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‫امجلهورية اجلزائرية ادلميقراطية الشعبية‬

‫وزارة التعلمي العايل و البحث العلمي‬


‫جامعة وهران للعلوم و التكنولوجيا محمد بوضياف‬

Présentée par : SOUICI Abdelaziz

Intitulé
Effet du fluage du béton sur la résistance d’une section
transversale mixte acier-béton en parfaite connexion
Faculté : Architecture et Génie civil

Département : Génie civil

Spécialité : Génie civil

Option : Structure

Devant le Jury Composé de :

Membres de Jury Grade Qualité Domiciliation


BENSAFI Mohamed Pr Président USTO-MB

TEHAMI Mohamed Pr Encadrant USTO-MB

NEDJAR Djamel Nasr Eddine Pr USTO-MB

LOUSDAD Abdelkader Pr Univ- SBA


Examinateurs
KROUR Baghdad MCA Univ- Mascara
BESSAIM Aicha MCA Univ- Mascara
ADDA BEDDIA EL Abbès Pr Invité Univ- SBA

Année Universitaire : 2018/2019


Résumé VI

RESUME

Les effets induits par le fluage dans les poutres mixtes acier-béton, fléchies
symétriquement par rapport au plan médian de l’âme, sont étudiés. Ces poutres sont
statiquement déterminées et en parfaite interaction, réalisées par un profilé métallique
connecté à un tablier en béton. Suite au fluage primaire du tablier, la déformabilité des poutres
mixtes (déformation et déflexion) est généralement évolutive avant qu’elle soit stable. Ce
comportement peut mettre en cause la bonne apparence et l’aptitude au service des poutres
mixtes. Dans une telle analyse, il convient de tenir compte du facteur temps. Dans ce
contexte, une méthode analytique directe est conçue pour contrôler à tout moment : l’état de
contraintes et de déformations dans une poutre mixte qui a subi un chargement modéré
constant durant une période définie par (t-t0). Notre approche est basée sur le principe de
superposition de Boltzmann et particulièrement sur les lois de fluage. Deux conditions de
compatibilité, établies à la surface de contact acier-béton et un bilan de deux équations
d’équilibre sont admis. La compatibilité est reproduite en adoptant à la partie béton un régime
viscoélastique selon la loi du fluage choisie (partiellement réversible ou bien strictement
irréversible), par contre un régime élastique est désigné au profilé métallique du moment que
sont fluage est nul. Après avoir substitué les conditions d’équilibre et après tout un
arrangement mathématique fait, nous obtenons un système de deux équations différentielles à
coefficients constants dont l’intégration permettra d’exprimer les sollicitations internes en
fonction de l’aptitude du tablier au fluage. L’obtention de ces expressions analytiques donnera
accès à l’analyse différée de la déformabilité de la poutre mixte considérée. A l’issue des
applications numériques, les résultats de notre approche analytique sont confrontés à d’autres
résultats tirés de la littérature pour examiner leur pertinence.

Mots clés : Fluage ; Loi du comportement différé ; Temps ; Poutre mixte (Acier-Béton)
‫‪Abstract‬‬ ‫‪VII‬‬

‫‪ABSTRACT‬‬
‫‪In the context of primary creep, a new approach to the study of the effects of creep on‬‬
‫‪the resistance of a composite beam is reported. The beam is in perfect connection,‬‬
‫‪statically determined and bent under a moderate load applied at time t0. The proposed‬‬
‫‪model is based primarily on the theory of linear viscoelasticity of concretes and‬‬
‫‪specifically on the principle of the irreversible law of deformation established by‬‬
‫‪Dischinger. In this work, two equations of equilibrium and two other equations of‬‬
‫‪compatibility at the steel-concrete interface are considered. This compatibility is‬‬
‫‪rewritten according to Dischinger’s rheological equation of ageing character while‬‬
‫‪adopting elastic behaviour for the metal profile. Then, manipulations and mathematical‬‬
‫‪derivation allow the establishment of a mathematical system. The analytical resolution of‬‬
‫‪this system provides the expressions of the generalized internal forces of the composite‬‬
‫‪beam in terms of time. Using these mathematical expressions, it is easy to predict the‬‬
‫‪state of internal stresses and the strains of the beam at any time, t. Finally, the proposed‬‬
‫‪analytical approach is confronted with various other methods.‬‬

‫‪Key words: Creep; Law of delayed behavior; Time ; Steel-Concrete Composite Beam‬‬

‫ملخص‬
‫تأ ثري التميع اخلراساين على رافدة خمتلطة (مركبة من اخلرسانة واحلديد)‪ ،‬مشوهة بالتناظر بواسطة عزم احنناء بسيط‪ ،‬مدروس هنا‪ .‬هذه الروافد‬
‫حمددة ستا تيكيا وهي يف تالصق تام يف منطقة التالقي ومكونة من رافدة حديدية واخرى من اخلرسانة املسلحة‪ .‬نظرا لتميع االويل‬
‫للخرسانة‪ ،‬تشوه هذه الروافد هو يف تطور قبل ان يصبح ثابت‪ .‬هذا التصرف ميكن ان يفسد املنظر العام للرافدة ونوعية اخلدمة املطلوبة من‬
‫هذه الروافد‪ .‬يف مثل هذه الدراسات‪ ،‬جيب اخذ بعني االعتبار عامل الزمن‪ .‬يف هذا االجتاه‪ ،‬طريقة حتليلية وضعة من اجل مراقبة والتنبؤ حبالة‬
‫االجهادات والتشوهات على مستوى رافدة خمتلطة واليت قد تعرضت اىل محولة متوسطة ودائمة خالل مدة زمنية حمددة‪ .‬هذا النموذج يرتكز‬
‫اساسا على مبدأ تطابق االفعال أملنتسب إىل ''بولت زمان'' وخاصة على مناذج النظرية للتميع اخلرساين‪ .‬شرطني لتوافق التشوهات‪،‬‬
‫مستحدثني يف منطقة التالقي‪ ،‬ومعادالت التوازن هم كذلك مأخوذون بعني احلسبان‪ .‬التوافق يف التشوهات مكتوب على شكل النموذج‬
‫الرياضي املختار يل التميع (بدون رجوع أو برجوع) وبالعكس الشكل االلستيكي خصص للرافدة احلديدية نظرا لتميعها املعدوم‪ .‬بعد دمج‬
‫معادالت التوازن وتلخيص أو اختصار الكتابة الرياضية "النهائية" نتحصل على مجلة معادالت تفاضلية من الدرجة االوىل وذات معامالت‬
‫ثابتة‪ .‬حل هذا املشكل ألرياضي يسمح بإجاد االجهادات الداخلية املناسبة بداللة نسبة التميع اخلرساين‪ .‬هذه األخرية تعطينا فرصة حلساب‬
‫وحتليل ألتشوه البعدي للرافدة أملختلطة‪ .‬بواسطة مترين تطبيقي نقوم مبقارنة نتائج منوذجنا الرياضي مع نتائج أخرى وذلك من أجل امتحان‬
‫مدى جاهزية منوذجنا أملعروض هنا‪.‬‬
‫كلمات مفتاحية ‪ :‬التميع اخلراساين‪ ،‬أشكال قوانني ألتصرف ألبعدي‪ ،‬ألزمن‪ ،‬ألروافد أخلرسانية أملختلطة (حديد ـ خرسانة)‬
Remerciements

REMERCIEMENTS

Je voudrais dans un premier temps exprimer mes reconnaissances les plus sincères à mon
encadrant Monsieur le Professeur TEHAMI Mohamed, qui s’est donné intensivement pour moi au
cours du montage de ma thèse doctorale. Sa patience, sa rigueur et sa réflexion m’ont été une grande
source d'inspiration me permettant d’aboutir à petit pas mes sûrement au but assigné. La présente
thèse de doctorat a été établie au niveau du Laboratoire de Mécanique des Structures et Stabilité des
Constructions (LM2SC) de l’Université des Sciences et de la Technologie MOHAMED BOUDIAF
(USTOran).

J’adresse toute ma gratitude à monsieur BENSAFI Mohamed, Professeur à l’université des sciences
et de la technologie M-B (USTOran), qui s’est montré favorable quant à la présidence de mon jury de
thèse et d’examiner ce manuscrit avec beaucoup d’attention.

J’exprime ma gratitude et mon respect aux examinateurs de ma thèse désignés par le conseil
scientifique de notre faculté (Architecture et génie civil) d’avoir accepté de faire part de mon jury de
thèse, cela m’a fait un grand plaisir :

 Monsieur NEDJAR Djamel Nasr Eddine, Professeur à l’université des sciences et de la


technologie M-B (USTOran) ;

 Monsieur LOUSDAD Abdelkader, Professeur à l’université Djillali LIABES de Sidi Bel


Abbes ;

 Monsieur KROUR Baghdad, Maître de conférences à l’université Mustapha STAMBOULI


de Mascara, et

 Madame BASSAIM Aicha, Maître de conférences à l’université Mustapha STAMBOULI


de Mascara.

L’invité d’honneur de ma soutenance est fortement remercié pour sa présence à ma soutenance, il


s’agit de monsieur ADDA BEDDIA EL Abbès Professeur retraité de l’université Djillali LIABES de
Sidi Bel Abbes.

Enfin, mes remerciements les plus sincères vont à ma femme qui m’a largement conforté durant
les hauts et les bas de ma période de thèse notamment pendant la soumission de mon article. En outre,
je suis très reconnaissant pour le soutien immanquable et inestimable de ma famille mes parents,

frères et sœurs. A. SOUICI


Sommaire

SOMMAIRE

PARTIE 1: Etat des connaissances

INTRODUCTION GENERALE ....................................................................................................................... 01

CHAPITRE I: FACULTE DU BETON AU FLUAGE(DEFINITIONS) ......................................................... 5


1.1 INTRODUCTION ........................................................................................................................................ 5
1.2 BÉTON ......................................................................................................................................................... 6
1.3 EVOLUTION DU BETON .......................................................................................................................... 7
1.4 STRUCTURE DU BÉTON .......................................................................................................................... 8
1.5 DÉFORMABILITE DU BÉTON ............................................................................................................... 10
1.5.1 Déformation au jeune âge (Retrait) .................................................................................................... 10
1.5.1.1Retrait endogène ............................................................................................................................... 11
1.5.1.2Retrait de dessiccation ...................................................................................................................... 11
1.5.2 Déformation à terme (Fluage) ............................................................................................................ 11
1.5.2.1 Fluage propre .................................................................................................................................. 14
1.5.2.1.1 Origine du fluage propre .............................................................................................................. 15
1.5.2.2 Fluage de dessiccation .................................................................................................................... 16
1.5.2.2.1 Origine du fluage de dessiccation ................................................................................................ 16
1.5.2.3 Fluage et relation contrainte /déformation ...................................................................................... 18
1.5.2.4 Fluage de béton en traction et en flexion......................................................................................... 19
1.5.2.5 Facteur influençant le fluage ........................................................................................................... 20
1.6 CONCLUSION .......................................................................................................................................... 20

CHAPITRE II: FORMULATION DE BASE ET MODELES PREDICTIFS .............................................. 23


2.1 INTRODUCTION ...................................................................................................................................... 23
2.2 FORMULATION DU FLUAGE ................................................................................................................ 24
2.2.1 Fluage sous charge constante ............................................................................................................ 26
2.2.2 Fluage sous un chargement variable .................................................................................................. 28
2.2.2.1 Chargement en escalier ................................................................................................................... 28
2.2.2.2 Chargement quelconque .................................................................................................................. 30
2.2.3 Relaxation sous une déformation constante ....................................................................................... 31
2.2.4 Relaxation sous une déformation variable ......................................................................................... 32
2.2.5 Relation Fluage/Relaxation ................................................................................................................ 33
2.3 CALCUL DU FLUAGE ............................................................................................................................. 34
2.3.1 Modèle CEB MC90-99 ....................................................................................................................... 37
2.3.2 Modèle Eurocode 02 ........................................................................................................................... 40
2.4 CONCLUSION .......................................................................................................................................... 42

CHAPITRE III: INTRODUCTION AUX POUTRES MIXTES ACIER-BETON ....................................... 44


3.1 INTRODUCTION ...................................................................................................................................... 44
3.2 ELEMENTS STRUCTURAUX MIXTES.................................................................................................. 45
3.2.1 Poutres mixtes .................................................................................................................................... 46
3.2.2 Rendement mécanique d’une poutre mixte ......................................................................................... 47
Sommaire

3.2.3 Interface acier-béton .......................................................................................................................... 48


3.2.3.1Connexion linéaire ........................................................................................................................... 49
3.2.3.2Caractérisation de la connexion ....................................................................................................... 52
3.2.3.3 Comportement mécanique d’un goujon ........................................................................................... 53
3.3 ÉTAT SUR LA FLEXION DES POUTRES MIXTES ............................................................................... 55
3.3.1 Flexion classique ................................................................................................................................ 55
3.3.2 Flexion transverse .............................................................................................................................. 57
3.4 ASPECT REGLEMENTAIRE DES POUTRES MIXTES FLECHIES ‘’EC04’’ ...................................... 59
3.4.1 Principe d’analyse aux (ELU) ............................................................................................................ 60
3.4.2 Principe d’analyse aux (ELS) ............................................................................................................. 62
3.5 ETAT SUR L'ASPECT DIFFERE DES POUTRES MIXTES ................................................................... 63
3.5.1 Fluage dans les poutres mixtes ........................................................................................................... 63
3.5.2 Travaux réalisés ................................................................................................................................. 66
3.5.3 Effets secondaires du fluage ............................................................................................................... 69
3.6 CONCLUSION .......................................................................................................................................... 70

Partie 2: Modélisation

OBJECTIF DU TRAVAIL................................................................................................................................. 73
CHAPITRE IV: METHODES D’ANALYSE ET LOIS DIFFEREES ........................................................... 75
4.1 INTRODUCTION ...................................................................................................................................... 75
4.2 METHODES D’ANALYSE ....................................................................................................................... 76
4.3 ASPECT APPROXIMATIF DES METHODES ........................................................................................ 77
4.4 METHODES ALGEBRIQUES .................................................................................................................. 78
4.4.1 Méthode du module efficace(MME) ................................................................................................... 78
4.4.2 Méthode du module efficace ajusté selon l’âge (MMEAA) ................................................................. 79
4.4.2.1 Formulations théorique du coefficient de vieillissement, χ(t,t 0)....................................................... 82
4.4.2.2 Formulation théorique du coefficient de fluage, φ(t,t0) ................................................................... 84
4.5 METHODES DIFFERENTIELLES ........................................................................................................... 87
4.5.1 Concept de la loi strictement irréversible ........................................................................................... 88
4.5.2 Concept de la loi partiellement réversible .......................................................................................... 91
4.5.3 Concept de la loi partiellement irréversible modifiée ........................................................................ 92
4.5.4 Concept de la loi strictement irréversible modifiée ............................................................................ 94
4.6 CONCLUSION .......................................................................................................................................... 95

CHAPITRE V: FORMULATION SPONTANEE DES POUTRES MIXTES .............................................. 98


5.1 INTRODUCTION ...................................................................................................................................... 98
5.2 RELATIONS CONSTITUTIVES .............................................................................................................. 99
5.2.1 Équilibre d’un élément mixte fléchi .................................................................................................... 99
5.2.2 Conditions de compatibilité .............................................................................................................. 101
5.2.3 Efforts généralisés internes .............................................................................................................. 103
5.2.4 Equations gouvernantes.................................................................................................................... 104
5.3 CONCLUSION ........................................................................................................................................ 107

CHAPITRE VI: PROPOSITION D’UNE FORMULATION REGISSANT LE COMPORTEMENT DES


POUTRES MIXTES AU FLUAGE ................................................................................................................. 109
6.1 INTRODUCTION .................................................................................................................................... 109
6.2 MONTAGE DU MODELE ...................................................................................................................... 110
6.3 APPLICATION ET DISCUSSION .......................................................................................................... 122
6.4 CONCLUSION ........................................................................................................................................ 129
CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES ..................................................................................... 130
REFERENCES .................................................................................................................................................. 133
ANNEXES (PRINCIPAUX PASSAGES) ...................................................................................................... 141
Liste des figures et des tableaux I

LISTE DES FIGURES

CHAPITRE I
Fig.1.1: Décomposition conventionnelle des déformations différées ................................................................. 13
Fig.1.2: Phases de fluage pour un chargement élevé ........................................................................................ 19

CHAPITRE II
Fig.2.1: Fluage conventionnel du béton ............................................................................................................... 25
Fig.2.2: Principe de superposition ...................................................................................................................... 29
Fig.2.3: Fluage par superposition ........................................................................................................................ 29
Fig.2.4: Programme de chargement quelconque ................................................................................................. 30
Fig.2.5: Phénomène de la relaxation .................................................................................................................... 32

CHAPITRE III
Fig.3.1: Eléments structuraux mixtes .................................................................................................................. 46
Fig.3.2: Coupe transversale d'une poutre mixte .................................................................................................. 47
Fig.3.3: Déplacement d'une poutre métallique seule et poutre mixte .................................................................. 48
Fig.3.4: Goujons ................................................................................................................................................. 50
Fig.3.5: Comportement réel et idéalisé des connecteurs ductiles ........................................................................ 50
Fig.3.6: Comportement réel et idéalisé des connecteurs rigides .......................................................................... 50
Fig.3.7: Plaque perforée continue ........................................................................................................................ 51
Fig.3.8: Essai push-out normalisé ........................................................................................................................ 52
Fig.3.9: Comportement du goujon ....................................................................................................................... 55
Fig.3.10: Largeur participante dans un système de poutres mixtes .................................................................... 64
Fig.3.11: Effet du fluage dans une section mixte acier-béton ............................................................................. 67

CHAPITRE IV
Fig.4.1: Module élastique effectif ........................................................................................................................ 78
Fig.4.2: Fluage sous chargement constant et variable (effet du vieillissement) .................................................. 80
Fig.4.3: Influence de l'instant du chargement t0 ................................................................................................... 89
Fig.4.4: Illustration du fluage irréversible .......................................................................................................... 90
Fig.4.5: Fluage partiellement réversible ............................................................................................................. 95

CHAPITRE V
Fig.5.1: Equilibre d'un élément mixte infinitésimal ........................................................................................... 100
Fig.5.2: Cinématique d'un élément mixte infinitésimal .................................................................................... 101
Fig.5.3: Sollicitations internes d'une section transversale mixte........................................................................ 108

CHAPITRE VI
Fig.6.1: Poutre mixte pour application .............................................................................................................. 123
Fig.6.2: La relaxation de Mb(t) ......................................................................................................................... 125
Fig.6.3: La relaxation de Nb(t) ........................................................................................................................... 125
Fig.6.4: L'évolution de Ma(t) ............................................................................................................................ 125
Fig.6.5: Effort normal Nb(x,t) ............................................................................................................................ 126
Fig.6.6: Moment fléchissant Mb(x,t) .................................................................................................................. 126
Liste des figures et des tableaux II

Fig.6.7: Moment fléchissant Ma(x,t) ................................................................................................................. 126


Fig.6.8: Fluage de la fibre inférieure du tablier ................................................................................................. 127
Fig.6.9: Fluage de la fibre supérieure du tablier ............................................................................................... 127
Fig.6.10: Déflection de la poutre mixte ............................................................................................................. 128

LISTE DES TABLEAUX

Chapitre V
Tableau 5.1: Conditions pour effort normal et glissement ................................................................................ 106
Chapitre VI
Tableau 6.1: Comparaison des résultats pour un fluage irréversible ................................................................ 124
Tableau 6.2: Comparaison fluage irréversible/fluage partiellement réversible ................................................. 124
Tableau 6.3: Comparaison fluage irréversible/fluage partiellement réversible ................................................. 129
Principales notations III

PRINCIPALES NOTATIONS

Alphabet Latin

𝐴 : Section transversale (tablier ou profilé).


𝐴ℎ𝑜𝑚 : Section transversale homogène (acier- béton).
𝑎 : Distance entre Gb et Ghom.
𝑏 : Distance entre Ga et Ghom.
𝐶(𝑡, 𝑡0 ) : Fluage spécifique.

𝐶𝑎 : Distance entre le CDG du profilé et l’interface acier-béton.


𝐶𝑏 : Distance entre le CDG de la dalle en béton et l’interface acier-béton.
𝑑 : Distance entre les deux CDG.
𝐸𝑎 : Module de résistance transversale du profilé métallique.
𝐸𝑏 (𝑡) : Module d’élasticité évolutif.

𝐸𝑏 (𝑡0 ) : Module d’élasticité correspond à l’instant du chargement.

𝐸𝑐𝑚 (𝑡) : Module d’élasticité sécant.

𝐸𝑏 (𝑡) : Module d’élasticité tangent.

𝐸𝑏′ (𝑡0 ) : Module d'élasticité effectif.

𝐸𝑏′′ (𝑡0 ) : Module d'élasticité effectif ajusté selon l'âge.

𝐹(𝜎𝑏 ) : Facteur de disproportion dépend de la contrainte appliquée, σ b(t0).

𝐹(𝑡) ; 𝐹(𝑡, 𝑡0 ) : Flux du fluage sans et avec vieillissement, respectivement.

𝑓𝑐𝑘 (𝑡) : Résistance caractéristique du béton.

𝑓𝑐𝑚 (𝑡) : Résistance moyenne du béton.

𝑓𝑐𝑚 (𝑡0 ) : Résistance du béton à t0.

𝐺 : Module de résistance transversale (tablier ou profilé).


𝐺𝑎 : CDG de la section transversale en acier.
𝐺𝑏 : CDG de la section transversale en béton.
𝐺ℎ𝑜𝑚 : CDG de la section transversale homogène (acier- béton).
𝑔(𝑥) ; 𝑔(𝑥, 𝑡0 ) : Glissement à l’interface Acier-Béton.

ℎ𝑎 : Hauteur du profilé métallique.


ℎ𝑏 : Hauteur du tablier.
𝐼 : Inertie de l’élément (tablier ou profilé).
Principales notations IV

𝐼ℎ𝑜𝑚 : Inertie de la section transversale homogène (acier- béton).


𝐽(𝑡, 𝜏) ; 𝐽(𝑡, 𝑡0 ) : Complaisance ou fonction de fluage.

𝐽(𝜎𝑏 , 𝑡, 𝑡0 ) : Complaisance ou fonction de fluage non linéaire

𝑘(𝑡, 𝑡0 ) : Courbure.

𝑘 𝑠 : Coefficient de forme en cisaillement (tablier ou profilé).


𝑀𝑎 (𝑥, 𝑡0 ) ; 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) ; 𝑁𝑎 (𝑥, 𝑡0 ) ; 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) ; 𝑇𝑎 (𝑥, 𝑡0 ) ; 𝑇𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) : Efforts généralisés internes instantanés.
𝑴𝒂 (𝒙, 𝒕) ; 𝑴𝒃 (𝒙, 𝒕) ; 𝑵𝒂 (𝒙, 𝒕) ; 𝑵𝒃 (𝒙, 𝒕) : Efforts généralisés internes différés (Fluage - Relaxation).

𝑛(𝑡, 𝑡0 ) ; 𝑛(𝑡) ; 𝑛 : Coefficient d’équivalence (acier-béton).

𝑅(𝑡, 𝑡0 ) : Complaisance ou fonction de relaxation.

𝑟(𝑡, 𝑡0 ) : Coefficient de relaxation.

𝑡 : Instant final.

𝑡0 : Instant du chargement.

𝑡 − 𝑡0 : Durée de chargement en contrainte ou bien en déformation.

𝑢(𝑥, 𝑡0 ) : Déplacement longitudinal à l’interface (tablier ou profilé).


𝑣(𝑥, 𝑡0 ) : Déplacement transversal (tablier ou profilé).

Alphabet Grec
𝜏𝑑 : Instant du déchargement.

𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) : Déformation (Elastique et Fluage).

𝜀𝑏𝑡 (𝑡, 𝑡0 ) ; 𝜀𝑏 (𝑡) : Déformation différée (Retrait et Fluage).

𝜀𝑏𝑟 (𝑡) : Déformation par retrait.

𝜀𝑏 (𝑡0 ) ; 𝜀𝑏𝑒𝑙 (𝑡0 ) : Déformation élastique.

𝜀𝑏 (𝑡) ; 𝜀𝑏𝑓𝑙𝑢𝑎𝑔𝑒 ; 𝜀𝑏𝑓 (𝑡, 𝑡0 ) : Déformation par fluage.

𝜀𝑟 (𝜏𝑑 ) : Recouvrance spontanée.

𝜀𝑟 (𝑡, 𝜏𝑑 ) : Recouvrance différée.

𝜀𝑏′ (𝑡) : Vitesse de fluage.

𝜀𝑏′′ (𝑡) : Accélération de fluage.

𝜀𝑟𝑒𝑠 (𝑡) : Déformation résiduelle (fluage net après recouvrance).

𝜀𝑏 (𝑡0 ) : Déformation imposée à l’instant t0.

𝜎𝑏 (𝑡0 ) : Contrainte du chargement à l’instant t0 ou bien induite par une déformation 𝜀𝑏 (𝑡0 ).

𝜀𝑏𝑓𝑣 (𝑡, 𝑡0 ) : Déformation visqueuse correspond à un module d’élasticité évolutif.


Principales notations V

𝜑(𝑡) ; 𝜑(𝑡, 𝑡0 ) : Coefficient de fluage sans et avec vieillissement.

𝜑𝑘 (𝑡, 𝑡0 ) ; 𝜑(𝜎𝑏 , 𝑡, 𝑡0 ) : Coefficient de fluage non linéaire.

∆𝜎𝑏 (𝜏) : Incrément de contrainte en fluage ou relaxation.

𝜎𝑏 (𝜏) : Contrainte associée à l’instant τ.

𝜀𝑏 (𝑡0 ) : Déformation constante.

𝜑(𝑡 − 𝑡0 ) ; 𝐶(𝑡 − 𝑡0 ) ; 𝐽(𝑡 − 𝑡0 ) : Eléments de fluage pour un matériau non vieillissant.

∆𝜎𝑏 (𝑡) : Contrainte libérée par relaxation.

𝜎𝑏 (𝑡) : La contrainte interne résiduelle (fluage / relaxation)

𝜒(𝑡, 𝑡0 ) : Coefficient de vieillissement.

Δ𝜎𝑏 (𝜏) : Incrément de contrainte.

𝜑∞ : Fluage ultime.

𝜑𝑖 (𝑡, 𝑡0 ) : La part du fluage irréversible (Restant).

𝜑𝑟 (𝑡, 𝑡0 ) : La part du fluage réversible.

𝜑𝑟∞ : Fluage réversible ultime.

εb.i (x, t) : Fluage de la fibre inférieure.


εb.s (x, t) : Fluage de la fibre supérieure.
𝜎(𝑥, 𝑡0 ) : Contrainte de détachement sur l’interface acier-béton.
𝜏(𝑥, 𝑡0 ) : Contrainte tangentielle partielle à l’interface acier-béton.
𝜃(𝑥, 𝑡0 ) : Rotation transversale (tablier ou profilé).
𝛾(𝑥, 𝑡0 ) : Déformation angulaire (tablier ou profilé).
Introduction générale

INTRODUCTION GENERALE

L’amélioration de la performance mécanique d’un élément structural passe parfois par


l’emploi de matériaux susceptibles d’être assemblés ou bien unis. Cette option de réunir deux
matériaux ou plus dans un seul élément permet de tirer profit tant sur le plan mécanique
qu’économique. Dès que la production et la mise en œuvre du béton furent convenablement
maitrisées, les ingénieurs ont pensé sérieusement à une véritable association entre l’acier et le
béton. Bien que chaque matériau possède des propriétés mécaniques assez différentes par
rapport à l’autre, cette alliance acier-béton, solution innovante, est venue beaucoup plus pour
pallier la défaillance du béton vis-à-vis de la traction. L’action d’associer l’acier au béton a
suscité la création d’une classe de structure à part entière en domaine de la construction,
souvent appelée la structure mixte ‘’acier-béton’’. En structure mixte, plusieurs éléments
peuvent revêtir un caractère mixte, tels que les dalles mixtes, les colonnes mixtes et les
poutres mixtes.

La réussite éclatante de l’association acier-béton dans le façonnage des poutres mixtes,


destinées à la flexion, tient surtout au fonctionnement judicieux et optimal qu’a apporté la
superposition des matériaux qui se complètent et dont les modules d’élasticité sont
incomparables. Ce choix universel offre aux éléments fléchis, de grande portée, une rigidité
flexionnelle impressionnante. La conception des poutres mixtes est établie de manière à
s’assurer que quelques états limites soient largement satisfaits conformément à des
considérations théoriques et réglementaires bien précises. Restreindre la déformabilité des
poutres mixtes fléchies (déformation et déflexion) est l’une des limites au-delà desquelles les
conditions d’une bonne exploitation ne sont plus remplies dans une structure mixte.

La présence du matériau béton dans une poutre mixte fait que sa déformabilité spontanée
est en évolution, une fois le chargement mis en place. Cela est dû uniquement au phénomène
du fluage du tablier coulé en béton. L’hétérogénéité et la microstructure spécifique du
matériau béton sont la cause de cette faculté au fluage. Ce phénomène traduit la capacité du
béton à se déformer au cours du temps et cela même pour un chargement constant. Les
rhéologues définissent le béton comme un matériau viscoélastique, nous parlons d’un

1
Introduction générale

comportement intermédiaire entre le régime purement élastique où le fluage est nul et le


régime visqueux où le fluage se fait à vitesse constante. Communément, la viscoélasticité
s’explique par la propagation graduelle de la déformation instantanée. Mais ceci n’est pas
pareil pour les corps purement élastiques tel que l’acier conçu pour la construction, sous un
chargement modéré son fluage étant nul.

Donc, les poutres mixtes ne peuvent échapper aux répercussions du régime viscoélastique
du tablier (fluage), leurs diagrammes de contraintes et de déformations sont gouvernés
finalement par le taux de fluage. C’est pourquoi la déformabilité (déformation et déflexion)
élastique d’une poutre mixte se retrouve, à terme, multipliée par deux ou trois fois voire
même quatre fois. Dans ces conditions, on se permet d’affecter à ces éléments mixtes deux
principaux comportements qui se poursuivent : le premier est à très court terme dit
"instantané" correspond à la phase élastique, le deuxième est à long terme dit "différé" qui
correspond à la phase viscoélastique. Par conséquent, le contrôle de l’état de contraintes et de
déformations dans une poutre mixte nécessite la prise en compte du facteur "temps". Cette
vérification est absolument nécessaire afin de ne pas porter un préjudice au bon
fonctionnement des pièces mixtes fléchies et de ne pas rendre leur aspect inacceptable "notion
d’apparence".

Bien que l’estimation précise de la déformation par fluage dans un élément soit difficile, la
théorie de la viscoélasticité permet une approximation satisfaisante des contraintes
correspondantes à celles des ouvrages en service. Malgré les textes associés à l’aspect
règlementaire des poutres mixtes et qui n’ont pas ignoré dans les analyses élastiques la
recommandation du traitement des poutres mixtes vis-à-vis du fluage, aucune méthode
rigoureuse ou significative n’a été prescrite par ces textes permettant le calcul exact de la
déformabilité différée d’une poutre mixte. Cependant, d’autres méthodes numériques ont été
proposées dans la littérature.

Notre étude s’est orientée vers l’élaboration d’une méthode analytique donnant un accès
direct au traitement d’une poutre mixte vis-à-vis du fluage du béton. Les poutres étudiées sont
en parfaite connexion et soumises à un chargement modéré depuis l’instant initial ‘t 0’ jusqu’à
la période définie par ‘t-t0’. La méthode que nous allons développer présente l’avantage
qu’elle exclut tout calcul numérique accablant. Elle est basée essentiellement sur les lois de
comportement associées au fluage vieillissant des bétons et le principe de la superposition des
effets ‘’Boltzmann’’. En conclusion, nous ferons une confrontation de nos résultats avec ceux

2
Introduction générale

de la littérature et nous analyserons la flexion d’une poutre mixte en tenant compte de l’effet
du fluage vis-à-vis des trois grandeurs ci-dessous :

 l’état de contraintes.
 l’état de déformations.
 la déformée.

Le manuscrit de notre thèse est structuré suivant deux principales parties :

La première partie constitue un socle de connaissances permettant la mise en relief de la


tendance du béton au fluage et l’exposition de sa propre formulation de base. Une
introduction à la l’association mixte acier-béton sera donnée suivie d’un état des
connaissances portant sur l’aspect différé de cette association.

-En premier chapitre, la structure et l’évolution du béton, étant donné un matériau à base
de matrice cimentaire, sont superficiellement décrites. Ensuite, la déformation du béton par
fluage et au jeune âge est explorée. Dans ce passage, une large attention est prêtée à la
déformation par fluage en définissant, premièrement, quelques éléments fondamentaux qui
sont attribués au caractère viscoélastique du béton tels que la relaxation, le vieillissement et la
recouvrance. Après cela, les modes du fluage (mode propre et mode de dessiccation) ainsi que
leurs propres mécanismes sont développés succinctement. Les différentes phases possibles du
fluage, résultantes d’un chargement élevé, sont exposées pour distinguer entre le fluage
linéaire et non linéaire. Avant de finir, nous aborderons la caractérisation du fluage spécifique
des bétons tractés et enfin les facteurs dont dépond le fluage seront simplement cités.

-Le deuxième chapitre traitera les méthodes acquises pour estimer la déformation par
fluage au bout d’une période précise. Nous découvrirons en premier temps le cadre théorique
du fluage et de la relaxation consécutive. Pour ces deux phénomènes, les équations sont
écrites pour différents cas de chargement. Pour la phase primaire, nous montrons que le
principe de superposition des effets est très utile pour calculer le fluage total en présence d’un
chargement quelconque. La disproportion entre la contrainte et le fluage est discutée lorsque
ce phénomène sort du régime primaire pour accéder au secondaire. Ensuite, nous évoquerons
aussi quelques relations théoriques entre le fluage et la relaxation conséquente. L’effet du
choix du module d’élasticité sur la valeur du fluage est aussi mis en relief. À la fin, la
formulation et les paramètres de deux modèles prédictifs, les plus couramment employés en
calcul différé des bétons, sont développés.

3
Introduction générale

-Une introduction aux poutres mixtes est donnée en troisième chapitre. Ces éléments sont
définis et leur avantage est bien mis en relief. La surface spécifique entre le béton et le profilé
est étudiée pour pouvoir distinguer entre les différents types de connexion. Le cas de la
connexion continue sera abordé pour développer sommairement le comportement d’un organe
de liaison ‘’goujon’’. Ensuite, les méthodes utilisées dans la caractérisation de la connexion
seront exposées. Sachant que la flexion des poutres peut se faire suivant deux cinématiques
différentes, un état portant sur la flexion spontanée des poutres mixtes sera présenté. Dans le
présent chapitre, nous décrivons aussi succinctement l’aspect réglementaire des poutres
mixtes. En dernière étape, l’effet du fluage du béton sur la flexion instantanée globale d’une
poutre mixte est bien précisé, pour finir, un état bibliographique portant sur la question sera
présenté.

La deuxième partie est consacrée à la conception du modèle analytique que nous comptons
proposer à la communauté scientifique. Une première étape très importante consiste à étudier
la modélisation phénoménologique de la déformation des bétons par fluage et la formulation
du régime élastique des poutres mixtes.

-Le quatrième chapitre traite distinctement les moyens mathématiques donnés sous forme
des méthodes d’analyse algébriques ‘’approchées’’ et des lois de comportement pouvant
gouverner la déformation et la contrainte correspondante dans un béton qui commence à fluer.
Dans ce contexte, deux lois principales sont considérées dans ce passage, la loi partiellement
réversible et la loi strictement irréversible. Chaque loi est développée intégralement en
précisant sa particularité. La difficulté d’une prévision parfaite des effets du fluage dans un
élément en béton est soulignée. Quelques méthodes d’analyse dites algébriques sont ainsi
commentées. L’aspect théorique du coefficient de vieillissement et du coefficient de fluage est
démontré.

-Le cinquième chapitre décrit la formulation théorique d’une poutre mixte en flexion
simple. A l’aide de quelques équations d’équilibre et des conditions de compatibilité,
l’équation gouvernante en régime élastique est démontrée. A partir de cette équation nous
déduisons l’équation alternative qui correspond à la cinématique d’Eluer-Bernoulli et cela
pour les deux cas de connexion, complète et partielle.

-Après avoir rappelé les hypothèses de base admises et limiter le champ d’application, le
montage de notre approche analytique sera abordé étape par étape en sixième chapitre. Enfin,
deux applications sont suggérées pour examiner la fiabilité du modèle proposé.

4
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

CHAPITRE I

FACULTE DU BETON AU FLUAGE(Définitions)

1.1 INTRODUCTION

Pendant toute sa vie, le béton doit être maintenu intact lorsqu’il est soumis à une charge
constante ou variable dans le temps. La configuration de la sollicitation à laquelle le béton est
soumis donnera naissance à un phénomène appelé ‘’fluage’’; c’est un comportement
rhéologique inévitable. Le fluage d’un béton ordinaire est plus significatif que celui d’un autre
béton parce que sa composition classique le rend plus prédisposé à ce phénomène. Pour que le
béton puisse passer de son état frais «juste après le coulage» à un corps autoportant «phase de
prise» pour finalement atteindre la phase de maturité en terme de durcissement, il devra subir
un changement potentiel, c'est-à-dire qu’il doit passer par des phases qui s’enchaînent. Ceci
devra se produire lorsque le ciment anhydre, ou bien l’une de ses phases constitutives, est
mélangé avec de l’eau.

Les propriétés d’un béton durci dépendent fortement des caractéristiques de sa propre pâte
en ciment. En outre, sa déformation par fluage prend place au sein même de la matrice
cimentaire. Le fluage se produit dans les hydrates des silicates de calcium. La très forte
hétérogénéité de ce matériau est un point important sur lequel il faut revenir. La structure
hétérogène du béton lui confère un fluage très complexe dont les origines dépendent
profondément des divers processus et mécanismes qui se produisent à petites échelles, comme
les transformations physico-chimiques qui prennent place à l’intérieure du béton dès que le
ciment est gâché et aussi physico-mécaniques de quelques hydrates qui peuvent en découler.
Par conséquent, explorer davantage la structure de base du béton est une exigence si l’on veut
arriver à se doter des pré-requis indispensables qui permettent de mieux comprendre le
caractère différé des bétons. Bien que l’analyse et l’étude approfondies du fluage ne soient pas
inscrites dans le thème de notre recherche, un passage concis sur le comportement du béton
et les propriétés liées à sa déformation viscoélastique est proposé dans le premier chapitre.

5
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

Le premier chapitre de cette section se propose d’exposer un recueil d'informations et de


connaissances destinées principalement à la présentation très succincte de quelques
définitions afin d’exhiber la nature hétérogène et complexe de la structure du béton et
découvrir d’avantage sa prédisposition au fluage. Il est important de signaler que le concept
de fluage sera plus dominant par rapport à celui du retrait dans ce passage. En fait, on se
focalisera beaucoup plus sur la déformation par fluage qui, ultérieurement, sera l’élément
essentiel de notre modélisation. La bibliographie proposée décrit particulièrement le fluage
consécutif à un effort axial de compression; nous ne tenons absolument pas à soulever le sujet
du fluage spécifique à un effort de traction, mais un très bref passage superficiel est exposé
afin de faire découvrir quelques avis rapportés dans la littérature.

Dans un premier temps, l’historique du matériau béton et la composition minéralogique du


ciment sont relatés en quelques lignes. Ensuite, la propriété évolutive du béton au jeune âge
est décrite afin de comprendre et schématiser plus clairement le comportement d’une
structure en béton juste après le gâchage. Le contact du ciment avec de l’eau sera brièvement
passé en revue. En outre, le principal hydrate résultant de l’opération de gâchage est
commenté car il est fortement impliqué dans la tendance du béton au fluage. D’autres
paramètres déterminants dans les différents processus et mécanismes liés au fluage et
suggérés dans la littérature, tels que les propriétés de l’eau et le réseau poreux d’une matrice
cimentaire, sont également exposés dans ce chapitre. Après avoir soulevé la déformation
différée du béton (fluage et retrait), d’autres phénomènes résultant du comportement
viscoélastique du béton sont définis, à savoir la relaxation, le vieillissement et la recouvrance
qui suit un éventuel déchargement. Nous tenons à expliciter également la décomposition des
déformations universelles du fluage des bétons. Chaque mode de fluage est ainsi être traité
séparément dans cette partie, tout en indiquant très sommairement les mécanismes
correspondants qui sont à l’origine de ce fluage, en se basant sur la littérature spécialisée.
Pour terminer, les trois phases du fluage découlant d’un chargement évolutif sont abordées
succinctement dans le but de distinguer entre le fluage linéaire et le fluage non linéaire. Pour
conclure ce premier chapitre, les facteurs généraux dont dépend le fluage des bétons sont
clairement décrits.

1.2 BÉTON

L’utilisation de mortiers à base de chaux, d’argile, de sable et d’eau est très ancienne. Les
Egyptiens utilisaient déjà ce type de mortiers vers 2600 av J.C., dont un des mélanges les plus

6
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

anciens est celui de la pyramide d’Abou Rawash. Vers le 1er siècle av. J.C [1]. Cependant, en
France la découverte du ciment moderne est attribuée à Louis Vicat, jeune ingénieur de
l’école nationale des ponts et chaussées [2]. En 1818, il fut le premier au monde à élaborer, de
manière artificielle et contrôlée, des chaux hydrauliques dont il détermina les composants
ainsi que leur proportion. Préférant la gloire d’être utile à la fortune, il publia le résultat de ses
recherches sans déposer de brevet. Ensuite, c’est l’industriel Joseph Apsdin qui dépose en
Octobre 1824 le premier brevet et crée la marque ciment de Portland. Ce mélange original
‘’Gyps-Clinker’’ fut breveté et possède encore aujourd’hui l’appellation ‘’Ciment Portland
Artificiel’’ (réglementation CPA-CEM I). Avec sa configuration actuelle, le béton peut être
défini tout simplement comme un matériau hétérogène constitué de deux principales phases:
phase liante présentée par la pâte de ciment durcie (matrice cimentaire) et phase granulaire
(granulat).

Le ciment contient des constituants minéralogiques dont la teneur varie selon la


provenance (origine)du ciment lui-même, tels que le clinker et le sulfate de calcium. En
l’absence de sulfate de calcium, une forte rigidité se produit rapidement. C’est afin d’éviter
une prise rapide de la pâte que l’on ajoute du sulfate de calcium au clinker sous forme de
gypse [1]. Le clinker est obtenu par un broyage à haute température (1450°C) d’un mélange
contient 20% d’argile et 80% de calcaire. Ce dernier se présente sous forme de grains de taille
centimétrique et contient majoritairement des silicates de calcium, le complément étant
constitué d’aluminates de calcium [3].

En fonction des applications et d’un ensemble de conditions qui font la spécificité du béton
choisi (ouvrabilité, résistance,…), d’autres composantes peuvent être injectées dans une
formulation classique (Béton ordinaire) pour pouvoir obtenir d’autres gammes, tels que les
adjuvants (réducteur d’eau, plastifiant, fluidifiant, agent de viscosité, accélérateur de
prise,….) et les ultrafines (fumée de silice, cendre volantes,…). Ces produits (ajouts) sont
généralement issus d’une autre industrie mais ils sont revalorisés dans la fabrication
cimentaire pour remédier à quelques problèmes de performance et/ou aboutir à la confection
d’un matériau cimentaire de forte particularité [4].

1.3 EVOLUTION DU BETON

L’exposition d’un échantillon en béton à une humidité relative environnante, inférieure à


celle régnant au sein du matériau, est à l’origine d’un déséquilibre hygrométrique. Ce
déséquilibre se traduit par mouvement de l’eau de l’intérieure du matériau vers l’extérieure,

7
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

conduisant au séchage de l’échantillon [5]. Les propriétés du mélange du béton commencent à


se construire rapidement à l’instant du gâchage. Après une période allant de 1 à 3 jours, la
progression du durcissement ralenti de façon considérable. Au cours de cette période des
fissures prennent naissance au sein du matériau à cause du retrait. Au jeune âge, le
changement des propriétés du béton se fait graduellement. Ici, trois phases élémentaires
peuvent être citées: la phase fraîche, la phase de durcissement et la phase utilitaire [6]. Dans
les matériaux cimentaire, le terme jeune âge est utilisé pour désigner les premières heures, les
premiers jours et, parfois, les premières semaines [7].

Le béton est considéré comme frais après le coulage, et cela jusqu’à ce qu’il atteigne la
phase du durcissement [8]. Le béton frais se comporte comme un matériau plastique qui peut
facilement être moulé (capacité d’épouser n’importe qu’elle forme). Ensuite, le béton devient
auto-Portant grâce à l’évolution des hydrates, mais sa résistance mécanique demeure peu
significative. Après cette phase de prise, l’aptitude à la déformation du béton est largement
réduite, et le durcissement du béton commence.

1.4 STRUCTURE DU BÉTON

L’ajout de l’eau provoque l’hydratation du ciment. Il s’agit d’un processus physico-


chimique qui donnera lieu à des produits appelés hydrates tels que: Silicate de calcium
hydraté, Portlandite et l’Ettringite. L’hydratation du ciment est à l’origine de la prise et du
durcissement de la matrice cimentaire. Pendant cette opération, les propriétés de base
évoluent constamment comme la résistance mécanique et le module d’Young [2].
L’enchainement de cette opération (physico-chimique) est actuellement contrôlé via des
mesures de calorimétrie et de conductivité. En fait, l’hydratation des ciments Portland est une
opération complexe classant en jeu des réactions chimiques entre les constituants du ciment.
Les réactions d’hydratation s’accompagnent d’un fort dégagement de chaleur qui peut être
mesuré par calorimétrie. La chaleur dégagée donne alors une indication sur l’avancement de
l’hydratation du ciment [1]. L’hydratation du ciment est affectée par quatre paramètres :

 La composition minéralogique du ciment et sa finesse.


 La présence de certains ajouts minéraux.
 La quantité d’eau de gâchage.
 L’humidité relative et la température ambiante.

Pour que l’hydratation du ciment soit formidablement développée, il faut assurer une
humidité relative dépassant les 70 à 80% [9]. D’une façon générale, la structure finale d’une

8
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

pâte de ciment ordinaire, tel que CEM I (Ciment Portland Artificiel), est une association qui
regroupe des grains de ciment partiellement hydratés (première phase solide), des espaces
capillaires remplis partiellement (phase gazeuse) ou complètement d’eau (phase liquide) et
des hydrates qui remplissent graduellement les espaces entre les grains de ciment (deuxième
phase solide).

