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Chapitre 1 : Le droit commercial

Paragraphe 1 : Définition du droit commercial

Le droit commercial est la branche du droit privé, qui réglemente les rapports juridiques qui
naissent à l'occasion de l'exercice du commerce.

Le vocable commerce englobe trois grands secteurs de l'économie :

1/ Le commerce proprement dit : c'est-à-dire la distribution et la circulation des


biens économiques. Ce secteur est dominé par des opérations d'échange qui se traduisent
essentiellement par les opérations d'achat et de vente.

2/ L'industrie : c'est-à-dire la production et la transformation des biens. Sur le


plan juridique, un industriel est un commerçant (le secteur industriel fait partie du commerce).

3/ La finance : c'est-à-dire les opérations de banque, de crédit, d'assurance et de


bourse.

Le droit commercial est régi par la loi N° 15-95 promulguée par le dahir du 1 août 1996. Il
contient 736 articles répartis en cinq livres (parties) :

Le livre 1 traite du statut juridique du commerçant, de la capacité commerciale et des


obligations du commerçant. (Articles 1- 78)

Le livre 2 : le fonds de commerce. (Articles 79-158)

Le livre 3 : les effets de commerce : la lettre de change, le billet à ordre, le chèque. (Articles
159-333)

Le livre 4 : les contrats commerciaux en particulier, l'agence commerciale, le leasing, les


contrats bancaires. (Articles 334 à 544)

Livre 5 : les difficultés de l'entreprise. Ce livre traite des procédures de prévention interne et
externe et des procédures de traitement à savoir, le redressement judiciaire et la liquidation
judiciaire ; c'est l'ancien régime de la faillite. (Articles 545 à 736)

Paragraphe 2 : Classification des actes de commerce

Les opérations qui sont réputées comme étant des actes de commerce, sont énumérés aux
articles 6 à 10 du code de commerce.

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L'analyse des dispositions légales, permet de classer les actes de commerce en trois
catégories.

1/ les actes de commerce par nature :

C’est ce qui permet de déterminer qui est un commerçant. Ces actes de commerce par nature
sont des actes qui en raison de leur particularités sont soumis aux rigueurs du droit
commercial. Cela se traduit par l’existence d’une spéculation.

Ces actes sont les seuls à pouvoir conférer la qualité de commerçant, et qui figurent aux
articles 6, 7 et 8 (ex : l'achat pour la revente).

2/ les actes de commerce par accessoire :

Qui sont par leur nature des actes civils, mais qui revêtent le caractère commercial lorsqu'ils
sont accomplis par le commerçant pour les besoins de son commerce (article 10).

Ex : un épicier achète une camionnette en vue d’effectuer des livraisons. L’achat est un acte
civil par nature et pourtant cet achat devient un acte de commerce par accessoire car cet acte
est accompli par le commerçant dans le cadre de son activité commerciale.

3/ les actes de commerce par la forme :

Pour lesquels, seule la forme compte, en dehors de toute considération (article 9). Dès qu’on
recourt à un de ces actes, les parties à ces actes entrent dans le champ de la commercialité.
Quel que soit leur objet, quel que soit le statut de la personne qu’on observe.

À ces trois catégories, il faut ajouter les actes mixtes, qui ont un caractère commercial pour
une partie, et un caractère civil pour l'autre partie.

Paragraphe 3 : le commerçant

Aux termes de l’article 6 du code de Commerce, la qualité de commerçant s’acquiert par


l’exercice habituel ou professionnel des actes de commerce. Il faut donc remplir deux
conditions pour prétendre à la qualité de commerçant : faire des actes de commerce, et les
faire à titre habituel ou professionnel.

1- l’accomplissement d’actes de commerce

Cette condition appelle deux observations :

- il doit s’agir des actes de commerce par nature et eux seuls :

Les actes de commerce par la forme ne font pas acquérir la qualité de commerçant. Ainsi, la
personne qui utilise habituellement le chèque ne peut être considérée comme commerçant.

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Quant aux actes de commerce par accessoire, ils supposent acquise par avance la qualité de
commerçant dans la mesure où, ils ne revêtent le caractère d’acte de commerce que parce que
leur auteur est déjà commerçant.

Ces actes de commerce par nature, doivent être accomplis par le commerçant en son nom
personnel et pour son propre compte. C’est-à-dire, qu’il doit être le seul à recueillir les
résultats de son opération, soit un profit soit une perte.

Il en résulte que ne peuvent être considérés comme commerçants, ceux qui agissent au nom et
pour le compte d’autrui, c’est le cas des mandataires et des salariés.

