZ

Cette expression représente le travail des contraintes qui s’exercent sur le pavé élémentaire (X,Y,Z, X+dX, Y+dY,
Z+dZ), quand la structure, de comportement élastique linéaire, passe de l’état initial non chargé à l’état final équilibre
considéré, caractérisé en tout point (XYZ) de la structure par un tenseur contraintes σij (XYZ) et un tenseur
déformations ε ij (XYZ ) .
• dans la structure à poutres, si G(s)xyz est le repère local de la section banale d’abscisse curviligne s sur la fibre
moyenne, l’énergie de déformation peut s’écrire :
⎡ ⎤
U = ∫∫∫ W (X, Y, Z) ⋅ dv = ∫ ⎢
∫∫ W (s, y, z )dydz⎥ ⋅ ds
v ⎢ ⎥
fibre moyenne C ⎣sec t. droite G (s ) ⎦
⎡ ⎤
• L’expression , dU(s ) = ⎢ W (s, y, z )dydz⎥ ⋅ ds est égale à l’énergie de déformation du volume constitué
∫∫
⎢ ⎥
⎢⎣sec t. droite G (s ) ⎦⎥
par la tranche de poutre comprise entre les sections droites G(s) et G(s+ds).

• Comme on l’a vu ci-dessus, cette énergie de déformation dU(s) représente le travail des contraintes qui s’exercent
sur le volume constitué par la tranche de poutre comprise entre les sections droites G(s) et G(s+ds) , quand la
structure, de comportement élastique linéaire, passe de l’état initial non chargé à l’état final équilibre considéré.

• Compte tenu de la définition des sollicitations internes (torseur des contraintes) et de la déformation des sections
droites (déplacement relatif de la section G(s+ds) par rapport à la section G(s)), ce travail s’écrit :
1 ⎡→ → → → ⎤
dU(s ) = ⋅ ⎢ R int (s + ds ) ⋅ δ Λ (s ) ⋅ ds + M int (s + ds ) ⋅ δ Ω(s ) ⋅ ds ⎥
2 ⎣ ⎦
A l’équilibre, les sollicitations internes sont égales aux sollicitations extérieures,
→ → → → → →
R int (s + ds ) = R ext (s + ds ) = R (s + ds ) M int (s + ds ) = M ext (s + ds ) = M(s + ds )
1 ⎡→ → → → ⎤
D’où : dU(s ) = ⋅ ⎢ R (s + ds ) ⋅ δ Λ (s ) ⋅ ds + M(s + ds ) ⋅ δ Ω(s ) ⋅ ds ⎥
2 ⎣ ⎦
1 ⎡→ → → → ⎤
Soit au second ordre près : dU(s ) = ⋅ ⎢ R (s ) ⋅ δ Λ (s ) ⋅ ds + M(s ) ⋅ δ Ω(s ) ⋅ ds ⎥
2 ⎣ ⎦

Page II.1-3 -- 4
Soit dans le repère local G(s)xyz de la section G(s) :
T T
⎡N⎤ ⎡ N E.S ⎤ ⎡M x ⎤ ⎡ C G.K ⎤
dU(s ) 1 ⎢ ⎥ ⎢ 1 ⎢
= ⋅ ⎢Vy ⎥ ⋅ ⎢Vy G.S1y + z T .C G.K ⎥ + ⋅ ⎢ M y ⎥⎥ ⋅ ⎢⎢M y E.I y ⎥⎥

ds 2 2
⎢⎣ Vz ⎥⎦ ⎢⎣ Vz G.S1z − y T .C G.K ⎥⎦ ⎢⎣ M z ⎥⎦ ⎢⎣ M z E.I z ⎥⎦

dU(s ) 1 ⎡⎢ N 2 Vy My2 Mz2 ⎤


2
V 2
ds
= ⋅ + + z +
2 ⎢ ES GS1y GS1z GK
C
(
⋅ M x + z T ⋅ Vy − y T ⋅ Vz +
EI y
+ ) ⎥
EI z ⎥
⎣ ⎦
Avec : C = M x + z T ⋅ Vy − y T ⋅ Vz

dU(s ) 1 ⎡⎢ N 2 Vy M 2⎤
2 2
V 2 C2 M y
Soit : = ⋅ + + z + + + z ⎥
ds 2 ⎢ ES GS1y GS1z GK EI y EI z ⎥
⎣ ⎦

2.1.2 -- Cas particulier, structure à poutres, isostatique soumise à des efforts extérieurs donnés
→ →
et des variations dimensionnelles δ Λ 0 (s ) , δ Ω 0 (s ) :
Les efforts extérieurs appliqués provoquent une déformation de la structure.
La structure étant isostatique, les variations dimensionnelles se produisent librement, sans générer de contraintes.
→ →
δ Λ (s ) , δ Ω(s ) sont les vecteurs translation et rotation différentielles de la déformation due aux seuls efforts donnés
appliqués à la structure.
Le travail des contraintes sur la tranche de poutre G(s), G(s+ds) = travail des contraintes générées par les efforts
extérieurs appliqués, dans la déformation « mesurée » à partir de l’état initial à vide + travail des mêmes contraintes
dans la déformation imposée de variations dimensionnelles.
1 ⎡→ → → → ⎤ ⎡→ → → → ⎤
dU(s ) = .⎢ R (s ).δ Λ (s ).ds + M(s ).δ Ω(s ).ds⎥ + ⎢ R (s ).δ Λ 0 (s ).ds + M(s ).δ Ω 0 (s ).ds ⎥
2 ⎣ ⎦ ⎣ ⎦
Soit dans le repère local G(s)xyz de la section G(s) :
T T
⎡ N ⎤ ⎡δu 0 x ⎤ ⎡M x ⎤ ⎡δω 0 x ⎤
dU(s ) 1 ⎡⎢ N 2 Vy M 2⎤
2 2
V 2 C2 M y ⎢V ⎥ ⋅ ⎢δu ⎥ + ⎢M ⎥ ⋅ ⎢δω ⎥
= ⋅ + + z + + + z ⎥+ ⎢ y ⎥ ⎢ 0y ⎥ ⎢ y ⎥ ⎢ 0y ⎥
ds 2 ⎢ ES GS1y GS1z GK EI y EI z ⎥
⎣ ⎦ ⎢⎣ Vz ⎥⎦ ⎢⎣ δu 0 z ⎥⎦ ⎢⎣ M z ⎥⎦ ⎢⎣ δω 0 z ⎥⎦

2.2 -- En intégrant sur l’ensemble de la fibre moyenne, énergie de déformation d’une


structure à poutres sur appuis fixes

2.2.1 -- structure iso. ou hyper. soumise à des efforts donnés sans variations dimensionnelles

1 ⎡ N2 V 2 V 2 C2 M y
2
M 2⎤

y
U= ⋅ ⎢ + + z + + + z ⎥ ⋅ ds
2 ⎢ ES GS1y GS1z GK EI y EI z ⎥
structure ⎣ ⎦

2.2.2 -- structure isostatique soumise à des efforts extérieurs donnés et des variations
→ →
dimensionnelles δ Λ 0 (s ) , δ Ω 0 (s ) :

1 ⎡ N2 V 2 V2 C2 M y
2
M 2⎤

y
U= ⋅ ⎢ + + z + + + z ⎥ ⋅ ds
2 ⎢ ES GS1y GS1z GK EI y EI z ⎥
structure ⎣ ⎦
+ ∫ [N ⋅ δu 0x + Vy ⋅ δu 0 y + Vz ⋅ δu 0z + M x ⋅ δω0x + M y ⋅ δω0 y + M z ⋅ δω0z ]⋅ ds
structure

Page II.1-3 -- 5
2.2.3 -- En notation généralisée des sollicitations

• On note Sk (s ) la sollicitation d’ordre k dans la section banale (s).


Pour une structure spatiale quelconque k = 6 et :
S1 (s ) = N(s ) ; S2 (s ) = Vy (s ) ; S3 (s ) = Vz (s ) ; S4 (s ) = C ; S5 (s ) = M y ; S6 (s ) = M z

• On note δd k (s ) la déformation différentielle d’ordre k dans la section banale (s).


