Vous êtes sur la page 1sur 54

Transmission sur Fibre Optique

Pr. Balboul Younes


Département Génie électrique et informatique, ENSA de Fès.
Docteur en Télécommunications, laboratoire S.S.C USMBA
Ingénieur d’état de l’INPT de Rabat
Email : younes.balboul@usmba.ac.ma

S5-GTR-M36
Les Amplificateurs Optique
Partie 4

2
Les Amplificateurs Optique
Introduction
Exemple de liaison longue distance haut débit :

3
Les Amplificateurs Optique
Introduction
Avant l’apparition des amplificateurs optiques, on utilisait des régénérateurs opto-
électroniques :

- Détection du signal, remise en forme électronique, resynchronisation


amplification et réémission dans le tronçon suivant de fibre optique.
- Limitation du débit par la faible vitesse des composants électroniques.
Un régénérateur 3R
Grande limitation -> une seule longueur d’onde 4
Les Amplificateurs Optique
Introduction
Le passage de la régénération à l’amplification a permis une augmentation
spectaculaire de la capacité des systèmes : Avènement du WDM.
Un amplificateur optique est un composant qui permet d’amplifier directement la
lumière sans la contrainte d’une conversion optique-électronique. Il est utiliser
pour compenser l’atténuation dans la fibre optique. L’amplification est obtenue par
émission stimulée de photons au cours de la traversée unique d’un milieu
amplificateur où l’on a réalisé l’inversion de population.
Selon la nature du milieu amplificateur, on distingue :
-Les amplificateur optiques à semi-conducteurs (AOS).
-Les amplificateurs EDFA utilisant une fibre optique dopée avec
des ions terres rares (Er3+, Nd3+ ou autre) qui sont pompés
optiquement.
-les amplificateurs optiques utilisant l’effet Raman stimulé.5
Les Amplificateurs Optique
Principe de l’amplification
Dans un milieu actif constitué de N atomes identiques caractérisés par un même
diagramme d’énergie à deux niveau : Niveau fondamental E1 et le niveau excité E2,
les électrons peuvent occuper les deux niveaux N1 dans E1 et N2 dans E2 de sorte
que N = N1 + N2.

6
Les Amplificateurs Optique
Principe de l’amplification
L’excitation d’un milieu amplificateur avec un flux de photons (lumière) provoque
deux processus : l’absorption et l’émission stimulée d’un photon.
-L’électron initialement sur le niveau inférieur E1 passe sur le niveau supérieur E2
après avoir absorbé un photon d’énergie : hv = E2 – E1.
-La présence d’un photon d’énergie hv = E2 –E1 déclenche le passage d’un
électron excité du niveau E2 vers le niveau E1 en émettant un photon ayant la
même énergie hv : émission stimulée.

7
Les Amplificateurs Optique
Principe de l’amplification
L’amplification optique est obtenue si l’émission stimulée est plus courante que
l’absorption. Pour cela il faut maintenir N2 > N1 ‘Inversion de population’ par
un apport d’énergie extérieur ‘Pompage’ .

Inversion de population N2 > N1


Plus de photons émis que de photons absorbés :
le milieu est amplificateur 8
Les amplificateurs Optique
Notion de gain et puissance de saturation
Les deux schémas suivants représentent la réponse en puissance d’un amplificateur
optique avec un gain de l’ordre de 34 dB et une puissance de saturation de 10 dBm.
Zone utile (Gain linéaire)

La puissance de saturation qui correspond au (gain linéaire) – 3dB 9


Les Amplificateurs Optique
Principales applications
Booster : augmenter la puissance
injectée dans la fibre optique.

Préamplificateur : placé devant une


photodiode, améliore le rapport
Signale/Bruit.

Amplificateur en ligne : compense


les pertes en ligne.

