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Sorbonne Université Sciences - 3I027 - Cours 2 -

c J.-D. Kant 2019

Licence Informatique 2018-2019


Cours 3I027 - Introduction à l’ Économie des TIC
Responsable : Jean-Daniel Kant (Jean-Daniel.Kant@lip6.fr)

COURS 2 : LA DEMANDE DU CONSOMMATEUR


La demande du consommateur représente l’ensemble de ses intentions d’achats pour un bien.
Elle indique la quantité optimale du bien que le consommateur a l’intention d’acheter en fonction de son
revenu et des prix. Connaı̂tre comment les demandes sont fonction des prix, du revenu ou de la satisfaction
est fondamental en économie (et en marketing !) : c’est comprendre le comportement économique du
consommateur sur les marchés.

1 Demande individuelle du Consommateur

1.1 Fonction de demande


n o
Admettons que dans chaque ensemble de budget B(p, R) = x ∈ Rn+ : p.x = nj=1 pj xj ≤ R , il existe
P

un unique vecteur de consommation optimal ; on appelle alors fonction de demande du consommateur


l’application de (R∗+ )n+1 dans Rn+ :

(p, R) 7−→ x = D(p, R) = arg max {u(x) : x ∈ B(p, R)} .

Nous avons vu que, sous des hypothèses assez générales, à l’optimum, la contrainte de budget était saturée
et les utilités marginales étaient proportionnelles aux prix, donc ici :

p.D(p, R) = R; u0 (D(p, R)) ∝ p.

La composante xj = Dj (p, R) de x = D(p, R) représente la demande (quantité) du j eme bien, qui dépend
donc non seulement de son propre prix et du revenu mais des prix des autres biens. On peut étudier
localement cette variation à condition de faire des hypothèses encore plus fortes, dont l’existence des
dérivées partielles secondes de u.
Pour simplifier, nous allons étudier graphiquement ces variations pour le cas n = 2. Tous les concepts
et résultats énoncés ci-dessous se généralisent naturellement à n biens, n quelconque.

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1.2 Variation de la demande avec le revenu

La droite de budget p1 .x1 + p2 .x2 = R coupe l’axe des abscisses en x1 = pR1 et l’axe des ordonnées en
x2 = pR2 . Cette droite se déplace vers la quadrant Nord-Est, quand R augmente (Cf. Figure 1).

Figure 1 – Courbe de consommation-revenu

Comme vu au Cours 1 (5.2), l’optimum du consommateur est quand la courbe d’indifférence est
tangente à la droite du budget. L’ensemble de ces points d’équilibre quand le revenu varie constitue la
courbe de consommation-revenu, comme sur la Figure 1.
Pour chaque bien, il est possible de déduire de cette courbe une relation fonctionnelle entre le revenu
et la consommation, grâce à la courbe de Engel qui place en abscisse les revenus et en ordonnée les
quantités optimales consommées, comme sur la Figure 2.

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Figure 2 – Courbes d’Engel

On peut alors calculer l’élasticité de la demande par rapport au revenu pour le bien i, définie
par (avec R le revenu et xi la demande en bien i) :
∆xi
xi dxi R
exi /R = lim ∆R = ×
∆R→0
R
dR xi

L’élasticité-revenu ex/R est donc la comparaison des variations relatives d’un effet (chan-
gement de demande, i.e. de quantité) sur une cause (changement de revenu). Elle mesure l’effet d’une
variation de revenu sur le niveau de consommation d’un consommateur donné pour un bien donné. On
distingue 2 catégories principales de biens suivant le signe de cette élasticité.

1.2.1 Biens à élasticité-revenu positive

Ce sont des biens dont la consommation augmente quand le revenu augmente. Leur courbe d’Engel
est donc croissante, comme sur les Figures 2a,b ci-dessus. Parmi ceux-là, on distingue :
• les biens normaux : la consommation augmente moins que proportionnellement par rapport au
revenu (0 < exi /R ≤ 1). Ce type de bien est appelé bien prioritaire ou bien normal nécessaire.
On trouve par exemple les biens dits de première nécessité (nourriture hors gastronomie, énergie,
etc.).
• les biens supérieurs : la consommation augmente plus que proportionnellement par rapport au
revenu (exi /R > 1). Ce type de bien est appelé bien de luxe et concerne pas exemple les loisirs,
la culture, les voyages mais aussi la santé ou les transports. Une elasticité au revenu supérieur à 1
permet au consommateur de substituer une produit A plus cher qu’un B où A est préféré à B.