Pour une structure spatiale quelconque k = 6 et :
δd1 (s ) = δu x (s ) ; δd 2 (s ) = δu y (s ) ; δd 3 (s ) = δu z (s ) ; δd 4 (s ) = δωx (s ) ; δd 5 (s ) = δωy (s ) ; δd 6 (s ) = δωz (s )

• De même les variations dimensionnelles : on note δd k 0 (s ) la composante d’ordre k de variations dimensionnelles


non gênées. Pour une structure spatiale quelconque, k = 6 et :
δd10 (s ) = δu 0x (s ) ; δd 20 (s ) = δu 0 y (s ) ; δd 30 (s ) = δu 0z (s ) ; δd 40 (s ) = δω0 x (s ) ; δd 50 (s ) = δω0 y (s ) ; δd 60 (s ) = δω0z (s )

• De même pour les caractéristiques mécaniques des sections.


On note R k (s ) la raideur d’ordre k de la section (s). Pour une structure spatiale quelconque, k = 6 et :
R1 (s ) = ES ; R 2 (s ) = GS1y ; R 3 (s ) = GS1z ; R 4 (s ) = GK ; R 5 (s ) = EI y ; R 6 (s ) = EI z

• structure iso. ou hyper. soumise à des efforts donnés sans variations dimensionnelles :

1 ⎡ S k (s )2 ⎤
U=
2
⋅ ∫ ∑k ⎢
⎢ R k (s ) ⎥
⎥ ⋅ ds
structure ⎣ ⎦

• structure isostatique soumise à des efforts extérieurs donnés et des variations dimensionnelles
→ →
δ Λ 0 (s ) ⋅ ds , δ Ω 0 (s ) ⋅ ds

1 ⎡ S k (s )2 ⎤ ⎡ ⎤
U=
2
⋅ ∫ ∑k ⎢
⎢ R k (s ) ⎥
⎥ ⋅ ds +
∫ ∑k⎢

S k (s ) ⋅ δd k 0 (s )⎥ ⋅ ds
⎥⎦
structure ⎣ ⎦ structure ⎣

2.2.4 -- Remarque, sollicitations et déformations, conventions de signes

• Ces expressions de l’énergie de déformation sont obtenues en exprimant l’énergie élémentaire dU de la tranche de
poutre comprise entre les sections droites G(s) et G(s+ds), dans le repère Gxyz lié à la section droite G(s) dans la
déformation. Dans ce repère, dU est le travail dans la déformation dûe au chargement, des sollicitations agissant
sur la section droite G(s+ds) ; nous l’avons écrit sous la forme :
1 ⎡→ → → → ⎤
dU(s ) = .⎢ R (s + ds ).δ Λ (s ).ds + M(s + ds ).δ Ω(s ).ds⎥
2 ⎣ ⎦
Avec un terme complémentaire dans le cas d’une structure iso. soumise à des efforts donnés et des variations
⎡→ → → → ⎤
dimensionnelles qui vaut : ⎢ R (s + ds ).δ Λ 0 (s ).ds + M(s + ds ).δ Ω 0 (s ).ds ⎥
⎣ ⎦
• Cela nécessite, impérativement que les vecteurs qui interviennent dans cette expression soient considérés dans le
même repère (repère local Gxyz de la section G(s) avec les conventions de la mécanique) avec les mêmes
conventions de signes.

• Cela nécessite, en particulier, que :


→ →
∗ les vecteurs R (s + ds ) , M(s + ds ) (dont les composantes sont les sollicitations à droite),
→ →
∗ les vecteurs translation et rotation différentielles δ Λ (s ) ⋅ ds et δ Ω(s ) ⋅ ds dûs aux charges extérieures
appliquées,
→ →
∗ les vecteurs translation et rotation différentielles δ Λ 0 (s ) ⋅ ds et δ Ω 0 (s ) ⋅ ds de variations dimensionnelles,
soient pris dans le même repère avec les mêmes conventions de signes.

Page II.1-3 -- 6
Il convient donc d’adopter des conventions de signes cohérentes pour les sollicitations et les déformations
différentielles, en particulier les déformations différentielles de variations dimensionnelles.

Exemple : structure plane chargée dans son plan conventions de signes de la mécanique :
y y

M>0 z
uy
x x
z z
N>0 ux
V>0

Exemple : structure plane chargée dans son plan conventions de signes de la Résistance des Matériaux :

Sollicitations calculées à droite : Calculées à gauche :


M>0 M>0

N>0 N>0
V>0 V>0

Déformations des sections droites :


y
z
uy
x
z
ux

2.3 -- Structure à poutres quelconque (iso. ou hyper.), sur appuis élastiques, soumise à
des actions extérieures données

Tous les théorèmes de l’énergie que nous avons vu (potentiel interne et théorème de Castigliano en particulier) ne
s’appliquent qu’à des structures élastiques linéairement à liaisons fixes.
Pour continuer à appliquer ces théorèmes, on va donc intégrer les appuis élastiques à la structure calculée, de façon à
ce qu’elle reste une structure linéairement élastique à liaisons fixes.

2.3.1 -- Appui élastique simple :

• Définition :
c’est un appui élastique à comportement linéaire suivant une seule composante de déplacement translation ou
rotation.

λ = souplesse de l’appui élastique R = réaction d ' appui


d A = déplacement du noeud A de jonction de l’appui élastique et du reste de la structure avec la même convention de
signes que pour la réaction d’appui R : dA = −λ ⋅ R

Page II.1-3 -- 7
• Energie de déformation de l’appui élastique dans la structure à l’équilibre :

Soit R(P) la réaction de l’appui élastique sous le cas de charges (P) considéré.
On isole l’appui élastique en pratiquant une coupure en A, jonction entre l’appui élastique et le reste de la structure. Les
actions qui s’exercent sur l’appui élastique ainsi isolé sont R (P ) et R A .

1
Energie de déformation de l’appui élastique : ∆U = ⋅ R A ⋅ dA
2
1
dA = λ ⋅ RA ⇒ ∆U = ⋅ λ ⋅ R 2A
2
1
Equilibre statique du ressort ⇒ R A + R (P ) = 0 d’où : ∆U = ⋅ λ ⋅ R (P )2
2

• Conclusion : sous l’effet des actions extérieures données (charges appliquées et variations dimensionnelles pour
les structures iso.), l’énergie de déformation totale de la structure, avec son appui élastique vaut :

⎡ S k (σ )2 ⎤ ⎧ ⎡ ⎤ ⎫
1 ⎪ ⎪ 1
U(P ) =
2
⋅ ∫ ∑ ⎢
⎢ R (σ )
⎥ ⋅ dσ + ⎨
⎥⎦ ∫ ∑ ⎢ S k (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ⎬ + ⋅ λ ⋅ R (P )2
⎪⎩structure ⎢⎣ k ⎥⎦ ⎪⎭ 2
structure ⎣ k
k

Dans cette expression, le terme entre crochets, {⋅ ⋅ ⋅ ⋅} , représente le terme complémentaire de variations
dimensionnelles, valable uniquement dans le cas d’une structure isostatique.

2.3.2 -- Appui élastique complexe :

• Définition :
C’est un appui élastique (linéaire) suivant, théoriquement, toutes les composantes de déplacements, translation ou
rotation.
L’appui élastique complexe le plus général, d’une structure spatiale, portera donc sur 6 composantes de
déplacements (3 composantes de translation, 3 composantes de rotation) et les réactions correspondantes.
L’appui élastique complexe le plus général, d’une structure plane chargée dans son plan, portera donc sur 3
composantes de déplacements (2 composantes de translation dans le plan de la structure, 1 composante de rotation
perpendiculaire au plan de la structure) et les réactions d’appui correspondantes.

Une application linéaire biunivoque relie les réactions d’appui et les déplacements de l’appui élastique.

Pour simplifier les croquis et la formulation nous considérons dans ce qui suit, l’appui élastique complexe le plus
général d’une structure plane chargée dans son plan.