Les déformations différées d’origine hydrique (retrait) et/ou d’origine mécanique (fluage)
sont localisées dans la matrice cimentaire. Mais, les granulats ont, pour leur part, un rôle
passif, ils s’opposent aux déformations différées de la pâte [10]. Des expériences récentes de
nano-indentation ont permis d’impliquer les hydrates ‘’Silicate de calcium hydraté ’’ dans le
processus du fluage des bétons [11]. Ces hydrates présentent, en matière de masse, 70% de la
phase liante de la pâte durcie de ciment. Ils sont en général assimilés à des gels, ou bien
appelés gel de C-S-H suite à son faible degré de cristallisation [12]. Une parfaite hydratation
des silicates se fait suivant cinq principales étapes [13]. Ces éléments amorphesnano
cristallins confèrent à la pâte de ciment durcie ses principales propriétés notamment les
caractéristiques mécaniques. La propriété adhésive des C-S-H revient à leurs grandes surfaces
spécifiques. La forme réelle de tous les hydrates (Silicate de calcium hydraté, Portlandite et
l’Ettringite), au sein d’une pâte de ciment, est donnée à la référence [2] via des images à la
microscopie électronique à balayage.

Feldman [14] concevait un modèle illustratif pour schématiser la microstructure des


principaux hydrates ‘’C-S-H’’. Ce concept offre une description plausible de ces hydrates
permettant une mise en évidence de tous les mouvements relatifs qui peuvent être à l’origine
du fluage (mécanismes/processus). Pour ce modèle, la structure des C-S-H est présentée sous
la forme de lamelles constituées chacune de 2 à 4 feuilles de C-S-H avec une surface
spécifique très élevée. L’espace inter-foliaire, entre feuillets, est d’environ 150 à 300 µm [15].
Ces feuillets sont capables d’avoir un mouvement relatif et de la pénétration où le départ de
l’eau des espaces inter-foliaires est possible, leur comportement dépend intrinsèquement de
l’eau contenue dans leurs pores [16]. La présentation de Feldman interprétera l’influence de
l’humidité relative sur les propriétés physiques et mécaniques d’une pâte de ciment durcie.

Une meilleure identification de la microstructure du matériau cimentaire aidera à la


compréhension de toutes les transformations et les modifications possibles qui peuvent se
produire au sein d’un béton du fait de son évolution, du chargement et son échange avec
l’extérieur ; et qui peuvent constituer des mécanismes qui sont à l’origine de la déformation
par fluage. La microstructure et la morphologie poreuse du béton sont rattachées à la quantité

9
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

d’eau qui l’imprègne. Le tissu cimentaire est toujours poreux. Ce réseau poral représente
environ 10% en volume du béton. La porosité d’un béton est définie par sa taille et son
interconnexion, elle influe la durabilité et le fluage du béton. La structure poreuse, dont la
géométrie est très complexe, régit la difficulté du mouvement de l’eau interne. Généralement,
deux sortes de pores sont à distinguer : Pores capillaire et Pores des hydrates [17].

L’eau renfermée dans une pâte de ciment constitue le facteur élémentaire dans tous les
mécanismes du fluage reconnus en littérature [18]. La plupart des résultats de la littérature
spécialisée semblerait prouver qu’un matériau cimentaire dans lequel l’eau évaporable a été
déjà retirée ne flue pas ou très peu [19]. Les vides qui se trouvent dans la matrice solide du
béton sont plus ou moins remplis d’eau. En fonction de la nature de sa liaison avec les
hydrates que l’eau est présente dans une matrice solide [20]. Suivant un ordre croissant du
degré de liaison (Eau/Hydrates), trois sortes sont à distinguer : Eau capillaire, Eau adsorbée et
Eau chimiquement liée [21].

1.5 DÉFORMABILITE DU BÉTON

La phase différée de la déformation des bétons a été découvert en 1907 aux U.S.A par
Hyatt [3]. Ce dernier a pu constater l’évolution de la déflexion d’une poutre après deux mois
de chargement. Néanmoins, cette reconnaissance n’a pas plu à tout le monde. D’après la
communauté scientifique française, cette découverte ne peut appartient qu’à Freyssinet. En
1908,il avait aperçu l’effet significatif du fluage sur une structure après avoir entrepris des
études sur la précontrainte des poutres [22]. Le plus important en littérature, la déformation
différée du béton est décomposée en deux espèces : la première se fait pratiquement au jeune
âge, cependant la deuxième se produit lentement durant un intervalle de temps bien étendu. A
travers cette partie, nous allons exhiber l’attitude du béton durci au fluage. Nous indiquons les
différents types de fluage et on essayera aussi de rappeler les mécanismes moteurs
correspondants les plus répondus. Par contre, la déformation au jeune âge est sommairement
développée.

1.5.1 Déformation au jeune âge (Retrait)


Nous pouvons définir le retrait par la diminution d’une ou plusieurs dimensions du
matériau. Il s’agit des changements volumiques qui sont indépendant du chargement externe.
Ce changement de volume se produira réellement selon les trois directions de l’espace, mais
on l’exprime couramment comme une déformation linéique, suivant une seule direction. Par
ce que, en pratique, les éléments structuraux possèdent une ou deux dimensions nettement

10
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

plus petites que la troisième dont le retrait est le plus prépondérant [23]. Le retrait est le
résultat du mouvement d’humidité vers l’extérieur par évaporation/séchage et la
consommation d’eau par hydratation [24]. En littérature, le retrait des bétons est généralement
distingué, selon le mode de conservation :

1.5.1.1Retrait endogène
On parle du retrait endogène des bétons lorsqu’il n’y a pas d’échange hydrique avec
l’extérieur ’’conditions scellées’’. Ce phénomène se produit beaucoup plus dans les structures
massives lors de l’hydratation du ciment, il est considéré comme l’une des déformations les
plus clairement identifiées [25]. Cette phase de retrait est intrinsèque au béton, car elle ne
dépend que des propriétés du matériau [26]. Deux principaux aspects sont rattachés au retrait
endogène [24] :

 Aspect physico-chimique : la contraction de Le Châtelier et l’auto-dessiccation


liée au processus d’hydratation et l’évolution de la microstructure.
 Aspect thermique : l’exo-thermie de l’hydratation.

1.5.1.2Retrait de dessiccation
Le retrait de dessiccation est la première conséquence macroscopique du séchage de béton.
C’est le rétrécissement du squelette solide causé par le départ de l’eau, présente initialement
dans les pores du béton, du fait du déséquilibre hygrométrique avec le milieu environnant.
L’origine de cette variation dimensionnelle, au cours du séchage, ne fait pas aujourd’hui
l’unanimité de la communauté scientifique [23]. Néanmoins, des expériences montrent que la
distribution des pores et les caractéristiques du gel C-S-H influencent beaucoup le retrait de
dessiccation [27]. Cette portion de déformation n’est pas le résultat d’un mécanisme unique,
mais plutôt de la combinaison de plusieurs [22]. Contrairement au retrait endogène, le retrait
de dessiccation n’est pas intrinsèque au béton car le transfert hydrique, depuis l’intérieure vers
l’extérieure, dépend de la géométrie du spécimen rétréci [26].

1.5.2 Déformation à terme (Fluage)


Un état élastique correspond aux déformations instantanées mesurées à l’instant du
chargement, t0. La réponse immédiate du béton est fonction du degré de chargement. Sous
une charge axiale de compression, le comportement approprié du béton est quasi linéaire dans
un domaine de contrainte limité, puis il devient non linéaire en raison du développement des
microfissures dont la propagation déclenchera la rupture du béton. En traction, le
comportement reste aussi quasi linéaire jusqu’à la rupture qui correspond à l’apparition des

11
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

fissures ou bien une discontinuité dans le matériau. Dans ce cas, la fissuration se produit pour
une valeur faible de contrainte de l’ordre de 3 à 5 Mpa. Au-delà, le béton ne peut contribue à
la résistance, c’est pourquoi il doit être renforcé par l’acier. La résistance à la compression ou
à la traction évolue avec l’âge du béton, elle dépend aussi de la vitesse du chargement, de la
durée du chargement et de leur répartition. La fissuration du béton reste liée à la valeur et le
sens de l’effort. La bi-compression provoquera l’augmentation de la résistance. Par contre,
une bi-sollicitation différente (compression et traction) donnera la diminution progressive,
quasi-linéaire, de la résistance ultime en compression ; surtout lorsque la traction est
conséquente.

Un état différé correspond aux déformations par fluage mesurées après l’instant du
chargement, t0. Par définition, le fluage traduit la capacité du béton à se déformer d’une façon
quasi-continue. Après l’instant t0, on dit que le béton est dans un état viscoélastique : il s’agit
d’un état intermédiaire entre le régime purement élastique là où le fluage est nul et le régime
visqueux là où le fluage se fait à vitesse constante [28]. Tout simplement, la viscoélasticité du
béton s’explique par l’augmentation graduelle de sa déformation initiale. Cette dernière tend
toujours à évoluer même si le chargement est maintenu constant ; ce qui n’est pas pareil aux
corps purement élastique. La déformation élastique du béton est en effet suivie d’une
déformation dite différée évoluant lentement et qui aurait tendance à se stabiliser à très long
terme, après quelques années voire quelque dizaines d’années.

En littérature, le potentiel moyen du fluage est estimé à 02, 03 ou 04 fois la déformation


élastique. Comme dans un état élastique, le fluage dans une éprouvette en béton est
accompagné d’une déformation latérale plus faible et de signe opposé [22]. Après un éventuel
déchargement, on observe l’occurrence d’une déformation de fluage réversible, appelée
recouvrance, et d’une déformation irréversible égale à 2 ou 4 fois la part réversible selon
quelques auteurs.

Dans ce sens, Saliba [28] présentait une synthèse très courte mais globale pour interpréter
efficacement les conséquences de l’opération du chargement/déchargement (fluage et
recouvrance):Par l’application d’une charge sur un spécimen en béton, on mesure tout d’abord
une déformation élastique qui prend place au moment de l’application de la charge, t0. Cette
portion est instantanément recouvrable. Durant la période du chargement, (t-t0), des
déformations différées ou viscoélastiques, associées au mouvement de l’eau contenue dans la
microstructure du matériau béton, apparaissent également. Ces déformations sont
asymptotiquement recouvrables lorsque la charge est enlevée. Des déformations

12
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

viscoplastiques ou visqueuses se dévoilent aussi et augmentent en fonction de la durée du


chargement, (t-t0). Ces déformations sont dues à l’écoulement visqueux dans le matériau
comme le glissement ou le cisaillement des hydrates ‘’lubrifiés’’ par des couches d’eau
adsorbées. Le mouvement des hydrates (glissement ou cisaillement) est généralement non
recouvrable sauf éventuellement par inversion des contraintes. Pour un chargement plus
élevé, une partie des déformations prend place dans le matériau suite à des microfissures,
cette phase de déformation est non recouvrable. La figure suivante est la synthèse graphique
de l’opération chargement/déchargement (chargement modéré).
b (t)

b(t0)

temps (j)

b(t)
b(t, t0) : déformation différée

r(d): recouvrance
bf (t, t0) : fluage

spontanée
r(t,d): recouvrance différée
res(t): déformation
résiduelle

b(t) = res(t)
bel(t0) :
élastique
br(t) :retrait
temps (j)
 t0 t d t
Fig.1.1: Décomposition conventionnelle des déformations différées.

Les propriétés viscoélastiques contribuent à la relaxation des contraintes [29]. La


relaxation est la conséquence directe du fluage. Elle explique la diminution des contraintes
internes d’un corps ayant subi un fluage à travers d’une déformation imposée ou un
chargement maintenue constante. Généralement, la littérature dispose de très peu de données
expérimentales relatives à la relaxation du béton du fait de la difficulté de la mise en œuvre
d’un essai représentatif. C’est pourquoi, les expressions proposées pour exprimer la relaxation
du béton dépendent à chaque fois du fluage qui est plus facile à déterminer en laboratoire
[30].

Deux classes de fluage sont à définir selon le mode de conservation durant l’opération du
chargement (t-t0). Chaque classe convient à une configuration d’ambiance spécifique. Cette

13
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

décomposition est nécessaire pour étudier le phénomène du fluage car sa caractérisation est
très sensible à l’humidité relative interne du béton [31].

1.5.2.1 Fluage propre


Le fluage propre est la portion de la déformation mesurée sur une éprouvette chargée et
protégée contre la dessiccation externe, à laquelle on a ôté le retrait endogène et la phase
instantanée. Il convient de noter qu’en expérimental, la distinction n’est pas évidente entre la
déformation élastique et le fluage. Bazant [32] a souligné que la déformation élastique du
béton à t0 n’est pas forcément égale à la valeur du rapport de la contrainte au module élastique
au moment du chargement, car celui-ci dépend normalement de la taille de l’éprouvette et la
vitesse de chargement. Pour répondre à cette problématique, Parrott [33] a préféré la
définition suivante dans toutes ses travaux: toute déformation enregistrée après une durée
estimée à (jour/1000) qui suit le chargement, soit deux minutes à peu près, devrait être traitée
comme un fluage propre.

La communauté scientifique ignore toute interaction entre le fluage propre et le retrait


endogène dans l’expérimental. Or auprès quelques auteurs, cette interaction reste toujours une
problématique à résoudre [17]. Le fluage propre est proportionnel à la contrainte pour des
niveaux de chargements inférieurs à 50% de la charge ultime [22]. Néanmoins, il convient de
noter que les pourcentages limitant le seuil de la linéarité prétendue ne sont pas vraiment
unifiés dans la littérature.

Par ailleurs, dans quelques rapports d’expérimentation, il a été énoncé que le fluage propre
est caractérisé par une forte dépendance à l’âge du béton à l’instant du chargement, t0. Cette
dépendance ne peut signifier que l’effet du vieillissement du béton (en amplitude et en
cinétique) sur le taux du fluage propre. Ce rapport de liaison étroite (instant du
chargement/taux du fluage) reste assez important même au-delà d'un an, ce qui peut justifier
qu’à long terme : le vieillissement n’est pas rattaché à l’état d’avancement de l'hydratation qui
tend à se stabiliser après 90 jours [22]. C’est pourquoi qu’en littérature on distingue entre le
vieillissement à court et à long terme [34].En effet, au-delà d’une période estimée à 90 jours
les propriétés mécaniques du béton (coefficient de poisson, module d’Young, résistance), les
paramètres gouvernant le transport de l’eau, le retrait de dessiccation et l’hydratation ne
dépendent plus significativement de l’âge [18] ; c’est l’une des façons pour définir brièvement
le vieillissement du béton.

14
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

 Le vieillissement à court terme : L’hydratation continue des composés


anhydres du ciment affectera l’amplitude et la cinétique du fluage propre.
 Le vieillissement à long terme : Sa source n’est pas encore explorée
convenablement.

1.5.2.1.1 Origine du fluage propre


Bien que cette part de fluage reste encore moyennement cernée, aucune théorie jusqu’à ce
jour ne peut l’expliquer clairement. La communauté scientifique est entièrement persuadée
que l’eau contenue semble jouer un rôle capital dans l’ensemble des mécanismes suggérés
pour ce type de fluage [19]. Outre l’eau, on peut souligner aussi l’importance des C-S-H, à
travers des différentes théories présentées dans la littérature, dans les mécanismes de fluage
propre. En France, Freyssinet est considéré comme le premier à avoir mis en évidence
l’aptitude du béton au fluage. Ce précurseur allait même annoncer une théorie expliquant le
fluage dont le contenu : l’application d’un chargement induit une modification dans le
système des pores capillaires de la pâte de ciment, c'est-à-dire, de leur aplatissement et donc
un changement de la courbure des ménisques séparant les phases liquides des phases
gazeuses, créant ainsi un retrait supplémentaire. Pour Freyssinet, le fluage serait en fait un
retrait amplifié mécaniquement par le chargement [20].

Dans toutes les compagnes expérimentales, le fluage propre affiche une réponse quasi
proportionnelle à l’état hydrique uniforme du béton. En effet, le fluage propre d’un béton sec
est négligeable, dont on a enlevé toute l’eau évaporable [35]. De plus, des matériaux comme
les bétons à haute performances, traité thermiquement, présentent une quantité d’eau non liée
quasi inexistante ne flue pratiquement pas [21]. Le fluage propre est indépendant du type du
béton et son origine se trouve dans les pores des hydrates [19]. Quel que soit la formulation
du béton choisie, l’analyse du parcours du fluage propre met en évidence deux cinétiques
distinctes [28], tels que:

 À court terme : la cinétique du fluage est rapide pendant quelques jours qui
suivent l’instant du chargement.
 À long terme : la cinétique du fluage propre est bien plus lente.

L’apparition de deux cinétiques différentes conforte la suggestion de deux mécanismes


indépendants lors du processus du fluage propre [36]. Des mécanismes correspondent aux
deux régimes distincts sont bien rapportés dans les références [17] [22]. Un schéma illustratif

15
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

est aussi disponible à la référence [21] permettant l’explication du processus du fluage propre
à court et à long terme.

 Le fluage à court terme est généralement attribué à la micro-diffusion de l’eau


capillaire, il s’agit d’une redistribution d’eau induite par les contraintes
mécaniques [22] [37].
 Le fluage à long terme trouverait sa source plutôt dans la nature visqueuse de
la pâte en ciment.Les résultats expérimentaux de Paul Acker, rapportés à la
référence [36], montrent en effet que les C-S-H possèdent un caractère
visqueux très important.

1.5.2.2 Fluage de dessiccation


Contrairement au fluage propre, cette fois l’éprouvette est totalement exposée au séchage.
Il faut retrancher à la déformation obtenue le fluage propre et le retrait de dessiccation qui
sont mesurés séparément sur des éprouvettes ayant la même forme du spécimen testé au
fluage par dessiccation et déposées dans les mêmes conditions environnementales.

Important d’annoncer que le fluage de dessiccation mesuré est plus conséquent que celui
obtenu en sommant la part du fluage propre et le retrait de dessiccation [38]. En fait, lorsque
les échanges hydriques en surface sont permis, le fluage de dessiccation peut atteindre 4 fois
le fluage propre [39]. Cela semble un effet paradoxal si nous considérons la proportionnalité
entre le fluage propre et l'humidité relative interne du béton ‘’c’est à dire, s'attendre à un taux
faible de fluage par dessiccation suite au séchage c’est une logique’’. Cet indice est
généralement désigné sous le nom d’effet Pickett, nom du scientifique l’ayant mis en
évidence en (1942).

1.5.2.2.1 Origine du fluage de dessiccation


L’excès du fluage de dessiccation ne correspond pas uniquement aux matériaux à matrice
cimentaire. Ce fluage reste encore un phénomène en voie d’exploration et sujet à controverse.
D’un point de vue phénoménologique, il est communément admis de décomposer le fluage de
dessiccation en deux fractions, l’une structural et l’autre intrinsèque. Cette distinction a été
justifiée à l’issu des essais menés sur des petites éprouvettes de très faible épaisseur pour
réduire l’effet de structure. Les spécimens dont l’épaisseur est très petite dévoilaient un fluage
de dessiccation important [40]. La phase structurelle est associée à la fissuration du béton
induite par le séchage, par contre un mécanisme physico-chimique est cause de la phase
intrinsèque [41].

16
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

 La part structurale : Le séchage causera un déséquilibre hydrique dans une


éprouvette libre (en repos). Ce déséquilibre se traduit par un gradient de
contrainte entraînant la compression au cœur de l’éprouvette et la traction à la
surface (la peau) [42]. Si la traction conduit à la fissuration de la peau, l’effet
du retrait ne peut plus être transmis complètement au cœur et par conséquent la
contraction du béton ne s’effectue pas librement, nous obtenons un retrait dit
‘’gêné’’. Cependant, selon Bazant [43] la présence du chargement mécanique
permettra l’annulation de la traction de la peau, zone de plus fort séchage, et
dans ce cas le retrait peut se transmettre convenablement au cœur du béton
induisant une contraction complète, retrait libre. Donc, il en résulte
l’amplification de la déformation totale composée du fluage de dessiccation et
du retrait de dessiccation. Wittmann [41] montre aussi par un calcul en élément
finis que les fissurations induites par le séchage contribuent dans le fluage de
dessiccation.
 la part intrinsèque : En 1985, Bazant [44] considérait que seule la micro-
diffusion, dans une pâte de ciment, entre les zones d’absorption empêchée et
les pores capillaires est cause de l’excès de fluage, il va même assimiler cet
excès à un retrait induit par des contraintes internes. D’après le même auteur,
le flux local des molécules diffusées accélérerait le processus de rupture des
liaisons atomiques entre les hydrates, C-S-H, conduisant à l’apparition du
fluage de dessiccation.

Un espace à l’échelle microscopique dans une pâte de ciment dit ‘’zone d’adsorption
empêchée’’ est à définir vu leur importance dans les mécanismes distincts suggérés pour le
fluage. Normalement, sur une surface plane du solide, l’eau est librement adsorbée jusqu’à
une épaisseur équivalente à 5 molécules pour une humidité relative proche de l’unité. Si la
molécule d’eau présente un diamètre d’environ 2,6 A°, cela donnera une couche d’adsorption
dont l’épaisseur égale à 13 A°. Donc, la distance inter-foliaire doit être supérieure à 26 A°
pour que l’adsorption se produise librement. Or, cette distance est en moyenne proche de
17A°. L’adsorption libre ne donc avoir lieu puisque les surfaces absorbantes sont proches. On
est alors en zone d’adsorption empêchée. Dans ces zones, l’eau fortement adsorbée est sous
une pression dite ‘’de disjonction’’ de l’ordre de 130 Mpa [18]. Cette pression s’oppose aux
forces d’attraction qui existent entre les particules de C-S-H et qui maintiennent la structure

17
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

du squelette. L’eau fortement adsorbée est ainsi un élément structural du matériau à part
entière, elle est capable de transmettre localement les contraintes macroscopiques.

1.5.2.3 Fluage et relation contrainte /déformation


Sous un chargement constant de compression importante, la déformation par fluage se fait
suivant trois principaux stades (primaire, secondaire et tertiaire). Dans un tel cas, le taux du
fluage est principalement fonction de la durée de chargement, (t-t0):

Stade primaire : Il correspond aux contraintes modérées. La vitesse de la déformation est


décroissante dans le temps mais positive (b(t)’˃0), tandis que, l’accélération est négative
(b(t)’’0). Le fluage primaire tend à se stabiliser après une certaine durée de chargement. Le
béton est traité en phase primaire comme étant un matériau linéairement viscoélastique. Le
fluage primaire est considéré proportionnel à la contrainte appliquée au béton jusqu’à une
certaine limite. Cette limite, rapport de la contrainte à la résistance du matériau, est estimée
pour un béton ordinaire entre 0.4 et 0.6, de 0.3 à 0.75 pour un béton de haute résistance et
pour un mortier une plage de 0.8 à 0.85 est indiquée [45]. Au-delà de ces limites, l’amplitude
et la cinétique du fluage croissent, pour chaque cas, de façon significative.

Stade secondaire : La réponse dans cette phase est fortement non linéaire. Le fluage
devient beaucoup plus élevé par rapport à celui du premier stade. La vitesse du fluage est
constante dans le temps avec une accélération oscillante autour de zéro (b(t)’’≈0).

Phase tertiaire : Le fluage tertiaire est caractérisé par une vitesse croissante et une rupture
qui peut se produire à tout moment [46].Le seuil du chargement provoquant la rupture par
fluage faisait l’objet de nombreux travaux expérimentaux menés par Rusch [47]. A l’issu de
ces tests, l’auteur conclut que le seuil provocatrice est atteint normalement à partir de 80% de
la limite de rupture et la résistance du béton pourra diminuer durant la phase tertiaire jusqu’à
la rupture, souligne-t-il aussi. Avant que la rupture ne se produise, une croissance rapide des
fissures macroscopiques est aperçue [46]. A la phase tertiaire, le fluage latéral augmente alors
plus rapidement que la déformation longitudinale, cela donnera l’augmentation du coefficient
de poisson (). L’effondrement par fluage tertiaire est mis en évidence par une figure
disponible à la référence [48]. Le parcours du fluage, cas d’un niveau de contraintes très
élevé, est donné par la figure suivante.

18
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

b(t)

Fluage Fluage Fluage


primaire secondaire tertiaire

temps (j)
t0 t1 t2
Fig. 1.2: Phases de fluage pour un chargement élevé.

1.5.2.4 Fluage de béton en traction et en flexion


La littérature spécialisée dispose de très peu de données sur le sujet du fluage par traction.
La majorité des investigations expérimentales ont porté normalement sur le fluage en
compression ‘’le fluage conventionnel’’. La confrontation entre les deux cas de fluage montre
d’une part, des ressemblances et d’autre part, quelques divergences dans la magnitude, la
cinétique et la recouvrance [49]. Par ailleurs, les coefficients de fluage en compression et en
traction sont comparables suivant quelques d’autres travaux, évalués entre 2 et 3.5 [50].
L’examen du fluage en traction reste très distinctif suite à deux principales remarques :

 Une faible résistance à la traction et une capacité de déformation très limitée


font que les propriétés mécaniques du béton en traction ont toujours été
négligées dans le calcul des structures [51].
 Les essais en traction sont couramment plus difficiles à mettre en œuvre étant
donné le caractère fragile du béton notamment la fixation [52].

Les chercheurs ont parfois recouru à d’autres alternatives pour remédier à cette
méconnaissance comme les essais de traction par flexion ou par fendage [53]. Néanmoins,
l’identification du fluage spécifique est vraiment difficile en pratiquant ce genre d’essais [28].
L’essai du fluage en flexion ne fournit qu’une idée sur le comportement structurel du béton et
ne permettant pas l’identification des différents mécanismes associés à cause des effets
combinés de la compression et de la traction [54]. Alors, il est important de se poser la
question si le fluage en traction est largement identique au fluage conventionnel (en
compression), question qui, à ce jour, n’a pas encore reçu de réponse finale. Ce qu’il faut
retenir au temps actuel d’après la littérature, les paramètres du fluage en traction sont admis
semblables aux paramètres du fluage en compression [55][56].
19
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

1.5.2.5 Facteur influençant le fluage


Le fluage du béton est influençable par plusieurs paramètres dont l’interaction est
fortement compliquée. Nous citons ci-dessous quelques principaux éléments dont dépend le
phénomène en question :

 Age et intensité du chargement, t0.


 Influence du rapport (Eau/Ciment).
 Dosage et type du ciment.
 Influence de la fumée de silice.
 Influence des adjuvants.
 Influence de la température.
 Influence de l’humidité ambiante.

1.6 CONCLUSION

La présente synthèse bibliographique montre un ensemble de connaissances permettant,


d’une part, la définition du caractère artificiel et hétérogène du matériau béton dont
l’apparition est vraiment ancienne et, d’autre part, l’exploration de son aspect différé. Cet
aspect est conventionnellement fractionné en deux parties. La première est la conséquence
directe d’un chargement externe, appelé ‘’ fluage ‘’, la deuxième est indépendante de toute
contrainte externe, appelée ‘’retrait‘’.

Une simple définition peut être accordée à ce matériau, à savoir : ‘’le béton est un matériau
évolutif qui doit subir au jeune âge des modifications brusques et des transformations
structurales rapides qui s’enchainent suivant des processus bien définis. Cette évolution est
régie uniquement par l’ajout de l’eau au ciment. Ce contact donnera une pâte spécifique dotée
d’une structure interne très complexe.

La matière liante ’’ciment’’ est un mélange du clinker et du sulfate de calcium, ce dernier


est injecté pour apaiser la vitesse de la prise. La structure globale du béton est élevée par deux
phases, la phase liante qu’elle constitue la pâte de ciment durcie (matrice cimentaire) et une
phase granulaire (granulat). Le contact du ciment à l’eau crée une réaction exothermique
appelée ‘’Hydratation du ciment’’. Cette réaction fournit principalement des hydrates qui sont
fortement dépendants des constituants du clinker.

Le contact du constituant majoritaire du ciment à l’eau induit des hydrates comme ‘’les
silicates de calcium hydratées (C-S-H)’’. Suite à leurs surfaces spécifiques Blaine différentes,
ces hydrates sont à l’origine du pouvoir adhérant de la pâte de ciment. De plus, ces produits

20
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

sont qualifiés comme le générateur principal des caractéristiques mécaniques du béton. Dans
une pâte de ciment, les C-S-H présentent un comportement visqueux significatif d’un ordre de
grandeur plus important que celui de l’état élastique. L’ordre décroissant de la quantité des
hydrates formés est : C-S-H, portlandite, ettringite et mono sulfoaluminate.

La structure du béton est poreuse. Le réseau poreux est un paramètre déterminant dans les
déformations différées : retrait et fluage. Le séchage du béton n’est que le résultat d’un
déséquilibre hygrométrique entre l’intérieur et extérieur du matériau. À l’intérieur du béton,
l’eau devient multiformes.

Maintenir une sollicitation axiale de compression sur le béton excitera l’évolution de la


déformation initiale. Il s’agit d’une aptitude incontournable pour ce matériau. La nature de sa
structure le rend prédisposé amplement, durant sa vie, à ce phénomène dont la provenance est
liée à des multiples processus physico-chimiques et physico-mécaniques très compliqués et
qui sont appelés les mécanismes moteurs de fluage.

L’eau renfermée dans le béton est étroitement impliquée dans les mécanismes de fluage du
béton et de sa viscoélasticité. Ce constat rend la décomposition de la déformation mécanique
évolutive, en fluage propre et fluage de dessiccation, très rationnelle. Chaque composante
correspond à une configuration de conservation singulière. Cette distinction est justifiable du
fait que le fluage du béton est très sensible à l’humidité relative interne. Les deux
composantes du fluage évoluent suivant des mécanismes distincts. Comparativement au
fluage en compression, le fluage en traction et/ou en flexion est moyennement voire même
faiblement abordé dans la littérature. Ceci est dû à la spécificité et la à difficulté de son aspect
expérimental. Selon quelques études de recherche, les paramètres du fluage en traction
peuvent être déduits à partir du fluage conventionnel correspond à la compression.

En tenant compte de son caractère évolutif, le béton est un matériau vieillissant. A court et
à long terme, le vieillissement amoindrit potentiellement la faculté du béton au fluage et au
recouvrement. Que le fluage procure au béton un effet bénéfique ou préjudiciable vis-à-vis de
sa résistance à la compression, ceci n’est pas encore précisé en littérature. Sous un
chargement élevé, le fluage s’effectuera suivant trois vitesses différentes et qui sont associées
à trois phases (primaire, secondaire et tertiaire). Sous un chargement modéré, on pourra
admettre la proportionnalité entre le fluage et la contrainte (phase primaire).

Quant aux facteurs dont dépend le fluage, il a été constaté que les avis de la littérature
semblent, parfois, contradictoires et incohérents. Les phénomènes physico-chimiques et

21
Chapitre I Faculté du béton au fluage (Définitions)

physico-mécaniques inhérents au comportement différé des bétons sont encore loin d’être
nettement éclaircis, ils sont moyennement explorés à l’heure actuelle. Le fluage qui se situe à
l’échelle de la pâte de ciment est difficilement explicable, le nombre important des processus
annoncés en littérature peut conforter notre constat. Donc, sans vouloir remettre en cause les
efforts déployés ou bien sous-estimés, notre recherche bibliographique montre clairement que
la recherche dans le domaine du fluage est encore loin d’avoir livré toutes ses potentialités.
Néanmoins, on peut dire qu’hormis le comportement phénoménologique en lui-même, le
phénomène principal régissant le fluage et le retrait est rattaché à la diffusion de l’eau libre à
travers le système poreux et à travers l’environnement extérieur.

Le fluage propre, le fluage de dessiccation et le retrait sont toujours analysés en supposant


que ces phénomènes sont indépendants des uns aux autres, alors que cela n’est pas exact.
Actuellement, la communauté scientifique est contente par la superposition classique de ces
phénomènes différés en se basant sur des éprouvettes témoins, alors que ces phénomènes
rhéologiques naissent à la fois en même milieu microscopique et ils se développent
conjointement.

Enfin, d’après l’analyse bibliographique, signalons que trois hypothèses élémentaires pour
notre travail de modélisation se trouvent largement justifiées, à savoir :

 La vieillesse du béton.
 La ressemblance entre le fluage en traction et en compression.
 En phase primaire, le fluage est proportionnel à la contrainte du chargement.

22
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

CHAPITRE II

FORMULATION DE BASE ET MODELES PREDICTIFS

2.1 INTRODUCTION

Depuis la découverte du fluage des bétons durcis, la communauté scientifique essaie constamment
de s’enquérir des mécanismes qui sont à l’origine du fluage et cherche sans cesse à déterminer les
paramètres associés à ce phénomène. Après plus de trois quarts de siècle de recherche, les
connaissances accumulées sur le phénomène du fluage ont beaucoup aidé les spécialistes du domaine à
améliorer la conception du béton dans le but de trouver des procédés adéquats permettant d’élucider
plus rationnellement ce phénomène. Ainsi, on peut dire que l’exploration du fluage reste insuffisante si
l’effet de son évolution n’est pas minutieusement et logiquement étudié de manière à ce qu’il soit
sérieusement pris en considération dans les calculs et la formulation des bétons.

Au départ, l’effet du fluage n’était pas réellement considéré. Mais, avec l’arrivée de nouvelles
méthodes et techniques de conception et de construction, en plus des structures de plus en plus
innovantes et de formes spécifiques, il s’est avéré primordial de bien investiguer l’état de fluage des
éléments constitutifs à court, moyen et long termes. Malheureusement, les effets à long terme ne sont
pas des phénomènes simples à maitriser, et encore moins faciles à modéliser. La technique d’analyse
de l’effet de fluage dans un élément, partiellement ou entièrement en béton, requiert :

 La formulation mathématique du fluage.


 La détermination du taux de fluage.
 Le développement de la loi du fluage.
La quantification des déformations dues au fluage représente aussi une question complexe et, bien
que de nombreuses recherches aient été effectuées, la précision des modèles prédictifs reste peu fiable,
surtout à long terme, car en général ils sont simplifiés afin d’être adaptés à la résolution de problèmes
spécifiques. L’aspect approximatif de ces modèles va certainement se répercuter largement sur la
détermination précise des effets de fluage sur une structure de construction unique ou bien composée.
Par conséquent, la modélisation temporelle à moyen et à long termes, des effets structuraux liés au
fluage, restera une tâche délicate à mener en raison d’un ensemble de facteurs qui interagissent
simultanément.

23
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

Dans le présent chapitre, on s’intéressera particulièrement à quelques questions liées à la prévision


du fluage, et qui sont nécessaires à l’étude des propriétés viscoélastiques du matériau béton. Dans un
premier temps, l’aspect phénoménologique du comportement différé du béton (fluage et relaxation) est
présenté pour différentes configurations de chargement, à savoir un chargement constant, un
chargement variable et un chargement quelconque. Nous montrons que dans le cas d’un chargement
quelconque, le concept des déformations différées dues au fluage peut être explicité par l’exploitation
du principe de superposition dans le but de développer l’équation finale de fluage. Un facteur de
disproportionalité entre la contrainte appliquée et la déformation par fluage mesurée est discuté dans le
cas où le fluage sort du régime primaire pour passer au régime secondaire. Dans cette partie, la
relation entre le fluage et la relaxation est également clairement exprimée. Ensuite, quelques méthodes
couramment employées dans la prédiction du fluage sont exposées. L’effet du choix du module
d’élasticité sur le fluage est aussi évoqué. Nous tentons aussi de rappeler les hypothèses et critères
admis dans l’élaboration de méthodes approchées. Pour terminer, nous essayons de développer deux
modèles prédictifs, parmi les plus couramment employés.

2.2 FORMULATION DU FLUAGE

La caractérisation du comportement différé du béton fait intervenir plusieurs définitions


qui doivent faire l’objet des précisions. Il faut savoir que la réponse différée du béton peut
être différente selon qu’on lui impose une charge ou une contrainte constante [57]. Ces
changements de conduite sont notamment observés, à titre d’exemple, dans la cinétique du
fluage [58]. Néanmoins, maintenir un échantillon de béton sous une contrainte (effective)
constante ce n’est pas pratique du tout du fait de la déformabilité transversale et de
l’endommagement éventuel du matériau au cours d’un essai de fluage. A propos de la
déformation transversale, Benboudjama [59] précise que le coefficient de poisson varie
beaucoup dans l’intervalle -0.5 à +0.5 et qu’à l’évidence, il ne peut pas être considéré comme
étant nul. De plus, cette grandeur augmente continuellement dans le temps pour un niveau de
chargement élevé [60]. C’est pour cette raison la caractérisation du fluage se fait dans la
plupart des cas à l’aide d’un effort axial constant. Un fluage typique est montré à la figure
(2.1).

24
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

b(t)

εbf(t,t0)

εb(t,t0)

εbt(t,t0)
εbel(t0)

εbr (t)
temps (j)
 t0 t
Fig 2.1 : Fluage conventionnel du béton.

En équation (Eq.1), la déformation mécanique, b(t,t0), correspond à la déformation


obtenue à l’instant t lorsqu’on soustrait à la déformation totale, bt(t,t0), d’une éprouvette
chargée à l’instant t0 le retrait, br(t), mesuré sur une éprouvette témoin. Cette hypothèse est
souvent contestée en littérature mais son principal mérite est de simplifier grandement
l’interprétation de l’aspect différé du béton qui peut afficher une grande interférence entre le
retrait et le fluage.

𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜀𝑏𝑡 (𝑡, 𝑡0 ) − 𝜀𝑏𝑟 (𝑡) = 𝜀𝑏𝑒𝑙 (𝑡0 ) + 𝜀𝑏𝑓 (𝑡, 𝑡0 ) (1)

Avec:

t0 : Instant du chargement ; t: Temps de mesure

La déformation mécanique, b(t,t0), contient la réponse immédiate du béton, bel(t0),


produite à l’instant du chargement, t0, et la réponse différée qui fait suite à la première et se
poursuit dans le temps tant que l’éprouvette est désormais chargée, bf(t,t0). La déformation
instantanée est obtenue de manière classique en faisant le rapport de la contrainte appliquée
par le module d’Young du matériau, Eb(t0), correspond à l’instant du chargement, t0.Le fluage
du béton de l’équation (Eq.2), bf(t,t0), est obtenu en gardant un module de résistance, Eb(t0),
constant durant toute la durée du chargement, (t-t0).
𝜎 (𝑡 )
𝜀𝑏𝑓 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) − 𝜀𝑏𝑒𝑙 (𝑡0 ) = 𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) − 𝐸𝑏 (𝑡0) (2)
𝑏 0

Tandis que la déformation visqueuse de l’équation (Eq.3), bfv(t,t0), est telle qui a lieu
lorsque l’évolution du module d’Young du matériau, Eb(t), au cours du temps est prise en
compte [61].

25
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

𝜎𝑏 (𝑡0 )
𝜀𝑏𝑓𝑣 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) − 𝜀𝑏𝑒𝑙 (𝑡0 ) = 𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) − (3)
𝐸𝑏 (𝑡)

2.2.1 Fluage sous charge constante


La valeur du fluage est reportée dans les différents modèles prédictifs selon trois formes:
soit par le coefficient du fluage soit au moyen du fluage spécifique ou bien la complaisance de
fluage. Pour des niveaux de contraintes inférieurs, bien précis en littérature, le fluage est
toujours proportionnel à la contrainte appliquée et la formulation du coefficient de fluage,
(t,t0), est indépendante de la contrainte. Ainsi, la durée du chargement (t-t0) est déterminante
dans l’évaluation de ce coefficient [81]. Le fluage unidirectionnel est écrit par une simple loi
de comportement, l’équation (Eq.1) prend la forme suivante :
𝜀𝑏𝑓 (𝑡,𝑡0 )
𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜀𝑏𝑒𝑙 (𝑡0 ) (1 + ) (4)
𝜀𝑏𝑒𝑙 (𝑡0 )

Ou bien, en fonction du coefficient de fluage ou la complaisance, respectivement:


𝜎 (𝑡 )
𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝐸𝑏 (𝑡0) (1 + 𝜑(𝑡, 𝑡0 )) (5)
𝑏 0

𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜎𝑏 (𝑡0 )𝐽(𝑡, 𝑡0 ) (6)

𝜎 (𝑡 )
𝜀𝑏𝑒𝑙 (𝑡0 ) = 𝐸𝑏 (𝑡0) (7)
𝑏 0

Avec :

(t,t0): Coefficient de fluage ; J(t,t0) : Fonction de fluage ou complaisance.

Lorsque la contrainte dépasse le seuil de la proportionnalité, le coefficient de fluage n’est


plus indépendant de la contrainte appliquée :

𝜑(𝜎𝑏 , 𝑡, 𝑡0 ) = 𝐹(𝜎𝑏 )𝜑(𝑡, 𝑡0 ) (8)

Par conséquent, la complaisance non linéaire prend la forme suivante:


1
𝐽(𝜎𝑏 , 𝑡, 𝑡0 ) = 𝐸 (1 + 𝐹(𝜎𝑏 )𝜑(𝑡, 𝑡0 )) (9)
𝑏 (𝑡0 )

F(σb): Facteur de disproportion dépend de la contrainte appliquée, σb(t0).

Le facteur de disproportion est écrit analytiquement suivant deux formes, telles que:

𝜎 (𝑡 ) 2
1+( 𝑏 (𝑡0 ))
𝑓𝑐𝑚 0
𝐹(𝜎𝑏 ) = 𝜎 (𝑡 ) 10 Par Bazant et Prasannan [62] (10)
1−( 𝑏 (𝑡0 ))
𝑓𝑐𝑚 0

26
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

𝜎 (𝑡 ) 5
1+3( 𝑏 (𝑡0 ))
𝑓𝑐𝑚 0
𝐹(𝜎𝑏 ) = 𝜎 (𝑡 ) 10 Par Bazant et Kim [63] (11)
1−( 𝑏 (𝑡0 ))
𝑓𝑐𝑚 0

A partir des graphes expérimentales de Grasser et Kraemer [64], Diener [65] a développé
une méthode empirique pour calculer le facteur d'augmentation du fluage, F(σb). Le
coefficient (t,t0)traduit le pourcentage de fluage, bf(t,t0), par rapport à la déformation
élastique, bel(t0).Le fluage spécifique est donné en équation (Eq.12), C(t,t0), appelé aussi le
taux de fluage ou bien l’écoulement lent du béton [66]. Cette quantité présente la déformation
spécifique engendrée au moment ‘’t’’ par une contrainte égale à l’unité.
𝜀𝑏𝑓 (𝑡,𝑡0 )
𝐶(𝑡, 𝑡0 ) = (12)
𝜎𝑏 (𝑡0 )

La complaisance de l’équation (Eq.13) sert à montrer la proportionnalité, si elle existe,


entre la contrainte et le fluage. Cette fonction révèle la déformation totale causée par une
contrainte égale à l’unité, sa forme d’écriture est recommandée dans l’ajustement des modèles
réglementaires conçus pour prédire le fluage des bétons car elle contient la complaisance
élastique, (1/Eb(t0)).
𝜀𝑏 (𝑡,𝑡0 )
𝐽(𝑡, 𝑡0 ) = (13)
𝜎𝑏 (𝑡0 )

La fonction de fluage ou la complaisance, J(t,t0), est choisie selon le code réglementaire


retenu pour prédire la valeur du fluage. Trois formes d’écriture ont été recensées en littérature,
une fonction écrite par la somme de la complaisance élastique, (1/Eb(t0)), et le fluage
spécifique, C(t,t0), une deuxième est exprimée par le coefficient de fluage, φ(t,t0) :
1
𝐽(𝑡, 𝑡0 ) = 𝐸 + 𝐶(𝑡, 𝑡0 ) (14)
𝑏 0)
(𝑡

1+𝜑(𝑡,𝑡0 )
𝐽(𝑡, 𝑡0 ) = (15)
𝐸𝑏 (𝑡0 )

D’autres modèles règlementaires européens utilisent également le coefficient de fluage,


mais ce dernier l’on définit cette fois-ci par rapport à la déformation instantanée en admettant
que le chargement est appliqué à l’âge de 28 jours :
𝜀𝑏𝑓 (𝑡,𝑡0 )
𝜑(𝑡, 𝑡0 ) = 𝜀 (16)
𝑏𝑒𝑙 (𝑡0 =28𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠)

Donc, la fonction de fluage associée est la suivante :


1 𝜑(𝑡,𝑡0 )
𝐽(𝑡, 𝑡0 ) = 𝐸 +𝐸 (17)
𝑏 0)
(𝑡 (𝑡
𝑏 0 =28𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠)

27
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

Lors d’un déchargement à l’instant ‘d’, voir la figure 1.1, il s’ensuit un retour de
déformation appelé recouvrance qui comprend, également au fluage, un retour immédiat
(recouvrance instantanée) et puis un retour très lent (recouvrance différée). La recouvrance se
différencie toutefois du fluage de par leur cinétique respective [67]. Elle n’est jamais totale
puisqu’il subsiste toujours une déformation résiduelle lorsqu’une éprouvette ayant déjà subie
une contrainte soutenue, même sur une courte durée, est complètement déchargée [68]. La
recouvrance finale est fonction de l’instant du déchargement ‘d’.Cette relation est
inversement proportionnelle à cause du vieillissement du matériau. C’est pourquoi, quelques
auteurs préfèrent au fluage la définition phénoménologique suivante: ‘’il s’agit d’une
déformation progressive, et par hypothèse, on l’admet comme irréversible et parfois même
plastique non recouvrable’’[69]. Signalons qu’une interférence, entre le fluage et la
recouvrance, est possible en cas d’un déchargement partiel [67]. À partir des équations
(Eq.04), (Eq.05), (Eq.07) et (Eq.12), on peut écrire:
𝜎 (𝑡 )
𝜀𝑏𝑓 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑(𝑡, 𝑡0 )𝜀𝑏𝑒𝑙 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑(𝑡, 𝑡0 ) 𝐸𝑏 (𝑡0) = 𝐶(𝑡, 𝑡0 )𝜎𝑏 (𝑡0 ) (18)
𝑏 0

De l’égalité (18), on peut exprimer la relation entre le fluage spécifique et le coefficient de


fluage:
𝜑(𝑡,𝑡0 )
𝐶(𝑡, 𝑡0 ) = (19)
𝐸𝑏 (𝑡0 )

2.2.2 Fluage sous un chargement variable


Un système, (Echantillon +chargement+déformation), est dit linéaire si à une combinaison
linéaire de deux excitations quelconques correspond la combinaison linéaire homologue des
deux réponses élémentaires associées. Ce raisonnement est dit principe de superposition et
revient à Boltzmann [70]. Ce concept est applicable lorsque le chargement est exercé suivant
un programme bien défini et la complaisance propre est indépendante de la contrainte du
chargement. Généralement, deux cas de chargement peuvent se présenter :

2.2.2.1 Chargement en escalier


Un échelon de chargement en palier est montré à la figure 2.2. L’éprouvette est supposée
soumise à l’instant initiale, t0, à un chargement axial provoquant une contrainte normale
initiale, bt0, et ensuite au temps t0 une contrainte additionnel est provoquée, Δσb().
L’équation (20) donne la contrainte normale totale, b:

𝜎𝑏 (𝜏) = 𝜎𝑏 (𝑡0 ) + ∆𝜎𝑏 (𝜏) (20)

28
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

b(t) F()

Δb()

b(t0)
temps (j)
t0  t

Fig 2.2: Principe de superposition.