LAN amplificateur : compense les


pertes due à la distribution du signal
optique entre les différents nœuds.
10
Les Amplificateurs Optique
Caractéristiques des EDFA et AOS
AOS EDFA
Gain (dB) 30-35 30-35
Facteur de bruit 6-8 dB < 4 dB
Pertes d’insertion > 3 dB 0,5 dB
Diaphonie entre canaux importante faible

Amplificateur (AOS : Amplificateur Optique à semi-conducteur) :


(Un grand facteur de Bruit (F) ) , (Problème de Diaphonie entre
Canaux WDM et problème de changement de la polarisation du
signal dans la fibre).

11
Les Amplificateurs Optique
Les amplificateurs à fibre dopée erbium EDFA
Les EDFA (Erbium-Doped Fiber Amplifier) sont apparus sur les
liaisons transocéaniques en 1994, et peu de temps après sur le réseau
terrestre. Ils présentent des avantages majeurs par rapport aux répéteurs
régénérateurs électroniques :
- moindre cout et plus grande fiabilité.
- transparence vis-à-vis des signaux à transmettre, ceux-ci sont amplifiés
fidèlement quels que soient leur débit, le procédé de modulation.
- possibilité d’amplifier simultanément plusieurs signaux multiplexés sur
des longueurs d’onde différentes (WDM) dans une assez large bande
spectrale (1530-1560 nm ou 1570-1610 nm).

12
Les Amplificateurs Optique
Les amplificateurs à fibre dopée erbium EDFA
Le pompage ou l’apport d’énergie est assuré par une diode laser à forte ou
moyenne puissance (50 à 400 mw) émettant dans les bandes d’absorption de l’ion
erbium (0,98 µm ou 1,48 µm). L’onde signal et l’onde pompe sont couplées dans
la fibre amplificatrice au moyen d’un multiplexeur. L’isolateur sert à éviter les
réflexions.

13
Les Amplificateurs Optique
Pompage optique
Le schéma suivant représente les premiers niveaux d’énergie de l’ion
Er3+ dans la silice :
-E3 : groupe de niveaux à durée de vie très
courte permettant le peuplement du niveau
E2.
-Le pompage s’effectue entre les niveaux E1
et E3 (diode laser émettant autour 0,98 µm).
-L’inversion de population N2 > N1 est
réalisé entre les niveaux E2 et E1, pour
amplifier le signal autour de 1,55 µm.

14
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
On suppose que le pompage s’effectue vers l’aval, c’est-à-dire que l’onde pompe
est injectée dans la fibre amplificatrice dans le même sens que le signal, on note :
-z l’abscisse dans la fibre amplificatrice (z = 0 à l’entrée, z = L à la sortie),
-IP(z) l’intensité de l’onde pompe (en W.m-2),
-IS(z) celle de l’onde signal,
-N1(z) et N2(z) les populations des ions erbium (en m-3) dans les deux états
d’énergie E1 et E2 respectivement,
-N la concentration totale en ions d’erbium (en m-3), supposée indépendante de z.

15
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
On introduit par ailleurs les caractéristiques spectrales de l’ion Er3+ dans la silice:
-σabs(λp), σéme(λp) (ou plus simplement  abs
p
 éme
p
) les sections efficaces d’absorption
et d’émission (en m-2), à la longueur λp de la pompe,
-  abs ,  éme les sections efficaces à la longueur d’onde λs du signal,
s s

-A21 le coefficient de désexcitation spontanée (en s-1) E2 E1,


-τ = 1/A21 la durée de vie (en s) de l’état excité E2.

Dans cette démarche de modélisation d’un EDFA, la fibre amplificatrice sera


supposée monomode. On négligera l’atténuation intrinsèque des ondes (diffusion
Rayleigh, absorption par d’autres impuretés).