Page II.1-3 -- 8
t
S = matrice de souplesse de l’appui élastique S est une matrice symétrique : S = S
Dans le même repère de projection des réactions d’appui et des déplacements :
⎡H⎤
R = vecteur colonne des réactions d’appui R = ⎢⎢ R ⎥⎥
⎢⎣M ⎥⎦
A est le nœud de jonction de l’appui élastique et du reste de la structure.
R A = vecteur colonne des actions, en A, de la structure sur l’appui élastique.
On isole l’appui élastique en pratiquant une coupure en A, jonction entre l’appui élastique et le reste de la
structure.
⎡H⎤ ⎡HA ⎤
Les actions qui s’exercent sur l’appui élastique sont : ⎢
R = ⎢R⎥ ⎥ et R A = ⎢⎢ R A ⎥⎥
⎢⎣ M ⎥⎦ ⎢⎣ M A ⎥⎦

Equilibre statique du ressort ⇒ RA+ R =0


⎡uA ⎤
D A = ⎢⎢ v A ⎥⎥ = Vecteur colonne déplacement du noeud A : DA = S ⋅ RA = −S ⋅ R
⎢⎣ωA ⎥⎦

• Energie de déformation de l’appui élastique :

1t 1 t
∆U = ⋅ R A ⋅ D A DA = S ⋅ RA ⇒ ∆U = ⋅ R A ⋅ S ⋅ R A
2 2
1 t
RA+ R =0 d’où : ∆U = ⋅ R ⋅ S ⋅ R
2

Conclusion : sous l’effet des actions extérieures données (charges appliquées et variations dimensionnelles pour les
structures isostatiques) l’énergie de déformation totale de la structure avec son appui élastique complexe vaut donc :

⎡ S k (σ )2 ⎤ ⎧ ⎡ ⎤ ⎫
1 ⎪ ⎪ 1 t
U(P ) =
2
⋅ ∫ ∑ ⎢
⎢ R k (σ ) ⎥
⎥ ⋅ dσ + ⎨
∫ ∑ ⎢ S k (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ⎬ + ⋅ R (P ) ⋅ S ⋅ R (P )
⎪⎩structure ⎢⎣ k ⎥⎦ ⎪⎭ 2
structure ⎣ k ⎦

Dans cette expression, le terme entre crochets, {⋅ ⋅ ⋅ ⋅} , représente le terme complémentaire de variations
dimensionnelles, valable uniquement dans le cas d’une structure isostatique.

Page II.1-3 -- 9
2.3.3 -- Généralisation à une structure spatiale comportant des appuis élastiques simples et
complexes :

Soit une structure spatiale quelconque, soumise à des actions extérieures données (P), charges appliquées et variations
dimensionnelles (pour les structures iso.). Cette structure comporte :
- p appuis élastiques simples de souplesse λ α (α = 1, p )
- q appuis élastiques complexes de matrice de souplesse Sβ (β = 1, q )
Les réactions d’appui de l’appui élastique simple α (α = 1, p ) sont :
- actions extérieures données : R α (P )
- facteur sollicitant Φ = 1 appliqué au point et dans la direction où on cherche un déplacement : rα ,ϕ
Les réactions d’appui de l’appui élastique complexe β (β = 1, q ) sont :
- actions extérieures données : vecteur colonne R β (P )
- facteur sollicitant Φ = 1 appliqué au point et dans la direction où on cherche un déplacement : vecteur
colonne rβ ,ϕ
Energie de déformation :

⎧ ⎫ 1 p
∑[ ] ∑
⎡ Sk (σ )2 ⎤ ⎡ ⎤ q
1 ⎪ ⎪ 1 ⎡t ⎤
U(P ) =
2
⋅ ∫ ∑k ⎢
⎢ R k (σ) ⎥
⎥ ⋅ dσ + ⎨ ∫ ∑k ⎢
⎪⎩structure ⎢⎣
Sk (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ⎬ + ⋅
⎥⎦ ⎪⎭ 2
λ α ⋅ R α (P )2 + ⋅
2 ⎢⎣ R β (P ) ⋅ Sβ ⋅ R β (P ) ⎥⎦
structure ⎣ ⎦ α =1 β =1

Dans cette expression, le terme entre crochets, {⋅ ⋅ ⋅ ⋅} , représente le terme complémentaire de variations
dimensionnelles, valable uniquement dans le cas d’une structure isostatique.

Page II.1-3 -- 10
3 -- EXPRESSION DU DEPLACEMENT EN UN POINT QUELCONQUE

3.1 -- Corollaire du théorème de Castigliano, calcul du déplacement en un point


quelconque rappel

Soit un système élastique linéaire (S), à liaisons fixes, en équilibre sous l’effet d’actions extérieures (P) (charges
appliquées ou déplacements imposés) ; le problème est de calculer un déplacement δ (translation ou rotation) en un
point quelconque de la structure.

On applique un effort virtuel Φ au point et dans la direction où on cherche le déplacement δ ( Φ est une force pour
le calcul d’un déplacement translation, Φ est un moment pour le calcul d’un déplacement rotation).
Soit U[(P ) + Φ ] l’énergie de déformation du système élastique (S), soumis aux actions extérieures (P) et à l’effort
virtuel Φ ; le déplacement δ cherché vaut :
⎛ ∂U[(P ) + Φ ] ⎞
δ=⎜ ⎟
⎝ ∂Φ ⎠Φ =0

3.2 -- Application aux structures à poutres sur appuis fixes, cas général d’une structure
spatiale

3.2.1 -- Structure isostatique ou hyperstatique soumise à des efforts extérieurs donnés sans
variations dimensionnelles

• Energie de déformation à l’équilibre :


1 ⎡ N2 Vy 2 V 2 C2 M y
2
M 2⎤
U (P ) = ⋅ ∫ ⎢ + + z + + + z ⎥ ⋅ ds
2 ⎢ ES GS1y GS1z GK EI y EI z ⎥
structure ⎣ ⎦

1 ⎡ S (σ )2 ⎤
Soit en notation généralisée : U (P ) =
2
⋅ ∫ ∑ ⎢
⎢ R
k
k (
⎥ ⋅ dσ
σ) ⎥
structure ⎣ k ⎦

• Calcul du déplacement en un point quelconque

On applique un effort virtuel Φ au point et dans la direction où on cherche le déplacement δ .


1 ⎡ S k ,((P )+Φ ) (σ )2 ⎤
U[(P ) + Φ ] = ⋅
2 ∫ ∑

⎢ k R k (σ )
⎥ ⋅ dσ

structure ⎣ ⎦
Soit s k ,ϕ (σ ) la sollicitation d’ordre k, dans la section banale (σ ) dûe à l’effort Φ = 1 appliqué.
en vertu de la linéarité de comportement de la structure vis-à-vis des chargements :

S k ,((P )+ Φ ) (σ ) = S k ,(P ) (σ ) + S k ,Φ (σ ) = S k ,(P ) (σ ) + Φ ⋅ s k ,φ (σ )

U[(P ) + Φ ] =
1 ⎡ S[
⎢∑ k ,(P )
(σ ) + Φ ⋅ s k,Φ (σ ) 2 ⎤ ]
⎥ ⋅ dσ
2
⋅ ∫ ⎢ R k (σ ) ⎥
structure ⎣ k ⎦

∂U[(P ) + Φ ] ⎡ ⎤
∂Φ
= ∫ ⎢∑
R
1
(σ )
[ ]
⋅ Sk ,(P )(σ ) + Φ ⋅ s k ,Φ (σ ) ⋅ s k ,Φ (σ )⎥ ⋅ dσ
structure ⎣⎢ k k ⎦⎥

⎛ ∂U[(P ) + Φ ] ⎞ ⎡ S k,(P ) (σ ) ⋅ s k ,ϕ (σ ) ⎤
δ=⎜
⎝ ∂Φ

⎠ Φ =0
= ∫ ⎢⎢⎣∑k R k (σ )
⎥ ⋅ dσ
⎥⎦
structure

Page II.1-3 -- 11
3.2.2 -- Structure isostatique soumise à des efforts extérieurs donnés et à des variations
dimensionnelles

• Prise en compte des variations dimensionnelles dans une structure isostatique :

Nous avons analysé dans le détail la prise en compte des variations dimensionnelles au paragraphe § 1 ci-dessus,
pour une structure à poutres quelconque, en particulier les précautions à prendre en ce qui concerne les
conventions de signes.

