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Commentaire comparé, 1000 mots 1

Entre Rabelais et Montesquieu se révèlent les


bonnes attitudes

Lorsque des écrivains philosophes des sciences sociales parlent d’appartenance ou de

l’habitude, il s’agit en général pour eux de se demander si la logique définit

l’appartenance ou seulement engendrant, à sa présence, un rapport social ambiguë entre

l’individu et le groupe considéré. Ici François Rabelais et Montesquieu ont déjà discuté

des types à travers leurs écrits. Que ce soit dans l’extrait des «lettres persanes, Lettre

XXX » de Montesquieu publié en 1721, ou figurant dans « Lettre de Gargantua à

Pantagruel, Chapitre VIII » écrite par François Rabelais en 1532, il s’agit de deux auteurs

partageant les mêmes idées à travers les siècles. Tournant leurs deux écrits sur le thème

de l’appartenance au milieu social, que ce soit à travers le regard, les préjugés ou même

les idées des individus qui créent ce milieu. Alors définissant les particularités de chaque

extrait, montrons-nous à quel point peut-on approcher les deux écrits et présentant à quel

degré pourrions-nous tirer des conclusions valables à notre actuel.

« La lettre de Gargantua à son fils » s’est écrits après la découverte de l’imprimerie par

Gutenberg en 1448, les textes latins et grecs devenaient accessibles à un plus grand

nombre et permettaient le développement des connaissances. Dès lors, l’éducation

devenait un point central de l’humanisme qui s’opposait à la scolastique du Moyen-âge.

Dans Pantagruel, Rabelais fait écrire par Gargantua une lettre à son fils, dans laquelle, il
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lui indique le programme d’éducation qu’il doit suivre. Ce traité d’éducation est la

description encyclopédique d’un homme complet en « savoir et vertu ».

« Les Lettres persanes » ont été publiées anonymement en 1721 à Amsterdam. Il s'agit

d'un roman épistolaire qui présente la correspondance de deux Persans et leurs

compatriotes restés en Perse. Ils font part de leurs étonnements devant le comportement

des Parisiens et devant leurs découvertes. Ce procédé permet de faire passer critique,

satire et réflexion philosophique sous une forme agréable. Dans cet extrait de la lettre

XXX, l'un des Persans raconte une aventure personnelle. A travers le genre épistolaire et

le thème du regard, cette lettre persane propose une réflexion philosophique. Ce sont ces

questions que l’on souhaiterait aborder dans cette contribution au croisement de la

philosophie de Montesquieu et des sciences de Rabelais. Dans leurs extraits, les

phénomènes d’appartenance et d’attitudes sociales se révèlent problématique, car il s’agit

d’une notion complexe à manier en raison de sa polyvalence et de son indétermination.

Malgré la différence du ton utilisé par les deux auteurs, on peut réaliser aisément

l’utilisation du vocabulaire et de la démarche scientifique en parallèle des deux

extraits par une abondance des termes ou disciplines scientifiques, citant celles

figurant dans le texte de Rabelais: « arithmétique », « géométrie » en disant d’achever le

cycle, « astronomie » en apprenant toutes les règles d’usage, « Médecine » en pratiquant

la dissection car Rabelais pratiquait la dissection auparavant, « Biologie » en l’apprenant

en détails… Toutes ces preuves s’ils insistent, ils ne le font que sur l’obligation de suivre

le chemin du père, qu’il soit bénéfique selon lui dans le texte de Rabelais. Tandis que la

présence de la démarche scientifique s’est montrée bel et bien claire dans le texte de

Montesquieu notamment avec l’emploie du thème du regard, à travers lequel, on a assisté

à une variété de son champ lexical ; « vu », « voyait » souvent employé au passif en se

rapportant à l’emploie de la métonymie et l’hyperbole. Tout en laissant supposer une


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vision déformée du réel mais en même temps servant à déduire l’attitude des parisiens. Il

s’agit bien d’une méthode purement scientifique qui s’appuie, en principe, sur

l’expérimentation pour arriver à deux civilisations curieuses l’une de l’autre ; « J’eus

sujet de me plaindre de mon tailleur, qui m’a fait perdre, en instant, l’attention et l’estime

du public ». C’est aussi une anecdote qui ramène à la réflexion à travers son personnage

suffisamment lucide à porter critique aux habitants de la région parisienne de l’époque et

donc critiquer les attitudes irréfléchis de la France entière à travers ce cas particulier qui

représente la capitale du pays : « des gens qui n’étaient presque jamais sortis de leur

chambre ». Cette critique vise principalement à nier des idées toutes faites, basées

uniquement sur l’apparence, le manque de courtoisie et d’égard. Selon Montesquieu, la

valeur de l’homme ne doit pas se juger de ses vêtements, mais sur ses idées logiques et

sages et leurs place dans la science.

C’est le point de départ qui relie Rabelais à Montesquieu. D’un style très explicite,

Rabelais nous a rapproché des bonnes attitudes qu’elles sont obligées de suivre à travers

un programme intellectuel bien détaillé. Il se concrétise par une invitation à l’étude de

différentes sciences utiles, en laissant les mauvaises de côté. Plus encore, c’est un idéal

social et moral tenant dans ses feuilles la présence de l’esprit humaniste qui se voit bien

dans la continuité de la bonne science, la solidarité en fréquentant les bonnes amitiés et

s’attachant aux comportements réfléchis comme cité ; « Science sans conscience n’est

qu’une ruine de l’âme ». Il s’agit d’un appel à une large culture qui devait en principe

rapporter le plus de bien afin d’oublier le plus possible des futilités et de se débarrasser

des attitudes non raisonnés. Ce raisonnement par le biais d’un ton ferme et autoritaire qui

s’applique parfaitement au discours implicites de Montesquieu qui montrent par ironie et

à travers son personnage scientifique une réalité sociale néfaste.


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Pour conclure, on a assisté à une variété de styles et de procédés qui mènent tous à la fois

à une globalisation servant de lutter contre les mauvaises attitudes et de pousser vers

l’acquisition de la vraie science et les comportements raisonnés. Ce sont deux approches

ressortissant presque les mêmes idées fondamentales, que ce soient à travers le thème du

regard et l’expérimentation ou la sagesse obligeant d’apprendre les bonnes méthodes à

travers la science.

Peut-on alors reprocher la méthode de Rabelais qui consiste à suivre les ordres du père,

de les appliquer en obligation et au détail, ou le raisonnement de Montesquieu qui

s’appuie sur un cas particulier qui, en principe, ne devant pas se généraliser.

Alors à quel degré peuvent les comportements et la morale d’une civilisation affecter son

existence et sa croissance ?