16
Les Amplificateurs Optique
Sections efficaces
La section efficace d’un atome est, par définition, la probabilité dψ qu’a cet atome d’absorber un
photon pendant un intervalle de temps dt, divisée par le nombre dn de photons incidents qui
traversent l’unité de surface pendant le même intervalle de temps. C’est la section utile ‘efficace’
qu’offre l’atome au rayonnement incident, comme si l’atome était une cible de surface σabs pour
les photons. Elle se compte généralement en barns (10-24 m2) et dépend de la longueur d’onde du
rayonnement. σém répond à la même définition pour le processus d’émission stimulée.

17
Les Amplificateurs Optique
Equations du modèle, coefficient de gain
linéique
Chaque fois qu’un photon de l’onde pompe rencontre un ion erbium, ce photon
peut soit être absorbé, soit provoqué l’émission stimulée d’un second photon. Il
s’ensuit que l’onde pompe subit, sur un élément de longueur dz de fibre dopée, une
variation d’intensité donnée par :
dI p = −I P (N1. abs ( p ) − N 2 . ém ( p ))dz (1)
Le même raisonnement appliqué à l’onde signal donne :

dI s = I s (N 2 . ém (s ) − N1. abs (s ))dz > 0 ou < 0 (2)


En supposant que tous les ions erbium sont soit dans l’état 1 soit dans l’état 2, on
peut poser :

N 2 / N = x & N1 / N = 1 − x (3)

18
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
N étant le taux de dopage en erbium. La relation sans dimension x représente
le taux d’inversion de population (encore appelé fraction d’ions excités). Il est
a priori fonction de z. On peut réécrire les équations (1) et (2) sous la forme :

dI p = −I p N ( abs (P ) − x. tot ( p ))dz (4)

dI s = I s N (x. tot (s ) −  abs (s ))dz (5)

(avec σtot(λ) = σabs(λ) + σém(λ), section efficace totale à la longueur d’onde λ)

19
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
Les puissances Pp et Ps et leurs variations dPp et dPs peuvent être obtenus à partir
des intensités Ip et Is et leurs variations dIp et dIs par une intégration dans la section
de la fibre :
1 dPp
-Le coefficient d’atténuation −
Pp dz
=  p (z ) = Np  abs
p
(
− x. totp ) (6)
linéique de la pompe :

-Le coefficient de gain


1 dps
Ps dz
(
=  ( z ) = Ns x. tot
s
−  abs
s
) (7)
linéique du signal

Avec est un facteur sans dimension appelé 0 I j (r ) 2rdr


intégrale de recouvrement, il représente  j =  <1 (8)
le confinement de l’onde dans le cœur de la fibre :  I j (r ) 2rdr
0 20
a : rayon du coeur
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
L’onde signal s’amplifie si  est positif, donc si :
 abs
s
x  s = xcr Taux d’inversion critique (9)
 tot
La connaissance des sections efficaces permet, à partir de l’équation (7)
de tracer les spectres de gain pour diverses valeurs du taux d’inversion
de population x de 0 à 100% :

21
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA

22
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
Pour un taux d’inversion de 70%, on obtient un gain quasiment plat et assez grand
dans toute la bande 1535-1560 nm (bande C). Cette propriété intéressante est
directement mise en pratique pour les transmissions WDM. Un taux d’inversion de
50% permet aussi d’obtenir un gain plat, mais beaucoup plus faible, dans la bande
1570-1610 nm (bande L). L’inversion totale ne serait intéressante que pour des
transmissions dans la bande plus étroite 1525-1532 nm.
La platitude du gain est un critère essentiel dans les transmissions WDM, elle
doit être meilleure que 0,1 dB. A cette fin on fabrique des atténuateurs spéciaux
appelés égaliseurs de gain (gain flatteners), dont le gabarit spectral est ajusté de
manière complémentaire par rapport au spectre de gain de l’EDFA.