La figure 2.3 expose les taux de fluage, C(t,t0) et C(t,), correspondent au programme de
chargement de la figure 2.2.

Δb().C(t,)
b(t)
Δb() / Eb()

b(t0).C(t,t0)
b(t0) / Eb(t0)

temps (j)
t0  t

Fig 2.3: Fluage par superposition.

Dans le cadre d’un chargement modéré, qui ne peut atteint le seuil de la non-linéarité, le
principe de superposition est exploité pour écrire la déformation entière, instantanée et
différée, dans le béton au temps choisi :
𝜎 (𝑡 ) ∆𝜎𝑏 (𝜏)
𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜀𝑏𝑡 (𝑡, 𝑡0 ) − 𝜀𝑏𝑟 (𝑡) = 𝐸𝑏 (𝑡0) + 𝜎𝑏 (𝑡0 )𝐶(𝑡, 𝑡0 ) + + ∆𝜎𝑏 (𝜏)𝐶(𝑡, 𝜏) (21)
𝑏 0 𝐸𝑏 (𝜏)

Tenons compte les équations (Eq.5) et (Eq.6), la déformation entière de l’équation (Eq.21)
pourra être redonnée en fonction du coefficient de fluage et la complaisance du fluage :
1+𝜑(𝑡,𝑡0 ) 1+𝜑(𝑡,𝜏)
𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜀𝑏𝑡 (𝑡, 𝑡0 ) − 𝜀𝑏𝑟 (𝑡) = 𝜎𝑏 (𝑡0 ) ( ) + ∆𝜎𝑏 (𝜏) ( 𝐸 ) (22)
𝐸𝑏 (𝑡,𝑡0 ) 𝑏 (𝑡,𝑡0 )

𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜀𝑏𝑡 (𝑡, 𝑡0 ) − 𝜀𝑏𝑟 (𝑡) = 𝜎𝑏 (𝑡0 )𝐽(𝑡, 𝑡0 ) + ∆𝜎𝑏 (𝜏)𝐽(𝑡, 𝜏) (23)

 : Variable indépendante, telle que (t0 t)

29
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

2.2.2.2 Chargement quelconque


La figure 2.4 présente le cas d’un chargement de forme quelconque, σb(t). Sachant que la
contrainte est nulle pour tt0, l’accroissement de contrainte [Δσb=σb’()d] entre la période 
et (+d) provoque, au temps t, un raccourcissement unitaire égal à [σb’()d/Eb(t,)].

b(t)

b()

b()

temps (j)
0 t0  d t
Fig 2.4: Programme de chargement quelconque.


Il en résulte qu’au temps t, le raccourcissement unitaire total du béton, εb(t), pourra être
écrit en fonction du coefficient de fluage, t,t0, la complaisance, Jt,t0, et le taux de fluage,
C(t,t0):
1+𝜑(𝑡,𝑡0 ) 𝑡 𝑑𝜎𝑏 (𝜏) 1+𝜑(𝑡,𝜏)
𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜎𝑏 (𝑡0 ) ( ) + ∫𝑡 ( 𝐸 (𝜏) ) 𝑑𝜏 (24)
𝐸𝑏 (𝑡0 ) 0 𝑑𝜏 𝑏

𝑏 0 𝜎 (𝑡 ) 𝑡 𝑑𝜎𝑏 (𝜏) 1 𝑡 𝑑𝜎𝑏 (𝜏)


𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = ̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅ + ∫𝑡 ̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅ 𝑑𝜏 = 𝜎𝑏 (𝑡0 )𝐽(𝑡, 𝑡0 ) + ∫𝑡 𝐽(𝑡, 𝜏)𝑑𝜏 (25)
𝐸 (𝑡,𝑡 )𝑏 0 0 𝑑𝜏 𝐸𝑏 (𝑡,𝜏) 0 𝑑𝜏

1 𝑡 𝑑𝜎𝑏 (𝜏) 1
𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜎𝑏 (𝑡0 ) (𝐸 + 𝐶(𝑡, 𝑡0 )) + ∫𝑡 (𝐸 + 𝐶(𝑡, 𝜏)) 𝑑𝜏 (26)
𝑏 (𝑡0 ) 0 𝑑𝜏 𝑏 (𝜏)

Avec:
1 1
𝐽(𝑡, 𝑡0 ) = ̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅
(𝑡,𝑡 )
= + 𝐶(𝑡, 𝑡0 ) : Fonction de fluage correspond au chargement initial.
𝐸𝑏 0 𝐸𝑏 (𝑡0 )

1 1
𝐽(𝑡, 𝜏) = ̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅
𝐸 (𝑡,𝜏)
=𝐸 + 𝐶(𝑡, 𝜏) : Fonction de fluage correspond à un incrément de chargement.
𝑏 𝑏 (𝜏)

30
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

L’équation (Eq.26) est dite l’équation intégrale de Boltzmann. Une intégration par partie
permet d’exprimer le raccourcissement unitaire, ɛbt,de la façon suivante :

𝜎 (𝑡)
𝑏 𝑡 𝜕 1 𝜎 (𝑡) 𝑡 𝜕 1
𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = ̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅ − ∫𝑡 𝜎𝑏 (𝜏) 𝜕𝜏 [̅̅̅̅̅̅̅̅̅̅ ] 𝑑𝜏 = 𝐸𝑏 (𝑡) − ∫𝑡 𝜎𝑏 (𝜏) 𝜕𝜏 (𝐸 + 𝐶(𝑡, 𝜏)) 𝑑𝜏 (27)
𝐸 (𝑡,𝑡)
𝑏 0 𝐸 (𝑡,𝜏) 𝑏 𝑏 0 𝑏 (𝜏)

Il s’agit de l’équation intégrale de Volterra, elle pourra être réécrite aussi en fonction du
coefficient de fluage, telle que:
𝜎 (𝑡) 𝑡 𝜕 1
𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝐸𝑏 (𝑡) − ∫𝑡 𝜎𝑏 (𝜏) 𝜕𝜏 𝐸 (1 + 𝜑(𝑡, 𝜏))𝑑𝜏 (28)
𝑏 0 𝑏 (𝜏)

Pour les deux équations de fluage (Eq.27) et (Eq.28), la dérivée qui figure sous le signe
d’intégration est toujours négative [69]. Pour un matériau qui flue sans vieillissement, les
équations (Eq.26) et (Eq.27) s’écrient par :

1 𝑡 𝑑𝜎𝑏 (𝜏) 1
𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜎𝑏 (𝑡0 ) (𝐸 (𝑡−𝑡
+ 𝐶(𝑡 − 𝑡0 )) + ∫𝑡 (𝐸 + 𝐶(𝑡 − 𝜏)) 𝑑𝜏 (29)
𝑏 0) 0 𝑑𝜏 𝑏 (𝑡−𝜏)

𝜎𝑏 (𝑡) 𝑡 𝜕 1
𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝐸 − ∫𝑡 𝜎𝑏 (𝜏) 𝜕𝜏 (𝐸 + 𝐶(𝑡 − 𝜏)) 𝑑𝜏 (30)
𝑏 (𝑡−𝑡) 0 𝑏 (𝑡−𝜏)

2.2.3 Relaxation sous une déformation constante


On parle de relaxation si un déplacement (ou une déformation) constant(e) dans le temps
est imposé(e) à un échantillon en béton. Pour un tel chargement, la réponse différée du
matériau se traduit par une baisse dans la valeur initiale de la contrainte interne conséquente,
σb(t0).Ce relâchement dans les contraintes est montré par la figure 2.5. De même que pour la
recouvrance, la relaxation présente également quelques différences par rapport au fluage,
même si les deux traduisent le même phénomène physique correspondant au comportement
différé d’un matériau. Pour ce qui est du vieillissement tout comme pour le fluage,
l’instant‘t0’est très déterminant pour la valeur finale de la contrainte libérée, [Δσb(t)] [71].

En littérature, on ne dispose que de très peu de données expérimentales sur la relaxation


des bétons du fait de la difficulté de mise en œuvre d’un tel essai. Ceci explique pourquoi les
expressions proposées pour la relaxation dépendent à chaque fois aux essais du fluage, qui
sont plus faciles à entreprendre. Contrairement au béton, l’acier destiné à la construction est
considéré comme un matériau non vieillissant. Sa relaxation ne dépendra que de l’intervalle
de temps écoulé (t-t0). Ici, il est intéressant de signaler qu’aux états limites de service, les
éléments de la construction métallique et les armatures passives présentent des valeurs de
fluage et de relaxation très faibles voire même nulles [71].

31
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

Alors, la contrainte spontanée, σb(t0),correspond à la déformation permanente exercée à


l’instant t0, b(t0), est écrite par: (voir figure 2.5)

𝜎𝑏 (𝑡0 ) = 𝜀𝑏 (𝑡0 )Eb (t 0 ) (31)

b(t)  b(t)
 b(t0)

 b()
 b(t)

b(t0)

 b()
 b(t)

0 t0 t temps (j) 0 t0  t temps (j)


Fig. 2.5 :Phénomène de la relaxation.

Du fait de la relaxation du matériau, la contrainte de l’équation (31) diminue dans le temps


et devient égale à : (pour t˃t0)

𝜎𝑏 (𝑡) = 𝜎𝑏 (𝑡0 ) − ∆𝜎𝑏 (𝑡) (32)

La substitution de l’équation (Eq.31) donnera :


∆𝜎𝑏 (𝑡)
𝜎𝑏 (𝑡) = 𝜀𝑏 (𝑡0 )Eb (t 0 ) (1 − 𝜎 ) = 𝜀𝑏 (𝑡0 ) 𝑅(𝑡, 𝑡0 ) (33)
𝑏 (𝑡0 )

Où R(t,t0) est la fonction de relaxation. Cette fonction représente la contrainte à l'âge t suite
à la déformation unitaire constante introduite à l'âge t0 pendant la période (t-t0).
∆𝜎𝑏 (𝑡)
𝑅(𝑡, 𝑡0 ) = Eb (t 0 ) (1 − 𝜎 ) = Eb (t 0 )(1 − r(t, t 0 )) (34)
𝑏 (𝑡0 )

A l’instant initial, t0, on peut admettre :

𝑅(𝑡0 , 𝑡0 ) = Eb (t 0 ) (35)

La quantité r(t,t0) exprime le coefficient de relaxation. Finalement, au bout de la période


considérée, (t-t0), la contrainte résiduelle, σb(t), peut être exprimée comme suit:

𝜎𝑏 (𝑡) = 𝜎𝑏 (𝑡0 )(1 − r(t, t 0 )) (36)

2.2.4 Relaxation sous une déformation variable


La déformation imposée au béton dans ce cas, déjà nulle pour tt0,soit égale à εbt pour
tt0. L’accroissement de déformation, [εb=εb’d], entre la période  et +d engendrera

32
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

une contrainte supplémentaire, [Rt,εb]. Il en résulte qu’au temps t la contrainte finale a


pour expression l’équation (Eq.37), écrite en fonction du coefficient de relaxation :
𝑡 𝑑𝜀𝑏 (𝜏)
𝜎𝑏 (𝑡) = 𝜀𝑏 (𝑡0 )𝐸𝑏 (𝑡, 𝑡0 )(1 − 𝑟(𝑡, 𝑡0 )) + ∫𝑡 𝐸𝑏 (𝑡, 𝜏)(1 − 𝑟(𝑡, 𝜏))𝑑𝜏 (37)
0 𝑑𝜏

Ou bien, en fonction de la complaisance en relaxation :


𝑡 𝑑𝜀𝑏 (𝜏)
𝜎𝑏 (𝑡) = 𝜀𝑏 (𝑡0 )𝑅(𝑡, 𝑡0 ) + ∫𝑡 𝑅(𝑡, 𝜏)𝑑𝜏 (38)
0 𝑑𝜏

Une intégration par partie de l’équation (Eq.37) permet d’écrire la relaxation sous la forme
de l’équation intégrale de Volterra :
𝑡 𝜕𝑅(𝑡,𝜏)
𝜎𝑏 (𝑡) = 𝜀𝑏 (𝑡)𝑅(𝑡, 𝑡) − ∫𝑡 𝜀𝑏 (𝜏) 𝑑𝜏 (39)
0 𝜕𝜏

Contrairement au fluage, la dérivée qui figure sous l’intégrale est toujours positive. Le
premier terme de l’équation (Eq.39) exprime la contrainte spontanée associée à la quantité de
la déformation (déplacement) à l’instant t et le second traduit un effet de mémoire
évanescente de tout l’historique jusqu’à l’instant t ; il s’agit donc le comportement du
matériau à la relaxation [72]. Nous pouvons aussi donner l’équation de Volterra en
relaxation(Eq.39) en fonction du coefficient de relaxation, rt,t0, [73]:
𝑡 𝜕𝑟(𝑡,𝜏)
𝜎𝑏 (𝑡) = 𝜀𝑏 (𝑡)𝐸𝑏 (𝑡, 𝑡) − ∫𝑡 𝜀𝑏 (𝜏)𝐸𝑏 (𝑡, 𝜏) 𝑑𝜏 (40)
0 𝜕𝜏

2.2.5 Relation Fluage/Relaxation


On ne peut disposer toujours simultanément les fonctions de fluage et de relaxation. Donc,
déduire l’une à partir de l’autre est très possible [43]. Si une déformation constante, choisie
égale à l’unité, est exercée sur un échantillon, l’équation (Eq.39) devient:
𝑡 𝜕𝑅(𝑡,𝜏)
𝜎𝑏 (𝑡) = 𝑅(𝑡, 𝑡0 ) − ∫𝑡 𝑑𝜏 (41)
0 𝜕𝜏

Intégrons l’équation (Eq.41) pour écrire la contrainte à t :

𝜎𝑏 (𝑡) = 𝑅(𝑡, 𝑡) − [𝑅(𝑡, 𝜏)]𝜏=𝑡


𝜏=𝑡0 = 𝑅(𝑡, 𝑡0 ) (42)

Substituons l’équation (Eq.42) dans l’équation (Eq.27) pour obtenir la première relation
entre le fluage et la relaxation :
𝑡 𝜕𝐽(𝑡,𝜏)
𝐽(𝑡, 𝑡)𝑅(𝑡, 𝑡0 ) − ∫𝑡 𝑅(𝜏, 𝑡0 ) 𝑑𝜏 = 1 (43)
0 𝜕𝜏

Une deuxième relation est possible. En premier temps, nous supposons que la contrainte de
l’équation alternative de fluage (Eq.27) est égale à l’unité, telle que:

33
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

𝑡 𝜕𝐽(𝑡,𝜏)
𝜀𝑏 (𝑡) = 𝐽(𝑡, 𝑡) − ∫𝑡 𝑑𝜏 (44)
0 𝜕𝜏

Intégrons cette équation pour écrire le fluage à t :

𝜀𝑏 (𝑡) = 𝐽(𝑡, 𝑡) − [𝐽(𝑡, 𝜏)]𝜏=𝑡


𝜏=𝑡0 = 𝐽(𝑡, 𝑡0 ) (45)

Injectons l’équation (Eq.45) dans l’équation (Eq.39) pour obtenir la deuxième relation:
𝑡 𝜕𝑅(𝑡,𝜏)
𝑅(𝑡, 𝑡)𝐽(𝑡, 𝑡0 ) − ∫𝑡 𝐽(𝜏, 𝑡0 ) 𝑑𝜏 = 1 (46)
0 𝜕𝜏

La résolution de ce genre d’équations est faite par des méthodes purement numériques bien
précises [43]. Un organigramme de résolution est offert à la référence [73]. La présentation
des deux relations (Eq.43 et Eq.46) en fonctions des coefficients associés, (t,t0) et r(t,t0), est
ainsi possible.

2.3 CALCUL DU FLUAGE

L’estimation du fluage des bétons s’appuie sur l’établissement des méthodes


prévisionnelles construites à partir des études expérimentales effectuées sur une courte durée.
Ces méthodes représentent un ensemble d’équations de base associées à chaque facteur
pouvant influencer la réponse différée du béton. Ces équations élémentaires changent de
forme selon la norme ou la méthode retenue. Le produit de ces équations ne peut donner
qu’une expression mathématique qui dépend du temps et de l’adaptation de coefficients
empiriques [74]. Cette expression ne peut être que le coefficient ou la fonction de fluage. La
fonction temporelle trouvée permet la prédiction du fluage en tenant compte de nombreux
paramètres relatifs aux caractéristiques du béton (type de liant, conditions environnementales
et la sollicitation mécanique) [75]. Quatre principaux facteurs sont considérés dans le
montage des modèles estimatifs:

 L’épaisseur de la section efficace, h0.


 L’humidité relative ambiante en %, RH.
 L’âge du béton (t0) à l’instant du chargement.
 La durée du chargement (t-t0).

La variété des bétons a fait que ces méthodes prévisionnelles doivent avoir différents
degrés de précision. Très important de noter que l’ensemble des modèles, mis à la disposition
des ingénieurs exerçants, sont volontairement simplifiés afin d’être utilisés aisément dans les
structures à usage courant. Ils sont simplifiés et adaptés à la résolution de problèmes
spécifiques. Nous tenons aussi à signaler qu’un ensemble de facteurs fait que la quantification

34
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

du fluage ne peut échapper entièrement à l’incertitude des calculs, tels que : effet d’échelle,
conditions climatiques du stockage (qui ne peuvent se ressembler aux conditions
environnementales réelles)et la spécificité des essais de fluage. Par ailleurs, la fluctuation des
mesures extenso-métriques (lors du constat) fait en sorte que les modèles ne peuvent
reproduire rigoureusement les résultats expérimentaux et l’établissement des modèles restera
toujours difficile.

La sélection du modèle revient au concepteur qui doit effectuer son choix avec soin. La
communauté scientifique compte actuellement une dizaine de modèles universels
couramment employés, tels que:

 Le modèle ACI 209R-92 (Méthode de Branson et Christiason, 1971)


 Le modèle B3 (Bazant-Baweja (1995-2000))
 Le modèle CEB MC90-99 (Muller et Hillsdorf1990; CEB 1991-93-99)
 Le modèle GL 2000 (Gardner et Lockman 2001)
 Le modèle BS 8110 (Norme Britannique fondé sur la méthode de Parrott J.L (1979))
 Le modèle AS 3600 (Norme Australienne)
 Modèle AASHOT(American Association of State Highway and Transportation Officials
(2012))

 Modèle B4 (Comité RILEM fondé sur le modèle B3)


 Modèle Eurocode 02 (Association Française pour la Recherche et l’Etude des martiaux et
des Structures/CEB-FIP MC90)

Les modèles précités sont valables pour un béton humidifié, durci pendant au moins 24
heures, et mis sous charge après une journée de durcissement ou plus. Ces modèles
s'appliquent aux bétons ayant des résistances cylindriques moyennes à la compression à 28
jours dans un intervalle de 20 à 70 MPa. Ces modèles sont étalonnés à l’aide de bétons ayant
une composition classique. En présence des bétons spécifiques, les modèles doivent être
calibrés à partir des essais et suivant des techniques bien précises en littérature. Tous ces
modèles ne fournissent en aucun cas les effets structuraux induits par fluage. Ces méthodes de
prédiction s’appliquent même au cas des bétons tendus et cisaillés.

Les quatre premiers modèles ont fait l’objet d’une sérieuse analyse qui permettait aux
auteurs d’aborder et mettre en relief tous les problèmes liés à la prévision du fluage en
compression d’un béton normal durci. Cette analyse est totalement rapportée à la référence
[75].Cette dernière référence expose largement les difficultés rencontrées couramment dans

35
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

l’élaboration des équations associées. Les modèles de fluage (ACI 209R-92, B3, CEB MC90-
99, GL 2000) ont été évalués en comparant les résultats obtenus aux résultats tirés d’une
banque de données RILEM. Quatre principaux points sont éclaircis dans la synthèse de cette
étude comparative, à savoir:

 Hypothèses de base pour élaborer un modèle de prédiction.


 Données nécessaires pour l’évaluation des modèles (banque de données
universelle).
 Méthodes statistiques permettant la comparaison des modèles.
 Critères d’évaluation des modèles.

Chaque modèle se distingue par rapport à l’autre par son degré de complexité, son degré de
précision, sa limite d’emploi et sa norme spécifique. Cette différentiation provient
essentiellement des facteurs ‘’intrinsèques et extrinsèques’’ introduits comme des variables
dans l’établissement des équations élémentaires appropriées et de quelques considérations
restreintes correspondent à chaque norme précise [76]. Les limites et les paramètres
nécessaires (intrinsèques et extrinsèques) propres à chaque modèle sont reportés aux
références [77]. En plus, un descriptif approfondi de chaque modèle est présenté dans la
même référence.

La formulation de chaque modèle produit phénoménologiquement le fluage pour des cas


de structures ayant subi un niveau de contraintes correspond à celui des ouvrages en phase de
service (fluage primaire). Le coefficient de fluage associé à ces modèles peut sembler
important pour deviner le fluage sous un champ de contraintes unidirectionnelles et une
température constante (voisine de la température de qualification du matériau béton). Dans le
cas des structures complexes soumises à des niveaux de contraintes plus élevés (fluage
secondaire ou tertiaire), une modélisation plus rigoureuse sera normalement impérieuse en
leur associant l’endommagement du béton. Nous développons ci-dessous les paramètres de
deux modèles prédictifs.

L’ensemble des modèles prédictifs fournissent un fluage à travers son coefficient, φ(t,t0).
Cette façon d’estimation est basée sur la fonction de fluage et la déformation élastique
correspondante. Donc, il reste important d’utiliser un module d'élasticité compatible pour
pouvoir déterminer correctement la déformation par fluage. D’une façon générale, le choix du
module d'élasticité doit être fait suivant les expressions et équations recommandées par

36
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

chaque modèle. Il est nécessaire d’accorder une parfaite attention à ce que le module
d'élasticité retenu fait partie de la formulation du modèle choisi.

2.3.1 Modèle CEB MC90-99


En 1990, le Comité Européen du Béton (CEB) approuve un modèle règlementaire pour
estimer le taux du fluage sur une durée fixe, (t-t0); il faisait partie des travaux de Muller et
Hilsdorf [78]. Le modèle est destiné beaucoup plus aux éléments plans construits en béton de
poids normal, n’est pas massif. La formulation du présent modèle est limitée aux bétons
ordinaires ayant une résistance cylindrique moyenne en compression à 28 jours qui varie entre
12 et 80 MPa, une humidité relative moyenne entre 40 et 100% et une température moyenne
entre 5 et 30 °C.

Ce modèle prédit un coefficient de fluage sans avoir distingué entre le fluage propre et de
dessiccation. Les courbes de fluage sont des hyperboles qui tendent vers une valeur finale
limitée. En plus, ce modèle ne nécessite aucune information relative à la durée de la cure ou
aux conditions de durcissement(durée et méthode) pour calculer la complaisance de fluage. La
durée de séchage peut avoir une influence directe sur le fluage du béton, et donc ne doit pas
être ignorée lors du calcul de la complaisance (fonction de fluage).Un facteur de correction
dans l'équation de fluage est extrêmement sensible à toute variation de l'humidité relative. Les
principaux paramètres requis dans la prédiction du fluage sont donnés comme suit:

 L’âge du béton au moment où le séchage commence (jours).


 L’âge du béton au moment du chargement (jours).
 La résistance moyenne en compression du béton à 28 jours (MPa).
 L’humidité relative.
 Le rapport du volume sur la surface.
 Le type de ciment.

En 1999, le modèle a été revu de nouveau à fin d’octroyer une avancé à l’ancienne version.
La nouvelle version a permis la couverture du fluage des bétons normaux et des bétons à
haute résistance. Suite à cette reformulation, le modèle est communément appelé CEB MC90-
99 [79]. La communauté préfère ce modèle par rapport au modèle ACI 209R-92. Cependant,
il a été montré, notamment par Bazant [80], que ce modèle présente plusieurs incohérences
dans le calcul de la fonction de relaxation. Le modèle CEB-FIP 1990, comme d'autres
modèles de prédiction, permet de calculer le coefficient de fluage du béton. Ce coefficient est
établi en se basant sur un module d'élasticité calculé à 28jours, Eb(t0=28), et ce n’est pas le

37
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

jour du chargement, Eb(t0). La forme du coefficient de fluage proposée par ce modèle est
analogue à celle donnée par le modèle Eurocode 02.

a- Résistance à la compression:

La relation entre la résistance moyenne et la résistance caractéristique est donnée par


l’équation (Eq.47) : (Pour t ≥ 3 jours)

𝑓𝑐𝑘 (𝑡) = 𝑓𝑐𝑚 (𝑡) − 8𝑀𝑝𝑎 (47)

L’équation (Eq.48) présente l’évolution de la résistance moyenne :

28 0.5
𝑓𝑐𝑚 (𝑡) = exp (𝑠 [1 − ( 𝑡 ) ]) 𝑓𝑐𝑚 (28) (48)

Avec :

S: Coefficient dépend du type de ciment, égal à:

0.2 Pour un ciment de classe RS, type III


0.25 Pour un ciment de classe N et R, type I
0.38 Pour un ciment de classe S, type II
b- Module d’élasticité

Le module d’élasticité sécant peut être estimé à partir de la résistance en compression


moyenne:

𝑓𝑐𝑚 (𝑡) 1⁄3


𝐸𝑐𝑚 (𝑡) = 21.5 ( ) (49)
10

Le code modèle CEB 1990 prend en compte le type d'agrégat pour calculer le module
d'élasticité, l'équation (Eq.49) s'applique au béton contenant des agrégats quartziques. Dans le
cas où d'autres agrégats sont utilisés, le module d'élasticité peut être calculé en multipliant
l’équation (Eq.49) par des coefficients correspondants. La formulation du module d’élasticité
tangent utilisée dans la complaisance du fluage est donnée par:

28 0.5
𝐸𝑏 (𝑡) = exp {0.5 s [1 − ( t ) ]} 𝐸𝑏 (28) (50)

L’expression analytique du coefficient de fluage est donnée par l’équation (Eq.51). Tel que
le coefficient est formulé, la séparation entre le fluage propre et de dessiccation n’est pas
possible selon Bazant [54]:

𝜑(𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑0 𝛽𝑏 (𝑡 − 𝑡0 ) (51)

Le coefficient de fluage ultime, 0, est donné par :

38
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

𝜑0 = ΦRH β(fcm )β(t 0 ) (52)


𝑅𝐻
1−
ΦRH = [1 + 100
ℎ 1⁄3
] (53)
0.46( 0 )
100

2Ab
h0 = (54)
u

16.8
β(fcm ) = [ ] (55)
√𝑓𝑐𝑚

1
𝛽(𝑡0 ) = [0.1+(𝑡 0.2 ] (56)
0)

𝑡−𝑡0 0.3
𝛽𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = [𝛽 )
] (57)
𝐻 +(𝑡−𝑡0

𝑅𝐻 18
𝛽𝐻 = 0.15ℎ0 [1 + (1.2 100) ] + 250 ≤ 2500 (58)

RH: Facteur pour tenir compte l’humidité relative.


RH: Humidité relative de l’environnement ambiant en %.
h0 : Diamètre moyen de l’élément [mm].
Ab: Aire de la section droite.
U: Périmètre de l’élément en contact avec l’atmosphère.
fcm: Influence de la résistance du béton sur le coefficient de fluage.
fcm : Résistance moyenne en compression du béton à 28 jours, en MPa.
t0: Effet de l’âge du béton, au moment du chargement, sur le fluage.
b(t-t0): Effet de la durée de chargement (t-t0).
t : Age du béton à l’instant final (jours).
t0 : Age du béton au moment du chargement (jours).
t - t0: Durée non ajustée du chargement (jours).
βH : Coefficient dépendant de l’humidité relative (RH en %) et du diamètre moyen de l’élément
(h0).

La complaisance du fluage correspondante est donnée comme suit :


1 𝜑(𝑡,𝑡0 )
𝐽(𝑡, 𝑡0 ) = 𝐸 + (59)
𝑏 (𝑡0 ) 𝐸𝑏 (28)

En 1998, une fusion entre le comité européen du béton (CEB) et la fédération international
de la précontrainte (FIP), a donnée naissance à la Fédération Internationale du béton (FIB). En
2013 un nouveau modèle prédictif est proposé, appelé ’’fib2010’’, fondé essentiellement dans
sa grande partie sur l’ancien modèle(MC90). Les déformations du retrait sont prises telles
qu’elles sont développées dans le MC90-99 (endogène/séchage). Le nouveau modèle, fib
2010, a permis une distinction entre le fluage propre et le fluage de dessiccation pour écrire
39
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

une nouvelle complaisance de fluage [81]. Le coefficient de fluage propre, bc(t,t0), est
calculé en multipliant une fonction de temps logarithmique, βbc(t,t0), par un paramètre qui
dépend de la résistance en compression du béton, βbc(fcm). Pour le fluage de dessiccation,
dc(t,t0), la fédération exige quelques précieux changements sur la forme générale du
coefficient de fluage original, MC90. Finalement, selon le fib 2010 la complaisance doit être
mentionnée comme suit:

1 𝜑𝑏𝑐 (𝑡,𝑡0 ) 𝜑𝑑𝑐 (𝑡,𝑡0 )


𝐽(𝑡, 𝑡0 ) = 𝐸 + + (60)
𝑏 0)
(𝑡 𝐸𝑏 (28) 𝐸𝑏 (28)

bc(t,t0) : Coefficient de fluage propre.


dc(t,t0) : Coefficient de fluage de dessiccation.

Pour le modèle fib 2010, la résistance du béton à la compression est toujours calculable par
les équations (Eq.47) et (Eq.48). Une modification est cependant introduite lorsque le
matériau béton présente une résistance à 28 jours supérieure à 60 MPa ; une valeur unique du
facteur ‘s=0.2’’ est recommandée quelques soit le type de ciment. Pour une résistance
inférieure ou égale à 60 MPa, les valeurs du paramètre ‘‘s’’adoptées par le MC90
s’appliquent. Les équations (Eq.49) et (Eq.50), sont toujours valables pour estimer le module
d’élasticité.

2.3.2 Modèle Eurocode 02


L’Eurocod02 [82] traite les déformations différées des bétons suivant deux approches. Une
première méthode simplifiée est introduite dans la clause (3.1.4) du règlement et les équations
générales de la méthode sont exposées à l'annexe B du document. Un calcul exhaustif,
lorsqu’une valeur plus précise est requise, nécessite un ensemble de formules plus complètes
qui permettent de calculer l’augmentation de la déformation en fonction du temps. L'approche
simplifiée donne des coefficients de fluage en utilisant des graphes et des tableaux. Cette
approche est présentée d’une manière simplifiée afin de rendre son utilisation plus facile.

Le taux de fluage est évalué à travers les mêmes paramètres du modèle CEB-FIP 1990. La
forme du coefficient de fluage est basée sur la loi de double puissance, tout en considérant
une courbe de puissance correspondant à la durée de chargement, (t-t0), et une courbe de
puissance inverse correspondant à l'âge au chargement, t0. Le coefficient de fluage,(t,t0), est
fonction du module d’élasticité tangent qui peut être pris égal à 1,05 le module d’élasticité
sécant. La résistance à la compression du béton, l’humidité ambiante et la taille de
l’échantillon sont des fonctions multiplicatives qui jouent le rôle de facteurs de correction.

40
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

Globalement, la méthode de calcul proposée par l’eurocode²02 [82] répond à une large
gamme de bétons. Le calcul complet est utilisé dans le cas de structures spécifiques, qui
nécessitent une meilleure précision. Notons que le coefficient de fluage proposé ne permet pas
une distinction entre le fluage de base (propre) et de séchage (dessiccation).

La formulation proposée est valable lorsque la contrainte résultante, au moment du


chargement (t0),ne dépasse pas 45% de la résistance du béton à la compression. La résistance
à la compression du béton couverte par ce modèle se situe entre C16/20 et C90/105.
L’Eurocode02 classe la résistance du béton à 28 jours suivant deux catégories, i.e. la
résistance cylindrique et cubique. Il est fait référence d’abord à la résistance caractéristique du
spécimen cylindrique ensuite à celle du spécimen cubique.

Lorsque le fluage n’est pas proportionnel à la contrainte, l’Eurocode02 [82] pourra


envisager le fluage non-linéaire à travers le facteur (Kσ) ; le coefficient de fluage change de
forme pour devenir :

𝜑𝑘 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑(𝑡, 𝑡0 )𝑒𝑥𝑝1.5(𝐾𝜎 .0,45) (61)

k(t,t0): Coefficient de fluage non-linéaire.


Kσ : Rapport de la contrainte [σb(t0)] à la résistance moyenne [fcm(t0)].

L’association française pour la recherche et l’étude des Matériaux et des Structures


(AFREM) a mené un travail expérimental pour étudier la fiabilité de la méthode de
l’Eurocode 02 en présence d’un béton de haute performance. Cette démarche a permis
d’inclure l’effet de la fumée de silice dans la formulation du coefficient de fluage ultime [83].
À l’issu de cette contribution, la déformation différée a été finalement décomposée en fluage
propre et de dessiccation. Selon cette association, si le constituant en question (FS) présente
un pourcentage égal à 5% ou plus par rapport à la masse de ciment, le béton est considéré
étant avec fumée de silice (BHP-FS) et les coefficients de fluage associés (propre et
dessiccation) sont donnés, respectivement, par:

√𝑡−𝑡0
𝜑𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑𝑏0 [𝛽 ] (62)
𝑏𝑐 +√𝑡−𝑡0

𝜑𝑑 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑𝑑0 [𝜀𝑐𝑑 (𝑡) − 𝜀𝑐𝑑 (𝑡0 )] (63)

b0 et bc : Dépendent du pourcentage de la fumée de silice.


d0 = 1000 et 3200 pour un béton avec et sans FS, respectivement.

41
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

Selon l’association (AFREM), le coefficient de fluage de dessiccation, d(t,t0), est


proportionnel au retrait de séchage mesuré depuis le début du chargement (t0). La présence de
la fumée de silice influe la valeur à prendre pour le coefficient de proportionnalité, d0. Pour
un pourcentage de fumée de silice moins de 5%, le fluage propre égal à long terme à 1.4
quelque soit la résistance du béton lors du chargement. L’association (AFREM) propose la
fonction de fluage suivante :
1 𝜑𝑏 (𝑡,𝑡0 ) 𝜑𝑑 (𝑡,𝑡0 )
𝐽(𝑡, 𝑡0 ) = 𝐸 + + (64)
𝑏 (𝑡0 ) 𝐸𝑏 (28) 𝐸𝑏 (28)

Pour des bétons courants avec 0% de fumée de silice, la méthode de l’Eurocode 02 est
basée entièrement sur le modèle (CEB-FIP MC90). L’Eurocode02 utilise les mêmes équations
que le modèle MC90 pour estimer l’évolution de la résistance à la compression. La relation
entre la résistance moyenne (fcm) et la résistance caractéristique (fck) est également donnée par
l’équation (Eq.47). Le module d’élasticité sécant à 28 jours, Ecm, peut être aussi estimé par
l’équation (Eq.49) en fonction de la résistance moyenne à 28 jours. L’équation (Eq.65)
prévoit l’évolution du module d’élasticité sécant, Ecm(t). Le module tangent est pris supérieur
au module sécant de 5%.
0.3
28 0.5
𝐸𝑐𝑚 (𝑡) = (exp { s [1 − ( t ) ]}) 𝐸𝑐𝑚 (28) (65)

2.4 CONCLUSION

A la fin de cette synthèse on pourra conclure que la relaxation est la conséquence directe
de la déformation par fluage. Ces deux phénomènes se produisent simultanément. Un rapport
entre ces deux effets différés pourra être exprimé à travers des expressions théoriques. De
plus, la caractérisation de la relaxation ne peut être envisagée expérimentalement mais elle est
déduite à partir du fluage.

L’accumulation des effets associés à des incréments de contraintes est envisageable que le
seuil du chargement final répond à la condition de proportionnalité ‘contraintes-fluage’. Pour
certains chercheurs, ce principe de superposition est toujours exploitable même pour un
fluage secondaire en définissant un coefficient de disproportionalité dans la formulation de
fluage.

Ce qu’on peut conclure aussi c’est que la déformation par fluage est trop complexe pour
qu’elle soit représentée d’une façon directe via une seule expression mathématique. Elle doit
certainement être la combinaison de plusieurs expressions. Cela provient principalement de la

42
Chapitre II Formulation de base et modèles prédictifs

nature hétérogène du béton et le nombre important des paramètres requis dans l’estimation du
fluage au bout d’une durée bien déterminée. Une expression purement analytique de cette
déformation est presque impossible. En plus, les coefficients empiriques doivent être
incorporés dans le développement des modèles de prédiction afin d'obtenir une meilleure
précision.

Les formulations des modèles réglementaires sont une combinaison d’éléments rationnels
et d’observations expérimentales effectuées sur des éprouvettes de laboratoire, de dimensions
relativement faibles par rapport aux structures réelles. Pour l’ensemble des méthodes
prédictives, les principaux paramètres considérés sont les propriétés mécaniques, l'épaisseur
de la section efficace et l'humidité relative ambiante. En plus, le choix de la formulation du
module d’élasticité est important pour écrire la fonction de complaisance.

On trouve dans la littérature un volume important de modèles réglementaires concernant le


fluage. Il a été constaté sur les innombrables modèles relatifs à chaque norme des différences
en termes d’amplitude et de cinétique. Ces différences reflètent l’incertitude qui subsiste sur
les divers mécanismes à l’origine du fluage. Plusieurs comités ont été créés pour essayer
d’uniformiser la réglementation concernant la modélisation du fluage. A travers cette analyse,
trois principales remarques sont à retenir pour notre travail de modélisation, à savoir :

 L’emploi du principe de superposition des effets est largement admis pour des
incréments de contraintes produisant finalement un fluage primaire,
 Le fluage produit systématiquement la relaxation des contraintes initiales,
 Les modèles approchés sont des moyens pour donner au fluage une valeur au
bout d’une période, (t-t0).

43
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

CHAPITRE III

INTRODUCTION AUX POUTRES MIXTES ACIER-BETON

3.1 INTRODUCTION

L’amélioration de la performance des éléments de construction passe, parfois, par l’emploi


de matériaux susceptibles d’être assemblés ou bien combinés. Cette option permettant
d’utiliser deux matériaux différents ou plus dans un seul élément permet de tirer profit
davantage tant sur le plan mécanique qu’économique. Dès que la production et la mise en
œuvre du béton furent convenablement maitrisées vers le milieu du XIX siècle, les ingénieurs
ont proposé d’assembler les profilés en acier et le béton, même si chacun de ces matériaux
possède des propriétés mécaniques complètement différentes. L’idée principale est basée sur
le principe même des poutres en béton armé. Associer l’acier et le béton a bien aidé à créer de
nouveaux matériaux de construction, souvent appelés «matériaux mixtes acier-béton».

L’alliance réussie entre l’acier et le béton est devenue de plus en plus universelle. Il s’agit
de deux produits pouvant être aisément utilisés à leurs meilleurs avantages. Récemment, les
structures composites se sont avérées, le plus souvent, captivantes en matière de coût global,
car les éléments constitutifs permettent de réaliser des structures de bonnes qualité avec un
temps d’exécution assez réduit. D’une façon générale, trois éléments mixtes sont à distinguer
en construction, à savoir les colonnes mixtes, les planchers mixtes et les poutres mixtes.

La réussite de l’association acier-béton dans les poutres fléchies tient principalement au


fonctionnement judicieux obtenu par la superposition de deux matériaux qui se complètent
mais pour lesquels les modules d’élasticité sont complètement différents. Ce choix universel
offre une rigidité flexionnelle impressionnante lorsque, par exemple, des portées importantes
sont à franchir. Cette association permet d’optimiser au maximum le rendement mécanique.

La conception et le dimensionnement des poutres mixtes sont effectués de manière à


s’assurer que quelques conditions aux limites soient satisfaites, conformément à des
considérations théoriques et réglementaires bien précises. Vu la nature et les propriétés

44
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

rhéologiques du béton, les poutres mixtes n’échappent pas aux effets du fluage sur les
structures en béton.

Une introduction aux poutres mixtes est donnée en troisième chapitre. Ces éléments sont
définis et leur principal avantage est bien mis en relief. La surface spécifique entre le béton et
le profilé est étudiée afin de pouvoir distinguer entre les différents types de connexions. Le
cas de la connexion continue est d’abord considéré en vue de développer sommairement le
comportement d’un organe de liaison «goujon». Ensuite, les différentes méthodes utilisées
dans la caractérisation d’une connexion sont exposées. Sachant que la flexion des poutres peut
se produire suivant deux cinématiques différentes, le cas de la flexion spontanée des poutres
mixtes sera alors présenté. Dans le présent chapitre, nous essayons de décrire aussi
sommairement l’aspect réglementaire des poutres mixtes. La dernière étape consiste à
examiner l’effet du fluage du béton sur la flexion instantanée globale d’une poutre mixte ; un
état bibliographique relatif au problème en question est présenté à la fin.

3.2 ELEMENTS STRUCTURAUX MIXTES

Les éléments à base d’une combinaison, entre l’acier et le béton, ont été conçus en partant
du fait que chaque matériau apporte un avantage spécifique, lorsqu’ils sont utilisés
conjointement donnent le meilleur rendement possible et garantissent des systèmes
constructifs très efficaces. Le taux d’efficacité tiré de cette solution a contribué favorablement
dans la propulsion de cette technique. Cette façon de procéder a permis aussi de parvenir, sur
le plan architectural, à des constructions attractives et donner lieu à des nouvelles formes
bâties qui répondent amplement aux conditions de la construction moderne. Le résultat fut un
bouleversement radical de l’architecture et de l’ingénierie, particulièrement illustré par
l’évolution frappante du siècle écoulé. Par rapport à des éléments constructifs entièrement
métalliques ou tout simplement en béton armé, l’association acier-béton offre des avantages,
parmi les plus évidents sont les suivants:

 Réduire le poids de la structure.


 Augmenter la rigidité flexionnelle.
 Améliorer la résistance au feu.
 Vaincre les phénomènes d’instabilité.

La figure suivante montre quelques éléments qui peuvent revêtir un caractère mixte dans le
domaine de la construction :

45
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

(a) colonnes mixtes

(b) poutres mixtes


(c) planchers mixtes

Fig. 3.1 : Eléments structuraux mixtes.

3.2.1 Poutres mixtes


Ces éléments à priori soumis à la flexion plane sont constitués couramment de dalles
solides, sans tôles nervurées, déposée sou coulées sur des profilés métalliques équidistants en
I et H ou bien des caissons. Cette solution est extrêmement efficace dans les régions où le
moment de flexion est positif, elle donnera l’occasion d’employer adéquatement l’avantage
du béton en compression et celui de l’acier en traction. Cela conduit donc à l'amélioration de
la rigidité entière du profil transversal, acier et béton, par rapport à la capacité des deux
composants réagissant indépendamment.

À titre illustratif et suite à l’absence des statistiques propres à notre payé, il y a plus de 20
ans environ, les dalles de roulement mixtes (acier-béton) constituaient 25 % de la surface des
ponts construits en France [84]. Depuis ce moment, ce taux est en augmentation permanente
et dans la majorité des pays européens. En 2005, en France toujours, environ 80 % de la
surface totale des nouveaux ponts-routiers dont les portées sont comprises entre 50 et 80
mètres sont réalisés en poutres mixtes [85], la poutre mixte semble donc toujours promise à
un bel avenir. Une section transversale mixte type est représentée sur la figure (3.2).

46
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

Gb

y
Ghom

Ga

Fig.3.2 : Coupe transversale d'une poutre mixte.

3.2.2 Rendement mécanique d’une poutre mixte


Lors d’une compagne expérimentale menée pour étudier le comportement mécanique
jusqu’à la ruine d’un jeu de poutres mixtes, assemblées à la surface de contact de manières
différentes, nous avons pu quantifier et apprécier l’efficacité qu’elle peut apporter cette
association à la construction en général [86].

Pour réussir cette opération expérimentale, nous avons choisi un profilé métallique en IPE
200 de longueur égale à 3250 mm et une poutre mixte ayant la même longueur composée
d’un tablier en béton de dimensions (300x55x3250 mm3) reposant sur un profilé métallique
identique (IPE200). Le tablier est fixé sur la semelle supérieure du profilé à l’aide d’un moyen
de connexion mécanique, il s’agit de 18 goujons (d =16 mm, h =35 mm) répartis
uniformément le long de la semelle métallique supérieure. Une flexion à 4 points a été choisie
afin d’éliminer l’influence de l’effort tranchant sur le déplacement vertical des deux poutres
retenues (la poutre IPE200 et la poutre mixte). La flèche a été mesurée à la mi-travée de
chaque poutre.

La figure (3.3) montre la flèche des deux poutres pour un chargement unique. L’accès à la
plasticité des deux poutres est évident pour une valeur de flèche égale à 20 mm. Cependant,
pour un tel déplacement vertical il fallait mettre une charge de 95 KN sur le profilé métallique
seul (IPE200) tandis que nous étions obligés d’augmenter la charge jusqu’à 145 KN ou plus
pour que la poutre mixte affiche un déplacement identique, donc un écart de 50 KN, c’est
important.

En plus, une charge de 100 KN était suffisante pour créer un écoulement plastique dans le
profilé métallique. Par contre, pour le cas de la poutre mixte, la flèche dépendait toujours de la
valeur du chargement jusqu’au seuil de 150 KN.

47
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

Chargement [KN]
160

140

120

100

80

60

40
P métallique IPE200
P mixte IPE200+Béton
20

0
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Déplacement à la mi-poutre [mm]

Fig.3. 3 : Déplacement d'une poutre métallique seule et poutre mixte.

3.2.3 Interface acier-béton


L’effet de la surface de contact, acier-béton, sur la réponse globale est un facteur
déterminant très associé aux poutres mixtes fléchies. La spécificité de ces éléments
structuraux provient essentiellement des moyens de rassemblement fixés le long de la surface
de contact, juste au-dessus de la semelle supérieure du profilé métallique. Ces dispositifs de
connexion sont à l’origine de toute amélioration signifiante en matière de rendement
mécanique ou de fonctionnement. La conception des poutres mixtes fléchies doit justifier une
parfaite satisfaction vis-à-vis certains états limites.