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1.2.2 Biens à élasticité-revenu négative

On les appelle biens inférieurs. Ce sont des biens dont la consommation diminue quand le revenu
augmente. Leur courbe d’Engel est donc décroissante à partir d’un certain revenu comme sur les Figures 2c
ci-dessus. Lorsque ses revenus augmentent, le consommateur va se tourner vers des biens qu’il apprécie
plus. Par exemple il va cesser de prendre les transports en commun et acheter une voiture (hybride ou
électrique bien sûr :-)). Le bien inférieur souffre de la comparaison avec d’autres biens substituables qui lui
sont préféres. Les entreprises doivent donc travailler l’image de ces produits pour les rendre plus attractifs,
et qu’ils deviennent des produits normaux voire supérieurs. Par exemple, le pain (et aussi la pomme
de terre) et le vin ordinaires sont souvent considérés comme inférieurs, c’est pourquoi les boulangers
proposent tout une gamme de pains sophistiqués (céréales, bios, aux fruits...) ou les viticulteurs des
appellations contrôlées et des grands crus.
Pour résumer :

Table 1 – Elasticité-revenu de la demande


Cas exi /R ≤ 0 0 < exi /R ≤ 1 exi /R > 1
Biens nécessaires inférieurs nécessaires normaux luxe

1.3 Variation de la demande avec le prix

De la même façon, on peut étudier faire varier le prix d’un bien i et étudier comment la demande
va évoluer en fonction de ce prix. Dans le cas n = 2 représenté sur la Figure 3a, on voit que la droite
de budget varie de la gauche vers la droite quand le prix de xi diminue. La courbe qui relie les points
optimaux à l’équilibre est appelée courbe de consommation-prix. De cette courbe, on en déduit pour
chaque niveau de prix la quantité du bien i que le consommateur est prêt à consommer, c’est-à-dire sa
courbe de demande, représentée sur la Figure 3b.
On peut alors calculer l’élasticité de la demande par rapport au prix pour le bien i, définie
par (avec pi le prix du bien i et xi la demande en bien i) :
∆xi
x dxi pi
exi /pi = lim ∆pi = ×
∆pi →0 i dpi xi
pi

Pour la majorité des biens, cette élasticité est négative : ce sont les biens typiques.

1.3.1 Biens typiques

La quasi-totalité des biens est typique. Pour ces biens, exi /pi < 0, c’est-à-dire que la demande du
consommateur diminue quand le prix augmente. La courbe dite de demande s’obtient facilement à partir
de la courbe de consommation-prix et a l’allure typique de la Figure 3b. Comment s’interprète cette
décroissance de la demande avec le prix ? Le consommateur est toujours prêt à acheter moins cher un
bien, il y a une demande croissante (qui se cumule) pour des prix inférieurs à un prix donnée. De plus,
pour rester à budget constant, il doit diminuer la quantité si le prix augmente.

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Figure 3 – Courbes de consommation-prix (a) et de demande (b)

Table 2 – Elasticité-prix de la demande


Cas exi /pi = 0 −1 < exi /pi < 0 exi /pi ' −1 exi /pi < −1 exi /pi = −∞
Elasticité nulle (courbe verticale) faible moyenne forte infinie
∆p = 1% demande inchangée baisse < 1% baisse = 1% baisse > 1% demande nulle
Exemples Billet pour une finale Essence PC Mémoire PC