D’après l’équation (7), on peut estimer facilement le gain maximal qu’on


obtiendrait en régime d’inversion totale:

 max = s . ém .N Pour N2 = N, c’est à dire x = 1) (10) 23


Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
Pour calculer le gain d’un EDFA, on pourrait être tenter de multiplier simplement
le gain linéique par la longueur de la fibre amplificatrice. Ceci ne peut être valable
que si le taux d’inversion est uniforme dans toute la fibre. La difficulté du calcul
exact dans le cas général vient de ce que les populations N1 et N2 dépendent de z
(et aussi du temps t en régime transitoire). Leurs variations temporelles sont
données par l’équation bilan :

dN1 dN 2
=− = ( A21 + W21 )N 2 − W12 N1 (11)
dt dt

-A21 = 1/τ le taux de désexcitation spontanée (constant),

-W21 le taux d’émission stimulée, W12 le taux d’absorption.

24
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
W21 et W12 sont proportionnels au flux total de photons :
Ip Is
W21 =  p
+ s
(12)
h p h s
ém ém

Ip Is (13)
W12 =  p
+  abs
s

h p h s
abs

En régime stationnaire (dN1/dt = 0), l’équation (11) donne :

N2 W12
= (14)
N1 A21 + W21
D’où le taux d’inversion x = N2 / (N1 + N2):
W12
x= (15)
A21 + W21 + W12
25
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
Le gain linéique en régime stationnaire peut alors s’écrire sous la forme suivante :
 p  ém s
p  Ip z
()
  abs s −  ém  −1
  abs  h p A21
 (z ) = s N abs
s (16)
 p
 s
1+ tot
I p (z ) + I s (z )
tot
h p A21 h s A21

Au numérateur de cette expression, on voit que le gain linéique ne peut être positif
que si l’intensité de pompe est supérieure à une certaine valeur, appelée intensité
critique de pompage, notée Icr : h p A21
I cr = (17)
 s
 abs
p ém
−  ém
p

 s
abs

Icr est l’intensité de pompe nécessaire pour réaliser l’inversion de population


critique donnée par (9) en faible signal. 26
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
Le gain linéique en régime stationnaire peut alors s’écrire sous la forme suivante :
 p  ém s
p  Ip z
()
  abs s −  ém  −1
  abs  h p A21
 (z ) = s N abs
s (16)
 totp  tot
s
1+ I p (z ) + I s (z )
h p A21 h s A21

Au numérateur de cette expression, on voit que le gain linéique ne peut être positif
que si l’intensité de pompe est supérieure à une certaine valeur, appelée intensité
critique de pompage, notée Icr : h p A21
I cr = (17)
 s
 p ém
−  ém
p
abs
 s
abs

Icr est l’intensité de pompe nécessaire pour réaliser l’inversion de population


critique donnée par (9) en faible signal.
27
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
Au dénominateur de (16), on peut introduire une autre grandeur caractéristique très
utile, l’intensité de saturation du signal : h s A21
I SAT = (18)
 tot
s

L’équation (16) du gain linéique peut alors se mettre sous la forme :


I p (z )
−1
1 dI s I cr
 (z ) = = s
0
(19)
I s dz I p (z ) I s (z )
+ +1
 .I cr I SAT
 abs
p
  éms
 émp 
où le facteur sans dimension η est donnée par :  = p  s − p  (20)
 tot   abs  abs 
et où  s n’est autre que le coefficient d’atténuation du signal en l’absence de
0

pompage :  s0 = s .N. abs


s
(21)
28
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
En combinant les équations (19) et (22), on obtient l’équation différentielle
suivante :

1 dI s  dI s  s0  1 dI p 1 dI p   I s / I SAT 
+ = 0 − +  1 + ( − 1)  (24)
I s dz I SAT dz  p  I th dz I p dz    + I s / I SAT + I p / I th 

Cette équation , n’est intégrable que dans le cas η = 1 (sinon, elle n’est pas à
variables séparables). toutefois, si l’intensité de la pompe reste toujours très
supérieure à l’intensité du signal, le dernier terme entre crochets au second membre
est toujours voisin de 1, et l’intégration donne :

Ps (z ) Ps (z ) − Ps 0  s0  Pp 0 − Pp (z ) Pp (z )
Ln + = 0  + Ln  (24 bis)
Ps 0 PSAT  p  Pth Pp 0 