Les mandataires agissent au nom et pour le compte de leurs mandants. Les engagements pris
par le mandataire sont assumés par le mandant qui en recueille les fruits. Il en est ainsi des
gérants et des administrateurs de société.

Les salariés sont liés à leur employeur par un contrat de travail, dont la principale
caractéristique est l’existence d’un lien de subordination juridique. Ce lien est incompatible
avec l’indépendance que doit avoir un commerçant. Quel que soit le poste qu’un salarié
occupe au sein de l’entreprise, il ne peut jamais prétendre à la qualité de commerçant fut-il le
PDG.

2- l’habitude ou la profession

L’habitude signifie que les actes de commerce par nature doivent être accomplis de manière
répétée. Un acte de commerce isolé ne peut pas conférer à son auteur la qualité de
commerçant.

La profession signifie que les actes de commerce sont accomplis dans le cadre d’une
entreprise organisée.

La profession implique nécessairement l’habitude mais l’inverse n’est pas vrai, en ce sens,
qu’on peut accomplir habituellement des actes sans pour autant que cela constitue une
profession. C’est le cas de la spéculation en bourse, même chose pour la signature des effets
de commerce.

Il peut arriver qu’on exerce une profession commerciale sans avoir la qualité de commerçant,
lorsqu’on le fait dans un but désintéressé ou de bienfaisance tel que l’organisation de
spectacles publics, manifestations sportives…

Lorsqu’une personne exerce plusieurs professions, il suffit que l’une d’entre elles soit
commerciale pour faire acquérir la qualité de commerçant.

Par ailleurs, il importe peu qu’un individu exerce une profession commerciale de manière
notoire ou clandestine, ou qu’il remplisse ou non les conditions légales pour exercer le
commerce. Ainsi, un avocat ou un fonctionnaire qui fait des opérations commerciales est
considéré comme un commerçant, alors qu’il n’a pas le droit de faire du commerce.

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1- Les obligations particulières du commerçant :

Le commerçant est celui qui exerce des actes de commerce de façon indépendante et e fait sa

profession.

Traditionnellement, les commerçants sont astreints à certaines obligations qui sont au nombre

de deux :

a- La publicité commerciale (l’obligation d’immatriculation).

b- La tenue de la comptabilité

a- La publicité commerciale

Les tiers qui désirent traiter en toute sécurité avec un commerçant ont souvent intérêt à
connaître :
- Sa situation juridique personnelle
- La situation juridique de son entreprise
Il existe à cet effet (se renseigner sur le commerçant) plusieurs moyens de publicité :
1- L’affichage dans les locaux du tribunal
Ce mode de publicité concerne en particulier les jugements d’ouverture de la procédure de
règlement ou de liquidation judiciaire.

2- le dépôt au greffe du tribunal de certains actes


Ce dépôt permet à toute personne intéressée de prendre connaissance ou d’obtenir copie des
actes de dépôt. Les actes visés concernent essentiellement les actes de société et les actes
relatifs au fonds de commerce.

3- la publication dans la presse


Cette publication se fait dans les journaux d’annonces légales et au bulletin officiel,
elle concerne les actes de société, les procédures collectives, et la vente du fonds de
commerce.
La publication dans les journaux d’annonces légales peut se faire en arabe ou en
français. En revanche, au bulletin officiel, la publication est faite exclusivement en arabe.

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Ces différents moyens de publicité présentent l’inconvénient d’être fragmentaires, ils
ne permettent pas de suivre régulièrement la situation juridique du commerçant et de son
entreprise.

C’est pourquoi, il a fallu mettre sur pied un moyen de publicité général qui
regroupe les renseignements utiles concernant toutes les entreprises commerciales et afférent
à toutes opérations commerciales. Ce moyen c’est le Registre du Commerce communément
appelé RC.

Le registre du commerce constitue en quelque sorte l’état civil du commerçant.


C’est un bureau de renseignements à l’usage du public, il a pour rôle de recevoir et de donner
des informations sur les commerçants.

C’est un facteur de sécurité pour le commerçant et également pour le


développement du crédit.

Le registre du commerce est régi d’abord par les articles 27 à 78 du code de


Commerce, ensuite par le décret du 18 janvier 1997 (il donne plus de détails), par un arrêté du
ministre de la justice du 18 janvier 1997.

La structure du registre du commerce repose sur des registres locaux et sur un registre central.

Le registre local

La tenue du registre local est confiée au secrétaire greffier du tribunal de


commerce, ou à défaut du tribunal de première instance sous la surveillance du président du
tribunal. Il existe en principe un registre local auprès de chaque tribunal.