Le tableau 2 ci-dessus classe les différentes élasticités 1 . Les allures des courbes de demande selon
l’élasticité-prix sont représentées sur la Figure 4.
Quand l’élasticité est nulle, la courbe de demande est verticale, le consommateur (fanatique) est prêt à
acheter quelque soit le prix (sous réserve de ne pas dépasser son budget), comme pour un billet de la finale
du championnat du monde de son sport préféré. Quand l’élasticité est infinie, la courbe de demande est
horizontale : il y a tellement d’offre, qui tire les prix vers le bas, que si un constructeur augmente un peu
ses prix, la demande chute à zéro car les consommateurs vont voir ailleurs. C’est le cas, par exemple, des
composants pour l’électronique grand public, comme les mémoires pour ordinateurs. C’est presque le cas
aussi pour les micro-ordinateurs (PC), dont la production est maintenant tellement grande et la course
aux prix les plus bas si féroce (grâce notamment aux constructeurs asiatiques), que les consommateurs
risquent de mal accepter des hausses de prix trop importantes : la demande est donc très élastique. Une
1. D’après Principes d’économie moderne de Joseph Stiglitz, Carl E. Walsh, Jean-Dominique Lafay, Françoise Nouguès
(Traduction), De Boeck, 2007, p.74

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Figure 4 – Evolution de la demande en fonction de l’élasticité-prix

exception dans ce secteur : les Macs d’Apple, qui sont plus chers car différenciés (Design, OS, Image,...),
et encore, les prix d’entrée de gamme y sont très proches de ceux des PCs.
Lorsque la demande est peu élastique par rapport au prix, une hausse du prix n’entraı̂ne pas de
grande baisse de la demande (et réciproquement), comme pour des biens nécessaires comme l’essence
(pour ceux qui ont besoin d’une voiture) ou le blé (il faut bien manger). Ce caractère nécessaire du bien
peu élastique produit un effet, appelé l’effet de King (1696). Gregory King est un généalogiste anglais
du XV II ème siècle qui a étudié les évolutions du prix du blé. Il a remarqué qu’une hausse de la production
agricole peut conduire à une baisse des revenus des agriculteurs car les prix baissent plus rapidement que
n’augmente la demande (élasticité-prix comprise entre 0 et -1 : les gens ne mangent pas plus de blé que
leurs besoins, même si le prix diminue beaucoup). On retrouve cela pour de nombreux produits agricoles :
une surproduction même limitée peut provoquer un effondrement des prix (Cf. TD2).

1.3.2 Biens atypiques

Dans certains cas, la demande n’est pas fonction décroissante du prix. Plus le prix est élevé, plus la
demande augmente, ce qui paraı̂t paradoxal. On explique cela essentiellement par 2 effets :
• l’effet de Giffen (du nom de Robert Giffen (1837-1910), un économiste irlandais) concerne les
biens inférieurs les plus marqués et est expliqué par la conjonction d’un effet de revenu et d’un
effet de substitution (Cf. 1.5 ci-dessous).
• l’effet de Veblen (Thorstein Bunde Veblen (1857-1929), économiste et sociologue américain)
appelé aussi effet de snobisme ou d’ostentation. Il concerne plutôt les biens de luxe et les
consommateurs qui souhaitent toujours se démarquer des autres par les biens qu’ils possèdent.
Ces demandeurs veulent donc des prix élevés, synonymes d’une qualité supérieure ou d’un certain
statut social. Ainsi, le constructeur automobile Rolls-Royce a significativement augmenté ses prix

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à la fin des années 1960 pour se démarquer de la concurrence et a ainsi relancé ses ventes 2 .

1.3.3 Déterminants de l’élasticité-prix de la demande

Les entreprises doivent se préoccuper de l’élasticité-prix de la demande, car elle représente la capacité
du consommateur à absorber plus ou moins facilement une variation des prix. Il existe de nombreux
facteurs qui vont faire évoluer l’élasticité, parmi lesquels on peut citer :
• le prix : plus il est bas, plus la demande est élastique, car le consommateur a encore de la marge
pour absorber une hausse de prix (on suppose le revenu constant). En revanche, cette marge tend
vers 0 quand le prix s’élève, et la demande à tendance à devenir inélastique. C’est ce qui explique
la forme d’arc hyperbolique décroissant typique de la courbe de demande (Cf. Figure 5) : au point
A, prix le plus élevé, la pente est très élevé, la courbe proche d’une droite verticale, l’élasticité
ex/p est faible. A l’inverse, au point B de prix faible, la courbe est proche de l’horizontale, la pente
faible, l’élasticité est forte.