Les variations dimensionnelles sont quantifiées par les 2 fonctions vectorielles, translation et rotation différentielles
→ →
δ Λ 0 (s ) et δ Ω 0 (s ) représentant la déformation supposée non gênée qu’elles provoquent (le déplacement relatif

supposé non gêné de la section G(s+ds) par rapport à la section G(s) est un déplacement de translation δ Λ 0 (s ) ⋅ ds

et de rotation δ Ω 0 (s ) ⋅ ds ).

Dans une structure isostatique les déformations dûes aux variations dimensionnelles peuvent avoir lieu
librement. Elles ne génèrent pas de sollicitations. Les déformations qu’elles provoquent sont donc mesurées par
→ →
les 2 vecteurs δ Λ 0 (s ) et δ Ω 0 (s ) .

• Energie de déformation à l’équilibre :

1 ⎡ N2 Vy 2 V 2 C2 M y
2
M 2⎤
U (P ) = ⋅ ∫ ⎢ + + z + + + z ⎥ ⋅ ds
2 ⎢ ES GS1y GS1z GK EI y EI z ⎥
structure ⎣ ⎦
+ ∫ [N ⋅ δu 0x + Vy ⋅ δu 0y + Vz ⋅ δu 0z + C ⋅ δω0x + M y ⋅ δω0y + M z ⋅ δω0z ]⋅ ds
structure
Soit en notation généralisée :
1 ⎡ S (σ )2 ⎤ ⎡ ⎤
U(P ) = ⋅ ∫ ⎢∑ k ⎥ ⋅ dσ + ∫ ⎢∑ Sk (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ
2 R k (σ ) ⎥⎦
structure ⎢⎣ k structure ⎢⎣ k ⎥⎦

• Calcul du déplacement en un point quelconque

On applique un effort virtuel Φ au point et dans la direction où on cherche le déplacement δ :


Soit s k ,ϕ (σ ) la sollicitation d’ordre k, dans la section banale (σ ) dûe à l’effort Φ = 1 appliqué.

1 ⎡ S k , ((P )+ Φ ) (σ )2 ⎤ ⎡ ⎤
U[(P ) + Φ ] =
2
⋅ ⎢
⎢ ∫ ∑ R k (σ )
⎥ ⋅ dσ +
⎥ ⎢ ∫ ∑
⎢ S k, ((P )+ Φ ) (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ
⎥⎦
structure ⎣ k ⎦ structure ⎣ k
Soit s k ,ϕ (σ ) la sollicitation d’ordre k, dans la section banale (σ ) dûe à l’effort Φ = 1 appliqué.
en vertu de la linéarité de comportement de la structure vis-à-vis des chargements :

S k ,((P )+ Φ ) (σ ) = S k ,(P ) (σ ) + S k ,Φ (σ ) = S k ,(P ) (σ ) + Φ ⋅ s k ,φ (σ )

1
U[(P ) + Φ ] = ⋅
⎡ S
⎢ ∑ k , (P )
[
(σ ) + Φ ⋅ s k,φ (σ ) 2 ⎤ ] ⎡
[ ] ⎤
∫ ⎢ ⎥ ⋅ dσ +
∫ ⎢∑ S k ,(P ) (σ ) + Φ ⋅ s k ,φ (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ
2 R k (σ ) ⎥
structure ⎣ k ⎦ structure ⎢⎣ k ⎥⎦

∂U[(P ) + Φ ] ⎡ ⎤ ⎡ ⎤
∂Φ
= ∫ ⎢∑
1
R k (σ )
[ ]
⋅ Sk ,(P ) (σ ) + Φ ⋅ s k ,φ (σ ) ⋅ s k ,φ (σ )⎥ ⋅ dσ + ∫ ⎢∑ s k ,φ (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ
structure ⎢⎣ k ⎥⎦ structure ⎢⎣ k ⎥⎦

⎛ ∂U[(P ) + Φ ] ⎞ ⎡ S k , (P ) (σ ) ⋅ s k, ϕ (σ ) ⎤ ⎡ ⎤
δ=⎜
⎝ ∂Φ

⎠Φ = 0
= ∫ ∑ ⎢
⎢ R k (σ )
⎥ ⋅ dσ +
⎥⎦ ∫ ∑ ⎢ s k, ϕ (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ
⎢ ⎥⎦
structure ⎣ k structure ⎣ k

Page II.1-3 -- 12
3.3 -- cas d’une structure sur appuis fixes, plane chargée dans son plan (plan principal
d’inertie Gy)

3.3.1 -- sollicitations, translation et rotation différentielles, conventions de signes

• sollicitations :

Les sollicitations non nulles, dans le repère local G(s)xyz de la section, sont les suivantes :

⎡ N (s ) ⎤ ⎡ N (s ) ⎤ ⎡ N ⎤ ⎡ M x (s )⎤ ⎡ 0 ⎤ ⎡ 0 ⎤
⎢ V (s )⎥ = ⎢ V (s )⎥ = ⎢ V ⎥ ⎢ M (s )⎥ = ⎢ 0 ⎥ = ⎢ 0 ⎥
⎢ y ⎥ ⎢ y ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ y ⎥ ⎢ ⎥ ⎢ ⎥
⎣⎢ Vz (s )⎦⎥ ⎣⎢ 0 ⎦⎥ ⎣⎢ 0 ⎦⎥ ⎣⎢ M z (s )⎦⎥ ⎣⎢ M z (s )⎦⎥ ⎣⎢ M ⎦⎥

• Translation et rotation différentielles :

Les composantes non nulles des vecteurs translation et rotation différentielles, dans le repère Gxyz sont :

⎡δu x (σ )⎤ ⎡ 0 ⎤
⎢ δu (σ )⎥ et ⎢ 0 ⎥
⎢ y ⎥ ⎢ ⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣δωz (σ )⎥⎦

• Conventions de signes de la résistance des matériaux :

Sollicitations calculées à droite : Calculées à gauche :


z z
M 0 M 0
ux

ux
N 0
V 0 N 0
uy
V 0
uy

3.3.2 -- structure iso. ou hyper. soumise à des efforts extérieurs donnés sans variations
dimensionnelles

1 ⎡ N2 V2 M2 ⎤
• L’énergie de déformation de la structure vaut : Wint = ⋅ ∫ ⎢ + + ⎥ ⋅ ds
2 ES GS1 EI ⎥⎦
structure ⎣⎢

1 ⎡ N2 M2 ⎤
Dans le cas où on néglige les déformations d’effort tranchant : U=
2
⋅ ∫ ⎢ + ⎥ ⋅ ds
⎢ ES EI ⎥⎦
structure ⎣
• Déplacement en un point quelconque :

On applique donc un effort virtuel Φ au point et dans la direction où on cherche le déplacement δ :


⎡N 2
M 2⎤
⎢ (P + Φ ) + (P + Φ ) ⎥ ⋅ ds

1
U[(P ) + Φ ] = ⋅
2 ⎢ ES EI ⎥
structure ⎣ ⎦
Soit n ϕ (s ) et m ϕ (s ) les sollicitations d’effort normal et de moment fléchissant dans la section banale (s) dues à
l’action de l’effort Φ = 1 .
Linéarité de comportement de la structure ⇒ N (P + Φ ) = N (P ) + N (Φ ) = N (P ) + Φ ⋅ n ϕ
M (P + Φ ) = M (P ) + M (Φ ) = M (P ) + Φ ⋅ m ϕ