Le registre central

Ce registre est tenu à Casablanca par l’Office Marocain de la Propriété Industrielle et


Commerciale (O.M.P.I.C).

Le registre central rempli quatre missions :

1- Il centralise pour l’ensemble du pays les renseignements qui sont portés sur les registres
locaux. A cet effet, les secrétaires greffiers des tribunaux transmettent au registre central tous

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les mois, un extrait de toutes les déclarations recueillies pendant le mois écoulé. Ces mentions
sont transcrites dans deux recueils distincts, l’un concernant les commerçants personnes
physiques, l’autre les personnes morales.

2- Il délivre les certificats négatifs relatifs au nom des commerçants, et aux dénominations
commerciales des sociétés commerciales.

Un commerçant (personne physique ou morale), ne peut se faire immatriculer au registre du


commerce que sur présentation de ce certificat négatif.

3- Il délivre des certificats ou des copies, relatifs aux mentions transcrites sur le registre.

4-Il publie au début de chaque année un recueil faisant l’inventaire de tous les noms et de
toutes les dénominations qui lui ont été transmis durant l’année écoulée.

b- La comptabilité commerciale

L’exigence d’une comptabilité commerciale se justifie par trois séries de considérations :

1- l’intérêt de l’entreprise commande de tenir une comptabilité complète et régulière, pour


pouvoir surveiller et contrôler la marche des affaires. Cette comptabilité permet notamment de
connaître le prix de revient des marchandises, de calculer la marge bénéficiaire, de connaître
l’état des stocks et la situation de la trésorerie.

2- les tiers qui contractent avec l’entreprise notamment pour lui faire crédit, souhaitent avant
de s’engager connaître la situation financière exacte de l’entreprise. Ainsi, les banques exigent
souvent d’examiner la comptabilité d’une entreprise commerciale avant de lui consentir des
crédits.

3- l’État a intérêt à ce que les entreprises tiennent une comptabilité et ce pour deux raisons :

D’abord, pour une raison fiscale afin d’imposer l’entreprise selon des bases précises. En
second lieu, dans un but d’économie dirigée, l’État a besoin de la comptabilité des entreprises
pour dresser des statistiques et établir des prévisions à l’échelle nationale dans le cadre du
plan.

Ceci dit, la comptabilité est la transposition des opérations commerciales dans un ensemble de
comptes. Cette transposition n’est pas un acte purement comptable, elle produit certains effets
juridiques notamment en matière de preuve.

Tout commerçant doit tenir une comptabilité dans les formes prescrites par la loi 09-88, et
selon les indications figurant aux tableaux qui y sont annexés.

Tout commerçant doit tenir une comptabilité dans les normes prescrites par la loi 09-88, et
selon les indications figurant aux tableaux qui y sont annexés.

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Cette comptabilité consiste d’une part dans la tenue de deux livres appelés livres de
commerce, et d’autre part dans l’établissement des états de synthèse annuels.

A- les livres de commerce

Ils sont au nombre de deux, le livre journal et le livre d’inventaire.

1- le livre journal

C’est un registre tenu chronologiquement sur lequel sont portés, sous forme d’écritures, les
mouvements affectant les actifs et les passifs de l’entreprise opération par opération, et jour
par jour.

Les principales opérations qui sont portées sur ce livre sont en particulier les achats, les
ventes, les paiements et les encaissements. C’est la mémoire de l’entreprise.

2- le livre d’inventaire

C’est un registre sur lequel doivent être transcrits le bilan et le compte de produits et charges
de chaque exercice. Tout exercice a une durée normale de 12 mois. A la fin de chaque
exercice, il doit être procédé à l’inventaire des éléments actifs et passifs de l’entreprise.

L’inventaire est un tableau descriptif et estimatif des différents éléments de l’actif et du passif,
ces éléments sont regroupés dans le livre d’inventaire.

B- Les états de synthèse annuels

Ce sont des états de synthèse période qui présentent la situation et les résultats de l’entreprise
à la fin de l’exercice. Ils comprennent le bilan, le compte de produits et charges (CPC),
l’état des soldes de gestion, le tableau de financement, et l’état des informations
complémentaires.

- Le bilan : décrit séparément les éléments actifs et passifs qui forment le patrimoine de
l’entreprise, c’est-à-dire ce que l’entreprise a, et ce qu’elle doit.
- Le compte de produits et charges : récapitule les recettes et les dépenses de
l’exercice.
- Le tableau de financement : met en évidence, fait ressortir, l’évolution financière de
l’entreprise en décrivant les ressources dont elle a disposé et les emplois qu’elle en a
effectués.
- L’état des informations complémentaires : complète et commente l’information
donnée par les autres comptes.