Figure 5 – Variation de l’élasticité le long de la courbe de demande

• le temps : étant donné qu’il est toujours plus facile de trouver des produits substituables et de
s’adapter quand on dispose du temps nécessaire, l’élasticité-prix de la demande est généralement
plus élevée à long terme qu’à court terme. La durée du “long terme” varie d’un produit à l’autre.
Prenons l’exemple d’une forte hausse de carburant (choc pétrolier). Au début, le consommateur
doit l’accepter, car il est prisonnier de sa vieille voiture, sa maison mal isolée ou ses habitudes de
gaspiller l’énergie. Avec le temps, il va se diriger vers une voiture plus petite et/ou plus économe,
mieux isoler sa maison et économiser l’énergie. Dès lors, il supportera nettement moins facilement
les hausses de carburant, ce qui se traduit par une élasticité-prix de la demande plus forte.

2. Les publicitaires de Renault font allusion à cet effet Veblen dans leur pub pour la Clio ”Pas assez cher mon fils”
https://www.youtube.com/watch?v=MDo9BY72AU4.

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1.4 Effets de revenu et de substitution

La question que nous étudions ici est de savoir comment le consommateur va réagir quand le
prix d’un bien particulier varie, tous les autres prix restant identiques. Supposons par exemple
que le prix du bien 1 baisse. On distingue alors deux effets :
• effet de substitution : si le pouvoir d’achat reste constant, comme le prix des autres biens n’a
pas varié, le rapport des prix p1 /pi , i 6= 1 s’est modifié et a diminué. De façon relative, les autres
prix pi , i 6= 1 paraissent plus chers. Par conséquent, le consommateur aura tendance à acheter
d’avantage du bien dont le prix relatif a baissé.
• effet de revenu : comme le revenu est constant, la baisse du prix p1 provoque une amélioration
relative du pouvoir d’achat R/p1 . Cette augmentation peut servir à acheter plus de bien 1 mais
aussi plus de n’importe quel autre bien ou de n’importe quelle combinaison des biens disponibles.
En fait, les 2 effets se combinent pour former l’effet total, comme on peut le voir sur la Figure 6. La
passage du point A au point C se fait en 2 étapes :
1. effet de substitution de Hicks 3 (passage de A à H). Rappelons que le pouvoir d’achat doit
rester constant. Selon le critère hédoniste de Hicks, la finalité du consommateur étant sa
satisfaction, la baisse de prix entraı̂ne un achat supplémentaire de bien 1 tout en restant sur la
même courbe d’indifférence U (i.e. en gardant la même satisfaction que précédemment). Le point
obtenu est donc celui situé sur la tangente à U qui est parallèle à la nouvelle droite de budget (de
vecteur directeur (1 − p01 /p2 )) afin de tenir compte du nouveau rapport de prix.
2. Ensuite, l’effet de revenu s’applique (passage de H à C) et fait consommer à la fois des biens
1 et 2 jusqu’à saturation du nouveau budget (abscisse R/p01 )

Figure 6 – Effets de revenu et de substitution de Hicks

3. John Richard Hicks (1904-1989) économiste britannique et lauréat du “Prix Nobel” d’économie en 1972

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Un autre type de substitution a été proposé par Slutsky 4 et Samuelson 5 ., et est représenté sur la
Figure 7. Selon le critère budgétaire de Slutsky-Samuelson, le pouvoir d’achat est constant si le
consommateur peut encore s’offrir le panier de consommation qu’il avait choisi avant le changement dans
le vecteur de prix. Par conséquent, le point intermédiaire S s’obtient en faisant pivoter autour du panier
initial A la droite de budget pour la rendre parallèle à la nouvelle droite (pente −p01 /p2). On a ainsi
une nouvelle droite de budget qui permet notamment d’acheter A. Cette droite sera tangente avec une
nouvelle courbe d’indifférence plus haute et donnera le point d’équilibre S. Ensuite, le même effet revenu,
décrit ci-dessus, d’applique pour passer de S au point final C.

