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Rhabdoviridae

Dr. ILES FZ
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I- Introduction:

La rage est une maladie virale grave touchant les mammifères


dont l’Homme.
Zoonose assez commune, elle touche surtout les carnivores.
Les symptômes sont nerveux; parfois une agressivité et parfois
des formes plus frustres ou le malade est particulièrement
calme.

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II- Historique
• 23ème siècle A.J : 1ère description de la rage à Babylone.
• Antiquité : établissement du lien entre la rage humaine et les
morsures de chiens enragés.
• 19ème siècle : la rage canine (rage des rues) est un véritable
fléau.
Peur irrationnelle : suicides ou assassinat des personnes mordues.
• 1885 : Louis Pasteur tenta une vaccination avec succès sur un
jeune (Joseph Meister) avec un vaccin élaboré sur tissu nerveux.
• Depuis cette date : progrès notables dans l’amélioration de la
tolérance des vaccins, et contrôle de la rage animale dans les pays
riches.
• La rage humaine déclarée reste mortelle.
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III- Classification

Ordre des Mononégavirales

Famille des Rhabdoviridae

On distingue les Rhabdovirus des :


• plantes
• poissons
• mammifères : avec 2 genres
Vesiculovirus (14 sérotypes)
Lyssavirus « Virus de la rage »
avec 6 sérotypes et 7 génotypes.

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IV- Structure du virus:

Le virus de la rage a une forme cylindrique avec une extrémité


plate et une extrémité arrondie rappelant la forme d’une balle de
fusil ou d’un obus (80 nm large x 120-180 nm long)

Il est formé de l’extérieur vers l’intérieur de :

• Enveloppe externe :dérivée de la mb cytoplasmique hérissée de


spicules = glycoprotéine G, tapissée à l’intérieur par la protéine de
matrice M (M2)

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• Capside : structure tubulaire à symétrie hélicoïdale avec 3 protéines :

Nucléoprotéine N = protéine majeure de la capside


Phosphoprotéine NS (P)
Polymérase L liée à l’ARN = ARN poly ARN dépendante

• Acide nucléique : ARN monocaténaire, non segmenté à polarité


négative

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Particule virale

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V- Cycle réplicatif:

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V- Propriétés du virus:
Le virus de la rage est un virus fragile.
Il présente une grande sensibilité aux agents physico-chimiques de
désinfection et donc une faible résistance dans le milieu extérieur, il est
inactivé par les solvants lipidiques et est sensible aux variations de
température.

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VII- Epidémiologie:
• La rage est une zoonose, c'est à dire une maladie animale qui peut
être transmise à l'homme : tous les animaux à sang chaud sont
réceptifs à la rage.
• Les chiens constituent le réservoir et le vecteur principal du
virus dans le monde.
L'OMS estime que la rage des rues est responsable de plus de 99 %
des cas de rage humaine et d'au moins 50.000 décès chaque année.
(1 personne toutes les 10min).
Les chiens errants sont les intermédiaires entre la rage sauvage et la
rage urbaine : ils transmettent la rage à d'autres animaux sauvages,
aux herbivores et aux carnivores domestiques non
vaccinés (chiens, chats).

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VIII- Transmission/pathogénie:
L’Homme se contamine soit :

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• 1 - la voie cutanée
Notion capitale : la peau saine est une barrière infranchissable pour le
virus rabique.
La contamination humaine par voie trans-cutanée est la modalité la
plus fréquente (99 %). Elle résulte :
• le plus souvent de la morsure par un animal enragé et excréteur de virus,
et, plus rarement :
• d'un léchage sur une plaie fraîche, une peau excoriée,
• d'une griffure (chat) par des griffes souillées de bave,
• de la manipulation d'un animal enragé (mort ou vivant).
• le virus peut franchir les muqueuses
le léchage ou la projection de gouttelettes de salive virulente sur les
muqueuses conjonctivale, olfactive ou labiale présente un risque théorique
plus grand que le léchage de la peau excoriée.

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2 - la voie aérienne:
il s'agit d'une modalité exceptionnelle :
l'inhalation d'un aérosol de particules virales (qui sont ensuite
véhiculées par le nerf olfactif) est tout à fait exceptionnelle :

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3 - les soins à un homme enragé
la transmission interhumaine est théoriquement possible (mais
n’a jamais été démontrée) :

4 - les greffes de cornée d’un donneur en incubation de rage


il s'agit d'une transmission interhumaine exceptionnelle : huit cas
dans la littérature (dont deux en France).

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VIII- Physiopathologie de la rage
1 - la pénétration du virus
Le virus de la rage est le plus souvent inoculé à son hôte lors
de la morsure par un animal contaminé :

• il se multiplie d'abord dans les cellules musculaires.


il pénètre dans le système nerveux par endocytose au niveau
des terminaisons nerveuses libres et des jonctions
neuromusculaires.