Page II.1-3 -- 13
[
⎡ N +Φ⋅n
⎢ (P )
]2 + [M(P) + Φ ⋅ mϕ ]2 ⎤⎥ ⋅ ds

1
U[(P ) + Φ ] =
ϕ

2 ⎢ ES EI ⎥
structure ⎣ ⎦
∂U[(P ) + Φ ] [ ] [
⎡ n ϕ ⋅ N (P ) + Φ ⋅ n ϕ m ϕ ⋅ M (P ) + Φ ⋅ m ϕ ⎤ ]
∂Φ
=

structure

⎣⎢ ES
+
EI
⎥ ⋅ ds
⎦⎥

⎛ ∂U[(P ) + Φ ] ⎞ ⎡ N (P ) (s ) ⋅ n ϕ (s ) M (P ) (s ) ⋅ m ϕ (s ) ⎤
δ=⎜
⎝ ∂Φ

⎠Φ =0
= ∫ ⎢
⎣ ES
+
EI
⎥ ⋅ ds

structure

3.3.3 -- Structure isostatique soumise à des efforts donnés et à des variations dimensionnelles

Les composantes non nulles des vecteurs translation et rotation différentielles de variations dimensionnelles sont :
⎡δu 0 x (σ )⎤ ⎡ 0 ⎤
⎢δu (σ )⎥ et ⎢ 0 ⎥
⎢ 0y ⎥ ⎢ ⎥
⎢⎣ 0 ⎥⎦ ⎢⎣δω 0z (σ )⎥⎦
• Energie de déformation :

En adoptant des conventions de signes cohérentes entre sollicitations et composantes de variations


dimensionnelles, l’énergie de déformation s’écrit :

⎡ N(σ )2 V (σ )2 M (σ )2 ⎤
U(P ) =
1
2
⋅ [
∫ ⎢⎢ ES(σ) + GS1y (σ) + EI z (σ) ⎥⎥ ⋅ dσ + ∫ N(σ)⋅ δu ′0x (σ) + Vy (σ)⋅ δu ′0y (σ) + M z (σ)⋅ δω′0z (σ) ⋅ dσ
y z
]
structure ⎣ ⎦ structure

Si on néglige les déformations d’effort tranchant, cette expression devient :

1 ⎡ N(σ )2 M (σ )2 ⎤
U(P) = ∫ ⎢⎢ ES(σ) + EI z (σ) ⎥⎥ ⋅ dσ + ∫ [N(σ)⋅ δu ′0x (σ) + M z (σ)⋅ δω′0z (σ)]⋅ dσ
z

2
structure ⎣ ⎦ structure

• Déplacement en un point quelconque :

Dans le cas où on néglige les déformations d’effort tranchant :


On applique un effort virtuel Φ au point et dans la direction où on cherche le déplacement δ .
Soit n ϕ (s ) et m ϕ (s ) les sollicitations d’effort normal et de moment fléchissant dans la section banale (s) dues à
l’action de l’effort Φ = 1 :

⎛ ∂U[(P ) + Φ ] ⎞ ⎡ N (P ) (s ) ⋅ n ϕ (s ) M (P ) (s ) ⋅ m ϕ (s ) ⎤
δ=⎜
⎝ ∂Φ

⎠ Φ =0
= ∫ ⎢
⎢ ES
+
EI
⎥ ⋅ ds +
⎥⎦ ∫[ ]
δu 0 x (s ) ⋅ n ϕ (s ) + δω 0z (s ) ⋅ m ϕ (s ) ⋅ ds
structure ⎣ structure

Page II.1-3 -- 14
3.4 -- Structure à poutres spatiale quelconque (iso. ou hyper.), sur appuis élastiques,
soumise à des actions extérieures données

3.4.1 -- Appui élastique simple

λ = souplesse de l' appui élastique R = réaction d ' appui

• Energie de déformation rappel :

⎡ S k (σ )2 ⎤ ⎧ ⎡ ⎤ ⎫
1 ⎪ ⎪ 1
U(P ) =
2
⋅ ∫ ∑ ⎢
⎢ R (σ )
⎥ ⋅ dσ + ⎨
⎥⎦ ∫ ∑ ⎢ S k (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ⎬ + ⋅ λ ⋅ R (P )2
⎪⎩structure ⎢⎣ k ⎥⎦ ⎪⎭ 2
structure ⎣ k
k

Dans cette expression, le terme entre crochets, {⋅ ⋅ ⋅ ⋅} , représente le terme complémentaire de variations
dimensionnelles, valable uniquement dans le cas d’une structure isostatique.

• Calcul du déplacement en un point quelconque,

On applique un effort virtuel Φ au point et dans la direction où on cherche le déplacement δ .


⎛ ∂U[(P ) + Φ ] ⎞
le déplacement δ cherché vaut : δ=⎜ ⎟
⎝ ∂Φ ⎠ Φ =0
1
∆U(P + Φ ) = ⋅ λ ⋅ R (P + Φ )2 est le terme complémentaire de l’énergie de déformation U(P + Φ ) , dû à l’appui élastique
2
considéré.
∂U[(P ) + Φ ] ∂∆U[(P ) + Φ ] ∂ ⎡ 1 ⎤
Le terme complémentaire de dû à l’appui élastique vaut : = ⎢ ⋅ λ ⋅ R 2 [(P ) + Φ ]⎥
∂Φ ∂Φ ∂Φ ⎣ 2 ⎦
Soit rϕ la réaction de l’appui élastique sous la seule charge appliquée Φ = 1 .

En vertu de la linéarité : R [(P ) + Φ ] = R (P ) + R (Φ ) = R (P ) + Φ ⋅ rφ d’où :


∂∆U[(P ) + Φ ] ∂ ⎡ 1
∂Φ
= ⎢
∂Φ ⎣ 2
[ ⎤
] [
⋅ λ ⋅ R (P ) + Φ ⋅ rφ 2 ⎥ = λ ⋅ R (P ) + Φ ⋅ rφ ⋅ rφ ]

⎛ ∂∆U[(P ) + Φ ] ⎞
d’où : ⎜ ⎟ = λ ⋅ R (P ) ⋅ rϕ
⎝ ∂Φ ⎠ Φ =0
⎛ ∂U[(P ) + Φ ] ⎞ ⎛ ∂∆U[(P ) + Φ ] ⎞
Le terme complémentaire de ⎜ ⎟ dû à l’appui élastique vaut donc : ⎜ ⎟ = λ ⋅ R (P ) ⋅ rϕ
⎝ ∂Φ ⎠ Φ =0 ⎝ ∂Φ ⎠ Φ =0

Dans la structure avec appui élastique simple, soumise à des actions extérieures données (P), charges appliquées et
variations dimensionnelles (pour les structures isostatiques), le déplacement cherché vaut :

⎛ ∂U[(P ) + Φ ] ⎞
δ=⎜ ⎟ =
⎝ ∂Φ ⎠ Φ =0
⎡ S k ,(P ) (σ ) ⋅ s k ,ϕ (σ ) ⎤ ⎧
⎪ ⎡ ⎤ ⎫ ∂∆U[(P ) + Φ ]
⎪ ⎛ ⎞
∫ ∑ ⎢
⎢⎣ k R k ( σ )
⎥ ⋅ dσ + ⎨
⎥⎦ ⎪
∫ ∑ ⎢ s k ,ϕ (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ⎬ + ⎜
⎢⎣ k ⎥⎦ ⎪ ⎝ ∂Φ

⎠ Φ =0
structure ⎩structure ⎭

Page II.1-3 -- 15
⎡ S k ,(P ) (σ ) ⋅ s k ,ϕ (σ ) ⎤ ⎧
⎪ ⎡ ⎤ ⎫

δ= ∫ ∑ ⎢
⎢ R k (σ )
⎥ ⋅ dσ + ⎨
⎥⎦ ∫ ∑ ⎢ s k ,ϕ (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ⎬ + R (P ) ⋅ λ ⋅ rϕ
⎪⎩structure ⎢⎣ k ⎥⎦ ⎪⎭
structure ⎣ k

Dans cette expression, le terme entre crochets, {⋅ ⋅ ⋅ ⋅} , représente le terme complémentaire de variations
dimensionnelles, valable uniquement dans le cas d’une structure isostatique.