29
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA

Pour Is(z) << ISAT, les équations précédentes se simplifient comme suit :
Régime de petit signal

 1 1  dI p
 +  = − 0 (25)
 .
 thI I p ( z )  dz
p

1 dI s  I p (z ) − I th 
=  s 
0
 (26)
I s (z ) dz I
 p ( z ) +  .I 
th 

30
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
L’intégration de l’équation (25) donne une loi implicite pour l’atténuation de la
pompe :
Pp ( z ) Pp ( z ) − P0
Ln + = − 0p z (27)
P0  .Pth
où P0 désigne la puissance de pompage injectée à l’entrée de la fibre amplificatrice
(z = 0), et Pth la puissance seuil de pompage. l’équation (27) montre que si la
puissance de pompage est forte (P0 >> η. Pth), la pompe s’atténue d’abord
linéairement avec z (puis exponentiellement lorsque P(z) est devenue du même
ordre de grandeur que η.Pth). A l’inverse, si P0 << η. Pth, l’atténuation de la pompe
est exponentielle quasiment dès l’entrée de la fibre. Nous allons étudier ces deux
cas séparément.

31
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
Régime de petit signal
a) Cas du pompage fort (P0 >> η.Pth) :
L’équation (19) montre que si l’intensité Ip(z) de la pompe est trés grande pour
toute abscisse z (tandis que l’intensité Is(z) du signal demeure très inférieure à ISAT,
alors le gain linéique atteint une valeur limite, indépendante de la puissance de
pompage :
 →  lim =  . s0 (28)

où l’on rappelle que η est de l’ordre de 1 ou 2, et  s est le coefficient d’atténuation


0

linéique naturelle du signal en l’absence de pompage. On déduit le gain


d’amplification limite pour une fibre de longueur L :
10
Glim = exp( lim.L) , ou encore : GdB lim =  lim .L (28.bis)
Ln10 32
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
Le gain linéique ne peut dépasser une certaine limite car le taux d’inversion est lui-
même limité : compte tenu des équation (12) à (15), en fort pompage et faible
signal le rapport N2/N1 tend vers σabs(λp)/σém(λp), soit environ 2,6 pour
le pompage à 1480 nm, d’après les sections efficaces reportés précédemment. Cette
valeur correspond à un taux d’inversion x d’environ 72%, c’est-à-dire proche de la
valeur requise pour obtenir un gain plat dans la bande C (1535-1560 nm).

L’équation (28.bis) indique que le gain limite en décibels est directement


proportionnel à la longueur de fibre. Attention toutefois, comme la pompe s’atténue
toujours avec z (d’abord linéairement puis exponentiellement), la puissance de
pompage nécessaire pour obtenir ce gain limite est d’autant plus grande que la fibre
est plus longue.

33
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
Régime de petit signal
b) Cas du pompage faible :
Quand P0 est inférieur à η.Pth, au premier membre de l’équation (27), on peut
négliger le second terme devant le premier, et l’atténuation exponentielle de la
pompe est alors donnée par :
(
p p (z )  p0 exp −  0p z ) (29)

L’équation (26) devient, en négligeant Ip(z)/Ith devant η :

1 ds 
 s 
0
p p ( z )  
− 1 =  s 
0
p0 exp(−  0
pz ) 
− 1 (30)
s(z ) dz  pth   pth 

34
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
Régime de petit signal
En intégrant directement l’équation (30) de l’entrée à la sortie de la fibre, on
obtient le logarithme du gain d’amplification :

s(L )  s0 p0
LnG = Ln
s0
 0
 p pth
( ( ))
1 − exp −  0p L −  s0 L (31)

d’où le gain en décibels dans la fibre de longueur L, en petit signal et faible


pompage :
10   s0 p0 
GdB = 10 log10 G   0
Ln10  p pth
(
1 − exp(−  p L )) −  s L
0 0
(32)