Figure 7 – Effets de revenu et de substitution de Slutsky-Samuelson

4. Eugen Slutsky (1880-1948) est un économiste et un statisticien ukrainien et russe.


5. Paul Anthony Samuelson, né le 15 mai 1915, est un économiste américain, “prix Nobel” d’économie en 1970, et
considéré comme un des pères fondateurs, avec John Hicks, de la microéconomie moderne.

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1.5 Synthèse et particularité des biens inférieurs : Effet Giffen

Faisons le bilan des résultats précédents :


1. L’effet de substitution tend toujours à faire varier la demande d’un bien en sens inverse de son
prix
2. L’effet de revenu d’un bien normal (i.e. à élasticité au revenu positive) tend à faire varier la
demande de ce bien en sens inverse de son prix. En revanche, l’effet de revenu d’un bien inférieur
(i.e. à élasticité au revenu négative) tend à faire varier sa demande dans le sens de son prix
Par conséquent :
• Effets de revenu et de substitution se cumulent pour un bien normal, entraı̂nant tous
les deux une demande dans le sens inverse de son prix. Le bien est donc typique.
• Effets de revenu et de substitution se contrarient pour un bien inférieur. Dès lors :
— si l’effet de substitution l’emporte sur l’effet de revenu, la demande du bien inférieur
va dans le sens opposé au prix, le bien inférieur reste typique.
— si l’effet de revenu l’emporte sur l’effet de substitution, la demande du bien inférieur
va dans le même sens que le prix, le bien inférieur est alors atypique. On parle alors de bien
Giffen 6 Ces biens sont assez rares cependant, ce sont en général les produits de toute première
nécessité (pain, pommes de terre, etc.).

2 Demande (globale) d’un bien

Considérons un bien de consommation particulier j ; un consommateur Ci , à valeurs données des prix


des autre biens et de son revenu, a une demande qi,j = Di,j (p) du bien j qui ne dépend plus que du prix
pj de ce bien ; pour simplifier les notations, nous supprimerons l’indice j; dorénavant,

qi = qi,j , Di (p) = Di,j (p) [∈ R+ ] et p = pj ∈ R∗+ .


 

L’agrégation des demandes individuelles des m consommateurs forme la demande (globale) du bien
j::
Xm m
X
q= qj,i = Di (p) =def D(p);
i=1 i=1

En général, par double effet de substitution et de revenu, on peut s’attendre à ce que la demande
individuelle qi = Di (p) du bien j décroisse quand son prix p croı̂t ; il en sera alors de même de la demande
globale.

Pour les biens autres que les biens de consommation, la demande viendrait en tout ou en partie
d’autres agents économiques (producteurs,..) ; c’est aussi en général une fonction décroissante du prix.

6. Robert Giffen (1837 - 1910) est un économiste irlandais. Il découvrit ce type de bien en étudiant le comportement
d’irlandais suite à une hausse du prix des pommes de terre. Il constata que le pouvoir d’achat des gens diminuait en même
temps que le prix des pommes de terre augmentait. Cela affectait leur consommation : il consommaient moins d’autres types
de biens mais plus de pommes de terre car cela restait tout de même le bien le moins cher.

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Si on regarde les répartition des dépenses en fonction des revenus, on constate sans trop de surprise
que les ménages les plus pauvres dépensent une part nettement plus importante sur les biens nécessaires
ou dits de première nécessité (qui englobe les biens normaux et inférieurs, i.e. avec exi /R ≤ 1) que les
plus riches, comme on peut le voir sur la Figure 8.

Figure 8 – Dépenses des ménages français selon leur revenu. Lecture : les ménages du 1er quintile de
niveau de vie, c’est-à-dire les 20 % des ménages ayant les niveaux de vie les plus faibles, consacrent en
moyenne 24,8 % de leur consommation aux dépenses de logement. Source : Insee, Enquête Budget de
famille 2006, France Métropolitaine.

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