3.4.2 -- Appui élastique complexe


⎡H⎤
S = Matrice de souplesse de l' appui élastique R = Vecteur colonne réaction d' appui = ⎢ R ⎥
⎢ ⎥
⎢⎣ M ⎥⎦
• Energie de déformation, rappel

⎡ S k (σ )2 ⎤ ⎧ ⎡ ⎤ ⎫
1 ⎪ ⎪ 1 t
U(P ) =
2
⋅ ∫ ∑ ⎢
⎢ R k (σ ) ⎥
⎥ ⋅ dσ + ⎨
∫ ∑ ⎢ S k (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ⎬ + ⋅ R (P ) ⋅ S ⋅ R (P )
⎪⎩structure ⎢⎣ k ⎥⎦ ⎪⎭ 2
structure ⎣ k ⎦

Dans cette expression, le terme entre crochets, {⋅ ⋅ ⋅ ⋅} , représente le terme complémentaire de variations
dimensionnelles, valable uniquement dans le cas d’une structure isostatique.
1 t
∆U = ⋅ R (P ) ⋅ S ⋅ R (P ) est le terme complémentaire de l’énergie de déformation U(P ) , dû à l’appui élastique
2
considéré.

• Calcul du déplacement en un point quelconque

On applique un effort virtuel Φ au point et dans la direction où on cherche le déplacement δ .


⎛ ∂U[(P ) + Φ ] ⎞
le déplacement δ cherché vaut : δ=⎜ ⎟
⎝ ∂Φ ⎠ Φ =0
∂U[(P ) + Φ ]
Le terme complémentaire de dû à l’appui élastique vaut :
∂Φ
∂∆U[(P ) + Φ ] ∂ ⎡ 1 t ⎤
= ⎢ ⋅ R [(P ) + Φ ] ⋅ S ⋅ R [(P ) + Φ ] ⎥
∂Φ ∂Φ ⎣ 2 ⎦
∂∆U[(P ) + Φ ] 1 ∂
∂Φ
= ⋅
2 ∂Φ
{ R[(P) + Φ]}⋅ S ⋅ R[(P) + Φ] + 12 ⋅ R[(P) + Φ] ⋅ S ⋅ ∂∂Φ {R[(P) + Φ]}
t t

∂∆U[(P ) + Φ ] 1 ∂R [(P ) + Φ ] ∂R [(P ) + Φ ]


t
1 t
= ⋅ ⋅ S ⋅ R [(P ) + Φ ] + ⋅ R [(P ) + Φ ] ⋅ S ⋅
∂Φ 2 ∂Φ 2 ∂Φ
∂R [(P ) + Φ ]
t
Or l’expression ⋅ S ⋅ R [(P ) + Φ ] est un scalaire ; Elle est donc égale à sa transposée.
∂Φ
t
∂R [(P ) + Φ ] ⎡ t ∂R [(P ) + Φ ] ⎤ t ∂R [(P ) + Φ ]
t
⋅ S ⋅ R [(P ) + Φ ] = ⎢ ⋅ S ⋅ R [(P ) + Φ ] ⎥ = R [(P ) + Φ ]⋅ S ⋅
t
∂Φ ⎢⎣ ∂Φ ⎥⎦ ∂Φ

∂R [(P ) + Φ ] ∂R [(P ) + Φ ]
t
⋅ S ⋅ R [(P ) + Φ ] = R [(P ) + Φ ] ⋅ S ⋅
t t
Comme S = S alors
∂Φ ∂Φ
∂∆U[(P ) + Φ ] t ∂R [(P ) + Φ ]
D’où : = R [(P ) + Φ ] ⋅ S ⋅
∂Φ ∂Φ

Soit rϕ la réaction de l’appui élastique sous la seule charge appliquée Φ = 1 :


∂R [(P ) + Φ ]
En vertu de la linéarité : R [(P ) + Φ ] = R (P ) + Φ ⋅ rϕ et = rϕ
∂Φ
∂∆U[(P ) + Φ ] t ⎛ ∂∆U[(P ) + Φ ] ⎞
= R [(P ) + Φ ] ⋅ S ⋅ rϕ et = R (P ) ⋅ S ⋅ rϕ
t
⎜ ⎟
∂Φ ⎝ ∂Φ ⎠ Φ =0

Page II.1-3 -- 16
⎛ ∂U[(P ) + Φ ] ⎞
Le terme complémentaire de ⎜ ⎟ dû à l’appui élastique vaut donc :
⎝ ∂Φ ⎠ Φ =0
⎛ ∂∆U[(P ) + Φ ] ⎞
= R (P ) ⋅ S ⋅ rϕ
t
⎜ ⎟
⎝ ∂Φ ⎠ Φ =0

Dans la structure avec appui élastique complexe, soumise à des actions extérieures données (P), charges appliquées et
variations dimensionnelles pour les structures isostatiques, le déplacement cherché vaut :
⎛ ∂U[(P ) + Φ ] ⎞
δ=⎜ ⎟ =
⎝ ∂Φ ⎠ Φ =0
⎡ S k ,(P ) (σ ) ⋅ s k ,ϕ (σ ) ⎤ ⎧
⎪ ⎡ ⎤ ⎫ ∂∆U[(P ) + Φ ]
⎪ ⎛ ⎞
∫ ∑

⎢⎣ k R k (σ )
⎥ ⋅ dσ + ⎨
⎥⎦ ⎪
∫ ∑ ⎢ s k ,ϕ (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ⎬ + ⎜

⎣ ⎥
⎦ ⎪ ⎝ ∂Φ

⎠ Φ =0
structure ⎩structure k ⎭

⎡ S k ,(P ) (σ ) ⋅ s k ,ϕ (σ ) ⎤ ⎧
⎪ ⎡ ⎤ ⎫
⎪ t
δ= ∫ ∑ ⎢
⎢ R k (σ )
⎥ ⋅ dσ + ⎨
⎥⎦ ∫ ∑ ⎢ s k ,ϕ (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ⎬+ R (P ) ⋅ S ⋅ rϕ
⎪⎩structure ⎢⎣ k ⎥⎦ ⎪⎭
structure ⎣ k

Dans cette expression, le terme entre crochets, {⋅ ⋅ ⋅ ⋅} , représente le terme complémentaire de variations
dimensionnelles, valable uniquement dans le cas d’une structure isostatique.

3.4.3 -- Généralisation à une structure spatiale comportant des appuis élastiques simples et
complexes :

Soit une structure spatiale quelconque, soumise à des actions extérieures données (P), charges appliquées et variations
dimensionnelles (pour les structures iso.). Cette structure comporte :
- p appuis élastiques simples de souplesse λ α (α = 1, p )
- q appuis élastiques complexes de matrice de souplesse Sβ (β = 1, q )

Les réactions d’appui de l’appui élastique simple α (α = 1, p ) sont :


- actions extérieures données : R α (P )
- facteur sollicitant Φ = 1 appliqué au point et dans la direction où on cherche un déplacement : rα ,ϕ

Les réactions d’appui de l’appui élastique complexe β (β = 1, q ) sont :


- actions extérieures données : vecteur colonne R β (P )
- facteur sollicitant Φ = 1 appliqué au point et dans la direction où on cherche un déplacement : vecteur
colonne rβ ,ϕ

Energie de déformation, rappel :

⎧ ⎫ 1 p
∑[ ] ∑
⎡ Sk (σ )2 ⎤ ⎡ ⎤ q
1 ⎪ ⎪ 1 ⎡ t R (P ) ⋅ S ⋅ R (P ) ⎤
U(P ) =
2
⋅ ∫ ∑k ⎢
⎢ R k (σ) ⎥
⎥ ⋅ dσ + ⎨ ∫ ∑k ⎢
⎪⎩structure ⎢⎣
Sk (σ ) ⋅ δd k 0 (σ )⎥ ⋅ dσ⎬ + ⋅
⎥⎦ ⎪⎭ 2 α =1
λ α ⋅ R α (P )2 + ⋅
2 β =1 ⎢⎣
β β β ⎥⎦
structure ⎣ ⎦

Déplacement en un point quelconque :

⎡ Sk ,(P )(σ) ⋅ s k ,ϕ (σ) ⎤ ⎧ ⎡ ⎤ ⎫ p q


∑[ ] ∑
⎪ ⎪ ⎡t ⎤
δ= ∫ ∑ ⎢
⎢ R (σ )
⎥ ⋅ dσ + ⎨
⎥⎦ ∫ ∑ ⎢ s k ,ϕ (σ) ⋅ δd k 0 (σ)⎥ ⋅ dσ⎬ +
⎪⎩structure ⎢⎣ k ⎥⎦ ⎪⎭ α =1
R α (P ) ⋅ λ α ⋅ rα,ϕ + ⎢

R β (P ) ⋅ Sβ ⋅ rβ,ϕ ⎥

structure ⎣ k
k β =1

Dans cette expression, le terme entre crochets, {⋅ ⋅ ⋅ ⋅} , représente le terme complémentaire de variations
dimensionnelles, valable uniquement dans le cas d’une structure isostatique.