La zone d’interface est régie par l’aptitude du dispositif mécanique à la déformabilité, mis
en place pour obtenir un certain degré de liaison entre le béton et le profilé métallique. A l'état
de service, le comportement d’une poutre composée d’acier et du béton est fortement lié à la
déformabilité du mécanisme d’assemblage soumis principalement à des contraintes
tangentielles, (x). Alors, il faut projeter un moyen de connexion le plus adéquat permettant
une transmission douce des efforts de cisaillement sans qu’il n’y ait de déformation excessive
dedans, l’objectif étant que les deux matériaux collaborent de façon conjointe pour obtenir un
élément monolithique.

La déformabilité du mécanisme d’assemblage ‘’système de connexion‘’ se traduit par un


glissement relatif de la dalle par rapport au profilé métallique. Même gêné, ce comportement
cinématique est habituellement référé à une connexion partielle entre la dalle et le profilé. Si
aucune réponse cinématique n’est admise à la jonction, là on parle de la connexion complète.
Troisième cas pourra s’afficher quand le béton se déplace horizontalement d’une façon libre
sur la semelle supérieure du profilé métallique, il s’agit d’une poutre non collaborant. En

48
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

littérature, il est admis que la séparation transversale à la surface de contact (soulèvement) est
souvent faible et peut être négligée [87]. Deux modes de connexions sont à prévoir à
l’interface des poutres mixtes, à savoir: mode discret et mode continu [88].

L'utilisation d'une connexion partielle dans les poutres mixtes de bâtiment comporte
plusieurs avantages, en particulier celui d'une fabrication plus économique dans la mesure où
souvent le dimensionnement de ces poutres est dicté, non par leur résistance flexionnelle
ultime, mais par des exigences qui correspondent à l'état limite de service ou par d'autres
critères (aspect architectural, facilité de construction dans le cas de dalles préfabriquées ou
coulées dans un bac en tôle mince nervurée). On peut alors fixer un espacement important
entre les moyens de connexion et réduire parallèlement le taux d'armatures transversales dans
le béton.

Les termes ‘’connexion et interaction’’ remontent au début du dernier siècle. C’est qu’à
partir de 1930 que les véritables recherches scientifiques ont été lancées pour définir des
systèmes de liaison plus performant dont la fonction primaire est d’assurer le transfert des
efforts de cisaillement longitudinal entre la dalle et le profilé métallique, d’empêcher le
soulèvement de la dalle et réduire le glissement à l’interface. A l’interface acier-béton, la
connexion est classée suivant qu’elle soit établie par adhérence, par collage ; ou bien elle est
considérée linéaire tout simplement. A travers de ce passage, on ne s’intéressera qu’à la
connexion linéaire.

3.2.3.1Connexion linéaire
Connecteurs: Ce type d’assemblage est réalisable par le biais des organes métallique
appelés connecteurs. Ces organes sont fixés symétriquement, à l’aide de soudure électrique,
au niveau de la semelle métallique qui frôle le béton. Le plus souvent, les connecteurs sont
référés à la connexion par goujons ou plots métalliques avec/ou sans tête. En alternative aux
goujons, quelques d’autres formes sont à envisager dans la famille des connecteurs tels que:
Équerres clouées (Hilti), Barreaux, Arceaux et Cornières ou Butée en fer. L’inconvénient
majeur de ces connecteurs repose dans la complexité de leur forme et le temps déployé pour
la mise en place. Tous ces désavantages ont été vaincu par l’arrivé des goujons ou plots. En
matière de comportement, l’ensemble des connecteurs peuvent s’ordonner en deux classes
selon qu’ils sont ductiles (souples) ou non ductiles (rigides).

49
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

Fig. 3.4 : Goujons

PRd
PRd Comportement réel
Comportement idéalisé

cisaillement
Effortdecisaillem

Comportement réel

Effort de
Comportement idéalisé
ent

glissement glissement
0 u 0 u

Fig.3.5 : comportement réel et idéalisé des Fig.3.6 : comportement réel et idéalisé


connecteurs ductiles. des connecteurs rigides.

PRd: résistance caractéristique du goujon.


des connecteurs non ductiles
u : capacité du glissement.
En construction mixte cette distinction est très déterminante. Un connecteur est dit souple
lorsqu’une grande capacité de déformation est constatée lors de sa réaction et quand cette
capacité est faible on pourra le qualifier comme rigide. En littérature on se permet même
d’utiliser le terme semi-rigide si la capacité est moyenne. Le comportement ductile ou souple
justifié l’hypothèse d’un comportement plastique idéal de la connexion, c'est-à-dire la façon
de ruine est plus malléable et n’est pas brutale. Une insuffisance en matière de ductilité
engendra une redistribution non uniforme de l’effort rasant entre l’ensemble des connecteurs.
La classe ductile est la plus utilisée, particulièrement quand une connexion partielle est
recherchée.

En domaine de la construction mixte, la technique des connecteurs est aujourd’hui bien


maitrisée et réglementée. Le document européen [89] considère qu’un connecteur de type
goujon à tête d’une longueur total après soudage égale au moins 4 fois le diamètre de fut, au
moins 16 mm sans dépasser 22 mm, peut avoir un caractère ductile. Le même document
attribue un caractère rigide à tout connecteur ayant une capacité de glissement au moins égale
à 2mm et un caractère ductile pour un connecteur qui a présenté un glissement égal à 6mm.

50
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

Dans la conception des poutres mixtes le nombre de goujons doit être tel que son
augmentation n’entraine aucune amélioration dans la résistance à la flexion.

Plaques perforées: D’autres types de connecteurs, tels que les plaques perforées et
soudées sur l’aile supérieure de la poutre, permettent de créer un assemblage continu et
uniforme entre l’acier et le béton. Contrairement aux goujons à tête, qui constituent autant de
singularités et de forces ponctuelles, les plaques perforées transmettent l’effort rasant en
minimisant les concentrations de forces. Leonhardt [90] a proposé la première connexion
linéaire sous le nom de ‘’Perfobond’’. Pendant le bétonnage de la dalle, les ouvertures dans la
plaque sont remplies de béton, formant ainsi des cylindres qui fournissent la résistance au
cisaillement longitudinal et préviennent la séparation verticale entre la dalle et le profilé
métallique. Le ferraillage transversal de la dalle qui passe dans les trous de la plaque donnera
un mécanisme de bielles tendues et comprimées.

Fig.3.7 : Plaque perforée continue.

Sont nombreux les séries d’analyses expérimentales qui ont pu mettre en relief les
paramètres caractéristiques qui influencent le comportement d’une plaque perforée installée à
l’interface d’une poutre mixte fléchie, notamment les modes de ruine [91]. L’effondrement se
concrétise par une fissuration longitudinale de la dalle sur toute la longueur de la poutre, par
l’écrasement du béton autour de la plaque perforée ou par un glissement incontrôlable de la
dalle par rapport au profilé métallique. Dans tous les cas répertoriés dans ces analyses, la
plaque métallique reste intacte même après la ruine de la connexion. Les poutres mixtes dont
la dalle est largement ou excessivement armée ont fait l’exception. Dans ce cas, la ruine a été
localisée dans les ouvertures les plus extrêmes de la plaque qui supporte la contrainte de
cisaillement la plus élevée sans avoir de ductilité suffisante.

Pour tous les essais effectués dans le cadre de l’analyse expérimentale de Valente [92], le
glissement mesuré à la ruine des connecteurs est très inférieur à 6mm, critère minimal pour
justifier la ductilité d’un connecteur. La ductilité insuffisante montrée par les plaques
perforées présente un sérieux problème pour une éventuelle application universelle dans le

51
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

secteur du bâtiment. En effet, ce paramètre peut s’avérer pénalisant surtout par rapport à
l’analyse de la structure, où le développement des mécanismes plastiques sera gêné et ce
notamment dans le cas de poutres en connexion partielle.

3.2.3.2Caractérisation de la connexion
Push-out standard: La caractérisation mécanique des connecteurs est obtenue
généralement par une voie expérimentale normalisée. Ces essais, appelés en littérature essais
push-out, permettent de définir le comportement du connecteur vis-à-vis d’un effort rasant au
moyen d’une courbe (Force-Glissement) [93]. Le schéma de l’essai ‘’push-out’’ est donné par
la figure (3.8). L’éprouvette expérimentale est composée d’un morceau de profilé métallique
connecté à deux dalles en béton au moyen de 4 connecteurs fixés sur chaque semelle en acier.
Les petites dalles sont appuyées sur un support rigide et le chargement est introduit à
l’extrémité supérieure du profilé métallique. Le glissement entre la poutre et les deux dalles
est mesuré par des capteurs de déplacement. Normalement, cette configuration permet de
tester deux zones de connexion mais elle a l’avantage d’offrir une symétrie qui facilite la mise
en œuvre de l’essai. Pour évaluer la résistance du goujon, il est nécessaire de réaliser le même
essai sur au moins trois éprouvettes identiques. Lorsqu’aucun des trois essais n’a un écart de
résistance de plus de 10% de la moyenne calculée, la valeur caractéristique de résistance est
prise égale à la plus petite des trois valeurs de charge à la ruine ramenée à un connecteur et
réduite de 10%.
P
180 180 180
35
150 150
250 150
150
250 100
35
200 200 200

100 600

Fig.3.8 : Essai push-out normalisé.

La capacité de glissement du goujon (δu) doit être prise en tant que la valeur maximale de
glissement mesurée. La valeur caractéristique de la capacité de glissement (δuk) est prise

52
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

comme la plus petite des valeurs (δu) mesurées réduite de 10%. Les essais push-out, tels qu’ils
sont décrits dans l’Eurocode 04, sont applicables pour n’importe quel type de connecteurs.

Push-out modifié: L’essai qui vient d’être décrit, push-out ‘’standard’’ où le goujon est
sollicité par un effort rasant direct, est valable seulement à la caractérisation des connecteurs
placés dans des régions affectées par un moment positif. Pour un tel essai, l’effort rasant dans
les connecteurs est transmis à la dalle en tant qu’effort concentré au niveau des goujons et la
dalle n’est donc sollicitée qu’en compression. Cependant, dans une poutre mixte continue, on
s’attend à ce que la dalle soit fissurée au niveau des appuis intermédiaires, c'est-à-dire elle est
soumise à une flexion négative. Le comportement des connecteurs dans une telle dalle
fissurée est étudié par Johnson [94] au moyen d’essais push-out ‘’modifiés’’, où un effort de
traction direct est appliqué aux deux dalles.

Une partie de cette analyse expérimentale a permis de mettre en évidence l’effet du


soulèvement de la dalle sur la résistance du goujon. Les essais ont été réalisés sur des
éprouvettes avec des connecteurs de diamètre égal à 8mm. Les barres de ferraillage sont
fixées en dehors de la dalle dans des appuis articulés. Ainsi, lorsqu’un déplacement vertical
est imposé au profilé métallique, la dalle se soulève par rapport au profilé métallique
sollicitant le connecteur par un effort combiné (rasant et arrachant). Toutefois, les effets de
l’effort rasant restent prédominants puisque dans la plupart des cas, le mode de ruine observé
est le cisaillement du goujon. Cependant, la valeur de la résistance au cisaillement du goujon
est plus faible avec la présence de l’effort de traction.

3.2.3.3 Comportement mécanique d’un goujon


Les goujons à tête sont des moyens d’assemblage spécifiques puisqu’ils sont le type de
connecteurs le plus pratique. Le principal avantage d’un goujon demeure dans la simplicité et
la rapidité de mise en œuvre, qui peut s’effectuer sur le chantier en une seule opération pour
chaque. De plus, les goujons ne gênent pas la disposition du ferraillage transversal de la dalle
qui semble très nécessaire. Le choix du diamètre d’un goujon est régi par deux paramètres :

 le soudage, qui devient difficile et peu économique pour des goujons avec des
diamètres supérieurs à 19mm.
 l’épaisseur de la semelle sur laquelle le goujon est fixé.

Les premières caractérisations des goujons à l’aide des essais push-out ‘’standard’’
remontent à la décennie (1960 et 1970). Le béton qui enrobe le goujon est sollicité par des
efforts liés à l’action locale autour du goujon, permettant aussi au goujon de se déformer.

53
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

Ainsi, la résistance de la connexion est limitée soit par la résistance mécanique du goujon lui-
même, soit par la résistance mécanique du béton qui l’enrobe. Le goujon est aussi sollicité par
un effort de traction directe. Celui-ci est le résultat d’une tendance au soulèvement de la dalle
par rapport à la poutre métallique, combiné avec la déformation horizontale du connecteur.
Dans une poutre mixte, les goujons sont isolés et transfèrent un effort de cisaillement ponctuel
dans le béton qui n’est pas réparti uniformément. Cela peut entrainer une fissuration
prématurée dans le béton et causer la ruine. Dans des environnements agressifs, les
connecteurs peuvent être extrêmement corrodés et se rompre. L’effort ponctuel transmis doit
alors être distribué dans la dalle au moyen de barres d’armatures perpendiculaire à l’axe de la
poutre métallique. Les barres sont placées au-dessous de la tête du connecteur et traversent la
dalle d’un coté à l’autre.

La raideur, la capacité de déformation et la résistance sont des paramètres indispensables


pour décrire le comportement mécanique d’un goujon. Ces dernières données sont
primordiales pour concevoir des modèles de calcul réalistes. L’essai normalisé push-out est le
seul moyen permettant la définition de ces trois paramètres. Des études numériques de Bode
[95], Sebastien [96] et Szabo [97] montrent qu’à l’état élastique, la distribution de l’effort
tranchant entre goujons le long d’une poutre mixte dépend aussi à la raideur des connecteurs
employés.

Lorsqu’une poutre mixte est fléchie, des efforts de cisaillement provoquent le déplacement
du béton par rapport au profilé métallique. Chaque goujon, installé sur la semelle métallique,
agit donc contre la direction du déplacement en s’appuyant sur la dalle en béton. Ainsi, le
goujon métallique tend à se déformer et développer sa rigidité et sa résistance. Son contact
direct avec la dalle en béton conduit à un comportement fortement dépendant au béton qui
l’entoure et la nuance de la matière par laquelle cet organe est construit [98].

Lorsque le goujon vient s’appuyer sur le béton qui l’entoure, celui-ci subit des contraintes
qui peuvent dépasser 7 fois sa résistance ultime en compression fc28. La résultante des efforts
appliqués par le connecteur sur le béton, notée F, a une excentricité ‘e’ par rapport à
l’interface acier béton. Le goujon ainsi que le béton sont donc soumis à une sollicitation qui
peut se résumer pour le connecteur en un effort de flexion et un effort rasant, en plus de
l’effort de traction dû au soulèvement de la dalle. Selon Oehlers [98], l’excentricité ‘e’ dépend
du coefficient d’équivalence, n(t,t0), entre l’acier et le béton. Suite au fluage du béton,
l’excentricité ‘e’ augmente continuellement. Cela provoquera l’évolution de la flexion locale
du goujon.

54
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

Béton
Eb, fc28
h
Goujon F
Ea, fu
e
F
tf
M = F.e

Fig. 3.9: Comportement du goujon.

Suite à des analyses paramétriques, quatre formulations analytiques ont été proposées pour
calculer la résistance d’un goujon soumis principalement à un effort rasant direct [99][100].
Une comparaison entre ces quatre formulations a été établie en utilisant des goujons de
diamètre égal à 19 mm et une résistance du béton en compression, à 28 jours, égale à 30 Mpa.
Un écart de 7 KN a été enregistré entre le plus grand et le plus petit effort rasant. Le principal
constat tiré de cette confrontation ‘’la résistance ultime au cisaillement d’un goujon dépend
essentiellement du mode de rupture de la connexion’’. En effet, deux principaux modes de
ruine sont à prévoir :

 Ruine par cisaillement du goujon juste au-dessus du bourrelet de soudure.


 Ruine par endommagement du béton qui enrobe le goujon

Finalement, la résistance d’un goujon est déterminée, suite à l’ensemble des analyses
expérimentales, comme une fonction de la résistance du béton, de la matière et le diamètre du
plot (goujon).

3.3 ÉTAT SUR LA FLEXION DES POUTRES MIXTES

3.3.1 Flexion classique


Trouillet [101] rappelle que c’est à Andrews (1912) que l’on doit une première approche.
Dans celle-ci, l’acier et le béton restaient liés par adhérence et les sollicitations internes
étaient calculées avec les hypothèses classiques de la résistance des matériaux. La première
tentative d’Andrews (1912) s’avère expérimentalement suffisante, au moins jusqu’à la rupture
de l’adhérence. Au-delà de ce seuil, des moyens de connexion ponctuels ont été utilisés
ultérieurement. Le modèle d’Andrews s’avérant inutilisable pour ces niveaux de sollicitations,
plusieurs théories élastiques ont été proposées par la suite.

55
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

Timoshenko [102] a développé une théorie sur les poutres composites avec deux matériaux
superposés, en utilisant le modèle de poutre de Bernoulli-Euler pour chaque composant, et en
ne supposant aucun déplacement relatif entre les deux matériaux.

Selon Molenstra [103], la première théorie élastique des poutres mixtes en présence de
connecteurs a été proposée en 1951 par Newmark [104]. Cette théorie est basée
principalement sur les hypothèses suivantes:

 La cinématique d’Euler-Bernoulli.
 Connexion continue à l’interface acier-béton.
 Aucun soulèvement n’est admis à l’interface acier-béton.
 Le glissement, gx, à l’interface acier-béton est, à tout point, proportionnel à la
contrainte tangentielle, (x).

En exprimant l’équilibre et la compatibilité à l’interface acier-béton dans un élément de


poutre, l’auteur a établi une équation différentielle du deuxième ordre régissant la distribution
de l’effort axial de compression dans le béton. Ensuite, analytiquement a été résolue son
équation en considérant un comportement linéaire pour les deux matériaux. Ce modèle
s’avère très suffisant pour les états limites de service. Depuis ce moment, ce modèle a été
largement utilisé par de nombreux auteurs dans la formulation de modèles analytiques pour la
réponse statique des poutres mixtes en régime linéaire [105]; ainsi que dans le régime
viscoélastique linéaire [106]. Néanmoins, quelques auteurs ont critiqués l’adoption de la
quatrième hypothèse dans la formulation de Newmark ;elle n’est pas toute à fait vérifiable
d’après eux [88]. Ensuite, le même modèle a été développé une autre fois pour qu’il soit
employé en cas d’une réponse dynamique des poutres composites [107].

En 1968, Adékola [108] propose une précieuse extension du modèle de Newmark en


considérant des hypothèses cinématiques plus générales dans lesquelles le déplacement relatif
transversal (soulèvement) et le frottement sont permis. Il a employé l’artifice de la méthode
des différences finies pour résoudre ses équations différentielles régissant le soulèvement et la
force axiale dans le tablier de la poutre mixte. Robinson [109] a utilisé la même approche
pour étudier le glissement et le soulèvement à l’interface en précisant le point d’application de
la charge, au niveau du béton ou bien le profilé métallique. Cosenza [110] a proposé une
nouvelle solution pour le même problème en tenant compte différentes conditions de
chargement.

56
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

Dans la limite de la cinématique classique (Euler-Bernoulli) NGUYEN Q. H [88] a étudié


la déformée instantanée à t0 des poutres mixtes en considérant les deux modes de connexions:
discret et continu. Ce travail est basé fondamentalement sur les équations d’équilibre, les
relations cinématiques associées aux éléments de la poutre mixte (béton, profilé, interface) et
les lois de comportement de chaque élément. Des solutions semi analytiques ont été dégagées
à la fin. Ce travail a permis aux auteurs concernés de procéder à une véritable comparaison
entre les performances des deux modes de connexion. Pour le cas où l’espacement des
connecteurs est petit dans une poutre mixte, le mode continu fournit un résultat quasi
identique à celui du mode discret, même si le nombre choisi en éléments finis (MEF) est
significativement réduit. Ainsi, bien que la connexion discrète soit bien adaptée à la réalité et
qu’elle est aussi facile à manier, le nombre d’éléments requis est un peu plus grand, ce qui
peut être prohibitif pour des poutres de grande taille. Vis-à-vis le temps de calcul, l’approche
par une connexion continue est très intéressante, notamment avec une distribution très dense
des connecteurs. Par contre, pour obtenir des efforts internes correctement distribués le long
de l’interface, la connexion discrète devient préférable lorsque les connecteurs sont espacés.
Ce qu’il faut reprocher à la connexion continue c’est qu’elle a tendance à sous-estimer un peu
la flèche.

3.3.2 Flexion transverse


Les progrès les plus attractifs dans la théorie des poutres en bicouches, en interaction
partielle, se sont récemment orientés vers l'introduction de la flexibilité due au cisaillement
des couches constitutives suivant la cinématique de Timoshenko. A notre connaissance, la
première théorie des poutres de Timoshenko avec glissement à l’interface a été développée
par Murakami [111] pour étudier l'effet du glissement sur la rigidité flexionnelle de toute la
section transversale mixte. Cette théorie est plus performante que celle de Newmark [104].
Cependant, Murakami n'a fourni aucune solution analytique traitant une poutre élastique
déformable en cisaillement ; par contre, il a résolu les équations gouvernantes du problème en
utilisant la méthode des éléments finis.

Ranzi [112] a développé un modèle d'éléments finis. Dans ce modèle la poutre d'Euler-
Bernoulli a été attribuée à la dalle en béton, par contre, l’auteur a considéré la cinématique de
Timoshenko pour la poutre en acier. Xu R [113] a suggéré un modèle analytique tout en
considérant les hypothèses cinématiques de Timoshenko pour chaque composant, mais il a
imposé une rotation transversale identique pour les deux composants (tablier et profilé).Un
modèle de poutre bicouche, entièrement déformable par cisaillement, a été proposé par

57
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

Schnabl [114]. Aucune séparation transversale n'est permise dans ce modèle, mais des
déformations de cisaillement, complètement indépendantes, et des rotations des deux couches
ont été considérées. Les équations gouvernantes du problème sont données, mais seule une
méthode de résolution de ces équations est décrite, et aucune expression analytique n'est
disponible. En outre, les applications sont limitées aux seules poutres simplement supportées.

Quang-H.N [87] a exposé un travail laborieux. L’auteur a pu résoudre analytiquement les


équations gouvernantes correspondent au modèle de Schnabl [114]. En outre, les cas extrêmes
de la connexion, parfaite et sans interaction, sont également considérés dans ce travail. Une
application numérique très intéressante est donnée à la fin du manuscrit du travail ; mettant en
évidence l’influence de la cinématique de Timochenko sur la déformée totale d’une poutre
mixte, isostatique et hyperstatique.

La déformée calculée dans une poutre mixte (Flèche et glissement) par la résolution
analytique de Quang-H.N est confrontée aux résultats expérimentaux et d’autres résultats
associés à la cinématique d’Euler-Bernoulli. En plus, l’impact du degré de connexion (rigidité
surfacique de la connexion) est pris en compte dans cette étude. Suite à l’application
numérique, la déflexion suivant les deux cinétiques dans une poutre mixte simplement
appuyée, fléchie sous un chargement concentré appliqué à mi-travée, est légèrement plus
optimiste que la déflexion expérimentale. Toutefois, les résultats du modèle proposé, basé sur
la cinématique de Timochenko, sont plus proches à l’expérimental que les données du modèle
de Newmark, fondé sur la cinématique d’Euler-Bernoulli. C'est parce que le modèle proposé
tient compte la flexibilité du au cisaillement dans les deux matériaux de la section transversale
mixte. Néanmoins, il reste important de souligner que la différence entre les deux réponses
correspondantes n’a même pas dépassée 0.9 mm. Cet écart devra être moins encore si les
auteurs ont opté pour un chargement réparti.

À travers de l’exemple traité, l’effet du rapport (Portée/Hauteur) sur la déformabilité par


cisaillement des poutres mixtes a été également étudié pour des degrés de connexion
différents, exprimés par les rigidités surfacique des connecteurs. Le ratio des deux flèches
analytiques (Ftimoshenko/Feuler-bernoulli), calculées à mi- portée, est présenté en fonction du rapport
(Portée/Hauteur). La valeur maximale de la rigidité surfacique des connecteurs faisait
référence au cas d'une interaction complète. Il a été constaté que l'effet du cisaillement
transversal sur la déflexion totale est généralement plus important lorsque le degré de
connexion est plus important dans une poutre mixte. C'est-à-dire, l'interaction partielle
diminue l'effet du cisaillement sur la déflexion totale des poutres mixtes. Néanmoins, cela ne

58
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

pourra être retenu que pour des poutres mixtes dont le ratio (Portée/Hauteur) ne peut dépasser
le chiffre5. Quant aux poutres mixtes ayant un rapport égal à 5 fois ou plus, le rapport
(Ftimoshenko/Feuler-bernoulli) tend vers l’unité, donc on est devant la même flèche pour deux
cinématiques différentes.

En toute logique, les poutres mixtes sont venues dans le but de couvrir des portées assez
grandes en construction. Par conséquent, la condition d'un ratio (Portée/Hauteur) très élevé est
souvent bien remplie, sinon l'emploi de telles poutres n'aura pas de sens ; il faudrait opter pour
d'autres types.

L’analyse paramétrique riche de Quang-H.N [87] nous a permis d’aboutir à la conclusion


suivante, qui pourra consolider la cinématique choisie pour notre modèle à la fin de ce
manuscrit: ‘’ le modèle de Newmark restera largement suffisant pour prédire la déformée
élastique d’une poutre mixte fléchie. L’auteur lui-même, Quang-H.N, a mentionné, en
justifiant l’emploi de la cinématique de d’Euler-Bernoulli :Les dimensions habituelles des
poutres mixtes ont un élancement longitudinal (ratio: Portée/Hauteur) couramment supérieur à
10 fois. Cela permettra d’écarter les déformations dues à l’effort tranchant. L’auteur a même
admis l’emploi de la cinématique de d’Euler-Bernoulli dans les endroits des appuis.

3.4 ASPECT REGLEMENTAIRE DES POUTRES MIXTES FLECHIES ‘’EC04’’

La réglementation de la structure mixte a évoluée rapidement et constamment dans les


pays de l’union européen. La communauté scientifique européenne s’est consacrée durant des
dizaines d’années pour proposer au monde une synthèse technique très utile ; et qui a pour but
couvrir toutes les modes d’analyses pouvant régir, aux différents états, le comportement des
éléments structuraux mixtes destinés aux ouvrages en génie civil.

L’encadrement réglementaire de la structure mixte est venu essentiellement pour combiner


entre la théorie et l’expérimental en accordant une attention particulière à la marge sécuritaire
via des coefficients de sécurité. Cette démarche a été sanctionnée par un document
international rédigé et mis à la disposition de tous les praticiens de la conception en génie
civil. Le document exposera les méthodes spécifiques adoptées pour justifier les éléments
mixtes conformément à plusieurs conditions et exigences. La diffusion de ce document,
appelé Eurocode 04 [89] et intitulé ‘’Conception et dimensionnement des structures mixtes
acier-béton”, a contribuée largement dans la promotion et la propulsion de la structure mixte
en général.

59
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

L’intérêt qu’apporte ce document c’est qu’il présente un exposé appréciable de toutes les
justifications nécessaires aux éléments mixtes vis-à-vis la résistance, l'aptitude au service, la
durabilité et la résistance au feu. Dans le concept général de l’Eurocode 04, les actions
extérieures appliquées sur une structure sont affectées d’un facteur de pondération dépendant
de leur nature et de leur variation dans le temps. Pour toute combinaison possible de ces
actions, la résistance extrême de chaque élément et de l’ensemble doit être approuvée. En
outre, pour les poutres essentiellement, il convient encore de vérifier que certaines limites ne
sont pas dépassées en situation de service. Dans son contenu, le document fait assez référence
à l’Eurocode02 [82] pour tout ce qu’est béton, mais à l’Eurocode 03 [115] pour tout
composant en acier.

La structure de l’Eurocode 04 n’est pas assez différente à celle des autres Eurocodes.
Après trois chapitres communs à tous les Eurocodes (introduction, bases de calcul et
matériaux), le contenu de la rédaction aborde, dans deux parties indépendante, la conception
des poutres et colonnes mixtes selon la philosophie des deux états limites (ELU et ELS). Le
sixième chapitre traite de la connexion, un descriptif est offert pour la connexion partielle et
totale. Le septième chapitre est consacré aux planchers à tôles profilées, dalles mixtes. Le
document aborde succinctement, à travers du huitième chapitre, les planchers constitués de
dalles préfabriquées en béton. Des annexes normatives ou informatives sont offertes à la fin
du document.

3.4.1 Principe d’analyse aux (ELU)


Le principe d’analyse aux états limites ultimes d’une poutre mixte, de bâtiment au stade
final de la construction (rappelons que des vérifications sont à effectuer également au stade du
montage pour la poutre en acier), repose sur quatre principaux aspects:

 La résistance des sections transversales (les moments résistants élastiques et


plastiques)
 La résistance au déversement (la stabilité de la semelle métallique comprimée)
 La résistance au cisaillement longitudinal (justification de la connexion)
 La résistance de l’âme au cisaillement transversal (la stabilité de l’âme vis-à-
vis le voilement)

Pour une poutre mixte, la largeur participante d’un tablier en béton et la classification des
sections transversales sont deux fondamentales notions les plus spécifiques dans le projet de
la réglementation. Lorsqu'une poutre mixte est considérée en flexion, la section transversale

60
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

de la dalle perd sa planéité en raison des forces concentrées longitudinales qui sont induites
par les connecteurs de cisaillement. Ce comportement à tendance à produire des déformations
longitudinales plus grandes dans la dalle. Ces efforts très concentrés au niveau des
connecteurs, à caractère rasant, peuvent provoquer le déplacement de la dalle en béton si la
distance entre deux profilés successifs est mal définie. Cet effet de gauchissement est
généralement appelé trainage de cisaillement. Ce phénomène donnera lieu à des contraintes
normales non uniformes dans la section de dalle, au niveau d’une fibre quelconque définie par
une ordonnée z par rapport à la surface de contact, la contrainte est plus élevée au droit du
profilé métallique et diminue progressivement lorsque l’on s’écarte du profilé. Le concept de
largeur participante, beff, est venu pour inclure le phénomène susdit en définissant une section
plane équivalente de largeur fixe, dite effective, permettant de préserver la théorie classique
des poutres dans laquelle les sections planes restent planes, après la déformation et une
contrainte constante est supposée être appliquée sur une largeur efficace de la dalle modifiée
[116].

Aux états limites ultimes, le choix des méthodes d’analyse dépend de la capacité de
l’élément structural pour justifier un comportement ductile permettant la formulation d’une
rotule plastique accompagnée d’une rotation flexionnelle suffisante. La ductilité des éléments
métalliques est très fortement menacée lorsque le phénomène du voilement pourra apparaitre
dans leurs parois minces comprimées, à l’âme comme en semelle.

Donc, pour une résistance limite convenablement évaluée, tenir compte la rotation du
profilé métallique, associé au tablier en béton, est obligatoire. Pratiquement, l’idée consiste à
classifier les sections transversales métalliques à partir des élancements critiques de l’âme et
de la semelle. Les élancements limites des parois minces sont rigoureusement identiques à
celles de l’Eurocode 03 [115]. La classification dépend aussi de la nuance du profilé. La
classe retenue pour la poutre mixte correspond à la classe la plus défavorable des deux parois
minces(âme et semelle). L’Eurocode04 [89] prévoit quatre principales classes. Cependant,
quelques arrangements pour un éventuel reclassement sont autorisés sous quelques conditions
[115].

La résistance plastique est envisageable uniquement pour les profilés métalliques de classe
1 ou 2. Pour ces deux classes, le profiler doit prouver une rotation au moins suffisante. La
plastification se matérialise par une distribution uniforme des contraintes limites élastiques
correspondantes suivant la hauteur de tous les matériaux de la section mixte considérée
(tablier, profilé et armature). A travers de cette répartition on pourra estimer le moment

61
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

résistant plastique, Mpl,Rd. La position de l’axe neutre plastique, ANP, est essentielle pour
exprimer la résistance plastique dans une section mixte acier-béton.

La résistance élastique s'appliquent lorsque les poutres mixtes sont constituées de profilés
de classe 3. Elle pourrait être utile également pour les sections transversales de classe 4 pour
lesquelles la neutralisation de quelques parties dans les parois comprimées est indispensable
(introduction du concept de largeur efficace). Le calcul élastique est aussi admis pour les
sections de classe 1 ou 2 si aucune rotule plastique n’est souhaitée.

3.4.2 Principe d’analyse aux (ELS)


Tout premier dimensionnement d’une structure est généralement étudié de manière à ce
que celle-ci satisfasse aux exigences des états limites ultimes. Le plus souvent, ceux-ci sont
déterminés de manière spécifique. C'est-à-dire, les principes énoncés pour la vérification des
ELU sont en effet presque toujours accompagnés de règles d’application précises et directes.
Par contre, la vérification des ELS ne passe pas forcément par de longs calculs. La prise en
compte des effets à considérer pour cet état ne traduit pas des calculs rigoureux ou des
mesures quantitatives. A titre d’exemple, des phénomènes tels que le fluage et le retrait sont
considérés dans les poutres mixtes de manière forfaitaire selon le règlement. Les critères
d’aptitude au service peuvent aussi varier assez fortement selon la valeur et le caractère de
l’ouvrage.

Bien que, la conséquence d’un état limite de service mal justifié reste moins grave que
l’effet d’un état limite ultime incontrôlé, le manque d’aptitude au service d’un élément de
structure restera aussi plus difficile à prévoir au cours de la conception. Cela rend que la
prudence est bien requise quant à la vérification des états limites de service, leur satisfaction
est capitale pour pouvoir garantir à la structure sa durabilité, son bon fonctionnement vis-à-vis
d’autres éléments de la construction et du confort des utilisateurs.

Dans le cas d’un bâtiment, les valeurs limites adoptées pour les ELS présentent souvent un
caractère conventionnel et une tendance à un degré de sécurité maximal. Les règles
d’application des critères d’aptitude au service, définies dans l’Eurocode 04, sont d’ailleurs
généralement des recommandations permettant de satisfaire aux principes qui y sont énoncés
et aux exigences de la nature de l’ouvrage. Dans ce cas, il convient de limiter :

La flèche: la prévision de la flèche finale doit tenir compte du fluage du béton sous les
charges de longue durée, du retrait du béton et éventuellement l’effet de la connexion
partielle qui pourra majorer la flèche. On vérifiera en outre que les contraintes réelles

62
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

de service n’engendrent aucune plastification locale qui invaliderait les calculs


effectués suivant la théorie de l’élasticité.

La fissuration du béton: le contrôle de l’ouverture des fissures dans le béton est à


entamer lorsque le béton devient l’objet d’une source de traction directe ou indirecte et
qu’éventuellement pourra altérer l’exploitation, l’efficacité et l’aspect de la structure.

Les vibrations: d’autres états limites, telles que les vibrations, peuvent apporter une
certaine nuisance à la structure. Dans une telle situation, il est recommandé d’indiquer
à l’élément mixte fléchi sa propre fréquence fondamentale à respecter.

Bien que la flèche d’une poutre mixte dépende fortement à l’aptitude du béton au fluage,
aucun modèle théorique n’a été rapporté par la réglementation pour aider dans l’estimation de
la flèche finale en tenant compte le fluage. Cependant, l’Eurocode04, contrairement au retrait,
n’a autorisé en aucun passage la négligence du caractère différé des poutres mixtes. Dans ce
sens, le règlement recommande une simple application permettant la prise en compte de la
viscoélasticité du béton dans la prévision de la flèche finale des poutres mixtes. L’idée
consiste à remplacer dans les analyses, entre autres pour le calcul des inerties I(t0) et I(t), les
aires de béton, Ab, par des aires en acier équivalentes égales à Ab/n(t), où n(t) est le coefficient
d’équivalence différé défini par n(t) = Ea/Eb(t) [117]. Les prescriptions données par l’EC4
pour la vérification des poutres mixtes aux ELS s’appliquent une fois que le béton a durci et
que le comportement de la poutre est effectivement mixte.

3.5 ETAT SUR L'ASPECT DIFFERE DES POUTRES MIXTES

3.5.1 Fluage dans les poutres mixtes


La figure (3.10) montre des sections transversales mixtes caractérisées principalement par
la largeur participante (beff) et la surface de contact entre la dalle en béton et le profilé
métallique. Une fois le béton flue, l’état spontané de la poutre mixte commence à changer.
Même que le fluage des éléments porteurs conduit plus rarement à la ruine ou
l’endommagement, il est toujours estimé comme une conséquence incontournable qui peut
amoindrir l’aptitude à la fonctionnalité pérenne des éléments de la structure. En effet, le
fluage est capable de générer des effets indésirables, tels que : des évolutions dans les
contraintes et les déformations du matériau. Ces évolutions peuvent alors entraîner des
déplacements de toute ou une partie de la structure qui sont incompatibles avec son
fonctionnement, voire même engendrer progressivement des niveaux de contraintes tels qu’ils
provoquent à plus ou moins longue échéance la fissuration du matériau béton.

63
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

beff
be1 be2

Fig.3.10: Largeur participante dans un système de poutres mixtes.

Les diagrammes élastiques de contraintes et de déformations, dans les poutres mixtes, sont
toujours évolutifs par la présence du fluage [118]. Donc, les poutres mixtes sont dotées d’un
comportement à deux phases, à court terme dit "instantané" et à long terme appelé "différé".
Par conséquent, la vérification de l’état de contraintes et de déformations dans une poutre
mixte acier-béton nécessite la prise en compte du facteur "temps". Cette vérification est
absolument nécessaire afin de ne pas porter un préjudice au bon fonctionnement de la
structure et de ne pas rendre son aspect inacceptable "notion d’apparence". Nous nous
consacrons dans ce qui suit à l’examen de la flexion des poutres mixtes entachées par le
fluage du tablier.

Réduire l’espace de la recherche dans l’étude d’une poutre mixte acier-béton, en particulier
leur déflexion à long terme, permet d’aborder néanmoins une question importante parce que
la déformabilité obtenue par une analyse différée peut être plusieurs fois plus grande que celle
d’une analyse élastique à cause du fluage du tablier en béton. Ce constat pourra facilement
désavantager l’utilité de ces poutres mixtes dans la construction en général. La déflection au
jour le jour joue donc un rôle fondamental dans la performance d'une poutre mixte.
Cependant, un calcul exact de l’évolution de son débattement dans le temps est une tâche
compliquée en raison du nombre élevé de variables impliquées. La flexion des poutres mixtes,
en tenant compte le fluage, est soulevée maintenant pour dévoiler les principaux paramètres
qui font que cette analyse soit le plus souvent délicate, tels que :

 Matériau et interface : En dépit de la commodité de l’action monolithique des


poutres mixtes, les méthodes de conception commandent qu’on leurs prête une
attention parfaite pour qu’elles soient améliorées de plus. Bien que des
modèles précis et des dispositions réglementaires sont maintenant à la portée
des concepteurs pour évaluer la résistance ultime des éléments mixtes fléchies,
de bonnes méthodes pour prédire leurs déformabilité à court, à moyen et à long
terme, ainsi que d'autres critères de maintenabilité, au fil du temps, font
toujours défaut. En particulier, l'analyse à long terme du comportement

64
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

dépendant du temps des poutres mixtes est extrêmement compliquée,


nécessitant la prise en compte de nombreux facteurs imprévisibles, liés à la fois
au matériau lui-même (béton du tablier) et à la zone d’interface spécifique
[119].
 Conditions environnementales : Lorsqu’il s’agit de systèmes composites
(acier-béton), la première question qui vient à l’esprit est de connaître le degré
d'incertitude dans les propriétés du matériau de béton, tout en tenant compte de
son fluage. La mesure du fluage dans les structures composites n’est pas une
tâche aisée, vu que le béton, qui constitue la composante principale, suit une loi
viscoélastique. Bien qu'un nombre important de modèles de conception aient
été développés pour faire face à la manière dont le fluage varie avec le temps,
ce sont tous des modèles simples permettant d'estimer plus étroitement le
comportement réel ; chacune de ces approches de conception peuvent donner
des résultats divergents. En outre, aucune des approches basées sur ces codes
de conception ne reflètent d’une manière fidèle les conditions réelles, puisque
la plupart des calculs relatifs au fluage considèrent les conditions
environnementales, qui dans la vie réelle varient considérablement, comme des
paramètres constants afin de simplifier les calculs souvent complexes. Par
conséquent, la plupart des modèles de fluage n’arrivent pas à prendre en
compte les effets des fluctuations de l'humidité relative et la température.
 Propriétés transversales : Une autre difficulté dans l’analyse du
comportement des poutres mixtes réside dans la complexité structurelle qui
inévitablement apparait lorsque deux matériaux très différents, tels que l'acier
et le béton, sont combinés pour former un corps unique. Comme indiqué
précédemment, l'élément composite devient à la fois plus rigide et plus solide,
en raison de la combinaison synergique des avantages structurels que chaque
matériau apporte au système. Cependant, agir en combinaison signifie que
deux matériaux peuvent être considérés comme une seule structure, et ceci
nécessite potentiellement une opération supplémentaire qui consiste à définir
de nouvelles propriétés transversales ainsi que les rigidités de flexion. A ce
stade, le problème qui se pose est qu'une structure composite acier-béton est
fortement susceptible de voir ses propriétés structurales changer avec le temps,
ce qui signifie qu'il est très difficile pour les concepteurs de déterminer les

65
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

propriétés transversales et les rigidités à la flexion exactes, à chaque instant,


lors de la conduite d’une analyse à long terme.
 Interaction glissement/rigidité : Un autre aspect du problème est que les
éléments mixtes acier-béton subissent généralement des changements dans leur
action combinée, à la suite du glissement au niveau de l'interface entre l'acier et
le béton. L'ampleur de ce glissement est non seulement pas facile à prévoir,
mais elle conduit aussi souvent à des interactions partielles entre les
composants du composite. Ceci peut avoir un effet plus important sur l'analyse,
comparée à l’interaction totale qui normalement pourrait bien se produire
[120]. Cette complexité du système composite découle de la rigidité à la
flexion ambigüe de l'élément. Par conséquent, cette tendance à l’interaction
partielle est un inconvénient considérable lors de la conception des poutres
mixtes acier-béton.

Bien qu'il soit généralement accepté que les analyses des structures mixtes acier-béton sont
difficiles à réaliser, à long terme, la communauté scientifique continue d’insister sur leur
nécessité, et ceci montre l’importance de la maintenabilité d’un élément mixte dans la
conception des bâtiments. Dans l'ingénierie des structures, la résistance et la maintenabilité
sont toutes les deux considérées comme des objectifs essentiels que tous les concepteurs
doivent atteindre dans leur travail de conception. Excellent fonctionnement d’un élément
structural, en particulier, attire tellement d'attention à l'heure actuelle que le développement
des matériaux avancés et des technologies de pointe a commencé à satisfaire les besoins d'une
meilleure capacité de résistance de la structure.

La capacité des constructions de se maintenir sous l’effet des charges de longue durée en
toute sécurité, sans déformation, ni fissuration, ni vibration, est devenue un nouveau critère
pour estimer la réussite des constructions modernes. Dans ce contexte, prêter attention à l'état
de fonctionnement des poutres mixtes, qui peuvent être affectées par l’aptitude au fluage de
leur composant de béton, est un sujet de grande importance pour ceux qui cherchent à
améliorer la conception en structures mixtes.

3.5.2 Travaux réalisés


Le présent paragraphe présente l'état de l'art actuel du comportement en fonction du temps
des poutres mixtes et la manière dont cela peut affecter le service et les conditions ultimes de
telles pièces.

66
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

Très intéressant de souligner que les propriétés matérielles dépendantes du temps du béton
à utiliser dans la description du comportement à long terme d'une poutre composite, sont
celles qui sont normalement indiquées pour des éléments en béton armé [121]. Pour une
analyse en fonction du temps, il est important que les effets de fluage soient convenablement
pris en compte dans la conception, car la force et le moment générés dans les éléments en
acier de la section transversale, en limitant le fluage dans le béton, donnent une plus grande
courbure et un transfert progressif de la contrainte du béton vers l'acier. L’effet du fluage du
tablier sur le profilé métallique est clairement montré par la figure (3.11).

Ab Gb Mb(x,t0) Mb(x,t) Mb(x,t)


hb
Cb Nb(x,t0) Nb(x,t) Nb(x,t)
M(x) y(t0)
d Ghom
Ca N(x) y

ha Ma(x,t0) Ma(x,t) Ma(x,t)


Ga
Na(x,t0) Na(x,t) Na(x,t)
Aa
temps t0 effets du fluage temps t

Fig. 3.11: Effets du fluage dans une section mixte acier-béton.

D'importants travaux ont été effectués à ce jour, sur la modélisation des poutres
composites, afin d’examiner les effets du temps. Les premiers articles publiés dans ce
domaine ont signalé des problèmes de fonctionnement observés dans l’étude de cas réels
[122], alors que les premiers modèles portant sur la réponse dépendant du temps du composite
se sont basés sur la théorie du cisaillement entier [123]. Au début des années 1990, une étude
approfondie des effets du fluage sur les poutres mixtes a été réalisée par Bradford et Gilbert
[124]. Ils avaient proposé un certain nombre d'approches analytiques qui pourraient être
utilisées pour calculer les déformations et déflexions à court et long terme des poutres mixtes.
Ces études ont inclus de nombreuses applications de conception et les résultats obtenus étaient
confirmés par des vérifications expérimentales utiles.

Dans la plupart de leurs travaux déjà publiés, Bradford et Gilbert se sont basés sur des
méthodes d’analyse déjà existantes pour étudier la réponse structurale résultant du fluage. On
peut citer la méthode du taux de fluage (RCM) et la méthode du module effectif ajusté selon
l’âge (MEAA). Ces deux méthodes utilisent des procédures de solution qui impliquent
quelques compatibilités en chaque point de la section transversale mixte. Ceci permet

67
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

d'obtenir les contraintes et les déflexions en fonction du temps des poutres composites acier-
béton [125].

Lawther et Gilbert [126] ont eux aussi adopté la méthode du taux de fluage pour l’analyse
de la déformation des éléments composites, qui sont déterminés statiquement, en utilisant la
relation constitutive différentielle de Dischinger et l'analyse de la matrice de rigidité pour
modéliser les déformations inélastiques du fluage se développent au fil du temps dans le
béton.

En 1991, Bradford et Gilbert [127] ont effectué un essai expérimental important afin de
valider la méthode qu’ils avaient proposée auparavant, en la comparaison avec les
comportements dépendant du temps des poutres composites. Quatre poutres en acier-béton
simplement supportées ont été mises en place; les contraintes et les déformations dépendant
du temps ont été suivies durant une période de 250 jours, dans les mêmes conditions
ambiantes. L'étude a inclus aussi des tests push-out pour déterminer la contribution des
connecteurs de cisaillement montés entre l'acier et le béton. Cette même étude a aussi
comparé les densités de deux connecteurs différents afin de déterminer l'effet des
déformations dues au glissement. Les résultats de cette étude nous ont permis d’avoir des
données de référence pour l'étalonnage des traitements théoriques qui comprennent le fluage
et le glissement de connecteurs.