35
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
Régime de petit signal
L’expression simplifiée du gain linéique (équation (19)) devient dans le cas étudié
ici :
 (z )   
0
(
 p0 exp −  p z
0
) 
− 1
s (33)
 pth 
À l’entrée de la fibre, il vaut :  p0 
 (0)    − 1
0
s
 pth 
Si l’intensité p0 de la pompe à l’entrée de la fibre est supérieure à l’intensité seuil
pth, le gain linéique γ(z) est d’abord positif, décroit et s’annule à une abscisse
particulière où l’intensité p(z) de la pompe est égale à pth. Cette abscisse définit la
longueur optimale de la fibre amplificatrice, et donnée par :
1  p0 
Lopt = 0 Ln  (34)
 p  pth 
36
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
Régime de petit signal
Au delà de cette abscisse (Lopt), le gain devenant négatif, le signal s’atténue. Ceci
est du au fait que la partie aval de la fibre n’est plus suffisamment pompée pour
maintenir l’inversion de population suffisante.
Si la fibre amplificatrice a exactement la longueur optimale correspondant à la
puissance de pompage on obtient en sortie un gain dit optimal donné par :

10  s0  p0 p0 
GdB (opt )   − 1 − Ln  (35)
Ln10  0p  pth pth 
l’intensité seuil pth correspond à l’intensité de pompage à partir de laquelle le gain
linéique devient positif en entrée de fibre, et non l’intensité à partir de laquelle le
gain d’amplification en sortie de fibre devient supérieur à 1. cette dernière que l’on
peut appeler intensité seuil de la fibre :
 0p L
p0 min (L )  pth (36)
1 − exp(−  p L )
0 37
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
Les caractéristiques d’un EDFA sont données par la figure ci-dessous :

a) b)
Caractéristiques d’un EDFA
a) Gain en fonction de la puissance de pompe (mW) à signal fixé. b) Gain en
fonction de la puissance de sortie du signal (dBm) à puissance fixée.
38
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
La figure a) montre que la variation du gain logarithmique GdB en petit signal en
fonction de la puissance de pompage est quasiment linéaire, conformément à (32).
La figure b) montre l’évolution du gain en fonction de la puissance du signal à la
sortie, pour différentes valeurs du gain non saturé. On observe une diminution du
gain lorsque la puissance du signal augmente : c’est la saturation. La chute du gain
est d’environ 4 dB quand l’intensité du signal en sortie atteint la valeur de
saturation définie par l’équation (16).

39
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA
Si l’on veut un gain élevé pour une puissance de pompe P0 donnée, on a intérêt à
utiliser à utiliser une fibre amplificatrice de petit diamètre afin d’obtenir une
intensité de pompage élevée Dans les amplis de ligne sous-marins on
recherche un gain élevé pour une faible consommation : on réduit à 4 µm le
diamètre de la fibre amplificatrice. Les amplis de ligne étant espacés de 50 à
200 km, les gains requis sont de 10 à 40 dB. Typiquement un ampli de ligne
récupère le signal entre -20 et -10 dBm (10 à 100 µW) et le ressort entre 0 et 10
dBm (1 à10mW)
À l’inverse, il peut être avantageux d’utiliser une fibre amplificatrice de grand
diamètre (10 ou 12 µm), si l’on souhaite justement augmenter la puissance de
saturation du signal jusqu’à une valeur extrême : c’est ce qu’on fait parfois en tète
de liaison, dans des amplis de puissance appelés ‘boosters’ qui servent à monter la
puissance initiale du signal à plusieurs dizaines de mW On les utilises par
exemple pour relier les iles d’un archipel jusqu’à plus de 500 km. 40
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA : Bruit d’émission
spontanée amplifiée (ASE), Facteur de bruit
a) Densité spectrale de bruit ASE
Dans une liaison à amplification optique, chaque amplificateur génère un bruit dû
aux émissions spontanées qui accompagnent le signal et s’amplifient avec lui dans
la fibre amplificatrice : c’est le bruit dit ASE ‘Amplified Spontanous Emission’
dont la densité spectral (en W.Hz-1) au voisinage de la fréquence ν est donnée par :