Page II.1-3 -- 17
J.-M. TOURTOIS – Chap-(II-1)-4.doc

CALCUL AVANCE DES STRUCTURES


PARTIE II STRUCTURES DISCRETISEES EN ELEMENTS DE BARRES ET POUTRES
PARTIE II.1 DEFINITIONS – HYPOTHESES ET PROPRIETES – EXPRESSIONS DES CONTRAINTES,
DEFORMATIONS ET DEPLACEMENTS EN FONCTION DES SOLLICITATIONS
Rappel fondamental :

Les structures étudiées dans cette partie II.1 ont un comportement linéaire vis-à-vis des chargements c'est-à-dire que l’on adopte les hypothèses
suivantes (voir chapitre I-1) :
Hypothèse 1 : déplacements et déformations à l’équilibre sont infiniment petits,
Hypothèse 2 : le matériau constitutif a un comportement élastique linéaire.
Hypothèse 3 : le calcul est réalisé au premier ordre ; c'est-à-dire que les déplacements sont suffisamment petits pour qu’on puisse écrire
les équations d’équilibre statique appliquées à tout ou partie de la structure dans une géométrie unique indépendante du chargement (en
général la géométrie à vide)

Ces 3 hypothèses assurent un comportement linéaire de la structure vis-à-vis des chargements. Cela signifie que :
si E est un effet quelconque dans la structure (déformation, déplacement, contrainte, réaction d’appui…), E(CH) sa valeur pour le cas de charges CH,
Si k est un scalaire quelconque, on a : E(k.CH) = k.E(CH)
Si CH1 et CH2 sont 2 cas de charges indépendants, on a : E(CH1+CH2) = E(CH1) + E(CH2)

CHAPITRE II.1–4 LIGNES D’INFLUENCE

1 -- GENERALITES

1.1 -- exemple d’introduction :


• L’Ingénieur concepteur de ponts a la constante préoccupation de calculer les extrema d’un effet quelconque
(déformation, déplacement, réaction d’appui , sollicitation…) dans les sections droites du tablier sous l’ensemble
des cas de charges appliqués à l’ouvrage en particulier sous l’action des charges roulantes de trafic.

• Les charges roulantes de trafic sont essentiellement des charges verticales de poids, constituées dans leur
principe et pour simplifier :
- de « convoi » d’efforts concentrés mobiles tels des camions,
Par exemple, les camions du règlement Français sont modélisés comme suit :

120 kN 120 kN 60 kN 120 kN 120 kN 60 kN

2,25 1,50 4,50 2,25

- de densités de charges réparties constantes par tronçons, modélisant par exemple les véhicules légers
(voitures) en file continue,

p kN/m (fonction de L 1 +L 2 +L3) p kN/m p kN/m

L1 quelconque quelconque L 2 quelconque quelconque L 3 quelconque

• Dans le but de calculer les effets extrèmes en valeur algébrique, dans les sections droites (déformation,
déplacement, réaction d’appui , sollicitation…) de ces charges mobiles, la notion de lignes d’influence, dans le
cadre d’une analyse linéaire, est très utile.

Page II.1-4 - 1
Supposons que nous ayons à étudier un tablier de pont à 4 travées, à fibre moyenne horizontale ; Plus précisément
que nous cherchons les sollicitations extrèmes (mini et maxi en valeur algébrique) de moment de flexion et
d’effort tranchant dues aux charges de trafic roulantes, dans une section particulière SD du tablier. La fibre
moyenne est orientée, l’origine des abscisses curvilignes « x » est fixée sur l’appui de gauche.
On adopte les conventions de signes de la Résistance des Matériaux avec l’orientation ci-dessous de la fibre
moyenne.
section droite
étudiée SD
+
x

La ligne d’influence de l’effort tranchant V dans la section SD est la fonction scalaire V(x ) , telle que V(x ) est
la valeur de l’effort tranchant V pour le cas de charge force verticale P = 1 appliquée sur le tablier dans la
section d’abscisse curviligne x.
L’épure de cette fonction scalaire de l’abscisse curviligne, ou ligne d’influence de l’effort tranchant dans la
section SD, a l’allure suivante :
section SD +
x

La recherche des extréma d’effort tranchant consiste à déplacer les convois de charges mobiles sur la fibre
moyenne en exploitant la linéarité de comportement de la structure.
Ainsi les extréma d’effort tranchant sous charges routières réparties seront atteints en chargeant comme suit le
tablier :

- effort tranchant minimum en valeur algébrique :

Il sera obtenu en prenant l’effort tranchant minimum des 3 cas de charges suivants :
p(a) p(L3)

x x

a b a b

L
L11 L2 L3 L4 L11 L2 L3 L4

p(a+L3) p(a+L3)

a b

L11 L2 L3 L4

La ligne d’influence étant représentée par la fonction scalaire V(x), les efforts tranchants correspondants
à ces 3 cas de charges s’écrivent :
L1 + a L1 + L 2 + L 3

V=
∫ p(a ) ⋅ V(x ) ⋅ dx
L1
V=
∫ p(L ) ⋅ V(x ) ⋅ dx
L1 + L 2
3

L1 + a L1 + L 2 + L 3

V=
∫ p(a + L ) ⋅ V(x ) ⋅ dx + ∫ p(a + L ) ⋅ V(x ) ⋅ dx
L1
3
L1 + L 2
3

Page II.1-4 - 2
- effort tranchant maximum en valeur algébrique :

Il sera obtenu en prenant l’effort tranchant maximum des 7 cas de charges suivants :

p(L1 ) p(b)

a b a b
L1 L2 L3 L4 L1 L2 L3 L4

p(L 4 ) p(b+L 1 ) p(b+L 1 )

a b a b
L1 L2 L3 L4 L1 L2 L3 L4

p(L1 +L 4) p(L1 +L 4 ) p(b+L 4 ) p(b+L 4 )

a b a b
L1 L2 L3 L4 L1 L2 L3 L4

p(b+L1 +L 4 ) p(b+L1 +L 4 ) p(b+L1 +L 4 )

a b
L1 L2 L3 L4

La ligne d’influence étant représentée par la fonction scalaire V(x), les efforts tranchants correspondants à ces 7 cas de
charges s’écrivent :
L1 L2 L1 + L 2 + L3 + L 4
⎛ ⎞
V=

0
p(L1 ) ⋅ V(x ) ⋅ dx V=

L1 + a
p(b ) ⋅ V(x ) ⋅ dx V=

L1 + L 2 + L3
p⎜ L 4 ⎟ ⋅ V(x ) ⋅ dx
⎜ ⎟
⎝ ⎠
L1 L1 + L 2 L1 L1 + L 2 + L3 + L 4

V=
∫ p(b + L )⋅ V(x )⋅ dx + ∫ p(b + L )⋅ V(x )⋅ dx
0
1
L1 + a
1 V=
∫ p(L
0
1 + L 4 ) ⋅ V(x ) ⋅ dx +
∫ p(L
L1 + L 2 + L3
1 + L 4 ) ⋅ V(x ) ⋅ dx