La précision des méthodes algébriques (MEAA), employées pour décrire le comportement


différé des bétons dans le calcul des poutres mixtes, a fait, dans plusieurs rapports, l’objet
d’un examen [128][129]. Il a été conclu que la méthode du module effectif ajusté selon l’âge
(MEAA) donne de bons résultats lorsqu'elle porte sur des actions statiques.

La plupart des travaux de recherches mentionnées ci-dessus, relatives aux comportements


dépendant du temps des poutres composites acier-béton, supposent qu'une action composite
parfaite est maintenue entre une poutre en acier et un tablier en béton sous l’effet du
chargement constant en service. Cependant, en réalité, des déformations de glissement se
produisent au niveau de l'interface, et par conséquent la section transversale en acier-béton
aura généralement un comportement quasi-non solidaire, comme si elle n’était pas composite,
dans une certaine mesure. Au cours de leurs recherches, Bradford et Gilbert [124] ont
examiné des poutres composites avec interaction partielle, en s'appuyant sur leurs recherches
précédentes relatives à l'analyse des structures composites acier-béton avec interaction
complète. En examinant les résultats, dépendant du temps, du fluage, et en se basant sur des
expériences réalisées sur quatre poutres composites, décrites ci-dessus, ils ont trouvé que les
68
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

poutres présentant un glissement le long de l’interface entre l’acier et la dalle, et ayant un


nombre de goujons relativement petit, présentent des déflexions (déviations) plus importantes
comparées à des poutres semblables mais sans pareil glissement. Deux poutres ont été
conçues pour avoir une interaction complète, avec des paires de goujons de cisaillement,
placées à 200 mm d'intervalle le long de la poutre, alors que les deux autres poutres ont été
conçues avec des paires de goujons de cisaillement placées à 600 mm d’intervalle, ce qui
permet d’avoir un glissement important entre l'acier et le béton. Bradford et Gilbert [120] ont
développé un modèle théorique pour la réponse dépendant du temps de poutres composites,
simplement supportées. Ce modèle est la combinaison de l'analyse de la section transversale,
en utilisant la méthode du module effectif ajusté (MEAA), et l'analyse longitudinale afin de
prendre en compte les effets de glissement. Ces mêmes auteurs ont comparé les résultats
prédits par la théorie avec ceux obtenus des tests et ont trouvé un bon accord entre les deux.

Buson. S [130] a modélisé numériquement le comportement à long terme des poutres


mixtes isostatiques suivant la cinématique classique (Euler-Bernoulli). Les effets du fluage du
béton sont pris en compte dans le cadre d’une formulation incrémentale de la viscoélasticité
linéaire. Il est également tenu compte du glissement entre la dalle et la charpente métallique
consécutif à la souplesse du dispositif de connexion. Un mode continu de la connexion est
considéré. Ainsi, pour chaque pas de temps, le problème s’exprime sous la forme d’une
équation différentielle linéaire du second ordre dont l’inconnue est le glissement.

Au niveau du laboratoire de mécanique des structures et stabilité des constructions


(LM2SC) de l’université des sciences et de la technologie d’Oran, le comportement en régime
viscoélastique des sections mixtes a fait partie de nombreux travaux théoriques. Nous citerons
à cet effet l’approche analytique proposée par Tehami [131]. L’auteur a calculé les contraintes
longitudinales dans le tablier et la poutre métallique en tenant compte le fluage du béton. Une
deuxième formulation a été proposée par Rahal [132] mais cette fois pour prédire les
contraintes additionnelles produites par le retrait empêché du tablier en béton.

3.5.3 Effets secondaires du fluage


 Effet du fluage sur la largeur participante du tablier : Les travaux réalisés à
ce jour, sur l'influence de la réponse différée de la dalle en béton sur les valeurs
de la largeur efficace, ont montré comment ces valeurs ne varient pas avec le
temps lorsque l’on considère des actions statiques. Pour cela, les expressions
de la largeur effective, adoptées pour les cas instantanés, peuvent être
également appliquées lorsqu'on tient compte des effets du temps [121].

69
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

 Effet de la déformabilité par cisaillement de la poutre en acier : La


déformabilité par cisaillement de la poutre en acier, à l’instant initial, influe de
manière remarquable sur l'amplitude des déformations et des déplacements des
poutres mixtes. L'influence de ce comportement dans les conditions de service
a été montrée dans la référence [133], en se basant sur une étude paramétrique
approfondie qui a été réalisée sur 200 poutres réelles. Les auteurs ont observé
que le fait d'ignorer la déformabilité par cisaillement de la poutre en acier peut
conduire à une sous-estimation des déflexions qui peuvent être de l'ordre de 5-
10 % et 10-20 %, pour des poutres simplement supportées et des poutres
continues, respectivement. Ces différences devraient augmenter au cours du
temps, particulièrement, en présence de faibles niveaux de connexion, alors
qu'elles diminuent avec des connexions rigides.
 Influence des effets du temps sur la réponse ultime : Il est bien admis que la
réponse ultime des poutres mixtes n'est pas affectée par l’historique du
chargement appliqué. Cette considération suppose que la réponse du composite
n'est pas compromise par la ductilité réduite de l'une des composantes fragiles
qui constituent la section transversale, puisque cela pourrait être influencé par
les contraintes antérieures. Ceci a été confirmé expérimentalement dans
[134][135] pour les propriétés matérielles et géométriques que les auteurs ont
considérées dans leurs essais qui comprenaient des poutres simplement
supportées, avec un faible degré de liaison au cisaillement.

3.6 CONCLUSION

Ce qu’il faut retenir à l’issue du présent chapitre : le rendement impressionnant d’une


poutre mixte fléchie tient uniquement aux moyens d’assemblages installés sur la semelle
supérieure du profilé métallique, destinée normalement à la compression. Toute autre
adhérence naturelle entre le béton du tablier et l’acier du profilé n’est pas nécessaire.

La zone d’interface acier-béton constitue la singularité des poutres mixtes. Cette zone est
régie par le taux de la déformabilité du système de connexion mis en place pour obtenir une
certaine alliance entre le tablier et le profilé. Afin de maximiser le rendement d’une poutre
mixte, il devient plus que nécessaire de projeter un système d’assemblage le plus adéquat
permettant une transmission douce des contraintes de cisaillement, inter-faciales, sans qu’il
n’y ait de déformation excessive à l’intérieur.

70
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

La faculté à la déformation du mécanisme d’assemblage se traduit essentiellement par un


déplacement relatif de la dalle par rapport au profilé métallique. Même gêné, ce
comportement cinématique est habituellement référé à une connexion partielle entre la dalle et
le profilé. Si aucune réponse cinématique n’est admise à la jonction, on parle alors de la
connexion complète. Quand le béton se déplace librement sur la semelle supérieure du profilé
métallique, il s’agit alors d’une poutre mixte non collaborant. Il est admis le plus souvent, en
littérature, que la séparation verticale entre le tablier et le profilé est très faible. Deux familles
de connexions sont à prévoir à l’interface des poutres mixtes, à savoir : mode discret et mode
continu.

La connexion est classée suivant qu’elle soit établie par adhérence, par collage ; ou bien
elle est considérée linéaire tout simplement. Cette dernière option est la plus recommandée
actuellement du moment qu’elle est très pratique : elle est réalisable en une seule tâche. La
distinction entre l’ensemble des techniques de connexion se fait principalement sur la base du
degré de ductilité approprié. En construction mixte cette distinction est très déterminante. Une
insuffisance en matière de ductilité engendra une redistribution non uniforme de l’effort
rasant le long de la zone de contact. Le système de connexion mis en place doit être
caractérisé auparavant à l’aide des essais normalisés. Cette opération donnera une idée sur le
comportement mécanique global du dispositif choisi et permettra aussi la désignation de sa
classification (ductile, semi ductile, rigide).

La déflexion des poutres mixtes peut se faire suivant les deux cinématiques les plus
répandues (transverse et classique). D’après les études relatées à travers ce présent chapitre, le
deuxième choix restera largement fiable pour calculer la déformée spontanée d’une poutre
mixte soumise à la flexion plane à l’instant du chargement, t0 ; car généralement les
dimensions des poutres mixtes ont un élancement longitudinal couramment supérieur à 10
(ratio: portée/hauteur). Ce ratio permettra la négligence automatique de l’effet du cisaillement
sur la déformabilité de la poutre mixte considérée.

La réglementation de la poutre mixte est venue essentiellement pour combiner entre la


phase théorique et le volet expérimental tout en accordant une attention particulière à la marge
sécuritaire via des coefficients partiels de sécurité. L’aspect réglementaire est synthétisé dans
un document international qui expose un ensemble de méthodes permettant la justification des
éléments mixtes fléchis conformément à plusieurs conditions et exigences bien précises.
Selon ce document, la conception des poutres mixtes est faite de manière à s’assurer que
quelques états limites soient largement satisfaits.

71
Chapitre III Introduction aux poutres mixtes acier-béton

Suite au caractère viscoélastique du tablier, les poutres mixtes sont dotées d’un
comportement à deux phases. Ce comportement bi-phasique produit des champs de
contraintes ou/et de déformations dépendant de la faculté du tablier au fluage. Une fois que le
béton flue, l’état spontané de la poutre mixte commence à changer. Par conséquent, la
vérification de l’état de contraintes et de déformations dans une poutre mixte acier-béton
nécessite la prise en compte du facteur "temps", cette vérification est absolument nécessaire
afin de ne pas rendre son aspect inacceptable.

Bien que l’aspect réglementaire, contrairement au retrait, n’a pas autorisé la négligence du
régime viscoélastique des poutres mixtes, aucun modèle théorique (ou méthode de calcul) n’a
été recommandé pour le calcul de la déflexion par fluage. Ici, nous tenons à souligner que la
littérature spécialisée est riche en méthodes spécifiques de calcul, toutefois, elle est pauvre en
méthodes analytiques ‘’explicites’’ qui traitent le fluage différé des poutres mixtes d’une
façon claire, directe et sans aucun calcul accablant reposant sur l’outil numérique par
exemple.

Réduire l’espace de la recherche dans l’étude des poutres mixtes acier-béton, en particulier
leurs déflexion à long terme, permet d’aborder néanmoins une question importante parce que
la déflection obtenue de l'analyse à long terme peut être plusieurs fois plus grande que la
déflexion initiale. La déflection au jour le jour joue donc un rôle fondamental dans la
performance d'une poutre mixte. Cependant, un calcul exact de son débattement variable dans
le temps est une tâche compliquée en raison du nombre élevé de variables impliquées. La
flexion des poutres mixtes, en tenant compte du fluage, a été soulevée à la fin du présent
chapitre pour dévoiler les principaux paramètres qui font que cette analyse soit toujours
délicate.

72
Objectif du travail

PARTIE II

OBJECTIF DU TRAVAIL

Pour pouvoir prédire convenablement le comportement différé d’une poutre mixte fléchie,
il est d’abord nécessaire de savoir prédire l’état de contraintes à tout moment t donné à partir
de l’instant initiale du chargement t0. Il est intéressant de noter que tout est lié aux contraintes
lors d’une analyse à terme, car la relaxation est la première conséquence du fluage. On se
propose à travers cette section de présenter à la communauté scientifique spécialisée une
méthode analytique, directe, permettant de traiter la flexion d’une poutre mixte soumise à un
chargement modéré, tout en tenant compte du fluage de sa membrure supérieure faite en
béton. La méthode proposée a pour but d’analyser aussi le champ des déformations à travers
le temps. Une fois l’état différé des contraintes défini, d’autres paramètres, tels que la
déflexion et la déformation axiale dans une poutre mixte, pourront être aussi
exprimées analytiquement en fonction du temps.

D’après la littérature, l’étude expérimentale à l’échelle réelle du comportement différé des


poutres mixtes fléchies est encore loin d’être suffisamment acquise. Ceci est
fondamentalement attribué aux temps considérables que nécessitent les essais. Il s’agit là de
tests qui requièrent un équipement cher et sophistiqué. Cependant, la communauté
scientifique compte plusieurs travaux théoriques relatifs à notre sujet.

L’évolution de la flexion des poutres mixtes nécessite, d’une part, un suivi rigoureux à
travers le temps, c'est-à-dire que des mesures extenso-métriques permanentes devraient être
effectuées au quotidien jusqu’à ce que le fluage commence à se stabiliser, et d’autre part, la
possession d’un ensemble de moyens matériels, bien précis et indispensables pour mener à
bien l’expérimentale. C’est pour cette raison qu’à la fin de notre travail, la comparaison des
résultats obtenus s’est limitée à des méthodes algébrique, analytique et numérique proposées
par la communauté scientifique spécialisée. Par conséquent, entamer l’expérimentale de ce
type de travaux dont le facteur temps est prépondérant restera toujours une tâche incertaine et
parfois même une piste sans issue dans plusieurs cas.

73
Objectif du travail

A l’origine, nous étions largement motivés pour envisager le coté expérimental de notre
sujet à l’échelle réelle dans un des laboratoires universitaires étrangers. Un programme d’une
véritable campagne expérimentale avait été préparé, avec des essais sur le comportement
instantané jusqu’à la rupture des poutres mixtes acier-béton ainsi que d’autres essais sur le
comportement différé. La campagne a été menée sur un jeu de 09 poutres. Chaque poutre est
composée d’une dalle en béton (503503500 mm3) associée à un profilé IPE220. La
connexion à l’interface était multiple. Pour étudier la connexion mécanique, il a été décidé de
considérer deux poutres à connexion complète (18goujons),deux poutres à connexion partielle
(14 goujons) et deux autres poutres à connexion partielle (7goujons). Pour la connexion
continue, un joint de colle (02 mm) a été choisi pour la septième et la huitième poutre. Pour
terminer, un joint de colle discontinu a été fixé sur la semelle de la neuvième poutre.

On a réussi à collecter avec précision les résultats des essais sur la rupture des poutres
mixtes. Cette partie a fait l’objet d’un rapport qui a été ensuite traduit en article scientifique,
voir la référence [86]. Malheureusement, pour l’ensemble des poutres mixtes utilisées dans les
essais de fluage, nous avons obtenu des résultats peu convaincantes; ceci est certainement dû
à la particularité de l’essai.

Dans cette deuxième partie, nous allons d’abord développer quelques outils d’analyse et
des lois différées propres au comportement en fluage du béton ; ce sont les plus répandus et
semblent être nécessaires à notre démarche. La formulation élastique des poutres mixtes est
ensuite exposée avant d’entamer l’élaboration de notre approche qui sera donnée à la fin sous
la forme d’un système différentiel à coefficient constant. L’intégration du système
mathématique obtenu, permettant l’expression analytique de l’état de contraintes à tout
moment dans la dalle en béton, nécessitera fondamentalement la formulation élastique de la
poutre fléchie sous les conditions initiales des contraintes.

74
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

CHAPITRE IV

METHODES D’ANALYSE ET LOIS DIFFEREES

4.1 INTRODUCTION

Le fluage, qui est un phénomène inévitable dans un matériau à matrice cimentaire, a été
amplement étudié, comme le montre la littérature riche et abondante sur le sujet. A l’issu de
diverses recherches avancées, plusieurs théories et méthodes ont été engagées afin de
déterminer d’abord la provenance du fluage (ses origines et mécanismes moteurs) et ensuite
de connaître son évolution dans le temps et ce dans le but de pouvoir lui donner sa valeur
ultime qui rentre toujours dans un cadre approximatif, suite aux différentes insuffisances
majeures antérieurement rapportées.

Étudier les conséquences, à terme, du fluage dans un élément d’une structure est l’une des
tâches primordiales faisant partie du travail de conception. Le comportement différé du béton
devient encore beaucoup plus complexe lorsque le matériau est utilisé dans la conception d’un
système structurel bien défini dans lequel les effets de fluage sont combinés avec d'autres
paramètres, tels que le fait d’avoir des matériaux différents, avec des charges différentes, et
aussi d’être en présence d’une structure particulière. En effet, les contraintes et les
déformations induites dans ce système par le fluage du béton sont principalement dues à la
présence de l'acier de renforcement, à la précontrainte, et aussi au fait d’associer le béton à un
élément métallique en cas de nécessité (cas d’un système composite); cela devrait dépendre
de la sollicitation à laquelle le système devra être soumis. Tout cela rend parfois l’étude des
effets du fluage dans un élément ou un système porteur une tâche considérablement
compliquée puisque les résultats obtenus ne sont pas très corrects; pratiquement, ils ne sont ni
précis ni rigoureux. Par conséquent, il est absolument nécessaire de disposer de méthodes
d’analyse précises et de lois relatives au comportement différé du béton adéquates afin de
pouvoir maitriser ce concept de fluage dans une structure en béton.

A travers ce chapitre, nous allons tenter d’explorer les différentes méthodes mathématiques
employées en littérature en vue d’étudier la déformation et la contrainte internes

75
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

correspondantes dans un béton ayant un comportement différé. Les facteurs qui sont la cause
de la non-linéarité des effets de fluage sont brièvement mis en évidence. Il est important aussi
de mentionner la difficulté liée à la prévision des effets de fluage dans les structures en béton,
et cela même pour des propriétés viscoélastiques linéaires. Nous essayons de nous concentrer
particulièrement sur les méthodes algébriques et différentielles; les deux méthodes seront
explicitement développées afin de découvrir la particularité de chacune d’elles. La
formulation théorique du coefficient de vieillissement, qui est un facteur important dans les
méthodes algébriques, est également démontrée. En outre, quelques expressions du coefficient
de fluage sont enfin présentées.

4.2 METHODES D’ANALYSE

L’analyse phénoménologique structurelle de la déformation des bétons par fluage doit se


faire selon que la forme de celui-ci suit une évolution qui correspond à une loi viscoélastique
vieillissante linéaire ou bien non linéaire. En comparant les résultats du principe de
superposition des effets à des mesures de fluage expérimentales, toute déviation par rapport à
ce principe est un effet de non linéarité [75]. Contrairement aux métaux, le fluage du béton
peut être considéré comme étant approximativement linéaire quand celui-ci se produit sous
des contraintes de service. Néanmoins, la non-linéarité peut exister. Pour une gamme de
contraintes élevées, le fluage du béton est fortement non linéaire. Des méthodes de résolution
basées sur la viscoélasticité non linéaire vieillissante ont été produites en littérature
[136][137]. Nous tenons ici à indiquer d’autres facteurs pouvant favoriser l’apparition du
fluage non linéaire [138]:

 Non-linéarité due à la variation de l'humidité et de la température (source principale).


 Non-linéarité due à la fissuration ou à l’adoucissement de contraintes.
 Non-linéarité due au chargement cyclique.
 Non-linéarité due au déchargement soudain important.

Quelques méthodes disponibles en littérature permettant d’exprimer l’évolution du fluage,


dans un élément simplement sollicité, pourrons être adaptées à des cas des systèmes
structuraux particulièrement chargés dont les parties faites en béton sont aussi entachées par le
fluage à partir du premier instant du chargement, t0. La prévision mathématique des effets de
fluage dans les structures en béton reste toujours une tâche difficile, même pour les solutions
linéaire de la viscoélasticité des matériaux vieillissants proposées en littérature.

76
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

Le progrès dans la conception a besoin normalement de méthodes de prévision simples,


ayant une application générale et directe. Ces méthodes ne peuvent être obtenues qu’à l’aide
d’une théorie rationnelle, basée sur la relation contrainte-déformation et la mécanique des
structures. C’est pourquoi les concepteurs optent toujours pour des approches qui se sont
imposées systématiquement dans le calcul différé des structures. Ces méthodes sont basées
soit sur une analyse quasi-élastique appelées ‘’méthodes algébriques’’ permettant l’emploi de
toutes les complaisances ou bien sur diverses lois de fluage écrites sous forme ‘’des équations
différentielles’’ basées sur des complaisances simplifiées, J(t,t0)[139].

Dans toutes les méthodes approximatives à prendre en considération, les charges et les
déplacements forcés sont supposés être stables (constantes) ou bien variant avec un taux
décroissant, qui suit approximativement la forme 1/(t-t0); où t0 est l'instant où la première
charge ou bien la première déformation est appliquée à la structure. Des incréments de charge
brusques, à différents moments t0, doivent être analysés séparément, et les résultats sont
ensuite superposés. Donc, nous nous intéressons dans ce passage qu’à la description de
quelques méthodes linéaire classées selon :

 Les méthodes algébriques.


 Les méthodes différentielles.

4.3 ASPECT APPROXIMATIF DES METHODES

Zdenek P [139] a examiné l'ampleur de l'erreur de ces deux méthodes. Les résultats
numériques de chaque méthode ont été comparés à ceux donnés par la solution mathématique
exacte de la loi de fluage utilisée, selon le principe de superposition des effets. L’auteur
appliquait l’ensemble de ces méthodes pour traiter l’influence du caractère différé du béton
(fluage et relaxation) sur la conduite de quelques éléments structuraux soumis à différentes
sollicitations telles que: poutre en précontrainte fléchie, poutre mixte fléchie, colonnes
montantes comprimée, effet du retrait et poutre en béton armée fléchie. Pour chaque élément
de structure, la déformation par fluage et la relaxation correspondante sont présentés
graphiquement pour établir la comparaison.

En utilisant les méthodes approximatives pour prédire l’effet du fluage et la relaxation


associée, deux types de prévision d'erreurs doivent alors être distingués. Le premier provient
de la relation contrainte-déformation, et le second est dû à la nature approximative de la
méthode d'analyse. Quelques d’autres conclusions tirées de cette confrontation sont également
données à la référence [139].

77
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

4.4 METHODES ALGEBRIQUES

4.4.1 Méthode du module efficace(MME)


La méthode du module efficace, proposée par McMillan (1916) et Faber (1927), est
suggérée par Dilger [140] comme le moyen le plus ancien pour analyser les effets dépendant
du temps dans un élément de structure en béton. Cette méthode implique une réduction du
module d'élasticité pour tenir compte du fluage dans le béton. Pour obtenir le module
élastique effectif, le module élastique Eb(t0) est réduit d'un facteur qui incorpore le coefficient
de fluage (t,t0). La figure suivante illustre le concept de la présente méthode.

b(t0)

déformation Déformation par


élastique fluage

Eb(t0) E'b(t0)

o t b(t) t
0
Fig. 4.1 :Module élastique effectif.

Dans la figure (4.1), la base du triangle présente la déformation élastique, εb(t0), produite à
l’instant initiale du chargement, t0. La déformation par fluage, εb(t,t0), est matérialisée par la
base du rectangle et qui se produit durant toute la phase du chargement (t-t0). Comme le
montre la figure, le module élastique, Eb(t0), change de forme au fil du temps suite à
l’écoulement par fluage mais sous une contrainte constante. Donc :

𝜎𝑏 (𝑡0 )
𝐸𝑏 (𝑡0 ) = (66)
𝜀𝑏 (𝑡0 )

𝜎𝑏 (𝑡0 )
𝐸𝑏′ (𝑡0 ) = 𝜀 (67)
𝑏 0 )+𝜀𝑏𝑓𝑙𝑢𝑎𝑔𝑒
(𝑡

Le coefficient du fluage est écrit par:

𝜀𝑏𝑓𝑙𝑢𝑎𝑔𝑒
𝜑(𝑡, 𝑡0 ) = (68)
𝜀𝑏 (𝑡0 )

À partir des équations (Eq.66) et (Eq.67), on peut redéfinir la contrainte appliquée:

78
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

𝐸𝑏 (𝑡0 )𝜀𝑏 (𝑡0 ) = 𝐸𝑏′ (𝑡0 )(𝜀𝑏 (𝑡0 ) + 𝜀𝑏𝑓𝑙𝑢𝑎𝑔𝑒 ) (69)

Le module élastique réduit ou bien effectif égal à :

𝜀𝑏 (𝑡0 ) 𝐸 (𝑡 )
𝐸𝑏′ (𝑡0 ) = 𝐸𝑏 (𝑡0 ) 𝜀 𝑏 0
= 1+𝜑(𝑡,𝑡 (70)
𝑏 (𝑡0 )+𝜀𝑏𝑓𝑙𝑢𝑎𝑔𝑒 0)

Le module effectif donné par l'équation (Eq.70) est utilisé dans toute analyse élastique
d’une structure qui, par la suite, pourra être entachée par le fluage. Cette méthode est très
pratique mais inconvenable pour le cas de contraintes fortement variables. Étant donné que la
déformation par fluage, fournie par cette formule, à un moment particulier ne dépend que de
la contrainte actuelle, l’effet de l'historique de contraintes est exclu. Dans ce cas, la fonction
de fluage se transforme en une fonction d’une variable (t-t0); où le coefficient de fluage et le
module d’élasticité seront des constantes. Autrement, les courbes de fluage, pour des charges
appliquées à différents âges (t01.t02…..t0n), sont toutes identiques et se traduisent par des
translations horizontales mutuelles. Par conséquent, deux conditions doivent être remplies
pour que cette méthode soit permise: lorsqu'il n'y a pas de variations majeures dans la
contrainte du béton le long de l'intervalle (t-t0) et lorsque le béton est bien âgé pour que les
effets du vieillissement soient négligeables [141]. En outre, une recouvrance totale est prévue
si la contrainte est entièrement supprimée, ce qui est fondamentalement incohérent [142]. La
méthode du module d’élasticité effectif (MME) sous-estime les déformations lorsque la
contrainte dans le béton diminue, et par contre surestime les déformations lorsque la
contrainte augmente [140].

4.4.2 Méthode du module efficace ajusté selon l’âge (MMEAA)


Il s’agit d’une version améliorée de la méthode de module d’élasticité effectif décrite ci-
dessus ‘’MME’’. L’ancienne méthode est corrigée en incluant une quantité au dénominateur
appelée coefficient de vieillissement, χ(t,t0), présenté pour la première fois par Trost en 1967
et affinée ensuite par Bazant [143].

Le concept du coefficient de vieillissement pourra être mieux compris en étudiant sa


signification physique à l’aide d’un chargement donné sous deux configurations différentes.
Considérons d'abord les deux histoires de contraintes et les courbes de fluage correspondantes
indiquées à la figure (4.2). Pour l'historique (a), la contrainte, σb(t0),est brusquement appliquée
à l'instant t0 et maintenue constante durant la période (t-t0). Pour l'historique (b), la contrainte
est progressivement appliquée, σb(t), commençant à t0 et atteignant une grandeur égale à σb(t0)

79
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

au temps t. Voyons la figure (4.2), la déformation par fluage à tout moment t (t˃t0) produite
par la contrainte progressive, σb(t), est significativement plus petite que celle résultant de la
contrainte brusquement appliqué, σb(t0). Cela est dû principalement au vieillissement du
béton.

b(t) b(t)
fluage pour chargement (a)
fluage pour chargement (b)

chargement (a)
chargement (b)

b(t0)

0 t0 t temps 0 t0 t t temps
emps
Fig. 4.2: Fluage sous chargement constant et variable (effet du vieillissement).

Donc, la déformation par fluage correspond à chaque historique, (a) et (b), est écrite
respectivement par:
𝜎𝑏 (𝑡0 )𝜑(𝑡,𝑡0 )
𝜀𝑏𝑓𝑙𝑢𝑎𝑔𝑒 = (71)
𝐸𝑏 (𝑡0 )

𝜎𝑏 (𝑡)𝜒(𝑡,𝑡0 )𝜑(𝑡,𝑡0 )
𝜀𝑏𝑓𝑙𝑢𝑎𝑔𝑒 = (72)
𝐸𝑏 (𝑡0 )

Le taux final du fluage est toujours élevé quand le chargement est exercé dans sa totalité au
très jeune âge. Si la contrainte est progressivement appliquée, un coefficient de fluage réduit
peut donc être utilisé pour calculer la déformation par fluage, soit χ(t,t0)φ(t,t0). C’est à dire, le
fluage produit par la contrainte appliquée graduellement, σb(t), égal normalement au fluage
résultant de l'application immédiate, à t0, d’une contrainte réduite vaut: χ(t,t0)σb(t0) [140].

Alors, la méthode ‘’MME’’ n'est pas en mesure pour tenir compte deux paramètres
couramment fréquentés: la variation de la contrainte du béton ainsi que leur vieillissement
durant le chargement (t-t0).La deuxième approche comprend des calculs du coefficient de
vieillissement pour des fonctions de fluage contenant des modules d’élasticités constants ou
évolutifs. Les coefficients de vieillissement qui résultent de ces deux cas de fluage (avec et
sans fluctuation) sont différents. En raison de l’utilisation du coefficient de vieillissement, la
deuxième méthode est la plus idéale pour calculer les changements progressifs, conditionnés

80
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

par le taux de fluage, dans la contrainte du béton. Ce coefficient décrit l'effet du vieillissement
du béton sur la valeur finale du fluage. Le module d’élasticité associé doit égal à:
𝐸 (𝑡0 )
𝐸𝑏′′ (𝑡0 ) = 1+𝜒(𝑡,𝑡𝑏 (73)
0 )𝜑(𝑡,𝑡0 )

La grandeur du coefficient de vieillissement varie de 0,5 à 1. La valeur minimale est


associée au béton chargé très tôt dans sa vie et soumis à une longue durée de fluage (t-t0 très
conséquente). La valeur maximale distingue un matériau qui est vieilli au moment du
chargement (t0 est très conséquente) et exposé ensuite au fluage durant un intervalle de temps
très court (t-t0 est très petite) [144]. Lorsqu’il n'y a pas de vieillissement (χ égal à 1) le module
effectif ajusté selon l’âge de l'équation (Eq.73) se réduit au module effectif donné par
l'équation (Eq.70). Lorsque TROST a d'abord présenté le coefficient de vieillissement en
1967, une valeur de 0,75 lui a été attribuée, la moyenne des deux limites 0.5 et 1[145]. De
plus, il est recommandé d'utiliser un coefficient de vieillissement égal à 0,8 pour la plupart
des analyses [146]. La méthode du module efficace ajusté selon l'âge est actuellement
couramment employée dans l'analyse élastique des structures en béton.

La combinaison des deux équations (Eq.71) et (Eq.72) correspond au cas le plus général où
la contrainte évolue à partir d’une valeur initiale, σbt0, pendant la période du chargement, (t-
t0). Citons l’exemple d’une section transversale en béton précontraint: à l'instant t0 la
précontrainte est introduite provoquant une compression sur le béton qui change
progressivement avec le temps en raison des pertes causées par les effets combinés de fluage,
retrait et relaxation de l'acier précontraint. La déformabilité totale exacte relative ne peut être
calculée théoriquement que par l’équation du principe de superposition (Eq.74), telle que:
𝑡 𝑑𝜎𝑏 (𝜏)
𝜀𝑏 (𝑡) = 𝜎𝑏 (𝑡0 )𝐽(𝑡, 𝑡0 ) + ∫𝑡 𝐽(𝑡, 𝜏) 𝑑𝜏 (74)
0 𝑑𝜏
1 𝜑(𝑡,𝑡0 )
Avec une fonction de fluage de type : J(𝑡, 𝑡0 ) = 𝐸 +𝐸
𝑏 (𝑡0 ) 𝑏 (28)

L’intégrale dans l’équation (Eq.74) représente la déformation instantanée ainsi que le


fluage dû à l’augmentation de la contrainte du béton d’un incrément dσb. Dans la solution
exacte de la viscoélasticité l’incrément de contrainte est progressivement introduit à l’âge’’,
entre t0 et t. Dans la fonction du fluage, Jt,, le paramètre temporelle t0 est remplacé par .
Cependant, dans la méthode de Trost, la variation de contrainte dσb est introduite
entièrement à l'âge t0. Le produit (Eb(t0)/Eb(28))(t,t0) est alors remplacé par une valeur égale
à χ(t,t0)φ(t,t0). Avec ces importantes simplifications, l’intégrale de la solution théorique de la
viscoélasticité (Eq.74) peut être éliminée:
81
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

𝜎 (𝑡 ) Δ𝜎𝑏 (𝑡)
𝜀𝑏 (𝑡) = 𝐸𝑏 (𝑡0 ) [1 + 𝜑(𝑡, 𝑡0 )] + 𝐸 [1 + 𝜒(𝑡, 𝑡0 )𝜑(𝑡, 𝑡0 )] (75)
𝑏 0 𝑏 (𝑡0 )

L'équation (Eq.75) produit une déformation viscoélastique suffisamment approchée qui se


produit pendant une période de t-t0 en raison de l'effet d'une contrainte qui varie en grandeur
pendant la même période. Le premier terme dans l’équation représente la déformation
instantanée et le fluage due à la contrainte initiale σb(t0) introduite au temps t0 et maintenue
sans changement jusqu'à l'instant t. Le deuxième terme présente toujours la déformation
instantanée plus le fluage mais dû à une augmentation dans la contrainte (incrément ou
décrément) d'une amplitude passant progressivement de zéro à l’instant t0 à une valeur de
Δσb(t) au temps t. L’équation (Eq.75) est considérée comme la combinaison des deux
équations (Eq.71) et (Eq.72) :
𝜎𝑏 (𝑡0 ) Δ𝜎 (𝑡)
𝜀𝑏 (𝑡) = + 𝐸′′𝑏(𝑡 (76)
𝐸𝑏′ (𝑡0 ) 𝑏 0)

4.4.2.1 Formulations théorique du coefficient de vieillissement, χ(t,t0)


Trois facteurs peuvent influencer le coefficient de vieillissement tels que l'âge du béton au
moment du chargement, t0, la durée de chargement, (t-t0), et la formulation du coefficient de
fluage, φ(t,t0). Deux expressions sont fondamentales pour l’évaluation numérique du
vieillissement : le coefficient de fluage, φ(t,t0), et la fonction de contrainte, σb(t). Définissons
un ratio d’incrément de contraintes 1, sans dimension, entre l’instant du chargement t0 et t :

𝜎𝑏 (𝜏)−𝜎𝑏 (𝑡0 )
𝜉1 = (77)
Δ𝜎𝑏 (𝑡)

Tout simplement, il s’agit d’un rapport de contraintes. De plus c'est une fonction du temps
qui varie entre zéro et l'unité lorsque prend respectivement la valeur t0 et t. La différentiation
de l’équation (Eq.77) donne:

𝑑𝜎𝑏 (𝜏) 𝑑𝜉1


𝑑𝜏
= Δ𝜎𝑏 (𝑡) 𝑑𝑡
(78)

Substituions l’équation (Eq.78) dans l’équation théorique de la viscoélasticité (Eq.74):

1 𝜑(𝑡,𝑡0 ) 𝑡 1 𝜑(𝑡,𝜏) 𝑑𝜉
𝜀𝑏 (𝑡) = 𝜎𝑏 (𝑡0 ) [𝐸 +𝐸 ] + Δ𝜎𝑏 (𝑡) ∫𝑡 [𝐸 (𝜏) + 𝐸 (28)] 𝑑𝑡1 𝑑𝜏 (79)
𝑏 (𝑡0 ) 𝑏 (28) 0 𝑏 𝑏

Comparons les deux équations (Eq.79) et (Eq.75) pour écrire l’expression analytique du
coefficient de vieillissement :
1 0 𝑡 0𝐸 (𝑡 ) 𝐸 (𝑡 ) 𝑑𝜉1
𝜒(𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑(𝑡,𝑡 ) (∫𝑡 [ 𝐸𝑏 (𝜏) + 𝐸 𝑏(28) 𝜑(𝑡, 𝜏)] 𝑑𝜏 − 1) (80)
0 0 𝑏 𝑏 𝑑𝑡

82
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

Pour les applications pratiques, le coefficient de vieillissement, χ(t,t0), peut être obtenu à
l’aide d’une série d’abaques rapportées en [147]. Dans ces abaques, le coefficient de fluage
est fixé suivant le code réglementaire CEB-FIP. Cependant, pour des cas particuliers une
forme mathématique plus rigoureuse du coefficient de fluage est recommandée et la fonction
de la contrainte doit être connue. Ce qu’est convenu, l’évolution réelle de la contrainte, σb(t),
est souvent inconnue et la fonction ξ1 définissant cette forme doit être supposée. Pour la
préparation des abaques du coefficient de vieillissement, χ(t,t0), la communauté scientifique
admet que le rapport de contrainte ‘ξ1’ vaut carrément la fonction de relaxation ‘ξ’[148].

Si le béton à l'âge t0 est l’objet d’une déformation uni-axiale constante, εb(t0), à tout instant
τ entre t0 et t, la quantité de la contrainte libérée, Δσb (τ), à cause du fluage, doit être écrite
comme suit:

Δ𝜎𝑏 (𝜏) = 𝜎𝑏 (𝜏) − 𝜎𝑏 (𝑡0 ) = 𝜉∆𝜎𝑏 (𝑡) (81)

Par analogie, la quantité Δσb() est assimilé à un incrément de contrainte à l’instant  (cas
de fluage). Le symbole ξ est une fonction de forme sans dimension représentant, pour toute
valeur τ, le rapport de la contrainte libérée pendant la période (τ-t0) à la contrainte libérée
pendant toute la période du chargement (t-t0). Cette fonction, ξ, prend la valeur 0 et 1 lorsque
τ prend respectivement l’instant t0 et t. Nous considérons les équations (Eq.31),(Eq.32) et
(Eq.33) pour définir l’incrément total de contrainte à l’instant final, Δσb(t):

Δ𝜎𝑏 (𝑡) = 𝜎𝑏 (𝑡0 ) − 𝜎𝑏 (𝑡) = 𝜀𝑏 (𝑡0 )[Eb (t0 ) − R(t, t0 )] (82)

Donc, la contrainte libérée à l’instant τ devient égale:

Δ𝜎𝑏 (𝜏) = 𝜀𝑏 (𝑡0 )[Eb (𝑡0 ) − 𝑅(τ, t0 )] = ξ𝜀𝑏 (𝑡0 )[Eb (t0 ) − R(t, t0 )] (83)

Comme décrit ci-dessous, le rapport de contraintes en cas de fluage(1) est pris égal, en
littérature, au rapport de contrainte en cas de relaxation(), [(1=)]. Tenons cette
considération, le coefficient du vieillissement est donc calculable de la façon suivante: nous
écrivons tout d’abord à l’aide (Eq.75) la déformation dans un échantillon soumis à la
relaxation pure. Cette déformation devait égale normalement à la combinaison de deux effets:

 une contrainte, σb(t0), introduite à l’âge t0 et maintenue jusqu’à la fin, et.


 un incrément de contrainte, Δσb(t), admis graduellement pendant t-t0.

83
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

𝜎 (𝑡 ) Δ𝜎𝑏 (𝑡)
𝜀𝑏 (𝑡0 ) = 𝐸𝑏 (𝑡0 ) [1 + 𝜑(𝑡, 𝑡0 )] + 𝐸 [1 + 𝜒(𝑡, 𝑡0 )𝜑(𝑡, 𝑡0 )] (84)
𝑏 0 𝑏 (𝑡0 )

Donc si les deux rapports se valent (1=), la substitution des deux équations (Eq.31) et
(Eq.82) dans l’équation (Eq.84) est logique:

𝜀𝑏 (𝑡0 )[Eb (t0 )−R(t,t0 )]


𝜀𝑏 (𝑡0 ) = 𝜀𝑏 (𝑡0 )[1 + 𝜑(𝑡, 𝑡0 )] + 𝐸𝑏 (𝑡0 )
[1 + 𝜒(𝑡, 𝑡0 )𝜑(𝑡, 𝑡0 )] =0 (85)

De cette équation, on pourra adopter à l’effet du vieillissement, χ(t,t0), une fonction de


type,:
E (t )
0 1 1
𝜒(𝑡, 𝑡0 ) = E b(28) (1−R(t,t ) − 𝜑(𝑡,𝑡 (86)
b 0 )/Eb (t0 ) 0)

L’évolution du module d’élasticité après 28 jours est couramment négligeable. La valeur


de χ(t,t0) obtenue de cette façon peut être utilisée pour calculer le fluage dû à un
accroissement de contraintes introduit graduellement au cours d'une période de temps. Une
erreur négligeable dans la plus part des cas est commise lorsque la variation dans le temps de
la contrainte appliquée ne se conforme pas à la fonction, c'est-à-dire lorsque(1).
L’estimation approchée du vieillissement, en littérature, a été données aussi par :

a- Selon Koprna [149]


1 1
𝜒(𝑡, 𝑡0 ) = ( )− (87)
1−𝑒 −𝜑(𝑡,𝑡0 ) 𝜑(𝑡,𝑡0 )

b- Selon Chiorino [150]


1 ⁄
𝑡0 2
𝜒(𝑡, 𝑡0 ) = ( ⁄ 1 ) (88)
1−𝑡0 2

c- Selon Trevino [151]


1⁄
𝑡0 3
𝜒(𝑡, 𝑡0 ) = ( ⁄ 1 ) (89)
1−𝑡0 3

4.4.2.2 Formulation théorique du coefficient de fluage, φ(t,t0)


C’est un indicateur pour préciser la progression du fluage, par rapport à la déformation
spontanée, qui se produit, par hypothèse, dans des conditions environnementales stables. Au
départ, la communauté scientifique a choisi pour ce coefficient une forme générale donnée par
le produit de deux paramètres [45] :

𝜑(𝑡) = 𝜑∞ 𝐹(𝑡) (90)

84
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

Le premier terme représente la valeur extrême du fluage, , le deuxième terme dépend de
la durée du chargement, F(t), exprimé en fonction de l’instant final ‘’t’’. Pour cette première
proposition, l’instant du chargement n’est pas intégré, t0. La fonction d’évolution du fluage, le
paramètre F(t), appelé flux de fluage, est continue et conçue pour vérifier les conditions
suivantes:

𝐹(0) = 0
0 ≤ 𝐹(𝑡) ≤ 1 ∶ { (91)
𝐹(∞) = 1

L’utilisation de l’équation (Eq.90) donnera lieu à un fluage indépendant au temps du


chargement, t0. L’âge du béton à cet instant n’a été intégré dans la formulation du coefficient
de fluage qu’à par la suite. En effet, les propriétés (physiques et mécaniques) du béton
évoluent dans le temps. Cette évolution est indépendamment des sollicitations mécaniques
auxquelles le matériau devra soumettre. Cette évolution dans les propriétés du béton
provoquera son vieillissement. Contrairement à ce type de situation, un matériau
viscoélastique est considéré parfois non vieillissant si ses propriétés ne varient pas en fonction
du temps. Pour ce deuxième cas, les effets différés traduits par une augmentation graduelle de
la déformation sont ainsi induits par la fonction de fluage ou de relaxation. Ces deux fonctions
ne dépendent que d’une seule variable temporelle correspondante au temps passé depuis
l’instant du chargement, (t-t0) [152]. Pour le premier cas, ‘’matériaux vieillissant’’, les deux
fonctions dépendent à la fois de la variable temporelle correspondante au temps passé depuis
le moment d’application de la sollicitation, (t-t0), et l’instant initial du chargement, t0. Cette
distinction en terme de vieillissement a suscité le changement de l’équation (Eq.90)
[153][154]:

𝜑(𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑∞ (𝑡0 ) 𝐹(𝑡, 𝑡0 ) (92)

Le fluage ultime, t0, a été écrit selon deux sortes d’expressions dont les constantes a et
b sont déterminées expérimentalement [155][156].

a- Selon une loi de puissance:

𝜑∞ (𝑡0 ) = 𝑎 + 𝑏𝑡0−𝑐 (93)

b- Selon une loi exponentielle:

𝜑∞ (𝑡0 ) = 𝑎 + 𝑏𝑒−(𝑐𝑡0) (94)

Le flux du fluage, F(t,t0), est ainsi écrit suivant plusieurs fonctions analytique [157]:

85
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

 La fonction hyperbolique.
 La fonction exponentielle.
 La fonction de puissance.
 La fonction de double puissance.
 La fonction de triple puissance.
 La fonction logarithmique.

L'expression hyperbolique a été pour la première fois proposée et introduite par Ross et
Lorman [158].
(𝑡−𝑡0 )
𝐹(𝑡, 𝑡0 ) = (95)
𝑎+𝑏(𝑡−𝑡0 )

Cette expression est pratique pour l’adaptation ou l'ajustement des résultats expérimentaux,
cependant, elle n’est pas bonne pour le cas du fluage de longue durée car elle ne prend pas en
compte la valeur du fluage à long terme. Dans l’équation (Eq.95), la quantité ‘’a’’ est
calculable en traçant la courbe: le rapport de la durée du chargement au coefficient de fluage,
[(t-t0)/(t-t0)], en fonction de la durée du chargement elle-même, (t-t0).Il convient de noter que
la forme hyperbolique présente une limite de fluage égale à 1/b. En outre, les expressions
hyperboliques ont tendance à sous-estimer le fluage au jeune âge et à surestimer la valeur de
la déformation après la mise sous charge pour une période allant de 20 à 100 jours. Par
conséquent, ce type d’expression doit être utilisé tout en ajoutant d'autres éléments de
correction. Pour la plupart des modèles prédictif, la loi hyperbolique a toujours été utilisée
dans la formulation d’une fonction de fluage en fonction de la durée du chargement, sans
oublier d’inclure d'autres expressions afin d’avoir des résultats plus précis. A titre d’exemple,
l’expression (Eq.95) a été modifiée par la suite pour écrire:
(𝑡−𝑡 )𝑐
0
𝐹(𝑡, 𝑡0 ) = 𝑎+𝑏(𝑡−𝑡 𝑐 (96)
0)

Le modèle ACI 209 [141]a pris pour ‘’c’’ toute valeur appartenant à l’intervalle :

0.4 ≤ 𝑐 ≤ 0.8

Avec : 6𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠 ≤ 𝑎 ≤ 30𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠 (𝑎 = 10𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠, 𝑐 = 0.6)

Le modèle MC2010 [159] a reformulé une autre fois l’expression (Eq.96) pour écrire:

(𝑡−𝑡 ) 0.3
𝐹(𝑡, 𝑡0 ) = [𝑎+(𝑡−𝑡0 )] (97)
0

86
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

Dans quelques références, la loi exponentielle du fluage est entièrement attribuée à


Glainville et Dischinger [153][160]. Cependant dans d’autres sources, il est bien possible que
la première expression exponentielle sur le fluage ait été développée par Thomas, en prenant
en considération le taux de fluage [157]. Plus tard, McHenry [161] a supposé que pour un
béton donné, l'application d’une charge donne un certain potentiel de fluage. Le taux de
fluage instantané (à très courte durée) est proportionnel à la valeur du fluage potentiel qui
devrait se produire. Le taux de fluage est une caractéristique du flux viscoélastique; il peut
être exprimé par l’équation (Eq.98).
𝑑𝜀𝑏 (𝑡,𝑡0 )
= 𝛽1 [𝜀𝑏 (∞, 𝑡0 ) − 𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 )] (98)
𝑑(𝑡−𝑡0 )

L’intégration de l'équation (Eq.98), avec la condition initiale (ɛb(t0,t0)=0), est donnée par
l'équation (Eq.99) [162].

𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜀𝑏 (∞, 𝑡0 )[1 − 𝑒 −𝛽1 (𝑡−𝑡0 ) ] (99)

Donc, le flux du fluage, F(t,t0), égale à :

𝐹(𝑡, 𝑡0 ) = [1 − 𝑒 −𝛽1 (𝑡−𝑡0 ) ] (100)

L’équation (Eq.100) est la plus mieux adaptée aux développements mathématiques que
l’équation (Eq.95). Cependant, l’équation (Eq.100) ne s’accorde pas parfaitement avec les
résultats expérimentaux. Dans le cas d’un béton spécifique, et dans des conditions
particulières, les constantes εb(,t0) et 1 peuvent être déterminées à partir de la courbe
(Fluage-Taux de fluage) [161]. Pour le cas d’un fluage de long durée, cas de la précontrainte,
il a été préféré de changer l’expression (Eq.100) pour simuler bien le fluage rapide en ajoutant
la racine à la durée du chargement [163].

𝐹(𝑡, 𝑡0 ) = [1 − 𝑒 −𝛽1 √(𝑡−𝑡0 ) ] (101)

4.5 METHODES DIFFERENTIELLES

Sont obtenues par une transformation directe des équations (Eq.27) ou (Eq.28), traduisant
le principe de superposition, en équations différentielles dont l’intégration permettra d’obtenir
la résolution viscoélastique et la contrainte correspondante dans un élément en béton faisant
l’objet d’une compression uni-axiale permanente à partir de l’âge t0 et pendant une durée de

87
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

(t-t0). La distinction entre ces méthodes différentielles est basée essentiellement sur la
fonction du fluage retenue pour le calcul :

 Le concept de la loi strictement irréversible (RCM : Dischinger).


 Le concept de la loi partiellement réversible(CEB-FIP).
 Le concept de la loi partiellement réversible modifiée(RFM).
 Le concept de la loi strictement irréversible modifiée (Dischinger amélioré).

Tout d’abord, nous signalons que l’évolution du module d’élasticité initiale du béton,
Eb(t0), n’est pas tenue compte dans les fonctions de fluage et de relaxation. Contrairement au
coefficient de fluage, au-delà de quelques semaines à peu près, l’effet du temps sur le module
d’élasticité du béton était souvent insignifiant dans l’étude des effets structuraux associés au
fluage des bétons [144]. Dans ces conditions, l’équation intégrale alternative de voltera
(Eq.28) prend sa forme finale:
𝜎 (𝑡) 1 𝑡 𝜕𝜑(𝑡,𝜏)
𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝐸 𝑏(𝑡 ) − 𝐸 (𝑡 )
∫𝑡 𝜎𝑏 (𝜏) 𝑑𝜏 𝑑𝜏 (102)
𝑏 0 𝑏 0 0

Si on définit un temps intermédiaire ’’, [0 t]. L’âge du béton à l’instant du premier
chargement égal à (t0+) et la période (t-) est considérée comme la durée du chargement. Il
convient de rappeler ici que t0 est constant pour tout le problème et admis comme l’origine
des abscisses. Donc, l’équation (Eq.102) peut être réécrite comme suit:
𝜎 (𝑡) 1 𝑡 𝜕𝜑(𝑡−𝜏,𝑡0 +𝜏)
𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝐸 𝑏(𝑡 ) − 𝐸 ∫0
𝜎𝑏 (𝜏) 𝑑𝜏 (103)
𝑏 0 𝑏 𝑡0
( ) 𝑑𝜏

Bien que la superposition des effets soit évidente, l’équation (Eq.103) ne peut admettre une
solution directe (analytique). Pour ce type d’équations, l’accès à la numérisation est l’unique
voie. Cependant, on pourra procéder autrement en transformant cette équation en équation
différentielle. Cette technique permettra d’écrire des lois de comportement particulières en
présence du fluage primaire.

4.5.1 Concept de la loi strictement irréversible


La prise en compte du vieillissement des bétons, dans l’analyse des effets structuraux
associés au fluage, revient à Glainville et Dischinger [154][160]. Pour illustrer fidèlement la
dépendance du fluage à l’instant du chargement, ces deux auteurs ont proposé une certaine
forme au terme ‘‘(t0)’’ de l’équation (Eq.92). Ecrivons l’équation (Eq.90) de la façon
suivante :

𝜑(𝑡, 𝑡0 = 𝜏) = 𝜑∞ [𝐹(𝑡 + 𝜏) − 𝐹(𝜏)] (104)


88
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

Rappelons que ‘’+t0’’ représente l’âge du béton à l’instant du chargement et ‘’t0’’ c’est
l’origine du repère. Tenons compte l’équation du flux de fluage, (Eq.100), on peut aisément
trouver:

𝜑(𝑡, 𝑡0 = 𝜏) = 𝜑∞ 𝑒−𝛽1.𝜏 (1 − 𝑒−𝛽1.𝑡 ) (105)

Où la valeur ultime du fluage lorsque (t) et pour un chargement effectué à l’instant 


égale à :

𝜑(∞, 𝑡0 = 𝜏) = 𝜑∞ 𝑒−𝛽1.𝜏 (106)

Et pour un instant de chargement très petit, (0):

𝜑(∞, 𝑡0 = 𝜏) = 𝜑∞ (107)

Si t0 est pris maintenant comme l’âge du béton à l’instant du chargement, l’équation


(Eq.105) devient:

𝜑(𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑∞ 𝑒−𝛽1.𝑡0 (1 − 𝑒−𝛽1.𝑡 ) (108)

Glainville et Dischinger ont utilisé l’équation (Eq.108) en calcul de structures dans


beaucoup de problèmes liés au fluage des bétons. Cette équation est présentée graphiquement
par la figure (4.3) pour montrer l’effet de l’instant du chargement (t0 ou) sur la valeur finale
du fluage.
bt bt

t,t0
 Ft,t0

temps j
 Ft0

O t0 t temps j
Fig. 4.3: Influence de l’instant du chargement, t0.

Nous remarquons que l’équation (Eq.108) semble cohérente avec le caractère irréversible
de la déformation par fluage des bétons, prononcé pour la première fois par Dischinger et
Glainville [164]. Le fluage irréversible est défini comme une déformation durable (ou bien

89
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

anélastique) qui persiste après même un éventuel déchargement. Cette hypothèse est
interprétée graphiquement par la figure (4.4). Selon Dischinger, le vieillissement du béton est
à l’origine de cette irréversibilité. En se basant sur l’équation (Eq.108), l’irréversibilité est
démontrable. Appelons ‘’’’ le fluage de la grande courbe mesuré à l’instant de déchargement
’t1’, tel que:

 = 𝜑 (𝜏, 𝑡0 ) = 𝜑 (𝑡, 𝑡0 ) − 𝜑 (𝑡 − 𝜏, 𝑡0 + 𝜏) (109)

εbt

Trait d’irréversibilité

t, t0
 =,t0

t-, t0+

O t0 t1= (+t0) temps


t

Fig. 4.4: Illustration du fluage irréversible.

A travers l’équation (Eq.108) on peut exprimer autrement le fluage ‘‘’’ :

∆= 𝜑(𝜏, 𝑡0 ) = 𝜑∞ 𝑒 −𝛽1.𝑡0 (1 − 𝑒 −𝛽1 .𝜏 ) (110)

Tenons compte les équations (Eq.109) et (Eq.110) pour produire la dérivée, à l’intérieure
de l’intégrale, de l’équation alternative de fluage (Eq.103) :
dφ(t−τ,t0 +τ) (t0 +τ)
= β1 φ∞ e−β1 . (111)

Substituons l’équation (Eq.111) dans l’équation (Eq.103) pour impliquer le vieillissement


dans le calcul de la déformation par fluage :
𝜎 (𝑡) β φ 𝑡 (t0 +τ)
𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝐸 𝑏(𝑡 ) − 𝐸 1(𝑡∞) ∫0 𝜎𝑏 (𝜏) e−β1 . 𝑑𝜏 (112)
𝑏 0 𝑏 0

La dérivation de l’équation (Eq.112) permet d’aboutir à l’équation différentielle suivante :

𝑑𝜀𝑏 (𝑡) 1 𝑑 𝛽1 𝜑∞ 𝑒 −𝛽1 .(𝑡0 +𝑡)


=𝐸 𝜎𝑏 (𝑡) + 𝜎𝑏 (𝑡) (113)
𝑑𝑡 𝑏 (𝑡0 ) 𝑑𝑡 𝐸𝑏 (𝑡0 )

La quantité [1 e-1.(t0+t)] ce n’est que la dérivé du coefficient de fluage (Eq.105), ou bien
(Eq.108) :

90
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

𝑑(𝑡,𝑡0 )
= 𝛽1𝜑∞ 𝑒 −𝛽1.(𝑡0 +𝑡) (114)
𝑑𝑡

Tenons compte l’équation (Eq.114) pour reformuler l’équation (Eq.113) :


𝑑𝜀𝑏 (𝑡) 1 𝑑 1 𝑑𝜑(𝑡,𝑡0 )
=𝐸 𝜎𝑏 (𝑡) +𝐸 𝜎𝑏 (𝑡) (115)
𝑑𝑡 𝑏 (𝑡0 ) 𝑑𝑡 𝑏 (𝑡0 ) 𝑑𝑡

Ou bien :
𝑑𝜀𝑏 (𝑡) 1 𝑑 1
=𝐸 𝜎𝑏 (𝑡) + 𝐸 𝜎𝑏 (𝑡) (115’)
𝑑𝜑(𝑡) 𝑏 (𝑡0 ) 𝑑𝜑(𝑡) 𝑏 (𝑡0 )

Le passage analytique entre les équations (Eq.112) et (Eq.113) est exposé à l’annexe.
L’équation (Eq.115) est une loi de comportement très utile pour le fluage d’un béton
vieillissant à déformation irréversible. La présente loi de comportement a été exploitée dans la
résolution viscoélastique de nombreux problèmes. Nous avons récemment employés
l’équation (Eq.115) pour étudier l’effet du retrait de béton dans une section transversale mixte
[132].

4.5.2 Concept de la loi partiellement réversible


Le fluage irréversible faisait le centre des débats de la communauté scientifique
spécialisée. Pour d’autres auteurs, le fluage n’est pas entièrement irréversible [140]. Cela veut
dire que ce phénomène pourra être décomposé en deux phases: la première est irrécupérable
dite ‘’irréversible’’ et la deuxième est récupérable dite ‘’réversible’’. Donc, l’équation
(Eq.108) peut être reformulée:

𝜑(𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑𝑖 (𝑡, 𝑡0 ) + 𝜑𝑟 (𝑡, 𝑡0 ) (116)

it,t0: Fluage irréversible (irrécupérable).


rt,t0: Fluage réversible (parfois, appelé la déformation élastique retardée ou récupérable).

Les deux composantes, i(t,t0) etr(t,t0), sont écrites différemment en littérature et selon
plusieurs formes. Deux expressions sont retenues pour cette analyse :

𝜑𝑟 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑𝑟 (𝑡 ) = 𝜑𝑟∞ (1 − 𝑒 −𝛽2 .𝑡 ) (117)

𝜑𝑖 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑𝑖∞ 𝑒 −𝛽1.𝑡0 (1 − 𝑒 −𝛽1 .𝑡 ) (118)


Considérons un fluage partiellement réversible, l’utilisation de l’équation (Eq.115) dans
l’analyse différée des bétons peut conduire à un taux de relaxation relativement surévalué.
Selon un document publié par l’organisme CEB-FIP [165], le fluage récupérable,r(t,t0), est
quantifiable indépendamment de l’instant du chargement, t0. Cette phase de fluage est liée

91
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

principalement au temps ‘‘t’’écoulé après avoir mis le béton sous chargement. Par contre, le
fluage irréversible,i(t,t0), dépend fortement à l’âge du béton (t+t0). Donc, le fluage de
l’équation (Eq.108) est remplacé par :

𝜑(𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑𝑖∞ 𝑒 −𝛽1 .𝑡0 (1 − 𝑒 −𝛽1.𝑡 ) + 𝜑𝑟∞ (1 − 𝑒 −𝛽2 .𝑡 ) (119)

Reproduisons l’équation (Eq.111) pour un fluage bi-phasique de l’équation (Eq.119):


𝑑𝜑(𝑡−𝜏,𝑡0 +𝜏)
𝑑𝜏
= −𝛽1 𝜑𝑖∞ 𝑒−𝛽1.(𝑡0+𝜏) − 𝛽2 𝜑𝑟∞ 𝑒−𝛽2.(𝑡−𝜏) (120)

Substituons l’équation (Eq.120) dans l’équation intégrale de Volterra (Eq.103):

𝜎 (𝑡) 𝛽 𝜑 𝑡 𝛽 𝜑 𝑡
𝜀𝑏 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝐸 𝑏(𝑡 ) + 𝐸1 (𝑡𝑖∞) ∫0 𝜎𝑏 (𝜏) 𝑒−𝛽1.(𝑡0+𝜏) 𝑑𝜏 + 𝐸2 (𝑡𝑟∞) ∫0 𝜎𝑏 (𝜏) 𝑒−𝛽2.(𝑡−𝜏) 𝑑𝜏 (121)
𝑏 0 𝑏 0 𝑏 0

Nous constatons que le fluage est maintenant partitionné. La vitesse du fluage total pourra
être déduite:

dεb (t) 1 dσb (t) 1 dφ (t) β2 t dφ (t ,τ)


=E +E ( dti + β2 (1 + φr∞ )) σb (t) + E ∫t σb (τ) idτ0 dτ −
dt b (t0 ) dt (t
b 0 ) (t
b 0 ) 0

𝛽2 𝜀𝑏 (𝑡) (122)

La deuxième dérivée de l’équation (Eq.122) permet d’écrire une deuxième loi de


comportement :
d2 εb (t) dεb (t) 1 d2 σb (t) 1 dφ (t) dσb (t) (β2 −β1 ) dφi (t)
+ β2 =E +E ( dti + β2 (1 + φr∞ )) + σb (t)
dt2 dt b (t0 ) dt2 b (t 0 ) dt Eb (t0 ) dt

(123)

L’équation (Eq.123) semble facile à résoudre par rapport à l’équation (Eq.103), mais,
réellement, il s’agit d’une équation différentielle du second ordre à coefficients variables pour
laquelle une solution générale n’est pas évidente. Donc, l’utilisation d’un coefficient de fluage
exprimé par l’équation (Eq.119), s’avère simple à première vue, ne peut permettre une loi de
comportement dont l’intégration est directe. En outre, l’hypothèse stipulant l’indépendance du
fluage réversible, r(t), à l’instant du chargement, t0, peut être remise en cause.

4.5.3 Concept de la loi partiellement réversible modifiée


Illston et Jordaan [166][167] confirmaient l’indépendance du fluage récupérable, r(t,t0), à
l’âge du béton (t+t0). Néanmoins, d’après les mêmes auteurs, le temps de retour est estimé
relativement plus court tant que le béton est plus jeune. En se basant sur cette remarque, les

92
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

auteurs ont proposé une dépendance indirecte entre le fluage réversible, r(t,t0), et l’âge du
béton à l’instant ‘t0’. C’est à la base de cette hypothèse que l’expression (Eq.117) a été
remplacée par:

𝜑𝑟 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑𝑟∞ (1 − 𝑒 −𝛽2 .𝜑𝑖 (𝑡,𝑡0 ) ) (124)

Donc, le fluage totale est écrit par:

𝜑(𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑𝑖∞ 𝑒 −𝛽1 .𝑡0 (1 − 𝑒 −𝛽1.𝑡 ) + 𝜑𝑟∞ (1 − 𝑒 −𝛽2 .𝜑𝑖 (𝑡,𝑡0 ) ) (125)

Remplaçons ’t’ par ’i(t,t0)’ dans l’équation (Eq.106):

𝜎𝑏 (𝜑𝑖 (𝑡,𝑡0 )) 1 𝜑𝑖 (𝑡,𝑡0 ) 𝜕𝜑(𝑡−𝜏,𝑡 +𝜏)


𝜀𝑏 (𝜑𝑖 (𝑡, 𝑡0 )) = −𝐸 ∫ 𝜎𝑏 (𝜑𝑖 (𝜏, 𝑡0 )) 𝑑𝜑 (𝜏,𝑡0 ) 𝑑𝜑𝑖 (𝜏, 𝑡0 ) (126)
𝐸𝑏 (𝑡0 ) 𝑏 (𝑡0 ) 0 𝑖 0

La dérivé du fluage élémentaire, à l’intérieure de l’intégrale, égal à:

𝑑𝜑(𝑡−𝜏,𝑡0 +𝜏) 𝑑(𝜑𝑖∞ 𝑒 −𝛽1 (𝑡0 +𝜏) (1−𝑒 −𝛽1 .(𝑡−𝜏) )+𝜑𝑟∞ (1−𝑒 −𝛽2 .𝜑𝑖 (𝑡−𝜏,𝑡0 +𝜏) ))
= (127)
𝑑𝜑𝑖 (𝜏,𝑡0 ) 𝑑𝜑𝑖 (𝜏+𝑡0 )

Selon l’équation (Eq.109)

𝜑𝑖 (𝑡 − 𝜏, 𝑡0 + 𝜏) = 𝜑𝑖 (𝑡, 𝑡0 ) − 𝜑𝑖 (𝜏, 𝑡0 ) (128)

Substituons l’équation (Eq.128) dans l’équation (Eq.127):


𝑑𝜑(𝑡−𝜏,𝑡0 +𝜏)
= −1 − 𝛽2 𝜑𝑟∞ 𝑒 −𝛽2 .[𝜑𝑖 (𝑡,𝑡0 )−𝜑𝑖 (𝜏,𝑡0 )] (129)
𝑑𝜑𝑖 (𝜏,𝑡0 )

L’équation du fluage totale (Eq.126) devient:

𝜎𝑏 (𝜑𝑖 (𝑡,𝑡0 )) 1 𝜑 (𝑡,𝑡0 )


𝜀𝑏 (𝜑𝑖 (𝑡, 𝑡0 )) = 𝐸𝑏 (𝑡0 )
+𝐸 (𝑡 )
∫0 𝑖 𝜎𝑏 (𝜑𝑖 (𝜏, 𝑡0 )) 𝑑𝜑𝑖 (𝜏, 𝑡0 ) +
𝑏 0

𝛽2 𝜑𝑟∞ 𝜑𝑖 (𝑡,𝑡0 )
∫ 𝜎𝑏 (𝜑𝑖 (𝜏, 𝑡0 )) 𝑒 −𝛽2.[𝜑𝑖 (𝑡,𝑡0 )−𝜑𝑖 (𝜏,𝑡0 )] 𝑑𝜑𝑖 (𝜏, 𝑡0 ) (130)
𝐸𝑏 (𝑡0 ) 0

Une deuxième dérivée de l’équation (Eq.130) par rapport au fluage irréversible, i(t,t0),
permet d’écrire la troisième loi de comportement associée au fluage des bétons :

𝑑2 𝜀𝑏 (𝑡) 𝑑𝜀𝑏 (𝑡) 1 𝑑2 𝜎𝑏 (𝑡) 1+𝛽2 (1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝜎𝑏 (𝑡) 𝛽


𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 2 + 𝛽 2 𝑑𝜑 (𝑡) − 𝐸 ( 𝑡 ) 𝑑𝜑 ( 𝑡) 2 + 𝐸 ( 𝑡 ) 𝑑𝜑 ( 𝑡)
+ 𝐸 (2𝑡 ) 𝜎𝑏 (𝑡) (131)
𝑖 𝑏 0 𝑖 𝑏 0 𝑖 𝑏 0

La résolution viscoélastique par cette équation différentielle de deuxième degré à


coefficients constants n’est pas tellement difficile dans la mesure où les conditions initiales
seront suffisantes. Cette loi de comportement a fournie des résultats satisfaisants dans la

93
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

résolution des problèmes structuraux liés au fluage [168]. Le passage mathématique entre
(Eq.130) et (Eq.131) est donné à l’annexe.

4.5.4 Concept de la loi strictement irréversible modifiée


Selon Rusch et Jungwirth [169], à divers âges, les courbes du fluage réversible, r(t,t0),
sont quasiment identiques. vis-à-vis cette composante de fluage, le béton est considéré non
vieillissant, elle est attachée fortement à la durée du chargement (t-t0). Les auteurs ont proposé
une valeur constante au fluage réversible (r= cte) du moment qu’il évolue très rapidement et
peut atteindre son maximum plus vite que le fluage irréversible. Dans ces conditions, les
expressions (Eq.117) et (Eq.124) peuvent être simplifie en proposant la tendance du
paramètre 2 vers l’infini (2). Par conséquence, deux autres équations différentielles
pouvant être facilement déduites à partir des deux équations (Eq.123) et (Eq.131)
respectivement, à savoir:

𝑑𝜀𝑏 (𝑡) (1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝜎𝑏 (𝑡) 𝜎 (𝑡) 𝑑𝜑𝑖 (𝑡)


𝑑𝑡
= 𝐸𝑏 (𝑡0 ) 𝑑𝑡
+ 𝐸 𝑏(𝑡 (132)
𝑏 0 ) 𝑑𝑡

Ou bien:
𝑑𝜀𝑏 (𝑡) (1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝜎𝑏 (𝑡) 𝜎 (𝑡)
𝑑𝜑𝑖 (𝑡)
= 𝐸𝑏 (𝑡0 ) 𝑑𝜑𝑖 (𝑡)
+ 𝐸 𝑏(𝑡 (133)
𝑏 0)

L’équation différentielle (Eq.132) a été employée par Constantinescu [170] pour résoudre
les contraintes internes, dans une section transversale en béton symétriquement armée,
induites par une déformation imposée, cas du retrait empêché. L’équation (Eq.134) exprime la
complaisance du fluage correspond à ces deux dernières lois.
1+𝜑𝑟 𝜑𝑖 (𝑡,𝑡0 )
𝐽(𝑡, 𝑡0 ) = + (134)
𝐸𝑏 (𝑡0 ) 𝐸𝑏 (𝑡0 )

Dans cette équation, le fluage réversible est introduit avec la réponse purement élastique
puisque les deux sont récupérables en cas de déchargement. Cependant la deuxième tranche
de l’équation (Eq.134) représente le fluage irréversible. Une valeur constante est accordée à la
quantité ‘’r’’ lorsque la durée du chargement dépasse 90 jours [171]. En figure (4.5), les
deux composantes du fluage, réversible et irréversible, sont illustrés.

𝜑𝑟 (𝑡 − 𝑡0 > 90 𝑗𝑜𝑢𝑟𝑠) = 0.33 à 0.4 (135)


𝜑𝑖 (𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑(𝑡, 𝑡0 ) − 𝜑𝑟 (136)

94
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

b(t)

b(t0)

0 t0 t1 temps
b(t)
Fluage irréversible

Fluage réversible

déformation élastique
retardée

0 t0 t1 t temps
Fig. 4.5: Fluage partiellement réversible.

4.6 CONCLUSION

S’intéresser à l’aspect différé du béton existant dans un système porteur, requiert la


connaissance des lois différées très performantes et des analyses précises. Cependant, la
prévision mathématique des conséquences à terme dans un élément de construction en béton
demeure une tâche difficile, même en présence des solutions linéaires de la viscoélasticité des
matériaux vieillissants. Car le comportement différé du béton dans un système porteur, se
retrouve combiné avec d'autres paramètres. En effet, le champ de contraintes/déformations
associé au fluage est également affecté, à titre d’exemple, par la présence de l'acier de
renforcement, la précontrainte, l’élément métallique joint au béton (cas d’un système
composite) et la configuration de la sollicitation à laquelle le système est soumis.

C’est pourquoi les chercheurs ont choisi des méthodes simplifiées qui se sont imposées
systématiquement dans la conception des structures. Ces méthodes permettent d’exprimer
l’évolution temporelle de la déformation par fluage. Elles sont basées soit sur une analyse
quasi-élastique ‘’appelées méthodes algébriques’’ ou bien sur divers concepts traduits sous
forme d’équations différentielles. L’aspect approximatif de ces méthodes provient
essentiellement de la loi contrainte-déformation proche et l’analyse simplifiée.

L’une des méthodes algébriques consiste à réduire le module d’élasticité du béton pour
tenir compte du fluage. La réduction est faite via un facteur qui incorpore le coefficient du
fluage. Deux conditions sont nécessaires pour que cette méthode soit permise : lorsqu'il n'y a

95
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

pas de variations majeures dans la contrainte du béton durant la durée du chargement et


lorsque le béton est avancé en matière d’âge afin d’éviter les effets du vieillissement. Pour un
chargement hâtif, cette méthode conduit à une entière recouvrance si le chargement est
totalement supprimé, ce qui est fondamentalement incohérent. Cela est dû à l’absence du
facteur du vieillissement dans la formulation de la présente méthode.

Cette méthode est améliorable en incluant le coefficient de vieillissement pour pouvoir


concevoir une alternative cohérente, classée toujours parmi les méthodes algébriques. Celui-ci
est affecté directement au coefficient de fluage pour introduire l'effet de l’âge du béton. En
raison du vieillissement, cette alternative est idéale pour calculer, à titre d’exemple, les
changements progressifs de la contrainte interne du béton dictés par les effets à terme
(relaxation). La méthode améliorée est aussi en mesure d’estimer le fluage total du béton
causé par une contrainte externe qui évolue à partir d’une valeur initiale t0 différente de zéro.

Les méthodes directes sont obtenues par la transformation des équations intégrales de
Volterra, traduisant le principe de superposition, en équations différentielles explicites dont
l’intégration résoudra la déformation par fluage ou/et la contrainte interne correspondante. La
distinction entre ces méthodes différentielles se fait sur la base de la fonction du fluage
retenue pour écrire en premier lieu les équations intégrales de Volterra. L’établissement des
équations différentielles est établi pour des modules d’élasticité constants, sinon le degré de la
différentiation augmentera. Cette transformation est fondée sur des lois différées linéaires
pouvant gouverner théoriquement le fluage dans un élément en béton qui est soumis à une
déformation axiale élastique. A propos de la linéarité du fluage, en comparant les résultats du
principe de superposition des effets aux résultats des mesures expérimentales de fluage, toute
déviation par rapport à ce principe est un effet de non linéarité.

Pour la modélisation du fluage, quatre principales lois peuvent s’imposer dans l’étude du
comportement à terme d’un échantillon en béton comprimé. Pour la première loi, la
recouvrance est prise catégoriquement nulle et la déformation correspondante est désignée
couramment par le fluage strictement irréversible, ou bien intégral. Ce type de fluage est régi
finalement par une équation différentielle du premier ordre à coefficients constants.

Pour quelques auteurs le fluage n’est pas complètement irréversible. Cela veut dire que ce
phénomène viscoélastique pourra contenir une phase récupérable dite ‘’réversible’’. Pour ce
principe, la déformation est dénommée le fluage partiellement réversible ; pour lequel la
phase récupérable est quantifiable indépendamment de l’instant du chargement et est liée
principalement au temps écoulé. Par contre, la phase irrécupérable dépend toujours de l’âge
96
Chapitre IV Méthodes d'analyse et lois différées

du béton. Une équation différentielle du second ordre à coefficients variables est dégagée
pour gouverner ce fluage bi-phasique. Ce type d’équations pose des problèmes de résolution.

Quelques auteurs ont proposé la réduction de la grandeur de l’équation différentielle


obtenue en admettant que la phase récupérable du fluage total pourra être liée indirectement à
l’instant du chargement puisque le retour du fluage (recouvrance) est très rapide tant que le
béton est jeune. Cette proposition a permis la reformulation de la phase récupérable du fluage
pour déduire une nouvelle équation différentielle du second ordre mais à coefficients
constants. Cette équation alternative reflète le concept du fluage partiellement réversible
modifié.

Par rapport à d’autres auteurs, le béton est considéré nettement non vieillissant vis-à-vis la
composante du fluage réversible ; elle est liée uniquement à la durée du chargement. C’est-à-
dire que cette composante pourra être adoptée carrément constante du moment qu’elle évolue
très rapidement et atteint son maximum plus vite que la composante irréversible. Dans ces
conditions, les deux équations différentielles correspondantes au fluage partiellement
réversible et au fluage partiellement réversible modifié se retrouvent réduites ainsi à des
équations du premier ordre aux coefficients constants dont la différentiation est faite par
rapport au temps ou bien par rapport à la composante irréversible du fluage. Dans ces deux
dernières équations réduites, le fluage réversible, pris constant, est inclu dans la réponse
purement élastique. Cependant la deuxième tranche est consacrée à la part du fluage
irréversible. Ce quatrième concept est appelé aussi en littérature par le fluage strictement
irréversible amélioré. Le premier et le quatrième concepts semblent très intéressants à la
modélisation du comportement au fluage des poutres mixtes en service, à savoir:

 Le fluage strictement irréversible,


 Le fluage strictement irréversible amélioré.

97
Chapitre V Formulation spontanée des poutres mixtes

CHAPITRE V

FORMULATION SPONTANEE DES POUTRES MIXTES

5.1 INTRODUCTION

Cette section consiste à examiner le cadre théorique de la réponse spontanée, statique,


élastique d’une poutre mixte admise à l’état limite de service. Il est judicieux de noter que ce
cadre théorique conditionnera la phase instantanée du modèle analytique différé que nous
comptons développer dans le dernier chapitre.

Comme cela a été discuté dans le troisième chapitre de ce manuscrit, la déflection d’une
poutre mixte peut se faire suivant deux cinétiques différentes. Pour cela, nous commencerons
d’abord par développer la flexion transverse dans les poutres mixtes ensuite nous tenterons
d’en déduire le cas particulier de la flexion classique. Pour cela, un élément infinitésimal
d’une poutre mixte est schématisé pour développer les équations d’équilibre nécessaires. Dans
la deuxième étape, nous essaierons de trouver la condition de compatibilité en déformation et
en courbure via un autre schéma permettant de mettre en relief le mode de mouvement quasi-
statique d’un tronçon de poutre mixte. Le calcul des sollicitations internes correspondantes est
décrit. Ensuite, la manipulation de toutes les équations obtenues (équations d’équilibre et de
compatibilité) permettra d’écrire la première équation gouvernante, exprimée en effort normal
du tablier, pouvant gouverner la flexion transversale d’une poutre mixte en connexion
partielle. Le cas d’une poutre mixte fléchie en connexion complète, selon les hypothèses de
d’Euler-Bernoulli, pourra être facilement déduit de la première équation gouvernante. Ces
deux équations donneront les sollicitations internes possibles, selon la cinématique choisie,
pouvant agir sur les différentes sections transversales d’une poutre mixte. Pour finir, nous
avons préféré présenter en conclusion un schéma nous permettant d’illustrer le
fonctionnement idéalisé d’une section mixte acier-béton affectée par à un moment fléchissant,
supposé appliqué au centre de gravité de la section mixte acier-béton.

98
Chapitre V Formulation spontanée des poutres mixtes

5.2 RELATIONS CONSTITUTIVES

Dans le travail analytique que nous comptons à proposer en sixième chapitre, l’état initial
de contraintes dans une poutre mixte exposée au fluage de la dalle en béton est important.
Dans le cadre des petites déformations, cette section présente les équations traduisant le
comportement spontané, t0, d’une une poutre mixte. La flexion est traitée sous l’effet du
cisaillement transversal et le cisaillement longitudinal, à la surface de contact, est pris partiel.
Le mode de connexion est supposé continu. Dans cette partie, aucun détachement n’est permis
entre la dalle en béton et le métal. Les variables indicées par la lettre 'a' correspondent au
profilé métallique, pour la dalle en béton la lettre ‘b’. La flexion plane est considérée
maintenant, la section transversale mixte contient un plan de symétrie vertical (Géométrie et
Chargement). Trois types d’équations s’impliquent dans l’étude du comportement mécanique
d’une poutre mixte, à savoir :

 Les équations d’équilibre.


 Les équations cinématiques.
 La loi de comportement.

5.2.1 Équilibre d’un élément mixte fléchi


Les équations d'équilibre sont écrites en considérant un élément infinitésimal ''dx'' situé à
une distance arbitraire ''x'' comptée à partir de l'origine ''0'' de la poutre mixte, voir figure
(5.1). Nous soulignons que les termes du second ordre dans les équations d’équilibre ont été
écarté. L’équilibre des efforts et des moments par rapport au centre de gravité du profilé
métallique, Ga, conduit au système d’équations suivant :

𝒅𝑵𝒂 (𝒙,𝒕𝟎 )
− 𝝉(𝒙, 𝒕𝟎 ) = 𝟎 (137)
𝒅𝒙

𝒅𝑻𝒂 (𝒙,𝒕𝟎 )
− 𝝈(𝒙, 𝒕𝟎 ) = 𝟎 (138)
𝒅𝒙

𝒅𝑴𝒂 (𝒙,𝒕𝟎 )
− 𝑻𝒂 (𝒙, 𝒕𝟎 ) + 𝑪𝒂 𝝉(𝒙, 𝒕𝟎 ) = 𝟎 (139)
𝒅𝒙

99
Chapitre V Formulation spontanée des poutres mixtes

Q
Tb Mb+dMb
Nb Tablier
Cb Nb+dNb
Mb Tb+dTb
    
  
   

Ca Ma+dMa
Ta
Na Na+dNa
Ma Profilé Ta+dTa

dx

Fig. 5.1: Equilibre d'un élément mixte infinitésimal.

L’équilibre des efforts et des moments par rapport au centre de gravité de la dalle en béton,
Gb, conduit au deuxième système d’équations suivant :

𝒅𝑵𝒃 (𝒙,𝒕𝟎 )
+ 𝝉(𝒙, 𝒕𝟎 ) = 𝟎 (140)
𝒅𝒙

𝒅𝑻𝒃 (𝒙,𝒕𝟎 )
+ 𝝈(𝒙, 𝒕𝟎 ) + 𝑸 = 𝟎 (141)
𝒅𝒙

𝒅𝑴𝒃 (𝒙,𝒕𝟎 )
− 𝑻𝒃 (𝒙, 𝒕𝟎 ) + 𝑪𝒃 𝝉(𝒙, 𝒕𝟎 ) = 𝟎 (142)
𝒅𝒙

Ca : Distance entre le CDG du profilé et l’interface acier-béton.


Cb : Distance entre le CDG de la dalle en béton et l’interface acier-béton.
Ma(x,t0), Mb(x,t0), Na(x,t0), Nb(x,t0), Ta(x,t0), Tb(x,t0): Efforts généralisés internes.
(x,t0) : Contrainte tangentielle partielle à l’interface acier-béton.
σ(x,t0) : Contrainte de détachement sur l’interface acier-béton.
Q: Chargement admis constant dans le temps.

En exprimant l’équation (Eq.141) en fonction (Eq.138), on retrouve la relation classique


liant la charge répartie Q à l’effort tranchant total agit dans la section transversale, T(x,t0) :
𝑑𝑇(𝑥,𝑡0 )
+𝑄 =0 (143)
𝑑𝑥

Avec : 𝑇(𝑥, 𝑡0 ) = 𝑇𝑎 (𝑥, 𝑡0 ) + 𝑇𝑏 (𝑥, 𝑡0 )

Combinons les deux équations (Eq.139) et (Eq.142) pour obtenir l’équilibre suivant:
𝑑𝑀𝑎,𝑏 (𝑥,𝑡0 )
+ 𝑇(𝑥, 𝑡0 ) + (𝐶𝑎 + 𝐶𝑏 )𝜏(𝑥, 𝑡0 ) = 0 (144)
𝑑𝑥

Tel que: 𝑀𝑎,𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) = 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) + 𝑀𝑎 (𝑥, 𝑡0 )

100
Chapitre V Formulation spontanée des poutres mixtes

L’équilibre des efforts horizontaux et des moments fléchissant tournant par rapport au
centre de gravité de la section mixte, Ghom, est écrit par :

𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) = 𝑁𝑎 (𝑥, 𝑡0 ) (145)

𝑀(𝑥) = 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) + 𝑀𝑎 (𝑥, 𝑡0 ) + 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡0 )𝐶𝑏 + 𝑁𝑎 (𝑥, 𝑡0 )𝐶𝑎 (146)

Une deuxième différentiation de l’équation (Eq.144) permettra d’éliminer l’effort tranchant


total de la section transversale mixte, T(x,t0):

𝑑2 𝑀𝑎,𝑏 (𝑥,𝑡0 ) 𝑑𝜏(𝑥,𝑡0 )


𝑑𝑥2
+ (𝐶𝑎 + 𝐶𝑏 )
𝑑𝑥
+ 𝑄(𝑥) =0 (147)

5.2.2 Conditions de compatibilité


Dans ce paragraphe les déformations (axiale-angulaire-courbure) sont écrites en fonction
des déplacements respectifs, horizontal, transversal et la rotation. Ensuite, la compatibilité en
déformation et en courbure est démontrée à l’interface acier-béton. Le déplacement vertical
des deux éléments est supposé le même. Pour chaque élément de la poutre, les sections
transversales planes restent planes après chargement mais ne sont pas perpendiculaire à l'axe
neutre, parlons de l’une des hypothèses de Timoshenko. La figure (5.2) illustre la cinématique
spontanée adoptée pour la poutre mixte. Sur la base de cette cinématique, l’ensemble des
déformations dans une section transversale mixte sont exprimées par les équations suivantes:
𝑑𝑢𝑖 (𝑥,𝑡0 )
𝜀𝑖 (𝑥, 𝑡0 ) = (148)
𝑑𝑥

𝑑𝑣(𝑥,𝑡0 )
𝛾𝑖 (𝑥, 𝑡0 ) = + 𝜃𝑖 (𝑥, 𝑡0 ) (149)
𝑑𝑥

𝑑𝜃𝑖 (𝑥,𝑡0 ) 1 𝑑𝑇𝑖 (𝑥,𝑡0 ) 𝑀𝑖 (𝑥,𝑡0 )


𝑘𝑖 (𝑥, 𝑡0 ) = = 𝐾𝑠 𝐺 𝐴 − (150)
𝑑𝑥 𝑖 𝑖 𝑖 𝑑𝑥 𝐸𝑖 𝐼𝑖

i: Indice associé au profilé et la dalle en béton (i=a ou i=b).


εi(x,t0) : Déformation axiale. Cb
Ca
γi(x, t0): Déformation angulaire.
v
ki(x,t0): Courbure.
b
ui(x,t0): Déplacement longitudinal. ub 
v
v(x, t0): Déplacement transversal. g
ua
θi(x, t0): Rotation transversale.
Ai : Aire de l’élément i. a

Fig. 5.2: Cinématique d'un élément mixte infinitésimal.

101
Chapitre V Formulation spontanée des poutres mixtes

Gi : Module de résistance transversale de l’élément i.


Ei : Module de résistance transversale de l’élément i.
ksi : Coefficient de forme en cisaillement de l’élément i.
Ii : Inertie de l’élément i.

Voyons la figure (5.2), un glissement, g(x,t0), se produit à l’interface acier-béton suite à un


allongement relatif. Les rotations étant petites, θa,bx,t0, la tangente est assimilée à l’angle lui-
même. En fait, théoriquement le détachement prétendu entre la partie béton et la partie
métallique est très faible, son effet sur le comportement global de la poutre mixte est
négligeable [87]. Le glissement, g(x,t0), ne peut être écrit que part la simple sommation
suivante :

𝑔(𝑥, 𝑡0 ) = 𝑢𝑎 (𝑥, 𝑡0 ) − 𝑢𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) (151)

ua(x,t0): Déplacement longitudinal de la fibre supérieure du profilé métallique.


ub(x,t0): Déplacement longitudinal de la fibre inferieure de la dalle en béton.

L’équation du glissement (Eq.151) pourra être donnée aussi par:

𝑔(𝑥, 𝑡0 ) = (𝑢𝑎𝑐 (𝑥, 𝑡0 ) − 𝜃𝑎 (𝑥, 𝑡0 )𝐶𝑎 ) − (−𝑢𝑏𝑐 (𝑥, 𝑡0 ) + 𝜃𝑏 (𝑥, 𝑡0 )𝐶𝑏 ) (152)

La variation du glissement, g(x,t0), le long de la poutre mixte est donnée en dérivant


(Eq.152):
𝑑𝑔(𝑥,𝑡0 ) 𝑑𝑢𝑎𝑐 (𝑥,𝑡0 ) 𝑑𝜃 (𝑥,𝑡 ) 𝑑𝑢 (𝑥,𝑡 ) 𝑑𝜃 (𝑥,𝑡 )
𝑑𝑥
= ( 𝑑𝑥
− 𝑎𝑑𝑥 0 𝐶𝑎 ) − (− 𝑏𝑐𝑑𝑥 0 + 𝑏𝑑𝑥 0 𝐶𝑏 ) (153)

Ou bien, en fonction de déformations :


𝑑𝑔(𝑥,𝑡0 )
= (𝜀𝑎𝑐 (𝑥, 𝑡0 ) − 𝑘𝑎 (𝑥, 𝑡0 ) 𝐶𝑎 ) − (−𝜀𝑏𝑐 (𝑥, 𝑡0 ) + 𝑘𝑏 (𝑥, 𝑡0 )𝐶𝑏 ) = 𝜀𝑎 (𝑥, 𝑡0 ) − 𝜀𝑏 (𝑥, 𝑡0 )
𝑑𝑥

(154)
uac(x,t0): Déplacement longitudinal de la fibre centrale du profilé métallique.
ubc(x,t0): Déplacement longitudinal de la fibre centrale de la dalle en béton.
εac(x,t0): Déformation de la fibre centrale du profilé métallique.
εbc(x,t0): Déformation de la fibre centrale de la dalle en béton.
εa(x,t0): Déplacement longitudinal de la fibre supérieure du profilé métallique.
εb(x,t0): Déplacement longitudinal de la fibre inferieure de la dalle en béton.