dPASE N2
 ASE ( ) = =2 (G ( ) − 1)h
d  abs ( s ) (38)
N 2 − N1
 ém ( s )

où G( ) représente le gain

41
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA : Bruit d’émission
spontanée amplifiée (ASE), Facteur de bruit
Ce bruit a un spectre assez large comme le montre la figure ci-dessous.

Spectre du bruit ASE


Il vaut mieux le filtrer autour de la raie du signal (ou autour de chaque raie dans le
cas d’un multiplexage en longueur d’onde). Avec un filtre de faible largeur
spectrale  centré sur  s la puissance du bruit (W) est alors :
 dP  N2
PASE =  ASE   = 2
 (
 ) (G − 1)h 1 (39)
 d 1 N 2 − N1 abs s
 ém ( s )
42
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA : Bruit d’émission
spontanée amplifiée (ASE), Facteur de bruit
Le rapport N 2 / (N 2 − N1 abs /  ém ) toujours supérieur à 1, est appelé facteur
d’inversion de population. Il tend vers 1 quand l’inversion de population est
presque totale (N2 >> N1).

La largeur spectrale  de filtrage doit être au moins égale au double de la


fréquence de modulation.
Par exemple, pour une modulation à 10 Gb./s à la longueur d’onde 1553 nm, avec
un filtrage à 20 GHz et un gain de 20 dB (G=100), l’application numérique (39)
donnerait PASE  530nW dans le cas d’une inversion de population presque totale.

Le bruit ASE s’accumule d’un ampli à l’autre, ce qui impose de limiter le gains des
amplis et la distance qui les sépare
43
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA : Bruit d’émission
spontanée amplifiée (ASE), Facteur de bruit
b) Facteur de bruit
Par définition, on appel facteur de bruit d’un amplificateur la dégradation du
rapport signal à bruit entre son entrée et sa sortie :

( > 1),ou encore en dB :FdB = (RSB)e − (RSB)s (> 0)


S e Be
F=
S s Bs
S désignant la puissance moyenne du signal, B celle du bruit, RSB le rapport signal
à bruit en dB, et les indices e et s se rapportant évidement à l’entrée et à la sortie
respectivement.