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2 - l'invasion centripète du système nerveux
• Les virions sont transportés dans l'axone vers le corps cellulaire où le virus
se multiplie. Les virions qui bourgeonnent du neurone infecté, sont libérés
dans l'espace intersynaptique et infectent le neurone post-synaptique
suivant.

Le virus parvient au cerveau où il continue sa réplication.

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3 - la diffusion centrifuge à partir du cerveau
Le virus se dissémine ensuite dans tous les tissus par
voie centrifuge, infectant les glandes salivaires mais aussi
l'œil, les follicules pileux, le pancréas et les reins

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IX- Pouvoir pathogène:
• L'incubation, totalement silencieuse, est en moyenne d’une durée de six
semaines, et peux aller jusqu’à plusieurs années
La durée de l'incubation est raccourcie en cas de morsures profondes ou
multiples de la face et des mains - régions riches en terminaisons nerveuses
• Chez l’Homme : La rage est une encéphalomyélite,
• on observe des troubles des fonctions cérébrales
supérieures, anxiété, confusion, agitation avec troubles du comportement,
hallucination, insomnies et éventuel « delirium ».
La production de grandes quantités de salive et de larmes avec difficulté de
déglutition sont typiques des phases avancées.
la multiplication du virus dans le cerveau, en particulier dans le système
limbique(qui contrôle les émotions et le comportement), rend l'hôte agressif

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Spécifiquement chez l’Homme se développe également enfin
d’évolution une hydrophobie.
L’hydrophobie est un signe classique de rage. C’est, en relation avec
l’hyperesthésie pharyngo-laryngée, un spasme pharyngo-laryngé à
la déglutition des liquides. Il entraîne des étouffements par fausse
route, s’étend largement jusqu’à la musculature respiratoire et, tel un
réflexe pavlovien, s’installe à la seule vue ou évocation de l’eau.
La mort quasiment inévitable survient entre 2 et 10 jours après les 1ers
symptômes.
La rage tue, en compromettant la capacité du cerveau à réguler la
respiration, la salivation et les battements cardiaques; finalement, les
victimes se noient dans leurs propres salive ou sang, ou ne peuvent
plus respirer à cause des spasmes musculaires.
NB : Dans un 1/3 des cas, la maladie prend la forme d’une paralysie
ascendante.

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X- Diagnostic:

1- Diagnostic direct : est privilégié


a- Prélèvements :
 Homme vivant : salive, LCR, biopsies cutanées (terminaisons
nerveuses des follicules pileux), empreintes de cornée.
Après la mort : cortex cérébral, hippocampe, bulbe rachidien.
 Animal mort : tête, animal entier (petite taille)

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2- Diagnostic indirect : réservé à la détermination du statut
immunitaire.
Recherche d’Ac chez sujets en cours de traitement ou vaccinés
préventivement.

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XI- Traitement:

Homme: en cas de morsure, griffure, léchage, …….


- Laver la plaie abondamment à l’eau et au savon
- Utiliser un ATS local
- Ne jamais suturer
- S’adresser à une unité de soins antirabique:

sérothérapie vaccination
Ig antirabiques vaccin tissulaire
d’origine équine ou vaccin cellulaire
ou d’origine humaine inj dans la région ombilicale

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Schémas de la vaccination:
On a 2 types de vaccins utilisés en Algérie:
1- Vaccin tissulaire: sur cervelles de souriceaux n. nés (IPA)
Sans sérothérapie:
J0-J1-J2-J3-J4-J5-J6-J7 J11 - J15 Rap J30 Rap J90
Avec sérothérapie:
J0-J1-J2-J3-J4-J5-J6-J7 J11 - J14 RapJ25 RapJ35 RapJ90

2- Vaccin cellulaire: Indirab / Verorab +++ (Bio Mérieux)


J0 - J3 - J7 J14 J28 J90 (Rappel facultatif)
Même schéma avec ou sans sérothérapie.

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Animal: l’attraper (ne pas le tuer) et le mettre en observation pendant
15 jours.

Le traitement est commencé immédiatement si l’animal est enragé ou a


disparu.

Il est arrêté si la rage n’est pas confirmée pendant la période


d’observation.

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XII- PREVENTION
 Vaccination préventive: des voyageurs en zones d’endémie, des
personnes exposées.
 Vaccination parentérale des animaux domestiques (chiens, chats,…).
 Vaccination orale des animaux sauvages (renards,…) par
distribution d’appâts vaccinaux.
 Élimination des animaux errants.

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Merci!

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