L’équation (Eq.154) constitue la première compatibilité à l’interface acier-béton. La


déformation longitudinale dans les fibres les plus extrêmes de la dalle en béton et le profilé
métallique sont écrites respectivement comme suit:

102
Chapitre V Formulation spontanée des poutres mixtes

𝑁𝑏 (𝑥,𝑡0 ) 1 𝑑𝑇 (𝑥,𝑡 ) 𝑀 (𝑥,𝑡 )


𝜀𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) = − 𝐸𝑏 𝐴𝑏
+ (𝐾𝑠 𝐺 𝐴 𝑏𝑑𝑥 0 − 𝑏𝐸 𝐼 0 ) 𝐶𝑏 (155)
𝑏 𝑏 𝑏 𝑏 𝑏

𝑁𝑎 (𝑥,𝑡0 ) 1 𝑑𝑇 (𝑥,𝑡 ) 𝑀 (𝑥,𝑡 )


𝜀𝑎 (𝑥, 𝑡0 ) = + 𝐸𝑎 𝐴𝑎
− (𝐾𝑠 𝐺 𝐴 𝑎𝑑𝑥 0 − 𝑎𝐸 𝐼 0 ) 𝐶𝑎 (156)
𝑎 𝑎 𝑎 𝑎 𝑎

En absence d’un soulèvement, une compatibilité en courbure pourra entre envisagée à


l’interface acier-béton:
𝑑𝜃𝑏 (𝑥,𝑡0 ) 𝑑𝜃𝑎 (𝑥,𝑡0 )
𝑘𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) = = 𝑘𝑎 (𝑥, 𝑡0 ) = (157)
𝑑𝑥 𝑑𝑥

Ou bien, en fonction des efforts généralisés internes :

1 𝑑𝑇𝑏 (𝑥,𝑡0 ) 𝑀𝑏 (𝑥,𝑡0 ) 1 𝑑𝑇𝑎 (𝑥,𝑡0 ) 𝑀𝑎 (𝑥,𝑡0 )


− = 𝐾𝑠 𝐺 − (158)
𝐾𝑏𝑠 𝐺𝑏 𝐴𝑏 𝑑𝑥 𝐸𝑏 𝐼𝑏 𝑎 𝑎 𝐴𝑎 𝑑𝑥 𝐸𝑎 𝐼𝑎

5.2.3 Efforts généralisés internes


Les sollicitations internes dans une section transversale mixte sont obtenues en intégrant
sur chaque élément transversal, dalle ou profilé, la distribution uni-axiale des contraintes
appropriées. Pour un matériau élastique linéaire, ces relations conduisent aux formulations
générales suivantes:

𝑵𝒃 (𝒙, 𝒕𝟎 ) = ∫𝑨 𝝈𝒃 (𝒙, 𝒕𝟎 ) 𝒅𝑨𝒃 = 𝑬𝒃 𝑨𝒃 𝜺𝒃 (𝒙, 𝒕𝟎 ) (159)


𝒃

𝑵𝒂 (𝒙, 𝒕𝟎 ) = ∫𝑨 𝝈𝒂 (𝒙, 𝒕𝟎 ) 𝒅𝑨𝒂 = 𝑬𝒂 𝑨𝒂 𝜺𝒂 (𝒙, 𝒕𝟎 ) (160)


𝒂

𝑻𝒃 (𝒙, 𝒕𝟎 ) = ∫𝑨 𝝉𝒃 (𝒙, 𝒕𝟎 ) 𝒅𝑨𝒃 = 𝑲𝒔𝒃 𝑮𝒃 𝑨𝒃 𝜸𝒃 (𝒙, 𝒕𝟎 ) (161)


𝒃

𝑻𝒂 (𝒙, 𝒕𝟎 ) = ∫𝑨 𝝉𝒂 (𝒙, 𝒕𝟎 ) 𝒅𝑨𝒂 = 𝑲𝒔𝒂 𝑮𝒂 𝑨𝒂 𝜸𝒂 (𝒙, 𝒕𝟎 ) (162)


𝒂

𝑴𝒃 (𝒙, 𝒕𝟎 ) = ∫𝑨 𝒛 𝝈𝒃 (𝒙, 𝒕𝟎 ) 𝒅𝑨𝒃 = 𝑬𝒃 𝑰𝒃 𝒌𝒃 (𝒙, 𝒕𝟎 ) (163)


𝒃

𝑴𝒂 (𝒙, 𝒕𝟎 ) = ∫𝑨 𝒛 𝝈𝒂 (𝒙, 𝒕𝟎 ) 𝒅𝑨𝒂 = 𝑬𝒂 𝑰𝒂 𝒌𝒂 (𝒙, 𝒕𝟎 ) (164)


𝒂

En présence de glissement et en mode de connexion continu, il est admis que le taux de


cisaillement longitudinal partiel, à l’interface acier-béton, est relation proportionnelle avec le
glissement tel que:

𝒅𝑵𝒃 (𝒙,𝒕𝟎 )
𝝉(𝒙, 𝒕𝟎 ) = = 𝒌𝒂𝒃 𝒈(𝒙, 𝒕𝟎 ) (165)
𝒅𝒙

Kab : Rigidité surfacique de la connexion [Mpa]

103
Chapitre V Formulation spontanée des poutres mixtes

5.2.4 Equations gouvernantes


Les relations de la section précédente sont maintenant combinées pour présenter les
équations régissantes le comportement spontané d'une poutre mixte en deux éléments
superposés, déformables par flexion et cisaillement dont la tangentielle, x,t0, à l’interface
acier-béton n’est pas entière. En particulier, la deuxième différenciation de l'équation
(Eq.149) permet d’écrire:

𝒅𝟑 𝒗(𝒙,𝒕𝟎 ) 𝒅𝟐 𝜸𝒃 (𝒙,𝒕𝟎 ) 𝒅𝟐 𝜽𝒃 (𝒙,𝒕𝟎 ) 𝒅𝟐 𝜸𝒂 (𝒙,𝒕𝟎 ) 𝒅𝟐 𝜽𝒂 (𝒙,𝒕𝟎 )


= − = − (166)
𝒅𝒙𝟑 𝒅𝒙𝟐 𝒅𝒙𝟐 𝒅𝒙𝟐 𝒅𝒙𝟐

Tenons compte les relations (Eq.150) et (Eq.161) à (Eq.164), on peut obtenir:

𝒅𝟑 𝒗(𝒙,𝒕𝟎 ) 𝟏 𝒅𝟐 𝑻𝒃 (𝒙,𝒕𝟎 ) 𝟏 𝒅𝑴𝒃 (𝒙,𝒕𝟎 ) 𝟏 𝒅𝟐 𝑻𝒂 (𝒙,𝒕𝟎 ) 𝟏 𝒅𝑴𝒂 (𝒙,𝒕𝟎 )


= 𝑲𝒔 𝑮 −𝑬 = 𝑲𝒔 𝑮 −𝑬 (167)
𝒅𝒙𝟑 𝒃 𝒃 𝑨𝒃 𝒅𝒙𝟐 𝒃 𝑰𝒃 𝒅𝒙 𝒂 𝒂 𝑨𝒂 𝒅𝒙𝟐 𝒂 𝑰𝒂 𝒅𝒙

De plus, la substitution des équations d’équilibre (Eq.138), (Eq.139), (Eq.141) et (Eq142)


dans l’équation (Eq.167) permettra d’exprimer le cisaillement transversal, Ta(x,t0) et Tb(x,t0),
et les contraintes d'interface, (x,t0) et σ(x,t0):

𝑻𝒂 (𝒙,𝒕𝟎 ) 𝑻𝒃 (𝒙,𝒕𝟎 ) 𝟏 𝟏 𝒅𝝈(𝒙,𝒕𝟎 ) 𝑪𝒂 𝑪𝒃


− = (𝑲𝒔 𝑮 + 𝑲𝒔 𝑮 ) + (𝑬 −𝑬 )𝝉 (168)
𝑬 𝒂 𝑰𝒂 𝑬 𝒃 𝑰𝒃 𝒃 𝒃 𝑨𝒃 𝒂 𝒂 𝑨𝒂 𝒅𝒙 𝒂 𝑰𝒂 𝒃 𝑰𝒃

Ensuite, le glissement (Eq.152) est différencié deux fois et combiné au même temps avec
l'équation (Eq.150) et les relations constitutives (Eq.159), (Eq.160), (Eq.163),(Eq.164) et
(Eq.165) pour écrire:

𝟏 𝒅𝟐 𝝉(𝒙,𝒕𝟎 ) 𝟏 𝒅𝑵𝒂 (𝒙,𝒕𝟎 ) 𝟏 𝒅𝑵𝒃 (𝒙,𝒕𝟎 ) 𝑪𝒂 𝒅𝑴𝒂 (𝒙,𝒕𝟎 ) 𝑪𝒃 𝒅𝑴𝒃 (𝒙,𝒕𝟎 )


=𝑬 −𝑬 −𝑬 −𝑬 (169)
𝒌𝒂𝒃 𝒅𝒙𝟐 𝒂 𝑨𝒂 𝒅𝒙 𝒃 𝑨𝒃 𝒅𝒙 𝒂 𝑰𝒂 𝒅𝒙 𝒃 𝑰𝒃 𝒅𝒙

En introduisant les équations d'équilibre (Eq.139) et (Eq.142) dans l'équation (Eq.169)pour


écrire:

𝑪𝒂 𝑪𝒃 𝟏 𝟏 𝑪𝒂 𝟐 𝟏 𝒅𝟐 𝝉(𝒙,𝒕𝟎 )
𝑻𝒂 (𝒙, 𝒕𝟎 ) + 𝑬 𝑻𝒃 (𝒙, 𝒕𝟎 ) = (𝑬 +𝑬 + 𝟐 ) 𝝉(𝒙, 𝒕𝟎 ) − (170)
𝑬 𝒂 𝑰𝒂 𝒃 𝑰𝒃 𝒂 𝑨𝒂 𝒃 𝑨𝒃 𝑪 𝒌 𝒅𝒙𝟐
𝑬𝒂 𝑰𝒂. + 𝒃 𝒂𝒃
𝑬𝒃 𝑰𝒃

Tenons compte les relations d'équilibre (Eq.138) et (Eq.141) pour transformer les
équations (Eq.168) et (Eq.170) en :

104
Chapitre V Formulation spontanée des poutres mixtes

𝑪𝒂 𝑪𝒃 𝒅𝝉(𝒙,𝒕𝟎 ) 𝑸 𝟏 𝟏 𝟏 𝟏 𝒅𝟐 𝝉(𝒙,𝒕𝟎 )
( − ) = +( + ) 𝝈(𝒙, 𝒕𝟎 ) − ( 𝒔 + ) (171)
𝑬𝒂 𝑰𝒂 𝑬𝒃 𝑰𝒃 𝒅𝒙 𝑬𝒃 𝑰𝒃 𝑬𝒂 𝑰𝒂 𝑬𝒃 𝑰𝒃 𝑲𝒃 𝑮𝒃 𝑨𝒃 𝑲𝒔𝒂 𝑮𝒂 𝑨𝒂 𝒅𝒙𝟐

𝑪𝒂 𝑪𝒃 𝑪 𝑸 𝟏 𝟏 𝑪 𝟐 𝑪 𝟐 𝒅𝝉(𝒙,𝒕𝟎 ) 𝟏 𝒅𝟑 𝝉(𝒙,𝒕𝟎 )
(𝑬 −𝑬 ) 𝝈(𝒙, 𝒕𝟎 ) = 𝑬 𝒃𝑰 + (𝑬 +𝑬 + 𝑬 𝒂𝑰 + 𝑬 𝒃𝑰 ) −𝒌 𝒅𝒙𝟑
(172)
𝒂 𝑰𝒂 𝒃 𝑰𝒃 𝒃 𝒃 𝒂 𝑨𝒂 𝒃 𝑨𝒃 𝒂 𝒂 𝒃 𝒃 𝒅𝒙 𝒂𝒃

De l’équation (Eq.172), on peut retirer la contrainte normale, σ(x,t0):

𝟏 𝑪 𝑸 𝒅𝝉(𝒙,𝒕𝟎 ) 𝟏 𝒅𝟑 𝝉(𝒙,𝒕𝟎 )
𝝈(𝒙, 𝒕𝟎 ) = 𝜶 (𝑬 𝒃𝑰 + 𝜷𝟐 −𝒌 ) (173)
𝒃 𝒃 𝒅𝒙 𝒂𝒃 𝒅𝒙𝟑

𝑪𝒂 𝑪𝒃 𝟏 𝟏 𝑪𝒂 𝟐 𝑪𝒃 𝟐
Avec: 𝜶=( − ) ; 𝜷𝟐 = ( + + + )
𝑬 𝒂 𝑰𝒂 𝑬 𝒃 𝑰𝒃 𝑬𝒂 𝑨𝒂 𝑬𝒃 𝑨𝒃 𝑬 𝒂 𝑰𝒂 𝑬 𝒃 𝑰𝒃

En substituant l’expression de la contrainte normale, σ(x,t0), dans l'équation (Eq.171) nous


aboutissons à l’équation différentielle régissant le comportement instantané d’une poutre
mixte suivant la cinématique de Timoshenko. Cette équation régit la distribution de la
contrainte tangentielle incomplète, (x,t0), le long de l’interface acier-béton:

𝑬𝒂 𝑰𝒂 +𝑬𝒃 𝑰𝒃 𝒅𝟓 𝝉(𝒙,𝒕𝟎 ) (𝑬 𝑰 +𝑬 𝑰 ) 𝟏 𝒅𝟑 𝝉(𝒙,𝒕𝟎 ) 𝟏 𝟏


− ((𝑲𝒔 𝑮 𝒂𝑨𝒂+𝑲𝒃𝒔 𝑮𝒃 𝑨 ) 𝜷𝟐 + 𝒌 ) + (𝑬 +𝑬 +
𝒌𝒂𝒃 (𝑲𝒔𝒃 𝑮𝒃 𝑨𝒃 +𝑲𝒔𝒂 𝑮𝒂 𝑨𝒂 ) 𝒅𝒙𝟓 𝒃 𝒃 𝒃 𝒂 𝒂 𝒂 𝒂𝒃 𝒅𝒙𝟑 𝒃 𝑨𝒃 𝒂 𝑨𝒂

(𝑪𝒂 +𝑪𝒃 )𝟐 𝒅𝝉(𝒙,𝒕𝟎 ) (𝑪𝒂 +𝑪𝒃 )


) = −𝑬 𝑸 (174)
𝑬𝒂 𝑰𝒂 +𝑬𝒃 𝑰𝒃 𝒅𝒙 𝒂 𝑰𝒂 +𝑬𝒃 𝑰𝒃

Si (𝑲𝒔𝒃 𝑮𝒃 𝑨𝒃 + 𝑲𝒔𝒂 𝑮𝒂 𝑨𝒂 )→∞ :

L’équation différentielle (Eq.174) prend une forme dont l’ordre est bien réduit, tel que:

𝟏 𝒅𝟑 𝝉(𝒙,𝒕𝟎 ) 𝟏 𝟏 (𝑪𝒂 +𝑪𝒃 )𝟐 𝒅𝝉(𝒙,𝒕𝟎 ) (𝑪𝒂 +𝑪𝒃 )


−𝒌 + (𝑬 +𝑬 +𝑬 ) = −𝑬 𝑸 (175)
𝒂𝒃 𝒅𝒙𝟑 𝒃 𝑨𝒃 𝒂 𝑨𝒂 𝒂 𝑰𝒂 +𝑬𝒃 𝑰𝒃 𝒅𝒙 𝒂 𝑰𝒂 +𝑬𝒃 𝑰𝒃

En se référant à l’équation d’équilibre (Eq.140)et l’équation (Eq.143), on pourra


reformuler cette équation en effort normale axial de compression exerçant dans le tablier :

1 𝑑4 𝑁𝑏 (𝑥,𝑡0 ) 1 1 (𝐶𝑎 +𝐶𝑏 )2 𝑑2 𝑁𝑏 (𝑥,𝑡0 ) (ഠ𝑎 +𝐶𝑏 ) 𝑑2 𝑀(𝑥)


−𝑘 + (𝐸 +𝐸 +𝐸 ) = −𝐸 (176)
𝑎𝑏 𝑑𝑥 4 𝑏 𝐴𝑏 𝑎 𝐴𝑎 𝑎 𝐼𝑎 +𝐸𝑏 𝐼𝑏 𝑑𝑥 2 𝑎 𝐼𝑎 +𝐸𝑏 𝐼𝑏 𝑑𝑥 2

Pour un ordre plus petit :

1 𝑑 2 𝑁𝑏 (𝑥,𝑡0 ) 1 1 (𝐶𝑎 +𝐶𝑏 )2 (𝐶𝑎 +𝐶𝑏 )


−𝑘 𝑑𝑥 2 + (𝐸 𝐴 +𝐸 +𝐸 ) 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) = − 𝐸 𝑀(𝑥) (177)
𝑎𝑏 𝑏 𝑏 𝑎 𝐴𝑎 𝑎 𝐼𝑎 +𝐸𝑏 𝐼𝑏 𝑎 𝐼𝑎 +𝐸𝑏 𝐼㉳

Cette équation revient à Newmark [104]. Elle est compatible avec les hypothèses de la
cinématique d’Euler-Bernoulli, pour lesquelles les sections transversales restent toujours
planes et perpendiculaires à l’axe central (la déformation angulaire, γi(x,t0), est nulle). Le

105
Chapitre V Formulation spontanée des poutres mixtes

choix de l’équation de Newmark et largement justifié dans nombreux travaux expérimentaux,


surtout lorsque il s’agit des poutres mixtes de grande portée [87]. Donc, cette équation est très
suffisante pour définir la distribution spontanée de l’effort normal axial dans le profilé ou la
dalle, Na(x,t0) et Nb(x,t0). Dans ces conditions, les équations précédentes (Eq.149) (Eq.166)
(Eq.167) (Eq.168) changent de formes :
𝑑𝑣(𝑥,𝑡0 )
+ 𝜃𝑖 (𝑥, 𝑡0 ) = 0 (178)
𝑑𝑥
𝑑3 𝑣(𝑥,𝑡0 ) 𝑑2 𝜃𝑏 (𝑥,𝑡0 ) 𝑑2 𝜃𝑎 (𝑥,𝑡0 )
=− =− (179)
𝑑𝑥 3 𝑑𝑥 2 𝑑𝑥 2
𝑑3 𝑣(𝑥,𝑡0 ) 1 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡0 ) 1 𝑑𝑀𝑎 (𝑥,𝑡0 )
= −𝐸 = −𝐸 (180)
𝑑𝑥 3 𝑏 𝐼𝑏 𝑑𝑥 𝑎 𝐼𝑎 𝑑𝑥
𝑇𝑎 (𝑥,𝑡0 ) 𝑇𝑏 (𝑥,𝑡0 ) 𝐶 𝐶𝑏
− = (𝐸 𝑎𝐼 − 𝐸 ) 𝜏(𝑥, 𝑡0 ) (181)
𝐸𝑎 𝐼𝑎 𝐸𝑏 𝐼𝑏 𝑎 𝑎 𝑏 𝐼𝑏

La déformation dans les fibres les plus extrêmes, εb(x,t0) et εa(x,t0), qui frôlent l’interface
acier-béton, est écrite maintenant comme suit:
𝑁𝑏 (𝑥,𝑡0 ) 𝑀 (𝑥,𝑡 )
𝜀𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) = − + ( 𝑏 0 ) 𝐶𝑏 (182)
𝐸𝑏 𝐴𝑏 𝐸𝑏 𝐼𝑏

𝑁𝑎 (𝑥,𝑡0 ) 𝑀 (𝑥,𝑡 )
𝜀𝑎 (𝑥, 𝑡0 ) = + 𝐸𝑎 𝐴𝑎
− ( 𝑎𝐸 𝐼 0 ) 𝐶𝑎 (183)
𝑎 𝑎

Tenons compte l’équation (Eq.165) pour réécrire l’équation différentielle de Newmark


(Eq.177) en glissement, gx,t0:

𝑑2 𝑔(𝑥,𝑡0 ) 1 1 (𝐶𝑎 +𝐶𝑏 )2 (𝐶𝑎 +𝐶𝑏 )


− + 𝑘𝑎𝑏 (𝐸 +𝐸 +𝐸 ) 𝑔(𝑥, 𝑡0 ) = − 𝐸 𝑇(𝑥, 𝑡0 ) (184)
𝑑𝑥 2 𝑏 𝐴𝑏 𝑎 𝐴𝑎 𝑎 𝐼𝑎 +𝐸𝑏 𝐼𝑏 𝑎 𝐼𝑎 +𝐸𝑏 𝐼𝑏

La présentation graphique de l’effort normal et le glissement, Nb(x,t0) et g(x,t0), le long


d’une poutre mixte (statiquement déterminées et indéterminées) soumise à différents cas de
chargement, est offerte à la référence [93]. Pour une poutre mixte isostatique uniformément
chargée et de longueur L, le tableau suivant montre les conditions initiales pour chaque
équation :

Tableau 5.1: Conditions pour effort normal et glissement.

Equation Support Mi-poutre


Quantité exprimée
gouvernante x=0 ou bien L x= L/2
Nb(x,t0) Eq.177 Nb(x,t0)=0 Nb’(x,t0)=0
g(x,t0) Eq.185 g’(x,t0)=0 g (x,t0)=0

Dans une analyse élastique, obtenir un effort de cisaillement entier, à l’interface, est
possible. Il suffit de prévoir correctement le nombre nécessaire de goujons. Dans ces

106
Chapitre V Formulation spontanée des poutres mixtes

conditions, le concept de la connexion partiel n’a aucun sens et l’équation (Eq.177) change de
forme en admettant que la rigidité surfacique de la connexion, kab, est illimitée :

1 1 (𝐶𝑎 +𝐶𝑏 )2 (𝐶𝑎 +𝐶𝑏 )


(𝐸 +𝐸 +𝐸 ) 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) = − 𝐸 𝑀(𝑥) (185)
𝑏 𝐴𝑏 𝑎 𝐴𝑎 𝑎 𝐼𝑎 +𝐸𝑏 𝐼𝑏 𝑎 𝐼𝑎 +𝐸𝑏 𝐼𝑏

5.3 CONCLUSION

Il est clair que la déformée élastique des poutres mixtes doit être traitée suivant la
cinématique de Timochenko pour pouvoir obtenir une analyse très rationnelle ; pour laquelle
l’effort tranchant transversal est un paramètre qui peut influencer la déflexion de la poutre
mixte dans le plan de l’âme. Utilisant des équations d’équilibre et des conditions de
compatibilité, admises à la surface de contact acier-béton, une équation différentielle de
cinquième ordre est dégagée pour gouverner le comportement instantané d’une poutre mixte
fléchie aux états limites de service. Cette équation est écrite en effort normal de compression,
Nb(x, t0), exercé sur le tablier en béton tout en considérant le glissement relatif entre le béton
et la poutre métallique. Revenons toujours à l’équilibre de la section transversale et la
compatibilité de la courbure, nous pouvons déterminer aisément le reste des sollicitations,
Mb(x,t0), Na(x,t0) et Ma(x,t0). Ces quantités sont rattachées essentiellement à la cinématique
retenue et le mode de connexion choisi.

La cinématique d’Euler-Bernoulli n’est qu’un cas particulier de la cinématique de


Timochenko. En effet, l’ordre de l’équation différentielle gouvernante pourra être réduit si
l’effet du cisaillement est complètement ignoré. Pour le cas des poutres mixtes fléchies, cette
simplification est très utile et même largement justifiée du moment que ces pièces sont
fondamentalement construites pour des ratios (portée/hauteur) très importants. La résolution
de l’équation différentielle alternative repose sur les conditions d’appuis et la configuration du
chargement. Le glissement relatif entre le tablier et le profilé est quantifiable une fois l’effort
normal de compression est obtenu.

Passer d’une connexion partielle à une connexion complète est très possible lorsqu’on
admet une rigidité surfacique de la connexion qui tend à l’infini, et cela pour les deux
cinématiques. Recourir à la considération d’un effort tranchant entier, à la zone d’interface
acier-béton, est permis dans une analyse élastique. Autrement dit, le concept de la connexion
partiel n’a aucun sens dans un calcul élastique.

107
Chapitre V Formulation spontanée des poutres mixtes

Le fonctionnement élastique idéalisé d’une section transversale mixte, soumise à un


moment fléchissant, M(x), appliqué au centre de gravité, Ghom, est exposé en figure (5.3). La
résistance globale de la section mixte considérée est développée conjointement par le tablier
en béton et le profilé métallique. Chaque élément équilibrera normalement un effort axial et
un moment fléchissant, Nb(x,t0), Mb(x,t0), Na(x,t0) et Ma(x,t0), respectivement. Les
sollicitations internes sont exercées aux centres de gravité de chaque matériau, Gb et Ga. Selon
le mode de connexion choisi (partielle ou complète), la même figure (5.3) montre les
digrammes de déformations correspondants.

beff
Mb(x,t0)

hb + Gb
Cb Nb(x,t0)

d M(x) Ghom
Ca Ma(x,t0)
ha Ga
Na(x,t0)

Connexion partielle Connexion complète

Fig. 5.3: Sollicitations internes d'une section transversale mixte

Dans cette figure, les efforts tranchants associés au tablier et le profilé métallique sont
ignorés pour considérer uniquement le schéma d’Euler- Bernoulli. Suivant le mode de
connexion choisi et le système statique de la poutre mixte considérée, l’effort de compression
dans le tablier est calculable en utilisant l’équation (Eq.177) ou/et (Eq.185). Les moments
fléchissant élémentaires sont calculables par la compatibilité en courbure (Eq.180).

108
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

CHAPITRE VI

PROPOSITION D’UNE FORMULATION REGISSANT LE


COMPORTEMENT DES POUTRES MIXTES AU FLUAGE

6.1 INTRODUCTION

La méthode que nous comptons développer entre dans le cadre du fluage primaire, sachant
que la poutre mixte se trouve dans des conditions d'hygrométrie constantes. La méthode est
applicable aux poutres mixtes déterminées statiquement. Dans ce travail de modélisation,
nous considérons que les déformations élastiques du tablier en béton et du profilé métallique
obéissent à la cinématique d’Euler-Bernoulli; l’effet de cisaillement transversal des deux
matériaux (acier-béton) sur la valeur de la flèche est ignoré. Cela peut être justifié par le
rapport (Portée/Hauteur) que présentent couramment les poutres mixtes. Une connexion
linéaire est admise à la surface de contact afin de garantir une interaction complète entre
l’acier et le béton.

Rappelons qu’un chargement modéré, tel que l’état de service en construction, ne peut
provoquer aucun fluage dans le profilé métallique associé à la dalle en béton. La méthode
conçue est basée principalement sur l’une des lois régissant le comportement différé, telles
que fournies dans la littérature. Dans ce travail, on considère que le tablier de la poutre a un
comportement viscoélastique, par contre le profilé a un comportement élastique seulement,
durant tout le processus du fluage.

Les lois de fluage des bétons sont démontrées normalement pour une simple éprouvette
soumise à un effort axial qui agit perpendiculairement à la surface transversale et dont le
matériau est supposé homogène. Cependant, les poutres mixtes, faisant l’objet de notre
analyse, présentent d’une part une association de deux matériaux complètement différents en
matière de résistance et de rhéologie, et d’autre part, elles ont la particularité d’avoir un profil
transversal en Té. En outre, la sollicitation externe à laquelle la poutre mixte est soumise, à
partir de l’instant t0, n’est plus axiale mais agit dans le plan de symétrie de sa section
transversale. Malgré cela, l’utilisation raisonnable et logique d’une loi de fluage bien

109
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

déterminée pourrait apporter un plus au domaine de la modélisation du comportement des


poutres mixtes vis-à-vis des déformations différées, tel que le fluage.

L’approche mathématique utilisée exclut les poutres mixtes acier-béton continues, où le


béton est pratiquement tendu dans les zones sont proches des appuis intermédiaires. La
résistance du béton à la traction est carrément négligée car elle est très faible ; cela veut dire,
qu’en général, le fluage en cette zone, qui présente un moment de flexion négatif, n’est pas
pris en considération. Les sections transversales présentent un plan de symétrie (z-z) par
rapport auquel le chargement appliqué est totalement symétrique. Les efforts généralisés, i.e.
Nbx,t0, Mbx,t0, Nax,t0 et Max,t0, agissent sur le plan de la section transversale. Il n’existe
aucun couple de torsion sur cette section. La flexion de la poutre mixte se produit dans le plan
de l’âme du profilé. Le chargement est supposé être appliqué lentement, induisant une réponse
quasi-statique de la structure. La courbure due au retrait n’est pas prise en considération dans
l’approche que nous comptons développer, et la poutre mixte est supposée être parfaitement
étayée.

6.2 MONTAGE DU MODELE

Nous abordons maintenant le montage de l’approche théorique que nous comptons à


proposer à travers du présent chapitre. L’approche a pour but d’analyser la flexion d’une
poutre mixte dont le tablier en béton est entaché par le fluage. Le comportement spontané
d’une poutre mixte et la formulation phénoménologique du fluage et ses éléments consécutifs
aideront dans la compréhension et l’analyse du fonctionnement viscoélastique de la poutre
considérée.

Si une section transversale mixte en parfaite interaction, définie par une abscisse ‘’x’’,
subit depuis l’instant t0des sollicitations internes [Nb(x,t0) et Mb(x,t0)], la fibre inferieure du
tablier, à un moment donné t, recevra une déformation viscoélastique. Le raccourcissement
globale de la fibre, εb(x,t), pourra être exprimé en pratiquant le principe de superposition
donné par l’équation (Eq.102):
1 𝑡 𝜕 𝐶𝑏
𝜀𝑏 (𝑥, 𝑡) = − 𝐸 [𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) − ∫𝑡 𝑁𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝜕𝜏 [1 + 𝜑(𝑡, 𝜏)] 𝑑𝜏] + 𝐸 [𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) −
𝑏 0 )𝐴𝑏
(𝑡 0 𝑏 0 )𝐼𝑏
(𝑡

𝑡 𝜕
∫𝑡 𝑀𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝜕𝜏 [1 + 𝜑(𝑡, 𝜏)] 𝑑𝜏] (186)
0

110
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

A l’instant t0, l’équation (Eq.186) doit égale à la même équation (Eq.182).Conformément


au raccourcissement viscoélastique, la courbure correspondante, à un moment t, kb(x,t),
pourra être aussi exprimée en se référant au même principe de l’équation (Eq.102).
1 𝑡 𝜕
𝑘𝑏 (𝑥, 𝑡) = 𝐸 [𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) − ∫𝑡 𝑀𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝜕𝜏 [1 + 𝜑(𝑡, 𝜏)]𝑑𝜏] (187)
𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 0

Remarquons aussi que l’équation (Eq.187) devient à l’instant t0égale à l’équation (Eq.180).
Il s’agit des équations intégrales de voltera qui traduisent le fluage d’un tablier entièrement
comprimé associé à une poutre métallique.

Reproduisons le même passage du paragraphe (4.5), si un temps intermédiaire ‘’ est défini
de tel façon (0  t), l’âge du tablier à l’instant du chargement de la poutre mixte égal à
(t0+) et la période (t-) représente la durée du chargement. Dans ces conditions, on peut
réécrire le fluage de la fibre (Raccourcissement et Courbure) conformément à l’équation
(Eq.103) :
−1 𝑡 𝜕
𝜀𝑏 (𝑥, 𝑡) = 𝐸 [𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) − ∫𝑡 𝑁𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝜕𝜏 [1 + 𝜑(𝑡 − 𝜏 ; 𝑡0 + 𝜏)] 𝑑𝜏] +
𝑏 (𝑡0 )𝐴𝑏 0

𝐶𝑏 𝑡 𝜕
[𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) − ∫𝑡 𝑀𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝜕𝜏 [1 + 𝜑(𝑡 − 𝜏 ; 𝑡0 + 𝜏)] 𝑑𝜏] (188)
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 0

1 𝑡 𝜕
𝑘𝑏 (𝑥, 𝑡) = [𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) − ∫𝑡 𝑀𝑏 (𝑥, 𝜏) [1 + 𝜑(𝑡 − 𝜏 ; 𝑡0 + 𝜏)] 𝑑𝜏] (190)
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 0 𝜕𝜏

Bien que la superposition des effets dans le tablier de la poutre soit claire maintenant, les
deux équations (Eq.188)et (Eq.190) ne peuvent être résolues analytiquement. Dans un
problème pareil, l’accès à la numérisation est l’une des voies. Néanmoins, la transformation
de ces deux équations intégrales en équations différentielles est le seul moyen pour aboutir à
la résolution analytique du régime viscoélastique de la poutre mixte.

Avant de procéder à la transformation des deux équations intégrales de voltera, il faut


désigner le mode de fluage. Admettons que le concept de la loi partiellement réversible est
retenu pour cette démonstration, voir paragraphe (4.5.2). Le coefficient de fluage approprié
est donné par l’équation (Eq.116) ou (Eq.119). Une deuxième étape consiste à écrire le fluage
de la fibre inferieure considérée (déformation et courbure)selon l’équation (Eq.121):

111
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

−1 𝑡
𝜀𝑏 (𝑥, 𝑡) = [𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) + β1 φi∞ ∫𝑡 𝑁𝑏 (𝑥, 𝜏)e−β1.(t0 +τ) 𝑑𝜏 +
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐴𝑏 0

𝑡 𝐶𝑏 𝑡
φr∞ ∫𝑡 𝑁𝑏 (𝑥, 𝜏)e−β2 .(t0 +τ) 𝑑𝜏] + 𝐸 [𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) + β1 φi∞ ∫𝑡 𝑀𝑏 (𝑥, 𝜏)e−β1 .(t0 +τ) 𝑑𝜏 +
0 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 0

𝑡
β2 φr∞ ∫𝑡 𝑀𝑏 (𝑥, 𝜏)e−β2 .(t−τ) 𝑑𝜏] (191)
0

1 𝑡 †
𝑘𝑏 (𝑥, 𝑡) = 𝐸 [𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) + 𝛽1 𝜑𝑖∞ ∫𝑡 𝑀𝑏 (𝑥, 𝜏)𝑒−𝛽1 .(𝑡0 +𝜏) 𝑑𝜏 + 𝛽2 𝜑𝑟∞ ∫𝑡 𝑀𝑏 (𝑥, 𝜏)𝑒−𝛽2 .(𝑡−𝜏) 𝑑𝜏]
𝑏 0 )𝐼𝑏
(𝑡 0 0

(192)

Une variation par rapport au temps de la déformation, εb(x,t), et la courbure, kb(x,t),


donnera:

𝑑𝜀𝑏 (𝑥, 𝑡)
=
𝑑𝑡
−1 𝑑𝑁𝑏 (𝑥,𝑡) −1 𝑑𝜑 (𝑡) −𝛽 𝑡 𝑑𝜑 (𝑡 ,𝜏)
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐴𝑏 𝑑𝑡
+ 𝐸 (𝑡 )𝐴 ( 𝑑𝑡𝑖 + 𝛽2 (1 + 𝜑𝑟∞ )) 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) + 𝐸 (𝑡 2)𝐴 ∫𝑡 𝑁𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝑖𝑑𝜏0 𝑑𝜏 +
𝑏 0 𝑏 𝑏 0 𝑏 0

𝐶𝑏 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 𝐶 𝑑𝜑 (𝑡) 𝛽 𝑡 𝑑𝜑 (𝑡 ,𝜏)


𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡
+ 𝐸 (𝑡𝑏 )𝐼 ( 𝑑𝑡𝑖 + 𝛽2 (1 + 𝜑𝑟∞ )) 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) + 𝐸 (𝑡2 )𝐼 ∫𝑡 𝑀𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝑖𝑑𝜏0 𝑑𝜏 −
𝑏 0 𝑏 𝑏 0 𝑏 0

𝛽2 𝜀𝑏 (𝑥, 𝑡) (193)

𝑑𝑘𝑏 (𝑥, 𝑡)
=
𝑑𝑡
1 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝜑 (𝑡) 𝛽2 𝑡 𝑑𝜑 (𝑡0 ,𝜏)
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡
+ 𝐸 (𝑡 )𝐼 ( 𝑑𝑡𝑖 + 𝛽2 (1 + 𝜑𝑟∞ )) 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) + ∫ 𝑀 (𝑥, 𝜏) 𝑖𝑑𝜏 𝑑𝜏 −
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑡0 𝑏
𝑏 0 𝑏

𝛽2 𝑘𝑏 (𝑥, 𝑡) (194)

Une deuxième dérivé permettra l’écartement de l’intégration dans les deux équations :

𝑑 2 𝜀𝑏 (𝑡) 𝑑𝜀𝑏 (𝑡)


+ 𝛽2 =
𝑑𝑡 2 𝑑𝑡
−1 𝑑2 𝑁𝑏 (𝑡) −1 𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 𝑑𝑁𝑏 (𝑡) −(𝛽2 −𝛽1 ) 𝑑𝜑𝑖 (𝑡)
+ ( + 𝛽2 (1 + 𝜑𝑟∞ )) + 𝑁𝑏 (𝑡) +
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐴𝑏 𝑑𝑡 2 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐴𝑏 𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐴𝑏 𝑑𝑡

1 𝑑2 𝑀𝑏 (𝑡) 1 𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 𝑑𝑀𝑏 (𝑡) (𝛽2 −𝛽1 ) 𝑑𝜑𝑖 (𝑡)


+𝐸 ( + 𝛽2 (1 + 𝜑𝑟∞ )) +𝐸 𝑀𝑏 (𝑡) (195)
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡 2 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡

112
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

𝑑 2 𝑘𝑏 (𝑡) 𝑑𝑘𝑏 (𝑡)


2
+ 𝛽2 =
𝑑𝑡 𝑑𝑡
1 𝑑2 𝑀𝑏 (𝑡) 1 𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 𝑑𝑀𝑏 (𝑡) (𝛽2 −𝛽1 ) 𝑑𝜑𝑖 (𝑡)
+𝐸 ( + 𝛽2 (1 + 𝜑𝑟∞ )) + 𝑀𝑏 (𝑡) (196)
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡 2 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡 𝑑𝑡 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡

Finalement, nous avons abouti à des lois de comportement pouvant gouverner le domaine
viscoélastique partiellement réversible dans un tablier en béton soumis à la flexion composée
depuis l’instant t0. Mais, réellement sont des équations différentielles du second ordre à
coefficients variables pour lesquelles une solution analytique n’est pas évidente.

Reprenons maintenant le même passage en adoptant cette fois-ci un fluage partiellement


réversible mais modifié donné par l’équation (Eq.125). Le raccourcissement et la courbure
dans la fibre inferieure du tablier comprimé sont comme suit :

𝑑2 𝜀𝑏 (𝑥,𝑡) 𝑑𝜀𝑏 (𝑥,𝑡) −1 𝑑2 𝑁𝑏 (𝑥,𝑡) −(1+𝛽2 (1+𝜑𝑟∞ )) 𝑑𝑁𝑏 (𝑥,𝑡) −𝛽


𝑑𝜑𝑖 (𝑡)2
+ 𝛽2 𝑑𝜑𝑖 (𝑡)
=𝐴 𝐸 ( 𝑡 ) 𝑑𝜑 ( 𝑡) 2 + 𝐴 𝐸 ( 𝑡 ) 𝑑𝜑 ( 𝑡)
+ 𝐴 𝐸 (2𝑡 ) 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) +
𝑏 𝑏 0 𝑖 𝑏 𝑏 0 𝑖 𝑏 𝑏 0

1 𝑑2 𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 1+𝛽2 (1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 𝛽2


𝐸𝑏 𝑡0 𝐼𝑏 𝑑𝜑𝑖 𝑡
( ) ( ) 2 + 𝐸𝑏 𝑡0 𝐼𝑏
( ) 𝑑𝜑𝑖 𝑡
( )
+ (
𝑀 (𝑥, 𝑡)
𝐸𝑏 𝑡0 ) 𝐼𝑏 𝑏
(197)

𝑑2 𝑘𝑏 (𝑥,𝑡) 𝑑𝑘𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑2 𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 1+𝛽2 (1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 𝛽2


+ 𝛽2 =𝐸 + +𝐸 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) (198)
𝑑𝜑𝑖 (𝑡)2 𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝜑𝑖 (𝑡)
2 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏

Nous constatons que le choix d’un fluage partiellement réversible modifié nous a conduits
à des équations différentielles de deuxième degré toujours mais à coefficients constants.
L’intégration de ces dernières équations n’est pas tellement difficile dans la mesure où les
conditions initiales sont suffisantes. Nous avons appris à travers du cinquième chapitre que la
part du fluage réversible, r(t,t0), pourra être prise constante [r(t)= r] pour deux raisons
fondamentales :

 Ce fluage évolue rapidement et atteint son maximum plus vite que le fluage
irréversible, i(t,t0).
 Ce fluage ne dépend que de la durée du chargement (t-t0), vis-à-vis ce
fluage le béton n’est pas tellement vieillissant.

Sur la base de ces considérations, l’ordre des quatre dernières équations différentielles
pourra être réduit en admettant l’infinité au coefficient 2, (2) pour que [r(t)= r].

113
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

𝑑𝜀𝑏 (𝑥, 𝑡)
=
𝑑𝑡
−(1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝑁𝑏 (𝑥,𝑡) −1 𝑑𝜑𝑖 (𝑡) (1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝜑𝑖 (𝑡)
+𝐴 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) + + 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) (199)
𝐴𝑏 𝐸𝑏 (𝑡0 ) 𝑑𝑡 𝑏 𝐸𝑏 (𝑡0 ) 𝑑𝑡 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡
𝑑𝑘𝑏 (𝑥,𝑡) (1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝜑𝑖 (𝑡)
=𝐸 +𝐸 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) (200)
𝑑𝑡 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡

𝑑. 𝑑. 𝑑𝑡
Ou bien, par un changement de variable:[𝑑𝜑 (𝑡) = 𝑑𝑡 𝑑𝜑 (𝑡)]
𝑖 𝑖

𝑑𝜀𝑏 (𝑥,𝑡) −(1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝑁𝑏 (𝑥,𝑡) −1 (1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 1


= +𝐴 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) + +𝐸 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) (201)
𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 𝐴𝑏 𝐸𝑏 (𝑡0 ) 𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 𝑏 𝐸𝑏 (𝑡0 ) 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 𝑏 (𝑡0 ) 𝐼𝑏

𝑑𝑘𝑏 (𝑥,𝑡) (1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 1


= + 𝑀 (𝑥, 𝑡) (202)
𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑏

Un fluage total partiellement réversible modifié, développé en paragraphe 4.5.3,dont la


phase réversible est prise carrément constante a fourni des lois de comportement associées à
un tablier entièrement comprimé, dans une poutre mixte fléchie, qui sont écrites finalement
selon le quatrième concept, voir paragraphe 4.5.4 (fluage strictement irréversible modifié), qui
correspond aux équations (Eq.132) et (Eq.133). De plus, si nous optons pour un fluage
strictement irréversible, (t,t0),développé en paragraphe 4.5.1, il suffit donc de substituer
l’équation (Eq.136) avec un fluage réversible nul [r=0] dans les quatre dernières équations
(Eq.199) (Eq.200) (Eq.201) (Eq.202) pour réécrire de nouveau les lois de comportement
correspondantes:
𝑑𝜀𝑏 (𝑥,𝑡) −1 𝑑𝑁𝑏 (𝑥,𝑡) −1 𝑑𝜑(𝑡) 1 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝜑(𝑡)
=𝐴 (𝑡 )
+𝐴 (𝑡 )
𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) +𝐸 +𝐸 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡)
𝑑𝑡 𝑏 𝐸𝑏 0 𝑑𝑡 𝑏 𝐸𝑏 0 𝑑𝑡 𝑏 0)
(𝑡 𝑑𝑡 𝑏 (𝑡0 ) 𝑑𝑡

(203)
𝑑𝑘𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝜑(𝑡)
=𝐸 (𝑡 )𝐼
+𝐸 (𝑡 )𝐼
𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) (204)
𝑑𝑡 𝑏 0 𝑏 𝑑𝑡 𝑏 0 𝑏 𝑑𝑡

𝑑. 𝑑. 𝑑𝑡
Ou bien, par un changement de variable:[𝑑𝜑(𝑡) = 𝑑𝑡 𝑑𝜑(𝑡)]

dεb (x,t) −1 dNb (x,t) −1 1 dM (x,t) 1


dφ(t)
=A Eb (t0 ) dφ(t)
+ A E (t ) Nb (x, t) + E (t )𝐼 dφb (t) + E (t ) 𝐼 Mb (x, t) (205)
b b b 0 b 0 𝑏 b 0 𝑏

dχb (x,t) 1 dMb (x,t) 1


dφ(t)
=E + E (t )𝐼 Mb (x, t) (206)
b (t0 )𝐼𝑏 dφ(t) b 0 𝑏

En absence de tout décollement ou un glissement relatif entre le tablier en béton et le


profilé métallique, la surface de contact est une zone de compatibilité. Deux conditions de
compatibilité sont à prévoir aux états limites de service :

114
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

a-Compatibilité en déformation, voir (Eq.154)


𝑁𝑎 (𝑥,𝑡) 𝑀𝑎 (𝑥,𝑡)
𝜀𝑏 (𝑥, 𝑡) = 𝜀𝑎 (𝑥, 𝑡) = 𝐸 − 𝐶𝑎 (207)
𝑏 (𝑡0 )𝐴𝑎 𝐸𝑎 𝐼𝑎

b- Compatibilité en courbure, voir (Eq.180)


𝑀𝑎 (𝑥,𝑡)
𝑘𝑏 (𝑥, 𝑡) = 𝑘𝑎 (𝑥, 𝑡) = (208)
𝐸𝑎 𝐼𝑎

Pour lesquelles le temps, t, traduit le régime viscoélastique pour tout ce qui est béton, par
contre quant au profilé métallique il présente le régime élastique. Substituons les expressions
(Eq.199) (Eq.200) (Eq.201) (Eq.202):
(1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝑁𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝜑𝑖 (𝑡) (1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝜑𝑖 (𝑡)
−𝐸 −𝐸 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) + +𝐸 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) =
𝑏 (𝑡0 )𝐴𝑏 𝑑𝑡 𝑏 (𝑡0 )𝐴𝑏 𝑑𝑡 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡

1 𝑑𝑁𝑎 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝑀𝑎 (𝑥,𝑡)


−𝐸 𝐶𝑎 (209)
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐴𝑎 𝑑𝑡 𝑎 𝐼𝑎 𝑑𝑡

(1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 1 𝑑𝑀𝑎 (𝑥,𝑡)


+𝐸 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) =𝐸 (210)
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡 (𝑡 )𝐼
𝑏 0 𝑏 𝑑𝑡 𝑎 𝐼𝑎 𝑑𝑡

Le sens algébrique est pris en compte pour distinguer entre la nature des contraintes, un
signe (+) pour une contrainte provoquant la traction des fibres et un signe moins (-) pour une
contrainte de compression. Rappelons que les membres gauches dans les deux équations
expliquent le régime viscoélastique, par contre les membres droits traduisent le régime
élastique. Les équations d’équilibres (Eq.145) et (Eq.146) sont à retenir dans les états limites
de service, telles que :

𝑀(𝑥, 𝑡0 ) = 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) + 𝑀𝑎 (𝑥, 𝑡) + 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡)(𝐶𝑏 + 𝐶𝑎 ) (211)

𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) = 𝑁𝑎 (𝑥, 𝑡) (211')

Du moment que la charge appliquée à l’instant initial, t0, est constante, on se permet
d’écrire:
𝑑𝑀(𝑥,𝑡0 ) 𝑑[𝑀𝑏 (𝑥,𝑡)+𝑀𝑎 (𝑥,𝑡)+ 𝑁𝑏 (𝑥,𝑡)(𝐶𝑏 +𝐶𝑎 )]
= =0 (212)
𝑑𝑡 𝑑𝑡

Injectons l’équilibre transversal (Eq.211) et l’équation (Eq.212) dans le système


différentiel (209-210) pour éliminer les sollicitations élastiques associées au profilé
métallique (pour le reste du montage la compatibilité en courbure est écrite en première ligne
et le système entier prendra une seule numérotation) :

(1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 1 𝑑(𝑀(𝑥,𝑡0 )−𝑀𝑏 (𝑥,𝑡)− 𝑁𝑏 (𝑥,𝑡)(𝐶𝑏 +𝐶𝑎 ))
+𝐸 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) =𝐸
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡 𝑎 𝐼𝑎 𝑑𝑡

115
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

(1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝑁𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝜑𝑖 (𝑡) (1+𝜑𝑟∞ ) 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝜑𝑖 (𝑡)
− − 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) + + 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) =
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐴𝑏 𝑑𝑡 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐴𝑏 𝑑𝑡 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝑡

1 𝑑𝑁𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑(𝑀(𝑥,𝑡0 )−𝑀𝑏 (𝑥,𝑡)− 𝑁𝑏 (𝑥,𝑡)(𝐶𝑏 +𝐶𝑎 ))


−𝐸 𝐶𝑎 (213)
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐴𝑎 𝑑𝑡 𝑎 𝐼𝑎 𝑑𝑡

Finalement nous obtenons un système différentiel de deux équations du premier ordre à


coefficients constants dont l’intégration analytique ou numérique définira les fonctions
viscoélastiques associées au tablier en béton, Nbx,t et Mbx,t, qui a subi un fluage depuis
l’instant initial, t0. Ensuite, à travers des arrangements mathématiques, l’écriture du système
(Eq.213) devient allégée plus:

dNb (x,t) dMb (x,t)


a1 + a2 + a3 Mb (x, t) = 0
dt dt
{ (214)
dNb (x,t) dMb (x,t)
a4 + a5 + a6 Nb (x, t) + a7 Mb (x, t) = 0
dt dt

d (1+φr∞ ) 1 1 dφi (t,t0 ) (1+φr∞ )Cb Ca


a1 = [ E ] ; a2 = [ E +E ] ; a 3 = [E ] ; a5 = [ −E ]
a Ia b (t0 )Ib a Ia b (t0 )Ib dt Eb (t0 )Ib a Ia

1+φr∞ Ca 1 1 dφi (t,t0 ) Cb dφi (t,t0 )


a4 = [− E −E d−E ] ;a6 = [− E ] ; a 7 = [E ]
b (t0 )Ab a Ia a Aa (t
b 0 b)A dt (t )I
b 0 b dt

La différentiation du système (Eq.214) pourra être écrite par rapport au fluage :


dN (t) dMb (t)
a1 dφb(t) + a2 + a3 Mb (t, t 0 ) = 0
i dφi (t)
(215)
dNb (t) dM (t)
{a4 dφi (t) + a5 dφb(t) + a6 Nb (t, t 0 ) + a7 Mb (t, t 0 ) = 0
i

Pour cette présentation, les coefficients a3, a6, a7 changent de valeurs :


1 1 Cb
a 3 = [E ]; a6 = [− E ] ; a 7 = [E ]
b 0 )Ib
(t b 0 )Ab
(t b 0 )Ib
(t

Si la déformation par fluage est strictement irréversible, il suffit de remplacer le fluage


dans les systèmes (Eq.214) et (Eq.215) par son équation (Eq.136) tout en affectant la valeur
zéro au fluage réversible (r=0). Par conséquent, les constantes du système (Eq.214)
deviennent :

116
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

d 1 1 1 dφ(t) Cb Ca
a1 = [ ] ; a2 = [ + ] ; a3 = [ ] ; a5 = [ − ]
Ea Ia Eb (t0 )Ib Ea Ia Eb (t0 )Ib dt Eb (t0 )Ib Ea Ia

1 Ca 1 1 dφ(t) Cb dφ(t)
a4 = [− E −E d−E ] ; a6 = [− E ] ; a 7 = [E ]
b 0 )Ab
(t a Ia a Aa (t )A
b 0 b dt (t )I
b 0 b dt

La différentiation du système (Eq.214) par rapport au fluage strictement irréversible:

dNb (t) dMb (t)


a1 + a2 + a3 Mb (t, t 0 ) = 0
dφ(t) dφ(t)
(216)
dNb (t) dMb (t)
{a4 + a5 + a6 Nb (t, t 0 ) + a7 Mb (t, t 0 ) = 0
dφ(t) dφ(t)

Pour cette présentation, les coefficients a3, a6, a7 changent de valeurs :


1 1 Cb
a 3 = [E ]; a6 = [− E ] ; a 7 = [E ]
b 0 )Ib
(t b 0 )Ab
(t b 0 )Ib
(t

L’écriture matricielle des systèmes obtenus est possible [172]. Admettons qu’une
différentiation par rapport au temps t est choisie :
𝜕𝑁𝑏 (𝑥,𝑡) 𝐾1 𝐾2 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡)
𝜕𝑡

= (217)
𝜕𝑀𝑏 (𝑥,𝑡)
( 𝜕𝑡 ) [𝐾 3 𝐾 4 ] {𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡)}

Les éléments de la matrice, k1, k2, k3 et k4, dépendent du mode de fluage choisi, soit un
fluage strictement irréversible ou bien partiellement réversible. Les éléments Ki du système
matricielle sont donnés par :
𝑎2 𝑎6 𝑎 𝑎 −𝑎 𝑎 𝑎1 𝑎6 −𝑎 𝑎 +𝑎 𝑎
𝐾1 = (𝑎 );𝐾2 = − (𝑎5 𝑎3 −𝑎2 𝑎7 ) ; 𝐾3 = − (𝑎 ) ; 𝐾4 = − ( 𝑎 4𝑎 3−𝑎 1𝑎 7 )
1 𝑎5 −𝑎4 𝑎2 1 5 4 2 1 𝑎5 −𝑎4 𝑎2 1 5 4 2

La résolution viscoélastique du système (Eq.217) pourra être donnée analytiquement ou


bien numériquement par le biais d’un outil de calcul mathématique ‘’MAPLE’’ [173]. En
annexe, l’écriture matricielle du système d’équations différentielles (Eq.214) et la méthode
d’intégration analytique sont présentées. La résolution générale du système matriciel (Eq.217)
est donnée par:

117
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

1 1
𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) 𝐹1 (𝑥)𝑒 (𝜆1 𝜑(𝑡))

= (218)
−(𝑘1 −𝑘4 −𝛽) −(𝑘1 −𝑘4 +𝛽)
(𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡)) [ 2𝑘2 2𝑘2 ] {𝐹2 (𝑥)𝑒
(𝜆2 𝜑(𝑡))
}

𝐾1 +𝐾4 +𝛽 𝐾1 +𝐾4 −𝛽
𝜆1 = ( ) ; 𝜆2 = ( ) ;𝛽 = √𝐾1 2 − 2𝐾4 𝐾1 + 𝐾4 2 + 4𝐾2 𝐾3
2 2

La résolution (Eq.218) est présentée à titre d’exemple pour un fluage strictement


irréversible, φ(t,t0). Les fonctions d’intégration de la résolution, F1(x) et F2(x), doivent
satisfaire à l’état initial du tablier de la poutre mixte.

𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) = 𝐹1 (𝑥)𝑒 𝜆1 𝜑(𝑡0 ) + 𝐹2 (𝑥)𝑒 𝜆2 𝜑(𝑡0 ) (219)

1 1
𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡0 ) = − 2𝑘 (𝑘1 − 𝑘4 − 𝛽)𝐹1 (𝑥)𝑒 𝜆1 𝜑(𝑡0 ) − (𝑘1 − 𝑘4 + 𝛽)𝐹2 (𝑥)𝑒 𝜆2 𝜑(𝑡0 ) (220)
2 2𝑘2

A cet instant, le taux du fluage est encore nul, φ(t 0,t0) = 0. Les efforts généralisés, Nb(x,t0)
et Mb(x,t0), sont imposés par la formulation spontanée (Eq.180) et (Eq.185). Finalement les
fonctions d’intégration, F1(x) et F2(x), sont obtenues en résolvant le système d’équations
(Eq.219-Eq.220) :
1 𝑁𝑏 (𝑥,𝑡0 )(𝑘1 −𝑘4 +𝛽)+2𝑀𝑏 (𝑥,𝑡0 )𝑘2 1 𝑁𝑏 (𝑥,𝑡0 )(𝑘1 −𝑘4 −𝛽)+2𝑀𝑏 (𝑥,𝑡0 )𝑘2
𝐹1 (𝑥) = 2 ( ) et 𝐹2 (𝑥) = − 2 ( )
𝛽 𝛽

Pour une section transversale mixte arbitraire soumise à moment fléchissant constant, M0,
le modèle mathématique que nous venons proposer (Eq.217) est aussi applicable en adoptant
l’écriture suivante :

𝜕𝑁𝑏 (𝑡) 𝐾1 𝐾2 𝑁𝑏 (𝑡)


𝜕𝑡

= (221)
𝜕𝑀𝑏 (𝑡)
( 𝜕𝑡 ) [𝐾 3 𝐾 4 ] {𝑀𝑏 (𝑡)}

Admettons qu’un mode de fluage strictement irréversible est choisi, la résolution


viscoélastique de la section arbitraire est aussi donnée sous forme matricielle :

118
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

1 1
𝑁𝑏 (𝑡) 𝐹1 𝑒 (𝜆1 𝜑(𝑡))

= (222)
−(𝑘1 −𝑘4 −𝛽) −(𝑘1 −𝑘4 +𝛽)
(𝑀𝑏 (𝑡)) [ 2𝑘2 2𝑘2 ] {𝐹2 𝑒
(𝜆2 𝜑(𝑡))
}

Les constantes d’intégration du système (Eq.222), F1 et F2, doivent également satisfaire


aux conditions de l’instant du chargement, t0, de la section transversale mixte étudiée :

𝑁𝑏 (𝑡0 ) = 𝐹1 𝑒 𝜆1 𝜑(𝑡0 ) + 𝐹2 𝑒 𝜆2 𝜑(𝑡0 ) (223)

1 1
𝑀𝑏 (𝑡0 ) = − 2𝑘 (𝑘1 − 𝑘4 − 𝛽)𝐹1 𝑒 𝜆1 𝜑(𝑡0 ) − 2𝑘 (𝑘1 − 𝑘4 + 𝛽)𝐹2 𝑒 𝜆2 𝜑(𝑡0 ) (224)
2 2

A partir des deux équations (Eq.223) et (Eq.224), écrites pour un taux de fluage nul, nous
pouvons définir les constantes :

1 𝑁𝑏 (𝑡0 )(𝑘1 −𝑘4 +𝛽)+2𝑀𝑏 (𝑡0 )𝑘2 1 𝑁𝑏 (𝑡0 )(𝑘1 −𝑘4 −𝛽)+2𝑀𝑏 (𝑡0 )𝑘2
𝐹1 = 2 ( ) et 𝐹2 = − 2 ( )
𝛽 𝛽

Les sollicitations internes associées au profilé, Na(x,t) et Ma(x,t), sont déduites maintenant
par l’équilibre (Eq.211) et (Eq.212). L’ensemble des expressions obtenues en fonction du taux
de fluage dans le profil transversal de la poutre, Nb(x,t), Mb(x,t), Ma(x,t), Na(x,t),donneront
premièrement l’état de contraintes le long de la poutre mixte considérée à n’importe qu’elle
moment ‘t’. Les mêmes expressions permettent aussi la prédiction du champ de déformations
correspondant. Pour cela, on se réfère aux lois de comportement (Eq.201) ou bien (Eq.205).
La déformation totale dans les deux fibres les plus extrêmes du tablier est écrite suivant les
deux modes de fluage :

a- Un fluage partiellement réversible qui correspond au paragraphe 4.5.4

−1 𝜑 (𝑡)
𝜀𝑏.𝑠 (𝑥, 𝑡) = 𝐸 [(1 + φr∞ )(𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) − 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡0 )) + ∫𝜑 𝑖(𝑡 ) 𝑁𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝑑𝜑𝑖 (𝜏)] −
𝑏 0 )𝐴𝑏
(𝑡 𝑖 0

𝐶𝑏 𝜑 (𝑡) 𝑁 (𝑥,𝑡0 )
[(1 + φr∞ )(𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) − 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡0 )) + ∫𝜑 𝑖(𝑡 ) 𝑀𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝑑𝜑𝑖 (𝜏)] + [− 𝐸 𝑏(𝑡 −
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑖 0 𝑏 0 )𝐴𝑏

𝐶𝑏
𝑀 (𝑥, 𝑡0 )] (225)
𝐸𝑏 0 )𝐼𝑏 𝑏
(𝑡

119
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

−1 𝜑 (𝑡)
𝜀𝑏.𝑖 (𝑥, 𝑡) = [(1 + φr∞ )(𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) − 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡0 )) + ∫𝜑 𝑖(𝑡 ) 𝑁𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝑑𝜑𝑖 (𝜏)] +
𝐸𝑏 0 )𝐴𝑏
(𝑡 𝑖 0

𝐶𝑏 𝜑 (𝑡) 𝑁 (𝑥,𝑡0 )
[(1 + φr∞ )(𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) − 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡0 )) + ∫𝜑 𝑖(𝑡 ) 𝑀𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝑑𝜑𝑖 (𝜏)] + [− 𝐸 𝑏(𝑡 +
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑖 0 𝑏 0 )𝐴𝑏

𝐶𝑏
𝑀 (𝑥, 𝑡0 )] (226)
𝐸𝑏 0 )𝐼𝑏 𝑏
(𝑡

b- Un fluage strictement irréversible qui correspond au paragraphe 4.5.1

−1 𝜑(𝑡) 𝐶𝑏
𝜀𝑏.𝑠 (𝑥, 𝑡) = 𝐸 [(𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) − 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡0 )) + ∫𝜑(𝑡 ) 𝑁𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝑑𝜑(𝜏)] − 𝐸 [(𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) −
𝑏 0 )𝐴𝑏
(𝑡 0 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏

𝜑(𝑡) 𝑁 (𝑥,𝑡0 ) 𝐶𝑏
𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡0 )) + ∫𝜑(𝑡 ) 𝑀𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝑑𝜑(𝜏)] + [− 𝐸 𝑏(𝑡 −𝐸 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡0 )] (227)
0 𝑏 0 )𝐴𝑏 𝑏 0 )𝐼𝑏
(𝑡

−1 𝜑(𝑡) 𝐶𝑏
𝜀𝑏.𝑖 (𝑥, 𝑡) = 𝐸 [(𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡) − 𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡0 )) + ∫𝜑(𝑡 ) 𝑁𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝑑𝜑(𝜏)] + 𝐸 [(𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡) −
𝑏 (𝑡0 )𝐴𝑏 0 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏

𝜑(𝑡) 𝑁 (𝑥,𝑡0 ) 𝐶𝑏
𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡0 )) + ∫𝜑(𝑡 ) 𝑀𝑏 (𝑥, 𝜏) 𝑑𝜑(𝜏)] [− 𝐸 𝑏(𝑡 +𝐸 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡0 )] (228)
0 𝑏 0 )𝐴𝑏 𝑏 0 )𝐼𝑏
(𝑡

Les changements dans l’état de contraintes et de déformations influent sur la déflection


initiale de la poutre mixte, Déflc(x,t0). Suite au fluage du tablier, la flèche est en progression
graduelle dans le temps avant qu’elle commence à se stabiliser. En absence de soulèvement et
selon le mode du fluage retenu, l’équation de la ligne élastique moyenne (Eq.180) pourra être
réécrite en régime viscoélastique comme suit :

𝑑3 𝐷é𝑓𝑙𝑒𝑐 (𝑥,𝑡) 𝑑𝜒𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡)


= = −𝐸 [(1 + 𝜑𝑟∞ ) ( ) + 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡)] (229)
𝑑𝑥 2 𝑑𝜑 𝑖 (𝑡) 𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝜑𝑖 (𝑡)

Ou bien, pour un fluage strictement irréversible:

𝑑3 𝐷é𝑓𝑙𝑒𝑐 (𝑥,𝑡) 𝑑𝜒𝑏 (𝑥,𝑡) 1 𝑑𝑀𝑏 (𝑥,𝑡)


= = −𝐸 [( ) + 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡)] (230)
𝑑𝑥 2 𝜕𝜑(𝑡) 𝑑𝜑(𝑡) 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑑𝜑(𝑡)

Pour les deux cas de fluage, il s’agit d’une équation différentielle à résoudre pour exprimer
la flèche de la poutre mixte en fonction du taux de fluage, Déflec(x,t). Posons :

𝑑2 𝐷é𝑓𝑙𝑒𝑐 (𝑥,𝑡)
= 𝐹(𝑥, 𝑡) (231)
𝑑𝑥 2

A titre d’exemple, pour un mode de fluage partiellement réversible, l’équation (Eq.229)


devient :

120
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

𝑑𝐹(𝑥,𝑡) 1 𝜕𝑀𝑏 (𝑥,𝑡)


=− [(1 + φr∞ ) ( ) + 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡)] (232)
𝑑𝜑𝑖 (𝑡) 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝜕𝜑𝑖 (𝑡)

La résolution de l’équation (Eq.232) est donnée par:

1 𝜑 (𝑡) 𝜕𝑀𝑏 (𝑥,𝑡)


𝐹(𝑥, 𝑡) = 𝐹1 (𝑥) − 𝐸 ∫𝜑 𝑖(𝑡 ) [(1 + φr∞ ) ( 𝜕𝜑𝑖 (𝜏)
) + 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡)] 𝑑𝜑𝑖 (𝜏) (233)
𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑖 0

La fonction d’intégration, F1(x), doit remplir les conditions initiales de la flèche,


Déflec(x,t0). Cette dernière est attachée au chargement appliqué et les conditions d’appuis. A
l’instant t0 :

𝜕2 𝐷é𝑓𝑙𝑒𝑐 (𝑥,𝑡) 𝑀 (𝑥,𝑡0 )


| = 𝐹(𝑥, 𝑡0 ) = − 𝐸 𝑏(𝑡 (234)
𝜕𝑥 2 𝑝𝑜𝑢𝑟 [𝜑𝑖 (𝑡=𝑡0 )=0] 𝑏 0 )𝐼𝑏

Donc, on peut retirer de l’équation (Eq.233), écrite à t0, la quantité F1(x):


𝑀 (𝑥,𝑡0 ) 1 𝜑 (𝑡=𝑡0 ) 𝜕𝑀𝑏 (𝑥,𝑡)
𝐹1 (𝑥) = − 𝐸 𝑏(𝑡 +𝐸 ∫𝜑 𝑖(𝑡 [(1 + φr∞ ) ( ) + 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡)] 𝑑𝜑𝑖 (𝜏) (235)
𝑏 0 )𝐼𝑏 𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝑖 0) 𝜕𝜑𝑖 (𝜏)

L’expression analytique de la flèche viscoélastique de la poutre mixte, Déflec(x,t), est


obtenue par une simple intégration de l’équation (Eq.229) et (Eq.230) ou bien l’équation
(Eq.231) :

𝐷é𝑓𝑙𝑒𝑐 (𝑥, 𝑡) = 𝐹1 (𝑡)𝑥 + 𝐹2 (𝑡) + ∬ 𝐹(𝑥, 𝑡) 𝑑𝑥 (236)

La fonction F(x,t) doit être écrite selon le mode de fluage adopté :


𝑀 (𝑥,𝑡0 ) 1 𝜑 (𝑡) 𝜕𝑀𝑏 (𝑥,𝑡)
𝐹(𝑥, 𝑡) = − 𝐸 𝑏(𝑡 −𝐸 ∫𝜑 𝑖(𝑡 ) [(1 + φr∞ ) ( ) + 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡)] 𝑑𝜑𝑖 (𝜏) (237)
𝑏 0 )𝐼𝑏 (𝑡 )𝐼
𝑏 0 𝑏 𝑖 0 𝜕𝜑𝑖 (𝜏)

𝑀𝑏 (𝑥,𝑡0 ) 1 𝜑(𝑡) 𝜕𝑀𝑏 (𝑥,𝑡)


𝐹(𝑥, 𝑡) = − − ∫𝜑(𝑡 ) [( ) + 𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡)] 𝑑𝜑(𝜏) (238)
𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 𝐸𝑏 (𝑡0 )𝐼𝑏 0 𝜕𝜑(𝜏)

Les autres fonctions d’intégration, F1(t) et F2(t), sont attachées au schéma statique de la
poutre mixte considérée. Pour le cas particulier d’une poutre mixte simplement appuyée
chargée uniformément répartie, deux conditions sont à retenir quelques soit le taux du fluage :

 La rotation de la section transversale mixte médiane est nulle.

121
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

𝜕𝐷é𝑓𝑙𝑒𝑐 (𝑥,𝑡)
𝜃(𝑥, 𝑡) = | 𝐿 =0
𝜕𝑥 [𝑥= ; ∀𝑡]
2

 La déflection aux extrémités (au niveau des appuis) est nulle.


𝐷𝑒𝑓𝑙𝑒𝑐 (𝑥, 𝑡)|[𝑥=0 =0
𝑜𝑢 𝑥=𝐿 ; ∀𝑡]

De la première et la deuxième :

𝐹1 (𝑡) = − ∫ 𝐹(𝑥, 𝑡)𝑑𝑥|𝑝𝑜𝑢𝑟 [𝑥=𝐿] et 𝐹2 (𝑡) = 0


2

6.3 APPLICATION ET DISCUSSION

Deux exemples ont été choisis pour discuter la mise en application de la formulation
analytique (Eq.217) et (Eq.221). Les deux poutres mixtes retenues faisaient l’objet des
applications numériques dans d’autres travaux théoriques [174] [175] [176] [177].

Le premier exemple porte sur une poutre mixte statiquement déterminée de longueur égale
à 40,00m et soumise à un chargement uniformément réparti à t0 (Q = 60 KN/ml). La poutre
mixte est composée d’un tablier en béton de section (4000×250 mm2) et un profilé métallique
reconstitué soudé (PRS). La poutre mixte est conditionnée par des paramètres hygrométriques
constants. Les caractéristiques géométriques et mécaniques du profile transversal de la poutre
mixte sont données ci-dessous :

d=1643,1 mm; a=561,28 mm; b=1081,82 mm; Ca=1518,1 mm; Cb=125 mm; Ab=106 mm2; Aa=8,4.104 mm2;
Ahom=245305 mm2; Ib=520833.104 mm4; Ia=485965.105 mm4; Ihom=19875408.104 mm4; Eb(t0)=3,4.104 Mpa;
Ea=2,1.106 Mpa; n=Ea/Eb(t0).

Les paramètres de fluage sont dictés par le code modèle (CEB-FIP 1991):

𝜑(𝑡, 𝑡0 ) = ΦRH . β(fcm ) . β(f0 ) . β0 (t − t 0 ) (239)


Avec :
1 Ac 0,3 t−t0 0,3
β(t 0 ) = 0,1+(t )0,2
; h0 = 2 ; Ec (t 0 ) = 104 √fcm ;β(t − t 0 ) = ((t−t ) ;fcm = fck + 8 ;
0 u 0 )+β𝐻
𝑅𝐻
5,3 0 𝑅𝐻 18 ℎ 1−
β(fcm ) = ; 𝛽𝐻 = 150 (1 + (1,2 100) ) 100 + 250 ≤ 1500 ; ΦRH = 1 + 100
3 h0
.
f
√ cm 0,46 √
10 100

122
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

hb Gb
Cb
z b
Ghom M (x)
Ca d
Q= 60 KN/m N(x)
x ha a
Ga
L= 40.00

Fig. 6.1: Poutre mixte pour application

L’application est traitée suivant deux parties. En première étape, l’effet du fluage sur les
efforts généralisés est étudié dans la section transversale médiane de la poutre mixte retenue
en utilisant le système différentiel (Eq.221). La section médiane équilibrera un moment
fléchissant M0égalà 12000 KN.m. L’effet du fluage sur la section transversale est présenté
suivant les deux modes de fluage, fluage strictement irréversible et partiellement réversible,
φ(t,t0) et φi(t,t0). Ensuite, la relaxation du tablier et le comportement du profilé métallique sont
étudiées sur une période de 1500 jours. En tenant compte seulement le fluage strictement
irréversible, φ(t,t0), nous présentons aussi les efforts généralisés différés le long de la poutre
mixte calculés par l’équation (Eq.217) pour une durée de 6025 jours.

La deuxième étape de cette première application est consacrée au calcul du fluage dans les
deux fibres les plus extrêmes du béton. Nous tenons aussi à présenter la déflection finale de la
poutre mixte en fonction du fluage.

a- Première partie

L’instant final ‘t’est pris égal à 6025 jours, soit seize ans et demi. Cette période de
chargement convient à un coefficient de fluage irréversible, t,t0, égal à 1,67. Pour la même
durée du chargement, une valeur de 1,27 est estimée pour le fluage partiellement réversible.
Les sollicitations à terme de la section mixte médiane sont montrées par le tableau (6.1).
D’autres résultats sont aussi fournis pour procéder à la confrontation.

Nous remarquons que les efforts généralisés spontanés, Nb(t0) et Mb(t0), ont diminués. Sous
le fluage, le tablier en béton se relaxe. Par contre, le profilé métallique subit au même temps
des moments fléchissant supplémentaires. Cela est dû à l’équilibre transversal qu’il doit être
maintenu durant le processus du fluage. Les efforts différés propres à notre approche, Nb(t),
Mb(t), Na(t), Ma(t),semblent proches aux résultats fournis par d’autres méthodes. Les
contraintes différées du tablier et le profilé métallique sont aussi exposées en bas du tableau.

123
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

Le comportement viscoélastique du tablier influe la position initiale du centre de gravité de


la section mixte (C-G). Le point du centre de gravité est repéré par la distance (y(t)), comptée
à partir de la fibre supérieure du tablier.

Une comparaison entre l’effet des deux modes de fluage, strictement irréversible et
partiellement réversible, dans la même section transversale est donnée par le tableau (6.2).
Les résultats des deux modes de fluage sont calculés par le système différentiel (Eq.221). Il
semble clairement que le mode de fluage partiellement réversible induit moins de relaxation
par rapport au fluage strictement irréversible.

Tableau 6.1: Comparaison des résultats pour un fluage irréversible.

(t = 6025 j ; t0=28j) 1.67


Spontanées
Présent Eurocode04 Partov.P Haenzel.J
t0 = 28 j
modèle [89 ] [174 ] [175 ]
Nb[KN] 5486.59 4782.71 4764.37 4624.77 4551.87
Mb[KN.m] 50.92 19.41 25.36 21.33 19.12
Efforts Généralisés
Ma[KN.m] 2934.07 4122.12 4146.29 4386.43 4501.63

cu[N/mm²] -06.708 -05.248 -05.373 -05.122 -04.842


cl [N/mm²] -04.264 -04.316 -04.155 -04.123 -04.262
Contraintes Généralisées
su [N/mm²] -26.341 -71.833 -72.806 -82.026 -86.560
sl[N/mm²] 100.448 106.295 106.366 107.605 108.17
G-C y(t) [mm] 562.36 1096.86 1103.32 Indisponibles

Tableau 6.2: Comparaison fluage irréversible/fluage partiellement réversible.

Spontanées Fluage irréversible Fluage partiellement réversible


t0 = 28 j Présent modèle Présent modèle

Nb[KN] 5486.58 4728.71 4940.024


Tablier
Mb[KN.m] 50.92 19.41 23.112

Na [KN] 50.92 4728.71 4940.024


Profilé
Ma[KN.m] 2934.07 4122.12 3859.939

Les figures (6.2) et (6.3) présentent la diminution des efforts généralisés, Nb(t) et Mb(t),
durant une période de 1500 jours, dans le tablier de la même section transversale médiane.

124
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

Durant la même période, la figure (6.4) affiche la progression du moment fléchissant dans le
profilé métallique, Ma(t), pour instaurer l’équilibre transversale de la section étudiée. Le
fluage irréversible tend à surestimer les effets différés dans une section mixte.

55 5500

Nb(t) [KN]
Mb(t)[KN.m]

CEB-FIB 1991
50 5400 CEB-FIB 1991
t0=28j;t=1460j
t0=28j;t=1460j
Dischinger
Dischinger
45 Dischinger Améliorée 5300 Dischinger Améliorée

40 5200

35
5100
30
5000
25
4900
20
4800
0 150 300 450 600 750 900 1050 1200 1350 1500 0 150 300 450 600 750 900 1050 1200 1350 1500
Temps[J] Temps[J]
Fig. 6.2: La relaxation de Mb(t). Fig. 6.3: La relaxation de Nb(t).

4100
Ma(t) [KN.m]

4000
3900
3800
3700
3600
3500
3400
3300
CEB-FIB 1991
3200 t0=28j;t=1460j
3100 Dischinger
Dischinger Améliorée
3000
2900
0 150 300 450 600 750 900 1050 1200 1350 1500
Temps[J]

Fig. 6.4: L’évolution de Ma(t).

La distribution des efforts généralisés différés, Nb(x,t), Mb(x,t), Ma(x,t), est donnée le long
de la poutre par les figures suivantes. Les allures différées sont calculées en utilisant le
système différentiel (Eq.217). Les deux instants choisis pour cette présentation, t1et t2, sont
correspondent à des coefficients de fluage irréversible suivants : t1=60j,t0=28j=0.65 et
t2=6025j,t0=28j =1.67.

125
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

6000000

Nc(x,t) [N]
5500000
5000000
4500000
4000000
3500000
3000000
2500000
2000000
1500000 t0=28 days
t=60 days (S.aziz)
1000000 t=6025 days (S.aziz)
500000 t=6025 days (EC4)

0
0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000 40000
x[mm]
Fig. 6. 5: Effort normal Nb(x,t).
55000000
Mc(x,t) [N.mm]

50000000
45000000
40000000
35000000
30000000
25000000
20000000
15000000
t0=28 days
10000000 t=60 days (S.aziz)
5000000 t=6025 days (S.aziz)
t=6025 days (EC4)
0
0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000 40000
x[mm]
Fig. 6.6: Moment fléchissant Mb(x,t).
4.40E+009
Ms(x,t) [N.mm]

4.00E+009
3.60E+009
3.20E+009
2.80E+009
2.40E+009
2.00E+009
1.60E+009
1.20E+009
t0=28 days
8.00E+008 t=60 days (S.aziz)
t=6025 days (S.aziz)
4.00E+008
t=6025 days (EC4)
0.00E+000
0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000 40000
x[mm]
Fig. 6.7: Moment fléchissant Ma(x,t).

b- Deuxième partie

Pour cette deuxième partie, le temps final ’t’ est limité à 1460 jours soit quatre ans. Le
coefficient de fluage irréversible au bout de cette période, 1460j, 28j, est estimé à 1.51. Le

126
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

fluage, b(x,t), dans les deux fibres les plus extrêmes de la dalle en béton est illustré par les
figures (6.8) et (6.9). Nous constatons que les deux allures (en noire) symbolisent
parfaitement le fluage conventionnel des bétons. Le fluage obtenu par les équations (Eq.237)
et (Eq.238) est confronté au fluage prescrit par la méthode de l’Eurocode 04 [89][117].

0.00045
Deformation

Deformation
0.00033
0.00042
0.00030 0.00039
0.00027 0.00036

0.00024 0.00033

0.00021 0.00030

0.00018 0.00027

0.00024
0.00015
(S.aziz) 0.00021 (S.aziz)
0.00012 (EC4) (EC4)
0.00018
0 150 300 450 600 750 900 1050 1200 1350 1500 0 150 300 450 600 750 900 1050 1200 1350 1500
Time [days] Time [days]
Fig. 6.8: Fluage de la fibre inférieure du tablier Fig. 6.9: Fluage de la fibre supérieure du tablier

Pour les deux figures, les courbes du fluage (Noir et Rouge) sont quasiment superposées.
Néanmoins, la méthode prescrite par l'Eurocode 04 [117] semble un peu plus pessimiste par
rapport à l’approche analytique proposée. Cela pourra être expliqué par la marge sécuritaire
de l'Eurocode 04 prise dans le traitement des poutres mixtes fléchies aux états limite de
service, afin de veuillez davantage à la bonne apparence de la structure et préserver de plus
l’aptitude au service de ces poutres.

Dans la section médiane, les déformations spontanées dans les deux fibres (supérieure et
inférieure) sont données respectivement par : 1,97.10-4 et 1,25.10-4. Nous voyons que le fluage
amplifie la déformation initiale dans les deux fibres pour aboutir aux valeurs respectives 4,2
10-4 et 3,15.10-4. Le fluage entache le tablier dès que la poutre est mise en service. Ce
phénomène se fait rapidement, à une vitesse importante, durant les premiers jours. La vitesse
du fluage devient quasi-constante entre le dixième et le soixantième jour. Au-delà, la vitesse
décroît légèrement. Durant le premier mois du chargement, le taux du fluage atteint un
pourcentage estimé à 45%. Ce taux du fluage croit lentement durant les six mois qui suivent
pour atteindre 80%. Après quatre ans de chargement, la valeur totale de la déformation,
b(x=20000,1460j), devient pour chaque fibre égale à deux fois ou plus la déformation
instantanée calculée à t0= 28 jours. Le processus de fluage de la poutre mixte atteint son
maximum au bout de 4 ans.

127
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

Deflection [mm]
-5 Instant t0=28 days
-10 Instant t=1460 days (S.aziz)
Instant t=1460 days (EC4)
-15
-20
-25
-30
-35
-40
-45
-50
-55
-60
-65
-70
-75
0 5000 10000 15000 20000 25000 30000 35000 40000
x[mm]
Fig. 6.10: Déflection de la poutre mixte.

La figure (6.10) expose l’effet du fluage de la dalle en béton sur la déformée instantanée de
la poutre mixte. La déformée est calculée à la mi- portée. Le déplacement final, en rouge, est
calculé à l’instant t=1460j en utilisant la formulation (Eq.236). Les résultats de notre approche
sont confrontés aux résultats de la méthode de l’Eurocode 04. À 1460 jours, les deux graphes
sont presque superposés. La flèche de la section médiane passe de 47,91 mm à 65,58 mm
lorsque t égale à 1460 jours. Le fluage de la dalle en béton a produit une déformée
supplémentaire conséquente évaluée à 17,67 mm. La flèche finale tend à se stabiliser à partir
de quatre ans.

Notre approche a été examinée une deuxième fois. Nous avons choisi une section
transversale composée d’une dalle en béton de dimension (1800x150 mm2) et un profilé
métallique normalisé IPE 600. La section mixte équilibre un moment fléchissant constant, M0,
égal à 450 KN.m. Ce deuxième exemple est souvent choisi dans les rapports de recherche
analysant le comportement à terme des poutres composites acier-béton, tels que
[88][176][177]. Le temps final retenu pour cette application est pris égal à 25550 jours, soit
soixante-dix ans, et l’instant du chargement égal à 28 jours.

Le tableau (6.3) synthétise les résultats obtenus. Sont offertes dans le tableau suivant que
les sollicitations internes à terme de la section transversale, Nb(t), Mb(t), Ma(t). Nous
constatons que les résultats fournis par notre modèle sont proches aux autres résultats. Un
fluage strictement irréversible a provoqué une relaxation importante dans la dalle en béton par
rapport à un fluage partiellement réversible.

128
Chapitre VI Proposition d'une formulation régissant le comportement des poutres mixtes au fluage

Tableau 6.3: Comparaison fluage irréversible / fluage partiellement réversible

Instant Fluage (t= 25550 j)


[177] [176]
t0 = 28 j irréversible partiellement réversible

Nc[KN] 747.24 619.007 643.690 661.50 673.97


Tablier Mc[KN.m] 17.30 05.784 07.151 06.41 6.8062
Profilé Na(t0) en KN 747.24 619.007 643.690 661.50 673.97
Ma(t0) en KN.m 152.48 212.08 201.465 195.52 190.45

6.4 CONCLUSION

D’une façon générale, le comportement à terme d’une poutre mixte acier-béton fléchie se
distingue particulièrement par la diminution des efforts généralisés initiaux exercés dans le
tablier de la poutre (Nb(x,t0) et Mb(x,t0)) : Ce phénomène est connu par la relaxation de
contraintes qui prend naissance dès que la poutre est mise sous chargement. Ce relâchement
est la conséquence systématique du fluage. Au départ, les sollicitations internes diminuent
d’une façon continue puis commencent à se stabiliser au cours du temps. La relaxation du
tablier dépend essentiellement de l’aptitude du béton au fluage. Ce dernier est bien rattaché à
l’instant du chargement ‘t0’ et l’instant du constat final ‘t’. Ce repli dans les valeurs initiales
commence à s’atténuer mais lentement. En contrepartie, pour que l’équilibre transversal de la
poutre mixte ne soit pas rompu, des contraintes normales élastiques supplémentaires se
régénèrent parallèlement dans le profilé métallique (Ma(x,t)). C’est grâce à ce processus que
la poutre revient toujours à son état d’équilibre interne. Mais ce transfert de contraintes entre
le tablier en béton et le profilé métallique influence considérablement la déformation
longitudinale instantanée des deux matériaux et le déplacement vertical spontané de la poutre
mixte.

129
Conclusion générale et perspectives

CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES

Une méthode qui nous semble très efficace a été formulée afin d’analyser le comportement
au fluage d’une poutre mixte fléchie symétriquement par rapport au plan de l’âme. Les
poutres concernées par cette étude sont supposées statiquement déterminées dont l’interaction
à la surface de contact (acier-béton) est parfaite. Il s’agit d’une formulation analytique à
résolution directe. La présente approche est le fruit de la revalorisation d’une ou deux lois de
comportement unidirectionnelles associées à l’aspect différé des bétons. Le concept de notre
formulation est inspiré essentiellement du principe des déformations irréversibles,
originellement proposé par Dischinger dans le cadre de la viscoélasticité primaire et
vieillissante.

Ce principe dit ’’la loi irréversible’’ a subi une légère modification permettant de
s’approcher davantage et réellement de l’aspect viscoélastique du béton. Cette restructuration
consiste à introduire ou admettre une certaine réversibilité dans la déformation par fluage,
considérée au départ comme strictement irréversible. C’est pour cette raison qu’il faut
distinguer entre la loi initiale de Dischinger et sa deuxième loi dite parfois ‘loi améliorée ou
modifiée’. Le correctif apporté à la première version de cette loi a été pris en considération
dans le montage de notre approche analytique. Cela nous a permis de prédire le comportement
à terme d’une poutre mixte fléchie en tenant compte des deux sortes de fluage ; le fluage
partiellement réversible et le fluage strictement irréversible.

Notre démarche repose essentiellement sur l’exploitation correcte du comportement différé


du béton, l’admission des conditions de compatibilité et l’adoption ou bien la substitution des
équations d’équilibre. Cela nous a conduit à l’obtention d’un modèle mathématique présenté
sous forme d’un système composé de deux équations différentielles du premier ordre à
coefficients constants. L’écriture matricielle du système obtenu a été réalisée pour faciliter sa
résolution analytique basée sur le calcul des valeurs et vecteurs propres. Les fonctions ou
constantes d’intégration de la résolution du modèle doivent satisfaire à certaines conditions
qui sont dictées normalement par le régime élastique de la poutre mixte.

130
Conclusion générale et perspectives

L’intégration du système différentiel permettra d’accéder aux expressions théoriques des


efforts généralisés en fonction du taux de fluage, agissants sur le béton et le métal. L’analyse
de ces expressions en fonction du temps aidera beaucoup à l’évaluation de quelques grandeurs
qui semblent fondamentales pour étudier convenablement la serviabilité d’une poutre mixte
fléchie à partir de l’instant t0 et durant un intervalle de temps (t-t0), telles que : l’état différé de
contraintes, l’état différé de déformations et la déflexion correspondante.

Deux poutres mixtes ont été choisies pour examiner la pertinence de l’approche conçue.
Les résultats obtenus ont été confrontés aux résultats tirés de la littérature. Une bonne
concordance est enregistrée entre les différents résultats. La tendance annoncée par les
résultats obtenus par l’application de notre approche conforte largement l’emploi exact et
rationnel de quelques lois différées retenues, bien précises, pour traiter les conséquences du
régime viscoélastique dans une poutre mixte fléchie.

À l’issue de nos deux applications numériques, nous avons constaté que les indices d’un
comportement à terme dans une poutre mixte fléchie (relaxation – redistribution -
amplification de la déformation et de la déformée) deviennent plus conséquents quand le
fluage supposé est strictement irréversible, φ(t, t0). Le fluage dans une poutre mixte
simplement appuyée est un phénomène à conséquence, tout se passe comme si le fluage
diminue la rigidité flexionnelle de la dalle en béton (EbIb). Par conséquent, le taux de
participation du tablier à la résistance de la section transversale mixte se dégringole au cours
du temps.

A partir de cette analyse, on peut conclure qu’en régime viscoélastique, le tablier en béton
se comporte d’une manière intermédiaire entre le fluage et la relaxation du fait qu’il se
décharge et se déforme simultanément. La redistribution locale des efforts généralisés au
niveau d’une section transversale mixte, équilibrant un moment externe constant, est non
négligeable. Ce transfert de contraintes induit par le fluage influe fortement sur la
déformabilité instantanée d’une poutre mixte.

La commodité de la mise en application de cette approche théorique pour prédire la


flexibilité à terme d’une poutre mixte constitue un avantage incontestable : il suffit d’obtenir
la géométrie du profil transversal acier-béton, les caractéristiques mécaniques des deux
matériaux et de choisir enfin la fonction du coefficient de fluage qui conviendra.

131
Conclusion générale et perspectives

Prédire l’évolution de l’état de contraintes et de déformations dans une poutre mixte


fléchie, découlant du processus du fluage, offre à l’association acier-béton un
dimensionnement plus précis et prescrit un calcul aux états limites de service plus sécurisant.

L’approche que nous avons développée est très pratique en matière de calcul, elle exclut
tout calcul numérique ou incrémental compliqué. En plus, nous tenons à signaler que ce
modèle de calcul pourra être aisément exploité dans l’analyse différée d’une poutre mixte, bi-
appuyée, soumise à un chargement quelconque. La méthode proposée peut être aussi adoptée
comme un outil de calcul mis au service des ingénieurs ou de tout praticien dans le domaine
de la conception. Nous espérons enfin que notre approche trouvera sa place dans la littérature
spécialisée.

Du fait que la présente méthode est théorique à la base, elle est prédisposée à toute
amélioration significative. Comme perspective, nous tenons à enrichir et élargir le champ
d’application de notre méthode. Dans ce but, on se proposera d’apporter un perfectionnement
à ce modèle analytique afin qu’il soit en mesure de traiter les effets simultanés du retrait et du
fluage dans une poutre mixte (effets combinés). Ainsi, la discontinuité à l’interface acier-
béton est à l’origine d’un éventuel glissement relatif entre le béton et le métal. Dans ce
contexte, un effort sera consacré à la prise en compte de ce paramètre dans la formulation
mathématique que nous venons de proposer. Tenter l’application de ce modèle sur les poutres
mixtes statiquement indéterminées restera aussi parmi nos futurs objectifs.

Une autre perspective pourra être notée ici, il est question de prévoir ou envisager en future
l’application éventuelle de notre concept dans les poutres mixtes subissant des charges
roulantes, cas des ponts aux couches de roulement mixtes (acier-béton).

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140
Annexes

ANNEXE

Le présent complément met en évidence quelques passages théoriques :

1- Le passage entre les équations (Eq.104) et (Eq.108): (Figure 4.3)

Pour un fluage vieillissant dépondant à l’instant du chargement (t0 ou τ), adoptons la forme suivante du
coefficient de fluage :

𝜑(𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑∞ (𝑡0 ) 𝐹(𝑡, 𝑡0 ) (92)

Ecrivons :

𝜑(𝑡, 𝜏) = 𝜑∞ [𝐹(𝑡 + 𝜏) − 𝐹(𝜏)] (104)

𝜑(𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑∞ [𝐹(𝑡 + 𝑡0 ) − 𝐹(𝑡0 )] (104’)

Avec :

𝐹(𝑡, 𝑡0 ) = [1 − 𝑒 −𝛽1(𝑡−𝑡0) ] : Flux de fluage (100)

Les équations (Eq.104) et (Eq.104’) deviennent, respectivement :

𝜑(𝑡, 𝜏) = 𝜑∞ [1 − 𝑒 −𝛽1(𝑡+𝜏) − 1 + 𝑒 −𝛽1(𝜏) ], l’instant du chargement ‘’τ’’

𝜑(𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑∞ [1 − 𝑒 −𝛽1(𝑡+𝑡0) − 1 + 𝑒 −𝛽1 (𝑡0) ], l’instant du chargement ‘’t0’’

Finalement :

𝜑(𝑡, 𝜏) = 𝜑∞ 𝑒 −𝛽1.𝜏 (1 − 𝑒 −𝛽1 .𝑡 ) (105)

Ou bien :

𝜑(𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑∞ 𝑒 −𝛽1.𝑡0 (1 − 𝑒 −𝛽1 .𝑡 ) (108)

2- Le passage entre les équations (Eq.109) et (Eq.110) est montré pour expliquer l’irréversibilité de la
déformation par fluage : (Figure 4.4)

 = 𝜑 (𝜏, 𝑡0 ) = 𝜑 (𝑡, 𝑡0 ) − 𝜑 (𝑡 − 𝜏, 𝑡0 + 𝜏) (109)

Pour un instant de chargement t0, le fluage vieillissant doit égal à :


𝜑(𝑡, 𝑡0 ) = 𝜑∞ 𝑒 −𝛽1.𝑡0 (1 − 𝑒 −𝛽1 .𝑡 ) (108)

Donc, l’équation (Eq.109) devient :


 = 𝜑 (𝜏, 𝑡0 ) = 𝜑∞ 𝑒 −𝛽1 .𝑡0 (1 − 𝑒 −𝛽1 .𝑡 ) − 𝜑∞ 𝑒 −𝛽1.(𝑡0+𝜏) (1 − 𝑒 −𝛽1 .(𝑡−𝜏) )
 = 𝜑 (𝜏, 𝑡0 ) = 𝜑∞ [𝑒 −𝛽1 .𝑡0 − 𝑒 −𝛽1 .(𝑡+𝑡0) − 𝑒 −𝛽1.(𝑡0+𝜏) + 𝑒 −𝛽1.(𝑡−𝜏+𝑡0+𝜏) ]

141
Annexes

 = 𝜑 (𝜏, 𝑡0 ) = 𝜑∞ [𝑒 −𝛽1 .𝑡0 − 𝑒 −𝛽1 .(𝑡+𝑡0) − 𝑒 −𝛽1.(𝑡0+𝜏) + 𝑒 −𝛽1.(𝑡+𝑡0) ] = 𝜑∞ [𝑒 −𝛽1 .𝑡0 − 𝑒 −𝛽1 .(𝑡0+𝜏) ]

 = 𝜑 (𝜏, 𝑡0 ) = 𝜑∞ 𝑒 −𝛽1 .𝑡0 [1 − 𝑒 −𝛽1.𝜏 ] (110)

3- La dérivée à l’intérieure de l’intégrale de l’équation alternative de Volterra (Eq.103)

Tenons compte le coefficient de fluage (Eq.108) :

φ(t − τ, t 0 + τ) = 𝜑∞ 𝑒 −𝛽1.(𝑡0+𝜏) (1 − 𝑒 −𝛽1 .(𝑡−𝜏) ) = 𝜑∞ [𝑒 −𝛽1.(𝑡0+𝜏) − 𝑒 −𝛽1.(𝑡−𝜏+𝑡0 +𝜏) ]

φ(t − τ, t 0 + τ) = 𝜑∞ [𝑒 −𝛽1.(𝑡0+𝜏) − 𝑒 −𝛽1.(𝑡+𝑡0) ]

Donc, la dérivée :
dφ(t−τ,t0 +τ) d(𝜑∞ 𝑒 −𝛽1 .𝑡0 [𝑒 −𝛽1 .𝜏 −𝑒 −𝛽1 .𝑡 ]) (t0 +τ)
= = −β1 φ∞ e−β1 . (111)
dτ dτ

De la même façon pour le coefficient de fluage (Eq.119) :


φ(t − τ, t 0 + τ) = 𝜑𝑖∞ 𝑒 −𝛽1.(𝑡0+𝜏) (1 − 𝑒 −𝛽1 .(𝑡−𝜏) ) + 𝜑𝑟∞ [1 − 𝑒 −𝛽2 .(𝑡−𝜏) ]

= 𝜑𝑖∞ (𝑒 −𝛽1 .(𝑡0+𝜏) − 𝑒 −𝛽1 .(𝑡+𝑡0) ) + 𝜑𝑟∞ [1 − 𝑒 −𝛽2.(𝑡−𝜏) ]


dφ(t−τ,t0 +τ) (t0 +𝜏) (𝑡−𝜏)
= −β1 φi∞ e−β1. − β2 φr∞ eβ2 . (120)

4- Les passages entre les équations (Eq.121)/(Eq.123) et (Eq.128)/(Eq.131) sont reproduits dans notre
manuscrit tel qu’ils sont montrés dans les références [170] [171]. Nous tenons à signaler que les passages
mathématiques qui doivent en exister ne sont pas développés d’une manière claire dans ces références. Dans
d'autres références, le même constat est signalé à maintes reprises par d'autres auteurs.

5- La résolution analytique du système (Eq.217)

Formons l'équation caractéristique du système (Eq.217) et trouvons ses racines :


𝐾1 − 𝜆 𝐾2
| |=0
𝐾3 𝐾4 − 𝜆

C’est-à-dire :

(𝐾1 − 𝜆)(𝐾4 − 𝜆) − 2𝐾3 𝐾2 = 0

K1, K2 , K3 et K4 : Des coefficients dépendent des caractéristiques géométriques et mécaniques de la poutre


mixte étudiée. Par conséquent, λ1 et λ2 sont les solutions de cette équation caractéristique.

−(𝐾1 −𝐾4 +𝛽) −(𝐾1 −𝐾4 −𝛽)


𝜆1 = et 𝜆2 =
2 2

1
𝛽 = (𝐾12 − 2𝐾4 𝐾1 + 𝐾42 + 4𝐾2 𝐾3 )2

Formons le système :

𝐾 − 𝜆1 𝐾2 𝛼1
( 1 ) (𝛽 ) = 0
𝐾3 𝐾4 − 𝜆1 1

Posant α1=1, nous obtenons β1 :

142
Annexes

−(𝐾1 −𝐾4 +𝛽)


𝛽1 =
2𝐾2

Nous trouvons de même α2 et β2 correspondant à la solution λ2. Nous obtenons pour α2=1 :

−(𝐾1 −𝐾4 −𝛽)


𝛽2 =
2𝐾2

Nous pouvons maintenant écrire la solution du système sous forme matricielle :


𝛼1 𝛼2 𝐹1 (𝑥)𝑒 (𝜆1𝜑(𝑡))
𝑁𝑏 (𝑥, 𝑡)
( )= (218)
𝑀𝑏 (𝑥, 𝑡)
[𝛽1 𝛽 2 ] {𝐹 (𝑥)𝑒 (𝜆2𝜑(𝑡)) }
2

143

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