Facteur de bruit d’un amplificateur optique


44
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA : Bruit d’émission
spontanée amplifiée (ASE), Facteur de bruit
Si G est grand et les pertes faibles, F tend alors vers une limite qui vaut :
2 N 2 / (N 2 − N1 abs /  ém ) . La limite inférieure théorique de F vaut 2 (pour des
pertes nulles et une inversion de population totale), donc celle de FdB vaut 3 dB
(pour G petit, le facteur de bruit ne devient inférieur à 3 dB que si G tend vers 1, ce
qui n’a plus d’intérêt pratique.)
Dans les EDFA, le pompage à 980 nm permet d’augmenter l’inversion de
population et d’approcher ce facteur de bruit minimal de 3 dB. Le pompage à 1480
nm donne en principe davantage de bruit, à cause de la moins bonne inversion de
population. Toutefois, si l’on privilégie la largeur de la bande amplifiable, on est
obligé de limiter l’inversion de population, et on retrouve alors pratiquement le
même facteur de bruit (environ 5 à 6 dB en bande C mais jusqu’à 7,5 dB en bande
L), que le pompage soit réalisé à 980 nm ou à 1480 nm. 45
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA : Bruit d’émission
spontanée amplifiée (ASE), Facteur de bruit
c) Bruit accumulé en fin de liaison, choix du nombre d’amplificateurs en
cascade
Au bout d’une liaison très longue distance, comportant n amplis en cascade
régulièrement espacés, le bruit optique dû à l’accumulation de l’ASE vaut, d’après
(39) : N2
B = nPASE = 2n
 abs
(G − 1)h (41)
N 2 − N1
 ém
Le gain G de chaque ampli doit être ajusté de manière à compenser exactement les
pertes en ligne. Comme celles-ci sont exponentielles, le produit du nombre (n+1)
de segments par le gain en décibels GdB de chaque ampli est une constante,
imposée par la longueur L de la liaison et par son coefficient d’atténuation linéique
α:
(n + 1)GdB = L (dB / km) (42) 46
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA : Bruit d’émission
spontanée amplifiée (ASE), Facteur de bruit
Il est à priori avantageux, d’un point de vue économique, de mettre un petit nombre
d’amplis de gain élevé, mais du point de vue du rapport signal sur bruit en bout de
liaison, il est au contraire meilleur de mettre beaucoup d’amplis de petit gain,
puisque B est pratiquement proportionnel au gain algébrique G, alors que (n+1) est
inversement proportionnel au gain logarithmique GdB = 10logG. En éliminant n
entre (41) et (42), on obtient :
N2  L 
B=2  − 1(G − 1)h
  10 log G 
(43)
N 2 − N1 abs
 ém
Dans les liaisons très longues, on est donc conduit à choisir le plus petit nombre n
d’amplificateurs (la plus grande valeur de G) compatible avec un certain niveau de
bruit admissible Bmax, imposé par le taux d’erreurs visé.
47
Les Amplificateurs Optique
Modélisation d’un EDFA : Bruit d’émission
spontanée amplifiée (ASE), Facteur de bruit
Si N2 >> N1 et la valeur de l’atténuation linéique à 1550nm avec a =
0,2db/km
Le Bruit admissible : 1microW/Ghz (typique pour 2,5Gb/s a Q = 6).
- Alors une liaison de 1000 km pourra supporter des gains de 28 dB
(140km entre les amplis)
- Pour une liaison de 4000 km le gain de chaque ampli ne pourra pas
dépasser 20dB (100 km par amplis)

48
Les Amplificateurs Optique
Amplificateur Raman
L’amplification Raman est beaucoup plus ”douce que
l’amplification par EDFA :

l’effet Raman :
les atomes constituants de la matière sont en constante vibration. Quand une lumière
est envoyée sur un objet, elle va lui fournir de l’énergie. Cette énergie va alors
modifier la vibration des liaisons chimiques entre les atomes.

49
Les Amplificateurs Optique
Amplificateur Raman
L’amplification Raman est beaucoup plus ”douce que
l’amplification par EDFA :

50
Les Amplificateurs Optique
Amplificateur Raman
Caractéristiques:

Pour les télécommunications optiques usuelles à 1 550 nm, il faut donc


utiliser un laser pompe autour de 1450 nm.

51
Les Amplificateurs Optique
Exercices Amplification
Exercice 1 :
 Faire le design d’une ligne optique avec un span de
4*25.Amplificateur utilisé: Gain=22 dB; NF=5 dB.
 Calculer l’OSNR final
 Calculer le signal en réception
 Est-ce que le système fonctionne pour une
sensibilité de -25 dBm
 Est-ce que le système fonctionne avec Sin=10 dBm

52
Les Amplificateurs Optique
Exercices Amplification
Exercice 2 :
Calculer le nombre de pas pour cette ligne en utilisant une
SMF (0.2 dB/km) :
Sin=0 dBm
OSNR=20 dB (final)
L=300 km
NF=5dB

53
Les Amplificateurs Optique
Exercices Amplification
Exercice 3 :
1) Calculer La longueur totale max du système.
2) A t’on besoin de CD ?
Fibre SMF
Span loss 22 dB
OSNR=20 dB (final)
Ampli: NF=5dB
Sin=10 dBm
M=17 ps/nm.km
Tolérance de dispersion=1600ps/nm
54

Vous aimerez peut-être aussi