L1 + L 2 L1 + L 2 + L3 + L 4

V=
∫ p(b + L
L1 + a
4 ) ⋅ V(x )⋅ dx + ∫ p(b + L
L1 + L 2 + L3
4 )⋅ V(x ) ⋅ dx

L1 L1 + L 2 L1 + L 2 + L3 + L 4

V=
∫ p(b + L
0
1 + L 4 ) ⋅ V(x ) ⋅ dx +
∫ p(b + L
L1 + a
1 + L 4 ) ⋅ V(x ) ⋅ dx +
∫ p(b + L
L1 + L 2 + L3
1 + L 4 ) ⋅ V(x ) ⋅ dx

• La démarche concernant le moment fléchissant dans la section droite SD sous charges mobiles est tout à fait
identique, sur la base de la ligne d’influence du moment de flexion dans la section SD dont l’allure est la
suivante :

section SD +
x

Page II.1-4 - 3
• La suite de ce chapître consiste :

- d’une part à généraliser la notion de ligne d’influence,


- d’autre part à donner les méthodes spécifiques permettant de les définir outre les méthodes directes telles
la méthode des forces ou la méthode des déplacements.
Ces méthodes spécifiques consistent en l’application du théorème de réciprocité de Maxwell-Betti ou en
l’application du principe des travaux virtuels.

1.2 -- définition :

• Soit une structure formée de poutres à comportement linéaire vis-à-vis des cas de charges (petites déformations et
petits déplacements, comportement élastique linéaire du matériau, calcul au premier ordre).

• La fibre moyenne de la structure (C) est orientée et on y définit une abscisse curviligne s.

k(s)
j(s)
t(s)

G(s) (C)
y

x
z O

A la section droite banale de la poutre, de centre de gravité G(s) d’abscisse curviligne s sur (C), on associe son
→ → →
repère orthonormé local G(s)xyy ou G (s ), t (s ), j (s ), k (s ) .

→ → d OG → →
Rappel : Le vecteur unitaire t (s ) vaut t (s ) = ; les vecteurs unitaires j (s ) et k (s ) sont portés par les axes
ds

principaux d’inertie de la section droite; ils sont orientés de façon à former avec t (s ) un repère orthonormé
direct.

• Supposons que l’on étudie un effet particulier E , sollicitation, déformation, déplacement, réaction d’appui sous
l’effet de charges mobiles comme par exemple des charges routières, des pressions de vent…..
Plus généralement les charges appliquées sont des forces concentrées ou réparties (le même développement peut
être fait avec des moments) appliquées sur la fibre moyenne, dont la direction est définie par le vecteur unitaire

u (s ) défini soit dans le repère global Oxyz, soit dans le repère local de la section droite associée G(s).

La ligne d’influence de l’effet E , associée à la fonction vectorielle u (s ) ainsi définie, est la fonction
scalaire E(s ) qui donne la valeur de l’effet E sous l’effet d’une force unité appliquée en G (s ) dans la direction

u (s ) .

Page II.1-4 - 4
1.3 -- applications :

• Soit un train de charges mobile constitué de forces concentrées et réparties de direction u (s ) , défini comme suit :

- forces concentrées Fi ⋅ u (s 0 + s i ) appliquées aux abscisses curvilignes (s0 + si ) i = (1, n ) de la fibre moyenne,

- ( ) (
forces réparties de densité linéique f j.u (s ) appliquées entre les abscisses s0 + s j et s0 + s′j ) j = (1, p ) de la
fibre moyenne.

Le comportement linéaire de la structure vis-à-vis des cas de charges permet d’exprimer comme suit, l’effet
considéré E :
⎡ s0 + s′j ⎤
E = E(s0 ) = ∑ ∑ ∫
[Fi ⋅ E(s0 + si )] + ⎢
s +s
f j ⋅ E(s ) ⋅ ds⎥
i =1, n j=1, p ⎣⎢ 0 j ⎦⎥
dE(s 0 )
La valeur de s0 qui correspond à un extrémum de E , maximum ou minimum, est telle que : =0
ds 0
• Quand les charges mobiles consistent en une densité de charges répartie sur une longueur quelconque à définir
pour obtenir l’effet maximum ou minimum recherché, il conviendra de positionner ces charges réparties entre
« zéros » de la ligne d’influence pour obtenir les extréma recherchés.

Page II.1-4 - 5
2 -- RECHERCHE DE LIGNES D’INFLUENCE

• La recherche des lignes d’influence peut se faire par les méthodes classiques exposées dans les chapitres qui
suivent, méthode des forces ou méthode des déplacements en particulier.

• Elle peut aussi être menée en appliquant le théorème de réciprocité de Maxwell-Betti ou le principe des travaux
virtuels. Cette deuxième approche présente par contre l’avantage de donner rapidement l’allure de la ligne
d’influence recherchée.
C’est cette deuxième approche qui est présentée ci-dessous.

2.1 -- ligne d’influence d’un déplacement, translation ou rotation

2.1.1 -- position du problème :



• Le problème est de déterminer la ligne d’influence, associée à la fonction vectorielle u (s ) , de l’effet E
déplacement translation ou rotation de la section droite G* de la fibre moyenne :
u(s)
u(s)
G(s)
G(s) E(s) e
Ee (C)
(C)
F(s)=1.u(s)
G* G*


Soit e le vecteur unitaire porté par l’effet E étudié, déplacement translation ou rotation.
Nous recherchons la fonction scalaire E(s ) qui donne la valeur de l’effet E sous l’effet d’une force concentrée
→ → →
unité appliquée en G (s ) dans la direction u (s ) : F (s ) = 1 ⋅ u (s )

2.1.2 -- Résolution générale :

• Nous appliquons le théorème de réciprocité de Maxwell-Betti aux 2 cas de charge suivants :


→ →
Cas de charges (1) : force F (s ) = 1 ⋅ u (s ) appliqué dans la section G (s ) :
déplacement (translation ou
rotation) projeté sur e
G(s)
E(s) e
(C)
F(s) = 1.u(s)
G*

→ →
Cas de charges (2) : effort (force ou moment) P = 1 ⋅ e appliqué dans la section G* :
(s) déplacement translation projeté sur u(s)

d(s).u(s)
G(s)
(C)
G*

P=1.e

Soit λ (s ) le déplacement translation de la section banale de centre de gravité G(s), dans le cas de charges (2) et
→ →
d(s ) ⋅ u (s ) sa projection sur u (s ) .

Page II.1-4 - 6
→ ⎡ →⎤ → →
Le théorème de réciprocité de Maxwell-Betti s’écrit : P ⋅ ⎢E (s ) ⋅ e ⎥ = F (s ) ⋅ λ (s )
⎣ ⎦
→ ⎡ →⎤ → →
Soit : 1 ⋅ e ⋅ ⎢E(s ) ⋅ e ⎥ = 1 ⋅ u (s ) ⋅ λ (s )
⎣ ⎦
→ → →
D’où : E (s ) = u (s ) ⋅ λ (s ) = d (s ) = déplacement translation projeté sur u (s )

2.1.3 -- Exemples :

• Soit le portique ABCD suivant. Déterminer la ligne d’influence du déplacement horizontal du sommet B

associée à la fonction vectorielle u (s ) telle que définie.

E(s) e u(s)

B C

u(s) u(s)

A D

Cas de charges (1) : Cas de charges (2) : ligne d’influence


F(s)=1.u(s) d(s).u(s)
E(s) e P=1.e
B B C
C

A D
A D

→ ⎡ →⎤ → →
Le théorème de réciprocité de Maxwell-Betti s’écrit : P ⋅ ⎢E (s ) ⋅ e ⎥ = F (s ) ⋅ λ (s )
⎣ ⎦
→ → →
Soit : E (s ) = u (s ) ⋅ λ (s ) = d (s ) = déplacement translation projeté sur u (s )

2.2 -- ligne d’influence